mardi 22 janvier 2013

Saint VINCENT de SARAGOSSE, diacre et martyr

Saint Vincent de Saragosse

Diacre et Martyr

(† 304)

Saint Vincent

Saint Vincent, l'un des plus illustres martyrs de Jésus-Christ, naquit à Saragosse, en Espagne. Son éducation fut toute chrétienne, et il fit de rapides progrès dans la connaissance des saintes Lettres.

Il était diacre, quand Dacien, gouverneur d'Espagne, l'un des plus cruels persécuteurs qu'ait jamais eus l'Église, en fit une des premières victimes de sa fureur. Rien n'est plus beau que le récit de son interrogatoire: "Ta naissance, Vincent, dit le juge, et ta brillante jeunesse excitent toute ma sympathie; renonce à ta religion et choisis entre les honneurs ou les tourments. -- Tu as pris trop de peine, répond le martyr, pour me faire apostasier; je resterai chrétien et saurai mourir joyeusement pour la vérité. Les souffrances me vaudront la couronne des élus."

Comme prélude de son supplice, Vincent est étendu sur un chevalet, et, sous l'action des cordes et des roues, ses nerfs se rompent et ses membres se brisent: "Eh bien! Dis-moi maintenant quelle est ta foi? Reprend le féroce Dacien. -- Tu combles aujourd'hui mes voeux, dit le martyr, laisse libre cours à ta rage, tes fureurs me conduisent à la gloire."

Le tyran s'irrite contre les bourreaux, trop timides dans leur besogne, et le supplice recommence plus horrible encore, à coups d'ongles de fer. Vincent sourit dans les tortures: "Vos idoles, dit-il, sont de bois et de pierre; servez, si vous voulez, ces vains fantômes; pour moi, je ne sacrifie qu'au Dieu vivant qui est béni dans tous les siècles." Dacien lui-même est touché de l'affreux état où il a mis sa victime: "Aie pitié de toi, Vincent, ne méprise pas ainsi la jeunesse dans sa fleur, épargne-toi de plus terribles châtiments."

Mais le saint diacre ne cède pas plus aux flatteries qu'aux menaces: "Langue de vipère, dit-il, je crains plus ton poison que tes tourments. J'ai pour me soutenir la parole de mon Sauveur, qui m'a dit: "Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent rien sur l'âme." Alors on prépare un vaste gril de fer dont les barres sont autant de scies aux pointes aiguës; on le place sur un brasier ardent et on y jette le martyr, qui bénit Dieu dans son affreux supplice.

Vainqueur du tyran, Vincent est retourné dans son cachot et soumis à de nouvelles tortures. Au milieu de la nuit, les anges viennent le consoler. Vincent rendit peu après le dernier soupir; il avait vingt-deux ans. Saint Augustin a dit de lui: "Enivré du vin qui rend fort et chaste, Vincent triompha des tyrans qui voulaient ruiner le règne de Jésus-Christ."

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950


Saint Vincent

diacre et martyr

Saint Vincent naquit à Huesca et fut instruit des sciences sacrées et profanes à Sarragosse, sous la direction de l'évêque Valère1 qui, vieux et inaudible, l'ordonna diacre pour qu'il prêchât à sa place.

Au début de la persécution de Dioclétien et de Maximien, le cruel et sanguinaire préfet Dacien reçut le gouvernement de la province de Valence et n'eut rien de plus pressé que de faire emprisonner l'évêque Valère et son diacre Vincent qui, chargés de chaînes, furent conduits à Valence. Valère ne pouvant plus parler, Vincent lui dit : « Père, si vous le permettez, je prendrai la parole ; Valère répondit : Mon fils, comme je vous ai confié la charge de prêcher l'Evangile, je vous confie celle d'affirmer la foi pour laquelle nous combattons ; alors Vincent s'adressa au Préfet : Nous sommes prêts à endurer toutes sortes de tourments pour la cause du vrai Dieu ; en pareil cas, nous ne céderons ni aux promesses, ni aux menaces. »

Sous les yeux de Valère, le Préfet fit étendre Vincent sur un chevalet où ses membres furent disloqués et sa chair mise en lambeaux, puis il fut longuement torturé par le feu et le fer avant d'être jeté dans un cul de basse-fosse dont on avait recouvert le sol de poteries cassées. Tout à coup, sa prison s'illumine, des anges viennent le réconforter et Vincent chante des hymnes et des cantiques. Informé, Dacien le fait étendre sur des coussins moelleux pour que « le fait de mourir dans les douleurs n'augmente point sa gloire » ; à peine étendu, Vincent meurt. Dacien ordonne que l’on couse le corps de Vincent et qu’on le jette dans la mer, lesté d’une grosse pierre. Les bourreaux chargent le corps sur une barque et vont le jeter en haute mer ; mais, lorsqu’ils regagnent le rivage, ils y trouvent le corps de saint Vincent. Effrayés, les bourreaux laissent là le corps du saint diacre qui est défendu par les corbeaux, jusqu’à ce que les vagues l’aient enfouie dans le sable. Quelques temps plus tard, saint Vincent apparaît à la veuve Ionique pour lui demander la sépulture chrétienne qu’elle lui donne hors des murs de Valence.

Le culte de saint Vincent s’est très vite répandu en Occident, au point que saint Augustin qui prononça plusieurs sermons en son honneur, écrivit qu’il n’y avait point de province de l’Empire où l’on ne célèbrât la fête du martyr.

En 542, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, qui assiègent Saragosse, touchés par la piété des habitants entrés en pénitence et processionnant derrière le corps de saint Vincent, levèrent le siège pourvu qu'on leur remît le bras droit et l'étole du martyr pour qui, sur le conseil de saint Germain d'Auxerre, ils construisirent l'abbaye Sainte-Croix-Saint-Vincent, devenue depuis Saint-Germain-des-Près, où Childebert fut inhumé. L’avant-bras droit fut plus tard donné à l’église de Vitry-le-François. On dit aussi que Childebert donna le chef à saint Domnole, évêque du Mans, qui les déposa dans le monastère qu’il avait fait construire en l’honneur du martyr de Sarragosse ; cette relique fut perdue pendant la Révolution, comme celles que conservaient les religieuses de Fontevrault, à Charmes (diocèse de Soissons). Le cœur de saint Vincent, conservé à l’église de Dun-le-Roi, en Berry, fut détruit par les Calvinistes (1562). En 876, Charles le Chauve passant à Besançon fit don à l’évêque Thierry de deux vertèbres de saint Vincent.

Saint Vincent est souvent honoré comme le patron des vignerons ; comme aucun épisode de sa vie ni aucun de ses miracles n’a trait au vin ou à la vigne, on pense que ce patronnage repose sur un jeu de mots fait à partir de la première syllabe de son nom : vin.

1 L’évêque Valère de Saragosse figure au nombre des pères du concile d’Elvire (début du IV° siècle) qui est le plus ancien concile disciplinaire d’Occident dont l’œuvre nous soit parvenue en entier. On croit qu’il fut condamné à être exilé à Anet, en Aragon, où il mourut en 315.


Saint Vincent

Diacre de Saragosse, martyr à Valence (+ 304)

(avec son frère saint Oronce et saint Victor)

La vie du patron des vignerons s'est tellement améliorée au cours des temps qu'il est difficile de démêler l'histoire de la légende. Trois faits sont historiques: il était diacre; il sut dominer les plus cruels supplices et, malgré ses souffrances, il chantait, riait et répondait avec humour aux humeurs de son tortionnaire, au point que saint Augustin dira de lui: "A travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu."

"Vincent, diacre de Saragosse, fut mis à mort à Valence (Espagne) avec son évêque Valère en 304 ou 305, après avoir subi la torture. Comme Laurent de Rome, Vincent offre le modèle accompli du service dans l'Église: ministre de l’évêque pour l’offrande du sacrifice et le gouvernement de la communauté, le diacre doit l’accompagner aussi à l’heure suprême du témoignage. Son culte, très répandu dans les pays de vignobles, le fut également à Viviers, où la Cathédrale lui fut dédiée dès le VIe siècle. Vincent signifie 'vainqueur', et la liturgie joue volontiers sur le sens de son nom." (Saint Vincent, diacre et martyr - Titulaire de la cathédrale et patron du diocèse - Église catholique en Ardèche)

"Au cours des années 304 et 305, plus d'un millier de chrétiens périront en Espagne sous la torture. Le martyre de Vincent a été rapporté très tôt par le poète Prudence (348-v.415) dans son ouvrage 'La couronne des martyrs'. Son culte s'étendait à la totalité de l'empire romain dès l'époque de saint Augustin (354-430). L'iconographie le représente, en habit de diacre portant l'évangéliaire (proclamé par lui au cours de la messe) et la palme du martyre. Il est encadré de deux ceps de vigne portant des grappes de raisins." (paroisse Saint-Vincent en Narbonnais - Prières à Saint Vincent - Chanson des vignerons pour la fête - site des catholiques de l'Aude)

Quant à l'origine de son patronage des vignerons, plusieurs hypothèses sont envisagées sur le site de l'académie de Reims.

Mémoire de saint Vincent, diacre de Sarragosse et martyr. Dans la persécution de Dioclétien, en 304, avec son évêque saint Valère, il fut conduit à Valence, et là, après avoir subi la prison, la faim, le chevalet, des plaques brûlantes, il s’envola au ciel, vainqueur, pour recevoir la couronne du martyre.

Martyrologe romain

Saint Vincent, patron des vignerons, obtiens-nous l’abondance des récoltes, la qualité du vin, une clientèle nombreuse et fidèle ainsi que la prospérité dans nos entreprises !

Saint Vincent, patron des vignerons, si tout ceci nous est donné, que nous sachions en faire un usage désintéressé avec un cœur reconnaissant !

Saint Vincent, patron des vignerons, si l’un ou l’autre vient à manquer, prie Dieu pour que nous ayons confiance, patience, et que nos cœurs s’ouvrent à la souffrance des autres !

Saint Vincent, patron des vignerons, que le bon soleil se lève sur tout ceux que nous aimons, comme sur nos vignes ! Que la joie inonde notre monde comme la douce pluie irrigue nos ceps ! Et si quelqu’orage gronde, obtiens-nous humour et pardon !

Saint Vincent, toi qui étais diacre, c’est-à- dire serviteur, tourne nos regards vers les plus pauvres, permets que d’autres hommes se mettent à leur tour au service des hommes pour leur plus grand bien matériel et spirituel !

Saint Vincent, toi qui as refusé de trahir ta foi, prie pour que nos incertitudes deviennent convictions et que nos convictions nous rapprochent de la foi !

Saint Vincent, toi qui as tant souffert, permets que le tyran se transforme en apôtre, que le violent s’attendrisse, qu’aucune souffrance ne soit inutile. Obtiens que jamais nous ne blessions ni nos amis, ni nos ennemis !

Avec l’aide de Saint Vincent qui a supporté de souffrir pour sa foi, Seigneur, fortifie-nous dans les épreuves !

Avec l’aide de Saint Vincent qui a accepté de mourir pour sa foi, Seigneur, donne-nous le sens de la vraie liberté !

Prière à St Vincent prononcée par Mgr Turini à l’occasion de la St Vincent, patron des vignerons, à Castelnau-Montratier en présence de la confrérie des vins des Côteaux du Quercy. (diocèse de Cahors)



SAINT VINCENT

Vincent voudrait dire incendiant le vice, ou qui vainc les incendies, ou qui tient la victoire. En effet il incendia, c'est-à-dire il consuma les vices parla mortification de la chair; il vainquit l’incendie allumé pour son supplice en endurant lés tortures avec constance; il se tint victorieux du monde en le méprisant. Il vainquit trois fléaux qui étaient dans le monde : les fausses erreurs, les amours immondes, les craintes mondaines; par sa sagesse, sa pureté et sa constance. Saint Augustin dit que, pour vaincre le monde avec toutes ses erreurs, ses amours et ses craintes, on a et toujours on a eu pour exemples les martyres des saints.

Quelques-uns avancent que saint Augustin a recueilli les actes de son martyre mis en fort beaux verts par Prudence.

Vincent, noble par sa naissance, fut plus noble encore par sa foi et sa religion. Il fut diacre de l’évêque Valère, et comme il s'exprimait avec plus de facilité que l’évêque, celui-ci lui confia le soin de la prédication, tandis qu'il vaquerait lui-même à la prière et à la contemplation. Le président Dacien ordonna de les traîner à Valence, et de les enfermer dans une affreuse« prison. Quand' il les crut presque morts de faim, il les fit comparaître en sa présence; mais les voyant sains et joyeux, il fut transporté de colère et parla ainsi : « Que dis-tu, Valère, toi qui, sous prétexte de religion, agis contre les décrets dès princes? » Or, comme Valère lui répondait avec trop de douceur, Vincent se mit à lui dire : « Père vénérable, veuillez ne pas parler avec tant de timidité et de retenue ; expliquez-vous avec une entière liberté : si vous le permettez, père saint, j'essaierai de répondre au juge. » Valère reprit: « Depuis longtemps déjà, fils très chéri, je t'avais confié le soin de parler, maintenant encore, je te commets pour répondre de la foi, qui nous amène ici.» Alors Vincent se tourna vers Dacien : « Jusqu'alors, lui dit-il, tu n'as péroré dans tes discours que pour nier la foi, mais sache-le bien, que chez des chrétiens, c'est blasphémer et commettre une faute indigne que de refuser de rendre à la divinité l’honneur qui lui est dû. » A l’instant Dacien irrité ordonna de mener l’évêque en exil : pour Vincent, qu'il regardait comme un arrogant et présomptueux jeune homme, afin d'effrayer les autres par., son exemple, il le condamna à être étendu sur un chevalet et à avoir tous ses membres disloqués : Quand tout son corps fut brisé; Dacien lui dit : « Réponds-moi, Vincent, de quel oeil regardes-tu ton misérable corps ? » Et Vincent reprit en souriant : « C'est ce que j'ai toujours désire: » Alors le président irrité le menaça de toutes sortes de tourments, s'il n'obtempérait pas à ses demandes. Vincent lui dit : « Oh! Suis-je heureux ! Par cela même que tu penses m’offenser davantage, c'est par là que tu commences à me faire le plus de bien. Allons donc, misérable, déploie toutes les ressources de la méchanceté ; tu verras, que, quand je suis torturé, je puis, avec la force de Dieu, plus que tu ne peux toi-même qui me tortures. » A ces mots le président se mit à crier et à frapper les bourreaux à coups de verges et de bâton; et Vincent lui dit : « Qu'en, dis-tu? Dacien, voici que tu me vengés de ceux qui me torturent. » Alors le président hors de lui dit aux bourreaux : « Grands misérables, vous ne faites rien; pourquoi vos mains se lassent-elles ? Vous avez pu vaincre des adultérés et es parricides de manière à ce qu'ils ne pussent rien cacher au milieu des supplices que vous leur infligiez, et aujourd'hui Vincent seul a pu triompher de vos tourments ! » Les bourreaux lui enfoncèrent alors des peignes de fer jusqu'au fond des côtes, de sorte que le sang ruisselait de tout son corps et, que l’on voyait ses entrailles entre les jointures de ses os. Et Dacien dit : «Aie donc pitié de toi, tu pourras alors recouvrer ta brillante jeunesse, et échapper aux tourments qui t'attendent. » Et Vincent dit : « O venimeuse langue de diable ! Je ne les crains pas tes tourments; il n'est qu'une chose que je redoute, c'est que tu paraisses vouloir t'apitoyer sur moi, car plus je te vois irrité, plus, oui, plus je tressaille de joie. Je ne veux pas que tu diminues en rien ces supplices afin de te forcer à t'avouer vaincu. » Alors on l’ôta du chevalet, pour le traîner vers un brasier ardent, et il stimulait gaîment la lenteur dès bourreaux et la leur reprochait. Il monte donc lui-même sur le gril, où il est rôti, brûlé et consumé; on enfonce des ongles de fer et des lames ardentes par tous ses membres ; la flamme était couverte de sang : c'étaient plaies sur plaies; en outre on sème du sel sur le feu, afin qu'il saute sur chacune de ses plaies et que la flamme pétillante le brûle plus cruellement encore. Déjà ce n'est plus dans ses membres, mais dans ses entrailles que l’on enfonce des dards; déjà ses intestins s'épanchent hors du corps. Cependant il reste immobile, les yeux tournés vers le ciel et priant le Seigneur. Les bourreaux ayant rapporté cela à Dacien : « Ah ! s'écria-t-il, vous êtes vaincus; mais à présent pour qu'il vice plus longtemps dans sa torture, enfermez-le dans le plus affreux cachot; amassez-y des tessons très aigus; clouez ses pieds à un poteau; laissez-le couché sur ces tessons, sans personne pour le consoler; et quand il défaillira, mandez-le-moi. » Tout aussitôt ces ministres cruels secondent un maître plus cruel encore; mais voici que le roi pour lequel ce soldat souffre change ses peines en gloire, car les ténèbres du cachot sont dissipées par une immense lumière les pointes des tessons sont changées en fleurs d'un parfum suave ; ses entraves sont déliées, et il a le bonheur d'être consolé par des anges: Comme il se promenait sur ces fleurs en chantant avec ces anges, ces modulations délicieuses, et la merveilleuse odeur des fleurs se répandent au loin. Les gardes effrayés regardent à travers les crevasses du cachot; ils n'eurent pas plutôt vu ce qui se passait dans l’intérieur qu'ils se convertirent à la foi. A cette nouvelle, Dacien devenu furieux dit : « Et que lui ferons-nous encore ? Car nous voilà vaincus. Qu'on le porte sur un lit, qu'on le mette sur des coussins moelleux; ne le rendons pas plus glorieux, s'il arrivait qu'il mourût dans les tourments; mais lorsque ses forces seront revenues, qu'on lui inflige encore de nouveaux supplices. » Or, lorsqu'il eut été porté sur le lit moelleux, et qu'il y eût pris un peu de repos, il rendit aussitôt l’esprit, vers l’an du Seigneur 287, sous Dioclétien et Maximien. A cette nouvelle, Dacien fut grandement épouvanté, et se reconnaissant battu il dit: « Puisque je n'ai pu le vaincre vivant, je me vengerai de lui après sa mort; je me rassasierai de ce tourment, et ainsi la victoire pourra me rester. » Par les ordres donc de Dacien, son corps est exposé dans un champ pour être la pâture des oiseaux et des bêtes : mais aussitôt il est gardé par les anges et préservé des bêtes qui ne le touchèrent point. Enfin, un corbeau, naturellement vorace, chassa à coups d'ailes d'autres oiseaux plus forts que lui, et par ses morsures et ses cris, il mit en fuite un loup qui accourait; puis il tourna la tête pour regarder fixement le saint corps, comme s'il eût été en admiration devant ses anges gardiens. Quand Dacien le sut il dit : « Je pense que je n'aurai pas le dessus sur lui, même après sa mort. » Il fait alors attacher au saint corps une meule énorme et la jeter dans la mer, afin que n'ayant pu être dévoré sur la terre par les bêtes, il fût au moins la proie des monstres marins. Des matelots portent donc le corps du martyr à la mer et l’y jettent ; mais il revint plus vite qu'eux au rivage; où il fut trouvé par une dame et par quelques autres qui en avaient reçu de lui révélation et qui l’ensevelirent honorablement.

Voici sur ce martyr les paroles de saint Augustin Saint Vincent a vaincu en paroles, a vaincu en souffrances, a vaincu dans sa confession, a vaincu dans sa tribulation. Il a vaincu brûlé, il a vaincu noyé, il a vaincu vivant, il a vaincu mort.» Il ajoute: « Vincent est torturé pour être exercé; il est flagellé pour être instruit; il est battu pour être fortifié ; il est brûlé pour être purifié. » Saint Ambroise s'exprime en ces termes dans sa préface: « Vincent est torturé, battu, flagellé, brûlé, mais il n'est pas vaincu et son courage à confesser le nom de Dieu n'est pas ébranlé: Le feu de son zèle est plus, ardent qu'un fer brûlant; il est plus lié par la crainte de Dieu que par la crainte du monde; il voulut plutôt plaire à Dieu qu'au public; il aima mieux mourir au monde qu'au Seigneur. » Saint Augustin dit encore : « Un merveilleux spectacle est sous nos yeux; c'est un juge inique, un bourreau sanguinaire ; c'est un martyr qui n'a pas été vaincu, c'est le combat de la cruauté et de la piété. »

Prudence, qui brilla sous le règne de Théodore l’Ancien, en 387, dit que Vincent répondit ainsi à Dacien: « Tourments, prisons; ongles, lames pétillantes de feu, et enfin la mort qui est la dernière des peines; tout cela est jeu pour les chrétiens. » Alors Dacien dit : « Liez-le, tordez-lui les bras sens dessus dessous, jusqu'à ce que les jointures de ses os soient disloquées pièce par pièce, afin que, par les ouvertures des plaies, on voie palpiter son foie. » Et ce soldat de Dieu riait en gourmandant les mains ensanglantées qui n'enfonçaient pas plus avant dans ses articulations les ongles de fer. Dans sa prison, un ange lui dit « Courage, illustre martyr; viens sans crainte; viens être notre compagnon dans l’assemblée céleste : ô soldat invincible, plus fort que les plus forts ; déjà ces tourments cruels et affreux te craignent et te proclament vainqueur ! » Prudence s'écrie: « Tu es l’illustre par excellence ; seul tu as remporté la palme d'une double victoire, tu t'es préparé deux triomphes à la fois. »

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/028.htm


Saint Vincent, diacre et martyr
Vincent était diacre de la villede Saragosse; il sut dominer les plus cruels supplices avec la sérénité que lui donnait sa foi, au point que saint Augustin dira de lui :"A travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu." Il mourut, probablement victime de la persécution de Dioclétien (284-305). La tradition qui s’est emparée de lui le fait mourir sur un gril. Les chrétiens emportèrent son corps et l'ensevelirent avec vénération. Ceci eut lieu en 304 à Valence.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/01/22/1645/-/saint-vincent-diacre-et-martyr

St. Vincent of Saragossa

Legend has it that St. Vincent once stopped by the edge of a vineyard to talk with the men working there and while he was at it, his donkey nibbled at the young vine shoots. Come the next harvest, it was discovered that the vine stock that had been browsed had produced more fruit than all the others. St Vincent’s donkey had invented the art of vine pruning. This is one of the reasons that he is the patron saint of vine dressers; vinegar makers; vintners; wine growers; wine makers.

Vincent was ordained deacon by his friend St. Valerius of Zaragossa in Spain. The Roman emperors had published their edicts against the clergy in 303, and the following year against the laity. Vincent and his bishop were imprisoned in Valencia. Hunger and torture failed to break them. Like the youths in the fiery furnace (Book of Daniel, chapter three), they seemed to thrive on suffering.

Valerius was sent into exile, and Dacian, the Roman governor, now turned the full force of his fury on Vincent. Tortures that sound like those of World War II were tried. But their main effect was the progressive disintegration of Dacian himself. He had the torturers beaten because they failed.

Finally he suggested a compromise: Would Vincent at least give up the sacred books to be burned according to the emperor’s edict? He would not. Torture on the gridiron continued, the prisoner remaining courageous, the torturer losing control of himself. Vincent was thrown into a filthy prison cell—and converted the jailer. Dacian wept with rage, but strangely enough, ordered the prisoner to be given some rest.

Friends among the faithful came to visit him, but he was to have no earthly rest. When they finally settled him on a comfortable bed, he went to his eternal rest.

According to legend, after being martyted, ravens protected St. Vincent’s body from being devoured by wild animals, until his followers could recover the body. His body was taken to what is now known as Cape St. Vincent; a shrine was erected over his grave, which continued to be guarded by flocks of ravens. King Afonso Henriques (1139-1185) had the body of the saint exhumed in 1173 and brought it by ship to the Monastery of São Vicente de Fora in Lisbon and now St. Vincent is the patron of Lisbon, Portugal. This transfer of the relics is depicted on the coat of arms of Lisbon.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-vincent-of-saragossa/

St. Vincent

Deacon of Saragossa, and martyr under Diocletian, 304; mentioned in the Roman Martyrology, 22 Jan., with St. Anastasius the Persian, honoured by the Greeks, 11 Nov. This most renowned martyr of Spain is represented in the dalmatic of a deacon, and has as emblems a cross, a raven, a grate, or a fire-pile. He is honoured as patron in Valencia, Saragossa, Portugal etc., is invoked by vintners, brickmakers, and sailors, and is in the Litany of the Saints. His Acts were read in the churches of Africa at the end of the fourth century, as St. Augustine testifies in Sermon 275. The present Acts (Acta SS., III Jan., 6) date from the eighth or ninth century, and were compiled from tradition. Anal. Boll., I, 259, gives another life. All agree in substance with the metric life by Prudentius (P.L., LX, 378). He was born at Saragossa; his father was Eutricius (Euthicius), and his mother, Enola, a native of Osca. Under the direction of Valerius, Bishop of Sargossa, Vincent made great progress in his studies. He was ordained deacon and commissioned to do the preaching in the diocese, the bishop having an impediment of speech. By order of the Governor Dacian he and his bishop were dragged in chains to Valencia and kept in prison for a long time. Then Valerius was banished, but Vincent was subjected to many cruel torments, the rack, the gridiron, and scourgings. He was again imprisoned, in a cell strewn with potsherds. He was next placed in a soft and luxurious bed, to shake his constancy, but here he expired.


His body was thrown to be devoured by vultures, but it was defended by a raven. Dacian had the body cast into the sea, but it came to shore and was buried by a pious widow. After peace was restored to the Church, a chapel was built over the remains outside the walls of Valencia. In 1175 the relics were brought to Lisbon; others claim that they came to Castres in 864. Cremona, Bari, and other cities claim to have relics. Childeric I brought the sole and dalmatic to Paris in 542, and built a church in honour of St. Vincent, later called St-Germain-des-Prés. Regimont, near Bezières, had a church of the saint as early as 455. Rome had three churches dedicated to St. Vincent; one near St. Peter's, another in Trastevere, and the one built by Honorius I (625-38) and renewed by Leo III in 796. A pilaster found in the basilica of Salona in Dalmatia shows an inscription of the fifth or sixth century in honour of the saint (Rom. Quartalschrift, 1907, Arch. 135).

Sources

BUTLER, Lives of the Saints; STADLER, Heiligenlexicon; ALLARD, Hist. des persecut., IV, 237; LECLERCQ, Les Martyrs, II (Paris, 1903), 437.

Mershman, Francis. "St. Vincent." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 22 Jan. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/15434b.htm>.



ST. VINCENT, Martyr.

VINCENT was archdeacon of the church at Saragossa.Valerian, the bishop, had an impediment in his speech; thus Vincent preached in his stead, and answered in his name when both were brought before Dacian, the president, during the persecution of Diocletian. When the bishop was sent into banishment, Vincent remained to suffer and to die. First of all, he was stretched on the rack; and, when he was almost torn asunder, Dacian, the president, asked him in mockery "how he fared now." Vincent answered, with joy in his face, that he had ever prayed to be as he was then. It was in vain that Dacian struck the executioners and goaded them on in their savage work. The martyr's flesh was torn with hooks; he was bound in a chair of red-hot iron; lard and salt were rubbed into his wounds; and amid all this he kept his eyes raised to heaven, and remained unmoved. He was cast into a Solitary dungeon, with his feet in the stocks; but the angels of Christ illuminated the darkness, and assured Vincent that he was near his triumph. His wounds were now tended to prepare him for fresh torments, and the faithful were permitted to gaze on his mangled body. They came in troops, kissed the open sores, and carried away as relics cloths dipped in his blood. Before the tortures could .recommence, the martyr's hour came, and he breathed forth his soul in peace.

Even the dead bodies of the saints are precious in the sight of God, and the hand of iniquity cannot touch them. A raven guarded the body of Vincent where it lay flung upon the earth. When it was sunk out at sea the waves cast it ashore; and his relics are preserved to this day in the Augustinian monastery at Lisbon, for the consolation of the Church of Christ. He died in the year 304.

Reflection.---Do you wish to be at peace amidst suffering and temptation? Then make it your principal endeavor to grow in habits of prayer and in union with Christ. Have confidence in Him. He will make you victorious over your spiritual enemies and over yourself. He will enlighten your darkness and sweeten your sufferings, and in your solitude and desolation He will draw nigh to you with His holy angels.

SOURCE : http://jesus-passion.com/saint_vincent_the_deacon.htm

Vincent of Saragossa, Deacon M (RM)
(also known as Vincent of Aragon)


Born in Huesca, Spain; died January 22, 304.


Vincent was educated and ordained a deacon by Bishop Saint Valerius of Saragossa with the commission to preach (White). (Gill confusingly says: "As a young priest he served Valerius, Bishop of Saragossa, and after a time became his archdeacon." Is it possible that at the time a presbyter could become a deacon? Deacons did have more power at the time because the faculties necessary for most sacraments had not yet been delegated to the presbyters; deacons held the purse- strings.)

The ancient legend, but not an eyewitness account, relates that the governor Dacian was doing his utmost to stamp out Christianity in his domain. He killed 18 believers in Saragossa in 303. It was during these persecutions under Emperor Diocletian, that Vincent, the bishop, and the priests were arrested, led away in chains, and imprisoned in Valencia. Because Valerius suffered from a speech impediment, Vincent acted as his spokesman and, on behalf of them all, boldly declared their allegiance to Christ. Saint Valerius was exiled and later may have died as a martyr.

Vincent underwent terrible tortures; he had resisted turning over his church's sacred books, and sacrificing to false gods. He was stretched upon a rack, torn with metal hooks, and laid upon a frame of sharp iron bars heated from beneath by fire. When even this diabolic cruelty failed to break his will, he was thrown into a dungeon the floor of which was strewn with broken crockery that added to the agony of his already lacerated body.

Vincent declared that God sent the angels of heaven to comfort him. His cell, he said, was illuminated with a heavenly light, and might have been filled with roses (the gift of scent), so sweet was its fragrance. He sang hymns as he suffered, so that even the jailer was astounded. As he looked into the cell of the tormented saint and saw him upon his broken knees, suffering agony yet singing praises to God, he was overcome by wonder, and confessed in that hour his conversion.

On hearing this, the Roman governor was infuriated, but finding all his efforts to unnerve his victim were useless, gave orders for the torture to stop--perhaps to win Vincent by clemency or to prevent him from becoming a martyr.

For a time Vincent had some relief. The faithful were permitted to gaze upon his broken body, probably in the hope that they would abandon their faith. Instead, they came in troops, kissed the open sores, and carried away as relics cloths dipped in his blood. The gentle hands of Christian women tended his wounds. But he did not survive long and died of his injuries in prison in 304 or 305.

When he died, the anger of the authorities was renewed and followed him to his grave. His body was thrown into a bog as prey to the wild birds and beasts, but it was strangely preserved it is said by the protection of a raven. When any wild beast or bird tried to attack the mortal remains of the saint, the raven drove them away. Thwarted, Dacian had Vincent's body tied to a stone and cast into the sea. But in the night it was washed ashore, and again loving hands gave it reverent care and secret burial. Relics were claimed by Valencia, Saragossa, Lisbon (the Augustinian monastery), Paris, and Le Mans.

He was the protomartyr of Spain. There can be no doubt of Vincent martyrdom; however, there is plenty of room for speculation on the manner of his death. Prudentius devoted a poem to his praise and embroidered acts of his martyrdom have been preserved. The fame of Saint Vincent spread very rapidly and far, as Saint Augustine testifies, in a sermon, that his cultus extended to every part of the Roman Empire and everywhere the name of Jesus was known.

Several churches in England were dedicated to his honor in the Middle Ages. Vincent is listed in the Old English Martyrology and many pre-Conquest calendars. Abingdon, which acquired many of his relics in the 12th century, graded his feast at the highest level to include an octave (Attwater, Benedictines, Bentley, Butler, Encyclopedia, Farmer, Gill, White).

Pictured as a deacon with a raven, sometimes on a millstone. On occasion he is shown (1) holding iron hook; (2) with a gridiron with spikes (not to be confused with Saint Lawrence); (3) torn with hooks, burned with torches; or (4) his corpse protected by eagles or ravens (Roeder). Click here to see a 14th- century French illumination.


He is the patron of bakers, roof-makers, sailors, schoolgirls, vine-dressers, vintners (Roeder), tile-makers, and roofers (Encyclopedia). The patron of vine-dressers and vintners may be due to the belief that he protects the fields against the frost that often occurs on or near his feast-day in Burgundy (Farmer).