vendredi 20 février 2015

Bienheureuse JULIE RODZINSKA, religieuse et martyre


Bienheureuse Julie Rodzinska, martyre

Née en 1899 et entrée chez les dominicaines en 1916, elle fut arrêtée par des miliciens quand la Pologne fut soumise au régime nazi et déportée au camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk. Là, elle assista plusieurs femmes juives et mourut du typhus en 1945.

Bienheureuse Julie Rodzinska

dominicaine polonaise martyre du nazisme ( 1945)

Sœur dominicaine (née en 1899, entrée dans l'ordre en 1916), béatifiée le 13 juin 1999 par Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en Pologne avec 108 martyrs victimes des persécutions nazies.

Au camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk, en Pologne, l’an 1945, la bienheureuse Julie Rodzinska, vierge, de la Congrégation des Sœurs dominicaines de l’Immaculée-Conception et martyre. Quand sa patrie fut soumise au régime nazi pendant la seconde guerre mondiale, elle fut arrêtée par des miliciens, internée dans ce camp où elle vint en aide à des juives et mourut du typhus.


Martyrologe romain

Bienheureuse Julie Rodzinska

  Stanislawa naquit en 1899 à Nawojowa en Petite Pologne dans le diocèse de Tarnowo. Elle était la deuxième d' une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux ; son père Michel était organiste à l' église du village. La famille était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski dont la mère Stanislawa Leniart avait fondé le couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur. Elles donnaient aussi une éducation musicale de qualité ce qui plaisait à la famille Rodzinski et aux hobereaux du village, la famille Stadnicki, protectrice du couvent.

Elle devint orpheline à l' âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite soeur Janine au couvent. Pendant l' occupation austro-allemande à dix-sept ans, elle entra comme postulante au couvent de Wielowski, puis fit sa profession sous le nom de soeur Marie-Julie à Cracovie, partie de l' ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise. Elle continua ses études pédagogiques à Poznan, dans l' ancienne partie prussienne. La Pologne renaissait de ses cendres, et les soeurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Le pays était en guerre et après avoir stabilisé ses frontières à l' Ouest se trouvait dans un conflit avec les Soviétiques et les Lithuaniens à l' Est.

Beaucoup d' enfants étaient orphelins ou dans des situations de détresse. Les soeurs fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu' à Rava Ruska près de Lvov, l' ancienne Lemberg au centre d' un conflit contre les nationalistes ukrainiens communistes. Elle prononça ses voeux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins.
Elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés; et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation.

Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire à la base de la spiritualité dominicaine. A 27 ans elle avait suffisamment d' expérience pour être déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle était supérieure de la maison de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.

En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno ( désormais Vilnius ) passa aux Soviétiques qui l' agrégèrent à la République Socialiste Soviétique de Lithuanie. Elle dut fermer l' école et continua en secret à donner des cours de religion, de polonais, langue désormais interdite.

Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines. Elle fut arrêtée par la Gestapo en août 1943 pour activités nationalistes avec trois autres soeurs, torturée et emprisonnée dans la sinistre prison de Lukiszki.

La prison était réservée pour les nationalistes polonais. Elle fut soumise à un régime d' isolement carcéral. Lorsque le front biélorusse se rapprocha de Vilnius à l' été 1944, elle fut déportée avec d' autres prisonniers politiques au camp de Stutthof près de Dantzig ( Gdansk aujourd' hui ).

Elle organisait dans son barraquement des prières, mais à l' automne une épidémie de typhus se propagea dans le camp. Elle demanda à être placée alors avec des femmes juives de Bohême qu' elle réconfortait le peu qu' elle pouvait. Le camp était en plein désordre à cause de l' avancée des Soviétiques. Elle contracta la maladie. A l' hiver le camp fut évacué par les nazis qui laissèrent derrière eux les mourants. Elle rendit l' âme le 20 février 1945 ayant fait volontairement le sacrifice de sa vie.

Elle fut béatifiée en 1999 par Jean-Paul II.


Bse Julia (Stanisława) Rodzińska

Sœur dominicaine et martyre (†1945)


 Commémoration :

Martyrologium Romanum le 20 février (dies natalis)

Ordo Fratrum Praedicatorum le 06 septembre.


Julia, dans le siècle Stanisława, Rodzińska, naît le 16 mars 1899 a Nawojowa (diocèse de Tarnowo, sud Polonia). Elle était la deuxième d'une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux : son père Michel était organiste à l'église du village ; à 8 ans elle perdit sa mère. La famille était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur.

Elle devint orpheline à l'âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite sœur Janine au couvent. Pendant l'occupation austro-allemande, à dix-sept ans, elle entra comme postulante au couvent de Wielowski, puis fit sa profession, sous le nom de sœur Marie-Julie, à Cracovie, partie de l'ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise.

Elle continua ses études pédagogiques à Poznan. La Pologne renaissait de ses cendres, et les sœurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Elles fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu'à Rava Ruska près de Lvov.

Julia prononça ses vœux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins ; elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés. Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire, qui est à la base de la spiritualité dominicaine.

En 1934, elle était supérieure de l’orphelinat de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.

En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno (désormais Vilnius) passa aux Soviétiques. Julia dut fermer l'école et continua en secret à donner des cours de religion, et de polonais, langue désormais interdite. Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines.

En juillet 1943, sœur Julia fut arrêtée par la Gestapo et détenue à la prison de Lukiszki à Wilno. Elle y fut gardée une année en strict isolement, dans un petit bloc de ciment où elle ne pouvait pas bouger. Les sœurs emprisonnées étaient torturées physiquement et psychologiquement, et un grand nombre de prisonniers étaient exécutés. En juillet 1944, sœur Julia fut transférée au camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk. Le voyage dura plusieurs jours, dans un wagon à bestiaux, avec des malades et des mourants. Les sœurs furent violées à l’arrivée dans le camp. Sœur Julia fut placée dans le secteur juif du camp avec le numéro 40992 tatoué sur son bras. Il était prévu d’exterminer rapidement les déportés de cette section. Mais cela prit du temps parce que de nouveaux trains de juifs arrivaient sans cesse.

La faim, la torture, la terreur, le labeur épuisant et le sadisme des gardiens constituaient la routine quotidienne. Les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées chaque jour pour mourir gazées. Quoique la plupart des détenues de sa baraque fussent juives, issues de toute l’Europe, sœur Julia organisait avec elles une prière commune quotidienne. Les survivantes ont évoqué son courage, sa prière, son espérance et sa générosité. Elle partageait ses maigres aliments avec les prisonnières. Ces dernières lui demandaient d’intervenir en cas de conflits entre elles. Ewa Hoff, une femme juive qui survécut au camp a écrit de Julia : « Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde ». Quand elle priait, sœur Julia restait à genoux et ne se levait pas à l’entrée des gardiens dans les baraques, ce qui les déconcertait. Ayant appris un jour que le mari de l’une des prisonnières, qui se trouvait dans une autre section du camp, voulait se suicider, sœur Julia réussit à plusieurs reprises à lui faire passer des lettres, pour le convaincre de ne pas perdre espoir. Au bout du compte, il survécut au camp et à la guerre.

En novembre 1944, on clôtura un secteur du camp pour les malades atteints de typhoïde, et sœur Julia se porta volontaire pour les rejoindre. Au milieu des corps putrides et affamés, elle apporta espoir et charité. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme qui était encore en vie. Cette femme survécut et a rendu hommage au service de sœur Julia.

À la libération du camp, le 30 janvier 1945, il y avait dans le secteur juif 6922 femmes agonisantes ;  sœur Julia était parmi elles. 

Elle meurt de la typhoïde le 20 février 1945.

Julia (Stanisława) Rodzińska a été béatifiée le 13 juin 1999 par  Saint Jean-Paul II (Karol Józef  Wojtyła, 1978-2005), lors de son septième voyage apostolique en Pologne, avec 108 martyrs victimes des persécutions nazies du 1939 à 1945.

Sources principales : cite-catholique.org ; martyretsaint.com (« Rév. x gpm »).


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