mercredi 2 janvier 2013

LE SAINT NOM DE JÉSUS

Le Saint Nom de Jésus

C'est au jour de Sa Circoncision, selon la Loi de Moïse, que le divin Enfant de Bethléem reçut le Nom de Jésus, le huitième jour après Sa naissance. L'Ange Gabriel le Lui avait assigné à l'avance au jour de l'Annonciation: "Vous L'appellerez Jésus, car Il délivrera Son peuple de l'esclavage du péché."

Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu'il signifie Sauveur; la grandeur de son origine, puisqu'il fut apporté du Ciel; sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles; sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons? Qui dira sa puissance, puisque c'est par ce Nom que l'Église prie, qu'elle administre les sacrements et donne ses bénédictions, et que les apôtres et les Saints ont opéré des multitudes de miracles? Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les Saints l'ont si bien chanté et que les chrétiens l'ont invoqué et l'invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d'amour?

Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre coeur pendant la vie! Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l'heure de la mort, notre joie et notre chant éternel dans les Cieux.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.



Détail d'un tableau du Greco (1578-1579) : Le Triomphe du Nom de Jésus - National Gallery Londres

D’abord fixée au deuxième Dimanche après l’Épiphanie, la fête du Saint Nom de Jésus fut déplacée par la réforme de St Pie X au dimanche entre la Circoncision et l’Épiphanie.

En effet, comme l’indique le Missel de St Pie V (§351 de l’édition Sodi-Triacca), si l’octave de St Etienne (2/01), de St Jean (3/01) ou des Sts Innocents (4/01) tombaient le dimanche, on faisait l’office de l’octave des Saints et on ne faisait rien du dimanche. Le 5 janvier, lui, était occupé par la Vigile de l’Épiphanie. Jusqu’à la réforme du Calendrier de St Pie X, le dimanche pouvant tomber les 2, 3, 4 ou 5 janvier était ignoré, la Vigile de l’Épiphanie était considérée comme tenant lieu de dimanche et en avait tous les privilèges.

St Pie X profita donc de sa réforme pour libérer le Dimanche des Noces de Cana, qui est en véritable connexion avec le mystère de l’Épiphanie (3 mystères en cette Fête avec l’adoration des Mages, le Baptême du Seigneur et les Noces de Cana) et qui était éclipsé par la fête du Saint Nom depuis Innocent XIII (1721-1724).


AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Les 1ères Vêpres ne se disent que si la fête tombe un dimanche (sauf si ce dimanche est le 2 janvier) ou bien si la fête est célébrée comme fête de 1ère classe.

Ant. 1 Quiconque * invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Ant. 2 Saint et terrible * est son nom ; le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur.

Ant. 3 Mais moi * je me réjouirai dans le Seigneur, et j’exulterai en Dieu mon Jésus.

Ant. 4 Du lever du soleil * jus qu’à son coucher, louable est le nom du Seigneur.

Ant. 5 Je sacrifierai * une hostie de louange, et j’invoquerai le nom du Seigneur.

Capitule. Philipp. 2, 8-10. Mes frères, le Christ s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse.

Hymnus

Iesu, dulcis memória,

Dans vera cordis gáudia :

Sed super mel, et ómnia,

Eius dulcis præséntia.

Nil cánitur suávius,

Nil audítur iucúndius,

Nil cogitátur dúlcius,

Quam Iesus Dei Fílius.

Iesu, spes pœniténtibus,

Quam pius es peténtibus !

Quam bonus te quæréntibus !

Sed quid inveniéntibus ?

Nec lingua valet dícere,

Nec líttera exprímere :

Expértus potest crédere,

Quid sit Iesum dilígere.

Hymne

Jésus ! Nom de douce souvenance,

qui donne au cœur les joies véritables ;

mais plus suave que le miel et toutes les douceurs,

est la présence de Celui qui le porte.

Nul chant plus mélodieux,

nulle parole plus agréable,

nulle pensée plus douce,

que Jésus, le Fils de Dieu.

Jésus ! espoir des pénitents,

que vous êtes bon pour ceux qui vous implorent !

bon pour ceux qui vous cherchent !

Mais que n’êtes-vous pas pour ceux qui vous ont trouvé !

Ni la langue ne saurait dire,

ni l’écriture ne saurait exprimer

ce que c’est qu’aimer Jésus ;

celui qui l’éprouve peut seul le croire.

Soyez notre joie, ô Jésus,

vous qui serez notre récompense :

que notre gloire soit en vous,

durant tous les siècles, à jamais. Amen.

V/. Que le nom du Seigneur soit béni, alléluia.

R/. Dès ce moment et à jamais, alléluia.

Ant.au Magnificat Il m’a fait * de grandes choses, celui qui est puissant et son nom est saint, alléluia.

A MATINES.

Invitatoire. Le nom de Jésus est admirable, il est au-dessus de tout nom : * Venez adorons-le.

Hymnus

Iesu, Rex admirábilis,

Et triumphátor nóbilis,

Dulcédo ineffábilis,

Totus desiderábilis.

Quando cor nostrum vísitas,

Tunc lucet ei véritas,

Mundi viléscit vánitas,

Et intus fervet cáritas.

Iesu, dulcédo cordium,

Fons vivus, lumen méntium,

Excédens omne gáudium,

Et omne desidérium.

Iesum omnes agnóscite,

Amórem eius póscite :

Iesum ardénter quærite,

Quæréndo inardéscite.

Hymne

Jésus, Roi adorable,

noble triomphateur,

ineffable douceur,

Jésus tout aimable ;

Quand vous visitez notre cœur,

la vérité brille pour lui,

la vanité du monde lui semble méprisable,

et il s’enflamme de charité.

Jésus, douceur des cœurs,

source vive, lumière des esprits,

vous dépassez toute allégresse

et tout désir.

Venez tous connaître Jésus,

demandez son amour ;

cherchez Jésus avec ardeur ;

en le cherchant, embrasez-vous.

Que notre voix, ô Jésus !

vous proclame ; que notre vie exprime vos vertus,

que nos cœurs vous aiment,

et maintenant, et toujours. Amen.

Au premier nocturne.

Ant. 1 Seigneur, notre Seigneur *, que votre nom est admirable dans toute la terre !

Ant. 2 Qu’au nom de Jésus *, tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers.

Ant. 3 Glorifiez * le Seigneur, et invoquez son nom, souvenez-vous que sublime est son nom.

V/. A cause de votre nom, Seigneur, vous pardonnerez mon péché.

R/. Car il est grand.

Des Actes des Apôtres. Cap. 3, 1-16 ; 4, 5-12.

Première leçon. Or Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de la neuvième heure. Et voilà qu’un homme qui était boiteux dès le sein de sa mère, était porté chaque jour et posé à la porte du temple, appelée la Belle, afin qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple. Celui-ci, ayant vu Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, les priait pour avoir l’aumône. Fixant avec, Jean les yeux sur lui, Pierre lui dit : Regarde-nous. Et il les regardait, espérant recevoir quelque chose d’eux. Mais Pierre dit : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et lui ayant pris la main droite, il se leva ; et aussitôt ses jambes et les plantes de ses pieds s’affermirent. Et, s’élançant, il se dressa debout et il marchait ; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.

R/. Voilà que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. * Car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. V/. Il fut nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fut conçu dans le sein de sa mère. * Car.

Deuxième leçon. Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu. Ainsi, reconnaissant que c’était celui-là même qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, ils turent étonnés et hors d’eux-mêmes de ce qui lui était arrivé. Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon. Ce que voyant, Pierre dit au peuple : Hommes d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de ceci, ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu ou par notre puissance que nous avons fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez, vous, livré et renié devant Pilate, quand il jugeait lui-même de le renvoyer. Car c’est vous qui avez renié le Saint et le Juste, et qui avez demandé qu’on remit un meurtrier ; vous avez même tué l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts, ce dont nous sommes témoins. Or c’est par la foi en son nom, que son nom a affermi cet homme que vous voyez et connaissez, et c’est la foi qui vient par lui qui a opéré, en votre présence, cette entière guérison.

R/. Votre nom est béni, Dieu de nos pères ; lorsque vous serez en colère, vous vous souviendrez de la miséricorde : * Et au temps de la tribulation vous remettrez les péchés. V/. Béni le nom de votre majesté éternelle, ô vous qui faites seul des merveilles. * Et.

Troisième leçon. Or il arriva, le lendemain, que leurs chefs, les anciens et les Scribes, s’assemblèrent à Jérusalem. Et aussi Anne, prince des prêtres, Caïphe, Jean, et tous ceux qui étaient de la race sacerdotale. Et les faisant placer au milieu, ils demandaient : Par quelle puissance et en quel nom avez-vous fait cela, vous ? Alors, rempli de l’Esprit-Saint, Pierre leur dit : Princes du peuple, et vous, anciens, écoutez : Puisqu’aujourd’hui nous sommes jugés à cause d’un bienfait en faveur d’un homme infirme, et à cause de celui en qui il a été guéri ; qu’il soit connu de vous tous et de tout le peuple d’Israël que c’est au nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c’est par lui que cet homme est ici devant vous, debout et sain. Ce Jésus est la pierre qui a été rejetée par vous qui bâtissiez, et qui est devenue un sommet d’angle. Et il n’y a de salut en aucun autre ; car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés.

R/. Je louerai votre nom sans cesse. * Et je le glorifierai dans mes louanges. V/. Je me réjouirai et je tressaillirai d’allégresse en vous ; je chanterai votre nom, ô Très-Haut. * Et. Gloire au Père. * Et.

Au deuxième nocturne.

Ant. 1 Ils se souviendront * de votre nom, Seigneur, dans toute la suite des générations.

Ant. 2 Glorifiez * le Seigneur avec moi : et exaltons tous pareillement son saint nom.

Ant. 3 Toutes les nations, * que vous avez faites viendront et adoreront devant vous, Seigneur, et glorifieront votre nom.

V/. Pour la gloire de votre nom, Seigneur, délivrez-nous.

R/. Et pardonnez-nous nos pêchés, à cause de votre nom.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. Ce n’est pas sans raison que l’Esprit-Saint compare à l’huile le nom de l’époux, et qu’il inspire à l’épouse de crier à l’époux : « Votre nom est une huile répandue. » En effet, l’huile éclaire, nourrit, et sert à oindre. Elle entretient le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur : c’est une lumière, un aliment, un remède. Voyez maintenant s’il n’en est pas de même du nom de l’époux ? Prêché, il éclaire ; médité, il nourrit ; invoqué, il adoucit et fortifie. Examinons chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait jailli dans le monde cette si grande et si soudaine lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce nom béni que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? N’est-ce pas à ceux qui sont illuminés par l’éclat de ce nom, et qui voient en cette lumière une autre lumière, que saint Paul dit à bon droit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? »

R/. Qu’ils espèrent en vous, ceux qui connaissent votre nom : * Puisque vous n’avez pas délaissé ceux qui vous cherchent, Seigneur V/. Levez-vous, Seigneur, secourez-nous, et délivrez-nous à cause de votre nom. * Puisque.

Cinquième leçon. C’est ce nom que le même Apôtre a reçu ordre de porter devant les rois, les Gentils et les enfants d’Israël. Et il portait ce nom comme un flambeau, il en éclairait sa patrie, et il criait partout : « La nuit est déjà fort avancée, et le jour approche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière ; comme durant le jour, marchons honnêtement. » Et il montrait à tous la lumière sur le chandelier. annonçant en tous lieux Jésus, et Jésus crucifié. Combien cette lumière a resplendi et frappé de son éclat les yeux de tous les spectateurs, lorsque, sortant comme un éclair de la bouche de Pierre, elle affermit les jambes et les pieds d’un boiteux et rendit la vue à beaucoup d’aveugles spirituels ? N’a-t-elle pas jeté des flammes lorsque Pierre dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche. »

R/. Rendons gloire à votre grand nom, * Parce qu’il est terrible et saint. V/. Ceux-ci (se confient) dans des chariots, et ceux-là dans des chevaux ; mais nous, c’est le nom du Seigneur que nous invoquerons. * Parce.

Sixième leçon. Or, le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, mais il est aussi nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous en souvenez ? Qu’y a-t-il qui nourrisse autant l’esprit de celui qui y pense ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, repose les cœurs agités, donne de l’énergie aux vertus, développe les habitudes bonnes et justes, entretient les chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est arrosée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel. Quand vous écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le nom de Jésus. Une conférence ou un entretien ne me plaît pas, si je n’y entends résonner le nom de Jésus. Jésus, c’est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation pour le cœur. Mais ce nom est encore un remède. L’un de nous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur, que de là il passe à sa bouche, et aussitôt que ce divin nom a paru comme un astre qui se lève et répand sa lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ? Court-il même, en se désespérant, dans les filets de la mort ? S’il invoque ce nom de vie, ne recommencera-t-il pas sur-le-champ à respirer et à vivre ?

R/. Qu’ils se réjouissent, tous ceux qui espèrent en vous, Seigneur ; éternellement ils tressailliront d’allégresse, et vous habiterez en eux, et ils se glorifieront en vous. * Tous ceux qui aiment votre nom. V/. Seigneur, c’est à la lumière de votre face qu’ils marcheront, et en votre nom qu’ils tressailliront de joie tout le jour. * Tous. Gloire au Père. * Tous.

Au troisième nocturne.

Ant. 1 Chantez au Seigneur, * et bénissez son nom : annoncez de jour en jour son salut.

Ant. 2 Comme votre nom, * ô Dieu, ainsi votre louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre : votre droite est pleine de justice.

Ant. 3 Chantez Dieu, * dites un psaume à son nom : faites un chemin à celui qui monte sur le couchant : le Seigneur est son nom.

V/. Apportez au Seigneur gloire et honneur.

R/. Apportez au Seigneur de la gloire pour son nom.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 2, 21

En ce temps-là : le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus. Et le reste.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. Grand et admirable mystère ! L’enfant est circoncis, et on l’appelle Jésus. Que signifie ce rapprochement ? La circoncision semble faite, en effet, plutôt pour celui qui doit être sauvé que pour celui qui sauve ; n’est-ce pas le Sauveur qui devrait circoncire plutôt qu’être circoncis ? Mais reconnaissez ici le médiateur entre Dieu et les hommes, qui, dès les premiers jours de son enfance, rapproche les choses humaines des choses divines, ce qu’il y a de plus bas de ce qu’il y a de plus élevé. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité ne fait point tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de langes, mais ces langes mêmes sont honorés par les cantiques des Anges, il est caché dans une crèche, mais il est annoncé par une étoile qui brille dans les cieux. En même temps que la circoncision prouve la vérité de l’humanité qu’il a prise, son nom, qui est au-dessus de tout nom, indique la gloire de sa majesté, il est circoncis comme un véritable fils d’Abraham, il est appelé Jésus comme le vrai Fils de Dieu.

R/. J’ai trouvé l’affliction et la douleur : * Et j’ai invoqué e nom du Seigneur. V/. C’est une tour très forte que le nom du Seigneur ; en lui j’ai espéré, et j’ai été secouru. * Et.

Huitième leçon. Mon Jésus ne reçoit pas un nom vide et sans effet, à l’instar de ceux qui l’ont reçu auparavant : porté par lui, ce grand nom n’est plus une ombre, il exprime la vérité, L’Évangéliste assure qu’il fut apporté du ciel, ce nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Faites attention à la profondeur de ces paroles : « Après que Jésus fut né. » Il est appelé Jésus par les hommes, lui à qui l’Ange a donné ce nom avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Il est en effet tout à la fois et le Sauveur de l’Ange, et le Sauveur de l’homme : Sauveur de l’homme, depuis l’incarnation ; Sauveur de l’Ange depuis l’instant de sa création. « II fut, dit l’Évangéliste, nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné. » « Toute parole est avérée sur la déposition de deux ou trois témoins. » Et cette parole même, abrégée dans les Prophètes, se lit ouvertement dans l’Évangile qui nous montre le Verbe fait chair.

R/. J’attendrai votre nom, Seigneur. * Parce qu’il est bon, en présence de vos saints V/. Afin que nous louions votre nom saint, et que nous soyons glorifiés dan votre louange. * Parce. Gloire au Père. * Parce.

Neuvième leçon. C’est avec raison que l’enfant qui nous est né est appelé Sauveur, à sa circoncision : c’est alors effectivement qu’il commence l’œuvre de notre salut en versant pour nous son sang immaculé. Les Chrétiens n’ont donc plus à chercher pourquoi le Seigneur Jésus-Christ a voulu être circoncis ; il l’a été pour la même raison qui l’a fait naître et souffrir. Rien de tout cela n’était pour lui, mais tout était pour les élus. Il n’est pas né dans le péché, il n’a pas été circoncis pour être guéri du péché, il n’est pas mort pour son péché, mais à cause de nos fautes. « C’est le nom, dit l’Évangile, dont l’Ange l’avait appelé avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. » Il est appelé de ce nom ; ce nom ne lui est pas imposé, il lui appartient de toute éternité. C’est de sa nature propre qu’il tient d’être Sauveur : ce nom est à lui dès avant sa naissance : il ne le reçoit d’aucune créature angélique ou humaine.

A LAUDES

Ant. 1 C’est une huile répandue * que votre nom, c’est pour cela que les jeunes filles vous ont chéri.

Ant. 2 Sachez * que le Seigneur est Dieu, lui dont le nom subsistera éternellement.

Ant. 3 Elle a eu soif * mon âme de votre saint nom, Seigneur.

Ant. 4 Béni est le nom saint de votre gloire, et louable et souverainement exalté dans les siècles.

Ant. 5 Jeunes hommes et vierges, * vieillards et vous qui êtes plus jeunes, louez le nom du Seigneur, parce qu’il est le seul dont le nom a été exalté.

Capitule. Philipp. 2, 8-10. Mes frères, le Christ s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse.

Hymnus

Iesu, decus angélicum,

In aure dulce cánticum,

In ore mel miríficum,

In corde nectar cǽlicum.

Qui te gustant, esúriunt ;

Qui bibunt, adhuc sítiunt ;

Desideráre nésciunt,

Nisi Iesum, quem díligunt.

O Iesu mi dulcíssime,

Spes suspirántis ánimæ !

Te quærunt piæ lácrimæ,

Te clamor mentis íntimæ.

Mane nobíscum, Dómine,

Et nos illústra lúmine :

Pulsa mentis calígine,

Mundum reple dulcédine.

Hymne

Jésus, gloire des Anges,

harmonie douce à nos oreilles,

miel admirable dans notre bouche,

nectar céleste pour notre cœur.

Ceux qui vous goûtent ont faim encore ;

ceux qui vous boivent ont soif encore ;

ils ne savent désirer

que Jésus, objet de leur amour.

O mon très doux Jésus,

espoir de l’âme qui soupire !

nos larmes pieuses vous implorent,

le cri intime de notre cœur vous appelle.

Demeurez avec nous, Seigneur !

éclairez-nous de votre lumière ;

chassez de notre âme les ténèbres,

remplissez le monde de votre douceur.

Jésus, fleur de la Vierge-Mère,

douceur de notre amour,

à vous la louange, l’honneur d’un glorieux Nom,

le royaume de la béatitude. Amen.

V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur

R/. Qui a fait le ciel et la terre.

Ant. au Bénédictus Il se dévoua afin de délivrer son peuple et pour s’acquérir un nom immortel, alléluia.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Antiennes, capitule, hymne et versets des 1ères Vêpres.

Ant. au Magnificat Vous l’appellerez du * nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés, alléluia.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le deuxième Dimanche après l’Épiphanie, qui rappelle le festin des noces de Cana, fut d’abord choisi pour célébrer cette fête. C’est au jour nuptial que le nom de l’Époux devient propre à l’Épouse : ce nom désormais témoignera qu’elle est à lui L’Église, voulant honorer d’un culte spécial un nom pour elle si précieux, en unissait donc le souvenir à celui des Noces divines. Aujourd’hui, elle rapproche de l’anniversaire même du jour où il fut donné, huit jours après sa naissance, la célébration de ce Nom auguste, et laisse à la commémoration des Noces sacrées le Dimanche dont de tout temps cette commémoration fut la gloire.

L’ancienne alliance avait environné le Nom de Dieu d’une terreur profonde : ce nom était pour elle aussi formidable que saint, et l’honneur de le proférer n’appartenait pas à tous les enfants d’Israël. Dieu n’avait pas encore été vu sur la terre, conversant avec les hommes ; il ne s’était pas encore fait homme lui-même pour s’unir à notre faible nature : nous ne pouvions donc lui donner ce Nom d’amour et de tendresse que l’Épouse donne à l’Époux.

Mais quand la plénitude des temps est arrivée, quand le mystère d’amour est sur le point d’apparaître, le Nom de Jésus descend d’abord du ciel, comme un avant-goût de la présence du Seigneur qui doit le porter. L’Archange dit à Marie : « Vous lui donnerez le Nom de Jésus » ; or, Jésus veut dire Sauveur. Que ce Nom sera doux à prononcer à l’homme qui était perdu ! Combien ce seul Nom rapproche déjà le ciel de la terre ! En est-il un plus aimable, un plus puissant ? Si, à ce Nom divin, tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers, est-il un cœur qui ne s’émeuve d’amour à l’entendre prononcer ? Mais laissons raconter à saint Bernard la puissance et la douceur de ce Nom béni. Voici comme il s’exprime, à ce sujet, dans son XVe Sermon sur les Cantiques [1] :

« Le Nom de l’Époux est une lumière, une nourriture, un remède. Il éclaire, quand on le publie ; il nourrit, quand on y pense à part soi ; et quand on l’invoque dedans la tribulation, il procure l’adoucissement et l’onction. Parcourons, s’il vous plaît, chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait pu se répandre, par tout l’univers, cette si grande et si soudaine lumière de la Foi, si ce n’est de la prédication du Nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce Nom béni, que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? De laquelle étant illuminés, et voyant en cette lumière une autre lumière, nous oyons saint Paul nous dire à bon droit : Vous avez été jadis ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.

« Or, le Nom de Jésus n’est pas seulement lumière ; ains encore, il est nourriture. N’êtes-vous donc pas confortés, toutes fois et quantes que vous rappelez à votre cœur ce doux Nom ? Qu’est-il au monde qui nourrisse autant l’esprit de celui qui pense à lui ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, répare les sens affaiblis, donne de l’énergie aux vertus, fait florir les bonnes mœurs, et entretient les honnêtes et chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est détrempée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel.

« Quand vous m’écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le Nom de Jésus. Lorsque vous disputez ou conférez avec moi, le conteste n’a pour moi aucun intérêt, si je n’y entends résonner le Nom de Jésus. Jésus est un miel à ma bouche, une mélodie à mon oreille, une jubilation à mon cœur ; oui même, outre ce, une médecine bienfaisante. L’un de vous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur ; que de là il passe en sa bouche, et incontinent, à la venue de ce divin Nom qui est une vraie lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ; voire même, court-il, en se désespérant, au lacs de la mort ? S’il invoque le Nom de Jésus, ne recommencera-t-il pas de suite à respirer et à vivre ? Qui jamais oncques demeura dedans l’endurcissement du cœur, comme font tant d’autres, ou bien dedans la torpeur de la fétardie, la rancune, ou la langueur de l’ennui ? Quel est celui qui, par aventure, ayant à sec la source des larmes, ne l’ait sentie soudainement couler plus abondante et plus suave, sitôt que Jésus a été invoqué ? Quel est l’homme qui, palpitant et s’alarmant, au fort des périls, puis venant à invoquer ce Nom de vaillance, n’a pas senti tout aussitôt naître en soi la confiance et fuir la crainte ? Quel est celui, je vous le demande, qui, ballotté et flottant à la merci des doutes, n’a pas, sur-le-champ, je le dis sans balancer, vu reluire la certitude, à l’invocation d’un Nom si éclatant ? Qui est-ce qui, durant l’adversité, écoutant la méfiance, n’a pas repris courage, au seul son de ce Nom de bon secours ? Par effet, ce sont là les maladies et langueurs de l’âme, et il en est le remède.

« Certes, et je puis vous le prouver par ces paroles : Invoque-moi, dit le Seigneur, au jour de la tribulation, et je t’en tirerai, et tu m’honoreras. Rien au monde n’arrête si bien l’impétuosité de la colère, et n’accoise pareillement l’enflure de la superbe. Rien aussi parfaitement ne guarit les plaies de la tristesse, comprime les débordements de la paillardise, éteint la flamme de la convoitise, étanche la soif de l’avarice, et bannit toutes les démangeaisons des passions déshonnêtes. De vrai, quand je nomme Jésus, je me propose un homme débonnaire et humble de cœur, bénin, sobre, chaste, miséricordieux, et, en un mot, brillant de toute pureté et sainteté. C’est Dieu lui-même tout-puissant qui me guérit par son exemple, et me renforce par son assistance. Toutes ces choses retentissent à mon cœur, lorsque j’entends sonner le Nom de Jésus. Ainsi, en tant qu’il est homme, j’en tire des exemples, pour les imiter ; et en tant qu’il est le Tout-Puissant, j’en tire un secours assuré. Je me sers desdits exemples comme d’herbes médicinales, et du secours comme d’un instrument pour les broyer, et j’en fais une mixtion telle que nul médecin n’en saurait faire de semblable.

« O mon âme ! tu as un antidote excellent, caché comme en un vase, dans ce Nom de Jésus ! Jésus, pour le certain, est un Nom salutaire et un remède qui jamais oncques ne se trouvera inefficace pour aucune maladie. Qu’il soit toujours en votre sein, toujours à votre main : si bien que tous vos sentiments et vos actes soient dirigés vers Jésus. »

Telle est donc la force et la suavité du très saint Nom de Jésus, qui fut imposé à l’Emmanuel le jour de sa Circoncision ; mais, comme le jour de l’Octave de Noël est déjà consacré à célébrer la divine Maternité, et que le mystère du Nom de l’Agneau demandait à lui seul une solennité propre, la fête d’aujourd’hui a été instituée. Son premier promoteur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne, qui établit et propagea l’usage de représenter, entouré de rayons, le saint Nom de Jésus, réduit à ses trois premières lettres IHS, réunies en monogramme. Cette dévotion se répandit rapidement en Italie, et fut encouragée par l’illustre saint Jean de Capistran, de l’Ordre des Frères Mineurs, comme saint Bernardin de Sienne. Le Siège Apostolique approuva solennellement cet hommage au Nom du Sauveur des hommes ; et, dans les premières années du XVIe siècle, Clément VII, après de longues instances, accorda à tout l’Ordre de saint François le privilège de célébrer une fête spéciale en l’honneur du très saint Nom de Jésus.

Rome étendit successivement cette faveur à diverses Églises ; mais le moment devait venir où le Cycle universel en serait enrichi lui-même. Ce fut en 1721, sur la demande de Charles VI, Empereur d’Allemagne, que le Pape Innocent XIII décréta que la Fête du très saint Nom de Jésus serait célébrée dans l’Église entière, et il la fixa tout d’abord, comme nous l’avons dit, au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

A LA MESSE.

Dès l’Introït, l’Église annonce la gloire du Nom de son Époux. Ciel, terre, abîme, tressaillez au bruit de ce Nom adorable ; car le Fils de l’Homme qui le porte est aussi le Fils de Dieu.

Dans la Collecte, l’Église, qui trouve dans le Nom de son Époux la consolation de son exil, demande de jouir bientôt de la vue de Celui que ce Nom chéri lui représente.

ÉPÎTRE.

Nous le savons, ô Jésus ! Nul autre nom que le vôtre ne pouvait nous donner le salut : ce Nom, en effet, signifie Sauveur. Soyez béni d’avoir daigné l’accepter ; soyez béni de nous avoir sauvés ! Cette alliance ineffable que vous nous annoncez aujourd’hui dans les Noces mystérieuses, est tout entière exprimée dans votre doux et admirable Nom. Vous êtes du ciel, et vous prenez un nom de la terre, un nom qu’une bouche mortelle peut prononcer ; vous unissez donc pour jamais la divine et l’humaine nature. Oh ! rendez-vous dignes d’une si sublime alliance, et ne permettez pas qu’il nous arrivé jamais de la rompre.

La sainte Église célèbre ensuite, par ses chants, la louange de ce divin Nom que bénissent toutes les nations ; car il est le Nom du Rédempteur de toute chair.

ÉVANGILE.

C’est au moment de la première effusion de votre sang dans la Circoncision, ô Jésus, que vous avez reçu votre Nom ; et il en devait être ainsi, puisque ce nom veut dire Sauveur, et que nous ne pouvions être sauvés que par votre sang. Cette alliance fortunée que vous venez contracter avec nous vous coûtera un jour la vie ; l’anneau nuptial que vous passerez à notre doigt mortel sera trempé dans votre sang, et notre vie immortelle sera le prix de votre cruelle mort. Votre Nom sacré nous dit toutes ces choses, ô Jésus ! ô Sauveur ! Vous êtes la Vigne, vous nous conviez à boire votre Vin généreux, mais la céleste grappe sera durement foulée dans le pressoir de la justice du Père céleste ; et nous ne pourrons nous enivrer de son suc divin qu’après qu’elle aura été violemment détachée du cep et broyée. Que votre Nom sacré, ô Emmanuel, nous rappelle toujours ce sublime mystère ; que son souvenir nous garde du péché, et nous rende toujours fidèles.

Durant l’Offrande, la sainte Église continue de chanter le Nom divin qui fait l’objet de la présente solennité ; elle célèbre les miséricordes qui sont réservées à tous ceux qui invoquent ce Nom adorable.

Les fidèles ayant reçu le céleste aliment qui contient le Corps et le Sang du Sauveur Jésus, l’Église, dans sa reconnaissance, convie toutes les nations à chanter et à glorifier le Nom de Celui qui les a faites et qui les a rachetées.

Il ne reste plus maintenant à la sainte Église qu’un vœu à former : c’est que les noms de tous ses enfants soient écrits à la suite du glorieux Nom de Jésus, sur le livre de l’éternelle prédestination. Ce bonheur nous est assuré, si nous savons toujours goûter ce Nom de salut, et rendre notre vie conforme aux devoirs qu’il impose.

Les Hymnes qui sont employées par l’Église à l’Office de la fête, ont été attribuées longtemps à saint Bernard ; mais des manuscrits incontestables les revendiquent pour une pieuse Abbesse de l’Ordre de saint Benoît, qui vivait au XIVe siècle.

La Séquence que nous donnons ensuite est de la composition du pieux franciscain Bernardin de Bustis, qui rédigea, sous Sixte IV, un Office et une Messe du saint Nom de Jésus.

SÉQUENCE.

Le doux Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, gracieux, débonnaire, beau et florissant :

Pour le salut de son peuple, il a subi la mort et les tourments, pâle et livide sur la croix.

Doux Nom, doux surnom ; c’est le Nom par excellence, qui surpasse tous les noms.

Il calme les pécheurs, il réchauffé les justes, il les fortifie, il les garde contre les attaques.

Sous l’étendard de ce Roi, tu vis dans un état tranquille, et tes ennemis s’éloignent.

Le Nom de Jésus, quand on le médite, dissipe l’appareil de la guerre ; l’adversaire vaincu s’enfuit.

C’est un Nom qu’il faut révérer, un Nom redoutable aux malins esprits.

C’est un Nom de salut, une consolation singulière qui soulage les affligés.

Il nous le faut honorer, le placer dans le trésor de notre cœur, le méditer, l’aimer, mais d’un héroïque amour.

Ce Nom, Ignace l’a publié, il l’a fait retentir au milieu des tourments ; son cœur ouvert a laissé voir Jésus, écrit en caractères célestes.

Que pouvons-nous souhaiter de plus que d’avoir Jésus pour intime ? De tous il est le plus aimant, et il désire nous aimer.

Il aime avec ardeur, il aime avec constance, il aime avec fidélité, et veut secourir les siens.

Tel il a fait son Nom, qu’il puisse être pour tous le charme du cœur, l’objet excellent et principal d’un amour intime.

Les droits de la nature l’exigent : nous devons aimer de toutes nos forces celui qui nous aime, prévenir ses désirs avec empressement.

Le Nom de Jésus renferme tout bien, il résonne avec douceur, il nous vaut un trône au royaume du ciel, il réjouit notre oreille.

En lui brille la splendeur du Père, en lui éclate la beauté de sa Mère ; en lui se reflète la gloire de son Père, il fait la grandeur de ses frères.

Si donc quelqu’un veut connaître pourquoi le Nom de Jésus fait si vivement souhaiter aux justes de s’attacher à lui :

C’est que Jésus est beau dans son éclat, que sa bonté est souveraine, qu’il est doux-, facile, plein de mansuétude, porté à la clémence.

Jésus est le Roi de gloire ; Jésus est brillant de beauté, Jésus est plein de grâce dans ses paroles, admirable dans ses œuvres.

Jésus est fort et vaillant ; Jésus est un athlète vigoureux ; Jésus est magnifique dans ses dons, il aime à les distribuer.

Jésus est tendre et compatissant, Jésus est un guide lumineux ; Jésus est rempli de délices et de la plus douce saveur.

Jésus est illustre et glorieux ; Jésus est pour tous abondant en fruits ; Jésus est la source des vertus ; aux siens il donne ses faveurs.

Le plus élevé dans les honneurs, le plus chéri dans l’amour ; toutes les gloires sont à lui.

Par sa science il connaît tout, dans son immensité il embrasse tout, par son amour il ravit les cœurs, et les retient dans ses liens.

Que ce Nom, le Nom du doux Jésus, nous soit donc toujours cher ; qu’il soit fixé dans notre cœur, et que rien ne l’en puisse arracher.

Qu’il enlève le mal du péché, qu’il inspire des chants d’allégresse, qu’il nous donne de jouir de la demeure des bienheureux !

Amen

Nous empruntons aux anciens Missels d’Allemagne l’Hymne suivante, qui reproduit souvent les sentiments et les expressions de la Séquence de Bernardin de Bustis :

HYMNE.

Il est un Nom digne de tout honneur, adoré au plus haut des cieux, un Nom de gloire souveraine ; révélé à Gabriel, par lui sur terre il fut annoncé à la Mère de grâce.

Marie donne le nom de Sauveur à son Fils circoncis le huitième jour, selon la coutume de ses pères. Publié dans le monde entier, cet heureux Nom sauve ceux qui croient en lui.

En ce Nom brille la splendeur de la Trinité et de l’Unité ; il fait la joie du ciel. En ce Nom resplendit l’honneur du Père ; en ce Nom éclate la beauté de la Mère ; ce Nom fait la gloire des frères du Sauveur.

C’est là le Nom salutaire, la consolation singulière qui vient au secours des cœurs affligés. C’est le Nom qu’il nous faut honorer, bénir et louer, dans la joie constante de nos âmes.

Si on le prononce, c’est une mélodie ; si on l’invoque, c’est un doux miel ; il nous garde contre nos ennemis. Le cœur jubile, en songeant à ce Nom si formidable aux esprits de malice.

C’est le Nom plein de grâce, abondant en fruits, fécond en vertus, par-dessus tous les noms. C’est lui qui fait connaître aux hommes la face d’un Dieu toute gracieuse, remplie de beauté et d’amour.

Ce Nom est beau dans son éclat ; il est le souverain bien lui-même ; sa saveur intime est la plus douce. Tout-puissant en sa force, sublime en ses honneurs, il est le principe des délices et de la félicité.

Donc, ô Pasteur des âmes, leur lumière incessante, ô bon Jésus ! par votre Nom si cher, protégez-nous, et fermez sous nos pas le noir chaos des ténèbres.

Réformateur de toutes les nations humaines, Vie qui avez détruit la mort, restaurateur de la ruine qu’avaient soufferte les tribus angéliques, daignez vous donner à nous.

[1] Nous empruntons la traduction de ce beau fragment, dont l’Église a inséré une partie dans l’Office du saint Nom de Jésus, aux Méditations sur la Vie de Notre-Seigneur,par saint Bonaventure, traduites par le R. P. Dom François Le Bannier.

Ame

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’apôtre d’une spéciale dévotion envers l’adorable Nom du Sauveur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne qui parcourut une grande partie de l’Italie, en présentant aux populations, dans un petit tableau, les initiales du saint Nom de Jésus tout entourées de rayons. A la prédication du Frère Mineur répondirent les plus splendides conversions, et de toutes parts, spécialement à Sienne et à Viterbe, on rivalisa pour graver sur la façade des maisons privées comme sur celle du palais communal l’auguste Nom du Rédempteur. Les Franciscains, héritiers de l’esprit de Bernardin, continuèrent après sa mort, et surtout après sa canonisation, à organiser des fêtes en l’honneur du Nom de Jésus, déjà vénéré avec un office liturgique spécial en de nombreux endroits d’Italie, quand enfin Innocent XIII (1721-1724) étendit cette fête à l’Église universelle, élevant son rite au double de seconde classe. Entretemps, saint Ignace de Loyola avait donné le Nom de Jésus à l’institut fondé par lui.

Bien que la messe révèle son caractère moderne, —- et que, liturgiquement, elle soit une répétition de celle du Ier janvier, — elle est très pieuse et remplie de cette suave onction de dévotion qui distingue la famille franciscaine au moyen âge.

Le très saint Nom de Jésus est le divin poème qui exprime ce que la sagesse et la miséricorde de Dieu ont pu inventer de plus sublime et de plus humble pour sauver l’humanité déchue. Ce Nom adorable, prononcé d’abord par l’Ange, puis imposé au Verbe incarné par Marie et par Joseph, se trouva aussi sur les lèvres de Pilate quand il lut la sentence de mort contre le Sauveur. Jésus fut le rebut du monde ; mais précisément par les mérites de son sacrifice spontané, le Père éternel le constitua juge des vivants et des morts et voulut que son Nom figurât aussi en signe de salut sur le front des prédestinés. Habentes nomen eius et nomen Patris eius scriptum in frontibus.

L’introït (Philip., II, 10-11) est presque identique à celui du mercredi saint. « Qu’au Nom de Jésus ploie tout genou, au ciel, sur la terre et dans les abîmes ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. » PS. 8 : « Seigneur, notre Seigneur ; combien admirable sur toute la terre est votre Nom ! »

La prière, de caractère moderne, manque du rythme du cursus mais elle est pieuse. On y remarque que la vraie dévotion au saint Nom de Jésus consiste à exprimer Jésus par les œuvres, en sorte que toutes soient des œuvres de salut. « O Dieu qui avez établi votre Fils unique Sauveur du genre humain, et qui avez voulu qu’il s’appelât Jésus, faites que, vénérant son nom sur la terre, nous puissions jouir de sa vue dans le ciel. Par notre Seigneur, etc. »

La lecture est tirée des Actes des Apôtres (IV, 8-12) : Au lendemain de la Pentecôte, et après l’éclatant miracle de la guérison du boiteux devant la porte du temple, tandis que tout le Sanhédrin, troublé et excité sous l’angoissante obsession du déicide, tente l’effort suprême contre les disciples de Jésus, Pierre, inébranlable, proclame la divinité, la puissance et la gloire de ce Nom adorable, là, en présence de ces mêmes juges qui, deux mois auparavant, avaient crié : Reus est mortis ; dans cette même salle où avait été prononcée la sentence de mort. Quelle différence toutefois entre alors et maintenant ! Naguère Jésus, les mains liées derrière le dos, jouait le rôle du coupable ; aujourd’hui au contraire, ressuscité, il siège à la droite du Père, juge des vivants et des morts. Le Sanhédrin l’estima indigne de vivre ; aujourd’hui Dieu l’a glorifié par un miracle éclatant, disposant ainsi qu’en son Nom seul l’humanité pût obtenir le salut désiré.

Le répons est tiré en partie du psaume 105, en partie d’Isaïe (LXIII, 16) ; dans ce choix se révèle le compositeur moderne, qui a oublié que le graduel est le chant d’un psaume de rythme responsorial, suivant normalement la première lecture scripturaire de la messe. « Sauvez-nous, Seigneur notre Dieu, et rassemblez-nous du milieu des Gentils, pour que nous célébrions votre saint Nom et que nous mettions notre gloire à vous louer. » Cette prière est aussi celle que l’Église, qui ne fait pas de distinction entre les circoncis et les Gentils, élève quotidiennement vers Dieu pour qu’il accomplisse la promesse faite aux Patriarches et aux Prophètes, et qu’il fasse briller même sur le pauvre peuple d’Israël, dispersé dans le monde et adorateur du veau d’or, la lumière et la gloire de l’auguste Nom de leur Messie, Jésus. Verset, Is., LXIII, 16 : « Vous, Seigneur, vous êtes notre Père et notre Rédempteur ; votre Nom est dès l’éternité. » — Le nom éternel de Dieu c’est son Verbe en tant qu’il dit tout le Père ; mais ce Verbe a, dans le temps, lui aussi, un nom qui lui est propre et qui dit toute sa puissance, sa beauté, sa bonté : ce nom, c’est Jésus. En tant que le Verbe dit le Père, ce nom éternel est pour le Père Lui-même ; en tant que le Verbe incarné s’appelle Jésus, ce nom est pour nous, entièrement pour nous.

Le verset alléluiatique est tiré du psaume 144 où le Prophète non seulement veut proclamer .la louange de Dieu, mais désire que la terre tout entière chante son Nom et le sanctifie. Sanctificetur Nomen tuum. Et comment ? Par la sainteté des œuvres.

La lecture évangélique répète celle du Ier janvier, car la fête de ce jour, née en une période de décadence de l’esprit liturgique, fut instituée précisément parce que le sens complexe et très profond de la solennité de la Circoncision du Christ, avec les multiples mystères qui s’y rapportent, échappait en grande partie à la dévotion et à l’intelligence des fidèles.

Ce passage de saint Luc (II, 21) est court mais plein d’enseignements célestes. Jésus consacre la Loi dont il est l’auteur en s’y soumettant volontairement et en acceptant le signe extérieur des fils et des héritiers du patriarche Abraham. La circoncision symbolise en outre la mortification chrétienne, ou, comme le dit l’Apôtre, la circoncision du cœur de tout ce qui est luxure de la vie, entendue au sens le plus large. Le nom de Jésus est imposé aujourd’hui seulement au Divin Enfant, et cela après qu’il a commencé l’œuvre de la Rédemption dans la douleur par une première plaie sanglante dans sa sainte Humanité. Telle est la loi du royaume de la grâce. L’unique voie conduisant à la gloire est celle de la croix.

L’offertoire est tiré du psaume 85 : « Seigneur mon Dieu, je vous louerai avec tout mon cœur et je glorifierai sans cesse votre Nom, parce que vous, Seigneur, vous êtes doux et bon et que vous exercez une miséricorde infinie envers tous ceux qui vous invoquent. Alléluia. » Ici le Prophète ne se contente pas de louer de temps à autre le saint Nom de Dieu, mais il veut le faire sans cesse, et cela par ses œuvres. En effet, comme celui qui vit contrairement à la foi à laquelle Dieu l’a initié, profane cette foi et, en quelque sorte, blasphème le Nom adorable de Dieu qu’il porte imprimé dans son cœur : lugiter tota die nomen meum blasphematur, dit Isaïe (LII, 5) — ainsi celui qui agit en véritable enfant de Dieu, celui qui le fait revivre et l’exprime en lui-même, celui-ci sanctifie en lui le Nom adorable du Seigneur.

La secrète est la suivante : « Dieu très clément, que votre bénédiction, qui réconforte toute créature, sanctifie ce sacrifice que nous vous offrons à la gloire du nom ,de Jésus, votre Fils et notre Seigneur, afin qu’il soit accepté de vous comme un hommage de louange et qu’il nous soit salutaire et profitable. Par le même, etc. » La bénédiction qui est demandée ici ne concerne pas seulement les offrandes, afin que la matière du sacrifice soit convenablement préparée, mais aussi les sacrificateurs, pour que leur foi et leur charité rende l’oblation glorieuse à Dieu et salutaire et profitable au peuple fidèle.

L’antienne de la communion est tirée du psaume 85 et chante l’universalité de la Rédemption : « Toutes les nations créées par vous accourront, Seigneur, pour vous adorer et pour chanter gloire à votre Nom. En effet, vous êtes grand et vous agissez merveilleusement : vous seul êtes Dieu. Louange à Yahweh. » Le nom de Jésus est un nom universel, parce que le Sauveur n’exclut personne de sa Rédemption, étant Lui-même le « Chef des hommes et des anges », mediator Dei et hominum, homo Christus Iesus.

La prière d’action dé grâces est longue et compliquée. Dans l’ensemble toutefois elle est pieuse. Celui qui veut être sauvé sait donc ce qu’il convient de faire. Le nom de chaque prédestiné ne peut être que celui de Jésus, mais un nom de Jésus vivant, substantiel, comme celui que porte le Verbe incarné : c’est-à-dire que nous devons exprimer Jésus par toute notre vie.

Quelque grands que soient nos péchés, personne ne doit jamais désespérer de son salut, car tant que le Sauveur s’appellera Jésus, et c’est là un nom de gloire éternelle, II sera toujours le Jésus de toute l’humanité et de chacun en particulier.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Au nom de Jésus doivent fléchir les genoux tous ceux qui sont au ciel, sur la terre et dans les enfers ; et toute langue doit confesser que Notre-Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire du Père. (Introït).

Il n’a pas été donné d’autre nom, aux hommes sous le ciel, par lequel nous devions obtenir le salut. (Leçon).

1. Considérations préliminaires. — Cette fête n’apporte aucun progrès dans l’évolution de l’année liturgique, ce n’est qu’un complément de la fête de la Circoncision. Au moment de la Circoncision, Notre Seigneur reçut le nom de Jésus comme l’ange l’avait annoncé auparavant. Le but de la fête est de faire considérer aux chrétiens la majesté du Saint Nom de Jésus. C’est une fête récente, dont l’origine est surtout la piété méditative. Nous en tirerons cependant des pensées liturgiques conformes à l’esprit antique du Christianisme.

Que signifie originairement le nom ? Le nom devrait exprimer l’essence d’une chose. Ainsi Adam, au Paradis terrestre, donna à tous les animaux des noms conformes à leur nature intime. De même le nom de Dieu signifiait chez les Juifs son essence : Jahvé, c’est-à-dire : je suis Celui qui suis, l’Être éternel. C’est pourquoi les Juifs avaient un si grand respect du nom de Dieu qu’ils n’avaient pas le droit de le prononcer. Ce respect est également inclus dans le Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié ». Les personnes qui, dans l’histoire sainte, ont joué un rôle important ont reçu leur nom de Dieu lui-même. Adam — l’homme de la terre, Ève — la mère des vivants ; Abraham — le père de beaucoup de peuples ; Pierre — le rocher. Le précurseur de Notre-Seigneur a reçu lui aussi un nom que Dieu lui imposa. La famille voulait à toute force lui donner le nom de son père, mais Élisabeth aussi bien que Zacharie manifesta ses exigences : Jean est son nom (Jean veut dire : la grâce de Dieu).

Nous pouvons comprendre dès lors que le nom du Sauveur ne lui a pas été donné au hasard ni d’après le caprice des hommes, mais qu’il l’a reçu directement de Dieu. Car son nom devait exprimer son sublime ministère sur la terre. Nous lisons en effet dans l’Écriture que l’ange Gabriel annonça à la Vierge Marie le nom de Notre Seigneur : « Tu lui donneras le nom de Jésus. » Et à saint Joseph, son père nourricier, l’ange dit encore davantage, il n’annonça pas seulement le nom, mais encore il en expliqua la signification : « tu lui donneras le nom de Jésus, car il rachètera son peuple de ses péchés ; » Ainsi donc Notre. Seigneur ne devait pas seulement être le Sauveur mais encore en porter le nom. Chez Notre Seigneur le nom exprime donc véritablement son essence.

Voilà pourquoi ce nom doit être si saint pour les chrétiens. Toutes les fois que nous prononçons ce nom, nous devons incliner ta tête, car ce nom nous rappelle à lui seul le plus grand bienfait que nous ayons jamais reçu : notre qualité de rachetés et d’enfants de Dieu.

2. La messe (In nomine Jesu). — La messe est un sacrifice de louange en l’honneur du Saint Nom de Jésus. L’Introït nous donne une belle image d’adoration. Nous voyons le royaume de Dieu dans ses trois états : l’Église triomphante, l’Église militante et l’Église souffrante prosternées devant le Seigneur assis. sur son trône de gloire et dont le nom est Jésus. La collecte demande la vision éternelle au ciel du Seigneur dont nous honorons le nom sur la terre. La leçon est un passage du plaidoyer de saint Pierre après la guérison du paralytique : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts, cet homme se tient devant vous guéri... Car Il n’a pas été donne aux hommes d’autre nom sous le ciel par lequel nous devions obtenir le salut. » Le Graduel se rattache à la leçon. Celle-ci se terminait par ces mots : salvos fieri (recevoir le salut), le Graduel continue : Salvos fac nos (donne-nous le salut). L’Alléluia est vraiment un chant de louange (Alléluia veut dire : louez Dieu) : « Ma bouche doit annoncer la louange du Seigneur et toute chair doit louer son saint nom. » L’Évangile est le même que celui de la Circoncision : le Seigneur reçoit le nom de Jésus qui lui avait été donné auparavant par l’ange, avant sa conception. Les deux processions eucharistiques (Off. et Comm.) sont un chant de louange au nom du Seigneur. Les deux oraisons (Sec. et Postc.) caractérisent la sainte messe comme « un sacrifice offert en l’honneur du nom de Jésus à la divine majesté », conception qui ajoute une note de piété plus personnelle à l’antique conception du sacrifice. — Prenons aujourd’hui de nouveau la résolution de dire avec respect et piété la conclusion habituelle des oraisons : « par Jésus-Christ Notre Seigneur ».

3. La prière des Heures. Saint Bernard chante, dans les hymnes et les leçons, le Saint Nom de Jésus. « Ce n’est pas en vain que le Saint Esprit compare le nom de l’Époux avec l’huile, en faisant dire par l’Épouse à l’Époux : Ton nom est comme une huile répandue. Car l’huile nous donne lumière, nourriture et onction, elle est une lumière, un aliment et un remède. Or voici que tout ceci s’applique au nom de l’Époux... Est-ce que Dieu ne nous a pas, dans la lumière de ce nom, appelés à sa lumière merveilleuse, Si bien que saint Paul dit : vous étiez auparavant ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? Le nom de Jésus est aussi un aliment. N’es-tu pas réconforté toutes les fois que tu y penses ? Tout aliment de l’âme est sec qui n’est pas assaisonné de ce condiment. Jésus est un miel dans la bouche, une douce mélodie dans l’oreille,. un délice dans le cœur. C’est aussi un remède. Quelqu’un est il triste, que Jésus vienne dans son cœur et monte à ses lèvres et voici que, dès que s’est levée la lumière de son nom, tous les nuages disparaissent et la sérénité revient. » -Lecture d’Écriture (Act. Ap. chap.III et IV) : la guérison du paralytique est racontée tout au long.

4. Le monogramme du Christ. Dans les conceptions des anciens, le nom étaient une expression de la personne. Cela nous explique que, dans l’art chrétien antique, pour désigner la personne du Seigneur, on employait son nom, mais sous la forme abrégée des initiales. Nous pouvons, dans l’art de la primitive Église, distinguer les signes suivants du nom du Seigneur.

a) Le signe du Christ. Les plus anciens monuments attestant ce signe sont du troisième siècle ; le premier portant une date précise est une inscription funéraire sur la tombe d’un consul de l’an 389. Au troisième siècle, on peut établir les formes suivantes 1. des lettres séparées, IX (Jesus Christus), 2. des lettres placées l’une sur l’autre >I< = Jesus Christus. Dans l’archéologie, on appelle d’ordinaire ce signe le monogramme préconstantinien. PX= Christus est le monogramme constantinien. (Cela veut simplement dire que le premier est plus fréquent et que le second se rencontre après l’empereur Constantin). 3. La croix monogrammatique. Lorsque Constantin, après sa victoire au pont Milvius, plaça le monogramme du Christ sur les enseignes de l’armée (labarum), sur les casques et les monnaies, il utilisa un signe déjà courant chez les chrétiens. Cependant la vision de l’empereur avec cette promesse : « In hoc signo vinces » et l’accomplissement brillant de cette promesse élevèrent désormais ce signe jusqu’à en faire un symbole du triomphe du Christ. Depuis la victoire du christianisme, il trouva une large diffusion dans tous les pays et fut employé de mainte façon. Ce ne fut plus seulement une simple abréviation, mais un symbole indépendant du Christ-Roi. Souvent le monogramme du Christ (tel qu’il était sur le labarum) fut entouré d’une couronne de laurier ou d’un cercle. Cela signifiait la souveraineté du Christ sur le monde ou le triomphe du Christ sur les ennemis de son royaume. Le monogramme reçut alors les formes les plus diverses et on y ajouta une riche ornementation. On aima placer autour du signe ou de la croix monogrammatique l’alpha et l’oméga (expression de l’éternité et de la divinité du Christ).

b) Le signe du nom de Jésus. Le monogramme connu IHS est un symbole qui parmi un très petit nombre, est resté en usage jusqu’à nos jours. Il doit sa grande diffusion à saint Bernardin de Sienne, qui le fit placer sur ses étendards, entouré de douze rayons de soleil et surmonté d’une couronne. Depuis, ce signe est devenu le monogramme préféré du doux nom de Jésus. Saint Bernardin, par ses exhortations zélées, détermina plusieurs prêtres à placer ce monogramme sur les autels ou à le faire broder sur les aubes ou les chasubles. Sur ses conseils, plusieurs villes d’Italie inscrivirent ce monogramme en lettres gigantesques sur les murs extérieurs de leurs hôtels de ville, comme on peut encore le voir à Sienne. Quelle est l’origine de ce monogramme ? IHC est l’abréviation du grec IHZOUC. IHS est l’abréviation du latin IHESVS (forme du moyen âge). Comme on ne pouvait plus comprendre H comme un éta (è) grec, on dut ajouter un H. C est l’ancienne écriture du s grec (sigma). Dans l’antiquité chrétienne, ce monogramme n’est pas fréquent et ne doit pas remonter au-delà du Ve siècle.

Plus tard, on a mal traduit IHS en l’interprétant comme : Jesus hominum Salvator, ou bien même Jesu humilis societas (ce qui l’a fait prendre comme symbole par l’Ordre des Jésuites). On aimait encore beaucoup cette interprétation : In Hoc Signo (sc. vinces). Du v (vinces) ajouté on fit plus tard trois aiguilles.

c) Ichthus. L’ancienne Église connaissait aussi un anagramme très aimé pour désigner le Seigneur ; le fameux Ichthus. Le titre complet du Christ se formulait ainsi en grec : Jesous Christos, Theou Uios, Soter — Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Les premières lettres de ces saints mots donnent le mot grec : Ichthus, c’est-à-dire poisson. C’est la raison pour laquelle on aimait à représenter le Christ sous la forme d’un poisson. Ainsi l’abréviation aussi bien que la figure fut pour les premiers chrétiens une désignation secrète du Christ. Ils nommaient même le Seigneur « le grand et pur poisson » (Inscription funéraire d’Aberkios, vers 180 après J.-C.). Tertullien suppose connu ce symbolisme du poisson (vers 200 après J.-C.), quand il écrit : « Nous (les chrétiens), à l’exemple de notre Ichthus, Jésus-Christ, nous sommes nés dans l’eau comme de petits poissons » (Du baptême, chap. 1).

d) Monogramme en forme de croix. Déjà, dans le signe abrégé du Christ, on pouvait voir un effort pour unir la croix au nom du Christ. La croix et le nom du Christ sont considérés comme des signes de la Rédemption : mais encore comme une protection contre les attaques du démon. C’est pourquoi on avait coutume de peindre sur les portes et les maisons le monogramme de Jésus en lui donnant une forme de croix. Un des exemples les plus connus jusqu’ici est la disposition en forme de croix des deux mots phôs et zôê (lumière et vie) qui caractérisent le Christ lui-même dans saint Jean (VIII, 12 ; XI, 25). Le Christ est lumière et vie. Le Christ nous donne la lumière et la vie divines. La lumière et la vie, la liturgie souhaite, implore et communique ces deux biens pour les vivants et pour les morts. Nous pouvons dès lors comprendre que l’union en forme de croix de ces deux mots lumière et vie, fut, pour J’ancienne Église, un symbole parlant très aimé. On les rencontre sur les portes (Syrie), sur les tombeaux, mais aussi sur les ampoules, les petites lampes en terre cuite, les ustensiles domestiques.



Holy Name of Jesus

We give honour to the Name of Jesus, not because we believe that there is any intrinsic power hidden in the letters composing it, but because the Name of Jesus reminds us of all the blessings we receive through our Holy Redeemer. To give thanks for these blessings we revere the Holy Name, as we honour the Passion of Christ by honouring His Cross (Colvenerius, "De festo SS. Nominis", ix). At the Holy Name of Jesus we uncover our heads, and we bend our knees; it is at the head of all our undertakings, as the Emperor Justinian says in his law-book: "In the Name of Our Lord Jesus we begin all our consultations". The Name of Jesus invoked with confidence
  • brings help in bodily needs, according to the promise of Christ: "In my name They shall take up serpents; and if they shall drink any deadly thing, it shall not hurt them: they shall lay their hands upon the sick, and they shall recover". (Mark 16:17-18) In the Name of Jesus the Apostles gave strength to the lame (Acts 3:6; 9:34) and life to the dead (Acts 9:40).
  • It gives consolation in spiritual trials. The Name of Jesus reminds the sinner of the prodigal son's father and of the Good Samaritan; it recalls to the just the suffering and death of the innocent Lamb of God.
  • It protects us against Satan and his wiles, for the Devil fears the Name of Jesus, who has conquered him on the Cross.
  • In the Name of Jesus we obtain every blessing and grace for time and eternity, for Christ has said: "If you ask the Father anything in my name he will give it you." (John 16:23) Therefore the Church concludes all her prayers by the words: "Through Our Lord Jesus Christ", etc.
So the word of St. Paul is fulfilled: "That in the name of Jesus every knee should bow, of those that are in heaven, on earth, and under the earth" (Philippians 2:10).

A special lover of the Holy Name was St. Bernard, who speaks of it in most glowing terms in many of his sermons. But the greatest promoters of this devotion were St. Bernardine of Siena and St. John Capistran. They carried with them on their missions in the turbulent cities of Italy a copy of the monogram of the Holy Name, surrounded by rays, painted on a wooden tablet, wherewith they blessed the sick and wrought great miracles. At the close of their sermons they exhibited this emblem to the faithful and asked them to prostrate themselves, to adore the Redeemer of mankind. They recommended their hearers to have the monogram of Jesus placed over the gates of their cities and above the doors of their dwelling (cf. Seeberger, "Key to the Spiritual Treasures", 1897, 102). Because the manner in which St. Bernardine preached this devotion was new, he was accused by his enemies, and brought before the tribunal of Pope Martin V. But St. John Capistran defended his master so successfully that the pope not only permitted the worship of the Holy Name, but also assisted at a procession in which the holy monogram was carried. The tablet used by St. Bernardine is venerated at Santa Maria in Ara Coeli at Rome.

The emblem or monogram representing the Holy Name of Jesus consists of the three letters: IHS. In the Middle Ages the Name of Jesus was written: IHESUS; the monogram contains the first and last letter of the Holy Name. It is first found on a gold coin of the eight century: DN IHS CHS REX REGNANTIUM (The Lord Jesus Christ, King of Kings). Some erroneously say that the three letters are the initials of: "Jesus Hominum Salvator" (Jesus Saviour of Men). The Jesuits made this monogram the emblem of their Society, adding a cross over the H and three nails under it. Consequently a new explanation of the emblem was invented, pretending that the nails originally were a "V", and that the monogram stands for "In Hoc Signo Vinces" (In This Sign you shall Conquer), the words which, according to a legendary account, Constantine saw in the heavens under the Sign of the Cross before the battle at the Milvian bridge (312).


Urban IV and John XXII are said to have granted an indulgence of thirty days to those who would add the name of Jesus to the Hail Mary or would bend their knees, or at least bow their heads when hearing the Name of Jesus (Alanus, "Psal. Christi et Mariae", i, 13, and iv, 25, 33; Michael ab Insulis, "Quodlibet", v; Colvenerius, "De festo SS. Nominis", x). This statement may be true; yet it was only by the efforts of St. Bernardine that the custom of adding the Name of Jesus to the Ave Maria was spread in Italy, and from there to the Universal Church. But up to the sixteenth century it was still unknown in Belgium (Colven., op. Cit., x), whilst in Bavaria and Austria the faithful still affix to the Ave Maria the words: "Jesus Christus" (ventris tui, Jesus Christus). Sixtus V (2 July, 1587) granted an indulgence of fifty days to the ejaculation: "Praise be to Jesus Christ!" with the answer: "For evermore", or "Amen". In the South of Germany the peasants salute each other with this pious formula. Sixtus V and Benedict XIII granted an indulgence of fifty days to all as often as they pronounce the Name of Jesus reverently, and a plenary indulgence in the hour of death. These two indulgences were confirmed by Clement XIII, 5 Sept., 1759. As often as we invoke the Name of Jesus and Mary ("Jesu!", "Maria!") we may gain an indulgence of 300 days, by decree of Pius X, 10 Oct., 1904. It is also necessary, to gain the papal indulgence in the hour of death, to pronounce at least in mind the Name of Jesus.


Feast of the Most Holy Name of Jesus

In a world of fiercely guarded corporate names and logos, it should be easy to understand this feast. The letters IHS are an abbreviation of Iesous, the Greek name for Jesus.

The Feast of the Holy Name (traditionally celebrated as the Feast of the Circumcision) is a major feast of the Church. It reflects the significance of the Holy Name, Jesus. The name Jesus is from the Hebrew Joshua or Yehoshuah meaning “Yahweh is salvation” or “Yahweh will save.”

Although St. Paul might claim credit for promoting devotion to the Holy Name because Paul wrote in Philippians that God the Father gave Christ Jesus “that name that is above every name” (see 2:9), this devotion became popular because of 12th-century Cistercian monks and nuns but especially through the preaching of St. Bernardine of Siena, a 15th-century Franciscan.

Bernardine used devotion to the Holy Name of Jesus as a way of overcoming bitter and often bloody class struggles and family rivalries or vendettas in Italian city-states. The devotion grew, partly because of Franciscan and Dominican preachers. It spread even more widely after the Jesuits began promoting it in the 16th century.

In 1530, Pope Clement V approved an Office of the Holy Name for the Franciscans. In 1721, Pope Innocent XIII extended this feast to the entire Church.

This feast invites us to a continual remembrance and veneration of the Holy Name in order that God might plant in us, and in every heart, the love of him who is the Savior of the world, our Lord Jesus Christ.