jeudi 31 juillet 2014

Saint GERMAIN d'AUXERRE, évêque


La vie de saint Germain d'Auxerre est d'abord connue par la Vita que Constance, prêtre de Lyon, écrivit à la demande de son évêque, une trentaine d'années apres la mort de saint Germain. On connaît aussi une autre Vita, probablement constituée au début du neuvième siècle à partir de la première. Saint Germain, né à Auxerre vers 378, au sein d'une famille de grands propriétai­res, peut-être d'ordre sénatorial, étudie les arts libéraux à Autun puis le droit à Rome. Avocat puis haut fonctionnaire de l'Empire, il se marie. Après la mort de l'évêque Amâtre (Amator) d'Auxerre (418), « tous les clercs, la no­blesse entière, la population de la ville et de la campagne en vien­nent à un avis unanime : tous d'une seule voix réclament Ger­main comme évêque... Malgré lui, contraint, forcé, il reçoit le sacerdoce mais soudain il se transforme du tout au tout. ll aban­­donne le service de ce monde, se charge de celui du ciel... D'é­pouse, sa femme devient une s½ur, il distribue sa fortune aux pauvres, recherche la pauvreté. » Il est ordonné le dimanche 7 juillet 418.

Menant une vie ascétique très rude et pratiquant l'hospitalité, Germain « fonde un monastère, en vue de la ville, de l'autre côté de l'Yonne, pour attirer les foules à la foi catholique par les communautés monastiques et le rayonnement du clergé. » Dans l'antiquité et au Moyen Age la ville d'Auxerre est située sur la rive gauche de l'Yonne. Du monastère de la rive droite, qui fut placé d'abord sous le patronage des saints Côme et Damien, puis sous celui de saint Marien, il ne reste rien.

Dans la Vita, le prêtre Constance insiste plus sur les voyages de saint Germain que sur son activité dans son diocèse. Pour compren­dre l'intérêt que saint Germain portait aux Iles bri­tan­ni­ques, il faut connaître les relations établies avant lui, ne serait-ce que parce que saint Patrick, l'apôtre de l'Irlande, vécut longtemps à Auxerre où il fut probablement ordonné diacre et prêtre par l'évêque Amâtre ; saint Patrick Germain reçut l'épiscopat de saint Germain lui-même, en 432, après la mort de Palladius, disparu avant d'arriver en Irlande où l'avait envoyé le pape Célestin I°.

En 429, Célestin I° envoya saint Germain d'Auxerre en Bretagne pour y combattre l'hérésie pélagienne. Il s'y rendit avec le saint évêque Loup de Troyes. En passant à Nanterre, près de Paris, saint Germain distingua la petite Geneviève à laquelle il prédit que sa vie sera consacrée à Dieu. En Bretagne, saint Germain et saint Loup, soutinrent un débat en présence d'une grande foule et réfutèrent les arguments des pélagiens. Ils firent ensuite un pèlerinage au sanctuaire du premier martyr de l'île, saint Alban, probablement à Verulam. Les Bretons étaient alors menacés par les Saxons et les Pictes. Après avoir célébré les fêtes de Pâques « Germain se proclame chef de guerre. Il choisit des troupes légères, parcourt les environs, observe la vallée, resserrée entre de hautes montagnes, par où l'on attendait l'arrivée de l'ennemi. Là il dispose une seconde armée et prend lui-même le comman­dement de la colonne. » Alors que les ennemis, comptant sur un effet de surprise, s'approchent, « les évêques lancent un Alle­luia trois fois répété. Tous le reprennent d'une seule voix et l'é­cho des montagnes multiplie la clameur. » Pris de panique les en­nemis s'enfuient, « les evêques triomphent... sans effusion de sang. »

Quelques années plus tard, saint Germain, en route pour Arles où il va plaider la cause de ses diocésains accablés d'impôts, passe par Alésia puis « descend au fil de la Saône jusqu'à Lyon. » En Arles où le préfet des Gaules, Auxiliaris, lui accorde le dégrèvement souhaité, saint Germain rencontre « l'évêque Hilai­re, homme de grande valeur par ses diverses vertus... torrent d'éloquence divine enflammé par la foi et ouvrier infatigable pour l'enseignement divin. » Le biographe de saint Hilaire ra­con­te que l'évêque d'Arles (430-49) vit souvent l'évêque d'Auxer­re. Lors de son second voyage en Grande-Bretagne, saint Ger­main rencontre encore sainte Geneviève qui a un peu plus de vingt ans et habite Paris, où elle est fort mal vue ; il prend sa défense.

La décomposition de l'Empire romain crée des situations complexes. Non envahie par les Barbares, l'Armorique est en état d'insurrection permanente. Aétius « qui gouverne alors l'Etat, abandonne au très cruel Goar, roi des Alains, pour qu'il les châtiât en raison de l'audace de leur rébellion, ces pays qu'il avait avidement convoités. » Saint Germain va au devant de cette troupe. Seul devant les cavaliers bardés de fer il s'adresse au roi Goar par le moyen d'un interprète puis il saisit la bride de son cheval pour l'arrêter. « Le roi et son armée se retirent dans de paisibles cantonnements et Goar promet une très loyale garantie de paix à la condition que la grâce qu'il a accordée soit demandée à l'empereur ou à Aétius... Immédiatement, Germain se met en route pour l'Italie, sa seule satisfaction étant de ne jamais rester à jouir du repos. » Traversant les Alpes, il passe par Milan et gagne Ravenne. « L'impératrice Placidia gouverne alors l'em­pi­re romain avec son fils Valentinien qui est déjà un jeune homme. » Fille de Théodose, Galla Placidia garda le pouvoir jusqu'à sa mort en 450, bien que son fils Valentinien III fût devenu empereur dès 425. « Germain aurait assurément gagné la cause du pays armoricain... si la perfidie de Tibatto n'avait ramené ce peuple instable et indiscipliné à la révolte... La médiation de l'évêque devint inutile et la confiance impériale est déçue par cette tromperie. »

Germain tombe malade. Il demande que son corps soit rendu à sa patrie et meurt « le septième jour de sa maladie », le 31 juillet, très probablement en 448. Son corps rapporté à Auxerre arrive le 22 septembre l'ensevelissement a lieu le l° octobre. Saint Germain avait préparé son tombeau dans le petit oratoire Saint-Maurice au nord d'Auxerre. La sainte reine Clotilde y édifia entre 493 et 545 une basilique qui prit bientôt le nom de Saint-Germain et éclipsa le cimetière des premiers évêques situé sur le Mons Autricus, au sud-ouest de la ville. Desservie par un grand monastère, agrandie au neuvième siècle, puis reconstruite aux treizième et quatorzième siècles, la basilique Saint-Germain garde malgré la destruction de la nef un intérêt archéologique considérable.


Interrompez pour un temps, saint Evêque,
les soins ordinaires que vous prenez de votre cher troupeau ;
Dieu même vous l'ordonne :
hâtez-vous de porter du secours
à l'Eglise d'An­gleterre, vivement attaquée.
Geneviève retardera un peu votre course ;
mais vous en serez dignement récompensé,
puisqu'interprète des volontés du Très-Haut,
vous consacrerez cette vierge pour être un temple de la Divinité.
A peine le saint Évêque accompagné de saint Loup,
a-t-il mis le pied sur cette terre désolée,
que l'erreur toute tremblante prend la fuite :
l'ennemi est terrassé et la grâce de Jésus-Christ triomphe.
Cependant les Pictes, cette nation barbare,
menacent de mettre tout à feu et à sang :
mais ne vous effrayez point, peuples anglais,
de tous leurs vains mouvements.
Le saint Pontife, devenu lui-même soldat,
se mettant à la tête des troupes
encore toutes trempées des eaux salutaires du Baptême,
dissipera en un instant par des cantiques de joie cette armée redoutable.
Ô puissance merveilleuse d'une foi humble,
capable même de transporter les montagnes !
C'est par de tels miracles que vous vous plaisez, Seigneur,
à relever la gloire de vos saints.
Gloire soit au Père éternel et au Fils :
qu'une gloire égale soit à l'Esprit divin,
amour substantiel de l'un et de l'autre,
qui revêt de la force d'en-haut les soldats de Jésus-Christ. Amen.

Cette hymne est aux Laudes de la fête de saint Germain d'Auxerre dans les Offices propres de l'église royale et paroissiale de S. Germain l'Auxerrois, publiés chez Jean-Thomas Herissant en 1745.



SAINT GERMAIN d’AUXERRE, ÉVÊQUE

Germain vient de germe, et ana, qui veut dire en haut, c'est donc un germe d'en haut. On trouve en effet trois qualités dans le blé qui germe, savoir une chaleur naturelle, une humidité nutritive, et un principe de semence. De là vient que saint Germain est appelé une semence en germe : car il posséda une chaleur produite par l’ardeur de son amour, une humidité qui développa sa dévotion, et un principe de semence puisque, par la force de sa prédication, il engendra beaucoup de monde à la foi et aux bonnes mœurs. Le prêtre Constantin écrivit sa vie qu'il adressa à saint Cinsurius, évêque d'Auxerre (Héricus, moine d'Auxerre, a écrit sa vie en vers et ses miracles en prose).

Germain naquit à Auxerre d'une famille des plus nobles. Après de longues études consacrées aux arts libéraux, il partit pour Rome afin de se former à la science du droit. Il s'y acquit tant de considérationque le Sénat l’envoya dans les Gaules pour remplir les fonctions de gouverneur de toute la Bourgogne. A Auxerre qu'il affectionnait, il possédait, au milieu de la ville, un pin aux branches duquel il suspendait; pour qu'on les admirât, les têtes des bêtes fauves tuées par lui à la chasse. Mais saint Amateur, évêque de cette ville, le gourmandait souvent de cette vanité, et lui conseillait même de faire abattre cet arbre dans la crainte de quelque mauvais résultat pour les chrétiens. Or, Germain n'y voulait absolument pas consentir. Mais un jour qu'il était absent, saint Amateur fit couper et brûler ce pin. Quand Germain l’apprit, il oublia les sentiments que lui inspirait la religion chrétienne et, revint à la ville avec des soldats, dans le dessein de faire mourir l’évêque: mais celui-ci, qui avait appris par révélation que Germain devait un jour lui succéder, céda devant sa fureur et gagna Autun. Peu après, il revint à Auxerre et ayant attiré Germain dans l’église, il le tonsura en lui prédisant qu'il devait être son successeur. Ce qui eut lieu: car quelque temps après l’évêque mourut en saint et. le peuple demanda à l’unanimité Germain pour évêque. Il distribua tous ses biens aux pauvres, traita sa femme comme si elle eût été sa soeur, et pendant trente ans, il mortifia tellement son corps que jamais il n'usa de pain de froment, ni de vin, ni d'huile, ni de légumes, ne mangeant même rien qui fût accommodé avec du sel. Deux fois l’an cependant, savoir : à Pâques et à Noël, il prenait du vin, encore il y mêlait tant d'eau qu'il n'y avait plus goût de vin. Il commençait ses repas en prenant d'abord de la cendre; ensuite il mangeait du pain d'orge. Son jeûne était continuel, car il ne mangeait jamais que sur le soir. L'été comme l’hiver, il avait pour tout vêtement un cilice et une coule. Et quand il ne lui arrivait pas de donner cet habit à quelqu'un, il le portait jusqu'à ce qu'il fût tout usé et en lambeaux. Les ornements de son lit, c'était la cendre, un cilice et un sac : il n'avait pas de coussin pour tenir sa tête plus élevée que les épaules; mais toujours dans les, gémissements, il portait à son cou des reliques des saints; jamais il ne quittait son vêtement, rarement sa chaussure et sa ceinture. Tout dans sa conduite était au-dessus des forces d'un homme. Sa vie fut telle en effet qu'il eût été incroyable de la concevoir salis miracles ; mais ils furent si nombreux qu'on les croirait imaginés à plaisir, si les mérites qu'il avait acquis n'avaient précédé ces prodiges.

Un jour qu'il avait reçu l’hospitalité dans un endroit, il fut étonné de voir, après le souper, apprêter la table, et il demanda pour qui ou préparait un second repas. Comme on lui disait que c'était pour les bonnes femmes qui voyagent pendant la nuit, saint Germain prit la résolution de veiller cette nuit-là; et il vit une foule de démons qui venaient se mettre à table sous 1a forme d'hommes et de femmes. Il leur défendit de s'en aller, réveilla tous les membres de la maison et leur demanda s'ils connaissaient ces personnes. On lui répondit que c'étaient tous les voisins et voisines ; alors en commandant aux démons de ne pas s'en aller, il envoya au domicile de chacun d'eux; et on les trouva tous dans leur lit. Saint Germain les conjura ; et ils dirent qu'ils étaient des démons qui se jouaient ainsi des hommes. En ce temps-là, florissait le bienheureux saint Loup, évêque de Troyes. Quand Attila attaquait cette ville, le bienheureux Loup lui demanda de dessus la porte à haute voix qui il était pour venir fondre ainsi sur eux. « Je suis, lui répondit-il, Attila, le fléau de Dieu. » L'humble prélat lui répliqua avec gémissement: « Et moi je suis Loup; hélas! je ravage le troupeau de Dieu et j'ai besoin d'être frappé par le fléau de Dieu. » Et à l’instant il fit ouvrir les portes. Mais Dieu aveugla les ennemis qui passèrent d'une porte à l’autre, sans voir personne et sans faire aucun mal. Le bienheureux Germain prit avec lui saint Loup et partit pour les îles Britanniques où pullulaient les hérétiques; et comme ils étaient sur la ruer, une tempête extraordinaire s'éleva; mais à la prière de saint Germain, il se fit aussitôt un grand calme. Ils furent reçus avec de grands honneurs par le peuple; leur arrivée avait été annoncée par les démons que saint Germain avait chassés des obsédés. Après qu'ils eurent convaincu les hérétiques, ils retournèrent en leur propre pays.

Germain était couché malade dans un endroit, quand soudain un incendie embrasa toute la bourgade. On le priait de se laisser emporter pour échapper à la flamme, mais il voulut rester exposé à l’incendie, et le feu, qui consuma tout à droite et à gauche, ne toucha pas à l’habitation où il se trouvait. Comme il retournait une seconde fois en Bretagne pour confondre les hérétiques, un de ses disciples, qui l’avait; suivi en toute hâte, tomba malade à Tonnerre et y mourut: Saint Germain, revenant sur ses pas, fit ouvrir le sépulcre et demanda au mort, en l’appelant par son nom, ce qu'il faisait, s'il désirait encore combattre avec lui. Celui-ci se leva sur son séant et répondit qu'il goûtait des douceurs infinies et qu'il ne voulait pas être rappelé désormais sur la terre. D'après le consentement que lui donna saint Germain de rester dans le repos, il déposa sa tète et se rendormit de: nouveau dans le Seigneur (Héricus, moine d'Auxerre, qui a écrit la vie et, les miracles du saint). Pendant le cours de ses prédications, le roi de la Bretagne lui refusa l’hospitalité aussi bien qu'à ses compagnons. Le porcher du roi, qui revenait de faire paître ses bêtes, en rapportant à sa chaumière des provisions qu'il avait reçues au palais, vit le bienheureux Germain et ses compagnons accablés de faim et de froid; il les accueillit avec bonté dans sa maison, et commanda qu'on tuât pour ses hôtes le seul veau qu'il possédât. Après le souper, saint Germain fit disposer tous les os du veau sur sa peau et à sa prière le veau se leva tout aussitôt. Le lendemain, Germain se hâta de se, rendre chez le roi et lui demanda avec force, pourquoi lui avait-il refusé l’hospitalité. Le roi grandement saisi ne put lui répondre ; alors Germain lui dit: « Sors et cède le royaume à meilleur que toi. » Et par un ordre qu'il reçut de Dieu, Germain fit venir le porcher avec sa femme et en présence de la multitude étonnée, il le constitua roi; et depuis lors ce sont les descendants du porcher qui gouvernent la nation des Bretons (Ibid., c. VIII). Les Saxons étaient en guerre avec les Bretons et se voyaient inférieurs en nombre, ils appelèrent alors les saints qui passaient par là; ceux-ci les instruisirent et tous accoururent à l’envi pour recevoir le baptême. Le jour de Pâques, transportés par la ferveur de leur foi, ils jettent leurs armes de côté et se proposent de combattre avec grand courage; les ennemis, à cette nouvelle, se ruent avec audace contre des gens désarmés; mais Germain, qui se tenait caché avec les siens, les avertit tous, que quand il crierait lui-même Alleluia, ils lui répondissent ensemble en poussant le même cri. Et quand ils l’eurent fait, une terreur tellement grande s'empara des ennemis qui se précipitaient sur eux, qu'ils jetèrent leurs armes, dans la persuasion que non seulement les montagnes, mais encore le ciel s'écroulaient sur leur tète; alors ils prirent tous la fuite(Ibid). Une fois qu'il passait par Autun, il vint au tombeau de saint Cassien, évêque, auquel il demanda comment il se trouvait. Celui-ci lui répondit de son cercueil ces mots qui furent entendus de tous les assistants: « Je jouis d'un doux repos, et j'attends la verne du rédempteur. » Et Germain lui dit: « Reposez encore longtemps en J.-C., et intercédez pour nous avec ferveur, afin que nous méritions d'obtenir les joies de la sainte résurrection. » A son arrivée à Ravenne, il fut reçu avec honneur par l’impératrice Placidie et par son fils Valentinien. Quand vint l’heure du repas, la reine lui envoya un magnifique vase d'argent rempli de mets exquis; il le reçut, mais ce fut pour distribuer les mets à ceux qui l’accompagnaient et pour donner aux pauvres l’argent du vase qu'il garda par devers lui. Pour tenir lieu de présent, il envoya à l’impératrice une écuelle de bois dans laquelle était un pain d'orge; ce qu'elle reçut de bonne grâce et dans la suite elle fit enchâsser cette écuelle dans de l’argent.

Une fois encore, l’impératrice l’invita à un dîner que le saint accepta avec bonté. Or, comme il était exténué par les jeûnes,, la prière et les travaux, il se fit conduire sur un âne depuis son logement jusqu'au palais : mais pendant le repas, l’âne de saint Germain mourut. La reine, qui l’apprit, fit offrir à l’évêque un cheval extrêmement doux. Quand le saint l’eut vu, il dit : « Qu'on m’amène mon âne, parce que, comme il m’a amené, il me ramènera. » Et allant vers le cadavre : « Lève-toi, dit-il, âne, retournons au logis. Aussitôt l’âne se leva, se secoua, et comme s'il n'avait éprouvé aucun mal, il porta Germain à son hôtellerie. Mais avant de sortir de Ravenne, Germain prédit qu'il n'avait plus longtemps à rester sur la terre. Peu de temps après, la fièvre le saisit et le septième jour il s'endormit dans le Seigneur : son corps fut transporté dans les Gaules, selon qu'il l’avait demandé à l’impératrice. Il mourut vers l’an du Seigneur 430.

Saint Germain avait promis à saint Eusèbe de consacrer à sa place, quand il reviendrait, une église que le saint évêque de Verceil avait fondée. Mais quand il eut appris le trépas du bienheureux Germain, saint Eusèbe fit allumer des cierges pour consacrer lui-même son église. Or, plus on les allumait, plus ils s'éteignaient. Eusèbe comprit par là que la dédicace devait) être remise à une autre époque, ou bien qu'elle devait être faite par un autre évêque. Mais lorsque le corps de saint Germain fut amené à Verceil, et qu'on l’eut fait entrer dans l’église, à l’instant tous les cierges s'allumèrent par miracle. Alors saint Eusèbe se souvint de la promesse du bienheureux Germain, et il comprit qu'il avait exécuté, après sa mort, ce qu'il avait promis de faire étant en vie. Il ne faut pas croire qu'il soit ici question du grand Eusèbe de Verceil ; celui-ci mourut du temps de l’empereur Valens, et il s'écoula plus de 50 ans depuis sa mort jusqu'à celle de saint Germain. Ce fut sous un autre Eusèbe, qu'arriva ce qui vient d'être raconté.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/108.htm

Saint Germain d'Auxerre

Évêque d'Auxerre ( 448)

Il était marié et remplissait de hautes fonctions officielles quand il devint évêque d'Auxerre en 418. C'est l'une des plus grandes figures épiscopales de son époque. Son influence s'étendit à la Gaule toute entière tant il était estimé aussi bien des chefs barbares que des empereurs. La mort vint le chercher à Ravenne, alors capitale impériale de l'Occident où il était venu plaider la cause des Bretons maltraités par les gouverneurs impériaux.

Voir aussi: Saint Germain (Germanus) (418-448) est sans conteste la plus célèbre personnalité historique de l’Église locale. (site du diocèse de Sens-Auxerre)

"À l’origine (du IIIe au VIe siècle) les premiers évangélisateurs de ce qui deviendra le diocèse de Nevers sont des hommes que l’Église a canonisé: Saint Révérien, Saint Pèlerin, Saint Martin, Saint Germain..."
Du VIe au XXIe siècle, de Saint Eulade à Francis Deniau, quinze siècles d’évangélisation en Nivernais.

À Ravenne en Émilie, en 448, le trépas de saint Germain, évêque d’Auxerre. Par deux fois, il défendit la foi des Bretons de l’hérésie pélagienne et, venu à Ravenne pour plaider la paix en faveur les habitants de l’Armorique, il fut reçu, avec beaucoup d’honneurs, par l’impératrice Galla Placidia et son fils Valentinien III, et c’est de là qu’il monta au royaume du ciel.

Martyrologe romain


SAINT GERMAIN d'AUXERRE 

(378 - 31 juillet 448)

SAINT  ÉVÊQUE GERMAIN, NOTRE  PROTECTEUR,
HONNEUR ET CONSOLATION DE L’ÉGLISE DE GAULE.
TU AS QUITTÉ LA GLOIRE ET LES RICHESSES
POUR SUIVRE AVEC HUMILITÉ LE CHRIST NOTRE DIEU.
TU AS COMBATTU LES HÉRÉSIES
ET FAIT TRIOMPHER LA VRAIE FOI.
Ô PÈRE DES AUXERROIS, REFUGE DES MALHEUREUX,
PRIE LE CHRIST DE NOUS AFFERMIR DANS SA MISÉRICORDE.

             Celui qui allait devenir Saint Germain l’Auxerrois est né vers l’an 378 à Auxerre. Il est donc contemporain de Saint Augustin et de Saint Jean Chrysostome. C'est l’ époque trouble des grandes invasions et du début de l’effondrement de l’Empire Romain. Dans l’Église, les hérésies foisonnent. C'est une période du christianisme où, après le martyr et l’ascèse, c'est une vie exemplaire et entièrement vouée à la pratique des vertus chrétiennes qui tend peu à peu à s’imposer comme idéal de vie. Les Évêques vont jouer un rôle de première importance en tant qu’exemples vivants. Parmi eux, Saint Germain d’Auxerre n’était pas seulement le chef dune communauté chrétienne mais encore témoin du Christ, modèle de vertu, homme d’action en lutte contre les hérésies et en contact permanent avec les pouvoirs politiques.

Le jeune aristocrate, le fonctionnaire, l’Évêque

       De la vie civile de Saint Germain, nous ne savons presque rien, sinon quille est né dune famille fortunée de l’Auxerrois possédant des terres à Appoigny; Quille a étudié dans les écoles Gauloises (Auxerre ou Autun ?), puis à Rome; Quille devient brillant avocat; Quille épouse Eustachie, « une personne de condition élevée, remarquable par ses richesses et ses m÷urs » nous dit Constance de Lyon, premier biographe de Saint Germain; Que ses talents le font bientôt choisir par l’Etat pour « une haute charge gouvernementale et administrative » et quille visite en personne les territoires dont il a la charge; Enfin, quille fut élu évêque contre sa volonté à la mort de Saint Amasser, Évêque d’Auxerre, en 418. Saint Germain avait alors environ quarante ans.

        Ses relations avec Saint Amasser n’avaient pas toujours été bonnes, loin de là. Au temps où il était riche et puissant, Germain n’aimait pas qu’on s’opposât à sa volonté. L’abbé Lebeuf, historien d’Auxerre, relate :

« Saint Amâtre, Évêque d’Auxerre, fit couper un très beau et grand poirier au milieu de la ville d’Auxerre, sur lequel Germain avait l’habitude d’accrocher les nombreuses têtes des bêtes qu’il avait prises à la chasse afin de s’attirer l’admiration des citoyens. Germain l’ayant menacé de mort, Saint Amâtre se retira à Autun vers le préfet Agricole ». Heureusement les choses s’arrangent...

        Saint Germain exerçait sans doute une autorité ferme. La suite des événements montre qu’il a su être tout aussi rigoureux à son propre égard. Mais il ne devait manquer ni de bonté, ni de justice. Car à la mort de Saint Amâtre, « tout le clergé et la noblesse, le peuple de la ville et de la campagne se réunirent à le demander pour successeur de Saint Amâtre. On lui déclara une espèce de guerre avec tout le respect néanmoins qu’on devait à un homme de son rang ». Germain résiste comme il peut, c’est à dire de toutes ses forces. Mais il finit par se soumettre à une volonté aussi impérative qu’unanime.

        Et lorsqu’il obéit, il ne fait pas les choses à moitié : son épouse devient comme une soeur, il distribue sa fortune aux pauvres. Il est évêque mais vit comme un moine. Il ne prendra plus jamais ni pain de froment, ni vin, ni vinaigre, ni huile, ni légumes, ni sel. Il se nourrit de pain d’orge dont il a battu et moulu lui même les grains. Il dort sur un grabat de cendres. Sa maison est ouverte à tous et il lave lui-même les mains et les pieds de chacun. C’est ainsi qu’il « mena une vie de solitude au milieu des hommes et vécut comme un ermite dans la fréquentation du monde ».

        Il fonde un monastère en face d’Auxerre, sur la rive droite de l’Yonne, où Saint Patrick prédicateur et premier Évêque d’Irlande séjourna de longues années.

        Puis viennent les miracles. Saint Germain retrouve le voleur qui s’était emparé de l’argent du fisc perdu en route par l’agent chargé de le rapporter au gouverneur. Il délivre la ville d’Auxerre d’une épidémie de diphtérie. Il guérit des possédés. Lors d’un voyage en hiver, Saint Germain veut faire une étape dans une maison abandonnée, à demi-ruinée, que l’on dit hantée. Lorsque effectivement apparaît un fantôme au milieu de la nuit, Saint Germain évoque le nom du Christ et enjoint le fantôme de dire qui il est et ce qu’il fait là. D’effrayant, le fantôme devient suppliant : lui et son compagnon étaient des criminels, ils sont morts sans sépultures, errent sans repos et tourmentent les vivants. Il indique à Saint Germain où l’on avait jeté leurs corps. Dès le jour venu, Saint Germain rassemble les habitants des environs, les exhorte à déblayer l’endroit et les cadavres sont découverts. Saint Germain leur rend la paix en donnant une sépulture chrétienne à leurs ossements.

        Pendant le même voyage, Saint Germain guérit avec du blé bénit les volailles qui étaient devenues muettes depuis des années et ne chantaient plus au lever du jour. « Ainsi la puissance divine manifestait sa grandeur même dans les plus petites choses » nous dit Constance de Lyon.

Premier voyage de Saint Germain en Grande-Bretagne.

       Des nouvelles alarmantes parviennent aux évêques des Gaules en provenance de Grande -Bretagne : l’erreur pélagienne avait gagné les populations de ces contrées. Un concile fut réuni, qui décida d’envoyer ensemble Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes pour combattre cette hérésie et rétablir la foi orthodoxe.

        Ils prirent la mer en 429. « Peu après accourt sur la mer, à leur rencontre, la foule des démons... » afin d’empêcher les deux saints d’arriver. L’épaisseur des ténèbres, la fureur du vent et le mugissement des vagues sont terribles. Saint Germain, réveillé par ses compagnons, invoque le Christ et invective l’océan, prend de l’huile bénite pour une aspersion au nom de la  Sainte Trinité. La prière dite d’une seule voix par tous appelle la présence divine qui apaise bientôt les flots.

        A leur arrivée une foule les attend. Prédication et miracles remplissent l’Ile de Bretagne. Leur réputation les précède. Ils convainquent. Une controverse publique est organisée  avec les pélagiens, suivie avec passion par une foule innombrable où se comptent « même des femmes et des enfants »... Christ contre Pélage ! Les évêques opposent un langage vigoureux et inspiré aux « paroles creuses » des pélagiens. La foule manque d’en venir aux mains. La guérison d’une fillette aveugle finit par convaincre et « la foule entre en transes ».

        Pendant ce même séjour en Grande-Bretagne, Saint Germain se casse le pied et est contraint de s’allonger. Eclate un incendie dans le quartier où il est immobilisé, qu’on n’arrive pas à éteindre. Saint Germain renvoie les gens venus l’évacuer de la maison menacée. Et l’incendie épargne la maison, consumant toutes les autres autour.

        Ces événements se mêlent aux invasions barbares de la même période : alors que Saint Germain et Saint Loup se trouvent en Grande-Bretagne, les Saxons et les Pictes commencent une guerre contre les Bretons qui implorent l’aide des deux évêques. Ce sont alors prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux  baptêmes de soldats.

        Pour la liturgie Pascale on « installe une église faite de branchages entrelacés ». L’ennemi informé de cette activité peu habituelle pour une armée en guerre, croit à l’aubaine et veut en profiter pour attaquer. Saint Germain s’improvise alors chef de guerre et organise la défense : placée à un endroit stratégique, toute l’armée va hurler un « Alléluia » trois fois répété, répercuté par l’écho des montagnes. L’ennemi saisi  de panique est mis en déroute sans effusion de sang, par la seule force de la foi.

        A son retour de Grande Bretagne, la cité d’Auxerre attend Saint Germain avec impatience. Un impôt extraordinaire accable ses habitants. Aussitôt rentré, il repart plaider la cause des Auxerrois auprès du préfet des Gaules, à Arles.

        Il voyage à cheval, avec une escorte modeste. Une nuit il se fait voler son cheval. Le lendemain le voleur penaud ramène le cheval car, dit-il, pendant toute la nuit il s’était senti comme pris dans un filet. Il reçoit non seulement le pardon, mais on lui fait encore don de ce dont il a besoin, ainsi que d’une bénédiction.

        Partout où il passe, la foule vient à la rencontre de Saint Germain, pour lui rendre hommage, demander sa bénédiction, le toucher, l’écouter, le regarder. Il guérit, il enseigne. A Alésia où il passe la nuit chez un prêtre ami, la femme de celui-ci glisse de la paille dans le lit de Saint Germain à son insu, qu’elle conserve ensuite pieusement.

        Quelques jours plus tard un homme devient possédé d’un démon. Tous déplorent l’absence de Saint Germain qui avait continué sa route. La femme du prêtre se souvient alors de la puissance de la foi. On entoure le possédé avec la paille sur laquelle Saint Germain a dormi et le malade guérit définitivement.

        Le préfet des Gaules accueille Saint Germain avec tous les honneurs, venant loin au-devant de lui. Saint Germain guérit la femme du préfet. Son voyage est couronné de succès : il obtient un allégement des impôts pour Auxerre et partout où il passe, il apporte la joie
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Deuxième voyage de Saint Germain en Grande-Bretagne

        Une quinzaine d’années après son premier voyage, l’erreur pélagienne se propage de nouveau en Grande-Bretagne. On demande à Saint Germain d’y retourner, accompagné cette fois par Saint Sévère (probablement évêque de Vence, en Provence). Elafus, personnage important en Grande Bretagne, vient avec son fils infirme à la rencontre des saints hommes. Saint Germain, là encore, guérit la jambe malade de l’adolescent. L’hérésie, elle, n’est le fait que d’un petit nombre et les fautifs sont exilés sur le continent.

Voyage à Ravenne

      A peine rentré de Grande Bretagne en 447, une délégation attend Saint Germain à Auxerre, venant d’Armorique. Les Armoricains se sont révoltés contre le gouverneur Aetius, ont chassés les fonctionnaires romains et se sont donnés un gouvernement autonome. En représailles, Aetius abandonne le pays aux pillages et aux cruautés des Alains.

        Déjà, les cavaliers bardés de fer encombraient toute la route. Saint Germain se porte à leur rencontre et, à l’aide d’un interprète, supplie le roi Goar d’épargner le pays. Devant son refus, Saint Germain saisit la bride de son cheval et arrête ainsi toute l’armée. Le roi Goar, stupéfait par tant d’audace, est troublé par son inébranlable résolution.

        Puis ils s’entretiennent sur un ton affable et Goar promet alors la paix à condition que Saint Germain demande la grâce pour les Armoricains au gouverneur Aetius ou à l’empereur Valentinien. Aussitôt, Saint Germain se met en route pour l’Italie afin de  rencontrer le jeune Empereur Valentinien qui gouverne l’Empire Romain avec sa mère l’Impératrice Placidia.

        S’arrêtant de nouveau chez son ami le prêtre Senator à Alésia, il guérit une jeune fille muette dont il effleure la bouche, le front et tout le visage avec de l’huile bénite. Il quitte son ami en lui disant adieu, certain qu’il ne le reverra jamais en ce monde. Vers Autun, il guérit une jeune fille dont les doigts restaient repliés sur la paume de la main.

        Alors qu’il traverse les Alpes en compagnie d’un groupe de travailleurs immigrés rentrant chez eux en Italie, Saint Germain voit l’un d’eux, âgé et boiteux, qui ne parvient pas à traverser un torrent de montagne. Sans dire qui il est, Saint Germain porte d’abord les bagages de l’ouvrier puis l’ouvrier lui même de l’autre côté du torrent.

        Lorsque le petit groupe arrive à Milan, c’est jour de fête. Beaucoup d’évêques sont réunis là. Saint Germain entre incognito dans l’église bondée et à ce moment un possédé du démon se met aussitôt à crier :

       « Germain, pourquoi nous poursuis-tu en Italie ? Pourquoi parcours-tu ainsi tous les pays ? Reposes-toi afin que nous puissions être nous aussi en repos ! ». Tous reconnaissent alors Saint Germain qui exorcise ensuite le possédé.

        Il poursuit sa route vers Ravenne lorsque les pauvres lui demandent l’aumône. Il dit à son diacre de donner tout le contenu de leur bourse. Celui-ci rechigne et lui rétorque : « Mais de quoi allons-nous vivre aujourd’hui ?» « Dieu y pourvoira » répond Saint Germain. Le diacre, en homme prévoyant, donne deux pièces d’or et en garde une secrètement. Ils sont alors rejoint par des cavaliers qui les supplient de faire un détour pour aller chez Leporius dont toute la famille est malade et implore la bénédiction du saint. Ils s’y rendent. Les cavaliers leur offrent alors 200 sous d’or. Saint Germain, se tournant vers son diacre, dit alors : « Prends ce qu’on nous offre et reconnaît le tort que tu as causé aux pauvres, car si tu leur avais donné les trois pièces, celui qui nous récompense nous aurait aujourd’hui rendus 300 pièces».  Saint Germain guérit en un jour toute la maisonnée de Leporius, maître et serviteurs confondus.

Le séjour à Ravenne et la mort de Saint Germain

        A Ravenne, on attend Saint Germain avec impatience. L’évêque Pierre et l’impératrice Placidia l’accueillent avec joie et avec tous les honneurs. Un jour, alors que Saint Germain passe au milieu de la foule sur une grande place, il entend une grande clameur. Il demande ce que c’est. Ce sont des prisonniers injustement retenus qui ont appris son passage et qui l’appellent à l’aide. Saint Germain ne sait pas à qui s’adresser pour faire libérer ces hommes. Il s’adresse alors à Dieu en se prosternant en prières, face contre terre. Les serrures de la prison se brisent, les prisonniers sortent et la foule les entoure et les mène dans l’église avec une grande joie. Saint Germain guérit beaucoup de malades à Ravenne. Constance dit que le Christ augmentait encore la puissance qu’il  lui avait accordée. 

            Lorsque le fils d’un homme important du palais est sur le point de mourrir de fièvre, la famille se tourne vers le Saint qui se hâte au chevet du jeune homme. Hélas, il est déjà mort. La foule insiste alors pour que Saint Germain le ressuscite. Il résiste longtemps puis se laisse convaincre. Il fait sortir la foule de la pièce et s’allonge contre le mort en priant. Peu à peu celui-ci reprend vie. 

           Entretemps une nouvelle révolte éclate en Armorique, réduisant à néant les efforts de médiation de Saint Germain auprès de la cour impériale. 

            Saint Germain prédit sa mort prochaine. Il tombe malade et demande à l’impératrice la faveur de voir son corps ramené à Auxerre. La foule ne quitte pas son chevet, priant et psalmodiant en choeur. Au septième jour de maladie, Saint Germain rends son âme à Dieu. Nous sommes le 31 Juillet 448. Souverains et évêques se partagent ses vêtements. Le corps est embaumé par application d’aromates, l’impératrice l’habille. Lorsque ces préparatifs sont terminés conformément aux rites, le voyage en Gaule s’organise. 

            C’est une véritable procession qui part vers la Gaule. « La multitude des flambeaux brillait », éclipsant le soleil. Au fur et à mesure du chemin, des gens accourent pour remettre en état la route ou les ponts, pour chanter des psaumes ou porter le Saint un bout de chemin. Le cortège arrive à Auxerre le 22 Septembre 448. L’enterrement a lieu le 1er Octobre. Le voyageur infatiguable a enfin trouvé le repos.
            Saint Germain l’Auxerrois est indissociable de la région où il est né, où il vécut et où il repose maintenant. Beaucoup de paroisses de la région sont placées sous son patronage. Les villages de Sainte Magnance, de Sainte Pallaye et d’Escolives-Sainte Camille rappellent le souvenir des femmes qui ont suivi son cortège de Ravenne à Auxerre. Ce Saint du 4ème siècle nous enseigne encore aujourd’hui la foi par son obéissance et sa confiance absolues. Il agit non pour sa gloire personnelle, mais pour la gloire de Dieu. Non pour son confort personnel, mais pour le soulagement des pauvres et des souffrants. Constance de Lyon le dit très simplement :  « ...en guise de trésors inépuisables il portait le Christ dans son coeur. » Puisse-t-il nous aider à en faire autant, chacun à sa façon.
 
 
Saint Germain, prie Dieu pour nous,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.




St. Germain

Bishop of Auxerre, born at Auxerre c. 380; died at Ravenna, 31 July, 448. He was the son of Rusticus and Germanilla, and his family was one of the noblest in Gaul in the latter portion of the fourth century. He received the very best education provided by the distinguished schools of Arles and Lyons, and then went to Rome, where he studied eloquence and civil law. He practised there before the tribunal of the prefect for some years with great success. His high birth and brilliant talents brought him into contact with the court, and he married Eustachia, a lady highly esteemed in imperial circles. The emperor sent him back to Gaul, appointing him one of the six dukes, entrusted with the government of the Gallic provinces. He resided at Auxerre and gave himself up to all the enjoyments that naturally fell to his lot. At length he incurred the displeasure of the bishop, St. Amator. It appears that Germain was accustomed to hang the trophies of the chase on a certain tree, which in earlier times had been the scene of pagan worship. Amator remonstrated with him in vain. One day when the duke was absent, the bishop had the tree cut down and the trophies burnt. Fearing the anger of the duke, who wished to kill him, he fled and appealed to the prefect Julius for permission to confer the tonsure on Germain. This being granted, Amator, who felt that his own life was drawing to a close, returned. When the duke came to the church, Amator caused the doors to be barred and gave him the tonsure against his will, telling him to live as one destined to be his successor, and forthwith made him a deacon.

A wonderful change was instantly wrought in Germain, and he accepted everything that had happened as the Divine will. He gave himself up to prayer, study, and works of charity, and, when in a short time Amator died, Germain was unanimously chosen to fill the vacant see, being consecrated 7 July, 418. His splendid education now served him in good stead in the government of the diocese, which he administered with great sagacity. He distributed his goods among the poor, and practised great austerities. He built a large monastery dedicated to Sts. Cosmas and Damian on the banks of the Yonne, whither he was wont to retire in his spare moments. In 429 the bishops of Britain sent an appeal to the continent for help against the Pelagian heretics who were corrupting the faith of the island. St. Prosper, who was in Rome in 431, tells us in his Chronicle that Pope Celestine commissioned the Church in Gaul to send help, and Germain and Lupus of Troyes were deputed to cross over to Britain. On his way Germain stopped at Nanterre, where he met a young child, Genevieve, destined to become the patroness of Paris. One of the early lives of St. Patrick, Apostle of Ireland, tells us that he formed one of St. Germain's suite on this occasion. Tradition tells us that the main discussion with the representatives of Pelagianism took place at St. Alban's, and resulted in the complete discomfiture of the heretics. Germain remained in Britain for some time preaching, and established several schools for the training of the clergy. On his return he went to Arles to visit the prefect, and obtained the remission of certain taxes that were oppressing the people of Auxerre. He constructed a church in honour of St. Alban about this time in his episcopal city.

In 447 he was invited to revisit Britain, and went with Severus, bishop of Trèves. It would seem that he did much for the Church there, if one can judge from the traditions handed down in Wales. On one occasion he is said to have aided the Britons to gain a great victory (called from the battle-cry, Alleluia! the Alleluia victory) over a marauding body of Saxons and Picts. On his return to Gaul, he proceeded to Armorica (Brittany) to intercede for the Armoricans who had been in rebellion. Their punishment was deferred at his entreaty, till he should have laid their case before the emperor. He set out for Italy, and reached Milan on 17 June, 448. Then he journeyed to Ravenna, where he interviewed the empress-mother, Galla Placidia, on their behalf. The empress and the bishop of the city, St. Peter Chrysologus, gave him a royal welcome, and the pardon he sought was granted. While there he died on 31 July, 450. His body, as he requested when dying, was brought back to Auxerre and interred in the Oratory of St. Maurice, which he had built. Later the oratory was replaced by a large church, which became a celebrated Benedictine abbey known as St. Germain's. This tribute to the memory of the saint was the gift of Queen Clotilda, wife of Clovis. Some centuries later, Charles the Bald had the shrine opened, and the body was found intact. It was embalmed and wrapped in precious cloths, and placed in a more prominent position in the church. There it was preserved till 1567, when Auxerre was taken by the Huguenots, who desecrated the shrine and cast out the relics. It has been said that the relics were afterwards picked up and placed in the Abbey of St. Marion on the banks of the Yonne, but the authenticity of the relics in this church has never been canonically recognized. St. Germain was honoured in Cornwall and at St. Alban's in England's pre-reformation days, and has always been the patron of Auxerre. 

Sources

TILLEMONT, Mémoires, XV, 8; BRIGHT in Dict. Christ. Biog., s.v.; Gallia Christiana, XII, 262; GUÉRIN, Vies des Saints (Paris, 1880), IX, 132-45; Acta SS., VII, July, 184-200; CONSTANTIUS, Vie de S. Germain d'Auxerre, tr. franç. avec une étude (1874); and for his connection with St. Patrick, HEALY, Life of St. Patrick (Dublin, 1905); Vita Tripartita in Rolls Series, ed. Whitley Stokes (London, 1905), passim; O'CONNOR, Rerum Hibern. Script. (1825), II, 92.

mercredi 30 juillet 2014

Saint PIERRE CHRYSOLOGUE, évêque, confesseur et Docteur de l'Église


Saint Pierre Chrysologue

Évèque de Ravenne promue résidence impériale, Pierre fut un prélat considérable, avec qui Rome, Milan et Constantinople devaient compter. Éloquent, il reçut quelque temps après sa mort le surnom grec de chrysologue (au verbe d'or).

Pierre Chrysologue naquit vers 405 sur le territoire de Forum Cornelii (l'actuelle Imola, en Emilie). L'évêque de cette ville, Cornelius, le forma, dira-t-il, comme un bon père à la vie sacerdotale (sermon CLXV). Il fut élu évêque de Ravenne entre 425 et 429 ; son discours d'entrée fut prononcé entre 425 et 434 devant Galla Placidia, « mère de l'empereur chrétien, éternel et fidèle,... qui a mérité de mettre au monde une auguste trinité » (sermon CXXX), Théodose, Justa Grata Honoria, et Placide Valentinien III. Le sermon CXXXVI en l'honneur de l'évêque Adelphe (très probablement le métropolite d'Aquilée) suggère que Pierre est alors avant 431 simple évêque de la VIII° région, dépendant du patriarcat romain et sans prééminence spéciale. Mais en 431 Théodoret de Cyr et d'autres prélats orientaux, mécontents du concile d'Ephèse, adressent une lettre aux évêques de Rome, de Milan, d'Aquilée et de Ravenne. Ravenne est donc devenue, en 431, un centre ecclésiastique prépondérant. Le sermon CLXXV nous apprend en effet que Pierre, tout en restant suffragant de Rorne, comme les autres évêques de la Flaminia (Romagne), avait reçu par « édit du prince chrétien », Valentinien III, et par « décret du bienheureux Pierre », Célestin I° (422-432), le droit de consacrer quelques évêques de l'Émilie. Ce droit appartenait précédemment à l'archevêque de Milan. Ce sermon CLXXV a été prononcé par Pierre Chrysologue lorsqu'il consacra l'évêque de Vicohabentia (Voghenza, quartier de Portomaggiore, près de Ferrare), et le CLXV quand il consacra l'évêque d'Imola. L'absence au synode milanais en 451 des prélats de Forli, Faenza, Bologne, Modène - sans parler de Voghenza et d'Imola - donne à croire que ces sièges furent soustraits à la juridiction milanaise. Rome aurait délégué à Pierre non pas un droit de métropolite sur les diocèses de la Basse-Émilie, mais une sorte de vicariat, pour donner une satisfaction à la cour de Ravenne et prévenir un démenbrement possible de la province ecclésiastique de Rome au profit de Ravenne ; on restreignait aussi de cette manière les prérogatives de Milan. N'avait-on pas créé la métropole d'Aquilée et le vicariat d'Arles pour balancer la puissance de Milan ? Le voyage d'Adelphe, avant 431, pourrait s'interpréter comme un prélude à cette man½uvre de résistance aux Milanais. Quant à la légende de l'origine apostolique du siège de Ravenne, qui a été considérée comme une invention antiromaine, ce pourrait être au contraire un biais pour hausser Ravenne devant Milan, en faire un bastion romain contre la capitale lombarde. Bref, la grandeur ecclésiastique, puis civile et politique, des prélats de Ravenne au Moyen Age date de saint Pierre Chrysologue.

Entre 425 et 434, il consacra l'église Saint-Jean-l'Evangéliste, bâtie en raison d'un v½u fait par Galla Placidia en mer, alors qu'elle voguait de Constantinople à Ravenne. On figura dans l'abside un Pierre Chrysologue à la barbe imposante célébrant la messe, avec l'ange de l'épiclèse près de lui. Pierre fonda aussi la cathédrale de Classe (Petriana), et semble avoir consacré à Ravenne l'église des Saints-Jean-Baptiste-et-Barbatien. Ce qu'on appelle de nos jours la chapelle Saint-Chrysologue, au palais archiépiscopal, date en réalité de Pierre II. Saint Pierre Chrysologue accueillit avec honneur saint Germain d'Auxerre venu plaider devant l'Empereur la cause de l'Armorique contre Aétius qui avait fait appel au roi des Alains, Goar, pour mâter les Bretons. Saint Germain d'Auxerre sut qu'il allait mourir avant que de tomber malade ; le septième jour de sa maladie, il mourut assisté de saint Pierre Chrysologue entouré de six évêques (31 juillet 446).

Politique de grande valeur, Pierre a sans doute été un épistolier heureux, mais il ne nous reste qu'une seule lettre de lui qui a suffi pour fonder supra firmam petram sa réputation de théologien et de canoniste. C'est une réponse à Eutychès, archimandrite byzantin, qui était combattu à Cons­tan­ti­nople parce qu'il confondait les deux natures du Christ. Eutychès avait demandé l'appui de l'évêque de Ravenne et de Rome. Saint Pierre Chrysologue lui écrivit, après juin 449, qu'il refusait de prendre parti sans connaître les arguments opposés à Eutychès ; il n'avait pas qualité pour trancher le débat : le jugement de l'affaire, dit Pierre Chrysologue, n'appartenait à Rome, « car le bienheureux Pierre, qui sur son propre siège vit et préside, fournit à ceux qui la cherchent la vérité en matière de foi. »

Selon Andreas Agnellus qui écrivait vers 830, Pierre Chrysologue mourut à Imola et fut enseveli un 3 décembre dans la basilique suburbaine Saint-Cassien ; Agnellus dit que Pierre Chrysologue mourut au moment où Valentinien commençait à gouverner l'empire seul, donc après la mort de Galla Placidia (27 novembre 449), probablement le 3 décembre 450. Pour Testi-Rasponi, il serait mort un 31 juillet : on aurait échangé les dates de décès entre lui et Pierre II, qui vécut au début du cinquième siècle. En 1729 saint Pierre Chrysologue fut honoré du titre de docteur de l'Èglise par Benoît XIII. Sa fête fut alors inscrite au 4 décembre dans le martyrologe romain, à quoi Paul VI, se référant à Testi-Rasponi, préféra le 30 juillet.

Les sermons de saint Pierre Chrysologue montrent qu'il avait bénéficié d'une bonne formation rhétorique. Sa phrase est construite selon la cadence et les clausules classiques ; il utilise les figures courantes, spécialement la répétition, la métaphore, parfois l'oxymoron. Certaines formules trahissent des réminis­cences d'auteurs profanes (Cicéron, Sénèque, Virgile), mais il ne fait jamais de citations explicites. Il apparaît comme le témoin d'un fonds commun doctrinal et spirituel, transmis surtout par l'enseignement catéchétique au cours du Carême et les homélies des dimanches et fêtes. Sa principale source est l'Écriture dont il explique les passages lus au cours des célébrations liturgiques, mais il n'ignore pas les écrits vétéro-testamentaires. Il commente avec art en utilisant la méthode typologique ou allégorique traditionnelle. Son but principal semble de confirmer la foi des fidèles, en éclairant le sens des festivités annuelles, et de leur fournir des orientations pour la pratique de la vie chrétienne.

Les sermons de saint Pierre Chrysologue sont une source précieuse pour l'histoire de la liturgie à Ravenne qui s'inspirait de celle de Rome et non de l'Orient, avec cependant des traits de la liturgie d'Aquilée. La série de sermons sur l'Annonciation, la génération du Christ et la Nativité (CXLI-CXLIX) est sans doute la plus riche en enseignements : Pierre y enseigne la maternité virginale de Marie et sa maternité divine ; il connaît le parallèle Eve-Marie et voit dans la Vierge Epouse et Mère le type de l'Église. Il insiste sur le réalisme de l'Incarnation, l'assomption par le Verbe de la condition humaine, mais sans préjudice de la divinité. C'est pour répondre au désir des hommes de voir Dieu que Dieu s'est fait homme. Plus profondément, le but de l'Incarnation est la divinisation de l'homme : « Le Christ est né pour restaurer, par sa naissance, la nature corrompue. Il a assumé l'enfance, il a subi les progrès de la croissance, il a parcouru les âges afin d'instaurer l'âge unique, parfait, durable, que lui-même avait fait... L'homme, qu'il avait fait terrestre, il l'a fait céleste ; cet homme, animé d'un esprit humain, il le vivifie en esprit divin, et ainsi il l'élève tout entier en Dieu, afin qu'il ne laisse en lui rien de ce qui venait du péché, de la mort, du travail, de la douleur, de la terre » (sermon CXLVIII, 5).

La série sur la Passion et la Résurrection (LXXII bis-LXXXIV) commente plus littéralement les péricopes évangéliques. Mais Pierre souligne aussi l'amour pour les hommes qui conduit le Christ à sa passion : « Priez, frères, pour que, par la même condescendance qui l'a conduit à souffrir, il nous dévoile le secret de sa passion et nous inspire à tous la cause d'une mort si sainte. » Car, comme un roi manifeste mieux sa gloire en venant combattre au milieu de ses troupes, le Christ « est venu jusqu'à notre servitude pour nous rendre à sa liberté... L'amour se prouve dans les adversités, l'affection se pèse d'après les périls, la dilection se reconnaît aux peines subies, la charité parfaite s'accomplit dans la mort » (sermon LXXII ter, 3-4). Le « mystère salvifique » de Pâques est de provoquer les chrétiens de vieille date à soutenir par leur exemple la foi et la vie des nouveaux baptisés, afin qu'ils prennent conscience de « leur nouvelle et totale création dans le Christ » et qu'ils s'abreuvent « aux seins de l'Église mère » (LXXIII, 3). « En ressuscitant des morts, le Christ n'abandonne pas l'homme mais l'assume : il appelle frères ceux qu'il fait membres de son Corps..., ceux qu'il adopte comme fils de son Père..., ceux auxquels, bienveillant héritier, il partage son héritage » (LXXX, 7). C'est pourquoi Paul invite à célébrer la Pâque « in azymis sinceritatis et veritatis » : « Nous mangeons l'Agneau de Dieu, nous immolons pour notre Pâque l'Agneau qui enlève le péché du monde, nous pour qui le Christ est né en vue d'une joie totale et a été transfiguré dans la gloire » (LXXII, 6).

La double série de sermons sur le Symbole de foi (LVI-LXII) et sur le Notre Père (LXVII-LXXII), prêchés aux catéchumènes durant le Carême, atteste le souci traditionnel du lien entre la lex credendi et la lex orandi. Plusieurs sermons traitent du jeûne (VII-IX ; XI ; XXII ; XLII-XLIII) ; Pierre explique son effet salutaire pour la purification et la sanctification des âmes. Comme le printemps met fin aux tempêtes de l'hiver et fait revivre la nature, le jeûne apporte la paix intérieure et réveille les esprits endormis : « Le jeûne, frères, est le gouvernail de notre vie humaine il régit le vaisseau tout entier de notre corps, élève en haut le c½ur, tend les voiles par les cordages de l'abstinence ajuste les rames de l'esprit, et par l'ample déploiement de la sincérité, appelle et invite le souffle de l'Esprit d'en haut ; ainsi, parmi les flots de ce monde, il dirige et conduit le radeau de notre vie charnelle jusqu'à la demeure plénière du port divin » (VII bis, 1). Mais Pierre Chrysologue insiste plus encore sur la nécessité d'éviter l'hypocrisie pharisaïque (VII) et sur l'authen­ti­cité du jeûne, dont la miséricorde, c'est-à-dire la charité bienfai­sante, est le critère pratique : « L'abstinence est la première médecine de l'homme ; mais, pour que la guérison soit totale, elle exige les dépenses de la miséricorde... Sans le parfum de la miséricorde, sans le ruissellement de l'amour, sans la dispen­sation de l'aumône, le jeûne ne donne pas aux esprits la parfaite santé. Le jeune guérit les blessures des péchés, mais il n'efface pas les cicatrices de ces blessures sans la miséricorde » (XLI, 3).

L'Eucharistie tient une place notable dans la prédication de Pierre Chrysologue, bien que la discipline de l'arcane lui interdise d'entrer dans l'exposé détaillé du mystère. Dans les sermons sur le Notre Père, il évoque déjà la signification eucharistique du « pain quotidien », en citant Jean (VI 51) : « Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge, levé dans la chair formé dans la passion, cuit dans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels » (LXVII, 7). La célébration eucharistique était donc quotidienne à Ravenne, et les fidèles étaient invités à recevoir le Corps du Christ, comme un avant-goût du banquet céleste (LXVII, 7 ; LXXI, 7).

C'est surtout par l'élégance de son style que saint Pierre Chrysologue mérite l'appellation de « Chrysologue ». Mais il suffit à sa gloire d'avoir été un bon commentateur de la Parole de Dieu dans les cérémonies liturgiques, pour nourrir la foi de ses fidèles et maintenir l'authenticité de leur vie chrétienne.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/07/30.php


Saint Pierre Chrysologue

Évêque de Ravenne, docteur de l'Eglise ( 451)

Ravenne était alors la résidence des empereurs d'Occident. L'évêque Ursus étant mort, le pape choisit pour lui succéder un simple diacre d'Imola, ville voisine: Pierre. On raconte que ce choix fut guidé par l'apôtre saint Pierre lui-même et saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Il était éloquent d'où son surnom. Nous pouvons le constater par les sermons qui nous restent de lui et dont l'une des qualités et sans doute la meilleure quand ils sont riches de spiritualité : la brièveté. Saint Germain l'Auxerrois se rendit à Ravenne en 418 pour plaider devant l'empereur la cause de l'Armorique opprimée par son gouverneur. Il fut reçu par l'impératrice Galla Placidia et par l'évêque Pierre. C'est là qu'il mourut assisté par Pierre durant ses derniers instants.

Mémoire de saint Pierre, surnommé Chrysologue ('Parole d’or'), évêque de Ravenne et docteur de l’Église. Doté du nom de l’Apôtre Pierre, il accomplit le même ministère, si bien qu’il ramena des foules dans le filet de la doctrine céleste et qu’il les nourrit de la douceur de la parole de Dieu. Sa mort survint un 31 juillet, vers 450, près de Forum Cornelii [Imola] en Émilie.


Martyrologe romain

Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge Marie, levé dans la chair, formé dans sa Passion, cuit dans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels.

Saint Pierre Chrysologue - sermon sur le Notre Père

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/211/Saint-Pierre-Chrysologue.html


Pierre qui, à cause de l'or de son éloquence, reçut le surnom de Chrysologue, naquit à Forum Cornelii dans l'Émilie, d'une honorable famille. Dès son jeune âge, appliquant son esprit aux choses religieuses, il assista Cornélius le Romain, alors évêque de cette même ville, qui, à bon droit, le créa diacre.
Archevêque de Ravenne, selon les voeux du ciel
Nommé malgré lui archevêque de Ravenne, par le saint Pape Sixte III, il est accueilli par les Ravennais avec un très grand respect. En Italie, Ravenne était la résidence des empereurs d'Occident. L'évêque Ursus étant mort, le pape choisit Pierre, alors diacre à Imola, pour lui succéder. On raconte que ce choix lui fut guidé par l'apôtre saint Pierre lui-même et saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Éminent dans sa charge pastorale et voulant, dans un discours, réprimer les jeux habituels de personnages masqués, Pierre tint ce propos remarquable : « Qui aura voulu s'amuser avec le diable ne pourra se réjouir avec le Christ. »
Un orateur  aux formules puissantes
Il nous reste de lui de nombreux sermons, dont l'une des qualités, et sans doute la meilleure quand ils sont riches de spiritualité, est la brièveté. Saint Germain l'Auxerrois se rendit à Ravenne en 418 pour plaider devant l'empereur la cause de l'Armorique opprimée par son gouverneur. Il fut reçu par l'impératrice Galla Placidia et par l'évêque Pierre. C'est là qu'il mourut assisté par Pierre durant ses derniers instants.
Quant à Pierre, averti par Dieu de la fin de sa vie, il se retira dans sa patrie, et, étant entré dans l'église de Saint-Cassien, après avoir offert des dons précieux, il pria humblement Dieu et ce même protecteur de recevoir son âme avec bonté. Il quitta cette vie, le trois des Nones de Décembre, la dix-huitième année de son épiscopat. Son saint corps a été enseveli avec honneur près de celui de saint Cassien.
Quelques unes de ses formules sont demeurées fameuses : "Le Christ est le pain semé dans le sein de la Vierge Marie, levé dans la chair, formé dans sa Passion, cuit ans le four du tombeau, conservé dans les églises et distribué chaque jour aux fidèles comme une nourriture céleste placée sur les autels", disait-il, avec un art consommé de la métaphore.
A propos de l'intercession de Marie
A propos de la puissance d'intercession de Marie, il assure, avec une énergie remarquable, que "cette Vierge unique, ayant logé le Seigneur dans son chaste sein, en exige, pour prix de l'hospitalité qu'elle lui a donnée, la paix du monde, le salut de ceux qui étaient perdus, et la vie de ceux qui étaient morts" (cf les Gloires de Marie, selon saint Bernard).


La grande éloquence de saint Pierre lui valut le nom de Chrysologue qui signifie : parole d’or.
Comme nous le rappelle l’Oraison, sa promotion à l’Épiscopat de Ravenne (en 433), due à une apparitio de l’Apôtre saint Pierre au Pape Sixte III, fut miraculeuse.

« Vous êtes le sel de la terre... et la lumière du monde » dit l’Évangile. « Prêchez la parole, insistez à temps et à contre-temps, reprenez, exhortez, censurez…, faites l’œuvre d’un prédicateur de la Vérité », ajoute l’Épître.

C’est ce que fit saint Chrysologue : il composa plus de 160 homélies pleines d’une doctrine qui lui valut le titre de Docteur de l’Église.

C’est lui qui a écrit cette maxime connue : « Celui qui s’amuse avec Satan doit renoncer à se réjouir avec le Christ ». Il mourut à Imola en 450. Écoutons avec amour la parole de Dieu.
Saint Pierre était natif d’Imola, en Romagne. Son intelligence précoce et son bon naturel frappèrent l’Évêque de cette ville, nommé Corneille, qui prit soin de l’instruire et l’ordonna Diacre.
En 433, il accompagna à Rome son bienfaiteur, chargé d’obtenir de Sixte III qu’il confirmât l’élection du nouvel Archevêque de Ravenne. Le Pape refusa ce qu’on lui demandait et proposa Pierre, dont il avait apprécié les mérites. Les gens de Ravenne soulevèrent des difficultés, arguant de l’obscurité du candidat et qu’il n’avait pas reçu le Sacerdoce ; mais ils finirent par se rendre. Jamais choix ne fut plus heureux.
Saint Pierre s’en montra digne en travaillant avec un zèle infatigable à réformer les abus et à déraciner les restes des superstitions païennes. Surtout il ne ménageait pas les instructions aux fidèles ; un de ses successeurs en recueillit cent soixante-seize. Elles se distinguent par la brièveté, l’élégance et le naturel ; toutefois elles plaisent plus à l’esprit qu’elles ne touchent le cœur, et, quoiqu’elles aient valu à leur auteur le surnom de Chrysologue (qui parle d’or), on ne peut les regarder comme des modèles de la véritable éloquence.
Il prêchait souvent devant Valentinien III, qui tenait sa cour à Ravenne, et ce fut à la faveur de ce prince qu’il dut l’érection de cette ville en métropole. Un des derniers actes de saint Pierre fut de protester contre l’apologie que l’hérésiarque Eutychès, condamné par le concile de Constantinople, avait faite de sa doctrine. « C’est avec tristesse », lui écrivit-il, « que j’ai reçu votre lettre ; car, si la paix de l’Église est pour nous une anticipation du bonheur céleste, la dissension entre ses membres nous plonge dans l’affliction et dans les larmes ».
Bientôt après, il accueillit de la façon la plus honorable saint Germain d’Auxerre et lui rendit, après sa mort, de grands honneurs. Sentant approcher sa fin, il voulut retourner dans sa patrie ; il y mourut le 2 décembre 450, saint Léon le Grand étant pape, Valentinien III empereur d’Occident et Mérovée roi des Francs Saliens.
On lui doit la fondation de l’abbaye de Classe, près de Ravenne.


Déposition après 451. Élu évêque de Ravenne entre 425 et 429. Surnommé "Chrysologue" au IXème siècle. Docteur en 1729 et fête au calendrier universel à la même date (fêté localement le 3 décembre, avant la fête de St François Xavier).


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

La même Providence divine qui n’a pas permis que l’Église, au saint temps de l’Avent, fût privée de la consolation de fêter quelques-uns des Apôtres qui ont annoncé la venue du Verbe aux Gentils, a voulu aussi qu’à la même époque, les saints Docteurs qui ont défendu la vraie Foi contre les hérétiques, fussent pareillement représentés dans cette importante fraction du Cycle catholique. Deux d’entre eux, saint Ambroise et saint Pierre Chrysologue, resplendissent au ciel de la sainte Église, en cette saison, comme deux astres éclatants. Il est digne de remarque que tous deux ont été les vengeurs du Fils de Dieu que nous attendons. Le premier a vaillamment combattu les Ariens, dont le dogme impie voudrait faire du Christ, objet de nos espérances, une créature et non un Dieu ; le second s’est opposé à Eutychés, dont le système sacrilège détruit toute la gloire de l’Incarnation du Fils de Dieu, osant enseigner que, dans ce mystère, la nature humaine a été absorbée par la divinité.

C’est ce second Docteur, le pieux Pontife de Ravenne, que nous honorons aujourd’hui. Son éloquence pastorale lui acquit une haute réputation, et il nous est resté un grand nombre de ses Sermons. On y recueille une foule de traits de la plus exquise beauté, bien qu’on y sente quelquefois la décadence de la littérature au Ve siècle. Le mystère de l’Incarnation y est souvent traité, et toujours avec une précision et un enthousiasme qui révèlent la science et la piété du saint évêque. Son admiration et son amour envers Marie Mère de Dieu qui avait, en ce siècle, triomphé de ses ennemis par le décret du concile d’Éphèse, lui inspirent les plus beaux mouvements et les plus heureuses pensées.

Nous citerons quelques lignes sur l’Annonciation : 

« A la Vierge Dieu envoie un messager ailé. C’est lui qui sera le porteur de la grâce ; il présentera les arrhes et en recevra le retour. C’est a lui qui rapportera la foi donnée, et qui, après avoir conféré la récompense à une si haute vertu, remontera en hâte porteur de la promesse virginale. L’ardent messager s’élance d’un vol rapide vers la Vierge ; il vient suspendre les droits de l’union humaine ; sans enlever la Vierge à Joseph, il la restitue au Christ à qui elle fut fiancée dès l’instant même où elle était créée [1]. C’est donc son épouse que le Christ reprend, et non celle d’un autre ; ce n’est pas une séparation qu’il opère, c’est lui qui se donne à sa créature en s’incarnant en elle. 



Mais écoutons ce que le récit nous raconte de l’Ange : Étant entré près d’elle, il lui dit : Salut, ô pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous. De telles paroles annoncent déjà le don céleste ; elles n’expriment pas un salut ordinaire. Salut ! C’est-à-dire : recevez la grâce, ne tremblez pas, ne songez pas à la nature. Pleine de grâce, c’est-à-dire : en d’autres réside la grâce, mais en vous résidera la plénitude de la grâce. Le Seigneur est avec vous : qu’est-ce à dire ? Sinon que le Seigneur n’entend pas seulement vous visiter, mais qu’il descend en vous, pour naître de vous par un mystère tout nouveau. L’Ange ajoute : Vous êtes bénie entre toutes les femmes : pourquoi ? parce que celles dont Ève la maudite déchirait les entrailles, ont maintenant Marie la bénie qui se réjouit en elles, qui les honore, qui devient leur type. Ève, par la nature, n’était plus que la mère des mourants ; Marie devient, par la grâce, la mère des vivants [2]. »



Dans le discours suivant, le saint Docteur nous enseigne avec quelle profonde vénération nous devons contempler Marie en ces jours où Dieu réside encore en elle. « Quand il s’agit, dit-il, de l’appartement intime du roi, de quel mystère, de quelle révérence, de quels profonds égards ce lieu n’est-il pas entouré ? L’accès en est interdit à tout étranger, à tout immonde, à tout infidèle. Les usages des cours disent assez combien doivent être dignes et fidèles les services que l’on y rend ; l’homme vil, l’homme » indigne seraient-ils soufferts à se rencontrer seulement aux portes du palais ? Lors donc qu’il s’agit du sanctuaire secret de l’Epoux divin, qui pourrait être admis, s’il n’est intime, si sa conscience n’est pure, si sa renommée n’est honorable, si sa vie n’est vertueuse ? Dans cet asile sacré, où un Dieu possède la Vierge, la virginité sans tache a seule le droit de pénétrer. Vois donc, ô homme, ce que tu as, ce que tu peux valoir, et demande-toi si tu pourrais sonder le mystère de l’Incarnation du Seigneur, si tu as mérité d’approcher de l’auguste asile où repose encore en ce moment la majesté tout entière du Roi suprême, de la Divinité en personne. »

Saint Pontife, dont la bouche d’or s’est ouverte dans l’assemblée des fidèles, pour faire connaître Jésus-Christ, daignez considérer d’un œil paternel le peuple chrétien qui veille dans l’attente de cet Homme-Dieu dont vous avez si hautement confessé la double nature. Obtenez-nous la grâce de le recevoir avec le souverain respect dû à un Dieu qui descend vers sa créature, et avec la tendre confiance que l’on doit à un frère qui vient s’offrir en sacrifice pour ses frères indignes. Fortifiez notre foi, ô très saint Docteur ! Car l’amour qu’il nous faut procède de la foi. Détruisez les hérésies qui dévastent le champ du Père de famille ; confondez surtout l’odieux Panthéisme, dont l’erreur d’Eutychès est une des plus funestes semences. Éteignez-le enfin dans ces nombreuses chrétientés d’Orient qui ne connaissent l’ineffable mystère de l’Incarnation que pour le blasphémer, et poursuivez aussi parmi nous ce système monstrueux qui, sous une forme plus repoussante encore, menace de tout dévorer. Inspirez aux fidèles enfants de l’Église cette parfaite obéissance aux jugements du Siège Apostolique, dont vous donniez à l’hérésiarque Eutychès, dans votre immortelle Épître, une si belle et si utile leçon, quand vous lui disiez : « Sur toutes choses, nous vous exhortons, honorable frère, de recevoir avec obéissance les choses qui ont été écrites par le bienheureux Pape de la ville de Rome ; car saint Pierre, qui vit et préside toujours sur son propre Siège, y manifeste la vérité de la foi à tous ceux qui la lui demandent. »

[1] On voit que saint Pierre Chrysologue proclame ici le mystère de la Conception immaculée. Si Marie était engagée au Fils de Dieu dès le moment même de sa création, comment le péché originel eût-il eu action sur elle ?

[2] Sermon CXI.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La fête de ce célèbre évêque de Ravenne, mort le 2 décembre vers l’an 450, avait pénétré depuis longtemps dans la liturgie romaine quand Benoît XIII l’éleva au rite double, pour honorer surtout le titre de Docteur de l’Église universelle attribué à Chrysologue dès l’antiquité. De fait, il convient que l’Église romaine, dans sa liturgie de l’Avent, réserve une place d’honneur à celui qui, consacré évêque à Rome, travailla tant, avec saint Léon le Grand, pour que les Pères de Chalcédoine distinguassent, dans l’unité de personne, la double nature divine et humaine du Verbe incarné, et qu’ainsi fût condamnée l’erreur d’Eutychès.

Rappelons ces célèbres paroles de saint Pierre Chrysologue, adressées à Eutychès qui avait sollicité sa bienveillance : Quoniam beatus Petrus qui in propria sede et vivit et praesidet, praestat quaerentibus fidei veritatem. Nos enim pro studio pacis et fidei, extra consensum Romanae civitatis episcopi, causas fidei audire non possumus [3].

La messe est celle des docteurs, sauf la première oraison, le graduel, le verset alléluiatique et la Communion.
L’antienne pour l’introït, commune à la fête de saint Jean évangéliste, est tirée de l’Ecclésiastique (15, 5). Le disciple de l’éternelle Sagesse devient à son tour maître de piété. Rempli de cet esprit de sagesse, d’intelligence, de conseil et de science qui parla autrefois par les prophètes et par les apôtres, il élèvera sa chaire de docteur au milieu de l’assemblée des fidèles, et leur enseignera les voies de Dieu. Ainsi l’Église, au moyen de ses saints Docteurs, des souverains pontifes et des conciles œcuméniques, demeure à travers tous les siècles ce flambeau allumé et placé sur le chandelier d’or, cette colonne immobile, soutien de toute céleste vérité, que nous décrit l’Apôtre dans sa première lettre à Timothée (I, 3, 15).

La collecte est de rédaction assez récente, mais sa trame primitive est antique ; le compilateur, tout préoccupé de l’histoire, a voulu y insérer une allusion à la vision qu’eut le Pape avant l’ordination épiscopale de Chrysologue, et aussi à son double office de chef et de maître de son église. Il en est résulté que le concept général est désormais trop morcelé par les idées accessoires ; la phrase n’y a point gagné en harmonie, et moins encore en élégance de proportions.

La première lecture est tirée de la seconde lettre de l’Apôtre à Timothée (4, 1-8) et elle est commune à la messe de saint Sylvestre Ier. Saint Paul, sur le point de consommer son martyre, ou plutôt de répandre sa vie, telle une libation, comme il le dit en termes énergiques, conjure son disciple, par tout ce qu’il y a de plus sacré au ciel et sur la terre, de vaquer constamment à la prédication évangélique et de s’opposer aux fausses spéculations de la gnose naissante.

De cette suprême adjuration du grand saint Paul, où il invoque jusqu’à la terrible sentence du Christ-Juge, apprenons tous, évêques et prêtres, l’importance souveraine qu’assumé, dans le ministère pastoral, la prédication de la parole de Dieu et le compte strict que nous devrons rendre à Dieu et aux âmes qui nous sont confiées, si nous avons négligé ce devoir principal et essentiel de tout pasteur véritable. Paul en était si pénétré que, ayant confié à d’autres la mission de baptiser pour vaquer lui-même sans relâche à la prédication sacrée, il tremblait pour son âme et disait : vae ! mihi si non evangelizavero. Les Onze eux aussi considéraient la prédication évangélique comme leur principal devoir, et, en élisant les sept premiers diacres, ils leur confièrent le ministère extérieur des biens de l’Église, se réservant au contraire celui de la prédication et de la prière : Nos vero orationi et ministerio verbi instantes erimus (Act., 6, 4).

Le répons-graduel a été adapté de l’Ecclésiastique (44, 16, 20), comme pour la fête de saint Thomas de Cantorbéry le 29 décembre. « Voici le grand pontife qui se concilia les divines complaisances, et, vengeur de la loi divine, de même que par le rang il était au-dessus de son troupeau, ainsi surpassait-il chacun en sainteté. » — Saint Bernard observe que c’est une chose vraiment monstrueuse que d’être le premier par le rang et le dernier par le mérite de la vie.

Le verset alléluiatique qui suivait — il est bon de le rappeler — la seconde lecture précédant l’Évangile, est tiré du psaume 109 qui est évidemment messianique. Il se rapporte littéralement au Christ, qui, à la différence des prêtres de l’ancienne Loi, a obtenu du Père un sacerdoce éternel ; ce sacerdoce que Melchisédech symbolise dans l’Écriture, lui qui unit dans sa personne la dignité royale et sacerdotale, et qui offre au Seigneur, en présence d’Abraham, un sacrifice de pain et de vin. Le Saint-Esprit lui-même s’est plu, dans l’Épître ad Hebraeos, à nous expliquer longuement ce mystérieux symbolisme de Melchisédech, roi de paix et de justice, prêtre du Très-Haut, auquel le Patriarche de tous les croyants Abraham offre les dîmes de sujétion. C’est pour cette raison que mention est faite de Melchisédech au canon de la messe.

La lecture évangélique est tirée de saint Matthieu (5, 13-19). Les apôtres et l’Église ont une mission spéciale à accomplir, et c’est pourquoi il est impossible qu’ils demeurent dans l’obscurité, cachés et ignorés. Tous les hommes doivent arriver à la connaissance du salut éternel qui se trouve dans le Christ, c’est pourquoi l’Église est comparée à un flambeau ou à une ville érigée sur une haute montagne, et que la lumière enveloppe de toute part afin que tous la voient de loin pour pouvoir diriger vers elle leurs pas.

En un tel état de choses, après plus de dix-neuf siècles de rédemption, est-il possible que cette irréligion qu’affiche la société laïque actuelle soit le fruit de la seule ignorance et procède de la bonne foi ? Ou plutôt ne devra-t-on pas dire du monde contemporain ce que disait jadis Jésus de la Synagogue : la lumière parut au monde, mais les hommes préférèrent les ténèbres à la lumière.

Dans la collecte avant l’anaphore, nous demandons au Seigneur que jamais ne nous fasse défaut l’intercession du saint dont nous célébrons le natale, afin que ses prières lui rendent plus agréable notre sacrifice et qu’elles nous obtiennent les fruits magnifiques de sa miséricorde.

Tel est l’office des anges et des saints près de l’autel d’or de Dieu au ciel. Ici-bas, nos prières sont faibles et froides ; mais eux, dans le ciel, tout pénétrés du feu divin, peuvent les réchauffer dans leurs cœurs afin de les présenter ensuite au Seigneur.

Le verset chanté pendant la communion est identique à celui de la fête de saint Apollinaire et semble même commun aux saints évêques de la Métropole de Ravenne. Il suppose une lecture évangélique tirée de saint Matthieu (25, 20-21), différente de celle que nous venons de faire, laquelle est empruntée au chapitre v, 13-19 : « Seigneur, vous m’avez confié cinq talents, voici que j’en ai gagné cinq autres en plus. Très bien, ô serviteur fidèle ; parce que tu fus fidèle pour peu de choses, je t’établirai sur beaucoup. Entre dans la joie de ton Seigneur. »

Ces talents sont la parole de Dieu, laquelle, au moyen de la prédication fidèle et prudente, est maintenant dispensée par les évêques et par les docteurs sacrés au peuple du Seigneur, ou, comme disaient les anciens : plebi sanctae Dei, afin qu’elle retourne au divin Juge accrue de l’intérêt d’une correspondance pleine d’empressement et de la pratique des bonnes œuvres.

Dans la prière d’action de grâces, nous supplions le Seigneur d’accueillir en notre faveur l’intercession du saint dont nous célébrons la fête, afin que ce sacrifice qui, s’il devait uniquement considérer notre mérite, serait sans doute inefficace, devienne, par les prières du saint fêté aujourd’hui, la source du salut éternel pour tous.

Il est bon de méditer de nos jours une parole célèbre, prononcée jadis par saint Pierre Chrysologue devant les frivoles habitants de Ravenne ses contemporains : « Celui qui veut se divertir avec le diable ne pourra pas ensuite se réjouir en compagnie de Jésus-Christ. » Se divertir avec le diable signifie suivre les pompes, les modes, la luxure et la légèreté des mondains, ce qui nous empêche de prendre notre croix pour suivre Jésus-Christ. Des hommes de telle sorte, comme le dit l’Apôtre, sont les ennemis de la Croix du Christ, et leur fin, s’ils ne se repentent, sera la mort et la damnation éternelle.

[3] P. L., LIV, 743. Epist. a. 25. Cf. La traduction à la fin du commentaire de Dom Guéranger, ci-dessus.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Les docteurs de l’Église sont les précurseurs du Roi qui vient.

Saint Pierre Chrysologue. Jour de mort : 4 décembre 450. Tombeau : à Imola (province de Bologne) ; un de ses bras est gardé à Ravenne, sa ville épiscopale. Sa vie : Le saint devint en 433 évêque de Ravenne. Il reçut en raison de sa brillante éloquence le surnom de “parleur d’or — Chrysologue”. Quand il prêchait à son peuple, il y apportait tant de zèle que souvent la voix lui manquait, comme cela lui arriva dans l’homélie sur l’hémorrhoïsse. Ses auditeurs, les habitants de Ravenne, en étaient profondément touchés, ils pleuraient tant silencieusement et à haute voix, que le saint évêque ne pouvait, ensuite, que remercier le Seigneur de ce que son manque de voix avait contribué au salut des âmes et à l’accroissement de la charité. On connaît aussi sa formule célèbre : “Celui qui veut rire avec le diable ne pourra pas se réjouir avec le Christ.” Il nous a laissé des sermons que nous lisons au bréviaire. Sa ville épiscopale, Ravenne, conserve encore aujourd’hui des trésors de l’art chrétien et liturgique d’autrefois.

Pratique : Pour le développement de notre vie chrétienne et liturgique, il sera utile d’écouter avec amour et zèle les homélies et les sermons. Les auditeurs de saint Pierre Chrysologue nous donnent à ce sujet un exemple magnifique ; le saint lui-même nous invite à écouter la Parole de Dieu et nous montre la meilleure manière de la recevoir. Comment recherchons-nous et apprécions-nous tout ce qui annonce la parole de Dieu, dans la liturgie et en dehors de la liturgie ?

La messe est tirée du commun des docteurs (In medio). “Au milieu de l’Église Dieu ouvre la bouche du docteur de l’Église.” Voilà ce qui donne la valeur à la prédication, c’est la Parole de Dieu. Aujourd’hui c’est Pierre qui parle, demain ce sera un autre, le curé ou tel ou tel prêtre ; mais c’est toujours le Christ qui continue, par leur bouche, son ministère de prédication. C’est pourquoi cette parole est toujours vraie : “Prêche avec insistance, que ce soit à temps ou à contre-temps, reprends, adjure, châtie en toute patience et sagesse” (Épître). Nous fêtons à la messe la mort de notre saint, dans laquelle s’est accomplie la belle parole de l’Épître : “J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai conservé la foi, je sais que m’est réservée la couronne de justice que me donnera en ce jour le Seigneur, le juste Juge, non seulement à moi, mais à tous ceux qui attendent avec amour son avènement.” Au Saint-Sacrifice, le Seigneur se tient devant nous, il a en main deux couronnes, l’une pour le saint et l’autre pour nous.

Le sens d’une messe en l’honneur des saints est une communauté de souffrance, mais aussi une communauté de gloire. Nous communions donc vraiment avec le saint. Saint Pierre a reçu cinq talents et, à l’arrivée de son Maître, il lui en a présenté cinq autres. En vérité, il a pu fêter avec joie la venue de son Maître. Il ne faut pas que, de notre côté, nous paraissions devant le Roi, les mains vides. Saint Pierre nous prête de ses richesses.

Leçons des Matines

Leçons des Matines (avant 1960)

Quatrième leçon. Pierre, surnommé Chrysologue, à cause de l’or de son éloquence, naquit de parents honnêtes, à Imola dans l’Émilie. Dès son jeune âge, tournant son cœur vers la piété, il s’attacha à l’Évêque de cette ville, Cornélius le romain ; ayant fait auprès de lui de rapides progrès en science et en sainteté, il fut créé Diacre. Peu après, l’Archevêque de Ravenne étant mort, les habitants de cette ville envoyèrent, à Rome, suivant l’usage, le successeur qu’ils avaient élu, solliciter du saint Pape Sixte III, la confirmation de cette élection. Cornélius se joignit aux députés de Ravenne et emmena avec lui son Diacre. Cependant l’Apôtre saint Pierre et le Martyr Apollinaire apparurent en songe au Souverain Pontife, ayant entre eux ce jeune lévite, et ordonnèrent au Pape de ne pas en placer d’autre que lui sur le siège archiépiscopal de Ravenne. Aussi le Pontife n’eut pas plutôt vu Pierre, qu’il reconnut en lui l’élu du Seigneur ; il rejeta donc le candidat qui lui avait été présenté et préposa Pierre au gouvernement de cette Église métropolitaine, l’an du Christ quatre cent trente-trois. Les envoyés de l’Église de Ravenne eurent d’abord quelque peine à accepter ce choix, mais au récit de la vision ils acquiescèrent volontiers à la volonté divine et reçurent le nouvel Archevêque avec le plus grand respect.

Cinquième leçon. Ainsi Pierre, sacré Archevêque malgré lui, fut conduit à Ravenne où l’empereur Valentinien, Galla Placidia sa mère, et tout le peuple, l’accueillirent avec une grande joie ; il leur déclara qu’ayant consenti à porter pour leur salut un si lourd fardeau, il ne leur demandait qu’une chose : de s’appliquer à suivre ses avis et de ne pas résister aux préceptes divins. Il s’occupa alors de faire ensevelir avec des parfums précieux les corps de deux Saints morts en cette ville, saint Barbatien Prêtre, et saint Germain, Évêque d’Auxerre, dont il revendiqua comme héritage le capuchon et le cilice. Il ordonna Évêques, Projectus et Marcellin. Il fit creuser à Classe une fontaine vraiment admirable de grandeur et éleva plusieurs temples magnifiques en l’honneur du bienheureux Apôtre André et d’autres Saints. On avait coutume de célébrer aux calendes de janvier, des jeux accompagnés de représentations théâtrales et de danses ; il abolit cet usage par la force de ses exhortations, et dit à ce propos, entre plusieurs autres choses remarquables : « Celui qui veut s’amuser avec le diable ne pourra pas se réjouir avec le Christ. » Par l’ordre de saint Léon le Grand, il écrivit au concile de Chalcédoine contre l’hérésie d’Eutychès. En outre, il répondit à l’hérésiarque lui-même, par une autre lettre qu’on a jointe aux actes du concile dans les dernières éditions, et qui est consignée dans les annales ecclésiastiques.

Sixième leçon. Dans les prédications publiques qu’il adressait à son peuple, l’éloquence de Pierre était si véhémente et son ardeur si grande, que parfois la voix fui manqua, comme il arriva dans son sermon sur l’hémorroïsse. Les Ravennais présents en furent si émus et remplirent tellement l’église de larmes, de cris et de prières que, dans la suite, le Saint lui-même remerciait Dieu d’avoir fait tourner son extinction de voix au profit de l’amour du Sauveur. Il gouvernait très saintement cette Église depuis environ dix-huit ans, lorsqu’ayant appris par une révélation divine que la fin de ses travaux approchait, il revint dans sa ville natale. Là, il se rendit dans l’église de Saint-Cassien et y déposa en offrande sur l’autel principal, un grand diadème d’or orné de pierres précieuses, une coupe également en or, et une patène d’argent qui donne à l’eau qu’on y met et qui en est versée comme on l’a souvent expérimenté, la vertu de guérir les morsures de chiens enragés, et de couper la fièvre. Alors il congédia ceux des habitants de Ravenne qui l’avaient suivi, leur recommandant d’apporter le plus grand soin au choix d’un excellent pasteur. Puis, adressant à Dieu d’humbles prières, et suppliant saint Cassien, son protecteur, de recevoir avec bonté son âme, il s’en alla doucement de cette vie, le trois des nones de décembre, vers l’an quatre cent cinquante. Son saint corps fut enseveli avec honneur, au milieu des larmes et des témoignages de piété de la ville entière, et déposé auprès de celui du même saint Cassien, où, de nos jours encore, il est religieusement honoré. Un de ses bras, entouré d’or et de pierres précieuses, a été transporté à Ravenne, et on l’y vénère dans la basilique Ursicane.

La Messe

SANCTI PETRI CHRYSOLOGI

Ep., Conf. et Eccl. Doct.

III classis (ante CR 1960 : duplex)

Ant. ad Introitum. Eccli. 15, 5.

In médio Ecclésiæ apéruit os eius : et implévit eum Dóminus spíritu sapiéntiæ et intelléctus : stolam glóriæ índuit eum.
Ps. 91,2.
Bonum est confitéri Dómino : et psállere nómini tuo, Altíssime.
V/. Glória Patri.

Oratio.
Deus, qui beátum Petrum Chrysólogum Doctorem egrégium, divínitus præmonstrátum, ad regéndam et instruéndam Ecclésiam tuam éligi voluísti : præsta, quǽsumus ; ut, quem Doctórem vitæ habúimus in terris, intercessórem habére mereámur in cælis. Per Dóminum.

Deinde fit commemoratio S. Barbaræ, Virg. et Mart. :

Oratio.
Deus, qui inter cétera poténtiæ tuæ mirácula étiam in sexu frágili victóriam martýrii contulísti : concéde propítius ; ut, qui beátæ Bárbaræ Vírginis et Mártyris tuæ natalítia cólimus, per eius ad te exémpla gradiámur. Per Dóminum.
Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Timotheum.

2. Tim. 4, 1-8.
Caríssime : Testíficor coram Deo, et Iesu Christo, qui iudicatúrus est vi vos et mórtuos, per advéntum ipsíus et regnum eius : pr.dica verbum, insta opportúne, importune : árgue, óbsecra, íncrepa in omni patiéntia, et doctrína. Erit enim tempus, cum sanam doctrínam non sustinébunt, sed ad sua desidéria, coacervábunt sibi magistros, pruriéntes áuribus, et a veritáte quidem audítum avértent, ad fábulas autem converténtur. Tu vero vígila, in ómnibus labóra, opus fac Evangelístæ, ministérium tuum ímpie. Sóbrius esto. Ego enim iam delíbor, et tempus resolutiónis meæ instat. Bonum certámen certávi, cursum consummávi, fidem servávi. In réliquo repósita est mihi coróna iustítiæ, quam reddet mihi Dóminus in illa die, iustus iudex : non solum autem mihi, sed et iis, qui díligunt advéntum eius.
Graduale. Graduale. Eccli. 44, 16.
Ecce sacérdos magnus, qui in diébus suis plácuit Deo.
V/. Ibid., 20. Non est invéntus símilis illi, qui conserváret legem Excélsi.
Allelúia, allelúia. V/. Ps. 109, 4. Tu es sacérdos in ætérnum, secúndum órdinem Melchísedech. Allelúia.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.
Matth. 5, 13-19.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Vos estis sal terræ. Quod si sal evanúerit, in quo saliétur ? Ad níhilum valet ultra, nisi ut mittátur foras, et conculcétur ab homínibus. Vos estis lux mundi. Non potest cívitas abscóndi supra montem pósita. Neque accéndunt lucérnam, et ponunt eam sub módio, sed super candelábrum, ut lúceat ómnibus qui in domo sunt. Sic lúceat lux vestra coram homínibus, ut vídeant ópera vestra bona, et gloríficent Patrem vestrum, qui in cælis est. Nolíte putáre, quóniam veni sólvere legem aut prophétas : non veni sólvere, sed adimplére. Amen, quippe dico vobis, donec tránseat cælum et terra, iota unum aut unus apex non præteríbit a lege, donec ómnia fiant. Qui ergo solvent unum de mandátis istis mínimis, et docúerit sic hómines, mínimus vocábitur in regno cælórum : qui autem fécerit et docúerit, hic magnus vocábitur in regno cælórum.
Ante 1960 : Credo
Ant. ad Offertorium. Ps. 91, 13.
Iustus ut palma florébit : sicut cedrus, quæ in Líbano est multiplicábitur.
Secreta
Sancti Petri Pontíficis tui atque Doctóris nobis, Dómine, pia non desit orátio : quæ et múnera nostra concíliet ; et tuam nobis indulgéntiam semper obtíneat. Per Dóminum.

Pro S. Barbara
Secreta
Súscipe, Dómine, múnera, quæ in beátæ Bárbaræ Vírginis et Mártyris tuæ sollemnitáte deférimus : cuius nos confídimus patrocínio liberári. Per Dóminum.

Præfatio communis.
In aliquibus diœcesibus et in Gallis, præfatio de Adventu.
Ant. ad Communionem. Matth. 25, 20 et 21.
Dómine, quinque talénta tradidísti mihi, ecce, ália quinque superlucrátus sum. Euge, serve bone et fidélis, quia in pauca fuísti fidélis, supra multa te constítuam, intra in gáudium Dómini tui.
Postcommunio
Ut nobis, Dómine, tua sacrifícia dent salútem : beátus Petrus Póntifex tuus et Doctor egrégius, quǽsumus, precátor accédat. Per Dóminum nostrum.

Pro S. Barbara
Postcommunio
Auxiliéntur nobis, Dómine, sumpta mystéria : et, intercedénte beáta Bárbara Vírgine et Mártyre tua, sempitérna fáciant protectióne gaudére. Per Dóminum.

SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE

Evêque, Confesseur et Docteur de l’Eglise

IIIème classe (avant 1960 : double)

Introït
Au milieu de l’Église, il a ouvert la bouche, et le Seigneur l’a rempli de l’esprit de sagesse et d’intelligence, et il l’a revêtu de la robe de gloire.
Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre nom, ô Très-Haut.
Collecte
O Dieu, qui, par des prodiges divins, avez désigné et fait élire pour gouverner et enseigner votre Église l’illustre Docteur, le bienheureux Pierre Chrysologue, faites, nous vous en prions, que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans les cieux, celui qui nous a donné sur terre la doctrine de vie.
Et on fait mémoire de Ste Barbe, Vierge et Martyre :

Collecte
O Dieu, qui, entre autres merveilles de votre puissance, avez fait remporter la victoire du martyre même par le sexe le plus faible ; faites, dans votre bonté, qu’honorant la naissance au ciel de la Bienheureuse Barbe, votre Vierge et Martyre, nous tendions vers vous par l’imitation de ses exemples.
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre à Timothée.
Mon bien-aimé, je t’adjure, devant Dieu et Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et par son règne, prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, supplie, menace, en toute patience et toujours en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils amasseront autour d’eux des docteurs selon leurs désirs ; et éprouvant aux oreilles une vive démangeaison, ils détourneront l’ouïe de la vérité, et ils la tourneront vers des fables. Mais toi, sois vigilant, travaille constamment, fais l’œuvre d’un évangéliste, acquitte-toi pleinement de ton ministère ; sois sobre. Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de ma dissolution approche, j’ai combattu le bon combat, j’ai achève ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui aiment son avènement.
Graduel
Voici le grand Pontife qui dans les jours de sa vie a plu à Dieu.
V/. Nul ne lui a été trouvé semblable, lui qui a conservé la loi du Très-Haut.
Allelúia, allelúia. V/. Vous êtes prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech. Alléluia.
Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le candélabre, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. Car, en vérité, je vous le dis, jusqu’à ce que passent le ciel et la terre, un seul iota ou un seul trait ne disparaîtra pas de la loi, que tout ne soit accompli. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera les hommes à le faire, sera appelé le plus petit dans le royaume des deux ; mais celui qui fera et enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
Avant 1960 : Credo
Offertoire
Le juste fleurira comme le palmier : et il se multipliera comme le cèdre du Liban.
Secrète
Que la pieuse intercession de saint Pierre, Pontife et Docteur, ne nous fasse point défaut, Seigneur, qu’elle vous rende nos dons agréables et nous obtienne toujours votre indulgence.

Pour Ste Barbe
Secrète
Recevez, Seigneur, les dons que nous vous présentons en la fête de la Bienheureuse Barbe, votre Vierge et Martyre ; en la protection de qui nous avons confiance pour être délivrés.


Dans quelques diocèses et en France, Préface de l’Avent .
Communion
Seigneur, vous m’avez remis cinq talents ; voici que j’en ai gagné cinq autres. C’est bien, bon et fidèle serviteur ; parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.
Postcommunion
Afin, Seigneur, que votre saint sacrifice nous procure le salut, que le bienheureux Pierre, votre Pontife et votre admirable Docteur intercède pour nous.

Pour Ste Barbe
Postcommunion

Qu’ils nous soient un secours efficace, ô Seigneur, les mystères auxquels nous avons participé et que la bienheureuse Barbe, votre Vierge et Martyre, intercédant pour nous, ils nous fassent jouir d’une protection constante.

Saint Pierre Chrysologue 

docteur de l'église catholique 

406 - 450



Archevêque de Ravenne au Ve siècle. La vie de saint Pierre Chrysologue nous est mal connue. L'historien de Ravenne, Agnellus, qui la raconta, aux environs de 830, ne mérite qu'une confiance assez limitée, Liber pontificalis Ecclesiae Ravennatis, § 21, P L , t cvi, col 554 sq , Mon Germ hist., Script rer Longob et Ital, Hanovre, 1878, col 310, et les témoignages anciens relatifs à ce personnage sont rares et imprécis.

Suivant la tradition reçue, Pierre naquit aux environs de 405, a Forum Cornelii, l'Imola d'aujourd'hui, dans l'Emilie. L'evêque d'Imola fut, comme il le dit lui même, Serm , clxv, P L , t lii, col 633, son père, il ne se contenta pas de le baptiser, il 1'éduqua et l'instruisit, puis il l'éleva à la cléricature et 1'ordonna diacre. Sous le pontificat de Sixte III (432-440), Pierre fut nommé évêque (ou archevêque) de Ravenne.

Agnellus croit savoir que ce choix fut en quelque sorte miraculeux et que le pape, au lieu de consacrer l'élu que lui avaient présenté les Ravennates, lui substitua, en la personne de Pierre, celui que l'apôtre saint Pierre lui même lui avait montré en songe.

En tout cas, Pierre ne tarda pas à se faire connaître par ses éminentes vertus, son éloquence et sa science.

Eutychès, lors de ses premiers démêlés avec les autorités religieuses de Constantinople, lui demanda son aide (449), la réponse de 1'archevêque, P L , t lii, col 24, est un monument du sens catholique.

Pierre refuse en effet de prendre parti sans connaître les arguments des adversaires d'Eutyches et déclare que le jugement définitif de 1'affaire appartient au bienheureux pape de la ville de Rome, quoniam beatus Petrus, qui in pro pria sede et vivit et praesidet, praestat quaerentibus fidei veritatem.

Sur cette lettre, qui figure encore parmi celles de saint Léon le Grand, P L , t liv, col 739-744, voir les explications des Ballerini, P L , t liv, col 737 sq , P Batiffo), Le Siege apostolique, Paris, 1924, p 445 446, cf. F Maassen, Gesch der Quellen und der Literatur des canon Rechts un Abendlande, t i, Graz, 1870, p 370, 693, 747.

La lettre à Eutyches est le seul morceau de la correspondance de saint Pierre Chrysologue qui nous ait été conservée.

Par contre, nous avons, sous le nom de l'archevêque de Ravenne, un grand nombre de sermons

une collection de ces sermons faite au début du viiie siècle par un de ses successeurs, Felix (709-725), ne compte pas moins de 725 morceaux, P L , t lii, col 183-666, mais il est certain que déjà des pièces apocryphes figurent dans cette collection et, d'autre part, il est probable que des sermons authentiques pourraient être retrouvés, ici ou là, sous des noms différents

La critique des sermons de saint Pierre est d'ailleurs fort difficile à réaliser et seuls, à ce qu'il semble, le style et la langue peuvent permettre le discernement de l'authentique et de 1'apocryphe, encore faudrait il que nous eussions a notre disposition une bonne édition, et ce n'est pas le cas jusqu'à présent.

La plupart des homélies authentiques de saint Pierre Chrysologue sont consacrées a 1'explication des passages de 1'Écriture qui avaient été lus au cours de l'office. Son exégèse est avant tout morale, et l'on trouve dans ces sermons les plus intéressants renseignements sur la vie chrétienne au milieu du Ve siècle. Bien que l'orateur s'efforce de parler le langage du peuple afin d'être mieux compris de ses auditeurs, Serm , xliii, il lui arrive souvent de tomber dans l'emphase et de rester fidèle aux préceptes de la rhétorique, cela au détriment de la clarté.

D'ailleurs, presque tous ces discours sont très brefs, Serm , xxxvi, cxxii, cxxxii, et Pierre érige en système sa brièveté.

Les sermons doctrinaux sont l'exception la plupart d'entre eux traitent de l'incarnation et sont dirigés contre les ariens, les nestoriens et les eutychiens.

Les sermons lvi lxii sont consacrés à l'explication du symbole, les sermons lxvii lxxii commentent l'oraison dominicale, ces deux séries sont destinées à achever la préparation baptismale des catéchumènes.

La postérité a honoré l'archevêque de Ravenne du nom de Chrysologue, qui est attesté par Agnellus. Nous trouvons aujourd'hui qu'un tel nom n'est pas entièrement mérité.

Saint Pierre a été un excellent évêque et un bon prédicateur [...]

Benoît XIII, en 1729, lui a donné  le titre de docteur de l'Église.

H Dapper, Der heil Petrus Chrysologus,der erste Erzbischof von Ravenna, eine Monographie, Cologne, 1867,

H Jannel, Commentationes philologicae in Zenonem Veronensem, Gau-dentium Brixiensem, Petrum Chrysologum Ravennatem, Ratisbonne, 1905 1906,

J Peters, Petrus Chrysologus als Homilet, ein Beitrag zur Geschichte der Predigt im Abendlande, Cologne, 1918,

J H Baxter, The homilies of St Peter Chrysologus, dans Journal of theological studies, t xxii, 1921, p 250 258,

D L Baldisserri, S Pier Chrisologo, arci vescovo di Ravenna, Imola, 1921,

G Kruger, dans Schanz, Gesch der romischen Literatur, t iv b, Munich, 1920, § 1218, O Bardenhewer, Gesch der altkirchlichen Literatur, t iv, Fribourg, 1924, p 606-610

Dom Cabrol a essayé de montrer que saint Pierre Chrysologue était l'auteur du Rotulus de Ravenne, Autour de la liturgie de Ravenne Saint Pierre Chrysologue et le Rotulus, dans Revue bénédictine, t xxiii, 1906, p 489-500.

G Bardy 



SOURCE : http://jesusmarie.free.fr/pierre_chrysologue.html



Saint Peter Chrysologus

A man who vigorously pursues a goal may produce results far beyond his expectations and his intentions. Thus it was with Peter of the Golden Words, as he was called, who as a young man became bishop of Ravenna, the capital of the empire in the West.

At the time there were abuses and vestiges of paganism evident in his diocese, and these he was determined to battle and overcome. His principal weapon was the short sermon, and many of them have come down to us. They do not contain great originality of thought. They are, however, full of moral applications, sound in doctrine and historically significant in that they reveal Christian life in fifth-century Ravenna. So authentic were the contents of his sermons that, some 13 centuries later, he was declared a doctor of the Church by Pope Benedict XIII. He who had earnestly sought to teach and motivate his own flock was recognized as a teacher of the universal Church.

In addition to his zeal in the exercise of his office, Peter Chrysologus was distinguished by a fierce loyalty to the Church, not only in its teaching, but in its authority as well. He looked upon learning not as a mere opportunity but as an obligation for all, both as a development of God-given faculties and as a solid support for the worship of God.

Some time before his death, St. Peter returned to Imola, his birthplace, where he died around A.D. 450.

Adult convert to ChristianityDeaconPriestBishop of RavennaItaly in 433. Fought paganism and the Monophysite heresy, enforced reforms, and built several churches and ornate altars in his seePreacher with such language skills, he was given given the name Chrysologus, referring to his golden word. 176 of his sermons have survived; it is the strength of these beautiful explanations of the Incarnation, the Creed, the place of Mary and John the Baptist in the great plan of salvation, etc., that led to his being proclaimed a Doctor of the Church in 1729 by Pope Benedict XIII.

Born


St. Peter Chrysologus

Born at Imola, 406; died there, 450. His biography, first written by Agnellus (Liber pontificalis ecclesiæ Ravennatis) in the ninth century, gives but scanty information about him. He was baptised, educated, and ordained deacon by Cornelius, Bishop of Imola, and was elevated to the Bishopric of Ravenna in 433. There are indications that Ravenna held the rank of metropolitan before this time. His piety and zeal won for him universal admiration, and his oratory merited for him the name Chrysologus. He shared the confidence of Leo the Great and enjoyed the patronage of the Empress Galla Placidia. After his condemnation by the Synod of Constantinople (448), the Monophysite Eutyches endeavoured to win the support of Peter, but without success.

A collection of his homilies, numbering 176, was made by Felix, Bishop of Ravenna (707-17). Some are interpolations, and several other homilies known to be written by the saint are included in other collections under different names. They are in a great measure explanatory of Biblical texts and are brief and concise. He has explained beautifully the mystery of the Incarnation, the heresies of Arius and Eutyches, and the Apostles' Creed, and he dedicated a series of homilies to the Blessed Virgin and St. John the Baptist. His works were first edited by Agapitus Vicentinus (Bologna, 1534), and later by D. Mita (Bolonga, 1634), and S. Pauli (Venice, 1775) — the latter collection having been reprinted in P.L., LII. Fr. Liverani ("Spicilegium Liberianum"), Florence, 1863, 125 seq.) edited nine new homilies and published from manuscripts in Italian libraries different readings of several other sermons. Several homilies were translated into German by M. Held (Kempten, 1874).

Sources

BARDENHEWER, Patrology, tr. SHAHAN, 526 sqq.; DAPPER, Der hl. Petrus von Ravenna Chrysologus (Posen, 1871); LOOSHORN, Der hl. Petrus Chrysologus und seine Schriflen in Zeitschrift f. kathol. Theol., III (1879), 238 seq.; WAYMAN, Zu Petrus Chrysologus in Philologus, LV (1896), 464 seq.


Smith, Ignatius. "St. Peter Chrysologus." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911.12 Apr. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/11762c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph C. Meyer.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. February 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Copyright © 2020 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11762c.htm


École du Guercino. Saint Pierre Chrysologue, Diocesan Museum Pius IX, Imola


From his works, Rubeus in his elegant History of Ravenna, l. 2. Ughelli, Italia, Sacra, t. 2, and Descriptio Patenæ ejus, &c. a Joan. Pastritio, in quarto, Romæ, 1706. Agnellus, a schismatic of Ravenna, in the ninth age, in his Pontifical of Ravenna, or Lives of the Bishops, published by Muratori, Ital. Rerum Scriptores, t. 2, p. 53, with notes, by which many mistakes of Rubeus and Agnellus are corrected. See also Muratori, Spicilegium Ravennat. Hist. t. 1, part 2, p. 529, and Ceillier, t. 14, p. 11.

A.D. 450.


ST. PETER was a native of Imola, anciently called Forum Cornelii, a town in the ecclesiastical state, near Ravenna. He was taught the sacred sciences, and ordained deacon by Cornelius, bishop of that city, of whom he always speaks with veneration, and the utmost gratitude. 1 He calls him his father, and tells us, that in his whole conduct all virtues shone forth, and that by the bright lustre of his great actions he was known to the whole world. Under his prudent direction our saint was formed to perfect virtue from his youth by the exercises of an interior life, and understood that to command his passions and govern himself was true greatness, and the only means of learning to put on the spirit of Christ. For by the oracle of truth we are assured that to bear well an injury is something far more heroic than to vanquish nations, and when the noon-day light shall break in upon us, and dispel the darkness with which we are at present encompassed, we shall most clearly see that the least act of perfect meekness, humility, resignation, or patience, is of greater value than the gaining of millions of worlds. This is the most glorious triumph by which God is honoured in us, and a soul enjoys interior peace, and his holy grace; all her affections being regulated by, and subjected to his will in all things. This domestic victory is something too great to be obtained without earnestness, and the difficulties which stand in the way are not to be vanquished or removed but by constant watchfulness and application. The more easily to accomplish this great and arduous work of subduing and regulating his passions, and forming the spirit of Christ in his soul, he embraced a monastic state, and had served God in it with great fervour and simplicity for some time, when he was placed in the archiepiscopal see of Ravenna. 2 The archbishop John dying about the year 430, the clergy of that church, with the people, chose a successor, and entreated the bishop of Imola to go at the head of their deputies to Rome to obtain the confirmation of Pope Sixtus III. Cornelius took with him his deacon Peter, and the pope (who, according to the historian of Ravenna, had been commanded so to do by a vision the foregoing night) refused to ratify the election already made, and proposed Peter as the person designed by heaven for that post: in which, after some opposition, the deputies acquiesced.

Our saint, after receiving the episcopal consecration, was conducted to Ravenna, and there received with extraordinary joy, the Emperor Valentinian III. and his mother Galla Placidia, then residing in that city. The holy bishop extenuated his body by fasting, and offered his tears to God for the sins of his people, whom he never ceased to teach no less by example than by words. When he entered on his charge, he found large remains of pagan superstition in his diocess, and several abuses had crept in among the faithful in several parts: but the total extirpation of the former, and the reformation of the latter, were the fruit of the holy pastor’s zealous labours. The town of Classis, situate on the coast, was then the port of Ravenna, from which it was three miles distant: St. Peter built there a fountain near the great church; also St. Andrew’s monastery. He employed an extensive charity and unwearied vigilance in favour of his flock, which he fed assiduously with the bread of life, the word of God. We have a hundred and seventy-six of his discourses still extant, collected by Felix, archbishop of Ravenna, in 708. They are all very short; for he was afraid of fatiguing the attention of his hearers. 3 He joins great elegance with extreme brevity. His style has nothing swelling or forced, though it is made up of short sentences or phrases which have a natural connexion together: the words are very fit, simple, and natural, and the descriptions easy and clear. Yet his discourses are rather instructive than pathetic; and though the doctrine is explained in them at large, we meet with little that quickens or affects much. Neither can these discourses be regarded as models of true eloquence, though his reputation as a preacher ran so high as to procure him the surname of Chrysologus, which is as much as to say, that his speeches were of gold, or excellent. He strongly recommends frequent communion, that the holy eucharist, which he usually calls the body of Christ, and in which he says we eat Christ himself, may be the daily bread of our souls. 4 He every where extols the excellency, and inculcates the obligation of almsdeeds, prayer, and fasting; the forty days’ fast of Lent, he says, is not a human invention, but of divine authority. 5 Those whose health does not permit them to fast the whole forty days, he exhorts to redeem by abundant alms what they are not able to accomplish by fasting. 6 Among the remains of heathenish superstition, which he laboured to extirpate, he reckons the riotous manner of celebrating the New-year’s day; of which he says: “He who will divert himself with the devil, can never reign with Christ.” 7It appears that he often preached in presence of the emperor and of the catholic empress Placidia, mother of three children, Valentinian III. Placidia, and Eudocia. 8 He says that the episcopal see of Ravenna had been lately raised to the metropolitical dignity by the pope, and by the favour of a Christian prince. 9 For though Ravenna had been long the metropolis of the Flaminian province or vicariat, the bishop continued suffragan to the archbishop of Milan, till about the time that St. Peter Chrysologus was exalted to this dignity. Eutyches, the heresiarch, having been condemned by St. Flavian, addressed a circular letter to the most distinguished prelates in the church in his own justification. Our saint, in the answer which he sent him, told him that he had read his letter with sorrow: for, if the peace of the church causes joy in heaven, divisions ought to beget sadness and grief; that the mystery of the incarnation, though inexplicable, is delivered to us by the divine law, and to be believed in the simplicity of faith. He therefore exhorted him to acquiesce, not to dispute, having before his eye the rocks upon which Origen, Nestorius, and others had split, by taking that method. In 448, our saint received St. Germanus of Auxerre with great honour at Ravenna, and, after his death, esteemed it no small happiness to inherit his cowl and hair shirt. He did not long survive: for, in 452, when Attila approached Ravenna, John, St. Peter’s successor, held his see, and went out to meet him. The saint being forewarned of his approaching death, returned to Imola, his own country, and there gave to the church of St. Cassian, a golden crown set with jewels, a gold cup, and a silver paten, preserved to this day with great reverence, and famed for miracles. Peter died at Imola, probably on the 2d of December, 450, and was buried there in St. Cassian’s church. The greater part of his relics are preserved there; but one arm is kept in a rich case at Ravenna.

  Learning is recommended by reason, authority, and the example of the saints, and, next to virtue, is doubtless the greatest improvement of the human mind, and instrument of piety and religion. By it the nobleman is qualified for the superior rank he holds among men, is made capable of directing himself and others, is drawn off from sotting, debauchery, and idleness, possesses the art of filling most usefully and agreeable all his vacant hours, and acquires a relish for the pleasure of true rational knowledge, than which man can enjoy no greater or more noble, except those which piety and virtue infuse. By exercise and application the memory and other powers of the soul are perfected, the understanding is furnished with true ideas and a just way of thinking, and the judgment acquires true justice and taste. In a pastor of souls, and minister of religion, how essential the qualification of a consummate skill in sacred learning is, it is needless to show, the infinite obligations of that charge making it manifest to all men. How grievous, then, is the crime of those who are engaged in this state, yet idly throw away the time they owe to the study of the sacred writings, to holy meditation, and application to the science of morality and the pulpit?


Note 1. S. Peter Chrysol. Serm. 107 and 165. [back]

Note 2. It is related by some moderns, that St. Aderitus, the immediate successor of St. Apollinaris, and eleven other successive bishops of that see to St. Severus; also St. Peter II. or Chrysologus, were all miraculously chosen by a dove appearing over their heads. Muratori makes it a subject of inquiry, whether this story did not take its rise from pictures in which the Holy Ghost was drawn under that emblem, to express that he had presided in their elections. [back]

Note 3. S. Pet. Chrys. Serm. 36, 86, 120, 122. [back]

Note 4. Serm. 65, 67, 68, &c. [back]

Note 5. Serm. 12. [back]

Note 6. Serm. 156. [back]

Note 7. Serm. in Calendas. [back]

Note 8. Serm. 130. [back]

Note 9. Serm. 175. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XII: December. The Lives of the Saints.  1866.

Saint Peter, on account of his great eloquence surnamed Chrysologus, or the golden speaker, was a native of Imola, a town not far from Rome. His parents were pious and distinguished people, who led their son from his early youth in the path of rectitude. In his studies he progressed so rapidly, that he was always the first among his schoolmates. The retired life he led, and his blameless conduct, induced the bishop of Imola to receive him among those whom he instructed in theology, and, in due time, to ordain him deacon. In this office, Peter showed such wisdom and ability, that he was beloved and highly esteemed by every one. By his untiring diligence, and the careful instructions of the bishop, he obtained a thorough knowledge of the sacred sciences, and he was often entrusted with the most important affairs of the Church, which he always terminated to the great satisfaction of the clergy. Meanwhile, the Bishop of Ravenna died, and the clergy choosing a successor, sent him with a deputation to Rome, in order that the Pope might confirm the election. The bishop of Imola, who had some business to transact at Rome, went with the delegation, and took Peter along as his travelling companion. During the night before these travellers arrived at Rome, the holy Apostle, Saint Peter and Saint Apollinaris, formerly bishop of Ravenna, appeared to the Pope, and bade him place the mitre, not upon the head of him whom the deputies of Ravenna would present, but on the deacon, Peter, who would arrive with the bishop of Imola. When, on the following day, the deputies presented to the Pope him who had been elected bishop, the holy Father received them very courteously, but refused to confirm their choice, saying that he would bestow on Peter the priestly and episcopal consecration, as he, and no other, should become their bishop. The deputies could not conceal their dissatisfaction; but when the Pope related to them the command he had received from heaven, they praised the Almighty, and carried Peter in great triumph to Ravenna, after he had first been ordained priest and then consecrated bishop. The emperor Valentinian, who resided at Ravenna, as soon as he had received information, came, with the empress, to meet him, and accompanied him, amid great rejoicings, to the cathedral. The new bishop, however, manifested very little joy, and in his first sermon he said, among other things, that as God had laid so heavy a burden on his shoulders, he begged all present to assist him in carrying it, which they would do, first, by obeying the commandments of God, and then by following his instructions. He also assured the people that he was determined to seek only the honor of God and the salvation of their souls. He set immediately to work to accomplish this purpose. He preached frequently to the people, and always with such eloquence, that the most hardened sinners did penance, while others were induced to lead a more perfect life. Sometimes, when, with great earnestness, he reproved vice, his voice would fail him, so that he could not continue his sermon. This happened, one day, whilst he was speaking of the woman mentioned in the Gospel as having been sick seven years; but, on that occasion, the exhaustion of the bishop had such an effect upon his hearers, that the whole church resounded with cries for mercy. He endeavored to abolish several abuses of long standing, among others, the custom which the people had of masking themselves, on the first day of the year, and spending the day in wildly dancing, singing, and rioting around a statue that stood outside of the city. Against this shameful abuse Saint Peter continued to thunder, until he had abolished it entirely. In one of his sermons on this subject he says: “Those who divert themselves with the devil on earth, cannot rejoice with Christ in heaven.” He overthrew the statue where so much wantonness had been displayed, and, in place of it, he raised a crucifix. Besides his zeal in preaching, he manifested great love and compassion towards the poor and oppressed, and no one left him without being comforted. He most earnestly protected the widow and the orphan against all who would rob them. The ignorant he instructed with gentleness and patience in all that a true Christian ought to know. The sorrowful and disheartened he knew how to comfort and cheer with admirable ability and wisdom.

What made Saint Peter especially celebrated in the whole Christian world, was his apostolic zeal in defending the true faith, and in refuting the heresies of Eutyches and Dioscorus. By request of the holy Pope, Leo I., the Saint wrote against the errors of these heresiarchs with so much learning and eloquence, that the heretics were made ashamed before the entire council assembled at Chalcedon; and as they were not willing to retract their heresies, they were disowned and banished from the true Church. To this day, this and other writings of Saint Peter are greatly admired, which he composed for the benefit of the Catholics; for they are filled with heavenly wisdom. During the time that Saint Peter administered the See of Ravenna, Saint Germanus, bishop of Auxerre, came thither, and having witnessed the virtues of our holy bishop, became his warm friend. They animated each other to zeal in the service of God and in the protection of the true faith. Not long afterwards, Saint Germanus became ill, and ended his life. Peter had the holy body embalmed and sent it to France, together with all that Saint Germanus had left, except his cowl and his hair-shirt, which Saint Peter kept to himself, and esteemed above all other earthly treasures. After Saint Peter had, for eighteen years, most worthily administered his See, bravely defended the Church of Christ, furthered the honor of God and the salvation of his flock, by erecting several churches, by abolishing vices and abuses, and by leaving for the benefit of posterity many wholesome books, God revealed to him his approaching end. His life had always been blameless and holy, but to prepare himself better for death, he set out for his native city, where he hoped to be able to spend his time more peacefully in devout exercises. Arrived there, he dismissed the ecclesiastics who had accompanied him, with the admonition to keep God always before their eyes, to observe His commandments, and to exercise great care in choosing a new bishop. Some time later, going into the church of the martyr Saint Cassian, he offered upon the altar a golden crown, studded with jewels, and an equally precious cup: after which, having received the holy sacraments, he lay down beside the tomb of the holy martyr, prayed to the Almighty, and asked the Saints to assist him m his last combat, and lead his soul to the throne of God. With this prayer he ended his life, in the year of our Lord 452.

Practical Considerations

• “Those who divert themselves with the devil on earth, cannot rejoice with Christ in heaven.” Thus spoke Saint Peter of the riotous people and their masquerades. Hence the holy bishop judged and believed that it is sinful to hide under a mask in order to be more free, more wanton, or for some other sinful reason. Do the people of the world at present agree with this judgment of the Saint, or are they better able to judge this matter than a holy teacher enlightened by the Almighty? To speak in general of disguising one’s self, it may be done in certain circumstances without sin, and is sometimes done in pagan or heretical countries, even by Catholic priests who appear dressed as merchants, physicians, etc., to give spiritual assistance to the Catholics, when they dare not openly exercise their sacred functions. The Almighty, in ancient times, gave the following law: “The woman shall not wear that which pertains unto a man, neither shall a man put on a woman’s garment.” Whoever transgressed this law, did great sin, as Saint Thomas remarks; for, the following words are added to it: “For all that do so are an abomination unto the Lord thy God. (Deuteronomy 22) This holy teacher says, however, that disguising is in itself no mortal sin, if it be done for the sake of sport, without any desire to give scandal; or if it be done without evil intention, and if no danger of committing a fault against chastity is apparent. But whether such disguising is done, in our days, without giving scandal, or without evil intentions or without danger of sinning against chastity, they know best who participate in such amusements. It is very reprehensible, and a great sin and scandal to burlesque the holy Mass, and by that or similar means to ridicule religious practices or the ministers of religion. Generally speaking people disguise themselves that their conduct may be more wanton, that they may give way to their passions, and visit dangerous places; when they occasion scandal, or when chastity is endangered, all theologians judge that great sin is done by it There is no doubt that masks may be used in some circumstances, without sin; but we are not justified in saying that it is only a harmless jest when worn by all sorts of persons, especially in ball-rooms and suspicious lurking-places. We know that many have said that the cause of their disguising and wearing a mask was only to be unrestrained in their conduct, and yet remain unknown.

Already in times long gone by, Job said of the debauched man, that he watched till it became dark, when covering his face, he said, “No eye will see me.” (Job 15) The covering of the face, the mask, must be to him a cloak for his wickedness, and when there is such an intention or danger to commit sin, especially that of unchastity, it can hardly be said that all is only a harmless jest. This is the reason that the holy fathers and prelates of the church have preached and written so much against masks. I will cite only one, but one whose great learning has been acknowledged and highly honored by the whole world. It is the celebrated and holy Cardinal Charles Borromeo, who issued the following law for his entire diocese: “Masks shall be forever banished; since they remind us of our fall, and were invented by the devil disguised as a serpent.” The holy Cardinal means that he considers Satan the inventor of masks, when he spoke under the disguise of a serpent, and thus seduced Eve. He calls them: “The horrible, detestable masks, under which people believe that they are allowed to speak impudently and act impiously; the vicious and wicked masks, which are enemies of all honesty and chastity, etc.” This and more on the same subject is to be found in the writings of Saint Charles; from which we conclude that, at his time, many must have used masks with wicked intentions. Whether, in our time, such wicked use is made of the mask, and whether the holy man said too much or wrote too severely, I leave to others to judge.

• Saint Peter left his labor, although it was holy, when his last hour approached, in order the better to prepare himself for death. After having devoutly received the holy Sacraments, he invoked the martyr, Saint Cassian, to assist him in his last hour. Our last hour is of such importance, that we are right in putting everything aside to make that hour calm and happy. Hence those do very wrong who, in old age or in mortal sickness, needlessly trouble themselves with temporal affairs until the very last hour, and think not earnestly on the chief affair which is lying before them, that is, death. Take heed not to commit so dangerous an error. If you are old or sick, discard all other thoughts and cares, and prepare yourself for a happy death on which everything depends. Employ usefully every moment left to you; for they are precious moments, in which you may win much for eternity. During the days of your health, also, no work ought to be of so much importance to you as the work of your salvation, an early preparation for death; for, on your last hour depends your whole eternity. It is useful to endeavor to obtain the intercession of the Saints. Above all, you ought to pray to the Lord of life and death for the grace to die happily; for, this is a grace, which is not due to us on account of our good works but which we can obtain from the divine Mercy, by humble and persevering prayer. After God, implore daily the Blessed Virgin, as the chief patroness of the dying, to intercede for you and assist you. Besides her, choose other holy patrons of the dying, to whom you should commend yourself in your last hour. This the Saints have done and taught. “We ought to invoke the holy Angels, who are given to us to protect us, and also the holy Martyrs, whose intercession we have a right to request, as we still possess their holy bodies on earth.” Thus speaks Saint Ambrose. Saint Bernard says: “We ought fervently to seek and invoke the Saints, that we may receive by their intercessions, what we, of ourselves, cannot obtain.” “The prayers of the Saints,” says Saint Chrysostom, “have great power to obtain anything for us, if while we pray to them, we do true penance.”

MLA Citation
  • Father Francis Xavier Weninger, DD, SJ. “Saint Peter Chrysologus, Bishop of Ravenna”. Lives of the Saints1876CatholicSaints.Info. 2 June 2018. Web. 30 July 2020. <https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-peter-chrysologus-bishop-of-ravenna/>

The Liturgical Year: Saint Peter Chrysologus


Peter, surnamed, for his golden eloquence, Chrysologus, was born at Forum Cornelii (Imola) in Æmilia, of respectable parents. Turning his mind to religion from his childhood, he put himself under Cornelius, the Bishop of that city, who was a Roman. In a short while, he made such progress in learning and holiness of life, that, in due time, the Bishop ordained him Deacon. Not long after, it happened that the Archbishop of Ravenna having died, the inhabitants of that city sent, as usual, to Rome the successor, they had elected, that this election might be confirmed by the holy Pope Sixtus III. Cornelius, who was also sent in company with the deputies of Ravenna, took with him the young Deacon. Meanwhile, the Apostle Saint Peter, and the holy Martyr Apollinaris, appeared to the Roman Pontiff in his sleep. They stood with the young levite between them, and ordered the Pontiff to create him, and none other, as Archbishop of Ravenna. The Pontiff, therefore, no sooner saw Peter, than he recognised him as the one chosen by God; and rejecting the one presented to him, he appointed Peter to the Metropolitan Church of that city, in the year of our Lord 433. At first, the deputies from Ravenna were dissatisfied at this decision of the Pope; but, having been told of the vision, they readily acquiesced to the divine will, and received the new Archbishop with the greatest reverence.

Peter, therefore, being, though reluctant, consecrated Archbishop, was conducted to Ravenna, where he was received with the greatest joy by the Emperor Valentinian, and Galla Placidia the Emperor’s mother, and the whole people. On his part, he told them that he asked of them but this, that since he had not refused this great burden for their salvation’s sake, they would make it their study to follow his counsels,and to obey the commandments of God. He then buried in the city the bodies of two Saints, after having embalmed them with the most precious perfumes: Barbatian, a Priest, was one; and the other, Germanus, Bishop of Auxerre, whose cowl and hair-shirt Peter claimed as his own inheritance. He ordained Projectus and Marcellinus Bishops. In the town of Classis he erected a fountain of an incredible size, and built some magnificent churches in honour of several Saints, of Saint Andrew among the rest. The people had a custom of assisting at certain games, on the first day of January, which consisted of theatrical performances and dances; the Saint repressed these by the severity with which he preached against them. One of his expressions deserves to be handed down: He that would play with the devil, can never enjoy the company of Jesus. At the command of Pope Saint Leo I, he wrote to the Council of Chalcedon against the heresy of Eutyches. He answered Eutyches himself by another epistle, which has been added to the Acts of that same Council in the new editions, and has been inserted in the Ecclesiastical Annals.

In his sermons to the people he was so earnest, that at times his voice completely failed him, as in his Sermon on the Women healed by our Lord, as mentioned in the 9th chapter of Saint Matthew; on which occasion his people of Ravenna were so affected, and so moved to tears, that the whole church rang with their sobbings and prayers, and the Saint afterwards thanked God, for that he had turned the failure of his speech into the gain of so much love. After having governed that Church, in a most holy manner, about eighteen years, and having received a divine warning that his labours were soon to end, he withdrew into his native town. There he visited the Church of Saint Cassian, and presented an offering of a large golden diadem, set with most precious stones, which he placed upon the high Altar; he also gave a golden cup, and silver paten, which imparts to water poured on it the virtue of healing the bites of mad dogs, and of assuaging fevers, as frequent instances have attested. He then took leave of those who had accompanied him from Ravenna, admonishing them to spare no pains in electing for their Pastor him who was the most worthy. Immediately after this he turned in humble prayer to God, that, through the intercession of his patron Saint Cassian, he would mercifully receive his soul; and calmly passed out of this life, on the third of the Nones of December (December 3), about the year 450. His holy body was buried, amidst the tears and prayers of the whole city, near the body of the same Saint Cassian: there it is venerated even at this day; though Ravenna possesses and venerates one of the arms, which was enshrined in gold and gems and placed in the Basilica Ursicana.

Petition to Saint Peter

Holy Pontiff, who opened your lips and poured out on the assembly of the faithful, in the streams of golden eloquence, the knowledge of Jesus, cast an eye of compassion on the Christians throughout the world, who are watching in expectation of that same God-Man, whose two Natures you so courageously confessed. Obtain for us grace to receive him with that sovereign respect, which is due to a God who comes down to his creatures, and with that loving confidence, which is due to a Brother who comes to offer himself in sacrifice for his most unworthy brethren. Strengthen our faith, most holy Doctor! for the love we stand in need of comes from faith. Destroy the heresies which lay waste the vineyard of our Father; and uproot that frightful Pantheism, which is the form under which the heresy you fought, is still among us. May the Churches of the East abjure that heresy of Eutyches which reigns so supreme among them, and gives them the knowledge of the ineffable mystery of the Incarnation only to blaspheme it. Pray that the children of the Church may show to the judgments of the Apostolic See that perfect obedience, to which you so eloquently urged the heresiarch Eutyches in the Epistle you addressed to him, and which will ever be precious to the world –

“We exhort thee above all things, most honoured Brother, that you receive with obedience whatsoever has been written by the most blessed Pope of the City of Rome; for, Blessed Peter, who lives and presides in his own See, shows the truth of faith to all them that seek it.” (Letter 25)

– from the book The Liturgical Year: Advent, by the Very Reverend Dom Prosper Gueranger, Abbot of Solesmes, translated from the French by the Revered Dom Laurence Shepherd, Monk of the English-Benedictine Congregation, 2nd edition; published in Dublin Ireland by James Duffy, 15 Wellington-Quay, 1870

Saints of the Day – Peter Chrysologus, Doctor


Article

Born at Imola, Emilia, Italy, c.400; died at Imola, July 31, c.450; feast day was December 4. Although Saint Peter Chrysologus (‘golden speeched’) has been included among the Doctors of the Church by Pope Benedict XIII in 1729, very little is known about his life. All his writings have perished except a large collection of short sermons. There is no account of him earlier than nearly 400 years after his death, and it is unreliable.

Saint Peter studied under the direction of and was ordained deacon by Bishop Cornelius of Imola, of whom he speaks with veneration and gratitude. Peter successively was appointed by Emperor Valentinian III and his mother Galla Placida as archdeacon and then archbishop to succeed John of Ravenna, who was a frequent correspondent with Pope Gregory the Great. An unlikely legend says that he was named bishop of Ravenna around 433 by Pope Saint Sixtus III, who reputedly selected him in place of another elected by the people because of a vision Sixtus had telling him to do so.

At any rate, he at once set about the reform of his lax see and to eradicate paganism. He was known for his charities, and preached so effectively that he was surnamed Chrysologus. His first sermon impressed Empress Galla Placidia enough that thereafter she generously supported his ambitious building projects, including a baptistery and church dedicated to Saint Andrew in Classis, the port of Ravenna. Her son, Valentinian, and Saint Leo the Great respected and supported him as well. Sometimes he would become so caught up in the excitement of his own preaching that he would become momentarily speechless.

Peter was one of those who received a letter from the Monophysite leader Eutyches protesting his condemnation by Saint Flavian of Constantinople. Peter advised Eutyches to stop attempting to justify himself after his condemnation by the synod of Constantinople in 448 and not to cause dissension in the Church. He referred him to the teaching authority of the bishop of Rome.

Bishop Peter received Saint Germanus of Auxerre in Ravenna in 448, and when Germanus died there on July 31, Saint Peter officiated at his funeral, and kept his hood and sackcloth as relics. Peter was forewarned of his own death soon thereafter and returned to Imola for his final days.

Peter’s sermons, almost all on Gospel subjects, are simple, practical, and clear, but are without the eloquence that his surname suggests. Nevertheless, these extant homilies were the reason Pope Benedict XIII declared him a Doctor of the Church in 1729 (Attwater, Benedictines, Delaney, Farmer, Walsh, White).

In art, Saint Peter is shown being presented to Pope Sixtus III by Saints Peter and Apollinaris of Ravenna; or with a dish in his hand (White).

MLA Citation
  • Katherine I Rabenstein. Saints of the Day1998CatholicSaints.Info. 21 July 2020. Web. 30 July 2020. <https://catholicsaints.info/saints-of-the-day-peter-chrysologus-doctor/>



San Pietro Crisologo Vescovo e dottore della Chiesa


 - Memoria Facoltativa

Imola, ca. 380 - 450

Nel 433 venne consacrato vescovo di Ravenna, dal Papa in persona, Sisto III. Il soprannome di Pietro è «Crisologo», che significa «dalle parole d'oro». La sua identità di uomo e di vescovo viene fuori chiaramente dai documenti che possediamo, circa 180 sermoni. E' lì che troviamo veramente lui, con una cultura apprezzabile in quei tempi e tra quelle vicende, e soprattutto col suo calore umano e con lo schietto vigore della sua fede. Ravenna ai tempi di Pietro è una città crocevia di problemi e di incontri. Dall'Oriente lo consulta l' archimandrita Eutiche, in conflitto dottrinale col patriarca di Costantinopoli e con gran parte del clero circa le due nature in Gesù Cristo. Il vescovo di Ravenna gli risponde rimandandolo alla decisione del Papa (che ora è Leone I) «per mezzo del quale il beato Pietro continua a insegnare, a coloro che la cercano, la verità della fede». Una rigorosa indicazione, espressa sempre con linguaggio amico, con voce cordiale. (Avvenire)

Etimologia: Pietro = pietra, sasso squadrato, dal latino

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: San Pietro, detto Crisologo, vescovo di Ravenna e dottore della Chiesa, che, munito del nome del beato Apostolo, ne svolse lo stesso ministero con tale maestria, da attirare alla fede le folle con la rete della sua celeste dottrina, saziandole con la dolcezza del suo divino eloquio. Il suo transito avvenne il 31 luglio a Imola in Romagna.

(31 luglio: A Imola in Romagna, transito di san Pietro Crisologo, vescovo di Ravenna la cui memoria ricorre il giorno precedente questo). 

Nella sua vita c’è un momento ovviamente importantissimo per lui: quello della consacrazione a vescovo di Ravenna, intorno al 433. Ma è importante pure tutto ciò che circonda l’evento. Innanzitutto c’è il papa in persona a consacrarlo: Sisto III, cioè l’uomo della pace religiosa dopo dissidi, scontri e iniziative scismatiche, ispirate alle dottrine di Nestorio. Segno perenne di questa pace, il rifacimento della Basilica liberiana sull’Esquilino, dedicata alla Madre di Dio (Santa Maria Maggiore).

Quando Pietro tiene il suo primo discorso da vescovo, ad ascoltarlo col papa c’è anche Galla Placidia, figlia dell’imperatore Teodosio, sorella dell’imperatore Onorio e ora madre e tutrice dell’imperatore Valentiniano III. Una donna che è stata padrona della reggia, poi ostaggio dei Goti invasori e moglie per forza di un goto, assassinato poco dopo in una congiura. L’assassino ha poi scacciato lei, costringendola a camminare a piedi per dodici miglia in catene, prima di essere rimandata ai suoi. E poi c’è Ravenna, intorno al vescovo. Ravenna, che ora è la capitale dell’impero, cerniera tra Oriente e Occidente. Ravenna, che manda e riceve corrieri da ogni parte, e quasi sempre con notizie tristi, perché l’impero è giunto alle sue ultime convulsioni.

In questa capitale e in questo clima governa la sua Chiesa il vescovo Pietro, al quale la voce pubblica dà il soprannome di “Crisologo”, che significa “dalle parole d’oro”. E sono queste, le sue parole, che meglio conosciamo, nei circa 180 sermoni suoi che ci sono pervenuti. Nella sua vita le date certe sono assai poche, ma la sua identità di uomo e di vescovo viene fuori chiaramente dai documenti che possediamo. E’ lì che troviamo veramente lui, con una cultura apprezzabile in quei tempi e tra quelle vicende, e soprattutto col suo calore umano e con lo schietto vigore della sua fede; con le sue “parole d’oro”, appunto.

Inoltre, "la sua attività di predicatore ci ha lasciato soprattutto una documentazione inestimabile sulla liturgia di Ravenna e sulla cultura di questa città" (B. Studer). Una città che è formicolante crocevia di problemi e di incontri. A trovare Pietro viene uno dei vescovi più illustri del tempo, Germano di Auxerre, che poi muore proprio a Ravenna nel 448, assistito da lui. Dall’Oriente lo consulta l’influente e discusso archimandrita Eutiche, in conflitto dottrinale col patriarca di Costantinopoli e con gran parte del clero circa le due nature in Gesù Cristo. Il vescovo di Ravenna gli risponde rimandandolo alla decisione del papa (che ora è Leone I) "per mezzo del quale il beato Pietro continua a insegnare, a coloro che la cercano, la verità della fede". Una rigorosa indicazione circa i comportamenti. Ma espressa sempre con linguaggio amico, con voce cordiale. Con le “parole d’oro” che l’hanno reso popolare a Ravenna e in tutta la Chiesa.

Autore: 
Domenico Agasso


PIETRO Crisologo, santo


di Francesca Fiori - Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 83 (2015)

PIETRO Crisologo, santo. – Primo metropolita dell’Emilia, attestato nei decenni centrali del V secolo; venne così denominato a partire dal IX secolo per la raffinata eloquenza (da chrisòs «oro» e lògos «parola»).
Il Liber Pontificalis Ecclesiae Ravennatis di Andrea Agnello (IX secolo), la più antica fonte a nostra disposizione per la biografia di Pietro Crisologo, contiene non poche inesattezze. Buona parte delle notizie che lo riguardano sono riportate da Agnello nella vita di Pietro II (Liber Pontificalis, a cura di O. Holder-Egger, 1878, pp. 289-291; a cura di D. Mauskopf Deliyannis, 2006, pp. 208-218) con il quale viene identificato, mentre in realtà si tratterebbe di Pietro (I) antistes (Liber Pontificalis, ed. Holder-Egger, pp. 310-315; ed. Mauskopf Deliyannis, pp. 170-175) vissuto all’epoca di Galla Placidia (388/392-450) e dell’imperatore Valentiniano III (425-455). A Pietro I viene inoltre erroneamente attribuita la costruzione del battistero della basilica petriana a Classe e di un edificio detto Tricoli, che invece furono fatti realizzare da Pietro II, mentre i dati relativi alla sua morte e sepoltura sono da riferire a Pietro (III) senior (Liber Pontificalis, ed. Holder-Egger, pp. 337-341; ed. Mauskopf Deliyannis, pp. 258-265).
La notizia riportata da Agnello sulle origini imolesi di Pietro Crisologo e sulla sua formazione sotto la guida del vescovo Cornelio («Natione ex Corneliense territorio, nutritus et doctus a Cornelio illius sedis antistes»: Liber Pontificalis 47, ed. Holder-Egger, p. 310; ed. Mauskopf Deliyannis, p. 208) potrebbe trovare fondamento nel sermone pronunciato dallo stesso vescovo ravennate in occasione della consacrazione di Proietto (m. 483) come nuovo presule del Forum Cornelii. Nell’incipit egli esprime una particolare devozione nei confronti della Chiesa imolese («sed Corneliensi ecclesiae inservire peculiarius ipsius nominis amore compellor») e riconosce Cornelio come padre spirituale («pater mihi fuit»; Sermo 165, in Sermoni III, p. 252, rr. 4-14).
Più controverso appare il passo del Liber Pontificalis sull’elezione episcopale. Il diacono Pietro, insieme allo stesso Cornelio, partecipò alla delegazione diretta a Roma per la consacrazione del nuovo vescovo eletto a Ravenna dopo la morte di Orso (m. 424-429?). L’episodio riprende il topos agiografico dell’agnizione conseguente alla visione notturna, qui attribuita a papa Sisto III (432-440) a cui Pietro sarebbe apparso in sogno affiancato dai santi Pietro e Apollinare. Il principe degli Apostoli lo avrebbe indicato come l’unico in grado di illuminare la Chiesa ravennate con la propria dottrina («ut pinguedo olei lucerne illuminans, cum ab igne fuerit applicata»). Il pontefice si rifiutò allora di consacrare colui che era stato eletto nella capitale dell’impero d’Occidente, o qualsiasi altro candidato, fino a quando non scorse Pietro fra i membri della delegazione: la scelta di costui, inizialmente contestata da una parte dei presenti («non ex nostro fuit ovile»), si concluse con la proclamazione da parte del papa (Liber Pontificalis 49, ed. Holder-Egger, pp. 311 s.; ed. Mauskopf Deliyannis, p. 213). La fonte è messa tuttavia in discussione dalla cronologia del sermonario di Pietro Crisologo, che anticipa l’inizio della sua attività fra il 425, dopo che divenne imperatore Valentiniano III, e poco prima del 431, quando Ravenna fu elevata al rango metropolitano.
Nel corso del suo episcopato il vescovo pronunciò numerose omelie che furono raccolte per la prima volta dal suo successore Felice (708-724), senza un preciso ordine cronologico o una qualche suddivisione per argomento. I centosessantotto sermoni, ai quali se ne assommano quindici extravagantes, rappresentano una fonte importante sull’affermazione della Chiesa ravennate nel quadro della gerarchia delle sedi vescovili nonché sulla liturgia ravennate e sull’ordinamento delle letture evangeliche. Il ricordo della morte e della sepoltura di s. Apollinare nel sermone 128 costituisce una delle prime attestazioni del culto tributato al martire (Sermo 128, in Sermoni III, 3, p. 34, rr. 37-41). I sermoni, oltre a documentare la posizione del vescovo intorno alle dispute dottrinali dell’epoca, in particolare alla controversia cristologica sulla divina maternità di Maria (Sermo 145, in Sermoni III, 6, p. 134, rr. 74-88), attestano la sua dura opposizione nei riguardi del giudaismo (Sermo 164, in Sermoni III, 8, p. 250, rr. 75-103), dell’eresia (Sermo 109, in Sermoni II, 4, pp. 329 s., rr. 74-88) e della persistenza delle ritualità pagane (Sermo 155, in Sermoni III, pp. 188-190; 155 bisibid., pp. 192-194).
Insieme a Galla Placidia, alla quale si rivolge con l’epiteto di mater christiani perennis et fidelis imperii in un’omelia di ordinazione episcopale pronunciata alla presenza della famiglia imperiale (Sermo 130, in Sermoni III, 3, p. 43, rr. 35-45), edificò la basilica petriana a Classe e quella di S. Giovanni Evangelista a Ravenna (420-430), nella cui abside, sopra la cattedra episcopale, l’augusta volle effigiata l’immagine del vescovo affiancato da un angelo e raffigurato con una lunga barba e le mani protese nell’atto di celebrare la messa (Liber Pontificalis 27, ed. Holder-Egger, p. 291; ed. Mauskopf Deliyannis, p. 174).
La notizia in Agnello della consacrazione della basilica dei Ss. Giovanni e Barbaziano da parte di Pietro (Liber Pontificalis 51, ed. Holder-Egger, p. 313; ed. Mauskopf Deliyannis, p. 215), invece, non può ritenersi attendibile.
Nel 448 Pietro accolse nella propria sede il vescovo Germano di Auxerre (378-448), giunto a Ravenna per intercedere a favore degli Armoricani presso Valentiniano III. In seguito alla morte improvvisa del presule gallico dopo una malattia durata sette giorni, il vescovo ravennate ne serbò la cocolla e il cilicio mentre all’imperatrice Galla Placidia, che si era presa personalmente cura del morente, fu riservata la capsella contenente alcune sante reliquie (Constance de Lyon, 1965, VI, 28, p. 174; VII, 35, p. 188; VII, 42, p. 198; VIII, 43, p. 200).
Nel 449, in quanto vescovo della sede imperiale d’Occidente, Pietro fu interpellato dal presbitero e archimandrita costantinopolitano Eutiche che era stato condannato per la posizione monofisita nel corso della sinodo di Costantinopoli (448) presieduta dal patriarca Flaviano (m. 449). Il nostro ribadì la sua posizione dottrinale sulla questione cristologica e si mantenne al di fuori della controversia in assenza di un riscontro scritto da parte di Flaviano, quindi esortò Eutiche a sottomettersi alle decisioni del papa Leone I (440-461) (ACO II, 3,1, pp. 6 s.; Sermoni III, pp. 340-342).
La lettera risale probabilmente allo stesso periodo in cui Eutiche rivolse, prima del 18 febbraio 449, un appello al pontefice al quale egli rispose con un tono prudente (ACO II, 4, pp. 3-5). Se nel testo di Pietro si vuole cogliere un riferimento al Tomus ad Flavianum di Leone Magno (ACO II, 2, 1, pp. 24-33), la sua risposta potrebbe essere stata redatta dopo il 13 giugno 449.
È probabile che sia morto fra il 451 e il 458, anno in cui già esercitava la propria attività pastorale il suo successore, il vescovo Neone.
Le circostanze della scomparsa sono descritte da Agnello che, anche in questo caso, si avvale di stilemi agiografici. Il vescovo ravennate fece il proprio ingresso nella basilica di S. Cassiano a Imola, offrì doni preziosi al martire («cratere aureo uno e patera argentea altera et diademata aurea magna preciosissimis gemmis ornata») che furono santificati attraverso il contatto con le spoglie di quest’ultimo («omnia a sancti Cassiani corpore imbuit»), poi li depose sull’altare. Pietro benedisse la folla e pronunciò una lunga preghiera di commiato. Infine, dopo aver ricordato la propria formazione in seno alla chiesa imolese, affidò l’anima a Dio e il proprio corpo al santo spirando fra le lacrime dei presenti il giorno 3 dicembre. Fu seppellito per sua volontà dietro la chiesa in luogo da lui indicato (Liber Pontificalis 52, ed. Holder-Egger, pp. 314 s.; ed. Mauskopf Deliyannis, p. 218).
La scelta della sepoltura nei pressi della tomba di Cassiano, secondo la prassi della inumazione ad santos, sarebbe avvenuta, dunque, al di fuori della sede episcopale ma pur sempre in una località sottoposta alla giurisdizione territoriale del vescovo ravennate.
La notizia è stata oggetto di dibattito da parte degli studiosi, tuttavia una tale decisione, che potrebbe essere dipesa dalla volontà di farsi inumare accanto al patrono della chiesa che lo aveva cresciuto, non può essere spiegata solo con l’assenza a Ravenna di importanti edifici di culto martiriale, per quanto nel V secolo sia attestata l’esistenza di un piccolo oratorio (ritrovato sotto il pavimento della basilica di S. Vitale), considerato come il primo santuario del martire Vitale, e lo stesso Crisologo nel sermone 128 facesse menzione generica della sepoltura in area ravennate del martire Apollinare. La basilica dedicata al patrono ravennate sorse a Classe solo nel VI secolo.
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