Bienheureuse Rosalie
Rendu
Sœur de
Saint-Vincent-de-Paul (+ 1856)
Biographie site du
Vatican, Rosalie
Rendu (1786-1856)
Homélie
du pape Jean-Paul II pour la béatification de cinq serviteurs de
Dieu, le 9 novembre 2003:
..."A une époque
troublée par des conflits sociaux, Rosalie Rendu s'est joyeusement faite
la servante des plus pauvres, pour redonner à chacun sa dignité, par des aides
matérielles, par l'éducation et l'enseignement du mystère chrétien,
poussant Frédéric
Ozanam à se mettre au service des pauvres. Sa charité était inventive.
Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses? C'est dans son intense
vie d'oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la quittait pas.
Son secret était simple: en vraie fille de Vincent de Paul, comme une
autre Sœur de son temps, sainte Catherine Labouré, voit en tout homme le visage
du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la famille
vincentienne ne cesse de donner au monde!"...
Prov. 31, 20-26 Elle
ouvrit sa main à la misère, la tendit au Pauvre. Dans sa bouche, il n’y avait
que parole de bonté - O Dieu, qui as fait don à la bienheureuse Rosalie,
vierge, de ton Esprit d’Amour, pour qu’elle fût en aide à ceux qui sont dans la
détresse et l’abandon. A son exemple, donne-nous aussi la joie de découvrir le
Christ dans les Pauvres et de Le servir avec une inlassable charité. (Grandes
figures - Diocèse de Belley-Ars)
"Les pauvres vous
diront des injures. Plus ils sont grossiers, plus vous devez en être dignes.
Rappelez-vous que ces haillons vous cachent Notre Seigneur"
Bienheureuse Rosalie
Rendu - diocèse de Paris.
Voir aussi les
Saints parisiens sur le site du diocèse de Paris.
À Paris, en 1856, la
bienheureuse Rosalie (Jeanne-Marie Rendu), vierge. Fille de la Charité, elle
établit dans une maison d’un faubourg misérable de la ville un refuge pour les
indigents et mit tout son zèle à visiter les pauvres chez eux, à mettre la paix
durant les guerres civiles, et à entraîner un grand nombre, surtout des jeunes
et des riches, à exercer la charité.
Martyrologe romain
“Jamais je ne fais si
bien l'oraison que dans la rue” disait-elle.
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/591/Bienheureuse-Rosalie-Rendu.html
Bienheureuse Rosalie
Rendu
Jeanne-Marie Rendu entra
à Paris chez les Filles de la Charité, devenant « Sœur Rosalie ».
Elle établit dans un faubourg misérable de Paris un refuge pour les indigents
et mit tout son zèle à visiter les pauvres chez eux, à mettre la paix durant
les guerres civiles qui agitèrent la capitale au début du XIXème siècle et à
entraîner un grand nombre de personnes à exercer la charité. Elle seconda ainsi
le zèle du Bienheureux Frédéric Ozanam. Elle mourut en 1856, laissant dans le
cœur du petit peuple de Paris l’empreinte de sa charité puisée aux plus pures
sources de la foi.
CHAPELLE PAPALE POUR LA
BÉATIFICATION DE 5 SERVITEURS DE DIEU
HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL
II
Fête de la dédicace de la
Basilique patriarcale du Latran
Dimanche 9 novembre 2003
1. "Car le
Temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est
vous" (1 Co 3, 17). Nous écoutons à nouveau aujourd'hui ces
paroles de l'Apôtre Paul au cours de la célébration solennelle de la fête de la
dédicace de la Basilique Saint-Jean-de-Latran, Cathédrale de Rome, Mère de
toutes les Eglises.
Chaque lieu réservé au
culte divin est le signe de ce temple spirituel qu'est l'Eglise, composé de
pierres vivantes, c'est-à-dire des fidèles, unis dans l'unique foi, par la
participation aux sacrements et le lien de la charité. Et les saints sont de
façon particulière les pierres précieuses de ce temple
spirituel.
La sainteté, fruit de
l'oeuvre incessante de l'Esprit de Dieu, resplendit chez les nouveaux
bienheureux: Nepomuceno
Zegrí y Moreno, prêtre; Valentin
Paquay, prêtre; Luigi
Maria Monti, religieux; Bonifacia
Rodríguez de Castro, vierge; Rosalie
Rendu, vierge.
2. La vision du
sanctuaire, que le prophète Ezéchiel nous présente dans la liturgie
d'aujourd'hui, décrit un torrent qui s'écoule vers le temple en apportant la
vie, la vigueur et l'espérance: "là où cette eau pénètre elle
assainit" (Ez 47, 9). Cette image exprime la bonté infinie de
Dieu et son dessein de salut, qui franchit les murs de l'enceinte sacrée pour
être une bénédiction sur toute la terre.
Nepomuceno
Zegrí y Moreno, prêtre intègre, à la profonde piété eucharistique, comprit
parfaitement que l'annonce de l'Evangile doit se convertir en une réalité
dynamique, en mesure de transformer la vie du fidèle. Etant curé, il se
proposa "d'être la providence visible pour tous ceux qui, gémissant
dans l'abandon, boivent la coupe de l'amertume et s'alimentent du pain des
vicissitudes" (19 juin 1859).
C'est avec ces intentions
qu'il développa sa spiritualité rédemptrice, née de l'intimité avec le Christ
et orientée vers la charité à l'égard des plus démunis. C'est du vocable de la
Vierge "de las Mercedes", Mère du Rédempteur, qu'il s'inspira pour
fonder les Soeurs mercédaires de la Charité, dans le but de rendre l'amour de
Dieu toujours présent là où restaient "une seule douleur à soigner,
un seul malheur à consoler, une seule espérance à communiquer aux coeurs".
Aujourd'hui, en suivant les traces de son Fondateur, cet Institut vit en se
consacrant au témoignage et à la promotion de la charité rédemptrice.
3. Le prêtre Valentin
Paquay est bien un disciple du Christ et un prêtre selon le coeur de
Dieu. Apôtre de la miséricorde, il passait de longues heures au confessionnal
avec un don particulier pour remettre les pêcheurs sur le droit chemin,
rappelant aux hommes la grandeur du pardon divin. En mettant au centre de sa
vie de prêtre la célébration du Mystère eucharistique, il invite les fidèles à
s'approcher souvent de la communion au Pain de Vie.
Comme tant de saints, le
Père Valentin s'était mis tout jeune sous la protection de Notre-Dame, invoquée
dans l'Eglise de son enfance, à Tongres, comme Cause de notre joie. A son
exemple, puissiez-vous servir vos frères, pour leur donner la joie de rencontrer
le Christ en vérité!
4. "Et voici
que de l'eau sortait de dessous le seuil du Temple... où cette eau pénètre,
elle assainit" (Ez 47, 1.9). L'image de l'eau, qui fait revivre
toute chose, illumine en effet l'existence du bienheureux Luigi
Maria Monti, entièrement consacrée à soigner les blessures du corps et de
l'âme des malades et des orphelins. Il aimait les appeler
les "poverelli di Cristo", et il les servait animé par une foi
vivante, soutenue par une intense et constante prière. Dans son dévouement
évangélique, il s'inspira constamment de l'exemple de la Sainte Vierge et plaça
la Congrégation qu'il avait fondée sous le signe de Marie Immaculée.
Combien est actuel le
message de ce nouveau bienheureux! Pour ses fils spirituels et pour tous les
croyants, il est un exemple de fidélité à l'appel de Dieu et de l'annonce de l'Evangile
de la charité; un modèle de solidarité envers les plus démunis et de remise
confiante et tendre entre les mains de la Vierge Immaculée.
5. Les paroles de
Jésus dans l'Evangile proclamé aujourd'hui: "Ne faites pas de
la maison de mon père une maison de commerce" (Jn 2, 16),
interpellent la société actuelle, parfois tentée de tout convertir en
marchandise et en gain en mettant de côté les valeurs et la dignité qui n'ont
pas de prix. La personne étant l'image et la demeure de Dieu, il faut une purification
qui la protège, quelle que soit sa condition sociale ou son activité
professionnelle.
C'est à cela que se
consacra totalement la bienheureuse Bonifacia
Rodríguez de Castro, qui en tant que travailleuse, comprit les risques de
cette condition sociale de son époque. Dans la vie simple et cachée de la
Sainte Famille de Nazareth, elle découvrit un modèle de spiritualité du
travail, qui donne sa dignité à la personne et qui fait de toute activité, si
humble qu'elle puisse paraître, une offrande à Dieu et un moyen de
sanctification.
Tel est l'esprit qu'elle
désira transmettre aux femmes travailleuses, tout d'abord avec l'Association
joséphine, puis avec la fondation des Servantes de Saint-Joseph, qui
poursuivent son oeuvre dans le monde avec simplicité, joie et abnégation.
6. A une époque
troublée par des conflits sociaux, Rosalie
Rendu s'est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour
redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l'éducation et
l'enseignement du mystère chrétien, poussant Frédéric Ozanam à se mettre au
service des pauvres.
Sa charité était
inventive. Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses? C'est dans
son intense vie d'oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la
quittait pas. Son secret était simple: en vraie fille de Vincent de Paul,
comme une autre Soeur de son temps, sainte Catherine Labouré, voir en tout
homme le visage du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la
famille vincentienne ne cesse de donner au monde!
7. "Mais lui
parlait du sanctuaire de son corps" (Jn 2, 21). Ces paroles
évoquent le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. C'est à Jésus
crucifié et ressuscité que doivent se conformer tous les membres de l'Eglise.
Dans cette tâche
exigeante, nous trouvons un soutien et un guide chez Marie, Mère du Christ et
Notre Mère. Les nouveaux bienheureux, que nous contemplons aujourd'hui dans la
gloire du ciel, intercèdent pour nous. Qu'il nous soit concédé à nous aussi de
nous retrouver tous un jour au Paradis, pour goûter ensemble la joie dans la
vie sans fin. Amen!
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Libreria Editrice Vaticana
Rosalie
Rendu (1786-1856)
Jeanne Marie Rendu naît
le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée
de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie
simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le
pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église
paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de
la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris.
Jeanne Marie Rendu a
trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par
serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres,
fidèles à l'Église, refusent ce serment. Ils sont chassés de leurs paroisses,
certains sont mis à mort, d'autres doivent se cacher pour se soustraire aux
poursuites. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres
réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne
Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une
nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui
ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa
mère, elle lui lance sous forme de menace: “Prenez garde, je dirai que Pierre
n'est pas Pierre”. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa
fille, la met au courant de la situation.
C'est dans cette
atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que
Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la
cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son
caractère.
La mort du père, le 12
mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19
juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie,
consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la
garde de ses petites sœurs.
Au lendemain de la
Terreur, les esprits s'apaisent et, petit à petit, la vie reprend son cours
normal. Madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez
les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au
cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de
la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les
rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse
un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait
depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité.
En 1802, Amande Jacquinot
du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris
pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de
Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser
partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu,
heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa
demande.
Le 25 mai 1802, Jeanne
Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier
à Paris. Elle va avoir 16 ans! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé
par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les
voyageuses sont accueillies par 50 jeunes en formation. Jeanne Marie est très
soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est
ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice
physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne
Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard
pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans!
La soif d'action, de
dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain
plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le
quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Pauvreté sous
toutes ses formes, misère psychologique et spirituelle, maladies, taudis
insalubres, dénuement sont le lot quotidien des habitants qui tentent de
survivre. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son
apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des
pauvres. Entretemps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites
filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie, entourée des
Sœurs de sa communauté, avec émotion et une profonde joie, s'engage par vœux au
service de Dieu et des pauvres.
En 1815, Sœur Rosalie
devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera
transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place
et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle,
d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se
révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux
en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant
accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous
les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des
vêtements, des soins, une parole réconfortante.
Pour venir en aide à tous
ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une
école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une
maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres
charitables va s'établir pour contrer la pauvreté.
Son exemple stimule ses
Sœurs à qui elle répétait souvent: “Une fille de la Charité est comme une borne
sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau”.
Elle est si simple, elle vit si pauvrement qu'elle transpire la présence de
Dieu.
Sa foi, ferme comme un
roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance:
elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul: “Dix
fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez
Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu”. Sa
vie de prière est intense; comme l'affirme une sœur, “elle vivait
continuellement en la présence de Dieu: avait-elle une mission difficile à
remplir, nous étions assurées de la voir monter. à la chapelle ou de la trouver
à genoux dans son bureau”.
Elle était attentive à
assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu
pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner
dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait: “Ma Sœur,
commençons notre oraison!”. Elle en indiquait le plan, la division en peu de
mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la
moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu: elle lui parlait
de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce
vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde: “Jamais je ne fais si bien
l'oraison que dans la rue” disait-elle.
“Les pauvres eux-mêmes
avaient remarqué sa manière de prier et d'agir”, rapporte une de ses compagnes.
“Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande
délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la
justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des
âmes”. “Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils
sont nos Seigneurs et nos Maîtres!” “Les pauvres vous diront des injures, plus
ils sont grossiers, plus vous devez être dignes” — disait-elle — “Rappelez-vous
ces haillons qui vous cachent notre Seigneur”.
Les Supérieurs lui
confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans
sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle
donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa
vie: Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier; et
si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même”. En raison du nombre
croissant de sœurs le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec
un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu.
Sa notoriété gagne vite
tous les quartiers de la capitale, et au-delà, les villes de province. Sœur
Rosalie sait s'entourer de collaborateurs dévoués, efficaces et de plus en plus
nombreux. Les dons affluent vite, car les riches ne savent pas résister à cette
femme si persuasive. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays
ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Les Dames de la Charité aident
dans les visites à domicile. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent
des évêques; des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le
Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur
Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et
aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de
l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur
Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi
eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint
Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des
Religieux de Saint Vincent de Paul, connaissaient bien la route qui menait à
son bureau et avec d'autres amis, ils venaient chercher auprès de Sœur Rosalie
des conseils pour mettre en œuvre leurs projets. Elle était au centre du
mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié
du XIXe siècle.
L'expérience de Sœur
Rosalie est inestimable pour ces jeunes gens. Elle oriente leur apostolat, les
guide et leur enseigne à aller et venir dans le quartier, elle leur indique des
familles à visiter qu'elle choisissait avec soin.
Elle entre aussi en
relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir
de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et
religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève,
mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces
malades.
Les épreuves ne manquent
pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le
manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et
1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé
l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les
rues!
Durant les journées
d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes
opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre,
archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants.
Sœur Rosalie souffre: elle aussi monte sur les barricades pour secourir les
combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle
risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté
forcent l'admiration.
Lorsque l'ordre est
rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont
victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de
l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très
populaire.
En 1852, Napoléon III
décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur: elle est prête à
refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de
la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter.
De santé fragile, Sœur
Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par
surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse,
l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et
de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient
progressivement aveugle. Elle meurt le 7 février 1856, après une courte
maladie.
L'émotion est
considérable dans le quartier, dans tous les milieux sociaux à Paris et en
Province. Après la célébration des obsèques à l'église Saint Médard, sa paroisse,
une foule immense et très émue suit sa dépouille jusqu'au cimetière
Montparnasse. Elle vient manifester son admiration pour l'œuvre accomplie et
son affection pour cette Sœur hors du commun.
De nombreux articles de
presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur
Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des
sentiments du peuple.
L'Univers,
principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot écrit dès
le 8 février: “Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de
frapper la classe pauvre de Paris: ils joindront leurs suffrages aux larmes et
aux prières des malheureux”.
Le Constitutionnel, journal
de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de
la Charité : “Les malheureux du 12ème arrondissement viennent de faire une
perte bien regrettable: la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue
de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de
longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes
nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier”.
Le journal officiel de
l'Empire, le Moniteur, loue
l'action bienfaisante de cette Sœur: “Les honneurs funèbres ont été rendus à la
Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante‑deux
ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager
et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au
cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège”.
Des visiteurs affluent
nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de
celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos
réservé aux Filles de la Charité! Le corps est alors transporté dans un lieu
beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. Sur la tombe
toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots: “À la bonne
mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres”. Des mains
anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture: hommage discret
mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.
SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031109_rendu_fr.html
La Bienheureuse Rosalie
Rendu, apôtre de la rue Mouffetard
Une borne pour y déposer les fardeaux
Rome, 7 février
2013 (Zenit.org) Anita
Bourdin
Le martyrologe romain
fait aujorud’hui mémoire de la bienheureuse Rosalie Rendu, vierge (1786-1856),
apôtre de Paris.
“Il faut qu'une Fille de
la Charité soit comme une borne qui est au coin d'une rue et sur laquelle tous
ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux dont ils sont
chargés”, disait sœur Rosalie Rendu, apôtre de la Rue Mouffetard, à Paris,
béatifiée par Jean-Paul II à Rome en novembre 2003.
Jeanne Rendu recevra le
nom de Sœur Rosalie chez les Filles de la Charité, fondées par saint Vincent de
Paul. Elle était née au village de Confort, en France, dans le département de
l’Ain, le 9 septembre 1786.
Elle n'avait que seize
ans lorsqu'elle partit pour Paris, voulant réaliser la vocation qu’elle se
découvrait de se donner à Dieu et aux pauvres, c’est pourquoi elle choisit de
frapper à la porte des Filles de la Charité.
Durant toute sa longue
vie, elle cultiva les vertus recommandées par de saint Vincent de Paul à ses
filles, avant tout la charité. C’est ainsi qu’elle secourut sans se lasser
toutes les misères, jusqu’à accomplir des gestes vraiment héroïques, en
particulier pendant les Révolutions de 1830 et de 1848.
Mais sa maternité
spirituelle ne s’arrête pas à ces gestes personnels. De fait, on retrouve son
nom et son action au début de toutes les œuvres charitables écloses dans la
première moitié du XIXe siècle à Paris. Elle aida Frédéric Ozanam – béatifié en
août 1997 - et ses compagnons à s'engager auprès des exclus de son temps. Elle
mourut, littéralement usée par ses 54 années passées au service des pauvres, le
7 février 1856.
Sa tombe, au cimetière
Montparnasse à Paris, est toujours visitée et fleurie. Dans le quartier Mouffetard
qu'elle a aimé et secouru, une avenue porte son nom : "Avenue Sœur
Rosalie".
( 7 février 2013) ©
Innovative Media Inc.
SOURCE : http://www.zenit.org/fr/articles/le-bienheureuse-rosalie-rendu-apotre-de-la-rue-mouffetard
Bienheureuse Rosalie
RENDU
Nom: RENDU
Prénom: Jeanne Marie
Nom de religion: Rosalie
Pays: France
Naissance: 09.09.1786 à
Confort (Ain)
Mort: 07.02.1856 à
Paris
Etat: Religieuse
Note: Fille de la Charité
de Saint Vincent de Paul (1807). Elle œuvre pendant 54 ans dans un quartier
pauvre de Paris avec une charité multiforme.
Béatification:
09.11.2003 à Rome par Jean Paul II
Canonisation:
Fête: 7 février
Réf. dans l’Osservatore
Romano: 2003 n.45
Réf. dans
la Documentation Catholique: 2003 n.22 p.1124-1125
Notice brève
La bienheureuse Rosalie
Rendu naît sur les hauteurs du Jura dans le département actuel de l’Ain en
1786. A 15 ans elle entre chez les sœurs de saint Vincent de Paul, attirée par
leur service de charité. Dès son noviciat et jusqu’à sa mort, c'est-à-dire
pendant 54 ans, elle se dévoue au service des pauvres dans le quartier
Mouffetard, le faubourg le plus déshérité de Paris, créant pour les nécessiteux
de tous genres, dispensaire, école, patronage, crèche et asile de vieillards.
Avec cela, c’est une âme de prière continuelle, elle dit : « Jamais
je ne fais si bien l’oraison que dans la rue ». Elle reçoit avec une égale
charité les petits et les grands, et traverse les époques troublées des
révolutions de 1830 et 1848, ainsi que des épidémies de choléra, en redoublant
de charité, jusqu’à risquer sa vie. Aussi conquiert-elle le cœur de tous,
fussent-ils anticléricaux. Elle meurt en 1856. Une rue de Paris porte son nom.
Notice développée
Jeanne Marie Rendu naît
en 1786 au hameau de Confort entre Bellegarde-sur-Valserine et Morez, dans
l’actuel département de l’Ain. Son père, Jean Antoine, est un petit
propriétaire montagnard. Le jour même de sa naissance, elle est baptisée à
l’église paroissiale de Lancrans et son parrain (par procuration) est un ami de
la famille, Jacques Émery, qui fera parler de lui plus tard. Pendant la période
révolutionnaire, la famille cache les prêtres réfractaires de passage. Jeanne
Marie, elle-même, fait sa première communion dans la cave de sa maison, la
nuit, à la lueur d’une bougie. Son père meurt en mai 1796 à 31 ans, laissant sa
femme, Marie Anne, veuve avec trois enfants. Jeanne Marie, l’aînée, consciente
de ses responsabilités, aide sa mère. Elle a un caractère espiègle mais déjà,
elle aime faire le catéchisme et se montre très charitable envers les pauvres,
suivant en cela l’exemple de sa mère. Elle n’a pas 15 ans qu’elle reçoit une
demande en mariage. Pour assurer sa tranquillité, on l’envoie finir son
éducation à Gex chez d’anciennes Ursulines qui ont repris leurs activités
bienfaisantes après la Terreur. Au cours de ses promenades en ville, Jeanne
Marie découvre avec intérêt l’hôpital où les Filles de la Charité (de saint
Vincent de Paul) assurent le soin des malades. Ensuite, pendant six mois, elle
étudie les arts ménagers à Carouge (près de Genève) puis elle passe six autres
mois à l’hôpital de Gex avec les sœurs. Elle désire aussi se faire religieuse
malgré son jeune âge : elle va avoir 16 ans. Elle obtient le consentement
de sa mère. Le 25 mai 1802, elle part avec deux autres postulantes et arrive à
la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle
se retrouve avec cinquante autres jeunes postulantes. Jeanne Marie est très
soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie, mais à cause
de sa sensibilité et de sa santé fragile, elle souffre, tant par la tension
d’esprit que par le manque d’exercice physique. Le médecin juge qu’elle doit
prendre l’air. Et on l’envoie… dans le quartier le plus insalubre de Paris, le
quartier Mouffetard, où les sœurs ont une maison. Mais son parrain, ‘Monsieur
Émery’, qui est devenu supérieur général des Prêtres de Saint Sulpice, approuve
la décision : « C’est bien là ce qu’il vous faut. Vous serez la
servante des pauvres ». Elle n’a pas encore pris l’habit. C’est pourtant
là, dans ce quartier Mouffetard et ce faubourg Saint-Marcel, qu’elle passera le
plus clair de ses cinq ans de noviciat… et qu’elle restera jusqu’à la mort.
Elle émet ses vœux en
1807, à 21 ans, sous le nom de sœur Rosalie. En 1815, elle devient supérieure
de sa maison, laquelle, sise rue des Francs Bourgeois, sera transférée à la rue
de l’Épée de Bois. La misère de ce quartier est due aux révolutions successives
(1789, 1830, 1848) et aux ravages du libéralisme économique ambiant. La sœur
fait face sur tous les fronts. Elle apporte des secours en nourriture et en
vêtements, ouvre un dispensaire, une école gratuite, un orphelinat, une crèche,
un patronage, une maison pour les vieillards. Elle donne avec joie et elle agit
sans fébrilité, car la “grande maxime” de Monsieur Émery qui est son oracle en
toutes choses est : « de ne jamais anticiper sur les desseins de la
Providence et d'aller toujours à sa suite. Il me faut aller du jour au
jour. ». Il lui dit souvent : "Mon enfant, il faut qu'un prêtre
et une Sœur de la Charité soient comme une borne qui est au coin d'une rue et
sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux
dont ils sont chargés." Aussi Sœur Rosalie prodigue-t-elle à tous des
paroles de consolation. Son parloir devient un rendez-vous pour toutes sortes
de gens. On y voit même des rois. Pour les prêtres et les religieuses qui ont
des difficultés psychologiques, elle manifeste sa sollicitude avec délicatesse.
Son nom est attaché à tous les débuts d’œuvres charitables de l’époque. C’est
elle qui a stimulé les débuts du bienheureux Frédéric Ozanam 2 (fondateur
des Conférences de Saint Vincent de Paul). « Où puisait-elle la force pour
réaliser autant de choses ? – se demande le Saint-Père dans son homélie de
béatification – C’est dans son intense vie d’oraison et dans sa prière
incessante du chapelet, qui ne la quittait pas. Son secret était simple :
en vraie fille de saint Vincent de Paul, voir en tout homme le visage du
Christ ».
Il y a, dans son
parcours, des moments spécialement dramatiques :
- les épidémies de
choléra, en particulier celles de 1832 et 1846
- les révolutions de 1830
et 1848 où elle risque sa vie pour en sauver d’autres.
Dès 1854, elle devient
presque aveugle. En 1856, elle attrape une pleurésie. Après s’être usée 54 ans
au service des pauvres, ses dernières paroles sont pour les recommander à
Dieu : "Ô mon Dieu, quand je ne serai plus, mes enfants, mes chers
enfants, vous ne les abandonnerez pas !" Elle meurt le 7
février 1856. Ses obsèques sont un triomphe. Le cortège s’avance dans les rues
noires de monde, avec la croix (ce qui n’est pas permis habituellement). Au
cimetière Montparnasse, sa tombe, encore fleurie de nos jours, porte cette
inscription : « Pertransivit benefaciendo » (Elle a passé en
faisant le bien), et au-dessous : « A la bonne mère Rosalie, ses amis
reconnaissants, les riches et les pauvres ».
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0684.htm
Bienheureuse Rosalie
Rendu
Fille de la Charité qui a
œuvré quartier Mouffetard, morte en 1856.
Fête le 9 février
Entrée au noviciat des
Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul à Paris en 1802, Sœur Rosalie
Rendu est ensuite envoyée dans la communauté du quartier Mouffetard, l’un des
plus pauvres de la capitale. Supérieure de sa communauté en 1815, elle encourage
ses Sœurs : « Les pauvres vous diront des injures. Plus ils sont
grossiers, plus vous devez en être dignes. Rappelez-vous que ces haillons vous
cachent Notre Seigneur ».
Pour répondre aux
multiples besoins des pauvres, Sœur Rosalie sait s’entourer. Elle initie de
jeunes étudiants à la visite des pauvres et conseille le bienheureux Frédéric
Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent de Paul. Les habitants sont
profondément marqués par son dévouement et celui des Sœurs de sa communauté
pendant les émeutes de 1830 et de 1848 et lors des épidémies de choléra en 1832
et 1849. Sœur Rosalie mourut le 7 février 1856.
Extrait de
Propre des Diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis
Sur les pas de la
Bienheureuse Soeur Rosalie
Eglise Sainte-Rosalie
50 bd Auguste Blanqui, Paris 13e. Tél. : 01 43 31 36 83
En 1860, une chapelle commence à être élevée dans le quartier de la Glacière,
très déshérité du point de vue religieux. C’est à l’abbé Le Rebours que l’on
doit cette initiative : sous l’impulsion de sœur Rosalie, dont il était
très proche, il avait décidé de consacrer sa fortune aux œuvres de charité. A
la mort de la religieuse, il acheta un terrain qui accueillit, outre l’église,
un patronage de garçons. L’église, dont les Lazaristes ont eu la charge
jusqu’en 1971, fut dédiée à la patronne de celle qui avait inspiré le
projet : sainte Rosalie, vierge et martyre de Palerme au douzième siècle.
Les deux Rosalie sont d’ailleurs représentées sur un grand vitrail, œuvre de
Didron, dans le chœur de l’édifice : on y voit sœur Rosalie Rendu offrant
à sa sainte patronne la maquette de l’église. Non loin de l’église se trouve
l’avenue Sœur Rosalie.
Depuis la béatification de Sœur Rosalie, la paroisse est placé sous le double
patronage de la bienheureuse Sœur Rosalie Rendu et de sainte Rosalie.
Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse,
140 rue du Bac, Paris 7è. Tél. 01 49 54 78 88
Contrairement à Catherine Labouré, à qui la Vierge est apparue en 1830, Sœur
Rosalie n’a pas fait son noviciat à la maison de la rue du Bac et les deux
religieuses ne se sont pas connues. Mais nul doute que la nouvelle bienheureuse
sera particulièrement honorée à la chapelle de la Maison-mère des Filles de la
Charité. A la même époque, dans deux quartiers voisins, Sœur Catherine et Sœur
Rosalie furent en effet témoins de l’amour, chacune selon leur appel. L’une
servant les personnes âgées dans une Maison des Filles de la charité rue de
Picpus ; l’autre rejoignant à leur domicile les familles en grande
difficulté. La première accomplissant, dans le silence et la prière, la mission
qu’elle avait reçue de la Vierge Marie, la seconde encourageant de nombreux
laïcs à se tourner vers les exclus. A voir également dans le quartier, la
Maison-Mère des Lazaristes (Chapelle Saint-Vincent de Paul, 95 rue de Sèvres,
6è).
Église Saint-Médard,
141 rue Mouffetard, 5è Tél. : 01 44 08 87 00
En bas de la rue Mouffetard, non loin de la rue de l’Epée-de-Bois, l’église
Saint-Médard fut la paroisse de Sœur Rosalie pendant cinquante-quatre ans.
C’est également dans cette église que furent célébrées ses obsèques le 9
février 1856. Escorté d’une foule immense, le cercueil de Sœur Rosalie fut
conduit à pied depuis l’église jusqu’au cimetière Montparnasse, puis déposé
dans le caveau de sa congrégation.
Cimetière Montparnasse,
3, bd Edgar Quinet, 14è
Devant le nombre considérable de visiteurs qui cherchaient la tombe de Sœur
Rosalie sans la trouver, on fit transporter quelques mois plus tard le corps
dans un endroit plus accessible, à l’entrée du cimetière. C’est une tombe très
simple surmontée du grande croix. On peut y lire cette inscription : « A
la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les
pauvres ». Témoin de la vitalité de son rayonnement, sa tombe demeure
encore aujourd’hui fleurie par de nombreuses mains anonymes.
Rue de l’Epée-de-Bois
Chassées de leur maison en août 1880, les Filles de la Charité organisèrent une
quête pour se reloger. C’est ainsi qu’en octobre de la même année, elles
ouvraient leur école et accueillaient toutes leurs œuvres au 32 de la rue
Goeffroy-St-Hilaire, dans une maison qui porte toujours le nom de Sœur Rosalie
et est devenue une école privée. En 1903, les locaux de la rue de
l’Epée-de-Bois ont été en partie démolis et, sur l’emplacement libéré, fut
construit, l’année suivante, un nouvel hospice, pris en charge par l’Assistance
public et confié à un personnel laïc. Il prit le nom d’Asile Sœur-Rosalie.
SOURCE : https://dioceseparis.fr/bienheureuse-rosalie-rendu
Bienheureuse Rosalie
Rendu
Jeanne-Marie Rendu (Sœur
Rosalie), fille de Antoine Rendu et Marie-Anne Laracine, est née le 9 Septembre
1786, à Confort, dans le pays de Gex dans le Jura du sud-est en France, près de
la frontière suisse. Elle a vécu toute sa vie en Fille de la Charité, dont 53
ans, dans le quartier Mouffetard, le quartier le plus pauvre de Paris.
!786 : naissance
1802 : entre chez
les Filles de la Charité
1803 : reçoit
l’habit et est placée dans la maison Saint-Martin
1807 : prononce ses
vœux pour la première fois
1815 : devient
supérieure (Sœur Servante) de la maison Saint-Martin
1830 : Révolution;
placement des postulantes à la rue de l’Épée-de-Bois
1831 : Mgr de Quélen
et les autres membres du clergé se mettent à l’abri à la rue de l’Épée-de-Bois
1833 : commence
l’encadrement des premiers membres de la société de Saint Vincent de Paul
1840 : travaille
avec les Dames de la Charité nouvellement nommées; entreprend les travaux
d’expansion de la maison
1848 : Révolution;
la maison est devenue un refuge et un hôpital de campagne
1852 : décorée de la
croix de la Légion d’honneur par Napoléon III
1853 : sa vue
commence à baisser et sa santé s’aggrave
1856 : mort;
funérailles en présence d’environ 50 000 personnes de toutes les catégories de
la société
1953 : Le procès
diocésain de béatification s’ouvre à Paris
2003 : béatification
par le pape Jean Paul II7 Février: Fête
Le 25 mai 1802, Sœur
Rosalie est entrée au Séminaire (noviciat) à la Maison Mère des Filles de la
Charité de Saint Vincent de Paul, rue du Vieux-Colombier à Paris. Dans son
effort pour se donner pleinement à cette nouvelle vie, sa santé s’est
affaiblie, de sorte qu’elle a été envoyée, après sa formation, à la maison des
Filles de la Charité du quartier Mouffetard, dans l’espoir que ce placement lui
fasse retrouver ses forces.
La soif d’action, de
dévouement et de service qui brûlait Sœur Rosalie n’aurait pas pu trouver un
meilleur endroit pour être étanchée. Les maladies, les taudis insalubres et le
dénuement étaient le lot quotidien des habitants qui luttaient pour survivre.
Sœur Rosalie s’épanouissait parmi les personnes qui devinrent rapidement ses « bienaimés
pauvres ».
Au début, elle a
accompagné les sœurs dans leurs visites aux malades et aux pauvres dans leurs
maisons. Elle a également enseigné le catéchisme et la lecture aux petites
filles de l’école libre. Sœur Rosalie était heureuse et en 1807, elle a fait
ses vœux pour la première fois. Ses qualités de dévouement, d’autorité
naturelle, d’humilité, de compassion et ses capacités d’organisation se
révèleront bientôt. Ainsi en 1815, elle serait nommée Sœur Servante (supérieure
locale) de la maison.
En tant que responsable
de sa communauté, Sœur Rosalie a reçu la mission d’accompagner chacune de ses
sœurs, de former les jeunes et d’animer la vie communautaire. Elle réalisait
cette mission avec le plus grand soin, en communiquant l’amour et la joie du service.
Au fil des années,
toujours attentive aux nouvelles pauvretés, elle avait développé les œuvres de
la maison: une école, la visite à domicile des malades, la création d’un
dispensaire, d’une crèche, d’un accueil de jour pour enfants, trop jeunes pour l’école,
un centre de formation pratique et un centre social pour les filles plus âgées.
Dans le même temps, elle a invité d’autres personnes à partager la mission de
Saint-Vincent.
Sœur Rosalie était une
«bonne mère pour tous » sans distinction de religion, d’opinion politique
ou de statut social. D’une main, elle recevait des riches, de l’autre elle
donnait aux pauvres. Sœur Rosalie a offert aux riches la joie de faire de
bonnes œuvres. Souvent on pouvait la voir au parloir de la maison avec ses
bien-aimés les “pauvres” ainsi que les évêques, les prêtres, les responsables
gouvernementaux, les femmes riches et les étudiants universitaires. Parmi eux
se trouvaient Frédéric Ozanam et les premiers membres de la Société Saint
Vincent de Paul.
Tendrement et respectueusement
Sœur Rosalie et les sœurs de la maison encadraient ces jeunes hommes généreux
et les autres étudiants. Elle recommandait la patience, l’indulgence et la
courtoisie à leur égard. “Aimez les pauvres, ne les blâmez pas trop …
rappelez-vous que les pauvres sont encore plus sensibles à votre comportement
qu’à votre aide.” Par-dessus tout, elle a montré le chemin par son exemple:
«Chaque jour, par tous
les temps, Sœur Rosalie arpentait les rues et ruelles qui escaladaient jusqu’au
Panthéon, le versant sud de la Montagne de Sainte-Geneviève : rue
Mouffetard, le passage des Patriarches, rue de l’Épée-de-Bois, rue du Pot de
Fer…Son chapelet à la main, son lourd panier au bras, elle pressait le pas car
elle savait qu’on l’attendait ! »
Sœur Rosalie parlait à
Dieu de cette famille en détresse parce que le père n’avait plus de travail, de
cette personne âgée qui risquait de mourir seule dans une mansarde : «Jamais,
je ne fais si bien l’oraison que dans la rue », disait-elle.
Sa foi, ferme comme un
roc et limpide comme une source, lui révélait Jésus-Christ en toute
circonstance. Sa vie de prière était intense, comme l’affirme une sœur, «elle
vivait continuellement en la présence de Dieu. Avait-elle une mission difficile
à remplir et nous étions toujours assurées de la voir s’en aller à la chapelle
ou de la trouver à genoux dans son bureau ».
Avec ses compagnes et son
vaste réseau de collaborateurs, elle a inlassablement soigné, nourri, visité,
consolé et apaisé les autres! Douée d’une vive sensibilité, elle a eu de
l’empathie pour tous ceux qui souffraient. « Il y a quelque chose qui
m’étouffe », a-t-elle dit, « et m’ôte l’appétit … la pensée que tant
de familles manquent de pain ». Pour le service de ses bien-aimés, les
pauvres, elle a osé tout entreprendre avec intelligence et audace. Rien ne
l’arrêtait si cela leur permettait de sortir de leur misère.
Sœur Rosalie ne conteste
pas l’ordre établi, n’entretient pas la révolte : ce n’est pas sa méthode.
Pour lutter contre l’injustice et la pauvreté, elle éveillait la conscience de
ceux qui avaient le pouvoir ou de l’argent, elle a travaillé à l’instruction
des enfants et des jeunes des familles pauvres et, pour répondre à l’urgence,
elle pousse au partage : elle «organise la charité ».
Pendant les années de la
Révolution, de 1830 à 1848, Sœur Rosalie et ses sœurs se souciaient du sort des
blessés – des émeutiers ou des soldats. Les gens qui étaient en danger ont
trouvé refuge dans la maison des sœurs de la rue de l’Épée-de-Bois. Leur maison
est devenue un abri et un hôpital de campagne.
Les dernières années de
la vie de Sœur Rosalie ont été douloureuses, son état de santé s’est aggravé et
sa vue a diminué. Elle n’était plus en mesure de rendre visite aux
« pauvres, ses bien-aimés » de manière régulière. Pourtant, sa réputation
a continué de croître.
L’empereur, Napoléon III
lui a décerné la Croix de la Légion d’honneur, un honneur militaire que
seulement quatre femmes ont reçu jusqu’à une époque récente.
Elle a expérimenté dans
sa vie de « simple fille de la Charité » la vérité des paroles de Vincent
de Paul en 1660, « …C’est certainement un grand secret de la vie
spirituelle d’abandonner tout ce que nous aimons à Dieu, en nous abandonnant à
tout ce qu’il voudra. Priez pour moi ».
Et ce sera cette simple
fille la Charité qui sera honorée lors de ses funérailles, le 9 février 1856.
Elle a été suivie par environ 50.000 personnes de toutes les catégories de la
société et de toute tendance politique et confession religieuse. Depuis ce jour,
des fleurs décorent toujours sa tombe.
Sœur Rosalie Rendu : auprès des pauvres de Paris
Camille Caquineau
Sœur Rosalie Rendu a
incarné la charité dans le Paris du XIXème siècle. Née juste avant la
Révolution de 1789, c’est dans une société post-révolutionnaire déchristianisée
et appauvrie qu’elle donne sa vie au service des plus
pauvres. Jean-Paul II l’a béatifiée le 9 novembre 2003.
© C. Burkel
Jeanne-Marie Rendu naît
le 9 septembre 1786 à Confort, au pays de Gex, dans le Jura. Ses
parents, petits propriétaires montagnards, vivent dans l’aisance et la
simplicité et sont estimés dans tout le pays.
Jeanne-Marie a trois ans
lorsqu’éclate la Révolution. Dès 1790, l’adhésion par serment à la Constitution
civile du clergé est imposée. La maison de la famille Rendu devient un refuge
pour les prêtres réfractaires. Jeanne-Marie grandit dans ce contexte de foi
chrétienne, sans cesse exposée au danger de la dénonciation. Elle fait
même sa première communion une nuit, au fond d’une cave. Ce climat
d’héroïque piété forge son caractère : elle devient une jeune fille vive, espiègle,
droite et volontaire.
En 1796, la famille est
bouleversée par le décès du père et de la dernière petite sœur, âgée de quatre
mois. C’est l’aînée qui va aider la mère à élever ses trois sœurs. Au lendemain
de la Terreur, les esprits s’apaisent et la vie reprend. Madame Rendu envoie
Jeanne-Marie étudier au pensionnat des sœurs Ursulines, à Gex. Au cours d’une
promenade, elle découvre un hôpital où les Filles de la Charité s’occupent des
malades et des pauvres. Elle y effectue un stage à la fin duquel elle exprime
le grand désir de devenir elle aussi Fille de la Charité.
Le 25 mai 1802,
Jeanne-Marie a 16 ans. Elle entre déjà au noviciat de la maison mère
des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Mais sa santé
est fragile et son zèle à vouloir répondre aux exigences de sa nouvelle vie la
détériore. Elle est donc envoyée dans la petite communauté de la rue des
Francs-Bourgeois qui sera transférée plus tard rue de l’Epée-de-Bois, dans le
quartier Mouffetard. Là, elle reçoit le nom de Rosalie, pour la distinguer
d’une autre religieuse qui porte le même prénom qu’elle. Elle y restera
cinquante-quatre ans au cours desquels elle ne tendra que vers un but :
"Traquer la misère pour rendre à l’homme sa dignité."
Une Supérieure engagée
En ce début du
XIXème siècle, le quartier Mouffetard est le plus misérable d’une capitale
en pleine expansion. Les pauvres s’y entassent, victimes de la misère et de
tous les vices : taudis insalubres, maladies, détresse du chômage, vols,
alcoolisme… Sœur Rosalie y fait son apprentissage, accompagnant les sœurs dans
la visite des pauvres et des malades. Elle enseigne déjà le catéchisme et la
lecture aux petites filles accueillies à l’école gratuite. Elle prononce
ses vœux en 1807, entourée de sa communauté.
En 1815, lors de
l’occupation étrangère de Paris, après la chute de Napoléon, sœur Rosalie
est nommée Supérieure de sa petite communauté du
Vème arrondissement. Sa soif d’action, son dévouement, son autorité
naturelle, son humilité, sa compassion et ses capacités d’organisation se
révèlent dans sa lutte contre la misère. Les ravages du libéralisme économique
de l’époque accentuent le nombre et la misère de "ses pauvres", comme
elle les appelle. Ses sœurs sont envoyées dans tous les recoins de la paroisse
Saint-Médard, pour apporter vivres, vêtements, soins, ou paroles
réconfortantes. Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, elle ouvre une
pharmacie, une école, un dispensaire, un orphelinat, une crèche, un patronage
pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources...
Son exemple stimule ses sœurs à qui elle répète souvent : "Une
fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués
ont le droit de déposer leur fardeau." Elle est sévère sur la manière
dont les sœurs reçoivent les pauvres : "Ils sont nos seigneurs et nos
maîtres !" On l’appelle "l’ange du quartier" et "la
mère de toute les mères".
"Donnez-vous vous-même"
Elle incite ses sœurs à
prendre le temps de l’oraison avant les visites aux pauvres. La maison des
malades est son monastère, les murs de la ville et les salles d’hôpitaux, son
cloître. Sa foi, ferme comme un roc, lui révèle Jésus Christ en toute
circonstance : "Jamais je ne fais si bien l’oraison que dans la
rue", dit-elle. Sa vie de prière est intense.
Plus que
l’action, le plus précieux à ses yeux est de sauver les âmes. Elle
instruit, catéchise, évangélise particulièrement les malades et les mourants.
Elle élève les âmes vers des réalités surnaturelles par la prière et la
réception des sacrements. Dans ce quartier où Dieu est souvent méconnu,
personne ne repousse le prêtre envoyé par sœur Rosalie.
Ses supérieures lui
confient les postulantes et les jeunes sœurs, pour les former. Un jour, elle
donne à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa
vie : "Si vous voulez que quelqu’un vous aime, aimez d’abord en
premier ; et si vous n’avez rien à donner, donnez-vous vous-même."
Sa renommée se répand
dans tous les quartiers de la capitale et au-delà, dans les villes de province.
Les particuliers, les associations, les ordres religieux, l’Église,
l’État : tout le monde s’adresse à elle ! Elle finit par entraîner la
charité publique et privée dans la lutte contre la pauvreté. Les dons affluent
vite, car les riches ne savent pas résister à cette femme si persuasive. Les
souverains qui se succèdent à la tête du pays ne l’oublient pas dans leurs
libéralités. Les riches comme les pauvres viennent dans son parloir. Ils
viennent trouver auprès d’elle du soutien, des conseils, ou encore "une
bonne œuvre" à accomplir. Sœur Rosalie accueille des personnalités
éminentes telles que l’ambassadeur d’Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le
général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, des évêques, et même
l’empereur Napoléon III et sa femme. Pleine de compassion, de délicatesse
et de clairvoyance, d’une autorité quasi maternelle, elle se montre franche
dans ses paroles, avec un brin de sévérité s’il le faut.
En cornette sur les barricades
Les étudiants de tous les
horizons viennent frapper à sa porte ou à sa modeste "Banque de la
Providence". Parmi eux, elle inspire, oriente et appuie les projets du
cofondateur de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, le bienheureux
Frédéric Ozanam, et le vénérable Jean-Léon Le Prévost, futur fondateur des
Religieux de Saint-Vincent-de-Paul. Elle a été au centre du déploiement
d’un réseau de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première
moitié du XIXème siècle.
Durant la Révolution de
1830 et 1848, les émeutiers élèvent des barricades. Des luttes sanglantes
opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Sans crainte de perdre sa
vie, cette dame en cornette blanche monte sur les barricades et s’interpose
entre les belligérants. Elle parcourt les rues, parlemente avec les insurgés,
secourt les blessés, protège les réfugiés. Sœur Rosalie clame : "On
ne tue pas ici !" Comme jadis ses parents, elle donne asile à
l’archevêque.
Une foule immense la suit
La guerre civile
terminée, une épidémie de choléra fait des centaines de victimes par jour, à
Paris. Courant tous les risques, sœur Rosalie va jusqu’à ramasser elle-même les
corps abandonnés dans les rues. Avec ingéniosité et courage, et grâce au
dévouement des Filles de la Charité, elle organise les secours.
En
1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion
d’honneur qu’elle reçoit très humblement, mais qu’elle ne portera jamais.
De santé fragile, sœur
Rosalie surmonte fatigues et fièvres. Mais l’absence de repos, l’âge, et
l’accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa résistance et de sa
volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient
progressivement aveugle.
Elle meurt le
7 février 1856, après une courte maladie. Ses obsèques sont célébrées
à l’église Saint-Médard. Une foule immense suit sa dépouille jusqu’au cimetière
Montparnasse, manifestant ainsi son admiration pour l’œuvre accomplie par cette
sœur hors du commun. Un hommage discret mais visible encore aujourd’hui est
rendu à ce témoin de la miséricorde de Dieu. Sur sa tombe il est
gravé : "À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les
pauvres et les riches".
A lire :
Claude Dinnat, Sœur
Rosalie Rendu ou l’Amour à l’œuvre dans le Paris du XIXe siècle, L’Harmattan,
2001
SOURCE : http://www.mavocation.org/vocation/religieuse-moine/saints/588-rosalie-rendu.html
PAROISSE SAINTE-ROSALIE
La Bienheureuse Rosalie
Rendu
Cette page est pour nous
l’occasion de rendre grâce pour celle qui fut à l’origine de notre paroisse et
de réfléchir à ce qu’elle a à nous dire aujourd’hui.
Notre église a été
construite par l’abbé le Rebours (qui était curé de la Madeleine et qui avait
été son secrétaire bénévole quand il était étudiant) à sa mort. Il voulait que
son oeuvre continue après son départ. Que les quartiers pauvres de Paris reçoivent
encore la bonne nouvelle de l’amour de Dieu à travers des actes et des paroles
concrets. Il a donc trouvé les fonds pour construire l’église, le patronage de
filles et le patronage de garçons, l’école le Rebours et il a confié l’oeuvre
aux pères Lazaristes. L’exposition que vous avez certainement vue dans l’église
rappelle toute cette histoire. Le livre de Claude Dinnat nous fait entrer dans
l’histoire de soeur Rosalie et dans la complexité du XIXème siècle dans lequel
elle a agi. Il nous livre dans ce Rosalien l’itinéraire qui l’a conduit à
écrire ce livre et à le mener à son terme. Bonne introduction pour nous-mêmes
nous plonger dans la vie de soeur Rosalie.
« Soeur Rosalie,
apôtre de la charité » pourrait-on dire. Elle s’est dépensée sans compter
jour et nuit pour venir en aide aux plus démunis dans le quartier Mouffetard.
Elle nous rappelle que notre foi est essentiellement charité : « Celui
qui dit qu’il aime Dieu alors qu’il n’aime pas son frère est un
menteur » (1Jn 4,20) nous rappelle saint Jean. Et notre bon
pape François nous montre à quel point la rencontre de Dieu nous presse à aimer
nos frères, à nous faire proche de leurs besoins, de leurs questions, de leurs
souffrances. La charité, c’est certes subvenir aux besoins matériels
nécessaires de ceux qui en sont dépourvus, mais c’est aussi dire la Parole de
Vérité que le monde attend et qui est nourriture pour notre âme. C’est aussi
prendre soin de ceux qui commencent leur existence et qui ont besoin d’être
accompagnés pour devenir adulte. Le projet de la Casa Blanki qui débute sur
notre paroisse et qui veut accueillir par amour de Dieu les jeunes de notre
quartier entre dans cette mission de charité. Vous trouverez un compte-rendu de
la première rencontre dans ce Rosalien.
Le 17 novembre, nous
serons tous rassemblés pour célébrer ces dix ans de béatification et pour
découvrir dans notre quartier les traces de la vie de Rosalie Rendu. Ce sera
pour nous un appel : non pas simplement faire mémoire de celle qui eut une vie
exemplaire mais nous-mêmes nous mettre résolument à la suite du Christ, pour
devenir des saints ! C’est tout ce que Dieu attend de nous : « Vous serez
saint, car moi je suis saint, dit le Seigneur » (Lv 19,2).
SOURCE : https://www.sainte-rosalie.org/la-bienheureuse-rosalie-rendu-et-notre-paroisse/
Béatifiée par le pape
Jean-Paul II le 9 novembre 2003
Petite bibliographie sur
Soeur Rosalie
*Soeur Rosalie Rendu ou
l’Amour à l’oeuvre dans le Paris du XIXe siècle, par Claude Dinnat, Préface du
Père Joseph Choné, Promoteur de la Cause des Saints. Éd. de l’Harmattan, 2001,
233 p.
C’est actuellement
l’ouvrage le mieux documenté sur Soeur Rosalie. M. Claude Dinnat, né en 1938, a
été professeur du second degré et chef d’établissement dans l’Éducation
Nationale ; il est licencié en théologie.
On peut aussi consulter
des ouvrages plus anciens :
*Le Vicomte Armand de
Melun : Vie de Soeur Rosalie, fille de la Charité, Paris, 1857 – 6e édit.
Paris, Poussielgue, 1877, 270 p. – 13e édit. 1929, Paris, J. de Gigord.
L’auteur est contemporain
et ami de Soeur Rosalie. Son livre possède l’avantage d’être celui d’un témoin
oculaire.
*Marie André, Soeur
Rosalie, Toulouse, l’Apostolat de la prière, 1953.
*Henri Desmet,
c.m. : Soeur Rosalie, 50 ans d’apostolat au Quartier Mouffetard, Paris, éd.
Pierre Kremer, 1954, 362 p.
Le Père Desmet, religieux
lazariste, a recueilli beaucoup d’informations, certaines puisées auprès de la
famille Rendu. Le récit est souvent émouvant. Mais en voulant faire « une
étude d’âme », l’auteur procède à des reconstitutions de scènes et de
dialogues dont il est difficile de savoir si elles s’appuient ou non sur des
sources précises.
*A noter une plaquette de
32 p. remarquable par le texte et magnifiquement illustrée en couleurs,
réalisée par les Filles de la Charité et le professeur Claude Dinnat (auteur de
la biographie la plus récente sur Soeur Rosalie, éd. de l’Harmattan, 2001, 228
p.) et publiée aux éditions du Signe
Liturgie du 7
février : Bienheureuse Rosalie Rendu – Vierge – Mémoire
ANTIENNE
D’OUVERTURE Prov. 31, 20-26 Elle ouvrit sa main à la misère, la tendit au
Pauvre. Dans sa bouche, il n’y avait que parole de bonté
PRIERE : O Dieu, qui
as fait don à la bienheureuse Rosalie, vierge, de ton Esprit d’Amour, pour
qu’elle fût en aide à ceux qui sont dans la détresse et l’abandon. A son
exemple, donne-nous aussi la joie de découvrir le Christ dans les Pauvres et de
Le servir avec une inlassable charité. Par Jésus.
PREMIÈRE LECTURE (au
choix)
Lecture du Livre de Ben
Sirac le Sage (Sir 3, 29 ; 4, 1-10) Penche l’oreille vers le pauvre. Ne
détourne pas du miséreux ton regard.
Lecture de la Première
Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Cor 12, 31 – 13, 1-13) (Hymne à
la charité) (cf. Lectionnaire rituel p. 17)
PSAUME : Ps 71, 1-2,
7-8, 12-13, 17 R/ Écoute, Seigneur, le pauvre qui t’appelle.
ÉVANGILE (au choix)
Acclamation (Mt 25, 40)
Alleluia, Alleluia. Chaque fois que vous l’avez fait à l’un des ces petits qui
sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait, Alleluia !
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu (Mt 25, 31-46). (cf. Lectionnaire rituel p. 561)
« Nous serons jugés sur l’amour »ou bien :
Acclamation (Mt 5, 7)
Alleluia, Alleluia. Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront
miséricorde. Alleluia !
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12a) (cf. Lectionnaire rituel p. 34) Les
Béatitudes.
PRIÈRE SUR LES
OFFRANDES : Réunis pour le Saint Sacrifice du Christ, ton Fils, dans le
souvenir de la bienheureuse Rosalie, vierge, accepte, Seigneur, l’humble
offrande que nous te présentons et transforme-nous en apôtres brûlants de ton
amour. Par Jésus.
PRÉFACE DES SAINTS
ET DES SAINTES VIERGES ET RELIGIEUX (SES)
ANTIENNE DE
COMMUNION (Jn 13, 35) « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes
disciples : à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres », dit
le Seigneur.
PRIÈRE APRÈS LA
COMMUNION : O Dieu, notre Père, qui nous as nourris du Pain de Vie, fais
qu’à l’exemple de la Bienheureuse vierge Rosalie, nous te glorifiions par la
fidélité de notre service, et que nous nous dépensions dans une constante
charité pour le bien de nos frères. Par Jésus.
La béatification de Soeur
Rosalie est un événement diocésain : la future bienheureuse a son berceau
familial dans la Vallée de la Valserine. Voici un résumé des 16 premières
années de sa vie qu’elle a vécues dans les Pays de l’Ain.
Jeanne-Marie Rendu est
née et a été baptisée le 9 septembre 1786, dans le Haut Bugey, à Confort, alors
simple hameau de Lancrans, sur la route de Bellegarde à Morez, sur le flanc
ouest de la montagne du Jura. En bas coule la Valserine. Cette vallée est le
berceau de la famille Rendu. La région était restée rattachée au duché de
Savoie jusqu’en 1760, alors que le Pays de Gex était devenu français dès 1601
par le Traité de Lyon.
La Famille Rendu –
La famille Rendu était nombreuse. Au XVe siècle, elle représentait le sixième
de la population de Lancrans. Elle était connue très honorablement et comptait
plusieurs personnalités de marque, et bientôt Mgr Louis Rendu, évêque d’Annecy
(1853-1859). Jean-Antoine, le père de Jeanne Marie, était petit propriétaire cultivateur.
Il mourut en mai 1796 – il n’avait pas encore 32 ans – peu après la naissance
de son quatrième enfant, Jeanne-Françoise, décédée le 19 juillet de la même
année, à l’âge de 4 mois. La mère, Marie-Anne Laracine, après 11 ans de
mariage, se trouvait donc seule. Elle éleva ses trois enfants dans un esprit
profondément chrétien. Sa vie de foi et de charité a beaucoup imprégné
Jeanne-Marie, alors âgée de 10 ans, et qui l’aidait dans les travaux du ménage,
gardant les plus jeunes.
Une enfant qui a du
tempérament – Trois traits caractérisent la petite Jeanne-Marie : sa
vivacité, sa foi et son attention aux souffrances des autres. Espiègle,
toujours en mouvement, elle taquinait volontiers ses soeurs, jetant leurs
poupées chez le voisin, aimant mieux les papillons que les livres. Pourtant,
son regard spirituel et fin en imposait : son jeu préféré était celui de
maîtresse d’école : elle enseignait le catéchisme et faisait réciter les
prières. Et si l’on était sage, comme récompense, on allait à la chapelle de la
Sainte Vierge. Mais dès qu’elle apercevait un pauvre sur la route, elle
quittait tout pour aller au devant de lui, le prenant par la main, le
conduisant à la maison, partageant son pain avec lui, ouvrant sa bourse au
besoin. De même, elle aimait servir les ouvriers et les domestiques qui
travaillaient chez sa mère, pleine d’attentions et de soins pour eux, elle
partageait leurs tâches, plaignait leurs peines. Cet amour des pauvres lui
venait de sa mère. Il devait marquer toute sa vie. D’autant qu’elle a traversé
trois Révolutions. Et les Révolutions multiplient les pauvres.
Le creuset de la
Révolution de 1789 – Elle connut la première épreuve durant sa petite
enfance. La persécution sévissait contre l’Église catholique depuis 1791 avec
l’obligation du serment prescrit aux prêtres par la Constitution civile du
Clergé refusée par le Pape. Dans le nouveau diocèse de Belley qui comptait 662
prêtres, 69 refusèrent le serment. Parmi eux, 23 prêtres du District de Gex.La
famille Rendu accueillait tous les prêtres de passage qui étaient pourchassés
pour leur fidélité à Rome, en particulier le curé de Gex, Colliex, qui prépara
Jeanne-Marie à sa première communion qu’elle reçut dans une cave. Celle-ci,
curieuse, découvrit un autre jour que le domestique qu’on appelait Pierre et
que l’on traitait avec tant d’égards n’était pas vraiment jardinier : elle
le vit à travers les rideaux de son lit célébrer la messe. C’était en effet Mgr
Joseph-Marie Paget, évêque de Genève en résidence à Annecy et se cachant avant
de fuir en Italie. On dut mettre l’enfant au courant pour qu’elle garde le
silence. Elle avait 7 ans. Cet exemple de foi et de courage – si souvent
renouvelé – devait la marquer profondément.
Le choix de la vie
religieuse – Elle n’avait pas 15 ans quand on la demanda en mariage. Elle
supplia plutôt sa mère de la mettre en pension dans un couvent. Depuis 1660,
une communauté des Filles de la Charité était à Gex, implantée par St Vincent
de Paul lui-même. La Supérieure, Soeur Suzanne, connaissait Madame Rendu. Elle
lui dit que Jeanne-Marie est trop jeune pour servir à l’Hôpital. Elle conseille
la maison des Dames Maçon, anciennes religieuses Ursulines à Gex. Jeanne-Marie
y resta un an. Elle y approfondit sa vie de piété. Puis le curé-doyen de Gex,
M. de Varicourt, son confident, la fit placer à Carouge, près de Genève, dans
une maison de Demoiselles, où elle apprit les arts ménagers. Elle y demeura 6
mois avant de rejoindre l’Hôpital de Gex où elle découvrit, à l’école des
Filles de la Charité, la beauté du service des malades et des indigents. Six
nouveaux mois passent. Jeanne-Marie a 16 ans. Elle fait la connaissance, à
Lancrans, de Melle Jacquinot, 31 ans, qui se prépare à entrer au noviciat des
Filles de la Charité à Paris. Jeanne-Marie veut la suivre. Sa mère ne peut
résister à sa détermination. Elle lui remet une lettre pour un prêtre déjà
célèbre – Supérieur des Prêtres de Saint-Sulpice – originaire de Gex, M. Emery,
parrain de Jeanne-Marie et ami de son grand-père Jean-Joseph Rendu. Résidant à
Paris, il confirmera la vocation de sa filleule.
Jeanne-Marie part en
diligence, avec Mlle Jacquinod et une autre postulante : elle ne reverra
plus Confort ni la maison de son enfance. Elle pleure cette douloureuse
séparation de sa mère, mais la volonté de Dieu qu’elle désire est la plus
forte. Le 25 mai 1802, elle entre au noviciat. Désormais, elle sera toute à
Dieu et aux pauvres de Paris ; elle traversera les Révolutions de 1830 et
de 1848, secourant également insurgés et loyalistes.
Elle rendra son âme à
Dieu le 7 février 1856. Ses dernières paroles sont pour recommander
« ses » pauvres à Dieu : « Mes enfants, mes chers enfants,
quand je ne serai plus, ô mon Dieu, vous ne les abandonnerez pas ! »
Ses funérailles à l’église Saint-Médard, puis son inhumation au Cimetière
Montparnasse sont un triomphe. Sur sa tombe, on lit : « A Soeur
Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. »
Dans son village natal,
Confort, une Maison de retraite rappelle son dévouement pour les pauvres et une
petite communauté de Filles de la Charité perpétue son souvenir.
Vers 1846, une jeune
compagne, Soeur Marie de Castalin, nouvellement arrivée dans la maison et
témoin du bien qui se fait par l’intermédiaire de Soeur Rosalie, résolut de
mettre son héritage à sa disposition. « Si vous voulez me faire plaisir,
lui répondit Soeur Rosalie, faites donc à Confort une petite maison de charité
de deux ou trois soeurs, pour y recevoir quelques vieillards, car ils sont
pauvres et bien malheureux. »
Soeur Rosalie, en effet,
n’oubliait pas son pays natal. Déjà elle avait fait restaurer la petite
chapelle de la Vierge. Mais le tout petit hameau d’autrefois s’était peuplé.
Par son influence, il était devenu commune, avait sa mairie, son église. Les
habitants s’étaient multipliés, mais vraiment pauvrement, et il n’y avait rien
pour les vieillards. Soeur Rosalie meurt le 7 février 1856 sans voir se
réaliser son désir.
La chambre-oratoire- La
supérieure qui lui succède continue les démarches. En 1858, la maison natale de
Soeur Rosalie est achetée avec plusieurs maisons avoisinantes et quelques
travaux d’aménagement sont exécutés. La chambre où est née Jeanne-Marie Rendu
est transformée en petit oratoire.
Hospices et
orphelinat – Le 11 avril 1860, trois premières soeurs arrivent à Confort.
Peu à peu surgissent d’autres bâtiments. Deux ailes s’adjoignent au bâtiment
principal. Dans l’aile gauche, est installé l’hospice des vieillards, dans
l’aile droite, l’orphelinat et l’asile qui reçoit, au patronage, les enfants du
village. Les soeurs, plus nombreuses, visitent aussi les personnes isolées ou
malades chez elles. Une aumônerie est bâtie et sera transformée ultérieurement
en villa Saint Vincent pour recevoir, en été, une colonie de vacances. Un
établissement comprenant externat et pensionnat est confié aux Frères des
Écoles chrétiennes pour l’enseignement des garçons.
Tout ce travail est
effectué en 15 ans (1861-1875). En 1876, l’orphelinat compte 45 filles. Il y a
deux salles de vieillards. L’exploitation d’une ferme permet à tous les résidents
de cette époque d’être nourris et de pourvoir aux besoins de la maison.
La statue N.-D. de
Confort – Plus tard, le petit oratoire primitif est agrandi, transformé en
chapelle pour l’hospice devenu Hôtel-Dieu. Le 12 février 1928 ; la
chapelle achevée est solennellement bénite et dédiée à la Vierge Marie de la
Médaille Miraculeuse. La vénérable statue de Notre-Dame de Réconfort trouve
refuge et place d’honneur dans ce nouvel édifice, car la petite chapelle de la
place du village n’existe plus, sacrifiée à l’alignement de la route nationale.
Au cours des années,
l’établissement évolue, se transforme, s’agrandit, se modernise. L’orphelinat
disparaît en 1951. L’Hôtel-Dieu devient Maison de Retraite. Depuis quelques
années, la gestion en est confiée à l’Association Santé et Bien-être. Une
communauté de Filles de la Charité demeure sur place auprès des personnes âgées
et malades et perpétue ainsi, par sa présence, le souvenir de Soeur Rosalie
dans son pays natal.
Le Séminaire : Où la
jeune novice retrouve son parrain
Un parrain célèbre –
Le parrain de Jeanne-Marie était un prêtre : « Monsieur » Emery,
comme on disait alors. Originaire de Gex, Jacques-André Emery était devenu
Supérieur de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, à Paris, du nom de
l’église où la communauté avait été fondée, par M. Olier, au XVIIe siècle. Pour
le baptême de sa filleule, en raison de son éloignement du Pays de Gex, M.
Emery s’était fait remplacer par le grand-père Rendu. Et voici que, 16 ans plus
tard, il retrouve Jeanne-Marie chez les Filles de la Charité ses « voisines »,
qu’il connaît bien.
Conseiller des Filles de
la Charité – En effet, les prêtres de la mission, fondés également par
saint Vincent de Paul, avaient été persécutés durant la Révolution. Dispersés,
déportés ou exécutés sur l’échafaud, ils n’avaient pas pu aider la Congrégation
des Filles de la Charité qui avaient trouvé en M. Emery le conseiller prudent
et avisé dont elles avaient besoin. Elles-mêmes furent en butte à la
persécution. On compte plusieurs martyres Filles de la Charité, béatifiées par
le pape Jean-Paul II. Sous la Terreur, la Soeur Deleau, Supérieure Générale,
avait dû partir en exil. Elle revient après la chute de Robespierre. Avec
l’aide de M. Emery, elle dirige la Compagnie, réduite à une vie cachée, sans
visibilité. Car les Soeurs avaient dû se séculariser, abandonner leur habit
religieux ainsi que l’enseignement à cause des serments à la Constitution
civile du clergé qu’on exigeait d’elles. Mais le Ministre de l’Intérieur, M.
Chaptal, avait fait appel aux Filles de la Charité pour s’occuper des hospices
qui étaient dans un état délabré.
Dans un arrêté du 22
décembre 1800, il autorise la venue d’une communauté, 11, rue du
Vieux-Colombier tout près de l’église Saint-Sulpice.
La Maison du Vieux-Colombier –
M. Emery y vient dire la Messe pour les religieuses et les entendre en
confession. Les Soeurs ont le droit de former des élèves. Un noviciat
s’organise donc. La chapelle est restaurée depuis peu lorsque, le 4 mai 1802,
on y reçoit le corps de Louise de Marillac, la co-fondatrice. Là, Jeanne-Marie
rencontre son parrain pour qui elle éprouve un grand respect. « Je le
regardais comme un oracle », écrit-elle. Elle n’oubliera jamais son
enseignement résumé dans cette formule : « Mon enfant, il faut qu’un
prêtre et une Soeur de la Charité soient comme une borne qui est au coin d’une
rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les
fardeaux dont ils sont chargés. » C’est bien ce que veut être et sera la
jeune jurassienne pour tous les marginaux de son quartier.
A l’école de Monsieur
Emery elle se forge une âme de Fille de la Charité. Elle écrit elle-même :
« Il avait avec notre maison des rapports très intimes et nous faisait
beaucoup de bien. Il nous faisait lui-même des instructions et nous donnait des
avis salutaires. Et quels beaux sujets d’oraison nous donnait Monsieur Emery
sur l’humilité ! Il avait lui-même une grande dévotion à saint Vincent de
Paul, l’invoquait souvent et nous excitait bien à l’invoquer et à l’imiter. Il
nous exhortait aussi bien puissamment à la dévotion envers la Très Sainte
Vierge et il nous recommandait de ne jamais manquer à dire chaque jour le
chapelet. (…) Monsieur Emery venait m’y visiter tous les jours et je ne puis
vous dire toutes les attentions et les bontés qu’il a eues pour moi. (…)
Quelquefois même, il y avait dans ses corrections quelque chose de malin ou de
piquant, mais tout cela était assaisonné de charité et d’esprit de foi. Et
toujours il portait avec lui le caractère d’un véritable prêtre, animé de
l’esprit de son état. (…) Il était en fait l’oracle et la lumière de notre
maison. Sa grande maxime était de ne jamais anticiper sur les desseins de la
Providence et d’aller toujours à sa suite. Il me faut, disait-il, aller du jour
au jour. »
Une novice
externe ! – Jeanne-Marie ne resta pas longtemps au séminaire. La
supérieure, chargée de la formation de la future Soeur Rosalie, est la Soeur
Gilette Julienne Ricourt, une bretonne de 40 ans, pieuse et expérimentée. Mais
la jeune novice, malgré sa fidélité aux exercices religieux et son courage, ne
peut éviter un sentiment pénible d’enfermement et d’inactivité. « Elle
était d’une extrême sensibilité physique et morale… Après quelques mois de
séjour, elle tombe si dangereusement malade que pour la faire changer d’air et
hâter sa convalescence, elle fut envoyée près de la Soeur Tardy, rue des Francs-Bourgeois
Saint Marcel. »
La voilà donc envoyée
dans un quartier insalubre, sans aucune hygiène, pour « changer
d’air » et se refaire une santé ! Mais qu’en pense son parrain ?
« Lorsque Monsieur Emery me vit placée dans le Faubourg Saint Marcel, où
il y avait tant de pauvres, il en fut satisfait et il me dit :
« C’est bien là ce qu’il vous faut, vous serez la servante de tous les
pauvres. »
De fait, elle devait
effectuer là, au service des pauvres, avant même sa prise d’habit, la plus
grande partie de ses cinq ans de noviciat, avant de retourner rue du Vieux Colombier
pour ses premiers voeux.
Le miracle de Soeur
Rosalie
La béatification de Soeur
Rosalie (9 novembre 2003 à Rome) est l’aboutissement d’un « procès »
canonique ouvert en 1974. Pour être honorée publiquement dans l’Église, il
fallait d’abord que soit reconnue « l’héroïcité des vertus » dont
elle a fait preuve. Il fallait aussi que soit reconnu un miracle obtenu par son
intercession. C’est une guérison, datant de 1952, qui a été retenue par la
Congrégation romaine pour la Cause des Saints. Le décret d’approbation a été lu
en présence du pape Jean-Paul II le 12 avril 2003. Voici le récit de ce
miracle.
Récit de la guérison de
Soeur Thérèse – Soeur Thérèse elle-même, à L’Haÿ-les-Roses, a écrit le 20
février 1996, le récit de sa guérison. Depuis 1937, elle était à la rue des
Meuniers. En 1942, elle devient institutrice à la classe enfantine puis au
Cours Moyen. En 1950, elle commence à sentir des troubles moteurs avec une
paralysie qui se développe et rend la marche parfois impossible. Fortement
encouragés par la Supérieure, Soeur Laugier, la Communauté et les élèves, ainsi
que bien d’autres personnes, prient et sollicitent la guérison de la malade par
l’intercession de Soeur Rosalie Rendu. « Ma paralysie augmente et l’année
scolaire 50-51 se termine par un séjour à l’hôpital Saint Joseph… Le professeur
Thomas diagnostique : « Syringomyélite ». Il prescrit des
applications de radium sur la colonne vertébrale deux fois par semaine… La
paralysie augmente : on me traîne à ma classe sur un fauteuil roulant. Je
suis toute courbée et ne vois pas mes élèves, impressionnées par mon état et
qui n’ont jamais été aussi disciplinées… »
En 1952 « je ne fais
plus la classe. Les prières redoublent avec les recommandations à soeur
Rosalie. Soeur Laugier promet même de me conduire à sa tombe le 2
février ». Le 31 janvier, la Soeur Laugier lui demande de ne se lever qu’à
9 h. « J’ai répondu : à 9 h. 15, s’il vous plaît ma Soeur ».
Nuit affreuse ! A 9 h. 15, je saute du lit… Mais quoi ? Je m’habille
comme avant… rhabillée, je me rends compte que je suis guérie. Je fais deux ou
trois fois le tour de ma chambre en gambadant. Puis je m’assieds, anxieuse, que
vont dire nos Soeurs ? Soeur Madeleine vient me voir, je danse devant
elle, ébahie ! « Vous êtes folle ! » « Non, je suis
guérie »… Soeur Laugier arrive du marché. « Il faut remercier Soeur
Rosalie, allons à la chapelle »… et c’est un vibrant »
Magnificat. » Quant à mes élèves, que je vais voir ensuite, après m’avoir
caressée pour voir si c’était bien moi, elles courent comme des folles dans
tout le quartier jusqu’à la Porte Dorée en criant à tout venant : « Soeur
Thérèse est guérie ! » L’après-midi, la cour est remplie des parents
qui n’en croient pas leurs yeux… Avec la Soeur de la Crèche, je commence mes
pèlerinages par le Sacré-Coeur de Montmartre. Nous grimpons jusqu’à la
basilique, à pied bien sûr… Ma compagne est fatiguée, pas moi ! Je reste à
genoux avant de redescendre à pied et en métro. … Cimetière Montparnasse, le 2
février… depuis… je marche toujours. C’était le 1er février 1952… il y a 44
ans ! » Agée de 93 ans, Soeur Thérèse est actuellement (année 2003)
en résidence à la Maison Saint Vincent de L’Haÿ-les-Roses (Val de Marne)
La servante de tous
Nous avons laissé
Jeanne-Marie Rendu – devenue Soeur Rosalie, son nom de religieuse -, lors
de sa période de noviciat qui s’est terminée par sa profession religieuse en
1807. Elle a alors 21 ans. Jeanne-Marie a déjà fait son apprentissage en
accompagnant les Soeurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre-temps,
elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles qui sont accueillies
à l’école gratuite. Désormais, comme le font les Filles de la Charité, elle
renouvellera chaque année avec joie ce don d’elle-même au service de Dieu et
des pauvres.
Une supérieure de 29
ans – En 1815, Soeur Rosalie devient la supérieure de la Communauté de la
rue des Francs-Bourgeois qui sera transférée deux ans plus tard rue de l’Épée
de Bois, pour des raisons de commodité. Ses capacités de dévouement, d’autorité
naturelle, d’humilité, de compassion, ses capacités d’organisation vont pouvoir
se révéler. « Ses pauvres », comme elle les appelle sont de plus en
plus nombreux ; en cette période troublée. Les conséquences de la
Révolution et des guerres napoléoniennes, aggravées par un libéralisme
économique triomphant, ont multiplié les laissés pour compte.
Attentive à toutes les
misères – Soeur Rosalie envoie ses soeurs dans tous les recoins de la
paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une
parole réconfortante. Les « Dames de la Charité » aident dans les visites
domicile. La jeune Conférence de Saint Vincent de Paul, avec le (futur)
bienheureux Frédéric Ozanam, vient chercher près de Soeur Rosalie soutien et
conseils pour leur rencontre avec tous les démunis. Soeur Rosalie est
particulièrement attentive aux prêtres et aux religieuses atteints de troubles
psychiques. Sa correspondance est brève mais émouvante de délicatesse, de
patience et de respect pour ces malades.
Un réseau d’oeuvres de
charité – Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent et aux différentes
formes de pauvreté, Soeur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une
école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une
maison pour vieillards sans ressources. Bientôt, tout un réseau d’oeuvres
charitables vient contrer une misère sans cesse renaissante. Car les détresses
ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se
succèdent. Le manque d’hygiène, la misère, favorisent leur virulence.
Spécialement en 1842 et en 1846, le dévouement et les risques pris par Soeur
Rosalie et ses Filles ont frappé l’imagination. On l’a vu ramasser elle-même
les corps abandonnés dans les rues.
Aussi, sa notoriété
dépasse vite son quartier et gagne l’ensemble de la capitale et même les villes
de province. La Supérieure du Bon Sauveur de Caen lui envoie de nombreuses personnes
à secourir.
« Que le riche
subventionne le pauvre ! » – Pourtant, Soeur Rosalie ne se laisse
pas déborder par la tâche écrasante. Elle sait s’entourer de collaborateurs
dévoués et efficaces, de plus en plus nombreux. Les dons affluent, car les
riches ne savent pas résister à cette femme persuasive. Même les souverains qui
se sont succédés à la tête du pays ne l’oublient pas dans leurs libéralités.
Napoléon III décide en 1852 décide de lui remettre la Légion d’Honneur :
elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne,
Supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité, l’oblige à
accepter. De fait, à sa mort en 1856, une foule immense et unanimement émue
suit sa dépouille jusqu’au cimetière Montparnasse.
On comprend l’épitaphe
gravée sur sa tombe : « A la bonne Mère Rosalie, ses amis
reconnaissants, les pauvres et les riches ». Une inscription juste
au-dessus en latin : « pertransivit bene faciendo » (Elle a
passé en faisant le bien), parole désignant Jésus dans les Évangiles. De fait,
c’est l’amour du Christ qui l’a guidé toute sa vie et c’est bien Lui qu’elle servait
en servant les pauvres.
A travers trois Révolutions :
le chemin du pardon
Soeur Rosalie, sans
quitter pratiquement sa mission parisienne et le quartier Mouffetard, n’a pas
eu pourtant une vie de tout repos. Elle a traversé trois Révolutions tout en
gardant au coeur la même foi, la foi qui garde ferme dans l’espérance de la vie
éternelle et qui s’épanouit en charité, celle qui ne passera jamais. Comme la
charité, dont parle Saint Paul dans sa Lettre aux Corinthiens, Soeur Rosalie
endure tout, supporte tout…
1789 ! La
Révolution est en marche qui met fin à « l’Ancien Régime » et, dès le
début, elle se retourne contre l’Église. Constitution civile du clergé,
poursuite des prêtres insermentés jusque dans la maison de la famille Rendu à
Confort. La future Soeur Rosalie est témoin, chez elle, à l’âge de 7 ans, d’une
messe clandestine. (cf. EPA n°11, p.539).
1830 ! Les
« Trois Glorieuses » : 27-28-29 juillet 18Paris est couvert de
barricades. Pendant qu’à la rue de l’Épée de Bois, on s’occupe des blessés –
émeutiers ou soldats – Soeur Rosalie part à la recherche du général de
Montmahaut, un bienfaiteur des pauvres porté disparu. Risquant sa vie, elle
franchit les barricades. Elle le découvre grièvement blessé, place de l’Hôtel
de Ville… Elle le ranime : il est sauvé ! Les révolutions sont
toujours impitoyables ; la justice des lendemains de révolution l’est
souvent. Des personnes qui s’étaient compromises pendant les émeutes sont
venues chercher refuge chez Soeur Rosalie qui les a protégées et a facilité
leur fuite. Ordre est donné au Préfet de Police, Gicquel, d’arrêter Soeur
Rosalie. « Impossible, dit le policier chargé de l’exécution. Tout le
peuple prendrait les armes ! » Qu’à cela ne tienne, le Préfet s’y
rendra lui-même. Traversant la foule, il demande à parler à Soeur Rosalie. Très
aimablement, il est prié d’attendre son tour. Ensuite s’engage le dialogue :
– Que puis-je faire pour vous rendre service, dit-elle. – Madame, je ne suis
pas venu pour vous demander un service, mais pour vous en rendre ; je suis
Le Préfet de Police et je veux savoir comment vous avez osé vous mettre en
rébellion contre la loi. – Monsieur le Préfet, je suis Fille de la Charité, je
viens en aide aux malheureux partout… Si vous étiez poursuivi, je vous
porterais secours, je vous le promets ! – Ne recommencez pas, répond le
Préfet surpris. – Cela, je ne peux pas vous le promettre. Une Fille de Saint
Vincent ne peut manquer à la Charité.
1848 ! De
nouveau l’horizon se charge de nuages ! Une bourgeoisie triomphante,
insolente, et une partie du peuple qui tend une oreille favorable aux sirènes
révolutionnaires ! Et ce fut le même déroulement qu’en 1830 :
batailles de rues dans tout Paris ! Une forte barricade avait été dressée
à l’angle de la rue Mouffetard et de la rue de l’Epée de Bois. Elle était bien
défendue ! Un officier de la Garde Mobile avait gravi la barricade avec ses
troupes… mais tous ses hommes étant tombés sous la rafale des manifestants, il
reste seul au milieu des émeutiers en furie, il se précipite alors dans la
petite cour de la maison des Soeurs : les fusils des manifestants se
braquent sur lui. Sr Rosalie s’interpose en criant : « On ne tue pas
ici ! » – « Non ! mais dehors ! On l’emmène ! !
« . Sr Rosalie refuse. Les hommes, ivres de sang, vont faire feu par
dessus les épaules des soeurs qui entourent le condamné. Mais Soeur Rosalie
s’est jetée à genoux : « Au nom de tout ce que j’ai fait pour vous,
pour vos femmes et vos enfants, je vous demande la vie de cet homme !
» Les fusils s’abaissent… quelques hommes pleurent… l’officier est
sauvé ! – Qui êtes-vous, ma Soeur ? demande-t-il. Rien, Monsieur, une
simple Fille de la Charité. Oui ! Une simple Fille de la Charité… rien que
cela ! Mais vraiment cela !
Le rôle joué par Sr
Rosalie en une période troublée de notre histoire rappelle l’action de M.
Vincent en son temps. Comme lui, avec réalisme, intelligence et audace, à travers
émeutes et révolutions, elle a mis tout en oeuvre pour la défense des faibles
et le rapprochement des catégories sociales. Grâce à son Charisme personnel et
à sa foi, la communauté du quartier Mouffetard a tracé un chemin vers la
justice et vers la paix.Saint Vincent disait aux premières soeurs :
« Si l »on vous mène voir l’évêque… dites-lui que vous êtes pauvres
Filles de la Charité qui vous êtes données à Dieu pour servir les
pauvres ». C’est bien cette identité que Sr Rosalie a incarnée merveilleusement
pendant 54 ans au quartier Mouffetard.
Des funérailles
triomphales
Soeur Rosalie s’est
dévouée de tout son être sans jamais prendre de vacances, heureuse d’apporter à
cette part de l’humanité délaissée qu’étaient les habitants de son quartier le nécessaire
matériel pour survivre, le réconfort affectif et moral pour la maintenir ou la
rétablir dans leur dignité, la Parole de Dieu qui lui redonne l’espérance. Tout
cela au prix de son propre confort, n’accordant à son corps aucun instant de
repos, fortifiant son esprit par une prière continue, sa volonté par un abandon
total à la Grâce. Mais voici que viennent l’âge et les infirmités…
Soeur Rosalie devient
aveugle – Depuis 1854, Soeur Rosalie est devenue presque aveugle, voyant à
peine suffisamment pour se diriger dans la maison, mais semblant retrouver la
vue au moment de soigner les pauvres qui se présentaient. On veut faire une
neuvaine à Sainte Germaine pour obtenir sa guérison. Elle se récuse.
« N’en faites rien. Je serais effrayée d’être la personne choisie par Dieu
pour être l’objet d’un miracle. Je croirais qu’Il demande de moi des choses
extraordinaires, j’en serais troublée et puis on s’imaginerait peut-être que je
l’ai obtenu par vertu. » En juillet 1855, elle fait écrire par une de ses
soeurs une lettre à sa mère, à Confort. Elle réussit à ajouter ces quelques
mots de sa propre main : »Je vous envoie quelques lignes qui vous
montreront mon infirmité. Que je sens vivement la privation de ne pas vous en
dire davantage. Je n’ai pas besoin de vous dire de prier pour moi afin qu’il me
donne patience et résignation . » En octobre de la même année, on tente
une opération de la cataracte par l’un des plus habiles chirurgiens de
l’époque : c’est l’échec.
Le pressentiment de la
fin – « J’ai grand peur de la mort », avait-elle confié à Soeur
Tissot. « Si Dieu veut me donner encore quelques années sur cette terre,
je ne demande pas à la quitter ! » On pense au « non recuso
laborem » de saint Martin. Dans la nuit du 4 février 1856, elle prend
froid. Elle ne veut pas déranger la soeur qui est près d’elle. Au matin, le
médecin diagnostique une pleurésie.
« Les pauvres ne
sont pas si bien que moi », répond-elle lorsqu’on la plaint. On lui avait
posé un vésicatoire et la serviette qui l’entourait avait pesé sur la plaie
toute ensanglantée. – « Ma Mère, lui dit la soeur infirmière, n’avez-vous
donc rien senti ? » – « Oui, je le sentais, mais c’était un
clou de la croix de Notre Seigneur et je voulais le conserver. »
Les derniers moments- Le
6 février au matin, elle semble aller mieux, prend un bouillon. Mais, peu après
midi, la douleur de côté reparaît, le pouls s’accélère, la langue s’embarrasse,
quelques mots annoncent le délire. On court chercher le curé de Saint-Médard
qui lui donne l’extrême-onction et récite les prières des agonisants. La
mourante fait le signe de la croix et retombe dans le coma. Elle s’éteint le
lendemain 7 février à 11 heures, « sans agitation, sans agonie, comme si
elle était passée d’un sommeil léger à un plus profond repos. » Ses dernières
paroles sensées sont pour ses pauvres et pour son Dieu : « Apprenant
qu’un pauvre avait demandé à rester sur le carré pour réchauffer ses membres
engourdis par le froid, elle s’écria : et moi qui grelotte dans un bon
lit, portez-lui de suite une couverture… Mes enfants, mes chers enfants, quand
je ne serai plus, ô mon Dieu, vous ne les abandonnerez pas ! «
La nouvelle de sa mort se
répand comme une traînée de poudre. C’est la consternation. Le 8 février, son
corps est exposé dans une chapelle ardente. Une longue procession se forme
jusqu’à la nuit tombée et recommence le jour suivant. Un grand silence s’est
étendu sur tout le quartier. Beaucoup accourent de Paris et de la banlieue. La
Cardinal de Bonald, archevêque de Rouen, fait toucher sa croix pectorale au
corps de la soeur comme aux reliques d’une sainte.
Les funérailles – Le
samedi 9 février ont lieu les obsèques. Ce jour-là a été chômé comme un beau
dimanche. Toutes les fenêtres étaient occupées. A peine pouvait-on circuler
dans les rues, la population se portait vers la maison de l’Épée de Bois pour
jeter une dernière goutte d’eau bénite sur le cercueil. La foule se reportait
ensuite sur l’église S. Médard dont on avait fermé les portes pour que les
Soeurs de S. Vincent de Paul puissent y trouver place. Ainsi, la Croix de
procession a pu circuler librement dans les rues de Paris, contrairement aux
règles laïques alors en vigueur. La Croix qui indiquait la Source d’une vie
rayonnante de Charité.
La « mère » de
la Société de S. Vincent de Paul
Au lendemain de la
Révolution de 1830, au milieu de l’effervescence des esprits, des catholiques
s’engagent, simplement pour être fidèles à l’Évangile… Il y avait à ce
moment-là, à la Sorbonne, toute une jeunesse studieuse, désireuse d’insuffler
une vie nouvelle à cette société malade. Un petit groupe, en particulier, se
réunissait dans une sorte de cercle d’études appelé « Conférence
d’histoire ». Les réunions avaient lieu chez Emmanuel Bailly, un laïc,
prototype du militant d’Action catholique. Parmi les membres de ce cercle se
trouvaient Frédéric Ozanam, Paul Lamache, Félix Clavé, Auguste Letaillandier,
François Lallier et quelques autres. Leur chemin va croiser celui de Soeur
Rosalie…
Des Conférences
d’Histoire… – Au lendemain de la Révolution de 1789, de nombreuses oeuvres
avaient vu le jour pour le service des déshérités, à l’initiative de laïcs
catholiques. L’un d’eux, Emmanuel Bailly, né en 1794, homme effacé et
infatigable dans les bonnes oeuvres, avait quitté sa charge de professeur de
philosophie à Juilly pour fonder à Paris, en 1825, la « Société des bonnes
études » qui s’installe place de l’Estrapade. On y trouve bibliothèque et
salles de conférence. C’est un embryon d’Institut catholique en même temps
qu’une pension de famille pour étudiants.
Le 1er décembre 1832,
Emmanuel Bailly inaugure des « Conférences d’Histoire » qui étaient
l’occasion de vives discussions, car les étudiants qui les suivaient n’étaient
pas tous chrétiens et il y avait parmi eux de jeunes saint-simoniens répétaient
ce qu’ils avaient appris de leurs maîtres : « que la religion
chrétienne avait fait son temps, que la magnifique translation des reliques de
Saint Vincent de Paul en 1830 avait été le solennel enterrement de la
charité ». Et voici qu’un soir un jeune orateur, nommé Colson, attaque
l’Église, « qui a fait son temps », et met en doute la vitalité de la
foi des jeunes chrétiens présents à la séance.
… aux Conférences de
Charité – Ozanam fait partie de l’auditoire et répond vigoureusement à
l’orateur. Mais, à l’issue de la soirée, il confie à ses amis croyants :
« Ne vous semble-t-il pas qu’il est temps de joindre l’action à la parole,
et d’affirmer par des oeuvres la vitalité de notre foi ? » On décide
alors de demander conseil à Emmanuel Bailly qui approuve pleinement l’idée
d’une réunion fraternelle de jeunes gens résolus à s’occuper uniquement
d’oeuvres de charité. Ils sont 6 jeunes gens qui, sur les conseils de Soeur
Rosalie, décident d’aller visiter les pauvres à domicile.
Leur première réunion se
tint dans les bureaux du journal qu’éditait Monsieur Bailly, La Tribune
Catholique, le mardi 23 avril 1833, à 20 heures : ce jour-là Ozanam fêtait
ses 20 ans ! A l’unanimité, les six jeunes gens choisirent de nommer la
réunion Conférence de charité et, sur la demande de Jean-Léon Le Prévost, ils
adoptèrent pour patron saint Vincent de Paul. Ainsi naquit très humblement la
plus grande association de charité des temps modernes, qu’on appelle
aujourd’hui la Société de Saint Vincent de Paul.
Les conseils de Soeur Rosalie –
On se demanda quels pauvres visiter et comment les secourir. Emmanuel Bailly –
qui connaissait personnellement Soeur Rosalie – les envoie rue de l’Épée de
Bois. Elle « approuva beaucoup ce projet, indiqua des pauvres, et
conseilla de donner des bons en nature à la place d’argent dont les pauvres
abuseraient ».
Ils apprennent avec elle
à voir Notre Seigneur dans les pauvres et la manière chrétienne de les aborder,
de les respecter, de les considérer comme des frères, riches en humanité.
Ainsi, elle « leur recommandait la patience qui ne croit jamais perdu le
temps qu’on passe à écouter le pauvre, l’indulgence plus portée à plaindre qu’à
condamner, enfin la politesse, si douce à celui qui n’a jamais rencontré que
dédain et mépris… »
Unis au-delà du
politique – Qu’ils soient libéraux voire républicains, comme Ozanam, ou
monarchistes comme Armand de Melun – qui sera le premier biographe de Soeur
Rosalie – ce qui faisait leur unité, note. Lallier, ami d’Ozanam, c’était
« l’obéissance aux commandements de Dieu et un amour filial pour l’Église
catholique qui en a la garde ».
En janvier 1835, les
membres sont Sur les conseils de Soeur Rosalie, ils décident de se séparer et à
la Conférence de St-Étienne-du-Mont s’ajoute désormais celle de Saint-Sulpice.
Soeur Rosalie obtint bientôt une Conférence pour « sa » paroisse St
Médard, « la plus pieuse de la capitale », écrira Ozanam.
Simple religieuse de
terrain, elle conseille ces jeunes intellectuels et leur apporte une aide
directe. Un jour, voyant dans son cabinet ces étudiants des grandes Écoles,
venant chercher une bonne oeuvre ou en rendre compte, elle s’écrie :
« Je les ai tous réunis pour le service de Dieu ; ils ont tous
travaillé pour sa gloire : quelle bonne journée pour eux ! «
Échos de la béatification
Les 55 pèlerins du
diocèse de Belley-Ars et des Familles Rendu-Larracine qui s’y rattachaient,
conduits par Mgr Bagnard, s’étaient joints aux quelque 500 pèlerins du diocèse
de Paris et de la Famille vincentienne (Soeurs de la Charité, Pères Lazaristes,
Équipes Saint Vincent, Société de saint Vincent de Paul, Jeunesses mariales)
qui s’étaient déplacés à Rome sous la conduite du Cardinal Lustiger, archevêque
de Paris. Tous ont pu participer à la béatification du dimanche 9 novembre et
aux autres rencontres prévues, notamment à l’Ambassade de France. L’État
français était représenté par le Ministre des Transports, M. Gilles de Robien,
accompagné de son épouse.
1. Un pèlerinage :
aux sources de la foi – « Soeur Rosalie, borne d’amour sur le chemin
du malheureux ; Soeur Rosalie, borne d’amour sur le chemin qui mène à
Dieu » – Ce refrain, au premier abord surprenant, nous l’avons entendu
fredonner mainte et mainte fois par nos deux soeurs, pétillantes d’humour,
Mesdemoiselles Blanc Madeleine et Suzanne… L’image de la « borne »
vient de Soeur Rosalie elle-même : « Une Fille de la Charité est
comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de
déposer leur fardeau. » Beaucoup participaient pour la première fois à une
Béatification. Et lorsqu’il s’agit d’une enfant du Pays, cela vous
saisit !
Nous voilà donc posés sur
le sol romain, vendredi 7 novembre à 20hEt dès le samedi matin nous marchons
sur les pas de Saint Pierre, le premier Pape choisi par Jésus, convaincu de
tout devoir à son Maître qu’il a renié . « Seigneur tu sais tout, tu sais
bien que je t’aime ! » (Jn 21, 17) – Un séminariste, Frère de la
Communauté du Verbe de Vie, nous remet en mémoire l’Histoire de la Basilique et
de son riche symbolisme. Citons seulement la fameuse double colonnade du Bernin
évoquant les bras de la Mère Eglise, accueillant tous ses enfants et les hommes
de Bonne Volonté pour les introduire dans le Coeur de Dieu.
Devant la façade, à
droite et à gauche des marches qui précèdent le parvis, les colossales statues
de St Pierre et St Paul, rappellent que l’Annonce évangélique destinée aussi
bien au peuple choisi, les Juifs – auxquels Pierre va s’adresser à la suite de
Jésus. – qu’aux Nations lointaines qui ne connaissent pas le Dieu d’Abraham et
auxquelles Paul sera envoyé.
Tout pèlerin qui va à
Rome entend faire une démarche de conversion et de foi au Christ et à l’Eglise
qu’Il a engendrée par son Sang sur la Croix, avec la coopération de Marie (Jn
19, 26-27), et qu’Il a confiée à ses Apôtres. Un pèlerinage nous rappelle notre
condition à la fois charnelle et spirituelle. Nous faisons l’expérience
concrète d’aller vers Dieu avec toute notre personne : corps, soeur et
âme, avec nos facultés plus ou moins disponibles… Le pèlerinage est donc un
rite au sens où « le Petit Prince » de Saint Exupéry le
définit : « un rite, c’est ce qui fait qu’un jour est différent des
autres jours, une heure différente des autres heures ». C’est la rupture
avec l’engrenage quotidien pour se rendre attentifs à la Parole de Dieu, à l’enseignement
de l’Église, au témoignage des saints qui retrouvent une nouveauté étonnante…
Pour un catholique, le
pèlerinage à Rome comprend à la visite des quatre Basiliques Majeures : St
Pierre, St Jean du Latran, Ste Marie Majeure, St Paul-Hors-les-Murs. C’est ce
que nous avons voulu faire pendant ces trois journées. Bien sûr, nous avons
admiré ces joyaux de l’architecture, de la sculpture, de la mosaïque. Mais
surtout, nous nous sommes arrêtés pour prier en présence de Jésus-Eucharistie,
devant les tombeaux de St Pierre, de St Paul, du bienheureux Jean XXIII dont on
a placé le corps intact tout près de l’autel de St Pierre, à droite du
Baldaquin. En visitant le baptistère de saint Jean de Latran, nous avons, dans
l’action de grâces, pris une conscience renouvelée pour le cadeau infini reçu
lors de notre Baptême. Le Père Thierry Blot et un père Bénédictin nous ont
proposé une célébration qui nous permettait de renouveler notre profession de
Foi en Dieu-Trinité, en la Résurrection de la chair, en la Vie Éternelle.
Samedi soir à 18h30,
s’ouvraient les cérémonies liées à la Béatification de Soeur Rosalie, avec une
Messe solennelle célébrée en l’église St Louis des Français pour les pèlerins
de langue française. Elle était présidée par le Cardinal Lustiger, archevêque
de Paris (où Soeur Rosalie a vécu 54 ans), assisté de Mgr Guy-Marie Bagnard,
évêque de Belley-Ars (Soeur Rosalie est née dans l’Ain et y a vécu jusqu’à
l’âge de 16 ans). L’un et l’autre avaient quitté Lourdes et l’Assemblée des
Évêques pour représenter à Rome l’Église de France. Arrivé tôt, notre groupe a
l’honneur de se trouver dans les premiers rangs, et plusieurs sont choisis pour
faire les lectures, la prière universelle et participer à la procession des
Offrandes. Le Cardinal nous a tenu en haleine dans son homélie sur la
signification du geste de Jésus chassant les vendeurs du Temple. Il faut
comprendre que la Présence du Messie met fin à tous les sacrifices de
l’ancienne Alliance et que désormais, Jésus, le Nouveau Temple de Dieu, ouvre à
tous les peuples, par son unique Sacrifice, l’accès à la Maison de Dieu,
« Maison de prière pour toutes les nations » (Marc 11, 17 et 28).
Dimanche 9 novembre.
7h30 : ouverture des barrières qui permettent d’entrer sur la Place St
Pierre où sera célébrée la Béatification de Soeur Rosalie et de quatre autres
Bienheureux Juan Nepomuceno Zegrí Moreno, fondateur des Soeurs
« Mercedarie » de la Charité ; Valentin Paquay, prêtre belge de
l’Ordre des Frères Mineurs ; Luigi Maria Monti, fondateur des Filles de l’Immaculée
Conception ; Bonifacia Rodríguez Castro, fondatrice des Servantes de St
Joseph. Quand nous arrivons, la file des pèlerins est déjà très longue ;
nous l’intégrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre la « bonne
place » pour voir l’autel et l’écran qui projette la cérémonie. Au total
30.000 pèlerins environ. De nombreux concélébrants dont Mgr Legagneur, prêtre
de la famille Rendu. Il y a aussi dans notre groupe le Père Xavier Rendu,
prêtre du diocèse de Belley-Ars, en mission à Grandvilliers dans l’Oise.
Lorsqu’apparaît la voiture de notre Pape Jean-Paul II, les applaudissements
crépitent, les ovations résonnent de toutes parts. Très vite un silence
impressionnant s’impose et permet d’entrer dans la prière.
C’est d’abord la
présentation de chaque Bienheureux dont le portrait est dévoilé au-dessus du
podium, Bientôt, la voiture du Saint Père est poussée à droite de l’autel d’où
il vivra humblement l’Eucharistie avec l’intensité et la ferveur que nous lui
connaissons dans la prière. Longtemps agenouillé au moment de la Consécration,
il reste plongé dans l’Adoration et la Communion mystérieuse avec tous ces
saints, immense Famille de Frères aînés dans la Foi et le don de leur vie par
Amour pour le Christ et son Église.
Le regard de Soeur
Rosalie semble fixer chacun de ceux qui se tournent vers lui. Regard profond,
grave et doux à la fois. On ne peut s’empêcher de supplier ce regard de se
poser sur tous ceux qui sont au loin par la distance, mais tellement proches
par la prière ; sur ceux aussi qui ne savent pas ou ne savent plus combien
il est exaltant de donner sa vie au Christ en servant les plus petits, en se
livrant toujours plus à l’Amour de Jésus qui continue à nous rappeler :
» Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à
eux. » (Mt 5, 3)
Lundi 10 novembre. Une
Messe d’Action de grâces, toujours présidée par le Cardinal Lustiger, assisté
par notre Évêque, rassemble une grande partie de la Famille religieuse de Soeur
Rosalie, les pèlerins parisiens et ceux du diocèse de Belley-Ars, à l’église St
Grégoire VII, proche de la salle d’audience Paul VI, au Vatican. L’atmosphère
joyeuse de la prière reconnaissante émane de l’Assemblée qui peut encore
admirer le touchant portrait expressif de Soeur Rosalie placé devant le choeur.
Nous chantons ; « Si rude que semble sa route, Le don total jamais
repris Marque ses pas quoiqu’il en coûte, Sous la conduite de l’Esprit. »
Mardi 11
novembre : Afin de poursuivre notre pèlerinage dans la ligne des
serviteurs pauvres, le Père Roch Valentin nous réserve une dernière Eucharistie
pour lier la gerbe de nos prières en l’église Notre Dame dei Monti, celle-là
même où St Benoît Labre aimait venir prier et où il s’est effondré au moment de
faire son Grand Passage vers le Christ, le Mercredi Saint 16 avril 1783. Après
la Messe nous irons nous recueillir dans la chambre où le boucher du quartier
l’avait transporté ; c’est un lieu de pèlerinage où réside le Saint
Sacrement, car toute la vie du « Mendiant de Dieu », pèlerin de l’Absolu
consistait à prier, à vivre de l’Eucharistie et à demeurer pauvre parmi les
pauvres ; son lieu de repos était l’arche n°43 du Colisée à Rome. »Un
jour, les langues vont se taire, les prophéties disparaîtront. Devant Dieu le
Seigneur notre Maître, Seul l’Amour restera »… « Comme un grand feu
en plein hiver, comme une étoile dans la nuit… »
2. Liturgie de la
béatification
Après le chant
d’entrée : « Nous irons dans la joie vers la Maison de Dieu »,
et l’acte pénitentiel, c’est la présentation des 5 nouveaux bienheureux. Les 5
évêques des pays d’origine viennent demander au Pape la béatification. On lit
ensuite une brève biographie de chacun d’eux. On trouvera ci-dessous la
présentation de Rosalie Rendu par le Cardinal Lustiger. Puis le Pape prononce
la formule de béatification (voir l’encadré ci-dessous).
En réponse, l’Assemblée
chante un solennel AMEN et la Chorale entonne un ALLELUIA.
Les évêques des lieux
d’origine des nouveaux bienheureux viennent alors remercier le Saint-Père,
ainsi que les postulateurs et échangent et échangent avec lui le baiser de
paix. Suit le chant du Gloria et la liturgie se poursuit comme d’ordinaire avec
les lectures du jour qui sont celles de la fête de la Dédicace de la Basilique
du Latran.
L’homélie du Pape (cf.
ci-dessous) commente les lectures et en montre la mise en oeuvre dans la vie
des nouveaux bienheureux. Jean-Paul II n’a lu que le premier paragraphe de son
homélie multilingue, puisque les béatifiés sont espagnols, italien, belge et
français. C’est Mgr François Duthel, un lyonnais, responsable de la Section
française de la Secrétairerie d’État au Vatican, qui lit le passage de
l’homélie concernant Soeur Rosalie Rendu.
La prière universelle
fait également référence aux nouveaux bienheureux, en particulier la troisième
intention évoque Rosalie Rendu : « Pour les responsables de la vie
politique et sociale. Que l’Esprit Saint leur donne lumière et force pour
construire la vraie paix sans se laisser arrêter par les divisions et les
injustices. Que le témoignage de Soeur Rosalie Rendu, qui savait réunir autour
d’elle les riches et les pauvres, les aide tous à surmonter les obstacles et à
promouvoir de nouvelles formes de collaboration et de soutien avec les
personnes sans défense et les plus petits. »
3. Présentation de la
nouvelle Bienheureuse par le Cardinal Lustiger
Ce dimanche 9 novembre, à
Rome, voici en quels termes j’ai présenté au Pape la servante de Dieu, Soeur
Rosalie Rendu, et je lui ai demandé de la béatifier. Soeur Rosalie bien
qu’originaire de la Bresse (sic ! ) était une vraie parisienne, une
« bonne femme » formidable, Fille de la Charité. Jeanne-Marie Rendu,
née le 9 septembre 1786, à Confort dans l’Ain, est baptisée à sa naissance (le
jour même dans l’église de Lancrans, ndlr). Lorsque la révolution éclate, elle a
trois ans. Plusieurs prêtres et même l’évêque d’Annecy qui refusent de prêter
le serment de la Constitution civile du clergé, trouvent refuge dans sa maison
familiale. Sa famille a éveillé Jeanne-Marie à la foi et lui a donné le goût de
la prière. Sa première communion, elle la fait de nuit, dans la cave de la
maison. Elle avait dix ans quand son père meurt ainsi que sa toute-petite
soeur. Jeanne-Marie aide sa mère et garde deux soeurs plus jeunes.
Lorsque la Terreur
s’arrête, elle va en pension à Gex. C’est là qu’elle découvre l’Hôpital où les
Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle va les aider.
Émerveillée par ces soeurs, elle décide, à la suite d’une de ses amies, de
répondre à cet appel de Dieu.
Elle quitte tout et se
rend à Paris en 1802 chez les Filles de la Charité ; elle reçoit le nom de
Soeur Rosalie. Ses supérieures l’envoient dans le quartier Mouffetard – la
Mouff’. Le cours de la Bièvre, complètement enterré maintenant, y avait attiré
quantité d’industries parmi les plus polluantes. Alentour s’entasse une
population ouvrière dans la misère noire !
Soeur Rosalie se met au
service des plus pauvres, leur fait découvrir leur dignité et retrouver
l’espérance. En 1815, elle devient supérieure de sa communauté. Ses qualités
d’humble dévouement et de compassion pour tant d’hommes dans la misère et la
souffrance attirent beaucoup de personnes qui, à sa suite, subviennent aux
urgences et s’activent à la réinsertion des plus démunis. Jean-Paul II, lors de
la béatification de Frédéric Ozanam à Notre-Dame de Paris, le 22 août 1997, a
souligné que c’est une Fille de la Charité, Soeur Rosalie Rendu qui a guidé ce
jeune universitaire, professeur en Sorbonne, et ses compagnons, vers les
pauvres du quartier Mouffetard, aidant ainsi à la fondation de la Société de
Saint Vincent de Paul.
En juillet 1830, journées
d’émeutes à Paris. Avec sa communauté, elle porte secours aux blessés et cache
des personnes en danger, entre autres, Mgr de Quelen, un de mes prédécesseurs.
En février 1848, encore des émeutes. La garde mobile tire sur les insurgés.
L’archevêque de Paris, Mgr Affre, venu en pacificateur, tombe blessé à mort par
une balle perdue. Soeur Rosalie secourt un officier de la garde mis à mal par
des insurgés qu’elle soigne aussi. S’élevant une fois encore contre la violence
et la haine, au risque de sa vue, elle s’interpose sur la barricade de la rue
de l’Épée de Bois et appelle au calme.
Pendant 54 ans, Soeur
Rosalie a parcouru inlassablement ce quartier de Paris, et y a servi
Jésus-Christ dans les plus délaissés. Le 7 février 1856, usée par ce service,
elle meurt après une courte maladie. Elle reçoit de tous un hommage
extraordinaire, comme le montre cette inscription sur sa tombe : « A
la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres et les
riches ».La leçon qu’elle nous donne, c’est ce que la force de la foi est
capable d’inventer. On peut trouver chez elle, venue du monde rural et
confrontée à un monde ouvrier urbain très pauvre et très violent, une
inspiration pour la nouvelle évangélisation des villes.
4. Homélie de Jean-Paul
II pour la béatification (extraits)
« Le Temple de Dieu
est sacré et ce temple, c’est vous » (1 Co 3, 7) Nous avons écouté une
fois de plus ces paroles de l’Apôtre Paul que nous propose aujourd’hui la liturgie
solennelle de la fête de la dédicace de la Basilique du Latran, cathédrale de
Rome et Mère de toutes les églises.
Tout lieu réservé au
culte divin est un signe de ce temple spirituel qu’est l’Église, fait de
pierres vivantes : les fidèles unis dans la même foi, par la participation
aux mêmes sacrements et par le lien de la charité. Les saints, en particulier,
sont des pierres précieuses de ce temple spirituel.
La sainteté, fruit du
travail incessant de l’Esprit de Dieu brille dans les nouveaux
bienheureux : Jean Nepomucène Zegri y Moreno, prêtre, Valentin Paquay,
prêtre, Luigi Maria Monti, religieux, Bonifacia Rodriguez Castro, vierge,
Rosalie Rendu, vierge.
La vision du Sanctuaire
qui nous est présentée dans la liturgie de ce jour par le prophète Ezéchiel
décrit un torrent qui s’écoule du temple et qui est porteur de vie, de vigueur
et d’espérance. « Tout vivra là où cette rivière coulera » (Ez 47,
9). Cette image exprime l’infinie bonté de Dieu et son dessein de salut qui
jaillit sous les murs de l’enceinte sacrée et devient ainsi la bénédiction de
la terre entière. (suit un résumé de la vie des quatre premiers bienheureux, et
voici le paragraphe concernant Soeur Rosalie. Il a été lu par Mgr François
Duthel, de la Secrétairerie d’État au Vatican)
Dans une époque troublée
par les conflits sociaux, Rosalie Rendu, joyeusement, est devenue servante des
plus pauvres, rendant à chacun sa dignité au moyen de l’aide matérielle, de
l’éducation et de l’enseignement du mystère du Christ, conduisant Frédéric
Ozanam à se mettre au service des pauvres.
Sa charité était
inventive. Où puisait-elle la force de mener à bien tant de choses ? Dans
sa vie de prière intense et dans la récitation continuelle du chapelet qu’elle
n’a jamais abandonné. Son secret était simple : voir le visage du Christ
en tout homme et toute femme, en vraie fille de saint Vincent de Paul et comme
une autre soeur de son époque : sainte Catherine Labouré. Rendons grâce
pour le témoignage de charité que la Famille vincentienne ne cesse de donner au
monde.
« Il parlait du
temple de son corps » (Jn 2, 21). Ces paroles évoquent le mystère de la
mort et de la résurrection du Christ. Tous les membres de l’Église doivent être
configurés à Jésus crucifié et ressuscité.
Marie, Mère du Christ et
notre Mère, est notre force et notre guide dans cet engagement. Puissent les
nouveaux bienheureux que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire du ciel,
intercéder pour nous. Puisse-t-il nous être accordé aussi à nous tous de nous
retrouver un jour au Paradis pour connaître ensemble la joie de la vie
éternelle. Amen !
A propos de la cornette
de Soeur Rosalie
« La mère de
Jeanne-Marie était en relation avec une Fille de la Charité, Supérieure de
l’Hôpital de Gex : Soeur Suzanne. La jeune fille insista pour rencontrer
cette religieuse et sa mère ne put qu’acquiescer à ce désir, bien qu’elle
craignît que le costume des soeurs de cette communauté ne rebutât une
adolescente peu au fait de l’austérité et des contraintes d’une vie consacrée.
Mais Jeanne-Marie n’était pas une fille comme les autres : elle surprit
tout le monde en trouvant beau et seyant ce costume si particulier avec sa
cornette qui a si longtemps distingué les Filles de la Charité à travers le
monde entier. « Cette coiffure me convient, elle cachera ma figure »,
aurait-elle dit. » (Claude Dinnat, Soeur Rosalie Rendu, pp. 31-32)
La formule de
béatification
« Nous, selon les
voeux de nos Frères dans l’épiscopat (le Pape nomme les 5 évêques demandeurs,
dont le Cardinal Lustiger), ainsi que de nombreux autres frères dans
l’épiscopat et de nombreux fidèles du Christ, après avoir consulté la
Congrégation pour les Causes des Saints, par notre Autorité apostolique, nous
accordons la faculté (suivante)… : la Vénérable servante de Dieu, Rosalie
Rendu pourra être appelée désormais bienheureuse et l’on pourra célébrer sa
fête chaque année le 7 février dans les lieux et de la manière établis par le
droit. Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » (traduction non
officielle)
Confort : Sr Rosalie et l’abbé Chapelu
Parmi les 55 pèlerins du
diocèse de Belley-Ars, « nos » deux soeurs, pétillantes d’humour,
Mlles Blanc Madeleine et Suzanne, de Nantua, nous ont envoyé le petit poème
ci-dessous « Merci, Soeur Rosalie » et un sonnet à la manière de Joachim
du Bellay (de Liré en Anjou et non pas de Belley dans l’Ain). A l’inverse du
poète angevin qui, à Rome, se languit de son pays natal, elles expriment, de
retour au pays des catholards, leur nostalgie de Rome. De plus, en raison de
leur lien de parenté avec l’abbé Chapelu, elles nous ont communiqué un document
sur ce prêtre étonnant. Originaire d’Apremont, devenu le premier curé de
Confort, il a été l’auxiliaire de Soeur Rosalie et a contribué à faire vivre
dans sa paroisse et dans le diocèse son souvenir et son exemple.
Merci, Soeur
Rosalie,
et pour les
gâteries,
Nous ne sommes pas
qu’esprit,
Nous avons
d’l'appétit.
Ces nouilles, ces
spaghettis,
Couverts de
Parmesan
Et ce vin d’Italie,
Ce crû si
gouleyant,
Bu en bonne
compagnie ;
Et ce vol dans les airs
Sur l’aile d’un oiseau de
fer.
Nous arrivâmes
indemnes
Au Foyer
Saint-Joseph.
Chacun reçut sa
clef
Qui portait
l’emblème
D’un site de
Palestine.
Le nôtre, c’est
Bethléem.
Oh, cette joie très
fine
Et nous allons
crêcher
Une petite semaine.
Au retour des Saintes
Messes
Le soeur plein
d’allégresse :
Vive Soeur
Rosalie !
Que jamais je
n’oublie :
Qu’il faut être une
borne
une borne d’amour
qui sera un recours
à ceux qui passent
mornes.
L’intuition de Soeur
Rosalie – En 1843, M. Chapelu fut envoyé comme vicaire à Lancrans qui
avait alors pour curé M. Mermod. C’est là qu’il fut mis en relation avec soeur
Rosalie. Cette humble fille de Saint Vincent de Paul, toute puissante à Paris
par le renom de sa charité, rêvait de faire ériger une paroisse dans son
village natal, à Confort, hameau de Lancrans.
Son auxiliaire :
l’abbé Chapelu – Mais à distance les pourparlers sont difficiles, les
négociations traînent en longueur et quand on n’est pas sur les lieux pour
bénéficier des circonstances, les meilleures entreprises sont vouées à un échec
certain. Il fallait à Soeur Rosalie un auxiliaire. Elle le trouva en l’abbé
Chapelu.
Pour rendre le Christ
eucharistique plus proche des chrétiens… Le jeune prêtre était trop zélé
pour ne point répondre à une telle confiance ; son soeur était trop bon,
trop généreux pour ne pas s’attendrir à la vue des vaillants chrétiens et des
enfants, qui, le dimanche ou même chaque matin, faisaient douze kilomètres pour
assister aux offices ou aux catéchismes. Il entra donc dans les vues de Soeur
Rosalie, adopta son plan, délimita lui-même la future paroisse, triompha non
sans peine de puissantes oppositions et parvint à faire ériger le village de
Confort en succursale (1852).
Confort devient
quasi-paroisse… Aussitôt M. Chapelu se met à l’oeuvre. La tâche était lourde
puisque tout était à créer. Le jeune curé s’installa provisoirement dans une
humble maison du village, habitée aujourd’hui par Mlle Eugénie Gros (en 19..)
et reconnaissable à la statue de la sainte Vierge qui en orne la façade.
L’installation était primitive : la même pièce servait de salon, de salle
à manger, de cabinet de travail et de chambre à coucher.
D’abord construire
l’église… La première pensée du curé de Confort fut de construire l’église
et le presbytère. Il y avait bien au centre du village une antique chapelle
dédiée à Notre-Dame de Pitié et construite à la fin du XII° siècle par les
moines cisterciens de Chézery. Cette chapelle était même, depuis le moyen âge,
le but d’un pèlerinage très fréquenté ; mais son exiguïté la rendait
impropre au service paroissial. Il fallait bâtir une nouvelle église et tout
d’abord chercher un emplacement favorable.
Un curé architecte et
entrepreneur Cet emplacement fut bientôt trouvé. Un bon vieillard, nommé
Joseph du Pelan, qui devait donner son petit patrimoine à l’hospice ; à la
condition que les religieuses auraient soin de lui jusqu’à la fin de ses jours,
céda le terrain nécessaire à la construction de l’église et de la cure. Ce
terrain, situé au nord du village, sur une petite élévation, était
admirablement disposé pour recevoir ces deux édifices. Puis, il faut un
architecte, pour dresser le plan, un entrepreneur pour réunir les
matériaux ; l’abbé Chapelu n’est pas embarrassé pour si peu ; il sera
lui-même l’architecte et l’entrepreneur. Il manoeuvra si bien qu’en 1856 la
première pierre fut posée par Mgr Chalandon.
Soeur Rosalie part vers
le Seigneur… Mais où trouver les ressources ? Soeur Rosalie avait
offert 30.000 francs et sur cette promesse, le curé de Confort n’avait pas
hésité à se lancer dans son entreprise. Mais les oeuvres de Dieu sont toujours
marquées par le sceau de l’épreuve. La première pierre de l’église est à peine
posée que Dieu rappelle à lui la généreuse bienfaitrice, avant qu’elle eût pu
réaliser ses engagements. La commune ne peut faire aucun sacrifice d’argent et
le secours de l’Etat étant subordonné à celui de la commune, le pauvre curé se
trouve tout d’un coup sans ressources. Une pareille situation était faite pour
abattre les plus audacieux ; mais l’abbé Chapelu n’est pas de ceux qui se
découragent. La commune et l’Etat sont avares de leurs deniers ; il se
passera de leur aide et fera construire son église à lui tout seul. et l’abbé
Chapelu se fait quêteur… Non content d’être entrepreneur et architecte, il se
fera tout à tour bûcheron, chaufournier, terrassier, carrier, tailleur de
pierre, maçon et couvreur. Ce qui est peut-être plus pénible et plus méritoire
encore, il se fait quêteur. Il écrit lettres sur lettres ; après avoir
exhalé sa douleur et pleuré la perte immense qu’il vient de faire en la
personne de Soeur Rosalie, remontée au ciel pour y recevoir la récompense de
ses travaux, il appelle à son aide les âmes pieuses et charitables.
L’idée d’une maison de
secours… « Ah ! écrivait-il, si la mort de Soeur Rosalie n’était
pas survenue si tôt, je n’aurais pas besoin de recourir à votre charité ;
mais je vous prie de m’aider à construire mon église et aussi à convertir la
maison d’une si sainte Fille de la Charité en maison de secours, afin de
perpétuer sa mémoire, de régénérer le pays et d’y faire fleurir ses
vertus. »
Soutiens épiscopal et
impérial… Une autre invention de son zèle va l’aider à subvenir aux
dépenses nombreuses nécessités par ses travaux : il organise une loterie.
Mgr l’évêque de Belley l’autorise et l’encourage. M. le chanoine Pernet l’aide
à placer des billets ; Mgr l’archevêque d’Aix et Mgr l’évêque de Gap lui
en prennent un certain nombre. L’empereur Napoléon III envoie un lot superbe.
l’abbé écrit à toutes les personnes charitables qu’il connaît ; pour
assurer le succès de son oeuvre, il demande aux directeurs de la Compagnie
P.L.M. des billets à prix réduit et il entreprend de nombreux voyages à Bourg,
à Lyon, à Saint-Etienne et jusqu’à Paris.
Où Soeur Rosalie
intervient… Cette loterie produisit une somme assez ronde, mais
hélas ! insuffisante pour couvrir toutes les dépenses. Heureusement la
Vierge-Immaculée qu’il invoque et dont il place le nom béni en tête de ses
lettres, vient à son secoursEn mourant Soeur Rosalie avait chargé deux Filles
de Saint Vincent de Paul, les Soeurs de Moissac et de Costalin, d’exécuter ses
dernières volontés et de prêter main forte au bon curé dans ses travaux. La
somme promise fut versée et l’abbé Chapelu se réjouit du nouveau concours qui
lui arrivait en la personne de ces deux religieuses favorisées des dons de la
fortune et tout disposées à continuer l’oeuvre de leur illustre devancière. Il
ne put s’empêcher de laisser échapper sa joie et il termine une de ses lettres
à la Soeur de Costalin par ces mots : « Vivent les Soeurs !
«
Le curé paie de sa
personne… Cependant l’intrépide curé n’avait pas attendu, pour commencer à
bâtir, le règlement de toutes ces questions pécuniaires. Il avait obtenu de la
commune sur les flancs les plus escarpés du Mont Sorgia, une coupe de bois dont
personne ne voulait parce qu’il aurait fallu, pour l’exploiter, exposer sa vie.
Il y va travailler en personne ; son exemple entraîne quelques paroissiens
de bonne volonté. Le bois est descendu ; il sert à entretenir deux fours à
chaux à la hâte ; car on fait sa chaux soi-même ; c’est beaucoup moins
dispendieux. et les paroissiens collaborent… Et puis, quel spectacle digne
d’admiration, que de voir ce vaillant curé, revêtu d’une pauvre soutanelle – sa
soutane d’ordonnance, comme on disait – accompagné de trois ou quatre de ses
paroissiens les plus hardis, muni de tous les outils nécessaires, crics, coins,
massues, tranchets, travailler dans une carrière de pierre blanche qu’il a
découverte et en extraire d’énormes blocs qu’il fait transporter sur le
chantier. Ce chantier, il en est l’âme ; aucun ouvrage ne lui étant
inconnu, il dirige les ouvriers, les anime par ses paroles et par son exemple.
Il taille la pierre et travaille le bois ; il charge d’énormes fardeaux
sur ses épaules et les porte jusqu’au sommet des murailles. Car, elles se
dressent maintenant ces murailles ; les voici bientôt surmontées de leur
toiture en travaillons que plus tard remplaceront les ardoises. Après cela, il
faut poser les chenaux et voilà M. Chapelu transformé en ouvrier plombier,
soudant ensemble les diverses pièces, au risque de se brûler les doigts.
… y compris les enfants
de choeur Pour cette délicate opération, il prenait ordinairement avec lui un
de ses enfants de choeur, le jeune Grosbegnin, aujourd’hui un des meilleurs
paroissiens de Confort ; l’enfant était chargé de garnir le réchaud et de
souffler sur la braise pour chauffer les fers. Alors il arrivait parfois que
l’opérateur poussait un cri aussitôt réprimé ; sa main venait de toucher
quelque fer rougi. L’enfant riait sous cape de la mésaventure ; mais le
curé, stoïque, continuait tranquillement sa besogne.
L’église est consacrée en
1861 Vint un jour où l’église fut à peu près terminée. Les habitants de
Confort avaient devant eux un petit bijou de style gothique flamboyant, en
forme de croix latine, avec une seule nef, mais deux vastes chapelles
latérales, s aux voûtes ornées d’élégantes nervures. Ce gracieux édifice
méritait assurément les honneurs de la consécration ; on appelle Mgr de
Langalerie, évêque de Belley, qui vint avec son vicaire général. C’était en
1861… cinq ans seulement après la naissance au ciel de Soeur Rosalie.
A la manière de Joachim
du Bellay, deux pèlerines « bien de chez nous » évoquent leur séjour
romain pour la béatification de Soeur Rosalie :
« Heureux qui, comme
Ulysse, a fait un beau voyage »,
ou comme ces deux-là qui
quittent leur maison
et qui sont revenues avec
leur baluchon,
pleines de souvenirs de
ce beau pèlerinage.
Ah ! quand
reverrons-nous les grandes basiliques,
les superbes colonnes,
les audacieux frontons,
les sculptures de marbre,
les plafonds en caisson
et partout sous nos pieds
les belles mosaïques ?
Quand nous reverrons-nous
au pied de l’obélisque,
amené sur les eaux depuis
Héliopolis,
entre les colonnades aux
deux bras grands ouverts ?
Quand irons-nous prier au
pied de la Piéta
où le Christ paisible
repose entre les bras,
comme au jour de Noël, de
sa divine Mère
Bienheureuse Rosalie
Rendu
Soeur Rosalie est une
haute figure de Paris au XIXe siècle, aimée et vénérée par tout le petit peuple
et les miséreux du quartier Mouffetard. Jeanne-Marie Rendu est née en 1786 à
Confort (canton de Gex, dans le Jura) d’une famille de cultivateurs aisés. Elle
est l’aînée de quatre filles et se trouve assez vite dans l’obligation d’aider
sa mère lorsque son père disparaît en 1796.
La Révolution s’est
installée, et la maison Rendu devient le refuge d’un évêque et de prêtres
réfractaires . Dans ce climat religieux s’est forgée l’âme de la petite fille.
Sa mère la confie aux Ursulines de Gex. C’est dans l’hôpital de cette ville que
Jeanne-Marie découvre les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, ainsi
que les misères humaines. Elle en sera marquée pour toute sa vie. Dès lors elle
attendra d’avoir l’âge requis pour faire son entrée chez les Soeurs qui l’ont
tant séduite. Elle arrive le 25 mai 1802 à la Maison-mère des Filles de la
Charité, rue du Vieux Colombier à Paris, pour y faire son noviciat
Elle sera envoyée dans le
quartier Mouffetard, à l’époque le plus misérable de la capitale, pour y faire
son “apprentissage”. C’est là, en 1807, qu’elle prononcera ses voeux
définitifs. Jusqu’à sa mort, elle restera l’apôtre et la providence de ce
faubourg.
En 1815, elle devient
Supérieure de la maison de bienfaisance de la rue de l’Epée-de-Bois. Toutes ses
qualités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion, ses
capacitésd’organisation, vont pouvoir se révéler. “Ses Pauvres”, comme elle les
appelle, sont très nombreux en cette époque troublée . Les ravages d’un
libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés pour compte.
Son oeuvre est immense, sa notoriété gagne vite la capitale, et au-delà des
villes de province. Elle envoie ses soeurs dans tous les recoins de la paroisse
Saint - Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins et une parole
réconfortante. Elle ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un
orphelinat, une crèche. Bientôt tout un réseau d’oeuvres charitables va
s’établir pour traquer la pauvreté.
Soeur Rosalie étend ses
relations sociales, mondaines pour trouver l’argent nécessaire. Les “Dames de
la Charité” l’aident dans les visites à domicile. Elle apporte son soutien
actif aux “Conférences de Saint Vincent de Paul” et aux étudiants qui animent
ces oeuvres : Frédéric Ozanam, Jean-Léon Le Prévost, Armand de Melun, qui sera
son biographe, et d’autres.
Tout au long de cette vie
les épreuves ne manqueront pas. Citons les plus caractéristiques :
Révolutions en 1830 et
1848.
Emeutes partielles en
1832 et 1834.
Le choléra frappe par deux fois , en 1832 et 1848
On voit soeur Rosalie sur les barricades pour soigner les blessés, consoler les
mourants, demander le silence des armes, braver la fusillade.
“Croyez-vous que je sois
désireuse de vivre quand on massacre mes enfants ?” dit-elle au milieu des
combats quand on lui demande de se protéger.
Elle sauve des officiers
pourchassés par la foule, cache des insurgés recherchés par les forces de
l’ordre. A son corps défendant, elle devra accepter la Croix de la Légion
d’Honneur, accordée par Napoléon III.
Le 7 février 1856, usée
par la maladie et une vie sans repos, elle s’éteint dans sa maison rue de
l’Epée-de-Bois. Le jour de ses obsèques fut chômé dans tout le faubourg. Tous,
pauvres et riches, partagèrent la même émotion.
Le procès en
béatification est ouvert depuis 1953. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II le
9 novembre 2003.
SOURCE : http://www.sainte-rosalie.org/histoire/histoire.html#histoire2
A.
de Richemont (Paris, en 1857 - Paris, 25–01–1911),. La sœur Rosalie
reconnue et acclamée dans un quartier populeux de Paris, après l'épidémie de
1832, L'Illustration, 1909, Musée Carnavalet, Paris
Rosalie Rendu ; Alfred de Richemont ; L'Illustration, 1909 ; Prints in Musée Carnavalet
Also
known as
Jeanne Marie Rendu
Profile
Eldest of four daughters
in a middle class mountain family. When she was three years old, the French
Revolution broke out. Priests loyal
to Rome were expelled, killed,
or chased into hiding. Jeanne’s family hid those who stayed to minister
to French Catholics,
claiming that they were hired farm
hands; the girl made
her First Communion in
her basement at a Mass celebrated
by one of these covert priests.
Her father died on 12 May 1796 when
Jean Marie was nine years old, and her baby sister a few months later. She
was educated for
two years at an Ursuline boarding school in
Gex, France.
As a young girl,
Jean Marie began working with the Daughters of Charity at the
local hospital.
On 25
May 1802,
at age 16, she entered the congregation at the motherhouse of
the Daughters of Charity in Paris, France,
taking the name Rosalie. The intensity of her new devotional life harmed her
health, and she was transferred to the house in the Mouffetard District, one of
the poorest in 19th
century Paris;
she worked in the slum for 54 years. She worked with the sick and poor, taught catechism,
and taught girls to
read. Superior of her community in 1815.
She started a free clinic, pharmacy, school, orphanage,
child-care center, youth club for young workers, and a home for the elderly poor.
Awarded the Cross of the Legion of Honour by Napoleon III in 1852 for
her charitable work;
she wanted to refuse, as she sought no personal honour, but was ordered by her
superiors to accept it. Blind during
the last two years of her life.
Born
9
September 1786 at
Confort, Gex, France as Jeanne
Marie Rendu
7 February 1856 at Paris, France of
natural causes
24 April 2001 by Pope John
Paul II (decree of heroic
virtues)
9 November 2003 by Pope John
Paul II
Additional
Information
Queen by Right Divine, by
Kathleen O’Meara
other
sites in english
Abbey of Saint-Joseph de Clairval
Daughters of Charity of Saint Vincent de Paul
Daughters
of Charity Provincial Archives
images
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auf deutsch
sitios
en español
Hijas de la Caridad de San Vicente de Paul
Martirologio Romano, 2001 edición
sites
en français
Les Filles de la Charite de Saint Vincent de Paul
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
Figlie della Carita di San Vincenzo de Paoli
nettsteder
i norsk
Readings
Never have I prayed so
well as in the streets. – Blessed Rosalie,
talking about her work with the poor
In an era troubled by
social conflicts, Rosalie Rendu joyfully became a servant to the poorest,
restoring dignity to each one by means of material help, education and the
teaching of the Christian mystery,
inducing Frédéric Ozanam to place himself at the service of the poor.
Her charity was inventive. Where did she draw the strength to carry out so many
things? From her intense prayer life and the continuous praying of the Rosary,
which she never abandoned. Her secret was simple: to see the face of Christ in
every man and woman, as a true daughter of Saint Vincent de Paul and like another Sister
of her epoch, Saint Catherine
Labouré. Let us give thanks for the witness of charity that the Vincentian
family gives unceasingly to the world! – Pope John
Paul II at the beatification of Blessed Rosalie
MLA
Citation
‘Blessed Rosalie
Rendu‘. CatholicSaints.Info. 7 July 2023. Web. 22 February 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-rosalie-rendu/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-rosalie-rendu/
BEATIFICATION OF FIVE
SERVANTS OF GOD
HOMILY OF JOHN
PAUL II
1. "The temple of
God is holy, and you are that temple" (I Cor 3: 17). We listen
once again to these words of the apostle Paul in today's solemn liturgy of the
Feast of the Dedication of the Lateran Basilica, Cathedral of Rome, Mother of
all the churches.
Every place set aside for
divine worship is a sign of that spiritual temple, which is the Church, made up
of living stones: of the faithful united by the one faith, of the
participation in the Sacraments and of the bond of charity. The Saints, in
particular, are precious stones of that spiritual temple.
Holiness, fruit of the
unceasing work of God's Spirit, shines in the new Blesseds: Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, priest; Valentin
Paquay, priest; Luigi
Maria Monti, religious; Bonifacia
Rodríguez Castro, virgin; Rosalie
Rendu, virgin.
2. The vision of the
Sanctuary presented to us in today's liturgy by the prophet Ezechiel describes
a stream that flows from the temple carrying life, vigour and hope:
"Everything will live where the river goes" (Ez 47: 9). This
image expresses God's infinite goodness and his design of salvation which
scales the walls of the sacred enclosure and thus becomes the blessing of the
entire earth.
Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, an upright priest of deep Eucharistic piety,
understood well how the proclamation of the Gospel needed to become a dynamic
reality, able to transform the apostle's life. As a parish priest, he was
committed to "visibly providing for all those who, suffering from
abandonment, must drink from the bitter chalice and receive nourishment from
the bread of tears" (19 June 1859).
He developed his
redemptive spirituality with this purpose, born from intimacy with Christ and
directed towards charity for the neediest. He was inspired, through invocation
to the Virgin of Mercy, Mother of the Redeemer, to found the Sisters of Charity
of the Blessed Virgin Mary of Mercy, with the aim of making God's love
ever-present where there was "just one suffering to heal, one
misfortune to console, one single hope to instil in hearts". Today
this Institute, following in the footsteps of its Founder, continues its
dedication to witness and promote redemptive charity.
3. Fr
Valentin Paquay is truly a disciple of Christ and a priest according
to the heart of God. As an apostle of mercy, he spent long hours in the
confessional, with a special gift to place sinners anew on the right path,
reminding men and women of the greatness of divine forgiveness. Placing the celebration
of the Eucharistic mystery at the centre of his priestly life, he invited the
faithful to come frequently to communion with the Bread of Life.
Like many saints, at a
young age Fr Valentin was entrusted to the protection of Our Lady, who was invoked
under the title of Cause of our Joy in the Church where he grew up,
in Tongres. Following his example, may you be able to serve your brothers and
sisters to give them the joy of meeting Christ in truth!
4. "I saw water
flowing out from beneath the threshold of the temple... everything will live
where the water goes" (Ez 47: 1, 9). The image of water, which
brings everything back to life, illuminates well the life of Bl.
Luigi Maria Monti, entirely dedicated to healing the physical and spiritual
wounds of the sick and the orphaned. He loved to call them "Christ's poor
ones", and he served them, enlivened by a living faith and sustained by
intense and continual prayer. In his evangelical commitment, he was constantly
inspired by the example of the Holy Virgin and placed the Congregation he
founded under the sign of Mary Immaculate.
How relevant is the
message of this new Blessed! For his spiritual sons and for all believers, he
is an example of faithfulness to God's call and to the proclamation of the
Gospel of charity. He is a model of solidarity towards the needy and of
affectionate entrustment to the Immaculate Virgin.
5. The words of Jesus
proclaimed in today's Gospel: "Stop turning my Father's house into a
marketplace" (Jn 2: 16), question today's society, often tempted to
turn everything into commodity and profit, putting aside values and dignity
which do not have a price. Since the human person is the likeness and dwelling
place of God, a purification is necessary, so as to protect the person
beginning with his or her social condition or work.
Bl.
Bonifacia Rodríguez Castro was dedicated entirely to this activity;
she herself was a worker who understood the risks of the social condition of
her age. In the simple and protected life of the Holy Family of Nazareth, she
discovered a model of the spirituality of work that gives the human person
dignity and makes every activity, however little it may seem, an offering to
God and a means of sanctification.
This is the spirit that
she wished to instil in working women, starting with the Josephine Association
and then with the foundation of the Servants of St Joseph, who continue their
work in the world with simplicity, joy and renunciation.
6. In an era troubled by
social conflicts, Rosalie
Rendu joyfully became a servant to the poorest, restoring dignity to
each one by means of material help, education and the teaching of the Christian
mystery, inducing Frédéric Ozanam to place himself at the service of the poor.
Her charity was
inventive. Where did she draw the strength to carry out so many things? From
her intense prayer life and the continuous praying of the Rosary, which she
never abandoned. Her secret was simple: to see the face of Christ in every
man and woman, as a true daughter of St Vincent de Paul and like another Sister
of her epoch, St Catherine Labouré. Let us give thanks for the witness of
charity that the Vincentian family gives unceasingly to the world!
7. "He spoke of
the temple of his body" (Jn 2: 21). These works evoke the
mystery of the death and Resurrection of Christ. All of the Church's members
must be conformed to Jesus crucified and risen.
Mary, Mother of Christ
and our Mother, is our strength and guide in this commitment. May the new
Blesseds, whom we contemplate today in the glory of Heaven, intercede for us.
May it also be granted to us all that we one day find ourselves in Paradise, to
experience together the joy of everlasting life. Amen!
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Libreria Editrice VaticanaCopyright © Dicastery for Communication
Rosalie Rendu (1786-1856)
Jeanne Marie Rendu was
born 9 September 1786 at Confort, a district of Gex in the Jura Mountains. She
was the eldest of four girls. Her parents, simple living mountain people and
small property owners, enjoyed a certain affluence and true respect throughout
the area. Jeanne Marie was baptized the day she was born in the parish church
of Lancrans. Her Godfather by proxy was Jacques Emery, a family friend and
future Superior General of the Sulpicians in Paris.
Jeanne Marie Rendu was
three years old when the Revolution broke out in France. From 1790 it was
compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil
Constitution. Numerous priests, faithful to the Church, refused to take this
oath. They were chased from their parishes, some were put to death and others
had to hide to escape their pursuers.
The Rendu family home
became a refuge for these priests. The Bishop of Annecy found asylum under the
assumed name of Pierre. Jeanne Marie was fascinated by this hired hand who was
treated better than the others. One night, she discovered that he was
celebrating Mass. She was offended that she had not been told the truth.
Later, in a discussion
with her mother, she blurted out: “Be careful or I will tell that Pierre
is not really Pierre.” In order to avoid any indiscretion on the part of
her daughter, Madame Rendu told her the truth of the situation.
It was in this atmosphere
of solid faith, always exposed to the dangers of denunciation, that Jeanne
Marie was educated. She would make her first communion one night by candlelight
in the basement of her home. This exceptional environment forged her
character.
The death of her father,
12 May 1796, and that of her youngest sister, at four months of age, on 19 July
of the same year, shook the entire family. Jeanne Marie, aware of her
responsibility as the eldest, helped her mother, especially in caring for her
younger sisters.
In the days following the
Terror, people calmed down little by little and life resumed its normality.
Madame Rendu, concerned about the education of her eldest daughter, sent her to
the Ursuline Sisters in Gex. Jeanne Marie stayed two years in this boarding
school. During her walks in town, she discovered the hospital where the
Daughters of Charity cared for the sick. She had only one desire, to go and
join them. Her mother gave her consent that Jeanne Marie, in spite of her young
age, might spend some time at this hospital. God's call, which she had sensed
for many years, made itself clear: she would become a Daughter of
Charity.
In 1802, Armande
Jacquinot, from the village of Lancrans, confided to her friend that she was
preparing to leave for Paris to enter the Company of the Daughters of Charity
of St. Vincent de Paul. Jeanne Marie leaped at the opportunity and begged her
mother to allow her to leave. Having consulted with Fr. de Varicourt, the
senior priest at Gex, Madame Rendu, happy, but very emotional at her daughter's
vocation, consented to her request.
On 25 May 1802, Jeanne
Marie arrived at the Motherhouse of the Daughters of Charity, rue du Vieux
Colombier in Paris. She was nearly 17 years old! The reopening of the Seminary,
(novitiate suppressed by the Revolutionaries) took place in December 1800. On
their arrival, the travelers were welcomed by 50 young women in
formation.
Jeanne Marie was very
anxious to give her very best in this new life. Her health was weakened by the
sustained mental effort this demanded and by a lack of physical exercise. On
the advice of her physician and that of her Godfather, Fr. Emery, Jeanne Marie
was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District
for the service of the poor. She would remain there 54 years!
The thirst for action,
devotion and service that burned within Jeanne Marie could not have found a
better place to be quenched than this district of Paris. At the time, it was
the most impoverished district of the quickly expanding capital: poverty in all
its forms, psychological and spiritual. There disease, unhealthy slums, and
destitution were the daily lot of the people who were trying to survive.
Jeanne Marie, who
received the name Sr. Rosalie, made her “apprenticeship” accompanying Sisters
visiting the sick and the poor. Between times, she taught catechism and reading
to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr. Rosalie, surrounded
by the Sisters of her Community, made vows for the first time to serve God and
the poor. She made these vows with great emotion and joy.
In 1815 Sr. Rosalie
became Superior of the Community at rue des Francs Bourgeois. Two years later
the Community would move to rue de l'Epée de Bois for reasons of space and
convenience. All her qualities of devotedness, natural authority, humility,
compassion and her organizational abilities would be revealed. “Her
poor,” as she would call them, became more and more numerous during this
troubled time. The ravages of a triumphant economic liberalism accentuated the
destitution of those most rejected. She sent her Sisters into all the hidden recesses
of St. Médard Parish in order to bring supplies, clothing, care and a
comforting word.
To assist all the
suffering, Sr. Rosalie opened a free clinic, a pharmacy, a school, an
orphanage, a child‑care center, a youth club for young workers and a home for
the elderly without resources. Soon a whole network of charitable services
would be established to counter poverty.
Her example encouraged
her Sisters. She often told them: “Be a milestone where all those who are
tired have the right to lay down their load.” She was so simple, and lived so
poorly, as to let the presence of God shine through her.
Her faith, solid as a
rock and clear as a spring, revealed Jesus Christ in all circumstances. She
daily experienced this conviction of St. Vincent: “You will go and visit
the poor ten times a day, and ten times a day you will find God there ... you
go into their poor homes, but you find God there.” Her prayer life was
intense, as a Sister affirmed, “... she continually lived in the presence
of God. Even if she had a difficult mission to fulfill, we were always assured
of seeing her go to the chapel or finding her on her knees in her
office.”
She was attentive to
assuring that her companions had time for prayer, but sometimes there was a
need to “leave God for God” as Vincent de Paul taught his Daughters. Once,
while accompanying a Sister on a charitable visit, she said to her: “Sister,
let's begin our meditation!” She suggested the plan, the outline, in a
few simple, clear words and entered into prayer.
Like a monk in the
cloister, Sr. Rosalie walked with her God. She would speak to God of this
family in distress as the father no longer had any work, of this elderly person
who risked dying alone in an attic: “Never have I prayed so well as in
the streets,” she would say.
One of her companions
remarked that, “the poor themselves noted her way of praying and acting.”
“Humble in her authority, Sr. Rosalie would correct us with great sensitivity
and had the gift of consoling. Her advice, spoken justly and given with all her
affection, penetrated souls.”
She was very attentive to
the manner of receiving the poor. Her spirit of faith saw in them our “lords
and masters.” “The poor will insult you. The ruder they are; the more
dignified you must be,” she said. “Remember, Our Lord hides behind those
rags.”
Superiors sent her
postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period
of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters
in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: “If
you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have
nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the
charity office became a house of charity, with a clinic and a school. She saw
in that the Providence of God.
Her reputation quickly
grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the
region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and
dedicated collaborators. The donations flowed in quickly as the rich were
unable to resist this persuasive woman. Even the former royalty did not forget
her in their generosity: The Ladies of Charity helped in the home visits.
Bishops, priests, the Ambassador of Spain (Donoso Cortéz), Carlo X, General
Cavaignac, and the most distinguished men of state and culture, even the
Emperor Napoleon III with his wife, were often seen in her parlor. Students of
law, medicine, science, technology, engineering, teacher‑training, and all the
other important schools came seeking from Sr. Rosalie information and
recommendations. Or, before performing a good work, they asked her at which
door they should knock. Among these, Blessed Frederick Ozanam, co‑founder of
the “Conferences of St. Vincent de Paul,” and the Venerable Jean Léon Le
Prevost, future founder of the Religious of St. Vincent de Paul, knew well the
road to her office. They came, with their other friends, to Sr. Rosalie seeking
advice for undertaking their projects. She was the center of a charitable
movement that characterized Paris and France in the first half of the 19th
century. Sr. Rosalie's experience was priceless for these young people. She
directed their apostolate, guided their coming and going in the suburbs, and gave
them addresses of families in need, choosing them with care.
She also formed a
relationship with the Superioress of Bon Saveur in Caen and requested that she
too welcome those in need. She was particularly attentive to priests and
religious suffering from psychiatric difficulties. Her correspondence is short
but touching, considerate, patient and respectful towards all.
Hardships were not
lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after
another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly
in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her
Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in
the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades
and bloody battles were the marks of the opposition of the working class
stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was
killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was
deeply grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded
fighters irrespective of the side they were fighting on.
Without any fear, she
risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom
commanded the admiration of all.
When order was
reestablished, she tried to save a number of these people she knew and who were
victims of fierce repression. She was helped a great deal by the mayor of the
district, Dr. Ulysse Trélat, a true republican, who was also very
popular.
In 1852, Napoleon III
decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse
this individual honor but Fr. Etienne, Superior General of the Priests of the
Mission and the Daughters of Charity, made her accept it.
Always in fragile health,
Sr. Rosalie never took a moment of rest, always managing to overcome fatigue
and fevers. However, age, increasing infirmity, and the amount of work needing
to be done eventually broke her strong resistance and equally strong will.
During the last two years of her life she became progressively blind. She died
on 7 February 1856 after a brief acute illness.
Emotions ran high in the
district and at all levels of society in both Paris and the countryside. After
the funeral rite at St. Médard Church, her parish, a large and emotional crowd
followed her remains to the Montparnasse Cemetery. They came to show their
respect for the works she had accomplished and show their affection for this
“out of the ordinary” Sister.
Numerous newspaper
articles witnessed to the admiration and even veneration that Sr. Rosalie
received. Newspapers from all sides echoed the sentiments of the people.
L'Univers,the principal
Catholic newspaper of the time, edited by Louis Veuillot, wrote as early as 8
February: “Our readers understand the significance of the sadness that has
come upon the poor of Paris. They join their sufferings with the tears and
prayers of the unfortunate.”
Il Consitutionnel,the
newspaper of the anticlerical left, did not hesitate to announce the death of
this Daughter of Charity: “The unfortunate people of the 12th district have
just experienced a regrettable loss. Sr. Rosalie, Superior of the Community at
rue de l'Epée de Bois died yesterday after a long illness. For many years this
respectable woman was the salvation of the numerous needy in this
district.”
The official newspaper of
the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister:
“Funeral honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than
fifty years this holy woman was a friend to others in a district where there
are many unfortunate people to care for and all these grateful people
accompanied her remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was
part of the cortege.”
Numerous visitors flocked
to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who
was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for
the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site,
close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large
Cross are engraved these words: “To Sister Rosalie, from her grateful
friends, the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and
continue to bring flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to
this humble Daughter of St. Vincent de Paul.
SOURCE : https://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031109_rendu_en.html
Bl. Rosalie Rendu
Birth: 1786
Death: 1856
In her childhood, Jeanne
Marie Rendu, of Confort, France, experienced first-hand the terror to which
faithful Catholics were subjected during the French Revolution. Her parents sheltered
in their home priests that refused to take the Jacobin regime’s anti-papal oath
of the “Civil Constitution of the Clergy.” Jeanne had to receive her
First Holy
Communion secretly, administered to her in the basement of her home.
At the age of ten, she lost her father, and shortly afterward one of her four
sisters. In 1802, Jeanne entered a religious congregation devoted to the care
of the needy, the Daughters of Charity, taking the name Rosalie. She later
became superior of
a Paris convent of
her congregation. Sustaining her works of charity with a deep prayer life, she continuously
recited the rosary amid
her labors and went before the Blessed Sacrament to resolve her difficulties.
During the revolutions of 1830 and 1848, she treated the wounded on both sides
of these conflicts, even mounting the barricades to nurse the fallen. On one
occasion, she placed herself between the warring parties and shouted to them,
“We do not kill here!”
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=5708
The Charitable Nun: Feast
Of Blessed Rosalie Rendu.
By Shirley Aaron | February 7, 2019
Jeanne Marie Rendu was
born 9 September 1786 at Confort, a district of Gex in the
Jura Mountains. She was the eldest of four girls. Her parents, simple living
mountain people and small property owners, enjoyed a certain affluence and true
respect throughout the area. Jeanne Marie was baptized the day she was born in
the parish church of Lancrans. Her Godfather by proxy was Jacques Emery, a
family friend and future Superior General of the Sulpicians in Paris.
Jeanne Marie Rendu was
three years old when the Revolution broke out in France. From 1790 it was
compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil
Constitution. Numerous priests, faithful to the Church, refused to take this
oath. They were chased from their parishes, some were put to death and others
had to hide to escape their pursuers.
The Rendu family home
became a refuge for these priests. The Bishop of Annecy found asylum under the
assumed name of Pierre. Jeanne Marie was fascinated by this hired hand who was
treated better than the others. One night, she discovered that he was
celebrating Mass. She was offended that she had not been told the truth.
Later, in a discussion
with her mother, she blurted out: “Be careful or I will tell that Pierre
is not really Pierre.” In order to avoid any indiscretion on the part of
her daughter, Madame Rendu told her the truth of the situation.
It was in this atmosphere
of solid faith, always exposed to the dangers of denunciation, that Jeanne
Marie was educated. She would make her first communion one night by candlelight
in the basement of her home. This exceptional environment forged her
character.
The death of her
father, 12 May 1796, and that of her youngest sister, at four
months of age, on 19 July of the same year, shook the entire family. Jeanne
Marie, aware of her responsibility as the eldest, helped her mother, especially
in caring for her younger sisters.
In the days following the
Terror, people calmed down little by little and life resumed its normality.
Madame Rendu, concerned about the education of her eldest daughter, sent her to
the Ursuline Sisters in Gex. Jeanne Marie stayed two years in this boarding
school. During her walks in town, she discovered the hospital where the
Daughters of Charity cared for the sick. She had only one desire, to go and
join them. Her mother gave her consent that Jeanne Marie, in spite of her young
age, might spend some time at this hospital. God’s call, which she had sensed
for many years, made itself clear: she would become a Daughter of
Charity.
In 1802, Armande
Jacquinot, from the village of Lancrans, confided to her friend that she was
preparing to leave for Paris to enter the Company of the Daughters of Charity
of St. Vincent de Paul. Jeanne Marie leaped at the opportunity and begged her
mother to allow her to leave. Having consulted with Fr. de Varicourt, the
senior priest at Gex, Madame Rendu, happy, but very emotional at her daughter’s
vocation, consented to her request.
On 25 May 1802,
Jeanne Marie arrived at the Motherhouse of the Daughters of Charity, rue du
Vieux Colombier in Paris. She was nearly 17 years old! The reopening of the
Seminary, (novitiate suppressed by the Revolutionaries) took place in December
1800. On their arrival, the travelers were welcomed by 50 young women in
formation.
Jeanne Marie was very
anxious to give her very best in this new life. Her health was weakened by the
sustained mental effort this demanded and by a lack of physical exercise. On
the advice of her physician and that of her Godfather, Fr. Emery, Jeanne Marie
was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District
for the service of the poor. She would remain there 54 years!
The thirst for action,
devotion and service that burned within Jeanne Marie could not have found a
better place to be quenched than this district of Paris. At the time, it was
the most impoverished district of the quickly expanding capital: poverty in all
its forms, psychological and spiritual. There disease, unhealthy slums, and
destitution were the daily lot of the people who were trying to survive.
Jeanne Marie, who
received the name Sr. Rosalie, made her “apprenticeship” accompanying Sisters
visiting the sick and the poor. Between times, she taught catechism and reading
to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr. Rosalie,
surrounded by the Sisters of her Community, made vows for the first time to
serve God and the poor. She made these vows with great emotion and joy.
In 1815 Sr.
Rosalie became Superior of the Community at rue des Francs Bourgeois. Two years
later the Community would move to rue de l’Epée de Bois for reasons of space
and convenience. All her qualities of devotedness, natural authority, humility,
compassion and her organizational abilities would be revealed. “Her poor,” as
she would call them, became more and more numerous during this troubled time.
The ravages of a triumphant economic liberalism accentuated the destitution of
those most rejected. She sent her Sisters into all the hidden recesses of St.
Médard Parish in order to bring supplies, clothing, care and a comforting
word.
To assist all the
suffering, Sr. Rosalie opened a free clinic, a pharmacy, a school, an
orphanage, a child‑care center, a youth club for young workers and a home for
the elderly without resources. Soon a whole network of charitable services
would be established to counter poverty.
Her example encouraged
her Sisters. She often told them: “Be a milestone where all those who are
tired have the right to lay down their load.” She was so simple, and lived
so poorly, as to let the presence of God shine through her.
Her faith, solid as a
rock and clear as a spring, revealed Jesus Christ in all circumstances. She
daily experienced this conviction of St. Vincent: “You will go and visit
the poor ten times a day, and ten times a day you will find God there … you go
into their poor homes, but you find God there.” Her prayer life was
intense, as a Sister affirmed, “… she continually lived in the presence of God.
Even if she had a difficult mission to fulfill, we were always assured of
seeing her go to the chapel or finding her on her knees in her office.”
She was attentive to
assuring that her companions had time for prayer, but sometimes there was a
need to “leave God for God” as Vincent de Paul taught his Daughters. Once,
while accompanying a Sister on a charitable visit, she said to her: “Sister,
let’s begin our meditation!” She suggested the plan, the outline, in a few
simple, clear words and entered into prayer.
Like a monk in the
cloister, Sr. Rosalie walked with her God. She would speak to God of this
family in distress as the father no longer had any work, of this elderly person
who risked dying alone in an attic: “Never have I prayed so well as in the
streets,” she would say.
One of her companions
remarked that, “the poor themselves noted her way of praying and acting.”
“Humble in her authority, Sr. Rosalie would correct us with great sensitivity
and had the gift of consoling. Her advice, spoken justly and given with all her
affection, penetrated souls.”
She was very attentive to
the manner of receiving the poor. Her spirit of faith saw in them our “lords
and masters.” “The poor will insult you. The ruder they are; the more
dignified you must be,” she said. “Remember, Our Lord hides behind those
rags.”
Superiors sent her
postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period
of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters
in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: “If
you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have
nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the
charity office became a house of charity, with a clinic and a school. She saw
in that the Providence of God.
Her reputation quickly
grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the
region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and
dedicated collaborators. The donations flowed in quickly as the rich were
unable to resist this persuasive woman. Even the former royalty did not forget
her in their generosity: The Ladies of Charity helped in the home visits.
Bishops, priests, the Ambassador of Spain (Donoso Cortéz), Carlo X,
General Cavaignac, and the most distinguished men of state and culture,
even the Emperor Napoleon III with his wife, were often
seen in her parlor. Students of law, medicine, science, technology,
engineering, teacher‑training, and all the other important schools came seeking
from Sr. Rosalie information and recommendations. Or, before performing a good
work, they asked her at which door they should knock. Among
these, Blessed Frederick Ozanam, co‑founder of the “Conferences of St. Vincent de Paul,”
and the Venerable Jean Léon Le Prevost, future founder of
the Religious of St. Vincent de Paul, knew well the road to her office. They
came, with their other friends, to Sr. Rosalie seeking advice for undertaking
their projects. She was the center of a charitable movement that characterized
Paris and France in the first half of the 19th century. Sr. Rosalie’s
experience was priceless for these young people. She directed their apostolate,
guided their coming and going in the suburbs, and gave them addresses of
families in need, choosing them with care.
She also formed a
relationship with the Superioress of Bon Saveur in Caen and requested that she
too welcome those in need. She was particularly attentive to priests and
religious suffering from psychiatric difficulties. Her correspondence is short
but touching, considerate, patient and respectful towards all.
Hardships were not
lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after
another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly
in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her
Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in
the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades
and bloody battles were the marks of the opposition of the working class
stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was
killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was deeply
grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded
fighters irrespective of the side they were fighting on. Without any fear, she
risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom
commanded the admiration of all.
When order was
reestablished, she tried to save a number of these people she knew and who were
victims of fierce repression. She was helped a great deal by the mayor of the
district, Dr. Ulysse Trélat, a true republican, who was also very popular.
In 1852, Napoleon III
decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse
this individual honor but Fr. Etienne, Superior General of the Priests of the
Mission and the Daughters of Charity, made her accept it.
Always in fragile health,
Sr. Rosalie never took a moment of rest, always managing to overcome fatigue
and fevers. However, age, increasing infirmity, and the amount of work needing
to be done eventually broke her strong resistance and equally strong will.
During the last two years of her life she became progressively blind.
She died on 7 February 1856 after a brief acute
illness.
Emotions ran high in the
district and at all levels of society in both Paris and the countryside. After
the funeral rite at St. Médard Church, her parish, a large and emotional crowd
followed her remains to the Montparnasse Cemetery. They came to show their
respect for the works she had accomplished and show their affection for this
“out of the ordinary” Sister.
Numerous newspaper
articles witnessed to the admiration and even veneration that Sr. Rosalie
received. Newspapers from all sides echoed the sentiments of the people.
L’Univers, the principal
Catholic newspaper of the time, edited by Louis Veuillot, wrote as early as 8
February: “Our readers understand the significance of the sadness that has come
upon the poor of Paris. They join their sufferings with the tears and prayers
of the unfortunate.”
Il Consitutionnel, the
newspaper of the anticlerical left, did not hesitate to announce the death of
this Daughter of Charity: “The unfortunate people of the 12th district
have just experienced a regrettable loss. Sr. Rosalie, Superior of the
Community at rue de l’Epée de Bois died yesterday after a long illness. For
many years this respectable woman was the salvation of the numerous needy in
this district.”
The official newspaper of
the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister: “Funeral
honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than fifty
years this holy woman was a friend to others in a district where there are many
unfortunate people to care for and all these grateful people accompanied her
remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was part of the
cortege.”
Numerous visitors flocked
to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who
was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for
the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site,
close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large
Cross are engraved these words: “To Sister Rosalie, from her grateful friends,
the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and continue to
bring flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to this humble
Daughter of St. Vincent de Paul.
~Source:
vatican.va.
Blessed Rosalie Rendu
Jeanne- Marie Rendu
(Sister Rosalie), daughter of Antoine Rendu and Marie-Anne Laracine, was born 9
September 1786 at Confort, in the district of Gex in the Jura Mountains of
southeastern France near the Swiss border. She lived her whole life as a
Daughter of Charity, some 53 years, in the Mouffetard district, the poorest
quarter of Paris.
1786 : birth
1802 : entered the
Daughters of Charity
1803 : received the
habit and is placed at the Maison Saint-Martin
1807 : pronounced
her vows for the first time
1815 : became
superior (Sister Servant) of the Maison Saint-Martin
1830 : Revolution;
placement of postulants at the rue de l’Épée-de-Bois
1831 : Archbishop de
Quélen and other clergy sheltered at the rue de l’Épée-de-Bois
1833 : began
mentoring the first members of the Society of Saint Vincent de Paul
1840 : worked with
the newly re-established Ladies of Charity, began expansion of the works of the
house
1848 : Revolution;
house became a refuge and a field hospital
1852 : awarded the
Cross of the Legion of Honor by Napoléon III
1853 : sight began
to fail; health worsened
1856 : death;
funeral attended by an estimated 50,000 people of all sectors of society
1953 : Diocesan
Process of Beatification opened in Paris
2003 : beatified by
Pope John Paul II
7 February: Feast
Day
On 25 May 1802 Sister
Rosalie entered the Seminary (novitiate) at the Motherhouse of the Daughters of
Charity of Saint Vincent de Paul, rue du Vieux-Colombier in Paris. In her
effort to give her very best in this new life, her health weakened so she was
sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard area in the
hope that the change would help her to regain her strength.
The thirst for action,
devotion and service that burned within Sister Rosalie could not have found a
better place to be quenched. There disease, unhealthy slums and destitution
were the daily lot of the inhabitants who were struggling just to survive.
Sister Rosalie blossomed among the people who would rapidly become her “Beloved
Poor.”
In the beginning, she
accompanied the sisters of the house visiting the sick and the poor in their
homes. She also taught catechism and reading to little girls in the free
school. Sister Rosalie thrived and, in 1807, she made vows for the first time.
All her qualities of devotedness, natural authority, humility, compassion and
her organizational abilities would soon be revealed. Thus in 1815, she would be
named Sister Servant (local superior) of the house.
As the one responsible
for her Community, Sister Rosalie received the mission of mentoring each of her
Sisters, providing formation for the new members and leadership for their
Community life. She carried this out with the greatest of care, communicating
her love and joy of service.
As the years passed, ever
attentive to new deprivations, Sister Rosalie expanded the works of the house:
a school and visits to the sick in their homes, adding a free clinic, a day
nursery, a day shelter for children, too young for the school, a practical
training center and a social center for older girls. At the same time she
reached out to others to share in the Vincentian mission.
Sister Rosalie was the
“good mother of all” without distinction of religion, political persuasion, or
social status. With one hand, she received from the rich, with the other she
gave to the poor. To the rich Sister Rosalie gave the joy of doing good works.
Often one could see her in the parlor of the house with her “beloved Poor” as well
as bishops, priests, government officials, wealthy women and university
students. Among them were Frédéric Ozanam and the first members of the Society
of St. Vincent de Paul.
Tenderly and respectfully
Sr. Rosalie and the sisters of the house mentored these generous young men and
other students. She recommended patience, leniency and courtesy to them. “Love
the poor, do not blame them too much… remember that the poor are even more
sensitive to your behavior than to help.” Above all she led by her example:
“Every day, in all kinds of weather, Sister Rosalie crisscrossed the streets
and alleyways that climbed to the Panthéon, the south side of the Hill of St.
Geneviève …. With her rosary in her hand and a heavy basket on her arm, she
walked with hurried steps for she knew that the poor were waiting for
her! “
She would speak to God of
this family in distress as the father no longer had any work, of that elderly
person who risked dying alone in an attic: “Never have I prayed so well as in
the streets”, she would say. Her faith, solid as a rock and clear as a spring,
revealed Jesus Christ in all circumstances. Her prayer life was intense, as a
Sister affirmed, “…she continually lived in the presence of God. She had a
difficult mission to fulfill and we were always assured of seeing her go to the
chapel or finding her on her knees in her office”.
With her sister
companions and her vast network of collaborators, she untiringly cared for,
fed, visited, and consoled others! Gifted with a keen sensitivity, she had empathy
for all suffering. “There is something that is choking me”, she said, “and
takes away my appetite… the thought that so many families lack bread”. For the
service of her Beloved Poor, she dared to undertake everything with
intelligence and boldness. Nothing would stop her if it enabled them to rise
from their misery.
Sister Rosalie did not
question the established order nor did she support rebellion. In order to fight
against injustice and poverty, she awakened the conscience of those in power or
those with money, she worked toward the education of the children and the youth
of poor families and, to respond to emergencies, she encouraged sharing. She
“organized charity”.
During the years of
Revolution, both in 1830 and 1848, Sister Rosalie and her Sisters cared for the
wounded – rioters or soldiers alike. People who were in jeopardy found refuge
at the sisters’ house on the rue de l’Épée-de-Bois. Their house became a refuge
and a field hospital.
The last few years of
Sister Rosalie’s life were painful as her health worsened and her sight
diminished. She was no longer able to visit her “beloved poor” on a regular
basis yet her reputation continued to grow. The emperor, Napoléon III awarded
her the Cross of the Legion of Honor, a military honor that only four women had
received until recent times.
She experienced in her
life as a “simple Daughter of Charity” the truth of the words of Vincent de
Paul in 1660, “… certainly it is the great secret of the spiritual life to
abandon to God all that we love by abandoning ourselves to all that he will.
Pray for me.”And it would be this simple Daughter of Charity who would be
honored at her funeral, 9 February 1856.It was attended by an estimated 50,000
persons of every sector of society and every political and religious
persuasion. From that day onward, flowers always decorate her grave.
Five Faces of Rosalie
Rendu
Robert P. Maloney, CM at the Motherhouse of the Daughters of Charity, Paris, France, March 25,
2003
Rosalie
Rendu was an extraordinary woman. Even though many of the biographies
written about her are poor in quality.[1]]
Rosalie’s energy, creativity, fidelity, courage shine out in the accounts of
those who knew her.[2] Long
before her death she had become famous. An immense crowd, estimated at 40-50
thousand people, from all strata of society flocked to her funeral on February
9, 1856. As we look forward to her beatification, I think of Shakespeare’s
eloquent words:
When she shall die,
Take her and cut her out
in little stars,
And she will make the
face of heaven so fine
That all the world will
be in love with night...[3]
The Church beatifies and
canonizes men and women precisely for that reason: that they might shine out
like stars for us, that in the midst of darkness we might see, in their
example, what it really means to be holy. Saints make holiness real, concrete.
So, let me present to you today five faces of Rosalie Rendu.
1. Prodigious Worker and
Organizer
Rosalie was born on
September 9, 1786, in Confort, a village in Savoy. At just 15 years of age she
set off for Paris. There she spent more than 50 years of her life in the
Mouffetard neighborhood. Her works were prodigious. They included a primary
school where Rosalie originally taught and which she later ran. Though Rosalie
herself had little formal education (biographers tell us that she never managed
to write French very well), she and others labored strenuously to teach
children to read, to write, to do basic mathematics, and to learn their
catechism.
For young girls and needy
mothers, Rosalie soon organized courses in sewing and embroidering. She later
founded a day-care center and a nursery school where working mothers could have
their children cared for during the day. For these same people, she founded the
Children of Mary with a branch for Christian mothers and a branch dedicated to
Our Lady of Good Counsel.
Though Rosalie was not an
advocate of orphanages, in 1851 she took over the running of one; in 1852, she
began a home for the elderly.
Besides these, she and
the sisters ran a center for the distribution of food and firewood, with a
pharmacy, a clinic and a clothes dispensary. She helped in establishing and
counseling the Conferences of St. Vincent de Paul. She assisted in the
reestablishment of the Ladies
of Charity in 1840. She cared for the sick and the dying in the
recurring cholera epidemics and, perhaps most of all, throughout her life she
visited the poor and infirm in their homes. In the epidemics from 1849-1854, as
many as 150 persons died in a day in the parish where Rosalie and the sisters
worked. They attended to the living, accompanied the dying, and buried the
dead.
The secret of Rosalie’s
prodigious energy and numerous works was precisely the secret that St. Vincent
confided to all his followers: she saw the face of Christ in the person of the
poor. That was the judgment of the theologian who examined her writings in
April 1956.[4] One
of the sisters who lived with her cites Rosalie as she encourages the
community: “Let us love the Good God very much. Let us not be sparing with our
duty; let us serve the poor well, always speaking to them with great kindness.
If you do not act in this way, you will be punished: the poor will insult you.
The ruder they are; the more dignified you must be. Remember, Our Lord hides
behind those rags.”[5]
2. Local Superior
A seemingly sickly
Rosalie was sent away from the novitiate when she was not yet 17 years old with
the hope that a change of air would improve her health. It is hard to imagine
that the air was much better in inner-city Mouffetard, but as she completed her
novitiate and lived and worked in the community there, she thrived. At the same
time she quickly won the hearts of the sisters of the house. She returned to
the Motherhouse for “habit taking” with a word for the Superioress General from
the then local superior, Sr. Tardy, “I am very happy with this little Rendu.
Give her the habit, and send her back to me.”[6] And
so it was that Jeanne-Marie Rendu, now Sr. Rosalie, took her first steps toward
becoming the “Apostle of the Mouffetard District,” perhaps the most miserable
quarter of Paris, where she would spend the remainder of her life. In 1815,
when she was 29 years of age, she became the superior. She carried out this
service for the next 41 years, until her death.
What was Rosalie like as
a superior?
As I read the accounts of
those who gave firsthand testimony about her, three things strike me:
1. Her cousin uses this
phrase in describing Rosalie’s relationship with the sisters in the community:
“infinite tenderness.”[7] Rosalie
was very sensitive to what went on around her. This is evident both in her
contacts with the poor and in her relationship with the sisters. One of the
witnesses writes: “Did a sister seem tired to her? She went up to her class. ‘I
will watch your children, sister, while you go take what I have prepared for
you!’”[8] Some
judged that she was sensitive even to a fault. In 1844, at the death of two of
her companions whom she loved deeply, Rosalie wrote: “I rebelled somewhat
against the hand that struck us.” One of the theologians who examined her
writings did not like this, but actually Rosalie added: “but I am confident
that these two angels will obtain mercy for me. They will pray as much as I try
to imitate them; I have this confidence.”[9]
Her cousin witnesses to
having seen her break down in tears at the departure of sisters whom she cared
for deeply. Once she spoke about her tears to a person she trusted, who
responded: “Rest assured, if you did not so love your sisters, you would not
love the poor so much.”[10]
2. The house where
Rosalie was superior became a “formation house,” so to speak, to which many
young sisters were sent. From her they learned firsthand how to serve the poor.
Twenty-two postulants[11] lived
with her over the years. Eighteen sisters prepared for vows under her
direction,[12] starting
in 1832. Twelve sisters lived in her community at the time of her death;[13] half
of them had less than four years in vocation.
Her attitude toward the
formation of young sisters is evident in a letter that she wrote in 1838 to a
young novice for the Daughters of Charity: “Learn to become a child of
St. Vincent,
that is, Daughter of Charity, heiress of the promises he makes to give
everything to one who gives without reservation.”[14]
Apparently she waged war
against pride. One of the sisters in the house states: “In spiritual direction,
she pursued this latter fault relentlessly: ‘It’s our number one enemy,’ she
said, ‘look for it, you will find it at the base of everything, it disguises
itself to trick us and confuse us, but we must grab it by the throat and choke
it.’”[15]
3. Under Rosalie’s
animation, this incredibly active house was also, quite notably, a house of
prayer.
The community she
animated rose each morning at four and prayed faithfully. Among the things that
Rosalie read as a source for prayer were The Imitation of Christ and the
writings of St. Francis de Sales, whom she called her dear friend
and compatriot from Savoy.[16] One
of her companions writes: “if we had to leave God for God and accompany her on
a charitable visit, she said to us: ‘Sister, let’s begin our meditation!’ She
suggested the plan, the outline, in a few simple, clear words” and entered into
prayer.[17] The
Viscount of Melun quotes her as saying to a sister: “I never pray so well as I
do in the street.”[18]
3. Intrepid Woman
By all accounts, this
tender woman was fearless. Rosalie lived in turbulent times. As a child, she
experienced the Reign of Terror in France; her family hid a non-juror priest in
their home. She came to Paris under Napoleon’s rule, when the Vincentians were
still suppressed and the Daughters of Charity could not wear their habit. She
experienced the Revolutions of 1830 and 1848, as well as terrible cholera
epidemics in 1832, 1849 and 1854.
Rosalie walked among the
sick and dying with little fear for her own health. She and the sisters
ministered constantly to thousands of cholera victims. They organized the
members of the newly-founded Conferences of
St. Vincent de Paul to work with them among the cholera-stricken.
The most well-known
incidents of Rosalie’s bravery took place during the Revolutions. When Rosalie
and the sisters hid revolutionaries, Monsieur Gisquet, the Prefect of Police,
signed a warrant for her arrest. But the local policemen warned their chief
that her arrest would cause a riot in the whole Mouffetard neighborhood.
Gisquet himself went to notify Rosalie of the warrant. She replied: “I am a
daughter of charity; I have no flag; I help the unfortunate wherever I meet
them; I try to do good to them without judging them, and, I promise you that,
if you yourself were ever being pursued and you asked my help, I would not
refuse it.”[19] The
prefect dropped the matter.
Fierce fighting broke out
within the city during the Revolution of 1848. The Archbishop of Paris, urged
on by Frederic Ozanam, mounted the barricades in an
effort to stop the slaughter. He was shot and the fighting became even more
intense, with thousands killed. General Cavaignac decided on a massive
bombardment of the Mouffetard neighborhood, but first offered the sisters safe
conduct out. Rosalie responded to his messenger: “Sir, please thank the General
and tell him that we are the servants of the poor and also their mothers and that
we want to die with them.”[20] Rosalie
and the general, who was later President of the Republic, became friends who
deeply admired one another.
The Viscount de Melun
attests that during this same Revolution in 1848 an officer of the Garde mobile
sought refuge at the sisters’ house. He arrived at the door with rioters in hot
pursuit. Rosalie stopped them, shouting: “There is no killing here! ... In the
name of my devotion over 50 years, of all that I have done for you, for your
wives, for your children, I ask you for this man’s safety.”[21] The
officer was spared.
4. Friend of Rich and
Poor
On two occasions
recently, I have walked to the Cemetery in Montparnasse to visit the grave of
Rosalie Rendu. Fresh flowers always lie there. On the simple stone are engraved
the words:
To Sister Rosalie
Her grateful friends
The Poor and the Rich
Like St. Vincent, Rosalie
knew how to be friend to both. The poor loved her deeply, because they sensed
that she lived out precisely what she asked of the sisters who accompanied her.
She asked of them, in the words of one of the witnesses: “welcome everyone,
speak to the poor with both kindness and dignity, do not make them wait. ‘Treat
them,’ she said, ‘as you would treat your father, your brothers, your
sisters.’”[22]
But the rich too were
attracted to Rosalie. She was the real thing. They found her appeals
irresistible. Rosalie knew how to engage their energies and their resources in
the service of the poor.
Her correspondence
extends to the Archbishop of Paris, to Superiors General, to politicians, to
doctors, to young students and to family and friends.
She took on Frederic
Ozanam and his companions as apprentices and thus participated in the birth of
the Society of St. Vincent de Paul.
From 1833 until Rosalie’s
death, the Viscount of Melun visited her at least once a week to seek her
advice and help in the service of the poor. Among those who gave Rosalie material
aid were the King and Queen, General Cavaignac, whom I have already mentioned,
writers and politicians like Lamartine and Caubert, and many local politicians
and administrators. The Ambassador of Spain, Donoso Cortéz, came to Rosalie’s
house weekly to receive a list of the poor to visit. When he himself fell ill
in 1853, Rosalie assisted him until his death.
On February 27, 1852,
Rosalie was awarded the Cross of the Legion of Honor. On March 18, 1854, the
Emperor Napoleon III and the Empress Eugénie came to visit her at her house.
Sometimes, it would appear, Rosalie’s extraordinary popularity raised eyebrows
among her peers and her superiors.
The daily line of those
seeking entrance into Rosalie’s salon in the house on rue de l’Epée-de-Bois was
long. She worked efficiently, writing little notes to remind herself of their
requests. She sought to find some response, even if inadequate, to all the
needs presented to her. She did not hesitate to ask the help of those whom she
helped. Besides her own sisters, she engaged the poor themselves, young
students, priests, religious, and the wealthy too in the service of the poor.
5. Faithful, sometimes
misunderstood, Daughter of Charity
Of all the causes for the
beatification of members of our Vincentian Family, the one that has interested
me most is precisely Rosalie Rendu’s. She was revered in her own lifetime.
Those who knew her said that no one resembled St. Vincent so much as she did.
While her works were marvelous, her prayerfulness was also striking. While she
could be tenacious and unyielding in protecting the poor, she had “infinite
tenderness” in relating to them. While she had little formal education, she
counseled people of all ranks who came to seek her (a fact that she accepted
with a bit of humor).[23]
But in the latter part of
her life Rosalie suffered from the disapproval of her superiors. It would
appear that the troubles go back to the late 1830s and the conflict that arose
during Fr. Nozo’s mandate as Superior
General.[24] Because
of a financial scandal and the loss of a considerable amount of money for
the Congregation of the Mission, strong
opposition to Nozo mounted up. Fr. Etienne and Fr. Aladel were
among his most formidable opponents. News of the conflict hit the papers, so
that much of Paris was talking about it. Finally, the Archbishop of Paris
decided to intervene and composed a document of interdict against Fr. Etienne,
Fr. Aladel and others. Rosalie, who wanted the matter to end peacefully and had
good connections with the Archbishop, went to intercede with him. She remained
on her knees and refused to leave, pleading with him to burn the decree of
interdict against Frs. Etienne, Aladel, Legot, and Grapain, while pronouncing
himself in favor of Fr. Nozo’s cause.[25] After
long resistance, the Archbishop gave in. One account states that he finally
responded to Rosalie: “Burn it yourself and remember that I hold you
responsible before God for what you have made me do!”[26]
Looking back, it seems
clear that Rosalie, by her intervention, wanted to mediate a peaceful
settlement to a bitter dispute, but Fr. Etienne, elected a short time later as
Superior General, remained quite unhappy with her. Only one Vincentian,
Monsieur Marion, came to her funeral. He said that he told no one that he was
coming, but that he could not stay away because of all he owed to Sr. Rosalie.
It is interesting that,
despite their rather cold relationship, Rosalie would not tolerate criticism of
Fr. Etienne in her presence. One day, during recreation, a young sister, with
some humor, remarked how fat Fr. Etienne was. Rosalie responded rather
severely: “I will let that remark pass because of your youth, but you would not
talk like that if you saw God and St. Vincent represented in your superiors.”[27] That
ended that conversation!
Those are five faces of
Rosalie Rendu. In a rich personality like hers, I am sure that there were many
others. Rosalie died on February 7, 1856. Her own mother died just three days
earlier — news of which never reached Rosalie.
A contemporary author,
Elizabeth Johnson, writes:
... paradigmatic figures
who emerge in the course of history are like a Milky Way thrown down from
heaven to earth ... a shining river of stars spiraling out from the center of
the galaxy ... to light a path through the darkness. They are women and men who
shine like the sun with the shimmer of divinity, showing the community the face
of Christ in their own time and place. They distill the central values of the
living tradition in a concrete and accessible form. The direct force of their
example acts as a catalyst in the community, galvanizing recognition that yes,
this is what we are called to be.[28]
That is precisely what
Rosalie Rendu says to us today.
The fundamental
biography was written by the Viscount Armand de Melun and
entitled, Vie de Sœur Rosalie, Fille de la Charité (Paris, 1857). It went through
13 editions. Later biographies (for a list of these, cf. Positio, “Biographie
documentée,” p. 306ff.), basically, follow the work of this close collaborator
and friend of Sr. Rosalie.
Unless otherwise
noted, all citations in this conference are from the Positio Super Virtutibus
et Fama Sanctitatis (Rome, 1993).
Romeo and Juliet,
Act III, scene II (slightly modified).
Positio, “Sommaire
du Procès Ordinaire de Paris,” p. 92.
Ibid. p. 56-57.
Vicomte de Melun,
Vie de la Sœur Rosalie (Paris: J. De Gigord, 1929) 29.
Positio,
“Biographie documentée,” p. 195.
Ibid.
Ibid. pp. 195-196.
Ibid. pp. 196-197.
Ibid. pp. 179-180.
Ibid. p. 180.
]Ibid. p. 181.
Ibid. p. 208-209.
Ibid. p. 201.
Ibid. p. 199.
Ibid.
Ibid.
Ibid. p. 70.
Ibid. p. 72.
]Ibid.
Ibid. p. 179.
Ibid. 170.
Cf. ibid. p. 204.
Cf. also, Positio,
“Sommaire du procès ordinaire de Paris,” p. 43.
Positio,
“Biographie documentée,” p. 204.
Positio, “Exposé
des vertus,” 51.
]Elizabeth A..
Johnson, Friends of God and Prophets (New York: The Continuum Publishing
Company, 1999) 239.
SOURCE : https://wiki.famvin.org/en/Five_Faces_of_Rosalie_Rendu
February 7, 2015 · 10:50
am
Blessed Sister Rosalie
Rendu, D.C. (used with permission of the Provincial Archives)
February 7 marks the
feast day of Blessed Sister Rosalie Rendu. The text below is taken from the
Vatican’s website.
Jeanne Marie Rendu was
born in 1786 and entered the Daughters of Charity in 1802. She was sent to the
house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District, where she
remained for the next 54 years. At the time, it was the most impoverished district
of the quickly expanding capital. Jeanne Marie, who received the name Sr.
Rosalie, made her accompanied Sisters visiting the sick and the poor and taught
catechism and reading to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr.
Rosalie made vows for the first time.
In 1815 Sr. Rosalie
became Superior of the her local community. To assist all the suffering, she
opened a free clinic, a pharmacy, a school, an orphanage, a child‑care center,
a youth club for young workers and a home for the elderly without resources.
Soon a whole network of charitable services was established to counter poverty.
Superiors sent her
postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period
of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters
in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: “If
you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have
nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the
charity office became a house of charity, with a clinic and a school.
Her reputation quickly
grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the
region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and
dedicated collaborators. Students of law, medicine, science, technology,
engineering, teacher‑training, and all the other important schools came seeking
from Sr. Rosalie information and recommendations. Or, before performing a good
work, they asked her at which door they should knock. Among these, Blessed
Frédéric Ozanam, cofounder of the “Society of St. Vincent de Paul,” and the
Venerable Jean Léon Le Prevost, future founder of the Religious of St. Vincent
de Paul, knew well the road to her office. They came, with their other friends,
to Sr. Rosalie seeking advice for undertaking their projects. She was the
center of a charitable movement that characterized Paris and France in the
first half of the 19th century. Sr. Rosalie’s experience was priceless for
these young people. She directed their apostolate, guided their coming and
going in the suburbs, and gave them addresses of families in need, choosing
them with care.
Hardships were not
lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after
another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly
in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her
Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in
the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades
and bloody battles were the marks of the opposition of the working class
stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was
killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was
deeply grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded
fighters irrespective of the side they were fighting on. Without any fear, she
risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom
commanded the admiration of all.
In 1852, Napoleon III
decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse
this individual honor but Fr. Jean-Baptiste Étienne, Superior General of the
Priests of the Mission and the Daughters of Charity, prevailed up her to accept
it.
She died on 7 February
1856 after a brief acute illness.
The official newspaper of
the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister: “Funeral
honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than fifty years
this holy woman was a friend to others in a district where there are many
unfortunate people to care for and all these grateful people accompanied her
remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was part of the
cortege.”
Numerous visitors flocked
to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who
was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for
the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site,
close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large
Cross are engraved these words: “To Sister Rosalie, from her grateful friends,
the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and continue to bring
flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to this humble
Daughter of St. Vincent de Paul.
Sister Rosalie Rendu was
beatified in 2003.
SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/
Rosalie
Rendu: The Person Behind the Actions
Sister Rosalie Rendu: A
Daughter of Charity On Fire with Love for the Poor, by Sr. Louise Sullivan,
available for research in the Provincial Archives.
by Sister Louise
Sullivan, D.C.
February 7 is the feast
day of Blessed Sister Rosalie Rendu. The text below is taken from chapters 1
and 2 of Sister Louise Sullivan, Sister Rosalie Rendu: A Daughter of
Charity on Fire with Love for the Poor (Chicago: Vincentian Studies
Institute, 2006). Additional text and illustrations can be found in this
presentation from FAMVIN.
As with St. Vincent and
St. Louise, or in studying the life of any saint, there is the danger of losing
the person behind the actions, of being so dazzled by the magnitude of their
achievements that the spiritual and human motor that drove them disappears.
Such has often been the case with Sister Rosalie. Sister Rosalie, the woman, is
far more and far less than the sum of her actions. If she has something to say
to the men and women of today, it is precisely because of the person she became
by the grace of God and by her response to that grace. Who was this simple
country girl who became a symbol of Our Lord’s loving mercy toward those who
are poor? What would move her to dedicate her life in service of others, in
contradiction to the values of our world?
Jeanne-Marie spent her
early years in a profoundly Christian atmosphere. However, this did not mean
that she was an excessively pious child. Armand de Melun expands upon the
portrait, describing his friend as a little girl who was “pretty… energetic…
impulsive… and strong-willed… mischievous… born with a lively and impetuous
temperament.” He tells us that she “tried to get into all the mischief she could
so that there would not be any left for her when she reached the age of
reason.” He added that she “teased her sisters, liked to throw their dolls into
the neighboring garden, was more interested in butterflies than in books, and
that in games she was neither the last nor the least aggressive.”
Oral tradition in the
village, passed on by one of Sister Rosalie’s relatives, had it that the little
girl was “lively, even mischievous, but that she was very devout, had a very
kind heart and already, as a child, was moved to assist those who were poor.”
In fact, Rosalie’s “extreme sensitivity” to the needs of those living in
poverty, and in all other things for that matter, is considered by those who
study her life as “unquestionably Sister Rosalie’s dominant character trait.”
Her sensitivity manifested itself early and would remain all her life,
sometimes causing her suffering. Yet this trait would eventually lead her to
become “a resting place where the whole weary world could lay its burdens.”
While few biographers or
witnesses during the Cause of Beatification speak explicitly of Sister
Rosalie’s faith, it is evident that her love for those who were poor was rooted
in faith and in the conviction that it was God whom she found in them. That
faith was born in the rugged terrain of the Jura Mountains in a home where God
was the center and where one had to be willing to risk all, even one’s life, to
remain faithful.
As Mélanie pointed out,
Jeanne-Marie was “highly intelligent” but her education was essentially practical.
She could read and write but spelling was largely beyond her and her
correspondence reflects this. She spelled phonetically while expressing herself
clearly, forcefully, and even with a certain grace. This combination of example
and practical training developed her innate “bon sens paysan” or common sense,
as well as her good humor. These qualities of common sense and good humor had
characterized Saint Vincent de Paul before her and, as in his case, would serve
her well later on.
Shortly after Sister
Rosalie’s death, her cousin, Eugene Rendu, wrote of her:
“Sister Rosalie’s
principal character trait was her common sense, pushed to the point of genius.
Those who did not have the honor of meeting her often could not appreciate her
moral supremacy and, if I may say so, her ministry to souls, which the
confidence that she evoked from all gave her. Persons came from far and wide
seeking her advice.”
Later in life, Rosalie
seemed able to deal with everyone (whether rich or poor) equally; she became
well-known and won over many hearts, even those who were apathetic or
anticlerical.
Jeanne-Marie Rendu left
her village for the first time, at the age of thirteen or fourteen, to begin a
journey that would eventually lead her to Paris. In perhaps the most miserable
slum of the French capital she would devote fifty years of her life in the
struggle to bring relief to a whole gamut of human suffering … As she left the
Jura for the last time, Jeanne-Marie Rendu had within her those qualities that
would one day make her the “Apostle of the Mouffetard area”.
SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/
Beatification
of Rosalie Rendu, November 9, 2003
Blessed Sister Rosalie
Rendu, D.C.
(Images of Rosalie Rendu
and Rosalie Rendu beatification program, 2003, used with permission of
Daughters of Charity Provincial Archives)
November 9, 2013 marks the 10th anniversary of the beatification of Sister
Rosalie Rendu, D.C., whose image is seen on the left. The image on the right is
the cover of the program from Sister Rosalie’s beatification ceremony. The
biography of her life which follows is based on the biography which appeared in
the beatification program.
Jeanne Marie Rendu was
born September 9, 1786, the eldest of four girls. Her Godfather by proxy was
Jacques Emery, a family friend and future Superior General of the Sulpicians in
Paris. She was three years old when the Revolution broke out in France. From
1790 it was compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil
Constitution. Numerous priests refused to take this oath. They were chased from
their parishes, some were put to death, and others had to hide to escape their
pursuers. The Rendu family home became a refuge for these priests. It was in
this atmosphere of faith, always exposed to the dangers of denunciation, that
Jeanne Marie was educated. She would make her first communion one night by
candlelight in the basement of her home. This environment forged her character.
The Daughters of Charity had been suppressed during the French Revolution; the
Seminary (novitiate) re-opened in December of 1800. In May of 1802 Jeanne Marie
Rendu arrived at the Mother House to begin her initial formation as a Daughter
of Charity. When she completed her Seminary formation, she was given the
community name of Sister Rosalie and sent to the Mouffetard District, where she
served for the next 54 years. In 1815 Sister Rosalie was made the Superior of
the Daughters of Charity house at Mouffetard.
The Mouffetard District
was one of the poorest districts in all of Paris, and Sister Rosalie served the
poor in many ways. She visited the sick and poor. She opened a free clinic and
pharmacy. She opened a free school and taught reading and catechism in the
school. She started a child care center, a youth club for young workers, and a
home for the elderly. Thanks to Sister Rosalie, a whole network of charitable
services were put in place to serve the poor.
Her reputation grew
quickly in all the districts of Paris and beyond. Sister Rosalie knew how to
surround herself with dedicated collaborators who supported her work both with
their time and with funds. These collaborators included bishops, clergy, the
Ambassador of Spain, and even Emperor Napoleon III. Students from the
universities in Paris sought Sister Rosalie out as well; one of those students
was Frederic Ozanam, who would go on to found the Society of St. Vincent de
Paul. During Sister Rosalie’s years in the Mouffetard District, there were many
hardships, among them civil uprisings in 1830 and 1848 and cholera epidemics in
1832 and 1846; during the cholera epidemics she was often seen picking up dead
bodies in the streets.
Sister Rosalie Rendu died
on February 7, 1856. Her death was mourned throughout Paris. Thousands attended
her funeral at St. Medard Church and her burial at Montparnasse Cemetery. Today
her tomb is marked by a cross bearing the inscription, “To Sister Rosalie,
from her grateful friends, the rich and the poor.”
SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/
Sister Rosalie Rendu
1786–1856
Placed in the centre of
Europe, with different races overlapping her borders, North, East and South,
France has been in frequent turmoil for the past hundred and sixty years.
Internal revolutions and external wars have spattered her history, and amid all
the evils of those times, the Wisdom of God has brought forward a succession of
saintly men and women to balance and rectify the doings of the wicked.
The French
Revolution, between 1789 and 1799,
besides proclaiming the Republic, had sought to nationalize the Church. There
were Martyrs in plenty, who died for the rights of the Church. Religious
communities of men and of women were butchered or dispersed, and the diocesan
clergy were deported or compelled to leave their parishes, and seek temporary
refuge abroad. Many of these went over across the mountains of Switzerland, and
the house of the Rendu family was a stage of the weary journey for numbers of
them, and a hideout for others.
The Rendu Family
It was a modest house in
the village of Confort, named after a chapel of Our Lady of Consolation or
‘Confort,’ built by Cistercian Monks there on the roadside. It looked out over
the valley to the majestic peaks of the Jura Mountain Chain, between France and
Switzerland.
It was here that Jeanne
Marie Rendu was born in 1786, the first child of this branch of the family
which had its well-known roots back in the fifteenth century. Her father died
when she was ten, followed by a baby daughter, leaving his wife with three
girls to care for and educate.
Jeanne Marie made her
first Holy Communion in the secrecy of the cellar, when she was nine years of
age. In later years she recalled the pleasing risks of the Masses celebrated in
the morning darkness in her home by her Parish Priest and by ‘the gardener,
Peter,’ who was in fact the Bishop of Annecy; both of these were in hiding in
the house.
Schooling and Vocation
The Ursuline Nuns had
bravely reopened their boarding school at Gex a few years earlier, and Jeanne
Marie was sent there, thirty miles from home, for a couple of years’
instruction and education. Well- grounded in the elements of her religion by
her mother, she enjoyed the freedom of its practice in this convent; and her
willing nature benefited by the teaching given, as is evident in her capacities
in after life. It was in Gex that she first saw the Daughters of Charity of
Saint Vincent de Paul, whose hospital there had been founded in 1660 by Saint
Vincent himself, shortly before his death. On one of her visits to Gex, Madam
Rendu took her daughter to visit a friend in the hospital. The sight of the
sick and their nurses impressed the girl indelibly, though she was not yet
twelve years of age. She had been accustomed to help her mother in caring for the
poor and the sick who called at their home by the wayside, even to the extent
of giving away her best Sunday shoes to a barefooted stranger, and her nearer
view of great human distress and suffering in the hospital beds made a stirring
appeal to her generous heart. The grace of God was to add its force to her own
compassionate nature, and soon bring her to make the gift of herself and her
life for the service of the poor and suffering.
Novitiate
She returned home,
helping her mother for two years, but with her dream of the future always in
mind, until, at the age of fifteen, with the advice of the Parish Priest of
Gex, in company with one of her schoolmates, she decided to join the Community
of the Daughters of Charity in Paris. Their novitiate had been reopened in 1800
when the Daughters of Charity, scattered and tried by the Revolution, came
together again to continue their charitable works for the people who had
molested them. After their heartfelt farewells and a long, tedious drive in the
stage-coach, the two Postulants were delivered to the Mother House on the 25th
of May, 1802. Jeanne Marie then began her period of training and the
consolidating of her vocation in charity, humility and simplicity. The change
of climate from her mountain air and the ardent life of the Novitiate
threatened her health, so that she was transferred to another house in Paris,
whilst still in the black habit of a Novice, and was given the name of Sister
Rosalie.
Active Service
Her new home was in the
street of the ‘Epée de Bois’ or of the ‘Wooden Sword,’ not far from the Mother
House and from Saint Sulpice Church, in a slum area, with its crowds of people,
its vulgarity and wretchedness, and its shops and markets along the dirty
streets. She was now sixteen years of age, and was to reside in this
dreary-looking quarter of the city for the rest of her days, going about doing
good. Here the Sisters had a ‘house for relief,’ set up by the Government to
distribute relief to the poor, who were very numerous after the disorganization
of the Revolution. The seven Sisters also conducted a primary school, a
dispensary, and a depot for clothing and linen goods, and visited the sick and
the poor in their homes and hovels. Their services were so much valued by the
local residents that when the Sisters had been brought before one of the
revolutionary tribunals as ‘reactionaries,’ the men of the place gathered there
and told the Judges that they were determined to protect the Sisters and take
them back to their home. The Judges gave way, and the men escorted the Sisters
back in triumph.
In the School
Sister Rosalie was first
placed in the schoolroom. With a kind and devoted heart, her gay and bright
disposition, capable, and experienced by the handling of her own smaller
sisters, she found this instructing of children a pleasing apostolate, and gave
herself to it in the spirit of the Blessed Virgin teaching the Christ Child. As
the pastoral care of priests had been scarce and fitful for nearly ten years,
she also became the catechist to many grown-ups at evening classes, begun for
their benefit. After school she was allowed to accompany other Sisters visiting
the homes of the poor to bring food, clothes, and all sorts of necessities. One
astonishing experience she had at this time. Her Superior had been asked by the
Archbishop of Paris to attend to the meals and care of a good priest, who,
through no fault of his own, had become a victim of diabolical possession.
Sister Rosalie went on one of these visits to him, and when she had swept and
tidied the room where he sat at a desk, writing, her Superior said to her: ‘Say
‘good-day’ to Father and ask for his prayers.’ She was about to do so when,
like lightning, the poor man sprang to the ceiling and ran around on it as if
it were the floor, calling out: ‘Rosalie, what a lot of souls you will snatch
from me.’ In terror, Sister Rosalie was out and away down the street in a
moment. It was a startling event, but it was a revelation of the virtue of the
young Sister and of the power for good she wielded.
In 1807, at the age of
21, she made her vows of Poverty, Chastity, Obedience and Service of the Poor,
as a full member of the Company of the Daughters of Charity; she continued her
school-work and her errands around the slum. Her cornette was a sign of comfort
and charity wherever she went in the dirty, narrow streets and the low,
verminous houses. No visitor was more welcome, more pleasant and charming; and
no one was more happy and pleased to be serving the needy and the poor. Mishaps
of all kinds came for her healing. One day she was seen leading a horse along
the street. A strange sight, but it had a simple explanation. A man came to her
in tears at the loss of his horse; he was a carrier, and his livelihood was in
danger. She approached one of her benefactors. ‘I need a horse,’ she said
rather shyly. ‘If that is all,’ her friend replied, ‘take one of those in the
stable.’ But these were racehorses. ‘Well, then, you will have to go and buy it
yourself, if you want a draught horse,’ the man said. ‘Send the account to me.’
Superioress
In 1815, when she was
only twenty-eight, Sister Rosalie was appointed Superioress of the house of
eight Sisters in the street of the ‘Wooden Sword.’ She was young for such a
charge, but her worth was evident and her capabilities esteemed. Her zeal was
contagious, showing its effect in the house by the fervent, regular life of her
companions, and outside, by their willing co-operation in the works of charity.
In all the busy days of her life, first place was given to her direct duties to
God in prayer, presence at Holy Mass, and the devotions normal to her
Community. It was from this source that all her activity for others was guided
and stimulated.
Her spirit of Faith never
flagged, and she saw the spiritual aspect of every circumstance. ‘You should
not lose a moment of your lovely calling,’ she said to a school sister; ‘you
alone will teach these children to know and love God; their mothers would never
do it. . . . And remember that you are paid to teach them; if you do not do it,
you will fail in justice.’ And again: ‘Since you will not have the good fortune
to be visiting the poor, you can do good for yourself by cleaning the shoes of
those who do, and who may not have the time to do it themselves.’
She chose a strong young
Sister to do the visiting:. in a thickly populated area, known as the ‘Gilded
City.’ ‘You will have the best part,’ she said, ‘in this place. There are
twelve hundred people there, living in huts of all sorts built by the rag-
pickers. People who are without work, without clothes; many couples are not
married and most of them come there through vice rather than by misfortune.
There are lots of drunkards. Ask the children you meet whether they go to
school. There is a great deal of good to be done among them by a Daughter of
Charity.’ A policeman on duty met the Sister on her way. ‘I think, Sister, this
is not your place,’ he said kindly, ‘it is hardly wise for you to come among
these rogues. We ourselves come only in squads.’ On reporting this to her
Superior, Sister Rosalie told her: ‘You have nothing to fear; the police are
there to deal out human justice, you are there to show the mercy of God. Do
what you can. God wants us to dig and sow; He will bring on the fruits; grace
has its own time. Get the children to pray.’ Sister Rosalie had no qualms about
her zeal, with complete confidence in the helping hand of God.
Her Character
A determined woman of
strong will, she was kind and maternal towards her companions. She rarely gave
commands, but rather gently begged her Sisters to oblige her. She asked their
advice in the affairs that concerned them and their work. ‘If I wanted to know
how to bark,’ she said in justification of her practice, ‘Would I not ask a
dog?’ She had full confidence in their judgment, for they were, like herself,
fully devoted to the work of God for His poor. She showed them many kind
attentions and favours, seeing that their shoes were dried if they had been out
in the rain, preparing a special dish for the delicate, or taking a spell in
their classrooms to relieve them. Sisters did not like to be changed from her
side, nor did she like to lose them. She said to Sister Melanie, who thought of
going across to the Mother House for some family ceremony: ‘Do not go; you are
tall, and when they see you they will be thinking of you for some other place.’
She was strong and firm in her management, but never severe; rigorous and
thoughtful; understanding and considerate, though not soft; compassionate and
forgiving, unselfish, and more tender than a mother towards the Sisters in her
care. For forty years she was Superior in the one house, where she trained many
Sisters and many Postulants, for it was a sort of place of apprenticeship.
Sister de Verien, who planted the Company of the Daughters of Charity in
Ireland at Drogheda in 1855, was among these; and it was from the house in
Drogheda that the first Superioress in Australia came in 1926.
Some Undertakings
She had not long been
Superior in the Rue de l’Epee de Bois, when she was summoned to the Mother House
and given the message to remain there. She was engaged in sewing and at some
work in the garden for several days, waiting to know what was to be her
destination. Being asked did she not want to interview the Mother General, she
replied simply: ‘I shall see her when she wishes to send for me; I have nothing
to speak to her about; just now I have only to be obedient.’ She was sent for,
and her Superior said: ‘Sister, you are a nuisance to us here; you may return
to your own house.’ Humble and happy within herself, she set off at once for
the Mouffetard quarter of the city and the poor and to the work she loved.
Her undertakings were
advancing under her valiant guiding hand. She kept a vigilant eye on the
children’s school, for she valued their instruction and upbringing- always in
accord with their social status, for she did not wish them to be overeducated,
with ambitions beyond their reach and with a distaste for life among their own
families.
As the girls grew up and
left school to go to work, she encouraged them to come back on Sundays and
Feastdays for some recreation, dancing and singing-and for her good advice. Her
past-pupils were delegated to look after the younger girls in their first years
in the world-they were to be ‘big sisters,’ and were formed into an Association
of Our Lady of Good Counsel. Since good is contagious, these girls extended
their charity to visiting old and lonely people in the district, talking and
reading to them, bringing them some delicacies and doing their laundry for them.
The Day Nursery she
established was dear to her heart, for it gave her contact with these innocent
souls, and though she could not spend much time personally with the babies, she
took care to meet their mothers and enquire after their welfare and the practice
of their religion in the Sacraments and the Mass.
As her charity embraced
all ages, she began a night shelter for men. As many as eighty, old and
solitaries for the most part, were given lodging. She gave them, besides,
comfort and encouragement, appreciating the anxieties and the crosses of old
age; and regarding them as near-candidates for Heaven, she instilled into them
the patience and courage to go on in their hope of a blessed after-life. She
had no complaints or rebukes for them, but always defended them in their faults
and made excuses for them. If they took too much wine – ‘old men’s milk’ they
called it – it was excused because they wished to forget their troubles and
misery; or because, having no other place of recreation or comfort than the
taprooms, they were led unconsciously to indulge in the bright, shining wines.
At one period of cholera,
in 1832, Sister Rosalie gathered seventy orphan children in a few days; their
parents were stricken down in this unsavoury quarter of the city, and the
Sisters stepped into their place.
The expenses of these
branches of her charity never worried Sister Rosalie. The generous open hand of
Providence, through some human medium, secured the funds for the expansion of
buildings, for the food and clothing of the boarders, and for the articles
distributed to those in want. One month in 1838, two thousand people were given
a daily ration from the ‘soup- kitchen’ kept by the Sisters-several hours of
service and a considerable cost.
Besides, she had always
cultivated a childlike confidence in the Mother of God, appealing to her in all
circumstances and trusting in her maternal protection. From their foundation
the Daughters of Charity had been schooled in the devotion of the Rosary and in
the belief of the Immaculate Conception, which gave special prayers and cult to
Mary. Sister Rosalie was no exception, and her filial piety for Our Lady was
always to the fore. It is exemplified in the advice she gave to one of her
friends, whose wife had just died: ‘Make Mary the Mother of your children.’
Frequently she visited the Church of Our Lady of Victories to pray for special
needs, but the shrine of Our Lady of Hope in Saint Severin’s Church seemed to
be her chosen place of pilgrimage; it was near her house, and she could call
there easily.
She lived in the days of
the manifestation of the Medal of the Immaculate Conception, when the Blessed
Virgin appeared to Saint Catherine Laboure, one of the younger Sisters of her
Community at the Mother House; and she saw this medal get its name of
‘miraculous medal’ because of the graces and conversions and favours received
through its use. In her own activities she was an ardent propagator of the
medal and its devotion. And when she passed near the Mother House, after that
date, she never failed to call to the shrine; on her monthly visit there she
would spend as much time as possible in that chapel, interceding for her
people, their needs and welfare.
Visitation of the Poor
The primary duty of
visiting the poor in their own homes and garrets was never neglected. These
were, in the words of Saint Vincent de Paul, her ‘lords and masters,’ so for
them she gave her love and service, begging her Superiors to send her more
Sisters in order to relieve them the more. She instructed her new helpers in
their approach to the poor, in the good offices and attentions they should show
them, and in the ways of attending to their ills and sicknesses.
The Society of Saint
Vincent de Paul
Among her other helpers
were some men, university students and professors, who became the foundation
members of the Society of Saint Vincent de Paul. They were engaged in visiting
prisons and hospitals and in rescuing foundlings, in their spare time, and had
worked individually under the direction of Sister Rosalie in her district,
visiting the sick and needy. There was a study-circle or ‘conference of
History’ meeting regularly in the home or office of Professor Bailly, of the
Sorbonne University, frequented by students like Frederick Ozanam, Lamache,
Lallier and Letaillander. It was at one of these meetings that someone
complained in disgust: ‘Christianity is dead. You boast of being Catholics;
what are you doing about it?’ After the meeting, Ozanam said to Letaillander:
‘That’s true. Let us not talk about charity, but let us put it into action.’ At
the next gathering it was suggested that a ‘conference of charity’ be formed.
All present agreed; Professor Bailly was very pleased, and he advised them to
go to Sister Rosalie for advice and instruction about ways and means. The
‘Conference for History’ became the ‘Conference for Charity,’ the first
Conference of the Society of Saint Vincent de Paul, in 1833.
It was not far from the
University to Sister’s house in the street of the ‘Wooden Sword,’ where she had
now spent 30 years. Ozanam knew the way very well. Sister Rosalie already knew
him, and had warned him of his excessive generosity to the poor. She told him
of one of her young men who had given all his clothes to a poor beggar, so that
a friend who called on him in the morning found him still in bed because he had
nothing to wear. A message was sent to Sister Rosalie, who supplied the
necessary garments, and a note which said: ‘My poor friend, if you become a
Bishop some day, you will give away your Cross and mitre.’ (The young man, M.
Dupuch, did become Bishop of Algiers, and did give away his crozier and mitre
in his generosity.) Ozanam learned this lesson of prudence, as he did many
other things, from Sister Rosalie.
The Conference of Charity
often met in her house in the ‘Wooden Sword.’ She gave them addresses and
houses to call at, proving to them the need and the welcome nature of their
activities. She also generously refilled their ‘poorbox’ with alms, when it was
depending solely upon their weekly collection among themselves. Moreover, she
freely gave them her advice and experience, and imbued them with the spirit of
supernatural charity and the spirit of Saint Vincent de Paul. The first Rule of
the Society, published in 1835, is remarkable for its many expressions identical
with those of Saint Vincent, for instance: ‘Here at last is the commencement of
the written Constitution for which we have so long yearned. It has had to wait
for a long time. . . . But were we not bound to feel assured that God wished it
to continue? Was it not necessary to see what it could do, by what it had done
already, before framing its rules and its obligations? . . . Jesus Christ first
practised what He was afterwards to teach mankind: ‘He began to do and to
teach.’ We wish to imitate that Divine Model so far as our weakness allows. . .
. We shall love our Society tenderly, and even with a greater affection than
any other similar body, not because of its excellence or through pride, but as
dutiful children love a poor and deformed mother more than all other women,
however remarkable they may be for their wealth and attractions.’-These are
formulae taken from Saint Vincent’s own writings. Besides, this Rule adopts
what Saint Vincent did and did not wish in various circumstances as its guide in
charity. The President General of the Society, Professor Bailly, in a letter to
the whole Society in 1842, emphasized the source of these Rules: ‘They are not
the word of man, or at least they are the word of a man who was made a Saint, a
man whose sayings and whole life God has crowned with heavenly glory. You are
aware, of course, that those thoughts are taken from the most intimate writings
of Saint Vincent de Paul, from the Rules which he drew up after many years’
experience for the holy societies of which he was the father.’-Where did these
ideas of Saint Vincent come from? What was the channel bringing them to these
charitable men, if not Sister Rosalie Rendu?
She knew the first
members of the Society very closely, and knew their goodwill and earnestness,
their zeal and charity; they sought her aid and her counsel, and valued her
experience and guidance. When the question arose at one of their meetings of
branching out into a second conference, after fruitless discussion, the member
who had proposed it, said: ‘It is not my idea; it came from Sister Rosalie,’
and the proposal was at once agreed to by all. It is no wonder that she is
revered by the 16,000 Conferences throughout the world as one of the founders
of their Society.
Daily Callers
It was reckoned that at
times in her small office in the Street of the ‘Wooden Sword,’ Sister Rosalie
interviewed as many as five hundred people in one day. What doctor or lawyer or
executive would see as many? There were poor and sick, rich and miserable; some
coming for alms, others to give them; some for employment, others for advice.
Prudence, patience, charity and good humour were active here all day long.
Seeing a client in the
queue at her door, she called him: ‘I want you to do me a little advice; take
this parcel to the address written on it for me.’ On leaving, the man was
surprised to read his own name and address on the packet-a ruse of Sister
Rosalie to cover up his shame and shyness and preserve his self-respect.
‘Sister, I want to get a
place as a singer in a church choir,’ was the request of one caller, and
forthwith he began to sing. ‘You sing very well,’ she said, ‘but I imagine you
have sung in the taverns oftener than in the church.’ ‘Oh, well, I do take a
glass with my friends, but it is not a habit,’ was his simple admission. ‘Well,
then,’ she replied, ‘I’ll give you a recommendation to the Parish Priest, but,
though I would not forbid a small taste after you have sung the Lord’s praises,
do not take anything beforehand.’
A printer who had lost
his sight was brought by his friend and guide to visit her. He remained cold
and surly and was sarcastic about her work. She called in some children and
introduced them, asking him to give them from his experience the benefit of his
advice regarding their futures. He was touched, and finding this an avenue for
helping others, became a frequent visitor.
A lady in mourning, who
had just lost her daughter in death, was sent one day by the Archbishop. Sister
Rosalie sympathized with her, then asked her if she would take some bread
tickets to a few poor families. ‘You can write your daughter’s name on each,
and it will be she who gives them.’ The sorrowing mother took the messages, and
found other people worse off than herself-a field for work which she set
herself to cultivate, and thus secured peace and consolation for herself.
A lady who had given her
valuable ring to one of the needy persons she visited at the instigation of
Sister Rosalie, came one day to complain, for, when she had called back, the
woman, instead of having pawned the ring, was wearing it sparkling on her
finger. Sister was plainly amused. ‘It is not a serious affair, Madam,’ she
said, ‘you must forgive her; perhaps the wearing of this ring is the only
pleasure she has had in her life.’
At her desk one day,
Sister Rosalie was listening to the story of a poor neighbour, telling of her
troubles. Her quick eye noticed that the caller was feeling the cold. ‘You are
cold,’ she said, ‘you need to wear more clothes. Wait till I see,’ and she went
off to return with a sound, warm petticoat. ‘Put that on, and you will feel
better,’ was all she said. . . . But as the day wore on Sister Rosalie became
pale with cold herself, for she had robbed herself to meet this need.
Among her visitors she
had Bishops and Generals, Ministers of State and the Police, and on one
occasion in 1852, the Emperor Napoleon III and the Empress came to thank her
for her universal charity to the Parisians. As General Cavaignac, the Chief of
the Army, was talking to her one day the Angelus bell rang from the local
church. ‘Shall we say the Angelus together?’ she asked, and, of course, they
did.
Revolutions and Refugees
Living in the heart of
Paris from 1802 till 1856, Sister Rosalie could not escape contact with the
Revolutions there in 1830 and 1848, and she proved her heroism again and again
in these events. In her quarter of the city, the rising was not general in
1830, but that did not prevent her house being used as an ambulance station for
the wounded of the regular army and the rebels. She knew many of them on both
sides personally through having helped them in her charity through the years.
Her courage, her gratitude and her reputation are well emphasized in an account
of one of her exploits. A certain Joseph Bavcoffe, a compatriot and friend of
the Rendu family, who had been an officer of the Polish Lancers with Napoleon
in the retreat from Moscow, and was now an officer of the National Guard, and a
benefactor and frequent visitor at the house in the Rue d’Epee de Bois, was
reported missing during the July Revolution. His wife came to Sister Rosalie to
ask her help. The Sister set off at once alone through the barricaded streets,
risking the flying bullets, climbing over the barricades, enquiring for
Commandant Bavcoffe. Her cornette was familiar to the rioters and the soldiers,
and admiring her hardihood, they allowed her to pass on. She crossed the River
Seine into the centre of the city, all in turmoil, and in front of the City
Hall was told that the Commandant was among the dead in the Square. With help,
she recovered him from the heap of corpses, to find that he was still
breathing, although riddled with shot in the chest and with the fingers of his
right hand slashed off. She had him quickly carried back to his home, where she
left him in the care of his wife and children to be fully restored to health.
With the same calm and
fortitude, she stopped a gang of incendiaries, who were about to burn down an
orphanage, by her very presence and kind words to them; they even organized a guard
for the house, and the order was given: ‘No noise; these little girls and their
guardians must be allowed to have their sleep.’-It was no ordinary person that
could exercise such influence and command such regard and respect.
She gave sanctuary to another
notable person in these days. Her friends let her know of plans for attacking
and sacking the Archbishop’s residence, near Notre Dame Cathedral. This was
done in February, 1831, when the house was pillaged and the books, pictures and
furniture thrown into the river; the building itself was ruined and partly
demolished. Meantime, following her timely warning, Archbishop de Quelen was in
the quiet safety and solitude of Sister Rosalie’s house in the street of the
‘Wooden Sword.’
Further small risings in 1832
and 1834 brought more care to Sister Rosalie. Some persons took refuge with
her, and she provided them with means of escape. One was an officer of the
Royal Guard, now sought by the police on account of his defection from duty.
Order was given to arrest Sister Rosalie for her complicity, but the officer
appointed to do this remarked to his Chief that this would surely bring on
another upheaval in that district, since she was a power to be reckoned with
there. So the Prefect of Police himself went to visit her. Making him wait
whilst she attended to her aged and poor, she asked what she could do for him.
He did not want a service, he said, but came to do one. ‘You are seriously
compromised by helping the escape of an ex-Royal Guard officer; you acted in violation
of the law.’ ‘Sir,’ she replied, ‘I have no flag; as you know, I am a Daughter
of Charity, and I try to help the unfortunate everywhere I meet them. If ever
you yourself are hunted and ask help of me, it will not be refused.’ She was
impenitent and clung to her point of view, for she could not think of herself
as being in any least way responsible for bringing about any of the common
executions or of bringing further misfortune to any of her children.
Revolution of 1848
Unrest continued for some
years, in greater or less degree, until social conditions in 1848 brought
complete lockouts from the workshops, and one hundred thousand men were out of
work and wages. In June rebellion reached its height. General Cavaignac was in
command of 50,000 regular army troops, who in a few days quelled the revolt, in
which 16,000 men perished. The General had sent a warning to Sister Rosalie
that her quarter of the city would be bombed, and offered her and her Sisters a
safe conduct out of the area; she and they gratefully refused it, preferring to
stay among their poor to assist them in their time of terror.
In these hectic days a
barricade was thrown up across the lower end of the Rue d’Epee de Bois. In an
assault upon it, an officer of the Mobile Guard, with his squad of men, had
climbed over it. They were all shot down except himself. Alone among the
rebels, he raced a few yards down the street, before they had realized the
position, and into the courtyard of the Sisters. He was followed at once, but
Sister Rosalie was there. She stood in front of the officer, facing his
pursuers as they handled their rifles. ‘You don’t kill anyone here,’ she said.
‘Well, we’ll take him outside,’ one of them replied. But she stood firm,
protecting her refugee. Their rifles were raised to shoot over her shoulders,
when she went down on her knees in front of them. ‘In the name of my fifty
years’ service to you and your wives and children, I beg for safety and escape
for this man,’ she said. The rifles were lowered and his captors departed. A
picture that became a common ornament in the poor homes of the Moufftard
Quarter represents this incident.
Sister Rosalie was not
afraid to be out on the streets in this time of carnage and strife. ‘Why should
I be safe and run no risk when my children are being slaughtered?’ she asked
those who urged her to stay indoors. Archbishop Affre had gone on a peace
mission with a white flag of truce to one of the barricades, when he was shot
down by a stray bullet and mortally wounded. Her small figure moved around the
fighting zones, and whilst other areas were still in battle, peace and quiet
came to her district. ‘Have I not enough widows and orphans to look after,
without you making more?’ she asked the men at the crossroads barricade.
Cross of the Legion of
Honour
Not only were the people
in admiration of her bravery and her zeal in doing good, but the Government
also resolved to mark its appreciation. She was cited for the Cross of the
Legion of Honour-the highest award of France. This was a trial for her
humility, and she strove to have the award cancelled. However, she was duly
invested and the Cross pinned on her collar, amid the great joy and pleasure of
her friends and clients in the neighbourhood. After that she would allow no
further reference to it, and never wore the decoration again. Later in 1854,
the Emperor Napoleon III called to visit her, when he said: ‘You do not wear
the Cross of Honour I sent you? I will send you another which I hope you will
wear.’ And he sent her a gold cross enclosing some relics of Saint Vincent de
Paul.
There were twenty years
of troubled times, of incessant relief works, of sharing the misfortunes and
calamities of her disturbed people, leading to this public recognition of her
merits. But her service had been for God in the person of His poor and
distressed, and it continued for another twelve years.
Her Last Years
As her years of life
mounted, her health, severely taxed for many a day, gave room for anxiety. With
spells of sickness of varying length during the 1840’s, she kept her hand
guiding all her varied undertakings. Around 1854 her sight began to fail, and
she had to rely in great measure on the attentions of her Sisters. An operation
to remove cataract in 1855 improved her sight for a short time; then she became
totally blind. A second operation was planned, but early in February, 1856, she
fell gravely ill with pleurisy. The severe remedies of the time were tried,
giving her reason for keen suffering, which she bore gladly and patiently.
She had always feared
death and the Justice of God. It was towards the end of her days that she had a
dream that impressed her very much. She felt she was at God’s tribunal, where
she was received very severely and her sentence was about to be given, when
suddenly she was surrounded by a crowd of people wearing old shoes and
stockings and hats, which they showed Our Lord, saying: ‘She gave us all these
things.’ Then Our Lord turned to her and said: ‘Because of all these old
clothes and things given in my name, I will open the gate of Heaven to you.
Come in, and stay forever.’ The dream was a reflection of the sound words of
Saint Vincent: ‘Those who have loved the Poor during life, will have no fear of
death,’ and Sister Rosalie gained calm and serene confidence during the latter
days of her life.
Her malady grew worse.
She was given Extreme Unction and her last gesture was in making the sign of
the Cross, whilst her last words were: ‘My poor, my children! When I am no
longer here, my God, please do not abandon them.’ After a short illness of
three days, she gave back her soul to God on the 7th of February, 1856. She was
seventy years of age, and now at rest after fifty-four years of ceaseless care
and labour for her and God’s poor.
Her life was not mere
activity for its own sake, nor an outlet for personal energy or the love of
command, but it was rooted in her belief of God’s truths and promises; it was
the supernatural growth from her prayer and meditations, from her fervent use
of the Sacraments and of the common devotions of her Community, which inflamed
her charity and gave her a constant outlook of Faith upon all the events and
persons she had to meet; and whilst she laboured in the corporal works of
Mercy, it was always the eternal salvation of souls redeemed by the Blood of
Christ that she had in mind.
She lived in
extraordinary times, for full fifty years of revolutions and risings and their
aftermath, and in the ferment of one of the extraordinary quarters of Paris.
How could her life be ordinary, dull and routine? New plans and new works had
to be begun, without notice, in emergencies, to suit the changing social
circumstances.
An intrepid soul,
breaking her way through obstacles, facing difficulties squarely, winning her
wishes and spreading peace; opposed to all evil, promoting charity and
friendship and goodwill everywhere she went; forgetful of self and mindful of
others; burning with zeal, guided by a well-balanced prudence; brave and
fearless in the tumults of her time where the poor needed her succour; tender
and patient in her dealings with her Sisters and her restless clients; moved by
supernatural motives and urged by her love of God, the power of her whole life
was drawn from the divine sources of prayer and of the grace and strength of
God and faithfulness to her religious duties poured out in His Sacraments.
She had extraordinary
qualities for her extraordinary life, and it is no wonder that, in February
1951, the Superiors of the Company of the Daughters of Charity of Saint Vincent
de Paul asked the present Archbishop of Paris, Cardinal Feltin, to undertake
the Introduction of the Case for her Canonization. This cause is now
progressing; a prayer, authorized in Paris in 1936, is printed at the close of
this pamphlet, asking God for the Beatification of this Servant of the Poor.
Her Funeral
It was chiefly the poor
who buried her. There was no work that day for her friends in the Mouffetard
Quarter. All gathered at the parish church of Saint Medard and followed the
hearse to the Cemetery of Montparnasse, where she was buried in the vaults of
the Daughters of Charity.
Within a short time some
of her friends got leave to give her a special grave, which they could visit,
in one of the cemetery avenues, above which they placed a slab inscribed:
‘To Sister Rosalie
from her Grateful Friends
the Poor and the Rich.’
Unknown hands still place
flowers upon it in gratitude.
Prayer to ask for the
Beatification of Sister Rosalie
Lord Jesus, Whose Divine
Heart, Furnace of ardent charity, so kindled the heart of the admirable Sister
Rosalie Rendu with such a burning love of God and her neighbour, grant, we
beseech Thee, that the power of her intercession with You may be shown by such
great miracles, that soon, by the Authority of Your Church, she may be
recognized and proclaimed Blessed; Who livest and reignest world without end.
Amen.
– this text has the Nihil
obstat of W. M. Collins, Censor Dioc. and the Imprimatur of Archbishop Daniel
Mannix, Archdiocese of Melbourne, Australia, 27
August 1956
Beata Rosalia
(Giovanna Maria) Rendu Vergine
Festa: 7 febbraio
Confort, Francia, 9
settembre 1786 - Parigi, Francia, 7 febbraio 1856
Svizzera del Giura,
Jeanne Marie Rendu vive l’infanzia nel clima della Rivoluzione francese. Dopo
il Terrore, va a studiare presso le Orsoline a Gex. Qui scopre le Figlie della
Carità di san Vincenzo de’Paoli e il loro aiuto ai malati e ai poveri. Entra nel
1802 in noviziato a Parigi. Prenderà il nome di Rosalia e sarà destinata al
quartiere di Mouffetard, dove servirà i poveri per 54 anni. Si prodiga durante
il colera. Muore nel 1856. Fu beatificata da Giovanni Paolo II il 9 novembre
1993.
Martirologio Romano: A
Parigi in Francia, beata Rosalia (Giovanna Maria) Rendu, vergine delle Figlie
della Carità, che, in una casa situata nel quartiere più povero della città e
da lei trasformata in ricovero per i bisognosi, si impegnò con ogni mezzo a
visitare i poveri nelle loro abitazioni, riportare la pace durante la guerra
civile e spingere molti, soprattutto i giovani e i ricchi, all’esercizio della
carità.
È il 1794 e in Francia infuria “il Terrore” della Rivoluzione. Cattolici perseguitati, Preti e Vescovi incarcerati e mandati alla ghigliottina: innocenti, vittime dei “democratici” che hanno proclamato “libertà, uguaglianza e fraternità”, senza Dio e contro Dio.
A Gex, nella casa dei signori Rendu, la madre, vedova con tre bambine, nonostante i tempi difficili, ha assunto un “domestico”, non si sa bene per far che cosa. Si chiama Pietro e ha un comportamento strano. Così pensa una delle bambine, Giovanna, la più spiritosa, 7 anni di età. Una notte, Giovanna, per certi tramestii e riflessioni di luce, non riesce a dormire. Si alza e scopre che “il domestico” celebra la Santa Messa. “Chi è Pietro?”, si domanda la piccola. Qualche tempo dopo, giocando con le sorelline, rompe loro una bambola. La mamma minaccia castighi, ma ella le risponde: «Se mi punisci, dirò a tutti che Pietro non è Pietro».
La mamma le spiega che “il domestico” è il Vescovo di Annecy, nascosto nella loro casa. La prima volta che lo incontra, Giovanna gli bacia le mani: ha capito che è perseguitato a causa di Gesù e che rischia la vita per Lui. Da quel giorno, Gesù diventa il suo unico Amore, perché se per Lui i buoni vivono e si sacrificano e molti immolano la vita, merita tutto il suo amore!
Si prepara alla Prima Comunione. La mamma pone l’altare con candelabri spenti
in fondo alla cantina, al buio. Giovanna non ha né abito né velo bianco, ma un
grande amore a Gesù Eucaristico. Lo riceve come i primi Cristiani nelle
catacombe. Quando Don Collier, Parroco del paese, venuto in casa, vestito da
contadino, le dà l’Ostia santa sulle labbra, la piccola decide che vivrà solo
per Gesù, per amarlo e farlo amare.
“Amica, sorella”
Passata la bufera, Giovanna va a scuola dalle Orsoline di Gex e fa una
scoperta: i malati e i poveri dell’ospedale. Sente per loro una singolare
attrazione: in loro vede Gesù da amare. A 15 anni, chiede alla mamma di
lasciarla andare a servire in ospedale. Lì incontra la signorina Jacquinet che
vuol farsi “Figlia della Carità”. Anche Giovanna, dopo un po’ di tempo vuole la
stessa cosa. Nel maggio 1802, ella va a Parigi ed entra tra le Figlie della
Carità, le Suore fondate nel Seicento – “il grande secolo” per la Francia – da
san Vincenzo de Paoli e da santa Luisa de Marillac.
Dopo alcuni anni di preparazione, diventa Suor Rosalia. Viene mandata a lavorare nel sobborgo parigino di San Marcello dove abitano uomini e donne scheletriti dalla miseria, spesso pieni di odio. A Versailles impera Napoleone, ma ella sa che solo Gesù, Figlio di Dio fatto uomo, è l’unico Salvatore e l’unico Re che risolve tutti i problemi in questo mondo e nell’aldilà, che quindi deve regnare.
Il quartiere è il più adatto alla sua statura di amore. A 28 anni è già superiora (“Suor serviente”, dicono in “Famiglia”) ed è guida delle “Figlie” nella dedizione a Gesù e ai più infelici. Rosalia va ad attingere la carità al Tabernacolo, presso il Cuore del suo Sposo Gesù, poi nessuno la ferma. Anche Napoleone dà locali e denari alle Suore per assistere i poveri. Madre Rosalia accoglie e benefica tutti quelli che bussano alla sua porta. Va per le strade di Parigi, nei tuguri, a soccorrerli. In breve tutti la conoscono e le vogliono bene come a una madre, una sorella. Si rivolge anche a quelli che odiano la Chiesa, li soccorre, li converte e li porta a Dio.
Rapidamente la sua figura diventa leggendaria. Ogni giorno, sono nuove storie di amore intessute con le anime. Un uomo va a farsi dare una coperta che poi vende per poter bere. Una sera, Rosalia rifiuta di dargliela, ma durante la notte non riesce più a dormire, pensando che il pover’uomo forse sta gelando nel suo tugurio. Al mattino, manda una sua consorella a portargli una coperta nuova.
La chiamano a tutte le ore, i poveri. Ed ella va, ricca di Cristo e con le mani piene. Una notte viene richiesta presso un morente, un rivoluzionario, un bestemmiatore, che non vuole il Prete, ma solo Suor Rosalia. La quale, sola, per vicoli malfamati, al buio, si reca dall’agonizzante. Gli parla e prega con il suo ardore. All’alba, il vecchio muore, ricevuti i Sacramenti.
Alle sue Suore insegna solo a donare: «Sorella, Dio non è contento di lei. Perché ha lasciato andar via quel vecchio che aveva freddo? Procuriamogli una stufetta, della legna... Vada subito da lui». Un giorno alla settimana, Rosalia accoglie tutti nel suo parlatorio. Riceve dai ricchi per dare ai poveri. Mobilita i ricchi di Parigi, di Francia, ricordando che si salveranno l’anima, solo se avranno esercitato la carità.
Un giorno, nel suo parlatorio arriva un ragazzo di 20 anni: sembra un angelo e
si chiama Federico Ozanam, che con alcuni amici vuol fare qualcosa per i poveri.
Rosalia gli dà una lista di indirizzi di bisognosi allo stremo: vadano da loro.
Federico e amici fondano “le Conferenze di san Vincenzo”. Per tutta la vita
(morirà a 40 anni) Federico, diventato illustre docente di Storia alla Sorbona,
sarà “complice” di Madre Rosalia.
“Qui si ama soltanto”
Nel luglio 1830 è di nuovo Rivoluzione: i fratelli tornano a uccidere i
fratelli. Rosalia sa solo un verbo da coniugare: amare. Da un vecchio assistito
che impreca contro tutti, apprende che i rivoluzionari daranno l’assalto
all’arcivescovado. Immediatamente, l’Arcivescovo di Parigi trova scampo nel
Convento della Suora. Nel 1832 scoppia il colera e fa strage nei quartieri più
poveri. I ricchi scappano. I “predicatori” della Rivoluzione e del progresso
senza Dio fanno dotte discussioni. Rosalia e Federico Ozanam, instancabili,
sono a pieno servizio dei colerosi. Ella organizza i soccorsi, avvicina medici
e ammalati, li fa portare in ospedale. I medici entrano nelle case, dicendo:
«Mi manda Suor Rosalia». A chi le ricorda di pensare a se stessa, almeno per un
po’ di riposo, risponde: «Una Figlia della Carità è un paracarro su cui tutti
coloro che sono stanchi hanno diritto di posare il fardello».
Dicono, certi signori “filantropi”, che Madre Rosalia ha un gran buon cuore. Ma ciò non basta a capire la sua vita: Gesù solo è il suo segreto, solo Lui la manda e la sostiene, perché Lui la abita e la possiede e continua ad amare e a servire per mezzo suo. Nel 1848, è di nuovo Rivoluzione con le barricate contro l’esercito, ma le barricate non le dividono il cuore per gli uni o per gli altri. Ella nasconde i ricercati dalla polizia e ricercati dai rivoluzionari, difendendoli e proteggendoli. Le autorità decidono di arrestarla, ma al prefetto di polizia, venuto apposta, risponde: «Salverei anche lei se ne avesse bisogno». Quello ride e non può più far nulla.
Nelle giornate più sanguinose del 1848, i rivoluzionari stessi fanno la guardia alla casa delle Figlie della Carità, dove sono ospitati e serviti tutti i poveri che hanno bisogno. Nella fuga generale, rimangono solo Rosalia e le sue Suore a fasciare i feriti, ad assistere i moribondi, a pacificare i fratelli. Un ufficiale della Guardia nazionale, inseguito dai rivoluzionari furenti, si rifugia nel cortile del Convento di Suor Rosalia. Ella lo difende e urla in faccia agli scalmanati: «Qui non si uccide, qui si ama soltanto». Quello ha salva la vita e bacia la piccola Suora come la sua mamma.
Nel 1852, di ritorno dal suo solito giro, ha la sorpresa di essere attesa da due nobili mandati dall’Imperatore Napoleone III, a insignirla dalla “Legion d’onore”. Si sente quasi urtata perché quel che conta per lei è amare, come Gesù sino al culmine. Nel suo parlatorio arrivano sempre più spesso i “grandi” della Francia: un giorno viene l’Imperatrice Eugenia. Rosalia si preoccupa di chiedere loro il più possibile per i bisognosi e di indirizzare tutti a cercare la salvezza eterna della loro anima, ciò che è la carità più grande, indispensabile. Ella riconosce un solo Signore e di Lui è perdutamente innamorata fin dalla sua infanzia: il Signore Gesù, e non ha padroni!
Nel 1856, ha quasi 70 anni. Indebolita nella vista, è ancora sulla breccia. La sera, prima di mettersi a letto per morirvi, è bruciata dal rimorso di aver dimenticato di portare indumenti a una famiglia, perché non riesce più a leggere le annotazioni. Si spegne serena il 7 febbraio 1856, dopo pochi giorni di malattia.
Una folla senza numero si riversò per le vie di Parigi a renderle omaggio: tra
la gente c’era anche l’Arcivescovo di Rouen che si tolse la croce pettorale e
la appoggiò sulle sue mani. Il lavoro si sospese a Parigi, i negozi rimasero
chiusi per il suo funerale: dietro la sua bara, c’erano tutti: i poveri e i
signori, le autorità e il popolo che lavora. Quando la deposero nella tomba a
Montparnasse e tutti se ne andarono, i suoi poveri rimasero a vegliare la loro
“Mamma” sulla porta del cimitero. La piccola “Figlia della Carità” aveva
rivelato Gesù Cristo, luce di Verità e miracolo di Carità. È stata beatificata
dal Santo Padre Giovanni Paolo II, la beata Rosalia Rendu.
Autore: Paolo Risso
La “colpa” di quello che è diventata è, prima di tutto di sua mamma, donna forte, dalla fede solida; precocemente vedova e abituata a piangere i suoi morti, invece di chiudersi in se stessa e lasciarsi travolgere dai suoi problemi, proprio quando è più pericoloso e, facendolo, si rischia la vita, apre le porte e il cuore per accogliere, sfamare, nascondere preti, suore e addirittura il vescovo di Annecy, che sono stati condannati a morte dalla Rivoluzione francese. Nella sua casa si celebrano clandestinamente le funzioni e tutti questi scomodi ospiti figurano come domestici e collaboratori della famiglia, protetti dalla complicità di tutto il paese, che pur a conoscenza della loro vera identità non tradisce questa vedova dal cuore grande. Giovanna, la primogenita, cresce in questo clima da catacombe e fa la sua prima comunione di notte, nell’angolo più nascosto della cantina appena rischiarato dalla luce di un paio di candele. Vivace, capricciosa e maliziosetta, è però anche intelligente, delicata e sensibile e si lascia forgiare dalla fede e dalla carità respirate in casa. Tanto che, un bel giorno, a 16 anni non ancora compiuti, stupisce tutti dicendo che vuole farsi suora tra le Figlie di San Vincenzo de’ Paoli. Mamma la lascia fare, convinta che si tratti di un’infatuazione passeggera e che il tempo la farà tornare presto a casa. Invece no: la ragazzina inizia il noviziato, stringendo i denti e superando ostacoli, primo fra tutti quello della salute, perchè il suo fisico di ragazza dei campi mal si adatta al chiuso del convento. Con il nuovo nome di Suor Rosalia si butta al servizio dei poveri nel quartiere Mouffetard, che ha il primato di essere tra i più poveri e malfamati di Parigi. Neppure immagina che qui resterà per 54 anni, fino alla morte. Impara a conoscere le miserie morali e materiali che si nascondono nelle maleodoranti soffitte, straripanti di pezzenti; impara a diagnosticare malattie, scovare ferite e contrastare epidemie; si rimbocca le maniche per sfamare centinaia di bocche. La sua lotta alla povertà parigina si traduce nell’apertura di una farmacia, un deposito di vestiti, una scuola gratuita, un orfanotrofio, un ricovero per anziani, un nido, una casa per accogliere le giovani operaie. Si dimostra, come in realtà è, donna pratica ed efficace, che non si accontenta di soddisfare il bisogno immediato, ma che cerca di prevenirlo e, se possibile, di rimuoverne le cause. In breve diventa la suora più popolare di Parigi e di mezza Francia, perché lei non distribuisce soltanto generi di prima necessità, ma soprattutto consigli spirituali. Ed è così che il suo minuscolo parlatorio diventa più affollato di un ufficio ministeriale, con punte anche di 500 visitatori al giorno, dove si ritrovano, gomito a gomito, pezzenti e ricchi mercanti, cardinali e ambasciatori, addirittura l’imperatore. Qui viene spesso anche Federico Ozanam, oggi beato, che da lei viene indirizzato a fondare le Conferenze di San Vincenzo. Lei passa indenne tra le barricate delle sommosse per curare i feriti di entrambi gli schieramenti, con la sua popolarità strappa i condannati da davanti al plotone di esecuzione, si carica sulle spalle i malati e i morti di malattie contagiose, praticando ciò che da sempre insegna alle consorelle: ogni povero “vale più di quanto sembra”; “se vuoi che qualcuno ti ami, sii tu ad amare per prima, e se non hai nulla da donare, dona te stessa”. Suor Rosalia Rendu si spegne il 7 febbraio 1856, stroncata dalle fatiche e dal suo continuo donarsi, perché per tutta la vita aveva voluto semplicemente essere “il paracarro su cui tutti quelli che sono stanchi hanno il diritto di posare il loro fardello”. Giovanni Paolo II° l’ha beatificata il 9 novembre 1993.
Autore: Gianpiero Pettiti
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/91833
CAPPELLA PAPALE PER LA
BEATIFICAZIONE DI CINQUE SERVI DI DIO
OMELIA DI GIOVANNI PAOLO
II
1. "Santo è il
tempio di Dio, che siete voi" (1 Cor 3,17). Riascoltiamo queste
parole dell’apostolo Paolo nell'odierna solenne liturgia della Festa della
Dedicazione della Basilica Lateranense, Cattedrale di Roma, Madre di tutte le
chiese.
Ogni luogo riservato al
culto divino è segno di quel tempio spirituale, che è la Chiesa, composto da
pietre vive, cioè dai fedeli, uniti dall'unica fede, dalla partecipazione ai
sacramenti e dal vincolo della carità. Pietre preziose di tale tempio
spirituale sono particolarmente i Santi.
La santità, frutto
dell’opera incessante dello Spirito di Dio, rifulge nei nuovi Beati: Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, presbitero; Valentin
Paquay, presbitero; Luigi
Maria Monti, religioso; Bonifacia
Rodríguez Castro, vergine; Rosalie
Rendu, vergine.
2. La visión del
Santuario, que el profeta Ezequiel nos presenta en la liturgia del hoy,
describe un torrente que mana desde el templo llevando vida, vigor y esperanza:
"allí donde penetra este agua lo sanea todo" (Ez 47,9). Esta
imagen expresa la infinita bondad de Dios y su designio de salvación, desbordando
los muros del recinto sagrado para ser bendición de toda la tierra.
Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedad eucarística,
entendió muy bien como el anuncio del Evangelio ha de convertirse en una
realidad dinámica, capaz de transformar la vida del apóstol. Siendo párroco, se
propuso "ser la providencia visible de todos aquellos que gimiendo en la
orfandad beben el cáliz de la amargura y se alimentan con el pan de la
tribulación" (19 de junio de 1859).
Con ese propósito
desarrolló su espiritualidad redentora, nacida de la intimidad con Cristo y
orientada a la caridad con los más necesitados. En la advocación de la Virgen
de las Mercedes, Madre del Redentor, se inspiró para la fundación de las
Hermanas Mercedarias de la Caridad, con el fin de hacer siempre presente el
amor de Dios donde hubiera "un sólo dolor que curar, una sola desgracia
que consolar, una sola esperanza que derramar en los corazones". Hoy,
siguiendo las huellas de su Fundador, este Instituto vive consagrado al
testimonio y promoción de la caridad redentora.
Traduzione italiana della
parte di omelia pronunciata in spagnolo:
[2. La visione del
Santuario, che il profeta Ezechiele ci presenta nella liturgia odierna,
descrive un torrente che sgorga dal tempio portando vita, vigore e
speranza: "quelle acque, dove giungono, risanano" (Ez 47,
9). Questa immagine esprime l'infinita bontà di Dio e il suo disegno di salvezza,
che valicano i muri del recinto sacro per essere la benedizione di tutta la
terra.
Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote integro, dalla profonda pietà
eucaristica, ha compreso molto bene come l'annuncio del Vangelo debba diventare
una realtà dinamica capace di trasformare la vita dell'apostolo. Essendo
parroco, si è proposto di "essere la provvidenza visibile di tutti coloro
che, gemendo nell'essere orfani, bevono il calice dell'amarezza e si nutrono
con il pane della tribolazione" (19 giugno 1859).
Con questo proposito, egli ha sviluppato la sua spiritualità redentrice, nata
dall'intimità con Cristo e orientata alla carità verso i più bisognosi.
All'invocazione alla Vergine della Mercede, Madre del Redentore, si è ispirato
per la fondazione delle Suore Mercedarie della Carità, al fine di rendere
sempre presente l'amore di Dio laddove vi fosse "un solo dolore da curare,
una sola disgrazia da consolare, una sola speranza da infondere nei cuori".
Oggi, seguendo le orme del suo Fondatore, questo Istituto continua a dedicarsi
alla testimonianza e alla promozione della carità redentrice.]
3. Le Père Valentin
Paquay est bien un disciple du Christ et un prêtre selon le cœur de
Dieu. Apôtre de la miséricorde, il passait de longues heures au confessionnal
avec un don particulier pour remettre les pécheurs sur le droit chemin,
rappelant aux hommes la grandeur du pardon divin. En mettant au centre de sa
vie de prêtre la célébration du Mystère eucharistique, il invitait les fidèles
à s’approcher souvent de la communion au Pain de Vie.
Comme tant de saints, le
Père Valentin s’était mis tout jeune sous la protection de Notre-Dame, invoquée
dans l’église de son enfance, à Tongres, comme Cause de notre joie. À son
exemple, puissiez-vous servir vos frères, pour leur donner la joie de
rencontrer le Christ en vérité!
Traduzione italiana della
parte di omelia pronunciata in francese:
[3. Padre Valentin
Paquay è davvero un discepolo di Cristo e un sacerdote secondo il
cuore di Dio. Apostolo della misericordia, trascorreva lunghe ore nel
confessionale, con un dono particolare per rimettere i peccatori sulla retta
via, ricordando agli uomini la grandezza del perdono divino. Ponendo al centro
della sua vita di sacerdote la celebrazione del Mistero eucaristico, invitava i
fedeli ad accostarsi spesso alla comunione del Pane di Vita.
Come tanti santi, Padre Valentin si era affidato sin da giovane alla protezione
di Nostra Signora, invocata nella chiesa della sua infanzia, a Tongres,
come Causa della nostra gioia. Seguendo il suo esempio, possiate voi
servire i vostri fratelli per dare loro la gioia di incontrare Cristo nella
verità!]
4. "Vidi che sotto
la soglia del tempio usciva acqua... Quelle acque, dove giungono, risanano"
(Ez 47,1.9). L'immagine dell’acqua, che tutto fa rivivere, ben illumina
l’esistenza del beato Luigi
Maria Monti, interamente dedito a risanare le piaghe del corpo e dell'anima
dei malati e degli orfani. Amava chiamarli i "poverelli di Cristo", e
li serviva animato da una fede viva, sostenuta da un'intensa e costante preghiera.
Nella sua dedizione evangelica, si ispirò costantemente all'esempio della
Vergine Santa e pose la Congregazione da lui fondata sotto il segno di Maria
Immacolata.
Quanto attuale è il
messaggio di questo nuovo Beato! Per i suoi figli spirituali e per tutti i
credenti egli è un esempio di fedeltà alla chiamata di Dio e di annuncio del
Vangelo della carità; un modello di solidarietà verso i bisognosi e di tenero
affidamento alla Vergine Immacolata.
5. Las palabras de Jesús
en el Evangelio proclamado hoy: "No hagáis de la Casa de mi Padre una
casa de mercado" (Jn 2, 16), interpelan a la sociedad actual,
tentada a veces a convertir todo en mercancía y ganancia dejando del lado los
valores y la dignidad que no tienen precio. Siendo la persona imagen y morada
de Dios, hace falta una purificación que la defienda, sea cual fuere su
condición social o su actividad laboral.
A esto se consagró
enteramente la beata Bonifacia
Rodríguez de Castro, que siendo ella misma trabajadora, percibió los
riesgos de esta condición social en su época. En la vida sencilla y oculta de
la Sagrada Familia de Nazaret encontró un modelo de espiritualidad del trabajo,
que dignifica la persona y hace de toda actividad, por humilde que parezca, un
ofrecimiento a Dios y un medio de santificación.
Este es el espíritu que
quiso infundir en las mujeres trabajadoras, primero con la Asociación Josefina
y después con la fundación de las Siervas de San José, que continúan su obra en
el mundo con sencillez, alegría y abnegación.
Traduzione italiana della
parte di omelia pronunciata in spagnolo:
[5. Le parole di Gesù nel
Vangelo proclamato oggi: "non fate della casa del Padre mio un luogo
di mercato" (Gv 2, 16), interpellano la società attuale, tentata,
talvolta, a convertire ogni cosa in mercanzia e guadagno, lasciando da parte i
valori e la dignità, che non hanno prezzo. Essendo la persona immagine e dimora
di Dio, occorre una purificazione che la difenda, a prescindere dalla sua
condizione sociale o dalla sua attività lavorativa.
A questo si è dedicata interamente la beata Bonifacia
Rodríguez de Castro, che, essendo ella stessa lavoratrice, ha compreso i
rischi di questa condizione sociale nella sua epoca. Nella vita semplice e
riparata della Sacra Famiglia di Nazareth ha trovato un modello di spiritualità
del lavoro che nobilita la persona e rende ogni attività, per quanto umile
possa sembrare, un'offerta a Dio e un mezzo di santificazione.
Questo è lo spirito che ella ha voluto infondere nelle donne lavoratrici, prima
con l'Associazione Giuseppina, e poi con la fondazione delle Serve di San Giuseppe,
che continuano la loro opera nel mondo con semplicità, gioia e abnegazione.]
6. À une époque troublée
par des conflits sociaux, Rosalie
Rendu s’est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour
redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l’éducation et
l’enseignement du mystère chrétien, poussant Frédéric Ozanam à se mettre au
service des pauvres.
Sa charité était
inventive. Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses ? C’est
dans son intense vie d’oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne
la quittait pas. Son secret était simple: en vraie fille de Vincent de Paul,
comme une autre Sœur de son temps, sainte Catherine Labouré, voir en tout homme
le visage du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la famille
vincentienne ne cesse de donner au monde !
Traduzione italiana della
parte di omelia pronunciata in francese:
[6. In un'epoca sconvolta
dai conflitti sociali, Rosalie
Rendu si è gioiosamente fatta serva dei più poveri, per restituire a
ciascuno la sua dignità, attraverso gli aiuti materiali, l'educazione e
l'insegnamento del mistero cristiano, spingendo Frédéric Ozanam a porsi al
servizio dei poveri.
La sua carità era inventiva. Da dove attingeva la forza per realizzare tante
cose? Dalla sua intensa vita di orazione e dalla preghiera incessante del
Rosario, che non l'abbandonava mai. Il suo segreto era semplice: vedere,
da vera figlia di Vincenzo de' Paoli, come un'altra suora del suo tempo, santa
Catherine Labouré, in ogni uomo il volto di Cristo. Rendiamo grazie per la
testimonianza di carità che la famiglia vincenziana non cessa di donare al
mondo!]
7. "Egli parlava del
tempio del suo Corpo" (Gv 2,21). Queste parole evocano il mistero
della morte e risurrezione di Cristo. A Gesù crocifisso e risorto devono
conformarsi tutti i membri della Chiesa.
In questo impegnativo
compito ci è di sostegno e guida Maria, Madre di Cristo e Madre nostra.
Intercedono per noi i nuovi Beati, che oggi contempliamo nella gloria del
cielo. Sia concesso anche a noi di ritrovarci tutti un giorno in Paradiso, per gustare
insieme la gioia nella vita senza fine. Amen!
© Copyright 2003 -
Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dicastero per
la Comunicazione
Rosalie Rendu
(1786-1856)
Beatificazione:
- 09 novembre 2003
- Papa Giovanni
Paolo II
Memoria Liturgica:
- 7 febbraio
Vergine delle Figlie
della Carità, che, in una casa situata nel quartiere più povero della città e
da lei trasformata in ricovero per i bisognosi, si impegnò con ogni mezzo a
visitare i poveri nelle loro abitazioni, riportare la pace durante la guerra civile
e spingere molti, soprattutto i giovani e i ricchi, all’esercizio della
carità
“La Figlia della Carità
deve essere come un paracarro sul quale tutti quelli che sono stanchi hanno il
diritto di deporre il loro fardello”
Jeanne Marie Rendu nasce
il 9 settembre 1786 a Confort, cantone di Gex, nel Giura. È la prima di quattro
bambine. I genitori, piccoli proprietari montanari dalla vita semplice, godono
di una certa agiatezza e di una reale stima in tutto il paese; è battezzata lo
stesso giorno della nascita nella chiesa parrocchiale di Lancrans. Il suo
padrino per procura è Jacques Emery, amico di famiglia e futuro superiore
generale dei Sulpiziani a Parigi.
Jeanne Marie Rendu ha tre
anni quando scoppia la Rivoluzione in Francia. Dal 1790 viene imposta con
giuramento l'adesione alla Costituzione civile del clero. Numerosi sacerdoti,
fedeli alla Chiesa, rifiutano il giuramento. Sono perciò cacciati dalle loro
parrocchie. Alcuni sono messi a morte, altri costretti a nascondersi per
sottrarsi alle ricerche dei rivoluzionari.
La casa della famiglia
Rendu diviene un rifugio per i sacerdoti refrattari. Il Vescovo di Annecy vi
trova asilo sotto il nome di Pietro. Jeanne Marie è incuriosita dal fatto che
questo domestico sia trattato meglio degli altri. Una notte, scopre che egli
celebra la messa. Si dispiace per non aver saputo prima la verità.
Qualche tempo dopo, in
una discussione con la mamma, ha uno scatto improvviso accompagnato da una
frase minacciosa: “Stai attenta, mamma, altrimenti dirò che Pietro non è Pietro”.
La signora Rendu per evitare ogni indiscrezione da parte della figlia, la mette
al coerente della situazione.
È in quest'atmosfera di
fede solida, continuamente esposta al pericolo di essere denunciata, che Jeanne
Marie viene educata. Farà la prima comunione di notte, nella cantina della casa
paterna, al lume di candela. Tale clima eccezionale forgia il suo
carattere.
La morte del padre, il 12
maggio 1796, e quella della sorellina di quattro mesi, il 19 luglio dello
stesso anno, sconvolgono la famiglia. Jeanne Marie, conscia della
responsabilità di figlia maggiore, aiuta la mamma, in modo particolare nella
cura delle sorelle più piccole.
All'indomani del Terrore
a poco a poco gli animi si calmano, la vita riprende il suo corso normale. La
signora Rendu, preoccupata dell'educazione della figlia maggiore, la manda
presso le Suore Orsoline a Gex. Jeanne Marie vi rimane due anni. Durante le sue
passeggiate in città, scopre l'ospedale dove le Figlie della Carità curano i
malati. Osservandole matura il desiderio di andare ad aiutarle. La madre
acconsente che Jeanne Marie, nonostante la sua giovane età, faccia un tirocinio
in questo luogo di sofferenza. Lì, la chiamata di Dio che la ragazza sentiva,
da diversi anni, si precisa: sì, sarò Figlia della Carità.
Nel 1802 Armande
Jacquinot del villaggio di Lancrans confida all'amica che si prepara a partire
per Parigi per entrare nella Compagnia delle Figlie della Carità di San
Vincenzo de Paul. Jeanne Marie coglie l'occasione e supplica la mamma di
lasciar partire anche lei. Dopo il consiglio del Signor de Varicourt,
parroco-decano di Gex, la signora Rendu, felice e tuttavia molto commossa per
la vocazione della figlia, acconsente alla sua richiesta.
Il 25 maggio 1802, Jeanne
Marie arriva alla Casa Madre delle Figlie della Carità in rue du Vieux
Colombier a Parigi. Sta per compiere sedici anni! La riapertura del Seminario
(noviziato, soppresso dai Rivoluzionari), ha avuto luogo nel dicembre del
1800.
Al loro arrivo, le
viaggiatrici sono accolte da altre 50 giovani impegnate nella formazione.
La sua salute è scossa
sia da una tensione spirituale, sia dalla mancanza di esercizio fisico. Su
consiglio del medico e del signor Emery, suo padrino, Jeanne Marie viene
mandata nella casa delle Figlie della Carità del quartiere Mouffetard per
essere al servizio dei poveri. Vi resterà 54 anni!
La sete di azione, di
dedizione, di servizio che arde nel cuore di Jeanne Marie non può trovare un
terreno più propizio al suo appagamento, di questo quartiere parigino, che — a
quell'epoca — era il più miserabile della capitale in piena espansione: povertà
nelle sue diverse forme, miseria psicologica e spirituale, malattie, indigenza,
abitazioni insalubri sono le condizioni degli abitanti che fanno sforzi
continui per sopravvivere.
Jeanne Marie, divenuta
ormai Suor Rosalia, vi fa “il suo apprendistato” accompagnando le Suore nella
visita ai malati e ai poveri. Frattanto, si impegna nella catechesi e insegna a
leggere alle bambine accolte gratuitamente a scuola. Nel 1807 Suor Rosalia,
accompagnata dalle Suore della sua comunità, con emozione e profonda gioia,
s'impegna, con voto, al servizio di Dio nei poveri. Nel 1815 Suor Rosalia
diviene Superiora della comunità di rue des Francs Bourgeois, che sarà
trasferita, due anni dopo in rue de l'Epée de Bois per ragioni di spazio e di
funzionalità. Potranno allora rivelarsi tutte le sue qualità di dedizione, di
autorevolezza, di umiltà, di compassione, le sue capacità organizzative. I suoi
poveri, come lei li chiama, sono sempre più numerosi in quell'epoca di eventi
tumultuosi. Le rovine di un liberalismo economico trionfante accentuano la
miseria delle persone emarginate. Ella invia le Suore in tutti i luoghi
reconditi della parrocchia Saint Medard per portare viveri, indumenti, medicinali
e portare ai poveri una parola di conforto.
Per venire in aiuto a
quanti soffrono, Suor Rosalia apre un dispensario, una farmacia, una scuola, un
orfanotrofio, un nido, un centro di assistenza per le giovani operaie, una casa
di cura per gli anziani poveri. Presto tutta una rete di opere caritative si
costituirà per arginare la povertà.
Il suo esempio stimola le
consorelle, alle quali sovente ripete loro: “La Figlia della Carità deve
essere come un paracarro sul quale tutti quelli che sono stanchi hanno il
diritto di deporre il loro fardello”. La sua vita è così semplice e povera da
lasciar trasparire con naturalezza la presenza di Dio.
La sua fede, salda come
roccia e limpida come sorgente, le rivela Gesù Cristo in ogni circostanza,
facendole sperimentare una radicale convinzione di San Vincenzo: “Dieci volte
al giorno; andrete a visitare un povero; dieci volte vi troverete Dio... Voi andate
in povere case, ma vi trovate Dio”. La sua vita di preghiera è intensa; come
afferma una suora, “ella viveva continuamente alla presenza di Dio: anche se
aveva una missione difficile da compiere, eravamo sicure di vederla salire in
cappella o di trovarla in ginocchio nel suo ufficio”.
È attenta ad assicurare
alle sue compagne il tempo per l'orazione, ma bisogna “Lasciare Dio per Dio”
come Vincenzo de Paul aveva insegnato alle sue Figlie. Accompagnando, infatti,
una suora per una visita di carità, l'invita dicendo: “Sorella cominciamo la
nostra orazione” indica con poche parole semplici e chiare la trama ed entra in
un gran raccoglimento.
Come la monaca nel
chiostro, Suor Rosalia cammina col suo Dio: gli parla di quella famiglia caduta
in miseria, perché il padre non ha più lavoro, di quel vecchietto che rischia
di morire solo nella mansarda: “Mai faccio così bene l'orazione come per strada”
dice. “I poveri stessi notavano il suo modo di pregare e di agire”, riferisce
una delle sue compagne. “Umile nella sua autorità, riprendeva con delicatezza
ed aveva il dono di consolare. I suoi consigli, dettati dalla giustizia e dati
con tutto il suo affetto, penetravano negli animi”.
È molto attenta nel modo
di accogliere i poveri. Il suo spirito di fede vede in loro “i nostri signori e
padroni”. “I poveri vi insulteranno. Più sono grossolani, più voi dovete essere
dignitose”, dice. “Ricordatevi che quei cenci nascondono Nostro Signore”. I
superiori le mandano postulanti e giovani suore per la formazione. Affidano alle
sue cure per un certo tempo alcune suore un po' difficili o fragili. Ad una
delle sue sorelle in difficoltà un giorno suggerisce un consiglio, che rivela
il segreto della sua vita: “Se vuole che qualcuno la ami, sia lei ad amare per
prima e se non ha nulla da donare, doni se stessa”. Aumentando il numero delle
consorelle, l'ufficio di beneficenza diviene una casa di carità con un
ambulatorio e una scuola. Ella vi vede la Provvidenza di Dio.
La sua notorietà
raggiunge presto tutti i quartieri della capitale, e le città di provincia.
Suor Rosalia sa circondarsi di collaboratori devoti, efficaci e sempre più
numerosi. Rapidamente affluiscono le offerte, perché i ricchi non sanno
resistere a questa donna così persuasiva. Anche i sovrani che si sono succeduti
alla guida del paese, l'hanno avuta sempre presente nelle loro elargizioni. Le
Dame della Carità l'aiutano nelle visite a domicilio. Si vedono spesso nel suo
parlatorio Vescovi, sacerdoti, l'ambasciatore di Spagna Donoso Cortes, Carlo X,
il generale Cavaignac, i più ragguardevoli uomini di stato e di cultura, fino
all'imperatore Napoleone III con la sua consorte; studenti di diritto, di
medicina, gli allievi del politecnico, delle normali e delle altre importanti
scuole: vengono a cercare da suor Rosalia informazioni, raccomandazioni, oppure
prima di fare un'opera buona domandano a quale porta devono bussare. Tra di
loro il beato Federico Ozanam, confondatore della “Conferenza di San Vincenzo
de Paul”, e il venerabile Jean Léon Le Prevost, futuro fondatore dei Religiosi
di San Vincenzo de Paul, conoscono bene la strada del suo ufficio e con gli
altri loro amici vengono a cercare da Suor Rosalia i consigli per intraprendere
i loro progetti. Ella è al centro di un movimento di carità che caratterizzò
Parigi e la Francia nella prima metà del secolo XIX.
L'esperienza di Suor
Rosalia è inestimabile per quei giovani: orienta il loro apostolato, guida il
loro andare e venire nel sobborgo, dà loro indirizzi di famiglie nel bisogno
scegliendoli con cura.
Si rivolge anche alla
Superiora del Bon Sauveur di Caen e le chiede di accogliere numerose persone. È
particolarmente attenta ai sacerdoti e alle religiose colpite da turbe
psichiche. La sua corrispondenza è breve, ma commovente per la delicatezza, la
pazienza e il rispetto verso quei malati.
Le prove non mancano nel
quartiere Mouffetard. Le epidemie di colera si succedono. La mancanza di igiene
e la miseria favoriscono la loro virulenza. In modo particolare, nel 1832 e
1846, la dedizione e i rischi corsi da Suor Rosalia e dalle sue Figlie hanno
colpito l'immaginazione della gente: È stata vista raccogliere i corpi
abbandonati nelle strade. Durante le sommosse del luglio 1830 e febbraio 1848,
vengono erette barricate e lotte sanguinose oppongono il potere ad una classe
operaia scatenata. Monsignor Affre, Arcivescovo di Parigi, volendo interporsi
tra i belligeranti, viene ucciso. Suor Rosalia soffre: sale anche lei sulle
barricate per soccorrere i combattenti feriti di qualunque campo siano, senza
paura alcuna, rischia la vita negli scontri. Il suo coraggio e il suo spirito
di libertà s'impongono all'ammirazione di tutti.
Quando viene ristabilito
l'ordine, ella cerca. di salvare molti di quegli uomini che conosce e che sono
vittime di una feroce repressione. Viene molto aiutata dal dottor Ulysse
Trélat, sindaco del circondario, un autentico repubblicano, anche lui molto
popolare. Nel 1852 Napoleone III decide di consegnare a Suor Rosalia la Croce
della Legione d'onore: ella è pronta a rifiutare quest'onore personale ma il
superiore dei Preti della Missione e delle Figlie della Carità, Padre Etienne,
l'obbliga ad accettare.
Sebbene di salute
cagionevole, Suor Rosalia non ha mai preso un istante di riposo, finendo sempre
col superare fatiche e febbri. L'età, un'accentuata debilitazione, il cumulo
dei compiti finiscono col vincere la grande resistenza e la forte volontà di
Suor Rosalia. Durante gli ultimi due anni di vita, diviene progressivamente
cieca. Muore il 7 febbraio 1856, dopo una breve malattia.
SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/rosalie-rendu.html
DOPO LA MORTE
Grande è l'emozione nel
quartiere, in tutti gli ambienti sociali a Parigi e in Provincia. Dopo la
celebrazione dei funerali nella chiesa di Saint Medard, la sua parrocchia, una
folla immensa e commossa segue le sue spoglie fino al cimitero di Montparnasse.
Tutta questa gente viene per manifestare la sua ammirazione per l'opera
compiuta e il suo affetto per questa Suora straordinaria.
Numerosi articoli di
stampa vengono a testimoniare l'ammirazione, persino la venerazione che Suor
Rosalia aveva suscitato. Giornali di ogni tendenza si fanno eco dei sentimenti
del popolo.
L'Univers,principale
giornale cattolico dell'epoca, diretto da Louis Veuillot, scrive fin dall'8
febbraio “I nostri lettori comprenderanno l'importanza della disgrazia che ha
colpito la classe povera di Parigi: essi aggiungeranno i loro suffragi alle
lacrime e alle preghiere dei poveri”.
Il Constitutionnel,giornale
della sinistra anticlericale, non esita ad annunciare la morte di questa Figlia
della Carità: “I poveri del 12 circondario hanno subìto una gravissima perdita:
Suor Rosalia, superiora della comunità di rue de l'Epée de Bois, è deceduta
ieri in seguito ad una lunga malattia. Da moltissimi anni questa rispettabile
religiosa era la provvidenza delle classi povere, numerose in questo
quartiere”.
Il giornale ufficiale
dell'impero, le Moniteur, loda l'azione caritatevole di questa Suora:
“Gli onori funebri sono stati resi a Suor Rosalia con un fulgore insolito. Per
cinquantadue anni, la santa donna è stata molto ospitale in un quartiere in cui
ci sono un'infinità d'infelici da soccorrere e tutti i poveri, riconoscenti,
l'hanno accompagnata in chiesa e al cimitero. Un picchetto d'onore ha
partecipato al corteo”.
I visitatori affluiscono
numerosi al cimitero Montparnasse. Vengono a raccogliersi sulla tomba di colei
che fu la loro Provvidenza. Ma siccome è difficile trovare il recinto riservato
alle Figlie della Carità, il corpo viene trasportato in un luogo molto più
accessibile, più vicino all'ingresso del cimitero. Sulla tomba semplicissima,
sormontata da una grande Croce, sono incise queste parole: “A Suor Rosalia, i
suoi amici riconoscenti, i ricchi e i poveri”. Mani anonime hanno ornato di
fiori questa tomba e continuano a farlo: omaggio discreto ma durevole, reso a
quest'umile Figlia di San Vincenzo de Paul.
SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/rosalie-rendu.html
Beata Rosalia Rendu
Jeanne Marie Rendu (Suor
Rosalia), figlia di Antoine Rendu e di Marie Anne Laracine, nacque il 9
settembre nel 1786 a Confort, nel cantone di Gex tra le montagne del Giura a
sud est della Francia, presso la frontiera Svizzera.Visse tutta la vita come
Figlia della Carità, per 53 anni, nel quartiere Mouffetard, il più povero di
Parigi.
1786 : Nascita
1802 : Diviene
Figlia della Carità
1803 : Presa d’abito
e invio alla casa San Martin
1807 : Voti per la
prima volta
1815 : E nominata
superiora (Suor Servente) della casa S. Martin
1830 : Scoppia la
rivoluzione; le postulanti vannoalla Casa de l’Épée-de-Bois
1831 : L’arcivescovo
Quelen e altri membri del clero sono accolti nella Casa di via l’Épée-de-Bois
1833 : Incomincia a
consigliare i primi membri della società di San Vincenzo de Paoli
1840 : Collabora con
le Dame della carità recentemente ricostituite; incominciando l’espansione
delle opere della casa.
1848 : La
rivoluzione; la casa si trasforma in rifugio e ospedale
1852 : Napoleone
IIIle concede la Croce della legione d’onore
1853 : Incomincia a
perdere la vista; la sua salute peggiora
1856 : Muore;
partecipano al funerale 50.000 persone di tutti i settori della società
1953 : Apertura del
processo diocesano di Beatificazione a Parigi
2003 : Beatificazione
presieduta dal Papa Giovanni Paolo II
7 Febbraio: Festa
liturgica
Il 25 maggio 1802 Suor
Rosalia entrò in Seminario (noviziato) alla Casa Madre delle Figlie della
carità di San Vincenzo de Paoli, rue Vieux-Colombier a Parigi. Nel suo sforzo
di dare il meglio di sé in questa nuova vita, la sua salute siindebolì per ciò fu
inviata alla casa delle Figlie della Carità nel zona di Mouffetard con la
speranza di aiutarla a recuperare le forze.
La sete d’azione, la
devozione e il servizio che ardevano in Suor Rosalia non poteva trovare un
luogo migliore per esservi temprati.Questo era un quartiere povero, in cui
malattie e povertà erano la porzione quotidiana degli abitanti che si
sforzavano semplicemente di sopravvivere. Suor Rosalia fiorì trale persone che
sarebbero rapidamente divenute i suoi “Amati Poveri”.
All’inizio accompagnava
le sorelle nella visita ai malati e ai poveri nelle loro case.Inoltre insegnava
nella loro scuola il catechismo e a leggere alle ragazze.Suor Rosalia fiorì tra
queste persone e, nel 1807, pronunciò i voti per la prima volta.Presto si
sarebbero rivelate tutte le qualità naturali di autorità, umiltà, devozione,
compassione e organizzazione. Così nel 1815, fu nominata Suor Servente
(superiora locale) della casa.
Come responsabile della
sua comunità, Suor Rosalia ricevette la missione di accompagnare le sue Suore,
preoccupandosi per la formazione dei nuovi membri e la direzione della vita
della comunità cosa che fece con massima cura, comunicando il suo amore e la
gioia del servizio.
Passati gli anni, sempre
attenta alle nuove povertà, Suor Rosalia ampliò le opere della casa: una
scuola, la visita a domicilio ai malati, un’infermeria, una scuola materna, un
centro diurno per i bambini piccoli, un centro per l’apprendimento pratico e
sociale per le ragazze.Allo stesso tempo tendeva la mano agli altri per condividere
la missione Vincenziana.
Suor Rosalia fu la “madre
buona di tutti” senza distinzione di religione, scelte politiche, o stato
sociale. Con una manoriceveva dal ricco, con l’altra dava ai poveri.Suor
Rosalia condividevala gioia di fare opere buone. Spesso incontrava nel salone
di casa i “suoi amati Poveri”, così pure vescovi, sacerdoti, funzionari del
governo, donne benestanti e studenti universitari.Tra questi Federico Ozanam e
i primi membri della Società di San Vincenzo de Paoli.
Tenera e rispettosa Suor
Rosalia e le suore accompagnavano questi giovani uomini generosi e altri
studenti.Rosalia raccomandava la pazienza, l’indulgenza e la cortesia nei loro
confronti. “Amate i poveri, non accusateli… Ricordate che i poveri sono più
sensibili al vostro atteggiamento che al vostro aiuto “. Ha insegnato
soprattutto con l’esempio: ” Ogni giorno, con qualsiasi tempo, Suor Rosalia
attraversava le vie e vicoli che portano al Pantheon! sul lato sud della salita
di Santa Geneviève… Con il rosario in una mano e un pesante cesto sul braccio,
camminava con passo rapido perché sapeva “che i poveri la stavano
aspettavano!”.
Parlava di Dio alla
famiglia che soffriva perché il padre era disoccupato, alla persona anziana che
stava per morire da solo in una soffitta: ” Mai ho pregato così bene come per
le strade “, dirà.La sua fede, solida come una roccia e chiara come la
primavera, testimonia Gesù Cristo rivelato in tutte le circostanze. La sua vita
di preghiera era intensa, affermava una sorella “…viveva continuamente alla
presenza di Dio. Quando aveva una missione difficile da compiere, eravamo
sicure di vederla in cappella o di trovarla in ginocchio nel suo ufficio.”
Con le sorelle e la sua
vasta rete di collaboratori,accudiva instancabilmente, alimentava, visitava e
consolava i poveri! Dotata di sensibilità e perspicacia, aveva un’empatia con
tutte le sofferenze. C’è qualcosa che mi soffoca “, diceva “e che mi toglie
l’appetito… il pensiero che a tante famiglie manchi il pane”. Per il servizio
dei suoi amati Poveri, ha intrapreso ogni cosa con intelligenza e coraggio. Non
ometteva nulla che potesse permettere di far uscire dalla miseria i poveri.
Suor Rosalia non metteva
in discussione l’ordine stabilito o sosteneva la ribellione.Per combattere
l’ingiustizia e la povertà, risvegliava la coscienza di coloro che erano al
potere o di coloro che avevano soldi, lavorava per l’educazione dei bambini e
dei giovani, provenienti da famiglie povere e, per rispondere alle
emergenze,insegnava a condividere.”Organizzava la carità”.
Durante gli anni della
rivoluzione, nel 1830 e nel 1848, Suor Rosalia e le sue sorelle curarono i
feriti: sia i rivoluzionari che i soldati.Le persone in pericolo trovavano
sempre rifugio nella casa delle sorelle in rue de l’Épée-de-Bois. La sua casa
si trasformò in rifugio e ospedale.
Gli ultimi anni della
vita di Suor Rosalia furono dolorosi la sua salute si aggravò e la vista
diminuì.Non poteva più visitare i poveri in modo regolare, però la sua fama
continuò a crescere.L’imperatore, Napoleone III, la decorò con la Croce della
Legione d’onore, una medaglia militare che solo 4 donne avevano ricevuto fino
ai tempi recenti.
Suor Rosalia sperimentò,
nella sua semplice vita di Figlia della Carità, la verità delle parole di
Vincenzo de Paoli nel 1660, “… certamente il gran segreto della vita spirituale
è abbandonare in Dio tutti coloro che amiamo, abbandonandoci a tutto ciò che a
Lui piacerà.Pregate per me.”E sarà questa semplice Figlia della Carità ad
essere onorata con il suo funerale il 9 febbraio del 1856.Vi Assistettero circa
50.000 persone di tutti i ceti socialie idee politiche ereligiose.Da quel
giorno,a tutt’oggi,la sua tomba trabocca di fiori.
Den salige Rosalia Rendu
(1786-1856)
Minnedag:
7. februar
Den salige Rosalia (fr:
Rosalie) ble født som Johanna Maria Rendu (fr: Jeanne-Marie) den 9. september
1786 i Confort, et distrikt i Gex i Jurafjellene i Savoia i Frankrike nær
grensen til Sveits. Hun ble døpt samme dag i sognekirken i Lancrans. Hennes
gudfar ved stedfortreder var Jacques Emery, en venn av familien og fremtidig
generalsuperior for kongregasjonen sulpisianerne i Paris. Hun var den eldste av
fire søstre. Hennes foreldre var enkle fjellfolk og beskjedne landeiere, og de
hadde en viss velstand og sann respekt i hele området.
Johanna var tre år gammel
da revolusjonen brøt ut i Frankrike i 1789. Fra 1790 var det obligatorisk for
prestene å avlegge en ed til støtte for den sivile konstitusjonen. Utallige
prester som var trofaste mot Kirken, nektet å avlegge denne eden. De ble jagd
fra sine sogn, noen ble drept og andre måtte gjemme seg for å slippe unna sine
forfølgere.
Hjemmet til familien
Rendu ble et tilfluktssted for disse prestene. Biskopen av Annecy fant asyl der
under dekknavnet Pierre. Johanna var fascinert over denne tjeneren som ble
behandlet bedre enn de andre. En natt oppdaget hun at han feiret messen, og hun
ble fornærmet over at hun ikke hadde fått vite sannheten. Senere, under en
diskusjon med sin mor, utbrøt hun: «Vær forsiktig, eller så forteller jeg at
Pierre i virkeligheten ikke er Pierre». For å unngå noen indiskresjon fra
datterens side fortalte Madame Rendu henne sannheten om situasjonen.
Johanna ble oppdratt i
denne atmosfæren av sterk tro, alltid utsatt for faren for å bli angitt. Hun
mottok sin første kommunion en natt i stearinlys i kjelleren i hjemmet. Dette
eksepsjonelle miljøet formet hennes karakter. Hennes fars død den 12. mai 1796
og hennes yngste søsters død, bare fire måneder gammel, den 19. juli samme år,
sjokkerte hele familien. Johanna var ennå ikke fylt ti år, men hun var klar
over sitt ansvar som den eldste, så hun hjalp sin mor, spesielt ved å ta seg av
sine yngre søstre.
I tiden som fulgte etter
terroren, roet folk seg ned litt etter litt, og livet vendte tilbake til det
normale. Madame Rendu var oppatt av sin eldste datters utdannelse og sendte
henne til ursulinnene i Gex. Johanna bodde i to år på denne kostskolen. Under
sine spaserturer i byen oppdaget hun hospitalet hvor De barmhjertige søstre
pleide de syke. Hun hadde bare ett ønske, og det var å slutte seg til dem.
Hennes mor ga tillatelse til at Johanna til tross for sin unge alder kunne
tilbringe noe tid på hospitalet. Guds kall, som hun hadde følt i mange år,
gjorde seg gjeldende: Hun ville bli en Barmhjertig søster.
I 1802 betrodde Armande
Jacquinot fra landsbyen Lancrans sin venninne Johanna at hun forberedte seg på
å dra til Paris for å slutte seg til selskapet Barmhjertige døtre av den
hellige Vincent
av Paul. Jeanne-Marie grep sjansen begjærlig og tryglet sin mor om å la
også henne dra. Etter at Madame Rendu hadde konsultert p. de Varicourt, den
eldste presten i Gex, ga hun sin tillatelse, lykkelig, men svært beveget over
datterens kall.
Den 25. mai 1802 kom
Johanna til Rue du Vieux Colombier i Paris, hovedkvarteret til Filles de
la Charité de Saint-Vincent de Paul, «Barmhjertige døtre av St. Vincent de
Paul» (Sorores Caritatis Sancti Vincentii a Paul – FdC). Hun var ennå
ikke fylt 16 år. Gjenåpningen av seminaret etter at novisiatet var stengt av de
revolusjonære, fant sted i desember 1800. Ved sin ankomst ble de to tilreisende
mottatt av femti unge kvinner under formasjon.
Johanna var svært opptatt
av å gi sitt beste i sitt nye liv. Men hennes helse ble svekket av den
vedvarende mentale anstrengelsen dette krevde og av mangelen på fysisk
aktivitet. Etter råd fra hennes lege og hennes gudfar p. Emery ble Jeanne-Marie
sendt til De barmhjertige døtres hus i distriktet Mouffetard for å tjene de
fattige. Der skulle hun bli værende i 54 år til sin død. Fem politiske
systemer, fra Napoleon Bonaparte til Napoleon III, fulgte på hverandre etter
diverse oppstander og revolusjoner.
Lengselen etter handling,
hengivenhet og tjeneste som brant i Johanna, kunne ikke ha funnet et bedre sted
å bli oppfylt enn dette distriktet i Paris. På denne tiden var dette det
fattigste distriktet i den raskt voksende hovedstaden, og fattigdommen fantes i
alle sine former, psykologisk og åndelig. Der var sykdom, usunn slum og
ytterste elendighet daglig kost for menneskene som prøvde å overleve.
Johanna, som fikk
ordensnavnet sr. Rosalia (fr: Rosalie), gjennomgikk sin «læretid» ved å ledsage
søstre som besøkte de syke og de fattige. I mellomtiden underviste hun i
katekismen og leste for små jenter som var opptatt ved friskolen. I 1807,
omgitt av søstre fra sin kommunitet, avla sr. Rosalia for første gang løfter om
å tjene Gud og de fattige. Hun avla disse løftene med stor følelse og glede.
I 1815 ble sr. Rosalia
superior for kommuniteten i Rue des Francs Bourgeois. To år senere flyttet
kommuniteten til Rue de l'Epée de Bois for å få bedre plass. Her kom alle
hennes kvaliteter for en dag: hengivenhet, naturlig autoritet, ydmykhet,
medfølelse og organisasjonsevne. «Hennes fattige», som hun pleide å kalle dem,
ble flere og flere i disse vanskelige tidene. Herjingene til en triumferende
økonomisk liberalisme økte bare elendigheten hos de mest utstøtte. Hun sendte
alle sine søstre inn i alle de skjulte avkrokene i sognet Saint-Médard for å
bringe dem mat, klær, omsorg og et trøstende ord.
For å hjelpe alle de
lidende åpnet Rosalia en gratis klinikk, et apotek, en skole, et barnehjem, et
barneomsorgssenter, en ungdomsklubb for unge arbeidere og et hjem for eldre
uten ressurser. Snart var det etablert et helt nettverk av sosiale tjenester
for å møte fattigdommen. Rosalias eksempel oppmuntret hennes søstre, og hun
passet alltid på at de hadde tid til bønn. Hun la stor vekt på hvordan man
skulle motta de fattige, som hun så som «våre herrer og mestere». Hun sa: «De
fattige vil fornærme dere. Jo mer uforskammet de er, jo verdigere må dere være.
Husk at Vårherre skjuler seg bak disse fillene».
Overordnede sendte
Rosalia postulanter og unge søstre for formasjon, og de satte søstre i hennes
hus for en tid som var noe vanskelige eller skjøre. Etter hvert som antall
søstre vokste, fikk huset en tilknyttet klinikk og skole. Hennes ry vokste
raskt i alle distrikter i hovedstaden og i byene rundt. Hun visste å omgi seg
med mange effektive og hengivne medarbeidere. De rike var ute av stand til å
motstå henne, så donasjonene strømmet inn. Selv tidligere kongelige glemte
henne ikke i sin sjenerøsitet. Biskoper, prester, den spanske ambassadøren
Donoso Cortéz, Carlo X, general Cavaignac og de fremste menn i stat og kultur,
selv keiser Napoleon III (1848-70; keiser f ra 1852) og hans hustru ble ofte
sett i samtale med henne.
Studenter i jus, medisin,
naturvitenskap, teknologi, ingeniørfag og lærerstudenter og alle andre viktige
skoler kom for å få informasjon og anbefalinger fra sr. Rosalia, eller før de
utførte gode gjerninger spurte de henne hvilke dører de skulle banke på. Blant
disse var den salige Fredrik Ozanam,
medgrunnlegger av «St. Vincent av Paul-konferansene», og den ærverdige Jean
Léon le Prevost, fremtidig grunnlegger av «Søstre av St. Vincent av Paul». De
kjente godt veien til sr. Rosalias kontor, og de kom til henne sammen med andre
venner for å søke råd før de gjennomførte sine prosjekter. Hun var senteret for
en veldedig bevegelse som karakteriserte Paris og Frankrike i første halvdel av
1800-tallet. Sr. Rosalias erfaring var uvurderlig for disse unge menneskene.
Hun ledet deres apostolat, veiledet deres besøk i forstedene og ga dem adresser
til familier i nød og valgte dem ut med omhu.
Hun gikk også i allianse
med superioren for Bon Saveur i Caen og ba om at også hun ønsket dem som var i
nød velkommen. Hun tok seg spesielt av prester og ordensfolk som hadde psykiske
vanskeligheter. Hennes korrespondanse er kort, men rørende, omtenksom, tålmodig
og respektfull mot alle.
Det manglet ikke på
prøvelser i distriktet Mouffetard. Koleraepidemier fulgte den ene etter den
andre, og fattigdommen og mangel på hygiene forverret dem. Spesielt i 1832 og
1846 var hengivenheten som ble vist og risikoene som ble tatt av sr. Rosalia og
hennes søstre ufattelig. Selv ble hun sett mens hun plukket opp døde kropper i
gatene. Under revolusjonene i juli 1830 og februar 1848 var barrikader og
blodige slag kjennetegnende for motstanden fra arbeiderklassen som var pisket
opp mot de mektige. Erkebiskop Affre av Paris ble drept da han forsøkte å megle
mellom de stridende fraksjonene. Sr. Rosalia sørget dypt, men hun klatret selv
opp på barrikadene for å forsøke å hjelpe de sårede uansett hvilken side de
kjempet på. Uten tegn på frykt risikerte hun livet i disse konfrontasjonene.
Hennes mot og frihetssans ble beundret av alle.
Da orden var
gjenopprettet, prøvde hun å redde en rekke av de personene hun kjente og som
var ofre for en streng gjengjeldelse. Hun fikk stor hjelp fra distriktets
borgermester, dr. Ulysse Trélat, enn sann republikaner som også var svært
populær. I 1852 bestemte Napoleon III seg for å gi henne Æreslegionens kors.
Hun ville avslå denne æren, men p. Étienne, generalsuperior for Misjonsprestene
og De barmhjertige døtre, påla henne å motta den.
Sorgen var stor i
distriktet og i alle samfunnslag både i Paris og på landsbygda. Etter
begravelsesseremonien i kirken Saint-Médard fulgte en stor og følelsesladet
menneskemengde hennes jordiske rester til kirkegården Montparnasse. Utallige
avisartikler vitnet om den beundring og ærbødighet som ble henne til del, selv
i avisen for det antiklerikale venstre. Hennes grav på Montparnasse var
imidlertid vanskelig å finne, så hun ble flyttet til et mer egnet sted, nær
inngangen til kirkegården. I Paris' 13. distrikt bærer en gate hennes navn. Hun
spilte for mange mennesker på sin tid den samme rolle som Mor Teresa har
spilt i vår tid.
Den 24. april 2001 ble
hennes «heroiske dyder» anerkjent og hun fikk tittelen Venerabilis («Ærverdig»).
Den 14. april 2003 undertegnet pave Johannes Paul II (1978-2005) dekretet fra
Helligkåringskongregasjonen som godkjente et mirakel på hennes forbønn. Hun ble
saligkåret av paven den 9. november 2003 i Peterskirken i
Roma. Hennes minnedag er dødsdagen 7. februar.
Kilder: Index99, Patron Saints SQPN, vatican.va, EWTN/OR, Kathpress - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden - Sist oppdatert: 2005-07-07 12:47
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/rrendu
SELIGSPRECHUNG VON FÜNF
DIENERN GOTTES
PREDIGT VON JOHANNES PAUL
II.
1. »Denn Gottes Tempel
ist heilig, und der seid ihr« (1 Kor 3,17). Erneut hören wir diese
Worte des Apostels Paulus in der heutigen feierlichen Liturgie zum Fest des
Weihetages der Lateranbasilika, der Kathedrale von Rom und Mutter aller
Kirchen.
Jeder dem Gottesdienst vorbehaltene
Ort ist Zeichen jenes geistigen Tempels, der die Kirche ist. Er besteht aus
lebendigen Steinen, das heißt aus den Gläubigen, die durch den einen Glauben,
die Teilhabe an den Sakramenten und das Band der Nächstenliebe untereinander
verbunden sind. Kostbare Steine dieses geistigen Tempels sind vor allem die
Heiligen.
Die Heiligkeit als Frucht
des unablässigen Wirkens des Geistes Gottes erstrahlt in den neuen
Seligen: Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, Priester; Valentin
Paquay, Priester; Luigi
Maria Monti, Ordensmann; Bonifacia
Rodríguez Castro, Jungfrau; Rosalie
Rendu, Jungfrau. [Nach dem Beginn auf italienisch setzte der Papst seine
Predigt auf spanisch fort:]
2. Die Auffassung vom
Heiligtum, die uns der Prophet Ezechiel in der heutigen Liturgie vorstellt,
beschreibt einen Fluß, der vom Tempel ausgeht und Leben, Kraft und Hoffnung
bringt: »Wohin der Fluß kommt, dort bleibt alles am Leben« (Ez 47,9).
Dieses Bild veranschaulicht die grenzenlose Güte Gottes und seinen Heilsplan,
die über die Mauern des heiligen Bezirks hinausgehen, um zum Segen für die
ganze Erde zu werden.
Juan
Nepomuceno Zegrí y Moreno, ein rechtschaffener Priester mit einer tiefen
eucharistischen Frömmigkeit, erkannte sehr deutlich, daß die Verkündigung des
Evangeliums zu einem dynamischen Prozeß werden muß, der das Leben des Apostels
zu verwandeln vermag. Als Pfarrer hatte er sich vorgenommen, »zur sichtbaren
Vorsehung für all jene zu werden, die ihren Zustand als Waisen beklagen, den
bitteren Kelch trinken und sich vom Brot des Kummers nähren« (vgl. 19. Juni
1859).
Mit diesem Vorsatz
entfaltete er seine erlösende Spiritualität, die aus seiner innigen Beziehung
zu Christus hervorging und auf die Liebe zu den Bedürftigsten hinorientiert
war. Bei der Gründung der Mercedarierinnen von der Nächstenliebe war er beseelt
von der Verehrung der Muttergottes vom Loskauf der Gefangenen, der Mutter des
Erlösers, um die Liebe Gottes immer und überall zu vergegenwärtigen, wo auch
nur »ein einziger Schmerz zu lindern, bei einem einzigen Unglück Trost zu
spenden und ein wenig Hoffnung in die Herzen einzuflößen« war. Den Spuren des
Gründers folgend, widmet sich das Institut auch in unserer Zeit dem Zeugnis und
der Förderung der erlösenden Liebe. [Dann sagte Johannes Paul II. auf
französisch:]
3. Pater Valentin
Paquay ist wahrlich ein Jünger Christi und ein Priester nach dem
Herzen Gottes gewesen. Er war ein Apostel der Barmherzigkeit und verbrachte
viele Stunden im Beichtstuhl; auch besaß er die besondere Gabe, die Sünder
wieder auf den rechten Weg zurückzubringen, indem er die Menschen an die Größe
der göttlichen Vergebung erinnerte. Die Feier des eucharistischen Geheimnisses
stellte er in den Mittelpunkt seines priesterlichen Lebens, gleichsam als
Einladung an die Gläubigen, sich oft der Kommunion, dem Brot des Lebens, zu
nähern.
Wie viele andere Heilige
hatte sich Pater Valentin schon in jungen Jahren unter den Schutz der
Gottesmutter gestellt, die er während seiner Jugendzeit in der Kirche in
Tongern als »Ursache unserer Freude« anrief. Seinem Beispiel folgend, sollt ihr
euren Brüdern und Schwestern dienen, um ihnen die Freude einer Begegnung mit
Christus in der Wahrheit zu schenken! [Der Papst kehrte zur italienischen
Sprache zurück:]
4. »Ich sah, wie unter
der Tempelschwelle Wasser hervorströmte […] Wohin der Fluß kommt, dort bleibt
alles am Leben« (Ez 47,1.9). Das Bild des Wassers, das alles zu neuem
Leben erweckt, beschreibt sehr treffend das Dasein des sel. Luigi
Maria Monti, der sich vollkommen der Heilung der körperlichen und
seelischen Wunden der Kranken und Waisen gewidmet hatte. Er nannte sie gerne
»die Armen Christi« und war im Dienst an ihnen von einem lebendigen Glauben
beseelt, der von intensivem und ständigem Gebet unterstützt wurde. In seiner
Hingabe an das Evangelium orientierte er sich stets am Vorbild der
allerseligsten Jungfrau und stellte die von ihm gegründete Kongregation unter
den Schutz der Unbefleckten Jungfrau Maria.
Wie aktuell ist doch die
Botschaft dieses neuen Seligen! Für seine geistigen Söhne und Töchter wie auch
für alle Gläubigen ist er ein Vorbild der Treue gegenüber dem Ruf Gottes und
der Verkündigung des Evangeliums der Nächstenliebe; er ist ein Modell der
Solidarität gegenüber den Bedürftigen und der liebevollen Hingabe an die
Jungfrau Maria. [Johannes Paul II. sagte wieder auf spanisch:]
5. Die Worte Jesu im
heute verkündeten Evangelium: »Macht das Haus meines Vaters nicht zu einer
Markthalle« (Joh 2,17) stellen die heutige Gesellschaft in Frage, die
mitunter versucht ist, alle Dinge als Handelsware und Profit anzusehen und
dabei die Werte und die Würde, die keinen Preis haben, außer Acht zu lassen. Da
der Mensch Abbild und Wohnstatt Gottes ist, benötigt er eine Läuterung, die ihn
schützt, gleich welche soziale Stellung er einnehmen oder welche Arbeit er
ausführen mag.
Diesem Aspekt widmete die
sel. Bonifacia
Rodríguez Castro ihr ganzes Dasein. Da sie selbst Arbeiterin war,
wußte sie um die Risiken dieser sozialen Schicht in ihrer Zeit. Im einfachen
und verborgenen Leben der Heiligen Familie von Nazaret erkannte sie das Vorbild
für eine Spiritualität der Arbeit, die den Menschen adelt und jegliche
Tätigkeit, wie einfach sie auch scheinen mag, zu einem gottgefälligen Opfer und
einem Werkzeug der Heiligung macht.
Diesen Geist hat sie den
arbeitenden Frauen vermitteln wollen, zuerst durch die »Asociación Josefina«
und dann durch die Gründung der Kongregation der Dienerinnen des hl. Josef, die
ihr Werk in der Welt mit Einfachheit, Freude und Opferbereitschaft
weiterführen. [Auf französisch fuhr der Papst fort:]
6. In einer von sozialen
Konflikten erschütterten Epoche machte sich Rosalie
Rendu freudig zur Dienerin der Ärmsten, um jedem von ihnen seine Würde
zurückzuerstatten. Dies gelang ihr sowohl durch materielle Hilfe als auch durch
die Erziehung und Unterweisung im christlichen Mysterium. Auf diese Weise
konnte sie auch Friedrich Ozanam dazu bewegen, sich in den Dienst an den Armen
zu stellen.
Ihre Nächstenliebe war
erfinderisch. Woher nahm sie die Kraft zur Verwirklichung so vieler Vorhaben?
Aus ihrem intensiven Gebetsleben und aus dem unablässigen Beten des
Rosenkranzes, den sie nie aus der Hand ließ. Ihr Geheimnis war einfach: Als
wahre Tochter des hl. Vinzenz von Paul – und ebenso wie Catherine Labouré, eine
weitere Ordensfrau ihrer Zeit – erblickte sie in jedem Menschen das Antlitz
Christi.
Laßt uns danken für das
Zeugnis der Liebe, das die Familie des hl. Vinzenz unserer Welt nach wie vor
gibt! [Johannes Paul II. schloß auf italienisch:]
7. »Er aber meinte den
Tempel seines Leibes« (Joh 2,21). Diese Worte lassen an das Mysterium des
Todes und der Auferstehung Christi denken. Alle Glieder der Kirche haben sich
am gekreuzigten und auferstandenen Christus auszurichten. Bei dieser
anspruchsvollen Aufgabe unterstützt und führt uns Maria, die Mutter Christi und
unsere Mutter.
Unsere Fürsprecher sind die neuen Seligen, die wir heute in der himmlischen Herrlichkeit betrachten. Auch uns sei es gegeben, uns eines Tages alle im Paradies wiederzusehen, damit wir gemeinsam die Freude im ewigen Leben kosten. Amen!
Nach dem Gottesdienst
sagte Johannes Paul II. in verschiedenen Sprachen:
Zum Schluß dieser Feier
möchte ich die hier versammelten Pilger grüßen. Ich begrüße die
französischsprachigen Pilger, die zur Seligsprechung von Pater Valentin
Paquay und Schwester Rosalie Rendu angereist sind, vor allem die
Mitglieder ihrer Ordensfamilien, die Bischöfe und alle, die in der bürgerlichen
Gesellschaft Verantwortung tragen.
Herzlich begrüße ich die
Bischöfe, die Priester und Gläubigen aus dem spanischen Sprachraum, wie auch
die Vertreter der zivilen Autoritäten, die an der Seligsprechung von Juan
Nepomuceno Zegrí und Mutter Bonifacia Rodriguez teilgenommen
haben.
Ganz besonders grüße ich
die Mercedarierinnen von der Nächstenliebe und die Dienerinnen des hl. Josef.
Mein Gruß gilt den Pilgern aus Italien und aus anderen Ländern, darunter
insbesondere den Söhnen der Unbefleckten Empfängnis, die sich heute über die
Seligsprechung ihres Gründers Luigi Maria Monti freuen. Außerdem
danke ich den Bischöfen und den Vertretern der weltlichen Institutionen für
ihre Anwesenheit.
Wir wenden uns nun im
Gebet an Maria, Königin der Heiligen und Vorbild der Christen.
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MISA DE BEATIFICACIÓN DE
5 SIERVOS DE DIOS
1. "El templo
de Dios es santo: ese templo sois vosotros" (1 Co 3, 17).
Volvemos a escuchar estas palabras del apóstol san Pablo en esta solemne
liturgia de la fiesta de la Dedicación de la Basílica de San Juan de Letrán,
catedral de Roma, madre de todas las iglesias.
Todo lugar reservado al
culto divino es signo del templo espiritual, que es la Iglesia, formada por
piedras vivas, es decir, por fieles unidos por la única fe, por la
participación en los sacramentos y por el vínculo de la caridad. Los santos, en
particular, son piedras preciosas de este templo espiritual.
La santidad, fruto de la
obra incesante del Espíritu de Dios, resplandece en los nuevos
beatos: Juan
Nepomuceno Zegrí, presbítero; Valentín
Paquay, presbítero; Luis
María Monti, religioso; Bonifacia
Rodríguez Castro, virgen; y Rosalía
Rendu, virgen.
2. La visión del
santuario, que el profeta Ezequiel nos presenta en la liturgia del hoy,
describe un torrente que mana desde el templo llevando vida, vigor y
esperanza: "Allí donde penetra esta agua, lo sanea todo" (Ez 47,
9). Esta imagen expresa la infinita bondad de Dios y su designio de salvación,
desbordando los muros del recinto sagrado para ser bendición de toda la tierra.
Juan Nepomuceno Zegrí y
Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedad eucarística, entendió muy bien
cómo el anuncio del Evangelio ha de convertirse en una realidad dinámica, capaz
de transformar la vida del apóstol. Siendo párroco, se propuso "ser la
providencia visible de todos aquellos que, gimiendo en la orfandad, beben el
cáliz de la amargura y se alimentan con el pan de la tribulación" (19 de
junio de 1859).
Con ese propósito
desarrolló su espiritualidad redentora, nacida de la intimidad con Cristo y
orientada a la caridad con los más necesitados. En la advocación de la Virgen
de las Mercedes, Madre del Redentor, se inspiró para la fundación de las
Hermanas Mercedarias de la Caridad, con el fin de hacer siempre presente el
amor de Dios donde hubiera "un solo dolor que curar, una sola desgracia
que consolar, una sola esperanza que derramar en los corazones". Hoy,
siguiendo las huellas de su fundador, este instituto vive consagrado al
testimonio y promoción de la caridad redentora.
3. El padre Valentín
Paquay es verdaderamente un discípulo de Cristo y un sacerdote según el corazón
de Dios. Apóstol de la misericordia, pasaba largas horas en el confesionario
con un don particular para hacer que los pecadores volvieran al camino recto,
recordando a los hombres la grandeza del perdón divino. Poniendo en el centro
de su vida de sacerdote la celebración
del misterio eucarístico, invitaba a los fieles a acercarse
frecuentemente a la comunión del Pan de vida.
Como tantos santos, desde
muy joven, el padre Valentín se había puesto bajo la protección de Nuestra
Señora, invocada en la iglesia de su infancia, en Tongres, como Causa de
nuestra alegría. Ojalá que, siguiendo su ejemplo, sirváis a vuestros hermanos,
para darles la alegría de encontrar verdaderamente a Cristo.
4. "Debajo del
umbral del templo salía agua. (...) Allí donde penetra esta agua, lo sanea
todo" (Ez 47, 1. 9). La imagen del agua, que hace revivir todo,
ilumina bien la existencia del beato Luis María Monti, dedicado totalmente a
sanar las llagas del cuerpo y del alma de los enfermos y de los huérfanos.
Solía llamarlos los "pobrecitos de Cristo", y les servía animado por
una fe viva, sostenida por una intensa y constante oración. En su entrega
evangélica, se inspiró constantemente en el ejemplo de la Virgen santísima, y
puso la Congregación que fundó bajo el signo de María Inmaculada.
¡Cuán actual es el
mensaje de este nuevo beato! Para sus hijos espirituales y para todos los
creyentes es un ejemplo de fidelidad a la llamada de Dios y de anuncio del
evangelio de la caridad; un modelo de solidaridad con los necesitados y de
tierna consagración a la Virgen Inmaculada.
5. Las palabras de
Jesús en el Evangelio proclamado hoy: "No hagáis de la casa de mi
Padre una casa de mercado" (Jn 2, 16), interpelan a la sociedad
actual, tentada a veces de convertir todo en mercancía y ganancia, dejando de
lado los valores y la dignidad que no tienen precio. Siendo la persona imagen y
morada de Dios, hace falta una purificación que la defienda, sea cual fuere su
condición social o su actividad laboral.
A esto se consagró
enteramente la beata Bonifacia Rodríguez de Castro, que, siendo ella misma
trabajadora, percibió los riesgos de esta condición social en su época. En la
vida sencilla y oculta de la Sagrada Familia de Nazaret encontró un modelo de
espiritualidad del trabajo, que dignifica la persona y hace de toda actividad,
por humilde que parezca, un ofrecimiento a Dios y un medio de santificación.
Este es el espíritu que
quiso infundir en las mujeres trabajadoras, primero con la Asociación Josefina
y después con la fundación de las Siervas de San José, que continúan su obra en
el mundo con sencillez, alegría y abnegación.
6. En una época
turbada por conflictos sociales, Rosalía Rendu se hizo gozosamente servidora de
los más pobres, para devolver a cada uno su dignidad, con ayudas materiales,
con la educación y la enseñanza del misterio cristiano, impulsando a Federico
Ozanam a ponerse al servicio de los pobres.
Su caridad era creativa.
¿De dónde sacaba la fuerza para realizar tantas cosas? De su intensa vida de
oración y de su incesante rezo del rosario, que no abandonaba jamás. Su secreto
era simple: verdadera hija de san Vicente de Paúl, como otra religiosa de
su tiempo, santa Catalina Labouré, veía en todo hombre el rostro de Cristo.
Demos gracias por el testimonio de caridad que la familia vicentina
sigue dando al mundo.
7. "Él hablaba
del templo de su cuerpo" (Jn 2, 21). Estas palabras evocan el
misterio de la muerte y resurrección de Cristo. Todos los miembros de la
Iglesia deben configurarse con Jesús crucificado y resucitado.
En esta ardua tarea nos sostiene y nos guía María, Madre de Cristo y Madre nuestra. Que intercedan por nosotros los nuevos beatos, que hoy contemplamos en la gloria del cielo. Que se nos conceda también a nosotros volvernos a encontrar todos un día en el paraíso, para gustar juntos la alegría en la vida eterna. Amén.
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SOLENE CONCELEBRAÇÃO
EUCARÍSTICA
PARA A BEATIFICAÇÃO DE CINCO SERVOS DE DEUS
HOMILIA DO PAPA JOÃO
PAULO II
Domingo, 9 de Novembro de
2003
1. "Santo é o
templo de Deus, que sois vós" (1 Cor 3, 27). Ouvimos novamente estas
palavras do apóstolo Paulo na hodierna solene liturgia da Festividade da
Dedicação da Basílica Lateranense, Catedral de Roma, Mãe de todas as Igrejas.
Todos os lugares
reservados ao culto divino são sinais daquele templo espiritual, que é a
Igreja, composta de pedras vivas, isto é, dos fiéis, unidos numa única fé, pela
participação nos sacramentos e pelo vínculo da caridade. Pedras preciosas desse
templo espiritual são particularmente os Santos.
A santidade, fruto da
obra incessante do Espírito de Deus, resplandece nos novos Beatos: João
Nepomuceno Zegrí y Moreno, presbítero; Valentino Paquay, presbítero; Luís Maria
Monti, religioso; Bonifácia Rodríguez Castro, virgem; Rosália Rendu, virgem.
2. A visão do santuário,
que o profeta Ezequiel nos apresenta na liturgia de hoje, descreve uma torrente
que emana do templo levando vida, vigor e esperança: "porque aonde quer que
esta água chegar, tornar-se-á salubre" (Ez 47, 9). Esta imagem
expressa a infinita bondade de Deus e seu desígnio de salvação, transbordando
os muros do recinto sagrado para ser bênção para toda a terra.
João
Nepomuceno Zegrí y Moreno
João Nepomuceno Zegrí y
Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedade eucarística, entendeu muito bem
como o anúncio do Evangelho deve converter-se numa realidade dinâmica, capaz de
transformar a vida do apóstolo. Sendo pároco, propôs-se "ser a providência
visível de todos aqueles que, gemendo na orfandade bebem o cálice da amargura e
se alimentam com o pão da tribulação" (19 de Junho de 1859).
Com esse propósito
desenvolveu a sua espiritualidade redentora nascida da intimidade com Cristo e
orientada para a caridade com os mais necessitados. Inspirou-se na devoção a
Nossa Senhora das Mercês, Mãe do Redentor, para a fundação das Irmãs
Mercedárias da Caridade, com o fim de tornar sempre presente o amor de Deus
onde houvesse "uma só dor para curar, uma só desgraça para consolar, uma
só esperança para derramar nos corações". Hoje, seguindo as pegadas do seu
Fundador, este Instituto vive consagrado ao testemunho e promoção da caridade
redentora.
3. O Padre Valentino
Paquay é, sem dúvida, um discípulo de Cristo e um padre segundo o coração de
Deus. Apóstolo da misericórdia, ele passava longas horas no confessionário, com
o dom particular de conduzir novamente os pecadores ao caminho recto,
recordando aos homens a grandeza do perdão divino. Colocando no centro da sua
vida de sacerdote a celebração do Mistério eucarístico, ele convidava os fiéis
a aproximarem-se com frequência da comunhão do Pão da Vida.
Como tantos santos, o
Padre Valentin colocou todos os jovens sob a protecção de Nossa Senhora,
invocada na igreja da sua infância, em Tongres, como Causa da nossa Alegria.
Seguindo o seu exemplo, faço votos por que possais servir os vossos irmãos,
para lhes dar a alegria de reencontrar Cristo em verdade!
4. "E eis que saía
água da sua parte subterrânea... por aonde quer que esta água chegar,
tornar-se-á salubre" (Ez 47, 1.9). A imagem da água, que tudo
faz viver, ilumina muito bem a existência do Beato Luís Maria Monti,
inteiramente dedicado a curar as feridas do corpo e da alma dos doentes e dos
órfãos. Amava chamá-los "pobrezinhos de Cristo", e servia-os animado
por uma fé viva, sustentada por uma intensa e constante oração. Para a sua
dedicação evangélica, inspirou-se constantemente no exemplo da Virgem Santa e
confiou a Congregação por ele fundada sob a égide de Maria Imaculada.
Como é actual a mensagem
deste novo Beato! Para os seus filhos espirituais e para todos os crentes, ele
é um exemplo de fidelidade à chamada de Deus e de anúncio do Evangelho da
caridade; um modelo de solidariedade para com os necessitados e de terna
confiança para com a Virgem Imaculada.
5. As palavras de Jesus
no Evangelho proclamado hoje: "Não façais da Casa de meu Pai um
mercado" (Jo 2, 16), interpelam a sociedade actual, tentada às
vezes a converter tudo em mercadoria e lucro, deixando de lado os valores e a
dignidade que não têm um preço. Sendo a pessoa imagem e morada de Deus, faz
falta uma purificação que a defenda, seja qual for a sua condição social ou a
sua actividade profissional.
A isto se consagrou
inteiramente a beata Bonifácia Rodríguez de Castro, que, sendo ela mesma
trabalhadora, percebeu os riscos desta condição social na sua época. Na vida
simples e oculta da Sagrada Família de Nazaré, encontrou um modelo de
espiritualidade do trabalho, que dignifica a pessoa e faz de qualquer
actividade, mesmo que seja humilde, uma oferta a Deus e um meio de santificação.
Este é o espírito que
quis difundir nas mulheres trabalhadoras, primeiro com a Associação Josefina e
depois com a fundação das Servas de São José, que continuam a sua obra no mundo
com simplicidade, alegria e abnegação.
6. Numa época perturbada
por conflitos sociais, Rosália Rendu fez-se alegremente a serva dos mais
pobres, para restituir a cada um a sua dignidade, mediante as ajudas materiais,
a educação e o ensino do mistério cristão, estimulando Frederico Ozanam a
colocar-se ao serviço dos pobres.
A sua caridade era
criativa. Onde encontrava ela forças para realizar tantas coisas? Na sua
intensa vida de oração e na recitação incessante do rosário, que levava sempre
consigo. O seu segredo era simples: verdadeiramente filha de Vicente de Paulo,
como outra Irmã do seu tempo, Santa Catarina Labouré, via em todos os homens o
rosto de Cristo. Demos graças pelo testemunho da caridade que a família
vicentina não cessa de dar ao mundo!
7. "Ele falava do
templo do seu Corpo" (Jo 2, 21). Estas palavras evocam o
mistério da morte e ressurreição de Cristo. Todos os membros da Igreja se devem
conformar com Jesus crucificado e ressuscitado.
Nesta tarefa
comprometedora, Maria, Mãe de Cristo e nossa Mãe, seja o nosso sustento e guia.
Intercedem por nós os novos Beatos, que hoje contemplamos na glória do céu.
Seja concedido, também a nós encontrarmo-nos todos um dia no Paraíso, para
experimentar juntos a alegria de uma vida que não tem fim. Amém!
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Charles Mercier, « Louise Sullivan, Sœur Rosalie Rendu. Une passion pour les pauvres », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 142 | avril-juin 2008, document 142-56, mis en ligne le 26 novembre 2008, consulté le 22 février 2026. URL : http://journals.openedition.org/assr/16033 ; DOI : https://doi.org/10.4000/assr.16033 : https://journals.openedition.org/assr/16033
SVdP - Presentation on
Blessed Rosalie Rendu, St.
Vincent de Paul Georgia : https://www.youtube.com/watch?v=HwcYeCFixxU