jeudi 19 mars 2015

Bienheureux MARCEL CALLO, martyr


Bienheureux Marcel Callo

Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné, en 1943, par l'occupant allemand pour le Service du Travail Obligatoire, il lui faut partir pour l'Allemagne. Il décide de s'y comporter « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C'est alors qu'il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable de s'exprimer en français. Marcel entraîne avec lui à ses messes des camarades français qui ne sont guère familiers de l'Eglise. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l'attention de la Gestapo qui n'aime guère cette "action catholique". Arrêté, il est déporté à Mathausen. Soumis à la soif, la faim, battu, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d'autres prisonniers. Bientôt, à bout de force, il est envoyé à l'infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continuera de soutenir ses compagnons de misère, jusqu'au bout, alors que lui-même se meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie. Il y consomme son sacrifice le 19 mars 1945.


Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921 dans la paroisse de Saint-Aubin (aujourd’hui Notre-Dame de Bonne-Nouvelle). Deuxième d’une famille de 9 enfants dont 3 garçons et 6 filles. Il va entrer à l’école Sainte-Anne de la rue de Dinan. Il est doué mais souvent inattentif et obtient son certificat d’études en candidat libre.

Il est membre de la Croisade eucharistique des jeunes, mouvement issu de la 1re Guerre mondiale (aujourd’hui devenu le Mouvement Eucharistique des Jeunes). En 1933, il adhère aux Scouts de France, dans la patrouille des Hermines de la Troupe Jacques-Cartier à Rennes, puis devient chef de patrouille.

Apprenti typographe à l’imprimerie Simon en 1934, il apprécie ce métier pour lequel il a rapidement certaines facilités. Inséré dans le monde professionnel, il milite à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) à la section St-Aubin en 1936. Il participe au congrès national de la JOC à Paris en 1937 avec 85 000 jeunes : un évènement qui le marquera tout au long de sa vie.

Il se fiance officiellement le 6 décembre 42 avec Marguerite Derniaux.

La sœur de Marcel décède dans un bombardement le 8 mars 1943. Trois jours plus tard il reçoit sa convocation pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne. Il arrive à Zella-Melhis, province de Thuringe, dans une fabrique de revolvers lance-fusées. Les deux premiers mois sont très difficiles, la dépression est proche. Il milite dans l’action catholique avec d’autres réquisitionnés et cela pendant plusieurs mois sans encombres.

L’inévitable arrive, il est arrêté pour son militantisme le 19 Avril 1944 et envoyé à la prison de Gottha. D’abord en cellule, il est regroupé par la suite avec d’autres chrétiens au 3e étage de la prison. Ils vivent alors une vraie vie de prière et de partage.

Deuxième arrestation pour le même motif, il est alors déporté, d’abord à Flossenburg en octobre 1944, puis à Mauthausen : travail forcé 12 heures de suite, le fouet, la nourriture quasi inexistante, promiscuité, rassemblement sadique et interminable dans le froid.

Après avoir perdu 40 kilos et malgré sa combativité et sa foi toujours présente, il succombe à diverses maladies le 19 mars 1945.

Il est béatifié le 4 octobre 1987 par le pape Jean-Paul II.

Un film sur Marcel Callo a été réalisé en 2007, à l’occasion du 20e anniversaire de sa béatification. Réalisé par Yves-Marie Geffroy et Marc Bellay, il a été diffusé sur TV Rennes 35 dans sa version courte (à visionner ci-dessous) et est disponible en version longue en DVD.

·      Site de présentation du DVD « Un ciel en enfer, Marcel Callo » : http://www.marcelcallo.fr. Durée : 52 mn + Bonus : 20 mn. A commander à www.editions-crer.fr.

·      Pour visionner la version courte, diffusée sur TV Rennes 35, allez sur cette page. Durée : 13 minutes.

LIVRES
·      « Beaucoup Trop Catholique : le Bienheureux Marcel Callo », de Francine Bay, Ed. Tequi - Collection Les Sentinelles / 2004

·      « Marcel Callo : témoin d’une génération », du Cardinal Gouyon, Ed. SOS /1981

·      « Marcel Callo, Aventurier de l’Espérance », de Henri Le Boursicaud / 1991, à commander sur http://www.emmaus-liberte.org ou à : Rédaction du site Emmaüs-Liberté-Charenton, 2 bis av de la Liberté, 94220 Charenton Le Pont.

·      « Marcel Callo », de Fanch Morvannou, paru en 2007. 

A commander chez l’auteur : Fanch Morvannou, 36 rue du Guelmeur, 29200 Brest, Tél. 02 98 02 03 49.


BANDE DESSINÉE
·      « Un témoin du Christ : Marcel Callo » : petit 4 pages en couleur paru en 1988. A été réédité pour le 60e anniversaire de sa mort. Disponible à la Pastorale des jeunes, 45 rue de Brest à Rennes, tél. 02 99 14 35 60.


Statue de Marcel Callo en l'église Saint-Aubin de Rennes

Biographie de Marcel CALLO
Marcel Callo est le second d'une famille de neuf enfants. Marcel se révèle malicieux, taquin, très affectueux et sait reconnaître ses torts. Déjà se manifeste son talent de meneur de jeu. A 12 ans, il entre en apprentissage et prend à cœur son rôle d'aîné après le départ de son frère au séminaire. Il adhère à la croisade eucharistique, mouvement dont le but est d'apprendre aux enfants et adolescents à faire de leur vie une prière ininterrompue, en plaçant l'Eucharistie au cœur de toute initiative, dans un but apostolique, selon la devise des croisés: "Prie, communie, sacrifie­toi, sois apôtre".

Puis il entre chez les scouts où il prend plaisir à observer la loi et à participer aux activités. Par ailleurs, ses débuts dans l'imprimerie où il travaille comme typographe s'avèrent difficiles, l'ambiance y est pesante. Son dynamisme se heurte à des préoccupations beaucoup plus malsaines des ouvriers plus âgés qui se targuent d'initier les plus jeunes. Sur les conseils de sa mère, Marcel se tourne vers la Vierge, secours des adolescents; cela lui vaut le surnom de "Jésus-Christ". Malgré tous ces obstacles, le jeune homme devient rapidement un ouvrier compétent et honnête, apprécié de son contremaître et des jeunes apprentis qu'il protège.

Il quitte le scoutisme, un peu à contrecœur, pour entrer à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.

En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire) : malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire : là-bas également l'apostolat est urgent.

Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de 3000 ouvriers environ. Il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe. Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront 12), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des kommandos.

Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne: J'ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l'ai connu qu'aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m'a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. (...) Si j'ai gardé son souvenir, alors que j'ai passé par plusieurs camps et que j'ai connu de nombreux prisonniers, c'est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j'ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle. Si moi, parpaillot, qui ai vu des milliers de prisonniers mourir, j'ai été frappé par le regard de Marcel Callo, c'est qu'il y avait en lui quelque chose d'extraordinaire. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu'il partait vers le bonheur. C'était un acte de foi et d'espérance vers une vie meilleure. Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien.

Le mardi 12 juin 1945, un service funèbre fut célébré pour le repos de l'âme du jeune martyr Marcel Callo en la basilique Notre-Dame de Bonne­-Nouvelle de Rennes. Par la suite, le Père Jégo, aumônier du lycée St-Martin de Rennes et ami de la famille, entreprit d'écrire un livre sur la vie du jeune Marcel Callo, ouvrage qui parut à la fin de l'année 1946. Très vite, ce livre connu un grand succès et il fut traduit en de nombreuses langues, dont en allemand par un certain Père Gérardi qui sera, avec sa secrétaire, Rosemarie Scholze (devenue Mme Pabel), le grand promoteur de la cause de béatification de Marcel Callo. C'est lui qui insistera auprès de l'évêque de Rennes, mais aussi du Pape Pie XII pour que s'ouvre le procès informatif diocésain, première étape du procès de béatification. Ce sera finalement le Cardinal Paul Gouyon qui s'attèlera à cette tâche, rédigeant lui-même un ouvrage sur le jeune rennais: « Marcel Callo, témoin d'une génération ». Finalement, il faudra attendre le dimanche 4 octobre 1987 pour que le Pape Jean-Paul II, à l'occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde, béatifie le jeune Marcel Callo, en même temps que deux jeunes italiennes, Antonia Mesina et Pierina Morosini, martyres elles aussi.

Le rayonnement posthume de ce jeune breton ayant rejoint le Christ à 24 ans est immense, notamment chez les catholiques allemands qui l'associent d'emblée à Edith Stein ou Maximilien Kolbe. Le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis ; le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph. De nombreuses églises ou paroisses sont placées sous l'invocation de Marcel Callo : Tremblay-en-France, Rennes, Nantes, Caen, Lille, Flers-de-l'Orne, Douai, Savigny-sur-Orge, La Haye-du-Puits, Montferrier-sur-Lez, ainsi qu'en Autriche dans le diocèse de Linz.

Extraits de l'homélie du Pape Jean-Paul II 4 octobre 1987

"Marcel Callo, que j'ai la joie de déclarer Bienheureux, au milieu de sa famille, de son diocèse de Rennes et de nombreux représentants de la JOC et du scoutisme, n'est pas arrivé tout seul à la perfection évangélique. Une famille modeste, profondément chrétienne, l'a porté. Le scoutisme, puis la JOC ont pris le relais. Nourri par la prière, les sacrements et une action apostolique réfléchie selon la pédagogie de ces mouvements, il a construit l'Église avec ses frères, les jeunes travailleurs chrétiens. C'est en Église que l'on devient chrétien, et c'est avec l'Église que l'on construit une humanité nouvelle.

Marcel n'est pas arrivé tout de suite à la perfection évangélique. Plein de talents et de bonne volonté, il a aussi connu de longs combats contre l'esprit du monde, contre lui-même, contre le poids des choses et des gens. Mais, pleinement ouvert à la grâce, il s'est laissé progressivement conduire par le Seigneur, jusqu'au martyre.

L'épreuve a mûri son amour personnel pour le Christ. De sa prison il écrit à son frère, récemment ordonné prêtre : "Heureusement, il est un Ami qui ne me quitte pas un instant et qui sait me soutenir et me consoler. Durant les heures pénibles et accablantes, avec Lui on supporte tout. Combien je remercie le Christ de m'avoir tracé le chemin que je suis en ce moment".

Parvenu dans la joie éternelle de Dieu, il témoigne que la foi chrétienne ne sépare pas la terre du ciel. Le ciel se prépare sur la terre dans la justice et l'amour. Quand on aime on est déjà "bienheureux". Le colonel Tibodo, qui avait vu mourir des milliers de prisonniers, l'assistait à l'aube du 19 mars 1945; il témoigne avec insistance et émotion : Marcel avait le regard d'un saint.

Le message vivant délivré par le jociste Marcel Callo nous concerne tous. Aux jeunes travailleurs chrétiens, il montre le rayonnement extraordinaire de ceux qui se laissent habiter par le Christ, et se donnent à la libération intégrale de leurs frères. Aux chrétiens du diocèse de Rennes, et dans le sillage des évêques fondateurs Amand et Melaine, du Bienheureux Yves Maheuc, du Bienheureux Julien Maunoir, de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, de la Bienheureuse Jeanne Jugan, Marcel Callo rappelle la fécondité spirituelle de la Bretagne quand elle sait vivre dans la foi de ses frères. A nous tous, laïcs, religieux, prêtres ou évêques, il relance l'appel universel à la sainteté; une sainteté et une jeunesse spirituelle dont notre vieux monde occidental a tant besoin pour continuer d'annoncer l'Évangile "à temps et à contretemps" !"

Basilique Saint-Pierre de Rome, Le 4 octobre 1987

Source : Diocèse de Rennes.

Bienheureux Marcel Callo, une vie offerte pour un monde meilleur

Marcel Callo, un jeune ouvrier de Rennes, avait 24 ans quand il est mort en camp de concentration à Maathausen. Sa vie de foi, son amour du Seigneur, sa passion pour la vie et la dignité de ses frères, l’ont conduit au martyre. Jugé « trop catholique », il sera arrêté par la Gestapo et déporté.


Au milieu des combats de son temps, et de ses combats personnels, il s’est laissé façonner par la grâce, jusqu’à l’ultime témoignage.

Avec lui, nous pouvons apprendre à faire de notre humanité, de nos énergies propres un lieu offert au Seigneur, jusqu’au bout, une vie offerte aux frères et exposée à l’amour.


Biographie

Marcel Callo est né à Rennes le 6 décembre 1921, dans une famille d’ouvriers, originaire du monde rural.

A 12 ans, il entre en apprentissage et adhère à la Croisade eucharistique. Selon la devise des croisés : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre », Marcel veut placer l’Eucharistie au cœur de toute initiative et faire de sa vie une prière ininterrompue.

Ses débuts dans l’imprimerie, où il est typographe, sont difficiles : il se heurte à un monde ouvrier souvent rude, très déchristianisé. Cela le conduit à entrer à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), où il veut privilégier la vie spirituelle comme source de toute action. A la JOC, il assume vite des responsabilités et se dépense sans compter, y compris quand en 1940 la JOC deviendra clandestine.

En 1943, Marcel vient de se fiancer quand il perd sa sœoeur dans un bombardement et est réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire, en Allemagne).

Il accepte de partir, par souci de sa famille – qui risquerait sinon des représailles – et, surtout, par souci apostolique.

Il est alors envoyé à Zella-Mehlis, où la détresse et le découragement le gagnent. Il surmonte peu à peu cette période en organisant clandestinement la vie chrétienne du groupe. Son engagement chrétien aux côtés de ses frères de travail le trahit : il est arrêté par la Gestapo qui le juge « trop catholique ». Envoyé à la prison de Gotha, avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe, il est envoyé aux camps de Flossenburg puis de Maathausen. Là, il va partager la souffrance des déportés, d’autant plus vive dans l’affolement qui gagne les nazis à l’heure où les alliés avancent. Le 19 mars 1945, il meurt d’épuisement et de souffrances à l’estomac, assisté par un ami qui restera bouleversé de son attitude pleine de dignité et d’espérance.

Nourri par la prière et la vie de l’Eglise, Marcel a su se laisser conduire jusqu’au bout, au service de ses frères et du Seigneur, dans une confiance sûre, mûrie dans les épreuves. Il est témoin de la joie et de la vie du Seigneur, au milieu de l’horreur.

Une vie donnée aux frères

Marcel Callo s’est laissé pousser par le vent de l’Esprit au service de ceux qui lui ont été donnés : ouvriers de l’imprimerie, compagnons de travail du STO, frères de la JOC.

Malgré les arrachements et l’injustice, c’est pour eux qu’il part au STO en 1943. C’est encore eux qui, là-bas, l’arracheront au découragement et à la désespérance.

Marcel s’est laissé tourner par le Seigneur vers le frère, arracher à lui-même. Cela ne s’est pas fait d’un coup, mais, ouvert à la grâce, il s’est laissé conduire. Au quotidien d’abord, puis, peu à peu, en risquant davantage pour lui-même.

C’est la vie même du Seigneur qui nous est donnée à contempler quand des hommes et des femmes se laissent ainsi gagner par l’amour du frère : « pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

A la suite de Jésus, regardant en Marcel Callo un de ces témoins ordinaires, il nous faut nous laisser « passionner » par le frère, par sa vie, par sa dignité.

Une vie engagée


La vie de Marcel Callo est une vie engagée, résolument engagée.

Si Marcel est un priant, ce n’est pas un inactif, ni un indifférent.


Il se laisse engager, questionner par ceux qu’il rencontre, là où il est. Cela le conduit à des décisions de vie, parfois coûteuses : continuer la JOC en clandestinité, le STO en 1943…

Marcel se dépense sans compter pour assumer les responsabilités pratiques et morales de sa vie de foi et de prière. Il ne va pas chercher loin : il va chercher là où il est, dans le monde ouvrier. C’est là où il est que le Seigneur l’appelle à servir son Royaume.

Et nous, est-ce que nous nous laissons engager par le Seigneur là où nous sommes ?


Est-ce que nous acceptons d’entrer dans des décisions coûteuses ?

Quels appels ceux que nous rencontrons nous lancent-ils ?


Entendons-nous cet appel du Seigneur à assumer, avec notre énergie et notre inventivité, les responsabilités pratiques de notre vie de foi ?

Au coeur de la tourmente, une vie exposée

Le secret de Marcel Callo, c’est de s’être laissé exposer à la vie et à l’amour du Seigneur. De s’y être laissé exposer concrètement.

Toute sa vie est nourrie de la prière, de l’Eucharistie, de la vie en Eglise. C’est là qu’il a puisé sa force et sa confiance.

Cela ne lui a pas épargné les heures de doute, de combat, d’incertitude. Les années de guerre, en France, sont des années pleines d’incertitude, de tourmente, de crainte. Marcel, comme tout le monde, a connu cela. Mais c’est là qu’il s’est laissé traverser, conduire, au cœur de la prière et de l’action, par la vie et l’amour du Seigneur. Il s’est laissé exposer, avec toutes les forces qui l’habitaient et habitaient son temps.

Marcel a connu des combats : combats contre l’esprit du monde, contre lui-même, contre le poids des choses et des gens. Ces épreuves ont mûri son amour pour le Christ : il s’est laissé exposer avec lui. Avec lui, il a appris à résister, en se laissant conduire par la grâce.

De sa prison, il écrit à son frère : « Heureusement, il est un Ami qui ne me quitte pas un instant et qui sait me soutenir et me consoler. Durant les heures pénibles et accablantes, avec Lui on supporte tout. Combien je remercie le Christ de m’avoir tracé le chemin que je suis en ce moment. »

Avec Marcel Callo, nous sommes invités à laisser exposer nos vies. Comme lui, en suivant le Christ, nous rencontrons les combats de ce monde. Comme lui, au cœur de la prière, dans l’action, nous sommes invités à recevoir du Seigneur la force de résister, dans la confiance.


Seigneur, mets en nous ton Esprit,
Esprit de sagesse et d’intelligence,
Esprit de conseil et de force,
Esprit de connaissance et de crainte du Seigneur,
pour que nous te suivions jusqu’au bout,
en nous exposant avec toi,
dans notre vie concrète,
à l’amour et à la confiance
qui viennent du Père.


Bienheureux Marcel Callo

Martyr ( 1945)

Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné, en 1943, par l'occupant allemand pour le Service du travail obligatoire, il lui faut partir pour l'Allemagne. Il décide de s'y comporter 'en missionnaire, pour aider ses frères jocistes'. Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C'est alors qu'il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable s'exprimer en français. Marcel entraîne avec lui à ces messes des camarades français qui ne sont guère familiers de l'Eglise. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l'attention de la Gestapo qui n'aime guère cette 'action catholique'. Arrêté, il est déporté à Mathausen. Soumis à la soif, la faim, battu, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d'autres prisonniers. Bientôt, à bout de force, il est envoyé à l'infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continuera de soutenir ses compagnons de misère, jusqu'au bout, alors que lui-même se meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie.

Béatifié le 4 octobre 1987 par le pape Jean-Paul II.

Voir aussi sur le site du diocèse de Rennes: Marcel Callo, jeune jociste mort en déportation.

- Manifestations organisées jeudi 19 mars 2015 à Rennes pour marquer le 70e anniversaire de la mort de Marcel Callo.

Au camp de concentration de Mauthausen en Autriche, l’an 1945, le bienheureux Marcel Callo, martyr. Jeune ouvrier de Rennes requis en Allemagne, pendant la guerre, au titre du service de travail obligatoire, puis interné, il réconfortait, par sa foi ardente, ses codétenus à bout de forces à cause des travaux pénibles et fut pour cela réduit à la mort.


Martyrologe romain


Blessed Marcel Callo

1921-1945

Marcel Callo was born on December 6, 1921, in Rennes, France, being one of nine children. He was a happy child, who was known to be a leader and a perfectionist. He helped with his household chores and he helped take care of his younger siblings. After completing his primary studies, he became an apprentice to a printer around age 13. He did not like associating with fellow workers who swore and told many improper stories. He preferred accompanying good Catholic friends who belonged to the JOC, Jeunesse Ouvriere Chretienne (Young Christian Worker). He had a good sense of humor and would like to wrestle, play football, ping pong, cards and bridge.

When Marcel was 20 he fell in love with Marguerite Derniaux. He did not degrade women like his fellow worker but instead had deep respect for women. He said, "I am not one to amuse myself with the heart of a lady, since my love is pure and noble. If I have waited until 20 years old to go out with a young lady, it is because I knew that I wanted to find real love. One must master his heart before he can give it to the one that is chosen for him by Christ." It took him about one year to declare his love to Marguerite and an additional four months before they first kissed. After being engaged, they imposed a strict spiritual rule of life which included praying the same prayers and going to Mass and receiving the Eucharist as often as they could.

On March 8, 1943, the war (World War II) had gripped their city of Rennes. That day his sister, Madeleine was killed by one of the bombs that leveled her building. When the Germans later occupied France, Marcel was ordered and deported to Zella-Mehlis, Germany to the S.T.O.,Service du Travail Obligatoire (Service of Obligatory Work). If he did not comply, his family would be arrested, so he went.

Once there, he worked in a factory that produced bombs that would be used against his own countrymen. After three months or so of missing his family and missing Mass (there was no Catholic church in that town), Marcel became seriously depressed. He later found a room where Mass was offered on Sunday. This helped change his disposition. He reported that, "Finally Christ reacted. He made me to understand that the depression was not good. I had to keep busy with my friends and then joy and relief would come back to me."

With his morale and hope restored, he cared for his deported friends. He organized a group of Christian workers who did activities together like play sports or cards. He also organized a theatrical group. He galvanized his friends despite him suffering from painful boils, headaches and infected teeth. For his French friends, he arranged a Mass to be celebrated in their native tongue. Eventually, his religious activities attracted unwanted attention from the German officials. The Germans arrested Marcel on April 19, 1944 saying that, "Monsieur is too much of a Catholic."

The Germans interrogated Marcel. He admitted his Catholic activities and was imprisoned in Gotha. He secretly received the Eucharist while in prison and continued to pray and help his companions. He was considered dangerous to the Germans and was moved to a different prison at Mathausen. He suffered from various ailments such as bronchitis, malnutrition, dysentery, fever, swelling, and generalized weakness. He never complained. Despite his suffering, he encouraged his companions by saying, "It is in prayer that we find our strength." He died on the feast of St. Joseph, March 19, 1945. The date was exactly two years from the day he left home.Pope John Paul II beautified Marcel Callo on October 4, 1987 along with two Italian martyrs, Antonio Mesina and Pierina Morosini.