lundi 26 décembre 2011

Premier mystère douloureux : L'AGONIE DE JÉSUS


36 Alors Jésus arrive avec eux en un domaine appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Demeurez ici, tandis que je m'en vais là pour prier. "

37 Ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à éprouver de la tristesse et de l'angoisse.

38 Alors il leur dit : " Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici et veillez avec moi. "

39 Et s'étant un peu avancé, il tomba sur sa face, priant et disant : " Mon Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ! Cependant non pas comme je veux, mais comme vous (voulez) ! "

40 Et il vient vers les disciples et il les trouve endormis; et il dit à Pierre : " Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi !

41 Veillez et priez, afin que vous n'entriez point en tentation. L'esprit est ardent, mais la chair est faible. "

42 Il s'en alla une seconde fois et pria ainsi : " Mon Père, si ce (calice) ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite ! "

43 Etant revenu, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient appesantis.

44 Il les laissa et, s'en allant de nouveau, il pria pour la troisième fois, redisant la même parole. 45 Alors il vient vers les disciples et leur dit : " Désormais dormez et reposez-vous; voici que l'heure est proche où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.

46 Levez-vous, allons ! Voici que celui qui me trahit est proche. "

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXVI : 36-46

ANDREA MANTEGNAL’Agonie dans le Jardin de Gethsemanie, circa 1458, tempera sur bois, 60 x 80, London, National Gallery

GIOVANNI BELLINIL’Agonie dans le Jardin de Gethsemanie, circa 1465, 81 x 127, London, National Gallery


32 Ils arrivent en un domaine appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Demeurez ici tandis que je prierai. "

33 Et il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à sentir de la frayeur et de l'angoisse.

34 Et il leur dit : " Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici et veillez. "

35 S'étant un peu avancé, il tomba sur la terre; et il priait que cette heure, s'il était possible, s'éloignât de lui,

36 et il disait : " Abba, Père, tout vous est possible, détournez de moi ce calice; cependant, non ce que je veux, mais ce que vous (voulez) ! "

37 Et il vient et il les trouve endormis, et il dit à Pierre : " Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure !

38 Veillez et priez afin que vous n'entriez point en tentation. L'esprit est ardent, mais la chair est faible. "

39 Il s'en alla de nouveau et pria, disant la même parole.

40 Puis, étant revenu, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre.

41 Il revint une troisième fois et leur dit : " Dormez désormais et reposez-vous. C'est assez ! L'heure est venue; voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs.

42 Levez-vous, allons ! Voici que celui qui me trahit est proche. "

ÉVANGILE SELON SAINT MARC, XIV : 32-42


EL GRECOAgonie de Jésus, circa 1590, huile sur toile, 103 x 132


39 Etant sorti, il s'en alla, comme de coutume, vers le mont des Oliviers ; les disciples aussi l'accompagnèrent.

40 Lorsqu'il fut à l'endroit, il leur dit : " Priez afin de ne pas entrer en tentation. "

41 Et il s'éloigna d'eux environ d'un jet de pierre ; et, s'étant mis à genoux, il priait, disant :

42 " Père, si vous voulez, détournez de moi ce calice. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la vôtre qui soit faite. "

43 Et lui apparut, (venant) du ciel, un ange qui le réconfortait.

44 Et, se trouvant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient sur la terre.

45 S'étant relevé de (sa) prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva plongés dans le sommeil à cause de la tristesse.

46 Et il leur dit : " Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous n'entriez point en tentation. "

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXII : 39-46

Orsi Lelio, Christ au milieu des croix ou Christ au Jardin des oliviers, École lombarde, Cabinet des dessins, Louvre, RMN


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 1er février 2012

Chers frères et sœurs,

aujourd’hui, je voudrais parler de la prière de Jésus à Gethsémani, au jardins des Oliviers. Le cadre du récit évangélique de cette prière est particulièrement significatif. Jésus se met en route vers le mont des Oliviers, après la Cène, tandis qu’il prie avec les disciples. L’évangéliste Marc raconte : «Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers» (14, 26). Il est fait probablement allusion au chant de certains Psaumes de l’hallèl à travers lesquels on rend grâce à Dieu pour avoir libéré le peuple de l’esclavage et l’on demande son aide pour les difficultés et les menaces toujours nouvelles du présent. Le parcours jusqu’à Gethsémani est constellé d’expressions de Jésus qui expriment son destin de mort qui se prépare et annoncent l’imminente dispersion des disciples.

Arrivés au domaine sur le Mont des Oliviers, cette nuit-là également, Jésus se prépare à la prière personnelle. Mais cette fois, a lieu quelque chose de nouveau: il semble qu’il ne veuille pas rester seul. Jésus se retirait souvent à l’écart de la foule et de ses disciples eux-mêmes, s’arrêtant dans « des lieux déserts » (cf. Mc 1, 35) ou gravissant « le mont » dit saint Marc (cf. Mc 6, 46). A Gethsémani, en revanche, il invite Pierre, Jacques et Jean à être plus proches de lui. Ce sont les disciples qu’il a appelés à être avec Lui sur le mont de la Transfiguration (cf. Mc 9, 2-13). Cette proximité des trois hommes lors de la prière à Gethsémani est significative. Cette nuit-là aussi, Jésus priera le Père « seul », car sa relation avec Lui est véritablement unique et particulier : c’est la relation du Fils unique. On dirait même que, surtout cette nuit-là, personne ne puisse véritablement s’approcher du Fils, qui se présente au Père dans son identité absolument unique, exclusive. Mais Jésus, bien qu’arrivant « seul » à l’endroit où il s’arrêtera pour prier, veut que trois disciples au moins demeurent non loin, dans une relation plus étroite avec Lui. Il s’agit d’une proximité physique, d’une demande de solidarité au moment où il sent s’approcher la mort, mais il s’agit surtout d’une proximité dans la prière pour exprimer d’une certaine façon l’harmonie avec Lui, au moment où il s’apprête à accomplir jusqu’au bout la volonté du Père, et il s’agit d’une invitation pour tous les disciples à le suivre sur le chemin de la Croix. L’Evangéliste Marc raconte : « Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : “Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez” » (14, 33-34).

Dans la parole qu’il adresse aux trois disciples, Jésus, une fois de plus, s’exprime à travers le langage des Psaumes : « Mon âme est triste », une expression du Psaume 43 (cf. Ps 43, 5). La ferme détermination « jusqu’à la mort » rappelle ensuite une situation vécue par un grand nombre des envoyés de Dieu dans l’Ancien Testament et exprimée dans leur prière. En, effet, suivre la mission qui leur est confiée signifie souvent se heurter à l’hostilité, au refus, et à la persécution. Moïse ressent de façon dramatique l’épreuve qu’il subit tandis qu’il guide le peuple dans le désert, et dit à Dieu : « Je ne puis, à moi seul, porter tout ce peuple: c’est un fardeau trop lourd pour moi. Si c’est ainsi que tu me traites, fais-moi plutôt mourir ! Ah! Si je pouvais trouver grâce à tes yeux et voir la fin de mon malheur !» (Nm 11, 14-15). Pour le prophète Elie non plus, il n’est pas facile d’accomplir le service à Dieu et à son peuple. Dans le premier Livre des Rois, il est écrit : « Quant à lui, il marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : “Maintenant, Seigneur, c’en est trop! Reprends ma vie: je ne vaux pas mieux que mes pères” » (19, 4).

Les paroles de Jésus aux trois disciples qu’il veut près de lui au cours de sa prière à Gethsémani, révèlent qu’Il éprouve frayeur et angoisse en cette « Heure », qu’il fait l’expérience pour la dernière fois de la solitude profonde, précisément alors que le dessein de Dieu se réalise. Et dans cette frayeur et cette angoisse de Jésus est concentrée toute l’horreur de l’homme face à sa propre mort, la certitude de son caractère inexorable et la perception du poids du mal qui pèse sur notre vie.

Après l’invitation à demeurer et à veiller dans la prière adressée aux trois disciples, Jésus s’adresse « seul » au Père. L’évangéliste Marc raconte que, « s’écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui » (14, 35). Jésus tombe face contre terre : c’est une position de prière qui exprime l’obéissance à la volonté du Père, l’abandon confiant à Lui. C’est un geste qui se répète au début de la célébration de la Passion, le Vendredi Saint, ainsi que dans la profession monastique et dans les ordinations diaconale, sacerdotale et épiscopale, pour exprimer, dans la prière, également de façon physique, l’abandon total à Dieu, la confiance en Lui. Puis, Jésus demande au Père que, si cela était possible, cette heure s’éloigne de lui. Ce n’est pas seulement la frayeur et l’angoisse de l’homme face à la mort, mais c’est le bouleversement du Fils de Dieu qui voit le poids terrible du mal qu’il devra prendre sur Lui pour le surmonter, pour le priver de son pouvoir.

Chers amis, nous aussi dans la prière nous devons être capables d’apporter devant Dieu nos difficultés, la souffrance de certaines situations, de certaines journées, l’engagement quotidien à le suivre, à être chrétiens, ainsi aussi que le poids de mal que nous voyons en nous et autour de nous, pour qu’il nous donne espoir, qu’il nous fasse sentir qu’il est proche, qu’il nous offre un peu de lumière sur le chemin de la vie.

Jésus poursuit sa prière : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Eloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36). Dans cette invocation il y a trois passages révélateurs. Au début, nous avons le redoublement du terme avec lequel Jésus s’adresse à Dieu : « Abba ! Père ! » (Mc 14, 36a). Nous savons que le mot araméen Abba est celui qui était utilisé par l’enfant pour s’adresser à son père et exprime ainsi la relation de Jésus avec Dieu le Père, une relation de tendresse, d’affection, de confiance, d’abandon. Dans la partie centrale de l’invocation, il y a un deuxième élément : la conscience de la toute-puissance du Père — « tout est possible pour toi » —, qui introduit une demande où, encore une fois, apparaît le drame de la volonté humaine de Jésus devant la mort et le mal : « Eloigne de moi cette coupe ». Mais il y a la troisième expression de la prière de Jésus et c’est elle qui est décisive, là où la volonté humaine adhère pleinement à la volonté divine. Jésus, en effet, conclut en disant avec force : « Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36c). Dans l’unité de la personne divine du Fils, la volonté humaine trouve sa pleine réalisation dans l’abandon total du Moi au Toi du Père, appelé Abba. Saint Maxime le Confesseur affirme qu’à partir du moment de la création de l’homme et de la femme, la volonté humaine est orientée par la volonté divine et c’est précisément dans le « oui » à Dieu que la volonté humaine est pleinement libre et trouve sa réalisation. Malheureusement, à cause du péché, ce « oui » à Dieu s’est transformé en opposition : Adam et Eve ont pensé que le « non » à Dieu était le sommet de la liberté, signifiait être pleinement soi-même. Jésus sur le Mont des Oliviers ramène la volonté humaine au « oui » total à Dieu ; en Lui la volonté naturelle est pleinement intégrée dans l’orientation que lui donne la Personne Divine. Jésus vit son existence selon le centre de sa Personne : le fait d’être Fils de Dieu. Sa volonté humaine est attirée dans le Moi du Fils, qui s’abandonne totalement au Père. Ainsi, Jésus nous dit que ce n’est que dans la conformation de sa propre volonté à celle de Dieu, que l’être humain arrive à sa hauteur véritable, devient « divin » ; ce n’est qu’en sortant de lui, ce n’est que dans le «oui» à Dieu que se réalise le désir d’Adam, de nous tous, celui d’être complètement libres. C’est ce que Jésus accomplit au Gethsémani : en transférant la volonté humaine dans la volonté divine naît l’homme véritable, et nous sommes rachetés.

Le Compendium du catéchisme de l’Eglise catholique l’enseigne de manière synthétique: « Pendant l’agonie au Jardin de Gethsémani, ainsi que par les dernières paroles sur la Croix, la prière de Jésus révèle la profondeur de sa prière filiale. Jésus porte à son achèvement le dessein d’amour du Père et prend sur lui toutes les angoisses de l’humanité, toutes les demandes et les intercessions de l’histoire du salut. Il les présente au Père qui les accueille et les exauce au-delà de toute espérance, en le ressuscitant des morts » (n. 543). Véritablement « en aucun autre lieu de l’Ecriture Sainte nous ne pouvons scruter aussi profondément le mystère intérieur de Jésus comme dans la prière sur le Mont des Oliviers » (Jésus de Nazareth ii, p. 183).

Chers frères et sœurs, chaque jour dans la prière du Notre-Père nous demandons au Seigneur: « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10). C’est-à-dire que nous reconnaissons qu’il y a une volonté de Dieu avec nous et pour nous, une volonté de Dieu sur notre vie, qui doit devenir chaque jour davantage la référence de notre volonté et de notre être ; et nous reconnaissons que c’est au «ciel» que se fait la volonté de Dieu et que la « terre » devient « ciel », lieu de la présence de l’amour, de la bonté, de la vérité, de la beauté divine, uniquement si en elle est faite la volonté de Dieu. Dans la prière de Jésus au Père, dans cette nuit terrible et extraordinaire du Gethsémani, la « terre » est devenue « ciel », la « terre » de sa volonté humaine, mue par la peur et par l’angoisse, a été assumée par sa volonté divine, si bien que la volonté de Dieu s’est accomplie sur la terre. Et cela est important aussi dans notre prière : nous devons apprendre à nous en remettre davantage à la Providence divine, demander à Dieu la force de sortir de nous-même pour lui renouveler notre « oui », pour lui répéter « que ta volonté soit faite », pour conformer notre volonté à la sienne. C’est une prière que nous devons faire quotidiennement, parce qu’il n’est pas toujours facile de nous en remettre à la volonté de Dieu, répéter le « oui » de Jésus, le « oui » de Marie. Les récits évangéliques du Gethsémani montre douloureusement que les trois disciples, choisis par Jésus pour être à ses côtés, ne furent pas capables de veiller avec Lui, de partager sa prière, son adhésion au Père et furent emportés par le sommeil. Chers amis demandez au Seigneur d’être capables de veiller avec Lui en prière, de suivre la volonté de Dieu chaque jour même s’il parle de la Croix, de vivre dans une intimité toujours plus grande avec le Seigneur, pour apporter sur cette « terre » un peu de « ciel » de Dieu. Merci.

* * *

Je salue les pèlerins francophones, particulièrement le groupe du Collège du Sacré-Cœur d’Aix-en-Provence. Chers amis, dans la prière, n’hésitons pas à confier à Dieu ce qui fait notre vie, nos joies et nos soucis. Je vous invite à chercher en tout sa volonté, et à renouveler votre engagement à vivre en chrétien, en suivant Jésus, la lumière de notre vie. Avec ma bénédiction à tous, et particulièrement aux personnes consacrées, dont nous célébrerons la fête demain !

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Le Saint-Siège

SOURCE : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20120201.html

Gaspard de Crayer (1584–1669), Christ in the Garden of Olives (fragment), circa 1630, 151 x 128, maison de Rubens, Anvers


Gethsémani : prière et agonie de Jésus

Les récits évangéliques nous permettent repérer le lieu où Jésus se recueillit après la Dernière Cène: il sortit et à son habitude, il alla au Jardin des Olivers (Lc 22, 39): de l’autre côté du Cédron (Jn 18, 1), et, avec les Apôtres, il arriva sur le lieu dit Gethsémani (Mt 26, 36; Mc 14, 32). Ces données correspondent à un jardin avec une presse à huile qui lui donnait son nom et qui était en dehors de l’enceinte de Jérusalem, à l’est de la ville, sur la route de Béthanie.

L’heure prévue par Dieu pour tirer l’humanité de l’esclavage du péché est arrivée et nous contemplons Jésus-Christ à Gethsémani, qui, souffrant atrocement, verse une sueur de sang (cf. Lc 22, 44), et accepte spontanément et totalement le sacrifice que son Père veut de lui (Amis de Dieu, 25).

Les récits évangéliques nous permettent repérer le lieu où Jésus se recueillit après la Dernière Cène: il sortit et à son habitude, il alla au Jardin des Oliviers (Lc 22, 39): de l’autre côté du Cédron (Jn 18, 1), et, avec les Apôtres, il arriva sur le lieu dit Gethsémani

(Mt 26, 36; Mc 14, 32). Ces données correspondent à un jardin avec une presse à huile qui lui donnait son nom et qui était en dehors de l’enceinte de Jérusalem, à l’est de la ville, sur la route de Béthanie.

Au Jardin des Oliviers, face à sa Passion imminente que la trahison de Judas va déchaîner, le Seigneur ressent le besoin de prier.

Ce lieu était sans doute bien connu puisque Jésus s’y retrouvait souvent avec ses disciples (Jn 18, 2), il n’est donc pas étonnant que les premiers chrétiens se souviennent de l’endroit où ont eu lieu ces événements transcendants de l’histoire du salut.

Au Jardin des Oliviers, face à sa Passion imminente que la trahison de Judas va déchaîner, le Seigneur ressent le besoin de prier : arrivés dans un domaine appelé Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Demeurez ici tandis que je prierai. Et il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean et il commença à sentir de la frayeur et de l’angoisse. Et il leur dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici et veillez. » S’étant un peu avancé, il tomba sur la terre ; et il priait que cette heure, s’il était possible, s’éloignât de lui, et il disait : « Abba, Père, tout vous est possible, détournez de moi ce calice ; cependant, non ce que je veux, mais ce que vous voulez ! »

Au paroxysme de son angoisse, lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. Et se trouvant en agonie, il priait plus instamment et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. (Lc 22, 43-44). La prière du Christ contraste avec l’attitude des Apôtres: après sa prière, il se leva et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, ensommeillés de tristesse. Il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez pour ne pas entrer en tentation (Mc 45-46).

Jésus est revenu trois fois près de ceux qui l’accompagnaient et les trois fois il les a trouvés ensommeillés, tout était déjà terminé : « C’est assez ! L’heure est venue, voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons ! Voici que celui qui me trahit est proche. » Aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une foule armée de glaives et de bâtons (Mc 14, 41-43). C’est avec un baiser qu’il dénonça le Seigneur que l’on arrêta alors que les disciples l’abandonnaient et fuyaient.

Grâce à la pèlerine Égérie, nous savons que vers la seconde moitié du IV° siècle, on célébrait une liturgie le Jeudi Saint “ sur le lieu où le Seigneur avait prié” et qu’il y avait-là “une belle église” (Itinerarium Egeriae, XXXVI, 1 (CCL 175, 79). Les fidèles entraient dans ce temple pour prier, chanter des hymnes et écouter les récits évangéliques de l’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. Ensuite, en procession, ils se déplaçaient sur le lieu où l’on évoquait l’arrestation. (Cf. Ibid., 2-3 (CCL 175, 79-80).

Compte tenu de cette tradition et d’autres aussi anciennes qu’elle, trois lieux sont vénérés concernant les événements de cette nuit-là : Le rocher sur lequel le Seigneur pria, un jardin avec huit oliviers millénaires et certains de leurs rejetons et la grotte où aurait lieu l’arrestation. Ils ne sont séparés que par une dizaine de mètres, dans la zone la plus basse du Jardin des Oliviers, presque au fond du Cédron, au cœur d’un paysage très évocateur : ce torrent, comme la plupart des wadis palestiniens, est une vallée asséchée et ne draine que les eaux pluviales de l’hiver; contrairement au flanc de la colline, la zone est peu habitée car de vastes surfaces ont été affectées à des cimetières. Il y a de nombreuses oliveraies, en terrasse, et des cyprès au bord des chemins.

La basilique de l’Agonie

Le rocher sur lequel la tradition dit que le Seigneur pria est à l’intérieur de la basilique de l’Agonie, dite de Toutes les Nations, puisque seize pays ont collaboré à sa construction, entre 1922 et 1924. Il y a ensuite la surface de l’église byzantine dont ne nous sont parvenues que les fondations puisqu’un incendie la détruisit vraisemblablement avant le VII° siècle. Avec 25m sur 16 m, elle avait trois nefs et trois absides et des sols de mosaïques, dont nous en gardons quelques uns, protégés, sous vitre, à côté des nouveaux. En construisant le sanctuaire moderne, on en trouva un autre d’époque médiévale. Il fut construit par les Croisés sur la base de la basilique primitive, plus grand et orienté différemment, vers le sud-est, ce qui porte à croire qu’ils n’avaient pas décelé les vestiges précédents. Il fut abandonné après que Saladin eut pris Jérusalem.

Du Cédron, on aperçoit le vaste atrium de la basilique, avec trois arcs posés sur des piliers et des colonnes adossées. Là Un fronton surplombe la façade. Sur le tympan, en mosaïque, le Christ est représenté en Médiateur, entre Dieu et l’humanité. Les jours ensoleillés, la luminosité extérieure heurte la pénombre intérieure : les fenêtres filtrent une lumière bleutée, lilas et violette qui permet de penser aux heures de l’Agonie de Jésus et aux pèlerins de se recueillir en contemplation. Les douze coupoles, sur six colonnes sveltes au centre de l’église, renforcent cette mise en scène grâce à une voûte en mosaïque qui évoque un ciel étoilé.

Au chœur, devant l’autel, le rocher vénéré se détache du sol. Il est entouré d’une artistique couronne d’épines. Derrière, dans l’abside centrale, l’agonie de Jésus au jardin est aussi représentée. La trahison de Judas et l’arrestation sont évoquées dans des mosaïques.

Le Jardin des Oliviers

La Custodie de Terre Sainte est propriétaire, depuis la seconde moitié du XVII°s, du terrain sur lequel est construite la basilique.

Lorsqu’il fut acquis, avec des ruines médiévales et byzantines, il y avait le jardin des fleurs : un domaine non cultivé, entouré d’un mur où il y avait huit oliviers que les traditions locales dataient de l’époque du Christ. En attendant le moment opportun pour reconstruire l’église, les franciscains protégèrent ces oliviers millénaires, rattachés vraisemblablement à la tradition chrétienne sur ce lieu, de sorte qu’ils sont encore vivants parmi nous.

Leur aspect ancestral est impressionnant. Les botanistes qui les ont étudiés ne sont pas arrivés à fixer exactement leur âge : d’aucuns disent qu’ils ont été plantés au XI° et qu’ils viennent d’une même branche et d’autres, que leur énorme grosseur permet de penser qu’ils sont du premier millénaire. Plus ou moins vieux, cela n’empêche pas de les préserver comme des témoins silencieux qui perpétuent le souvenir de Jésus lors de sa dernière nuit sur cette terre.

La grotte de l’arrestation

Dans l’enceinte de la basilique de l’Agonie et du Jardin de Gethsémani il y a aussi un couvent franciscain. À l’extérieur de la propriété, quelques dizaines de mètres vers le nord, on trouve la grotte de l’arrestation qui appartient aussi à la Custodie de Terre Sainte. On y accède par un passage étroit qui part de la cour d’entrée au Tombeau de la Vierge. Ce sanctuaire marial, avec la basilique de la Dormition sur le mont Sion, fera l’objet d’une étude à part. Il suffit de rappeler maintenant que selon certaines traditions, c’est là que le corps de Notre Dame aurait été déposé avant l’Assomption, venu du quartier du Cénacle. L’église est partagée par les communautés grecque, arménienne, syrienne et copte.

La grotte a 19 mètres de long et à peu près 10 mètres de large. Certains vestiges archéologiques permettent de croire qu’elle fut utilisée par le propriétaire du jardin comme un logement temporaire ou comme un entrepôt. On croit aussi que c’est ici que les huit apôtres se sont reposés la nuit de l’arrestation. Après les heures de son agonie et de sa prière, quand le Seigneur annonça l’arrivée de Judas, il y serait venu avec les trois autres apôtres pour leur dire ce qui allait se passer. C’est donc d’ici, de ce coin de Gethsémani, que Jésus est allé au devant de la troupe des gardes.

De nombreux graffitis de pèlerins, en différentes langues et de diverses époques, sur les ravalements des parois et sur le plafond, témoignent d’une vénération pratiquement sans discontinuité : au IV° s la grotte était déjà une chapelle et le sol était couvert de mosaïques. Du V° au VIII°s, des chrétiens y furent ensevelis. À l’époque des Croisés, elle fut décorée de fresques. À partir du XIV° s, les franciscains eurent un certain droit de culte sur ce lieu et finirent par l’acquérir. Une restauration réalisée en 1956, remit à jour la structure primitive, avec un pressoir et une citerne. Sur la grotte, dans cette propriété-là, on découvrit les restes d’une ancienne presse à huile.

Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse

Les scènes où Jésus s’entretient avec son Père sont si nombreuses, qu’il n’est pas possible de les évoquer toutes. Mais je pense qu’on ne peut pas ne pas penser aux heures, intenses, qui précédent sa Passion et sa Mort, alors qu’il s’apprête à consumer le Sacrifice qui nous réconciliera avec l’Amour divin. Dans l’intimité du Cénacle, son Cœur déborde : il s’adresse, suppliant, au Père, il annonce la venue du Saint-Esprit, il encourage les siens à vivre dans une ferveur continuelle de charité et de foi.

Ce recueillement embrasé du Rédempteur se poursuit à Gethsémani quand il perçoit que la Passion est imminente, avec ses humiliations, ses souffrances, cette Croix si dure où sont crucifiés les malfaiteurs et qu’il a ardemment souhaitée.

Père, si c’est possible, éloigne de moi ce calice (Lc 22, 42). Et tout de suite après, mais que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne (Ibid.) (Amis de Dieu, 240).

Si nous prenons conscience de notre filiation divine, de notre vocation chrétienne qui demande que l’on suive les pas du Maître, la contemplation de sa prière et de son agonie au Jardin des Oliviers doit nous porter à dialoguer avec Dieu le Père. “Avec sa prière, Jésus nous apprend à prier » (Catéchisme de l’Église catholique, 2607). Tout en étant notre modèle, il nous convoque à la prière, comme il le fit avec Pierre, Jacques et Jean lorsqu’il les prit avec lui et leur demanda de veiller avec Lui: priez, pour ne pas entrer en tentation. Et Pierre s’endormit ainsi que les autres apôtres; Et toi, mon jeune ami, tu t’endormis aussi, et je fus, moi aussi un autre Pierre ensommeillé (Saint Rosaire, 1er mystère douloureux)

Il n’y a pas d’excuses pour se livrer au sommeil: nous pouvons tous prier, plus ou moins exactement, nous devons tous prier parce que nous sommes venus au monde pour aimer Dieu, le louer, le servir et dans l’autre vie, ensuite,— puisque nous ne sommes ici que de passage— en jouir éternellement. Et qu’est-ce que prier ? Parler avec Dieu, tout simplement, avec des oraisons vocales ou dans notre méditation. L’excuse de notre "ignardise" ou de notre fatigue ne tient pas debout. Parler avec Dieu pour apprendre de Lui, c’est le regarder, lui raconter notre vie — le travail, nos joies, nos peines, nos fatigues, nos réactions, nos tentations— Si nous l’écoutons, nous entendrons ces suggestions : laisse tomber cela, sois plus cordial, travaille mieux, sers les autres, ne pense pas du mal de qui que ce soit, parle sincèrement et poliment (Xavier Echevarria, Gethsémani : en prière avec Jésus-Christ p. 12).

Benoît XVI, dans une audience consacrée à la prière de Jésus à Gethsémani, disait que le chrétien est en mesure de créer ici bas une anticipation du ciel s’il cherche à avoir une intimité de plus en plus grande avec Dieu : « nous demandons tous les jours avec la prière du Notre Père : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10). Nous reconnaissons ainsi qu’il y a une volonté de Dieu nous concernant, une volonté de Dieu concernant notre vie, qui doit devenir de plus en plus chaque jour le point de repère de notre volonté et de notre être. Nous reconnaissons aussi que c’est « au ciel » que la volonté de Dieu se fait et que la « terre » ne devient le ciel, le lieu de la présence de l’amour, de la bonté, de la vérité, de la beauté divine que si la volonté de Dieu y est accomplie.

Jésus, seul et triste, souffrait et trempait la terre de son sang. À genoux, sur le sol dur, il persévère en prière. Il pleure pour toi et pour moi : écrasé par le poids des péchés des hommes.

Dans la prière de Jésus au Père, en cette nuit terrible et magnifique de Gethsémani, la “terre” est devenue “le ciel”. La « terre » de sa volonté humaine, secouée par la peur et l’angoisse fut assumée par sa volonté divine, de sorte que la volonté de Dieu se fit sur la terre. C’est aussi le cas dans notre prière : nous devons apprendre à nous abandonner davantage à la Providence divine, demander à Dieu la force de sortir de nous-mêmes pour lui présenter un « oui » nouveau, pour lui redire « que ta volonté soit faite » pour identifier notre volonté à la sienne »

(Benoît XVI, Audience, 1-II-2012).

Jésus, seul et triste, souffrait et trempait la terre de son sang. À genoux, sur le sol dur, il persévère en prière. Il pleure pour toi et pour moi : écrasé par le poids des péchés des hommes (Saint Rosaire, 1er mystère douloureux)

Adresse-toi à la Sainte Vierge et demande-lui, en gage de son amour pour toi, le don de la contrition, du regret de tes péchés et des péchés de tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps, empreint d'une douleur d'Amour. Et dans cet état d’esprit, ose encore ajouter : O ma Mère, ma Vie, mon Espérance, prends-moi par la main... et s’il y avait maintenant chez moi quoi que ce soit qui déplaise à Dieu, fais que je le découvre pour qu’à nous deux nous le déracinions. Poursuis sans crainte :

Ô clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie ! Prie pour moi, afin qu’en faisant la très aimable Volonté de ton Fils, je sois digne de jouir des promesses de Notre Seigneur Jésus (Forge, 161).

SOURCE : https://opusdei.org/fr-fr/article/gethsemani-priere-et-agonie-de-jesus/

L'AGONIE DE NOTRE-SEIGNEUR décrite par le Padre Pio (1e partie) : https://www.revueenroute.jeminforme.org/agonie_de_notre_seigneur_decrite_par_padre_pio_1.php

samedi 24 décembre 2011

Cinquième mystère lumineux : L'INSTITUTION DE L'EUCHARISTIE


Eucharistiae institutio

17 Le premier jour des Azymes, les disciples vinrent trouver Jésus, et lui dirent : " Où voulez-vous que nous vous fassions les préparatifs pour manger la Pâque? "

18 Il leur dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : Le maître (te) fait dire : Mon temps est proche, je ferai chez toi la Pâque avec mes disciples. "

19 Les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé, et ils firent les préparatifs de la Pâque.

20 Le soir venu, il se met à table avec les douze [disciples].

21 Pendant qu'ils mangeaient, il dit : " Je vous le dis en vérité, un de vous me trahira "

22 Et, profondément attristés, ils se mirent à lui dire, chacun de son côté : " Serait-ce moi, Seigneur? "

23 Il répondit : " Celui qui a mis avec moi la main au plat celui-là me trahira !

24 Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui ; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est trahi ! Mieux vaudrait pour cet homme-là qu'il ne fût pas né. "

25 Judas, qui le trahissait, prit la parole et dit : " Serait-ce moi, Rabbi? — Tu l'as dit, " répondit-il

26 Pendant le repas, Jésus prit du pain et après avoir dit la bénédiction, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : " Prenez et mangez, ceci est mon corps. "

27 Il prit ensuite une coupe et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : " Buvez-en tous,

28 car ceci est mon sang, (le sang) de l'alliance, répandu pour beaucoup en rémission des péchés. 29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père. "

30 Après le chant de l'hymne, ils s'en allèrent au mont des Oliviers.

31 Alors Jésus leur dit : " Je vous serai à tous, cette nuit-ci, une occasion de chute, car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées.

32 Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. "

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXVI : 17-32

Fra AngelicoComunione degli apostoli, 1440-1441, couvent San Marco, cellule 35


22 Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir dit la bénédiction, il le rompit, et le leur donna, en disant : " Prenez, ceci est mon corps. "

23 Il prit ensuite une coupe et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous. 24 Et il leur dit : " Ceci est mon sang, (le sang) de l'alliance, répandu pour beaucoup.

25 Je vous le dis, en vérité, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'à ce jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu. "

ÉVANGILE SELON SAINT MARC, XIV : 22-25

Albrecht Dürer (1471–1528), La Cène, extrait de la Grande Passion, 1510, woodcut print, 39.7 x 28.5, Albertina, ViennaAustria.


14 Quand l'heure fut venue, il se mit à table et les apôtres avec lui ;

15 et il leur dit : " J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.

16 Car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu. "

17 Et, prenant une coupe, il rendit grâces et dit : " Prenez-la et partagez entre vous.

18 Car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne, jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu. "

19 Et il prit du pain, et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : " Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. "

20 Et pareillement (pour) la coupe, après qu'ils eurent soupé, en disant : " Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, répandu pour vous.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXII : 14-20

Heinrich Füllmaurer  (1526–1546). La Cène, v. 1540.

Les catholiques célèbrent aussi, le Jeudi saint, le rite du lavement des pieds, en souvenir du geste deJésus envers ses disciples, tel qu'il est rapporté dans l'évangile selon Jean.


Chapitre 13

1. Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin.

2. Pendant le souper, lorsque déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer,

3. Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu'il était sorti de Dieu et s'en allait à Dieu,

4. Se leva de table, posa son manteau, et ayant pris un linge, il s'en ceignit.

5. Puis il versa de l'eau dans le bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.

6. Il vint donc à Simon-Pierre; et Pierre lui dit : "Quoi, vous Seigneur, vous me lavez les pieds !"

7. Jésus lui répondit : "Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt."

8. Pierre lui dit: "Non, jamais vous ne me laverez les pieds." Jésus lui répondit : "Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi."

9. Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête!"

10. Jésus lui dit : "Celui qui a pris un bain n'a besoin que de laver ses pieds; il est pur tout entier. Et vous aussi, vous êtes purs, mais non pas tous."

11. Car il savait quel était celui qui allait le livrer; c'est pourquoi il dit : "Vous n'êtes pas tous purs."

12. Après qu'il leur eut lavé les pieds, et repris son manteau, il se remit à table et leur dit : "Comprenez-vous ce que je vous ai fait ?

13. Vous m'appelez le Maître et le Seigneur : et vous dites bien, car je le suis.

14. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres.

15. Car je vous ai donné l'exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi vous-mêmes.

16. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé.

17. Si vous savez ces choses vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.

18. Je ne dis pas cela de vous tous; je connais ceux que j'ai élus; mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : "Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi."

19. Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle sera arrivée, vous reconnaissiez qui je suis.

20. En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé."

21. Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit; et il affirma expressément: "En vérité, en vérité, je vous le dis, un de vous me livrera."

22. Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.

23. Or, l'un d'eux était couché sur le sein de Jésus ; c'était celui que Jésus aimait.

24. Simon-Pierre lui fit donc signe pour lui dire : "Qui est celui dont il parle ?"

25. Le disciple, s'étant penché sur le sein de Jésus, lui dit : "Seigneur, qui est-ce ?"

26. Jésus répondit : "C'est celui à qui je présenterai le morceau trempé." Et, ayant trempé du pain, il le donna à Judas Iscariote, fils de Simon.

27. Aussitôt que Judas l'eut pris, Satan entra en lui ; et Jésus lui dit : "Ce que tu fais, fais-le vite."

28. Aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela.

29. Quelques-uns pensaient que, Judas ayant la bourse, Jésus voulait lui dire: "Achète ce qu'il faut pour la fête," ou : "Donne quelque chose aux pauvres."

30. Judas, ayant pris le morceau de pain, se hâta de sortir. Il était nuit.

31.Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit; "Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.

32. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt.

33. Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. Vous me chercherez et comme j'ai dit aux Juifs qu'ils ne pouvaient venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant.

34. Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres ; que comme je vous ai aimés, vous vous aimiez aussi les uns les autres.

35. C'est à cela que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres."

36. Simon-Pierre lui dit : "Seigneur, où allez-vous?" Jésus répondit : "Où je vais, tu ne peux me suivre à présent ; mais tu me suivras plus tard."

37. "Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je vous suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour vous."

38. Jésus lui répondit : "Tu donneras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois."

Chapitre 14

1. "Que votre cœur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

2. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père ; s'il en était autrement, je vous l'aurais dit, car je vais vous y préparer une place.

3. Et lorsque je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi ;

4. Et là où je vais, vous en savez le chemin."

5. Thomas lui dit : "Seigneur, nous ne savons où vous allez ; comment donc en saurions-nous le chemin ?"

6. Jésus lui dit : "Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi.

7. Si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père… Dès à présent, vous le connaissez et vous l'avez vu."

8. Philippe lui dit : "Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit."

9. Jésus lui répondit : "Il y a longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu ? Philippe, celui qui m'a vu, a vu aussi le Père. Comment peux-tu dire : Montrez-nous le Père !

10. Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : le Père qui demeure en moi fait lui-même ces œuvres. 11.Croyez sur ma parole que je suis dans le Père, et que le Père est en moi.

12.Croyez-le du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes,

13. Parce que je m'en vais au Père, et que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

14. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

15. Si vous m'aimez, gardez mes commandements.

16. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure toujours avec vous ;

17. C'est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point : mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure au milieu de vous ; et il sera en vous.

18. Je ne vous laisserai point orphelins ; je viendrai à vous.

19. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, parce que je vis, et que vous vivez.

20. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous. 21.Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; et moi je l'aimerai et je me manifesterai à lui."

22. Judas, non pas l'Iscariote, lui dit : "Seigneur, comment se fait-il que vous vouliez vous manifester à nous, et non au monde ?"

23. Jésus lui répondit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure.

24. Celui qui ne m'aime pas, ne gardera pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé.

25. Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.

26. Mais le Consolateur, l'Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

27. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne la donne pas comme la donne le monde. Que votre cœur ne se trouble point et ne s'effraye point.

28. Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens à vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car mon Père est plus grand que moi.

29. Et maintenant, je vous ai dit ces choses avant qu'elles n'arrivent, afin que, quand elles seront arrivées, vous croyiez.

30. Je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car le Prince de ce monde vient et il n'a rien en moi.

31. Mais afin que le monde sache que j'aime mon Père, et que j'agis selon le commandement que mon Père m'a donné, levez-vous, partons d'ici."

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XIV-XV

Ernani Costantini (1922–2007), La Transfiguration et La Cène, 1993, Église Saint-Michel-Archange, Marghera, Venise

Ernani Costantini religious paintings ; 20th-century paintings of the Last Supper ; 20th-century paintings of Jesus Christ ; 20th-century paintings of the Transfiguration ; Paintings of the Last Supper in Italy


Le vin de la dernière Cène, une invitation à la vie éternelle

Marc Paitier - Publié le 05/09/21

Fruit de la vigne et du travail des hommes, le vin occupe une place importante dans la Bible. Plus de 440 passages mettent ainsi en scène le vigneron, la vigne et le vin. Alors que les vendanges commencent, le général Marc Paitier nous emmènent pendant plusieurs semaines à travers les Saintes Écritures afin de découvrir toute la richesse de cette image, symbole de l'amour de Dieu pour son peuple, qui s'accomplit ultimement dans le sacrifice de son Fils, la vigne véritable. Découvrez aujourd’hui la dernière Cène. (11/17)

Le repas pascal commémore le repas que les Hébreux avaient mangé avant leur sortie d’Égypte. Il répond à un rituel très précis. Dans chaque famille, on mange un agneau qui a été immolé au Temple, accompagné de pain azyme et d’herbes amères. Le vin y tient une place importante. Il est le signe de la joie, vin du passage de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Pendant tout le repas, des coupes de vin circulent autour de la table. La première, avant le repas proprement dit, est la coupe de sanctification ; la deuxième est la coupe de la délivrance que l’on sert après avoir chanté le psaume CXIV qui se rapporte à la libération d’Israël ; la troisième est la coupe de bénédiction ; la quatrième et dernière est la coupe de restauration. Une cinquième coupe, celle du prophète Elie n’est pas bue. Elle appartient à Dieu et ne peut être consommée. C’est le vin de cette coupe-là précisément qui deviendra le sang du Christ lors de la Cène (Lc 22 14-20) : 

« L’heure étant venue, Jésus se mit à table, et les douze apôtres avec lui ; et il leur dit :  j’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Car, je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu’à la Pâque parfaite, célébrée dans le royaume de Dieu. Et prenant une coupe, il rendit grâce et dit : Prenez et partagez entre vous. Car, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. 

Puis, il prit du pain, et ayant rendu grâce, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous : faites ceci en mémoire de moi. Il fit de même pour la coupe, après le souper, disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous. » 

Nous sommes le 14 de Nisan (mois du calendrier juif, à cheval sur mars et avril). Jésus sait que son arrestation et sa condamnation sont imminentes et qu’il n’aura pas le temps de partager avec ses disciples le repas pascal, qui cette année tombe le 15 de Nisan. Il l’anticipe. Cette Cène d’adieu n’a suivi qu’en partie les prescriptions rituelles de la Pâque juive. Elle est bien davantage qu’un simple repas commémoratif. Jésus se donne lui-même en nourriture, en victime expiatoire. Le pain est sa propre chair et le vin de la dernière coupe est vraiment son sang rédempteur, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé sur le bois de la Croix. La dernière Cène est la première messe.

Lire aussi :Le vin dans les Saintes Écritures, une histoire inépuisable

Le déroulement du repas est difficile à reconstituer avec exactitude. Les Douze sont réunis autour de Jésus dans le Cénacle (salle à manger) y compris Judas Iscariote qui va le trahir dans quelques heures. Le repas se déroule d’abord conformément à la tradition : l’agneau pascal est consommé et les coupes de vin également. « Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » Jésus parle ici du vin et non de son sang. Luc est le seul à distinguer la coupe profane consommée en début de repas, de celle qui, à l’issue de celui-ci, servira à l’institution de l’Eucharistie. Quoi qu’il en soit cette simple phrase montre, à quel point le vin concrétise le lien d’amour entre Jésus et les apôtres. « La table entre tous les convives établit le même niveau, et la coupe qui y circule nous pénètre, envers nos voisins, d’indulgence, de compréhension et de sympathie ». Les apôtres n’auraient pas contredit cette réflexion du grand écrivain catholique Paul Claudel.

Le vin est présent dans tous les moments heureux de la vie terrestre du Seigneur, mais désormais ce temps est révolu. Jamais plus sur cette terre les apôtres ne partageront avec leur maître le vin de l’amitié. Il pourrait y avoir une immense tristesse dans ce constat s’il n’y avait la perspective heureuse du banquet céleste, qui sera offert pour l’Éternité. Le repas pascal traditionnel achevé ou sur le point de l’être, Judas est démasqué par Jésus. Il lui donne l’occasion de se racheter mais le diable est entré en lui. Il se lève de table, quitte le Cénacle et s’enfonce dans la nuit pour accomplir son forfait. Le traître ayant disparu, la joie emplit l’âme du Seigneur. Il s’adresse à ses apôtres avec infiniment de douceur (Jn 13 33-35) : « Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

En invitant ses disciples à communier à sa personne, le Christ anticipe sa mort et sa résurrection.

C’est à ce moment-là qu’au lieu des paroles rituelles sur le pain sans levain, Il rend grâce et prononce les paroles sacrées : « Ceci est mon corps, livré pour vous » puis il rompt le pain et le distribue aux onze apôtres. A la fin du repas, Il prend la coupe de vin réservée au prophète Élie (Mt 26 28): « Buvez-en tous,  car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés ». En invitant ses disciples à communier à sa personne, le Christ anticipe sa mort et sa résurrection. Il n’y aura plus désormais de sacrifices sanglants d’animaux ; son sang remplace définitivement celui des victimes innocentes offertes à Dieu. En face de ce grand mystère, les apôtres durent se souvenir de la promesse que Jésus avait faite à Capharnaüm (Jn 6 55-56): « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. »

Ils n’avaient pas compris ces paroles et les Pharisiens en avaient été scandalisés. Comment un homme peut-il donner sa chair à manger et son sang à boire ? Il ne s’agit pas ici d’une métaphore. « Ainsi donc, en mangeant la chair du Christ, notre Sauveur à tous, et en buvant son sang, nous avons la vie en nous, nous devenons comme un avec lui, nous demeurons en lui et lui demeure en nous. Il fallait donc qu’il vienne en nous de la manière qui convient à Dieu, par l’Esprit Saint, et qu’il se mêle en quelque sorte à nos corps par sa sainte chair et par son sang précieux que nous recevons en bénédiction vivifiante comme dans du pain et du vin. » Quand nous mangeons et que nous buvons, l’aliment est incorporé par notre corps. L’Eucharistie, au contraire, nous incorpore au Christ, pour nous unir à Dieu.

SOURCE : https://fr.aleteia.org/2021/09/05/le-vin-de-la-derniere-cene-une-invitation-a-la-vie-eternelle/?utm_campaign=NL_fr&utm_content=NL_fr&utm_medium=mail&utm_source=daily_newsletter

Juan de Juanes  (–1579), La Cène, circa 1562, 116 x 191, Museo del Prado


Qu’est-ce que l’Eucharistie?

De quelle manière Jésus est-il présent dans l’Eucharistie ? Quand est-ce que survient la transsubstantiation ? Réponses aux questions les plus habituelles sur la présence de Jésus dans l’Eucharistie.

2025-06-20

1. Qu’est-ce que l’Eucharistie?

Avant sa passion et sa mort, Jésus célébra la Pâque avec ses apôtres et leur dit : "J'ai désiré ardemment manger cette Pâque avec vous avant de souffrir, car je vous dis que je ne la mangerai plus jusqu'à ce que je trouve son accomplissement dans le royaume de Dieu" [...] Il prit donc du pain, rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : "Ceci est mon corps qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi". De la même manière, après le dîner, il a pris la coupe en disant : "Cette coupe est la Nouvelle Alliance dans mon sang, qui sera versé pour vous". Il existe plusieurs récits évangéliques qui rassemblent cette vérité centrale de notre foi : Saint Luc 22:7-20 ; Saint Matthieu 26:17-29 ; Saint Marc 14:12-25; 1 et Saint Paul dans l'épître aux Corinthiens 11:23-26).

Chaque fois que le prêtre à la Sainte Messe prie les paroles de la Consécration, le miracle de l'Eucharistie est accompli ; ce qui était autrefois du pain et du vin est maintenant, sous cette apparence, dans le Corps et le Sang du Christ.

Comme l'enseigne le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique, "Jésus-Christ est présent dans l'Eucharistie d'une manière unique et incomparable. Il est présent, en effet, de manière réelle, véritable et substantielle : avec son Corps et son Sang, avec son âme et avec sa divinité. Le Christ, tout Dieu et tout homme, est présent en elle de manière sacramentelle, c'est-à-dire sous les espèces eucharistiques du pain et du vin" (n° 282).

Textes de Saint Josémaria pour méditer

La joie du Jeudi Saint vient de là: du fait de comprendre que le Créateur a débordé d'affection pour ses créatures. Notre Seigneur Jésus-Christ, comme si toutes les autres preuves de la miséricorde n'avaient pas été suffisantes, institue l'Eucharistie pour que nous puissions L'avoir toujours près de nous et parce que — dans la mesure où nous pouvons comprendre pousse par son Amour qui pourtant n'a besoin de rien, Il ne veut pas se passer de nous. Quand le Christ passe, 84

C'est par amour et pour nous apprendre à aimer que Jésus est venu sur terre et qu'Il est demeure parmi nous dans l'Eucharistie. Quand le Christ passe, 151

2. Comment se produit cette transformation? Quand la transsubstantiation survient-elle?

Par la transsubstantiation, c'est-à-dire par la conversion du pain et du vin en son Corps et son Sang, le Christ devient présent dans ce sacrement. Saint Ambroise dit de cette conversion : "Soyons bien convaincus que ce n'est pas ce que la nature a produit, mais ce que la bénédiction a consacré, et que la puissance de la bénédiction dépasse celle de la nature, car par la bénédiction la nature elle-même est changée.

La présence eucharistique du Christ commence au moment de la consécration et dure aussi longtemps que les espèces eucharistiques demeurent. Le Christ est entièrement présent dans chacune des espèces et entièrement présent dans chacune de leurs parties, de sorte que la fraction du pain ne divise pas le Christ (cf. Concile de Trente : DS 1641). Catéchisme de l'Église catholique, 1375-1377

Textes de Saint Josémaria pour méditer

Ce que nous ne pouvons pas, le Seigneur le peut. Jésus-Christ, Dieu parfait et homme parfait, ne nous laisse pas un symbole, mais la réalité: Il reste Lui-même. Il ira vers le Père, mais Il restera avec les hommes. Il ne nous laissera pas un simple cadeau qui nous fasse évoquer sa mémoire, une image qui tende à s'effacer avec le temps, comme la photographie qui rapidement pâlit, jaunit, et n'a pas de sens pour ceux qui n'ont pas vécu ce moment d'amour. Sous les espèces du pain et du vin, Il est là, réellement présent: avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Quand le Christ passe, 83

3. Comment Jésus est-il présent dans l’Eucharistie ?

Jésus-Christ est vraiment présent dans l'Eucharistie. Dans le très saint sacrement de l'Eucharistie sont vraiment, réellement et substantiellement contenus le corps et le sang ainsi que l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et donc le Christ tout entier. Cette présence est dite "réelle", non exclusivement, comme si les autres présences n'étaient pas "réelles", mais par excellence, parce qu'elle est substantielle, et qu'à travers elle le Christ, Dieu et homme, se rend totalement présent.

Dans son Évangile, Saint Jean reprend d'autres paroles de Jésus : "Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, j'ai la vie éternelle en lui" (Jean 6, 51.54.56).

Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l'Eucharistie au-dessus de tous les sacrements et en fait "la perfection de la vie spirituelle et le but vers lequel tendent tous les sacrements". Catéchisme de l'Église catholique, 1374

Textes de Saint Josémaria pour méditer

L'amour de la Trinité pour les hommes fait que, de la présence du Christ dans l'Eucharistie, naissent pour l'Église et pour l'humanité toutes les grâces. C'est le sacrifice qu'avait prophétisé Malachie: De l'Orient au couchant mon Nom est grand parmi les nations, et en tout lieu un sacrifice d'encens est présenté à mon Nom ainsi qu'une offrande pure. C'est le sacrifice du Christ offert au Père avec la coopération du Saint-Esprit: oblation d'une valeur infinie, qui éternise en nous la Rédemption, ce que ne pouvaient faire les sacrifices de l'Ancienne Loi. Quand le Christ passe, 86

Il s'abaisse à tout, Il admet tout, Il s'expose à tout — aux sacrilèges, aux blasphèmes, à la froideur de l'indifférence de tant de personnes — pourvu qu'Il puisse offrir, ne serait—ce qu'à un seul homme, la possibilité de découvrir les battements d'un Cœur qui bat dans sa poitrine blessée. Aimer l’Église, Homélie “prêtre pour l’éternité”, 13-IV-1973

4. Comment peut-on être convaincu que c’est vraiment Dieu qui se trouve derrière les espèces de pain et de vin ?

La présence du vrai Corps du Christ et du vrai Sang du Christ dans ce sacrement "n'est pas connue par les sens, mais seulement par la foi, qui repose sur l'autorité de Dieu.

Puisque le Christ allait quitter son propre peuple sous sa forme visible, il voulait nous donner sa présence sacramentelle ; puisqu'il allait s'offrir sur la croix en signe de salut, il voulait que nous ayons le mémorial de l'amour dont il nous avait aimés "jusqu'à la fin", comme le dit saint Jean au chapitre 13.1 de son Évangile, jusqu'au don de sa vie.

En effet, dans sa présence eucharistique, il reste mystérieusement parmi nous comme celui qui nous a aimés et s'est livré pour nous, et il reste sous les signes qui expriment et communiquent cet amour. Catéchisme de l'Église catholique, 1380-1381

Textes pour méditer

“Je t’adore avec amour, ô Dieu caché, réellement présent sous ces apparences ; mon cœur se soumet à toi tout entier, car quand il te contemple, tout lui fait défaut.

La vue, le toucher, le goût ne font ici que nous tromper mais nous croyons fermement ce que nous avons entendu ; je crois tout ce qu’a dit le Fils de Dieu. Rien n’est plus vrai que cette Parole de vérité.

Sur la Croix seule la divinité se cachait, mais ici l’humanité aussi se cache; je crois pourtant à toutes deux et je le proclame, et je demande ce que demandait le larron repentant.

Je ne vois pas tes plaies comme saint Thomas, je proclame pourtant que tu es mon Dieu ! Fais que je croie toujours plus en toi, Que j’espère en toi, que je t’aime.

Ô mémorial de la mort du Seigneur ! Pain vivant qui donne la vie aux hommes : Fais que mon esprit trouve la vie en Toi ! et goûte toujours combien tu es doux.

Seigneur Jésus, Pélican plein de bonté, de mon impureté purifie-moi par ton Sang, dont une seule goutte suffirait pour sauver le monde de tous ses péchés.

Jésus que je contemple maintenant voilé, je t’en prie, réalise mon plus ardent désir : que j’aie le bonheur de te voir un jour face à face dans ta Gloire. Amen.”. Prière de Saint Thomas recueillie dans le Catéchisme de l’Église Catholique, 1381

C'est notre foi tout entière qui intervient lorsque nous croyons en Jésus, en sa présence réelle sous les apparences du pain et du vin. Quand le Christ qui passe, 153

Seigneur, j'y crois fermement. Merci de nous avoir donné la foi ! Je crois en Toi, en cette merveille d'amour qu'est ta Présence réelle sous les espèces eucharistiques, après la consécration, sur l'autel et dans les tabernacles où tu es réservé. Je crois plus que si je t’entendais avec mes oreilles, plus que si je te voyais avec mes yeux, plus que si je te touchais avec mes mains. Saint Josémaria, Lettre 28-III-1973, n° 7, extraite de la Lettre du Prélat de l'Opus Dei sur l'Année de l'Eucharistie, 6 octobre 2004.

5. Comment la foi au Saint-Sacrement se manifeste-telle ?

Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi dans la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin, entre autres, en nous agenouillant ou en nous inclinant profondément en signe d'adoration du Seigneur.

Mais l'Église catholique a donné et continue à donner ce culte d'adoration qui est dû au sacrement de l'Eucharistie non seulement pendant la Messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour une vénération solennelle, en les portant en procession au milieu de la joie du peuple.

Le tabernacle était principalement destiné à conserver l'Eucharistie de manière digne afin qu'elle puisse être portée aux malades et aux absents de la messe. En approfondissant sa foi dans la présence réelle du Christ dans son Eucharistie, l'Église a pris conscience du sens de l'adoration silencieuse du Seigneur présent sous les espèces eucharistiques. Pour cette raison, le tabernacle doit être placé à un endroit particulièrement digne dans l'église ; il doit être construit de manière à souligner et à manifester la vérité de la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement. Catéchisme de l'Église catholique, 1378-1379

Textes de Saint Josémaria pour méditer

Notre Dieu a décidé de demeurer dans le Tabernacle pour nous alimenter, pour nous fortifier, pour nous diviniser, pour rendre efficace notre tâche et notre effort. Quand le Christ passe, 151

Pourquoi cette hâte lorsque tu es avec Dieu ! (...). Ne soyez pas pressés. Ne faites pas, au lieu d'une pieuse génuflexion, une contorsion du corps, qui est une moquerie (...). Faites une génuflexion comme ceci, lentement, pieusement, bien fait. Et pendant que vous adorez Jésus dans le Saint-Sacrement, dites-lui dans votre cœur : je t'adore, latens deitas. Je t'adore, mon Dieu caché.

Saint Josémaria, Notes prises lors d'une conférence, octobre 1972. Extrait de la Lettre du Prélat de l'Opus Dei sur l'Année de l'Eucharistie, 6 octobre 2004.

Comment est—il possible que l'on méprise le miracle perpétuel de la présence réelle du Christ dans le tabernacle ? Il est demeuré, pour que nous le fréquentions, pour que nous l'adorions, pour que, gage de la gloire future, nous nous décidions à suivre ses traces. Aimer l’Église, La fin surnaturelle de l’Église, 12

6. Qu’est-ce que la visite au Saint-Sacrement ?

Puisque le Christ lui-même est présent dans le sacrement de l'autel, il est nécessaire de l'honorer par le culte. "La visite au Saint-Sacrement est une preuve de gratitude, un signe d'amour et un devoir d'adoration envers le Christ notre Seigneur. Catéchisme de l'Église catholique, 1418

Textes de Saint Josémaria pour méditer

N’omets pas la visite au Saint-Sacrement.

— Après ta prière vocale habituelle, confie à Jésus, réellement présent dans le tabernacle, les soucis de ta journée. — Tu en retireras lumière et courage pour ta vie de chrétien. Chemin, 554

SOURCE : https://opusdei.org/fr-ca/article/quest-ce-que-leucharistie/

Le Tintoret  (1519–1594), Jésus lave les pieds des disciples (le sacrement du frère), 1574, 210 x 533, musée du Prado


Holy Thursday

Also known as

Maundy Thursday

Shear Thursday

Article

The Thursday before Easter, commemorating the institution of the Holy Eucharist. On this day only one Mass may be celebrated in each church, at which an additional Host is consecrated and borne in procession to the Altar of Repose to be used at the Mass of the Presanctified on the following day. The ringing of bells ceases after the Gloria in the Mass until Holy Saturday, and after vespers the altars are stripped, and were formerly washed with wine and water. This was followed by the washing of the feet, called the Mandatum from the words of the first antiphon sung during the ceremony, which is not now universally performed, when the principal priest of the church assisted by the deacon and sub-deacon washed the feet of twelve poor men in imitation of Christ, who washed the feet of the twelve Apostles. The holy oils are consecrated on this day by the bishop and it was formerly the day on which penitents were reconciled to the Church. The night office celebrated is called Tenebrae. The name Shear Thursday came from the former custom of shearing the beard on that day.

Additional Information

Catholic Encyclopedia

Encyclopedia Britannica

New Catholic Dictionary

Pictorial Lives of the Saints

other sites in english

Catholic Culture

Catholic News Agency

Cradio

Jimmy Akin: 10 things to know about Holy Thursday

uCatholic

fonti in italiano

Santi e Beati

MLA Citation

“Holy Thursday“. CatholicSaints.Info. 23 March 2016. Web. 2 April 2021. <https://catholicsaints.info/holy-thursday/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/holy-thursday/

Giovanni Stefano Danedi  (1612–1690). Le Lavement des pieds, XVIIe siècle, 130 x 221, Restavratorski center, Ljubljana


Maundy Thursday

The feast of Maundy (or Holy) Thursday solemnly commemorates the institution of the Eucharist and is the oldest of the observances peculiar to Holy Week. In Rome various accessory ceremonies were early added to this commemoration, namely the consecration of the holy oils and the reconciliation of penitents, ceremonies obviously practical in character and readily explained by the proximity of the Christian Easter and the necessity of preparing for it. Holy Thursday could not but be a day of liturgical reunion since, in the cycle of movable feasts, it brings around the anniversary of the institution of the Liturgy. On that day, whilst the preparation of candidates was being completed, the Church celebrated the Missa chrismalis of which we have already described the rite (see HOLY OILS) and, moreover, proceeded to the reconciliation of penitents. In Rome everything was carried on in daylight, whereas in Africa on Holy Thursday the Eucharist was celebrated after the evening meal, in view of more exact conformity with the circumstances of the Last Supper. Canon 24 of the Council of Carthage dispenses the faithful from fast before communion on Holy Thursday, because, on that day, it was customary take a bath, and the bath and fast were considered incompatible. St. Augustine, too, speaks of this custom (Ep. cxviii ad Januarium, n. 7); he even says that as certain persons did not fast on that day, the oblation was made twice, morning and evening, and in this way those who did not observe the fast could partake of the Eucharist after the morning meal, whilst those who fasted awaited the evening repast.

Holy Thursday was taken up with a succession of ceremonies of a joyful character. the baptism of neophytes, the reconciliation of penitents, the consecration of the holy oils, the washing of the feet, and commemoration of the Blessed Eucharist, and because of all these ceremonies, the day received different names, all of which allude to one or another of solemnities.

Redditio symboli was so called because, before being admitted to baptism, the catechumens had to recite the creed from memory, either in the presence of the bishop or his representative.

Pedilavium (washing of the feet), traces of which are found in the most ancient rites, occurred in many churches on Holy Thursday, the capitilavium (washing of the head) having taken place on Palm Sunday (St. Augustine, "Ep. cxviii, cxix", e. 18).

Exomologesis, and reconciliation of penitents: letter of Pope Innocent I to Decentius of Gubbio, testifies that in Rome it was customary "quinta feria Pascha" to absolve penitents from their mortal and venial sins, except in cases of serious illness which kept them away from church (Labbe, "Concilia" II, col. 1247; St. Ambrose, "Ep. xxxiii ad Marcellinam"). The penitents heard the Missa pro reconciliatione paenitentium, and absolution was given them before the offertory. The "Sacramentary" of Pope Gelasius contains an Ordo agentibus publicam poenitentiam (Muratori, "Liturgia romana vetus", I, 548-551).

Olei exorcizati confectio. In the fifth century the custom was established of consecrating on Holy Thursday all the chrism necessary for the anointing of the newly baptized. The "Comes Hieronymi", the Gregorian and Gelasian sacramentaries and the "Missa ambrosiana" of Pamelius, all agree upon the confection of the chrism on that day, as does also the "Ordo romanus I".

Anniversarium Eucharistiae. The nocturnal celebration and the double oblation early became the object of increasing disfavour, until in 692 the Council of Trullo promulgated a formal prohibition. The Eucharistic celebration then took place in the morning, and the bishop reserved a part of the sacred species for the communion of the morrow, Missa praesanctificatorum (Muratori, "Liturg. rom. Vetus", II, 993).

Other observances. On Holy Thursday the ringing of bells ceases, the altar is stripped after vespers, and the night office is celebrated under the name of Tenebræ.

Leclercq, Henri. "Maundy Thursday." The Catholic Encyclopedia. Vol. 10. New York: Robert Appleton Company, 1911. 2 Apr. 2021 <http://www.newadvent.org/cathen/10068a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2020 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/10068a.htm

La Cène (Monastère de Valaam)

The Lord's Supper. Christ standing at an Orthodox altar, giving the Eucharist to the Twelve Apostles. Frescoes in the upper church of Spaso-Preobrazhenski cathedral. Valaam Monastery (Karelia).

Алтарная апсида верхнего храма Спасо-Преображенского собора Валаамского монастыря.


Pictorial Lives of the Saints – Maundy Thursday

On Thursday, the eve of the Passion, Jesus Christ took bread, and having blessed it, broke and distributed it to His apostles, saying to them, “Take and eat: This Is My Body, which shall be delivered for you.” Then taking the chalice, He blessed and gave it to them, saying, “Drink ye all of this, for this is the chalice of my blood which shall be shed for you.” He thereafter added, “This do in remembrance of me.” These words, in all their precision, simplicity, and clearness, contain the institution of the adorable Sacrament of the Eucharist, an irrefragable proof of the Real Presence of Jesus Christ in this Sacrament, and the demonstration of His perpetuity in the Church. But rather than indulge in reasoning, let us set forth briefly the principal effect. Jesus Christ, before instituting it, had said that this sacrament would communicate life eternal to those receiving it; and this, in one aspect at least, and so far as it is given to man to understand the mysteries of God, is comprehensible. Sin had implanted in man the germ of death and vice. By reason of his disobedience man had become incapable of good, or even of a holy thought, as the great Apostle tells us. Now, in God is the source of being, life, good, virtue, and all excellence. God, by communicating Himself substantially to man by means of this august sacrament, implants the germ of immortality and virtue. Man, if limited to his own powers, could not even think out a useful way of becoming virtuous, for whence should he take the principle of virtue and the means of putting it in practice? He would consequently have to incur eternal loss, since salvation without virtue is a thing utterly impossible. But once pervaded with the principle of grace by an intimate union with God, he has but to let it develop and to cultivate the good seed sown in him. Thus does the diamond, of itself colorless and dim, absorb the light when exposed thereto, becoming a sparkling centre of light, and shining with a radiant lustre. The more vivid the light, the more brightly will the diamond shine, if it be pure. In like manner, the more man launches himself into the Divine substance, the more will he therewith be inundated by holy communion; the more potent also will his life become in virtues strong and manifold, and, consequently, in sure claims to salvation.

Reflection – With what respect, love, and ardor ought we not to receive this divine food, “which maketh to live forever”!

SOURCE : https://catholicsaints.info/pictorial-lives-of-the-saints-maundy-thursday/

Jacopo Bassano  (1510–1592). La Dernière Cène. Vers 1546, 168 x 270, Roma, Galleria Borghese


Giovedì Santo - Cena del Signore

Il giorno del Giovedi Santo è riservato a due distinte celebrazioni liturgiche, al mattino nelle Cattedrali, il vescovo con solenne cerimonia consacra il Sacro Crisma, mentre nel tardo pomeriggio c’è la celebrazione della Messa in « Cena Domini », cioè la « cena del Signore ».

Il giorno del Giovedì Santo è riservato a due distinte celebrazioni liturgiche, al mattino nelle Cattedrali, il vescovo con solenne cerimonia consacra il sacro crisma, cioè l’olio benedetto da usare per tutto l’anno per i Sacramenti del Battesimo, Cresima e Ordine Sacro e gli altri tre oli usati per il Battesimo, Unzione degli Infermi e per ungere i Catecumeni. 

A tale cerimonia partecipano i sacerdoti e i diaconi, che si radunano attorno al loro vescovo, quale visibile conferma della Chiesa e del sacerdozio fondato da Cristo; accingendosi a partecipare poi nelle singole chiese e parrocchie, con la liturgia propria, alla celebrazione delle ultime fasi della vita di Gesù con la Passione, morte e Resurrezione. 

Nel tardo pomeriggio c’è la celebrazione della Messa in “Cena Domini”, cioè la ‘Cena del Signore’. Non è una cena qualsiasi, è l’Ultima Cena che Gesù tenne insieme ai suoi Apostoli, importantissima per le sue parole e per gli atti scaturiti; tutti e quattro i Vangeli riferiscono che Gesù, avvicinandosi la festa degli ‘Azzimi’, chiamata Pasqua ebraica, mandò alcuni discepoli a preparare la tavola per la rituale cena, in casa di un loro seguace. 

La Pasqua è la più solenne festa ebraica e viene celebrata con un preciso rituale, che rievoca le meraviglie compiute da Dio nella liberazione degli Ebrei dalla schiavitù egiziana (Esodo 12); e la sua celebrazione si protrae dal 14 al 21 del mese di Nisan (marzo-aprile). 

In quella notte si consuma l’agnello, precedentemente sgozzato, durante un pasto (la ‘cena pasquale’) di cui è stabilito ogni gesto; in tale periodo è permesso mangiare solo pane senza lievito (in greco, azymos), da cui il termine ‘Azzimi’. 

Gesù con gli Apostoli non mangiarono solo secondo le tradizioni, ma il Maestro per l’ultima volta aveva con sé tutti i dodici discepoli da lui scelti e a loro parlò molto, con parole che erano di commiato, di profezia, di direttiva, di promessa, di consacrazione. 

Il Vangelo di Giovanni, il più giovane degli Apostoli, racconta che avendo amato i suoi che erano nel mondo, li amò sino alla fine, e mentre il diavolo già aveva messo nel cuore di Giuda Iscariota, il seme del tradimento, Gesù si alzò da tavola, depose le vesti e preso un asciugatoio se lo cinse attorno alla vita, versò dell’acqua nel catino e con un gesto inaudito, perché riservato agli schiavi ed ai servi, si mise a lavare i piedi degli Apostoli, asciugandoli poi con l’asciugatoio di cui era cinto. 

Si ricorda che a quell’epoca si camminava a piedi su strade polverose e fangose, magari sporche di escrementi di animali, che rendevano i piedi, calzati da soli sandali, in condizioni immaginabili a fine giornata. La lavanda dei piedi era una caratteristica dell’ospitalità nel mondo antico, era un dovere dello schiavo verso il padrone, della moglie verso il marito, del figlio verso il padre e veniva effettuata con un catino apposito e con un “lention” (asciugatoio) che alla fine era divenuto una specie di divisa di chi serviva a tavola. 

Quando fu il turno di Simon Pietro, questi si oppose al gesto di Gesù: “Signore tu lavi i piedi a me?” e Gesù rispose: “Quello che io faccio, tu ora non lo capisci, ma lo capirai dopo”; allora Pietro che non comprendeva il simbolismo e l’esempio di tale atto, insisté: “Non mi laverai mai i piedi”. Allora Gesù rispose di nuovo: “Se non ti laverò, non avrai parte con me” e allora Pietro con la sua solita impulsività rispose: “Signore, non solo i piedi, ma anche le mani e il capo!”. 

Questa lavanda è una delle più grandi lezioni che Gesù dà ai suoi discepoli, perché dovranno seguirlo sulla via della generosità totale nel donarsi, non solo verso le abituali figure, fino allora preminenti del padrone, del marito, del padre, ma anche verso tutti i fratelli nell’umanità, anche se considerati inferiori nei propri confronti. 

Dopo la lavanda Gesù si rivestì e tornò a sedere fra i dodici apostoli e instaurò con loro un colloquio di alta suggestione, accennando varie volte al tradimento che avverrà da parte di uno di loro, facendo scendere un velo di tristezza e incredulità in quel rituale convivio. 

“In verità, in verità vi dico: uno di voi mi tradirà”, gli Apostoli erano sgomenti e in varie tonalità gli domandarono chi fosse, lo stesso Giovanni il discepolo prediletto, poggiandosi con il capo sul suo petto, in un gesto di confidenza, domandò: “Signore, chi è?”. E Gesù commosso rispose: “È colui per il quale intingerò un boccone e glielo darò” e intinto un boccone lo porse a Giuda Iscariota, dicendogli: “quello che devi fare, fallo al più presto”; fra lo stupore dei presenti che continuarono a non capire, mentre Giuda, preso il boccone si alzò, ed uscì nell’oscurità della notte. 

Questa scena del Cenacolo è stata in tutti i secoli soggetto privilegiato di tanti artisti, che l’hanno efficacemente raffigurata, generalmente con Gesù al centro e gli Apostoli seduti divisi ai due lati, con Giovanni appoggiato col capo sul petto e con il solo Giuda seduto al di là del tavolo, di fronte a Gesù, che intinge il pane nello stesso piatto. L’atteggiamento di Gesù e degli Apostoli è sacerdotale, ma con i volti che tradiscono il dramma che si sta vivendo. 

Dopo l’uscita di Giuda, il quale pur ricevendo con il gesto cordiale e affettuoso il boccone intinto nel piatto, che in Oriente era segno di grande distinzione, non seppe capire, ormai in preda all’opera del demonio, l’ultimo richiamo che il Maestro gli faceva, facendogli comprendere che lui sapeva del tradimento ordito d’accordo con i sacerdoti e del compenso pattuito dei trenta denari; Gesù rimasto con gli undici discepoli riprese a colloquiare con loro. 

I discorsi che fece, nel Vangelo di S. Giovanni, occupano i capitoli dal 13 al 17, con argomenti distinti ed articolati, dagli studiosi definiti ad ‘ondate’ perché essi sono ripresi più volte e in forme sempre nuove; ne accenneremo i più importanti. 

“Figlioli, ancora per poco sono con voi; voi mi cercherete ma, come ho già detto ai Giudei, lo dico ora anche a voi: dove vado io, voi non potete venire. Vi dò un comandamento nuovo: che vi amiate gli uni gli altri; come io vi ho amato, così amatevi anche voi gli uni gli altri. Da questo tutti sapranno che siete miei discepoli: se avrete amore gli uni per gli altri”. 

E a Pietro che insisteva di volerlo seguire, assicurandogli che era disposto a dare la sua vita per lui, Gesù rispose: “Darai la tua vita per me? In verità, in verità ti dico: non canterà il gallo, prima che tu non mi abbia rinnegato tre volte”. 

Il discorso di Gesù prosegue con una promessa “Non sia turbato il vostro cuore. Abbiate fede in Dio e abbiate fede in me. Nella casa del Padre mio vi sono molti posti. Io vado a prepararvi un posto; ritornerò e vi prenderò con me, perché siate anche voi dove sono io. E del luogo dove io vado, voi conoscete la via”. 

Il concetto del ‘posto’ o della casa che ci aspetta, risente dell’antica concezione che si aveva dell’aldilà, come una abitazione dove i defunti prendevano posto. Così nell’Apocalisse, il cielo era immaginato come una casa al cui centro stava il trono di Dio, circondato dalla corte celeste e dalle dimore dei giusti e dei santi. Anche nei testi rabbinici si legge che le anime saranno introdotte nell’aldilà, in sette dimore distinte per i giusti e sette per gli empi. 

A Tommaso che gli chiede: “Se non sappiamo dove vai, come possiamo conoscere la via?”, Gesù risponde con un’altra grande rivelazione: “Io sono la Via, la Verità, la Vita. Nessuno viene al Padre se non per mezzo di me”. E a Filippo che chiede di mostrare loro il Padre, Gesù ribadisce la profonda unità e intimità fra lui e Dio Padre. 

Le sue parole e le sue opere di salvezza sono animate e sostenute dal Padre, che parla e opera nel Figlio. A questo punto Gesù, per la prima delle cinque volte che pronuncierà nei suoi discorsi di quella sera, nomina il ‘Consolatore’ traduzione del termine greco “paraklitos” (Paraclito), che solo nel Vangelo di Giovanni designa lo Spirito Santo; cioè il dono dello Spirito che sostiene nella lotta contro il male e che rivela la volontà divina; riservato ai credenti e che continuerà l’opera di Gesù dopo la sua Risurrezione. 

“Queste cose vi ho detto quando ero ancora tra voi. Ma il Consolatore, lo Spirito Santo che il Padre manderà nel mio nome, Egli vi insegnerà ogni cosa e vi ricorderà tutto ciò che vi ho detto. Vi lascio la pace, vi dò la mia pace. Non come la dà il mondo, io la dò. Non sia turbato il vostro cuore e non abbia timore. Avete udito che vi ho detto: Vado e tornerò a voi…”. 

I Vangeli di Matteo, Marco e Luca dicono poi che “Gesù mentre mangiava con loro, prese il pane e pronunciata la benedizione, lo spezzò e lo distribuì agli apostoli dicendo: “Prendete questo è il mio corpo”, poi prese il calice con il vino, rese grazie, lo diede loro dicendo: “Questo è il mio sangue, il sangue dell’alleanza versato per molti”. 

Gesto strano, inusuale, forse non subito capito dagli Apostoli, ma che conteneva il dono più prezioso che avesse potuto fare all’umanità: sé stesso nel Sacramento dell’Eucaristia e con il completamento della frase: “fate questo in memoria di me”, riportata da Luca 22,19, egli istituiva il sacerdozio cristiano, che perpetuerà nei secoli futuri il sacrificio cruento di Gesù, nel sacrificio incruento celebrato ogni giorno ed in ogni angolo della Terra, con la celebrazione della Messa. 

Inoltre rivolto a Pietro, ancora una volta lo indica come capo della futura Chiesa e primo fra gli Apostoli: “Simone, Simone, ecco: Satana vi ha cercato per vagliarvi come il grano, ma io ho pregato per te, perché non venga meno la tua fede; e tu una volta ravveduto, conferma i tuoi fratelli”, cioè di essere da sostegno agli altri nella fede; con ciò Gesù è sempre con lo sguardo rivolto oltre la sua morte e delinea il futuro della Chiesa. 

Nel prosieguo del suo discorso, Gesù ammaestra gli Apostoli con altra similitudine, quella della vite e dei tralci: “Io sono la vera vite e il Padre mio è il vignaiolo. Ogni tralcio che in me non porta frutto, lo toglie e ogni tralcio che porta frutto lo pota, perché porti più frutto…. Rimanete in me e io in voi. Come il tralcio non può portare frutto da sé stesso se non rimane nella vite, così neppure voi se non rimanete in me. Io sono la vite, voi i tralci. Chi rimane in me e io in lui, porta molto frutto, perché senza di me non potete fare nulla…”. 

Poi preannuncia le persecuzioni e le sofferenze che saranno loro inflitte per causa sua: “Se il mondo vi odia, sappiate che prima di voi ha odiato me… Se hanno perseguitato me, perseguiteranno anche voi; se hanno osservato la mia parola, osserveranno anche la vostra. Ma tutto questo vi faranno a causa del mio nome, perché non conoscono Colui che mi ha mandato”. “ Vi scacceranno dalle sinagoghe, anzi verrà l’ora in cui chiunque vi ucciderà, crederà di rendere culto a Dio”. 

Infine dopo altre frasi di consolazione e rassicurazione dell’aiuto del Padre attraverso di Lui, Gesù conclude la lunga cena, con quella che nel capitolo 17 del Vangelo di S. Giovanni, è stata chiamata da s. Cirillo di Alessandria “la preghiera sacerdotale”, vertice del testamento spirituale, racchiuso nei ‘discorsi d’addio’ fatti quella sera. 

È una bellissima invocazione al Padre per raccomandargli quegli uomini, capostipiti di una nuova Chiesa, che hanno creduto in lui, tranne uno, perché veramente Figlio di Dio, della stessa sostanza del Padre, e lo hanno seguito lungo quegli anni, assimilato i suoi insegnamenti, disposti con l’aiuto dello Spirito, a proseguire il suo messaggio di salvezza. 

Ecco perché la Chiesa celebra oltre l’Istituzione dell’Eucaristia, anche l’Istituzione dell’Ordine Sacro; è la “festa del sacerdozio cristiano” e della fondazione della Chiesa. 

Per concludere queste note sul Giovedì Santo, ricordiamo che Gesù dopo la cena, si ritirò nell’Orto degli Ulivi, luogo abituale delle sue preghiere a Gerusalemme, in compagnia degli Apostoli, i quali però stanchi della giornata, delle forti emozioni, della cena, dell’ora tarda, si addormentarono; più volte furono svegliati da Gesù, che interrompeva la sua preghiera: “La mia anima è triste fino alla morte. Restate qui e vegliate”; “Vegliate e pregate per non entrare in tentazione; lo spirito è pronto, ma la carne è debole”; “Basta, è venuta l’ora: ecco il Figlio dell’uomo viene consegnato nelle mani dei peccatori: alzatevi e andiamo! Ecco, colui che mi tradisce è vicino”. 

Era cominciata la ‘Passione’ che la Chiesa ricorda il Venerdì Santo; i riti liturgici del Giovedì Santo si concludono con la reposizione dell’Eucaristia in un cappella laterale delle chiese, addobbata a festa per ricordare l’Istituzione del Sacramento; cappella che sarà meta di devozione e adorazione, per la rimanente sera e per tutto il giorno dopo, finché non iniziano i riti del pomeriggio del Venerdì Santo.
Tutto il resto del tempio viene oscurato, in segno di dolore perché è iniziata la Passione di Gesù; le campane tacciono, l’altare diventa disadorno, il tabernacolo vuoto con la porticina aperta, i Crocifissi coperti. 

Nella devozione popolare dei miei tempi di ragazzo, le madri raccomandavano ai figli di non giocare, di non correre o saltare, perché Gesù stava a terra nel “sepolcro”, nome erroneamente scaturito al tempo del Barocco e indicante l’”altare della reposizione”, dove è posta in adorazione l’Eucaristia.

Autore: Antonio Borrelli

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/20256