vendredi 18 mai 2018

SALUS POPULI ROMANI


Basilica Santa Maria Maggiore, Rome


Appel papal à la dévotion mariale

Rédigé par un moine de Triors le  dans Religion

Le Pape s’est rendu à l’église Sainte-Marie-Majeure à l’occasion de la fête commémorant la translation de la fameuse image de la Vierge qui est vénérée à Rome comme la Salus populi. Cette grande basilique est l’expression de la foi de Sixte III et de tout le peuple romain après la proclamation du dogme de la maternité divine et la condamnation de Nestorius à Éphèse en 431. Ce dogme engendra une liesse dans tout le monde chrétien. Cette basilique dite aussi « libérienne » fut érigée pour transmettre aux générations cette foi de l’Église et, comme sa voisine Sainte-Marie-du-Transtévère, elle exprime la confiance que mettait le peuple romain en la « Toute puissante suppliante » de Marie. De cette époque date aussi la fameuse prière « Sub tuum præsidium » (Sous votre protection) que commente ici le Pape.

L’unanimité des pères et des maîtres spirituels recommande de recourir à la protection de Marie en se réfugiant dans les pans de son manteau. Marie est un refuge. Tous ceux qui souffrent, qui sont persécutés, qui affrontent le mal quelquefois dans une situation apocalyptique ne le savent que trop. Marie est mère de compassion et mère de chacun de nous dont elle reste si proche, même si elle aussi Reine du monde. Car, comme le disait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus elle « est plus mère que reine ». Elle est une vraie poule pour ses poussins. Elle est refuge des pécheurs. L’Orient chrétien a su magnifiquement représenter cette réalité si chère au peuple (et pas seulement romain) dans ses icônes qui bien souvent nous la montrent comme abritant sous son manteau l’humanité entière. Là où elle réside, le diable n’a aucune prise. Il peut aboyer, hurler, mais sans jamais pouvoir mordre. Marie repousse au loin peurs, inquiétudes et angoisses en tout genre, car elle est l’arche sûre, le bateau amiral qui conduira toujours au Port du salut. Les idéologies et la technique même la plus utile ne donneront jamais le réconfort et l’espérance que peut donner une mère, et Marie est la Mère par excellence, comme est la Femme par excellence.

L’antienne poursuit en demandant à Marie de « ne pas mépriser nos prières, mais au contraire de les accueillir avec empressement ». Le Pape fait remarquer qu’il s’agit du même mot qu’a employé saint Luc pour raconter comment Marie partit visiter sa cousine Elisabeth, « en hâte ». Cela veut dire que Marie ne tarde jamais. Aussitôt, elle répond à Dieu : Me voici. C’est la parfaite obéissance qui exige la promptitude absolue, celle-là même que saint Benoît recommande à ses fils. Avec ce même empressement, Marie sollicita de son Fils le miracle de Cana pour ne pas mettre en gêne le maître de maison. Sans citer saint Bernard mais en s’inspirant de lui, le Pape rappelle que Marie agit ainsi chaque fois que nous l’invoquons, fût-ce dans les tempêtes. Elle reste attentive à tous et surtout nous comprend toujours, comme une vraie mère. Pas besoin de dessin avec elle, il suffit de lui parler cœur à cœur. N’ayons donc jamais honte de nous adresser à elle. Comme le père de l’enfant prodigue, elle attend seulement que nous fassions le premier geste. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le mot hébreu qui désigne le sein maternel est l’un des termes qui signifie miséricorde. Que l’on songe au jugement de Salomon face à la vraie mère, et on apercevra un peu comment Marie peut prendre sur elle toutes les douleurs de ses enfants, les consolant et les guérissant, tout en les éduquant. Ne cessons donc jamais d’invoquer Marie. Sainte Marie Mère de Dieu priez pour nous pauvres pécheurs.

MESSE À L'OCCASION DE LA FÊTE DE LA TRANSLATION 
DE L'IMAGE DE LA SALUS POPULI ROMANI


HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique Sainte-Marie-Majeure


Dimanche, 28 janvier 2018


Comme peuple de Dieu en marche, nous sommes ici faisant une halte dans le temple de la Mère. La présence de la Mère fait de ce temple une maison familiale pour nous ses enfants. Avec des générations et des générations de Romains, nous reconnaissons en cette maison maternelle notre maison, la maison où nous trouvons repos, consolation, protection, refuge. Le peuple chrétien a compris, depuis les débuts, que dans les difficultés et dans les épreuves il faut recourir à la Mère, comme l’indique l’antienne mariale la plus ancienne : Sous ta protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu : ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais délivre-nous de tous les dangers, ô Vierge glorieuse et bénie.
Nous nous refugions. Nos Pères dans la foi ont enseigné que dans les moments difficiles il faut s’abriter sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu. Autrefois, les personnes persécutées et dans le besoin cherchaient refuge auprès des femmes nobles haut-placées : lorsque leur manteau, qui était considéré inviolable, s’étendait en signe d’accueil, la protection était accordée. Il en est de même pour nous avec la Vierge Marie, la plus haute femme du genre humain. Son manteau est toujours ouvert pour nous accueillir et nous abriter. L’Orient chrétien nous le rappelle bien, où beaucoup célébrent la Protection de la Mère de Dieu, qui est représentée dans une belle icône tandis que, par son manteau, elle abrite ses enfants et couvre le monde entier. Les moines de l’antiquité recommandaient aussi, dans les épreuves, de se réfugier sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu : l’invoquer - comme ‘‘Sainte Mère de Dieu’’ - était déjà une garantie de protection et d’aide et cette prière répétée : « Sainte Mère de Dieu », « Sainte Mère de Dieu » … Seulement ainsi.
Cette sagesse, qui vient de loin, nous aide : la Mère protège la foi, elle protège les relations, sauve dans les intempéries et préserve du mal. Là où la Vierge est chez elle, le diable n’entre pas. Là où la Vierge est chez elle le diable n’entre pas. Là où la Mère est présente, l’inquiétude ne prévaut pas, la peur ne l’emporte pas. Qui parmi nous n’en a pas besoin, qui parmi nous n’est pas parfois troublé ou inquiet ? Que de fois le cœur est une mer dans la tempête, où les vagues des problèmes se chevauchent et les vents des préoccupations ne cessent pas de souffler ! Marie est l’arche sûre au milieu du déluge. Ce ne seront pas les idées ou la technologie qui nous donneront réconfort et espérance, mais le visage de la Mère, ses mains qui caressent la vie, son manteau qui nous abrite. Apprenons à trouver refuge, en allant chaque jour vers la Mère.
Ne méprise pas nos prières, continue l’antienne. Quand nous la supplions, Marie supplie pour nous. Il y a un beau titre en grec qui dit ceci : Grigorusa, c’est-à-dire ‘‘celle qui intercède avec empressement’’. Et ce avec empressement est ce qu’utilise Luc dans l’Evangile pour dire comment Marie est allée chez Elisabeth : vite, immédiatement ! Elle intercède avec empressement, elle ne traîne pas, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, où elle communique immédiatement à Jésus le besoin concret de ces gens : « Ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3), rien de plus ! Ainsi fait-elle chaque fois, quand nous l’invoquons : quand l’espérance nous manque, quand la joie diminue, quand les forces s’épuisent, quand l’étoile de la vie s’obscurcit, la Mère intervient. Et si nous l’invoquons elle intervient plus. Elle est attentive aux peines, sensible aux difficultés – les difficultés de la vie –, proche du cœur. Et jamais, jamais elle ne méprise nos prières ; elle n’en laisse pas tomber ne serait-ce qu’une seule. Elle est Mère, elle n’a jamais honte de nous, au contraire elle attend seulement de pouvoir aider ses enfants.
Une anecdote peut nous aider à le comprendre. Près d’un lit d’hôpital, une mère veillait sur son fils souffrant après un accident. Cette mère était toujours là, jour et nuit. Une fois, elle s’est plainte au prêtre, disant : ‘‘Mais, à nous les mères, le Seigneur n’a pas accordé une chose !’’  ‘‘Quoi ?’’ – demanda le prêtre. ‘‘Prendre sur nous la douleur de nos enfants’’, a répondu la femme. Voilà le cœur d’une mère : il n’a pas honte des blessures, des faiblesses de ses enfants, mais il veut les prendre sur lui. Et la Mère de Dieu et la nôtre sait prendre sur elle, consoler, veiller, guérir.
Délivre-nous de tous les dangers, continue l’antienne. Le Seigneur lui-même sait qu’il nous faut refuge et protection au milieu de si nombreux dangers. C’est pourquoi, au moment le plus critique, sur la croix, il a dit à son disciple bien-aimé, à chaque disciple : « Voici ta Mère » (Jn 19, 27). La Mère n’est pas en option, une chose optionnelle, elle est le testament du Christ. Et nous avons besoin d’elle comme un pèlerin a besoin de repos, comme un enfant d’être porté dans les bras. C’est un grand danger pour la foi que de vivre sans Mère, sans protection, nous laissant balloter par la vie comme les feuilles par le vent. Le Seigneur le sait et nous recommande d’accueillir la Mère. Ce sont ne sont pas de bonnes manières spirituelles, c’est une exigence de vie.  L’aimer, ce n’est pas de la poésie, c’est savoir vivre. Car sans Mère, nous ne pouvons pas être des enfants. Et nous, avant tout, nous sommes des enfants, des enfants bien-aimés, qui ont Dieu pour Père et la Vierge pour Mère.
Le Concile Vatican II enseigne que Marie est « signe d’espérance et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche » (Const. Lumen gentium, VIII, V). Elle est un signe, elle est un signe que Dieu a placé pour nous. Si nous ne le suivons pas, nous faisons fausse route. Car il y a une signalisation de la vie spirituelle, qui doit être respectée. Elle nous indique, à nous « dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui [nous trouvons] engagés dans les périls et les épreuves » (ivi, n. 62), la Mère, qui est déjà parvenue au but. Qui, mieux qu’elle, peut nous accompagner sur le chemin ? Qu’attendons-nous ? Comme le disciple qui, au pied de la croix a reçu la Mère, « la prit chez lui » dit l’Evangile (Jn 19, 27), nous aussi, dans cette maison maternelle, invitons Marie chez nous, dans notre cœur, dans notre vie. On ne peut pas rester neutre ou séparé de la Mère, autrement nous perdons notre identité de fils et notre identité de peuple, et nous vivons un christianisme fait d’idées, de programmes, sans confiance, sans tendresse, sans cœur. Mais sans cœur, il n’y a pas d’amour et la foi risque de devenir une belle fable d’un autre temps. La Mère, par contre, protège et éduque les enfants. Elle les aime et les protège, afin qu’ils aiment et protègent le monde. Faisons de la Mère l’hôte de notre vie quotidienne, la présence constante chez nous, notre refuge sûr. Confions-lui chaque journée. Invoquons-la en chaque difficulté. Et n’oublions de revenir chez elle pour la remercier !
Maintenant en la regardant, alors qu’elle vient de sortir de l’hôpital, regardons-la avec tendresse et saluons-la comme les chrétiens d’Ephèse l’ont saluée. Tous ensemble, trois fois : « Sainte Mère de Dieu ». Tous ensemble « Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu ».

mercredi 18 avril 2018

Sainte ANTHOUSA de CONSTANTINOPLE, vierge et moniale

Anthousa de Constantinople

757-811

La naissance d’Anthousa (Anthuse) est déjà une histoire.

L’empereur Constantin Copronyme, après son père, avait soutenu la lutte iconoclaste ; or, une recluse nommée Anthousa, qui vivait près de Constantinople, eut la hardiesse de soutenir au contaire le culte des saintes Images, au point que l’empereur la fit arrêter et s’apprêtait à lui faire subir mille mauvais traitements ; sa troisième épouse, Eudokia, obtint par ses larmes insistantes la grâce de cette recluse, laquelle, en retour, annonça à l’impératrice, qu’elle mettrait bientôt au monde une fille : c’est celle dont on va parler maintenant.

La petite fille naquit vers 757 et reçut à son tour le nom d’Anthuse. Elle grandit dans la crainte de Dieu et loin des déviations de son père. Celui-ci voulut la marier, mais elle s’y opposa de toute son âme.

A partir de 775, à la mort de Constantin Copronyme, Anthuse renonça à toutes les faveurs de la cour, abandonna à son frère aîné Léon tous ses droits à la couronne et ne se réserva que la disposition de ses biens, pour réparer les monastères détruits par son père, racheter des Chrétiens réduits en esclavage par les Musulmans, et se donner à maintes bonnes œuvres : elle devint la mère des orphelins et des enfants abandonnés, elle les réunissait et les instruisait, elle assistait les mourants, créait des hospices pour les malades et les vieillards pauvres, qu’elle allait soigner personnellement.

Sur la fin de sa vie, elle reçut le voile des femmes consacrées, des mains du patriarche Tarasios (v. 18 février) et se retira dans le monastère d’Euménie, où elle mourut à une date qu’on fait varier entre 790 et 811.

Sainte Anthusa est commémorée le 18 avril dans le Martyrologe Romain.


Sant' Antusa di Costantinopoli Vergine, principessa imperiale


Costantinopoli, 750 ca. – 801

In data odierna il Martyrologium Romanum commemora la santa principessa Antusa, vergine, figlia dell’imperatore iconoclasta Costantino V Coprònimo. Sant’Antusa aiutò i poveri, liberò gli schiavi, costruì chiese e monasteri e ricevette l’abito monastico dal santo vescovo Tarasio. La tradizione orientale la vuole anche morta martire, ma questa versione dei fatti non è contemplata dal martirologio latino.

Martirologio Romano: A Costantinopoli, santa Antusa, vergine, che, figlia dell’imperatore Costantino Copronimo, si adoperò con ogni mezzo nell’aiutare i poveri, nel riscattare gli schiavi, nel riparare le chiese e nel costruire monasteri e ricevette la veste monacale dal vescovo san Tarasio. 

Figlia dell’imperatore d’Oriente Costantino V Copronimo e dell’imperatrice Irene, alla nascita le fu dato il nome di Antusa in omaggio alla santa omonima dell’Onoriade, venerata il 27 luglio, fondatrice di monasteri maschili e femminili, che perseguitata a causa dell’iconoclastia, aveva poi vaticinato il felice esito della difficile gravidanza gemellare dell’imperatrice. 

La principessa Antusa nacque verso il 750 a Costantinopoli e rimase ben presto orfana della madre, rimanendo insieme al fratello gemello Leone, alla corte dell’empio padre. 

Costantino V Copronimo (718-775), imperatore d’Oriente dal 741 al 755, figlio di Leone III l’Isaurico, sin dall’inizio del suo regno, ripristinò il prestigio imperiale, riconquistando lo Stato dall’usurpatore Artavasde, combatté gli Arabi e salvò Costantinopoli la capitale, attaccata dai Bulgari, vincendoli nel 755 ad Anchialo; riportò anche successi sugli Slavi. 

In Occidente le cose non andarono bene, perse nel 751, ad opera dei Longobardi, l’esarcato di Ravenna; l’intervento poi di re Pipino e di Carlo Magno, fecero tramontare i suoi progetti di riconquista della Penisola Italiana, inoltre i dissidi religiosi con il Papato provocarono la rottura con Roma. 

Se all’interno dell’Impero, la sua politica amministrativa fruttò una reale prosperità alla monarchia, d’altra parte la questione dell’iconoclastia, turbò profondamente il suo regno. 

Il Concilio di Hieria del 754, condannò il culto delle immagini e l’imperatore ne pose in atto i deliberati con un rigore, che dopo la congiura del 765, ebbe carattere di persecuzione. 

I monaci più degli altri furono colpiti e ciò valse a Costantino V da parte degli avversari, insultanti soprannomi (Copronimo, da kópros, sterco; staffiere). 

Antusa non condivise le posizioni del padre e rinunziando al matrimonio, dedicò la sua vita al servizio di Cristo; quando nel 775 Costantino V morì e gli successe l’altro figlio e fratello di Antusa con il nome di Leone IV, la principessa distribuì le sue ricchezze ai poveri, restaurando chiese, edificando monasteri e riscattando schiavi. 

Quando anche Leone IV morì nel 780, sua moglie Irene, diventò reggente per il figlio minore Costantino VI e offrì alla cognata Antusa di associarsi a lei nel governo dell’Impero. 

Ma Antusa ormai era tutta di Dio e preferì rifiutare, continuando nelle sue pratiche di carità, occupandosi soprattutto delle vedove e degli orfani, provvedendo alla loro educazione a sue spese, finché nel 784 ricevette l’abito monacale dal patriarca san Tarasio, nel monastero della Concordia di Costantinopoli, dove trascorse gli ultimi suoi anni, svolgendo anche i servizi più umili e assistendo con amore le consorelle. 

Morì a quasi 52 anni nell’801; la tradizione orientale la considera anche come martire, ma questo titolo non è riconosciuto dal Martirologio latino; è celebrata sia in Oriente che in Occidente, il 18 aprile.


Autore: Antonio Borrelli


jeudi 5 avril 2018

Sainte CATALINA THOMÀS, vierge religieuse de l'Ordre des chanoinesses régulières de Saint Augustin


Sainte Catherine Thomas

Vierge ( 1574)

Elle connut une enfance douloureuse dans l'île de Majorque. Orpheline très tôt, elle fut recueillie par un oncle brutal qui la fit devenir bergère. Il la battait pour un rien, tournant sa piété en ridicule et la traitant d'hypocrite, laissant les autres domestiques la brutaliser à l'exemple de leur maître. Quand elle put enfin partir à l'âge de seize ans, elle entra chez les chanoinesses de Saint Augustin. Elle y connut la joie de la vie conventuelle et de la vie contemplative, mais, très tôt, une longue maladie la crucifia à nouveau. Malgré ses infirmités, elle resta patiente et beaucoup venaient trouver auprès d'elle réconfort et lumière.

À Palma de Majorque en Espagne, l’an 1574, sainte Catherine Tomas, vierge. Entrée dans l’Ordre des chanoinesses régulières de Saint-Augustin, elle brilla par le mépris qu’elle eut d’elle-même et le renoncement à sa volonté propre.
Martyrologe romain



CATHERINE THOMAS
religieuse, vierge, sainte
1531-1574

CETTE VIERGE EST UNE GLOIRE DES CHANOINESSES RÉGULIÈRES
DE L’ORDRE DE SAINT AUGUSTIN.

Elle naquit le 1er mai 1531, à Valledemuza, dans l’île de Majorque, aux Baléares. Elle fut l’avant-dernière dessept enfants de Jacques, modeste travailleur.
À l’âge de trois ans, Catherine avait déjà appris à réciter le chapelet, ce qu’elle faisait régulièrement, cachée dans n’importe quel coin tranquille de la maison. Quand elle ne disposait pas du chapelet, elle comptait les Ave en se servant des feuilles d’une branche d’olivier. À quatre ans elle connaissait déjà tout le catéchisme et était très heureuse de se faire appeler par ses petites compagnes de jeu, de “petite vieille”.
L’enfance terminée, Catherine ressentit un grand attrait pour la pénitence. Par amour pour Jésus, elle portait un cilice cranté, se flagellait et, pieds nus, marchait sur les ronces et autres épineux des champs. Et le Seigneur la récompensa lui accordant plusieurs visions du Paradis. La tradition rapporte que sainte Catherine, vierge et martyre, lui serait apparue à plusieurs reprises pour la consoler dans les peines et pour la défendre contre les insidieuses suggestions du démon qui, sous des formes horribles, la tentait à faire le mal et lui insufflait dans l’âme des sentiments de désespoir quant à son salut éternel.
Elle n’avait que sept ans quand elle devint orpheline : ses parents décédèrent à peu de temps d’intervalle.
Certains de ses oncles eurent compassion d’elle et l’accueillirent pendant onze années dans leur ferme de “Son Gallard”, lui confiant la tâche de faire paître leur troupeau. Et, comme l’église était loin de la ferme, elle a dû se contenter de ne la fréquenter qu’aux moments des fêtes. En contrepartie, dans la solitude des champs, elle trouvait la manière de donner libre cours à sa piété, restant de longues heures en prière devant les petits autels qu’elle se construisait elle-même au pied des oliviers. Ce fut pendant cette période de sa vie qu’elle subit grand nombre d’épreuves et de terribles tentations. Bien qu’elle fuissent les bales et les vanités féminines, il y en eut qui s’évertuèrent à la faire changer et à la pousser à des actions malhonnêtes. Mais son envie et sa décision de conserver sa candeur baptismale prirent toujours le dessus. Elle répondit un jour, avec un accent mélangé de dédain et de piété, à l’un de ceux qui cherchait à l’en détourner : “Sais-tu que je préfèrent voir mon corps coupé en morceaux plutôt que de céder à tes propositions ?”
La rencontre avec le Père Antonio Castaneda fut pour Catherine providentielle.
Ce prêtre s’était installé dans le collège voisin de Miramar, après quarante-deux années de pénitence dans le couvent de la Très Sainte Trinité de Majorque.
Il venait de temps à autre mendier son pain dans la ferme “Son Gallard” et, lors des entretiens qu’il a pu avoir avec la fidèle bergère, il comprit qu’elle n’était pas faite pour rester toute sa vie dans le monde. Toutefois, lorsque Catherine manifesta à sa famille son désir d’entrer dans un monastère, ils s’y opposèrent, lui rappelant qu’elle était analphabète et qu’elle n’avait pas les moyens pour se constituer une dote ; ils ont même tout fait pour lui trouver un mari. Mais elle leur dit avec fermeté : “J’appartiens à Dieu à qui rien n’est impossible. Même au prix de ma vie je maintiendrai la parole donnée”.
Le Père Castaneda se chargea d’aplanir toutes les difficultés. Il la plaça à Palma de Majorque, comme domestique, au sein de la noble famille de Matthieu Zaforteza, où elle apprit à lire, à écrire et à broder. Ses progrès dans la vertu et dans la pénitence furent continuels. Suites aux veilles régulières et au port d’un silice fait de la peau d’un porc e pique, et un carême entier à ne vivre que de pain et d’eau, elle finit par détériorer gravement sa santé. Lorsqu’elle en guérit, son directeur spirituel obtint qu’elle entre comme choriste (1533), bien que privée de dote, dans le Monastère de Sainte Marie-Madeleine, érigé à Palma sous le règle de saint Augustin, à la place de l’hospice construit à cet endroit, aussitôt après le départ des maures (1229), local appartenant alors à Jacques d’Aragon.
Nous ignorons pour quelle raison Catherine resta deux ans et sept mois au noviciat. Il n’est pas impossible que les religieuses se soient méfiés des phénomènes extraordinaires dont la jeune novice bénéficiait toujours. Il se peut également que ce soit à cause de ses jeûnes fréquents au pain et à l’eau, de l’utilisation des silices et des disciplines que celle-ci s’imposait et qui la mirent dans un état cadavérique. Pour se donner un peu de “couleur”, il lui arrivait de mâcher très lentement quelques poivrons très épicés. Il y avait, probablement, un peu de tout cela, mais elle dût se soumettre aux ordres de sa supérieure qui lui imposa l’obéissance : là encore elle fut extraordinaire, en obéissant scrupuleusement aux ordres qui lui étaient donnés.
La maîtresse des novices, la voyant souvent concentrée sur elle-même, l’envoyait tantôt à la roue, tantôt dans la cuisine, tantôt encore dans l’infirmerie, pour la distraire. Catherine obéit toujours prestement, car la voix de sa supérieure représentait pour elle la volonté même de Dieu.
Le démon naturellement fulminait et continuait de la tourmenter en suscitant dans sa pensée des imaginations impures, en faisant apparaître sur les murs de la cellule des figures obscènes, en lui apparaissant sous la forme d’un beau jeune homme, ou alors des animaux qui la frappaient et l’attachaient avec des chaînes, la traînant par terre, ou encore en jetant pas terre la vaisselle, lorsqu’elle se trouvait dans la cuisine. Un jour, pour lui faire perdre patience, le démon lui vola la clé du four et la jeta dans le puits du monastère. Catherine sortit toujours triomphante de toutes ces attaques diaboliques, car elle demandait avec ferveur et foi la protection et l’aide de la Sainte Vierge. Un peu pour rassurer les autres sœurs, témoins de ces attaques diaboliques, elle disait : “Ne craignez rien, mes sœurettes, le Christ est avec nous !”
Sœur Catherine prononça ses trois vœux religieux le 24 août 1555. Elle put alors s’exclamer comme l’épouse du Cantique des Cantiques : “J’ai trouvé l’amour de mon âme ; je l’ai embrassé et plus jamais je ne le quitterai !” (Ct. 3, 4). À compter de ce jour-là le désir de sa propre sanctification grandit en elle encore davantage encore. Elle choisit pour elle la plus petite et la plus misérable que toutes les cellules et les vêtements que ses soeurs ne voulaient plus mettre. Jamais elle n’accepta de cadeaux car, comme sainte Thérèse d’Avila, elle était convaincue que “qui possède Dieu n’a besoin de rien d’autre”.
Elle ne s'exempta jamais des actes de communauté, même si pour aller dans le chœur ou au réfectoire où l'appelait la cloche, elle devait souvent s'appuyer, à cause de ses infirmités, à un bâton ou aux murs des couloirs. Son obéissance était sans faille, même lorsqu’elle se trouvait enlevée en extase. L'évêque de Majorque, Mgr. Jean-Baptiste Campegio, venait lui demander conseil lorsqu’il la savait dans cet état. Un jour il lui ordonna même de descendre avec lui au parloir tout en restant en extase, et elle lui obéit toujours.
Sœur Catherine éprouvait une grande répugnance envers la grille parce qu'elle craignait de perdre sa ferveur religieuse en la fréquentant. Toutefois elle s’y rendait sans la moindre hésitation chaque fois que l’obéissance le demandait, que l’urbanité l’exigeait ou la charité le conseillait. Ses paroles étaient comme des flèches enflammées d’amour qui atteignaient les cœurs tièdes et ceux des pécheurs pour lesquels elle priait et se mortifiait. Pendant ses ravissements, Dieu lui donnait souvent la connaissance des besoins spirituels de personnes vivant loin du monastère, afin qu’elle prie pour elles. Son confesseur, le Père Salvador Abrines, avait raison de dire du haut de sa chaire : “Vous, pécheurs, vous oubliez Dieu et piétinez avec mépris la sainte loi ; mais il y a une personne qui, quoiqu’innocente, pleure amèrement vos fautes et souffre par d’indicibles douleurs les peines que vous auriez dû souffrir à cause de vos péchés”.
Méditant la Passion du Seigneur, causée par l'iniquité des hommes, Sœur Catherine ne pouvait contenir ses pleurs. Un jour Jésus crucifié lui apparut tout ensanglanté et lui dit:  « Regarde, ma fille, ce que tu me coûtes. Ceci je l’ai supporté par amour pour toi ! » Depuis lors la sainte versant tant de larmes, que ce soit dans sa cellule, dans le chœur ou au réfectoire, que ses sœurs craignirent qu’elle ne devienne aveugle.
Elle nourrissait une très grande dévotion envers Jésus Eucharistique. Elle allait souvent le visiter, aussi souvent que lui permettait le règlement et l’obéissance scrupuleuse aux règles de son Ordre. Quant elle communiait, elle passait toute la journée en extase et priait pour tous les besoins des hommes, pour le triomphe de l’Église sur les Turcs et pour les erreurs des protestants, mais tout particulièrement pour le soulagement des âmes du purgatoire. C’est pourquoi, certainement, Dieu permit que plusieurs âmes lui apparaissent et lui demandent de prier pour elles ou de faire célébrer des Messes par leurs familles.
D'ordinaire soeur Catherine se mettait en communication avec les âmes des défunts pendant les extases. Dans les premiers temps de vie religieuse elles duraient jusqu'à trois jours, mais les années s’écoulant, elles devinrent de plus en plus longues et de plus en plus fréquentes. L’extase dont elle était favorisée chaque année lors de la fête de sa patronne, sainte Catherine, pouvait durer jusqu’à quinze jours.
Lors de certains ravissements Dieu lui montrait le triste sort des pécheurs et des damnés et alors elle gémissait douloureusement. D’autres fois Il la faisait participer aux joies éternelles et alors sa joie se manifestait par des soupirs amoureux.
Lorsque l’extase terminée, elle revenait à elle, Catherine embrassait les sœurs avec tendresse et les invitait à aimer chaque jour davantage le Seigneur des Miséricordes.
Elle aurait aimer cacher ces états mystiques, mais elle ne réussissait pas toujours à se réfugier à temps dans sa cellule.
Les extases ne l’empêchaient pas d’accomplir les tâches fixées par sa Supérieure, tels que broder ou coudre. Pendant ces mêmes extases Dieu lui montrait ce qui se passait dans le monastère, lui révélait les secrets des cœurs, lui permettait d’entendre les sermons que son confesseur prononçait dans la cathédrale et assister aux Messes qu’il célébrait.
La nouvelle des extases de Sœur Catherine ne resta pas longtemps enfermée entre les mure du monastère. Beaucoup sont venus pour la voir, pour se recommander à ses prières et pour lui demander des conseils. La sainte s'en alarma, et pour conjurer le danger qu'il menaçait son humilité, elle résolut de se montrer à tous un peu diminuée. Aux objections de ses sœurs elle répondait : « Je fais ainsi pour que tous me prennent pour ce que je suis : une idiote, une folle ». Elle ne souffrait pas de ne pas recevoir de la part des gens des signes de gratitude. De temps en temps elle disait : « Oh ! si vous pouviez comprendre combien est méprisable et mesquine la créature que vous voulez honorer ! » Elle croyait, en effet, avoir tous les défauts, et elle les mettait en-avant dans le but de faire croire que ses extases n’étaient qu’imaginaires.
Comme prix de cette vertu d’humilité Dieu lui accorda le don de prophétie et de faire des miracles. Deux fois on la trouva les habits complètement trempés. Interrogée sur les causes de cet état, elle répondit qu’elle venait de sauver l’architecte du monastère qui se noyait dans la mer. La deuxième fois elle avoua être allée secourir des matelots qui étaient en train de chavirer et qui l’avaient appelée à leur secours. Elle guérit instantanément plusieurs personnes.
Sœur Catherine considéra toujours sa vie terrestre comme une prison qui empêchait son âme de s’envoler au ciel. Souvent elle s’exclamait, en pleurant : « Oh, vie triste et affligée, quand finiras-tu ? Oh ! douloureuse captivité, combien dureras-tu encore ? Quand arrivera pour moi l'instant bienheureux et si anxieusement désiré dans lequel, les chaînes de la chair cassées, mon âme s’envolera vers l’éternelle mansion de mon divin époux ? » Le don des larmes chez elle dura jusqu'à la mort, mort dont elle fut informée bien longtemps à l’avance. Ses larmes creusèrent deux sillons bien visibles sur son visage.
Elle rendit sa belle âme à Dieu le 5 avril 1574, après avoir recommandé à ses sœurs d’être toujours très charitables. Quatre ans après sa mort son corps fut retrouvé intacte, exempt de toute corruption.
Pie VI la béatifia le 3 août 1792 et Pie Xi la canonisa le 22 juin 1930.
Sa dépouille est vénérée dans le monastère des Chanoinesses Régulières de saint Augustin à Palma de Majorque (Baléares).
Alphonse Rocha

Saint Catherine of Palma

Also known as
  • Catherine Tomas
  • Catherine Thomas
  • Catalina Thomas
  • Catalina Tomas
  • Katarina Tomás av Palma
Profile

Orphan who lived an unhappy childhood in the home of her paternal uncle. Felt a call to the religious life at age 15, but her confessor convinced her to wait a little. Domestic servant in Palma, Spain where she learned to read and write. Joined the Canonesses of Saint Augustine at Saint Mary Magdalen convent in Palma. Subjected to many strange phenomena and mystical experiences including visits from angels, Saint Anthony of Padua and Saint Catherine of Siena. Had the gifts of visions and prophecy. Assaulted spiritually and physically by dark powers, she sometimes went into ecstatic trances for days at a time; her wounds from this abuse were treated by Saint Cosmas and Saint Damian. During her last years she was almost continually in ecstasy. Foretold the date of her death.

Born

Caterina Thomàs i Gallard was born in Valldemossa on 1 May 1531 and is the only saint from Mallorca. She was beatified in 1792 by Pope Pius VI and canonised in 1930 by Pope Pius XI. She is known in Mallorca as the “beata” or the “beateta”. She was known as a visionary, having seen visions of Saint Catherine of Alexandria, Saint Anthony of Padua and angels, and of prophesying the future”.
She was the youngest of six siblings. Her parents died prematurely and Catalina was taken under the care of her maternal uncle Juan Gallardo, who was married to one of her mother´s sisters, María Tomas. He promised to look after her for 5 years with the obligation to dress her, provide shoes for her, feed her and pay her 5 pounds for her work at the Son Gallard estate, carrying out typical farming work.
Thanks to the intervention of father Castañeda, a former soldier in the armies of Charles I who had survived a sinking and chosen to live as a hermit in Miramar, she was able to enter the historic convent of Santa Magdalena in Palma, at the age of 21. It was a monastery of Regular Agustinian Canonesses, and thus, dedicated to prayer. At the time that Catalina entered, the papacy had already imposed severe closure for all convents. She professed on 24 August 1555.
Saint Catalina Thomàs is a very beloved religious figure on the island. Consequently, many patron saint festivals are held in her honour, including Santa Margalida (first weekend of September), Palma (third Saturday in October) and Vilafranca de Bonany (end of July). The patron saint festival of Valldemossa in honour of Saint Catalina Thomàs is held on 28 July. Within the schedule of festivities, the Procession of the Relic and the Cavalcade of the Triumphant Carriage of the Saint that travels through the streets of the town, led by the “beateta”, “s´Hereva” and the ladies of honour, followed by the imaged of the saint and, closing out the procession, the authorities and several people dressed as payés (Mallorcan country peasants).
In Valldemossa devotion to her is also shown through the tiles found in almost all houses in the town with depictions of moments from the life of the Saint with the inscription: “Santa Catalina Thomàs, pregau per nosaltres” (“Saint Catalina Thomàs, pray for us”).
She died at the age of 43. Her body is kept in the convent of Santa Magdalena de Palma. In Valldemossa you can visit the house where she was born.

Saint Catalina Thomas

 (1531 - 1574)

Memorial : 1 April
Formerly 5 April
27 July and 28 July in Valldemossa, Spain

Other Names : Catherine Tomas, Catherine Thomas, Catalina Thomas, Catalina Tomas
Katarina Tomás av Palma

The saint who inspires the most devotion and popularity in Mallorca: St. Catalina Thomàs, better known as the Beata or Beateta.

Catalina Thomàs was born in Valldemossa (Mallorca) in 1531 and died in the odour of sanctity in Palma in 1574. Orphaned when young, she displayed signs of religiosity and was determined to enter a convent at a very early age. After overcoming her family’s reluctance and the lack of a dowry, she entered the convent of St Maria Magdalena in Palma, which was run by Augustinian nuns, in 1553. 

Subjected to many strange phenomena and mystical experiences including visits from angels, Saint Anthony of Padua and Saint Catherine of Siena. Had the gifts of visions and prophecy. Assaulted spiritually and physically by dark powers, she sometimes went into ecstatic trances for days at a time; her wounds from this abuse were treated by Saint Cosmas and Saint Damian. During her last years she was almost continually in ecstasy. Foretold the date of her death.

News of her exemplary life and the ecstasies she experienced spread beyond the convent’s walls and her fame so penetrated the town that she was already venerated it as a saint by her death, although beatification did not take place until 1792. Cardinal Antoni Despuig, who took part an active part in that process, also commissioned a sumptuous chapel to be erected in the convent church of Santa Maria Magdalena where St. Catalina had taken her vows and where her uncorrupted body can now be venerated. Catalina Thomàs was canonised in 1930 by Pope Pius XI. The house in which she was born in Valldemossa is open to visitors. 

Several towns on the island hold major celebrations in her honour every year, among them Valldemossa (late July), Santa Margalida (the first week of September), Palma (on the third Saturday in October) and Vilafranca de Bonany (late July). 



Santa Caterina Thomas Vergine

Maiorca, Baleari, Spagna, 1 maggio 1531 - 5 aprile 1574

Caterina (Catalina) Thomas nasce il 1 maggio 1531 a Valldemoza sull'isola di Mallorca (Baleari). Cresciuta in una fede semplice ma provata in molte piccole cose, rimane orfana a sette anni. Trasferitasi dagli zii deve badare al bestiame, riducendo così la preghiera in chiesa. Per i giorni feriali costruisce dei piccoli altari ai piedi degli ulivi. La svolta nella sua vita avviene con l'incontro di padre Antonio Castaneda (1507-1583), del vicino collegio di Miramar. Grazie a lui Caterina prende la decisione di entrare in monastero. Superate tutte le difficoltà nel 1553 è accolta come corista nel monastero delle Canonichesse Regolari di Sant'Agostino di Palma. Professa i voti religiosi il 24 agosto 1555. Le sue orazioni, intanto, vengono conosciute anche fuori dal monastero tanto che il vescovo di Maiorca sovente le chiede consiglio. Trascorre la sua vita sempre più spesso in periodi di estasi mistiche fino all'ultima che termina il 4 aprile 1574. Morirà il giorno dopo. (Avvenire)

Martirologio Romano: A Palma di Maiorca in Spagna, santa Caterina Tomás, vergine, che, entrata nell’Ordine delle Canoniche regolari di Sant’Agostino, rifulse per la noncuranza di sé e l’abnegazione della volontà. 

Caterina (Catalina) Thomas venne alla luce il 1° maggio 1531 nel piccolo paese di Valldemoza dell’isola di Maiorca (Baleari). Era la penultima di sette figli di un modesto contadino di nome Giacomo: in casa respirò, fin da piccolissima, una fede semplice e profonda. Non avendo la corona del Rosario imparò a dire le Ave Maria contando le foglie di un ramoscello d’ulivo. Era abituata a camminare a piedi nudi, anche tra i cardi spinosi: le insegnarono che dalle piccole ferite poteva comprendere il significato della sofferenza. Come speciale protettrice prese la santa vergine e martire di cui portava il nome.

Rimase purtroppo orfana a soli sette anni e dovette quindi trasferirsi dagli zii che avevano la tenuta Son Gallard, dove avrebbe condotto il bestiame al pascolo. La piccola era abituata a lavorare, l’unico problema era la lontananza della chiesa, vista la sua abitudine a seguire regolarmente le funzioni religiose. Dovette accontentarsi di parteciparvi solo la domenica, per i giorni feriali si ingegnò. Costruì dei piccoli altari ai piedi degli ulivi e così, nella solitudine dei campi, le sue preghiere erano ugualmente intense. Poco attratta dai divertimenti, maturò presto il desiderio di conservare la propria verginità. 

La svolta nella vita di Caterina avvenne con l’incontro di Padre Antonio Castaneda (1507-1583), del vicino collegio di Miramar. Era un ottimo sacerdote, vissuto per oltre quarant’anni nel Romitorio della SS. Trinità di Maiorca. Conobbe la giovane pastorella durante le visite alla fattoria e subito ne intuì le virtù non comuni. Con la sua direzione spirituale, Caterina prese la difficile decisione che da tempo portava nel cuore: entrare in monastero. Lo scontro con gli zii fu inevitabile, essi vedevano nella nipote solo un’analfabeta, per di più senza dote. Fortunatamente il sacerdote ripianò tutte le difficoltà. La collocò come domestica in una nobile famiglia di Palma di Maiorca, i Zaforteza, dove imparò a leggere e a scrivere, e poté, quindi, accostarsi da sola alle letture spirituali. Caterina inoltre si impose una Quaresima austera, cibandosi solo con pane e acqua e mortificando il proprio corpo con una pelle di porcospino, usata come cilicio. Queste penitenze però compromisero la sua salute. Con l’aiuto di P. Castaneda, benché senza dote, fu accolta, nel 1553, come corista nel Monastero delle Canonichesse Regolari di S. Agostino di Palma, intitolato a Santa Maria Maddalena. Il noviziato durò ben due anni e sette mesi, probabilmente a causa della salute cagionevole (per farsi venire un po’ di colorito masticava grani di pepe). La sua preghiera fervida suscitava l’ammirazione delle consorelle, ma nel suo animo dovette contrastare prove interiori tremende: il demonio la provò duramente. 

Professò i voti religiosi il 24 agosto 1555, all’età di ventiquattro anni. Indossò la veste dimessa di una consorella e non accettò alcun regalo: le bastava essere finalmente Sposa di Cristo. Le sue orazioni, intanto, cominciarono a diventare estasi e la fama di questi fenomeni oltrepassò le mura del monastero. Cominciarono le visite anche da parte del vescovo di Maiorca, Mons. Giovanbattista Campeggio che, nonostante sapesse di essere in presenza di una semplice suora, sovente le chiedeva consiglio. Straordinario era il fatto che mai veniva meno all’obbedienza, anche in stato di estasi si recava dai superiori. 

Vista la popolarità che cominciava a circondarla, suor Caterina non amava presentarsi alla grata, ma, se le era comandato, lo faceva. E così trasmetteva l’amore che sentiva dentro di sé per Dio a quanti la cercavano per avere consiglio, o per curiosità. Ebbe il dono di scrutare i cuori e per molti voleva dire conversione a vita nuova. Il Signore le manifestò, durante i rapimenti estatici, anche le necessità di persone che non frequentavano il monastero. 

Grande devozione aveva per la Passione di Cristo e meditandola non poteva trattenere le lacrime, ovunque si trovasse: in cella, in coro, in refettorio. Grande amore provava per l’Eucaristia e si recava al tabernacolo più spesso che poteva. A quei tempi non era permessa la Comunione quotidiana, Suor Caterina, ogni volta che la riceveva, ne era trasformata. Pregava per tutti. Oltre che per i peccatori e per i defunti, i suoi pensieri erano per la Chiesa, alle prese con la scissione dei protestanti e col pericolo dei Turchi. Con il passare degli anni i fenomeni estatici divennero più frequenti e, suo malgrado, più appariscenti. Il più lungo, nel 1571, durò ventuno giorni. La fama della sua santità si diffuse in tutta l’isola e anche in Spagna, perché suor Caterina aveva pure il dono dei miracoli, improvvisi ed eclatanti. Lei, per umiltà, preferiva far credere che era una tonta, ma le consorelle sapevano dei suoi espedienti. Il suo confessore, in quegli anni, fu Padre Salvatore Abrines. 

Caterina guardava ormai solo al cielo e il corpo era per la sua anima quasi una prigione. L’ultima estasi durò dal lunedì di Passione (29 marzo) al giorno di Pasqua (4 aprile) del 1574. Morì, come aveva predetto, il giorno successivo, lasciando un esempio di amore incondizionato a Dio. Quaranta anni dopo, alla prima ricognizione, il corpo fu trovato incorrotto. Il processo di canonizzazione la vide proclamata beata nel 1792 e finalmente, da Papa Pio XI, santa il 22 giugno 1930. Il corpo di Santa Rina, come è detta popolarmente, già dal 1577, ebbe diverse traslazioni fino alla sistemazione definitiva nella cappella del Monastero di Palma di Maiorca.


Autore: Daniele Bolognini