lundi 9 février 2015

Bienheureuse ANNA KATHARINA EMMERICK (ou ANNE-CATHERINE EMMERICH), religieuse augustine et mystique


Bienheureuse Anne-Catherine Emmerick (ou Emmerich)

Née en 1774 dans une famille de paysans rhénans, elle devient domestique à 13 ans avant d’entrer en 1802 chez les Augustines de Dülmen. Après la sécularisation du couvent, elle se met au service d’un prêtre français émigré. Souvent malade, elle vit de fortes expériences mystiques et demeure une des plus grandes visionnaires de tous les temps. Ses visions retranscrites par le poète Clemens Brentano portent principalement sur la vie du Christ et de la Vierge Marie. Elle meurt le 9 février 1824 à Dülmen en ayant par ses révélations mais surtout par toute sa vie et dans son propre corps crié la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus Christ. Le caractère tellement extraordinaire de ses écrits et de sa vie ainsi que la difficulté à démêler son œuvre de celle de son interprète ont retardé sa béatification jusqu’en 2004.

Bienheureuse Anne-Catherine EMMERICK

Nom: EMMERICK
Prénom: Anne-Catherine (Anna Katharina)
Nom de religion: Anne-Catherine (Anna Katharina)
Pays: Allemagne
Naissance: 08.09.1774  à Flamschen (près de Coesfeld en Westphalie)
Mort: 09.02.1824  à Dülmen
Etat: Religieuse

Note: Favorisée durant toute sa vie de visions sur l’Ancien et le Nouveau Testament. Stigmatisée. Religieuse chez les Augustines de Dülmen de 1802 à 1811, date de la suppression du couvent. Clemens Brentano transcrit ses visions.

Béatification: 03.10.2004  à Rome  par Jean Paul II (Son ultime béatification)
Canonisation:   à   par
Fête: 9 février

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2004 n.40 p.1-3.8.10  -  n.41 p.4
Réf. dans la Documentation Catholique: 2004 n.20 p.955-956

Notice brève

Anne-Catherine Emmerick naît en 1774 dans une famille nombreuse de petits paysans en Westphalie (Allemagne). Toute jeune enfant, elle a déjà des visions sur des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Elle travaille dur à la ferme, puis exerce le métier de couturière à la maison. Depuis longtemps, elle ressent l’appel à la vie religieuse, mais elle rencontre des difficultés pendant bien des années (opposition de ses parents pourtant très pieux, pauvreté, etc.). En 1802, elle entre enfin chez les Augustines de Dülmen. Elle reçoit les stigmates de la Couronne d’épines, mais elle les tient cachés. En 1811, le couvent est fermé lorsque Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, est nommé roi de Westphalie et les religieuses sont jetées à la rue. Dès lors, vivant en pleine ville, à Dülmen, elle ne peut plus tenir cachés les phénomènes mystiques dont elle est l’objet, d’autant plus qu’en 1812, elle reçoit les autres stigmates de la Passion et, la même année, elle cesse de se nourrir, ne vivant plus que de l’Eucharistie. Alors commence pour elle la notoriété et aussi les critiques. Le grand auteur romantique allemand, Clemens Brentano, converti de fraîche date, s’installe à son chevet, à partir de 1818 jusqu’à la mort de la voyante, et consacre désormais tout son talent à transcrire ses visions.

Anne-Catherine Emmerick, malgré ses souffrances qui la clouent au lit, a le souci d’exercer la charité envers son prochain par ses travaux de couture, ses charismes et ses nombreux contacts. Elle unit ses souffrances à celles de Jésus son Époux et meurt en 1824.

Notice développée

Anne-Catherine Emmerick vécut en cette fin du 18e siècle dans la Westphalie, qui connut un renouveau de l’Église allemande, l’un des plus saisissants de l’histoire chrétienne (même s’il est méconnu dans les pays francophones). L’époque était très troublée par les contrecoups de la Révolution française et les guerres de Napoléon. La Westphalie (capitale Münster) était une principauté ecclésiastique (c'est-à-dire ayant à sa tête un prince-évêque, en l’occurrence le frère de Marie-Antoinette femme de Louis XVI) qui n’allait pas tarder à être laïcisée par les Prussiens puis par les Français. Mais Münster était peut-être la ville d’Allemagne où le catholicisme gardait le plus d’autorité tant intellectuelle que morale. Quant à la bienheureuse, elle avait 19 ans au commencement de la Révolution française.

Anna-Katharina (Anne-Catherine) Emmerick voit le jour le 8 septembre 1774 au hameau de Flamschen près de Coesfeld au sein d’une famille de neuf frères et sœurs. Le père est un petit métayer. Très jeune, elle jouit de la présence de son ange gardien. Elle a des visions de l’Ancien et du Nouveau Testament. Un jour, elle les raconte à son père qui manifeste son étonnement, son émotion, mais il garde le silence. Elle est élevée très sévèrement par sa mère pieuse et austère. Dès sa plus tendre enfance, elle doit aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle fréquente peu de temps l’école. Un jour, elle raconte naïvement l’une de ses visions aux autres enfants, croyant que tout le monde avait les mêmes connaissances ; c’était au sujet de la Résurrection. Après s’être moqué d’elle, les enfants vont le rapporter au ‘magister’ qui lui défend sévèrement de se livrer à de pareilles imaginations. Elle aime la nature, le travail et la lecture, sa seule récréation. Gracieuse, elle prend soin de sa tenue vestimentaire, non pour elle-même mais par amour pour Dieu.

Elle ressent un appel à la vie religieuse, mais elle rencontre mille difficultés. Son père est réticent et sa mère voudrait la marier. D’autre part un couvent de clarisses de Münster ne veut pas l’accepter sans dot. Par contre, le couvent des Augustines d’Agnetenberg près de Dülmen l’accepterait, à condition qu’elle sache jouer de l’orgue. Pour pouvoir prendre des leçons, elle fait un apprentissage de couturière et travaille à la maison. Elle peut alors se rendre chez un organiste, Monsieur Söntgen qui vit à Coesfeld avec sa fille Clara ; mais vite, elle réalise qu’ils sont dans la misère. Dans sa charité, elle passe tout son temps à les servir au lieu d’apprendre l’orgue. De plus, elle dépense toutes ses économies pour les nourrir, et quand elles sont épuisées, il ne lui reste plus qu’à avoir faim avec eux. Ce sont des années très dures. En cachette de son père, sa mère lui apporte de la nourriture, mais quand elle lui reproche sa charité excessive, Anne-Catherine, pourtant très malheureuse, répond que si Dieu la veut au couvent, il trouvera moyen de l’y mettre. De fait, Clara, au contact d’Anne-Catherine, ressent aussi la vocation religieuse. Elle n’a aucune difficulté à trouver un couvent, puisqu’elle sait jouer de l’orgue. Mais M. Söntgen exige qu’Anne-Catherine soit acceptée aussi. Et c’est ainsi qu’en 1802, elles entrent au couvent des Augustines d’Agnetenberg.

Bien qu’elle soit incomprise à cause de ses dons extraordinaires, Anne-Catherine peut prononcer ses vœux l’année suivante. Elle participe à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne veut faire. Elle tombe fréquemment malade et doit supporter de grandes souffrances. Malgré cela elle considère ces années de vie religieuse comme les plus belles de sa vie. Mais en 1811 le couvent est fermé par le roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, qui imite son frère Napoléon en supprimant les ordres religieux.

Anne-Catherine devient alors domestique d’un prêtre français qui a fui la Révolution (la Westphalie est très accueillante aux réfugiés). Mais elle tombe à nouveau malade et ne quittera plus son lit. L’une de ses sœurs tient le ménage à sa place. Précédemment, elle avait déjà reçu les stigmates de la Couronne d’épines, mais, dans son couvent, elle avait pu les tenir cachés. En 1812, elle reçoit les autres stigmates de la Passion et ne peut plus désormais les dissimuler. Elle ne se nourrit pratiquement plus que de l’eucharistie. Le docteur Franz Wesener, un agnostique, impressionné par ces phénomènes, se convertit. Il devient son confident et ami. Les rapports qu’il a laissés sont très précieux et hors de tout soupçon d’exagération. Il n’en va pas tout à fait de même avec Clemens Brentano, le dernier des grands écrivains romantiques allemands. Il entend parler d’elle par l’abbé Sailer, futur évêque de Ratisbonne, lequel est à l’origine d’un autre foyer de renouveau catholique en Allemagne du sud (Bavière), mouvement né à peu près à la même époque que celui de Münster. Brentano, récemment converti, va la voir, s’établit à Dülmen et lui rend visite chaque jour pendant six années (1818–1824), jusqu’à la mort de la bienheureuse et lui consacre désormais toute son activité littéraire. Comme elle, il est traîné dans la boue, mais sa notoriété littéraire empêchera l’œuvre d’Anne-Catherine de sombrer dans l’oubli : “La Douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ” est publiée en 1833. Elle fera grand bruit. (C’est de ce livre que Mel Gibson s’est inspiré en 2004 pour réaliser son film : “La Passion du Christ”). “La Vie de la Sainte Vierge” est inachevée quand il meurt en 1842. Ses manuscrits seront publiés intégralement en 1860. Le problème est de savoir quelle est la part du transcripteur dans ces récits.

Quant à Anne-Catherine, elle doit subir de pénibles examens pour qu’on puisse juger de sa personne (Jeûne-t-elle vraiment ? etc. ) et de ses visions. Enquête ecclésiastique en 1813, puis, en 1819, beaucoup plus éprouvante encore, enquête du ministère prussien de l’Intérieur. En revanche, de nombreuses personnalités, qui participent au renouveau de la vie de l’Église au XIXe siècle, cherchent à la rencontrer. Ce qui frappe en elle, c’est d’abord son amour de la croix et de Jésus son ‘fiancé’. Selon les paroles de Jean-Paul II : « Elle a crié “la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ” et elle l’a vécue dans son corps. » Ce qui domine ensuite, c’est l’amour qu’elle éprouvait pour le prochain. Elle cherchait toujours à aider les autres, même si elle ne pouvait pas se lever de son lit, elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres, elle accueillait généreusement beaucoup de personnes…

Quand la mort approche, elle décide d’unir sa souffrance à celle de Jésus en l’offrant pour la rédemption des hommes. Elle dit : « Seigneur c’est par toi que je vis, c’est pour toi que je meurs. » Elle dit aussi : « J’ai toujours considéré le service du prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. A présent je sais qu’il a exaucé ma prière. » Elle meurt le 9 février 1824.

En lisant Anne-Catherine Emmerich, on y voit décrit la vie de Jésus avec un luxe de détails impressionnant qui contrastent évidemment avec la brièveté des Évangiles. Ce livre eut un succès immédiat et fut non moins abondamment critiqué. Certes, béatifier une mystique n’équivaut pas à reconnaître officiellement ses visions, mais si les livres contenaient quelque chose de contraire à la foi, la cause n’aurait pas passé. Avec le Nouveau Testament se clôt la Révélation. Les visions et révélations particulières ne peuvent qu’expliciter ce qui y est déjà contenu en germe. La Révélation engage notre foi, tandis qu’on reste libre vis-à-vis des révélations particulières. Notons que “la maison de la Vierge” à Éphèse a été découverte grâce aux descriptions d’Anne-Catherine, alors qu’elle n’avait jamais quitté sa Westphalie natale.

Voici à titre d’exemple quatre extraits des Visions :

De la “Vie cachée de Notre Seigneur”. Chapitre XII  Naissance du Christ.

Je vis la lumière qui entourait Marie devenir de plus en plus éclatante ; la lueur des lampes allumées par Joseph s’était éclipsée. Vers minuit, la très sainte Vierge entra en extase, et je la vis élevée au-dessus de terre ; elle avait alors les mains croisées sur la poitrine, et sa large robe flottait autour d’elle en plis onduleux. La splendeur qui l’environnait augmentait sans cesse. La voûte, les parois et le sol de la grotte, comme vivifiés par la lumière divine, semblaient éprouver une émotion joyeuse. Mais bientôt la voûte disparut à mes yeux ; un torrent de lumière, qui allait toujours croissant, se répandit de Marie jusqu’au plus haut des cieux. Au milieu d’un mouvement merveilleux de gloires célestes, je vis descendre des chœurs angéliques, qui en s’approchant, se montrèrent sous une forme de plus en plus distincte. La sainte Vierge élevée en l’air dans son extase, abaissait ses regards sur son Dieu, adorant Celui dont elle devenait la mère, et qui, sous l’aspect d’un frêle enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle.

De la “Vie publique de Notre-Seigneur”. Troisième année. Chapitre XXXV  Bonté de Jésus envers les enfants.

Jésus, accompagné de quelques apôtres, se rendit à Bethabara. (…) Beaucoup de femmes arrivaient avec leurs enfants ; il y en avait de différents âges, et jusqu’à des nourrissons que les mères portaient dans leurs bras. (…) Les disciples qui marchaient en avant voulurent les repousser, parce que le Sauveur était fatigué, ayant déjà béni beaucoup de monde. Mais il défendit qu’on les renvoyât. Alors on rangea cette multitude d’enfants de tout âge, les jeunes garçons séparés des petites filles, d’ailleurs beaucoup plus nombreuses. (…) Le Seigneur leur parlait, leur imposait les mains et les bénissait. A plusieurs reprises, il posait une main sur la tête, et l’autre sur la poitrine ; il en serra quelques-uns contre son cœur ; il désigna certains comme des modèles, et tous il les instruisait, les exhortait, les encourageait, les bénissait tour à tour.

De la “Douloureuse Passion”. Chapitre XXXI  Les larrons.

Ils étaient accusés d’avoir assassiné une femme juive et ses enfants qui se rendaient de Jérusalem à Joppé. On les avait arrêtés dans un château de Pilate, où ils s’étaient fait passer pour de riches marchands ; on les avait tenus longtemps en prison avant de pouvoir les convaincre de leurs crimes. Le larron de gauche était le plus âgé : c’était un scélérat consommé, maître et corrupteur de l’autre. Ils appartenaient l’un et l’autre à cette bande de brigands chez lesquels la Sainte Famille avait passé la nuit lors de la fuite en Égypte. Dismas (le bon larron) était l’enfant lépreux qui fut guéri lorsque sa mère, sur l’invitation de Marie, le lava dans l’eau où avait été baigné l’enfant Jésus. L’accueil charitable qu’avait fait sa mère à la Sainte Famille fut récompensé par cette purification symbolique, qui reçut son accomplissement lorsque le sang de Jésus en croix purifia son âme. Dismas s’était perdu : il ne connaissait pas Jésus ; cependant ce n’était pas un mauvais cœur, et la patience du Seigneur (crucifié) le toucha.

De la “Vie glorieuse de Jésus sur la terre depuis la Résurrection jusqu’à l’Ascension”. Chapitre III  Résurrection du Seigneur.

Je vis l’âme de Jésus, comme une gloire resplendissante, entre deux anges en habit de guerre, et au milieu d’un grand nombre de figures lumineuses, pénétrer à travers le rocher du sépulcre, puis descendre auprès du corps sacré et se confondre avec lui. Je vis alors les membres se remuer sous leur voile, et le corps du Seigneur, uni à son âme et pénétré de sa divinité, s’échapper par un côté du linceul correspondant au côté entrouvert. A cette vue, je songeai à Ève sortant du côté d’Adam. La grotte était toute remplie d’une lumière céleste.

Bienheureuse Anna Katharina Emmerick

mystique ( 1824)

béatifiée le 3 octobre 2004




"La Bienheureuse Anna Katharina Emmerick, a crié 'la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus Christ' et elle l'a vécue dans son corps."


Anna Katharina Emmerick (1774-1824), biographie sur le site du Vatican

"La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. A travers  la  foi et l'amour elle servit l'œuvre de la rédemption."

De nombreux ouvrages nous parlent d'elle...




- La douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après les méditations d’Anne-Catherine Emmerich, 1872.



- Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après les visions de la Sœur Anne-Catherine Emmerich recueillies par Clément Brentano, 1884.

- K. E. Schmoeger, Vie d’Anne-Catherine Emmerich, 1923.

- Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la Très Sainte Vierge coordonnées en un seul tome selon l’ordre des faits, par le R.P. Fr. Joseph-Alvare Duley, traduites du texte allemand par M. Charles d’Ébeling, 1939. Nouvelle édition 1995.

- La douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après les méditations d’Anne-Catherine Emmerich, traduction par M. l’abbé de Cazalès, 1945.

- Anne-Catherine Emmerich, Les mystères de l’ancienne alliance, texte intégral recueilli par Cl. Brentano, traduit et présenté par Jean-Joachim Bouflet, 1977.
- M. T. Loutrel, Anne-Catherine Emmerick racontée par elle-même et par ses contemporains, 1992.
"J'ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j'ai prié Dieu afin qu'il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d'être utile. A présent je sais qu'il a exaucé ma prière"


Anna Katharina Emmerick naquit le 8 septembre 1774, dans la communauté d'agriculteurs de Flamschen près de Coesfeld (Allemagne). Elle grandit au sein d'une famille de neuf frères et soeurs. Dès sa plus tendre enfance elle dut aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle ne fréquenta que quelques temps l'école, mais elle possédait une bonne instruction dans le domaine religieux. Très rapidement ses parents s'aperçurent de sa vocation à la prière et à la vie religieuse.

Elle travailla trois ans dans une grande ferme des environs, puis apprit la couture et retourna vivre chez ses parents. Elle demanda ensuite à être admise dans divers monastères, mais elle fut refusée car elle ne possédait pas de don particulier. Toutefois, les Clarisses de Münster l'acceptèrent à la condition qu'elle apprenne à jouer de l'orgue. Ses parents l'autorisèrent alors à aller vivre dans la famille de l'organiste Söntgen de Coesfeld pour faire son apprentissage; mais elle n'eut jamais la possibilité d'apprendre l'orgue, car la pauvreté de la famille la poussa à travailler afin de les aider à vivre.

En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère d'Agnetenberg, près de Dülmen, avec son amie Klara Söntgen. Elle prononça ses voeux l'année suivante, participant à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne voulait faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tomba fréquemment malade et dut supporter de grandes douleurs. En 1811, le monastère d'Agnetenberg fut fermé, elle devint alors domestique chez l'Abbé Lambert, un prêtre qui avait fui la Révolution française et qui vivait à Dülmen. Mais elle tomba à nouveau malade et ne quitta plus son lit. Elle fit alors venir sa plus jeune soeur qui, sous sa direction, s'occupait de la maison.

C'est au cours de cette période qu'elle reçut les stigmates. Ce fait ne pouvait pas rester caché; le Docteur Franz Wesener l'examina et en resta profondément impressionné, devenant son ami fidèle au cours des années qui suivirent.

Une caractéristique de sa personnalité était l'amour qu'elle éprouvait pour son prochain. Elle cherchait toujours à aider les autres, même sans pouvoir se lever de son lit, où elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participaient au mouvement de renouveau de l'Eglise au début du XIX siècle, cherchèrent à la rencontrer. La rencontre avec Clemens Brentano fut particulièrement significative. A partir de 1818, il lui rendit visite chaque jour pendant cinq ans, dessinant ses visions qu'il publia ensuite. Au cours de l'été 1823, la santé d'Anna Katherina déclina et, la mort approchant, elle décida d'unir sa souffrance à celle de Jésus, en l'offrant pour la rédemption des hommes. Elle mourut le 9 février 1824.

La vie d'Anna Katharina fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu'elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l'égard de Marie. A travers  la  foi et l'amour elle servit l'oeuvre de la rédemption, disant à ce propos:  "J'ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j'ai prié Dieu afin qu'il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d'être utile. A présent je sais qu'il a exaucé ma prière"


CHAPELLE PAPALE POUR LA BÉATIFICATION DE CINQ SERVITEURS DE DIEU

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

  Dimanche 3 octobre 2004

1. "Verbum Domini manet in aeternum - La Parole du Seigneur demeure pour l'éternité". L'exclamation du Chant à l'Evangile nous ramène aux fondements mêmes de la foi. Face au temps qui passe et aux bouleversements permanents de l'histoire, la révélation que Dieu nous a offerte dans le Christ demeure immuable et ouvre sur notre chemin terrestre un horizon d'éternité.

C'est l'expérience particulière qu'ont vécue les cinq nouveaux bienheureux:  Pierre Vigne, Joseph-Marie Cassant, Anna Katharina Emmerick, Maria Ludovica De Angelis, Charles d'Autriche. Ils se sont laissés guider par la Parole de Dieu comme par un phare lumineux et sûr, qui n'a jamais cessé d'illuminer leur chemin.

2. Contemplant le Christ présent dans l'Eucharistie et la Passion salvifique, le Père Pierre Vigne fut conduit à être un véritable disciple et un missionnaire fidèle à l'Eglise. Que son exemple donne aux fidèles le désir de puiser dans l'amour de l'Eucharistie et dans l'adoration du Saint-Sacrement l'audace pour la mission! Demandons-lui de toucher le coeur de jeunes, pour qu'ils acceptent, s'ils sont appelés par Dieu, de se consacrer totalement à Lui dans le sacerdoce ou la vie religieuse. Que l'Église en France trouve dans le Père Vigne un modèle, pour que se lèvent de nouveaux semeurs de l'Évangile.

3. Le Frère Joseph-Marie a toujours mis sa confiance en Dieu, dans la contemplation du mystère de la Passion et dans l'union avec le Christ présent dans l'Eucharistie. Il s'imprégnait ainsi de l'amour de Dieu, s'abandonnant à Lui, "le seul bonheur de la terre", et se détachant des biens du monde dans le silence de la Trappe. Au milieu des épreuves, les yeux fixés sur le Christ, il offrait ses souffrances pour le Seigneur et pour l'Eglise. Puissent nos contemporains, notamment les contemplatifs et les malades, découvrir à son exemple le mystère de la prière, qui élève le monde à Dieu et qui donne la force dans les épreuves!

4. "Car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi" (2 Tm 1, 7). Ces paroles de saint Paul nous invitent à collaborer en vue de l'édification du Royaume de Dieu, dans la perspective de la foi. Elles s'appliquent bien à la vie de la Bienheureuse Ludovica De Angelis, dont l'existence fut entièrement consacrée à la gloire de Dieu et au service de ses semblables.

De sa figure se détachent son coeur de mère, ses qualités de guide et le courage qui est le propre des saints. Elle éprouva à l'égard des enfants malades un amour concret et généreux, en faisant face à des sacrifices pour les réconforter; pour ses collaborateurs à l'Hôpital de La Plata, elle fut un modèle de joie et de responsabilité, en créant une atmosphère familiale; pour ses consoeurs, elle fut un authentique exemple en tant que Fille de Notre-Dame de la Miséricorde. En toute chose, elle fut soutenue par la prière, en faisant de sa vie un dialogue permanent avec le Seigneur.

5. La Bienheureuse Anna Katharina Emmerick, a crié "la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus Christ" et elle l'a vécue dans son corps. C'est l'oeuvre de la Providence divine si cette fille de pauvres paysans, qui avec tenacité rechercha la proximité avec Dieu, est devenue la célèbre "Mystique du Land de Münster". Sa pauvreté matérielle contraste avec une riche vie intérieure. Outre sa patience pour supporter la faiblesse physique, nous sommes également impressionnés par la force de caractère de la nouvelle bienheureuse et sa fermeté dans la foi.

Elle tirait cette force de la Très Sainte Eucharistie. Son exemple a ouvert le coeur de pauvres et de riches, de personnes simples ou éduquées à la consécration pleine d'amour pour Jésus Christ. Aujourd'hui encore, elle transmet à tous le message salvifique:  A travers les blessures du Christ, nous sommes sauvés (cf. 1 P 2, 24).

6. Le devoir décisif du chrétien consiste à chercher en toute chose la volonté de Dieu, à la reconnaître et à la suivre. L'homme d'Etat et le chrétien Charles d'Autriche se fixa quotidiennement ce défi. Il était un ami de la paix. A ses yeux, la guerre apparaissait comme "une chose horrible". Arrivé au pouvoir dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, il tenta de promouvoir l'initiative de paix de mon prédécesseur Benoît XV.

Dès le début, l'Empereur Charles conçut sa charge comme un service saint à ses sujets. Sa principale préoccupation était de suivre la vocation du chrétien à la sainteté également dans son action politique. C'est pour cette raison que l'assistance sociale avait une telle importance à ses yeux. Qu'il soit un exemple pour nous tous, en particulier pour ceux qui ont aujourd'hui une responsabilité politique en Europe!

7. Avec l'Eglise tout entière, louons et rendons grâce au Seigneur pour les merveilles qu'il a accomplies chez ces serviteurs bons et fidèles de l'Evangile. Que la Très Sainte Vierge Marie, que nous évoquons en ce mois d'octobre de façon particulière à travers la prière du Rosaire, nous aide à devenir à notre tour de généreux et courageux apôtres de l'Evangile. Amen!

© Copyright 2004 - Libreria Editrice Vaticana

Anne-Catherine Emmerich naît le 8 septembre 1774 dans une famille nombreuse (9 frères et sœurs) de petits paysans à Coeseld-Flamschen en Westphalie. Toute jeune enfant, elle jouit de la présence de son ange gardien et a déjà des visions sur des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament.  Dès l’âge de 13 ans, elle travaille dur à la ferme, puis exerce le métier de couturière à la maison. Depuis longtemps, elle ressent l’appel à la vie religieuse, mais elle rencontre des difficultés pendant bien des années (opposition de ses parents pourtant très pieux, pauvreté, etc.). En 1802, elle entre enfin chez les Augustines de Dülmen et, bien qu’elle soit incomprise à cause de ses dons extraordinaires, Anne-Catherine peut prononcer ses vœux l’année suivante. Elle participe à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne veut faire. Elle tombe fréquemment malade et doit supporter de grandes souffrances. Malgré cela elle considère ces années de vie religieuse comme les plus belles de sa vie. Elle reçoit les stigmates de la Couronne d’épines, mais elle les tient cachés. En 1811, le couvent est fermé lorsque Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, est nommé roi de Westphalie et les religieuses sont jetées à la rue. Dès lors, vivant en pleine ville, à Dülmen, elle ne peut plus tenir cachés les phénomènes mystiques dont elle est l’objet, d’autant plus qu’en 1812, elle reçoit les autres stigmates de la Passion et, la même année, elle cesse de se nourrir, ne vivant plus que de l’Eucharistie. Le docteur Franz Wesener, un agnostique, impressionné par ces phénomènes (dont le charisme de l’hiérognosie), se convertit. Il devient son confident et ami. Malgré ses souffrances qui la clouent au lit, elle a le souci d’exercer la charité envers son prochain par ses travaux de couture, ses charismes et ses nombreux contacts. Ce qui frappe en elle, c’est d’abord son Amour de la Croix et de Jésus son "fiancé". Elle unit ses souffrances à celles de Jésus son Époux et meurt le 9 février 1824 en ayant comme dernière paroles : « Seigneur c’est par toi que je vis, c’est pour toi que je meurs. J’ai toujours considéré le service du prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. A présent je sais qu’il a exaucé ma prière ». Les restes d'Anne-Catherine Emmerich reposent dans la crypte de l'église Sainte-Croix à Dülmen.
En lisant Anne-Catherine Emmerich, on y voit décrit la vie de Jésus avec un luxe de détails impressionnant qui contrastent évidemment avec la brièveté des Évangiles. Certes, béatifier une mystique n’équivaut pas à reconnaître officiellement ses visions, mais si les livres contenaient quelque chose de contraire à la foi, la cause n’aurait pas passé. Avec le Nouveau Testament se clôt la Révélation. Les visions et révélations particulières ne peuvent qu’expliciter ce qui y est déjà contenu en germe. La Révélation engage notre foi, tandis qu’on reste libre vis-à-vis des révélations particulières. A noter que Mel Gibson a utilisé les visions du Chemin de Croix dans son film sur La Passion du Christ. À la suite des visions d'Anne-Catherine, la sépulture et la maison de Marie ont été redécouverts sur une colline près d'Éphèse. 

ANNA KATHARINA EMMERICK (1774-1824)

Anna Katharina Emmerick was born on September 8, 1774 in the farming community of Flamsche near Coesfeld. She grew up amidst a host of nine brothers and sisters. She had to help out in the house and with the farm work at an early age. Her school attendance was brief, which made it all the more remarkable that she was well instructed in religious matters. Her parents and all those who knew Anna Katherina noticed early on that she felt drawn to prayer and to the religious life in a special way.

Anna Katharina labored for three years on a large farm in the vicinity. Then she learned to sew and stayed in Coesfeld for her further training. She loved to visit the old churches in Coesfeld and to join in the celebration of Mass. She often walked the path of Coesfeld's long Way of the Cross alone, praying the stations by herself.

Anna Katharina wanted to enter the convent, but since her wish could not be fulfilled at that time, she returned to her parental home. She worked as a seamstress and, while doing so, visited many homes.
Anna Katherina asked for admission to different convents, but she was rejected because she could not bring a significant dowry with her. The Poor Clares in Münster finally agreed to accept her if she would learn to play the organ. She received her parents' permission to be trained in Coesfeld by the organist Söntgen. But she never got around to learning how to play the organ. The misery and poverty in the Söntgen household prompted her to work in the house and help out in the family. She even sacrificed her small savings for their sake.

Together with her friend Klara Söntgen Anna Katharina was finally able to enter the convent Agnetenberg in Dülmen in 1802. The following year she took her religious vows. She participated enthusiastically in the life of the convent. She was always willing to take on hard work and loathsome tasks. Because of her impoverished background she was at first given little respect in the convent. Some of the sisters took offence at her strict observance of the order's rule and considered her a hypocrite. Anna Katharina bore this pain in silence and quiet submission.

From 1802 to 1811 Anna Katharina was ill quite often and had to endure great pain.

As a result of secularization the convent of Agnetenberg was suppressed in 1811, and Anna Katharina had to leave the convent along with the others. She was taken in as a housekeeper at the home of Abbé Lambert, a priest who had fled France and lived in Dülmen. But she soon became ill. She was unable to leave the house and was confined to bed. In agreement with Curate Lambert she had her younger sister Gertrud come to take over the housekeeping under her direction.

During this period Anna Katharina received the stigmata. She had already endured the pain of the stigmata for a long time. The fact that she bore the wounds of Christ could not remain hidden. Dr. Franz Wesener, a young doctor, went to see her, and he was so impressed by her that he became a faithful, selfless and helping friend during the following eleven years. He kept a diary about his contacts with Anna Katharina Emmerick in which he recorded a wealth of details.

A striking characteristic of the life of Anna Katharina was her love for people. Wherever she saw need she tried to help. Even in her sickbed she sewed clothes for poor children and was pleased when she could help them in this way. Although she could have found her many visitors annoying, she received all of them kindly. She embraced their concerns in her prayers and gave them encouragement and words of comfort.

Many prominent people who were important in the renewal movement of the church at the beginning of the 19th century sought an opportunity to meet Anna Katharina, among them Clemens August Droste zu Vischering, Bernhard Overberg, Friedrich Leopold von Stolberg, Johann Michael Sailer, Christian and Clemens Brentano, Luise Hensel, Melchior and Apollonia Diepenbrock.

The encounter with Clemens Brentano was particularly significant. His first visit led him to stay in Dülmen for five years. He visited Anna Katharina daily to record her visions which he later published.

Anna Katharina grew ever weaker during the summer of 1823. As always she joined her suffering to the suffering of Jesus and offered it up for the salvation of all. She died on February 9, 1824.

Anna Katharina Emmerick was buried in the cemetery in Dülmen. A large number of people attended the funeral. Because of a rumor that her corpse had been stolen the grave was reopened twice in the weeks following the burial. The coffin and the corpse were found to be intact.

Clemens Brentano wrote the following about Anna Katharina Emmerick: “She stands like a cross by the wayside”. Anna Katharina Emmerick shows us the center of our Christian faith, the mystery of the cross.

The life of Anna Katharina Emmerick is marked by her profound closeness to Christ. She loved to pray before the famous Coesfeld Cross, and she walked the path of the long Way of the Cross frequently. So great was her personal participation in the sufferings of our Lord that it is not an exaggeration to say that she lived, suffered and died with Christ. An external sign of this, which is at the same time, however, more than just a sign, are the wounds of Christ which she bore.

Anna Katharina Emmerick was a great admirer of Mary. The feast of the Nativity of Mary was also Anna Katharina's birthday. A verse from a prayer to Mary highlights a further aspect of Anna Katharina's life for us. The prayer states, “O God, let us serve the work of salvation following the example of the faith and the love of Mary”. To serve the work of salvation - that is what Anna Katharina wanted to do.

In Colossians the apostle Paul speaks of two ways to serve the gospel, to serve salvation. One consists in the active proclamation in word and deed. But what if that is no longer possible? Paul, who obviously finds himself in such a situation, writes: “Now I rejoice in my sufferings for your sake, and in my flesh I complete what is lacking in Christ's afflictions for the sake of his body, that is, the church” (Col 1:24).

Anna Katharina Emmerick served salvation in both ways. Her words, which have reached innumerable people in many languages from her modest room in Dülmen through the writings of Clemens Brentano, are an outstanding proclamation of the gospel in service to salvation right up to the present day. At the same time, however, Anna Katharina Emmerick understood her suffering as a service to salvation. Dr. Wesener, her doctor, recounts her petition in his diary: “I have always requested for myself as a special gift from God that I suffer for those who are on the wrong path due to error or weakness, and that, if possible, I make reparation for them.” It has been reported that Anna Katharina Emmerick gave many of her visitors religious assistance and consolation. Her words had this power because she brought her life and suffering into the service of salvation.

In serving the work of salvation through faith and love, Anna Katharina Emmerick can be a model for us.

Dr. Wesener passed on this remark of Anna Katharina Emmerick: “I have always considered service to my neighbor to be the greatest virtue. In my earliest childhood I already requested of God that he give me the strength to serve my fellow human beings and to be useful. And now I know that he has granted my request.” How could she who was confined to her sickroom and her bed for years serve her neighbor?

In a letter to Count Stolberg, Clemens August Droste zu Vischering, the vicar‑general at that time, called Anna Katharina Emmerick a special friend of God. In the words of Hans Urs von Balthasar we can say, “She brought her friendship with God to bear in solidarity with human beings.”

To bring friendship with God to bear in solidarity with human beings - does this not shed light on an important concern in the life of the church today? The Christian faith no longer includes everyone. In our world the Christian community represents people before God. We must bring our friendship with God to bear, let it be the decisive factor in solidarity with human beings.

Anna Katharina Emmerick is united to us in the community of believers. This community does not come to an end with death. We believe in the lasting communion with all whom God has led to perfection. We are united with them beyond death and they participate in our lives. We can invoke them and ask for their intercession. We ask Anna Katharina Emmerick, the newly named Blessed, to bring her friendship with God to bear in solidarity with us and with all human beings.


BEATIFICATION OF FIVE SERVANTS OF GOD

HOMILY OF JOHN PAUL II

  Sunday, 3 October 2004

1. "Verbum Domini manet in aeternum - The Word of the Lord will endure for ever". The Gospel acclamation takes us back to the very roots of the faith. As we face the passing of time and the continuous upheavals of history, the revelation that God offered us in Christ endures for ever and opens horizons of eternity to us on our earthly journey.

This is the unique experience of the five new Blesseds: Peter Vigne, Joseph-Marie Cassant, Anne Catherine Emmerick, Maria Ludovica De Angelis and Charles of Austria. They let the Word of God guide them as a bright and safe beacon that never ceased to enlighten them on their way.

2. Contemplating Christ present in the Eucharist and the saving Passion, Fr Peter Vigne was led to be a true disciple and a faithful missionary of the Church. May his example give the faithful the desire to draw daring for the mission from the love of the Eucharist and from the adoration of the Blessed Sacrament! Let us ask him to move the hearts of the young so that, if God calls them, they are ready to dedicate themselves to him without reserve in the priesthood or in the Religious life. May the Church in France find in Fr Vigne an example to raise up new sowers of the Gospel!

3. Fr Joseph-Marie always put his trust in God, in contemplation of the mystery of the Passion and in communion with Christ present in the Eucharist.

Thus, he was imbued with love for God and abandoned himself to him, "the only true happiness on earth", detaching himself from worldly goods in the silence of the Trappist monastery. In the midst of trials, his eyes fixed on Christ, he offered up his sufferings for the Lord and for the Church.

May our contemporaries, especially contemplatives and the sick, discover following his example the mystery of prayer, which raises the world to God and gives strength in trial!

4. "God did not give us a spirit of timidity but a spirit of power and love and self-control" (II Tm 1: 7). St Paul's words invite us to collaborate in building the Kingdom of God in the perspective of faith. They can be aptly applied to the life of Bl. Ludovica De Angelis, whose existence was totally dedicated to the glory of God and the service of her peers.

She was a person with an outstanding mother's heart, leadership qualities and the daring typical of saints. She also showed concrete and generous love to sick children, making sacrifices to bring them relief; with her co-workers in La Plata Hospital, she was a model of cheerfulness and responsibility, creating a family atmosphere. As a Daughter of Our Lady of Mercy, she set an authentic example to the Sisters in her community. She was sustained in all this by prayer and by making her life a continuous communication with the Lord.

5. Bl. Anne Catherine Emmerick told of "the sorrowful passion of our Lord Jesus Christ" and lived it in her body. The fact that the daughter of poor peasants who sought tenaciously to be close to God became the well-known "Mystic of the Land of Münster" was a work of divine grace. Her material poverty contrasted with her rich interior life. We are equally impressed by the new Blessed's patience in putting up with physical weakness and her strong character, as well as her unshakable faith.

She found this strength in the Most Holy Eucharist. Her example opened the hearts of poor and rich alike, of simple and cultured persons, whom she instructed in loving dedication to Jesus Christ.

Still today, she passes on to all the saving message: Through the wounds of Christ we have been saved (cf. I Pt 2: 24).

6. The decisive task of Christians consists in seeking, recognizing and following God's will in all things. The Christian statesman, Charles of Austria, confronted this challenge every day. To his eyes, war appeared as "something appalling". Amid the tumult of the First World War, he strove to promote the peace initiative of my Predecessor, Benedict XV.

From the beginning, the Emperor Charles conceived of his office as a holy service to his people. His chief concern was to follow the Christian vocation to holiness also in his political actions. For this reason, his thoughts turned to social assistance. May he be an example for all of us, especially for those who have political responsibilities in Europe today!

7. Let us praise and thank the Lord with the entire Church for the marvels he has worked through these good and faithful servants of the Gospel. May Mary Most Holy, who in this month of October we invoke in a special way with the prayer of the Rosary, help us to become in turn generous and courageous apostles of the Gospel. Amen!

© Copyright 2004 - Libreria Editrice Vaticana


Ven. Anne Catherine Emmerich
An Augustinian nun, stigmatic, and ecstatic, born 8 September, 1774, at Flamsche, near Coesfeld, in the Diocese of Münster, Westphalia, Germany; died at Dulmen, 9 February, 1824.

Her parents, both peasants, were very poor and pious. At twelve she was bound out to a farmer, and later was a seamstress for several years. Very delicate all the time, she was sent to study music, but finding the organist's family very poor she gave them the little she had saved to enter a convent, and actually waited on them as a servant for several years. Moreover, she was at times so pressed for something to eat that her mother brought her bread at intervals, parts of which went to her master's family. In her twenty-eighth year (1802) she entered the Augustinian convent at Agnetenberg, Dulmen. Here she was content to be regarded as the lowest in the house. Her zeal, however, disturbed the tepid sisters, who were puzzled and annoyed at her strange powers and her weak health, and notwithstanding her ecstasies in church, cell, or at work, treated her with some antipathy. Despite her excessive frailty, she discharged her duties cheerfully and faithfully. When Jerome Bonaparte closed the convent in 1812 she was compelled to find refuge in a poor widow's house. In 1813 she became bedridden. She foresaw the downfall of Napoleon twelve years in advance, and counseled in a mysterious way the successor of St. Peter. Even in her childhood the supernatural was so ordinary to her that in her innocent ignorance she thought all other children enjoyed the same favours that she did, i.e. to converse familiarly with the Child Jesus, etc. She displayed a marvellous knowledge when the sick and poor came to the "bright little sister" seeking aid; she knew their diseases and prescribed remedies that did not fail. By nature she was quick and lively and easily moved to great sympathy by the sight of the sufferings of others. This feeling passed into her spiritual being with the result that she prayed and suffered much for the souls of Purgatory whom she often saw, and for the salvation of sinners whose miseries were known to her even when far away. Soon after she was confined to bed (1813) the stigmata came externally, even to the marks of the thorns. All this she unsuccessfully tried to conceal as she had concealed the crosses impressed upon her breast.

Then followed what she dreaded on account of its publicity, an episcopal commission to inquire into her life, and the reality of these wonderful signs. The examination was very strict, as the utmost care was necessary to furnish no pretext for ridicule and insult on the part of the enemies of the Church. The vicar-general, the famous Overberg, and three physicians conducted the investigation with scrupulous care and became convinced of the sanctity of the "pious Beguine", as she was called, and the genuineness of the stigmata. At the end of 1818 God granted her earnest prayer to be relieved of the stigmata, and the wounds in her hands and feet closed, but the others remained, and on Good Friday were all wont to reopen. In 1819 the government sent a committee of investigation which discharged its commission most brutally. Sick unto death as she was, she was forcibly removed to a large room in another house and kept under the strictest surveillance day and night for three weeks, away from all her friends except her confessor. She was insulted, threatened, and even flattered, but in vain. The commission departed without finding anything suspicious, and remained silent until its president, taunted about his reticence, declared that there was fraud, to which the obvious reply was: In what respect? and why delay in publishing it? About this time Klemens Brentano, the famous poet, was induced to visit her; to his great amazement she recognized him, and told him he had been pointed out to her as the man who was to enable her to fulfil God's command, namely, to write down for the good of innumerable souls the revelations made to her. He took down briefly in writing the main points, and, as she spoke the Westphalian dialect, he immediately rewrote them in ordinary German. He would read what he wrote to her, and change and efface until she gave her complete approval. Like so many others, he was won by her evident purity, her exceeding humility and patience under sufferings indescribable. With Overberg, Sailer of Ratisbon, Clement Augustus of Cologne, Stollberg, Louisa Hensel, etc., he reverenced her as a chosen bride of Christ.

In 1833 appeared the first-fruits of Brentano's toil, "The Dolorous Passion of Our Lord Jesus Christ according to the Meditations of Anne Catherine Emmerich" (Sulzbach). Brentano prepared for publication "The Life of The Blessed Virgin Mary", but this appeared at Munich only in 1852. From the manuscript of Brentano Father Schmoeger published in three volumes "The Life of Our Lord" (Ratisbon, 1858-80), and in 1881 a large illustrated edition of the same. The latter also wrote her life in two volumes (Freiburg, 867-70, new edition, 1884). Her visions go into details, often slight, which give them a vividness that strongly holds the reader's interest as one graphic scene follows another in rapid succession as if visible to the physical eye. Other mystics are more concerned with ideas, she with events; others stop to meditate aloud and to guide the reader's thoughts, she lets the facts speak for themselves with the simplicity, brevity, and security of a Gospel narrative. Her treatment of that difficult subject, the twofold nature of Christ, is admirable. His humanity stands out clear and distinct, but through it shines always a gleam of the Divine. The rapid and silent spread of her works through Germany, France, Italy, and elsewhere speaks well for their merit. Strangely enough they produced no controversy. Dom Guéranger extolls their merits in the highest terms (Le Monde, 15 April, 1860).

Sister Emmerich lived during one of the saddest and least glorious periods of the Church's history, when revolution triumphed, impiety flourished, and several of the fairest provinces of its domain were overrun by infidels and cast into such ruinous condition that the Faith seemed about to be completely extinguished. Her mission in part seems to have been by her prayers and sufferings to aid in restoring Church discipline, especially in Westphalia, and at the same time to strengthen at least the little ones of the flock in their belief. Besides all this she saved many souls and recalled to the Christian world that the supernatural is around about it to a degree sometimes forgotten. A rumour that the body was stolen caused her grave to be opened six weeks after her death. The body was found fresh, without any sign of corruption. In 1892 the process of her beatification was introduced by the Bishop of Münster.

Sources

WEGENER, tr. McGOWAN, Sister Anne Katherine Emmerich (New York, 1907); DeCAZALES, Life of A. C. Emmerich prefixed to the 2d ed. of The Dolorous Passion of Our Lord (London, 1907); URBANY in Kirchenlexikon, s.v.; MIGNE, Dict. de mystique chrétienne (Paris, 1858).


Graham, Edward. "Ven. Anne Catherine Emmerich." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 28 Feb. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/05406b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett. Dedicated to the Poor Souls in Purgatory.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.