jeudi 9 avril 2015

Sainte WAUDRU (VAUDRU, WALTRUDE) de MONS, abbesse bénédictine

Sainte Waudru


Abbesse à Mons ( 686)

(Waldetrudis en latin)

Une famille assez étonnante. Avec son époux, ils connurent la paix et le bonheur. L'Église reconnaît son mari comme un saint, saint Vincent. Leur fils également, il s'appelle saint Landry et pour ne pas être en reste leurs deux filles s'appellent sainte Madelberte et sainte Adeltrude. D'ailleurs, les trois enfants étant entrés au couvent, les parents firent de même. Saint Vincent à l'abbaye d'Haumont dans le nord de la France et sainte Waudru fonda le monastère de Chateaulieu sur une colline où s'éleva plus tard la ville de Mons. 


Le Conservateur de la Collégiale Sainte-Waudru et de son Trésor (Mons - Belgique) nous signale:
Notons que saint Vincent, après un passage à Hautmont, a fondé une communauté autour de laquelle s'est construite la ville de Soignies.

"Sur un tableau conservé en la collégiale Sainte-Waudru à Mons, tableau daté de 1577 et qui représente le 'parentage de sainte Waudru', ses enfants (Aldetrude, Madelberte, Landry et Dentelin) sont représentés et on peut lire: 'Saincte Aldetrud Vierge fille de Sainct Vinchien et Waultrud, abbesse du Monastère de maulboeuge, sa feste ce celebre le xxviii javier Patronesse des sourds, boyteux, aveugles et captifs'.  Le tableau ayant été souvent restauré au fil des années, l’inscription est livrée dans son état actuel et avec ses fautes..." Le 4e enfant de sainte Waudru, saint Dentelin, décédé en bas âge est représenté au berceau sur ce tableau.

À Châteaulieu dans le Hainaut, en 688, sainte Waudru, sœur de sainte Aldegonde, épouse de saint Vincent Madelgaire et mère de quatre enfants. À l’imitation de son mari, elle se consacra à Dieu et reçut l’habit monastique dans le monastère qu’elle avait fait construire en ce lieu, qui devint par la suite la ville de Mons.


Martyrologe romain




 Saint-Christophe, Sainte-Waudru et ses filles, ainsi que Saint-François d’Assise-. 
Bas-relief (XVe siècle). Mur occidental de la Collégiale Sainte-Waudru de Mons (Hainaut).



- Sainte Valtrude ou Waltrude ou Wautrude ou encore Waudru, première abbesse de Mons et fondatrice de cette ville. 686.

Papes : Honorius Ier ; Jean V. Rois de France : Clotaire II ; Thierry III.

" Sapiens mulier aedificat domum."

" A la fondation de toute maison, il faut une femme sage."


Prov. XIV, I.

Sainte Waltrude était soeur aînée de sainte Aldegonde (qui se fête au 30 janvier), et, comme elle, fille du comte Walbert et de la princesse Bertille. Dès sa jeunesse, elle se montra si portée à la dévotion, qu'elle se séparait souvent de la société pour faire ses prières et pour assister aux divins offices : ce qui ne pouvait être que très agréables à ses parents, personnes d'une piété rares.

Lorsqu'elle fut en état de se marier, elle épousa par obéissance le comte Madelgaire, aussi appelé Voncent, un des principaux seigneurs de la cour de Dagobert Ier. Elle en eut quatre enfants, dont trois ont été illustre par leur sainteté :
- saint Landry, que les uns font évêque de Metz en Lorraine, et les autres évêque de Meaux en Brie ;
- sainte Aldetrude et sainte Madelberte, qui se firent religieuses sous la conduite de leur tante sainte Aldegonde ;
- le petit Dentlin, qui mourut peu après avoir reçu le saint baptême.

Le progrès admirable de ses enfants dans toute sorte de vertus montre bien le soin que sainte Waltrude apporta à leur éducation. Mais elle ne les instyruisit pas moins par son exemple que par ses paroles ; car elle était fort adonnée à la prière, fuyait le luxe,, la bonne chère et tous les divertissements de la vie ; elle jeûnait souvent et donnait à tous moments, par son hospitalité et par ses aumônes abondantes, des marques de sa charité et de sa miséricorde envers les pauvres.
Elle ne se contenta pas de s'adonner à ces exercices de la piété chrétienne : elle y engagea aussi son mari et le dégoûta si bien de tous les plaisirs et de toutes les grandeurs du monde, qu'ayant fait voeu avec elle d'une continence perpétuelle, il se retira enfin, par le conseil de saint Aubert, évêque de Cambrai, dans le monastère de Haumont, près de Maubeuge, et prit le nom de Vincent. Lui aussi est honoré d'un culte public, au 14 juillet, sous le nom de saint Vincent de Soignies, ville qui possède encore aujourd'hui ses reliques.

Pour sa sainte femme dont nous parlons, elle fut encouragée d'abord par saint Géry, ancien évêque de Cambrai, qui lui apparut en songe ; puis par un ange envoyé du ciel pour la consoler dans une persécution que le démon suscita contre elle ; elle abandonna entièrement le monde et, par le conseil de saint Guislin, qui était alors abbé de Celle-lès-Mons, elle fit bâtir une maison à l'écart, sur une montagne appelée depuis Châteaulieu (Castri locus), et où l'on voit à présent la grande ville de Mons, en Hainaut. Mais comme elle trouva cette maison plus grande et plus magnifique qu'elle ne le désirait et qu'elle l'avait ordonné, parce qu'elle voulait observer les règles de la pauvreté évangélique, elle n'y voulut pas demeurer ; et, la nuit même où elle en, sortit, le toit du bâtiment tomba à terre. C'est pourquoi celui à qui elle avait donné la charge de cet édifice en fit faire un autre moins somptueux et plus pauvre, avec un oratoire en l'honneur de saint Pierre et de saint Paul. Lorsqu'il fut achevé, saint Waltrude reçut l'habit de religion et le voile sacré des mains de saint Aubert, évêque de Cambrai, et se retira pour y vivre seule et solitaire, et ne s'y occuper que de la contemplation des vérités éternelles.
Mais le démon, qui travaille perpétuellement à la perte des hommes, ne la laissa pas en repos. Tantôt il lui mettait devant les yeux les délices et les honneurs qu'elle avait abandonnés, et dont elle pouvait encore jouir si elle retournait dans le monde, d'autres fois, il lui représentait l'amour de son mari, l'affection de ses enfants, la douceur de la conversation de tant de personnes qu'elle avit autrefois fréquentées. D'autre sfois encore, il lui faisait une peinture affreuse de la solitude afin de lui en donner du dégoût avec le désir de chercher compagnie hors de l'enceinte qu'elle s'était prescrite. Enfin, il lui apparut encore sous forme humaine et prit la hardiesse de la toucher de la main. Mais notre Sainte sortit victorieuse et triomphante de toutes ces tentations, et, par l'oraison, le jeûne, les larmes, les macérations du corps et le signe de la croix, elle défit si bien cet ennemi, qu'il se retira toujours d'ellle avec honte et confusion.
Après ces victoires, Dieu la reconnaissant digne de porter la qualité de maîtresse dans la conduite spirituelle, suscita des saintes femmes et des jeunes filles qui vinrent se mettre sous sa direction. Ainsi, elle assembla en peu de temps une communauté de servantes de Dieu, avec lesquelles elle vécut dans une grande humilité, patience, douceur, charité et ferveur d'esprit.

Sainte Aldegonde, sa soeur, qui, par ses bons avis, avait fait un autre établissement à Maubeuge, la visistait aussi fort souvent, pour en recevoir des instruction et lui rendre ses respects comme à sa mère ; mais comme la maison de Maubeuge était plus belle, plus riche et mieux fondée que celle de Waltrude, elle lui voulut persuader de venir avec elle, et d'abandonner ce pauvre lieu où elle devait souffrir continuellement de grandes incommodités. Ce fut néanmoins inutilement : car sainte Waltrude, qui avait l'amour de la pauvreté fortement imprimée dans le coeur, lui répondit que " Jésus-Christ n'ayant eu à sa naissance qu'une pauvre étable, et ayant passé toute sa vie dans une grande indigence des choses les plus nécessaires au grand soulagement du corps, il n'était pas raisonnable qu'une vile créature comme elle recherchât ses commodités ; qu'enfin elle espérait vivre aussi tranquillement dans sa petite solitude, que celles qui avaient de beaux monastères et de riches abbayes ".

En effet, toute pauvre qu'elle était, elle ne laissait pas de trouver de quoi faire beaucoup de charités aux mendiants, aux malades et aux prisonniers ; et Dieu, pour seconder son zèle, a quelquefois multiplié l'argent entre les mains de celui qu'elle chargeait de la distribution de ses aumônes. Elle fit aussi d'autres miracles : car elle délivra un pauvre homme, qui l'invoqua dans sa misère, de la puissance d'un démon dont il était extrêmement maltraité, et elle le guérit ensuite d'une violente maladie qui le tourmentait. Deux enfants, déjà moribonds, lui ayant été présentés par leurs mères, elle leur rendit la santé par ses prières, son attouchement sacré et l'impression du signe de la croix.
 
Enfin, après une vie si sainte, Dieu l'appela au ciel pour lui en donner une éternelle ; ce qui arriva le 6 avril 686.

Dans les gravures et statues de sainte Waltrude, elle est représentée ainsi :
1. Saint Géry lui apparaît et lui présente une coupe, symbole du sacrifice dont le Seigneur lui demandait la consommation ;


2. payant la rançon de quelque(s) prisonnier(s) ; oeuvre de miséricorde qui était particulièrement chère à sainte Waltrude ;


3. portant une église en sa qualité de fondatrice et de patronne de Mons ;


4. avec ses deux filles, encore enfants, sainte Adeltrude et sainte Madelberte.
CULTE ET RELIQUES

Comme sa petite communauté a été environnée d'une grande ville qui porte le nom de Mons, sainte Waltrude (ou Waudru) en est devenue la patronne, est regardée comme sa fondatrice, et est honorée en ces qualité par tous ses habitants.

Son culte remonte à l'époque même de son bienheureux trépas. Il a été de tout temps célèbre, non seulement à Mons où ses reliques sont conservées, mais encore dans tous les pays circonvoisins.

En 1349, le 7 octobre, les reliques de sainte Waltrude furent portées en procession dans les rues de Mons, pour implorer la miséricorde de Dieu contre la peste qui faisait d'affreux ravages. Une multitude d'habitants de la ville et des villages voisins accourut en cette circonstance pour rendre hommage à l'auguste patronne ; " de sorte que véritablement, c'est à son culte que cette ville est redevable qu'elle soit la capitale de la province, et que les faveurs continuelles qu'en reçoivent les habitants méritent leurs respects et leurs vénérations " (P. de Boussu. Histoire de Mons).
Les reliques de saint Waltrude reposent toujours à Mons, dans une magnifique châsse d'un merveilleux travail. Un reliquaire particulier renferme le chef de notre Sainte qui a été séparé du corps.

Chaque année, le lendemain de la fête de la Très-Sainte-Trinité, on fait une procession dans Mons, dans laquelle les précieuses reliques sont portées par un char (appelé aussi le Car d'or) et tiré par les plus beaux chevaux des brasseurs de la ville. La collégiale Sainte-Waudru est l'un des plus remarquables monuments religieux de la Belgique. Elle fut construite au XVe siècle sur les dessins et les plans de l'architecte Jean Dethuin.



La châsse de sainte Waudru (1887), représentée au centre avec Aldetrude et Madelberte.

La vie de sainte Waudru

De Waudru, nous savons peu de choses, mais suffisamment pour que le "curriculum vitae" du personnage ait pu asseoir solidement une réputation. 
Née au début du VIIe siècle, elle est issue d'une famille riche, noble et influente. Son père est un homme de confiance du roi Clotaire II. Elle voit le jour à Cousolre, dans le nord de la France ; elle a une sœur, Aldegonde.

La destinée de Waudru, c'est le mariage et la maternité. Mais, épouse du noble Madelgaire (Vincent) et mère de quatre enfants (Aldetrude, Madelberte, Landry et Dentelin), elle opte, comme Vincent, pour une autre vie. Car elle désire consacrer son existence à Dieu. En cela, elle est de son temps, de ce VIIie siècle qui vit éclore tant de saints, dans un contexte de renouveau spirituel.

Voilà donc Madelgaire parti vers Hautmont, puis à Soignies. Pendant ce temps, Waudru se retire dans un oratoire sur la colline qui devait devenir Mons. Waudru va devoir maîtriser une difficile opération de "conversion" qui doit la conduire de la famille vers la vie monastique. Les obstacles seront nombreux mais Waudru réalisera sa vocation. Son oratoire deviendra monastère, puis chapitre noble : le petit lieu de culte va se muer en une puissante institution qui, bien que disparue aujourd'hui, reste celle qui modela le visage de Mons.

Dès sa mort, traditionnellement fixée au 9 avril de l'an 688, Waudru est proclamée sainte. Car, à l'époque, on ne connaît pas encore les longs procès de canonisation qui sont aujourd'hui d'application dans tous les cas.
C'est la vox populi qui proclame alors la sainteté, et le corps de Waudru est élevé au-dessus de l'autel, devenant objet de dévotion. Sa réputation de sainteté va rapidement se propager, encouragée par une vita rédigée au début du IXe siècle.

Il faut bien comprendre ce qu'est une vita : ce n'est pas une biographie, mais bien une légende, littéralement un texte écrit pour être lu. Le moine qui rédige ce texte veut souligner en quoi la vie de Waudru est exemplaire, en quoi elle est un modèle de sainteté à imiter. A cette fin, il ajoute aux événements et au caractère de son héroïne, quelques anecdotes édifiantes, liées surtout à la période où Waudru cherche à réaliser son idéal de vie monastique.

H. Wattiez et E.Liénard et E.Liénard - 1992)

SOURCE : http://www.waudru.be/fr/learn/030101.htm



Waldetrudis of Mons, OSB Widow (RM)

(also known as Vaudru, Waltrude, Waudru)

Died April 9, c. 686-688. The family of Saint Waudru, patroness of Mons (Belgium), was amazingly holy, too. Both her parents (Walbert and Bertille) and her sister (Aldegund) were canonized. Her four children were also declared saints (Landericus, Dentelin, Aldetrude, and Madelberte) and so was her husband (Madelgaire).

Madelgaire was the count of Hennegau (Hainault), and one of the courtiers of King Dagobert I. After their children were born both he and Waudru longed to live lives totally devoted to meditation and prayer. He retired to an abbey he had founded at Haumont near Maubeuge, where he took the name Vincent. For two additional years, Waudru remained in the world, devoting herself to the care of the poor and the sick under the direction of Saint Gislenus.

After Madelgaire's death, Waudru received the religious veil from Saint Autbert in 656, built a tiny home for herself near Castriloc (Châteaulieu), and, giving away her possessions, lived there alone. Though she clung to her solitude, her great wisdom and piety meant that countless men and women pressed on her for advice. Eventually Waudru had so many followers that she was obliged to found her own convent at Châteaulieu. She dedicated this convent to the Mother of Jesus, and around it grew the present town of Mons. By the time of Waudru's death she had become famous not only for her charity but also for her miraculous powers of healing, her patience in the face of trials, continual fasting, and prayer. Her relics are considered the most precious treasure of the church that bears her name in Mons (Attwater, Benedictines, Bentley, Encyclopedia, Husenbeth, Walsh).

In art, Saint Waudru is depicted protecting her children under her mantle, offering her husband a crucifix, and refusing a crown of roses (Roeder). She is venerated in Mons (Roeder).




April 9

St. Waltrude, Widow


[Or Vautrude, commonly called Vaudru.]  SHE was daughter to the princess St. Bertille, elder sister to St. Aldegondes, and wife to Madelgaire, count of Hainault, and one of the principal lords of King Dagobert’s court. After bearing him two sons and two daughters, she induced him to embrace the monastic state at Haumont, near Maubeuge, taking the name of Vincent. He is honoured in Flanders among the saints on the 20th of September, and called St. Vincent of Soignies. She remained two years longer in the world, devoting herself entirely to exercises of piety, under the direction of the holy abbot St. Guislain. Being by that time disengaged from the encumbrances of the world, she received the religious veil at the hands of St. Aubert, bishop of Cambray, in 656, and lived in a little cell, adjoining to which was a chapel in a solitary place called Castriloc, or Castle-place, now Mons.—Many other ladies resorting to her, she formed a religious community, which is at present a rich royal chapter of canonesses. From her reputation and from this community arose the city of Mons, now the capital of Hainault. Whilst her sister Aldegondes governed her great monastery at Maubeuge, Vautrude sanctified herself in her little cell by holy poverty, meekness, patience, continual fasting and prayer. She suffered much from the slanders of men, and from severe interior trials and temptations: but God, after some years, recompensed her fidelity with a holy peace, and great spiritual consolations. On the 9th of April, 686, she went to receive the crown promised by God to those who serve him. Her relics are esteemed the most precious treasure of the great church which bears her name. She is titular patroness of Mons, and all Hainault. By the life of St. Vautrude, we should learn to despise the unjust censures of the world. It persecutes by its calumnies those by whose lives its false maxims are condemned: but it can only hurt a counterfeit virtue, as the fire consumes only the dross, but renders true gold brighter and more pure. Solid virtue is not only tried by humiliations, but gains the greatest advantage and improvement by making a good use of them. See her ancient life in Mabill. Sæc. 2. Bened. also Miræus.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866.

Saint Waltrude of Mons

Also known as
  • Vaudru
  • Vautrude
  • Waldeltrude
  • Waldetrude
  • Waldetrudis
  • Waltrudis
  • Waudru
Profile

Daughter of Saint Bertille and Saint Walbert of Hainault. Sister of Saint Aldegundis. Married to Madelgaire, count of Hainault, a lord in King Dagobert’s court. Mother of two sons and two daughters – including Saint Landericus of Soignies, Saint Madalberta and Saint Aldetrudis. She convinced her husband to become a monk, and he is now known as Saint Vincent Madelgaire. Spiritual student of Saint Guislain. Took the veil from Saint Aubert. Founded a religious community in Mons, Belgium, but lived as a member, not a leader. Target of much slander from the secular world.


Voir aussi : François DE VRIENDT. «Sainte Waudru. De l’aristocrate mérovingienne à la figure de légende. Le point de nos connaissances historiques ». Conférence, Mons, 23 janvier 2012 :
http://www.waudru.be/fr/documents/Conference_Waudru_Mons_23%20janvier%202012.pdf

http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/synaxair/avril/waltrude.pdf