jeudi 12 mars 2015

Saint THÉOPHANE le CHRONOGRAPHE,moine, higoumène et confesseur


Saint Théophane le Chronographe, abbé

Gouverneur de Cyzique, ce fonctionnaire byzantin se retira dans la solitude d'une de ses propriétés, y fonda un premier monastère, puis bientôt un second où il vécut dans la plus stricte observance monastique, l'ascèse et la prière. Il écrivit alors une "chronographie" qui reste l'une des meilleures sources historiques de l'histoire byzantine. Pour avoir défendu par son éloquence et son savoir, la doctrine des Saintes Images, il fut d'abord enfermé pendant deux années dans un sombre cachot, puis exilé dans l'ile de Samothrace sous l’empereur Léon l’Arménien. Trop affaibli, il ne put survivre qu'une vingtaine de jours aux fatigues de ce voyage et mourut en 817.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/03/12/13601/-/saint-theophane-le-chronographe-abbe

Saint Théophane le Chronographe

Moine et higoumène à Samothrace, exilé par Léon l'Arménien ( 817)

Confesseur. 

Après de longues fiançailles, il réussit à convaincre la jeune fille de le laisser aller vers une vie pleinement consacrée à Dieu. Ils vécurent ainsi deux années de mariage dans la virginité. Envoyé comme gouverneur de la Cyzique par l'empereur de Constantinople, il restera attaché à ce vœu, malgré toutes les pressions de sa famille. Quelques années plus tard, il se retira dans la solitude d'une de ses propriétés, y fonda un premier monastère, puis, toujours avec ses biens, il acquit de quoi construire un deuxième monastère où il vécut dans la plus stricte observance monastique l'ascèse et la prière. Il écrivit alors une "chronographie" qui reste l'une des meilleures sources historiques de l'histoire byzantine. Pour avoir défendu par son éloquence et son savoir, la doctrine des Saintes Images, il fut d'abord enfermé pendant deux années dans un sombre cachot, puis exilé dans l'île de Samothrace. Trop affaibli, il ne peut survivre qu'une vingtaine de jours aux fatigues de ce voyage.

Dans l’île de Samothrace, en 817, le trépas de saint Théophane, surnommé le Chronographe. De très riche familier de l’empereur, il se fit pauvre et moine. Devenu supérieur du monastère de Grand-Champ, qu’il avait construit près de Sigriane en Bithynie, il défendit le culte des saintes images au second Concile de Nicée, et à cause de cela, il fut détenu en prison pendant deux ans par l’empereur Léon l’Arménien et de là déporté à Samothrace, où, épuisé par les épreuves, il rendit l’âme.

Martyrologe romain


SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/797/Saint-Theophane-le-Chronographe.html

THEOPHANE  LE CONFESSEUR

CHRONOGRAPHIE : EXTRAITS SUR LES BULGARES

Oeuvre numérisée  par Marc Szwajcer
Théophane dit « le Confesseur » (en grec : Θεοφάνης ὁ Ὁμολογητής ; (né vers 759-mort à Samothrace vers 818) est un moine et un chronographe byzantin. Sa Chronographie va jusqu’en 813 ; elle est une source de premier ordre car elle est presque unique sur l'histoire de Byzance pour les VIIe et VIIIe siècles et le début de la crise iconoclaste.
L’année 815 représentée ici est donc celle de son Continuateur.

EXTRAITS SUR LES BULGARES

762.

Les Bulgares ayant fait périr leurs princes légitimes, se choisirent Teletzin pour roi ; à cause de cela beaucoup de Slaves quittèrent leur pays, traversèrent le Pont-Euxin, et se rendirent auprès de l’empereur qui leur ordonna d'habiter près du fleuve Artanas.[1]

774

Au mois de mai, à la douzième indiction, Constantin fit équiper une flotte de deux mille chalandes ; lui-même se rendit à Ventrée du Danube contre les chalandes rouges. Il laissa aux clausures, à l'entrée des défilés, les généraux de la cavalerie, afin qu'ils essayassent de pénétrer dans le pays des Bulgares, tandis qu'ils seraient occupés contre lui. Mais étant arrivé à Varna, il fut déjà frappé de terreur, et songeait à retourner sur ses pas. Mais les Bulgares avaient aussi peur de leur côté, et ils lui envoyèrent le Boila Tzigat avec des conditions de paix. L'empereur les accepta avec foie, et la paix fut jurée des deux, côtés. Les Bulgares promirent de ne point infester les terres de l'empire, et l'empereur promit de ne point attaquer les Bulgares. Ces articles furent écrits et échangés ; l'empereur envoya de tous les thèmes des soldats dans les forts qu'il avait fait construire^ et puis il retourna à Constantinople.
Mais au mois d'octobre, à l'indiction onzième, l’empereur reçut un message que lui firent parvenir des amis cachés qu'il avait en Bulgarie. Et par là il apprit que le seigneur de Bulgarie était à la tête de douze mille hommes, avec ses Boilades, et, que son intention était d'enlever les habitants de la Berzetie. Cependant les apocrisiaires des Bulgares étaient venus à Constantinople, et y faisaient tranquillement leurs affaires. Or donc, l'empereur ne voulant, pas qu'on le crût informé, fit semblant d’armer contre les Arabes, et envoya en Asie les étendards et tout l’appareil de la guerre. Enfin lorsque les apocrisiaires furent partis, et qu'il les sut arrivés en Bulgarie, il fit marcher toute son armée dans la plus grande hâte. Il rassembla encore, chemin faisant, les Thraces aussi bien que les soldats des thèmes qui étaient dispersés dans les garnisons, si bien qu'il eut une armée de quatre-vingt mille hommes.
Enfin l'empereur entra par le lieu appelé Lithosoria, attaqua les ennemis, et les mit en fuite. Cette victoire fut complète, et l’empereur entra à Constantinople en triomphe, et suivi de tous les captifs qu'il avait faits. Il appela, cette guerre la guerre illustre, parce qu'elle n'avait pas coûté de sang chrétien.
L'empereur qui au fond avait violé les traités avec les Bulgares, fit équiper une flotte nombreuse, et y mit douze mille hommes qu'il envoya en avant, et resta lui-même en arrière avec la cavalerie. La flotte alla jusqu'à Mésembrie où elle fut dispersée par un coup de vent du nord, et peu s'en fallut qu'elle ne pérît tout entière ; enfin elle revint sans avoir rien fait.
Tzetig, dominateur des Bulgares, voyant qu'il était trahi par des gens qui feignaient d'avoir de l'amitié pour lui, écrivit à l'empereur : Je suis obligé de fuir ma patrie, et je veux me retirer auprès de toi, mais je ne sais comment faire pour m'y rendre en sûreté ; ainsi si tu as ici des amis auxquels je puisse me fier, écris-moi leurs noms. — L'empereur emporté par sa légèreté naturelle, envoya les noms de ses amis, et le Bulgare les ayant connus par ce moyen, les fit scier par le milieu du corps. Constantin l'ayant su, s'arracha les cheveux de douleur.

775

L'empereur Constantin quitta la ville pour porter la guerre chez les Bulgares. Mais étant arrivé à Anthrace, le ciel lui envoya une maladie qui le saisit aux genoux, et puis dégénéra en une fièvre des plus ardentes. C'est pourquoi on l'embarqua au château de Strongyllos, et il mourut sur le navire.[2]

776.

Telleryg, dominateur des Bulgares, vint à Constantinople dans la première année de Léon qui le reçut bien, et le gagna par des présents

782.

L’impératrice Irène ayant fait, la paix avec les arabes, [3] et n'ayant aucune autre guerre sur les bras, envoya contre les princes sclaviens, Staurace, Patrice et Logothète du cours rapide. Celui-ci vint à Thessalonique, et soumit toute la Grèce. Ensuite il pénétra dans le Péloponnèse où il fit un nombre prodigieux de captifs.[4]

783.

Le 7 de janvier Staurace arriva à Constantinople, et y fut conduit en triomphe tout autour du cirque.

788.

Philetus, duc de Thrace, marcha vers le Strymon, et comme il avait négligé de disposer ses avant-postes, il fut surpris et taillé en pièces avec les siens,

791.

Au mois d'avril l’empereur[5] marcha contre les Bulgares, et il vint au château de Probati sur le ruisseau de St. George. Là, il fut attaqué par Cardame, dominateur des Bulgares. Pendant la nuit les deux armés furent saisies d'une terreur panique, et prirent honteusement la fuite.

792.

L'empereur Constantin-envoya au mois de juillet une armée contre les Bulgares, et fit construire le fort des Marcellins. Cardame de son côté rassembla ses troupes, et se tint dans les lieux fortifiés. L'empereur emporté par une ardeur de jeunesse, et séduit par de faux pronostics qui lui promettaient la victoire, attaqua inconsidérément les Bulgares, et fut totalement défait. Enfin il regagna Constantinople après avoir perdu non seulement des soldats, mais même beaucoup de personnes de considération, entre autres Michel, maître de la milice, Lachonodracs, le patrice Bardas, le protospathaire Etienne, Chaméas, Nicétas et Théognostes qui étaient généraux d'armée, et enfin Pancrace, ce faux astrologue qui avait prédit que l'empereur remporterait la victoire. De plus, les Bulgares prirent jusques à la tente, au bagage et aux chevaux de l'empereur.

796.

Cardame, dominateur de Bulgarie, envoya à l'empereur les paroles suivantes : Ou paye-moi un tribut, ou j'irai jusqu'à la porte d’or et je ravagerai en passant toute la Thrace. — L’empereur fit envelopper dans une serviette du fumier de cheval avec les paroles suivantes : Je t'envoie les tributs qui te conviennent. Mais comme tu es le plus âgé de nous deux je ne veux pas que tu te fatigues, et j'irai à ta rencontre jusqu'au fort des Marcellins ; tâche de t’y rendre de ton coté, Dieu disposera à son gré de la victoire.
L’empereur fit venir les troupes qui étaient de l'autre côté du détroit, et se rendit avec toutes ses forces à Bersinicia. Cardame de son côté, vint jusque la forêt d'Abroleba, et se cacha retenu par la crainte. L’empereur s'avança vers la forêt d'Abroleba, et ne cessa pendant sept jours de présenter le combat à l'ennemi, et de le harceler. Mais Cardame le refusa toujours, et se retira, dans le fond de ses provinces.

807.

L’empereur Nicéphore fit la guerre aux Bulgares, et vint à Andrinople ; là il apprit qu'il y avait à la cour et dans l'armée une conspiration contre lui, c'est pourquoi il revint à Constantinople sans avoir rien fait.

809.

Comme on envoyait au Strymon la paye des soldats, les Bulgares firent une incursion subite et l’enlevèrent. Ils prirent dans cette occasion plus de mille et cent livres d’or, et tuèrent beaucoup de monde et même des généraux. Les Bulgares s'en retournèrent avec les coffres de tous ces gens là.
Dans cette même année Crum prince des Bulgares prit la ville de Sardique par trahison, et tua six mille hommes tant des troupes romaines que des habitants de la ville.
Nicéphore marcha contre lui à la troisième férie de la semaine salutaire de la passion de notre Seigneur, mais il ne fit rien de remarquable. Les généraux qui avaient fui précédemment, lui demandèrent pardon d'avoir été si lâches, mais il ne leur pardonna point, et il les força par là à passer chez les ennemis. Parmi ces généraux se trouvait le spathaire Euthumus, très habile dans l’art de construire les machines de guerre. Cependant Nicéphore écrivit à Constantinople qu'il avait célébré la fête de pâques dans le palais royal de Crum, en quoi il mentait, car il n'avait pas même osé rebâtir Sardique que l'ennemi avait abandonné, et il tâchait de persuader que c'étaient ses généraux qui l'en avaient dissuadé ; enfin Nicéphore en fit tant que son armée se révolta, et il fut obligé de retourner à Constantinople,

811.

Ce nouvel Achab, plus avide de richesses que Phalaris et Midas, se prépara à marcher contre les Bulgares avec son fils Staurace. Il sortit de la ville au mois de mai, et non seulement il prit les troupes de la Thrace, mais encore celles des provinces les plus éloignées. Il força aussi les plus pauvres à faire la guerre à leurs propres frais, armés de frondes et de bâtons. Ces malheureux le dévouaient a tous les maux lui et son armée, et c'est sous de tels présages qu'il marcha contre les Bulgares.
Lorsque tous ces pauvres piétons furent arrivés à Marcellas, Crum eut peur, et fit des propositions de paix. Mais Nicéphore poussé par son mauvais génie, s'y refusa. Enfin après bien des détours, il entra dans la Bulgarie le 20 juillet, sous l'influence pernicieuse de la planète du chien. Souvent, il avait à la bouche les paroles. » Qui est-ce qui ira et trompera Achab ?— Avant qu'il entrât dans la Bulgarie, Byzantius son serviteur s'enfuit de Marcellas, et passa chez Crum, emportant l'habit impérial et cent livres d'or, ce qui fut regardé comme un mauvais présage.
Après trois jours de combats légers où la fortune, semblait avoir favorisé Nicéphore, ce prince cessa d'attribuer ses succès à Dieu, mais seulement à son fils, Staurace, et il menaça de punir ceux qui avaient cherché à le dissuader d'entrer en Bulgarie. Il fit mourir aussi des enfants et des animaux privés de raison et laissant sans sépulture les corps, de ses soldats, il ne songeait qu'à ramasser des dépouilles. Il fit fermer et sceller les chambres de Crum, comme si elles eussent été les siennes propres, et faisait couper les oreilles et les membres à ceux qui osaient y prendre quelque chose ; enfin il fit mettre le feu au palais de Crum, appelé la cour. Alors Crum lui fit dire humblement : Puisque tu as vaincu, prends ce qui te plaira, et puis va-t-en en paix. — Mais cet ennemi de la paix la refusa encore. Alors Crum fâché fit pratiquer des enceintes de bois à toutes les entrées du pays, semblables à des murailles. Nicéphore l'ayant su, fut frappé comme d'un coup de foudre ; il faisait le tour de toutes les montagnes, demandant à tout le monde ce que l'on faisait-là, et il disait aux siens : A moins que d'être transformés en oiseaux il n'y a pas moyen que nous échappions à ce péril.
Deux fours se passèrent ainsi, c'est-à-dire la cinquième et la sixième fête. La nuit qui précéda le samedi l'on entendit autour de Nicéphore et de ses soldats un bruit d’armes qui répandit la terreur et l'anxiété ; et avant le point du four les Bulgares attaquèrent les tentes de Nicéphore et de ses courtisans, et les taillèrent en pièces. Là périrent les patrices Aétius Pierre, Sisinnius Triphillius, Théodose Salibaras, Romain, général des troues orientales et une quantité de protospathaires, de spathaires, d'excubiteurs, d'explorateurs, le drongaire de la ronde, le duc de Thrace, enfin tant et tant d'officiers et de soldats, que l’on peut dire avec justice que toute la gloire chrétienne fut éclipsée en ce jour. Enfin, il n'y a point une relation de ce triste combat qui ait pu bien représenter le deuil et les pleurs dont il fut suivi. Et tout cela est arrivé le 23 juillet, indiction 4.
Crum fit suspendre la tête de Nicéphore à une potence pour la faire voir ainsi aux différentes nations qui venaient la voir. Ensuite il ôta cette tête de la potence, ensuite il en fit ôter la chair, la fit monter en argent, et s'en servit pour boire avec les princes slaves.
La mort de l’empereur, consola un peu du milieu du deuil universel. Aucun de ceux qui revinrent du combat-ne put raconter la manière dont il mourut. Mais il y a des gens qui croient que les chrétiens eux-mêmes le tuèrent à coups de pierres. Ses ministres efféminés avec lesquels il avait lui-même commerce, furent les uns consumés dans l'incendie, les autres égorgés. Son fils Staurace reçut une blessure à là partie droite des spondyles, et eut de la peine à arriver vivant à Andrinople, où il mourut.

812.

Le 17 juin l’empereur Michel Rhangabé marcha contre les Bulgares, et sa femme Procopia l'accompagna jusqu'à Tzul. Crum fit le siège de la ville, qui s'étant rendue, il en transporta les habitants dans l'intérieur de son pays avec leur évêque. Pendant ce temps-là les troupes, de l'empereur et particulièrement les Thraces et les Opsicos se révoltèrent contre lui. L’empereur leur parla, leur fit des présents et les ramena à l'ordre. Alors les Bulgares rangèrent la Macédoine et la Thrace
Crum, prince des Bulgares, envoya Dartgimar à Michel pour lui offrir les mêmes conditions qui avaient été accordées au roi Comersius par Théodose d'Adramythe, et le patriarche Germain ; mais il ajouta dans ta lettre : Si tu n'acceptes pas la paix, tu seras cause que j'assiégerai Mésembrie. L'empereur, suivant le conseil des méchants, refusa la paix, car il ne voulait point rendre les transfuges, conduit en cela par une fausse pitié qui aurait dû céder à l'intérêt commun. Mais au lieu de cela, il répondit par les paroles de l'évangile : Je ne rejetterai point celui qui sera venu chez moi.
Sur la fin du mois d’octobre Crum conduisit son armée à Mésembrie et menant avec lui des machines propres aux sièges, qu'il avait eues de la manière suivante. L’empereur Nicéphore avait fait baptiser, et reçu dans la milice un Arabe très versé dans la mécanique. Cet homme resta quelque temps à Andrinople, mais ne recevant point les récompenses qu'on lui avait promises, il s'en plaignit et reçut encore des coups. Alors il s'enfuit chez les Bulgares, et c'est au moyen des machines de cet homme que Crum s'empara de la ville avant la fin du mois.
Au mois de novembre l'empereur fit venir le patriarche, et lui demanda conseil sur ce qu'il y avait à faire. Les métropolites de Cyzique et de Nicée y étaient présents avec un assez bon nombre de mauvais conseillers. Le patriarche et tes métropolites étaient pour la paix, mais les Conseillers avec Théodore préfets des études, disaient que l'on ne pouvait pas faire une paix contraire au commandement de Dieu qui dit : Je ne rejetterai point celui qui sera venu chez moi
Le quatre d’août on avait vu une comète, qui avait la forme de deux lunes jointes ensemble, qui ensuite se séparèrent, et prirent la forme d'un homme sans tête. Le lendemain vint la nouvelle de la prise de Mésembrie, qui frappa d'une terreur, générale, parce que l'on s’attendait à de plus grands maux dans l'avenir. Les Bulgares prirent dans cette ville une quantité de choses utiles, entre autres trente six siphons d'airain du liquide en quantité qu'on lançait avec ces siphon, enfin une grande quantité d’or et d’argent.

815.

Au mois de février deux chrétiens échappés de Bulgarie, vinrent annoncer que Crum allait dévaster la Thrace. Ce prince parut en effet, mais Dieu permit qu’il retournât chez lui sans avoir rien entrepris. L'empereur alla à Andrinople, y disposa toutes choses, et puis revint très content à Constantinople.
Mésembrie étant prise, l'empereur continuant à refuser la paix, rassembla les troupes de toutes les provinces, et les fit marcher en Thrace, ce qui déplut beaucoup aux Cappadociens et aux Arméniens, et ils injuriaient l'empereur, tandis qu'il les conduisait hors de la ville.
Le quatre de mai il y eut une éclipse de soleil au moment où cet astre entrait dans le signe du Taureau ; ce qui remplit les soldats de terreur. L'empereur se promena en Thrace, mais il n'osa ni attaquer Mésembrie, ni rien entreprendre contre Crum ; et ses conseillers qui étaient tout-à-fait ignorants dans l'art de la guerre, ne cessaient de l'assurer que les Bulgares allaient immédiatement rentrer dans leur propre pays. Au reste, ces troupes de provinces qui manquaient des choses les plus nécessaires, firent autant de mal aux habitants que les Bulgares eux-mêmes.
Au commencement de juin, Crum, prince des Bulgares, marcha contre les Romains, et vint camper à Bersinitia à treize pierres du camp de l'empereur. Alors le patrice Léon, chef des Orientaux, et le patrice Jean Aplaces, duc de Macédoine, voulurent attaquer les Bulgares, mais ils en furent empêchés par les méchants conseillers de l’empereur.
Le 22 de Juin il y eut un combat près d'Andrinople où les chrétiens se conduisirent très mal ; quelques-uns s'enfuirent avant le premier choc, en sorte que Crum, surpris, crut d'abord qu'on lui tendait quelque embûche, et empêcha qu'on ne poursuivît les fuyards ; mais lorsqu'il vit que c'était sérieusement que l'on fuyait ainsi, il se mit lui-même à la poursuite, et fit un carnage affreux. Pendant ce temps-là, l'empereur fuyait aussi, maudissant ses soldats et ses généraux, et promettant d'abdiquer l’empire. Alors les troupes offrirent la couronne à Léon l’Arménien qui refusa d'abord, mais accepta ensuite, et fut salué empereur le 11 juillet à la sixième férie, et couronné par le patriarche Nicéphore dans la grande église de Constantinople.
Cependant Crum, ce nouveau Sennachérib, laissant à son frère le soin de faire, le siège d'Andrinople, arriva devant Constantinople six jours après le couronnement de Léon, et montrant fastueusement son armée, il vint des Blachernes jusqu'à la porte d'or où il fit un sacrifice diabolique selon le rite de sa religion, sur le pré qui est attenant à cette porte. Puis il demanda à l'empereur la permission de planter sa lance dans la porte, ce qui lui ayant été refusé, il retourna à sa tente. Ses troupes ayant vu les formidables murailles de la ville et l'armée qui les défendait, désespérèrent du sucées d'un siège, ce qui l'engagea à faire de nouveau des propositions de paix.
Léon tint conseil avec les siens, et fit dire à Crum que s'il voulait s'avancer sur les bords de la mer avec un petit nombre de gens désarmés, il viendrait de son côté, sur un vaisseau, avec un pareil nombre de gens. Ensuite il fit placer pendant la nuit trois hommes dans la maison de Gallas aux Blachernes, et leur donna pour consigne, de donner un certain signal, d'après lequel des gens cachés dans une certaine embuscade devaient attaquer Crum à l’improviste.
Le lendemain, les Bulgares étant vers l'église des saints Anargyres, Crum s'approcha de la mer avec trois des siens, savoir son logothète, Constantin Patzici qui avait fui en Bulgarie quelques années auparavant, et un fils que celui-ci avait de la sœur de Crum. Ces quatre hommes désarmés s'approchèrent du rivage, précisément à l'endroit où était cachée l'embuscade. Ceux qui devaient parler à Crum vinrent en bateau, et descendirent sur le rivage. Crum descendit de cheval, et s'assit à terre, et le fils de Constantin tenait la bride de son cheval.
Tandis qu'ils parlaient, un certain Exabale donna un signal en se découvrant la tête avec la main. Crum aperçut ce signal et sauta sur son cheval. Alors le peuple qui était sur les murailles, se mit à crier : La croix a vaincu, Crum prend la fuite. Ceux qui étaient cachés dans les maisons crurent l'avoir blessé, mais il revint chez les siens sain et sauf. Les trois autres tombèrent entre les mains des gens de la barque. Le logothète fut tué sur le champ ; Constantin et son fils furent pris vivants.
Crum, fort en colère de cette trahison, commença dès le lendemain à tout dévaster ; d'abord il brûla les belles églises que Nicéphore, Irène et Michel avaient bâties de l'autre côté du port ; puis tous les palais, monastères et faubourgs qui sont de ce côté-là. Ensuite ils allèrent à St. Mamante, et brûlèrent le palais, brisèrent les colonies, enlevèrent la masse de plomb et les statues qui environnent le port, égorgèrent les captifs et jusques aux bestiaux. Ensuite ils parcoururent aussi les bords du détroit, brûlèrent tout ce qui appartenait à la marine, et enlevèrent un butin prodigieux. Ensuite ils brûlèrent tout ce qui est entre la porte d'or et Rigion. Puis ils allèrent à Athyra, et renversèrent le beau pont qui y était ; puis ils brûlèrent Sélymbrie et Daone ; ensuite ils vinrent à Héraclée, et n'ayant pas pu entrer dans cette ville, ils brûlèrent les maisons qui sont près de la mer.
Ensuite ils vinrent à Rhodosto, et démolirent ce bourg, brûlèrent les églises, et enlevèrent les habitants ; puis ils vinrent à Panium, mais comme cette ville était fortifiée et munie d'une bonne garnison, ils se contentèrent d'en détruire les faubourgs ; puis ils allèrent à Aspron qui est aussi un bourg, et chemin faisant ils détruisirent tout ; enfin ils entrèrent dans les montagnes de Ganos, où une quantité de petit peuple s’était cachée avec le bétail, et ils emmenèrent tout cela en Bulgarie. Ensuite ils allèrent à Hexamyle, à Abydos, et tournèrent vers l’Ebre, brûlant et dévastant tout jusqu’à Andrinople.
Alors ils mirent le siège devant Andrinople, et, comme les habitants n'avaient aucune espérance de recevoir du secours, ils se rendirent. Les Bulgares les enlevèrent avec tous leurs biens, et les menèrent en Bulgarie de l'autre côté de l’Ister. Pendant tout ce temps-là Léon ne sortit point de la ville où il exerçait un pouvoir tyrannique.

[1] Ce fleuve Artanas est dans la Bithynie, et tombe dans l'Euxin, Nicéphore dit que ces Slaves étaient au nombre de deux-cents et nuit mille. L'on ne sait absolument pas ce que devint ensuite cette colonie.

[2] A sa mort Léon IV le Khazar fut proclamé basileus.

[3] Les Arabes du futur calife Haroun atteignirent Chrysopolis sur le Bosphore; Irène signa avec lui une trêve de 3 ans

[4] Depuis cette époque il ne fut plus guère question des Slaves du Péloponnèse, si ce s'est encore des Milengiens et Exerites qui habitaient le cap Mallé prêt de Naples de Malvasie; ils tentèrent une fois de se révolter, et furent réprimés.

[5] Constantin VI, basileus après avoir fait abdiquer Irène.


SOURCE : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/theophane/chronographie.htm

Theophanes the Chronicler, Abbot (RM)

(also known as Theophanes of Mt. Sigriana)

Born in Constantinople; died in Samothrace, March 12, 818. Saint Theophanes went from possessing great wealth in his youth to great poverty. While he was still quite young, his father died and left him a huge fortune. He was raised in the court of Emperor Constantine V, married, but by mutual consent, he and his wife separated so that she could become a nun and he a monk. Theophanes built monasteries on Mount Sigriana and on the island of Kalonymos; after six years at the latter, he became abbot of Mount Sigriana. He attended the Council of Nicaea in 787 and when he supported the decrees of the council approving the veneration of sacred images, he came into conflict with Emperor Leo the Armenian, who supported iconoclasm. When Theophanes refused to accede to the emperor's demands, he was scourged, imprisoned for two years, and then banished to Samothrace, where he died in exile soon after his arrival from the injuries he received in prison. He has the appellation "the Chronicler" because he wrote a history covering the years 284-813 entitled Chronographia (Delaney, Encyclopedia).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0312.shtml

St. Theophanes

Chronicler, born at Constantinople, about 758; died in Samothracia, probably 12 March, 817, on which day he is commemorated in the Roman Martyrology. He was the son of Isaac, imperial governor of the islands of the White Sea, and of Theodora, of whose family nothing is known. After the early death of his parents he came to the Court of Constantine Copronymus. He was married at the age of twelve, but induced his wife to lead a life of virginity, and in 799, after the death of his father-in-law, they separated with mutual consent to embrace the religious state, she choosing a convent on an island near Constantinople, while he entered the monastery called Polychronius in the district of Sigriano near Cyzicus. Later he built a monastery on his own lands on the island of Calonymus (now Calomio). After six years he returned to Sigriano, founded an abbey known by the name "of the great acre", and governed it as abbot. As such he was present at the second General Council of Nicaea, 787, and signed its decrees in defense of the sacred images. When the emperor Leo the Armenian again began his iconoclastic warfare, he ordered Theophanes to be brought to Constantinople and tried in vain to induce him to condemn what had been sanctioned by the council. Theophanes was cast into prison and for two years suffered cruel treatment; he was then banished to Samothracia, where, overwhelmed with afflictions, he lived only seventeen days and wrought many miracles after death.

At the urgent request of his friend George Syncellus (d. 810), Theophanes undertook the continuation of his chronicle, during the years 810-15 (P.G., CVIII, 55). He treated of the time from the year 284-813, and made use of material already prepared by Syncellus, probably also the extracts from the works of Socrates, Sozomenus, and Theodoret, made by Theodore Lector, and the city chronicle of Constantinople. The work consists of two parts, the first giving the history, arranged according to years, the other containing chronological tables, full of inaccuracies, and therefore of little value. It seems that Theophanes had only prepared the tables, leaving vacant spaces for the proper dates, but that these had been filled out by someone else (Hurter, "Nomencl." I, Innsbruck, 1903, 735). The first part, though lacking in historical precision and criticism, which could scarcely be expected from a man of such ascetical disposition, greatly surpasses the majority of Byzantine chronicles (Krumbacher, "Gesch. der byz. Litt., 1897, 342). The chronicle was edited at Paris in 1655 by Goar; again at Venice in 1729 with annotations and corrections by Combefis. A Latin version was made by Anastasius Bibliothecarius, and both were ably edited by de Boor (Leipzig, 1883).

Mershman, Francis. "St. Theophanes." The Catholic Encyclopedia. Vol. 14. New York: Robert Appleton Company, 1912. 12 Mar. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/14623a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael C. Tinkler.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. July 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/14623a.htm

J. Pargoire, des Augustina de l'Assomption.Saint Théophane le Chronographe et ses

rapports avec saint Théodore Studite. : http://vremennik.biz/sites/all/files/002_Pargoire_%D0%A1%D0%B2.%20%D0%A4%D0%B5%D0%BE%D1%84%D0%B0%D0%BD%20%D0%A5%D1%80%D0%BE%D0%BD%D0%BE%D0%B3%D1%80%D0%B0%D1%84_0.pdf