samedi 7 février 2015

Bienheureuse ROSALIE RENDU, vierge religieuse Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul


Bienheureuse Rosalie Rendu

Sœur de Saint-Vincent-de-Paul (+ 1856)

Biographie site du Vatican, Rosalie Rendu (1786-1856)

Homélie du pape Jean-Paul II pour la béatification de cinq serviteurs de Dieu, le 9 novembre 2003:

..."A une époque troublée par des conflits sociaux,  Rosalie Rendu s'est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l'éducation et l'enseignement du mystère chrétien, poussant Frédéric Ozanam à se mettre au service des pauvres. Sa charité était inventive. Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses? C'est dans son intense vie d'oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la quittait pas. Son secret était simple:  en vraie fille de Vincent de Paul, comme une autre Sœur de son temps, sainte Catherine Labouré, voit en tout homme le visage du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la famille vincentienne ne cesse de donner au monde!"...

Prov. 31, 20-26 Elle ouvrit sa main à la misère, la tendit au Pauvre. Dans sa bouche, il n’y avait que parole de bonté - O Dieu, qui as fait don à la bienheureuse Rosalie, vierge, de ton Esprit d’Amour, pour qu’elle fût en aide à ceux qui sont dans la détresse et l’abandon. A son exemple, donne-nous aussi la joie de découvrir le Christ dans les Pauvres et de Le servir avec une inlassable charité. (Grandes figures - Diocèse de Belley-Ars)

"Les pauvres vous diront des injures. Plus ils sont grossiers, plus vous devez en être dignes. Rappelez-vous que ces haillons vous cachent Notre Seigneur" Bienheureuse Rosalie Rendu - diocèse de Paris.

Voir aussi les Saints parisiens sur le site du diocèse de Paris.

À Paris, en 1856, la bienheureuse Rosalie (Jeanne-Marie Rendu), vierge. Fille de la Charité, elle établit dans une maison d’un faubourg misérable de la ville un refuge pour les indigents et mit tout son zèle à visiter les pauvres chez eux, à mettre la paix durant les guerres civiles, et à entraîner un grand nombre, surtout des jeunes et des riches, à exercer la charité.

Martyrologe romain

“Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue” disait-elle.

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/591/Bienheureuse-Rosalie-Rendu.html

Bienheureuse Rosalie Rendu

Jeanne-Marie Rendu entra à Paris chez les Filles de la Charité, devenant « Sœur Rosalie ». Elle établit dans un faubourg misérable de Paris un refuge pour les indigents et mit tout son zèle à visiter les pauvres chez eux, à mettre la paix durant les guerres civiles qui agitèrent la capitale au début du XIXème siècle et à entraîner un grand nombre de personnes à exercer la charité. Elle seconda ainsi le zèle du Bienheureux Frédéric Ozanam. Elle mourut en 1856, laissant dans le cœur du petit peuple de Paris l’empreinte de sa charité puisée aux plus pures sources de la foi.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/02/07/12691/-/bienheureuse-rosalie-rendu

CHAPELLE PAPALE POUR LA BÉATIFICATION DE 5 SERVITEURS DE DIEU

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Fête de la dédicace de la Basilique patriarcale du Latran

Dimanche 9 novembre 2003


1. "Car le Temple de Dieu est sacré, et ce temple, c'est vous" (1 Co 3, 17). Nous écoutons à nouveau aujourd'hui ces paroles de l'Apôtre Paul au cours de la célébration solennelle de la fête de la dédicace de la Basilique Saint-Jean-de-Latran, Cathédrale de Rome, Mère de toutes les Eglises.

Chaque lieu réservé au culte divin est le signe de ce temple spirituel qu'est l'Eglise, composé de pierres vivantes, c'est-à-dire des fidèles, unis dans l'unique foi, par la participation aux sacrements et le lien de la charité. Et les saints sont de façon particulière les pierres précieuses de ce temple spirituel.

La sainteté, fruit de l'oeuvre incessante de l'Esprit de Dieu, resplendit chez les nouveaux bienheureux:  Nepomuceno Zegrí y Moreno, prêtre; Valentin Paquay, prêtre; Luigi Maria Monti, religieux; Bonifacia Rodríguez de Castro, vierge; Rosalie Rendu, vierge.

2. La vision du sanctuaire, que le prophète Ezéchiel nous présente dans la liturgie d'aujourd'hui, décrit un torrent qui s'écoule vers le temple en apportant la vie, la vigueur et l'espérance:  "là où cette eau pénètre elle assainit" (Ez 47, 9). Cette image exprime la bonté infinie de Dieu et son dessein de salut, qui franchit les murs de l'enceinte sacrée pour être une bénédiction sur toute la terre.

Nepomuceno Zegrí y Moreno, prêtre intègre, à la profonde piété eucharistique, comprit parfaitement que l'annonce de l'Evangile doit se convertir en une réalité dynamique, en mesure de transformer la vie du fidèle. Etant curé, il se proposa "d'être la providence visible pour tous ceux qui, gémissant dans l'abandon, boivent la coupe de l'amertume et s'alimentent du pain des vicissitudes" (19 juin 1859).

C'est avec ces intentions qu'il développa sa spiritualité rédemptrice, née de l'intimité avec le Christ et orientée vers la charité à l'égard des plus démunis. C'est du vocable de la Vierge "de las Mercedes", Mère du Rédempteur, qu'il s'inspira pour fonder les Soeurs mercédaires de la Charité, dans le but de rendre l'amour de Dieu toujours présent là où restaient "une seule douleur à soigner, un seul malheur à consoler, une seule espérance à communiquer aux coeurs". Aujourd'hui, en suivant les traces de son Fondateur, cet Institut vit en se consacrant au témoignage et à la promotion de la charité rédemptrice.

3. Le prêtre Valentin Paquay est bien un disciple du Christ et un prêtre selon le coeur de Dieu. Apôtre de la miséricorde, il passait de longues heures au confessionnal avec un don particulier pour remettre les pêcheurs sur le droit chemin, rappelant aux hommes la grandeur du pardon divin. En mettant au centre de sa vie de prêtre la célébration du Mystère eucharistique, il invite les fidèles à s'approcher souvent de la communion au Pain de Vie.

Comme tant de saints, le Père Valentin s'était mis tout jeune sous la protection de Notre-Dame, invoquée dans l'Eglise de son enfance, à Tongres, comme Cause de notre joie. A son exemple, puissiez-vous servir vos frères, pour leur donner la joie de rencontrer le Christ en vérité!

4. "Et voici que de l'eau sortait de dessous le seuil du Temple... où cette eau pénètre, elle assainit" (Ez 47, 1.9). L'image de l'eau, qui fait revivre toute chose, illumine en effet l'existence du bienheureux Luigi Maria Monti, entièrement consacrée à soigner les blessures du corps et de l'âme des malades et des orphelins. Il aimait les appeler les "poverelli di Cristo", et il les servait animé par une foi vivante, soutenue par une intense et constante prière. Dans son dévouement évangélique, il s'inspira constamment de l'exemple de la Sainte Vierge et plaça la Congrégation qu'il avait fondée sous le signe de Marie Immaculée.

Combien est actuel le message de ce nouveau bienheureux! Pour ses fils spirituels et pour tous les croyants, il est un exemple de fidélité à l'appel de Dieu et de l'annonce de l'Evangile de la charité; un modèle de solidarité envers les plus démunis et de remise confiante et tendre entre les mains de la Vierge Immaculée.

5. Les paroles de Jésus dans l'Evangile proclamé aujourd'hui:  "Ne faites pas de la maison de mon père une maison de commerce" (Jn 2, 16), interpellent la société actuelle, parfois tentée de tout convertir en marchandise et en gain en mettant de côté les valeurs et la dignité qui n'ont pas de prix. La personne étant l'image et la demeure de Dieu, il faut une purification qui la protège, quelle que soit sa condition sociale ou son activité professionnelle.

C'est à cela que se consacra totalement la bienheureuse Bonifacia Rodríguez de Castro, qui en tant que travailleuse, comprit les risques de cette condition sociale de son époque. Dans la vie simple et cachée de la Sainte Famille de Nazareth, elle découvrit un modèle de spiritualité du travail, qui donne sa dignité à la personne et qui fait de toute activité, si humble qu'elle puisse paraître, une offrande à Dieu et un moyen de sanctification.

Tel est l'esprit qu'elle désira transmettre aux femmes travailleuses, tout d'abord avec l'Association joséphine, puis avec la fondation des Servantes de Saint-Joseph, qui poursuivent son oeuvre dans le monde avec simplicité, joie et abnégation.

6. A une époque troublée par des conflits sociaux,  Rosalie Rendu s'est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l'éducation et l'enseignement du mystère chrétien, poussant Frédéric Ozanam à se mettre au service des pauvres.

Sa charité était inventive. Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses? C'est dans son intense vie d'oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la quittait pas. Son secret était simple:  en vraie fille de Vincent de Paul, comme une autre Soeur de son temps, sainte Catherine Labouré, voir en tout homme le visage du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la famille vincentienne ne cesse de donner au monde!

7. "Mais lui parlait du sanctuaire de son corps" (Jn 2, 21). Ces paroles évoquent le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. C'est à Jésus crucifié et ressuscité que doivent se conformer tous les membres de l'Eglise.

Dans cette tâche exigeante, nous trouvons un soutien et un guide chez Marie, Mère du Christ et Notre Mère. Les nouveaux bienheureux, que nous contemplons aujourd'hui dans la gloire du ciel, intercèdent pour nous. Qu'il nous soit concédé à nous aussi de nous retrouver tous un jour au Paradis, pour goûter ensemble la joie dans la vie sans fin. Amen!

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031109_beatifications.html

Rosalie Rendu (1786-1856)  

Jeanne Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au canton de Gex, dans le Jura. Elle est l'aînée de quatre filles. Les parents, petits propriétaires montagnards à la vie simple, jouissent d'une certaine aisance et d'une réelle estime dans tout le pays. Jeanne Marie est baptisée le jour même de sa naissance dans l'église paroissiale de Lancrans. Son parrain par procuration est Jacques Emery, ami de la famille et futur Supérieur Général des Sulpiciens à Paris. 

Jeanne Marie Rendu a trois ans lorsqu'éclate en France la Révolution. Dès 1790, l'adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. De nombreux prêtres, fidèles à l'Église, refusent ce serment. Ils sont chassés de leurs paroisses, certains sont mis à mort, d'autres doivent se cacher pour se soustraire aux poursuites. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour ces prêtres réfractaires. L'évêque d'Annecy y trouve asile sous le nom de Pierre. Jeanne Marie est intriguée par ce domestique qui est mieux traité que les autres. Une nuit, elle découvre qu'il célèbre la messe. Elle s'offusque de ce qu'on ne lui ait pas dit la vérité. Quelque temps plus tard, dans une discussion avec sa mère, elle lui lance sous forme de menace: “Prenez garde, je dirai que Pierre n'est pas Pierre”. Madame Rendu pour éviter toute indiscrétion de la part de sa fille, la met au courant de la situation. 

C'est dans cette atmosphère de foi solide, sans cesse exposée au danger de dénonciation, que Jeanne Marie est éduquée. Elle fera sa première communion une nuit, dans la cave de sa maison, à la lueur d'une bougie. Ce climat exceptionnel forge son caractère. 

La mort du père, le 12 mai 1796, et celle de la dernière petite sœur âgée de quatre mois, le 19 juillet de la même année, bouleversent toute la famille. Jeanne Marie, consciente de sa responsabilité d'aînée, aide sa mère, spécialement dans la garde de ses petites sœurs. 

Au lendemain de la Terreur, les esprits s'apaisent et, petit à petit, la vie reprend son cours normal. Madame Rendu, soucieuse de l'éducation de sa fille aînée, l'envoie chez les Sœurs Ursulines à Gex, Jeanne Marie demeure deux ans dans ce pensionnat. Au cours de ses promenades dans la ville, elle découvre l'hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle n'a plus qu'un désir, aller les rejoindre. Sa mère consent à ce que Jeanne Marie, malgré son jeune âge, fasse un stage dans ce lieu de souffrance. L'appel de Dieu, qu'elle pressentait depuis plusieurs années, se précise: elle sera Fille de la Charité. 

En 1802, Amande Jacquinot du village de Lancrans confie à son amie qu'elle se prépare à partir à Paris pour entrer dans la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Jeanne Marie saute sur l'occasion et elle supplie sa mère de la laisser partir. Ayant questionné Monsieur de Varicourt, curé-doyen à Gex, Madame Rendu, heureuse mais très émue de la vocation de sa fille, acquiesce à sa demande. 

Le 25 mai 1802, Jeanne Marie arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle va avoir 16 ans! La réouverture du Séminaire (noviciat supprimé par les Révolutionnaires) a eu lieu en décembre 1800. À leur arrivée, les voyageuses sont accueillies par 50 jeunes en formation. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie. Sa santé est ébranlée tant par la tension de son esprit, que par le manque d'exercice physique. Sur le conseil du médecin et de son parrain, Monsieur Emery, Jeanne Marie est envoyée à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard pour être au service des pauvres. Elle y restera 54 ans! 

La soif d'action, de dévouement, de service qui brûlait Jeanne Marie ne pouvait trouver un terrain plus propice à son apaisement que ce quartier parisien. C'est, à l'époque, le quartier le plus misérable de la capitale en pleine expansion. Pauvreté sous toutes ses formes, misère psychologique et spirituelle, maladies, taudis insalubres, dénuement sont le lot quotidien des habitants qui tentent de survivre. Jeanne Marie, qui a reçu le nom de Sœur Rosalie, y fait “son apprentissage”, accompagnant les Sœurs dans la visite des malades et des pauvres. Entretemps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l'école gratuite. En 1807, Sœur Rosalie, entourée des Sœurs de sa communauté, avec émotion et une profonde joie, s'engage par vœux au service de Dieu et des pauvres. 

En 1815, Sœur Rosalie devient la Supérieure de la communauté de la rue des Francs Bourgeois qui sera transférée, deux ans plus tard, rue de l'Épée de Bois pour des raisons de place et de commodité. Toutes ses qualités de dévouement, d'autorité naturelle, d'humilité, de compassion, ses capacités d'organisation vont pouvoir se révéler. “Ses pauvres”, comme elle les appelle, sont de plus en plus nombreux en cette époque troublée. Les ravages d'un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés-pour-compte. Elle envoie ses Sœurs dans tous les recoins de la Paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante. 

Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, Sœur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Bientôt tout un réseau d'œuvres charitables va s'établir pour contrer la pauvreté. 

Son exemple stimule ses Sœurs à qui elle répétait souvent: “Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau”. Elle est si simple, elle vit si pauvrement qu'elle transpire la présence de Dieu. 

Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révèle Jésus-Christ en toute circonstance: elle expérimente au quotidien cette conviction de saint Vincent de Paul: “Dix fois par jour, vous irez voir le pauvre, dix fois par jour vous y trouverez Dieu... vous allez en de pauvres maisons, mais vous y trouvez Dieu”. Sa vie de prière est intense; comme l'affirme une sœur, “elle vivait continuellement en la présence de Dieu: avait-elle une mission difficile à remplir, nous étions assurées de la voir monter. à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau”. 

Elle était attentive à assurer à ses compagnes le temps pour l'oraison, mais “Fallait-il quitter Dieu pour Dieu” comme saint Vincent l'avait enseigné à ses filles et l'accompagner dans une visite charitable, elle disait à la sœur qui l'accompagnait: “Ma Sœur, commençons notre oraison!”. Elle en indiquait le plan, la division en peu de mots simples et clairs, et entrait dans un saint recueillement. Comme la moniale dans le cloître, Sœur Rosalie marchait avec son Dieu: elle lui parlait de cette famille en détresse parce que le père n'a plus de travail, de ce vieillard qui risque de mourir seul dans une mansarde: “Jamais je ne fais si bien l'oraison que dans la rue” disait-elle. 

“Les pauvres eux-mêmes avaient remarqué sa manière de prier et d'agir”, rapporte une de ses compagnes. “Humble dans son autorité, Sœur Rosalie nous reprenait avec une grande délicatesse et avait le don de consoler. Ses conseils étaient dictés par la justice et donnés avec toute l'effusion d'un cœur qui pénétrait les besoins des âmes”. “Elle était sévère sur la manière dont nous recevions les pauvres: ils sont nos Seigneurs et nos Maîtres!” “Les pauvres vous diront des injures, plus ils sont grossiers, plus vous devez être dignes” — disait-elle — “Rappelez-vous ces haillons qui vous cachent notre Seigneur”. 

Les Supérieurs lui confièrent les postulantes et les jeunes sœurs pour les former. Elle eut dans sa maison des sœurs passantes, mauvaises têtes ou fragiles. Un jour, elle donna, à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie: Si vous voulez que quelqu'un vous aime, aimez d'abord en premier; et si vous n'avez rien à donner, donnez-vous vous-même”. En raison du nombre croissant de sœurs le Bureau de Bienfaisance devint une maison de charité avec un dispensaire et une école. Elle y voyait la Providence de Dieu. 

Sa notoriété gagne vite tous les quartiers de la capitale, et au-delà, les villes de province. Sœur Rosalie sait s'entourer de collaborateurs dévoués, efficaces et de plus en plus nombreux. Les dons affluent vite, car les riches ne savent pas résister à cette femme si persuasive. Même les souverains qui se sont succédé à la tête du pays ne l'ont pas oubliée dans leurs libéralités. Les Dames de la Charité aident dans les visites à domicile. Dans le parloir de la communauté on voyait souvent des évêques; des prêtres, l'Ambassadeur d'Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le Général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, même l'Empereur Napoléon III et sa femme, des jeunes gens appartenant à toutes les écoles et aspirant à toutes les carrières: étudiants en droit et en médecine, élèves de l'École Normale et de l'École Polytechnique, chacun venant chercher chez Sœur Rosalie, des conseils, des renseignements, une “bonne œuvre” à accomplir. Parmi eux, le Bienheureux Frédéric Ozanam cofondateur de la Conférence de Saint Vincent de Paul et le Vénérable Jean Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint Vincent de Paul, connaissaient bien la route qui menait à son bureau et avec d'autres amis, ils venaient chercher auprès de Sœur Rosalie des conseils pour mettre en œuvre leurs projets. Elle était au centre du mouvement de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXe siècle. 

L'expérience de Sœur Rosalie est inestimable pour ces jeunes gens. Elle oriente leur apostolat, les guide et leur enseigne à aller et venir dans le quartier, elle leur indique des familles à visiter qu'elle choisissait avec soin. 

Elle entre aussi en relation avec la Supérieure du Bon Sauveur de Caen et lui demande d'accueillir de nombreuses personnes. Elle est particulièrement attentive aux prêtres et religieuses atteintes de troubles psychiatriques. Sa correspondance est brève, mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades. 

Les épreuves ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d'hygiène, la misère favorisent leur virulence. Spécialement en 1832 et 1846, le dévouement, les risques pris par Sœur Rosalie et ses Filles ont frappé l'imagination. On l'a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues! 

Durant les journées d'émeutes de juillet 1830 et de février 1848, barricades et luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est tué en voulant s'interposer entre les belligérants. Sœur Rosalie souffre: elle aussi monte sur les barricades pour secourir les combattants blessés de quelque camp qu'ils soient. Sans crainte aucune, elle risque sa vie dans les affrontements. Son courage et son esprit de liberté forcent l'admiration. 

Lorsque l'ordre est rétabli, elle essaie de sauver nombre de ces hommes qu'elle connaît et qui sont victimes d'une répression féroce. Elle est beaucoup aidée par le maire de l'arrondissement, le docteur Ulysse Trélat, pur républicain, lui aussi très populaire. 

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d'honneur: elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité l'oblige à l'accepter. 

De santé fragile, Sœur Rosalie n'a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter fatigues et fièvres. L'âge, une grande sensibilité nerveuse, l'accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle. Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie. 

L'émotion est considérable dans le quartier, dans tous les milieux sociaux à Paris et en Province. Après la célébration des obsèques à l'église Saint Médard, sa paroisse, une foule immense et très émue suit sa dépouille jusqu'au cimetière Montparnasse. Elle vient manifester son admiration pour l'œuvre accomplie et son affection pour cette Sœur hors du commun. 

De nombreux articles de presse viennent témoigner de l'admiration, de la vénération même que Sœur Rosalie avait suscitées. Des journaux de toute tendance se font l'écho des sentiments du peuple. 

L'Univers, principal journal catholique de l'époque, dirigé par Louis Veuillot écrit dès le 8 février: “Nos lecteurs comprendront l'importance du malheur qui vient de frapper la classe pauvre de Paris: ils joindront leurs suffrages aux larmes et aux prières des malheureux”. 

Le Constitutionnel, journal de la gauche anticléricale, n'hésite pas à annoncer la mort de cette Fille de la Charité : “Les malheureux du 12ème arrondissement viennent de faire une perte bien regrettable: la Sœur Rosalie, Supérieure de la communauté de la rue de l'Épée de Bois, est décédée hier à la suite d'une longue maladie. Depuis de longues années, cette respectable religieuse était la providence des classes nécessiteuses et nombreuses dans ce quartier”. 

Le journal officiel de l'Empire, le Moniteur, loue l'action bienfaisante de cette Sœur: “Les honneurs funèbres ont été rendus à la Sœur Rosalie avec un éclat inaccoutumé. La sainte femme était depuis cinquante‑deux ans hospitalière dans un quartier où il y a beaucoup de malheureux à soulager et tous les malheureux reconnaissants l'ont accompagnée à l'église et au cimetière. Un piquet d'honneur faisait partie du cortège”. 

Des visiteurs affluent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent se recueillir sur la tombe de celle qui fut leur Providence. Mais comme il est difficile de trouver l'enclos réservé aux Filles de la Charité! Le corps est alors transporté dans un lieu beaucoup plus accessible, plus près de l'entrée du cimetière. Sur la tombe toute simple, surmontée d'une grande Croix, sont gravés ces mots: “À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres”. Des mains anonymes ont fleuri et continuent de fleurir cette sépulture: hommage discret mais durable rendu à cette humble Fille de Saint Vincent de Paul.

SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031109_rendu_fr.html

La Bienheureuse Rosalie Rendu, apôtre de la rue Mouffetard

Une borne pour y déposer les fardeaux

Rome, 7 février 2013 (Zenit.orgAnita Bourdin

Le martyrologe romain fait aujorud’hui mémoire de la bienheureuse Rosalie Rendu, vierge (1786-1856), apôtre de Paris.

“Il faut qu'une Fille de la Charité soit comme une borne qui est au coin d'une rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux dont ils sont chargés”, disait sœur Rosalie Rendu, apôtre de la Rue Mouffetard, à Paris, béatifiée par Jean-Paul II à Rome en novembre 2003.

Jeanne Rendu recevra le nom de Sœur Rosalie chez les Filles de la Charité, fondées par saint Vincent de Paul. Elle était née au village de Confort, en France, dans le département de l’Ain, le 9 septembre 1786.

Elle n'avait que seize ans lorsqu'elle partit pour Paris, voulant réaliser la vocation qu’elle se découvrait de se donner à Dieu et aux pauvres, c’est pourquoi elle choisit de frapper à la porte des Filles de la Charité.

Durant toute sa longue vie, elle cultiva les vertus recommandées par de saint Vincent de Paul à ses filles, avant tout la charité. C’est ainsi qu’elle secourut sans se lasser toutes les misères, jusqu’à accomplir des gestes vraiment héroïques, en particulier pendant les Révolutions de 1830 et de 1848.

Mais sa maternité spirituelle ne s’arrête pas à ces gestes personnels. De fait, on retrouve son nom et son action au début de toutes les œuvres charitables écloses dans la première moitié du XIXe siècle à Paris. Elle aida Frédéric Ozanam – béatifié en août 1997 - et ses compagnons à s'engager auprès des exclus de son temps. Elle mourut, littéralement usée par ses 54 années passées au service des pauvres, le 7 février 1856.

Sa tombe, au cimetière Montparnasse à Paris, est toujours visitée et fleurie. Dans le quartier Mouffetard qu'elle a aimé et secouru, une avenue porte son nom : "Avenue Sœur Rosalie".

( 7 février 2013) © Innovative Media Inc.

SOURCE : http://www.zenit.org/fr/articles/le-bienheureuse-rosalie-rendu-apotre-de-la-rue-mouffetard

Bienheureuse Rosalie RENDU

Nom: RENDU

Prénom: Jeanne Marie

Nom de religion: Rosalie

Pays: France

Naissance: 09.09.1786 à Confort (Ain)

Mort: 07.02.1856  à Paris

Etat: Religieuse

Note: Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul (1807). Elle œuvre pendant 54 ans dans un quartier pauvre de Paris avec une charité multiforme.

Béatification: 09.11.2003  à Rome  par Jean Paul II

Canonisation:

Fête: 7 février

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2003 n.45

Réf. dans la Documentation Catholique: 2003 n.22 p.1124-1125

Notice brève

La bienheureuse Rosalie Rendu naît sur les hauteurs du Jura dans le département actuel de l’Ain en 1786. A 15 ans elle entre chez les sœurs de saint Vincent de Paul, attirée par leur service de charité. Dès son noviciat et jusqu’à sa mort, c'est-à-dire pendant 54 ans, elle se dévoue au service des pauvres dans le quartier Mouffetard, le faubourg le plus déshérité de Paris, créant pour les nécessiteux de tous genres, dispensaire, école, patronage, crèche et asile de vieillards. Avec cela, c’est une âme de prière continuelle, elle dit : « Jamais je ne fais si bien l’oraison que dans la rue ». Elle reçoit avec une égale charité les petits et les grands, et traverse les époques troublées des révolutions de 1830 et 1848, ainsi que des épidémies de choléra, en redoublant de charité, jusqu’à risquer sa vie. Aussi conquiert-elle le cœur de tous, fussent-ils anticléricaux. Elle meurt en 1856. Une rue de Paris porte son nom.

Notice développée

Jeanne Marie Rendu naît en 1786 au hameau de Confort entre Bellegarde-sur-Valserine et Morez, dans l’actuel département de l’Ain. Son père, Jean Antoine, est un petit propriétaire montagnard. Le jour même de sa naissance, elle est baptisée à l’église paroissiale de Lancrans et son parrain (par procuration) est un ami de la famille, Jacques Émery, qui fera parler de lui plus tard. Pendant la période révolutionnaire, la famille cache les prêtres réfractaires de passage. Jeanne Marie, elle-même, fait sa première communion dans la cave de sa maison, la nuit, à la lueur d’une bougie. Son père meurt en mai 1796 à 31 ans, laissant sa femme, Marie Anne, veuve avec trois enfants. Jeanne Marie, l’aînée, consciente de ses responsabilités, aide sa mère. Elle a un caractère espiègle mais déjà, elle aime faire le catéchisme et se montre très charitable envers les pauvres, suivant en cela l’exemple de sa mère. Elle n’a pas 15 ans qu’elle reçoit une demande en mariage. Pour assurer sa tranquillité, on l’envoie finir son éducation à Gex chez d’anciennes Ursulines qui ont repris leurs activités bienfaisantes après la Terreur. Au cours de ses promenades en ville, Jeanne Marie découvre avec intérêt l’hôpital où les Filles de la Charité (de saint Vincent de Paul) assurent le soin des malades. Ensuite, pendant six mois, elle étudie les arts ménagers à Carouge (près de Genève) puis elle passe six autres mois à l’hôpital de Gex avec les sœurs. Elle désire aussi se faire religieuse malgré son jeune âge : elle va avoir 16 ans. Elle obtient le consentement de sa mère. Le 25 mai 1802, elle part avec deux autres postulantes et arrive à la Maison Mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Elle se retrouve avec cinquante autres jeunes postulantes. Jeanne Marie est très soucieuse de bien correspondre aux exigences de sa nouvelle vie, mais à cause de sa sensibilité et de sa santé fragile, elle souffre, tant par la tension d’esprit que par le manque d’exercice physique. Le médecin juge qu’elle doit prendre l’air. Et on l’envoie… dans le quartier le plus insalubre de Paris, le quartier Mouffetard, où les sœurs ont une maison. Mais son parrain, ‘Monsieur Émery’, qui est devenu supérieur général des Prêtres de Saint Sulpice, approuve la décision : « C’est bien là ce qu’il vous faut. Vous serez la servante des pauvres ». Elle n’a pas encore pris l’habit. C’est pourtant là, dans ce quartier Mouffetard et ce faubourg Saint-Marcel, qu’elle passera le plus clair de ses cinq ans de noviciat… et qu’elle restera jusqu’à la mort.

Elle émet ses vœux en 1807, à 21 ans, sous le nom de sœur Rosalie. En 1815, elle devient supérieure de sa maison, laquelle, sise rue des Francs Bourgeois, sera transférée à la rue de l’Épée de Bois. La misère de ce quartier est due aux révolutions successives (1789, 1830, 1848) et aux ravages du libéralisme économique ambiant. La sœur fait face sur tous les fronts. Elle apporte des secours en nourriture et en vêtements, ouvre un dispensaire, une école gratuite, un orphelinat, une crèche, un patronage, une maison pour les vieillards. Elle donne avec joie et elle agit sans fébrilité, car la “grande maxime” de Monsieur Émery qui est son oracle en toutes choses est : « de ne jamais anticiper sur les desseins de la Providence et d'aller toujours à sa suite. Il me faut aller du jour au jour. ». Il lui dit souvent : "Mon enfant, il faut qu'un prêtre et une Sœur de la Charité soient comme une borne qui est au coin d'une rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux dont ils sont chargés." Aussi Sœur Rosalie prodigue-t-elle à tous des paroles de consolation. Son parloir devient un rendez-vous pour toutes sortes de gens. On y voit même des rois. Pour les prêtres et les religieuses qui ont des difficultés psychologiques, elle manifeste sa sollicitude avec délicatesse. Son nom est attaché à tous les débuts d’œuvres charitables de l’époque. C’est elle qui a stimulé les débuts du bienheureux Frédéric Ozanam 2 (fondateur des Conférences de Saint Vincent de Paul). « Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses ? – se demande le Saint-Père dans son homélie de béatification – C’est dans son intense vie d’oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la quittait pas. Son secret était simple : en vraie fille de saint Vincent de Paul, voir en tout homme le visage du Christ ».

Il y a, dans son parcours, des moments spécialement dramatiques :

- les épidémies de choléra, en particulier celles de 1832 et 1846

- les révolutions de 1830 et 1848 où elle risque sa vie pour en sauver d’autres.

Dès 1854, elle devient presque aveugle. En 1856, elle attrape une pleurésie. Après s’être usée 54 ans au service des pauvres, ses dernières paroles sont pour les recommander à Dieu : "Ô mon Dieu, quand je ne serai plus, mes enfants, mes chers enfants, vous ne les abandonnerez pas !" Elle meurt  le 7 février 1856. Ses obsèques sont un triomphe. Le cortège s’avance dans les rues noires de monde, avec la croix (ce qui n’est pas permis habituellement). Au cimetière Montparnasse, sa tombe, encore fleurie de nos jours, porte cette inscription : « Pertransivit benefaciendo » (Elle a passé en faisant le bien), et au-dessous : « A la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres ».

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0684.htm

L’Église catholique à Paris

Bienheureuse Rosalie Rendu

Fille de la Charité qui a œuvré quartier Mouffetard, morte en 1856.

Fête le 9 février

Entrée au noviciat des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul à Paris en 1802, Sœur Rosalie Rendu est ensuite envoyée dans la communauté du quartier Mouffetard, l’un des plus pauvres de la capitale. Supérieure de sa communauté en 1815, elle encourage ses Sœurs : « Les pauvres vous diront des injures. Plus ils sont grossiers, plus vous devez en être dignes. Rappelez-vous que ces haillons vous cachent Notre Seigneur ».

Pour répondre aux multiples besoins des pauvres, Sœur Rosalie sait s’entourer. Elle initie de jeunes étudiants à la visite des pauvres et conseille le bienheureux Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent de Paul. Les habitants sont profondément marqués par son dévouement et celui des Sœurs de sa communauté pendant les émeutes de 1830 et de 1848 et lors des épidémies de choléra en 1832 et 1849. Sœur Rosalie mourut le 7 février 1856.

Extrait de

Liturgie des Heures

Propre des Diocèses de Paris, Créteil, Nanterre et Saint-Denis

Sur les pas de la Bienheureuse Soeur Rosalie

Eglise Sainte-Rosalie

50 bd Auguste Blanqui, Paris 13e. Tél. : 01 43 31 36 83

En 1860, une chapelle commence à être élevée dans le quartier de la Glacière, très déshérité du point de vue religieux. C’est à l’abbé Le Rebours que l’on doit cette initiative : sous l’impulsion de sœur Rosalie, dont il était très proche, il avait décidé de consacrer sa fortune aux œuvres de charité. A la mort de la religieuse, il acheta un terrain qui accueillit, outre l’église, un patronage de garçons. L’église, dont les Lazaristes ont eu la charge jusqu’en 1971, fut dédiée à la patronne de celle qui avait inspiré le projet : sainte Rosalie, vierge et martyre de Palerme au douzième siècle. Les deux Rosalie sont d’ailleurs représentées sur un grand vitrail, œuvre de Didron, dans le chœur de l’édifice : on y voit sœur Rosalie Rendu offrant à sa sainte patronne la maquette de l’église. Non loin de l’église se trouve l’avenue Sœur Rosalie.
Depuis la béatification de Sœur Rosalie, la paroisse est placé sous le double patronage de la bienheureuse Sœur Rosalie Rendu et de sainte Rosalie.

Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, 

140 rue du Bac, Paris 7è. Tél. 01 49 54 78 88

Contrairement à Catherine Labouré, à qui la Vierge est apparue en 1830, Sœur Rosalie n’a pas fait son noviciat à la maison de la rue du Bac et les deux religieuses ne se sont pas connues. Mais nul doute que la nouvelle bienheureuse sera particulièrement honorée à la chapelle de la Maison-mère des Filles de la Charité. A la même époque, dans deux quartiers voisins, Sœur Catherine et Sœur Rosalie furent en effet témoins de l’amour, chacune selon leur appel. L’une servant les personnes âgées dans une Maison des Filles de la charité rue de Picpus ; l’autre rejoignant à leur domicile les familles en grande difficulté. La première accomplissant, dans le silence et la prière, la mission qu’elle avait reçue de la Vierge Marie, la seconde encourageant de nombreux laïcs à se tourner vers les exclus. A voir également dans le quartier, la Maison-Mère des Lazaristes (Chapelle Saint-Vincent de Paul, 95 rue de Sèvres, 6è).

Église Saint-Médard, 

141 rue Mouffetard, 5è Tél. : 01 44 08 87 00

En bas de la rue Mouffetard, non loin de la rue de l’Epée-de-Bois, l’église Saint-Médard fut la paroisse de Sœur Rosalie pendant cinquante-quatre ans. C’est également dans cette église que furent célébrées ses obsèques le 9 février 1856. Escorté d’une foule immense, le cercueil de Sœur Rosalie fut conduit à pied depuis l’église jusqu’au cimetière Montparnasse, puis déposé dans le caveau de sa congrégation.

Cimetière Montparnasse, 

3, bd Edgar Quinet, 14è

Devant le nombre considérable de visiteurs qui cherchaient la tombe de Sœur Rosalie sans la trouver, on fit transporter quelques mois plus tard le corps dans un endroit plus accessible, à l’entrée du cimetière. C’est une tombe très simple surmontée du grande croix. On peut y lire cette inscription : « A la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres ». Témoin de la vitalité de son rayonnement, sa tombe demeure encore aujourd’hui fleurie par de nombreuses mains anonymes.

Rue de l’Epée-de-Bois

Chassées de leur maison en août 1880, les Filles de la Charité organisèrent une quête pour se reloger. C’est ainsi qu’en octobre de la même année, elles ouvraient leur école et accueillaient toutes leurs œuvres au 32 de la rue Goeffroy-St-Hilaire, dans une maison qui porte toujours le nom de Sœur Rosalie et est devenue une école privée. En 1903, les locaux de la rue de l’Epée-de-Bois ont été en partie démolis et, sur l’emplacement libéré, fut construit, l’année suivante, un nouvel hospice, pris en charge par l’Assistance public et confié à un personnel laïc. Il prit le nom d’Asile Sœur-Rosalie.

SOURCE : https://dioceseparis.fr/bienheureuse-rosalie-rendu

Bienheureuse Rosalie Rendu

Jeanne-Marie Rendu (Sœur Rosalie), fille de Antoine Rendu et Marie-Anne Laracine, est née le 9 Septembre 1786, à Confort, dans le pays de Gex dans le Jura du sud-est en France, près de la frontière suisse. Elle a vécu toute sa vie en Fille de la Charité, dont 53 ans, dans le quartier Mouffetard, le quartier le plus pauvre de Paris.

!786 : naissance

1802 : entre chez les Filles de la Charité

1803 : reçoit l’habit et est placée dans la maison Saint-Martin

1807 : prononce ses vœux pour la première fois

1815 : devient supérieure (Sœur Servante) de la maison Saint-Martin

1830 : Révolution; placement des postulantes à la rue de l’Épée-de-Bois

1831 : Mgr de Quélen et les autres membres du clergé se mettent à l’abri à la rue de l’Épée-de-Bois

1833 : commence l’encadrement des premiers membres de la société de Saint Vincent de Paul

1840 : travaille avec les Dames de la Charité nouvellement nommées; entreprend les travaux d’expansion de la maison

1848 : Révolution; la maison est devenue un refuge et un hôpital de campagne

1852 : décorée de la croix de la Légion d’honneur par Napoléon III

1853 : sa vue commence à baisser et sa santé s’aggrave

1856 : mort; funérailles en présence d’environ 50 000 personnes de toutes les catégories de la société

1953 : Le procès diocésain de béatification s’ouvre à Paris

2003 : béatification par le pape Jean Paul II7 Février: Fête

Le 25 mai 1802, Sœur Rosalie est entrée au Séminaire (noviciat) à la Maison Mère des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, rue du Vieux-Colombier à Paris. Dans son effort pour se donner pleinement à cette nouvelle vie, sa santé s’est affaiblie, de sorte qu’elle a été envoyée, après sa formation, à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard, dans l’espoir que ce placement lui fasse retrouver ses forces.

La soif d’action, de dévouement et de service qui brûlait Sœur Rosalie n’aurait pas pu trouver un meilleur endroit pour être étanchée. Les maladies, les taudis insalubres et le dénuement étaient le lot quotidien des habitants qui luttaient pour survivre. Sœur Rosalie s’épanouissait parmi les personnes qui devinrent rapidement ses « bienaimés pauvres ».

Au début, elle a accompagné les sœurs dans leurs visites aux malades et aux pauvres dans leurs maisons. Elle a également enseigné le catéchisme et la lecture aux petites filles de l’école libre. Sœur Rosalie était heureuse et en 1807, elle a fait ses vœux pour la première fois. Ses qualités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion et ses capacités d’organisation se révèleront bientôt. Ainsi en 1815, elle serait nommée Sœur Servante (supérieure locale) de la maison.

En tant que responsable de sa communauté, Sœur Rosalie a reçu la mission d’accompagner chacune de ses sœurs, de former les jeunes et d’animer la vie communautaire. Elle réalisait cette mission avec le plus grand soin, en communiquant l’amour et la joie du service.

Au fil des années, toujours attentive aux nouvelles pauvretés, elle avait développé les œuvres de la maison: une école, la visite à domicile des malades, la création d’un dispensaire, d’une crèche, d’un accueil de jour pour enfants, trop jeunes pour l’école, un centre de formation pratique et un centre social pour les filles plus âgées. Dans le même temps, elle a invité d’autres personnes à partager la mission de Saint-Vincent.

Sœur Rosalie était une «bonne mère pour tous » sans distinction de religion, d’opinion politique ou de statut social. D’une main, elle recevait des riches, de l’autre elle donnait aux pauvres. Sœur Rosalie a offert aux riches la joie de faire de bonnes œuvres. Souvent on pouvait la voir au parloir de la maison avec ses bien-aimés les “pauvres” ainsi que les évêques, les prêtres, les responsables gouvernementaux, les femmes riches et les étudiants universitaires. Parmi eux se trouvaient Frédéric Ozanam et les premiers membres de la Société Saint Vincent de Paul.

Tendrement et respectueusement Sœur Rosalie et les sœurs de la maison encadraient ces jeunes hommes généreux et les autres étudiants. Elle recommandait la patience, l’indulgence et la courtoisie à leur égard. “Aimez les pauvres, ne les blâmez pas trop … rappelez-vous que les pauvres sont encore plus sensibles à votre comportement qu’à votre aide.” Par-dessus tout, elle a montré le chemin par son exemple:

«Chaque jour, par tous les temps, Sœur Rosalie arpentait les rues et ruelles qui escaladaient jusqu’au Panthéon, le versant sud de la Montagne de Sainte-Geneviève : rue Mouffetard, le passage des Patriarches, rue de l’Épée-de-Bois, rue du Pot de Fer…Son chapelet à la main, son lourd panier au bras, elle pressait le pas car elle savait qu’on l’attendait ! »

Sœur Rosalie parlait à Dieu de cette famille en détresse parce que le père n’avait plus de travail, de cette personne âgée qui risquait de mourir seule dans une mansarde : «Jamais, je ne fais si bien l’oraison que dans la rue », disait-elle.

Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révélait Jésus-Christ en toute circonstance. Sa vie de prière était intense, comme l’affirme une sœur, «elle vivait continuellement en la présence de Dieu. Avait-elle une mission difficile à remplir et nous étions toujours assurées de la voir s’en aller à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau ».

Avec ses compagnes et son vaste réseau de collaborateurs, elle a inlassablement soigné, nourri, visité, consolé et apaisé les autres! Douée d’une vive sensibilité, elle a eu de l’empathie pour tous ceux qui souffraient. « Il y a quelque chose qui m’étouffe », a-t-elle dit, « et m’ôte l’appétit … la pensée que tant de familles manquent de pain ». Pour le service de ses bien-aimés, les pauvres, elle a osé tout entreprendre avec intelligence et audace. Rien ne l’arrêtait si cela leur permettait de sortir de leur misère.

Sœur Rosalie ne conteste pas l’ordre établi, n’entretient pas la révolte : ce n’est pas sa méthode. Pour lutter contre l’injustice et la pauvreté, elle éveillait la conscience de ceux qui avaient le pouvoir ou de l’argent, elle a travaillé à l’instruction des enfants et des jeunes des familles pauvres et, pour répondre à l’urgence, elle pousse au partage : elle «organise la charité ».

Pendant les années de la Révolution, de 1830 à 1848, Sœur Rosalie et ses sœurs se souciaient du sort des blessés – des émeutiers ou des soldats. Les gens qui étaient en danger ont trouvé refuge dans la maison des sœurs de la rue de l’Épée-de-Bois. Leur maison est devenue un abri et un hôpital de campagne.

Les dernières années de la vie de Sœur Rosalie ont été douloureuses, son état de santé s’est aggravé et sa vue a diminué. Elle n’était plus en mesure de rendre visite aux « pauvres, ses bien-aimés » de manière régulière. Pourtant, sa réputation a continué de croître.

L’empereur, Napoléon III lui a décerné la Croix de la Légion d’honneur, un honneur militaire que seulement quatre femmes ont reçu jusqu’à une époque récente.

Elle a expérimenté dans sa vie de « simple fille de la Charité » la vérité des paroles de Vincent de Paul en 1660, « …C’est certainement un grand secret de la vie spirituelle d’abandonner tout ce que nous aimons à Dieu, en nous abandonnant à tout ce qu’il voudra. Priez pour moi ».

Et ce sera cette simple fille la Charité qui sera honorée lors de ses funérailles, le 9 février 1856. Elle a été suivie par environ 50.000 personnes de toutes les catégories de la société et de toute tendance politique et confession religieuse. Depuis ce jour, des fleurs décorent toujours sa tombe.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20201029103831/http://filles-de-la-charite.org/fr/history/saints-and-blessed-daughters-of-charity/blessed-rosalie-rendu/

Sœur Rosalie Rendu : auprès des pauvres de Paris

Camille Caquineau

Sœur Rosalie Rendu a incarné la charité dans le Paris du XIXème siècle. Née juste avant la Révolution de 1789, c’est dans une société post-révolutionnaire déchristianisée et appauvrie qu’elle donne sa vie au service des plus pauvres. Jean-Paul II l’a béatifiée le 9 novembre 2003.

© C. Burkel

Jeanne-Marie Rendu naît le 9 septembre 1786 à Confort, au pays de Gex, dans le Jura. Ses parents, petits propriétaires montagnards, vivent dans l’aisance et la simplicité et sont estimés dans tout le pays.

Jeanne-Marie a trois ans lorsqu’éclate la Révolution. Dès 1790, l’adhésion par serment à la Constitution civile du clergé est imposée. La maison de la famille Rendu devient un refuge pour les prêtres réfractaires. Jeanne-Marie grandit dans ce contexte de foi chrétienne, sans cesse exposée au danger de la dénonciation. Elle fait même sa première communion une nuit, au fond d’une cave. Ce climat d’héroïque piété forge son caractère : elle devient une jeune fille vive, espiègle, droite et volontaire.

En 1796, la famille est bouleversée par le décès du père et de la dernière petite sœur, âgée de quatre mois. C’est l’aînée qui va aider la mère à élever ses trois sœurs. Au lendemain de la Terreur, les esprits s’apaisent et la vie reprend. Madame Rendu envoie Jeanne-Marie étudier au pensionnat des sœurs Ursulines, à Gex. Au cours d’une promenade, elle découvre un hôpital où les Filles de la Charité s’occupent des malades et des pauvres. Elle y effectue un stage à la fin duquel elle exprime le grand désir de devenir elle aussi Fille de la Charité.

Le 25 mai 1802, Jeanne-Marie a 16 ans. Elle entre déjà au noviciat de la maison mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris. Mais sa santé est fragile et son zèle à vouloir répondre aux exigences de sa nouvelle vie la détériore. Elle est donc envoyée dans la petite communauté de la rue des Francs-Bourgeois qui sera transférée plus tard rue de l’Epée-de-Bois, dans le quartier Mouffetard. Là, elle reçoit le nom de Rosalie, pour la distinguer d’une autre religieuse qui porte le même prénom qu’elle. Elle y restera cinquante-quatre ans au cours desquels elle ne tendra que vers un but : "Traquer la misère pour rendre à l’homme sa dignité."

Une Supérieure engagée

En ce début du XIXème siècle, le quartier Mouffetard est le plus misérable d’une capitale en pleine expansion. Les pauvres s’y entassent, victimes de la misère et de tous les vices : taudis insalubres, maladies, détresse du chômage, vols, alcoolisme… Sœur Rosalie y fait son apprentissage, accompagnant les sœurs dans la visite des pauvres et des malades. Elle enseigne déjà le catéchisme et la lecture aux petites filles accueillies à l’école gratuite. Elle prononce ses vœux en 1807, entourée de sa communauté.

En 1815, lors de l’occupation étrangère de Paris, après la chute de Napoléon, sœur Rosalie est nommée Supérieure de sa petite communauté du Vème arrondissement. Sa soif d’action, son dévouement, son autorité naturelle, son humilité, sa compassion et ses capacités d’organisation se révèlent dans sa lutte contre la misère. Les ravages du libéralisme économique de l’époque accentuent le nombre et la misère de "ses pauvres", comme elle les appelle. Ses sœurs sont envoyées dans tous les recoins de la paroisse Saint-Médard, pour apporter vivres, vêtements, soins, ou paroles réconfortantes. Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent, elle ouvre une pharmacie, une école, un dispensaire, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour les vieillards sans ressources... Son exemple stimule ses sœurs à qui elle répète souvent : "Une fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau." Elle est sévère sur la manière dont les sœurs reçoivent les pauvres : "Ils sont nos seigneurs et nos maîtres !" On l’appelle "l’ange du quartier" et "la mère de toute les mères".

"Donnez-vous vous-même"

Elle incite ses sœurs à prendre le temps de l’oraison avant les visites aux pauvres. La maison des malades est son monastère, les murs de la ville et les salles d’hôpitaux, son cloître. Sa foi, ferme comme un roc, lui révèle Jésus Christ en toute circonstance : "Jamais je ne fais si bien l’oraison que dans la rue", dit-elle. Sa vie de prière est intense.

Plus que l’action, le plus précieux à ses yeux est de sauver les âmes. Elle instruit, catéchise, évangélise particulièrement les malades et les mourants. Elle élève les âmes vers des réalités surnaturelles par la prière et la réception des sacrements. Dans ce quartier où Dieu est souvent méconnu, personne ne repousse le prêtre envoyé par sœur Rosalie.

Ses supérieures lui confient les postulantes et les jeunes sœurs, pour les former. Un jour, elle donne à une de ses sœurs en difficulté ce conseil qui était le secret de sa vie : "Si vous voulez que quelqu’un vous aime, aimez d’abord en premier ; et si vous n’avez rien à donner, donnez-vous vous-même."

Sa renommée se répand dans tous les quartiers de la capitale et au-delà, dans les villes de province. Les particuliers, les associations, les ordres religieux, l’Église, l’État : tout le monde s’adresse à elle ! Elle finit par entraîner la charité publique et privée dans la lutte contre la pauvreté. Les dons affluent vite, car les riches ne savent pas résister à cette femme si persuasive. Les souverains qui se succèdent à la tête du pays ne l’oublient pas dans leurs libéralités. Les riches comme les pauvres viennent dans son parloir. Ils viennent trouver auprès d’elle du soutien, des conseils, ou encore "une bonne œuvre" à accomplir. Sœur Rosalie accueille des personnalités éminentes telles que l’ambassadeur d’Espagne, Donoso Cortés, Charles X, le général Cavaignac, des écrivains et des hommes politiques, des évêques, et même l’empereur Napoléon III et sa femme. Pleine de compassion, de délicatesse et de clairvoyance, d’une autorité quasi maternelle, elle se montre franche dans ses paroles, avec un brin de sévérité s’il le faut.

En cornette sur les barricades

Les étudiants de tous les horizons viennent frapper à sa porte ou à sa modeste "Banque de la Providence". Parmi eux, elle inspire, oriente et appuie les projets du cofondateur de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, le bienheureux Frédéric Ozanam, et le vénérable Jean-Léon Le Prévost, futur fondateur des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul. Elle a été au centre du déploiement d’un réseau de charité qui caractérisa Paris et la France dans la première moitié du XIXème siècle.

Durant la Révolution de 1830 et 1848, les émeutiers élèvent des barricades. Des luttes sanglantes opposent le pouvoir à une classe ouvrière déchaînée. Sans crainte de perdre sa vie, cette dame en cornette blanche monte sur les barricades et s’interpose entre les belligérants. Elle parcourt les rues, parlemente avec les insurgés, secourt les blessés, protège les réfugiés. Sœur Rosalie clame : "On ne tue pas ici !" Comme jadis ses parents, elle donne asile à l’archevêque.

Une foule immense la suit

La guerre civile terminée, une épidémie de choléra fait des centaines de victimes par jour, à Paris. Courant tous les risques, sœur Rosalie va jusqu’à ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues. Avec ingéniosité et courage, et grâce au dévouement des Filles de la Charité, elle organise les secours.

En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la Croix de la Légion d’honneur qu’elle reçoit très humblement, mais qu’elle ne portera jamais.

De santé fragile, sœur Rosalie surmonte fatigues et fièvres. Mais l’absence de repos, l’âge, et l’accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa résistance et de sa volonté. Durant les deux dernières années de sa vie, elle devient progressivement aveugle.

Elle meurt le 7 février 1856, après une courte maladie. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Médard. Une foule immense suit sa dépouille jusqu’au cimetière Montparnasse, manifestant ainsi son admiration pour l’œuvre accomplie par cette sœur hors du commun. Un hommage discret mais visible encore aujourd’hui est rendu à ce témoin de la miséricorde de Dieu. Sur sa tombe il est gravé : "À la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches".

A lire :

Claude Dinnat, Sœur Rosalie Rendu ou l’Amour à l’œuvre dans le Paris du XIXe siècle, L’Harmattan, 2001

SOURCE : http://www.mavocation.org/vocation/religieuse-moine/saints/588-rosalie-rendu.html

PAROISSE SAINTE-ROSALIE

4 avril 2022 par P. Arnaud

La Bienheureuse Rosalie Rendu

Cette page est pour nous l’occasion de rendre grâce pour celle qui fut à l’origine de notre paroisse et de réfléchir à ce qu’elle a à nous dire aujourd’hui.

Notre église a été construite par l’abbé le Rebours (qui était curé de la Madeleine et qui avait été son secrétaire bénévole quand il était étudiant) à sa mort. Il voulait que son oeuvre continue après son départ. Que les quartiers pauvres de Paris reçoivent encore la bonne nouvelle de l’amour de Dieu à travers des actes et des paroles concrets. Il a donc trouvé les fonds pour construire l’église, le patronage de filles et le patronage de garçons, l’école le Rebours et il a confié l’oeuvre aux pères Lazaristes. L’exposition que vous avez certainement vue dans l’église rappelle toute cette histoire. Le livre de Claude Dinnat nous fait entrer dans l’histoire de soeur Rosalie et dans la complexité du XIXème siècle dans lequel elle a agi. Il nous livre dans ce Rosalien l’itinéraire qui l’a conduit à écrire ce livre et à le mener à son terme. Bonne introduction pour nous-mêmes nous plonger dans la vie de soeur Rosalie.

« Soeur Rosalie, apôtre de la charité » pourrait-on dire. Elle s’est dépensée sans compter jour et nuit pour venir en aide aux plus démunis dans le quartier Mouffetard. Elle nous rappelle que notre foi est essentiellement charité : « Celui qui dit qu’il aime Dieu alors qu’il n’aime pas son frère est un menteur »  (1Jn 4,20) nous rappelle saint Jean. Et notre bon pape François nous montre à quel point la rencontre de Dieu nous presse à aimer nos frères, à nous faire proche de leurs besoins, de leurs questions, de leurs souffrances. La charité, c’est certes subvenir aux besoins matériels nécessaires de ceux qui en sont dépourvus, mais c’est aussi dire la Parole de Vérité que le monde attend et qui est nourriture pour notre âme. C’est aussi prendre soin de ceux qui commencent leur existence et qui ont besoin d’être accompagnés pour devenir adulte. Le projet de la Casa Blanki qui débute sur notre paroisse et qui veut accueillir par amour de Dieu les jeunes de notre quartier entre dans cette mission de charité. Vous trouverez un compte-rendu de la première rencontre dans ce Rosalien.

Le 17 novembre, nous serons tous rassemblés pour célébrer ces dix ans de béatification et pour découvrir dans notre quartier les traces de la vie de Rosalie Rendu. Ce sera pour nous un appel : non pas simplement faire mémoire de celle qui eut une vie exemplaire mais nous-mêmes nous mettre résolument à la suite du Christ, pour devenir des saints ! C’est tout ce que Dieu attend de nous : « Vous serez saint, car moi je suis saint, dit le Seigneur » (Lv 19,2).

SOURCE : https://www.sainte-rosalie.org/la-bienheureuse-rosalie-rendu-et-notre-paroisse/

Béatifiée par le pape Jean-Paul II le 9 novembre 2003

Petite bibliographie sur Soeur Rosalie

*Soeur Rosalie Rendu ou l’Amour à l’oeuvre dans le Paris du XIXe siècle, par Claude Dinnat, Préface du Père Joseph Choné, Promoteur de la Cause des Saints. Éd. de l’Harmattan, 2001, 233 p.

C’est actuellement l’ouvrage le mieux documenté sur Soeur Rosalie. M. Claude Dinnat, né en 1938, a été professeur du second degré et chef d’établissement dans l’Éducation Nationale ; il est licencié en théologie.

On peut aussi consulter des ouvrages plus anciens :

*Le Vicomte Armand de Melun : Vie de Soeur Rosalie, fille de la Charité, Paris, 1857 – 6e édit. Paris, Poussielgue, 1877, 270 p. – 13e édit. 1929, Paris, J. de Gigord.

L’auteur est contemporain et ami de Soeur Rosalie. Son livre possède l’avantage d’être celui d’un témoin oculaire.

*Marie André, Soeur Rosalie, Toulouse, l’Apostolat de la prière, 1953.

*Henri Desmet, c.m. : Soeur Rosalie, 50 ans d’apostolat au Quartier Mouffetard, Paris, éd. Pierre Kremer, 1954, 362 p.

Le Père Desmet, religieux lazariste, a recueilli beaucoup d’informations, certaines puisées auprès de la famille Rendu. Le récit est souvent émouvant. Mais en voulant faire « une étude d’âme », l’auteur procède à des reconstitutions de scènes et de dialogues dont il est difficile de savoir si elles s’appuient ou non sur des sources précises.

*A noter une plaquette de 32 p. remarquable par le texte et magnifiquement illustrée en couleurs, réalisée par les Filles de la Charité et le professeur Claude Dinnat (auteur de la biographie la plus récente sur Soeur Rosalie, éd. de l’Harmattan, 2001, 228 p.) et publiée aux éditions du Signe

Liturgie du 7 février : Bienheureuse Rosalie Rendu – Vierge – Mémoire

ANTIENNE D’OUVERTURE Prov. 31, 20-26 Elle ouvrit sa main à la misère, la tendit au Pauvre. Dans sa bouche, il n’y avait que parole de bonté

PRIERE : O Dieu, qui as fait don à la bienheureuse Rosalie, vierge, de ton Esprit d’Amour, pour qu’elle fût en aide à ceux qui sont dans la détresse et l’abandon. A son exemple, donne-nous aussi la joie de découvrir le Christ dans les Pauvres et de Le servir avec une inlassable charité. Par Jésus.

PREMIÈRE LECTURE (au choix)

Lecture du Livre de Ben Sirac le Sage (Sir 3, 29 ; 4, 1-10) Penche l’oreille vers le pauvre. Ne détourne pas du miséreux ton regard.

Lecture de la Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Cor 12, 31 – 13, 1-13) (Hymne à la charité) (cf. Lectionnaire rituel p. 17)

PSAUME : Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17 R/ Écoute, Seigneur, le pauvre qui t’appelle.

ÉVANGILE (au choix)

Acclamation (Mt 25, 40) Alleluia, Alleluia. Chaque fois que vous l’avez fait à l’un des ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait, Alleluia !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 25, 31-46). (cf. Lectionnaire rituel p. 561) « Nous serons jugés sur l’amour »ou bien :

Acclamation (Mt 5, 7) Alleluia, Alleluia. Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Alleluia !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12a) (cf. Lectionnaire rituel p. 34) Les Béatitudes.

PRIÈRE SUR LES OFFRANDES : Réunis pour le Saint Sacrifice du Christ, ton Fils, dans le souvenir de la bienheureuse Rosalie, vierge, accepte, Seigneur, l’humble offrande que nous te présentons et transforme-nous en apôtres brûlants de ton amour. Par Jésus.

PRÉFACE DES SAINTS ET DES SAINTES VIERGES ET RELIGIEUX (SES) 

ANTIENNE DE COMMUNION (Jn 13, 35) « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’Amour que vous aurez les uns pour les autres », dit le Seigneur.

PRIÈRE APRÈS LA COMMUNION : O Dieu, notre Père, qui nous as nourris du Pain de Vie, fais qu’à l’exemple de la Bienheureuse vierge Rosalie, nous te glorifiions par la fidélité de notre service, et que nous nous dépensions dans une constante charité pour le bien de nos frères. Par Jésus.

La béatification de Soeur Rosalie est un événement diocésain : la future bienheureuse a son berceau familial dans la Vallée de la Valserine. Voici un résumé des 16 premières années de sa vie qu’elle a vécues dans les Pays de l’Ain. 

Jeanne-Marie Rendu est née et a été baptisée le 9 septembre 1786, dans le Haut Bugey, à Confort, alors simple hameau de Lancrans, sur la route de Bellegarde à Morez, sur le flanc ouest de la montagne du Jura. En bas coule la Valserine. Cette vallée est le berceau de la famille Rendu. La région était restée rattachée au duché de Savoie jusqu’en 1760, alors que le Pays de Gex était devenu français dès 1601 par le Traité de Lyon.

La Famille Rendu – La famille Rendu était nombreuse. Au XVe siècle, elle représentait le sixième de la population de Lancrans. Elle était connue très honorablement et comptait plusieurs personnalités de marque, et bientôt Mgr Louis Rendu, évêque d’Annecy (1853-1859). Jean-Antoine, le père de Jeanne Marie, était petit propriétaire cultivateur. Il mourut en mai 1796 – il n’avait pas encore 32 ans – peu après la naissance de son quatrième enfant, Jeanne-Françoise, décédée le 19 juillet de la même année, à l’âge de 4 mois. La mère, Marie-Anne Laracine, après 11 ans de mariage, se trouvait donc seule. Elle éleva ses trois enfants dans un esprit profondément chrétien. Sa vie de foi et de charité a beaucoup imprégné Jeanne-Marie, alors âgée de 10 ans, et qui l’aidait dans les travaux du ménage, gardant les plus jeunes.

Une enfant qui a du tempérament – Trois traits caractérisent la petite Jeanne-Marie : sa vivacité, sa foi et son attention aux souffrances des autres. Espiègle, toujours en mouvement, elle taquinait volontiers ses soeurs, jetant leurs poupées chez le voisin, aimant mieux les papillons que les livres. Pourtant, son regard spirituel et fin en imposait : son jeu préféré était celui de maîtresse d’école : elle enseignait le catéchisme et faisait réciter les prières. Et si l’on était sage, comme récompense, on allait à la chapelle de la Sainte Vierge. Mais dès qu’elle apercevait un pauvre sur la route, elle quittait tout pour aller au devant de lui, le prenant par la main, le conduisant à la maison, partageant son pain avec lui, ouvrant sa bourse au besoin. De même, elle aimait servir les ouvriers et les domestiques qui travaillaient chez sa mère, pleine d’attentions et de soins pour eux, elle partageait leurs tâches, plaignait leurs peines. Cet amour des pauvres lui venait de sa mère. Il devait marquer toute sa vie. D’autant qu’elle a traversé trois Révolutions. Et les Révolutions multiplient les pauvres.

Le creuset de la Révolution de 1789 – Elle connut la première épreuve durant sa petite enfance. La persécution sévissait contre l’Église catholique depuis 1791 avec l’obligation du serment prescrit aux prêtres par la Constitution civile du Clergé refusée par le Pape. Dans le nouveau diocèse de Belley qui comptait 662 prêtres, 69 refusèrent le serment. Parmi eux, 23 prêtres du District de Gex.La famille Rendu accueillait tous les prêtres de passage qui étaient pourchassés pour leur fidélité à Rome, en particulier le curé de Gex, Colliex, qui prépara Jeanne-Marie à sa première communion qu’elle reçut dans une cave. Celle-ci, curieuse, découvrit un autre jour que le domestique qu’on appelait Pierre et que l’on traitait avec tant d’égards n’était pas vraiment jardinier : elle le vit à travers les rideaux de son lit célébrer la messe. C’était en effet Mgr Joseph-Marie Paget, évêque de Genève en résidence à Annecy et se cachant avant de fuir en Italie. On dut mettre l’enfant au courant pour qu’elle garde le silence. Elle avait 7 ans. Cet exemple de foi et de courage – si souvent renouvelé – devait la marquer profondément.

Le choix de la vie religieuse – Elle n’avait pas 15 ans quand on la demanda en mariage. Elle supplia plutôt sa mère de la mettre en pension dans un couvent. Depuis 1660, une communauté des Filles de la Charité était à Gex, implantée par St Vincent de Paul lui-même. La Supérieure, Soeur Suzanne, connaissait Madame Rendu. Elle lui dit que Jeanne-Marie est trop jeune pour servir à l’Hôpital. Elle conseille la maison des Dames Maçon, anciennes religieuses Ursulines à Gex. Jeanne-Marie y resta un an. Elle y approfondit sa vie de piété. Puis le curé-doyen de Gex, M. de Varicourt, son confident, la fit placer à Carouge, près de Genève, dans une maison de Demoiselles, où elle apprit les arts ménagers. Elle y demeura 6 mois avant de rejoindre l’Hôpital de Gex où elle découvrit, à l’école des Filles de la Charité, la beauté du service des malades et des indigents. Six nouveaux mois passent. Jeanne-Marie a 16 ans. Elle fait la connaissance, à Lancrans, de Melle Jacquinot, 31 ans, qui se prépare à entrer au noviciat des Filles de la Charité à Paris. Jeanne-Marie veut la suivre. Sa mère ne peut résister à sa détermination. Elle lui remet une lettre pour un prêtre déjà célèbre – Supérieur des Prêtres de Saint-Sulpice – originaire de Gex, M. Emery, parrain de Jeanne-Marie et ami de son grand-père Jean-Joseph Rendu. Résidant à Paris, il confirmera la vocation de sa filleule. 

Jeanne-Marie part en diligence, avec Mlle Jacquinod et une autre postulante : elle ne reverra plus Confort ni la maison de son enfance. Elle pleure cette douloureuse séparation de sa mère, mais la volonté de Dieu qu’elle désire est la plus forte. Le 25 mai 1802, elle entre au noviciat. Désormais, elle sera toute à Dieu et aux pauvres de Paris ; elle traversera les Révolutions de 1830 et de 1848, secourant également insurgés et loyalistes.

Elle rendra son âme à Dieu le 7 février 1856. Ses dernières paroles sont pour recommander « ses » pauvres à Dieu : « Mes enfants, mes chers enfants, quand je ne serai plus, ô mon Dieu, vous ne les abandonnerez pas !  » Ses funérailles à l’église Saint-Médard, puis son inhumation au Cimetière Montparnasse sont un triomphe. Sur sa tombe, on lit : « A Soeur Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. »

Dans son village natal, Confort, une Maison de retraite rappelle son dévouement pour les pauvres et une petite communauté de Filles de la Charité perpétue son souvenir.

Vers 1846, une jeune compagne, Soeur Marie de Castalin, nouvellement arrivée dans la maison et témoin du bien qui se fait par l’intermédiaire de Soeur Rosalie, résolut de mettre son héritage à sa disposition. « Si vous voulez me faire plaisir, lui répondit Soeur Rosalie, faites donc à Confort une petite maison de charité de deux ou trois soeurs, pour y recevoir quelques vieillards, car ils sont pauvres et bien malheureux. » 

Soeur Rosalie, en effet, n’oubliait pas son pays natal. Déjà elle avait fait restaurer la petite chapelle de la Vierge. Mais le tout petit hameau d’autrefois s’était peuplé. Par son influence, il était devenu commune, avait sa mairie, son église. Les habitants s’étaient multipliés, mais vraiment pauvrement, et il n’y avait rien pour les vieillards. Soeur Rosalie meurt le 7 février 1856 sans voir se réaliser son désir.

La chambre-oratoire- La supérieure qui lui succède continue les démarches. En 1858, la maison natale de Soeur Rosalie est achetée avec plusieurs maisons avoisinantes et quelques travaux d’aménagement sont exécutés. La chambre où est née Jeanne-Marie Rendu est transformée en petit oratoire.

Hospices et orphelinat – Le 11 avril 1860, trois premières soeurs arrivent à Confort. Peu à peu surgissent d’autres bâtiments. Deux ailes s’adjoignent au bâtiment principal. Dans l’aile gauche, est installé l’hospice des vieillards, dans l’aile droite, l’orphelinat et l’asile qui reçoit, au patronage, les enfants du village. Les soeurs, plus nombreuses, visitent aussi les personnes isolées ou malades chez elles. Une aumônerie est bâtie et sera transformée ultérieurement en villa Saint Vincent pour recevoir, en été, une colonie de vacances. Un établissement comprenant externat et pensionnat est confié aux Frères des Écoles chrétiennes pour l’enseignement des garçons.

Tout ce travail est effectué en 15 ans (1861-1875). En 1876, l’orphelinat compte 45 filles. Il y a deux salles de vieillards. L’exploitation d’une ferme permet à tous les résidents de cette époque d’être nourris et de pourvoir aux besoins de la maison.

La statue N.-D. de Confort – Plus tard, le petit oratoire primitif est agrandi, transformé en chapelle pour l’hospice devenu Hôtel-Dieu. Le 12 février 1928 ; la chapelle achevée est solennellement bénite et dédiée à la Vierge Marie de la Médaille Miraculeuse. La vénérable statue de Notre-Dame de Réconfort trouve refuge et place d’honneur dans ce nouvel édifice, car la petite chapelle de la place du village n’existe plus, sacrifiée à l’alignement de la route nationale.

Au cours des années, l’établissement évolue, se transforme, s’agrandit, se modernise. L’orphelinat disparaît en 1951. L’Hôtel-Dieu devient Maison de Retraite. Depuis quelques années, la gestion en est confiée à l’Association Santé et Bien-être. Une communauté de Filles de la Charité demeure sur place auprès des personnes âgées et malades et perpétue ainsi, par sa présence, le souvenir de Soeur Rosalie dans son pays natal.

Le Séminaire : Où la jeune novice retrouve son parrain

Un parrain célèbre – Le parrain de Jeanne-Marie était un prêtre : « Monsieur » Emery, comme on disait alors. Originaire de Gex, Jacques-André Emery était devenu Supérieur de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, à Paris, du nom de l’église où la communauté avait été fondée, par M. Olier, au XVIIe siècle. Pour le baptême de sa filleule, en raison de son éloignement du Pays de Gex, M. Emery s’était fait remplacer par le grand-père Rendu. Et voici que, 16 ans plus tard, il retrouve Jeanne-Marie chez les Filles de la Charité ses « voisines », qu’il connaît bien.

Conseiller des Filles de la Charité – En effet, les prêtres de la mission, fondés également par saint Vincent de Paul, avaient été persécutés durant la Révolution. Dispersés, déportés ou exécutés sur l’échafaud, ils n’avaient pas pu aider la Congrégation des Filles de la Charité qui avaient trouvé en M. Emery le conseiller prudent et avisé dont elles avaient besoin. Elles-mêmes furent en butte à la persécution. On compte plusieurs martyres Filles de la Charité, béatifiées par le pape Jean-Paul II. Sous la Terreur, la Soeur Deleau, Supérieure Générale, avait dû partir en exil. Elle revient après la chute de Robespierre. Avec l’aide de M. Emery, elle dirige la Compagnie, réduite à une vie cachée, sans visibilité. Car les Soeurs avaient dû se séculariser, abandonner leur habit religieux ainsi que l’enseignement à cause des serments à la Constitution civile du clergé qu’on exigeait d’elles. Mais le Ministre de l’Intérieur, M. Chaptal, avait fait appel aux Filles de la Charité pour s’occuper des hospices qui étaient dans un état délabré.

Dans un arrêté du 22 décembre 1800, il autorise la venue d’une communauté, 11, rue du Vieux-Colombier tout près de l’église Saint-Sulpice. 

La Maison du Vieux-Colombier – M. Emery y vient dire la Messe pour les religieuses et les entendre en confession. Les Soeurs ont le droit de former des élèves. Un noviciat s’organise donc. La chapelle est restaurée depuis peu lorsque, le 4 mai 1802, on y reçoit le corps de Louise de Marillac, la co-fondatrice. Là, Jeanne-Marie rencontre son parrain pour qui elle éprouve un grand respect. « Je le regardais comme un oracle », écrit-elle. Elle n’oubliera jamais son enseignement résumé dans cette formule : « Mon enfant, il faut qu’un prêtre et une Soeur de la Charité soient comme une borne qui est au coin d’une rue et sur laquelle tous ceux qui passent puissent se reposer et déposer les fardeaux dont ils sont chargés. » C’est bien ce que veut être et sera la jeune jurassienne pour tous les marginaux de son quartier.

A l’école de Monsieur Emery elle se forge une âme de Fille de la Charité. Elle écrit elle-même : « Il avait avec notre maison des rapports très intimes et nous faisait beaucoup de bien. Il nous faisait lui-même des instructions et nous donnait des avis salutaires. Et quels beaux sujets d’oraison nous donnait Monsieur Emery sur l’humilité ! Il avait lui-même une grande dévotion à saint Vincent de Paul, l’invoquait souvent et nous excitait bien à l’invoquer et à l’imiter. Il nous exhortait aussi bien puissamment à la dévotion envers la Très Sainte Vierge et il nous recommandait de ne jamais manquer à dire chaque jour le chapelet. (…) Monsieur Emery venait m’y visiter tous les jours et je ne puis vous dire toutes les attentions et les bontés qu’il a eues pour moi. (…) Quelquefois même, il y avait dans ses corrections quelque chose de malin ou de piquant, mais tout cela était assaisonné de charité et d’esprit de foi. Et toujours il portait avec lui le caractère d’un véritable prêtre, animé de l’esprit de son état. (…) Il était en fait l’oracle et la lumière de notre maison. Sa grande maxime était de ne jamais anticiper sur les desseins de la Providence et d’aller toujours à sa suite. Il me faut, disait-il, aller du jour au jour. »

Une novice externe ! – Jeanne-Marie ne resta pas longtemps au séminaire. La supérieure, chargée de la formation de la future Soeur Rosalie, est la Soeur Gilette Julienne Ricourt, une bretonne de 40 ans, pieuse et expérimentée. Mais la jeune novice, malgré sa fidélité aux exercices religieux et son courage, ne peut éviter un sentiment pénible d’enfermement et d’inactivité. « Elle était d’une extrême sensibilité physique et morale… Après quelques mois de séjour, elle tombe si dangereusement malade que pour la faire changer d’air et hâter sa convalescence, elle fut envoyée près de la Soeur Tardy, rue des Francs-Bourgeois Saint Marcel. » 

La voilà donc envoyée dans un quartier insalubre, sans aucune hygiène, pour « changer d’air » et se refaire une santé ! Mais qu’en pense son parrain ? « Lorsque Monsieur Emery me vit placée dans le Faubourg Saint Marcel, où il y avait tant de pauvres, il en fut satisfait et il me dit : « C’est bien là ce qu’il vous faut, vous serez la servante de tous les pauvres. »

De fait, elle devait effectuer là, au service des pauvres, avant même sa prise d’habit, la plus grande partie de ses cinq ans de noviciat, avant de retourner rue du Vieux Colombier pour ses premiers voeux.

Le miracle de Soeur Rosalie

La béatification de Soeur Rosalie (9 novembre 2003 à Rome) est l’aboutissement d’un « procès » canonique ouvert en 1974. Pour être honorée publiquement dans l’Église, il fallait d’abord que soit reconnue « l’héroïcité des vertus » dont elle a fait preuve. Il fallait aussi que soit reconnu un miracle obtenu par son intercession. C’est une guérison, datant de 1952, qui a été retenue par la Congrégation romaine pour la Cause des Saints. Le décret d’approbation a été lu en présence du pape Jean-Paul II le 12 avril 2003. Voici le récit de ce miracle. 

Récit de la guérison de Soeur Thérèse – Soeur Thérèse elle-même, à L’Haÿ-les-Roses, a écrit le 20 février 1996, le récit de sa guérison. Depuis 1937, elle était à la rue des Meuniers. En 1942, elle devient institutrice à la classe enfantine puis au Cours Moyen. En 1950, elle commence à sentir des troubles moteurs avec une paralysie qui se développe et rend la marche parfois impossible. Fortement encouragés par la Supérieure, Soeur Laugier, la Communauté et les élèves, ainsi que bien d’autres personnes, prient et sollicitent la guérison de la malade par l’intercession de Soeur Rosalie Rendu. « Ma paralysie augmente et l’année scolaire 50-51 se termine par un séjour à l’hôpital Saint Joseph… Le professeur Thomas diagnostique : « Syringomyélite ». Il prescrit des applications de radium sur la colonne vertébrale deux fois par semaine… La paralysie augmente : on me traîne à ma classe sur un fauteuil roulant. Je suis toute courbée et ne vois pas mes élèves, impressionnées par mon état et qui n’ont jamais été aussi disciplinées… »

En 1952 « je ne fais plus la classe. Les prières redoublent avec les recommandations à soeur Rosalie. Soeur Laugier promet même de me conduire à sa tombe le 2 février ». Le 31 janvier, la Soeur Laugier lui demande de ne se lever qu’à 9 h. « J’ai répondu : à 9 h. 15, s’il vous plaît ma Soeur ». Nuit affreuse ! A 9 h. 15, je saute du lit… Mais quoi ? Je m’habille comme avant… rhabillée, je me rends compte que je suis guérie. Je fais deux ou trois fois le tour de ma chambre en gambadant. Puis je m’assieds, anxieuse, que vont dire nos Soeurs ? Soeur Madeleine vient me voir, je danse devant elle, ébahie ! « Vous êtes folle !  » « Non, je suis guérie »… Soeur Laugier arrive du marché. « Il faut remercier Soeur Rosalie, allons à la chapelle »… et c’est un vibrant  » Magnificat. » Quant à mes élèves, que je vais voir ensuite, après m’avoir caressée pour voir si c’était bien moi, elles courent comme des folles dans tout le quartier jusqu’à la Porte Dorée en criant à tout venant : « Soeur Thérèse est guérie !  » L’après-midi, la cour est remplie des parents qui n’en croient pas leurs yeux… Avec la Soeur de la Crèche, je commence mes pèlerinages par le Sacré-Coeur de Montmartre. Nous grimpons jusqu’à la basilique, à pied bien sûr… Ma compagne est fatiguée, pas moi ! Je reste à genoux avant de redescendre à pied et en métro. … Cimetière Montparnasse, le 2 février… depuis… je marche toujours. C’était le 1er février 1952… il y a 44 ans !  » Agée de 93 ans, Soeur Thérèse est actuellement (année 2003) en résidence à la Maison Saint Vincent de L’Haÿ-les-Roses (Val de Marne)

La servante de tous

Nous avons laissé Jeanne-Marie Rendu – devenue Soeur Rosalie, son nom de religieuse -, lors de sa période de noviciat qui s’est terminée par sa profession religieuse en 1807. Elle a alors 21 ans. Jeanne-Marie a déjà fait son apprentissage en accompagnant les Soeurs dans la visite des malades et des pauvres. Entre-temps, elle enseigne le catéchisme et la lecture aux petites filles qui sont accueillies à l’école gratuite. Désormais, comme le font les Filles de la Charité, elle renouvellera chaque année avec joie ce don d’elle-même au service de Dieu et des pauvres.

Une supérieure de 29 ans – En 1815, Soeur Rosalie devient la supérieure de la Communauté de la rue des Francs-Bourgeois qui sera transférée deux ans plus tard rue de l’Épée de Bois, pour des raisons de commodité. Ses capacités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion, ses capacités d’organisation vont pouvoir se révéler. « Ses pauvres », comme elle les appelle sont de plus en plus nombreux ; en cette période troublée. Les conséquences de la Révolution et des guerres napoléoniennes, aggravées par un libéralisme économique triomphant, ont multiplié les laissés pour compte. 

Attentive à toutes les misères – Soeur Rosalie envoie ses soeurs dans tous les recoins de la paroisse Saint-Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins, une parole réconfortante. Les « Dames de la Charité » aident dans les visites domicile. La jeune Conférence de Saint Vincent de Paul, avec le (futur) bienheureux Frédéric Ozanam, vient chercher près de Soeur Rosalie soutien et conseils pour leur rencontre avec tous les démunis. Soeur Rosalie est particulièrement attentive aux prêtres et aux religieuses atteints de troubles psychiques. Sa correspondance est brève mais émouvante de délicatesse, de patience et de respect pour ces malades.

Un réseau d’oeuvres de charité – Pour venir en aide à tous ceux qui souffrent et aux différentes formes de pauvreté, Soeur Rosalie ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un patronage pour les jeunes ouvrières, une maison pour vieillards sans ressources. Bientôt, tout un réseau d’oeuvres charitables vient contrer une misère sans cesse renaissante. Car les détresses ne manquent pas dans ce quartier Mouffetard. Les épidémies de choléra se succèdent. Le manque d’hygiène, la misère, favorisent leur virulence. Spécialement en 1842 et en 1846, le dévouement et les risques pris par Soeur Rosalie et ses Filles ont frappé l’imagination. On l’a vu ramasser elle-même les corps abandonnés dans les rues.

Aussi, sa notoriété dépasse vite son quartier et gagne l’ensemble de la capitale et même les villes de province. La Supérieure du Bon Sauveur de Caen lui envoie de nombreuses personnes à secourir.

« Que le riche subventionne le pauvre !  » – Pourtant, Soeur Rosalie ne se laisse pas déborder par la tâche écrasante. Elle sait s’entourer de collaborateurs dévoués et efficaces, de plus en plus nombreux. Les dons affluent, car les riches ne savent pas résister à cette femme persuasive. Même les souverains qui se sont succédés à la tête du pays ne l’oublient pas dans leurs libéralités. Napoléon III décide en 1852 décide de lui remettre la Légion d’Honneur : elle est prête à refuser cet honneur personnel, mais Monsieur Etienne, Supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la Charité, l’oblige à accepter. De fait, à sa mort en 1856, une foule immense et unanimement émue suit sa dépouille jusqu’au cimetière Montparnasse.

On comprend l’épitaphe gravée sur sa tombe : « A la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches ». Une inscription juste au-dessus en latin : « pertransivit bene faciendo » (Elle a passé en faisant le bien), parole désignant Jésus dans les Évangiles. De fait, c’est l’amour du Christ qui l’a guidé toute sa vie et c’est bien Lui qu’elle servait en servant les pauvres.

A travers trois Révolutions : le chemin du pardon

Soeur Rosalie, sans quitter pratiquement sa mission parisienne et le quartier Mouffetard, n’a pas eu pourtant une vie de tout repos. Elle a traversé trois Révolutions tout en gardant au coeur la même foi, la foi qui garde ferme dans l’espérance de la vie éternelle et qui s’épanouit en charité, celle qui ne passera jamais. Comme la charité, dont parle Saint Paul dans sa Lettre aux Corinthiens, Soeur Rosalie endure tout, supporte tout…

1789 ! La Révolution est en marche qui met fin à « l’Ancien Régime » et, dès le début, elle se retourne contre l’Église. Constitution civile du clergé, poursuite des prêtres insermentés jusque dans la maison de la famille Rendu à Confort. La future Soeur Rosalie est témoin, chez elle, à l’âge de 7 ans, d’une messe clandestine. (cf. EPA n°11, p.539).

1830 ! Les « Trois Glorieuses » : 27-28-29 juillet 18Paris est couvert de barricades. Pendant qu’à la rue de l’Épée de Bois, on s’occupe des blessés – émeutiers ou soldats – Soeur Rosalie part à la recherche du général de Montmahaut, un bienfaiteur des pauvres porté disparu. Risquant sa vie, elle franchit les barricades. Elle le découvre grièvement blessé, place de l’Hôtel de Ville… Elle le ranime : il est sauvé ! Les révolutions sont toujours impitoyables ; la justice des lendemains de révolution l’est souvent. Des personnes qui s’étaient compromises pendant les émeutes sont venues chercher refuge chez Soeur Rosalie qui les a protégées et a facilité leur fuite. Ordre est donné au Préfet de Police, Gicquel, d’arrêter Soeur Rosalie. « Impossible, dit le policier chargé de l’exécution. Tout le peuple prendrait les armes !  » Qu’à cela ne tienne, le Préfet s’y rendra lui-même. Traversant la foule, il demande à parler à Soeur Rosalie. Très aimablement, il est prié d’attendre son tour. Ensuite s’engage le dialogue : – Que puis-je faire pour vous rendre service, dit-elle. – Madame, je ne suis pas venu pour vous demander un service, mais pour vous en rendre ; je suis Le Préfet de Police et je veux savoir comment vous avez osé vous mettre en rébellion contre la loi. – Monsieur le Préfet, je suis Fille de la Charité, je viens en aide aux malheureux partout… Si vous étiez poursuivi, je vous porterais secours, je vous le promets ! – Ne recommencez pas, répond le Préfet surpris. – Cela, je ne peux pas vous le promettre. Une Fille de Saint Vincent ne peut manquer à la Charité.

1848 ! De nouveau l’horizon se charge de nuages ! Une bourgeoisie triomphante, insolente, et une partie du peuple qui tend une oreille favorable aux sirènes révolutionnaires ! Et ce fut le même déroulement qu’en 1830 : batailles de rues dans tout Paris ! Une forte barricade avait été dressée à l’angle de la rue Mouffetard et de la rue de l’Epée de Bois. Elle était bien défendue ! Un officier de la Garde Mobile avait gravi la barricade avec ses troupes… mais tous ses hommes étant tombés sous la rafale des manifestants, il reste seul au milieu des émeutiers en furie, il se précipite alors dans la petite cour de la maison des Soeurs : les fusils des manifestants se braquent sur lui. Sr Rosalie s’interpose en criant : « On ne tue pas ici !  » – « Non ! mais dehors ! On l’emmène ! ! « . Sr Rosalie refuse. Les hommes, ivres de sang, vont faire feu par dessus les épaules des soeurs qui entourent le condamné. Mais Soeur Rosalie s’est jetée à genoux : « Au nom de tout ce que j’ai fait pour vous, pour vos femmes et vos enfants, je vous demande la vie de cet homme !  » Les fusils s’abaissent… quelques hommes pleurent… l’officier est sauvé ! – Qui êtes-vous, ma Soeur ? demande-t-il. Rien, Monsieur, une simple Fille de la Charité. Oui ! Une simple Fille de la Charité… rien que cela ! Mais vraiment cela ! 

Le rôle joué par Sr Rosalie en une période troublée de notre histoire rappelle l’action de M. Vincent en son temps. Comme lui, avec réalisme, intelligence et audace, à travers émeutes et révolutions, elle a mis tout en oeuvre pour la défense des faibles et le rapprochement des catégories sociales. Grâce à son Charisme personnel et à sa foi, la communauté du quartier Mouffetard a tracé un chemin vers la justice et vers la paix.Saint Vincent disait aux premières soeurs : « Si l »on vous mène voir l’évêque… dites-lui que vous êtes pauvres Filles de la Charité qui vous êtes données à Dieu pour servir les pauvres ». C’est bien cette identité que Sr Rosalie a incarnée merveilleusement pendant 54 ans au quartier Mouffetard.

Des funérailles triomphales

Soeur Rosalie s’est dévouée de tout son être sans jamais prendre de vacances, heureuse d’apporter à cette part de l’humanité délaissée qu’étaient les habitants de son quartier le nécessaire matériel pour survivre, le réconfort affectif et moral pour la maintenir ou la rétablir dans leur dignité, la Parole de Dieu qui lui redonne l’espérance. Tout cela au prix de son propre confort, n’accordant à son corps aucun instant de repos, fortifiant son esprit par une prière continue, sa volonté par un abandon total à la Grâce. Mais voici que viennent l’âge et les infirmités…

Soeur Rosalie devient aveugle – Depuis 1854, Soeur Rosalie est devenue presque aveugle, voyant à peine suffisamment pour se diriger dans la maison, mais semblant retrouver la vue au moment de soigner les pauvres qui se présentaient. On veut faire une neuvaine à Sainte Germaine pour obtenir sa guérison. Elle se récuse. « N’en faites rien. Je serais effrayée d’être la personne choisie par Dieu pour être l’objet d’un miracle. Je croirais qu’Il demande de moi des choses extraordinaires, j’en serais troublée et puis on s’imaginerait peut-être que je l’ai obtenu par vertu. » En juillet 1855, elle fait écrire par une de ses soeurs une lettre à sa mère, à Confort. Elle réussit à ajouter ces quelques mots de sa propre main : »Je vous envoie quelques lignes qui vous montreront mon infirmité. Que je sens vivement la privation de ne pas vous en dire davantage. Je n’ai pas besoin de vous dire de prier pour moi afin qu’il me donne patience et résignation . » En octobre de la même année, on tente une opération de la cataracte par l’un des plus habiles chirurgiens de l’époque : c’est l’échec.

Le pressentiment de la fin – « J’ai grand peur de la mort », avait-elle confié à Soeur Tissot. « Si Dieu veut me donner encore quelques années sur cette terre, je ne demande pas à la quitter !  » On pense au « non recuso laborem » de saint Martin. Dans la nuit du 4 février 1856, elle prend froid. Elle ne veut pas déranger la soeur qui est près d’elle. Au matin, le médecin diagnostique une pleurésie. 

« Les pauvres ne sont pas si bien que moi », répond-elle lorsqu’on la plaint. On lui avait posé un vésicatoire et la serviette qui l’entourait avait pesé sur la plaie toute ensanglantée. – « Ma Mère, lui dit la soeur infirmière, n’avez-vous donc rien senti ?  » – « Oui, je le sentais, mais c’était un clou de la croix de Notre Seigneur et je voulais le conserver. »

Les derniers moments- Le 6 février au matin, elle semble aller mieux, prend un bouillon. Mais, peu après midi, la douleur de côté reparaît, le pouls s’accélère, la langue s’embarrasse, quelques mots annoncent le délire. On court chercher le curé de Saint-Médard qui lui donne l’extrême-onction et récite les prières des agonisants. La mourante fait le signe de la croix et retombe dans le coma. Elle s’éteint le lendemain 7 février à 11 heures, « sans agitation, sans agonie, comme si elle était passée d’un sommeil léger à un plus profond repos. » Ses dernières paroles sensées sont pour ses pauvres et pour son Dieu : « Apprenant qu’un pauvre avait demandé à rester sur le carré pour réchauffer ses membres engourdis par le froid, elle s’écria : et moi qui grelotte dans un bon lit, portez-lui de suite une couverture… Mes enfants, mes chers enfants, quand je ne serai plus, ô mon Dieu, vous ne les abandonnerez pas ! « 

La nouvelle de sa mort se répand comme une traînée de poudre. C’est la consternation. Le 8 février, son corps est exposé dans une chapelle ardente. Une longue procession se forme jusqu’à la nuit tombée et recommence le jour suivant. Un grand silence s’est étendu sur tout le quartier. Beaucoup accourent de Paris et de la banlieue. La Cardinal de Bonald, archevêque de Rouen, fait toucher sa croix pectorale au corps de la soeur comme aux reliques d’une sainte.

Les funérailles – Le samedi 9 février ont lieu les obsèques. Ce jour-là a été chômé comme un beau dimanche. Toutes les fenêtres étaient occupées. A peine pouvait-on circuler dans les rues, la population se portait vers la maison de l’Épée de Bois pour jeter une dernière goutte d’eau bénite sur le cercueil. La foule se reportait ensuite sur l’église S. Médard dont on avait fermé les portes pour que les Soeurs de S. Vincent de Paul puissent y trouver place. Ainsi, la Croix de procession a pu circuler librement dans les rues de Paris, contrairement aux règles laïques alors en vigueur. La Croix qui indiquait la Source d’une vie rayonnante de Charité.

La « mère » de la Société de S. Vincent de Paul

Au lendemain de la Révolution de 1830, au milieu de l’effervescence des esprits, des catholiques s’engagent, simplement pour être fidèles à l’Évangile… Il y avait à ce moment-là, à la Sorbonne, toute une jeunesse studieuse, désireuse d’insuffler une vie nouvelle à cette société malade. Un petit groupe, en particulier, se réunissait dans une sorte de cercle d’études appelé « Conférence d’histoire ». Les réunions avaient lieu chez Emmanuel Bailly, un laïc, prototype du militant d’Action catholique. Parmi les membres de ce cercle se trouvaient Frédéric Ozanam, Paul Lamache, Félix Clavé, Auguste Letaillandier, François Lallier et quelques autres. Leur chemin va croiser celui de Soeur Rosalie…

Des Conférences d’Histoire… – Au lendemain de la Révolution de 1789, de nombreuses oeuvres avaient vu le jour pour le service des déshérités, à l’initiative de laïcs catholiques. L’un d’eux, Emmanuel Bailly, né en 1794, homme effacé et infatigable dans les bonnes oeuvres, avait quitté sa charge de professeur de philosophie à Juilly pour fonder à Paris, en 1825, la « Société des bonnes études » qui s’installe place de l’Estrapade. On y trouve bibliothèque et salles de conférence. C’est un embryon d’Institut catholique en même temps qu’une pension de famille pour étudiants. 

Le 1er décembre 1832, Emmanuel Bailly inaugure des « Conférences d’Histoire » qui étaient l’occasion de vives discussions, car les étudiants qui les suivaient n’étaient pas tous chrétiens et il y avait parmi eux de jeunes saint-simoniens répétaient ce qu’ils avaient appris de leurs maîtres : « que la religion chrétienne avait fait son temps, que la magnifique translation des reliques de Saint Vincent de Paul en 1830 avait été le solennel enterrement de la charité ». Et voici qu’un soir un jeune orateur, nommé Colson, attaque l’Église, « qui a fait son temps », et met en doute la vitalité de la foi des jeunes chrétiens présents à la séance. 

… aux Conférences de Charité – Ozanam fait partie de l’auditoire et répond vigoureusement à l’orateur. Mais, à l’issue de la soirée, il confie à ses amis croyants : « Ne vous semble-t-il pas qu’il est temps de joindre l’action à la parole, et d’affirmer par des oeuvres la vitalité de notre foi ?  » On décide alors de demander conseil à Emmanuel Bailly qui approuve pleinement l’idée d’une réunion fraternelle de jeunes gens résolus à s’occuper uniquement d’oeuvres de charité. Ils sont 6 jeunes gens qui, sur les conseils de Soeur Rosalie, décident d’aller visiter les pauvres à domicile.

Leur première réunion se tint dans les bureaux du journal qu’éditait Monsieur Bailly, La Tribune Catholique, le mardi 23 avril 1833, à 20 heures : ce jour-là Ozanam fêtait ses 20 ans ! A l’unanimité, les six jeunes gens choisirent de nommer la réunion Conférence de charité et, sur la demande de Jean-Léon Le Prévost, ils adoptèrent pour patron saint Vincent de Paul. Ainsi naquit très humblement la plus grande association de charité des temps modernes, qu’on appelle aujourd’hui la Société de Saint Vincent de Paul. 

Les conseils de Soeur Rosalie – On se demanda quels pauvres visiter et comment les secourir. Emmanuel Bailly – qui connaissait personnellement Soeur Rosalie – les envoie rue de l’Épée de Bois. Elle « approuva beaucoup ce projet, indiqua des pauvres, et conseilla de donner des bons en nature à la place d’argent dont les pauvres abuseraient ». 

Ils apprennent avec elle à voir Notre Seigneur dans les pauvres et la manière chrétienne de les aborder, de les respecter, de les considérer comme des frères, riches en humanité. Ainsi, elle « leur recommandait la patience qui ne croit jamais perdu le temps qu’on passe à écouter le pauvre, l’indulgence plus portée à plaindre qu’à condamner, enfin la politesse, si douce à celui qui n’a jamais rencontré que dédain et mépris… » 

Unis au-delà du politique – Qu’ils soient libéraux voire républicains, comme Ozanam, ou monarchistes comme Armand de Melun – qui sera le premier biographe de Soeur Rosalie – ce qui faisait leur unité, note. Lallier, ami d’Ozanam, c’était « l’obéissance aux commandements de Dieu et un amour filial pour l’Église catholique qui en a la garde ». 

En janvier 1835, les membres sont Sur les conseils de Soeur Rosalie, ils décident de se séparer et à la Conférence de St-Étienne-du-Mont s’ajoute désormais celle de Saint-Sulpice. Soeur Rosalie obtint bientôt une Conférence pour « sa » paroisse St Médard, « la plus pieuse de la capitale », écrira Ozanam.

Simple religieuse de terrain, elle conseille ces jeunes intellectuels et leur apporte une aide directe. Un jour, voyant dans son cabinet ces étudiants des grandes Écoles, venant chercher une bonne oeuvre ou en rendre compte, elle s’écrie : « Je les ai tous réunis pour le service de Dieu ; ils ont tous travaillé pour sa gloire : quelle bonne journée pour eux ! «

Échos de la béatification

Les 55 pèlerins du diocèse de Belley-Ars et des Familles Rendu-Larracine qui s’y rattachaient, conduits par Mgr Bagnard, s’étaient joints aux quelque 500 pèlerins du diocèse de Paris et de la Famille vincentienne (Soeurs de la Charité, Pères Lazaristes, Équipes Saint Vincent, Société de saint Vincent de Paul, Jeunesses mariales) qui s’étaient déplacés à Rome sous la conduite du Cardinal Lustiger, archevêque de Paris. Tous ont pu participer à la béatification du dimanche 9 novembre et aux autres rencontres prévues, notamment à l’Ambassade de France. L’État français était représenté par le Ministre des Transports, M. Gilles de Robien, accompagné de son épouse.

1. Un pèlerinage : aux sources de la foi – « Soeur Rosalie, borne d’amour sur le chemin du malheureux ; Soeur Rosalie, borne d’amour sur le chemin qui mène à Dieu » – Ce refrain, au premier abord surprenant, nous l’avons entendu fredonner mainte et mainte fois par nos deux soeurs, pétillantes d’humour, Mesdemoiselles Blanc Madeleine et Suzanne… L’image de la « borne » vient de Soeur Rosalie elle-même : « Une Fille de la Charité est comme une borne sur laquelle tous ceux qui sont fatigués ont le droit de déposer leur fardeau. » Beaucoup participaient pour la première fois à une Béatification. Et lorsqu’il s’agit d’une enfant du Pays, cela vous saisit ! 

Nous voilà donc posés sur le sol romain, vendredi 7 novembre à 20hEt dès le samedi matin nous marchons sur les pas de Saint Pierre, le premier Pape choisi par Jésus, convaincu de tout devoir à son Maître qu’il a renié . « Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime !  » (Jn 21, 17) – Un séminariste, Frère de la Communauté du Verbe de Vie, nous remet en mémoire l’Histoire de la Basilique et de son riche symbolisme. Citons seulement la fameuse double colonnade du Bernin évoquant les bras de la Mère Eglise, accueillant tous ses enfants et les hommes de Bonne Volonté pour les introduire dans le Coeur de Dieu.

Devant la façade, à droite et à gauche des marches qui précèdent le parvis, les colossales statues de St Pierre et St Paul, rappellent que l’Annonce évangélique destinée aussi bien au peuple choisi, les Juifs – auxquels Pierre va s’adresser à la suite de Jésus. – qu’aux Nations lointaines qui ne connaissent pas le Dieu d’Abraham et auxquelles Paul sera envoyé.

Tout pèlerin qui va à Rome entend faire une démarche de conversion et de foi au Christ et à l’Eglise qu’Il a engendrée par son Sang sur la Croix, avec la coopération de Marie (Jn 19, 26-27), et qu’Il a confiée à ses Apôtres. Un pèlerinage nous rappelle notre condition à la fois charnelle et spirituelle. Nous faisons l’expérience concrète d’aller vers Dieu avec toute notre personne : corps, soeur et âme, avec nos facultés plus ou moins disponibles… Le pèlerinage est donc un rite au sens où « le Petit Prince » de Saint Exupéry le définit : « un rite, c’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure différente des autres heures ». C’est la rupture avec l’engrenage quotidien pour se rendre attentifs à la Parole de Dieu, à l’enseignement de l’Église, au témoignage des saints qui retrouvent une nouveauté étonnante…

Pour un catholique, le pèlerinage à Rome comprend à la visite des quatre Basiliques Majeures : St Pierre, St Jean du Latran, Ste Marie Majeure, St Paul-Hors-les-Murs. C’est ce que nous avons voulu faire pendant ces trois journées. Bien sûr, nous avons admiré ces joyaux de l’architecture, de la sculpture, de la mosaïque. Mais surtout, nous nous sommes arrêtés pour prier en présence de Jésus-Eucharistie, devant les tombeaux de St Pierre, de St Paul, du bienheureux Jean XXIII dont on a placé le corps intact tout près de l’autel de St Pierre, à droite du Baldaquin. En visitant le baptistère de saint Jean de Latran, nous avons, dans l’action de grâces, pris une conscience renouvelée pour le cadeau infini reçu lors de notre Baptême. Le Père Thierry Blot et un père Bénédictin nous ont proposé une célébration qui nous permettait de renouveler notre profession de Foi en Dieu-Trinité, en la Résurrection de la chair, en la Vie Éternelle.

Samedi soir à 18h30, s’ouvraient les cérémonies liées à la Béatification de Soeur Rosalie, avec une Messe solennelle célébrée en l’église St Louis des Français pour les pèlerins de langue française. Elle était présidée par le Cardinal Lustiger, archevêque de Paris (où Soeur Rosalie a vécu 54 ans), assisté de Mgr Guy-Marie Bagnard, évêque de Belley-Ars (Soeur Rosalie est née dans l’Ain et y a vécu jusqu’à l’âge de 16 ans). L’un et l’autre avaient quitté Lourdes et l’Assemblée des Évêques pour représenter à Rome l’Église de France. Arrivé tôt, notre groupe a l’honneur de se trouver dans les premiers rangs, et plusieurs sont choisis pour faire les lectures, la prière universelle et participer à la procession des Offrandes. Le Cardinal nous a tenu en haleine dans son homélie sur la signification du geste de Jésus chassant les vendeurs du Temple. Il faut comprendre que la Présence du Messie met fin à tous les sacrifices de l’ancienne Alliance et que désormais, Jésus, le Nouveau Temple de Dieu, ouvre à tous les peuples, par son unique Sacrifice, l’accès à la Maison de Dieu, « Maison de prière pour toutes les nations » (Marc 11, 17 et 28).

Dimanche 9 novembre. 7h30 : ouverture des barrières qui permettent d’entrer sur la Place St Pierre où sera célébrée la Béatification de Soeur Rosalie et de quatre autres Bienheureux Juan Nepomuceno Zegrí Moreno, fondateur des Soeurs « Mercedarie » de la Charité ; Valentin Paquay, prêtre belge de l’Ordre des Frères Mineurs ; Luigi Maria Monti, fondateur des Filles de l’Immaculée Conception ; Bonifacia Rodríguez Castro, fondatrice des Servantes de St Joseph. Quand nous arrivons, la file des pèlerins est déjà très longue ; nous l’intégrons jusqu’à ce que nous puissions atteindre la « bonne place » pour voir l’autel et l’écran qui projette la cérémonie. Au total 30.000 pèlerins environ. De nombreux concélébrants dont Mgr Legagneur, prêtre de la famille Rendu. Il y a aussi dans notre groupe le Père Xavier Rendu, prêtre du diocèse de Belley-Ars, en mission à Grandvilliers dans l’Oise. Lorsqu’apparaît la voiture de notre Pape Jean-Paul II, les applaudissements crépitent, les ovations résonnent de toutes parts. Très vite un silence impressionnant s’impose et permet d’entrer dans la prière. 

C’est d’abord la présentation de chaque Bienheureux dont le portrait est dévoilé au-dessus du podium, Bientôt, la voiture du Saint Père est poussée à droite de l’autel d’où il vivra humblement l’Eucharistie avec l’intensité et la ferveur que nous lui connaissons dans la prière. Longtemps agenouillé au moment de la Consécration, il reste plongé dans l’Adoration et la Communion mystérieuse avec tous ces saints, immense Famille de Frères aînés dans la Foi et le don de leur vie par Amour pour le Christ et son Église.

Le regard de Soeur Rosalie semble fixer chacun de ceux qui se tournent vers lui. Regard profond, grave et doux à la fois. On ne peut s’empêcher de supplier ce regard de se poser sur tous ceux qui sont au loin par la distance, mais tellement proches par la prière ; sur ceux aussi qui ne savent pas ou ne savent plus combien il est exaltant de donner sa vie au Christ en servant les plus petits, en se livrant toujours plus à l’Amour de Jésus qui continue à nous rappeler :  » Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux. » (Mt 5, 3)

Lundi 10 novembre. Une Messe d’Action de grâces, toujours présidée par le Cardinal Lustiger, assisté par notre Évêque, rassemble une grande partie de la Famille religieuse de Soeur Rosalie, les pèlerins parisiens et ceux du diocèse de Belley-Ars, à l’église St Grégoire VII, proche de la salle d’audience Paul VI, au Vatican. L’atmosphère joyeuse de la prière reconnaissante émane de l’Assemblée qui peut encore admirer le touchant portrait expressif de Soeur Rosalie placé devant le choeur. Nous chantons ; « Si rude que semble sa route, Le don total jamais repris Marque ses pas quoiqu’il en coûte, Sous la conduite de l’Esprit. »

Mardi 11 novembre  : Afin de poursuivre notre pèlerinage dans la ligne des serviteurs pauvres, le Père Roch Valentin nous réserve une dernière Eucharistie pour lier la gerbe de nos prières en l’église Notre Dame dei Monti, celle-là même où St Benoît Labre aimait venir prier et où il s’est effondré au moment de faire son Grand Passage vers le Christ, le Mercredi Saint 16 avril 1783. Après la Messe nous irons nous recueillir dans la chambre où le boucher du quartier l’avait transporté ; c’est un lieu de pèlerinage où réside le Saint Sacrement, car toute la vie du « Mendiant de Dieu », pèlerin de l’Absolu consistait à prier, à vivre de l’Eucharistie et à demeurer pauvre parmi les pauvres ; son lieu de repos était l’arche n°43 du Colisée à Rome. »Un jour, les langues vont se taire, les prophéties disparaîtront. Devant Dieu le Seigneur notre Maître, Seul l’Amour restera »… « Comme un grand feu en plein hiver, comme une étoile dans la nuit… »

2. Liturgie de la béatification

Après le chant d’entrée : « Nous irons dans la joie vers la Maison de Dieu », et l’acte pénitentiel, c’est la présentation des 5 nouveaux bienheureux. Les 5 évêques des pays d’origine viennent demander au Pape la béatification. On lit ensuite une brève biographie de chacun d’eux. On trouvera ci-dessous la présentation de Rosalie Rendu par le Cardinal Lustiger. Puis le Pape prononce la formule de béatification (voir l’encadré ci-dessous).

En réponse, l’Assemblée chante un solennel AMEN et la Chorale entonne un ALLELUIA.

Les évêques des lieux d’origine des nouveaux bienheureux viennent alors remercier le Saint-Père, ainsi que les postulateurs et échangent et échangent avec lui le baiser de paix. Suit le chant du Gloria et la liturgie se poursuit comme d’ordinaire avec les lectures du jour qui sont celles de la fête de la Dédicace de la Basilique du Latran.

L’homélie du Pape (cf. ci-dessous) commente les lectures et en montre la mise en oeuvre dans la vie des nouveaux bienheureux. Jean-Paul II n’a lu que le premier paragraphe de son homélie multilingue, puisque les béatifiés sont espagnols, italien, belge et français. C’est Mgr François Duthel, un lyonnais, responsable de la Section française de la Secrétairerie d’État au Vatican, qui lit le passage de l’homélie concernant Soeur Rosalie Rendu.

La prière universelle fait également référence aux nouveaux bienheureux, en particulier la troisième intention évoque Rosalie Rendu : « Pour les responsables de la vie politique et sociale. Que l’Esprit Saint leur donne lumière et force pour construire la vraie paix sans se laisser arrêter par les divisions et les injustices. Que le témoignage de Soeur Rosalie Rendu, qui savait réunir autour d’elle les riches et les pauvres, les aide tous à surmonter les obstacles et à promouvoir de nouvelles formes de collaboration et de soutien avec les personnes sans défense et les plus petits. »

3. Présentation de la nouvelle Bienheureuse par le Cardinal Lustiger

Ce dimanche 9 novembre, à Rome, voici en quels termes j’ai présenté au Pape la servante de Dieu, Soeur Rosalie Rendu, et je lui ai demandé de la béatifier. Soeur Rosalie bien qu’originaire de la Bresse (sic ! ) était une vraie parisienne, une « bonne femme » formidable, Fille de la Charité. Jeanne-Marie Rendu, née le 9 septembre 1786, à Confort dans l’Ain, est baptisée à sa naissance (le jour même dans l’église de Lancrans, ndlr). Lorsque la révolution éclate, elle a trois ans. Plusieurs prêtres et même l’évêque d’Annecy qui refusent de prêter le serment de la Constitution civile du clergé, trouvent refuge dans sa maison familiale. Sa famille a éveillé Jeanne-Marie à la foi et lui a donné le goût de la prière. Sa première communion, elle la fait de nuit, dans la cave de la maison. Elle avait dix ans quand son père meurt ainsi que sa toute-petite soeur. Jeanne-Marie aide sa mère et garde deux soeurs plus jeunes. 

Lorsque la Terreur s’arrête, elle va en pension à Gex. C’est là qu’elle découvre l’Hôpital où les Filles de la Charité assurent les soins aux malades. Elle va les aider. Émerveillée par ces soeurs, elle décide, à la suite d’une de ses amies, de répondre à cet appel de Dieu.

Elle quitte tout et se rend à Paris en 1802 chez les Filles de la Charité ; elle reçoit le nom de Soeur Rosalie. Ses supérieures l’envoient dans le quartier Mouffetard – la Mouff’. Le cours de la Bièvre, complètement enterré maintenant, y avait attiré quantité d’industries parmi les plus polluantes. Alentour s’entasse une population ouvrière dans la misère noire ! 

Soeur Rosalie se met au service des plus pauvres, leur fait découvrir leur dignité et retrouver l’espérance. En 1815, elle devient supérieure de sa communauté. Ses qualités d’humble dévouement et de compassion pour tant d’hommes dans la misère et la souffrance attirent beaucoup de personnes qui, à sa suite, subviennent aux urgences et s’activent à la réinsertion des plus démunis. Jean-Paul II, lors de la béatification de Frédéric Ozanam à Notre-Dame de Paris, le 22 août 1997, a souligné que c’est une Fille de la Charité, Soeur Rosalie Rendu qui a guidé ce jeune universitaire, professeur en Sorbonne, et ses compagnons, vers les pauvres du quartier Mouffetard, aidant ainsi à la fondation de la Société de Saint Vincent de Paul.

En juillet 1830, journées d’émeutes à Paris. Avec sa communauté, elle porte secours aux blessés et cache des personnes en danger, entre autres, Mgr de Quelen, un de mes prédécesseurs. En février 1848, encore des émeutes. La garde mobile tire sur les insurgés. L’archevêque de Paris, Mgr Affre, venu en pacificateur, tombe blessé à mort par une balle perdue. Soeur Rosalie secourt un officier de la garde mis à mal par des insurgés qu’elle soigne aussi. S’élevant une fois encore contre la violence et la haine, au risque de sa vue, elle s’interpose sur la barricade de la rue de l’Épée de Bois et appelle au calme.

Pendant 54 ans, Soeur Rosalie a parcouru inlassablement ce quartier de Paris, et y a servi Jésus-Christ dans les plus délaissés. Le 7 février 1856, usée par ce service, elle meurt après une courte maladie. Elle reçoit de tous un hommage extraordinaire, comme le montre cette inscription sur sa tombe : « A la bonne Mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les pauvres et les riches ».La leçon qu’elle nous donne, c’est ce que la force de la foi est capable d’inventer. On peut trouver chez elle, venue du monde rural et confrontée à un monde ouvrier urbain très pauvre et très violent, une inspiration pour la nouvelle évangélisation des villes.

4. Homélie de Jean-Paul II pour la béatification (extraits)

« Le Temple de Dieu est sacré et ce temple, c’est vous » (1 Co 3, 7) Nous avons écouté une fois de plus ces paroles de l’Apôtre Paul que nous propose aujourd’hui la liturgie solennelle de la fête de la dédicace de la Basilique du Latran, cathédrale de Rome et Mère de toutes les églises. 

Tout lieu réservé au culte divin est un signe de ce temple spirituel qu’est l’Église, fait de pierres vivantes : les fidèles unis dans la même foi, par la participation aux mêmes sacrements et par le lien de la charité. Les saints, en particulier, sont des pierres précieuses de ce temple spirituel. 

La sainteté, fruit du travail incessant de l’Esprit de Dieu brille dans les nouveaux bienheureux : Jean Nepomucène Zegri y Moreno, prêtre, Valentin Paquay, prêtre, Luigi Maria Monti, religieux, Bonifacia Rodriguez Castro, vierge, Rosalie Rendu, vierge. 

La vision du Sanctuaire qui nous est présentée dans la liturgie de ce jour par le prophète Ezéchiel décrit un torrent qui s’écoule du temple et qui est porteur de vie, de vigueur et d’espérance. « Tout vivra là où cette rivière coulera » (Ez 47, 9). Cette image exprime l’infinie bonté de Dieu et son dessein de salut qui jaillit sous les murs de l’enceinte sacrée et devient ainsi la bénédiction de la terre entière. (suit un résumé de la vie des quatre premiers bienheureux, et voici le paragraphe concernant Soeur Rosalie. Il a été lu par Mgr François Duthel, de la Secrétairerie d’État au Vatican)

Dans une époque troublée par les conflits sociaux, Rosalie Rendu, joyeusement, est devenue servante des plus pauvres, rendant à chacun sa dignité au moyen de l’aide matérielle, de l’éducation et de l’enseignement du mystère du Christ, conduisant Frédéric Ozanam à se mettre au service des pauvres.

Sa charité était inventive. Où puisait-elle la force de mener à bien tant de choses ? Dans sa vie de prière intense et dans la récitation continuelle du chapelet qu’elle n’a jamais abandonné. Son secret était simple : voir le visage du Christ en tout homme et toute femme, en vraie fille de saint Vincent de Paul et comme une autre soeur de son époque : sainte Catherine Labouré. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la Famille vincentienne ne cesse de donner au monde. 

« Il parlait du temple de son corps » (Jn 2, 21). Ces paroles évoquent le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Tous les membres de l’Église doivent être configurés à Jésus crucifié et ressuscité.

Marie, Mère du Christ et notre Mère, est notre force et notre guide dans cet engagement. Puissent les nouveaux bienheureux que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire du ciel, intercéder pour nous. Puisse-t-il nous être accordé aussi à nous tous de nous retrouver un jour au Paradis pour connaître ensemble la joie de la vie éternelle. Amen ! 

A propos de la cornette de Soeur Rosalie 

« La mère de Jeanne-Marie était en relation avec une Fille de la Charité, Supérieure de l’Hôpital de Gex : Soeur Suzanne. La jeune fille insista pour rencontrer cette religieuse et sa mère ne put qu’acquiescer à ce désir, bien qu’elle craignît que le costume des soeurs de cette communauté ne rebutât une adolescente peu au fait de l’austérité et des contraintes d’une vie consacrée. Mais Jeanne-Marie n’était pas une fille comme les autres : elle surprit tout le monde en trouvant beau et seyant ce costume si particulier avec sa cornette qui a si longtemps distingué les Filles de la Charité à travers le monde entier. « Cette coiffure me convient, elle cachera ma figure », aurait-elle dit. » (Claude Dinnat, Soeur Rosalie Rendu, pp. 31-32)

La formule de béatification

« Nous, selon les voeux de nos Frères dans l’épiscopat (le Pape nomme les 5 évêques demandeurs, dont le Cardinal Lustiger), ainsi que de nombreux autres frères dans l’épiscopat et de nombreux fidèles du Christ, après avoir consulté la Congrégation pour les Causes des Saints, par notre Autorité apostolique, nous accordons la faculté (suivante)… : la Vénérable servante de Dieu, Rosalie Rendu pourra être appelée désormais bienheureuse et l’on pourra célébrer sa fête chaque année le 7 février dans les lieux et de la manière établis par le droit. Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » (traduction non officielle)

Confort : Sr Rosalie et l’abbé Chapelu

Parmi les 55 pèlerins du diocèse de Belley-Ars, « nos » deux soeurs, pétillantes d’humour, Mlles Blanc Madeleine et Suzanne, de Nantua, nous ont envoyé le petit poème ci-dessous « Merci, Soeur Rosalie » et un sonnet à la manière de Joachim du Bellay (de Liré en Anjou et non pas de Belley dans l’Ain). A l’inverse du poète angevin qui, à Rome, se languit de son pays natal, elles expriment, de retour au pays des catholards, leur nostalgie de Rome. De plus, en raison de leur lien de parenté avec l’abbé Chapelu, elles nous ont communiqué un document sur ce prêtre étonnant. Originaire d’Apremont, devenu le premier curé de Confort, il a été l’auxiliaire de Soeur Rosalie et a contribué à faire vivre dans sa paroisse et dans le diocèse son souvenir et son exemple.

Merci, Soeur Rosalie, 

et pour les gâteries, 

Nous ne sommes pas qu’esprit, 

Nous avons d’l'appétit. 

Ces nouilles, ces spaghettis, 

Couverts de Parmesan 

Et ce vin d’Italie, 

Ce crû si gouleyant, 

Bu en bonne compagnie ; 

Et ce vol dans les airs 

Sur l’aile d’un oiseau de fer. 

Nous arrivâmes indemnes 

Au Foyer Saint-Joseph. 

Chacun reçut sa clef 

Qui portait l’emblème 

D’un site de Palestine. 

Le nôtre, c’est Bethléem. 

Oh, cette joie très fine 

Et nous allons crêcher 

Une petite semaine. 

Au retour des Saintes Messes 

Le soeur plein d’allégresse : 

Vive Soeur Rosalie ! 

Que jamais je n’oublie :

Qu’il faut être une borne 

une borne d’amour 

qui sera un recours 

à ceux qui passent mornes.

L’intuition de Soeur Rosalie – En 1843, M. Chapelu fut envoyé comme vicaire à Lancrans qui avait alors pour curé M. Mermod. C’est là qu’il fut mis en relation avec soeur Rosalie. Cette humble fille de Saint Vincent de Paul, toute puissante à Paris par le renom de sa charité, rêvait de faire ériger une paroisse dans son village natal, à Confort, hameau de Lancrans. 

Son auxiliaire : l’abbé Chapelu – Mais à distance les pourparlers sont difficiles, les négociations traînent en longueur et quand on n’est pas sur les lieux pour bénéficier des circonstances, les meilleures entreprises sont vouées à un échec certain. Il fallait à Soeur Rosalie un auxiliaire. Elle le trouva en l’abbé Chapelu.

Pour rendre le Christ eucharistique plus proche des chrétiens… Le jeune prêtre était trop zélé pour ne point répondre à une telle confiance ; son soeur était trop bon, trop généreux pour ne pas s’attendrir à la vue des vaillants chrétiens et des enfants, qui, le dimanche ou même chaque matin, faisaient douze kilomètres pour assister aux offices ou aux catéchismes. Il entra donc dans les vues de Soeur Rosalie, adopta son plan, délimita lui-même la future paroisse, triompha non sans peine de puissantes oppositions et parvint à faire ériger le village de Confort en succursale (1852).

Confort devient quasi-paroisse… Aussitôt M. Chapelu se met à l’oeuvre. La tâche était lourde puisque tout était à créer. Le jeune curé s’installa provisoirement dans une humble maison du village, habitée aujourd’hui par Mlle Eugénie Gros (en 19..) et reconnaissable à la statue de la sainte Vierge qui en orne la façade. L’installation était primitive : la même pièce servait de salon, de salle à manger, de cabinet de travail et de chambre à coucher.

D’abord construire l’église… La première pensée du curé de Confort fut de construire l’église et le presbytère. Il y avait bien au centre du village une antique chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié et construite à la fin du XII° siècle par les moines cisterciens de Chézery. Cette chapelle était même, depuis le moyen âge, le but d’un pèlerinage très fréquenté ; mais son exiguïté la rendait impropre au service paroissial. Il fallait bâtir une nouvelle église et tout d’abord chercher un emplacement favorable.

Un curé architecte et entrepreneur Cet emplacement fut bientôt trouvé. Un bon vieillard, nommé Joseph du Pelan, qui devait donner son petit patrimoine à l’hospice ; à la condition que les religieuses auraient soin de lui jusqu’à la fin de ses jours, céda le terrain nécessaire à la construction de l’église et de la cure. Ce terrain, situé au nord du village, sur une petite élévation, était admirablement disposé pour recevoir ces deux édifices. Puis, il faut un architecte, pour dresser le plan, un entrepreneur pour réunir les matériaux ; l’abbé Chapelu n’est pas embarrassé pour si peu ; il sera lui-même l’architecte et l’entrepreneur. Il manoeuvra si bien qu’en 1856 la première pierre fut posée par Mgr Chalandon.

Soeur Rosalie part vers le Seigneur… Mais où trouver les ressources ? Soeur Rosalie avait offert 30.000 francs et sur cette promesse, le curé de Confort n’avait pas hésité à se lancer dans son entreprise. Mais les oeuvres de Dieu sont toujours marquées par le sceau de l’épreuve. La première pierre de l’église est à peine posée que Dieu rappelle à lui la généreuse bienfaitrice, avant qu’elle eût pu réaliser ses engagements. La commune ne peut faire aucun sacrifice d’argent et le secours de l’Etat étant subordonné à celui de la commune, le pauvre curé se trouve tout d’un coup sans ressources. Une pareille situation était faite pour abattre les plus audacieux ; mais l’abbé Chapelu n’est pas de ceux qui se découragent. La commune et l’Etat sont avares de leurs deniers ; il se passera de leur aide et fera construire son église à lui tout seul. et l’abbé Chapelu se fait quêteur… Non content d’être entrepreneur et architecte, il se fera tout à tour bûcheron, chaufournier, terrassier, carrier, tailleur de pierre, maçon et couvreur. Ce qui est peut-être plus pénible et plus méritoire encore, il se fait quêteur. Il écrit lettres sur lettres ; après avoir exhalé sa douleur et pleuré la perte immense qu’il vient de faire en la personne de Soeur Rosalie, remontée au ciel pour y recevoir la récompense de ses travaux, il appelle à son aide les âmes pieuses et charitables.

L’idée d’une maison de secours… « Ah ! écrivait-il, si la mort de Soeur Rosalie n’était pas survenue si tôt, je n’aurais pas besoin de recourir à votre charité ; mais je vous prie de m’aider à construire mon église et aussi à convertir la maison d’une si sainte Fille de la Charité en maison de secours, afin de perpétuer sa mémoire, de régénérer le pays et d’y faire fleurir ses vertus. »

Soutiens épiscopal et impérial… Une autre invention de son zèle va l’aider à subvenir aux dépenses nombreuses nécessités par ses travaux : il organise une loterie. Mgr l’évêque de Belley l’autorise et l’encourage. M. le chanoine Pernet l’aide à placer des billets ; Mgr l’archevêque d’Aix et Mgr l’évêque de Gap lui en prennent un certain nombre. L’empereur Napoléon III envoie un lot superbe. l’abbé écrit à toutes les personnes charitables qu’il connaît ; pour assurer le succès de son oeuvre, il demande aux directeurs de la Compagnie P.L.M. des billets à prix réduit et il entreprend de nombreux voyages à Bourg, à Lyon, à Saint-Etienne et jusqu’à Paris.

Où Soeur Rosalie intervient… Cette loterie produisit une somme assez ronde, mais hélas ! insuffisante pour couvrir toutes les dépenses. Heureusement la Vierge-Immaculée qu’il invoque et dont il place le nom béni en tête de ses lettres, vient à son secoursEn mourant Soeur Rosalie avait chargé deux Filles de Saint Vincent de Paul, les Soeurs de Moissac et de Costalin, d’exécuter ses dernières volontés et de prêter main forte au bon curé dans ses travaux. La somme promise fut versée et l’abbé Chapelu se réjouit du nouveau concours qui lui arrivait en la personne de ces deux religieuses favorisées des dons de la fortune et tout disposées à continuer l’oeuvre de leur illustre devancière. Il ne put s’empêcher de laisser échapper sa joie et il termine une de ses lettres à la Soeur de Costalin par ces mots : « Vivent les Soeurs ! « 

Le curé paie de sa personne… Cependant l’intrépide curé n’avait pas attendu, pour commencer à bâtir, le règlement de toutes ces questions pécuniaires. Il avait obtenu de la commune sur les flancs les plus escarpés du Mont Sorgia, une coupe de bois dont personne ne voulait parce qu’il aurait fallu, pour l’exploiter, exposer sa vie. Il y va travailler en personne ; son exemple entraîne quelques paroissiens de bonne volonté. Le bois est descendu ; il sert à entretenir deux fours à chaux à la hâte ; car on fait sa chaux soi-même ; c’est beaucoup moins dispendieux. et les paroissiens collaborent… Et puis, quel spectacle digne d’admiration, que de voir ce vaillant curé, revêtu d’une pauvre soutanelle – sa soutane d’ordonnance, comme on disait – accompagné de trois ou quatre de ses paroissiens les plus hardis, muni de tous les outils nécessaires, crics, coins, massues, tranchets, travailler dans une carrière de pierre blanche qu’il a découverte et en extraire d’énormes blocs qu’il fait transporter sur le chantier. Ce chantier, il en est l’âme ; aucun ouvrage ne lui étant inconnu, il dirige les ouvriers, les anime par ses paroles et par son exemple. Il taille la pierre et travaille le bois ; il charge d’énormes fardeaux sur ses épaules et les porte jusqu’au sommet des murailles. Car, elles se dressent maintenant ces murailles ; les voici bientôt surmontées de leur toiture en travaillons que plus tard remplaceront les ardoises. Après cela, il faut poser les chenaux et voilà M. Chapelu transformé en ouvrier plombier, soudant ensemble les diverses pièces, au risque de se brûler les doigts. 

… y compris les enfants de choeur Pour cette délicate opération, il prenait ordinairement avec lui un de ses enfants de choeur, le jeune Grosbegnin, aujourd’hui un des meilleurs paroissiens de Confort ; l’enfant était chargé de garnir le réchaud et de souffler sur la braise pour chauffer les fers. Alors il arrivait parfois que l’opérateur poussait un cri aussitôt réprimé ; sa main venait de toucher quelque fer rougi. L’enfant riait sous cape de la mésaventure ; mais le curé, stoïque, continuait tranquillement sa besogne.

L’église est consacrée en 1861 Vint un jour où l’église fut à peu près terminée. Les habitants de Confort avaient devant eux un petit bijou de style gothique flamboyant, en forme de croix latine, avec une seule nef, mais deux vastes chapelles latérales, s aux voûtes ornées d’élégantes nervures. Ce gracieux édifice méritait assurément les honneurs de la consécration ; on appelle Mgr de Langalerie, évêque de Belley, qui vint avec son vicaire général. C’était en 1861… cinq ans seulement après la naissance au ciel de Soeur Rosalie.

A la manière de Joachim du Bellay, deux pèlerines « bien de chez nous » évoquent leur séjour romain pour la béatification de Soeur Rosalie : 

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage », 

ou comme ces deux-là qui quittent leur maison 

et qui sont revenues avec leur baluchon, 

pleines de souvenirs de ce beau pèlerinage.

Ah ! quand reverrons-nous les grandes basiliques, 

les superbes colonnes, les audacieux frontons, 

les sculptures de marbre, les plafonds en caisson 

et partout sous nos pieds les belles mosaïques ? 

Quand nous reverrons-nous au pied de l’obélisque, 

amené sur les eaux depuis Héliopolis, 

entre les colonnades aux deux bras grands ouverts ? 

Quand irons-nous prier au pied de la Piéta 

où le Christ paisible repose entre les bras, 

comme au jour de Noël, de sa divine Mère 

SOURCE : http://catholique-belley-ars.cef.fr/culture-et-foi/histoire-du-diocese/historique/5-soeur-rosalie-rendu/

Bienheureuse Rosalie Rendu

Soeur Rosalie est une haute figure de Paris au XIXe siècle, aimée et vénérée par tout le petit peuple et les miséreux du quartier Mouffetard. Jeanne-Marie Rendu est née en 1786 à Confort (canton de Gex, dans le Jura) d’une famille de cultivateurs aisés. Elle est l’aînée de quatre filles et se trouve assez vite dans l’obligation d’aider sa mère lorsque son père disparaît en 1796.

La Révolution s’est installée, et la maison Rendu devient le refuge d’un évêque et de prêtres réfractaires . Dans ce climat religieux s’est forgée l’âme de la petite fille. Sa mère la confie aux Ursulines de Gex. C’est dans l’hôpital de cette ville que Jeanne-Marie découvre les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, ainsi que les misères humaines. Elle en sera marquée pour toute sa vie. Dès lors elle attendra d’avoir l’âge requis pour faire son entrée chez les Soeurs qui l’ont tant séduite. Elle arrive le 25 mai 1802 à la Maison-mère des Filles de la Charité, rue du Vieux Colombier à Paris, pour y faire son noviciat

Elle sera envoyée dans le quartier Mouffetard, à l’époque le plus misérable de la capitale, pour y faire son “apprentissage”. C’est là, en 1807, qu’elle prononcera ses voeux définitifs. Jusqu’à sa mort, elle restera l’apôtre et la providence de ce faubourg.

En 1815, elle devient Supérieure de la maison de bienfaisance de la rue de l’Epée-de-Bois. Toutes ses qualités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion, ses capacitésd’organisation, vont pouvoir se révéler. “Ses Pauvres”, comme elle les appelle, sont très nombreux en cette époque troublée . Les ravages d’un libéralisme économique triomphant accentuent la misère des laissés pour compte. Son oeuvre est immense, sa notoriété gagne vite la capitale, et au-delà des villes de province. Elle envoie ses soeurs dans tous les recoins de la paroisse Saint - Médard pour apporter des vivres, des vêtements, des soins et une parole réconfortante. Elle ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche. Bientôt tout un réseau d’oeuvres charitables va s’établir pour traquer la pauvreté.

Soeur Rosalie étend ses relations sociales, mondaines pour trouver l’argent nécessaire. Les “Dames de la Charité” l’aident dans les visites à domicile. Elle apporte son soutien actif aux “Conférences de Saint Vincent de Paul” et aux étudiants qui animent ces oeuvres : Frédéric Ozanam, Jean-Léon Le Prévost, Armand de Melun, qui sera son biographe, et d’autres.

Tout au long de cette vie les épreuves ne manqueront pas. Citons les plus caractéristiques :

Révolutions en 1830 et 1848.

Emeutes partielles en 1832 et 1834.
Le choléra frappe par deux fois , en 1832 et 1848
On voit soeur Rosalie sur les barricades pour soigner les blessés, consoler les mourants, demander le silence des armes, braver la fusillade.

“Croyez-vous que je sois désireuse de vivre quand on massacre mes enfants ?” dit-elle au milieu des combats quand on lui demande de se protéger.

Elle sauve des officiers pourchassés par la foule, cache des insurgés recherchés par les forces de l’ordre. A son corps défendant, elle devra accepter la Croix de la Légion d’Honneur, accordée par Napoléon III.

Le 7 février 1856, usée par la maladie et une vie sans repos, elle s’éteint dans sa maison rue de l’Epée-de-Bois. Le jour de ses obsèques fut chômé dans tout le faubourg. Tous, pauvres et riches, partagèrent la même émotion.

Le procès en béatification est ouvert depuis 1953. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II le 9 novembre 2003.

SOURCE : http://www.sainte-rosalie.org/histoire/histoire.html#histoire2

Beata Rosalia Rendu

A. de Richemont  (Paris, en 1857 - Paris, 25–01–1911),. La sœur Rosalie reconnue et acclamée dans un quartier populeux de Paris, après l'épidémie de 1832, L'Illustration, 1909, Musée Carnavalet, Paris

Rosalie Rendu ; Alfred de Richemont ; L'Illustration, 1909 ; Prints in Musée Carnavalet


Blessed Rosalie Rendu

Also known as

Jeanne Marie Rendu

Memorial

7 February

Profile

Eldest of four daughters in a middle class mountain family. When she was three years old, the French Revolution broke out. Priests loyal to Rome were expelledkilled, or chased into hiding. Jeanne’s family hid those who stayed to minister to French Catholics, claiming that they were hired farm hands; the girl made her First Communion in her basement at a Mass celebrated by one of these covert priests. Her father died on 12 May 1796 when Jean Marie was nine years old, and her baby sister a few months later. She was educated for two years at an Ursuline boarding school in Gex, France.

As a young girl, Jean Marie began working with the Daughters of Charity at the local hospital. On 25 May 1802, at age 16, she entered the congregation at the motherhouse of the Daughters of Charity in ParisFrance, taking the name Rosalie. The intensity of her new devotional life harmed her health, and she was transferred to the house in the Mouffetard District, one of the poorest in 19th century Paris; she worked in the slum for 54 years. She worked with the sick and poortaught catechism, and taught girls to read. Superior of her community in 1815. She started a free clinic, pharmacyschoolorphanage, child-care center, youth club for young workers, and a home for the elderly poor. Awarded the Cross of the Legion of Honour by Napoleon III in 1852 for her charitable work; she wanted to refuse, as she sought no personal honour, but was ordered by her superiors to accept it. Blind during the last two years of her life.

Born

9 September 1786 at Confort, Gex, France as Jeanne Marie Rendu

Died

7 February 1856 at ParisFrance of natural causes

Venerated

24 April 2001 by Pope John Paul II (decree of heroic virtues)

Beatified

9 November 2003 by Pope John Paul II

Additional Information

The Story of over Fifty Years Devotion and Service to the Poor of a Daughter of Charity of Saint Vincent de Paul

Queen by Right Divine, by Kathleen O’Meara

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Readings

Never have I prayed so well as in the streets. – Blessed Rosalie, talking about her work with the poor

In an era troubled by social conflicts, Rosalie Rendu joyfully became a servant to the poorest, restoring dignity to each one by means of material help, education and the teaching of the Christian mystery, inducing Frédéric Ozanam to place himself at the service of the poor. Her charity was inventive. Where did she draw the strength to carry out so many things? From her intense prayer life and the continuous praying of the Rosary, which she never abandoned. Her secret was simple: to see the face of Christ in every man and woman, as a true daughter of Saint Vincent de Paul and like another Sister of her epoch, Saint Catherine Labouré. Let us give thanks for the witness of charity that the Vincentian family gives unceasingly to the world! – Pope John Paul II at the beatification of Blessed Rosalie

MLA Citation

‘Blessed Rosalie Rendu‘. CatholicSaints.Info. 7 July 2023. Web. 22 February 2026. <https://catholicsaints.info/blessed-rosalie-rendu/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-rosalie-rendu/

BEATIFICATION OF FIVE SERVANTS OF GOD

HOMILY OF JOHN PAUL II

Feast of the Dedication of the Lateran Basilica

Sunday, 9 November 2003

1. "The temple of God is holy, and you are that temple" (I Cor 3: 17). We listen once again to these words of the apostle Paul in today's solemn liturgy of the Feast of the Dedication of the Lateran Basilica, Cathedral of Rome, Mother of all the churches.

Every place set aside for divine worship is a sign of that spiritual temple, which is the Church, made up of living stones:  of the faithful united by the one faith, of the participation in the Sacraments and of the bond of charity. The Saints, in particular, are precious stones of that spiritual temple.

Holiness, fruit of the unceasing work of God's Spirit, shines in the new Blesseds: Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, priest; Valentin Paquay, priest; Luigi Maria Monti, religious; Bonifacia Rodríguez Castro, virgin; Rosalie Rendu, virgin.

2. The vision of the Sanctuary presented to us in today's liturgy by the prophet Ezechiel describes a stream that flows from the temple carrying life, vigour and hope: "Everything will live where the river goes" (Ez 47: 9). This image expresses God's infinite goodness and his design of salvation which scales the walls of the sacred enclosure and thus becomes the blessing of the entire earth.

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, an upright priest of deep Eucharistic piety, understood well how the proclamation of the Gospel needed to become a dynamic reality, able to transform the apostle's life. As a parish priest, he was committed to "visibly providing for all those who, suffering from abandonment, must drink from the bitter chalice and receive nourishment from the bread of tears" (19 June 1859).

He developed his redemptive spirituality with this purpose, born from intimacy with Christ and directed towards charity for the neediest. He was inspired, through invocation to the Virgin of Mercy, Mother of the Redeemer, to found the Sisters of Charity of the Blessed Virgin Mary of Mercy, with the aim of making God's love ever-present where there was "just one suffering to heal, one misfortune to console, one single hope to instil in hearts". Today this Institute, following in the footsteps of its Founder, continues its dedication to witness and promote redemptive charity.

3. Fr Valentin Paquay is truly a disciple of Christ and a priest according to the heart of God. As an apostle of mercy, he spent long hours in the confessional, with a special gift to place sinners anew on the right path, reminding men and women of the greatness of divine forgiveness. Placing the celebration of the Eucharistic mystery at the centre of his priestly life, he invited the faithful to come frequently to communion with the Bread of Life.

Like many saints, at a young age Fr Valentin was entrusted to the protection of Our Lady, who was invoked under the title of Cause of our Joy in the Church where he grew up, in Tongres. Following his example, may you be able to serve your brothers and sisters to give them the joy of meeting Christ in truth!

4. "I saw water flowing out from beneath the threshold of the temple... everything will live where the water goes" (Ez 47: 1, 9). The image of water, which brings everything back to life, illuminates well the life of Bl. Luigi Maria Monti, entirely dedicated to healing the physical and spiritual wounds of the sick and the orphaned. He loved to call them "Christ's poor ones", and he served them, enlivened by a living faith and sustained by intense and continual prayer. In his evangelical commitment, he was constantly inspired by the example of the Holy Virgin and placed the Congregation he founded under the sign of Mary Immaculate.

How relevant is the message of this new Blessed! For his spiritual sons and for all believers, he is an example of faithfulness to God's call and to the proclamation of the Gospel of charity. He is a model of solidarity towards the needy and of affectionate entrustment to the Immaculate Virgin.

5. The words of Jesus proclaimed in today's Gospel: "Stop turning my Father's house into a marketplace" (Jn 2: 16), question today's society, often tempted to turn everything into commodity and profit, putting aside values and dignity which do not have a price. Since the human person is the likeness and dwelling place of God, a purification is necessary, so as to protect the person beginning with his or her social condition or work.

Bl. Bonifacia Rodríguez Castro was dedicated entirely to this activity; she herself was a worker who understood the risks of the social condition of her age. In the simple and protected life of the Holy Family of Nazareth, she discovered a model of the spirituality of work that gives the human person dignity and makes every activity, however little it may seem, an offering to God and a means of sanctification.

This is the spirit that she wished to instil in working women, starting with the Josephine Association and then with the foundation of the Servants of St Joseph, who continue their work in the world with simplicity, joy and renunciation.

6. In an era troubled by social conflicts, Rosalie Rendu joyfully became a servant to the poorest, restoring dignity to each one by means of material help, education and the teaching of the Christian mystery, inducing Frédéric Ozanam to place himself at the service of the poor.

Her charity was inventive. Where did she draw the strength to carry out so many things? From her intense prayer life and the continuous praying of the Rosary, which she never abandoned. Her secret was simple: to see the face of Christ in every man and woman, as a true daughter of St Vincent de Paul and like another Sister of her epoch, St Catherine Labouré. Let us give thanks for the witness of charity that the Vincentian family gives unceasingly to the world!

7. "He spoke of the temple of his body" (Jn 2: 21). These works evoke the mystery of the death and Resurrection of Christ. All of the Church's members must be conformed to Jesus crucified and risen.

Mary, Mother of Christ and our Mother, is our strength and guide in this commitment. May the new Blesseds, whom we contemplate today in the glory of Heaven, intercede for us. May it also be granted to us all that we one day find ourselves in Paradise, to experience together the joy of everlasting life. Amen!

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The Holy See

SOURCE : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031109_beatifications.html

Rosalie Rendu (1786-1856)

Jeanne Marie Rendu was born 9 September 1786 at Confort, a district of Gex in the Jura Mountains. She was the eldest of four girls. Her parents, simple living mountain people and small property owners, enjoyed a certain affluence and true respect throughout the area. Jeanne Marie was baptized the day she was born in the parish church of Lancrans. Her Godfather by proxy was Jacques Emery, a family friend and future Superior General of the Sulpicians in Paris. 

Jeanne Marie Rendu was three years old when the Revolution broke out in France. From 1790 it was compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil Constitution. Numerous priests, faithful to the Church, refused to take this oath. They were chased from their parishes, some were put to death and others had to hide to escape their pursuers. 

The Rendu family home became a refuge for these priests. The Bishop of Annecy found asylum under the assumed name of Pierre. Jeanne Marie was fascinated by this hired hand who was treated better than the others. One night, she discovered that he was celebrating Mass. She was offended that she had not been told the truth. 

Later, in a discussion with her mother, she blurted out: Â“Be careful or I will tell that Pierre is not really Pierre.” In order to avoid any indiscretion on the part of her daughter, Madame Rendu told her the truth of the situation. 

It was in this atmosphere of solid faith, always exposed to the dangers of denunciation, that Jeanne Marie was educated. She would make her first communion one night by candlelight in the basement of her home. This exceptional environment forged her character. 

The death of her father, 12 May 1796, and that of her youngest sister, at four months of age, on 19 July of the same year, shook the entire family. Jeanne Marie, aware of her responsibility as the eldest, helped her mother, especially in caring for her younger sisters. 

In the days following the Terror, people calmed down little by little and life resumed its normality. Madame Rendu, concerned about the education of her eldest daughter, sent her to the Ursuline Sisters in Gex. Jeanne Marie stayed two years in this boarding school. During her walks in town, she discovered the hospital where the Daughters of Charity cared for the sick. She had only one desire, to go and join them. Her mother gave her consent that Jeanne Marie, in spite of her young age, might spend some time at this hospital. God's call, which she had sensed for many years, made itself clear: she would become a Daughter of Charity. 

In 1802, Armande Jacquinot, from the village of Lancrans, confided to her friend that she was preparing to leave for Paris to enter the Company of the Daughters of Charity of St. Vincent de Paul. Jeanne Marie leaped at the opportunity and begged her mother to allow her to leave. Having consulted with Fr. de Varicourt, the senior priest at Gex, Madame Rendu, happy, but very emotional at her daughter's vocation, consented to her request. 

On 25 May 1802, Jeanne Marie arrived at the Motherhouse of the Daughters of Charity, rue du Vieux Colombier in Paris. She was nearly 17 years old! The reopening of the Seminary, (novitiate suppressed by the Revolutionaries) took place in December 1800. On their arrival, the travelers were welcomed by 50 young women in formation. 

Jeanne Marie was very anxious to give her very best in this new life. Her health was weakened by the sustained mental effort this demanded and by a lack of physical exercise. On the advice of her physician and that of her Godfather, Fr. Emery, Jeanne Marie was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District for the service of the poor. She would remain there 54 years! 

The thirst for action, devotion and service that burned within Jeanne Marie could not have found a better place to be quenched than this district of Paris. At the time, it was the most impoverished district of the quickly expanding capital: poverty in all its forms, psychological and spiritual. There disease, unhealthy slums, and destitution were the daily lot of the people who were trying to survive. 

Jeanne Marie, who received the name Sr. Rosalie, made her “apprenticeship” accompanying Sisters visiting the sick and the poor. Between times, she taught catechism and reading to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr. Rosalie, surrounded by the Sisters of her Community, made vows for the first time to serve God and the poor. She made these vows with great emotion and joy. 

In 1815 Sr. Rosalie became Superior of the Community at rue des Francs Bourgeois. Two years later the Community would move to rue de l'Epée de Bois for reasons of space and convenience. All her qualities of devotedness, natural authority, humility, compassion and her organizational abilities would be revealed. Â“Her poor,” as she would call them, became more and more numerous during this troubled time. The ravages of a triumphant economic liberalism accentuated the destitution of those most rejected. She sent her Sisters into all the hidden recesses of St. Médard Parish in order to bring supplies, clothing, care and a comforting word. 

To assist all the suffering, Sr. Rosalie opened a free clinic, a pharmacy, a school, an orphanage, a child‑care center, a youth club for young workers and a home for the elderly without resources. Soon a whole network of charitable services would be established to counter poverty. 

Her example encouraged her Sisters. She often told them: “Be a milestone where all those who are tired have the right to lay down their load.” She was so simple, and lived so poorly, as to let the presence of God shine through her. 

Her faith, solid as a rock and clear as a spring, revealed Jesus Christ in all circumstances. She daily experienced this conviction of St. Vincent: Â“You will go and visit the poor ten times a day, and ten times a day you will find God there ... you go into their poor homes, but you find God there.” Her prayer life was intense, as a Sister affirmed, Â“... she continually lived in the presence of God. Even if she had a difficult mission to fulfill, we were always assured of seeing her go to the chapel or finding her on her knees in her office.” 

She was attentive to assuring that her companions had time for prayer, but sometimes there was a need to “leave God for God” as Vincent de Paul taught his Daughters. Once, while accompanying a Sister on a charitable visit, she said to her: Â“Sister, let's begin our meditation!” She suggested the plan, the outline, in a few simple, clear words and entered into prayer. 

Like a monk in the cloister, Sr. Rosalie walked with her God. She would speak to God of this family in distress as the father no longer had any work, of this elderly person who risked dying alone in an attic: Â“Never have I prayed so well as in the streets,” she would say. 

One of her companions remarked that, “the poor themselves noted her way of praying and acting.” “Humble in her authority, Sr. Rosalie would correct us with great sensitivity and had the gift of consoling. Her advice, spoken justly and given with all her affection, penetrated souls.” 

She was very attentive to the manner of receiving the poor. Her spirit of faith saw in them our “lords and masters.” “The poor will insult you. The ruder they are; the more dignified you must be,” she said. “Remember, Our Lord hides behind those rags.” 

Superiors sent her postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: Â“If you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the charity office became a house of charity, with a clinic and a school. She saw in that the Providence of God. 

Her reputation quickly grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and dedicated collaborators. The donations flowed in quickly as the rich were unable to resist this persuasive woman. Even the former royalty did not forget her in their generosity: The Ladies of Charity helped in the home visits. Bishops, priests, the Ambassador of Spain (Donoso Cortéz), Carlo X, General Cavaignac, and the most distinguished men of state and culture, even the Emperor Napoleon III with his wife, were often seen in her parlor. Students of law, medicine, science, technology, engineering, teacher‑training, and all the other important schools came seeking from Sr. Rosalie information and recommendations. Or, before performing a good work, they asked her at which door they should knock. Among these, Blessed Frederick Ozanam, co‑founder of the “Conferences of St. Vincent de Paul,” and the Venerable Jean Léon Le Prevost, future founder of the Religious of St. Vincent de Paul, knew well the road to her office. They came, with their other friends, to Sr. Rosalie seeking advice for undertaking their projects. She was the center of a charitable movement that characterized Paris and France in the first half of the 19th century. Sr. Rosalie's experience was priceless for these young people. She directed their apostolate, guided their coming and going in the suburbs, and gave them addresses of families in need, choosing them with care. 

She also formed a relationship with the Superioress of Bon Saveur in Caen and requested that she too welcome those in need. She was particularly attentive to priests and religious suffering from psychiatric difficulties. Her correspondence is short but touching, considerate, patient and respectful towards all. 

Hardships were not lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades and bloody battles were the marks of the opposition of the working class stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was deeply grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded fighters irrespective of the side they were fighting on. 

Without any fear, she risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom commanded the admiration of all. 

When order was reestablished, she tried to save a number of these people she knew and who were victims of fierce repression. She was helped a great deal by the mayor of the district, Dr. Ulysse Trélat, a true republican, who was also very popular. 

In 1852, Napoleon III decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse this individual honor but Fr. Etienne, Superior General of the Priests of the Mission and the Daughters of Charity, made her accept it. 

Always in fragile health, Sr. Rosalie never took a moment of rest, always managing to overcome fatigue and fevers. However, age, increasing infirmity, and the amount of work needing to be done eventually broke her strong resistance and equally strong will. During the last two years of her life she became progressively blind. She died on 7 February 1856 after a brief acute illness. 

Emotions ran high in the district and at all levels of society in both Paris and the countryside. After the funeral rite at St. Médard Church, her parish, a large and emotional crowd followed her remains to the Montparnasse Cemetery. They came to show their respect for the works she had accomplished and show their affection for this “out of the ordinary” Sister. 

Numerous newspaper articles witnessed to the admiration and even veneration that Sr. Rosalie received. Newspapers from all sides echoed the sentiments of the people. 

L'Univers,the principal Catholic newspaper of the time, edited by Louis Veuillot, wrote as early as 8 February: “Our readers understand the significance of the sadness that has come upon the poor of Paris. They join their sufferings with the tears and prayers of the unfortunate.” 

Il Consitutionnel,the newspaper of the anticlerical left, did not hesitate to announce the death of this Daughter of Charity: “The unfortunate people of the 12th district have just experienced a regrettable loss. Sr. Rosalie, Superior of the Community at rue de l'Epée de Bois died yesterday after a long illness. For many years this respectable woman was the salvation of the numerous needy in this district.” 

The official newspaper of the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister: “Funeral honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than fifty years this holy woman was a friend to others in a district where there are many unfortunate people to care for and all these grateful people accompanied her remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was part of the cortege.” 

Numerous visitors flocked to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site, close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large Cross are engraved these words: Â“To Sister Rosalie, from her grateful friends, the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and continue to bring flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to this humble Daughter of St. Vincent de Paul.

SOURCE : https://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031109_rendu_en.html

Bl. Rosalie Rendu

Birth: 1786

Death: 1856

In her childhood, Jeanne Marie Rendu, of Confort, France, experienced first-hand the terror to which faithful Catholics were subjected during the French Revolution. Her parents sheltered in their home priests that refused to take the Jacobin regime’s anti-papal oath of the “Civil Constitution of the Clergy.” Jeanne had to receive her First Holy Communion secretly, administered to her in the basement of her home. At the age of ten, she lost her father, and shortly afterward one of her four sisters. In 1802, Jeanne entered a religious congregation devoted to the care of the needy, the Daughters of Charity, taking the name Rosalie. She later became superior of a Paris convent of her congregation. Sustaining her works of charity with a deep prayer life, she continuously recited the rosary amid her labors and went before the Blessed Sacrament to resolve her difficulties. During the revolutions of 1830 and 1848, she treated the wounded on both sides of these conflicts, even mounting the barricades to nurse the fallen. On one occasion, she placed herself between the warring parties and shouted to them, “We do not kill here!”

SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=5708

The Charitable Nun: Feast Of Blessed Rosalie Rendu. 

By Shirley Aaron | February 7, 2019

Jeanne Marie Rendu was born 9 September 1786 at Confort, a district of Gex in the Jura Mountains. She was the eldest of four girls. Her parents, simple living mountain people and small property owners, enjoyed a certain affluence and true respect throughout the area. Jeanne Marie was baptized the day she was born in the parish church of Lancrans. Her Godfather by proxy was Jacques Emery, a family friend and future Superior General of the Sulpicians in Paris. 

Jeanne Marie Rendu was three years old when the Revolution broke out in France. From 1790 it was compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil Constitution. Numerous priests, faithful to the Church, refused to take this oath. They were chased from their parishes, some were put to death and others had to hide to escape their pursuers. 

The Rendu family home became a refuge for these priests. The Bishop of Annecy found asylum under the assumed name of Pierre. Jeanne Marie was fascinated by this hired hand who was treated better than the others. One night, she discovered that he was celebrating Mass. She was offended that she had not been told the truth. 

Later, in a discussion with her mother, she blurted out: “Be careful or I will tell that Pierre is not really Pierre.” In order to avoid any indiscretion on the part of her daughter, Madame Rendu told her the truth of the situation. 

It was in this atmosphere of solid faith, always exposed to the dangers of denunciation, that Jeanne Marie was educated. She would make her first communion one night by candlelight in the basement of her home. This exceptional environment forged her character. 

The death of her father, 12 May 1796, and that of her youngest sister, at four months of age, on 19 July of the same year, shook the entire family. Jeanne Marie, aware of her responsibility as the eldest, helped her mother, especially in caring for her younger sisters. 

In the days following the Terror, people calmed down little by little and life resumed its normality. Madame Rendu, concerned about the education of her eldest daughter, sent her to the Ursuline Sisters in Gex. Jeanne Marie stayed two years in this boarding school. During her walks in town, she discovered the hospital where the Daughters of Charity cared for the sick. She had only one desire, to go and join them. Her mother gave her consent that Jeanne Marie, in spite of her young age, might spend some time at this hospital. God’s call, which she had sensed for many years, made itself clear: she would become a Daughter of Charity. 

In 1802, Armande Jacquinot, from the village of Lancrans, confided to her friend that she was preparing to leave for Paris to enter the Company of the Daughters of Charity of St. Vincent de Paul. Jeanne Marie leaped at the opportunity and begged her mother to allow her to leave. Having consulted with Fr. de Varicourt, the senior priest at Gex, Madame Rendu, happy, but very emotional at her daughter’s vocation, consented to her request. 

On 25 May 1802, Jeanne Marie arrived at the Motherhouse of the Daughters of Charity, rue du Vieux Colombier in Paris. She was nearly 17 years old! The reopening of the Seminary, (novitiate suppressed by the Revolutionaries) took place in December 1800. On their arrival, the travelers were welcomed by 50 young women in formation. 

Jeanne Marie was very anxious to give her very best in this new life. Her health was weakened by the sustained mental effort this demanded and by a lack of physical exercise. On the advice of her physician and that of her Godfather, Fr. Emery, Jeanne Marie was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District for the service of the poor. She would remain there 54 years! 

The thirst for action, devotion and service that burned within Jeanne Marie could not have found a better place to be quenched than this district of Paris. At the time, it was the most impoverished district of the quickly expanding capital: poverty in all its forms, psychological and spiritual. There disease, unhealthy slums, and destitution were the daily lot of the people who were trying to survive. 

Jeanne Marie, who received the name Sr. Rosalie, made her “apprenticeship” accompanying Sisters visiting the sick and the poor. Between times, she taught catechism and reading to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr. Rosalie, surrounded by the Sisters of her Community, made vows for the first time to serve God and the poor. She made these vows with great emotion and joy. 

In 1815 Sr. Rosalie became Superior of the Community at rue des Francs Bourgeois. Two years later the Community would move to rue de l’Epée de Bois for reasons of space and convenience. All her qualities of devotedness, natural authority, humility, compassion and her organizational abilities would be revealed. “Her poor,” as she would call them, became more and more numerous during this troubled time. The ravages of a triumphant economic liberalism accentuated the destitution of those most rejected. She sent her Sisters into all the hidden recesses of St. Médard Parish in order to bring supplies, clothing, care and a comforting word. 

To assist all the suffering, Sr. Rosalie opened a free clinic, a pharmacy, a school, an orphanage, a child‑care center, a youth club for young workers and a home for the elderly without resources. Soon a whole network of charitable services would be established to counter poverty. 

Her example encouraged her Sisters. She often told them: “Be a milestone where all those who are tired have the right to lay down their load.” She was so simple, and lived so poorly, as to let the presence of God shine through her. 

Her faith, solid as a rock and clear as a spring, revealed Jesus Christ in all circumstances. She daily experienced this conviction of St. Vincent: “You will go and visit the poor ten times a day, and ten times a day you will find God there … you go into their poor homes, but you find God there.” Her prayer life was intense, as a Sister affirmed, “… she continually lived in the presence of God. Even if she had a difficult mission to fulfill, we were always assured of seeing her go to the chapel or finding her on her knees in her office.” 

She was attentive to assuring that her companions had time for prayer, but sometimes there was a need to “leave God for God” as Vincent de Paul taught his Daughters. Once, while accompanying a Sister on a charitable visit, she said to her: “Sister, let’s begin our meditation!” She suggested the plan, the outline, in a few simple, clear words and entered into prayer. 

Like a monk in the cloister, Sr. Rosalie walked with her God. She would speak to God of this family in distress as the father no longer had any work, of this elderly person who risked dying alone in an attic: “Never have I prayed so well as in the streets,” she would say. 

One of her companions remarked that, “the poor themselves noted her way of praying and acting.” “Humble in her authority, Sr. Rosalie would correct us with great sensitivity and had the gift of consoling. Her advice, spoken justly and given with all her affection, penetrated souls.” 

She was very attentive to the manner of receiving the poor. Her spirit of faith saw in them our “lords and masters.” “The poor will insult you. The ruder they are; the more dignified you must be,” she said. “Remember, Our Lord hides behind those rags.” 

Superiors sent her postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: “If you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the charity office became a house of charity, with a clinic and a school. She saw in that the Providence of God. 

Her reputation quickly grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and dedicated collaborators. The donations flowed in quickly as the rich were unable to resist this persuasive woman. Even the former royalty did not forget her in their generosity: The Ladies of Charity helped in the home visits. Bishops, priests, the Ambassador of Spain (Donoso Cortéz), Carlo X, General Cavaignac, and the most distinguished men of state and culture, even the Emperor Napoleon III with his wife, were often seen in her parlor. Students of law, medicine, science, technology, engineering, teacher‑training, and all the other important schools came seeking from Sr. Rosalie information and recommendations. Or, before performing a good work, they asked her at which door they should knock. Among these, Blessed Frederick Ozanam, co‑founder of the “Conferences of St. Vincent de Paul,” and the Venerable Jean Léon Le Prevost, future founder of the Religious of St. Vincent de Paul, knew well the road to her office. They came, with their other friends, to Sr. Rosalie seeking advice for undertaking their projects. She was the center of a charitable movement that characterized Paris and France in the first half of the 19th century. Sr. Rosalie’s experience was priceless for these young people. She directed their apostolate, guided their coming and going in the suburbs, and gave them addresses of families in need, choosing them with care.

She also formed a relationship with the Superioress of Bon Saveur in Caen and requested that she too welcome those in need. She was particularly attentive to priests and religious suffering from psychiatric difficulties. Her correspondence is short but touching, considerate, patient and respectful towards all. 

Hardships were not lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades and bloody battles were the marks of the opposition of the working class stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was deeply grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded fighters irrespective of the side they were fighting on. Without any fear, she risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom commanded the admiration of all. 

When order was reestablished, she tried to save a number of these people she knew and who were victims of fierce repression. She was helped a great deal by the mayor of the district, Dr. Ulysse Trélat, a true republican, who was also very popular. 

In 1852, Napoleon III decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse this individual honor but Fr. Etienne, Superior General of the Priests of the Mission and the Daughters of Charity, made her accept it. 

Always in fragile health, Sr. Rosalie never took a moment of rest, always managing to overcome fatigue and fevers. However, age, increasing infirmity, and the amount of work needing to be done eventually broke her strong resistance and equally strong will. During the last two years of her life she became progressively blind. She died on 7 February 1856 after a brief acute illness. 

Emotions ran high in the district and at all levels of society in both Paris and the countryside. After the funeral rite at St. Médard Church, her parish, a large and emotional crowd followed her remains to the Montparnasse Cemetery. They came to show their respect for the works she had accomplished and show their affection for this “out of the ordinary” Sister. 

Numerous newspaper articles witnessed to the admiration and even veneration that Sr. Rosalie received. Newspapers from all sides echoed the sentiments of the people.

L’Univers, the principal Catholic newspaper of the time, edited by Louis Veuillot, wrote as early as 8 February: “Our readers understand the significance of the sadness that has come upon the poor of Paris. They join their sufferings with the tears and prayers of the unfortunate.” 

Il Consitutionnel, the newspaper of the anticlerical left, did not hesitate to announce the death of this Daughter of Charity: “The unfortunate people of the 12th district have just experienced a regrettable loss. Sr. Rosalie, Superior of the Community at rue de l’Epée de Bois died yesterday after a long illness. For many years this respectable woman was the salvation of the numerous needy in this district.” 

The official newspaper of the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister: “Funeral honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than fifty years this holy woman was a friend to others in a district where there are many unfortunate people to care for and all these grateful people accompanied her remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was part of the cortege.” 

Numerous visitors flocked to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site, close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large Cross are engraved these words: “To Sister Rosalie, from her grateful friends, the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and continue to bring flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to this humble Daughter of St. Vincent de Paul.

~Source:

vatican.va.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20191230184928/http://francismary.org/the-charitable-nun-feast-of-blessed-rosalie-rendu/

Blessed Rosalie Rendu

Jeanne- Marie Rendu (Sister Rosalie), daughter of Antoine Rendu and Marie-Anne Laracine, was born 9 September 1786 at Confort, in the district of Gex in the Jura Mountains of southeastern France near the Swiss border. She lived her whole life as a Daughter of Charity, some 53 years, in the Mouffetard district, the poorest quarter of Paris.

1786 : birth

1802 : entered the Daughters of Charity

1803 : received the habit and is placed at the Maison Saint-Martin

1807 : pronounced her vows for the first time

1815 : became superior (Sister Servant) of the Maison Saint-Martin

1830 : Revolution; placement of postulants at the rue de l’Épée-de-Bois

1831 : Archbishop de Quélen and other clergy sheltered at the rue de l’Épée-de-Bois

1833 : began mentoring the first members of the Society of Saint Vincent de Paul

1840 : worked with the newly re-established Ladies of Charity, began expansion of the works of the house

1848 : Revolution; house became a refuge and a field hospital

1852 : awarded the Cross of the Legion of Honor by Napoléon III

1853 : sight began to fail; health worsened

1856 : death; funeral attended by an estimated 50,000 people of all sectors of society

1953 : Diocesan Process of Beatification opened in Paris

2003 : beatified by Pope John Paul II

7 February: Feast Day

On 25 May 1802 Sister Rosalie entered the Seminary (novitiate) at the Motherhouse of the Daughters of Charity of Saint Vincent de Paul, rue du Vieux-Colombier in Paris. In her effort to give her very best in this new life, her health weakened so she was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard area in the hope that the change would help her to regain her strength.

The thirst for action, devotion and service that burned within Sister Rosalie could not have found a better place to be quenched. There disease, unhealthy slums and destitution were the daily lot of the inhabitants who were struggling just to survive. Sister Rosalie blossomed among the people who would rapidly become her “Beloved Poor.”

In the beginning, she accompanied the sisters of the house visiting the sick and the poor in their homes. She also taught catechism and reading to little girls in the free school. Sister Rosalie thrived and, in 1807, she made vows for the first time. All her qualities of devotedness, natural authority, humility, compassion and her organizational abilities would soon be revealed. Thus in 1815, she would be named Sister Servant (local superior) of the house.

As the one responsible for her Community, Sister Rosalie received the mission of mentoring each of her Sisters, providing formation for the new members and leadership for their Community life. She carried this out with the greatest of care, communicating her love and joy of service.

As the years passed, ever attentive to new deprivations, Sister Rosalie expanded the works of the house: a school and visits to the sick in their homes, adding a free clinic, a day nursery, a day shelter for children, too young for the school, a practical training center and a social center for older girls. At the same time she reached out to others to share in the Vincentian mission.

Sister Rosalie was the “good mother of all” without distinction of religion, political persuasion, or social status. With one hand, she received from the rich, with the other she gave to the poor. To the rich Sister Rosalie gave the joy of doing good works. Often one could see her in the parlor of the house with her “beloved Poor” as well as bishops, priests, government officials, wealthy women and university students. Among them were Frédéric Ozanam and the first members of the Society of St. Vincent de Paul.

Tenderly and respectfully Sr. Rosalie and the sisters of the house mentored these generous young men and other students. She recommended patience, leniency and courtesy to them. “Love the poor, do not blame them too much… remember that the poor are even more sensitive to your behavior than to help.” Above all she led by her example: “Every day, in all kinds of weather, Sister Rosalie crisscrossed the streets and alleyways that climbed to the Panthéon, the south side of the Hill of St. Geneviève …. With her rosary in her hand and a heavy basket on her arm, she walked with hurried steps for she knew that the poor were waiting for her! “

She would speak to God of this family in distress as the father no longer had any work, of that elderly person who risked dying alone in an attic: “Never have I prayed so well as in the streets”, she would say. Her faith, solid as a rock and clear as a spring, revealed Jesus Christ in all circumstances. Her prayer life was intense, as a Sister affirmed, “…she continually lived in the presence of God. She had a difficult mission to fulfill and we were always assured of seeing her go to the chapel or finding her on her knees in her office”.

With her sister companions and her vast network of collaborators, she untiringly cared for, fed, visited, and consoled others! Gifted with a keen sensitivity, she had empathy for all suffering. “There is something that is choking me”, she said, “and takes away my appetite… the thought that so many families lack bread”. For the service of her Beloved Poor, she dared to undertake everything with intelligence and boldness. Nothing would stop her if it enabled them to rise from their misery.

Sister Rosalie did not question the established order nor did she support rebellion. In order to fight against injustice and poverty, she awakened the conscience of those in power or those with money, she worked toward the education of the children and the youth of poor families and, to respond to emergencies, she encouraged sharing. She “organized charity”.

During the years of Revolution, both in 1830 and 1848, Sister Rosalie and her Sisters cared for the wounded – rioters or soldiers alike. People who were in jeopardy found refuge at the sisters’ house on the rue de l’Épée-de-Bois. Their house became a refuge and a field hospital.

The last few years of Sister Rosalie’s life were painful as her health worsened and her sight diminished. She was no longer able to visit her “beloved poor” on a regular basis yet her reputation continued to grow. The emperor, Napoléon III awarded her the Cross of the Legion of Honor, a military honor that only four women had received until recent times.

She experienced in her life as a “simple Daughter of Charity” the truth of the words of Vincent de Paul in 1660, “… certainly it is the great secret of the spiritual life to abandon to God all that we love by abandoning ourselves to all that he will. Pray for me.”And it would be this simple Daughter of Charity who would be honored at her funeral, 9 February 1856.It was attended by an estimated 50,000 persons of every sector of society and every political and religious persuasion. From that day onward, flowers always decorate her grave.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20201023000640/http://filles-de-la-charite.org/history/saints-and-blessed-daughters-of-charity/blessed-rosalie-rendu/

Five Faces of Rosalie Rendu

Robert P. Maloney, CM at the Motherhouse of the Daughters of Charity, Paris, France, March 25, 2003

Rosalie Rendu was an extraordinary woman. Even though many of the biographies written about her are poor in quality.[1]] Rosalie’s energy, creativity, fidelity, courage shine out in the accounts of those who knew her.[2] Long before her death she had become famous. An immense crowd, estimated at 40-50 thousand people, from all strata of society flocked to her funeral on February 9, 1856. As we look forward to her beatification, I think of Shakespeare’s eloquent words:

When she shall die,

Take her and cut her out in little stars,

And she will make the face of heaven so fine

That all the world will be in love with night...[3]

The Church beatifies and canonizes men and women precisely for that reason: that they might shine out like stars for us, that in the midst of darkness we might see, in their example, what it really means to be holy. Saints make holiness real, concrete. So, let me present to you today five faces of Rosalie Rendu.

1. Prodigious Worker and Organizer

Rosalie was born on September 9, 1786, in Confort, a village in Savoy. At just 15 years of age she set off for Paris. There she spent more than 50 years of her life in the Mouffetard neighborhood. Her works were prodigious. They included a primary school where Rosalie originally taught and which she later ran. Though Rosalie herself had little formal education (biographers tell us that she never managed to write French very well), she and others labored strenuously to teach children to read, to write, to do basic mathematics, and to learn their catechism.

For young girls and needy mothers, Rosalie soon organized courses in sewing and embroidering. She later founded a day-care center and a nursery school where working mothers could have their children cared for during the day. For these same people, she founded the Children of Mary with a branch for Christian mothers and a branch dedicated to Our Lady of Good Counsel.

Though Rosalie was not an advocate of orphanages, in 1851 she took over the running of one; in 1852, she began a home for the elderly.

Besides these, she and the sisters ran a center for the distribution of food and firewood, with a pharmacy, a clinic and a clothes dispensary. She helped in establishing and counseling the Conferences of St. Vincent de Paul. She assisted in the reestablishment of the Ladies of Charity in 1840. She cared for the sick and the dying in the recurring cholera epidemics and, perhaps most of all, throughout her life she visited the poor and infirm in their homes. In the epidemics from 1849-1854, as many as 150 persons died in a day in the parish where Rosalie and the sisters worked. They attended to the living, accompanied the dying, and buried the dead.

The secret of Rosalie’s prodigious energy and numerous works was precisely the secret that St. Vincent confided to all his followers: she saw the face of Christ in the person of the poor. That was the judgment of the theologian who examined her writings in April 1956.[4] One of the sisters who lived with her cites Rosalie as she encourages the community: “Let us love the Good God very much. Let us not be sparing with our duty; let us serve the poor well, always speaking to them with great kindness. If you do not act in this way, you will be punished: the poor will insult you. The ruder they are; the more dignified you must be. Remember, Our Lord hides behind those rags.”[5]

2. Local Superior

A seemingly sickly Rosalie was sent away from the novitiate when she was not yet 17 years old with the hope that a change of air would improve her health. It is hard to imagine that the air was much better in inner-city Mouffetard, but as she completed her novitiate and lived and worked in the community there, she thrived. At the same time she quickly won the hearts of the sisters of the house. She returned to the Motherhouse for “habit taking” with a word for the Superioress General from the then local superior, Sr. Tardy, “I am very happy with this little Rendu. Give her the habit, and send her back to me.”[6] And so it was that Jeanne-Marie Rendu, now Sr. Rosalie, took her first steps toward becoming the “Apostle of the Mouffetard District,” perhaps the most miserable quarter of Paris, where she would spend the remainder of her life. In 1815, when she was 29 years of age, she became the superior. She carried out this service for the next 41 years, until her death.

What was Rosalie like as a superior?

As I read the accounts of those who gave firsthand testimony about her, three things strike me:

1. Her cousin uses this phrase in describing Rosalie’s relationship with the sisters in the community: “infinite tenderness.”[7] Rosalie was very sensitive to what went on around her. This is evident both in her contacts with the poor and in her relationship with the sisters. One of the witnesses writes: “Did a sister seem tired to her? She went up to her class. ‘I will watch your children, sister, while you go take what I have prepared for you!’”[8] Some judged that she was sensitive even to a fault. In 1844, at the death of two of her companions whom she loved deeply, Rosalie wrote: “I rebelled somewhat against the hand that struck us.” One of the theologians who examined her writings did not like this, but actually Rosalie added: “but I am confident that these two angels will obtain mercy for me. They will pray as much as I try to imitate them; I have this confidence.”[9]

Her cousin witnesses to having seen her break down in tears at the departure of sisters whom she cared for deeply. Once she spoke about her tears to a person she trusted, who responded: “Rest assured, if you did not so love your sisters, you would not love the poor so much.”[10]

2. The house where Rosalie was superior became a “formation house,” so to speak, to which many young sisters were sent. From her they learned firsthand how to serve the poor. Twenty-two postulants[11] lived with her over the years. Eighteen sisters prepared for vows under her direction,[12] starting in 1832. Twelve sisters lived in her community at the time of her death;[13] half of them had less than four years in vocation.

Her attitude toward the formation of young sisters is evident in a letter that she wrote in 1838 to a young novice for the Daughters of Charity: “Learn to become a child of St. Vincent, that is, Daughter of Charity, heiress of the promises he makes to give everything to one who gives without reservation.”[14]

Apparently she waged war against pride. One of the sisters in the house states: “In spiritual direction, she pursued this latter fault relentlessly: ‘It’s our number one enemy,’ she said, ‘look for it, you will find it at the base of everything, it disguises itself to trick us and confuse us, but we must grab it by the throat and choke it.’”[15]

3. Under Rosalie’s animation, this incredibly active house was also, quite notably, a house of prayer.

The community she animated rose each morning at four and prayed faithfully. Among the things that Rosalie read as a source for prayer were The Imitation of Christ and the writings of St. Francis de Sales, whom she called her dear friend and compatriot from Savoy.[16] One of her companions writes: “if we had to leave God for God and accompany her on a charitable visit, she said to us: ‘Sister, let’s begin our meditation!’ She suggested the plan, the outline, in a few simple, clear words” and entered into prayer.[17] The Viscount of Melun quotes her as saying to a sister: “I never pray so well as I do in the street.”[18]

3. Intrepid Woman

By all accounts, this tender woman was fearless. Rosalie lived in turbulent times. As a child, she experienced the Reign of Terror in France; her family hid a non-juror priest in their home. She came to Paris under Napoleon’s rule, when the Vincentians were still suppressed and the Daughters of Charity could not wear their habit. She experienced the Revolutions of 1830 and 1848, as well as terrible cholera epidemics in 1832, 1849 and 1854.

Rosalie walked among the sick and dying with little fear for her own health. She and the sisters ministered constantly to thousands of cholera victims. They organized the members of the newly-founded Conferences of St. Vincent de Paul to work with them among the cholera-stricken.

The most well-known incidents of Rosalie’s bravery took place during the Revolutions. When Rosalie and the sisters hid revolutionaries, Monsieur Gisquet, the Prefect of Police, signed a warrant for her arrest. But the local policemen warned their chief that her arrest would cause a riot in the whole Mouffetard neighborhood. Gisquet himself went to notify Rosalie of the warrant. She replied: “I am a daughter of charity; I have no flag; I help the unfortunate wherever I meet them; I try to do good to them without judging them, and, I promise you that, if you yourself were ever being pursued and you asked my help, I would not refuse it.”[19] The prefect dropped the matter.

Fierce fighting broke out within the city during the Revolution of 1848. The Archbishop of Paris, urged on by Frederic Ozanam, mounted the barricades in an effort to stop the slaughter. He was shot and the fighting became even more intense, with thousands killed. General Cavaignac decided on a massive bombardment of the Mouffetard neighborhood, but first offered the sisters safe conduct out. Rosalie responded to his messenger: “Sir, please thank the General and tell him that we are the servants of the poor and also their mothers and that we want to die with them.”[20] Rosalie and the general, who was later President of the Republic, became friends who deeply admired one another.

The Viscount de Melun attests that during this same Revolution in 1848 an officer of the Garde mobile sought refuge at the sisters’ house. He arrived at the door with rioters in hot pursuit. Rosalie stopped them, shouting: “There is no killing here! ... In the name of my devotion over 50 years, of all that I have done for you, for your wives, for your children, I ask you for this man’s safety.”[21] The officer was spared.

4. Friend of Rich and Poor

On two occasions recently, I have walked to the Cemetery in Montparnasse to visit the grave of Rosalie Rendu. Fresh flowers always lie there. On the simple stone are engraved the words:

To Sister Rosalie

Her grateful friends

The Poor and the Rich

Like St. Vincent, Rosalie knew how to be friend to both. The poor loved her deeply, because they sensed that she lived out precisely what she asked of the sisters who accompanied her. She asked of them, in the words of one of the witnesses: “welcome everyone, speak to the poor with both kindness and dignity, do not make them wait. ‘Treat them,’ she said, ‘as you would treat your father, your brothers, your sisters.’”[22]

But the rich too were attracted to Rosalie. She was the real thing. They found her appeals irresistible. Rosalie knew how to engage their energies and their resources in the service of the poor.

Her correspondence extends to the Archbishop of Paris, to Superiors General, to politicians, to doctors, to young students and to family and friends.

She took on Frederic Ozanam and his companions as apprentices and thus participated in the birth of the Society of St. Vincent de Paul.

From 1833 until Rosalie’s death, the Viscount of Melun visited her at least once a week to seek her advice and help in the service of the poor. Among those who gave Rosalie material aid were the King and Queen, General Cavaignac, whom I have already mentioned, writers and politicians like Lamartine and Caubert, and many local politicians and administrators. The Ambassador of Spain, Donoso Cortéz, came to Rosalie’s house weekly to receive a list of the poor to visit. When he himself fell ill in 1853, Rosalie assisted him until his death.

On February 27, 1852, Rosalie was awarded the Cross of the Legion of Honor. On March 18, 1854, the Emperor Napoleon III and the Empress Eugénie came to visit her at her house. Sometimes, it would appear, Rosalie’s extraordinary popularity raised eyebrows among her peers and her superiors.

The daily line of those seeking entrance into Rosalie’s salon in the house on rue de l’Epée-de-Bois was long. She worked efficiently, writing little notes to remind herself of their requests. She sought to find some response, even if inadequate, to all the needs presented to her. She did not hesitate to ask the help of those whom she helped. Besides her own sisters, she engaged the poor themselves, young students, priests, religious, and the wealthy too in the service of the poor.

5. Faithful, sometimes misunderstood, Daughter of Charity

Of all the causes for the beatification of members of our Vincentian Family, the one that has interested me most is precisely Rosalie Rendu’s. She was revered in her own lifetime. Those who knew her said that no one resembled St. Vincent so much as she did. While her works were marvelous, her prayerfulness was also striking. While she could be tenacious and unyielding in protecting the poor, she had “infinite tenderness” in relating to them. While she had little formal education, she counseled people of all ranks who came to seek her (a fact that she accepted with a bit of humor).[23]

But in the latter part of her life Rosalie suffered from the disapproval of her superiors. It would appear that the troubles go back to the late 1830s and the conflict that arose during Fr. Nozo’s mandate as Superior General.[24] Because of a financial scandal and the loss of a considerable amount of money for the Congregation of the Mission, strong opposition to Nozo mounted up. Fr. Etienne and Fr. Aladel were among his most formidable opponents. News of the conflict hit the papers, so that much of Paris was talking about it. Finally, the Archbishop of Paris decided to intervene and composed a document of interdict against Fr. Etienne, Fr. Aladel and others. Rosalie, who wanted the matter to end peacefully and had good connections with the Archbishop, went to intercede with him. She remained on her knees and refused to leave, pleading with him to burn the decree of interdict against Frs. Etienne, Aladel, Legot, and Grapain, while pronouncing himself in favor of Fr. Nozo’s cause.[25] After long resistance, the Archbishop gave in. One account states that he finally responded to Rosalie: “Burn it yourself and remember that I hold you responsible before God for what you have made me do!”[26]

Looking back, it seems clear that Rosalie, by her intervention, wanted to mediate a peaceful settlement to a bitter dispute, but Fr. Etienne, elected a short time later as Superior General, remained quite unhappy with her. Only one Vincentian, Monsieur Marion, came to her funeral. He said that he told no one that he was coming, but that he could not stay away because of all he owed to Sr. Rosalie.

It is interesting that, despite their rather cold relationship, Rosalie would not tolerate criticism of Fr. Etienne in her presence. One day, during recreation, a young sister, with some humor, remarked how fat Fr. Etienne was. Rosalie responded rather severely: “I will let that remark pass because of your youth, but you would not talk like that if you saw God and St. Vincent represented in your superiors.”[27] That ended that conversation!

Those are five faces of Rosalie Rendu. In a rich personality like hers, I am sure that there were many others. Rosalie died on February 7, 1856. Her own mother died just three days earlier — news of which never reached Rosalie.

A contemporary author, Elizabeth Johnson, writes:

... paradigmatic figures who emerge in the course of history are like a Milky Way thrown down from heaven to earth ... a shining river of stars spiraling out from the center of the galaxy ... to light a path through the darkness. They are women and men who shine like the sun with the shimmer of divinity, showing the community the face of Christ in their own time and place. They distill the central values of the living tradition in a concrete and accessible form. The direct force of their example acts as a catalyst in the community, galvanizing recognition that yes, this is what we are called to be.[28]

That is precisely what Rosalie Rendu says to us today.

 The fundamental biography was written by the Viscount Armand de Melun and entitled, Vie de Sœur Rosalie, Fille de la Charité (Paris, 1857). It went through 13 editions. Later biographies (for a list of these, cf. Positio, “Biographie documentée,” p. 306ff.), basically, follow the work of this close collaborator and friend of Sr. Rosalie.

 Unless otherwise noted, all citations in this conference are from the Positio Super Virtutibus et Fama Sanctitatis (Rome, 1993).

 Romeo and Juliet, Act III, scene II (slightly modified).

 Positio, “Sommaire du Procès Ordinaire de Paris,” p. 92.

 Ibid. p. 56-57.

 Vicomte de Melun, Vie de la Sœur Rosalie (Paris: J. De Gigord, 1929) 29.

 Positio, “Biographie documentée,” p. 195.

 Ibid.

 Ibid. pp. 195-196.

 Ibid. pp. 196-197.

 Ibid. pp. 179-180.

 Ibid. p. 180.

 ]Ibid. p. 181.

 Ibid. p. 208-209.

 Ibid. p. 201.

 Ibid. p. 199.

 Ibid.

 Ibid.

 Ibid. p. 70.

 Ibid. p. 72.

 ]Ibid.

 Ibid. p. 179.

 Ibid. 170.

 Cf. ibid. p. 204.

 Cf. also, Positio, “Sommaire du procès ordinaire de Paris,” p. 43.

 Positio, “Biographie documentée,” p. 204.

 Positio, “Exposé des vertus,” 51.

 ]Elizabeth A.. Johnson, Friends of God and Prophets (New York: The Continuum Publishing Company, 1999) 239.

SOURCE : https://wiki.famvin.org/en/Five_Faces_of_Rosalie_Rendu

February 7, 2015 · 10:50 am

Feast of Rosalie Rendu

Blessed Sister Rosalie Rendu, D.C. (used with permission of the Provincial Archives)

February 7 marks the feast day of Blessed Sister Rosalie Rendu. The text below is taken from the Vatican’s website.

Jeanne Marie Rendu was born in 1786 and entered the Daughters of Charity in 1802. She was sent to the house of the Daughters of Charity in the Mouffetard District, where she remained for the next 54 years. At the time, it was the most impoverished district of the quickly expanding capital. Jeanne Marie, who received the name Sr. Rosalie, made her accompanied Sisters visiting the sick and the poor and taught catechism and reading to little girls accepted at the free school. In 1807, Sr. Rosalie made vows for the first time.

In 1815 Sr. Rosalie became Superior of the her local community. To assist all the suffering, she opened a free clinic, a pharmacy, a school, an orphanage, a child‑care center, a youth club for young workers and a home for the elderly without resources. Soon a whole network of charitable services was established to counter poverty.

Superiors sent her postulants and young Sisters to be formed. They put in her house, for a period of time, Sisters who were somewhat difficult or fragile. To one of her Sisters in crisis, she gave this advice one day, which is the secret of her life: “If you want someone to love you, you must be the first to love; and if you have nothing to give, give yourself.” As the number of Sisters increased, the charity office became a house of charity, with a clinic and a school.

Her reputation quickly grew in all the districts of the capital and also beyond to the towns in the region. Sr. Rosalie knew how to surround herself with many efficient and dedicated collaborators. Students of law, medicine, science, technology, engineering, teacher‑training, and all the other important schools came seeking from Sr. Rosalie information and recommendations. Or, before performing a good work, they asked her at which door they should knock. Among these, Blessed Frédéric Ozanam, cofounder of the “Society of St. Vincent de Paul,” and the Venerable Jean Léon Le Prevost, future founder of the Religious of St. Vincent de Paul, knew well the road to her office. They came, with their other friends, to Sr. Rosalie seeking advice for undertaking their projects. She was the center of a charitable movement that characterized Paris and France in the first half of the 19th century. Sr. Rosalie’s experience was priceless for these young people. She directed their apostolate, guided their coming and going in the suburbs, and gave them addresses of families in need, choosing them with care.

Hardships were not lacking in the Mouffetard District. Epidemics of cholera followed one after another. Lack of hygiene and poverty fostered its virulence. Most particularly in 1832 and 1846, the dedication shown and risks taken by Sr. Rosalie and her Sisters were beyond imagination. She herself was seen picking up dead bodies in the streets. During the uprisings of July 1830 and February 1848, barricades and bloody battles were the marks of the opposition of the working class stirred up against the powerful. Archbishop Affre, Archbishop of Paris, was killed trying to intervene between the fighting factions. Sr. Rosalie was deeply grieved. She herself climbed the barricades to try and help the wounded fighters irrespective of the side they were fighting on. Without any fear, she risked her life in these confrontations. Her courage and sense of freedom commanded the admiration of all.

In 1852, Napoleon III decided to give her the Cross of the Legion of Honor. She was ready to refuse this individual honor but Fr. Jean-Baptiste Étienne, Superior General of the Priests of the Mission and the Daughters of Charity, prevailed up her to accept it.

She died on 7 February 1856 after a brief acute illness.

The official newspaper of the Empire, le Moniteur, praised the kindly actions of this Sister: “Funeral honors were given to Sr. Rosalie with unusual splendor. For more than fifty years this holy woman was a friend to others in a district where there are many unfortunate people to care for and all these grateful people accompanied her remains to the church and to the cemetery. A guard of honor was part of the cortege.”

Numerous visitors flocked to the Montparnasse Cemetery. They went to meditate at the tomb of the one who was their salvation. But it was difficult to find the gravesite reserved for the Daughters of Charity. The body was then moved to a more accessible site, close to the entrance of the cemetery. On the simple tomb surmounted by a large Cross are engraved these words: “To Sister Rosalie, from her grateful friends, the rich and the poor.” Anonymous hands brought flowers and continue to bring flowers to this gravesite: a lasting yet discreet homage to this humble Daughter of St. Vincent de Paul.

Sister Rosalie Rendu was beatified in 2003.

SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/

Rosalie Rendu: The Person Behind the Actions

Sister Rosalie Rendu: A Daughter of Charity On Fire with Love for the Poor, by Sr. Louise Sullivan, available for research in the Provincial Archives.

by Sister Louise Sullivan, D.C.

February 7 is the feast day of Blessed Sister Rosalie Rendu. The text below is taken from chapters 1 and 2 of Sister Louise Sullivan, Sister Rosalie Rendu: A Daughter of Charity on Fire with Love for the Poor (Chicago: Vincentian Studies Institute, 2006). Additional text and illustrations can be found in this presentation from FAMVIN.

As with St. Vincent and St. Louise, or in studying the life of any saint, there is the danger of losing the person behind the actions, of being so dazzled by the magnitude of their achievements that the spiritual and human motor that drove them disappears. Such has often been the case with Sister Rosalie. Sister Rosalie, the woman, is far more and far less than the sum of her actions. If she has something to say to the men and women of today, it is precisely because of the person she became by the grace of God and by her response to that grace. Who was this simple country girl who became a symbol of Our Lord’s loving mercy toward those who are poor? What would move her to dedicate her life in service of others, in contradiction to the values of our world?

Jeanne-Marie spent her early years in a profoundly Christian atmosphere. However, this did not mean that she was an excessively pious child. Armand de Melun expands upon the portrait, describing his friend as a little girl who was “pretty… energetic… impulsive… and strong-willed… mischievous… born with a lively and impetuous temperament.” He tells us that she “tried to get into all the mischief she could so that there would not be any left for her when she reached the age of reason.” He added that she “teased her sisters, liked to throw their dolls into the neighboring garden, was more interested in butterflies than in books, and that in games she was neither the last nor the least aggressive.”

Oral tradition in the village, passed on by one of Sister Rosalie’s relatives, had it that the little girl was “lively, even mischievous, but that she was very devout, had a very kind heart and already, as a child, was moved to assist those who were poor.” In fact, Rosalie’s “extreme sensitivity” to the needs of those living in poverty, and in all other things for that matter, is considered by those who study her life as “unquestionably Sister Rosalie’s dominant character trait.” Her sensitivity manifested itself early and would remain all her life, sometimes causing her suffering. Yet this trait would eventually lead her to become “a resting place where the whole weary world could lay its burdens.”

While few biographers or witnesses during the Cause of Beatification speak explicitly of Sister Rosalie’s faith, it is evident that her love for those who were poor was rooted in faith and in the conviction that it was God whom she found in them. That faith was born in the rugged terrain of the Jura Mountains in a home where God was the center and where one had to be willing to risk all, even one’s life, to remain faithful.

As Mélanie pointed out, Jeanne-Marie was “highly intelligent” but her education was essentially practical. She could read and write but spelling was largely beyond her and her correspondence reflects this. She spelled phonetically while expressing herself clearly, forcefully, and even with a certain grace. This combination of example and practical training developed her innate “bon sens paysan” or common sense, as well as her good humor. These qualities of common sense and good humor had characterized Saint Vincent de Paul before her and, as in his case, would serve her well later on.

Shortly after Sister Rosalie’s death, her cousin, Eugene Rendu, wrote of her:

“Sister Rosalie’s principal character trait was her common sense, pushed to the point of genius. Those who did not have the honor of meeting her often could not appreciate her moral supremacy and, if I may say so, her ministry to souls, which the confidence that she evoked from all gave her. Persons came from far and wide seeking her advice.”

Later in life, Rosalie seemed able to deal with everyone (whether rich or poor) equally; she became well-known and won over many hearts, even those who were apathetic or anticlerical.

Jeanne-Marie Rendu left her village for the first time, at the age of thirteen or fourteen, to begin a journey that would eventually lead her to Paris. In perhaps the most miserable slum of the French capital she would devote fifty years of her life in the struggle to bring relief to a whole gamut of human suffering … As she left the Jura for the last time, Jeanne-Marie Rendu had within her those qualities that would one day make her the “Apostle of the Mouffetard area”.

SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/

Beatification of Rosalie Rendu, November 9, 2003

Blessed Sister Rosalie Rendu, D.C.

(Images of Rosalie Rendu and Rosalie Rendu beatification program, 2003, used with permission of Daughters of Charity Provincial Archives)
November 9, 2013 marks the 10th anniversary of the beatification of Sister Rosalie Rendu, D.C., whose image is seen on the left. The image on the right is the cover of the program from Sister Rosalie’s beatification ceremony. The biography of her life which follows is based on the biography which appeared in the beatification program.

Jeanne Marie Rendu was born September 9, 1786, the eldest of four girls. Her Godfather by proxy was Jacques Emery, a family friend and future Superior General of the Sulpicians in Paris. She was three years old when the Revolution broke out in France. From 1790 it was compulsory for the clergy to take an oath of support for the civil Constitution. Numerous priests refused to take this oath. They were chased from their parishes, some were put to death, and others had to hide to escape their pursuers. The Rendu family home became a refuge for these priests. It was in this atmosphere of faith, always exposed to the dangers of denunciation, that Jeanne Marie was educated. She would make her first communion one night by candlelight in the basement of her home. This environment forged her character.
The Daughters of Charity had been suppressed during the French Revolution; the Seminary (novitiate) re-opened in December of 1800. In May of 1802 Jeanne Marie Rendu arrived at the Mother House to begin her initial formation as a Daughter of Charity. When she completed her Seminary formation, she was given the community name of Sister Rosalie and sent to the Mouffetard District, where she served for the next 54 years. In 1815 Sister Rosalie was made the Superior of the Daughters of Charity house at Mouffetard.

The Mouffetard District was one of the poorest districts in all of Paris, and Sister Rosalie served the poor in many ways. She visited the sick and poor. She opened a free clinic and pharmacy. She opened a free school and taught reading and catechism in the school. She started a child care center, a youth club for young workers, and a home for the elderly. Thanks to Sister Rosalie, a whole network of charitable services were put in place to serve the poor.

Her reputation grew quickly in all the districts of Paris and beyond. Sister Rosalie knew how to surround herself with dedicated collaborators who supported her work both with their time and with funds. These collaborators included bishops, clergy, the Ambassador of Spain, and even Emperor Napoleon III. Students from the universities in Paris sought Sister Rosalie out as well; one of those students was Frederic Ozanam, who would go on to found the Society of St. Vincent de Paul. During Sister Rosalie’s years in the Mouffetard District, there were many hardships, among them civil uprisings in 1830 and 1848 and cholera epidemics in 1832 and 1846; during the cholera epidemics she was often seen picking up dead bodies in the streets.

Sister Rosalie Rendu died on February 7, 1856. Her death was mourned throughout Paris. Thousands attended her funeral at St. Medard Church and her burial at Montparnasse Cemetery. Today her tomb is marked by a cross bearing the inscription, “To Sister Rosalie, from her grateful friends, the rich and the poor.”

SOURCE : https://docarchivesblog.org/category/rosalie-rendu-2/

The Story of over Fifty Years Devotion and Service to the Poor of a Daughter of Charity of Saint Vincent de Paul

Sister Rosalie Rendu
17861856

Placed in the centre of Europe, with different races overlapping her borders, North, East and South, France has been in frequent turmoil for the past hundred and sixty years. Internal revolutions and external wars have spattered her history, and amid all the evils of those times, the Wisdom of God has brought forward a succession of saintly men and women to balance and rectify the doings of the wicked.

The French Revolution, between 1789 and 1799, besides proclaiming the Republic, had sought to nationalize the Church. There were Martyrs in plenty, who died for the rights of the Church. Religious communities of men and of women were butchered or dispersed, and the diocesan clergy were deported or compelled to leave their parishes, and seek temporary refuge abroad. Many of these went over across the mountains of Switzerland, and the house of the Rendu family was a stage of the weary journey for numbers of them, and a hideout for others.

The Rendu Family

It was a modest house in the village of Confort, named after a chapel of Our Lady of Consolation or ‘Confort,’ built by Cistercian Monks there on the roadside. It looked out over the valley to the majestic peaks of the Jura Mountain Chain, between France and Switzerland.

It was here that Jeanne Marie Rendu was born in 1786, the first child of this branch of the family which had its well-known roots back in the fifteenth century. Her father died when she was ten, followed by a baby daughter, leaving his wife with three girls to care for and educate.

Jeanne Marie made her first Holy Communion in the secrecy of the cellar, when she was nine years of age. In later years she recalled the pleasing risks of the Masses celebrated in the morning darkness in her home by her Parish Priest and by ‘the gardener, Peter,’ who was in fact the Bishop of Annecy; both of these were in hiding in the house.

Schooling and Vocation

The Ursuline Nuns had bravely reopened their boarding school at Gex a few years earlier, and Jeanne Marie was sent there, thirty miles from home, for a couple of years’ instruction and education. Well- grounded in the elements of her religion by her mother, she enjoyed the freedom of its practice in this convent; and her willing nature benefited by the teaching given, as is evident in her capacities in after life. It was in Gex that she first saw the Daughters of Charity of Saint Vincent de Paul, whose hospital there had been founded in 1660 by Saint Vincent himself, shortly before his death. On one of her visits to Gex, Madam Rendu took her daughter to visit a friend in the hospital. The sight of the sick and their nurses impressed the girl indelibly, though she was not yet twelve years of age. She had been accustomed to help her mother in caring for the poor and the sick who called at their home by the wayside, even to the extent of giving away her best Sunday shoes to a barefooted stranger, and her nearer view of great human distress and suffering in the hospital beds made a stirring appeal to her generous heart. The grace of God was to add its force to her own compassionate nature, and soon bring her to make the gift of herself and her life for the service of the poor and suffering.

Novitiate

She returned home, helping her mother for two years, but with her dream of the future always in mind, until, at the age of fifteen, with the advice of the Parish Priest of Gex, in company with one of her schoolmates, she decided to join the Community of the Daughters of Charity in Paris. Their novitiate had been reopened in 1800 when the Daughters of Charity, scattered and tried by the Revolution, came together again to continue their charitable works for the people who had molested them. After their heartfelt farewells and a long, tedious drive in the stage-coach, the two Postulants were delivered to the Mother House on the 25th of May, 1802. Jeanne Marie then began her period of training and the consolidating of her vocation in charity, humility and simplicity. The change of climate from her mountain air and the ardent life of the Novitiate threatened her health, so that she was transferred to another house in Paris, whilst still in the black habit of a Novice, and was given the name of Sister Rosalie.

Active Service

Her new home was in the street of the ‘Epée de Bois’ or of the ‘Wooden Sword,’ not far from the Mother House and from Saint Sulpice Church, in a slum area, with its crowds of people, its vulgarity and wretchedness, and its shops and markets along the dirty streets. She was now sixteen years of age, and was to reside in this dreary-looking quarter of the city for the rest of her days, going about doing good. Here the Sisters had a ‘house for relief,’ set up by the Government to distribute relief to the poor, who were very numerous after the disorganization of the Revolution. The seven Sisters also conducted a primary school, a dispensary, and a depot for clothing and linen goods, and visited the sick and the poor in their homes and hovels. Their services were so much valued by the local residents that when the Sisters had been brought before one of the revolutionary tribunals as ‘reactionaries,’ the men of the place gathered there and told the Judges that they were determined to protect the Sisters and take them back to their home. The Judges gave way, and the men escorted the Sisters back in triumph.

In the School

Sister Rosalie was first placed in the schoolroom. With a kind and devoted heart, her gay and bright disposition, capable, and experienced by the handling of her own smaller sisters, she found this instructing of children a pleasing apostolate, and gave herself to it in the spirit of the Blessed Virgin teaching the Christ Child. As the pastoral care of priests had been scarce and fitful for nearly ten years, she also became the catechist to many grown-ups at evening classes, begun for their benefit. After school she was allowed to accompany other Sisters visiting the homes of the poor to bring food, clothes, and all sorts of necessities. One astonishing experience she had at this time. Her Superior had been asked by the Archbishop of Paris to attend to the meals and care of a good priest, who, through no fault of his own, had become a victim of diabolical possession. Sister Rosalie went on one of these visits to him, and when she had swept and tidied the room where he sat at a desk, writing, her Superior said to her: ‘Say ‘good-day’ to Father and ask for his prayers.’ She was about to do so when, like lightning, the poor man sprang to the ceiling and ran around on it as if it were the floor, calling out: ‘Rosalie, what a lot of souls you will snatch from me.’ In terror, Sister Rosalie was out and away down the street in a moment. It was a startling event, but it was a revelation of the virtue of the young Sister and of the power for good she wielded.

In 1807, at the age of 21, she made her vows of Poverty, Chastity, Obedience and Service of the Poor, as a full member of the Company of the Daughters of Charity; she continued her school-work and her errands around the slum. Her cornette was a sign of comfort and charity wherever she went in the dirty, narrow streets and the low, verminous houses. No visitor was more welcome, more pleasant and charming; and no one was more happy and pleased to be serving the needy and the poor. Mishaps of all kinds came for her healing. One day she was seen leading a horse along the street. A strange sight, but it had a simple explanation. A man came to her in tears at the loss of his horse; he was a carrier, and his livelihood was in danger. She approached one of her benefactors. ‘I need a horse,’ she said rather shyly. ‘If that is all,’ her friend replied, ‘take one of those in the stable.’ But these were racehorses. ‘Well, then, you will have to go and buy it yourself, if you want a draught horse,’ the man said. ‘Send the account to me.’

Superioress

In 1815, when she was only twenty-eight, Sister Rosalie was appointed Superioress of the house of eight Sisters in the street of the ‘Wooden Sword.’ She was young for such a charge, but her worth was evident and her capabilities esteemed. Her zeal was contagious, showing its effect in the house by the fervent, regular life of her companions, and outside, by their willing co-operation in the works of charity. In all the busy days of her life, first place was given to her direct duties to God in prayer, presence at Holy Mass, and the devotions normal to her Community. It was from this source that all her activity for others was guided and stimulated.

Her spirit of Faith never flagged, and she saw the spiritual aspect of every circumstance. ‘You should not lose a moment of your lovely calling,’ she said to a school sister; ‘you alone will teach these children to know and love God; their mothers would never do it. . . . And remember that you are paid to teach them; if you do not do it, you will fail in justice.’ And again: ‘Since you will not have the good fortune to be visiting the poor, you can do good for yourself by cleaning the shoes of those who do, and who may not have the time to do it themselves.’

She chose a strong young Sister to do the visiting:. in a thickly populated area, known as the ‘Gilded City.’ ‘You will have the best part,’ she said, ‘in this place. There are twelve hundred people there, living in huts of all sorts built by the rag- pickers. People who are without work, without clothes; many couples are not married and most of them come there through vice rather than by misfortune. There are lots of drunkards. Ask the children you meet whether they go to school. There is a great deal of good to be done among them by a Daughter of Charity.’ A policeman on duty met the Sister on her way. ‘I think, Sister, this is not your place,’ he said kindly, ‘it is hardly wise for you to come among these rogues. We ourselves come only in squads.’ On reporting this to her Superior, Sister Rosalie told her: ‘You have nothing to fear; the police are there to deal out human justice, you are there to show the mercy of God. Do what you can. God wants us to dig and sow; He will bring on the fruits; grace has its own time. Get the children to pray.’ Sister Rosalie had no qualms about her zeal, with complete confidence in the helping hand of God.

Her Character

A determined woman of strong will, she was kind and maternal towards her companions. She rarely gave commands, but rather gently begged her Sisters to oblige her. She asked their advice in the affairs that concerned them and their work. ‘If I wanted to know how to bark,’ she said in justification of her practice, ‘Would I not ask a dog?’ She had full confidence in their judgment, for they were, like herself, fully devoted to the work of God for His poor. She showed them many kind attentions and favours, seeing that their shoes were dried if they had been out in the rain, preparing a special dish for the delicate, or taking a spell in their classrooms to relieve them. Sisters did not like to be changed from her side, nor did she like to lose them. She said to Sister Melanie, who thought of going across to the Mother House for some family ceremony: ‘Do not go; you are tall, and when they see you they will be thinking of you for some other place.’ She was strong and firm in her management, but never severe; rigorous and thoughtful; understanding and considerate, though not soft; compassionate and forgiving, unselfish, and more tender than a mother towards the Sisters in her care. For forty years she was Superior in the one house, where she trained many Sisters and many Postulants, for it was a sort of place of apprenticeship. Sister de Verien, who planted the Company of the Daughters of Charity in Ireland at Drogheda in 1855, was among these; and it was from the house in Drogheda that the first Superioress in Australia came in 1926.

Some Undertakings

She had not long been Superior in the Rue de l’Epee de Bois, when she was summoned to the Mother House and given the message to remain there. She was engaged in sewing and at some work in the garden for several days, waiting to know what was to be her destination. Being asked did she not want to interview the Mother General, she replied simply: ‘I shall see her when she wishes to send for me; I have nothing to speak to her about; just now I have only to be obedient.’ She was sent for, and her Superior said: ‘Sister, you are a nuisance to us here; you may return to your own house.’ Humble and happy within herself, she set off at once for the Mouffetard quarter of the city and the poor and to the work she loved.

Her undertakings were advancing under her valiant guiding hand. She kept a vigilant eye on the children’s school, for she valued their instruction and upbringing- always in accord with their social status, for she did not wish them to be overeducated, with ambitions beyond their reach and with a distaste for life among their own families.

As the girls grew up and left school to go to work, she encouraged them to come back on Sundays and Feastdays for some recreation, dancing and singing-and for her good advice. Her past-pupils were delegated to look after the younger girls in their first years in the world-they were to be ‘big sisters,’ and were formed into an Association of Our Lady of Good Counsel. Since good is contagious, these girls extended their charity to visiting old and lonely people in the district, talking and reading to them, bringing them some delicacies and doing their laundry for them.

The Day Nursery she established was dear to her heart, for it gave her contact with these innocent souls, and though she could not spend much time personally with the babies, she took care to meet their mothers and enquire after their welfare and the practice of their religion in the Sacraments and the Mass.

As her charity embraced all ages, she began a night shelter for men. As many as eighty, old and solitaries for the most part, were given lodging. She gave them, besides, comfort and encouragement, appreciating the anxieties and the crosses of old age; and regarding them as near-candidates for Heaven, she instilled into them the patience and courage to go on in their hope of a blessed after-life. She had no complaints or rebukes for them, but always defended them in their faults and made excuses for them. If they took too much wine – ‘old men’s milk’ they called it – it was excused because they wished to forget their troubles and misery; or because, having no other place of recreation or comfort than the taprooms, they were led unconsciously to indulge in the bright, shining wines.

At one period of cholera, in 1832, Sister Rosalie gathered seventy orphan children in a few days; their parents were stricken down in this unsavoury quarter of the city, and the Sisters stepped into their place.

The expenses of these branches of her charity never worried Sister Rosalie. The generous open hand of Providence, through some human medium, secured the funds for the expansion of buildings, for the food and clothing of the boarders, and for the articles distributed to those in want. One month in 1838, two thousand people were given a daily ration from the ‘soup- kitchen’ kept by the Sisters-several hours of service and a considerable cost.

Besides, she had always cultivated a childlike confidence in the Mother of God, appealing to her in all circumstances and trusting in her maternal protection. From their foundation the Daughters of Charity had been schooled in the devotion of the Rosary and in the belief of the Immaculate Conception, which gave special prayers and cult to Mary. Sister Rosalie was no exception, and her filial piety for Our Lady was always to the fore. It is exemplified in the advice she gave to one of her friends, whose wife had just died: ‘Make Mary the Mother of your children.’ Frequently she visited the Church of Our Lady of Victories to pray for special needs, but the shrine of Our Lady of Hope in Saint Severin’s Church seemed to be her chosen place of pilgrimage; it was near her house, and she could call there easily.

She lived in the days of the manifestation of the Medal of the Immaculate Conception, when the Blessed Virgin appeared to Saint Catherine Laboure, one of the younger Sisters of her Community at the Mother House; and she saw this medal get its name of ‘miraculous medal’ because of the graces and conversions and favours received through its use. In her own activities she was an ardent propagator of the medal and its devotion. And when she passed near the Mother House, after that date, she never failed to call to the shrine; on her monthly visit there she would spend as much time as possible in that chapel, interceding for her people, their needs and welfare.

Visitation of the Poor

The primary duty of visiting the poor in their own homes and garrets was never neglected. These were, in the words of Saint Vincent de Paul, her ‘lords and masters,’ so for them she gave her love and service, begging her Superiors to send her more Sisters in order to relieve them the more. She instructed her new helpers in their approach to the poor, in the good offices and attentions they should show them, and in the ways of attending to their ills and sicknesses.

The Society of Saint Vincent de Paul

Among her other helpers were some men, university students and professors, who became the foundation members of the Society of Saint Vincent de Paul. They were engaged in visiting prisons and hospitals and in rescuing foundlings, in their spare time, and had worked individually under the direction of Sister Rosalie in her district, visiting the sick and needy. There was a study-circle or ‘conference of History’ meeting regularly in the home or office of Professor Bailly, of the Sorbonne University, frequented by students like Frederick Ozanam, Lamache, Lallier and Letaillander. It was at one of these meetings that someone complained in disgust: ‘Christianity is dead. You boast of being Catholics; what are you doing about it?’ After the meeting, Ozanam said to Letaillander: ‘That’s true. Let us not talk about charity, but let us put it into action.’ At the next gathering it was suggested that a ‘conference of charity’ be formed. All present agreed; Professor Bailly was very pleased, and he advised them to go to Sister Rosalie for advice and instruction about ways and means. The ‘Conference for History’ became the ‘Conference for Charity,’ the first Conference of the Society of Saint Vincent de Paul, in 1833.

It was not far from the University to Sister’s house in the street of the ‘Wooden Sword,’ where she had now spent 30 years. Ozanam knew the way very well. Sister Rosalie already knew him, and had warned him of his excessive generosity to the poor. She told him of one of her young men who had given all his clothes to a poor beggar, so that a friend who called on him in the morning found him still in bed because he had nothing to wear. A message was sent to Sister Rosalie, who supplied the necessary garments, and a note which said: ‘My poor friend, if you become a Bishop some day, you will give away your Cross and mitre.’ (The young man, M. Dupuch, did become Bishop of Algiers, and did give away his crozier and mitre in his generosity.) Ozanam learned this lesson of prudence, as he did many other things, from Sister Rosalie.

The Conference of Charity often met in her house in the ‘Wooden Sword.’ She gave them addresses and houses to call at, proving to them the need and the welcome nature of their activities. She also generously refilled their ‘poorbox’ with alms, when it was depending solely upon their weekly collection among themselves. Moreover, she freely gave them her advice and experience, and imbued them with the spirit of supernatural charity and the spirit of Saint Vincent de Paul. The first Rule of the Society, published in 1835, is remarkable for its many expressions identical with those of Saint Vincent, for instance: ‘Here at last is the commencement of the written Constitution for which we have so long yearned. It has had to wait for a long time. . . . But were we not bound to feel assured that God wished it to continue? Was it not necessary to see what it could do, by what it had done already, before framing its rules and its obligations? . . . Jesus Christ first practised what He was afterwards to teach mankind: ‘He began to do and to teach.’ We wish to imitate that Divine Model so far as our weakness allows. . . . We shall love our Society tenderly, and even with a greater affection than any other similar body, not because of its excellence or through pride, but as dutiful children love a poor and deformed mother more than all other women, however remarkable they may be for their wealth and attractions.’-These are formulae taken from Saint Vincent’s own writings. Besides, this Rule adopts what Saint Vincent did and did not wish in various circumstances as its guide in charity. The President General of the Society, Professor Bailly, in a letter to the whole Society in 1842, emphasized the source of these Rules: ‘They are not the word of man, or at least they are the word of a man who was made a Saint, a man whose sayings and whole life God has crowned with heavenly glory. You are aware, of course, that those thoughts are taken from the most intimate writings of Saint Vincent de Paul, from the Rules which he drew up after many years’ experience for the holy societies of which he was the father.’-Where did these ideas of Saint Vincent come from? What was the channel bringing them to these charitable men, if not Sister Rosalie Rendu?

She knew the first members of the Society very closely, and knew their goodwill and earnestness, their zeal and charity; they sought her aid and her counsel, and valued her experience and guidance. When the question arose at one of their meetings of branching out into a second conference, after fruitless discussion, the member who had proposed it, said: ‘It is not my idea; it came from Sister Rosalie,’ and the proposal was at once agreed to by all. It is no wonder that she is revered by the 16,000 Conferences throughout the world as one of the founders of their Society.

Daily Callers

It was reckoned that at times in her small office in the Street of the ‘Wooden Sword,’ Sister Rosalie interviewed as many as five hundred people in one day. What doctor or lawyer or executive would see as many? There were poor and sick, rich and miserable; some coming for alms, others to give them; some for employment, others for advice. Prudence, patience, charity and good humour were active here all day long.

Seeing a client in the queue at her door, she called him: ‘I want you to do me a little advice; take this parcel to the address written on it for me.’ On leaving, the man was surprised to read his own name and address on the packet-a ruse of Sister Rosalie to cover up his shame and shyness and preserve his self-respect.

‘Sister, I want to get a place as a singer in a church choir,’ was the request of one caller, and forthwith he began to sing. ‘You sing very well,’ she said, ‘but I imagine you have sung in the taverns oftener than in the church.’ ‘Oh, well, I do take a glass with my friends, but it is not a habit,’ was his simple admission. ‘Well, then,’ she replied, ‘I’ll give you a recommendation to the Parish Priest, but, though I would not forbid a small taste after you have sung the Lord’s praises, do not take anything beforehand.’

A printer who had lost his sight was brought by his friend and guide to visit her. He remained cold and surly and was sarcastic about her work. She called in some children and introduced them, asking him to give them from his experience the benefit of his advice regarding their futures. He was touched, and finding this an avenue for helping others, became a frequent visitor.

A lady in mourning, who had just lost her daughter in death, was sent one day by the Archbishop. Sister Rosalie sympathized with her, then asked her if she would take some bread tickets to a few poor families. ‘You can write your daughter’s name on each, and it will be she who gives them.’ The sorrowing mother took the messages, and found other people worse off than herself-a field for work which she set herself to cultivate, and thus secured peace and consolation for herself.

A lady who had given her valuable ring to one of the needy persons she visited at the instigation of Sister Rosalie, came one day to complain, for, when she had called back, the woman, instead of having pawned the ring, was wearing it sparkling on her finger. Sister was plainly amused. ‘It is not a serious affair, Madam,’ she said, ‘you must forgive her; perhaps the wearing of this ring is the only pleasure she has had in her life.’

At her desk one day, Sister Rosalie was listening to the story of a poor neighbour, telling of her troubles. Her quick eye noticed that the caller was feeling the cold. ‘You are cold,’ she said, ‘you need to wear more clothes. Wait till I see,’ and she went off to return with a sound, warm petticoat. ‘Put that on, and you will feel better,’ was all she said. . . . But as the day wore on Sister Rosalie became pale with cold herself, for she had robbed herself to meet this need.

Among her visitors she had Bishops and Generals, Ministers of State and the Police, and on one occasion in 1852, the Emperor Napoleon III and the Empress came to thank her for her universal charity to the Parisians. As General Cavaignac, the Chief of the Army, was talking to her one day the Angelus bell rang from the local church. ‘Shall we say the Angelus together?’ she asked, and, of course, they did.

Revolutions and Refugees

Living in the heart of Paris from 1802 till 1856, Sister Rosalie could not escape contact with the Revolutions there in 1830 and 1848, and she proved her heroism again and again in these events. In her quarter of the city, the rising was not general in 1830, but that did not prevent her house being used as an ambulance station for the wounded of the regular army and the rebels. She knew many of them on both sides personally through having helped them in her charity through the years. Her courage, her gratitude and her reputation are well emphasized in an account of one of her exploits. A certain Joseph Bavcoffe, a compatriot and friend of the Rendu family, who had been an officer of the Polish Lancers with Napoleon in the retreat from Moscow, and was now an officer of the National Guard, and a benefactor and frequent visitor at the house in the Rue d’Epee de Bois, was reported missing during the July Revolution. His wife came to Sister Rosalie to ask her help. The Sister set off at once alone through the barricaded streets, risking the flying bullets, climbing over the barricades, enquiring for Commandant Bavcoffe. Her cornette was familiar to the rioters and the soldiers, and admiring her hardihood, they allowed her to pass on. She crossed the River Seine into the centre of the city, all in turmoil, and in front of the City Hall was told that the Commandant was among the dead in the Square. With help, she recovered him from the heap of corpses, to find that he was still breathing, although riddled with shot in the chest and with the fingers of his right hand slashed off. She had him quickly carried back to his home, where she left him in the care of his wife and children to be fully restored to health.

With the same calm and fortitude, she stopped a gang of incendiaries, who were about to burn down an orphanage, by her very presence and kind words to them; they even organized a guard for the house, and the order was given: ‘No noise; these little girls and their guardians must be allowed to have their sleep.’-It was no ordinary person that could exercise such influence and command such regard and respect.

She gave sanctuary to another notable person in these days. Her friends let her know of plans for attacking and sacking the Archbishop’s residence, near Notre Dame Cathedral. This was done in February, 1831, when the house was pillaged and the books, pictures and furniture thrown into the river; the building itself was ruined and partly demolished. Meantime, following her timely warning, Archbishop de Quelen was in the quiet safety and solitude of Sister Rosalie’s house in the street of the ‘Wooden Sword.’

Further small risings in 1832 and 1834 brought more care to Sister Rosalie. Some persons took refuge with her, and she provided them with means of escape. One was an officer of the Royal Guard, now sought by the police on account of his defection from duty. Order was given to arrest Sister Rosalie for her complicity, but the officer appointed to do this remarked to his Chief that this would surely bring on another upheaval in that district, since she was a power to be reckoned with there. So the Prefect of Police himself went to visit her. Making him wait whilst she attended to her aged and poor, she asked what she could do for him. He did not want a service, he said, but came to do one. ‘You are seriously compromised by helping the escape of an ex-Royal Guard officer; you acted in violation of the law.’ ‘Sir,’ she replied, ‘I have no flag; as you know, I am a Daughter of Charity, and I try to help the unfortunate everywhere I meet them. If ever you yourself are hunted and ask help of me, it will not be refused.’ She was impenitent and clung to her point of view, for she could not think of herself as being in any least way responsible for bringing about any of the common executions or of bringing further misfortune to any of her children.

Revolution of 1848

Unrest continued for some years, in greater or less degree, until social conditions in 1848 brought complete lockouts from the workshops, and one hundred thousand men were out of work and wages. In June rebellion reached its height. General Cavaignac was in command of 50,000 regular army troops, who in a few days quelled the revolt, in which 16,000 men perished. The General had sent a warning to Sister Rosalie that her quarter of the city would be bombed, and offered her and her Sisters a safe conduct out of the area; she and they gratefully refused it, preferring to stay among their poor to assist them in their time of terror.

In these hectic days a barricade was thrown up across the lower end of the Rue d’Epee de Bois. In an assault upon it, an officer of the Mobile Guard, with his squad of men, had climbed over it. They were all shot down except himself. Alone among the rebels, he raced a few yards down the street, before they had realized the position, and into the courtyard of the Sisters. He was followed at once, but Sister Rosalie was there. She stood in front of the officer, facing his pursuers as they handled their rifles. ‘You don’t kill anyone here,’ she said. ‘Well, we’ll take him outside,’ one of them replied. But she stood firm, protecting her refugee. Their rifles were raised to shoot over her shoulders, when she went down on her knees in front of them. ‘In the name of my fifty years’ service to you and your wives and children, I beg for safety and escape for this man,’ she said. The rifles were lowered and his captors departed. A picture that became a common ornament in the poor homes of the Moufftard Quarter represents this incident.

Sister Rosalie was not afraid to be out on the streets in this time of carnage and strife. ‘Why should I be safe and run no risk when my children are being slaughtered?’ she asked those who urged her to stay indoors. Archbishop Affre had gone on a peace mission with a white flag of truce to one of the barricades, when he was shot down by a stray bullet and mortally wounded. Her small figure moved around the fighting zones, and whilst other areas were still in battle, peace and quiet came to her district. ‘Have I not enough widows and orphans to look after, without you making more?’ she asked the men at the crossroads barricade.

Cross of the Legion of Honour

Not only were the people in admiration of her bravery and her zeal in doing good, but the Government also resolved to mark its appreciation. She was cited for the Cross of the Legion of Honour-the highest award of France. This was a trial for her humility, and she strove to have the award cancelled. However, she was duly invested and the Cross pinned on her collar, amid the great joy and pleasure of her friends and clients in the neighbourhood. After that she would allow no further reference to it, and never wore the decoration again. Later in 1854, the Emperor Napoleon III called to visit her, when he said: ‘You do not wear the Cross of Honour I sent you? I will send you another which I hope you will wear.’ And he sent her a gold cross enclosing some relics of Saint Vincent de Paul.

There were twenty years of troubled times, of incessant relief works, of sharing the misfortunes and calamities of her disturbed people, leading to this public recognition of her merits. But her service had been for God in the person of His poor and distressed, and it continued for another twelve years.

Her Last Years

As her years of life mounted, her health, severely taxed for many a day, gave room for anxiety. With spells of sickness of varying length during the 1840’s, she kept her hand guiding all her varied undertakings. Around 1854 her sight began to fail, and she had to rely in great measure on the attentions of her Sisters. An operation to remove cataract in 1855 improved her sight for a short time; then she became totally blind. A second operation was planned, but early in February, 1856, she fell gravely ill with pleurisy. The severe remedies of the time were tried, giving her reason for keen suffering, which she bore gladly and patiently.

She had always feared death and the Justice of God. It was towards the end of her days that she had a dream that impressed her very much. She felt she was at God’s tribunal, where she was received very severely and her sentence was about to be given, when suddenly she was surrounded by a crowd of people wearing old shoes and stockings and hats, which they showed Our Lord, saying: ‘She gave us all these things.’ Then Our Lord turned to her and said: ‘Because of all these old clothes and things given in my name, I will open the gate of Heaven to you. Come in, and stay forever.’ The dream was a reflection of the sound words of Saint Vincent: ‘Those who have loved the Poor during life, will have no fear of death,’ and Sister Rosalie gained calm and serene confidence during the latter days of her life.

Her malady grew worse. She was given Extreme Unction and her last gesture was in making the sign of the Cross, whilst her last words were: ‘My poor, my children! When I am no longer here, my God, please do not abandon them.’ After a short illness of three days, she gave back her soul to God on the 7th of February, 1856. She was seventy years of age, and now at rest after fifty-four years of ceaseless care and labour for her and God’s poor.

Her life was not mere activity for its own sake, nor an outlet for personal energy or the love of command, but it was rooted in her belief of God’s truths and promises; it was the supernatural growth from her prayer and meditations, from her fervent use of the Sacraments and of the common devotions of her Community, which inflamed her charity and gave her a constant outlook of Faith upon all the events and persons she had to meet; and whilst she laboured in the corporal works of Mercy, it was always the eternal salvation of souls redeemed by the Blood of Christ that she had in mind.

She lived in extraordinary times, for full fifty years of revolutions and risings and their aftermath, and in the ferment of one of the extraordinary quarters of Paris. How could her life be ordinary, dull and routine? New plans and new works had to be begun, without notice, in emergencies, to suit the changing social circumstances.

An intrepid soul, breaking her way through obstacles, facing difficulties squarely, winning her wishes and spreading peace; opposed to all evil, promoting charity and friendship and goodwill everywhere she went; forgetful of self and mindful of others; burning with zeal, guided by a well-balanced prudence; brave and fearless in the tumults of her time where the poor needed her succour; tender and patient in her dealings with her Sisters and her restless clients; moved by supernatural motives and urged by her love of God, the power of her whole life was drawn from the divine sources of prayer and of the grace and strength of God and faithfulness to her religious duties poured out in His Sacraments.

She had extraordinary qualities for her extraordinary life, and it is no wonder that, in February 1951, the Superiors of the Company of the Daughters of Charity of Saint Vincent de Paul asked the present Archbishop of Paris, Cardinal Feltin, to undertake the Introduction of the Case for her Canonization. This cause is now progressing; a prayer, authorized in Paris in 1936, is printed at the close of this pamphlet, asking God for the Beatification of this Servant of the Poor.

Her Funeral

It was chiefly the poor who buried her. There was no work that day for her friends in the Mouffetard Quarter. All gathered at the parish church of Saint Medard and followed the hearse to the Cemetery of Montparnasse, where she was buried in the vaults of the Daughters of Charity.

Within a short time some of her friends got leave to give her a special grave, which they could visit, in one of the cemetery avenues, above which they placed a slab inscribed:

‘To Sister Rosalie
from her Grateful Friends
the Poor and the Rich.’

Unknown hands still place flowers upon it in gratitude.

Prayer to ask for the Beatification of Sister Rosalie

Lord Jesus, Whose Divine Heart, Furnace of ardent charity, so kindled the heart of the admirable Sister Rosalie Rendu with such a burning love of God and her neighbour, grant, we beseech Thee, that the power of her intercession with You may be shown by such great miracles, that soon, by the Authority of Your Church, she may be recognized and proclaimed Blessed; Who livest and reignest world without end. Amen.

– this text has the Nihil obstat of W. M. Collins, Censor Dioc. and the Imprimatur of Archbishop Daniel Mannix, Archdiocese of Melbourne, Australia, 27 August 1956

SOURCE : https://catholicsaints.info/the-story-of-over-fifty-years-devotion-and-service-to-the-poor-of-a-daughter-of-charity-of-saint-vincent-de-paul/


Beata Rosalia (Giovanna Maria) Rendu Vergine

Festa: 7 febbraio

Confort, Francia, 9 settembre 1786 - Parigi, Francia, 7 febbraio 1856

Svizzera del Giura, Jeanne Marie Rendu vive l’infanzia nel clima della Rivoluzione francese. Dopo il Terrore, va a studiare presso le Orsoline a Gex. Qui scopre le Figlie della Carità di san Vincenzo de’Paoli e il loro aiuto ai malati e ai poveri. Entra nel 1802 in noviziato a Parigi. Prenderà il nome di Rosalia e sarà destinata al quartiere di Mouffetard, dove servirà i poveri per 54 anni. Si prodiga durante il colera. Muore nel 1856. Fu beatificata da Giovanni Paolo II il 9 novembre 1993.

Martirologio Romano: A Parigi in Francia, beata Rosalia (Giovanna Maria) Rendu, vergine delle Figlie della Carità, che, in una casa situata nel quartiere più povero della città e da lei trasformata in ricovero per i bisognosi, si impegnò con ogni mezzo a visitare i poveri nelle loro abitazioni, riportare la pace durante la guerra civile e spingere molti, soprattutto i giovani e i ricchi, all’esercizio della carità.

È il 1794 e in Francia infuria “il Terrore” della Rivoluzione. Cattolici perseguitati, Preti e Vescovi incarcerati e mandati alla ghigliottina: innocenti, vittime dei “democratici” che hanno proclamato “libertà, uguaglianza e fraternità”, senza Dio e contro Dio.

A Gex, nella casa dei signori Rendu, la madre, vedova con tre bambine, nonostante i tempi difficili, ha assunto un “domestico”, non si sa bene per far che cosa. Si chiama Pietro e ha un comportamento strano. Così pensa una delle bambine, Giovanna, la più spiritosa, 7 anni di età. Una notte, Giovanna, per certi tramestii e riflessioni di luce, non riesce a dormire. Si alza e scopre che “il domestico” celebra la Santa Messa. “Chi è Pietro?”, si domanda la piccola. Qualche tempo dopo, giocando con le sorelline, rompe loro una bambola. La mamma minaccia castighi, ma ella le risponde: «Se mi punisci, dirò a tutti che Pietro non è Pietro».

La mamma le spiega che “il domestico” è il Vescovo di Annecy, nascosto nella loro casa. La prima volta che lo incontra, Giovanna gli bacia le mani: ha capito che è perseguitato a causa di Gesù e che rischia la vita per Lui. Da quel giorno, Gesù diventa il suo unico Amore, perché se per Lui i buoni vivono e si sacrificano e molti immolano la vita, merita tutto il suo amore!

Si prepara alla Prima Comunione. La mamma pone l’altare con candelabri spenti in fondo alla cantina, al buio. Giovanna non ha né abito né velo bianco, ma un grande amore a Gesù Eucaristico. Lo riceve come i primi Cristiani nelle catacombe. Quando Don Collier, Parroco del paese, venuto in casa, vestito da contadino, le dà l’Ostia santa sulle labbra, la piccola decide che vivrà solo per Gesù, per amarlo e farlo amare.

“Amica, sorella”

Passata la bufera, Giovanna va a scuola dalle Orsoline di Gex e fa una scoperta: i malati e i poveri dell’ospedale. Sente per loro una singolare attrazione: in loro vede Gesù da amare. A 15 anni, chiede alla mamma di lasciarla andare a servire in ospedale. Lì incontra la signorina Jacquinet che vuol farsi “Figlia della Carità”. Anche Giovanna, dopo un po’ di tempo vuole la stessa cosa. Nel maggio 1802, ella va a Parigi ed entra tra le Figlie della Carità, le Suore fondate nel Seicento – “il grande secolo” per la Francia – da san Vincenzo de Paoli e da santa Luisa de Marillac.

Dopo alcuni anni di preparazione, diventa Suor Rosalia. Viene mandata a lavorare nel sobborgo parigino di San Marcello dove abitano uomini e donne scheletriti dalla miseria, spesso pieni di odio. A Versailles impera Napoleone, ma ella sa che solo Gesù, Figlio di Dio fatto uomo, è l’unico Salvatore e l’unico Re che risolve tutti i problemi in questo mondo e nell’aldilà, che quindi deve regnare.

Il quartiere è il più adatto alla sua statura di amore. A 28 anni è già superiora (“Suor serviente”, dicono in “Famiglia”) ed è guida delle “Figlie” nella dedizione a Gesù e ai più infelici. Rosalia va ad attingere la carità al Tabernacolo, presso il Cuore del suo Sposo Gesù, poi nessuno la ferma. Anche Napoleone dà locali e denari alle Suore per assistere i poveri. Madre Rosalia accoglie e benefica tutti quelli che bussano alla sua porta. Va per le strade di Parigi, nei tuguri, a soccorrerli. In breve tutti la conoscono e le vogliono bene come a una madre, una sorella. Si rivolge anche a quelli che odiano la Chiesa, li soccorre, li converte e li porta a Dio.

Rapidamente la sua figura diventa leggendaria. Ogni giorno, sono nuove storie di amore intessute con le anime. Un uomo va a farsi dare una coperta che poi vende per poter bere. Una sera, Rosalia rifiuta di dargliela, ma durante la notte non riesce più a dormire, pensando che il pover’uomo forse sta gelando nel suo tugurio. Al mattino, manda una sua consorella a portargli una coperta nuova.

La chiamano a tutte le ore, i poveri. Ed ella va, ricca di Cristo e con le mani piene. Una notte viene richiesta presso un morente, un rivoluzionario, un bestemmiatore, che non vuole il Prete, ma solo Suor Rosalia. La quale, sola, per vicoli malfamati, al buio, si reca dall’agonizzante. Gli parla e prega con il suo ardore. All’alba, il vecchio muore, ricevuti i Sacramenti.

Alle sue Suore insegna solo a donare: «Sorella, Dio non è contento di lei. Perché ha lasciato andar via quel vecchio che aveva freddo? Procuriamogli una stufetta, della legna... Vada subito da lui». Un giorno alla settimana, Rosalia accoglie tutti nel suo parlatorio. Riceve dai ricchi per dare ai poveri. Mobilita i ricchi di Parigi, di Francia, ricordando che si salveranno l’anima, solo se avranno esercitato la carità.

Un giorno, nel suo parlatorio arriva un ragazzo di 20 anni: sembra un angelo e si chiama Federico Ozanam, che con alcuni amici vuol fare qualcosa per i poveri. Rosalia gli dà una lista di indirizzi di bisognosi allo stremo: vadano da loro. Federico e amici fondano “le Conferenze di san Vincenzo”. Per tutta la vita (morirà a 40 anni) Federico, diventato illustre docente di Storia alla Sorbona, sarà “complice” di Madre Rosalia.

“Qui si ama soltanto”

Nel luglio 1830 è di nuovo Rivoluzione: i fratelli tornano a uccidere i fratelli. Rosalia sa solo un verbo da coniugare: amare. Da un vecchio assistito che impreca contro tutti, apprende che i rivoluzionari daranno l’assalto all’arcivescovado. Immediatamente, l’Arcivescovo di Parigi trova scampo nel Convento della Suora. Nel 1832 scoppia il colera e fa strage nei quartieri più poveri. I ricchi scappano. I “predicatori” della Rivoluzione e del progresso senza Dio fanno dotte discussioni. Rosalia e Federico Ozanam, instancabili, sono a pieno servizio dei colerosi. Ella organizza i soccorsi, avvicina medici e ammalati, li fa portare in ospedale. I medici entrano nelle case, dicendo: «Mi manda Suor Rosalia». A chi le ricorda di pensare a se stessa, almeno per un po’ di riposo, risponde: «Una Figlia della Carità è un paracarro su cui tutti coloro che sono stanchi hanno diritto di posare il fardello».

Dicono, certi signori “filantropi”, che Madre Rosalia ha un gran buon cuore. Ma ciò non basta a capire la sua vita: Gesù solo è il suo segreto, solo Lui la manda e la sostiene, perché Lui la abita e la possiede e continua ad amare e a servire per mezzo suo. Nel 1848, è di nuovo Rivoluzione con le barricate contro l’esercito, ma le barricate non le dividono il cuore per gli uni o per gli altri. Ella nasconde i ricercati dalla polizia e ricercati dai rivoluzionari, difendendoli e proteggendoli. Le autorità decidono di arrestarla, ma al prefetto di polizia, venuto apposta, risponde: «Salverei anche lei se ne avesse bisogno». Quello ride e non può più far nulla.

Nelle giornate più sanguinose del 1848, i rivoluzionari stessi fanno la guardia alla casa delle Figlie della Carità, dove sono ospitati e serviti tutti i poveri che hanno bisogno. Nella fuga generale, rimangono solo Rosalia e le sue Suore a fasciare i feriti, ad assistere i moribondi, a pacificare i fratelli. Un ufficiale della Guardia nazionale, inseguito dai rivoluzionari furenti, si rifugia nel cortile del Convento di Suor Rosalia. Ella lo difende e urla in faccia agli scalmanati: «Qui non si uccide, qui si ama soltanto». Quello ha salva la vita e bacia la piccola Suora come la sua mamma.

Nel 1852, di ritorno dal suo solito giro, ha la sorpresa di essere attesa da due nobili mandati dall’Imperatore Napoleone III, a insignirla dalla “Legion d’onore”. Si sente quasi urtata perché quel che conta per lei è amare, come Gesù sino al culmine. Nel suo parlatorio arrivano sempre più spesso i “grandi” della Francia: un giorno viene l’Imperatrice Eugenia. Rosalia si preoccupa di chiedere loro il più possibile per i bisognosi e di indirizzare tutti a cercare la salvezza eterna della loro anima, ciò che è la carità più grande, indispensabile. Ella riconosce un solo Signore e di Lui è perdutamente innamorata fin dalla sua infanzia: il Signore Gesù, e non ha padroni!

Nel 1856, ha quasi 70 anni. Indebolita nella vista, è ancora sulla breccia. La sera, prima di mettersi a letto per morirvi, è bruciata dal rimorso di aver dimenticato di portare indumenti a una famiglia, perché non riesce più a leggere le annotazioni. Si spegne serena il 7 febbraio 1856, dopo pochi giorni di malattia.

Una folla senza numero si riversò per le vie di Parigi a renderle omaggio: tra la gente c’era anche l’Arcivescovo di Rouen che si tolse la croce pettorale e la appoggiò sulle sue mani. Il lavoro si sospese a Parigi, i negozi rimasero chiusi per il suo funerale: dietro la sua bara, c’erano tutti: i poveri e i signori, le autorità e il popolo che lavora. Quando la deposero nella tomba a Montparnasse e tutti se ne andarono, i suoi poveri rimasero a vegliare la loro “Mamma” sulla porta del cimitero. La piccola “Figlia della Carità” aveva rivelato Gesù Cristo, luce di Verità e miracolo di Carità. È stata beatificata dal Santo Padre Giovanni Paolo II, la beata Rosalia Rendu.

Autore: Paolo Risso

La “colpa” di quello che è diventata è, prima di tutto di sua mamma, donna forte, dalla fede solida; precocemente vedova e abituata a piangere i suoi morti, invece di chiudersi in se stessa e lasciarsi travolgere dai suoi problemi, proprio quando è più pericoloso e, facendolo, si rischia la vita, apre le porte e il cuore per accogliere, sfamare, nascondere preti, suore e addirittura il vescovo di Annecy, che sono stati condannati a morte dalla Rivoluzione francese. Nella sua casa si celebrano clandestinamente le funzioni e tutti questi scomodi ospiti figurano come domestici e collaboratori della famiglia, protetti dalla complicità di tutto il paese, che pur a conoscenza della loro vera identità non tradisce questa vedova dal cuore grande. Giovanna, la primogenita, cresce in questo clima da catacombe e fa la sua prima comunione di notte, nell’angolo più nascosto della cantina appena rischiarato dalla luce di un paio di candele. Vivace, capricciosa e maliziosetta, è però anche intelligente, delicata e sensibile e si lascia forgiare dalla fede e dalla carità respirate in casa. Tanto che, un bel giorno, a 16 anni non ancora compiuti, stupisce tutti dicendo che vuole farsi suora tra le Figlie di San Vincenzo de’ Paoli. Mamma la lascia fare, convinta che si tratti di un’infatuazione passeggera e che il tempo la farà tornare presto a casa. Invece no: la ragazzina inizia il noviziato, stringendo i denti e superando ostacoli, primo fra tutti quello della salute, perchè il suo fisico di ragazza dei campi mal si adatta al chiuso del convento. Con il nuovo nome di Suor Rosalia si butta al servizio dei poveri nel quartiere Mouffetard, che ha il primato di essere tra i più poveri e malfamati di Parigi. Neppure immagina che qui resterà per 54 anni, fino alla morte. Impara a conoscere le miserie morali e materiali che si nascondono nelle maleodoranti soffitte, straripanti di pezzenti; impara a diagnosticare malattie, scovare ferite e contrastare epidemie; si rimbocca le maniche per sfamare centinaia di bocche. La sua lotta alla povertà parigina si traduce nell’apertura di una farmacia, un deposito di vestiti, una scuola gratuita, un orfanotrofio, un ricovero per anziani, un nido, una casa per accogliere le giovani operaie. Si dimostra, come in realtà è, donna pratica ed efficace, che non si accontenta di soddisfare il bisogno immediato, ma che cerca di prevenirlo e, se possibile, di rimuoverne le cause. In breve diventa la suora più popolare di Parigi e di mezza Francia, perché lei non distribuisce soltanto generi di prima necessità, ma soprattutto consigli spirituali. Ed è così che il suo minuscolo parlatorio diventa più affollato di un ufficio ministeriale, con punte anche di 500 visitatori al giorno, dove si ritrovano, gomito a gomito, pezzenti e ricchi mercanti, cardinali e ambasciatori, addirittura l’imperatore. Qui viene spesso anche Federico Ozanam, oggi beato, che da lei viene indirizzato a fondare le Conferenze di San Vincenzo. Lei passa indenne tra le barricate delle sommosse per curare i feriti di entrambi gli schieramenti, con la sua popolarità strappa i condannati da davanti al plotone di esecuzione, si carica sulle spalle i malati e i morti di malattie contagiose, praticando ciò che da sempre insegna alle consorelle: ogni povero “vale più di quanto sembra”; “se vuoi che qualcuno ti ami, sii tu ad amare per prima, e se non hai nulla da donare, dona te stessa”. Suor Rosalia Rendu si spegne il 7 febbraio 1856, stroncata dalle fatiche e dal suo continuo donarsi, perché per tutta la vita aveva voluto semplicemente essere “il paracarro su cui tutti quelli che sono stanchi hanno il diritto di posare il loro fardello”. Giovanni Paolo II° l’ha beatificata il 9 novembre 1993.

Autore: Gianpiero Pettiti

SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/91833

CAPPELLA PAPALE PER LA BEATIFICAZIONE DI CINQUE SERVI DI DIO

OMELIA DI GIOVANNI PAOLO II

Festa della Dedicazione della Basilica Lateranense

Domenica, 9 novembre 2003

1. "Santo è il tempio di Dio, che siete voi" (1 Cor 3,17). Riascoltiamo queste parole dell’apostolo Paolo nell'odierna solenne liturgia della Festa della Dedicazione della Basilica Lateranense, Cattedrale di Roma, Madre di tutte le chiese.

Ogni luogo riservato al culto divino è segno di quel tempio spirituale, che è la Chiesa, composto da pietre vive, cioè dai fedeli, uniti dall'unica fede, dalla partecipazione ai sacramenti e dal vincolo della carità. Pietre preziose di tale tempio spirituale sono particolarmente i Santi.

La santità, frutto dell’opera incessante dello Spirito di Dio, rifulge nei nuovi Beati: Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, presbitero; Valentin Paquay, presbitero; Luigi Maria Monti, religioso; Bonifacia Rodríguez Castro, vergine; Rosalie Rendu, vergine.

2. La visión del Santuario, que el profeta Ezequiel nos presenta en la liturgia del hoy, describe un torrente que mana desde el templo llevando vida, vigor y esperanza: "allí donde penetra este agua lo sanea todo" (Ez 47,9). Esta imagen expresa la infinita bondad de Dios y su designio de salvación, desbordando los muros del recinto sagrado para ser bendición de toda la tierra.

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedad eucarística, entendió muy bien como el anuncio del Evangelio ha de convertirse en una realidad dinámica, capaz de transformar la vida del apóstol. Siendo párroco, se propuso "ser la providencia visible de todos aquellos que gimiendo en la orfandad beben el cáliz de la amargura y se alimentan con el pan de la tribulación" (19 de junio de 1859).

Con ese propósito desarrolló su espiritualidad redentora, nacida de la intimidad con Cristo y orientada a la caridad con los más necesitados. En la advocación de la Virgen de las Mercedes, Madre del Redentor, se inspiró para la fundación de las Hermanas Mercedarias de la Caridad, con el fin de hacer siempre presente el amor de Dios donde hubiera "un sólo dolor que curar, una sola desgracia que consolar, una sola esperanza que derramar en los corazones". Hoy, siguiendo las huellas de su Fundador, este Instituto vive consagrado al testimonio y promoción de la caridad redentora.

Traduzione italiana della parte di omelia pronunciata in spagnolo:

[2. La visione del Santuario, che il profeta Ezechiele ci presenta nella liturgia odierna, descrive un torrente che sgorga dal tempio portando vita, vigore e speranza:  "quelle acque, dove giungono, risanano" (Ez 47, 9). Questa immagine esprime l'infinita bontà di Dio e il suo disegno di salvezza, che valicano i muri del recinto sacro per essere la benedizione di tutta la terra.
Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote integro, dalla profonda pietà eucaristica, ha compreso molto bene come l'annuncio del Vangelo debba diventare una realtà dinamica capace di trasformare la vita dell'apostolo. Essendo parroco, si è proposto di "essere la provvidenza visibile di tutti coloro che, gemendo nell'essere orfani, bevono il calice dell'amarezza e si nutrono con il pane della tribolazione" (19 giugno 1859).
Con questo proposito, egli ha sviluppato la sua spiritualità redentrice, nata dall'intimità con Cristo e orientata alla carità verso i più bisognosi. All'invocazione alla Vergine della Mercede, Madre del Redentore, si è ispirato per la fondazione delle Suore Mercedarie della Carità, al fine di rendere sempre presente l'amore di Dio laddove vi fosse "un solo dolore da curare, una sola disgrazia da consolare, una sola speranza da infondere nei cuori". Oggi, seguendo le orme del suo Fondatore, questo Istituto continua a dedicarsi alla testimonianza e alla promozione della carità redentrice.]

3. Le Père Valentin Paquay est bien un disciple du Christ et un prêtre selon le cœur de Dieu. Apôtre de la miséricorde, il passait de longues heures au confessionnal avec un don particulier pour remettre les pécheurs sur le droit chemin, rappelant aux hommes la grandeur du pardon divin. En mettant au centre de sa vie de prêtre la célébration du Mystère eucharistique, il invitait les fidèles à s’approcher souvent de la communion au Pain de Vie.

Comme tant de saints, le Père Valentin s’était mis tout jeune sous la protection de Notre-Dame, invoquée dans l’église de son enfance, à Tongres, comme Cause de notre joie. À son exemple, puissiez-vous servir vos frères, pour leur donner la joie de rencontrer le Christ en vérité!

Traduzione italiana della parte di omelia pronunciata in francese:

[3. Padre Valentin Paquay è davvero un discepolo di Cristo e un sacerdote secondo il cuore di Dio. Apostolo della misericordia, trascorreva lunghe ore nel confessionale, con un dono particolare per rimettere i peccatori sulla retta via, ricordando agli uomini la grandezza del perdono divino. Ponendo al centro della sua vita di sacerdote la celebrazione del Mistero eucaristico, invitava i fedeli ad accostarsi spesso alla comunione del Pane di Vita.
Come tanti santi, Padre Valentin si era affidato sin da giovane alla protezione di Nostra Signora, invocata nella chiesa della sua infanzia, a Tongres, come Causa della nostra gioia. Seguendo il suo esempio, possiate voi servire i vostri fratelli per dare loro la gioia di incontrare Cristo nella verità!]

4. "Vidi che sotto la soglia del tempio usciva acqua... Quelle acque, dove giungono, risanano" (Ez 47,1.9). L'immagine dell’acqua, che tutto fa rivivere, ben illumina l’esistenza del beato Luigi Maria Monti, interamente dedito a risanare le piaghe del corpo e dell'anima dei malati e degli orfani. Amava chiamarli i "poverelli di Cristo", e li serviva animato da una fede viva, sostenuta da un'intensa e costante preghiera. Nella sua dedizione evangelica, si ispirò costantemente all'esempio della Vergine Santa e pose la Congregazione da lui fondata sotto il segno di Maria Immacolata.

Quanto attuale è il messaggio di questo nuovo Beato! Per i suoi figli spirituali e per tutti i credenti egli è un esempio di fedeltà alla chiamata di Dio e di annuncio del Vangelo della carità; un modello di solidarietà verso i bisognosi e di tenero affidamento alla Vergine Immacolata.

5. Las palabras de Jesús en el Evangelio proclamado hoy: "No hagáis de la Casa de mi Padre una casa de mercado" (Jn 2, 16), interpelan a la sociedad actual, tentada a veces a convertir todo en mercancía y ganancia dejando del lado los valores y la dignidad que no tienen precio. Siendo la persona imagen y morada de Dios, hace falta una purificación que la defienda, sea cual fuere su condición social o su actividad laboral.

A esto se consagró enteramente la beata Bonifacia Rodríguez de Castro, que siendo ella misma trabajadora, percibió los riesgos de esta condición social en su época. En la vida sencilla y oculta de la Sagrada Familia de Nazaret encontró un modelo de espiritualidad del trabajo, que dignifica la persona y hace de toda actividad, por humilde que parezca, un ofrecimiento a Dios y un medio de santificación.

Este es el espíritu que quiso infundir en las mujeres trabajadoras, primero con la Asociación Josefina y después con la fundación de las Siervas de San José, que continúan su obra en el mundo con sencillez, alegría y abnegación.

Traduzione italiana della parte di omelia pronunciata in spagnolo:

[5. Le parole di Gesù nel Vangelo proclamato oggi:  "non fate della casa del Padre mio un luogo di mercato" (Gv 2, 16), interpellano la società attuale, tentata, talvolta, a convertire ogni cosa in mercanzia e guadagno, lasciando da parte i valori e la dignità, che non hanno prezzo. Essendo la persona immagine e dimora di Dio, occorre una purificazione che la difenda, a prescindere dalla sua condizione sociale o dalla sua attività lavorativa.
A questo si è dedicata interamente la beata Bonifacia Rodríguez de Castro, che, essendo ella stessa lavoratrice, ha compreso i rischi di questa condizione sociale nella sua epoca. Nella vita semplice e riparata della Sacra Famiglia di Nazareth ha trovato un modello di spiritualità del lavoro che nobilita la persona e rende ogni attività, per quanto umile possa sembrare, un'offerta a Dio e un mezzo di santificazione.
Questo è lo spirito che ella ha voluto infondere nelle donne lavoratrici, prima con l'Associazione Giuseppina, e poi con la fondazione delle Serve di San Giuseppe, che continuano la loro opera nel mondo con semplicità, gioia e abnegazione.]

6. À une époque troublée par des conflits sociaux, Rosalie Rendu s’est joyeusement faite la servante des plus pauvres, pour redonner à chacun sa dignité, par des aides matérielles, par l’éducation et l’enseignement du mystère chrétien, poussant Frédéric Ozanam à se mettre au service des pauvres.

Sa charité était inventive. Où puisait-elle la force pour réaliser autant de choses ? C’est dans son intense vie d’oraison et dans sa prière incessante du chapelet, qui ne la quittait pas. Son secret était simple: en vraie fille de Vincent de Paul, comme une autre Sœur de son temps, sainte Catherine Labouré, voir en tout homme le visage du Christ. Rendons grâce pour le témoignage de charité que la famille vincentienne ne cesse de donner au monde !

Traduzione italiana della parte di omelia pronunciata in francese:

[6. In un'epoca sconvolta dai conflitti sociali, Rosalie Rendu si è gioiosamente fatta serva dei più poveri, per restituire a ciascuno la sua dignità, attraverso gli aiuti materiali, l'educazione e l'insegnamento del mistero cristiano, spingendo Frédéric Ozanam a porsi al servizio dei poveri.
La sua carità era inventiva. Da dove attingeva la forza per realizzare tante cose? Dalla sua intensa vita di orazione e dalla preghiera incessante del Rosario, che non l'abbandonava mai. Il suo segreto era semplice:  vedere, da vera figlia di Vincenzo de' Paoli, come un'altra suora del suo tempo, santa Catherine Labouré, in ogni uomo il volto di Cristo. Rendiamo grazie per la testimonianza di carità che la famiglia vincenziana non cessa di donare al mondo!]

7. "Egli parlava del tempio del suo Corpo" (Gv 2,21). Queste parole evocano il mistero della morte e risurrezione di Cristo. A Gesù crocifisso e risorto devono conformarsi tutti i membri della Chiesa.

In questo impegnativo compito ci è di sostegno e guida Maria, Madre di Cristo e Madre nostra. Intercedono per noi i nuovi Beati, che oggi contempliamo nella gloria del cielo. Sia concesso anche a noi di ritrovarci tutti un giorno in Paradiso, per gustare insieme la gioia nella vita senza fine. Amen!

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La Santa Sede

SOURCE : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031109_beatifications.html

Rosalie Rendu

(1786-1856)

Beatificazione:

- 09 novembre 2003

- Papa  Giovanni Paolo II

 Celebrazione

Memoria Liturgica:
- 7 febbraio

Vergine delle Figlie della Carità, che, in una casa situata nel quartiere più povero della città e da lei trasformata in ricovero per i bisognosi, si impegnò con ogni mezzo a visitare i poveri nelle loro abitazioni, riportare la pace durante la guerra civile e spingere molti, soprattutto i giovani e i ricchi, all’esercizio della carità

“La Figlia della Carità deve essere come un paracarro sul quale tutti quelli che sono stanchi hanno il diritto di deporre il loro fardello”

Jeanne Marie Rendu nasce il 9 settembre 1786 a Confort, cantone di Gex, nel Giura. È la prima di quattro bambine. I genitori, piccoli proprietari montanari dalla vita semplice, godono di una certa agiatezza e di una reale stima in tutto il paese; è battezzata lo stesso giorno della nascita nella chiesa parrocchiale di Lancrans. Il suo padrino per procura è Jacques Emery, amico di famiglia e futuro superiore generale dei Sulpiziani a Parigi. 

Jeanne Marie Rendu ha tre anni quando scoppia la Rivoluzione in Francia. Dal 1790 viene imposta con giuramento l'adesione alla Costituzione civile del clero. Numerosi sacerdoti, fedeli alla Chiesa, rifiutano il giuramento. Sono perciò cacciati dalle loro parrocchie. Alcuni sono messi a morte, altri costretti a nascondersi per sottrarsi alle ricerche dei rivoluzionari. 

La casa della famiglia Rendu diviene un rifugio per i sacerdoti refrattari. Il Vescovo di Annecy vi trova asilo sotto il nome di Pietro. Jeanne Marie è incuriosita dal fatto che questo domestico sia trattato meglio degli altri. Una notte, scopre che egli celebra la messa. Si dispiace per non aver saputo prima la verità. 

Qualche tempo dopo, in una discussione con la mamma, ha uno scatto improvviso accompagnato da una frase minacciosa: “Stai attenta, mamma, altrimenti dirò che Pietro non è Pietro”. La signora Rendu per evitare ogni indiscrezione da parte della figlia, la mette al coerente della situazione. 

È in quest'atmosfera di fede solida, continuamente esposta al pericolo di essere denunciata, che Jeanne Marie viene educata. Farà la prima comunione di notte, nella cantina della casa paterna, al lume di candela. Tale clima eccezionale forgia il suo carattere. 

La morte del padre, il 12 maggio 1796, e quella della sorellina di quattro mesi, il 19 luglio dello stesso anno, sconvolgono la famiglia. Jeanne Marie, conscia della responsabilità di figlia maggiore, aiuta la mamma, in modo particolare nella cura delle sorelle più piccole. 

All'indomani del Terrore a poco a poco gli animi si calmano, la vita riprende il suo corso normale. La signora Rendu, preoccupata dell'educazione della figlia maggiore, la manda presso le Suore Orsoline a Gex. Jeanne Marie vi rimane due anni. Durante le sue passeggiate in città, scopre l'ospedale dove le Figlie della Carità curano i malati. Osservandole matura il desiderio di andare ad aiutarle. La madre acconsente che Jeanne Marie, nonostante la sua giovane età, faccia un tirocinio in questo luogo di sofferenza. Lì, la chiamata di Dio che la ragazza sentiva, da diversi anni, si precisa: sì, sarò Figlia della Carità. 

Nel 1802 Armande Jacquinot del villaggio di Lancrans confida all'amica che si prepara a partire per Parigi per entrare nella Compagnia delle Figlie della Carità di San Vincenzo de Paul. Jeanne Marie coglie l'occasione e supplica la mamma di lasciar partire anche lei. Dopo il consiglio del Signor de Varicourt, parroco-decano di Gex, la signora Rendu, felice e tuttavia molto commossa per la vocazione della figlia, acconsente alla sua richiesta. 

Il 25 maggio 1802, Jeanne Marie arriva alla Casa Madre delle Figlie della Carità in rue du Vieux Colombier a Parigi. Sta per compiere sedici anni! La riapertura del Seminario (noviziato, soppresso dai Rivoluzionari), ha avuto luogo nel dicembre del 1800. 

Al loro arrivo, le viaggiatrici sono accolte da altre 50 giovani impegnate nella formazione. 

La sua salute è scossa sia da una tensione spirituale, sia dalla mancanza di esercizio fisico. Su consiglio del medico e del signor Emery, suo padrino, Jeanne Marie viene mandata nella casa delle Figlie della Carità del quartiere Mouffetard per essere al servizio dei poveri. Vi resterà 54 anni! 

La sete di azione, di dedizione, di servizio che arde nel cuore di Jeanne Marie non può trovare un terreno più propizio al suo appagamento, di questo quartiere parigino, che — a quell'epoca — era il più miserabile della capitale in piena espansione: povertà nelle sue diverse forme, miseria psicologica e spirituale, malattie, indigenza, abitazioni insalubri sono le condizioni degli abitanti che fanno sforzi continui per sopravvivere. 

Jeanne Marie, divenuta ormai Suor Rosalia, vi fa “il suo apprendistato” accompagnando le Suore nella visita ai malati e ai poveri. Frattanto, si impegna nella catechesi e insegna a leggere alle bambine accolte gratuitamente a scuola. Nel 1807 Suor Rosalia, accompagnata dalle Suore della sua comunità, con emozione e profonda gioia, s'impegna, con voto, al servizio di Dio nei poveri. Nel 1815 Suor Rosalia diviene Superiora della comunità di rue des Francs Bourgeois, che sarà trasferita, due anni dopo in rue de l'Epée de Bois per ragioni di spazio e di funzionalità. Potranno allora rivelarsi tutte le sue qualità di dedizione, di autorevolezza, di umiltà, di compassione, le sue capacità organizzative. I suoi poveri, come lei li chiama, sono sempre più numerosi in quell'epoca di eventi tumultuosi. Le rovine di un liberalismo economico trionfante accentuano la miseria delle persone emarginate. Ella invia le Suore in tutti i luoghi reconditi della parrocchia Saint Medard per portare viveri, indumenti, medicinali e portare ai poveri una parola di conforto. 

Per venire in aiuto a quanti soffrono, Suor Rosalia apre un dispensario, una farmacia, una scuola, un orfanotrofio, un nido, un centro di assistenza per le giovani operaie, una casa di cura per gli anziani poveri. Presto tutta una rete di opere caritative si costituirà per arginare la povertà. 

Il suo esempio stimola le consorelle, alle quali sovente ripete loro: “La Figlia della Carità deve essere come un paracarro sul quale tutti quelli che sono stanchi hanno il diritto di deporre il loro fardello”. La sua vita è così semplice e povera da lasciar trasparire con naturalezza la presenza di Dio. 

La sua fede, salda come roccia e limpida come sorgente, le rivela Gesù Cristo in ogni circostanza, facendole sperimentare una radicale convinzione di San Vincenzo: “Dieci volte al giorno; andrete a visitare un povero; dieci volte vi troverete Dio... Voi andate in povere case, ma vi trovate Dio”. La sua vita di preghiera è intensa; come afferma una suora, “ella viveva continuamente alla presenza di Dio: anche se aveva una missione difficile da compiere, eravamo sicure di vederla salire in cappella o di trovarla in ginocchio nel suo ufficio”. 

È attenta ad assicurare alle sue compagne il tempo per l'orazione, ma bisogna “Lasciare Dio per Dio” come Vincenzo de Paul aveva insegnato alle sue Figlie. Accompagnando, infatti, una suora per una visita di carità, l'invita dicendo: “Sorella cominciamo la nostra orazione” indica con poche parole semplici e chiare la trama ed entra in un gran raccoglimento. 

Come la monaca nel chiostro, Suor Rosalia cammina col suo Dio: gli parla di quella famiglia caduta in miseria, perché il padre non ha più lavoro, di quel vecchietto che rischia di morire solo nella mansarda: “Mai faccio così bene l'orazione come per strada” dice. “I poveri stessi notavano il suo modo di pregare e di agire”, riferisce una delle sue compagne. “Umile nella sua autorità, riprendeva con delicatezza ed aveva il dono di consolare. I suoi consigli, dettati dalla giustizia e dati con tutto il suo affetto, penetravano negli animi”. 

È molto attenta nel modo di accogliere i poveri. Il suo spirito di fede vede in loro “i nostri signori e padroni”. “I poveri vi insulteranno. Più sono grossolani, più voi dovete essere dignitose”, dice. “Ricordatevi che quei cenci nascondono Nostro Signore”. I superiori le mandano postulanti e giovani suore per la formazione. Affidano alle sue cure per un certo tempo alcune suore un po' difficili o fragili. Ad una delle sue sorelle in difficoltà un giorno suggerisce un consiglio, che rivela il segreto della sua vita: “Se vuole che qualcuno la ami, sia lei ad amare per prima e se non ha nulla da donare, doni se stessa”. Aumentando il numero delle consorelle, l'ufficio di beneficenza diviene una casa di carità con un ambulatorio e una scuola. Ella vi vede la Provvidenza di Dio. 

La sua notorietà raggiunge presto tutti i quartieri della capitale, e le città di provincia. Suor Rosalia sa circondarsi di collaboratori devoti, efficaci e sempre più numerosi. Rapidamente affluiscono le offerte, perché i ricchi non sanno resistere a questa donna così persuasiva. Anche i sovrani che si sono succeduti alla guida del paese, l'hanno avuta sempre presente nelle loro elargizioni. Le Dame della Carità l'aiutano nelle visite a domicilio. Si vedono spesso nel suo parlatorio Vescovi, sacerdoti, l'ambasciatore di Spagna Donoso Cortes, Carlo X, il generale Cavaignac, i più ragguardevoli uomini di stato e di cultura, fino all'imperatore Napoleone III con la sua consorte; studenti di diritto, di medicina, gli allievi del politecnico, delle normali e delle altre importanti scuole: vengono a cercare da suor Rosalia informazioni, raccomandazioni, oppure prima di fare un'opera buona domandano a quale porta devono bussare. Tra di loro il beato Federico Ozanam, confondatore della “Conferenza di San Vincenzo de Paul”, e il venerabile Jean Léon Le Prevost, futuro fondatore dei Religiosi di San Vincenzo de Paul, conoscono bene la strada del suo ufficio e con gli altri loro amici vengono a cercare da Suor Rosalia i consigli per intraprendere i loro progetti. Ella è al centro di un movimento di carità che caratterizzò Parigi e la Francia nella prima metà del secolo XIX. 

L'esperienza di Suor Rosalia è inestimabile per quei giovani: orienta il loro apostolato, guida il loro andare e venire nel sobborgo, dà loro indirizzi di famiglie nel bisogno scegliendoli con cura.  

Si rivolge anche alla Superiora del Bon Sauveur di Caen e le chiede di accogliere numerose persone. È particolarmente attenta ai sacerdoti e alle religiose colpite da turbe psichiche. La sua corrispondenza è breve, ma commovente per la delicatezza, la pazienza e il rispetto verso quei malati. 

Le prove non mancano nel quartiere Mouffetard. Le epidemie di colera si succedono. La mancanza di igiene e la miseria favoriscono la loro virulenza. In modo particolare, nel 1832 e 1846, la dedizione e i rischi corsi da Suor Rosalia e dalle sue Figlie hanno colpito l'immaginazione della gente: È stata vista raccogliere i corpi abbandonati nelle strade. Durante le sommosse del luglio 1830 e febbraio 1848, vengono erette barricate e lotte sanguinose oppongono il potere ad una classe operaia scatenata. Monsignor Affre, Arcivescovo di Parigi, volendo interporsi tra i belligeranti, viene ucciso. Suor Rosalia soffre: sale anche lei sulle barricate per soccorrere i combattenti feriti di qualunque campo siano, senza paura alcuna, rischia la vita negli scontri. Il suo coraggio e il suo spirito di libertà s'impongono all'ammirazione di tutti. 

Quando viene ristabilito l'ordine, ella cerca. di salvare molti di quegli uomini che conosce e che sono vittime di una feroce repressione. Viene molto aiutata dal dottor Ulysse Trélat, sindaco del circondario, un autentico repubblicano, anche lui molto popolare. Nel 1852 Napoleone III decide di consegnare a Suor Rosalia la Croce della Legione d'onore: ella è pronta a rifiutare quest'onore personale ma il superiore dei Preti della Missione e delle Figlie della Carità, Padre Etienne, l'obbliga ad accettare. 

Sebbene di salute cagionevole, Suor Rosalia non ha mai preso un istante di riposo, finendo sempre col superare fatiche e febbri. L'età, un'accentuata debilitazione, il cumulo dei compiti finiscono col vincere la grande resistenza e la forte volontà di Suor Rosalia. Durante gli ultimi due anni di vita, diviene progressivamente cieca. Muore il 7 febbraio 1856, dopo una breve malattia. 

SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/rosalie-rendu.html

DOPO LA MORTE

Grande è l'emozione nel quartiere, in tutti gli ambienti sociali a Parigi e in Provincia. Dopo la celebrazione dei funerali nella chiesa di Saint Medard, la sua parrocchia, una folla immensa e commossa segue le sue spoglie fino al cimitero di Montparnasse. Tutta questa gente viene per manifestare la sua ammirazione per l'opera compiuta e il suo affetto per questa Suora straordinaria. 

Numerosi articoli di stampa vengono a testimoniare l'ammirazione, persino la venerazione che Suor Rosalia aveva suscitato. Giornali di ogni tendenza si fanno eco dei sentimenti del popolo. 

L'Univers,principale giornale cattolico dell'epoca, diretto da Louis Veuillot, scrive fin dall'8 febbraio “I nostri lettori comprenderanno l'importanza della disgrazia che ha colpito la classe povera di Parigi: essi aggiungeranno i loro suffragi alle lacrime e alle preghiere dei poveri”. 

Il Constitutionnel,giornale della sinistra anticlericale, non esita ad annunciare la morte di questa Figlia della Carità: “I poveri del 12 circondario hanno subìto una gravissima perdita: Suor Rosalia, superiora della comunità di rue de l'Epée de Bois, è deceduta ieri in seguito ad una lunga malattia. Da moltissimi anni questa rispettabile religiosa era la provvidenza delle classi povere, numerose in questo quartiere”. 

Il giornale ufficiale dell'impero, le Moniteur, loda l'azione caritatevole di questa Suora: “Gli onori funebri sono stati resi a Suor Rosalia con un fulgore insolito. Per cinquantadue anni, la santa donna è stata molto ospitale in un quartiere in cui ci sono un'infinità d'infelici da soccorrere e tutti i poveri, riconoscenti, l'hanno accompagnata in chiesa e al cimitero. Un picchetto d'onore ha partecipato al corteo”. 

I visitatori affluiscono numerosi al cimitero Montparnasse. Vengono a raccogliersi sulla tomba di colei che fu la loro Provvidenza. Ma siccome è difficile trovare il recinto riservato alle Figlie della Carità, il corpo viene trasportato in un luogo molto più accessibile, più vicino all'ingresso del cimitero. Sulla tomba semplicissima, sormontata da una grande Croce, sono incise queste parole: “A Suor Rosalia, i suoi amici riconoscenti, i ricchi e i poveri”. Mani anonime hanno ornato di fiori questa tomba e continuano a farlo: omaggio discreto ma durevole, reso a quest'umile Figlia di San Vincenzo de Paul.

SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/rosalie-rendu.html

Beata Rosalia Rendu

Jeanne Marie Rendu (Suor Rosalia), figlia di Antoine Rendu e di Marie Anne Laracine, nacque il 9 settembre nel 1786 a Confort, nel cantone di Gex tra le montagne del Giura a sud est della Francia, presso la frontiera Svizzera.Visse tutta la vita come Figlia della Carità, per 53 anni, nel quartiere Mouffetard, il più povero di Parigi.

1786 : Nascita

1802 : Diviene Figlia della Carità

1803 : Presa d’abito e invio alla casa San Martin

1807 : Voti per la prima volta

1815 : E nominata superiora (Suor Servente) della casa S. Martin

1830 : Scoppia la rivoluzione; le postulanti vannoalla Casa de l’Épée-de-Bois

1831 : L’arcivescovo Quelen e altri membri del clero sono accolti nella Casa di via l’Épée-de-Bois

1833 : Incomincia a consigliare i primi membri della società di San Vincenzo de Paoli

1840 : Collabora con le Dame della carità recentemente ricostituite; incominciando l’espansione delle opere della casa.

1848 : La rivoluzione; la casa si trasforma in rifugio e ospedale

1852 : Napoleone IIIle concede la Croce della legione d’onore

1853 : Incomincia a perdere la vista; la sua salute peggiora

1856 : Muore; partecipano al funerale 50.000 persone di tutti i settori della società

1953 : Apertura del processo diocesano di Beatificazione a Parigi

2003 : Beatificazione presieduta dal Papa Giovanni Paolo II

7 Febbraio: Festa liturgica

Il 25 maggio 1802 Suor Rosalia entrò in Seminario (noviziato) alla Casa Madre delle Figlie della carità di San Vincenzo de Paoli, rue Vieux-Colombier a Parigi. Nel suo sforzo di dare il meglio di sé in questa nuova vita, la sua salute siindebolì per ciò fu inviata alla casa delle Figlie della Carità nel zona di Mouffetard con la speranza di aiutarla a recuperare le forze.

La sete d’azione, la devozione e il servizio che ardevano in Suor Rosalia non poteva trovare un luogo migliore per esservi temprati.Questo era un quartiere povero, in cui malattie e povertà erano la porzione quotidiana degli abitanti che si sforzavano semplicemente di sopravvivere. Suor Rosalia fiorì trale persone che sarebbero rapidamente divenute i suoi “Amati Poveri”.

All’inizio accompagnava le sorelle nella visita ai malati e ai poveri nelle loro case.Inoltre insegnava nella loro scuola il catechismo e a leggere alle ragazze.Suor Rosalia fiorì tra queste persone e, nel 1807, pronunciò i voti per la prima volta.Presto si sarebbero rivelate tutte le qualità naturali di autorità, umiltà, devozione, compassione e organizzazione. Così nel 1815, fu nominata Suor Servente (superiora locale) della casa.

Come responsabile della sua comunità, Suor Rosalia ricevette la missione di accompagnare le sue Suore, preoccupandosi per la formazione dei nuovi membri e la direzione della vita della comunità cosa che fece con massima cura, comunicando il suo amore e la gioia del servizio.

Passati gli anni, sempre attenta alle nuove povertà, Suor Rosalia ampliò le opere della casa: una scuola, la visita a domicilio ai malati, un’infermeria, una scuola materna, un centro diurno per i bambini piccoli, un centro per l’apprendimento pratico e sociale per le ragazze.Allo stesso tempo tendeva la mano agli altri per condividere la missione Vincenziana.

Suor Rosalia fu la “madre buona di tutti” senza distinzione di religione, scelte politiche, o stato sociale. Con una manoriceveva dal ricco, con l’altra dava ai poveri.Suor Rosalia condividevala gioia di fare opere buone. Spesso incontrava nel salone di casa i “suoi amati Poveri”, così pure vescovi, sacerdoti, funzionari del governo, donne benestanti e studenti universitari.Tra questi Federico Ozanam e i primi membri della Società di San Vincenzo de Paoli.

Tenera e rispettosa Suor Rosalia e le suore accompagnavano questi giovani uomini generosi e altri studenti.Rosalia raccomandava la pazienza, l’indulgenza e la cortesia nei loro confronti. “Amate i poveri, non accusateli… Ricordate che i poveri sono più sensibili al vostro atteggiamento che al vostro aiuto “. Ha insegnato soprattutto con l’esempio: ” Ogni giorno, con qualsiasi tempo, Suor Rosalia attraversava le vie e vicoli che portano al Pantheon! sul lato sud della salita di Santa Geneviève… Con il rosario in una mano e un pesante cesto sul braccio, camminava con passo rapido perché sapeva “che i poveri la stavano aspettavano!”.

Parlava di Dio alla famiglia che soffriva perché il padre era disoccupato, alla persona anziana che stava per morire da solo in una soffitta: ” Mai ho pregato così bene come per le strade “, dirà.La sua fede, solida come una roccia e chiara come la primavera, testimonia Gesù Cristo rivelato in tutte le circostanze. La sua vita di preghiera era intensa, affermava una sorella “…viveva continuamente alla presenza di Dio. Quando aveva una missione difficile da compiere, eravamo sicure di vederla in cappella o di trovarla in ginocchio nel suo ufficio.”

Con le sorelle e la sua vasta rete di collaboratori,accudiva instancabilmente, alimentava, visitava e consolava i poveri! Dotata di sensibilità e perspicacia, aveva un’empatia con tutte le sofferenze. C’è qualcosa che mi soffoca “, diceva “e che mi toglie l’appetito… il pensiero che a tante famiglie manchi il pane”. Per il servizio dei suoi amati Poveri, ha intrapreso ogni cosa con intelligenza e coraggio. Non ometteva nulla che potesse permettere di far uscire dalla miseria i poveri.

Suor Rosalia non metteva in discussione l’ordine stabilito o sosteneva la ribellione.Per combattere l’ingiustizia e la povertà, risvegliava la coscienza di coloro che erano al potere o di coloro che avevano soldi, lavorava per l’educazione dei bambini e dei giovani, provenienti da famiglie povere e, per rispondere alle emergenze,insegnava a condividere.”Organizzava la carità”.

Durante gli anni della rivoluzione, nel 1830 e nel 1848, Suor Rosalia e le sue sorelle curarono i feriti: sia i rivoluzionari che i soldati.Le persone in pericolo trovavano sempre rifugio nella casa delle sorelle in rue de l’Épée-de-Bois. La sua casa si trasformò in rifugio e ospedale.

Gli ultimi anni della vita di Suor Rosalia furono dolorosi la sua salute si aggravò e la vista diminuì.Non poteva più visitare i poveri in modo regolare, però la sua fama continuò a crescere.L’imperatore, Napoleone III, la decorò con la Croce della Legione d’onore, una medaglia militare che solo 4 donne avevano ricevuto fino ai tempi recenti.

Suor Rosalia sperimentò, nella sua semplice vita di Figlia della Carità, la verità delle parole di Vincenzo de Paoli nel 1660, “… certamente il gran segreto della vita spirituale è abbandonare in Dio tutti coloro che amiamo, abbandonandoci a tutto ciò che a Lui piacerà.Pregate per me.”E sarà questa semplice Figlia della Carità ad essere onorata con il suo funerale il 9 febbraio del 1856.Vi Assistettero circa 50.000 persone di tutti i ceti socialie idee politiche ereligiose.Da quel giorno,a tutt’oggi,la sua tomba trabocca di fiori.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20200927130203/http://filles-de-la-charite.org/it/history/saints-and-blessed-daughters-of-charity/blessed-rosalie-rendu/

Den salige Rosalia Rendu (1786-1856)

Minnedag:

7. februar

Den salige Rosalia (fr: Rosalie) ble født som Johanna Maria Rendu (fr: Jeanne-Marie) den 9. september 1786 i Confort, et distrikt i Gex i Jurafjellene i Savoia i Frankrike nær grensen til Sveits. Hun ble døpt samme dag i sognekirken i Lancrans. Hennes gudfar ved stedfortreder var Jacques Emery, en venn av familien og fremtidig generalsuperior for kongregasjonen sulpisianerne i Paris. Hun var den eldste av fire søstre. Hennes foreldre var enkle fjellfolk og beskjedne landeiere, og de hadde en viss velstand og sann respekt i hele området.

Johanna var tre år gammel da revolusjonen brøt ut i Frankrike i 1789. Fra 1790 var det obligatorisk for prestene å avlegge en ed til støtte for den sivile konstitusjonen. Utallige prester som var trofaste mot Kirken, nektet å avlegge denne eden. De ble jagd fra sine sogn, noen ble drept og andre måtte gjemme seg for å slippe unna sine forfølgere.

Hjemmet til familien Rendu ble et tilfluktssted for disse prestene. Biskopen av Annecy fant asyl der under dekknavnet Pierre. Johanna var fascinert over denne tjeneren som ble behandlet bedre enn de andre. En natt oppdaget hun at han feiret messen, og hun ble fornærmet over at hun ikke hadde fått vite sannheten. Senere, under en diskusjon med sin mor, utbrøt hun: «Vær forsiktig, eller så forteller jeg at Pierre i virkeligheten ikke er Pierre». For å unngå noen indiskresjon fra datterens side fortalte Madame Rendu henne sannheten om situasjonen.

Johanna ble oppdratt i denne atmosfæren av sterk tro, alltid utsatt for faren for å bli angitt. Hun mottok sin første kommunion en natt i stearinlys i kjelleren i hjemmet. Dette eksepsjonelle miljøet formet hennes karakter. Hennes fars død den 12. mai 1796 og hennes yngste søsters død, bare fire måneder gammel, den 19. juli samme år, sjokkerte hele familien. Johanna var ennå ikke fylt ti år, men hun var klar over sitt ansvar som den eldste, så hun hjalp sin mor, spesielt ved å ta seg av sine yngre søstre.

I tiden som fulgte etter terroren, roet folk seg ned litt etter litt, og livet vendte tilbake til det normale. Madame Rendu var oppatt av sin eldste datters utdannelse og sendte henne til ursulinnene i Gex. Johanna bodde i to år på denne kostskolen. Under sine spaserturer i byen oppdaget hun hospitalet hvor De barmhjertige søstre pleide de syke. Hun hadde bare ett ønske, og det var å slutte seg til dem. Hennes mor ga tillatelse til at Johanna til tross for sin unge alder kunne tilbringe noe tid på hospitalet. Guds kall, som hun hadde følt i mange år, gjorde seg gjeldende: Hun ville bli en Barmhjertig søster.

I 1802 betrodde Armande Jacquinot fra landsbyen Lancrans sin venninne Johanna at hun forberedte seg på å dra til Paris for å slutte seg til selskapet Barmhjertige døtre av den hellige Vincent av Paul. Jeanne-Marie grep sjansen begjærlig og tryglet sin mor om å la også henne dra. Etter at Madame Rendu hadde konsultert p. de Varicourt, den eldste presten i Gex, ga hun sin tillatelse, lykkelig, men svært beveget over datterens kall.

Den 25. mai 1802 kom Johanna til Rue du Vieux Colombier i Paris, hovedkvarteret til Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul, «Barmhjertige døtre av St. Vincent de Paul» (Sorores Caritatis Sancti Vincentii a Paul – FdC). Hun var ennå ikke fylt 16 år. Gjenåpningen av seminaret etter at novisiatet var stengt av de revolusjonære, fant sted i desember 1800. Ved sin ankomst ble de to tilreisende mottatt av femti unge kvinner under formasjon.

Johanna var svært opptatt av å gi sitt beste i sitt nye liv. Men hennes helse ble svekket av den vedvarende mentale anstrengelsen dette krevde og av mangelen på fysisk aktivitet. Etter råd fra hennes lege og hennes gudfar p. Emery ble Jeanne-Marie sendt til De barmhjertige døtres hus i distriktet Mouffetard for å tjene de fattige. Der skulle hun bli værende i 54 år til sin død. Fem politiske systemer, fra Napoleon Bonaparte til Napoleon III, fulgte på hverandre etter diverse oppstander og revolusjoner.

Lengselen etter handling, hengivenhet og tjeneste som brant i Johanna, kunne ikke ha funnet et bedre sted å bli oppfylt enn dette distriktet i Paris. På denne tiden var dette det fattigste distriktet i den raskt voksende hovedstaden, og fattigdommen fantes i alle sine former, psykologisk og åndelig. Der var sykdom, usunn slum og ytterste elendighet daglig kost for menneskene som prøvde å overleve.

Johanna, som fikk ordensnavnet sr. Rosalia (fr: Rosalie), gjennomgikk sin «læretid» ved å ledsage søstre som besøkte de syke og de fattige. I mellomtiden underviste hun i katekismen og leste for små jenter som var opptatt ved friskolen. I 1807, omgitt av søstre fra sin kommunitet, avla sr. Rosalia for første gang løfter om å tjene Gud og de fattige. Hun avla disse løftene med stor følelse og glede.

I 1815 ble sr. Rosalia superior for kommuniteten i Rue des Francs Bourgeois. To år senere flyttet kommuniteten til Rue de l'Epée de Bois for å få bedre plass. Her kom alle hennes kvaliteter for en dag: hengivenhet, naturlig autoritet, ydmykhet, medfølelse og organisasjonsevne. «Hennes fattige», som hun pleide å kalle dem, ble flere og flere i disse vanskelige tidene. Herjingene til en triumferende økonomisk liberalisme økte bare elendigheten hos de mest utstøtte. Hun sendte alle sine søstre inn i alle de skjulte avkrokene i sognet Saint-Médard for å bringe dem mat, klær, omsorg og et trøstende ord.

For å hjelpe alle de lidende åpnet Rosalia en gratis klinikk, et apotek, en skole, et barnehjem, et barneomsorgssenter, en ungdomsklubb for unge arbeidere og et hjem for eldre uten ressurser. Snart var det etablert et helt nettverk av sosiale tjenester for å møte fattigdommen. Rosalias eksempel oppmuntret hennes søstre, og hun passet alltid på at de hadde tid til bønn. Hun la stor vekt på hvordan man skulle motta de fattige, som hun så som «våre herrer og mestere». Hun sa: «De fattige vil fornærme dere. Jo mer uforskammet de er, jo verdigere må dere være. Husk at Vårherre skjuler seg bak disse fillene».

Overordnede sendte Rosalia postulanter og unge søstre for formasjon, og de satte søstre i hennes hus for en tid som var noe vanskelige eller skjøre. Etter hvert som antall søstre vokste, fikk huset en tilknyttet klinikk og skole. Hennes ry vokste raskt i alle distrikter i hovedstaden og i byene rundt. Hun visste å omgi seg med mange effektive og hengivne medarbeidere. De rike var ute av stand til å motstå henne, så donasjonene strømmet inn. Selv tidligere kongelige glemte henne ikke i sin sjenerøsitet. Biskoper, prester, den spanske ambassadøren Donoso Cortéz, Carlo X, general Cavaignac og de fremste menn i stat og kultur, selv keiser Napoleon III (1848-70; keiser f ra 1852) og hans hustru ble ofte sett i samtale med henne.

Studenter i jus, medisin, naturvitenskap, teknologi, ingeniørfag og lærerstudenter og alle andre viktige skoler kom for å få informasjon og anbefalinger fra sr. Rosalia, eller før de utførte gode gjerninger spurte de henne hvilke dører de skulle banke på. Blant disse var den salige Fredrik Ozanam, medgrunnlegger av «St. Vincent av Paul-konferansene», og den ærverdige Jean Léon le Prevost, fremtidig grunnlegger av «Søstre av St. Vincent av Paul». De kjente godt veien til sr. Rosalias kontor, og de kom til henne sammen med andre venner for å søke råd før de gjennomførte sine prosjekter. Hun var senteret for en veldedig bevegelse som karakteriserte Paris og Frankrike i første halvdel av 1800-tallet. Sr. Rosalias erfaring var uvurderlig for disse unge menneskene. Hun ledet deres apostolat, veiledet deres besøk i forstedene og ga dem adresser til familier i nød og valgte dem ut med omhu.

Hun gikk også i allianse med superioren for Bon Saveur i Caen og ba om at også hun ønsket dem som var i nød velkommen. Hun tok seg spesielt av prester og ordensfolk som hadde psykiske vanskeligheter. Hennes korrespondanse er kort, men rørende, omtenksom, tålmodig og respektfull mot alle.

Det manglet ikke på prøvelser i distriktet Mouffetard. Koleraepidemier fulgte den ene etter den andre, og fattigdommen og mangel på hygiene forverret dem. Spesielt i 1832 og 1846 var hengivenheten som ble vist og risikoene som ble tatt av sr. Rosalia og hennes søstre ufattelig. Selv ble hun sett mens hun plukket opp døde kropper i gatene. Under revolusjonene i juli 1830 og februar 1848 var barrikader og blodige slag kjennetegnende for motstanden fra arbeiderklassen som var pisket opp mot de mektige. Erkebiskop Affre av Paris ble drept da han forsøkte å megle mellom de stridende fraksjonene. Sr. Rosalia sørget dypt, men hun klatret selv opp på barrikadene for å forsøke å hjelpe de sårede uansett hvilken side de kjempet på. Uten tegn på frykt risikerte hun livet i disse konfrontasjonene. Hennes mot og frihetssans ble beundret av alle.

Da orden var gjenopprettet, prøvde hun å redde en rekke av de personene hun kjente og som var ofre for en streng gjengjeldelse. Hun fikk stor hjelp fra distriktets borgermester, dr. Ulysse Trélat, enn sann republikaner som også var svært populær. I 1852 bestemte Napoleon III seg for å gi henne Æreslegionens kors. Hun ville avslå denne æren, men p. Étienne, generalsuperior for Misjonsprestene og De barmhjertige døtre, påla henne å motta den.

Sorgen var stor i distriktet og i alle samfunnslag både i Paris og på landsbygda. Etter begravelsesseremonien i kirken Saint-Médard fulgte en stor og følelsesladet menneskemengde hennes jordiske rester til kirkegården Montparnasse. Utallige avisartikler vitnet om den beundring og ærbødighet som ble henne til del, selv i avisen for det antiklerikale venstre. Hennes grav på Montparnasse var imidlertid vanskelig å finne, så hun ble flyttet til et mer egnet sted, nær inngangen til kirkegården. I Paris' 13. distrikt bærer en gate hennes navn. Hun spilte for mange mennesker på sin tid den samme rolle som Mor Teresa har spilt i vår tid.

Den 24. april 2001 ble hennes «heroiske dyder» anerkjent og hun fikk tittelen Venerabilis («Ærverdig»). Den 14. april 2003 undertegnet pave Johannes Paul II (1978-2005) dekretet fra Helligkåringskongregasjonen som godkjente et mirakel på hennes forbønn. Hun ble saligkåret av paven den 9. november 2003 i Peterskirken i Roma. Hennes minnedag er dødsdagen 7. februar.

Kilder: Index99, Patron Saints SQPN, vatican.va, EWTN/OR, Kathpress - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden - Sist oppdatert: 2005-07-07 12:47

SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/rrendu

SELIGSPRECHUNG VON FÜNF DIENERN GOTTES

PREDIGT VON JOHANNES PAUL II.

Fest der Weihe der Lateran-Basilika

Sonntag, 9. November 2003

1. »Denn Gottes Tempel ist heilig, und der seid ihr« (1 Kor 3,17). Erneut hören wir diese Worte des Apostels Paulus in der heutigen feierlichen Liturgie zum Fest des Weihetages der Lateranbasilika, der Kathedrale von Rom und Mutter aller Kirchen.

Jeder dem Gottesdienst vorbehaltene Ort ist Zeichen jenes geistigen Tempels, der die Kirche ist. Er besteht aus lebendigen Steinen, das heißt aus den Gläubigen, die durch den einen Glauben, die Teilhabe an den Sakramenten und das Band der Nächstenliebe untereinander verbunden sind. Kostbare Steine dieses geistigen Tempels sind vor allem die Heiligen.

Die Heiligkeit als Frucht des unablässigen Wirkens des Geistes Gottes erstrahlt in den neuen Seligen: Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, Priester; Valentin Paquay, Priester; Luigi Maria Monti, Ordensmann; Bonifacia Rodríguez Castro, Jungfrau; Rosalie Rendu, Jungfrau. [Nach dem Beginn auf italienisch setzte der Papst seine Predigt auf spanisch fort:]

2. Die Auffassung vom Heiligtum, die uns der Prophet Ezechiel in der heutigen Liturgie vorstellt, beschreibt einen Fluß, der vom Tempel ausgeht und Leben, Kraft und Hoffnung bringt: »Wohin der Fluß kommt, dort bleibt alles am Leben« (Ez 47,9). Dieses Bild veranschaulicht die grenzenlose Güte Gottes und seinen Heilsplan, die über die Mauern des heiligen Bezirks hinausgehen, um zum Segen für die ganze Erde zu werden.

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, ein rechtschaffener Priester mit einer tiefen eucharistischen Frömmigkeit, erkannte sehr deutlich, daß die Verkündigung des Evangeliums zu einem dynamischen Prozeß werden muß, der das Leben des Apostels zu verwandeln vermag. Als Pfarrer hatte er sich vorgenommen, »zur sichtbaren Vorsehung für all jene zu werden, die ihren Zustand als Waisen beklagen, den bitteren Kelch trinken und sich vom Brot des Kummers nähren« (vgl. 19. Juni 1859).

Mit diesem Vorsatz entfaltete er seine erlösende Spiritualität, die aus seiner innigen Beziehung zu Christus hervorging und auf die Liebe zu den Bedürftigsten hinorientiert war. Bei der Gründung der Mercedarierinnen von der Nächstenliebe war er beseelt von der Verehrung der Muttergottes vom Loskauf der Gefangenen, der Mutter des Erlösers, um die Liebe Gottes immer und überall zu vergegenwärtigen, wo auch nur »ein einziger Schmerz zu lindern, bei einem einzigen Unglück Trost zu spenden und ein wenig Hoffnung in die Herzen einzuflößen« war. Den Spuren des Gründers folgend, widmet sich das Institut auch in unserer Zeit dem Zeugnis und der Förderung der erlösenden Liebe. [Dann sagte Johannes Paul II. auf französisch:]

3. Pater Valentin Paquay ist wahrlich ein Jünger Christi und ein Priester nach dem Herzen Gottes gewesen. Er war ein Apostel der Barmherzigkeit und verbrachte viele Stunden im Beichtstuhl; auch besaß er die besondere Gabe, die Sünder wieder auf den rechten Weg zurückzubringen, indem er die Menschen an die Größe der göttlichen Vergebung erinnerte. Die Feier des eucharistischen Geheimnisses stellte er in den Mittelpunkt seines priesterlichen Lebens, gleichsam als Einladung an die Gläubigen, sich oft der Kommunion, dem Brot des Lebens, zu nähern.

Wie viele andere Heilige hatte sich Pater Valentin schon in jungen Jahren unter den Schutz der Gottesmutter gestellt, die er während seiner Jugendzeit in der Kirche in Tongern als »Ursache unserer Freude« anrief. Seinem Beispiel folgend, sollt ihr euren Brüdern und Schwestern dienen, um ihnen die Freude einer Begegnung mit Christus in der Wahrheit zu schenken! [Der Papst kehrte zur italienischen Sprache zurück:]

4. »Ich sah, wie unter der Tempelschwelle Wasser hervorströmte […] Wohin der Fluß kommt, dort bleibt alles am Leben« (Ez 47,1.9). Das Bild des Wassers, das alles zu neuem Leben erweckt, beschreibt sehr treffend das Dasein des sel. Luigi Maria Monti, der sich vollkommen der Heilung der körperlichen und seelischen Wunden der Kranken und Waisen gewidmet hatte. Er nannte sie gerne »die Armen Christi« und war im Dienst an ihnen von einem lebendigen Glauben beseelt, der von intensivem und ständigem Gebet unterstützt wurde. In seiner Hingabe an das Evangelium orientierte er sich stets am Vorbild der allerseligsten Jungfrau und stellte die von ihm gegründete Kongregation unter den Schutz der Unbefleckten Jungfrau Maria.

Wie aktuell ist doch die Botschaft dieses neuen Seligen! Für seine geistigen Söhne und Töchter wie auch für alle Gläubigen ist er ein Vorbild der Treue gegenüber dem Ruf Gottes und der Verkündigung des Evangeliums der Nächstenliebe; er ist ein Modell der Solidarität gegenüber den Bedürftigen und der liebevollen Hingabe an die Jungfrau Maria. [Johannes Paul II. sagte wieder auf spanisch:]

5. Die Worte Jesu im heute verkündeten Evangelium: »Macht das Haus meines Vaters nicht zu einer Markthalle« (Joh 2,17) stellen die heutige Gesellschaft in Frage, die mitunter versucht ist, alle Dinge als Handelsware und Profit anzusehen und dabei die Werte und die Würde, die keinen Preis haben, außer Acht zu lassen. Da der Mensch Abbild und Wohnstatt Gottes ist, benötigt er eine Läuterung, die ihn schützt, gleich welche soziale Stellung er einnehmen oder welche Arbeit er ausführen mag.

Diesem Aspekt widmete die sel. Bonifacia Rodríguez Castro ihr ganzes Dasein. Da sie selbst Arbeiterin war, wußte sie um die Risiken dieser sozialen Schicht in ihrer Zeit. Im einfachen und verborgenen Leben der Heiligen Familie von Nazaret erkannte sie das Vorbild für eine Spiritualität der Arbeit, die den Menschen adelt und jegliche Tätigkeit, wie einfach sie auch scheinen mag, zu einem gottgefälligen Opfer und einem Werkzeug der Heiligung macht.

Diesen Geist hat sie den arbeitenden Frauen vermitteln wollen, zuerst durch die »Asociación Josefina« und dann durch die Gründung der Kongregation der Dienerinnen des hl. Josef, die ihr Werk in der Welt mit Einfachheit, Freude und Opferbereitschaft weiterführen. [Auf französisch fuhr der Papst fort:]

6. In einer von sozialen Konflikten erschütterten Epoche machte sich Rosalie Rendu freudig zur Dienerin der Ärmsten, um jedem von ihnen seine Würde zurückzuerstatten. Dies gelang ihr sowohl durch materielle Hilfe als auch durch die Erziehung und Unterweisung im christlichen Mysterium. Auf diese Weise konnte sie auch Friedrich Ozanam dazu bewegen, sich in den Dienst an den Armen zu stellen.

Ihre Nächstenliebe war erfinderisch. Woher nahm sie die Kraft zur Verwirklichung so vieler Vorhaben? Aus ihrem intensiven Gebetsleben und aus dem unablässigen Beten des Rosenkranzes, den sie nie aus der Hand ließ. Ihr Geheimnis war einfach: Als wahre Tochter des hl. Vinzenz von Paul – und ebenso wie Catherine Labouré, eine weitere Ordensfrau ihrer Zeit – erblickte sie in jedem Menschen das Antlitz Christi.

Laßt uns danken für das Zeugnis der Liebe, das die Familie des hl. Vinzenz unserer Welt nach wie vor gibt! [Johannes Paul II. schloß auf italienisch:]

7. »Er aber meinte den Tempel seines Leibes« (Joh 2,21). Diese Worte lassen an das Mysterium des Todes und der Auferstehung Christi denken. Alle Glieder der Kirche haben sich am gekreuzigten und auferstandenen Christus auszurichten. Bei dieser anspruchsvollen Aufgabe unterstützt und führt uns Maria, die Mutter Christi und unsere Mutter.

Unsere Fürsprecher sind die neuen Seligen, die wir heute in der himmlischen Herrlichkeit betrachten. Auch uns sei es gegeben, uns eines Tages alle im Paradies wiederzusehen, damit wir gemeinsam die Freude im ewigen Leben kosten. Amen!

Nach dem Gottesdienst sagte Johannes Paul II. in verschiedenen Sprachen:

Zum Schluß dieser Feier möchte ich die hier versammelten Pilger grüßen. Ich begrüße die französischsprachigen Pilger, die zur Seligsprechung von Pater Valentin Paquay und Schwester Rosalie Rendu angereist sind, vor allem die Mitglieder ihrer Ordensfamilien, die Bischöfe und alle, die in der bürgerlichen Gesellschaft Verantwortung tragen.

Herzlich begrüße ich die Bischöfe, die Priester und Gläubigen aus dem spanischen Sprachraum, wie auch die Vertreter der zivilen Autoritäten, die an der Seligsprechung von Juan Nepomuceno Zegrí und Mutter Bonifacia Rodriguez teilgenommen haben.

Ganz besonders grüße ich die Mercedarierinnen von der Nächstenliebe und die Dienerinnen des hl. Josef. Mein Gruß gilt den Pilgern aus Italien und aus anderen Ländern, darunter insbesondere den Söhnen der Unbefleckten Empfängnis, die sich heute über die Seligsprechung ihres Gründers Luigi Maria Monti freuen. Außerdem danke ich den Bischöfen und den Vertretern der weltlichen Institutionen für ihre Anwesenheit.

Wir wenden uns nun im Gebet an Maria, Königin der Heiligen und Vorbild der Christen.

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Der Heilige Stuhl

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MISA DE BEATIFICACIÓN DE 5 SIERVOS DE DIOS

HOMILÍA DEL SANTO PADRE JUAN PABLO II

 Domingo 9 de noviembre de 2003

1. "El templo de Dios es santo:  ese templo sois vosotros" (1 Co 3, 17). Volvemos a escuchar estas palabras del apóstol san Pablo en esta solemne liturgia de la fiesta de la Dedicación de la Basílica de San Juan de Letrán, catedral de Roma, madre de todas las iglesias.

Todo lugar reservado al culto divino es signo del templo espiritual, que es la Iglesia, formada por piedras vivas, es decir, por fieles unidos por la única fe, por la participación en los sacramentos y por el vínculo de la caridad. Los santos, en particular, son piedras preciosas de este templo espiritual.

La santidad, fruto de la obra incesante del Espíritu de Dios, resplandece en los nuevos beatos:  Juan Nepomuceno Zegrí, presbítero; Valentín Paquay, presbítero; Luis María Monti, religioso; Bonifacia Rodríguez Castro, virgen; y Rosalía Rendu, virgen.

2. La visión del santuario, que el profeta Ezequiel nos presenta en la liturgia del hoy, describe un torrente que mana desde el templo llevando vida, vigor y esperanza:  "Allí donde penetra esta agua, lo sanea todo" (Ez 47, 9). Esta imagen expresa la infinita bondad de Dios y su designio de salvación, desbordando los muros del recinto sagrado para ser bendición de toda la tierra.

Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedad eucarística, entendió muy bien cómo el anuncio del Evangelio ha de convertirse en una realidad dinámica, capaz de transformar la vida del apóstol. Siendo párroco, se propuso "ser la providencia visible de todos aquellos que, gimiendo en la orfandad, beben el cáliz de la amargura y se alimentan con el pan de la tribulación" (19 de junio de 1859).

Con ese propósito desarrolló su espiritualidad redentora, nacida de la intimidad con Cristo y orientada a la caridad con los más necesitados. En la advocación de la Virgen de las Mercedes, Madre del Redentor, se inspiró para la fundación de las Hermanas Mercedarias de la Caridad, con el fin de hacer siempre presente el amor de Dios donde hubiera "un solo dolor que curar, una sola desgracia que consolar, una sola esperanza que derramar en los corazones". Hoy, siguiendo las huellas de su fundador, este instituto vive consagrado al testimonio y promoción de la caridad redentora.

3. El padre Valentín Paquay es verdaderamente un discípulo de Cristo y un sacerdote según el corazón de Dios. Apóstol de la misericordia, pasaba largas horas en el confesionario con un don particular para hacer que los pecadores volvieran al camino recto, recordando a los hombres la grandeza del perdón divino. Poniendo en el centro de su vida de sacerdote la celebración del misterio eucarístico, invitaba a los fieles a acercarse frecuentemente a la comunión del Pan de vida.

Como tantos santos, desde muy joven, el padre Valentín se había puesto bajo la protección de Nuestra Señora, invocada en la iglesia de su infancia, en Tongres, como Causa de nuestra alegría. Ojalá que, siguiendo su ejemplo, sirváis a vuestros hermanos, para darles la alegría de encontrar verdaderamente a Cristo.

4. "Debajo del umbral del templo salía agua. (...) Allí donde penetra esta agua, lo sanea todo" (Ez 47, 1. 9). La imagen del agua, que hace revivir todo, ilumina bien la existencia del beato Luis María Monti, dedicado totalmente a sanar las llagas del cuerpo y del alma de los enfermos y de los huérfanos. Solía llamarlos los "pobrecitos de Cristo", y les servía animado por una fe viva, sostenida por una intensa y constante oración. En su entrega evangélica, se inspiró constantemente en el ejemplo de la Virgen santísima, y puso la Congregación que fundó bajo el signo de María Inmaculada.

¡Cuán actual es el mensaje de este nuevo beato! Para sus hijos espirituales y para todos los creyentes es un ejemplo de fidelidad a la llamada de Dios y de anuncio del evangelio de la caridad; un modelo de solidaridad con los necesitados y de tierna consagración a la Virgen Inmaculada.

5. Las palabras de Jesús en el Evangelio proclamado hoy:  "No hagáis de la casa de mi Padre una casa de mercado" (Jn 2, 16), interpelan a la sociedad actual, tentada a veces de convertir todo en mercancía y ganancia, dejando de lado los valores y la dignidad que no tienen precio. Siendo la persona imagen y morada de Dios, hace falta una purificación que la defienda, sea cual fuere su condición social o su actividad laboral.

A esto se consagró enteramente la beata Bonifacia Rodríguez de Castro, que, siendo ella misma trabajadora, percibió los riesgos de esta condición social en su época. En la vida sencilla y oculta de la Sagrada Familia de Nazaret encontró un modelo de espiritualidad del trabajo, que dignifica la persona y hace de toda actividad, por humilde que parezca, un ofrecimiento a Dios y un medio de santificación.

Este es el espíritu que quiso infundir en las mujeres trabajadoras, primero con la Asociación Josefina y después con la fundación de las Siervas de San José, que continúan su obra en el mundo con sencillez, alegría y abnegación.

6. En una época turbada por conflictos sociales, Rosalía Rendu se hizo gozosamente servidora de los más pobres, para devolver a cada uno su dignidad, con ayudas materiales, con la educación y la enseñanza del misterio cristiano, impulsando a Federico Ozanam a ponerse al servicio de los pobres.

Su caridad era creativa. ¿De dónde sacaba la fuerza para realizar tantas cosas? De su intensa vida de oración y de su incesante rezo del rosario, que no abandonaba jamás. Su secreto era simple:  verdadera hija de san Vicente de Paúl, como otra religiosa de su tiempo, santa Catalina Labouré, veía en todo hombre el rostro de Cristo. Demos gracias por el testimonio de caridad que la familia vicentina sigue dando al mundo.

7. "Él hablaba del templo de su cuerpo" (Jn 2, 21). Estas palabras evocan el misterio de la muerte y resurrección de Cristo. Todos los miembros de la Iglesia deben configurarse con Jesús crucificado y resucitado.

En esta ardua tarea nos sostiene y nos guía María, Madre de Cristo y Madre nuestra. Que intercedan por nosotros los nuevos beatos, que hoy contemplamos en la gloria del cielo. Que se nos conceda también a nosotros volvernos a encontrar todos un día en el paraíso, para gustar juntos la alegría en la vida eterna. Amén.

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La Santa Sede

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SOLENE CONCELEBRAÇÃO EUCARÍSTICA
PARA A BEATIFICAÇÃO DE CINCO SERVOS DE DEUS

HOMILIA DO PAPA JOÃO PAULO II

Domingo, 9 de Novembro de 2003

1. "Santo é o templo de Deus, que sois vós" (1 Cor 3, 27). Ouvimos novamente estas palavras do apóstolo Paulo na hodierna solene liturgia da Festividade da Dedicação da Basílica Lateranense, Catedral de Roma, Mãe de todas as Igrejas.

Todos os lugares reservados ao culto divino são sinais daquele templo espiritual, que é a Igreja, composta de pedras vivas, isto é, dos fiéis, unidos numa única fé, pela participação nos sacramentos e pelo vínculo da caridade. Pedras preciosas desse templo espiritual são particularmente os Santos.

A santidade, fruto da obra incessante do Espírito de Deus, resplandece nos novos Beatos: João Nepomuceno Zegrí y Moreno, presbítero; Valentino Paquay, presbítero; Luís Maria Monti, religioso; Bonifácia Rodríguez Castro, virgem; Rosália Rendu, virgem.

2. A visão do santuário, que o profeta Ezequiel nos apresenta na liturgia de hoje, descreve uma torrente que emana do templo levando vida, vigor e esperança: "porque aonde quer que esta água chegar, tornar-se-á salubre" (Ez 47, 9). Esta imagem expressa a infinita bondade de Deus e seu desígnio de salvação, transbordando os muros do recinto sagrado para ser bênção para toda a terra.

João Nepomuceno Zegrí y Moreno

João Nepomuceno Zegrí y Moreno, sacerdote íntegro, de profunda piedade eucarística, entendeu muito bem como o anúncio do Evangelho deve converter-se numa realidade dinâmica, capaz de transformar a vida do apóstolo. Sendo pároco, propôs-se "ser a providência visível de todos aqueles que, gemendo na orfandade bebem o cálice da amargura e se alimentam com o pão da tribulação" (19 de Junho de 1859).

Com esse propósito desenvolveu a sua espiritualidade redentora nascida da intimidade com Cristo e orientada para a caridade com os mais necessitados. Inspirou-se na devoção a Nossa Senhora das Mercês, Mãe do Redentor, para a fundação das Irmãs Mercedárias da Caridade, com o fim de tornar sempre presente o amor de Deus onde houvesse "uma só dor para curar, uma só desgraça para consolar, uma só esperança para derramar nos corações". Hoje, seguindo as pegadas do seu Fundador, este Instituto vive consagrado ao testemunho e promoção da caridade redentora.

Valentino Paquay

3. O Padre Valentino Paquay é, sem dúvida, um discípulo de Cristo e um padre segundo o coração de Deus. Apóstolo da misericórdia, ele passava longas horas no confessionário, com o dom particular de conduzir novamente os pecadores ao caminho recto, recordando aos homens a grandeza do perdão divino. Colocando no centro da sua vida de sacerdote a celebração do Mistério eucarístico, ele convidava os fiéis a aproximarem-se com frequência da comunhão do Pão da Vida.

Como tantos santos, o Padre Valentin colocou todos os jovens sob a protecção de Nossa Senhora, invocada na igreja da sua infância, em Tongres, como Causa da nossa Alegria. Seguindo o seu exemplo, faço votos por que possais servir os vossos irmãos, para lhes dar a alegria de reencontrar Cristo em verdade!

Luís Maria Monti

4. "E eis que saía água da sua parte subterrânea... por aonde quer que esta água chegar, tornar-se-á salubre" (Ez 47, 1.9). A imagem da água, que tudo faz viver, ilumina muito bem a existência do Beato Luís Maria Monti, inteiramente dedicado a curar as feridas do corpo e da alma dos doentes e dos órfãos. Amava chamá-los "pobrezinhos de Cristo", e servia-os animado por uma fé viva, sustentada por uma intensa e constante oração. Para a sua dedicação evangélica, inspirou-se constantemente no exemplo da Virgem Santa e confiou a Congregação por ele fundada sob a égide de Maria Imaculada.

Como é actual a mensagem deste novo Beato! Para os seus filhos espirituais e para todos os crentes, ele é um exemplo de fidelidade à chamada de Deus e de anúncio do Evangelho da caridade; um modelo de solidariedade para com os necessitados e de terna confiança para com a Virgem Imaculada.

Bonifácia Rodríguez de Castro

5. As palavras de Jesus no Evangelho proclamado hoje: "Não façais da Casa de meu Pai um mercado" (Jo 2, 16), interpelam a sociedade actual, tentada às vezes a converter tudo em mercadoria e lucro, deixando de lado os valores e a dignidade que não têm um preço. Sendo a pessoa imagem e morada de Deus, faz falta uma purificação que a defenda, seja qual for a sua condição social ou a sua actividade profissional.

A isto se consagrou inteiramente a beata Bonifácia Rodríguez de Castro, que, sendo ela mesma trabalhadora, percebeu os riscos desta condição social na sua época. Na vida simples e oculta da Sagrada Família de Nazaré, encontrou um modelo de espiritualidade do trabalho, que dignifica a pessoa e faz de qualquer actividade, mesmo que seja humilde, uma oferta a Deus e um meio de santificação.

Este é o espírito que quis difundir nas mulheres trabalhadoras, primeiro com a Associação Josefina e depois com a fundação das Servas de São José, que continuam a sua obra no mundo com simplicidade, alegria e abnegação.

Rosália Rendu

6. Numa época perturbada por conflitos sociais, Rosália Rendu fez-se alegremente a serva dos mais pobres, para restituir a cada um a sua dignidade, mediante as ajudas materiais, a educação e o ensino do mistério cristão, estimulando Frederico Ozanam a colocar-se ao serviço dos pobres.

A sua caridade era criativa. Onde encontrava ela forças para realizar tantas coisas? Na sua intensa vida de oração e na recitação incessante do rosário, que levava sempre consigo. O seu segredo era simples: verdadeiramente filha de Vicente de Paulo, como outra Irmã do seu tempo, Santa Catarina Labouré, via em todos os homens o rosto de Cristo. Demos graças pelo testemunho da caridade que a família vicentina não cessa de dar ao mundo!

7. "Ele falava do templo do seu Corpo" (Jo 2, 21). Estas palavras evocam o mistério da morte e ressurreição de Cristo. Todos os membros da Igreja se devem conformar com Jesus crucificado e ressuscitado.

Nesta tarefa comprometedora, Maria, Mãe de Cristo e nossa Mãe, seja o nosso sustento e guia. Intercedem por nós os novos Beatos, que hoje contemplamos na glória do céu. Seja concedido, também a nós encontrarmo-nos todos um dia no Paraíso, para experimentar juntos a alegria de uma vida que não tem fim. Amém!

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A Santa Sé

SOURCE : https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/pt/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031109_beatifications.html

Charles Mercier, « Louise Sullivan, Sœur Rosalie Rendu. Une passion pour les pauvres »Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 142 | avril-juin 2008, document 142-56, mis en ligne le 26 novembre 2008, consulté le 22 février 2026. URL : http://journals.openedition.org/assr/16033 ; DOI : https://doi.org/10.4000/assr.16033 : https://journals.openedition.org/assr/16033

SVdP - Presentation on Blessed Rosalie Rendu, St. Vincent de Paul Georgia : https://www.youtube.com/watch?v=HwcYeCFixxU