jeudi 12 février 2015

Bienheureuse OMBELINE, moniale


Adrien Richard. Sainte Ombeline. Église d’Orgelet, Jura.

Bienheureuse Ombeline, religieuse


Humbeline (ou Hombeline), était la sœur de saint Bernard. Alors que son père et ses six frères se sont consacrés à Dieu à l'abbaye de Cîteaux, elle se marie pour vivre « dans le siècle ». Un jour où elle vient rendre visite au monastère cistercien en grand équipage, son frère refuse de la recevoir, provoquant en elle une interrogation sur son propre mode de vie. Quelque temps plus tard, elle suit donc l'exemple de ses frères et embrasse la vie monastique à Jully-les-Nonnains, en Bourgogne, sous la règle de Cîteaux. Elle meurt dans la paix de Dieu en 1135.

Elle eut la consolation d'assister à la sainte mort de son frère.


Bienheureuse Ombeline

Moniale cistercienne - Sœur de saint Bernard ( v. 1135)

Humbeline ou Hombeline

Alors que son père et ses six frères se sont consacrés à Dieu à l'abbaye de Cîteaux, en Bourgogne, Hombeline épouse un seigneur et mène une vie particulièrement dissipée et mondaine.

Saint Bernard provoque en elle le choc décisif qui entraîne sa conversion en refusant de la recevoir un jour où elle vient lui rendre visite au monastère en grand équipage. 

Après ces quelques années de vie frivole, elle suit donc l'exemple de ses frères et embrasse la vie monastique. 

Moniale cistercienne à Jully-les-Nonnains, Bourgogne, Hombeline meurt dans la paix de Dieu en 1135.

"Hombeline (ou Ombeline), sœur de St Bernard, naquit en 1092 à Fontaine les Dijon. Mariée au frère de la duchesse de Lorraine, et jouissant d’une grande fortune, elle menait grande vie. Son frère, saint Bernard, lui en fit le reproche et elle changea de conduite. Elle entra (avec l’accord de son mari) chez les bénédictines de Jully, près de Ravières. Elle devint prieure de ce monastère qui fut vite trop petit pour accueillir les nouvelles sœurs: aussi fonda-t-elle un nouveau monastère à Crisenon (paroisse de Prégilbert). Elle mourut en 1141 et fut enterrée à Jully."


L'Ordre de Cîteaux la mentionne en son calendrier le 12 février.

Au monastère de Juilly dans le diocèse de Troyes, en 1136, la bienheureuse Ombeline, prieure de ce couvent, que son frère saint Bernard, abbé de Clairvaux, avait heureusement détournée des plaisirs du monde, et qui s’était donnée, avec le consentement de son époux, à la vie monastique.


Martyrologe romain



Bernard, après avoir appris pendant quelque temps à converser avec les hommes, à agir comme eux et à supporter les choses inhérentes à l'humanité, commença à goûter au milieu de ses frères et avec eux les fruits de son changement de vie. Son père, qui était demeuré seul à la maison, vint rejoindre ses enfants et partager leur genre de vie. Après avoir passé ainsi quelque temps avec eux, il mourut dans une heureuse vieillesse.

Leur sœur  Ombeline, qui était restée dans le monde où elle s'était mariée, y menait une vie toute mondaine, au milieu de tous les dangers qui accompagnent les richesses de la terre. Un jour pourtant, Dieu lui inspira la pensée d'aller voir ses frères, mais lorsqu'elle fut arrivée pour voir son vénérable frère, et qu'elle attendait avec une suite nombreuse et magnifique qu'il vînt recevoir sa visite, Bernard ne lui témoigna que de l'horreur et une sorte d'aversion comme pour une personne qui aidait elle-même le démon à dresser des piéges aux âmes pour les prendre, et il ne voulut point se montrer à elle pour recevoir sa visite.

En apprenant son refus, cette femme se sentit toute couverte de confusion, et, profondément affligée de voir que aucun de ses frères ne daignait se déranger pour la recevoir, elle ne put s'empêcher de fondre en larmes en entendant les reproches que son frère André, qu'elle avait trouvé à la porte du monastère, lui adressait au sujet du luxe de vêtements dont elle environnait le fumier de son corps. Je ne suis qu'une pécheresse, sans doute, s'écria-t-elle, mais c'est pour les pécheurs que le Christ est mort, et c'est précisément parce que je suis pécheresse que je recherche l'entretien des saints, et si mon frère méprise mon corps, que le serviteur de Dieu ait pitié de mon âme. Qu'il vienne, qu'il parle et ordonne, tout ce qu'il me prescrira, je suis prête à le faire ! 

Fort de cette promesse, Bernard vint la voir avec ses autres frères. Comme il ne pouvait la séparer de son mari, il commença par lui défendre toute recherche mondaine et tout luxe dans les vêtements, toutes les pompes et les vanités du monde, lui ordonna ensuite d'imiter la vie dont leur mère leur avait donné l'exemple pendant les longues années qu'elle passa avec son mari, puis il la congédia. 

Ombeline se soumit très-religieusement à ses recommandations et revint chez elle changée du tout au tout, par un effet de la toute puissance de la main du Très-Haut. Tout le monde vit avec un profond étonnement cette femme jeune, noble, délicate, changer tout-à-coup de manière de vivre, renoncer à la parure et au luxe pour mener la vie d'une ermite dans le monde, s'adonner aux veilles, aux jeûnes et à la prière, et vivre tout-à-fait étrangère au monde. Elle vécut ainsi pendant deux ans avec son mari, qui, la seconde année, rendant gloire à Dieu et n'osant pas se permettre de profaner le temple du Saint-Esprit, se laissa vaincre enfin par la force de sa persévérance et, la laissant libre de le quitter, lui permit de se donner selon le rite de l’Église, au service de Dieu, à qui elle s'était consacrée.

Profitant donc de la liberté qu'elle avait si longtemps désirée, elle se rendit au monastère de Juilly, et y consacra à Dieu le reste de sa vie, parmi les saintes femmes qui s'y trouvaient déjà réunies. Là, le Seigneur lui fit la grâce de l'élever à un tel degré de sainteté, qu'elle montra bien, non moins par l'âme que par le corps, qu'elle était sœur de tous ces hommes de Dieu.


VIE ET GESTES DE SAINT BERNARD PREMIER ABBÉ DE CLAIRVAUX

PAR GUILLAUME, QUI APRÈS AVOIR ÉTÉ ABBÉ DE SAINT THIERRY, PRÈS DE REIMS, DEVINT SIMPLE RELIGIEUX DE LIGNY, OÙ IL ÉCRIVIT


CHAPITRE VI. Grande confiance de Bernard en Dieu dans les moments les plus difficiles; son zèle pour la perfection ; conversion de sa sœur