lundi 13 avril 2015

Saint MARTIN Ier, Pape et martyr


Saint Martin Ier, 

pape

Martin Ier est le dernier des papes martyrs (649-654). Arrêté par ordre impérial pour avoir défendu la foi sur les deux volontés divine et humaine du Christ, vrai Dieu et vrai homme, il fut transféré à Constantinople (653), emprisonné, condamné à mort, dégradé publiquement, et finalement déporté à Cherson (Sébastopol), où il mourut de misère le 13 avril 656.

Saint Martin Ier

Pape (74 ème) de 649 à 656 et martyr ( 656)

Né en Toscane, ordonné diacre à Rome, il est nommé bientôt apocrisiaire, c'est-à-dire légat du pape, à Constantinople. En 649, il est élu pape alors qu'on est en pleine querelle monothéliste. Il s'agit d'une hérésie inventée par un empereur byzantin pour rallier les populations monophysites de son empire : on dira que le Christ possède bien les deux natures divine et humaine, mais qu'une seule volonté, la divine, le guide. Le moine Maxime le Confesseur était allé jusqu'à Rome alerter le Pape sur cette nouvelle hérésie. Saint Maxime et saint Martin font condamner l'hérésie impériale par un concile au Latran. Mais l'empereur byzantin n'apprécie guère d'être ainsi désavoué : il fait accuser Martin d'élection illégale et d'hérésie. Le Pape est arrêté, emmené de force en 653* à Constantinople alors qu'il est malade. Il fut maltraité durant la longue traversée: " J'y suis depuis quarante jours et l'on ne m'a pas donné de l'eau pour me laver. Je grelotte de froid, je suis épuisé par la dysenterie, je vomis la nourriture que je dois manger." Arrivé à Constantinople, il fut gardé au secret durant 93 jours et finalement condamné à mort. On le dépouilla publiquement ses vêtements sacerdotaux en les déchirant. Puis, le vieillard reçut une lourde chaîne autour du cou et traîné ainsi dans toute la ville, alors qu'il pouvait à peine marcher. Devant un tel châtiment, le patriarche de Constantinople, bien que partisan de l'empereur, obtint que cette peine soit commuée en exil à Cherson en Crimée. Saint Martin y meurt en 656, brisé par une détention cruelle. Le moine byzantin, saint Maxime, le suivra quelques années plus tard dans la même confession de la foi. Saint Martin est le dernier pape martyr.

* Saint Martin 1er a été capturé et déporté (17 juin 653); le 10 août 654, son successeur saint Eugène a été ordonné, saint Martin n'a pas fait d'objection. (d'après Annuario Pontifico)



Mémoire de saint Martin Ier, pape et martyr. En un temps difficile, il condamna dans un Concile au Latran l’hérésie des partisans d’un volonté unique dans le Christ; sur l’ordre de l’empereur Constant II, l’exarque Calliope donna l'assaut à la basilique du Latran et arracha le pape de son siège. Le pontife fut conduit à Constantinople, où il fut gardé étroitement au secret en prison, enfin relégué en Chersonèse, où, après deux ans environ, en 656, il vit la fin de ses tribulations pour la défense de la foi catholique.



Martyrologe romain



La fête du dernier pape considéré comme martyr (mort en déportation en 656), inscrite au calendrier Romain au XIème-XIIème siècle, déplaça celle de St Martin, évêque de Tours au 11 novembre, jour auquel l’évêque était déjà célébré en Gaule.

Ou bien, la baisse de la dévotion romaine envers St Menne, libérant le 11 novembre et donc entraînant le déplacement de St Martin de Tours, jusque là repoussé au 12 en raison de la popularité du martyr chamelier, créa un vide le 12, vide comblé par l’ajout de la fête de Martin, pape

St Martin Ier mourut le 13 avril (date à laquelle il est célébré par les Byzantins) ; le Liber Pontificalis mentionne sa déposition au 17 septembre, d’autres témoins le 16, mais la fête de St Martin de Tours devait sans doute toujours exercer une curieuse influence sur celle de son homonyme [1] puisqu’il fut fêté le 10 ou le 12 novembre selon les endroits.

Fête simple au début du XVIe siècle, semi-double en 1568. Réduite à une commémoraison quand la fête de St Didace fut fixée au 12 novembre en 1598, elle est redevenue semi-double en 1671 quand Clément X transféra St Didace au 13 novembre.

[1] Jounel, Le Culte des Saints dans les basiliques du Latran et du Vatican au XIIème siècle, École Française de Rome, 1977



die 12 novembris

SANCTI MARTINI I

Papae et Mart.

III classis (ante CR 1960 : semiduplex)

Missa Si díligis me, de Communi Communi Summorum Pontificum.





Ant. ad Introitum. Dan. 3, 84 et 87.

Sacerdótes Dei, benedícite Dóminum : sancti et húmiles corde, laudáte Deum.

Ibid., 57.

Benedícite, ómnia ópera Dómini, Dómino : laudáte et superexaltáte eum in sǽcula.

V/. Glória Patri.
Oratio.

Deus, qui nos beáti Martíni Mártyris tui atque Pontíficis ánnua sollemnitáte lætíficas : concéde propítius ; ut, cuius natalítia cólimus, de eiúsdem étiam protectióne gaudeámus. Per Dóminum.

Léctio Epístolæ beáti Petri Apóstoli.

1. Petri 4, 13-19.

Caríssimi : Communicántes Christi passiónibus gaudéte, ut et in revelatióne glóriæ eius gaudeátis exsultántes. Si exprobrámini in nómine Christi, beáti éritis : quóniam quod est honóris, glóriæ et virtútis Dei, et qui est eius Spíritus, super vos requiéscit. Nemo autem vestrum patiátur ut homicída, aut fur, aut malédicus, aut alienórum appetítor. Si autem ut christiánus, non erubéscat : gloríficet autem Deum in isto nomine. Quóniam tempus est, ut incípiat iudícium a domo Dei. Si autem primum a no-bis : quis finis eórum, qui non credunt Dei Evangélio ? Et si iustus vix salvábitur, ímpius et peccátor ubi parébunt ? Itaque et hi, qui patiúntur secúndum voluntátem Dei, fideli Creatóri comméndent ánimas suas in benefáctis.

Graduale. Ps. 8, 6-7.

Glória et honóre coronásti eum.

V/. Et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Allelúia, allelúia. V/. Hic est Sacérdos, quem coronávit Dóminus. Allelúia.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam.

Luc. 14, 26-33.

In illo témpore : Dixit Iesus turbis : Si quis venit ad me, et non odit patrem suum, et matrem, et uxórem, et fílios, et fratres, et soróres, adhuc autem et ánimam suam, non potest meus esse discípulus. Et qui non báiulat crucem suam, et venit post me, non potest meus esse discípulus. Quis enim ex vobis volens turrim ædificáre, non prius sedens cómputat sumptus, qui necessárii sunt, si hábeat ad perficiéndum ; ne, posteáquam posúerit fundaméntum, et non potúerit perfícere, omnes, qui vident, incípiant illúdere ei, dicéntes : Quia hic homo coepit ædificáre, et non pótuit consummáre ? Aut quis rex iturus commíttere bellum advérsus álium regem, non sedens prius cógitat, si possit cum decem mílibus occúrrere ei, qui cum vigínti mílibus venit ad se ? Alióquin, adhuc illo longe agénte, legatiónem mittens, rogat ea, quæ pacis sunt. Sic ergo omnis ex vobis, qui non renúntiat ómnibus, quæ póssidet, non potest meus esse discípulus.

Ant. ad Offertorium. Ps. 88, 21-22.

Invéni David servum meum, oleo sancto meo unxi eum : manus enim mea auxiliábitur ei, et bráchium meum confortábit eum.

Secreta.

Múnera tibi, Dómine, dicáta sanctífica : et, intercedénte beáto Martíno Mártyre tuo atque Pontífice, per éadem nos placátus inténde. Per Dóminum.

Ant. ad Communionem. Ps. 20, 4.

Posuísti, Dómine, in cápite eius corónam de lápide pretióso.

Postcommunio.

Hæc nos commúnio, Dómine, purget a crímine : et, intercedénte beáto Martíno Mártyre tuo atque Pontífice, cæléstis remédii fáciat esse consórtes. Per Dóminum nostrum.


SAINT MARTIN Ier

Pape et Martyr


semidouble



Introït


Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur ; saints et humbles de cœur, louez Dieu.



Œuvres du Seigneur, louez toutes le Seigneur, louez-le, et exaltez-le à jamais.





Collecte


O Dieu, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux Martin, accordez-nous, dans votre miséricorde, de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance.



Lecture de l’Épître de Saint Pierre Apôtre.



Mes bien-aimés, parce que vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lorsque sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. Si vous recevez des injures pour le nom du Christ, vous êtes bienheureux, parce que l’honneur, la gloire, et la puissance de Dieu, ainsi que l’Esprit de Dieu, reposent sur vous. Mais qu’aucun de vous ne souffre comme homicide, ou comme voleur, ou comme malfaiteur, ou comme s’ingérant dans les affaires d’autrui. Mais s’il souffre comme chrétien, qu’il n’en ait point de honte, mais qu’il glorifie Dieu de porter ce nom-là. Car le moment est venu où le jugement va commencer par la maison de Dieu ; et s’il commence par nous, quelle sera la fin de ceux qui ne croient pas à l’évangile de Dieu ? Et si le juste n’est sauvé qu’avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? Que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu recommandent leurs âmes au créateur fidèle, en faisant ce qui est bien.



Graduel


Vous l’avez couronné de gloire et d’honneur.


V/. Et vous l’avez établi sur les ouvrages de vos mains, Seigneur.



Allelúia, allelúia. V/. C’est le Prêtre que le Seigneur a couronné. Alléluia.



Lecture du Saint Evangile selon saint Luc.



En ce temps-là, Jésus dit à la foule : Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et celui qui ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car quel est celui de vous qui, voulant bâtir une tour, ne s’assied d’abord, et ne suppute les dépenses qui sont nécessaires, afin de voir s’il aura de quoi l’achever ; de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui verront cela ne se mettent à se moquer de lui, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi, sur le point de faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord, afin d’examiner s’il pourra, avec dix mille hommes, marcher contre celui qui s’avance sur lui avec vingt mille ? Autrement, tandis que l’autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade, et lui fait des propositions de paix. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple.



Offertoire


J’ai trouvé David mon serviteur ; je l’ai oint de mon huile sainte ; car ma main l’assistera et mon bras le fortifiera.



Secrète


Sanctifiez, Seigneur, ces dons qui vous sont consacrés, grâce à eux et le bienheureux Martin, votre Martyr et Pontife, jetez sur nous un regard de paix et de bonté.



Communion


Vous avez mis sur sa tête, Seigneur, une couronne de pierres précieuses.



Postcommunion


Que cette communion, Seigneur, nous purifie de nos fautes, et, par l’intercession du bienheureux Martin, Martyr et Pontife, nous rende participants du céleste salut.

Office

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Martin, natif de Todi en Ombrie, s’efforça, dès le commencement de son pontificat, et par les lettres qu’il écrivit, et par les légats qu’il envoya, de rappeler des funestes erreurs de l’hérésie à la vérité de la foi catholique, Paul, Patriarche de Constantinople. Celui-ci, soutenu par l’empereur Constant, qui était hérétique, en était venu jusqu’à cet excès de folie, de reléguer en différentes Iles les légats du Saint-Siège. Le Pape, justement indigné de ce crime, le condamna dans un concile qu’il tint à Rome, concile où se trouvèrent cent cinq Évêques.

Cinquième leçon. A cause de cet acte, Constant envoya en Italie l’exarque Olympius, avec ordre de faire tuer le Pape Martin, ou de le lui amener. Olympius étant donc venu à Rome, commanda à un licteur de tuer le Pape, lorsqu’il célébrerait solennellement la Messe en la basilique de Sainte-Marie de la Crèche : mais ce satellite, ayant tenté la chose, devint tout à coup aveugle.

Sixième leçon. Depuis ce temps-là, plusieurs malheurs arrivèrent à l’empereur Constant ; loin d’en être devenu meilleur, il envoya Théodore Calliope à Rome, avec ordre de se saisir du Pape. Celui-ci fut pris par artifice, mené à Constantinople, et, de là, relégué dans la Chersonèse, où, épuisé par les maux qu’il avait soufferts pour la foi catholique, il mourut le douze novembre, après s’être signalé par plusieurs miracles. Quelque temps après, son corps fut transporté à Rome, et déposé dans l’église consacrée à Dieu sous le nom de saint Sylvestre et de saint Martin. Il gouverna l’Église six ans, un mois et vingt-six jours. En deux ordinations, faites au mois de décembre, il ordonna onze Prêtres et cinq Diacres et sacra trente-trois Évêques pour divers lieux.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Pendant que l’affluence des peuples au tombeau de l’évêque de Tours amenait son troisième successeur, Perpétuus, a élever sur ses restes précieux la basilique où devaient s’accomplir tant de prodiges durant le moyen âge entier, Rome elle-même dédiait à Martin une de ses plus nobles églises, en l’associant, comme titulaire du glorieux édifice, à son illustre Pontife et Confesseur Silvestre. Dans l’éclat de sa double auréole, Saint-Martin-aux-Monts consacrait dignement pour la Ville éternelle le culte des Confesseurs à côté de celui des Martyrs. Mais une autre gloire attendait l’auguste sanctuaire.

Au thaumaturge apôtre, au pontife de la paix, tous deux vainqueurs de l’idolâtrie et n’ayant dû d’échapper au glaive qu’à la conversion des bourreaux, le dernier Pape Martyr, s’honorant lui aussi du nom de Martin, devait venir longtemps après la disparition des persécuteurs païens demander l’hospitalité de la tombe. « De tous ses prédécesseurs ayant suivi les temps de Constantin, dit Baronius, Martin Ier fut le plus heureux : jugé digne de souffrir plus qu’eux tous pour le nom de Jésus-Christ, il eut la bonne fortune de trouver Dèce et Dioclétien dans un prince baptisé [2]. »

L’empereur ainsi flétri par le grand annaliste s’appelait Constant II. Petit-fils d’Héraclius, qui lui du moins valut au monde chrétien quelques années glorieuses, il n’hérita de son aïeul que la byzantine prétention d’imposer ses édits dogmatiques à l’Église. Comme l’Ecthèse d’Héraclius, le Type de Constant afficha l’intention d’imposer silence aux catholiques aux prises avec l’eutychianisme rajeuni sous le nom de monothélisme. Déjà saint Léon II nous a, le XXVIII juin [3], initiés à ces luttes concernant l’intégrité respective des natures humaine et divine en l’Homme Dieu. L’Église pouvait-elle, sans protestation, laisser dire de l’Époux qu’il n’avait pris d’Adam qu’un semblant d’humanité, comme eût été cette nature tronquée, décapitée de la volonté, que rêvaient pour lui les sectaires nouveaux ?

Martin Ier, mieux inspiré qu’Honorius, comprit le péril, et sut non moins réparer le passé qu’assurer l’avenir. A peine monté au Siège apostolique, il réunit en cette église du Sauveur dont nous célébrions la dédicace il y a peu de jours, une des plus belles assemblées conciliaires qui s’y tinrent jamais. « Sonnez de la trompette, criez sur la montagne ; soldats de Dieu, réveillez-vous [4] ! » Ainsi, dès le début, faisait justice d’un silence fatal ce concile de Latran de 649, qui vengea l’honneur de l’Église. A la lecture de ses splendides et larges définitions, présentant au monde dans son adorable intégrité le Fils de la Vierge Mère, on se rappelle, mais combien triomphante, la solennelle déclaration du prétoire au grand Vendredi : Voila l’HOMME [5] ! oui certes, ô notre Dieu Sauveur ; le plus achevé, le plus parfait, le plus beau de ses frères.

Et quel soulagement, pour l’âme, que le spectacle des impériales élucubrations retournées avec leurs qualifications de scélérates et d’impies au césar byzantin [6], qui tenait à sa merci dans Rome encore dépendante le Pontife désarmé ! Martin Ier pouvait, comme Paul, prendre à témoin l’Église de Dieu [7] qu’il ne s’était point dérobé au devoir d’éclairer le troupeau [8] ; il pouvait rappeler aux pasteurs le prix dont le Christ avait acheté les brebis confiées à leur garde [9] : lui, comme Paul, était prêt [10]. Son martyre allait assurer le triomphe final, dont le sixième concile général et saint Léon II étaient appelés à recueillir les fruits.

Les Grecs célèbrent au XIII avril la fête du glorieux Pontife, qu’ils appellent « un coryphée des dogmes divins, l’honneur du Siège de Pierre, celui qui sur la Pierre divine a maintenu l’Église inébranlée [11]. »

S’il est juste que l’humanité honore ses membres dans la mesure où eux-mêmes l’ont honorée, vous méritez, saint Pontife, qu’elle vous garde un glorieux souvenir. Car, non seulement vos admirables vertus furent de celles qui imposent le respect de la terre aux puissances des cieux ; mais l’homme vous doit d’avoir vu l’enfer contraint à s’humilier devant sa nature : divinisée sans nulle réserve en la personne du Fils de Dieu, c’est grâce à vous qu’elle fut pleinement reconnue telle, malgré les dénégations parties de l’abîme, malgré la conjuration des sages du monde unis aux puissants pour prêter main forte aux esprits de ténèbres, et faire la nuit sur cette noblesse incomparable des fils d’Adam. Quel est donc le mystère de cette complicité que l’ennemi de l’homme, Satan, est toujours assuré de trouver dans l’homme pour l’amoindrir et pour le perdre ? Mais Lucifer ne fut-il pas à lui-même tout d’abord son unique ennemi ? et sa folie s’explique-t-elle mieux que celle delà chétive créature qu’il égare à sa suite, jusqu’à l’absurde, dans les sentiers d’orgueil où lui-même s’est perdu le premier ? Car c’est l’orgueil qui fit de lui le prince des insensés comme le père du mensonge. Son intelligence, la plus haute cependant qui fût aux cieux, ne résista pas au poison de la superbe qui la troubla en l’arrêtant à se complaire dans son néant de créature, en l’amenant à retenir captive la vérité qu’il connaissait de Dieu [12] pour suivre l’ombre de préférence à la lumière. Ainsi arrive-t-il qu’à l’exemple de Satan, les hommes, abaissant Dieu pour s’exalter eux-mêmes, s’évanouissent dans leurs pensées [13] jusqu’à ces déviations de l’esprit, aussi bien que du cœur et des sens, qui jettent dans la stupeur l’âme restée droite et simple en son humilité.

Gardez-nous donc, ô saint Pontife. Maintenez en nous l’intelligence du don de Dieu. Que le Psalmiste n’ait à redire d’aucun de nous : L’homme, élevé en honneur, n’a pas compris ; il s’est ravalé de lui-même au niveau de la bête [14]. Que l’éternelle Sagesse qui nous appelle à son alliance [15], n’ait point à gémir de nous voir lui préférer la mort [16].

Et en même temps, apprenez-nous que, pour l’honneur de Dieu non moins que pour celui de l’homme, un pareil don, l’intégrité de l’incarnation du Seigneur, est de ceux qui n’attendent pas le laissez-passer des politiques ou le visa des prétendus sages ; qu’il est celui-là même dont l’Apôtre a dit : Il faut le croire de cœur pour être justifié, LE CONFESSER DE BOUCHE POUR ÊTRE SAUVÉ [17].

Épargnez pour toujours à l’Église la douloureuse situation que put seul dénouer l’héroïsme de votre martyre.

[2] Baron. Ad ann. 651.

[3] 3 juillet après l’introduction de la fête de St Irénée, puis fête supprimée en 1960.

[4] Conclusion du discours d’ouverture, Mansi, X, 870.

[5] Johan. XIX, 5.

[6] Impiissimam ecthesim, sclerosum typum. Canon XVIII. Mansi, X, 1158.

[7] Epist. encyclica promulçationis concilii. Ibid. 1178.

[8] Act. XX, 26, 27.

[9] Ibid. 28.

[10] Ibid. 22-24.

[11] Menœa. XIII april.

[12] Rom. I, 18.

[13] Ibid. 21.

[14] Psalm. XLVIII, 13, 21.

[15] Prov. VII, 4.

[16] Sap. 1, 16.

[17] Rom. X, 10.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Notice au 16 septembre Ce jour est aussi l’anniversaire de la mort du saint Pontife qui, pour la foi orthodoxe, défendue par lui contre l’hérétique basileus de Byzance, finit ses jours en exil dans la Chersonèse. Il mourut le jour de sainte Euphémie de l’an 655. Obiit autem idem sanctissimus Martinus papa, recens revera confessor et martyr Christi... mense septembrio, die sextadecima, in qua felicissimae martyris et fidem custodientis orthodoxam Euphemiae celebratur memoria... Positus est autem in tumulis Sanctorum extra muros Chersonitarum civitatis... in templo sanctissimae Dei genitricis [18].

Le Liber Pontificalis fait déjà allusion aux prodiges qui s’accomplissaient à Cherson, sur la tombe du Pontife exilé. Vers 730, de nombreux miracles s’y opéraient encore et Grégoire II les mentionne dans une lettre à Léon Ier l’Isaurien [19].

On ne sait pas si le corps de saint Martin fut jamais transféré à Rome, aussi semble-t-il que sa fête, fixée par le Missel actuel au 12 novembre, soit plutôt la solennité romaine de saint Martin de Tours, laquelle, à cause du natale de saint Mennas, qui tombe le il, était renvoyée au lendemain.

Le pape Martin était encore en vie quand, à Rome, par suite des prescriptions impériales, on lui donna pour successeur Eugène Ier. Le pieux Pontife céda à la violence, et pour l’amour de l’unité ecclésiastique, il finit par approuver cette élection. Dans une lettre de septembre 655, saint Martin décrit à un ami l’extrême misère où il était laissé dans son exil, mais il assure qu’il ne cesse pas de prier Dieu pour l’Église de Rome et pour son propre successeur sur la Chaire apostolique [20].

Chez les Grecs, la mémoire de « saint Martin Pape de Rome le Confesseur de la Foi » se présente plusieurs fois dans l’année, le 13 avril, le 15 et le 20 septembre, avec celle de saint Maxime le confesseur. Les Slaves le fêtent le 20 avril.

Notice au 12 novembre

Nous avons déjà parlé, à la date de sa mort, de cet illustre confesseur de l’orthodoxie catholique qui combattit les monothélites. Il mourut en Chersonèse (Sébastopol) le 16 septembre 655, et y fut enseveli dans une basilique située hors les murs de la ville et dédiée à Notre-Dame.

Les documents grecs mentionnent le grand nombre de miracles qui avaient lieu près de sa tombe ; aussi le culte de l’intrépide Pontife romain obtint-il chez les Byzantins une certaine renommée, bien plus grande que celle dont il jouit actuellement chez les Latins.

Si sa fête, avec le temps, passa à ce jour dans le calendrier romain, cela est dû en partie à une étrange confusion. La fête de saint Mennas tombant, à Rome, le n novembre.il en résulta quelque incertitude à l’égard du natale du thaumaturge de Tours. Certains calendriers romains fêtaient saint Martin le 11, d’autres le 12. On finit par conserver l’une et l’autre dates. Mais comme il était déjà arrivé à l’occasion des deux fêtes de la Chaire de saint Pierre, qui finirent par être distribuées entre Rome et Antioche, ainsi en fut-il pour la double mémoire de saint Martin. Le 11 novembre fut réservé au thaumaturge de Tours, et le lendemain fut destiné au Pape du même nom, confesseur de la foi lui aussi, puisqu’il mourut en exil à Sébastopol.

La messe [21] est celle du Commun : Sacerdótes Dei, mais la première lecture est empruntée à la fête des martyrs Gervais et Protais (19 juin) et la péricope évangélique à la messe Státuit.

La première lecture, tirée de l’épître de saint Pierre (I, IV, 13-19) est en relation évidente avec le caractère spécial de la persécution déchaînée contre le saint pontife Martin, vraie image de Jésus alors que, durant sa passion, il devint un objet de dérision de la part de ses bourreaux.

Voici quelques-unes des louanges adressées au pape Martin par la liturgie grecque :

Comment t’appeler, ô Martin ? Te saluerai-je comme le guide le plus illustre de la doctrine orthodoxe ? T’appellerai-je l’infaillible et saint coryphée des dogmes divins ? Te proclamerai-je le vengeur de la vérité contre l’erreur ?

Nous te reconnaissons pour la base de l’épiscopat sacré, la colonne de la foi orthodoxe et le maître de la religion.
Tu as orné le trône sacré de Pierre, et après avoir conservé immobile l’Église sur cette Pierre divine, avec lui tu as obtenu la gloire.

Que pensent en Orient nos frères dissidents, alors que, dans la liturgie, ils prononcent, maintenant encore, cette solennelle confession de la primauté du Pontife romain ? Telle est l’antique foi des Églises orientales, avant que le funeste schisme les arrachât de la pierre angulaire sur laquelle le Christ a fondé son unique Église.

[18] Cfr. Commemoratio. P. L., LXXXVII, 120.

[19] Jaffé 2181.

[20] P.L. 87, 203-204, lettre lue en partie dans la Liturgie des Heures réformée : « Nous avons toujours un grand désir de vous écrire pour réconforter votre charité et pour alléger le souci que nous vous donnons, à vous et aussi à tous les saints nos frères qui se préoccupent de nous au nom du Seigneur. Je vous écris donc maintenant ce qui fait notre tourment. Je dis la vérité, au nom du Christ notre Dieu.

En effet, nous avons beau être éloignés de toute agitation mondaine et dépouillés de nos péchés, nous manquons de ce qui est essentiel à la vie. Les habitants de cette région sont tous païens, et tous ceux qu’on y rencontre ont adopté les mœurs païennes ; ils n’ont absolument aucune charité, même pas celle que la nature humaine fait voir habituellement chez les barbares eux-mêmes, qui montrent souvent de la compassion.

J’ai été étonné, et je le suis encore, de l’indifférence et de l’insensibilité de tous ceux qui jadis étaient en relations avec moi, de mes amis et de mes proches : ils ont complètement oublié mon malheur et ne veulent même pas savoir où je me trouve, si je suis encore sur terre ou si je n’y suis plus.

Avec quelle conscience, à votre avis, pourrons-nous nous présenter au tribunal du Christ, alors que tous les hommes seront accusateurs et devront rendre des comptes, car ils sont tous tirés du même limon et de la même masse ? Quelle est cette terreur qui est tombée sur les hommes, pour les empêcher d’accomplir les commandements de Dieu ? Quelle est cette crainte, là où il n’y a rien à craindre ? Ou bien sommes-nous abandonnés au point que les esprits mauvais nous dominent ? Ou bien suis-je apparu aussi comme nuisant à l’Église entière, et comme un adversaire pour eux ?

Mais Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, puisse-t-il, par l’intercession de saint Pierre, établir leurs cœurs dans la foi orthodoxe, les fortifier contre tout hérétique et tout personnage qui s’oppose à notre Église ; qu’il les garde inébranlables, surtout le pasteur qui maintenant se montre leur chef ; qu’ils ne se permettent aucune déchéance, aucune déviation, aucun abandon, même pas sur le plus petit point, à l’égard de ce qu’ils ont professé par écrit en présence du Seigneur et des saints anges. Avec le pauvre homme que je suis, qu’ils reçoivent de la main de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ la couronne de justice qui récompensera la foi orthodoxe.

De ce pauvre corps qui est le mien, le Seigneur lui-même prendra soin, comme il lui plaira d’en disposer, soit que mes épreuves ne cessent pas, soit qu’il m’accorde un peu de soulagement. Le Seigneur est proche : de quoi puis-je me tourmenter ? J’espère en ses miséricordes, et qu’il ne tardera pas à ordonner la fin de ma course.

Saluez les vôtres, au nom du Seigneur, et tous ceux qui pour l’amour de Dieu ont pitié de ma captivité. Que Dieu vous protège de sa main puissante contre toute tentation, et vous sauve en vous prenant dans son royaume. » ©AELF

[21] Avant 1942.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« Réjouissez-vous quand vous avez part aux souffrances du Christ »

Saint Martin 1er. — Jour de mort : 16 septembre 655. Tombeau : à Rome, dans l’église des Saints Silvestre et Martin. Vie : Saint Martin 1er fut pape de 649 à 655. Il se distingua par ses vertus et par son savoir ; il fut appelé par la Providence à témoigner en faveur de la foi à l’existence de deux volontés dans le Christ, l’une divine et l’autre humaine, contre l’enseignement, en faveur à Constantinople, des Monothélistes (qui ne reconnaissaient qu’une seule volonté dans le Christ). Aussitôt après son avènement au souverain pontificat, il convoqua au Latran un concile qui établit et formula la doctrine de la vraie foi et condamna l’erreur opposée. Mais l’empereur Constance II soutint le patriarche monothéliste de Constantinople et donna l’ordre à l’exarque Olympius de faire mourir le pape. L’exarque chargea un licteur de tuer le pape pendant la célébration de la messe à l’église Sancta Maria ad Praesepe ; mais le licteur ne put s’acquitter de sa mission, car il fut tout à coup frappé de cécité. L’empereur Constance lui-même vit s’abattre sur lui à cette époque de nombreuses calamités qui, toutefois, ne le ramenèrent pas à de meilleures dispositions. Il envoya alors à Rome l’exarque Théodore Calliopas avec ordre d’arrêter le pape, ce qui réussit grâce à la ruse. Le pape fut emmené à Constantinople où commença pour lui une époque de long martyre. Il fut d’abord exposé sur son lit, pendant toute une journée, à la dérision de la populace. Puis il languit durant 93 jours en prison. Traduit en justice, il fut condamné à être dépouillé de ses vêtements pontificaux et chargé de chaînes. Enfin, relégué en Chersonèse, il y mourut dans le dénuement. Il a décrit, dans deux lettres composées avant sa mort en un style émouvant, son délaissement, privé de toute consolation. Pratique : Comme chef suprême de l’Église, le pape a condamné l’hérésie, ce qui lui valut la haine ne l’empereur. Il ne s’écarta jamais d’un pas du droit chemin, bien qu’il ait dû subir outrages, emprisonnement, bannissement et mort. C’est un bel exemple de la fidélité dans l’accomplissement des devoirs d’état. Nous pouvons aussi, dans une modeste mesure, être martyrs de notre devoir d’état.

La Messe [22] est du commun d’un martyr pontife Sacerdótes Dei. L’Épître est propre ; saint Pierre y parle au nom de son successeur, saint Martin, de « la participation aux souffrances du Christ afin que, quand sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joie ». Saint Martin a réalisé cette parole (une pensée du temps de l’automne ecclésiastique !). L’Évangile est emprunté à la messe Státuit : le pape a réalisé cette parole du Christ dans son exil : il a haï sa propre vie, il a porté la croix du Seigneur.

 [22] Avant 1942.



Saint Martin Ier

Pape et Martyr (+ 655)

Saint Martin, natif de la Toscane, se rendit célèbre dans le clergé de Rome par son savoir et sa sainteté. À son élection au souverain pontificat, Rome retentit d’allégresse ; le clergé, le sénat et le peuple en témoignèrent une satisfaction extraordinaire, et l’empereur approuva cet heureux choix. Martin ne trompa point l’espoir de l’Église ; la piété envers Dieu et la charité envers les pauvres furent ses deux règles de conduite. On était sûr de le trouver en prière, ou occupé des malheureux, ou absorbé par les soins multiples de sa charge. Son plus grand soin fut de maintenir dans l’Église l’héritage précieux de la vraie foi.
Le grand Pape se vit un moment dans la situation la plus critique, et accablé sous le nombre des ennemis spirituels et temporels du Saint-Siège. Contre l’hérésie du monothélisme, qui relevait la tête, il assemble, dans l’église de Latran, un concile de cinq cents évêques, où les principaux chefs des hérétiques sont condamnés.
Poussé par les sectaires, l’empereur Constantin II, sous prétexte d’une trahison à laquelle Martin aurait pris part, fait saisir le Pape et le met en jugement. On le traite comme un misérable, et on amène devant lui vingt accusateurs pour l’accabler de faits imaginaires. Martin, voyant qu’on va les faire jurer sur le livre des Évangiles : \"Au nom de Dieu, s’écrie-t-il, dispensez-les d’un serment sacrilège ; qu’ils disent ce qu’ils voudront. Et vous, magistrats, faites votre oeuvre.\" Et sans se donner la peine de répondre à toutes les accusations formulées contre lui, il se contente de dire : \"Je suis accusé pour avoir défendu la foi ; je vous attends au jour du jugement.\"
Un soldat vient dépouiller Martin de ses ornements pontificaux ; réduit à un dénuement complet, chargé de fers, le Pape est traîné, dans cet état, à travers les rues de la ville de Constantinople, où il avait été amené. Après plusieurs jours de prison, ayant dit adieu aux membres du clergé qui l’avaient suivi, le martyr part pour l’exil. La Chersonèse, où il fut relégué, était désolée par la famine ; il eut à y endurer pendant deux ans des souffrances et des privations pires que la mort ; mais il supporta tout avec une résignation parfaite.
Saint Martin succéda au Pape Théodore Ier. Ayant convoqué à Rome un concile où furent condamnés les Monothélites qui n’admettaient en Jésus-Christ qu’une volonté divine, il fut saisi traîtreusement par ordre des hérétiques Héraclius et Constant II, et emmené à Constantinople. Après bien des souffrances et des humiliations, il fut exilé en Chersonèse, où il mourut de fatigue en 655. Son corps, transféré à Rome, fut déposé dans l’église des saints Sylvestre et Martin, apôtres des Gaules.
Saint Martin, natif de la Toscane, vers la fin du Ve siècle, se rendit célèbre dans le clergé de Rome par son savoir et sa sainteté. À son élection au souverain pontificat, Rome retentit d’allégresse, le clergé, le sénat et le peuple en témoignèrent une satisfaction extraordinaire, et l’empereur approuva cet heureux choix. Saint Martin ne trompa point l’espoir de l’Église ; la piété envers Dieu et la charité envers les pauvres furent ses deux règles de conduite. On était sûr de le trouver en prière, ou occupé des malheureux, ou absorbé par les soins multiples de sa charge. Son plus grand soin fut de maintenir dans l’Église l’héritage précieux de la vraie Foi.
Le grand Pape se vit un moment dans la situation la plus critique, et accablé sous le nombre des ennemis spirituels et temporels du Saint-Siège. Contre l’hérésie du monothélisme, qui relevait la tête, fière d’avoir pour elle le pauvre empereur Constant II, il assembla, dans l’église du Latran, un concile de cinq cents évêques, où les principaux chefs des hérétiques furent condamnés.
Poussé par les sectaires, l’empereur, sous prétexte d’une trahison à laquelle saint Martin aurait pris part, fait saisir le Pape et le met en jugement. Mais le pontife ne trouve au tribunal que des bourreaux qui ont juré sa mort. On le traite comme un misérable, et on amène devant lui vingt accusateurs pour l’accabler de faits imaginaires. Saint Martin, voyant qu’on va les faire jurer sur le livre des Évangiles : « Au nom de Dieu, s’écrie-t- il, dispensez-les d’un serment sacrilège ; qu’ils disent ce qu’ils voudront. Et vous, magistrats, faites votre œuvre ». Et sans se donner la peine de répondre à toutes les accusations formulées contre lui, il se contente de dire : « Je suis accusé pour avoir défendu la Foi ; mais, au jour du Jugement, je rendrai témoignage contre vous, au sujet de cette Foi. Achevez votre mission ; Dieu sait que vous me procurez une belle récompense ».
Bientôt un soldat vient dépouiller saint Martin de ses ornements pontificaux ; réduit à un dénuement complet, chargé de fers, le Pape est traîné, dans cet état, à travers les rues de la ville de Constantinople, où il avait été amené. Après plusieurs jours de prison, ayant dit adieu aux membres du clergé qui l’avaient suivi, le martyr part pour l’exil.
La Chersonèse, où il fut relégué, était désolée par la famine ; il eut à y endurer pendant deux ans des souffrances et des privations pires que la mort, mais il supporta tout avec une résignation parfaite et une sublime confiance en Dieu. Il mourut l’an 655, Constant II étant empereur de Byzance et Clovis II roi des Francs. L’Église l’honore avec justice comme un martyr, puisqu’il est mort des misères que lui ont causées sa prison et son exil.

Martin Ier, pape
Martin, fils de Fabrice, un riche et pieux patricien, naît vers 590 à Todi en Ombrie.

Il est ordonné diacre à Rome puis est nommé apocrisiaire (légat pontifical) à Constantinople.

Après avoir été élu le 5 juillet 649 en pleine querelle monothélite, il est consacré le 5 août : c'est le 1er pape à l'être sans la confirmation de l’Empereur ou de l’exarque de Ravenne qui le représente. Pour cette raison, il n'est pas reconnu comme pape par la cour de Constantinople.

Son pontificat se termine le 10 août 654 avec l'élection d'Eugène Ier.

Martin meurt en exil le 16 septembre 655 ou le 12 novembre la veille des ides de novembre 1 ; les sources orientales donne le 13 avril 656.

« On ne m’a pas encore donné un peu d’eau pour me laver. Je grelotte de froid, la dysenterie m’épuise. Je vomis la nourriture que je prends. En ces épreuves, Dieu qui voit tout me regarde. J’ai confiance en lui. » (Lettre durant sa captivité à Constantinople)

« Mes épreuves vont-elles continuer ? Aurai-je un peu de repos ? Comme il plaira au Seigneur ! Il est proche, le Seigneur, que craindrai-je ? Que, de sa puissante main, Dieu vous garde de toute tentation ! » (Lettre à ses amis)].

Saint Martin Ier est fêté le 13 avril. Il est honoré comme martyr par l'Eglise latine (dernier pape martyr) et comme confesseur par l'Eglise grecque.

"Martin, né à Todi en Ombrie , chercha au commencement de son Pontificat, par lettres et légations, à ramener d'une hérésie impie à la vérité de la foi catholique Paul, patriarche de Constantinople. Mais fort de l'appui de l'empereur Constant, lui-même hérétique, Paul alla jusqu'à ce degré de folie que de reléguer les nonces du Siège apostolique en diverses îles. Le Pape, outré d'un pareil crime, rassemble à Rome un concile de cent cinq évêques et porte contre lui une sentence de condamnation. L'empereur alors envoie en Italie l'exarque Olympius avec ordre de tuer le Pontife ou de le lui faire amener. Olympius, venant donc à Rome, commande à un licteur de frapper Martin, pendant que celui-ci célébrait solennellement la Messe dans la basilique de Sainte-Marie de la Crèche. Mais comme le licteur se disposait à obéir, il fut soudain frappé de cécité. Constant se vit depuis lors en butte à mille calamités, sans pour cela devenir meilleur. Théodore Calliopas, chargé à son tour de la mission d'arrêter le Pontife, se saisit de lui par ruse. Conduit à Constantinople, Martin fut de là relégué dans la Chersonèse ; il y mourait la veille des ides de novembre, des misères qu'il avait endurées pour la foi. Dieu lui donna la gloire des miracles. Son corps fut plus tard rapporté à Rome, et déposé  dans l'église dédiée sous le nom des saints Silvestre et Martin. Il gouverna l'Eglise six ans, un mois et vingt-six jours. Il fit deux ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa onze prêtres, cinq diacres, et trente-trois évêques pour divers lieux." 1

"Il sut affermir la foi en ces temps où plusieurs hérésies christologiques entraînaient l'Eglise dans des querelles inutiles. Il rassembla un concile à Saint-Jean-de-Latran et il en fit parvenir les actes aux patriarches des Eglises d'Orient afin que soit sauve l'unité. Emmené par les gardes impériaux, venus sous le prétexte de l'accompagner jusqu'à Constantinople, il fut déposé sur l'île de Naxos, et pratiquement abandonné durant une année. Puis il est conduit à Constantinople sous les outrages, chargé de fers et traîné dans la ville. Exilé en Crimée, il y meurt de faim et de soif. Dans une lettre, il écrivit aux prêtres de Rome : "Je suis comme enseveli tout vivant au milieu d'un peuple presqu'entièrement païen. Conservez la foi, inébranlables. Pour ce misérable corps, le Seigneur en aura soin. Il est proche, de quoi serais-je en peine ?" 2



649. L’Eglise d’Orient est divisée entre les partisans de la doctrine selon laquelle le Christ a deux natures (humaine et divine) donc deux volontés, et ceux qui pensent que le Christ n’a qu’une seule nature divine ; pour mettre fin à ces luttes et unifier l’Empire, les empereurs Héraclius et Constant II soutiennent la doctrine du monothélisme selon laquelle le Christ a 2 natures, humaine et divine, mais seulement une volonté divine ; Martin, alerté par le moine byzantin Maxime le Confesseur qui est venu jusqu’à Rome pour le prévenir, s’oppose violemment à cette doctrine, et quand il reçoit le Typos (la Règle) impérial qui met fin à toute discussion sur le nombre de volontés du Christ, il convoque un concile à la basilique du Latran, à Rome ; le concile qui réunit 105 évêques du 5 au 31 octobre, condamne le Typos et le monothélisme et définit deux volontés et énergies « naturelles » ; il condamne les tenants de la doctrine opposée : Théodore (ancien évêque de Pharan), Cyrus d’Alexandrie, Sergius de Constantinople, Pyrrhus et Paul, ses successeurs ; il consacre l’expression traditionnelle (IVe s.) « Marie est toujours vierge (Aieiparthenos) ». Grâce aux flottes syriennes et égyptiennes qu’il a mobilisées, Osman prend Chypre, Rhodes et des îles de l’Egée.

Vers 650. Osman ordonne la recension complète du Coran en désignant une commission de 4 membres chargés d’assurer une formulation unique du texte.

650. Le concile de Rouen impose des surveillants pour faire respecter le repos dominical. Eloi l'évêque de Noyon et Malard l'évêque de Chartres, souscrivent au concile de Chalon-sur-Saône organisé par Grat (+ 652), l'évêque du diocèse : le concile est surtout consacré à la discipline ecclésiastique.

651. L’Hôtel-Dieu de Paris est fondé par l’évêque Landry (+656).

652. Pavie, Aripert Ier (ou Aribert), roi des Lombards, se fait baptiser ; les Lombards se convertiront au catholicisme romain, adopteront la langue latine et seront assimilés par les habitants du pays.

652 à 1276. Les Arabes envoient chaque année des esclaves de la Nubie vers le Caire.

653. 17 juin, le pape, accusé d’élection illégale (il n’a pas demandé à l’autorité byzantine de ratifier son élection) et d’hérésie, est arrêté par Théodore Calliopas, l'exarque de Ravenne, sur ordre de l'empereur Constant II (+ assassiné en 668 à Syracuse). 19 juin, Martin est embarqué pour Constantinople où, souffrant de la goutte, il est débarqué sur un grabat et insulté par la populace rassemblée et payée à cet effet, le 17 septembre. Emprisonné et gardé au secret, puis jugé pour trahison, le pape est condamné à mort le 20 décembre : dépouillé de ses vêtements sacerdotaux, une lourde chaîne autour du cou, il est traîné dans toute la ville ; sa peine est commuée en exil grâce à l’intervention du patriarche de Constantinople.

654. En avril, Martin est envoyé clandestinement à Chersonèse (Sébastopol) en Crimée où règne une terrible famine. Fondation de l’abbaye de Jumièges. 10 août, élection d'Eugène Ier par la volonté de l’empereur Constant II.

655. 16 septembre ou 12 novembre, Martin meurt, en exil, à Chersonèse (Sébastopol) en Crimée. Son corps sera plus tard rapporté à Rome et déposé dans l'église dédiée sous le nom des saints Silvestre et Martin.
Notes

1 L'Année Liturgique, Dom Guéranger, 1841 à 1866, Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
2 http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/martyrologe/martyrsmensuel/stbx11nov.html/stbx11nov12.html

Sources
Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire ; toute reproduction à but non lucratif est autorisée.

Date de mise à jour : 09/03/2015


SOURCE : http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/MartinIer.htm

Martin I, Pope M (RM)

Born in Todi in Umbria, Italy; died in the Crimea, September 16, 655; feast day was previously November 12 (November 10 in York); the Eastern Church celebrates his feast on September 20.

Martin became a deacon in Rome. He displayed a great intellect and charity, was sent by Pope Theodore I as nuncio (apocrisiarius) to Constantinople, and was elected pope in 649 to succeed Theodore I. At once, he convened the council at the Lateran that condemned Monothelitism (the denial that Christ had a human will), the Typos--the edict of the reigning Emperor Constans II, which favored it, and Heraclius's Ekethesis. Although he was supported by the bishops of Africa, England, and Spain, the imperial wrath fell upon the pontiff who was arrested by Constans and taken to Constantinople in 653.

He had taken refuge in the Lateran, but the officers broke in to capture him. His own letters give an account of how his health broke down under the long voyage and a three-month imprisonment on the island of Naxos en route. He writes:

"For forty-seven days, I have not been given water to wash in. I am frozen through and wasting away with dysentery. The food I get makes me vomit. But God sees all things and I trust in Him." He was so ill when he arrived in Constantinople that he had to be carried to jail on a stretcher. He was tried for treason, although he was clearly being incarcerated for not accepting the Typos. He was condemned to death during his trial without being able to speak in his own defense. He was insulted publicly, flogged, and imprisoned. The intercession of the dying Patriarch Paul of Constantinople saved his life, but he was exiled to Kherson in the Crimea.


From exile he wrote of the bad treatment he received and berated the Romans for forgetting him while he had prayed steadily for their faith to remain in tact. It is likely that he died of starvation. He was the last pope to die a martyr. He is portrayed in art vested as a pope, holding money (alms); or with geese around him (possibly a confusion with Saint Martin of Tours); or seen through prison bars (Attwater, Attwater2, Benedictines, Bentley, Delaney, Farmer, White).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0413.shtml

Pope St. Martin

Martyr, born at Todi on the Tiber, son of Fabricius; elected Pope at Rome, 21 July, 649, to succeed Theodore I; died at Cherson in the present peninsulas of Krym, 16 Sept., 655, after a reign of 6 years, one month and twenty six days, having ordained eleven priests, five deacons and thirty-three bishops. 5 July is the date commonly given for his election, but 21 July (given by Lobkowitz, "Statistik der Papste" Freiburg, 1905) seems to correspond better with the date of his death and reign (Duchesne "Lib. Pont.", I, 336); his feast is on 12 November.The Greeks honor him on 13 April and 15 September, the Muscovites on 14 April. In the hymns of the Office the Greeks style him infallibilis fidei magister because he was the successor of St. Peter in the See of Rome (Nilles, "Calendarium Manuale", Innsbruck, 1896, I, 336).

Martin, one of the noblest figures in a long line of Roman pontiffs (Hodgkin, "Italy", VI, 268) was, according to his biographer Theodore (Mai, "Spicil. Rom.", IV 293) of noble birth, a great student, of commanding intelligence, of profound learning, and of great charity to the poor. Piazza, II 45 7 states that he belonged to the order of St. Basil. He governed the Church at a time when the leaders of the Monothelite heresy, supported by the emperor, were making most strenuous efforts to spread their tenets in the East and West. Pope Theodore had sent Martin as apocrysiary to Constantinople to make arrangements for canonical deposition of the heretical patriarch, Pyrrhus. After his election, Martin had himself consecrated without waiting for the imperial confirmation, and soon called a council in the Lateran at which one hundred and five bishops met. Five sessions were held on 5, 8, 17, 119 and 31 Oct., 649 (Hefele, "Conciliengeschichte", III, 190). The "Ecthesis" of Heraclius and the "Typus" of Constans II were rejected; nominal excommunication was passed against Sergius, Pyrrus, and Paul of Constantinople, Cyrus of Alexandria and Theodore of Phran in Arabia; twenty canons were enacted defining the Catholic doctrine on the two wills of Christ. The decrees signed by the pope and the assembled bishops were sent to the other bishops and the faithful of the world together with an encyclical of Martin. The Acts with a Greek translation were also sent to the Emperor Constans II.

The pope appointed John, Bishop of Philadelphia, as his vicar in the East with necessary instructions and full authority . Bishop Paul of Thessalonica refused to recall his heretical letters previously sent to Rome and added others,—he was, therefore, formally excommunicated and deposed. The Patriarch of Constantinople, Paul, had urged the emperor to use drastic means to force the pope and the Western Bishops at least to subscribe to the "Typus". The emperor sent Olympius as exarch to Italy, where he arrived while the council was still in session. Olympius tried to create a faction among the fathers to favor the views of the emperor, but without success. Then upon pretense of reconciliation he wished to receive Holy Communion from the hands of the pontiff with the intention of slaying him. But Divine Providence protected the pope, and Olympius left Rome to fight against the Saracens in Sicily and died there. Constans II thwarted in his plans, sent as exarch Theodore Calliopas with orders to bring Martin to Constantinople. Calliopas arrived in Rome, 15 June, 653, and, entering the Lateran Basilica two days later, informed the clergy that Martin had been deposed as an unworthy intruder, that he must be brought to Constantinople and that another was to be chosen in his place. The pope, wishing to avoid the shedding of human blood, forbade resistance and declared himself willing to be brought before the emperor. The saintly prisoner, accompanied by only a few attendants, and suffering much from bodily ailments and privations, arrived at Constantinople on 17 Sept., 653 or 654, having landed nowhere except the island of Naxos. The letters of the pope seem to indicate he was kept at Naxos for a year. Jaffe, n. 1608, and Ewald, n 2079, consider the annum fecimus an interpolation and would allow only a very short stop at Naxos, which granted the pope an opportunity to enjoy a bath. Duchesne, "Lib. Pont.", I, 336 can see no reason for abandoning the original account; Hefele,"Conciliengeschichte" III, 212, held the same view (see "Zeitschr. für Kath. Theol.", 1892, XVI, 375).

From Abydos messengers were sent to the imperial city to announce the arrival of the prisoner who was branded as a heretic and rebel, an enemy of God and of the State. Upon his arrival in Constantinople Martin was left for several hours on deck exposed to the jests and insults of a curious crowd of spectators. Towards evening he was brought to a prison called Prandearia and kept in close and cruel confinement for ninety-three days, suffering from hunger, cold and thirst. All this did not break his energy and on 19 December he was brought before the assembled senate where the imperial treasurer acted as judge. Various political charges were made, but the true and only charge was the pope's refusal to sign the "Typus". He was then carried to an open space in full view of the emperor and of a large crowd of people. These were asked to pass anathema upon the pope to which but few responded. Numberless indignities were heaped upon him, he was stripped of nearly all his clothing, loaded with chains, dragged through the streets of the city and then again thrown into the prison of Diomede, where he remained for eighty five days. Perhaps influenced by the death of Paul, Patriarch of Constantinople, Constans did not sentence the pope to death, but to exile. He was put on board a ship, 26 March, 654 (655) and arrived at his destination on 15 May. Cherson was at the time suffering from a great famine. The venerable pontiff here passed the remaining days of his life. He was buried in the church of Our Lady, called Blachernæ, near Cherson, and many miracles are related as wrought by St Martin in life and after death. The greater part of his relics are said to have been transferred to Rome, where they repose in the church of San Martino ai Monti. Of his letters seventeen are extant in P.L., LXXXVII, 119.

Sources

MANN, Lives of the Popes, I (London, 1902), 385; Hist. Jahrbuch, X, 424; XII, 757; LECLERCQ, Les Martyrs, IX (Paris, 1905), 234; Civila Cattolica, III(1907), 272, 656.

Mershman, Francis. "Pope St. Martin I." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 12 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/09723c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by C.A. Montgomery.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09723c.htm

Pope Saint Martin I
When Martin I became pope in 649, Constantinople was the capital of the Byzantine empire and the patriarch of Constantinople was the most influential Church leader in the eastern Christian world. The struggles that existed within the Church at that time were magnified by the close cooperation of emperor and patriarch.
A teaching, Monothelism, strongly supported in the East, held that Christ had no human will. Twice emperors had officially favored this position, Heraclius by publishing a formula of faith and Constans II by silencing the issue of one or two wills in Christ.
Shortly after assuming the office of the papacy (which he did without first being confirmed by the emperor), Martin held a council at the Lateran in which the imperial documents were censured, and in which the patriarch of Constantinople and two of his predecessors were condemned. Constans II, in response, tried first to turn bishops and people against the pope.
Failing in this and in an attempt to kill the pope, the emperor sent troops to Rome to seize Martin and to bring him back to Constantinople.
Martin I lay too sick to fight on a couch in front of the altar when the soldiers burst into the Lateran basilica. He had come to the church when he heard the soldiers had landed. But the thought of kidnapping a sick pope from the house of God didn’t stop the soldiers from grabbing him and hustling him down to their ship.
He was then submitted to various imprisonments, tortures and hardships. Although condemned to death and with some of the torture imposed already carried out, Martin was saved from execution by the pleas of a repentant Paul, patriarch of Constantinople, who was himself gravely ill.
There he spent three months in a filthy, freezing cell while he suffered from dysentery. He was not allowed to wash and given the most disgusting food. After he was condemned for treason without being allowed to speak in his defense he was imprisoned for another three months.
From there he was exiled to the Crimea where he suffered from the famine of the land as well as the roughness of the land and its people. But hardest to take was the fact that the pope found himself friendless. His letters tell how his own church had deserted him and his friends had forgotten him. They wouldn’t even send him oil or corn to live off of.
Martin died shortly thereafter, tortures and cruel treatment having taken their toll. He is the last of the early popes to be venerated as a martyr.

SOURCE : http://ucatholic.com/saints/pope-saint-martin-i/

November 12

St. Martin, Pope and Martyr

From his letters, Theophanes, and especially Anastasius, in Pontific. et in ep. ad Martin. Narniens. episc. The Vener. Card. Baronius, Fleury, l. 38, et Jos. Assemani, Com. in Kalend. t. 6, p. 253.

A.D. 655


ST. MARTIN was a native of Todi in Tuscany, and became renowned in the clergy of Rome for his learning and sanctity. Whilst he was deacon of that church he was sent by Popa Theodorus in quality of apocrisiarius or nuncio to Constantinople, where he showed his zeal against the reigning heresy of the Monothelites. Upon the death of Theodorus, after a vacancy of near three weeks, Martin was elected pope in July, 649, and, in the October following, held in the Lateran church a council of one hundred and five bishops, against the Monothelites, in which he condemned the ringleaders of that sect, particularly Sergius and Pyrrhus, who had been formerly bishops of Constantinople, and Paul, who was then in possession of that see. The Ecthesis of Heraclius and the Typus of Constans, two imperial edicts, were likewise censured: the former, because it contained an exposition of faith entirely favourable to the Monothelites; the latter, because it was a formulary by which silence was imposed on both parties, and it was forbidden by it to mention either one or two operations in Christ, “The Lord,” said the Lateran fathers, “hath commanded us to shun evil and do good; but not to reject the good with the evil. We are not to deny at the same time both truth and error.”

The Emperor Constans sent Olympius, his chamberlain, in quality of exarch into Italy, with an order either to cause Martin to be massacred, or to send him prisoner into the East. Olympius, coming to Rome whilst the council was assembled, endeavoured to raise a schism; but not succeeding by open violence, had recourse to treachery, and commanded one of his attendants to murder the pope whilst he was administering the communion in the church of St. Mary Major, which might be more easily done, as the pope carried the communion to every one in his own place. The servant who had undertaken to execute this commission afterwards swore that he had been struck with blindness, and could not see the pope. Olympius, therefore, seeing the pope had been thus protected by heaven, declared to him the orders which he had received, made his peace with him, and marched into Sicily, then in the hands of the Saracens, where his army perished, and he died of sickness. The emperor then sent Theodorus Calliopas exarch, with Theodorus Pellurus, one of his chamberlains, with a strict charge to seize Martin, whom he accused of heresy, because he condemned the type; and charged him with Nestorianism, as the Egyptians did all Catholics. The new exarch and the chamberlain arrived at Rome with the army from Ravenna on Saturday, the 15th of June, 653. The pope, who had been sick ever since October, shut himself up in the Lateran church, but sent some of his clergy to salute the exarch, who inquired where the pope was, 1 saying, he desired to adore him, 2 which he repeated the next day. Two days after, on Monday, Calliopas accused him of having arms concealed: but the pope bade him search his palace, which he did; and no arms being found, the pope said: “Thus have calumnies been always employed against us.” Half an hour after, the soldiers returned and seized the pope, who lay sick on a couch near the gate of the church; and Calliopas presented the clergy a rescript of the emperor, commanding Saint Martin to be deposed as unworthy of the popedom. The clergy cried out, “Anathema to him who shall say that Pope Martin hath changed any point of faith, and to him who perseveres not in the Catholic faith till death.” Calliopas, fearing the multitude, said, “There is no other faith but yours; nor have I any other:” several of the bishops said, “We will live and die with him.” The pope was led out of the church into the palace, and on the 18th of June, taken thence at midnight, and carried in a boat down the Tiber to Porto, where he was put on board a vessel to be conveyed to Constantinople. After three months’ sail he arrived at the isle of Naxos, where he stayed with his guards a whole year, being allowed to lodge in a house. For a long time he was afflicted with a dysentery and a loathing of food. When the bishops and inhabitants sent him any provisions, the guards plundered them, and abused with injurious language and blows those who brought him presents, saying, “Whoever shows any kindness to this man is an enemy to the state.” St. Martin was more afflicted et the injuries which his benefactors received than at his own sufferings. He was brought to Constantinople on the 17th of September, in 654, and, after much ill usage, lay in a dungeon without speaking to any body but his keepers for near three months, from the 17th of September to the 15th of December. In one of his letters he wrote as follows: “It is now forty-seven days since I have been permitted to wash myself either in cold or warm water. I am quite wasted and chilled, and have had no respite either upon sea or land from the flux which I suffer. My body is broken and spent, and, when I would take any nourishment, I want such kind of food as is necessary to support me; and have a perfect aversion and loathing to what I have. But I hope that God, who knows all things, when he shall have taken me out of this world, will bring my persecutors to repentance.” 3 On the 15th of December he was examined by the Sacellarius, or treasurer, in the chamber of that magistrate, in presence of the senate, which was then assembled there. He was removed thence to a terrace, where the emperor might have a sight of him from his window: and the Sacellarius ordered his guards to divest him of the marks of his episcopal dignity. Then delivering him into the hands of the prefect of the city, he said, “Take him, my lord prefect, and pull him to pieces immediately.” He likewise commanded those who were present to anathematize him. But not above twenty persons cried out anathema: all the rest hung down their heads, and retired overwhelmed with grief.

The executioners, laying hold of the saint, took away his sacerdotal pallium, and stripped him of all his clothes, except a tunic which they left him without a girdle, having torn it from the top to the bottom, so that his naked body was exposed to sight. They put an iron collar about his neck, and dragged him in this manner from the palace through the midst of the city, the gaoler being fastened to him, and an executioner carrying the sword before him, to show that he was condemned to die. The people wept and sighed, except a small number who insulted him; but the martyr preserved a calm and serene countenance. Being come to the prætorium he was thrown into a prison with murderers; but about an hour afterwards was taken thence, and cast into the prison of Diomedes, so much hurt and bruised, that he left the staircase besmeared with his blood, and seemed ready to give up the ghost. He was placed on a bench, chained as he was, and almost dead with cold; for the winter was very severe. He had none of his own friends or servants about him, but a young clerk who had followed him weeping. The gaoler was chained to him, and the order for his execution was expected every moment: and the holy pope impatiently waited for martyrdom. But it was delayed, and his irons were knocked off. The emperor went next day to visit the patriarch Paul, who lay very sick, and related to him all that had been done against the pope. Paul sighed and said, “Alas! this is still to augment my punishment.” And he conjured the emperor to be satisfied with what the pope had suffered. Paul died soon after, and Pyrrhus, who had been formerly patriarch, was very desirous to recover that see. During his exile he had abjured the Monothelite heresy under Pope Theodorus at Rome, and had been entertained as a bishop by that church, according to its accustomed law of hospitality towards strangers. Constans sent Demosthenes, deputy to the Sacellarius, to examine St. Martin in prison, whether Pyrrhus had made his recantation at Rome of his own accord, or through solicitations. St. Martin satisfied him that he had done it of his own accord; though he had soon relapsed again. Demosthenes said, “Consider in what glory you once lived, and to what a condition you are now reduced. This is entirely owing to yourself.” The pope only replied, “God be praised for all things.”

St. Martin continued in the prison of Diomedes near three months, to the 10th of March, 615, when he was ordered to be banished to the Taurica Chersonesus on the 15th of May. The famine was so great in that country, that the pope assured his friends, in one of his letters: “Bread is talked of here, but never seen. If some relief is not sent us from Italy, or Pontus, it is impossible to live.” 4 He wrote another letter in September, wherein he says: 5 “We are not only separated from the rest of the world, but are even deprived of the means to live. The inhabitants of the country are all pagans; and they who come hither, besides their learning the manners of the people of the country, have no charity, nor even that natural compassion which is to be found among barbarians. Neither do they bring anything from other places in the barks which come hither to be loaded with salt; nor have I been able to buy any thing but one bushel of corn, which cost me four gold pence. I admire the insensibility of all those who have heretofore had some relation to me, who have so entirely forgot me, that they do not so much as seem to know whether I am in the world. I wonder still more at those who belong to the church of St. Peter, for the little concern they show for one of their body. If that church has no money, it wants not corn, oil, or other provisions, out of which they might send us some small supply. What fear hath seized all these men, which can hinder them from fulfilling the commands of God, in relieving the distressed? Have I appeared such an enemy to the whole church, or to them in particular? However, I pray God, by the intercession of St. Peter, to preserve them steadfast and immovable in the orthodox faith. As to this wretched body, God will have care of it. He is at hand; why should I give myself any trouble? I hope in his mercy, he will not prolong my course.” The good pope was not disappointed of his hope; for he died on the 16th of September, in 655, having held the holy see six years, one month, and twenty-six days. He was interred in a church of the Blessed Virgin, within a furlong from the city of Chersona: a great concourse of people resorted to his tomb. His relics were afterwards carried to Rome, and deposited in a church dedicated long before in honour of St. Martin of Tours. He is honoured by the Latins, on the 12th of November, the day of the translation of his relics to Rome, and by the Greeks on the 13th of April; also on the 15th and 20th of September. By the Muscovites on the 14th of April. His constancy and firmness appear in his letters. They are well written, with strength and wisdom: the style is great and noble, worthy of the majesty of the holy see.

The saints equally despised the goods and the evils of this life, because they had before their eyes the eternal glory with which momentary labours and sufferings will be abundantly recompensed. Can we be called Christians, who, by our murmuring and impatience under the least trials, and by recoiling at the least harsh word, show ourselves to be strangers to the spirit, and enemies to the cross of Christ? It is only by bearing the marks of his sufferings, and by practising the heroic virtues which tribulation calls forth, that we can enter into the bliss which he has purchased for us by his cross. If with the saints we look up at the joys which are to be the recompence of our patience, and consider attentively the example of Christ, we shall receive our sufferings, not only with resignation, but with joy, as graces of which we are most unworthy.

Note 1. S. Mart. ep. 15, and Anastas. in S. Martin. [back]

Note 2. To adore and to salute were used in that age promiscuously: and to adore the emperor was a phrase used long before.—Gothofred, ad. Leg. un Cod. Theod. de præpositis sacri cubiculi; and Salmasius ad. Hist. August. [back]

Note 3. S. Mart. ep. 15. [back]

Note 4. Ep. 14. [back]

Note 5. Ep. 7. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866.


Pope St. Martin's exile and martyrdom commemorated April 13
By Benjamin Mann
Denver, Colo., Apr 10, 2011 / 08:01 am (CNA).- Catholics will celebrate the memory of Pope St. Martin I on April 13. The saint suffered exile and humiliation for his defense of orthodoxy in a dispute over the relationship between Christ's human and divine natures.
Martin was born in the Italian city of Tuscany, during either the late sixth or early seventh century. He became a deacon and served in Rome, where he acquired a reputation for education and holiness. Pope Theodore I chose Martin as his representative to the emperor in Constantinople during a period of theological controversy between the imperial capital and the Roman Church.
The dispute in which Martin became involved, first as the papal nuncio and later as Pope himself, was over Christ's human nature. Although the Church had always acknowledged the eternal Son of God as “becoming man” within history, some Eastern bishops continued to insist that Christ's human nature was not entirely like that of other human beings.
During the seventh century, authorities within the Byzantine Church and empire promoted a version of this heresy known as “monothelitism.” This teaching acknowledged that Christ had two natures –  human and divine – but only one will, the divine. Pope Theodore condemned the teaching, and excommunicated Patriarch Pyrrhus of Constantinople for holding to it.
Martin inherited this controversy when he succeeded Theodore as Pope. At the Lateran Council of 649, he followed his predecessor's lead in condemning Pyrrhus' successor, Patriarch Paul II, who accepted Emperor Constans II's decision to forbid all discussion of whether or not Christ had both a human and a divine will. Pope Martin condemned monothelitism completely, and denounced those who held to it.
He insisted that the teaching which denied Christ's human will could not be glossed over as an irrelevant point. To refuse to acknowledge Christ's distinct divine and human wills, he believed, was to deny the biblical teaching that Christ was like humanity in everything other than sin.
The Byzantine emperor retaliated against Pope Martin by sending his own representative to Italy during the council, with orders either to arrest the Pope or have him killed. A henchman of the emperor, who attempted to assassinate the Pope while he was distributing Holy Communion, later testified that he suddenly lost his eyesight and could not carry out the death sentence.
In 653, the emperor again sought to silence Pope Martin, this time by sending a delegation to capture him. A struggle ensued, and he was taken to Constantinople before being exiled to the island of Naxos for a year. Those who tried to send help to the exiled Pope were denounced as traitors to the Byzantine empire. Eventually he was brought back to Constantinople as a prisoner, and sentenced to death.
The Pope's appointed executioners stripped him of his clothes and led him through the city, before locking him in a prison with a group of murderers. He was beaten so severely that he appeared to be on the verge of death. At the last moment, however, both the Patriarch of Constantinople and the emperor agreed that the Pontiff should not be executed.
Instead he was kept in prison before being banished again, to an island that was suffering from a severe famine. Pope Martin wrote to a friend that he was “not only separated from the rest of the world,” but “even deprived of the means to live.”
Although the Pope died in exile, in 655, his relics were later brought back to Rome. The Third Ecumenical Council of Constantinople eventually vindicated Pope St. Martin I, by confirming in 681 that Christ had both a divine and a human will.

Saint Martin I

Pope and Martyr

(† 655)

Saint Martin, who occupied the Roman See from 649 to 655, was a native of Toscany, and became celebrated amid the clergy of Rome for his learning and his sanctity. When he was elected Pope, Rome echoed with cries of joy; the clergy, the Senate and the people gave witness to their great satisfaction, and the emperor approved this happy choice. He did not disappoint the hopes of the Church; piety towards God and charity to the poor were his two rules of life. He repaired churches falling into ruin and restored peace between divergent factions, but his greatest concern was to maintain in the Church the precious heritage of the true faith.

For this purpose he assembled in the Lateran Church a Council of a hundred bishops, which condemned the principal heads of the eastern Monothelite heresy, again raising its head. Saint Martin himself sent out an encyclical letter to all prelates, showing that a spurious Credo circulating in the east was erroneous, and excommunicating all who followed it. He incurred the enmity of the Byzantine court and even of two patriarchs, by his energetic opposition to their errors, and the Exarch of Ravenna, representing the oriental Emperor Constant II in Italy, went so far as to endeavor to procure the assassination of the Pope while he stood at the altar in the Church of Saint Mary Major. The would-be murderer, a page of the Exarch, was miraculously struck blind, however, and his lord refused to have any further role in the matter. But the eastern Emperor's successor had no such scruples. After having the holy Pontiff accused of many fabricated misdeeds, he seized Saint Martin — who did not resist or permit resistance, for fear of bloodshed in Rome — then had him conveyed to Constantinople on board a vessel bound for that port. None of his clergy were permitted to accompany him; he was boarded at night in secret.

After a three month's voyage the ship anchored at the island of Naxos in the Aegean Sea, where the Pope was kept in confinement for a year, then finally brought in chains to the imperial city in 654, where he was imprisoned for three months. When he appeared before his judge he was unable to stand without support; but the pitiless magistrate heard his accusers and sentenced him to be chained and dragged through the streets of the city. He bade farewell to his companions in captivity before he left, banished to the present-day Crimea (the Chersonese in those days), saying to them when they wept: Rejoice with me that I have been found worthy to suffer for the name of Jesus Christ. There, where a famine prevailed, he lingered on for four months, abandoned to sickness and starvation but maintaining perfect serenity, until God released him by death from his tribulations on the 12th of November, 655. In a letter he sent from there, which has been conserved, the Pope wrote: For this miserable body, the Lord will have care; He is near. What is there to alarm me? I hope in His mercy, it will not be long before it terminates my career.

Reflection: There have been times in the history of Christianity when its truths have seemed on the verge of extinction. But there is a Church whose testimony has never failed — it is the Church of Saint Peter. Where Peter is, there also is the Church! When the Pope is unable to speak, his deeds speak more eloquently still.

Little Pictorial Lives of the Saints, a compilation based on Butler's Lives of the Saints and other sources by John Gilmary Shea (Benziger Brothers: New York, 1894).

SOURCE : https://magnificat.ca/cal/en/saints/saint_martin_i.html


St Martin the Confessor the Pope of Rome




Saint Martin the Confessor, Pope of Rome, was a native of the Tuscany region of Italy. He received a fine education and entered into the clergy of the Roman Church. After the death of Pope Theodore I (642-649), Martin was chosen to succeed him.


At this time the peace of the Church was disturbed by the Monothelite heresy (the false doctrine that in Christ there is only one will. He has a divine, and a human will). The endless disputes of the Monothelites with the Orthodox took place in all levels of the population. Even the emperor Constans (641-668) and Patriarch Paul of Constantinople (641-654) were adherents of the Monothelite heresy. The emperor Constans II published the heretical “Pattern of Faith” (Typos), obligatory for all the population. In it all further disputes were forbidden.

The heretical “Pattern of Faith” was received at Rome in the year 649. St Martin, a firm supporter of Orthodoxy, convened the Lateran Council at Rome to condemn the Monothelite heresy. At the same time St Martin sent a letter to Patriarch Paul, persuading him to return to the Orthodox confession of faith. The enraged emperor ordered the military commander Olympius to bring St Martin to trial. But Olympius feared the clergy and the people of Rome who had descended upon the Council, and he sent a soldier to murder the holy hierarch. When the assassin approached St Martin, he was blinded. The terrified Olympius fled to Sicily and was soon killed in battle.

In 654 the emperor sent another military commander, Theodore, to Rome. He accused St Martin of being in secret correspondence with the enemies of the Empire, the Saracens, and of blaspheming the Most Holy Theotokos, and of uncanonically assuming the papal throne.

Despite the proofs offered by the Roman clergy and laity of St Martin’s innocence, the military commander Theodore with a detachment of soldiers seized St Martin by night and took him to Naxos, one of the Cyclades islands in the Aegean Sea. St Martin spent an entire year on this almost unpopulated island, suffering deprivation and abuse from the guards. Then they sent the exhausted confessor to Constantinople for trial.

They carried the sick man on a stretcher, but the judges callously ordered him to stand up and answer their questions. The soldiers propped up the saint, who was weakened by illness. False witnesses came forward slandering the saint and accusing him of treasonous relations with the Saracens. The biased judges did not even bother to hear the saint’s defense. In sorrow he said, “The Lord knows what a great kindness you would show me if you would deliver me quickly over to death.”

After such a trial they brought the saint out in tattered clothes to a jeering crowd. They shouted, “Anathema to Pope Martin!” But those who knew the holy Pope was suffering unjustly, withdrew in tears. Finally the sentence was announced: St Martin was to be deposed from his rank and executed. They bound the half-naked saint with chains and dragged him to prison, where they locked him up with thieves. These were more merciful to the saint than the heretics.

In the midst of all this the emperor went to the dying Patriarch Paul and told him of the trial of St Martin. He turned away from the emperor and said, “Woe is me! This is another reason for my judgment.” He asked that St Martin’s torments be stopped. The emperor again sent a notary and other persons to the saint in prison to interrogate him. The saint answered, “Even if they cripple me, I will not have relations with the Church of Constantinople while it remains in its evil doctrines.” The torturers were astonished at the confessor’s boldness, and they commuted his death sentence to exile at Cherson in the Crimea.

There the saint died, exhausted by sickness, hunger and deprivations on September 16, 655. He was buried outside the city in the Blachernae church of the Most Holy Theotokos, and later the relics of the holy confessor Martin were transferred to Rome.

The Monothelite heresy was condemned at the Sixth Ecumenical Council in 680.