jeudi 31 juillet 2014

Saint GERMAIN d'AUXERRE, évêque


La vie de saint Germain d'Auxerre est d'abord connue par la Vita que Constance, prêtre de Lyon, écrivit à la demande de son évêque, une trentaine d'années apres la mort de saint Germain. On connaît aussi une autre Vita, probablement constituée au début du neuvième siècle à partir de la première. Saint Germain, né à Auxerre vers 378, au sein d'une famille de grands propriétai­res, peut-être d'ordre sénatorial, étudie les arts libéraux à Autun puis le droit à Rome. Avocat puis haut fonctionnaire de l'Empire, il se marie. Après la mort de l'évêque Amâtre (Amator) d'Auxerre (418), « tous les clercs, la no­blesse entière, la population de la ville et de la campagne en vien­nent à un avis unanime : tous d'une seule voix réclament Ger­main comme évêque... Malgré lui, contraint, forcé, il reçoit le sacerdoce mais soudain il se transforme du tout au tout. ll aban­­donne le service de ce monde, se charge de celui du ciel... D'é­pouse, sa femme devient une s½ur, il distribue sa fortune aux pauvres, recherche la pauvreté. » Il est ordonné le dimanche 7 juillet 418.

Menant une vie ascétique très rude et pratiquant l'hospitalité, Germain « fonde un monastère, en vue de la ville, de l'autre côté de l'Yonne, pour attirer les foules à la foi catholique par les communautés monastiques et le rayonnement du clergé. » Dans l'antiquité et au Moyen Age la ville d'Auxerre est située sur la rive gauche de l'Yonne. Du monastère de la rive droite, qui fut placé d'abord sous le patronage des saints Côme et Damien, puis sous celui de saint Marien, il ne reste rien.

Dans la Vita, le prêtre Constance insiste plus sur les voyages de saint Germain que sur son activité dans son diocèse. Pour compren­dre l'intérêt que saint Germain portait aux Iles bri­tan­ni­ques, il faut connaître les relations établies avant lui, ne serait-ce que parce que saint Patrick, l'apôtre de l'Irlande, vécut longtemps à Auxerre où il fut probablement ordonné diacre et prêtre par l'évêque Amâtre ; saint Patrick Germain reçut l'épiscopat de saint Germain lui-même, en 432, après la mort de Palladius, disparu avant d'arriver en Irlande où l'avait envoyé le pape Célestin I°.

En 429, Célestin I° envoya saint Germain d'Auxerre en Bretagne pour y combattre l'hérésie pélagienne. Il s'y rendit avec le saint évêque Loup de Troyes. En passant à Nanterre, près de Paris, saint Germain distingua la petite Geneviève à laquelle il prédit que sa vie sera consacrée à Dieu. En Bretagne, saint Germain et saint Loup, soutinrent un débat en présence d'une grande foule et réfutèrent les arguments des pélagiens. Ils firent ensuite un pèlerinage au sanctuaire du premier martyr de l'île, saint Alban, probablement à Verulam. Les Bretons étaient alors menacés par les Saxons et les Pictes. Après avoir célébré les fêtes de Pâques « Germain se proclame chef de guerre. Il choisit des troupes légères, parcourt les environs, observe la vallée, resserrée entre de hautes montagnes, par où l'on attendait l'arrivée de l'ennemi. Là il dispose une seconde armée et prend lui-même le comman­dement de la colonne. » Alors que les ennemis, comptant sur un effet de surprise, s'approchent, « les évêques lancent un Alle­luia trois fois répété. Tous le reprennent d'une seule voix et l'é­cho des montagnes multiplie la clameur. » Pris de panique les en­nemis s'enfuient, « les evêques triomphent... sans effusion de sang. »

Quelques années plus tard, saint Germain, en route pour Arles où il va plaider la cause de ses diocésains accablés d'impôts, passe par Alésia puis « descend au fil de la Saône jusqu'à Lyon. » En Arles où le préfet des Gaules, Auxiliaris, lui accorde le dégrèvement souhaité, saint Germain rencontre « l'évêque Hilai­re, homme de grande valeur par ses diverses vertus... torrent d'éloquence divine enflammé par la foi et ouvrier infatigable pour l'enseignement divin. » Le biographe de saint Hilaire ra­con­te que l'évêque d'Arles (430-49) vit souvent l'évêque d'Auxer­re. Lors de son second voyage en Grande-Bretagne, saint Ger­main rencontre encore sainte Geneviève qui a un peu plus de vingt ans et habite Paris, où elle est fort mal vue ; il prend sa défense.

La décomposition de l'Empire romain crée des situations complexes. Non envahie par les Barbares, l'Armorique est en état d'insurrection permanente. Aétius « qui gouverne alors l'Etat, abandonne au très cruel Goar, roi des Alains, pour qu'il les châtiât en raison de l'audace de leur rébellion, ces pays qu'il avait avidement convoités. » Saint Germain va au devant de cette troupe. Seul devant les cavaliers bardés de fer il s'adresse au roi Goar par le moyen d'un interprète puis il saisit la bride de son cheval pour l'arrêter. « Le roi et son armée se retirent dans de paisibles cantonnements et Goar promet une très loyale garantie de paix à la condition que la grâce qu'il a accordée soit demandée à l'empereur ou à Aétius... Immédiatement, Germain se met en route pour l'Italie, sa seule satisfaction étant de ne jamais rester à jouir du repos. » Traversant les Alpes, il passe par Milan et gagne Ravenne. « L'impératrice Placidia gouverne alors l'em­pi­re romain avec son fils Valentinien qui est déjà un jeune homme. » Fille de Théodose, Galla Placidia garda le pouvoir jusqu'à sa mort en 450, bien que son fils Valentinien III fût devenu empereur dès 425. « Germain aurait assurément gagné la cause du pays armoricain... si la perfidie de Tibatto n'avait ramené ce peuple instable et indiscipliné à la révolte... La médiation de l'évêque devint inutile et la confiance impériale est déçue par cette tromperie. »

Germain tombe malade. Il demande que son corps soit rendu à sa patrie et meurt « le septième jour de sa maladie », le 31 juillet, très probablement en 448. Son corps rapporté à Auxerre arrive le 22 septembre l'ensevelissement a lieu le l° octobre. Saint Germain avait préparé son tombeau dans le petit oratoire Saint-Maurice au nord d'Auxerre. La sainte reine Clotilde y édifia entre 493 et 545 une basilique qui prit bientôt le nom de Saint-Germain et éclipsa le cimetière des premiers évêques situé sur le Mons Autricus, au sud-ouest de la ville. Desservie par un grand monastère, agrandie au neuvième siècle, puis reconstruite aux treizième et quatorzième siècles, la basilique Saint-Germain garde malgré la destruction de la nef un intérêt archéologique considérable.


Interrompez pour un temps, saint Evêque,
les soins ordinaires que vous prenez de votre cher troupeau ;
Dieu même vous l'ordonne :
hâtez-vous de porter du secours
à l'Eglise d'An­gleterre, vivement attaquée.
Geneviève retardera un peu votre course ;
mais vous en serez dignement récompensé,
puisqu'interprète des volontés du Très-Haut,
vous consacrerez cette vierge pour être un temple de la Divinité.
A peine le saint Évêque accompagné de saint Loup,
a-t-il mis le pied sur cette terre désolée,
que l'erreur toute tremblante prend la fuite :
l'ennemi est terrassé et la grâce de Jésus-Christ triomphe.
Cependant les Pictes, cette nation barbare,
menacent de mettre tout à feu et à sang :
mais ne vous effrayez point, peuples anglais,
de tous leurs vains mouvements.
Le saint Pontife, devenu lui-même soldat,
se mettant à la tête des troupes
encore toutes trempées des eaux salutaires du Baptême,
dissipera en un instant par des cantiques de joie cette armée redoutable.
Ô puissance merveilleuse d'une foi humble,
capable même de transporter les montagnes !
C'est par de tels miracles que vous vous plaisez, Seigneur,
à relever la gloire de vos saints.
Gloire soit au Père éternel et au Fils :
qu'une gloire égale soit à l'Esprit divin,
amour substantiel de l'un et de l'autre,
qui revêt de la force d'en-haut les soldats de Jésus-Christ. Amen.

Cette hymne est aux Laudes de la fête de saint Germain d'Auxerre dans les Offices propres de l'église royale et paroissiale de S. Germain l'Auxerrois, publiés chez Jean-Thomas Herissant en 1745.



SAINT GERMAIN d’AUXERRE, ÉVÊQUE

Germain vient de germe, et ana, qui veut dire en haut, c'est donc un germe d'en haut. On trouve en effet trois qualités dans le blé qui germe, savoir une chaleur naturelle, une humidité nutritive, et un principe de semence. De là vient que saint Germain est appelé une semence en germe : car il posséda une chaleur produite par l’ardeur de son amour, une humidité qui développa sa dévotion, et un principe de semence puisque, par la force de sa prédication, il engendra beaucoup de monde à la foi et aux bonnes mœurs. Le prêtre Constantin écrivit sa vie qu'il adressa à saint Cinsurius, évêque d'Auxerre (Héricus, moine d'Auxerre, a écrit sa vie en vers et ses miracles en prose).

Germain naquit à Auxerre d'une famille des plus nobles. Après de longues études consacrées aux arts libéraux, il partit pour Rome afin de se former à la science du droit. Il s'y acquit tant de considérationque le Sénat l’envoya dans les Gaules pour remplir les fonctions de gouverneur de toute la Bourgogne. A Auxerre qu'il affectionnait, il possédait, au milieu de la ville, un pin aux branches duquel il suspendait; pour qu'on les admirât, les têtes des bêtes fauves tuées par lui à la chasse. Mais saint Amateur, évêque de cette ville, le gourmandait souvent de cette vanité, et lui conseillait même de faire abattre cet arbre dans la crainte de quelque mauvais résultat pour les chrétiens. Or, Germain n'y voulait absolument pas consentir. Mais un jour qu'il était absent, saint Amateur fit couper et brûler ce pin. Quand Germain l’apprit, il oublia les sentiments que lui inspirait la religion chrétienne et, revint à la ville avec des soldats, dans le dessein de faire mourir l’évêque: mais celui-ci, qui avait appris par révélation que Germain devait un jour lui succéder, céda devant sa fureur et gagna Autun. Peu après, il revint à Auxerre et ayant attiré Germain dans l’église, il le tonsura en lui prédisant qu'il devait être son successeur. Ce qui eut lieu: car quelque temps après l’évêque mourut en saint et. le peuple demanda à l’unanimité Germain pour évêque. Il distribua tous ses biens aux pauvres, traita sa femme comme si elle eût été sa soeur, et pendant trente ans, il mortifia tellement son corps que jamais il n'usa de pain de froment, ni de vin, ni d'huile, ni de légumes, ne mangeant même rien qui fût accommodé avec du sel. Deux fois l’an cependant, savoir : à Pâques et à Noël, il prenait du vin, encore il y mêlait tant d'eau qu'il n'y avait plus goût de vin. Il commençait ses repas en prenant d'abord de la cendre; ensuite il mangeait du pain d'orge. Son jeûne était continuel, car il ne mangeait jamais que sur le soir. L'été comme l’hiver, il avait pour tout vêtement un cilice et une coule. Et quand il ne lui arrivait pas de donner cet habit à quelqu'un, il le portait jusqu'à ce qu'il fût tout usé et en lambeaux. Les ornements de son lit, c'était la cendre, un cilice et un sac : il n'avait pas de coussin pour tenir sa tête plus élevée que les épaules; mais toujours dans les, gémissements, il portait à son cou des reliques des saints; jamais il ne quittait son vêtement, rarement sa chaussure et sa ceinture. Tout dans sa conduite était au-dessus des forces d'un homme. Sa vie fut telle en effet qu'il eût été incroyable de la concevoir salis miracles ; mais ils furent si nombreux qu'on les croirait imaginés à plaisir, si les mérites qu'il avait acquis n'avaient précédé ces prodiges.

Un jour qu'il avait reçu l’hospitalité dans un endroit, il fut étonné de voir, après le souper, apprêter la table, et il demanda pour qui ou préparait un second repas. Comme on lui disait que c'était pour les bonnes femmes qui voyagent pendant la nuit, saint Germain prit la résolution de veiller cette nuit-là; et il vit une foule de démons qui venaient se mettre à table sous 1a forme d'hommes et de femmes. Il leur défendit de s'en aller, réveilla tous les membres de la maison et leur demanda s'ils connaissaient ces personnes. On lui répondit que c'étaient tous les voisins et voisines ; alors en commandant aux démons de ne pas s'en aller, il envoya au domicile de chacun d'eux; et on les trouva tous dans leur lit. Saint Germain les conjura ; et ils dirent qu'ils étaient des démons qui se jouaient ainsi des hommes. En ce temps-là, florissait le bienheureux saint Loup, évêque de Troyes. Quand Attila attaquait cette ville, le bienheureux Loup lui demanda de dessus la porte à haute voix qui il était pour venir fondre ainsi sur eux. « Je suis, lui répondit-il, Attila, le fléau de Dieu. » L'humble prélat lui répliqua avec gémissement: « Et moi je suis Loup; hélas! je ravage le troupeau de Dieu et j'ai besoin d'être frappé par le fléau de Dieu. » Et à l’instant il fit ouvrir les portes. Mais Dieu aveugla les ennemis qui passèrent d'une porte à l’autre, sans voir personne et sans faire aucun mal. Le bienheureux Germain prit avec lui saint Loup et partit pour les îles Britanniques où pullulaient les hérétiques; et comme ils étaient sur la ruer, une tempête extraordinaire s'éleva; mais à la prière de saint Germain, il se fit aussitôt un grand calme. Ils furent reçus avec de grands honneurs par le peuple; leur arrivée avait été annoncée par les démons que saint Germain avait chassés des obsédés. Après qu'ils eurent convaincu les hérétiques, ils retournèrent en leur propre pays.

Germain était couché malade dans un endroit, quand soudain un incendie embrasa toute la bourgade. On le priait de se laisser emporter pour échapper à la flamme, mais il voulut rester exposé à l’incendie, et le feu, qui consuma tout à droite et à gauche, ne toucha pas à l’habitation où il se trouvait. Comme il retournait une seconde fois en Bretagne pour confondre les hérétiques, un de ses disciples, qui l’avait; suivi en toute hâte, tomba malade à Tonnerre et y mourut: Saint Germain, revenant sur ses pas, fit ouvrir le sépulcre et demanda au mort, en l’appelant par son nom, ce qu'il faisait, s'il désirait encore combattre avec lui. Celui-ci se leva sur son séant et répondit qu'il goûtait des douceurs infinies et qu'il ne voulait pas être rappelé désormais sur la terre. D'après le consentement que lui donna saint Germain de rester dans le repos, il déposa sa tète et se rendormit de: nouveau dans le Seigneur (Héricus, moine d'Auxerre, qui a écrit la vie et, les miracles du saint). Pendant le cours de ses prédications, le roi de la Bretagne lui refusa l’hospitalité aussi bien qu'à ses compagnons. Le porcher du roi, qui revenait de faire paître ses bêtes, en rapportant à sa chaumière des provisions qu'il avait reçues au palais, vit le bienheureux Germain et ses compagnons accablés de faim et de froid; il les accueillit avec bonté dans sa maison, et commanda qu'on tuât pour ses hôtes le seul veau qu'il possédât. Après le souper, saint Germain fit disposer tous les os du veau sur sa peau et à sa prière le veau se leva tout aussitôt. Le lendemain, Germain se hâta de se, rendre chez le roi et lui demanda avec force, pourquoi lui avait-il refusé l’hospitalité. Le roi grandement saisi ne put lui répondre ; alors Germain lui dit: « Sors et cède le royaume à meilleur que toi. » Et par un ordre qu'il reçut de Dieu, Germain fit venir le porcher avec sa femme et en présence de la multitude étonnée, il le constitua roi; et depuis lors ce sont les descendants du porcher qui gouvernent la nation des Bretons (Ibid., c. VIII). Les Saxons étaient en guerre avec les Bretons et se voyaient inférieurs en nombre, ils appelèrent alors les saints qui passaient par là; ceux-ci les instruisirent et tous accoururent à l’envi pour recevoir le baptême. Le jour de Pâques, transportés par la ferveur de leur foi, ils jettent leurs armes de côté et se proposent de combattre avec grand courage; les ennemis, à cette nouvelle, se ruent avec audace contre des gens désarmés; mais Germain, qui se tenait caché avec les siens, les avertit tous, que quand il crierait lui-même Alleluia, ils lui répondissent ensemble en poussant le même cri. Et quand ils l’eurent fait, une terreur tellement grande s'empara des ennemis qui se précipitaient sur eux, qu'ils jetèrent leurs armes, dans la persuasion que non seulement les montagnes, mais encore le ciel s'écroulaient sur leur tète; alors ils prirent tous la fuite(Ibid). Une fois qu'il passait par Autun, il vint au tombeau de saint Cassien, évêque, auquel il demanda comment il se trouvait. Celui-ci lui répondit de son cercueil ces mots qui furent entendus de tous les assistants: « Je jouis d'un doux repos, et j'attends la verne du rédempteur. » Et Germain lui dit: « Reposez encore longtemps en J.-C., et intercédez pour nous avec ferveur, afin que nous méritions d'obtenir les joies de la sainte résurrection. » A son arrivée à Ravenne, il fut reçu avec honneur par l’impératrice Placidie et par son fils Valentinien. Quand vint l’heure du repas, la reine lui envoya un magnifique vase d'argent rempli de mets exquis; il le reçut, mais ce fut pour distribuer les mets à ceux qui l’accompagnaient et pour donner aux pauvres l’argent du vase qu'il garda par devers lui. Pour tenir lieu de présent, il envoya à l’impératrice une écuelle de bois dans laquelle était un pain d'orge; ce qu'elle reçut de bonne grâce et dans la suite elle fit enchâsser cette écuelle dans de l’argent.

Une fois encore, l’impératrice l’invita à un dîner que le saint accepta avec bonté. Or, comme il était exténué par les jeûnes,, la prière et les travaux, il se fit conduire sur un âne depuis son logement jusqu'au palais : mais pendant le repas, l’âne de saint Germain mourut. La reine, qui l’apprit, fit offrir à l’évêque un cheval extrêmement doux. Quand le saint l’eut vu, il dit : « Qu'on m’amène mon âne, parce que, comme il m’a amené, il me ramènera. » Et allant vers le cadavre : « Lève-toi, dit-il, âne, retournons au logis. Aussitôt l’âne se leva, se secoua, et comme s'il n'avait éprouvé aucun mal, il porta Germain à son hôtellerie. Mais avant de sortir de Ravenne, Germain prédit qu'il n'avait plus longtemps à rester sur la terre. Peu de temps après, la fièvre le saisit et le septième jour il s'endormit dans le Seigneur : son corps fut transporté dans les Gaules, selon qu'il l’avait demandé à l’impératrice. Il mourut vers l’an du Seigneur 430.

Saint Germain avait promis à saint Eusèbe de consacrer à sa place, quand il reviendrait, une église que le saint évêque de Verceil avait fondée. Mais quand il eut appris le trépas du bienheureux Germain, saint Eusèbe fit allumer des cierges pour consacrer lui-même son église. Or, plus on les allumait, plus ils s'éteignaient. Eusèbe comprit par là que la dédicace devait) être remise à une autre époque, ou bien qu'elle devait être faite par un autre évêque. Mais lorsque le corps de saint Germain fut amené à Verceil, et qu'on l’eut fait entrer dans l’église, à l’instant tous les cierges s'allumèrent par miracle. Alors saint Eusèbe se souvint de la promesse du bienheureux Germain, et il comprit qu'il avait exécuté, après sa mort, ce qu'il avait promis de faire étant en vie. Il ne faut pas croire qu'il soit ici question du grand Eusèbe de Verceil ; celui-ci mourut du temps de l’empereur Valens, et il s'écoula plus de 50 ans depuis sa mort jusqu'à celle de saint Germain. Ce fut sous un autre Eusèbe, qu'arriva ce qui vient d'être raconté.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/108.htm

Saint Germain d'Auxerre

Évêque d'Auxerre ( 448)

Il était marié et remplissait de hautes fonctions officielles quand il devint évêque d'Auxerre en 418. C'est l'une des plus grandes figures épiscopales de son époque. Son influence s'étendit à la Gaule toute entière tant il était estimé aussi bien des chefs barbares que des empereurs. La mort vint le chercher à Ravenne, alors capitale impériale de l'Occident où il était venu plaider la cause des Bretons maltraités par les gouverneurs impériaux.

Voir aussi: Saint Germain (Germanus) (418-448) est sans conteste la plus célèbre personnalité historique de l’Église locale. (site du diocèse de Sens-Auxerre)

"À l’origine (du IIIe au VIe siècle) les premiers évangélisateurs de ce qui deviendra le diocèse de Nevers sont des hommes que l’Église a canonisé: Saint Révérien, Saint Pèlerin, Saint Martin, Saint Germain..."
Du VIe au XXIe siècle, de Saint Eulade à Francis Deniau, quinze siècles d’évangélisation en Nivernais.

À Ravenne en Émilie, en 448, le trépas de saint Germain, évêque d’Auxerre. Par deux fois, il défendit la foi des Bretons de l’hérésie pélagienne et, venu à Ravenne pour plaider la paix en faveur les habitants de l’Armorique, il fut reçu, avec beaucoup d’honneurs, par l’impératrice Galla Placidia et son fils Valentinien III, et c’est de là qu’il monta au royaume du ciel.

Martyrologe romain


SAINT GERMAIN d'AUXERRE 

(378 - 31 juillet 448)

SAINT  ÉVÊQUE GERMAIN, NOTRE  PROTECTEUR,
HONNEUR ET CONSOLATION DE L’ÉGLISE DE GAULE.
TU AS QUITTÉ LA GLOIRE ET LES RICHESSES
POUR SUIVRE AVEC HUMILITÉ LE CHRIST NOTRE DIEU.
TU AS COMBATTU LES HÉRÉSIES
ET FAIT TRIOMPHER LA VRAIE FOI.
Ô PÈRE DES AUXERROIS, REFUGE DES MALHEUREUX,
PRIE LE CHRIST DE NOUS AFFERMIR DANS SA MISÉRICORDE.

             Celui qui allait devenir Saint Germain l’Auxerrois est né vers l’an 378 à Auxerre. Il est donc contemporain de Saint Augustin et de Saint Jean Chrysostome. C'est l’ époque trouble des grandes invasions et du début de l’effondrement de l’Empire Romain. Dans l’Église, les hérésies foisonnent. C'est une période du christianisme où, après le martyr et l’ascèse, c'est une vie exemplaire et entièrement vouée à la pratique des vertus chrétiennes qui tend peu à peu à s’imposer comme idéal de vie. Les Évêques vont jouer un rôle de première importance en tant qu’exemples vivants. Parmi eux, Saint Germain d’Auxerre n’était pas seulement le chef dune communauté chrétienne mais encore témoin du Christ, modèle de vertu, homme d’action en lutte contre les hérésies et en contact permanent avec les pouvoirs politiques.

Le jeune aristocrate, le fonctionnaire, l’Évêque

       De la vie civile de Saint Germain, nous ne savons presque rien, sinon quille est né dune famille fortunée de l’Auxerrois possédant des terres à Appoigny; Quille a étudié dans les écoles Gauloises (Auxerre ou Autun ?), puis à Rome; Quille devient brillant avocat; Quille épouse Eustachie, « une personne de condition élevée, remarquable par ses richesses et ses m÷urs » nous dit Constance de Lyon, premier biographe de Saint Germain; Que ses talents le font bientôt choisir par l’Etat pour « une haute charge gouvernementale et administrative » et quille visite en personne les territoires dont il a la charge; Enfin, quille fut élu évêque contre sa volonté à la mort de Saint Amasser, Évêque d’Auxerre, en 418. Saint Germain avait alors environ quarante ans.

        Ses relations avec Saint Amasser n’avaient pas toujours été bonnes, loin de là. Au temps où il était riche et puissant, Germain n’aimait pas qu’on s’opposât à sa volonté. L’abbé Lebeuf, historien d’Auxerre, relate :

« Saint Amâtre, Évêque d’Auxerre, fit couper un très beau et grand poirier au milieu de la ville d’Auxerre, sur lequel Germain avait l’habitude d’accrocher les nombreuses têtes des bêtes qu’il avait prises à la chasse afin de s’attirer l’admiration des citoyens. Germain l’ayant menacé de mort, Saint Amâtre se retira à Autun vers le préfet Agricole ». Heureusement les choses s’arrangent...

        Saint Germain exerçait sans doute une autorité ferme. La suite des événements montre qu’il a su être tout aussi rigoureux à son propre égard. Mais il ne devait manquer ni de bonté, ni de justice. Car à la mort de Saint Amâtre, « tout le clergé et la noblesse, le peuple de la ville et de la campagne se réunirent à le demander pour successeur de Saint Amâtre. On lui déclara une espèce de guerre avec tout le respect néanmoins qu’on devait à un homme de son rang ». Germain résiste comme il peut, c’est à dire de toutes ses forces. Mais il finit par se soumettre à une volonté aussi impérative qu’unanime.

        Et lorsqu’il obéit, il ne fait pas les choses à moitié : son épouse devient comme une soeur, il distribue sa fortune aux pauvres. Il est évêque mais vit comme un moine. Il ne prendra plus jamais ni pain de froment, ni vin, ni vinaigre, ni huile, ni légumes, ni sel. Il se nourrit de pain d’orge dont il a battu et moulu lui même les grains. Il dort sur un grabat de cendres. Sa maison est ouverte à tous et il lave lui-même les mains et les pieds de chacun. C’est ainsi qu’il « mena une vie de solitude au milieu des hommes et vécut comme un ermite dans la fréquentation du monde ».

        Il fonde un monastère en face d’Auxerre, sur la rive droite de l’Yonne, où Saint Patrick prédicateur et premier Évêque d’Irlande séjourna de longues années.

        Puis viennent les miracles. Saint Germain retrouve le voleur qui s’était emparé de l’argent du fisc perdu en route par l’agent chargé de le rapporter au gouverneur. Il délivre la ville d’Auxerre d’une épidémie de diphtérie. Il guérit des possédés. Lors d’un voyage en hiver, Saint Germain veut faire une étape dans une maison abandonnée, à demi-ruinée, que l’on dit hantée. Lorsque effectivement apparaît un fantôme au milieu de la nuit, Saint Germain évoque le nom du Christ et enjoint le fantôme de dire qui il est et ce qu’il fait là. D’effrayant, le fantôme devient suppliant : lui et son compagnon étaient des criminels, ils sont morts sans sépultures, errent sans repos et tourmentent les vivants. Il indique à Saint Germain où l’on avait jeté leurs corps. Dès le jour venu, Saint Germain rassemble les habitants des environs, les exhorte à déblayer l’endroit et les cadavres sont découverts. Saint Germain leur rend la paix en donnant une sépulture chrétienne à leurs ossements.

        Pendant le même voyage, Saint Germain guérit avec du blé bénit les volailles qui étaient devenues muettes depuis des années et ne chantaient plus au lever du jour. « Ainsi la puissance divine manifestait sa grandeur même dans les plus petites choses » nous dit Constance de Lyon.

Premier voyage de Saint Germain en Grande-Bretagne.

       Des nouvelles alarmantes parviennent aux évêques des Gaules en provenance de Grande -Bretagne : l’erreur pélagienne avait gagné les populations de ces contrées. Un concile fut réuni, qui décida d’envoyer ensemble Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes pour combattre cette hérésie et rétablir la foi orthodoxe.

        Ils prirent la mer en 429. « Peu après accourt sur la mer, à leur rencontre, la foule des démons... » afin d’empêcher les deux saints d’arriver. L’épaisseur des ténèbres, la fureur du vent et le mugissement des vagues sont terribles. Saint Germain, réveillé par ses compagnons, invoque le Christ et invective l’océan, prend de l’huile bénite pour une aspersion au nom de la  Sainte Trinité. La prière dite d’une seule voix par tous appelle la présence divine qui apaise bientôt les flots.

        A leur arrivée une foule les attend. Prédication et miracles remplissent l’Ile de Bretagne. Leur réputation les précède. Ils convainquent. Une controverse publique est organisée  avec les pélagiens, suivie avec passion par une foule innombrable où se comptent « même des femmes et des enfants »... Christ contre Pélage ! Les évêques opposent un langage vigoureux et inspiré aux « paroles creuses » des pélagiens. La foule manque d’en venir aux mains. La guérison d’une fillette aveugle finit par convaincre et « la foule entre en transes ».

        Pendant ce même séjour en Grande-Bretagne, Saint Germain se casse le pied et est contraint de s’allonger. Eclate un incendie dans le quartier où il est immobilisé, qu’on n’arrive pas à éteindre. Saint Germain renvoie les gens venus l’évacuer de la maison menacée. Et l’incendie épargne la maison, consumant toutes les autres autour.

        Ces événements se mêlent aux invasions barbares de la même période : alors que Saint Germain et Saint Loup se trouvent en Grande-Bretagne, les Saxons et les Pictes commencent une guerre contre les Bretons qui implorent l’aide des deux évêques. Ce sont alors prédications quotidiennes au sein de l’armée Bretonne et de nombreux  baptêmes de soldats.

        Pour la liturgie Pascale on « installe une église faite de branchages entrelacés ». L’ennemi informé de cette activité peu habituelle pour une armée en guerre, croit à l’aubaine et veut en profiter pour attaquer. Saint Germain s’improvise alors chef de guerre et organise la défense : placée à un endroit stratégique, toute l’armée va hurler un « Alléluia » trois fois répété, répercuté par l’écho des montagnes. L’ennemi saisi  de panique est mis en déroute sans effusion de sang, par la seule force de la foi.

        A son retour de Grande Bretagne, la cité d’Auxerre attend Saint Germain avec impatience. Un impôt extraordinaire accable ses habitants. Aussitôt rentré, il repart plaider la cause des Auxerrois auprès du préfet des Gaules, à Arles.

        Il voyage à cheval, avec une escorte modeste. Une nuit il se fait voler son cheval. Le lendemain le voleur penaud ramène le cheval car, dit-il, pendant toute la nuit il s’était senti comme pris dans un filet. Il reçoit non seulement le pardon, mais on lui fait encore don de ce dont il a besoin, ainsi que d’une bénédiction.

        Partout où il passe, la foule vient à la rencontre de Saint Germain, pour lui rendre hommage, demander sa bénédiction, le toucher, l’écouter, le regarder. Il guérit, il enseigne. A Alésia où il passe la nuit chez un prêtre ami, la femme de celui-ci glisse de la paille dans le lit de Saint Germain à son insu, qu’elle conserve ensuite pieusement.

        Quelques jours plus tard un homme devient possédé d’un démon. Tous déplorent l’absence de Saint Germain qui avait continué sa route. La femme du prêtre se souvient alors de la puissance de la foi. On entoure le possédé avec la paille sur laquelle Saint Germain a dormi et le malade guérit définitivement.

        Le préfet des Gaules accueille Saint Germain avec tous les honneurs, venant loin au-devant de lui. Saint Germain guérit la femme du préfet. Son voyage est couronné de succès : il obtient un allégement des impôts pour Auxerre et partout où il passe, il apporte la joie
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Deuxième voyage de Saint Germain en Grande-Bretagne

        Une quinzaine d’années après son premier voyage, l’erreur pélagienne se propage de nouveau en Grande-Bretagne. On demande à Saint Germain d’y retourner, accompagné cette fois par Saint Sévère (probablement évêque de Vence, en Provence). Elafus, personnage important en Grande Bretagne, vient avec son fils infirme à la rencontre des saints hommes. Saint Germain, là encore, guérit la jambe malade de l’adolescent. L’hérésie, elle, n’est le fait que d’un petit nombre et les fautifs sont exilés sur le continent.

Voyage à Ravenne

      A peine rentré de Grande Bretagne en 447, une délégation attend Saint Germain à Auxerre, venant d’Armorique. Les Armoricains se sont révoltés contre le gouverneur Aetius, ont chassés les fonctionnaires romains et se sont donnés un gouvernement autonome. En représailles, Aetius abandonne le pays aux pillages et aux cruautés des Alains.

        Déjà, les cavaliers bardés de fer encombraient toute la route. Saint Germain se porte à leur rencontre et, à l’aide d’un interprète, supplie le roi Goar d’épargner le pays. Devant son refus, Saint Germain saisit la bride de son cheval et arrête ainsi toute l’armée. Le roi Goar, stupéfait par tant d’audace, est troublé par son inébranlable résolution.

        Puis ils s’entretiennent sur un ton affable et Goar promet alors la paix à condition que Saint Germain demande la grâce pour les Armoricains au gouverneur Aetius ou à l’empereur Valentinien. Aussitôt, Saint Germain se met en route pour l’Italie afin de  rencontrer le jeune Empereur Valentinien qui gouverne l’Empire Romain avec sa mère l’Impératrice Placidia.

        S’arrêtant de nouveau chez son ami le prêtre Senator à Alésia, il guérit une jeune fille muette dont il effleure la bouche, le front et tout le visage avec de l’huile bénite. Il quitte son ami en lui disant adieu, certain qu’il ne le reverra jamais en ce monde. Vers Autun, il guérit une jeune fille dont les doigts restaient repliés sur la paume de la main.

        Alors qu’il traverse les Alpes en compagnie d’un groupe de travailleurs immigrés rentrant chez eux en Italie, Saint Germain voit l’un d’eux, âgé et boiteux, qui ne parvient pas à traverser un torrent de montagne. Sans dire qui il est, Saint Germain porte d’abord les bagages de l’ouvrier puis l’ouvrier lui même de l’autre côté du torrent.

        Lorsque le petit groupe arrive à Milan, c’est jour de fête. Beaucoup d’évêques sont réunis là. Saint Germain entre incognito dans l’église bondée et à ce moment un possédé du démon se met aussitôt à crier :

       « Germain, pourquoi nous poursuis-tu en Italie ? Pourquoi parcours-tu ainsi tous les pays ? Reposes-toi afin que nous puissions être nous aussi en repos ! ». Tous reconnaissent alors Saint Germain qui exorcise ensuite le possédé.

        Il poursuit sa route vers Ravenne lorsque les pauvres lui demandent l’aumône. Il dit à son diacre de donner tout le contenu de leur bourse. Celui-ci rechigne et lui rétorque : « Mais de quoi allons-nous vivre aujourd’hui ?» « Dieu y pourvoira » répond Saint Germain. Le diacre, en homme prévoyant, donne deux pièces d’or et en garde une secrètement. Ils sont alors rejoint par des cavaliers qui les supplient de faire un détour pour aller chez Leporius dont toute la famille est malade et implore la bénédiction du saint. Ils s’y rendent. Les cavaliers leur offrent alors 200 sous d’or. Saint Germain, se tournant vers son diacre, dit alors : « Prends ce qu’on nous offre et reconnaît le tort que tu as causé aux pauvres, car si tu leur avais donné les trois pièces, celui qui nous récompense nous aurait aujourd’hui rendus 300 pièces».  Saint Germain guérit en un jour toute la maisonnée de Leporius, maître et serviteurs confondus.

Le séjour à Ravenne et la mort de Saint Germain

        A Ravenne, on attend Saint Germain avec impatience. L’évêque Pierre et l’impératrice Placidia l’accueillent avec joie et avec tous les honneurs. Un jour, alors que Saint Germain passe au milieu de la foule sur une grande place, il entend une grande clameur. Il demande ce que c’est. Ce sont des prisonniers injustement retenus qui ont appris son passage et qui l’appellent à l’aide. Saint Germain ne sait pas à qui s’adresser pour faire libérer ces hommes. Il s’adresse alors à Dieu en se prosternant en prières, face contre terre. Les serrures de la prison se brisent, les prisonniers sortent et la foule les entoure et les mène dans l’église avec une grande joie. Saint Germain guérit beaucoup de malades à Ravenne. Constance dit que le Christ augmentait encore la puissance qu’il  lui avait accordée. 

            Lorsque le fils d’un homme important du palais est sur le point de mourrir de fièvre, la famille se tourne vers le Saint qui se hâte au chevet du jeune homme. Hélas, il est déjà mort. La foule insiste alors pour que Saint Germain le ressuscite. Il résiste longtemps puis se laisse convaincre. Il fait sortir la foule de la pièce et s’allonge contre le mort en priant. Peu à peu celui-ci reprend vie. 

           Entretemps une nouvelle révolte éclate en Armorique, réduisant à néant les efforts de médiation de Saint Germain auprès de la cour impériale. 

            Saint Germain prédit sa mort prochaine. Il tombe malade et demande à l’impératrice la faveur de voir son corps ramené à Auxerre. La foule ne quitte pas son chevet, priant et psalmodiant en choeur. Au septième jour de maladie, Saint Germain rends son âme à Dieu. Nous sommes le 31 Juillet 448. Souverains et évêques se partagent ses vêtements. Le corps est embaumé par application d’aromates, l’impératrice l’habille. Lorsque ces préparatifs sont terminés conformément aux rites, le voyage en Gaule s’organise. 

            C’est une véritable procession qui part vers la Gaule. « La multitude des flambeaux brillait », éclipsant le soleil. Au fur et à mesure du chemin, des gens accourent pour remettre en état la route ou les ponts, pour chanter des psaumes ou porter le Saint un bout de chemin. Le cortège arrive à Auxerre le 22 Septembre 448. L’enterrement a lieu le 1er Octobre. Le voyageur infatiguable a enfin trouvé le repos.
            Saint Germain l’Auxerrois est indissociable de la région où il est né, où il vécut et où il repose maintenant. Beaucoup de paroisses de la région sont placées sous son patronage. Les villages de Sainte Magnance, de Sainte Pallaye et d’Escolives-Sainte Camille rappellent le souvenir des femmes qui ont suivi son cortège de Ravenne à Auxerre. Ce Saint du 4ème siècle nous enseigne encore aujourd’hui la foi par son obéissance et sa confiance absolues. Il agit non pour sa gloire personnelle, mais pour la gloire de Dieu. Non pour son confort personnel, mais pour le soulagement des pauvres et des souffrants. Constance de Lyon le dit très simplement :  « ...en guise de trésors inépuisables il portait le Christ dans son coeur. » Puisse-t-il nous aider à en faire autant, chacun à sa façon.
 
 
Saint Germain, prie Dieu pour nous,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.




St. Germain

Bishop of Auxerre, born at Auxerre c. 380; died at Ravenna, 31 July, 448. He was the son of Rusticus and Germanilla, and his family was one of the noblest in Gaul in the latter portion of the fourth century. He received the very best education provided by the distinguished schools of Arles and Lyons, and then went to Rome, where he studied eloquence and civil law. He practised there before the tribunal of the prefect for some years with great success. His high birth and brilliant talents brought him into contact with the court, and he married Eustachia, a lady highly esteemed in imperial circles. The emperor sent him back to Gaul, appointing him one of the six dukes, entrusted with the government of the Gallic provinces. He resided at Auxerre and gave himself up to all the enjoyments that naturally fell to his lot. At length he incurred the displeasure of the bishop, St. Amator. It appears that Germain was accustomed to hang the trophies of the chase on a certain tree, which in earlier times had been the scene of pagan worship. Amator remonstrated with him in vain. One day when the duke was absent, the bishop had the tree cut down and the trophies burnt. Fearing the anger of the duke, who wished to kill him, he fled and appealed to the prefect Julius for permission to confer the tonsure on Germain. This being granted, Amator, who felt that his own life was drawing to a close, returned. When the duke came to the church, Amator caused the doors to be barred and gave him the tonsure against his will, telling him to live as one destined to be his successor, and forthwith made him a deacon.

A wonderful change was instantly wrought in Germain, and he accepted everything that had happened as the Divine will. He gave himself up to prayer, study, and works of charity, and, when in a short time Amator died, Germain was unanimously chosen to fill the vacant see, being consecrated 7 July, 418. His splendid education now served him in good stead in the government of the diocese, which he administered with great sagacity. He distributed his goods among the poor, and practised great austerities. He built a large monastery dedicated to Sts. Cosmas and Damian on the banks of the Yonne, whither he was wont to retire in his spare moments. In 429 the bishops of Britain sent an appeal to the continent for help against the Pelagian heretics who were corrupting the faith of the island. St. Prosper, who was in Rome in 431, tells us in his Chronicle that Pope Celestine commissioned the Church in Gaul to send help, and Germain and Lupus of Troyes were deputed to cross over to Britain. On his way Germain stopped at Nanterre, where he met a young child, Genevieve, destined to become the patroness of Paris. One of the early lives of St. Patrick, Apostle of Ireland, tells us that he formed one of St. Germain's suite on this occasion. Tradition tells us that the main discussion with the representatives of Pelagianism took place at St. Alban's, and resulted in the complete discomfiture of the heretics. Germain remained in Britain for some time preaching, and established several schools for the training of the clergy. On his return he went to Arles to visit the prefect, and obtained the remission of certain taxes that were oppressing the people of Auxerre. He constructed a church in honour of St. Alban about this time in his episcopal city.

In 447 he was invited to revisit Britain, and went with Severus, bishop of Trèves. It would seem that he did much for the Church there, if one can judge from the traditions handed down in Wales. On one occasion he is said to have aided the Britons to gain a great victory (called from the battle-cry, Alleluia! the Alleluia victory) over a marauding body of Saxons and Picts. On his return to Gaul, he proceeded to Armorica (Brittany) to intercede for the Armoricans who had been in rebellion. Their punishment was deferred at his entreaty, till he should have laid their case before the emperor. He set out for Italy, and reached Milan on 17 June, 448. Then he journeyed to Ravenna, where he interviewed the empress-mother, Galla Placidia, on their behalf. The empress and the bishop of the city, St. Peter Chrysologus, gave him a royal welcome, and the pardon he sought was granted. While there he died on 31 July, 450. His body, as he requested when dying, was brought back to Auxerre and interred in the Oratory of St. Maurice, which he had built. Later the oratory was replaced by a large church, which became a celebrated Benedictine abbey known as St. Germain's. This tribute to the memory of the saint was the gift of Queen Clotilda, wife of Clovis. Some centuries later, Charles the Bald had the shrine opened, and the body was found intact. It was embalmed and wrapped in precious cloths, and placed in a more prominent position in the church. There it was preserved till 1567, when Auxerre was taken by the Huguenots, who desecrated the shrine and cast out the relics. It has been said that the relics were afterwards picked up and placed in the Abbey of St. Marion on the banks of the Yonne, but the authenticity of the relics in this church has never been canonically recognized. St. Germain was honoured in Cornwall and at St. Alban's in England's pre-reformation days, and has always been the patron of Auxerre. 

Sources

TILLEMONT, Mémoires, XV, 8; BRIGHT in Dict. Christ. Biog., s.v.; Gallia Christiana, XII, 262; GUÉRIN, Vies des Saints (Paris, 1880), IX, 132-45; Acta SS., VII, July, 184-200; CONSTANTIUS, Vie de S. Germain d'Auxerre, tr. franç. avec une étude (1874); and for his connection with St. Patrick, HEALY, Life of St. Patrick (Dublin, 1905); Vita Tripartita in Rolls Series, ed. Whitley Stokes (London, 1905), passim; O'CONNOR, Rerum Hibern. Script. (1825), II, 92.