dimanche 19 avril 2015

Saint EXPÉDIT, martyr


Statue de Saint Expedit. Marly-le-Roi, église Saint-Vigor (France).

Saint Expédit

(4ème s.)

 Il figure dans les plus anciens martyrologes avec saint Caïus. Son nom lui valut d'être préposé à l'expédition rapide des affaires, et il en devint très populaire en Allemagne, en France et même ailleurs.


Ce saint n'est pas très connu, il a pourtant ses sanctuaires, notamment à Bordeaux à l'église Saint-Pierre où l’on trouve de nombreux ex-voto... Il est aussi à Toulouse (La Daurade), à Cordes sur Ciel, et un peu partout en France, au Canada, en Algérie à Kouba...

Mais son vrai domaine c'est l'île de La Réunion*! Ses statues sont partout, souvent dans des petites chapelles et des autels au bord des routes. Elles sont bien entretenues, fleuries, bien peintes (avec toujours, une dominante rouge-sang !). Elles sont très visitées... un peu en secret !

Mais qui est donc Saint Expédit? Hem... qui le sait?

On parle d'un valeureux soldat romain (peut-être un commandant), qui aurait été décapité parce que devenu chrétien! Il est souvent représenté en uniforme et a fort belle allure! On le prie pour des causes toujours liées à une certaine urgence: réussir un examen (obtenir, enfin (!), son permis de conduire), réussir une 'bonne' affaire... c'est le patron des écoliers...

* Un prêtre de la paroisse Notre Dame de La Délivrance de La Réunion nous envoie un extrait du livret et nous signale ce texte écrit par le curé:


- Oser redécouvrir notre piété populaire: St Expédit, je t’aime! par le Père Pascal Chan Teng, dans le cadre des méditations de carême en lien avec l'exhortation apostolique 'La joie de l'évangile' de notre Pape François.

L'Église est très réservée sur la réalité de ce saint: ce soldat a-t-il même existé? En 1905, Pie XI a demandé qu'il soit rayé du martyrologe et qu'on retire des églises statues et images. C'était sans compter sur la ferveur populaire! Saint Expédit est toujours là, vénéré et prié! C'est surtout depuis 1930 que Saint Expédit a 'envahi' La Réunion. On prétend que ce saint aurait son origine dans l'arrivée - il y a longtemps - d'un colis venant de Rome et reçu par une communauté de religieuses de l'île. Après un long voyage par mer, l'emballage était très abimé! Les religieuses étonnées (elles n'attendaient rien) ont fini par déchiffrer sur le papier 'expédit'... (Sans doute les restes de l'oblitération?): le colis contenait la statue d'un soldat romain, pas d'explication – une légende était née! Elle s'est répandue dans le monde, puis est revenue à La Réunion, un terrain qui lui va particulièrement bien.




Saint Expédit, chapelle Notre-Dame des Anges, Royan.

Saint Expédit

Martyr romain ou arménien

Fête le 19 avril

† IVe siècle

Ce saint n’a jamais existé bien qu’on l’invoque parfois pour hâter les choses ou empêcher les retards. Un jour, dit-on, des religieuses parisiennes reçurent de Rome une boîte contenant des reliques, pour une nouvelle chapelle. Elles ne trouvèrent aucune indication leur permettant d’identifier ces reliques, à part une inscription sur la boîte elle-même : « è spedito », suivie de la date. Ignorant l’Italien, les religieuses ne soupçonnèrent pas que cela signifiait simplement « expédié le tant », et crurent que c’était là le nom du saint. Elles appelèrent leur chapelle Saint-Expédit : un culte était né.





- Saint Expédit, commandant de la légion Fulminante et martyr. 303.

Pape : Saint Marcelin. Empereur romain : Dioclétien.

" Tout me semble une perte auprès de la connaissance de Jésus-Christ pour l'amour duquel je me suis privé de toutes choses."

Saint Paul. Ep. aux Philippiens, III, 8.


C'est du Martyrologium Hieronymianum(1) que l'on tire que saint Expedit est mort martyr sous la persécution de Dioclétien le 19 avril 303. Il était le commandant en chef de la XIIe légion romaine, dénommée la Fulminante, qui tenait ses quartiers dans la ville de Mélitène, chef-lieu de la province romaine d’Arménie. Il avait donc 6821 hommes sous ses ordres. Cette légion était constituée d’Améniens chrétiens et avait déjà protégé Jérusalem contre les assauts des Barbares. En ce temps-là, elle avait pour mission de veiller sur la protection de la frontière orientale. Saint Expédit était donc investi d’une fonction de tout premier ordre.

Le nom de Fulminante donné à cette légion, provenait d’un fait d’armes miraculeux. C’était quelque cent ans plus tôt, sous le règne, et en la présence de Marc-Aurèle lui-même. L’armée romaine, engagée dans la pénible campagne de Germanie, s’était retranchée dans un oppidum fortifié de la région des Quades, dans le nord-est de la Hongrie, mais surprise par les Barbares, elle s’était laissée encercler. On se trouvait en été et l’eau finit par disparaître. Mourants de soif, les soldats romains n’avaient plus la force de combattre ; leur moral déclinait rapidement. L'armée romaine était sur le point de périr tout entière.

Faisant appel aux augures magiques qui accompagnaient inévitablement les troupes en campagne, et prédisaient la bonne ou la mauvaise issue d’une campagne, Marc-Aurèle ordonna que des prières publiques fussent adressées aux dieux. Tandis que le reste de l’armée s’adonnait à de stériles et répugnantes invocations et pratiques, la Fulminante sortit du camp, s’agenouilla dans la plaine et fit monter vers Jésus-Christ, le seul vrai Dieu, des prières ferventes. En voyant ces 6000 soldats à genoux, les bras en croix, l’ennemi interloqué n’osa attaquer.


Leur prière une fois achevée, d’un même élan, les soldats se dressent et courent sus aux Barbares. A cet instant, une pluie torrentielle se met à tomber. Dans leurs casques, les soldats recueillent cette eau providentielle, s’en abreuvent à longs traits sans cesser de combattre et reprennent des forces. Aussitôt le combat engagé par la Fulminante, un terrible orage éclata. La foudre cribla les rangs des Barbares qui fuirent sous une pluie de grêlons gros comme des pierres alors que les chrétiens ne furent pas touchés. C’est en commémoration de ce miracle que la XIIe légion romaine reçut ce nom de Fulminante.

Ce fait est avéré et rapporté par Marc-Aurèle lui-même. Il aurait lui-même baptisé de Fulminante cette légion. Cette légion, composée très majoritairement de soldats chrétiens, s'était déjà illustrée précédemment par de hauts faits d'armes ; raison pour laquelle Marc-Aurèle, pendant cette terrible sécheresse, avait défendu que les autres troupes, qui l'accusaient d'en être responsable, ne s'en prissent à ses soldats, et même ne l'en accusât publiquement.

Nous avons à Rome, sur la Colonne antonine, un haut-relief rapportant ce miracle et en particulier Dieu faisant tomber la pluie et la grêle qui décimèrent les Germains. Ce fait est rappelé d'ailleurs par Apollonius (ou Apollinaire) de Rome, que nous avons fêté hier 18 avril, dans l'appologie de la vraie religion qu'il fit au Sénat pour sa défense. Saint Eusèbe de Césarée rapporte aussi l'événement et Tertullien apporte d'autres détails sur le sujet.

Du supplice de saint Expédit, quelque cent ans plus tard donc, nous ne connaissons que la date et le lieu : Mélitène. Flagellé jusqu’au sang puis décapité par le glaive. Son corps a entièrement disparu, ou du moins n'a pas été retrouvé. Nous n’avons aucune relique de lui.

A ce sujet, il en va de l'existence de saint Expédit, et des preuves de celle-ci, comme de celle de sainte Philomène, la " petite et chère sainte " de saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars. Longtemps, l'Eglise n'avait ratifié le culte de sainte Philomène que sur la foi de la tradition. C'est à la charnière du XIXe et du XXe siècle seulement que des preuves de son existence furent découvertes à la faveur de fouilles entreprises dans les catacombes à Rome.

L'Eglise procède ainsi avec un certain nombre de saints, dont saint Expédit. Sur cette matière, le scepticisme, érigé en religion depuis le XXe siècle, et qui a disposé les usurpateurs du trône de Pierre à rayer un certain nombre de saints de LEUR calendrier, est au moins hasardeux. Ils auraient fait subir le même sort à sainte Philomène...

Quant au calendrier des dits usurpateurs : il n'est pas catholique. Rappelons que ce n'est pas parce qu'ils y conservent des saints authentiquement catholiques - avec lesquels ils ne partagent d'ailleurs presque rien de la vrai foi professée par ceux-ci, et ce qui illustre au passage leur volonté de subvertir sournoisement et de tromper les pauvres fidèles qui les suivent en changeant l'identité catholique de manière rampante et progressive afin de les pervertir " en douceur " -, qu'ils le sont eux-mêmes.
Bien d'autres sectes issues du Christiannisme, voire d'autres religions, aux tendances syncrétiques notamment, " vénèrent " des saints catholiques : cela n'en fait bien évidemment pas des religions catholiques.

Ce calendrier n'est pas catholique ; il n'est donc pas le nôtre, comme on l'aura compris. Ces notices ne tiennent donc aucun compte en la matière des curiosités et autres scandales postérieurs au pontificat de Pie XII.

Revenons à notre cher saint Expédit. Il a donc rejoint au ciel ses compagnons d’arme, saint Sébastien (que l'on fête le 2 janvier) et saint Maurice (que l'on fête au 22 septembre) de la légion Thébaine. Soldat de grands mérites militaires comme eux, chef courageux et reconnu comme eux, mais aussi et surtout martyr comme eux, pour avoir professé héroïquement Notre Seigneur Jésus-Christ.

On représente saint Expedit vêtu en légionnaire romain, tenant d’une main la palme du martyre, il présente de l’autre la croix sur laquelle est frappée le mot Hodie qui veut dire aujourd’hui. Du pied il écrase un corbeau (ou parfois l'aigle romaine) qui crie : Cras, c'est-à-dire demain.

Hodie, la devise de saint Expedit (qui est aussi le premier mot de la réponse de Notre Seigneur Jésus-Christ à la prière du Bon Larron pour aller avec lui en Paradis et qui a été choisit pour présider à ce blog), exprime que nous ne devons jamais attendre au lendemain pour rendre à Dieu l’hommage d’amour et de reconnaissance qui lui est dû, pour implorer sa miséricorde et obtenir ses grâces pour nous convertir.

Demain, en effet, c’est peut-être jamais.

Hodie, Aujourd'hui, nous invite à vivre au jour le jour ; chaque jour suffit sa peine. Vivre en présence de Dieu, voilà l’unique et sage façon de prévoir le demain.

Saint Expedit est plus spécialement invoqué en faveur de trois causes principales (mais on peut le prier pour d’autres grâces) :

- le succès dans les examens, car il est le patron de la jeunesse ;

- l’intercession dans les affaires pressantes, quelles qu’elles soient ;

- la médiation dans les différends et les procès, afin de trouver une heureuse issue.

1. Le Martyrologium Hieronymianum (Martyrologe de Jérôme) fut compilé du Ve au VIe siècle par des moines de l'Eglise latine en Italie à la suite de travaux de saint Jérôme lui même et des monuments liturgiques nombreux et fiables (calendriers d'Eglises particulières, actes authentiques de martyres, etc.). Le Martyrologium Hieronymianum est notamment reproduit dans les Acta Sanctorum Novembris, T. II,  par le commandeur Giovanni-Battista de Rossi et le R. P. Louis Duchesne, 1894. La Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs exemplaires manuscrits datant du haut Moyen-Âge le reproduisant. On le trouve aussi dans la Patrologie latine de l'abbé Migne et chez bien d'autres commentateurs et compilateurs réputés.




Saint Expédit, église de San Nicolau, Milan.

Expeditus (RM)


Date unknown. There is a saint Expeditus recorded in the Roman Martyrology for today included with Hermogenes and Companions; however, the cultus of Saint Expeditus didn't develop until very late and was probably based on a play of words: expedito means "expeditiously" so this saint is invoked in moments of urgency. Sheppard (1969) claims that the name arose due to a copyist's error when, in the 19th century, a box of relics was sent to nuns in Paris marked `spedito' (sent off) and taken as a name. This story is probably untrue because Expeditus was already invoked in the 18th century in Germany and Sicily in cases of pressing emergency (Attwater, Attwater2, Benedictines, Sheppard). Expeditus is depicted as a classical warrior with a palm and cross, which has Hodie written on it. At his feet is a raven with the word Cras (Roeder). He is invoked for prompt solutions (Roeder).