vendredi 4 janvier 2013

Sainte ANGÈLE de FOLIGNO, tertiaire franciscaine, pénitente et mystique


BENOÎT XVI


AUDIENCE GÉNÉRALE


Place Saint-Pierre


Mercredi 13 octobre 2010


Bienheureuse Angèle de Foligno


Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui je voudrais vous parler de la bienheureuse Angèle de Foligno, une grande mystique médiévale ayant vécu au XIIIe siècle. D’habitude, on est fasciné par les sommets de l’expérience d’union avec Dieu qu’elle a atteints, mais on ne prend sans doute pas assez en compte ses premiers pas, sa conversion, et le long chemin qui l’a conduite du point de départ, «la grande crainte de l’enfer», jusqu’au but ultime, l’union totale avec la Trinité. La première partie de la vie d’Angèle n’est certainement pas celle d’une disciple fervente du Seigneur. Née aux alentours de 1248 dans une famille aisée, elle devint orpheline de père et fut éduquée par sa mère de façon plutôt superficielle. Elle fut très tôt introduite dans les milieux mondains de la ville de Foligno, où elle connut un homme, qu’elle épousa à l’âge de 20 ans et dont elle eut des enfants. Sa vie était insouciante, au point de mépriser ceux que l’on appelait les «pénitents» — très répandus à l’époque —, c’est-à-dire ceux qui, pour suivre le Christ, vendaient leurs biens et vivaient dans la prière, dans le jeûne, dans le service à l’Eglise et dans la charité.

Plusieurs événements, comme le violent tremblement de terre de 1279, un ouragan, l’antique guerre contre Pérouse et ses dures conséquences, ont une influence sur la vie d’Angèle, qui prend progressivement conscience de ses péchés, jusqu’à accomplir un pas décisif: elle invoque saint François, qui lui apparaît en vision, pour lui demander conseil en vue d’une bonne confession générale à accomplir: nous sommes en 1285, Angèle se confesse à un frère à San Feliciano. Trois ans plus tard, la voie de la conversion prend un nouveau tournant: la dissolution des liens affectifs, étant donné qu’en quelques mois, à la mort de sa mère suit celle de son mari et de tous ses enfants. Elle vend alors ses biens et, en 1291, rejoint le Tiers-Ordre de saint François. Elle meurt à Foligno le 4 janvier 1309.

Le Livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, qui rassemble la documentation relative à notre bienheureuse, rapporte cette conversion; elle en indique les instruments nécessaires: la pénitence, l’humilité et les épreuves; et elle en rapporte les étapes, la succession des expériences d’Angèle, commencées en 1285. En se les rappelant, après les avoir vécues, elle tenta de les raconter à travers le frère confesseur, qui les transcrivit fidèlement, en s’efforçant ensuite de les diviser en étapes, qu’il appela «étapes ou mutations», mais sans réussir à les mettre entièrement en ordre (cf. Le Livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, Cinisello Balsamo 1990, p. 51). La raison en est que pour la bienheureuse Angèle, l’expérience d’union implique de façon totale les sens spirituels et corporels, et ce qu’elle «comprend» pendant ses extases demeure, pour ainsi dire, uniquement une «ombre» dans son esprit. «J’entendis véritablement ces paroles — confesse-t-elle après une extase mystique — mais ce que j’ai vu et compris, et ce qu’il [c’est-à-dire Dieu] me montra, je ne sais ni ne peux le dire en aucune façon, bien que je révèlerais volontiers ce que je compris à travers les paroles que j’entendis, mais ce fut un abîme absolument ineffable». Angèle de Foligno présente son «vécu» mystique sans l’élaborer avec son esprit, car il s’agit d’illuminations divines qui se communiquent à son âme de façon imprévue et inattendue. Le frère confesseur lui-même a des difficultés à rapporter de tels événements, «notamment à cause de sa grande et admirable réserve à l’égard des dons divins» (ibid., p. 194). A la difficulté d’Angèle d’exprimer son expérience mystique s’ajoute également la difficulté pour ses interlocuteurs de la comprendre. Une situation qui montre clairement que l’unique et véritable Maître, Jésus, vit dans le cœur de chaque croyant et désire en prendre entièrement possession. Comme chez Angèle, qui écrivait à l’un de ses fils spirituels: «Mon Fils, si tu voyais mon cœur, tu serais absolument contraint de faire toutes les choses que Dieu veut, parce que mon cœur est celui de Dieu et le cœur de Dieu est le mien». Ici retentissent les paroles de saint Paul: «Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20).

Étudions alors certains «pas» seulement du riche cheminement spirituel de notre bienheureuse. Le premier, en réalité, est une prémisse: «Le premier pas est la connaissance du péché — comme elle le précise —, par elle l’âme craint fort d'être damnée en enfer. En ce pas l'âme pleure amèrement» (Le livre de la bienheureuse Angèle de Foligno, p. 39). Cette «crainte» de l'enfer répond au type de foi qu'Angèle avait au moment de sa «conversion»; une foi encore pauvre de charité, c'est-à-dire de l'amour de Dieu. Repentir, peur de l’enfer, pénitence ouvrent à Angèle la perspective du douloureux «chemin de la croix» qui, du huitième au quinzième pas, la conduira ensuite sur le «chemin de l'amour». Le frère confesseur raconte: «La fidèle me dit alors: J'ai eu cette révélation divine: “Après ce que vous avez écrit, faites écrire que quiconque veut conserver la grâce ne doit pas détourner les yeux de l'âme de la Croix, tant dans la joie que dans la tristesse que je lui accorde ou je lui permets”» (ibid., p. 143). Mais dans cette phase encore, Angèle «ne sent pas l'amour»; elle affirme: «l'âme éprouve de la honte et de l'amertume et elle ne fait pas encore l'expérience de l'amour, mais de la douleur» (ibid., p. 39), et elle est insatisfaite.

Angèle sent qu'elle doit donner quelque chose à Dieu pour réparer ses péchés, mais lentement, elle comprend qu'elle n'a rien à lui donner, bien plus, qu’elle n'«est rien» devant lui; elle comprend que ce ne sera pas sa volonté qui lui donnera l'amour de Dieu, parce que cela ne peut rien lui donner d'autre que son «néant», le «non amour». Comme elle le dira: seul «l'amour vrai et pur, qui vient de Dieu, est dans l'âme et fait en sorte qu'elle reconnaisse ses propres défauts et la bonté divine. […] Cet amour porte l'âme dans le Christ et elle comprend avec assurance qu'il ne peut exister ou n'y avoir aucune tromperie. A cet amour, rien de ce monde ne peut se mêler» (ibid., p. 124-125). S'ouvrir uniquement et totalement à l'amour de Dieu, qui a sa plus haute expression dans le Christ: «O mon Dieu — prie-t-elle — rends moi digne de connaître le très haut mystère, que ton très ardent et ineffable amour mit en œuvre, avec l'amour de la Trinité, c’est-à-dire le très haut mystère de ta très sainte incarnation pour nous. […]. Oh incompréhensible amour! Au-dessus de cet amour, qui a permis que mon Dieu se soit fait homme pour me faire Dieu, il n'y a pas d'amour plus grand» (ibid., p. 295). Toutefois, le cœur d’Angèle porte pour toujours les blessures du péché; même après une bonne confession, elle se trouvait pardonnée et encore accablée par le péché, libre et conditionnée par le passé, absoute mais en manque de pénitence. Et la pensée de l'enfer l'accompagne également parce que plus l'âme progresse sur le chemin de la perfection chrétienne, plus elle se convaincra non seulement d'être «indigne», mais de mériter l'enfer.

Et voici que, sur son chemin mystique, Angèle comprend en profondeur la réalité centrale: ce qui la sauvera de son «indignité» et de «l'enfer qu'elle mérite», ce ne sera pas son «union avec Dieu» et sa possession de la «vérité», mais Jésus crucifié, «sa crucifixion pour moi», son amour. Dans le huitième pas, elle dit: «Je ne comprenais pas encore si le bien le plus grand était ma libération des péchés et de l’enfer et la confession et la pénitence, ou bien sa crucifixion pour moi» (ibid., p. 41). C'est l'équilibre instable entre amour et douleur, ressenti dans tout son difficile chemin vers la perfection. C'est précisément pour cela qu'elle contemple de préférence le Christ crucifié, parce que dans cette vision, elle voit réalisé l'équilibre parfait: sur la croix, il y a l'homme-Dieu, dans un acte suprême de souffrance qui est un acte suprême d'amour. Dans la troisième Instruction, la bienheureuse insiste sur cette contemplation et affirme: «Lorsque nous voyons avec plus de perfection et de pureté, nous aimons avec d'autant plus de perfection et de pureté. […] C'est pourquoi, plus nous voyons le Dieu et homme Jésus Christ, plus nous sommes transformés en lui à travers l'amour. […] Ce que j'ai dit de l'amour […] je le dis aussi de la douleur: lorsque l'âme contemple l'ineffable douleur de Dieu et homme Jésus Christ, elle souffre d’autant et se transforme en douleur» (ibid., p. 190-191). Se fondre, se transformer dans l’amour et dans les souffrances du Christ crucifié, s'identifier avec lui. La conversion d'Angèle, qui commença avec la confession de 1285, n'arrivera à maturité que lorsque le pardon de Dieu apparaîtra à son âme comme le don gratuit d'amour du Père, source d'amour: «Il n'y a personne qui ne puisse avancer d'excuses — affirme-t-elle — parce quiconque peut aimer Dieu, et il ne demande rien d'autre à l'âme que de l'aimer, parce qu'il l'aime et il est son amour» (ibid., p. 76).

Dans l’itinéraire spirituel d’Angèle, le passage de la conversion à l’expérience mystique, de ce qui peut être exprimé à l’inexprimable, a lieu à travers le Crucifix. C’est le «Dieu-homme passionné», qui devient son «maître de perfection». Toute son expérience mystique revient donc à tendre à une parfaite «ressemblance» avec Lui, à travers des purifications et des transformations toujours plus profondes et radicales. Angèle se donne entièrement à cette merveilleuse entreprise, corps et âme, sans s’épargner les pénitences, les épreuves du début à la fin, désirant mourir avec toutes les douleurs souffertes par le Dieu-homme crucifié, pour être transformée totalement en Lui: «O fils de Dieu — recommandait-elle — transformez-vous totalement dans le Dieu-homme passionné, qui vous aima tant qu’il daigna mourir pour vous d’une mort ignominieuse et avec une douleur totalement ineffable et de manière très pénible et amère. Cela uniquement par amour pour toi, ô homme!» (ibid., p. 247). Cette identification signifie également vivre ce que Jésus a vécu: la pauvreté, le mépris, la douleur car — comme elle l’affirme —, «à travers la pauvreté temporelle, l’âme trouvera les richesses éternelles; à travers le mépris et la honte, elle obtiendra l’honneur suprême et la très grande gloire; à travers la pénitence, faite avec peine et douleur, elle possédera avec une infinie douceur et consolation le Bien Suprême, Dieu éternel» (ibid., p. 293).

De la conversion à l’union mystique avec le Christ crucifié, à l’inexprimable. Un chemin très élevé, dont le secret est la prière constante: «Plus tu prieras — affirme-t-elle — plus tu seras illuminé; plus tu seras illuminé, plus profondément et intensément tu verras le Bien Suprême, l’Etre suprêmement bon; plus profondément et intensément tu le verras, plus tu l’aimeras; plus tu l’aimeras, plus il te délectera; et plus il te délectera, plus tu le comprendras et tu deviendras capable de le comprendre. Par la suite, tu arriveras à la plénitude de la lumière, car tu comprendras ne pas pouvoir comprendre» (ibid., p. 184).

Chers frères et sœurs, la vie de la bienheureuse Angèle commence par une existence mondaine, assez éloignée de Dieu. Mais ensuite, la rencontre avec la figure de saint François et, finalement, la rencontre avec le Christ crucifié réveille l’âme en raison de la présence de Dieu, du fait que ce n’est qu’avec Dieu que la vie devient vie véritable, car elle devient, dans la douleur pour le péché, amour et joie. La bienheureuse Angèle nous parle ainsi. Aujourd’hui, nous courrons tous le danger de vivre comme si Dieu n’existait pas: il semble si éloigné de la vie actuelle. Mais Dieu a mille façons, une pour chacun, d'être présent dans l’âme, de montrer qu’il existe et me connaît et m’aime. Et la bienheureuse Angèle veut nous rendre attentifs à ces signes avec lesquels le Seigneur touche notre âme, attentifs à la présence de Dieu, pour apprendre ainsi la vie vers Dieu et avec Dieu, dans la communion avec le Christ crucifié. Prions le Seigneur afin qu’il nous rende attentif aux signes de sa présence, qu’il nous enseigne à vivre réellement. Merci.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins venus de Guadeloupe, du diocèse d’Arras et de celui d’Évry accompagné par Mgr Michel Dubost. Je salue aussi les choristes de la cathédrale de Saint-Malo et les paroissiens de Malonne, en Belgique. Que la bienheureuse Angèle de Foligno soit pour vous un exemple et un guide spirituel qui vous conduira vers le Christ. Bon pèlerinage et que Dieu vous bénisse!

Que la bienheureuse Angèle de Foligno nous aide à comprendre que le bonheur véritable se trouve dans l’amitié avec le Christ, crucifié par amour pour nous. Je continue à recommander avec espérance les mineurs de la région d’Atacama, au Chili. Je vous remercie beaucoup et que Dieu vous bénisse.

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« Ceux qui mènent une vie spirituelle peuvent quelquefois tomber dans l'illusion. Une des causes d'erreur, et la plus grande, c'est un amour impur, mêlé d'amour-propre et de volonté propre : cet amour a, dans une certaine mesure, l'esprit du monde.

Aussi le monde l'approuve et l'encourage. Cette approbation est un piège, cet encouragement est un mensonge. Dans cet état, l'homme, que le monde voit et approuve, semble brûler d'amour ; il a certaines larmes, certaines douceurs, certains tremblements et certains cris qui portent les caractères de l'impureté spirituelle. Mais ces larmes et ces douceurs, au lieu de venir du fond de l'âme, sont des phénomènes qui se passent dans le corps ; cet amour ne pénètre pas dans le coeur ; cette douceur s'évanouit rapidement, s'oublie rapidement, et produit l'amertume.

J'ai fait ces expériences ; je manquais alors de discernement. Je n'étais pas parvenue à la possession certaine de la vérité.

Quand l'amour est parfait, l'âme, après avoir senti Dieu, sent sa part propre, qui est le néant et la mort ; elle se présente avec sa mort, avec sa pourriture ; elle s'humilie, elle adore, elle oublie toute louange ou tout bien qui revienne à elle-même ; elle a une telle conscience de ses vides et de ses maux, qu'elle sent sa délivrance entière au-dessus de la présence des saints, et réservée à Dieu seul. Elle appelle cependant les saints à son secours ; car du fond de son abîme elle n'ose parler à Dieu : elle invoque la Vierge et les saints. Si dans cet état on vous adresse une louange, la chose vous fait l'effet d'une mauvaise plaisanterie. Cet amour droit et sans mélange éclaire l'âme sur ses défauts en même temps que sur la bonté de Dieu. Les larmes et les douceurs qui se produisent alors, au lieu d'engendrer l'amertume, engendrent la joie et la sécurité. Cet amour introduit Jésus-Christ dans l'âme, et l'absence de toute illusion devient pour elle alors un fait d'expérience. »

Bienheureuse Angèle de Foligno, in Le livre des visions et instructions de la Bienheureuse Angèle de Foligno (54ème chapitre), Traduit par Ernest Hello, Troisième édition, Société de Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer et Cie, 1895.





Le Pape confirme la sainteté d'Angèle de Foligno

Le pape François a confirmé la sainteté de la mystique italienne Angèle de Foligno (1248-1309). Il a ainsi “inscrit au catalogue des saints“ cette figure marquante du charisme franciscain. Le Bureau de presse du Saint-Siège a rendu publique deux jours plus tard la promulgation des décrets présentés au pape par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation des causes des saints.

Angèle de Foligno, dont le culte a débuté à sa mort, était jusqu’alors considérée comme sainte uniquement par la vox populi. Née dans une famille aisée à Foligno, dans le centre de l’Italie, non loin d’Assise, elle s’est convertie sur le tard après une vie dissolue. A la mort de son mari et de ses enfants, Angèle de Foligno entre dans le Tiers-ordre franciscain et mène une vie de prière et de mortifications. Elle a eu plusieurs visions du Christ et de sa Passion. Elle fut déclarée bienheureuse par Clément XI en 1701.

Certains personnages sont parfois béatifiés ou canonisés par la vox populi sans que l’Eglise ne soit intervenue. En octobre 1982, Jean Paul II avait publié un Motu Proprio pour autoriser le culte officiel du bienheureux Fra Angelico (vers 1400-1445). Le célèbre peintre et dominicain italien avait été considéré et appelé “beato“ dès après sa mort.

Miracle attribué à l’intercession de Maria Assunta Caterina Marchetti

Le 9 octobre 2013, dans le même temps, le pape François a autorisé la Congrégation pour la cause des saints à promulguer le décret concernant le miracle attribué à l’intercession de l’Italienne Maria Assunta Caterina Marchetti (1871-1948). La cofondatrice de la congrégation des sœurs missionnaires de saint Charles devrait être prochainement béatifiée.

Le pape a également autorisé la reconnaissance des vertus héroïques de plusieurs religieux et laïcs, dont de nombreux italiens. Parmi ces nouveaux “vénérables“ figure une Canadienne, Elisabeth Turgeon (1840-1881), et Sœur Marie-Elisabeth, fondatrice de la congrégation des sœurs du Saint-Rosaire de Rimouski. (apic/imedia)

SOURCE : http://fr.radiovaticana.va/storico/2013/10/11/le_pape_confirme_la_saintet%C3%A9_dang%C3%A8le_de_foligno/fr1-736435


Sainte Angèle de Foligno

Pénitente italienne ( 1310)

Née à Foligno en Ombrie, dans une famille riche, elle est mariée toute jeune par ses parents et elle connaît alors une vie mondaine et frivole qui lui fait abandonner la pratique des sacrements. Subitement convertie, elle voudrait bien se confesser, mais elle n'ose avouer toutes ses fautes au confesseur. Elle s'en va communier et reste tourmentée par cette communion sacrilège. C'est à ce moment-là qu'elle reçoit la vision de saint François d'Assise, mort vingt ans avant sa propre naissance. Elle multiplie alors les austérités, médite de longues heures, distribue aux pauvres ce qu'elle possède et passe pour folle aux yeux des siens. Et puis, elle perd coup sur coup, sa mère, son époux, ses fils. Elle se livre alors à la pauvreté absolue. Des visions du Christ crucifié lui font atteindre les sommets de la mystique dans des crises violentes qui effraient ses amis. Les Frères Mineurs, disciples de saint François, se méfient d'elle d'autant qu'elle prend part aux controverses qui opposent, dans l'Ordre, les partisans d'une pauvreté mitigée et ceux d'une application stricte de l'idéal franciscain primitif. Les dernières années de sa vie seront plus paisibles, favorisées de grâces extraordinaires. "Elle semblait jouir du bonheur céleste." 

Le 13 octobre 2010, Benoît XVI a tracé un portrait de sainte Angèle de Foligno. Si on reste fasciné, a-t-il dit, "par les sommets de son expérience d'union avec Dieu, on néglige souvent les débuts de sa conversion, le long cheminement qui a conduit" cette mystique italienne (1248 - 1309) "de sa grande peur de l'Enfer à son union trinitaire". Née dans une famille aisée, elle reçut une éducation mondaine, se maria jeune et eut plusieurs enfants. Mais sa vie fut marquée par des drames, le violent séisme de 1279, la guerre de sa ville contre la voisine Perugia, qui remirent en question sa vie même. En 1285, elle eut une vision de saint François qui la porta à accomplir une confession générale. Après la disparition rapide de sa famille, trois ans plus tard, elle quitta ses biens pour entrer dans le tiers ordre franciscain.

L'histoire d'Angèle est connue grâce à la biographie de son confesseur, qui rapporte sa "terreur initiale de l'Enfer. Cela correspondait -a souligné le Pape- au type de foi qu'elle avait au moment de sa conversion, encore pauvre de charité et d'amour de Dieu. Crainte, repentance et pénitence avaient poussé Angèle vers la douloureuse perspective de la croix". Sa conversion la mit sur la voie de l'amour... Elle se sentit en devoir d'offrir quelque chose à Dieu afin de racheter ses péchés, comprenant peu à peu qu'elle n'avait rien d'autre à donner, se sentant nulle face à lui. Elle comprit que ce ne serait pas sa volonté mais son amour qui lui donnerait l'amour de Dieu. La volonté ne pouvait qu'offrir son vide... Ainsi comprit-elle la profondeur de la réalité centrale qui était se sauver de l'indignité et de la peine de l'Enfer, et que ...cela ne viendrait pas de la connaissance de la vérité mais du Christ crucifié pour elle". La conversion de sainte Angèle de Foligno, a conclu le Saint-Père, grandie par son immersion dans les souffrances du Crucifié, est "parvenue à maturation lorsque le pardon divin lui apparut comme don gratuit de l'amour du Père... Dans son cheminement spirituel, le passage de la conversion à l'expérience mystique, où l'inexplicable s'explique, s'est produit à travers le Christ en croix. Toute sa vie mystique tendit à la parfaite ressemblance avec lui, par des transformations et des purifications de plus en plus profondes... Son identification au Christ signifia également vivre dans la prière et le secret ce que Jésus vécut, la pauvreté, le mépris, la souffrance". (VIS 20101013 440)

À Foligno en Ombrie, l’an 1310, la bienheureuse Angèle qui, après la mort de son époux et de ses fils, suivit les traces de saint François, se consacra entièrement à Dieu et confia au livre de sa vie les hautes expériences de sa vie mystique.

Martyrologe romain

Cette charité, efforcez-vous de l'acquérir ! Ne jugez personne, même s'il vous arrive de voir quelqu'un pécher mortellement. Ne jugez pas les pécheurs, vous ne connaissez pas le jugement de Dieu
Angèle de Foligno - Ses dernières paroles



Sainte Angèle de Foligno

Veuve

(1245-1309)

Sainte Angèle naquit à Foligno, à trois lieues d'Assise. Mariée fort jeune, elle ne prit point au sérieux ses devoirs d'épouse et de mère, et elle connut trop, avec les plaisirs du monde, ses excès et ses désordres. Mais soudain, au milieu du tourbillon qui l'emportait, Angèle sentit l'aiguillon de la grâce, vit l'inutilité de sa vie mondaine et dissipée, et comprit les dangers que courait son salut. L'ennemi des âmes tenta en vain d'entraver sa conversion; une fois sa confession faite, elle s'élança généreusement dans la voie de la perfection.

Devenue libre par la mort de son mari, elle entra dans le Tiers-Ordre de Saint-François. Sa vie dès lors fut remplie de sacrifices et d'austérités. Un jour qu'elle était tentée de découragement: "Quand il serait vrai, Seigneur, dit-elle, que Vous m'auriez condamnée à l'enfer que je mérite, je ne cesserais de faire pénitence et de demeurer, s'il Vous plaît, à Votre service." Une fois, après avoir lavé les pieds d'un lépreux, elle proposa à sa compagne de boire l'eau qui leur avait servi. Surmontant toute délicatesse, elle avala toute cette eau fétide: "Je n'ai jamais, disait-elle, trouvé meilleur goût à aucune liqueur, et cependant j'avais bien senti dans ma bouche les écailles qui étaient tombées des mains de ce pauvre."

Sa grande grâce fut l'amour de Jésus crucifié. La contemplation des souffrances du Sauveur lui devint si familière, que la vue d'un crucifix provoquait spontanément chez elle des torrents de larmes: "Quand je méditais sur la Passion, dit-elle, je souffrais le supplice de la Compassion; j'éprouvais dans les os et les jointures une douleur épouvantable et une sensation comme si j'avais été transpercée corps et âme." Cette grande pénitente ne fut pas moins admirable par ses visions, ses écrits et ses extases que par ses vertus.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



Sainte Angèle de Foligno

Biographie

Angèle naquit en 1248, dans la petite ville de Foligno (Ombrie). Issue d’une famille opulente, elle mena une vie mondaine jusque vers l’âge de quarante ans. Elle se maria assez jeune et eut plusieurs enfants. Rentrée en elle-même et favorisée d’une apparition de saint François d’Assise, elle commença par se mortifier rudement. « Je commençai à faire de sérieuses considérations sur ma mauvaise conduite, et Dieu me fit la grâce de me donner une claire connaissance de mes péchés, ce qui me jeta dans une grande appréhension de la damnation éternelle. »

Sa mère, son mari, ses enfants étant morts à bref intervalle, elle vendit son château, se dépouilla de toute sa fortune et vécut en recluse avec une compagne nommée Marie. Guérie d’une maladie qui la conduisit aux portes de la mort, Angèle se fit agréger au tiers-ordre de la pénitence et fit profession de la sainte règle (vers 1290). Bientôt entourée d’un petit groupe de compagnes qui formèrent avec elle une sorte de communauté, elle vécut à l’ombre du couvent des Frères mineurs, dans la pratique des plus hautes vertus.

Un pèlerinage à Assise fut marqué par une invasion violente de Dieu et des faits étranges (souffrances, cris) qui jetèrent ses compagnons dans la stupeur. Un franciscain, le Frère Arnaud, du couvent d’Assise, venu à Foligno devint son confesseur et exigea d’elle, par des instances réitérées le récit des révélations qui se multipliaient, au milieu d’étranges maladies. Il écrivait sous sa dictée une sorte de Mémorial reproduisant jusqu’aux mots dont elle s’était servie ; puis il relisait le chapitre afin que la sainte pût le corriger. L’ouvrage, achevé en 1297, fut approuvé par le cardinal Jacques Colonna, ami des spirituels. La caractéristique du récit de sa vie vient de ce qu’il est comme une autobiographie et donc d’une haute valeur pour l’étude de la mystique divine, nul mieux que la bienheureuse n’ayant pu exprimer les merveilles célestes dont elle fut l’objet ou l’instrument. Celui-ci écrivait sous sa dictée.

Umbertin de Casale la connut vers 1298. A l’occasion d’un entretien qu’il eut avec elle, il se convertit à la stricte observance. Il garda de la rencontre un souvenir plein d’admiration pour celle qui, lui révélant les secrets replis de son âme, y aviva aussi les flammes de son zèle ; il en consigna plus tard, vers 1305, les détails au premier prologue de l’Arbor vitæ crucifixæ Jesu, dans un éloge enthousiaste. Douée du don de pénétration des cœurs, Angèle fortifiait ainsi dans le droit chemin ceux qui la consultait et servait de guide aux âmes éprises du noble idéal de la perfection. Elle maintint ses nombreux disciples dans la ferveur sans les laisser s’égarer aux folies du « Libre Esprit ». Quelque temps avant le pontificat de saint Célestin V, en 1294, elle subit des tourments qui durèrent plus de deux ans. Mais les visions et les autres grâces surnaturelles ne se ralentirent pas jusqu’à sa mort qui arriva le 4 janvier 1309, laissant une haute réputation de sainteté et de doctrine. Dès sa mort, ses contemporains l’appellent Bienheureuse. En 1535, elle était l’objet d’un culte officiel à Foligno depuis longtemps. Rome en 1701 accorda un office propre. Pie X fixa sa fête au 4 janvier. Son tombeau à l’église Saint-François de Foligno a toujours été l’objet d’une vénération ardente.

De la doctrine de Sainte Angèle

La doctrine spirituelle d’Angèle de Foligno est celle d’une franciscaine stricte et orthodoxe ; sa part personnelle est l’accent d’amour passionné dont elle l’a marqué. Angèle a été plongée dès sa conversion, dans le milieu franciscain spirituel. Assise est sa patrie mystique ; saint François son maître. Mais elle a opté, à l’encontre des Relâchés, pour la pauvreté et la pénitence rigoureuse des spirituels. Malgré cela, elle a réagi fortement contre les égarements du Libre Esprit dont elle stigmatise le dévergondage (les illusions et les dangers de l’amour et de l’amitié). A ce titre, c’est la dévotion ardente à Jésus crucifié qu’elle prêcha avant toutes choses (contemplation, imitation) sous l’influence des écrits de saint Bonaventure, dont elle s’inspire fréquemment. La pénitence, la fuite du monde et des richesses, la prière sont les conditions d’un amour sincère. Tardivement une trace dionysienne se retrouve dans sa pensée (Ténèbre divine, ineffabilité, tout de Dieu). Mais le propre de son œuvre, son incomparable prix, c’est la passion amoureuse qu’elle exprime en mots inoubliables (Amour non connu!... Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée). La véhémence des invasions divines répond à l’héroîsme des poursuites ou plutôt le prévient. Une rédaction balbutiante ne donne que plus de jaillissement à l’impétiosité de l’amour. Nul mystique n’a exprimé avec cette force le tragique de la destinée chrétienne, faite des folies d’un Dieu crucifié. La sagesse de ses conseils spirituels, nés de l’expérience d’une époque très troublée, assure son disciple contre toute déviation, mais ses cris d’amour réveilleront les âmes les plus endormies et toucheront les cœurs même incroyants. Angèle de Foligno est une cime spirituelle de l’Eglise catholique et du monde.

Derniers enseignements

Mon âme reçut davantage du Seigneur Dieu quand je pleurai et souffris pour les péchés du prochain avec tout mon cœur, que quand je pleurai mes péchés. Et, en vérité, il n’est charité plus grande sur terre que de pleurer les péchés du prochain. Le monde se gausse de ce que je dis : car cela me semble être contre nature, savoir que l’homme puisse pleurer et souffrir des péchés du prochain comme des siens, plus que des siens. Mais la charité qui fait cela n’est pas de ce monde. O mes petits enfants ! efforcez-vous d’avoir cette charité.

Divers enseignements de sainte Angèle de Foligno touchant l’oraison

L'oraison est là où est trouvé Dieu. Et sont trois écoles, savoir, trois parties de l'oraison, hors desquelles Dieu n’est pas trouvé. Il y a, en effet, oraison corporelle, mentale et surnaturelle.

Corporelle est celle qui se fait avec son de paroles et exercice corporel, comme génuflexions. Et celle-ci, jamais je ne l'abandonne. Pour ce qu'en effet, quelquefois, je voulais m'exercer en la mentale, et quelquefois j’étais trompée par paresse et sommeil et perdais mon temps. Aussi je m'exerce en la corporelle. Et cette corporelle mène à la mentale. Elle doit, en effet, être faite avec attention, et quand tu dis : « Notre Père », considère ce que dis. Non en courant, t'efforçant d’achever certain nombre, comme ces petites femmes qui font certains travaux aux pièces.

Elle est mentale, quand la méditation de Dieu occupe tellement l’âme qu'elle ne pense à rien d'autre qu’à Dieu. Et si quelque autre cogitation entre en l'esprit, je ne l'appelle pas mentale. Et cette oraison coupe la langue, car elle ne peut parler. L’âme, en effet, est totalement pleine de Dieu, tellement qu'elle ne peut être occupée à aucune autre chose en pensant ou en parlant, sinon de Dieu et en Dieu. Et de cette mentale on vient à la surnaturelle.

J’appelle surnaturelle, celle où l'âme est ravie par cette pitié de Dieu et méditation, tellement qu'elle est entraînée quasi au delà de sa nature ; et elle comprend de Dieu plus qu'elle ne voit que par sa nature peut être compris ; et elle connaît qu’elle ne peut comprendre. Et ce qu’elle comprend, elle ne peut l'expliquer : car tout ce qu'elle voit et sent est au-dessus de sa nature.

En ces trois écoles donc, chacun se connaît soi-même et Dieu. Et de ce qu'on connaît on aime. Et plus on aime, plus on désire avoir ce qu'on aime. Et c'est signe du vrai amour, que celui qui aime ne transforme pas une part de soi, mais tout soi en l'aimé. Mais par ce que cette transformation n'est pas continue, et ne dure pas, le désir prend l’âme de rechercher tous les modes par lesquels elle pourrait être transformée en la volonté de l'aimé, afin de revenir de nouveau en cette vision. Et elle cherche ce qu'aima celui qu'elle aime.

Sainte Angèle de Foligno



Sainte Angèle de Foligno

(1245-1309)

mystique catholique

Jusqu'à l'âge de 37 ans, rien ne laissait supposer qu'Angèle de Foligno, bourgeoise particulièrement frivole, deviendrait une figure emblématique de la mystique du XIIIème siècle.

Profondément tourmentée par une vie d'adultère, Angèle se confesse à saint François d'Assise. Mais l'apparition du saint lui accordant sa miséricorde n'apaise pas pour autant son âme. Angèle ressent alors le besoin de diriger sa vie sur le chemin de la purification.

A la fugacité des plaisirs de ce monde, elle tente douloureusement d'opposer une vie de continence et de pauvreté. Après la mort soudaine de son mari et de ses fils, qu'elle avait demandée « selon la volonté de Dieu », sachant au plus profond d'elle-même que leurs âmes refusaient de la suivre dans sa conversion et préféraient « partir », elle entre dans le tiers ordre franciscain, accablée par le poids de la souffrance. Dès lors, secouée par les épreuves-faveurs que Dieu lui envoie, Angèle ne cessera de communiquer et de communier avec le ciel.

Devenue libre par la mort de son mari, elle entra dans le Tiers-Ordre de Saint-François. Sa vie dès lors fut remplie de sacrifices et d'austérités. Un jour qu'elle était tentée de découragement: "Quand il serait vrai, Seigneur, dit-elle, que Vous m'auriez condamnée à l'enfer que je mérite, je ne cesserais de faire pénitence et de demeurer, s'il Vous plaît, à Votre service." Une fois, après avoir lavé les pieds d'un lépreux, elle proposa à sa compagne de boire l'eau qui leur avait servi. Surmontant toute délicatesse, elle avala toute cette eau fétide: "Je n'ai jamais, disait-elle, trouvé meilleur goût à aucune liqueur, et cependant j'avais bien senti dans ma bouche les écailles qui étaient tombées des mains de ce pauvre."

Sa grande grâce fut l'amour de Jésus crucifié. La contemplation des souffrances du Sauveur lui devint si familière, que la vue d'un crucifix provoquait spontanément chez elle des torrents de larmes: "Quand je méditais sur la Passion, dit-elle, je souffrais le supplice de la Compassion; j'éprouvais dans les os et les jointures une douleur épouvantable et une sensation comme si j'avais été transpercée corps et âme." Cette grande pénitente ne fut pas moins admirable par ses visions, ses écrits et ses extases que par ses vertus.

Lorsque le Christ en croix lui apparaît pour l'inviter à contempler ses plaies, elle en éprouve une telle souffrance qu'elle demande de partager sa Passion. Saint Jean lui fera alors éprouver un peu de sa souffrance devant la croix. Elle boira ensuite le sang du Christ s'écoulant de ses plaies et c'est d'ailleurs dans ce même esprit de communion qu'elle absorbera la lavure des mains d'un lépreux.

Alors qu'elle se retrouve dans les bras du Christ dans le saint sépulcre, c'est toute l'humanité qu'Angèle semble incarner et que le Seigneur étreint de son Amour : « j'ai voulu naître pour toi, pour toi, m'abaisser à un tel degré d'indignité et d'abjection qu'en retour, tu dois naître à Dieu et mourir à tes vices». « Je veux que tu sois utile à tous les hommes » continue le Christ l'exhortant à répandre l'Amour qu'elle porte en elle.

C'est à présent l'Esprit Saint qui vient la visiter sous l'apparence d'une « forme pleine », source d'une indicible suavité. Mais voulant s'assurer de la véracité de ses visions, elle demande un signe à l'Esprit qui lui dit : « Tu auras l'expérience de Dieu et tu seras toujours brûlante d'Amour pour lui, tu connaîtras dans ton intériorité que nul ne peut opérer cela sinon moi ».

Au sommet de son ascension, Angèle connaît alors la « certitude de Dieu ». « Mon âme ne voit rien, et elle voit absolument tout » dit-elle, nous faisant ainsi goûter à l'expérience parfaite de Dieu dans les suprêmes ténèbres. « Trouves-tu en moi autre chose que de l'Amour ? » lui dit le Seigneur... « Pleine de la jouissance de Dieu », Angèle connaît enfin l'oraison suprême où le Je et le Tu se confondent dans la délectation de l'Amour. « Tu es moi, je suis toi » lui dit le Christ. « Je suis devenue Dieu » s'écrie Angèle démontrant que « la vertu de l'Amour transforme l'Amant en l'Aimé et l'Aimé en l'Amant ».

« O mon épouse, ô toi que j'ai aimée d'Amour… je viendrai à toi en personne » lui dit le Christ.



SAINTE ANGÈLE DE FOLIGNO (+ 1309)

Née à Foligno en Ombrie, dans une famille riche, elle est mariée toute jeune par ses parents et elle connaît alors une vie mondaine et frivole qui lui fait abandonner la pratique des sacrements. Subitement convertie, elle voudrait bien se confesser, mais elle n’ose avouer toutes ses fautes au confesseur. Elle s’en va communier et reste tourmentée par cette communion sacrilège. C’est à ce moment-là qu’elle reçoit la vision de saint François d’Assise, mort vingt ans avant sa propre naissance. Elle multiplie alors les austérités, médite de longues heures, distribue aux pauvres ce qu’elle possède et passe pour folle aux yeux des siens. Et puis, elle perd coup sur coup, sa mère, son époux, ses fils. Elle se livre alors à la pauvreté absolue. Des visions du Christ crucifié lui font atteindre les sommets de la mystique dans des crises violentes qui effraient ses amis. Les Frères Mineurs, disciples de saint François, se méfient d’elle d’autant qu’elle prend part aux controverses qui opposent dans l’Ordre, les partisans d’une pauvreté mitigée et ceux d’une application stricte de l’idéal franciscain primitif. Les dernières années de sa vie seront plus paisibles, favorisées de grâces extraordinaires. "Elle semblait jouir du bonheur céleste." On la fête le 04 janvier.

Sainte Angèle de Foligno, femme des grandes passions

Angèle est de ces femmes généreuses qui vivent tout dans les grandes largeurs ! Des fastes de sa vie mondaine aux plaisirs charnels, jusqu'à sa conversion radicale émaillée d'expériences mystiques ... chez elle, tout est excessif. Elle naît à Foligno, près d'Assise, vers le milieu du XIIIe siècle, dans une riche famille. Frivole, elle évolue avec aisance dans l'opulente société de cette petite ville d'Ombrie. Elle se marie et a plusieurs enfants.

Comment sa conversion s'opère-t-elle ? Nous ne le savons pas. Mais dès lors, Angèle s'engage dans les voies de la prière et de la pénitence :

« Je prononçais tous les mots du Pater avec tant de contrition et de recueillement, que, quoique je fusse plongée dans une grande douleur par le souvenir de mes péchés, je ressentais néanmoins d'ailleurs une grande consolation, et je savourais quelque chose de ces douceurs célestes ...»

« Je n'ai jamais trouvé de meilleur moyen pour bien connaître les miséricordes et les bontés de Dieu sur les hommes que de réciter cette prière, dont Jésus est l'auteur.» Elle expérimente la miséricorde du Père et pleure ses péchés. Son époux et ses enfants meurent : elle vend alors ses biens et quitte le monde, pauvre et mendiante, pour vivre recluse en compagnie d'une dénommée Marie, âme très simple.

Vers 1290, la pénitente est reçue dans le tiers ordre franciscain, de mouvance plutôt rigoriste. Un document du XIVe siècle la présente comme suscitée par Dieu pour confondre en lâcheté ceux qui jugent impraticable la règle de saint François. Angèle éprouve un amour tout particulier pour Jésus crucifié. A partir de ses grâces mystiques, son confesseur rédige le Mémorial, achevé en 1297. Ces écrits, auxquels se sont référés François de Sales, Alphonse de Liguori, Fénelon et Bossuet, inaugurent un nouveau genre littéraire ascétique et mystique.

Dès sa mort en 1309, les fidèles la vénèrent, si bien que Benoît XIV la « range parmi ces bienheureux qui se trouvent en possession de culte, bien qu'ils n'aient pas été l'objet d'un procès canonique ».

Par Marie-Christine LAFON, dans Famille chrétienne N°1250 du 29 décembre 2001 au 04 janvier 2002

SOURCE : http://ansart.pagesperso-orange.fr/Sanctoral/Prenoms/ABC/Angele-Foligno-0104.htm



Sainte Angèle (Angela) de Foligno
Grande Mystique médiévale 
(v. 1248-1309)
Angèle (Angela) naquit à Foligno, à trois lieues d'Assise, aux alentours de 1248. Mariée fort jeune, elle ne prit point au sérieux ses devoirs d'épouse et de mère, et elle connut trop, avec les plaisirs du monde, ses excès et ses désordres.

Plusieurs événements, comme le violent tremblement de terre de 1279, un ouragan, l’antique guerre contre Pérouse et ses dures conséquences, ont une influence sur la vie d’Angèle, qui prend progressivement conscience de ses péchés, jusqu’à accomplir un pas décisif : elle invoque Saint François, qui lui apparaît en vision, pour lui demander conseil en vue d’une bonne Confession générale à accomplir : nous sommes en 1285, Angèle se confesse à un Frère à San Feliciano.

Trois ans plus tard, la voie de la conversion prend un nouveau tournant : la dissolution des liens affectifs, étant donné qu’en quelques mois, à la mort de sa mère suit celle de son mari et de tous ses enfants. Elle vend alors ses biens et, en 1291, rejoint le Tiers-Ordre de Saint François.

En 1291, elle fut admise dans le Tiers-Ordre de Saint François. Elle se plongea alors encore plus profondément dans la prière, vit à plusieurs reprises Le Christ lui apparaître, dans des manifestations de Mysticisme qui effrayaient son entourage.
Elle bénéficia de nombreuses visions de la Passion du Christ, qui devinrent de plus en plus réalistes.
En particulier, un Jeudi Saint, Angèle de Foligno rapporte qu'après un silence de plusieurs jours durant la Semaine Sainte, elle entendit Le Christ prononcer cette phrase qui la bouleversa :
Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée.

Sa vie dès lors fut remplie de sacrifices et d'austérités. Un jour qu'elle était tentée de découragement : « Quand il serait vrai, Seigneur, dit-elle, que vous m'auriez condamnée à l'enfer que je mérite, je ne cesserais de faire pénitence et de demeurer, s'il vous plaît, à votre service. »

Sa grande grâce fut l'Amour de Jésus crucifié. La Contemplation des souffrances du Sauveur lui devint si familière, que la vue d'un crucifix provoquait spontanément chez elle des torrents de larmes :
« Quand je méditais sur la Passion, dit-elle, je souffrais le supplice de la Compassion ; j'éprouvais dans les os et les jointures une douleur épouvantable et une sensation comme si j'avais été transpercée corps et âme. »

Cette grande Mystique ne fut pas moins admirable par ses visions, ses écrits et ses extases que par ses vertus. Elle meurt à Foligno le 4 janvier 1309.

Un texte inspiré — écrit en latin — vibrant d'Amour, à la fois humble et impétueux dans l'expression des grandes visions qui le traversent, nous a transmis l'enseignement de la Religieuse italienne.
Connu sous le titre Le Livre d'Angèle de Foligno, il est considéré comme l'un des purs chefs-d'œuvre de l'écriture Mystique.
Ce n'est pas un ouvrage spéculatif mais le témoignage d'une expérience vécue : celle de l'irruption du Dieu sensible au cœur, dans l'existence d'une femme qui, ayant tout perdu, se laissa perdre elle-même dans l'Amour du Christ.

Elle est Béatifiée le 11 Juillet 1701 par le Pape Clément IX et Canonisée par le Pape François le 9 Octobre 2013 (Canonisation équipollente).
La Canonisation équipollente signifie que le Pape étend d’autorité à toute l’Église le culte, à travers l’inscription de sa Fête, avec Messe et office, dans le Calendrier de l’Église universelle).





BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Saint Peter's Square

Wednesday, 13 October 2010

Blessed Angela of Foligno


Dear Brothers and Sisters,

Today I would like to speak to you about Blessed Angela of Foligno, a great medieval mystic who lived in the 13th century. People are usually fascinated by the consummate experience of union with God that she reached, but perhaps they give too little consideration to her first steps, her conversion and the long journey that led from her starting point, the "great fear of hell", to her goal, total union with the Trinity. The first part of Angela's life was certainly not that of a fervent disciple of the Lord. She was born into a well-off family in about 1248. Her father died and she was brought up in a somewhat superficial manner by her mother. She was introduced at a rather young age into the worldly circles of the town of Foligno, where she met a man whom she married at the age of 20 and to whom she bore children. Her life was so carefree that she was even contemptuous of the so-called "penitents", who abounded in that period; they were people who, in order to follow Christ, sold their possessions and lived in prayer, fasting, in service to the Church and in charity.

Certain events, such as the violent earthquake in 1279, a hurricane, the endless war against Perugia and its harsh consequences, affected the life of Angela who little by little became aware of her sins, until she took a decisive step. In 1285 she called upon St Francis, who appeared to her in a vision and asked his advice on making a good general Confession. She then went to Confession with a Friar in San Feliciano. Three years later, on her path of conversion she reached another turning point: she was released from any emotional ties. In the space of a few months, her mother's death was followed by the death of her husband and those of all her children. She therefore sold her possessions and in 1291 enrolled in the Third Order of St Francis. She died in Foligno on 4 January 1309.

The Book of Visions and Instructions of Blessed Angela of Foligno, in which is gathered the documentation on our Blessed, tells the story of this conversion and points out the necessary means: penance, humility and tribulation; and it recounts the steps, Angela's successive experiences which began in 1285. Remembering them after she had experienced them, Angela then endeavoured to recount them through her Friar confessor, who faithfully transcribed them, seeking later to sort them into stages which he called "steps or mutations" but without managing to put them entirely in order (cf. Il Libro della beata Angela da Foligno, Cinisello Balsamo 1990, p. 51). This was because for Blessed Angela the experience of union meant the total involvement of both the spiritual and physical senses and she was left with only a "shadow" in her mind, as it were, of what she had "understood" during her ecstasies. "I truly heard these words", she confessed after a mystical ecstasy, but it is in no way possible for me to know or tell of what I saw and understood, or of what he [God] showed me, although I would willingly reveal what I understood with the words that I heard, but it was an absolutely ineffable abyss". Angela of Foligno presented her mystical "life", without elaborating on it herself because these were divine illuminations that were communicated suddenly and unexpectedly to her soul. Her Friar confessor too had difficulty in reporting these events, "partly because of her great and wonderful reserve concerning the divine gifts" (ibid., p. 194). In addition to Angela's difficulty in expressing her mystical experience was the difficulty her listeners found in understanding her. It was a situation which showed clearly that the one true Teacher, Jesus, dwells in the heart of every believer and wants to take total possession of it. So it was with Angela, who wrote to a spiritual son: "My son, if you were to see my heart you would be absolutely obliged to do everything God wants, because my heart is God's heart and God's heart is mine". Here St Paul's words ring out: "It is no longer I who live, but Christ who lives in me" (Gal 2: 20).

Let us then consider only a few "steps" of our Blessed's rich spiritual journey. The first, in fact, is an introduction: "It was the knowledge of sin", as she explained, "after which my soul was deeply afraid of damnation; in this stage I shed bitter tears" (Il Libro della beata Angela da Foligno, p. 39). This "dread" of hell corresponds to the type of faith that Angela had at the time of her "conversion"; it was a faith still poor in charity, that is, in love of God. Repentance, the fear of hell and penance unfolded to Angela the prospect of the sorrowful "Way of the Cross", which from the eighth to the 15th stages was to lead her to the "way of love". Her Friar confessor recounted: "The faithful woman then told me: I have had this divine revelation: "after the things you have written, write that anyone who wishes to preserve grace must not lift the eyes of his soul from the Cross, either in the joy or in the sadness that I grant or permit him'" (ibid., p. 143). However, in this phase Angela "did not yet feel love". She said: "The soul feels shame and bitterness and does not yet feel love but suffering" (ibid., p. 39), and is unrequited.

Angela felt she should give something to God in reparation for her sins, but slowly came to realize that she had nothing to give him, indeed, that she "was nothing" before him. She understood that it would not be her will to give her God's love, for her will could give only her own "nothingness", her "non-love". As she was to say: only "true and pure love, that comes from God, is in the soul and ensures that one recognizes one's own shortcomings and the divine goodness.... Such love brings the soul to Christ and it understands with certainty that in him no deception can be found or can exist. No particle of worldly love can be mingled with this love" (ibid., p. 124-125). This meant opening herself solely and totally to God's love whose greatest expression is in Christ: "O my God" she prayed, "make me worthy of knowing the loftiest mystery that your most ardent and ineffable love brought about for our sake, together with the love of the Trinity, in other words the loftiest mystery of your most holy Incarnation.... O incomprehensible love! There is no greater love than this love that brought my God to become man in order to make me God" (ibid., p. 295). However, Angela's heart always bore the wounds of sin; even after a good Confession she would find herself forgiven and yet still stricken by sin, free and yet conditioned by the past, absolved but in need of penance. And the thought of hell accompanied her too, for the greater the progress the soul made on the way of Christian perfection, the more convinced it is not only of being "unworthy" but also deserving of hell.
And so it was that on this mystical journey Angela understood the central reality in a profound way: what would save her from her "unworthiness" and from "deserving hell" would not be her "union with God" or her possession of the "truth" but Jesus Crucified, "his crucifixion for me", his love. 

In the eighth step, she said, "However, I did not yet understand whether my liberation from sins and from hell and conversion to penance was far greater, or his crucifixion for me" (ibid., n. 41). This was the precarious balance between love and suffering, that she felt throughout her arduous journey towards perfection. For this very reason she preferred to contemplate Christ Crucified, because in this vision she saw the perfect balance brought about. On the Cross was the man-God, in a supreme act of suffering which was a supreme act of love. In the third Instruction the Blessed insisted on this contemplation and declared: "The more perfectly and purely we see, the more perfectly and purely we love.... Therefore the more we see the God and man, Jesus Christ, the more we are transformed in him through love.... What I said of love... I also say of suffering: the more the soul contemplates the ineffable suffering of the God and man Jesus Christ the more sorrowful it becomes and is transformed through suffering" (ibid., p. 190-191). Thus, unifying herself with and transforming herself into the love and suffering of Christ Crucified, she was identifying herself with him. Angela's conversion, which began from that Confession in 1285, was to reach maturity only when God's forgiveness appeared to her soul as the freely given gift of the love of the Father, the source of love: "No one can make excuses", she said, "because anyone can love God and he does not ask the soul for more than to love him, because he loves the soul and it is his love" (ibid., p. 76).

On Angela's spiritual journey the transition from conversion to mystical experience, from what can be expressed to the inexpressible, took place through the Crucified One. He is the "God-man of the Passion", who became her "teacher of perfection". The whole of her mystical experience, therefore, consisted in striving for a perfect "likeness" with him, through ever deeper and ever more radical purifications and transformations. Angela threw her whole self, body and soul, into this stupendous undertaking, never sparing herself of penance and suffering, from beginning to end, desiring to die with all the sorrows suffered by the God-man crucified in order to be totally transformed in him. "O children of God", she recommended, "transform yourselves totally in the man-God who so loved you that he chose to die for you a most ignominious and all together unutterably painful death, and in the most painful and bitterest way. And this was solely for love of you, O man!" (ibid., p. 247). This identification also meant experiencing what Jesus himself experienced: poverty, contempt and sorrow, because, as she declared, "through temporal poverty the soul will find eternal riches; through contempt and shame it will obtain supreme honour and very great glory; through a little penance, made with pain and sorrow, it will possess with infinite sweetness and consolation the Supreme Good, Eternal God" (ibid., p. 293).

From conversion to mystic union with Christ Crucified, to the inexpressible. A very lofty journey, whose secret is constant prayer. "The more you pray", she said, "the more illumined you will be and the more profoundly and intensely you will see the supreme Good, the supremely good Being; the more profoundly and intensely you see him, the more you will love him; the more you love him the more he will delight you; and the more he delights you, the better you will understand him and you will become capable of understanding him. You will then reach the fullness of light, for you will understand that you cannot understand" (ibid., p. 184).

Dear brothers and sisters, Blessed Angela's life began with a worldly existence, rather remote from God. Yet her meeting with the figure of St Francis and, finally, her meeting with Christ Crucified reawakened her soul to the presence of God, for the reason that with God alone life becomes true life, because, in sorrow for sin, it becomes love and joy. And this is how Blessed Angela speaks to us. Today we all risk living as though God did not exist; he seems so distant from daily life. However, God has thousands of ways of his own for each one, to make himself present in the soul, to show that he exists and knows and loves me. And Blessed Angela wishes to make us attentive to these signs with which the Lord touches our soul, attentive to God's presence, so as to learn the way with God and towards God, in communion with Christ Crucified. Let us pray the Lord that he make us attentive to the signs of his presence and that he teach us truly to live. Thank you.



To special groups

Dear Brothers and Sisters,

I am pleased to welcome the delegates of the International Association of Financial Executives Institutes. I also extend greetings to all the English-speaking pilgrims and visitors, especially those from England, Scotland, Ireland, Denmark, Norway, South Africa, Australia, Indonesia, the Philippines, Thailand and the United States. May God bless you all!

I now address the young people, the sick and the newlyweds. My thoughts turn to Our Lady of Fatima, whose last Apparition we are commemorating on this very day. I entrust you, dear young people, to the heavenly Mother of God so that you may respond generously to the Lord's call. May Mary be for you, dear sick people, a comfort in your suffering; and may she accompany you, dear newlyweds, in your family journey that is just beginning.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20101013.html



Bl. Angela of Foligno

Umbrian penitent and mystical writer. She was born at Foligno in Umbria, in 1248, of a rich family; died 4 January, 1309. Married at an early age, she loved the world and its pleasures and, worse still, forgetful of her dignity and duties as wife and mother, fell into sin and led a disorderly life. But God, having in His mercy inspiredher with a deep sorrow for her sins, led her little by little to the height of perfection and to the understanding of the deepest mysteries. Angela has herself recorded the history of her conversion in her admirable "Book ofVisions and Instructions", which contains seventy chapters, and which was written from Angela's dictation by herFranciscan confessor, Father Arnold of Foligno. Some time after her conversion Angela had placed herself under the direction of Father Arnold and taken the habit of the Third Order of St. Francis. In the course of time the fame of her sanctity gathered around her a number of Tertiaries, men and women, who strove under her direction to advance in holiness. Later she established at Foligno a community of sisters, who to the Rule of theThird Order added the three vows of religion, without, however, binding themselves to enclosure, so that they might devote their time to works of charity. Angela at last passed away, surrounded by her spiritual children. Her remains repose in the church of St. Francis at Foligno. Numerous miracles were worked at her tomb, andInnocent XII approved the immemorial veneration paid to her. Her feast is kept in the Order on the 30th of March. Bl. Angela's high authority as a spiritual teacher may be gathered from the fact that Bollandus, among other testimonials, quotes Maximilian Sandaeus, of the Society of Jesus, who calls her the "Mistress of Theologians", whose whole doctrine has been drawn out of the Book of Life, Jesus Christ, Our Lord.

Sources

The life of Blessed Angela has been written by Mariano of Florence and Marx of Lisbon in their chronicles; also by Jacobill, Vite de' Santi e Beati dell' Umbria, and Wadding, Annales Minorum. These writers have principally derived their information from her Book of Visions and Instructions. The editio princeps of this book, known as the Theology of the Cross (Paris, 1598) remains the chief source for her life and teaching. B. Angelæ de Fulgineo Visionum et Instructionum Liber (reprinted Cologne, 1601) was reedited by Bollandus, Acta Sanctorum, I, Jan., 186-234; by Lammertz with German tr. (Cologne, 1851); and Faloci Pulignani (Foligno, 1899); the English translation by Cruikshank (Derby, 1872) has been lately re-issued (New York, 1903). See also Lives of the Saints and Blessed of the Three Orders of St. Francis (Taunton, 1887), I, 536-554.

Robinson, Paschal. "Bl. Angela of Foligno." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 4 Jan. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01482a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by the Cloistered Dominican Nuns of the Monastery of the Infant Jesus, Lufkin, Texas. Dedicated to an increase in vocations to the religious life.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Francesco Mancini, Saint Félicien invoquant Sainte Angela de Foligno
fresque, Dome de la Cathédrale de San Feliciano ( Foligno Cathedral)

Blessed Angela of Foligno, OSF (AC)

Born in Foligno (near Assisi), Italy, c. 1260-70; died January 4, 1309; cultus confirmed in 1693.



Blessed Angela was self-indulgent early in life, living a worldly life of riches. She was quite young when she married, and when she was widowed about 1290. Around that time she experienced a conversion and joined the Third Order of Saint Francis. Once her husband and all her children had died, she gave herself up completely to God. Consistent with a life dedicated to penance, she donated all her possessions to the poor and lived only on charity.

Angela is remembered as a mystic, a form of spirituality that gained prominence in the Western Church around the mid-11th century. Mysticism is an attempt to reach a knowledge of and union with God directly and experientially. The mystic renounces his senses and the images they offer of God, called the via negativa, in order to allow God to replace them.

Mysticism is characterized by an abnormal psychic state which may culminate in ecstasy. Such states are sanctified when the individual is perfectly united with God and the whole personality is fully free; otherwise, it may simply be a sign of psychosis. True mystical experience leads the individual to an ever more passionate love of God. As a rule, mystics exhibit extraordinary self-knowledge.

At the request of her confessor, Friar Arnold, Angela dictated to him an account of her visions and ecstasies in which she reveals herself as one of the greatest mystics. Authentic transcriptions of the visions and messages of Blessed Angela are now housed in Assisi, Subiaco, and Rome. These originals are much more vivid than the logical arrangements made from them in the 15th century and reproduced by the Bollandists. They make it possible to sense the overwhelming religious ecstasy of Blessed Angela.

In them it is especially the Passion that we relive with her: a vision of absolute torture in which even the words of Christ seem to be heard:

"Then, as He was showing me all that He had endured for me, He said to me: 'What can you do which suffices you?' . . . He showed me His torn beard, His eyebrows and His head; He enumerated the entire list of His sufferings of the scourging . . . and He said: 'I suffered all that for you . . .' and He said: 'What can you do for me which suffices you?' And then I wept and moaned so ardently that the tears burnt my flesh. Then I had to pour cold water on myself to cool off (1)."

". . . When I had arisen for the prayer, Christ appeared to me on the Cross . . . And He called me and told me to put my mouth on the wound on His side. And it seemed to me that I saw and drank His blood flowing from His side . . . and He purified me. And then I experienced a great joy, although contemplating the Passion I felt very sorrowful. And I prayed to God to have me, as He Himself had done, shed all my blood (2)."

"And He began by saying to me: 'My daughter, sweet to me, my daughter, my delight, my temple, my daughter, love me, for you are greatly loved by me, more than you love me.' (3)."

"And I swooned and lost the use of my speech. And it seemed to me that my soul entered into the side of Christ; and it was not sadness, but a kind of indescribable joy (4)."

"On Thursday of Holy Week I went to meditate upon the incarnate Son of God . . . and a divine voice spoke to my soul, saying: 'I did not love you as a joke.' These words caused me mortal pain for immediately the eyes of my soul were opened and I saw all that He suffered in life and death . . . and that it was not as a joke but because of perfect and tender love that He loved me. And I say that it was just the opposite with me; for I only loved Him as a joke and not really. And it caused me mortal pain and such unbearable suffering that I thought I would die.

"And after He had said: 'I did not love you as a joke' . . . He said: 'I did not serve you by pretending. . . .' My soul then exclaimed: 'Oh master, what you say is not in your heart fills mine completely. For I never wished to approach You in truth so as to feel the pains you bore for me. And I served You only through simulation and falsehood.' . . . And on seeing just the opposite in me such pain and suffering filled my heart that I thought I would die; and I felt as if the sides of my chest were being disjoined and that my heart would burst . . . And He continued, saying: 'I am closer and more intimate with your soul than your soul is with itself!' And this increases my suffering."

This is just a small sampling of Blessed Angela's writing about her mystical experiences.

The collection of the Rotuli is enriched by a large number of letters or notes that Angela wrote to her disciples and in which she develops her spiritual doctrine. Through poverty and detachment, she lead them to the contemplation of the Passion. In the midst of the doctrines of the so-called Spirituals, among whom she lived, Angela defended orthodoxy. She and her group trace out a road on which all the ardor of human love as well as contemplation aspire to be united to divine wisdom. She died surrounded by many of these male and female disciples whom she loved as children. Considered by her contemporaries as a saint, Angela became the subject of a faithful cultus immediately after her death--a cultus that has been approved by the Church (Benedictines, Encyclopedia, Harrison, Martindale).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0104.shtml

Sant' Angela da Foligno Terziaria francescana


Foligno, 1248 - 4 gennaio 1309

Dopo essersi recata ad Assisi ed aver avuto esperienze mistiche avviò un'intensa attività apostolica per aiutare il prossimo e soprattutto i suoi concittadini affetti da lebbra. Una volta morti marito e figli diede tutti i suoi averi ai poveri ed entrò nel Terz'Ordine Francescano: da quel momento visse in modo cristocentrico, ovvero tramite l'amore giunge all'identica mistica con Cristo. Per i suoi scritti assai profondi è stata chiamata "maestra di teologia". Il 3 aprile 1701 furono concessi Messa ed Ufficio propri in onore della Beata. Infine il 9 ottobre 2013 Papa Francesco, accogliendo la relazione del Prefeto della Congregazione delle Cause dei Santi, ha iscritto Angela da Foligno nel catalogo dei Santi, estendendone il Culto liturgico alla Chiesa Universale.

Etimologia: Angela = messaggero, nunzio, dal greco

Martirologio Romano: A Foligno in Umbria, beata Angela, che, morti il marito e i figli, seguendo le orme di san Francesco, si diede completamente a Dio e affidò alla propria autobiografia le sue profonde esperienze di vita mistica.

Già in vita conosciuta come Magistra Theologorum (Maestra dei Teologi), Angela da Foligno (1248-1309) il 9 ottobre scorso ha ricevuto da Papa Francesco la canonizzazione per equipollenza (possesso antico del culto; costante e comune attestazione di storici degni di fede sulle virtù o sul martirio; ininterrotta fama di prodigi).

Innocenzo XII la beatificò nel 1693 e San Pio X ne sanzionò la tradizione fissando la sua festa al 4 febbraio. Mistica contemporanea di Dante e di Jacopone da Todi, Angela nacque a Foligno in una ricca famiglia e visse fra i benesseri e i piaceri del mondo. Si sa con certezza che si sposò, ebbe dei figli e la madre soddisfaceva tutti i suoi capricci. Ma cominciò, come lei stessa racconterà al Direttore Spirituale, il Conventuale Minore A. (la tradizione decifra la A. con fra’Arnaldo) a «conoscere il peccato», come è riportato nel Memoriale steso dallo stesso francescano. Andò a confessarsi, ma «la vergogna le impedì di fare una confessione completa e per questo rimase nel tormento».

Pregò San Francesco che le apparve in sogno, rassicurandola che avrebbe conosciuto la misericordia di Dio. E la pace arrivò nel 1285, attraverso una confessione totale: aveva 37 anni. Iniziò così una vita di austera penitenza: povertà dalle cose, povertà dagli affetti, povertà da se stessa. A motivo della drastica conversione dovette affrontare ostilità ed ingiurie da parte della famiglia. Ma lei perseverò anche quando morirono madre, marito, figli.

Angela si presenta come una delle più brillanti incarnazioni dell’ideale francescano della fine del Duecento. In un primo tempo, in preda a strani fenomeni, fu giudicata sospetta dai frati minori; ma intorno al 1290 la accettarono fra i penitenti del Terz’ordine. Il teologo Ubertino da Casale (citato nella Divina Commedia) fu conquistato dal suo ideale spirituale e con lui fu strettamente coinvolta nelle controversie che laceravano l’Ordine francescano, diventando una dei responsabili del movimento rigorista.

Il Memoriale fu sottoposto ad esperti, fra cui il Cardinale Giacomo Colonna, che lo approvò intorno al 1297. Questa autobiografia spirituale mostra i trenta passi che l’anima compie raggiungendo l’intima comunione con Dio, attraverso la meditazione dei misteri di Cristo, l’Eucaristia, le tentazioni e le penitenze. Esso rappresenta la prima sezione del Liber. La seconda parte, nota come Instructiones, contiene documenti religiosi di vario tipo, curati da diversi e ignoti redattori, dove si trovano anche le lettere che Angela scriveva ai suoi figli spirituali.

Nel 1291, come la mistica narrò al suo confessore, lungo il cammino che la conduceva ad Assisi, fu alla presenza della Trinità: «Ho visto una cosa piena, una maestà immensa, che non so dire, ma mi sembrava che era ogni bene. (…) dopo la sua partenza, cominciai a strillare ad alta voce (…) Amore non conosciuto perché? (…) perché mi lasci?». La mistica di Foligno insegna che non c’è vera vita spirituale senza l’umiltà e senza la preghiera. Questa può essere corporale (vocale), mentale (quando si pensa a Dio) e soprannaturale (contemplazione): «In queste tre scuole uno conosce sé e Dio; e per il fatto che conosce, ama; e perché ama, desidera avere ciò che ama. E questo è il segno del vero amore: che chi ama non trasforma parte di sé, ma tutto sé nell’Amato».

Nel corso dei secoli, fra i tanti che aderirono alla sua spiritualità, ricordiamo Santa Teresa d’Avila e la Beata Elisabetta della Trinità. Angela comprese che la profonda comunione con Dio non è un’utopia, ma una possibilità, impedita solo dal peccato: di qui la necessità della mortificazione e del sacrificio; per raggiungere l’unione profonda con il Signore sono indispensabili l’Eucaristia e la meditazione della Passione e Morte di Cristo, ai piedi della Croce, insieme a Maria Santissima.

Autore: Cristina Siccardi



Da alcuni anni ormai non è infrequente imbattersi in articoli di giornali e riviste di un certo spessore culturale nella ‘notizia’ del ritorno del sacro, della rinascita della religione, del risveglio religioso... del «ritorno di Dio» come se questi si fosse ritirato da questo mondo, «disgustato» dal comportamento dell’uomo (vedi ideologie e guerre del secolo XX). Sembra strano quando per decenni si era posto l’accento più sull’eclisse di Dio, sul tramonto delle religioni definite istituzionali o strutturate, sulla fine del sacro (e quindi di Dio) come bisogno esistenziale dell’uomo moderno impegnato nel transito dalla modernità alla post modernità. I giochi sembravano chiusi: Dio fuori dalla scacchiera della storia e del pensiero umano, fuori dall’organigramma di quelli da consultare. Non c’era più posto per lui nella nostra società secolarizzata, iper tecnologica, guidata e dominata dalla razionalità tecnico scientifica. E invece no. Non solo si dice che c’è un certo ritorno del sacro, ma addirittura si parla anche del nascere (o ri-nascere?) dell’interesse per la mistica. Sì, addirittura della mistica. Ma di che si tratta?

Le due mistiche

Ci sono due tipi di mistica. La prima è quella a cui ci si riferisce spesso nelle riviste (esplicitamente non religiose) e qui fa capolino la New Age (seguita dalla Next Age) di cui apparentemente oggi si parla di meno ma solo perché molti suoi concetti sono già stati assimilati e sono parte della cultura dominante.

Ebbene in queste forme di neomisticismo l’io è considerato l’autorità finale, sia rispetto alla pratica religiosa sia rispetto ad un credo già strutturato, come nel Cristianesimo. Siamo di fronte alla religione «fai-da-te», ad una religiosità senza Dio, creata su misura del proprio «io» e dei propri bisogni. Tanto che si potrebbe cambiare il primo dei Comandamenti in «Non avrai altro dio che il tuo io». È una mistica insomma senza un riferimento al Totalmente Altro, che è Dio (come nel Cristianesimo), senza un Tu Trascendentale con cui confrontarsi, seguendo il quale ri-programmarsi e a cui finalmente affidarsi.

Ben diverso il secondo concetto di mistica, quello cristiano.

Così scrive il Catechismo della Chiesa Cattolica (2014):

«Il progresso spirituale tende all’unione sempre più intima con Cristo. Questa unione si chiama “mistica”, perché partecipa al mistero di Cristo mediante i sacramenti – “i santi misteri” – e, in lui, al mistero della SS. Trinità. Dio ci chiama tutti a questa unione intima con lui, anche se soltanto ad alcuni sono concesse grazie speciali o segni straordinari di questa vita mistica, allo scopo di rendere manifesto il dono gratuito fatto a tutti».

Come dire tutti chiamati alla vita mistica, ma pochi (purtroppo?) gli eletti. Tutti i credenti infatti possono avere il sentimento e la convinzione della presenza immediata e trasformante di Dio nel loro cuore (specialmente dopo certe esperienze spirituali forti), poi magari tutto si indebolisce o svanisce divorato dalla fretta e dalle preoccupazioni quotidiane. Invece l’unione spirituale o mistica di quelli che chiamiamo... i mistici (santi e sante) non è passeggera, non è contingente o parziale ma abituale, è inoltre costante o per lo meno ritrovata con facilità lungo la giornata.

I mistici pur immersi nella normale quotidianità sembrano sempre animati e guidati da una luce intima trascendente, che ridona le giuste proporzioni a tutto il resto che è e rimane per loro terreno, parziale, contingente e transeunte. E di questo processo Dio ha l’iniziativa. È Lui che dilata l’anima e la guida, è sempre Lui che la orienta, la rinforza e la sostiene. Lui solo ne è l’alimento costante e la gioia totale e totalizzante.

Il mistico è tutt’altro che un alienato


È chiaro (e si evince dalla storia dei grandi mistici della Chiesa Cattolica) che questi uomini e donne erano tutt’altro che alienati, frustrati, umanamente insoddisfatti, ripiegati su se stessi o concentrati sul proprio io. Vivevano di Dio e per Dio, ri-centrati su di Lui, vivevano con Dio attingendo al suo Amore, che naturalmente manifestavano sul prossimo in mille modi e in molteplici attività. Dio era per loro un fuoco interiore incontenibile (come per il profeta Geremia), che li portava a «bruciare» di esso e con esso tutti quelli che avvicinavano.

Per dirla col filosofo H. Bergson:

«L’amore che lo (il mistico) consuma non è più semplicemente l’amore di un uomo verso Dio, è l’amore di Dio per tutti gli uomini. Attraverso Dio, con Dio, egli ama tutta l’umanità di un amore divino...».

L’incontro con Dio e con Cristo non depaupera o depotenzia assolutamente il mistico ma lo arricchisce e dà un’altra dimensione al suo essere uomo o donna.

«L’umanità dei mistici viene come potenziata dall’incontro del mistico stesso con Cristo: attraverso l’esperienza di Cristo egli plasma ulteriormente il proprio profilo umano... Ne risulta sempre che l’incontro personale con il Dio-Uno in Gesù Cristo non sminuisce la personalità ma la rafforza» (Joseph Sudbrack).

Questa lunga introduzione per capire meglio la figura della Beata Angela da Foligno, una mistica contemporanea di Dante e di Jacopone da Todi, vissuta nella verde Umbria poco tempo dopo il grande Francesco d’Assisi. Tutto per comprendere e assimilare il suo messaggio spirituale, valido ancora oggi.

Angela vide la luce a Foligno nel 1248, in una famiglia ricca di beni materiali. Lei stessa visse nel benessere, negli agi e piaceri del tempo. Si sa anche con certezza che fu sposata ed ebbe figli e che visse con la madre che soddisfaceva tutti i suoi capricci, come lei stessa dirà.

Intanto in quegli anni ci fu una notevole fioritura del Terz’Ordine di San Francesco, ed il messaggio del Poverello d’Assisi era presente anche a Foligno. Poi in città ci fu anche l’esempio di un ricco possidente, tale Pietro Crisi, che aveva lasciato tutte le ricchezze e si era fatto penitente, tra il disprezzo dei ricchi della città e anche le beffe della famiglia di Angela.

Il mio posto è nel mondo

Come disse lei stessa in quegli anni cominciò a «conoscere il peccato». Andò anche a confessarsi ma «la vergogna le impedì di fare una confessione completa e per questo rimase nel tormento». Finché tra le lacrime pregò San Francesco che le apparve nel sogno rassicurandola che avrebbe conosciuto la misericordia di Dio. E la pace arrivò attraverso una confessione totale. Siamo nell’anno 1285 e Angela aveva 37 anni: quindi una donna matura, non una ragazzina sprovveduta.

Iniziò così una vita di austera penitenza (l’esempio di Francesco la guidava) puntando le proprie energie sulla povertà in particolare su tre aspetti: povertà dalle cose, povertà dagli affetti, povertà da se stessa. Cominciò dai vestiti, dal vitto, dalle varie acconciature. Dovette anche affrontare la ostilità, gli ostacoli e le ingiurie della famiglia: marito, figli e madre stessa. Tutti a remare contro. Ma Angela continuò nella via e nella vita di povertà che ormai si era tracciata.

Lei perseverò anche quando, in breve tempo le morirono madre, marito e figli. Rimasta sola continuò sempre più decisa il proprio tracciato esistenziale alla sequela di Cristo povero. Vendette quasi tutti i beni e cominciò a passare ore in ginocchio davanti al Crocifisso, nutrendosi quotidianamente della Scrittura.

Al ritorno da un pellegrinaggio a San Pietro a Roma vendette anche un cascinale che possedeva.

Accettata nel Terz’Ordine francescano, decise di nuovo un pellegrinaggio a Assisi per «consultarsi» con Francesco. Durante il viaggio si fermò dalla sua amica badessa del monastero di Vallegloria che le chiese se voleva rimanere con loro. Ma Angela, pensando anche agli amici che l’accompagnavano (un piccolo cenacolo di «filioli»), rispose: «Il mio posto è nel mondo». Aggiungendo che intendeva rimanere e fare penitenza nella città dove aveva peccato.

«Amore non conosciuto perché mi lasci?


Siamo nel 1291, a sei anni dalla conversione. Un anno centrale e decisivo per Angela e per il suo cammino spirituale. È l’avvenimento dell’esperienza mistica di Assisi che la segnerà per sempre. Cosa successe?

Come lei stessa narrò a frate Arnaldo, suo confessore (che poi scrisse il Memoriale) lungo il cammino verso Assisi Angela ebbe un lungo dialogo con lo Spirito Santo, e poi con il Cristo. Al pomeriggio tornò nella chiesa di San Francesco e qui ebbe una travolgente esperienza mistica di Dio Trinità, della sua immensità e del suo Amore.

E poiché io – frate scrittore – qui le chiedevo e le dicevo: “Cosa hai visto?, essa rispose. Dicendo: “Ho visto una cosa piena, una maestà immensa, che non so dire, ma mi sembrava che era ogni bene. E mi disse molte parole di dolcezza quando partì e con immensa soavità e partì piano, con lentezza. E allora, dopo la sua partenza, cominciai a strillare ad alta voce – o urlare – e senza alcuna vergogna strillavo e urlavo, dicendo questa parola, cioè: “Amore non conosciuto perché? Cioè, perché mi lasci? Ma non potevo dire – o non dicevo – di più; gridavo solo senza vergogna la predetta parola, cioè: “Amore non conosciuto, e perché e perché e perché”».

Oltre ad una certa Masazuola (che Angela chiama «la mia compagna» e si tratta della beata Pasqualina da Foligno) aveva attirato attorno a sé un piccolo cenacolo di «figli» che trovarono in lei una guida spirituale ed una vera maestra nel riconoscere la via della croce, oltre che un esempio ed un sostegno nel percorrerla con decisione, in povertà e in preghiera. Angela morì il 4 gennaio 1309, ma il suo ricordo ed il suo insegnamento attraversarono i secoli. Tra i tanti che la «conobbero», ricordiamo Teresa d’Avila (grande mistica del 1500) ed Elisabetta della Trinità (una mistica morta nel 1906 e beatificata nel 1984) che apprezzarono il messaggio. Valido per la verità ancora oggi.

Quale messaggio? Sergio Andreoli, studioso della Beata, lo sintetizza affermando che la spiritualità di Angela parte dall’affermazione centrale che «Dio è tutto Amore e perciò ama in modo totale» e che per corrispondere a questo amore non si dovrà fare altro che seguire 
il Cristo «che si è fatto e si fa ancora via in questo mondo; via... veracissima e diritta e breve».

Angela ha mostrato di aver chiaramente compreso che la profonda comunione con Dio non è un’utopia, ma una possibilità offerta che viene impedita solo dal peccato: di qui la necessità di una costante e severa mortificazione per aderire all’amore di Dio, che è ogni bene e gioia per l’anima. Angela inoltre ha capito che questa unione profonda si realizza specialmente nell’Eucarestia, espressione altissima e misteriosa dell’Amore di Cristo per noi. Un’altra costante della sua vita fu la meditazione dei misteri di Cristo, particolarmente della sua Passione e Morte (insieme a Maria di Nazaret ai piedi della Croce), pratica, secondo lei, molto fruttuosa per rimanere in comunione con Dio e per perseverare nella donazione a Dio e al prossimo.

Sappiamo tutti che non c’è vera vita spirituale senza l’umiltà e senza la preghiera. Questa può essere corporale (vocale) mentale («quando non si pensa nient’altro che a Dio») e soprannaturale (o di contemplazione).

«In queste tre scuole uno conosce sé e Dio; e per il fatto che conosce, ama; e perché ama, desidera avere ciò che ama. E questo è il segno del vero amore: che chi ama non trasforma parte di sé, ma tutto sé nell’Amato».

Considerazioni queste che ritengo sempre attuali per tutti: per chi comincia il proprio cammino spirituale, e per chi è già avanti e con la guida dello Spirito, vuole continuare l’avventura della conoscenza dell’Amore di Dio nella sua vita, seguendo Cristo «la via breve».

Autore:
Mario Scudu sdb



LE LIVRE DES VISIONS ET DES INSTRUCTIONS de la Bienheureuse ANGÈLE de FOLIGNO. Traduit par Ernest HELLO : http://jesusmarie.free.fr/angele_de_foligno_livre_des_visions_et_instructions.html