dimanche 5 avril 2015

Sainte JULIENNE du MONT-CORNILLON (de LIÈGE), religieuse augustine et prieure


Bienheureuse Julienne du Mont Cornillon

religieuse Augustine ( 1258)

Native de Rétines (1192), près de Liège en Belgique, elle devient religieuse augustine et prieure du Mont-Cornillon. Dans cette charge, elle promut l'institution de la Fête-Dieu. Gratifiée de révélations divines, elle fut traitée de fausse visionnaire et chassée de son couvent. Rappelée par l'évêque de Liège puis définitivement expulsée en 1248, elle trouva refuge auprès des cisterciennes de Salzinnes, dans le Namurois. Après la destruction de ce couvent par un incendie, elle se retira à Fosses, où elle vécut en recluse. Elle mourut en 1258

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/04/06/5955/-/bienheureuse-julienne-du-mont-cornillon

Sainte Julienne de Cornillon

Julienne de Cornillon (1192-1258)

Vierge, religieuse Augustine puis prieure du monastère du Mont-Cornillon au diocèse de Liège. 

Elle fut appelée, par ses révélations, à développer dans l'Église la Fête du Saint-Sacrement ou Fête-Dieu(*). Traitée de fausse visionnaire, elle connut d'abord la persécution des sœurs qui la chassèrent de son couvent. L'évêque la rappela, mais, en 1248, elle en fut encore chassée. Elle se retira auprès des cisterciennes de Salzinnes dans les environs de Namur, puis à Fosses où elle vécut en recluse.

(*) La Fête-Dieu célèbre la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement de l’Eucharistie. Née au pays de Liège en 1246 à l’initiative de sainte Julienne de Cornillon, elle a été presque aussitôt étendue à l’Église universelle par Jacques de Troyes, ancien Archidiacre de Campine, devenu pape en 1261 sous le nom d’Urbain IV. source: Eglise catholique de Belgique on-line, écouter La Fête-Dieu [Extraits audios]

Le 17 novembre 2010, le Pape a tracé le portrait de sainte Julienne de Cornillon, qui contribua à l'institution du Corpus Domini. Née près de Liège (Belgique) à la fin du XII siècle, Julienne fut orpheline à cinq ans et confiée aux augustines de Mont Cornillon, où elle prit l'habit religieux pour finir prieure. Elle disposait d'une bonne culture et d'un sens christique profond, vivant avec une intensité particulière l'Eucharistie. A seize ans elle eut une première vision, qui la porta à comprendre qu'en adorant l'Eucharistie, les croyants pourraient renforcer leur foi, accroître l'exercice des vertus et réparer les offenses faites au Saint Sacrement. Elle "se confia à deux autres adoratrices de l'Eucharistie...et elles fondèrent ensemble une alliance spirituelle en vue de la glorifier.

Puis Benoît XVI a rapporté que, après des réticences, l'évêque de Liège retint l'initiative des trois religieuses et institua une fête diocésaine du Corpus Domini. Bientôt d'autres évêques firent de même. Mais Julienne "dut subir une dure opposition dans le clergé et chez le supérieur de son couvent. Elle quitta Mont Cornillon avec des consœurs et alla de couvent en couvent cistercien pendant dix ans, continuant à diffuser le culte eucharistique. Elle mourut à Fosses La Ville en 1258 et, en 1264, "Urbain IV institua la solennité universelle du Corpus, fixée au jeudi de Pentecôte... Pour donner l'exemple, le Pape célébra cette nouvelle fête à Orvieto, ville italienne où il résidait... Le célèbre corporal du miracle eucharistique survenu à Bolsena l'année précédente" est encore conservé dans la cathédrale d'Orvieto. "Urbain IV demanda à Thomas d'Aquin, un des plus grands théologiens de l'histoire, d'en composer l'office liturgique... Après la mort de ce Pape le Corpus Domini restait limité à certaines régions d'Italie, de France, d'Allemagne et de Hongrie. En 1317, Jean XXII en étendit la célébration à toute l'Église".

(source: VIS 20101117 460)

Près de Fosses dans le Brabant, en 1253, sainte Julienne, vierge, de l’Ordre de Saint-Augustin. Prieure du monastère du Mont-Cornillon, près de Liège, elle travailla à faire établir la solennité du Corps du Christ, à travers épreuves, persécutions et exils, mais avec l’aide de conseils divins et humains. Elle se retira à Fosses où elle termina sa vie en recluse.


Martyrologe romain

"Nombre de personnes prient en silence devant les tabernacles, pour dialoguer avec Jésus. Il est réconfortant que de nombreux groupes de jeunes découvrent la beauté qu'il y a à prier devant le Saint Sacrement. Puisse ce renouveau se diffuser de paroisse en paroisse, notamment en Belgique, le pays de sainte Julienne". Benoît XVI a invité l'assemblée à raviver sa foi à l'exemple de Julienne de Cornillon, grâce à la présence réelle du Christ Eucharistie. La messe dominicale est ainsi fondamentale, tout comme de fréquentes visites aux tabernacles... C'est par la contemplation et l'adoration que le Seigneur nous attire à lui, nous permet d'entrer dans son mystère pour nous y transformer comme il le fit avec le pain et le vin". VIS 17 novembre 2010.





BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 17 novembre  2010

Sainte Julienne de Cornillon


Chers frères et chères sœurs,

Ce matin également, je voudrais vous présenter une figure féminine, peu connue, à laquelle l’Eglise doit toutefois une grande reconnaissance, non seulement en raison de sa sainteté de vie, mais également parce qu’à travers sa grande ferveur, elle a contribué à l’institution de l’une des solennités liturgiques les plus importantes de l’année, celle du Corpus Domini. Il s’agit de sainte Julienne de Cornillon, également connue sous le nom de sainte Julienne de Liège. Nous possédons quelques informations sur sa vie, en particulier à travers une biographie, probablement écrite par un ecclésiastique qui lui était contemporain, dans laquelle sont recueillis divers témoignages de personnes qui eurent une connaissance directe de la sainte.

Julienne naquit entre 1191 et 1192 près de Liège, en Belgique. Il est important de souligner ce lieu, car à cette époque, le diocèse de Liège était, pour ainsi dire, un véritable «cénacle» eucharistique. Avant Julienne, d’éminents théologiens y avaient illustré la valeur suprême du sacrement de l’Eucharistie et, toujours à Liège, il existait des groupes féminins généreusement consacrés au culte eucharistique et à la communion fervente. Guidées par des prêtres exemplaires, elles vivaient ensemble, se consacrant à la prière et aux œuvres de charité.

Devenue orpheline à l’âge de 5 ans, Julienne, avec sa sœur Agnès, fut confiée aux soins des sœurs augustiniennes du couvent-léproserie du Mont-Cornillon. Elle fut éduquée surtout par une religieuse prénommée Sapience, qui suivit sa maturation spirituelle, jusqu’à ce que Julienne elle-même reçoive l’habit religieux et devienne elle aussi moniale augustinienne. Elle acquit une culture considérable, au point de lire les œuvres des Pères de l’Eglise en latin, en particulier saint Augustin, et saint Bernard. Outre sa vive intelligence, Julienne faisait preuve, dès le début, d’une propension particulière pour la contemplation; elle possédait un sens profond de la présence du Christ, dont elle faisait l’expérience en vivant de façon particulièrement intense le sacrement de l’Eucharistie et s’arrêtant souvent pour méditer sur les paroles de Jésus: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20).

A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Eglise sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

Pendant environ vingt ans, Julienne, qui entre-temps était devenue prieure du couvent, conserva le secret de cette révélation, qui avait rempli son cœur de joie. Puis elle se confia à deux ferventes adoratrices de l’Eucharistie, la bienheureuse Eve, qui menait une vie d’ermite, et Isabelle, qui l’avait rejointe dans le monastère du Mont-Cornillon. Les trois femmes établirent une sorte d’«alliance spirituelle», dans l’intention de glorifier le Très Saint Sacrement. Elles demandèrent également l’aide d’un prêtre très estimé, Jean de Lausanne, chanoine de l’église de Saint-Martin à Liège, le priant d’interpeller les théologiens et les ecclésiastiques au sujet de ce qui leur tenait à cœur. Les réponses furent positives et encourageantes.

Ce qui arriva à Julienne de Cornillon se répète fréquemment dans la vie des saints: pour avoir la confirmation qu’une inspiration vient de Dieu, il faut toujours se plonger dans la prière, savoir attendre avec patience, chercher l’amitié et la confrontation avec d’autres bonnes âmes, et tout soumettre au jugement des pasteurs de l’Eglise. Ce fut précisément l’évêque de Liège, Robert de Thourotte, qui, après avoir hésité au début, accueillit la proposition de Julienne et de ses compagnes, et qui institua, pour la première fois, la solennité du Corpus Domini dans son diocèse. Plus tard, d’autres évêques l’imitèrent, établissant la même fête dans les territoires confiés à leurs soins pastoraux.

Le Seigneur demande toutefois souvent aux saints de surmonter des épreuves, pour que leur foi soit accrue. Cela arriva également à Julienne, qui dut subir la dure opposition de certains membres du clergé et du supérieur même dont dépendait son monastère. Alors, de sa volonté, Julienne quitta le couvent de Mont-Cornillon avec quelques compagnes, et pendant dix ans, de 1248 à 1258, elle fut l’hôte de divers monastères de sœurs cisterciennes. Elle édifiait chacun par son humilité, elle ne faisait jamais de reproches ou de critiques à ses adversaires, mais elle continuait à diffuser avec zèle le culte eucharistique. Elle s’éteignit en 1258 à Fosses-La-Ville, en Belgique. Dans la cellule où elle gisait, le Très Saint-Sacrement fut exposé et, selon les termes de son biographe, Julienne mourut en contemplant avec un dernier élan d’amour Jésus Eucharistie, qu’elle avait toujours aimé, honoré et adoré.

Jacques Pantaléon de Troyes, qui avait connu la sainte au cours de son ministère d’archidiacre à Liège, fut lui aussi conquis à la bonne cause de la fête du Corpus Domini. Ce fut précisément lui, devenu Pape sous le nom d’Urbain iv, qui institua en 1264 la solennité du Corpus Domini comme fête de précepte pour l’Eglise universelle, le jeudi suivant la Pentecôte. Dans la Bulle d’institution, intitulée Transiturus de hoc mundo (11 août 1264), le Pape Urbain réévoque avec discrétion également les expériences mystiques de Julienne, soutenant leur authenticité, et il écrit: «Bien que l’Eucharistie soit chaque jour solennellement célébrée, nous considérons juste que, au moins une fois par an, l’on en honore la mémoire de manière plus solennelle. En effet, les autres choses dont nous faisons mémoire, nous les saisissons avec l’esprit et avec l’intelligence, mais nous n’obtenons pas pour autant leur présence réelle. En revanche, dans cette commémoration sacramentelle du Christ, bien que sous une autre forme, Jésus Christ est présent avec nous dans sa propre substance. En effet, alors qu’il allait monter au ciel, il dit: “Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)».

Le Pape lui-même voulut donner l’exemple, en célébrant la solennité du Corpus Domini à Orvieto, la ville où il demeurait alors. C’est précisément sur son ordre que, dans la cathédrale de la ville l’on conservait — et l’on conserve encore — le célèbre corporal portant les traces du miracle eucharistique qui avait eu lieu l’année précédente, en 1263 à Bolsène. Un prêtre, alors qu’il consacrait le pain et le vin, avait été saisi de doutes profonds sur la présence réelle du Corps et du Sang du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. Miraculeusement quelques gouttes de sang commencèrent à jaillir de l’hostie consacrée, confirmant de cette manière ce que notre foi professe. Urbain IV demanda à l’un des plus grands théologiens de l’histoire, saint Thomas d’Aquin — qui a cette époque accompagnait le Pape et se trouvait à Orvieto —, de composer les textes de l’office liturgique de cette grande fête. Ces derniers, encore en usage aujourd’hui dans l’Eglise, sont des chefs-d’œuvre, dans lesquels se fondent la théologie et la poésie. Ce sont des textes qui font vibrer les cordes du cœur pour exprimer la louange et la gratitude au Très Saint Sacrement, alors que l’intelligence, pénétrant avec émerveillement dans le mystère, reconnaît dans l’Eucharistie la présence vivante et véritable de Jésus, de son Sacrifice d’amour qui nous réconcilie avec le Père, et nous donne le salut.

Même si après la mort d'Urbain iv la célébration de la fête du Corpus Domini se limita à certaines régions de France, d'Allemagne, de Hongrie et d'Italie du nord, ce fut un autre Pape, Jean XXII, qui en 1317 lui redonna cours pour toute l'Eglise. Depuis lors, la fête connut un développement merveilleux, et elle est encore très appréciée du peuple chrétien.

Je voudrais affirmer avec joie qu'il y a aujourd'hui dans l'Eglise un «printemps eucharistique»: combien de personnes demeurent en silence devant le Tabernacle, pour s'entretenir en une conversation d'amour avec Jésus! Il est réconfortant de savoir que beaucoup de groupes de jeunes ont redécouvert la beauté de prier en adoration devant le Très Saint Sacrement. Je pense par exemple à notre adoration eucharistique à Hyde Park, à Londres. Je prie afin que ce «printemps eucharistique» se répande toujours davantage dans toutes les paroisses, en particulier en Belgique, la patrie de sainte Julienne. Le vénérable Jean-Paul II, dans l'encyclique Ecclesia de Eucharistia, constatait que «dans beaucoup d'endroits, l'adoration du Saint-Sacrement a une large place chaque jour et devient source inépuisable de sainteté. La pieuse participation des fidèles à la procession du Saint-Sacrement lors de la solennité du Corps et du Sang du Christ est une grâce du Seigneur qui remplit de joie chaque année ceux qui y participent. On pourrait mentionner ici d'autres signes positifs de foi et d'amour eucharistiques» (n. 10).

En nous souvenant de sainte Julienne de Cornillon renouvelons nous aussi la foi dans la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Comme nous l'enseigne le Compendium du catéchisme de l'Eglise catholique, «Jésus Christ est présent dans l’Eucharistie d’une façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle, substantielle: avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa divinité. Dans l’Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c’est-à-dire sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme» (n. 282).

Chers amis, la fidélité à la rencontre avec le Christ eucharistique dans la Messe dominicale est essentielle pour le chemin de foi, mais essayons aussi d'aller fréquemment rendre visite au Seigneur présent dans le Tabernacle! En regardant en adoration l'Hostie consacrée, nous rencontrons le don de l'amour de Dieu, nous rencontrons la Passion et la Croix de Jésus, ainsi que sa Résurrection. C'est précisément à travers notre regard d'adoration que le Seigneur nous attire à lui dans son mystère, pour nous transformer comme il transforme le pain et le vin. Les saints ont toujours trouvé force, consolation et joie dans la rencontre eucharistique. Avec les paroles de l’hymne eucharistique, Adoro te devote nous répétons devant le Seigneur, présent dans le Très Saint-Sacrement: «Fais que, toujours davantage, en toi je croie, je place mon espérance, je t'aime!». Merci.

* * *

Je salue avec joie les pèlerins de langue française, particulièrement les prêtres du diocèse de Nevers, venus avec leur Évêque, Mgr Francis Deniau. Je vous souhaite à tous de trouver dans l’adoration eucharistique force, consolation et joie pour votre vie chrétienne et votre apostolat. Que Dieu vous bénisse!


APPEL


Ces jours-ci, la communauté internationale suit avec une grande préoccupation la situation difficile des chrétiens au Pakistan, qui sont souvent victimes de violences ou de discrimination. De façon particulière, j’exprime aujourd’hui ma proximité spirituelle à Mme Asia Bibi et à sa famille, tandis que je demande que lui soit rendue au plus tôt la pleine liberté. En outre, je prie pour ceux qui se trouvent dans des conditions analogues, afin que leur dignité humaine et leurs droits fondamentaux également soient pleinement respectés.

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Julienne de Cornillon

8 décembre 2006 



Julienne naît en 1192 à Retinne (près de Liège). Ses parents, Henri et Frescende sont des agriculteurs fortunés. A l’âge de cinq ans, orpheline, elle est placée avec sa soeur Agnès à la léproserie du Mont-Cornillon pour y être élevée par les soeurs. Cette léproserie, née d’un regroupement spontané de lépreux (nombreux à l’époque), va se voir imposer par la ville une organisation économique et une vie communautaire. L’aspect à la fois civil et religieux de l’institution sera à l’origine de conflits continuels.

Julienne manifeste avec précocité un goût profond pour la contemplation ainsi qu’une intelligence exceptionnelle. Dès sa jeunesse, nous dit son biographe, elle a des visions. Elle n’en parlera pas pendant vingt ans. Elle voit le disque de la lune avec une fraction manquante. Elle comprend dans la prière qu’il manque une fête à l’Eglise en l’honneur du sacrement du corps et du sang du Christ. Elle rencontre alors Eve, recluse à Saint Martin, qui va la soutenir et lui faire rencontrer des clercs savants et influents dont Jacques de Troyes, alors archidiacre de Campine qui deviendra pape sous le nom d’Urbain IV. Leurs avis sur les révélations et la fête sont favorables.

Nommée prieure vers 1230, elle s’efforcera de faire évoluer la communauté de la léproserie vers une forme de vie plus explicitement religieuse. Cette exigence, ainsi que les vues de la ville sur la gestion de l’institution caritative va lui valoir beaucoup d’opposition. Au point que les bourgeois de Liège viendront même saccager le lieu où elle habite dans la léproserie. Tout cela décide finalement Julienne à partir en exil avec trois autres soeurs.

Les cisterciennes de Robermont, du Val-Benoît et du Val Notre-Dame d’Antheit (Huy) l’accueillent successivement chez elles. Toujours poursuivie, elle trouve asile avec ses compagnes chez les béguines de Namur, puis à l’abbaye cistercienne de Salzinnes. En 1254 la guerre civile désole la principauté. La révolte de la population menace aussi Salzinnes. Julienne quitte alors l’abbaye (où sont inhumées ses trois soeurs d’exil décédées entre-temps) pour se réfugier dans une récluserie à Fosses-la-Ville. Elle y meurt suite à une maladie de gorge le 5 avril 1258. Elle est enterrée où elle l’avait demandé à l’abbaye de Villers-la-Ville. Ses restes y seront mis à l’honneur dans la chapelle des saints.

C’est la redécouverte de la personne du Christ qui motive toute l’action de Julienne en faveur de l’institution d’une fête de l’eucharistie. Julienne a, en effet, une conscience aigüe de la présence du Christ dans notre vie. Elle l’expérimente en particulier en vivant intensément le sacrement de l’eucharistie et en méditant les paroles que le Christ a laissé à ses disciples : "Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps" (Mt 28, 20).

Elle obtient en 1246 de l’évêque de Liège que l’on célèbre la fête du Corps et du Sang du Christ. Elle compose avec Jean, un clerc de Cornillon, un office liturgique complet. Lorsque la fête sera étendue à l’Église universelle en 1264 par Urbain IV, on remplacera l’office liégeois par un office composé par saint Thomas d’Aquin. A travers la diversité des formes qu’a connue la Fête-Dieu, c’est pourtant un seul mystère qui est révélé, celui de la PRÉSENCE du Christ mort et ressuscité, dans le pain et le vin consacré à l’eucharistie.

C’est le mystère de cette présence vivante que Julienne veut encore nous révéler aujourd’hui sur le chemin qui nous mène vers Cornillon.



Henri et de Frescinde, habitants du village de Rétine, près de Liège, moururent en 1197, laissant deux orphelines : Agnès (née en 1191) et Julienne (née en 1192). Les deux fillettes furent placées au couvent des augustines hospitalières du Mont-Cornillon, nouvelle fondation où les religieuses, très fidèles à leur vœu de pauvreté, soignaient des lépreux et des malades. Situé aux portes de Liège, le monastère du Mont-Cornillon comprenait une communauté masculine et une communauté féminine ; la communauté féminine avait une prieure mais le prieur de la communauté masculine lui était supérieur. Sous l'autorité de la sœur Sapience qui les instruisit de la doctrine chrétienne et leur raconta la vie des saints, Agnès et Julienne demeuraient dans une métairie qui dépendait du couvent. Julienne, enthousiasmée par la vie religieuse, encore qu'elle eut un grand attrait pour la solitude, apprit par cœur le psautier et se livra à de si grandes austérités que la sœur Sapience dut la ramener à la modération, lui apprenant, qu'aux yeux du Seigneur, la pratique de l'obéissance vaut mieux que le sacrifice.

Julienne, ayant reçu, à quatorze ans, l'habit des religieuses du Mont-Cornillon (1207), apprit le latin pour mieux s'instruire des vérités de la religion et devint familière des écrits des Pères, singulièrement de saint Augustin et de saint Bernard. Intelligente et instruite, discrète et obéissante, la sœur Julienne, deux ans après sa prise d'habit, reçut, une nuit, la vision du globe de la lune rayonnant de lumière mais traversé en son diamètre par une ligne obscure ; ne comprenant pas cette vision, elle en demanda l'explication à quelques religieuses vertueuses qui lui déconseillèrent d'approfondir ce mystère mais qui ne purent s'empêcher de bavarder, au point que des visiteurs vinrent l'importuner. Sœur Sapience qui était devenue prieure du couvent, sachant la dévotion de Julienne pour l'Eucharistie et son goût pour la solitude, lui fit construire un oratoire où elle put se retirer pour prier. Personne ne lui ayant expliqué sa vision, elle se résolut à prier le Seigneur de lui révéler ce mystère et, pendant son sommeil, en 1210, une voix lui dit : L'Eglise militante est figurée par le globe de la lune ; la tache qui en voile une partie signifie qu'il manque une fête dont Dieu veut l'institution ; c'est la fête du très auguste et très saint sacrement de l'autel. Le Jeudi saint, à la vérité, est désigné cet effet, mais les diverses autres cérémonies de ce jour en empêchent la solennité ; il faut en établir une autre qui sera honorée et observée dans toute la chrétienté. Et cela pour trois raisons : 1. pour que la foi aux mystères de la religion qui diminue et diminuera encore si I'on n'y porte remède soit affermie et confirmée en son entier ; 2. pour que les hommes qui aiment et cherchent la vérité en soient pleinement instruits, et puisent dans cette source de vie des forces pour avancer dans le chemin de la vertu ; 3. pour que les irrévérences et impiétés journalières qui se commettent contre la majesté de ce sacrement soient réparées et expiées par une adoration profonde et sincère. Désormais, Julienne ne s'occupa plus que de la pensée de Dieu seul qui la favorisa d'une vie mystique extraordinaire, du don de prophétie et de la connaissance des cœurs.

En 1222, lorsque mourut la sœur Sapience, Julienne fut élue prieure du Mont-Cornillon. Elle n'avait pas encore divulgué la révélation qu'elle avait eue et, comme elle demandait au Seigneur de la délivrer de cette mission, elle reçut, au contraire, l'ordre d'agir sans tarder. Ne sachant guère comment s'y prendre, elle décida de révéler sa mission à Eve, une recluse qu'elle avait naguère encouragée et qu'elle voyait une fois par ans, et à Isabelle, une religieuse de Huy. Elles s'adressèrent à Jean de Lausanne, pieux et savant chanoine de l'Eglise Saint-Martin, près de laquelle résidait Eve la recluse ; le chanoine saisit Jacques Pantaléon, archidiacre de Liège, Hugues de Saint-Cher, provincial des Dominicains, Guy de Laon (futur évêque de Cambrai), le chancelier de l'université de Paris et deux dominicains, les pères Jean et Gérard, tous docteurs de l'Université, qui autorisèrent Julienne à faire composer l'office de la Fête-Dieu par Jean, religieux du Mont-Cornillon. Comme le clergé liégeois était divisé sur l'utilité de cette fête, Julienne qui ne voulait rien précipiter, s'en alla en pèlerinage à Cologne, à Tongres et à Maestricht. Un mouvement favorable se produisit à Liège mais le nouveau supérieur du Mont-Cornillon, Roger, souleva les religieuses contre leur prieure qui, avec quatre de ses sœurs et grâce à l'appui de Jean de Lausanne, put se réfugier près de l'église Saint-Martin. Trois mois plus tard, l'évêque de Liège déposait Roger, donnait la charge à Jean (l'auteur de l'office) et Julienne reprenait sa place de prieure.

L'évêque de Liège, Robert de Thourotte, hésitait encore à établir la fête lorsque, sur la route du concile de Lyon, Dieu lui intima sa volonté ; de retour à Liège, il établit la Fête-Dieu dans son diocèse (1246). Après la mort de Robert de Thourotte (16 novembre 1246), sous son successeur, Henri de Gueldre qui rétablit Roger, les persécutions reprirent contre Julienne ; accompagnée de trois fidèles (Agnès, Ozilie et Isabelle de Huy) elle, dut se retirer d'abord à Robermont, au Val-Notre-Dame, puis à Namur, près de l'église Saint-Aubin. Ses compagnes cependant craignaient pour sa santé qui allait en s'affaiblissant. Ne craignez rien, leur disait-elle, je vous tiendrai fidèle compagnie jusqu'à la mort, et même je vous survivrai. En effet, deux d'entre elles (Agnès et Ozilie) moururent peu après, à Namur. Puis Julienne se retira à l'abbaye cistercienne de Salsines.

Cependant, Hugues de Saint-Cher, devenu cardinal de Sainte-Sabine et légat du pape dans le Saint-Empire, approuvait l'établissement de la fête qu'il voulait imposer à tous les diocèses de sa légation. Bientôt Julienne perdit à Salsines la fidèle compagne qui lui restait ; une autre religieuse du Mont-Cornillon, Ermentrude, lui fut envoyée pour l'assister jusqu'à sa mort. La persécution frappa les religieuses de Salsines, JuIienne dut se retirer à Fosses entre Sambre et Meuse, elle y fut attaquée d'une maladie grave, fit mander le chanoine Jean de Lausanne qui ne crut pas devoir venir, et se trouva dans un suprême délaissement qu'elle avait d'ailleurs prédit.

La maladie empira durant le carême. Le jour de Pâques, malgré. son épuisement, elle voulut se rendre à l'église, assista à matines et à laudes, reçut la communion et resta à l'église jusqu'à la fin du jour. Le soir, elle retourna dans sa cellule, demanda l'extrême-onction qu'elle reçut avec des larmes de joie et une présence d'esprit admirable. Le mercredi après l'octave de Pâques elle se trouva plus mal : Himana, l'abbesse de Salsines, accourue à l'annonce du danger, voulut passer la nuit auprès d'elle mais Julienne l'invita à se reposer en l'assurant qu'elle ne mourrait pas ce jour-là. Le jeudi, elle pria Ermentrude de lui réciter son office pour qu'elle pût au moins la suivre d'esprit et de cœur. Le vendredi, Himana vint encore la visiter avec quelques religieuses et toutes jugèrent que c'était la fin. Julienne reçut une dernière fois la sainte communion et s'endormit dans le Seigneur (5 avril 1258).

Trois ans plus tard (29 août 1261), l'ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, depuis évêque de Verdun (1253) puis patriarche de Jérusalem (1255), bien qu'il ne fût pas cardinal, était élu pape ; il publia la bulle Transiturus, le 11 août 1264, à Orvieto : Nous avons jugé à propos de statuer que, outre la mémoire qui se fait tous les jours dans l'Eglise d'un si grand sacrement, l'on en fit encore une annuellement qui fût plus particulière et plus solennelle, assignant pour cela un jour déterminé que nous voulons être le jeudi après l'octave de la Pentecôte.



St. Juliana: the Nun Who Gave Us the Feast of Corpus Christi

"I would like to affirm with joy that today there is a 'Eucharistic springtime' in the Church"

Vatican City, (Zenit.org) |

Though the feast of Corpus Christi is moved to this Sunday in many countries, the traditional celebration of the feast falls today, the Thursday after Trinity Sunday. Pope Francis today celebrated the feast in Rome.

 In honor of the feast of Corpus Christi, here is a republication of Benedict XVI's general audience address of Nov. 17, 2010, which he dedicated to St. Juliana. The saint is credited with helping to bring about the establishment of this feast day.




Saint Juliana of Cornillon

Dear Brothers and Sisters,

This morning too I would like to introduce a female figure to you. She is little known but the Church is deeply indebted to her, not only because of the holiness of her life but also because, with her great fervour, she contributed to the institution of one of the most important solemn Liturgies of the year: Corpus Christi.

She is St Juliana de Cornillon, also known as St Juliana of Liège. We know several facts about her life, mainly from a Biography that was probably written by a contemporary cleric; it is a collection of various testimonies of people who were directly acquainted with the Saint.

Juliana was born near Liège, Belgium between 1191 and 1192. It is important to emphasize this place because at that time the Diocese of Liège was, so to speak, a true “Eucharistic Upper Room”. Before Juliana, eminent theologians had illustrated the supreme value of the Sacrament of the Eucharist and, again in Liège, there were groups of women generously dedicated to Eucharistic worship and to fervent communion. Guided by exemplary priests, they lived together, devoting themselves to prayer and to charitable works.

Orphaned at the age of five, Juliana, together with her sister Agnes, was entrusted to the care of the Augustinian nuns at the convent and leprosarium of Mont-Cornillon.

She was taught mainly by a sister called “Sapienza” [wisdom], who was in charge of her spiritual development to the time Juliana received the religious habit and thus became an Augustinian nun.

She became so learned that she could read the words of the Church Fathers, of St Augustine and St Bernard in particular, in Latin. In addition to a keen intelligence, Juliana showed a special propensity for contemplation from the outset. She had a profound sense of Christ’s presence, which she experienced by living the Sacrament of the Eucharist especially intensely and by pausing frequently to meditate upon Jesus’ words: “And lo, I am with you always, to the close of the age” (Mt 28:20).

When Juliana was 16 she had her first vision which recurred subsequently several times during her Eucharistic adoration. Her vision presented the moon in its full splendour, crossed diametrically by a dark stripe. The Lord made her understand the meaning of what had appeared to her. The moon symbolized the life of the Church on earth, the opaque line, on the other hand, represented the absence of a liturgical feast for whose institution Juliana was asked to plead effectively: namely, a feast in which believers would be able to adore the Eucharist so as to increase in faith, to advance in the practice of the virtues and to make reparation for offences to the Most Holy Sacrament.

Juliana, who in the meantime had become Prioress of the convent, kept this revelation that had filled her heart with joy a secret for about 20 years. She then confided it to two other fervent adorers of the Eucharist, Blessed Eva, who lived as a hermit, and Isabella, who had joined her at the Monastery of Mont-Cornillon. The three women established a sort of “spiritual alliance” for the purpose of glorifying the Most Holy Sacrament.

They also chose to involve a highly regarded Priest, John of Lausanne, who was a canon of the Church of St Martin in Liège. They asked him to consult theologians and clerics on what was important to them. Their affirmative response was encouraging.

What happened to Juliana of Cornillon occurs frequently in the lives of Saints. To have confirmation that an inspiration comes from God it is always necessary to be immersed in prayer to wait patiently, to seek friendship and exchanges with other good souls and to submit all things to the judgement of the Pastors of the Church.

It was in fact Bishop Robert Torote, Liège who, after initial hesitation, accepted the proposal of Juliana and her companions and first introduced the Solemnity of Corpus Christi in his diocese. Later other Bishops following his example instituted this Feast in the territories entrusted to their pastoral care.

However, to increase their faith the Lord often asks Saints to sustain trials. This also happened to Juliana who had to bear the harsh opposition of certain members of the clergy and even of the superior on whom her monastery depended.

Of her own free will, therefore, Juliana left the Convent of Mont-Cornillon with several companions. For 10 years — from 1248 to 1258 — she stayed as a guest at various monasteries of Cistercian sisters.

She edified all with her humility, she had no words of criticism or reproach for her adversaries and continued zealously to spread Eucharistic worship.

She died at Fosses-La-Ville, Belgium, in 1258. In the cell where she lay the Blessed Sacrament was exposed and, according to her biographer’s account, Juliana died contemplating with a last effusion to love Jesus in the Eucharist whom she had always loved, honoured and adored. Jacques Pantaléon of Troyes was also won over to the good cause of the Feast of Corpus Christi during his ministry as Archdeacon in Lièges. It was he who, having become Pope with the name of Urban iv in 1264, instituted the Solemnity of Corpus Christi on the Thursday after Pentecost as a feast of precept for the universal Church.

In the Bull of its institution, entitled Transiturus de hoc mundo, (11 Aug. 1264), Pope Urban even referred discreetly to Juliana's mystical experiences, corroborating their authenticity. He wrote: “Although the Eucharist is celebrated solemnly every day, we deem it fitting that at least once a year it be celebrated with greater honour and a solemn commemoration.

“Indeed we grasp the other things we commemorate with our spirit and our mind, but this does not mean that we obtain their real presence. On the contrary, in this sacramental commemoration of Christ, even though in a different form, Jesus Christ is present with us in his own substance. While he was about to ascend into Heaven he said ‘And lo, I am with you always, to the close of the age’ (Matthew 28:20)”. 

The Pontiff made a point of setting an example by celebrating the solemnity of Corpus Christiin Orvieto, the town where he was then residing. Indeed, he ordered that the famous Corporalwith the traces of the Eucharistic miracle which had occurred in Bolsena the previous year, 1263, be kept in Orvieto Cathedral — where it still is today.

While a priest was consecrating the bread and the wine he was overcome by strong doubts about the Real Presence of the Body and Blood of Christ in the sacrament of the Eucharist. A few drops of blood began miraculously to ooze from the consecrated Host, thereby confirming what our faith professes.

Urban iv asked one of the greatest theologians of history, St Thomas Aquinas — who at that time was accompanying the Pope and was in Orvieto — to compose the texts of the Liturgical Office for this great feast. They are masterpieces, still in use in the Church today, in which theology and poetry are fuse. These texts pluck at the heartstrings in an expression of praise and gratitude to the Most Holy Sacrament, while the mind, penetrating the mystery with wonder, recognizes in the Eucharist the Living and Real Presence of Jesus, of his Sacrifice of love that reconciles us with the Father, and gives us salvation. 

Although after the death of Urban iv the celebration of the Feast of Corpus Christi was limited to certain regions of France, Germany, Hungary and Northern Italy, it was another Pontiff, John xxii, who in 1317 re-established it for the universal Church. Since then the Feast experienced a wonderful development and is still deeply appreciated by the Christian people.

I would like to affirm with joy that today there is a “Eucharistic springtime” in the Church: How many people pause in silence before the Tabernacle to engage in a loving conversation with Jesus! It is comforting to know that many groups of young people have rediscovered the beauty of praying in adoration before the Most Blessed Sacrament.

I am thinking, for example, of our Eucharistic adoration in Hyde Park, London. I pray that this Eucharistic “springtime” may spread increasingly in every parish and in particular in Belgium, St Juliana’s homeland.

Venerable John Paul II said in his Encyclical Ecclesia de Eucharistia: “In many places, adoration of the Blessed Sacrament is also an important daily practice and becomes an inexhaustible source of holiness. The devout participation of the faithful in the Eucharistic procession on the Solemnity of the Body and Blood of Christ is a grace from the Lord which yearly brings joy to those who take part in it. Other positive signs of Eucharistic faith and love might also be mentioned” (n. 10).

In  remembering St Juliana of Cornillon let us also renew our faith in the Real Presence of Christ in the Eucharist. As we are taught by the Compendium of the Catechism of the Catholic Church, “Jesus Christ is present in the Eucharist in a unique and incomparable way. He is present in a true, real and substantial way, with his Body and his Blood, with his Soul and his Divinity. In the Eucharist, therefore, there is present in a sacramental way, that is, under the Eucharistic Species of bread and wine, Christ whole and entire, God and Man”(n. 282).

Dear friends, fidelity to the encounter with the Christ in the Eucharist in Holy Mass on Sunday is essential for the journey of faith, but let us also seek to pay frequent visits to the Lord present in the Tabernacle! In gazing in adoration at the consecrated Host, we discover the gift of God's love, we discover Jesus' Passion and Cross and likewise his Resurrection. It is precisely through our gazing in adoration that the Lord draws us towards him into his mystery in order to transform us as he transforms the bread and the wine.

The Saints never failed to find strength, consolation and joy in the Eucharistic encounter. Let us repeat before the Lord present in the Most Blessed Sacrament the words of the Eucharistic hymn “Adoro te devote”: [Devoutly I adore Thee]: Make me believe ever more in you, “Draw me deeply into faith, / Into Your hope, into Your love”. 
Thank you.

(May 30, 2013) © Innovative Media Inc.



 St. Juliana of Liège

Nun, b. at Retinnes, near Liège, Belgium, 1193; d. at Fosses, 5 April, 1258. At the age of five she lost her parents and was placed in the convent of Mont-Cornillon, near Liège. She made rapid progress, and read with pleasure the writings of St. Augustine and St. Bernard. She also cultivated an ardent love of the Blessed Virgin, the Sacred Passion, and especially the Blessed Sacrament. In 1206 she received the veil, and devoted herself to the sick in the hospital in charge of the convent. She very early exerted every energy to introduce the feast of Corpus Christi. In 1230 she was chosen superioress by the unanimous vote of the community. But soon God sent heavy trials. Her convent was under the supervision of a general superior, Roger, a man of vicious and scandalous habits; he secured this position in 1233 by intrigues and bribery. Disliking the virtues and piety of Juliana, and much more her entreaties and reproaches, he incited the populace against her. She fled to the cell of St. Eve of Liège, and then to a house given her by John, a canon of Lausanne. Vindicated in the courts through the influence of Robert de Thorate, Bishop of Liège, she was restored to her position in the community, and Roger was deposed. But in 1247 Roger was again in power, and succeeded once more in driving out the saint. Juliana found refuge at Namur and then at Fosses, where she passed the last years of her life in seclusion. At her own request she was buried at Villiers. After her death a number of miracles occurred at her intercession (Acta SS., April, I, 435 sq.). In 1869 Pius IX ratified her veneration and permitted the office and Mass in her honour. Her feast is on 6 April.

Sources

Messenger of the Sacred Heart (1898), 221; Irish Eccl. Record (1893), 1010; MONCHAMP, Les réliques de Ste-Julienne de Cornillon (Liège, 1898); SCHöRMANS in Ann. soc. archéol. Nivelles, VII (Nivelles, 1899), 1-68; CHEVALIER, Bio-Bibl.

Mershman, Francis. "St. Juliana of Liège." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 5 Apr. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08556c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Robert B. Olson. Offered to Almighty God for Sr. Mary Therese Grady, S.N.D.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.



Saint Juliana of Mt. Cornillon

Virgin

(1193-1258)




Saint Juliana was born near Liege, Belgium in 1193. At the age of five she lost her parents and was placed in the convent of Mt. Cornillon near Liege. She made rapid progress in virtue, and read with pleasure the writings of Saint Augustine and Saint Bernard. She also cultivated an ardent love of the Blessed Virgin and the Sacred Passion, but especially of the Blessed Sacrament of the Altar. In 1206 she received the veil and devoted herself to the sick in the hospital associated with the convent.


Taught in repeated visions that Our Lord wanted a feast in honor of the institution of the most precious heritage of the Eucharist, after twenty years in which her humility protested the investiture of such a mission, she addressed herself to many dignitaries to obtain their opinion. The unanimous decision was that nothing in the divine law was opposed to the establishment of a special feast in honor of the Blessed Sacrament.

But soon opposition arose to her proposed feast of Corpus Christi. Although in 1230 she was chosen as Superior of her community, she was accused of being a visionary, and she became the object of harsh persecution by a man who had secured his position as overlord of the community by intrigues and bribery. He aroused the neighboring populations against her, and she was obliged to leave the region. Later she was vindicated in the courts through the influence of the Bishop of Liege; her persecutor was deposed, and she was restored to her position in the community.

In 1246 the same bishop ordered that the Feast of the Blessed Sacrament be celebrated every year on the Thursday after the octave of the Trinity. Nonetheless, after the death of the worthy bishop, the furious persecutor was reinstated in 1247 and succeeded once more in driving out the Saint. She passed the last years of her life in seclusion at Namur, and was buried in 1258 at Villiers.

It was Pope Urban IV, formerly archdeacon at Liege, who in 1264, formally instituted this feast day for the entire Church; it was he also who had commissioned Saint Thomas Aquinas to prepare the magnificent text of the Office and Mass. The Pope wrote to the friend and associate of Saint Juliana, a Sister-recluse who had continued her efforts to obtain the request of the Lord: May this day bring to all Christians the joy of a new feast and be celebrated with great joy, as We recommend fully in the Apostolic Letter We are sending to the entire world. In 1312 the Council of Vienna confirmed the papal bull, and from that time on, the feast day became general.

Reflection. Saint Juliana never ceased to hope in the help of God amid the most cruel persecutions. In effect, His clearly expressed Will was accomplished only after her death. Let us learn from her patience to practice the holy virtue of hope, and to rely on the divine aid for all that is pleasing to Him.




Blessed Juliana of Mount Cornillon, OSA V (AC)

Born in Retinnes, near Liège, Flanders, in 1192; died at Fosses on April 5, 1258; cultus confirmed in 1869; feast day was April 6. Orphaned when she was 5, Juliana and sister Agnes were placed in the care of the nuns of Mount Cornillon, where Juliana eventually became an Augustinian nun and, in 1225, prioress. While still young, Juliana experienced visions in which Jesus pointed out that there was no feast in honor of the Blessed Sacrament.


As prioress she began to agitate for the institution of the feast called for in her vision. Some supported her but enough opposed her that she was removed from office and persecuted; she was driven from Cornillon by the lay directors, who accused her of mismanaging the funds of a hospital under her control. An inquiry by the bishop of Liège exonerated her and resulted in her recall in 1246, when he introduced the feast of Corpus Christi in Liège.

When the bishop died in 1248, Juliana was again driven from the convent and found refuge in the Cistercian convent of Salzinnes in Namur. Soon she found herself homeless again when the monastery was destroyed by fire during the siege of Namur by the troops of Henry II of Luxembourg. She then migrated to Fosses, where she spent the rest of her life as a recluse. At her request she was buried at the Cistercian abbey of Villiers as one of their own.

After Juliana's death, the movement for the establishment of Corpus Christi as a universal feast was carried on by her friend Blessed Eva of Liège. The feast was sanctioned by Pope Urban IV in 1264 and the office for the feast was composed by Saint Thomas Aquinas. By 1312, the feast was obligatory throughout the Western Church (Attwater2, Benedictines, Delaney, Encyclopedia).

As is to be expected, Blessed Juliana is represented in art as an Augustinian nun holding a monstrance. She is venerated at Cornillon, Fosse, Retines (Liège), and Salzinnes (Roeder).


Also known as
  • Juliana of Mount Cornillon
  • Juliana of Liege
Profile

Orphaned at age 5. She and her sister Agnes were raised by the nuns at the convent of Mount Cornillon. Juliana read the works of Saint Augustine and Saint Bernard while she was still very young. Augustinian nun at Liege, Belgium in 1206. Worked with the sick, and in the convent‘s hospital. Prioress of the convent at Mount Cornillon in 1225.

Received visions from Christ, who pointed out that there was no feast in honour of the Blessed Sacrament. Based on this, she promoted the additional of what became the feast of Corpus Christi. The messages she received led to being branded a visionary, and accused of mismanagement of hospital funds. An investigation by the bishop exonerrated her; she was returned to her position, and he introduced the feast of Corpus Christi in Liege in 1246.

On the bishop‘s death in 1248, Juliana was driven from Mount Cornillon. Nun at the Cistercian house at Salzinnes until it was burned by Henry II of Luxembourg. Anchoress at Fosses.

Friend of Blessed Eva of Liege, who worked for the acceptance of the new feast. The office for the feast was later written by Saint Thomas Aquinas, and was sanctioned for the whole Church by Pope Urban IV in 1264. The feast became mandatory in the Roman Church in 1312.

Born

Voir aussi : https://norbertinevocations.wordpress.com/2008/05/25/corpus-christi-st-juliana-of-liege/

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20140405&id=3202&fd=0