samedi 28 mars 2015

Saint JOSEPH-SÉBASTIEN PELCZAR, évêque et fondateur


Saint Joseph-Sébastien Pelczar, évêque

Prêtre polonais, il fut successivement recteur de la célèbre Université Jagellon de Cracovie, puis évêque de Przemysl en 1899. Il fonda la congrégation des Servantes du Sacré-Cœur, qui se consacraient à des œuvres de charité. Il publia de nombreux ouvrages de théologie spirituelle d'une haute élévation. L’évêque Pelczar mourut dans la nuit du 27 au 28 mars 1924. Il réunissait en sa personne les plus belles qualités et les plus grands talents propres à l’épiscopat : un zèle pastoral inlassable, un esprit d’initiative énergique dans l’action, la lumière d’une grande science et une sainteté de vie sans doute plus grande encore, mais, par dessus-tout, il demeure l’exemple et le modèle d’un travailleur exceptionnel, accomplissant son labeur avec une ardeur toujours nouvelle.





Évêque de Przemysl

Fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré Cœur de Jésus


Joseph Sébastien Pelczar naquit le 17 janvier 1842, dans la petite ville de Korczyna, près de Krosno, au pied des Carpates. Il y passa son enfance, en grandissant dans l’atmosphère de piété propre à l’ancienne Pologne, entouré de ses parents, Wojciech et Marianna née Miesowicz. Il débuta sa scolarité à l’école populaire de Korczyna, et après deux années, remarquant les prédispositions exceptionnelles de l’enfant, ses parents l’envoyèrent à l’école principale de Rzeszow, puis au collège-lycée de cette ville.

Tandis qu’il était encore au collège, Joseph Sébastien décida de se consacrer au service de Dieu. Nous pouvons lire dans ses mémoires: «Les idéaux terrestres se fanent. Je vois l’idéal de la vie dans le sacrifice, et l’idéal du sacrifice – dans le sacerdoce». Après le collège, il fut admis au Petit Séminaire, puis, en 1860, commença des études de théologie au Grand Séminaire de Przemysl.

Ordonné prêtre le 17 juillet 1864, il travailla pendant un an et demi comme vicaire à Sambor. Envoyé à Rome pour continuer ses études (1866-1868), il suivit l’enseignement de deux facultés renommées: le Collegium Romanum (l’actuelle Université Grégorienne) et l’Institut Saint-Apollinaire (l’actuelle Université du Latran). Il en retira un savoir approfondi et surtout un amour indéfectible pour l’Eglise et son chef visible - le Pape. Peu après son retour au pays natal, on lui confia un poste de professeur au Grand Séminaire de Przemysl, puis durant vingt-deux ans à l’Université Jagellone à Cracovie. En sa qualité de professeur et de Doyen de la Faculté de Théologie, il fut unanimement considéré comme un homme cultivé, un organisateur remarquable, proche de la jeunesse. Pour lui exprimer sa reconnaissance, l’Université de Cracovie l’éleva à la dignité de Recteur de l’Almae Matris (1882-1883).

Pour accomplir son idéal «de prêtre et de Polonais oeuvrant avec piété pour son peuple», l’abbé Pelczar, outre son activité scientifique, se dépensa sans compter en faveur l’action sociale et caritative. Il fut membre actif de la Société Saint-Vincent de Paul, et président de la Société de l’Instruction Populaire. Durant les seize années où il occupa cette fonction, la Société créa plusieurs centaines de bibliothèques, dispensa des cours gratuits, diffusa dans le peuple plus de cent mille livres et ouvrit une école pour jeunes filles au pair. En 1891, l’abbé Pelczar fonda la Confrérie de Marie Immaculée Reine de Pologne. Il lui assigna une double tâche, religieuse, mais aussi sociale : apporter aide et protection aux artisans, aux pauvres, aux orphelins et aux employées de maison (en particulier aux malades, et aux chômeurs).

Discernant dans les problèmes de son époque des appels de Dieu, et afin d’y répondre, il fonda en 1894, à Cracovie, la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus pour propager le «Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur». Il voulait que les Sœurs fussent signe et instrument de cet Amour auprès des jeunes filles, des malades et de toute personne en détresse morale et matérielle.

En 1899, il fut nommé évêque auxiliaire puis, un an plus tard, après la mort de l’évêque L. Solecki, évêque ordinaire du diocèse de Przemysl. Durant les vingt-cinq années de son épiscopat, il demeura un pasteur ardent, soucieux du bien des âmes qui lui étaient confiées.

Malgré sa santé précaire, l’évêque Pelczar se consacra sans relâche à l’activité religieuse et sociale. Pour encourager les fidèles à réveiller en eux l’esprit de foi, il visitait souvent les paroisses et veillait particulièrement à élever le niveau moral et intellectuel du clergé. Il donnait d’ailleurs lui-même l’exemple d’une profonde piété, qui s’exprimait par sa dévotion personnelle au Sacré-Cœur de Jésus et à la Mère de Dieu. Adorateur fervent du Saint-Sacrement, il encourageait les fidèles à participer à l’adoration eucharistique. Pour faciliter leur participation, il fit ouvrir les églises plus longtemps dans la journée. Grâce à ses efforts, de nouvelles églises et chapelles furent édifiées, d’autres furent restaurées. Malgré un contexte politique défavorable, il réunit trois synodes diocésains, qui donnèrent une assise juridique à ses différentes initiatives, les rendant solides et durables.

Monseigneur Joseph Sébastien, sensible aux besoins de ses fidèles, entoura d’une grande sollicitude les personnes les plus démunies de son diocèse. Parmi ses nombreuses initiatives, il faut citer des garderies pour les enfants, des cuisines populaires, des foyers pour les sans-abri, des écoles ménagères pour les jeunes filles, des études gratuites dans les séminaires pour les garçons issus de familles pauvres. Il dénonçait le sort malheureux des ouvriers et se préoccupait des problèmes causés à l’époque par l’émigration et l’alcoolisme. Dans ses lettres pastorales, publications et discours, il préconisait le respect scrupuleux des directives du pape Léon XIII, consignées dans ses encycliques sociales.

Comblé par Dieu de grands talents, il ne les gaspilla pas, mais les multiplia et les fit croître. On retiendra, pour preuve de son inlassable activité, son œuvre imposante d’écrivain, qui comprend des ouvrages théologiques, historiques, des traités de Droit Canon, des manuels et des livres de prières, ainsi que des lettres pastorales, des discours et des homélies.

L’évêque Pelczar mourut dans la nuit du 27 au 28 mars 1924. Le souvenir qu’il nous laisse est celui d’un homme de Dieu qui, malgré les difficultés de son époque, accomplit la volonté divine. L’abbé Antoni Bystrzonowski, ancien élève et remplaçant de l’abbé Pelczar comme professeur à la chaire universitaire, le jour de ses obsèques déclara à son sujet :

«Le défunt évêque de Przemysl réunissait en sa personne les plus belles qualités et les plus grands talents propres à l’épiscopat. Un zèle pastoral inlassable, un esprit d’initiative énergique dans l’action, la lumière d’une grande science et une sainteté de vie sans doute plus grande encore, mais, par dessus-tout, il demeure l’exemple et le modèle d’un travailleur exceptionnel, accomplissant son labeur avec une ardeur toujours nouvelle».

Le 2 juin 1991, à Rzeszow, lors de son quatrième pèlerinage en Pologne, le Pape Jean-Paul II procéda à la béatification de l’évêque Joseph Sébastien Pelczar.

Les reliques du bienheureux Joseph Sébastien reposent dans la cathédrale de Przemysl. A Cracovie, le bienheureux Joseph Sébastien est particulièrement vénéré dans l’église des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, dans une chapelle qui lui est consacrée. Sa fête liturgique est célébrée le 19 janvier.


Saint Joseph Sébastien PELCZAR

Nom: PELCZAR
Prénom: Joseph Sébastien (Jozef Sebastian)
Pays: Pologne

Naissance: 17.01.1842  à Korczyna (près de Krosno)
Mort: 28.03.1924  à Przemysl
Etat: Evêque - Fondateur

Note: Prêtre le 17.07.1864. Fondateur de la Congrégation des Servantes de Sacré-Cœur de Jésus en 1894. Evêque de Przemysl de 1900 à 1924.
Béatification: 02.06.1991  à Rzeszow (Pologne)  par Jean Paul II
Canonisation: 18.05.2003  à Rome  par Jean Paul II
Fête: 19 janvier

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1991 n.23   -   2003 n.20 p.2-3  -  n.21 p.2-3
Réf. dans la Documentation Catholique: 2003 n.13 p.618-621

Notice brève

Joseph Sébastien Pelczar naît en 1842 près de Krosno en Pologne. Prêtre, puis docteur en théologie et en droit canon, il enseigne pendant 22 ans à l’Université Jagellone de Cracovie avant d’être nommé évêque de Przemysl. Sa spiritualité est marquée par l’amour du Saint-Sacrement, du Sacré-Cœur et de la Vierge Marie. Durant un épiscopat de 25 années, il poursuit l’œuvre charitable qu’il menait déjà comme prêtre, car il est persuadé que la miséricorde en acte est la plus efficace des prédications. Il multiplie les œuvres d’entraide et s’intéresse à tous ses diocésains, spécialement aux plus démunis : malades, orphelins, servantes, artisans. Il fonde aussi des bibliothèques populaires et écrit énormément : livres, lettres pastorales etc. On reste stupéfait en voyant son activité multiforme, menée en dépit de sa faible santé et dans un contexte politique difficile. On l’a appelé, en raison de son influence : ‘le père spirituel de la nation polonaise’. Il meurt en 1924. Jean-Paul II l’a canonisé en 2003 au cours de la vingt-cinquième année de son pontificat.

Notice développée

Józef Sebastian (Joseph Sébastien) PELCZAR naît en 1842 en Pologne dans la petite ville de Korczyna près de Krosno. Sa famille est très chrétienne. A l’école primaire, l’enfant manifeste des capacités extraordinaires. C’est pourquoi on lui fait continuer sa scolarité dans une ville voisine, mais il comprend la vanité des succès humains et décide de se consacrer au service de Dieu. Il entre au petit séminaire puis, en 1860, au Grand Séminaire de Przemysl. Il est ordonné prêtre en 1864. Il est d’abord vicaire en paroisse un an et demi, puis il se rend à Rome où il étudie dans deux Universités (1866-1868). Au terme de ce séjour, il obtient deux doctorats : Théologie et Droit Canon. A Rome, il approfondit également son amour pour l’Église et pour son chef visible, le pape. Peu après son retour en Pologne, il est nommé professeur au Grand Séminaire de Przemysl, puis, pendant vingt deux ans, il enseigne à l’Université Jagellone de Cracovie. Très cultivé, organisateur remarquable, il est, également, proche des jeunes. Outre son travail scientifique, il se livre sans compter à une activité sociale et caritative. En tant que Président de la ‘Société de l’Instruction populaire’ – fonction qu’il occupe pendant seize années – il crée plusieurs centaines de bibliothèques populaires, dispense des cours gratuits, diffuse dans le peuple plus de cent mille livres et ouvre une école pour employées de maison. En 1894, il fonde à Cracovie les ‘Servantes du Sacré-Cœur de Jésus’ pour ‘propager le Royaume de l’Amour du Sacré-Cœur’. Il veut que les sœurs de cette Congrégation soient signe et instrument de cet Amour auprès des jeunes filles, des malades et de toute personne en détresse morale et matérielle.

En 1899, il est nommé évêque de Przemysl, d’abord comme auxiliaire, et bientôt comme titulaire. Sa spiritualité est marquée par l’amour du Saint-Sacrement, du Sacré-Cœur et de la Vierge Marie. D’où sa devise : « Tout pour le Très Saint Cœur de Jésus à travers les mains de la Très sainte Vierge ». Il dit à propos du Saint–Sacrement:  « Chaque homme doit être saisi par l’émerveillement à la pensée que le Seigneur Jésus, devant aller au Père sur un trône de gloire, reste sur la terre avec les hommes. Son amour a inventé ce miracle des miracles, en instituant le Très Saint Sacrement ». Cet amour du tabernacle le conduit à l’amour de la Vierge Marie, tabernacle vivant du Verbe incarné. Il écrit à la Congrégation des sœurs qu’il a fondée : « Parmi les désirs du Sacré-Cœur, l’un des plus ardents est celui que sa Très Sainte Mère soit vénérée et aimée de tous, tout d’abord parce que le Seigneur lui-même l’aime de façon ineffable, et ensuite parce qu’il la fit devenir la mère de tous les hommes, afin que, par sa douceur, elle attire à elle-même ceux qui fuient la Sainte Croix et qu’elle les conduise au Cœur Divin ».

Monseigneur Joseph Sébastien veille à la formation doctrinale et spirituelle de ses prêtres. Il prêche aussi l’appel universel à la sainteté. Il déclare. « Aucun état, ni aucun âge ne constituent un obstacle à une vie parfaite. Dieu, en effet, ne considère pas les choses extérieures mais l’âme, et il exige seulement ce que nous pouvons donner ». Malgré sa santé précaire, il a une grande activité caritative : garderies pour enfants, cuisines populaires, foyers pour sans-abri, écoles ménagères pour jeunes filles, études gratuites pour séminaristes pauvres. Il préconise le respect scrupuleux des directives sociales du pape Léon XIII. D’autre part, malgré les difficultés politiques du moment, il réunit trois synodes. De ce travailleur exceptionnel, citons encore l’œuvre imposante d’écrivain : ouvrages théologiques et historiques, traités de Droit canon, manuels et livres de prières, ainsi que lettres pastorales discours et homélies.

Il meurt à quatre vingt deux ans, au terme de vingt cinq années d’épiscopat. Jean-Paul II l’a canonisé en 2003 avec une autre Polonaise (Ursula Ledochowska   2 ) et deux italiennes. Vingt mille pèlerins polonais, entre autres, affluent vers Rome en ce jour qui coïncide avec l’anniversaire du pape (18 mai, 83 ans) en la vingt cinquième année de son Pontificat.

Saint Joseph-Sébastien Pelczar

évêque en Pologne, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus ( 1924)

Prêtre polonais, il fut successivement recteur de la célèbre Université Jagellon de Cracovie, puis évêque de Przemysl en 1899. Il fonda la congrégation des Servantes du Sacré-Cœur qui se consacraient à des œuvres de charité. Il publia de nombreux ouvrages de théologie spirituelle d'une haute élévation.

La devise de sa vie était: "Tout pour le Très Saint Cœur de Jésus à travers les mains immaculées de la Très Sainte Vierge Marie".

Joseph Sébastien Pelczar (1842-1924) Évêque de Przemysl - Fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré Cœur de Jésus - canonisé le 18 mai 2003 par Jean-Paul II.


L’évêque Pelczar mourut dans la nuit du 27 au 28 mars 1924. Sa fête liturgique est célébrée le 19 janvier.

À Przemcysl en Pologne, l’an 1924, saint Joseph-Sébastien Pelczar, évêque, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et excellent maître de vie spirituelle. (le 28 mars sur le martyrologe romain)


Martyrologe romain

"Le défunt évêque de Przemysl réunissait en sa personne les plus belles qualités et les plus grands talents propres à l’épiscopat. Un zèle pastoral inlassable, un esprit d’initiative énergique dans l’action, la lumière d’une grande science et une sainteté de vie sans doute plus grande encore, mais, par dessus-tout, il demeure l’exemple et le modèle d’un travailleur exceptionnel, accomplissant son labeur avec une ardeur toujours nouvelle" (Antoni Bystrzonowski)


CHAPELLE PAPALE POUR LA CANONISATION DE QUATRE BIENHEUREUX 

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

V Dimanche de Pâques, 18 mai 2003

 
1. "Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit" (Jn 15, 5; cf. Chant à l'Evangile). Les paroles adressées par Jésus aux Apôtres au terme de la dernière Cène, constituent une invitation touchante également pour nous, ses disciples du troisième millénaire. Seul celui qui reste intimement uni à Lui - greffé sur Lui comme le sarment sur la vigne - reçoit la lymphe vitale de sa grâce. Seul celui qui vit en communion avec Dieu produit des fruits abondants de justice et de sainteté.

Les témoins de cette vérité évangélique fondamentale sont les saints, que j'ai la joie de canoniser en ce cinquième dimanche de Pâques. Deux d'entre eux proviennent de Pologne:  Józef Sebastian Pelczar, Evêque de Przemysl, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Coeur de Jésus; Urszula Ledóchowska, vierge, fondatrice des Soeurs Ursulines du Sacré-Coeur de Jésus agonisant. Les deux autres saintes sont italiennes:  Maria De Mattias, vierge, fondatrice de la Congrégation des Soeurs adoratrices du Sang du Christ; Virginia Centurione Bracelli, laïque, fondatrice des Soeurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire et des Soeurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire.

2. "La perfection est comme cette ville de l'Apocalypse (Ap 21), dont les douze portes s'ouvrent vers toutes les parties du monde, comme signe que les hommes de chaque nation, de chaque état et de chaque âge peuvent les franchir. (...). Aucun état, ni aucun âge ne constituent un obstacle à une vie parfaite. Dieu, en effet, ne considère pas les choses extérieures (...), mais l'âme (...), et il exige seulement ce que nous pouvons donner". C'est à travers ces paroles que notre nouveau saint, Józef Sebastian Pelczar exprimait sa foi dans l'appel universel à la sainteté. Il vécut de cette conviction comme prêtre, comme professeur et comme évêque. Il tendait lui-même à la sainteté et il y conduisait les autres. Il fut zélé en toute chose, mais il le fit de façon à ce que, dans son service, le Christ soit le Maître.

La devise de sa vie était:  "Tout pour le Très Saint Coeur de Jésus à travers les mains immaculées de la Très Sainte Vierge Marie". Ce fut celui-ci qui forma sa figure spirituelle, dont la caractéristique fut de confier au Christ, par l'intermédiaire de Marie, sa personne, sa vie et son ministère.

Il considérait notamment son don au Christ comme une réponse à son amour, contenu et révélé dans le sacrement de l'Eucharistie. Il disait:  "Chaque homme doit être saisi par l'émerveillement à la pensée que le Seigneur Jésus, devant aller au Père sur un trône de gloire, resta sur la terre avec les hommes. Son amour a inventé ce miracle des miracles, en instituant le Très Saint Sacrement". Il éveillait sans cesse en lui et chez les autres cet émerveillement de la foi. Ce fut celui-ci qui le conduisit également à Marie. En tant qu'expert en théologie, il ne pouvait manquer de voir en Marie celle qui "dans le mystère de l'Incarnation anticipait également la foi eucharistique de l'Eglise"; celle qui en portant dans son sein le Verbe, qui se fit chair, fut en un certain sens le "tabernacle" - le premier "tabernacle" de l'histoire (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 55). Il s'adressait donc à Elle avec une dévotion filiale et avec l'amour qu'il avait reçu de la maison paternelle, et il encourageait les autres à cet amour. Il écrivait à la Congrégation des Servantes du Sacré-Coeur de Jésus, qu'il avait fondée:  "Parmi les désirs du Sacré-Coeur de Jésus, l'un des plus ardents est celui que sa Très Sainte Mère soit vénérée et aimée de tous, tout d'abord parce que le Seigneur lui-même l'aime de façon ineffable, et ensuite parce qu'il la fit devenir la mère de tous les hommes, afin que, par sa douceur, elle attire à elle-même ceux  qui fuient la Sainte Croix et qu'elle les conduise au Coeur Divin".

En élevant à la gloire des autels Józef Sebastian Pelczar, je demande que par son intercession la splendeur de sa sainteté représente pour les Servantes du Sacré-Coeur de Jésus, pour l'Eglise de Przemysl et pour tous les croyants de Pologne et du monde un encouragement à un tel amour pour le Christ et pour sa Mère.

3. Au cours de toute sa vie, sainte Urszula Ledóchowska garda, avec fidélité et amour, le regard fixé sur le visage du Christ, son Epoux. Elle s'unissait de façon particulière au Christ agonisant sur la Croix. Cette union la comblait d'un zèle extraordinaire dans l'oeuvre d'annoncer, à travers les paroles et les oeuvres, la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu. Elle l'apportait avant tout aux enfants et aux jeunes, mais également à tous ceux qui se trouvaient dans le besoin, aux pauvres, aux laissés-pour-compte, aux personnes seules. Elle s'adressait à tous avec le langage de l'amour concrétisé dans les oeuvres. Portant  le  message de l'amour de Dieu, elle traversa la Russie, les Pays scandinaves, la France et l'Italie. En son temps, elle fut une apôtre de la nouvelle évangélisation, donnant la preuve à  travers sa vie et son activité d'une constante actualité, créativité et efficacité de l'amour évangélique.

Elle aussi puisait à l'amour pour l'Eucharistie l'inspiration et la force pour  la grande oeuvre de l'apostolat. Elle écrivait:  "Je dois aimer mon prochain comme Jésus m'a aimée. Prenez et mangez... Mangez mes forces, elles sont à votre disposition (...). Prenez et mangez mes capacités, mon talent (...), mon coeur, afin qu'avec son amour, il réchauffe et illumine votre vie (...). Prenez et mangez mon temps, qu'il soit à votre disposition. (...) je suis vôtre comme Jésus-Hostie est à moi". Dans ces paroles, n'entend-on pas retentir l'écho du don avec lequel le Christ, au Cénacle, s'offrit lui-même aux disciples de chaque époque?

En fondant la Congrégation des Soeurs Ursulines du Sacré-Coeur de Jésus agonisant, elle lui transmit cet esprit. "Le Très Saint Sacrement - écrivit-elle - est le soleil de notre vie, notre trésor, notre bonheur, notre tout sur la terre. (...) Aimez Jésus dans le tabernacle! Que votre coeur y demeure pour toujours, même si matériellement vous êtes au travail. C'est là qu'est Jésus, que nous devons aimer ardemment, de tout notre coeur. Et si nous ne savons pas l'aimer, nous désirons au moins l'aimer - l'aimer toujours davantage".

A la lumière de cet amour eucharistique, sainte Urszula savait percevoir en chaque circonstance un signe des temps, pour servir Dieu et ses frères. Elle savait que pour celui qui croit, chaque événement, même le plus petit, devient une occasion pour réaliser les desseins de Dieu. Ce qui était ordinaire, elle le faisait devenir extraordinaire; ce qui était quotidien, elle le transformait pour qu'il devienne éternel; ce qui était banal, elle le rendait saint.

Si sainte Urszula devient aujourd'hui un exemple de sainteté pour tous les croyants, c'est afin que son charisme puisse être accueilli par celui qui, au nom de l'amour du Christ et de l'Eglise, désire témoigner de façon efficace de l'Evangile dans le monde d'aujourd'hui. Nous pouvons tous apprendre d'elle comment édifier, avec le Christ, un monde plus humain - un monde dans lequel seront réalisées toujours plus pleinement les valeurs comme la justice, la liberté, la solidarité et la paix. Elle peut nous apprendre comment mettre en pratique chaque jour le commandement "nouveau" de l'amour.

4. "Or voici son commandement:  croire... et nous aimer les uns les autres" (1 Jn 3, 23). L'Apôtre Jean nous exhorte à accueillir l'amour sans limites de Dieu, qui a donné son Fils unique pour le salut du monde (cf. Jn 3, 16). Cet amour s'est exprimé de façon sublime lorsque le Christ a versé son Sang comme "prix infini du rachat" pour l'humanité tout entière. Maria De Mattias fut intérieurement conquise par le mystère de la Croix, qui plaça l'Institut des Soeurs adoratrices du Sang du Christ "sous l'étendard du Divin Sang". L'amour pour Jésus crucifié se traduisit chez elle en passion pour les âmes et en un humble dévouement pour ses frères, le "cher prochain", comme elle aimait répéter. "Encourageons-nous - exhortait-elle - à souffrir volontiers par amour pour Jésus, qui avec tant d'amour a donné son sang pour nous. Prodiguons-nous pour gagner des âmes au ciel".

Tel est le message que sainte Maria De Mattias confie à ses fils et à ses filles  spirituelles aujourd'hui, en nous exhortant tous à suivre jusqu'au sacrifice de la vie l'Agneau immolé pour nous.

5. C'est le même amour qui soutint Virginia Centurione Bracelli. Suivant l'exhortation de l'Apôtre Jean, elle voulut aimer non seulement "avec les mots", ou "avec la bouche", mais "en actes et en vérité" (cf. 1 Jn 3, 18). Mettant de côté ses nobles origines, elle se consacra à l'assistance des derniers avec un zèle apostolique extraordinaire. L'efficacité de son apostolat naissait d'une adhésion inconditionnée à la volonté divine, qui se nourrissait de contemplation incessante et d'écoute obéissante de la parole du Seigneur.

Aimant le Christ, et prête pour Lui à se donner à ses frères, sainte Virginia Centurione Bracelli laisse à l'Eglise le témoignage d'une sainteté simple et féconde. Son exemple de fidélité évangélique courageuse continue à exercer une profonde fascination également sur les personnes de notre époque. Elle avait l'habitude de dire:  lorsqu'on a Dieu seul pour objectif, "toutes les oppositions s'applanissent, toutes les difficultés se surmontent" (Positio, n. 86).

6. "Demeurez en moi!". Au Cénacle, Jésus a répété plusieurs fois cette invitation, que saint Józef Sebastian Pelczar, sainte Urszula Ledóchowska, sainte Maria De Mattias et sainte Virginia Centurione Bracelli ont accueillie avec une confiance et une disponibilité totales. C'est une invitation pressante et pleine  d'amour  adressée à tous les croyants. "Si vous demeurez en moi - assure le Seigneur - et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez" (Jn 15, 7).

Puisse chacun de nous faire l'expérience dans sa propre existence de l'efficacité de cette promesse de Jésus.

Que nous assiste Marie, Reine des saints et modèle de parfaite communion avec son divin Fils. Qu'elle nous enseigne à rester "greffés" sur Jésus, comme des sarments à la vigne, et à ne jamais nous séparer de son amour. En effet, nous ne pouvons rien sans Lui, car notre vie est le Christ vivant et présent dans l'Eglise et dans le monde. Aujourd'hui et à jamais. 
Amen. Loué soit Jésus-Christ!
      

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana



Saint Joseph Sebastian Pelczar

Also known as
  • Jozef Sebastian Pelczar
Profile

Raised in a pious family. Studied in Rzeszów, and entered the seminary at Przemysl in 1860. Ordained on 17 July 1864. Parish priest at Sambor.

Transferred to Rome in 1866, he studied at the Collegium Romanum (Gregorian University) and the Institute of Saint Apollinaris (Lateran University). Doctor of theology and a canon lawyer. Professor at the seminary at Przemysl from 1869 to 1877, and at the University of Krakow from 1877 to 1899, he was known as a great educator who was always available to students. Dean of the Theology Department. Rector of the University of Krakow from 1882 to 1883.

All the while he was teaching Joseph was still involved at the parish level. He worked with the Saint Vincent de Paul Society and was president of the Society for the Education of the People for 16 years. He started hundreds of libraries, delivered free lectures, published over a thousand books, wrote several books of history, theology and canon law himself, and started a school for servants. He founded the Fraternity of Our Lady, Queen of the Polish Crown in 1891; the Fraternity cared for the poor, orphans, apprentices, servants, the sick and unemployed. Founded the Congregation of Sister Servants of the Most Sacred Heart of Jesus on 15 April 1894 in Krakow to work with the sick and spread devotion to the Sacred Heart of Jesus.

Bishop of Przemysl in 1900 until his death in 1924. He made frequent visits to the parishes, supported the religious orders, conducted three synods, and worked for the education and religious formation of his priests. He encouraged devotion to the Blessed Sacrament, Eucharistic devotions, the Sacred Heart of Jesus, and the Virgin Mary. He built and restored churches, built nurseries, kitchens, homeless shelters, schools for the poor, and gave tuition assistance to poor seminarians. He worked for the implentation of the social doctrine described in the writings of Pope Leo XIII. He left behind a large body of work including books, pastoral letters, sermons, addresses, prayers and other writings.

Born