dimanche 12 avril 2015

Saint GIUSEPPE (JOSEPH) MOSCATI, confesseur laïc


Saint Joseph Moscati

Né à Bénévent en 1880, il était médecin très admiré à Naples. Excellent chercheur médical, il était professeur à l'université napolitaine. Il consacra son temps et son argent aux pauvres des bidonvilles. Il mourut en 1927.

Saint Joseph Moscati

Confesseur ( 1927)

Professeur à l'Université de médecine de Naples, il mit ses compétences au service de la recherche scientifique en même temps qu'il soignait les malades les plus nécessiteux.

Béatifié le 16 novembre 1975 - Canonisé le 25 octobre 1987 (homélie en italien)

Un internaute nous signale que sa mémoire liturgique est fêtée le 16 novembre jour de la translation de ses reliques à Naples .

À Naples, en 1927, saint Joseph Moscati. Médecin, il accomplit une œuvre d’assistance quotidienne et infatigable aux malades, sans aucune relâche, sans demander le moindre argent aux pauvres, et en soignant les corps, il se souciait aussi des âmes avec beaucoup de charité.


Martyrologe romain




Saint Joseph MOSCATI

Nom: MOSCATI

Prénom: Joseph (Giuseppe)
Pays: Italie

Naissance: 25.07.1880  à Bénévent

Mort: 12.04.1927  à Naples

Etat: Laïc - Célibataire - Médecin
Note: Médecin consacré aux recherches scientifiques, professeur à la faculté de médecine de Naples

Béatification: 16.11.1975  à Rome  par Paul VI
Canonisation: 25.10.1987  à Rome  par Jean Paul II
Fête: 12 avril

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1987 n.44
Réf. dans la Documentation Catholique: 1975 p.1019 - 1987 p.1115

Notice brève

Saint Joseph Moscati fut un médecin charitable envers les miséreux; c'était en même temps un chirurgien réputé pour son diagnostic infaillible, et un professeur s'adonnant à la recherche scientifique. Ce fut un saint laïc, célibataire, qui puisait dans la communion quotidienne les grâces nécessaires pour mener une vie débordante d'activités et témoigner de sa foi à une époque où l'on opposait systématiquement science et religion. Il mourut à Naples, à quarante-sept ans, le 12 avril 1927, alors qu'il rendait visite à ses chers malades.

Notice développée

Tandis que se déroule à Rome la VIIème Assemblée Générale du Synode des évêques ayant pour thème la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le Monde, le Pape canonise le 25 octobre 1987, devant plus de 100 000 pèlerins, un laïc : le docteur Giuseppe Moscati.
Giuseppe (Joseph) Moscati naît à Bénévent en Campanie, en 1880, 7e d’une famille de 9 enfants. Sa maison natale est le palais Andreotti. Son père, juge, est nommé à Naples et la famille s’installe dans cette ville où se déroulera toute la vie de Joseph. Alors qu’il n’a que 12 ans, un de ses frères aînés, Albert, fait une chute de cheval. Joseph le veille avec sollicitude jusqu’à sa mort. Cet événement le frappe beaucoup ; il comprend la brièveté de la vie, ainsi que la nécessité de soins médicaux compétents. Il a 17 ans quand meurt son père en 1897. Quand à sa mère, atteinte du diabète, elle mourra dans la sérénité 17 ans plus tard en recommandant à ses fils de se garder du péché.
Joseph fait de brillantes études et se lance dans la médecine. Il exerce d’abord à l’hôpital des Incurables de Naples, puis s’installe à son propre compte. C’est un grand et bel homme aux yeux vifs, mobiles et incisifs. Un jour, il est très troublé par la beauté d’une femme et cela lui procure de grands combats, mais il vouera sa vie au célibat. Avec ses patients, il est très bon, toujours prêt à les écouter, même quand il est fatigué en fin de journée. Il ne fait pas payer ceux qui ne le peuvent pas et, quand c’est nécessaire, c’est lui qui leur donne de quoi acheter des médicaments. Il fait des tournées dans les taudis de Naples. Son diagnostic est très sûr ; il lui arrive de le donner à distance sans avoir vu le malade. Très savant, chercheur renommé, il participe à des congrès et enseigne à l’Institut de chimie physiologique de Naples. Il écrit à l’un de ses élèves : « Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement du corps mais aussi des âmes, en donnant des conseils, en allant jusqu’à l’esprit, au lieu de vous borner aux froides prescriptions à adresser au pharmacien. » Ce qui le distingue, lui, c’est la chaleur humaine. En cette époque scientiste dominée par des agnostiques et des francs-maçons, il déclare : « Ce n’est pas la science, mais la charité qui a transformé le monde », et il trouve dans la messe et la communion quotidienne le secret de sa force. Parfois, il prescrit la confession à son malade, sachant que la santé de l’âme influe sur celle du corps. Devenu médecin-chef et chirurgien à l’hôpital des Incurables, il a une croix dans la salle où il travaille avec cette citation du prophète Osée : « Ero mors tua, o mors. » (O mort, je serai ta mort  - 13,14). Un jour, la femme qui l’avait tant troublé sans le savoir lui demande une consultation. Il examine ce corps qui a subi les atteintes du temps avec un soin professionnel, mais sans ressentir aucune émotion.

Pendant la première guerre mondiale, il se dévoue comme volontaire à l’hôpital de Naples. Il ne recherche pas les honneurs et les postes élevés. Si on lui donne une position de premier plan, c’est parce qu’on ne peut nier ses mérites. Le médecin-chef, ‘‘le maître’’, exerce ses responsabilités avec une droiture absolue et pour le bien des autres. Il le fait sans compromission, quitte à subir la persécution, prêt à faire le sacrifice de sa vie pour la vérité. Toujours sur la brèche, il meurt subitement à 47 ans, pleuré par les pauvres.



Saint Joseph Moscati : sauver des vies n'est pas démodé!

Un saint laïc et médecin, scientifique de haut renom et proche des pauvres de Naples. Il parcourait les rues dans l'espoir de sauver des vies et n'abandonnait jamais un malade. Combien nous avons besoin aujourd'hui de cet élan porté vers la vie, quand la "mode" est au mépris de la vie et à la raillerie sur la vie éternelle ! Il est fêté le 16 novembre.

Ero Mors Tua, o Mors !

Un biais peu banal pour découvrir ce saint médecin. Il faut dire qu'il ne devait pas avoir tant peur de la mort, puisqu'il avait fait mettre un crucifix dans la salle d'autopsie de son hôpital avec l'inscription "  Ero mors tua, o Mors " (Osée 13,14: Ô mort, je serai ta mort).

Si vous n'y allez pas, vous le regretterez toute votre vie.

Le matin de sa mort, le docteur Moscati averti une amie de sa soeur d'aller à 15 h chez elle pour la consoler parce qu'il serait mort. L'amie croit qu'il plaisante et lui rappelle qu'il parle souvent de sa mort mais ne meurt jamais. Voici l'épisode relaté par son premier biographe :

Le 12 avril 1927, le jour se leva.[...]. De bonne heure le matin, selon son habitude, le Professeur va à l’église, écoute la Sainte Messe, en la servant au P. Leopoldo Tardone, Prédicateur de carême à S. Giacomo degli Spagnoli, et reçoit la sainte Communion. Il pense peut-être que c’est son viatique ? Il ne change en rien ses habitudes. Sorti de l’église, il revient à la maison et se rend ensuite directement à l’hôpital. En sortant de la maison, il dit au revoir à sa sœur et lui dit : « le Prof. Verdinois a été hospitalisé à la clinique du prof. Stanziale : pense aux saints Sacrements » [...].

Une fois terminé son tour à l’hôpital, il sort pour rentrer chez lui où il sait que beaucoup de malades l’attendent. Via Roma, vers la « salita Tarsia », il rencontre Mademoiselle Maddalena Aloi dont il avait soigné la mère. Il l’arrête pour lui demander de ses nouvelles et puis il lui dit : « Venez chez moi pour tenir un peu compagnie à ma sœur, parce qu’aujourd’hui, certainement, je mourrai ». Elle répondit en plaisantant : « vous parlez toujours de mort mais vous ne mourrez jamais ! » Et il répondit : « Méfiez-vous, car je parle sérieusement, et si vous ne venez pas, vous vous en repentirez et vous aurez du remords pendant toute votre vie »[…].

Le Professeur reprend sa route et chez lui il commence ses visites. A 15 heures, il se sent souffrant, congédie les présents, se retire dans sa chambre et tire la sonnette. Sa femme de service va le voir et lui : « je me sens mal »...de la pièce voisine, ses frères accourent et le trouvent étendu sur le fauteuil, la tête baissée, les bras croisés sur la poitrine, en train de rendre calmement son dernier soupir. Il avait 47 ans, 8 mois et 18 jours .

D'ici huit jours vous serez guéri et la première messe que vous direz sera pour mon âme.

Nous en avons la confirmation dans le témoignage d’ Emma Picchillo, laquelle, au cours du procès, affirme entre autre:

Le serviteur de Dieu avait annoncé sa mort. Comme je l’ai su par Sa sœur qui s’appelle Nina, le matin du jour où mourut le Serviteur de Dieu, le Professeur, avait rencontré dans la rue une demoiselle amie de la famille à laquelle il avait dit : « Mademoiselle, je vous prie de vous rendre chez moi, aujourd’hui après trois heures, pour consoler ma sœur parce que je serai mort ».

La demoiselle s’y rendit à cette heure-là et trouva réellement le Professeur à l’état de cadavre. Elle sut également par sa sœur que huit jours avant de mourir, le Professeur était allé passer une visite à un religieux gravement malade qui se lamenta auprès du Serviteur de Dieu car il tardait à guérir. Le Serviteur de Dieu l’encouragea en disant : « Père, ne perdez pas confiance car d’ici huit jours vous serez guéri et la première Messe que vous célébrerez sera pour mon âme ».

En effet, le jour fixé, tandis que le religieux guéri s’habillait pour la célébration de la Sainte Messe, on lui communiqua la triste nouvelle de la mort du Maître. Avant de mourir, à Pompéi, au mois de février /27, le Professeur Moscati , bien que vigoureux et sain, me confia qu’ Il serait mort durant l’année et qu’il souhaitait que je dise des prières pour lui. Je suis convaincue que le Serviteur de Dieu, quand il m’a parlé, a eu du Ciel un éclair de lumière divine concernant sa fin proche .

Jean-Paul II le décrit ainsi : " La réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien".

 En vue de la canonisation, Rome examina la guérison de la leucémie, du jeune Joseph Montefusco, qui eut lieu en 1979. Le 25 octobre 1987, à 10h du matin, à place Saint-Pierre, à Rome, le Pape Jean-Paul II, en présence de plus de 100.000 personnes, proclame et admet officiellement Joseph Moscati au nombre des Saints (60 ans après sa mort). Jean-Paul II affirme ainsi « L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien. Joseph Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologique humaine et de chimie physiologique, a embrassé de multiples activités avec tous l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc. A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par le personnel de santé. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi. »

 Citations

 « La vie n'est qu'un moment; honneur, triomphe, richesse et science disparaîtront avant la réalisation du cri de la Genèse, cri que Dieu lança contre l'homme coupable: tu mourras ! Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. À nous tous a été promis, après la Rédemption du monde, que nous rejoindrons ceux que nous avons aimés, le jour qui nous conduira à l'Amour Suprême.»

« Rappelez-vous qu'en optant pour la médecine, vous vous êtes engagé à une mission sublime. Avec Dieu dans le coeur, persévérez en pratiquant les enseignements de vos parents, l'amour et la pitié envers ceux qui souffrent, avec foi et enthousiasme, sourd aux louanges et aux critiques, disposé seulement au bien.»

« Quoiqu'il arrive, souvenez-vous de deux choses: Dieu n'abandonne jamais personne. Plus vous vous sentez seul, négligé, méprisé, incompris, plus vous serez près de démissionner sous le poids de graves injustices, plus vous sentirez une force infinie et mystérieuse, qui vous soutiendra et vous rendra capable de bonnes et vigoureuses intentions et vous serez étonné par ces forces quand la sérénité reviendra. Cette force est Dieu ! »

« Les personnes malades sont des figures du Christ. Plusieurs mauvaises personnes, criminelles ou blasphémateurs se retrouvent hospitalisées grâce à Dieu, Il veut les sauver! Religieuses, médecins et infirmières travaillant dans un hôpital ont une mission: coopérer avec cette bonté inépuisable, pardonnant, se sacrifiant eux-mêmes. »

« Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...»

Une grande amitié spirituelle.

 Outre sa soeur Nina, qui l'assista en tout pour faire le bien, dans ses visites aux malades et ses innombrables consultations aux malades, Joseph Moscati fut soutenu dans son apostolat par son amitié indéfectible pour le futur Bienheureux Bartolo Longo, le fondateur du Sanctuaire de la Vierge du Rosaire de Pompéi et par sainte Caterina Volpicelli, chez qui il rencontra Longo. Moscati devint le médecin traitant de Bartolo Longo et l'assista à sa mort. On possède une lettre de la soeur de Joseph, Nina Moscati, qui montre que les Moscati participaient aussi à l'oeuvre des orphelins de Longo.

27 juillet 

«Monsieur le Commandeur très illustre 



Les voies de la Providence sont incompréhensibles aux yeux de l’homme. Comme le Seigneur est grand! Pauvre est celui qui ne le connaît pas Voici les deux documents des deux orphelins privilegiati…les enfants vont arriver tout de suite – à cette même date j’ai télégraphié et je joins la lettre que j’ai reçu de la Sœur que vous avez connue !- Dites un petit mot de recommandation en ma faveur, à la Sainte Vierge, c’est ce que je désire ardemment. Merci pour vos vœux, pour votre grande charité, et disposez toujours de mon frère et de moi-même-. Tous les deux nous vous faisons le baisemain, le cœur ému de reconnaissance pour le grand bien que vous faites pour ces créatures abandonnées !» 


Votre très humble 

Nina Moscati

Une vocation de médecin décidée à la suite de la mort de son frère.

En 1904, le frère de Joseph, Alberto, meurt des suites d'une chute de cheval qui avait entraîné des symptômes épileptiques. Joseph ne se consola jamais de cette mort mais y puisa une énergie sans fond pour secourir et soulager les malades. Il fut un laïc franciscain, aimant la pauvreté, travaillant sans relâche, modèle de médecin consacré à soulager la misère.


Deux cents lires pour quatre consultations

Le Doct. Francesco Brancaccioraconte que Moscati avait été appelé d’urgence à Portici pour examiner un jeun qu’avait eu une crise d’appendicite et devait être opéré. Le Professeur s’opposa de toutes ses forces à l’opération et ordonna de mettre une porte à glace en permanence sur l’abdomen du malade. Pendant quinze jours, Moscati retourna quatre fois et visita le jeun tant qu’il guérit complètement. A la fin, il reçut une enveloppe contenant ses honoraires. 


« Le Maître (raconte le doct. Brancaccio), en retournant chez soi, eut des doutes et exclama: 



« Qui sait combien d’argent j’ai eu ! ». Il ouvrit l’enveloppe : un billet de mille lires. Moscati retourna immédiatement chez le jeun et sa famille fut très surprise de le voir de nouveau. Le Professeur affronta le père du patient et lui dit avec un ton bourru: « Êtes-vous fous ou croyiez que je suis un voleur? » . Toute la famille s’étonna et, croyant que le Professeur n’était pas satisfait des honoraires, le père prit un autre billet de mille lires et le donna au Maître qui le refusa de toutes ses forces. De plus, Moscati prit huit cents lires par son portefeuille et les laissa sur la table après quoi il repartit à toute vitesse. Ainsi un médecin fameux comme le Professeur Moscati reçut deux cents lires pour quatre consultations ! »


Cinquante lires pour trois visites à trois personnes

Le Prof. Mario Mazzeo raconte: 


“Un jour, un médecin de mes amis, envoya au cabinet de Moscati trois malades de la même famille qui provenaient de Montorsi (Bénévent). A la fin de la troisième consultation, celui qui les accompagnait laissa sur le bureau du Professeur un billet de 100 lires et un autre de 50 parce qu’il avait été impossible de savoir le montant des honoraires par la bouche du Serviteur de Dieu. Moscati, par habitude, ne regardait pas ce qui les patients laissaient sur son bureau. Cette fois il regarda et s’étonna. Immédiatement il prit le billet de 100 lires et le rendit à la personne en disant: 


« Cinquante lires pour trois sont même trop ; allez en paix et dites bonjour au docteur! ».

Moscati et Thérèse de Lisieux

De la lecture de la correspondance de notre Saint, nous savons qu'il fut très dévot de S.te Thérèse de Lisieux, dont il avait un grand portrait dans sa chambre , qui est encore conservé dans les "Salles Moscati" de l'église du Gesù Nuovo à Naples, sous le titre de « Bienheureuse Thérèse de l’Enfant- Jésus », parce qu’il fut acheté après la Béatification qui fut rendue à Rome le 29 avril 1923, par Pio XI.

Le 18 juillet 1923 - donc peu de mois après la béatification de Thérèse- Moscati parle de signes de découragement qu'il réussit à surmonter justement après la lecture de quelques mots de Thérèse à propos de ce phénomène et rapportées dans Histoire d'une âme, à propos de ce phénomène: "Il y a quelques jours, je lisais dans l'autobiographie de la bienheureuse Thérèse de l’Enfant- Jésus, une phrase faite pour moi: "Mon Dieu, le découragement même est un péché!""Oui, c'est un péché d'orgueil, parce qu'il me fait croire que j'ai pu accepter l'opinion de moi-même d'avoir fait de grandes choses! Lorsqu'au contraire nous n’avons toujours été que des serviteurs inutiles" (citations d'après le livre du Père A.Marranzini S.I.: "Giuseppe Moscati, modèle du chrétien laïc d’aujourd’hui, Rome 1989). 

Pour en savoir plus, jesuiti.com



Châsse de Saint Joseph Moscati dans l'Église du Gesù Nuovo de Naples

Giuseppe Moscati

1880-1927

La famille Moscati était originaire de Santa Lucia de Serino, (Avellino, Naples, Italie). François Moscati, père de Giuseppe (Joseph), naquit en 1836 dans cette ville, et exerça la profession de magistrat après sa maîtrise de droit. Il fut juge dans le tribunal de Cassino, président du tribunal de Benevento, puis conseiller à la Cour d'appel, d'abord à Ancône et ensuite à Naples, où il mourut le 21 décembre 1897. Il fut l'époux de Rosa de Luca, union de laquelle naquirent neuf enfants.

Le septième, notre Giuseppe Moscati, naquit à Bénévent le 25 juillet 1880. Il fut baptisé six jours après la naissance, fit sa Première communion en 1888 et reçut la Confirmation en 1890.

Il entra au lycée classique Vittorio Emanuele de Naples en 1889. Élève du vulcanologue Giuseppe Mercalli, il obtint son baccalauréat avec mention en 1897, et s'inscrivit à la faculté de médecine. Il soutint une thèse sur l'urogenèse hépatique en 1903, et obtent son doctorat en médecine avec les félicitations du jury.

Il réussit le concours de Collaborateur Extraordinaire auprès de l'Hôpital des Incurables (1903) et celui d'Assistant à l'Institut de Chimie physiologique (1908). 

Il se distingua pour son travail et son dévouement pendant l'éruption du Vésuve du 8 avril 1906. En effet, les Hôpitaux Réunis de Naples avaient une succursale à Torre del Greco, une petite ville près de Naples, à six kilomètres du cratère, où vivaient beaucoup de malades paralytiques et vieux. Giuseppe, en pressentant le danger, fit évacuer 1'hôpital juste avant l'écroulement du toit et sauva tous les hospitalisés. Deux jours plus tard il envoya une lettre au directeur général des Hôpitaux Réunis de Naples, proposant de gratifier les personnes qui l'avaient aidé, mais insista surtout sur le fait qu’on ne devait pas citer son nom.

Suite à l'épidémie de choléra de 1911, il fut appelé par le Ministère au Laboratoire de l'Inspection de la Santé publique, pour faire des recherches sur l'origine du mal et les moyens les plus efficaces pour le vaincre. Il termina son étude rapidement, et présenta une relation sur les interventions nécessaires pour assainir la ville ; beaucoup de ses propositions furent acceptées.

Toujours en 1911, à 31 ans, le docteur Moscati fut reçu au concours de Collaborateur Ordinaire aux Hôpitaux Réunis et cette même année, sur l'initiative d'Antonio Cardarelli, l'Académie Royale de Médecine Chirurgicale le nomma Membre agrégé, tandis que le Ministère de l'Instruction Publique lui attribuait le Doctorat en Chimie physiologique.

Outre son intense travail entre l'Université et l'Hôpital, le professeur Moscati assurait aussi la direction de l'Institut d'Anatomie pathologique. Dans la salle d'autopsie, le professeur Moscati avait eu l’idée de faire accrocher un Crucifix avec ce verset du prophète Osée : O mors, ero mors tua (Ô mort, je serai ta mort, Os 13:14).

Sa mère mourut le 25 novembre 1914, du diabète. Quelques années plus tard, il fut un des premiers médecins à Naples, à expérimenter l'insuline et à enseigner à un groupe de médecins les modalités du traitement du diabète (l'insuline fut expérimentée sur les humains pour la première fois en janvier 1922).

Pendant la Première guerre mondiale, Giuseppe Moscati fit une demande d'enrôlement volontaire, qui ne fut pas acceptée, les autorités militaires préférant lui confier le soin des blessés. L'Hôpital des Incurables fut militarisé. Il visita et soigna environ trois mille militaires.

Le Conseil d'Administration de l'Hôpital des Incurables le nomma officiellement en 1919 Directeur de la 3e Salle Masculine, tandis qu'il continuait à enseigner à un grand nombre d'étudiants.

Le 14 octobre 1922 le Ministère de l'Instruction Publique lui attribua la libera docenza (titre académique italien permettant d'enseigner à titre privé dans les universités et les autres instituts supérieurs) en Médecine Clinique. Trois jours après Moscati écrivait:

Aime la vérité, montre la personne que tu es, sans feinte et sans peur, sans aucun ménagement. Et si la Vérité te vaut la persécution, toi, accepte-la ; si elle t'apporte le tourment, toi, supporte-le. Et si pour la Vérité, il te fallait sacrifier toi-même et ta vie, sois fort dans le sacrifice.

Le 12 avril 1927, un Mardi Saint, le professeur Moscati, après avoir participé à la messe, comme chaque jour, et reçu la communion, passa la matinée à l'hôpital, puis il rentra chez lui et après le repas, s'occupa comme d'habitude des patients qui venaient le consulter à son domicile.

Vers 15 h, il eut un malaise et s'assit dans son fauteuil, où il s'éteignit sereinement. Il avait 46 ans et 8 mois.

Deux guérisons miraculeuses lui ayant été attribuées, il fut béatifié en 1975.

En vue de la canonisation, Rome examina la guérison de la leucémie du jeune Giuseppe Montefusco, qui eut lieu en 1979. En 1987, Giuseppe Moscati fut canonisé, 60 ans après sa mort. 

Jean-Paul II affirma : L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien. Giuseppe Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologique humaine et de chimie physiologique, a embrassé de multiples activités avec tout l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc. A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par le personnel de santé. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi.

Les recherches des écrits sur Giuseppe Moscati ont été très difficile dans la mesure où celui-ci ne conservait que très peu de documents et les écrits que l’on a de lui sont principalement des lettres écrites à des amis. Sans être tertiaire franciscain, Moscati vivait cet idéal dans son esprit : humble, loin de tout esprit carriériste, soumis à l’Eglise, apôtre de la Vérité, pauvre pour lui-même.

Il recommandait à un de ces clients, dans une ordonnance, le meilleur traitement reconstituant :  celui d’épouser Sœur Pauvreté en donnant de grandes aumônes, distribuant tout aux pauvres, à nos hôpitaux, et en se retirant dans une caverne, pour manger seulement des locustes et du miel sauvage ! comme le recommandait Saint François d'Assise. 

La fête liturgique initialement prévue le 12 avril, jour auquel le Martyrologe commémore Giuseppe Moscati, a été déplacée pour éviter que celle-ci ne tombe pendant la Semaine Sainte, ou une semaine proche de Pâques. Celle-ci est donc le 16 novembre, date du transfert des restes de Giuseppe Moscati dans l'église du Gesù Nuovo, trois ans après sa mort.

Quelques citations de saint Giuseppe Moscati

La vie n'est qu'un moment ; honneur, triomphe, richesse et science disparaîtront avant la réalisation du cri de la Genèse, cri que Dieu lança contre l'homme coupable : tu mourras ! Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. À nous tous a été promis, après la Rédemption du monde, que nous rejoindrons ceux que nous avons aimés, le jour qui nous conduira à l'Amour Suprême.

Rappelez-vous qu'en optant pour la médecine, vous vous êtes engagé à une mission sublime. Avec Dieu dans le coeur, persévérez en pratiquant les enseignements de vos parents, l'amour et la pitié envers ceux qui souffrent, avec foi et enthousiasme, sourd aux louanges et aux critiques, disposé seulement au bien.

Quoi qu'il arrive, souvenez-vous de deux choses : Dieu n'abandonne jamais personne. Plus vous vous sentez seul, négligé, méprisé, incompris, plus vous serez près de démissionner sous le poids de graves injustices, plus vous sentirez une force infinie et mystérieuse, qui vous soutiendra et vous rendra capable de bonnes et vigoureuses intentions et vous serez étonné par ces forces quand la sérénité reviendra. Cette force est Dieu !

Les personnes malades sont des figures du Christ. Plusieurs mauvaises personnes, criminelles ou blasphémateurs se retrouvent hospitalisées grâce à Dieu, Il veut les sauver ! Religieuses, médecins et infirmières travaillant dans un hôpital ont une mission : coopérer avec cette bonté inépuisable, pardonnant, se sacrifiant eux-mêmes.

Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...

SOURCE : http://www.samuelephrem.eu/article-04-12-115784180.html



GIUSEPPE MOSCATI
<
Médecin et Saint de Naples

1880-1927


PROFIL BIOGRAPHIQUE

Qui est Saint Joseph Moscati ?

Paul VI – le Pape qui l'a béatifié.
“Qui est celui que l'on nous propose afin que nous l'imitions et que nous le vénérions tous ?”
C'est un laïque qui a fait de sa vie une mission vécue en pleine authenticité évangélique...
C'est un professeur d'université qui a laissé parmi ses élèves un sillage de profonde admiration...
C'est un homme de science célèbre pour sa contribution scientifique au niveau international...
Son existence est simplement tout cela...
Jean Paul II – le Pape qui l'a canonisé
“L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal du laïc chrétien.
Joseph Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologie humaine et de chimique physiologique, a embrassé ses multiples activités avec tout l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc.
A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par les acteurs sanitaires. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi.”

Ses parents

La famille Moscati vient de Sainte Lucie de Serino, un petit pays à peu kilomètres d’Avellino.
François, père du futur Saint, naquit à Sainte Lucie de Serino, en 1836. Il obtint sa maîtrise de droit et il fit une brillante carrière comme magistrat.
Il fut juge dans le Tribunal de Cassino, Président du Tribunal de Bénévent, Conseiller à la Cour d'Appel, d’abord à Ancône et ensuite à Naples, où il mourut le 21 décembre 1897.
François Moscati connut et se maria avec Rose de Luca, des Marquis de Roseto, à Cassino. Joseph fut le septième de neuf enfants.
Jusqu’au moment où il vécut, le père du Saint conduisit sa famille au pays natal toutes les années, pour une période de repos et pour être au contact de la nature. Ils allaient tous ensemble à l’église des Clarisses, pour assister à la Messe, que François-même servait bien souvent.
Saint Joseph Moscati fait allusion à son pays natal dans deux lettres. La première est du 20 juillet 1923, écrite pendant son voyage vers la France et l’Angleterre :
“A deux heures et vingt départ pour Modane, en France. [...]
Nous sommes en train de traverser des vallées entourées de montagnes recouvertes de châtaigniers (Bourgogne). Ça et là les rubans argentés des fleuves : qu’il est semblable ce paysage à l’inoubliable Serino, l'unique lieu du monde, Irpinia, où je passerais mes jours très volontiers, parce qu’il rassemble les plus aimées, les plus doux souvenirs de mon enfance et la dépouille mortelle de ma famille”.

La seconde lettre fut écrite le 19 janvier 1924, après la nouvelle de la mort de son oncle paternel :
“La fin d’oncle Carmelo est l’effondrement de beaucoup de souvenirs très chers liés à sa personne. Oh les doux souvenirs de l'enfance, des montagnes de Serino ! Choses et gens du pays de mon père sont pincements indélébiles au cœur; et la mort de tous les témoins de ma passée insouciance est une désillusion ultérieure : s’écroule la partie romantique de ma personnalité ! Et je me sens seul, seul et près de Dieu !”
A Sainte Lucie de Serino Moscati dédia même une petite poésie, qui confirme sa sensibilité si particulière. Il l’écrivit le 10 avril 1900, lorsqu’il avait vingt ans et étudiait médicine.

BÉNÉVENT, VILLE NATALE DU SAINT

Joseph Moscati naquit à Bénévent le 25 juillet 1880, fête liturgique de Saint Jacques le premier Apôtre.
Sa famille arriva de Cassino en 1877, lorsque François Moscati fut promu Président du Tribunal, s’installant en Rue Saint Diodato, près de l’hôpital Fatebenefratelli.
Peu après il alla vivre dans un appartement en Rue Porta Aurea, pas loin de l’Arc de Trajan, érigé en l’honneur de l'empereur en 114 apr. J.C.
Joseph naquit dans le palais Andreotti, puis acheté par la famille Leo, dans la dernière chambre à gauche. On accède à l’appartement par un grand portail qui donne sur une cour et un grand escalier de pierre.
Une plaque près du portail commémore l'événement.
Dans la Cathédrale de Bénévent, dans la chapelle du Saint Sacrement, on se peut admirer la statue de marbre de Saint Joseph Moscati, œuvre de P.Mazzei de Pietrasanta.

BÉNÉVENT À LA NAISSANCE DE MOSCATI

Le 3 septembre 1860, après huit siècles de gouvernement pontifical, Bénévent fut annexée au Royaume d'Italie.
Le dernier Délégué Apostolique, Monseigneur Eduardo Agnelli, quittant la ville obtint les honneurs de la guerre par les soldats du nouveau régime. La ville était sur le point de changer de vie et entrait dans les structures territoriales de la nouvelle nation italienne.
“Conformément au système politique piémontais les couvents furent expropriés, les religieux chassés, les bibliothèques dérobées, les lignes architecturales d’anciens édifices défigurées ou détruites. Beaucoup de personnes s’attendaient nouveautés exceptionnelles, beaucoup d’autres avaient peur du changement... Le clan maçonnique, importé des zones limitrophes, tira profit de la situation.
Lorsque la famille Moscati arriva, [...] en Bénévent la tension avait diminué”[1].

Les frères du Saint

Francesco Moscati et Rosa De Luca, les parents du Saint, eurent cinq enfants pendant le séjour à Cassino: Gennaro, Alberto, les sœurs jumelles Maria et Anna (mortes en bas âge en 1875) et une autre Maria.
La seconde Anna, familièrement baptisée Nina, naquit à Bénévent en 1878 et resta toujours près du Saint en l’aidant à faire le bien.
Maria, très aimée de toute la famille, mourut à quatre ans. Joseph, le futur Saint, naquit le 25 juillet 1880, fête de Saint Jacques le premier Apôtre.
Eugenio naquit à Ancône et Domenico à Naples (1884) qui, longtemps après, devint maire de la ville.
Joseph Moscati fut baptisé en famille six jours après la naissance, le 31 juillet 1880, fête de saint Ignace de Loyola, par l’abbé Innocenzo Maio qui mourut nonagénaire, dix ans après le Saint.
Le petit Joseph fit sa première rencontre avec Jésus Eucharistie, le 8 décembre 1888 dans l'église des Servantes du Sacré-Cœur de Naples, au cours d'une cérémonie célébrée par Monseigneur Henri Marano. Nous n'avons pas d'autres informations sur cet événement mais nous pouvons dire que c'est ce jour-là que furent posés les fondements de sa vie eucharistique, qui sera un des secrets de la sainteté du prof. Moscati.
Il reçut sa Confirmation par Monseigneur Pasquale De Siena le 3 mars 1890, et son Parrain fut Francesco Cosenza.

Gennaro et Nina Moscati

Gennaro et Nina, entre les membres de la famille Moscati, méritent un souvenir particulier.
Gennaro était l’aîné. Le Saint écrivit : “Gennarino est celui qu’a fait fonction de notre père, qui nous a élevés ; c’est celui qui mérite notre respect absolu”.
Nina fut la seule femme survivante dans la famille Moscati. Son frère Eugenio, en parlant de la charité du Saint dit : “Nina était complice de mon frère Joseph en faisant le bien”.
Nina suivit l’exemple de Joseph sa vie durant et l’aida à faire le bien et poursuivre son apostolat. Il y avait entre eux une extraordinaire affinité spirituelle. Nina mourut quatre ans après le Saint, le 24 septembre 1931.

Moscati rencontre Bartolo Longo

Dans la maison près de l’église des Servantes du Sacré-Cœur, où le petit Joseph Moscati reçut, à huit ans sa Première Communion, vivait la Vénérable Caterina Volpicelli, liées d’amitié spirituelle avec les parents du Saint.
La famille Moscati rencontra chez elle aussi le futur Bienheureux Bartolo Longo, le fondateur du Sanctuaire de la Vierge de Pompéi, qui jusqu’au 1872 habita près de l’église des Servantes du Sacré-Cœur, en la fréquentant tous les jours pour la Messe et pour dire son Chapelet.
Ensuite, lorsque Bartolo Longo alla s’établir à Pompéi, le Prof. Moscati devint son médecin traitant.

DE BÉNÉVENT À NAPLES

La famille Moscati restait à Bénévent pour quatre ans, jusqu’au moment où le papa du Saint fut promu Conseiller à la Cour d'Appel et muté à Ancône.
Quatre ans après, en 1884 (Joseph avait quatre ans), il retourna à Naples comme Président de la Cour d'Appel.
La première habitation à Naples se trouvait en Via S. Teresa al Museo 83, ensuite dans le palais Bagnara de Place Dante 9 et enfin, en 1902, au troisième étage de Via Cisterna dell'Olio 10, près de l’église du Gesù Nuovo, où il habita jusqu’à sa mort.
Après les études élémentaires, en 1889, Joseph Moscati entra au Lycée Classique Vittorio Emanuele. Il y avait entre ses professeurs même le fameux vulcanologue Giuseppe Mercalli. Il passa son baccalauréat avec mention en 1897.
En 1987 s’inscrivit à la Faculté de Médicine, et le 4 août 1903 il obtint son Doctorat en Médecine, avec une thèse sur l'urogénèse hépatique, et fut reçu avec éloges.

L'Université de Naples au temps de Moscati

Lorsque Joseph Moscati s’inscrivit à la Faculté de Médicine de l'Université de Naples, le climat éthique-religieux n’était pas des meilleurs parce que un vent de secte, politique et maçonnique soufflait avec le soutien de deux centres culturaux: la Faculté de Philosophie et la Faculté de Médicine.
Les jeunes devaient la proie de prophètes agnostiques et athées puisque traînés par le courant révolutionnaire et de secte dominant.
Joseph Moscati se tint à l’écart des extrémismes et, puisqu’il était très conscient que l’étude représentait son occupation principale, il évita tout ce qu’il pouvait le distraire. De plus, il pensait que l’étude sérieuse et approfondie exige tranquillité et sérénité d’esprit. Comme il pouvait s’appliquer à son travail et, en même temps, suivre ses camarades qui manifestaient dans les rues ?

MORT DE SON PÈRE ET DU FRÈRE ALBERTO

La famille Moscati, pendant les premiers treize ans de séjours à Naples, fut frappée par deux grands deuils. Le 19 décembre 1897, la même année où Joseph s’inscrivit à l'Université, son père Francesco fut atteint d'une hémorragie cérébrale.
Il était en train de rentrer chez soi après la Messe dans l’église de la Archiconfrérie des Pèlerins (il en était un membre). Il mourut le 21 décembre 1897, après avoir confié sa femme et ses enfants aux soins de son aîné Gennaro et reçu les derniers sacrements.
Le 12 juin 1904 son frère Alberto mourut à Bénévent dans le Fatebenefratelli, où il s’était retiré. Il avait un syndrome épileptique suite à une chute de cheval pendant une parade militaire en 1892, à Turin.
Joseph avait l'habitude de passer plusieurs heures auprès de lui pour le soigner. C'est au chevet de son frère qu'il décidera d'entreprendre les études de médecine, cas unique dans sa famille et objet de discussions. La mort d’Alberto le provoqua une douleur si grand qu’il se rappela sa vie durant.

UNIVERSITÉ ET HÔPITAL

Après l'obtention du Doctorat en Médecine, université et hôpital devinrent le champ d'activité du jeune médecin. Bien vite il réussit un concours de Collaborateur Extraordinaire auprès de l'Hôpital des Incurables (1903) et un autre d'Assistant à l'Institut de Chimie physiologique (1908), où il gagna bientôt beaucoup de marques d'admiration et d'honneur dans le domaine scientifique.
Malgré ses engagements il continua à examiner les malades dans les salles des Incurables. Cela explique son habilité clinique extraordinaire, certainement le résultat d’une expérience pratique au chevet des malades qu’il commença à démontrer bien vite. Cette expérience, en effet, ne se peut pas acquérir dans un Laboratoire de Chimie Physiologique.

Éruption du Vésuve du 1906 et choléra du 1911

Les études, les recherches et le succès du Prof. Moscati marchaient de pair avec l'amour pour son prochain. Il se distingua pour son œuvre de secours pendant l’éruption du Vésuve du 8 avril 1906. Le cratère vomissait de la lave, des lapilli et beaucoup de cendres qui menaçaient et terrorisaient les habitants des pays voisins.
Les Hôpitaux Réunis de Naples avaient une succursale à Torre del Greco, une petite ville près de Naples, à six kilomètres du cratère, où vivaient beaucoup de malades paralytiques et vieux. Moscati, en pressentant le danger, fit évacuer 1'hôpital juste avant l'écroulement du toit et sauva tous les hospitalisés.
Deux jours plus tard il envia une lettre au directeur général des Hôpitaux Réunis de Naples, proposant de gratifier les personnes qui l'avaient aidé, mais insista surtout qu'on ne citât pas son nom.
“Je vous en prie – ajouta-t-il – ne citez pas mon nom pour éviter de remuer… des cendres !”
L'habitude de Moscati de se tenir dans la coulisse nous empêche de connaître dans les détails son œuvre lors d’un autre malheur qui endeuilla Naples: le choléra du 1911.
Nous ne devons pas oublier que Naples est une ville portuaire et que, au temps de Moscati, beaucoup de navires venaient de tous les coins du monde, les ruelles étaient sales et la misère dominante : en ce contexte pouvait arriver de tout. Heureusement la médicine avait fait des progrès, donc les victimes furent moins nombreuses que par le passé[2].
Moscati fut appelé par le Ministère au Laboratoire de l'Inspection de la Santé publique, situé dans la Préfecture, pour faire des recherches sur l'origine du mal et les moyens les plus propres à le vaincre. Il termina son étude avec la plus grande diligence, et présenta une relation sur les interventions nécessaires pour assainir la ville et, à sa grande satisfaction, il vit la réalisation de beaucoup de ses propositions.

Collaborateur ordinaire dans les Hôpitaux Réunis

En 1911, à 31 ans, le docteur Moscati fut reçu au concours de Collaborateur Ordinaire aux Hôpitaux Réunis. C'était un concours très important qui n'était plus ouvert depuis 1880 et auquel participèrent des médecins venus de partout.
Le Prof. Cardarelli, qu’était un des membres du jury d’examen, fut ébloui par la préparation de Moscati et ― comme nous dit le frère Eugenio ― “il reconnut qu’il n’avait jamais rencontré un jeune si préparé en 60 ans d'enseignement, et il tint beaucoup à lui dès ce moment. Ensuite, mon frère devint son médecin traitant”.
Depuis lors, beaucoup d’étudiants et de jeunes médecins le suivaient d’un lit à l’autre pendant sa tournée de visites aux malades, pour apprendre le secret de son habileté.
La même année, sur l’initiative d'Antonio Cardarelli, l'Académie Royale de Médecine Chirurgicale le nomma Membre agrégé et le Ministère de l'Instruction Publique lui attribua le Doctorat en Chimie physiologique.

Témoignage du Prof. Gaetano Quagliariello sur le concours du 1911

“Il s’agissait d’un concours qui n'était plus ouvert depuis 1880 et auquel participèrent beaucoup des médecins et professeurs venus de Naples et du Sud de l’Italie. Il y avait seulement six places. Le jury d’examen était formé de célébrités comme Antonio Cardarelli, Enrico de Renzi, Beniamino de Ritis. Moscati se présenta au concours, et cet acte fut considéré audacieux et effronté.
Le résultat fut un triomphe [...].Joseph Moscati obtint le prix si rêvé et un tonnerre d’applaudissements accueillit sa proclamation : il fut reçu au concours à la tête de la liste”[3].[4].

Médecin Chef d’Anatomopathologie

Outre son intense travail entre l'Université et l'Hôpital, le professeur Moscati assurait aussi la direction de l'Institut d’Anatomopathologie, auparavant dirigé par Luciano Armanni, mais par la suite déchu par manque de soin.
D'après le prof. Quagliariello, il devint bien vite “un vrai maître dans les autopsies”. Le prof. Raffaele Rossiello, qui a étudié à fond et avec compétence l’Anatomopathologie de St. Joseph Moscati, affirme qu'après sa mort, ni les revues scientifiques, ni ceux qui se souvenaient de lui dans leurs discours, ni les nombreuses biographies n'ont relevé “son activité de médicine légiste et chef de l'Institut d'Anatomie et Histologie Pathologique ‘Luciano Armanni’”.
“Par contre la découverte ― par le docteur Renato Guerrieri, Médecin chef de l'Hôpital des Incurables, de trois volumes contenant les rapports de 244 autopsies effectuées par Moscati ― nous propose des nouveaux aspects de la personnalité complexe du Saint. A présent ils sont gardés dans les Archives Moscati du Gesù Nuovo”.
Luciano Armanni avait fait graver cette phrase à l'entrée de la salle d'anatomie : “Hic est locus ubi mors gaudet succurrere vitae” (“Ici la mort est heureuse d'aider la vie”). ÀMais dans la salle ― écrit le prof. Nicola Donadio ― il n'y avait aucune trace de religion. La pièce était austère mais vide, exactement comme tous les endroits dominés par le matérialisme”[5].
Le prof. Moscati avait eu une idée et l'avait réalisée, celle de faire accrocher très haut sur le mur de la salle, de façon à ce qu'il puisse dominer la pièce, un Crucifix avec une inscription qui ne pouvait être mieux : “Ero mors tua, o mors” (citation du Prophète Osea 13,14 : “O mort, je serai ta mort”).
Les autopsies pour Moscati étaient une leçon de vie.

Mort de sa mère : 25 novembre 1914

A la fin de l'année 1914, Madame Rose, la maman du Prof. Moscati, atteinte de diabète, vit sa maladie s'aggraver. Elle fut conduite à Resina, aujourd’hui Herculanum, mais sa santé n’alla pas mieux. La pauvre femme mourut le 25 novembre 1914. Moscati la soigna avec tendresse mais il put faire très peu pour elle parce que la maladie était encore incurable à cette époque.
Avant d'expirer, le 18 novembre, après avoir reçu avec beaucoup de dévotion les derniers sacrements, elle dit à ses fils : “Mes enfants, je meurs contente. Fuyez toujours le péché qui est le plus grand mal de la vie”.
Joseph se souvint toujours de ses dernières paroles. Quelques années plus tard, il fut un des premiers médecins à Naples, à expérimenter l'insuline et à exercer un group de médecins au traitement du diabète. L’insuline fut expérimentée sur les humains pour la première fois en janvier 1922.
D'après une lettre adressée à Mlle Carlotta Petravella qui avait perdu sa mère (le 20 janvier 1920)
“Moi aussi, quand j’étais jeune, je perdis mon père, et quand j’étais adulte, ma mère. Mais je sais que mes parents sont toujours à mes côtés, je peux sentir leur douce compagnie; et si je tâche d’imiter leur rectitude, ils m’encouragent, et si je commets des erreurs, ils me conseillent la chose plus juste à faire, comme au temps où ils étaient encore en vie”.

La Première Guerre Mondiale, 1915-1918

Pendant les premiers mois du 1915 il y eut beaucoup de débats très animés à propos de l’entrée en guerre italienne de plus en plus certaine avec le temps. A Naples, comme dans les autres villes, beaucoup de personnes manifestaient et chantaient hymnes patriotiques. La Galerie Umberto et les rues adjacentes, où il y avait les rédactions des quotidiens napolitains les plus importants, était toujours bondée de gens qui discutaient et attendaient les décisions de Rome.
Le 24 mai l'Italie entra en guerre et l’appel sous les drapeaux commença à décimer les familles. Eugenio Moscati aussi partit pour le front le 8 juillet.
Joseph Moscati fit la demande d'enrôlement volontaire, toutefois, il ne fut pas accepté. Les autorités militaires confièrent les blessés à ses soins. L'Hôpital des Incurables fut militarisé.
Il visita et soigna environ 3.000 militaires, dont il rédigea un journal et leurs histoires cliniques. Il fut pour eux non seulement le médecin, mais aussi le consolateur attentif et affectueux.

Moscati renonce à la chaire et choisit le travail hospitalier

Moscati, après avoir remplacé le Prof. Filippo Bottazzi, Directeur de l'Institut de Physiologie, et Recteur de l'Université de Naples, fut mis à la tête des recherches scientifiques et des expériences dans l'Institut de Chimie Physiologique.
De plus, Moscati était très connu dans le milieu médical pour son activité de collaborateur et rédacteur dans quelques revues scientifiques comme Riforma Medica. En 1911, le prof. Rummo lui proposa de devenir correspondant à l’étranger car il parlait anglais et allemand très bien. De 1903, année de sa maîtrise, à 1916, les publications scientifiques de Moscati sont vingt-sept.
Pourquoi n’obtint Moscati jamais une chaire? Il avait un extraordinaire curriculum didactique et scientifique et beaucoup de ses confrères l’enviaient pour son habilité et pour le grand nombre d’étudiants qui fréquentaient ses cours. Toutefois c’est le Prof. Gaetano Quagliariello qui nous donne la réponse vraie. Gaetano Quagliariello, en 1948, était le Recteur de l'Université de Naples. Il écrivit l’article suivant publié dans la revue Medicus (IV1948) :
“Puisqu’il était nécessaire occuper la chaire de Chimie Physiologique restée vacante pour la mort du Prof. Malerba, arrivée vers la fin du 1917, et du moment que la Faculté était orientée vers lui qu’avait déjà donné l'enseignement avec grande satisfaction de la part des professeurs et des élèves, pendant la longue période de la maladie du Malerba et après sa mort, [Moscati] dit que n’aurait pas accepté la charge, et conseilla et recommanda mon nom, et alors j’obtins la charge. […]
Et Moscati, plus douloureusement, renonça à l'enseignement officiel qu’il aurait obtenu sans aucun doute s’il eût voulu, pour amour de son hôpital et des ses élèves en constante augmentation autour de lui. Et peut-être même pour mortifier une ambition que certainement il devait avoir pendant sa jeunesse. […]
Ainsi, libre de chaque ambition de la terre, il se consacre, esprit et cœur, à ses malades et à l'éducation des jeunes médecins. L'hôpital devient sa maison, son amour, son sanctuaire. De plus, bien qu’il fût doué d’une grande intuition clinique, il ne lassa pas de côté tout le matériel de laboratoire, et sa préparation chimique et bactériologique lui permit d’employer les plus modernes techniques de recherche pour étudier les malades”.

Directeur de la III Salle Masculine dans l’Hôpital des Incurables

La renommée de Moscati en tant que professeur et médecin était indiscutable. Tout le monde parlait de ses cours, de ses dots diagnostiques, de son travail entre les malades. Le Conseil d’Administration de l'Hôpital des Incurables intervint officiellement et en 1919 lui nomma Directeur de la III Salle Masculine.
Les appréciations pour son travail et les références à son nouveau titre sont la preuve que cette ultérieure promotion fut une joie pour les amis, les assistants et les élèves. Aucun homme ne pouvait aspirer à cette charge plus que lui et aucun homme ne pouvait l’obtenir plus que lui.
Il fut très heureux, mais, comme toujours arrivait en lui, la satisfaction humaine n’était pas séparée de la satisfaction spirituelle, qui glissait sur les motifs contingents et s’enracinait sur motivations bien plus hautes et nobles. Le succès en hôpital ne devait pas regarder sa figure, mais uniquement les malades, pour lesquels il s’engageait et travaillait.
Voilà le sens d’une lettre du 26 juillet 1919, adressée au Sénateur G. D'Andrea, Président des Hôpitaux Réunis de Naples :
“Lorsque j’étais un garçon je regardais avec intérêt à l'Hôpital des Incurables, qui mon père m’indiquait loin de chez moi, en inspirant des sentiments de pitié pour la douleur sans nom, calmée là-dedans. Un désarroi bienfaisant s’emparait de moi et je commençais à penser à la fragilité de toutes les choses, et les illusions tombaient, comme les fleurs des orangeraies qui m’entouraient.
Alors j’étais complètement concentré dans mes études littéraires, et je ne pensais pas et je n’imaginais pas qu’un jour, dans quelle maison blanche, où je voyais à grand-peine les malades à travers le vitrage, comme fantômes blancs, j’aurais obtenu le titre clinique plus important. […]
Je ferais en sorte que la confiance mise en moi soit bien placée, avec mes moindres forces, et Dieu aidant. De plus, je collaborerai à la reconstruction économique des hôpitaux vieux de Naples, si méritant de la charité et de la culture, et aujourd’hui si misérables”.

L’Hôpital des Incurables

Il était un des hôpitaux les plus fameux d’Europe au temps de Moscati. Il était constitué de plusieurs bâtiments dans entourés de jardins, cloîtres, fontaines.
Il était possible suivre cours universitaires avec des professeurs très célèbres comme Leonardo Bianchi, Gaetano Rummo, Domenico Capozzi, Antonio Cardarelli.
L’Hôpital des Incurables, avec l'église annexe de Sainte Maria del Popolo, se targue d’origines très anciennes. Il est une maison de santé et un centre de foi, pitié et miséricorde. À la fin du 1400 en Italie, et à Naples surtout, après la descente de Charles VIII, le prétendu mal français (lue venerea) ou mal dermoceltique se propageait, et ceux qui étaient frappés – beaucoup de gens – étaient appelés incurabili (incurables). La charité chrétienne commença très vite à s’occuper de ces pauvres malheureux.
Mais la personne qui devait fonder le plus fameux hôpital qui porte ce nom aujourd’hui encore fut une femme catalane, Maria Richeza, qui avec son mari Giovanni Longo, faisait partie de la suite de Ferdinand III le catholique. Elle était venue à Naples en 1506 et avait une paralysie, par faute d’un empoisonnement perpétré par une servante pendant un banquet. Après la mort de son mari, en 1510, elle fit un pèlerinage à Loreto où reçut la grâce de la guérison par la Vierge. Ensuite, elle se dédia complètement aux malades. Sa ferveur religieuse et sa charité rendirent possible la fondation de l’Hôpital des Incurables et l’église annexe de Sainte Maria del Popolo.
Avec le temps l'hôpital garda le nom "Incurabili", même si, en réalité, il était devenu un vrai abri métropolitain pour tous les pauvres et tous les maux. Maria vite fut nommée Recteur ou Chef de l'hôpital.
En 1535, elle fonda l'ordre des Franciscaines du Troisième Ordre, c’est à dire des capucines, fameuses aujourd’hui encore à Naples avec le nom des Trente-trois. Pendant sa vie eut la joie d’être guidée et soutenue par un saint, Gaetano Thiene et, malgré la tempête qui bouleversa l'ordre des capucins pour les théories éversives de Juan de Valdés, resta fiel à Dieu et à l’ÉEglise jusqu’à la mort, arrivée en 1542.
Vingt-cinq saints, béates et vénérables sont entrés en relation avec l'Hôpital des Incurables, comme saint Gaetano Thiene (1480-1547) ; saint Alfonso Maria de Liguori (1696-1787), sainte Jeanne Antide Thouret (1765-1826), le bienheureux Bartolo Longo (1841-1926) et, saint Joseph Moscati.
Malheureusement une partie de l'Hôpital des Incurables, inclus la salle du Prof. Moscati, a été détruite pendant la dernière guerre. Ce que reste est suffisant pour admirer encore l’ancienne grandeur, et nous citons en particulière la Pharmacie, riche d’élégants meubles de noyer et de superbes majoliques du dix-huitième siècle napolitain.

UN MAÎTRE INOUBLIABLE

Malgré sa renonciation à la chaire, Moscati fut toujours un professeur et un maître. Même s’il avait choisi le travail hospitalier, il n’avait pas renoncé à l’enseignement. Il avait des qualités particulières pour être professeur universitaire parce qu’il joignait une préparation solide et très bonne au désir de perfectionnement, la passion de la recherche à l’intérêt inné pour le nouveau, la capacité d’embrasser tous les champs de la médecine sans envahir les spécialisations d’autrui, en démontrant la connaissance des divers domaines, des possibilités et des limites.
Il avait également des capacités expressives, communicatives et persuasives et il était un homme très distingué et charmant.
D’après une lettre du Prof. Moscati au Prof. Francesco Pentimalli :
“J’ai toujours cru que tous les jeunes méritants dirigés vers…la médecine, qu’est la science plus noble, eussent tous les droits de se perfectionner, de lire un livre jamais publié avec une couverture qui se compose de tous les lits d’hôpital et de toutes les salles de laboratoire. Le contenu de ce livre est constitué de la douleur des hommes et du matériel scientifique.
C’est un livre qui doit être lu avec un amour infini et un grand esprit de sacrifice pour notre prochain. J’ai pensé qu’il serait de mon devoir d’apprendre mon expérience aux jeunes, sans garder tout pour moi”.

Le souvenir de ses Étudiants

Felice Piccinini – Parfois, il me semblait très fatigué, mais il recommençait à sourire dès qu’il voyait ses amis et, en particulier, ses étudiants […]. Il savait intéresser une foule de jeunes étudiants qui le considéraient comme le vrai éducateur chrétienne, l’homme qui cultivait les sciences positives en obtenant beaucoup d’honneurs et qui considérait la grandeur et la beauté de la nature comme l’œuvre d’une force supérieure, la sagesse, l’ordre et la puissance infinie d’un Dieu suprême, qu’il appelait Divine Providence”.
Enrico Polichetti – Je le vois encore devant moi presque hardi, si j’ose m’exprimer ainsi, mais je ne veux pas offenser Son cher souvenir. Il avait l’ingénuité des enfants et un regard doux et indulgent, reposant, profond et plein de spiritualité, sans malice. Ses yeux étaient très beaux, gris, petits, lumineux, vifs, doux, expressives, parfois agressifs, toujours changeants, riants. Ils inspiraient confiance derrière ses lunettes ovoïdales, avec une monture d’acier bruni très mince. Les verres n’étaient pas alignés parfaitement mais ils semblaient s’encastrer dans ses orbites, aux côtés du nez régulier et effilé, presque en pointe. Il portait des petites moustaches qui se touchait quelquefois avec les doigts de sa main gauche […]”.
Il était une personne qui avait de l’allure, le physique svelte, un homme très distingué et grand. Certainement, même ces caractéristiques contribuaient à sa popularité : il était très aimé de tout le monde.
Il était très charmant avec son visage ovale, un gentilhomme vrai connu à Naples entière. Mais sa noblesse était surtout dans son cœur et ses œuvres."
Soccorso Tecce – Il était très heureux parmi ses étudiants qui formaient sa famille spirituelle. Il nous révélait son savoir et, jour après jour, il façonnait nos esprits et nos âmes. Il nous parlait de Dieu, de la divine Providence, de la Religion Chrétienne et la joie éclairait son visage lorsque nous le suivions dans les églises de Naples pour assister à la Messe”.

Comment les Maîtres et les Étudiants jugeaient-t-ils Moscati?

Domenico Pace – A l’occasion de la mort de Moscati, présenta “toutes les condoléances des Médecins de la Province de Naples, du Conseil de l’Ordre du personnel hospitalier, des Professeurs de l’Université de Naples”. Il dit : “Joseph Moscati prêchait et pratiquait la vertu, un mot qui n’est plus dans notre vocabulaire et dans notre vie. Il n’était pas un mot inutile, ambigu ou hypocrite mais un style de vie, fait de sacrifices, de discipline morale, de renoncements, douleurs car la vertu, comme la sagesse, est douloureuse”.
Antonio Cardarelli - était un des membres du Jury d’examen au concours de Collaborateur Ordinaire aux Hôpitaux Réunis de Naples, en 1911. “Au moment où la relation de Moscati fut lue ― comme nous dit le frère Eugenio – le Professeur Cardarelli, membre du Jury, invita à dévoiler l’anonymat imposé pendant le concours mais Moscati refusa. Il fut obligé par ses camarades qui lui portaient en triomphe chez soi. Le Prof. Cardarelli dit qu’il n’avait jamais rencontré un jeune si préparé en 60 ans d'enseignement, et il tint beaucoup à lui dès ce moment. Ensuite, mon frère devint son médecin traitant”.
Pietro Castellino avait Moscati en haute estime et Moscati rendait visite à Pietro Castellino fréquemment pour l’aider à recouvrer la foi. Quand Moscati mourut, le Doct. Castellino compara le futur Saint au “Grand Vieillard” Antonio Cardarelli, mort le 8 janvier de la même année, et après avoir lu une lettre de Moscati s’écria : “Oh, tu avais un cœur très noble, tu étais une créature si gentille et douce qui j’aimais comme un fils ! La pureté de ta gentillesse, ta mentalité d’Educateur si austère, la confiance dans ta mission évangélique […] nous permettent de comprendre que la Médecine est vraiment la science plus sainte et divine, et tu l’embrassas comme si elle était ta Croix ! […]”
Filippo Bottazzi connut Moscati en 1905 et en 1923 alla à Edimbourg avec lui pour un Congrès. Il écrivit beaucoup de choses sur le futur saint, par exemple : “Il fut la plus parfaite incarnation de l’esprit de charité, comme il est décrit par Saint Paul (I Cor 13) : il fut patient et bienveillant, jamais jaloux ou vantard, il n’étalait pas ses qualités ou son savoir si profond.
Il n’était jamais désagréable ou égoïste, au contraire il était très généreux envers les indigents, jamais irascible ou méchant, jamais content des injustices parce qu’il était un chercheur de la vérité très fervent qui supportait tout : un croyant absolu.
Profondément religieux, croyant sincère et pratiquant, il ne faisait pas montre de ses sentiments mais avec une parole si persuasive et le support de sa préparation médicale, il ne négligea jamais de soigner non seulement les corps mais aussi les âmes qu’il dirigeait vers cette lumière qui, pour grâce divine, lui resplendissait à travers des abîmes impénétrables pour nous”.
Gaetano Quagliariello fut désigné par Moscati lui-même, comme alternative, à bénéficier de la chaire de Chimie Physiologique. Il eut paroles très belles pour son ami et confrère. Il déclara : “L'hôpital devint sa maison, son amour, son sanctuaire. Sa maison devint la destination d’un pèlerinage continu de malades de toutes les conditions sociales, de Naples et du Sud de l’Italie. Ils s’adressaient à lui pleins d’espoir et, bien souvent, ils ne recevaient pas seulement la guérison du corps mais aussi le salut de l’âme.
Il avait horreur du renom, de la célébrité car elles étaient considérées comme passions d’ici-bas, mais il fut impossible se soustraire et ainsi elles l’atteignirent dans son humilité”.
Pasquale Malerba fut directeur du mémoire de maîtrise de Moscati qui fut reçu avec éloges. Le Prof. Quagliariello nous dit que Moscati, en fréquentant son maître, lui conduisit du matérialisme à la foi en Christ.

Moscati, “un de nous”. “Libera docenza” du 1922

Le Prof. Moscati travaillait en hôpital depuis longtemps et, en même temps, il enseignait à une foule d’étudiants qui s’accroissait toujours davantage. Il avait obtenu la “libera docenza” en Chimie Physiologique en 1911 et à l’époque il était Médecin Chef de l’Hôpital des Incurables de Naples. Il enseignait aussi Clinique et Sémiologie mais sans avoir les titres officiels.
Quelques-uns, en voyant que beaucoup d’étudiants préféraient suivre les cours de Moscati et ne pas participer aux officiels, complotaient dans l’ombre pour l’empêcher de continuer à enseigner.
Il écrivit au Prof. Castellino le mai 1922, il lui demanda de réunir la commission.
« Monsieur le Directeur,
Vous avez été mon maître et mon père très cher dès que j’avais 17 ans (j’étais un élève et aujourd’hui j’ai les cheveux blancs !) […]
Je suis complètement épuisé et déprimé parce que depuis la guerre j’ai toujours travaillé et éprouvé des émotions très vives ! […]
Je passe des nuits blanches et j’ai perdu l’opportunité de la ratification de l’enseignement. Je l’obtiendrai peut-être dans la prochaine séance du cours supérieur […]
J’ai fait une grosse bêtise ; je devais suivre auparavant l’orientation clinique. Mais je détestais et déteste encore la carrière professorale! Mais ça ne fait rien ! […] »
Cette lettre montre que même les saints ont eu des changements d’avis, des découragements et des regrets. Moscati était dans un état de profonde affliction qui se répercutait aussi sur son physique. Le grand Médecin, le grand Maître, le grand Saint nous paraît comme l’un de nous.
La sainteté ne manque pas d’ambition et ne rend pas impassible devant l’envie. La sainteté se rattache à la nature humaine, la respecte mais, en même temps, elle donne les moyens pour surmonter les difficultés et pour s’élever au-delà des horizons plus bornés et trompeurs.
Moscati était un homme supérieur et un saint mais, malgré les appréciations sur son travail, il souffrait exactement comme un de nous. Sa lettre au Prof. Pietro Castellino est une preuve de cela.
Le 14 octobre 1922 le Ministère de l'Instruction Publique lui attribua la libera docenza[6] en Médicine Clinique. Trois jours après Moscati écrivit :
“Aime la vérité, montre la personne qui tu es, sans feinte et sans peur, sans aucun ménagement. Et si la Vérité te vaut la persécution, toi, accepte-la, si elle t'apporte le tourment, toi, supporte-le. Et si pour la Vérité, il te fallait sacrifier toi-même et ta vie, sois fort dans le sacrifice”.

Napoli, chiesa di Gesù Nuovo, stanza di Giuseppe Moscati.

LA MORT SOUDAINE

Le 12 avril 1927, Mardi Saint, le prof. Moscati, après avoir participé à la messe, comme chaque jour, et reçu la communion, passa la matinée à l'hôpital, puis il rentra chez lui et après un repas, comme d'habitude, il s'occupa des patients qui venaient le consulter à son domicile.
Vers 15 h, il eut un malaise et s'assit dans son fauteuil, un peu après, il croisa les bras sur sa poitrine et expira sereinement. Il avait 46 ans et 8 mois.
La nouvelle de sa mort se répandit immédiatement et la douleur fut unanime. Les pauvres surtout le pleurèrent sincèrement, car ils venaient de perdre leur bienfaiteur.

Premiers témoignages après la mort du Prof. Moscati

Le Cardinal de Naples, Alessio Ascalesi, après avoir prié devant la dépouille mortelle, s'adressant aux parents dit ceci : « Le Professeur appartenait plus au Ciel qu'à la terre. Ce ne ne sont pas les âmes de ceux dont il a guéri le corps qui sont venues à sa rencontre, pour l'emmener au Ciel, mais ceux dont il a sauvé l'âme »
Dans le registre des condoléances placé à 1'entrée de la maison, parmi les témoignages de regrets et sympathie, nous avons recueilli une phrase très significative : « Tu n'as pas voulu de fleurs et pas de larmes, mais nous, nous pleurons quand même, parce que le monde a perdu un Saint, Naples un exemple de vertus, mais les malades pauvres, ils ont tout perdu ! »

Translation du corps dans l'église du Gesù Nuovo

Le corps fut enterré au cimetière de Poggioreale. Mais trois ans plus tard, le 16 novembre 1930, sur l'insistance de plusieurs personnalités du clergé et du laïcat, l'archevêque de Naples, le Cardinal Alessio Ascalesi, permet la translation du corps du cimetière à l'église du Gesù Nuovo, au milieu d'une double haie de personnes.
Ce sera Nina Moscati, la sœur du professeur, qui en cette occasion sera la plus heureuse de tous, car elle a toujours été près de son frère pour l'encourager et le soutenir dans cette pratique de charité et ce sera elle qui, après la mort, donnera à l'église tous ses effets personnels ainsi que les meubles et objets.
Le corps fut déposé dans une salle derrière l'autel de Saint François Xavier et aujourd'hui une pierre en marbre, à droite de cet autel, le rappelle encore.

LA BÉATIFICATION (PAUL VI)
LA CANONISATION (JEAN-PAUL II)

La Béatification (Paul VI)

La grande estime et la considération qui déjà entouraient le Prof. Moscati pendant sa vie s'accroît après sa mort, et bientôt la douleur et les larmes de ceux qui l'avaient connu et aimé se transformèrent en joie, enthousiasme et prière. On s'adressait à lui en toutes choses.
Entre-temps, on instruit les procès pour l'examen de deux miracles: deux guérisons qui sont attribuées au Serviteur de Dieu.
Le 16 novembre 1975, le pape Paul VI proclame Joseph Moscati Bienheureux, au cours d'une célébration solennelle à Saint-Pierre de Rome.
Ce jour-là, sur la place Saint-Pierre, malgré une forte pluie qui tombera à plusieurs reprises, une très grande foule de fidèles suivra, avec une vive émotion, jusqu'à la fin, le rite sacré.

La Canonisation (Jean-Paul II)

En 1977, deux ans après la Béatification, il y eut la reconnaissance canonique du corps : on recomposa le squelette de Moscati et on le déposa dans une châsse en bronze, réalisée par le Prof. Amédée Garufi, et ensuite placée sous l'autel de la Visitation.
La dévotion à Moscati augmente toujours d'avantage. Les grâces obtenues par son intercession sont toujours plus nombreuses. En vue de la canonisation, on examinera la guérison de la leucémie, ou myéloïde aigüe myéloblastique, du jeune Joseph Montefusco, qui eut lieu en 1979.
Finalement, après de longs examens, pendant le consistoire du 28 avril 1987, le Pape Jean-Paul II fixe la date de la canonisation au 25 octobre de la même année.
Du 1er au 30 octobre, à Rome, se déroulait la VIIe assemblée générale du Synode des Évêques, dont le thème était : « Vocation et mission des laïcs dans l'Église et dans le monde, à 20 ans du Concile Vatican II ».
Il ne pouvait exister meilleure coïncidence : Joseph Moscati était un laïc qui avait rempli sa mission dans l'Église et dans le monde. Sa canonisation était très désirée et espérée par tous : étudiants, universitaires et médecins, qui avaient connu le médecin Moscati comme un homme de grande foi et de grande charité, qui assistait et soulageait les souffrances de ses malades, mais qui surtout, les portait à Dieu.
Le 25 octobre 1987, à 10 heures du matin, place Saint-Pierre, à Rome, le Pape Jean-Paul II, en présence de plus de 100.000 personnes, proclame et admet officiellement Joseph Moscati au nombre des Saints (60 ans après sa mort).
Sa fête liturgique sera fixée au 16 novembre.
Antonio Tripodoro s.j. – Egidio Ridolfo s.j.

[1] Lauro Maio, S.Giuseppe Moscati e Benevento sua città natale, Bénévent 1987, p.13.

[2] A propos de l’éruption du Vésuve, Matilde Serao écrivait dans le quotidien "Il Mattino" du 22 avril 1906:


"Notre esprit est profondément démoralisé. Le silence immense et l’abandon de Resina et de Torre del Greco, les belles villes entre les orangeraies et la mer, nous rendons tristes.


Il y a misère partout et la vie a disparue; Portici, Resina, Torre del Greco étaient villes de rêve, mais maintenant elles n’ont pas plus leur âme, villes abandonnées, mortes, il y a un siècle que l’abandon et la mort vivent là-haut.


Il n'y a personne que nous parle de la panique qu’a obligé à s’échapper de nuit, à l’aube, de matin; mais nous le savons, le pouvons imaginer, puisque nous le voyons, oui, avec nos yeux mortels, nous voyons l'abandon et la mort. Est-ce possible que Portici, Resina et Torre del Greco étaient vivantes? Est-ce possible qu’il y avait beaucoup de personnes, une fois, dans ces maisons et dans ces rues?
Le grand panache de fumée et cendre s’élève sur la montagne: cendre, nuages, vapeurs nous empêchent de voir chaque chose, sauf les foudres fréquents, de tous les couleurs, centaines de foudres qui fendrent le ciel blême, le gris opaque; il y a la vie seulement sur la montagne des horreurs, et ici il y a seulement la mort !"


[3] Gaetano Quagliariello, Giuseppe Moscati, extrait de la revue Medicus, avril/décembre 1948.


[4] Avant le concours, Moscati, en prévoyant les immanquables escroqueries et favoritismes, écrivit au Prof. Calabrese, Titulaire de la chaire de Médecine Clinique :


“Je ne peux pas tolérer les abus de ceux qui sont protégés. Ils sont déjà sur le point de fêter les places promis par relations et compromis […]. Je ne suis pas hautain, je veux seulement justice. Gare à qui oserait être en contraste avec ce principe! ...”


[5] “Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. A tous, a été promis, après la rédemption du monde, le jour qui nous réunira à nos chers défunts et qui nous ramènera à l'Amour suprême !” – [D'une lettre à M. Mariconda du 27 février 1919]


[6] Titre académique italien permettant d’enseigner à titre privé dans les universités et les autres instituts supérieurs.



Benevento, Palazzo Rotondi Andreotti Leo, casa natale Giuseppe Moscati

Saint Joseph Moscati

Also known as
  • Giuseppe Mario Carolo Alphonse Moscati
  • Joseph Mario Charles Alphonse Moscati
Profile

Seventh of nine children born to a prominent family, the son of Francsco Moscati, a lawyer and magistrate who served as an altar server whenever possible, and Rosa de Luca dei Marchesi di Roseto, whose family was Italian nobility. Giuseppe’s family moved to Naples, Italy when the boy was four years old; he made his First Communion at age eight, Confirmation at ten. Friend of Blessed Bartolo Longo and Blessed Caterina Volpicelli. Received his doctorate from the University of Naples in 1903. Worked at and served as administrator of a hospital for the incurable while continuing to study and do medical research. Assisted in the preparation for and recovery from the eruption of Mount Vesuvius on 8 April 1906, but refused any recognition for the work. Led the work to stop cholera in Naples. Member of the Royal Academy of Surgical Medicine in 1911, and received a doctorate in physiological chemistry. Directed several hospitals and medical societies, and was one of the first to experiment with the use of insulin for diabetes. Tried to enlist in the army in World War I, but was refused and instead ran a hospital for the wounded; personally treated almost 3,000 soldiers. He healed (sometimes miraculously), taught at numerous universities and hospitals, and supported the poor and outcast; could sometimes diagnose a patient‘s illness and prescribe for it without having seen the patient. Knew when and how to use a patient‘s faith and the sacraments to effect a cure. First modern physician to be canonized.

Born
  • white coat
  • lab coat




St. Giuseppe Moscati's life story is presented in the beautiful movie St. Giuseppe Moscati: Doctor to the Poor.

by Paul A. Ray,Andre J. Bottesi | Source: Catholic.net

Authors:

Michele Bondi Bottesi, Paul A. Ray & Andre Bottesi



Giuseppe Moscati was born in 1880 in Benevento, Italy, to pious, aristocratic Italian parents. He was the seventh of nine children.  His father, Francesco, was a well-known lawyer and his mother, Rosa De Luca dei Marchesi di Roseto, came from nobility.  In 1884 Francesco moved the family to Naples, the city where Giuseppe spent most of the rest of his life.   
The family vacationed each year in Avellino, and attended Mass at the chapel of the Poor Clare nuns where Francesco served at the altar.  On December 8th 1888, Giuseppe received his First Holy Communion from Monsignor Enrico Marano, in the Ancelle del Sacro Cuore (Church of the Maids of the Sacred Heart) in Naples. That was the beginning of his Eucharistic life, one of the sources of Dr. Moscati’s sanctity. 1
In 1892, when Giuseppe was thirteen, his older brother Alberto, a lieutenant in the artillery, fell from his horse during a military parade.  He sustained a significant head injury which resulted in recurring epilepsy. Giuseppe spent a great deal of time helping care for his injured brother, a sure sign of his true vocation in life. What he witnessed through his brother's care led Giuseppe to become interested in medicine and make the vital determination that the healing power of religion was more successful in treating patients than man-made remedies.


Following the completion of his elementary education 1889, Giuseppe entered high school and from 1889-97 attended the Liceo Vittorio Emanuele Institute in Naples. He began his medical studies in 1897, the same year his father died.  On April 4, 1903 he graduated “summa cum laude” with a doctorate from the Faculty of Medicine at the University of Naples.



Immediately after graduation, Dr. Moscati began working at the Ospedali Ruinity degli Incurabili (Hospital of the Incurables), where he became an administrator. He also continued his studies and conducted medical research.


On April 8, 1906, Mount Vesuvius erupted.  In a genuine act of selflessness, Giuseppe heroically rescued the patients trapped inside the hospital at Torre del Greco, which was located just a few miles from the volcano’s crater, just before the roof collapsed from the weight of the ash.

In 1911 there was an outbreak of cholera in Naples.  Giuseppe worked day and night treating the poor without charge, giving witness to the Gospel of Jesus Christ. He is well known for showing great respect for the dead.  In an outpouring of Christ’s call to love our neighbor in humility and simplicity, he allowed the faithful to follow in procession singing hymns of the Church as the bodies of the deceased were removed from the streets.  Giuseppe also labored to prevent cholera from spreading by performing public health inspections while researching the causes of the disease and striving to eradicate it.     

Also in 1911, Giuseppe became a member of the Royal Academy of Surgical Medicine and received his doctorate in physiological chemistry. His brother Alberto died on June 12, 1914;  Giuseppe mourned the loss of his brother for the rest of his life. His mother, who was diabetic,  died in late 1914 from the disease, which was untreatable at that time. She said to her surviving children after receiving the sacraments before she died, "My dearest, you let me die satisfied. Always avoid sin, which is the greatest evil of life." 2  

Giuseppe provided insight into the sanctity of his parents in a letter he wrote to a woman who had lost her mother. "As a boy I lost my father and then, when I was an adult, my mother. Now, both of them always stand by me. I feel their sweet company. Whenever I try to imitate them, always so good and upright, I feel their encouragement and if I deviate they incite me to do the right thing, just like they used to tell me when they were still living..." 3


In 1915, Italy entered World War I. Professor Moscati asked for voluntary enlistment but was  assigned to the care of wounded soldiers at the militarized Incurabili Hospital. He is remembered for visiting, effectively treating, and consoling approximately 3000 wounded soldiers.  In 1919 he became director of one of the local men’s schools and continued teaching.  In 1922 the professor was given a libera docenza in clinical medicine, which gave him the credentials to  teach at institutes of higher education.



St. Giuseppe Moscati was very dedicated to his studies and proved himself to be not only a brilliant diagnostician, but a caring and charitable doctor. He is perhaps most known and loved for his Christlike bedside manner, and began a revolution in medicine that changed and improved the way doctors treated their patients. He was a medical pioneer, and among the first to stimulate the heart through what is now known as CPR. He was one of the first doctors in Naples to experiment with insulin to treat diabetes. Giuseppe was respected and admired for his extraordinary courage and compassion, but was also accused of witch doctoring because of his methods, which were at the time unconventional and cutting-edge.  


Giuseppe was a forensic surgeon and director of the Pathological Anatomy Institute as well, and known as a master of conducting autopsies. Additionally, he wrote 27 scientific publications from the time he earned his degree in 1903 to the year 1916.  

A pivotal event for Giuseppe and for so many others occurred when he cared for a terminally ill woman at his home until her death.  She was the friend of a friend, and had been afraid to stay at the hospital.  Subsequent to this, people started going to his home seeking medical care. The doctor gave his patients money and food in addition to their prescriptions. Giuseppe and his sister Anna ("Nina") sold most of their family's belongings to continue helping care for sick people in need.  Nina assisted her brother Giuseppe in his vital work serving the sick. Their brother Eugenio remarked, "In doing good, he had Nina as his ally." 4

During his remarkable lifetime, St. Moscati had attended Holy Mass daily, had taken a vow of chastity, retired regularly for prayer, and practiced heroic charity by viewing his work as a means of alleviating suffering. 
God called Giuseppe Moscati home to his eternal reward on April 12, 1927, at the age of 46.  The holy physician of Naples left behind an extraordinary legacy of sharing the love of Christ with those in need. His body is interred in the former Church of Gesu Neuvo, now known as the Church of St. Giuseppe Moscati. His Eminence Cardinal Ascalesi remarked at Giuseppe’s interment, "The doctor belonged to the Church. It was not those whose bodies he had cured, but whose souls he had saved who were waiting to greet him when he left this earth."  Nina survived him by four years.


Giuseppe Moscati wrote this letter in 1919:



"When I was a boy I looked with interest to the Incurabili hospital as my father showed me that far from the house terrace. It inspired me pity feelings for the pain without name, calmed in those walls. A beneficial dismay took me and I started to think about the frailty of all the things, and the illusions passed, as falling flowers of the orange groves surrounding me. Then I was completely fallen in my starting literary studies, and I did not suspect or dream that, a day, in that white building, to whose large windows patients were hardly visible, as white ghosts, I would have held the supreme clinical degree. […] I will try, with the God help, with my minimal strengths, to deserve your complete trust, and to collaborate to the economic reconstruction of the old Neapolitan hospitals, so well deserving in term of charity and culture, and nowadays so poor." 5


Pilgrims continue to visit his office and humble examining room, where hundreds of plaques on the walls provide testimony to the cures granted by God through the intercession of this extraordinary man who practiced heroic virtue by living in imitation of Christ.

The Holy Physician of Naples lived to the fullness of St. Paul’s words, “Do nothing out of selfishness or out of vainglory; rather, humbly regard others as more important as yourselves.  Each looking out not for his own interests, but everyone also for those of others.”  Philippians 2:3-4.  He is a saint who left us a most profound example of humility and an ability to use one’s God-given talents to truly serve others.

Dr. Giuseppe Moscati was beatified by the Roman Catholic Church on November 16, 1975.  The miraculous healing of a young ironworker with terminal cancer was St. Moscati’s canonization miracle. The man’s mother dreamt of a doctor wearing a white coat and subsequently identified him from a photograph as Giuseppe Moscati.  Not long after that, the man was cured and returned to work.  He was canonized on October 25, 1987 by Pope John Paul II and is the first modern doctor to be declared a saint.   His feast day is November 16. 
St. Giuseppe Moscati's life story is presented in the beautiful movie St. Giuseppe Moscati: Doctor to the Poor (Ignatius Press: 2010). The timeless Italian film (177 minutes) has English and Spanish subtitles. The movie highlights Dr. Moscati’s vocation as a physician in Italy where he mended people’s sick and injured bodies as well as their spirits with acts of kindness. 
It is so well done, and St. Moscati’s life story so worth knowing, you will want to see it over and over again, The film deviated from fact by adding a love interest and a rivalry with a friend and colleague. These fictitious accounts aptly provide viewers the opportunity to consider their own choices and examine if and how they will serve God using the gifts they have been given.  


Be sure to see this very special movie, more than once, and learn about the medical doctor, professor, biochemistry pioneer, humanitarian, and exceptionally loving man who truly lived and served in imitation of Christ. 

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Sources:


Additional sources:



www.catholiceducation.org; www.moscati.it; www.wikipedia.org; www.suite101.com.


St. Giuseppe Moscati: Doctor to the Poor DVD Copyright 2010, Ignatius Press.



About the Authors

Michele Bondi Bottesi is a mother, award-winning Catholic author, psychologist, and publisher at Joseph Karl Publishing. Visit her blog, God is at Work in You! at www.godisatworkinyou.blogspot.com

Paul A. Ray is a Catholic author and speaker, and creative director at Joseph Karl Publishing. Visit his blog, Tongues as of Fire! at  www.tonguesasoffire.blogspot.com.


Andre J. Bottesi is a high school student and award-winning Catholic author. 



SOURCE : http://www.catholic.net/index.php?id=6453&option=dedestaca


Napoli, chiesa di Gesù Nuovo, stanza di Giuseppe Moscati.

Joseph Moscati: Saint, doctor, and miracle-worker

·        MICHAEL J. MILLER

St. Giuseppe Moscati treated thousands during his lifetime, using natural means. Now that he has gone on to his heavenly reward, he continues to have "office hours" and works amazing cures on a regular basis.

Giuseppe Moscati (1880-1927), a physician, medical school professor, and pioneer in the field of biochemistry, was canonized in 1987 during the synod of bishops on the laity. Not often is someone with a professional degree from a modern secular university declared a saint. Moreover, it is positively earth-shattering when an internationally acclaimed scientist becomes a certified miracle-worker.

The Holy Father hinted at the connection between sanctity and miracles in his homily at the canonization of Dr. Moscati: "Holiness is man's union with God in the power of the Paschal Mystery of Christ, in the power of the Spirit of Truth and Love . . . Love has the power to unite man with God. And this definitive love matures through the various works of charity that a man performs in the course of his life." While some Christians are suspicious of the claim that good deeds bring us closer to God, we have Christ's own word for it in the Gospel: "Come, O blessed of My Father, inherit the kingdom . . . For I was sick and you visited me" (Mt. 25:31-46).

The life of St. Giuseppe Moscati illustrates how the Catholic faith and practical charity united a layman with God to such an extent that the power of God ultimately worked in and through him.

Giuseppe Moscati was the seventh of nine children born to aristocratic Italian parents. His father's career as a magistrate (judge) led the family to settle in Naples. Every year they vacationed in the province of Avellino, his father's native region, and while there they attended Mass at the chapel of the Poor Clare nuns, with the renowned jurist serving at the altar.

The future saint inherited his father's piety and intellectual gifts. Giuseppe's unexpected decision to study medicine rather than law can be traced to an incident during his adolescence. In 1893 his older brother Alberto, a lieutenant in the artillery, fell from a horse and sustained incurable head trauma. For years Giuseppe helped care for his injured brother at home, and as he matured he reflected on the limited effectiveness of human remedies and the consoling power of religion.

When Giuseppe Moscati enrolled in medical school in 1897, the University of Naples with its openly agnostic, amoral, and anti-clerical atmosphere and its secret societies was a perilous place for a young Catholic. Moscati avoided distractions, studied diligently, continued to practice his faith, and took a doctoral degree with honors in 1903.

Dr. Moscati then practiced medicine at the Hospital for Incurables in Naples and taught courses in general medicine at the university. Soon he became a hospital administrator. He demonstrated extraordinary skill in diagnosing his patients' ailments; some colleagues attributed this to his ability to synthesize traditional methods with the findings of the new science of biochemistry.

His approach was indeed holistic, but it extended beyond what can be learned in the lecture hall or the laboratory. "Remember," he once wrote to a young doctor, one of his former students, "that you must treat not only bodies, but also souls, with counsel that appeals to their minds and hearts rather than with cold prescriptions to be sent in to the pharmacist."

A flock of interns would follow Dr. Moscati while he made his rounds at the hospital, so as to learn his techniques. While dedicating the Church of St. Giuseppe Moscati in the suburbs of Rome in 1993, Pope John Paul II described the doctor's method: "In addition to the resources of his acclaimed skill, in caring for the sick he used the warmth of his humanity and the witness of his faith."

Giuseppe Moscati regarded his medical practice as a lay apostolate, a ministry to his suffering fellowmen. Before examining a patient or engaging in research he would place himself in the presence of God. He encouraged his patients, especially those who were about to undergo surgery, to receive the sacraments.
Dr. Moscati also attended to temporal needs. He treated poor patients free of charge, and would often send someone home with an envelope containing a prescription and a 50-lire note.

On occasion he practiced heroic charity. When Mount Vesuvius erupted in April 1906, Dr. Moscati voluntarily helped to evacuate a nursing home in the endangered area, personally moving the frail and infirm patients to safety minutes before the roof of the building collapsed under the ash. He also served beyond the call of duty during the 1911 cholera epidemic and treated approximately 3,000 soldiers during World War I.

"The holy physician of Naples," as he was called, also made efforts to "humanize" the medical profession as an institution. He was outspoken in his opposition to the unfair practices of nepotism and bribery that often influenced appointments at that time. He might have pursued a brilliant academic career, taken a professorial chair and devoted more time to research, but he preferred to continue working with patients and to train interns.



In another letter to a student, Dr. Moscati wrote, "Not science, but charity has transformed the world," explaining that only a few go down in history as men of science, but all can leave the world a better place by their charity.

On a Tuesday in 1927, Giuseppe Moscati went to Mass and received Holy Communion (as he did every day) and then made his rounds at the hospital. After a midday meal he felt weary, lay down, and died peacefully. He was not yet 47 years old.

Giuseppe Moscati was beatified in 1975 and declared a saint by Pope John Paul II on October 25, 1987. His feast day is November 16.

The miracle for his canonization was the inexplicable cure of a young man who was dying of leukemia. His mother dreamed of a doctor in a white coat, whom she identified when her pastor showed her a photo of Blessed Giuseppe. Through his intercession, her son was cured and returned to his job as an ironworker. The young man, Giuseppe Fusco, attended the canonization ceremony and presented to the Pope a wrought-iron face of Christ which he had made.

St. Giuseppe Moscati treated thousands during his lifetime, using natural means. Now that he has gone on to his heavenly reward, he continues to have "office hours" and works amazing cures on a regular basis. The Jesuits who staff the Church of Gesù Nuovo in Naples, where the saint is entombed, post accounts of new medical miracles at their website. In recent years, St. Giuseppe has cured a young man who ruptured his spleen in a motorcycle accident, restored to health a youngster who, during a severe asthma attack, turned blue and suffered brain damage, and even helped married couples who were having difficulty conceiving a child.

The miraculous power of the holy physician's intercession in heaven is explained by his conscientious practice of Christian charity while on earth. As he wrote to a colleague, "Only one science is unshakeable and unshaken, the one revealed by God, the science of the hereafter! In all your works, look to Heaven, to the eternity of life and of the soul, and orient yourself then much differently from the way that merely human considerations might suggest, and your activity will be inspired for the good."

Acknowledgement

Michael J. Miller. "Joseph Moscati: Saint, doctor, and miracle-worker." Lay Witness (March/April 2004).

This article is reprinted with permission from Lay Witness magazine. Lay Witness is a publication of Catholic United for the Faith, Inc., an international lay apostolate founded in 1968 to support, defend, and advance the efforts of the teaching Church.

The Author

The Most Reverend J. Michael Miller, CSB, was born in Ottawa, Canada, on July 9, 1946. On June 29, 1975, Pope Paul VI ordained him a priest, and on November 23, 2003 Pope John Paul II appointed him titular Archbishop of Vertara, Secretary of the Congregation for Catholic Education and Vice President of the Pontifical Work of Priestly Vocations. He became Archbishop of Vancouver on January 2, 2009. Archbishop Miller is a member of the Pontifical Committee for International Eucharistic Congresses and of the Pontifical Council for Pastoral Care of Migrants and Itinerant People as well as a consultor to the Congregation for Bishops.

Archbishop Miller is a specialist on the papacy and modern papal teaching, he has published seven books and more than 100 articles, scholarly, popular and journalistic. His books include The Shepherd and the Rock: Origins, Development, and Mission of the Papacy the Encyclicals of John Paul II, and The Holy See's Teaching on Catholic Schools.

 Copyright © 2004 LayWitness

SOURCE : http://www.catholiceducation.org/en/faith-and-character/faith-and-character/joseph-moscati-saint-doctor-and-miracle-worker.html


Benevento, Palazzo Rotondi Andreotti Leo, casa natale Giuseppe Moscati, iscrizione


Giuseppe Moscati (RM)
(also known as Joseph Moscati)


Born in Benevento, Italy, 1860; died 1927; beatified in 1975; canonized in 1987 by Pope John Paul II. Saint Giuseppe studied medicine at the University of Naples and later joined the school's medical faculty. His work led to the modern study of biochemistry. But Giuseppe was not canonized because he had a great scientific mind; rather his vow of chastity and loving care of the incurables at Santa Maria del Populo drew him to a life of sanctity. His charity was further proven during the eruption of Mount Vesuvius in 1906 and the cholera outbreak in 1911. Throughout his professional life he continued his medical research to relieve suffering, not to earn acclaim or wealth. He regularly withdrew for long periods of reflective prayer. Three years after his death, his relics were translated to the church of Gesu Nuovo (Farmer).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1116.shtml


Statue de Saintt. Giuseppe Moscati , Gesù Nuovo, Naples 


San Giuseppe Moscati Laico


Benevento, 25 luglio 1880 - Napoli, 12 aprile 1927

Originario di Serino di Avellino, nacque a Benevento nel 1880, ma visse quasi sempre a Napoli, la «bella Partenope», come amava ripetere da appassionato di lettere classiche. Si iscrisse a medicina «unicamente per poter lenire il dolore dei sofferenti». Da medico seguì la duplice carriera sopra delineata. In particolare salvò alcuni malati durante l'eruzione del Vesuvio del 1906; prestò servizio negli ospedali riuniti in occasione dell'epidemia di colera del 1911; fu direttore del reparto militare durante la grande guerra. Negli ultimi dieci anni di vita prevalse l'impegno scientifico: fu assistente ordinario nell'istituto di chimica fisiologica; aiuto ordinario negli Ospedali riuniti; libero docente di chimica fisiologica e di chimica medica. Alla fine gli venne offerto di diventare ordinario, ma rifiutò per non dover abbandonare del tutto la prassi medica. «Il mio posto è accanto all'ammalato!». In questo servizio integrale all'uomo Moscati morì il 12 aprile del 1927. Straordinaria figura di laico cristiano, fu proclamato santo da Giovanni Paolo II nel 1987 al termine del sinodo dei vescovi «sulla Vocazione e Missione dei laici nella Chiesa».

Etimologia: Giuseppe = aggiunto (in famiglia), dall'ebraico

Martirologio Romano: A Napoli, san Giuseppe Moscati, che, medico, mai venne meno al suo servizio di quotidiana e infaticabile opera di assistenza ai malati, per la quale non chiedeva alcun compenso ai più poveri, e nel prendersi cura dei corpi accudiva al tempo stesso con grande amore anche le anime.

Giuseppe Moscati fu uno dei medici più conosciuti della Napoli d’inizio Novecento. Per la sua capacità di coniugare scienza e fede, è riconosciuto come Santo dalla Chiesa cattolica a partire dal 1987. Ancora oggi riceve visite da persone di ogni parte del mondo, non solo per le infermità fisiche, ma anche per i mali che colpiscono l’animo degli uomini del nostro tempo.

Contrariamente a quanto si possa credere, non nacque a Napoli, ma a Benevento, il 25 luglio 1890, da Francesco Moscati, magistrato, e Rosa de Luca; fu il settimo dei loro nove figli. Si trasferì nel capoluogo campano quando aveva quattro anni, dopo una breva permanenza ad Ancona, per via del lavoro del padre. 

L’8 dicembre 1888 ricevette la Prima Comunione da monsignor Enrico Marano nella chiesa delle Ancelle del Sacro Cuore, fondate da santa Caterina Volpicelli. Studiò presso il liceo «Vittorio Emanuele»; dopo il conseguimento del diploma di maturità classica, nel 1897, iniziò gli studi universitari presso la facoltà di Medicina. Il motivo di quella scelta, di rottura rispetto alla tradizione familiare (oltre al padre, anche suo nonno paterno e due fratelli avevano studiato Giurisprudenza), è forse dovuto al fatto che, dalla finestra della nuova abitazione, poteva osservare l’Ospedale degli Incurabili, che suo padre gl’indicava suggerendogli sentimenti di pietà per i pazienti ricoverati.

Il primo ammalato con cui ebbe a che fare suo fratello Alberto, il quale, caduto da cavallo, subì un trauma cranico, che gli produsse una forma di epilessia. Quest’evento persuase il giovane da una parte della brevità della vita umana, dall’altra di doversi dedicare interamente alla professione medica. Nel frattempo, il 2 marzo 1898, fu cresimato da monsignor Pasquale de Siena, vescovo ausiliare del cardinal Sanfelice, arcivescovo di Napoli.

All’epoca la facoltà di Medicina, insieme a quella di Filosofia, era quella più influenzata dalle dottrine del materialismo. Tuttavia Giuseppe se ne tenne a distanza, concentrandosi sulla preparazione degli esami. Concluse gli studi il 4 agosto 1903 con una tesi sull’urogenesi epatica, laureandosi col massimo dei voti.

Nemmeno tre anni dopo, iniziò a emergere la sua capacità di agire tempestivamente: dopo aver assistito alle prime fasi dell’eruzione del Vesuvio dell’8 aprile 1906, si precipitò a Torre del Greco, dove gli Ospedali Riuniti di Napoli avevano una sede distaccata, e trasmise l’ordine di sgombero, caricando personalmente i pazienti, molti dei quali paralitici, sugli automezzi che li avrebbero condotti in salvo. Appena l’ultimo paziente fu sistemato, il tetto dell’ospedale crollò. Per sé il giovane medico non volle encomi, ringraziando invece il resto del personale, a suo dire più meritevole. Nell’epidemia di colera del 1911 fu invece incaricato di effettuare ricerche sull’origine dell’epidemia: i suoi consigli su come contenerla contribuirono a limitarne i danni.

Tra gli elogi che arrivavano da parte del mondo accademico, gli giunse anche la vittoria in un importante concorso, che lo inserì a pieno titolo nell’attività dell’Ospedale degli Incurabili. Portava avanti in parallelo l’esercizio della professione e la libera docenza universitaria. Furono numerose anche le sue pubblicazioni su riviste di settore e le partecipazioni a congressi medici internazionali.

Un insegnamento di rilievo gli veniva dalle autopsie, nelle quali era tanto abile che, nel 1925, accettò di dirigere l’Istituto di anatomia patologica. Un giorno convocò i suoi assistenti nella sala delle autopsie per mostrare loro non un caso clinico, ma la vittoria della vita sulla morte: «Ero mors tua, o mors», come diceva un cartello sovrastato da un crocifisso, fatto sistemare da lui su una delle pareti. In altri casi, mentre esaminava i cadaveri, fu udito affermare che la morte aveva qualcosa d’istruttivo.
Non che fosse un personaggio cupo, tutt’altro. I suoi parenti e colleghi testimoniarono che dalla sua persona promanava un fascino distinto, che lo rendeva di buona compagnia. Era anche molto attento alla natura, all’arte e alla storia antica, come si evince dal racconto di un viaggio in Sicilia.  Non si concedeva altri svaghi come andare a teatro o al cinema e non aveva neppure un’automobile sua, preferendo spostarsi a piedi o coi mezzi pubblici, anche sulla lunga distanza.

Erano tutti modi con cui si esercitava a conservarsi sobrio e povero, come gli ammalati che prediligeva visitare. Numerosi sono i racconti di pazienti che si videro recapitare indietro la somma con cui l’avevano pagato, anche se ne aveva diritto essendo venuto da lontano. I poveri, per lui, erano «le figure di Gesù Cristo, anime immortali, divine, per le quali urge il precetto evangelico di amarle come noi stessi». Viene quasi alla mente l’espressione che papa Francesco ha più volte pronunciato, definendoli “carne di Cristo”, quindi scendendo nel concreto della corporeità e del dolore. Il dottor Moscati insegnava a trattare questa manifestazione «non come un guizzo o una contrazione muscolare, ma come il grido di un’anima, a cui un altro fratello, il medico, accorre con l’ardenza dell’amore, la carità».

E proprio la carità era, secondo lui, la vera forza capace di cambiare il mondo, come scrisse nel 1922 al dottor Antonio Guerricchio, un tempo suo assistente: «Non la scienza, ma la carità ha trasformato il mondo, in alcuni periodi; e solo pochissimi uomini son passati alla storia per la scienza; ma tutti potranno rimanere imperituri, simbolo dell'eternità della vita, in cui la morte non è che una tappa, una metamorfosi per un più alto ascenso, se si dedicheranno al bene».

Nel dottor Moscati la scienza era compenetrata da un’acuta capacità diagnostica, tanto più sorprendente se si pensa che, alla sua epoca, erano sicuramente noti i raggi X, ma non le tecniche con le quali oggi s’indaga l’interno degli organi, come la TAC o altre. I sintomi che altri riconducevano a malattie di un certo tipo erano da lui riferiti a cause di natura diversa, per le quali disponeva terapie il più delle volte benefiche. Oltre ai suoi prediletti, ebbe due pazienti celebri: il tenore Enrico Caruso, a cui rivelò – dopo essere stato tardivamente consultato – la vera natura del male che lo condusse alla morte, e il fondatore del santuario della Madonna del Rosario di Pompei, il Beato Bartolo Longo.

Tutte queste doti traevano la propria sorgente dall’Eucaristia, che riceveva quotidianamente, in particolare nella chiesa del Gesù Nuovo, non molto lontana dalla sua abitazione, in via Cisterna dell’Olio 10, dove viveva con la sorella Anna, detta Nina. Grande era anche la sua devozione alla Vergine Maria, sul cui esempio decise, nel pieno della maturità, di rimanere celibe, ma senza farsi religioso come san Riccardo Pampuri né diventare sacerdote, scelta che invece compì, a quarantacinque anni, il Servo di Dio Eustachio Montemurro. Qualcuno ha sospettato che fosse, per usare un eufemismo, incapace alla riproduzione o che avesse qualche tratto di misoginia. In realtà non si riteneva incline al matrimonio, che invece esortava ad abbracciare ai suoi giovani allievi: inoltre, se avesse preso moglie, non sarebbe più stato libero di visitare i suoi poveri.

La morte lo colse per infarto al culmine di una giornata come tante, verso le 15 del 12 aprile 1927. La poltrona dove si sedette, poco dopo aver applicato a se stesso la capacità diagnostica che aveva salvato tanti, è conservata ancora oggi, come tanti altri suoi oggetti, nella chiesa del Gesù Nuovo, grazie all’intervento della sorella Nina. 

I padri Gesuiti, a cui è tuttora affidato il Gesù Nuovo, non raccolsero solo la sua eredità materiale, ma si fecero custodi del suo ricordo e seguirono l’aumento della sua fama di santità. La sua causa di beatificazione si è quindi svolta nella diocesi di Napoli a partire dal 1931.
Dichiarato Venerabile il 10 maggio 1973, è stato beatificato a Roma dal Beato Paolo VI il 16 novembre 1975. 

A seguito del riconoscimento di un ulteriore miracolo per sua intercessione, dopo i due necessari per farlo Beato secondo la legislazione dell’epoca, è stato canonizzato da san Giovanni Paolo II il 25 ottobre 1987. In quel periodo si stava svolgendo la VII Assemblea generale del Sinodo dei Vescovi su «Vocazione e missione dei laici nella Chiesa e nel mondo a vent’anni dal Concilio Vaticano II»: non poteva esserci occasione migliore per indicarlo alla venerazione dei cattolici di tutto il mondo. 

La memoria liturgica di san Giuseppe Moscati nel Martyrologium Romanum è il 12 aprile ma localmente, dato che il giorno della nascita al Cielo può cadere nei giorni tra la fine della Quaresima e l’Ottava di Pasqua, è stata fissata al 16 novembre. Quello è anche il giorno anniversario della beatificazione e della traslazione dei suoi resti: in quella data del 1930 vennero infatti trasferiti dalla cappella dei Pellegrini nel cimitero di Poggioreale alla chiesa del Gesù Nuovo e collocati nel lato destro della cappella di san Francesco Saverio.
Sempre il 16 novembre, ma del 1977, quindi due anni dopo la beatificazione, vennero posti sotto l’altare della cappella della Visitazione, a seguito della ricognizione canonica.

Autore: Emilia Flocchini

SOURCE : http://www.santiebeati.it/Detailed/77850.html

San Giuseppe Moscati, storia di un medico diventato santo

Se siete a Napoli è d’obbligo fare una tappa presso la chiesa del Gesù Nuovo per andare a rendere omaggio a San Giuseppe Moscati. Troverete, infatti, nella navata destra, una statua in bronzo con camice e stetoscopio al collo, che vi porge delle mani lisce e levigate per le tante carezza che ha ricevuto dai fedeli.


Giuseppe Moscati, non ha avuto una lunga esistenza, poiché morì a soli 46 anni, eppure in quei pochi anni riuscì a conciliare scienza e fede al punto di conquistare un posto importante nel cuore di tutti i partenopei. Nato a Benevento da una nobile famiglia, conseguì agli inizi del Novecento la laurea in medicina. Cominciò la carriera ospedaliera nell’Ospedale degli Incurabili e si dedicò contemporaneamente all’insegnamento divenendo assistente ordinario nell’istituto di Chimica Fisiologica. Nello stesso tempo si dedicava all’assistenza gratuita dei malati più bisognosi. Nel corso della sua carriera conobbe diverse personalità importanti della medicina dell’epoca: Antonio Cardarelli, di cui fu allievo e medico personale; il beato Bartolo Longo, fondatore del Santuario e delle Opere di Pompei; la beata Caterina Volpicelli, donna di Dio che si prodigò per opere umanitarie e religiose. Moscati fu sempre spinto dalla voglia di aiutare i più deboli anche a discapito della sua vita.

Nel 1906 il Vesuvio eruttò portando ceneri e lapilli sui centri vicini creando panico tra tutti gli abitanti della zona. Il medico decise così di  aiutare nello sgombero del distaccamento degli Ospedali Riuniti di Torre del Greco riuscendo a portare via l’ultimo ammalato poco prima che il tetto dell’ospedale crollasse. Altro episodio che sottolinea la sua umanità si verificò durante l’epidemia di colera che colpì Napoli nel 1911. Allora Moscati era Assistente ordinario negli Ospedali Riuniti e Socio aggregato alla Regia Accademia medico-chirurgica. Fu chiamato in aiuto dall’Ispettorato della Sanità pubblica, dal Ministero degli Interni e dall’Ufficio di Sanità della Prefettura per compiere ricerche sul morbo e studiare i mezzi per combatterlo. Egli dopo aver aiutato gli ammalati sul campo, suggerì una serie di opere pubbliche, alcune delle quali messe in atto, necessarie per il risanamento della città. Moscati non fu solo uomo di scienza, ma anche letterato. Poiché parlava bene il francese, l’inglese e il tedesco, fu redattore della rivista “La riforma medica” per la letteratura straniera. Diverse sue ricerche sono pubblicate su altre riviste mediche italiane e straniere. Pur di approfondire la sua conoscenza delle più disparate malattie, utilizzò ogni viaggio per andare a visitare i vari ospedali del posto. Che andasse a Budapest o a Edimburgo, non mancava mai di recarsi nelle cliniche per assistere a operazioni chirurgiche e allargare la sua conoscenza di strategie didattiche per la formazione di futuri giovani medici. Questa sua voglia di ampliare il proprio sapere non passò inosservata, anzi accrebbe la sua fama.

Importante ricordare che Moscati non scelse nessuna istituzione religiosa, egli era un medico laico che aveva a cuore il bene dell’umanità, come ricordò papa Paolo VI nell’omelia in cui lo proclamò beato: “Chi è colui, che viene proposto oggi all’imitazione e alla venerazione di tutti? È un Laico […] È un medico […] È un Professore d’Università [..] È un Scienziato d’alta scuola”. Dopo dodici anni, nel 1987, il medico napoletano fu proclamato santo da Giovanni Paolo II.  La canonizzazione è avvenuta per il miracolo concesso a Giuseppe Montefusco, giovane ventenne all’epoca malato di leucemia.


Fonti: Antonio Tripodoro, “Giuseppe Moscati: il medico dei poveri”, Milano, Paoline, 2004

Beatrice Immediata, “Giuseppe Moscati: un uomo, un medico, un santo”, Milano, Paoline, 2008