mercredi 2 janvier 2013

LE TRÈS SAINT NOM DE JÉSUS



Le monogramme IHS (parfois JHS) est une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jésus » en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S (JES. = Jesus/Ιησους).
En latin IESUS HOMO (plus souvent : HOMINUM) SALVATOR, « Jésus Homme Sauveur » ou plus souvent, « Jésus Sauveur des Hommes ».


[Accordée en 1530 aux Frères Mineurs et étendue à l'Église universelle en 1722 par Innocent XIII]
[Malheureusement supprimée après la réforme liturgique, elle est rétablie en 2002 par Saint Jean-Paul II]

Conformément à ce que l'Archange Gabriel dit à St Joseph (cf : Matthieu 1, 21), le Divin Enfant de Bethléem pris le Nom de Jésus le huitième jour après Sa Naissance.
Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu'il signifie Sauveur, la grandeur de son origine, puisqu'il fut apporté du Ciel, sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles, sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons ?

Qui dira sa puissance, puisque c'est par ce Nom que l'Église prie, qu'elle administre les Sacrements et donne ses Bénédictions, et que les Apôtres et les Saints ont opéré des multitudes de miracles ?
Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les Saints l'ont si bien chanté et que les Chrétiens l'ont invoqué et l'invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d'Amour ?
Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre cœur pendant la vie !
Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l'heure de la mort, notre Joie et notre chant éternel dans les Cieux.
SOURCE : http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/les-fetes-catholiques/janvier-2013/le-tres-saint-nom-de-jesus-fete-le-03-janvier.html


Église du Gesù - Église Mère des Jésuites à Rome, Italie


Le Saint Nom de Jésus

C'est au jour de Sa Circoncision, selon la Loi de Moïse, que le divin Enfant de Bethléem reçut le Nom de Jésus, le huitième jour après Sa naissance. L'Ange Gabriel le Lui avait assigné à l'avance au jour de l'Annonciation: "Vous L'appellerez Jésus, car Il délivrera Son peuple de l'esclavage du péché."

Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu'il signifie Sauveur; la grandeur de son origine, puisqu'il fut apporté du Ciel; sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles; sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons? Qui dira sa puissance, puisque c'est par ce Nom que l'Église prie, qu'elle administre les sacrements et donne ses bénédictions, et que les apôtres et les Saints ont opéré des multitudes de miracles? Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les Saints l'ont si bien chanté et que les chrétiens l'ont invoqué et l'invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d'amour?

Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre coeur pendant la vie! Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l'heure de la mort, notre joie et notre chant éternel dans les Cieux.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.




LE TRÈS SAINT NOM DE JÉSUS
Dans le Martyrologe Romain, cette mémoire est définie ainsi : « Le Très Saint Nom de Jésus, devant qui doit fléchir tout genou, aux Cieux, sur Terre et dans l’abîme, pour la Gloire de la Divine Majesté. »
Ces paroles sont extraites de la lettre de St Paul aux Philippiens (2, 8-11) : « il s'est abaissé Lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une Croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux Cieux, sur Terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : “Jésus Christ est Le Seigneur”, pour la Gloire de Dieu le Père. »
C'est au jour de sa Circoncision, selon la loi de Moïse, que le Divin Enfant de Bethléem reçut le nom de Jésus, le huitième jour après sa naissance. L'ange Gabriel le lui avait assigné à l'avance au jour de l'Annonciation : « Vous l'appellerez Jésus, car il délivrera son peuple de l'esclavage du péché. »
Qui dira la grandeur de sa signification, puisqu'il signifie Sauveur ; la grandeur de son origine, puisqu'il fut apporté du Ciel ; sa grandeur sur la terre, où il a opéré et opère toujours tant de merveilles ; sa grandeur jusque dans les enfers où il fait trembler les démons ?
Qui dira sa puissance, puisque c'est par ce Nom que l'Église prie, qu'elle administre les Sacrements et donne ses Bénédictions, et que les apôtres et les saints ont opéré des multitudes de miracles ?
Qui dira sa douceur, ses charmes, son amabilité, puisque les saints l'ont si bien chanté et que les Chrétiens l'ont invoqué et l'invoquent toujours avec tant de confiance, de fruits et d'Amour ?
Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre cœur pendant la vie !
Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l'heure de la mort, notre Joie et notre chant éternel dans les Cieux.
"Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au Nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des Cieux, sur la Terre et dans les Enfers." - (Philippiens 2.9-10).
SOURCE : http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20150103&id=189&fd=1



D’abord fixée au deuxième Dimanche après l’Épiphanie, la fête du Saint Nom de Jésus fut déplacée par la réforme de St Pie X au dimanche entre la Circoncision et l’Épiphanie.

En effet, comme l’indique le Missel de St Pie V (§351 de l’édition Sodi-Triacca), si l’octave de St Etienne (2/01), de St Jean (3/01) ou des Sts Innocents (4/01) tombaient le dimanche, on faisait l’office de l’octave des Saints et on ne faisait rien du dimanche. Le 5 janvier, lui, était occupé par la Vigile de l’Épiphanie. Jusqu’à la réforme du Calendrier de St Pie X, le dimanche pouvant tomber les 2, 3, 4 ou 5 janvier était ignoré, la Vigile de l’Épiphanie était considérée comme tenant lieu de dimanche et en avait tous les privilèges.

St Pie X profita donc de sa réforme pour libérer le Dimanche des Noces de Cana, qui est en véritable connexion avec le mystère de l’Épiphanie (3 mystères en cette Fête avec l’adoration des Mages, le Baptême du Seigneur et les Noces de Cana) et qui était éclipsé par la fête du Saint Nom depuis Innocent XIII (1721-1724).




AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Les 1ères Vêpres ne se disent que si la fête tombe un dimanche (sauf si ce dimanche est le 2 janvier) ou bien si la fête est célébrée comme fête de 1ère classe.

Ant. 1 Quiconque * invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

Ant. 2 Saint et terrible * est son nom ; le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur.

Ant. 3 Mais moi * je me réjouirai dans le Seigneur, et j’exulterai en Dieu mon Jésus.

Ant. 4 Du lever du soleil * jus qu’à son coucher, louable est le nom du Seigneur.

Ant. 5 Je sacrifierai * une hostie de louange, et j’invoquerai le nom du Seigneur.

Capitule. Philipp. 2, 8-10. Mes frères, le Christ s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse.

Hymnus

Iesu, dulcis memória,

Dans vera cordis gáudia :

Sed super mel, et ómnia,

Eius dulcis præséntia.

Nil cánitur suávius,

Nil audítur iucúndius,

Nil cogitátur dúlcius,

Quam Iesus Dei Fílius.

Iesu, spes pœniténtibus,

Quam pius es peténtibus !

Quam bonus te quæréntibus !

Sed quid inveniéntibus ?

Nec lingua valet dícere,

Nec líttera exprímere :

Expértus potest crédere,

Quid sit Iesum dilígere.

Hymne

Jésus ! Nom de douce souvenance,

qui donne au cœur les joies véritables ;

mais plus suave que le miel et toutes les douceurs,

est la présence de Celui qui le porte.

Nul chant plus mélodieux,

nulle parole plus agréable,

nulle pensée plus douce,

que Jésus, le Fils de Dieu.

Jésus ! espoir des pénitents,

que vous êtes bon pour ceux qui vous implorent !

bon pour ceux qui vous cherchent !

Mais que n’êtes-vous pas pour ceux qui vous ont trouvé !

Ni la langue ne saurait dire,

ni l’écriture ne saurait exprimer

ce que c’est qu’aimer Jésus ;

celui qui l’éprouve peut seul le croire.

Soyez notre joie, ô Jésus,

vous qui serez notre récompense :

que notre gloire soit en vous,

durant tous les siècles, à jamais. Amen.

V/. Que le nom du Seigneur soit béni, alléluia.

R/. Dès ce moment et à jamais, alléluia.

Ant.au Magnificat Il m’a fait * de grandes choses, celui qui est puissant et son nom est saint, alléluia.

A MATINES.

Invitatoire. Le nom de Jésus est admirable, il est au-dessus de tout nom : * Venez adorons-le.

Hymnus

Iesu, Rex admirábilis,

Et triumphátor nóbilis,

Dulcédo ineffábilis,

Totus desiderábilis.

Quando cor nostrum vísitas,

Tunc lucet ei véritas,

Mundi viléscit vánitas,

Et intus fervet cáritas.

Iesu, dulcédo cordium,

Fons vivus, lumen méntium,

Excédens omne gáudium,

Et omne desidérium.

Iesum omnes agnóscite,

Amórem eius póscite :

Iesum ardénter quærite,

Quæréndo inardéscite.

Hymne

Jésus, Roi adorable,

noble triomphateur,

ineffable douceur,

Jésus tout aimable ;

Quand vous visitez notre cœur,

la vérité brille pour lui,

la vanité du monde lui semble méprisable,

et il s’enflamme de charité.

Jésus, douceur des cœurs,

source vive, lumière des esprits,

vous dépassez toute allégresse

et tout désir.

Venez tous connaître Jésus,

demandez son amour ;

cherchez Jésus avec ardeur ;

en le cherchant, embrasez-vous.

Que notre voix, ô Jésus !

vous proclame ; que notre vie exprime vos vertus,

que nos cœurs vous aiment,

et maintenant, et toujours. Amen.

Au premier nocturne.

Ant. 1 Seigneur, notre Seigneur *, que votre nom est admirable dans toute la terre !

Ant. 2 Qu’au nom de Jésus *, tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les enfers.

Ant. 3 Glorifiez * le Seigneur, et invoquez son nom, souvenez-vous que sublime est son nom.

V/. A cause de votre nom, Seigneur, vous pardonnerez mon péché.

R/. Car il est grand.

Des Actes des Apôtres. Cap. 3, 1-16 ; 4, 5-12.

Première leçon. Or Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de la neuvième heure. Et voilà qu’un homme qui était boiteux dès le sein de sa mère, était porté chaque jour et posé à la porte du temple, appelée la Belle, afin qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple. Celui-ci, ayant vu Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, les priait pour avoir l’aumône. Fixant avec, Jean les yeux sur lui, Pierre lui dit : Regarde-nous. Et il les regardait, espérant recevoir quelque chose d’eux. Mais Pierre dit : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et lui ayant pris la main droite, il se leva ; et aussitôt ses jambes et les plantes de ses pieds s’affermirent. Et, s’élançant, il se dressa debout et il marchait ; et il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant et louant Dieu.

R/. Voilà que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. * Car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. V/. Il fut nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fut conçu dans le sein de sa mère. * Car.

Deuxième leçon. Et tout le peuple le vit marchant et louant Dieu. Ainsi, reconnaissant que c’était celui-là même qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, ils turent étonnés et hors d’eux-mêmes de ce qui lui était arrivé. Et comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux au portique appelé de Salomon. Ce que voyant, Pierre dit au peuple : Hommes d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de ceci, ou pourquoi nous regardez-vous, comme si c’était par notre vertu ou par notre puissance que nous avons fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus, que vous avez, vous, livré et renié devant Pilate, quand il jugeait lui-même de le renvoyer. Car c’est vous qui avez renié le Saint et le Juste, et qui avez demandé qu’on remit un meurtrier ; vous avez même tué l’auteur de la vie, que Dieu a ressuscité d’entre les morts, ce dont nous sommes témoins. Or c’est par la foi en son nom, que son nom a affermi cet homme que vous voyez et connaissez, et c’est la foi qui vient par lui qui a opéré, en votre présence, cette entière guérison.

R/. Votre nom est béni, Dieu de nos pères ; lorsque vous serez en colère, vous vous souviendrez de la miséricorde : * Et au temps de la tribulation vous remettrez les péchés. V/. Béni le nom de votre majesté éternelle, ô vous qui faites seul des merveilles. * Et.

Troisième leçon. Or il arriva, le lendemain, que leurs chefs, les anciens et les Scribes, s’assemblèrent à Jérusalem. Et aussi Anne, prince des prêtres, Caïphe, Jean, et tous ceux qui étaient de la race sacerdotale. Et les faisant placer au milieu, ils demandaient : Par quelle puissance et en quel nom avez-vous fait cela, vous ? Alors, rempli de l’Esprit-Saint, Pierre leur dit : Princes du peuple, et vous, anciens, écoutez : Puisqu’aujourd’hui nous sommes jugés à cause d’un bienfait en faveur d’un homme infirme, et à cause de celui en qui il a été guéri ; qu’il soit connu de vous tous et de tout le peuple d’Israël que c’est au nom de notre Seigneur Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c’est par lui que cet homme est ici devant vous, debout et sain. Ce Jésus est la pierre qui a été rejetée par vous qui bâtissiez, et qui est devenue un sommet d’angle. Et il n’y a de salut en aucun autre ; car nul autre nom n’a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés.

R/. Je louerai votre nom sans cesse. * Et je le glorifierai dans mes louanges. V/. Je me réjouirai et je tressaillirai d’allégresse en vous ; je chanterai votre nom, ô Très-Haut. * Et. Gloire au Père. * Et.

Au deuxième nocturne.

Ant. 1 Ils se souviendront * de votre nom, Seigneur, dans toute la suite des générations.

Ant. 2 Glorifiez * le Seigneur avec moi : et exaltons tous pareillement son saint nom.

Ant. 3 Toutes les nations, * que vous avez faites viendront et adoreront devant vous, Seigneur, et glorifieront votre nom.

V/. Pour la gloire de votre nom, Seigneur, délivrez-nous.

R/. Et pardonnez-nous nos pêchés, à cause de votre nom.

Sermon de saint Bernard, Abbé.

Quatrième leçon. Ce n’est pas sans raison que l’Esprit-Saint compare à l’huile le nom de l’époux, et qu’il inspire à l’épouse de crier à l’époux : « Votre nom est une huile répandue. » En effet, l’huile éclaire, nourrit, et sert à oindre. Elle entretient le feu, elle nourrit le corps, elle adoucit la douleur : c’est une lumière, un aliment, un remède. Voyez maintenant s’il n’en est pas de même du nom de l’époux ? Prêché, il éclaire ; médité, il nourrit ; invoqué, il adoucit et fortifie. Examinons chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait jailli dans le monde cette si grande et si soudaine lumière de la foi, sinon de la prédication du nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce nom béni que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? N’est-ce pas à ceux qui sont illuminés par l’éclat de ce nom, et qui voient en cette lumière une autre lumière, que saint Paul dit à bon droit : « Autrefois vous étiez ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? »

R/. Qu’ils espèrent en vous, ceux qui connaissent votre nom : * Puisque vous n’avez pas délaissé ceux qui vous cherchent, Seigneur V/. Levez-vous, Seigneur, secourez-nous, et délivrez-nous à cause de votre nom. * Puisque.

Cinquième leçon. C’est ce nom que le même Apôtre a reçu ordre de porter devant les rois, les Gentils et les enfants d’Israël. Et il portait ce nom comme un flambeau, il en éclairait sa patrie, et il criait partout : « La nuit est déjà fort avancée, et le jour approche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres, et revêtons-nous des armes de la lumière ; comme durant le jour, marchons honnêtement. » Et il montrait à tous la lumière sur le chandelier. annonçant en tous lieux Jésus, et Jésus crucifié. Combien cette lumière a resplendi et frappé de son éclat les yeux de tous les spectateurs, lorsque, sortant comme un éclair de la bouche de Pierre, elle affermit les jambes et les pieds d’un boiteux et rendit la vue à beaucoup d’aveugles spirituels ? N’a-t-elle pas jeté des flammes lorsque Pierre dit : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi, et marche. »

R/. Rendons gloire à votre grand nom, * Parce qu’il est terrible et saint. V/. Ceux-ci (se confient) dans des chariots, et ceux-là dans des chevaux ; mais nous, c’est le nom du Seigneur que nous invoquerons. * Parce.

Sixième leçon. Or, le nom de Jésus n’est pas seulement lumière, mais il est aussi nourriture. Ne vous sentez-vous pas fortifiés toutes les fois que vous vous en souvenez ? Qu’y a-t-il qui nourrisse autant l’esprit de celui qui y pense ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, repose les cœurs agités, donne de l’énergie aux vertus, développe les habitudes bonnes et justes, entretient les chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est arrosée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel. Quand vous écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le nom de Jésus. Une conférence ou un entretien ne me plaît pas, si je n’y entends résonner le nom de Jésus. Jésus, c’est un miel à la bouche, une mélodie à l’oreille, une jubilation pour le cœur. Mais ce nom est encore un remède. L’un de nous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur, que de là il passe à sa bouche, et aussitôt que ce divin nom a paru comme un astre qui se lève et répand sa lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ? Court-il même, en se désespérant, dans les filets de la mort ? S’il invoque ce nom de vie, ne recommencera-t-il pas sur-le-champ à respirer et à vivre ?

R/. Qu’ils se réjouissent, tous ceux qui espèrent en vous, Seigneur ; éternellement ils tressailliront d’allégresse, et vous habiterez en eux, et ils se glorifieront en vous. * Tous ceux qui aiment votre nom. V/. Seigneur, c’est à la lumière de votre face qu’ils marcheront, et en votre nom qu’ils tressailliront de joie tout le jour. * Tous. Gloire au Père. * Tous.

Au troisième nocturne.

Ant. 1 Chantez au Seigneur, * et bénissez son nom : annoncez de jour en jour son salut.

Ant. 2 Comme votre nom, * ô Dieu, ainsi votre louange s’étend jusqu’aux extrémités de la terre : votre droite est pleine de justice.

Ant. 3 Chantez Dieu, * dites un psaume à son nom : faites un chemin à celui qui monte sur le couchant : le Seigneur est son nom.

V/. Apportez au Seigneur gloire et honneur.

R/. Apportez au Seigneur de la gloire pour son nom.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 2, 21

En ce temps-là : le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus. Et le reste.

Homélie de saint Bernard, Abbé.

Septième leçon. Grand et admirable mystère ! L’enfant est circoncis, et on l’appelle Jésus. Que signifie ce rapprochement ? La circoncision semble faite, en effet, plutôt pour celui qui doit être sauvé que pour celui qui sauve ; n’est-ce pas le Sauveur qui devrait circoncire plutôt qu’être circoncis ? Mais reconnaissez ici le médiateur entre Dieu et les hommes, qui, dès les premiers jours de son enfance, rapproche les choses humaines des choses divines, ce qu’il y a de plus bas de ce qu’il y a de plus élevé. Il naît d’une femme, mais d’une femme en qui le fruit de la fécondité ne fait point tomber la fleur de la virginité. Il est enveloppé de langes, mais ces langes mêmes sont honorés par les cantiques des Anges, il est caché dans une crèche, mais il est annoncé par une étoile qui brille dans les cieux. En même temps que la circoncision prouve la vérité de l’humanité qu’il a prise, son nom, qui est au-dessus de tout nom, indique la gloire de sa majesté, il est circoncis comme un véritable fils d’Abraham, il est appelé Jésus comme le vrai Fils de Dieu.

R/. J’ai trouvé l’affliction et la douleur : * Et j’ai invoqué e nom du Seigneur. V/. C’est une tour très forte que le nom du Seigneur ; en lui j’ai espéré, et j’ai été secouru. * Et.

Huitième leçon. Mon Jésus ne reçoit pas un nom vide et sans effet, à l’instar de ceux qui l’ont reçu auparavant : porté par lui, ce grand nom n’est plus une ombre, il exprime la vérité, L’Évangéliste assure qu’il fut apporté du ciel, ce nom que l’Ange lui avait donné avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Faites attention à la profondeur de ces paroles : « Après que Jésus fut né. » Il est appelé Jésus par les hommes, lui à qui l’Ange a donné ce nom avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Il est en effet tout à la fois et le Sauveur de l’Ange, et le Sauveur de l’homme : Sauveur de l’homme, depuis l’incarnation ; Sauveur de l’Ange depuis l’instant de sa création. « II fut, dit l’Évangéliste, nommé Jésus, nom que l’Ange lui avait donné. » « Toute parole est avérée sur la déposition de deux ou trois témoins. » Et cette parole même, abrégée dans les Prophètes, se lit ouvertement dans l’Évangile qui nous montre le Verbe fait chair.

R/. J’attendrai votre nom, Seigneur. * Parce qu’il est bon, en présence de vos saints V/. Afin que nous louions votre nom saint, et que nous soyons glorifiés dan votre louange. * Parce. Gloire au Père. * Parce.

Neuvième leçon. C’est avec raison que l’enfant qui nous est né est appelé Sauveur, à sa circoncision : c’est alors effectivement qu’il commence l’œuvre de notre salut en versant pour nous son sang immaculé. Les Chrétiens n’ont donc plus à chercher pourquoi le Seigneur Jésus-Christ a voulu être circoncis ; il l’a été pour la même raison qui l’a fait naître et souffrir. Rien de tout cela n’était pour lui, mais tout était pour les élus. Il n’est pas né dans le péché, il n’a pas été circoncis pour être guéri du péché, il n’est pas mort pour son péché, mais à cause de nos fautes. « C’est le nom, dit l’Évangile, dont l’Ange l’avait appelé avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. » Il est appelé de ce nom ; ce nom ne lui est pas imposé, il lui appartient de toute éternité. C’est de sa nature propre qu’il tient d’être Sauveur : ce nom est à lui dès avant sa naissance : il ne le reçoit d’aucune créature angélique ou humaine.

A LAUDES

Ant. 1 C’est une huile répandue * que votre nom, c’est pour cela que les jeunes filles vous ont chéri.

Ant. 2 Sachez * que le Seigneur est Dieu, lui dont le nom subsistera éternellement.

Ant. 3 Elle a eu soif * mon âme de votre saint nom, Seigneur.

Ant. 4 Béni est le nom saint de votre gloire, et louable et souverainement exalté dans les siècles.

Ant. 5 Jeunes hommes et vierges, * vieillards et vous qui êtes plus jeunes, louez le nom du Seigneur, parce qu’il est le seul dont le nom a été exalté.

Capitule. Philipp. 2, 8-10. Mes frères, le Christ s’est humilié lui-même, s’étant fait obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse.

Hymnus

Iesu, decus angélicum,

In aure dulce cánticum,

In ore mel miríficum,

In corde nectar cǽlicum.

Qui te gustant, esúriunt ;

Qui bibunt, adhuc sítiunt ;

Desideráre nésciunt,

Nisi Iesum, quem díligunt.

O Iesu mi dulcíssime,

Spes suspirántis ánimæ !

Te quærunt piæ lácrimæ,

Te clamor mentis íntimæ.

Mane nobíscum, Dómine,

Et nos illústra lúmine :

Pulsa mentis calígine,

Mundum reple dulcédine.

Hymne

Jésus, gloire des Anges,

harmonie douce à nos oreilles,

miel admirable dans notre bouche,

nectar céleste pour notre cœur.

Ceux qui vous goûtent ont faim encore ;

ceux qui vous boivent ont soif encore ;

ils ne savent désirer

que Jésus, objet de leur amour.

O mon très doux Jésus,

espoir de l’âme qui soupire !

nos larmes pieuses vous implorent,

le cri intime de notre cœur vous appelle.

Demeurez avec nous, Seigneur !

éclairez-nous de votre lumière ;

chassez de notre âme les ténèbres,

remplissez le monde de votre douceur.

Jésus, fleur de la Vierge-Mère,

douceur de notre amour,

à vous la louange, l’honneur d’un glorieux Nom,

le royaume de la béatitude. Amen.

V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur

R/. Qui a fait le ciel et la terre.

Ant. au Bénédictus Il se dévoua afin de délivrer son peuple et pour s’acquérir un nom immortel, alléluia.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Antiennes, capitule, hymne et versets des 1ères Vêpres.

Ant. au Magnificat Vous l’appellerez du * nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés, alléluia.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le deuxième Dimanche après l’Épiphanie, qui rappelle le festin des noces de Cana, fut d’abord choisi pour célébrer cette fête. C’est au jour nuptial que le nom de l’Époux devient propre à l’Épouse : ce nom désormais témoignera qu’elle est à lui L’Église, voulant honorer d’un culte spécial un nom pour elle si précieux, en unissait donc le souvenir à celui des Noces divines. Aujourd’hui, elle rapproche de l’anniversaire même du jour où il fut donné, huit jours après sa naissance, la célébration de ce Nom auguste, et laisse à la commémoration des Noces sacrées le Dimanche dont de tout temps cette commémoration fut la gloire.

L’ancienne alliance avait environné le Nom de Dieu d’une terreur profonde : ce nom était pour elle aussi formidable que saint, et l’honneur de le proférer n’appartenait pas à tous les enfants d’Israël. Dieu n’avait pas encore été vu sur la terre, conversant avec les hommes ; il ne s’était pas encore fait homme lui-même pour s’unir à notre faible nature : nous ne pouvions donc lui donner ce Nom d’amour et de tendresse que l’Épouse donne à l’Époux.

Mais quand la plénitude des temps est arrivée, quand le mystère d’amour est sur le point d’apparaître, le Nom de Jésus descend d’abord du ciel, comme un avant-goût de la présence du Seigneur qui doit le porter. L’Archange dit à Marie : « Vous lui donnerez le Nom de Jésus » ; or, Jésus veut dire Sauveur. Que ce Nom sera doux à prononcer à l’homme qui était perdu ! Combien ce seul Nom rapproche déjà le ciel de la terre ! En est-il un plus aimable, un plus puissant ? Si, à ce Nom divin, tout genou doit fléchir au ciel, sur la terre et dans les enfers, est-il un cœur qui ne s’émeuve d’amour à l’entendre prononcer ? Mais laissons raconter à saint Bernard la puissance et la douceur de ce Nom béni. Voici comme il s’exprime, à ce sujet, dans son XVe Sermon sur les Cantiques [1] :

« Le Nom de l’Époux est une lumière, une nourriture, un remède. Il éclaire, quand on le publie ; il nourrit, quand on y pense à part soi ; et quand on l’invoque dedans la tribulation, il procure l’adoucissement et l’onction. Parcourons, s’il vous plaît, chacune de ces qualités. D’où pensez-vous qu’ait pu se répandre, par tout l’univers, cette si grande et si soudaine lumière de la Foi, si ce n’est de la prédication du Nom de Jésus ? N’est-ce pas par la lumière de ce Nom béni, que Dieu nous a appelés en son admirable lumière ? De laquelle étant illuminés, et voyant en cette lumière une autre lumière, nous oyons saint Paul nous dire à bon droit : Vous avez été jadis ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.

« Or, le Nom de Jésus n’est pas seulement lumière ; ains encore, il est nourriture. N’êtes-vous donc pas confortés, toutes fois et quantes que vous rappelez à votre cœur ce doux Nom ? Qu’est-il au monde qui nourrisse autant l’esprit de celui qui pense à lui ? Qu’est-ce qui, de la même sorte, répare les sens affaiblis, donne de l’énergie aux vertus, fait florir les bonnes mœurs, et entretient les honnêtes et chastes affections ? Toute nourriture de l’âme est sèche, si elle n’est détrempée de cette huile ; elle est insipide, si elle n’est assaisonnée de ce sel.

« Quand vous m’écrivez, votre récit n’a pour moi nulle saveur, si je n’y lis le Nom de Jésus. Lorsque vous disputez ou conférez avec moi, le conteste n’a pour moi aucun intérêt, si je n’y entends résonner le Nom de Jésus. Jésus est un miel à ma bouche, une mélodie à mon oreille, une jubilation à mon cœur ; oui même, outre ce, une médecine bienfaisante. L’un de vous est-il triste ? Que Jésus vienne en son cœur ; que de là il passe en sa bouche, et incontinent, à la venue de ce divin Nom qui est une vraie lumière, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient. Quelqu’un tombe-t-il dans le crime ; voire même, court-il, en se désespérant, au lacs de la mort ? S’il invoque le Nom de Jésus, ne recommencera-t-il pas de suite à respirer et à vivre ? Qui jamais oncques demeura dedans l’endurcissement du cœur, comme font tant d’autres, ou bien dedans la torpeur de la fétardie, la rancune, ou la langueur de l’ennui ? Quel est celui qui, par aventure, ayant à sec la source des larmes, ne l’ait sentie soudainement couler plus abondante et plus suave, sitôt que Jésus a été invoqué ? Quel est l’homme qui, palpitant et s’alarmant, au fort des périls, puis venant à invoquer ce Nom de vaillance, n’a pas senti tout aussitôt naître en soi la confiance et fuir la crainte ? Quel est celui, je vous le demande, qui, ballotté et flottant à la merci des doutes, n’a pas, sur-le-champ, je le dis sans balancer, vu reluire la certitude, à l’invocation d’un Nom si éclatant ? Qui est-ce qui, durant l’adversité, écoutant la méfiance, n’a pas repris courage, au seul son de ce Nom de bon secours ? Par effet, ce sont là les maladies et langueurs de l’âme, et il en est le remède.

« Certes, et je puis vous le prouver par ces paroles : Invoque-moi, dit le Seigneur, au jour de la tribulation, et je t’en tirerai, et tu m’honoreras. Rien au monde n’arrête si bien l’impétuosité de la colère, et n’accoise pareillement l’enflure de la superbe. Rien aussi parfaitement ne guarit les plaies de la tristesse, comprime les débordements de la paillardise, éteint la flamme de la convoitise, étanche la soif de l’avarice, et bannit toutes les démangeaisons des passions déshonnêtes. De vrai, quand je nomme Jésus, je me propose un homme débonnaire et humble de cœur, bénin, sobre, chaste, miséricordieux, et, en un mot, brillant de toute pureté et sainteté. C’est Dieu lui-même tout-puissant qui me guérit par son exemple, et me renforce par son assistance. Toutes ces choses retentissent à mon cœur, lorsque j’entends sonner le Nom de Jésus. Ainsi, en tant qu’il est homme, j’en tire des exemples, pour les imiter ; et en tant qu’il est le Tout-Puissant, j’en tire un secours assuré. Je me sers desdits exemples comme d’herbes médicinales, et du secours comme d’un instrument pour les broyer, et j’en fais une mixtion telle que nul médecin n’en saurait faire de semblable.

« O mon âme ! tu as un antidote excellent, caché comme en un vase, dans ce Nom de Jésus ! Jésus, pour le certain, est un Nom salutaire et un remède qui jamais oncques ne se trouvera inefficace pour aucune maladie. Qu’il soit toujours en votre sein, toujours à votre main : si bien que tous vos sentiments et vos actes soient dirigés vers Jésus. »

Telle est donc la force et la suavité du très saint Nom de Jésus, qui fut imposé à l’Emmanuel le jour de sa Circoncision ; mais, comme le jour de l’Octave de Noël est déjà consacré à célébrer la divine Maternité, et que le mystère du Nom de l’Agneau demandait à lui seul une solennité propre, la fête d’aujourd’hui a été instituée. Son premier promoteur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne, qui établit et propagea l’usage de représenter, entouré de rayons, le saint Nom de Jésus, réduit à ses trois premières lettres IHS, réunies en monogramme. Cette dévotion se répandit rapidement en Italie, et fut encouragée par l’illustre saint Jean de Capistran, de l’Ordre des Frères Mineurs, comme saint Bernardin de Sienne. Le Siège Apostolique approuva solennellement cet hommage au Nom du Sauveur des hommes ; et, dans les premières années du XVIe siècle, Clément VII, après de longues instances, accorda à tout l’Ordre de saint François le privilège de célébrer une fête spéciale en l’honneur du très saint Nom de Jésus.

Rome étendit successivement cette faveur à diverses Églises ; mais le moment devait venir où le Cycle universel en serait enrichi lui-même. Ce fut en 1721, sur la demande de Charles VI, Empereur d’Allemagne, que le Pape Innocent XIII décréta que la Fête du très saint Nom de Jésus serait célébrée dans l’Église entière, et il la fixa tout d’abord, comme nous l’avons dit, au deuxième dimanche après l’Épiphanie.

A LA MESSE.

Dès l’Introït, l’Église annonce la gloire du Nom de son Époux. Ciel, terre, abîme, tressaillez au bruit de ce Nom adorable ; car le Fils de l’Homme qui le porte est aussi le Fils de Dieu.

Dans la Collecte, l’Église, qui trouve dans le Nom de son Époux la consolation de son exil, demande de jouir bientôt de la vue de Celui que ce Nom chéri lui représente.

ÉPÎTRE.

Nous le savons, ô Jésus ! Nul autre nom que le vôtre ne pouvait nous donner le salut : ce Nom, en effet, signifie Sauveur. Soyez béni d’avoir daigné l’accepter ; soyez béni de nous avoir sauvés ! Cette alliance ineffable que vous nous annoncez aujourd’hui dans les Noces mystérieuses, est tout entière exprimée dans votre doux et admirable Nom. Vous êtes du ciel, et vous prenez un nom de la terre, un nom qu’une bouche mortelle peut prononcer ; vous unissez donc pour jamais la divine et l’humaine nature. Oh ! rendez-vous dignes d’une si sublime alliance, et ne permettez pas qu’il nous arrivé jamais de la rompre.

La sainte Église célèbre ensuite, par ses chants, la louange de ce divin Nom que bénissent toutes les nations ; car il est le Nom du Rédempteur de toute chair.

ÉVANGILE.

C’est au moment de la première effusion de votre sang dans la Circoncision, ô Jésus, que vous avez reçu votre Nom ; et il en devait être ainsi, puisque ce nom veut dire Sauveur, et que nous ne pouvions être sauvés que par votre sang. Cette alliance fortunée que vous venez contracter avec nous vous coûtera un jour la vie ; l’anneau nuptial que vous passerez à notre doigt mortel sera trempé dans votre sang, et notre vie immortelle sera le prix de votre cruelle mort. Votre Nom sacré nous dit toutes ces choses, ô Jésus ! ô Sauveur ! Vous êtes la Vigne, vous nous conviez à boire votre Vin généreux, mais la céleste grappe sera durement foulée dans le pressoir de la justice du Père céleste ; et nous ne pourrons nous enivrer de son suc divin qu’après qu’elle aura été violemment détachée du cep et broyée. Que votre Nom sacré, ô Emmanuel, nous rappelle toujours ce sublime mystère ; que son souvenir nous garde du péché, et nous rende toujours fidèles.

Durant l’Offrande, la sainte Église continue de chanter le Nom divin qui fait l’objet de la présente solennité ; elle célèbre les miséricordes qui sont réservées à tous ceux qui invoquent ce Nom adorable.

Les fidèles ayant reçu le céleste aliment qui contient le Corps et le Sang du Sauveur Jésus, l’Église, dans sa reconnaissance, convie toutes les nations à chanter et à glorifier le Nom de Celui qui les a faites et qui les a rachetées.

Il ne reste plus maintenant à la sainte Église qu’un vœu à former : c’est que les noms de tous ses enfants soient écrits à la suite du glorieux Nom de Jésus, sur le livre de l’éternelle prédestination. Ce bonheur nous est assuré, si nous savons toujours goûter ce Nom de salut, et rendre notre vie conforme aux devoirs qu’il impose.

Les Hymnes qui sont employées par l’Église à l’Office de la fête, ont été attribuées longtemps à saint Bernard ; mais des manuscrits incontestables les revendiquent pour une pieuse Abbesse de l’Ordre de saint Benoît, qui vivait au XIVe siècle.

La Séquence que nous donnons ensuite est de la composition du pieux franciscain Bernardin de Bustis, qui rédigea, sous Sixte IV, un Office et une Messe du saint Nom de Jésus.

SÉQUENCE.

Le doux Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, gracieux, débonnaire, beau et florissant :

Pour le salut de son peuple, il a subi la mort et les tourments, pâle et livide sur la croix.

Doux Nom, doux surnom ; c’est le Nom par excellence, qui surpasse tous les noms.

Il calme les pécheurs, il réchauffé les justes, il les fortifie, il les garde contre les attaques.

Sous l’étendard de ce Roi, tu vis dans un état tranquille, et tes ennemis s’éloignent.

Le Nom de Jésus, quand on le médite, dissipe l’appareil de la guerre ; l’adversaire vaincu s’enfuit.

C’est un Nom qu’il faut révérer, un Nom redoutable aux malins esprits.

C’est un Nom de salut, une consolation singulière qui soulage les affligés.

Il nous le faut honorer, le placer dans le trésor de notre cœur, le méditer, l’aimer, mais d’un héroïque amour.

Ce Nom, Ignace l’a publié, il l’a fait retentir au milieu des tourments ; son cœur ouvert a laissé voir Jésus, écrit en caractères célestes.

Que pouvons-nous souhaiter de plus que d’avoir Jésus pour intime ? De tous il est le plus aimant, et il désire nous aimer.

Il aime avec ardeur, il aime avec constance, il aime avec fidélité, et veut secourir les siens.

Tel il a fait son Nom, qu’il puisse être pour tous le charme du cœur, l’objet excellent et principal d’un amour intime.

Les droits de la nature l’exigent : nous devons aimer de toutes nos forces celui qui nous aime, prévenir ses désirs avec empressement.

Le Nom de Jésus renferme tout bien, il résonne avec douceur, il nous vaut un trône au royaume du ciel, il réjouit notre oreille.

En lui brille la splendeur du Père, en lui éclate la beauté de sa Mère ; en lui se reflète la gloire de son Père, il fait la grandeur de ses frères.

Si donc quelqu’un veut connaître pourquoi le Nom de Jésus fait si vivement souhaiter aux justes de s’attacher à lui :

C’est que Jésus est beau dans son éclat, que sa bonté est souveraine, qu’il est doux-, facile, plein de mansuétude, porté à la clémence.

Jésus est le Roi de gloire ; Jésus est brillant de beauté, Jésus est plein de grâce dans ses paroles, admirable dans ses œuvres.

Jésus est fort et vaillant ; Jésus est un athlète vigoureux ; Jésus est magnifique dans ses dons, il aime à les distribuer.

Jésus est tendre et compatissant, Jésus est un guide lumineux ; Jésus est rempli de délices et de la plus douce saveur.

Jésus est illustre et glorieux ; Jésus est pour tous abondant en fruits ; Jésus est la source des vertus ; aux siens il donne ses faveurs.

Le plus élevé dans les honneurs, le plus chéri dans l’amour ; toutes les gloires sont à lui.

Par sa science il connaît tout, dans son immensité il embrasse tout, par son amour il ravit les cœurs, et les retient dans ses liens.

Que ce Nom, le Nom du doux Jésus, nous soit donc toujours cher ; qu’il soit fixé dans notre cœur, et que rien ne l’en puisse arracher.

Qu’il enlève le mal du péché, qu’il inspire des chants d’allégresse, qu’il nous donne de jouir de la demeure des bienheureux !

Amen

Nous empruntons aux anciens Missels d’Allemagne l’Hymne suivante, qui reproduit souvent les sentiments et les expressions de la Séquence de Bernardin de Bustis :

HYMNE.

Il est un Nom digne de tout honneur, adoré au plus haut des cieux, un Nom de gloire souveraine ; révélé à Gabriel, par lui sur terre il fut annoncé à la Mère de grâce.

Marie donne le nom de Sauveur à son Fils circoncis le huitième jour, selon la coutume de ses pères. Publié dans le monde entier, cet heureux Nom sauve ceux qui croient en lui.

En ce Nom brille la splendeur de la Trinité et de l’Unité ; il fait la joie du ciel. En ce Nom resplendit l’honneur du Père ; en ce Nom éclate la beauté de la Mère ; ce Nom fait la gloire des frères du Sauveur.

C’est là le Nom salutaire, la consolation singulière qui vient au secours des cœurs affligés. C’est le Nom qu’il nous faut honorer, bénir et louer, dans la joie constante de nos âmes.

Si on le prononce, c’est une mélodie ; si on l’invoque, c’est un doux miel ; il nous garde contre nos ennemis. Le cœur jubile, en songeant à ce Nom si formidable aux esprits de malice.

C’est le Nom plein de grâce, abondant en fruits, fécond en vertus, par-dessus tous les noms. C’est lui qui fait connaître aux hommes la face d’un Dieu toute gracieuse, remplie de beauté et d’amour.

Ce Nom est beau dans son éclat ; il est le souverain bien lui-même ; sa saveur intime est la plus douce. Tout-puissant en sa force, sublime en ses honneurs, il est le principe des délices et de la félicité.

Donc, ô Pasteur des âmes, leur lumière incessante, ô bon Jésus ! par votre Nom si cher, protégez-nous, et fermez sous nos pas le noir chaos des ténèbres.

Réformateur de toutes les nations humaines, Vie qui avez détruit la mort, restaurateur de la ruine qu’avaient soufferte les tribus angéliques, daignez vous donner à nous.

[1] Nous empruntons la traduction de ce beau fragment, dont l’Église a inséré une partie dans l’Office du saint Nom de Jésus, aux Méditations sur la Vie de Notre-Seigneur,par saint Bonaventure, traduites par le R. P. Dom François Le Bannier.

Ame


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’apôtre d’une spéciale dévotion envers l’adorable Nom du Sauveur fut, au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne qui parcourut une grande partie de l’Italie, en présentant aux populations, dans un petit tableau, les initiales du saint Nom de Jésus tout entourées de rayons. A la prédication du Frère Mineur répondirent les plus splendides conversions, et de toutes parts, spécialement à Sienne et à Viterbe, on rivalisa pour graver sur la façade des maisons privées comme sur celle du palais communal l’auguste Nom du Rédempteur. Les Franciscains, héritiers de l’esprit de Bernardin, continuèrent après sa mort, et surtout après sa canonisation, à organiser des fêtes en l’honneur du Nom de Jésus, déjà vénéré avec un office liturgique spécial en de nombreux endroits d’Italie, quand enfin Innocent XIII (1721-1724) étendit cette fête à l’Église universelle, élevant son rite au double de seconde classe. Entretemps, saint Ignace de Loyola avait donné le Nom de Jésus à l’institut fondé par lui.

Bien que la messe révèle son caractère moderne, —- et que, liturgiquement, elle soit une répétition de celle du Ier janvier, — elle est très pieuse et remplie de cette suave onction de dévotion qui distingue la famille franciscaine au moyen âge.

Le très saint Nom de Jésus est le divin poème qui exprime ce que la sagesse et la miséricorde de Dieu ont pu inventer de plus sublime et de plus humble pour sauver l’humanité déchue. Ce Nom adorable, prononcé d’abord par l’Ange, puis imposé au Verbe incarné par Marie et par Joseph, se trouva aussi sur les lèvres de Pilate quand il lut la sentence de mort contre le Sauveur. Jésus fut le rebut du monde ; mais précisément par les mérites de son sacrifice spontané, le Père éternel le constitua juge des vivants et des morts et voulut que son Nom figurât aussi en signe de salut sur le front des prédestinés. Habentes nomen eius et nomen Patris eius scriptum in frontibus.

L’introït (Philip., II, 10-11) est presque identique à celui du mercredi saint. « Qu’au Nom de Jésus ploie tout genou, au ciel, sur la terre et dans les abîmes ; et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. » PS. 8 : « Seigneur, notre Seigneur ; combien admirable sur toute la terre est votre Nom ! »

La prière, de caractère moderne, manque du rythme du cursus mais elle est pieuse. On y remarque que la vraie dévotion au saint Nom de Jésus consiste à exprimer Jésus par les œuvres, en sorte que toutes soient des œuvres de salut. « O Dieu qui avez établi votre Fils unique Sauveur du genre humain, et qui avez voulu qu’il s’appelât Jésus, faites que, vénérant son nom sur la terre, nous puissions jouir de sa vue dans le ciel. Par notre Seigneur, etc. »

La lecture est tirée des Actes des Apôtres (IV, 8-12) : Au lendemain de la Pentecôte, et après l’éclatant miracle de la guérison du boiteux devant la porte du temple, tandis que tout le Sanhédrin, troublé et excité sous l’angoissante obsession du déicide, tente l’effort suprême contre les disciples de Jésus, Pierre, inébranlable, proclame la divinité, la puissance et la gloire de ce Nom adorable, là, en présence de ces mêmes juges qui, deux mois auparavant, avaient crié : Reus est mortis ; dans cette même salle où avait été prononcée la sentence de mort. Quelle différence toutefois entre alors et maintenant ! Naguère Jésus, les mains liées derrière le dos, jouait le rôle du coupable ; aujourd’hui au contraire, ressuscité, il siège à la droite du Père, juge des vivants et des morts. Le Sanhédrin l’estima indigne de vivre ; aujourd’hui Dieu l’a glorifié par un miracle éclatant, disposant ainsi qu’en son Nom seul l’humanité pût obtenir le salut désiré.

Le répons est tiré en partie du psaume 105, en partie d’Isaïe (LXIII, 16) ; dans ce choix se révèle le compositeur moderne, qui a oublié que le graduel est le chant d’un psaume de rythme responsorial, suivant normalement la première lecture scripturaire de la messe. « Sauvez-nous, Seigneur notre Dieu, et rassemblez-nous du milieu des Gentils, pour que nous célébrions votre saint Nom et que nous mettions notre gloire à vous louer. » Cette prière est aussi celle que l’Église, qui ne fait pas de distinction entre les circoncis et les Gentils, élève quotidiennement vers Dieu pour qu’il accomplisse la promesse faite aux Patriarches et aux Prophètes, et qu’il fasse briller même sur le pauvre peuple d’Israël, dispersé dans le monde et adorateur du veau d’or, la lumière et la gloire de l’auguste Nom de leur Messie, Jésus. Verset, Is., LXIII, 16 : « Vous, Seigneur, vous êtes notre Père et notre Rédempteur ; votre Nom est dès l’éternité. » — Le nom éternel de Dieu c’est son Verbe en tant qu’il dit tout le Père ; mais ce Verbe a, dans le temps, lui aussi, un nom qui lui est propre et qui dit toute sa puissance, sa beauté, sa bonté : ce nom, c’est Jésus. En tant que le Verbe dit le Père, ce nom éternel est pour le Père Lui-même ; en tant que le Verbe incarné s’appelle Jésus, ce nom est pour nous, entièrement pour nous.

Le verset alléluiatique est tiré du psaume 144 où le Prophète non seulement veut proclamer .la louange de Dieu, mais désire que la terre tout entière chante son Nom et le sanctifie. Sanctificetur Nomen tuum. Et comment ? Par la sainteté des œuvres.

La lecture évangélique répète celle du Ier janvier, car la fête de ce jour, née en une période de décadence de l’esprit liturgique, fut instituée précisément parce que le sens complexe et très profond de la solennité de la Circoncision du Christ, avec les multiples mystères qui s’y rapportent, échappait en grande partie à la dévotion et à l’intelligence des fidèles.

Ce passage de saint Luc (II, 21) est court mais plein d’enseignements célestes. Jésus consacre la Loi dont il est l’auteur en s’y soumettant volontairement et en acceptant le signe extérieur des fils et des héritiers du patriarche Abraham. La circoncision symbolise en outre la mortification chrétienne, ou, comme le dit l’Apôtre, la circoncision du cœur de tout ce qui est luxure de la vie, entendue au sens le plus large. Le nom de Jésus est imposé aujourd’hui seulement au Divin Enfant, et cela après qu’il a commencé l’œuvre de la Rédemption dans la douleur par une première plaie sanglante dans sa sainte Humanité. Telle est la loi du royaume de la grâce. L’unique voie conduisant à la gloire est celle de la croix.

L’offertoire est tiré du psaume 85 : « Seigneur mon Dieu, je vous louerai avec tout mon cœur et je glorifierai sans cesse votre Nom, parce que vous, Seigneur, vous êtes doux et bon et que vous exercez une miséricorde infinie envers tous ceux qui vous invoquent. Alléluia. » Ici le Prophète ne se contente pas de louer de temps à autre le saint Nom de Dieu, mais il veut le faire sans cesse, et cela par ses œuvres. En effet, comme celui qui vit contrairement à la foi à laquelle Dieu l’a initié, profane cette foi et, en quelque sorte, blasphème le Nom adorable de Dieu qu’il porte imprimé dans son cœur : lugiter tota die nomen meum blasphematur, dit Isaïe (LII, 5) — ainsi celui qui agit en véritable enfant de Dieu, celui qui le fait revivre et l’exprime en lui-même, celui-ci sanctifie en lui le Nom adorable du Seigneur.

La secrète est la suivante : « Dieu très clément, que votre bénédiction, qui réconforte toute créature, sanctifie ce sacrifice que nous vous offrons à la gloire du nom ,de Jésus, votre Fils et notre Seigneur, afin qu’il soit accepté de vous comme un hommage de louange et qu’il nous soit salutaire et profitable. Par le même, etc. » La bénédiction qui est demandée ici ne concerne pas seulement les offrandes, afin que la matière du sacrifice soit convenablement préparée, mais aussi les sacrificateurs, pour que leur foi et leur charité rende l’oblation glorieuse à Dieu et salutaire et profitable au peuple fidèle.

L’antienne de la communion est tirée du psaume 85 et chante l’universalité de la Rédemption : « Toutes les nations créées par vous accourront, Seigneur, pour vous adorer et pour chanter gloire à votre Nom. En effet, vous êtes grand et vous agissez merveilleusement : vous seul êtes Dieu. Louange à Yahweh. » Le nom de Jésus est un nom universel, parce que le Sauveur n’exclut personne de sa Rédemption, étant Lui-même le « Chef des hommes et des anges », mediator Dei et hominum, homo Christus Iesus.

La prière d’action dé grâces est longue et compliquée. Dans l’ensemble toutefois elle est pieuse. Celui qui veut être sauvé sait donc ce qu’il convient de faire. Le nom de chaque prédestiné ne peut être que celui de Jésus, mais un nom de Jésus vivant, substantiel, comme celui que porte le Verbe incarné : c’est-à-dire que nous devons exprimer Jésus par toute notre vie.

Quelque grands que soient nos péchés, personne ne doit jamais désespérer de son salut, car tant que le Sauveur s’appellera Jésus, et c’est là un nom de gloire éternelle, II sera toujours le Jésus de toute l’humanité et de chacun en particulier.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Au nom de Jésus doivent fléchir les genoux tous ceux qui sont au ciel, sur la terre et dans les enfers ; et toute langue doit confesser que Notre-Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire du Père. (Introït).

Il n’a pas été donné d’autre nom, aux hommes sous le ciel, par lequel nous devions obtenir le salut. (Leçon).

1. Considérations préliminaires. — Cette fête n’apporte aucun progrès dans l’évolution de l’année liturgique, ce n’est qu’un complément de la fête de la Circoncision. Au moment de la Circoncision, Notre Seigneur reçut le nom de Jésus comme l’ange l’avait annoncé auparavant. Le but de la fête est de faire considérer aux chrétiens la majesté du Saint Nom de Jésus. C’est une fête récente, dont l’origine est surtout la piété méditative. Nous en tirerons cependant des pensées liturgiques conformes à l’esprit antique du Christianisme.

Que signifie originairement le nom ? Le nom devrait exprimer l’essence d’une chose. Ainsi Adam, au Paradis terrestre, donna à tous les animaux des noms conformes à leur nature intime. De même le nom de Dieu signifiait chez les Juifs son essence : Jahvé, c’est-à-dire : je suis Celui qui suis, l’Être éternel. C’est pourquoi les Juifs avaient un si grand respect du nom de Dieu qu’ils n’avaient pas le droit de le prononcer. Ce respect est également inclus dans le Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié ». Les personnes qui, dans l’histoire sainte, ont joué un rôle important ont reçu leur nom de Dieu lui-même. Adam — l’homme de la terre, Ève — la mère des vivants ; Abraham — le père de beaucoup de peuples ; Pierre — le rocher. Le précurseur de Notre-Seigneur a reçu lui aussi un nom que Dieu lui imposa. La famille voulait à toute force lui donner le nom de son père, mais Élisabeth aussi bien que Zacharie manifesta ses exigences : Jean est son nom (Jean veut dire : la grâce de Dieu).

Nous pouvons comprendre dès lors que le nom du Sauveur ne lui a pas été donné au hasard ni d’après le caprice des hommes, mais qu’il l’a reçu directement de Dieu. Car son nom devait exprimer son sublime ministère sur la terre. Nous lisons en effet dans l’Écriture que l’ange Gabriel annonça à la Vierge Marie le nom de Notre Seigneur : « Tu lui donneras le nom de Jésus. » Et à saint Joseph, son père nourricier, l’ange dit encore davantage, il n’annonça pas seulement le nom, mais encore il en expliqua la signification : « tu lui donneras le nom de Jésus, car il rachètera son peuple de ses péchés ; » Ainsi donc Notre. Seigneur ne devait pas seulement être le Sauveur mais encore en porter le nom. Chez Notre Seigneur le nom exprime donc véritablement son essence.

Voilà pourquoi ce nom doit être si saint pour les chrétiens. Toutes les fois que nous prononçons ce nom, nous devons incliner ta tête, car ce nom nous rappelle à lui seul le plus grand bienfait que nous ayons jamais reçu : notre qualité de rachetés et d’enfants de Dieu.

2. La messe (In nomine Jesu). — La messe est un sacrifice de louange en l’honneur du Saint Nom de Jésus. L’Introït nous donne une belle image d’adoration. Nous voyons le royaume de Dieu dans ses trois états : l’Église triomphante, l’Église militante et l’Église souffrante prosternées devant le Seigneur assis. sur son trône de gloire et dont le nom est Jésus. La collecte demande la vision éternelle au ciel du Seigneur dont nous honorons le nom sur la terre. La leçon est un passage du plaidoyer de saint Pierre après la guérison du paralytique : « Au nom de Jésus-Christ de Nazareth que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts, cet homme se tient devant vous guéri... Car Il n’a pas été donne aux hommes d’autre nom sous le ciel par lequel nous devions obtenir le salut. » Le Graduel se rattache à la leçon. Celle-ci se terminait par ces mots : salvos fieri (recevoir le salut), le Graduel continue : Salvos fac nos (donne-nous le salut). L’Alléluia est vraiment un chant de louange (Alléluia veut dire : louez Dieu) : « Ma bouche doit annoncer la louange du Seigneur et toute chair doit louer son saint nom. » L’Évangile est le même que celui de la Circoncision : le Seigneur reçoit le nom de Jésus qui lui avait été donné auparavant par l’ange, avant sa conception. Les deux processions eucharistiques (Off. et Comm.) sont un chant de louange au nom du Seigneur. Les deux oraisons (Sec. et Postc.) caractérisent la sainte messe comme « un sacrifice offert en l’honneur du nom de Jésus à la divine majesté », conception qui ajoute une note de piété plus personnelle à l’antique conception du sacrifice. — Prenons aujourd’hui de nouveau la résolution de dire avec respect et piété la conclusion habituelle des oraisons : « par Jésus-Christ Notre Seigneur ».

3. La prière des Heures. Saint Bernard chante, dans les hymnes et les leçons, le Saint Nom de Jésus. « Ce n’est pas en vain que le Saint Esprit compare le nom de l’Époux avec l’huile, en faisant dire par l’Épouse à l’Époux : Ton nom est comme une huile répandue. Car l’huile nous donne lumière, nourriture et onction, elle est une lumière, un aliment et un remède. Or voici que tout ceci s’applique au nom de l’Époux... Est-ce que Dieu ne nous a pas, dans la lumière de ce nom, appelés à sa lumière merveilleuse, Si bien que saint Paul dit : vous étiez auparavant ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ? Le nom de Jésus est aussi un aliment. N’es-tu pas réconforté toutes les fois que tu y penses ? Tout aliment de l’âme est sec qui n’est pas assaisonné de ce condiment. Jésus est un miel dans la bouche, une douce mélodie dans l’oreille,. un délice dans le cœur. C’est aussi un remède. Quelqu’un est il triste, que Jésus vienne dans son cœur et monte à ses lèvres et voici que, dès que s’est levée la lumière de son nom, tous les nuages disparaissent et la sérénité revient. » -Lecture d’Écriture (Act. Ap. chap.III et IV) : la guérison du paralytique est racontée tout au long.

4. Le monogramme du Christ. Dans les conceptions des anciens, le nom étaient une expression de la personne. Cela nous explique que, dans l’art chrétien antique, pour désigner la personne du Seigneur, on employait son nom, mais sous la forme abrégée des initiales. Nous pouvons, dans l’art de la primitive Église, distinguer les signes suivants du nom du Seigneur.

a) Le signe du Christ. Les plus anciens monuments attestant ce signe sont du troisième siècle ; le premier portant une date précise est une inscription funéraire sur la tombe d’un consul de l’an 389. Au troisième siècle, on peut établir les formes suivantes 1. des lettres séparées, IX (Jesus Christus), 2. des lettres placées l’une sur l’autre >I< = Jesus Christus. Dans l’archéologie, on appelle d’ordinaire ce signe le monogramme préconstantinien. PX= Christus est le monogramme constantinien. (Cela veut simplement dire que le premier est plus fréquent et que le second se rencontre après l’empereur Constantin). 3. La croix monogrammatique. Lorsque Constantin, après sa victoire au pont Milvius, plaça le monogramme du Christ sur les enseignes de l’armée (labarum), sur les casques et les monnaies, il utilisa un signe déjà courant chez les chrétiens. Cependant la vision de l’empereur avec cette promesse : « In hoc signo vinces » et l’accomplissement brillant de cette promesse élevèrent désormais ce signe jusqu’à en faire un symbole du triomphe du Christ. Depuis la victoire du christianisme, il trouva une large diffusion dans tous les pays et fut employé de mainte façon. Ce ne fut plus seulement une simple abréviation, mais un symbole indépendant du Christ-Roi. Souvent le monogramme du Christ (tel qu’il était sur le labarum) fut entouré d’une couronne de laurier ou d’un cercle. Cela signifiait la souveraineté du Christ sur le monde ou le triomphe du Christ sur les ennemis de son royaume. Le monogramme reçut alors les formes les plus diverses et on y ajouta une riche ornementation. On aima placer autour du signe ou de la croix monogrammatique l’alpha et l’oméga (expression de l’éternité et de la divinité du Christ).

b) Le signe du nom de Jésus. Le monogramme connu IHS est un symbole qui parmi un très petit nombre, est resté en usage jusqu’à nos jours. Il doit sa grande diffusion à saint Bernardin de Sienne, qui le fit placer sur ses étendards, entouré de douze rayons de soleil et surmonté d’une couronne. Depuis, ce signe est devenu le monogramme préféré du doux nom de Jésus. Saint Bernardin, par ses exhortations zélées, détermina plusieurs prêtres à placer ce monogramme sur les autels ou à le faire broder sur les aubes ou les chasubles. Sur ses conseils, plusieurs villes d’Italie inscrivirent ce monogramme en lettres gigantesques sur les murs extérieurs de leurs hôtels de ville, comme on peut encore le voir à Sienne. Quelle est l’origine de ce monogramme ? IHC est l’abréviation du grec IHZOUC. IHS est l’abréviation du latin IHESVS (forme du moyen âge). Comme on ne pouvait plus comprendre H comme un éta (è) grec, on dut ajouter un H. C est l’ancienne écriture du s grec (sigma). Dans l’antiquité chrétienne, ce monogramme n’est pas fréquent et ne doit pas remonter au-delà du Ve siècle.

Plus tard, on a mal traduit IHS en l’interprétant comme : Jesus hominum Salvator, ou bien même Jesu humilis societas (ce qui l’a fait prendre comme symbole par l’Ordre des Jésuites). On aimait encore beaucoup cette interprétation : In Hoc Signo (sc. vinces). Du v (vinces) ajouté on fit plus tard trois aiguilles.

c) Ichthus. L’ancienne Église connaissait aussi un anagramme très aimé pour désigner le Seigneur ; le fameux Ichthus. Le titre complet du Christ se formulait ainsi en grec : Jesous Christos, Theou Uios, Soter — Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Les premières lettres de ces saints mots donnent le mot grec : Ichthus, c’est-à-dire poisson. C’est la raison pour laquelle on aimait à représenter le Christ sous la forme d’un poisson. Ainsi l’abréviation aussi bien que la figure fut pour les premiers chrétiens une désignation secrète du Christ. Ils nommaient même le Seigneur « le grand et pur poisson » (Inscription funéraire d’Aberkios, vers 180 après J.-C.). Tertullien suppose connu ce symbolisme du poisson (vers 200 après J.-C.), quand il écrit : « Nous (les chrétiens), à l’exemple de notre Ichthus, Jésus-Christ, nous sommes nés dans l’eau comme de petits poissons » (Du baptême, chap. 1).

d) Monogramme en forme de croix. Déjà, dans le signe abrégé du Christ, on pouvait voir un effort pour unir la croix au nom du Christ. La croix et le nom du Christ sont considérés comme des signes de la Rédemption : mais encore comme une protection contre les attaques du démon. C’est pourquoi on avait coutume de peindre sur les portes et les maisons le monogramme de Jésus en lui donnant une forme de croix. Un des exemples les plus connus jusqu’ici est la disposition en forme de croix des deux mots phôs et zôê (lumière et vie) qui caractérisent le Christ lui-même dans saint Jean (VIII, 12 ; XI, 25). Le Christ est lumière et vie. Le Christ nous donne la lumière et la vie divines. La lumière et la vie, la liturgie souhaite, implore et communique ces deux biens pour les vivants et pour les morts. Nous pouvons dès lors comprendre que l’union en forme de croix de ces deux mots lumière et vie, fut, pour J’ancienne Église, un symbole parlant très aimé. On les rencontre sur les portes (Syrie), sur les tombeaux, mais aussi sur les ampoules, les petites lampes en terre cuite, les ustensiles domestiques.

SOURCE : http://www.introibo.fr/Tres-saint-Nom-de-Jesus-Dimanche#nh1



LES MERVEILLES DU SAINT NOM
 par le Père Paul O'Sullivan, o.p. (E.D.M.)
Traduit de l'anglais par Jean-Claude Lemyze
avec la permission de St. Martin Apostolate, Dublin, Irlande
"Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au Nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des Cieux, sur la terre et dans les enfers." - Philippiens 2.9-10
Approuvé par Son Éminence le Cardinal Patriarche de Lisbonne, le 04 Mars 1947.
 Ce petit livre est dédié avec tendresse à la douce Mère de DieuPersonne n'aime autant qu'elle le Nom de Jésus.
 Lettres d'approbation
De nombreux Archevêques et Évêques ont témoigné leur fervente approbation envers Les Merveilles du saint nom. 
Nous citons parmis eux:
Palais cardinalice, Lisbonne, le 04 Mars 1947
J'approuve et je recommande de tout mon cœur le petit livre intitulé " Les Merveilles du Saint Nom ".
Cardinal Patriarca.
 Chapitre I
 LES MERVEILLES DU SAINT NOM
Nous entendons répéter depuis notre enfance le saint Nom de Jésus, mais hélas, nombreux, trop nombreux sont ceux qui n'ont pas une juste idée des grandes merveilles de ce saint Nom!

Que connaissez-vous, cher lecteur, du nom de Jésus? Vous savez que ce Nom et saint et que vous devez vous incliner avec révérence en le disant.
C'est très peu. C'est comme si vous regardiez un livre fermé en jetant un rapide coup d'œil sur le titre de la couverture.
Vous ne savez rien des merveilleuses pensées qu'il contient.
Même lorsque vous prononcez le Nom de Jésus vous connaissez très peu les trésors qu'il renferme.
Ce Nom Divin est en vérité une mine de richesses; il est la source de la sainteté la plus élevée et le secret du plus grand bonheur que l'homme puisse espérer connaître sur cette terre. Lisez et voyez.
Il est si puissant, si assuré, qu'il ne manque jamais de produire dans notre âme les plus merveilleux effets.
Il console le cœur le plus affligé et rend fort le pécheur le plus faible. Il nous obtient toutes sortes de faveurs et de grâces, spirituelles et temporelles.

Il y a deux choses que nous devons faire. Premièrement, nous devons clairement comprendre le sens et la valeur du Nom de Jésus.
Deuxièmement, nous devons prendre l'habitude de le dire avec dévotion, fréquemment, des centaines et des centaines de fois chaque jour. Loin de devenir un fardeau, cela nous procurera une joie et une consolation immenses.
 Chapitre 2
QUE SIGNIFIE LE NOM DE JÉSUS ?
Le saint Nom de Jésus est, avant toute chose, une Prière toute-puissante. Notre-Seigneur Lui-même a promis solennellement que tout ce que nous demanderons au Père en son Nom, nous le recevrons. Dieu ne manque jamais à sa Parole.
Par conséquent, lorsque nous disons "Jésus", demandons à Dieu tout ce dont nous avons besoin avec l'absolue confiance d'être entendus.
C'est pour cette raison que l'Église termine sa Prière avec ces paroles "par Le Christ Jésus", ce qui donne à la Prière une nouvelle et Divine efficacité.

Mais le saint Nom est quelque chose de plus grand encore:
Nous procurons à Dieu une joie et une gloire infinies, car nous lui offrons les mérites infinis de la Passion et de la Mort de Jésus Christ.
Saint Paul nous dit que Jésus a mérité le Nom de Jésus par sa Passion et sa Mort.

Chaque fois que nous disons "Jésus", nous devons clairement vouloir offrir à Dieu toutes les Messes dites partout dans le monde pour toutes les intentions. Nous participons ainsi à ces milliers de messes.

Chaque fois que nous disons "Jésus", nous gagnons 300 jours d'indulgence*, que nous pouvons appliquer aux âmes du Purgatoire, soulageant et libérant ainsi de très nombreuses saintes âmes dans de terribles souffrances. Elles deviennent alors nos meilleures amies et prient pour nous avec une indicible ferveur.

Chaque fois que nous disons "Jésus", nous accomplissons un acte d'amour parfait, car nous offrons à Dieu l'Amour infini de Jésus.

Le saint Nom de Jésus nous sauve d'innombrables maux et nous délivre spécialement du pouvoir du diable qui cherche continuellement à nous nuire.

Le Nom de Jésus emplit graduellement notre âme d'une Joie et d'une Paix que nous ne connaissions pas auparavant.

Le Nom de Jésus nous donne une telle force que nos souffrances deviennent légères et faciles à porter.
QUE DEVONS-NOUS FAIRE ?
Saint Paul nous dit que nous nous devons toujours agir, que ce soit par la parole ou par l'action, au Nom de Jésus.
"Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au Nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par Lui à Dieu Le Père." (Colossiens 2. 17)
De cette façon, tout ce que nous faisons devient un acte d'Amour et de mérite et, de plus, nous recevons des grâces pour accomplir nos actions parfaitement.

Nous devons par conséquent nous efforcer de prendre l'habitude de dire, "Jésus, Jésus, Jésus", très souvent chaque jour. Nous pouvons le faire en nous habillant, en travaillant – peu importe ce que nous faisons – tout en marchant, dans les moments de tristesse, chez nous et dans la rue, partout.
Rien n'est plus facile si nous le faisons méthodiquement. Nous pouvons le dire chaque jour un nombre incalculable de fois.

Gardez à l'esprit que chaque fois que nous disons "Jésus", 1) nous rendons Gloire à Dieu, 2) nous recevons de grandes grâces, 3) et nous aidons les âmes du Purgatoire.
Voici maintenant quelques exemples qui vous montreront le pouvoir du saint Nom.
Chapitre 3
LE MONDE EN DANGER EST SAUVÉ
PAR LE SAINT NOM
En l'an 1274, de graves menaces pesaient sur le monde. L'Église était assaillie par de féroces ennemis, à l'intérieur comme à l'extérieur.
Le danger était si grand que le Pape, Grégoire X, convoqua un Concile des Évêques à Lyon afin de déterminer par quel moyen la société pourrait être sauvée de la ruine qui la menaçait.

Parmi les nombreux moyens proposés, le Pape et les Évêques choisirent celui qu'ils considéraient le plus facile et le plus efficace de tous, c'est-à-dire la répétition fréquente du saint Nom de Jésus.
Le saint Père pria alors les Évêques du monde entier et leurs Prêtres d'invoquer le Nom de Jésus et d'exhorter leurs peuples à mettre toute leur confiance dans ce Nom tout-puissant, en le répétant constamment avec une confiance sans limite.
Le Pape confia spécialement aux Dominicains la glorieuse tâche de prêcher les merveilles du saint Nom dans tous les pays, ce dont ils s'acquittèrent avec un zèle sans borne.

Leurs Frères Franciscains les secondèrent efficacement. Saint Bernardin de Sienne et Saint Léonard de Port-Maurice ont été d'ardents apôtres du saint Nom.
Leurs efforts furent couronnés de succès, si bien que les ennemis de l'Église furent renversés, que les dangers qui menaçaient la société disparurent et la paix régna en souveraine une fois de plus.

Ce qui est pour nous une très importante leçon, car dans les jours que nous vivons, de nombreux pays sont écrasés par de terribles souffrances et des fléaux encore bien plus grands menacent tous les autres.
Les gouvernements ne semblent ni assez forts ni assez sages pour endiguer ce torrent de fléaux. Il n'y a qu'un seul remède, et c'est la Prière.

Chaque Chrétien doit se tourner vers Dieu et lui demander d'avoir pitié de nous. La plus facile de toutes les Prières, comme nous l'avons vu, est le Nom de Jésus.
Tous, sans exception, nous pouvons invoquer ce saint Nom des centaines de fois par jour non seulement pour nos propres intentions, mais aussi pour demander à Dieu de délivrer le monde d'une ruine imminente.

Il est prodigieux qu'une seule personne qui prie puisse sauver son pays et la société. Nous lisons dans l'Écriture sainte que Moïse a sauvé le peuple d'Israël de la destruction par sa Prière, et qu'une pieuse femme, Judith de Béthulie, a sauvé sa ville et son peuple alors que les chefs étaient au désespoir et se préparaient à se rendre à leurs ennemis.

Nous savons aussi que les deux villes de Sodome et Gomorrhe, que Dieu a détruites par le feu en raison de leurs péchés et de leurs crimes, auraient obtenu le Pardon si seulement dix justes avaient prié pour elles !
Maintes fois nous lisons que des rois, des empereurs, des hommes d'États et de célèbres chefs militaires qui avaient mis leur confiance dans la Prière ont ainsi accompli des merveilles.
Si la prière d'un seul homme peut faire tant de choses, que ne pourraient accomplir les Prières d'un grand nombre ?

Le Nom de Jésus est la Prière la plus courte, la plus facile et la plus puissante de toutes. Tout le monde peut la dire, même au milieu des occupations quotidiennes. Dieu ne peut refuser de l'entendre.
Invoquons le Nom de Jésus, demandons-lui de nous sauver des calamités qui nous menacent tous.
Chapitre 4
 LA PESTE DE LISBONNE:
LA VILLE EST SAUVÉE PAR LE SAINT NOM
Une peste dévastatrice s'est déclarée à Lisbonne en 1432. Tous ceux qui le pouvaient ont fui dans la terreur, transportant ainsi la peste dans tous les coins du Portugal.
Ce mal cruel a emporté des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants de toutes les classes de la société.
L'épidémie était si virulente que les hommes mouraient partout, à table, dans la rue, dans les maisons, dans les magasins, sur la place du marché, dans les églises.
Les historiens rapportent que la peste se répandait comme l'éclair d'homme à homme, par un manteau, un chapeau ou un vêtement quelconque qui avait été en contact avec le pestiféré.

Prêtres, médecins et infirmières étaient emportés en si grand nombre que beaucoup de leurs corps gisaient sans sépulture dans les rues; les chiens léchaient le sang et mangeaient la chair des cadavres, devenant eux aussi infectés par la terrible maladie et contribuant ainsi à la répandre plus largement parmi cette infortunée population.

Parmi ceux qui venaient en aide aux mourants avec un zèle inlassable, il y avait un vénérable Évêque, Monseigneur André Dias, qui habitait le couvent ou le Monastère de Saint-Dominique.
Ce saint homme, voyant que l'épidémie, loin de diminuer, devenait chaque jour plus virulente et désespérant des secours humains, exhorta le malheureux peuple à invoquer le saint Nom de Jésus. 
On le voyait partout où la maladie sévissait le plus gravement, implorant les malades et les mourants autant que ceux qui n'avaient pas encore été frappés en les exhortant à répéter, "Jésus, Jésus". 
"Écrivez-le sur des cartes", leur disait-il, "et conservez ces cartes sur vous; placez-les le soir sous votre oreiller; mettez-les sur vos portes; mais par dessus tout, invoquez constamment de vos lèvres et dans votre cœur ce Nom très puissant."

Il allait partout, tel un ange de la paix, remplissant les malades et les mourants de courage et de confiance.
Les malheureux sentaient revenir en eux une vie nouvelle et, invoquant Jésus, ils gardaient ces cartes sur leur poitrine ou les mettaient dans leur poche.

Puis, il les rassembla dans la grande église de Saint-Dominique pour leur parler une fois encore du pouvoir du Nom de Jésus et il Bénit l'eau par le même saint Nom, ordonnant au peuple d'en asperger le visage des malades et des mourants.
Merveille des merveilles ! Les malades ont guéri, les mourants sont sortis de leurs souffrances, la peste prit fin et la ville fut délivrée en quelques jours du plus affreux fléau qu'elle ait connu.

La nouvelle se répandit dans tout le pays et tous, d'une seule voix, se mirent à invoquer le Nom de Jésus. 
Avec une incroyable rapidité, tout le Portugal fut libéré de la terrible maladie.

Le peuple reconnaissant, se rappelant les merveilles dont il avait été témoin, continua à témoigner son Amour et sa confiance dans le Nom de notre Sauveur, de sorte que dans toutes leurs difficultés, dans tous les dangers, quels que soient les maux qui les menacent, ils invoquent le Nom de Jésus.
Des fraternités se formèrent dans les églises, des processions au saint Nom eurent lieu tous les mois, des autels furent élevés en l'honneur de ce saint Nom, et la plus grande calamité qui ait jamais frappé le pays est devenue la plus grande Bénédiction.
Pendant de longs siècles cette grande confiance dans le Nom de Jésus s'est maintenue au Portugal pour se répandre ensuite en Espagne, en France et dans le monde entier.
 Chapitre 5
 GENSÉRIC LE GOTH
Durant le règne de Genséric, roi arien des Goths, un des courtisans favoris du roi, le compte Armogasto, fut converti de l'arianisme et rejoignit l'Église Catholique.
En apprenant cela, le roi se mit dans une violente colère et, faisant venir le jeune noble en sa présence, il tenta par tous les moyens en son pouvoir de le faire abjurer et revenir à la secte arienne.
Promesses et menaces furent également vaines. Le compte refusa toutes les ouvertures et demeura fermement établi dans sa Foi nouvelle.
Genséric laissa alors libre cours à sa furie et ordonna qu'on attache le jeune homme avec des liens serrés aussi fort que le pouvaient les vigoureux bourreaux.
Le tourment était intense mais la victime ne montrait aucun signe de douleur. Le comte répéta deux ou trois fois, "Jésus, Jésus, Jésus", et voilà que les cordes se cassèrent comme des fils d'araignée et tombèrent à ses pieds !

Furieux au-delà de toute mesure, le tyran ordonna qu'on apporte des nerfs de bœuf, aussi durs et résistants que des câbles.
On lia de nouveau le comte et le roi ordonna aux bourreaux d'user de toutes leurs forces. Leur victime invoqua une fois de plus le Nom de Jésus et les nouveaux liens, comme les autres, cassèrent net comme des fils.
Genséric, écumant de rage, ordonna qu'on pende le martyr par les pieds à la branche d'un arbre, la tête en bas.
Souriant à cette nouvelle torture, le comte Armogasto croisa les bras sur sa poitrine et, répétant doucement le saint Nom, il tomba dans un sommeil tranquille comme s'il était couché sur un divan moelleux et confortable.
 Chapitre 6
 D. MELCHIOR SOURIT
À SES BOURREAUX
Un autre incident similaire nous est rapporté au sujet d'un martyr chinois, le vénérable Évêque Dominicain, Mgr D. Melchior.
Au cours d'une des nombreuses persécutions qui ont fait rage en Chine et donné tant de saints à l'Église, ce saint Évêque fut emmené, et, après avoir subi les tortures les plus brutales, condamné à une mort cruelle.
On le tira sur la place du marché au milieu d'une foule hurlante venue se réjouir à la vue de ses souffrances.
Ils lui enlevèrent ses vêtements et cinq bourreaux, armés d'épées émoussées, entreprirent de lui couper les doigts un par un, phalange par phalange, puis les bras et les jambes en lui causant d'atroces souffrances.
Finalement, ils lui tailladèrent les chairs et brisèrent les os de son pauvre corps.

Durant ce long martyr, l'Évêque ne montra aucun signe visible de douleur. Il souriait et répétait lentement et à voix haute, "Jésus, Jésus, Jésus", ce qui, à la grande surprise de ses bourreaux, lui donnait une force mystérieuse.
Pas un cri ni un gémissement ne sortit de ses lèvres et, finalement, après des heures de torture, il rendit calmement son dernier souffle, le visage toujours empreint du même beau sourire.

Quelle merveilleuse consolation ne pourrions-nous pas connaître nous aussi lorsque nous sommes contraints de garder le lit par la maladie ou si, accablés de douleur, nous répétions dévotement le Nom de Jésus. 
Bien des gens ont de la peine à s'endormir.
Ils trouveront secours et consolation en invoquant le saint Nom durant ces moments d'insomnie, et tomberont probablement dans un sommeil paisible.
 SAINT ALEXANDRE ET LE PHILOSOPHE PAÏEN
Durant le règne de l'empereur Constantin, la Religion Chrétienne put faire de constants et rapides progrès.
À Constantinople même, les philosophes païens voyaient avec peine beaucoup de leurs adeptes déserter la vieille religion pour adopter la nouvelle.
Ils plaidèrent leur cause devant l'empereur lui-même, demandant à être entendus en justice et qu'il leur soit permis de tenir un débat public avec les Évêques des Chrétiens.
Saint Alexandre, qui occupait alors le siège de Constantinople, était un saint homme mais un piètre logicien.
Il n'a pas craint pour cela de rencontrer le représentant des philosophes païens, un habile dialecticien et un orateur éloquent.
Le jour fixé, devant une vaste assemblée de savants, le philosophe se lança dans une attaque soigneusement préparée contre l'enseignement Chrétien.
Le saint Évêque l'écouta un moment puis il prononça le Nom de Jésus, qui confondit à l'instant le philosophe; celui-ci perdit non seulement le fil de son discours, mais il fut totalement incapable, même avec l'aide de ses collègues, de revenir à l'attaque.

Sainte Christiana, une jeune Chrétienne, était esclave dans le Kurdistan, une région presque entièrement païenne.
C'était la coutume dans ce pays, lorsqu'un enfant était gravement malade, que la mère le porte dans ses bras dans la maison de ses amis pour leur demander s'ils connaissaient un remède capable de le guérir.
Un jour, une mère apporta son enfant dans la maison où vivait Christiana.
Lorsqu'on lui demanda si elle connaissait un remède pour cette maladie, elle regarda l'enfant et dit: "Jésus, Jésus". 
À l'instant, l’enfant qui était mourant se mit a sourire et à sauter de joie. Il était complètement guéri.

Ce fait extraordinaire fut rapidement connu de tous et arriva aux oreilles de la reine, elle-même invalide.
Elle ordonna qu'on fît venir Christiana en sa présence.
Arrivée au palais, la reine demanda à Christiana si elle pouvait, par le même remède, la guérir de son mal qui défiait la science des médecins.
Christiania prononça à nouveau avec grande confiance: "Jésus, Jésus", et à nouveau le Divin Nom fut glorifié.
La reine recouvrit instantanément la santé.

Une troisième merveille devait encore se produire. Quelques jours après la guérison de la reine, le roi se vit soudain faire face à une mort certaine.
Toute fuite semblait impossible. Se rappelant le pouvoir Divin du saint Nom dont il avait été témoin dans la guérison de son épouse, il s'écria: "Jésus, Jésus", sur quoi il fut arraché à ce terrible péril.
Appelant à son tour la petite esclave, il apprit d'elle les vérités du Christianisme qu'il embrassa avec une multitude de ses sujets.
Christiana est devenue une sainte qui a sa fête le 15 décembre.

Saint Grégoire de Tours rapporte que lorsqu'il était enfant, son père était tombé gravement malade et se trouvait à l'article de la mort.
Au cours de la nuit, l'ange gardien de Grégoire lui apparut durant son sommeil et lui dit d'écrire le Nom de Jésus sur une carte et de la placer sous l'oreiller du malade.

Le lendemain matin, Grégoire fit part à sa mère du message de l'ange, et elle lui conseilla de lui obéir.
Il le fit et plaça la carte sous la tête de son père, et, pour la joie de toute la famille, le patient se rétablit rapidement.
Nous pourrions remplir des pages et des pages avec les miracles et les merveilles opérés par le saint Nom en tout temps et en tout lieux, non seulement par les saints mais par tous ceux qui invoquent le divin Nom avec révérence et avec Foi.

Marchese dit: "Je m'abstiens de rapporter ici les miracles et les grâces accordés par Notre-Seigneur à ceux qui vénèrent son saint Nom, parce que saint Jean Chrysostome me rappelle que Jésus est toujours invoqué lorsque des miracles sont accomplis par des saints; ainsi, vouloir les énumérer serait tenter de donner une liste des innombrables miracles opérés par Dieu à travers les âges, soit pour accroître la gloire de ses saints ou pour implanter et affermir la Foi dans le cœur des hommes."
 Cartes du Saint Nom
Des cartes portant le saint Nom ont été utilisées et recommandées par de grands adorateurs du saint nom comme Mgr André Dias, saint Léonard de Port Maurice et saint Grégoire de Tours, que nous venons de mentionner.
Nos lecteurs feraient bien d'utiliser ces cartes, de les porter sur eux durant la journée, de les glisser sous leur oreiller le soir et de les placer sur la porte de leur chambre.
 Chapitre 7
 LES SAINTS ET LE SAINT NOM
Tous les Saints ont éprouvé pour le Nom de Jésus un Amour et une confiance extrême. Ils ont vu dans ce Nom, comme en une claire vision, tout l'Amour de Notre Seigneur, toute sa puissance, toutes les choses merveilleuses qu'il a dites et qu'il a faites sur la terre.

Toutes leurs œuvres merveilleuses ont été accomplies au Nom de Jésus. Il a fait des miracles, chassé les démons, guéri les malades et apporté à tous, le réconfort en prenant et en recommandant à tous l'habitude d'invoquer le saint nom. Saint Pierre et les apôtres ont converti le monde avec ce nom tout-puissant.

Le prince des apôtres a commencé sa glorieuse carrière en prêchant l'Amour de Jésus aux Juifs dans les rues, au Temple et dans leurs synagogues.
Son premier grand miracle a eu lieu le premier dimanche de Pentecôte alors qu'il allait entrer dans le Temple avec saint Jean.
Un infirme, bien connu des juifs qui fréquentaient le Temple, tendit la main pour recevoir une aumône.
Saint Pierre lui dit: "De l'or et de l'argent je n'en ai pas; mais ce que j'ai, je te le donne: au Nom de Jésus Christ le Nazaréen, marche!." (Actes 3.6)
Et immédiatement, l'infirme se dressa sur ses pieds et bondit de joie.

Les juifs étaient étonnés mais le grand apôtre leur dit: Pourquoi cet étonnement et cette surprise, comme si nous avions rendu la santé à cet homme par notre seul puissance ? Non, c'est par la puissance de Jésus que cet homme peut marcher.
Le Nom de Jésus a été glorifié d'innombrables fois depuis le temps des apôtres.
Nous mentionnerons quelques-uns de ces innombrables exemples qui nous montent que les saints tiraient toute leur force et leur consolation du Nom de Jésus.
 Saint Paul
Saint Paul a été d'une façon toute spéciale le prédicateur et le docteur du saint Nom. Il fut d'abord un féroce persécuteur de l'Église, animé par un faux zèle et une haine du Christ.
Notre-Seigneur lui est apparu sur le chemin de Damas et l'a converti, faisant de lui le grand apôtre des Gentils et lui confiant sa glorieuse mission, qui était de prêcher et de faire connaître son saint Nom aux princes et aux rois, aux juifs et aux Gentils de toutes les nations et de tous les peuples.
Saint Paul, plein d'un amour brûlant pour Notre-Seigneur, commença sa grande mission – extirper le paganisme, abattre les fausses idoles, confondre les philosophes de la Grèce et de Rome, ne craignant aucun ennemi et surmontant toutes les difficultés – tout cela au Nom de Jésus.

Saint Thomas d'Aquin dit de lui: "Saint Paul portait le Nom de Jésus sur son front parce qu'il se glorifiait en le proclamant à tous les hommes; il le portait sur ses lèvres parce qu'il aimait l'invoquer; sur ses mains, parce qu'il aimait l'écrire dans ses épîtres; dans son cœur, car son cœur brûlait d'Amour pour Lui. Il nous le dit lui-même: 'Ce n'est plus moi qui vit, mais c'est Le Christ qui vit en moi.'"

Saint Paul nous dit à sa manière admirable deux grandes vérités sur le Nom de Jésus.
Premièrement, il nous parle de la puissance infinie de ce Nom. "Tout, au Nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des Cieux, sur la Terre et dans les enfers."
Chaque fois que nous disons "Jésus", nous donnons une joie infinie à Dieu, à tout le Ciel, à la sainte Mère de Dieu, à tous les anges et à tous les saints.

Deuxièmement, il nous dit comment l'utiliser. " Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au Nom du Seigneur Jésus."
Et il ajoute: Que vous mangiez ou que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout au Nom de Jésus.

Ce conseil, tous les saints l'ont suivi, de sorte que chacune de leurs actions était faite pour l'Amour de Jésus et chacune de leurs actions et de leurs pensées leur gagnait ainsi des grâces et des mérites.
C'est par ce Nom qu'ils sont devenus des saints. Si nous suivons ce même conseil de l'apôtre, nous atteindrons nous aussi un haut degré de sainteté.

Comment pouvons-nous tout faire au Nom de Jésus ? En prenant l'habitude, comme nous l'avons dit, de répéter fréquemment le Nom de Jésus dans le courant de la journée. Cela ne présente aucune difficulté – cela n'exige que de la bonne volonté.

Saint Augustin, ce grand Docteur de l'Église, trouvait ses délices dans la répétition du saint Nom.
Il nous dit lui-même qu'il trouvait beaucoup de plaisir dans la lecture des livres qui mentionnaient fréquemment le Nom de toutes les consolations.

Saint Bernard ressentait une joie et une consolation merveilleuse en répétant le Nom de Jésus.
Il était pour lui, nous dit-il, comme du miel dans la bouche et une paix délicieuse dans le cœur.
Nous ressentirons nous aussi cette immense consolation et la paix descendra dans nos âmes si nous imitons saint Bernard en répétant ce saint Nom.

Saint Dominique a passé sa vie à prêcher et à disputer avec les hérétiques. Il allait à pied d'un lieu à un autre, dans la chaleur oppressante de l'été comme dans le froid et la pluie de l'hiver.
Les hérétiques albigeois, qu'il a essayé de convertir, ressemblaient plus à des démons sortis de l'enfer qu'à des mortels.
Leur doctrine était infâme et leurs crimes abominables. Pourtant, tel un autre saint Paul, il convertit 100.000 de ces méchants hommes, si bien que beaucoup devinrent éminents en sainteté.
Épuisé le soir par ses travaux, il ne demandait qu'une seule récompense, c'est de passer la nuit devant le Saint-Sacrement à épancher l'Amour de son âme pour Jésus.
Lorsque son pauvre corps était à bout de résistance, il appuyait sa tête contre l'autel et se reposait un peu, après quoi il reprenait sa conversation intime avec Jésus.
Au matin, il célébrait la Messe avec l'ardeur d'un séraphin si bien que son corps s'élevait parfois en l'air dans une extase d'Amour. Le Nom de Jésus emplissait son âme de joie et de délice.

Le Bienheureux Jordan de Saxonie, qui succéda à saint Dominique comme Maître général de l'ordre, était un prédicateur de grand renom. Ses paroles allaient droit au cœur de ses auditeurs, spécialement lorsqu'il leur parlait de Jésus.
De savants professeurs des villes universitaires venaient l'écouter avec ravissement, et un si grand nombre d'entre eux devenaient Dominicains que les autres craignaient de venir de peur d'être amenés eux aussi à se joindre à l'Ordre.
L'irrésistible éloquence du bienheureux Jordan attirait tant de monde que lorsque sa visite était annoncée dans une ville, le prieur du couvent achetait aussitôt une grande quantité d'étoffe blanche pour confectionner les habits de ceux qui allaient certainement chercher à entrer dans l'Ordre.
Le Bienheureux Jordan reçut lui-même à l'habit un millier de postulants parmi lesquels se trouvaient les plus éminents professeurs des universités européennes.
Saint François d'Assise, ce brûlant séraphin d'Amour, trouvait ses délices dans la répétition du Nom bien-aimé de Jésus.
Saint Bonaventure dit que son visage s'illuminait de joie et que sa voix montrait pas ses tendres accents combien il aimait invoquer ce très saint Nom.
On ne s'étonnera donc pas qu'il ait reçu aux pieds, aux mains et au côté les cinq plaies de Notre-Seigneur, récompense d'un Amour brûlant.

Saint Ignace de Loyola ne le cédait à personne pour son Amour du saint Nom. Il n'a pas donné à son grand Ordre son propre nom mais celui de "Société de Jésus".
Ce Nom Divin a été pour ainsi dire le bouclier et la défense de l'Ordre contre ses ennemis et un gage de la sainteté de ses membres.
Glorieuse, en vérité, est la grande Société de Jésus.

Saint François de Sales n'hésite pas à dire que ceux qui ont l'habitude de répéter fréquemment le saint Nom peuvent avoir la certitude de mourir d'une mort sainte et heureuse.
Et cela ne fait assurément aucun doute car chaque fois que nous disons "Jésus", nous appliquons à notre âme le Sang rédempteur de Jésus en même temps que nous implorons Dieu de faire ce qu'il a promis, nous accorder tout ce que nous demandons en son Nom.
Tous ceux qui désirent une sainte mort peuvent se l'assurer en répétant le Nom de Jésus. Non seulement cette pratique nous assurera-t-elle une sainte mort, mais elle raccourcira notablement notre temps au Purgatoire et peut très probablement nous délivrer tout à fait de ce terrible feu.

De nombreux saints ont passé leurs derniers jours à répéter constamment, "Jésus, Jésus".
Tous les Docteurs de l'Église s'accordent pour dire que le diable réserve ses plus terribles tentations pour nos derniers moments et qu'il remplit alors l'esprit des mourants de doutes, de peurs et de terribles tentations – dans l'espoir de pouvoir, finalement, emporter en enfer cette âme infortunée. Heureux ceux qui auront acquis, au cours de leur vie, l'habitude d'invoquer le Nom de Jésus.
Des faits comme ceux que nous venons de mentionner se trouvent dans la vie de tous les grands serviteurs de Dieu qui sont devenus des saints et qui ont atteints les plus hauts degrés de sainteté par ce moyen simple et facile.

Saint Vincent Ferrer, un des plus célèbres prédicateurs que le monde ait jamais entendus, a converti les criminels les plus abandonnés pour les transformer en de très fervents Chrétiens.
Il a converti 80.000 Juifs et 70.000 Maures, un prodige que nous ne pouvons lire dans la vie d'aucun autre saint.
L'Église demande trois miracles pour la Canonisation d'un saint; dans la bulle de Canonisation de saint Vincent, on en rapporte 873.
Ce grand saint brûlait d'Amour pour le Nom de Jésus et c'est avec ce Nom Divin qu'il accomplissait des miracles extraordinaires.
Par conséquent, tout pécheurs que nous sommes, nous pouvons nous aussi avec ce Nom tout-puissant obtenir des faveurs et des grâces.
Le plus faible des mortels peut devenir fort, le plus affligé peut trouver en lui la consolation et la joie.

Qui donc pourrait être assez sot ou assez négligent pour ne pas acquérir l'habitude de répéter, "Jésus, Jésus, Jésus", constamment.
Elle ne nous prend pas de temps, ne présente aucune difficulté et constitue un remède infaillible à tous les maux.

Le Bienheureux Gonçalo d'Amarante, atteint un éminent degré de sainteté par la répétition fréquente du saint Nom.

Le Bienheureux Gilles de Santarem éprouvait tant d'Amour et de ravissement à dire le saint Nom qu'il était élevé dans les airs en extase.
Ceux qui répètent fréquemment le Nom de Jésus éprouvent une grande Paix dans leur âme, "cette Paix que le monde ne peut pas vous donner", que seul Dieu vous donne et "qui surpasse tout entendement".

Saint Léonard de Port Maurice chérissait une tendre dévotion envers le Nom de Jésus et au cours de ses continuelles missions enseignait au peuple qui s'amassait pour l'entendre les merveilles du saint Nom.
Et il le faisait avec tant d'Amour que les larmes coulaient de ses yeux et de tous ceux qui l'entendaient.
Il les suppliait de mettre une carte avec le Divin Nom sur leurs portes. Ce qui eut les résultats les plus heureux car beaucoup furent ainsi sauvés de la maladie et de désastres de toutes sortes.
L'un d'eux, malheureusement, fut empêché de le faire, parce qu'un Juif copropriétaire de l'immeuble où il habitait refusait obstinément de voir le Nom de Jésus placé sur sa porte.
Son partenaire décida donc d'écrire le Nom de Jésus sur ses fenêtres.
Quelques jours plus tard, un violent incendie se déclara dans l'immeuble qui détruisit tous les appartements du Juif, tandis que les chambres appartenant à son voisin Chrétien furent totalement épargnés par le feu.

Le fait fut rendu public et augmenta au centuple la Foi et la confiance dans le saint Nom du Sauveur.
De fait, toute la ville de Ferrajo a été témoin de cette extraordinaire protection.

Saint Edmond avait pour le Saint Nom une dévotion toute spéciale que le Seigneur Lui-même lui avait enseignée.
Un jour, alors qu'il était à la campagne et séparé de ses compagnons, un très bel enfant vint à ses côtés et lui demanda, "Edmond, est-ce que tu me connais?"
Edmond répondit que non.
L'enfant répliqua alors, "Regarde-moi et tu verras qui je suis." Edmond regarda comme on le lui demandait et vit écrit sur le front de l'Enfant, "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs".
"Sache qui je suis", dit l'Enfant. "Tous les soirs, fais le Signe de la Croix et dit ces paroles: 'Jésus de Nazareth, Roi des Juifs'.
Si tu fais cela, cette Prière te délivrera ainsi que tous ceux qui la diront, d'une mort soudaine et sans préparation."
Edmond accomplit fidèlement ce que Le Seigneur lui avait dit. Le diable tenta une fois de l'en empêcher en tenant sa main pour qu'il ne puisse pas faire le signe saint.
Edmond invoqua le Nom de Jésus, et le diable s'enfuit terrorisé sans jamais plus l'importuner à l'avenir.
Bien des gens pratiquent cette dévotion facile qui les protègent d'une mauvaise mort. D'autres, de leur doigt, tracent sur leur front avec de l'eau bénite les quatre lettres "I.N.R.I." qui signifient Jesus Nazarenus, Rex Judaeorum, les quatre lettres écrites par Pilate sur la Croix de Notre-Seigneur.
Saint Alphonse recommande vivement ces deux dévotions.

Sainte Françoise de Rome avait l'extraordinaire privilège de voir son ange gardien et de converser avec lui.
Lorsqu'elle prononçait le Nom de Jésus, l'ange irradiait de joie et s'inclinait avec Amour et Adoration.
Le diable osa quelquefois lui apparaître en cherchant à l'effrayer et à lui faire du mal. Mais lorsqu'elle prononçait le saint Nom, il fuyait sa présence dans la terreur, plein de rage et de haine.

Sainte Jeanne Françoise de Chantal, cette très aimable amie de saint François de Sales, apprit de belles et nombreuses dévotions de ce saint docteur qui fut son directeur spirituel pendant bien des années. Elle aimait tant le Nom de Jésus qu'elle l'écrivit elle-même avec un fer rouge sur sa poitrine. Le Bienheureux Henri Suso avait fait la même chose avec une pointe acérée.
Nous ne pouvons aspirer à ces saintes audaces; nous pouvons avec raison manquer de courage pour inscrire le saint Nom sur notre poitrine.
Il faut pour cela une inspiration spéciale de Dieu.
Mais nous pouvons suivre l'exemple d'une autre sainte, la Bienheureuse Catherine de Racconigi, une fille de saint Dominique, qui répétait fréquemment et avec Amour le Nom de Jésus, si bien qu'après sa mort, le Nom de Jésus fut trouvé inscrit en lettres d'or sur son cœur.

Nous pouvons tous faire ce qu'elle a fait et le Nom de Jésus sera ainsi blasonné sur notre âme pour toute l'éternité, à la vue des saints et des anges dans le Ciel.

Sainte Gemma Galgani. Presque en notre temps, cette sainte fille a également connu le privilège de conversations fréquentes et intimes avec son ange gardien.
Gemma et son ange se livraient parfois à une sainte compétition pour savoir lequel des deux prononcerait le Nom de Jésus avec le plus d'Amour.
Ses contacts avec son ange gardien étaient simples et de nature familière. Elle bavardait avec lui, observait son visage, lui posait beaucoup de questions auxquelles il répondait avec un amour et une affection ineffables.
Il portait ses messages à Notre-Seigneur, à la Sainte Vierge Marie et aux saints, et il lui rapportait leurs réponses.
De plus, cet ange glorieux prenait le plus grand soin de sa protégée. Il lui apprenait comment prier et méditer, spécialement sur la Passion et les souffrances de Notre-Seigneur.
Il lui donnait d'admirables conseils et la reprenait avec tendresse si elle commettait quelque petite faute.
Sous sa direction, Gemma atteignit rapidement un haut degré de perfection.
 Chapitre 8
 LA DOCTRINE DU SAINT NOM
Nous allons maintenant expliquer la doctrine du saint Nom – le chapitre le plus important de ce petit livre – afin de montrer à nos lecteurs d'où vient la puissance et la valeur Divine de ce Nom, comment les saints ont accompli par lui leurs merveilles et comment nous pouvons nous-mêmes par ce moyen obtenir grâces et bénédictions.
Vous vous demandez peut-être, chers lecteurs, comment il se peut qu'une parole accomplisse de tels prodiges ?

Je réponds que c'est par une Parole que Dieu a créé le monde. Par sa Parole, il a tiré du néant le soleil, la lune, les étoiles, les hautes montagnes et les vastes océans. C'est par sa Parole qu'il maintient l'univers en existence.
Est-ce que le Prêtre, pendant la sainte Messe, n'accomplit pas prodige sur prodige; ne transforme-t-il pas la petite hostie blanche pour qu'elle devienne le Dieu de la Terre et du Ciel par les paroles de la Consécration; et bien que Dieu seul puisse pardonner les péchés, le Prêtre dans le confessionnal ne peut-il pas pardonner les péchés les plus noirs et les crimes les plus affreux ?
Comment ? Parce que Dieu donne à ses paroles une puissance infinie.

Ainsi, Dieu, dans son immense bonté, donne également à chacun de nous une parole toute-puissante par laquelle nous pouvons accomplir des merveilles pour Lui, pour nous-mêmes et pour le monde.
Cette parole est "Jésus".

Rappelez-vous ce que saint Paul nous en dit. Que c'est un "Nom au-dessus de tous les noms", et que "tout, au Nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des Cieux, sur la Terre et dans les enfers."

Mais pourquoi ?
Parce que "Jésus" signifie "Dieu-fait-homme", c'est-à-dire l'Incarnation. Lorsque Le Fils de Dieu s'est fait homme, Il a été appelé Jésus, de sorte que lorsque nous disons "Jésus", nous offrons au Père éternel l'Amour infini, les mérites infinis de Jésus-Christ; par une parole, nous lui offrons son Divin Fils Lui-même; nous lui offrons le grand mystère de l'Incarnation. Jésus EST l'Incarnation !
Combien peu de Chrétiens ont une idée juste de ce mystère sublime, et c'est pourtant la plus grande preuve que Dieu nous a donnée, ou pouvait nous donner, de Son amour personnel pour nous. Elle est tout pour nous.
 L'INCARNATION
Dieu s'est fait homme pour l'Amour de nous, mais à quoi cela nous sert-il si nous ne comprenons pas cet Amour ?
Dieu, le Dieu infini, immense, éternel et tout-puissant, le puissant créateur, le Dieu qui emplit les Cieux de sa Majesté, a caché toute sa puissance, sa majesté, sa grandeur, pour devenir un petit enfant afin d'être comme nous et de gagner ainsi notre amour.

Il est entré dans le sein très pur de la Vierge Marie où il est resté caché durant neuf mois. Il est né dans une étable entre deux animaux. Il était pauvre et humble.
Il a passé 33 années de son existence à travailler, souffrir, prier, enseigner sa merveilleuse religion, accomplir des miracles, et à faire le bien à tous.
Il a fait tout cela pour prouver son Amour pour chacun de nous et nous forcer ainsi à l'aimer lui aussi.

Ce prodigieux acte d'Amour était si grand que même les anges les plus élevés dans le Ciel n'auraient pu le croire possible, si Dieu ne leur avait révélé.
Il était si grand que les Juifs, le peuple élu de Dieu, qui attendaient un Sauveur, furent scandalisés à la pensée que Dieu pouvait s'abaisser à ce point.
Les philosophes des Gentils, en dépit de leur sagesse tant vantée, dirent que c'était de la folie de penser que le Dieu tout-puissant pouvait avoir un tel Amour de l'homme.

Saint Paul dit que Dieu a épuisé toutes les ressources de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté en se faisant homme pour nous:
"Il s'est donné Lui-même tout entier."
Notre-Seigneur confirme les paroles de l'apôtre, car il dit: "Que pouvais-je faire de plus ?"
Tout cela Dieu l'a fait non pas pour tous les hommes en général, mais pour chacun de nous en particulier. Pensez, pensez à cela.

Est-ce que tu crois, est-ce que tu comprends, cher lecteur, que Dieu t'aime à ce point, qu'il t'aime si intimement, si personnellement ?
Quelle joie, quelle consolation si tu savais et ressentais vraiment que le grand Dieu t'aime, toi – toi, si sincèrement !

Notre-Seigneur a fait plus encore, car il nous a fait don de tous ses mérites infinis pour que nous puissions les offrir au Père éternel aussi souvent que nous le voulons, cent fois, mille fois par jour.
Et c'est cela que nous pouvons faire chaque fois que nous disons "Jésus", si seulement nous nous rappelons ce que nous disons.
Vous êtes peut-être surpris de cette merveilleuse doctrine; peut-être n'en aviez-vous jamais entendu parler ?

Mais à présent que vous connaissez enfin les infinies merveilles du nom de Jésus, dites ce saint Nom constamment; dites-le avec dévotion.
Et à l'avenir, lorsque vous dites "Jésus", rappelez-vous que vous offrez à Dieu tout l'Amour infini et tous les mérites de son Fils.
Vous offrez à Dieu son propre Divin Fils.
Vous ne pouvez rien lui offrir de plus saint, de meilleur, rien de plus agréable pour Lui, rien de plus méritoire pour vous-mêmes.

Quelle ingratitude que celle des Chrétiens qui ne remercient jamais Dieu de ce qu'il a fait pour eux.
Il y a des hommes et des femmes qui vivent 30, 50, 70 ans sans jamais penser à remercier Dieu pour tout son Amour infini.

Lorsque vous dites le Nom de Jésus, pensez, également, à remercier notre doux Seigneur pour son Incarnation.
Lorsqu'il était sur la terre, il a guéri dix lépreux de leur répugnante maladie. Ils étaient enchantés et sont partis remplis de joie et d'allégresse, mais un seul seulement est revenu pour le remercier !
Jésus en fut très blessé et il a demandé: "Où sont les neuf autres ?"

N'a-t-il pas bien plus de raisons d'être peiné et blessé par vous et moi qui le remercions si peu pour ce qu'il a fait pour nous dans l'Incarnation et dans sa Passion.
Sainte Gertrude avait l'habitude de remercier Dieu souvent, par une petite prière jaculatoire, pour sa bonté en se faisant homme pour elle.
Notre-Seigneur lui apparut un jour et lui dit: "Ma chère enfant, chaque fois que tu honores mon Incarnation par cette petite Prière, je me tourne vers mon Père éternel et je lui offre tous les mérites de l'Incarnation pour toi et pour tous ceux qui font comme toi."
N'allons-nous pas nous efforcer de dire souvent, "Jésus, Jésus, Jésus", certains de recevoir une pareille grâce merveilleuse.
 LA PASSION
La deuxième signification de la parole "Jésus" est "Jésus mourant sur la Croix", car saint Paul nous dit que Notre-Seigneur a mérité ce très saint Nom par ses souffrances et par sa mort.

Par conséquent, lorsque nous disons "Jésus", nous devrions aussi vouloir offrir la Passion et la Mort de Notre-Seigneur au Père éternel pour sa plus grande Gloire et pour nos intentions.
Tout comme Notre-Seigneur s'est fait homme pour chacun d'entre nous, comme si chacun de nous était le seul être en existence, Notre-Seigneur est mort aussi non pas pour tous les hommes en général, mais pour chacun en particulier.
Lorsqu'il était pendu sur la Croix, il m'a vu, il vous a vus, chers lecteurs, et il a offert chacune des souffrances de sa terrible agonie, chaque goutte de son précieux Sang, toutes ses humiliations, ses insultes et tous les outrages qu'il a reçus pour moi, pour vous, pour chacun de nous ! 
Tous ses infinis mérites, il les a faits nôtres. Nous pouvons les offrir des centaines et des centaines de fois chaque jour au Père éternel – pour nous-mêmes et pour le monde.
Nous faisons cela chaque fois que nous disons "Jésus".
En même temps, ayons le désir de remercier Notre-Seigneur pour tout ce qu'il a souffert pour nous.
Il est consternant que tant de Chrétiens sachent si peu de ce saint Nom et de ce qu'il signifie.
À cause de cela, ils perdent chaque jour de précieuses grâces et se privent des plus grandes récompenses dans le Ciel.
Triste, déplorable ignorance !
 COMMENT PARTICIPER À 500.000 MESSES
La troisième intention que nous devrions avoir en disant "Jésus" est d'offrir toutes les Messes qui sont dites partout dans le monde pour la Gloire de Dieu, pour nos propres besoins et ceux du monde entier.
Environ 500.000 messes sont célébrées chaque jour. Nous pouvons et nous devrions prendre part à toutes ces messes.

La Messe fait descendre Jésus sur nos autels. À chaque Messe, il est une fois de plus présent ici sur Terre aussi réellement que lorsqu'il s'est fait homme dans le sein de sa Mère.
Il se sacrifie également sur l'autel aussi réellement et véritablement qu'il le fit sur le Calvaire, quoique d'une manière mystique et non sanglante.
La messe est dite non seulement pour ceux qui y assistent à l'église, mais pour toux ceux qui veulent l'entendre et l'offrir avec le Prêtre.

Tout ce que nous avons à faire c'est de dire avec révérence, "Jésus, Jésus", avec l'intention d'offrir ces messes et d'y participer.
En faisant cela, nous prenons part à chacune d'elles.
C'est une merveilleuse grâce de pouvoir assister à une Messe et de l'offrir; qu'en sera-t-il alors si nous offrons 500.000 Messes auxquelles nous participons chaque jour!

Par conséquent, chaque fois que nous disons "Jésus", que notre intention soit
1) d'offrir à Dieu tout l'amour et les mérites infinis de l'Incarnation;
2) d'offrir à Dieu la Passion et la Mort de Jésus-Christ;
3) d'offrir à Dieu les 500.000 Messes célébrées dans le monde – pour sa Gloire et nos propres intentions.

Tout ce que nous avons à faire est de dire une parole, "Jésus", mais en sachant ce que nous faisons.

Sainte Mechtilde avait l'habitude d'offrir la Passion de Jésus en union avec toutes les Messes du monde pour les âmes du Purgatoire.
Notre-Seigneur lui un jour montré le Purgatoire ouvert et des milliers d'âmes qui montaient au Ciel comme résultat de sa petite Prière.
Lorsque nous disons, "Jésus", nous pouvons offrir la Passion et les Messes du monde soit pour nous-mêmes ou pour les âmes du Purgatoire, ou pour toute autre intention que nous choisissons.
Nous devrions toujours les offrir également pour le monde entier et pour notre pays en particulier.
 Chapitre 9
 NOUS POUVONS TOUT DEMANDER
AU NOM DE JÉSUS
Les anges sont nos plus chers et nos meilleurs amis et ils sont parfaitement prêts et capables de nous aider dans toutes les difficultés et tous les dangers.
Il est extrêmement regrettable que beaucoup de Catholiques ne sachent pas et n'aiment pas demander l'aide des anges.
La façon la plus simple de le faire et de dire le Nom de Jésus en leur honneur. C'est ce qui leur donne le plus de joie.
En retour, ils nous viendront en aide dans toutes nos difficultés et nous sauveront de bien des dangers.Disons le Nom de Jésus en l'honneur de notre cher ange gardien, qui nous aime tant.
Notre doux Seigneur est présent dans des millions d'hosties Consacrées dans les innombrables églises du monde.
Pendant de nombreuses heures de la journée et durant de longues nuits, il est oublié et on le laisse seul.
Nous pouvons le consoler et le réconforter grandement en disant, " Mon Jésus, je t'aime et je t'Adore dans toutes les hosties Consacrées du monde, et je te remercie de tout mon cœur de rester sur tous les autels de monde pour l'Amour de nous."
Dites ensuite vingt fois, cinquante fois ou plus souvent encore le Nom de Jésus avec cette intention.

La meilleure façon de faire pénitence pour nos péchés est de lui offrir la Passion et le Sang de Jésus de nombreuses fois chaque jour avec cette intention.
Le Précieux Sang purifie notre âme et nous élève à un haut degré de sainteté. C'est tellement facile !
Il suffit de répéter avec amour, joie et révérence, "Jésus, Jésus, Jésus".

Si nous sommes tristes ou abattus, si nous avons des craintes et des doutes qui nous inquiètent, ce Nom Divin nous procurera une paix délicieuse.
Si nous sommes faibles et vacillants, il nous donnera une force et une énergie nouvelles. Jésus, lorsqu'il était sur Terre, ne consolait et ne réconfortait-il pas tous ceux qui étaient malheureux ?
Il fait encore cela chaque jour pour ceux qui le lui demandent.

Si notre santé est mauvaise, si nous souffrons, si une maladie s'est emparée de notre pauvre corps, il peut nous guérir.
N'a-t-il pas guéri les malades, les boiteux, les aveugles, les lépreux ? Est-ce qu'il ne nous dit pas, "Venez à Moi, vous tous qui peinez sous un lourd fardeau, et je vous rafraîchirai."
Beaucoup pourraient jouir d'une bonne santé si seulement ils le demandaient à Jésus.
Assurément, consultez les médecins, prenez des remèdes, mais avant tout, invoquez Jésus !

Le Nom de Jésus est la plus courte, la plus facile et la plus puissante de toutes les prières.
Notre-Seigneur nous dit que tout ce que nous demanderons au Père en son Nom, c'est-à-dire au Nom de Jésus, nous le recevrons.
Chaque fois que nous disons, "Jésus", nous disons une prière fervente pour tout, tout ce dont nous avons besoin.

Les âmes du Purgatoire. Il est en vérité lamentable que tant de chrétiens oublient et négligent les âmes du Purgatoire.
Il est possible que quelques-uns de nos amis très chers souffrent au milieu de ces terribles flammes et attendent, attendent nos prières et notre aide – que nous pourrions facilement leur accorder et que nous ne leur donnons pas.

Nous avons pitié des pauvres que nous voyons dans la rue, de ceux qui ont faim et de tous ceux qui souffrent.
Personne n'endure des souffrances aussi terribles que les âmes du Purgatoire car les flammes du Purgatoire, nous dit saint Thomas, sont comme les flammes de l'Enfer!

Combien de fois, chers lecteurs, priez-vous pour les saintes âmes? Les jours, les semaines, les mois peut-être passent et vous faites si peu, peut-être rien du tout, pour elles!

Vous pouvez facilement les aider si vous dites fréquemment le Nom de Jésus, parce que
a) vous offrez ainsi pour elles le Précieux Sang et les souffrances de Jésus-Christ, comme nous l'avons expliqué,
b) vous gagnez 300 jours d'indulgence* chaque fois que vous dites "Jésus".

En prenant l'habitude de répéter souvent le saint Nom vous pouvez, comme sainte Mechtilde, soulager des milliers d'âmes qui ne cesseront ensuite de prier pour vous avec une incroyable ferveur.
 LE TERRIBLE CRIME D'INGRATITUDE
Nous remercions nos amis avec effusion pour la moindre faveur qu'ils nous accordent, mais nous oublions ou négligeons de remercier Dieu de l'immense Amour qu'il a pour nous, de s'être fait homme pour nous, d'être mort pour nous, de toutes les Messes que nous pouvons entendre et des saintes Communions que nous pouvons recevoir – et que nous ne recevons pas.
Quelle noire ingratitude!
En répétant souvent le Nom de Jésus, nous corrigeons ce grave défaut, nous remercions Dieu et lui donnons une joie et une Gloire immenses.
Ne voulez-vous pas donner à Dieu de la joie? Vous le voulez?
Alors, chers amis, remerciez. Remerciez Dieu! Il attend vos remerciements.
 DIEU AIME CHACUN D'ENTRE NOUS
Nous avons dit que Notre-Seigneur, dans les terribles souffrances de sa Passion, durant son Agonie dans le Jardin et lorsqu'il était pendu à la Croix, nous voyait tous et a offert pour chacun d'entre nous chaque souffrance, chaque goutte de son Précieux Sang.
Est-il possible que Dieu soit si bon qu'il pense à chacun de nous, qu'il aime chacun d'entre nous à ce point?
Nos cœurs et nos esprits sont pauvres et mesquins, et ils trouvent difficile de croire que Dieu puisse être si bon, qu'il se soucie tant de nous.

Mais Dieu, qui est omnipotent, qui est infiniment sage, est aussi infiniment bon, généreux et aimant. 
Pour comprendre comment Dieu a pensé à nous durant sa Passion et lorsqu'il était pendu à la Croix, nous n'avons qu'à nous rappeler ce qui arrive au cours des millions de Communions reçues chaque jour.
Dieu vient vers chacun d'entre nous avec la plénitude de sa Divinité.
Il entre en chacun de nous aussi pleinement et entièrement qu'il est dans le Ciel. Il vient en chacun de nous comme si cette personne était l'unique personne qui le recevait ce jour-là.
Il vient avec un Amour infini, un Amour personnel!
Cela, nous le croyons tous.

Et comment entre-t-il en nous? Il ne vient pas seulement dans notre bouche et dans notre cœur – Il vient également dans notre âme. Il s'unit à notre âme si intimement qu'il devient de façon merveilleuse un avec nous.
Réfléchissons un moment à cela que le grand Dieu éternel et tout-puissant est dans notre âme même de la façon la plus intime qui soit, qu'il y est avec tout son Amour infini, qu'il y reste non pour un moment mais pour cinq, dix minutes ou plus longtemps encore – et cela non pas une fois, mais chaque jour si nous le voulons.
Si nous pensons à cela et que nous le comprenons, il sera facile de voir comment il a offert tous ses mérites et toutes ses souffrances pour chacun d'entre nous.
 Chapitre 10
 LE DIABLE
ET LE NOM DE JÉSUS
Le grand, le très grand mal, le grand danger qui menace chacun d'entre nous chaque jour et chaque nuit de notre vie, c'est le diable. 
Saint Pierre et saint Paul nous avertissent de la façon la plus ferme à nous méfier du diable, car il se sert de son immense pouvoir, de sa puissante intelligence pour nous nuire et nous faire du mal de toutes les manières possibles.
Il n'existe pas d'ennemi ni de danger dans le monde que nous ne devions craindre autant que le diable.
Il ne peut attaquer Dieu, c'est pourquoi il retourne son implacable haine et toute sa malice contre nous.
Nous sommes destinés à occuper les trônes que lui et les mauvais anges ont perdus. Ce qui déclenche contre nous sa furie sauvage.
Bien des Catholiques ignorants et insensés ne pensent jamais à cela; ils ne pensent pas à se défendre eux-mêmes et permettent ainsi au diable de leur infliger des maux infinis et de leur causer d'indicibles souffrances.

Notre remède le plus simple et le meilleur est le Nom de Jésus. Il met le diable en fuite loin de nous et nous épargne d'innombrables maux.

Oh, chers lecteurs, dites constamment ce Nom tout-puissant et le diable ne pourra vous faire aucun mal.
Dites-le dans tous les dangers, dans toutes les tentations.
Réveillez-vous si vous dormiez. Ouvrez les yeux devant ce terrible ennemi qui veut constamment votre ruine.

Les Prêtres devraient prêcher fréquemment sur cet important sujet. Ils devraient prévenir leurs pénitents dans le confessionnal contre le diable.
Ils devraient conseiller aux gens d'éviter les mauvais compagnons qui leur font mener de mauvaises vies.
L'influence du diable sur eux est incomparablement plus terrible.

Les enseignants, les catéchistes et les mères devraient constamment prévenir leurs enfants contre le diable.
Tous leurs efforts seront toujours trop peu!

- Extrait du livret "les merveilles du Saint Nom de Jésus" du Père Paul O'Sullivan, o.p. (E.D.M.)
 Que le Saint Nom de Jésus nous Bénisse !



Origin of the Name of Jesus Christ

In this article, we shall consider the two words which compose the Sacred Name.

Jesus

The word Jesus is the Latin form of the Greek Iesous, which in turn is the transliteration of the Hebrew Jeshua, or Joshua, or again Jehoshua, meaning "Jehovah is salvation." Though the name in one form or another occurs frequently in the Old Testament, it was not borne by a person of prominence between the time of Josue, the son of Nun and Josue, the high priest in the days of Zorobabel. It was also the name of the author of Ecclesiaticus, of one of Christ's ancestors mentioned in the genealogy, found in the Third Gospel (Luke 3:29), and one of the St. Paul's companions (Colossians 4:11). During the Hellenizing period, Jason, a purely Greek analogon of Jesus, appears to have been adopted by many (1 Maccabees 8:17; 12:16; 14:22; 2 Maccabees 1:7; 2:24; 4:7-26; 5:5-10; Acts 17:5-9; Romans 16:21). The Greek name is connected with verb iasthai, to heal; it is therefore, not surprising that some of the Greek Fathers allied the word Jesus with same root (Eusebius, "Dem. Ev.", IV; cf. Acts 9:34; 10:38). Though about the time of Christ the name Jesus appears to have been fairly common (Josephus, "Ant.", XV, ix, 2; XVII, xiii, 1; XX, ix, 1; "Bel. Jud.", III, ix, 7; IV, iii, 9; VI, v, 5; "Vit.", 22) it was imposed on our Lord by God's express order (Luke 1:31; Matthew 1:21), to foreshow that the Child was destined to "save his people from their sins." Philo ("De Mutt. Nom.", 21) is therefore, right when he explains Iesous as meaning soteria kyrion; Eusebius (Dem., Ev., IV, ad fin.; P.G., XXII, 333) gives the meaning Theou soterion; while St. Cyril of Jerusalem interprets the word as equivalent to soter (Catechetical Lectures X.13). This last writer, however, appears to agree with Clement of Alexandria in considering the word Iesous as of Greek origin (The Pedagogue III.12); St. Chrysostom emphasizes again the Hebrew derivation of the word and its meaning soter (Homily 2 on Matthew, No. 2), thus agreeing with the exegesis of the angel speaking to St. Joseph (Matthew 1:21).

Christ

The word Christ, Christos, the Greek equivalent of the Hebrew Messias, means "anointed." According to the Old Law, priests (Exodus 29:29; Leviticus 4:3), kings (1 Samuel 10:1; 24:7), and prophets (Isaiah 61:1) were supposed to be anointed for their respective offices; now, the Christ, or the Messias, combined this threefold dignity in His Person. It is not surprising, therefore, that for centuries the Jews had referred to their expected Deliverer as "the Anointed"; perhaps this designation alludes to Isaias 61:1, and Daniel 9:24-26, or even to Psalms 2:2; 19:7; 44:8. Thus the term Christ or Messias was a title rather than a proper name: "Non proprium nomen est, sed nuncupatio potestatis et regni", says Lactantius (Divine Institutes IV.7). The Evangelists recognize the same truth; excepting Matthew 1:1, 1:18; Mark 1:1; John 1:17; 17:3; 9:22; Mark 9:40; Luke 2:11; 22:2, the word Christ is always preceded by the article.

Only after the Resurrection did the title gradually pass into a proper name, and the expression Jesus Christ or Christ Jesus became only one designation. But at this stage the Greeks and Romans understood little or nothing about the import of the word anointed; to them it did not convey any sacred conception. Hence they substituted Chrestus, or "excellent", for Christus or "anointed", and Chrestians instead of "Christians." There may be an allusion to this practice in 1 Peter 2:3; hoti chrestos ho kyrios, which is rendered "that the Lord is sweet." Justin Martyr (First Apology 4), Clement of Alexandria (Stromata II.4.18), Tertullian (To the Nations II), and Lactantius (Divine Institutes IV.7), as well as St. Jerome (In Gal., V, 22), are acquainted with the pagan substitution of Chrestes for Christus, and are careful to explain the new term in a favourable sense. The pagans made little or no effort to learn anything accurate about Christ and the Christians; Suetonius, for instance, ascribes the expulsion of the Jews from Rome under Claudius to the constant instigation of sedition by Chrestus, whom he conceives as acting in Rome the part of a leader of insurgents.

The use of the definite article before the word Christ and its gradual development into a proper name show the Christians identified the bearer with the promised Messias of the Jews. He combined in His person the offices of prophet (John 6:14; Matthew 13:57; Luke 13:33; 24:19) of king (Luke 23:2; Acts 17:7; 1 Corinthians 15:24; Apocalypse 15:3), and of priest (Hebrews 2:17; etc.); he fulfilled all the Messianic predictions in a fuller and a higher sense than had been given them by the teachers of the Synagogue.

Maas, Anthony. "Origin of the Name of Jesus Christ." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 3 Jan. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/08374x.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas. In Memory of Archbishop Mathew Kavukatt.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.





Holy Name of Jesus

We give honour to the Name of Jesus, not because we believe that there is any intrinsic power hidden in the letters composing it, but because the Name of Jesus reminds us of all the blessings we receive through our Holy Redeemer. To give thanks for these blessings we revere the Holy Name, as we honour the Passion of Christ by honouring His Cross (Colvenerius, "De festo SS. Nominis", ix). At the Holy Name of Jesus we uncover our heads, and we bend our knees; it is at the head of all our undertakings, as the Emperor Justinian says in his law-book: "In the Name of Our Lord Jesus we begin all our consultations". The Name of Jesus invoked with confidence
  • brings help in bodily needs, according to the promise of Christ: "In my name They shall take up serpents; and if they shall drink any deadly thing, it shall not hurt them: they shall lay their hands upon the sick, and they shall recover". (Mark 16:17-18) In the Name of Jesus the Apostles gave strength to the lame (Acts 3:6; 9:34) and life to the dead (Acts 9:40).
  • It gives consolation in spiritual trials. The Name of Jesus reminds the sinner of the prodigal son's father and of the Good Samaritan; it recalls to the just the suffering and death of the innocent Lamb of God.
  • It protects us against Satan and his wiles, for the Devil fears the Name of Jesus, who has conquered him on the Cross.
  • In the Name of Jesus we obtain every blessing and grace for time and eternity, for Christ has said: "If you ask the Father anything in my name he will give it you." (John 16:23) Therefore the Church concludes all her prayers by the words: "Through Our Lord Jesus Christ", etc.
So the word of St. Paul is fulfilled: "That in the name of Jesus every knee should bow, of those that are in heaven, on earth, and under the earth" (Philippians 2:10).

A special lover of the Holy Name was St. Bernard, who speaks of it in most glowing terms in many of his sermons. But the greatest promoters of this devotion were St. Bernardine of Siena and St. John Capistran. They carried with them on their missions in the turbulent cities of Italy a copy of the monogram of the Holy Name, surrounded by rays, painted on a wooden tablet, wherewith they blessed the sick and wrought great miracles. At the close of their sermons they exhibited this emblem to the faithful and asked them to prostrate themselves, to adore the Redeemer of mankind. They recommended their hearers to have the monogram of Jesus placed over the gates of their cities and above the doors of their dwelling (cf. Seeberger, "Key to the Spiritual Treasures", 1897, 102). Because the manner in which St. Bernardine preached this devotion was new, he was accused by his enemies, and brought before the tribunal of Pope Martin V. But St. John Capistran defended his master so successfully that the pope not only permitted the worship of the Holy Name, but also assisted at a procession in which the holy monogram was carried. The tablet used by St. Bernardine is venerated at Santa Maria in Ara Coeli at Rome.

The emblem or monogram representing the Holy Name of Jesus consists of the three letters: IHS. In the Middle Ages the Name of Jesus was written: IHESUS; the monogram contains the first and last letter of the Holy Name. It is first found on a gold coin of the eight century: DN IHS CHS REX REGNANTIUM (The Lord Jesus Christ, King of Kings). Some erroneously say that the three letters are the initials of: "Jesus Hominum Salvator" (Jesus Saviour of Men). The Jesuits made this monogram the emblem of their Society, adding a cross over the H and three nails under it. Consequently a new explanation of the emblem was invented, pretending that the nails originally were a "V", and that the monogram stands for "In Hoc Signo Vinces" (In This Sign you shall Conquer), the words which, according to a legendary account, Constantine saw in the heavens under the Sign of the Cross before the battle at the Milvian bridge (312).


Urban IV and John XXII are said to have granted an indulgence of thirty days to those who would add the name of Jesus to the Hail Mary or would bend their knees, or at least bow their heads when hearing the Name of Jesus (Alanus, "Psal. Christi et Mariae", i, 13, and iv, 25, 33; Michael ab Insulis, "Quodlibet", v; Colvenerius, "De festo SS. Nominis", x). This statement may be true; yet it was only by the efforts of St. Bernardine that the custom of adding the Name of Jesus to the Ave Maria was spread in Italy, and from there to the Universal Church. But up to the sixteenth century it was still unknown in Belgium (Colven., op. Cit., x), whilst in Bavaria and Austria the faithful still affix to the Ave Maria the words: "Jesus Christus" (ventris tui, Jesus Christus). Sixtus V (2 July, 1587) granted an indulgence of fifty days to the ejaculation: "Praise be to Jesus Christ!" with the answer: "For evermore", or "Amen". In the South of Germany the peasants salute each other with this pious formula. Sixtus V and Benedict XIII granted an indulgence of fifty days to all as often as they pronounce the Name of Jesus reverently, and a plenary indulgence in the hour of death. These two indulgences were confirmed by Clement XIII, 5 Sept., 1759. As often as we invoke the Name of Jesus and Mary ("Jesu!", "Maria!") we may gain an indulgence of 300 days, by decree of Pius X, 10 Oct., 1904. It is also necessary, to gain the papal indulgence in the hour of death, to pronounce at least in mind the Name of Jesus.

Holweck, Frederick. "Holy Name of Jesus." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New York: Robert Appleton Company, 1910. 3 Jan. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/07421a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Paul Koenen. Dedicated to Kathleen, Brigid, Deirdre, Liam, Patrick, and the Holy Name Society of St. Paul's Parish in Hingham, Mass.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. June 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.




Feast of the Most Holy Name of Jesus

In a world of fiercely guarded corporate names and logos, it should be easy to understand this feast. The letters IHS are an abbreviation of Iesous, the Greek name for Jesus.

The Feast of the Holy Name (traditionally celebrated as the Feast of the Circumcision) is a major feast of the Church. It reflects the significance of the Holy Name, Jesus. The name Jesus is from the Hebrew Joshua or Yehoshuah meaning “Yahweh is salvation” or “Yahweh will save.”

Although St. Paul might claim credit for promoting devotion to the Holy Name because Paul wrote in Philippians that God the Father gave Christ Jesus “that name that is above every name” (see 2:9), this devotion became popular because of 12th-century Cistercian monks and nuns but especially through the preaching of St. Bernardine of Siena, a 15th-century Franciscan.

Bernardine used devotion to the Holy Name of Jesus as a way of overcoming bitter and often bloody class struggles and family rivalries or vendettas in Italian city-states. The devotion grew, partly because of Franciscan and Dominican preachers. It spread even more widely after the Jesuits began promoting it in the 16th century.

In 1530, Pope Clement V approved an Office of the Holy Name for the Franciscans. In 1721, Pope Innocent XIII extended this feast to the entire Church.

This feast invites us to a continual remembrance and veneration of the Holy Name in order that God might plant in us, and in every heart, the love of him who is the Savior of the world, our Lord Jesus Christ.

Source : http://www.ucatholic.com/saints/holy-name-of-jesus/



Santissimo Nome di Gesù


- Memoria Facoltativa

Il Santissimo Nome di Gesù fu sempre onorato e venerato nella Chiesa fin dai primi tempi, ma solo nel secolo XIV cominciò ad avere culto liturgico. San Bernardino, aiutato da altri confratelli, sopratutto dai beati Alberto da Sarteáno e Bernardino da Feltre, diffuse con tanto slancio e fervore tale devozione che finalmente venne istituita la festa liturgica. Nel 1530 Papa Clemente VII autorizzò l'Ordine francescano a recitare l'Ufficio del Santissimo Nome di Gesù. Giovanni Paolo II ha ripristinato al 3 gennaio la memoria facoltativa nel Calendario Romano.

Martirologio Romano: Santissimo Nome di Gesù, il solo in cui, nei cieli, sulla terra e sotto terra, si pieghi ogni ginocchio a gloria della maestà divina.

Il significato e la proprietà del nome

Anzitutto i nomi hanno un loro significato intrinseco, come appare dai nomi teofori (evocatori della divinità) e da quelli di alcuni eroi, che sono il simbolo della missione adempiuta da costoro nella storia. 

In secondo luogo, il nome ha un contenuto dinamico; rappresenta e in qualche modo racchiude in sé una forza. Esso designa l’intima natura di un essere, poiché contiene una presenza attiva di quell’essere. 

Platone diceva che “Chiunque sa il nome, sa anche le cose”; conoscerlo vuol dire conoscere la ‘cosa’ in se stessa. Il nome “occupa” uno spazio, ha la “proprietà” della cosa e la spiega. 

Il nome di nascita indica in primo luogo, l’”essenza” di una persona, le sue prerogative, le qualità e i difetti; pronunciandolo si è come in presenza di colui che si nomina, si dà ad esso una precisa dimensione. 

Così come fra i ‘primitivi’ che cercavano di conoscere il nome al fine di esercitare un potere su una persona o su qualsiasi cosa vivente, il nome è ancora indispensabile nel praticare un incantesimo; infatti i cosiddetti ‘maghi’ vogliono conoscerlo, per inciderlo su amuleti e talismani, accanto a quello delle Entità Invisibili.

Il nome nelle società antiche

Nell’antica Grecia i nomi provenivano da due categorie: 1) nomi di un dio o derivati da quello portato dalla divinità (Apollodoro, Apollonio, Eròdoto, Isidoro, Demetrio, Teodoro, ecc.); 2) nomi scelti come augurio per la futura vita del bambino, seguiti da quello della località di residenza o provenienza. 

I Romani imponevano ai neonati tre nomi: Il prenome scelto fra i diciotto più usati, che si abbreviava con la lettera iniziale, es. P = Publius (Publio), C = Caius (Caio), ecc. Il nome indicava la gens di appartenenza, es. Julius (della gens Julia). Il cognome indicante la famiglia, quando la gens d’origine si divideva in molte famiglie

Nei nomi di origine ebraica, particolarmente quelli maschili, si nota quasi sempre una invocazione a Dio, l’eterno creatore, dal quale il popolo ebraico trasse sempre forza nella sua travagliata esistenza.

Il nome nella mentalità semitica

Per i semiti i nomi propri avevano un significato intrinseco; questo era indicato dalla loro stessa composizione, dalla etimologia od era evocato dalla pronuncia. 

Nel costume popolare, due usanze sembrano comunemente diffuse; in primo luogo l’imposizione di nomi teofori, con cui si voleva porre il bambino sotto la protezione della divinità, oppure si intendeva ringraziare e pregare la divinità per il lieto evento (es. Isaia = Iahvé salva; Giosuè = Iahvé è salvezza, ecc.). 

In secondo luogo, l’attribuzione di nomi che esprimono qualche circostanza o particolarità della nascita dei bambini, es. (Gen. 35, 16-18) “… Rachele, sul punto in cui le sfuggiva l’anima, perché stava morendo a causa del penoso parto, chiamò il figlio appena nato, col nome di Ben-Oni (figlio del mio dolore)…”. 

Così pure, per gli ebrei c’era la tendenza a fare del nome, il simbolo del significato religioso o politico degli eroi nazionali e religiosi; così interpretato, il nome era in un rapporto molto più significativo con la persona che caratterizzava; Eva è “la madre di tutti i viventi”, Abramo è “il padre di una moltitudine”, Giacobbe è “colui che soppianta”, ecc. 

Nella concezione semitica, il nome ha anche un aspetto dinamico, che corrisponde alla forza, alla potenza che il nome rappresenta e in qualche modo include; dove c’è il nome c’è la persona, con la sua forza, pronta a manifestarsi. 

Conoscere qualcuno per nome, vuol dire conoscerlo fino in fondo e poter disporre della sua potenza. Questo concetto svolge un ruolo importante applicato agli esseri superiori, che non sono conoscibili normalmente da parte dell’uomo; la sola conoscenza che si può avere di essi è quella del loro nome. 

Il nome del dio nasconde la sua presenza misteriosa e rappresenta il mezzo più accessibile di comunicazione tra l’uomo e lui. Quindi nella sfera del ‘mistero’ sia esso magico che religioso, chi conosce il nome del dio e lo pronunzia, ha la forza di farsi ascoltare da lui e di farlo intervenire a suo favore. 

Infine nella Tradizione semitica c’è inoltre il concetto, che chi impone a qualcuno il nome che deve portare o gli cambia il nome che possiede, esprime il potere assoluto, la sovranità, che detiene su quello (Ge. 2), così come Adamo impose i nomi a tutto il bestiame di cui poteva usufruire. 

Anche il Dio degli Ebrei esprime il suo dominio assoluto, imponendo e mutando i nomi di Abram in Abraham e Sarai in Sara (Ge. 17, 5-15) e di Giacobbe in Israel (Ge. 32, 29), acquistando così tali nomi nuovi significati.

Il nome di Dio nella Bibbia

L’esigenza di sapere il nome della divinità in cui si crede, è stato sempre intrinseco nell’animo umano, perché il nome stesso è garanzia della sua esistenza; a tal proposito si riporta un passo dell’opera di Francesco Albergamo “Mito e Magia” che scrive: “Una bambina di nove anni chiede al padre se Dio esiste; il padre risponde che non ne è troppo sicuro, al che la piccola osserva: Bisogna pure che esista, dal momento che ha un nome”. 

Quindi quando Mosè (Es. 3) viene chiamato da Dio alla sua missione fra il popolo ebraico, logicamente gli chiede il suo Nome da poter comunicare al popolo, che senz’altro gli chiederà “Chi ti ha riconosciuto principe su di noi?”. E il Dio di Israele, conosciuto inizialmente come il “Dio degli antenati”, il “Dio di Abramo di Isacco di Giacobbe”, oppure con espressioni particolari: “El Shaddai”, “Terrore di Isacco”, “Forte di Giacobbe”, rivela il suo nome “Iahvé”, che significa “Egli è”; e questo Nome entrò così a far parte della vita religiosa degli israeliti, e mediante gli interventi sovrani nella storia, il nome di Iahvé divenne famoso e noto. 

I profeti ed i sommi sacerdoti, lungo tutta la storia d’Israele, posero al centro della liturgia il nome di Iahvé, con la professione di fede del profeta, l’invocazione solenne di Dio, la fede e la glorificazione di tutto il popolo (Commemorazione, invocazione, glorificazione del suo Nome). 

Nel tardo giudaismo però, per il bisogno di sottolineare la trascendenza divina, il nome di Iahvé non è stato più pronunciato e Dio è stato designato col termine Nome e con altri appellativi, come Padre a sottolineare lo speciale rapporto che lega Dio e il suo popolo.

Il nome del Padre

Ma solo nel Nuovo Testamento, sulla bocca di Gesù e dei credenti, il nome di Padre attribuito a Dio, assume il suo vero significato.

Solo Gesù, infatti conosce il Padre e può efficacemente rivelarlo (Mt.11, 27-28). Gesù si è riferito spesso a Dio chiamandolo Padre, nel Vangelo di s. Giovanni, Padre viene usato addirittura come sinonimo di Dio e secondo l’evangelista questa è la sua vera definizione, questo è il nome che esprime più profondamente l’essere divino. Tale nome è stato manifestato agli uomini da Gesù, ed essi ora sanno che, se credono, sono figli insieme a lui. 

Inoltre Gesù ha anche insegnato a pregare Dio con questo titolo “Padre nostro…” e questa è diventata la preghiera per eccellenza della comunità cristiana. 

Gesù aveva chiesto al Padre di glorificare il suo nome (Giov. 12, 28) e aveva invitato i discepoli a pregare così: “Sia santificato il tuo nome”; Dio ha risposto a queste preghiere, manifestando la potenza del suo nome e glorificando il proprio figlio. 

Ai credenti è affidato il compito di prolungare questa azione di glorificazione; essi lodano, testimoniano il nome di Dio e devono comportarsi in modo che il nome divino non riceva biasimo e bestemmie (Rom. 2, 24).

Il nome del Signore Gesù

Il Messia ha portato durante la sua vita terrena il nome di Gesù, nome che gli fu imposto da san Giuseppe dopo che l’angelo di Dio in sogno gli disse: “Giuseppe, figlio di Davide, non temere di prendere con te Maria, tua sposa, perché ciò che in lei è stato concepito è opera dello Spirito Santo. Essa partorirà un figlio e tu lo chiamerai Gesù: egli infatti salverà il suo popolo dai suoi peccati” (Mt.1, 21-25)

Quindi il significato del nome Gesù è quello di salvatore; gli evangelisti, gli Atti degli Apostoli, le lettere apostoliche, citano moltissimo il significato e la potenza del Nome di Gesù, fermandosi spesso al solo termine di “Nome” come nell’Antico Testamento si indicava Dio. 

Nel corso della vita pubblica di Gesù, i suoi discepoli, appellandosi al suo nome, guariscono i malati, cacciano i demoni e compiono ogni sorta di prodigi: 

Luca, 10, 17, “E i settantadue tornarono pieni di gioia dicendo: Signore, anche i demoni si sottomettono a noi nel tuo nome”; Matteo 7, 22, “… Signore, non abbiamo noi profetato nel tuo nome e cacciato demoni nel tuo nome e compiuto molti prodigi nel tuo nome?”. 

Atti 4, 12, “…Non vi è altro nome dato agli uomini sotto il cielo nel quale possiamo avere la salvezza”. 

Risuscitando Gesù e facendolo sedere alla sua destra, Dio “gli ha donato il nome che è sopra di ogni nome” (Ef. 1, 20-21); si tratta di un “nome nuovo” (Ap. 3, 12) che è costantemente unito a quello di Dio. 

Questo nome trova la sua espressione nell’appellativo di Signore, che conviene a Gesù risorto, come allo stesso Dio Padre (Fil. 2, 10-11). Infatti i cristiani non hanno avuto difficoltà ad attribuire a Gesù, gli appellativi più caratteristici che nel giudaismo erano attribuiti a Dio. 

Atti 5, 41: “Ma essi (gli apostoli) se ne partirono dalla presenza del Sinedrio, lieti di essere stati condannati all’oltraggio a motivo del Nome”. 

La fede cristiana consiste nel professare con la bocca e credere nel cuore “che Gesù è il Signore, e che Dio lo ha ridestato dai morti” e nell’invocare il nome del Signore per conseguire la salvezza (Rom. 10, 9-13). 

I primi cristiani, appunto, sono coloro che riconoscono Gesù come Signore e si designano come coloro che invocano il suo nome, esso avrà sempre un ruolo preminente nella loro vita: nel nome di Gesù i cristiani si riuniranno, accoglieranno chiunque si presenti nel suo nome, renderanno grazie a Dio in quel nome, si comporteranno in modo che tale nome sia glorificato, saranno disposti anche a soffrire per il nome del Signore. 

L’espressione somma della presenza del Nome del Signore e dell’intera SS. Trinità nella vita cristiana, si ha nel segno della croce, che introduce ogni preghiera, devozione, celebrazione; e conclude le benedizioni e l’amministrazione dei sacramenti: “Nel Nome del Padre, del Figlio e dello Spirito Santo”. 

Il culto liturgico del Nome di Gesù

Il SS. Nome di Gesù, fu sempre onorato e venerato nella Chiesa fin dai primi tempi, ma solo nel XIV secolo cominciò ad avere culto liturgico. 

Grande predicatore e propagatore del culto al Nome di Gesù, fu il francescano san Bernardino da Siena (1380-1444) e continuato da altri confratelli, soprattutto dai beati Alberto da Sarteano (1385-1450) e Bernardino da Feltre (1439-1494). 

Nel 1530, papa Clemente VII autorizzò l’Ordine Francescano a recitare l’Ufficio del Santissimo Nome di Gesù; e la celebrazione ormai presente in varie località, fu estesa a tutta la Chiesa da papa Innocenzo XIII nel 1721. 

Il giorno di celebrazione variò tra le prime domeniche di gennaio, per attestarsi al 2 gennaio fino agli anni Settanta del Novecento, quando fu soppressa. 

Papa Giovanni Paolo II ha ripristinato al 3 gennaio la memoria facoltativa nel Calendario Romano.

Il trigramma di san Bernardino da Siena

Affinché la sua predicazione non fosse dimenticata facilmente, Bernardino con profondo intuito psicologico inventò un simbolo dai colori vivaci che veniva posto in tutti i locali pubblici e privati, sostituendo blasoni e stemmi delle varie Famiglie e Corporazioni spesso in lotta fra loro. 

Il trigramma del nome di Gesù, divenne un emblema celebre e diffuso in ogni luogo, sulla facciata del Palazzo Pubblico di Siena campeggia enorme e solenne, opera dell’orafo senese Tuccio di Sano e di suo figlio Pietro, ma lo si ritrova in ogni posto dove Bernardino e i suoi discepoli abbiano predicato o soggiornato. 

Qualche volta il trigramma figurava sugli stendardi che precedevano Bernardino, quando arrivava in una nuova città a predicare e sulle tavolette di legno che il santo francescano poggiava sull’altare, dove celebrava la Messa prima dell’attesa omelia, e con la tavoletta al termine benediceva i fedeli. 

Il trigramma fu disegnato da Bernardino stesso, per questo è considerato patrono dei pubblicitari; il simbolo consiste in un sole raggiante in campo azzurro, sopra vi sono le lettere IHS che sono le prime tre del nome Gesù in greco ΙΗΣΟΥΣ (Iesûs), ma si sono date anche altre spiegazioni, come l’abbreviazione di “In Hoc Signo (vinces)” il motto costantiniano, oppure di “Iesus Hominum Salvator”. 

Ad ogni elemento del simbolo, Bernardino applicò un significato, il sole centrale è chiara allusione a Cristo che dà la vita come fa il sole, e suggerisce l’idea dell’irradiarsi della Carità. 

Il calore del sole è diffuso dai raggi, ed ecco allora i dodici raggi serpeggianti come i dodici Apostoli e poi da otto raggi diretti che rappresentano le beatitudini, la fascia che circonda il sole rappresenta la felicità dei beati che non ha termine, il celeste dello sfondo è simbolo della fede, l’oro dell’amore. 

Bernardino allungò anche l’asta sinistra dell’H, tagliandola in alto per farne una croce, in alcuni casi la croce è poggiata sulla linea mediana dell’H. 

Il significato mistico dei raggi serpeggianti era espresso in una litania; 1° rifugio dei penitenti; 2° vessillo dei combattenti; 3° rimedio degli infermi; 4° conforto dei sofferenti; 5° onore dei credenti; 6° gioia dei predicanti; 7° merito degli operanti; 8° aiuto dei deficienti; 9° sospiro dei meditanti; 10° suffragio degli oranti; 11° gusto dei contemplanti; 12° gloria dei trionfanti. 

Tutto il simbolo è circondato da una cerchia esterna con le parole in latino tratte dalla Lettera ai Filippesi di san Paolo: “Nel Nome di Gesù ogni ginocchio si pieghi, sia degli esseri celesti, che dei terrestri e degli inferi”.Il trigramma bernardiniano ebbe un gran successo, diffondendosi in tutta Europa, anche s. Giovanna d’Arco volle ricamarlo sul suo stendardo e più tardi fu adottato anche dai Gesuiti. 

Diceva s. Bernardino: “Questa è mia intenzione, di rinnovare e chiarificare il nome di Gesù, come fu nella primitiva Chiesa”, spiegando che, mentre la croce evocava la Passione di Cristo, il suo Nome rammentava ogni aspetto della sua vita, la povertà del presepio, la modesta bottega di falegname, la penitenza nel deserto, i miracoli della carità divina, la sofferenza sul Calvario, il trionfo della Resurrezione e dell’Ascensione. 

In effetti Bernardino ribadiva la devozione già presente in san Paolo e durante il Medioevo in alcuni Dottori della Chiesa e in s. Francesco d’Assisi, inoltre tale devozione era praticata in tutto il Senese, pochi decenni prima dai Gesuati, congregazione religiosa fondata nel 1360 dal senese beato Giovanni Colombini, dedita all’assistenza degli infermi e così detti per il loro ripetere frequente del nome di Gesù.

La Compagnia di Gesù, prese poi queste tre lettere come suo emblema e diventò sostenitrice del culto e della dottrina, dedicando al Ss. Nome di Gesù le sue più belle e grandi chiese, edificate in tutto il mondo. 

Fra tutte si ricorda, la “Chiesa del Gesù” a Roma, la maggiore e più insigne chiesa dei Gesuiti; vi è nella volta il “Trionfo del Nome di Gesù”, affresco del 1679, opera del genovese Giovanni Battista Gaulli detto ‘il Baciccia’; dove centinaia di figure si muovono in uno spazio chiaro con veloce impeto, attratte dal centrale Nome di Gesù.

Autore:
Antonio Borrelli