vendredi 30 août 2019

Bienheureux ALFREDO ILDEFONSO SCHUSTER, évêque et cardinal


Bienheureux Alfred-Ildefonso Schuster


Évêque de Milan et cardinal ( 1954)


Nommé archevêque de Milan et cardinal en 1929. 

On lui doit en particulier de nombreux livres sur la liturgie eucharistique où il commente les textes bibliques des liturgies. Il quitta la terre pour le ciel et sa Divine Liturgie au séminaire de Venegono, près de Varèse en Lombardie.

Proclamé bienheureux par Jean-Paul II en Italie le 12 mai 1996.

À Venegano, près de Varèse en Lombardie, l'an 1954, le trépas du bienheureux Alfred-Ildefonse Schuster, évêque de Milan. Moine dès sa jeunesse, puis abbé de Saint-Paul-hors-les-murs à Rome, il fut appelé à occuper le siège de saint Ambroise. Homme de doctrine et de sagesse, il mit toutes ses forces à remplir son rôle de pasteur pour le bien de son peuple.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/10335/Bienheureux-Alfred-Ildefonso-Schuster.html


Le corps du Bienheureux Alfred Idelfonse Schuster dans la cathédrale de Milan

CARDINAL ILDEFONSO SCHUSTER
Alfredo Schuster naît à Rome  le 18 Janvier 1880 par une famille bavaroise.
Orphelin de père quand il était agé de onze ans il entra le Monastère de Saint Paul – hors les Murs où après il reçu l’habit bénédictin et il prononça la profession monastique ou reçevant le prénom de Ildefonso.
Pendant les années du noviciat il serra des rapports avec le bienheureux Placido Riccardi qui le façonne dans une forte spiritualité fondée sur la vertu de l’humilité et sur l’abandon absolu à la divine volonté.
Le 19 mars 1904 il est ordonné prêtre dans la Basilique de Saint Jean de Latran. Agé de 38 ans il fut nommé Abbé.
Le 21 juillet 1929 le Pape Pie XI le consacra évêque pour l’Église de Milan après l’avoir élever à la dignité cardinalice.
Il se inspira constamment à Saint Charles Borromeo duquel il imita la charité envers les malheureux , la ferme défense de l’intégrité de la foi et de la liberté de l’Église, l’empressement pour l’accroissement de la participation aux Sacrements et à la doctrine chrétienne, l’assidue présence parmi son peuple surtout à travers la visite pastorale effectuée presque cinq fois dans tout le Diocèse.
Pendant le deuxième conflit mondial il resta dans sa ville occupée par son intervention il conjura la destruction de Milan et il porta secours, Sans distinction de partie, aux nombreuses souffrances et misères causées par la guerre.
Son passionné zèle est témoigné par la convocation de cinq synodes diocésains et d’un Concile Provinciale, la édification et la dédicace de lieux pour le culte, les nombreuses et ponctuelles lettre au clergé et au peuple, le renouvellement de la vie liturgique, l’impulsion donnée aux oratoires des paroisses et aux centres culturels, le relan du quotidien catholique et l’appui offert à l’engagement social chrétien.
Dans 1942 il a institué la Piense Association «Pro-Séminaire» et nomma Ezia Fiorentino secrétaire diocésaine.
La fête de Pentecȏte du 1945 avec Ezia Fiorentino il a donné vie à l’Institut Séculier des Missionnaires du Sacerdoce Royal de Christ dont il écrit le premier Statut. Ezia Fiorentino Président, assistant spirituel diocésain Père Rainero Boga.
Le 14 Août 1954 à cause de l’ordre péremptoire des médecins il dut quitter Milan pour se concéder quelque jour de repos chez le Séminaire de Venegono Inferiore où, à l’aube du 30 Août il conclu sa laborieuse existence terraine.
Sa dépouille mortelle fut portée à Milan au milieu d’un double ininterrompu haie de foule qui au passage du char funèbre se agenouillait, pleurait, priait tout émue. Les industries étaient fermées et toutes les cloches sonnaient le glas.
Une très grande foule remplit, le jour et la nuit, le Dȏme jour saluer la vénérée dépouille mortelle.
Le 30 Août 1957, dans le troisième anniversaire de sa mort, son successeur, le cardinal Giovanni Montini, a commencé le Procès de information pour la cause de béatification du saint Archevêque qui Giovanni Paolo II proclama bienheureux le 12 mai 1996 par une solennelle célébration en Saint Pierre. 

EZIA FIORENTINO
Fondatrice de l’Institut Séculier des Missionnaires du Sacerdoce Royal de Christ, avec le Bienheureux Cardinal Alfredo Ildefonso Schuster.
Alfredo Schuster naît à Rome  le 18 Janvier 1880 par une famille bavaroise.
Orphelin de père quand il était agé de onze ans il entra le Monastère de Saint Paul – hors les Murs où après il reçu l’habit bénédictin et il prononça la profession monastique ou reçevant le prénom de Ildefonso.
Pendant les années du noviciat il serra des rapports avec le bienheureux Placido Riccardi qui le façonne dans une forte spiritualité fondée sur la vertu de l’humilité et sur l’abandon absolu à la divine volonté.
Le 19 mars 1904 il est ordonné prêtre dans la Basilique de Saint Jean de Latran. Agé de 38 ans il fut nommé Abbé.
Le 21 juillet 1929 le Pape Pie XI le consacra évêque pour l’Église de Milan après l’avoir élever à la dignité cardinalice.
Il se inspira constamment à Saint Charles Borromeo duquel il imita la charité envers les malheureux , la ferme défense de l’intégrité de la foi et de la liberté de l’Église, l’empressement pour l’accroissement de la participation aux Sacrements et à la doctrine chrétienne, l’assidue présence parmi son peuple surtout à travers la visite pastorale effectuée presque cinq fois dans tout le Diocèse.
Pendant le deuxième conflit mondial il resta dans sa ville occupée par son intervention il conjura la destruction de Milan et il porta secours, Sans distinction de partie, aux nombreuses souffrances et misères causées par la guerre.
Son passionné zèle est témoigné par la convocation de cinq synodes diocésains et d’un Concile Provinciale, l’édification et la dédicace de lieux pour le culte, les nombreuses et ponctuelles lettre au clergé et au peuple, le renouvellement de la vie liturgique, l’impulsion donnée aux oratoires des paroisses et aux centres culturels, le relan du quotidien catholique et l’appui offert à l’engagement social chrétien.
Dans 1942 il a institué la Piense Association «Pro-Séminaire» et nomma Ezia Fiorentino secrétaire diocésaine.
La fête de Pentecȏte du 1945 avec Ezia Fiorentino il a donné vie à l’Institut Séculier des Missionnaires du Sacerdoce Royal de Christ dont il écrit le premier Statut. Ezia Fiorentino Président, assistant spirituel diocésain Père Rainero Boga.
Le 14 Août 1954 à cause de l’ordre péremptoire des médecins il dut quitter Milan pour se concéder quelque jour de repos chez le Séminaire de Venegono Inferiore où, à l’aube du 30 Août il conclut sa laborieuse existence terraine.
Sa dépouille mortelle fut portée à Milan au milieu d’un double ininterrompu haie de foule qui au passage du char funèbre s’agenouillait, pleurait, priait tout émue. Les industries étaient fermées et toutes les cloches sonnaient le glas.
Une très grande foule remplit, le jour et la nuit, le Dȏme jour saluer la vénérée dépouille mortelle.
Le 30 Août 1957, dans le troisième anniversaire de sa mort, son successeur, le cardinal Giovanni Montini, a commencé le Procès de information pour la cause de béatification du saint Archevêque qui Giovanni Paolo II proclama bienheureux le 12 mai 1996 par une solennelle célébration en Saint Pierre.
Jésus Prêtre Éternel Ressuscité, vainqueur de la morte, reçoive-la dans la lumière de ton Royaume”.

SOURCE : http://www.missrc.it/fondateurs/?lang=fr

Blessed Alfredo Ildefonso Schuster


Also known as
  • Alfredo Ludovico Luigi Schuster
Profile

Educated at Saint-Paul-Outside-the-Walls abbeyRomeItaly from age 11. Entered the Cassinese Benedictine monastic noviate in 1896, taking the name Ildefonso. Made his formal monastic confession on 13 November 1900Ordained on 19 March1904 in Rome.

Novice master of his house from 1908 to 1916Prior of the abbey from 1916 to 1918. Procurator general of the Congregation of Monte Cassino from 1914 to 1929Abbot-ordinary of abbey nullius of Saint-Paul-Outside-the-Walls on 6 April 1918. President of the Pontifical Oriental Institute from 7 October 1919 to 4 July 1922, and teacher at several colleges and institutes. Consultor to the Sacred Congregation of Rites in the sections for the Liturgy and for the Causes of Saints. Censor of the Academy of Sacred Liturgy. President of the Commission for Sacred Art Apostolic Visitor to seminaries of Lombardy and Calabria. Appointed Archbishop of Milan on 26 June 1929 by Pope Pius XI. Created cardinal on 15 July 1929Papal legate to several events and congresses in Europe. Participated in the conclave of 1939. Founded the Institute of Amrosian Chant and Sacred Music and the Ambrosianeum and Didascaleion cultural centres, and wrote for the daily publication L’Italia.

There was some controversy during the investigation of his Cause as some claimed he was sympathetic to Fascism. Evidence, however, shows that he denounced Fascism’s meddling with the youth organization Catholic Action, refused to participate in ceremonies involving Mussolini, and condemned racist legislation. The cardinal was primarily concerned with the spiritual well-being of his flock, the physical needs of the poor, assistance to newly married couples in order to create strong marriages, and with the administration of the Archdiocese.

Born


SCHUSTER, ALFREDO ILDEFONSO, BL.

Cardinal archbishop of Milan, Cassinese Benedictine, liturgist; b. Jan. 18, 1880, Rome, Italy; d. Aug. 30, 1954, at Venegono Seminary near Milan, Italy.
Although his father, Johannes (d. 1888), a tailor in Rome, was born in Bavaria, and his pious mother, Anna Maria (Tutzer), came from Bolzano in the Austrian South Tyrol, Alfredo Ludovico Schuster grew up a thorough Roman. He was accepted as a Benedictine monk by the Roman Abbey of St. Paul-outside-the-Walls at the age of 11 in 1891, and given the name Ildefonso; he made his monastic profession on Nov. 13, 1899. After priestly studies at Sant'Anselmo, Rome, he was ordained on March 19, 1904. He then developed into a model religious, thanks in large measure to the counsel of his saintly confrère (Bl.) Placido riccardi, O.S.B. Schuster served his abbey as master of novices (1904–16) and as prior (1916–18). From 1914 to 1929 he was procurator-general of the Benedictine Cassinese Congregation. On April 6, 1918, he was elected abbot-ordinary of the abbey nullius of St. Paul-outside-the-Walls.
Recognizing his talents, the popes gave him various assignments, including consultorships on the Congregation of Rites (Liturgy, Causes of Saints) and the Congregation for the Oriental Church. Additionally, he was censor of the Academy of Sacred Liturgy, president of the Commission for Sacred Art and Apostolic Visitator for Italian seminaries. Pius XI named him archbishop of Milan on June 26, 1929, created him cardinal priest of SS. Silvestroe Martino ai Monti on July 15, 1929, and personally consecrated him on July 21, 1929. The frail ascetic, with a spirit worthy of a successor of St. Charles Borromeo and St. Ambrose, embarked upon a tireless episcopal career notable for both its liturgical emphasis and its contemporary pastoral awareness. He emphasized catechetics and promoted the role of the laity in parishes and in Catholic Action. During the German military occupation of Lombardy (1943–45), the cardinal gave his flock strong and provident guidance, and the advice to surrender that he gave to the German commandant in 1945 had a decisive influence.
From 1938 on Schuster had stood firm against the racist views and other "Germanizations" of Italian Fascism. Prior to that, however, he had shown public benevolence toward the Fascist regime, to the particular chagrin of many Catholics in other lands. Whether rightly or wrongly—and he was content to let history judge—he had chosen this course for pastoral, not political, reasons. He also interpreted strictly the pledge of loyalty that he, before his consecration, had made to the king, pursuant to art. 20 of the Lateran Concordat of 1929. He was the first Italian prelate to be affected by that rule. Had he not maintained his punctilious personal concern for Mussolini, he might never have had that last interview of April 25, 1945, at which he urged the dictator to make peace with God and man. Unfortunately, Mussolini spurned the admonition, to his own quick disaster.
Although his spirituality is best characterized by his intense prayer life; his opposition to racism was simply a manifestation of his egalitarian spirit: He believed that the goal of all Christians is holiness. He worked toward this ideal by seeking justice during and after World War II and founding the Institute of Ambrosian Chant and Sacred Music to inspire the faithful through beautiful liturgy. Schuster also won great esteem as a liturgical and monastic historian. During his lifetime he wrote many scholarly articles and several books. Among the books were Storia di San Benedettoe dei suoi tempi (Viboldone 1943), which was translated into English as St. Benedict and His Times (St. Louis 1951), and the classic Liber Sacramentorum (9 v. Turin 1919–29). The latter, a most influential work, has been translated into several languages [Eng. ed., The Sacramentary: Historical and Liturgical Notes on the Roman Missal (5 v. New York 1925–31)].
Having tended his flock through nine turbulent postwar years, Schuster died in 1954 with a reputation for high sanctity. He was entombed in the metropolitan cathedral of Milan. The diocesan process for his canonization was initiated in 1957 by his successor, Giovanni Battista Montini, who became Pope Paul VI. A miracle attributed to his intercession was approved on July 11, 1995.
During Schuster's beatification on May 12, 1996, Pope John Paul II observed: "Schuster's pastoral ministry was motivated by the spirit of prayer and contemplation proper to the Benedictine tradition. His monastic spirituality, nourished by daily meditation on Sacred Scripture, thus expanded into active collaboration with the Holy See and into his generous service to the Ambro-sian community, edified and consoled by him until the very end by the regular, devoted celebration of the sacred mysteries and by the example of a clear and consistent life" (Ambrosian Missal, Preface of the Memorial).
Feast: Aug. 30.
See Also: lateran pacts.
Bibliography: L'Osservatore Romano, English edition. no. 29: 5. L'epistolario card. Schuster-don Calabria, ed. a. majo and l. piovan (Milan 1989). Scritti del Cardinale A. Ildefonso Schuster, ed. g. oggioni (Varese 1959); Gli ultimi tempi di un regime, 2d ed. (Milan 1946). Ildefonso Schuster: Cenni biografici (Viboldone 1958). g. basadonna, Cardinal Schuster. Un monaco vescovo nella dinamica Milano (Milan 1996). d. a. binchy, Church and State in Fascist Italy (New York 1941). a. m. bozzone, "Schuster, A.I.," in a. mercati and a. pelzer, Dizionario ecclesiastico, 3 v. (Turin 1954–58) 3:756. e. cavaterra, Salvate Milano! La mediazione del cardinale Schuster nel 1945 (Milan 1995). g. judica cordiglia, Il mio Cardinale (Milan 1955); Così sorrideva il Cardinale Schuster (Milan 1957). a. m. fortuna, Incontro all'Archivescovado (Florence 1971). a. majo, Gli anni difficili dell'episcopato del card. A. I. Schuster (Milan 1978); Schuster: una vita per Milano (Milan 1994); with g. rumi, Il cardinal Schustere il suo tempo (Milan 1979).
[R. f. mcnamara]

Beato Alfredo Ildefonso Schuster Cardinale, arcivescovo di Milano


Roma, 18 gennaio 1880 – Venegono Inferiore, Varese, 30 agosto 1954

Nacque a Roma il 18 gennaio 1880, divenne monaco esemplare e, il 19 marzo 1904, venne ordinato sacerdote nella basilica di San Giovanni in Laterano. Gli furono affidati incarichi gravosi, che manifestavano però la stima e la fiducia nei suoi confronti. A soli 28 anni era maestro dei novizi, poi procuratore generale della Congregazione cassinese, poi priore claustrale e infine abate ordinario di San Paolo fuori le mura. L'amore per lo studio, che fanno di lui un vero figlio di san Benedetto, non verrà meno a causa dei suoi impegni che sempre più occuperanno il suo tempo e il suo ministero. Grande infatti fu la sua passione per l'archeologia, l'arte sacra, la storia monastica e liturgica. Il 15 luglio1929 fu creato cardinale da papa Pio XI e il 21 luglio fu consacrato arcivescovo di Milano nella suggestiva cornice della Cappella Sistina. Ebbe inizio così il suo ministero di vescovo nella Chiesa ambrosiana fino al 30 agosto 1954, data della sua morte, avvenuta presso il seminario di Venegono, da lui fatto costruire come un'abbazia in cima ad un colle. Fu proclamato beato da Giovanni Paolo II il 12 maggio 1996. (Avvenire)

Etimologia: Alfredo = guidato dagli elfi, dall'anglosassone

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: A Venegono vicino a Varese, transito del beato Alfredo Ildefonso Schuster, vescovo, che, da abate di San Paolo di Roma elevato alla sede di Milano, uomo di mirabile sapienza e dottrina, svolse con grande sollecitudine l’ufficio di pastore per il bene del suo popolo. 

Aveva ragione lui, a sostenere che i santi, quando passano da vivi o da morti, fanno accorrere le folle. Lo si è visto nel 1954, quando una folla oceanica accorse per fare ala al passaggio del suo feretro da Venegono Inferiore, dove era morto, a Milano dove si svolsero gli imponenti funerali; e lo si vede ancora oggi, con l’afflusso di turisti, curiosi e fedeli nel Duomo di Milano, di fronte all’urna che custodisce i suoi resti mortali.

Non è milanese e neppure lombardo: figlio del caposarto degli zuavi pontifici, nasce a Roma nel 1880. Orfano di papà a 11 anni, entra nel convento di San Paolo fuori le mura grazie ad un benefattore, che ammira la sua intelligenza e la sua pietà.

Monaco esemplare, viene ordinato sacerdote a 24 anni e subito gli vengono affidati incarichi delicati e gravosi. A 28 anni è già maestro dei novizi, poi procuratore generale della Congregazione, infine abate di San Paolo fuori le mura; nel 1929 Pio XI lo nomina arcivescovo di Milano e cardinale.
Inizia il suo ministero milanese prendendo come modello il suo più illustre predecessore, Carlo Borromeo, e si sforza di imitarlo, soprattutto nella sua passione per il popolo, nel suo coraggio per difendere la purezza delle fede, nel suo donarsi completamente senza risparmio, come testimoniano le numerose lettere al clero e al popolo, le assidue visite pastorali, i frequenti sinodi diocesani, i due congressi eucaristici.

Sotto la porpora continua tuttavia a battere il cuore del monaco, affascinato da Dio, innamorato della preghiera, portato per natura al silenzio ed alla contemplazione. Dal fisico esile e fragile, sotto le vesti liturgiche diventa un gigante: «Si vedeva un santo a colloquio con l’invisibile potenza di Dio», ricordano i testimoni, «non si poteva guardarlo senza essere scossi da un brivido religioso».

Dai suoi sacerdoti esige la santità della vita, perché «pare che la gente non si lasci più convincere dalla nostra predicazione, ma di fronte alla santità, ancora crede, ancora si inginocchia e prega». Oltre che pastore di anime, è un fine studioso di storia, di catechesi, di archeologia e di arte, ma prima di tutto è un liturgo, convinto che la liturgia «è per eccellenza la preghiera della Chiesa», l’unica vera “devozione” di ogni cristiano, che non deve andare in cerca di altre “devozioni”. 

E neppure cedere alla tentazione del sentimentalismo, del superattivismo e dell’appariscente perché «è inutile e pericoloso sfruttare il cuore, quando la fede manca dei suoi preamboli razionali… Purtroppo, noi ci prestiamo a tale svuotamento della Religione e ci accontentiamo facilmente delle folle oceaniche, dei nostri Congressi, delle processioni, delle Feste Centenarie».

Muore, quasi improvvisamente, il 30 agosto 1954 nel seminario di Venegono, dove i medici lo hanno mandato a recuperare le forze, logorate dal suo generoso e continuo donarsi. E che non avesse solo predicato, ma prima di tutto vissuto la santità in un personale sforzo quotidiano ed eroico, si è avuto conferma il 12 maggio 1996, quando Giovanni Paolo II ha proclamato beato Alfredo Ildefonso Schuster, il monaco-cardinale fermamente convinto che «il diavolo non ha paura dei nostri campi sportivi e dei nostri cinematografi, ha paura invece della nostra santità».


Autore: Gianpiero Pettiti





Nato a Roma il 18 gennaio 1880 da Giovanni, caposarto degli zuavi pontifici, e da Maria Anna Tutzer, fu battezzato il 20 gennaio. Rimasto all’età di undici anni orfano di padre, e viste le sue doti per studio e la sua pietà, fu fatto entrare dal barone Pfiffer d’Altishofen nello studentato di S. Paolo fuori le mura. Ebbe come maestri il Beato Placido Riccardi e don Bonifacio Oslander che l’educarono alla preghiera , all’ascesi e allo studio (si laureò in filosofia al Collegio Pontificio di Sant’Anselmo a Roma). 


Fu monaco esemplare e il 19 marzo 1904 venne ordinato sacerdote in San Giovanni in Laterano. Gli furono affidati incarichi gravosi, che manifestavano però in se la stima e la fiducia nei suoi confronti. A soli 28 anni era maestro dei novizi, poi procuratore generale della Congregazione Cassinese, successivamente priore claustrale e infine abate ordinario di San Paolo fuori le mura (1918). L’amore per lo studio, che fanno di lui un vero figlio di San Benedetto, non verrà meno a causa dei suoi innumerevoli impegni che sempre più occuperanno il suo tempo e il suo ministero. Grande infatti fu la sua passione per l’archeologia, l’arte sacra, la storia monastica e liturgica.


Gli infiniti impegni lo porteranno dalla cattedra di insegnante alla visita, come Visitatore Apostolico, dei Seminari. Il 26 giugno 1929 fu nominato da papa Pio XI arcivescovo di Milano; il 15 luglio lo nomina cardinale e il 21 luglio lo consacra vescovo nella suggestiva cornice della Cappella Sistina. Ebbe inizio così il suo ministero di vescovo nella Chiesa Ambrosiana. Prese come modello il suo predecessore il Santo vescovo Carlo Borromeo e di lui imitò anzitutto lo zelo nel difendere la purezza della fede, nel promuovere la salvezza delle anime, incrementandone la pietà attraverso la vita sacramentale e la conoscenza della dottrine cristiana. A testimonianza di ciò sono le numerose lettere al clero e al popolo, le assidue visite pastorali, le minuziose e dettagliate prescrizioni specialmente in ordine al decoro del culto divino, i frequenti sinodi diocesani e i due congressi eucaristici. La sua presenza tra il popolo fu continua e costante. Per questo non mancò mai ai riti festivi in Duomo, moltiplicò le consacrazioni di chiese e altari, le traslazioni di sacre reliquie, eccetera. Allo stremo delle forze si era lasciato persuadere dai medici di trascorrere un periodo di riposo. Scelse come luogo il seminario di Venegono, da lui fatto costruire come un’abbazia in cima ad un colle, mistica cittadella di preghiera e studio. 

Qui si spense il 30 agosto 1954 congedandosi dai suoi seminaristi con queste parole: “ Voi desiderate un ricordo da me. Altro ricordo non ho da darvi che un invito alla santità. La gente pare che non si lasci più convincere dalla nostra predicazione, ma di fronte alla santità, ancora crede, ancora si inginocchia e prega. La gente pare che viva ignara delle realtà soprannaturali, indifferente ai problemi della salvezza. Ma se un Santo autentico, o vivo o morto, passa, tutti accorrono al suo passaggio. Ricordate le folle intorno alla bara di don Orione? Non dimenticate che il diavolo non ha paura dei nostri campi sportivi e dei nostri cinematografi. ha paura, invece, della nostra santità”.

Pochi giorni dopo, l’impressionante corteo che accompagnava la salma del cardinale Schuster da Venegono a Milano confermava che “ quando passa un Santo, tutti accorrono al suo passaggio”. Il processo di beatificazione ebbe inizio nel 1957 e si concluse nel 1995 con l’approvazione del miracolo ottenuto per sua intercessione: la guarigione di suor Maria Emilia Brusati, da glaucoma bilaterale. La proclamazione solenne di beatificazione è del 12 maggio 1996. La memoria liturgica è il 30 agosto.


Bibliografia

- Lecisotti, Il Cardinale Schuster, 2 voll., Abbazia di Viboldone
- Beltrame Quattrocchi, Al di sopra dei gagliardetti..., Marietti
- Suor Amalia, Schuster. Racconti come fioretti, Istituto di Propaganda Libraria.
- Majo, Schuster. Una vita per Milano, NED
- Schuster, Al diletto popolo..., EP
- Schuster, La nostalgia del chiostro..., Piemme
- Apeciti, Ciò che conta è amare..., ITL Centro Ambrosiano.



PREGHIERA

Padre origine di ogni bene, noi ti lodiamo e ti ringraziamo perché nel beato cardinale Alfredo Ildefonso Schuster ci hai donato e fatto conoscere un pastore mansueto e infaticabile, uomo “tutto preghiera”, testimone della pace che tu solo sai donare. 

Signore Gesù, Figlio di Dio, tu sei stato per il cardinal Schuster modello di vita: 

per tuo amore fu servo appassionato di tutti, consumando ogni giorno della sua esistenza perché ciascuno potesse trovare te, Signore della vita, della pace e della gioia. Il suo esempio ci stimoli e la sua preghiera ci accompagni , perché anche noi doniamo la vita al servizio di ogni essere umano.

Spirito dell’amore, che ci rendi santi, concedici di raccogliere il suo invito alla santità. Rendici capaci, come lui lo è stato, di amare i poveri, i dimenticati, i perseguitati; donaci la forza di dialogare con tutti, con la fiducia di scoprire in ogni cuore il seme germogliante del tuo amore. Amen.



Autore: Don Marco Grenci


mercredi 14 août 2019

Saint ANTONIO PRIMALDO et les 800 SAINTS MARTYRS d'OTRANTO

Reliques des Martyrs d’Otrante. Cathédrale d’Otranto. 
Photographie de Laurent Massoptier (see website: http://loloieg.free.fr)

Saints Antonio Primaldo et ses compagnons

800 martyrs des turcs à Otrante en Italie ( 1480)

Martyrs, dont Stefano Pendinelli, archevêque d'Otrante, soutenus par l'exhortation du tailleur Antonio Pezzulla, dit le Primaldo, ils sacrifièrent leur vie pour conserver leur Foi et arrêter calife Mehmet II qui avait déjà pris Constantinople et qui se dirigeait vers Rome; ils ont été béatifiés le 6 juillet 1980 par Jean-Paul II.

La messe de canonisation a eu lieu le dimanche 12 mai 2013 (Radiovaticana): Les nouveaux saints d'Otrante, un symbole pour le monde contemporain.

Homélie du Card. José Saraiva Martins à l'occasion de la présentation du décret d'approbation du martyre des bienheureux Antonio Primaldo et ses compagnons laïcs dans la cathédrale d'Otrante (Italie) (31 juillet 2007)  - en italien.


À Otrante dans les Pouilles, en 1480, environ huit cents martyrs, qui furent emmenés hors les murs par les Turcs, quand ceux-ci s'emparèrent de la ville, et sommés de renier leur foi. Encouragés par l'un d'eux, Antoine Primaldo, un tisserand âgé, à persévérer dans la foi du Christ, ils préférèrent se laisser égorger, et reçurent la couronne du martyre.
Martyrologe romain

Annonce de la canonisation des 813 bienheureux martyrs d’Otrante


Le pape Benoît XVI devrait annoncer ce lundi la convocation d’un consistoire, probablement pour octobre prochain, destiné à la canonisation de 815 nouveaux saints, sans doute, et de mémoire, le plus grand nombre de saints canonisés en une seule fois ! Outre deux religieuses, la Colombienne Mère Laura (la première Colombienne jamais canonisée) et la Mexicaine Mère Lupita (la deuxième Mexicaine à avoir l’honneur des autels), le Souverain Pontife entend que soient canonisés Antonio Primaldo & ses compagnons, les 813 bienheureux martyrs d’Otrante qui furent victimes, le 14 août 1480 – parmi les 12 000 autres habitants de la ville qui furent massacrés lors de la prise de celle-ci – de la barbarie des musulmans turcs, pour avoir refusé de renier leur foi dans le Christ.
En 1453, à la tête d’une armée de 260 000 Turcs, Mehmet II avait conquis Byzance, la « seconde Rome ». Dès lors, il projetait de s’emparer de la « première Rome », la vraie Rome, et de transformer la basilique Saint-Pierre en écurie pour ses chevaux.
En juin 1480, il juge le moment opportun pour accomplir son œuvre: il lève le siège de Rhodes – que ses chevaliers défendaient avec courage – et dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Il a l’intention de s’emparer de Brindisi, dont le port est vaste et commode. De Brindisi, il envisage de remonter l’Italie jusqu’au siège de la papauté. Un fort vent contraire contraint cependant les navires à toucher terre à 50 milles plus au sud. Le débarquement a lieu à Roca, à quelques kilomètres d’Otrante.
Otrante était – et est encore – la ville située le plus à l’est de l’Italie. C’est une ville riche d’histoire. L’importance de son port fait d’Otrante un pont entre l’Orient et l’Occident. Otrante possède une très belle cathédrale, construite en 8 ans seulement de 1080 à 1088. En 1095, 12 000 croisés y reçurent la bénédiction de l’évêque, avant de partir, sous le commandement du prince Bohémond Ier de Hauteville, libérer et protéger le Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est justement à Otrante que saint François d’Assise, revenant de Terre Sainte, avait débarqué en 1219 et avait été accueilli avec tous les honneurs.
Au moment du débarquement des Ottomans, la ville ne peut compter que sur une garnison de 400 hommes armés, dont les chefs s’empressent de demander de l’aide au roi de Naples, Ferrante d’Aragon, en lui envoyant un courrier. Après avoir cerné le château, où tous les habitants du bourg s’étaient réfugiés, le pacha Agometh envoie un messager pour proposer une reddition à des conditions avantageuses, mais les habitants refusent courageusement cette proposition. Pour supprimer toute équivoque, les capitaines se saisissent des clés de la ville et les jettent ostensiblement à la mer du haut d’une tour, en présence de la population. Pendant la nuit, une bonne partie des soldats de la garnison franchissent les murs de la ville au moyen de cordes et s’enfuient. Les habitants seuls restent pour défendre Otrante.
S’en suit un siège éprouvant : les bombardes turques lancent des centaines de boulets de pierre sur la ville (beaucoup d’entre eux sont encore visibles aujourd’hui dans les rues du centre historique). Quinze jours plus tard, à l’aube du 12 août, les Ottomans concentrent leurs tirs sur un des points les plus fragiles des murailles. Ils ouvrent une brèche, envahissent les rues, massacrant tout ce qui est à la portée de leurs tirs. Ils gagnent la cathédrale où de nombreux habitants se sont réfugiés. Antonio De Ferraris-Galateo rapporte la passion des Otrantais dans son De Situ Japigia (Bâle, 1558) :
« Pendant la nuit précédent ce jour malheureux, l’archevêque Etienne […] avait raffermi tout le peuple avec le sacrement de l’Eucharistie divine pour la bataille le lendemain matin, qu’il avait prévue. Les Turcs, ayant rejoint l’archevêque qui était assis sur son trône vêtu des habits pontificaux et tenant la croix, lui demandèrent qui il était, et il répondit courageusement: « Je suis le recteur de ce peuple et indignement en charge des brebis du troupeau du Christ». Et l’un d’eux lui ayant dit: «cesse de désigner le Christ, Mehmed est celui qui règne à présent, pas le Christ, » il dit, s’adressant à tous : « O misérable et malheureux, pourquoi vous fourvoyez-vous en vain ? Puisque Mehmet, votre législateur, pour son impiété souffre en enfer avec Lucifer et les autres démons, vous lui valez un châtiment éternel ; et vous aussi, si vous ne vous convertissez pas au Christ et n’obéisssez pas à ses commandements, vous serez de la même façon bannis avec lui, pour toujours. » Il venait à peine de prononcer ces mots, que l’un d’eux saisit son cimeterre et, d’un seul coup lui trancha la tête; et ainsi décapité sur son trône, il est devenu un martyr pour le Christ en l’an du Seigneur 1480, le 11 août. »

« Environ huit cents ont été présentés au Pacha, qui avait à ses côtés un misérable prêtre, originaire de Calabre, nommé Jean, apostat de la foi. Celui-ci employa toute son éloquence satanique afin de persuader nos saints qu’ils devaient abandonner le Christ, embrasser le mahométisme, certains des bonnes grâces d’Achmet, qui leur accorderait la vie, les biens et tous les avantages dont ils jouissaient dans leur patrie; sinon ils seraient tous tués. Parmi ces héros, il y avait un homme du nom d’Antonio Primaldo, un tailleur, d’un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur. Au nom de tous, il déclara « croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui. » Et se tournant vers les Chrétiens, il dit ces mots : « Mes frères, jusqu’à aujourd’hui, nous avons combattu pour la défense de la patrie, pour sauver nos vies et pour nos seigneurs terrestres, à présent il est temps de se battre pour sauver nos âmes, pour le Seigneur, lequel étant mort pour nous sur la Croix, il convient que nous mourions pour lui, restant fermes et constants dans la foi, et avec cette mort temporelle, nous gagnerons la vie éternelle et la couronne du martyre. » À ces mots, tous se mirent à crier d’une seule voix et avec ferveur : « plutôt mourir mille fois, et de n’importe quelle mort que de renier le Christ. »

« A ces mots, le pacha, furieux, les condamne tous à mort. Le lendemain matin, «ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et lses mains attachées derrière le dos, sont emmenés au col de Minerve tout proche. Avec l’humble attitude, avec l’air pieux et serein et la fréquente invocation les noms de Jésus et de Marie, ils faisaient d’eux-mêmes un glorieux spectacle à Dieu, et agréable aux Anges. Durant tout le trajet qui mème de l’antique port de mer au haut de la colline, résonnaient les saintes prières, avec lesquelles ces grandes âmes imploraient la grâce de consommer le sacrifice de leur vie. Ils se réconfortaient mutuellement en attendant patiemment le martyre, et c’était le père au fils, et le fils à son père, le frère à son frère, l’ami à l’ami, le camarade au camarade, avec une grande ferveur et avec une grande joie. Un turc importun tournait autour des chrétiens, avec à la main une table gravée de caractères arabes. L’interprète apostat la présentait à chacun et l’expliquait, en disant : Celui qui veut croire à cela aura la vie sauve, sinon il sera tué. Ils reprirent ensemble la profession de foi et la réponse généreuse donnée plus haut : ainsi le tyran ordonna qu’on leur tranchât la tête ; le premier à avoir la tête coupé fut le vieux Primaldo, haï de lui car il n’en finissait pas de faire des disciples. En effet, dans ces derniers moments, avant de courber la tête sur la pierre, il disait encore à ses camarades qu’il voyait le ciel ouvert et les anges le réconforter ; qu’ils soient fermes dans la foi, et regardent le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Il pencha le front, sa tête fut coupée, mais son buste se dressa, et malgré les efforts des bourreaux, resta immobile, jusqu’à ce que tous aient été décapités. L’événement merveilleux et étonnant aurait été une leçon de salut pour ces infidèles, s’ils n’avaient été rebelles à la lumière qui éclaire chaque homme qui vit dans le monde. Un seul bourreau, un nommé Berlabei, profita du miracle, et, se proclamant bruyamment chrétien, il fut condamné à la peine du pal. »
Lors du procès pour la béatification des huit cents, en 1539, quatre témoins oculaires ont rapporté le prodige d’Antonio Primaldo, resté debout après avoir été décapité ainsi que la conversion et le martyre du bourreau. L’un d’entre eux, Francesco Cerra, âgé de 72 ans en 1539, raconte:
« Antonio Primaldo fut le premier à être mis à mort. Décapité, il resta fermement debout et tous les efforts de ses ennemis ne parvinrent pas à le faire tomber, jusqu’à ce que tous les autres eussent été tués. Le bourreau, sidéré par le miracle, proclama que la foi catholique était la vraie. Il insista pour devenir chrétien et pour cette raison fut condamné à la mort par le pal, sur ordre du pacha. »
Le sacrifice des huit cents d’Otrante n’est pas important uniquement du point de vue de la foi. Les deux semaines de résistance de la ville permirent à l’armée du roi de Naples de s’organiser et de se rapprocher de ces lieux, empêchant ainsi les 18 000 Ottomans d’envahir toute la région des Pouilles et d’avancer sur Rome. Les chroniqueurs de l’époque n’exagèrent pas en affirmant que la résistance opiniâtre des habitants d’Otrante a permis le salut de l’Italie.



Le Pape François a canonisé les 800 martyrs d’Otrante qui avaient refusé de se convertir à l’islam


12/05/2013 – 15h00


ROME (NOVOpress) – Bien que cela soit un “héritage” de son prédécesseur Benoît XVI, la première canonisation du pape François n’en reste pas moins symbolique. Ce dimanche 12 mai 2013, il a en effet canonisé les 800 martyrs d’Otrante (Italie du Sud).


Le 13 août 1480, au lendemain du saccage d’Otrante par ses troupes, le commandant turc Gelik Achmet Pascia avait ordonné que tous les hommes survivants à partir de l’âge de quinze ans soient conduits à son campement et obligés de renier leur religion.
La réponse immédiate avait été donnée par le seul des 800 martyrs à être aujourd’hui connu, un modeste cordonnier du nom d’Antonio Primaldo . Il aurait déclaré au nom de tous ses compagnons : “Nous considérons Jésus-Christ comme notre seigneur et le vrai Dieu. Nous préférons plutôt mille fois mourir que de le renier et devenir turcs”.

Ils furent alors tous passés au fil de l’épée et décapités. Lors de la libération d’Otrante en 1481, leurs corps suppliciés a été découvert à l’église nommée “A la source de la Minerve”.
Leur martyre a commencé d’être honoré à partir de 1485. Les premières pièces du dossier en canonisation sont versées en 1539 par l’évêque local, recueillant les témoignages de survivants. En 1771, le pape Clément XIV acceptait un décret reconnaissant la béatification de fait des martyrs.
C’est la guérison d’une religieuse en 2011 – un cancer en phase terminale qui a disparu suite à l’invocation des martyrs -, reconnue comme valide par la congrégation vaticane pour la cause des saints, qui a permis de canoniser ces 800 chrétiens fidèles.

Saints Martyrs (800) d'Otrante


 (†14 Août 1480)

Les Saints Martyrs d'Otrante (province de Lecce dans les Pouilles, en Italie) sont les 800 habitants de cette ville du Salento tués le 14 Août 1480 par les Turcs conduits par Gedik Ahmed Pacha pour avoir refusé de se convertir à l'islam après la chute de leur ville.


Le 28 juillet 1480, une armée turque, venant de Valona (ville portuaire d'Albanie), forte de 90 galères, 40 galiotes et 20 autres navires (18.000 soldats au total) se présenta sous les murs d'Otrante.

La ville résista de toutes ses forces aux attaques, mais sa population composée seulement de 6.000 habitants ne put s'opposer longtemps au bombardement de l'artillerie turque.

En définitive, le 29 Juillet la garnison et tous les habitants abandonnèrent le bourg aux mains des Turcs en se retirant dans la citadelle tandis que ceux-ci commencèrent leur razzia, même dans les habitations avoisinantes.



Quand Gedik Ahmed Pacha demanda aux défenseurs de se rendre, ceux-ci refusèrent, et l'artillerie turque reprit le bombardement.

Le 11 août, après 15 jours de siège, Gedik Ahmed Pacha donna l'ordre de l'attaque finale et réussit à enfoncer les défenses et à prendre le château.



Un terrible massacre s'ensuivit. Tous les hommes de plus de quinze ans furent tués et les femmes et les enfants réduits en esclavage.

Selon certains rapports historiques, les tués furent 12.000 et les personnes réduites en esclavage 5.000, mais la taille de la ville ne semble pas confirmer ces estimations.



Les rescapés et le clergé s'étaient réfugiés à l'intérieur de la Cathédrale afin de prier avec l'Archevêque Stefano Agricoli. Gedik Ahmed Pacha leur ordonna de renier leur Foi Chrétienne, recevant un refus net, il pénétra avec ses hommes dans la Cathédrale et les fit prisonniers. Ils furent tous tués et l'église fut transformée en étable à chevaux.



L'assassinat du vieil Archevêque Stefano Agricoli fut particulièrement barbare, alors qu'il incitait les mourants à s'en remettre à Dieu, il fut décapité, dépecé à coups de cimeterres, sa tête fut embrochée sur une pique et portée par les rues de la ville.

Le commandant de la garnison Francesco Largo fut scié vivant.



L'un des premiers à être exécuté fut le tailleur Antonio Pezzulla, dit le Primaldo qui, à la tête des Otrantins, le 12 Août 1480, avait refusé la conversion à l'Islam.

Le 14 août Ahmed fit attacher le reste des survivants et les fit traîner au col de la Minerva.



Là il en fit décapiter au moins 800 en obligeant leurs proches à assister à l'exécution.

Les chroniques rapportent que, pendant le massacre, un Turc nommé Bersabei, impressionné par la façon dont les Otrantins mouraient pour leur Foi, se convertit à la Religion Chrétienne et il fut empalé par ses compagnons d'armes.



Toutes les personnes massacrées furent reconnues martyrs de l'Église et vénérés comme Bienheureux Martyrs d'Otrante.

La plus grande partie de leurs ossements se trouve dans sept grandes armoires en bois dans la chapelle des Martyrs bâtie dans l'abside droite de la cathédrale d'Otrante.

Sur le col de la Minerve fut construite une petite église qui leur fut dédiée, Sainte Marie des Martyrs.



Treize mois après, Otrante fut reconquise par les Aragonais.

Le 13 Octobre 1481, les corps des Otrantins massacrés furent trouvés indemnes par Alphonse d'Aragon et furent transférés à la Cathédrale des Bienheureux Martyrs d'Otrante.



À partir de 1485, une partie des restes des martyrs fut transférée à Naples et reposa dans l'église de Sainte-Catherine à Formiello.

Ils furent déposés sous l'autel de la Madone du Rosaire (qui commémore la victoire définitive des troupes Chrétiennes sur les Ottomans lors de la bataille de Lepante en 1571).

Par la suite les restes furent déposés dans la chapelle des reliques, consacrée par le Pape Benoît XIII, depuis 1901, ils se trouvaient sous l'autel.



Une reconnaissance canonique effectuée entre 2002 et 2003, en a confirmé l'authenticité.

Les reliques des martyrs sont vénérées dans de nombreux lieux des Pouilles, à Venise et en Espagne.



Un procès en Canonisation commencé en 1539 se termina le 14 Décembre 1771, quand le Pape Clément XIV déclara Bienheureux les 800 victimes du col de la Minerve et en autorisa le culte.

Depuis ils sont les protecteurs d'Otrante.



En vue d'une possible Canonisation à la demande du diocèse d'Otrante, le procès a été récemment rouvert et a confirmé les conclusions du précédent.

Le 6 Juillet 2007, le Pape Benoît XVI publie un décret dans lequel il reconnaît le martyre d'Antonio Primaldo et de ses concitoyens tués pour haine envers la Foi. Il en annonce la Canonisation en consistoire le 11 Février 2013.



Les 800 Martyrs d’Otrante ont été proclamés Saints (première Canonisation du Pape) le 12 Mai 2013, sur la Place Saint-Pierre à Rome, par le Saint Père François.








Pape François : Les martyrs d’Otrante, un symbole pour le monde contemporain


Isabelle Cousturié | 13 mai 2013

Dans son homélie de canonisation le pape souligne l'héroïque fidélité des chrétiens persécutés dans le monde. Retour sur le « vrai témoignage » auquel tout baptisé est appelé

« Où trouvèrent-ils la force de demeurer fidèles ? » s’est interrogé le pape François en canonisant hier, dimanche 12 mai, devant de milliers de fidèles,  le père italien Antonio Primaldo et quelque 800 citoyens de la ville d’Otrante (région des Pouilles en Italie) passés au fil de l'épée par des musulmans.

L’histoire de leur décapitation par les ottomans, survenue en 1480, pour avoir refusé de renier leur foi et de se convertir à l’islam, fait aujourd’hui de ces bienheureux martyrs des saints et un symbole pour tous les chrétiens persécutés aujourd’hui.
« Chers amis, dans le sillage des martyrs d'Orante, conservons la foi que nous avons reçue et qui est notre vrai trésor, renouvelons notre fidélité au Seigneur, même au milieu des obstacles et des incompréhensions », a exhorté le pape, ajoutant : « et demandons à Dieu de soutenir tous ces chrétiens qui, encore à notre époque et dans tant de parties du monde, souffrent encore de violences, qu'il leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien ».
Les 14 et 15 avril dernier, le pape François avait assuré que l’Église d’aujourd’hui comptait plus de martyrs qu’aux premiers siècles du christianisme. Dimanche 12 mai, en canonisant des martyrs du XVème siècle, et fait inhabituelun groupe de plusieurs centaines de personnes,  il relance le discours du « vrai témoignage » auquel tout chrétien est appelé mais sans avoir toujours la force de le vivre, alors que d’autres, dans des conditions de souffrance inouïe, y consentent jusqu’au sacrifice de leur propre vie.
« Le temps des martyrs n'est pas fini. Nous pouvons même dire que l'Eglise a plus de martyrs que dans ses premiers siècles », relevait-il lors d’une de ses messe du matin dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le mois dernier,  « L'Eglise a tant d'hommes et de femmes qui sont calomniés, qui sont persécutés, qui sont massacrés par haine de Jésus : l'un est assassiné parce qu'il enseigne le catéchisme, un autre parce qu'il porte la Croix. Dans tant de pays, on les calomnie, on les persécute, ce sont nos frères et sœurs qui souffrent en ce temps des martyrs », avait-t-il insisté.
Lors de la prière du Regina Coeli du 14 avril, devant 80.000 personnes, le pape avait lancé un appel à prier pour tous ces chrétiens persécutés et les soutenir dans leur détresse, insistant sur la force et le courage de leur témoignage et sur l’importance de leur faire sentir la solidarité du reste du monde.
Toute cette attention particulière du pape pour les martyrs d’aujourd’hui est résumée  dans ce tweet : « Prions pour les nombreux chrétiens souffrant de persécution et de violence dans le monde. Que Dieu leur donne le courage de la fidélité », publié sur son compte @Pontifex_fr, en écho au passage de l’homélie de la messe de canonisation  d’hier.
La canonisation d’Antonio Primaldo et de ses compagnons martyrs (dont l’annonce est passée pratiquement inaperçue parce qu'elle avait été décidée par Benoît XVI et que la publication avait coïncidé avec l'annonce de sa renonciation), prend une résonnance particulière à un moment où les souffrances subies par tant de minorités chrétiennes dans le monde semblent à leur paroxysme.
Insultes, calomnies, vexations, églises saccagées ou détruites, enlèvements, fuites en masses : c’est ce que nous lisons dans la presse au quotidien, en particulier en Syrie, à feu et à sang,  où le conflit, après deux ans, ne semble pas vouloir baisser d’un cran, et aurait déjà fait près de 80.000 morts.
Actuellement est  en cours un grand effort international et œcuménique visant à sauver la vie et à libérer les deux Métropolites syro- orthodoxe et grec-orthodoxe d’Alep enlevés dans le pays voici  trois semaines,Gregorios Yohannna Ibrahim et Boulos al-Yazigi.
Ces chrétiens qui sont souvent des « victimes oubliées » comme le père Michael Kayal, un jeune prêtre de 27 ans, vivant à Alep, en Syrie, enlevé par des rebelles extrémistes musulmans. Deux mois après sa disparition, on est sans nouvelles de lui, mais le monde n’en parle pas.
« La communauté chrétienne n’a aucune issue, elle est encerclée », soulignait Mgr Georges Dankaye, recteur du Collège arménien de Rome et procureur de l’Eglise arménienne catholique près le Saint-Siège, en commentant la situation sur place, ajoutant : « Elle se prépare pour le martyre… nous ne le voulons pas, nous ne l’espérons pas; nous le craignons mais c’est comme ça ».
Selon plusieurs études publiées ces derniers mois (AED, Portes Ouvertes … ), les chrétiens de toutes confessions sont les fidèles les plus persécutés dans le monde. C'est notamment vrai dans le monde musulman. Mais d'autres types de discriminations et de violences existent, par exemple d'extrémistes hindouistes à l'égard de la minorité chrétienne en Inde. (cf. Aleteia 15 avril 2013).
Dimanche, le pape François a également canonisé deux saintes latino-américaines : la deuxième sainte mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala (1878-1963) et la toute première sainte colombienne,Laura Montoya (1874-1949), saluant en cette dernière « un instrument d’évangélisation d’abord comme enseignante, puis comme mère spirituelle des indigènes ».
Interrogé sur le fil commun qui relie ces canonisations, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints déclare : «  Il faut tout d’abord dire que ces 800 martyrs ont sauvé l’Italie dans son identité catholique et chrétienne. Il faut également souligner que les deux sœurs sont latino-américaines (…) canonisées par le Pape François, premier Pape latino-américain, signe supplémentaire d’encouragement à l’Eglise de ce continent, qui est appelée à exceller dans le témoignage chrétien et dans l’expansion du royaume de Dieu sur toute la terre. » (Osservatore Romano).
Sources:


RadioVatican :http://fr.radiovaticana.va/news/2013/05/12/le_pape_fran%C3%A7ois_proclame_de_nouveaux_saints/fr1-691349








SOURCE : https://fr.aleteia.org/2013/05/13/pape-francois-les-martyrs-dotrante-un-symbole-pour-le-monde-contemporain/


Le 12 mai 2013, le pape François canonisa les 813 saints martyrs d'Otrante. (Otrante est une commune de laprovince de Lecce, dans les Pouilles, en Italie. Elle donna son nom au Canal d'Otrante qui sépare l'Italie de l'Albanie.) Les martyrs d'Otrante sont 800 hommes inconnus: pêcheurs, artisans, bergers et agriculteurs d’une petite ville: Salento. Il y a cinq siècles, le 14 août 1480, leur sang a été versé par les turcs conduits par Gedik Ahmed Pacha, uniquement parce qu’ils étaient chrétiens. Seul le nom d’Antonio Primaldo est resté parce qu'il s'était écrié avant de mourir: "Nous considérons Jésus-Christ comme notre Seigneur et le vrai Dieu. Nous préférons plutôt mille fois mourir que de le renier et devenir turcs." Que s'était-il donc passé en 1480? 
Nous vous rappelons d'abord qu'en 1453, à la tête d’une armée de 260000 Turcs, Mehmet II avait conquis Byzance, ou Constantinople, la "seconde Rome". Dès lors, il projetait de s’emparer de la "première Rome", la vraie Rome, et de transformer la basilique Saint-Pierre en écurie pour ses chevaux. Nous nous souvenons aussi que 1453 signe la fin de la Guerre de cent ans, et la fin du Moyen-âge. En juin 1480, Mehmet II juge le moment opportun: il dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Il a l’intention de s’emparer de Brindisi, et de remonter l’Italie jusqu’au siège de la papauté. Mais un fort vent contraire contraint cependant les navires à toucher terre à 50 milles plus au sud. Le débarquement eut lieu à Roca, à quelques kilomètres d’Otrante. Nous sommes le 28 juillet 1480, et l'armée turque était forte de 90 galères, 40 galiotes et 20 autres navires, au total 18 000 soldats. 
Otrante, ville située le plus à l’est de l’Italie, est un pont entre l’Orient et l’Occident. C'est une ville historique: c’est à Otrante que saint François d’Assise, revenant de Terre Sainte, avait débarqué en 1219 et avait été accueilli avec tous les honneurs. En 1480, au moment du débarquement des Ottomans, la ville ne peut compter que sur une garnison de 400 hommes armés qui fuiront avant même les premiers combats. Seuls restèrent les habitants pour défendre Otrante. La ville résista de toutes ses forces aux attaques, mais sa population composée seulement de 6 000 habitants ne put s'opposer longtemps aux bombardements de l'artillerie turque. En définitive, le 29 juillet 1480 tous les habitants abandonnèrent le bourg aux mains des Turcs en se retirant dans la citadelle tandis que ceux-ci commencèrent leur razzia, même dans les habitations avoisinantes. Quand Gedik Ahmed Pacha demanda aux défenseurs de se rendre, ceux-ci refusèrent, et l'artillerie turque reprit le bombardement. Le 11 août  après 15 jours de siège, Gedik Ahmed Pacha donna l'ordre de l'attaque finale et réussit à enfoncer les défenses et à prendre le château. Un terrible massacre s'ensuivit. Tous les hommes de plus de quinze ans furent tués et les femmes et les enfants réduits en esclavage. 
S’ensuivit un siège éprouvant: les bombardes turques lancent des centaines de boulets de pierre sur la ville (beaucoup d’entre eux sont encore visibles aujourd’hui dans les rues du centre historique). Quinze jours plus tard, à l’aube du 12 août, les Ottomans concentrent leurs tirs sur un des points les plus fragiles des murailles. Ils ouvrent une brèche, envahissent les rues, massacrant tout ce qui est à la portée de leurs tirs. Ils gagnent la cathédrale où de nombreux habitants s'étaient réfugiés. 
Environ huit cents habitants furent présentés au Pacha qui leur ordonna de se convertir sinon ils seraient tous tués. Antonio Primaldo, un tailleur, d’un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur, déclara au nom de tous, "croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui." À ces mots, tous se mirent à crier d’une seule voix et avec ferveur: "Plutôt mourir mille fois, et de n’importe quelle mort que de renier le Christ." Le lendemain matin, "ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et les mains attachées derrière le dos, furent emmenés au col de Minerve tout proche." Le tyran ordonna qu’on leur tranchât la tête; le premier à avoir la tête coupée fut le vieux Primaldo. C'était le 14 août 1480. 
Le sacrifice des huit cents d’Otrante et, les deux semaines de résistance de la ville permirent à l’armée du roi de Naples de s’organiser et de se rapprocher de ces lieux, empêchant ainsi les 18 000 Ottomans d’envahir toute la région des Pouilles et d’avancer sur Rome. 
Les rescapés et le clergé qui s'étaient réfugiés à l'intérieur de la cathédrale afin de prier avec l'archevêque Stefano Agricoli, furent tous tués, et l'église fut transformée en étable à chevaux. Toutes les personnes massacrées furent reconnues martyrs de l'Église et vénérées comme bienheureux martyrs d'Otrante. La plus grande partie de leurs ossements se trouve dans sept grandes armoires en bois dans la chapelle des Martyrs bâtie dans l'abside droite de la cathédrale d'Otrante. Sur le col de la Minerve fut construite une petite église qui leur fut dédiée, Sainte Marie des Martyrs. Treize mois après, Otrante était reconquise par les Aragonais. 
La cause de ces martyrs de l'Église catholique sera tout d'abord instruite par le pape Clément XIV en 1711, qui les béatifia, puis elle s'endormit plusieurs siècles. C'est finalement Benoît XVI qui reconnut officiellement «le miracle» obtenu en 1981 par une religieuse de cette ville, sœur Francesca, atteinte d'un cancer à l'ovaire dont la «guérison inexpliquée» serait intervenue après avoir prié les reliques de ces martyrs. 
Le saint Siège fut très prudent avant d'annoncer cette canonisation, redoutant une polémique qui pourrait venir du côté de l'islam, l'Église catholique osant aujourd'hui, dans un contexte de relations tendues, proposer à la méditation de ses fidèles l'exemple de ces résistants de la foi. Ce sujet était si délicat que cette cause de canonisation collective resta au point mort sous le pontificat de Jean-Paul II, et que ce n'est que presque au dernier jour du pontificat de Benoît XVI qu'elle fut annoncée. C'est en effet le 11 février dernier que le pape allemand a officiellement reconnu le miracle pour la religieuse, ouvrant ainsi la voie à la canonisation. Une minute plus tard, Benoît XVI, devant les mêmes cardinaux réunis en consistoire, annonçait qu'il avait décidé de renoncer à son pontificat. C'est le pape François qui procéda à cette canonisation. 
Méditant sur la force de ces martyrs, le pape François a posé cette question: "Où trouvèrent-ils la force de demeurer fidèles?" Réponse: "Dans la foi qui nous fait voir au-delà des limites de notre regard humain" et ce, "même au cœur des obstacles et des incompréhensions." Et le pape François d'ajouter: "Demandons au Seigneur qu'il soutienne les nombreux chrétiens qui, à notre époque et dans de nombreuses parties du monde, souffrent encore de violences. Qu'il leur donne le courage d'être fidèles et de répondre au mal par le bien." Aujourd'hui, quand des chrétiens vivent le pire, on peut vraiment dire que la foi est notre seul trésor. 
Concluons: Le calife Mehmet II, qui avait déjà pris Constantinople, avait pour objectif de s'emparer de Rome. Mais il a été arrêté par des chrétiens prêts à défendre la foi en versant leur sang. 
Le martyre de ces huit cents personnes a eu lieu en 1480, un 14 août, le jour où la liturgie rappelle leur souvenir. Cinq siècles plus tard, en 1980, Jean-Paul II s’est rendu à cause d’eux à Otrante, la ville d’Italie où ils furent martyrisés. Le 6 juillet 2007, Benoît XVI a authentifié de manière définitive leur martyre par un décret promulgué par la congrégation pour la cause des saints. Qui étaient les huit cents d’Otrante? Des gens ordinaires. Pourquoi ont-ils été tués? En haine des chrétiens. 
Leur histoire est extraordinairement actuelle, comme l’est le conflit entre l'islam et le christianisme au cours duquel ils ont sacrifié leur vie.
Paulette Leblanc



Lecture du mois d'août: comment les huit cents d'Otrante ont sauvé Rome

Ils ont été martyrisés il y a cinq siècles dans la région la plus orientale d’Italie, la plus exposée aux attaques des musulmans. Le calife Mehmet II, qui avait déjà pris Constantinople, avait pour objectif de s'emparer de Rome. Mais il a été arrêté par des chrétiens prêts à défendre la foi en versant leur sang 

par Sandro Magister
ROMA, le 14 août 2007 – Il est indiqué dans le Martyrologe Romain, c’est-à-dire dans le calendrier liturgique des saints et bienheureux mis à jour conformément aux décrets du Concile Vatican II et promulgué par Jean-Paul II, que l’Eglise évoque et vénère aujourd’hui... 

"... les quelque huit cents bienheureux martyrs d’Otrante, dans les Pouilles, qui, incités par les assauts des soldats ottomans à renier leur foi, furent exhortés par le bienheureux Antonio Primaldo, un vieux tisserand, à persévérer dans le Christ, et, ayant été décapités, ont obtenu la couronne du martyre". 

Le martyre de ces huit cents personnes a eu lieu en 1480, un 14 août, le jour où la liturgie rappelle leur souvenir. 

Cinq siècles plus tard, en 1980, Jean-Paul II s’est rendu à cause d’eux à Otrante, la ville d’Italie où ils furent martyrisés. 

Le 6 juillet 2007, Benoît XVI a authentifié de manière définitive leur martyre par un décret promulgué par la congrégation pour la cause des saints. 

Qui étaient les huit cents d’Otrante? Pourquoi ont-ils été tués? Leur histoire est extraordinairement actuelle, comme l’est le conflit entre islam et christianisme au cours duquel ils ont sacrifié leur vie. 

C’est ce que démontre dans le texte qui suit, publié le 14 juillet dernier dans "il Foglio", Alfredo Mantovano, juriste catholique et sénateur, né au sud des Pouilles, dans la région d’Otrante, sur la même terre que les huit cents: 

"Prêts à mourir mille fois pour Lui..." 

par Alfredo Mantovano 

Le 6 juillet 2007, Benoît XVI a reçu le préfet de la congrégation pour la cause des saints, le cardinal José Saraiva Martins. Il a autorisé la publication du décret d’authentification du martyre du bienheureux Antonio Primaldo et de ses compagnons laïcs, "tués en haine de la foi" le 14 août 1480 à Otrante. 

Seul le nom d’Antonio Primaldo est resté. Ses compagnons de martyre sont 800 inconnus: pêcheurs, artisans, bergers et agriculteurs d’une petite ville. Il y a cinq siècles, leur sang a été versé uniquement parce qu’ils étaient chrétiens. 

Ces 800 hommes ont subi il y a cinq siècles le sort réservé à l’Américain Nick Berg en 2004. Capturé par des terroristes islamistes en Irak alors qu’il exerçait son activité d’antenniste, il a été tué au cri de "Allah est grand !" Son bourreau, après lui avoir tranché la veine jugulaire, a passé la lame autour du cou jusqu’à ce que la tête se détache et il l’a montrée comme un trophée. Exactement ce que le bourreau ottoman avait fait à chacun des 800 habitants d’Otrante en 1480. 

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Le prologue à cette exécution de masse a lieu le 29 juillet 1480, aux premières heures du jour : depuis les murs d’Otrante, on voit pointer à l’horizon une flotte composée de 90 galées, 15 mahonnes et 48 galiotes, avec à leur bord 18 000 soldats, qui devient de plus en plus visible. L’armée est dirigée par le pacha Agometh, lui-même sous les ordres de Mehmet II, dit Fatih, le Conquérant. En 1451, ce sultan, alors âgé de 21 ans à peine, avait pris la tête de la tribu ottomane, qui s’était imposée sur l’échiquier des émirats islamiques un siècle et demi auparavant. 

En 1453, à la tête d’une armée de 260 000 Turcs, Mehmet II avait conquis Byzance, la "seconde Rome". Dès lors, il projetait de s’emparer de la "première Rome", la vraie Rome, et de transformer la basilique Saint-Pierre en écurie pour ses chevaux. 

En juin 1480, il juge le moment opportun pour accomplir son œuvre: il lève le siège de Rhodes – que ses chevaliers défendaient avec courage – et dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Il a l’intention de s’emparer de Brindisi, dont le port est vaste et commode. De Brindisi, il envisage de remonter l’Italie jusqu'au siège de la papauté. Un fort vent contraire contraint cependant les navires à toucher terre à 50 milles plus au sud. Le débarquement a lieu à Roca, à quelques kilomètres d’Otrante. 

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Otrante était – et est encore – la ville située le plus à l’est de l’Italie. C’est une ville riche d’histoire: ses environs immédiats étaient probablement déjà habités au Paléolithique, en tout cas au Néolithique. Otrante a par la suite été occupée par les Messapiens, peuplade qui a précédé les Grecs. Conquise par ces derniers, la ville est intégrée dans la Grande Grèce, avant que les Romains ne s’en emparent pour en faire rapidement un municipe. 

L’importance de son port fait d’Otrante un pont entre l’Orient et l’Occident, rôle consolidé sur le plan culturel et politique par la présence d’un important monastère de moines basiliens à San Nicola in Casole, dont il reste aujourd’hui quelques colonnes sur la route qui mène à Leuca. 

Otrante possède une très belle cathédrale, construite entre 1080 et 1088. En 1095, 12 000 croisés y reçurent la bénédiction, avant de partir, sous le commandement du prince Bohémond Ier de Hauteville, libérer et protéger le Saint-Sépulcre de Jérusalem. C’est justement à Otrante que saint François d’Assise, revenant de Terre Sainte, avait débarqué en 1219 et avait été accueilli avec tous les honneurs. 

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Au moment du débarquement des Ottomans, la ville ne peut compter que sur une garnison de 400 hommes armés, dont les chefs s’empressent de demander de l’aide au roi de Naples, Ferrante d’Aragon, en lui envoyant un courrier. 

Après avoir cerné le château, où tous les habitants du bourg s’étaient réfugiés, le pacha Agometh envoie un messager pour proposer une reddition à des conditions avantageuses. S’ils n’opposent aucune résistance, hommes et femmes resteront libres et ne subiront aucun tort. C’est un des notables de la ville, Ladislao De Marco, qui répond: si les assiégeants veulent Otrante – prévient-il – ils devront la prendre par les armes. 

L’envoyé est sommé de ne plus revenir. Lorsqu’un second messager se présente avec la même offre de reddition, il reçoit une volée de flèches. Pour supprimer toute équivoque, les capitaines se saisissent des clés de la ville et les jettent ostensiblement à la mer du haut d’une tour, en présence de la population. Pendant la nuit, une bonne partie des soldats de la garnison franchissent les murs de la ville au moyen de cordes et s’enfuient. Les habitants seuls restent pour défendre Otrante. 

* * *

S’en suit un siège éprouvant: les bombardes turques lancent des centaines de boulets de pierre sur la ville (beaucoup d’entre eux sont encore visibles aujourd’hui dans les rues du centre historique). Quinze jours plus tard, à l’aube du 12 août, les Ottomans concentrent leurs tirs sur un des points les plus fragiles des murailles. Ils ouvrent une brèche, envahissent les rues, massacrant tout ce qui est à la portée de leurs tirs. Ils gagnent la cathédrale où de nombreux habitants se sont réfugiés. Après avoir renversé les portes et pénétré dans l’édifice, les Ottomans trouvent l’archevêque Stefano vêtu de ses habits pontificaux, le crucifix à la main. A l’injonction des assaillants de ne plus prononcer le nom du Christ – puisque c’est Mahomet qui commande désormais – l’archevêque leur répond en les exhortant à la conversion. Il est alors décapité d’un coup de cimeterre. 

Le 13 août, Agometh demande et obtient la liste des habitants capturés, à l’exception des femmes et des enfants âgés de moins de 15 ans. 

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Voici ce que Saverio de Marco raconte dans sa "Compendiosa istoria degli ottocento martiri otrantini" publiée en 1905: 

“Environ huit cent hommes furent présentés devant le pacha. A ses côtés se tenait un prêtre calabrais nommé Jean. Ce misérable apostat fit usage de son éloquence satanique pour persuader les chrétiens d’abandonner le Christ pour se convertir à l’islam. S’assurant ainsi de la bonne grâce d’Algometh, ils auraient la vie sauve et conserveraient tous les biens dont ils disposaient chez eux. Dans le cas contraire, tous seraient massacrés. Parmi ces héros, Antonio Primaldo, un tailleur déjà vieux mais plein de piété et de ferveur. Au nom de tous les autres, il répondit: ‘Vous tous, croyez en Jésus Christ, fils de Dieu et soyez prêts à mourir mille fois pour lui’“. 

Dans son "Historia della guerra di Otranto del 1480", transcrite sur un vieux manuscrit et publiée en 1924, le premier chroniqueur, Giovanni Michele Laggetto, ajoute: 

"En se tournant vers les chrétiens, Primaldo leur adressa ces mots: ‘Mes frères, nous avons combattu jusqu’à aujourd’hui pour notre patrie, notre vie et nos maîtres terrestres. Le temps est venu désormais de conserver nos âmes pour notre Seigneur. Puisqu’il est mort sur la croix pour nous, il convient que nous aussi mourrions pour lui, fermes et constants dans la foi. Par cette mort terrestre, nous aurons la vie éternelle et la gloire du martyre’. A ces mots, ils crièrent d’une seule voix et avec ferveur qu’ils préféraient mille fois mourir de n’importe quelle mort plutôt que de renier le Christ”. 

* * *

Agometh ordonne la condamnation à mort des huit cents prisonniers. Le matin suivant, ils sont conduits, la corde au cou et les mains liées derrière le dos, à la colline de la Minerve, à quelques centaines de mètres de la ville. De Marco poursuit: 

“Tous répétèrent la profession de foi et la réponse généreuse donnée précédemment. Alors le tyran ordonna la décapitation, en commençant par le vieux Primaldo, qu’il détestait. Ce dernier en effet continuait à encourager les siens. Plus encore, avant de poser sa tête sur la pierre, il expliquait à ses compagnons qu’il voyait le ciel ouvert et les anges consolateurs. Il leur demanda d’être forts dans la foi et de regarder le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Il inclina son front et on lui coupa la tête. Mais son corps se remit debout et en dépit des efforts des bourreaux, il resta ainsi dressé immobile, jusqu’à ce que tous les autres fussent décapités. Ce prodige éclatant et retentissant aurait pu être une leçon de salut pour ces infidèles, s’ils n’avaient pas été rebelles à cette lumière qui éclaire chaque homme qui vit dans ce monde. Un seul bourreau, nommé Berlabei, crut à ce miracle avec courage. Se déclarant chrétien à haute voix, il fut condamné au supplice du pal”. 

Lors du procès pour la béatification des huit cents, en 1539, quatre témoins oculaires ont rapporté le prodige d’Antonio Primaldo, resté debout après avoir été décapité ainsi que la conversion et le martyre du bourreau. L’un d’entre eux, Francesco Cerra, âgé de 72 ans en 1539, raconte: 

“Antonio Primaldo fut le premier à être mis à mort. Décapité, il resta fermement debout et tous les efforts de ses ennemis ne parvinrent pas à le faire tomber, jusqu’à ce que tous les autres eussent été tués. Le bourreau, sidéré par le miracle, proclama que la foi catholique était la vraie. Il insista pour devenir chrétien et pour cette raison fut condamné à la mort par le pal, sur ordre du pacha“. 

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Cinq siècles plus tard, le 5 octobre 1980, Jean-Paul II se rend à Otrante en souvenir du sacrifice des huit cents. 

C’est une matinée magnifique et ensoleillée qui se lève sur la plaine dominée par la colline de la Minerve, appelée depuis 1480 colline des Martyrs. Le pape polonais saisit l’occasion pour lancer un appel, d’actualité aujourd’hui comme jadis: 

“N’oublions pas les martyrs de notre temps. Ne nous comportons pas comme s’ils n’existaient pas“. 

Le pape invite alors à porter son regard au-delà de la mer et rappelle expressément les souffrances du peuple albanais, alors assujetti à l’un des modèles les plus féroces du communisme mais auquel personne ne prêtait attention. Jean-Paul II souligne que “les bienheureux martyrs d’Otrante nous ont laissé deux consignes fondamentales : l’amour de la patrie terrestre et l’authenticité de la foi chrétienne. Le chrétien aime sa patrie terrestre. L’amour de la patrie est une vertu chrétienne“. 

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Le sacrifice des huit cents d’Otrante n’est pas important uniquement du point de vue de la foi. Les deux semaines de résistance de la ville permettent à l’armée du roi de Naples de s’organiser et de se rapprocher de ces lieux, empêchant ainsi les 18 000 Ottomans d’envahir toute la région des Pouilles. 

Les chroniqueurs de l’époque n’exagèrent pas en affirmant qu’Otrante a permis le salut de l’Italie du Sud. Et plus encore, si l’on en croit l’information selon laquelle la prise de la ville avait initialement incité le pape de l’époque, Sixte IV, à prévoir son déplacement vers Avignon, par crainte que les Ottomans ne s’approchent de Rome. 

Le pape abandonne cette idée lorsque le roi de Naples, Ferrante, charge son fils Alphonse, duc de Calabre, de se rendre dans les Pouilles et de reconquérir Otrante. C’est ce qui se produit le 13 septembre 1481, après le retour d’Agometh en Turquie et la mort de Mehmet II. 

* * *

Ce qui donne tout son sens à cet événement extraordinaire, notamment pour l’homme européen d’aujourd’hui, c’est que les témoignages de foi et de valeurs civiles sont légion dans l’histoire du christianisme. Les groupes d’hommes qui ont affronté avec courage des épreuves extrêmes sont tout aussi nombreux. Pourtant, jamais un événement n’a impliqué autant de personnes: une ville entière combat d’abord comme elle peut, puis résiste à plusieurs jours de siège. Ensuite, elle rejette fermement la proposition d’abjurer sa foi. Sur la colline de la Minerve, hormis le vieil Antonio Primaldo, aucune individualité ne se distingue, puisque l’on ne connaît le nom d’aucun des 800 autres martyrs. Cela prouve qu’il ne s’agit pas d’un petit nombre de héros, mais bien d’une population toute entière qui affronte cette l’épreuve. 

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Tout cela se produit aussi à cause de l’indifférence des responsables politiques européens de l’époque face à la menace ottomane. 

En 1459, le pape Pie II avait convoqué à Mantoue un congrès réunissant les chefs d’état chrétiens. Dans son discours d’ouverture, il expose leurs fautes face à la progression turque. L’assemblée décide d’une guerre pour contenir cette progression, mais cette résolution reste sans suite, en raison de l’opposition de Venise et de la négligence du Saint Empire et de la France. 

En réaction à la conquête, par les musulmans, de l’île de Nègrepont, qui appartenait à Venise, le pape Paul II propose une nouvelle alliance contre les Ottomans. Mais les seigneurs de Milan et Florence, voulant profiter de la situation critique de Venise, font échouer l’initiative. 

La décennie suivante, avec Sixte IV sur le trône de Pierre depuis 1471, est marquée par quatre événements: L’assassinat, en 1476, du duc de Milan, Galéas Sforza, la coalition montée contre Rome par Milan, Venise et Florence en 1474, la conjuration des Pazzi à Florence en 1478 et la guerre qui s’ensuit entre le pape et le roi de Naples d’une part, Florence, aidée par Milan, Venise et la France, de l’autre. Le tout à l’avantage des Ottomans, comme l’écrit Ludwig von Pastor dans son "Histoire des papes". 

“Laurent le Magnifique, qui avait pourtant conseillé à Ferrante de ne pas se prêter au jeu et aux aspirations des étrangers, encourage Venise à se mettre d’accord avec les Turcs et à les pousser à attaquer les côtes adriatiques du royaume de Naples, afin de perturber les plans de Ferrante et de son fils. [...] Après avoir signé la paix avec les Turcs en 1479, Venise s’est jointe au projet de Laurent le Magnifique dans l’espoir de rejeter vers les Pouilles les troupes musulmanes qui pouvaient s’abattre d’un moment à l’autre sur la Dalmatie, à l’époque sous drapeau vénitien. [...] Les hommes de Laurent le Magnifique n’ont pas non plus hésité [...] à inciter Mehmet II à envahir les terres du roi de Naples, en leur rappelant les nombreux torts qu’il leur avait fait subir. Mais le sultan n’avait pas besoin de ces conseils: il attendait depuis 21 ans le bon moment pour débarquer en Italie et, jusqu’à présent, c’était justement Venise, son adversaire direct sur mer, qui l’en avait empêché”. 

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Si l’histoire ne se répète jamais, on est cependant en droit de relever les analogies et les similitudes qu’elle présente. Mille ans exactement après 480, année de naissance de saint Benoît de Nursie – un humble moine à qui l’Europe doit beaucoup de son identité – d’autres humbles personnes représentent l’Europe mieux et davantage que leurs chefs, plus prêts à se combattre qu’à affronter l’ennemi commun. 

Lorsque les habitants d’Otrante se retrouvent face aux cimeterres ottomans, ils ne tirent pas argument du désintérêt des rois une raison pour baisser les bras. Forts de la culture dans laquelle ils ont grandi, bien que la plupart ne connaisse pas l’alphabet, ils sont convaincus qu’il est naturel de résister et de ne pas abjurer leur foi. Lorsque l’on s’adresse aujourd’hui à un soldat occidental revenant de mission en Irak ou en Afghanistan, ce qu’il exprime le plus fréquemment, c’est son étonnement devant les discussions et conflits interminables sur notre présence dans ces régions. Pour ces soldats, il est naturel de venir en aide à ceux qui ont besoin d’un soutien et de garantir la sécurité contre les attaques terroristes lors de la reconstruction. 

A Otrante, en 1480, personne n’a hissé de drapeau pacifistes arc-en-ciel, personne n’a fait appel à des résolutions internationales, personne n’a demandé la convocation d’un conseil municipal pour que la zone soit déclarée comme démilitarisée. Personne ne s’est enchaîné au pied des murs pour “construire la paix“. 

Pendant deux semaines, les 15 000 habitants de la ville ont versé depuis les murs sur les assiégeants toute l’eau et l’huile bouillantes dont ils pouvaient disposer. De même, lorsque seuls 800 hommes ont survécu et ont été capturés, ils ont marché volontairement vers la fin que connaissent aujourd’hui, en Irak et en Afghanistan, les Irakiens, les Afghans, les Américains, les Anglais, les Italiens et d’autres encore, quand ils sont enlevés par les terroristes. Huit cents têtes sont tombées l’une après l’autre sans que, à l’époque, aucun chroniqueur politiquement correct n’en ait censuré le récit. Si aujourd’hui nous connaissons bien de cette histoire extraordinaire, c’est parce que celui qui l’a racontée a fait preuve d’objectivité et de rigueur. 

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Aujourd’hui, l’Europe est attaquée, non pas – comme c’était le cas à Otrante – par une armée islamique organisée par des institutions, mais par plusieurs organisations non gouvernementales regroupant des fondamentalistes islamistes. En tenant compte de cette différence structurelle, il n’est pas déplacé de s’interroger de ce qu’il reste aujourd’hui en Occident, en Europe, en Italie, de ce “naturel“ qui a amené une communauté toute entière à “défendre la paix de sa terre“ jusqu’au dernier sacrifice. 

La question n’est pas hors de propos si l’on pense que dans la lutte contre le terrorisme, la solidité du corps social – ou au moins de sa majeure partie – est réellement décisive dans la lutte contre le terrorisme, face à la menace et aux manières les plus barbares de la concrétiser. Le souvenir d’Otrante sert à souligner qu’il existe des moments où la résistance est un devoir, mais il permet avant tout de se rappeler qui nous sommes et de quelles communautés nous descendons. 

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Rappelons-nous: en 1571, 90 ans après le martyre d’Otrante, une flotte de plusieurs pays chrétiens a arrêté au large de Lépante la progression turco-islamique en Méditerranée. 

La situation politique de l’Europe ne s’était pas améliorée: la France était alliée aux princes protestants allemands pour s’opposer aux Habsbourg. La pression exercée par les Turcs contre le Saint Empire en Méditerranée n’était pas sans lui plaire. Paris et Venise n’avaient pas levé le petit doigt pour soutenir les Chevaliers de Malte contre le blocus maritime dirigé par Soliman le Magnifique. En clair, la victoire de Lépante n’a pas été le fruit d’une convergence d’intérêts politiques, elle a eu lieu en dépit des divergences. La bataille de Lépante est exceptionnelle dans le sens que malgré tout, pour une fois, les princes, les politiques et les chefs militaires ont su mettre de côté leurs différends et s’unir pour défendre l’Europe. 

Si cette union a pu se réaliser, c’est d’abord parce que, dans l’Europe du XVIe siècle, la politique avait encore une vision du monde commune, fondée sur le christianisme et le droit naturel. Si aujourd’hui tant d’esprits agnostiques habitent l’Europe en toute liberté, c’est aussi parce qu’autrefois, des gens ont donné du temps, de l’énergie et même leur vie pour la bonne cause. En effet, en cas de victoire de l’ennemi, l’Italie et peut-être même l’Espagne seraient tombées aux mains des musulmans. 

* * *

Otrante nous montre qu’une civilisation culturellement homogène – ou même principalement animée par des principes de réalité – est capable de réagir de manière très unie pour défendre sa propre paix. Elle le fait sans piétiner sa propre identité et sa propre dignité. 

Aujourd’hui, le christianisme romano-germanique n’existe plus en tant que civilisation homogène. Et la thèse selon laquelle ce christianisme, tant qu’il a existé, aurait été une réalité symétrique à l’islam, n’est pas valide. Trois différences structurelles empêchent toute superposition ou analogie avec la "umma" islamique. Dans le christianisme, on distingue la sphère politique de la sphère religieuse. Le droit naturel en est une des bases. Enfin, il existe un respect de la conscience de la personne humaine. La réflexion sur l’épisode d’Otrante en 1480 permet cependant d’identifier trois pierres angulaires pour reconstruire l’unité: la référence au droit naturel, la redécouverte des racines chrétiennes de l’Europe et l’amour de la patrie, ce dernier point ayant été clairement évoqué par Jean-Paul II comme un héritage des martyrs d’Otrante. 

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Dans les Ecritures Saintes, lorsque Dieu informe Abraham de son intention de détruire Sodome et Gomorrhe (Genèse 18, 16 sqq.), ce dernier tente d’intercéder pour eux en lui disant: “Vas-tu vraiment supprimer le juste avec le pécheur? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les supprimer et ne pardonneras-tu pas à la cité pour les cinquante justes qui sont dans son sein?“. Dieu lui ayant promis que, eu égard à ces 50 justes, il pardonnerait la ville entière, Abraham poursuit, dans une sorte de négociation risquée: et s’il y en avait 45, 40, 30, 20, ou seulement 10? La réponse de Dieu est la même: “Je ne détruirai pas la ville, à cause des dix“. Mais il n’y en eut ni 50, ni 45, ni 40, ni 30, ni 20 ni même 10 et les deux villes furent détruites. 

Cette page des Ecritures est terrifiante: les civilisations qui renient les valeurs inscrites dans la nature de l’homme risquent d’être anéanties. C’est une page qui a été lue et relue avec douleur, particulièrement au XXe siècle, face aux ruines du national-socialisme et du socialo-communisme. Mais elle est tout autant réconfortante pour celui qui estime que la centralité de l’homme et l’accord avec les principes constituent non seulement le point de départ, mais aussi la stratégie pour quiconque veut faire de la politique. 

* * *

En 1480, ce texte de la Genèse trouve une application particulière: l’Europe, et en particulier sa ville la plus importante, Rome, échappent à la destruction non “eu égard à” mais plutôt “en raison du sacrifice” de 800 inconnus, pêcheurs, artisans, bergers et agriculteurs d’une ville secondaire. 

Il est frappant que le drame d’Otrante n’ait pas eu – et n’ait toujours pas – la large reconnaissance qu’il mérite. L’Eglise elle-même a attendu cinq siècles et un pape extraordinaire comme Karol Wojtyla pour béatifier les 800. Le décret du 6 juillet par lequel Benoît XVI autorise à considérer leur “martyre” comme étant historiquement et théologiquement arrivé. 

C’est la condition nécessaire pour leur canonisation qui aura lieu quand le miracle aura été vérifié. L’Eglise, y compris à Otrante, garde une prudente réserve à ce sujet, mais tout le monde sait que l’intercession des 800 a déjà donné lieu à de très nombreux miracles; il ne manque plus que la reconnaissance officielle 

Les martyrs d’Otrante ne sont pas pressés: les gens qui visitent la cathédrale peuvent contempler leurs ossements rangés dans plusieurs reliquaires, dans la chapelle qui se trouve à droite du maître-autel. 

Ils rappellent que non seulement la foi mais aussi la civilisation ont un prix, un prix qui ne s’exprime pas en monnaie, un prix paradoxalement compatible avec le fait d’avoir reçu la foi et la civilisation comme des dons inestimables. 

Ce prix est demandé à chacun de nous d’une manière différente, mais il n’admet ni soldes ni liquidations. 

Le quotidien dont a été tiré le récit: 

> Il Foglio

Les articles de www.chiesa sur ce sujet: 

> Focus ISLAM


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.



Saint Antony Primaldo


Also known as
  • Antonio Primaldo
Profile

An aged lay man artisan in Otranto, Italy, known for his personal piety. In 1480Otranto was invaded by Turks who offered the inhabitants the choice between deathand conversion to Islam. Antony was chosen as spokesman for the town, and explained to the Turks that Otranto chose Christ. Martyred with 812 other residents of Otranto whose names have not come down to us.



Cathédrale Santa Maria Annunziata, Otranto. 
Photographie de Berthold Werner

The 800 Martyrs of Otranto
Faithful Witnesses of Christ Among First Saints Canonized by Pope Francis
MAY 13, 2013 00:00UNCATEGORIZED

The Church now has 802 new Saints, after the first canonization that Pope Francis presided over on Sunday in Saint Peter’s Square. They are the 800 martyrs of Otranto — killed savagely by the Ottoman army in 1480, as well as two Latin American nuns who worked their whole lives at the service of the poorest and invalid: Mother Laura Montoya (1874-1949), and Mother Lupita (1878-1963). This is one of the great events planned in the Year of Faith.
Antonio Primaldo and Companions
Antonio Pezzulla, called Primaldo, is the only name that has been recorded of the 800 fishermen, artisans, shepherds and farmers of the small Italian city of Otranto, in the region of Apulia, whose blood was shed out of fidelity to Christ, during an incursion of the Ottoman army on July 29, 1480.
The martyrdom of Antonio Primaldo and his companions is set historically in the warlike context that lasted for a long time in Europe’s relations with the Ottoman Empire. After the fall of Constantinople in 1453, and the siege of Belgrade in 1456, Mehmed the Conqueror tried in vain to conquer the Island of Rhodes in 1479. He then went to the end of the Italian coast, closest to the ports of Albania, already under his dominion.
In the Hands of the Ottoman Army
The Turks approached the city of Otranto, with some 150 ships and more than 15,000 men, led by the Gedik Ahmed Pasha. The city had 6,000 inhabitants and had been abandoned by the Aragonese militias, committed in Tuscany. No sooner has the siege began, which lasted 15 days, they were ordered to surrender, and ordered to renounce their faith in Christ and convert to Islam. As the inhabitants refused, the city was bombed and fell into the hands of the invaders on August 12. The inflamed army killed them mercilessly, striking them with scimitars.
Arriving at the cathedral, where a good part of the inhabitants had sought refuge, the Ottomans knocked down the  door and encircled Archbishop Stefano Pendinelli, who was celebrating Holy Mass and distributing the Eucharist to those present. Archbishop Pendinelli was horribly quartered on the spot. In addition to the prelate, they killed canons, Religious and other faithful who were in the church.
Death Rather than Apostasy
The next day, the Ahmed Pasha ordered that all the survivors, some 800 men, be taken to the Turkish camp and forced to apostatize. Antonio Primaldo, a humble cloth shearer, answered firmly and immediately on behalf of all. He said they “regarded Jesus Christ as Son of God, their true Lord and God, and preferred to die a thousand times rather than deny him and become Muslims.” Commander Ahmed then ordered their execution.
Youths, adults, the elderly were led with ropes around their neck and their hands tied behind their back to the hill of Minerva, on the outskirts of the city. Before they were martyred, they comforted one another.
Primaldo, the first to suffer decapitation, stood up miraculously and stayed that way until the end of the killings. The miracle so impressed Berlabei, one of the executioners, that he flung his scimitar, confessed himself a Christian and was then impaled.
The inert bodies were left out in the open for a year in the place of execution, where they were found uncorrupted by the troops sent to liberate Otranto. In June of 1481, their remains were taken to the nearby church , “to the source of Minerva,” and on October 13 they were moved to the Cathedral. At the beginning of 1500 a chapel was built inside the Cathedral to house the relics definitively, constant object of pilgrimages.
Popular Recognition
Antonio Primaldo and his companions were recognized immediately as martyrs by the people. Every year on August 14, the local church devoutly celebrates their memory. On December 14, 1771 the decree of confirmation was issued of devotion ab immemorabili, accorded to the martyrs.
In 1988, the then archbishop of Otranto,Archbishop Vincenzo Franco, appointed the historical commission. The diocesan investigation was carried out from 1991-1993. It was recognized as valid by the Congregation for the Causes of Saints on May 27, 1994. On July 6, 2007, Benedict XVI approved the decree recognizing that Blessed Antonio Primaldo and companions had been killed for their fidelity to Christ.  
Canonization
“Our diocese has awaited this moment for a long time. At a time of profound crisis, the imminent canonization of our martyrs is a strong invitation to live daily martyrdom to the utmost, made of fidelity to Christ and to His Church,” writes the Archbishop Donato Negro of Otranto. The recognized miracle, needed for the mentioned decree, refers to the cure from cancer of Sister Francesca Levote, professed religious of the Poor Sisters of Saint Clare.
Benedict XVI fixed the date of the canonization in the Ordinary Public Consistory of last February 11, the day he announced his resignation from the Petrine Ministry. 
MAY 13, 2013 00:00UNCATEGORIZED


Santi Antonio Primaldo e compagni Martiri d'Otranto


† Otranto, 14 agosto 1480

Dal 28 luglio all’11 agosto 1480 i turchi comandati da GedikAchmet Pascià assediarono la città di Otranto, in Puglia.Il 12 agosto, entrati con forza nella città, uccisero l’Arcivescovo Stefano Pendinelli e i fedeli radunati nella cattedrale. Il giorno dopo radunarono i circa ottocento uomini superstiti, dai quindici anni in su. Gli abitanti furono portati sulla vicina collina della Minerva e obbligati a una scelta: morire o rinnegare Cristo. Un anziano tessitore, Antonio Pezzulla, rispose a nome di tutti che avrebbero preferito la morte: fu il primo a venire decapitato, motivo per cui fu soprannominato Primaldo. La maggior parte delle loro reliquie sono custodite, dal 1711, in un’apposita cappella nella Cattedrale di Otranto. Beatificati da papa Clemente XIV il 14 dicembre 1771, sono stati canonizzati da papa Francesco il 12 maggio 2013. La loro memoria liturgica cade il 14 maggio, giorno della loro nascita al Cielo, tranne che nella diocesi di Napoli, che ospita le reliquie di circa duecentocinquanta di essi e che li onora il 13 agosto.

Martirologio Romano: A Otranto in Puglia, circa ottocento beati martiri, che, incalzati dall’assalto dei soldati Ottomani a rinnegare la fede, furono esortati dal beato Antonio Primaldo, anziano tessitore, a perseverare in Cristo e ottennero così con la decapitazione la corona del martirio. 

La città di Otranto

Nell’estremo sud est d’Italia, dove il mare cristallino bagna, in mirabile alternanza, lunghe spiagge e superbe insenature rocciose, Otranto è da tempi remotissimi una città importante, crocevia di commerci, ma anche testimone di un passato eroico. 

Dai primi insediamenti che risalgono al 2.200 a. C. ebbe origine un centro naturalmente proteso a oriente, distante, attraverso il canale omonimo, poche miglia di mare dall’Albania e dalla Grecia. 

L’antica Hidruntum fu centro messapico e poi municipio romano. La sua posizione, oltre a dominare i commerci, influenzò sia la cultura che la religione. In tutta la Terra d’Otranto il rito bizantino, insieme a quello romano, sopravvisse fino al secolo XVI. 

Ancora oggi possenti mura proteggono il centro medievale e la Cattedrale (costruita nel 1088) col suo pavimento-mosaico realizzato tra il 1163 e il 1165. In esso un immenso “albero della vita”, raccogliendo scene sia bibliche che profane, rappresenta la storia dell’intera umanità. Anche su questo pavimento cadde il sangue innocente degli Idruntini.

I turchi alla conquista di Otranto

Correva l’anno 1480: da neppure trent’anni, con l’occupazione di Costantinopoli da parte del sultano turco Maometto II, era caduto l’Impero Romano d’Oriente. Papa Sisto IV, giustamente preoccupato dalle mire espansionistiche musulmane, si prodigò inutilmente affinché si formasse una lega cristiana di difesa.

Particolarmente contraria la Serenissima Repubblica Veneta che, per il controllo del Mediterraneo, da sempre era nemica del Regno di Napoli. Gli altri stati, invece, perennemente preoccupati a difendere ed estendere i propri domini, sottovalutarono il pericolo. Il progetto ottomano era grandioso: occupare Otranto, conquistare il sud d’Italia, poi su, fino alla Francia e ricongiungersi con i musulmani di Spagna. 

Massacro nella cattedrale

Il 28 luglio centocinquanta navi turche, con diciottomila uomini, sbarcarono sulla lunga spiaggia presso i Laghi Alimini. Il Re di Napoli, Ferdinando I d’Aragona, era in Toscana e la sua guarnigione, impaurita, si dileguò. Fu intimata la resa, ma i capitani, Francesco Zurlo e Antonio de’ Falconi, risposero gettando simbolicamente in mare le chiavi della città. Per dodici terribili giorni Otranto venne bombardata sia da terra che da mare, fino a quando i mori riuscirono a penetrare all’interno abbattendo una porta secondaria delle mura. 

Massacrarono tutti coloro che trovarono per le strade e anche nelle case, facendo poi irruzione nella cattedrale. L’Arcivescovo, Stefano Pendinelli, stava celebrando il Sacrificio Eucaristico: sacerdoti, frati e molti del popolo furono massacrati mentre pregavano. L’anziano presule, con gli abiti pontificali e la croce in mano, fu ucciso con un colpo di scimitarra che gli staccò di netto il capo. Era l’11 di agosto. 

Il martirio di Antonio Primaldo e dei suoi compagni

Le donne furono ridotte in schiavitù, alcune anche violentate, mentre i circa ottocento uomini superstiti, dai quindici anni in su, furono imprigionati.Tre giorni dopo, incatenati e seminudi, a gruppi di cinquanta, partendo dai pressi dell’odierna cappella della Madonna del Passo, furono condotti sul Colle della Minerva. Fu chiesto loro, ripetutamente, di abiurare la fede cristiana per aver salva la vita; venti di loro riscattarono la libertà pagando trecento ducati a testa.

Un anziano cimatore di panni, Antonio Pezzulla, esortò i compagni a difendere il proprio credo e fu il primo ad essere decapitato: venne quindi detto “Primaldo”. Era iniziato l’orribile massacro: le cronache raccontano che il corpo di Antonio, senza testa, rimase in piedi fino all’esecuzione dell’ultimo concittadino.Profondamente scosso, il carnefice Berlebey si convertì e fu impalato poco distante. 

La liberazione di Otranto

Otranto, fiorente città di dodicimila abitanti, era irriconoscibile, ma la sua eroica resistenza aveva permesso all’esercito aragonese di raggiungere il Salento e sventare il pericoloso disegno espansionistico ottomano.

L’esercito liberatore fu composto anche dalle truppe del Papa (che per sensibilizzare gli stati cristiani aveva nominato nunzio apostolico il Beato Angelo Carletti) e da quelle dei Medici. Si formarono tre presidi militari (Roca, Castro e Sternatia), ma i turchi resistettero tredici mesi durante i quali la cattedrale fu trasformata in moschea e ci furono diversi scontri e scorribande nei paesi vicini. Finalmente l’8 settembre 1481 i turchi si ritirarono, complice anche la morte di Maometto II. 

Premonizioni che sanno di profezia

Qualche mese prima dell’eccidio, san Francesco da Paola, dall’Eremo di Paternò, dopo una premonizione mistica, aveva scritto a re Ferdinando I di Napoli nel tentativo di salvare Otranto, ma non fu ascoltato. Ai suoi confratelli aveva detto: «Otranto città infelice, di quanti cadaveri vedo ricoperte le vie; di quanto sangue cristiano ti vedo inondata». 

Due secoli prima anche l’abate Verdino da Otranto (morto nel novembre 1279), dal monastero di Cosenza, aveva predetto: «La mia patria Otranto sarà distrutta dal dragone musulmano».

La memoria dei martiri

Cinque giorni dopo si poterono recuperare i corpi dei Martiri che, nonostante giacessero, da oltre un anno, abbandonati sul colle, erano per buona parte incorrotti. La maggior parte di essi venne pietosamente sepolta nella cripta della cattedrale.

Ad Otranto, l’anno successivo, in cattedrale fu loro dedicata una cappella alle cui spese contribuì il Re con una donazione. L’eccidio degli idruntini ebbe vasta eco in tutta Italia: ne scrissero molti storici mentre Ludovico Ariosto compose la commedia «I Suppositi».

La beatificazione

Nel 1539 l’Arcivescovo Pietro Antonio de Capua istruì il processo per il riconoscimento del martirio degli Ottocento, in odio alla fede cristiana. Il popolo, proprio durante il pericolo di altri assedi (nel 1537 e nel 1644), invocò costantemente la loro protezione.

Solo nel 1755-56 si poté tenere a Otranto, sotto il Vescovo Niccolò Caracciolo, il processo ordinario, i cui atti però non furono ritenuti validi dalla Sacra Congregazione dei Riti.

Dal 1770 al 1771 fu celebrato un secondo processo ordinario dal Vescovo di Lecce Alfonso Sozy Carafa.

Gli atti di questo secondo processo furono esaminati e, il 14 dicembre 1771, si ebbe il decreto di conferma del culto da tempo immemorabile tributato ai Martiri di Otranto: papa Clemente XIV, quindi, li proclamò solennemente beati.

Il miracolo per la canonizzazione

Il 5 ottobre 1980, in occasione del cinquecentesimo anniversario del martirio, Papa Giovanni Paolo II visitò la città e lanciando il suo messaggio di pace additò «alle moltitudini convenute da ogni parte le vie della verità e della grazia, la fratellanza con i popoli d’oriente» (dalla lapide posta in cattedrale a perenne ricordo).

Nella stessa circostanza, a partire dal 1979, si tenne una solenne “peregrinatio” delle reliquie dei martiri, che nel 1980 passarono per il monastero delle Clarisse di Soleto. Una delle monache, suor Francesca Levote, era ricoverata in ospedale a Genova per un cancro endometrioide dell’ovaio con progressione metastatica (al quarto stadio) e grave complicazione dello stato generale.

Il giorno in cui l’urna dei martiri passò per il monastero, le consorelle invocarono la loro intercessione per lei: fu guarita completamente. Suor Francesca, che era in monastero dal giugno 1945 ed era nata il 5 novembre 1926, visse fino al 2011, quando morì per cause estranee alla precedente malattia.

Il decreto sul martirio

La canonizzazione dei martiri di Otranto è stata a lungo auspicata, ma mancava, secondo le normative vigenti per le Cause dei Santi, il decreto circa il riconoscimento del martirio. 

Perché ciò avvenisse, nel 1988 l’Arcivescovo di Otranto nominò una commissione storica che raccogliesse, in modo sistematico, tutta la documentazione necessaria. Si è quindi celebrata l’inchiesta diocesana relativa, dal 16 febbraio 1991 al 21 marzo 1993, convalidata dalla Congregazione delle Cause dei Santi col decreto del 27 maggio 1994.

Il 28 aprile 1998 i Consultori storici della Congregazione hanno esaminato la documentazione, passata poi ai Consultori Teologi, che, il 16 giugno 2006, hanno espresso parere positivo. Anche i cardinali e i vescovi membri della stessa Congregazione, il 17 aprile 2007, hanno riconosciuto che l’uccisione degli Ottocento avvenne perché restarono saldi nella loro fede.

Il 6 luglio 2007, infine,papa Benedetto XVI ha disposto che la Congregazione delle Cause dei Santi pubblicasse il decreto sul martirio.

La canonizzazione

Il 27 maggio 2011 la Congregazione delle Cause dei Santi con decreto riconobbe la validità dell’Inchiesta diocesana sul processo relativo all’asserito miracolo avvenuto a suor Francesca Levote.
Il 20 dicembre 2012 papa Benedetto XVI autorizzò la pubblicazione del decreto con cui la guarigione della religiosa era riconosciuta come rapida, completa e duratura e operata dal Signore per intercessione dei Beati Antonio Primaldo e compagni.

La loro canonizzazione è stata celebrata da papa Francesco a Roma, in piazza San Pietro, il 12 maggio 2013. In questo modo, ha superato subito i suoi predecessori per il numero di Santi canonizzati nel corso del suo pontificato.

Il culto

Gli Ottocento Martiri di Otranto sono patroni della diocesi e della città di Otranto dal 1721, ovvero da molto prima che il loro culto venisse ufficializzato. Sono da sempre festeggiati il 14 agosto, giorno della loro nascita al Cielo.

Dal 1711 le ossa della maggior parte di essi sono custodite in cattedrale, in sette grandi armadi.
In piccoli armadi laterali sono conservati resti di carne, integri, senza alcun trattamento, dopo oltre cinque secoli; sotto all’altare vi è il ceppo della decapitazione.

Nel calendario della diocesi di Napoli sono invece ricordati il 13 agosto, il giorno precedente all’anniversario della morte. Questo perché le reliquie di altri duecentocinquanta circa furono portate nella chiesa di Santa Maria Maddalena, detta dopo dei Martiri. Trovarono poi definitiva collocazione nella chiesa di Santa Caterina a Formiello.

La Madonna di Otranto

Al centro della medesima cappella della cattedrale di Otranto si trova un’antica e prodigiosa statua della Madonna. Durante la presa della città un soldato, credendola d’oro, la rubò. La portò a Valona, ma quando vide che era solo di legno dorato la gettò tra i rifiuti.

Vi era in quella casa una donna otrantina, tenuta come schiava, che vista la sua Madonna gelosamente la raccolse. Il permesso per rimandarla a Otranto lo ottenne quando la padrona, che era incinta, colta dalle doglie, partorì felicemente solo dopo le sue preghiere.

La tradizione dice che, posta su una piccola imbarcazione, senza vela e senza che nessuno fosse a bordo, da sola tornò ad Otranto. In un’esplosione di gioia collettiva fu riportata in cattedrale, accolta dal Vescovo Serafino da Squillace.

Autore: 
Daniele Bolognini ed Emilia Flocchini

Note: 
Per approfondire: Daniele Bolognini "Gli 800 Martiri d'Otranto. Come i primi Cristiani" ElleDiCi Velar 2014