lundi 23 mars 2015

Sainte RAFQA AR-RAYES, religieuse et moniale maronite


Sainte Rafqa Ar-Rayes, religieuse

« Soeur Rebecca », Rafqa Al-Rayès est née en 1832 à Himlaya au Liban. Orpheline, maltraitée par une belle-mère acariâtre, elle attendit d'avoir atteint vingt et un ans pour entrer dans la vie religieuse et devenir enseignante dans un institut que venait de fonder le père Gemayel. En 1860, elle vécut le massacre des chrétiens dans la montagne. Quand le jeune institut fut dissous, elle choisit d'entrer dans l'Ordre Baladite, de religieuses maronites libanaises. Elle mourut aveugle et percluse en 1914, ayant offert à Dieu le sacrifice de sa vie devant tant de sacrifices dans son peuple.


Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès 


(1832 - 1914)  


Rafqa à Himlaya (1832-1859)

Rafqa vit le jour le 29 Juin 1832 à Himlaya, village du Meten-Nord près de Bikfaya (Liban). Elle était fille unique de Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et de Rafqa Gemayel. Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée dans l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière.

Sa mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans. Ce fut pour elle une grande peine.
Son père connut la misère et la nécessité. Il décida alors, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailer chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise. Elle y resta quatre ans.

Rafqa revint à sa maison en 1847 et trouva son père remarié. Rafqa était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère. Alors que le conflit entre les deux femmes grandissait, Rafqa, à l'écart de ces querelles, cultivait le désir d'embrasser la vie religieuse.


Rafqa dans la Congrégation des Mariamettes (1859-1871)

Rafqa demanda à Dieu de l'aider à réaliser son désir. L'idée lui vint d'aller au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya pour se joindre aux Mariamettes, fondées par le Père Joseph Gemayel. En entrant à l'église du couvent, elle sentit une joie intérieure indescriptible. Alors qu'elle priait devant l'icône de Notre-Dame de la Délivrance, elle entendit une voix qui lui dit: "Tu seras religieuse".

La mère supérieure admit Rafqa sans l'interroger. En connaissant cette nouvelle, son père vint, avec sa femme, pour la ramener à la maison. Rafqa refusa de les rencontrer.

Après la période de postulat, Rafqa reçut l'habit de novice en la fête de Saint Joseph, le 19 mars 1861. L'année suivante à la même date, elle prononça ses vœux temporaires.

La nouvelle professe fut envoyée au Séminaire de Ghazir où elle fut chargée de la cuisine. Parmi les séminaristes se trouvaient le Patriarche Élias Houayek et l'Évêque Boutros al-Zoghbi.

Durant son séjour à Ghazir, elle profitait de ses moments libres pour approfondir ses connaissances de la langue Arabe, de la calligraphie et du calcul.

En 1860, Rafqa fut transférée à Deir al-Qamar pour enseigner le catéchisme aux jeunes filles. Elle assista durant cette même année aux événements sanglants survenus au Liban. Il lui arriva de sauver la vie d'un petit enfant qu'elle cacha dans sa robe. Rafqa passa environ un an à Deir al-Qamar puis revint à Ghazir.

En 1863, Rafqa rejoignit une école de sa congrégation à Jbeil pour instruire des jeunes filles et les former aux principes de la foi chrétienne.

Un an après, elle fut transférée à Maad, sous la demande de M. Antoun Issa. Elle y passa sept ans, durant lesquels elle fonda une école pour l'éducation des jeunes filles.


Rafqa dans l'Ordre Libanais Maronite (1871-1914)

1. Au monastère Mar Semaan al-Qarn, Alto (1871-1897)

Au cours de son séjour à Maad, vers 1871, une crise secoua la Congrégation des Mariamettes qui fut aussitôt dissoute. Ce fait troubla Rafqa. Elle entra à l'église Saint Georges pour prier le Seigneur et Lui demander de lui montrer la bonne voie. Elle entendit une voix disant: "Tu resteras religieuse".

Le soir même de sa prière, Rafqa rêva et vit en songe trois Saints: Saint Georges, Saint Siméon le Stylite et Saint Antoine le Grand, Père des moines, qui lui dit à deux reprises: "Entre dans l'Ordre Libanais Maronite". M. Antoun Issa lui facilita le transfert de Maad au monastère de Mar Sémaan al-Qarn à Aito (Liban-Nord), où elle fut immédiatement acceptée. Le 12 Juillet 1871, elle reçut l'habit de novice et le prénom de sa mère Rafqa. Elle fit sa profession solennelle le 25 août 1872.

Elle passa 26 ans au monastère Mar Sémaan al-Qam, Aito. Elle était un exemple vivant pour les moniales par son observation des Règles.

Le premier dimanche d'octobre 1885, en la fête de Notre Dame du Rosaire, Rafqa entra à l'église du monastère et se mit à prier, demandant au Seigneur de la faire participer à sa Passion Rédemptrice. Sa prière fut immédiatement exaucée. Le soir, avant de dormir, elle sentit un mal insupportable à la tête qui, par la suite, atteignit ses yeux.

Tous les soins utilisés étaient sans résultats. On consulta un médecin américain qui décida d'opérer Rafqa dans l'immédiat. Elle refusa l'anesthésie durant l'opération, au cours de laquelle le médecin lui arracha accidentellement son œil qui tomba par terre en palpitant. Rafqa ne se plaignit pas et lui dit:
"Pour la Passion du Christ. Que Dieu bénisse tes mains et te récompense". Puis le mal ne tarda pas à passer à l'œil gauche.

2. Rafqa dans le monastère Saint Joseph al-Dahr Jrabta (1897-1914) L'Ordre Libanais Maronite décida de fonder le monastère de Saint Joseph al-Dahr à Jrabta-Batroun en 1897. Six moniales furent transférées du monastère Saint Simon al-Qarn au nouveau monastère Saint Joseph à Jrabta. Parmi elles, figurait Sainte Rafqa, car les sœurs étaient très attachées à elle et espéraient la prospérité de leur monastère grâce à ses prières. Mère Ursula Doumit, originaire de Maad, fut nommée Supérieure.

En 1899, Rafqa devint complètement aveugle puis paralysée. Ses articulations se disloquèrent, son corps devint aride et sec: un squelette peu à peu décharné. Elle passa les sept dernières années de sa vie étendue seulement sur le côté droit de son corps. Sur son visage rayonnant et paisible, se lisait un sourire céleste.

Selon le jugement des médecins, Rafqa était atteinte d'une tuberculose ostéo-articulaire.

Rafqa vécut 82 ans, dont 29 dans les souffrances qu'elle supportait avec joie, patience et prière pour l'amour du Christ.

Le 23 mars 1914, Rafqa demanda la Sainte Communion puis remit son esprit en appelant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph.

Enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph-Jrabta, une lumière splendide apparut sur son tombeau pour deux nuits consécutives. Par l'intercession de Sainte Rafqa, Notre Seigneur a fait beaucoup de miracles et a accordé largement ses grâces.

Le 10 juillet 1927, la dépouille de Rafqa fut transférée dans un nouveau tombeau, dans l'église du monastère. La cause de sa Béatification a été soumise au Vatican le 23 décembre 1925.

Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II déclara Rafqa: Vénérable le 11 février 1982; Bienheureuse le 17 novembre 1985; un modèle à suivre dans la dévotion au Saint Sacrement pour le Jubilé 2000.



Sainte Rafqa Ar-Rayes

moniale de l'Ordre libanais maronite ( 1914)

Sainte Rébecca de Himlaya, Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès (1832 - 1914)  

Rafqa Al-Rayès est née à Himlaya au Liban. Orpheline, maltraitée par une belle-mère acariâtre, elle attendit d'avoir atteint ses vingt et un ans pour entrer dans la vie religieuse et devenir enseignante dans un institut que venait de fonder le P. Gemayel.. En 1860, elle vécut le massacre des chrétiens dans la montagne. Quand le jeune institut fut dissous, elle choisit d'entrer dans l'Ordre Baladite, religieuses maronites libanaises. Elle mourut aveugle et percluse, ayant offert à Dieu le sacrifice de sa vie devant tant de sacrifices dans son peuple.


"un modèle à suivre dans la dévotion au Saint Sacrement"


"Rafqa Ar-Rayes était libanaise et aimait sa patrie, le Liban. Elle était maronite et aimait son Église maronite. Elle était fille de l'Ordre Libanais maronite et aimait son Ordre."

Biographie (site du Vatican)


"Puisse sainte Rafqa veiller sur ceux qui connaissent la souffrance, en particulier sur les peuples du Moyen-Orient affrontés à la spirale destructrice et stérile de la violence!"

Homélie du pape Jean-Paul II pour la canonisation de 5 bienheureux.

Homélie de sa béatitude le cardinal Mar Moussa 1er Daoud, préfet de la congrégation pour les Églises orientales, le 11 juin 2001.


Béatification le 17 novembre 1985, canonisation le 10 juin 2001.


Voir aussi:


"La Biographie de la moniale Rafqa de Himlaya n’est que l’histoire d’une souffrance vécue avec amour, avec générosité et avec joie! Loin d’être une stoïcienne, elle a porté au monde un message, et elle a donné au commun des mortels une leçon des plus belles!"

(source: La Fille du Liban - Opus Libani)

Près de Ad-Dahr au Liban, en 1914, sainte Rébecca (Perrine ar-Rayyâs de Himlaya), vierge de l’Ordre libanais de Saint-Antoine des Maronites. Privée de la vue pendant trente ans, puis saisie d’une infirmité qui atteignit ses membres, elle demeura en prière, entièrement remise à Dieu seul.


Martyrologe romain


CHAPELLE PAPALE POUR LA CANONISATION DE 5 BIENHEUREUX

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Dimanche 10 juin 2001, Solennité de la Sainte Trinité 


1. "Béni soit Dieu le Père, et le Fils unique de Dieu, et l'Esprit Saint:  car son amour pour nous est grand" (Antienne de début).


La liturgie tout entière est toujours orientée vers le mystère trinitaire, source  de vie pour chaque croyant, mais elle l'est encore plus spécialement en la fête d'aujourd'hui de la Très Sainte Trinité. 
"Gloire au Père, gloire au Fils, gloire à l'Esprit Saint":  chaque fois que nous proclamons ces paroles, synthèse de notre foi, nous adorons l'unique et véritable Dieu en trois Personnes. Nous contemplons émerveillés ce mystère qui nous enveloppe totalement. Un mystère d'amour, un mystère de sainteté ineffable.



"Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu de l'univers" chanterons-nous d'ici peu, en entrant dans le coeur de la prière eucharistique. Le Père a tout créé avec sagesse et une providence aimante; le Fils par sa mort et sa résurrection nous a rachetés; l'Esprit Saint nous sanctifie par la plénitude de ses dons de grâce et de miséricorde.



Nous pouvons à juste titre définir la solennité d'aujourd'hui comme une "fête de la sainteté". En ce jour, la cérémonie de canonisation de cinq bienheureux trouve donc son cadre le plus harmonieux:  Luigi Scrosoppi, Agostino Roscelli, Bernardo da Corleone, Teresa Eustochio Verzeri, Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès.


2. "Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ" (Rm 5, 1).


Pour l'Apôtre Paul, comme nous l'avons entendu dans la seconde Lecture, la sainteté est un don que le Père nous communique à travers Jésus-Christ. En effet, la foi en Lui est un début de sanctification. A travers la foi l'homme entre dans l'ordre de la grâce; à travers la foi il espère prendre part à la gloire de Dieu. Cette espérance n'est pas une vaine illusion, mais le fruit sûr d'un chemin ascétique face à de nombreuses épreuves, affrontées avec patience et une vertu éprouvée. 
Ce fut l'expérience de saint Luigi Scrosoppi, au cours d'une vie entièrement consacrée à l'amour du Christ et de ses frères, en particulier des plus faibles et sans défense.



"Charité! Charité!":  cette exclamation jaillit de son coeur au moment de quitter le monde pour le Ciel. Il exerça la charité de façon exemplaire, en particulier à l'égard des jeunes filles orphelines et abandonnées, entraînant un groupe d'éducatrices, avec lesquelles il fonda l'Institut des "Soeurs de la Divine Providence".



La charité fut le secret de son apostolat long et inlassable, nourri d'un contact permanent avec le Christ, contemplé et imité dans l'humilité et dans la pauvreté de sa naissance à Bethléem, dans la simplicité de sa vie laborieuse à Nazareth, dans la complète immolation sur le Calvaire, dans le silence éloquent de l'Eucharistie. C'est pourquoi l'Eglise le présente aux prêtres et aux fidèles comme modèle d'une synthèse profonde et efficace entre la communion avec Dieu et le service aux frères. Le modèle, en d'autres termes, d'une existence vécue en intense communion avec la Très Sainte Trinité.


3. "Son amour pour nous est grand". L'amour de Dieu pour les hommes s'est manifesté de manière particulièrement évidente dans la vie de saint Agostino Roscelli, que nous contemplons aujourd'hui dans la splendeur de la sainteté. Son existence, toute imprégnée de foi profonde, peut être considérée comme un don offert pour la gloire de Dieu et pour le bien des âmes. Ce fut la foi qui le rendit toujours obéissant à l'Eglise et à ses enseignements, dans une adhésion docile au Pape et à son propre Evêque. Il sut puiser dans la foi le réconfort pour affronter les heures sombres, les âpres difficultés et les événements douloureux. La foi fut le roc solide auquel il sut s'accrocher pour ne jamais céder au découragement.


Il sentit le devoir de communiquer cette même foi aux autres, en particulier à ceux qu'il approchait dans le mystère de la confession. Il devint un maître de vie spirituelle, en particulier pour les Soeurs qu'il fonda, qui le virent toujours serein même face aux situations les plus critiques. Saint Agostino Roscelli nous exhorte nous aussi à avoir toujours confiance en Dieu, en nous plongeant dans le mystère de son amour.


4. "Gloire au Père, au Fils et à l'Esprit Saint". A la lumière du mystère de la Trinité le témoignage évangélique de saint Bernardo da Corleone, lui aussi élevé aux honneurs des autels, acquiert également une éloquence singulière. Tous s'émerveillaient devant lui et se demandaient comment un frère laïc pouvait parler de façon aussi éminente du mystère de la très Sainte Trinité. En effet, sa vie fut entièrement tendue vers Dieu, à travers un effort constant d'ascèse, tissée de prière et de pénitence. Ceux qui l'ont connu attestent de façon unanime qu'il "était toujours occupé à la prière", "jamais il ne cessait de prier", "il priait sans cesse" (Summ., 35). De ce dialogue ininterrompu avec Dieu, qui trouvait dans l'Eucharistie son centre dynamique, il tirait la lymphe vitale pour son courageux apostolat, en répondant aux défis sociaux de l'époque, qui ne manquait pas de ten-sions et de problèmes.


Aujourd'hui aussi le monde a besoin de saints comme Fra' Bernardo plongés en Dieu et précisément pour cette raison capables d'en transmettre la vérité et l'amour. L'humble exemple de ce Capucin constitue un encouragement à ne pas se lasser de prier, la prière et l'écoute de Dieu étant précisément l'âme de la sainteté authentique.


5. "L'Esprit de vérité vous guidera à la vérité tout entière" (Antienne de Communion). Teresa Eustochio Verzeri, que nous contemplons aujourd'hui dans la gloire de Dieu, se laissa conduire docilement par l'Esprit Saint au cours  de son existence, brève mais intense. Dieu se révéla à Elle comme une présence devant laquelle on doit s'incliner avec une profonde humilité. Sa joie était de se considérer sous la constante protection divine, en se sentant entre les mains du Père céleste, en qui elle apprit à avoir toujours confiance.


S'abandonnant à l'action de l'Esprit, Teresa vécut l'expérience mystique particulière "de l'absence de Dieu". Seule une foi inébranlable l'empêcha de ne pas perdre la confiance en ce Père porvidentiel et miséricordieux, qui la mettait à l'épreuve:  "Il est juste - écrivait-elle - que l'épouse, après avoir suivi l'époux dans toutes les peines qui accompagnèrent sa vie, prenne encore part avec lui à la plus terrible" (Livre des devoirs, III, 130).



Tel est l'enseignement que sainte Teresa laisse à l'Institut des "Filles du Sacré-Coeur de Jésus", qu'elle fonda. Tel est l'enseignement qu'elle nous laisse à tous. Même face aux contrariétés et aux souffrances intérieures et extérieures, il faut conserver vivante la foi en Dieu le Père, Fils et Esprit Saint.


6. En canonisant la Bienheureuse Rafqa Choboq Ar-Rayès, l'Eglise met en lumière d'une manière toute particulière le mystère de l'amour donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Cette moniale de l'Ordre libanais maronite désirait aimer et donner sa vie pour ses frères. Dans les souffrances qui n'ont cessé de la tourmenter durant les vingt-neuf dernières années de son existence, sainte Rafqa a toujours manifesté un amour généreux et passionné pour le salut de ses frères, puisant dans son union au Christ, mort sur la croix, la force d'accepter volontairement et d'aimer la souffrance, authentique voie de sainteté.


Puisse sainte Rafqa veiller sur ceux qui connaissent la souffrance, en particulier sur les peuples du Moyen-Orient affrontés à la spirale destructrice et stérile de la violence! Par son intercession, demandons au Seigneur d'ouvrir les coeurs à la recherche patiente de nouvelles voies pour la paix, hâtant les jours de la réconciliation et de la concorde!


7. "Yahvé, notre Seigneur, qu'il est puissant ton nom par toute la terre!" (Ps 8, 2.10). En contemplant ces lumineux exemples de sainteté, l'invocation du Psalmiste revient spontanément dans le coeur. Le Seigneur ne cesse de donner à l'Eglise et au monde d'admirables exemples d'hommes et de femmes, dans lesquels se reflète sa gloire trinitaire. Leur témoignage nous pousse à regarder vers le Ciel et à chercher sans répit le Royaume de Dieu et sa justice.


Marie, Reine de tous les Saints, qui la première a accueilli l'appel du Très-Haut, soutiens-nous dans notre service à Dieu et aux frères. Et vous, marchez avec nous, saint Luigi Scrosoppi, Agostino Roscelli, Bernardo da Corleone, Teresa Eustachio Verzeri, Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès, afin que notre existence, comme la vôtre, soit une louange au Père, au Fils et à l'Esprit Saint. Amen!

 
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HOMÉLIE DE SA BÉATITUDE 


LE CARDINAL MAR MOUSSA Ier DAOUD, 

PRÉFET DE LA CONGRÉGATION 
POUR LES ÉGLISES ORIENTALES, 

À L'OCCASION DE LA CANONISATION 
DE LA BIENHEUREUSE RAFQA



Lundi 11 juin 2001

Qu'est-ce qui a mû ces délégations et ces foules du Liban et du voisinage, de l'Europe et des Amériques pour qu'elles quittent leurs pays et leurs travaux et pour qu'elles supportent les peines du voyage?


Qui a amené tous ces croyants:  patriarches, évêques, prêtres, moines, moniales, politiciens, hommes d'affaires, responsables, pères, mères, vieux et jeunes?



Qu'est-ce qui nous réunit aujourd'hui à Rome, en la Basilique Saint-Pierre, dans une commune prière?



Est-ce un motif touristique, un monument archéologique, un congrès scientifique ou artistique? 
Non. Ce qui nous a réunis aujourd'hui est une humble moniale qui resta dans son monastère des dizaines d'années, qui n'était ni artiste ni poète, qui n'a pas été particulièrement connue par sa science et sa culture, ni même par certains chefs-d'oeuvre. Elle pratiquait l'ascèse et la mortification et elle préférait la pauvreté et l'abnégation. Elle, c'est Rafqa Choboq Ar-Rayes, la nouvelle sainte de l'Eglise, la sainte du Liban.



La sainteté exerce une grande attraction et un grand pouvoir. Elle meut les esprits. Elle fascine les coeurs et donne élan et courage.



Mais qui est saint?



Le saint n'est pas celui qui opère des miracles et des prodiges. Le saint est un chrétien, comme nous. Il reçoit le baptême et l'Eucharistie que nous recevons. Il a la même foi que la nôtre. La seule différence réside dans le fait qu'il est conscient de son christianisme et qu'il est cohérent avec lui-même. Il croit et met sa foi en pratique.



Ainsi, Rafqa a imité Jésus-Christ et a fait de l'Evangile la règle de sa vie. Devenant une nouvelle image de Jésus-Christ et une nouvelle interprétation de l'Evangile, elle nous a illuminés par un nouveau rayon du ciel, a donné un nouvel éclat à la splendeur de la sainteté, et a répandu un nouveau parfum de la perfection divine.



Le Christ était tout pour sainte Rafqa. Elle l'a cherché et l'a écouté. Elle a compris ses desseins et a exécuté sa volonté. Elle l'a aimé au plus profond de son être.



Pour cela, sainte Rafqa n'est pas morte parce que, avec sa mort, tout a commencé. Je ne parle pas de sa vie au ciel, mais de sa nouvelle vie, sur la terre, avec les hommes.



Sainte Rafqa n'est pas morte parce qu'elle a  vécu dans l'esprit des croyants fascinés par ses vertus, recourant à elle en leurs besoins, confiants dans son intercession.



Par sa mort, Rafqa est entrée dans la gloire de Dieu pour refléter la lumière divine sur le monde et pour participer au pouvoir de Dieu. En effet, par le pouvoir qu'elle détient de Dieu elle peut exaucer nos demandes et entendre nos appels au secours. Plus de 80 ans après sa mort, elle est la plus vivante parmi les vivants.



Parce qu'elle est entièrement consacrée à Dieu, la sainte transcende l'espace et le lieu. Elle est pour toutes les patries et les nations, et pour toutes les générations et les temps.



Rafqa Ar-Rayes était libanaise et aimait sa patrie, le Liban. Elle était maronite et aimait son Eglise maronite. Elle était fille de l'Ordre Libanais maronite et aimait son Ordre.



Mais par sa canonisation, Rafqa n'appartient plus seulement à l'Ordre Libanais maronite, que cet Ordre nous permette de le dire. Elle appartient désormais à tous les Ordres, à toutes les Congrégations religieuses et à toutes les personnes consacrées.



Rafqa n'appartient plus seulement à l'Eglise maronite, que cette Eglise nous permette de le dire. Elle appartient désormais à toutes les Eglises et à toutes les communautés.



Rafqa n'appartient plus seulement au Liban, que ce pays nous permette de le dire. Elle appartient désormais au Liban, au monde arabe, à l'Orient et à l'Occident.



Sinon nous ne serions pas venus du Liban à Rome, ni Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II l'aurait proclamée sainte.



C'est la leçon, je crois, que Rafqa nous donne: franchir les frontières de nos Ordres et de nos couvents, de nos Eglises et de nos particularités, et voir le Liban inséré dans un monde plus vaste. 
L'Eglise catholique est la mère de la vraie mondialisation et la maîtresse de la juste globalisation. 
Rafqa est maronite, libanaise, mais aussi syriaque, antiochienne, orientale, catholique.



Le Liban nous a donné Rafqa. Et Rafqa a donné au Liban un nouveau sens. En Rafqa, je vois le Liban. L'un et l'autre revêtent le visage de la souffrance, mais les deux ont une vocation commune, celle d'aller au-delà des frontières.



Sa Sainteté le Pape n'a pas estimé le Liban comme un simple pays. Il a dit:  "le Liban est plus qu'un pays. C'est un message... ". Moi non plus je ne vois pas le Liban comme une superficie de 10.000 km2, mais je vois le Liban comme un esprit qui se manifeste dans le monde et comme un modèle pour les peuples et les nations unies.



Le salut du Liban est d'être le pays à coeur ouvert, au-dessus des intérêts personnels et qui fait primer le bien commun.



Au nom de la Congrégation pour les Eglises orientales, je remercie sa Sainteté le Pape Jean-Paul II pour la canonisation de Rafqa. C'est une grande grâce pour laquelle je félicite l'Eglise maronite bien-aimée, ses évêques, ses prêtres, ses moines, ses moniales, ses religieux, ses religieuses et ses fidèles, et à leur tête, leur père courageux sa Béatitude et Eminence Mar Nasrallah Pierre Sfeir. J'offre également mes voeux à l'Ordre Libanais maronite et à sa tête le Révérend Père Abbé Athanase Jalkh qui prend soin de la frêle plante que l'Eglise syriaque catholique lui a confiée. Comme aussi à la Révérende Mère Marie-Claude Eid, Supérieure générale de l'Ordre des Moniales Libanaises maronites.



Tous mes voeux enfin au Liban et à sa tête S.E. M. le Président de la République le général Emile Lahoud, représenté par son épouse, Mme Andrée Lahoud.



Chers frères et soeurs, par l'intercession de sainte Rafqa et des quatre saints canonisés avec elle, que le Seigneur vous garde et donne au Liban paix, gloire et prospérité.




SAINTE RAFQA

MONIALE LIBANAISE MARONITE (1832 - 1914)








1- RAFQA à Himlaya (1832 - 1859)

 Sainte Rafqa vit le jour le 29 Juin (fête des Saints Pierre et Paul) 1832 à Himlaya, village du Metn-Nord près de Bikfaya.

 Elle resta fille unique à Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et à Rafqa Gemayel.

 Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée sur l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière. La mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans; ce fut pour elle une grande peine qui marqua toute sa vie.

 Son père connut la misère et la nécessité. Il décida, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailler comme servante chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise; elle y resta quatre ans.

 Rafqa revint à la maison en 1847, et trouva que son père s'était remarié en son absence. Elle cacha sa grande peine. Elle était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère; un conflit entre les deux femmes s'agrandit.

 C'est alors que Rafqa choisit la vie religieuse.

 2- RAFQA dans la Congrégation des Mariamettes (1859 - 1871)

 Rafqa demanda à Dieu de l'aider à réaliser son désir. Elle décida d'aller au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya pour se joindre aux Mariamettes, fondées par le Père Joseph Gemayel.

 En entrant à l'Église du couvent, elle sentit une joie indescriptible. Pendant qu'elle y priait devant l'icône de Notre-Dame de la Délivrance, elle entendit une voix qui lui disait:"Tu seras religieuse". La Mère Supérieure admit Rafqa sans l'interroger. À cette nouvelle, son père vint, avec sa femme, pour la ramener à la maison; Rafqa refusa de les rencontrer.

 Après la période du postulat, Rafqa porta l'habit de novice en la fête de Saint Joseph le 19 mars 1861. L'année suivante et à la même date, elle prononça ses voeux temporaires de religieuse.

 La nouvelle professe fut envoyée au Séminaire de Ghazir, où elle fut chargée de la cuisine. Parmi les séminaristes se trouvaient le Patriarche Élias Houayek et l'Évêque Boutros al-Zoghbi.

 Durant son séjour à Ghazir, elle profita de ses moments libres pour approfondir ses connaissances de langue arabe, de calligraphie et d’arithmétique.

 En 1860, Rafqa fut transférée à Deir al-Qamar, pour y enseigner le catéchisme aux jeunes filles. Elle y assista, durant cette même année, aux événements sanglants survenus au Liban. Elle sauva la vie d'un petit enfant qu'elle cacha sous sa robe.

 Rafqa passa environ un an à Deir al-Qamar puis revint à Ghazir.En 1863, Rafqa rejoignit une école de sa Congrégation à Jbeil pour y instruire des jeunes filles et les former aux principes de la foi chrétienne. Un an après, elle fut transférée à Maad, sous la demande de M. Antoun Issa; elle y passa sept ans, durant lesquels elle fonda une école pour instruire les filles.

3- RAFQA dans l'Ordre Libanais Maronite:






 Au cours de son séjour à Maad, une crise secoua et ébranla la Congrégation des Mariamettes vers 1871. Ce fait troubla Rafqa, qui entra à l'Église Saint Georges, pour prier le Seigneur Lui demandant de lui montrer sa bonne voie. Elle entendit une voix disant: "Tu resteras religieuse". Le soir même, Rafqa vit en songe Trois Saints: Saint Georges, Saint Simon le Stylite et Saint Antoine le Grand, Père des moines, qui lui dit à deux reprises: "Entre dans l'Ordre Libanais Maronite".

 M. Antoun Issa lui facilita le transfert de Maad au monastère de Mar Sémaan El Qarn à Aïto, où elle fut immédiatement acceptée. Elle y porta l'habit de novice et prit le prénom de sa mère RAFQA le 12 Juillet 1871. Elle fit sa profession solennelle le 25 août 1872.

 Elle passa 26 ans au monastère Mar Sémaan El Qarn, Aïto. Elle mena une vie exemplaire avec ses sœurs les moniales.

 Le premier dimanche d'octobre, en la fête de Notre Dame du Rosaire en 1885, Rafqa entra à l'Église du monastère et se mit à prier demandant au Seigneur de lui accorder de participer à sa Passion Rédemptrice. Sa prière fut immédiatement exaucée. Le soir même avant de dormir, elle sentit un mal de tête insupportable qui, ensuite, atteignit ses beaux yeux.

 Tous les soins utilisés furent vains. Un médecin américain à Jbeil, consulta Rafqa et décida de l'opérer instantanément. Rafqa refusa l'anesthésie durant l'opération, au cours de laquelle le médecin lui arracha accidentellement l’oeil droit. Rafqa au lieu de se plaindre lui dit: "Pour la Passion du Christ. Que Dieu garde tes mains et te donne récompense". Le mal ne tarda pas à passer à son oeil gauche. 





 L'Ordre Libanais Maronite décida de fonder le monastère de Saint Joseph al Dahr à Jrabta - Batroun en 1897. Six moniales furent transférées du monastère Saint Simon El Qarn au nouveau monastère Saint Joseph à Jrabta. Parmi elles, figurait Rafqa, car les soeurs étaient très attachées à elle et espéraient la prospérité du nouveau monastère grâce à ses prières. Mère Ursula Doumit, originaire de Maad, fut nommée Supérieure.

 En 1899, Rafqa devint complètement aveugle puis paralysée. Ses articulations se disloquèrent; son corps devint aride et sec: un squelette à peu près décharné. Elle passa les sept dernières années de sa vie étendue sur le côté droit de son corps. Sur son visage paisible, rayonnait toujours un sourire céleste.

 Selon le jugement des médecins, Rafqa fut atteinte d'une tuberculose ostéo-articulaire. Rafqa vécut 82 ans, dont 29 furent passés dans les souffrances, qu'elle supportait avec joie, patience et prière pour l'amour du Christ.

 Le 23 mars 1914, Rafqa  demanda la Sainte Communion puis remit son esprit en appelant Jésus, la Vierge Marie et Saint Joseph. Enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph - Jrabta, une lumière splendide apparut sur son tombeau en deux nuits consécutives. Notre Seigneur accorda par son intercession beaucoup de miracles et de grâces.

 La cause de sa Béatification fut présentée au Vatican le 23 décembre 1925. L'investigation sur sa vie pour la canonization fut commencée le 16 mai 1926. Le 10 juillet 1927, la dépouille de Rafqa fut transférée à un nouveau tombeau dans l'Église du monastère.


Déclarations du Pape concernant RAFQA


Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II déclara Rafqa:


Vénérable le 11 février 1982.

Bienheureuse le 17 novembre 1985.

Modèle à suivre par sa dévotion au Saint Sacrement, pour le Jubilé 2000.


SAINTE pour l'Église Universelle le 10 Juin 2001.(avec 4 autres Bienheureux):



LUIGI SCROSOPPI (1804-1884) Udine, Friuli, ITALIE;

AGOSTINO ROSCELLI (1818-1902) Bargone of Casarza Ligure, ITALIE;

BERNARDO DA CORLEONE (1605-1667) Corleone, Sicilia, ITALIE;

TERESA EUSTOCHIO VERZERI (1801-1852) Bergamo, ITALIE et


RAFQA PIETRA CHOBOQ AR-RAYES (1832-1914) Himlaya, Metn, LIBAN.



Sainte Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayes (1832-1914) est une religieuse Maronite du Liban. Elle est la première sainte libanaise. A l'âge de 27 ans, elle entre dans la congrégation des servantes de Marie et elle se dévoue à l'enseignement et au catéchisme. Elle est aimée pour ses vertus et sa douceur.

«L'homme est le fils de son milieu», dit le proverbe libanais. C'est pourquoi, pour mieux comprendre la vie de Sœur Rafqa, il nous paraît utile de la situer tout d'abord dans son contexte à la fois national, ecclésial et monastique. Notre Servante de Dieu est née au Liban, au sein d'une famille maronite, et s'est sanctifiée dans l'Ordre Libanais Maronite. Chacun de ces trois milieux a eu sa part d'influence sur la voie que Sœur Rafqa a suivie.

Fille du Liban, elle a été marquée par ce pays.

Hagiographie

Sainte Rafqa vit le jour le 29 juin 1832 (fête des Saints Pierre et Paul) 1832 à Himlaya, village du Metn-Nord près de Bikfaya. Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II déclara Rafqa:

·        Vénérable le 11 février 1982.

·        Bienheureuse le 17 novembre 1985.

·        Modèle à suivre par sa dévotion au Saint Sacrement, pour le Jubilé 2000.

Elle resta fille unique à Mourad Saber al-Choboq al-Rayès et à Rafqa Gemayel.

Elle fut baptisée le 7 Juillet 1832 et reçut le prénom de Boutrossieh (Pierrette). Ses Parents l'ont élevée sur l'amour de Dieu et l'assiduité à la prière. La mère mourut en 1839 alors que Rafqa n'avait que sept ans; ce fut pour elle une grande peine qui marqua toute sa vie.

Son père connut la misère et la nécessité. Il décida, en 1843, de l'envoyer à Damas pour travailler comme servante chez M. Asaad al-Badawi, d'origine libanaise; elle y resta quatre ans.

Rafqa revint à la maison en 1847, et trouva que son père s'était remarié en son absence. Elle cacha sa grande peine. Elle était belle, de bon caractère et d'une humble piété. Sa tante maternelle voulait la marier à son fils et sa marâtre à son frère; un conflit entre les deux femmes s'agrandit. C'est alors que Rafqa choisit la vie religieuse.

Rafqa meurt le 23 mars 1914, le visage illuminé et le sourire aux lèvres, en disant « Je donne mon âme à Saint Joseph et Sainte Vierge Marie ».

Trois jours après sa mort, son tombeau s'illumina de lumières miraculeuses. De nombreuses personnes vinrent prier, ou emportèrent un peu de terre, et de nombreuses guérisons et miracles se produisirent (encore de nos jours).

La mort n'empêcha Sainte Rafqa de faire du bien à ceux qui l'invoquaient. Il ne faut pas s'en étonner: Les Saints dans le Ciel ont pour nous le même amour qu'ils avaient sur la terre, et leur pouvoir y est plus grand.

Lors de la cérémonie de canonisation de Rafqa, le pape Jean Paul II dit :

« En canonisant Rafqa Choboq Ar-Rayes, l'Église met en lumière le mystère de l'amour donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Moniale de l'Ordre libanais maronite, elle a désiré passionnément aimer Dieu et donner sa vie pour ses frères. »

« Puisse sainte Rafqa veiller sur ceux qui connaissent la souffrance, en particulier sur les peuples du Moyen-Orient affrontés à la spirale destructrice et stérile de la violence ! »

La biographie de la moniale Rafqa de Himlaya n'est que l'histoire d'une souffrance vécue avec amour, avec générosité et avec joie! Loin d'être une stoïcienne, elle a porté au monde un message, et elle a donné au commun des mortels une leçon des plus belles!

On se tromperait si l'on considérait le chrétien comme un adhérent du stoïcisme. Le chrétien est un disciple du Christ qui, loin de chanter la majesté des souffrances humaines, est resté sensible à toute souffrance, et qui nous a appris comment nous devons souffrir. Le chrétien est celui qui regarde toute souffrance à travers Jésus-Christ, et comme Jésus-Christ. Dans l'Ancien Testament, la souffrance était considérée parfois, si ce n'est souvent, comme un signe de malédiction; tandis que dans le Nouveau Testament, la souffrance devient béatitude et source de bonheur (Mt,5, 3-12), C'est là l'un des secrets de notre Religion chrétienne.

De plus, à entendre Saint Paul dire qu'il surabonde de joie dans toutes ses tribulations (2 Cor, 7,4), d'aucuns pourraient se demander si la foi du chrétien ne serait pas insensibilité et indifférence! Mais lorsqu'on connaît bien les chrétiens, lorsqu'on vit avec eux, on se rend compte que leur foi de croyants devient plutôt source de toute sensibilité et de toute ouverture aux autres. Le Christ lui-même n'a-t-il pas été sensible à toute douleur humaine? Ne s'est-Il pas fait homme pour alléger nos souffrances et réduire nos peines? Combien de fois nous Le voyons, dans l'Evangile, ému et compatissant: en consolant la femme qui venait de perdre son fils unique (Lc, 7, 13), en guérissant les malades (Mt, 14, 14), en apprenant la mort de son ami Lazare (ln, Il, 33 et 38), en ayant pitié de la foule qui Le suivait sans pain et sans eau (Mc, 6, 34), etc... Etant «vrai homme», voire le plus parfait des hommes, tout en étant bien sûr «vrai Dieu» -et c'est là que réside tout le mystère de son Incarnation-Rédemptrice le Christ a pu donner, par sa Passion, un sens aux souffrances humaines. Par sa Passion, Il a pu nous enseigner cette vérité que ce sont les souffrances «du vendredi» qui préparent la joie «du dimanche», à condition que nos souffrances deviennent intimement liées à la Passion du Christ.

Qu'on le veuille ou non, la souffrance était et reste toujours notre pain quotidien, quelque soit notre âge, notre sexe, notre patrie, notre condition etc... Mais n'oublions pas qu'en tant que baptisés, nous sommes membres du Corps du Christ; nous appartenons au Christ; et, comme dit Saint Paul dans ses diverses Épîtres, «.la faveur de Dieu qui nous a été donnée, n'est pas seulement de croire au Christ et d'être membre de son Corps, mais aussi de souffrir pour Lui» (Ph, 1,29). Oui, la faveur de Dieu, c'est de souffrir pour Lui et avec Lui. Toute l'éducation chrétienne consiste donc à savoir souffrir avec le Christ, pour le Christ et aussi par le Christ.

De plus, le Christ, en tant que vrai homme, était solidaire de tous les hommes, dans le passé, Il l'est dans le présent et le sera dans le futur. Nous-mêmes, en tant qu'hommes, nous sommes aussi ontologiquement solidaires les uns des autres. Etant notre modèle et l'exemple par excellence que nous devons imiter à tout instant de notre vie, le Christ s'est fait solidaire de tous ceux qui souffrent en ce monde, et Il nous a laissé cette loi que nous devons observer si nous voulons être vraiment ses disciples. C'est pourquoi, nous devons souffrir, non seulement en Lui, avec Lui, et pour Lui, mais aussi, à son exemple, avec et pour l'humanité entière qui gémit et se lamente.

D'aucuns pourraient se demander: pourquoi tout cela? La réponse est simple: lorsque nous souffrons avec les autres et nous partageons leurs malheurs, nous serons alors capables de réduire leur peine et d'alléger leurs douleurs. Le petit enfant qui subit une opération souffre et pleure; mais quand il se rend compte que sa maman est là à ses côtés, et qu'elle le tient avec ses bras d'amour, et que son cœur maternel souffre autant que lui, et peut-être plus que lui, et qu'elle soupire en même temps que lui, comme si leur souffrance s'était mise au même diapason ou se diffusait sur une même longueur d'onde, alors sa souffrance est vraiment réduite, et sa douleur est apaisée. Et la maman qui souffre pour son bien-aimé est alors pleine de joie, et son visage garde sa sérénité, car elle souffre pour et avec cet être qui lui est cher. Souffrir avec joie n'est donc point insensibilité ou indifférence, c'est un acte d'amour.

Il est certain qu'il faut avoir un cœur pur pour comprendre ces réalités. Le cœur humain, envahi par les passions diverses, est incapable de saisir toujours ce qu'est l'oubli de soi, et ce qu'est le don total de soi-même pour autrui; autrement dit, ce qu'est le vrai amour! En effet, lorsque les passions s'emparent du cœur humain, elles le rendent tellement opaque qu'il perd sa transparence et sa limpidité; d'où son malheur, sa solitude et son enfer; toutefois, et par bonheur, il garde la nostalgie du «paradis perdu»; c'est pourquoi, quoique opaque et dur, il demeure récupérable; ne nous désespérons jamais!

Sœur Rafqa qui s'est consacrée totalement à Dieu, et qui a tout quitté pour être entièrement au Christ son bien-aimé, a compris ces vérités, et elle a agi en conséquence. Cette religieuse de la montagne libanaise a cherché à vivre son amour pour le Christ et pour 1 'humanité dans toute sa plénitude, et elle y est parvenue. Le Seigneur, si l'on ose dire, n'a pas voulu être moins généreux qu'elle; Il lui accorda une grâce toute spéciale: c'est de souffrir et de compléter en son corps, d'ailleurs chétif, «les plaies de Jésus Christ» de sorte que, comme dit Saint Paul, ce n'était plus elle qui vivait mais c'était le Christ qui vivait en elle (Ga, 2, 20). Peut-on aspirer à quelque chose de plus?

Toutefois, dans la vie de notre Servante de Dieu, nous nous sommes heurtés à deux paradoxes: d'une part, comment se fait-il qu'en dépit de ses souffrances atroces et qui ont trop duré, sœur Rafqa est restée toujours heureuse, et que son visage radieux rayonnait constamment de joie? D'autre part, comment peut-on expliquer ce fait qu'elle est restée solitaire et enfermée au monastère, voire clouée sur son lit, des dizaines d'années, et pourtant, elle n'a jamais souffert de la solitude? et elle n'a connu ni l'angoisse, ni la tristesse, ni la tribulation? Si paradoxal que cela paraîsse, ce fut la réalité même des choses, et c'est là que réside tout le secret de sa vie! C'est là aussi que nous saisissons, dans toute son ampleur, le message que sœur Rafqa, la moniale libanaise maronite, a porté et qu'elle porte à notre monde contemporain, ce monde qui cherche le bonheur et qui ne le trouve pas, ce monde qui est plongé dans la solitude dont il cherche de s'enfuir, sans y parvenir!

En effet, notre monde contemporain, en dépit des découvertes auxquelles il est parvenu et dont il est, à juste titre, fier; et en dépit du confort dans lequel il vit; ce monde est victime de la solitude, une solitude effrayante qui l'écrase et le tue:

Solitude de l'individu qui cherche d'en sortir en fréquentant réunions, meetings, cabarets, toute sortes de boîtes de nuit, etc... sans d'ailleurs y parvenir; il est parmi les autres, quantité d'autres, et pourtant sa solitude le tue.

Solitude «du couple» et «dans le couple» qui s'avère plus dure et plus terrible que celle de l'individu. On est sous un même toit; et pourtant on est isolé, et victime d'une association à deux. Situation infernale: à deux et pourtant solitaire.

Solitude «dans le monastère» et «du monastère» où le moine et la religieuse vivent en communauté, mais isolés, chacun vit dans sa tour d'ivoire, renfermé sur lui-même, ne pensant qu'à soi-même. Situation plus infernale encore, car de temps à autre, le consacré prend conscience qu'il est porteur d'un message, et qu'il doit témoigner de quelque chose, et pourtant, il mène une vie inféconde, privée de son sens. Solitude qui le ronge et le tourmente, et il cherche de s'en évader; mais malheureusement, toute évasion reste possible à l'exception de l'évasion de soi -même.

Solitude «dans le presbytère» et «du presbytère» où le pasteur d'âmes, bien que plongé dans les activités de la paroisse et vivant parmi les autres, souffre d'un isolement qui ne crée que des idées noires et un nervosisme gênant.

A toutes ces solitudes, et à tant d'autres que nous rencontrons dans la société humaine, civile et religieuse, et à tous les échelons, la moniale libanaise maronite, sœur Rafqa, dont «le sourire ne quittait jamais les lèvres», est là pour nous en donner le remède, voire même l'unique moyen pour en sortir. Ce moyen consiste à «savoir aimer» Dieu et les autres, tous les autres, et à «savoir souffrir» pour le Christ et pour les autres, avec? tout l'amour sincère que peut éprouver un cœur humain. Seul l'amour est créateur et vivifiant, tandis que l'égoïsme écrase et tue. L'ouverture aux autres est source de joie tandis que la recherche de ses propres intérêts n'est qu'angoisse et tribulation. Penser aux autres, surtout à ceux qui souffrent, et se dévouer pour eux, c'est connaître le vrai bonheur, tandis que donner libre cours à ses diverses passions: «à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux, et à l'orgueil de la richesse» (1 Jn, 2, 16), n'est, en réalité, qu'amertume et ennui! Pourtant, nous cherchons incessamment la joie et le bonheur!

Sœur Rafqa n'a rien écrit bien qu'elle fut très instruite et très intelligente. Elle ne nous a laissé aucune lettre, si petite soit-elle; cependant, elle a écrit tout un chapitre sur la souffrance créatrice de joie. Qui de nous ne sent pas le besoin de lire en ce chapitre, surtout qu'il est l'histoire d'une vie menée par une personne chair de notre chair et os de nos os? Sœur Rafqa est morte il y a plus d'un demi-siècle; mais son message reste vivant, et sa vertu reste salvatrice. La beauté du message de cette moniale libanaise maronite consiste dans le fait qu'il n'est pas théorique, mais qu'il est l'histoire de toute une vie. Il en est de même de son témoignage; celui-ci n'est pas du simple «donné», mais il est surtout du pur «vécu»; d'où sa force et sa valeur.

Vraiment, les «saints» ont toujours quelque chose à nous dire; ah! si nous savions les écouter!

Sources

·        P.Elias Hanna (O.L.M., Monastère saint Joseph, tombe de sainte Rafqa), Sainte Rafqa (1832-1914), l'éducatrice des générations et la sainte patronne des souffrants, Batroun, Liban 2001.



Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès 


(1832 - 1914)  


Rafqa in Himlaya (1832-1859)

Rafqa was born in Himlaya, one of the villages of Northern Metn (Lebanon), on June 29, 1832.
She was the only child of Mourad Saber el-Choboq el Rayess and Rafqa Gemayel.

On July 7, 1832 she was baptized and named Boutroussieh. Her parents taught her the love of God and the practice of daily prayer. At age seven, she suffered her first great loss with the death of her mother.

In 1843, her father experienced financial difficulties and sent her into service for four years in the home of Assaad Badawi. Rafqa grew into a beautiful, pleasant, humorous young woman, pure and tender with a serene voice.

In 1841, she returned home to find that her father had remarried. His new wife wanted Rafqa to marry her brother. Conflict developed when her aunt sought to arrange a marriage between her son and Rafqa.


Rafqa in the Congregation of the Mariamettes (1859-1971)

At this time, Rafqa felt drawn to the religious life. She asked God to help her achieve her desire and set off for the convent of Our Lady of Deliverance in Bikfaya, accompanied by two girls whom she met along the road.

When she entered the convent church, she felt deep joy and happiness. One look at the icon of Our Lady of Deliverance, and she heard God's voice confirming her desire to enter religious life.

Following a year of postulancy, Rafqa received the habit of her congregation on the feast of St. Joseph, March 19, 1861. A year later, she pronounced her first vows.

The new nun, along with sister Mary Gemayel, was assigned to work in the Jesuit-run seminary in Ghazir. Among the seminarians were Elias Houwayek and Boutros el-Zoghbi, later to become Partriarch and Archbishop, respectively.

Rafqa was in charge of kitchen service. In her free time she studied Arabic, calligraphy and mathematics and also helped to educate girls aspiring to join her congregation.

In 1860 Rafqa was sent to Deir el-Kamar to teach catechism. There she witnessed the bloody clashes that occurred in Lebanon during this period. On one occasion, she risked her own life by hiding a child under her robe and saving him from death.

After a year in Deir el-Kamar, Rafqa returned to Ghazir. In 1862, she was sent to teach in a school of her order in Byblos. One year later, she was transferred to Maad village. There, with another nun, she spent seven years establishing a new school for girls, made possible through the generosity of Antoun Issa.

Rafqa in the Lebanese Maronite Order (1871-1914)

1. In the Monastery of St. Simon el-Qarn in Aito (1871-1897)

While living in Maad, and following a crisis in her congregation, Rafqa sought divine guidance. Entering at St. George's Church, she prayed for help. Once again, she heard the Lord's voice confirming her call to religious life. Soon after, she dreamt that St. George, St. Simon and St. Anthony the Great, the father of monasticism, were telling her to enter the Lebanese Maronite Order.

Her thp from Maad to the Maronite Monastery of St. Simon el-Qarn in Aito was facilitated by the generosity of Mr. Antoun ISSA. She was immediately admitted to the Order, receiving the habit on July 12, 1871 and pronouncing her vows on August 25, 1872. She received the name, sister Rafqa, after her mother.

She was to spend the next 26 years in the monastery of St. Simon. In her observation of the rule, her devotion to prayer and silence, in her life of sacrifice and austerity, she was a role model to the other nuns.

On the first Sunday of October 1885, she entered the monastery church and began to pray, asking Jesus to permit her to experience some of the suffering He endured during His passion. Her prayer was immediately answered. Unbearable pains began in her head and moved to her eyes.

Her superior insisted that she undergo medical treatment. After all local attempts to cure her had failed, she was sent to Beirut for treatment. Passing by St. John-Mark's Church in Byblos, her companions learned that an American doctor was traveling in the area. Contacted, he agreed to perform surgery on the afflicted eye. St. Rafqa refused anesthesia. In the course of the surgery, her eye became completely detached. Within a short time, the disease struck the left eye.

For the next 12 years she continued to experience intense pain in her head. Throughout this period, as before, she remained patient and uncomplaining, praying in thanksgiving for the gift of sharing in Jesus' suffering.


2. Rafqa in St. Joseph Monastery al Dahr in Jrabta (1897-1914)

When the Lebanese Maronite Order decided to build the monastery of St. Joseph al Dahr in Jrabta, Batroun, in 1897, six nuns, led by Mother Ursula Doumit, were sent to the new monastery. Rafqa was among them.

In 1899, she lost the sight in her left eye. With this a new stage of her suffering began, intensified by the dislocation of her clavicle and her right hip and leg. Her vertebrae were visible through her skin.
Her face was spared and remained shining to the end. Her hands stayed intact; and she used them to knit socks and make clothing. She thanked God for the use of her hands while also thanking Him for permitting her a share in His Son's suffering.

Preparing for death, she called upon the Mother of God and St. Joseph. Finally, on March 23, 1914, after a life of prayer and service, and years of unbearable pain, she rested in peace. She was buried in the monastery cemetery.

On July 10, 1927, her body was transferred to a shrine in the corner of the monastery chapel. The case for her beatification was introduced on December 23, 1925, and canonical investigation of her life began on May 16, 1926.

Pope John Paul II declared her: Venerable on February 11, 1982; Beatified on November 17, 1985; a role model in the adoration of the Eucharist during the Jubilee Year 2000.



Blessed Rafqa Shabaq al-Rayes V (AC)

(also known as Rafka, Rebecca, Pierina, or Boutrosiya)


Born in Hemlaya, Lebanon, June 29, 1832; died October 23, 1914; beatified November 17, 1985.


Too often we forget that there are other rites within the Catholic Church beyond the Roman Rite. Blessed Rafqa (Rebecca) is God's gift to the universal Church from the Maronites, which hale from Lebanon. Raqfa, like the bride in the Song of Songs, listened to her Beloved's call: "Come from Lebanon, my promised bride, Come from Lebanon, come on your way. Look down from the heights of Amanus, From the crests of Senir and Hermon, The haunt of lions, The mountains of leopards. The scent of your garments Is like the scent of Lebanon. She is a garden enclosed, My sister, my promised bride; a garden enclosed A sealed fountain Fountain of the garden, Well of living water, Streams flowing down from Lebanon!" [vv. 4:1-15].

Pierina (Petronilla), the only child Mourad Saber Shabaq al-Rayes and his wife Rafqa Gemayel, was named after Saint Peter on whose feast she was born in the land of the Canaanites and Phoenicians. This blind seer, known as the "Little Flower of Lebanon," the "Purple Rose," and the "Silent, Humble Nun," related the story of her life to her mother superior months before her death.

Life in Lebanon was not easy even in the 19th century and was made more difficult for Pierina by the death of her mother when she was six years old. She worked as a house maid in Syria for four years (1843-1847) and a few years later (1853) entered the Marian Order of the Immaculate Conception as a postulant at the convent of Our Lady of Liberation in Bikfaya. Saint Maron's Day 1855 she was received as a novice and took the name Anissa (Agnes). Five years later she witnessed the massacre of Christians in Deir-el-Qamar. In 1871, her order was united with that of the Sacred Heart of Jesus to form the Order of the Sacred Hearts of Jesus and Mary. Each nun was given the choice of entering the new order, another existing order, or being dispensed from her vows.

Throughout her life, Raqfa was gifted with extraordinary revelations by voices, dreams, and visions. In 1871, Sister Anissa went to Saint George's Church in Batroun to pray about the future of her vocation. That night she dreamed that Saint Antony the Hermit told her to become a nun in the Baladiya Order of the Maronites. At the age of 39 (July 12, 1871), she responded to the dream by entering the ascetic Baladiya Order at the cloistered convent of Saint Simon in El-Qarn, where she was known as Boutrosiya from Hemlaya. She made her perpetual vows and received the veil from Father Superior Ephrem Geagea al-Bsherrawi on August 25, 1873, and took the name Rafqa (Rebecca).

As a member of an ascetic order, in 1885, Rafqa asked our Lord to let her share in His suffering. From that night on her health began to deteriorate. Shortly she was blind and crippled and still she imposed greater penances upon herself, such as eating only the leftover scraps of food. She continued to share in the prayers of the community and its work by spinning wool and knitting of stockings. By 1907, Sister Rafqa was totally paralyzed and in constant pain, but by uniting her suffering with Christ's she was able to bear all with joy, without complaint.

Four days after her death, her superior, Sister Doumit experienced the first of many miracles wrought at the intercession of Blessed Rafqa (Hourani, Zayek).

Life of Saint Rafca, The Blind mystic of Lebanon

The Lily of Himlaya

She was born in Himlaya, a small village near Bickfaya (Metn), on June 29, 1832 and was given the name Petronilla as a reminder that she was a daughter of St. Peter, on whose feast day she entered the world.

The Land of Rafca

The Land of Rafca is Lebanon: a country, torn by four years of war, in search of peace and tranquillity. The wealthy, big powers have brought their conflicts there and are trying to resolve them there. The greatness of that Land lies in the fact that it has always been a land of refuge.

The Land of Rafca is the land of the Canaanites and the Phoenicians, and is mentioned with enthusiasm and wonder more than sixty times in Holy Scripture.

Preface

Like Therese of Lisieux, Rafca, "The Little Flower of Lebanon," the "Purple Rose," the "Silent and Humble Nun", had to tell her life story to her Mother Superior some months before her death. Obedience to this request is the reason why today we are able to know something about this woman who sought for nothing else but to be forgotten by men and live only for God. However, the perfume of this violet immediately spread after her death and has attracted the attention of the ecclesiastical authorities.

The Cause for Beatification of the Servant of God, Rafca, is currently in Rome. It will now be up to the Holy Father to make the final decision regarding her virtues and the graces obtained through her intercession, as to whether he will elevate her to the ranks of the saints. As we anticipate and pray for this glorious day, we submit ourselves to the decision of the Church and patiently wait.

Bride of the Crucified

Rafca's condition grew more serious. The pain she was enduring in her eyes became excruciating. Her Superior sent her to Tripoli for treatment. The treatments were most painful, too, and she lost a great deal of blood. However, during all of this time, she kept repeating, "With your sufferings, O Lord, for your glory." ...

The Total Gift

In 1897, a group of nuns from the convent of St. Simeon of the Horn moved to the new convent of St. Joseph Ad-Daher. Mother Ursula, who was to be the Superior of the new foundation, asked to have Sister Rafca included in the group. She wished to have her example before the eyes of the sisters as they met with the hardships that are always inherent in establishing a new foundation.

Sister Rafca spent the last seventeen years of her life in this convent which was to be the scene of her greatest sufferings, as well as of her greatest spiritual joys.

Rafca was not to disappoint Mother Ursula. Her example and assistance proved invaluable in establishing the new convent. The novices especially were impressed with the blind nun's spirit of prayer, humility, and charity. Many years later, after her death, several of Rafca's sisters who had either come with her to the new foundation, or who had been novices during the seventeen years that she lived at St. Joseph Ad-Daher and had never forgotten what they had observed of their sister's life, testified regarding her holiness...

...Rafca suffered for seventeen years as a blind paralytic. Only God knew how much she had to endure. Her pain was continuous night and day, yet the other sisters never heard her murmuring or complaining. She often told them that she thanked God for her sufferings, "...because I know that the sickness I have is for the good of my soul and His glory" and that "the sickness accepted with patience and thanksgiving purifies the soul as the fire purifies gold."

She was always quiet and calm, smiling, enduring even the greatest pain with patience, hoping in the Lord who promised to increase the glory of His faithful servants in heaven (Lk. 21:19).

By her patience, she can be compared to the greatest of the saints.

A Light Shining in the Darkness

A few years before she died, Rafca's Bridegroom granted her two more favors to show His acceptance of her offering of herself as a Victim of Love.

One day, mother Ursula noticed that Rafca seemed to be suffering much more than usual and, touched by pity for the poor sister, asked her, Is there anything else you want from this world? Have you never regretted the loss of your sight? Don't you sometimes wish you could see this new convent with all the natural beauties that surround it--the mountains and rocks, and the forests?"

Sister Rafca answered simply, "I would like to see just for an hour, Mother--just to be able to see you."

"Only for one hour?" asked the Superior. "And you would be content to return to that world of darkness?"

"Yes," replied the invalid.

Mother Ursula shook her head in wonder and began to leave Rafca's cell. Suddenly, the paralyzed nun's face broke into a beautiful smile and she turned her head toward the door. "Mother," she called, I can see you!"

The Superior turned around quickly and saw the glow on Rafca's face. That alone was enough to tell her that her daughter was not teasing, but she wanted to be certain that the phenomenon was actual and not just a trick of the mind of the poor nun who had been blind for so many years.

Desperately trying to conceal her emotions, she walked back to the bedside.

"If it is as you say," she queried, "tell me what is lying on the wardrobe." Sister Rafca turned her face toward the little closet and answered, "The Bible and the Lives of the Saints--she could hardly contain her excitement. But, she reasoned, perhaps Rafca knew that these were the only two books in her cell as she had no need for others and the sisters who read to her usually only used these two titles--knowing that the invalid loved them best.

Another test would have to be tried and this time, witnesses were called in the testify to the miracle.

There was a lovely multi-colored cover on Rafca's bed. Mother Ursula called her attention to it and began to point to the colors one by one, asking the newly-sighted nun to call out the names of the colors as she pointed to them. The three sisters who assisted the Superior in the test verified that Sister Rafca named each color correctly.

As she had requested, though, this new sight lasted only for one hour during which time she conversed with Mother Ursula and looked around her cell, at her siters, and through the window to catch glimpses of the beauties outside.

After this time, she fell into a peaceful sleep. The Mother Superior remained at Rafca's side for a short time and then decided to waken the nun to see if she would be able to see again...

From the Dust of the Earth

Charify Khoury, widow of Saad Peter Khoury, Mayor of Mazraat Ram (Batroun) declared on November 23, 1925:

My son, Peter, who was three years old, became very ill when his body began to store up uric acid. The quantity of acid increased to such an extent that his body became swollen and his eyes were closed. Dr. Elias Anaissi forbade him to eat anything except milk, but the child did not like milk and refused to take it. We used to put rose water in the milk and force it into his mouth, but he would just vomit it back up and finally refused to take any more.

The doctor insisted that the only medicine for his condition was milk and advised that if he didn't take it, he would die, so we kept forcing him to drink the milk. I was very frightened. This situation continued for thirty or forty days and Peter was close to death.

I had heard about the miracles of Rafca, so I made her a conditional vow: "If my son gets well so that I can feed him any kind of food without hurting him, I will visit the Convent of St. Joseph with him."
That very night I saw in my dreams an old lady with a cane in her hand. She told me, "Do not be afraid for your son. Give him whatever he wants to eat. He will not die". I realized that this was Rafca.



Blessed Rafka, A Lebanese Maronite Nun, Canonized on June 10, 2001

 Born about the year 1832, Blessed Rafka was first known by her baptismal name Boutrossieh (Pierrette or Petronila in French).  Before dying, Blessed Rafka told of her life to Sister Ursula, superior of the monastery in which she died, “There is nothing important in my life that is worthy of being recorded … my mother died when I was seven years old.  After her death my father married for a second time.”

When Blessed Rafka was 14 years old her stepmother wanted her to marry her brother, and her maternal aunt wanted her to marry her son.  Rafka did not want to marry either of the men and this caused a great deal of discord in her family.  After overhearing her stepmother and aunt exchange insults, Rafka asked God to help her deal with the problem.  She then decided to become a nun and went straight to the convent of Our Lady of Liberation at Bikfaya.  

This decision was not just to escape the problem of her marriage but a response to a true calling.  As Rafka recounts, “When I entered the Church I felt immense joy, inner relief and, looking at the image of the Blessed Virgin, I felt as if a voice had come from it and penetrated the most intimate part of my conscience.  It said to me: You will be a nun.”

Rafka’s father and stepmother did try to take her back home but she did not want to go.  “I asked the mistress of novices to excuse me from seeing them and she agreed.  They returned home, saddened, and since then I never saw them again…”

Fr. Joseph Gemayel and his family founded a new religious institute for women that provided them with full- time education as well as religious instruction. Blessed Rafka’s name, Pierina, was listed last among the first four aspirants of “Daughters of Mary of the Immaculate Conception” (“Mariamettes”, in French) in Fr. Gemayel’s notebook dated January 1, 1853.  She was 21.

On February 9, 1855, the Feast of St. Maron, Rafka commenced her novitiate in Ghazir convent and chose the name Anissa (Agnes).  She took her first vows in 1856 that were renewable every year.  She was first “in charge of the kitchen and was studying in preparation for teaching the rudiments of culture … She was placed in charge of the workers and had the task of giving them religious instruction in a spinning mill in Scerdanieh , where she remained for two months.” After her final vows, Rafka was sent to the Jesuit founded Eastern seminary of Ghazir .

In 1860 she went to Deir-el-Qamar , in southern Lebanon.  She recounted, “That year there were the well known battles and bloody massacres.”    In less than two months the Druse sect, goaded by the Turks, killed 7,771 people and destroyed 360 villages, 560 churches, 28 schools, and 42 convents.  Blessed Rafka saved one child’s life by hiding him in her skirt as he was being chased by some soldiers.

Two years later, Rafka was transferred to Gebail where she remained for one year before going to Ma’ad at the request of Antoun (Anthony) Issa, a local dignitary who was married but had no children.  Rafka lived in their home while teaching Christian doctrine and supervising religious practice.  One of her students of six years described Sister Anissa as “always tranquil, serene, sensitive and smiling in her humility…she never raised her voice and…never used corporal punishment.”  

In 1871, the “Mariamettes” religious institute dissolved.  Blessed Rafka decided to join the Baladita Order, the monastic order now named “The Lebanese Maronite Order of St. Anthony, founded in 1695 and told Antoun Issa of her decision.  He asked her to stay on until the end of the year promising to leave her property and money but refused.  Realizing her resolve, he offered to pay the dowry demanded by the Order for her.

That same night, Blessed Rafka dreamed of three men.  One with a white beard, one dressed like a soldier and the third was an old man.  One of the men said to her, “’Become a nun in the Baladita Order.’  I woke up very happy … and went to Antoun Issa, bursting with joy … and I told him about my dream.”  Antoun identified the men as St. Anthony of Qozhaia (St. Anthony Abbot) of whom the order was inspired, the soldier was St. George, to whom the church in Ma’ad was dedicated and the third could only be a Baladita monk.  Rafka decided to leave immediately for the monastery of St. Simon in Al-Qarn.  Antoun gave her the money as promised as well as a letter of recommendation to the archbishop.

On July 12, 1871, at the age of 39, Blessed Rafka began her novitiate into the new monastery and then on August 25, 1873, she “professed her perpetual vows of poverty, chastity and obedience in the spirit of the strict Rule of the Baladita Order.”  Her new name was that of her mother’s, Rafka, (Rebecca), the name of Abraham’s great granddaughter and wife of his son Isaac.  Rafka remained in the monastery until 1897.

In 1885, at the age of 53, Blessed Rafka decided not to join the nuns for a walk around the monastery.    In her autobiographical account she wrote, “It was the first Sunday of the Rosary.  I did not accompany them. Before leaving each of the nuns came and said to me, ‘Pray for me sister.’  There were some who asked me to say seven decades of the Rosary … I went to the Church and started to pray.  Seeing that I was in good health and that I had never been sick in my life, I prayed to God in this way, ‘Why, O my God, have you distance yourself from me and have abandoned me. You have never visited me with sickness! Have you perhaps abandoned me?’”

Blessed Rafka continued in her account to her superior, the next night after the prayer “At the moment of sleeping I felt a most violent pain spreading above my eyes to the point that I reached the state you see me in, blind and paralyzed, and as I myself had asked for sickness I could not allow myself to complain or murmur.”

“The symbolic daughter of a country which for over a decade has been in the world headlines because of its suffering,” 1Blessed Rafka (Rebecca) suffered many years because of her desire to share in the passion of Jesus Christ.

One sister accompanied Rebecca to Tripoli for a medical visit for her eyes.  “The doctor explored, poking one eye, then the other.  Blood gushed out and… [Rafka] remained calm and smiling, repeating, ‘In communion with your suffering, Jesus!’…Two or three days later, the sore became inflamed and for about a month there was a copious discharge of pus.”

For two years, Blessed Rafka suffered.  She went to several doctors who all agreed that there was nothing they could do.  Upon the persuasion of Fr. Estefan, Blessed Rafka consulted an American doctor who strongly suggested that the eye be removed.  Fr. Estefan recalls, “Before the operation I asked the doctor to anesthetize the eye so that Rebecca would not feel any pain but she refused.  The doctor made her sit down and pushed a long scalpel … into her eye … the eye popped out and fell on the ground, palpitating slightly … Rafka didn’t complain … but only said, ‘in communion with Christ’s Passion.’”  The pain was then all concentrated to her left eye and nothing could be done.

Gradually her left eye shrunk and sunk into the socket and Rafka became blind. For about thirty years both sockets hemorrhaged two to three times a week. She also suffered from frequent nosebleeds.  “Her head, her brow, her eyes, her nose were as if they were being pierced by a red hot needle.  Rafka did not let this pain isolate her from the community.  She continued to spin wool and cotton and knitted stockings for the other sisters; she participated in choral prayer.

Due to the harsh winters at the monastery of St. Simon, Rafka was allowed to spend the coldest months on the Lebanese coast as a guest of the Sisters of Charity and then of the residence of the Maronite Order.  Unable to observe the Rule at these locales, Blessed Rafka asked to be taken to the monastery of St. Elias El Rass, which belonged to her order.  

In 1897, Blessed Rafka, out of obedience, was able to permanently move to the monastery St. Joseph of Grebata in Ma’ad along with Sister Ursula, where she remained for the last 17 years of her life.  It was here that her suffering increased.

In 1907, she confided to Sister Ursula that she felt a pain in her legs, “as if someone were sticking lances in them and pain in my toes as if they were being pulled off.”  This began the long list of sufferings and pains Blessed Rafka withstood for the last seven years of her life.

Based on direct evidence and on the autopsy of Rafka’s remains in 1927, she became paralyzed due to “the progressive disarticulation of her bones.  She kept intact only her brain, her tongue, her ears and her wrist and finger joints while the pain continued in her head, her devastated eye sockets and her nosebleeds … completely immobile her lower jaw touched her benumbed knee.”

Even in this state, Blessed Rafka was able to crawl to the chapel on the feast of Corpus Christi to the amazement of all the sisters.  When asked about this, Blessed Rafka replied, “I don’t know.  I asked God to help me and suddenly I felt myself slipping from the bed with my legs hanging down; I fell on the floor and crawled to the chapel.”

On a separate occasion, when asked by her superior if she would like to see, Blessed Rafka responded, “I would like to see for at least an hour, to be able to look at you.”  In an instant the superior could see Rafka smile and suddenly said, “Look, I can see now.”  Not believing her, Sister Ursula put her to the test asking her to identify several objects.  Shortly thereafter, Rafka fell into a deep sleep for about two hours.  Sister Ursula became worried and tried repeatedly to awaken her.  Upon waking, Rafka explained that she had entered a large, beautifully decorated building with baths full of water and people crowding to enter them; she went with them.  Sister Ursula asked her why she came back; why she didn’t continue to walk.  Blessed Rafka explained, “You called me, and I came.”  

Blessed Rafka’s obedience and love for her superior is quite evident in this account.  For a nun, the superior, “as the Rule puts it, represents Christ and is owed respect, obedience and love.  Despite her condition, Rafka did nothing without the Superior’s permission.”

Three days before her death, Rafka said, “I am not afraid of death which I have waited for for a long time.  God will let me live through my death.”  Then on March 23, 1914, four minutes after receiving final absolution and the plenary indulgence, she died.

On June 9, 1984, the eve of Pentecost, in the presence of the Holy Father John Paul II, the decree approving the miracle of Elizabeth Ennakl who was completely cured of uterine cancer in 1938 at the tomb of Rafka, was promulgated.  

On November 16, 1985 His Holiness Pope John Paul II declared her a Blessed and on June 10, 2001 the same Holy Father elevated her to the rank of Saints at a solemn ceremony in the Vatican.

Eparchy of Saint Maron
109 Remsen Street
Brooklyn NY 11201

Saint Rafqa


Also known as

  • Agnes
  • Anissa
  • Boutrosiya
  • Boutrossieh
  • Boutrossieh Ar-Rayes
  • Lily of Himlaya
  • Little Flower of Lebanon
  • Petra
  • Petronilla
  • Pierette
  • Purple Rose
  • Rafka
  • Rafka Al Rayes
  • Rafqa Shabaq al-Rayes
  • Rebecca
  • Rebecca Pierrette Ar-Rayes
Profile

Daughter and only child of Mourad Saber Shabaq al-Rayes and Rafqa Gemayel. Her mother died when Rafka was six. She and her step-mother never got along. The girl worked as a maid from age 11 to 15, announcing at age 14 that she felt a call to religious life. Her father objected, but at 21 she became a nun in the Marian Order of the Immaculate Conception at Bikfaya, taking the religious name Anissa (= Agnes), and making her final vows in 1856.

In 1871, her Order merged with the order of the Sacred Heart of Jesus. The sisters were given the choice of joining the new combined order, joining other orders, or being released from their vows. Following dreams in which Saint Anthony the Great appeared to her, she joined the Lebanese Order of Saint Anthony of the Maronites (Baladiya Order) on 12 July 1871, a novice at age 39, taking the new religious name of Rafqa (= Rebecca).

On the feast of the Holy Rosary in 1885, Rafqa prayed that she might share Christ’s sufferings. Her health began to deteriorate, and she was soon blind and crippled. She spent as much of her remaining 30 years in prayer as she could, but always insisted on working in the convent as well as she could with her disabilities, usually spinning wool and knitting. By 1907 she was completely blind and paralyzed. In a 1981 medical report based upon the evidence presented in the Canonization process, specialists in ophthalmology, neurology and orthopedics diagnosed the most likely cause as tuberculosis with ocular localization and multiple bony excrescences. This causes unbearable pain, but Rafqa was thankful for her special form of communion.

Late in life her close friend and supporter, Mother Superior Ursula Doumit, ordered her to dictate her autobiography, and Rafka complied. Near the time of her death, Rafqa asked that her sight be restored for a single hour so she could again see the face of Mother Ursula; the hour of sight was granted.

Beginning four days after her death, miraculous cures were recorded at Rafka’s grave, the first being Mother Doumit whose throat was slowly closing so there was fear she would starve to death. Elizabeth En-Nakhel from Tourza, northern Lebanon, was cured from uterine cancer, through Rafqa, in 1938, the miracle which permitted her beatification.

Born

St. Rafqa
Saint Rafqa was born in Hemlaya, Lebanon on June 29, 1832. She was the only child of her parents, Saber El-Choboq El-Rayess and Rafqa Gemayel. She was baptized on July 7, 1832 and named Boutroussieh.

Her parents were devout Christians and taught her daily prayers. By all accounts, her childhood was happy and simple, until she was just 7 years old and her mother, Rafqa (for whom she was named) died.

The death of her mother started a period of tribulation for Rafqa and her father, who soon experienced financial difficulties. Rafqa was sent to work as a domestic servant for four years to help support the family. During that period, she worked in Damascus, away from her father.

In 1847, she returned to find that her father had remarried and his new wife desired that Rafqa marry her brother. At the same time, an aunt wanted to arrange a marriage between Rafqa and her cousin.

Rafqa was left to decide what to do with herself, split between two potential suitors and under pressure from family to make two different choices. She turned to prayer and asked God to guide her. Her answer surprised everyone. Rafqa would marry neither man, but instead would devote her life to Jesus and become a nun.

Rafqa traveled to the convent of Our Lady of Deliverance in Bikfaya. She joined the Mariamettes, founded by Fr. Jospeh Gemayel.

According to legend, when she entered the convent and gazed upon the icon of Our Lady of Deliverance, she heard the voice of God tell her "You will become a nun.

The Mother Superior of the convent accepted her immediately, without question. Shortly thereafter, her father and his new wife arrived to try to dissuade Rafqa from her God-chosen path. She refused to leave and remained devoted to her vocation.

She was sent to Deir El Qamar to teach catechism. The town became the site of civil unrest and on one occasions he reportedly saved a child from murder by hiding him under her robes.

She served in Deir El Qamar for a year.

In 1861, she returned to her congregation and become a novice. On March 19, 1862, she took her temporary vows and was assigned to kitchen service in a seminary.

Rafqa spent her free time learning Arabic, writing, and arithmetic. She also helped convince other girls to join the congregation. In 1863, she continued working as a teacher, first at a school belonging to her congregation in Byblos, then Maad village where she and a fellow sister established a new school for girls.

Following this early period, Rafqa repeatedly heard messages from heaven. When her order faced a crisis, god told her "You will remain a nun." And she heard the voices of saints directing her to enter the Lebanese Maronite Order. She obeyed.

Sister Rafqa took her solemn vows in the new order on Augist 25, 1872.

During her time, she was known to be quiet and contemplative. She was devoted to prayer and spoke little. She commonly made sacrifices and lived in great austerity.

In October 1885, Sister Rafqa made an unusual request of Jesus, asking to share in his suffering. She immediately began to experience pain in her head, which moved to her eyes. Her superior was concerned about Rafqa's pain and ordered that she be examined by doctors and sent to Beirut for treatment.

As she passed through the nearby church in Byblos, the congregation made note that an American doctor was in the area. The located the doctor who recommended immediate surgery for Sister Rafqa.

During the surgery, she refused anesthesia, and the doctor made a mistake which caused her eye to emerge from its socket and fall to the floor. Sister Rafqa, instead of panicking, blessed the doctor, saying "For Christ's passion, god bless your hands and may God repay you.

The surgery did not succeed. Shortly thereafter, pain entered her left eye.

For the next 12 years, she experienced pain in her remaining eye and headaches. At no point did she reverse her wish to share in Christ's suffering. Instead, she remained joyful in prayer and patient in her suffering. She remained quiet for long periods, speaking infrequently, but always joyously.

In 1887, Sister Rafqa was sent with five other sisters to found a new monastery in Jrabta, Batroun in Lebanon. She did as she was asked, working patiently and diligently as she was able despite her suffering. In 1899, she became blind and paralysis set in.

Eventually she was confined to bed, mostly paralyzed and only able to lie on her right side. Her body withered, but her hands remained capable, and she used them to knit socks. A wound developed in left shoulder, which she referred to as «the wound in the shoulder of Jesus.» This continued for seven years.

On March 23, 1914, she received her last communion and called upon Jesus and the Holy Family, then went to her reward in Heaven.

After she was buried in the monastery cemetery, a light appeared on her grave for three consecutive light and was witnessed by many.

In 1925, a case for her beatification was opened in the Vatican and the investigation into her life began in the year following.

In 1927, her grave was exhumed and she was reburied in the monastery church.

Pope John Paul declared her venerable on Feb. 11, 1982, and she was beatified on Nov. 17, 1985. She was finally recognized as a saint on July 10, 2001.


Saint Rafqa

From Maronite History

Sister Rafqa (Rebecca) EI-Choboq EI Rayes, a Maronite Catholic Lebanese nun, was beatified as Blessed Rafqa in 1985 and canonised as Saint Rafqa on 10 June 2001, in both instances by His Holiness Pope John Paul II.

In 1885, at the age of 53, Sr Rafqa’s wish and repeated prayers had finally been answered the desire to participate in the sufferings of Christ. She began to suffer numerous and extreme violent pains for the remaining 29 years of her life. She is a striking example for us of how suffering can be lived with joy but only through total submission to God. She is “The Little Flower of Lebanon” for hope and intercession to God for divine assistance. The miracles which are now recorded and verified by the Vatican are a testament to her help.

Saint Rafqa was born on 29 June 1832 in Himlaya, a Maronite village in the Lebanese mountains near Bikfaya. Her baptismal name was Boutrosiya (pronounced in Arabic as the feminine of Peter) having been born on the feast day of St Peter. She was an only child of her father Mrad EI Rayes and her mother Rafqa Gemayel. Her mother died when she was 7 years old and her father later re-married. Civil war in the 1840’s in Lebanon caused economic hardship. To help her father, Boutrosiya became a maid for three years in the home of Assad and Helena EI-Badaui, both in Baabda, Lebanon, and Damascus, Syria. According to the EI Badaui family she was a “model of purity”. She was devoted to the Most Holy Virgin and prayed morning and night having learnt the devotion from the sweet heart of her maternal mother. On her 21st birthday she entered the convent of the Mariamite Sisters in Bikfaya. Shortly thereafter her father and stepmother attempted to take her back home but she refused. Her father never saw her again. After one year of postulancy, Boutrosiya became a novice on St Maroun’s feast day, 9 February 1855. She pronounced her religious vows in 1856 in Ghazir. For 7 years she performed kitchen work during the day and studied Arabic, calligraphy and mathematics at night. For the next 11 years she taught schoolgirls in Deir-EI-Qamar, Jbeil (Byblos) and Ma’ad. During the time of the massacres of the Christians in the Chouf Mountains she saved a young boy by hiding him in her gown (habit) and later herself hid with other Sisters in a stable. Sr Boutrosiya was deeply affected by the massacres. In 1871 at the age of 39 she went to the monastery of St Simon in the village of Aitu near Ehden to become a cloistered nun rather than a teaching nun. It was at that time she adopted her name in religion as the name of her mother Rafqa. At the age of 41 after 2 years’ novitiate, Sr Rafqa made her solemn vows in 1873 dedicating her remaining years on earth to a life of asceticism and contemplation. On the first Sunday of October in 1885 at the age of 53, on the feast of the Holy Rosary, Sr Rafqa made the following prayer to God: “0 my God, why are you distant from me and have abandoned me? You don’t visit me with sickness. Have you perhaps abandoned me?” She desired to share in the sufferings of Christ and His crucifixion. That same night she felt a violent pain to her head which spread to her eyes. No doctor could alleviate her sufferings. One American doctor removed her eye without anaesthetic. She calmly said to the doctor: “I am in communion with the Passion of Christ. May God preserve your hands, Doctor. May God repay you.” Enduring immense suffering, she became totally blind shortly thereafter.

In 1897, at the age of 65, Sr Rafqa and five other nuns transferred to a new convent of Mar Youssef of Jrapta (St Joseph) in the Batrun region. Her requests for suffering continued.

Gradually she lost weight and paralysis spread to her whole body with complete dysfunction to all joints. The whole time she never complained and thanked God for the pains and His holy will. In a 1981 medical report based on the evidence presented in the Canonical Process, three specialists diagnosed the most likely cause as tuberculosis with ocular localisation and multiple bony excrescences. This disease causes the most unbearable pain. Many of the details outlined above come from the fact that Sr Rafqa under obedience to her superior Sr Doumit told her life story which she previously refused because she was so humble. After asking for absolution and the plenary indulgence, Sr Rafqa died on 23 March 1914 at the age of 82. She suffered intolerable pain for 29 years. On one occasion Mother Superior asked Sr Rafqa whether she wished she could see. Rafqa stated that she would like to have vision just for an hour to see Mother Superior. At that moment Rafqa saw, and because of her Superior’s doubt Rafqa miraculously described in detail the items and colours in the room. On another occasion, on the feast of Corpus Christi, Sr Rafqa, blind and paralysed, left the bed and dragged herself alone to the chapel to join the other nuns for the adoration, much to their disbelief. The same phenomenon happened over Rafqa’s tomb as happened over that of St Charbel immediately following his burial in 1898. A number of persons from neighbouring villages witnessed a splendid bright light coming from the tomb. Also, four days after Rafqa’s death, Mother Superior, Sr Doumit, was instantly cured of a large cyst in her throat which for 8 years had even made it difficult for her to drink any fluid. Whilst asleep Mother Superior heard a knock on the door and a voice say, “Take dirt from the grave of Rafqa and put it on your throat.” The next morning Sr Doumit proceeded to the grave of Rafqa and took a handful of dirt, mixed it with water and placed it on the cyst. She then felt her throat and instantly found no trace of the cyst. Since then numerous persons who have eaten the dirt from around her grave have been miraculously cured. Between 1926 and 1952, the number of miracles and graces obtained through the intercession of Rafqa numbered 2,689, and are recorded in detail with medical evidence in six volumes kept at the convent in Jrapta. Sr Rafqa’s beatification took place in 1985, and her canonisation in Rome by the Holy Father John Paul II in 2001. The feast day of St Rafqa is celebrated on 23 March. On this day especially every year the Maronite Catholic Church honours her and seeks her intercession in our lives.

Sources

Maronite, The Maronite Heritage.


Voir aussi : http://www.rafca.org/