jeudi 27 décembre 2018

Saint JOSEPH, Époux de la Très Sainte Vierge Marie, confesseur et Patron de l'Église universelle (II)


Juan de Valdés Leal, Le Couronnement de saint Joseph, 1665.

Le retour de saint Joseph dans le cœur des fidèles

Mathilde de Robien | 26 décembre 2018

Est-ce un hasard si depuis quelques années la dévotion envers saint Joseph semble s’accroître ? En pleine crise de la masculinité, bon nombre de pèlerinages, groupes de prière et neuvaines implorent sa protection. Ils sont nombreux à se placer sous le patronage de cet homme à la fois tendre et fort, choisi parmi tant d’autres pour être le protecteur de Jésus et de la Vierge Marie.

Ces dernières années, il est partout. À Vezelay, Pellevoisin, L’Île-Bouchard, Montligeon, le Mont-Saint-Michel… Sur ces lieux de pèlerinage, la dévotion des hommes (et des femmes) envers l’époux de Marie et le père de Jésus ne cesse de croître. En témoignent les nombreuses prières, neuvaines, consécrations et pèlerinages qui invoquent sa protection. À Cotignac (Var), lieu d’une de ses apparitions au XVIIsiècle, ils étaient simplement deux amis, en 1976, à marcher, discuter et prier sur le Mont Bessillon. Ils sont des milliers aujourd’hui. À Paris, la première marche de saint Joseph a rassemblé une centaine de pères, de grands-pères et d’hommes célibataires en 2011. Ils sont près de 2.500 désormais, chaque année vers le 19 mars, à marcher ensemble.
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Importés d’Angleterre, des groupes de « prière des pères » fleurissent désormais un peu partout en France. Rien que cette année, il s’en est formé à Lyon, Boulogne-sur-mer, Tarbes et Paris. Et enfin, difficile d’ignorer l’envolée de la cote du prénom Joseph depuis quelques années. Si à peine 300 petits Joseph naissaient chaque année en France entre 1980 et 2000, ils sont presque trois fois plus nombreux depuis 2017 à voir le jour.

« Ce n’est pas un hasard si saint Joseph nous est donné aujourd’hui »

Mais alors, comment expliquer ce regain d’intérêt et de dévotion ? Le culte à saint Joseph remonte pourtant aux premiers temps du christianisme. Mais saint Joseph a parfois souffert d’une réputation d’un personnage un peu falot, ou tout du moins discret. Jugé, à tort, ni tout à fait mari, ni tout à fait père, il est en outre qualifié de grand silencieux dans la mesure où pas une seule phrase ne lui est attribuée par les évangélistes. Pourtant, il n’est pas un saint comme les autres. Dieu l’a choisi parmi tant d’autres pour veiller sur ses deux plus grands trésors : Jésus et Marie. Dieu savait qu’il était l’homme le plus capable au monde d’être la parfaite image du Père sur terre. De par sa mission à l’égard de la Sainte Famille, il est déclaré patron de l’Église universelle et des pères de famille le 8 décembre 1870 par le pape Pie IX.


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Pour l’abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint-André de l’Europe, à Paris, « ce n’est pas un hasard si saint Joseph nous est donné aujourd’hui. À travers la crise de la masculinité que traverse notre société, il est là pour nous rappeler le rôle du père, de l’époux et de l’homme. Tout se passe comme si Dieu avait gardé en réserve le mystère de Joseph, et à travers lui, le mystère de la paternité ».

Un patronage encouragé depuis 130 ans

Ce n’est qu’au XIXe siècle que la figure de saint Joseph est remise à sa juste place. Le pape Léon XIII, dans son encyclique Quanquam pluries (1889) consacrée à la dévotion à saint Joseph, exhorte pour la première fois tous les catholiques à se placer sous son patronage. Il convenait alors d’invoquer saint Joseph « à cause de la difficulté des temps » : « Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s’habitue à invoquer avec une grande piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, Mère de Dieu, son très chaste Époux, le bienheureux Joseph », souligne l’encyclique.
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Une dévotion relativement récente donc, qui a fait dire au bienheureux cardinal anglais John Henry Newman, protestant converti au catholicisme en 1845 : « Il y avait des saints plus rapprochés de Notre Seigneur que les apôtres et les martyrs; mais comme si ceux-là avaient été perdus dans le rayonnement de sa gloire, pendant longtemps ils furent l’objet de moins d’attention. Puis, à mesure que succédèrent des temps relativement calmes, se levèrent dans le firmament de l’Église ces astres lumineux, plus importants, plus augustes que tout ce qui les avait précédés, et qui se levaient tard précisément parce qu’ils rayonnaient d’une splendeur particulière. Saint Joseph en est l’exemple le plus frappant. Proclamé saint par l’Évangile, père nourricier de Notre Seigneur, il fut dès le commencement un objet de foi absolue et universelle pour le monde chrétien; et cependant la dévotion envers lui est relativement récente. Quand elle commença, les hommes s’étonnèrent qu’on n’y eût pas songé plus tôt », écrit-il en 1865 à son ami Pusey, resté protestant.

Un modèle en tant qu’homme

Dans l’encyclique Quanquam pluries, Léon XIII insiste sur la prééminence de saint Joseph sur les autres saints, dans la mesure où il a été « de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu », et par son mariage avec la Vierge Marie, « un participant de sa sublime dignité » : « Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché, plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures. » Voilà pourquoi la doctrine admise par l’Église affirme que, de tous les saints, saint Joseph est le plus élevé au ciel, après Jésus et Marie.
En images : le silence de saint Joseph inspire les artistes

Lorsque saint Joseph apparaît à Cotignac le 7 juin 1660, à un berger assoiffé nommé Gaspard Ricard, ce dernier le décrit comme un homme d’une stature imposante. Joseph lui désigne un lourd rocher en disant : « Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ». Et en effet, sous la pierre coule une source qui même aujourd’hui n’est pas tarie. Pour l’abbé Philippe de Maistre, ce geste est un symbole fort : « C’est comme s’il y avait une source de la vigueur masculine que Joseph invite à retrouver. D’homme à homme, il demande au berger de se lever, de soulever la pierre, c’est-à-dire de faire preuve de force, pour retrouver la source du don de la masculinité ».
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Aujourd’hui, selon l’abbé, les hommes sont perdus dans leur identité, et saint Joseph est là pour leur indiquer le chemin de la masculinité, pour faire rayonner la figure de l’homme selon le cœur de Dieu, pour assumer sa force au service de la douceur, au service de l’amour, de la même manière que Joseph a fait preuve de force dans sa mission de protection envers Marie et Jésus.

Un modèle en tant que père et époux

Avec les changements sociétaux et familiaux, la place du père est malmenée de nos jours. Les pères semblent être à la recherche d’une identité, non pas celle, ancestrale et caricaturale, d’une autorité aveugle et primaire, mais celle dans laquelle saint Joseph a excellé, où « la force est au service de l’amour » comme la définit l’abbé Philippe de Maistre. Les nombreuses demandes de protection et d’intercession à travers la figure de Joseph sont le signe d’une réelle aspiration à retrouver la vraie dimension de la paternité et de la masculinité.
Le mouvement de la Prière des pères érige ainsi saint Joseph comme modèle : « Seigneur, donne-nous la force et la lumière dont nous avons besoin pour remplir notre rôle et assumer notre place de pères dans la société en suivant l’exemple de Joseph, l’époux de Marie. »
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L’encyclique Quanquam pluries fait écho de la charge magnifiquement portée et assumée par saint Joseph tout au long de sa vie, et donne par là des repères concrets à tous les pères du monde : « Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son Épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus. »
L’abbé Philippe de Maistre souligne qu’il n’y a que deux personnes à qui Jésus a dit « Abba » : son Père céleste, et Joseph. « Jésus, le fils de Dieu, a eu besoin d’un homme qui lui apprenne humainement ce qu’est la paternité. C’est Joseph qui a enseigné à Jésus comment il sauverait le monde, qui lui a décodé les Écritures saintes, qui a été le relais de Dieu pour faire entrer Jésus dans sa mission et dans son identité », précise-t-il. Le père André Doze, dans son livre Joseph, ombre du Père, désigne en ce sens Joseph comme le visage humain du Père éternel pour Jésus.


Saint Joseph et le pape François

Le regain de ferveur vis-à-vis de saint Joseph n’est sans doute pas étranger au Pape François, qui lui voue une affection toute particulière. Non seulement il a porté sur ses armoiries pontificales une fleur de nard, symbole du père de Jésus, mais il a également demandé à ce que soit mentionné le nom de « saint Joseph époux de Marie », après celui de la Vierge Marie, dans les liturgies eucharistiques II, III, et IV, par un décret datant du 1er mai 2013 (le nom de saint Joseph était déjà mentionné dans la prière eucharistique I depuis le pape Jean XXIII). En outre, le pape François a consacré l’État de la Cité du Vatican à saint Joseph et à saint Michel Archange le 5 juillet 2013.
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Lors de sa messe d’inauguration le 19 mars 2013, jour de la solennité de saint Joseph — clin Dieu providentiel ! — il s’exprime sur la grande tendresse du père de Jésus : « Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son cœur on voit une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de véritable ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse ! »
© Antoine Mekary / Aleteia
« S’il y a un problème, j’écris un petit mot à saint Joseph et je le mets sous sa statuette que j’aie dans ma chambre pour qu’il le rêve… pour qu’il prie pour ce problème » a aussi confié le pape François dans un entretien accordé en février 2017 au quotidien italien à Corriere della Sera : il glisse alors le morceau de papier avec sa prière sous une statuette à l’effigie du saint patron des pères de famille. Cet attachement remonte au jour où, à Buenos Aires, alors qu’il est âgé de 17 ans, il acquiert la certitude qu’il deviendra prêtre. « Comme poussé par un étrange besoin », confiera-t-il plus tard, il pénètre alors dans la basilique Saint-Joseph.

Prières et consécrations


Saint Joseph, en tant que saint patron des artisans, des charpentiers (plus largement des travailleurs), des époux, de la bonne mort, de l’Église et des pères de famille, se voit confier une multitude de causes, au travers de prières et neuvaines plus ou moins connues. Parmi les prières à saint Joseph, il existe le Je vous salue Joseph, cette ancienne prière dite infaillible, des prières pour trouver du travail, un logement, pour demander la grâce d’avoir un enfant, de mourir entre les bras de Marie et Jésus… Il existe ainsi une trentaine de prières à Saint Joseph.
SOURCE : https://fr.aleteia.org/2018/12/26/le-retour-de-saint-joseph-dans-le-coeur-des-fideles/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr


Icône de saint Joseph avec Jésus, vers 1850, 
musée archéologique de VarnaBulgarie.


Pour mieux connaître, mieux aimer saint Joseph

Dans le Bulletin de l'Institut du mois de janvier 1953, nous pouvions lire des pages denses de doctrine et de piété sur St. Joseph, dues à l'aimable collaboration du Rév. P. Henri Rondet, excellent théologien de la Compagnie de Jésus et prédicateur de la retraite des Supérieurs. Au cours de cette même année, le Révérend Père publiait dans la Nouvelle Revue théologique une étude approfondie sur le développement au cours des siècles du culte envers le Très Saint Époux de Marie et le Père Virginal de Jésus.

Et voici qu'à la Librairie Lethielleux de Paris parait l'ouvrage : Saint Joseph, textes anciens avec une introduction par le Père Henri Rondet. Dans un bref avant-propos, l'auteur écrit : « St. Joseph est encore un grand méconnu. Nombreux sont cependant les fidèles qui lui sont dévots, nombreux les ouvrages de piété qui cherchent à favoriser cette dévotion. Mais trop souvent le manque d'esprit critique ou l'insuffisance théologique des hagiographes détournent d'autres fidèles d'un culte cependant cher à l'Église. Ce petit livre voudrait aider les uns et les autres à redécouvrir la place de St. Joseph dans l'économie du salut. »

Et le Père d'indiquer brièvement le contenu de son livre. Une introduction reproduira les pages parues à la Nouvelle Revue théologique qu'accompagnera un florilège de textes volontairement limité.

Il constate d'abord, par l'histoire de l'art religieux, que « les artistes sont influencés par les auteurs spirituels et les théologiens, mais que l'art peut lui aussi, en créant une tradition populaire, agir indirectement sur le développement de la dévotion ». Il mentionne avec éloge les livres d'Emile Mâle sur l'art religieux, où l'on peut se rendre compte, par exemple, par l'iconographie de St. Joseph, des influences mutuelles de la théologie et de l'art. L'introduction sera comme une esquisse d'une histoire qui ne semble pas avoir été encore retracée sérieusement.

I. Introduction.

L'auteur commence par l'examen de la place occupée par St. Joseph dans les évangiles canoniques. Très sobres de détails sur Notre-Dame, les évangiles sont plus silencieux encore sur St. Joseph. Cependant St. Luc et St. Matthieu rapportent des faits dont la piété chrétienne, la réflexion théologique et les décisions du magistère découvriront les richesses théologiques.

Dans les récits de St. Luc qui mettent en relief la Conception virginale de Notre-Dame, St. Joseph est présenté comme associé à Marie pour son éducation. L'évangéliste met sur les lèvres de Notre-Dame une parole d'une portée immense pour la théologie de St. Joseph : « Vois, ton père et moi nous te cherchions tout affligés. » (II, 35.) Les textes du troisième évangile ne permettent pas de tracer un portrait psychologique de Joseph, encore moins de saisir les traits de son visage ou de sa démarche. St. Matthieu, malgré sa brièveté, en dit davantage. Il souligne comme Luc la conception et la naissance virginale. Joseph n'est pas le père de Jésus, mais il apparaît nettement comme le chef de la Sainte Famille (Matth., I, 19 ; II, 11 ; II, 13,14 ; II, 22). Le portrait évangélique est tracé avec une rare sobriété, mais le personnage est bien réel, nullement fictif, imaginé à plaisir. Joseph est un artisan connu (Luc, IV, 12 ; Matth., XIII, 54 ; Jean, VI, 42, cf. I, 45). Les Évangiles sont muets sur les circonstances de la mort de St. Joseph.

Aucune tradition sérieuse ne nous cite une parole de ce grand silencieux que fut Joseph. Sur ces brèves notations, va se rattacher tout le développement postérieur du culte et de la doctrine.

Dans les premiers siècles chrétiens, St. Joseph disparaît dans le rayonnement de Notre-Seigneur et de Notre-Dame. L'histoire de la théologie mariale nous apprend comment le culte de Notre-Dame ne prend le pas sur les apôtres et les autres saints qu'au IV° siècle.

La piété populaire, insatisfaite du silence des Évangiles sur l'enfance de Jésus, prit plaisir à la lecture de textes qu'on nomme évangiles apocryphes, où l'imagination et la fantaisie se donnent carrière. Dans l'un de ces écrits le Protévangile de Jacques, datant du II° siècle, St. Joseph apparaît avec un certain relief comme un vieillard. Des explications sur son mariage, sur les frères de Jésus, etc. ..., d'ailleurs vigoureusement combattues par St. Jérôme, ne sont qu'un démarquage romanesque des Évangiles canoniques que d'autres auteurs anonymes essayèrent de mettre à neuf.

Que dit de St. Joseph la tradition exprimée par les Pères de l'Église ? Au IV° siècle, des hérétiques attaquent la Virginité perpétuelle de Marie. St. Ambroise, St. Jérôme, St. Augustin ripostent énergiquement. De ces luttes exégétiques, la Virginité perpétuelle de Joseph en ressort affirmée et le problème de la paternité virginale est résolu par St. Jean Chrysostome et St. Augustin. Mais, pour ces Pères, comme pour leurs contemporains, Joseph reste un personnage secondaire.

Cependant la piété populaire ne se résigne pas au silence des Évangiles. Les récits apocryphes qui provoquent la bile de St. Jérôme, plaisent aux foules. On remanie le Protévangile de Jacques et d'autres récits : l'Évangile de l'Enfance, l'histoire de Joseph le Charpentier, l'Évangile de la Nativité accréditent des légendes populaires sur le voyage en Egypte, la mort et l'Assomption de la Vierge, sur la mort de St. Joseph, etc.

Ce n'est que vers le IX° siècle qu'en Orient on voit apparaître une fête de St. Joseph. En Occident, le martyrologe de quelques Églises mentionnera, au x° siècle, le père nourricier de Jésus.

Dans l'iconographie et dans les drames liturgiques de cette époque, où les mystères de Noël ont leur place, la figure de St. Joseph y est sans relief. La Vierge et l'Enfant, les bergers et les Mages attirent davantage l'attention.

D'après les études d'Emile Mâle sur l'art religieux aux XII° et XIII° siècles, tandis que la vie des saints joue un rôle considérable dans la cité, dans l'immense procession des saints Apôtres, des saints locaux dont se réclament les églises particulières, St. Joseph semble n'avoir aucune place ; il continue à disparaître dans le rayonnement de Jésus et de Marie. Il ne figure que dans les scènes de l'enfance ou de la vie de Marie.

Parmi les auteurs spirituels qui ont orienté la piété chrétienne vers le père nourricier de Notre-Seigneur, on cite pour l'Orient, St. Jean Damascène, qui loue la virginité de Joseph dans un sermon sur la nativité de Marie. En Occident on ne trouve des textes significatifs qu'au XII° siècle.

St. Bernard, dans ses homélies sur l'Annonciation, parle de la fidélité et de la sainteté de Joseph, dont le Joseph de l'Ancien Testament est la figure.

Ste Gertrude, dans une vision rapportée par le Livre des Révélations, vit les anges et les saints donner des marques d'honneur à St. Joseph. St. François d'Assise exerça une influence sur le Pseudo-Bonaventure, auteur des Méditations de la vie du Christ. Ce lointain successeur des apocryphes brode sur les thèmes évangéliques. Il écarte le merveilleux et s'essaye à imaginer le vraisemblable dans les occupations de Joseph auprès de Jésus et de Marie.

Ces méditations, écrites au XII° siècle, et retouchées dans la suite, donnent le branle à toute une littérature pieuse. Ludolphe le Chartreux en est l'un des grands représentants. Il cherche, avec plus de discrétion et de sens chrétien, à suppléer au silence des Évangiles. On retrouve chez lui les vieilles traditions. Plus que tout autre, il contribue à faire éclore la dévotion au père nourricier de Jésus.
Les artistes du XV° siècle ont subi l'influence de ces auteurs spirituels.

Dans les mystères et drames religieux de cette époque, St. Joseph apparaît jouant un rôle actif. Vieillard à barbe blanche, il s'empresse, va et vient, apporte du bois, fait chauffer de l'eau... L'art s'empare de ce pittoresque. Les auteurs de méditations insistaient sur la psychologie des personnages ; mais, chez les artistes, ceux-ci apparaissent en chair et en os. Joseph devient un personnage vivant. C'est toujours un vieillard, mais il est en même temps le père de famille qui fait l'éducation d'un enfant.
Cependant, à la fin du moyen âge, où les saints deviennent les modèles d'un métier, d'une corporation, Joseph reste encore caché. L'Église ne lui a pas fait encore dans sa liturgie la place qu'il devrait avoir. Comme jadis Marie, il disparaît dans l'ombre du Christ.

St. Bernard ne trouve pas beaucoup d'écho chez les grands docteurs du XIII° siècle. St. Thomas d'Aquin, pour qui la sainteté d'un personnage dépend du rôle que Dieu lui assigne dans l'économie du salut, ne songe pas à tirer les conséquences de ce principe en ce qui concerne St. Joseph. Après Marie, il donne la prééminence aux Apôtres, sans songer à l'époux de la Mère de Dieu.

Mais, au commencement du XV° siècle, la dévotion de quelques âmes d'élite attire soudain l'attention sur Joseph, ce grand méconnu, et prépare son entrée dans l'histoire de la piété et de la liturgie.

En Italie, Bernardin de Sienne, ardent prédicateur du Nom de Jésus, est aussi le chantre de St. Joseph. Ses sermons étudient les prérogatives de St. Joseph. En rappelant le principe posé par St. Thomas, Bernardin montre que si la dette de l'Eglise envers Marie est immense, c'est, après elle, Joseph qui a les plus grands titres à notre reconnaissance. Tel sermon de St. Bernardin marque une date dans l'histoire. L'Église a inséré une partie de ces textes dans les leçons du bréviaire.

St. Vincent Ferrier fut grand dévot à St. Joseph. Pierre d'Ailly et Gerson, deux célèbres théologiens, apportent à la dévotion l'appui de leur science. Gerson chante les louanges de St. Joseph et demande l'institution d'une fête. Au Concile de Constance, en 1416, il prononce un sermon et propose l'institution d'une solennité spéciale en l'honneur du saint patriarche pour faire cesser le schisme qui désolait l'Église. Le vœu de Gerson ne devait être exaucé que quatre-vingt-cinq ans plus tard par Sixte IV.

Au XVI siècle, les traités et les opuscules de piété se multiplient.

Parmi les auteurs de l'époque, une mention spéciale est due au Dominicain milanais Isidore Isolani. Il adresse au pape Adrien VI son ouvrage : Somme des dons de St. Joseph et le supplie d'instituer une fête pour l'Église universelle.

Pie IX devait réaliser presque à la lettre une vision prophétique d'Isolani.

La dévotion alors gagne les familles religieuses. Dans les Exercices Spirituels, St. Ignace de Loyola parle avec modération de St. Joseph. Au début du XVII° siècle, le P. Cotton dédie au saint une église à Lyon. Au milieu du siècle, les Jésuites : Binet, du Barry, Jacquinot chantent la gloire de St. Joseph. Dans la Compagnie de Jésus, la dévotion à St. Joseph sera désormais associée à la dévotion mariale. Dominicains et Jésuites avaient été devancés par les Carmes qui avaient rapporté d'Orient, dès le XIII° siècle, le culte du saint patriarche. Un nom domine tous les autres, celui de sainte Thérèse. Tout le monde sait comment la sainte se fit l'ardente propagatrice de la dévotion.

Chez les Franciscains, un autre ami de Ste Thérèse se fait le propagateur de la dévotion à St. Joseph ; en 1561, Pierre d'Alcantara place sa réforme sous le patronage de St. Joseph.

Le nom de St. François de Sales est également important dans l'histoire de la dévotion à St. Joseph. Chez lui, la théologie et la piété s'unissent d'une façon à la fois simple et sûre. Il consacre l'un de ses célèbres Entretiens spirituels (le XIX°), que le P. Rondet reproduit in extenso. Le Traité de l’Amour de Dieu est dédié à Marie et à Joseph. Sa doctrine, exprimée sous le voile de la piété, est nette et ferme.

Les Visitandines héritèrent de la dévotion de leur Père pour celui qui fut l'époux de la Vierge de la Visitation.

Les autres Ordres religieux suivent le mouvement. Chez les Frères Prêcheurs, Cajetan, général de l'Ordre, avait introduit la fête dans l'office dominicain.

On connaît la dévotion de l'Oratoire, des disciples de M. Olier, de St. Vincent de Paul envers St. Joseph.

C'est dans ce climat qu'il faut situer les célèbres panégyriques de Bossuet. Les deux sermons que le grand évêque a consacrés à St. Joseph sont parmi les plus belles pages écrites à la louange du grand époux de Marie.

L'iconographie de St. Joseph, à partir du Concile de Trente, sous l'influence de l'esprit critique humaniste et des attaques protestantes, se débarrasse de traditions difficiles à défendre. L'âne familier disparaît des tableaux qui représentent la fuite en Egypte. D'autres progrès plus nécessaires sont réalisés.

Artistes et théologiens se posent enfin la question de l'âge de St. Joseph. Une tradition, venant des apocryphes, en faisait un vieillard chenu. Elle est mise en question par des théologiens, tels que Salmerón, Tolet, Suarez, etc., qui veulent savoir la vérité et optent pour une thèse révolutionnaire. Au lieu de l'octogénaire, on se représente Joseph comme un homme relativement jeune.

Cette révolution iconographique est importante. En même temps qu'elle découvre Joseph et le magnifie, la piété chrétienne revient au texte de l'Évangile. Elle retrouve le charpentier de Nazareth. Tandis que les peintres restaient dans la tradition des apocryphes, Murillo, le grand peintre de St. Joseph, fait revivre la simplicité de l'atelier. St. Joseph, étudié désormais pour lui-même, devient un homme de chez nous qui ne laisse pas de vivre dans la familiarité divine. Et l'auteur signale le tableau du peintre La Tour (XVII° siècle) reproduit en tête de l'ouvrage, comme réalisant cet effort admirable d'humanisation, de glorification du saint.

Les théologiens de l'époque s'occupent de St. Joseph. Suarez en particulier, s'appuyant sur le principe thomiste que la grandeur d'un saint est en dépendance de sa mission, et sans d'ailleurs condamner l'opinion contraire, conclut que St. Joseph l'emporte sur les Apôtres.

Piété et théologie ne peuvent rien décider sans l'intervention du magistère. L'auteur indique les étapes suivies par la fête liturgique, demandée par Gerson, accordée par Sixte IV, en 1481, et dont le rite est successivement élevé par les Souverains Pontifes. Des princes chrétiens placent leurs États sous la protection de St. Joseph.

La France est consacrée par Louis XIV à St. Joseph, sur les instances d'Anne d'Autriche.

C'est en ce jour mémorable du 19 mars 1661 que Bossuet prononça l'un de ses panégyriques. St. Joseph, longtemps méconnu, est, maintenant, fêté par l'Église universelle. Mais son entrée tardive dans la liturgie pose des problèmes délicats qui soulèvent de vives controverses et permet à Prosper Lambertini (devenu plus tard Benoît XIV) d'écrire une savante dissertation historique et théologique.
Le XVIII° siècle voit paraître un grand nombre d'ouvrages savants ou populaires sur le culte de St. Joseph.

Après avoir noté que la tempête révolutionnaire ralentit le progrès de la dévotion, l'auteur remarque qu'elle reprend au XIV° siècle et, soutenue par le Pape, elle obtient une nouvelle fête du Patronage, étendue à l'Église entière.

Pie IX, le 8 décembre 1870, proclame solennellement St. Joseph patron de l'Église universelle. Les papes suivants affirment à leur tour leur dévotion à St. Joseph.

Les interventions pontificales ont eu leur préparation ou leur écho dans la littérature pieuse ou les mandements épiscopaux. Certains noms sont à rappeler : Card. Pie, Mgr Gay, le P. Faber, le P. Macabiau, etc. ...

Le renouveau marial de notre époque s'accompagne discrètement d'un approfondissement théologique du rôle de St. Joseph dans l'économie du salut.

Dans un dernier paragraphe, l'introduction part du plus grand événement de l'histoire humaine : l'entrée de Dieu parmi les hommes par l'Incarnation et avec lui tous ceux qu'il a prédestinés à lui servir de cortège.

L'histoire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, celle de l'Église, qui est son corps mystique, donnent leur sens à tous les autres événements ; elles président au destin des peuples et des civilisations (cf. Ephés., i, 3-12 ; Col., I, 15-20). C'est dans cette lumière que se place le renouveau marial dont nous sommes les heureux témoins et c'est aussi dans cette perspective qu'il faut situer le rôle de Joseph. Il est l'époux de Marie, Mère de Jésus. Il est le père du Fils de Dieu dans un sens à définir ; il est le protecteur de la Sainte Famille, image et résumé de l'Église universelle. Ce sont ces vérités qu'il faut approfondir si on veut donner à St. Joseph sa vraie place dans l'économie du salut de l'humanité.

Et l'auteur d'aborder la question qui occupe les théologiens de St. Joseph : comment le mariage virginal a pu avoir les caractères qui sont ceux de toute union entre l'époux et l'épouse ? D'où une étude délicate sur la part de la mère et du père dans l'éducation de l'enfant, sur l'union spirituelle des âmes qui se réalisa ineffablement entre Marie et Joseph.

En notant que la Sainte Famille apparaît comme l'image de l'Église qui trouve en Joseph son protecteur-né, l'introduction s'achève sur le rôle actuel de St. Joseph qui implique la proclamation de son patronage universel. La dévotion à Joseph gagnera en profondeur et la théologie mariale, actuellement en plein essor, s'annexera un nouveau chapitre.

Après avoir été si longtemps méconnu, St. Joseph est sorti de l'ombre où se cachait son humilité. « Dans le monde moderne, dit le P. Rondet, à travers les révolutions et les guerres, une classe sociale est en train de prendre conscience de sa vocation historique. L'artisan, l'ouvrier, longtemps tenu à l'écart et quelque peu méprisé s'avance sur la scène de l'histoire. Le travail manuel, jadis entaché d'une certaine défaveur, apparaît aujourd'hui comme un titre de noblesse. La classe ouvrière rêve d'une promotion collective. Certains s'en effrayent, d'autres s'en réjouissent. Mais pour que la classe ouvrière accomplisse son œuvre et qu'elle travaille efficacement à créer une civilisation meilleure, il lui manque peut-être d'avoir redécouvert St. Joseph. »

II. Textes sur St. Joseph.

Après cette magistrale introduction, s'ouvre un délicieux florilège de textes sur St. Joseph. Le choix en est limité. On n'en fera qu'une présentation très sommaire. Ce serait mutiler de belles pages que d'en tenter un pâle résumé.

La première citation est empruntée à une homélie de St. Jean Chrysostome sur l'Évangile do St. Matthieu. Le grand évêque de Constantinople, en rapportant l'intervention de l'ange, fait voir l'excellence de la vertu de Joseph, mise à l'épreuve.

Un second texte, tiré de la deuxième homélie Super M issus est, de St. Bernard, essaie d'expliquer pourquoi St. Joseph voulut renvoyer secrètement Marie... et donne les raisons pour lesquelles Marie fut fiancée à Joseph. Un rapprochement suggestif est fait ensuite avec l'ancien patriarche Joseph, fils de Jacob, et un autre passage insiste sur le fait qu'il est de la maison de David ; qu'il est le vrai fils de David, qui n'a pas dégénéré de son père ; son véritable fils non seulement par la chair, mais par la foi, la sainteté, la piété.

L'auteur avoue ne pas pouvoir omettre la page de Ste Thérèse d'Avila, devenue classique et reproduite presque par tous les traités de la dévotion à St. Joseph, où la sainte réformatrice du Carmel attribue à St. Joseph d'innombrables faveurs et invite chaleureusement à faire l'expérience des secours spirituels qu'une fervente dévotion au Père Virginal de Jésus obtient à ses fidèles et dévots serviteurs.

Peut-être y aurait-il profit à relire au tome XVII, du Bulletin de l'Institut, les articles consacrés au « grand méconnu », mais plus particulièrement celui du n° 120 (pages 69 à 84) qui montrent l'épanouissement de la dévotion à St. Joseph, à partir du xvi° siècle. On saisit mieux l'effet des textes empruntés à St. François de Sales et à Bossuet. Les Vrais Entretiens spirituels sont les conférences, on pourrait dire les causeries, où le saint évêque de Genève, dans la langue savoureuse qu'il s'était faite, donne à ses chères Visitandines des trésors de piété, de doctrine, que son immense érudition lui permettait de mettre à la portée des âmes simples avec une étonnante variété d'expression. Le XIX° entretien, reproduit in extenso par le R. P. Rondet, est tout entier sur St. Joseph. St. François de Sales prend son départ de l'introït de la Messe de la fête Justus ut palma florebit! Il s'empare de l'image que lui offre le texte liturgique et, la tournant et retournant de sa façon, il découvre dans les propriétés attribuées à la palme les trois vertus de la virginité, de l'humilité et celle de la constance et vaillance, vertus dans lesquelles le glorieux St. Joseph a grandement excellé. Et le saint Docteur entreprend une longue et délicate analyse pour montrer que la virginité de Notre-Dame et de St. Joseph a été merveilleusement sauvegardée. Passant à la seconde propriété qu'il trouve au palmier et en Joseph, François de Sales montre comment l'humilité caractérise le rôle de St. Joseph. La grandeur d'un saint dépend de la mission que Dieu lui confie ; or Joseph se vit confier la Sainte Famille (cette Trinité de la terre !). Et à ces grands dons répondit aussi une humilité extraordinaire.

L'humilité de Joseph, sa soumission à la volonté de Dieu, fut plus grande que celle de tout autre saint, Marie exceptée. Cette opinion avait été soutenue avant St. François de Sales, par St. Bernardin de Sienne, Gerson, St. Vincent Ferrier.

Après avoir fait admirer l'incompréhensible humilité de Joseph, François de Sales passe à la troisième propriété qu'il remarque être en la palme : « qui est la vaillance, constance et force, vertus, dit-il, qui se sont trouvées à un degré éminent en notre saint ». Et le saint Docteur de noter les nuances qui existent entre la constance et la persévérance, la force et la vaillance et d'affirmer que « notre glorieux St. Joseph fut doué de toutes ces vertus et les exerça merveilleusement bien ». L'Entretien relève l'obéissance, la pauvreté de Joseph qui travaille, peine pour la Sainte Famille, mais reste parfaitement uni à la volonté de Dieu et y demeure conforme en tous les événements prospères ou adverses.

Enfin, François de Sales, partageant l'opinion de nombreux docteurs de l'époque, croit que St. Joseph a été élevé au ciel en corps et en âme.

Quant aux deux panégyriques de Bossuet, ce sont deux chefs-d'œuvre de piété et de doctrine qu'il est souhaitable de voir entrer dans nos bibliothèques au rayon, généralement si pauvre, de publications solides sur St. Joseph.

Le premier, Depositum Custodi, est prononcé le 19 mars 1654, devant une imposante assemblée d'évêques, groupés autour du cardinal Barberini. L'impression est profonde. Le 19 mars 1659, il le répète devant la reine-mère, Anne d'Autriche qui, répondant au vœu des pasteurs et des fidèles, fait demander la célébration plus solennelle de la fête du saint. Le 19 mars 1661, pour inaugurer la nouvelle fête chômée, Anne d'Autriche veut entendre encore l'illustre prédicateur et c'est le deuxième panégyrique, Le Seigneur s'est cherché un homme selon son cœur, qui rappelle la vie humble, les vertus cachées de St. Joseph.

L'histoire de la spiritualité donne Mgr Gay comme un des meilleurs auteurs de la fin du XIX° siècle. Dans le florilège de textes, figurent des pages sur St. Joseph, tirées des Elévations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ et où jaillissent des phrases éblouissantes : « Peut-être que St. Joseph est le plus grand des hommes... » Et pour prouver cette primauté, Mgr Gay fait remarquer « que la proclamation du Patronage de St. Joseph sur l'Eglise universelle implique un dogme et s'y appuie. Si de par le Saint-Siège, toute l'Église catholique peut et doit invoquer St. Joseph comme son Patron attitré et spécial, c'est qu'il l'est de par Dieu. Or le Patron est nécessairement supérieur à tous ceux qu'il patronne. En Joseph tout semble immense à l'œil de l'âme. Son caractère et le premier aspect sous lequel on l'aperçoit, c'est la profondeur. Les proportions de Joseph dépassent celles des êtres terrestres. Dès ce monde, il est tout du ciel ; le ciel où il est, d'où il est, le ciel de sa vie et de ses prodigieuses fonctions confine au ciel des cieux qui est le séjour de la divinité ».

Et tout le discours tend à mettre en lumière le rôle de l'unique grandeur dans l'effacement inouï voulu par la Providence.

Les citations d'auteurs s'achèvent par la Lettre « Quamquam plures » (15 août 1889), encyclique de Léon XIII. Ce document du magistère contribua beaucoup à donner à la dévotion et au culte de St. Joseph une vigoureuse impulsion. Rien ne vaut la lecture méditée de la lettre pontificale que très peu de dévots à St. Joseph ont la possibilité d'avoir à leur portée.

Tel est l'ouvrage qui, selon l'espoir légitime du savant auteur, pourra permettre des études et des recherches qui aideront les dévots de St. Joseph à redécouvrir sa place dans l'économie du salut, c'est-à-dire dans le plan rédempteur de l'humanité, tel que la Très Sainte Trinité a voulu le réaliser.

III. Pourquoi présenter ce livre sur St. Joseph à la lecture des Petits Frères de Marie ?

L'année mariale, dans les desseins providentiels et selon les vœux ardents du Magistère suprême de l'Eglise, aura produit dans le monde catholique un approfondissement de la doctrine sur Notre-Dame, reine de l'Univers, et une intensification de la dévotion individuelle et collective envers notre Mère du Ciel.

Mais l'histoire de la spiritualité, étudiée avec attention, constate invariablement une connexion entre les progrès réalisés dans la doctrine et la piété envers Notre-Dame et un lent et discret développement du culte rendu à son Saint Époux.

De cette orientation de la théologie vers les privilèges du grand méconnu, les Congrès marials ne s'en sont-ils pas occupés ?

Un autre fait historique à relever est que les Fondateurs d'Ordres religieux, inspirés par l'Esprit-Saint et Notre-Dame, communiquent à leurs fils spirituels avec un ardent amour pour la Sainte Vierge un culte sincère et fidèle pour le Chef de la Sainte Famille.

Dans l'aube radieuse qui se lève autour du Vén. Marcellin Champagnat nous aimons à saluer en lui un fervent serviteur et apôtre de Marie. On nous redit en toute occasion qu'il a voulu, ainsi que le Vén. P. Colin, son ami, inspirer aux Pères de la Société de Marie (pour laquelle il a tant travaillé) et aux Petits Frères de Marie (dont il avait à cœur la formation religieuse) un véritable et profond esprit de Marie. Aspirer Marie et respirer Marie, telle est au fond la règle d'or que les deux co-fondateurs ont voulu donner à leurs Fils spirituels.
(Voir dans L'Ame du Vén. P. Colin le commentaire de l'article des Constitutions.)

Cet esprit de Marie est magnifiquement synthétisé dans ce texte de St. Paul, parlant de la vie chrétienne : « Vie cachée en Dieu avec le Christ Jésus ! » (Col., III, 3.)

Jamais âme chrétienne n'a réalisé cet idéal comme Notre-Dame pendant toute son existence terrestre. Mais ne faut-il pas en dire autant, avec la plus haute vraisemblance, de St. Joseph qui, silencieusement, si longtemps, si humblement, si fidèlement a contemplé sous les regards de Dieu : Jésus et Marie, ces deux chefs-d'œuvre de l'Esprit-Saint ?

Et nous ? Nous voulons acquérir l'esprit de Marie ou y faire de sérieux progrès. Qui mieux que St. Joseph peut nous en apprendre les voies ? Qui mieux que le Charpentier de Nazareth a pratiqué l'oubli de soi qui est le tréfonds de l'humilité, de l'abnégation, du renoncement à ce qui en nous heurte les desseins de Dieu ? St. Joseph est le saint de la volonté de Dieu, accomplie dans la vocation providentielle, avec une suprême délicatesse d'amour.

Pendant le mois de mars, les âmes dévotes à St. Joseph envisagent un aspect de l'âme de leur glorieux protecteur. Chaque mercredi, ils se souviennent de ses vertus et de ses ineffables relations avec le Verbe Incarné et la Mère de Dieu.

Puissent les Petits Frères de Marie, à l'exemple de leur Père en Dieu, et de tant de confrères qu'une ardente dévotion au grand modèle de vie d'union à Jésus et Marie a conduits à une haute vertu demander avec d'instantes supplications de

Toujours mieux connaître, mieux aimer et mieux imiter le glorieux St. Joseph !

Bulletin de l'Institut, vol. XXI, n. 157, janvier 1955, Pp. 357-369

SOURCE : http://www.champagnat.org/500.php?a=6b&id=2757


Gerard van Honthorst  (1592–1656). L’Enfance du Christ, vers 1620, 
137 X 185, Hermitage Museum

Placez vous sous la protection de saint Joseph avec cette très belle dévotion

Philip Kosloski | 16 janvier 2019

Parmi les nombreuses dévotions à saint Joseph, il existe celle dite des "Cinq psaumes", que l’on trouve dans un recueil de prières du début du XIXe siècle intitulé Raccolta. Dite avec confiance, elle assure "la protection efficace de saint Joseph dans la vie".

C’est une coutume que l’on doit au pape Pie VII. En 1809, le successeur de Pierre autorise la prière des « Cinq psaumes » afin « d’encourager les chrétiens à pratiquer cette dévotion à saint Joseph pour qu’ils obtiennent sa protection efficace dans la vie, mais plus encore dans la mort ». Il s’agit pour cela de dire les antiennes et psaumes suivants, dans l’intention d’honorer saint Joseph.

Première antienne : Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.
Psaume 99 (Acclamez le Seigneur, terre entière)
Répéter : Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

Deuxième antienne : C’était Joseph, de la maison de David et cette Vierge s’appelait Marie.
Psaume 46 (Tous les peuples, battez des mains)
C’était Joseph, de la maison de David et cette Vierge s’appelait Marie.

Troisième antienne : Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas la déshonorer.
Psaume 128 (Que de mal ils m’ont fait dès ma jeunesse)
Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas la déshonorer.

Quatrième antienne :Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre Marie pour votre épouse.
Psaume 80 (Criez de joie pour Dieu, notre force)
Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre Marie pour votre épouse.

Cinquième antienne : Joseph, s’étant éveillé, fit ce que l’Ange lui avait ordonné.
Psaume 86 (Elle est fondée sur les montagnes saintes)
Joseph, s’étant éveillé, fit ce que l’Ange lui avait ordonné.
Puis conclure par cette prière :
V/ Le Seigneur l’a établi sur sa maison,
R/ Et lui a donné l’autorité sur tout ce qu’Il possède.

Prions. Ô Dieu, qui par une providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux saint Joseph pour être l’époux de votre très sainte Mère ! Faites que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans le ciel ce grand patriarche, que nous honorons sur la terre comme notre protecteur. Vous qui étant Dieu, vivez et régnez avec votre Fils dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen.
Enfin, une hymne vient clôturer cette dévotion, dont voici le premier couplet :

Ô vous, qui soupirez après les dons célestes, sans pouvoir obtenir les grâces que vous sollicitez ! Invoquez le nom de Joseph, et implorez humblement son assistance.
Cette dévotion à saint Joseph est assez peu connue. N’hésitez pas à la prier pour vous inspirer de son exemple et invoquer son aide : c’est un excellent intercesseur auprès de Dieu.




Statue de Saint Joseph par les frères Duthoit (19ème siècle). 
Chapelle de la Mère-Dieu Anglesque ou de Notre-Dame Anglette (1291), 
dite de Saint-Joseph (1832), cathédrale Notre-Dame d'Amiens.

« Saint Joseph » selon Saint Josémaria Escriva

Voici quelques réflexions sur Saint Joseph, sa jeunesse, sa chasteté, son métier, … de Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), Fondateur de l'Opus Dei pour promouvoir chez les hommes et les femmes de tous les milieux sociaux, un engagement personnel à suivre le Christ, à aimer son prochain et à rechercher la Sainteté dans la vie quotidienne… comme Saint Joseph pour les hommes !
Saint Josémaria Escriva : « Pour vivre la vertu de la chasteté, il n'est pas nécessaire d'attendre d'être vieux ou de manquer de force » 

« Je ne suis pas d'accord avec l'iconographie classique qui représente saint Joseph comme un vieillard, même si elle s'explique par l'excellente intention de mettre en valeur la virginité perpétuelle de Marie. Moi, je me l'imagine jeune, fort, avec quelques années de plus que la Vierge peut-être, mais dans la plénitude de l'âge et des forces humaines. Pour vivre la vertu de la chasteté, il n'est pas nécessaire d'attendre d'être vieux ou de manquer de force. La chasteté naît de l'amour et, pour un amour pur, la force et la joie de la jeunesse ne sont pas un obstacle. Saint Joseph était jeune, de cœur et de corps, quand il épousa Marie, quand il connut le mystère de sa Maternité divine et vécut près d'Elle, en respectant l'intégrité que Dieu voulait léguer au monde comme un signe de plus de sa venue parmi les créatures. Qui ne sait pas comprendre un tel amour est bien ignorant de ce qu'est l'amour véritable, et méconnaît le sens chrétien de la chasteté ». 

Saint Josémaria Escriva : « La figure de Saint Joseph dans l'Évangile » 

« La Sainte Ecriture nous dit que Joseph était artisan ; plusieurs Pères de l'Eglise ajoutent qu'il était charpentier, et saint Justin, en parlant de la vie de travail de Jésus, affirme qu'il faisait des charrues et des jougs. C'est peut-être en se fondant sur ces dires que saint Isidore de Séville en conclut qu'il était forgeron. De toute façon, c'était un artisan qui travaillait au service de ses concitoyens et dont l'habileté était le fruit d'années de durs efforts. La forte personnalité humaine de Joseph se détache des récits évangéliques : il n'apparaît jamais comme un homme timide ou craintif devant la vie ; il sait au contraire faire face aux problèmes, sortir des situations difficiles et assumer avec responsabilité et initiative les taches qui lui sont confiées. Joseph, nous l'avons dit, était un artisan de Galilée, un homme comme tant d'autres. Et que peut attendre de la vie un habitant d'un village perdu comme Nazareth ? Rien d'autre que le travail, jour après jour, et toujours avec le même effort ; et, à la fin de la journée, une maison petite et pauvre, pour y refaire ses forces et recommencer sa tâche le jour suivant. Joseph était en effet un homme ordinaire, auquel Dieu fit confiance pour accomplir de grandes choses. Il sut vivre comme le Seigneur le lui demandait tous les événements qui composèrent sa vie, et c'est pourquoi la Sainte Écriture loue Joseph en disant qu'il était juste. Pour un Hébreu, juste veut dire pieux, serviteur irréprochable de Dieu, fidèle à la volonté divine ; d'autres fois, juste veut dire bon et charitable avec le prochain. En un mot, le juste est celui qui aime Dieu et démontre cet amour en accomplissant ses commandements au service de ses frères, les hommes. Les œuvres de l'Amour sont toujours grandes, même s'il s'agit de choses qui semblent de peu d'importance... Le Seigneur nous apprend que tout a de l'importance : les actions que notre vision humaine nous fait juger grandes, ou celles pour lesquelles, en revanche, nous avons peu d'estime ». 


Saint Josémaria Escriva : « Sanctifier le travail, se sanctifier dans le travail, sanctifier par le travail » 

« Vous devez vous sanctifier, en aidant en même temps à la sanctification des autres, vos égaux, en sanctifiant précisément votre travail et votre milieu : cette profession ou ce métier qui occupe vos journées, qui donne à votre personnalité humaine sa physionomie particulière, qui est votre manière d'être dans le monde, ce foyer, cette famille qui est la vôtre, ce pays où vous êtes nés et que vous aimez. Le travail est l'inévitable compagnon de la vie de l'homme sur terre. Il s'accompagne d'effort, de lassitude, de fatigue, manifestations de la douleur et de la lutte, qui font partie de notre vie présente et qui sont les signes de la réalité du péché et de la nécessité de la Rédemption. Mais le travail en soi n'est ni peine, ni malédiction, ni châtiment. Ceux qui le prétendent n'ont pas bien lu la Sainte Écriture. Il est temps que nous, les chrétiens, nous proclamions bien haut que le travail est un don de Dieu, et qu'il n'est pas sensé de diviser les hommes en diverses catégories selon le travail qu'ils réalisent, en considérant certaines tâches plus nobles que d'autres. Le travail - tout travail - est témoignage de la dignité de l'homme et de son emprise sur la création. C'est une occasion de perfectionner sa personnalité. C'est un lien qui nous unit aux autres êtres, une source de revenus pour assurer la subsistance de sa famille, un moyen de contribuer à l'amélioration de la société et au progrès de l'humanité tout entière. Pour un chrétien, ces perspectives s'élargissent et s'amplifient, car le travail lui apparaît comme une participation à l'oeuvre créatrice de Dieu, qui, en créant l'homme, le bénit en lui disant : Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, et tous les animaux qui rampent sur la terre. Car, pour avoir été assumé par le Christ, le travail nous apparaît comme une réalité qui a été rachetée à son tour. Ce n'est pas seulement le cadre de la vie de l'homme, mais un moyen et un chemin de sainteté, une réalité qui sanctifie et que l'on peut sanctifier ». 

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)

Voir également à propos de Saint Josémaria Escriva de Balaguer :

La Prière de Saint Josémaria Escriva « Viens Esprit-Saint ! »

La « Prière pour les Enfants » de Saint Josémaria Escriva 

L’Homélie de Saint Josémaria Escriva pour aller vers la Sainteté « La Volonté de Dieu, c'est que nous soyons des Saints »

La « Prière d’intercession » à Saint Josémaria Escriva

La « Vie et l’œuvre de Saint Josémaria Escriva de Balaguer » selon l’extrait du bref apostolique de Béatification du Vénérable Serviteur de Dieu Josémaria Escrivá du Vatican.

« Saint Joseph » selon Saint Josémaria Escriva

La « Nativité de Marie » selon Saint Josémaria Escriva 

SOURCE : http://site-catholique.fr/index.php?post/Saint-Joseph-selon-Saint-Josemaria-Escriva

José Luzán (1765-1770), Le Songe de Joseph
musée des Beaux-Arts de Saragosse.

 QUAMQUAM PLURIES

ENCYCLICAL OF POPE LEO XIII 

ON DEVOTION TO ST. JOSEPH


To Our Venerable Brethren the Patriarchs, Primates, 
Archbishops, and other Ordinaries, in Peace and Union with Holy See.


Although We have already many times ordered special prayers to be offered up in the whole world, that the interests of Catholicism might be insistently recommended to God, none will deem it matter for surprise that We consider the present moment an opportune one for again inculcating the same duty. During periods of stress and trial - chiefly when every lawlessness of act seems permitted to the powers of darkness - it has been the custom in the Church to plead with special fervour and perseverance to God, her author and protector, by recourse to the intercession of the saints - and chiefly of the Blessed Virgin, Mother of God - whose patronage has ever been the most efficacious. The fruit of these pious prayers and of the confidence reposed in the Divine goodness, has always, sooner or later, been made apparent. Now, Venerable Brethren, you know the times in which we live; they are scarcely less deplorable for the Christian religion than the worst days, which in time past were most full of misery to the Church. We see faith, the root of all the Christian virtues, lessening in many souls; we see charity growing cold; the young generation daily growing in depravity of morals and views; the Church of Jesus Christ attacked on every side by open force or by craft; a relentless war waged against the Sovereign Pontiff; and the very foundations of religion undermined with a boldness which waxes daily in intensity. These things are, indeed, so much a matter of notoriety that it is needless for Us to expatiate on the depths to which society has sunk in these days, or on the designs which now agitate the minds of men. In circumstances so unhappy and troublous, human remedies are insufficient, and it becomes necessary, as a sole resource, to beg for assistance from the Divine power.

2. This is the reason why We have considered it necessary to turn to the Christian people and urge them to implore, with increased zeal and constancy, the aid of Almighty God. At this proximity of the month of October, which We have already consecrated to the Virgin Mary, under the title of Our Lady of the Rosary, We earnestly exhort the faithful to perform the exercises of this month with, if possible, even more piety and constancy than heretofore. We know that there is sure help in the maternal goodness of the Virgin, and We are very certain that We shall never vainly place Our trust in her. If, on innumerable occasions, she has displayed her power in aid of the Christian world, why should We doubt that she will now renew the assistance of her power and favour, if humble and constant prayers are offered up on all sides to her? Nay, We rather believe that her intervention will be the more marvellous as she has permitted Us to pray to her, for so long a time, with special appeals. But We entertain another object, which, according to your wont, Venerable Brethren, you will advance with fervour. That God may be more favourable to Our prayers, and that He may come with bounty and promptitude to the aid of His Church, We judge it of deep utility for the Christian people, continually to invoke with great piety and trust, together with the Virgin-Mother of God, her chaste Spouse, the Blessed Joseph; and We regard it as most certain that this will be most pleasing to the Virgin herself. On the subject of this devotion, of which We speak publicly for the first time to-day, We know without doubt that not only is the people inclined to it, but that it is already established, and is advancing to full growth. We have seen the devotion to St. Joseph, which in past times the Roman Pontiffs have developed and gradually increased, grow into greater proportions in Our time, particularly after Pius IX., of happy memory, Our predecessor, proclaimed, yielding to the request of a large number of bishops, this holy patriarch the patron of the Catholic Church. And as, moreover, it is of high importance that the devotion to St. Joseph should engraft itself upon the daily pious practices of Catholics, We desire that the Christian people should be urged to it above all by Our words and authority.

3. The special motives for which St. Joseph has been proclaimed Patron of the Church, and from which the Church looks for singular benefit from his patronage and protection, are that Joseph was the spouse of Mary and that he was reputed the Father of Jesus Christ. From these sources have sprung his dignity, his holiness, his glory. In truth, the dignity of the Mother of God is so lofty that naught created can rank above it. But as Joseph has been united to the Blessed Virgin by the ties of marriage, it may not be doubted that he approached nearer than any to the eminent dignity by which the Mother of God surpasses so nobly all created natures. For marriage is the most intimate of all unions which from its essence imparts a community of gifts between those that by it are joined together. Thus in giving Joseph the Blessed Virgin as spouse, God appointed him to be not only her life's companion, the witness of her maidenhood, the protector of her honour, but also, by virtue of the conjugal tie, a participator in her sublime dignity. And Joseph shines among all mankind by the most august dignity, since by divine will, he was the guardian of the Son of God and reputed as His father among men. Hence it came about that the Word of God was humbly subject to Joseph, that He obeyed him, and that He rendered to him all those offices that children are bound to render to their parents. From this two-fold dignity flowed the obligation which nature lays upon the head of families, so that Joseph became the guardian, the administrator, and the legal defender of the divine house whose chief he was. And during the whole course of his life he fulfilled those charges and those duties. He set himself to protect with a mighty love and a daily solicitude his spouse and the Divine Infant; regularly by his work he earned what was necessary for the one and the other for nourishment and clothing; he guarded from death the Child threatened by a monarch's jealousy, and found for Him a refuge; in the miseries of the journey and in the bitternesses of exile he was ever the companion, the assistance, and the upholder of the Virgin and of Jesus. Now the divine house which Joseph ruled with the authority of a father, contained within its limits the scarce-born Church. From the same fact that the most holy Virgin is the mother of Jesus Christ is she the mother of all Christians whom she bore on Mount Calvary amid the supreme throes of the Redemption; Jesus Christ is, in a manner, the first-born of Christians, who by the adoption and Redemption are his brothers. And for such reasons the Blessed Patriarch looks upon the multitude of Christians who make up the Church as confided specially to his trust - this limitless family spread over the earth, over which, because he is the spouse of Mary and the Father of Jesus Christ he holds, as it were, a paternal authority. It is, then, natural and worthy that as the Blessed Joseph ministered to all the needs of the family at Nazareth and girt it about with his protection, he should now cover with the cloak of his heavenly patronage and defend the Church of Jesus Christ.

4. You well understand, Venerable Brethren, that these considerations are confirmed by the ,opinion held by a large number of the Fathers, to which the sacred liturgy gives its sanction, that the Joseph of ancient times, son of the patriarch Jacob, was the type of St. Joseph, and the former by his glory prefigured the greatness of the future guardian of the Holy Family. And in truth, beyond the fact that the same name - a point the significance of which has never been denied - was given to each, you well know the points of likeness that exist between them; namely, that the first Joseph won the favour and especial goodwill of his master, and that through Joseph's administration his household came to prosperity and wealth; that (still more important) he presided over the kingdom with great power, and, in a time when the harvests failed, he provided for all the needs of the Egyptians with so much wisdom that the King decreed to him the title "Saviour of the world." Thus it is that We may prefigure the new in the old patriarch. And as the first caused the prosperity of his master's domestic interests and at the same time rendered great services to the whole kingdom, so the second, destined to be the guardian of the Christian religion, should be regarded as the protector and defender of the Church, which is truly the house of the Lord and the kingdom of God on earth. These are the reasons why men of every rank and country should fly to the trust and guard of the blessed Joseph. Fathers of families find in Joseph the best personification of paternal solicitude and vigilance; spouses a perfect example of love, of peace, and of conjugal fidelity; virgins at the same time find in him the model and protector of virginal integrity. The noble of birth will earn of Joseph how to guard their dignity even in misfortune; the rich will understand, by his lessons, what are the goods most to be desired and won at the price of their labour. As to workmen, artisans, and persons of lesser degree, their recourse to Joseph is a special right, and his example is for their particular imitation. For Joseph, of royal blood, united by marriage to the greatest and holiest of women, reputed the father of the Son of God, passed his life in labour, and won by the toil of the artisan the needful support of his family. It is, then, true that the condition of the lowly has nothing shameful in it, and the work of the labourer is not only not dishonouring, but can, if virtue be joined to it, be singularly ennobled. Joseph, content with his slight possessions, bore the trials consequent on a fortune so slender, with greatness of soul, in imitation of his Son, who having put on the form of a slave, being the Lord of life, subjected himself of his own free-will to the spoliation and loss of everything.

5. Through these considerations, the poor and those who live by the labour of their hands should be of good heart and learn to be just. If they win the right of emerging from poverty and obtaining a better rank by lawful means, reason and justice uphold them in changing the order established, in the first instance, for them by the Providence of God. But recourse to force and struggles by seditious paths to obtain such ends are madnesses which only aggravate the evil which they aim to suppress. Let the poor, then, if they would be wise, trust not to the promises of seditious men, but rather to the example and patronage of the Blessed Joseph, and to the maternal charity of the Church, which each day takes an increasing compassion on their lot.

6. This is the reason why - trusting much to your zeal and episcopal authority, Venerable Brethren, and not doubting that the good and pious faithful will run beyond the mere letter of the law - We prescribe that during the whole month of October, at the recitation of the Rosary, for which We have already legislated, a prayer to St. Joseph be added, the formula of which will be sent with this letter, and that this custom should be repeated every year. To those who recite this prayer, We grant for each time an indulgence of seven years and seven Lents. It is a salutary practice and very praiseworthy, already established in some countries, to consecrate the month of March to the honour of the holy Patriarch by daily exercises of piety. Where this custom cannot be easily established, it is as least desirable, that before the feast-day, in the principal church of each parish, a triduo of prayer be celebrated. In those lands where the 19th of March - the Feast of St. Joseph - is not a Festival of Obligation, We exhort the faithful to sanctify it as far as possible by private pious practices, in honour of their heavenly patron, as though it were a day of Obligation.

7. And in token of heavenly favours, and in witness of Our good-will, We grant most lovingly in the Lord, to you, Venerable Brethren, to your clergy and to your people, the Apostolic blessing.
Given from the Vatican, August 15th, 1889, the 11th year of Our Pontificate.

LEO XIII 


Prayer to Saint Joseph

To thee, O blessed Joseph, we have recourse in our affliction, and having implored the help of thy thrice holy Spouse, we now, with hearts filled with confidence, earnestly beg thee also to take us under thy protection. By that charity wherewith thou wert united to the Immaculate Virgin Mother of God, and by that fatherly love with which thou didst cherish the Child Jesus, we beseech thee and we humbly pray that thou wilt look down with gracious eye upon that inheritance which Jesus Christ purchased by His blood, and wilt succor us in our need by thy power and strength.

Defend, O most watchful guardian of the Holy Family, the chosen off-spring of Jesus Christ. Keep from us, O most loving Father, all blight of error and corruption. Aid us from on high, most valiant defender, in this conflict with the powers of darkness. And even as of old thou didst rescue the Child Jesus from the peril of His life, so now defend God's Holy Church from the snares of the enemy and from all adversity. Shield us ever under thy patronage, that, following thine example and strengthened by thy help, we may live a holy life, die a happy death, and attain to everlasting bliss in Heaven. Amen.



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QUAMQUAM PLURIES

LETTERA ENCICLICA DI
S.S. LEONE XIII

SULLA DEVOZIONE A SAN GIUSEPPE


Ai Venerabili Fratelli Patriarchi, Primati, Arcivescovi, Vescovi e agli altri Ordinarii territoriali che sono in pace e comunione con la Sede Apostolica.

Il Papa Leone XIII. Venerabili Fratelli, salute e Apostolica Benedizione.

Quantunque abbiamo già ordinato più volte che si facessero in tutto il mondo particolari preghiere e si raccomandassero a Dio nel modo più ampio gl’interessi della cattolicità, tuttavia nessuno si stupirà se riteniamo opportuno anche oggi ribadire nuovamente questo stesso dovere. Nei tempi funesti, soprattutto quando il potere delle tenebre sembra possa osare tutto a danno della cattolicità, la Chiesa è sempre stata solita supplicare Dio, suo autore e garante, con maggiore fervore e perseveranza, invocando pure l’intercessione dei Santi e particolarmente dell’augusta Vergine, madre di Dio, nel patrocinio dei quali vede il massimo della propria sicurezza. Presto o tardi il frutto delle preghiere e della speranza nella bontà divina si evidenzia.

Ora vi è ben noto, Venerabili Fratelli, che il tempo presente non è meno calamitoso di quelli più tristi già subiti dalla cristianità. Vediamo infatti perire in moltissimi la fede, che è il principio di tutte le virtù cristiane; vediamo raffreddarsi la carità, e la gioventù degradarsi nei costumi e nelle idee; dovunque si osteggia con violenza e con perfidia la Chiesa di Gesù Cristo; si combatte atrocemente il Pontificato; e con tracotanza ogni giorno più sfrontata si tenta di scalzare le stesse fondamenta della religione. Dove si sia precipitati e che cosa ancora si vada agitando negli animi è più noto di quanto sia necessario spiegarlo con le parole.

In questa difficile e miserabile situazione, poiché i mali sono più forti dei rimedi umani, non resta che chiedere la guarigione alla potenza divina. Pertanto ritenemmo opportuno spronare la pietà del popolo cristiano perché implori con nuovo fervore e nuova costanza l’aiuto di Dio onnipotente. Quindi, avvicinandosi il mese di ottobre, che in passato abbiamo già decretato sacro alla Vergine Maria del Rosario, vi esortiamo calorosamente a che quest’anno tutto il mese suddetto venga celebrato con la maggior devozione, pietà e partecipazione possibili. Sappiamo bene che nella materna bontà della Vergine è pronto il rifugio, e siamo certi che le Nostre speranze non sono invano riposte in Lei. Se tante volte Ella ci fu propizia nei fortunosi tempi del cristianesimo, perché temere che non voglia ripetere gli esempi del suo potere e della sua grazia, ove sia umilmente costantemente invocata con preghiere comuni? Anzi, tanto più speriamo che in mirabile modo ci assista, quanto più a lungo volle essere pregata.

Se non che un’altra cosa Ci siamo pure proposta, e per essa voi, Venerabili Fratelli, Ci presterete, come al solito, la vostra diligente cooperazione: per meglio rendere Iddio favorevole alle nostre preci e perché Egli, supplicato da più intercessori, porga più rapido e largo soccorso alla sua Chiesa, riteniamo che sia sommamente conveniente che il popolo cristiano si abitui a pregare con singolare devozione e animo fiducioso, insieme alla Vergine Madre di Dio, il suo castissimo sposo San Giuseppe: il che abbiamo particolari motivi di credere che debba tornare accetto e caro alla stessa Vergine.

Quanto a questo argomento che per la prima volta trattiamo pubblicamente, ben sappiamo che la pietà popolare, poco favorevole, venne successivamente aumentando da quando i romani Pontefici, fin dai primi secoli, si impegnarono gradualmente a diffondere maggiormente e per ogni dove il culto di Giuseppe: abbiamo visto che esso è venuto aumentando ovunque in questi ultimi tempi, soprattutto da quando Pio IX, Nostro antecessore di felice memoria, su richiesta di moltissimi Vescovi, ebbe dichiarato il santissimo Patriarca patrono della Chiesa cattolica.

Nondimeno, poiché è di tanto rilievo che il suo culto metta profonde radici nelle istituzioni e nelle abitudini cattoliche, vogliamo che il popolo cristiano anzitutto riceva nuovo impulso dalla Nostra voce e dalla Nostra autorità.

Le ragioni per cui il beato Giuseppe deve essere patrono speciale della Chiesa, e la Chiesa ripromettersi moltissimo dalla tutela e dal patrocinio di lui, nascono principalmente dal fatto che egli fu sposo di Maria e padre putativo di Gesù Cristo. Da qui derivarono tutta la sua grandezza, la grazia, la santità e la gloria. Certamente la dignità di Madre di Dio è tanto in alto che nulla vi può essere di più sublime. Ma poiché tra Giuseppe e la beatissima Vergine esistette un nodo coniugale, non c’è dubbio che a quell’altissima dignità, per cui la Madre di Dio sovrasta di gran lunga tutte le creature, egli si avvicinò quanto nessun altro mai. Infatti il matrimonio costituisce la società, il vincolo superiore ad ogni altro: per sua natura prevede la comunione dei beni dell’uno con l’altro. Pertanto se Dio ha dato alla Vergine in sposo Giuseppe, glielo ha dato pure a compagno della vita, testimone della verginità, tutore dell’onestà, ma anche perché partecipasse, mercé il patto coniugale, all’eccelsa grandezza di lei.

Così pure egli emerge tra tutti in augustissima dignità, perché per divina disposizione fu custode e, nell’opinione degli uomini, padre del Figlio di Dio. Donde consegue che il Verbo di Dio modestamente si assoggettasse a Giuseppe, gli obbedisse e gli prestasse quell’onore e quella riverenza che i figli debbono al padre loro.

Ora, da questa doppia dignità scaturivano naturalmente quei doveri che la natura prescrive ai padri di famiglia; per cui Giuseppe fu ad un tempo legittimo e naturale custode, capo e difensore della divina famiglia. E questi compiti e uffici egli infatti esercitò finché ebbe vita. S’impegnò a tutelare con sommo amore e quotidiana vigilanza la sua consorte e la divina prole; procacciò loro di continuo con le sue fatiche il necessario alla vita; allontanò da loro i pericoli minacciati dall’odio di un re, portandoli al sicuro altrove; nei disagi dei viaggi e nelle difficoltà dell’esilio fu compagno inseparabile, aiuto e conforto alla Vergine e a Gesù.

Ora la casa divina, che Giuseppe con quasi patria potestà governava, era la culla della nascente Chiesa.

La Vergine santissima, in quanto madre di Gesù Cristo, è anche madre di tutti i cristiani, da lei generati, in mezzo alle atrocissime pene del Redentore sul Calvario; così pure Gesù Cristo è come il primogenito dei cristiani, che gli sono fratelli per adozione e redenzione.

Ne consegue che il beatissimo Patriarca si consideri protettore, in modo speciale, della moltitudine dei cristiani di cui è formata la Chiesa, cioè di questa innumerevole famiglia sparsa in tutto il mondo sulla quale egli, come sposo di Maria e padre di Gesù Cristo, ha un’autorità pressoché paterna. È dunque cosa giusta e sommamente degna del beato Giuseppe che, come egli un tempo soleva tutelare santamente in ogni evento la famiglia di Nazaret, così ora col suo celeste patrocinio protegga e difenda la Chiesa di Cristo.

Queste cose, Venerabili Fratelli, come sapete, trovano riscontro in ciò che pensarono parecchi Padri della Chiesa, d’accordo con la sacra liturgia, e cioè che l’antico Giuseppe, figlio del patriarca Giacobbe, anticipasse la persona e il ministero del nostro, e col suo splendore simboleggiasse la grandezza del futuro custode della divina famiglia. Per la verità, oltre all’avere entrambi lo stesso nome, non privo di significato, corrono tra loro ben altre chiarissime rassomiglianze a voi ben note: prima di tutte quella che l’antico Giuseppe si guadagnò in modo singolare la benevolenza e la grazia del suo signore, e che, avendo da lui avuto il governo della casa, tutte le prosperità e le benedizioni piovevano, per riguardo a Giuseppe, sul suo padrone. Ma v’è di più: egli, per volontà del monarca, governò con poteri sovrani tutto il regno, e nel tempo di pubblica calamità, per mancati raccolti e per la carestia, sovvenne con così stupenda provvidenza agli Egizi e ai popoli confinanti, che il re decretò si chiamasse salvatore del mondo.

Così in quell’antico Patriarca è possibile ravvisare la figura del nostro. Come quegli fu benefico e salutare per la casa del suo padrone e poi per tutto il regno, così questi, destinato alla custodia della cristianità, si deve reputare difensore e tutore della Chiesa, la quale è veramente la casa del Signore e il regno di Dio in terra.

Tutti i cristiani, di qualsivoglia condizione e stato, hanno ben motivo di affidarsi e abbandonarsi all’amorosa tutela di San Giuseppe. In Giuseppe i padri di famiglia hanno il più sublime modello di paterna vigilanza e provvidenza; i coniugi un perfetto esemplare d’amore, di concordia e di fede coniugale; i vergini un esempio e una guida dell’integrità verginale. I nobili, posta dinanzi a sé l’immagine di Giuseppe, imparino a serbare anche nell’avversa fortuna la loro dignità; i ricchi comprendano quali siano i beni che è opportuno desiderare con ardente bramosia e dei quali fare tesoro.

I proletari poi, gli operai e quanti sono meno fortunati, debbono, per un titolo o per diritto loro proprio, ricorrere a San Giuseppe, e da lui apprendere ciò che devono imitare. Infatti egli, sebbene di stirpe regia, unito in matrimonio con la più santa ed eccelsa tra le donne, e padre putativo del Figlio di Dio, nondimeno passa la sua vita nel lavoro, e con l’opera e l’arte sua procura il necessario al sostentamento dei suoi.

Se si riflette in modo avveduto, la condizione abietta non è di chi è più in basso: qualsiasi lavoro dell’operaio non solo non è disonorevole, ma associato alla virtù può molto, e nobilitarsi. Giuseppe, contento del poco e del suo, sopportò con animo forte ed elevato le strettezze inseparabili da quel fragilissimo vivere, dando esempio al suo figliuolo, il quale, pur essendo signore di tutte le cose, vestì le sembianze di servo, e volontariamente abbracciò una somma povertà e l’indigenza.

Di fronte a queste considerazioni, i poveri e quanti si guadagnano la vita col lavoro delle mani debbono sollevare l’animo, e rettamente pensare. A coloro ai quali, se è vero che la giustizia consente di potere affrancarsi dalla indigenza e levarsi a migliore condizione, tuttavia né la ragione né la giustizia permettono di sconvolgere l’ordine stabilito dalla provvidenza di Dio. Anzi, il trascendere alla violenza e compiere aggressioni in genere e tumulti è un folle sistema che spesso aggrava i mali stessi che si vorrebbero alleggerire. Quindi i proletari, se hanno buon senso, non confidino nelle promesse di gente sediziosa, ma negli esempi e nel patrocinio del beato Giuseppe, e nella materna carità della Chiesa la quale si prende ogni giorno grande cura del loro stato.

Pertanto, Venerabili Fratelli, ripromettendoci moltissimo dalla vostra autorità e dal vostro zelo episcopale, né dubitando che le pie e buone persone intraprendano molte altre cose, e anche maggiori di quelle comandate da Noi, decretiamo che in tutto il mese di ottobre si aggiunga nella recita del Rosario, da Noi già prescritto altre volte, l’orazione a San Giuseppe, il cui testo riceverete insieme con quell’Enciclica, e così si faccia ogni anno in perpetuo.

A coloro, poi, che devotamente reciteranno la suddetta orazione, concediamo ogni volta l’indulgenza di sette anni e altrettante quarantene. È anche proficuo e sommamente apprezzabile il consacrare, come già avviene in vari luoghi, con giornalieri esercizi di pietà il mese di marzo in onore del Santo Patriarca. Dove poi ciò non si possa fare agevolmente, sarebbe almeno desiderabile che prima della sua festa, nel tempio principale di ciascun luogo, si celebrasse un triduo di preghiere.

Raccomandiamo inoltre a tutti i fedeli dei paesi nei quali il 19 marzo, giorno sacro a San Giuseppe, non è compreso nel novero delle feste di precetto, che non trascurino tuttavia per quanto è possibile, di santificarlo almeno privatamente, ad onore del celeste Patrono, quasi fosse giorno festivo.

Frattanto, auspice dei celesti doni e pegno della Nostra benevolenza verso di voi, Venerabili Fratelli, impartiamo di tutto cuore nel Signore l’Apostolica Benedizione a voi, al Clero e al vostro popolo.
Dato a Roma, presso San Pietro, il 15 agosto 1889, anno duodecimo del Nostro Pontificato.

LEONE PP. XIII


Orazione a San Giuseppe

A te, o beato Giuseppe, stretti dalla tribolazione ricorriamo, e fiduciosi invochiamo il tuo patrocinio dopo quello della tua Santissima Sposa.

Deh! per quel sacro vincolo di carità che ti strinse all’Immacolata Vergine Madre di Dio, e per l’amore paterno che portasti al fanciullo Gesù, guarda, te ne preghiamo, con occhio benigno la cara eredità che Gesù Cristo acquistò col suo sangue, e col tuo potere ed aiuto sovvieni ai nostri bisogni.
Proteggi, o provvido Custode della divina Famiglia, l’eletta prole di Gesù Cristo; allontana da noi, o Padre amantissimo, la peste di errori e di vizi che ammorba il mondo; assistici propizio dal cielo in questa lotta contro il potere delle tenebre, o nostro fortissimo protettore; e come un tempo salvasti dalla morte la minacciata vita del pargoletto Gesù, così ora difendi la santa Chiesa di Dio dalle ostili insidie e da ogni avversità: e stendi ognora sopra ciascuno di noi il tuo patrocinio, affinché sul tuo esempio, e mercé il tuo soccorso, possiamo vivere virtuosamente, piamente morire, e conseguire l’eterna beatitudine in cielo. Così sia.

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SOURCE : http://w2.vatican.va/content/leo-xiii/it/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_15081889_quamquam-pluries.html