mercredi 22 avril 2015

Bienheureuse MARIE GABRIELLE SAGHEDDU (de l'UNITÉ), vierge religieuse trappistine


Bienheureuse Marie-Gabrielle Sagheddu

Née en 1914, cette italienne entra au monastère des Trappistines de Grottaferrata en 1937. Elle y offrit sa vie pour l'unité de l'Eglise. Décédée le 23 avril 1939, elle a été béatifiée en 1983.

Bienheureuse Marie-Gabrielle Sagheddu

religieuse au monastère de Grottaferrata ( 1939)

Originaire de la Sardaigne, elle entra comme religieuse au monastère de Grottaferrata, près de Rome, à l'âge de 21 ans. Influencée par les écrits du P. Couturier, l'apôtre de l'Unité, elle offrit sa vie pour l'œcuménisme. Atteinte de douloureuses maladies, elle offrit sa vie à cette intention à l'âge de 25 ans. Jean Paul II a célébrée sa béatification le 25 janvier 1983, au terme de la Semaine de prière pour l'Unité des chrétiens.

Au monastère cistercien de Grottaferrata dans le Latium, en 1939, la bienheureuse Marie-Gabrielle Sagheddu, vierge, qui offrit sa vie en toute simplicité pour l’unité des chrétiens, et termina son existence à l’âge de vingt-cinq ans.


Martyrologe romain


Bienheureuse Marie Gabrielle SAGHEDDU
Nom: SAGHEDDU
Prénom: Marie Gabrielle (Maria Gabriella)
Nom de religion: Marie Gabrielle (Maria Gabriella)
Pays: Italie

Naissance: 1914  à Dorgali (Sardaigne)
Mort: 23.04.1939  à Grottaferrata

Etat: Trappistine
Note: Elle offre sa vie pour l'unité des chrétiens.

Béatification: 25.01.1983  à Rome - St-Paul-hors-les-murs  par Jean Paul II
Canonisation:

Fête: 23 avril
Réf. dans l’Osservatore Romano: 1983 n.3 - n.5
Réf. dans la Documentation Catholique: 1983 p.242-244



Marie Gabrielle Sagheddu

Religieuse trappistine, Bienheureuse

1914-1939


Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,

Le 20 avril 2005, au lendemain de son élection au Siège de Pierre, le Pape Benoît XVI affirmait : « Au début de son ministère dans l'Église de Rome que Pierre a baignée de son sang, son successeur actuel se fixe comme tâche première de travailler sans ménager son énergie à la reconstruction de l'unité pleine et visible de tous les disciples du Christ. Telle est son ambition, tel est son devoir impérieux ».

L'unité des Chrétiens est une œuvre divine, surnaturelle, que seule la prière peut obtenir. « Prier pour l'unité n'est pas réservé à ceux qui vivent dans un milieu où les Chrétiens sont divisés », écrivait le Pape Jean-Paul II dans son encyclique Ut unum sint (Qu'ils soient un) du 25 mai 1995. La collaboration de tous est nécessaire : « Pour réaffirmer cette nécessité, continue Jean-Paul II, j'ai voulu proposer aux fidèles de l'Église catholique un modèle qui me paraît exemplaire, celui d'une sœur trappistine, Marie-Gabrielle de l'Unité, que j'ai proclamée bienheureuse le 25 janvier 1983. Sœur Marie-Gabrielle, appelée par sa vocation à être en dehors du monde, a consacré son existence à la méditation et à la prière centrées sur le chapitre 17 de l'Évangile selon saint Jean, et elle a offert sa vie pour l'unité des Chrétiens. Voilà ce qui est au centre de toute prière : l'offrande totale et sans réserve de la vie au Père, par le Fils, dans l'Esprit Saint. L'exemple de sœur Marie-Gabrielle nous instruit, il nous fait comprendre qu'il n'y a pas de moments, de situations ou de lieux particuliers pour prier pour l'unité. La prière du Christ au Père est un modèle pour tous, toujours et en tout lieu » (n. 27).

« Je ne supportais rien ! »

Maria Sagheddu est née à Dorgali, village situé sur la côte orientale de la Sardaigne, le 17 mars 1914, cinquième d'une famille de huit enfants. Son père est un berger. Sa mère, Catarina, veille à tout; à la fois douce et ferme, elle mène son monde dans la voie de la crainte aimante de Dieu. Maria est une enfant joyeuse à la langue déliée soit pour exiger ce qui lui plaît, soit pour critiquer ce qui ne lui va pas. Dès son enfance, elle se montre obstinée et impatiente. Un jour, sa mère lui demande d'aller jeter des épluchures de pommes de terre. Maria fait la sourde oreille. La maman insiste fortement puis contraint sa fille à obéir. Dépitée, celle-ci revient au bout d'un moment en rapportant les épluchures qu'elle n'a pas jetées. Elle dira d'elle-même : « Quand j'étais enfant, je ne supportais rien, j'en voulais même aux cailloux de la route ! »

En 1919, Maria perd son papa. Sa première Communion n'apporte pas de modification sensible dans son comportement. D'une nature étonnamment vivace, elle s'absorbe toutefois facilement dans la lecture qui, avec les jeux de cartes, l'attire plus que la piété. Un dimanche, sa mère la prévient : « Les vêpres sonnent, vas-y, Maria. – Oui, j'y vais », répond la fillette qui, cependant, ne bouge pas. Au bout d'un moment, la maman insiste : « Il est déjà tard, Maria », et sort en laissant la porte entrebâillée. Maria ne peut fermer son livre et les vêpres s'achèvent sans elle. La jeune fille ne manquerait pas la Messe dominicale, mais les vêpres étant facultatives, elle s'en dispense volontiers.
Éveillée et intelligente, Maria se range, à l'école, parmi les premières. Elle excelle surtout en arithmétique et tient tête à la maîtresse, si elle s'aperçoit de quelque erreur ou distraction. À la fin du cours élémentaire, il lui faut abandonner l'école pour aider à la maison. Elle s'y montre sérieuse et dotée d'un grand sens du devoir. La pauvreté de sa famille la stimule à payer de sa personne pour le ménage, le lavage du linge à la rivière, la fabrication du pain la nuit, le travail aux champs. Toutefois elle n'aime pas qu'on lui fasse des observations et n'obéit qu'en grognant. Vers l'âge de quatorze ans, consciente de ses défauts, elle refuse d'entrer dans l'Action Catholique qui réunit les jeunes de la paroisse, car elle ne se sent pas prête à répondre aux exigences d'un tel engagement.

En 1932, Maria n'a pas encore dix-sept ans lorsque meurt sa sœur Giovanna Antonia, plus jeune qu'elle d'un an. Maria s'était beaucoup attachée à cette soeur frêle et souvent malade qu'elle avait entourée de ses soins affectueux. Elle réfléchit alors au sens à donner à sa propre existence. Un changement profond se fait sentir dans sa vie. À cette époque également, elle prend conscience que la religion est avant tout la rencontre avec Quelqu'un, le Christ qui conduit au Père. Dans son encyclique Deus Caritas est, le Pape Benoît XVI écrit : « À l'origine du fait d'être chrétien, il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là une orientation décisive » (Introduction). Maria n'a pas dévoilé le mystère de cette rencontre, mais ses conséquences sont bien visibles. Faisant fi de sa fierté native, elle s'inscrit à l'Action Catholique, se porte volontaire pour l'enseignement du catéchisme aux petites filles, passe de longs moments en prière et devient douce et délicate. Au début, elle fait le catéchisme à la baguette. Mais un jour, le vicaire enlève la baguette et met à la place un billet avec ces mots : « Armez-vous de patience et non d'une baguette ». Maria accepte la remontrance et change de méthode.

« Où vous voudrez ! »

Maria lit dans l'Introduction à la vie dévote de saint François de Sales que certaines jeunes filles quittent le monde pour le cloître : « Pourquoi pas moi ? » se dit-elle. Deux ans durant, elle réfléchit beaucoup, et refuse des demandes en mariage qui lui sont faites. Enfin, en 1935, elle s'ouvre de son dessein de vie religieuse au vicaire, Don Meloni, qui ne se presse pas de lui donner une réponse affirmative. Toutefois, avant de partir pour une autre paroisse où il est nommé curé, Don Meloni demande à Maria où elle veut être Religieuse. « Envoyez-moi où vous voudrez », répond-elle. Son désir est d'être au Seigneur, peu importe le lieu. Le prêtre l'oriente vers la Trappe de Grottaferrata, près de Rome. Mise au courant, Madame Sagheddu accepte, mais reproche à sa fille de n'en avoir rien dit plus tôt.

Malgré l'opposition d'un de ses frères qui estime qu'elle déshonore la famille, Maria entre à Grottaferrata le 30 septembre 1935. Là, elle trouve un monde nouveau qui l'impressionne fortement. « Quand, au parloir, la grille s'ouvrit et que je vis des choses nouvelles et entendis des paroles inaccoutumées, écrit-elle à sa mère, il me sembla que le paradis s'ouvrait... Si vous entendiez chanter les sœurs, vous croiriez entendre les anges ». Elle prend le nom de Marie-Gabrielle. Son adaptation se fait progressivement. « Au début de sa vie religieuse, écrira une sœur, l'impatience, qui était son défaut dominant, n'avait pas disparu. Un jour, ne la vit-on pas s'impatienter contre la Mère Maîtresse parce qu'un couteau lui paraissait trop petit et impropre à éplucher ? Un autre jour, elle frappait à la porte de la Mère Abbesse. Pas de réponse. Elle recommence; même silence. Et cela six fois de suite. Elle finit par donner un coup de poing dans la porte et s'en alla tout irritée. Elle n'aimait pas perdre son temps ! » La Sous-Maîtresse lui fait remarquer au réfectoire qu'elle ne mange pas assez de pain. Sa réponse fuse aussitôt : « Ce n'est pas à vous de me faire cette observation ; je mange ce que je veux, moi ! » Les deux moniales se séparent fâchées... Mais ces saillies ne font pas oublier les grandes qualités qui constituent le fond de sa nature : une totale droiture, un dévouement inconditionnel, une grande promptitude à s'humilier et à renoncer à ses vues dès qu'elle reconnaît que les autres ont raison. Elle est prête à se rendre partout où elle peut être utile.

La seule crainte de sœur Marie-Gabrielle est qu'on la renvoie de la communauté : « Si l'on me renvoie, confie-t-elle un jour, je profiterai de la pénombre du soir quand la clôture n'est pas gardée, j'escaladerai le mur et je rentrerai au monastère ». Mais elle a su se faire apprécier par ses sœurs et les suffrages de celles-ci lui sont favorables pour l'admission à la vêture monastique qui a lieu le lundi de Pâques, 13 avril 1936. Elle écrit à sa mère: « Bien que je sois misérable et une indigne créature qui n'a rien fait d'autre que l'offenser, Jésus ne m'a pas rejetée, mais accueillie dans son Cœur. Lui, mon Créateur, n'a pas dédaigné de m'appeler son épouse... Il a voulu faire de moi l'objet de sa miséricorde. Quand je pense à cela, je suis confondue, voyant le grand amour de Jésus et mon ingratitude et ma non-correspondance à sa prédilection... » Sœur Marie-Gabrielle entretient le grand désir de se sanctifier par l'observation de la Règle, sans attirer l'attention. Plusieurs de ses sœurs témoigneront que sa vie était tout à fait ordinaire. Il en va de même au plan spirituel : sa prière est toute simple, sans consolations particulières. Un jour qu'elle en parle à la Mère Abbesse, celle-ci lui demande : « Voudriez-vous des dons extraordinaires ? – Non  Les dons extraordinaires, non, ils ne sont pas nécessaires, si je puis arriver sans... J'aimerai ma vie, aussi monotone qu'elle puisse être ». Sœur Marie-Gabrielle s'applique à un recueillement intense et prend un air sérieux qui paraît excessif. La Mère Abbesse lui fait remarquer qu'il serait plus agréable de la voir sourire de temps en temps. Bientôt son visage se détend et la tension fait place à une expression douce et sereine, puis à un sourire qui ne la quitte pratiquement plus.

L'unité comme Dieu la veut

Le 31 octobre 1937, en la fête du Christ-Roi, sœur Marie-Gabrielle émet ses premiers vœux monastiques pour trois ans. Elle écrit à sa mère : « Maintenant je suis certaine d'habiter pour toujours dans la maison du Seigneur, et à cause de cela, ma joie est immense ». En janvier de cette année, était parvenu pour la première fois à la Trappe de Grottaferrata le livret de la « Semaine de prières pour l'Unité des Chrétiens » publié par l'abbé Paul Couturier, prêtre français, grand apôtre de l'Unité. Avec insistance, celui-ci demandait la prière des moniales pour que se réalise «l'Unité des Chrétiens, comme Dieu la veut, par les moyens qu'Il voudra». Une moniale âgée avait offert sa vie pour cette cause et était décédée un mois plus tard.

Au début du XXe siècle a été instituée, à l'initiative d'un ministre anglican, L. T. Wattson, une semaine de prière, destinée à obtenir de Dieu le retour de toutes les Églises séparées de Rome à l'unité catholique. Cette octave de prière a lieu pour la première fois du 18 au 25 janvier 1908, entre la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome, fixée alors au 18, et celle de la Conversion de saint Paul, le 25. Dès 1909, saint Pie X bénit cette initiative qui connaît rapidement un grand développement. L'année suivante, Wattson se convertit au catholicisme. En 1916, le Pape Benoît XV étend la pratique de l'octave de prière à l'Église universelle. Par la suite, dans le but de faciliter la participation des Protestants, la prière a pris la forme d'une demande pour la réunion des Chrétiens; depuis lors, beaucoup s'unissent à cette « Semaine de prière » pour demander à Dieu l'unité que le Christ veut pour ses disciples.

Sans compromis

« Le manque d'unité entre les Chrétiens est certes une blessure pour l'Église, non pas comme privation de son unité, mais en tant qu'obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l'histoire » (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration Dominus Jesus, 6 août 2000, n. 17). Lorsque l'Église catholique insiste sur la nécessité d'unir davantage les Chrétiens, elle n'entend pas mettre en doute l'unité que le Christ lui a accordée dès le commencement et qui subsiste en elle « de façon inamissible » (Catéchisme de l'Église catholique, n. 820). Elle ne veut pas non plus amoindrir l'exposé de la Révélation que Notre-Seigneur Jésus-Christ lui a confiée : « Il ne s'agit pas de modifier le dépôt de la foi, de changer la signification des dogmes, d'en éliminer des paroles essentielles, d'adapter la vérité au goût d'une époque ou d'abolir certains articles du “Credo” sous le faux prétexte qu'ils ne sont plus compris aujourd'hui. L'unité voulue par Dieu ne peut se réaliser que dans l'adhésion commune à la totalité du contenu révélé de la foi. En matière de foi, le compromis est en contradiction avec Dieu qui est Vérité. Dans le Corps du Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie (Jn 14, 6), qui pourrait considérer comme légitime une réconciliation obtenue au prix de la Vérité ? » (Ut unum sint, n. 18).

En janvier 1938, un nouveau livret arrive à la Trappe de Grottaferrata pour la Semaine de l'Unité. On y parle de vies qui ont été offertes pour l'unité au sein de l'anglicanisme, du protestantisme et du catholicisme. Profondément touchée, sœur Marie-Gabrielle va s'agenouiller humblement devant son Abbesse pour lui faire sa demande : « Permettez-moi d'offrir ma vie... » Surprise, l'Abbesse demande un délai de réflexion. Plus tard, la moniale insiste : « Il me semble que le Seigneur le veut : je m'y sens poussée, même quand je ne veux pas y penser ». L'Abbesse lui demande d'en parler à l'aumônier et celui-ci autorise l'offrande. La jeune moniale ne croit pas nécessaire de rédiger un acte par écrit et elle s'offre du fond de son cœur. Sœur Marie-Gabrielle aime passionnément Jésus-Christ : si Lui a offert librement sa vie en sacrifice pour rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52), elle se sent appelée à l'accompagner, par amour, dans son immolation. L'enthousiasme de son Abbesse pour l'oecuménisme et l'exemple du don que d'autres ont déjà fait de leur vie sont des éléments suffisants pour la décider à faire sa propre offrande.

Peu après son offrande, sœur Marie-Gabrielle ressent une douleur à l'épaule; sa santé s'altère et après Pâques, on la conduit à Rome pour des examens médicaux qui révèlent une tuberculose. La perspective de rester à l'hôpital la fait grandement souffrir : « J'ai tant pleuré que je n'en puis plus, écrit-elle à son Abbesse... Parfois je me demande si le Seigneur ne m'a pas abandonnée. D'autres fois je pense qu'Il éprouve ceux qu'Il aime... Je finis toujours par m'abandonner à la volonté divine ». Quelques jours plus tard, elle ajoute : « Je me suis offerte entièrement à mon Jésus et je ne veux certes pas retirer ma parole. Je suis faible, il est vrai, mais le Seigneur, qui connaît ma fragilité et la cause de ma douleur, me pardonnera, j'en suis convaincue ». Elle est assaillie de pensées contre ses Supérieures qui lui semblent manquer de cœur en la laissant à l'hôpital. Mais elle se rend compte que c'est là aussi une tentation qu'elle s'applique à chasser. Au début du mois de mai, elle est « sur la croix » sans autre consolation que de savoir qu'elle souffre pour accomplir la volonté divine.

Un trésor à ne pas partager

Quinze jours après son hospitalisation, elle est transférée dans un pavillon de cure où les conditions de vie sont moins pénibles. Elle demeure cependant consciente de ses faiblesses : « Depuis longtemps, je me suis aperçue que je n'étais qu'un pygmée dans les voies spirituelles, car je me laisse emporter par tout vent qui souffle... Je voudrais être forte, forte comme l'acier, et je ne suis qu'un brin de paille ». Cependant, le mal progresse et devant l'impossibilité de l'enrayer, on accorde à la moniale la permission de retourner terminer ses jours au monastère. Sœur Marie-Gabrielle est angoissée à la pensée que sa présence en communauté pourrait faire courir à ses sœurs le danger de la contagion, mais d'un autre côté, elle ne veut pas mourir loin de son monastère. Finalement, elle rentre à Grottaferrata le 29 mai et y prend toutes les précautions nécessaires pour éviter de transmettre son mal aux autres. Elle ne perd d'ailleurs pas le sens de l'humour et dit un jour à l'infirmière qui s'approche un peu trop près d'elle : « Le Seigneur m'a donné ce trésor de ma maladie, je ne veux le partager avec personne... pas même avec vous ! » La Mère Abbesse lui suggère de trouver une devise qui l'aiderait dans les moments les plus difficiles. Elle choisit : «Ecce ancilla Domini – Voici la servante du Seigneur ! » L'abandon entre les mains du Seigneur l'habite de plus en plus : « Autrefois, je pensais à mes péchés, mais maintenant je ne me rappelle rien de précis. Je suis comme une enfant. Je me suis abandonnée et depuis j'ai une grande paix ». Elle ne désire ni vivre ni mourir, mais accueillir ce que Dieu lui enverra : « Quand j'étais à l'hôpital, dit-elle, je ne pouvais me résigner à la séparation ; à présent, si, pour le bien de la communauté, je devais encore partir, je le ferais sans hésiter ». Certaines heures sont plus douces et sœur Marie-Gabrielle les accueille avec simplicité. Mais elle n'attend pas de grâces mystiques : « Dieu ne m'en a pas donné, dit-elle, car je suis une porte ouverte à la vaine gloire et l'orgueil. Je ne désire pas de consolations, elles ne sont pas nécessaires, la grâce suffit à tout ». Elle puise une forte nourriture spirituelle dans l'Évangile de saint Jean. Le petit livre dont elle se servait présente des pages toutes jaunies par l'usage intensif qui a été fait des chapitres 12 à 20 du quatrième Évangile et tout spécialement du chapitre 17, la prière de Jésus pour l'unité de ses disciples.

Le sceau de crédibilité

Un jour, étendue sur son lit, sœur Marie-Gabrielle, très accablée, dit à Jésus : « Seigneur Jésus, je T'aime et je voudrais T'aimer beaucoup, T'aimer pour le monde entier ». L'unité des Chrétiens pour laquelle la Trappistine s'est offerte n'est pas sans lien avec l'évangélisation. « Dès ses débuts, le mouvement œcuménique a été intimement lié à l'évangélisation. L'unité est, en réalité, le sceau de crédibilité de la mission. Le Concile Vatican II a fait remarquer avec regret que le scandale de la division « fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l'Évangile ». Jésus lui-même, la veille de sa mort, a prié pour que tous, ils soient un... afin que le monde croie (Jn 17, 21) (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 3 décembre 2007).

La dernière nuit de sœur Marie-Gabrielle se passe en une alternance de moments calmes et de souffrances aiguës. À un moment, elle gémit : « Je n'en puis plus ! » La Mère Abbesse lui demande : « Voulez-vous offrir ce qui vous reste de vie pour l'Unité ? – Oui ! » répond-elle distinctement. Enfin, après les vêpres de ce dimanche du Bon Pasteur, 23 avril 1939, elle exhale son dernier soupir avec un sourire. Par erreur, au lieu du tintement du glas, sonne un carillon festif auquel les cloches de l'église paroissiale répondent à la volée, dans un concert de joie.

L'exemple de sœur Marie-Gabrielle nous rappelle que tous les fidèles peuvent travailler à l'unité des Chrétiens, d'abord par la conversion du cœur : « Bien que l'Église catholique ait été enrichie de la vérité révélée par Dieu ainsi que de tous les moyens de grâces, néanmoins ses membres n'en vivent pas avec toute la ferveur qui conviendrait. Il en résulte que le visage de l'Église resplendit moins aux yeux de nos frères séparés ainsi que du monde entier, et la croissance du royaume de Dieu est entravée. C'est pourquoi tous les Catholiques doivent tendre à la perfection chrétienne ; ils doivent, chacun dans sa sphère, s'efforcer de faire en sorte que l'Église, portant dans son corps l'humilité et la mortification de Jésus, se purifie et se renouvelle de jour en jour, jusqu'à ce que le Christ se la présente à Lui-même, glorieuse, sans tache ni ride » (Vatican II, Unitatis redintegratio, n. 4).

Le 19 août 2005, à Cologne, le Pape Benoît XVI concluait une rencontre œcuménique par ces paroles : « Je vois un motif réconfortant d'optimisme dans le fait qu'aujourd'hui se développe une sorte de “réseau” de liens spirituels entre Catholiques et Chrétiens des diverses Églises et Communautés ecclésiales : chacun s'engage dans la prière, dans la révision de sa vie, dans la purification de la mémoire, dans l'ouverture de la charité. Le père de l'œcuménisme spirituel, Paul Couturier, a parlé à ce sujet d'un monastère invisible, qui rassemble entre ses murs les âmes passionnées du Christ et de son Église. Je suis convaincu que, si un nombre croissant de personnes s'unit intérieurement à la prière du Seigneur pour que tous soient un (Jn 17, 21), une telle prière au nom de Jésus ne tombera pas dans le vide, ne peut pas tomber dans le vide ».

Demandons à la Bienheureuse Vierge Marie, Médiatrice de toute grâce, d'obtenir cette unité des Chrétiens en un seul troupeau et sous un seul Pasteur (cf. Jn 10, 16) afin que s'accomplisse la volonté de son divin Fils.


Dom Antoine Marie osb



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Bienheureuse Maria Gabriella de l'Unité (1914-1939)

Maria Gabriella Sagheddu a été béatifiée par le Pape Jean-Paul II en 1983 pour avoir donné sa vie pour l'unité des chrétiens. Une piété mariale personnelle et communautaire Si les pages usées du chapitre XVII de l'Evangile selon Saint Jean (la prière sacerdotale) du Nouveau Testament que possédait la bienheureuse Maria Gabriella, sont le témoignage d'une méditation toute particulière de ce cri du Fils vers le Père : "Qu'ils soient Un…", son chapelet qui ne la quittait jamais (il est exposé dans le petit musée qui jouxte la chapelle de l'Unité où elle repose au couvent de Vitorchiano en Italie) témoigne, lui, d'une constante fidélité à la prière du rosaire, vécue comme une indispensable respiration. Ces deux "reliques", son Nouveau Testament et son rosaire, reflètent parfaitement les deux axes principaux qui animèrent sa vie spirituelle dès lors que germa en elle l'appel à la vocation religieuse comme en témoignera Dom Meloni, son guide spirituel : "Quand elle prit la décision de se consacrer à Dieu, ce fut d'une piété sincère, ferme, orientée vers l'Eucharistie et la Madone" (Summ. P. 156, §470). Durant son enfance et son adolescence, même si sa mère, Catherine Sagheddu, priait avec ferveur et fidélité le rosaire, le culte marial étant particulièrement développé dans toute la Sardaigne, la jeune Maria Sagheddu semblait préférer, elle, la lecture profane, à la récitation du rosaire. Pourtant dès sa naissance, la main de Marie et la figure du Christ semblent reposer sur cette enfant. En effet, baptisée sous le nom de Marie, sa famille décida de la fêter le 2 février, fête de la purification de Marie et de la présentation de Jésus au Temple. La vierge Marie est comme le chemin qui la conduit inlassablement au Christ Eucharistique. Maria Sagheddu entre au couvent des sœurs trappistines de la Grottaferrata, près de Rome, pour devenir l'épouse du Christ, la veille de la fête de Notre Dame du Rosaire, le samedi 5 octobre 1935. La formation spirituelle qu'elle va recevoir, propre à la tradition cistercienne, va confirmer et consolider une piété mariale toujours liée à la Seigneurie du Christ. Fortement marquée par la spiritualité de st Bernard de Clairvaux En effet, saint Bernard de Clairvaux (1090 – 1153) qui marqua profondément de sa forte personnalité toute la spiritualité cistercienne, aimait à promouvoir une piété mariale profondément biblique qui relie Marie à toute l'histoire du Salut. Marie Mère de Dieu, Marie Reine, Marie avocate, ne sont pas des privilèges personnels, mais les conditions d'un agir nécessaire au salut de tous, subordonnés à Celui de qui vient le salut. Jésus sauve, sa mère intercède. Le "Salve Regina", chanté tous les soirs à la fin des complies dans les monastères cisterciens, met en relief ce rôle de Marie Mère et Reine qui intercède et protège. C'est pour cela que chaque couvent cistercien est placé sous la protection de Marie en portant le patronyme de Notre Dame. Maria Sagheddu a donc pu imprégner sa piété personnelle, d'une mariologie profondément christologique et biblique, exprimée, chantée, dans la digne tradition patristique et de la liturgie, chaque office comportant une antienne à Marie. Dans ce cadre liturgique, sa fidélité à la récitation du rosaire (les témoignages seront nombreux à rapporter qu'elle ne se séparait jamais de son chapelet) s'insère comme une marque de confiance en l'efficace de l'intercession de Marie auprès de son Fils ; s'abandonner à la bonté du Père, en Christ par Marie. Elle se veut servante et rien que servante : "je suis la servante du Seigneur", en vue de l'unité des chrétiens Un aspect de la piété mariale va résonner particulièrement en elle. Maria la postulante, si elle est dotée d'une forte personnalité, avec ses emportements et une certaine impatience, a néanmoins parfaitement conscience de sa pauvreté. Pour elle, la petite Sarde, devenir moniale d'un grand ordre, devenir épouse de Celui qu'elle adore dans l'Eucharistie, lui semble un honneur dont elle est absolument indigne. Elle se veut servante et rien que servante, dans une perpétuelle action de grâce. Alors recevoir le nom de Maria Gabriella, lors de sa prise d'habit, est pour elle une grande joie et comme un appel à s'attacher à ce "oui" de Marie à l'ange Gabriel. Elle confiera à sa mère abbesse, mère Pia : " J'ai toujours eu une grande dévotion pour l'"ecce ancilla domini", je suis la servante du Seigneur. Ce "oui" de l'humble servante rejoignait, dans le secret de son cœur, son "oui" total à la prière sacerdotale du Christ (Jn 17) : "Qu'ils soient Un !". Durant toute la maladie qui suivra son offrande pour l'Unité des chrétiens (fin janvier 1938), jusqu'à sa mort (23 avril 1939), elle ne cessera de se recommander à Marie. Sentant sa fin proche, elle demande à recevoir le sacrement des malades si possible le Vendredi Saint, qui fait mémoire également de la Vierge des douleurs, afin de recevoir ce sacrement comme s'il lui était administré par Notre Dame (Summ. P.82 §239). Recevoir de la Mère des douleurs, l'onction du Fils, dans l'action de grâce du psaume 102 qui clôt la cérémonie : " Bénis le Seigneur ô mon âme !", c'est encore pour Maria Gabriella demeurer dans la joie de l'humble servante, à l'exemple de La servante de Nazareth.

Ouvrages et articles consultés : - Summarium de son procès en béatification, Roma 1976. Dionigi Spanu sj. - La présence de Marie dans le chemin de perfection de la Bh Maria Gabriella Sagheddu OCSO. - Article in Ascetica e Mistica 2002 p. 103 à 128. Dom Jean Leclercq, Bernard de Clairveaux, Bibliothèque de l'Histoire du Christianisme no 19 Ed Desclée, Paris, 1989. - Dom Jean Leclercq. St Bernard et l'esprit cistercien, Ed. du Seuil. Collection Maîtres spirituels, Paris 1966. - Bernard Martelet. La petite sœur de l'unité, Maria Gabriella 1914-1939, Ed. Médiaspaul, Pris 1984
Patrick Balland




Bse Marie-Gabrielle Sagheddu

Religieuse trappistine

Maria Gabriella naît à Dorgali (Sardaigne) le 17 mars 1914 de Marcantonio Sagheddu et Caterina Cucca, cinquième de huit enfants d’une famille de bergers modeste.

Autour d'elle, tous furent frappés de la voir se transformer vers l'âge de dix-huit ans. Peu à peu, elle s'adoucit, ses accès de colère disparurent, elle devint méditative, austère, patiente et réservée.


À 21 ans, en 1935, fut admise à la Trappe de Grottaferrata (Rome), ayant aujourd'hui son siège à Vitorchiano. Durant son noviciat, elle vécut avec la crainte qu'on ne la renvoie, mais après la profession elle vint à bout de cette crainte et connut un abandon paisible et confiant.
A partir de ce moment, elle vécut avec le désir de s'offrir totalement: « Maintenant, c'est à Toi d'agir », disait-elle simplement.

Sa courte vie monastique (trois ans et demi) se consomma comme une eucharistie, avec cette simple préoccupation de renoncer totalement à elle-même chaque jour pour suivre le Christ dans son obéissance au Père jusqu'à la mort. Sœur Maria Gabriella avait humblement offert sa vie afin que les Chrétiens désunis soient Un dans le Christ.

La tuberculose s'empara du corps de la jeune sœur, qui avait joui jusqu'à ce moment d'une parfaite santé, dès le soir même de son offrande : elle devait la conduire à la mort après quinze mois de souffrance.

Au soir du 23 avril 1939, Maria Gabriella termina sa longue agonie, dans l'abandon total à la volonté de Dieu. Les cloches sonnaient à toute volée, à la fin des vêpres du dimanche du Bon Pasteur, ce dimanche où l'évangile proclamait: « Il n'y aura qu'un seul bercail et un seul pasteur ».
Son corps, retrouvé intact lors de la reconnaissance de 1957, repose actuellement dans une chapelle contigüe au monastère de Vitorchiano.

Sœur Maria Gabriella a été béatifiée le 25 janvier 1983, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), 44 ans après sa mort, dans la basilique de Saint Paul hors les murs.

Pour un approfondissement biographique :



Source principale : trappistevitorchiano.it (« Rév. x gpm »). 

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Bl. Maria Gabriella of Unity

It has been a while since I written an entry on the saints and others who have gone before us whose prayers have no doubt contributed to the realization of Anglicanorum coetibus.
High among those I have yet to mention is Bl. Maria Gabriella of Unity, an Italian Trappestine who offered her life for the cause of Christian Unity and became quite well-known in Anglican circles.  I had intended to write something myself and had recently read one biography on this amazing young woman and begun to read other articles.  In the process of my research, I ran across the article below by Dom Antione Marie of the French Abbey of St. Joseph of Clairval.  Given the recent discussions here and elsewhere of the proper understanding of ecumenism, I thought his article was likely to be of more interest than any I might write myself.
This piece originally appeared in Clairval's Spiritual Newsletter.  It is reprinted here in full by permission of the Abbey.  Subscriptions to the Spiritual Newsletter, which is printed in French, English, German, Dutch, Italian and Spanish, are free of charge.  You may subscribe online here.
*  *  *
On April 20, 2005, the day after his election to the See of Peter, Pope Benedict XVI stated, «At the beginning of his ministry in the Church of Rome which Peter bathed in his blood, Peter's current Successor takes on as his primary task the duty to work tirelessly to rebuild the full and visible unity of all Christ's followers. This is his ambition, his impelling duty.»
Christian unity is a divine and supernatural work that can only be obtained through prayer. «Praying for unity is not a matter reserved only to those who actually experience the lack of unity among Christians,» wrote Pope John Paul II in his encyclical Ut unum sint (That They May Be One), published May 25, 1995. All must collaborate: «It was in order to reaffirm this duty,» John Paul II continued, «that I set before the faithful of the Catholic Church a model which I consider exemplary, the model of a Trappistine Sister, Blessed Maria Gabriella of Unity, whom I beatified on 25 January 1983. Sister Maria Gabriella, called by her vocation to be apart from the world, devoted her life to meditation and prayer centered on chapter seventeen of Saint John's Gospel, and offered her life for Christian unity. This is truly the cornerstone of all prayer: the total and unconditional offering of one's life to the Father, through the Son, in the Holy Spirit. The example of Sister Maria Gabriella is instructive; it helps us to understand that there are no special times, situations or places of prayer for unity. Christ's prayer to the Father is offered as a model for everyone, always and everywhere» (no. 27).
I couldn't put up with anything!
Maria Sagheddu was born on March 17, 1914 in Dorgali, a village on the eastern coast of Sardinia, the fifth in a family of eight children. Her father was a shepherd. Her mother, Catarina, saw to everything in the household. Gentle and yet firm, she led her family in a loving fear of God. Maria was a happy child, quick to ask for what she wanted, or criticize what she did not like. From early on, she was stubborn and impatient. One day, her mother asked her to throw out some potato peels. Maria turned a deaf ear. Her mother insisted firmly, then forced her daughter to obey. Annoyed, Maria came back a moment later with the peels she had not thrown away. She herself would later say, «When I was a child, I couldn't put up with anything, not even the stones on the road!»
In 1919, Maria lost her father. Her first Communion brought no perceptible change in her behavior. Despite her amazingly lively nature, she was easily absorbed in reading, which, along with card playing, attracted her more than piety. One Sunday, her mother warned her, «The vesper bells are ringing—let's get going, Maria.»—«I'm coming,» replied the little girl who, nevertheless, was not moving. A moment later, her mother insisted, «It's already late, Maria,» and left, leaving the door half-open. Maria was unable to close her book, and vespers ended without her. The girl would not miss Sunday Mass, but since vespers were optional, she was glad to get out of attending them.
Alert and intelligent, Maria ranked among the best at school. She excelled most of all in arithmetic, and stood up to the teacher if she noticed some error or absent-mindedness. At the end of her primary studies, she had to leave school to help out at home where she showed herself serious and endowed with a great sense of duty. Her family's poverty spurred her to give herself entirely to the housecleaning, washing the laundry in the river, making bread at night, and working in the fields. However, she did not like criticism, and only grudgingly obeyed. Around the age of fourteen, aware of her faults, she decided not to join Catholic Action which gathered the young people in the parish, because she did not feel ready to fulfill the demands of such a commitment.
In 1932, Maria was not yet seventeen when her sister Giovanna Antonia, one year younger than she, died. Maria was very attached to this frail and often sick sister, on whom she had lavished loving care. She then thought about the meaning she could give her own existence. A profound change took place in her life. At this time, she also became aware that religion is, above all, an encounter with Someone, Christ, Who leads us to the Father. In his encyclical Deus Caritas est, Pope Benedict XVI writes, «Being Christian is not the result of an ethical choice or a lofty idea, but the encounter with an event, a Person, which gives life a new horizon and a decisive direction» (Introduction). Maria had not penetrated the mystery of this encounter, but its consequences were plainly apparent. Scorning her natural pride, she joined Catholic Action, volunteered to teach the catechism to young girls, spent long periods in prayer, and became gentle and considerate. At first, she taught catechism with a stick in hand. But one day the priest took away the stick and replaced it with a note that said: «Arm yourself with patience, not a stick.» Maria accepted the criticism and changed her ways.
«Wherever you want!»
Maria read in Saint Francis de Sales' Introduction to the Devout Life that certain girls leave the world for the cloister. «Why not me?» she thought. For two years she gave the idea a great deal of thought, and refused some marriage proposals made to her. Finally, in 1935, she confided her plan to enter religious life to her priest, Don Meloni, who was in no hurry to give her a definitive answer. However, before leaving to serve in another parish, Don Meloni asked Maria where she wanted to be a nun. «Send me wherever you want,» she replied. Her desire was to belong to the Lord; where was not important. The priest directed her to the Trappist convent in Grottaferrata, near Rome. When she found out, Mrs. Sagheddu accepted it, but reproached her daughter for not having told her sooner.
In spite of the opposition of one of her brothers who thought that she was disgracing the family, Maria entered Grottaferrata on September 30, 1935. There, she found a new world that greatly impressed her. «When the grille opened in the parlor, and I saw new things and heard unfamiliar words,» she wrote to her mother, «it seemed paradise opening up … If you heard the sisters sing, you would think you were hearing angels.» She took the name Maria Gabriella. She gradually got used to the life. «At the beginning of her religious life,» a sister would later write, «impatience, which was her dominant fault, had not yet disappeared. One day she became impatient with the Novice Mistress because a knife seemed to her to be too small and unsuitable for peeling. Another day she knocked on Mother Abbess' door. No answer. She knocked again—still silence. And then again and again, six times in a row. She ended up banging her fist on the door and going away irritated. She did not like to waste her time!» The Sub-mistress of Novices pointed out to her in the refectory that she did not eat enough bread. Her immediate response exploded: «It's not your job to point that out to me—I'll eat what I want!» The two nuns went off angry… But these sallies should not make one forget the great qualities that made up the heart of her nature: complete honesty, unconditional devotion, a great promptness to humble herself and renounce her views when she realized that others were right. She was ready to go anywhere she could be useful.
Sister Maria Gabriella's only fear was that she would be sent away from the community. «If they send me away,» she confided one day, «I'll take advantage of the dark of night when the cloister is unguarded, I'll climb the wall, and I'll get back into the convent.» But she was able to make the sisters appreciate her, and their votes allowed her to be clothed in the monastic habit, which took place on Easter Monday, April 13, 1936. She wrote to her mother: «Although I am a miserable and unworthy creature who has done nothing but offend Jesus, He has not rejected me, but has welcomed me into His Heart. He, my Creator, has deigned to call me His spouse… He has wanted to make me the object of His mercy. When I think about this, I am overwhelmed, seeing the great love of Jesus and my ingratitude and my failure to respond to His favor…» Sister Maria Gabriella maintained the great desire to sanctify herself by observing the Rule without drawing attention to herself. Several of her sisters testified that her life was completely ordinary. The same was true of her spiritual life: her prayer was entirely simple, without any particular consolations. One day when she was talking about it to the Mother Abbess, the Abbess asked her, «Would you like extraordinary gifts?»—«No! Extraordinary gifts are not necessary, if I can succeed without them… I will love my life, as dull as it may be.» Sister Maria Gabriella strove to maintain an intense state of recollection, and bore a serious mien that seemed excessive. Mother Abbess pointed out to her that it would be more agreeable to see her smile from time to time. Soon her face relaxed and the tension gave way to a sweet and serene expression, then to a smile that almost never left her.
Unity as God wants
On October 31, 1937, the Feast of Christ the King, Sister Maria Gabriella made her first monastic vows for three years. She wrote to her mother: «Now I am certain to live forever in the house of the Lord, and because of that, my joy is immense.» In January of the same year, there appeared for the first time at the convent of Grottaferrata the booklet for the «Week of Prayer for Christian Unity,» published by Father Paul Couturier, a French priest and a great apostle for Unity. The author insistently asked that nuns pray for the realization of «the Unity of Christians, as God wants it, how He wants it.» An elderly nun had offered her life for this cause and died a month later.
At the beginning of the twentieth century, on the initiative of an Anglican minister, L.T. Wattson, a week of prayer had been established to obtain from God the return to Catholic unity of all the churches separated from Rome. This octave of prayer took place for the first time from January 18 to 25, 1908, between the feast of the Chair of Saint Peter, at that time celebrated on the 18th, and the feast of the Conversion of Saint Paul on the 25th. In 1909, Saint Pius X gave his blessing to this initiative, which soon saw tremendous growth. The following year, Wattson entered the Catholic Church. In 1916, Pope Benedict XV extended the practice of the octave of prayer to the universal Church. Later, with the aim of facilitating the participation of Protestants, the prayer took the form of asking for the reunification of Christians. Since then, many have united in this «Week of Prayer» to ask God for the unity that Christ wished for His disciples.
Without compromise
«The lack of unity among Christians is certainly a wound for the Church; not in the sense that she is deprived of her unity, but in that it hinders the complete fulfilment of her universality in history» (Congregation for the Doctrine of the Faith, Declaration Dominus Iesus, August 6, 2000, no. 17). When the Catholic Church stresses the need for greater unity among Christians, she is not doubting the unity that Christ granted her from the beginning and that will always remain in her «as something she can never lose» (Catechism of the Catholic Church, no. 820). Nor is she suggesting watering down the Revelation that Our Lord Jesus Christ entrusted to her: «Here it is not a question of altering the deposit of faith, changing the meaning of dogmas, eliminating essential words from them, accommodating truth to the preferences of a particular age, or suppressing certain articles of the Creed under the false pretext that they are no longer understood today. The unity willed by God can be attained only by the adherence of all to the content of revealed faith in its entirety. In matters of faith, compromise is in contradiction with God who is Truth. In the Body of Christ, the way, and the truth, and the life (Jn. 14:6), who could consider legitimate a reconciliation brought about at the expense of the truth?» (Ut unum sint, no. 18).
In January 1938, a new booklet arrived at the convent in Grottaferrata for the Week of Unity. It spoke of the lives of Anglicans, Protestants, and Catholics that had been offered for unity. Profoundly moved, Sister Maria Gabriella went and humbly knelt before her Abbess to make her request: «Allow me to offer my life…» Surprised, the Abbess asked for some time to think about it. Later, Sister Maria Gabriella insisted, «It seems to me the Lord wants it—I feel driven, even when I don't want to think about it.» The Abbess told her to speak to the chaplain about it, who gave her permission to make the offering. The young nun did not think it necessary to compose the offering in writing, but rather offered herself from the bottom of her heart. Sister Maria Gabriella passionately loved Jesus Christ—if He had freely offered His life in sacrifice to gather into one the children of God who are scattered (Jn. 11:52), she felt called to accompany Him, out of love, in His sacrifice. Her Abbess' enthusiasm for ecumenism and the example of the gift that others had already made of their lives were enough for her to decide to make her own offering.
Shortly after her offering, Sister Maria Gabriella felt a pain in her shoulder. Her health deteriorated and after Easter she was taken to Rome for medical exams that revealed tuberculosis. The prospect of staying in the hospital made her suffer greatly: «I've cried so much that I can't cry anymore,» she wrote to her Abbess… Sometimes I wonder if the Lord has abandoned me. Other times I think that He tests those He loves… I always end abandoning myself to the divine will.» A few days later, she added, «I have offered myself completely to my Jesus and I certainly do not want to go back on my word. I am weak, it is true, but the Lord, Who knows my frailty and the cause of my pain, will forgive me, I am sure.» She was plagued with thoughts against her Superiors, who seemed to lack heart in leaving her at the hospital. But she realized that this was also a temptation which she strove to drive away. At the beginning of May, she was «on the cross,» with no other consolation than that of knowing that she was suffering to fulfill the divine will.
A treasure not to be shared
Two weeks after she was hospitalized, she was transferred to a ward where the living conditions were less distressing. Nevertheless, she remained aware of her weaknesses: «For a long time, I have been aware that I am only a pygmy in the spiritual path, because I let myself to be blown about by every wind… I would like to be strong, strong as steel, but I am only a piece of straw.» However, the disease progressed and, since nothing could be done to stop it, the nun was granted permission to return to end her days at the convent. Sister Maria Gabriella was anguished by the thought that her presence in the community could spread the danger of contagion to her sisters, but on the other hand, she did not want to die way from her convent. Finally, she returned to Grottaferrata on May 29, and took all the necessary precautions there to avoid transmitting the disease to others. Yet she did not lose her sense of humor, and said one day to the nurse who was approaching a little too close to her: «The Lord has given me this treasure of my disease—I don't want to share it with anyone… not even with you!» The Mother Abbess suggested she find a saying to help her in her most difficult moments. She chose «Ecce ancilla Domini – Behold the handmaid of the Lord!» Her abandonment into the hands of the Lord grew more and more: «Before, I used to think about my sins, but now I can't recall anything specific. I am like a child. I have abandoned myself, and ever since I am in great peace.» She desired neither to live nor to die, but to welcome what God sent: «When I was at the hospital,» she said, «I couldn't resign myself to the separation. Now, if for the good of the community, I had to leave again, I would do it without hesitation.» Some hours were easier, and Sister Maria Gabriella welcomed them with simplicity. But she did not expect any mystical graces: «God has not given me any,» she said, «because I am an open door to vainglory and pride. I do not desire consolations, they are not necessary; grace alone suffices for everything.» She drew powerful spiritual nourishment from the Gospel of Saint John. The little Bible she used shows pages completely yellowed from her intensive use of chapters 12 to 20 of St. John's Gospel, and especially of chapter 17, Jesus' prayer for His disciples' unity.
The seal of credibility
One day, stretched out on her bed, a very weak Sister Maria Gabriella said to Jesus: «Lord Jesus, I love You and I would like to love You very much, to love You for the whole world.» The Christian unity for which the Trappistine offered herself is linked to evangelization: «From its beginnings, the ecumenical movement has been closely connected with evangelization. Unity, in fact, is the seal of the credibility of missionary activity, and so the Second Vatican Council noted with regret that the scandal of division 'damages the most sacred cause of preaching'. Jesus Himself, on the night before His death, prayed that they all may be one… so that the world may believe (Jn 17:21)» (Congregation for the Doctrine of the Faith, December 3, 2007).
Sister Maria Gabriella's last night was passed alternating between calm moments and ones of intense suffering. At one point she moaned, «I can no more!» Mother Abbess asked her, «Do you want to offer what is left of your life for Unity?»—«Yes!» she replied clearly. Finally, after the vespers of that Good Shepherd Sunday, April 23, 1939, she breathed her last with a smile. By mistake, instead of tolling the death knell, a festive peal of bells rang, to which the bells of the parish church instantly responded in a concert of joy.
Sister Maria Gabriella's example reminds us that all the faithful can work for the unity of Christians, first of all by conversion of heart: «For although the Catholic Church has been endowed with all divinely revealed truth and with all means of grace, yet its members fail to live by them with all the fervor that they should, so that the radiance of the Church's image is less clear in the eyes of our separated brethren and of the world at large, and the growth of God's kingdom is delayed. All Catholics must therefore aim at Christian perfection and, each according to his station, play his part that the Church may daily be more purified and renewed. For the Church must bear in her own body the humility and dying of Jesus, until the day when Christ will present her to Himself in all her glory without spot or wrinkle» (Vatican II, Unitatis redintegratio, no. 4).
On August 19, 2005, in Cologne, Pope Benedict XVI concluded an ecumenical meeting with these words: «I see good reason in this context for optimism in the fact that today a kind of 'network' of spiritual links is developing between Catholics and Christians from the different Churches and Ecclesial Communities: each individual commits himself to prayer, to the examination of his own life, to the purification of memory, to the openness of charity. The father of spiritual ecumenism, Paul Couturier, spoke in this regard of an 'invisible cloister' which unites within its walls those souls inflamed with love for Christ and His Church. I am convinced that if more and more people unite themselves interiorly to the Lord's prayer that all may be one (Jn. 17:21), then this prayer, made in the Name of Jesus, will not go unheard.»
Let us ask the Blessed Virgin Mary, Mediatrix of all graces, to obtain this unity of Christians into one flock and under one Shepherd (cf. Jn. 10:16), in order to accomplish the will of Her Divine Son.
-Dom Antoine Marie osb.

Blessed Maria Gabriella Sagheddu

1914-1939

Beatified January 25, 1983

(by Maria Paola Santachiara)


Sr. Maria Gabriella was beatified on January 25th, 1983 in the Basilica of St. Paul's outside the Walls. It was the feast of the Conversion of St. Paul, Apostle of the Gentiles, and also the last day of the Church Unity Octave. In his homily, Pope John Paul II resorted to sporting language: "I am happy to note, and to point out particularly to the young who are so fond of athletics and sport, that the young Trappist whom we are honoring today for the first time with the title "Blessed", was able to make her own the Apostles exhortation to the faithful of Corinth (1 Cor. 9:25), to "run as to win". She succeeded in the span of a few years to set a number of records in the stadium of sanctity that would make the most qualified champions envious. In fact she is historically the first Blessed to come from the ranks of "Girls of Catholic Action"; she is the first among the youth of Sardinia; the first among the Trappist monks and nuns; the first among those who work for Christian Unity. Four records set in the arena of that "school of divine service" proposed by the great Patriarch St. Benedict, which evidently is still valid even today after fifteen centuries, if it has been able to produce such examples of virtue in one who accepted it and put into practice "with the mind of love".

But who is Blessed Maria Gabriella? She is a young girl from Sardinia, in Italy, who died in 1939 at the Trappist monastery of Grottaferrata on the outskirts of Rome, at the age of 25. Like many another young man or woman she had accepted the gentle but compelling call of God to give her youth and life to Him. She entered a poor and hidden monastery and after three and a half years of prayer and penance died of the tuberculosis which had sapped her strong constitution. The only thing she had at her command was her life and this she offered as a holocaust to heal divisions and make all Christians visibly "one" in Christ. Her brief but total gift of herself was lived without any self-pity or regret. Outwardly, her life was insignificant, but through a series of events hard to explain in human terms, God used her to make known the beginning of the ecumenical movement in Italy and then, in the late 30's, the universal call to Christian Unity. In his encyclical "Ut unum sint" John Paul II pointed to her as an outstanding example of spiritual ecumenism.

Blessed Maria Gabriella Sagheddu

22 April 2012, 12:24 pm

Also known as
  • Maria Gabriella
  • Mary-Gabrielle Sagheddu
Profile

Born to a family of shepherds. As a child she was described as obstinate, critical, protesting, and rebellious – but loyal, and obedient; she would say no to a request – but act on it at once. At 18 she became gentler, her temper abated, she became involved in prayer and charity, and joined “Azione Cattolic,” a Catholic youth movement. At 21 she entered the Trappestine monastery of Grottaferrata. When she was accepted, her attitude finally became “Now do what You will.” When the community’s leader explained a request for prayer and offering for the great cause of Christian Unity, Maria Gabriella felt compelled to offer her young life to the cause. Though she’d never been sick before, she suddenly developed tuberculosis. In a mere 15 months spent in prayer for Unity, it took her to her death.

Born