dimanche 22 mars 2015

Bienheureux CLEMENS AUGUST GRAF VON GALEN, évêque


Portrait photographique de Clemens August Kardinal Graf von Galen 
par Domkapitular Gustav Albers († 1957)

Bienheureux Clemens August Graf von Galen, évêque

Clemens August von Galen naquit le 16 mars 1878 près de Münster. Il fut ordonné prêtre en 1904. Nommé à Berlin, il dut affronter la difficile période de la Première Guerre mondiale et les désordres de la République de Weimar avec leurs lourdes conséquences sociales. A l'automne 1933, il est nommé évêque de Münster. Là, celui qu’on appela « le lion de Münster » fut l'un des plus célèbres représentants de l'opposition de l'Eglise au régime national-socialiste. Ainsi, condamna-t-il le culte nazi de la race dans une lettre pastorale de 1934 et assuma-t-il la responsabilité de la publication d'une série d'essais critiquant les thèses de l'idéologue nazi Rosenberg et défendant les enseignements de l'Église catholique. En 1937, avec l’archevêque de Munich, le cardinal von Faulhaber et l'évêque de Berlin, von Preysing, sous la direction du cardinal Pacelli, futur pape Pie XII, il collabora à la rédaction de l'encyclique antinazie du pape Pie XI, Mit brennender Sorge. Il défendit la liberté de l'Église et des droits de l’homme et protégea les juifs et les personnes les plus faibles, que le régime considérait comme des rebuts à éliminer  Les autorités nazies qui voulaient l’arrêter et le faire périr durent y renoncer à cause de sa popularité mais s’en prirent à son clergé dont 42 membres furent déportés. Il fut créé cardinal à la fin de la guerre et mourut au retour de Rome, le 22 mars 1946, à Münster.


MESSE ET BÉATIFICATION DU SERVITEUR DE DIEU 


CLEMENS AUGUST GRAF VON GALEN


HOMÉLIE DU CARDINAL JOSÉ SARAIVA MARTINS


Basilique Vaticane


Dimanche 9 octobre 2005


1. Dans l'église "Santa Maria dell'Anima" qui, ici à Rome, est l'église nationale allemande, se trouve le sépulcre du Souverain Pontife Adrien VI, célèbre pour avoir été pendant de nombreux siècles le dernier Pape non italien. Sur son monument sépulcral se trouve l'épitaphe suivante:  "Combien influent, hélas, les conditions des temps sur l'efficacité des vertus, même du meilleur des hommes". Cette épitaphe se réfère de façon négative aux conditions de l'époque à laquelle vécut Adrien IV, mais elle contient également une appréciation très positive à propos des vertus éminentes qu'il pratiqua, précisément dans les conditions contraires de son temps.

Eh bien! s'il existe un trait dominant, dans la figure du Cardinal Clemens August von Galen, Evêque de Münster, dont la béatification remplit aujourd'hui nos coeurs de joie, c'est précisément d'avoir pratiqué les vertus du chrétien et du pasteur, de façon éminente et héroïque, à une époque si difficile pour l'Eglise et la nation allemande. L'Allemagne était alors sous le joug du national-socialisme. Le diocèse de Münster peut bien s'enorgueillir d'avoir eu pour Évêque, sur la chaire de saint Ludger, un pasteur qui s'est opposé avec courage à l'idéologie qui méprisait l'humanité et à la machine de la mort de l'état national-socialiste, au point de mériter la dénomination de "Lion de Münster".

2. Clemens August von Galen naquit le 16 mars 1878 dans le château de Dinklage dans la région de l'Oldenburg, aux alentours de Münster. Il grandit dans un milieu rural, au sein d'une grande famille reflétant la vie ecclésiale et sociale de son temps. Une fois l'école et ses études terminées, il fut ordonné prêtre en 1904. Pendant deux ans, il fut aumônier et secrétaire de son oncle, l'Évêque auxiliaire Maximiliam Gereon von Galen. L'un des plus grands changements de sa vie fut son transfert à Berlin. Pendant 23 ans, il dut affronter la difficile période de la Première Guerre mondiale et les désordres de la République  de Weimar et leurs lourdes conséquences sociales. En 1929, il fut nommé curé de l'église paroissiale de saint Lambert à Münster. Le deuxième changement encore plus important de sa vie fut sa nomination inattendue comme Evêque de Münster, à l'automne 1933.

3. L'Évêque Clemens August Comte von Galen fut l'un des plus célèbres représentants de l'opposition de l'Eglise contre l'injuste régime national-socialiste. Si nous nous demandons d'où lui venait le courage de blâmer les nazis, en utilisant des arguments très clairs, dans la mesure où ils violaient les droits de l'homme fondamentaux, et comment il a réussi à persévérer dans cette dénonciation, nous devons prendre en considération trois grands facteurs qui ont contribué à sa forte personnalité d'homme; de croyant d'abord, puis d'Évêque.

Il s'agit de la Famille, de la Foi et de la Politique, sans jamais, cependant, perdre de vue le fait que l'attitude du bienheureux naissait de ses profondes vertus chrétiennes.

Clemens August était issu d'une famille liée à l'Eglise et à la vie publique par une longue tradition. Son père s'intéressait aux affaires publiques et sa mère cultivait l'unité de la famille:  ces réalités fournirent à Clemens August et à ses frères une certitude et une base pour leur vie, qui eut pour effet que plus tard, et de manière plutôt inattendue, il se dépassa lui-même et dépassa la tradition du milieu dans lequel il était né.

La vie de la famille von Galen était traditionnellement profondément orientée dans le sens de la responsabilité publique à l'égard de tous les hommes dans l'Eglise et dans la société. A la table familiale, dans le château de Dinklage, outre le dialogue familial et la prière du chapelet, on parlait également de politique, l'occasion en étant constamment offerte par l'activité de son père, qui était député au Reichstag à Berlin.

ll est certain qu'il ne put accomplir ce qu'il fit que grâce à une spiritualité profonde et en même temps très simple, fondée de manière évidente sur l'Eucharistie et sur la dévotion à la Mère de Dieu.

En contraste avec les bruits assourdissants de la musique martiale et des phrases vides de sens des haut-parleurs provenant des tribunes des orateurs, il opposa la vénération de la Sainte Eucharistie, l'adoration silencieuse et contemplative du Seigneur fait pain. Face au Seigneur présent sacramentellement dans le pain eucharistique, apparemment sans défense et si peu reconnaissable, il trouva la force et la nourriture, qui seules pouvaient remplir de façon durable le désir de vie des hommes. La force unificatrice de la vie spirituelle du nouveau bienheureux fut sa foi profonde, vivante, vivifiée par une charité active envers tous, en particulier les personnes qui souffrent. Sa spiritualité, inspirée de l'Évangile, permit à von Galen d'user de transparence dans son rôle public. Toutes ses actions et toutes ses vertus émanaient de sa foi vécue.

4. Dès les débuts de son activité pastorale à Münster, Mgr von Galen avait déjà démasqué l'idéologie nazie et le mépris que celle-ci éprouvait pour les hommes. En pleine période de guerre, c'est-à-dire pendant l'été 1941, il la critiqua encore plus durement dans trois prédications tenues au mois de juillet et au mois d'août de cette même année, qui sont devenues célèbres. Dans celles-ci, il dénonça la fermeture forcée des couvents et l'arrestation des religieux. Il se prononça avec vigueur contre la déportation et la destruction des vies humaines que le régime affirmait ne pas être dignes d'être vécues, c'est-à-dire les handicapés mentaux. Les paroles enflammées de l'Évêque frappèrent profondément la machine de mort du national-socialisme.

Ces argumentations aussi claires soulevèrent la colère des responsables nazis, qui ne savaient pas comment se comporter, en raison de l'extraordinaire autorité de l'Évêque von Galen, et n'osaient pas l'arrêter ou le tuer.

Il ne s'agissait pas d'un courage inné, ni même d'un caractère excessivement téméraire. Seul un profond sens des responsabilités et une vision claire de ce qui était juste et de ce qui ne l'était pas pouvaient pousser l'Évêque Clemens August à prononcer ces paroles. Celles-ci nous invitent à réfléchir sur la splendeur de son témoignage de foi; elles nous invitent, nous qui vivons à une époque apparemment moins menaçante, mais tout aussi problématique à l'égard de la vie humaine, à imiter son exemple.

Réfléchissant sur ce qui s'était passé alors, le Cardinal von Galen reparcourut tout cela plus tard en esprit, en mars 1946, en disant:  "Le bon Dieu m'a donné une position qui m'obligeait à appeler noir ce qui était noir, et à appeler blanc ce qui était blanc, comme il est dit dans l'ordination épiscopale. Je savais que je pouvais parler au nom de milliers de personnes qui étaient convaincues, comme moi, que ce n'est que sur le fondement du christianisme que notre peuple allemand peut vraiment être uni et aspirer à un avenir béni".

5. Chers pèlerins allemands, nous pouvons regarder avec une profonde reconnaissance cette grande personnalité de votre patrie. Le bienheureux Évêque Clemens August a compris qui est notre Dieu et il a placé en Lui toute son espérance (cf. Is 25, 9). Lorsqu'il était curé, tout d'abord, puis Évêque, il n'a pas ménagé ses forces dans son ministère pastoral; il a su supporter les privations (Ph 4, 12) et il était disposé à donner sa vie pour le service des hommes. En effet, il était pleinement conscient de sa responsabilité face à Dieu. C'est pourquoi le Seigneur l'a fait participer aux richesses de sa gloire (Ph 4, 19), dont saint Paul nous a parlé dans la Lettre aux Philippiens que nous venons d'entendre. Dans la foi, nous sommes convaincus qu'il a été appelé et élu pour prendre part au banquet nuptial, dans la perfection de la gloire divine. Un banquet nuptial sur lequel nous fait méditer la merveilleuse parabole de Jésus, proposée par l'Évangile de la liturgie d'aujourd'hui (Mt 22, 1-14).

Je  désire  féliciter  le  diocèse de Münster du fait que, précisément en l'année où l'on rappelle son érection, qui a eu lieu il y a bien douze siècles, celle-ci peut célébrer avec joie et fierté cette béatification, sur la Tombe de l'Apôtre Pierre, comme pour renforcer ses propres racines apostoliques, en s'ancrant encore davantage au magistère du Vicaire du Christ, aujourd'hui par la grâce de Dieu Benoît XVI. Que le nouveau bienheureux constitue un encouragement pour le diocèse de Münster, afin de conserver toujours vivant son héritage riche et toujours actuel, le rendant fructueux pour les hommes de notre temps.

Que le Seigneur veuille bénir, par l'intercession du nouveau bienheureux, le cher et vénérable diocèse de Münster et toute l'Eglise qui est en Allemagne.



Bienheureux Clemens August Graf von Galen

évêque de Münster ( 1946)

Clemens August von Galen naquit le 16 mars 1878 dans le château de Dinklage dans la région de l'Oldenburg, aux alentours de Münster. Il ... fut ordonné prêtre en 1904... L'un des plus grands changements de sa vie fut son transfert à Berlin. Pendant 23 ans, il dut affronter la difficile période de la Première Guerre mondiale et les désordres de la République  de Weimar et leurs lourdes conséquences sociales... Le deuxième changement encore plus important de sa vie fut sa nomination inattendue comme Evêque de Münster, à l'automne 1933... L'Evêque Clemens August Comte von Galen fut l'un des plus célèbres représentants de l'opposition de l'Eglise contre l'injuste régime national-socialiste... (source: Homélie du Cardinal José Saraiva Martins - messe et béatification en la Basilique Vaticane le 9 octobre 2005)



- Sermon de l'évêque et Cardinal de Münster, Clemens August comte von Galen, le dimanche 3 août 1941 dans l'église de St Lambert, à Münster.

- Clemens August, Comte de Galen est un modèle de courage chrétien; son témoignage sans peur, et son opposition inflexible vis-à-vis de l’injustice et devant le caractère inhumain de la dictature national-socialiste, trouvèrent leur force dans sa foi profonde.




Bienheureux Clemens August von Galen (1878-1946)
Il est le onzième fils du comte Ferdinand Heribert von Galen et de sa femme Elisabeth, née von Spree, qui en eurent treize, et fut ordonné Prêtre à Münster le 28 Mai 1904. 

Consacré Évêque de Münster en 1933, il fut le premier Évêque allemand à entrer en fonction selon le nouveau concordat.

Il devait alors promettre fidélité à l'état "autant qu'il est permis à un Évêque". Peu après sa Consécration Épiscopale, il fit à Xanten une homélie qui présenta comme d'actualité le martyre. 

Il s'opposa à l'idéologie raciste. Il s'opposa aussi à l'euthanasie des personnes handicapées. Le 3 Août 1941, alors que l'Allemagne nazie s'engage dans une nouvelle campagne militaire, il déclare dans son sermon: 

«C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ?». 

Mais l'emballement médiatique fut provoqué par ce sermon de Mgr von Galen avec la distribution de copie jusque sur la ligne de front. 

Les autorités nazies voulaient l’arrêter et le mettre à mort; mais, craignant la réaction de la population Catholique de Münster, on enferma à sa place dans des camps de concentration 24 membres du clergé séculier et 18 Religieux, dont 10 périrent. 

Néanmoins, Hitler renonça à son projet. 

Dans les mois difficiles de l’après-guerre, il s’opposa nettement aussi aux autorités d’occupation, quand il était nécessaire d’éliminer ou d’éviter les injustices. 

Le 18 Février 1946, le Pape Pie XII le créa Cardinal pour sa conduite courageuse durant la période du national-socialisme. 

La Basilique Saint-Pierre bondée de fidèles l’acclama comme « Le Lion de Münster ». 



Le 16 Mars 1946, le cardinal von Galen, de retour à Münster fut accueilli par une foule enthousiaste. 
Devant les ruines de la Cathédrale, il donna son dernier discours ; le jour suivant, il tomba malade et mourut le 22 Mars 1946. 

Il fut enterré dans le Ludgeruskapelle dans la Cathédrale en ruines.






Bienheureux Clemens August Graf von Galen


Cardinal, surnommé

« Le Lion de Münster »


Clemens August von Galen, onzième des 13 fils du comte Ferdinand Heribert Ludwig von Galen et de la comtesse Élisabeth von Spee, naquit le 16 Mars 1878 dans le château de Dinklage dans la région de l'Oldenburg, aux alentours de Münster. 

Il grandit dans un milieu rural, au sein d'une grande famille reflétant la vie ecclésiale et sociale de son temps. 

Une fois l'école et ses études terminées, il fut ordonné Prêtre en 1904. Pendant deux ans, il fut aumônier et secrétaire de son oncle, l'Évêque auxiliaire Maximilian Gereon von Galen. 

L'un des plus grands changements de sa vie fut son transfert à Berlin. 

Pendant 23 ans, il dut affronter la difficile période de la Première Guerre mondiale et les désordres de la République de Weimar et leurs lourdes conséquences sociales. 

En 1929, il fut nommé curé de l'église paroissiale de saint Lambert à Münster. Le deuxième changement encore plus important de sa vie fut sa nomination inattendue comme Évêque de Münster, à l'automne 1933.

L'Évêque Clemens August Comte von Galen fut l'un des plus célèbres représentants de l'opposition de l'Église contre l'injuste régime national-socialiste. 

Si nous nous demandons d'où lui venait le courage de blâmer les nazis, en utilisant des arguments très clairs, dans la mesure où ils violaient les droits de l'homme fondamentaux, et comment il a réussi à persévérer dans cette dénonciation, nous devons prendre en considération trois grands facteurs qui ont contribué à sa forte personnalité d'homme ; de croyant d'abord, puis d'Évêque.

Il s'agit de la Famille, de la Foi et de la Politique, sans jamais, cependant, perdre de vue le fait que l'attitude du Bienheureux naissait de ses profondes vertus Chrétiennes.

Clemens August était issu d'une famille liée à l'Église et à la vie publique par une longue tradition. 

Son père s'intéressait aux affaires publiques et sa mère cultivait l'unité de la famille : ces réalités fournirent à Clemens August et à ses frères une certitude et une base pour leur vie, qui eut pour effet que plus tard, et de manière plutôt inattendue, il se dépassa lui-même et dépassa la tradition du milieu dans lequel il était né.

La vie de la famille von Galen était traditionnellement profondément orientée dans le sens de la responsabilité publique à l'égard de tous les hommes dans l'Église et dans la société. 

À la table familiale, dans le château de Dinklage, outre le dialogue familial et la Prière du chapelet, on parlait également de politique, l'occasion en étant constamment offerte par l'activité de son père, qui était député au Reichstag à Berlin.

Il est certain qu'il ne put accomplir ce qu'il fit que grâce à une spiritualité profonde et en même temps très simple, fondée de manière évidente sur l'Eucharistie et sur la dévotion à la Mère de Dieu.

En contraste avec les bruits assourdissants de la musique martiale et des phrases vides de sens des haut-parleurs provenant des tribunes des orateurs, il opposa la vénération de la Sainte Eucharistie, l'Adoration silencieuse et Contemplative du Seigneur fait pain. 

Face au Seigneur présent Sacramentellement dans le pain Eucharistique, apparemment sans défense et si peu reconnaissable, il trouva la force et la nourriture, qui seules pouvaient remplir de façon durable le désir de vie des hommes. 
Toutes ses actions et toutes ses vertus émanaient de sa Foi vécue.

Dès les débuts de son activité pastorale à Münster, Mgr von Galen avait déjà démasqué l'idéologie nazie et le mépris que celle-ci éprouvait pour les hommes. 

En pleine période de guerre, c'est-à-dire pendant l'été 1941, il la critiqua encore plus durement dans trois prédications tenues au mois de juillet et au mois d'août de cette même année, qui sont devenues célèbres. 

Dans celles-ci, il dénonça la fermeture forcée des couvents et l'arrestation des Religieux. Il se prononça avec vigueur contre la déportation et la destruction des vies humaines que le régime affirmait ne pas être dignes d'être vécues, c'est-à-dire les handicapés mentaux. 

Les paroles enflammées de l'Évêque frappèrent profondément la machine de mort du national-socialisme.

Ces argumentations aussi claires soulevèrent la colère des responsables nazis, qui ne savaient pas comment se comporter, en raison de l'extraordinaire autorité de l'Évêque von Galen, et n'osaient pas l'arrêter ou le tuer.

Dans les mois difficiles de l’après-guerre, il s’opposa nettement aussi aux autorités d’occupation, quand il était nécessaire d’éliminer ou d’éviter les injustices.

Le 18 Février 1946, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) le créa Cardinal au titre cardinalice de « San Bernardo alle Terme » pour sa conduite courageuse durant la période du national-socialisme. 

La Basilique Saint-Pierre bondée de fidèles l’acclama comme « Le Lion de Münster ». 

Le 16 mars 1946, le Cardinal von Galen, de retour à Münster fut accueilli par une foule enthousiaste. 

Devant les ruines de la Cathédrale, il donna son dernier discours ; le jour suivant, il tomba malade et mourut le 22 Mars 1946. 

Il fut enterré dans le Ludgeruskapelle dans la Cathédrale en ruines.


Clemens August Graf von Galen à été Béatifié le  9 Octobre 2005, à Rome, par le Card. José Saraiva Martins (>>> Homélie du Cardinal), Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le Pape Benoît XVI.






« On ne se moque pas de Dieu ! » – Sermon de Mgr von Galen

Après la longue étude consacrée sur ce blog à Mgr Clemens August von Galen, voici un des trois grands sermons qu’il a prononcé à l’encontre du système nazi. Ici est particulièrement abordée la question de l’euthanasie, promue par le IIIe Reich. Ce sermon, qui résonna dans tout l’Allemagne comme une attaque contre le régime en place, fut prononcé en l’église Saint-Lambert, à Münster, le dimanche 3 août 1941. Ce document historique, très long, est donné ici dans sa version intégrale.
A mon regret je dois vous informer que pendant la semaine passée la Gestapo a continué sa campagne d’annihilation contre les ordres catholiques. Mercredi 30 juillet, ils ont occupé le centre administratif de la province des sœurs de Notre-Dame à Mühlhausen dans le district de Kempen, qui a autrefois appartenu au diocèse de Münster, et ils ont déclaré que le couvent devait être dissous. La plupart des sœurs, dont beaucoup viennent de notre diocèse, ont été expulsées et elles ont reçu l’ordre de quitter le district le même jour. Jeudi, selon des sources fiables, le monastère des frères missionnaires de Hiltrup à Hamm a été également occupé et confisqué par le Gestapo et les religieux ont été expulsés. Déjà le 13 juillet, à propos de l’expulsion des Jésuites et des soeurs missionnaires de Sainte Claire de Münster, j’ai publiquement déclaré dans cette même église : aucun des occupants de ces couvents n’est accusé de quelque offense ou de crime, aucun n’a été amené devant un tribunal, aucun n’a été reconnu coupable. J’entends que des rumeurs sont maintenant répandues dans Münster qu’après tout, ces religieux, en particulier les Jésuites, ont été accusés, ou même convaincus d’actes criminels, et même de trahison. Je déclare ceci :
Ce sont de basses calomnies de citoyens allemands, nos frères et nos sœurs, que nous ne tolérerons pas. J’ai déjà déposé une plainte pénale auprès du procureur en chef contre un individu qui est allé si loin qu’il a fait de telles allégations devant des témoins. J’exprime l’espoir que l’homme sera amené rapidement à rendre compte et que nos Tribunaux auront toujours le courage de punir les calomniateurs qui cherchent à détruire l’honneur de citoyens allemands innocents dont la propriété a été déjà enlevée. J’invite tous mes auditeurs, oui, tous mes respectables concitoyens, qui à l’avenir entendront des accusations faites contre les religieux expulsé de Münster de donner le nom et l’adresse de la personne portant ces accusations et de tous les témoins. J’espère qu’il y a toujours des hommes à Münster qui ont le courage de faire leur devoir en demandant la mise en examen judiciaire contre de telles accusations qui empoisonnent la communauté nationale, en s’engageant par leur personne, leur nom et au besoin leur témoignage. Je leur demande, si de telles accusations contre les religieux sont faites en leur présence, de les rapporter immédiatement à leur curé ou au Vicaire général et de les faire enregistrer. Je demande pour l’honneur de nos ordres religieux, pour l’honneur de notre église catholique et également pour l’honneur de nos compatriotes allemands et de notre ville de Münster de rapporter de tels cas au service de poursuite de l’État de sorte que les faits puissent être établis par un tribunal et les calomnies contre nos religieux punies.
(Après la lecture de l’Evangile pour le 9e dimanche après la Pentecôte : « et quand il fut proche (de Jérusalem), à la vue de la ville, il pleura sur elle… », Luc 19,41- 47) :
Mes chers diocésains ! C’est un événement profondément émouvant que nous lisons dans l’évangile d’aujourd’hui. Jésus pleure ! Le fils de Dieu pleure ! Un homme qui pleure souffre d’une peine – une peine du corps ou du coeur. Jésus n’a pas souffert dans son corps, mais il a pleuré. Combien grande a été la douleur de son âme, la souffrance du cœur du plus courageux des hommes pour qu’il pleure ! Pourquoi a-t-il pleuré ? Il a pleuré sur Jérusalem, sur la ville sainte de Dieu qui lui était si chère, la capitale de son Peuple. Il a pleuré sur ses habitants, ses concitoyens, parce qu’ils ont refusé de reconnaître la seule chose qui pourrait éviter le jugement qu’il connaissait par son omniscience et qui était déterminé à l’avance par le divin juge : « Si en ce jour tu avais reconnu, … le message de paix ! » Pourquoi les habitants de Jérusalem ne le reconnaissent-ils pas ? Peu de temps avant, Jésus l’avait apostrophée : « O Jérusalem, Jérusalem… combien de fois, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ! » (Luc 13.34).
Tu n’as pas voulu ! Moi, ton roi, ton Dieu, je le voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! Combien elle est en sécurité, comme elle est protégée la couvée des poussins sous l’aile de la poule : elle la réchauffe, elle la nourrit, elle la défend. De la même manière j’ai désiré vous protéger, pour vous garder, pour vous défendre contre tout mal. Je le voulais, mais vous ne le vouliez pas ! C’est pourquoi Jésus pleure ; c’est pourquoi cet homme fort pleure ; c’est pourquoi Dieu pleure… Sur la folie, l’injustice, le crime de ceux qui ne veulent pas… Et sur le mal auquel cela donne lieu – que son omniscience voit venir, que sa justice doit imposer – si l’homme pose son refus contre les ordres de Dieu, en opposition aux remontrances de la conscience, et à toutes les invitations affectueuses de l’ami divin, le meilleur des pères :
« Si tu avais donc reconnu, encore aujourd’hui, en ce jour ce qui sert à la paix ! Mais tu n’as pas voulu ! » C’est quelque chose de terrible, quelque chose d’incroyablement faux et fatal, quand l’homme met sa volonté en opposition à la volonté de Dieu. Je voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! C’est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem.
Chrétiens chèrement aimés ! La lettre pastorale commune des évêques allemands, qui a été lue dans toutes les églises catholiques en Allemagne le 26 juin 1941, dit entre autres : « Il est vrai que, dans l’éthique catholique, il y ait certains commandements positifs qui n’obligent plus si leur observance provoquait des difficultés excessivement grandes ; mais il y a également des engagements sacrés dont en conscience personne ne peut nous libérer, que nous devons accomplir même s’il nous en coûte notre vie. Jamais, en aucune circonstance, un homme ne peut, sauf en cas de guerre ou de légitime défense, mettre à mort une personne innocente. »
J’ai eu l’occasion, le 6 juillet, d’ajouter les commentaires suivants à ce passage de la lettre pastorale commune : « Depuis quelques mois nous entendons des rapports selon lesquels des personnes internées dans des établissements pour le soin des maladies mentales, qui ont été malades pendant une longue période et semblent peut-être incurables, ont été de force enlevées de ces établissements sur des ordres de Berlin. Régulièrement, les parents reçoivent, peu après un avis selon lequel le patient est mort, que son corps a été incinéré et qu’ils peuvent recevoir ses cendres.
Il y a un soupçon général, confinant à la certitude, selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une soi-disant « vie sans valeur » – en d’autres termes de tuer des hommes et des femmes innocents, si on pense que leurs vies sont sans valeur future au peuple et à l’état. Une doctrine terrible qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitimise le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables des personnes âgées et des infirmes ! »
Comme j’en ai été bien informé, dans les hôpitaux et les hospices de la province de Westphalie sont préparés des listes de pensionnaires qui sont classés en tant que « membres improductifs de la communauté nationale » et doivent être enlevé de ces établissements et être ensuite tués rapidement. La première partie des patients est partie de l’hôpital de malades mentaux de Marienthal, près de Münster, au cours de cette semaine. Des hommes et des femmes allemands !
L’article 211 du code pénal allemand est toujours en vigueur, et dit en ces termes : « Qui intentionnellement tue un homme, en ayant l’intention de donner la mort, sera puni de mort pour meurtre. »
Il n’y a aucun doute : afin de protéger ceux qui tuent intentionnellement ces pauvres hommes et femmes, membres de nos familles, de cette punition établie par la loi, les patients qui ont été choisis pour le massacre sont déplacés de leur environnement vers quelque endroit éloigné. Quelque maladie ou autre est alors donnée comme cause de la mort. Puisque le corps est immédiatement incinéré, les parents et la police criminelle ne peuvent pas établir si le patient en fait avait été malade ou ce qu’était réellement la cause de la mort. J’ai été assuré, cependant, qu’au ministère de l’intérieur et au Service de l’officier médical en chef du Reich, le Dr Conti, qu’aucun secret n’est fait du fait qu’en effet un grand nombre de personnes mentalement malades en Allemagne ont été déjà tuées intentionnellement et que ceci continuera.
L’article 139 du code pénal prévoit que « quiconque a la connaissance d’une intention de commettre un crime contre la vie de toute personne… et n’informe pas les autorités ou la personne dont la vie est menacée, en temps voulu… commet une faute punissable ».
Quand j’ai eu connaissance de l’intention d’enlever des patients de Marienthal, j’ai déposé le 28 juillet une plainte chez le procureur de Münster, au tribunal du Land à Münster, et à Monsieur le président de la Police par lettre recommandée ayant la teneur suivante :
« Selon l’information que j’ai reçue il est projeté au cours de cette semaine (la date a été mentionnée comme étant celle du 31 juillet) de déplacer un grand nombre de patients internés de l’hôpital provincial de Marienthal, classés comme ‘membres improductifs de la communauté nationale’, à l’hôpital psychiatrique d’Eichberg, où ils doivent être intentionnellement tué comme on croit généralement que cela s’est produit dans le cas de patients enlevés d’autres établissements.
Puisqu’une telle action est non seulement contraire à la loi morale divine et naturelle mais est qualifiée à l’article 211 du code pénal allemand comme meurtre et entraîne la peine de mort, je rapporte par la présente ce fait en accord avec mon obligation de l’article 139 du code pénal et demande que des mesures soient immédiatement être prises pour protéger les patients concernés par des démarches contre les autorités projetant leur déplacement et leur meurtre, et que je puisse être informé de la mesure prise. »
D’information au sujet de ma démarche, aucune ne m’est venue en retour que ce soit du procureur ou de la police. J’avais déjà écrit le 26 juillet aux autorités de la Province de Westphalie qui sont responsables du fonctionnement de l’hôpital psychiatrique et des patients confiés à eux pour veiller sur eux et pour les soigner, protestant dans les termes les plus forts. Cela n’a eu aucun effet. Le premier transport des victimes innocentes sous sentence de mort a quitté Marienthal. Et de l’hôpital de Warstein, ce sont, comme je l’ai entendu, 800 patients qui ont été déjà enlevés.
Nous devons nous attendre, donc, à ce que les pauvres patients sans défense soient, tôt ou tard, tué. Pourquoi ? Non pas parce qu’ils ont commis quelque offense que ce soit justifiant leur mort ; non pas parce que, par exemple, ils ont attaqué une infirmière ou un préposé à leur surveillance, qui seraient autorisés pour cause de légitime défense à répondre avec violence à la violence. En ce cas l’utilisation de la violence menant à la mort est permise et peut être invoquée, comme dans le cas où l’on tue un ennemi armé. Non : ces malheureux patients doivent mourir, non pas pour quelque raison semblable mais parce que par le jugement d’un certain organisme officiel, sur la décision d’un certain comité, ils sont devenus « indignes de vivre », parce qu’ils sont classés en tant que « membres improductifs de la communauté nationale ». Le jugement est qu’ils ne peuvent plus produire aucun bien : Ils sont comme une vielle machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval qui est devenu boiteux de manière incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait. Qu’arrive-t-il à une vieille machine ? Elle est mise à la ferraille. Qu’arrive à un cheval boiteux, à une vache improductive ?
Non ! Je ne pousserai pas la comparaison jusqu’au bout – si affreuse est sa convenance et son pouvoir d’illumination.
Mais nous ne sommes pas concernés ici par de vielles machines, nous n’avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l’humanité, de produire des biens pour l’humanité. Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus cette fonction. Non : ici il s’agit d’hommes et des femmes, nos prochains, nos frères et sœurs ! De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez… Mais cela signifie-t-il qu’ils ont perdu le droit de vivre ? As-tu, ai-je le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d’autres comme productifs ?
Si l’on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles ! S’il est légitime de tuer les membres improductifs de la communauté, alors malheur aux invalides qui ont sacrifié et perdu dans le processus de production leur santé ou leurs membres !
Si l’on peut se débarrasser des hommes et des femmes improductifs par des moyens violents, alors malheur à nos courageux soldats qui reviennent au pays gravement atteints par des blessures de guerre, estropiés et invalides !
Si on l’admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains « improductifs » – quoique cela soit actuellement appliqué seulement à des patients pauvres et sans défenses, atteints de maladies – alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs : le malade incurable, les handicapés qui ne peuvent pas travailler, les invalides de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. Alors on aura besoin seulement qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, qui a été expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d’autres personnes « improductives« , qu’il soit également appliqué à ceux qui souffrent de tuberculose incurable, qui sont âgés et infirmes, aux personnes handicapées de l’industrie, aux soldats souffrant de graves blessures de guerre !
Alors aucun homme ne sera en sûreté : n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes « improductives », qui dans leur jugement sont devenues « indignes de vivre ». Et il n’y aura aucune police pour le protéger lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans un médecin ? Il pourrait signaler un patient comme improductif et pourraient être alors données des instructions pour le tuer !
On ne peut s’imaginer, la dépravation morale, la méfiance universelle qui s’étendra au cœur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand quand le saint commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas ! », que le seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre créateur a écrit dans la conscience de l’homme au commencement, si ce commandement n’est pas simplement violé mais sa violation est tolérée et exercée impunément !
Je vous donnerai un exemple de ce qui se produit. Un des patients de Marienthal était un homme de 55 ans, un fermier d’une paroisse de campagne dans la région de Münster – je pourrais vous donner son nom. Il a souffert pendant quelques années de perturbation mentale et a été donc admis à l’hôpital de Marienthal. Il n’était pas mentalement malade dans le plein sens du terme : il pouvait recevoir des visites et était toujours heureux, quand sa parenté venait le voir. Il y a seulement une quinzaine, lui rendirent visite son épouse et un de ses fils, un soldat qui se trouvait stationné au front et avait un congé à la maison. Le fils est très attaché à son père malade, aussi la séparation fut difficile… Qui sait si le soldat reviendra, s’il reverra son père, car il peut tomber au combat pour son pays.
Le fils, le soldat, ne reverra sans doute sûrement pas son père sur la terre car il a été depuis mis sur la liste des « improductifs ».
Un parent, qui a voulu rendre visite au père cette semaine à Marienthal, s’en est retourné avec l’information que le patient avait été transféré ailleurs sur les instructions du Conseil des ministres pour la défense nationale. Aucune information ne pourrait être fournie sur le lieu où il avait été envoyé, mais les parents seraient mis au courant d’ici quelques jours. Quelle sera cette information ? La même que dans d’autres cas semblables ? Que l’homme est mort, que son corps a été incinéré, que les cendres seront remises contre paiement d’honoraires ? Car le soldat, risquant sa vie au champ d’honneur pour ses compatriotes, ne reverra pas son père sur terre, parce que des compatriotes à la maison l’ont tué. Les faits que j’ai énoncés sont bien établis. Je puis donner les noms du patient, de son épouse et de son fils le soldat, et de l’endroit où ils vivent. « Tu ne tueras pas ! » Dieu a écrit ce commandement dans la conscience de l’homme longtemps avant que n’importe quel code pénal ait établi de pénalité pour le meurtre, longtemps avant qu’il n’y ait n’importe quel procureur ou n’importe quelle cour pour instruire et punir un meurtre. Caïn, qui a tué son frère Abel, était un meurtrier longtemps avant qu’il n’y ait eu d’États ou de tribunaux. Et il avouait sa faute, pressé par sa conscience qui l’accusait : « Mon méfait est trop grand pour que je puisse trouver le pardon… le premier venu qui me trouvera me tuera » (Genèse 4.13-14).
« Tu ne tueras pas ! » Ce commandement de Dieu, qui seul a le pouvoir de décider de la vie ou de la mort, a été écrit dans le cœur des hommes au commencement, longtemps avant que Dieu ait donné aux enfants de l’Israël sur la montagne du Sinaï sa loi fondamentale dans ces phrases lapidaires inscrites sur la pierre, qui sont écrites pour nous dans l’Écriture Sainte et que comme enfants nous avons apprises par cœur au catéchisme.
« Je suis le Seigneur ton Dieu ! » Ainsi commence cette loi immuable. « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! » Dieu – le seul Dieu, transcendant, tout-puissant, omniscient, infiniment saint et juste, notre créateur et juge à venir – nous a donné ces commandements. En raison de son amour pour nous il a écrit ces commandements dans notre cœur et les a proclamés. Car ils correspondent au besoin de notre nature créée par le Dieu ; ce sont les normes indispensables de toute vie raisonnable, pieuse, salutaire et sainte individuelle et communautaire.
Avec ces commandements, Dieu notre père, veut nous rassembler, nous ses enfants, comme la poule rassemble ses poussins. Si nous suivons ces commandements, ces invitations, cet appel de Dieu, nous serons gardés et protégés et préservés du mal, défendus contre la mort et la destruction menaçantes comme les poussins sous les ailes de la poule.
« O Jérusalem, Jérusalem… combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ! » Est-ce que cela va de nouveau arriver à notre pays, à l’Allemagne, à notre province de Westphalie, à notre ville de Münster ? Qu’en est-il de l’obéissance aux commandements divins, en Allemagne, ici chez nous ?
Le huitième commandement : « Tu ne donneras pas de faux témoignage, tu ne mentiras pas ! » Combien de fois il est violé sans scrupule et publiquement !
Le septième commandement : « Tu ne voleras pas ! » La propriété de qui est-elle encore sûre après l’expropriation arbitraire et sans égards de celle de nos frères et de sœurs qui font partie d’ordres religieux catholiques ? La propriété de qui est-elle protégée si cette propriété saisie illégalement n’est pas restituée ?
Le sixième commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère. » Pensez aux instructions et aux assurances de rapports sexuels libres et de maternité sans mariage, dans la lettre ouverte notoire de Rudolf Hess, qui a disparu depuis. Cette lettre a été éditée dans tous les journaux. Et combien de conduites dévergondées et déshonorantes de cette sorte avons-nous lu et observé… Nous en avons constaté l’existence dans notre ville de Münster ! A quel manque de pudeur dans l’habillement nos jeunes ont-ils été forcés de s’accoutumer. C’est la préparation pour le futur adultère ! La modestie, le rempart de la chasteté, est sur le point d’être détruit.
Et maintenant le cinquième commandement : « Tu ne tueras pas ! », est mis de côté et est violé sous les yeux des autorités dont la fonction devrait être de protéger la règle de la loi et la vie humaine, quand les hommes prévoient de tuer des innocents intentionnellement, simplement parce qu’ils sont « improductifs », parce qu’ils ne peuvent plus produire aucune marchandise.
Et qu’en est-il aussi de l’observance du quatrième commandement, qui nous enjoint d’honorer nos parents et ceux qui ont autorité sur nous et de leur obéir ? Le statut de l’autorité des parents est déjà bien ébranlé et est de plus en plus mis à mal par tous les engagements imposés aux enfants contre la volonté de leurs parents. Qui donc peut croire que le respect sincère et l’obéissance consciencieuse aux autorités de l’État peut être maintenu quand les hommes continuent à violer les commandements de l’autorité suprême, les commandements de Dieu, quand ils combattent même et cherchent à rejeter la foi au seul véritable Dieu transcendant, Seigneur de ciel et de terre ?
L’observance des trois premiers commandements a en réalité pendant de nombreuses années été en grande partie suspendue dans la vie publique en Allemagne et à Münster. Par combien de personnes le dimanche et les jours de fêtes sont-ils profanés et soustraits au service de Dieu ! Combien le nom de Dieu est profané, déshonoré et blasphémé !
Et le premier commandement : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! » Au lieu du seul et véritable Dieu éternel, les hommes installent leurs propres idoles qu’ils servent et adorent : la nature, ou l’état, ou le peuple, ou la race. Et combien sont ceux dont le Dieu, selon le mot de Paul, « est leur ventre » (Philippiens 3.19) – leur propre bien-être – auquel ils sacrifient tout, leur honneur même et leur conscience – les plaisirs des sens, la convoitise de l’argent, la convoitise de la puissance ! Ensuite on veut aussi essayer de s’arroger à soi-même les attributs divins, pour se faire des seigneurs au-dessus de la vie et de la mort de leurs prochains. Quand Jésus est venu près à Jérusalem et vit la ville il pleura sur elle disant : « Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! »
Regardant avec ses yeux de chair, Jésus a vu seulement les murs et les tours de la ville de Jérusalem, mais l’omniscience divine a vu plus profondément et connaît ce qui se passe dans la ville et ce qu’il en est de ses habitants : « O Jérusalem, Jérusalem… combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ! » C’est la grande douleur qui oppresse le cœur de Jésus, qui fait monter des larmes à ses yeux. J’ai voulu ton bien mais tu ne veux pas !
Jésus a vu combien coupable, terrible, criminel, désastreux est ce refus. Ce petit homme, cette créature frêle, oppose sa volonté créée à la volonté de Dieu ! Jérusalem et ses habitants, son Peuple choisi et favorisé oppose sa volonté à celle de Dieu ! De manière folle et criminelle, ils défient la volonté de Dieu ! C’est pourquoi Jésus pleure sur le péché horrible et la punition inévitable. On ne se moque pas de Dieu !
Chrétiens de Münster ! Est-ce que le fils de Dieu dans son omniscience, en ce jour, a vu seulement Jérusalem et ses habitants ? A-t-il pleuré seulement sur Jérusalem ? Est-ce que le peuple d’Israël est le seul peuple que Dieu a entouré, qu’il a protégé avec le soin d’un père et l’amour d’une mère, qu’il a aimé ? Est-ce le seul peuple qui ne voulait pas ? Le seul qui a abandonné la vérité de Dieu, qui a rejeté la loi de Dieu et ainsi s’est condamné à la ruine ? Jésus, Dieu omniscient, a-t-il également vu en ce jour notre peuple allemand, notre pays de Westphalie, notre région de Münster, la Rhénanie inférieure ? A-t-il également pleuré sur nous ? Pleuré sur Münster ? Pendant mille ans, il a instruit, il nous a instruit nous et nos ancêtres dans sa vérité, il nous a guidés par sa loi, nourris, nous, de sa grâce, rassemblés comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Le fils omniscient de Dieu a-t-il vu en ce jour, qu’en notre temps, il doit également prononcer ce jugement sur nous : « Tu n’as pas voulu ! Voici que votre maison va vous être laissée ! » Comme ce serait terrible !
Chers fidèles du Christ ! J’espère qu’il est toujours temps… Mais alors il est grand temps ! Reconnaissons encore aujourd’hui ce temps qui nous apporte la paix, qui seul peut nous sauver du tribunal de Dieu : Acceptons sans retour en arrière et sans réserve, nous, la vérité évidente de Dieu et reconnaissons-le par notre vie. Faisons des commandements divins une ligne directrice de notre vie et prenons au sérieux l’expression : plutôt la mort que le péché !
Dans la prière et la pénitence sincère prions pour que la rémission et la pitié de Dieu puissent descendre sur nous, sur notre ville, notre pays et notre chère peuple allemand. Mais avec ceux qui continuent à provoquer le jugement de Dieu, qui blasphèment notre foi, qui dédaignent les commandements de Dieu, qui font cause commune avec ceux qui aliènent nos jeunes au christianisme, qui volent et bannissent nos religieux, qui provoquent la mort d’hommes et de femmes innocents, nos frères et sœurs, avec tous ceux-là nous éviterons n’importe quel rapport confidentiel, nous nous maintiendrons, nous et nos familles hors de portée de leur influence, de peur que nous soyons infectés de leurs manières athées de penser et d’agir, de peur que nous devenions des complices de leurs fautes et soyons ainsi exposé au jugement que le Dieu juste doit rendre et infliger à tous ceux qui, comme la ville ingrate de Jérusalem, ne veulent pas ce que Dieu veut. O Dieu fais nous reconnaître à tous aujourd’hui avant qu’il soit trop tard ce qui nous apporte la paix ! O très sacré Cœur de Jésus, affligé de larmes à cause de l’aveuglement et des iniquités des hommes, aide-nous par ta grâce que nous aspirions toujours à ce qui te plaît et renoncions à ce qui te déplaît, pour que nous demeurions dans ton amour et que nous trouvions la paix de nos âmes ! Amen.
Mgr Clemens August von Galen


Evêque de Münster



Bl. Clemens August von Galen

Bishop of Münster (1933-1946 Cardinal)

Clemens August von Galen was born on 16 March 1878 in Dinklage Castle, Oldenburg, Germany, the 11th of 13 children born to Count Ferdinand Heribert and Elisabeth von Spee.

His father belonged to the noble family of Westphalia, who since 1660 governed the village of Dinklage. For over two centuries his ancestors carried out the inherited office of camerlengo of the Diocese of Münster.

Clemens August grew up in Dinklage Castle and in other family seats. Due to the struggle between Church and State, he and his brothers were sent to a school run by the Jesuits in Feldkirch, Austria.

He remained there until 1894, when he transferred to the Antonianum in Vechta. After graduation, he studied philosophy and theology in Frebur, Innsbruck and Münster, and was ordained a priest on 28 May 1904 for the Diocese of Münster by Bishop Hermann Dingelstadt.

Parish priest, concern for poor

His first two years as a priest were spent as vicar of the diocesan cathedral where he became chaplain to his uncle, Bishop Maximilian Gerion von Galen.

From 1906 to 1929, Fr von Galen carried out much of his pastoral activity outside Münster:  in 1906 he was made chaplain of the parish of St Matthias in Berlin-Schönberg; from 1911 to 1919 he was curate of a new parish in Berlin before becoming parish priest of the Basilica of St Matthias in Berlin-Schönberg, where he served for 10 years; here, he was particularly remembered for his special concern for the poor and outcasts.

In 1929, Fr von Galen was called back to Münster when Bishop Johannes Poggenpohl asked him to serve as parish priest of the Church of St Lambert.

"Nec laudibus, nec timore'

In January 1933, Bishop Poggenpohl died, leaving the See vacant. After two candidates refused, on 5 September 1933 Fr Clemens was appointed Bishop of Münster by Pope Pius XI.

On 28 October 1933 he was consecrated by Cardinal Joseph Schulte, Archbishop of Cologne; Bishop von Galen was the first diocesan Bishop to be consecrated under Hitler's regime.

As his motto, he chose the formula of the rite of episcopal consecration:  "Nec laudibus, nec timore" (Neither praise nor threats will distance me from God).

Throughout the 20 years that Bishop von Galen was curate and parish priest in Berlin, he wrote on various political and social issues; in a pastoral letter dated 26 March 1934, he wrote very clearly and critically on the "neopaganism of the national socialist ideology".

Due to his outspoken criticism, he was called to Rome by Pope Pius XI in 1937 together with the Bishop of Berlin, to confer with them on the situation in Germany and speak of the eventual publication of an Encyclical.

On 14 March 1937 the Encyclical "Mit brennender Sorge" (To the Bishops of Germany: The place of the Catholic Church in the German Reich) was published. It was widely circulated by Bishop von Galen, notwithstanding Nazi opposition.

"Lion of Munster'

In the summer of 1941, in answer to unwarranted attacks by the National Socialists, Bishop von Galen delivered three admonitory sermons between July and August. He spoke in his old parish Church of St Lambert and in Liebfrauen-Ueberlassen Church, since the diocesan cathedral had been bombed.

In his famous speeches, Bishop von Galen spoke out against the State confiscation of Church property and the programmatic euthanasia carried out by the regime.

The clarity and incisiveness of his words and the unshakable fidelity of Catholics in the Diocese of Münster embarrassed the Nazi regime, and on 10 October 1943 the Bishop's residence was bombed. Bishop von Galen was forced to take refuge in nearby Borromeo College.

From 12 September 1944 on, he could no longer remain in the city of Münster, destroyed by the war; he left for the zone of Sendenhorst.

In 1945, Vatican Radio announced that Pope Pius XII was to hold a Consistory and that the Bishop of Münster was also to be present.

Creation of a Cardinal

After a long and difficult journey, due to the war and other impediments, Bishop von Galen finally arrived in the "Eternal City". On 21 February 1946 the Public Consistory was held in St Peter's Basilica and Bishop von Galen was created a Cardinal.

On 16 March 1946 the 68-year-old Cardinal returned to Münster. He was cordially welcomed back by the city Authorities and awarded honorary citizenship by the burgomaster.

On the site of what remained of the cathedral, Cardinal von Galen gave his first (and what would be his last) discourse to the more than 50,000 people who had gathered, thanking them for their fidelity to the then-Bishop of Münster during the National Socialist regime. He explained that as a Bishop, it was his duty to speak clearly and plainly about what was happening.

No one knew that the Cardinal was gravely ill, and when he returned to Münster on 19 March 1946 he had to undergo an operation.

Cardinal von Galen died just three days later, on 22 March. He was buried on 28 March in the Ludgerus Chapel, which has become a place of pilgrimage to this defender of the faith in the face of political oppression.



Statue de Clemens August Graf von Galen à Münster.

Blessed Clemens August, Graf von Galen,  (born March 16, 1878, Dinklage, Oldenburg, Ger.—died March 22, 1946, Münster, W.Ger.), Roman Catholic bishop of Münster, Ger., who was noted for his public opposition to Nazism.

Galen was ordained in 1904 in Münster, where, as a priest at St. Lambert’s, he published his Die Pest des Laizismus und ihre Erscheinungsformen (1932; “The Plague of Laicism and Its Manifestations”), deploring what he deemed the godlessness of post-World War I Germany. He was made bishop of Münster in 1933. At first Galen hoped that the Nazis would restore Germany to the position of respect that it lost in World War I. But, disenchanted with the anti-Catholic propaganda and racism of Adolf Hitlers regime, Galen soon became a powerful critic of the Nazis.

His opposition to the Nazis, particularly their racism and totalitarianism, began on Easter 1934 and continued unabated. He frequently complained directly to Hitler when he felt the German dictator had violated the concordat he had signed in 1933 with the Vatican. When in November 1936 the Oldenburg Nazis removed all crucifixes from the schools, Galen’s protest sparked a public demonstration, and the order was canceled. In July and August 1941 Galen preached against the general lawlessness of the Gestapo, the confiscation of religious property, and the T4 Program instituted by Hitler in 1939—a program involving the systematic murder of more than 70,000 sick, elderly, mentally retarded, physically infirm, emotionally distraught, and disabled Germans, who were an embarrassment to the myth of Aryan supremacy. In part because of Galen’s public protest, this program was formally halted, though it continued clandestinely.

Documents discovered later showed that the Nazis were close to a decision to hang Galen but decided to wait until they achieved a victory in World War II. Galen was named a cardinal on Feb. 18, 1946. On Oct. 9, 2005, he was beatified by the church, largely because of his role in opposing the T4 Program.

SERMON DELIVERED BY BISHOP CLEMENS AUGUST COUNT OF GALEN 

ON JULY 13, 1941

AT THE CHURCH OF ST. LAMBERT, MUENSTER


My dear Catholics of St. Lambert:

Today I had intended to speak my personal episcopal message from the pulpit of the town and market church concerning the events of the past week, and especially to express my very deep sympathy to my former congregation. The devastation and losses have been particularly great in certain parts of the parish of St. Lambert's, though also in other parts of the town. I hope that some of the distress will be alleviated by the efforts of the municipal and state authorities and also by your brotherly love and the results of today's collections for the Charitable Fund and the Parish charity.

I had made up my mind to speak a few words about the purpose of these visitations, how God tries by this means to call us back to Himself. God wants to call Munster to him. How truly our forefathers were at home with God and in God's holy Church! How entirely their lives were borne up by faith in God, led by the fear and the love of God, public life as well as family and society life! Has it been thus in our own days? God wants to fetch Munster home to Himself!

I had meant to speak to you on these lines today but I must leave that aside now, for I find it necessary to speak here publicly for another matter, a terrible occurrence which overtook us yesterday at the end of this week of horror.

The whole of Munster is still beneath the shadow of the terrible devastation which the outside enemy and opponent in war has caused us during the past week, and yesterday, on July 12, 1941, the secret Police took possession of the two settlements of the Society of Jesus, the Jesuit Order in our town, Haus Sentmaring on the Weselerstrasse, and the Ignatiushaus in the Konigstrasse, drove the inmates out of their property, forced the priests and brothers immediately on the same day to leave not only our town, but also the provinces of Westphalia and Rhineland. And the same hard fate was yesterday imposed also on the Sisters in the Steinfurtherstrasse. Their house too was confiscated and they must leave Westphalia and Munster by 6 this evening. The houses and properties of the Order with inventory were taken over for the "Gauleitung" of Northern Westphalia.

So now the storming of the monasteries, which has already raged long in the Ostmark, in South Germany, in the newly acquired territories, in the Warthegau, in Luxemburg, in Lorraine and in other parts of the country, has broken out here in Westphalia. We must expect such alarming items of news to pile up in the next few days, when one monastery after another is confiscated by the Gestapo, when its inmates, our brothers and sisters, children of our families, faithful German citizens, are thrown into the streets like worthless rascals, chased from the country like criminals, and at that time when all the trembles before new night attacks which kill us all, which can make every one of us homeless refugees; then innocent, highly respected men and women beloved by many are driven out of their modest possessions, and German citizens, fellow townsmen in Munster, are turned into homeless refugees.

Why? I was told: for state-political reasons! No further reasons were given. Not one inhabitant of these monasteries has been accused of any offense, or brought before law or condemned. And if any one were guilty, then let him be brought before the law. But should the innocent also be punished?

I ask you, before those whose eyes the Jesuit brothers and the sisters of the Immaculate have for years led their quiet lives devoted only to the honour of God and the welfare of their fellow human beings: who thinks these men and women guilty of any punishable offense? Who dares to bring an accusation against them? Let him who dares, prove it. Not even the Gestapo has brought such an accusation, let alone a court of justice. I bear witness here publicly as Bishop to whom is entrusted the supervision of the Orders, that I have the greatest respect for the quiet, unassuming Missionary Sisters of Wilkinhege who are today being driven out. They were founded by my very honored episcopal friend and fellow countryman the Bishop Amandus Bahlmann, who started the Order mainly for the Mission in Brazil, in which he, earning the gratitude of Germans in Brazil, worked untiringly up to the time of his death three years ago.

I bear witness as a German man and as bishop that I have the greatest respect and admiration for the Jesuit Order which I have known from my earliest youth and for 50 years from close observation; that I shall be bound to the Society of Jesus, my teachers and friends, in love and gratitude until my last breath, and that I have an even greater admiration for them now in this moment when Christ's prophecy to His disciples is again being fulfilled: "As they have persecuted me, so they will persecute you also. If you were of this world, the world would love its own, but because you are not of this world, but I have chosen you from the world, [sic] therefore the world hates you."

So I greet you with deep love from this place in the name of all faithful Catholics of the town of Munster and the Bishopric of Munster, as those chosen by Christ and hated by the world, as you go out into undeserved banishment.

May God reward them for all the good they have done for us! May God not punish us and our town for the unjust treatment and banishment which has been meted out to his disciples. May almighty God bring back our beloved brothers and sisters.

My dear diocesans! Because of the terrible visitations which have come upon us through enemy attacks, I meant to be silent in public over other recent measures taken by the Gestapo, which call for my public protest. But if the Gestapo takes no consideration for the events which make hundreds of our fellow citizens homeless, if just at this time they continue to throw innocent citizens into the streets and drive them from the country, then I can no longer hesitate to utter my just protest and earnest warning.

Often in recent times we have had the experience that Gestapo robbed innocent and highly respected Germans of their freedom without any sentence, drove them out of their homes and interned them somewhere. Within the last few weeks two of my closest advisors, members of the Chapter of our Cathedral, were suddenly fetched from their homes, taken away from Munster and banished to far away places where they were told to stay permanently. I have had no answer whatsoever to my protests to the Minister of State. But this much could be established by means of telephone inquiries from the Gestapo: there is no suspicion or accusation of any punishable act on the part of either of the members of the Cathedral Chapter. They have been punished by banishment without any guilt on their part, without any accusation or the possibility to defend themselves.

Christians, listen carefully! It has been officially confirmed to us that no accusation of any punishable act is made against the members of the Chapter, Vorwerk and Echelmeyer.. They have done nothing punishable, and yet they are punished with banishment.

And why? Because I have done something which did not please the Government. At the four appointments to the Cathedral Chapter in the last two years the Government informed me in three instances that the nominations were not acceptable. Because according to the Prussian Concordat of 1929 intervention on the part of the Government is specifically excluded, I completed the nominations in two out of the four cases. If it is thought that I have acted against the law, let me be brought before the law. I am certain that no independent German Court will be able to condemn me for my actions in filling the vacancies.

Is it for this reason that not a court of justice but the Gestapo, whose activities in Germany are unfortunately not subject to any legal examination, have been used? Every German citizen is entirely unprotected and defenceless in face of the physical superiority of the Gestapo- entirely defenceless and unprotected. That is a thing that my fellow Germans have discovered in recent years, as for instance our beloved teacher of religion, Friedrichs, who is held captive without trial and without sentence. Thus the two gentlemen of the Chapter who are in exile and thus also the members of our Orders, who yesterday and today have suddenly been driven out of their property and out of town and country.

No one of us is sure, however faithful and conscientious a citizen he may be and however convinced he may be of his own innocence, that he will not one day be fetched from his home, deprived of his liberty and locked up in the cellars and concentration camps of the Gestapo.

I am quite clear about that, it may happen to me, today, any day. Because I shall then no longer be able to speak publicly, I want today to give a public warning against continuing on this path which, according to my firm conviction, will bring God's judgment on humanity and will lead to misery and destruction for our people and our country.

If I protest against these measures and punishments by the Gestapo, if I publicly demand an end to these conditions and a juridical examination or the withdrawal of these Gestapo measures, then I am only doing what the Governor General, Minister of State Dr. Frank, did when he wrote in February of this year in the publication of the Academy for German Justice-- "We want that dependable balance of internal order which will not allow the penal code to be debased to absolute authoritarianism of the power to prosecute against the accused who is already condemned from the beginning and deprived of every means of defence. The law must give the individual the legal possibility of defence, of explaining the circumstances of the deed and thereby of security against arbitrariness and injustice... otherwise it is better not to speak of a penal code, but of penal force. It is impossible to combine the idea of the Building of Justice with that of condemnation without any manner of defence... It is our task, like others, to represent authority in every form, and to give expression to the fact that we have to defend courageously the authority of justice as an important part of a lasting power." Thus wrote the Minister of State, Dr. Hans Frank.

I am fully aware that I, as bishop and as exponent and defender of divinely appointed justice and moral order, which gives to each individual those original rights and that liberty before which it is God's will that all human opposition must cease; that I, like Minister Frank, am called to defend courageously the authority of justice and to condemn the undefended condemnation of innocent people as an injustice that cries out to Heaven.

Christians! The imprisonment of many innocent people without the opportunity of defence and without a court sentence; the case of two members of the Cathedral Chapter who have been deprived of their liberty; the dissolution of the monasteries and the banishment of the innocent members of their orders, our brothers and sisters; all these things cause me today to recall publicly the old truth: "Justitia est fundeamentum regnorum", justice is the only secure foundation of every form of government.

The right to live, to be unmolested, the right to liberty is an indispensable part of every ordered community life. Certainly the State is justified in limiting this right of its citizens by way of punishment; but this authority the State only has vis-à-vis offenders against the law whose guilt can be proved by means of impartial legal proceedings. The state which oversteps this divinely willed limit and allows or causes the punishment of innocent people, undermines its own authority and every regard for its sovereignty in the minds of the citizens.

Unfortunately during the last few years we have repeatedly had to observe that more or less heavy penalties, mostly in the form of deprivation of liberty, were imposed without any crime having been proved against the victims by a regular legal procedure, and without their being given the opportunity to defend their rights or to prove their innocence.

How many Germans are languishing in police detention or concentration camps, who were ejected from their homes, who were never condemned by a public court or who, after being acquitted by a court or after serving the sentence imposed by the court, have again been taken into custody by the Gestapo and held captive. How many have been driven out of their home and out of the place where they work! I recall again the Reverend Bishop of Rottenburg, Johannes Baptista Sproll, an old man of 70 years, who recently had to celebrate his 25-years jubilee as bishop far from his diocese, because three years ago the Gestapo turned him out of his bishopric. I mention once more the two members of our Cathedral Chapter, the Reverend Gentlemen Vorwerk mad Echelmeyer. I recall our most honoured teacher of religion, Friedrichs, who is languishing in a concentration camp. I will refrain from mentioning any further names today. The name of an evangelical man, who risked his life for Germany as a German officer and submarine commander during the World War, and who has for years been deprived of his liberty, is well known to all of you, and we have the greatest regard for the bravery and religious courage of this noble German. (Pastor Niemoller is meant-remark of the copier.)

From this example you can see, my Christians, that it is not merely a Catholic concern about which I speak to you publicly today, but a Christian, yes a human and national, a religious matter.

"Justice is the foundation of States"! We observe with great sorrow today how the foundation is being shaken, how justice, how natural and Christian virtue, indispensable for the ordered existence of every human community, is not being preserved and held up unmistakably recognizable for all. Not only because of the rights of the church, not only for the right of human personality, but also for love of our nation and in deep concern for our country, we ask, we demand: "Justice"! Who would not fear for the existence of a house when he sees the foundations being undermined?

"Justice is the foundation of states"! Only when the possessors of state power bow in reverence before the royal majesty of Justice and use the sword of retribution only in the service of Justice; only then can the power of the State stand with sincerity and the chance of lasting success before the illegal use of force by those who are accidentally the stronger, before the suppression of the weaker and their debasement to unworthy servitude.

That holder of office will be able to count on an honest following and the free service of honorable men, whose measures and Judgments prove themselves in the light of unbiased opinion to be far from all arbitrariness and weighed by the incorruptible scales of Justice. Therefore the practice of condemnation and punishment without the chance of defence, without sentence, "the undefended damnation of those who are already condemned beforehand", as Minister of State Frank called it, creates a feeling of being without rights, and a mental attitude of fearfulness and servile cowardice, which in the long run must ruin the character of a nation and tear up its feeling of unity.

This is the conviction and the sorrow of all right-minded German men and women. This was openly and courageously expressed by a high official of the law in the year 1937 in the "Reichsverwaltungsblatt". He wrote: - "The greater the absolute power of an authority, the greater is the need for a guarantee of unimpeachable dealings; because errors are felt more heavily, and the danger of arbitrariness and wrong use is greater. If recourse to administrative Justice is excluded, there must in every case be a regular way for unbiased control, so that there can be no feeling of lack of rights, which in any case would be bound in the long run to harm the feeling of national unity.

This recourse to administrative Justice is excluded in the penal measures of the Gestapo. As none of us know of any means for the unbiased control of the measures taken by the Gestapo, of their limitations of liberty, their prohibitions of residence, their arrests and their imprisonment of German citizens in concentration camps, therefore in the furthest parts of the German nation a feeling of lack of rights, yes, of cowardly fear, has already taken hold, which is causing great harm to German national unity.

The obligations of my episcopal office to protect moral order, and the obligation of the oath which I took before God and the representative of the Reich Government in which I promised to prevent with all my power any harm which might threaten the German State, force me in face of the deeds of the Gestapo to pronounce this fact in a public warning.

My Christians: It may be said against me that by this frank speech I am weakening the internal Front of the German people now in this time of war. In reply I state: It is not I who am the cause of any weakening of the internal front, but those who, regardless of war, regardless of external tribulation, here in Munster at the end of a terrible week of grim enemy attacks, impose heavy punishment on innocent citizens without sentence and without the chance to defend themselves, robbing our fellow-countrymen, our brothers and sisters, of their property, throwing them into the street and hunting them from the country! They destroy the security of right, they undermine the consciousness of right, they destroy faith in the government of our State! I therefore, in the name of the upright German people, in the name of the Majesty of Justice, in the interests of peace and the unity of the internal front, raise my voice; therefore I call aloud as a German man, as an honourable citizen, as representative of the Christian religion, as a Catholic bishop:

We demand Justice!

If this call remains unheard, then the reign of Queen Justice will not be restored, then our German nation and country will go to pieces through inner putrefaction and rotting, in spite of the heroism of our soldiers and their glorious victories!

Let us pray for all who are in need, especially for the exiled members of our Religious Orders, for our town of Munster, that God may withhold further trials from us, for our German nation and country and for its Leader-

Our Father


Sermon Delivered by Bishop Clemens August Count of Galen on August 3, 1941

The Third Sermon, preached in the Church of St. Lambert's on August 3rd, 1941,in which
the Bishop attacks the Nazi practice of euthanasia and condemns the ‘mercy killings’ 
taking place in his own diocese. Note: Some words were printed in boldface by this website.


My Beloved Brethren,

In today's Gospel we read of an unusual event: Our Saviour weeps. Yes, the Son of God sheds tears. Whoever weeps must be either in physical or mental anguish. At that time Jesus was not yet in bodily pain and yet here were tears. What depth of torment He must have felt in His heart and Soul, if He, the bravest of men, was reduced to tears. Why is He weeping? He is lamenting over Jerusalem, the holy city He loved so tenderly, the capital of His race. He is weeping over her inhabitants, over His own compatriots because they cannot foresee the judgment that is to overtake them, the punishment which His divine prescience and justice have pronounced. ‘Ah, if thou too couldst understand, above all in this day that is granted thee, the ways that can bring thee peace!’ Why did the people of Jerusalem not know it? Jesus had given them the reason a short time before. ‘Jerusalem, Jerusalem . . . how often have I been ready to gather thy children together, as a hen gathers her chickens under her wings; and thou didst refuse it! I your God and your King wished it, but you would have none of Me. . . .’ This is the reason for the tears of Jesus, for the tears of God. . . . Tears for the misrule, the injustice and man's willful refusal of Him and the resulting evils, which, in His divine omniscience, He foresees and which in His justice He must decree. . . . It is a fearful thing when man sets his will against the will of God, and it is because of this that Our Lord is lamenting over Jerusalem.

My faithful brethren! In the pastoral letter drawn up by the German Hierarchy on the 26th of June at Fulda and appointed to be read in all the churches of Germany on July 6th, it is expressly stated: ‘According to Catholic doctrine, there are doubtless commandments which are not binding when obedience to them requires too great a sacrifice, but there are sacred obligations of conscience from which no one can release us and which we must fulfil even at the price of death itself. At no time, and under no circumstances whatsoever, may a man, except in war and in lawful defence, take the life of an innocent person.’

When this pastoral was read on July 6th I took the opportunity of adding this exposition:

For the past several months it has been reported that, on instructions from Berlin, patients who have been suffering for a long time from apparently incurable diseases have been forcibly removed from homes and clinics. Their relatives are later informed that the patient has died, that the body has been cremated and that the ashes may be claimed. There is little doubt that these numerous cases of unexpected death in the case of the insane are not natural, but often deliberately caused, and result from the belief that it is lawful to take away life which is unworthy of being lived.

This ghastly doctrine tries to justify the murder of blameless men and would seek to give legal sanction to the forcible killing of invalids, cripples, the incurable and the incapacitated. I have discovered that the practice here in Westphalia is to compile lists of such patients who are to be removed elsewhere as ‘unproductive citizens,’ and after a period of time put to death. This very week, the first group of these patients has been sent from the clinic of Marienthal, near Münster.

Paragraph 21 of the Code of Penal Law is still valid. It states that anyone who deliberately kills a man by a premeditated act will be executed as a murderer. It is in order to protect the murderers of these poor invalids—members of our own families—against this legal punishment, that the patients who are to be killed are transferred from their domicile to some distant institution. Some sort of disease is then given as the cause of death, but as cremation immediately follows it is impossible for either their families or the regular police to ascertain whether death was from natural causes.

I am assured that at the Ministry of the Interior and at the Ministry of Health, no attempt is made to hide the fact that a great number of the insane have already been deliberately killed and that many more will follow.

Article 139 of the Penal Code expressly lays down that anyone who knows from a reliable source of any plot against the life of a man and who does not inform the proper authorities or the intended victim, will be punished. . . .

When I was informed of the intention to remove patients from Marienthal for the purpose of putting them to death I addressed the following registered letter on July 29th to the Public Prosecutor, the Tribunal of Münster, as well as to the Head of the Münster Police:

‘I have been informed this week that a considerable number of patients from the provincial clinic of Marienthal are to be transferred as citizens alleged to be "unproductive" to the institution of Richenberg, there to be executed immediately; and that according to general opinion, this has already been carried out in the case of other patients who have been removed in like manner. Since this sort of procedure is not only contrary to moral law, both divine and natural, but is also punishable by death, according to Article 211 of the Penal Code, it is my bounden obligation in accordance with Article 139 of the same Code to inform the authorities thereof. Therefore I demand at once protection for my fellow countrymen who are threatened in this way, and from those who purpose to transfer and kill them, and I further demand to be informed of your decision.’

I have received no news up till now of any steps taken by these authorities. On July 26th I had already written and dispatched a strongly worded protest to the Provincial Administration of Westphalia which is responsible for the clinics to which these patients have been entrusted for care and treatment. My efforts were of no avail. The first batch of innocent folk have left Marienthal under sentence of death, and I am informed that no less than eight hundred cases from the institution of Waestein have now gone. And so we must await the news that these wretched defenceless patients will sooner or later lose their lives. Why? Not because they have committed crimes worthy of death, not because they have attacked guardians or nurses as to cause the latter to defend themselves with violence which would be both legitimate and even in certain cases necessary, like killing an armed enemy soldier in a righteous war.

No, these are not the reasons why these unfortunate patients are to be put to death. It is simply because that according to some doctor, or because of the decision of some committee, they have no longer a right to live because they are ‘unproductive citizens’. The opinion is that since they can no longer make money, they are obsolete machines, comparable with some old cow that can no longer give milk or some horse that has gone lame. What is the lot of unproductive machines and cattle? They are destroyed. I have no intention of stretching this comparison further. The case here is not one of machines or cattle which exist to serve men and furnish them with plenty. They may be legitimately done away with when they can no longer fulfil their function. Here we are dealing with human beings, with our neighbours, brothers and sisters, the poor and invalids . . . unproductive—perhaps! But have they, therefore, lost the right to live? Have you or I the right to exist only because we are ‘productive’? If the principle is established that unproductive human beings may be killed, then God help all those invalids who, in order to produce wealth, have given their all and sacrificed their strength of body. If all unproductive people may thus be violently eliminated, then woe betide our brave soldiers who return home, wounded, maimed or sick.

Once admit the right to kill unproductive persons . . . then none of us can be sure of his life. We shall be at the mercy of any committee that can put a man on the list of unproductives. There will be no police protection, no court to avenge the murder and inflict punishment upon the murderer. Who can have confidence in any doctor? He has but to certify his patients as unproductive and he receives the command to kill. If this dreadful doctrine is permitted and practised it is impossible to conjure up the degradation to which it will lead. Suspicion and distrust will be sown within the family itself.A curse on men and on the German people if we break the holy commandment ‘Thou shalt not kill’ which was given us by God on Mount Sinai with thunder and lightning, and which God our Maker imprinted on the human conscience from the beginning of time! Woe to us German people if we not only licence this heinous offence but allow it to be committed with impunity!

I will now give you a concrete example of what is taking place here. A fifty-five-year-old peasant from a country parish near Münster—I could give you his name—has been cared for in the clinic of Marienthal for some years suffering from some mental derangement. He was not hopelessly mad, in fact he could receive visitors and was always pleased to see his family. About a fortnight ago he had a visit from his wife and a soldier son who was home on leave from the front. The latter was devoted to his sick father. Their parting was sad, for they might not see each other again as the lad might fall in battle. As it happens this son will never set eyes on his father again because he is on the list of the ‘unproductives’. A member of the family who was sent to see the father at Marienthal was refused admission and was informed that the patient had been taken away on the orders of the Council of Ministers of National Defence. His whereabouts was unknown. The family would receive official notification in due course. What will this notice contain? Will it be like all the others, namely that the man is dead and that the ashes of his body will be sent on the receipt of so much money to defray expenses? And so the son who is now risking his life at the front for his German compatriots will never again see his father. These are the true facts and the names of all those concerned are available.
‘Thou shalt not kill.’ God engraved this commandment on the souls of men long before any penal code laid down punishment for murder, long before any court prosecuted and avenged homicide. Cain, who killed his brother Abel, was a murderer long before courts or states came into existence, and plagued by his conscience he confessed, ‘Guilt like mine is too great to find forgiveness . . . and I shall wander over the earth, a fugitive; anyone I meet will slay me.’

Because of His love for us God has engraved these commandments in our hearts and has made them manifest to us. They express the need of our nature created by God. They are the unchangeable and fundamental truths of our social life grounded on reason, well pleasing to God, healthful and sacred. God, Our Father, wishes by these precepts to gather us, His children, about Him as a hen shelters her brood under her wings. If we are obedient to His commands, then we are protected and preserved against the destruction with which we are menaced, just as the chicks beneath the wings of the mother. ‘Jerusalem, Jerusalem . . . how often have I been ready to gather thy children together, as a hen gathers her chickens under her wings; and thou didst refuse it!’

Does history again repeat itself here in Germany, in our land of Westphalia, in our city of Münster? Where in Germany and where, here, is obedience to the precepts of God? The eighth commandment requires ‘Thou shalt not bear false witness against thy neighbour’. How often do we see this commandment publicly and shamelessly broken? In the seventh commandment we read, ‘Thou shalt not steal’. But who can say that property is safe when our brethren, monks and nuns, are forcibly and violently despoiled of their convents, and who now protects property if it is illegally sequestered and not given back?

The sixth commandment tells us, ‘Thou shalt not commit adultery’. Consider the instructions and assurances laid down on the question of free love and child-bearing outside the marital law in the notorious open letter of Rudolf Hess, who has since vanished, which appeared in the Press. In this respect look at the immorality and indecency everywhere in Münster today. Our young people have little respect for the propriety of dress today. Thus is modesty, the custodian of purity, destroyed, and the way for adultery lies open.

How do we observe the fourth commandment which enjoins obedience and respect to parents and superiors? Parental authority is at a low ebb and is constantly being enfeebled by the demands made upon youth against the wishes of the parents. How can real respect and conscientious obedience to the authority of the State be maintained, to say nothing of the Divine commandments, if one is fighting against the one and only true God and His Faith?

The first three commandments have long counted for nothing in the public life of Germany and here also in Münster . . .. The Sabbath is desecrated; Holy Days of Obligation are secularized and no longer observed in the service of God. His name is made fun of, dishonoured and all too frequently blasphemed. As for the first commandment, ‘Thou shalt not have strange gods before me’, instead of the One, True, Eternal God, men have created at the dictates of their whim, their own gods to adore Nature, the State, the Nation or the Race. In the words of St. Paul, for many their god is their belly, their ease, to which all is sacrificed down to conscience and honour for the gratification of the carnal senses, for wealth and ambition. Then we are not surprised that they should claim divine privileges and seek to make themselves overlords of life and death.

‘And as He drew near, and caught sight of the city, He wept over it, and said: "Ah, if thou too couldst understand, above all in this day that is granted thee, the ways that can bring thee peace! As it is, they are hidden from thy sight. The days will come upon thee when thy enemies will fence thee round about, and encircle thee, and press thee hard on every side, and bring down in ruin both thee and thy children that are in thee, not leaving one stone of thee upon another; and all because thou didst not recognize the time of My visiting thee."’

Jesus saw only the walls and towers of the city of Jerusalem with His human eye, but with His divine prescience He saw far beyond and into the inmost heart of the city and its inhabitants. He saw its wicked obstinacy, terrible, sinful and cruel. Man, a transitory creature, was opposing his mean will to the Will of God. That is the reason why Jesus wept for this fearful sin and its inevitable punishment. God is not mocked.

Christians of Münster! Did the Son of God in His omniscience see only Jerusalem and its people? Did He weep only on their behalf? Is God the protector and Father of the Jews only? Is Israel alone in rejecting His divine truth? Are they the only people to throw off the laws of God and plunge headlong to ruin? Did not Jesus, Who sees everything, behold also our German people, our land of Westphalia and the Lower Rhine, and our city of Münster? Has He not also wept for us? For a thousand years He has instructed us and our forbears in the Faith. He has led us by His law. He has nourished us with His grace and has gathered us to Him as the hen does her brood beneath its wings. Has the all-knowing Son of God seen that in our own time He would have to pronounce on us that same dread sentence? ‘Not leaving one stone of thee upon another; and all because thou didst not recognize the time of My visiting thee.’ That would indeed be a terrible sentence.

My dearly Beloved, I trust that it is not too late. It is time that we realized today what alone can bring us peace, what alone can save us and avert the divine wrath. We must openly, and without reserve, admit our Catholicism. We must show by our actions that we will live our lives by obeying God's commandments. Our motto must be: Death rather than sin. By pious prayer and penance we can bring down upon us all, our city and our beloved German land, His grace and forgiveness.

But those who persist in inciting the anger of God, who revile our Faith, who hate His commandments, who associate with those who alienate our young men from their religion, who rob and drive out our monks and nuns, who condemn to death our innocent brothers and sisters, our fellow human beings, we shun absolutely so as to remain undefiled by their blasphemous way of life, which would lay us open to that just punishment which God must and will inflict upon all those who, like the thankless Jerusalem, oppose their wishes to those of God.

O my God, grant to us all now on this very day, before it is too late, a true realization of the things that are for peace. O Sacred Heart of Jesus, oppressed even unto tears by the blindness and sins of men, help us by Thy grace to seek always what is pleasing to Thee and reject what is displeasing, so that we may dwell in Thy Love and find rest in our souls. Amen.

Source: The above is from the book, Cardinal von Galen, by Rev. Heinrich Portmann, translated by R.L. Sedgwick, 1957, pp. 239-246.

Cardinal Clemens August von Galen Approved by Pope John Paul II for Beatification

"a model of fearless opposition to euthanasia"

VATICAN CITY, December 21, 2004 (LifeSiteNews.com) - Cardinal Clemens August von Galen, known as the "Lion of Munster", has been approved by Pope John Paul II for beatification, a step on the road toward being declared a saint in the Catholic Church.

Cardinal von Galen was best known for his stand against Hitler which was ignited mainly through his defeat of Hitler's program of euthanasia for the mentally and physically disabled. The Society for the Protection of Unborn Children (SPUC) welcomed the announcement of the German Cardinal's upcoming beatification.

John Smeaton, SPUC national director, commented: "Cardinal von Galen is a model of fearless opposition to euthanasia, and we thank the Holy Father for honouring such heroic pro-life witness."

Historians relate that Hitler's eugenics policy called for euthanasia of those with incurable diseases. By 1940 busloads of unsuspecting victims were taken to medical centers for extermination. Then-Bishop von Galen's famous August 3, 1941 sermon against the euthanasia program is regarded as a turning point in the war.

Using language today's pro-lifers will find very familiar, Bishop von Galen condemned the attempt "to give legal sanction to the forceable killing of invalids, cripples, the incurable and the incapacitated." He said, "Once admit the right to kill unproductive persons, then none of us can be sure of his life. A curse on men and on the German people if we break the holy commandment 'Thou shalt not kill'... Woe to us German people if we not only licence this heinous offence but allow it to be committed with impunity".

By the end of August the euthanasia program was cancelled. While Nazi leaders contemplated killing the good bishop, they were concerned about a public uprising given his vast popularity among the people.

Source: LifeSiteNews.com.