samedi 12 janvier 2013

Sainte MARGUERITE BOURGEOYS (du SAINT-SACREMENT), missionnaire et fondatrice


Pierre le Ber. Le vrai portrait de Marguerite Bourgeoys, 1700


Sainte Marguerite Bourgeois

Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame

(1620-1700)

Marguerite Bourgeois naît à Troyes, en France, le Vendredi Saint, 17 avril 1620. Elle fut préparée longuement par des voies toutes providentielles à sa mission future. A vingt ans, lors d'une procession, la Sainte Vierge la regarda et lui sourit. Dès lors, Marguerite renonça aux parures et aux amusements de son âge et entra dans la Société des Enfants de Marie dont elle devint la présidente.

Dix ans plus tard, le jour de l'Assomption, Jésus-Enfant, (âgé de trois ans,) lui apparaît dans l'Hostie de l'ostensoir. Il embrase son coeur des flammes de la divine charité, lui inspire un souverain mépris pour tous les biens terrestres et lui communique une immense soif des âmes.

En 1653, Marguerite Bourgeois s'embarque pour le Canada à trente-trois ans. La Vierge lui dit: "Va, Je ne t'abandonnerai pas." Quatre années s'écoulent avant qu'il lui soit possible de se vouer à l'éducation chrétienne des enfants. En attendant, sa charité s'étend à tous: elle visite et sert les malades, ensevelit les morts, console les affligés, catéchise les colons.

Dorénavant, sa tâche consistera à former et diriger une communauté religieuse enseignante non cloîtrée. En 1658, elle jette les bases de son institut en ouvrant la première école de Ville-Marie dans une étable cédée par Monsieur de Maisonneuve. Elle s'adjoint des compagnes, qu'elle initie à son oeuvre. De là surgissent les "petites écoles"disséminées sur les côtes de la Nouvelle-France.

L'oeuvre sociale de Mère Bourgeois n'est pas moins admirable que son oeuvre d'éducation. Son dévouement la met au service des jeunes ménages d'alors. Elle héberge chez elle les Filles du Roi, les guide et les dirige, inculquant en elles les sérieux devoirs de l'épouse et de la mère. Elle demeurera la conseillère de ces jeunes femmes auprès de qui elles chercheront toujours réconfort et encouragement pour la pratique des vertus.

L'ingéniosité de Marguerite Bourgeois se révèle dans des créations de toutes sortes: ouvroir pour les jeunes filles et les épouses, école normale pour la formation de ses compagnes dans l'éducation, oeuvre des Tabernacles qu'elle fonde avec la recluse Jeanne Leber, congrégation pour jeunes filles.

Après quarante-sept ans de travaux bénis du Ciel et de la Sainte Vierge, Marguerite Bourgeois s'éteint à quatre-vingts ans, avec la réputation d'une âme éminente en sainteté. Le 12 novembre 1950, dans une cérémonie solennelle à Saint-Pierre de Rome, Pie XII la déclarait bienheureuse. Depuis cette date, elle a reçu les honneurs de la canonisation.

Marguerite Bourgeois par une religieuse de la Congrégation Notre-Dame. (Résumé de); Collection "Ville-Marie" no: 8, éd. 17 avril 1941



Marguerite Bourgeoys (1620-1700)

Fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame

MARGUERITE BOURGEOY naît à Troyes en Champagne (France), le Vendredi Saint, 17 avril 1620. Elle est baptisée le jour même, en l'église Saint-Jean, voisine de la demeure familiale. Sixième des douze enfants d'Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie.

Elle a dix-neuf ans quand elle perd sa mère. L'année suivante, le dimanche, 7 octobre 1640, au cours d'une procession en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, à la vue d'une statue de la Vierge, elle est saisie d'une grâce qui la transforme et la presse de se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. Avec cette fidélité sans retour au dessein de Dieu sur elle, qui devait désormais la caractériser, elle se met dès lors à la recherche de sa vocation propre.

Son premier geste est de s'inscrire à la Congrégation externe de Troyes, association de jeunes filles pieuses et charitables vouées à l'enseignement aux enfants des quartiers pauvres de la ville. C'est là qu'elle apprendra, en 1642, la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada, et qu'elle percevra un premier appel à la vie missionnaire. Cet appel se précisera en 1652, lors d'une rencontre avec le Sieur de Maisonneuve, fondateur et gouverneur de ce poste avancé de la Nouvelle-France, en quête d'une institutrice laïque pour instruire gratuitement les enfants français et indiens. La Vierge elle-même lui apparaît et confirme sa vocation: " Va, je ne t'abandonnerai pas ", lui dit-elle.

Ainsi rassurée, Marguerite quitte Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet. Elle aborde à Montréal le 16 novembre suivant. Sans tarder, elle se met à l'œuvre et devient l'âme de la colonie qui, peu à peu, reprend vie. On la considère à juste titre comme co-fondatrice de Montréal, avec Jeanne Mance l'infirmière et Maisonneuve le maître d'oeuvre.

Pour stimuler la piété des colons, elle fait relever la Croix du Mont-Royal abattue par des Indiens ennemis; elle entreprend la construction d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours. Convaincue de l'importance des familles dans l'édification de ce pays nouveau, elle perçoit le rôle prépondérant des femmes et met tout en oeuvre pour les former. En 1658, dans une étable que lui cède le gouverneur, elle ouvre la première école à Montréal. Puis elle fonde une Congrégation externe inspirée de celle de Troyes mais adaptée aux nécessités nouvelles, afin de répondre aux besoins des femmes et des jeunes filles dont l'ignorance religieuse et profane risquerait de compromettre la bonne éducation des enfants et l'avenir de la colonie. A partir de 1659, elle accueille les filles recrutées par les curés de France ou dotées par le Roi pour venir se marier à Montréal, se comportant à leur égard comme une véritable mère. Ainsi nait un système scolaire et se tisse un réseau d'oeuvres sociales qui, peu à peu, s'étendront à tout le pays, ce qui lui vaudra le titre de " Mère de la Colonie " et de co-fondatrice de l'Eglise du Canada.

Trois fois, elle repasse en France pour y chercher de l'aide. Depuis 1658, le groupe des institutrices qui l'a suivie dans sa vie de prière, d'héroïque pauvreté et d'inlassable dévouement au service du prochain revêt l'aspect d'un véritable institut religieux. Il s'inspire de la " vie voyagère " de Marie et se veut, par conséquent, non cloîtré: une innovation pour l'époque. Les souffrances inhérentes à une telle fondation ne seront pas épargnées à celle qui en a pris l'initiative. Mais l'œuvre progresse: la Congrégation de Notre-Dame reçoit sa charte civile de Louis XIV en 1671, puis canonique par mandement de l'évêque de Québec en 1676, et enfin l'approbation de ses Constitutions religieuses en 1698.

L'étape de la fondation ainsi franchie, Soeur Bourgeoys peut partir: quarante soeurs sont là pour continuer son oeuvre. Elle meurt à Montréal, le 12 janvier 1700, en grande réputation de sainteté après avoir offert sa vie pour la guérison d'une jeune soeur.

L'action éducative et apostolique de Marguerite Bourgeoys se perpétue grâce à l'engagement de ses filles. Plus de 2.600 soeurs de la Congrégation de Notre-Dame oeuvrent dans les champs d'activité les plus divers: de l'école au Collège ou à l'Université, de la promotion sociale à la pastorale familiale, paroissiale ou diocésaine. On les retrouve au Canada, aux Etats-Unis, au Japon, en Amérique Latine, au Cameroun, et tout récemment en France.

Marguerite Bourgeoys a été béatifiée par Pie XII le 12 novembre 1950. S. S. Jean-Paul II la canonise le 31 octobre 1982 et donne ainsi à l'Église du Canada sa première sainte.



BOURGEOYS, MARGUERITE, dite du Saint-Sacrement, fondatrice de la congrégation de Notre-Dame de Montréal, née à Troyes, en Champagne (France), le 17 avril 1620, décédée et inhumée à Montréal, le 12 janvier 1700, béatifiée le 12 novembre 1950 et canonisée le 31 octobre 1982.

Marguerite Bourgeoys naît en France au siècle de la guerre de Trente Ans et de la Fronde, au temps des puissantes et méthodiques réalisations de Richelieu et de Colbert, au temps des grands mystiques de l'école française, Jean-Jacques Olier, Pierre de Bérulle, Charles de Condren. Marquée par son milieu et son temps, Marguerite Bourgeoys sera à la fois grande réaliste et profonde mystique. Elle y prendra aussi figure d'avant-garde.

Par son père, Abraham Bourgeoys, maître chandelier et monnayeur en la Monnaie de Troyes, ainsi que par sa mère, Guillemette Garnier, Marguerite appartient à la bourgeoisie française du XVIIe siècle. L'inventaire détaillé des propriétés et des bijoux de Mme Bourgeoys et une étude de la famille Garnier prouvent la qualité des relations sociales qu'entretenaient ses parents et l'aisance dans laquelle ils vivaient.

Jusqu'en 1950, les biographes de Marguerite Bourgeoys répétaient que, orpheline à 12 ans, elle avait dès lors été chargée de la tenue de la maison et de l'éducation de ses frères et sœurs. Des documents récemment découverts prouvent au contraire que Marguerite, sixième des 12 enfants Bourgeoys, avait 19 ans à la mort de sa mère, et qu'elle avait une sœur aînée, Anne, encore à la maison en 1639.

C'est en 1640 – Marguerite est alors âgée de 20 ans – que se situe le premier jalon de l'étonnante odyssée qui l'amènera jusqu'en Nouvelle-France.

La congrégation de Notre-Dame, fondée en 1598 par Alix Leclerc, sous l'instigation de l'abbé Pierre Fourier, avait un couvent à Troyes. Ces religieuses cloîtrées, qui ne pouvaient sortir pour exercer leur apostolat en dehors du monastère, avaient recours à un moyen terme : une congrégation dite externe, groupe de jeunes filles qui se réunissaient au monastère pour des instructions pieuses et des leçons de pédagogie.

« Quelques sollicitations qu'on lui en fît », Marguerite Bourgeoys avait toujours refusé d'entrer dans la congrégation externe, par crainte de « passer pour bigote ». Mais en 1640, lors de la procession du Rosaire, un brusque coup de barre change sa destinée. « On repassa, écrit-elle, devant le portail [de l'abbaye de] Notre Dame ou il y a au-desus de la porte une image de pierre [de la Vierge] et en jetant la veue pour la regarder je la trouvay très belle et en mesme temps je me trouvai si touchée et si changée que je ne me connoissest plus et retournant à la maison cela paroissoit à tous et comme jetes for legère jetes la bien venue avec les autres filles. »

La première démarche de Marguerite Bourgeoys est d'entrer dans la congrégation externe. La directrice des congréganistes est alors mère Louise de Chomedey de Sainte-Marie, sœur de Paul de  Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Ville-Marie. Par elle, Marguerite entend parler du Canada, puis est présentée à Maisonneuve, de passage à Troyes en 1652. Sœur Louise de Chomedey et quelques compagnes supplient Maisonneuve de les amener à Montréal. Mais il refuse, disant que, dans les conditions actuelles, une communauté religieuse ne pourrait subsister à Ville-Marie. Marguerite Bourgeoys, alors âgée de 33 ans, s'offre à y aller, et Maisonneuve l'accepte.

D'étranges refus d'admission au Carmel et à d'autres communautés contemplatives l'avaient laissée disponible pour Ville-Marie. En février 1653, elle quitte Troyes pour ne débarquer à Québec, après bien des difficultés, que le 22 septembre.

À son arrivée à Ville-Marie, Marguerite Bourgeoys ne trouve pas d'enfants d'âge scolaire, à cause de la mortalité infantile : « On a été environ 8 ans que Ion ne pouvoit point élevé danfants ». En attendant, elle se fait la grande sœur des colons. Déjà, sur le bateau, sa présence leur a valu une prédication, presque une conversion, car à leur arrivée, « ils étoient changés comme le linge quon met à la licive ». En 1657, elle semble les avoir gagnés bien gracieusement à une corvée pour la construction de la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours (première église de pierre bâtie dans l'île de Montréal) qui, avec bien des transformations, s'élève encore aujourd'hui au même endroit. Les témoignages de ses contemporains assurent qu'en toutes circonstances on recourait à Marguerite, véritable assistante sociale avant la lettre.

Mais la mission à laquelle ses goûts et ses dispositions naturelles la poussent, c'est l'enseignement. Le 30 avril 1658, Marguerite Bourgeoys peut enfin accueillir ses premiers écoliers, dans une étable que, faute de mieux, lui a donnée Maisonneuve. L'acte de concession dit que c'est « un bâtiment de pierre de trent-six pieds de long sur dix-huit de large, situé à Ville-Marie, proche de l'Hôpital Saint-Joseph ».

Marguerite voit cependant plus loin et plus grand car, dès cette même année 1658, elle retourne en France « dans le desain d'amener quelque filles pour maider a recorder les enfants ». Elle en ramène trois bonnes bourgeoises, Edmée Châtel, Marie Raisin,  Anne Hiou, ainsi qu'une jeune « fille forte » pour les grosses besognes. Grâce à l'aide de ses compagnes, Marguerite Bourgeoys pourra bientôt recevoir les filles du roi, ces jeunes orphelines que Louis XIV envoie en Nouvelle-France « pour faire des familles ». Elle va les « quérir au bor de leau », les prépare à leur rôle futur. C'est chez elle que les colons de Ville-Marie viennent chercher femme, non sans subir un sévère examen. Ils semblent d'ailleurs apprécier cette exceptionnelle agence matrimoniale ainsi que l'enseignement donné aux enfants à l'école de Marguerite Bourgeoys, car en 1667, dans une « assemblée d'habitants », ils prennent la résolution de demander au roi des lettres patentes pour les « filles de la Congrégation », nom que déjà, à Ville-Marie, on donnait à « Sœur Bourgeoys » et à ses compagnes.

De son côté, Mgr de Laval*,  vicaire apostolique de la Nouvelle-France, lors de sa visite en 1669, approuve par l'autorité d'une ordonnance les institutrices de Ville-Marie pour l'île de Montréal et tous les autres lieux du Canada qui les demanderaient.

Marguerite Bourgeoys décide donc, en 1670, d'aller « demander des lettres patentes au roi » pour assurer l'existence de sa communauté. Ce voyage est peut-être le plus étonnant de tous. Marguerite part, seule de son sexe, avec dix sols dans sa poche. Arrivée à Paris, « sans argant sans hardes et sans connaissances », elle atteint Louis XIV. Talon avait signalé à Colbert, dans son rapport du 10 novembre 1670, les services rendus au pays par cette « espèce de Congrégation pour enseigner à la jeunesse, avec les lettres et l'écriture, les petits ouvrages de mains ». Et Colbert avait écrit en marge : « Il faut s'employer à cet établissement ». Le terrain est donc bien préparé, et Marguerite Bourgeoys obtient du roi, en mai 1671, les lettres patentes demandées. « Non seulement, écrit le roi, elle a fait l'exercice de maîtresse d'école en montrant gratuitement aux jeunes filles tous les métiers qui les rendent capables de gagner leur vie, mais, loin d'être à charge du pays, elle a fait construire des corps de logis, défriché des concessions, aménagé une métairie ».

Marguerite Bourgeoys ramène de France trois de ses nièces : Marguerite, Catherine et Louise Sommillard. Marguerite et Catherine deviendront plus tard sœurs de la Congrégation, et Louise, la femme d'un colon nommé Fortin.

À cette époque (1672), Marguerite Bourgeoys commence à vivre l'âge d'or de son œuvre en Nouvelle-France, une décennie de grande expansion.

À la demande des familles nobles et bourgeoises qui, jusqu'alors, envoyaient leurs filles à Québec, Marguerite Bourgeoys ouvre un pensionnat à Ville-Marie, en 1676.

Mais les préférences de Marguerite Bourgeoys vont aux fillettes moins fortunées. Pour elles, elle crée la première école ménagère au pays, l'ouvroir de la Providence, à la pointe Saint-Charles. De plus, à toutes celles qui ne peuvent venir au pensionnat, elle envoie ses sœurs. Ainsi se fondent de petites écoles à Lachine, à la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à Batiscan, à Champlain. Les petites sauvagesses ont toujours large part dans ses prédilections. Depuis son arrivée à Ville-Marie, Marguerite Bourgeoys en a attiré et recueilli quelques-unes à son école. Vers 1678, elle établit une mission au village sauvage de la Montagne. Les sœurs enseignent dans des cabanes d'écorce. Ce n'est qu'à la fin du siècle qu'elles habiteront dans les tours du fort construit par M. Vachon* de Belmont, tours qu'on voit encore aujourd'hui sur le terrain du grand séminaire de Montréal.

Devant les proportions, imprévisibles au départ, que prend son œuvre, Marguerite Bourgeoys s'inquiète de l'avenir. Avant de les envoyer en mission, elle a bien formé ses compagnes à une pédagogie et surtout à une règle de vie de communauté séculière qu'elle a élaborée pour imiter la vie voyagère de Notre-Dame. Déjà, il est vrai, Mgr de Laval et Louis XIV ont approuvé un essai de ce genre de vie et, depuis longtemps, les colons leur donnent le nom de « sœurs ». Mais Marguerite Bourgeoys et ses compagnes ne peuvent faire que des promesses avec contrat civil, la hiérarchie officielle de l'Église n'ayant pas donné un règlement écrit, approuvé.

À cette fin, Marguerite Bourgeoys entreprend, en 1680, un troisième voyage en France, cette fois en compagnie de Mme François-Marie Perrot,  femme du gouverneur de Montréal. Mgr de Laval, qui est à Paris, accablé de soucis, la reçoit froidement et lui interdit même toute tentative de recrutement.

Ce voyage n'est pourtant pas inutile. Marguerite Bourgeoys rencontre Mme de Miramion qui, hier célèbre à la cour, vit retirée et dirige un groupe de jeunes filles dans des œuvres de charité – une « Mère de l'Église », selon l'expression de Mme de Sévigné. Marguerite revient riche d'une précieuse observation sur la vie religieuse en France et mieux préparée à soutenir les difficultés qui vont bientôt assaillir sa jeune communauté.

En décembre 1683, sœur Bourgeoys se propose de donner sa démission et de procéder à l'élection d'une nouvelle supérieure. Mais voilà que, dans la nuit du 6 au 7 décembre, un incendie détruit la maison-mère et fait périr les deux candidates à l'élection, Marguerite Sommillard et Geneviève Durosoy.

Sœur Bourgeoys reprend alors la charge avec courage. Les années qui suivent rappellent celles des grandes fondations ; c'est l'ère québécoise qui s'ouvre. En 1685, Mgr de Saint-Vallier  [La Croix*], , successeur de Mgr de Laval, fait venir des sœurs de la Congrégation dans la paroisse Sainte-Famille de l'île d'Orléans. Sœur Mayrand et sœur Marie Barbier*  de l'Assomption, seront les héroïnes de cette difficile fondation. Quelques mois plus tard, enchanté de l’œuvre de sœur Bourgeoys à l'ouvroir de la Providence, l'évêque décide d'en faire une réplique à Québec. À cette fin, il achète « une maison proche de la grand'place Notre-Dame, vis-à-vis la clôture des Révérends Pères Jésuites », puis il y fait venir de l'île d'Orléans sœur Barbier, qui reçoit bientôt une compagne de Montréal, sœur Marie-Catherine  Charly*.  C'est dans cette même maison de la Providence que Mgr de Saint-Vallier va ouvrir son Hôpital Général en 1689, créant infirmières, pour le soin des vieillards, deux sœurs de la Congrégation.

Dès 1692, tout l'établissement de la congrégation à Québec est modifié. À la demande du curé de Québec et au grand bonheur de sœur Bourgeoys, les sœurs de la Congrégation ouvrent une école pour les petites filles pauvres de la basse ville.

Quant à l’œuvre de l'Hôpital Général, Mgr de Saint-Vallier l'établit dans l'ancien couvent des Récollets, sur la rivière Saint-Charles, et la confie dorénavant aux Hospitalières.

À Montréal, en 1693, on accepte enfin la démission de sœur Bourgeoys : sœur Barbier est élue supérieure générale. À 73 ans, Marguerite ne connaîtra pourtant pas encore, dans la retraite à l'infirmerie, la quiétude de l’œuvre achevée. Mgr de Saint-Vallier va remettre en question l'essence et l'existence même de la congrégation en voulant assimiler les sœurs aux Ursulines ou leur imposer le cloître et une règle de sa propre composition. Mais enfin, avec l'aide de M. Tronson, supérieur des Sulpiciens à Paris, et soutenue par la lucide volonté de la fondatrice, sœur Barbier réussira à faire modifier cette règle selon les exigences « de filles séculières ». Le 1er juillet 1698, veille de la Visitation, en présence de Mgr de Saint-Vallier, Marguerite Bourgeoys et ses compagnes font des vœux simples, à la congrégation de Notre-Dame canoniquement érigée en communauté. Marguerite Bourgeoys s'appellera désormais sœur du Saint-Sacrement, nom qui résume les deux dernières années de sa vie, deux années de solitude et de prière. Depuis 1695, la maison-mère de la congrégation possédait enfin une chapelle, grâce aux dons de Jeanne  Le Ber* qui avait demandé, en retour, d'y vivre en recluse toute sa vie.

La mort de Marguerite Bourgeoys sera, à l'image de sa vie, réaliste et mystique. Sœur Catherine Charly est mourante ; pour sauver la vie de cette jeune sœur, Marguerite Bourgeoys offre la sienne : « Mon Dieu, prie-t-elle, que ne me prenez-vous plutôt, moi qui suis inutile et qui ne sers à rien ! » Le soir même de ce jour, au dire de Glandelet, qui rapporte à ce sujet des lettres de témoins du fait, sœur Charly est sauvée et sœur Bourgeoys, jusque-là bien portante, est saisie d'une forte fièvre. Elle meurt quelques jours plus tard, le 12 janvier 1700.

Pour mesurer la taille du personnage que fut Marguerite Bourgeoys aux yeux de ses contemporains, il n'est rien de plus révélateur que leurs témoignages d'estime et de vénération à l'occasion de sa mort. 250 ans avant sa béatification, l'admiration populaire l'avait déjà canonisée : on considérait comme des reliques les objets qu'on fit toucher à ses mains l'après-midi où elle fut exposée au public, dans la chapelle de la congrégation. L'unanimité des éloges qu'on lui adresse ne peut être fausse. Témoignage d'estime encore que le débat au sujet de la possession de ses restes, qui dut d'ailleurs se régler par un compromis : la paroisse de Ville-Marie garda son corps et la congrégation de Notre-Dame, son cœur.

On retrouve dans la pédagogie de Marguerite Bourgeoys les grands principes scolaires de la France au XVIIe siècle, et plus précisément, ceux de l'excellent éducateur que fut Pierre Fourier ; par la congrégation externe, à Troyes, Marguerite Bourgeoys avait été formée à son école. Mais elle adapte ces emprunts aux cadres de la Nouvelle-France. En un siècle où l'on se demandait encore en France si l'instruction était nécessaire aux filles du peuple, elle tient à ce que l'école soit gratuite : « Pour pouvoir instruire gratis, les Sœurs se contentent de peu, se privent de tout et vivent partout pauvrement. »

La compétence des professeurs semble une exigence toute nouvelle de notre siècle. Et pourtant Marguerite Bourgeoys la demande avec une étonnante perspicacité : « Les Sœurs doivent prandre peine de se randre savante et abille en toute sortes douvrages. Les filles de la Congrégation abandonne leur santé, leur satisfaction et leur repos pour l'instruction des filles ».

À une époque où l'on faisait encore largement usage du martinet, mère Bourgeoys recommande de n’user de la correction que « très rarement, toujours avec prudence et extrême modération, se souvenant qu'on est en la présence de Dieu. »

Grâce à cette bonté, qui est comme le sceau de sa pédagogie, Marguerite Bourgeoys réussit à apprivoiser les petites Indiennes et à former les deux premières religieuses originaires des races de l’Amérique, une Algonquine, Marie-Thérèse Gannensagouas, et une Iroquoise, Marie-Barbe Atontinon*.

C'est surtout dans la fondation de sa communauté, la congrégation de Notre-Dame, que Marguerite Bourgeoys nous paraît moderne, qu'elle prend figure de proue par ses adaptations merveilleuses et ses créations magnifiques. Elle fonde, en Nouvelle-France, au XVIIe siècle, une communauté de sœurs non cloîtrées, innovation extraordinaire à cette époque, car on ne connaissait alors pour les femmes que la clôture. Elle n'y parvient pas sans difficultés. À deux reprises, elle doit même opposer une respectueuse résistance au désir de son évêque de rattacher la congrégation aux Ursulines de Québec pour ne pas multiplier les ordres religieux dans une colonie pauvre et ne pas s'exposer aux risques d'une innovation hardie.

Marguerite Bourgeoys a trouvé une formule merveilleusement adaptée au nouveau pays. Ses filles font des vœux, mais elles sont « séculières », c'est-à-dire qu'elles « ne sont point cloitrée », à l'instar de Notre-Dame : « La Ste Vierge na point été cloitrée mais elle a gardé la solitude intérieure partout, elle na jamais refusée de se trouver ou la charité ou la nécessité avait besoin de secours ». C'est ainsi que les premières religieuses s'en allèrent à cheval, en canot ou à pied, faire le catéchisme dans les habitations disséminées le long des côtes du Saint-Laurent. Et « pour n'estre a charge à personne », elles devaient travailler à leur propre subsistance.

Le costume uniforme que Marguerite Bourgeoys donne à ses filles ne semble pas très adapté dira-t-on, à cette vie laborieuse. Mais si compliqué et encombrant qu'il puisse paraître aujourd'hui, il faut bien reconnaître qu'il était, à cette époque, assez « à la mode » du temps, semblable à celui que les femmes portaient alors : robe longue, fichu et coiffe « en toile de Rouen ».

Les filles de Marguerite Bourgeoys sont, dans leur âme, profondément religieuses. Marguerite Bourgeoys dote sa communauté d'une forte spiritualité. À l'imitation de Marie, les sœurs de la Congrégation seront « vagabondes et non cloîtrées ».

Dans ce style tout à fait original, Marguerite Bourgeoys a édifié une œuvre dont la survie est certainement la plus convaincante preuve de son réalisme mystique. Elle ne promettait à ses filles que « du pain et du potage ». La perspective n'engageait guère à l'entrée dans sa communauté. Et pourtant à sa mort, en 1700, elles étaient 40 pour continuer son œuvre. En 1961, sa communauté aura compté 6 644 religieuses. Dans 262 maisons, au Canada, aux États-Unis et au Japon, la congrégation de Notre-Dame atteint, en cette même année, par l'enseignement, près de 100 000 élèves, rayonnement apostolique qui prolonge dans le temps et dans l'espace la présence de Marguerite Bourgeoys.

Marguerite Bourgeoys, à l'âge de 78 ans, écrivit ses mémoires. Inquiétée par les adoucissements qu'on apportait à l'austérité des premières années, la fondatrice, bien lucide, consigne par écrit ses avertissements, ses vues sur l'esprit de la communauté et des souvenirs personnels qui expliquent la fondation de la congrégation de Notre-Dame. Ce point de vue, cet état d'âme justifient le style, le ton des mémoires et le choix des souvenirs. Plusieurs des manuscrits de Marguerite Bourgeoys ont péri dans l'incendie de la maison-mère en 1768. Ceux qui échappèrent à la destruction furent copiés lors du procès informatif de la cause de béatification en 1867, et les copies furent conservées à l'archevêché de Montréal. L'original, gardé à la congrégation de Notre-Dame, devint presque entièrement la proie des flammes dans l'incendie de 1893. La même année 1893, des sœurs se rendirent à l'archevêché pour copier la transcription des Écrits faite en 1867 pour la cause. On trouve aujourd'hui aux archives de la maison-mère, à Montréal, outre cette copie de 1893, le microfilm de la première copie de l'archevêché, de la copie envoyée au Vatican en 1868 et les photostats reliés de ces deux copies.


ACND, MSS Ml ; V1 ; V2, Écrits autographes de sœur Marguerite Bourgeois.— [Marguerite Bourgeoys], Marguerite Bourgeoys, éd. Hélène Bernier (« Classiques canadiens », III, Montréal et Paris, 1958). On a beaucoup écrit sur Marguerite Bourgeoys. Ses principales biographies, suivant l'ordre chronologique, sont : Charles Glandelet, Le Vray Esprit de Marguerite Bourgeoys et de l’Institut des Sœurs Séculières de la Congrégation de Notre-Dame établie à Ville-Marie en l’Isle de Montréal en Canada, 1701. Cet ouvrage ne fut pas publié, mais des copies faites sur le manuscrit sont conservées aux ACND ; biographie très précieuse parce que l'auteur, directeur spirituel de Marguerite Bourgeoys, la composa quelques mois seulement après la mort de la fondatrice et utilisa les témoignages et les souvenirs des contemporains de Marguerite Bourgeoys.— [Étienne Montgolfier], La Vie de la Vénérable Marguerite Bourgeoys dite du Saint-Sacrement (Ville-Marie [Montréal], 1818), connue sous le nom de Vie de 1818, et la première imprimée au Canada.— [Étienne-Michel Faillon], Vie de la Sœur Bourgeoys fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Villemarle en Canada, suivie de l’Histoire de cet institut jusqu’à ce jour (2 vol., Villemarie [Montréal], 1853).— Sister Saint Ignatius Doyle, Marguerite Bourgeoys and her Congregation (Gardenvale, P.Q. 1940).— Albert Jamet, Marguerite Bourgeoys, 1620–1700 (2 vol., Montréal, 1942).— Yvon Charron, Mère Bourgeoys (1620–1700) ([Montréal], 1950).— L.-P. Desrosiers, Les Dialogues de Marthe et de Marie (Montréal et Paris, 1957).

© 2000 University of Toronto/Université Laval


Marguerite Bourgeoys

Parfois, les gens mis sur notre route influenceront le cours de notre destinée, c’est le cas de Marguerite Bourgeoys. Sa rencontre avec Louise Chomedey, une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame de Troyes et directrice d’une communauté externe de femmes, a été déterminante. Lorsque le frère de Louise, Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Montréal au Nouveau-Monde, demande à sa sœur de l’aider à trouver une enseignante pour la petite colonie, celle-ci suggère Marguerite qui est alors à la tête de ce groupe de jeunes femmes qui enseignent aux enfants pauvres.

Ses origines

Marguerite est née en 1620 à Troyes située dans la région champenoise de la France. À l’âge de 20 ans, elle se sent transformée à la suite d’une procession et abandonne par la suite les frivolités de la vie. Lors de sa rencontre avec Monsieur de Maisonneuve, ses qualités de leader et ses habiletés à rassembler les gens autour d’une cause commune sont bien reconnues.

L’appel du Canada

Marguerite Bourgeoys accepte l’offre de Maisonneuve et se joint à la grande recrue de 1653 qui devait sauver Ville-Marie et sa cinquantaine d’habitants et l’aider à se défendre des attaques des Iroquois. Durant la longue et difficile traversée, elle devient l’infirmière, la confidente et l’amie des hommes et des femmes dont l’arrivée va faire tripler la population montréalaise.

Une femme de vision et de compassion

Marguerite Bourgeoys se joint à Maisonneuve et à Jeanne Mance, l’administratrice de l’hôpital, en tant que partenaire dans l’administration de la colonie. Elle comprend que les femmes jouent un rôle important dans le futur du pays. Elle met sur pied des ateliers de travaux pratiques où les femmes de toutes conditions peuvent y acquérir des connaissances et des savoir-faire essentiels à leur nouveau mode de vie. Elle accueille également les filles du roi dont l’arrivée va permettre l’établissement de familles et ainsi garantir la survie de la colonie. Elle vit avec ces jeunes femmes, les prépare à leur nouveau rôle et les aide à prendre mari.

Une chapelle, une école et une communauté religieuse

En 1655, elle demande aux colons de se joindre à elle pour la réalisation de son rêve : la construction d’une chapelle de pèlerinage facilement accessible à pied. Après des délais et des imprévus, la première chapelle de pierre de Montréal voit le jour en 1675.

Les enfants de la colonie apprennent à lire, à compter, à écrire et à découvrir la foi dans l’école-étable ouverte en 1658. Les filles plus âgées acquièrent des compétences qui les prépareront à leurs responsabilités futures d’épouses et de mères. Comme le veut la tradition, les enfants préparent de la tire pour souligner la Sainte-Catherine fêtée en novembre!

Après l’ouverture de l’école, Marguerite Bourgeoys retourne en France pour y recruter d’autres compagnes partageant sa vision. Ensemble, elles formeront le noyau d’une communauté de femmes non-cloîtrées, la Congrégation de Notre-Dame et ce, même si les autorités ecclésiastiques n’approuvent pas ce type de communauté religieuse. Sa communauté ne sera donc reconnue officiellement que deux ans avant sa mort survenue en 1700.

Un retour aux sources

Sainte Marguerite Bourgeoys a été canonisée en 1982. Cette pionnière a construit des maisons, établi une ferme, ouvert des écoles pour les Amérindiens comme pour les enfants de la colonie. Femme déterminée, nul ne pouvait la détourner de ses projets, pas même des évêques ou des rois. L’Église la présente maintenant comme un modèle. Lors d’une cérémonie émouvante en avril 2005, les religieuses de sa communauté et les Montréalais ont ramené ses restes mortels à Notre-Dame-de-Bon-Secours, au cœur même du quartier qui l’a vu vivre, travailler et mourir. Cette femme de courage, de vision et de compassion demeure un exemple et une inspiration pour nous tous.



Une femme de rêve et d’action

Une touche particulière de Dieu transforme le cœur de Marguerite alors qu'elle regarde une image de Marie.

Elle se sent appelée à imiter la vie de Marie sur terre et veut qu'il en soit ainsi pour toutes celles qui entreront dans sa congrégation.

Tout comme Marie, Marguerite « ne s'est jamais exemptée d'au¬cun voyage où il y eut quelque bien à faire, (…) quelque œuvre de charité à exercer. » (Écrits de Marguerite Bourgeoys p. 82) Elle traverse l'océan Atlantique à sept reprises pour les besoins de la colonie et de sa communauté, malgré tous les dangers que comportent ces longs voyages. Au cours des traversées, elle soigne les malades et réconforte les mourants.

Elle fonde l'une des premières communautés de femmes non cloîtrées qui vont vers les gens pour se rapprocher d'eux et répondre à leurs besoins. Elle réside avec les Filles du Roi pour les aider à s'adapter à leur nouveau pays. À l'image de Marie qui aide les premiers chrétiens à bâtir la Nouvelle Église après la mort de son Fils, Marguerite veut participer à la fondation d'une société où s'incarnerait l'idéal de la première communauté chrétienne.

Co-fondatrice de Montréal (Ville-Marie, à l'époque) avec Monsieur de Maisonneuve, elle consacre sa vie à bâtir « une Nouvelle Église dans un nouveau monde » et relève avec créativité les défis de son temps.

Pionnière de l'éducation, elle ouvre la première école en Nouvelle-France où elle enseigne les matières scolaires et religieuses et les arts ménagers aux mères et à leurs enfants.

Femme d'action, elle s'est faite travailleuse sociale, mentor, conseillère et médiatrice pour répondre aux nombreux besoins de la colonie.

Respectueuse de la culture autochtone, elle confie l'instruction des petites Amérindiennes à deux Iroquoises partageant son grand rêve.

Femme de cœur et de foi, Marguerite Bourgeoys est surnommée « mère de la colonie ».


Les événements marquants de sa vie

17 avril 1620 Naissance et baptême à Troyes, France.

7 octobre 1640 Lors d'une procession à la Vierge du Rosaire, une expérience spirituelle transforme le cœur de Marguerite et interpelle sa foi. « …je me trouvai si touchée et si changée que je ne me reconnaissais plus. » (Écrits de Marguerite Bourgeoys p. 234)

16 novembre 1653 Elle arrive à Ville-Marie après une longue traversée de l'Atlantique. Sur le bateau qui l'amène de la France au Canada, éclate une épidémie de peste; Marguerite soigne les malades et ensevelit les morts.

30 avril 1658 Elle ouvre la première école dans une étable de pierre que lui a donnée Paul Chomedey de Maisonneuve.

1658 - 1680 Elle effectue trois voyages en France pour aller chercher des recrues et voir aux affaires de la Congrégation.

1671 Le roi Louis XIV autorise l'établissement de la Congrégation de Notre-Dame en Nouvelle-France. Marguerite revient de France avec six compagnes.

1675 La construction de la Chapelle Notre-Da¬me- de-Bon-Secours commencée en 1655 est terminée.

1676 Monseigneur de Laval autorise Marguerite et ses compagnes institutrices de Ville-Marie à vivre en communauté sous le nom de « Filles séculières de la Congrégation ».

24 juin 1698 Les règles de la Congrégation sont définitivement établies. Les religieuses font profession et vouent solennellement leur vie au service de Dieu et des gens.

12 janvier 1700 Marguerite s'éteint à l'âge de 79 ans. Pour les habitants de Montréal, elle est « Sainte Marguerite ».

31 octobre 1982 Le pape Jean-Paul II canonise Marguerite Bourgeoys et donne à l'Église du Canada sa première sainte.

Aujourd’hui Les sœurs et les personnes associées à la Congrégation de Notre-Dame poursuivent l'œuvre de Marguerite Bourgeoys à travers le monde



William Von Mol Bercy, Marguerite et ses élèves

huile sur toile, avant 1805



Marguerite, son courage et sa foi : biographie d’une pionnière en Nouvelle-France

Adaptation de l’introduction du volume de Patricia Simpson, CND, Marguerite Bourgeoys et Montréal, 1640-1665, traduction de Simone Poissant (Montréal, McGill-Queen’s University Press, 1999)

1. La première éducatrice de Montréal

Marguerite Bourgeoys, native de Troyes, ancienne capitale de la Champagne, était arrivée en 1653 dans une Ville-Marie encore naissante et minuscule, exposée à de nombreux dangers. La ville de Montréal que nous connaissons doit son origine à un groupe d’hommes et de femmes dévots de la France du XVIIe siècle, dont le rêve était de partager avec les peuples autochtones du Nouveau Monde.

Dans l’espoir de réaliser cet objectif, ils entreprirent de s’établir dans l’île de Montréal, dans la colonie appelée Nouvelle-France. L’établissement devait incarner l’idéal chrétien décrit dans les Actes des Apôtres de manière à attirer les Amérindiens, tout comme les premières communautés de chrétiens du monde méditerranéen avaient attiré leurs adeptes, au début de l’Église.

Pour atteindre ce but, ils ont institué en France la Société de Notre-Dame de Montréal, en 1640, et deux ans plus tard, en mai 1642, Ville-Marie était fondée dans l’île de Montréal.

L’arrivée de Marguerite Bourgeoys, onze ans après la fondation de Ville-Marie, réalisait une partie du dessein initial qui prévoyait l’éducation des enfants de la colonie. Elle accompagnait « la recrue des cent hommes » sur laquelle on comptait pour sauver Ville-Marie qui, en 1653, faisait face à une terrible alternative : l’abandon du nouveau poste ou l’extinction de ses habitants.

Pendant la traversée qui l’amenait de la France vers le Canada, elle a soigné les malades et réconforté les mourants. C’est alors que ses compagnons de voyage, les futurs colons, commencèrent à l’appeler « sœur ». Depuis ce moment et jusqu’à sa mort, le 12 janvier 1700, elle s’est entièrement consacrée au bien-être de la population de Montréal.

2. Premiers pas en Nouvelle-France : les débuts de la CND

Avec ces hommes et ces femmes, elle partageait les dangers et les privations comme les efforts et les espoirs qui rythmaient leur vie dans la colonie naissante. Comme eux, elle était vulnérable aux menaces qui l’entouraient, attaques ennemies ou maladies, ainsi qu’à l’incompréhension des autorités de l’Église et de l’État, parfois hostiles ou incompétentes.

Avec constance, elle évitait ou refusait, autant que possible, tout honneur ou privilège qui l’aurait élevée au-dessus de la condition des gens ordinaires du Canada, de ces hommes et de ces femmes qui, dans la pauvreté, luttaient avec courage pour bâtir, dans ce Nouveau Monde, une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs familles.

Elle réalisa la tâche pour laquelle elle était venue à Montréal en y ouvrant au printemps de 1658 la première école, dans une étable abandonnée. Pour assurer la permanence et la stabilité de l’œuvre d’éducation des enfants et des femmes de la Nouvelle-France, elle a fondé une communauté de femmes non cloîtrées.

Même si les approbations civile et ecclésiastique ne devaient venir que dans un avenir éloigné, cette communauté a effectivement existé dès le 2 juillet 1659, au moment où Marguerite ramenait avec elle ses premières compagnes, sur le bateau transportant la dernière des grandes recrues de la Société de Notre-Dame de Montréal.

3. L’importance des femmes, du peuple et de Dieu

Comme plusieurs des autres dirigeants et dirigeantes des débuts de Montréal, Marguerite Bourgeoys venait d’une région de France où les femmes avaient des rôles importants, sur le plan social, au moins depuis le Moyen Âge. En s’engageant dans l’aventure de Montréal, elle devenait partie prenante d’une entreprise où les femmes jouaient des rôles décisifs, autant à l’arrière-plan, en France, que dans l’organisation de la colonie naissante.

Les témoignages de l’époque démontrent que les relations entre ces femmes et les hommes dont elles étaient les partenaires étaient basées sur la coopération plus que sur la confrontation. Mais les relations de Marguerite Bourgeoys ne se limitaient pas aux personnages importants de Montréal, dont l’histoire nous a transmis les noms. Elle était convaincue de l’importance des femmes ordinaires de la colonie : entre leurs mains, entre les mains des futures épouses et mères, reposait l’avenir du Canada. Aussi considérait-elle leur éducation comme une priorité.

Les paroles de Marguerite, tout comme les œuvres qu’elle a entreprises pendant sa vie, révèlent qu’elle croyait possible de transformer les personnes et, par conséquent, la société, si on parvenait à les rendre capables de « comprendre », ce qui est certainement l’objectif de toute éducation véritable.


4. L’éducation libératrice au service des familles

L’éducation que Marguerite Bourgeoys et ses compagnes dispensaient aux enfants (garçons et filles au début) ainsi qu’aux femmes de la Nouvelle-France était d’abord l’éducation de la foi, jaillissant d’une source religieuse profonde. La foi qui s’exprime dans la vie de Marguerite, comme dans les écrits qui nous ont été transmis, demeure au cœur de tout son enseignement. On y retrouve l’importance fondamentale du double commandement de l’amour, qui est au centre de l’Ancien et du Nouveau Testament : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Cependant, aux yeux de Marguerite, l’école devait avoir un rayonnement sur toute la vie de l’individu et sur la société toute entière. Ses fonctions allaient donc bien au-delà de la transmission des valeurs religieuses. Ses premiers et premières élèves n’étaient ni les riches ni les puissants, mais bien les enfants des colons qui édifiaient Montréal, des enfants qui, très tôt, devraient faire face à un double défi : gagner leur vie et celle de leurs familles et bâtir un pays neuf.

Pour les préparer à cette tâche, elle mettait l’accent non seulement sur l’importance d’un « travail honorable », mais sur la valeur et l’importance de leurs efforts.

Son action éducative ne se limitait pas à l’enseignement dans les classes. Elle accueillait les jeunes immigrantes qui venaient en Nouvelle-France dans le but d’épouser des colons, allant même jusqu’à offrir un foyer à ces jeunes femmes, où elle vécut avec elles pour les aider à s’adapter à leur nouveau pays et les préparer aux situations qui les attendaient.

Elle mit aussi sur pied un ouvroir, sorte d’atelier où les jeunes femmes pauvres pouvaient acquérir des habiletés manuelles qui leur permettraient de gagner leur vie. Les relations étroites que ses compagnes et elle avaient établies avec les habitants de la nouvelle colonie, aussi bien que sa capacité particulière à percevoir les besoins autour d’elle et à y répondre, avaient rendu possible une forme d’éducation vraiment adaptée à la vie des personnes à qui elle était offerte.

5. Une congrégation non-cloîtrée : la CND

Même si elle a vécu la plus grande partie de sa vie dans un pays que ses contemporains européens considéraient aux limites du monde, elle était par ailleurs au centre de l’important développement que vivait l’Église catholique romaine de son temps et qui préparait l’établissement d’une forme différente de vie consacrée pour des femmes regroupées en communauté.

Jusqu’au XVIIe siècle, et même bien au-delà, dans l’esprit de plusieurs autorités ecclésiastiques, les femmes qui vivaient en communauté et se consacraient au service de l’Église étaient nécessairement cloîtrées; il leur était défendu de sortir de leurs couvents et elles ne pouvaient admettre la présence de personnes de l’extérieur que dans une partie désignée de leurs couvents. La sécurité matérielle de ces communautés reposait sur l’établissement de fondations et sur l’exigence de dots, ce qui les empêchait de recevoir des femmes pauvres, sauf si celles-ci recevaient le soutien d’un bienfaiteur ou d’une bienfaitrice.

Marguerite parviendra à fonder l’une des premières communautés religieuses de femmes non cloîtrées de l’Église catholique, une communauté qui subvenait à ses propres besoins, une communauté qui, contrairement à la plupart de celles qui ont surgi en France à la même époque, a survécu jusqu’à ce jour. Cette communauté doit son caractère distinctif et sa survie au rôle qu’elle a joué dans ce qu’il est convenu d’appeler la période héroïque de l’histoire de Montréal. La source d’inspiration de Marguerite, dans la fondation d’une telle communauté, était Marie, mère de Jésus, qu’elle considérait comme la première et la plus fervente des disciples du Seigneur, enseignant et faisant le bien dans la primitive Église. L’identification de Marguerite à ce modèle se développe au rythme de sa propre expérience dans « l’Église primitive » des premières années de Montréal.

6. Après 350 ans, l’aventure se poursuit…

(…) si on avait demandé à Marguerite de choisir elle-même une période de sa vie qu’elle aurait pu qualifier de « dorée », il est fort probable, d’après ses écrits, qu’elle aurait choisi (…) les années qui s’échelonnent entre 1653, date de son arrivée à Montréal, et 1665, qui marque la fin d’une époque dans le développement de Montréal, avec le départ de Paul de Chomedey de Maisonneuve et l’arrivée du régiment de Carignan. Ce furent des années de lutte, de danger, de privation et d’épreuve ; ce furent aussi des années d’espoir, d’amitié et de rêves partagés. Au cours de ces années, Marguerite connaissait alors chaque colon et chaque femme de Montréal, dont plusieurs intimement, et elle occupait une place dans leur vie comme ils en occupaient une dans la sienne.

(…) [L’aventure] de Marguerite Bourgeoys ne se termine pas avec le départ de Maisonneuve. Elle obtiendra la reconnaissance, d’abord civile, puis ecclésiastique de l’une des premières communautés féminines non cloîtrées de l’Église catholique romaine. De son vivant, sa communauté comprendra non seulement des Françaises, mais aussi des Nord-Américaines d’ascendance française, amérindienne et même anglaise. Leur action éducative s’étendra au-delà de Montréal, jusqu’à Québec et aux petits villages qui s’implantaient le long du Saint-Laurent.

(…) Si la vie de Marguerite Bourgeoys permet de mieux saisir le passé, elle ouvre aussi des horizons vers l’avenir. Elle fut une pionnière, une femme d’action s’efforçant de bâtir une Église et une société meilleures, dans un monde où ces deux structures n’étaient pas vraiment séparées, dans un monde où elle s’est préoccupée du bien-être des femmes et des enfants, dans un monde qui deviendrait meilleur, croyait-elle, dans la mesure où les gens apprendraient à se comprendre les uns les autres.

Les mondes dans lesquels nous vivions hier encore sont irrévocablement perdus pour nous, comme l’Europe l’était pour les colons du XVIIe siècle qui lui avaient tourné le dos pour s’établir dans le Nouveau Monde, ou comme l’Amérique précolombienne l’était pour les peuples autochtones, après l’arrivée des Européens. Même si elle remonte loin dans le temps, la vie de Marguerite Bourgeoys dans le Montréal des origines peut ouvrir des voies nouvelles, inviter les pionniers et pionnières que nous sommes à relever les défis du présent, et révéler que la soif de compréhension et de compassion est aussi intense aujourd’hui qu’il y a trois siècles.



Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys was born in Troyes, France in 1620 and died in Montreal in 1700. As one of the older girls of a Christian, middle-class family, Marguerite had to assume the responsibility for the household when her mother died. At the age of twenty, she had a conversion experience during a religious procession that profoundly influenced her future mission and focused her values. She felt singled out by the Blessed Virgin. In response, she joined a local group of women who gathered to do charitable work as an extension of a cloister in Troyes. Marguerite served as leader of this extern group and, as her service, taught the children in the poor section of town. In 1653 Paul de Maisonneuve, founder of Montreal, passed through Troyes and invited Marguerite to join him in Ville Marie as a lay teacher to instruct the children of the colonists and the Native Americans. In June 1653, she sailed from Nantes on a three-month voyage to the New World.

Marguerite's humanitarian and Christian work in Canada was principally as educator and founder. The wilderness was so hard on the colonists that she had to wait for five years before children survived until school age. In the interim, she instructed the Indian children. In 1658 she opened her first school in a stone stable given her by the town leaders. Marguerite had a broad concept of education. She saw the school as a vehicle of religious and social development. Unique to her time, she provided education for all, giving special attention to girls, the poor and the natives. Education in Marguerite's schools consisted in the basics of literacy, religious instruction, home economics, and the arts.

Beyond the classroom, she worked with families, assisted in faith formation in the parish, and addressed the social service needs of the colonists. Noteworthy among her contributions to the colony is the special vocational schools she established to provide the domestic skills a young woman would need to run a home in the wilderness.

She became the official guardian to the "filles du roi", young orphan girls sent by the monarch to establish new families. She lodged them in her own home, served as a matchmaker, and prepared them for their new life as pioneers. Her signature appears as a witness on many of the early marriage contracts in Montreal. As a result of these activities she was affectionately referred to as "the Mother of the Colony". Marguerite made three trips back to France to recruit other women to join her in her work of education and to obtain civil approbation from the king.

Marguerite's apostolic spirituality was a special gift to the Church. She was a woman of action inserted into her time as is attested to by the mark she left on the history of Montreal and education in Canada. She was a woman of faith, deeply committed to the service of the Gospels. She was personally motivated by the missionary journeying of Mary in service to her cousin, Elizabeth, and desired to form a group of uncloistered women who would imitate Mary in this mystery of the Visitation.

Marguerite had an exceptional and practical love of God and neighbor. She had a great desire to serve the Church in its most local form, the parish. She exhorted her extern congregation of educators to be "daughters of the parish" - to worship with the people and use the local church as a source of spiritual nourishment.

Her Congregation received Church approbation in 1698 and at that time pronounced vows as uncloistered religious. Today the Congregation de Notre Dame numbers 2600 sisters in North America, Japan, Latin America, and the Cameroons in service to the people of God in the spirit of the Visitation.

On November 12, 1950 Pope Pius XII beatified Marguerite Bourgeoys. Canonizing her October 31, 1982, Pope John Paul II gave the Canadian Church its first woman saint.

Patron: Against poverty; impoverishment; loss of parents; people rejected by religious orders; poverty.

Things to Do:

• Say a prayer to St. Marguerite.

• Have your children visit this interactive webpage about the life of St. Marguerite which also teaches the history of Canada.

• Learn more about the congregation, Congregation of Notre Dame de Montreal, St. Marguerite founded.

• Read the Vatican's biography of St. Marguerite Bourgeoys.

• Have some fun with the family making "La tire Ste Catherine" (St. Catherine's Pull Taffy).



St. Marguerite Bourgeoys was born in Troyes, France in 1620, and died in Montreal in 1700. She is renowned for her work, her spirituality, and her impact on society and the Church in North America.

As one of the older girls of a devout Catholic middle class family, St. Marguerite had to assume the responsibility for the household when her mother died. At the age of twenty, she had a conversion experience during a religious procession that profoundly influenced her future mission and focused her values. She felt singled out by the Blessed Virgin, and in response she joined a local group of women who gathered to do charitable work as an extension of a cloister in Troyes. St. Marguerite served as leader of this extern group, and as her service taught the children in the poor section of town. In 1653, Paul de Maisonneuve, founder of Montreal, passed through Troyes and invited St. Marguerite to join him in Ville Marie as a lay teacher, to instruct the children of the colonists and of the Native Americans. In June 1653, she sailed from Nantes on a three month voyage to the New World.

St. Marguerite’s humanitarian and Christian work in Canada was principally as educator and founder. In 1658, she opened her first school in a stone stable given her by the town leaders. St. Marguerite had a broad concept of education. She saw the school as a vehicle of religious and social development. Unique to her time, she provided education for all, giving special attention to girls, the poor and the natives. Education in Marguerite’s schools consisted in the basics of literacy, religious instruction, home economics and the arts.

Beyond the classroom, St. Marguerite worked with families, assisted in faith formation in the parish, and addressed the social service needs of the colonists. Noteworthy among her contributions to the colony are the special vocational schools she established to provide the domestic skills a young woman would need to run a home in the wilderness.

St. Marguerite became the official guardian to the “filles du roi”, young orphan girls sent by the monarch to establish new families. She lodged them in her own home, served as a matchmaker, and prepared them for their new life as pioneers. Her signature appears as a witness on many of the early marriage contracts in Montreal. As a result of these activities she was affectionately referred to as “the Mother of the Colony”. St. Marguerite made three trips back to France to recruit other women to join her in her work of education and to obtain civil approbation from the king.

St. Marguerite’s apostolic spirituality was a special gift to the Church. She was a woman of action in her time and left a mark on the history of Montreal and education in Canada. She was a woman of faith and deeply committed to the service of the Gospels. She was personally motivated by the missionary journeying of Mary in service to her cousin, Elizabeth, and desired to form a group of uncloistered women who would imitate Mary in this mystery of the Visitation.

St. Marguerite had an exceptional and practical love of God and neighbour. She had a great desire to serve the Church in its most local form, the parish. She exhorted her extern congregation of educators to be “daughters of the parish” - to worship with the people and use the local church as a source of spiritual nourishment.

Her Congregation received Church approbation in 1698 and at that time pronounced vows as uncloistered religious. Today the Congregation de Notre Dame numbers 2600 sisters in North America, Japan, Latin America, and the Cameroons in service to the people of God in the spirit of the Visitation.

PRAYER TO SAINT MARGUERITE BOURGEOYS

O Mother Bourgeoys,

you, whose compassionate power is ever increasing,

show us your way of Truth, Faith and Holiness.


Make us humble enough to abandon ourselves to the Will of God,

generous enough to find in the Cross the joy of the Loving Giver.


May your fidelity to Jesus in the Blessed Sacrament

lead us ever nearer to this source of light and peace.

May your spirit of openness help us to be concerned

for our brothers and sisters throughout the world.


Finally, may Our Lady of the Trinity, Father, Son and Holy Spirit,

bring us to this unity of eternal grace

to which God has called you for all eternity.

Amen


St. Marguerite Bourgeoys

St. Marguerite Bourgeoys (1620 – 1700) “God closes a door and then opens a window,” people sometimes say when dealing with their own disappointment or someone else’s. That was certainly true in Marguerite’s case. Children from European as well as Native American backgrounds in seventeenth-century Canada benefited from her great zeal and unshakable trust in God’s providence.

Born the sixth of 12 children in Troyes, France, Marguerite at the age of 20 believed that she was called to religious life. Her applications to the Carmelites and Poor Clares were unsuccessful. A priest friend suggested that perhaps God had other plans for her.

In 1654, the governor of the French settlement in Canada visited his sister, an Augustinian canoness in Troyes. Marguerite belonged to a sodality connected to that convent. The governor invited her to come to Canada and start a school in Ville-Marie (eventually the city of Montreal). When she arrived, the colony numbered 200 people with a hospital and a Jesuit mission chapel.

Soon after starting a school, she realized her need for coworkers. Returning to Troyes, she recruited a friend, Catherine Crolo, and two other young women. In 1667 they added classes at their school for Indian children. A second trip to France three years later resulted in six more young women and a letter from King Louis XIV, authorizing the school. The Congregation of Notre Dame was established in 1676 but its members did not make formal religious profession until 1698 when their Rule and constitutions were approved.

Marguerite established a school for Indian girls in Montreal. At the age of 69, she walked from Montreal to Quebec in response to the bishop’s request to establish a community of her sisters in that city. By the time she died, she was referred to as the “Mother of the Colony.” Marguerite was canonized in 1982.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-marguerite-bourgeoys/

Marguerite Bourgeoys, Foundress (RM)

Born at Troyes (Aube), France, in 1620; died in Québec, Montréal, Canada, January 12, 1700; beatified in 1950; canonized in 1982. Saint Marguerite was the daughter of a prolific candle-maker. Like several saints before her, she was frustrated by those who could not see her vocation. She first tried to enter the Carmelites and Poor Clares. Both refused her entry, so she joined an uncloistered community of active sisters. This was not satisfactory either. God was calling her but the message was dim for she was to be the founder of a new order.


In 1652, the governor of Montréal visited Troyes and recruited Marguerite to tutor the children of the French garrison at Ville-Marie (now Montréal), where she arrived the following year. There she busied herself teaching children, caring for the sick in the hospital, and helping in other ways in the small outpost. In 1658, she was appointed the headmistress of the first school established at Montréal. Realizing that more teachers would be needed, Marguerite returned to France and recruited four helpers. She repeated the process in 1670-72. At that time she decided to found a congregation, which was given canonical approval by the bishop of Québec in 1676 and by the Vatican in 1688; however, the first 24 did not make their professions as Sisters of Notre Dame until 1698--after Marguerite had resigned as superior.


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0119.shtml

Having obtained the royal patent from King Louis XIV to teach throughout Canada, the congregation's apostolate expanded in spite of the difficulties the sisters encountered, such as fires and massacres by the neighboring Iroquois. They established schools for Indian children. New schools for the French were established at Québec and Trois Rivières. With indomitable courage they continued their mission through the hardships entailed by pioneering, of poverty, and even misunderstandings with the bishops. In 1889, the congregation received papal approval to spread into the United States. The 200 convents of Marguerite's congregation today are evidence for her wisdom and sheer goodness described by her contemporaries (Attwater2, Benedictines, Farmer).

BOURGEOYS, MARGUERITE, dite du Saint-Sacrement, founder of the Congrégation de Notre-Dame de Montréal; b. 17 April 1620 at Troyes in Champagne (France); d. 12 Jan. 1700 at Montreal and was buried there the next day; beatified 12 Nov. 1950 and canonized 31 Oct. 1982.

Marguerite Bourgeoys was born in France in the century of the Thirty Years’ War and the Fronde, during the period of the mighty triumphs of organization achieved by Richelieu and Colbert, during the period of the great mystics of the French school: Jean-Jacques Olier, Pierre de Bérulle, Charles de Condren. She was marked by her environment and by her time, and was destined to be both a great realist and a profound mystic, and also to assume the figure of a forerunner.

By her father, a master candle-maker and a coiner in the mint at Troyes, as well as by her mother Guillemette Garnier, Marguerite belonged to the 17th-century French bourgeoisie. The detailed inventory of Mme Bourgeoys’s estates and jewellery, and an examination of the Garnier family, give proof of the high quality of the social relations maintained by the parents and of the comfortable circumstances in which they lived.

Up to 1950 the biographers of Marguerite Bourgeoys continued to assert that she became an orphan at the age of 12, and that from that time on she was responsible for keeping house and for the education of her brothers and sisters. Documents discovered since prove, on the contrary, that Marguerite, the sixth of the 12 Bourgeoys children, was 19 at her mother’s death, and that an elder sister, Anne, was still at home in 1639. It was in 1640 – when Marguerite was 20 – that she passed the first milestone in the astonishing odyssey that was to bring her to New France.

The Congrégation de Notre-Dame, founded in 1598 by Alix Leclerc at the instigation of Abbé Pierre Fourier, had a convent at Troyes. These cloistered nuns, who could not go outside the monastery to exercise their calling, had recourse to a compromise: a so-called external congregation, that is, a group of girls who met in the monastery for religious instruction and lessons in pedagogy.

“Notwithstanding all the entreaties which had been made to her,” Marguerite Bourgeoys had always refused to enter the external congregation, lest she be “thought a bigot.” But in 1640, during the procession of the Rosary, a sudden unforeseen incident changed her destiny. She wrote: “We passed again in front of the portal of [the abbey of] Notre-Dame, where there was a stone image [of the Virgin] above the door. When I looked up and saw it I thought it was very beautiful, and at the same time I found myself so touched and so changed that I no longer knew myself, and on my return to the house everybody noticed the change, for I had been very light-hearted and well-liked by the other girls.”

Marguerite Bourgeoys’s first step was to enter the external congregation. The director of the congreganists was then Mother Louise de Chomedey de Sainte-Marie, sister of Paul de Chomedey de Maisonneuve, the governor of Ville-Marie (Montreal). Through her, Marguerite heard about Canada, and then was introduced to Maisonneuve, who was passing through Troyes in 1652. Sister Louise de Chomedey and a few associates begged Maisonneuve to take them to Montreal. But he refused, saying that under the conditions prevailing at the time a religious community would be unable to exist at Ville-Marie. Marguerite Bourgeoys, who was then 33, offered to go there, and Maisonneuve accepted her.

Having been inexplicably refused admission to the Carmelites and to some other orders, she was free to go to Ville-Marie. In February 1653 she left Troyes, and finally landed at Quebec, after many difficulties, on 22 September.

When she reached Ville-Marie, Marguerite Bourgeoys found there were no children of school age, because of the infant mortality: “For about eight years we were unable to find any children to raise.” Meanwhile, she acted like an older sister to the settlers. Already, on the boat, her presence had been a moral lesson for them, had in fact almost converted them, for on their arrival “they were changed like clothes that are put in the wash.” In 1657 she seems with her winning ways to have persuaded them to make up a work-party for the construction of the chapel of Notre-Dame-de-Bon-Secours (the first stone church built on the island of Montreal), which, despite many transformations, still stands today in the same spot. The testimony of her contemporaries affirms that people had recourse on every occasion to Marguerite, a real social worker before the invention of the term.

But the mission towards which her inclinations and her natural disposition urged her was teaching. On 30 April 1658 Marguerite Bourgeoys was finally able to receive her first pupils in a stable that had been given her by Maisonneuve for want of something better. The deed of grant stated that it was “a stone building 36 feet long by 18 wide, situated at Ville-Marie, near the Hôpital Saint-Joseph.”

Marguerite, however, had greater ambitions, for she returned to France that same year, 1658, “with the intention of bringing back some girls to help me to give lessons to the children.” She did bring back three worthy bourgeois girls, Edmée Châtel, Marie Raisin, and Anne Hiou, as well as a “sturdy wench” for the heavy jobs. Thanks to her companions’ help, Marguerite Bourgeoys was soon to be in a position to receive the filles du roi, the young orphan girls sent by Louis XIV to New France “to start families.” She went “to meet them at the shore,” and prepared them for their future role. It was to her house that the settlers of Ville-Marie came to seek a wife, and they had to undergo a rigorous examination. They seem moreover to have appreciated this unusual matrimonial agency, as well as the teaching given to the children at Marguerite Bourgeoys’s school, for in 1667, at a “settlers meeting,” they resolved to ask the king to grant letters patent to the “filles de la Congrégation,” the name by which “Sister Bourgeoys” and her companions were already known at Ville-Marie.

For his part, Bishop François de Laval*, the apostolic vicar of New France, at the time of his 1669 visit, gave his approval in the form of an ordinance authorizing the teachers of Ville-Marie to instruct on the Île de Montréal and in all other places in Canada that should ask for their services.

Marguerite Bourgeoys therefore decided, in 1670, to go and “ask the King for letters patent” in order to guarantee the existence of her community. This was perhaps the most astonishing of all her journeys. She set off, the only woman, with ten sols in her pocket. Reaching Paris, “without money, clothes or friends,” she made her way into the king’s presence. Jean Talon, in his report dated 10 Nov. 1670, had pointed out to Colbert the services rendered to Canada by this “kind of congregation formed to teach children not only reading and writing, but simple handiwork.” And Colbert had written in the margin: “This institution must be actively encouraged.” The ground was thus well prepared, and in May 1671 Marguerite Bourgeoys obtained from the king the desired letters patent. “Not only,” wrote the king, “has she performed the office of schoolmistress by giving free instruction to the young girls in all the occupations that make them capable of earning their livelihood, but, far from being a liability to the country, she has built permanent buildings, cleared land-concessions, set up a farm. . . .”

Marguerite Bourgeoys brought back from France three of her nieces: Marguerite, Catherine, and Louise Sommillard. Marguerite and Catherine were later to become sisters of the Congrégation, and Louise the wife of a settler named Fortin.

This period (1672) was for Marguerite Bourgeoys the beginning of the golden age of her work in New France, a decade of great expansion.

At the request of the noble and bourgeois families who had previously sent their daughters to Quebec, Marguerite Bourgeoys opened a boarding-school at Ville-Marie, in 1676.

But Marguerite Bourgeoys’s preferences went to young girls less favoured by fortune. For them she set up the first domestic training school in the country, the needle-work school (Ouvroir de la Providence), at Saint-Charles point. In addition she sent her assistants to all those who could not come to the boarding-school. Thus small schools were founded at Lachine, Pointe-aux-Trembles (Montreal), Batiscan, and Champlain. The little Indian girls were always special favourites of hers. From the time she came to Ville-Marie, Marguerite Bourgeoys had always attracted and welcomed a few to her school. Around 1678 she established a mission in the Indian village of Montagne. The sisters taught in cabins made of bark. It was only at the turn of the century that they were housed in the towers of the fort built by M. Vachon* de Belmont; these towers can still be seen today on the ground occupied by the Grand Séminaire of Montreal.

As she saw her work developing to an extent that had been unforeseeable at the beginning, Marguerite Bourgeoys became concerned about the future. Before sending them on a mission, she had indeed given her companions training in pedagogy, and especially in a rule of life that was suited to a secular community and that she had elaborated in imitation of Our Lady’s earthly existence. Already, it is true, Bishop Laval and Louis XIV had agreed that this type of life should be tried, and the settlers had long called them “sisters.” But Marguerite Bourgeoys and her companions could make only promises valid in civil law, since the official hierarchy of the Church had not approved a formal status for them.

For this reason Marguerite Bourgeoys undertook a third voyage to France in 1680, this time with Mme Perrot, the wife of François-Marie Perrot, the governor of Montreal. Bishop Laval, who was in Paris, overburdened with cares, received her coldly and even forbade her to attempt any recruiting.

This journey, however, was not useless. Marguerite Bourgeoys met Mme de Miramion, but lately a celebrity at the court, who was living in retirement and directing a group of young girls doing charitable works – a “mother of the church,” as Mme de Sévigné put it. Marguerite returned to Canada having acquired valuable experience of religious life in France and better prepared to face the difficulties which would soon beset her young community.

In December 1683 Sister Bourgeoys intended to resign and to proceed to the election of a new superior. But it so happened that during the night of 6 to 7 December a fire destroyed the mother house and caused the death of the two candidates for election, Marguerite Sommillard and Geneviève Durosoy.

So Sister Bourgeoys courageously resumed office. The succeeding years recall those of the great foundations; it was the beginning of the Quebec era. In 1685 Bishop Saint-Vallier [La Croix*], who succeeded Bishop Laval, brought the sisters of the Congrégation to the parish of Sainte-Famille on the Île d’Orléans. Sister Mayrand and Sister Marie Barbier*, dite Marie de l’Assomption, were to be the heroines of this difficult foundation. A few months later the bishop, delighted with Sister Bourgeoys’s work at the Ouvroir de la Providence, decided to set up a similar charity school at Quebec. To this end he bought “a house near the great square of Notre-Dame, opposite the close of the reverend Jesuit Fathers,” and then he fetched from the Île d’Orléans Sister Barbier, who was soon joined by a companion from Montreal, Sister Marie-Catherine Charly*. It was in this same house of Providence that Bishop Saint-Vallier was to open his Hôpital Général in 1689, appointing two sisters of the Congrégation as nurses to take care of the aged.

In 1692 the whole organization of the Congrégation at Quebec was modified. At the request of the parish priest of Quebec and to Sister Bourgeoys’s delight, the sisters of the Congrégation opened a school for little girls from the poor families of the Lower Town.

As for the activities of the Hôpital Général, Bishop Saint-Vallier housed them in the former convent of the Recollets on the Saint-Charles River, and entrusted them thenceforth to the Hospitallers.

The resignation of Sister Bourgeoys was finally accepted at Montreal in 1693; Sister Barbier was elected superior general. Yet Marguerite Bourgeoys, at 73 years of age, was not yet to withdraw to the infirmary, there to enjoy the peace that comes from the completion of one’s labours. Bishop Saint-Vallier reopened the question of the essence and of the very existence of the Congrégation by trying to merge the sisters with the Ursulines, or to impose upon them the cloister and a rule of his own making. But finally, with the help of M. Tronson, the superior of the Sulpicians in Paris, and sustained by the lucid will of the founder, Sister Barbier succeeded in having this rule modified to fit the requirements “of secular nuns.” On 1 July 1698, the day preceding the Visitation, in the presence of Bishop Saint-Vallier, Marguerite and her companions took simple vows in the Congrégation de Notre-Dame, which was canonically constituted a community. Marguerite Bourgeoys was henceforth to be called “Sœur du Saint-Sacrement,” a name that sums up the last two years of her life, two years of solitude and prayer. From 1695 the mother house of the Congrégation finally had a chapel, thanks to the gifts made by Jeanne Le Ber*, who had asked in return to live there as a recluse for the rest of her life.

Marguerite Bourgeoys’s death, following the model of her life, was marked by realism and mysticism. Sister Catherine Charly was dying; to save this young nun’s life, Marguerite Bourgeoys offered her own: “Oh God,” she prayed, “why do you not take me instead, I who am useless and good for nought!” The evening of that very day, according to Glandelet, who cites letters from witnesses of the occurrence, Sister Charly was saved, and Sister Bourgeoys, who was well up to that time, was taken with a high fever. She died a few days later.

For forming an idea of Marguerite Bourgeoys’s stature in the eyes of her contemporaries, there is no more revealing source than their tributes of esteem and veneration at the time of her death. Popular admiration had already canonized her 250 years before her beatification; the objects which had been placed in contact with her hands, during the afternoon when the public was admitted to see the body lying in the chapel of the Congrégation, were considered relics. The unanimity of the praises addressed to her cannot be misleading. A further testimony of esteem was the discussion about the possession of her remains, which had moreover to be settled by a compromise; the parish of Ville-Marie kept her body and the Congrégation de Notre-Dame her heart.

Marguerite Bourgeoys’s pedagogy comprised the great principles of teaching used in 17th-century France, and more particularly those of the excellent educator Pierre Fourier; she had been trained in his methods by the external congregation at Troyes. But she adapted what she had acquired to the setting of New France. In a century when people in France were still wondering whether education was necessary for daughters of the lower orders, she insisted that schooling should be free: “To be able to give free instruction, the sisters content themselves with a minimum, do without everything and live sparsely everywhere.”

The competence of the teacher seems to be a requirement of our era. Yet Marguerite Bourgeoys called for it, with an astonishing perspicacity: “The sisters must take the trouble to acquire knowledge and skill for all kinds of tasks. The members of the Congrégation sacrifice their health, their satisfaction and their rest for the sake of the girls they teach.”

In an age when the birch-rod was still widely employed, Mother Bourgeoys recommended the use of chastisement only “very rarely, always with prudence and extreme moderation, it being remembered that one is in the presence of God.”

Thanks to this goodness, which was so to speak the hallmark of her pedagogy, Marguerite Bourgeoys managed to win over the little Indian girls and to form the first two nuns to come from the native races of America: an Algonkin, Marie-Thérèse Gannensagouas, and an Iroquois, Marie-Barbe Atontinon.

It is above all in the founding of her community, the Congrégation de Notre-Dame, that Marguerite Bourgeoys appears modern to us; through her wonderful adaptations and her magnificent achievements she stands in the forefront of our history. In New France, in the 17th century, she founded a community of non-cloistered sisters, an extraordinary innovation at that time, for the cloistered life was the only one known for women. She did not succeed without difficulties. On two occasions she had even to resist respectfully her bishop’s desire to link up the Congrégation with the Ursulines of Quebec, in order to avoid increasing the number of religious orders in a poor colony and exposing himself to the risks of a bold new venture.

Marguerite Bourgeoys hit upon a formula which was wonderfully suited to the new country. Her nuns, although they took vows, were “secular,” that is to say they “were not cloistered,” any more than Our Lady herself: “The Holy Virgin was not cloistered, but she everywhere preserved an internal solitude, and she never refused to be where charity or necessity required help.” For this reason the first nuns went on horseback, on foot, or by canoe, to teach the catechism in the dwellings scattered along the shores of the St. Lawrence. And “in order not to be a burden to anyone,” they had to see to their own subsistence.

The uniform costume given by Marguerite Bourgeoys to her nuns did not seem very well suited, one would say, to such a laborious life. But however complicated and cumbersome it might appear today, one must admit that at that period it was fairly well “in fashion,” similar to what women then wore: long dress, fichu, and headdress of “Rouen cloth.”

Marguerite Bourgeoys’s nuns were of a profoundly religious cast of mind; she imparted to her community a strong spiritual quality. Following the example of Mary, the sisters of the Congrégation were intended to be “wanderers and not cloistered.”

In this entirely original fashion Marguerite Bourgeoys built an edifice of which the survival is certainly the most convincing proof that its mysticism is based upon realism. She promised her nuns nothing but “bread and soup,” a prospect that scarcely invited entry into her community. Yet at her death in 1700 there were 40 sisters to continue her work. By 1961 the community numbered 6,644 nuns. In that year, in 262 establishments in Canada, the United States, and Japan, the Congrégation de Notre-Dame reached nearly 100,000 pupils through its teaching, a diffusion of the gospel which prolongs in time and space the presence of Marguerite Bourgeoys.

At the age of 78 Marguerite Bourgeoys wrote her memoirs. Disturbed by the way in which the early austerity was being relaxed, the clear-sighted founder put down in writing her warnings, her ideas on the spirit of the community, and some personal memories which explain the founding of the Congrégation de Notre-Dame. This point of view and this mood account for the style and tone of the memoirs and the choice of the memories. Several of Marguerite Bourgeoys’s manuscripts were lost in the fire that destroyed the mother house in 1768. Those that escaped destruction were copied at the time of the informative enquiry for the cause of beatification in 1867, and the copies were preserved in the archdiocesan archives at Montreal. The original, kept at the Congrégation de Notre-Dame, was almost entirely consumed in the fire of 1893. That same year some sisters went to the archdiocesan archives to copy the transcription of the documents written in 1867 for the cause of beatification. In the archives of the mother house, at Montreal, are to be found today, in addition to the 1893 copy, the microfilm of the first copy belonging to the archdiocesan archives, and of the copy sent to the Vatican in 1868, and the bound photostats of these two copies.


ACND, MS, M1, V1, V2, Écrits autographes de sœur Marguerite Bourgeois. [Marguerite Bourgeoys], Marguerite Bourgeois, éd. Hélène Bernier (Classiques canadiens, III, Montréal et Paris, 1958).

A great deal has been written on Marguerite Bourgeoys. Only the principal biographies are listed below, in chronological order: Charles Glandelet, Le vray esprit de Marguerite Bourgeoys et de l’Institut des sœurs seculières de la Congrégation de Notre-Dame établie à Ville-Marie en l’Isle de Montréal en Canada, 1701; unpublished MS, copies in ACND, particularly valuable because the author, Marguerite Bourgeoys’s spiritual director, wrote it only a few months after the death of the foundress and used the accounts and recollections of her contemporaries. [Étienne Montgolfier], La vie de la Vénérable Marguerite Bourgeoys dite du Saint-Sacrement (Ville-Marie [Montréal], 1818), known as the Vie de 1818, and the first biography printed in Canada. [É.-M. Faillon], Vie de la Sœur Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Villemarie en Canada, suivie de lhistoire de cet institut jusquà ce jour (2v., Villemarie [Montréal], 1853). Sister Saint Ignatius Doyle, Marguerite Bourgeoys and her Congregation (Gardenvale, P.Q., 1940). Albert Jamet, Marguerite Bourgeoys, 1620–1700 (2v., Montréal, 1942). Yvon Charron, Mère Bourgeoys (1620–1700) ([Montréal], 1950). L.-P. Desrosiers, Les dialogues de Marthe et de Marie (Montréal et Paris, [1957]).

Revisions based on:

Bibliothèque et Arch. Nationales du Québec, Centre d’arch. de Montréal, CE601-S51, 13 janv. 1700.
Congrégation de Notre-Dame, “Bringing out our inner light!”: cnd-m.org/en/home (consulted 25 March 2014).

General Bibliography


SOURCE : http://www.biographi.ca/en/bio/bourgeoys_marguerite_1F.html


Voir aussi : http://www.er.uqam.ca/merlin/ak691533/margueritebourgeoys.htm