samedi 28 février 2015

Saint AUGUSTE CHAPDELAINE, prêtre et martyr


Saint Auguste Chapdelaine, prêtre et martyr

Auguste Chapdelaine, né en Normandie en 1814, quitte bientôt la ferme paternelle pour entrer à la Société des Missions étrangères de Paris ; il est envoyé en Chine où, après deux années d’activités missionnaires, il est arrêté par des soldats à Xilinxian, dans la province chinoise de Guangni, avec plusieurs néophytes, parce qu’il avait, le premier, semé la foi chrétienne dans cette région ; il fut, sur l’ordre du grand mandarin, frappé de trois cents coups de rotin, enfermé dans une cage étroite et enfin décapité en 1856.


Saint Auguste Chapdelaine

Missionnaire, martyr en Chine ( 1856)

et ses compagnons, martyrs. 

Ils étaient membres de la Société des Missions Étrangères de Paris et, après deux années d'activités missionnaires, ils sont arrêtés et torturés dans une Chine qui n'avait pas vu de prêtres catholiques depuis plus d'un siècle et demi. 

Auguste Chapdelaine a été béatifié par Léon XIII le 27 mai 1900 et canonisé par Jean-Paul II le 1er octobre 2000.

"Auguste Chapdelaine naquit en 1814 dans une famille d'agriculteurs de la Rochelle Normande. Il aurait pu y demeurer: il travailla d'ailleurs jusqu'à vingt ans dans la ferme familiale. Mais autre chose le préoccupait, qui se précisa: il se sentait appelé à partir loin, bien loin au delà des frontières verdoyantes de son pays natal; Dieu lui donnait le désir et la force d'être missionnaire en Chine, alors même que là-bas, depuis 1814 justement, l'année de sa naissance, les martyrs se succédaient. A-t-il entendu, enfant, parler des trente-trois chrétiens, chinois et prêtres français des Missions étrangères, exécutés le jour de la Sainte-Croix, le 14 septembre 1815? Il semble que sa vocation ait toujours été axée autour de la signification même du martyr: être témoin, jusqu'à l'extrême..."



À Xilinxian, dans la province chinoise de Guangni, en 1856, saint Auguste Chapdelaine, prêtre de la Société des Missions étrangères de Paris et martyr. Arrêté par des soldats avec plusieurs néophytes, parce qu’il avait, le premier, semé la foi chrétienne dans cette région, il fut, sur l’ordre du grand mandarin, frappé de trois cents coups de rotin, enfermé dans une cage étroite et enfin décapité. (éloge omis le 28 février des années bissextiles)


Martyrologe romain

"Il vous est utile que votre pasteur meure pour vous". (Auguste Chapdelaine)

Saint Auguste CHAPDELAINE

Nom: CHAPDELAINE
Prénom: Auguste
Pays: France - Chine
Naissance: 06.01.1814  au diocèse de Coutances
Mort: 29.02.1856  (Province du Kouang-si)

Etat: Prêtre des Missions Étrangères de Paris  -  Martyr du Groupe des 120 martyrs de Chine  2
Note: Prêtre en 1843 pour les Missions Étrangères de Paris. Part pour la Chine en 1851. Subit le martyre en 1856 avec toutes sortes de tortures. Cf notice du groupe spécialement le §2)

Béatification: 27.05.1900  à Rome  par Léon XIII
Canonisation: 01.10.2000  à Rome  par Jean Paul II
Fête: 9 juillet

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2000 n.39 p.9-10  -  n. 40 p.1-7  -  n.41 p.7.10
Réf. dans la Documentation Catholique: 2000 n.19 p.906-908
Notice

Auguste Chapdelaine naît en 1814 au diocèse de Coutances dans une famille paysanne dont il est le 9e enfant. Il est ordonné prêtre en 1843 pour son diocèse. En 1851 il est agrégé à la société des Missions Étrangères de Paris et part pour la Chine. Après deux ans il quitte Hong-Kong pour le Kouang-si, une province qui n'avait plus de prêtre depuis un siècle et demi: "Au départ de cette mission, une ardeur de néophyte!" Récit du Père Chapdelaine: "Un habitant du Kouang-si venu au Kouei-tchéou pour affaires, rencontre par hasard un de ses parents nouvellement converti qui l'initie aux vérités de notre sainte religion; il renonce à ses idoles, adore le vrai Dieu et, de retour dans sa famille, se met à exercer l'apostolat auprès de ses parents et de ses amis. Quarante ou cinquante familles se convertissent. Le nouvel apôtre repart alors au Kouei-tchéou pour demander un chrétien qui pourra le seconder. Je viens moi-même d'arriver et je peux l'aider de mes conseils. Trois mois après, au terme d'un pénible voyage, je célèbre la sainte messe au milieu de ces néophytes.. Mais le démon ne tarde pas à nous susciter des obstacles." En effet, les chrétiens sont dénoncés et le Père est incarcéré avec six autres. Le mandarin est impressionné par la fière attitude du missionnaire et, la Providence aidant, ils sont tous relâchés. Pendant deux ans, le Père exerce librement son ministère dans le Kouang-si. Mais en 1856 il est de nouveau dénoncé. Malheureusement, c'est un nouveau mandarin qui dirige, animé d'une haine implacable contre les chrétiens. Le Père est pris. En tout 25 confesseurs de la foi sont arrêtés et frappés, dont la très jeune veuve Agnès (née en 1833) chargée de la formation des femmes catéchistes. Quant à Laurent Pé-mou, baptisé depuis 5 jours, il est le premier à comparaître à la barre du tribunal et à confesser sa foi. Le mandarin voulant lui faire abandonner le maître Ma (nom chinois du Père Chapdelaine), Laurent rétorque: "Je ne l'abandonnerai jamais!" Irrité d'une déclaration aussi ferme et du refus d'apostasier que lui oppose Laurent, le mandarin le fait décapiter. Puis c'est le tour de la jeune Agnès. Enfermée dans une cage, mutilée, consumée par la faim et la soif, elle meurt au bout de quatre jours. Le Père comparaît à son tour. Il répond aux premières questions, mais oppose le silence à des questions impertinentes qui s'ensuivent. Il reçoit 300 coups de rotin dans le dos sans proférer aucune plainte. Sa cruelle et longue agonie se termine par le supplice de la cage suspendue (strangulation lente). Le 29 février au matin, comme il respire encore, le mandarin le fait sortir de sa cage et ordonne à un satellite de le décapiter.
Incidence politique du martyre du Père Chapdelaine:  Au même moment, des commerçants et marins anglais sont molestés. Napoléon III propose à l'Angleterre d'intervenir. Une escadre alliée menace; la Chine signe le traité de Tim-tsin (1858) contenant aussi des clauses autorisant les missions. Cette imbrication des affaires politiques et de l'apostolat inquiète. Il faut cependant reconnaître que les résultats purement chrétiens de ces traités imposés par la force sont excellents. Dans la paix - une paix toute relative d'ailleurs - les chrétientés chinoises se reforment et se réorganisent. (Cf Fiche générale, début du §3)
Tortures subies par le R. P. Chapedelaine, missionnaire en Chine, martyrisé dans la province de Quang-si
Illustrations de la torture et de l'exécution d'Auguste Chapdelaine en Chine 
par le supplice du lingchi, Le Monde illustré, de 1858.
Martyre du R. P. Chapedelaine et de ses compagnons
Àl’extrémité de la longue et sinueuse rue du Bac, au fond d’un préau qu’égayent quelques arbustes, dans un bâtiment spacieux dont un collège de jeunes lévites avive la paisible solitude, existe un… que dirai-je ?… une chambre de question ?… non ; un musée… mais un musée sans précédent, un musée unique : ce sont des haches, des casse-tête, des poignards, des glaives de toutes grandeurs et de toutes formes, des lames droites, courbes, barbelées, ondoyantes comme des flammes, tordues comme des spirales, des fers à cautérisation des formes le plus bizarrement horribles, des cangues écrasantes, des entraves, des carcans, des rotins, des fouets, des tenailles hideuses, des chaînes énormes dont la rouille ensanglantée accuse éloquemment l’emploi sinistre… que sais-je ? tous les instruments de torture et de supplice qu’a jamais pu inventer la rage des persécuteurs et des bourreaux.
Cette galerie, nous pourrions dire ce sanctuaire, est le reliquaire du martyre auquel se prépare, par l’étude de la science et par la pratique de la vertu, cette jeunesse calme et sereine qu’attendent les austères et glorieux devoirs de l’apostolat.

On ignore trop dans notre siècle, si ardemment voué au culte des intérêts matériels, tous les mystères d’humble dévouement et d’abnégation sublime qui s’élaborent dans ces pieuses retraites, et tous les avantages qui, à part des résultats bien autrement précieux, en rejaillissent sur le pays si le nom de la France éveille, tant de sympathies dans les contrées les plus éloignées, les peuples de l’extrême Orient ou de l’Afrique centrale, au sein des archipels sauvages de l’Océanie, à qui le doit-il? Qu’on ne s’imagine pas que ce soit aux lés d’étamine qui apparaissent au mât d’un croiseur et que le vent qui les a apportés remporte presque aussitôt. Non sans doute… C’est aux missionnaires qui partent chaque année de cette maison et de quelques autres semblables pour aller éclairer des rayons de la civilisation et de la foi ces contrées perdues dans les ténèbres, c’est aux missionnaires qui fondent incessamment de nouvelles chrétientés sur ces plages lointaines. Que d’îles, comme l’archipel Gambier, déjà régénérées ! Ce sont là leurs palmes terrestres, mais aussi ils y en trouvent souvent de plus glorieuses ; les palmes du martyre. Alors, ce que revient d’eux à la maison d’où ils sont partis, c’est le sang coagulé sur les fers, les chevalets et les haches, qui grossissent de temps à autre les panoplies de ce musée, les joyaux de ce glorieux écrin c’est là que viennent d’arriver quelques reliques du R. P. Chapedelaine, du sang de qui la France demande aujourd’hui compte à la Chine.

Nous touchons à l’anniversaire de la mort de ce généreux confesseur de la foi. Ce fut le dernier jour de février 1856 qu’il baptisa de son sang la province de Quang-Si, qu’il était allé conquérir à vérité.

Depuis deux ans déjà, il exerçait son apostolat dans cette province, où n’avait pas retenti, de temps immémorial, la parole sainte, lorsqu’il fut accusé, auprès du mandarin de Si-Ling-Hien, de porter les peuples à la révolte et de les séduire par des opérations magiques.

Le magistrat, inquiet des progrès du christianisme, donna l’ordre de l’arrêter. Le père Chapedelaine, prévenu aussitôt du danger qui le menaçait par un néophyte de Si-Ling-Hien, pouvait fuir et trouver un refuge assuré au sein des chrétientés florissantes, de provinces voisines ; mais, par sa fuite, il livrait aux erreurs le troupeau fidèle qu’il avait réuni sous son bâton pastoral. N’était-il pas à craindre que cet acte de prudence ne fût interprété comme un acte de pusillanimité par ceux qu’il eût abandonnés aux persécutions ? Loin de fuir, il se rendit à Si-Ling-Hien même ; ce fut là qu’il fût saisi et conduit devant le mandarin. Interrogé sur la doctrine qu’il prêchait au peuple, le généreux apôtre confessa sa foi avec une telle ardeur, que le juge se hâta d’étouffer cette éloquente protestation sous des questions portant sur ses richesses et sur ses sortilèges. Le Révérend Père, imitant alors son divin Maître devant Hérode, n’opposa à ces imputations que son silence. Le juge irrité lui fit frapper cent coups d’une semelle de cuir sur le visage. Sous ces coups appliqués par la main du bourreau, les dents de l’apôtre sautèrent de sa mâchoire brisée.

Ce n’était que la première épreuve des tortures à travers lesquelles il devait arriver à la mort. Dépouillé de ses vêtements et couché sur le sol, il reçut trois cent coups de rotin sur le dos, dont les chairs broyées ne formaient plus à la fin qu’une plaie. Pas un soupir… pas une plainte n’échappa de ses lèvres. Le mandarin, étonné d’abord, ne vit bientôt après dans cette constance héroïque qu’une preuve du pouvoir magique de sa victime. Un chien fut égorgé par ses ordres, et, pour rompre la puissance des sortilèges du patient, il fit arroser son corps avec ce sang encore chaud. La flagellation recommença avec plus de violence. Cette fois, on ne compta plus les coups, le bourreau frappa jusqu’à ce que le corps restât immobile. Alors il fut porté dans la prison, où on le jeta sanglant et brisé sur le sol.

Ici ce ne fut plus l’ineffable patience du martyr qui vint frapper de stupeur ses bourreaux, ce fut un de ces miracles qui forment comme le nimbe rayonnant de l’antiquité chrétienne au temps des Césars ! Voilà que le cadavre pantelant du martyr se ranime ; le P. Chapedelaine se relève et se promène dans son cachot, le calme sur le front, la ferveur dans le regard, la prière sur les lèvres.

Ce prodige est rapporté au mandarin, qui se croit bravé et n’en devient que plus furieux. Il saura bien épuiser ce qu’il regarde comme la science cabalistique de cet étranger. Le génie inventeur des Chinois s’est surtout signalé dans la création des tortures ; il possède là un arsenal où il trouvera bien une arme pour vaincre son ennemi. Il dédaigne le supplice vulgaire qui consiste à découper le patient en milliers de morceaux (supplice représenté par l’une de nos gravures). Il lui faut des tourments dont les angoisses épuisent plus lentement la vie, l’épuisent soupir à soupir.

Le lendemain, 27 février, le père Chapedelaine est de nouveau conduit sur la place des supplices. Au moyen de cordes et de poteaux, il est établi en équilibre et placé à genoux sur une énorme chaîne de fer dont les anneaux, tout le jour et la nuit suivante dans cette situation cruelle, exposé aux regards de la multitude.

Le surlendemain, nouveau supplice : il est placé dans une cage d’un mètre environ de hauteur, la tête prise dans la plate-forme de manière à ce que le corps ne pouvant reposer complètement ni sur la plante des pieds, ni sur les genoux, le martyr subissait toutes les douleurs de la strangulation sans en éprouver la crise suprême. L’heure si ardemment espérée par le pieux confesseur approchait enfin, il avait été jugé par Dieu digne de recevoir la couronne de la justification sanglante ; mais le souverain Maître lui réservait une autre joie : à celui qui avait sacrifié pour lui patrie et famille, il allait rendre patrie et famille à la fois, la patrie céleste et une famille de martyrs engendrée par lui à la vie de la grâce. Déjà un de ses néophytes, Laurent Pe-mou, avait eu la tête tranchée sous ses yeux, en proclamant généreusement ses croyances. C’était le tour d’une jeune veuve, Agnès Tsaou-Kong, qui s’était vouée à l’éducation : « Si tu ne renonces à l’instant même à la religion de ton prêtre Ma, lui dit le mandarin en terminant son interrogatoire, je te fais mourir. — Je ne renoncerai pas la religion du Seigneur du ciel… La mort plutôt ! — Soit ! Alors, choisis toi-même ton supplice. » La jeune femme portant un regard attendri vers le missionnaire dont la pâleur de l’agonie voilait les traits : « Le même supplice que mon maître. » Elle fut aussitôt placée dans une cage semblable à celle du père Chapedelaine. Elle avait voulu partager ses souffrances, elle allait partager sa gloire.

Cependant la vie du missionnaire se prolongeait au delà de toutes les prévisions de ses bourreaux ; le mandarin, prévenu qu’il respirait encore le 29 au matin, craignit qu’il ne lui échappât par quelque enchantement inconnu, et ordonna qu’on lui tranchât la tête.

Rapporterons-nous les horribles excès dont fut suivi ce supplice ?… Le cœur du missionnaire, jeté dans un bassin de fer, sur un feu ardent, et dévoré par ces forcenés ; son cadavre abandonné en pâture aux animaux immondes de la voirie ? Il est un souvenir plus digne de cet apôtre : reportons notre pensée vers la glorieuse phalange des martyrs recevant les trois nouveaux élus, au milieu des Hosannah du ciel.

Fulgence Girard, Le Monde illustré, 27 février 1858


Saint Auguste Chapdelaine

Also known as
  • Augustus Chapdelaine
  • Father Ma
  • Papa Chapdelaine
Profile
Youngest of nine children born to Nicolas Chapdelaine and Madeleine Dodeman. Following grammar school, Auguste dropped out to work on the family farm. He early felt a call to the priesthood, but his family opposed it, needing his help on the farm. However, the sudden death of two of his brothers caused them to re-think forcing him to ignore his life’s vocation, and they finally approved. He entered the minor seminary at Mortain on 1 October 1834, studying with boys half his age. It led to his being nicknamed Papa Chapdelaine, which stuck with him the rest of his life.

Ordained on 10 June 1843 at age 29. Associate pastor from 1844 to 1851. He finally obtained permission from his bishop to enter the foreign missions, and was accepted by French Foreign Missions; he was two years past their age limit, but his zeal for the missions made them approve him anyway. He stayed long enough to say a final Mass, bury his sister, and say good-bye to his family, warning them that he would never see them again. Left Paris, France for the Chinese missions on 30 April 1852, landing in Singapore on 5 September 1852.

Due to being robbed on the road by bandits, Auguste lost everything he had, and had to fall back and regroup before making his way to his missionary assignment. He reached Kwang-si province in 1854, and was arrested in Su-Lik-Hien ten days later. He spent two to three weeks in prison, but was released, and ministered to the locals for two years, converting hundreds. Arrested on 26 February 1856 during a government crackdown, he was returned to Su-Lik-Hien and sentenced to death for his work. Tortured with and died with Saint Lawrence Pe-Man and Saint Agnes Tsau Kouy. One of the Martyrs of China

Born
Died
Venerated
Beatified
Canonized