mercredi 4 février 2015

Saint JEAN de BRITTO, prêtre et martyr


Saint Jean de Britto, prêtre et martyr

Jésuite portugais, apôtre des Indes Orientales où il donna le témoignage de sa foi par un cruel martyre en 1693.

Saint Jean de Britto

Jésuite, missionnaire en Inde ( 1693)

Jésuite portugais, apôtre des Indes Orientales où il donna le témoignage de sa foi par un cruel martyre.

St Jean de Brito est mort au Maduré en Inde le 4 février 1693. Il a été canonisé par Pie XII en 1947. 

À Oriur dans le royaume de Maravesi en Inde, l’an 1693, saint Jean de Brito, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. Imitant le mode de vie et l’habillement des ascètes du pays, il convertit beaucoup à la foi chrétienne, mais arrêté et condamné à mort, il reçut la couronne d’un glorieux martyre.


Martyrologe romain


4 février 

Saints JEAN DE BRITO, prêtre ;
LÉON MANGIN, prêtre, et ses compagnons ;
Bx. RODOLPHE ACQUAVIVA, prêtre,
et ses compagnons ;
FRANCOIS PACHECO, 
CHARLES SPINOLA,
prêtres, et leurs compagnons ;
JACQUES BERTHIEU, prêtre :

martyrs

Mémoire

(En France, mémoire facultative du Bx. Jacques Berthieu, le 8 juin ; de Saint Léon Mangin et de ses compagnons, le 19 juin. A Madagascar, mémoire du Bx. Jacques Berthieu, le 8 juin).

On fait aujourd'hui mémoire de plusieurs martyrs de la Compagnie de Jésus qui donnèrent leur vie pour la foi en divers pays de mission. Ce sont : Saint Jean de Brito (mort au Maduré le 4 février 1693, canonisé par Pie XII en 1947) ; le bienheureux Rodolphe Acquaviva et ses 4 compagnons (morts en Inde le 25 juillet 1583, déclarés bienheureux par Léon XIII en 1893) ; les bienheureux François Pacheco (mort le 20 juin 1626), Charles Spinola (mort le 10 septembre 1622) et leurs 31 compagnons (morts entre 1617 et 1632 ; tous, martyrisés au Japon, furent déclarés bienheureux par Pie IX en 1867) ; le bienheureux Jacques Berthieu (mort à Madagascar le 8 juin 1896, déclaré bienheureux par Paul VI en 1965).

Commun des martyrs (p. 237) ou des pasteurs (p. 260).

OFFICE DES LECTURES

DEUXIÈME LECTURE
Homélie du Pape Paul VI

Les martyrs ont offert à Dieu le sacrifice de leur vie,
poussés par le plus haut et le plus grand amour

Bien des choses ont été dites ou écrites au sujet de ce mystère qu'est l'homme : l'immense pouvoir de son génie qui lui permet de sonder les mystères de l'univers, de se soumettre le monde de la matière et de l'utiliser pour ses buts personnels ; la grandeur de son esprit et de son intelligence qui se manifeste en d'admirables œuvres artistiques ou scientifiques ; ses victoires mais aussi ses malheurs. Mais ce qui est le plus profondément inscrit en lui, comme le caractère propre de son être, est sa puissance et sa capacité d'amour : celle-ci n'a pas de limite et lui donne le pouvoir de se livrer par un amour plus fort que la mort et qui dure éternellement.

L'expression d'un tel amour et son signe le plus élevé peuvent être trouvés dans le martyre des chrétiens ; non pas seulement parce que le martyr s'est montré éminemment fidèle à l'amour dont il a témoigné par l'effusion de son sang, mais encore parce que, s'il a offert ce sacrifice, c'est qu'il était poussé par le plus haut et le plus grand amour, cet amour qui a pour objet celui qui nous a créés, qui nous a sauvés et qui nous aime comme lui seul sait nous aimer, celui qui, enfin, attend de nous une réponse par laquelle nous nous donnons pleinement et inconditionnelle-ment, avec un amour digne de notre Dieu.

(Homélie prononcée lors de la canonisation des quarante martyrs d'Angleterre et du pays de Galles, le 25 octobre 1970, A.A.S. 62 [1970] pp. 748-749).

Saint Jean de Brito naquit à Lisbonne — comme saint Antoine (dit aussi de Padoue), le 1er mars 1647 — sept ans après la restauration du royaume —, de parents très croyants : Salvador de Brito Pereira et Dona Brites Pereira.
Un an auparavant, à Vila Viçosa, ville natale du père de Jean, le roi Jean IV avait couronné la Vierge Marie, l’instituant Reine du Portugal.
Tout jeune encore, il fut appelé à la cour du roi Jean IV, pour y être page et le compagnon du prince Dom Pedro ; il portait déjà sur lui les stigmates de la sainteté.
Très docile et dévoué, toujours prêt à se sacrifier pour les autres, on l’appelait, de façon prémonitoire, le « martyr ».
Atteint d’une grave maladie à l’âge de onze ans, sa mère implora l’intercession de saint François Xavier, promettant que son fils porterait pendant un an l’habit des jésuites si son enfant était guéri. Le grand saint jésuite, obtînt de Dieu la guérison du petit Jean et, la mère de celui-ci tînt sa promesse : pendant un an le jeune page porta la soutane caractéristique des jésuites de l’époque ; on le surnommait alors le « petit apôtre », ou encore le « saint page » : sa sainteté était déjà évidente.
En 1662 Alphonse VI monta sur le trône du Portugal.
En cette même année, Jean de Brito, alors âgé de quinze ans entra au Noviciat de la Compagnie de Jésus à Lisbonne, et y démontra, non seulement des aptitudes intellectuelles indéniables, mais aussi une extraordinaire progression spirituelle et un désir ardent de devenir missionnaire.
Il étudia aussi à Évora et à Coimbra, et devînt ensuite professeur au Collège de Santo Antão de Lisbonne.
Ordonné prêtre en 1673, à l’âge de 26 ans, il réussit à convaincre ses supérieurs de lui accorder la grâce de missionner en Inde, comme son modèle, saint François Xavier.
Ce projet contrariait les plans, non seulement de sa mère, mais aussi du roi et de la reine qui souhaitaient l’avoir comme directeur spirituel et précepteur de leurs enfants.
Puis, ce fut le départ — le 25 mars 1673, en compagnie de quelques autres missionnaires — et les longues semaines en mer ; le Cap de Bonne Espérance et ses tempêtes légendaires, et Goa, en Inde enfin, en 1674.
Il visita et se recueillit sur le tombeau de saint François Xavier, son modèle ; tombeau que l’on ouvrit devant lui, afin de lui permettre de mieux encore vénérer ce corps saint tout embaumé encore de l’Évangile du Christ.
En avril 1674, il missionna à Maduré, prenant soin de se vêtir comme les religieux locaux, afin de mieux se faire accepter par les indous. Puis, en 1685, il fut nommé supérieur de cette mission, ce qui fut pour lui occasion de grands sacrifices et de multiples tribulations.
Sur le territoire de Maravá il subit le supplice de l’eau, et la flagellation ; le gouverneur de l’endroit lui interdit même de prêcher là, la « bonne nouvelle ».
En 1686 fut déclenchée une violente persécution. Jean accourut pour protéger les chrétiens, mais il fut lui-même fait prisonnier et condamner à être empaillé. Mais, pour que cette sentence soit mise à exécution, il fallait l’aval du souverain. Le jeune prêtre fut conduit en sa présence et s’expliqua calmement sur la doctrine dont il était porteur. Il fut libéré, mais sommé de ne plus prêcher dans la région.
Il partit alors à Malabar pour y rencontrer son provincial. Celui-ci le chargea d’une mission d’information et le renvoya en Europe : il était porteur de messages pour Lisbonne et Rome, mais il n’ira pas dans la ville Éternelle, car le roi du Portugal, Pierre II, le lui interdit.
Ce fut, lors de ce voyage en 1687, que Jean de Brito rencontra, lors d’une escale à São Salvador de Baia, un autre jésuite fort célèbre — le plus grand écrivain portugais : Père Antonio Vieira, grand évangélisateur au Brésil et auteur de nombreux Sermons, chefs-d’œuvre de la littérature portugaise.
Loin de profiter de ce voyage pour rester auprès des siens et de ses amis, il repartit en Inde le 8 avril 1690, accompagné de 25 autres missionnaires, dont 14 portugais. Il y arriva le 2 novembre de cette même année.
Dans cet immense pays — où le nombre de chrétiens était alors d’environ huit mil —, sa sainteté était de plus en plus évidente : il est tout à tous, particulièrement envers les plus déshérités : il fit même des miracles ; sa renommée s’étendit au loin, surtout depuis le baptême – le 6 janvier 1693 — d’un prince indu.
Malgré les difficultés, toujours nombreuses, et les jalousies suscitées par ses succès, Jean poursuivit son apostolat, mais, au four et à mesure que le temps passait, le désir du ciel grandissait en son âme. C’est ce qui ressort des lettres qu’il écrivit à sa mère, à son frère et à ses supérieurs : comme il aimerait donner sa vie pour le Christ, qui a donné la sienne pour lui !
Espionné et traqué par les sbires du souverain de Maravá, il fut enfin fait prisonnier, accusé de désobéissance et condamné à mort. Le martyre eut lieu sur une colline, face à la ville d’Urgur, le 4 février 1693.
Décapité en février 1693, le cadavre fut imputé des pieds et des mains. Le reste du corps fut jeté aux bêtes sauvages et aux vautours.
Les chrétiens, malgré la peur que leur inspirait le souverain de Maravá, purent récupérer le crâne et quelques ossements, et, moyennant une belle somme d’argent, le couteau qui avait servi à l’exécution. Ce dernier fut ramené au Portugal et confié par le roi à la Compagnie de Jésus.
Ayant François Xavier pour modèle de sainteté, il le dépasse par le martyr.
La renommée de sainteté dont il jouissait déjà de son vivant, s’affirma encore d’avantage après son sacrifice, et le lieu du supplice devint un lieu de pèlerinage où afflouaient des peuples de toutes religions : il y avaient quelquefois plus de 2000 personnes.
Sa mère, Dona Brites Pereira, appelée à la cour, après la nouvelle du sacrifice de son fils, s’y présenta en habits de gala et y reçut, de la part du souverain les honneurs dus à une reine mais accordés à la mère d’un saint.
Il fut canonisé par Pie XII, le 22 juin 1946.
Alphonse Rocha


Blessed John de Britto
Martyr; born in Lisbon, 1 March, 1647, and was brought up in court; martyred in India 11 February, 1693.

Entering the Society of Jesus at fifteen, he obtained as his mission-field Madura in southern India. In September, 1673, he reached Goa. Before taking up his work he spent thirty days in the Exercises of St. Ignatius at Ambalacate near Cranganore. De Britto apparently entered the Kshatriyas, a noble caste. His dress was yellow cotton; he abstained from every kind of animal food and from wine. Setting out early in 1674, he traversed the Ghauts on foot and reached Colei in the Cauvery Delta, where he perfected himself in the language. He journeyed northward at least as far as Madras and Vellore, but Cauvery Delta, Tanjore, Madura, and Marava, between Madura and the sea, were his chief field. In 1684 he was imprisoned in Marava, and, though freed by the king, he was expelled from the country. In 1688 he was sent to Europe as deputy to the triennial Congregation of Procurators. Resisting urgent attempts to keep him in Portugal, and refusing the Archbishopric of Cranganore, he returned in 1691 to the borders of Madura and Marava. Having converted Teriadeven, a Maravese prince, he required him to dismiss all his wives but one. Among them was a niece of the king, who took up her quarrel and began a general persecution. De Britto and others were taken and carried to the capital, Ramnad, the Brahmins clamouring for his death. Thence he was led to Oreiour, some thirty miles northward along the coast, where his head was struck off, 11 February, 1693.

He had wrought many conversions during his life, established many stations, and was famous for his miracles before and after his death. He was beatified by Pius IX, 21, August, 1853.


John de Britto, SJ M (RM)

Born in Lisbon, Portugal, March 1647; died in India, February 4, 1693; beatified in 1853; canonized in 1947.


When John de Britto fell gravely ill as a child, his mother, a lady of noble birth and connected with the court of Lisbon, invoked the aid of Saint Francis Xavier and dedicated her son to him. Perhaps this is the source of John's calling. He was the favorite companion of the Infante Don Pedro, who later became king of Portugal. John, however, aspired only to wear the habit of the great missionary to whom he was dedicated and to follow in the footsteps of Saint Francis.

At age 15 (1662), John joined the Society of Jesus in spite of opposition from his family and friends. His success in his studies was so remarkable that great efforts were made to keep him in Portugal after his ordination. But John was determined to take the Gospel to the Far East. In 1673, he set sail for Goa (southern India) with 16 other Jesuits to begin a life of incredible hardships, including frequent fevers, and many obstacles to success.

He worked in Malabar, Tanjore, Marava, and Madura, India, where he was given charge of the Madura mission. He travelled on foot throughout the vast region, which is only 10 degrees north of the equator. Those who worked with him reported in their letters home of John's courage, devotion, austerity, and harvest of souls that were the fruit of his labors.

Like Father de Nobili before him, Father de Britto adapted himself so far as possible to the manners, dress, and customs of the indigenous people among whom he lived, even to becoming a member of the Brahmin caste in an endeavor to reach the nobility. His methods were unconventional in many other respects, but the success of his mission eventually led to his death.

Many times Father de Britto and his Indian catechists were subjected to brutality. One time in 1686, after preaching in the Marava area, he and a handful of devoted Indians were seized, and upon their refusal to pay homage to the god Siva, were subjected for several days in succession to excruciating tortures. They were hung up by chains from trees, and at another time by means of a rope attached to an arm or foot and passing over a pulley, were dipped repeatedly into stagnant water, with other indescribable outrages.

Father de Britto's recovery was deemed miraculous. Not long after his emancipation, he was summoned back to Lisbon. His old friend, now King Pedro II and the papal nuncio made great efforts to keep him in Europe, but Father de Britto begged to be allowed to return to the mission fields. Back in Madura he had three more years of labor ahead of him.

A former polygamist convert to Christianity in the Marava country, put aside his many wives. One of them complained about this to her uncle, Raja Raghunatha of Marava, and placed the blame on Father de Britto. The raja thereupon began a persecution of the Christians. John de Britto was captured, tortured, and ordered to leave the country; but he refused. Therefore, he was beheaded at Oriur for subverting the religion of the country, but only after a delay caused by the nervousness of the local prince about taking de Britto's life.

A moving letter he wrote to his fellow missionaries on the eve of his execution still exists. Another letter was addressed to the father superior. In it he writes: "I await death and I await it with impatience. It has always been the object of my prayers. It forms today the most precious reward of my labors and my sufferings."

When news reached Lisbon, King Pedro ordered a solemn service of thanksgiving; and the martyr's mother came, not dressed in mourning but in a festal gown to celebrate her son's new life (Attwater, Benedictines, Walsh).