dimanche 22 mars 2015

Saint BASILE d'ANCYRE, prêtre et martyr


Saint Basile d'Ancyre, martyr

Prêtre d'Ancyre (actuellement Ankara), il est arrêté sous l'empereur Julien l'Apostat qui prétendait rétablir le paganisme dans son empire. Un long procès s'en suivit. Au milieu des tortures, Basile loue le Seigneur et refuse de sacrifier à la déesse Hécate. Il en donne le remords à ceux qui, avant lui, avaient renié le Christ pour sauver leur vie. L'empereur Julien l'interroge en personne, Basile lui reproche son apostasie. On ordonne qu'il soit découpé en lanières. Saint Basile en jette une à la figure de l'empereur. Il est alors totalement écorché vif et meurt de ses blessures en 362.

Saint Basile d'Ancyre

prêtre et martyr ( 362)


Prêtre d'Ancyre (actuellement Ankara), il est arrêté sous l'empereur Julien l'Apostat qui prétendait rétablir le paganisme dans son empire. Un long procès s'en suivit. Au milieu des tortures, Basile loue le Seigneur et refuse de sacrifier à la déesse Hécate. Il en donne le remords à ceux qui avant lui avaient renié le Christ pour sauver leur vie. L'empereur Julien l'interroge en personne; Basile lui reproche son apostasie. On ordonne qu'il soit découpé en lanières. Saint Basile en jette une à la figure de l'empereur. Il est alors totalement écorché vif et meurt de ses blessures.


À Ancyre, également en Galatie, l’an 362, saint Basile, prêtre et martyr. Tant que l’empereur Constance fut au pouvoir, il résista aux ariens avec la plus grande force, mais, à l’avènement de l’empereur Julien, il pria publiquement pour qu’aucun chrétien ne défaille dans sa foi. Cela lui valut d’être conduit devant le proconsul de la province, et de subir de nombreux tourments qui consommèrent son martyre.


Martyrologe romain

Évêque cappadocien, Basile fut élu au siège d'Ancyre (métropole de la Galatie) par les antinicéens afin de remplacer Marcel, qui avait été déposé par le synode de Constantinople. De 344 (réhabilitation de Marcel par le concile de Sardique) à 350 (mort de Constant), il fut écarté de son siège. Une fois rétabli, il devint le principal animateur de la branche modérée de l'opposition au dogme de Nicée (parti homéousien). Ce parti s'imposa comme la tendance prédominante pendant une dizaine d'années (conciles de Sirmium, en 351 ; d'Ancyre, en 358 ; de Séleucie, en 359), mais il fut supplanté par les ariens radicaux (homéens et anoméens), qui refusaient non seulement l'identité de substance entre le Père et le Fils proclamée à Nicée, mais aussi la similitude totale, quant à la substance, à l'existence et à l'être, qu'enseignait le groupe de Basile. À la suite d'accusations calomnieuses de la part de la secte arienne des acaciens, Basile fut finalement déposé au concile de Constantinople (360) et banni en Illyrie. Il revint peut-être d'exil sous Julien, mais il ne put en tout cas retrouver son siège, occupé par Athanase depuis 360. Avec d'autres évêques de son parti, il adressa à Jovien, en 363, une requête, restée sans effet, demandant de chasser les anoméens des églises et suggérant la convocation d'un concile pour rétablir l'unité de la foi. On perd ensuite la trace de Basile dans l'histoire.

Il ne reste de Basile d'Ancyre qu'une Dissertation (rapportée par Épiphane) qui, composée en 358, expose la doctrine homéousienne. La restitution du traité de Basile de Césarée Sur la virginité à Basile d'Ancyre (Cavallera) est discutée.

Présenté par les sources ecclésiastiques comme un arien prudent qui dissimule ses sentiments véritables, Basile apparaît davantage dans sa Dissertation comme un farouche opposant à toutes les formes extrêmes de l'arianisme. Hilaire et Athanase prétendent d'ailleurs que le seul point de désaccord entre Basile et le dogme de Nicée était le fait qu'il rejetait le terme homoousios (identique en substance). Non biblique, ce terme paraissait menacer, dans le sens du sabellianisme, la distinction entre le Père et le Fils. Basile n'en tenait pas moins à affirmer la parfaite similitude entre le Père et le Fils et, par conséquent, la pleine divinité du Fils. Il semble être demeuré fidèle à cette perspective jusqu'à la fin et on le retrouve dans le clan des « pneumatomaques » (adversaires de la pleine divinité de l'Esprit saint).

Richard GOULET, « BASILE D'ANCYRE (IVe s.)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mars 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/basile-d-ancyre/

Lors du passage de Julien à Ancyre, on lui dénonça un prêtre que sa constance dans la foi au plus fort de la persécution arienne avait signalé comme un séditieux. Dès qu'il connut les desseins de Julien, il n'hésita pas  à exhorter publiquement les chrétiens à mépriser les promesses de l'empereur, les assurant que cette tempête ne durerait guère. Ce fut sur ces entrefaites qu'il fut arrêté. « Les actes, dit Tillemont, sont assez mal composez. Le texte en est souvent fort obscur par la faute ou de l'auteur qui parlait mal la langue grecque, ou de ses copistes. Les harangues en sont assez longues, et bien pleines d'injures. Mais parmi tout cela, il y a un certain caractère d'antiquité et de vérité, qui fait que non seulement Bollandus, mais encore d'antres personnes très judicieuses, les croient entièrement légitimes, et écrits par un auteur contemporain. Ils s'accordent fort bien avec l'histoire du temps, et avec Sozomène qui parle assez amplement de ce saint, quoiqu'il ne dise rien de ce qui se passa, selon les actes, entre l'empereur et luy. La longueur des discours se peut excuser sur ce que le saint était accoutumé à parler. Mais je pense qu'il vaut mieux avouer qu'ils sont de l'auteur des actes, qui aura mis en sa manière ce qu'il avait entendu dire au saint. Car il y en a plusieurs qui n'ont point assurément été écrits sur-le-champ.

« Saint Basile y prédit à Julien que son corps ne serait point enterré, ges ou me tukhe. Cela paroist contraire à ce que nous trouvons dans l'histoire, qu'il fut enterré à Tarse. Mais saint Grégoire de Nazianze dit avoir appris d'une personne, que la terre l'avait rejetté du tombeau ; et ainsi la prophétie du saint aura été accomplie. »

BOLL. Acta SS. Mart. III, 379-80. — RUINART, Acta sincera (1689), p. 650. TILLEMONT, Mém. hist. eccl. (1700), t. VII, p. 375-9 et 728-730. — P. ALLARD, [Julien l'Apostat, t, II, p. 339 sq. — Cf. CHEVALIER, POTTHAST.

ACTES DE SAINT BASILE D'ANCYRE

Basile, appliqué sans relâche à enseigner aux hommes les vérités chrétiennes et à les détromper de l'erreur et du mensonge, s'efforçait de les conduire dans les voies de Jésus-Christ et de les détourner de celles du démon. Il leur prêchait sans cesse que des jours mauvais approchaient; que les principaux chefs de la milice des enfers en étaient sortis, et semaient partout des pièges, des périls et des scandales ; que parmi les ministres de Jésus-Christ il se trouvait des ministres du démon revêtus de peaux de brebis, mais qui n'étaient que des loups cruels et ravissants, avides de se rassasier d'âmes, et qu'il ne fallait marcher qu'avec de grandes précautions. Il criait de toute sa force et avec toute l'intrépidité et toute l'assurance d'un prophète :

« Suivez-moi, vous tous qui voulez arriver au bonheur éternel, je vous montrerai la voie qui y conduit, et je vous marquerai en même temps celle qui mène à un malheur éternel. Je vous ferai voir dans quel abîme se précipitent ceux qui abandonnent le Dieu vivant pour courir après des idoles sourdes, muettes et aveugles.

« Quel avantage pensez-vous qu'ils tirent d'un changement si peu sensé ? de brûler dans un feu qui ne s'éteindra jamais. C'est pourquoi, tous autant que nous sommes, qui désirons conserver le trésor inestimable de la foi, ne craignons pas de fouler aux pieds toute cette pompe vaine et ridicule avec laquelle le démon amuse, surprend et engage les esprits qu'il a séduits ; méprisons ces niaiseries dont il occupe les yeux et le coeur de ses misérables esclaves ; que la difficulté de l'entreprise ne nous rebute point. Jésus-Christ sera avec nous ; il nous soutiendra, il nous défendra, il nous récompensera. »
Basile parcourait chaque jour toute la ville d'Ancyre, semant de pareils discours, exhortant, pressant, menaçant chacun, encourageant les uns par l'espérance des biens à venir, intimidant les autres par la crainte des peines futures, inspirant à tous le mépris des tourments et de la mort. Cependant Eudoxe (Évêque arien de Germanicie, puis d'Antioche, et enfin de Constantinople, l'an 360), Macaire, Eugène et quelques autres évêques ariens, assemblés à Constantinople, lui défendirent de prêcher ainsi au peuple des vérités qui leur déplaisaient ; mais en même temps deux cent trente évêques, qui tenaient un concile dans la Palestine, l'exhortaient à continuer, à ne rien craindre, à agir toujours avec confiance, et enfin à se ressouvenir qu'étant un des principaux officiers du palais de l'empereur, il devait donner l'exemple d'une plus parfaite fidélité envers Jésus-Christ. Ainsi ce saint homme, marchant en la présence de Dieu, annonçait hardiment la doctrine irrépréhensible de la foi, et la régularité de sa vie, jointe à la force de ses paroles, retirait chaque jour de l'erreur plusieurs chrétiens qui s'y étaient malheureusement laissés engager. L'Eglise était alors dans une horrible agitation. On déféra Basile à l'empereur Constance comme un homme inquiet, séditieux, et qui par ses prédications emportées fo-mentait le trouble et la division.

Le prince l'interrogea lui-même ; mais il fut toujours invariable dans ses réponses, toujours ferme et inébranlable dans la foi et dans la tradition des Pères, défendant avec beaucoup de talent et de zèle la croyance orthodoxe. Ce qui enleva bien des sujets à l'hérésie.

Après la mort de Constance, Julien étant parvenu à l'empire, et ayant renoncé ouvertement au christianisme, il entreprit de gagner à ses dieux le plus grand nombre d'âmes qu'il pourrait. Il se fit le docteur de l'idolâtrie, il publia ses dogmes impies touchant le culte qu'il voulait qu'on rendît à ces divinités inanimées et insensibles, et il l'établit dans la Galatie où l'on vit, durant quinze mois, fumer les autels des dieux de Julien. Basile, sensiblement affligé du malheur de l'Eglise, et craignant pour Ancyre sa patrie, fit publiquement cette prière à Jésus-Christ : « Sauveur du monde, lumière qui ne peut être obscurcie, soleil qui dissipez les ténèbres de l'erreur, trésor immense des richesses infinies de la divinité : Seigneur tout-puissant, jetez les yeux, je dis ces yeux qui sont quelquefois allumés d'une sainte et redoutable colère, ces yeux qui lancent sur les pécheurs la foudre et la mort, jetez-les sur ces cérémonies abominables, et dissipez-les avec ceux qui les pratiquent. Ne permettez pas qu'elles prévalent sur la vérité que vous nous avez enseignée : renversez ces autels et leurs ministres. Rendez leurs projets inutiles, qu'ils ne puissent jamais séduire les âmes de ceux qui croient en vous. » Cette prière fut entendue de quelques adorateurs des idoles. Ils frémirent de rage contre son auteur, à tel point que l'un d'eux, nommé Macaire, se jeta sur Basile et le maltraita. « Méchant homme, lui dit-il, tu mets toute la ville en rumeur par tes discours séditieux ; as-tu bien l'audace d'attaquer une religion que l'empereur a si sagement rétablie ? » Basile lui répondit : « Que le Seigneur t'arrache cette langue, misérable esclave du démon. Ce n'est pas moi qui détruis ta religion, mais ce sera celui qui règne dans le ciel, celui-là même qui l'a déjà renversée ; celui-là, dis-je, saura bien encore le moyen de l'exterminer une seconde fois. Il saura bien faire évanouir tous les desseins chimériques de ton empereur, jusqu'à ce qu'il le réduise aux dernières extrémités, où il ne trouvera plus que la mort seule, qui lui sera alors donnée comme la juste punition de son insolente révolte contre Dieu. »

Cette réponse ne fit qu'irriter encore davantage les esprits. On entraîna Basile chez le proconsul. [Saturnin] « Cet homme, s'écriaient cent personnes à la fois, met le trouble et la confusion dans toute la ville. Il enseigne au peuple une doctrine dangereuse ; il dit qu'il faut renverser les autels des dieux, et il parle d'eux et de l'empereur en de fort méchants termes : le peuple l'écoute, et il en a déjà perverti plusieurs. Le proconsul lui demanda son nom et comment il avait la hardiesse d'agir de la sorte.
« Je suis chrétien, » répondit Basile.

Le proconsul : «Puisque tu es chrétien, que ne fais-tu donc ce qu'un chrétien doit faire ?

— Je le fais ; car un chrétien doit faire toutes ses actions à la vue de tout le monde.

— Pourquoi excites-tu le tumulte dans la ville, en parlant de l'empereur avec impertinence, et en le faisant passer pour un prince qui viole impunément les lois les plus saintes, en blasphémant contre sa personne sacrée et contre sa religion ?

— Tout cela est faux. Je n'ai blasphémé ni contre l'empereur ni contre sa religion. Mais cet empereur dont je parle est le Dieu du ciel et de la terre, qui règne souverainement sur tous les hommes, et que nos pères ont adoré. C'est lui qui peut en un moment vous confondre, vous et vos dieux.

— A votre compte, elle ne serait pas véritable, la religion que notre prince a rétablie ?

— Comment le serait-elle ? Toi-même, seigneur gouverneur, la crois-tu véritable ? Une religion qui, plus vorace que ne sont des chiens affamés, va dévorant des chairs à demi crues, pousse comme ces animaux des hurlements devant les autels des démons, et répand le sang autour de ces mêmes autels, est-ce là une religion pour des hommes ? La raison peut-elle supporter un pareil culte ?

— Tu ne dis que des sottises, Basile ; tais-toi et obéis à l'empereur.

— J'ai obéi jusqu'à présent à l'empereur du ciel, je ne lui manquerai jamais de fidélité.

— De quel empereur parles-tu ?

— De celui qui réside dans le ciel, et qui voit et considère toutes choses. Pour cet autre dont tu veux m'obliger de recevoir les ordres, il ne commande que dans un coin de la terre, et bientôt il n'y commandera plus, n'étant qu'un homme, il tombera à son tour comme les autres hommes au pouvoir du grand roi, qui lui fera rendre compte de ses actions.

Le proconsul, mécontent de ces réponses, fit mettre le saint sur le chevalet. Pendant qu'on le tourmentait, il disait : « Seigneur, Dieu de tous les siècles, je te rends grâces de ce que tu m'as jugé digne de marcher dans le chemin des souffrances ; en le suivant, je suis sûr, Seigneur, d'arriver à la vie, et de me trouver dans la compagnie de ceux que tu as faits héritiers de tes promesses et qui en jouissent déjà. »

— Que t'en semble-t-il ? interrompit le proconsul ; crois-tu maintenant que l'empereur de la terre peut, quand il lui plaît, punir ceux qui refusent d'obéir à ses ordres? Si tu l'ignores,l'expérience est une grande maîtresse, elle pourra te l'apprendre. Veux-tu m'en croire, sacrifie, Basile.

— Je ne t'en croirai pas, répliqua Basile, je ne sacrifierai pas ». Le proconsul l'envoya en prison. Comme on l'y conduisait, il rencontra un certain Félix, un débauché de profession, qui lui dit : « Où vas-tu te perdre, mon pauvre Basile ! que ne te fais-tu plutôt ami des dieux, tu le serais bientôt de César ? Autrement tu peux t'attendre à souffrir terriblement, et l'on peut dire que ce sera avec justice. » Basile, lui jetant un regard foudroyant, lui répondit : « Ne m'approche pas, misérable, homme pétri de vices, esprit impur ; c'est bien à toi de pénétrer les motifs qui me font agir ! comment, environné de ténèbres, pourrais-tu entrevoir le moindre rayon de vérité? »

Et disant cela, il entra dans la prison.

Cependant le proconsul ayant informé Julien de toute cette affaire, le prince envoya sur les lieux Elpidius et Pégase, ses deux âmes damnées, pour perdre d'autres âmes : ils prirent en passant à Nicomédie un autre scélérat nommé Asclépius, qui était prêtre d'Esculape. Etant donc arrivés tous trois à Ancyre, ils se firent d'abord rendre compte de l'affaire qui les y amenait. Ils apprirent que Basile était en prison, où il ne cessait de louer et de glorifier Dieu. Le lendemain de leur arrivée, Pégase s'y rendit seul, dans le dessein de conférer avec lui. Dès qu'il l'aperçut, il lui cria : « Je suis très humble serviteur de Basile ». Le saint répondit : « Et Basile n'est pas le tien, méchant prévaricateur, infâme déserteur de la milice de Jésus-Christ. Te souvient-il, traître, de tes premières années, de ces heureux temps où tu puisais dans les sources toujours pures, toujours claires de la parole divine ? Et maintenant tu ne te remplis que d'eaux bourbeuses. Alors tu participais aux mystères sacrés de la table de Jésus-Christ, aujourd'hui tu manges à celles des démons. Dans ces jours heureux, tu étais le docteur et le maître de la vérité, et tu es devenu le chef des persécuteurs de la vérité. Tu célébrais avec des saints des fêtes toutes saintes, et tu n'en connais plus que de profanes que tu solennises avec les ministres de Satan. Misérable ! Comment t'es-tu laissé enlever de si grandes richesses ? Comment as-tu renoncé à de si beaux droits ! Que feras-tu, que répondras-tu lorsque tu paraîtras devant le tribunal de Dieu ? » Il se mit ensuite à prier tout haut : « Seigneur, disait-il, soyez glorifié ; vous qui aimez à vous découvrir à vos serviteurs, à ceux qui désirent sincèrement vous connaître ; vous qui répandez une partie de votre gloire sur ceux qui espèrent en vous, et couvrez de confusion ceux qui méprisent vos saintes lois ; vous enfin qui êtes glorifié dans le ciel et adoré sur la terre, ne permettez pas, ô Dieu tout bon, que votre serviteur tombe dans les pièges du démon ; accordez-lui toujours la grâce de haïr ceux qui haïssent la sainteté de votre loi, de résister à leurs attaques, de mépriser leurs menaces, de triompher de leurs forces. »

Pégase, outré au dernier point d'un discours qui le ménageait si peu, sortit de la prison, jurant par tous ses dieux qu'il s'en vengerait. Il redit la chose à 'ses deux compagnons, et il n'eut pas de peine à les faire entrer dans son ressentiment. Ils allèrent tous trois trouver le proconsul, et lui portèrent leur plainte contre Basile. Le proconsul, voulant satisfaire Pégase qui faisait le plus de bruit, commanda qu'on lui amenât le saint. Lorsqu'il fut arrivé, il se signa, et dit au proconsul sans s'émouvoir : « Vous pouvez maintenant faire ce qu'il vous plaira. » Elpidius, l'entendant parler de la sorte, dit au proconsul: «Cet homme-là est un franc scélérat, ou un fou achevé. Je suis d'avis qu'on lui donne la question extraordinaire; s'il se rend, à la bonne heure, sinon on renverra l'affaire à l'empereur. » Le proconsul ;le fit étendre par les pieds et par les mains ; en sorte que les nerfs, les muscles et les tendons s'allongeaient à mesure que les roues de la machine tiraient les cordes avec lesquelles il était attaché. Mais lui, cria au proconsul : «Je te défie avec toute ton impiété, et tes trois compagnons avec toute leur puissance. Ni toi ni eux ne pourrez rien contre moi, parce que Jésus-Christ est pour moi. » Alors le proconsul dit:

« Qu'on apporte les fers les plus pesants qu'on pourra trouver, qu'on les lui mette au cou et aux mains, afin que je l'envoie à l'empereur. Qu'on l'enferme cependant jusqu'à ce que je le fasse partir. »

Sur ces entrefaites, Julien vint à Ancyre. Les prêtres d'Hécate allèrent au-devant de lui, portant leur déesse sur un brancard : il leur fit de grandes largesses. Le lendemain, comme il assistait aux spectacles, Elpidius lui parla de Basile ; l'empereur le voulut voir au sortir de l'amphithéâtre. Le saint parut devant lui avec un air tout plein de majesté.

« Qui es-tu ? lui dit Julien, ton nom ?

— Je vais te l'apprendre, répondit Basile : premièrement je m'appelle chrétien : ce nom est grand, et il est glorieux de le porter. Car celui de Jésus-Christ est un nom éternel, qui ne périra jamais, que la suite des siècles ne pourra jamais effacer, un nom qui surpasse toute la grandeur, toute la gloire, toute l'intelligence humaine. Outre ce nom de chrétien, je porte encore celui de Basile ; et c'est sous celui-là que je suis connu dans le monde. Mais si je conserve sans tache le premier, je recevrai de Jésus-Christ l'immortalité bienheureuse pour récompense.

            — Tu te trompes, Basile, répliqua Julien ; tu sais que j'ai quelque connaissance de vos mystères ; je te dis que celui en qui tu mets ton espérance n'est pas tel que tu penses ; il est mort, crois-moi, et bien mort. Pilate était alors gouverneur de la Judée.

            — Je ne me trompe pas, Sire, repartit Basile ; c'est toi qui t'abuses, toi qui as renoncé Jésus-Christ, dans le moment même qu'il te donnait l'empire ; mais je t'avertis qu'il te l'ôtera sous peu avec la vie ; et tu connaîtras alors, mais trop tard, quel est celui que tu as abandonné.

            — Tu en auras menti, faux prophète, dit Julien ; la chose n'arrivera pas ainsi.
            — Je dis vrai, reprit Basile: saches que comme tu as bien voulu perdre la mémoire des bienfaits que tu as reçus de lui, de même il oubliera sa bonté quand il voudra te punir. Tu n'as eu aucun respect pour ses autels, tu les as renversés : il te renversera du trône ; tu as pris plaisir à violer sa loi, cette loi que tu as tant de fois annoncée au peuple ; tu l'as foulée aux pieds, ton corps restera sans sépulture, il sera foulé aux pieds, après que ton âme en sera sortie par l'effort des plus violentes douleurs.

            — Je voulais te sauver, reprit Julien ; mais puisque, sans aucun respect pour mon rang, non seulement tu rejettes les conseils que je te donne, mais aussi tu ne crains pas de me parler avec la dernière insolence, je dois venger la majesté de l'empire si horriblement outragée en ma personne. Je veux donc que chaque jour on lève sur ton corps sept aiguillettes de chair.

Il commit à cette exécution le comte Frumentin, chef des écuyers du palais. Après que le saint eut enduré avec une patience admirable ces cruelles incisions : « Je voudrais, dit-il, parler à l'empereur, » Frumentin, ravi de joie, et s'imaginant que Basile était enfin résolu de sacrifier aux dieux, courut chez l'empereur : « Seigneur, lui dit-il tout hors d'haleine, Basile se rend : il demande à avoir l'honneur de parler à Votre Majesté. » Julien sortit aussitôt de son palais et se rendit au temple d'Esculape, où il fit venir le saint.

Dès qu'il fut devant l'empereur : « Où sont, lui dit-il, tes sacrificateurs et tes devins? T'ont-ils dit ce qui m'a fait te demander audience ?

— J'ai cru, répondit Julien, que c'était pour m'assurer que tu étais prêt à reconnaître les dieux, et à te joindre à moi dans les sacrifices que je leur offre,

— Je n'y songe même pas, reprit Basile. Ceux que tu appelles des dieux ne sont rien moins que des idoles sourdes et aveugles. » En disant cela, il prit un des morceaux de chair qu'on lui avait coupés ce jour-là, et le jetant au visage de Julien : o Tiens, Julien, lui dit-il, manges-en, puisque tu l'aimes ! Je te déclare, au reste, que la mort est pour moi un gain, que c'est pour Jésus-Christ que je souffre, qu'il est mon refuge, mon appui, ma vie. » Quand le récit de cette entrevue se répandit parmi les chrétiens, on n'hésita pas à qualifier de saint le héros d'une telle confession.

Le comte Frumentin, craignant l'indignation de l'empereur, que cette action de Basile rendait furieux, se déroba prompte-ment. Cependant il songeait de quelle mort il punirait un si sanglant outrage fait à son maître, qui s'en prenait à lui, et semblait l'en vouloir rendre responsable. Il monta sur son tribunal et ordonna qu'on redoublât les tourments du saint, qu'on lui fit de plus profondes incisions, jusqu'à ce qu'on vît les entrailles. Pendant qu'on obéissait à Frumentin, Basile priait. « Seigneur, disait-il, sois béni, toi l'espérance des chrétiens, qui relèves ceux qui tombent, et qui soutiens ceux qui chancellent, qui préserves de toute corruption ceux qui espèrent en toi, et qui guéris les blessures que nous nous sommes faites par imprudence ou par malice. Dieu tout bon, Dieu tout miséricordieux, qui souffres avec nous, qui souffres en nous, abaisse tes yeux du haut de ta gloire sur ton serviteur. Accorde-moi la grâce, ô mon Dieu, d'achever heureusement ma course, de persévérer dans la foi de mes pères et de mériter par cette fidèle persévérance d'être reçu dans ton royaume. » Le soir, étant venu, le comte renvoya le saint en prison. Julien partit le lendemain d'Antioche sans vouloir voir le comte. Cet officier, craignant donc pour sa fortune et pour sa propre personne, fit les derniers efforts pour obliger Basile à se soumettre à faire la volonté de l'empereur. « Lequel aimes-tu mieux enfin, lui dit-il, ou de sacrifier ou de mourir ? — Tu sais, répondit Basile, combien tu fis lever hier de morceaux de chair de dessus mon corps ; il n'y avait pas un des assistants qui ne donnât des larmes à mes souffrances. Regarde aujourd'hui mes épaules, vois mes côtés, et dis-moi s'il y paraît. Sache que Jésus-Christ m'a guéri cette nuit ; tu peux le mander à ton Julien ; oui, tu peux lui faire savoir quel est le pouvoir du Dieu qu'il a quitté pour se donner au démon qui le séduit et le trompe. L'ingrat qu'il est, il ne se souvient plus que les prêtres de ce Dieu lui sauvèrent autrefois la vie en le cachant sous l'autel, eet autel qu’il a depuis renversé. Mais mon Dieu me fait connaître qu'il sera dans peu renversé à son tour, et sa tyrannie éteinte dans son sang.

— Tu déraisonnes, imbécile, reprit Frumentin ; l'invincible Julien, le maître du monde, n est pas un tyran. Coquin, n'as-tu pas éprouvé toi-même sa douceur, sa clémence, son humanité et son incroyable patience ? Lui, au contraire, n'a-t-il pas essuyé de ta part un affront sensible, et qu'on ne peut assez punir ? Ne m'as-tu pas aussi voulu engager dans ton crime ? ne me trouvé je pas à cause de toi dans la disgrâce du prince ? Tu peux donc t'attendre à recevoir le châtiment que tu mérites. Je vais, pour te guérir de ta folie, te faire enfoncer par tout le corps des pointes de fer rougies au feu. »

Basile lui répondit froidement : « Ton empereur ne m'a pas fait peur, crois-tu me faire trembler ? » Frumentin donna ses ordres pour qu'on piquât le corps de Basile avec des lames brûlantes, et pendant ce temps le saint, étendu à terre, priait à haute voix, et disait : « Jésus ma lumière, Jésus mon espérance, je te rends grâces, Dieu de mes pères, de ce que tu retires enfin mon âme du séjour de mort. Ne permets pas que je profane ton nom sacré que je porte, afin que, vainqueur et achevant ma course en toi, j'entre en possession du repos éternel promis à mes pères par le pontife suprême Jésus-Christ Notre-Seigneur. Reçois en son nom l'esprit de celui qui meurt en te confessant, parce que tu es patient, miséricordieux, toi qui vis et règnes dans les siècles des siècles. Amen.» Comme il finissait de parler, Basile parut s'assoupir et son corps transpercé rendit l'esprit.

Basile est mort sous Julien, apostat, le 28e jour du mois de juin. Que son martyre nous fortifie dans la foi de Jésus-Christ Notre-Seigneur, par qui la gloire et l'empire soient rendus au Père dans tous les siècles: Amen.

LES MARTYRS, TOME III. Julien l'Apostat, Sapor, Genséric. Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle. Traduites et publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ, Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough. 1921. DEUXIÈME ÉDITION= Imprimatur. Turonibus, 18 Octobris 1920. P. BATAILLE, V. G. Imprimi potest. FR. FERDINANDUS CABROL, Abbas Sancti Michaelis Farnborough. Die 19 Martii 1904. IVLIO CREZ S. J. LEONI CAPART S. J. AEMILIO ETTERLÉ S. J. D.D.

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/martyrs/martyrs0003.htm#_Toc90635628

Basil of Ancyra M (RM)

Died June 29, 362. Saint Basil suffered and died for his confession of the true faith in opposition to the Arians, who denied the divinity of Jesus. He was a priest of Ancyra, Galatia (now Ankara, Turkey), who loyally supported his Catholic bishop, Marcellus, against the heretics, even after the latter's banishment in 336 by Emperor Constantius. In 360, the Arians tried to stop Saint Basil even from leading Christian worship; but he despised the unjust order; and boldly defended the Catholic faith before Constantius himself.


Basil's refusal to give way to the Arians (and the fact that he was running through the streets urging Christians to remain steadfast), under severe threats, led the authorities to claim that he was unfaithful to the emperor Julian the Apostate. He was captured, tried, and tortured at Ancyra. At Caesarea in Palestine he was hung up, first by the wrists, and then upside down from his ankles. His body was torn with rakes and finally he was slaughtered. His acta appear to be authentic. This is the longer version of what they say:

Julian the Apostate was travelling from Constantinople to Antioch in preparation for his Persian expedition. He stopped en route at the famous temple of Cibele in Galatia to offer sacrifice. "When Julian arrived at Ancyra, Basil was presented before him, and the crafty emperor, putting on an air of compassion, said to him: 'I myself am well skilled in your mysteries; and I can inform you, that Christ, in whom you place your trust, died under Pilate, and remains among the dead.'

"The martyr answered: 'You are deceived; you have renounced Christ at a time when he conferred on you the empire. But he will deprive you of it, together with your life. As you have thrown down his altars, so will he overturn your throne: and as you have violated his holy law, which you had so often announced to the people [Julian had been a reader in the church], and have trodden it under your feet, your body shall be cast forth without the honor of a burial, and shall be trampled upon by men.'

"Julian replied: 'I intended to let you go, but your impudent manner of rejecting my advice . . . force me to do you ill. It is therefore my command, that every day your skin be torn off in seven different places, till you have no more left.'. . ."

Julian went on his way; Basil endured the torture several days then asked to speak to the emperor. Julian ordered that the two should meet in the temple of Esculapius. Julian "pressed him to join him sacrifices. But the martyr replied that he could never adore blind and deaf idols. And taking a piece of his flesh which had been cut out of his body that day, and still hung to it by a bit of skin, he threw it upon Julian. The emperor went out in great indignation: and count Frumentinus, fearing his displeasure, studied how to revenge an insult . . . He therefore mounted his tribunal, and ordered the torments of the martyr to be redoubled; and so deep were the incisions made in his flesh, that his bowels were exposed to view, and the spectators wept for compassion. The martyr prayed aloud all the time, and at evening was carried back to prison.

"Next morning Julian set out for Antioch, and would not see Frumentinus. The count resolved to repair his disgrace, or at least to discharge his resentment by exerting his rage upon the servant of Christ. But to his thundering threats Basil answered: 'You know how many pieces of flesh have been torn from my body: yet look on my shoulders and sides; see if any wounds appear? Now that Jesus Christ this night hath healed me. Send this news to your master Julian, that he may know the power of God whom he has forsaken. He has overturned his altars, who was himself concealed under them when he was sought by Constantius to be put to death. But God hath discovered me that his tyranny shall be shortly extinguished with his life.'


"Frumentinus seemed no longer able to contain his rage, and Frumentinus commanded the saint to be laid upon his belly, and his back to be pierced with red-hot iron spikes. The martyr expired under these torments" (Attwater2, Benedictines, Bentley, Encyclopedia, Husenbeth). Saint Basil is depicted in art with a lioness by his side, sometimes he is torn by the lioness (Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0322.shtml

March 22


St. Basil of Ancyra, Priest and Martyr


From the authentic acts of his martyrdom in Ruinart, Henschenius, and Tillemont, t. 7. p. 375.


A.D. 362


MARCELLUS, bishop of Ancyra, distinguished himself by his zeal against the Arians, on which account he was banished by Constantius in 336. 1 Basil, a ringleader of the Semi-Arians, was introduced into that see, but was himself deposed by the stanch Arians, in 360; and is mentioned by Socrates to have survived our saint, though he continued still in banishment under Jovian. The holy martyr of whom we speak was also called Basil. He was priest of Ancyra under the bishop Marcellus, and a man of a most holy life, and unblemished conversation, and had been trained up by saints in the practices of perfect piety. He preached the word of God with great assiduity, and when the Arian wolf, who bore his name, attempted to plant his heresy in that city, he never ceased to cry out to the people, with the zeal and intrepidity of a prophet, exhorting them to beware of the snares which were laid for them, and to remain steadfast in the Catholic faith. He was forbidden by the Arian bishops, in 360, to hold ecclesiastical assemblies: but he despised the unjust order; and as boldly defended the Catholic faith before Constantius himself. When Julian the Apostate reestablished idolatry, and left no means untried to pervert the faithful, Basil ran through the whole city, exhorting the Christians to continue steadfast, and not pollute themselves with the sacrifices and libations of the heathens, but fight manfully in the cause of God. The heathens laid violent hands on him, and dragged him before Saturninus the proconsul, accusing him of sedition, of having overturned altars, that he stirred up the people against the gods, and had spoken irreverently of the emperor and his religion. The proconsul asked him if the religion which the emperor had established was not the truth? The martyr answered: “Can you yourself believe it? Can any man endued with reason persuade himself that dumb statues are gods?” The proconsul commanded him to be tortured on the rack, and scoffing, said to him, under his torments: “Do not you believe the power of the emperor to be great, who can punish those who disobey him? Experience is an excellent master, and will inform you better. Obey the emperor, worship the gods, and offer sacrifice.” The martyr, who prayed during his torments, with great earnestness, replied: “It is what I never will do.” The proconsul remanded him to prison, and informed his master Julian of what he had done. The emperor approved of his proceedings, and despatched Elpidius and Pegasus, two apostate courtiers, in quality of commissaries, to assist the proconsul in the trial of the prisoner. They took with them from Nicomedia one Aslepius, a wicked priest of Esculapius, and arrived at Ancyra. Basil did not cease to praise and glorify God in his dungeon, and Pegasus repaired thither to him in hopes, by promises and entreaties, to work him into compliance: but came back to the proconsul highly offended at the liberty with which the martyr had reproached him with his apostasy. At the request of the commissaries, the proconsul ordered him to be again brought before them, and tormented on the rack with greater cruelty than before; and afterwards to be loaded with the heaviest irons, and lodged in the deepest dungeon.


In the mean time, Julian set out from Constantinople for Antioch, in order to prepare for his Persian expedition. From Chalcedon he turned out of his road to Pessinunte, a town in Galatia, there to offer sacrifice in a famous temple of Cibele. In that town he condemned a certain Christian to be beheaded for the faith, and the martyr went to execution with as much joy as if he had been called to a banquet. When Julian arrived at Ancyra, St. Basil was presented before him, and the crafty emperor, putting on an air of compassion, said to him: “I myself am well skilled in your mysteries; and I can inform you, that Christ, in whom you place your trust, died under Pilate, and remains among the dead.” The martyr answered: “You are deceived; you have renounced Christ at a time when he conferred on you the empire. But he will deprive you of it, together with your life. As you have thrown down his altars, so will he overturn your throne: and as you have violated his holy law, which you had so often announced to the people, (when a Reader in the church,) and have trodden it under your feet, your body shall be cast forth without the honour of a burial, and shall be trampled upon by men.” Julian replied: “I designed to dismiss thee: but thy impudent manner of rejecting my advice, and uttering reproaches against me, force me to use thee ill. It is therefore my command, that every day thy skin be torn off thee in seven different places till thou hast no more left.” He then gave it in charge to count Frumentinus, the captain of his guards, to see this barbarous sentence executed. The saint, after having suffered with wonderful patience the first incisions, desired to speak to the emperor. Frumentinus would be himself the bearer of this message to Julian, not doubting but Basil intended to comply and offer sacrifice. Julian instantly ordered that the confessor should meet him in the temple of Esculapius. He there pressed him to join him in offering sacrifices. But the martyr replied, that he could never adore blind and deaf idols. And taking a piece of his flesh which had been cut out of his body that day, and still hung to it by a bit of skin, he threw it upon Julian. The emperor went out in great indignation: and count Frumentinus, fearing his displeasure, studied how to revenge an insult, for which he seemed responsible to his master. He therefore mounted his tribunal, and ordered the torments of the martyr to be redoubled; and so deep were the incisions made in his flesh, that his bowels were exposed to view, and the spectators wept for compassion. The martyr prayed aloud all the time, and at evening was carried back to prison. Next morning Julian set out for Antioch, and would not see Frumentinus. The count resolved to repair his disgrace, or at least to discharge his resentment by exerting his rage upon the servant of Christ. But to his thundering threats Basil answered: “You know how many pieces of flesh have been torn from my body: yet look on my shoulders and sides: see if any wounds appear? Know that Jesus Christ this night hath healed me. Send this news to your master Julian, that he may know the power of God whom he hath forsaken. He hath overturned his altars, who was himself concealed under them when he was sought by Constantius to be put to death. But God hath discovered to me that his tyranny shall be shortly extinguished with his life.” Frumentinus seemed no longer able to contain his rage, and commanded the saint to be laid upon his belly, and his back to be pierced with red-hot iron spikes. The martyr expired under these torments on the 29th of June, in 362. But his name is honoured both by the Latins and Greeks on the 22nd of March.

The love of God, which triumphed in the breasts of the martyrs, made them regard as nothing whatever labours, losses, or torments they suffered for its sake, according to that of the Canticles: If a man shall have given all that he possesses, he will despise it as nothing. If the sacrifice of worldly honours, goods, friends, and life be required of such a one, he makes it with joy, saying with the Royal Prophet, What have I desired in heaven or on earth, besides thee, O God! Thou art my portion for ever. If he lives deprived of consolation and joy, in interior desolation and spiritual dryness, he is content to bear his cross, provided he be united to his God by love, and says, My God and my all, if I possess you, I have all things in you alone: whatever happens to me, with the treasure of your love I am rich and sovereignly happy. This he repeats in poverty, disgraces, afflictions, and persecutions. He rejoices in them, as by them he is more closely united to his God, gives the strongest proof of his fidelity to him, and perfect submission to his divine appointments, and adores the accomplishment of his will. If it be the property of true love, to receive crosses with content and joy, to sustain great labours, and think them small, or rather not to think of them at all, as they bear no proportion to the prize, to what we owe to God, or to what his love deserves: to suffer much, and think all nothing, and the longest and severest trials short; is it not a mark of a want of this love, to complain of prayer, fasts, and every Christian duty? how far is this disposition from the fervour and resolution   of all the saints, and from the heroic courage of the martyrs!

Note 1. Marcellus wrote a famous book against the Arians, which Eusebius of Cæsarea and all the Arians condemned, as reviving the exploded heresy of Sabellius. But Sabellianism was a general slander with which they aspersed all orthodox pastors. It is indeed true, that St. Hilary, St. Basil, St. Chrysostom, and Sulpicius Severus charge Marcellus with that error; but were deceived by the clamours of the Arians. For Marcellus appealing to Pope Julius, and repairing to Rome, was acquitted, and his book declared orthodox by that pope in 341, and also by the council of Sardica, in 347; as St. Hilary (fragm. 3. p. 1308. 1311.) and St. Athanasius (Apol. contra Arianos, p. 165.) testify. It was a calumny of the Arians, though believed by St. Hilary, that St. Athanasius at length abandoned and condemned him. It is demonstrated by Dom. Montfaucon from the works of St. Athanasius, that he ever defended the innocence of Marcellus. (t. 2. Collect. Patr.) Moreover, Marcellus being informed that St. Basil had suggested to St. Athanasius certain suspicions of his faith, in 372, towards the end of his life, sent to St. Athanasius his most orthodox confession of faith, in which he explicitly condemns Sabellianism; which authentic monument was published by Montfaucon. (t. 2. Collect. Patr. p. 55.) If Patavius, Bull, and others, who censure Marcellus, had seen this confession, they would have cleared him of the imputation of Sabellianism, and expounded favourably certain ambiguous expressions which occurred in his book against the Arians, which is now lost, and was compiled against a work of Aeterius the Sophist, surnamed the advocate of the Arians. 

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.



Basil Of Ancyra,  (died c. 364, Illyria), Greek theologian and bishop of Ancyra (now Ankara, Tur.) whose attempt to mediate a controversy in the Eastern Church was rejected by the heretical faction and brought about his exile.

Basil, a physician, was nominated bishop in 336 by the Semi-Arian party (see Semi-Arianism). In a Synodal Letter sent to all bishops summarizing the conclusions of a local council in Ancyra (358), Basil’s clear enunciation of the Semi-Arian viewpoint established him as that group’s intellectual leader.

Despite the efforts of Basil and his colleagues, the Arians (see Arianism) gained the support of the emperor Constantius II (ruled 337–361) and repudiated Basil’s formula at two councils convened in 359. Basil’s party was compelled by Constantius II in December 359 to sign the heretical Arian formula of Ariminum. The Arians, led by Bishop Acacius of Caesarea, met in synod at Constantinople in 360, deposed Basil, and banished him to Illyria.

Before his death, however, Basil recanted his signature of the Arian formula extorted from him by the Emperor. The orthodox party, represented by Athanasius of Alexandria and Hilary of Poitiers, acknowledged that Basil’s formula approximated their own and urged others to seek a consensus with him.

Among Basil’s other writings is a treatise on virginity, which suggests that this virtue can be secured on the basis of bodily harmony fostered by an ascetical life.


St. Basil of Ancyra

Martyr for the faith and opponent of Arianism. Basil was a priest of Ancyra, in Galatia. He defended Bishop Marcellus there when the prelate was deposed by the Arians. Basil was then caught up in the persecution of Emperor Julian the Apostate. He was tortured and slain for preaching to the people.


Holy martyr Basil, Presbyter of the Church of Ancyra

Commemorated March 22

St Basil was a presbyter in Ancyra, Galatia. Fighting against the Arian heresy, he urged his flock to cling firmly to Orthodoxy. Because of this St Basil was deposed from his priestly rank by a local Arian council, but a Council of 230 bishops in Palestine reinstated him.

St Basil openly continued to preach and denounce the Arians. Therefore, he became the victim of persecution and was subjected to punishment as a man dangerous to the state. The two apostates Elpidios and Pegasios were ordered to turn St Basil from Orthodoxy. The Saint remained unshakable, and was again subjected to tortures.

When the emperor Julian the Apostate (361-363 AD) arrived in the city of Ancyra, St Basil bravely confessed Christ before him at the trial, and denounced the emperor for his apostasy. Julian ordered that strips of skin be cut from the Saint's back. St Basil endured the gruesome torture with great patience.

When they began to beat his shoulders and stomach with red-hot rods, he fell down upon the ground from the torments and cried out, "O Christ, my Light! O Jesus, my Hope! Quiet Haven from the stormy sea. I thank You, O Lord God of my fathers, that You have snatched my soul from the pit of Hell and preserved Your Name in me unstained! Let me finish my life a victor and inherit eternal life according to the promise You gave my fathers. Now accept my soul in peace, plying steadfast in this confession! For You are merciful and great is Your mercy, You Who live and sojourn throughout all the ages. Amen".

Having made such prayer, and lacerated all over by the red-hot rods, the Saint fell into a sweet slumber, giving up his soul into the hands of God. The Hieromartyr Basil died June 29, 362 AD. His commemoration was transferred to March 22 because of the Feast of Sts Peter and Paul.

Dismissal Hymn (Fourth Tone)


As a sharer of the ways and a successor to the throne of the Apostles, O inspired of God, you found discipline to be a means of ascent to divine vision. Therefore, having rightly divided the word of truth, you also contested for the Faith even to blood, O Hieromartyr Basil. Intercede with Christ our God that our souls be saved.

Kontakion (Third Tone)

As a priest of the King of glory, you also became a holy warrior by your contest. You shamed the counsels of the lawless, and receive the enjoyment of the heavenly kingdom, O Basil, blessed Hieromartyr of Christ.


Hieromartyr Basil of Ancyra


Hieromartyr Basil was a presbyter in Ancyra, Galatia. Fighting against the Arian heresy, he urged his flock to cling firmly to Orthodoxy. Because of this St Basil was deposed from his priestly rank by a local Arian council, but a Council of 230 bishops in Palestine reinstated him.


St Basil openly continued to preach and denounce the Arians. Therefore, he became the victim of persecution and was subjected to punishment as a man dangerous to the state. Two apostates, Elpidios and Pegasios, were ordered to turn St Basil from Orthodoxy. The saint remained unshakable, and was again subjected to tortures.

When the emperor Julian the Apostate (361-363) arrived in the city of Ancyra, St Basil bravely confessed Christ before him at the trial, and denounced the emperor for his apostasy. Julian ordered that strips of skin be cut from the saint’s back. St Basil endured the gruesome torture with great patience.

When they began to beat his shoulders and stomach with red-hot rods, he fell down upon the ground from the torments and cried out, “O Christ, my Light! O Jesus, my Hope! Quiet Haven from the stormy sea. I thank You, O Lord God of my fathers, that You have snatched my soul from the pit of Hell and preserved Your Name in me unstained! Let me finish my life a victor and inherit eternal life according to the promise You gave my fathers. Now accept my soul in peace, plying steadfast in this confession! For You are merciful and great is Your mercy, You Who live and sojourn throughout all the ages. Amen.”

Having made such prayer, and lacerated all over by the red-hot rods, the saint fell into a sweet slumber, giving up his soul into the hands of God. The Hieromartyr Basil died June 29, 362. His commemoration was transferred to March 22 because of the Feast of Sts Peter and Paul.

This saint should not be confused with St Basil of Ancyra (January 1), a layman.


BASIL (BASILAS) OF ANCYRA: A physician, born at Ancyra, and bishop there from 336, succeeding Marcellus (q.v.). He was deposed by the Synod of Sardica in 343, reinstated by Constantius in 350, and, with George of Laodicea (q.v.), became the leader of the homoiousian middle party. In 360 he was banished to Illyria, and died in exile. With George he composed a dogmatic memoir and, according to Jerome, also a writing against Marcellus, a treatise on virginity, and "some other things." The sources are Socrates, Hist. eccl., ii, 26, 42; iii, 25; Jerome, De vir. ill., lxxxix; Sozomen, Hist. eccl., iv, 24; Philostorgius, v, 1; Epiphanius, Haer., lxxiii, 12-22. See ARIANISM.

G. KRUGER.

BIBLIOGRAPHY: J. Schladebach, Basilius von Ancyra, Leipsic, 1898; DCB, i, 281-282.

The Hieromartyr Basil, Priest of Ancyra 

(March 22)


SerbianOrthodoxChurch.net

Under the Emperor Constantius there was much suffering at the hands of the Arians. At that time, Basil became known as a staunch defender of Orthodoxy and a true shepherd of his flock in Ancyra. When, after Constantius, Julian the Apostate came to the throne and began to persecute the Christians, Basil openly denounced this new wickedness and encouraged his people in the Faith. For this he was thrown into prison. When the Emperor Julian came to Ancyra, Basil was brought before him and he began to urge Basil to abandon the Christian faith, promising him honours and wealth. Then Basil answered him: `I believe in my Christ, whom you have denied and who gave you this earthly kingdom, but He will shortly take this from you. How can you have no shame before the altar under which you were saved from death as an eight-year-old child when they sought to kill you? Therefore He will soon take this earthly kingdom from you, and your body shall not be buried when you have spewed forth your soul in bitter torments.' Julian was furious and ordered that seven strips of skin be torn from his body every day. And his torturers carried this out for seven days. When Basil was brought out again before the Emperor, he tore a strip of his own flesh off and threw it into Julian's face, shouting: `Take this and eat it, Julian, if such food is sweet to you, but Christ is life for me!' This occurrence was noised in the town, and the Emperor left Ancyra in secret out of shame and went to Antioch. And they continued to torture Basil with red hot irons until he surrendered his soul to his Lord for whom he had suffered so much. This was in the year 363.

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* From "The Prologue from Ochrid", by Bishop Nikolai Velimirovic - Lazarica Press - Birmingham 1985

Four Book Edition - Translated by Mother Maria - Dates based on old church calendar.

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