mercredi 29 avril 2015

Saint MARIEN de LAMBÈSE, lecteur et martyr, saint JACQUES, diacre et martyr, et leurs compagnons martyrs

Lambèse, garnison de l'Afrique romaine. Quartier général de la Legio III Augusta.


Saint Marien

et ses compagnons, martyrs à Lambèse, en Numidie (+ 259)

et ses compagnons martyrs. 

Martyr en Afrique avec saint Jacques. Selon les Actes de leur martyre "la vie de la grâce était si intense chez ces témoins de Dieu qu'il leur semblait trop peu de verser leur sang précieux."

Il exerçait la fonction de lecteur dans la communauté chrétienne de Circé (actuellement Constantine en Algérie). Il fut arrêté sous Valérien avec beaucoup d'autres chrétiens de cette région. Ils furent réunis sur le flanc d'une colline, eurent les yeux bandés et furent mis en rang. Les bourreaux passèrent au milieu d'eux, les décapitant ou les égorgeant les uns après les autres.

À Lambèse en Numidie, l’an 259, les saints martyrs Marien, lecteur, et Jacques, diacre. Le premier avait déjà triomphé des rigueurs de la persécution de Dèce en confessant le Christ. Il fut pris une seconde fois avec son illustre collègue, et tous deux, après des supplices cruels, mais fortifiés par la grâce divine, périrent enfin par l’épée avec beaucoup d’autres.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1056/Saint-Marien.html

Saint Marien de Lambèse

Martyr en Numidie sous Valérien

Fête le 30 avril

† près de Cirta [auj. Constantine, Algérie] 6 mai 259

Groupe « Marien et Jacques de Lambèse »

Jacques et Marien, diacre et lecteur, furent martyrisés en Numidie, près de Cirta, sous le règne de l’empereur romain Valérien Ier (253-260).

SOURCE : http://www.martyretsaint.com/marien-de-lambese/

Saint Marien et Saint Jacques

martyrisés à Lambèse en 259

pnha, n°109, fevrier 2000.

La Passion de ces deux saints, martyrisés à Lambèse, est un récit authentique, d'une haute valeur historique, d'un témoin occulaire qui n'a pas laissé son nom.

-----Saint Augustin l'a recommandée dans ses sermons.

"Deux martyrs très illustres, lisons-nous dans les Actes, nous ont confié le soin de faire connaître leur gloire ; je veux parler de Marien, qui nous fut cher entre tous les frères, et de Jacques, auquel, vous le savez, outre les engagements communs du baptême et la profession d'un même culte, unissaient des liens de famille. Sur le point de soutenir leur glorieux combat contre les cruelles fureurs du siècle et les attaques des païens, ils m'ordonnèrent de mettre par écrit le récit de cette lutte où ils entraient sous la conduite de l'Esprit-Saint. Ce n'était pas assurément pour faire célébrer par une vaine jactance au milieu du monde la gloire de leur triomphe, mais bien pour laisser à la multitude des fidèles, au peuple de Dieu, un exemple capable de les instruire et de fortifier leur foi. Ce ne fut pas sans raison que leur affectueuse confiance me choisit pour publier ces récits ; qui pourrait douter en effet que j'ai connu et partagé le secret de leur vie ? Nous vivions ensemble dans les liens d'une étroite union quand la persécution nous surprit.

-----Nous voyagions en Numidie, comme nous l'avions fait ensemble bien des fois, et nous avions réuni les gens de notre suite ; la route que nous suivions nous menait à remplir le ministère imposé par la foi et la religion, tandis qu'elle conduisait au ciel nos compagnons. Nous arrivâmes en un lieu appelé Muguas, près des faubourgs de Cirta (Constantine), colonie romaine et ville importante où l'aveugle fureur des païens et les ordres des officiers militaires avaient déchaîné une cruelle persécution. Nos bienheureux martyrs, Marien et Jacques, virent là un signe certain de la miséricorde divine qui les menait au lieu et au moment où la persécution battait son plein, et où, sous la conduite du Christ, ils allaient cueillir leur couronne. En effet la fureur aveugle et brutale du préfet faisait rechercher par ses soldats les disciples bien-aimés du Christ, le diable lui inspirait d'appesantir sa main sur ceux qui, depuis longtemps condamnés à l'exil, avaient mérité sinon par l'effusion du sang, du moins par le désir, la couronne du martyr.

-----Les exemples et les instructions d'Agape et Secondin, quand ils nous quittèrent, avaient disposé Marien et Jacques à suivre la même voie, à marcher sur leurs traces glorieuses. Deux jours à peine après leur départ, la palme du martyre venait d'elle-même trouver nos très chers Marien et Jacques. Une troupe armée était accourue à la ville que nous habitions ; ces deux frères furent arrachés à nos embrassements pour aller au martyre. Quand ils furent interrogés, comme ils persévéraient à confesser hautement le nom du Christ, on les conduisit en prison. 

-----Alors un soldat stationnaire, le bourreau des hommes justes, les soumit à des tourments cruels et nombreux. Il prit, pour venir en aide à sa cruauté, le centurion et les magistrats de Cirta. Jacques qui avait toujours paru plus ferme dans sa foi, parce qu'il avait déjà triomphé de la persécution de Dèce, répétait avec fierté que non seulement, il était chrétien, mais que de plus il était diacre. Marien, de son côté, provoquait les supplices en confessant qu'il était lecteur ; c'est qu'il l'était en effet. Marien fut suspendu pour être déchiré, le supplice même était vraiment son exaltation. On eut la cruauté de lui attacher aux pieds des poids lourds ; ainsi tirée en sens contraire, la charpente entière de son corps se disloquait, les nerfs étaient brisés, les entrailles déchirées. Enfin, la fureur des bourreaux fut vaincue et il fallut reconduire en prison Marien tout joyeux de son triomphe ; avec Jacques et les autres frères, il célébra par de ferventes prières la victoire du Seigneur.

-----Après les tourments dont on avait déchiré son corps Marien s'endormit d'un sommeil profond et tranquille ; à son réveil, il nous raconta lui-même ce que la divine bonté lui avait fait voir pour soutenir et encourager ses espérances : "Mes frères, dit-il, j'ai vu se dresser devant moi à une grande hauteur un tribunal d'un éclat éblouissant ; là siégeait un personnage faisant office de juge. Il dominait sur une estrade où l'on montait par de nombreux degrés. En faisant approcher les confesseurs, un à un par ordre, devant le juge qui les condamnait à être décapités. Tout à coup, j'entendais une voix claire et puissante qui cria :"Qu'on amène Marien !"Et aussitôt je montai sur l'estrade. À ce moment, j'aperçus, à la droite du juge, Cyprien que je n'avais pas encore vu ; il me tendit la main, m'éleva jusque sur le plus haut degré de l'estrade et me dit en souriant : "Viens t'asseoir avec moi !" Je m'assis et l'interrogation des autres confesseurs continue. À la fin, le juge se leva et nous le conduisîmes jusqu'à son prétoire. Nous traversions d'agréables prairies ; de hauts cyprès et des pins dont la tête s'élevait jusqu'au ciel étendaient au loin leur ombrage ; on eût dit que la verdure des forêts environnait ces lieux comme d'une immense couronne. Au milieu, les eaux pures d'une source abondante remplissaient à plein bords un immense bassin. Mais tout à coup, le juge disparut ; alors Cyprien prit une coupe qui se trouvait au bord de la fontaine, il la remplit et but ; quand il l'eut vidée, il la remplit de nouveau, me la présenta et j'en bus moi-même avec bonheur. Je rendais grâces à Dieu, quand le son de ma voix m'éveille."

Ce récit rappela à Jacques que Dieu avait daigné aussi lui montrer la couronne qui lui était réservée. Quelques jours auparavant, Marien, Jacques et moi-même avec eux, nous voyagions ensemble sur le même char. Vers le milieu du jour, à un endroit où la route était rocailleuse, Jacques était tombé dans un profond sommeil ; nous l'appelâmes, et quand il fut éveillé, il nous dit : "Mes frères, je viens d'éprouver une grande émotion, mais c'est la joie qui transportait mon âme. Vous aussi, réjouissez-vous avec moi. J'ai vu un jeune homme d'une taille prodigieuse, il avait pour vêtement une robe d'une blancheur si éclatante que les yeux ne pouvaient la considérer, ses pieds ne touchaient pas la terre et son front se cachait dans les cieux. Comme il passait rapidement devant nous, il nous jeta deux ceintures de pourpre, une pour toi, Marien, et une pour moi. Et il me dit "Suivez-moi promptement!" Dans un tel sommeil quelle force contre l'ennemi ! Comment après cela décrire les transports de joie et les sentiments généreux de nos martyrs qui, sur le point de souffrir pour Dieu, avaient eu le bonheur d'entendre le Christ et de le voir s'offrir à leurs regards ? Par une grâce spéciale et toute nouvelle ce Dieu avait choisi, pour se montrer à son martyr, un temps où d'ordinaire il ne se révèle pas à ses saints. Au reste, les deux frères ne furent pas les seuls à jouir de cette faveur. (Suivent des détails concernant la vision d'Emilien puis le martyre d'Agape, Secondin, Tertulla, Antonio).Agape apparut à Jacques dans sa prison durant son sommeil. Sur le point de recevoir le coup de la mort, pendant qu'on attendait l'arrivée du bourreau, on entendit Jacques qui disait : "Que je suis heureux ! Je vais rejoindre Agape, je vais m'asseoir avec lui et tous les autres martyrs au banquet céleste. Cette nuit même, je l'ai vu notre bienheureux Agape ; au milieu de tous ceux qui avaient été enfermés avec nous dans la prison de Cirta, il paraissait le plus heureux ; un joyeux et solennel banquet les réunissait. Marien et moi, emportés par l'esprit de dilection et de charité, nous y courions comme à des agapes, lorsque tout à coup vint à notre rencontre un jeune enfant, que je reconnus pour un des deux frères jumeaux, qui trois jours auparavant avaient souffert avec leur mère... "Où courez-vous ? nous dit-il ; soyez dans l'allégresse, demain vous souperez avec nous." Cependant, le jour avait succédé à la nuit dans laquelle cette vision avait eu lieu, la sentence du préfet allait servir à l'accomplissement des promesses de Dieu. Ce fut une condamnation, mais elle affranchit des tribulations du siècle Marien et Jacques avec les autres clercs, pour les rendre participants de la gloire dans la société des patriarches. On les conduisit au lieu du triomphe : c'était une vallée profonde, traversée par un fleuve dont les rivages s'élevaient doucement comme pour former les degrés d'un amphithéâtre. Le sang des martyrs coulait jusqu'au lit du fleuve. le bourreau avait disposé avec art ses victimes sur de longues files ; ses coups sacrilèges semblaient courir d'une tête à l'autre, emportés par une aveugle fureur. Suivant la coutume avant de frapper les victimes on leur banda les yeux, mais les ténèbres ne purent obscurcir leurs âmes. Marien, déjà rempli de l'esprit de prophétie, annonçait avec assurance que le jour était proche où le sang des justes serait vengé ; ce qui était un puissant aiguillon pour fortifier le courage des frères.

-----Quand le sacrifice fut achevé, la mère de Marien, transportée d'une joie digne de la mère des Macchabées, et assurée du sort de son fils, se félicite de son bonheur et s'applaudit elle-même d'avoir donné le jour à un tel fils. Ineffable est vraiment la miséricorde de Dieu Tout Puissant et de Son Christ envers ceux qui ont mis leur confiance en Son nom. Qui pourrait mesurer la grandeur de ses bienfaits ? Sa paternel miséricorde opère sans cesse et répand sur nous les dons que la foi nous montre comme le prix du sang de notre Dieu.A lui soient la gloire et l'empire dans les siècles des siècles.Ainsi soit-il".

Abbé Vincent Serralda (+)

PIEDS-NOIRS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI- N° 109 FÉVRIER 2000

SOURCE : http://alger-roi.fr/Alger/religion/pages_liees/st_marien_pnha109.htm

PASSION DES SAINTS JACQUES, MARIEN ET PLUSIEURS AUTRES, A CONSTANTINE, LE 6 MAI DE L'AN 269.

La persécution de Valérien procura la gloire du martyre à Jacques et Marien, l'un diacre, l'autre lecteur. Ce dernier ne tombait pas sous le coup de l'édit qui condamnait d'office les seuls évêques, prêtres et diacres; mais on se persuada qu'il cachait son titre véritable, et il fut misa la torture. Une fois de plus l'immoralité de ce procédé d'enquête nous apparaît; la torture n'obtint ni mensonge ni apostasie, en conséquence Marien fut tenu pour convaincu. Les actes que l'on va lire rapportent les faits avec assez de détails pour que nous soyons dispensés de donner d'autres indications. Les actes, écrits par un compagnon des martyrs, sont excellents. L'auteur « ne respire que le martyre, et sa plume semble être trempée dans le sang. Son style imite assez saint Cyprien et donne lieu de croire qu'il était un de ses disciples. » (Tillemont.)

BOLL. 30/IV Apr. III, 745-749. RUINANT, Act. sinc. p. 224 et suiv. — TILLEMONT, Mémoires, t. IV, art. sur les ss. J. et M.— P. ALLARD, Hist. des perséc. t. III, p. 130 et suiv. — AUBÉ, l'Eglise et l'Etat dans la seconde moitié du troisième siècle, p. 406.— Rapprochement d'une inscription trouvée à Constantine et d'un passage des Actes des martyrs fournissant une nouvelle preuve de l'identité de Constantine et de Cirta, par M. Canette, dans les Mémoires présentés par divers savants à l'Acad. roy. des Insr., 2e série. Antiq. de la France, t. I, p. 206 et suiv., Paris, 1843.—PIO FRANCHI DE CAVALIERI, La Passio SS. Marinai et Jacobi dans Studi e Testi, pubblicazioni della Bibl. Vaticana, Roma,1900.

LA PASSION DES SAINTS JACQUES ET MARIEN.

Chaque fois que les saints martyrs de Dieu et de son Christ, impatients de parvenir au royaume du ciel, recommandent quelque affaire avec plus d'instance à leurs amis, ils se souviennent de cette humilité sur laquelle est fondée la véritable grandeur, et plus ils mettent de modestie dans leur demande, plus celle-ci est efficace. C'est ce soin de leur gloire que nous ont confié ,les illustres martyrs de Dieu, Marien, qui nous fut chier entre tous, et Jacques, auxquels m'unissait, vous le savez, en dehors des relations communes du Sacrement et de l'habitude de la vie, une affection particulière.

Au moment d'affronter les assauts du siècle et la fureur des païens dans un combat glorieux, ils donnèrent l'ordre d'écrire le récit de cette lutte où ils ne s'engageaient qu'avec l'assistance du Saint-Esprit, non qu'ils voulussent que la gloire de leur triomphe retentit  sur cette terre, mais parce qu'ils souhaitaient fortifier par leur propre exemple le peuple fidèle. Ce ne fut pas sans raison que leur affectueuse confiance me chargea de ce récit. Qui pourrait douter que j'aie connu et partagé Iea secrets de leur vie? Nous vivions ensemble dans les liens d'une étroite amitié, quand la persécution nous surprit.

Il arriva donc que, suivant notre ancienne habitude, ayant à traverser la Numidie, nous faisions route ensemble. Nous arrivâmes en une bourgade nommée Maguas, qui est dans la banlieue de Cirta, ville importante dont les habitants, transportés d'une aveugle fureur, s'agitaient comme les vagues du mal, et la rage du diable ù tenter la foi des justes s'exhalait dans leurs sanguinaires clameurs. Marien et Jacques virent en cela les signes assurés et tant souhaités de la miséricorde divine qui les amenait dans ce pays à l'heure où la persécution battait son plein et où, à l'aide du Christ, ils venaient cueillir leur couronne. En effet, la brutale et aveugle passion du légat employait les soldats à l'arrestation des chrétiens. Sa folie furieuse ne s'exerçait pas seulement contre ceux qui avaient traversé sains et saufs les persécutions précédentes et vivaient en liberté, mais le diable lui inspirait d'appesantir sa main sur ceux qui étaient retenus en exil et déjà martyrs véritables, sinon par la mort, du moins par la volonté.

Ce fut ainsi que deux évêques, Agape et Secundinus, furent tirés d'exil et traduits devant le légat. On les conduirait non d'un supplice à un autre supplice, ainsi que le croyaient les païens, mais de la gloire à la gloire, d'un combat à un autre combat. Il était impossible que ceux-là fussent retardés dans leur victoire que le Seigneur était impatient d'avoir avec lui. Il arriva donc, mes frères, que Agape et Secundinus, se rendant, par l'ordre du légat sans doute, mais surtout par la volonté du Christ, au lieu de leur dernier combat, acceptèrent, à leur passage à Muguas, notre hospitalité. Ces saints personnages étaient si pénétrés de l'esprit de vie et de grâce, qu'ils estimaient peu de chose leur propre martyre, s'ils n'en amenaient d'autres, sous l'inspiration de leur foi, au même bonheur. Leur charité et leur tendre bonté à l'égard des frères furent si exquises qu'elles eussent suffi à confirmer la foi des frères. Ils répandirent sur nos âmes la parole du salut comme une rosée, céleste ; ils ne pouvaient se taire, eux qui contemplaient la Parole éternelle du Père.

Rien de surprenant dès lors si, en ce peu de jours qu'ils furent parmi nous, leur contact embrasa si fortement nos coeurs, puisque, dans l'éblouissement de la grâce dont ils étaient remplis, le Christ lui-même semblait déjà apparaître à travers l'éclat de leur martyre prochain.

En nous quittant, ils laissèrent Marien et Jacques, façonnés par leur exemple et leurs paroles, prêts à s'engager dans la voie qu'ils s'apprêtaient à suivre eux-mêmes. Deux jours ne s'étaient pas écoulés que la palme était aussi destinée à nos frères bien-aimés Marien et Jacques ; et cela ne se passa pas à l'ordinaire, c'est-à-dire par le moyen d'un agent de police, mais par le moyen d'un centurion. Car une escorte de gens armes et la plus vile canaille étaient venues à la ville que nous habitions, comme devant un boulevard de la foi.

O invasion bénie ! ô tumulte aimable et consolant ! Tout cela s'est passé afin que le sang innocent de Marien et de Jacques fût trouvé digne de Dieu. A peine pourrons-nous, ici, mes frères, contenir notre joie ; à peine, depuis deux jours, des saints se sont éloignés de nous pour aller à leur glorieuse fin, et nous avons encore avec nous des frères qui vont être martyrs.

Comme l'heure de la miséricorde divine approchait, elle daigna nous donner à nous-même quelque part à la gloire de nos frères ; nous fûmes conduit de Muguas à Cirta. Derrière nous venaient nos frères aimés Jacques et Marien, marqués pour le martyre. Leur amour pour opus et la miséricorde du Christ les guidaient sur nos pas ; car, fait digne de remarque, les derniers venus devaient être les premiers à partir.

On ne les fit pas longtemps attendre, car, tandis qu'ils nous exhortaient dans l'emportement d'une sainte allégresse, ils se déclarèrent chrétiens eux-mêmes. Interrogés peu après, comme ils persévéraient dans la confession au Christ, ils furent conduits en prison...

Depuis ce moment, ils furent livrés aux sévices de l'agent de police, chargé de torturer les saints ; ce personnage se fit aider par les magistrats municipaux de Cirta, c'est-à-dire par les prêtres de Satan. Comme si la foi pouvait être brisée par la déchirure des membres chez ceux qui méprisent leur corps, Jacques, vaillant entre tous, qui avait triomphé déjà du temps de l'empereur Dèce, se déclara non seulement chrétien, mais il avoua sa dignité de diacre. Marien, de son côté, fut soumis à la torture parce que, conformément à la vérité, il ne s'avouait que lecteur. Quel supplice nouveau et raffiné trouva-t-on ? Marien fut suspendu pour être déchiré, et néanmoins la grâce qu'il reçut alors fut telle que sa souffrance était vraiment son exaltation. On l'avait suspendue non par les mains, mais par l'extrémité des pouces ; de plus, on lui attacha des poids aux pieds, afin que, disjointe par ces supplices divers et disloquée par la tension des entrailles, la charpente entière de son corps ne fût plus suspendue qu'à quelques nerfs. En vain on le suspendit, on meurtrit ses côtes, on arracha ses entrailles. Marien, plein de confiance en Dieu, sentait grandir son courage en proportion des tortures. Lorsque les bourreaux furent lassés, on le ramena en prison tout enivré de la joie de sa victoire récente, dont il rendait souvent grâces à Dieu, ainsi que Jacques et les autres frères.

Et après cela, païens, que direz-vous ? Croirez-vous que les chrétiens redoutent la prison et ont horreur des ténèbres, eux en qui réside la joie de la lumière éternelle? Vous cherchez pour lieux de supplice les cachots ignorés et cachés, avec toutes les horreurs ; mais pour ceux qui mettent en Dieu leur confiance, il n'y a pas de lieu abject, ni de jour lugubre. La fraternité du Christ soutient jour et nuit ceux qui appartiennent au Père. Après la torture, il arriva que Marien eut un songe qu'il raconta à ses compagnons à son réveil. Je vis, dit-il, la plate-forme supérieure d'un tribunal très élevé ; là se trouvait un personnage qui remplissait les fonctions de juge. L'estrade comportait plusieurs degrés, elle était fort élevée, on y amenait les groupes de confesseurs que le juge condamnait à mort. J'entendis une voix retentissante qui disait : « Au tour de Marien ». Je gravis l'estrade, et voici que subitement j'aperçus Cyprien assis à droite du juge ; il me tendit la main et me fit monter au plus haut de l'estrade. Il me dit alors avec un bon sourire : « Viens t'asseoir à côté de moi ». Ce que je fis, tandis que d'autres groupes se succédaient à l'interrogatoire.

Enfin le juge leva la séance et nous le reconduisîmes au prétoire. Il fallait passer par une prairie ravissante, parsemée de bouquets de bois tout verdoyants, parmi lesquels les cyprès se dressaient dans leur impénétrable noirceur et les pins semblaient s'élancer vers le ciel, tellement que l'on aurait cru que la verdure formait à l'entour de ce lieu comme une immense couronne. Au centre était une grotte, d'où débordait une eau cristalline très abondante.

A ce moment nous cessâmes de voir le juge. Cyprien prit une coupe déposée sur la margelle de la source, l'emplit à l'un des ruisseaux et but, l'emplit de nouveau, me la présenta, et je bus de même, plein de bonheur. Je voulais rendre grâces à Dieu, mais le bruit de ma propre voix m'éveilla.

Ce récit rappela à Jacques qu'il avait été l'objet d'une faveur semblable. Quelques jours auparavant, il voyageait avec Marien et moi. Nous étions tous trois dans la même voiture. Vers midi, à un endroit où la route était mal empierrée, Jacques s'endormit d'un lourd sommeil ; nous l'appelâmes, nous le poussâmes ; enfin il s'éveilla : « Oh ! fit-il, j'en tremble encore, mais c'est de joie, réjouissez-vous, vous aussi. Je viens de voir, nous dit-il, un adolescent d'une taille prodigieuse; il était vêtu d'une robe dont la blancheur éclatante blessait le regard; ses pieds ne frôlaient même pas la terre, tandis que son front se cachait dans les nuages. Il passa devant nous comme un trait et nous jeta deux ceintures de pourpre, une pour toi, Marien, l'autre pour moi ; je l'entendis qui disait : « Vite, suivez-moi ».

O sommeil meilleur que toutes les veilles ! l'heureux sommeil de celui qui veille dans la foi ! Les corps seuls sont enchaînés, car il n'y a que l'esprit qui puisse voir Dieu. Que dire de la joie et de l'entrain des martyrs qui, au moment de souffrir pour la confession du nom de Dieu, avaient entendu le Christ et l'avaient vu ? Rien ne l'avait arrêté, ni le cahot bruyant de la voiture, ni le plein midi, ni la chaleur torride du soleil à cette heure. Il n'avait pas attendu le silence de la nuit, et, par une grâce spéciale et toute nouvelle, il avait fait choix pour se révéler d'un moment où il n'a pas l'habitude d'accorder ces sortes de grâces. Il n'y eut pas que Jacques et Marien à recevoir ces faveurs. Emilien, chevalier avant sa conversion, partageait la prison des autres chrétiens. ll avait la cinquantaine et n'avait cessé de vivre dans la chasteté. Depuis qu'il était en prison, il redoublait d'austérités : c'étaient des jeûnes et des oraisons ininterrompus. C'est là et dans l'Eucharistie qu'il trouvait la seule nourriture qui, tous les jours, soutenait son âme et la préparait au combat. Lui aussi s'endormit vers le midi ; à son réveil, voici ce qu'il nous raconta: « Comme je sortais de prison, je rencontrai mon frère, qui est encore païen. Il me demanda grossièrement ce que nous devenions, comment nous nous accommodions de l'obscurité et de la faim. « Mais,. lui dis-je, pour les chrétiens la parole de Dieu est lumière parmi les ténèbres et nourriture exquise pour la faim. — Eh bien, dit-il, que tous les prisonniers sachent que les obstinés auront la tête coupée ! » —Je n'y pouvais croire, je flairais un mensonge, me défiant de voir mes voeux comblés de la sorte « Vrai, dis-je, nous mourrons tous?» Il confirma son dire. « Bientôt, ajouta-t-il, votre sang coulera.» Puis il ajouta : «Dis-moi, vous tous qui méprisez ainsi la mort, recevrez-vous des récompenses égales ou bien des récompenses différentes? » Je répondis : « Je n'en sais pas assez pour donner mon avis là-dessus. Tiens, regarde donc le ciel ; tu vois l'innombrable armée des astres.. Ont-ils tous le même éclat ? tous cependant sont lumière ». Il insista : « Puisqu'il y a des degrés, quels seront donc les préférés de votre Dieu ? » — « Il yen a deux entre tous, répondis-je ; je ne te dis pas leurs noms que Dieu sait. » Il voulut en savoir plus. « Eh bien, dis-je pour en finir, ce sont ceux dont la victoire est plus difficile et presque sans exemple ; leur couronne est d'autant plus glorieuse qu'elle est plus rare. C'est pour eux qu'il a été écrit : «. Il est plus facile à un chameau de passer par le châs d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. »

Après ces visions, les confesseurs demeurèrent encore quelques jours en prison; puis on les traduisit de nouveau devant le tribunal, afin que le magistrat de Cirta, non content des premiers châtiments par lesquels il avait honoré leur généreuse confession, pût les adresser au préfet. A ce moment, un de nos frères, mêlé à la foule des assistants, attira l'attention de tous les païens. Il ; allait bientôt confesser sa foi, et déjà les traits de son visage prenaient la splendeur du Christ lui-même. Les païens, furieux, lui demandaient s'il était de la religion des martyrs, s'il portait leur nom ; aussitôt il confessa sa foi et mérita d'être réuni à eux.

Ainsi, pendant qu'on faisait les apprêts du supplice, les martyrs gagnèrent à Dieu de nombreux témoins'. Enfin on les envoya au préfet ; la route était longue et difficile, ils la suivirent avec joie. A leur arrivée, on les présenta au magistrat, puis on les conduisit pour la deuxième fois à la prison [dite] de Lambèse. Une prison, voilà l'unique logement que l'hospitalité des païens nous réserve.

Pendant plusieurs jours on massacra des frères ; la rage folle du préfet ne pouvait arriver jusqu'à Marien, Jacques et les autres clercs; les laïques seuls suffisaient, à l'occuper, car il avait séparé les ordres de la hiérarchie, espérant que les laïques, une fois séparés des clercs, céderaient aux tentations du siècle et à leurs propres terreurs. Aussi nos deux amis se désolaient, et tous les clercs avec eux, de ce que les laïques les eussent devancés au combat et à la gloire et qu'on leur ménageât une victoire si tardive.

Ce fut vers ce temps que Jacques eut une nouvelle vision pendant son sommeil. « Agape, l'évêque dont nous avons parlé, avait depuis quelque temps déjà souffert le martyre avec deux jeunes filles, Tertulla et Antonia, auxquelles il portait une tendresse paternelle. Souvent il avait demandé à Dieu de les associer à son martyre, et Dieu avait récompensé sa foi en lui disant : « Pourquoi demandes-tu sans cesse ce que tu as mérité depuis longtemps par une seule prière ? » Agape apparut donc à Jacques. En effet, au moment où il allait mourir, — on n'attendait que l'arrivée du bourreau — on l'entendit qui disait : « Je suis bien heureux ! je vais rejoindre Agape, je m'assoierai avec lui et tous les autres martyrs au banquet céleste. C'est bien Agape que j'ai vu cette nuit ; parmi tous les prisonniers de Cirta, il semblait le plus gai au banquet solennel et joyeux qui les réunissait. Notre charité nous attirait, Marien et moi, à ce banquet comme à l'agape, lorsque je reconnus un des petits frères jumeaux qui, trois jours auparavant, avaient souffert avec leur mère. On lui avait passé autour du cou un collier de roses, et il portait dans la main droite une petite palme d'un vert tendre. Il me dit: « Où courez-vous? réjouissez-vous, soyez bien content, demain vous mangerez avec nous. »

Le lendemain le préfet prononça contre Jacques et Marien la peine capitale. On conduisit les confesseurs au lieu du triomphe : c'était une vallée encaissée que traversait un fleuve dont les berges s'élevaient en pente douce et semblaient former les gradins d'un amphithéâtre naturel. Le sang des martyrs coulait en, rigole jusqu'au fleuve ; et cette scène avait son mystérieux symbolisme pour les saints qui, baptisés dans leur sang, allaient recevoir dans les eaux comme une nouvelle purification.

C'était un spectacle étrange que celui du stratagème adopté pour l'exécution. Le bourreau, ayant tout un peuple à frapper, disposa les victimes sur de longues files, en sorte que ses coups volaient d'une tête à l'autre, sous une impulsion folle. S'il eût frappé tous les martyrs à la même place, les cadavres se fussent bientôt accumulés en un immense charnier, le lit du fleuve, bien vite obstrué, n'eût pu suffire. Suivant la coutume, on banda les yeux des condamnés avant l'exécution ; mais nulles ténèbres ne pouvaient assombrir leurs âmes, où se répandait une ineffable et éblouissante lumière. Un grand nombre, malgré le bandeau qui leur dérobait l'éclat du jour, racontaient à ceux qui les entouraient, aux témoins de leur supplice, les choses merveilleuses qu'ils croyaient voir ; ils parlaient de blancs cavaliers montés sur des chevaux blancs. D'autres martyrs entendaient le hennissement de ces chevaux et le bruit de leurs sabots. Marien, rempli de l'esprit des prophètes, annonçait sans hésitation que le jour était proche où le sang des justes allait être vengé. Il prédisait les plaies de toute sorte dont le monde était menacé : la peste, la captivité, la famine, les tremblements de terre, les invasions de moustiques dont la piqûre donnerait la mort.

Quand tous furent tués, la mère de Marien, joyeuse comme la mère des Macchabées et assurée maintenant du sort de son fils dont le martyre était consommé, le félicita de son bonheur et se réjouit d'avoir eu cet enfant. Elle baisait ce corps sorti de son corps dont il était la gloire, elle baisait amoureusement la section du cou.

O heureuse Marie, heureuse mère d'un tel fils, heureuse de porter un si beau nom ! Qui ne croirait pas au bonheur qu'apporte avec lui un nom si grand; en voyant cette nouvelle Marie recevoir une pareille gloire de son enfant ? Oh oui ! la miséricorde de Dieu et de son Christ est ineffable à l'égard de ceux qui ont mis leur confiance en son nom. Non seulement sa grâce les prévient et les fortifie, mais encore, en les rachetant de son sang, il leur donne la vie. Qui pourrait mesurer la grandeur de ses bienfaits ? Sa paternelle miséricorde opère sans cesse et répand sur nous les dons que la foi nous montre comme le prix du sang de notre Dieu. A lui soient la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles. Amen.

LES MARTYRS. TOME II. LE TROISIÈME SIÈCLE, DIOCLÉTIEN. Recueil de pièces authentiques sur les martyres depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle TRADUITES ET PUBLIÉES Par le B. P. DOM H. LECLERCQ, Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough. Imprimi potest FR. FERDINANDUS CABROL, Abbas Sancti Michaelis Farnborough. Die 15 Martii 1903. Imprimatur. Pictavii, die 24 Martii 1903. + HENRICUS, Ep. Pictaviensis.

SOURCE : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/martyrs/default.htm

Arc de triomphe de Septime Sévère à Lambèse, Algérie

Arch of Septimius Severus, Lambaesis, Algeria


Saints of the Day – Marian, James and Companions, Martyrs

Article

Died in Africa, May 6, 259. Marian, a lector, and James, a deacon, were thrown into prison at Cirta (Constantine in Algeria) during the persecution of Valerian. They were savagely tortured to persuade them to apostatize, but each was strengthened by a dream of his triumphant martyrdom to come. They were put to death at the military town of Lambaesis (Lambesa) in Numidia, with others victims so numerous that they were drawn up in rows and the executioner passed down the ranks striking off heads, ‘in a rush of fury.’ Marian and James are known from an authentic, touching account written by a man who shared their imprisonment but was later released (Attwater, Attwater2, Benedictines, Encyclopedia). In art, Marian is shown hung up by his thumbs with weights on this feet (Roeder).

MLA Citation

Katherine I Rabenstein. Saints of the Day1998. CatholicSaints.Info. 9 January 2024. Web. 8 April 2026. <https://catholicsaints.info/saints-of-the-day-marian-james-and-companions-martyrs/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saints-of-the-day-marian-james-and-companions-martyrs/

Saints Marian and James of Lambesa (Lambaesis, Numidia) 

30 April

(Sometimes Marion, and James) (and companions),

Saint Marian was a Lector and Saint James a Deacon in the same church.

They were savagly tortured with many other Christians in an attempt by the legatus of Numidia, probably C. Macrinius Decianus, to persuade them to apostatize during the persecutions of Valerian.

During their imprisionment with a multitude of other Christians at Cirta Iulia (later Constantina, Algeria), the chief city of Numidia, each separately had a vision of his own triumphant martyrdom, which visions strengthened them.

They were put to death at the military town of Lambaesis (Lambesa) in Numidia, with others victims so numerous that they were drawn up in rows and the executioner passed down the ranks striking off heads. (d. 6 May 259 A. D.)

Their martyrdom is known by the account of a man who was imprisoned with them, but later released.

SOURCE : http://www.reu.org/public/saints/MarJam.HTM

April 30

SS. James, Marian, and Companions, Martyrs in Numidia

From their authentic acts, written by a bishop, their companion, and commended by St. Austin, Serm. 284, t. 5, p. 1140.

A.D. 259.

THE PERSECUTION of Valerian raged no where with so much cruelty as in Numidia, in 259. At Lambesa, the greatest city of the province, next to Cirtha, great numbers, both of the laity and clergy, suffered martyrdom. St. James was a deacon of that place, and remarkable for his singular chastity and austerity of life. St. Marian was only reader, but endued with a particular eminence of grace. He had an excellent mother, called Mary, as we learn from St. Austin. They were companions, and probably relations, and came from some remote province of Africa into Numidia. James received on the road a vision, that gave them previous notice of their martyrdom. They arrived at a place called Muguas, near Cirtha, the capital, where the persecution was very violent. Two bishops, named Agapius and Secundinus, who had been banished for their faith, were at the same time brought thither, from the place of their exile, to stand a second trial for their lives. This was a new and unprecedented injustice, practised only against Christians, for persons already condemned to banishment to be again tried and condemned to death. As they were detained here for some days, James and Marian enjoyed their conversation, which excited them to an eager desire of martyrdom: insomuch that, when the two bishops left Muguas to continue their journey, James and Marian were fully determined to follow them. Two days after their departure, pursuivants arrived

Muguas, which was looked upon as the retreat of Christians, and by an order from the governor, apprehended James and Marian, and conducted them to Cirtha, together with a bishop, the author of the acts of their martyrdom, and presented them to the city magistrates, who put them to the most cruel tortures. James confessed boldly that he was not only a Christian, but also a deacon; though the law of Valerian, in 258, condemned to death, without hopes of pardon, even though they should deny their faith, all deacons, priests, and bishops. They were both put to the torture; and Marian in particular was hung up, not by the hands, which was the usual method of torture, but by his thumbs, which was far more painful, weights being also hung to his feet. Amidst his torments, the more his body suffered the more was his soul strengthened by God. The martyrs having undergone the torture as long as the persecutors thought proper, were sent to prison, with several other Christians. Some were daily called out of this blessed company, and crowned with martyrdom; and, amongst others, the two holy bishops, Agapius and Secundinus, honoured on the 29th of April. The survivors passed some time in the darkness and horror of the dungeons of Cirtha, tormented also with hunger; but the word of God, say the acts, was a spiritual food that supported them. God was pleased moreover to comfort them in their prison, by a vision vouchsafed to Marian, to whom St. Cyprian appeared sitting at the right hand of a great judge, who was Christ, and presenting Marian to drink of a fountain of which that holy bishop had first drank himself; giving Marian thereby to understand, that he was also to suffer martyrdom. God gave an assurance of the same favour to this whole company of prisoners, by a second vision, with which he favoured another of these confessors, called Emilian, of the Equestrian Order, near fifty years old, who had lived till that age in strict continency. His occupation in prison was chiefly prayer. He fasted much, and often abstained from food by choice for two days successively. He acquainted this blessed company with what he had also seen in his vision; namely, that his heathen brother asked him how they liked the dark dungeons and hunger? He answered, that the word of God served both for light and nourishment to the soldiers of Jesus Christ. His brother said: “You know that as many of you as continue obstinate can expect nothing but death. But do you all hope for equal rewards?” Emilian 1 said: “Lift up your eyes to heaven: have all the stars you see there the same lustre? Don’t they differ in brightness, though they have all the same light? Those in like manner who shall have suffered most, and have had the greatest difficulties to struggle with, shall receive the most glorious crown.” All these visions contributed not a little to keep up the spirits of the Christian prisoners. The magistrates of Cirtha, seeing the confessors invincible, sent James, Marian, and a great part of the prisoners to Lambesa, to the governor of the province. They suffered much on the way, it being twenty-four miles distant from Cirtha, and the roads very rough. They were lodged in the dungeons of Lambesa, and every day some were called out to martyrdom; the laity first, whom the Pagans hoped more easily to vanquish. Amongst them a woman and her two little children, twins, were martyred on the 2nd or 3rd of May. Also Tertulla and Antonia, two holy virgins, whom St. Agapius had a singular regard for. He prayed long in prison that they might not be deprived of the glory of shedding their blood for Christ, and at length received from heaven this answer: “You need not ask by so many prayers what you have obtained by the first.” St. James and the other clergy were grieved to see their victory retarded; but it was not long before he saw in his sleep the bishop Agapius preparing a great feast, and expressing much joy, and cheerfully inviting him and Marian to it, as to one of the ancient Agapæ, or love-feasts. Here they met an infant, who was one of the twins that had suffered with their mother three days before. He had round his neck a crown of roses, and a very green palm in his right hand; and he bade them rejoice, for they should all sup together the day following, the same on which James, Marian, and several others of the clergy were condemned to die. They were accordingly brought to the place of execution, which was a valley, through which ran the river Pagydus, with hills on each side convenient for the spectators. The martyrs were placed in rows on the banks of the river, that the executioner might pass conveniently from one to the other in cutting off their heads. “While they had their eyes bound, they had most of them some token given them by God of their approaching felicity. Marian also foretold the wars, and other evils, which threatened the empire in revenge of the innocent blood of the just. This was verified—the persecuting Emperor Valerian being taken and most barbarously treated by the Persians, in 260; not to mention the thirty tyrants, a dreadful pestilence, and other calamities which afflicted the empire. Mary, the mother of this blessed martyr, like the mother of the Machabees, says St. Austin, followed her son to the place of execution to encourage him: on seeing him dead, she embraced his corpse, and oftentimes kissed his neck, and blessed God for having made her the mother of such a son. Their triumph happened in 259, or 260, probably on the 6th of May, on which the ancient calendar of Carthage, drawn up in the close of the fifth century, mentions them. The other Latins honour them on the 30th of April. SS. James and Marian are patrons of Eugubio, in the duchy of Urbino, the ancient Umbria, and their bodies are said to be kept in the cathedral there. The names of these martyrs are consecrated in the Roman Martyrology

Note 1. This St. Emilian occurs in the Martyrologies on the 29th of April. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume IV: April. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/4/304.html

Amphithéâtre de Lambèse, Algérie

Amphitheatre of Lambaesis, Algeria


Santi Mariano e Giacomo Martiri di Lambesa

6 maggio

Martiri a Cirta e Lambesa (Numidia) nel 259

Scampati alla persecuzione di Decio, i due giovani chierici cristiani Mariano e Giacomo – il primo diacono e il secondo lettore – subiscono il martirio nel 259 a Lambèse, in Numidia, l’attuale Algeria, di cui erano originari. A tradirli, l’esortazione ai compagni a restare saldi nella fede.  

Martirologio Romano: A Lambèse in Numidia, nell’odierna Algeria, santi martiri Mariano, lettore, e Giacomo, diacono: il primo aveva già da tempo superato indenne le vessazioni della persecuzione di Decio per aver confessato la fede in Cristo; nuovamente arrestato insieme al dilettissimo compagno, entrambi, dopo crudeli supplizi, confortati dalla grazia divina, morirono insieme a molti altri trafitti con la spada.

SANTI MARTIRI DI LAMBESA

Agapio, Secondino, Giacomo, Mariano, Tertulla, Antonia, Emiliano e compagni

Martiri a Cirta e Lambesa (Numidia) nel 259

Si tratta di un gruppo di martiri africani, che l’ultima edizione del Martirologio Romano celebra in due distinti giorni; Agapio, Secondino, Tertulla, Antonia, Emiliano il 4 maggio e Giacomo e Mariano il 6 maggio.

In effetti pur avendo subito il martirio in giorni e luoghi diversi, essi furono accomunati nel racconto dell’antica ‘Passio’ e così si è andato avanti nei successivi testi storici, fra i quali gli ‘Atti dei Martiri’ e la ‘Bibliotheca Sanctorum’.

La ‘Passio’ dei santi martiri denominati “di Lambesa”, fu scritta da un altro cristiano arrestato insieme a loro e il cui nome è rimasto sconosciuto; per questa comunanza di sofferenza, il testo in XV capitoli, riflette la reale situazione prima del martirio, fornendo particolari della massima attendibilità, cosa abbastanza rara nelle ‘Passio’ degli antichi martiri, compilate in tempi successivi ed integrate per lo più da elementi leggendari.

Nella ‘Passio’ suddetta, il ruolo di protagonisti è coperto dal diacono Giacomo e dal lettore Mariano compagni del cronista; i tre cristiani mentre erano in viaggio attraverso la Numidia (provincia romana dal I secolo), sembra provenienti dall’Africa proconsolare, si fermarono a Mugnae, sobborgo di Cirta (odierna Costantina in Algeria) prendendo alloggio in una villa.

Nello stesso luogo sopraggiunsero due vescovi Agapio e Secondino, che il preside della provincia aveva richiamato dall’esilio, inflitto loro a seguito del primo editto di Valeriano (Valeriano Publio Licinio, imperatore romano dal 253 al 260, successore di Emilio, emanò due editti contro i cristiani, nel 257 e nel 258).

A causa del secondo editto che condannava a morte, subito e senza processo, vescovi, preti e diaconi, i due vescovi, che ebbero l’opportunità di esortare al martirio i due giovani chierici e gli altri cristiani lì radunati per essere interrogati, furono trasferiti a Cirta per essere giudicati dai magistrati civili.

Dopo la loro partenza, qualche giorno dopo la villa fu circondata e Mariano, Giacomo e lo sconosciuto scrittore, furono arrestati insieme ad altri; i due chierici in effetti si erano traditi per aver esortato gli altri alla fermezza nella fede.

Portati davanti ai magistrati di Cirta e sottoposti ad interrogatorio, Giacomo confessò il suo stato di diacono, mentre Mariano fu sottoposto a tortura perché non fu creduto che fosse un semplice lettore, qualificandosi così per salvarsi la vita.

I due giovani chierici cristiani avevano già sofferto per la persecuzione precedente, la settima, ordinata nel 249 dall’imperatore romano Decio (200-251); la loro grandezza d’animo e il loro desiderio di martirio, traspariva dall’atteggiamento nobile e sereno, in occasione dell’arresto e dei tormenti cui furono sottoposti in seguito, nel capitolo V è detto che furono sospesi per le dita delle mani con due pesi ai piedi; nel capitolo XIII l’autore sottolinea l’eroico comportamento della madre di Mariano, che pur angosciata, esultò quando vide il figlio avviarsi al martirio.

Durante il periodo del carcere, il diacono Giacomo vide in sogno Agapio, che già aveva subito il martirio, il quale si mostrava lieto fra i convitati di un’agape fraterna cui partecipavano ex compagni di carcere e di tormenti già martirizzati, mentre dal gruppo si staccava un bambino per annunciare a Mariano e Giacomo, il martirio che avrebbero subito il giorno dopo.

Durante la loro permanenza in carcere, molti altri cristiani, pur non essendo vescovi, preti o diaconi, subirono il martirio, infine il 6 maggio 259 anche i due chierici Giacomo e Mariano, furono decapitati sull’alto di una rupe a strapiombo sul torrente che attraversava Lambesa, capitale della Numidia e dove risiedeva il legato imperiale; i tronchi dei loro corpi furono precipitati nelle acque.

Ai due vescovi Agapio e Secondino, secondo la ‘Passio’ scritta dal cristiano che evidentemente scampò alla morte, sono associate due fanciulle Tertulla e Antonia, che Agapio aveva in custodia.

Il vescovo ormai prossimo a lasciarle sole, pregò ripetutamente il Signore che facesse loro il dono del martirio; ebbe una rivelazione particolare nella quale udì una voce che diceva: “Perché chiedi con tanta insistenza ciò che hai già ottenuto con una sola delle tue preghiere?” (cap. XI).

Nella medesima ‘Passio’ è ricordato anche il soldato Emiliano cavaliere cinquantenne, che per tutta la vita aveva conservato una pura continenza della carne; egli aveva un fratello rimasto pagano che era solito prenderlo in giro per la sua professione cristiana.

Mentre era in carcere, Emiliano sognò il fratello che con voce canzonatoria gli domandava come si trovassero lui e gli altri nelle tenebre del carcere; essendogli stato risposto che per il cristiano splende una chiara luce anche nelle tenebre, insistette chiedendo se per tutti i martiri vi sarebbe stata un’uguale corona in cielo o, altrimenti, a chi tra i presenti sarebbe spettato un premio maggiore.

Gli fu replicato che le stelle sono tutte luminose, anche se diverse fra loro, e che tra i martiri sarebbe stato destinato a splendere di più, chi più fortemente e lungamente avesse sofferto.

Il Martirologio Romano porta al 4 maggio, la commemorazione dei santi martiri Agapio e Secondino vescovi, Emiliano soldato e Tertulla e Antonia vergini, che subirono il martirio a Cirta in Numidia; la data del martirio è posta fra l’anno 258 e 259, il 4 maggio deve essere stato inserito per avvicinare precedendola, la data certa del 6 maggio 659, quando furono martirizzati Giacomo e Mariano; in realtà fra le due esecuzioni dovettero passare dei mesi.

Infine la ‘Passio’ al capitolo X, fa menzione di numerosi martiri laici, caduti prima e dopo i quattro ecclesiastici ricordati, riportando alcuni nomi e fra loro c’erano anche dei bambini: Floriano, Secondino, Gabro, Postumo, Gaiano, Mommino, Quintiano, Cassio, Fasilo, Fiorenzo, Demetrio, Gududo, due Crispino, Donato, e Zeone.

Il culto dei martiri di Lambase dovette essere molto diffuso, se s. Agostino tenne un celebre sermone in loro onore (Sermo, 380); le vicissitudini politiche che nei secoli investirono il Nord Africa, fecero sì che le reliquie di alcuni dei martiri di Lambesa, dalla Numidia, furono trasferite dai profughi verso l’Italia dove si diffuse il loro culto.

Le reliquie dei santi Giacomo e Mariano, approdarono - forse tra il V e il VI secolo - a Gubbio e deposte nella cattedrale a loro intitolata.

Il culto per i due santi, in parallelo con l’importanza assunta dalla città, ebbe larga diffusione e intensità in tutto il Medioevo, tanto che s. Pier Damiani (1007-1072) vescovo e cardinale, ne scisse, fra le tante sue opere, una narrazione approfondita di due episodi (due visioni) della loro ‘Passio’, in occasione della solennità annuale dei due martiri.

Ad ogni modo il gruppo dei martiri africani di Lambesa, fu sempre inserito in tutti i ‘Martirologi’ e negli ‘Acta Sanctorum’ editi lungo i secoli; le date della ricorrenza però furono varie e diverse da un testo all’altro; nel Martirologio Geronimiano i martiri sono commemorati in parte il 30 aprile e in parte il 6 maggio, mentre precedenti edizioni del Martirologio Romano li celebravano il 29 e 30 aprile; ma come già detto, i due gruppi subirono il martirio in giorni diversi e solo per Giacomo e Mariano, il Calendario Cartaginese indica con certezza il 6 maggio.

Autore: Antonio Borrelli

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/92633