lundi 9 mars 2015

Sainte CATHERINE de BOLOGNE, vierge, abbesse clarisse et mystique


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI


Mercredi 29 décembre 2010



Catherine de Bologne


Chers frères et sœurs,

Dans une récente catéchèse j’ai parlé de sainte Catherine de Sienne. Je voudrais aujourd’hui vous présenter une autre sainte, moins connue, qui porte le même nom: sainte Catherine de Bologne, femme d’une vaste culture, mais très humble; généreuse dans le sacrifice, mais pleine de joie dans l’accueil de la croix avec le Christ.

Elle naquit à Bologne le 8 septembre 1413, première née de Benvenuta Mammolino et de Giovanni de’ Vigri, patricien de Ferrare riche et cultivé, docteur en droit et lecteur public à Padoue, où il exerçait l’activité diplomatique au service de Niccolò III d’Este, marquis de Ferrare. Les informations sur l’enfance et la jeunesse de Catherine sont peu nombreuses et pas entièrement certaines. Lorsqu’elle était enfant, elle vivait à Bologne chez ses grands-parents; c’est là qu’elle est élevée par sa famille, en particulier par sa mère, une femme de grande foi. Elle se transfèra avec elle à Ferrare lorsqu’elle avait environ dix ans et entra à la cour de Niccolò III d’Este comme demoiselle d’honneur de Marguerite, la fille naturelle de Niccolò. Le marquis était alors en train de transformer Ferrare en une ville splendide, faisant appel à des artistes et des lettrés de divers pays. Il promouvait la culture et, bien qu’il conduisait une vie privée qui n’était pas exemplaire, il s’occupait beaucoup du bien spirituel, de la conduite morale et de l’éducation de ses sujets.

A Ferrare, Catherine ne souffre pas des aspects négatifs que comportait souvent la vie de cours; elle jouit de l’amitié de Marguerite et en devient la confidente; elle enrichit sa culture: elle étudie la musique, la peinture, la danse; elle apprend l’art de la poésie, à écrire des compositions littéraires, à jouer de la viole; elle devient experte dans l’art de la miniature et de la copie; elle perfectionne l’étude du latin. Dans sa future vie monastique, elle valorisera beaucoup le patrimoine culturel et artistique acquis au cours de ces années. Elle apprend avec facilité, avec passion et avec ténacité; elle montre une grande prudence, une modestie, une grâce et une gentillesse singulières dans son comportement. Mais un aspect la distingue de manière absolument évidente: son esprit constamment tourné vers les choses du Ciel. En 1427, à quatorze ans seulement, également à la suite de plusieurs événements familiaux, Catherine décide de quitter la cour, pour s’unir à un groupe de jeunes femmes provenant de familles nobles qui vivaient en communauté, se consacrant à Dieu. Sa mère, avec foi, accepte, bien qu’elle ait eu d’autres projets pour elle.

Nous ne connaissons pas le chemin spirituel de Catherine avant ce choix. En parlant à la troisième personne, elle affirme qu’elle est entrée au service de Dieu «illuminée par la grâce divine [...] avec une conscience droite et une grande ferveur», attentive nuit et jour à la sainte prière, s’appliquant à conquérir toutes les vertus qu’elle voyait chez les autres, «non par envie, mais pour plaire davantage à Dieu en qui elle avait placé tout son amour» (Le sette armi spirituali, [Les sept armes spirituelles], VII, 8, Bologne 1998, p. 12). Ses progrès spirituels au cours de cette phase de sa vie sont importants, mais les épreuves, les souffrances intérieures, en particulier les tentations du démons sont également grandes et terribles. Elle traverse une profonde crise spirituelle qui la conduit au bord du désespoir (cf. ibid., VII, p. 12-29). Elle vit dans la nuit de l’esprit, également frappée par la tentation de l’incrédulité envers l’Eucharistie. Après tant de souffrance, le Seigneur la console: dans une vision, il lui donne la claire connaissance de la présence eucharistique réelle, une connaissance si lumineuse que Catherine ne réussit pas à l’exprimer à travers les mots (cf. ibid., VIII, 2, p. 42-46). Pendant la même période, une épreuve douloureuse s’abat sur la communauté: des tensions naissent entre celles qui veulent suivre la spiritualité augustine et celles qui sont plus orientées vers la spiritualité franciscaine.

Entre 1429 et 1430, la responsable du groupe, Lucia Mascheroni, décide de fonder un monastère augustin. En revanche, Catherine, avec d’autres, décide de se lier à la règle de sainte Claire d’Assise. C’est un don de la providence, car la communauté habite dans les environs de l’église du Saint-Esprit, rattachée au couvent des frères mineurs, qui ont adhéré au mouvement de l’Observance. Catherine et ses compagnes peuvent ainsi participer régulièrement aux célébrations liturgiques et recevoir une assistance spirituelle adaptée. Elles ont également la joie d’écouter les prédications de saint Bernardin de Sienne (cf. ibid., VII, 62, p. 26). Catherine rapporte que, en 1429, — trois ans après sa conversion — elle va se confesser chez l’un des frères mineurs qu’elle estimait, qu’elle effectue une bonne confession et qu’elle prie intensément le Seigneur de lui accorder le pardon de tous les péchés et de la peine qui leur est liée. Dieu lui révèle en vision qu’il lui a tout pardonné. C’est une expérience très forte de la miséricorde divine, qui la marque pour toujours, lui donnant un nouvel élan pour répondre avec générosité à l’immense amour de Dieu (cf. ibid., IX, 2, p. 46-48).

En 1431, elle a une vision du jugement dernier. La scène terrifiante des damnées la pousse à intensifier les prières et les pénitences pour le salut des pécheurs. Le démon continue à l’assaillir et elle se confie de manière toujours plus totale au Seigneur et à la Vierge Marie (cf. ibid., X, 3, p. 53- 54). Dans ses écrits, Catherine nous laisse quelques notes essentielles sur ce mystérieux combat, dont elle sort victorieuse avec la grâce de Dieu. Elle le fait pour instruire ses consoeurs et ceux qui veulent s’acheminer sur la voie de la perfection: elle veut mettre en garde contre les tentations du démon, qui se cache souvent sous des apparences trompeuses, pour ensuite insinuer des doutes sur la foi, des incertitudes sur la vocation, la sensualité.

Dans le traité autobiographique et didactique, Les sept armes spirituelles, Catherine offre, à cet égard, des enseignements de grande sagesse et de profond discernement. Elle parle à la troisième personne, en rapportant les grâces exceptionnelles que le Seigneur lui donne, et à la première personne lorsqu’elle confesse ses propres péchés. De ses écrits transparaît la pureté de sa foi en Dieu, sa profonde humilité, sa simplicité de cœur, son ardeur missionnaire, sa passion pour le salut des âmes. Elle identifie sept armes dans la lutte contre le mal, contre le diable: 1. faire preuve de soin et d’attention en accomplissant toujours le bien; 2. croire que seuls nous ne pourrons jamais faire quelque chose de vraiment bon; 3. avoir confiance en Dieu et, par amour pour lui, ne jamais craindre la bataille contre le mal, que ce soit dans le monde, ou en nous-mêmes; 4. méditer souvent les événements et les paroles de la vie de Jésus, surtout sa passion et sa mort; 5. se rappeler que nous devons mourir; 6. garder à l’esprit la mémoire des biens du paradis; 7. connaître les Saintes Ecritures, en les portant toujours dans son cœur pour qu’elles orientent toutes les pensées et toutes les actions. Un beau programme de vie spirituelle pour chacun de nous, aujourd’hui également!

Au couvent, Catherine, bien qu’elle soit habituée à la cour de Ferrare, exerce la tâche de lavandière, de couturière, de boulangère, et elle est responsable du soin des animaux. Elle accomplit tout, même les travaux les plus humbles, avec amour et une prompte obéissance, offrant à ses consœurs un témoignage lumineux. En effet, elle voit dans la désobéissance cet orgueil spirituel qui détruit tout autre vertu. Par obéissance, elle accepte la charge de maîtresse des novices, bien qu’elle se considère incapable d’exercer cette fonction, et Dieu continue à la soutenir par sa présence et ses dons: c’est en effet une maîtresse sage et appréciée.

On lui confie ensuite le service du parloir. Il lui coûte beaucoup d’interrompre souvent sa prière pour répondre aux personnes qui se présentent à la grille du monastère, mais cette fois aussi le Seigneur ne manque pas de lui rendre visite et d’être proche d’elle. Avec elle, le monastère est toujours plus un lieu de prière, d’offrande, de silence, de labeur et de joie. A la mort de l’abbesse, les supérieurs pensent immédiatement à elle, mais Catherine les pousse à s’adresser aux clarisses de Mantoue, plus instruites dans les constitutions et dans les règles religieuses. Mais quelques années plus tard, en 1456, on demande à son monastère de créer une nouvelle fondation à Bologne. Catherine préférerait terminer ses jours à Ferrare, mais le Seigneur lui apparaît et l’exhorte à accomplir la volonté de Dieu en allant à Bologne comme abbesse. Elle se prépare à sa nouvelle fonction par des jeûnes, des disciplines et des pénitences. Elle se rend à Bologne avec dix-huit consœurs. En tant que supérieure, elle est la première dans la prière et dans le service; elle vit dans une profonde humilité et pauvreté. Au terme des trois années en tant qu’abbesse, elle est contente d’être remplacée, mais après un an elle doit reprendre ses fonctions, car la nouvelle élue est devenue aveugle. Bien que souffrante et tourmentée par de graves maux, elle accomplit son service avec générosité et dévouement.

Pendant encore un an elle exhorte ses consœurs à la vie évangélique, à la patience et à la constance dans les épreuves, à l’amour fraternel, à l’union avec l’Époux divin, Jésus, pour préparer ainsi sa propre dot pour les noces éternelles. Une dot que Catherine voit dans le fait de savoir partager les souffrances du Christ, en affrontant, avec sérénité, les difficultés, les angoisses, le mépris, les incompréhensions (cf. Les sept armes spirituelles, X, 20, p. 57- 58). Au début de 1463, ses maux s’aggravent; elle réunit ses consoeurs une dernière fois dans le chapitre, pour leur annoncer sa mort et leur recommander l’observance de la règle. Vers la fin de février, elle est saisie par de fortes souffrances qui ne la quitteront plus, mais c’est elle qui réconforte ses consoeurs dans la douleur, les assurant de son aide également du Ciel. Après avoir reçu les derniers sacrements, elle remet à son confesseur ses écrits Les sept armes spirituelles et entre en agonie; son visage devient beau et lumineux; elle regarde encore avec amour celles qui l’entourent et elle expire doucement, en prononçant trois fois le nom de Jésus: nous sommes le 9 mars 1463 (cf. I. Bembo, Specchio di illuminazione. Vita di S. Caterina à Bologna, Florence 2001, chap. III). Catherine sera canonisée par le Pape Clément XI le 22 mai 1712. La ville de Bologne conserve son corps intact dans la chapelle du Corpus Domini.

Chers amis, sainte Catherine de Bologne, à travers ses paroles et sa vie, constitue une puissante invitation à nous laisser toujours guider par Dieu, à accomplir quotidiennement sa volonté, même si souvent elle ne correspond pas à nos projets, à avoir confiance dans sa providence qui ne nous laisse jamais seuls. A travers les nombreux siècles et dans cette perspective, sainte Catherine nous parle. Elle est, toutefois, très moderne et parle à notre vie. Comme nous, elle souffre de la tentation, elle souffre des tentations de l’incrédulité, de la sensualité, d’un combat difficile, spirituel. Elle se sent abandonnée par Dieu, elle se trouve dans l’obscurité de la foi. Mais dans toutes ces situations, elle tient toujours la main du Seigneur, elle ne le lâche pas, elle ne l’abandonne pas. Et marchant main dans la main avec le Seigneur, elle marche sur la juste voie et trouve la voie de la lumière. Ainsi elle nous dit: courage, même dans la nuit de la foi, même malgré les nombreux doutes que l’on peut rencontrer, ne lâche pas la main du Seigneur, marche main dans sa main, crois dans la bonté de Dieu; voilà ce que signifie aller sur la juste voie! Et je voudrais souligner un autre aspect, celui de sa grande humilité: c’est une personne qui ne veut pas être quelqu’un ou quelque chose; elle ne veut pas apparaître; elle ne veut pas gouverner. Elle veut servir, faire la volonté de Dieu, être au service des autres. C’est précisément pour cela que Catherine était crédible dans son autorité, parce que l’on pouvait voir que pour elle, l’autorité était précisément de servir les autres. Demandons à Dieu, par l’intercession de notre sainte, le don de réaliser le projet qu’Il a pour nous, avec courage et générosité, pour que Lui seul soit le roc inébranlable sur lequel notre vie est édifiée.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement ceux venus d’Etampes et du Chesnay. Comme sainte Catherine de Bologne, cherchez vous aussi à réaliser avec courage et générosité le projet que Dieu a sur vous, parce que lui seul est le rocher inébranlable sur lequel édifier votre vie. Bonne année nouvelle à tous!

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


Sainte Catherine de Bologne


Clarisse à Bologne ( 1463)

Abbesse du couvent des clarisses de Bologne, elle fut favorisée de grâces mystiques étonnantes. Elle ne cessait de rappeler à tous ceux et celles qui l'entouraient, les vertus d'humilité, de patience et d'union à Dieu.


Sainte Catherine de Bologne (1413-1463) a été le sujet de la dernière catéchèse pour 2010 de Benoît XVI, le 29 décembre.

Née dans une famille noble de Bologne, Catherine partit pour Ferrare à 10 ans où elle entra comme demoiselle d'honneur à la cour de Nicolas III d'Este. Là, elle reçut une éducation soignée qui lui servira plus tard dans sa vie monastique où elle "valorisera beaucoup le patrimoine culturel et artistique acquis pendant ces années", a dit le Pape.

En 1427, à quatorze ans, elle quitta la cour pour se consacrer à Dieu dans une communauté de jeunes filles. Deux ans après, la responsable du groupe fonda un monastère d'augustines, mais Catherine et quelques autres préférèrent suivre la spiritualité franciscaine transformant la communauté en un nouveau monastère de clarisses.

"Dans cette nouvelle phase de sa vie -a poursuivi le Saint-Père- ses progrès spirituels sont notables mais elle subit aussi de grandes et terribles épreuves... Elle vit dans la nuit de l'esprit, frappée également par la tentation de l'incrédulité à l'Eucharistie. Mais après tant de souffrances, le Seigneur la console lui montrant, dans une vision, la présence réelle eucharistique". Elle eut également une autre vision dans laquelle Dieu lui révélera le pardon de ses péchés et Catherine sentira avec force le pouvoir "de la miséricorde divine".

En 1431 la sainte aura une autre vision, cette fois du jugement dernier, qui l'amènera à "intensifier ses prières et pénitences pour le salut des pécheurs. Le démon ne cessant de l'assaillir, Catherine se confia totalement au Seigneur et à la Vierge Marie. Dans ses écrits, elle nous a laissé quelques notes essentielles de ce mystérieux combat dont elle ressort victorieuse avec la grâce de Dieu".

Ces notes ont été recueillies dans son seul livre: "Les sept armes spirituelles". Il est nécessaire, pour lutter contre le mal, écrit-elle: "1. D'être attentif à toujours faire le bien; 2. De croire que, seuls, nous ne pourrons jamais faire quelque chose de vraiment bien; 3. De se confier à Dieu et, par amour pour lui, de ne jamais craindre de lutter contre le mal, dans le monde comme au-dedans de nous; 4. De méditer souvent les événements et les paroles de la vie de Jésus, surtout sa passion et sa mort; 5. De nous souvenir que nous mourrons; 6. D'avoir présent dans notre esprit les biens du Paradis; 7. De se familiariser avec l'Écriture Sainte, la portant toujours dans notre cœur afin qu'elle oriente toutes nos pensées et nos actions".

"Bien qu'habituée à la cour de Ferrare, Catherine, au couvent, accomplissait tous les services, même les plus humbles, avec amour et obéissance", a ajouté le Saint-Père, rappelant que la sainte accepta aussi par obéissance "la fonction de maître des novices  se pensant toutefois incapable d'accomplir une telle charge". C'est dans le même esprit qu'elle accepta son retour à Bologne, comme abbesse d'un nouveau monastère, alors même qu'elle aurait préféré finir sa vie à Ferrare.

Catherine mourut le 9 mars 1463 et fut canonisée par Clément XI en 1712. "Par ses paroles et par sa vie - a conclu le Pape-, elle nous invite à nous laisser toujours guider par Dieu, à accomplir sa volonté quotidiennement, même si souvent elle ne correspond pas à nos projets, à nous confier à sa Providence qui ne nous laisse jamais seuls. Dans cette perspective, sainte Catherine nous invite aussi à redécouvrir la valeur de la vertu de l'obéissance". Source: VIS 20101229 (590)

À Bologne en Émilie, l’an 1469, sainte Catherine, abbesse de l’Ordre de sainte Claire, qui dirigea les vierges consacrées, brillante dans les arts libéraux, plus célèbre encore par ses vertus mystiques et sa carrière de pénitence et d’humilité.


Martyrologe romain



Au moment où sainte Colette jetait en France un si grand éclat par ses œuvres admirables et par ses vertus, l'Italie voyait apparaître sainte Catherine de Bologne, dont la Sainte-Vierge elle-même avait annoncé la naissance, et qu'elle l’avait montrée comme une lumière dont la splendeur devait un jour éclairer le monde.
Catherine avait neuf ans, quand son père, Jean de Vigri, cédant aux instances du duc de Ferrare, Nicolas d'Este, dont il était l'ambassadeur, la douaisienne à la Cour de ce prince, pour qu'elle y fut élevée avec Marguerite, sa propre fille. Dans ce noble milieu, l'enfant bénie ravit tout le monde par les qualités de son esprit et de son cœur. Elle reçut une éducation parfaite, arriva à parler latin avec élégance, fit ses délices de la lecture des livres saints et des Pères de l'Église, cultiva les beaux-arts et se rendit très habile dans la peinture ; il est même resté plusieurs toiles dues à son pinceau, entre autres un Enfant-Jésus et une Madone que l'on voit encore dans la chapelle où son corps est exposé et un tableau de sainte Ursule qui se conserve dans la galerie de Bologne.
Au bout de trois ans, son père mourut, sa souveraine et son amie Marguerite est donnée en mariage au prince de Rimini, Robert Malatesta, et Catherine est libre de se consacrer tout entière au Dieu qui attirait son âme. Elle le fit en se joignant à quelques pieuses filles de Ferrare qui s'étaient réunies pour mener une vie plus parfaite et qui bientôt embrassèrent la Règle de Sainte-Claire. Voilà maintenant Catherine Clarisse, elle avait vingt ans et c'est alors que ses grandes épreuves, qui devaient la porter à une haute sainteté et faire d'elle une des maîtresses les plus expérimentées de vie spirituelle, commencèrent.
Elle eut d'abord une terrible vision sur le jugement dernier, et elle nous a laissé dans ses écrits les impressions qu'il lui inspira : “Ce jour là, me disais-je, tous nos péchés seront révélés devant le monde entier… Là-dessus, examinant attentivement ma conscience, je vis qu'à cause de ma conduite plaine de fausseté, je n'avais à attendre devant Dieu et devant les hommes qu'une accablante confusion. Cette fausseté dont je m'accuse n'est que trop réelle, car je n'ai pas désiré comme la perfection l'exige, et comme il convient à une servante de Dieu que l'on me jugeât aussi vile et aussi abominable que ne le suis à mon propre jugement. Ainsi je n'ai pas désiré que l'on sût que je suis orgueilleuse, arrogante, vaniteuse, médisante, accoutumée à satisfaire mes appétits et ma gourmandise. Cependant, je sais tout cela, encore dois-je avouer que je suis loin de me connaître moi-même ; si je connaissais mieux ma méchanceté et mon néant je n'aurais garde de lever les yeux. Non, il n'y a pas de lieux assez bas dans l'enfer qui puissent convenir à ma pourriture infecte; car là du moins il y a ce bien que la justice divine se satisfait, tandis qu'il n'y a aucun bien en moi…
Malheur à moi misérable ! À quoi m'a servi cette grâce de me connaître moi-même, puisque je n'ai pas désiré de tout mon cœur que les autres me connussent telle que je suis, ce qui eut donné satisfaction à la justice divine. Il est vrai que je n'ai jamais eu de goût pour les honneurs ni les emplois et que la réputation de sainteté ne fut jamais l'objet de mes désirs, mais je n'ai pas désiré non plus les humiliations et les opprobres. Puisque Jésus a daigné m'appeler à son service, je devais faire tous mes efforts pour me conformer à lui, marchant par le chemin royal de la Croix, disposée à aimer mes ennemis, à honorer mes persécuteurs, à servir volontiers ceux qui me refuseraient leurs services, sachant bien que les soufflets et les crachats me conviennent mieux que les marques de bienveillance… J'ai porté faussement le nom de servante de Jésus-Christ puisque j'aime si peu ce qu'il est venu chercher de si loin avec tant d'amour, je veux dire les ignominies et les souffrances du Calvaire. Malheur à moi, misérable, quelle erreur a été la mienne !… Il est vrai qu'au commencement de ma conversion, les injures me réjouissaient un peu, mais depuis quelque temps, je ne sais quelle tiédeur a remplacé ce beau zèle puisque je n'ai pas mis le soin que je devais à rechercher les injures, les affronts et l'infamie : puisque je ne me suis pas mise au-dessous de toute créature pour satisfaire à la justice de Dieu et me conformer à Jésus-Christ.”
Puis le démon l'assaille, elle le repousse en lui disant : “Apprends, esprit pervers, que tu n'es pas capable de me tenter sans que je découvre aussitôt tes ruses.” C'était là le langage de l'inexpérience, avec peut-être un peu de présomption, et le démon le lui fit bien voir, car elle devint le jouet du malin. Il lui apparut en effet sous les traits de la Mère de Dieu, lui donnant des conseils à double sens et jetant le trouble et le doute dans son âme; puis il lui apparut sous les traits de Jésus crucifié cherchant à la jeter dans le découragement et même à la conduire à la folie. Il ne réussit qu'à troubler sa vie extérieure, sans nuire à son intention de plaire à Dieu. Alors il lui apparut sous la figure de la Vierge tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras et lui dit d'un ton de reproche : “Puisque tu n'as pas voulu éloigner de toi l'amour vicieux (il parlait de l'amour-propre), je ne te donnerai pas l'amour vertueux, c'est-à-dire l'amour de mon Fils adorable”. Et la vision disparut irritée, et Catherine, au milieu de ses angoisses, croyait avoir encouru l'indignation de Jésus et de sa sainte Mère.
La sainte nous laisse alors dans ses écrits des conseils d'or, fruits de son expérience : “Il est fort nécessaire, dit-elle, de savoir faire le discernement de ses pensées, parce que le démon s'en mêle plus souvent qu'on ne le pense. Rien ne sert mieux sa malice que l'apparence des vertus, et voici comment il les exploite à son profit. Voit-il une âme désireuse d'acquérir une vertu, au lieu de la contrarier tout d'abord, il favorise son dessein. Dans ce but, il lui peint cette vertu avec tous ses charmes, l'en occupe sans cesse, exalte son imagination, lui fait envisager surtout ce qu’elle a de plus grand et de plus sublime. Quand par ces peintures exagérées, il est parvenu à convertir ce désir en passion, ou mieux encore quand il lui a persuadé qu'elle la possède, tout à coup, changeant de tactique, il accable cette pauvre âme de tentations violentes contre cette même vertu, pour la faire tomber dans l'abîme du désespoir.” Et encore : “Plus une âme a fait de progrès dans la perfection et plus elle doit craindre les tromperies de l'esprit de mensonge… Il est bien à propos que vous marchiez avec prudence dans cette voie; que vous demeuriez dans la crainte, après avoir reçu des grandes faveurs du ciel. Que vous ne vous persuadiez pas savoir ou pouvoir ce qui est bon, sans la lumière et le secours de Dieu, et enfin que vous connaissiez les ruses du démon pour vous mettre en mesure de lui résister.”
Elle fait remarquer que par ses fausses inspirations et ses visions, le démon a pour but de pousser les âmes ainsi trompées dans le désespoir ou dans le dégoût du service de Dieu. S'il ne peut réussir à les éloigner de Dieu, il se dédommage en les jetant dans le trouble. Pour nous apprendre ensuite à discerner les visions qui viennent de Dieu, la sainte affirme que lorsque le Seigneur, dans sa clémence, daignait la visiter, elle en avait aussitôt un incite aussi vrai qu'infaillible. Cet incite était un profond sentiment d'humilité, qui comme une limpide aurore, précédait toujours le lever du soleil de justice ; c'est-à-dire, comme elle l'explique elle-même, qu'à l'approche de cet hôte divin, elle éprouvait un sentiment de respect qui abaissait intérieurement son esprit, et faisait extérieurement incliner sa tête devant sa majesté sainte aussitôt, Jésus entrait, comme un soleil radieux et un feu consumant, en son âme, où il s'établissait dans la plus profonde paix. On peut conclure de la doctrine de notre sainte que les visites de Notre-seigneur dans une âme y apportent la paix, ce fruit délicieux de l’humilité, tandis que l’action du démon a toujours pour effet d’y répandre le trouble et le découragement, qui sont les fruits empoisonnés de l'orgueil. Mais ce ne furent pas là les seules tentations de la servante de Dieu ; elle eut ensuite des tentations de blasphèmes, puis des tentations contre la foi. Le démon lui suggérait des doutes sur la présence réelle au très Saint-Sacrement, elle en était fatiguée et désolée; la confession ne pouvait lui rendre la tranquillité, les larmes et la prière semblaient inefficaces ; les jours surtout où elle devait communier, la tentation redoublait de violence, et si elle ne se fut fortement appuyé sur Dieu, elle eut succombé; mais la bonté divine qui avait permis le combat accorda à la fidélité de la sainte une complète victoire et la paix qui en est le prix.
Notons encore ici une importante exhortation à ses filles : “Il est impossible de porter remède à un mal inconnu, ou de secourir une âme qui combat sans qu'on le sache. Plus la chose que l'on veut faire paraît bonne et sûre, et plus il est utile de la manifester, de peur de laisser surprendre par l'apparence du bien. J'en suis moi-même un triste exemple, ainsi que je l'ai dit en rapportant comment le démon me trompa, et se montra à moi sous les apparences de Jésus et de sa sainte Mère.” On peut voir et toucher actuellement à Bologne le corps de sainte Catherine. Il est assis sur un trône vermeil, il reste inflexible après plus de quatre siècles; la chair en est brune et sur le front apparaît encore un petit cercle plus blanc : c'est l'endroit où Notre-Seigneur la toucha un jour de son doigt divin.


Une sainte artiste : Sainte Catherine de Bologne

par
Marie LÉR
DANS l’église du Corpus Domini, à Bologne, on voit, au fond d’une chapelle toute tendue de velours cramoisi et scintillante d’or, parmi l’éclat des ornements et les lumières des cierges, une figure de femme vêtue de brocart et couverte de riches parures, assise en souveraine sur un petit trône. Le corps de cette morte semble parfaitement conservé : les chairs, à peine desséchées, ont bruni sous l’action de l’air et du temps ; mais les membres ont presque gardé la souplesse de la vie, et, autour d’elle, sur les marches de son trône, sur les dalles de la chapelle, des pèlerins prosternés, des âmes en peine absorbées dans leurs prières, implorent à toute heure son secours et sa protection.
La Sainte, vers qui monte ainsi la vénération des fidèles, et qui, dans sa splendeur, a l’air d’une reine au milieu de sa cour, s’appelait, sur la terre, Catherine des Vigri. Elle est la gloire de Bologne, et quand elle y mourut, dans l’obscurité d’un couvent de Clarisses, elle ne se doutait guère, en son humilité et son détachement, des honneurs qui lui seraient bientôt décernés.
Sainte Catherine de Bologne est une des figures féminines les plus charmantes de la Renaissance italienne. C’est une de ces jolies physionomies de saintes qu’il est bon de connaître et d’avoir présentes à la mémoire, afin de pouvoir les citer à l’occasion à ceux-là qui prétendent que le catholicisme est hostile à la culture intellectuelle et artistique des femmes.
Historiquement parlant, rien n’est plus faux. Et si les Noëlistes me permettent une parenthèse, je leur avouerai que, travaillant depuis plusieurs années à une étude sur l’évolution de la femme en Italie, je suis, au contraire, émerveillé du nombre d’érudites qu’ont fournies les couvents et surtout j’admire tout ce que l’Église romaine a accompli en faveur de l’indépendance et de la dignité sociale de la femme, en ces époques lointaines où l’Europe était submergée sous la barbarie, et où la barque de saint Pierre fut l’arche qui sauva la civilisation.
Mais revenons à sainte Catherine.
Elle naquit à Bologne au commencement du XVe siècle, d’une noble famille originaire de Ferrare.
Elle était encore une petite enfant lorsque le duc de Ferrare, Nicolas III, appela son père, afin de lui confier un poste important à sa cour.
La cour de Ferrare était, avec celle de Mantoue, la plus cultivée de l’Italie. Les arts et les lettres y florissaient, et la famille du souverain donnait l’exemple de l’étude.
Les enfants du duc recevaient une éducation des plus brillantes. On avait alors l’habitude, dans les familles princières, afin de stimuler l’amour-propre des écoliers, de leur adjoindre, comme camarades de travail et de jeux, d’autres enfants de familles nobles. C’est ainsi que la petite Vigri fut admise à partager les leçons de la princesse Marguerite.
Catherine des Vigri reçut donc l’instruction solide que l’on donnait, à cette époque, aux filles des grandes maisons, et qui était en tout semblable à celle de leurs frères. Comme les jeunes princes, les princesses apprenaient le latin, au point de le parler couramment et de citer par cœur les poètes et les philosophes de l’antiquité. On leur enseignait aussi à monter à cheval et à manier les armes. On y joignait la musique, la peinture, en un mot, toute la culture dont cette époque était avide.
Mais les sciences profanes ne remplissaient pas toutes les heures du jour. Une large part était faite à l’étude de la religion et de la philosophie chrétienne.
Catherine des Vigri passa plusieurs années au palais ducal. À mesure qu’elle grandissait, sa vie, mêlée à celle de la princesse Marguerite, devenait plus variée, plus brillante. Elle prenait part aux fêtes, aux parties de plaisir de la jeunesse princière qui l’entourait. On dit qu’elle était belle, et que les hommages ne lui manquèrent pas.
Cependant, elle montrait des goûts de plus en plus simples. Elle recherchait la solitude. On ne voyait point resplendir en elle cette joie de vivre qui a caractérisé la Renaissance, et elle refusait obstinément de se marier. La princesse Marguerite, fiancée à un Malatesta, supplia sa compagne d’enfance de la suivre dans sa nouvelle patrie ; en vain fit-elle miroiter à ses yeux les honneurs et la fortune. Catherine, après avoir assisté aux fêtes de la noce, rentra chez ses parents et leur déclara son intention d’embrasser la vie monastique.
Après quelque résistance de sa famille, Catherine entra enfin, à Ferrare, dans un couvent augustinien qui adopta ensuite la règle de sainte Claire. Puis elle fut envoyée à Bologne, fonder une maison. Ce fut celle-là même où elle devait mourir en odeur de sainteté, et, à force de miracles, conquérir la canonisation.
La culture intellectuelle et artistique de Catherine des Vigri eût été remarquable en tout temps et en tout pays. Loin de l’étouffer, ses directeurs spirituels lui enjoignirent, comme un devoir, de la développer et de la faire servir au bien et à l’édification de tous.
Bologne était alors le centre intellectuel le plus important de l’Italie ; et son Université – Université catholique et pontificale – était, avec celle de Paris, la première du monde.
La réputation de Catherine des Vigri franchit, à l’insu de l’humble Clarisse, les murs de sa clôture. Elle n’avait que vingt-cinq ans lorsqu’elle écrivit un traité de mystique : Les sept armes nécessaires à la bataille spirituelle. Mais elle était surtout un très bon peintre. On lui aménagea au couvent un modeste atelier où elle travaillait, par ordre de ses supérieurs, pendant tout le temps que les offices ne l’absorbaient pas.
Les œuvres qui nous restent de Catherine des Vigri, un peu archaïques et d’un caractère byzantin, dénotent un réel talent de dessin et de coloris. La Pinacothèque de Bologne possède une Sainte Ursule et ses filles, qu’elle peignit dans son couvent. On lui attribue une autre Sainte Ursule, qui est à l’Académie de Venise. À Venise encore on voit, dans l’église de San Giovanni in Bragora, une peinture en quatre parties qui représente des martyres peintes sur fond d’or. On admire aussi, dans cette même église du Corpus Domini de Bologne, où le corps de la Sainte est vénéré, une figure de Christ sur velours, due à son pinceau.
L’Italie de la Renaissance a compté bon nombre de femmes artistes, peintres et sculpteurs dont les œuvres et les noms ont bravé le temps et nous sont parvenus honorés. Sainte Catherine de Bologne les a devancées toutes.
Ainsi, dans le domaine de l’art comme dans tous les autres, c’est encore une sainte qui, de sa cellule, a montré la route aux autres femmes.
Marie LÉRA.
Paru dans la revue Le Noël du 17 février 1916,
sous le pseudonyme de Marc Hélys.


St. Catherine of Bologna

Poor Clare and mystical writer, born at Bologna, 8 September, 1413; died there, 9 March, 1463. When she was ten years old, her father sent her to the court of the Marquis of Ferrara, Nicolr d'Este, as a companion to the Princess Margarita. Here Catherine pursued the study of literature and the fine arts; and a manuscript illuminated by her which once belonged to Pius IX is at present reckoned among the treasures of Oxford. After the marriage of the Princess Margarita to Roberto Malatesta, Prince of Rimini, Catherine returned home, and determined to join the little company of devout maidens who were living in community and following the rule of the Third Order of St. Augustine in the neighboring town of Ferrara. Later the community, yielding to the entreaties of Catherine, adopted the Rule of St. Clare, and in 1432 they were clothed with the habit of the Second Order of St. Francis by the provincial of the Friars Minor. The increasing number of vocations, however, made it necessary to establish other monasteries of the Poor Clares in Italy, and in pursuance of the Brief of Callistus III, "Ad ea qui in omnipotentis Dei gloriam", convents were founded at Bologna and Cremona. St. Catherine was chosen abbess of the community in her native town, which office she held until her death. The grievous and persistent temptations which in the early days of her religious life had tried her patience, humility, and faith, especially the latter virtue, gave place in later years to the most abundant spiritual consolation, and enjoyment of the heights of contemplation. A large part of St. Catherine's counsels and instructions on the spiritual life are to be found in her "Treatise on the Seven Spiritual Weapons", which contains, besides, an account of the saint's own struggles in the path of perfection, and which she composed with the aid of her confessor shortly before her death. The body of St. Catherine, which remains in-corrupt, is preserved in the chapel of the Poor Clares at Bologna. St. Catherine was canonized by Pope Benedict XIII. Her feast is kept on the 9th of March throughout the Order of Friars Minor.

Donovan, Stephen. "St. Catherine of Bologna." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company,1908. 9 Mar. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/03446a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Paul T. Crowley. Dedicated to Miss Katherine Crowley.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Catherine of Bologna, Poor Clare V (RM)

(also known as Catherine de'Vigri)

Born in Bologna, Italy, September 8, 1413; died there on March 9, 1463; name added to the Roman Martyrology by Clement VIII in 1592; canonized 1712 by Clement XI; bull of canonization published by Benedict XIII in 1724. At age 11, the patrician Catherine de'Vigri became lady-in-waiting to Margherita d'Este at the ducal court of Nicholas III d'Este at Ferrara, where she was given a good education. After Margherita's wedding, Catherine (age 13) joined a sisterhood of virgins in Ferrara, who lived according to the rule of the Franciscan tertiaries. Largely as a result of her efforts, this company formed itself into a convent of Poor Clares.


In 1432 Catherine took solemn vows and soon became mistress of novices. In 1456, she traveled to Bologna to oversee the building of the Poor Clares' Corpus Christi Convent and became abbess of the new foundation. She was an effective novice mistress and superioress. Catherine's incredible zeal and solitude for the souls of sinners made her pour forth unceasing prayers and tears for their salvation.

From an early age Catherine was subject to visions, some of which from their nature and effects she judged to be diabolical temptations, while others were consolatory and for her good. One Christmas she had a vision of the Blessed Virgin with the infant Jesus in her arms, which is reproduced often in art since.

The learned saint recorded her soul's struggles and mystical experiences in a Latin work entitled Manifestations. She also wrote Latin hymns, and composed and painted--including a self- portrait that is really quite good. The transfiguration of her prematurely aged, plain features often observed in her life was even more remarkable after her death. She also had a talent for calligraphy and miniature painting; a breviary written out and ornamented by her still exists at the Bologna convent.

Her life and the occurrences after her death were described by an eyewitness, Blessed Illuminata Bembi:

"Thereupon the grave was prepared and when they lowered the corpse which was not enshrined in a coffin, it exhaled a scent of surpassing sweetness, filling the air all around. The two sisters, who had descended into the grave, out of compassion for her lovely and radiant face covered it with cloth and placed a rough board some inches above the corpse, so that the clods of earth should not touch it. However they fixed it so awkwardly that when the grave was filled up with earth it covered the face and body nevertheless.

"The sisters came to visit the churchyard often, wept, prayed, and read by the grave and always noticed the sweet odor in the air around it. As there were no flowers or herbs near the grave-- nothing but arid earth--they came to believe that it arose from the grave itself.

"Soon miracles occurred, for some who visited the grave in ill health were cured. Therefore the sisters repented that they had interred her without a coffin, and complained to their father confessor. He a man of sound judgment asked what they wanted to do about it.

"We replied: 'To take her out again, place her in a wooden coffin and rebury her.' He was taken aback by this request it was 18 days after her death and he thought that by now the corpse must be decomposed. We, however, pointed out the sweet odor, and finally he granted permission to disinter her, provided no smell of putrefaction would make itself felt during the digging.

"When we found the body and laid the face free, we found it crushed and disfigured by the weight of the board placed above it. Also, in digging, three of the sisters had damaged it with the spade. So we placed her in a coffin, and made ready for re- interment, but by some strange impulse were driven to place her for some time under the portal.

"Here the crushed nose and the whole face gradually regained their natural form. The deceased became white of color, lovely, intact, as if still alive, the nails were not blackened, and she exhaled a delicious odor. All the sisters were deeply stirred; the scent spread throughout the church and convent, attaching itself to the hands that had touched her, and there seemed to be no explanation for it.
"Now after having been quite pale, she began to change color and to flush, while a most deliciously scented sweat began to pour from her body. Changing from paleness to the color of glowing ember, she shed an aromatic liquid which appeared sometime like clear water and then like a mixture of water and blood.

"Full of wonder and perplexity we called our confessor; the rumor had already spread to the town and he hurried to us accompanied by a learned physician, Maestro Giovanni Marcanova, and they closely observed and touched the body. Others joined them: priests, physicians, laymen." The whole of Italy converged to see her, and her body was placed on a chair in a special chapel behind bars and glass, and to this day is kept there in a mummified condition (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Husenbeth, Schamoni).

In art, Saint Catherine is a Poor Clare carrying the Christ Child. Sometimes she is shown enthroned with a cross, book, a cross on her breast and bare feet (Roeder). Catherine is the patron of artists (Attwater).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0309.shtml


St. Catherine, of Bologna, Virgin and Abbess of the Poor Clares in That City

SHE was born of noble parentage at Bologna, in 1413. Early ardent sentiments of piety seemed to have prevented in her the use of reason. At twelve years of age she was placed in quality of a young maid of honour in the family of the princess Margaret, daughter to Nicholas of Est, marquis of Ferrara. Two years after, upon the marriage of that princess, she found means to recover her liberty, and entered herself in a community of devout ladies of the Third Order of St. Francis, at Ferrara, who soon after formed themselves into a regular monastery, and adopted the austere rule of St. Clare. A new nunnery of Poor Clares being founded at Bologna, St. Catherine was chosen first prioress, and sent thither by Leonardo, abbess of the monastery of Corpus Christi, in which she had made her religious profession at Ferrara. Catherine’s incredible zeal and solicitude for the souls of sinners made her pour forth prayers and tears, almost without intermission, for their salvation. She always spoke to God or of God, and bore the most severe interior trials with an heroic patience and cheerfulness. She looked upon it as the greatest honour to be in anything the servant of the spouses of Christ, and desired to be despised by all, and to serve all in the meanest employments. She was favoured with the gifts of miracles and prophecy: but said she had been sometimes deceived by the devil. She died on the 9th of March, 1463, in the fiftieth year of her age. Her body is still entire, and shown in the church of her convent through bars and glass, sitting richly covered, but the hands, face, and feet naked. It was seen and described by Henschenius, Lassels, and other travellers. Her name was inserted in the Roman Martyrology by Clement VIII., in 1592. The solemnity of her canonization was performed by Clement XI., though the bull was only published by Benedict XIII., in 1724. 1 A book of her revelations was printed at Bologna, in 1511. She also left notes in her prayer-book of certain singular favours which she had received from God. These revelations were published and received their dress from another hand, which circumstance is often as great a disadvantage in such works as if an illiterate and bold transcriber were to copy, from a single defective manuscript, Lycophron, or some other obscure author, which he did not understand. St. Catherine wrote some treatises in Italian, others in Latin, in which language she was well skilled. The most famous of her works is the book entitled, On the Seven Spiritual Arms. See her life in Bollandus, written by F. Paleotti, fifty years after her death.

Note 1. Bullar. Roman. t. 13. p. 87. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/096.html