dimanche 25 février 2018

Saint NESTOR de PAMPHYLIE (de MAGYDOS, de PERGÉ), évêque et martyr

Saint Nestor de Pamphylie

Évêque de Magydos, en Pamphylie, martyr ( 251)

Il était évêque de Magydos, dans le sud de l'actuelle Turquie, quand éclata la persécution de Dèce. Nombreux furent alors les chrétiens qui apostasièrent pour sauver leur vie. Craignant que ses fidèles n'en fassent autant, il leur conseilla de fuir et lui-même se laissa arrêter. Conduit devant le gouverneur, il s'entendit condamner: "Puisque tu préfères un homme crucifié à nos divins empereurs, toi aussi tu mourras sur une croix." Et saint Nestor fut crucifié. 

À Pergé en Pamphylie, l’an 250, la passion de saint Nestor, évêque de Magydos et martyr. Arrêté au temps de la persécution de l’empereur Dèce, il fut condamné à la croix par le gouverneur de la province, pour qu’il subisse le même supplice que celui qu’il reconnaissait comme le Crucifié.

Martyrologe romain




Nestor de Pamphylie, le saint crucifié d’Orient

 Isabelle Cousturié | 25 février 2018

En ce 25 février, prions pour tous les chrétiens qui, comme ce saint évêque de Turquie préfèrent mourir comme leur Maître plutôt que voir leurs ouailles tomber dans l’apostasie

Nous sommes au IIe siècle. Nestor de Magydos en Pamphylie, l’actuelle Turquie, apprend une nuit que le gouverneur de la ville a décidé de mettre à exécution l’ordre de l’empereur Dèce d’exécuter systématiquement les chrétiens…. Déce, le « tigre altéré de sang, Décie l’impitoyable », comme le décrit saint Cyprien de Carthage dans une de ses correspondance.
Nombreux sont alors les chrétiens qui ont apostasié pour sauver leur vie. Craignant que ses fidèles n’en fassent autant, Nestor les a convoqués et leur a demandé d’aller se cacher à la campagne. Resté seul, il attend son arrestation en pasteur vigilant et témoin fidèle de l’Évangile. Le préfet avait prévenu : « Tant que nous n’aurons pas l’évêque entre les mains, nous ne pourrons rien contre les chrétiens ». Nestor est conduit devant le gouverneur, puis devant une instance supérieure à Pergé, la capitale. Sans jamais perdre son calme et sa détermination, il résiste à toute menace et déférence. Impossible de le faire abjurer. La condamnation alors tombe : « Puisque tu préfères un homme crucifié à nos divins empereurs, toi aussi tu mourras sur une croix », lui-dit-on. Et saint Nestor, en 250, est crucifié.

La promesse

« Toujours j’ai été, je suis et je serai avec mon Christ », s’était promis saint Nestor de Pamphylie. Et jusqu’à son dernier souffle, il a tenu sa promesse et continué de parler du Christ. Combien de chrétiens comme lui, en plus de 2000 ans d’histoire, sont allés au martyre, n’hésitant pas à mourir plutôt que de renier leur foi et voir leurs ouailles tomber. On raconte que certains de ses bourreaux, émus par sa constance, se sont même convertis. Alors qui sait combien de bourreaux encore aujourd’hui sont émerveillés par ces héros de la foi tombés sous leurs mains hostiles, combien se sont convertis en entendant la voix de Dieu à travers leurs morts !
Profitons de la fête de saint Nestor de Pamphylie, en ce 25 février, pour prier pour tous ceux qui sont tant persécutés en ce moment-même dans le monde, notamment les Chrétiens d’Orient où ce saint est très prié, et pour que le sang de leurs martyres soit toujours source féconde de nouveaux chrétiens.

Prière pour ceux qui souffrent pour la foi


 « Nous Te prions encore de regarder avec miséricorde ton Église ; renforce-la, établis-la et élargis-la, et, en tout temps, défends-la contre les ruses de ses ennemis visibles et invisibles ; Seigneur Tout-Puissant, nous T’en prions, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.
 Toi qui as créé le monde pour Ta gloire et pour la joie infinie, fais que même ceux qui s’opposent à Ton Nom se convertissent et Te glorifient d’une vraie foi et dans la piété avec tous Tes fidèles ; nous T’en prions, Créateur Tout-Puissant, Sauveur du monde, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.
 Nous Te prions encore de faire cesser toutes les hérésies, tous les schismes et toutes les apostasies, et de faire croître dans nos pays et partout dans le monde la Piété et la fidélité à Ton Nom. Ramène à la connaissance de Ta Vérité tous ceux qui se sont éloignés de la vraie Foi et unis-les à Ta Sainte Eglise ; Seigneur Tout-Puissant, nous T’en prions écoute-nous et ne sois pas lent faire miséricorde.
Comme dans le passé Tu as montré Tes merveilles en Saül, persécuteur de Tes fidèles, en faisant de lui Ton apôtre Paul, ainsi, en ces jours de détresse, jette un regard de miséricorde sur ceux qui nous haïssent et font du tort à Tes fidèles, sur ceux qui complotent et font le mal contre eux. Ne les laisse pas périr à cause de nous, pécheurs, mais retourne leur cœur vers la connaissance de Ta Vérité; Créateur Tout-Puissant, Sauveur du monde, nous T’en prions, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.
 Nous Te prions encore pour tous Tes serviteurs détenus, persécutés, et qui, dans le monde entier, souffrent pour leur Foi: viens-leur en aide et ouvre le cœur de ceux qui les persécutent » Hozana.




Nestor était évêque de Magydos en Pamphylie (actuellement en Turquie). Il apprend une nuit que le préfet de la ville a décidé de mettre à exécution le décret de persécution des chrétiens édicté par l’empereur Dèce. Sans attendre, il convoque ses fidèles et, pour éviter tout risque d’apostasie,  leur demande de fuir à la campagne.

Seul, il reste dans sa maison et attend l’arrestation. Le préfet avait dit: «Tant que nous n’aurons pas l’évêque entre les mains, nous ne pourrons rien contre les chrétiens.»

Menaces et déférences, tout est tenté pour le faire abjurer. Nestor garde son calme et sa détermination. Il est renvoyé devant une instance supérieure à Pergé, la capitale. Il reste inébranlable. Le jugement est sans appel : « Nestor, puisque tu n’as pas voulu obéir au victorieux empereur, ni aux dieux immortels, puisque tu es voué, comme je le vois, au Christ crucifié sous Ponce Pilate, tu subiras la même peine que lui. Tu seras crucifié! » Et il en fut ainsi. Jusqu’à son dernier souffle, il continue de parler du Christ. Certains de ses bourreaux, émus par cette constance, se convertissent. C’était en 250.


St. Nestor, Bishop and Martyr

EPOLIUS, whom the emperor Decius had appointed governor of Lycia, Pamphylia, and Phrygia, sought to make his court to that prince by surpassing his colleagues in the rage and cruelty with which he persecuted the meek disciples of Christ. At that time Nestor, bishop of Sida in Pamphylia, (as Le Quien demonstrates, not of Perge, or of Mandis, or Madigis, as some by mistake affirm,) was distinguished in those parts for his zeal in propagating the faith, and for the sanctity of his life. His reputation reached the governor, who sent an Irenarch to apprehend him. The martyr was conducted to Perge, and there crucified, in imitation of the Redeemer of the world, whom he preached. His triumph happened in 250. His Latin Acts, given by the Bollandists, are to be corrected by those in Greek, found among the manuscript acts of saints, honoured by the Greeks in the month of February, in the king’s library at Paris, Cod. 2010, written in the tenth century.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume II: February. The Lives of the Saints.  1866.


Saint Nestor of Side


Also known as
  • Nestor of Magydos
  • Nestor of Perge
Profile

Bishop of Side, Pamphylia (in modern Antalya, Turkey), known for his personal piety and his zeal as anevangelist. Arrested and executed by order of governor Epolius during the persecutions of Decius. Martyr.

  • crucified in 250 in Perge, Pamphylia (in modern Turkey)

San Nestore di Magydos Vescovo e martire


Nestore era vescovo di Magydos in Panfilia, regione dell'Asia Minore. Fu ucciso in spregio alla fede nel 251 a Perge mediante crocifissione. Una "Passione" greca del martire narra che, durante la persecuzione ordinata dall'imperatore Decio, il governatore della Panfilia Poplio fece ricercare i cristiani della zona per farli sacrificare agli dèi. Nestore si prodigò per mettere in salvo la comunità cristiana di Magydois. Ma non si preoccupò della sua sorte. Dopo il rifiuto di abiurare e sacrificare agli dèi pagani, fu preso prigioniero. Dapprima venne giudicato dal senato e dal tribunale locale. Poi lo condussero a Perge per essere sottoposto a un nuovo processo. Durante il tragitto si verificò un terremoto. Dopo essere stato condannato e torturato fu giustiziato. (Avvenire)

Etimologia: Nestore = che ricorda, dal greco o guida, dal latino

Emblema: Palma

Martirologio Romano: A Perge in Panfilia, nell’odierna Turchia, passione di san Nestore, vescovo di Magido e martire, che, arrestato durante la persecuzione dell’imperatore Decio, fu condannato dal governatore della provincia alla croce, perché lui che aveva confessato il Crocifisso subisse il medesimo supplizio. 

Secondo una ‘passiones’ greca, Poplio (o Pollio) preside della Panfilia in Asia Minore, ricevuto l’editto di persecuzione dell’imperatore Decio (249-250), diligentemente mandò i cavalieri per tutta la provincia, con il compito di ricercare i cristiani e costringerli a sacrificare agli dei. 

Nestore vescovo di Magydos, avendolo saputo, fece fuggire la popolazione cristiana dalla città, ma senza preoccuparsi di mettersi in salvo lui al sicuro. 

Così quando giungono i soldati, egli è in preghiera nella sua casa, lo prelevano e lo conducono davanti al senato e al giudice (‘irenarca’) Nestore li segue senza opporsi; subisce l’interrogatorio e nonostante le minacce, si rifiuta di aderire all’editto imperiale a sacrificare agli dei. 

Viene trasferito a Perge, al tribunale del preside della provincia, per un giudizio superiore, durante il viaggio avviene anche un terremoto; giunto a Perge, subisce un nuovo interrogatorio dall’‘adiutor’ Urbano, sottoposto a torture e infine viene crocifisso, circondato da una folla di fedeli in preghiera. 


Il suo nome compare in date diverse del mese di febbraio, in tutti i “Martirologi” storici di Adone, Floro, Usuardo, ‘Geronimiano’, sinassari bizantini. 

I Martirologi Occidentali medioevali lo ricordavano al 26 febbraio ed è a questa data che Cesare Baronio nel XVI secolo lo passò nel ‘Martirologio Romano’. 


Il suo martirio, cioè la crocifissione è raffigurata in una miniatura del ‘Menologio di Basilio II’ conservato nella Biblioteca della Città del Vaticano. 

Il nome Nestore è di origine greca e significa: ‘ritorno felice’, nonostante il suo significato, attualmente il nome e la parola Nestore indicano una persona molto vecchia, forse perché nell’Iliade di Omero, era un personaggio vissuto trecento anni; si usa dire ‘il nestore del gruppo’ per indicare il più anziano.


Autore: Antonio Borrelli






vendredi 23 février 2018

Bienheureux STEFAN WINCENTY FRELICHOWSKI, prêtre et martyr

Bienheureux Etienne Vincent Frelichowski

Prêtre polonais et martyr ( 1945)

Étienne-Vincent Frelichowski, né en 1913, arrêté par les nazis en 1939, il a été emprisonné dans plusieurs camps et sut rester témoin de paix et de charité. Il mourut du typhus en 1945.

"'Heureux les artisans de paix'. La dignité de cette qualification revient à juste titre à Dom Stefan Wincenty Frelichowski, élevé aujourd'hui à la gloire des autels. En effet, toute sa vie est comme un miroir dans lequel se reflète la splendeur de cette philosophie du Christ, selon laquelle le bonheur véritable n'atteint que celui qui, en union avec Dieu, devient un homme de paix, est un artisan de paix et apporte la paix aux autres." ... "En tant que prêtre, il avait toujours conscience d'être le témoin d'une grande Cause, et dans le même temps il servait les hommes avec une profonde humilité. Grâce à la bonté, à la douceur et à la patience, il rallia de nombreuses personnes au Christ, au cours des circonstances tragiques de la guerre et de l'occupation."

Béatifié le 7 juin 1999 à Torun en Pologne par Jean-Paul II. Homélie du Saint Père.

Au camp de concentration de Dachau en Bavière, l’an 1945, le bienheureux Étienne Frelichowski, prêtre et martyr. Il fut déporté dans diverses prisons mais ne fléchit jamais de la foi ni de ses devoirs de pasteur. Il subit de longues épreuves et succomba à la maldie contractée en assistant des codétenus malades.
Martyrologe romain





Stefan Wincenty Frelichowski

1913-1945

Né le 22 janvier 1913 à Chełmża (Pologne), Stefan fut le troisième des six enfants de Ludwik Frelichowski et Marta Olszewska : trois garçons (Czeslaw, Leonard, Stefan Wincenty) et trois filles (Eleonora, Stefania, Marta). Les parents tiennent une boutique de boulangerie-pâtisserie.

Stefan fut dès l’âge de neuf ans un fidèle servant de messe dans sa paroisse.

En 1927, il entre chez les Scouts, qui seront un peu sa seconde famille : bientôt chef de troupe, il continuera à participer aux randonnées des Scouts durant ses années de grand Séminaire. Il était encore aumônier des Scouts après son ordination sacerdotale, et responsable des Scouts pour toute la Poméranie à partir de 1938.

Membre actif de la congrégation mariale de Chełmża, il entra au séminaire de Pelpin en 1931 et fut ordonné prêtre en 1937. 

Il travailla énergiquement dans le Mouvement de tempérance, qui militait contre l’alcoolisme.

Il fut d’abord secrétaire personnel de l’évêque de Pelpin, puis exerça le ministère sacerdotal à Toruń, tout en continuant des études à l’université de Lwów (l’actuelle Lviv en Ukraine). Il s’occupait activement des enfants et des jeunes, tout en organisant la presse paroissiale et en visitant les malades.

Il fut activement recherché par la Gestapo, car ses activités lui donnaient une grande influence sur la jeunesse.

Arrêté par la Gestapo une première fois le 11 septembre 1939 puis libéré, de nouveau arrêté le 18 octobre avec plusieurs centaines de personnes, il fut successivement interné dans les camps de concentration de Stutthof, Grenzdorf, Sachsenhausen et Dachau : là, il se dépensa à organiser en secret la prière et la célébration de la messe, confessant et donnant la communion aux prisonniers.

C’est dans ce dernier camp qu’il mourut du typhus, le 23 février 1945, peu de temps avant la fin de la guerre, dans sa trente-troisième année.

Les autorités du camp firent brûler son corps.

Stefan Wincenty Frelichowski est le céleste Patron des Scouts de Pologne.

Il a été béatifié en 1999.




MESSE DE BÉATIFICATION DE DOM STEFAN WINCENTY FRELICHOWSKI

HOMÉLIE DU SAINT PÈRE JEAN-PAUL II

7 juin 1999, Torun (Pologne)
1. «Cœur de Jésus, notre paix et réconciliation, aie pitié de nous»

Nous nous inclinons avec foi devant le grand mystère de l'amour du Divin Cœur et nous voulons lui rendre honneur et gloire. Ave Jésus, ave Divin Cœur du Fils de l'homme, qui a tant aimé les hommes.
Je rends grâce à Dieu, car il m'est aujourd'hui donné de visiter le jeune diocèse de Torun et de louer, avec vous, le Très Saint Cœur du Sauveur. Je remercie avec joie la Divine Providence pour le don d'un nouveau bienheureux, le prêtre et martyr Stefan Wincenty Frelichowski, témoin héroïque de l'amour dont un pasteur est capable. Je salue toutes les personnes présentes à cette célébration du mois de juin. Je salue de façon particulière Mgr Andrzej, pasteur de l'Eglise de Torun, l'Evêque auxiliaire Jan, le clergé, les personnes consacrées et tout le Peuple de Dieu sur cette terre. Je salue Torun, ville chère à mon cœur, et la belle Poméranie sur la Vistule. Je suis heureux d'avoir pu me rendre dans votre ville, rendue célèbre par Nicolas Copernic. Torun est également connue grâce aux efforts entrepris au cours de l'histoire en faveur de la paix. Ce fut précisément en ce lieu que l'on réussit par deux fois à conclure des traités de paix, qui dans l'histoire reçurent le nom de Paix de Torun. C'est également dans cette ville qu'eut lieu la rencontre des représentants des catholiques, des luthériens et des calvinistes de toute l'Europe, qui reçut le nom de Colloquium Charitativum, c'est-à-dire «Colloque fraternel». Les paroles suivantes du Psalmiste acquièrent ici une éloquence particulière: «Pour l'amour de mes frères, de mes amis, laisse-moi dire: paix sur toi! Pour l'amour de la maison de Yahvé notre Dieu, je prie pour ton bonheur!» (Ps 121 [122], 8-9).

2. «Cœur de Jésus, notre paix et réconciliation» Voici le Cœur du Rédempteur, signe lisible de son amour invincible et source intarissable d'une paix véritable. En Lui «habite corporellement toute la plénitude de la divinité» (Col 2, 9). La paix apportée sur la terre par le Christ, provient précisément de cette Plénitude et de cet Amour. C'est un don de Dieu qui aime, qui a aimé l'homme dans le cœur de son Fils unique. «Il est notre paix» (cf. Ph 2, 14), s'exclame saint Paul. Oui, Jésus est la paix, il est notre réconciliation. C'est Lui qui a fait disparaître l'inimitié, née après le péché de l'homme et qui a réconcilié tous les hommes avec le Père, à travers sa mort sur la Croix. Sur le Golgotha, le Cœur de Jésus fut transpercé par une lance en signe de don total de soi, de cet amour oblatif et salvifique avec lequel «il nous aima jusqu'à la fin» (cf. Jn 13, 1), jetant les bases de l'amitié de Dieu avec les hommes. Voilà pourquoi la paix du Christ est différente de celle imaginée par le monde. Au Cénacle, avant sa mort, s'adressant aux Apôtres, le Christ dit clairement: «Je vous laisse la paix; c'est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne» (Jn 14, 27). Alors que les hommes entendaient la paix au niveau temporel et extérieur tout d'abord, le Christ dit qu'elle naît de l'ordre surnaturel, qu'elle est le résultat de l'union avec Dieu dans l'amour. L'Eglise vit sans cesse de l'Evangile de la paix. Elle l'annonce à tous les peuples et à toutes les nations. Elle indique inlassablement les voies de la paix et de la réconciliation. Elle introduit la paix en abattant les murs des préjugés et de l'hostilité entre les hommes. Elle le fait tout d'abord au moyen du Sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation: en apportant la grâce de la miséricorde divine et du pardon, elle arrive aux racines mêmes des angoisses humaines, elle guérit les consciences blessées par le péché, de façon à ce que l'homme éprouve le réconfort intérieur et devienne porteur de paix. L'Eglise partage également la paix dont elle fait elle-même l'expérience chaque jour dans l'Eucharistie. L'Eucharistie est le sommet de notre paix. En elle s'accomplit le sacrifice de la réconciliation avec Dieu et avec les frères; en elle retentit la Parole de Dieu qui annonce la paix; en elle s'élève incessamment la prière: «Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde, prends pitié de nous». Dans l'Eucharistie nous recevons le don du Christ lui-même, qui s'offre et devient notre paix. Alors, avec une clarté particulière, nous ressentons le fait que cette paix ne peut pas être donnée par le monde, car il ne la connaît pas (cf. Jn 14, 27). Nous louons aujourd'hui la paix de notre Seigneur Jésus-Christ; la paix qu'il a accordée à tous ceux qui Le rencontrèrent au cours de sa vie terrestre. La paix avc laquelle il salua joyeusement les disciples après sa résurrection.

3. «Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5, 9).

C'est ce que nous dit le Christ dans le discours de la montagne. Du plus profond de son cœur qui aime, il exprime le désir de notre bonheur. Le Christ sait que le bonheur suprême est l'union avec Dieu qui fait de l'homme un fils de Dieu. Parmi les diverses voies qui conduisent à la plénitude du bonheur, il indique également celle qui passe à travers l'action en faveur de la paix et son partage avec les autres. Les hommes de paix sont dignes du nom de fils de Dieu. Jésus qualifie d'«heureuses» les personnes de ce genre.

«Heureux les artisans de paix». La dignité de cette qualification revient à juste titre à Dom Stefan Wincenty Frelichowski, élevé aujourd'hui à la gloire des autels. En effet, toute sa vie est comme un miroir dans lequel se reflète la splendeur de cette philosophie du Christ, selon laquelle le bonheur véritable n'atteint que celui qui, en union avec Dieu, devient un homme de paix, est un artisan de paix et apporte la paix aux autres. Ce prêtre de Torun, qui exerça son service pastoral pendant moins de huit ans, a donné un témoignage tangible du don de soi à Dieu et aux hommes. En vivant de Dieu, dès les premières années du sacerdoce, avec la richesse de son charisme sacerdotal il se rendait partout où il était nécessaire d'apporter la grâce du salut. Il apprenait les secrets de l'âme humaine et adaptait les méthodes de la pastorale aux nécessités de chaque homme qu'il rencontrait. Il avait puisé cette capacité à l'école du scoutisme, où il avait acquis une sensibilité particulière aux besoins des autres et il la développa constamment dans l'esprit de la parabole du Bon Pasteur qui cherche les brebis égarées et qui est disposé à donner sa propre vie pour les sauver (cf. Jn 10, 1-21). En tant que prêtre, il avait toujours conscience d'être le témoin d'une grande Cause, et dans le même temps il servait les hommes avec une profonde humilité. Grâce à la bonté, à la douceur et à la patience, il rallia de nombreuses personnes au Christ, au cours des circonstances tragiques de la guerre et de l'occupation.
Face au drame de la guerre, il écrivait, dans un certain sens, une succession de chapitres du service à la paix. Le Fort VII, Stutthof, Grenzdorf, Oranienbourg-Sachsenhausen, et enfin Dachau, sont les stations progressives de sa voie douloureuse, sur laquelle il de- meura toujours le même: courageux dans l'accomplissement du ministère sacerdotal. Il allait en particulier chez ceux qui en avaient le plus grand besoin, auprès de ceux qui mouraient en masse du typhus, dont il fut à la fin lui-même la victime. Il donna sa vie sacerdotale à Dieu et aux hommes, apportant la paix aux victimes de la guerre. Il partageait généreusement la paix avec les autres, car son âme puisait sa force à la paix du Christ. Et ce fut une force si grande, que même la mort par le martyre ne réussit pas à l'anéantir.

4. Chers frères et sœurs, sans le renouveau intérieur et sans l'engagement à vaincre le mal et le péché dans son cœur, et en particulier sans l'amour, l'homme ne conquerra pas la paix intérieure. Elle n'est en mesure de survivre que lorsqu'elle est enracinée dans les valeurs les plus élevées, lorsqu'elle est fondée sur des normes morales et qu'elle est ouverte à Dieu. En revanche, elle ne peut pas résister si elle a été édifiée sur le terrain mouvant de l'indifférence religieuse et d'un sec pragmatisme. La paix intérieure naît, dans le cœur de l'homme et dans la vie de la société, de l'ordre moral, de l'ordre éthique, de l'observance des commandements de Dieu.

Nous partageons avec d'autres cette paix de Dieu, comme le faisait le bienheureux prêtre et martyre Wincenty Frelichowski. Nous deviendrons ainsi un germe de paix dans le monde, dans la société, dans le milieu où nous vivons et travaillons. J'adresse cet appel à tous sans aucune exception, et de façon particulière à vous, chers prêtres. Soyez les témoins de l'amour miséricordieux de Dieu. Annoncez avec joie l'Evangile du Christ, en dispensant le pardon de Dieu dans le Sacrement de la réconciliation. A travers votre service cherchez à rapprocher chacun du Christ, dispensateur de la paix. J'adresse ces paroles également à vous, chers parents, qui êtes les premiers éducateurs de vos enfants. Soyez pour eux l'image de l'amour et du pardon divin, en cherchant de toutes vos forces à construire une famille unie et solidaire. Famille, c'est précisément à toi qu'a été confiée une mission d'une importance primordiale: tu dois participer à la construction de la paix, du bien qui est indispensable au développement et au respect de la vie humaine.

A vous, éducateurs qui êtes appelés à inculquer à la jeune génération les valeurs authentiques de la vie, je demande d'enseigner aux enfants et aux jeunes la tolérance, la compréhension et le respect pour chaque homme; éduquez les jeunes générations dans un climat de paix véritable. C'est leur droit. C'est votre devoir.

Vous, les jeunes, qui portez dans votre cœur de grandes aspirations, apprenez à vivre dans la concorde et dans le respect réciproque, en vous aidant les uns les autres solidairement. Soutenez dans vos cœurs l'aspiration au bien et le désir de la paix (cf. Message pour la Journée mondiale de la paix, 1.1.1997, n. 8).

La société et les nations ont besoin d'hommes de paix, d'authentiques semeurs de la concorde et du respect réciproque. Des hommes dont le cœur est comblé par la paix et qui l'apportent aux autres; qui l'apportent dans les maisons, dans les bureaux et dans les institutions, sur les lieux de travail et dans le monde entier. L'histoire et notre époque démontrent que le monde ne peut pas donner la paix. Le monde est souvent impuissant. C'est pourquoi, il faut lui indiquer Jésus-Christ, qui, à travers sa mort sur la croix, a laissé sa paix aux hommes, nous garantissant sa présence pour les siècles des siècles (cf. Jn 14, 7-31). Que de sang innocent a été versé au XX e siècle en Europe et dans le monde entier, car certains systèmes politiques et sociaux ont abandonné les principes du Christ qui garantissent une paix juste. Que de sang innocent verse-t-on devant nos yeux. Les événements tragiques du Kosovo l'ont démontré et le démontrent de façon très douloureuse. Nous sommes les témoins de la façon dont les gens invoquent et désirent la paix.

Je prononce ces paroles sur une terre qui, au cours de son histoire, à fait l'expérience des effets tragiques de l'absence de paix, devenant victime de guerres cruelles et destructrices. Le souvenir de la Seconde Guerre mondiale est toujours vif, les blessures de ce cataclysme de l'histoire auront besoin de beaucoup de temps pour cicatriser complètement. Que de ce lieu, le cri de paix atteigne chacun dans le monde entier. Je désire répéter les paroles que j'ai prononcées cette année dans le Message pascal Urbi et Orbi: «La paix est possible, la paix est un devoir, la paix est la responsabilité primordiale de tous! Puisse l'aube du troisième millénaire voir se lever une ère nouvelle où le respect pour tout homme et la solidarité fraternelle entre les peuples remporteront, avec l'aide de Dieu, la victoire sur la culture de la haine, de la violence et de la mort» (cf. ORLF n. 14, du 6 avril 1999, n. 6)
5. Nous accueillons avec une grande reconnaissance le témoignage de la vie du bienheureux Wincenty Frelichowski, héros de notre époque, comme un appel adressé à notre génération. Je désire confier de manière particulière le don de cette béatification à l'Eglise de Torun, afin qu'elle conserve et diffuse la mémoire des grandes œuvres de Dieu, accomplies au cours de la brève vie de ce prêtre. Je confie en particulier ce don aux prêtres de ce diocèse et de toute la Pologne. Dom Frelichowski écrivait déjà au début de son chemin sacerdotal: «Je dois être un prêtre selon le cœur de Jésus». Si cette béatification est une grande action de grâce à Dieu pour son sacerdoce, elle est également une louange à Dieu pour les merveilles de sa grâce, qui s'accomplissent à travers les mains de tous les prêtres, également à travers vos mains. Je désire également m'adresser à toute la famille des scouts polonais, à laquelle le nouveau bienheureux était profondément lié. Qu'il devienne votre patron, maître de noblesse d'âme et intercesseur de paix et de réconciliation.

Dans quelques jours ce sera le centième anniversaire de la consécration de l'humanité au Très Saint Cœur de Jésus. Cet événement eut lieu dans tous les diocèses, par la volonté du Pape Léon XIII, qui publia à cet effet l'Encyclique Annum sacrum. Il y écrivit: «Le Divin Cœur est le symbole et l'image vivante de l'amour infini de Jésus-Christ, qui nous invite à le lui rendre à notre tour par l'amour» (n. 2). Il y a peu, nous avons renouvelé ensemble l'acte de consécration au Très Saint Cœur de Jésus. Nous avons ainsi exprimé l'hommage suprême et également notre foi dans le Christ, Rédempteur de l'homme. Il est «l'Alpha et l'Oméga, le début et la fin» (Ap 21, 6), c'est à Lui qu'appartiennent ce monde et son destin.

Aujourd'hui, alors que nous adorons son Très Saint Cœur, nous prions avec ferveur pour la paix. Tout d'abord pour la paix dans nos cœurs, mais également pour la paix dans nos familles, dans notre pays et dans le monde entier.

Cœur de Jésus, notre paix et réconciliation, aie pitié de nous!

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Blessed Stefan Wincenty Frelichowski


Profile

Ordained on 13 March 1937. Arrested by the Gestapo in 1939, Stefan was shuttled through the concentration camps Fort Seven, Stutthof, Grenzdorf, Oranienburg-Sachsenhausen and finally Dachau. Spiritual leader of other prisoners wherever he was imprisoned. He contracted typhus while working with fellow prisoners dying of the disease, and is thus considered a martyr of charity.

Born
Additional Information


7 June 1999

Bl. Stefan Wincenty Frelichowski was born on 22 January 1913 in Chełmza to LudwikFrelichowski, a baker, and Marta Olszewska. After finishing his secondary studies, he decided to enter the diocesan seminary in Pelplin, where he was known for his serenity, modesty and devotion to the Sacred Heart. He wrote in his diary: "On the first Friday of the month I began the novena to the Sacred Heart of Jesus with the intention of receiving a clear and ardent vocation. During the nine first Fridays I want to ask Jesus for a heart that loves him ardently, a priestly heart. Jesus, you said to St Margaret that you would not refuse the request of anyone who receives Holy Communion on nine first Fridays of the month. Jesus, who said: 'Ask and you shall receive', I ask you to give me the grace of a clear and ardent vocation".

He was ordained in Pelplin on 14 March 1937 and appointed secretary to the Bishop. The following year he was sent as a curate to St Mary's Parish in Torun. He threw himself into all the parish activities and also served as Scout chaplain. He was known as a fervent and faith-filled pastor of souls.

On 7 September 1939 the German army occupied Torun. Four days later all the priests at St Mary's Parish were arrested and imprisoned. All were released the following day except Fr Frelichowski, who was sent successively to the concentration camps of Stuthoff, Sachsenhausen and Dachau. In each of them he devoted himself to clandestine pastoral work and gave spiritual guidance to al the prisoners.

In 1945 he decided secretly to aid the camp's typhus victims, who were isolated and without any assistance. As a Good Samaritan and priest he brought them whatever food or medicine he could find and heard confessions in Polish, French and German. He eventually contracted the disease and died on 23 February 1945 at the age of 32. For the first time ever, the camp authorities gave permission for his body to be shown to the public. An eyewitness recalls: "The crowd of prisoners moved through the morgue in silence and prayerful recollection. Young and old came, Poles and foreigners. Everyone knew him. At that moment so many intense prayers were offered to the Creator for him, so many tears rolled down cheeks. He departed as a beloved and holy priest. It was the death of someone who had sacrificed his life on the altar of love and mercy for others".


JOHN PAUL II 

Address at Devotion to the
Sacred Heart of Jesus and
Beatification of Father Frelichowski

Torun, Monday, 7 June 1999

1. “Heart of Jesus, our peace and reconciliation, have mercy on us

We bow in faith before the great mystery of the love of the Divine Heart and we give it honour and glory. Hail, O Jesus; hail, O Heart Divine of the Son of Man, which has so loved us men and women.

I give thanks to God for granting today that I should visit this young Diocese of Torun and that I should, together with you, praise the Most Sacred Heart of the Saviour. With joy I thank Divine Providence for the gift of a new Blessed, the priest and martyr Stefan Wincenty Frelichowski, heroic witness to the love of which a pastor is capable. I cordially greet all those present at this month of June celebration. In a special way I greet Bishop Andrzej, Pastor of the Church of Torun, his Auxiliary Jan, the clergy, consecrated men and women and all the People of God in this land. I greet Torun, a city dear to my heart, and beautiful Pomerania on the Vistula. I am pleased to be in your city made famous by one of the world’s greatest astronomers, Nicolaus Copernicus. Torun is also known because of the efforts for peace undertaken in the course of history. In fact, on two occasions peace treaties were concluded here, treaties which history has dubbed the Peace of Torun. It was also in this city that there took place the meeting of Catholic, Lutheran and Calvinist representatives which received the name Colloquium Charitativum, that is, the “Fraternal Colloquium”. Here the words of the Psalmist take on a particular eloquence: “For my brethren and companions’ sake I will say, 'Peace be within you!' For the sake of the house of the Lord our God, I will seek your good” (Ps 122, 8-9).

2. “Heart of Jesus, our peace and reconciliation

This is the Heart of the Saviour — the tangible sign of his invincible love and the inexhaustible source of true peace. In him “the whole fulness of deity dwells bodily” (Col 2:9). The peace that Christ brought to earth comes precisely from this Fulness and from this Love. It is the gift of a God who loves, who has loved mankind in the Heart of the Only-Begotten Son. “He is our peace” (cf.Eph 2:14), exclaims Saint Paul. Yes, Jesus is peace, he is our reconciliation. He was the one who put an end to the enmity which arose after man had sinned, and who reconciled all people with the Father through his Death on the Cross. On Golgotha Jesus’ Heart was pierced by a lance as a sign of his total self-giving, of that sacrificial and saving love with which he “loved us to the end” (cf. Jn 13:1), laying the foundation of the friendship between God and man.

This is why the peace of Christ is different from the peace envisaged by the world. In the Upper Room before his Death, speaking to the Apostles, Jesus stated clearly: “Peace I leave with you; my peace I give to you; not as the world gives do I give to you” (Jn14:27). While men understand peace primarily at the temporal and external level, Christ says that it springs from supernatural gifts, it is the result of union with God in love.

The Church lives ceaselessly by the Gospel of peace. She proclaims it to all peoples and nations. Tirelessly she indicates the paths of peace and reconciliation. She ushers in peace by breaking down the walls of prejudice and hostility between people. She does this first of all through the Sacrament of Penance and Reconciliation: bringing the grace of divine mercy and of forgiveness, she arrives at the very roots of human suffering, she heals consciences wounded by sin so that the person experiences inner comfort and becomes a peacemaker. The Church also shares the peace that she herself experiences every day in the Eucharist. The Eucharist is the culmination of our peace. In it is accomplished the sacrifice of reconciliation with God and with our brothers and sisters, in it resounds the word of God announcing peace, in it is raised without end the prayer: “Lamb of God, you take away the sins of the world, have mercy on us”. In the Eucharist we receive the gift of Christ himself, who offers himself and becomes our peace. So, with particular clarity we experience the fact that the world cannot give this peace, for it does not know this peace (cf.Jn 14:27).

We praise today the peace of our Lord Jesus Christ; the peace that he gave to all those who met him during his earthly life. The peace with which he joyously greeted the disciples after his Resurrection.
3. “Blessed are the peacemakers, for they shall be called sons of God” (Mt 5:9).

This is what Christ tells us in the Sermon on the Mount. From the depths of his Heart filled with love he expresses his desire for our happiness. Christ knows that our greatest happiness is union with God, which makes us sons and daughters of God. Among the paths that lead to fulness of happiness, he indicates the one that involves working on behalf of peace and sharing peace with others. Men and women of peace are worthy of being called children of God. Jesus calls such people “blessed”.

“Blessed are the peacemakers”. The dignity of such a designation rightly belongs to Father Stefan Wincenty Frelichowsky, raised today to the glory of the altars. His whole life, in fact, is a kind of mirror reflecting the light of that teaching of Christ according to which true happiness is attained only by those who, in union with God, become men and women of peace, peacemakers who bring peace to others. This priest of Torun, whose pastoral service lasted less than eight years, offered a very clear witness of his giving himself to God and to others. Drawing his sustenance from God, from the very first years of his priesthood, with the wealth of his priestly charism he went wherever the grace of salvation needed to be brought. He learned the secrets of the human heart and adapted pastoral methods to the needs of every person he met. He had picked up this ability from the school of Scouting where he had acquired a particular sensitivity to the needs of others, a sensitivity which he constantly developed in the spirit of the parable of the Good Shepherd who searches out the lost sheep and is ready to give his own life to save them (cf. Jn 10:1-21). As a priest he was always aware of being a witness of a great Cause, and at the same time he gave himself with deep humility to the service of others. Thanks to his goodness, meekness and patience he won many souls over to Christ, even in the tragic circumstances of the War and the Occupation.

During the tragedy of the war his life was like a written record, one chapter following another, of service on behalf of peace. The so-called Fort Seven, then Stutthoff, Grenzdorf, Oranienburgo-Sachsenhausen, and finally Dachau are the list of stations on a path of suffering, but a path on which he was always the same: courageous in fulfilling his priestly ministry. He would minister especially to those who were most in need of his services, to those who were part of the masses dying of typhoid, to which he himself fell victim. He gave his priestly life to God and to others, bringing peace to the victims of war. He generously shared peace with others because his soul drew strength from the peace of Christ. And that strength was so great that not even death as a martyr was able to crush it.

4. Dear Brothers and Sisters, without inner renewal and without a commitment to overcome evil and sin in our hearts, and especially without love, man will never achieve inner peace. Such peace will be lasting only when it is rooted in the highest values, when it is based on moral norms and is open to God. Otherwise, when built on the shifting sands of religious indifference and arid pragmatism, it can only be short-lived. Inner peace comes to birth in the human heart and in the life of society as a result of moral order, ethical order, the observance of God’s commandments.

Let us share this peace of God with others, as did the Blessed priest and martyr Wincenty Frelichowsky. Thus we will become a source of peace in the world, in society, in the environment in which we live and work. I make this appeal to everyone without exception, and particularly to you, dear priests. Be witnesses of God’s merciful love! Proclaim joyfully the Gospel of Christ, dispensing God’s forgiveness in the Sacrament of Reconciliation. Through your service seek to bring everyone closer to Christ, the giver of peace.

I also address these words to you, dear parents, who are the first educators of your children. Be for them an image of love and divine forgiveness, striving with all your might to build a united and harmonious family. In fact, it is the family that has been entrusted with a mission of primary importance: to participate in the building of peace, of the well-being that is indispensable for development and for the respect of human life.

I ask you, educators, who are called to impart authentic life values to the younger generations: teach children and young people tolerance, understanding and respect for every human being; educate the younger generations in a climate of true peace. It is their right. It is your duty.

You, young people, who cherish great hopes in your hearts, learn to live in harmony and mutual respect, lending assistance by your solidarity with others. Sustain in your hearts the aspiration to good works and the desire for peace (cf. Message for the 1997 World Day of Peace, 8).

Societies and nations need men and women of peace, authentic sowers of harmony and mutual respect; men and women who fill their own hearts with Christ’s peace and bring this peace to their homes, offices, institutions, workplaces, to the entire world. Both history and the events of our own day show that the world cannot give peace. The world is powerless. That is why it is necessary to point to Jesus Christ, who by his Death on the Cross has left his peace to mankind, assuring us of his presence for all times (cf.Jn 14:7-31). How much innocent blood has been shed in the Twentieth Century, in Europe and throughout the world, because certain political and social systems forsook the principles of Christ that guarantee a just peace. How much innocent blood is being shed under our very eyes. These last few months have demonstrated this in a tragic way. We are witnesses to how strongly people cry out for and yearn for peace.

I speak these words in a land that in its history experienced the tragic effects of the lack of peace, having been victim of a cruel and ruinous war. Our memory of the Second World War is still vivid, the wounds inflicted by that cataclysm of history will need much time to be completely healed. May the cry for peace spread out from this place to the entire world! I wish to repeat the words I spoke this year in the Easter Urbi et Orbi message: “Peace is possible, peace is a duty, peace is a prime responsibility of everyone! May the dawn of the Third Millennium see the coming of a new era in which respect for every man and woman and fraternal solidarity among peoples will, with God’s help, overcome the culture of hatred, of violence, of death”.

With deep gratitude we welcome the witness of the life of Blessed Wincenty Frelichowski — a modern-day hero, priest and man of peace — as a call to our generation. I wish to entrust the gift of this Beatification in a particular way to the Church in Torun, so that she may preserve and make known on an ever wider scale the memory of the great works which God accomplished in the short life of this priest. I entrust this gift above all to the priests of this Diocese and of all Poland. Father Frelichowski, at the beginning of his priestly journey, wrote: “I must be a priest after the Heart of Christ”. If this Beatification is a great act of thanksgiving to God for his priesthood, it is also an act of praise to God for the marvels of grace which are accomplished through the hands of all priests, through your hands too. I wish to address a few words also to the family of Polish scouts, with whom the Blessed shared a profound bond. May he become your Patron, teaching you nobility of spirit and interceding for peace and reconciliation.

In just a few days it will be the hundredth anniversary of the consecration of humanity to the Most Sacred Heart of Jesus. This took place in all Dioceses through the work of Pope Leo XIII, who, to that end, published the Encyclical Annum Sacrum. In that Encylical he wrote: “The Divine Heart is the symbol and living image of Jesus Christ’s infinite love, which invites us to respond in turn with love” (No. 2). A little while ago we renewed together the act of consecration to the Most Sacred Heart of Jesus. We thus expressed our utmost homage and our faith in Christ, the Redeemer of mankind. He is “the Alpha and the Omega, the beginning and the end” (Rev 21:6), to him belong this world and its destiny.

Today, in adoring the Sacred Heart, let us pray fervently for peace. First of all for peace in our hearts, but also for peace in our families, in our nation and in all the world.

Heart of Jesus, our peace and reconciliation, have mercy on us!

© Copyright - Libreria Editrice Vaticana


Beato Wincenty Stefan Frelichowski Sacerdote, martire


Chelmza (Polonia), 22 gennaio 1913 – Dachau, 23 febbraio 1945

Nato il 22 gennaio 1913 a Chelmza, nel nord della Polonia, Wincenty Stefan Frelichowski, che già frequentava gli scout, dopo gli studi ginnasiali, a 18 anni entrò in Seminario e venne ordinato sacerdote il 4 marzo 1937 e divenne ben presto segretario del vescovo. L'anno seguente venne inviato come vicario nella parrocchia di Torun. L'11 settembre 1939, qualche giorno dopo l'invasione della Polonia durante la Seconda guerra mondiale, venne arrestato. Subito liberato fu nuovamente imprigionato e subì una lunga serie di trasferimenti. Ovunque, però, riusciva clandestinamente a celebrare la Messa. Il 13 dicembre 1940 venne trasferito a Dachau dove, oltre a consolare i prigionieri, riscuì a portare il cibo ai prigionieri che non avevano di che mangiare. Nel '44 un'epidemia di tifo colpì il lager: don Frelichowski continuò a portare pane e conforto ai reclusi. Malato anch'egli di tifo e colpito dalla polmonite morì il 23 febbraio 1945. È stato proclamato beato da Giovanni Paolo II il 7 giugno 1999.

Martirologio Romano: Nel campo di prigionia di Dachau vicino a Monaco di Baviera in Germania, beato Vincenzo Frelichowski, sacerdote, che, durante la medesima guerra, deportato in varie carceri, mai venne meno alla fede o al suo ministero pastorale e, colpito da malattia mentre prestava assistenza ai malati, dopo lunghe sofferenze giunse alla visione della pace eterna. 

Si può dire che il suo ministero sacerdotale fu svolto soprattutto nei campi di concentramento tedeschi, infatti solo poco più di tre anni, del suo novello sacerdozio, fu svolto fra i fedeli polacchi, gli altri sei anni trascorsero tutti come prigioniero, fino alla morte avvenuta a 32 anni. 

Wincenty Stefan Frelichowski nacque il 22 gennaio 1913 a Chelmza piccolo centro del Nord della Polonia, dopo la scuola dell’obbligo, frequentò il ginnasio statale di indirizzo umanistico, ottenendo il diploma di maturità nel 1931. 

Da ragazzo e da giovane partecipava alle attività degli Scout e del ‘Sodalizio Mariano’ inoltre serviva la Messa come chierichetto. A 18 anni entrò nel seminario maggiore della diocesi di Chelmno, con sede a Pelplin, per prepararsi con impegno intellettuale e spirituale alla missione sacerdotale. 

Venne ordinato sacerdote il 4 marzo 1937, divenendo quasi subito segretario del vescovo; il 1° luglio 1938 fu inviato come Vicario nella parrocchia dell’Ascensione a Toru_, dove si dedicò con zelo all’attività pastorale, conducendo una vita consacrata con semplicità; celebrava la santa Messa con un fervore che meravigliava. 

E nel pieno del suo apostolato in parrocchia, lo colse lo scoppio della Seconda Guerra Mondiale con l’invasione della Polonia del 1° settembre 1939, da parte delle truppe naziste. Una decina di giorni dopo, l’11 settembre, venne arrestato insieme ad altri sacerdoti e chiuso nel carcere della città; rilasciato per pochi giorni, venne nuovamente imprigionato il 18 ottobre 1939 e da allora perse definitivamente e senza un perché la sua libertà. 

Fu rinchiuso in un primo tempo in un vecchio bastione vicino Toru_, chiamato Fort VII, dove si adoperò per sollevare il morale dei suoi compagni di prigionia, sostenendo la loro fede. Dopo una breve permanenza nel campo di Nowy Port, venne trasferito, il 10 gennaio 1940 in quello di Stutthof sempre nei dintorni di Danzica, dove fu adibito ai lavori negli scavi. 

Anche qui riuscì clandestinamente a procurarsi qualche ostia e un po’ di vino e sfidando rappresaglie, in condizioni umili, riuscì a celebrare la Messa di quel giovedì santo del 1940; riuscì ad organizzare nel campo momenti di comune preghiera, sia al mattino che alla sera, in onore della Madonna degli Afflitti. 

Il 9 aprile del 1940 ebbe ancora un trasferimento con altri compagni prigionieri, al campo di Oranienburg – Sachsenhausen vicino Berlino; vennero sistemati inizialmente in ‘quarantena’ nel Blocco 20, dove comandava il criminale di guerra Hugon Krey, noto per le sue crudeltà. 

Wincenty Frelichowski con l’ardore del suo giovane sacerdozio continuò in maniera discreta il servizio apostolico verso i malati, gli anziani ed i giovani, trovando per tutti parole di consolazione e speranza, cercava di sostituirsi ai più deboli, sopportando con dignità le umiliazioni e persecuzioni che il sanguinario capoblocco gli imponeva. 

Il 13 dicembre 1940, con altri sacerdoti fu di nuovo trasferito, questa volta a Dachau, dove continuò per quel poco che poteva, ad esercitare il suo sacerdozio; rifiutò di rinnegare la nazionalità polacca e di firmare la cosiddetta “Deutsche Volksliste”, che avrebbe comportato migliori condizioni di vita; il rifiuto provocò una crudele rappresaglia; venne ricoverato nell’ospedale del campo e anche qui svolse l’assistenza spirituale verso gli altri ammalati ed i molti moribondi. 

Vi fu nel 1943-44 un periodo di miglioria nel campo, i prigionieri potevano ricevere pacchi viveri dai familiari e il giovane sacerdote tramite la sua famiglia, poté ricevere ostie e vino con cui celebrava la Messa in vari Blocchi, inoltre organizzò una ripartizione dei viveri con quelli che non ricevevano nulla. 

Nel 1944, per le condizioni disastrose del campo di Dachau, scoppiò un’epidemia di tifo petecchiale; i Blocchi infatti furono separati con filo spinato e gli ammalati lasciati in condizioni disumane; padre Wincenty riuscì a comunicare con loro per portare qualche pezzo di pane e il conforto della fede ai moribondi, nonostante i richiami dei compagni a proteggersi, a non rischiare il contagio, che comunque contrasse per la sua generosità. 

Al tifo petecchiale si aggiunse una polmonite, che lo stroncarono a soli 32 anni il 23 febbraio 1945, poche settimane prima della liberazione, fra il compianto di tutti gl’internati. Il suo corpo non si sa se fu bruciato nel forno crematorio o sepolto in una fossa comune. 

Chiudeva così la sua giovane ma intensa vita terrena, per aprirla alla gloria riservata ai martiri. Papa Giovanni Paolo II l’ha beatificato il 7 giugno 1999 a Toru_, sua diocesi, durante il suo settimo viaggio apostolico in Polonia.


Autore: Antonio Borrelli




ATTO DI DEVOZIONE AL SACRO CUORE DI GESÙ
E BEATIFICAZIONE DEL VEN. P. FRELICHOWSKI 


OMELIA DI GIOVANNI PAOLO II

Spianata dell'Aeroclub (Toruń) - Domenica, 7 giugno 1999
    
1. “Cuore di Gesù, nostra pace e riconciliazione, abbi pietà di noi”.

Ci inchiniamo con fede davanti al grande mistero dell’amore del Divin Cuore e vogliamo rendergli onore e gloria. Ave, Gesù, ave Cuore Divino del Figlio dell’uomo, che ha tanto amato gli uomini.

Rendo grazie a Dio perché oggi mi viene dato di visitare la giovane diocesi di Torun e lodare, insieme a voi, il Sacratissimo Cuore del Salvatore. Ringrazio con gioia la Divina Provvidenza per il dono di un nuovo beato, sacerdote e martire Stefan Wincenty Frelichowski, testimone eroico dell’amore di cui è capace un pastore. Saluto cordialmente tutti i presenti a questa funzione del mese di giugno. Saluto in modo particolare il vescovo Andrzej - Pastore della Chiesa di Torun, il vescovo ausiliare Jan, il clero, le persone consacrate e tutto il Popolo di Dio di questa terra. Saluto Torun, città cara al mio cuore e la bella Pomerania sulla Vistola. Sono lieto di essermi potuto recare nella vostra città, resa famosa da uno dei più grandi astronomi del mondo, Nicolò Copernico. Torun è conosciuta anche grazie agli sforzi intrapresi nel corso della storia a favore della pace. Fu proprio qui che si riuscì per due volte a concludere i trattati di pace, che nella storia ricevettero il nome di Pace di Torun. Anche in questa città ebbe luogo l’incontro dei rappresentanti dei cattolici, dei luterani e dei calvinisti di tutta l’Europa, che ricevette il nome di Colloquium Charitativum, cioè “Colloquio Fraterno”. Un’eloquenza particolare acquistano qui le parole del Salmista: “Per il bene dei miei fratelli e i miei amici io dirò: «Su di te sia pace!». Per la casa del Signore nostro Dio, chiederò per te il bene” (Sal 121 [122], 8-9).

2. “Cuore di Gesù, nostra pace e riconciliazione”.

Ecco il Cuore del Salvatore - segno leggibile del suo invincibile amore e fonte inesauribile di una vera pace. In Lui “abita corporalmente tutta la pienezza della divinità” (Col 2, 9). La pace portata sulla terra da Cristo, proviene proprio da questa Pienezza e da quest’Amore. E’ dono di un Dio che ama, che ha amato l’uomo nel Cuore dell’unigenito Figlio. “Egli è la nostra pace” (cfr Fil 2, 14) - esclama San Paolo. Sì, Gesù è la pace, è la nostra riconciliazione. E’ stato Lui ad annientare l’inimicizia, nata dopo il peccato dell’uomo ed a riconciliare con il Padre tutti gli uomini, mediante la morte in Croce. Sul Golgota il Cuore di Cristo fu trafitto da una lancia in segno di totale dono di sé, di quell'amore oblativo e salvifico con cui egli “ci amò sino alla fine” (cfr Gv 13, 1), gettando il fondamento all’amicizia di Dio con gli uomini.

Ecco perché la pace di Cristo è diversa da quella immaginata dal mondo. Nel Cenacolo, prima della sua morte, rivolgendosi agli Apostoli, Cristo disse chiaramente: “Vi lascio la pace, vi do la mia pace. Non come la dà il mondo, io la do a voi” (Gv 14, 27). Mentre gli uomini intendevano la pace prima di tutto a livello temporale ed esteriore, Cristo dice che essa scaturisce dai beni soprannaturali, è il risultato dell’unione con Dio nell’amore.

La Chiesa vive incessantemente del Vangelo della pace. L’annunzia a tutti i popoli e a tutte le nazioni. Instancabilmente indica le vie della pace e della riconciliazione. Introduce la pace abbattendo le mura di pregiudizi e di ostilità tra gli uomini. Lo fa prima di tutto tramite il Sacramento della Penitenza e della Riconciliazione: portando la grazia della divina misericordia e del perdono, arriva alle radici stesse delle angosce umane, guarisce le coscienze ferite dal peccato, in modo che l’uomo provi conforto interiore e diventi portatore di pace. La Chiesa condivide anche la pace che essa stessa sperimenta ogni giorno nell’Eucaristia. L’Eucaristia è il culmine della nostra pace. In essa si compie il sacrificio della riconciliazione con Dio e con i fratelli, risuona la parola di Dio che annuncia la pace, si eleva senza mai cessare la preghiera: “Agnello di Dio, che togli i peccati del mondo, abbi pietà di noi”. Nell’Eucaristia riceviamo il dono di Cristo stesso, che si offre e diventa la nostra pace. Allora, con una particolare chiarezza sperimentiamo il fatto che tale pace non la può dare il mondo, perché non la conosce (cfr Gv 14, 27).

Lodiamo oggi la pace del nostro Signore Gesù Cristo; la pace che egli ha concesso a tutti coloro che si incontrarono con Lui, durante la sua vita terrena. La pace con la quale salutò gioiosamente i discepoli dopo la sua resurrezione.

3. “Beati gli operatori di pace, perché saranno chiamati figli di Dio” (Mt 5, 9).

Così ci dice Cristo nel discorso della montagna. Dal profondo del suo Cuore che ama, esprime il desiderio della nostra felicità. Cristo sa che somma felicità è l’unione con Dio che fa dell’uomo un figlio di Dio. Tra le varie vie che conducono alla pienezza della felicità, egli indica anche quella che passa attraverso l’operare a favore della pace e il condividerla con altri. Gli uomini di pace sono degni del nome di figli di Dio. Gesù chiama felici le persone di questo genere.

“Beati gli operatori di pace”. La dignità di tale qialifica spetta giustamente a Don Stefan Wincenty Frelichowski, elevato oggi alla gloria degli altari. Tutta la sua vita infatti è quasi come uno specchio in cui si riflette lo splendore di quella filosofia di Cristo, secondo la quale la vera felicità raggiunge solo colui che, in unione con Dio, diventa un uomo di pace, che è operatore di pace e porta la pace agli altri. Questo sacerdote di Torun, che svolse il servizio pastorale per meno di otto anni, ha dato una testimonianza leggibile del suo donarsi a Dio e agli uomini. Vivendo di Dio, sin dai primi anni del sacerdozio, con la ricchezza del suo carisma sacerdotale andava ovunque c’era bisogno di portare la grazia della salvezza. Apprendeva i segreti dell’animo umano e adattava i metodi della pastorale alle necessità di ogni uomo che incontrava. Tale capacità egli l’aveva attinta dalla scuola dello scautismo da cui aveva acquisito una particolare sensibilità ai bisogni altrui e costantemente la sviluppava nello spirito della parabola del buon Pastore che cerca le pecore smarrite ed è disposto a dare la propria vita per salvarle (cfr Gv 10, 1-21). Come sacerdote sempre aveva la consapevolezza di essere testimone di una grande Causa, e al contempo serviva gli uomini con una profonda umiltà. Grazie alla bontà, alla mitezza e alla pazienza guadagnò molti a Cristo, anche nelle tragiche circostanze della guerra e dell’occupazione.

Nel dramma della guerra egli inscriveva in un certo senso un susseguirsi di capitoli del servizio della pace. Il cosiddetto Forte VII, Stutthof, Grenzdorf, Oranienburgo-Sachsenhausen, infine Dachau, sono le progressive stazioni della sua via dolorosa, sulla quale rimase sempre lo stesso: intrepido nell’adempimento del ministero sacerdotale. Andava con esso specialmente da coloro che ne avevano più grande bisogno, a quanti in massa morivano di tifo, del quale alla fine egli stesso cadde vittima. Donò la sua vita sacerdotale a Dio e agli uomini, portando la pace alle vittime della guerra. Condivideva la pace generosamente con gli altri, perché la sua anima attingeva la forza dalla pace di Cristo. E fu una forza così grande, che perfino la morte da martire non riuscì ad annientarla.

4. Cari Fratelli e Sorelle, senza il rinnovamento interiore e senza l'impegno di sconfiggere il male e il peccato nel cuore, e specialmente senza l’amore, l’uomo non conquisterà la pace interiore. Essa è in grado di sopravvivere soltanto quando è radicata nei valori più alti, quando è basata sulle norme morali ed è aperta a Dio. Non può invece resistere, se è stata elevata sul terreno paludoso dell’indifferenza religiosa e di un arido pragmatismo. La pace interiore nasce nel cuore dell’uomo e nella vita della società dall’ordine morale, dall’ordine etico, dall’osservanza dei comandamenti di Dio.

Condividiamo con altri questa pace di Dio, come lo faceva il beato sacerdote e martire Wincenty Frelichowski. Diventeremo così un germoglio di pace nel mondo, nella società, nell’ambiente in cui viviamo e lavoriamo. Mi rivolgo con quest’appello a tutti senza alcuna eccezione, e in modo particolare a voi, cari sacerdoti. Siate testimoni dell’amore misericordioso di Dio. Annunciate con gioia il Vangelo di Cristo, dispensando il perdono di Dio nel Sacramento della Riconciliazione. Mediante il vostro servizio cercate di avvicinare tutti a Cristo - datore della pace.

Rivolgo queste parole anche a voi, cari genitori, che siete i primi educatori dei vostri figli. Siate per essi l’immagine dell’amore e del perdono divino, cercando con tutte le forze di costruire una famiglia unita e solidale. Famiglia, proprio a te è stata affidata una missione di primaria importanza: devi partecipare alla costruzione della pace, del bene che è indispensabile per lo sviluppo e per il rispetto della vita umana.

Chiedo a voi, educatori, che siete chiamati ad inculcare nella giovane generazione i valori autentici della vita: insegnate ai bambini e ai giovani la tolleranza, la comprensione e il rispetto per ogni uomo; educate le giovani generazioni in un clima di vera pace. E’ loro diritto. E’ vostro dovere.

Voi, giovani, che portate nel cuore grandi aspirazioni, imparate a vivere nella concordia e nel reciproco rispetto, aiutandovi con solidarietà gli uni verso gli altri. Sostenete nei vostri cuori l’aspirazione al bene e il desiderio della pace (cfr Messaggio per la Giornata Mondiale della Pace
, 01.01.1997, n° 8).

Le società e le nazioni hanno bisogno di uomini di pace, autentici seminatori della concordia e del rispetto reciproco. Uomini, che colmino i propri cuori con la pace di Cristo e la portino nelle case, negli uffici e nelle istituzioni, nei luoghi di lavoro, nel mondo intero. La storia e i nostri giorni dimostrano che il mondo non può dare la pace. Il mondo è impotente. Perciò occorre indicargli Gesù Cristo, che mediante la morte in croce ha lasciato la sua pace agli uomini, garantendo per noi la sua presenza per tutti i secoli (cfr Gv 14, 7-31). Quanto sangue innocente è stato versato nel XX° secolo in Europa e in tutto il mondo, perché alcuni sistemi politici e sociali hanno abbandonato i principi di Cristo che garantiscono una giusta pace. Quanto sangue innocente si sta versando davanti ai nostri occhi. Gli ultimi mesi lo hanno dimostrato in modo drammatico. Siamo testimoni del come la gente invoca e desidera la pace.

Pronuncio queste parole in una terra che nella sua storia sperimentò i tragici effetti della mancanza di pace, divenendo vittima di guerre crudeli e rovinose. Il ricordo della seconda guerra mondiale è sempre vivo, le ferite di quel cataclisma della storia avranno bisogno di molto tempo per essere completamente rimarginate. Che il grido di pace raggiunga da questo luogo tutti nel mondo intero. Voglio ripetere le parole che ho pronunciato quest’anno nel Messaggio Pasquale Urbi et Orbi: “La pace è possibile, la pace è doverosa, la pace è primaria responsabilità di tutti! Possa l’alba del terzo millennio vedere il sorgere d’una nuova era in cui il rispetto per ogni uomo e la fraterna solidarietà tra i popoli sconfiggeranno, con l’aiuto di Dio, la cultura dell’odio, della violenza e della morte”.

5. Accogliamo con grande riconoscenza la testimonianza della vita del beato Wincenty Frelichowski l’eroe dei nostri tempi, sacerdote e uomo di pace, come una chiamata per la nostra generazione. Voglio affidare il dono di questa beatificazione in modo particolare alla Chiesa di Torun, perché custodisca e diffonda la memoria delle grandi opere di Dio, compiutesi nella breve vita di questo sacerdote. Affido questo dono soprattutto ai sacerdoti di questa diocesi e di tutta la Polonia. Don Frelichowski scrisse già all’inizio del suo cammino sacerdotale: “Devo essere un sacerdote secondo il Cuore di Cristo”. Se questa beatificazione è un grande rendimento di grazie a Dio per il suo sacerdozio, è anche una lode di Dio per le meraviglie della sua grazia, che si compiono attraverso le mani di tutti i sacerdoti - anche attraverso le vostre mani. Voglio rivolgermi anche a tutta la famiglia degli scout polacchi, alla quale il neo beato era profondamente legato. Diventi il vostro patrono, maestro di nobiltà d’animo e intercessore di pace e di riconciliazione.

Tra pochi giorni cade il centesimo anniversario della consacrazione dell’umanità al Sacratissimo Cuore di Gesù. Ciò fu fatto in tutte le diocesi per opera del Papa Leone XIII, il quale a questo fine pubblicò l’Enciclica Annum sacrum. Scrisse in essa: “Il Divin Cuore è simbolo e viva immagine dell’infinito amore di Gesù Cristo, che ci sollecita a ricambiarlo a nostra volta con l’amore” (n. 2). Poc’anzi abbiamo rinnovato insieme l’atto di consacrazione al Sacratissimo Cuore di Gesù. In questo modo abbiamo espresso il sommo omaggio, e anche la nostra fede in Cristo - Redentore dell’uomo. Egli è “l’Alfa e l’Omega, il Principio e la Fine” (Ap 21, 6), a Lui appartiene questo mondo e il suo destino.

Oggi, mentre adoriamo il suo Sacratissimo Cuore, preghiamo con ardore per la pace. Prima di tutto per la pace nei nostri cuori, ma anche per la pace nelle nostre famiglie, nella nostra nazione e in tutto il mondo.

Cuore di Gesù, nostra pace e riconciliazione, abbi pietà di noi!

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