lundi 21 juillet 2014

Saint LAURENT DE BRINDISI, capucin, confesseur et Docteur de l'Église


LAURENT DE BRINDES (Saint), proclamé docteur de l’Eglise par Jean XXIII, le 19 mars 1959.

I. VIE. – Jules César (Césaire) Rossi est né le 22 juill. 1559 à Brindisi. Son père Guillaume mourut peu après et sa mère, Elisabeth Masella, le confia aux Conventuels de Brindisi. En 1573, le jeune homme se rendit à Venise chez son oncle, le prêtre Pierre Rossi. C’est là qu’il connut les Capucins, dont il prit l’habit le 18 févr. 1575. Ses études furent brillantes. Tandis qu’à Padoue florissait un aristotélisme athée, à Florence, avec Marsile Ficin et Pic de la Mirandole l’enseignement s’inspirait du platonisme. On comprend que S. Laurent ait conservé une véritable horreur du Stagyrite, tandis que, dans une certaine mesure, il possède une conception humaniste de l’univers.

Prêtre le 18 déc. 1552, il prêche en de nombreuses villes d’Italie et, grâce à sa connaissance de l’hébreu, son succès est considérable auprès des Juifs. A peine âgé de vingt-huit ans il se voit confier d’importantes charges : au mois de mai 1559, son activité s’exerce en Allemagne et son influence s’étendra à tout l’Empire germanique. Sa connaissance de la langue allemande lui donne une audience particulière même chez les hérétiques. Dans la guerre contre les Turcs (1601), le jeune capucin devient aumônier des armées impériales. Dès lors, ses talents, son zèle semblent le destiner aux plus hautes fonctions.

Ministre général dès 1602 – son généralat durera trois ans – il entreprend des visites canoniques dans les maisons de son ordre ; le retour à une observance régulière est son principal objet et, quand cela lui semble nécessaire, il n’hésite pas à prendre les mesures les plus rigoureuses.

Une seconde mission en Allemagne lui est demandée par l’empereur Rodolphe II et imposée par le pape Paul V. Son action et son influence sont considérables dans l’œuvre de la Contre-réforme. Beaucoup de luthériens viennent discuter avec lui et se convertissent. Quand, en 1608, il est question de son retour en Italie, le cardinal Dietrichstein s’y oppose : « La religion catholique, dit-il, ferait dans ces régions une perte incroyable… » S. Laurent s’emploie à créer la « ligue des princes catholiques » et, malgré des difficultés presque insurmontables, il y réussit le 10 juill. 1609. Cf. Matthæus Rader, S. J., dans Bavaria pia, 1628.

Du consentement des princes catholiques, Laurent est nommé ambassadeur après de Philippe III, roi d’Espagne. Parti de Prague le 16 juin 1609, il est à Madrid en sept., remplit sa mission, revient à Rome où Paul V s’entretient longuement avec lui et, dès le 24 juill. 1610, est de retour à Prague. En déc., il est nommé nonce apostolique auprès de Maximilien de Bavière et aumônier des armées catholiques. Son activité diplomatique demeure intense : il négocie le mariage de l’empereur Mathias avec la sœur de Maximilien ; il réconcilie le duc de Bavière avec le prince-archevêque de Salzbourg ; il obtient de Maximilien aide et protection pour les capucins de Prague menacés par les hérétiques.

En 1613, le chapitre général le rappelle en Italie, où il remplit, dans l’ordre même, différentes fonctions importantes. Mais la vie politique ne le lâche pas : il est médiateur (1614) entre le duc de Parme et les ducs de Mantoue et de Toscane ; il rétablit la paix (1615-16) entre le duc de Savoie et l’administrateur de Milan, entre celui-ci et le duc de Mantoue. Le 5 avr. 1619, il part pour Madrid où il arrive le 22 mai et de là gagne Lisbonne pour avoir audience de Philippe III. Là, il meurt le 22 juill. suivant, à l’âge de soixante ans.

Par son action, S. Laurent pourrait être comparé à S. Pierre Canisius, comme l’ont justement noté le Lexikon für Theologie und Kirche (1934) et le P. Grisar, S. J. Cf. Jérôme de Paris, O. F. M. Cap., S. Laurent de Brindes, l’homme et le saint, Rome, 1937, p. 48. Voir aussi Hieronymus à Fellette, O. F. M. Cap., S. Laurentii a Brundusio zelus apostolicus ac scientia, Venise, 1937.

II. ŒUVRES. – La vie apostolique de l’ardent capucin ne l’a pas empêché de laisser une œuvre littéraire considérable. Cette œuvre, conservée manuscrite dans les Archives de la province de Venise, a été récemment éditée et comprend actuellement (1963) 15 volumes in-folio, les trois derniers consacrés principalement à la correspondance. Nous ne retiendrons ici que ce qui intéresse plus directement la théologie.

Sermons. – 1. Le Mariale. – Il contient les sermons sur la Ste Vierge classés dans les Opera omnia (I) en deux séries : a) Première série : De laudibus et invocatione Virginis Deiparæ : sept sermons sur la vision de l’Apoc., XII, 1-7 ; seize sur Missus est (Luc, I, 26-28) ; dix sur la Salutation angélique ; dix sur le Magnificat ; cinq sur Beatus venter (Luc, XI, 27-28) ; six sur Fundamenta ejus, ps., LXXXVI ; six sur le Salve Regina. b) Deuxième série : De festis B. M. V. : onze sermons sur l’Immaculée Conception ; six sur la Purification ; deux sur la Visitation ; deux sur N.-D. des Neiges ; deux sur l’Assomption.

2. Les autres sermons. – Arbitrairement répartis en divers groupes : a) Quadragesimale primum (Opera omnia, IV) : 79 sermons sur l’évangile du jour, des Cendres au vendredi saint ; – b) Quadragesimale secundum (V, en trois tomes) : 157 sermons, fêtes et féries sur l’évangile du jour, sans qu’il s’agisse nécessairement du carême ; – c) Quadragesimale tertium (VI) : 77 sermons, des Cendres au lundi de Pâques ; – d) Quadragesimale quartum (X, 1re partie) ; – e) Adventus primus (VII, 1re partie) : 17 sermons du 1er dimanche de l’Avent au dim. de la Quinquagésime ; – f) Adventus secundus (VII, 2e partie) : 24 sermons du 1er dim. au 6e dim. après l’Epiphanie ; – g) Dominicalia (VIII) : 78 sermons ; 45 du 3e dim. après Pâques au 24e après la Pentecôte ; 33 du dim. de Quasimodo à la Septuagésime inclus, à l’exception de l’Avent et du temps de Noël ; – h) Sanctorale (IX) : 47 sermons, dont le sujet est très variable : homélie sur l’évangile ; glorification des vertus du saint dont on célèbre la fête ou encore à son occasion, un thème doctrinal ; – i) Sermones de tempore (X, 1re partie). Les sermons ne sont, en général, que des schémas (en latin), dont devait se servir le prédicateur.

Œuvres didactiques. – 1. Lutheranismi hypotyposis (Opera omnia, II, trois parties), où l’auteur porte un jugement sur la personne et l’œuvre de Luther, démasque l’erreur luthérienne et défend les thèses catholiques (nécessité des bonnes œuvres et justification). – 2. Explanatio in Genesim, avec de multiples considérations philologiques sur le texte et de nombreuses digressions théologiques (de justitia originali, de immortalitate animæ, de omnipotentia Dei, de anima intellectiva, forma substantialis corporis, de immutabilitate Dei et de libertate humana, etc. Les solutions proposées ne concordent pas toujours avec les résultats scientifiques actuels ; dans l’ensemble cependant l’exégète capucin fait figure de précurseur). – 3. De numeris amorosis mystice in divina Scriptura positis disquisitio (X, 2e partie) ; – 4. On peut encore citer : De sacris divinæ Scripturæ « agapticis » numeris theoria ; Expositio in Ezechielem prophetam (perdu) ; Tractatus de modo concionandi (perdu).

Ouvrages canoniques et disciplinaires. – Ordinationes pro Fratribus provinciæ Helveticæ ; – Ordinationes capituli Atrebatensis ; – On attribue à S. Laurent le Direttorio di diretto, qui aurait donné naissance au Modus procedendi des Frères mineurs capucins. Cf. Rocco da Casinale, Storia delle Missioni dei Capuccini, I, Paris-Rome, 1867-73, p. 327.

III. DOCTRINE. – Des écrits de S. Laurent – écrits presque toujours occasionnels – on peut cependant tirer une synthèse doctrinale, qui manifeste S. Laurent comme un émule de S. Canisius et de S. Bellarmin.

On peut regrouper cette synthèse autour de cinq thèmes :

Rapports de la raison et de la foi influençant la théodicée. – On devine ici une influence nettement bonaventurienne. Laurent de Brindes ne conçoit pas, à la manière de S. Thomas, une philosophie qui, tout en étant inspirée par la foi, pourrait se penser en dehors d’elle. Pour lui, la philosophie n’est que l’émanation de la théologie et Dieu est un Dieu caché aussi bien dans l’Ecriture que dans sa nature (Opera omnia, V, pars III, p. 14-15). L’humilité, la soumission de l’esprit sont nécessaires pour le découvrir vraiment : d’où une double théologie : mystique et symbolique. La théologie mystique est négative et consiste à dire ce que ne sont pas Dieu, le Christ, l’Eglise, la Ste Vierge ; elle prend sa source dans l’oraison et découvre le sens spirituel de l’Ecriture. La théologie symbolique est positive : son but est d’étudier le sens littéral de la Bible et de scruter les secrets de l’univers (III, p. 38-43 ; V, pars II, p. 476 ; VI, p. 130). Cette position, bien franciscaine, s’explique par la réaction des théologiens de la fin du XVIe s. contre l’athéisme des aristotéliciens padouans : ainsi Laurent de Brindes rejette brutalement Aristote et se retourne vers Platon ; donnant à la foi une prédominance totale, il se place ainsi parmi les précurseurs de Pascal, mais, mieux que l’auteur des Pensées, il sait sauvegarder les droits de la raison et permet l’existence d’une théodicée. Cf. C. Chesneau, Le P. Yves de Paris et son temps, II, l’Apologétique, 208-24.

L’homme est à la fois sens, raison, esprit. Dès la naissance, l’esprit (mens) reçoit une idée infuse de l’infini (III, p. 374), tandis que la raison, partant de la connaissance sensible des créatures, est capable de s’élever jusqu’à la divinité (V, pars II, p. 476 ; VI, p. 130) et d’en découvrir le constitutif, l’être pur, considéré sous l’aspect du bien (VIII, p. 104-05, 150-51 ; I, p. 155, 330, 380). Ce Dieu, infiniment bon, crée le monde par pur amour (VI, p. 582), non de toute éternité, ce qui est métaphysiquement impossible (III, p. 54-78), mais dans le temps. Il connaît tout d’une science de vision et de simple intelligence, mais non de la science de prédestination et d’amitié, réservée aux élus (VIII, p. 340) ; c’est là d’ailleurs un mystère impénétrable qui nous incite à mener la vie des justes, signe du salut (VI, p. 487, 580, 585-88). A toutes les créatures, Dieu donne un concours général leur permettant d’agir selon leur nature : ainsi la liberté humaine se concilie avec la toute-puissance divine (III, 338-59). Laurent ignore les termes de « science moyenne », de « concours simultané », de « décret prédéterminant », de « prémotion physique », termes d’ailleurs qui d’ailleurs n’étaient pas à leur place dans une prédication même savante, à plus forte raison populaire.

Justification et christologie. – La doctrine de S. Laurent sur la justification a fait l’objet d’une étude de la part du P. Benoît de S.-Paul, S. Laurentii Brundisini doctrina de justificatione, Padoue, 1939. Pour S. Laurent, la justice naturelle est donum naturæ gratis datum, a gratia sanctificante essentialiter distinctum, perficiens naturam in linea naturæ subjiciendo partem inferiorem animæ ad superiorem. Son effet principal consiste dans une perfecta tranquillitas et amicitia sensuum et rationis (Benoît de S.-Paul, 16-21), en sorte qu’il y a distinction adéquate, au sens strict, entre justice originelle et grâce sanctifiante (p. 21-24). Le péché originel ne se confond pas, comme le prétendent les protestants, avec la concupiscence (p. 42-50) ; il n’est autre que la perte de la justice originelle, c.-à-d. de l’équilibre des forces humaines, en sorte que la nature humaine n’est pas entièrement corrompue, mais seulement blessée. La perte de la grâce sanctifiante suit celle de la justice originelle, pour Adam en vertu du péché commis, pour ses descendants, en vertu d’un pacte que Dieu a passé avec lui (p. 31-34). Les actions de l’homme déchu ne sont donc pas nécessairement des péchés : même après la chute, on peut trouver en lui une disposition à la justification, la foi, non la foi-confiance des protestants qui réside dans la volonté, mais l’adhésion ferme à des vérités révélées. Cette foi ne se justifie pas : seule, elle ne le pourrait ; elle n’en est pas moins le fondement et la racine de la justification ; elle précède les autres vertus, en raison de l’axiome : nil volitum nisi præcognitum (p. 59-80). La justification elle-même consiste dans la rectitude de l’âme, élevée par la grâce, à l’ordre surnaturel : Dieu et Dieu seul en est la cause principale, la cause formelle est double : intrinsèque, l’infusion du S.-Esprit et les dons qui l’accompagnent ; extrinsèque, le Christ, comme cause exemplaire (p. 96-110). La cause instrumentale en est le Christ et les sacrements.

Ainsi la doctrine laurentienne de la justification nous amène au Christ. Laurent de B. s’attache à montrer la place du Christ dans le monde et ses rapports avec la création. Le Christ est présenté, suivant la thèse franciscaine, comme le roi des anges et des hommes. Aux anges, le Christ fut présenté comme le maître tout-puissant (Opera omnia, III, p. 257) ; un décret leur assurait le salut et la vie éternelle s’ils consentaient à l’adorer (III, p. 258) et Lucifer fut perdu pour avoir exigé pour lui-même ce que Dieu réservait à son Fils fait homme (III, p. 258-59). Aux hommes, le Christ est à la fois cause exemplaire et cause efficiente de leur prédestination (VI, p. 581). Ad imaginem Dei creavit hominem (Gen., I, 27) peut s’entendre de ad imaginem Christi. C’est le sens nettement accepté par S. Paul (Rom., VIII, 29 ; cf. VI, p. 581 ; VIII, p. 339, 421, IX, p. 333-34, 631). C’est au sens plénier du terme que le Verbe incarné peut se dire « Fils de l’Homme », assumant le rôle que devait jouer dans le monde la créature humaine, rôle perdu avec la justice originelle (V, p. 161). Ainsi l’homme concret tout entier, nature et surnature, est ici envisagé et le Christ en est la cause exemplaire à trois titres : in natura, in gratia, in gloria (VI, p. 36-37, 73). Il est aussi cause efficiente, non seulement en ce sens qu’en tant que Rédempteur il a mérité notre justification (II, pars III, p. 212-14 ; V, pars I, p. 401 sq., p. 417-19) ; mais en ce sens que son humanité est cause instrumentale des grâces données aux anges aussi bien qu’aux hommes (V, pars II, p. 91, 420, 428 ; pars III, p. 45, 61, 234, 443 ; VII, 358). De là vient aussi que les sacrements sont cause instrumentale de la grâce qu’ils produisent (II, pars III, p. 213-14, VIII, p. 50, 310). Ainsi le Christ est au centre de toute la création : c’est par lui que les anges comme les hommes ont mérité de participer à la sublime adoration du Créateur.

Ecclésiologie. – L’action du Christ fut toujours assurée à travers l’Eglise et celle-ci remonte aux origines de l’humanité, l’A. T. étant essentiellement la préparation du Nouveau (VIII, p. 292-93, 436-37), la multitude des rachetés formant, depuis les origines, la plénitude du Christ (VIII, p. 43-44, 23-24). De l’Eglise, ainsi conçue, la cause matérielle est constituée par l’ensemble des fidèles ; la cause finale, par la glorification des élus ; la cause efficiente, par le Christ et, en union avec lui, par les apôtres et leurs successeurs ; la cause formelle, par la vraie foi, enseignée par les vrais chefs. Cf. Constantin de Plogonnec, O. F. M. Cap., L’apologie de l’Eglise par S. Laurent de Brindes, Paris, 1935, p. 3-8.

La première propriété de l’Eglise ainsi comprise est la sainteté, c.-à-d. une doctrine capable de rendre justes ceux qui la professent (L’apologie de l’Eglise…, p. 9-22). Les notes qui la distinguent des contrefaçons se ramènent à deux : l’unité (ibid., 26-30), l’apostolicité (37-50). Autre signe, l’union avec S. Pierre dans la personne de ses successeurs, dont l’autorité est solidement établie par l’Ecriture et la Tradition (51-59). La réalisation des divines promesses et les interventions de la Providence sont aussi un très fort argument contre les sectes anticatholiques (60-90). Tel est l’enseignement des Pères, en particulier de Tertullien, de S. Irénée, de S. Cyprien, de S. Grégoire et de S. Augustin. L’âme de ce vaste corps, de cette plénitude n’est autre que le S.-Esprit (opera omnia, II, pars II, p. 124 ; pars III, p. 129). C’est lui qui dirige l’Eglise enseignante, donne aux conciles et aux Souverains pontifes le privilège de l’infaillibilité (VI, p. 610 ; VIII, p. 439), sanctifie les chrétiens devenus par le baptême temple de Dieu (V, pars III, p. 100 ; VII, p. 32), en sorte que tous doivent collaborer à l’activité surnaturelle présente en eux(VIII, p. 7-8, 35, 43-57, 61, 68-69). Cette grâce capitale vient du Christ, Homme-Dieu, Tête de ce corps qu’est l’Eglise (V, pars I, p. 207, 420 ; pars III, p. 115 ; VI, p. 647). De sorte qu’en dehors de l’Eglise, il n’y a pas de salut possible (V, pars I, p. 207, 420 ; pars III, p. 115 ; VI, p. 647). Chez les infidèles, il peut y avoir des apparences de vertu, non des vertus véritables (II, pars II, p. 82) et si l’on peut avoir une certaine indulgence pour ceux qui sont matériellement hérétiques, l’on ne saurait être trop sévère pour ceux qui le sont formellement (II, pars I, p. 34, 38).

Mariologie. – La Vierge Marie occupe dans l’Eglise une place de prédilection. Dès le commencement, le Verbe incarné a été prévu comme le roi des anges et des hommes ; tous doivent donc à ses mérites d’être relevés à l’ordre surnaturel, d’être maintenus dans l’état de grâce et de parvenir à celui de la gloire. La Mère de Dieu n’échappe pas à cette loi ; mais sa maternité divine lui fait occuper, après son Fils, la première place dans le plan de la création. Cf. l’ouvrage du P. Jérôme de Paris, La doctrine mariale de S. Laurent de Brindes, Paris, 1933, p. 1-28. De là suit le privilège de l’immaculée Conception qui s’appuie non seulement sur des raisons de convenance, mais sur l’Ecriture et la Tradition. (ibid., p. 29-52). La Vierge n’a pas connu le fomitem peccati, même in actu secundo, bien qu’on puisse trouver en elle un certain debitum peccati, non pas proximum, mais remotum. Voir aussi G. M. Roschini, La Mariologia di San Lorenzo de Brindisi, Padoue, 1951 ; Bernardinus a S.-Joanne Rotundo, S. Laurentius a Brundisio et Immaculata Conceptio, Isola del Liri, 1940 ; Luc de Carre, L’unzione mariana in S. Lorenzo da Brindisi, dans Italia francescana, XXIII (1948) ; Clemente da S.-Maria in Punta, S. Lorenzo da Brindisi, telogo dell’Immacolata. Cf. Tables, 2209.

C’est donc dès le début de son existence que Marie a reçu la plénitude de grâce (Jérôme de Paris, op. cit., 75-80) et cette est telle que, dès le principe, elle dépasse la richesse finale de tous les saints, même pris dans leur ensemble (80-83). Les vertus infuses en font partie et la Mère de Dieu les possède toutes à un degré suréminent (93-98). Ces privilèges insignes découlent tous de la maternité divine et c’est en raison de ce mystère que Marie est en relations intimes avec la Ste Trinité, sans qu’on puisse dire toutefois qu’elle en soit le complément (99-114).

La maternité mariale s’étend à tous les hommes sans exception, parce que la Vierge est mère du Rédempteur et rédemptrice avec Lui (141-51). Toutes les grâces passent par elle (médiation universelle), car par son consentement elle s’est volontairement associée à la mort de son Fils, ne refusant aucune des douleurs qui lui étaient offertes. Toutes les grâces nous viennent des prières qu’elle adresse à Dieu sans cesse pour nous et que son Fils ne peut pas ne pas exaucer (165-80). Enfin, ces riches privilèges sont couronnés par l’Assomption : Marie est ressuscitée et jouit maintenant, dans son corps et dans son âme, de la gloire du ciel (153-63). On conçoit par là, conclut le P. Jérôme, la place du culte marial dans le catholicisme : il ne s’agit pas seulement d’honorer Marie, en imitant ses vertus ; nos hommages vont à elle, non comme ils vont à Dieu, mais comme il convient à l’égard d’une créature privilégiée de Dieu (180-89).

Spiritualité. – La spiritualité de S. Laurent est intimement liée à sa théologie : le saint prédicateur fait appel non seulement au sens littéral de l’Ecriture, mais encore au sens spirituel sous sa triple forme tropologique, anagogique, allégorique. Pour être pleinement saisi, ce sens exige le concours du S.-Esprit et, de la part de l’homme, une âme purifiée. Pour accéder de la théologie symbolique ou positive à la théologie mystique ou négative, pour découvrir et sentir Dieu caché sous la lettre aussi bien que dans la nature, il est donc indispensable de pratiquer une ascèse qui, avec le secours de la grâce, conduise graduellement jusqu’aux sommets de la perfection (Opera omnia, III, 52).

Cette thèse est éminemment active : la lutte menée contre la thèse protestante de la justification par la foi-confiance sans les œuvres conduisait normalement à mettre l’accent sur l’aspect combatif de la spiritualité plutôt que sur son aspect passif. Le danger de quiétisme qui, dès la fin du XVIe s., se faisait jour chez certains auteurs, n’était pas à redouter de la part du fougueux missionnaire capucin. On ne peut cependant pas le rattacher à l’école de S. Ignace et des Exercices spirituels : il ne recourt pas aux minuties d’une organisation compliquée ; il n’exige pas de rigoureux et fréquents examens de conscience ; il marche au combat franchement, hardiment, à la franciscaine. Il insiste sur la nécessité des bonnes œuvres et dénonce l’otiositas et la tepiditas comme les principaux vices à combattre (V, p. 119, 141 ; VI, p. 643 ; VII, p. 178 ; VIII, p. 633).

Trois degrés sont à distinguer, les degrés classiques : commençants, progressants, parfaits (VII, p. 106-07 ; VIII, p. 426, 427, 121-23).

Aux commençants, S. Laurent présente la notion de péché, non comme Bérulle ou Benoît de Canfeld, sous son aspect négatif (le pécheur est d’une certaine manière au-dessous du néant), mais sous son aspect positif d’acte contraire à la sainte loi de Dieu (VI, p. 255, 646 sq.) et qui mérite un terrible châtiment (VII, p. 155 sq.). Il n’est pas question de pénitences extraordinaires, mais seulement de faire le bien et de fuir le mal (VII, p. 299 sq.) et d’arracher les vices de son cœur (VII, p. 626 ; IX, p. 340). Pour cela, il faut exciter en soi deux sentiments qui se font équilibre : l’espérance et la crainte (VIII, p. 644 ; IX, p. 265) et qui, tous deux, sont naturels à l’homme (VII, p. 140-41, 181) ; la crainte, en rappelant les fins dernières (VII, p. 10, 41, 149) et le très grand nombre des damnés (VIII, p. 176-77) ; l’espérance, en insistant sur les facilités que donne le sacrement de pénitence (VI, p. 350 sq.) ; en somme, il faut toujours montrer en même temps la justice et la miséricorde (VI, p. 135).

Aux progressants, S. Laurent prêche la grandeur et la beauté des vertus qui forment un merveilleux ensemble (VI, p. 100 ; VIII, p. 666 ; IX, p. 193, 247-48) ainsi que l’utilité, la nécessité de la tentation (VI, p. 79 sq.). Il insiste sur l’humilité (VI, p. 251, 256 ; VII, p. 253, 255-57 ; VIII, p. 228, 519 ; IX, p. 16, 180, 461, 641) ; sur la foi qui, suivant la doctrine catholique de la justification, est la racine de toutes les vertus (VIII, p. 246 ; VI, p. 46 sq.) ; sur la charité, qui les anime toutes (VI, p. 55 sq., 61 sq., 363, 372 ; VII, p. 55 sq., 305 ; VIII, p. 538 sq., 563 sq., etc.). – En tout ceci, le Christ est le modèle qu’on doit toujours avoir sous les yeux pour le reproduire et le vivre (V, p. 333 sq. ; VI, p. 36-37 ; VIII, p. 219-32).

La vie parfaite est considérée beaucoup plus sous son aspect actif que sous son aspect passif. Cette attitude se comprend en fonction des auditoires de S. Laurent, auditoires composés de protestants, de Juifs et de catholiques assez peu fervents. La perfection est principalement présentée comme le résultat des efforts humains aidés du concours de la grâce (V, p. 228, 230, 467 ; VI, p. 49, 397, 415, etc.). Notre saint n’ignore cependant pas la transformation intérieure que tout chrétien doit subir de la part de l’Esprit-Saint, pour parvenir à ce que nous appelons l’union transformante : la comparaison classique du feu est reprise plus d’une fois, du feu qui transforme en fournaise les matières soumises à son action (VI, p. 51 sq. ; VII, p. 17 sq. ; VIII, p. 68-69, etc.). Il est souvent question de contemplation, sans que ce terme soit défini, mais le contexte indique bien qu’il s’agit d’oraison passive, de cette théologie mystique qui ne se contente pas de sculpter plus ou moins approximativement les traits divins, mais qui, dans l’obscurité, enlève tous les obstacles et nous fait goûter les dons infinis de la divinité (V, p. 14sq. ; VI, p. 462 sq. ; VII, p. 64 sq., 459 sq.). Cette transformation est décrite surtout dans le Mariale, quand il est question des grâces reçues par la Vierge Marie. Cf. Jérôme de Paris, op. cit., 107, 109. La spiritualité de S. Laurent est surtout vibrante ; elle est la traduction enthousiaste d’une âme qui s’est laissée envahir par l’Esprit-Saint.

Pour juger à sa valeur la synthèse de la doctrine de S. Laurent, il faut la replacer à l’époque où elle fut conçue. Son originalité se manifeste surtout en deux points : l’ecclésiologie et la mariologie. Sur le premier, avec S. Robert Bellarmin, bien que d’une autre manière, S. Laurent établit solidement contre l’hérésie protestante le caractère divin de l’Eglise romaine et, bien avant la définition du concile du Vatican, il enseigne l’infaillibilité du Souverain Pontife. Déjà il développe la doctrine du corps mystique. Sur le second point, avant l’école française, il donne une assise ferme à des vérités qui, en ces temps-là, étaient combattues et qui, de nos jours, sont définies ou admises universellement. Notamment, il s’est fait le champion de l’Immaculée Conception et de la Médiation universelle. Il n’existe chez lui aucune vérité mariale qui n’apparaisse lumineusement exposée et solidement prouvée, si bien qu’en ses sermons prêchés à la fin du XVIe s., on trouve l’enseignement essentiel des traités actuels de mariologie. C’est là un titre qui permet de placer S. Laurent de Brindes à côté de S. Bernard, parmi les théologiens qui ont le mieux parlé de la Vierge Marie.

ŒUVRES. – Cf. Jean Chrysostome de Cittadella, O. F. M. Cap., Biblioteca dei Frati Minori della Provincia di Venezia, Padoue, 1944, p. 174-83.

Œuvres éditées. – 1° Commentariolum de rebus Austriæ et Bohæmiæ, edit. a Rmo P. Eduardo ab Alenconio una cum documentis ineditis, Rome, 1910. Les documents édités en plus du Commentariolum sont : Epistolæ octo de negotiis suarum legationum et epistola ad P. Mathiam de Salo. – 2° Epistola ad Prof. Marcum Antonium Bonciarium, dans Anal. O. F. M. Cap., XIII, 1897, p. 254. – 3° Opera omnia a PP. Capuccinis Prov. Venetæ e textu originali nunc primum in lucem edita motisque illustrata, Padoue, 1928-56, 15 vol. in-folio (cf. supra). – Editées en traduction :Epistola ad D. Petrum Toletanum, dans Franciscus de Ajofrin, O. F. M. Cap., Vida, virtules y milagros de S. L. de B., Madrid, 1784, p. 371-72 (version espagnole). – 2° Ordinationes pro Fratribus Provinciæ Helveticæ, dans St. Fidelis Glöcklein, I, 1909, p. 162-65 (version allemande ancienne éditée par le P. Anastase d’Illgau), O. F. M. Cap. ; – Lutero, trad. Grégoire de Castel del Piano, O. F. M. Cap., 3 vol., Sienne, 1932-33 (version italienne de la Lutheranismi hypotyposis).

BIOGRAPHIES. – Il n’existe pas encore de vie critique de S. L. de B. – Parmi les nombreuses biographies, il faut signaler : Laurent d’Aoste, O. F. M. Cap., Le B. L. de B., Paris, 1857 ; – Antony Brennan of Tasson, O. F. M. Cap., Life of St. L. of B., Apostle and Diplomat, Londres, 1911 ; – Sur des points de détails : Hildebrand d’Hooglede, O. F. M. Cap., Jérôme de Sorbo, Illuminé de Palerme et S. L. de B. en Belgique, dans C. F., IV, 1934, p. 175-205 ; – Hilarin de Milan, O. F. M. Cap., La personalità di S. L. da B., dans S. L. da B. Studi. Conferenze commemorative dell’edizione « Opera Omnia », Roma, 8-15 marzo 1949, Padoue, 1951, p. 1-42 ; – D. Bacci, Interessante documento inedito : Atto di battesimo di S. L. da B., dans Osserv. Rom., 14 sept. 1939 ; – Hilaire de Teano, O. F. M. Cap., Ricerche storiche sul cognome e la famiglia di S. L. da B., dans Ital. Francesc., 1948, p. 177-84 ; – David de Portogruaro, O. F. M. Cap., Ancora sul cognome e sulla famiglia di S. L. da B., ibid., 1949, p. 142-51 ; – Crispin de Riezu, O. F. M. Cap., S. L. de B., capellan militar, dans Verdad y Caridad, 1939 p. 243-46 ; – Bernardin de Lapedona, O. F. M. Cap., S. L. da B. e i Cappucini marchigiani, dans Ital. Francesc., 1949, p. 265-79, 318-33.


 
ÉTUDES CRITIQUES. – Bibliographie à peu près complète dans : Jérôme de Fellette, O. F. M. Cap., S. L. a B., zelus apostolicus ac scientia, Venise, 1937, p. XXI-XXIX ; – Armand Dasseville, Irvin Udulutsch, O. F. M. Cap., Bibliography of St. L. of. B., dans The Round Table of Franciscan Research, 1947-48, p. 124-48. – Principales publications : Bernardin de S.-Jean-le-Rond, S. L. a B. et Immaculata Conceptio, Isola del Liri, 1939 ; – Id., Thesis franciscanæ de motivo primario Incarnationis expositio, cum respectu speciali ad doctrinam S. L. a B., dans C. F., 1934, p. 546-63 ; – Benoît de S. Paul, O. F. M. Cap., S. L. B. doctrina de justificatione. Studium historico-theologicum, Padoue-Brixen, 1929 ; – G. Cantini, S. L. da B. predicatore, dans S. L. da B. Studi. Conferenze commemorative…, 48-59 ; – Claude de Solesino, O. F. M. Cap., L’opera apologetica di S. L. da B. Originilità e struttura, Rome, 1951 (thèse polycopiée) ; – Constantin de Plogonnec, O. F. M. Cap., L’apologie de l’Eglise par S. L. de B., Paris, 1935 ; – Id., Apologie de l’Eglise par S. L., Dans É. F., 1935, p. 648-717 ; 1936, p. 25-51 ; – Id., S. L. de B. apologiste. Son œuvre, sa méthode, ses sources, dans C. F., 1937, p. 56-71 ; – Id., S. L. de B. et sa « Lutheranismi hypotyposis », dans É. F., 1934, p. 662-74 ; – Id., La notion et les causes de la justification d’après S. L. de B., ibid., 1935, p. 223-27 ; – Id, La doctrine spirituelle de S. L. de B., ibid., 1939, p. 225-42, p. 349 sq. ; – A. Ferrabino, Cristianità del « Mariale » di S. L., dans S. L. da B. Studi. Conferenze commemorative…, 179-88 ; – S. Garofalo, S. L. da B. esegeta, ibid., 191-207 ; – Jérôme de Paris, O. F. M. Cap., Le « Mariale » de S. L. de B., dans É. F., 1929, p. 24-44 ; – Id, La place de Marie dans le plan divin de la Création et de la Rédemption…, ibid., 1931, p. 273-98 ; – Id., L’Immaculée Conception de la Vierge…, ibid., 1932, p. 121-42, 285-305 ; – Id., La plénitude des grâces conférées à Marie dès le principe…, ibid., 1932, p. 407-28 ; – Id., La médiation universelle de Marie…, 1933, p. 5-19 ; – Id., La doctrine mariale de S. L. de B. Etude théologique, Paris, 1933 ; – Id., S. L. de B. L’homme et le saint. L’infatigable apôtre. Le maître ès sciences sacrées, Paris, 1937 ; – Luc M. de Carre, O. F. M. Cap., L’unzione mariana in S. L. da B., dans Ital. Francesc., 1948, p. 204-10 ; – Id., L’anima apostolica di S. L. da B., ibid., 1949, p. 177-89 ; – P. Parente, La dottrina teologica di S. L. da B., dans S. L. da B. Studi. Conferenze commemorative…, 211-25 ; – G. M. Roschini, O. S. M., La mariologia di S. L. da B., ibid., 140-76 ; – G. M. Stano, S. L. da B. controversia, ibid., 90-135 ; – Silvestre de Valsanzibio, O. F. M. Cap., La posizione dottrinale di S. L. da B. in filosofia, dans Ital. Francesc., 1949, p. 82-87, 206-18, 233-51 ; – J. Sébastien, S. L. fut-il thomiste ?, dans É. F., 1936, p. 531-40 ; – Théophile d’Orbise, O. F. M. Cap., Undecim priora capita Geneseos a S. L. a B. (O. F. M. Cap.) explanata, dans Antonianum, 1950, p. 443-74 ; 1951, p. 61-82.

Pour les études critiques publiées de 1954 à 1957, cf. Bibliographia franciscana, XI, p. 597-603, Rome (Collectanea franciscana), 1961-1962. Pour les années postérieures à 1957, ajouter : Pierre-Louis de Venise, O. F. M. Cap., Les bases théologiques de S. L. de B. « Docteur apostolique », dans É. F., nouv. sér., X, 1960, n° 23, p. 129-141 ; – Adrien de Krizovljan, O. F. M. Cap., Marie et l’Eglise dans S. L. de B., ibid., X, n° 24, p. 1-36 ; – Hildebrand d’Anvers, O. F. M. Cap., S. L de B. à Arras en 1602, ibid., p. 36-42 ; – Dominic of Hendon, O. F. M. Cap., S. L. of B. Doctor of the Church, and the primary Principle of Mariology, dans Collectanea franciscana, XXXI, 1969, p. 5-25 ; – F. Spedalieri, S. J., Gli scritti di S. L. da B., ibid., XXIX, 1959, p. 145-165 ; – Arturo M. da Carmignano di Brenta, O. F. M. Cap., Il generalato di S. L. da B. (1602-1605), ibid., 166-236 ; – Franz-Xaver von Altottino, L. von B. in der Politik Bayern von 1606-1612, ibid., 237-272 ; – Ilarino di Milano, L’ultima missione di S. L. in difesa del regno di Napoli, ibid., 273-331 ; – Francisco Leite de Faria de Guimares, A morte de S. L. de B. e as homenagens que Lisboa lhe prestou, ibid., 332-361 ; – Melchior de Pobladura, Los procesos de beatificacion y canonizacion del nuevo doctor de la Iglesia S. L. de B., ibid., 362-428 ; – Basilio da Baggio, S. L. da B. provinciale di Toscana, ibid., 431-447 ; – Joseph-Antoine de Nikolaevo, A propos de l’iconographie de S. L. de B., ibid., 448-457 ; – Cherubinus a Lonico, Historia editionis latinæ operum omnium S. L. a B., ibid., 458-462 ; – Felix a Mareto, De S. L. a B. biographiæ editæ, ibid., 463-507 ; – Hadrianus Borak, Theologia historiæ in doctrina S. L. a B., dans Laurentianum, I, 1960, p. 31-97 ; – Id., Introductio in philosophiam S. L. a B., dans Antonianum, XXXV, 1960, p. 215-292 ; – Dominic Unger, S. L. of B. on the Sacred Hearth of Jesus and the Immaculate hearth of Mary, dans Laurentianum, II, 1961, p. 19-50 ; – Filippo da Cagliari, La nascità del « Figlio messianico » di Apocalisse 12 negli scritti di S. L. da B., ibid., 324-338 ; – Stanislao da Campagnola, Bibliografia di S. L. da B., ibid., IV, 1963, p. 132-142.
JULIEN-EYMARD D’ANGERS, O. F. M. CAP.
S. L. de B. cité dans D. T. C. : VI, 824 (en Hongrie, contre les Turcs) ; XV, 2203 (sur l’unité de l’Eglise).




BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre

Mercredi 23 mars 2011

Saint Laurent de Brindisi

Chers frères et sœurs,

Je me souviens encore avec joie de l’accueil festif qui m’a été réservé en 2008 à Brindisi, la ville où, en 1559, naquit un éminent docteur de l’Eglise, saint Laurent de Brindisi, nom que Giulio Cesare Rossi prit en entrant dans l’Ordre des capucins. Dès son enfance, il fut attiré par la famille de saint François d’Assise. En effet, orphelin de père à l’âge de sept ans, il fut confié par sa mère aux soins des frères conventuels de sa ville. Quelques années plus tard, toutefois, il s’installa avec sa mère à Venise, et c’est précisément en Vénétie qu’il connut les capucins qui, à cette époque, s’étaient placés généreusement au service de l’Eglise tout entière, pour approfondir la grande réforme spirituelle promue par le Concile de Trente. En 1575, Laurent, à travers la profession religieuse, devint frère capucin, et en 1582, fut ordonné prêtre. Dès l’époque de ses études ecclésiastiques, il révéla les éminentes qualités intellectuelles dont il était doté. Il apprit facilement les langues anciennes, comme le grec, l’hébreu et le syriaque, et modernes, comme le français et l’allemand, qui s’ajoutaient à sa connaissance de la langue italienne et de la langue latine, à l’époque couramment parlée par tous les ecclésiastiques et hommes de culture.

Grâce à la connaissance de tant de langues, Laurent put accomplir un intense apostolat auprès de diverses catégories de personnes. Prédicateur efficace, il connaissait de façon si profonde non seulement la Bible, mais également la littérature rabbinique, que les rabbins eux-mêmes en étaient stupéfaits et admiratifs, manifestant à son égard estime et respect. Théologien expert de l’Ecriture Sainte et des Pères de l’Eglise, il était en mesure d’illustrer de façon exemplaire la doctrine catholique également aux chrétiens qui, surtout en Allemagne, avaient adhéré à la Réforme. A travers une présentation claire et douce, il montrait le fondement biblique et patristique de tous les articles de la foi mis en discussion par Martin Luther. Parmi ceux-ci, le primat de saint Pierre et de ses successeurs, l’origine divine de l’épiscopat, la justification comme transformation intérieure de l’homme, la nécessité des bonnes œuvres pour le salut. Le succès dont Laurent bénéficia nous aide à comprendre qu’aujourd’hui aussi, en poursuivant avec tant d’espérance le dialogue œcuménique, la confrontation avec la Sainte Ecriture, lue dans la Tradition de l’Eglise, constitue un élément incontournable et d’une importance fondamentale, comme j’ai voulu le rappeler dans l’Exhortation apostolique Verbum Domini (n. 46).

Même les fidèles les plus simples, dépourvus d’une grande culture, tirèrent profit de la parole convaincante de Laurent, qui s’adressait aux personnes humbles pour rappeler à tous la cohérence de leur vie avec la foi professée. Cela a été un grand mérite des capucins et d’autres ordres religieux, qui, aux XVI° et XVII° siècles, contribuèrent au renouveau de la vie chrétienne en pénétrant en profondeur dans la société à travers leur témoignage de vie et leur enseignement. Aujourd’hui aussi, la nouvelle évangélisation a besoin d’apôtres bien préparés, zélés et courageux, afin que la lumière et la beauté de l’Evangile prévalent sur les orientations culturelles du relativisme éthique et de l’indifférence religieuse, et transforment les diverses façons de penser et d’agir en un authentique humanisme chrétien. Il est surprenant que saint Laurent de Brindisi ait pu accomplir de façon ininterrompue cette activité de prédicateur apprécié et inlassable dans de nombreuses villes d’Italie et dans divers pays, alors qu’il occupait d’autres charges lourdes et de grandes responsabilités. Au sein de l’Ordre des capucins, en effet, il fut professeur de théologie, maître des novices, plusieurs fois ministre provincial et définiteur général, et enfin ministre général de 1602 à 1605.

Parmi tant de travaux, Laurent cultiva une vie spirituelle d’une ferveur exceptionnelle, consacrant beaucoup de temps à la prière et, de manière particulière, à la célébration de la Messe, qu’il prolongeait souvent pendant des heures, absorbé et ému par le mémorial de la Passion, de la Mort et de la Résurrection du Seigneur. A l’école des saints, chaque prêtre, comme cela a souvent été souligné au cours de la récente Année sacerdotale, peut éviter le danger de l’activisme, c’est-à-dire d’agir en oubliant les motivations profondes de son ministère, seulement s’il prend soin de sa propre vie intérieure. En s’adressant aux prêtres et aux séminaristes dans la cathédrale de Brindisi, la ville natale de saint Laurent, j’ai rappelé que «le moment de la prière est le plus important dans la vie du prêtre, celui où la grâce divine agit avec le plus d’efficacité, en donnant sa fécondité au ministère. Prier est le premier service à rendre à la communauté. Les temps de prière doivent donc avoir une véritable priorité dans notre vie... Si l’on n’est pas intérieurement en communion avec Dieu, on ne peut rien donner non plus aux autres. Dieu est donc la première priorité. Nous devons toujours réserver le temps nécessaire pour être en communion de prière avec notre Seigneur». Du reste, avec l’ardeur incomparable de son style, Laurent exhorte chacun, et pas seulement les prêtres, à cultiver la vie de prière car au moyen de celle-ci nous parlons à Dieu et Dieu nous parle: «Oh, si nous considérions cette réalité! — s’exclame-t-il — C’est-à-dire que Dieu est vraiment présent à nous quand nous lui parlons en priant; qu’il écoute vraiment notre prière, même si nous prions seulement avec le cœur et avec l’esprit. Et que non seulement il est présent et nous écoute, mais qu’il peut même et qu’il désire volontiers répondre, et avec le plus grand plaisir, à nos questions».

Un autre trait qui caractérise l’œuvre de ce fils de saint François est son action pour la paix. Les Souverains Pontifes, ainsi que les princes catholiques lui confièrent à plusieurs reprises d’importantes missions diplomatiques pour résoudre des controverses et favoriser la concorde entre les Etats européens, menacés à cette époque par l’empire ottoman. L’autorité morale dont il jouissait faisait de lui un conseiller recherché et écouté. Aujourd’hui, comme à l’époque de saint Laurent, le monde a un grand besoin de paix, il a besoin d’hommes et de femmes pacifiques et pacificateurs. Tous ceux qui croient en Dieu doivent toujours être des sources et des agents de paix. Ce fut précisément à l’occasion d’une de ces missions diplomatiques que Laurent conclut sa vie terrestre, en 1619 à Lisbonne, où il s’était rendu auprès du roi d’Espagne, Philippe III, pour défendre la cause de ses sujets napolitains, opprimés par les autorités locales.

Il fut canonisé en 1881 et, en raison de son activité vigoureuse et intense, de sa science vaste et harmonieuse, il mérita le titre de Doctor apostolicus, «Docteur apostolique», que lui donna le bienheureux Pape Jean XXIII en 1959, à l'occasion du quatrième centenaire de sa naissance. Cette reconnaissance fut accordée à Laurent de Brindisi également parce qu'il fut l'auteur de nombreuses œuvres d'exégèse biblique, de théologie et d'écrits destinés à la prédication. Il y offre une présentation organique de l'histoire du salut, centrée sur le mystère de l'Incarnation, la plus grande manifestation de l'amour divin pour les hommes. En outre, étant un mariologiste de grande valeur, auteur d'un recueil de sermons sur la Vierge intitulé «Mariale», il met en évidence le rôle unique de la Vierge Marie, dont il affirme avec clarté l'Immaculée Conception et la coopération à l’œuvre de la rédemption accomplie par le Christ.

Avec une fine sensibilité théologique, Laurent de Brindisi a également mis en évidence l'action de l'Esprit Saint dans l'existence du croyant. Il nous rappelle qu’avec ses dons, la Troisième Personne de la Très Sainte Trinité, éclaire et aide notre engagement à vivre dans la joie le message de l'Evangile. «L'Esprit Saint — écrit saint Laurent — rend doux le joug de la loi divine et léger son poids, afin que nous observions les commandements de Dieu avec une très grande facilité, et même avec plaisir».

Je voudrais compléter cette brève présentation de la vie et de la doctrine de saint Laurent de Brindisi en soulignant que toute son activité a été inspirée par un grand amour pour l'Ecriture Sainte, qu'il savait presque par cœur, et par la conviction que l'écoute et l'accueil de la Parole de Dieu produit une transformation intérieure qui nous conduit à la sainteté. «La Parole du Seigneur — affirme-t-il — est lumière pour l'intelligence et feu pour la volonté, pour que l'homme puisse connaître et aimer Dieu. Pour l'homme intérieur, qui au moyen de la grâce vit de l'Esprit de Dieu, il est pain et eau, mais un pain plus doux que le miel et une eau meilleure que le vin et le lait... C'est un maillet contre un cœur durement obstiné dans les vices. C’est une épée contre la chair, le monde et le démon, pour détruire tout péché». Saint Laurent de Brindisi nous enseigne à aimer l'Ecriture Sainte, à croître dans la familiarité avec elle, à cultiver quotidiennement le rapport d’amitié avec le Seigneur dans la prière, pour que chacune de nos actions, chacune de nos activités ait en Lui son commencement et son achèvement. Telle est la source à laquelle puiser afin que notre témoignage chrétien soit lumineux et soit capable de conduire les hommes de notre temps à Dieu.

* * *

Je salue les pèlerins francophones, spécialement les élèves, les collégiens et les membres des Associations présents. Puissiez-vous aimer la Parole de Dieu et être, comme Laurent de Brindisi, des évangélisateurs zélés et courageux capables d’insuffler dans les divers modes de pensée et d’action un authentique humanisme chrétien! Bon pèlerinage à tous!

© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110323_fr.html

21 juillet

Saint Laurent de Brindisi

On donnerait volontiers de Laurent de Brindisi une image équestre, symbole de son grand rôle politique et militaire, mais ce serait le trahir, car, bien que les papes l'eussent engagé à user d'un cheval pour ménager ses forces, il ne voulut aller qu’à pied : meneur d'hommes mais pauvre piéton, chef magnifique mais fantassin poussiéreux. On ne le vit en selle qu'une fois, entraînant les charges contre les Turcs, un jour décisif de 1601. De sa vie riche et mouvementée, on aurait pu faire un opéra éclatant de trompettes et superbe de contrastes, de sa cellule austère aux palais princiers, de ses prédications tonitruantes aux mêlées tourbillonnantes, sur fond de décharges d'artillerie.
Fils de Guillaume de Rossi et d’Elisabeth de Masella, Laurent naquit à Brindisi, le 22 juillet 1559, trois semaines avant que ne mourût le vieux pape Paul IV, implacable champion de la réforme catholique ; la populace, joyeuse d'être débarrassée d'une telle poigne, jeta bas la statue du pontife dont la tête échoua au musée du château Saint-Ange. L’enfant aura le zèle du pape défunt, mais avec plus de charité et de souplesse. Laurent était de la noble famille des Rossi, dont le patronyme signifie rouge, couleur symbole de charité. On le baptisa Jules-César. Le ciel, dans sa bénévolence, écrit Guillaume Rossi à son frère, prêtre à Venise, vient de nous donner un fils, mais quel fils! Sa physionomie est tellement admirable qu’il est impossible de ne pas le considérer comme un enfant de bénédiction. N’imagine pas, mon cher Pierre, que c’est la tendresse paternelle qui me plonge dans l’illusion. Pas du tout ! Tous ceux qui voient un si beau bébé se demandent s’il n’est pas lavantage un ange qu’un homme.
On dit que César prêcha à l'âge de six ans dans la cathédrale de Brindisi et que l'auditoire fut transporté d'admiration ; ce fut une de ces petites récitations enfantines devant la crèche comme il s’en dit pour Noël à l'Ara Cæli de Rome. Jusqu'à quatorze ans, il étudia chez les Franciscains de Brindisi. A dix ans, il perdit son père et supplia en vain que sa mère le laissât entrer chez les Capucins : Laisse-moi entrer chez les capucins, Dieu m’y appelle. Cinq ans plus tard, il perdit sa mère et, tandis que les Turcs menaçaient Brindisi, il s’en fut se réfugier à Venise, près de son oncle Pierre qui veilla tendrement à sur lui et lui permit, l’année suivante, d’entrer chez les Capucins de Vérone (17 février 1575) où, après une brêve maladie, au jour de sa profession, il prit le nom de frère Laurent (24 mars 1576). Entraîné à la pénitence (chaînes de fer, trois jours de jeûne par semaine avec seulement du pain et de la verdure, une méditation assidue des souffrances du Christ), il fut un novice modeste, grave et aimable.
Ses supérieurs, ayant constaté sa prodigieuse mémoire et son goût pour l’étude, l'envoyèrent étudier à l’université de Padoue. Il apprenait des langues à ses moments de loisir et acquit la parfaite maîtrise de l’italien, du latin, du grec, du français, de l’allemand, du syriaque et de l’hébreu. On le fit prêcher avant même le sacerdoce. Il tenait que la Bible était la grande source du prédicateur, et il la pratiquait si bien qu'il pouvait en discuter le texte hébreu avec des hérétiques ou des Juifs ; la morale et le dogme de l'Écriture passaient en traits de feu dans ses prédications pour enflammer les âmes. C'est ainsi qu'il prêcha deux carêmes à Venise, capitale du carnaval qui avait bien des poissons d'eau trouble pour le pêcheur apostolique. Le bien qu'il y fit ne saurait se dire. Une courtisane, venue au sermon dans sa superbe et sa morbidesse pour y faire des conquêtes, fut conquise au Christ.
Une fois prêtre (18 décembre 1582), il fut d’abord lecteur en théologie et en Ecriture sainte à Venise (1583-1586), puis supérieur et maître des novices à Bassano del Grappa (1586-1588) ; il fut plusieurs fois ministre provincial[1] ; il fut élu définiteur général[2] et, enfin, ministre général[3].
Clément VIII le fit prêcher aux Juifs de Rome pendant trois ans : il obtint de bons résultats grâce à sa connaissance de l'hébreu. Puis ce furent des missions, comme commissaire général, en Autriche et en Bohême où il fonda les couvents de Prague, de Vienne et de Gratz. Les Capucins travaillèrent à convertir les âmes dans l'Europe centrale ravagée par le protestantisme. Laurent se dévoua à cette tâche, en liaison avec les Jésuites.
Mais il fallait un animateur spirituel à la lutte contre les Turcs qui harcelaient les forces de l'Empire. Clément VIII envoya Laurent à l'empereur Rodolphe II : Ce capucin, animateur spirituel, écrit le Pape à l’Empereur, vaut une armée entière. En effet, aumônier des troupes impériales, Laurent fut le bras droit du prince Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, qui remporta une victoire éclatante sur l'Islam près d'Albe royale (Szekes-Fejervar) en Hongrie (octobre 1601), bien que les chrétiens s’y battissent à un contre cinq. Au plus fort de la bataille, Laurent, un moment cerné par l’ennemi, est dégagé par ses compagnons de lutte : Votre place n’est pas ici, lui crient-ils ; Vous vous trompez, leur répond-il, c’est bien ici que, de par Dieu, je dois être. En avant ! La victoire est à nous !
Écoutez saint François de Sales dans son oraison funèbre du duc de Mercœur, prêchée à Notre-Dame de Paris, le 27 avril 1602 : Il avait toujours en son armée des Pères capucins lesquels, portant une grande croix, non seulement animaient les soldats, mais aussi, après la confession générale que tous catholiques faisaient en signe de contrition, leur donnaient la sainte bénédiction. Mais surtout c'était une belle chose de voir ce général exhorter ses capitaines à la constance, leur remontrer que s'ils mouraient ce serait avec le mérite du martyre, et parler à chacun en sa propre langue, français allemand, italien.
S'il excellait dans les missions militaires, il s'employa aussi, avec des succès divers, à des négociations diplomatiques, parfois très délicates. En 1606, le Pape Paul V, à la demande de l'Empereur, lui ordonna : Passez en Allemagne, pour y travailler aux affaires politico-religieuses de l’Empire ; ainsi, Laurent, conseiller ordinaire du duc de Bavière, Maxililien I°, joua un rôle capital dans la création et l’animation de la Ligue catholique contre l’Union évangélique protestante et obtint pour elle la participation financière de la cour de Madrid. En 1612, il règla les questions litigieuses entre les Habsbourg et les princes électeurs catholiques. Paul V l'utilisa de même en Allemagne, en Bavière et en Italie. Le roi catholique était en guerre avec le duc de Savoie, l'Espagne griffait l'Italie, lutte fratricide ! Laurent vint trouver le duc de Savoie et l'achemina vers la paix désirable. Dès 1587, ses qualités lui avaient valu un poste envié dans l'administration de son ordre qu’il dirigea de 1602 à 1605.
Cependant, au milieu des ovations, comme parmi les outrages et les menaces de mort qui n'étaient point rares en pays hérétiques, il demeurait simple et affable. Il repoussait les honneurs, et la fine cuisine, couchait sur la dure et se levait la nuit pour psalmodier. Son oraison allait jusqu'à l'extase. Il eut la joie de fonder plusieurs couvents capucins en Allemagne, en Autriche, en Moravie et au Tyrol. En 1618, les Napolitains, soumis aux exactions du vice-roi, le dux d’Ossuna, chargèrent Laurent de leur défense près du roi d’Espagne et le dépêchèrent auprès de Philippe III qui tenait sa cour à Lisbonne où il mourut le 22 juillet 1619. Son corps fut enseveli au monastère des Clarisses de Villafranca del Bierzo.
Laurent de Brindisi fut béatifié le 1° juin 1783 et canonisé le 8 décembre 1881. Le 19 mars 1959, dans le bref apostolique Celsitudo ex humiliate, Jean XXIII proclama saint Laurent de Brindisi docteur de l’Eglise universelle.



[1] De Toscane (1590-1592), de Venise (1596-1597), de Suisse (1598-1599) et de Gênes (1613-1616).
[2] 1596-1602 et 1613-1619.
[3] 1602-1605.
SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/07/21.php

St Laurent de Brindes, confesseur et docteur
Gloire de l’Ordre des Capucins, avec St Fidèle le martyr de l’hérésie protestante et Ste Véronique Giuliani la mystique stigmatisée. Général de l’Ordre, prédicateur infatigable contre les hérétiques, les juifs et les infidèles ; son Mariale est considéré comme un des plus grands exposé de la théologie mariale de l’Église.
Clément VIII dira de lui : « Ce capucin vaut une armée entière ! » (St Laurent était aumônier des armées impériales et participa aux luttes armées contre les infidèles).

Mort à Lisbonne le 22 juillet 1619. Béatifié par pie VI en 1783. Canonisé par Léon XIII en 1881.

En 1959, Jean XXIII le proclama Docteur et inscrivit sa fête au calendrier romain au 21 juillet sous le rite double, réduisant la fête de Ste Praxède au rang de simple commémoraison. La Messe romaine fut alors tirée du Commun des Docteurs, en reprenant l’oraison de la Messe propre. Une messe propre se trouve dans le supplément du Missel Romain à la date du 7 juillet avant 1960 et au 21 juillet à partir de 1960.

Son inscription tardive au calendrier romain fait qu’aucun de nos commentateurs « habituels » n’y fait allusion.

Leçon des Matines après 1960.

Laurent, né à Brindes (Brindisi) dans les Pouilles (1559), entré dès son adolescence dans l’Ordre des Frères Mineurs Capucins (1575), apprit à fond la philosophie et la théologie et posséda plusieurs langues anciennes et modernes. Ordonné prêtre, il se vit confier le ministère de la prédication, dont il s’acquitta inlassablement dans presque toute l’Italie et dans d’autres pays d’Europe. Favorisé d’une sagesse singulière et du don de conseil, il fut chargé du gouvernement de son Ordre tout entier et les Souverains Pontifes eurent souvent recours à lui pour des missions très importantes. C’est surtout grâce à ses efforts que les princes chrétiens associèrent leurs forces contre les hordes envahissantes des Turcs : l’armée chrétienne les affronta en Hongrie, Laurent marchant en tête avec la croix et exhortant les soldats et les chefs, et elle remporta une éclatante victoire. Cependant, parmi tant d’affaires si importantes, il pratiqua de manière héroïque les vertus d’un religieux. Il donnait à l’oraison tout le temps dont il pouvait disposer et il sut unir d’une façon admirable la vie intérieure avec l’activité extérieure. Enfin, à Lisbonne, où le peuple napolitain l’avait envoyé comme représentant auprès du roi d’Espagne, ce vaillant défenseur de la liberté chrétienne et de la justice succomba comme sur un champ de bataille, en 1619. Il laissa de nombreux écrits consacrés à la défense de la foi contre les hérésies et à l’explication des Saintes Écritures. Le Pape Léon XIII le mit au nombre des saints (1881) et le Pape Jean XXIII le déclara Docteur de l’Église universelle (1959).


SOURCE : http://www.introibo.fr/21-07-St-Laurent-de-Brindes

Laurent de Brindisi ou Laurent de Brindes, Fils de Guillaume Rossi et d'Élisabeth Mazella, naquit le 22 juillet 1559 à Brindisi, entre Tarente et Bari, sur les bords de la mer Adriatique, là où, en 19 avant Jésus-Christ, mourut le poète Virgile. On le prénomma Jules César. 
C'était un enfant surdoué. On raconte que, à l'âge de six ans, il aurait prêché devant la cathédrale de Brindes, soulevant, à plusieurs reprises, l'enthousiasme de son auditoire. Ce fait ne semble pas être une légende, car nous savons que certains enfants surdoués peuvent, dès l'âge de six ans, tenir des discours stupéfiants devant un auditoire d'adultes. 
Après la mort de son père, Laurent, qui n'avait que dix ans, demanda à sa mère l'autorisation d'entrer, comme oblat (jeune postulant à la vie religieuse), chez les Capucins, ordre vers lequel il se sentait senti attiré. Il se montra un écolier modèle. Après le décès de sa mère, Laurent se rendit à Venise chez son oncle paternel, prêtre, et l'année suivante, alors qu'il avait juste 16 ans, il entra chez les capucins de Vérone, sur l'Adige, entre Brescia et Padoue. Et c'est à partir de là qu'il exerça pendant près de quarante quatre ans une fructueuse activité apostolique. 
Le 24 mars 1576, Laurent de Brindisi, âgé de 19 ans, prononça ses vœux. Il prit le nom de Laurent, en souvenir du diacre martyr, Laurent de Rome.
Il partit alors étudier à Padoue les sciences sacrées: exégèse, patrologie, théologie. Il apprit plusieurs langues qu'il parla couramment: le latin, le grec, le syriaque, l'hébreu, l'italien, l'allemand et le français. Il discutait volontiers avec les Juifs, et jouissait d'une mémoire fantastique. 
Laurent fut ordonné prêtre le 18 décembre 1582 et, dès lors, il assuma de nombreuses charges chez les Capucins
– 1583-1586 : Lecteur en Théologie et Écriture Sainte à Venise 
– 1586-1588 : Supérieur et maître des novices à Bassano del Grappa 
– 1590-1592 : Ministre provincial en Toscane 
– 1596-1602 : Membre du Conseil Supérieur (Définiteur Général) 
En 1599, Laurent de Brindisi est envoyé en Autriche et en Bohême, avec onze confrères capucins, pour travailler à la réforme catholique. À cette occasion, il implanta son Ordre à Prague, Vienne et Gratz. Comme c'était un diplomate habile et courageux, le Saint Siège lui confia de grandes missions "politiques". Ainsi, de 1601-1602, le pape Clément VIII l'envoya à l'empereur Rodolphe II, commandant en chef des forces catholiques contre les Turcs. Le Souverain Pontife précisait l'ordre de mission et la valeur du renfort par ces mots: "Ce capucin, animateur spirituel, vaut une armée entière!". Effectivement, promu aumônier des troupes impériales, l'émissaire papal devient le plus puissant soutien de Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur. Combattant à un contre cinq, les forces anti-ottomanes, galvanisées par leur chapelain, écrasèrent les Turcs à Szekes-Fejerdars, près d'Albe-Royale, en Hongrie. Au plus fort de l'engagement, saint Laurent de Brindisi, un moment cerné par l'ennemi, fut dégagé par ses compagnons de lutte:  
– Votre place n'est pas ici, lui crièrent-ils.
– Vous vous trompez, répondit-il, c'est bien ici que, de par Dieu, je dois être. En avant! La victoire est à nous! 
Et les forces catholiques, menées par le Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, galvanisées par le soutien spirituel de Laurent de Brindisi, remportèrent la victoire sur les Turcs en Hongrie
– De 1602 à 1605, Laurent de Brindisi fut le Supérieur, ou Ministre Général de son ordre. 
– En 1606, à la suite d'une sollicitation de la cour de Prague, saint Laurent de Brindisi reçut du pape Paul V l'ordre formel de passer en Allemagne pour y travailler aux affaires politico-religieuses de l'Empire. Il devint alors conseiller ordinaire de Maximilien Ier, duc de Bavière et joua un rôle capital pour créer, développer et animer la "Ligue catholique", face à l'"Union évangélique protestante". 
– En 1618, saint Laurent de Brindisi fut chargé par les Napolitains d'assurer leur défense contre le duc d'Ossuna, vice-roi. Il partit alors pour Madrid, puis pour Lisbonne afin d'y rencontrer le roi Philippe III.
C'est là qu'il mourut, le 22 juillet 1619, âgé de 60 ans. 
Saint Laurent de Brindisi fut un des grands penseurs de l'Église. Il laissa de nombreux écrits, dont une Dissertation dogmatique sur Martin Luther et plus de 800 homélies. Il fut proclamé Docteur de l'Église universelle le 19 mars 1959, par le pape Jean XXIII.  
Maintenant, nous allons parler de la spiritualité de saint Laurent de Brindisi. La Vierge Marie tint une grande place dans la vie de Frère Laurent qui avait constamment le nom de Marie dans le cœur et sur les lèvres. Souvent, tandis qu'il contemplait les grandeurs de la sainte Vierge Marie, il était ravi en extase. En voyage, il aimait chanter les louanges mariales.  
Nombreuses sont les œuvres de saint Laurent de Brindisi qui parlent de la Vierge Marie: 84 sermons sur les prérogatives de l'Immaculée, dont voici quelques lignes: "Marie est la première forme et l'exemplaire, l'archétype de toute l'Église des élus de Dieu. Le Seigneur la prédestina, au-dessus de tous les saints; il la prédestina  au suprême degré de grâce, au suprême degré de gloire, au suprême degré de dignité. De la sorte, la Vierge est bien vraie Fille de Dieu, Épouse et Mère de Dieu, Reine des anges et de tous les saints…"  
Laurent de Brindisi a été béatifié le 1er juin 1783 par le Pape Pie VI, et canonisé le 8 décembre 1881 par le pape Léon XIII. Le 19 mars 1959, le Pape Jean XXIII le proclama Docteur de l'Église Universelle.
Il est fêté le 21 juillet et est le saint patron de la ville de Brindisi
Remarque: aujourd'hui, 21 juillet, nous nous souvenons du Bienheureux  Gabriel Pergaud, de Beaulieu dans les Côtes d’Armor, mort martyr aux Pontons de Rochefort en 1794. Il fut béatifié en 1995, avec tous ses compagnons.
Paulette Leblanc

SOURCE : http://nouvl.evangelisation.free.fr/leblanc_laurent_de_brindisi.htm 


Saint Laurent de Brindisi, né dans cette ville le 22 juillet 1559, Paul IV étant pape, Ferdinand Ier empereur et François II roi de France, fut l’une des plus grandes figures de l’Ordre Séraphique et l’un des plus parfaits disciples de saint François d’Assise.
À son entrée au couvent, le supérieur, pour l’éprouver, lui fit un rude tableau de la vie religieuse et le fit entrer dans une cellule étroite, aux murailles nues et austères : « Que cette cellule renferme un crucifix, s’écria le jeune homme, et elle sera pour moi plus belle que les salles somptueuses des plus riches palais. »
Attentif à tous ses devoirs, le premier à tous les offices du jour et de la nuit, fidèle dans l’observation des moindres points de la Règle, soumis envers ses supérieurs et respectueux envers ses frères, dépassant les jeûnes et les austérités de l’Ordre, il s’attira bientôt l’affection et l’admiration de tous. De fortes études suivies avec ardeur, sans rien diminuer de sa piété, le mirent bientôt à même de remplir un ministère difficile auprès des grandes puissances de l’Europe.
Il sema les miracles sous ses pas ; mais le plus grand de ses prodiges fut le succès immense de ses prédications dans les principales villes d’Italie, puis en Allemagne, en Autriche, en Bohème, en Syrie, en Espagne. Saint Laurent exerça successivement les plus hautes charges de son Ordre, dont il fut un des généraux les plus saints et les plus remarquables.
Nonce apostolique en Autriche, puis en Espagne, il voyait toutes les affaires les plus épineuses réussir entre ses mains. Ces grandes œuvres, ces voyages incessants ne nuisaient en rien à son œuvre principale, sa sanctification.
Un jour qu’il offrait le saint Sacrifice, après la Consécration, Jésus-Christ lui apparut dans l’Hostie, sous la forme d’un petit enfant, qui le caressait et lui souriait avec une grâce toute divine. Chacun des pas du Saint était l’occasion d’une merveille, et sa présence suscitait partout un incroyable enthousiasme.
Après tant de travaux arriva pour saint Laurent l’heure de la délivrance ; il remercia ses frères de leurs bontés, leur demanda pardon de ses torts, reçut les Sacrements avec une joie profonde et mourut en invoquant Marie et en serrant la croix fortement sur son cœur. C’était le 22 juillet 1619, Paul V étant pape, Mathias empereur et Louis XIII roi de France.
Ses panégyristes l’ont appelé le prodige de son siècle.


Saint Laurent de Brindisi  ou  Saint Laurent de Brindes 

docteur de l'Église catholique - docteur apostolique 

1559-1619

"Sa Sainteté Jean XXIII, après avis favorable de la Sacrée Congrégation des Rites, a daigné promulguer, en date du 19 mars dernier [1959], le Bref apostolique Celsitudo ex humilitate. Ce document proclame saint Laurent de Brindes docteur de l'Église universelle, étendant l'office et la messe fixés au 21 juillet de chaque année."
                                            Osservatore Romano du 10 mai 1959

Les capucins constituent une partie de l'ordre fondé, en 1209, par saint François d'Assise [l'ordre des Frères mineurs]. Trois siècles plus tard, en 1526, des moines désireux de revenir aux sources, Mathieu de Brasci, Louis et Raphaël de Fossombrone, décident de réhabiliter la règle primitive. On les appela capucins en raison du  « capuchon » plus ample et plus en pointe que celui des autres membres de l'Ordre.

Saint Laurent de Brindisi (de Brindes) entre dans cet ordre en 1575.

Ils sont cinq mille et se répandront largement hors d'Italie.
 
Sur le haut talon de la botte italienne, entre Lecce, Tarente et Bari, se situe Brindisi, sur l'Adriatique. C'est à cette extrémité de la péninsule italienne, en son point le plus rapproché de la Grèce, que s'élève cette ville portuaire. C'est là qu'en 19 avant Jésus Christ, mourut le poèteVirgile. C'est là que vient au monde, le 22 juillet 1559, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) auquel on donne comme prénom  Jules-César,
saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  est le fils de Guillaume Rossi et d'Élisabeth Masella.
saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  âgé de six ans, aurait prêché devant la cathédrale de Brindes (mot qui signifie « toast ») et aurait suscité l'enthousiasme de son auditoire.
En tout cas, le petit garçon devenu jeune postulant à la vie religieuse,« oblat », chez les conventuels de sa ville natale, se montre écolier modèle.
Agé de dix ans, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  perd son père et supplie sa mère de le laisser entrer chez les capucins : Dieu m'y appelle.
Après le décès de sa mère, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  se rend à Venise, chez Pierre, son oncle paternel qui est prêtre. L'année suivante, âgé de seize ans, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) entre chez les capucins de Vérone, sur l'Adige, entre Brescia et Padoue.

Parle 7 langues
A partir de cet engagement commence une longue activité apostolique de quarante-quatre ans.
Le 24 mars 1576, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) , jeune religieux de dix-neuf ans fait ainsi profession capucine, prenant le nom de  Laurent et se mettant sous la protection du fameux diacre martyr.
On l'envoie étudier à Padoue, ville universitaire qui honore pour patron saint Antoine, le célèbre franciscain, également docteur (+1231).
Doué d'une mémoire prodigieuse, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  s'applique à l'acquisition des sciences sacrées. saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  excelle en exégèse et en patrologie. Son originalité fut de devenir un étonnant polyglotte. Bientôt en effet, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) acquiert et maîtrise sept langues : latin, grec. syriaque, hébreu, italien, allemand et français.
Ordonné prêtre le 18 décembre 1582, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) discute volontiers avec les juifs et connaît, par ses courtoises controverses, des succès retentissants.
 
Sa famille religieuse utilise au maximum ce pieux et brillant sujet.
On peut en juger par les postes occupés.

Vingt années de charges chez les capucins
1583-1586 : Lecteur en théologie et Écriture Sainte à Venise ;
1586-1588: Supérieur et maître des novices à Bassano del Grappa ;
1590-1592 : Ministre provincial en Toscane ;
1596-1602 : Définiteur général (membre du conseil supérieur) ;
1602-1605 : Ministre général (supérieur au sommet).
Par ailleurs, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) a remplie plusieurs missions diplomatiques :
- 1599. saint Laurent de Brindisi (de Brindes) est envoyé en Autriche et en Bohême, avec onze confrères capucins, pour oeuvrer à la réforme catholique. A cette occasion, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  implante son Ordre à Prague, Vienne et Gratz.
- 1601-1602. Le pape Clément VIII envoie saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  à l'empereur Rodolphe II, commandant en chef des forces catholiques contre les Turcs.
Le Souverain Pontife précise l'ordre de mission et la valeur du renfort : « Ce capucin, animateur spirituel, vaut une armée entière. » Effectivement, promu aumônier des troupes impériales, l'émissaire papal devient le plus puissant soutien de Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur. Combattant à un contre cinq, les forces anti-ottomanes, galvanisées par leur chapelain, écrasent les Turcs à Szekes-Fejerdars, près d'Albe-Royale, en Hongrie.
Au plus fort de l'engagement, saint Laurent de Brindisi (de Brindes) , un moment cerné par l'ennemi, est dégagé par ses compagnons de lutte : « Votre place n'est pas ici », lui crient-ils. « Vous vous trompez, répond-il, c'est bien ici que, de par Dieu, je dois être. En avant ! La victoire est à nous ! »
L'année suivante, dans l'oraison funèbre de Mercoeur, prononcée à Notre-Dame de Paris le 27 avril 1602, François de Sales évoque, six mois plus tard, la mémorable victoire:

Héroïsme des aumôniers militaires capucins

     Le duc de Mercoeur avait toujours en son armée des Pères capucins, lesquels,     portant une grande croix, non seulement animaient les soldats, mais aussi, après la confession générale que tous les catholiques faisaient en signe de contrition, leur donnaient la sainte bénédiction. Mais surtout c'était une belle chose que de voir ce général exhorter ses capitaines à la constance, leur remontrer que s'ils mouraient ce serait avec le mérite du martyre, et parler à chacun en sa propre langue, français, allemand, italien

      Oeuvres complètes de Saint François de Sales, éd. d'Annecy, t. 7, p. 448.

- 1606. A la suite d'une sollicitation de la cour de Prague, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  reçoit du pape Paul V l'ordre formel : « Passez en Allemagne pour y travailler aux affaires politico-religieuses de l'Empire. »
saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  devient conseiller ordinaire de Maximilien Ier, duc de Bavière. saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  va jouer un rôle capital pour créer, développer et animer la « Ligue catholique », face à l' « Union évangélique protestante ».
De plus,saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  habile négociateur obtient le financement partiel de cette vaste entreprise par la cour madrilène.
- 1612. Fruit de l'action de saint Laurent de Brindisi (de Brindes) : règlement des questions litigieuses entre la monarchie des Habsbourg et les électeurs catholiques.
- 1618. saint Laurent de Brindisi (de Brindes) est Chargé par les Napolitains d'assumer leur défense contre les exactions du vice-roi, duc d'Ossuna, saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  part pour Madrid et se rend à Lisbonne afin d'obtenir une audience de Philippe III. La mort le surprend : saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  est âgé de soixante ans.
saint Laurent de Brindisi (de Brindes) a construit une synthèse doctrinale puissante.
saint Laurent de Brindisi (de Brindes) est un parfait émule des deux docteurs jésuites, ses contemporains : le Hollandais Pierre Canisius (+ 1597) et le Toscan Robert Bellarmin (+1621).
saint Laurent de Brindisi (de Brindes) a notamment laissé une

Dissertation dogmatique sur Luther
 et
840 homélies ou sermons

Traduction du Sermon I, issu du Mariale, par Jean-Etienne Parisot [webmestre de priere.org] que nous remercions pour l'autorisation de publier, 7 mai 2008.
A propos de la vision de St Jean l'évangéliste
Sur l'excellence de la Vierge Marie, mère de Dieu, à partir de ces mots de la vision : 'Un grand signe apparut dans le ciel : une femme vêtue du soleil, la lune sous ses pieds' (Apocalypse 12, 1)
 
I) Jean, Apôtre et Evangéliste, le disciple bien-aimé du Christ, le fils en qui la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu, mit sa préférence après la crucifixion, eut beaucoup à souffrir pour la foi en Jésus Christ pendant son exil sur l'île de Patmos.
Mais, en même temps, il y fut aussi consolé par Dieu au moyen de nombreuses révélations célestes. En effet, St Paul dit : 'Car, tout comme les souffrances du Christ abondent en nous, notre consolation abonde en Christ' (2 Corinthiens 1, 5). Et de même, dans les Psaumes, nous lisons : 'Quand les pensées s'agitent en foule au-dedans de moi, tes consolations réjouissent mon âme' (Psaume 94(93), 19).
Jean avait reposé sa tête sur la poitrine du Seigneur à la Sainte Cène, il avait aussi choisi Marie comme la meilleure part qui ne lui serait pas retirée (Luc 10, 42).
Grâce à cette extraordinaire dévotion qui le caractériserait, il fut, après l'ascension du Seigneur Jésus Christ dans le Ciel, absorbé pour toujours dans la contemplation du divin. Mais c'est avec plus d'ardeur encore qu'il se consacra aux choses divines alors même qu'il était en pleine tribulation. Voilà bien ce que font les saints.
Pendant ces temps d'épreuves, Jean, "dévoré par un feu d'amour toujours plus ardent et élevé sur les hauteurs par les flammes séraphiques de cet amour, fut plongé en Dieu. Il commença alors à déborder de cette douceur divine qu'apporte la contemplation, bien plus abondamment et copieusement qu'à l'accoutumé ; de même, il expérimenta plus parfaitement les dons que procurent les visites célestes." (St Bonaventure).
Dieu, 'le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions' (2 Corinthiens 1, 3-4), consola Jean, tout comme il avait consolé autrefois le patriarche Jacob par la vision de l'échelle céleste (Genèse 28, 12-16) ou Moïse par l'apparition divine du buisson ardent (Exode 3, 2-5), ou bien encore les trois jeunes gens dans la fournaise qu'Il réconforta en envoyant un ange consolateur, accompagné d'une bienfaisante fraîcheur céleste (Daniel 3, 49-50) ; sans oublier Paul qui fut ravi au troisième Ciel, qui n'était autre que le Paradis lui-même. Dieu l'y consola et l'y revigora d'une manière ineffable par la vision de la gloire céleste (2 Corinthiens 12, 2-4).
C'est ainsi que Jean fut consolé de bien des manières. Souvent, les cieux s'ouvrirent et souvent Dieu lui montra, comme il l'avait montré à Etienne, la gloire du Paradis, la gloire du Christ, la gloire de Dieu. Souvent, il le réjouit par la vue et le discours des anges, il le remplit d'une grande joie. Souvent, le plus doux des sauveurs lui apparut du haut des cieux. Souvent, il fut honoré de la vision de la gloire du Père. Ô bienheureux Jean qui est béni encore et toujours en gage de l'amour divin - c'est parce que Jésus l'a aimé.
II) Une seule chose pouvait encore faire défaut. En effet, Jean aimait le Christ par dessus tout, de toute son âme et de tout son coeur. Il L'aimait d'un amour parfait. Il L'aimait comme une jeune mariée chérit tendrement un époux qui l'aime. C'est la raison pour laquelle Jean était rempli d'une si grande joie à la vue du Christ. Mais personne n'ignore non plus qu'il vénérait la Vierge Mère de Dieu, la Très Sainte Mère du Christ, de l'affection qu'un enfant porte à sa mère. Tout le monde sait qu'il l'aimait d'une affectueuse dévotion comme si elle avait été réellement sa chère et tendre mère.
Jean avait conscience qu'après le Christ, la Vierge l'aimait comme un fils très précieux. Le Christ lui-même n'avait-il pas dit à sa Mère en parlant de jean : 'Voici ton fils' ? Et de même, n'avait-il pas dit à Jean en parlant de sa Mère : 'Voici ta mère' ? Et 'le disciple', nous dit Jean, 'la prit chez lui' (Jean 19, 26-27). Il la prit avec lui.
Que possédait Jean en ce monde, je vous le demande ? Qu'avait-il en propre celui qui, pour suive le Christ, avait tout quitté, père et mère, etc…, et même son âme ? Comment prit-il la Vierge, Mère du Christ chez lui, lui qui, ayant tout quitté, ne possédait rien qui fût à lui ?
Il la considéra comme son trésor, elle était toute sa richesse, tout ce qu'il possédait. Il vénérait la Vierge avec un amour et une noblesse inimaginables. Cependant, quelques années seulement après l'ascension au ciel du Seigneur Jésus Christ, Marie, aussi, fut enlevée par le Christ vers le Royaume des cieux, afin que comme reine, elle pût se tenir à la droite du Seigneur des Seigneurs, 'parée de l'or d'Ophir, entourée par une cours nombreuse' (Psaume 45 (44), 10). C'est ainsi que l'Assomption de la Vierge eut lieu vers la quinzième année qui suivit la mort du Christ. Mais Jean, quant à lui, vécut encore jusqu'à l'époque de l'empereur Trajan. Quand Jean fut envoyé en exil sur l'île de Patmos par l'empereur Domitien, un monstre d'une cruauté atroce, la Très Sainte Vierge, qui était montée au Paradis le laissa vivre, pour le bien de l'Eglise, dans cette vallée de larmes, selon la volonté du Christ. Comme il savait que la Vierge était montée au ciel pour y être exaltée à la droite du Christ, au-dessus de toutes les puissances célestes, Jean ne put s'empêcher de se réjouir et d'exulter en son âme.
Mais, privé de la douce conversation de la Vierge, ainsi que de la consolation et du réconfort divins, il ne put pas non plus ne pas laisser échapper larmes et lamentations quant à son sort. La Vierge n'ignorait pas du tout la situation de Jean. Doit-on penser qu'elle l'oublia ? Comment aurait-elle pu oublier celui qu'elle chérissait tendrement en son cœur de mère comme si ce fut le Christ ?
L'échanson ingrat de Pharaon oublia en prison Joseph qui était innocent. Mais Marie ne pouvait pas oublier Jean. On peut donc fort bien penser que la Très Sainte Vierge descendait souvent du ciel pour lui rendre visite et le consoler, à la manière d'une mère qui a consolé son fils unique, un fils qui ne manque pas de l'aimer en retour.
III) Il semble que Jean ait voulu conserver la trace d'une apparition particulière de la Vierge pour en faire un mémorial définitif quand il écrivit : "Un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de 12 étoiles sur sa tête." (Apocalypse 12, 1).
Selon Epiphane, Bernard, Rupert et d'autres Pères encore, Jean parle ici de la Vierge, Mère de Dieu. Jean lui-même semble le sous-entendre. Non, en fait, il paraît bien avoir exprimé cette opinion le plus clairement du monde, car il dit : "Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer" (Apocalypse 12, 3). Par ces mots, c'est sans aucun doute le Christ qu'il décrit, le Roi des rois et le Seigneur, le Fils de Dieu, le seul engendré, le fils de la Vierge, Mère de Dieu. La Vierge, Mère de Dieu, la mère du Christ, l'épouse de Dieu, la Reine du Ciel, la Reine des Anges, apparut donc à Jean, vêtue de la gloire céleste, resplendissante de la beauté et de la majesté divines : "Un grand signe apparut dans le ciel".
Par cette vision céleste, le Seigneur voulait montrer à Jean la grande valeur de ce précieux trésor qu'il avait confié à sa garde, ce trésor qui contient toutes les richesses et toute la gloire du ciel. A travers Jean, Il désirait montrer à l'Eglise catholique universelle, c'est à dire à tous les fidèles du Christ, combien la Vierge était exaltée au milieu des anges et des élus du Paradis.

Dieu agit ainsi de peur que nous pussions croire que Marie avait été rejetée par Lui ; en effet, dans les Ecritures Sacrées, l'Esprit Saint avait fait la grâce à Marie de se sanctifier dans un certain effacement.
IV) L'Ecriture Sainte se montre étonnamment réservée et avare de détails quand il s'agit de parler de la Vierge, il en est d'ailleurs de même pour ce qui touche à la nature des anges et à la gloire du Paradis céleste. Moïse, dans son récit des origines du monde, ne fait aucune mention de ces deux derniers éléments. Il ne nous dit rien sur leur création, même si, sous l'inspiration du Saint-Esprit, il raconte bien des choses au sujet de la création du monde visible et du paradis terrestre, tout comme il le fait au sujet de la formation de l'homme ; et c'est avec simplicité et véracité qu'il raconte les nombreuses actions historiquement véridiques de Dieu et des hommes, ceci afin de produire un témoignage qui traverserait les générations. Moïse a-t-il eu du mépris pour les anges ou pour la création de la Jérusalem céleste, alors même que leur Créateur, l'Artisan de leur existence, n'est autre que Dieu ? Pourquoi donc a-t-il omis d'en parler ? La sagesse lui commanda de garder le silence, car ce qu'il aurait pu dire dépassait la compréhension de notre esprit et la capacité de notre intelligence. Epiphanus va dans le même sens quand dans son Panarium, Haereses 78, il dit de la Vierge Mère de Dieu : "Les Ecritures restent silencieuses en raison de l'excellence du miracle, de peur que celui-ci ne plonge l'esprit des hommes dans la stupeur." Aussi, les Saintes Ecritures ne disent-elles rien des parents de la Vierge ; elles ne disent rien non plus de sa conception ou de sa naissance, contrairement à ce qui s'était passé pour Jean Baptiste. Elles ne nous informent en rien sur l'âge de la Vierge, sa vie, son caractère ou bien encore sa façon de vivre. Elles ne font même aucune allusion à sa mort. C'est soudainement que la Vierge fait son apparition, à la manière de Melkisédek, ce distingué prêtre de Dieu et Roi de Salem, lui dont St Paul dit "qu'il était sans père, sans mère, sans généalogie, sans commencement ni fin" (Genèse 14, 18 + Hébreux 7, 1-3), une affirmation qu'il peut faire puisque aucun de ces renseignements ne figurent dans les Saintes Ecritures. C'est ainsi que la prêtrise fit son apparition, avec majesté, comme si elle descendait du Ciel d'auprès de Dieu, ne tenant son origine ni des hommes ni de la terre.

Le silence, déclare le Prophète Royal, est louange à Dieu : "Avec confiance, ô Dieu ! on te louera dans Sion." (Psaume 64, 1), mais en Hébreu, nous avons : "Dans le silence, ô Dieu ! on te louera dans Sion." En effet, comme rien de ce que l'on peut dire ne saurait constituer une louange adéquate, il est préférable de s'émerveiller en silence devant le divin plutôt que de bafouiller des mots pauvres et inadaptés ; c'est pourquoi le Saint Esprit, qui inspira les saints hommes Dieu, voulut honorer la Mère de Dieu dans ce silence sacré, ne révélant que cette vérité, à savoir qu'elle était digne de devenir l'Epouse de Dieu pour concevoir et mettre au monde le Fils unique de Ce dernier. La Très Sainte Vierge, en conséquence, fit son entrée dans le monde non sans une certaine majesté divine : "L'Ange Gabriel fut envoyé d'auprès de Dieu…vers une vierge…et quand l'ange fut près de la Vierge il lui dit : Je te salue pleine de grâce, le Seigneur est avec toi". (Luc 1, 26-28) Vraiment, "c'est un grand signe qui apparut dans le ciel". Tout à coup, Marie surgit ; c'était comme une apparition divine descendue du ciel, façonnée par la main experte de Dieu. Eve, la première mère des vivants, avait été faite à l'image d'Adam, le premier homme, issu de la terre. Marie, la femme céleste, a été faite à l'image du Christ, le deuxième Homme, venu du ciel. Voilà pourquoi Jean déclare d'une voix forte : "un grand signe apparut dans le ciel".
V) Par cette vision céleste, Dieu souhaitait, autant que faire se peut, montrer à la véritable Eglise les splendeurs divines dont Marie avait été revêtues ; de même, Il désirait révéler aux fidèles les mystères que la Vierge recelait.
Ces révélations, Dieu les donna, afin que tous prissent conscience, par les écrits la concernant, de la grandeur et de la magnificence de la gloire dont elle avait été comblée.
 
Extraits:
saint Laurent de Brindisi (de Brindes)  prononce souvent cette formule, recueillie par les premiers biographes et authentifiées par les recherches du Père Laurent d'Aoste.
Par le signe de croix
Grâce à ce geste sacré et par l'intermédiaire de la Vierge Marie,
que le Seigneur vous bénisse et vous ait en sa sainte garde !
Qu'il vous montre son visage et vous prenne en pitié pour vous conférer la paix !
Puisse le Tout-Puissant vous rendre la santé après laquelle vous soupirez,
par Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Par ce signe de croix, que le Rédempteur vous guérisse,
lui qui calme toutes langueurs et infirmités
en même temps qu'il délivre tous les possédés du démon.
Que Jésus-Christ et la Vierge Marie vous bénissent, par le signe de la sainte croix !

Merveilleux effets de la Parole divine
La Parole de Dieu est lumière pour l'intelligence, feu pour la volonté.
Par elle, l'homme peut connaître Dieu et l'aimer.
Pour l'homme intérieur qui, par la grâce, vit du Saint-Esprit, c'est du pain et de l'eau.
Mais ce pain est plus doux que le rayon de miel, cette eau est meilleure que le vin et le lait. Pour l'âme spirituelle, quel trésor de mérites !
On l'appellera donc : or et pierre précieuse.
Contre le coeur obstiné dans le vice, quel marteau !
Contre la chair rebelle, le monde et le démon : épée qui tranche le péché !
Deuxième sermon de carême 5, 1.
Les oeuvres compètes de saint Laurent de Brindisi (de Brindes) commencent par les écrits sur la Vierge Marie: 84 sermons sur les prérogatives de l'Immaculée
Voiç cinq extraits :
Arche de la divinité
Autrefois c'était dans l'Arche du Testament du Seigneur, Arche qui était trésor et trône de la divinité, que les véritables Israélites plaçaient pieusement tout leur espoir et leur salut.
C'est à cette Arche qu'ils recouraient dans leurs besoins et leurs adversités. Ils l'honoraient par-dessus tout; prosternés devant elle, ils priaient du fond du coeur pour obtenir les secours divins (1 S 4, 3).
Aujourd'hui, les vrais Israélites, c'est-à-dire les fidèles du Christ, les fils légitimes de la sainte Église, n'agissent pas autrement envers la Vierge, Mère de Dieu, Arche vivante de la divinité. C'est en elle, après le Christ qu'ils ont placé toute l'espérance de leur salut, c'est à elle qu'ils recourent
Dixième sermon sur la salutation angélique : exorde
 
Médiatrice auprès de l'unique Médiateur
Sans aucune injure envers Jésus, sa Mère est appelée notre vie et notre espérance.
Certes, elle ne l'est pas comme le Christ lui-même ;
elle ne l'est pas davantage au même titre que Dieu.
Elle est la vie, puisque c'est par son intermédiaire que nous sommes rendus,participants du fruit de vie, né de son sein.
Comme l'appelle Epiphane (Contre les hérétiques, 42, 1050 ) Marie est « mère des vivants». Par son enfantement du Christ, la voilà, pour nous, cause de vie éternelle.
De la sorte, par le Christ et après lui, la voilà devenue pour le monde entier cause de l'éternel Salut.
D'autre part, elle est notre espérance, puisque notre Mère très tendre, notre Médiatrice et notre Avocate auprès de son Fils, de qui il n'est rien qu'elle ne puisse obtenir.
C'est pourquoi saint Bemard, dans son Sermon sur la Nativité de la Vierge (183, 1015), l'appelle « échelle des pécheurs » et la proclame : « Parfaite Médiatrice auprès du Médiateur» (Mediatricem ad mediatorem).
Voilà pourquoi, Frères : c'est en Marie, Mère de Dieu, qu'après le Christ, son Fils, nous devons placer toute l'espérance de notre salut
Dixième sermon sur la salutation angélique : conclusion.
Regina coeli
Marie est la première forme et l'exemplaire, l'archétype de toute l'Église des élus de Dieu. Le Seigneur la prédestina, au-dessus de tous les saints ;
il la prédestina  au suprême degré de grâce,
                            au suprême degré de gloire,
                            au suprême degré de dignité.
De la sorte, la Vierge est bien vraie Fille de Dieu,
                                                    Épouse et Mère de Dieu,
                                                    Reine des anges et de tous les saints
Fundamenta ejus : deuxième sermon, p. 147.
Vierge aux miracles
Les trois fleuves de la Divinité :
le fleuve de la puissance, celui de la sainteté, celui de la bénignité divine
se déversent en Marie, cette mer immense.
De la sorte, la Vïerge est devenue sainte et clémente entre toutes les créatures :
d'une puissance, d'une sainteté et d'une clémence
qui ne sont dépassées que par celles de Dieu.
Aussi peut-elle opérer des miracles et nous combler de multiples bienfaits
Dixième sermon sur le Cantique, III, p. 297.
Reine de toutes créatures
Marie, en qui Dieu fit alliance avec l'humanité,
en qui le Verbe s'incarna,
se trouve toute proche du Seigneur et très intimement unie à lui comme épouse,
toute proche et intimement unie à Dieu comme mère

Septième sermon sur la salutation angéligue.
 
Un pieux enfant de Marie
Tel est, en plénitude, le capucin soldat, au témoignage même d'un érudit moderne, son confrère, le Père Jérôme de Paris. De ce dernier, quiconque veut des renseignements puisés à la source doit lire le brillant essai : La Doctrine mariale de saint Laurent de
 
 
Brindes (Paris, 1933). La leçon dispensée culmine en cette expression dogmatique : « Il ne s'agit pas seulement d'honorer Marie par l'imitation de ses vertus. Nos hommages montent vers elle, non comme ils montent vers Dieu, mais comme il convient à une créature privilégiée » (Op. cit., pp. 180-189).

Quant à la touchante dévotion de ce fils de la Vierge, les éditeurs capucins la caractérisent :

Ravi en Dieu, par Marie

Frère Laurent a constamment le nom de Marie dans le ceeur et sur les lèvres. Le plus souvent, alors qu'il contemple ses grandeurs, le ravissement de l'extase s'empare de lui. En voyage, il aime chanter les louanges mariales, répétant de préférence celles que composa Pétrarque (fi 1374)... Ne signe-t-il pas habituellement son appartenance : « Nos cum prole pla benedicat Virgo Maria » (Comme membres de sa famille qui la vénèrent, que la Vierge Marie nous bénisse !) (oeuvres complètes, le vol., pp. 17 et 18).
 

Prière de saint Laurent de Brindisi (de Brindes)
Dieu de miséricorde, détruis tout mal.
Par ta grâce, rends bons ceux qui sont mauvais,
afin que nous parvenions tous au ciel

autre citation de saint Laurent de Brindisi (de Brindes) :
La philosophie n'est qu'une simple émanation de la théologie.
En effet, le Seigneur apparaît aussi bien dans les Écritures que dans la Nature
                                                                    Oeuvres complètes, V 3, pp. 14-15.
 
D'abord, guérissons-nous du péché, cette plaie purulente
Courage, confiance et espérance, pour cette oeuvre des oeuvres
En premier lieu, il importe, du coeur, d'arracher les vices (VI, 626 et XI, 340).
saint Laurent de Brindisi (de Brindes) a commenté 35 000 textes bibliques et en cite 90 000.
 
 
SERMON DE CARÊME de saint Laurent de Brindisi ( de Brindes)
édité par http://casimir.kuczaj.free.fr

Pour mener la vie spirituelle, qui nous est commune avec les anges et les esprits célestes, créés comme nous à l'image et ressemblance de Dieu, il faut nécessairement le pain de la grâce du Saint-Esprit et de l'amour de Dieu. La grâce et l'amour ne sont rien sans la foi, car sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Et la foi ne peut naître sans la prédication de la parole de Dieu: La foi naît de ce qu'on entend; et ce qu'on entend, c'est l'annonce de la parole du Christ. La prédication de la parole de Dieu est donc nécessaire à la vie spirituelle, de même que les semailles à la vie corporelle. Aussi le Christ a-t-il dit: Le semeur est sorti pour semer. Celui qui est sorti pour semer, c'est le héraut de la justice,

et ce héraut, nous savons par l'Écriture que ce fut Dieu lorsqu'il donna de vive voix, du haut du ciel, la loi de justice à tout le peuple dans le désert. Parfois ce fut l'Ange du Seigneur qui reprocha au peuple sa transgression de la loi divine, au lieu des Pleurs; si bien que tous les fils d'Israël, en entendant le discours de l'Ange, eurent le coeur transpercé et pleurèrent avec de grands cris. Moïse aussi prêcha la loi du Seigneur à tout le peuple, dans les champs de Moab, comme le rapporte le Deutéronome. Enfin le Christ, Dieu et homme, est venu prêcher la parole du Seigneur et envoya les Apôtres faire de même, comme auparavant il avait envoyé les prophètes. La prédication est donc une fonction apostolique, angélique, chrétienne, divine. Car la parole de Dieu est pourvue d'une valeur infinie, puisqu'elle est comme le trésor de tous les biens. C'est d'elle que viennent la foi, l'espérance, la charité, toutes les vertus, tous les dons de l'Esprit Saint, toutes les béatitudes évangéliques, toutes les bonnes oeuvres, tous les mérites de la vie, toute la gloire du paradis: Accueillez la parole semée en vous, car elle peut sauver vos âmes. La parole de Dieu est une lumière pour l'intelligence, un feu pour la volonté afin que l'homme puisse connaître Dieu et l'aimer. Et pour l'homme intérieur, qui vit du Saint-Esprit par la grâce, elle est du pain et de l'eau. Mais du pain plus doux que le miel et le rayon, de l'eau meilleure que le vin et le lait. Elle est, pour l'âme spirituelle, un trésor de mérites, c'est pourquoi elle est appelée or et pierre très précieuse. Contre le coeur obstiné dans ses vices, elle est comme un marteau ; contre la chair, le monde et le démon, elle est une épée qui met à mort tout péché.
 
 
Ceux qui sèment dans les larmes, moissonnent en chantant.
Qui sème dans sa chair, moissonnera de sa chair la destruction.
Qui sème dans l'Esprit, moissonnera de l'Esprit la vie éternelle.
La chair ne sert de rien, c'est l'Esprit qui vivifie.

Comment n'es-tu qu'un avec nous, nous rends-tu fils de Dieu même? Comment nous brûles-tu d'amour et nous blesses-tu sans glaive?Comment peux-tu nous supporter, rester lent à la colère, et de l'ailleurs où lu te tiens voir ici nos moindres gestes?Comment si haut et de si loin ton regard suit-il nos actes? Ton serviteur attend la paix, le courage dans les larmes!

la fête de saint Laurent de Brindisi (de Brindes) est le 21 juillet.
 
Felix A. Mareto, Bibliographia Laurentiana.
Opera complectens an. 1611-1961 edita de Sancto laurentio a Brindisi Doctore apostolico, Roma 1962 (ca. 1500 Titel).
Felix a Mareto, Bibliographia Laurentiana,
opera complectens an. 1611-1961 edita de sancto Laurentio a Brindisi, Doctore Apostolico. Romae 1962. 286 pp.
Dissertation dogmatique sur Luther
840 homélies ou sermons
Bibliographia Laurentiana, opera complectens an. 1611-1961 edita de sancto Laurentio a Brindisi, doctore apostolico
Autore: Felice da Mareto
Editore: Ist. Storico dei Cappuccini
Data di pubblicazione: 1962
Pagine: 286

Capucins. Province de Venise
 
2. Lutheranismi hypotyposis.
        Pars 1. Hypotyposis Martini Lutheri. - 1930. - XLVIII-526 p.
        Pars 2. Hypotyposis Ecclesiae et doctrinae lutheranae. - 1931. - XVIII-535 p.
        Pars 3. Hypotyposis Polycarpi Laiseri. - XVI- 437 p.
3. Explanatio in Genesim. - 1935. 6 XXVI-597 p.
4. Quadragesimale primum. - 1936. - XXVI-587 p.
5. Quadragesimale secundum.
        Pars 1. [Dies S. Mathiae apostoli - Feria quarta dominicae secundae quadragesimae.] 1938. - X-607 p.
5. Quadragesimale secundum.
            Pars 2. [Feria quinta dominicae secundae quadragesimae - Sabbato dominicae quartae quadragesimae.] - 1939. - IV-492 p.
            Pars 3. [Dominica Passionis - Dominica in albis.] - 1940. - XIV-543 p.
6. Quadragesimale tertium. - 1941. - XVI-783 p.
7. Adventus. - 1942. - XVI-583 p.
8. Dominicalia. - 1943. - XVI-759 p.
 9. Sanctorale. - 1944. - XVI-676 p.
10. Codex Vindobonensis.
Pars 1. Quadragesimale quartum. - 1954. - XVI-715 p.

4-D-131(2,1) [cotes des oeuvres de saint Laurent à la BNF, rez de jardin]
4-D-131(2,2)
4-D-131(2,3)
4-D-131(3)
4-D-131(4)
4-D-131(5,1)
4-D-131(5,2)
4-D-131(5,3)
4-D-131(6)
4-D-131(7)
4-D-131(8)
4-D-131(9)
4-D-131(10)

Santo Laurentio a Brindisi
San Lorenzo da Brindisi si chiamava in realtà Giulio Cesare Russo e nacque nella città pugliese il 22 luglio
1559 da Guglielmo Russo ed Elisabetta Masella. Ancora fanciullo divenne orfano di padre. Studiò nelle
scuole esterne dei Francescani Conventuali di San Paolo Eremita in Brindisi. Tra il 1565 e il 1567 prese l'abito dei conventuali, passando così alla scuola per oblati e candidati alla vita religiosa. L'usanza dei Conventuali di far predicare i fanciulli in alcune solennità fa iniziare la sua predicazione pubblica. La
morte della madre oltre che a lasciarlo solo crea a Giulio notevoli difficoltà
economiche,senza per questo ricevere l'aiuto dei parenti, neppure di quel
Giorgio Mezosa, che è suo insegnante presso i Conventuali. Il ragazzo
quattordicenne si trasferisce allora a Venezia presso uno zio sacerdote,
direttore di una scuola privata e curatore dei chierici di San Marco, potendo
così proseguire gli studi e maturare la vocazione nell'ordine dei Cappuccini
Minori. Il 18 febbraio 1575 veste l'abito francescano e gli è imposto dal
vicario provinciale, padre Lorenzo da Bergamo, il suo stesso nome: da quel
momento sarà padre Lorenzo da Brindisi. A Padova a seguì gli studi di
logica e filosofia e nuovamente a Venezia quelli di teologia. Il 18 dicembre
1582 è ordinato sacerdote. Nel 1589 diviene Vicario Generale dell'Ordine in
Toscana, nel 1594 Provinciale di Venezia, nel 1596 secondo Definitore
Generale, nel 1598 Vicario Provinciale in Svizzera, nel 1599 nuovamente
Definitore Generale. Sempre nel 1599 è posto a guida dei missionari che i
cappuccini, su invito del Pontefice, inviano in Germania. Nell'ottobre del
1601 il sacerdoteo chiese di essere uno dei quattro cappellani dediti
all'assistenza spirituale delle truppe cattoliche nella guerra contro i turchi. Fu
quindi destinato all'accampamento imperiale di Albareale in Ungheria, dove
giunse il 9 ottobre e dove si distinse per l'aiuto e per la fermezza durante
l'attacco turco. Il 24 maggio 1602, padre Lorenzo, viene eletto Vicario
Generale dell'Ordine, con l'impegno di visitare tutte le province dell'ordine.
Nel triennio del suo generalato, può tornare anche a Brindisi (1604) dove
decide la costruzione di una chiesa con annesso monastero di clausura
trovando i finanziatori nel duca di Baviera, nella principessa di Caserta ed in
altre personalità conosciute durante i suoi viaggi in Europa, mentre il terreno
è quello della sua casa natale. Nel 1618 è a Napoli dove viene convinto dai
patrizi napoletani a recarsi in Spagna per esporre al re Filippo III le
malversazioni del vicerè don Pietro Giron, duca di Ossuna. Il 26 maggio
1619, evitato l'agguato di sicari ed ostacoli di varia natura, padre Lorenzo
viene ricevuto alla corte di Filippo III. Al termine del colloquio col sovrano
per conferma le sue parole profetizza al re la propria morte imminente e che
se il sovrano non avesse provveduto ai propri sudditi, sarebbe deceduto
entro due anni. Il 22 luglio del 1619, probabilmente avvelenato, il frate
brindisino moriva. Il 31 marzo 1621, come profetizzato, si spegneva anche
Filippo III, che aveva ignorato le richieste napoletane e aveva favorito il
vicerè Ossuna. Nel 1783 Padre Lorenzo viene beatificato da papa Pio VI e
nel 1881 canonizzato da papa Leone XIII. Nel 1959 viene proclamato
dottore della chiesa, col titolo di "doctor apostolicus", da papa Giovanni
XXIII.

Opera omnia, 15 volumes, Padua 1928-1956.
 

www.JesusMarie.com


SOURCE : http://jesusmarie.free.fr/laurent_de_brindisi.html

Saint Lawrence of Brindisi

At first glance perhaps the most remarkable quality of St. Lawrence of Brindisi is his outstanding gift of languages. In addition to a thorough knowledge of his native Italian, he had complete reading and speaking ability in Latin, Hebrew, Greek, German, Bohemian, Spanish and French.
He was born on July 22, 1559, and died exactly 60 years later on his birthday in 1619. His parents William and Elizabeth Russo gave him the name of Julius Caesar, Caesare in Italian. After the early death of his parents, he was educated by his uncle at the College of St. Mark in Venice.
When he was just 16 he entered the Capuchin Franciscan Order in Venice and received the name of Lawrence. He completed his studies of philosophy and theology at the University of Padua and was ordained a priest at 23.
With his facility for languages he was able to study the Bible in its original texts. At the request of Pope Clement VIII, he spent much time preaching to the Jews in Italy. So excellent was his knowledge of Hebrew, the rabbis felt sure he was a Jew who had become a Christian.
In 1956 the Capuchins completed a 15-volume edition of his writings. Eleven of these 15 contain his sermons, each of which relies chiefly on scriptural quotations to illustrate his teaching. St. Lawrence also wrote a commentary on Genesis and several treatises against Martin Luther.
Lawrence’s sensitivity to the needs of people—a character trait perhaps unexpected in such a talented scholar—began to surface. He was elected major superior of the Capuchin Franciscan province of Tuscany at the age of 31. He had the combination of brilliance, human compassion and administrative skill needed to carry out his duties. In rapid succession he was promoted by his fellow Capuchins and was elected minister general of the Capuchins in 1602. In this position he was responsible for great growth and geographical expansion of the Order.
Lawrence was appointed papal emissary and peacemaker, a job which took him to a number of foreign countries. An effort to achieve peace in his native kingdom of Naples took him on a journey to Lisbon to visit the king of Spain. Serious illness in Lisbon took his life in 1619. He was canonized in 1881 and proclaimed a Doctor of the Church by Pope John XXIII in 1959.


SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/lawrence-of-brindisi/

St. Lorenzo da Brindisi

(Also: Lawrence, or Laurence, of Brindisi.)

Born at Brindisi in 1559; died at Lisbon on 22 July, 1619. In baptism he received the names of Julius Caesar. Guglielmo de Rossi — or Guglielmo Russi, according to a contemporary writer — was his father's name; his mother was Elisabetta Masella. Both were excellent Christians. Of a precocious piety, Lorenzo gave early evidence of a religious vocation. The Conventuals of Brindisi were entrusted with his education. His progress in his studies was very rapid, and, when barely six, he had already given indication of his future success in oratory. Consequently, he was always the one chosen to address, in accordance with the Italian custom, a short sermon to his compatriots on the Infant Jesus during the Christmas festivities. When he was twelve years of age his father died. He then pursued his studies at Venice with the clerics of St. Mark's and under the supervision of one of his uncles. In 1575 he was received into the Order of Capuchins under the name of Brother Lorenzo, and, after his profession, made his philosophical and theological studies at the University of Padua. Owing to his wonderful memory he mastered not only the principal European languages, but also most of the Semitic tongues. It was said he knew the entire original text of the Bible. Such a knowledge, in the eyes of many, could be accounted for only by supernatural assistance, and, during the process of beatification, the examiners of the saint's writings rendered the following judgment: "Vere inter sanctos Ecclesiae doctores adnumerari potest."

Such unusual talents, added to a rare virtue, fitted Brother Lorenzo for the most diverse missions. When still a deacon he preached the Lenten sermons in Venice, and his success was so great that he was called successively to all the principal cities of the peninsula. Subsequently, thanks to his numerous journeys, he was enabled to evangelize at different periods most of the countries of Europe. The sermons he left fill no less than eight folio volumes. He adopted the method of preaching in favour with the great Franciscan missionaries, or rather with apostolic workers of all times, who, aiming primarily to reach men's hearts and convert them, always adapt their style of discourse to the spiritual needs of their hearers. Brother Lorenzo held successively all the offices of his order. From 1596 to 1602 he had, as general definitor, to fix his residence in Rome. Clement VIII assigned him the task of instructing the Jews; thanks to his knowledge of Hebrew and his powerful reasoning, he brought a great number of them to recognize the truth of the Christian religion. His saintliness, combined with his great kindliness, completed the preparing of the way for the grace of conversion. His success in Rome caused him to be called to several other cities, where he also baptized numerous Jews. At the same time he was commissioned to establish houses of his order in Germany and Austria. Amid the great difficulties created by the heretics he founded the convents of Vienna, Prague, and Graz, the nuclei of three provinces. At the chapter of 1602 he was elected vicar-general. (At that time the Order of Capuchins, which had broken away from the Observants in 1528 and had an independent constitution, gave its first superior the title of vicar-general only. It was not until 1618 that Pope Paul V changed it to that of minister general). The very year of his election the new superior began the visitation of the provinces. Milan, Paris, Marseilles, Spain, received him in turn. As his coming was preceded by a great reputation for holiness, the people flocked to hear him preach and to receive his blessing. His administration characterized by wise firmness and fatherly tenderness, was of great benefit to the order. At the Chapter of 1605 he refused to undertake for a second term the government of his brethren, but until his death he was the best adviser of his successors.

It was on the occasion of the foundation of the convent of Prague (1601) that St. Lorenzo was named chaplain of the Imperial army, then about to march against the Turks. The victory of Lepanto (1571) had only temporarily checked the Moslem invasion, and several battles were still necessary to secure the final triumph of the Christian armies. Mohammed III had, since his accession (1595), conquered a large part of Hungary. The emperor, determined to prevent a further advance, sent Lorenzo of Brindisi as deputy to the German princes to obtain their cooperation. They responded to his appeal, and moreover the Duke of Mercœur, Governor of Brittany, joined the imperial army, of which he received the effective command. The attack on Albe-Royal (now Stulweissenburg) was then contemplated. To pit 18,000 men against 80,000 Turks was a daring undertaking and the generals, hesitating to attempt it, appealed to Lorenzo for advice. Holding himself responsible for victory, he communicated to the entire army in a glowing speech the ardour and confidence with which he was himself animated. As his feebleness prevented him from marching, he mounted on horseback and, crucifix in hand, took the lead of the army, which he drew irresistibly after him. Three other Capuchins were also in the ranks of the army. Although the most exposed to danger, Lorenzo was not wounded, which was universally regarded as due to a miraculous protection. The city was finally taken, and the Turks lost 30,000 men. As however they still exceeded in numbers the Christian army, they formed their lines anew, and a few days later another battle was fought. It always the chaplain who was at the head of the army. "Forward!" he cried, showing them the crucifix, "Victory is ours." The Turks were again defeated, and the honour of this double victory was attributed by the general and the entire army to Lorenzo.

Having resigned his office of vicar-general in 1605, he was sent by the pope to evangelize Germany. He here confirmed the faith of the Catholics, brought back a great number to the practice of virtue, and converted many heretics. In controversies his vast learning always gave him the advantage, and, once he had won the minds of his hearers, his saintliness and numerous miracles completed their conversion. To protect the Faith more efficaciously in their states, the Catholic princes of Germany formed the alliance called the "Catholic League". Emperor Rudolph sent Lorenzo to Philip III of Spain to persuade him to join the League. Having discharged this mission successfully, the saintly ambassador received a double mandate by virtue of which he was to represent the interests of the pope and of Madrid at the court of Maximilian of Bavaria, head of the League. He was thus, much against his wishes, compelled to settle in Munich near Maximilian. Besides being nuncio and ambassador, Lorenzo was also commissary general of his order for the provinces of Tyrol and Bavaria, and spiritual director of the Bavarian army. He was also chosen as arbitrator in the dispute which arose between the princes, and it was in fulfillment of this role that, at the request of the emperor, he restored harmony between the Duke of Mantua and a German nobleman. In addition to all these occupations he undertook, with the assistance of several Capuchins, a missionary campaign throughout Germany, and for eight months travelled in Bavaria, Saxony, and the Palatinate.

Amid so many various undertakings Lorenzo found time for the practices of personal sanctification. And it is perhaps the greatest marvel of his life to have combined with duties so manifold an unusually intense inner life. In the practice of the religious virtues St. Lorenzo equals the greatest saints. He had to a high degree the gift of contemplation, and very rarely celebrated Holy Mass without falling into ecstasies. After the Holy Sacrifice, his great devotion was the Rosary and the Office of the Blessed Virgin. As in the case of St. Francis of Assisi, there was something poetical about his piety, which often burst forth into canticles to the Blessed Virgin. It was in Mary's name that he worked his miracles, and his favourite blessing was: "Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria." Having withdrawn to the monastery of Caserta in 1618, Lorenzo was hoping to enjoy a few days of seclusion, when he was requested by the leading men of Naples to go to Spain and apprise Philip III of the conduct of Viceroy Ossuna. In spite of many obstacles raised by the latter, the saint sailed from Genoa and carried out his mission successfully. But the fatigues of the journey exhausted his feeble strength. He was unable to travel homeward, and after a few days of great suffering died at Lisbon in the native land of St. Anthony (22 July, 1619), as he had predicted when he set out on his journey. He was buried in the cemetery of the Poor Clares of Villafranca.

The process of beatification, several times interrupted by various circumstances, was concluded in 1783. The canonization took place on 8 December, 1881. With St. Anthony, St. Bonaventure, and Blessed John Duns Scotus, he is a Doctor of the Franciscan Order.

The known writings of St. Lorenzo of Brindisi comprise eight volumes of sermons, two didactic treatises on oratory, a commentary on Genesis, another on Ezechiel, and three volumes of religious polemics. Most of his sermons are written in Italian, the other works being in Latin. The three volumes of controversies have notes in Greek and Hebrew.


Note: In 1959 Pope John XXIII proclaimed St. Lorenzo da Brindisi a Doctor of the Universal Church. His feast is kept on 6 July.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09359a.htm


Voir aussi : http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/st-laurent-de-brindisi-1559-1619