dimanche 12 avril 2015

Sainte THÉRÈSE des ANDES (TERESA de los ANDES), carmélite


Bienheureuse Thérèse des Andes

Native de Santiago de Chili (1890), elle entra en 1919 chez les carmélites de Los Andes, où elle mourut après cinq ans de pénitence et de prière en 1920.



Jean-Paul II - Homélie de béatification de Teresa de los Andes

Teresa de Los Andes a été béatifiée par Jean-Paul II le 3 avril 1987 au parc O'Higgins de Santiago où étaient rassemblées environ un million de personnes. Le pape a présidé la messe concélébrée par tous les évêques du Chili et 400 prêtres. Nous donnons ci-dessous la première partie de l'homélie de Jean-Paul II, relative à Teresa de Los Andes.

1. "Maintenant donc demeurent foi, espérance, amour, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est l'amour." (1 Co 13, 13).

Ces paroles de saint Paul, où culmine son hymne à la charité, résonnent avec des accents nouveaux dans cette célébration eucharistique.

Oui, "la plus grande est l'amour".

Ce sont les paroles qui sont devenues vie en la personne de Sœur Teresa de Los Andes, que j'ai aujourd'hui la joie et la grâce de proclamer bienheureuse.

Aujourd'hui, bien-aimés frères et sœurs de Santiago et du Chili c'est un grand jour pour la vie de votre Église et de votre nation.

Fille entre toutes aimée de l'Église du Chili, Sœur Teresa est élevée à la gloire des autels dans la patrie qui la vue naître. Le Peuple de Dieu en son pèlerinage trouve en elle un guide pour cheminer vers la Jérusalem céleste…

Animés par la foi, l'espérance et l'amour, nous marchons en pèlerins vers Dieu qui est Amour, et notre âme se remplit de joie en prenant conscience que ce pèlerinage trouve sa couronne dans la gloire vers laquelle Notre Seigneur désire nous conduire tous.

Nous venons d'écouter un bref résumé de la vie de Sœur Teresa de Los Andes, cette jeune Chilienne qui est le symbole de la foi et de la bonté de ce peuple; une carmélite déchaussée ravie au printemps de sa vie, prémisse de sainteté du Carmel thérésien en Amérique latine.

Dans ses brefs écrits autobiographiques, elle nous a laissé le testament d'une sainteté simple et accessible, centrée sur l'essentiel de d'évangile: aimer, souffrir, prier, servir.

Le secret de sa vie, tournée vers la sainteté, repose sur la familiarité avec le Christ, présent et ami, et avec la Vierge Marie, Mère toute proche et pleine d'amour.

2. Teresa de Los Andes fit dès sa plus tendre enfance l'expérience de la grâce de la communion avec le Christ, une grâce qui s'est progressivement développée en elle avec le charme de sa jeunesse, pleine de vitalité et de joie, une jeunesse où ne manquait pas, en fille de son temps qu'elle était, le sens de la joie saine, des loisirs et du sport, le contact avec la nature. C'était une jeune fille joyeuse et dynamique, une jeune fille ouverte à Dieu. Et Dieu a fait fleurir en elle l'amour chrétien, ouvert et profondément sensible aux problèmes de sa patrie et aux aspirations de l'Église.

Le secret de sa perfection ne pouvait être que l'amour. Un amour profond pour le Christ, dont elle sent la fascination, qui la porte à se consacrer à lui pour toujours et à participer au mystère de sa passion et de sa résurrection. Elle ressent en même temps un amour filial pour la Vierge Marie qui la pousse à imiter ses vertus.

Pour elle, Dieu est la joie infinie. Voilà le nouvel hymne d'amour chrétien qui jaillit spontanément de cette jeune Chilienne, dans le visage glorifié duquel nous devinons la grâce de la transformation dans le Christ, en vertu de cet amour plein de compréhension, de service, d'humilité et de patience. Un amour qui ne détruit pas les valeurs humaines, mais qui les élève et les transfigure.

Oui: comme le dit Teresa de Los Andes: "Jésus est notre joie infinie." Pour cette raison la nouvelle Bienheureuse est un modèle de vie évangélique pour la jeunesse du Chili. Elle qui pratiqua avec héroïsme les vertus chrétiennes a passé les années de son adolescence et de sa jeunesse dans le cadre normal d'une jeune fille de son temps: dans la vie de chaque jour, elle s'est exercée à la piété et à la collaboration ecclésiale comme catéchiste, à l'école, parmi ses amis et ses amies, dans les œuvres de miséricorde, dans les moments de détente et de récréation. Sa vie exemplaire est celle d'un humanisme chrétien, avec le sceau qui ne trompe pas d'une vive intelligence, d'une délicatesse empressée, d'une capacité créatrice toute chilienne. En elle s'exprime l'âme et le caractère de votre patrie et la jeunesse éternelle du Christ qui enthousiasma et séduisit Teresa de Los Andes.

3. L'Église proclame aujourd'hui bienheureuse Sœur Teresa de Los Andes et, à partir de ce jour, l'invoque sous ce titre.

Heureuse, bienheureuse est la personne qui a fait des Béatitudes évangéliques le cœur de sa vie, qui les a vécues avec une héroïque intensité.

Ainsi, notre Bienheureuse, ayant mis en pratique les Béatitudes, a incarné dans sa vie l'exemple le plus parfait de la sainteté qu'est le Christ.

En effet, Teresa de Los Andes rayonne du bonheur de la pauvreté en esprit, de la bonté et de la douceur de son cœur, de la souffrance cachée par laquelle Dieu purifie et sanctifie ses élus. Elle a faim et soif de justice, elle aime intensément Dieu et veut que Dieu soit aimé et connu de tous.

Dieu l'a rendue miséricordieuse dans son immolation totale pour les prêtres et la conversion des pécheurs, pacifique et réconciliatrice, semant autour d'elle la compréhension et le dialogue. En elle se reflète surtout la Béatitude de la pureté de cœur. En effet, elle s'est totalement livrée à Jésus, et Jésus a ouvert ses yeux à la contemplation de ses mystères.

Dieu lui a en outre accordé de goûter la joie sublime de vivre d'avance sur terre la béatitude et la joie de la communion avec Dieu dans le service du prochain.

Tel est son message: en Dieu seul se trouve le bonheur; Dieu seul est joie infinie. Jeune Chilienne, jeune Latino-Américaine, découvre en Sœur Teresa la joie de vivre la foi chrétienne jusque dans ses dernières conséquences. Prends-la comme modèle!

Jean-Paul II




Jean-Paul II - Homélie de canonisation de Teresa de los Andes

Teresa de Los Andes a été canonisée le 21 mars 1993 par Jean-Paul II à Saint Pierre de Rome, en même temps que Claudine Thévenet (religieuse française, fondatrice des Religieuses de Jésus-Marie). Nous reproduisons ci-dessous la partie de l'homélie de Jean-Paul II relative à Teresa de Los Andes.

1. "Je suis la lumière du monde " (Jn 8, 12).

A juste titre, on pourrait appeler ce quatrième dimanche de Carême le jour de la Lumière…

En nous racontant la guérison de l'aveugle-né, l'évangile de ce quatrième dimanche de Carême montre la route difficile qui conduit à la découverte de cette Lumière: à la découverte du Christ. Combien nombreuses et diverses sont les manières dont l'événement que nous rapporte l'évangéliste Jean se renouvelle dans l'existence d'êtres humains, à toutes les époques.

2. "Je suis la lumière du monde. Celui qui marche à ma suite… aura la lumière de la vie" (Jn 8, 12). L'Apôtre écrit: "Vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière" (Ep 5, 8).

L'Église veut aujourd'hui prononcer ces paroles de saint Paul en les appliquant d'une manière particulière à deux de ses filles devenues "lumière dans le Seigneur": Marie de Saint Ignace (Claudine Thévenet) et Teresa de Los Andes (Juana Fernandez Solar). Ces filles de la lumière se sont distinguées comme témoins du Christ dans le monde. Dans la vieille Europe, Claudine Thévenet; dans le Nouveau Monde, Juana Fernandez Solar. Alors que nous célébrons encore le cinquième centenaire de l'évangélisation du grand continent américain, nous cueillons une fleur splendide suscitée par la Bonne Nouvelle et la grâce du saint baptême parmi les populations de cette "Terre nouvelle"…

5. Lumière du Christ, Sœur Teresa de Los Andes (Thérèse de Jésus), Carmélite déchaussée, prémices de sainteté du Carmel thérésien en Amérique latine, l'est pour toute l'Église chilienne, elle qui est aujourd'hui comptée au nombre des saints de l'Église universelle.

Comme dans la première lecture — tirée du Livre de Samuel — que nous avons entendue, la figure de Teresa se détache non pas "par son aspect ou sa stature imposante". La Sainte Écriture nous dit: "Les vues de Dieu ne sont pas celles des hommes. L'homme regarde l'apparence, le Seigneur regarde au cœur (1 S 16, 7).

Aussi, dans sa jeune vie d'un peu plus de 19 années, au cours des 11 mois qu'elle passa comme carmélite, Dieu a fait briller en elle d'une manière admirable la lumière de son Fils Jésus-Christ, afin qu'elle fût un phare et un guide pour un monde qui semble aveugle et incapable de discerner la splendeur divine.

A une société sécularisée, qui vit en tournant le dos à Dieu, cette carmélite chilienne que, avec une grande joie, je présente comme modèle de la jeunesse de l'Évangile, donne le témoignage limpide d'une existence qui proclame aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui que, dans l'amour, l'adoration et le service de Dieu, résident la grandeur et la joie, la liberté et la pleine réalisation de la créature humaine. La vie de la bienheureuse Teresa crie doucement depuis son cloître: "Dieu seul suffit!"

Elle le crie tout spécialement aux jeunes, affamés de vérité et à la recherche d'une lumière qui donne un sens à leurs vies.

A une jeunesse qui est continuellement sollicitée par les messages et les incitations d'une culture érotisée, à une société qui confond l'amour authentique, lequel est don, avec l'utilisation hédoniste de l'autre, cette jeune vierge des Andes proclame la beauté et le bonheur qui émanent des cœurs purs.

Dans la tendresse de son amour pour le Christ, Teresa trouve l'essence du message chrétien: aimer, souffrir, prier, servir.

Dans son foyer familial, elle apprit à aimer Dieu par dessus toutes choses. Et sentant qu'elle appartenait exclusivement à son Créateur, son amour du prochain devint encore plus intense et définitif. C'est ce qu'elle affirme dans une de ses lettres: "Quand j'aime, c'est pour toujours. Une carmélite n'oublie jamais. Depuis sa petite cellule, elle accompagne les âmes qu'elle a aimées dans le monde" (Lettre, août 1919).

6. Son ardent amour porte Teresa à souhaiter souffrir comme Jésus et comme Jésus: "Souffrir et aimer, comme l'Agneau de Dieu qui prend sur lui les péchés du monde", nous dit-elle. Elle veut être une hostie immaculée offerte en sacrifice constant et silencieux pour les pécheurs. "Nous sommes co-rédempteurs du monde — dira-t-elle plus tard — et la rédemption des âmes ne s'accomplit pas sans la croix" (Lettre, septembre 1919).

La jeune sainte chilienne fut avant tout une âme contemplative. Pendant de longues heures, tout près du tabernacle ou devant la croix qui surplombait sa cellule, elle prie et adore, supplie et expie pour la rédemption du monde, animant avec la force de l'Esprit l'apostolat des missionnaires et, en particulier, celui des prêtres. "La carmélite — nous dira-t-elle — est la sœur du prêtre" (Lettre, septembre 1919).

Mais, être contemplative comme Marie de Béthanie n'exempte pas Teresa du service de Marthe. En un monde où on lutte sans courage pour s'affirmer, posséder et dominer, elle nous enseigne que le bonheur est d'être le dernier et le serviteur de tous, suivant l'exemple de Jésus, qui n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour la rédemption de la multitude (cf. Mc 10, 45).

Désormais, depuis l'éternité, sainte Teresa de Los Andes continue à intercéder comme protectrice d'une infinité de frères et de sœurs. Celle qui trouva son ciel sur la terre en épousant Jésus, le contemple maintenant sans voiles ni ombres, et, toute proche de lui, elle intercède pour ceux qui cherchent la lumière du Christ…

Voilà le message de Carême de la canonisation de ce jour: Le Christ est la lumière du monde! "Celui qui le suit aura la lumière de la vie!"


Vie de Sainte Thérèse des Andes - 1900-1910

Celle qui sera appelée plus tard Teresa de Los Andes (Thérèse des Andes) est née à Santiago du Chili le 13 juillet 1900. Cinquième enfant de don Miguel Fernández Jaraquemada et de doña Lucía Solar Armstrong, elle reçut au baptême le nom de Juanita (Jeannette).

Juanita naquit dans une famille aisée. Le grand-père paternel de Juanita était originaire d'Espagne. Son grand-père maternel, don Eulogio, possédait à Chacabuco, à une soixantaine de kilomètres au nord de Santiago, une très grande propriété dans laquelle il réunissait souvent sa famille.

Juanita passera de nombreuses vacances dans ce lieu qu'elle aimait beaucoup. Elle y apprit très tôt à monter à cheval. Véritable amazone, elle aimait galoper à travers la propriété jusqu'aux abords de la cordillère des Andes.

Les frères et sœurs de Juanita étaient : Lucita, Miguel, Luis (Lucho), Juana (morte quelques heures après sa naissance et dont Juanita reprit le nom), Rebeca et Ignacio. Juanita était particulièrement proche de son frère Lucho et de Rebeca, son inséparable sœur cadette.

Très tôt, Juanita montra un grand attrait envers les choses de Dieu, aimant accompagner Ofelia (la servante qui prenait soin d'elle) à l'église. Un jour, à Chacabuco, prenant par la main un prêtre ami de la famille, elle lui dit : "Petit Père, allons au ciel!" Étant sortis tous deux de la maison, le prêtre lui demanda : "Eh bien, Juanita, par où va-t-on au ciel?" Juanita répondit: "Par là" en indiquant du doigt la Cordillère des Andes. Le prêtre répliqua : "Quand nous aurons escaladé ces hautes montagnes, le ciel sera encore très, très loin. Non, Juanita, ce n'est pas là le chemin du ciel : Jésus au tabernacle, voilà la voie royale pour y parvenir."

Cependant, Juanita n'a pas un caractère facile. Elle est vaniteuse, n'aime pas obéir, se met facilement en colère (ses frères prennent parfois un malin plaisir à essayer de la faire enrager) et pleure pour un rien. Avec le secours de la grâce de Dieu, spécialement de l'eucharistie, elle parviendra progressivement à vaincre ses défauts et à se dominer.

En 1906, un tremblement de terre secoua la ville de Santiago. Juanita écrit dans son Journal que ce fut à cette époque que Jésus commença à prendre possession de son cœur.

En 1907, le grand-père de Juanita mourut saintement. La mère de Juanita, doña Lucía, hérita une partie de la propriété de Chacabuco. Don Miguel, le père de Juanita, s'occupa de la gestion de la propriété. Cette même année, Juanita entre comme externe au collège du Sacré-Cœur à Santiago tenu par les Sœurs de sainte Madeleine-Sophie Barat.

Ce fut son frère Lucho qui apprit à Juanita la prière du rosaire. Tous deux firent la promesse de le réciter chaque jour, promesse que Juanita tint jusqu'à la fin de sa vie (une seule fois, confesse-t-elle, elle l'a oublié quand elle était très petite). "Dès lors, on peut dire que Notre Seigneur me prit par la main, avec la très Sainte Vierge."

Juanita eut rapidement un grand désir de faire sa première communion. Elle demandait fréquemment quand elle pourrait la faire, mais on lui répondait qu'elle était trop petite. Elle demandait alors qu'on lui apprenne à faire des communions de désir. A force d'insister, Juanita obtint enfin qu'on lui permette de faire sa première communion. Elle voulut s'y préparer par la confession, par la prière et en offrant à Jésus de nombreux petits sacrifices. "Je me suis préparée une année. Pendant ce temps, la Vierge m'aida à purifier mon cœur de toute imperfection." Sa première communion eut lieu le 11 septembre 1910 à Santiago et la marqua pour la vie. Elle en fit le récit dans son Journal. Elle tâchera de communier quotidiennement, autant que cela dépend d'elle.

En 1914, Juanita lit pour la première fois l'Histoire d'une âme de Thérèse de Lisieux (pas encore béatifiée à l'époque). Plusieurs années de suite, Juanita tombe gravement malade à l'approche du 8 décembre. En 1914, elle a une appendicite qui exige une opération, chose délicate et périlleuse à l'époque, d'autant plus que Juanita a une santé fragile. C'est à cette époque que Juanita entend l'appel du Christ qui l'invite à se donner entièrement à lui et à devenir carmélite. Au cours de l'année 1915, Juanita devient interne au collège du Sacré-Cœur avec sa sœur Rebeca. Le fait de quitter ainsi le foyer familial est pour elle une grande souffrance car elle aime énormément sa famille. Elle comprend cependant que le Seigneur la prépare ainsi à la grande séparation quand elle entrera au carmel. Elle finira par apprécier le climat du collège qui lui permet de mener une vie chrétienne fervente.

Elle commence à écrire son Journal. Elle nourrit et développe sa vie spirituelle par le moyen de l'oraison, de la messe quotidienne et du sacrifice. Bien qu'elle n'ait rien d'une élève exceptionnelle, elle se donne à fond dans les études, y compris dans les matières qu'elle n'aime pas (comme la physique et la chimie), pour plaire à Jésus et satisfaire ses parents. Elle aime aussi venir en aide aux élèves pauvres ou moins douées. Très tôt, Juanita manifeste un très grand amour des pauvres et les secourt autant qu'elle le peut. Ce fut en cette même année 1915 qu'elle rencontra dans la rue un enfant en haillons, affamé et grelottant de froid. Elle le fit entrer dans la maison de sa famille, lui donna à manger et demanda à l'enfant où il habitait. Elle découvrit que l'enfant vivait dans un taudis dans les faubourgs de Santiago. Elle visita la famille et, jusqu'à son entrée au Carmel en 1919, prit soin personnellement de l'enfant qu'elle appela Juanito, le faisant manger chez elle et demandant pour lui des vêtements à ses frères. Elle alla même jusqu'à mettre sa montre en loterie afin d'avoir de l'argent pour acheter à Juanito une paire de souliers. Elle se soucia aussi de son éducation, tant humaine que chrétienne. Le 8 décembre 1915, Juanita fait vœu privé de chasteté avec la permission de son confesseur, prenant la résolution de ne pas avoir d'autre époux que Jésus-Christ. Elle renouvellera plusieurs fois ce vœu.

Juanita passe les vacances scolaires à Chacabuco où elle exerce un véritable apostolat auprès des familles des métayers, rassemblant les gens pour les missions, faisant le catéchisme aux enfants, organisant des jeux pour eux, montant une chorale, consacrant les maisons des métayers au Sacré-Cœur, etc. Elle a un don pour transmettre les vérités de la foi aux enfants. En 1917, suite à la mauvaise gestion du père de Juanita, la propriété de Chacabuco doit être vendue et la famille de Juanita doit réduire son train de vie. Au milieu des siens qui s'affligent de cette perte, Juanita y voit une invitation providentielle à se détacher des biens de ce monde. Le 15 juin 1917, Juanita devient Enfant de Marie. Elle gardera toute sa vie un lien personnel très fort avec la Vierge Marie à qui elle confie tout. Elle lit les écrits spirituels de sœur Elisabeth de la Trinité, carmélite de Dijon (morte en 1906 et qui sera béatifiée en 1984) avec laquelle elle découvre une grande affinité spirituelle. Elle s'efforce de vivre constamment en la présence de Dieu qu'elle aime de plus en plus. Elle va jusqu'à dire à son frère Lucho: "Que veux-tu, Lucho, le Christ, ce fou d'amour, m'a rendue folle." En septembre 1917, elle prend contact pour la première fois avec la prieure du carmel de Los Andes, ayant la conviction intérieure que c'est là que le Seigneur lui demande d'entrer.

En août 1918, Juanita quitte le collège du Sacré-Cœur pour remplacer au foyer familial sa sœur aînée Lucita qui vient de se marier. Elle se dévoue chaque jour et ne recule devant aucun sacrifice pour faire le bonheur des siens: "Je ne croyais pas que la vie de famille était une vie de sacrifices. Cela m'a servi pour me préparer à la vie religieuse…" Son frère Lucho dira d'elle qu'elle était "la perle de la maison". Juanita écrit dans son Journal: "Je dois m'efforcer pour procurer le bonheur des autres. Ma résolution est de me sacrifier pour tous."

Tout en ayant une vie spirituelle très intense, Juanita vit comme une jeune de son temps, aimant vivre avec les membres de sa famille et rencontrer ses amies. Elle aime beaucoup le sport, particulièrement l'équitation et la natation où elle excelle, ainsi que le tennis qu'elle découvre avec passion. Elle apprécie la beauté de la mer et des montagnes. En elle, l'humain et le surnaturel forment de plus en plus une synthèse harmonieuse et unifiée: elle a une contemplation très profonde du mystère de Dieu dans l'oraison, tout en se montrant naturelle, aimable, joyeuse et communicative avec les personnes de son entourage. Bien qu'elle souffre souvent à cause de sa santé fragile, mais aussi à cause des purifications spirituelles que la grâce de Dieu opère en elle, Juanita se montre joyeuse et aime plaisanter.

En janvier 1919, elle rend visite pour la première fois au carmel de Los Andes. Elle y reçoit la confirmation que c'est là que Dieu l'appelle.

Le 25 mars 1919, elle écrit une lettre magnifique à son père pour lui demander la permission d'entrer au carmel, lui disant que depuis son enfance elle a cherché le bonheur mais a compris que seul Dieu pouvait la rendre pleinement et définitivement heureuse. Elle aspire à être toute à lui dans une vie entièrement consacrée à Dieu dans la prière et la pénitence. Bouleversé, son père en larmes lui donne sa permission. Dès lors, Juanita éprouve dans son cœur tout la fois la plus grande joie et la plus grande souffrance: joie à la perspective de pouvoir enfin se consacrer totalement au Christ qui l'attire à lui avec tant de force, souffrance déchirante à la perspective de quitter les siens qu'elle aime tant et qui, elle le sait, vont beaucoup souffrir de sa décision.

Elle entre au carmel de Los Andes le 7 mai 1919 et y reçoit le nom de Teresa de Jesús (Thérèse de Jésus).

Entrée le 7 mai 1919 au carmel de Los Andes, Teresa commence son postulat de carmélite, première étape de sa vie religieuse. Elle goûte dans son cœur la joie très profonde de s'être entièrement donnée à Dieu et d'avoir renoncé à tout ce qu'elle avait de plus cher (sa famille) pour suivre le Christ. Dès le début, elle s'efforce d'accomplir la règle avec perfection, grande fidélité et beaucoup d'amour, s'offrant pour les travaux les plus humbles et les plus désagréables. Pour elle, la vie d'une carmélite consiste en trois choses: aimer, souffrir et prier, et cela pour la conversion des pécheurs, la sanctification des prêtres et pour l'Église.

Avec la permission de sa prieure, qui comprend que la postulante est une âme d'exception, Teresa entretient une activité épistolaire intense. Ses lettres irradient l'amour du Christ et la joie de lui appartenir entièrement. Plusieurs de ses amies, touchées par son témoignage, embrasseront elles-mêmes la vie religieuse.

Le 8 septembre 1919, Teresa est acceptée à la prise d'habit. Celle-ci a lieu le 14 octobre 1919, en présence de sa famille et de nombreuses amies venues de Santiago. Tous les témoins sont frappés de la joie irradiée par Teresa.

Teresa reçoit au carmel de grandes grâces d'union au Seigneur, mais elle n'est pas exempte d'épreuves spirituelles. Les tentations et les sécheresses intérieures ne lui sont pas épargnées. Si elle a une relation privilégiée avec sa prieure, l'adjointe de celle-ci pour le noviciat la fait beaucoup souffrir en la reprenant constamment.

Dans les premiers jours de mars 1920, Teresa déclare au confesseur de la communauté qu'il ne lui reste plus qu'un mois à vivre; elle lui demande la permission de faire des pénitences extraordinaires. Le confesseur ne la croit pas (comment pourrait-elle savoir l'heure de sa mort?) et lui dit de se contenter d'observer la règle du Carmel avec perfection.

Teresa est frappée d'une maladie qui, elle le sait, la conduira à la mort. Elle suit cependant tous les exercices du carême de cette année-là, y compris les jeûnes rigoureux.

Le 2 avril 1920, le Vendredi Saint, Teresa commence son chemin de croix à la suite du Christ. Elle passe de nombreuses heures en prière au chœur ce jour-là. On finit par remarquer qu'elle est brûlante de fièvre et on lui dit de s'aliter.

Les médecins se succèdent à son chevet, sans parvenir à faire baisser la fièvre qui la dévore. Ils finissent par diagnostiquer un typhus avancé.

Le 7 avril, Teresa a la joie de pouvoir faire profession religieuse in articulo mortis. Selon la coutume, en effet, une novice en danger de mort peut prononcer ses vœux de religion (cependant, si elle recouvre la santé, elle doit retourner au noviciatAprès de grandes souffrances, tant physiques que spirituelles, Teresa rend son âme à Dieu le 12 avril 1920 à 19h15. "Pour une carmélite, la mort n'a rien d'effrayant. Elle va vivre la vie véritable. Elle va tomber dans les bras de celui qu'elle a aimé par dessus tout sur la terrer. Elle va se submerger éternellement dans l'amour."

Les obsèques sont célébrées le 14 avril. A la surprise générale, la chapelle du couvent est envahie par de nombreuses personnes qui, bien qu'elles n'aient pas connu Teresa, viennent, disent-elles, vénérer la petite sainte qui vient de mourir. La réputation de sainteté de Teresa est donc immédiate et ne fera que grandir les années suivantes. Très vite affluent au couvent de Los Andes des témoignages de personnes attestant avoir reçu des grâces de Dieu par l'intercession de Teresa.

Le 23 novembre 1920, Rebeca, sœur cadette de Teresa, entre à son tout au carmel de Los Andes, convaincue que Dieu l'appelle à prendre la place laissée vacante par sa sœur. Elle suivra vaillamment les traces de sa sœur qu'elle rejoindra au ciel en 1942.


Sainte Thérèse de Jésus (Jeanne Fernandez Solar)

Carmélite chilienne - Teresa de Los Andes ( 1920)

Jeune fille gaie et sportive, née dans une famille pieuse, elle est ouverte aux pauvres et aux problèmes de son temps. 

Elle entre au Carmel le 7 mai 1919 et y meurt après avoir prononcé ses vœux à l'article de la mort (typhus) le 12 avril 1920.


Béatifiée par Saint Jean-Paul II à Santiago de Chili le 3 Avril 1987, puis Canonisée le 21 mars 1993. (homélie en italien )

Teresa de Jesús "de los Andes" (1900-1920).




Biographie [Anglais, Espagnol, Italien, Portugais




Une internaute nous signale:


"sur notre Bréviaire de l'ordre du Carmel, sa Fête est fixée au 13 Juillet"

Au 12 Avril au martyrologe romain: À Los Andes au Chili, en 1920, Sainte Thérèse de Jésus (Jeanne Fernandez Solar), vierge. Novice chez les Carmélites déchaussées, elle offrit à Dieu sa vie, comme elle le disait, pour le monde pécheur, et mourut du typhus dans sa vingtième année.

Martyrologe romain


"Voilà le nouvel hymne d'Amour Chrétien qui jaillit spontanément de cette jeune Chrétienne, un Amour qui ne détruit pas les valeurs humaines, mais qui les élève et les transfigure" (Jean Paul II).


Sainte Thérèse de Jésus de Los Andes


Novice chez les Carmélites déchaussées
Commémorée le 12 Avril (dies natalis) par le Martyrologe Romain et le 13 Juillet par l'ordre du Carmel.


Thérèse de Jésus de Los Andes (dans le siècle Juanita Fernández Solar) est la première chilienne et la première Carmélite américaine élevée à l'honneur des autels. 

Elle naît à Santiago du Chili le 13 Juillet 1900, dans une famille Chrétienne aisée. Ses parents s'appelaient Miguel Fernández et Lucía Solar.



À partir de 6 ans elle accompagna sa mère à la Messe presque chaque jour avec le grand désir de Communier, ce qu'elle fit pour la première fois le 11 Septembre 1910. Dès lors elle aimait à Communier chaque jour et à s'entretenir longuement avec Jésus, « son ami ».

Elle vécut aussi dès son enfance une intense vie mariale, qui fut un des piliers de sa vie spirituelle. 

La connaissance et l'amour de la Mère de Dieu anima et soutint chaque étape de son chemin à la suite de Jésus.



Elle fit ses études au collège du Sacré-Cœur (1907-1918). Profondément attachée à sa famille, elle pensait ne jamais pouvoir s'en séparer. 
Sa générosité lui fit vaincre l'épreuve de trois années d'internat, qui la préparèrent à la séparation définitive d'avec les siens le 7 Mai 1919 où elle entra dans la Communauté des Carmélites de Los Andes.



Juanita avait entendu l'appel du Carmel à 14 ans. Par la lecture des Saints de l'Ordre et une correspondance fréquente avec la Prieure de Los Andes, elle se prépara si bien qu'on admire la lucidité avec laquelle à 17 ans elle comprenait l'idéal de la Carmélite, et l'ardeur avec laquelle elle défendait la Vie Contemplative que « le monde traite d'inutile ». 
Elle la choisit par Amour du monde, estimant lui être plus utile en témoignant de la dimension spirituelle de l'homme et en contribuant par son sacrifice à ce que le Sang du Christ touche l'humanité et la purifie.

Comme Carmélite, elle prit le nom de Thérèse de Jésus. Elle ne vécut pas même une année entière au Monastère, où elle mourut le 12 Avril 1920. 
Les Religieuses assuraient qu'elle était déjà Sainte à son entrée. Elle put ainsi consommer en si peu de temps sa course vers la sainteté qu'elle avait commencée très sérieusement bien avant sa première Communion.


« Le Christ, ce fou d'Amour, m'a rendue folle », disait-elle. Son rêve et son constant effort furent de lui ressembler, de se configurer au Christ. Pour se faire totalement semblable à lui, elle était prête à aller au bout du monde, à traverser le feu s'il l'eût fallu pour lui demeurer fidèle.

Toujours disponible aux autres, s'oubliant elle-même pour les servir joyeusement, elle rendait la vertu aimable et attrayante. 

Sa vie fut tout à fait ordinaire, équilibrée. Elle atteignit une maturité enviable par la synthèse harmonieuse du divin et de l'humain: oraison, études, devoirs domestiques et le sport qu'elle aimait passionnément, surtout la natation et l'équitation.

Belle jeune fille, sympathique, sportive, joyeuse, équilibrée, serviable et responsable, Thérèse de Los Andes peut entrainer les jeunes à la recherche du Christ et rappeler à tous que vivre l'évangile de l'Amour est chemin d'accomplissement personnel.

Par son intercession, le Seigneur répand une abondante pluie de grâces et attire à lui d'innombrables enfants prodigues. 

Son sanctuaire, où se pressent plus de cent mille pèlerins chaque mois, est devenu le centre spirituel du Chili. 

Ainsi Thérèse de Los Andes remplit la mission qu'on lui reconnut peu après sa mort : susciter la faim et la soif de Dieu dans notre monde matérialiste.



Thérèse de Jésus de Los Andes a été Béatifiée le 3 Avril 1987 à Santiago du Chili et solennellement Canonisée, le 21 Mars 1993, à Rome, par le même Souverain Pontife : Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).




Thérèse des Andes, dans le monde Juanita Fernandez Solar, en religion Thérèse de Jésus (13 Juillet 1900-12 Avril 1920), est une Religieuse Chilienne carmélite, Canonisée par Jean-Paul II en 1993.

Biographie

Son enfance

Juana (Juanita) Fernandez Solar (en religion sœur Thérèse de Jésus) dite Thérèse des Andes, est née le 13 juillet 1900 à Santiago du Chili, d'une famille nombreuse, Chrétienne et aisée (son père est propriétaire d'une grande propriété agricole).

Ses parents, Miguel Fernandez et Lucia Solar ont eu sept enfants : Lucia, Miguel, Luis, Juana (qui mourut en bas âge), Rebeca, Ignacio et Juanita. Elle est baptisée deux jours après sa naissance.

À partir de l'âge de 6 ans, elle accompagne sa mère tous les jours à la Messe, et fait sa Première Communion en Septembre 1910. Dès lors, elle s'efforcera de Communier tous les jours.

Dès 1907 elle pratique quotidiennement la récitation du Rosaire, et s'évertue à dominer son caractère vif en se rendant disponible aux autres, et aux pauvres en particulier.

Thérèse est une jeune fille tout à fait ordinaire, pratiquant le sport, surtout la natation et l'équitation. 
Elle apprécie les études qu'elle fait au collège des religieuses du Sacré-Cœur, et elle aide à la vie de la maison.

Toutefois, sa santé chancelante a donnée de gros soucis à sa famille. Elle est régulièrement malade durant son adolescence.

A l'âge de 14 ans elle doit être opérée d'une appendicite (opération délicate et risquée à l'époque).

C'est à ce moment qu'elle découvre “Histoire d'une âme”, récit autobiographique de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

Thérèse rédige elle aussi un journal qu'elle intitulera « Histoire de la vie d'une de ses filles ».

Elle dédiera ce journal à la Mère Julia Rios de la Communauté Religieuse gérant le collège.

En 1915, Thérèse entre avec sa sœur Rebeca, comme interne au collège du Sacré-Cœur. Cette séparation du foyer familiale lui coute beaucoup.

Thérèse a aussi une grande attention envers les pauvres. Elle prend sous son aile un jeune enfant, Juanito, qui habite le bidonville de Santiago.

Jusqu'à son entrée au Carmel, elle veille à lui donner un repas quotidien et des vêtements, allant jusqu'à vendre sa montre pour lui acheter des souliers.

Au collège, elle vient en aide aux élèves pauvres ou ayant des difficultés scolaires. Durant ses vacances scolaires, elle enseigne le catéchisme aux enfants des fermiers travaillant pour son père.

Le désir du Carmel

Le jour de ses 15 ans, en 1915, Thérèse décide d'entrer au Carmel. Deux ans plus tard, elle lit et découvre la vie d'Elisabeth de La Trinité ce qui confirmera son souhait.

Thérèse aura une grande affinité spirituelle avec Elisabeth de la Trinité (qui n'était pas encore Béatifiée, et ne le sera qu'en 1984).

Elle a aussi une grande dévotion pour la Vierge Marie.

Elle entretient une correspondance assidue avec la Mère Prieure du Carmel de Los Andes, visite le Monastère, et demande son entrée dans la Communauté Carmélitaine.

En 1918 elle quitte le collège pour venir s'occuper du foyer familial car sa sœur ainée, qui avait cette charge, vient de se marier.

Le 25 Mars 1919 elle rédige une lettre à son père pour lui demander l'autorisation d'entrer au Carmel. 
Avec l'accord de ce dernier, elle entre en clôture le 7 Mai et prend le nom de Thérèse de Jésus.

Au Carmel

Le 14 octobre 1919, elle entame son noviciat (prise d'habit). Bien qu'étant encore novice, elle entame une énorme correspondance avec des personnes extérieures au Carmel.

Ses biographes relatent que Thérèse a vécu au Carmel de grandes unions Mystiques, mais également des sécheresses spirituelles.

Mais dans les premiers jours de 1920, elle tombe gravement malade et déclare qu'elle mourra dans un mois.

Les médecins découvrent tardivement qu'elle est atteinte du Typhus. Le 5 Avril, elle reçoit les derniers Sacrements et le lendemain fait sa profession Religieuse. Le 12 Avril, vers 19 heures, elle meurt alors qu'elle n'avait pas vingt ans.

Ses obsèques sont célébrées le 14 Avril au milieu d'une foule considérable qui considère déjà Thérèse comme une Sainte.

À noter que sa sœur cadette, Rebecca, entre à son tour dans ce même Carmel le 23 Novembre 1920 et prend le nom Thérèse du Divin Cœur.

Elle y décède le 31 décembre 1942.

Béatification - Canonisation

Le miracle

Le 7 décembre 1988, Marcela, une jeune fille de 11 ans, lors d'une sortie scolaire à la piscine de Santiago, se noie accidentellement dans le grand bain et reste plus de cinq minutes au fond de la piscine.

Ses camarades de classe et leur enseignante prient Thérèse des Andes de la sauver. Amenée dans un état très grave à l'hôpital, dans l'unité de soins intensifs, elle récupère complètement en l'espace de quelques heures.

La science médicale n'a pas eu d'explication pour ce cas. Telle fut la conclusion unanime des cinq médecins qui examinèrent ce cas à Rome, pour la Congrégation pour les causes des saints.

Ils déclarèrent son caractère extraordinaire.

Ce miracle a été attribué, par l'Église Catholique à l'intercession de Thérèse des Andes, et à permis la Béatification de la jeune Religieuse.

Procès et Canonisation

Le 20 mars 1947 s'ouvre le procès diocésain en vue de sa Béatification. Celui-ci se termine en 1971.

·        Le 22 mars 1986, elle est déclarée vénérable.

·        Elle est Béatifiée le 03 Avril 1987 à Santiago du Chili par le Pape Jean-Paul II.

·        Et elle est Canonisée le 21 Mars 1993 à Rome par le Pape Jean-Paul II.

Lors de la cérémonie de Canonisation, le Pape a déclaré : « À une société sécularisée qui vit en tournant le dos à Dieu, je présente avec une vive joie, comme modèle de l'éternelle jeunesse de l'Évangile, cette Carmélite Chilienne. 

Elle apporte le témoignage limpide d'une existence qui proclame aux hommes d'aujourd'hui que c'est dans l'amour, l'adoration et le service de Dieu que résident la grandeur et la joie, la liberté et la pleine réalisation de la créature humaine. La vie de la Bienheureuse Thérèse crie doucement depuis son cloître: Dieu seul suffit !».

L'ordre du Carmel la Fête le 13 Juillet, jour anniversaire de sa naissance, bien qu'elle soit décédée un 12 Avril.

Reconnaissance posthume

Sainte Thérèse des Andes est la première Sainte du Chili, et la troisième sainte Canonisée de l’Amérique latine ; les deux autres sont Rose de Lima, et Maríana de Paredes y Flores.

En 1987, un sanctuaire est construit à Auco (proche du Carmel de Los Andes) pour accueillir les reliques de la Religieuse.

En 1989, la télévision Chilienne réalise un film Teresa de Los Andes, racontant sa vie. Ce film de 5 épisodes d'une durée de 6h30 a été réédité en Septembre 2009.

Le 6 Octobre 2004, une statue de Thérèse des Andes est installée au Vatican, dans les murs de la Basilique Saint-Pierre, en présence du Pape Jean-Paul II.

Thérèse des Andes est la première sainte latino-américaine à bénéficier de cet honneur.

Ses écrits

Morte très jeune, Thérèse n'a pas eu le temps de rédiger une œuvre de synthèse comme beaucoup de grands saints. Elle laisse cependant plusieurs écrits qui montrent son Amour pour Dieu, son testament spirituel.

·        Sa Correspondance : 164 lettres écrites, depuis l'âge de 10 ans jusqu'à sa mort, et conservées par leurs destinataires (parents, frères et sœurs, directeurs spirituels et amis).

·        Le Journal : écrit entre 1915 et 1919, sans doute à la suggestion de la Mère Ríos du collège du Sacré-Cœur à Santiago (où Juanita était élève). 

En entrant au Carmel, Thérèse voulait bruler ce journal où elle révèle l'intimité de sa relation avec Dieu. 
Sa mère obtient de le conserver en souvenir, et elle ne le lira qu'après la mort de sa fille.

Citations

·        « [...] L'histoire que vous allez lire n'est pas l'histoire de ma vie, mais la vie intime d'une pauvre âme que, sans aucun mérite de sa part, Jésus-Christ a aimée spécialement et a comblée de bienfaits et de grâces. L'histoire de mon âme se résume en deux mots: souffrir et aimer. Ils contiennent ma vie entière depuis que je me rendis compte de tout, c'est-à-dire vers les six ans, ou même avant. J'ai souffert, mais le bon Jésus m'a appris à souffrir en silence et à épancher en lui mon pauvre petit cœur. ». (Journal 1 )

·        « Et si par faiblesse je tombe, Jésus chéri, je te regarderai dans ta montée au Calvaire et aidée par toi, je me relèverai. Ne permets pas que je t'offense, pas même légèrement. Je préfère mille morts plutôt que de te faire la plus légère peine. ». (Journal 17)

·        « La méditation, miroir de l'âme [...] Tous les jours je fais ma méditation et je vois combien elle m'est une grande aide pour me sanctifier. C'est le miroir de l'âme. En elle on se connaît vraiment soi-même. ». (Journal 18)

·        « On a prêché à merveille sur l'éducation qui consiste à prendre possession des facultés pour Dieu. La prudence est la science des saints, des sages. La prudence et la modestie forment le cadre dans lequel se placent les autres vertus. L'éducation de la femme est plus importante que celle de l'homme car elle, ensuite, le formera. ». (Journal 40)

·        « Quand j'aime, c'est pour toujours. Une carmélite n'oublie jamais. Depuis sa petite cellule, elle accompagne les âmes qu'elle a aimées dans le monde.»

·        « Je dois m'efforcer pour procurer le bonheur des autres. Ma résolution est de me sacrifier pour tous.»

"Voilà le nouvel hymne d'Amour Chrétien qui jaillit spontanément de cette jeune Chrétienne, un Amour qui ne détruit pas les valeurs humaines, mais qui les élève et les transfigure" (Jean Paul II).

·        Iconographie, vidéos, extraits de ses œuvres sur le site dédié à Thérèse des Andes

·        Iconographie et biographie sur le site du Carmel


En savoir plus sur http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/vie-des-saints/juillet/sainte-therese-des-andes-en-religion-therese-de-jesus-carmelite-1920-fete-le-13-juillet.html#XwcV8DgoQY83aPRD.99





The young woman who is today glorified by the Church with the title of Saint, is a prophet of God for the men and women of today. By the example of her life, TERESA OF JESUS OF LOS ANDES shows us Christ's Gospel lived down to the last detail.

She is irrefutable proof that Christ's call to be Saints is indeed real, it happens in our time, and can be answered. She is presented to us to demonstrate that the total dedication that following Christ involves, is the one and only thing that is worth this effort and that gives us true happiness.

Teresa of Los Andes with the language of her ardent life, confirms for us that God exists, that God is love and happiness, and that he is our fulfilment.

She was born in Santiago de Chile on 13 July 1900. At the font she was christened Juana Enriqueta Josefina of the Sacred Hearts Fernandez Solar. Those who knew her closely called her Juanita, the name by which she is widely known today.

She had a normal upbringing surrounded by her family: her parents Miguel Fernandez and Lucia Solar, three brothers and two sisters, her maternal grandfather, uncles, aunts and cousins.

Her family were well-off and were faithful to their Christian faith, living it with faith and constancy.
Juana was educated in the college of the French nuns of the Sacred Heart. Her brief but intense life unfolded within her family and at college. When she was fourteen, under God's inspiration, she decided to consecrate herself to him as a religious in the Discalced Carmelite Nuns.

This desire of hers was realized on 7 May 1919, when she entered the tiny monastery of the Holy Spirit in the township of Los Andes, some 90 kilometers from Santiago.

She was clothed with the Carmelite habit 14 October the same year and began her novitiate with the name of Teresa of Jesus. She knew a long time before that she would die young. Moreover the Lord revealed this to her. A month before she was to depart this life, she related this to her confessor.

She accepted all this with happiness, serenity and confidence. She was certain that her mission to make God known and loved would continue in eternity.

After many interior trials and indescribable physical suffering caused by a violent attack of typhus that cut short her life, she passed from this world to her heavenly Father on the evening of 12 April 1920. She received the last sacraments with the utmost fervour, and on 7 April, because of danger of death, she made her religious profession. She was three months short of her 20th birthday, and had yet 6 months to complete her canonical novitiate and to be legally able to make her religious profession. She died as a Discalced Carmelite novice.

Externally this is all there is to this young girl from Santiago de Chile. It is all rather disconcerting and a great question arises in us, "What was accomplished?" The answer to such a question is equally disconcerting: living, believing, loving.

When the disciples asked Jesus what they must do to carry out God's work, he replied, "This is carrying out God's work: you must believe in the one he has sent." (Jn 6, 28-29). For this reason, in order to recognize the value of Juanita's fife, it is necessary to examine the substance within, where the Kingdom of God is to be found.

She wakened to the life of grace while still quite young. She affirms that God drew her at the age of six to begin to spare no effort in directing her capacity to love totally towards him. "It was shortly after the 1906 earthquake that Jesus began to claim my heart for himself." (Diary n. 3, p. 26).

Juanita possessed an enormous capacity to love and to be loved joined with an extraordinary intelligence. God allowed her to experience his presence. With this knowledge he purified her and made her his own through what it entails to take up the cross. Knowing him, she loved him; and loving him, she bound herself totally to him.

Once this child understood that love demonstrates itself in deeds rather than words, the result was that she expressed her love through every action of her life. She examined herself sincerely and wisely and understood that in order to belong to God it was necessary to die to herself in all that did not belong to him.

Her natural inclinations were completely contrary to the demands of the Gospel. She was proud, self-centred, stubborn, with all the defects that these things suppose, as is the common lot. But where she differed from the general run, was to carry out continual warfare on every impulse that did not arise from love.

At the age of ten she became a new person. What lay immediately behind this was the fact that she was going to make her first Communion. Understanding that nobody less that God was going to dwell within her, she set about acquiring all the virtues that would make her less unworthy of this grace. In the shortest possible time she managed to transform her character completely.

In making her first Communion she received from God the mystical grace of interior locutions, which from then on supported her throughout her fife. God took over her natural inclinations, transforming them from that day into friendship and a fife of prayer.

Four years later she received an interior revelation that shaped the direction of her life. Jesus told her that she would be a Carmelite and that holiness must be her goal.

With God's abundant grace and the generosity of a young girl in love, she gave herself over to prayer, to the acquiring of virtue and the practice of a life in accord with the Gospel. Such were her efforts that in a few short years she reached a high degree of union with God.

Christ was the one and only ideal she had. She was in love with him and ready each moment to crucify herself for him. A bridal love pervaded her with the result that she desired to unite herself fully to him who had captivated her. As a result, at the age of fifteen she made a vow of virginity for 9 days, continually renewing it from then on.

The holiness of her life shone out in the everyday occurrences, wherever she found herself: at home, in college, with friends, the people she stayed with on holidays. To all, with apostolic zeal, she spoke of God and gave assistance. She was young like her friends, but they knew she was different. They took her as a model, seeking her support and advice. All the pains that are part of living, Juanita felt keenly, and the happiness she enjoyed deeply, all in God.

She was cheerful, happy, sympathetic, attractive, communicative and involved in sport. During her adolescence she reached perfect psychic and spiritual equilibrium. These were the fruit of her asceticism and prayer. The serenity of her face was a reflection of the divine guest within. Her life as a nun, from 7 May 1919, was the last rung on the ladder to holiness. Only eleven months were necessary to bring to an end the process of making her life totally Christ-like.

Her community was quick to discover the hand of God in her past life. The young novice found in the Carmelite way of life the full and efficient channel for spreading the torrent of life that she wanted to give to the Church of Christ. It was a way of life that, in her own way, she had lived amongst her own and for which she was born. The Order of the Virgin Mary of Mount Carmel fulfilled the desires of Juanita. It was proof to her that God's mother, whom she had loved from infancy, had drawn her to be part of it.

She was beatified by Pope John Paul II in Santiago de Chile on 3 April 1987. Her remains are venerated in the Sanctuary of Auco-Rinconada of Los Andes by the thousands of pilgrims who seek in her and find guidance, light and a direct way to God.

SAINT TERESA OF JESUS OF LOS ANDES is the first Chilean to be declared a Saint. She is the first Discalced Carmelite Nun to become a Saint outside the boundaries of Europe and the fourth Saint Teresa in Carmel together with Saints Teresa of Avila, of Florence and of Lisieux.


Teresa de Los Andes (1900 - 1920) is the first Chilean and the first Discalced Carmelite nun outside Europe to be declared a saint.

She was born Juana Fernandez Solar ('Juanita') in Santiago, Chile, on 13 July 1900. The autobiography of the young Thérèse of Lisieux, not yet declared a saint, had an enormous influence on her early life and her own letters from that time reveal an incredibly profound spirituality and commitment to Jesus and her deep Marian devotion. It was not uncommon for her to converse with both Jesus and Mary in a natural and familiar way. When she was fourteen, under God's inspiration, she desired to consecrate herself to Jesus as a religious with the Discalced Carmelite Nuns. She had to wait another five years to fulfil this desire.


On 7th May 1919 she entered the Carmelite monastery of 'Los Andes' (90 kms from Santiago) and was received as a novice on 8th September that same year taking the name "Teresa de Jesus." During this time she also undertook an apostolate of letter writing.  "Her letters radiate love for Christ and the happiness of being His alone. Some of her friends, moved by her witness, also enter religious life."  In the monastery she happily lived the life of prayer and sacrifice, which was quickly to overtake her with suffering. 

It was merely another few months later that she contracted typhus. In April 1920, being close to death, Teresa was allowed to make her religious profession. She died five days later in Holy Week, on 12 April 1920, just three months before her 20th birthday. Her words express her attitude to death. "For a Carmelite, death has nothing to be afraid of. She is going to live her true life. She is going to fall into the arms of the one who loved her here on earth beyond all things. She is going to be immersed eternally into love."


Teresa ('Juanita') was beatified by Pope John Paul II in the city of her birth, Santiago, Chile on 3rd April 1987. She was canonized in Rome on 21st March 1993. Her shrine in Los Andes (Chile) is visited annually by over 100,000 pilgrims.


It is incredible the impact that such a young and relatively brief life can have. The depth of her spirituality and her absolute surrender to the love of Jesus are perhaps best shown in her writings, mainly her journal and letters to her family and friends. These testify to how God works in and through a soul that is attentive and child-like.


The following is an excerpt from a letter to her sister Rebecca, who herself entered the same Carmel after Teresa's death. She wrote it on 15th April, 1916 – she was not yet sixteen years of age.

I have surrendered to Him. I made this commitment on the 8th December. It is impossible for me to tell you all I desire. My thoughts concern nothing but Him. He is my ideal, without limit. I breathe for that day I may go to Carmel, when I can busy myself with nothing but Him, to melt into Him and to live naught but His life: to love and to suffer for the salvation of souls. Yes, athirst I am for them because I know that is what my Jesus wants. Oh how much I love Him...

 The short life of St Teresa of Jesus, of the Andes.

1900
July 13
Born in Santiago, Chile.

1919
May 7
Entered Carmel.


Sept 8
Took the name "Teresa of Jesus."

1920
April 7
Made her Religious Profession.


April 12
Died at the Carmelite Monastery 'Los Andes.'

1987
April 3
Beatified by Pope John Paul II in Santiago, Chile.

1993
March 21
Canonized by Pope John Paul II at Saint Peter's in Rome.



[Information translated from the Chilean site is used here. More information and the image shown here can be found at the Vatican site about the canonization of Teresa of Jesus. That site, however, notes that she entered the novitiate on Oct 14 and died a Carmelite novice. ]


St. Teresa of the Andes was born on July 13th 1900 in Santiago, Chile. She was baptised Juana Enriquete Josefina of the Sacred Hearts, but she was always known as Juanita. She was the fourth child of six, in a prosperous farming family. In 1914 during an illness she felt the call to Carmel, but she kept it to herself for a time. Juanita graduated from school with honours when she was eighteen. She was always conscientious and religious but she was not always the serious student. She had many friends, lived life to the full and laughed a lot. Like many young people of today the youthful Juanita had wide ranging interests. She enjoyed a variety of sports; tennis, swimming, croquet and especially horse riding. She could sew well and she loved music; singing, playing the guitar, piano and harmonium; she was also a good dancer.

Everything seemed idyllic but there was another joy in her life which was becoming increasingly insistent. The call of Jesus had captivated her. She wrote to her sister Rebecca that she had been ‘captured in the nets of the Divine Fisherman’.

Only three weeks after she left school Juanita wrote to the Prioress of the Carmel of Los Andes asking to enter early the next year. She entered on May 7th 1919 and on October 14th she received the Carmelite habit and was given the name Sr. Teresa of Jesus.

During Lent the following year Sr. Teresa became ill and by Easter Monday the nuns had become very concerned about her as she slipped in and out of delirium caused by a high fever. On April 6th she received extreme unction, and on 7th the Prioress decided that it was time to allow her to make her Profession. She had been diagnosed with typhus and it was clear to everyone that she was dying. Sr. Teresa was completely abandoned to the will of God and she did not fear death as she knew in her heart that ‘to die is to be eternally immersed in Love,’ as she had written previously. On the day of her Profession Sr. Teresa received Holy Viaticum and five days later, on April 12th 1920, she died.

As time went on her reputation for holiness grew and people claimed that she had obtained favours and miracles for them. Some of these were proved and after the usual process the way was clear for Sr. Teresa’s beatification in 1987 and her canonisation in 1993. As Pope John Paul said, Sr. Teresa’s life ‘proclaims to the men and women of our day that it is in loving, adoring and serving God that the human person finds greatness and joy, freedom and fulfilment’.

St. Teresa of Los Andes is our youngest Carmelite Saint. Her Feast Day is July 13th.