mercredi 26 septembre 2018

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS AUX CATHOLIQUES CHINOIS ET À L'ÉGLISE UNIVERSELLE


Message du pape François aux catholiques chinois et à l'Église universelle

26 septembre 2018

« Éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge »
Ps 100 (99), 5

Chers frères dans l’épiscopat, prêtres, personnes consacrées et tous les fidèles de l’Eglise catholique en Chine, remercions le Seigneur parce qu’éternelle est sa miséricorde, et reconnaissons qu’« il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau ! » (Ps 100 [99] 3).

En ce moment retentissent en mon âme les paroles par lesquelles mon vénéré Prédécesseur dans sa lettre du 27 mai 2007 vous exhortait : « Église catholique en Chine, petit troupeau présent et agissant dans le vaste territoire d'un peuple immense qui marche dans l'histoire, comme elles résonnent pour toi, encourageantes et provocantes, les paroles de Jésus: “Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume” (Lc 12, 32)![…] : c'est pourquoi, “que votre lumière brille devant les hommes: alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux” » (Mt 5, 16) (Benoît XVI, Lettre aux Catholiques chinois, 27 mai 2007, n. 5).

1. Ces derniers temps, ont circulé de nombreuses voix discordantes sur le présent et, surtout, sur l’avenir des communautés catholiques en Chine. Je suis conscient qu’un tel tourbillon d’opinions et de considérations puisse avoir créé beaucoup de confusion, suscitant dans beaucoup de cœurs des sentiments opposés. Pour certains, se lèvent doutes et perplexité ; d’autres ont la sensation d’avoir été comme abandonnés par le Saint-Siège et en même temps, ils se posent la question poignante sur la valeur des souffrances affrontées pour vivre dans la fidélité au Successeur de Pierre. Chez beaucoup d’autres, au contraire, prévalent des attentes positives et des réflexions animées par l’espérance d’un avenir plus serein pour un témoignage fécond de la foi en terre chinoise.

Cette situation a été accentuée surtout en référence à l’Accord Provisoire entre le Saint-Siège et la République Populaire de Chine qui, comme vous le savez, a été signé les jours derniers à Pékin. Dans une circonstance très significative pour la vie de l’Eglise, par ce bref Message, je désire, avant tout, vous assurer que vous êtes quotidiennement présents dans ma prière et partager avec vous les sentiments qui habitent mon cœur.

Ce sont des sentiments de remerciement au Seigneur et de sincère admiration – qui est l’admiration de l’Eglise catholique tout entière – pour le don de votre fidélité, de la constance dans l’épreuve, de la confiance enracinée dans la Providence de Dieu, même quand certains événements se sont montrés particulièrement défavorables et difficiles.

Ces expériences douloureuses appartiennent au trésor spirituel de l’Eglise en Chine et de tout le Peuple de Dieu en pèlerinage sur la terre. Je vous assure que le Seigneur, justement à travers le creuset des épreuves, ne manque jamais de nous remplir de ses consolations et de nous préparer à une joie plus grande. Avec le Psaume 126 [125] nous sommes plus que certains que « celui qui sème dans les larmes moissonne dans la joie » ! (v. 5).

Continuons, donc, à fixer le regard sur l’exemple de nombreux fidèles et Pasteurs qui n’ont pas hésité à offrir leur « beau témoignage » (cf. 1Tm 6, 13) à l’Evangile, jusqu’au don de leur propre vie. Ils sont à considérer comme vrais amis de Dieu !

2. Pour ma part, j’ai toujours regardé la Chine comme une terre riche de grandes opportunités et le Peuple chinois comme artisan et gardien d’un inestimable patrimoine de culture et de sagesse, qui s’est raffiné en résistant aux adversités et en intégrant les diversités, et qui, non par hasard, depuis les temps anciens est entré en contact avec le message chrétien. Comme le disait avec une grande sagacité le P. Matteo Ricci, S.J., nous défiant de la vertu de la confiance, « avant de contracter amitié, il faut observer; après l’avoir contractée, il faut faire confiance » (De Amicitia, 7).

C’est aussi ma conviction que la rencontre ne peut être authentique et féconde seulement si elle arrive à travers la pratique du dialogue, qui signifie se connaître, se respecter et « marcher ensemble » pour construire un avenir commun de plus haute harmonie.

Dans ce sillon se place l’Accord Provisoire, qui est le fruit du long et complexe dialogue institutionnel du Saint-Siège avec les Autorités gouvernementales chinoises, inauguré déjà par saint Jean-Paul II et poursuivi par le Pape Benoît XVI. A travers ce parcours, le Saint-Siège n’avait pas – et n’a pas – à l’esprit autre chose que de réaliser les finalités spirituelles et pastorales propres de l’Eglise, et c’est-à-dire soutenir et promouvoir l’annonce de l’Evangile, et atteindre et conserver la pleine et visible unité de la communauté catholique en Chine.

Sur la valeur de cet Accord et sur ses finalités je voudrais vous proposer quelques réflexions, vous offrant aussi quelques points de spiritualité pastorale pour le chemin que, en cette nouvelle phase, nous sommes appelés à parcourir.

Il s’agit d’un chemin qui, comme la section précédente « demande du temps et présuppose la bonne volonté des Parties » (Benoît XVI, Lettre aux Catholiques chinois, 27 mai 2007, n. 4), mais pour l’Eglise, à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, il ne s’agit pas seulement d’adhérer à des valeurs humaines, mais de répondre à une vocation spirituelle : sortir de soi-même pour embrasser « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (Concile Œcuménique Vatican II, Constitution apostolique ‘Gaudium et Spes’, n. 1) et les défis du présent que Dieu lui confie. Il y a, par conséquent, un appel ecclésial à se faire pèlerins sur les sentiers de l’histoire, faisant confiance avant tout à Dieu et à ses promesses, comme le firent Abraham et nos Pères dans la foi.

Abraham, appelé par Dieu, obéit en partant pour une terre inconnue qu’il devait recevoir en héritage, sans connaître le chemin qui s’ouvrait devant lui. Si Abraham avait exigé des conditions, sociales et politiques, idéales avant de sortir de sa terre, peut-être qu’il ne serait jamais parti. Lui, au contraire, a fait confiance à Dieu, et sur sa Parole il a laissé sa maison et ses propres sécurités. Ce ne furent donc pas les changements historiques qui lui permirent de faire confiance à Dieu, mais ce fut sa foi pure qui provoqua un changement dans l’histoire. La foi, en effet, est « la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage » (Lettre aux Hébreux : 11, 1-2).

3. Comme Successeur de Pierre, je désire vous confirmer dans cette foi (cf.Lc 22, 32) – dans la foi d’Abraham, dans la foi de la Vierge Marie, dans la foi que vous avez reçue – vous invitant à mettre avec une conviction toujours plus grande votre confiance dans le Seigneur de l’histoire et dans le discernement de sa volonté accomplie par l’Eglise. Invoquons le don de l’Esprit, afin qu’il illumine les esprits et réchauffe les cœurs et nous aide à comprendre où il veut nous conduire, à dépasser les inévitables moments de désarroi et à avoir la force de poursuivre avec décision sur la route qui s’ouvre devant nous.

Justement dans le but de soutenir et de promouvoir l’annonce de l’Evangile en Chine et de reconstruire la pleine et visible unité dans l’Eglise, il était fondamental d’affronter, en premier lieu, la question des nominations épiscopales. Il est connu de tous que, malheureusement, l’histoire récente de l’Eglise catholique en Chine a été douloureusement marquée par de profondes tensions, blessures et divisions, qui se sont polarisées surtout autour de la figure de l’Evêque comme gardien de l’authenticité de la foi et garant de la communion ecclésiale.

Lorsque, dans le passé, on a prétendu déterminer aussi la vie interne des communautés catholiques, imposant le contrôle direct au-delà des compétences légitimes de l’Etat, dans l’Eglise en Chine est apparu le phénomène de la clandestinité. Une telle expérience – on doit le souligner – ne rentre pas dans la normalité de la vie de l’Eglise et « l'histoire montre que Pasteurs et fidèles y ont recours uniquement avec le désir tourmenté de maintenir intègre leur propre foi » (Benoît XVI, Lettre aux Catholiques chinois, 27 mai 2007, n. 8).

Je voudrais vous faire savoir que, depuis que m’a été confié le ministère pétrinien, j’ai éprouvé de grandes consolations en constatant le désir sincère des Catholiques chinois de vivre leur foi en pleine communion avec l’Eglise universelle et avec le Successeur de Pierre, qui est « le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Concile œcuménique Vatican II, Constitution Apostolique ‘Lumen Gentium’, n. 23). De ce désir me sont parvenus au cours de ces années de nombreux signes et témoignages concrets, même de la part de ceux, y compris des Evêques, qui ont blessé la communion dans l’Eglise, à cause de faiblesse et d’erreurs, mais aussi, souvent, par de fortes et indues pressions extérieures.

C’est pourquoi, après avoir attentivement examiné chaque situation particulière personnelle et écouté divers avis, j’ai beaucoup réfléchi et prié cherchant le vrai bien de l’Eglise en Chine. Enfin, devant le Seigneur et avec sérénité de jugement, en continuité avec l’orientation de mes Prédécesseurs immédiats, j’ai décidé d’accorder la réconciliation aux sept Evêques « officiels » restant, ordonnés sans Mandat Pontifical et, ayant supprimé toute sanction canonique relative à leurs cas, de les réadmettre dans la pleine communion ecclésiale. En même temps, je leur demande d’exprimer, par des gestes concrets et visibles, l’unité retrouvée avec le Siège apostolique et avec les Eglises répandues dans le monde, et de s’y maintenir fidèles malgré les difficultés.

4. En la sixième année de mon Pontificat, que j’ai mis depuis ses premiers pas sous le signe de l’Amour miséricordieux de Dieu, j’invite en conséquence tous les Catholiques chinois à se faire artisans de réconciliation, se rappelant avec une passion apostolique toujours renouvelée les paroles de Paul : « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation » (Deuxième Lettre aux Corinthiens : 5, 18).

En effet, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à la fin du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde : « Aucune loi ni précepte ne peut empêcher Dieu d’embrasser de nouveau le fils qui revient vers lui reconnaissant s’être trompé mais décidé à recommencer au début. Ne s’arrêter qu’à la loi, c’est rendre vaines la foi et la miséricorde divine. […]. Même dans les cas les plus difficiles, où l’on est tenté de faire prévaloir une justice qui vient seulement des normes, on doit croire en la force qui jaillit de la grâce divine » (Lettre Apostolique Misericordia et Misera, 20 novembre 2016, n. 11).

Dans cet esprit et avec les décisions prises, nous pouvons commencer un parcours inédit, qui nous l’espérons aidera à guérir les blessures du passé, à rétablir la pleine communion de tous les Catholiques chinois et à ouvrir une phase de collaboration plus fraternelle, pour assumer avec un engagement renouvelé la mission de l’annonce de l’Evangile. En effet, l’Eglise existe pour témoigner de Jésus Christ et de l’Amour pardonnant et salvifique du Père.

5. L’Accord Provisoire paraphé avec les Autorités chinoises, tout en se limitant à quelques aspects de la vie de l’Eglise et étant nécessairement perfectible, peut contribuer – pour sa part – à écrire cette page nouvelle de l’Eglise catholique en Chine. Pour la première fois, il introduit des éléments stables de collaboration entre les Autorités de l’Etat et le Siège Apostolique, avec l’espérance d’assurer à la Communauté catholique de bons Pasteurs.

Dans ce contexte, le Saint-Siège entend faire jusqu’au bout la part qui est de sa compétence, mais aussi à vous, Evêques, prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs, revient un rôle important : chercher ensemble de bons candidats qui soient en mesure d’assumer dans l’Eglise le délicat et important service épiscopal. Il ne s’agit pas, en effet, de nommer des fonctionnaires pour la gestion des questions religieuses, mais d’avoir d’authentiques Pasteurs selon le cœur de Jésus, engagés à agir généreusement au service du Peuple de Dieu, spécialement des plus pauvres et des plus faibles, mettant à profit les paroles du Seigneur : « Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Marc : 10, 43-44).

A ce sujet, il apparaît évident qu’un Accord n’est rien d’autre qu’un instrument et ne pourra à lui seul résoudre tous les problèmes existants. Au contraire, il s’avèrerait inefficace et stérile, au cas où il ne serait pas accompagné d’un profond engagement de renouveau des attitudes personnelles et des comportements ecclésiaux.

6. Sur le plan pastoral, la Communauté catholique en Chine est appelée à être unie, pour dépasser les divisions du passé que tant de souffrances ont causées et causent au cœur de nombreux Pasteurs et fidèles. Que tous les chrétiens, sans distinction, posent maintenant des gestes de réconciliation et de communion. A ce sujet, mettons à profit l’avertissement de saint Jean de la Croix : « Au crépuscule de la vie, nous serons jugés sur l’Amour ! » (Paroles de lumière et d’amour : 1, 57).

Sur le plan civil et politique, que les Catholiques chinois soient de bons citoyens, aiment pleinement leur Patrie et servent leur pays avec engagement et honnêteté, selon leurs propres capacités. Sur le plan éthique, qu’ils soient conscients que beaucoup de concitoyens s’attendent de leur part à une mesure plus haute dans le service du bien commun et du développement harmonieux de la société tout entière. En particulier, que les Catholiques sachent offrir cette contribution prophétique et constructive qu’ils tirent de leur foi dans le Règne de Dieu. Cela peut leur demander aussi l’effort de dire une parole critique, non par opposition stérile mais dans le but d’édifier une société plus juste, plus humaine et plus respectueuse de la dignité de toute personne.

7. Je m’adresse à vous tous, bien-aimés confrères Evêques, prêtres et personnes consacrées, qui « servez le Seigneur dans la joie » ! (Psaume 100 [99], 2). Reconnaissons-nous disciples du Christ dans le service du Peuple de Dieu. Vivons la charité pastorale comme boussole de notre ministère. Dépassons les oppositions du passé, la recherche de l’affirmation d’intérêts personnels, et prenons soin des fidèles faisant nôtres leurs joies et leurs souffrances. Engageons-nous humblement pour la réconciliation et l’unité. Reprenons avec énergie et enthousiasme le chemin de l’évangélisation, comme indiqué par le Concile œcuménique Vatican II.

A vous tous je répète avec affection : « L’exemple de nombreux prêtres, religieuses, religieux et laïcs qui se consacrent à évangéliser et à servir avec grande fidélité, bien des fois en risquant leurs vies et sûrement au prix de leur confort, nous galvanise. Leur témoignage nous rappelle que l’Église n’a pas tant besoin de bureaucrates et de fonctionnaires, que de missionnaires passionnés, dévorés par l’enthousiasme de transmettre la vraie vie. Les saints surprennent, dérangent, parce que leurs vies nous invitent à sortir de la médiocrité tranquille et anesthésiante » (Gaudete et exsultate, 19 mars 2018, n. 138).

Avec conviction je vous invite à demander la grâce de ne pas hésiter quand l’Esprit exige de nous que nous fassions un pas en avant : « Demandons le courage apostolique d’annoncer l’Évangile aux autres et de renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs. De toute manière, laissons l’Esprit Saint nous faire contempler l’histoire sous l’angle de Jésus ressuscité. Ainsi, l’Église, au lieu de stagner, pourra aller de l’avant en accueillant les surprises du Seigneur » (Ibidem, n. 139).

8. En cette année, où toute l’Eglise célèbre le Synode des Jeunes, je désire m’adresser spécialement à vous, jeunes catholiques chinois, qui franchissez les portes de la Maison du Seigneur « en rendant grâce, en chantant louange » (Psaume 100 [99], 4). Je vous demande de collaborer à la construction de l’avenir de votre pays avec les capacités personnelles que vous avez reçues en don et avec la jeunesse de votre foi. Je vous exhorte à porter à tous, avec votre enthousiasme, la joie de l’Evangile.
Soyez prêts à accueillir la conduite sûre de l’Esprit Saint, qui indique au monde d’aujourd’hui le chemin vers la réconciliation et la paix. Laissez-vous surprendre par la force rénovatrice de la grâce, même quand il peut vous sembler que le Seigneur demande un engagement supérieur à vos forces. N’ayez pas peur d’écouter sa voix qui vous demande fraternité, rencontre, capacité de dialogue et de pardon, et esprit de service, malgré tant d’expériences douloureuses du passé récent et les blessures encore ouvertes.

Ouvrez grand le cœur et l’esprit pour discerner le dessein miséricordieux de Dieu, qui demande de dépasser les préjugés personnels et les oppositions entre les groupes et les communautés, pour ouvrir un chemin courageux et fraternel à la lumière d’une authentique culture de la rencontre.

Nombreuses sont, aujourd’hui, les tentations : l’orgueil du succès mondain, la fermeture dans ses propres certitudes, le primat donné aux choses matérielles comme si Dieu n’existait pas. Allez à contre-courant et demeurez solides dans le Seigneur : « Il est bon, le Seigneur », seul « éternel est son amour », seule « sa fidélité » demeure « d’âge en âge » (Ibidem, 5).

9. Chers frères et sœurs de l’Eglise universelle, tous nous sommes appelés à reconnaître parmi les signes de notre temps tout ce qui se passe aujourd’hui dans la vie de l’Eglise en Chine. Nous avons une tâche importante : accompagner avec une fervente prière et une fraternelle amitié nos frères et nos sœurs en Chine. En effet, ils doivent sentir que sur le chemin, qui en ce moment s’ouvre devant eux, ils ne sont pas seuls. Il est nécessaire qu’ils soient accueillis et soutenus comme partie vivante de l’Eglise : « Voyez ! Qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en frères tous ensemble » ! (Psaume 133 [132], 1).

Que chaque communauté catholique locale, dans le monde entier, s’engage à valoriser et à accueillir le trésor spirituel et culturel propre des Catholiques chinois. Le temps est venu de goûter ensemble les fruits authentiques de l’Évangile semé dans le sein de l’antique « Empire du Milieu » et d’élever vers le Seigneur Jésus Christ le cantique de la foi et de l’action de grâce, enrichi de notes authentiquement chinoises.

10. Je m’adresse avec respect à ceux qui conduisent la République Populaire de Chine et je renouvelle l’invitation à poursuivre, avec confiance, courage et clairvoyance, le dialogue entrepris depuis longtemps. Je désire assurer que le Saint-Siège continuera à œuvrer sincèrement pour grandir dans l’authentique amitié avec le Peuple chinois.

Les contacts actuels entre le Saint-Siège et le Gouvernement chinois se sont montrés utiles pour dépasser les oppositions du passé, même récent, et pour écrire une page de collaboration plus sereine et concrète dans la conviction commune que « l’incompréhension ne sert ni les Autorités chinoises, ni l'Église catholique en Chine » (Benoît XVI, Lettre aux Catholiques chinois, 27 mai 2007, n. 4).

De cette manière, la Chine et le Siège Apostolique, appelés par l’histoire à une tâche ardue mais fascinante, pourront agir plus positivement pour la croissance ordonnée et harmonieuse de la Communauté catholique en terre chinoise, mettront tout en œuvre pour promouvoir le développement intégral de la société, assurant un plus grand respect de la personne humaine y compris dans le domaine religieux, ils travailleront concrètement pour préserver l’environnement dans lequel nous vivons et pour édifier un avenir de paix et de fraternité entre les peuples.

En Chine, il est d’importance fondamentale que, même au niveau local, soient toujours plus fructueuses les relations entre les Responsables des communautés ecclésiales et les Autorités civiles, par un dialogue franc et une écoute sans préjugés qui permette de dépasser des attitudes réciproques d’hostilité. Il y a à apprendre un nouveau style de collaboration simple et quotidienne entre les Autorités locales et les Autorités ecclésiastiques – Évêques, prêtres, Anciens des communautés – de manière à garantir le déroulement ordonné des activités pastorales, en harmonie entre les légitimes attentes des fidèles et les décisions qui sont du ressort des Autorités.

Cela aidera à comprendre que l’Eglise en Chine n’est pas étrangère à l’histoire chinoise, ni ne demande aucun privilège : sa finalité dans le dialogue avec les Autorités civiles est de « parvenir à une relation empreinte de respect réciproque et de connaissance approfondie » (Idem).

11. Au nom de toute l’Eglise j’implore du Seigneur le don de la paix, tandis que je vous invite tous à invoquer avec moi la protection maternelle de la Vierge Marie :

Mère du Ciel, écoute la voix de tes enfants, qui humblement invoquent ton nom.

Vierge de l’espérance, nous te confions le chemin des croyants sur la noble terre de Chine. Nous te prions de présenter au Seigneur de l’histoire les tribulations et les efforts, les supplications et les attentes des fidèles qui te prient, ô Reine du Ciel !

Mère de l’Église, nous te consacrons le présent et l’avenir des familles et de nos communautés. Protège-les et soutiens-les dans la réconciliation entre frères et dans le service des pauvres qui bénissent ton nom, ô Reine du Ciel !

Consolatrice des affligés, nous nous adressons à toi pour que tu sois un refuge pour tous ceux qui pleurent dans l’épreuve. Veille sur tes enfants qui louent ton nom, fais qu’ils portent unis l’annonce de l’Évangile. Accompagne leurs pas pour un monde plus fraternel, fais qu’ils portent à tous la joie du pardon, ô Reine du Ciel !

Marie, Aide des Chrétiens, pour la Chine nous te demandons des jours de bénédiction et de paix. 

Amen.

Du Vatican, le 26 septembre 2018.


lundi 17 septembre 2018

Bienheureuse LEONELLA (ROSA) SGOBARTI, vierge religieuse missionnaire de la Consolata et martyre

Leonella Sgorbati

Sœur Leonella Sgorbati, martyre en Somalie, béatifiée

 Isabelle Cousturié | 13 novembre 2017

La missionnaire italienne de la Consolata, assassinée le 17 septembre 2006 à Mogadiscio par deux extrémistes musulmans, va être béatifiée ce 26 mai.

Leonella Sgorbati était une femme de dialogue qui avait toujours « le regard tourné vers l’avenir », dotée d’un coeur « extra large », adorée par tous les élèves des écoles qu’elle a fondées en trente ans au Kenya et qu’elle essayait de faire en Somalie, dans un environnement beaucoup plus compliqué, la décrivent ses consoeurs missionnaires de la Consolata, à la veille de sa béatification, ce samedi 26 mai dans la cathédrale de Piacenza dans le nord de l’Italie.

Le 17 septembre 2006, sœur Leonella Sgorbati a été abattue en pleine rue avec son garde de corps par des extrémistes musulmans, aux abords de l’hôpital pédiatrique de Mogadiscio, en Somalie. Ses derniers mots avant de mourir ont été : « Je pardonne ! Je pardonne ! ». Le pardon est la signature de son martyre ! Un mot qu’elle a fait sien, jour après jour, avec héroïsme, trouvant le courage de surmonter toutes les peurs que peut susciter de vivre dans un pays déchiré par dix années de guerre civile, de famine, de banditisme et de fondamentalisme religieux. « Il y a une balle avec mon nom écrit dessus et Dieu seul sait quand elle arrivera », disait-elle. Mais sa vie, elle l’a donnée au Seigneur et elle ajoutait toujours : « Il peut faire de moi ce qu’il veut ». La reconnaissance de son martyre en « haine de la foi » par le pape François, remonte au 8 novembre dernier. Depuis octobre 2008, sa croix est conservée dans la basilique Saint-Barthélemy sur l’île, à Rome, consacrée à la mémoire des nouveaux martyrs des XXe et XXIe siècles.

Son martyre, signe d’espérance


Rosa Maria Sgorbati est originaire du Piémont, en Italie. Elle avait 66 ans quand elle a été tuée par deux membres de l’union des tribunaux islamiques, une alliance qui souhaitaient instaurer un État régi intégralement par la charia. Son garde du corps, Mohamed Mahamud, un musulman, père de quatre enfants, a bien essayé de faire bouclier entre elle et les tueurs, mais il a été, lui aussi, tué.

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Un symbole fort selon l’évêque de Djibouti, Mgr Giorgio Bertin, franciscain, chargé du procès en béatification de sœur Leonella. Chrétiens et musulmans qui cherchent à partager leur vie doivent s’attendre à ce que cela puisse arriver. Pour l’évêque, il ne s’agit pas d’une simple coïncidence : « Pour moi, la mort d’une italienne et d’un somalien, d’une chrétienne et d’un musulman, d’une femme et d’un homme, nous dit qu’il est possible de vivre ensemble, vu qu’il est possible de mourir ensemble ». Et c’est la raison pour laquelle le martyre de sœur Leonella, selon lui, doit être vu comme un signe d’espérance.

Le pardon à tout prix


« Nous devrions avoir pour vœu celui de servir la mission au prix même de notre vie. Nous devrions être contents de mourir sur la brèche », disait le fondateur des missionnaires de la Consolata, le bienheureux Giuseppe Allamano. Leonella qui l’aimait beaucoup, passait son temps à étudier sa spiritualité pour l’incarner dans sa propre vie : « J’espère qu’un jour le Seigneur, dans sa bonté, m’aidera à tout Lui donner ou alors… Il se le prendra… Car Lui sait que c’est réellement ce que je veux », disait-elle. Et sœur Leonella voulait « tout donner » parce qu’elle « aimait tant », disent ses consoeurs. Et cet amour la portait à « sans cesse pardonner ».
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Une de ses consœurs tanzanienne peut en témoigner, elle qui a appris, grâce à ses enseignements, à pardonner après la mort tragique de son propre frère. Elle lui disait : « C’est toi qui doit commencer à faire ce geste de pardon, n’attends pas que ton frère s’excuse », lui avait-elle dit, en faisant comprendre qu’elle la première s’exerçait depuis longtemps à pardonner. Le rôle éducatif et caritatif de Leonella en Somalie, mais également au Kenya, où elle a commencé sa mission en Afrique, fut immense et éprouvant, mais elle l’exerçait toujours avec le sourire aux lèvres, témoignent ceux qui l’ont connue. C’était comme sa carte de visite. Lorsqu’on lui demandait : « Pourquoi tu souris tout le temps, même aux gens que tu ne connais pas ? » elle répondait : » Comme ça ceux qui me regardent souriront à leur tour et ils n’en seront qu’un peu plus heureux ».

SOURCE : https://fr.aleteia.org/2017/11/13/soeur-leonella-sgorbati-martyre-en-somalie-bientot-beatifiee/

Causes des saints: Sœur Leonella Sgorbati, italienne, martyre en Somalie

Des Sœurs Missionnaires de Consolata
Le pape François a reconnu le martyre de Leonella Sgorbatiau cours de l’audience accordée au préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal Angelo Amato, mercredi 8 novembre 2017. Cette Sœur Missionnaire de Consolatia, a été tuée « en haine de la foi » en 2006, en Somalie.
La reconnaissance du martyre ouvre la voie à sa béatification : un miracle ultérieur ne sera pas utile.
Sœur Leonella, au siècle Rosa Sgorbati, est née le 9 décembre 1940 à Gazzola, en Émilie-Romagne, où elle a passé sa jeunesse.
En 1963, elle entre chez les Sœurs Missionnaires de Consolata à Sanfrè, dans la province de Cuneo, où elle fait les vœux définitifs en novembre 1972.
Après une formation à l’école de soins infirmiers au Royaume-Uni (1966-1968), elle est nommée au Kenya en septembre 1972 où elle sert dans différents hôpitaux.
En 1983, Sœur Leonella commence des études ultérieures en sciences infirmières et elle devient, en 1985, la tutrice de l’école d’infirmiers de l’hôpital de Nkubu, à Meru.
En novembre 1993, elle est élue supérieure régionale des Sœurs Missionnaires de Consolata du Kenya : un poste qu’elle avait occupé pendant six ans.
Après une année sabbatique, elle passe plusieurs mois à l’hôpital pédiatrique de Mogadiscio, en Somalie, pour étudier la possibilité d’ouvrir une école de soins infirmiers à l’hôpital tenu par l’organisation SOS Children’s Village. Grâce au travail de sœur Leonella, l’école est ouverte en 2002. Les 34 premières infirmières ont obtenu leur diplôme en 2006, certifié par l’Organisation mondiale de la santé.
Sœur Leonella est abattue avec son garde de corps, le 17 septembre 2006 près de l’hôpital pédiatrique de Mogadiscio. Ses derniers mots ont été « Perdono, perdono! » (« Je pardonne, je pardonne ! »)
NOVEMBRE 09, 2017 22:29 PAPE FRANÇOISROMETÉMOINS DE LA FOI

SOURCE : https://fr.zenit.org/articles/causes-des-saints-soeur-leonella-sgorbati-italienne-martyre-en-somalie/

Béatification de soeur Leonella Sgorbati, martyre du pardon

« Si l’on peut mourir ensemble, alors on peut aussi vivre ensemble »
« A la rancœur, le martyr chrétien répond par l’amour », souligne le cardinal Amato qui a présidé, au nom du pape François, ce samedi 26 mai 2018, à Piacenza (Italie) la béatification d’une religieuse tuée en Somalie le 17 septembre 2006, sœur Leonella Sgorbati (1940-2006) surnommée affectueusement « géante » ou « tremblement de terre ».
« Le martyre de sœur Leonella devient une semence d’espérance répandue sur la terre des hommes, et qui portera des fleurs et des fruits de bien », a encore affirmé le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, dans son homélie, rapportée par Vatican News en italien.
Pour lutter contre ses faiblesses quotidiennes, sœur Leonella Sgorbati s’était en effet donné pour règle de vie de « donner tout », « aimer beaucoup », d’ »aimer tout le monde » et de « toujours pardonner ».
Le cardinal Amato a souligné sa « grande charité », et sa capacité à « se donner pour le bien des autres jusqu’au sacrifice extrême » : « Sœur Leonella a vécu pleinement la passion pour le Christ avec un cœur de disciple, à la recherche de Dieu et de sa volonté, détachée de tout et entièrement disponible à l’obéissance. »
Elle savait qu’elle risquait sa vie. Elle avait confié : « Il y a une balle avec mon nom dessus, mais seul Dieu sait quand cela arrivera. »
Ce fut le dimanche 17 septembre 2006, vers midi : la religieuse avait terminé ses cours avec les étudiants en soins infirmiers, rentrait chez elle accompagnée de son garde du corps, un musulman, armé. Une balle a atteint la religieuse dans le dos et la tentative du garde pour la protéger de son corps fut vaine. Il fut lui aussi touché et il en mourra. A l’hôpital, la religieuse a eu la force de se prononcer trois fois le mot « pardonner », ont rapporté des témoins.
« L’assassinat de Sœur Leonella révèle le poison qui se cache dans le cœur des gens aveuglés par la haine, a ajouté le cardinal Amato. Le martyr chrétien n’est pas un destructeur fanatique, mais un défenseur héroïque de la vie et un messager de fraternité, de charité et de pardon. »
Sœur Leonella avait été très impressionnée par l’histoire des martyrs trappistes en Algérie : elle avait distribué l’histoire de leur vie aux communautés de la région. Elle disait : « Le martyre fait partie de notre vie quotidienne ici. Le martyre du sang seulement si Dieu nous le demande … »
Mgr Giorgio Bertin, franciscain, évêque de Djibouti, et administrateur apostolique de Mogadiscio et président de Caritas Somalie, souligne, toujours selon la même source, le message d’espérance à tirer de la mort de sœur Leonella et de son garde du corps: « Pour moi, la mort d’une Italienne et d’un Somalien, d’une chrétienne et d’un musulman, d’une femme et d’un homme, nous dit que si l’on peut mourir ensemble, alors on peut aussi vivre ensemble. »
MAI 26, 2018 20:09 SAINTS, BIENHEUREUX

SOURCE : https://fr.zenit.org/articles/beatification-de-soeur-leonella-sgorbati-martyre-du-pardon-en-somalie/

Pope: Sr Leonella Sgorbati, an authentic Christian witness

Benedict XVI upheld the Sister killed in Somalia as an example of "artisans of peace". He called for prayers for men of the sea and their families.

Castel Gandolfo (AsiaNews) The "logic of Christianity", that is, the giving of self to others, at times to the point of sacrificing one's life, is testified to around the world by many Christians who "lay down their lives for others because of Jesus Christ, working concretely as servants of love and thus as 'artisans' of peace", just as Sr Leonella Sgorbati did. The example of the missionary killed in Somalia was upheld today by Benedict XVI before 3,000 people in the internal courtyard of the Apostolic Palace of Castel Gandolfo.

Addressing the small festive crowd that applauded him warmly and vigorously called out his name, Benedict XVI made no other reference to a meeting set for tomorrow at Castel Gandolfo, with ambassadors of Muslim majority counties accredited to the Vatican and some Muslim religious leaders. Turning to today's Gospel, Benedict XVI talked instead about the "logic of Christianity, which responds to the truth of man created in the image of God, but at the same time counters his egotism, a consequence of original sin. Each and every human being is drawn by love – that is ultimately God himself – but often makes mistakes in concrete ways of loving, and thus from a tendency with positive roots but often contaminated by sin, bad intentions and actions can emerge."
Referring to the testimony of "peace artisans", he said: "At times, some people are asked for the supreme witness of their blood, as happened a few days ago with the Italian religious, Sr Leonella Sgorbati, who was a victim of violence. This sister, who for many years served the poor and little ones in Somalia, died uttering the word 'forgiveness': here we have the most authentic Christian witness, a pacific sign of contradiction that reveals the victory of love over hatred and evil. There is no doubt that following Christ is difficult, but, as He said, only those who lose their life for his sake, and for the sake of the gospel, will save it (Mk 8:35), giving full meaning to their existence. There is no other way to be his disciples; there is other path to testifying to his love and aiming for gospel perfection. Mary helps us, who we invoke today as the Blessed Virgin of Mercede, to open our hearts always to the love of God, mystery of joy and holiness."

After the recital of the Marian prayer, the pope recalled the upcoming celebration of World Maritime Day. He said in English: "I would like to invite all of you to pray for the men and women involved in seafaring, and for their families. I thank the Lord for the work of the Apostleship of the Sea, which for many years has offered human and spiritual support to those who live this difficult and challenging way of life." The pope then applauded recent initiatives taken by the International Maritime Organization to contribute to the fight against poverty and hunger.

SOURCE : http://www.asianews.it/news-en/Pope:-Sr-Leonella-Sgorbati,-an-authentic-Christian-witness-7299.html

Blessed Leonella Sgorbati

Also known as
  • Rosa Maria Sgorbati
Profile

Youngest of three children born to Carlo Sgorbati and Giovannina Teresa Vigilini; she was baptised almost immediately after birth at her parish church of San Savio. The family moved to MilanItalyon 9 October 1950 when Leonella was 9 so her father could find work; he died less than a year later on 16 July 1951 when Leonella was 10 years old. She felt a call to religious life and missionary work in her mid-teens, but at her mother‘s request she waited until age 20 to make a final decision. She joined the Consolata Mission Sisters in San Fre, CuneoItaly on 5 May 1963, making her profession in November 1972, and taking the name Leonella.

She studied nursing from 1966 to 1968. Assigned to Kenya in September 1970, she worked at the Consolata Hospital Mathari in Nyeri, and the Nazareth Hospital in Kiambu from 1970 to 1983; part of her work was as a midwife. After additional training, she began teaching nursing in Nkubu Hospital in Meru, Kenya in 1985. Regional superior of the Sisters in Kenya from November 1993 to 1999.

In 2001 she began work on what would become the Hermann Gmeiner School of Registered Community Nursing attached to the SOS Children’s Village hospital in Mogadishu, Somalia; it opened in 2002 with Sister Lenoella in charge and conducting part of the teaching. Following a trip to Italy in 2006, she had trouble being allowed back in to Mogadishu as Islamic courts had taken control of the area; she managed to return to her work at the hospital on 13 September 2006. Sister Leonella and her guard and driver, Mohamed Osman Mahamud, a Muslim father of four, were murdered four days later in retaliation for Pope Benedict XVI having quoted a 600-year-old text that dismissed the contributions of Islam, gunned down in the street as she walked from the children‘s hospital. She died forgiving her attackers. Martyr.

Born

SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-leonella-sgorbati/


Beata Leonella (Rosa) Sgorbati Vergine e martire


Gazzola, Piacenza, 9 dicembre 1940 – Mogadiscio, Somalia, 17 settembre 2006

Rosa Sgorbati nacque a Gazzola, vicino Piacenza, il 9 dicembre 1940. A dieci anni si trasferì con la famiglia a Sesto San Giovanni, in provincia di Milano. Allieva delle Suore Preziosine di Monza, sentì di essere chiamata da Dio a diventare religiosa e missionaria. Tuttavia, dovette attendere il compimento dei vent’anni per entrare tra le suore Missionarie della Consolata. Professò i voti tre anni dopo, assumendo il nome di suor Leonella; poi partì per il Kenya, dove operò soprattutto come ostetrica. Nel 2001 fu trasferita in Somalia, segnata dalla guerra civile. A Mogadiscio fondò un centro per la preparazione di infermieri e ostetriche somali. Il 17 settembre 2006, verso mezzogiorno, suor Leonella tornava a casa dopo le lezioni in ospedale. Sette colpi di arma da fuoco la raggiunsero, ferendola gravemente; per difenderla morì Mohamed Mahmud, l’uomo musulmano che le faceva da accompagnatore. Fu portata in ospedale e spirò dicendo: «Perdono, perdono, perdono». È stata beatificata il 26 maggio 2018, nella cattedrale di Piacenza, sotto il pontificato di papa Francesco. La sua memoria liturgica è stata fissata al 17 settembre, giorno esatto della sua nascita al Cielo. I suoi resti mortali sono venerati presso la cappella del Flora Hostel di Nairobi.

Il perdono è come il coraggio: se non ce l’hai dentro non lo puoi improvvisare. Perché a perdonare, come a superare le paure, si impara giorno per giorno. Ne sa qualcosa suor Leonella Sgorbati, che, proprio per aver esercitato un perdono eroico, è stata beatificata il 26 maggio 2018.

Nasce a Gazzola, nel piacentino, nel 1940 e a 16 anni confida a mamma di voler andare missionaria. «Ne riparleremo quando avrai 20 anni», commenta mamma; ma la ragazza non cambia idea. Entrata nelle Missionarie della Consolata, fa il noviziato a Sanfrè (in provincia di Cuneo), poi va in Inghilterra a studiare da infermiera e solo nel 1970 realizza il suo sogno volando in Kenya. 

Come ostetrica sembra abbia fatto nascere 4000 bambini; ma questi continuano a nascere nel suo nome anche ora che lei non c‘è più, perché ha trovato il tempo di far nascere molte scuole per infermiere ed ostetriche.

«Dovremmo avere per voto di servire la Missione anche a costo della vita. Dovremmo essere contente di morire sulla breccia...», diceva il fondatore dei Missionari e delle Missionarie della Consolata, il beato Giuseppe Allamano. Lei, che lo ama molto e che ne studia la spiritualità per incarnarla nella propria vita, scrive: «Io spero che un giorno il Signore nella sua bontà mi aiuterà a darGli tutto o... se lo prenderà... Perché Lui sa che questo io realmente voglio».

Questo suo “dare tutto” passa attraverso il suo “amare tanto”, si concretizza nell’ “amare tutti” e si traduce nel “perdonare sempre”, anche attraverso le fragilità di ogni giorno. Lo testimonia oggi una consorella tanzaniana, da lei educata al perdono nel momento tragico della morte violenta del proprio fratello: «Sei tu che devi cominciare a fare questo gesto di perdono, non aspettare che tuo fratello si scusi», le dice, facendo chiaramente intendere che in questo si sta esercitando, lei per prima, da tanto tempo. 

A casa sua e in tutte le missioni in cui passa, sono pronti a giurare che il suo biglietto da visita è il sorriso. Se le chiedono: «Perché sorridi anche a chi non conosci?», invariabilmente risponde: «Perché così chi mi guarda sorriderà a sua volta. E sarà un po’ più felice».

Dal 2001 inizia a fare la “pendolare” tra il Kenya e la Somalia dove la sua presenza è stata richiesta dai Superiori, per iniziare anche qui una scuola per infermieri. Trova un paese dilaniato da 10 anni di guerra civile, segnato da anarchia, carestia, morti senza numero, campi profughi, banditismo ed in cui, di conseguenza, si è radicato un fondamentalismo religioso che considera i missionari cattolici, specie se bianchi, obiettivo privilegiato. 

Suor Leonella sa che per lei e le consorelle è pericoloso anche solo attraversare la strada, e ne ha paura, com’è normale: «C’è una pallottola con scritto sopra il mio nome e solo Dio sa quando arriverà», ma con la forza della fede aggiunge sempre: «La mia vita l’ho donata al Signore e Lui può fare di me ciò che vuole». Il vescovo di Gibuti è solito dire che il cuore di suor Leonella è più grande del suo fisico, pur imponente e “rotondetto”.

E proprio questo grande cuore viene spaccato il 17 settembre 2006 da una pallottola, sparata a distanza ravvicinata, da due uomini che l’attendono mentre rientra a casa dall’ospedale, che si trova dirimpetto. Tra lei e le pallottole omicide cerca di frapporsi Mohamed Mahmud, un musulmano, padre di quattro figli, che la sta scortando in quel brevissimo tragitto. Anch’egli viene ucciso e il sangue del musulmano si mescola in un’unica pozza con quello della missionaria cattolica.

«Cristiani e musulmani che cercano di condividere la vita devono mettere in conto la possibilità di unire il proprio sangue nel martirio», scrivono in quei giorni. Difatti, non si tratta di una semplice coincidenza: «Per me la morte di una italiana e di un somalo, di una cristiana e di un musulmano, di una donna e di un uomo, ci dice che è possibile vivere insieme, visto che è possibile morire insieme! Per questo il martirio di suor Leonella è un segno di speranza», dice il vescovo.

All’ospedale fanno di tutto per salvarla, i somali vanno a gara per donarle il loro sangue, esattamente come lei aveva fatto per loro, puntualmente, ogni tre mesi, come donatrice di sangue. Prima che si spenga come una candela, la consorella che le tiene la mano la sente sussurrare distintamente: «Perdono, perdono, perdono». Sono le sue ultime parole, la sua firma sopra il proprio martirio. Ora «Il cielo è senza stelle» dicono i somali quando sanno della sua morte; per noi, invece, c’è una stella in più nella costellazione dei martiri ufficialmente riconosciuti.


Autore: Gianpiero Pettiti






Nascita e famiglia



Nacque alle 5 del mattino del 9 dicembre 1940 a Rezza¬nello di Gazzola, in provincia e diocesi di Piacenza. Era l’ultima dei tre figli di Carlo Sgorbati, contadino, e Giovannina Vigilini detta Teresa, casalinga. Fu battezzata lo stesso giorno della nascita nella parrocchia di San Savino a Rezzanello: le vennero imposti i nomi di Rosa Maria, ma all’anagrafe civile aveva il solo nome di Rosa.


Nella sua numerosa famiglia, composta da ventuno persone compresi i vari parenti, Rosetta, come la chiamavano tutti, ebbe esempi di fede, soprattutto dalla madre: lei, dopo il lavoro nei campi, si fermava spesso in chiesa per portare fiori alla Madonna o per una visita al Santissimo Sacramento. Il padre, poi, le aveva insegnato a pregare tenendola tra le sue braccia.



Serena, a volte irrequieta, incline alla carità



Era una bambina serena, anche se ogni tanto si mostrava irrequieta, tanto che sua madre, un giorno, si trovò a esclamare: «Chissà quando sarà grande quanto mi farà tribolare!». Nei giochi con i compagni mostrava un’attitudine al comando, ma non in maniera superba. Frequentò l’asilo infantile e le scuole elementari presso le suore Orsoline di Maria Immacolata, che avevano aperto una loro casa nell’antico castello di Rezzanello.


Non è stato possibile risalire alla data della Prima Comunione di Rosetta: verosimilmente, secondo l’uso dell’epoca, l’ha ricevuta tra i dieci e gli undici anni. Si preparò invece alla Cresima nella scuola delle Orsoline di Maria Immacolata: il sacramento le fu amministrato il 26 maggio 1947 nella chiesa parrocchiale di Santa Maria Assunta di Aguzzano, da monsignor Ersilio Menzani, vescovo di Piacenza.

Rosetta aveva anche imparato a stare attenta ai bisogni del prossimo. Quando aveva il permesso di andare con la mamma al mercato a Gazzola, visitava una donna, Marietta, e i suoi figli. Vedendo che soffriva il freddo, decise di comprare una sciarpa per lei, tenendo da parte i soldi che le davano i genitori per le sue piccole spese.



Il trasloco a Sesto San Giovanni



Per garantire un miglioramento economico alla famiglia, suo padre decise di avviare una rivendita all’ingrosso di frutta e verdura a Sesto San Giovanni, in provincia e diocesi di Milano. Tutta la famiglia lo seguì il 9 ottobre 1950.


Rosetta soffrì molto per il distacco dai luoghi dov’era cresciuta. Anzi, tentò la fuga nascondendosi su un camion, ma la lontananza dalla famiglia durò un anno. Nel nuovo ambiente non si trovava a suo agio, anche perché qualcuno la rimproverava dicendole: «Sei tutta da rifare!». La sofferenza si fece più forte il 16 luglio 1951, giorno in cui, a 61 anni, morì suo padre Carlo.



In collegio, la scoperta del Vangelo



Poco tempo dopo, Rosetta venne a sapere che avrebbe frequentato le scuole medie in collegio. Le venne spontaneo domandarsi: «Sono così malvagia senza nemmeno saperlo?». Venne quindi inserita nel collegio delle Suore del Preziosissimo Sangue di Monza, dette Preziosine, nella stessa città di Monza.


Anche la vita in collegio le risultava pesante. Tuttavia, una delle religiose, suor Adriana Sala, un giorno le si avvicinò e le porse un piccolo libro: era il Vangelo. Da allora, Rosetta cominciò a leggere e meditare spesso la Parola di Dio e a trascorrere molto tempo nella cappella del collegio.


«Abitata» da Dio: la vocazione



Nell’aprile 1952, proprio mentre pregava in cappella, Rosetta ebbe un’esperienza speciale. In seguito, nel suo Diario, la raccontò così: «… mi sono sentita ABITATA in quel lontano giorno… e tu mi hai tenuta in te, mio Signore, oppure sei rimasto tu in me…. Mai più sola…ABITATA…». La decisione fu netta: «Sarei andata Suora».


Terminati gli studi col conseguimento del diploma commerciale, Rosetta tornò a casa. I suoi parenti si stupirono del cambiamento che era passato in lei e, ancora di più, si meravigliarono quando manifestò la sua vocazione. La madre, perciò, le impose di attendere quando avrebbe compiuto vent’anni.

Partecipando alla vita della parrocchia di San Giuseppe a Sesto San Giovanni e frequentando l’oratorio, Rosetta tentò di superare quella momentanea delusione. S’iscrisse anche all’Azione Cattolica e iniziò a visitare i malati tutti i mercoledì. Riuscì poi a farsi delle amiche: Giuseppina, la migliore, la sostenne anche nella lotta per la vocazione, che intanto aveva preso un indirizzo preciso, quello missionario.



Tra le Missionarie della Consolata, diventa suor Leonella



In oratorio aveva infatti sentito parlare delle Missionarie della Consolata, congregazione femminile fondata dal canonico Giuseppe Allamano (beatificato nel 1990) dopo l’omonima congregazione maschile. Così, arrivata a vent’anni, si ripresentò alla madre e dichiarò: «Adesso ho vent’anni e non ho cambiato idea».


Così, il 5 maggio 1963, Rosetta si presentò alla casa di Sanfré delle Missionarie della Consolata; quindici giorni dopo, iniziò il postulandato. Nei sei mesi successivi mostrò tutte le sue doti migliori: la disponibilità a ogni tipo di servizio, l’allegria con cui lo compiva e il sorriso che la rendeva familiare a tutte le consorelle. Nel novembre 1963, finito il postulandato, celebrò la vestizione religiosa: ricevendo l’abito, Rosa cambiò nome in suor Leonella. 

Iniziò il noviziato il 21 novembre 1963, nella casa generalizia di Nepi. Sotto la guida della maestra delle novizie, suor Paolina Emiliani, imparò a essere ancora più fedele al progetto missionario voluto dall’Allamano, attingendo dai suoi scritti e dalla testimonianza delle altre suore. Il 22 novembre 1965 emise la prima professione religiosa.



In Inghilterra per diventare infermiera



Suor Leonella fu quindi inviata in Inghilterra, allo scopo di frequentare la scuola per infermiere. L’impatto con la sofferenza fisica di tanti malati e con la morte la portò a confidarsi con la superiora generale: «O si crede in Dio e allora non si può fare altro che amarlo amarlo amarlo... o non si crede e allora esiste solo la disperazione! Sono estremista? Non lo so, ma non vedo altra strada all’infuori di queste due: o Dio o il buio del nulla...». 


La scuola di Midwifery (Ostetricia) era distante cinquanta chilometri dalla casa delle Missionarie: di conseguenza, tornare per suor Leonella era sempre una gioia. Una sera si presentò alla ricreazione comunitaria indossando un paio di baffi di plastica: «Ogni suora li indosserà e inizierà a parlare; poi li passerà alla vicina di destra e via così fino a chiudere il cerchio». Quel sistema fu utile perché ogni suora riuscisse a parlare di sé alle altre; non oltrepassarono neanche i limiti orari della ricreazione.

Studiando come funzionava il corpo umano, riusciva a trovare il modo di coniugare la competenza medica e la fede: «Ma io credo, credo e ripeto al Signore la mia volontà di fede, il mio desiderio di luce, luce, luce! Madre come è bella la fede! Con la fede tutto è più facile!», scrisse ancora alla superiora generale. 

Nel 1969 conseguì il diploma di State Enrolled Nurse (Infermiera di Stato) e nel 1970 concluse la prima parte del corso di Midwifery. Il 19 novembre 1972 emise i voti perpetui, consacrandosi per sempre all’apostolato missionario. In quell’occasione, annotò sul suo Diario: «O Signore, che la mia vita sia una risposta».



In Kenya



Già da due anni, però, suor Leonella era stata destinata alla missione in Kenya. Più precisamente, a Nkubu, nella regione del Meru, nel cui ospedale e nell’annessa scuola per infermiere erano in servizio le Missionarie della Consolata.


Suor Leonella era impegnata specialmente nel reparto maternità e seguiva un nutrito gruppo di allieve ostetriche. In seguito divenne direttrice della scuola per infermieri, ai quali insegnava non solo le competenze tecniche necessarie agli operatori sanitari, ma anche a diventare capaci di accogliere il malato con comprensione e amore.

Profondamente convinta della bellezza della vocazione missionaria, era attenta a cogliere i segni della possibile vocazione di qualche ragazza. Era capace di pregare per una settimana intera, pur di ottenere da Dio la consacrazione di colei sulla quale aveva posato lo sguardo.



Superiora regionale



Nel VII Capitolo Generale delle Missionarie della Consolata, svolto nel 1993, suor Leonella portò la sua ventennale esperienza, insieme alle istanze delle comunità del Kenya. Subito dopo, le consorelle la elessero superiora regionale.


Scrisse in una delle sue lettere circolari: «Noi, sia individualmente che come comunità dobbiamo renderci disponibili al processo dell’Incarnazione del Figlio in noi per poter essere la Consolazione del Padre. Cosa significa questo, in pratica? Significa accogliere che il Figlio sia libero in ciascuna di noi, in me, libero di perdonare attraverso la mia persona a chi mi reca offesa, libero di spezzare il pane della bontà, della comprensione nella mia comunità, libero di farmi percorrere l’itinerario che il Padre ha fatto fare a Lui, con le scelte che il Padre indica. Libero di farmi percorrere il cammino della pazienza, della mansuetudine, dell’umiltà che passa attraverso l’umiliazione … Libero di poter dire attraverso di me - lo Spirito del Signore è su di me … mi ha consacrato e mi manda a portare la buona notizia ai poveri, la libertà ai prigionieri … ad annunciare l’anno della consolazione, a ricostruire le antiche rovine…  Libero di amare attraverso di me con l’Amore più grande, l’Amore che va fino alla fine, che è più forte dell’odio e dell’inferno … nella verità, nella pratica di ogni giorno e di ogni momento».

«Solo per Dio»

Terminato il mandato, suor Leonella entrò a far parte dell’equipe dei sabbatici, ossia di occuparsi delle Missionarie che avevano bisogno di qualche tempo di riposo. Dal 2000 al 2005 riservò le sue attenzioni alle consorelle di passaggio, prestandosi per tanti servizi anche minimi.

Il suo carattere aveva perso le asperità di un tempo: da testarda anche di fronte a difficoltà insormontabili, si era fatta più umile e paziente. Aveva un solo cruccio: «Vorrei poter dire che quel poco che ho fatto, l’ho fatto solo per Dio».



In Somalia



Nel novembre 2001, suor Leonella fu destinata alla piccola comunità che le Missionarie della Consolata avevano in Somalia. Avrebbe dovuto fondare una scuola per infermieri a Mogadiscio, come quella di cui si era occupata in Kenya, in collaborazione con la onlus SOS Villaggi dei Bambini.


Il compito non era facile: anzitutto, doveva dimostrare che le nozioni scientifiche da lei impartite non andavano contro i principi del Corano. In seconda battuta, doveva mettere in chiaro che non intendeva obbligare gli allievi a convertirsi, non facendo quindi opera di proselitismo.

La piccola comunità non aveva un cappellano, neanche saltuario, anzi, era l’unica presenza cristiana sul luogo. La presenza di Gesù nell’Eucaristia era comunque assicurata, sebbene le suore la conservassero in un mobile nascosto in un angolo del corridoio della loro casa: era l’unico Tabernacolo in tutta la Somalia.



Una sosta alla luce dell’Eucaristia



Nel 2006, suor Leonella tornò in Italia per un breve periodo. Si trattava del cosiddetto Mese Allamaniano, un percorso di preghiera e riflessione personale per le singole Missionarie, centrato sulla meditazione della Parola di Dio e degli scritti del fondatore. Presenta anche tempi più distesi per la contemplazione e per l’adorazione dell’Eucaristia.


Suor Leonella ha lasciato traccia, nel suo Diario, di quanto il Signore aveva da dirle per quel preciso momento della sua vita. Meditando sul capitolo 6 del Vangelo di Giovanni, annotava con stupore: «Se il mio corpo e il Suo sono una cosa sola, se il Suo sangue e il mio sono una cosa sola, allora è possibile essere sempre in Lui dono d’amore, dono di Lui, per tutti. Sempre, in ogni momento! Allora è possibile testimoniare, sempre che Lui c’è e ci ama».

In occasione di una visita al Santuario della Consolata, che l’Allamano aveva contribuito a restaurare e arricchire, si affidò completamente alla Madonna. Si sentiva chiamata, come suggeriva il brano di Vangelo del giorno, a morire per dare frutto.



Il rischio del martirio



Nel periodo in cui fu superiora regionale, suor Leonella rimase molto colpita dalla storia dei sette monaci trappisti uccisi in Algeria, a Tibhirine, nel 1996: consegnò una copia del primo libro uscito su di loro ad ogni comunità della regione. «Mi ritorna in mente la frase di “Più forti dell’odio”», scrisse, «“il martirio non può essere visto come una impresa eroica, come un gesto di persone valorose, ma come il naturale evolversi di una vita donata”».


Il rischio in Somalia era palese, tanto più che continuavano le minacce contro le suore e il loro operato nell’ospedale, specie sulla stampa locale. Riferendosi allo scampato pericolo di una consorella, suor Marzia Feurra, che l’aveva lasciata molto scossa, suor Leonella cercò di sdrammatizzare: «Chissà se un giorno non ci sarà una pallottolina anche per me da parte dei miei amici fondamentalisti», aggiungendo però: «Sono nelle mani di Dio disposta a tutto».

I sospetti degli integralisti

Il giorno della consegna dei diplomi ai neo-infermieri, dieci ragazzi e dieci ragazze, suor Leonella preparò una grande festa. Per rendere ancora più solenne l’occasione, fece loro indossare la toga tipica dei neolaureati. Quell’evento, trasmesso anche in televisione, condusse gli integralisti a pensare che la suora avesse convertito i giovani, facendoli già vestire da preti.

Circa un mese dopo, suor Leonella si accorse che un uomo sospetto si aggirava nei pressi della scuola: lui la fissò, ma non le disse nulla. Il 12 settembre 2006, poi, papa Benedetto XVI aveva citato in un discorso, a Ratisbona, una frase dell’imperatore Manuele II Paleologo, particolarmente feroce contro l’Islam. Quell’espressione aveva suscitato reazioni molto violente in tutto il mondo musulmano. A quella notizia, suor Leonella invitò le altre suore a pregare e a offrire molto per il Papa e per la Chiesa.



La morte



Domenica 17 settembre 2006 era un giorno lavorativo. Alle 12.30 suor Leonella, uscita dalla scuola infermieri, fu affiancata da Mohamed Mahamud, la sua guardia del corpo (le suore erano accompagnate anche solo per tragitti brevissimi) e fece per attraversare la strada che separava la scuola dal Villaggio SOS, dove abitava. 


Dopo pochi passi, si sentì uno sparo: la suora cadde a terra. Cercò di rialzarsi, ma altri proiettili l’abbatterono definitivamente. Alcune persone accorsero per portarla in ospedale. Al vedere che cercavano d’inseguire l’aggressore, la religiosa li fermò: «Lasciatelo andare, è un poveretto». Anche la sua guardia del corpo fu ferita mortalmente.

Suor Marzia e un’altra suora, Gianna Irene Peano, avevano sentito gli spari e si erano subito preoccupate. Appena seppero che suor Leonella era ferita, corsero da lei in ospedale. Gli studenti fecero a gara per donarle il proprio sangue, mentre i medici cercavano in ogni modo di curarla.

Secondo la testimonianza di suor Gianna Irene, il suo volto era in pace, ma era come se lei volesse dire ancora qualcosa. Con tutto il fiato che le restava, mormorò: «Perdono, perdono, perdono».  Quando il chirurgo arrivò, poté solo costatare il suo decesso: erano le 13.45. Suor Leonella aveva sessantasei anni, trentasei dei quali vissuti per la missione in Africa.

Il cadavere di suor Leonella fu portato a Nairobi, dove, il 21 settembre, si svolsero i suoi funerali. Erano presenti le autorità civili, i Missionari e le Missionarie della Consolata e gli allievi della scuola infermieri, attorniati da una folla considerevole. 

Nell’omelia, monsignor Giorgio Bertin, attuale vescovo di Gibuti, dichiarò: «Lei era convinta che una nuova Somalia, guarita dal flagello della guerra civile è possibile. […] La sua vita, il suo sorriso e la sua innocenza ci dicono che un mondo nuovo è possibile, una nuova Somalia è possibile. Lei fu ispirata dalla convinzione che il nuovo mondo che Gesù è venuto ad annunciare è già cominciato qui sulla Terra. E non è una coincidenza che morì insieme a un uomo musulmano. […] Vivere insieme, nonostante le differenze, richiede la conversione del cuore, speranza, determinazione e perseveranza».



Fama di martirio e avvio della causa



All’Angelus di domenica 24 settembre, papa Benedetto XVI ricordò suor Leonella con queste parole: «Questa Suora, che serviva i poveri e i piccoli in Somalia, è morta pronunciando la parola “Perdono”: ecco la più autentica testimonianza cristiana, segno pacifico di contraddizione che dimostra la vittoria dell’amore sull’odio e sul male».


A fronte delle numerose attestazioni che confermavano la fama di martirio di suor Leonella, nel 2011 il Capitolo Generale delle Missionarie della Consolata ha chiesto al Governo Generale degli istituti missionari fondati dall’Allamano di poter iniziare le fasi preliminari per la causa di beatificazione e canonizzazione.

Il 25 settembre 2012, nella cappella della casa di Nepi, monsignor Bertin ha accolto il Supplice Libello, ossia il documento con cui si richiedeva l’avvio formale della causa. Dal settembre 2012 al settembre 2013 è stato preparato il necessario per costituire il Tribunale Ecclesiastico in vista del processo diocesano.

La causa di beatificazione

La Santa Sede ha rilasciato il nulla osta per l’avvio della causa nel 2013. Il processo diocesano è quindi iniziato a Gibuti, sede della diocesi di Gibuti e Mogadiscio, il 31 agosto 2013; si è concluso il 15 gennaio 2014. Gli atti del processo sono stati convalidati il 19 settembre 2014.

La “Positio super martyrio”, consegnata il 7 aprile 2016, è stata esaminata dai consultori teologi e dai cardinali e dai vescovi membri della Congregazione delle Cause dei Santi, rispettivamente il 6 aprile 2017 e il 17 ottobre dello stesso anno.

Intanto, il 30 settembre 2017, i resti mortali di suor Leonella, sepolti presso il cimitero di Nairobi in Kenya, sono stati sottoposti alla ricognizione canonica. Nel dicembre successivo sono stati collocati nella cappella del Flora Hostel di Nairobi. 

L’8 novembre 2017, ricevendo in udienza il cardinal Angelo Amato, Prefetto della Congregazione delle Cause dei Santi, papa Francesco ha autorizzato la promulgazione del decreto con cui suor Leonella veniva ufficialmente riconosciuta come martire. La sua beatificazione è stata celebrata il 26 maggio 2018, nella cattedrale di Piacenza. A presiedere il rito, come inviato del Santo Padre, il cardinal Amato. 

La sua memoria liturgica è stata fissata al 17 settembre, giorno esatto della sua nascita al Cielo, per le diocesi di Nairobi (dov’è morta) e Piacenza (dov’è nata), oltre che per gli Istituti dei Missionari della Consolata e delle Suore Missionarie della Consolata.



Autore: Emilia Flocchini