vendredi 18 janvier 2013

LA CHAIRE DE SAINT PIERRE APÔTRE À ROME


Chaire de Saint Pierre, Apôtre

La chaire d'un évêque, qui se dresse dans sa cathédrale, est le signe de son autorité de docteur, de souverain prêtre et de pasteur. La Chaire de Saint Pierre rappelle la mission que le Christ a confiée à son Apôtre. Pierre est le garant infaillible de la foi de ses frères; la foi de Pierre est le rocher sur lequel le Seigneur a bâti son Église.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/02/22/12911/-/chaire-de-saint-pierre-apotre

La Chaire de saint Pierre à Rome

en 43

L'Église a institué la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome pour célébrer cette mémorable journée en laquelle le prince des Apôtres, après avoir tenu sept ans son siège apostolique à Antioche, vint à Rome combattre le paganisme dans son centre et dans sa source. Le dessein était audacieux; mais l'Esprit-Saint l'inspira à celui que naguère la voix d'une servante avait fait trembler. La sagesse divine réservait au prince des Apôtres de planter la foi dans cette ville, maîtresse de l'univers, afin que, de là, elle se répandit facilement chez tous les peuples.

Assurément la victoire du christianisme serait complète, si la capitale du monde païen devenait la capitale du monde régénéré, si le trône des Césars devenait le trône des chefs de l'Église de Jésus-Christ, si l'empire du démon croulait sur ses vieilles bases pour donner place à l'empire du Sauveur. C'est ce qui arriva, en dépit de toutes prévisions humaines, parce que la Volonté de Dieu ne connaît pas d'obstacles. N'était-il pas juste de célébrer par une fête la prise de possession de Rome par saint Pierre? Pour entrer dans l'esprit de cette fête, témoignons à Jésus-Christ notre reconnaissance et affermissons notre foi à Son Église.

Heureux sommes-nous de vivre dans la communion de l'Église de Jésus-Christ, seule vraie Église, hors de laquelle il n'y a point de salut! Nous marchons à la vraie lumière, nous suivons le droit chemin, nous arrivons sûrement au Ciel. Notre naissance au sein de l'Église, hors du paganisme, des hérésies et des schismes, est un don gratuit de Dieu et une marque insigne de Sa prédilection. Grâces éternelles Lui en soient rendues!

De plus, quel sujet d'affermir notre foi! Cette Église, dont nous sommes les enfants, elle est l'oeuvre de Dieu; nulle force humaine n'a contribué à son établissement ni à son triomphe; elle doit tout à la puissance divine; le monde tout entier s'est levé contre elle, mais elle a vaincu le monde; les Césars ont voulu l'égorger à sa naissance, mais elle a supplanté les Césars; les persécutions, qui devaient la tuer, l'ont fait grandir à l'infini; la faiblesse de ses chefs a fait leur force et de même que le Christ a sauvé l'humanité par Sa mort, c'est par sa vie que saint Pierre a fait de Rome le centre de l'Église.

Rome! Ce grand nom nous rappelle bien des gloires; mais sa gloire la plus brillante, c'est d'être devenue, par la prise de possession de saint Pierre, la capitale du monde chrétien.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950




CONCÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE AVEC LES NOUVEAUX CARDINAUX

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Basilique vaticane


Dimanche 19 février 2012

Messieurs les Cardinaux,

Vénérés frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,

Chers frères et sœurs !

En la solennité de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, nous avons la joie de nous rassembler autour de l’Autel du Seigneur avec les nouveaux Cardinaux, qu’hier j’ai agrégés au Collège cardinalice. C’est à eux avant tout que j’adresse mon cordial salut, remerciant le Cardinal Fernando Filoni pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de tous. J’étends ma salutation aux autres Cardinaux et à tous les Prélats présents, ainsi qu’aux Autorités, à Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, aux prêtres, aux religieux et à tous les fidèles, venus des différentes parties du monde pour cette heureuse circonstance, qui revêt un caractère particulier d’universalité.

Dans la seconde lecture proclamée il y a quelques instants, l’Apôtre Pierre exhorte les « Anciens » de l’Église à être des pasteurs zélés et prévenants du troupeau du Christ (cf. 1 Pt 5, 1-2). Ces paroles sont avant tout adressées à vous, chers et vénérés Frères, qui avez déjà de nombreux mérites auprès du Peuple de Dieu pour l’œuvre généreuse et sage menée dans le Ministère pastoral dans des Diocèses importants, dans la direction des Dicastères de la Curie Romaine, ou encore dans le service ecclésial de l’étude et de l’enseignement. La nouvelle dignité qui vous a été conférée veut manifester l’estime pour votre fidèle travail dans la vigne du Seigneur, rendre honneur aux Communautés et aux Nations d’où vous venez et dont vous êtes de dignes représentants dans l’Église, vous investir de nouvelles et plus importantes responsabilités ecclésiales, et enfin vous demander un supplément de disponibilité pour le Christ et pour la Communauté chrétienne tout entière. Cette disponibilité au service de l’Évangile est solidement fondée sur la certitude de la foi. Nous savons en effet que Dieu est fidèle à ses promesses et nous attendons dans l’espérance la réalisation de ces paroles de l’apôtre Pierre : « Et quand se manifestera le berger suprême, vous remporterez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1 Pt 5, 4).

Le passage évangélique d’aujourd’hui présente Pierre qui, mû par une inspiration divine, exprime sa foi solide en Jésus, le Fils de Dieu et le Messie promis. En réponse à cette profession de foi limpide, faite par Pierre mais aussi au nom des autres Apôtres, le Christ lui révèle la mission qu’il entend lui confier, autrement dit celle d’être la « pierre », le « rocher », le fondement visible sur lequel est construit tout l’édifice spirituel de l’Église. (cf. Mt 16,16-19). Cette dénomination de « rocher-pierre » ne fait pas référence au caractère de la personne, mais doit être comprise seulement à partir d’un aspect plus profond, du mystère : à travers la charge que Jésus lui confère, Simon-Pierre deviendra ce qu’il n’est pas par « la chair et le sang ». L’exégète Joachim Jeremias a montré qu’en arrière-plan se trouve le langage symbolique du « rocher saint ». A cet égard peut nous venir en aide un texte rabbinique dans lequel on affirme : « Le Seigneur dit ‘ Comment puis-je créer le monde, quand surgiront ces sans-Dieu et qu’ils se révolteront contre moi ? ’. Mais quand Dieu vit qu’Abraham devait naître, il dit : ‘Regarde, j’ai trouvé un roc, sur lequel je peux construire et fonder le monde’. C’est pourquoi il appela Abraham un rocher ». Le prophète Isaïe y fait référence quand il rappelle au peuple « regardez le rocher d’où l’on vous a taillés… Abraham votre père » (51, 1-2). Abraham, le père des croyants, avec sa foi est vu comme le roc qui soutient la création. Simon, qui le premier a confessé Jésus en tant que Christ et a été le premier témoin de la résurrection, devient maintenant avec sa foi renouvelée, le roc qui s’oppose aux forces destructrices du mal.

Chers frères et sœurs ! Cet épisode évangélique que vous avons écouté trouve une explication autre et plus éloquente encore dans un élément artistique très connu qui orne cette Basilique Vaticane : l’autel de la Cathèdre. Quand on parcourt la grandiose nef centrale et, dépassant le transept, on arrive à l’abside, on se trouve devant un énorme trône de bronze, qui semble élevé dans les airs, mais qui en réalité est soutenu par les quatre statues des illustres Pères de l’Église d’Orient et d’Occident. Et au-dessus du trône, entourée par un triomphe d’anges suspendus dans les airs, resplendit dans la fenêtre ovale la gloire de l’Esprit-Saint. Que nous dit cet ensemble sculpté, dû au génie du Bernin ? Il représente une vision de l’essence de l’Église et, à l’intérieur de celle-ci, du magistère pétrinien.

La fenêtre de l’abside ouvre l’Église sur l’extérieur, vers la création tout entière, tandis que l’image de la colombe de l’Esprit-Saint montre Dieu comme la source de la lumière. Mais il y a encore un autre aspect à mettre en valeur : l’Église elle-même est en effet, comme une fenêtre, le lieu dans lequel Dieu se fait proche et va à la rencontre de notre monde. L’Église n’existe pas pour elle-même, elle n’est pas un point d’arrivée, mais elle doit renvoyer au-delà d’elle-même, vers le haut, au-dessus de nous. L’Église est vraiment elle-même dans la mesure où elle laisse transparaître l’Autre – avec un « A » majuscule – de qui elle provient et à qui elle conduit. L’Église est le lieu où Dieu « arrive » à nous, et où nous, nous « partons » vers Lui ; elle a le devoir d’ouvrir au-delà d’elle-même ce monde qui tend à se fermer sur lui-même et de lui porter la lumière qui vient d’en-haut, sans laquelle il deviendrait inhabitable.

La grande chaire de bronze renferme un siège en bois du IXe siècle, qui fut longtemps considéré comme la cathèdre de l’apôtre Pierre et fut justement placé sur cet autel monumental en raison de sa grande valeur symbolique. Il exprime en effet la présence permanente de l’Apôtre dans le magistère de ses successeurs. Le siège de saint Pierre, peut-on dire, est le trône de la Vérité, qui tire ses origines du mandat du Christ après la confession à Césarée de Philippe. Le siège magistériel renouvelle aussi en nous la mémoire des paroles adressées par le Seigneur à Pierre au Cénacle : « Moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32).

La chaire de Pierre évoque un autre souvenir : la célèbre expression de saint Ignace d’Antioche, qui dans sa lettre aux Romains appelle l’Église de Rome « celle qui préside à la charité » (Inscr. : PG 5, 801). En effet le fait de présider dans la foi est inséparablement lié au fait de présider dans l’amour. Une foi sans amour ne serait plus une authentique foi chrétienne. Mais les paroles de saint Ignace ont encore une autre résonnance beaucoup plus concrète : le mot « charité » était aussi utilisé par l’Église des origines pour parler de l’Eucharistie. En effet, l’Eucharistie est Sacramentum caritatis Christi, par lequel Celui-ci continue à nous attirer tous à Lui, comme Il le fit du haut de la croix (cf. Jn 12, 32). Par conséquent, « présider à la charité » signifie attirer les hommes dans une étreinte eucharistique - l’étreinte du Christ -, qui vainc toute barrière et tout manque de relation, et crée la communion à partir des différences multiples. Le ministère pétrinien est donc primauté dans l’amour au sens eucharistique, autrement dit sollicitude pour la communion universelle de l’Église dans le Christ. L’Eucharistie est la forme et la mesure de cette communion et la garantie qu’elle demeure fidèle au critère de la tradition de la foi.

La grande chaire est soutenue par les Pères de l’Église. Les deux maîtres de l’Orient, saint Jean Chrysostome et saint Athanase, avec les latins, saint Ambroise et saint Augustin, représentent l’ensemble de la tradition et donc la richesse de l’expression de la vraie foi dans l' Église unique et sainte. Cet élément de l’autel nous dit que l’amour s’appuie sur la foi. Il s’effrite si l’homme ne compte plus sur Dieu ni ne Lui obéit plus. Tout dans l’Église repose sur la foi : les sacrements, la liturgie, l’évangélisation, la charité. Même le droit, même l’autorité dans l’Église reposent sur la foi. L’Église ne s’auto-régule pas, elle ne se donne pas à elle-même son ordre propre, mais elle le reçoit de la Parole de Dieu, qu’elle écoute dans la foi et qu’elle cherche à comprendre et à vivre. Les Pères de l’Église ont dans la communauté ecclésiale la fonction de garants de la fidélité à la Sainte Écriture. Ceux-ci assurent une exégèse fiable, solide, capable de former avec la chaire de Pierre un ensemble stable et homogène. Les Saintes Écritures, interprétées avec autorité par le Magistère à la lumière des Pères, éclairent le chemin de l’Église dans le temps, lui assurant un fondement stable au milieu des mutations historiques.

Après avoir considéré les divers éléments de l’autel de la Chaire, jetons vers lui un regard d’ensemble. Nous voyons qu’il est traversé par un double mouvement : ascendant et descendant. C’est la réciprocité entre la foi et l’amour. La chaire est bien mise en relief en ce lieu, puisqu’ici se trouve la tombe de l’Apôtre Pierre, mais elle aussi tend vers l’amour. En effet, la foi est orientée vers l’amour. Une foi égoïste ne serait pas une foi vraie. Qui croit en Jésus-Christ et entre dans le dynamisme d’amour qui trouve sa source dans l’Eucharistie, découvre la vraie joie et devient à son tour capable de vivre selon la logique de ce don. La vraie foi est éclairée par l’amour et conduit à l’amour, vers le haut, comme l’autel de la Cathèdre élève vers la fenêtre lumineuse, la gloire de l’Esprit-Saint, qui constitue le vrai point focal pour le regard du pèlerin quand il franchit le seuil de la Basilique Vaticane. A cette fenêtre, le triomphe des anges et les grands rayons dorés donne le plus grand relief avec un sens de plénitude débordante qui exprime la richesse de la communion avec Dieu. Dieu n’est pas solitude, mais amour glorieux et joyeux, rayonnant et lumineux.

Chers frères et sœurs, à nous, à chaque chrétien est confié le don de cet amour : un don à répandre par le témoignage de notre vie. Ceci est particulièrement votre devoir vénérés Frères Cardinaux : témoigner la joie de l’amour du Christ. A la Vierge Marie, présente dans la Communauté apostolique réunie en prière dans l’attente du Saint Esprit (cf. Ac 1, 14), nous confions à présent votre nouveau service ecclésial. Que la Mère du Verbe Incarné protège la marche de l’Église, soutienne l’œuvre des Pasteurs par son intercession et accueille sous son manteau tout le Collège cardinalice. Amen !

© Copyright 2012 - Libreria Editrice Vaticana



Il était naturel que l’on cherchât à établir un lien entre la fête de la Cathedra de saint Pierre, et la chaire qui existe encore à Rome, au Vatican. Celle-ci est enfermée dans un monument de bronze, œuvre du Bernin, qui, depuis 1663, sous Alexandre VII, décore l’abside de la basilique Vaticane.

En 1867, pour les fêtes du centenaire de saint Pierre, Pie IX la fit sortir du monument, et exposer à la vénération des fidèles. On put alors l’étudier et la photographier à loisir, et rectifier par là même certaines idées fausses qui s’étaient répandues sur ce monument, celle en particulier qui voulait y voir la chaise curule du consul Pudens (cf. Dom Guéranger, Sainte Cécile et la société romaine, éd. 1874, p. 69).

LES DIMENSIONS DE LA CHAIRE

C’est une chaise en bois de chêne ; la hauteur totale, y compris le tympan, est de 1,34 m, la largeur 0,89 m ; la hauteur du siège proprement dit, 0,78 m ; la hauteur des petits pilastres, 0,25 m ; la hauteur des arcatures, 0,56 m ; l’épaisseur du siège, 0,57 m.

On voit par notre gravure, que la chaire, comme il était naturel, a souffert des atteintes du temps : quelques parties sont rongées ; de plus il faut accuser de cette usure l’indiscrétion des pèlerins, qui à l’aide de couteaux, ont tailladé le bois, pour emporter quelque relique.

LES RESTAURATIONS ET EMBELLISSEMENTS ULTÉRIEURS

La chaire est munie de chaque côté, de deux anneaux qui permettaient de la transporter. Le dossier et les panneaux ont été renouvelés à une époque postérieure, en bois d’acacia de couleur sombre ; ce dossier est formé d’arcades à jour, que surmonte un tympan triangulaire de même bois.

Des ornements d’ivoire ont été adaptés au devant et au dossier de la chaire. Ceux qui couvrent le panneau de devant sont surtout intéressants ; ils sont divisés en trois rangs superposés, contenant chacun six plaques d’ivoire, sur lesquelles ont été gravés divers sujets, entre autres les travaux d’Hercule. Quelques-unes de ces plaques sont posées à faux, et l’on reconnaît aisément que leur emploi a eu lieu dans un but d’ornementation à l’époque où l’on adaptait les restes de l’antiquité aux objets que l’on voulait décorer, aux châsses de reliques, aux missels, etc., dans les VIIIe et IXe siècles (Dom Guéranger, loc. cit., p. 70).

Les ivoires qui décorent le dossier correspondent à son architecture et semblent fabriqués exprès. Ce sont de longues bandes sculptées en relief, et représentant des combats d’animaux, de centaures et d’hommes. Le centre de la ligne horizontale du tympan est occupé par la figure d’un prince couronné ayant le globe dans sa main gauche et le sceptre dans la droite ; sous ses traits M. De Rossi croit voir un empereur carolingien, Charlemagne ou l’un de ses successeurs.

Les plaques d’ivoire qui représentent les travaux d’Hercule sont incrustées d’or. Garrucci les croit du XIe siècle, selon De Rossi elles seraient plus anciennes.

L’ANTIQUITÉ DE LA CHAIRE

De Rossi s’est efforcé de suivre l’histoire de cette chaire jusqu’aux origines. C’est sans doute sous le pontificat de [saint] Damase qu’elle fut transportée au Vatican. Mais où était-elle auparavant ? On a cru généralement que c’était dans l’église de Sainte-Pudentienne, mais il est plus probable que c’était dans l’église de Sainte-Prisque sur l’Aventin, qui serait ainsi le Locus ubi secundo sedebat sanctus Petrus.

Sous le pontificat de [saint] Damase, l’importance de cette église était bien diminuée. On ne dut pas s’étonner de voir le Pape transporter la chaire qui en faisait l’ornement dans le nouveau baptistère qu’il avait fait construire au Vatican.

On a remarqué que la dédicace de l’église de Sainte-Prisque est au 22 février ; il faut rappeler aussi que la fête de sainte Prisque coïncide avec l’autre fête de la chaire au 18 janvier.

En tout cas, au IVe siècle et même avant cette époque, nous avons plusieurs textes qui font allusion à une Cathedra ou chaire de [saint] Pierre.

[Extrait de l’article qui est de Dom Cabrol]



La fête de la Chaire de Saint Pierre était à l’origine célébrée le 18 janvier en Gaule et le 22 février à Rome même. En 1558, le Pape Paul IV introduisit la fête du 18 janvier à Rome qui devint fête de la Chaire de Saint Pierre à Rome tandis que la fête du 22 février pris le titre de Chaire de Saint Pierre à Antioche.

La réforme du calendrier de Jean XXIII a supprimé la fête du 18 janvier dont il ne reste plus que le jour octave le 25 janvier avec la fête de la Conversion de saint Paul. [*]

[*] Voir le commentaire de l’abbé Jounel : « Le plus ancien calendrier romain, qui remonte à 336, nous apprend qu’au 22 février on célébrait alors le Natale Petri de cathedra. Avant d’honorer la Chaire épiscopale de Pierre (4e siècle), la fête du 22 février avait dû célébrer, dès les siècles précédents, le souvenir funéraire des apôtres Pierre et Paul, au jour de l’année où la société romaine, quelles que fussent ses croyances, commémorait le souvenir des morts. Dans la Rome des premiers siècles, le 22 février correspondait à ce qu’est aujourd’hui en Occident le 2 novembre. Après une éclipse de quelques siècles (6e-10e) due au fait que le 22 février tombe souvent en Carême, la Cathedra sancti Petri reprit sa place au calendrier romain jusqu’en 1558. C’est alors que le pape Paul IV crut devoir doubler la fête du 22 février d’une fête identique le 18 janvier, sous le prétexte qu’on lisait dans les Martyrologes la mention d’une Chaire de saint Pierre à Rome (18 janvier) et d’une Chaire de saint Pierre à Antioche (22 février). Le 18 janvier était, en effet, la date à laquelle certaines églises franques avaient anticipé, aux 7e -8e siècles, la Chaire de saint Pierre, et les martyrologes avaient expliqué comme ils avaient pu les deux dates festives. Mais Paul IV n’avait pas remarqué qu’avant sa décision seules de rares Eglises avaient pu fêter en même temps le 18 janvier et le 22 février. On se félicitera qu’au bout de quatre cents ans le doublet ait enfin disparu et que le Calendrier romain renoue avec sa plus ancienne tradition. », in Remarques sur le culte des saints à propos de la réforme du calendrier de Jean XXIII (La maison Dieu 63 bis, 1960).




Commencement de la 1re Épitre de l’Apôtre Saint Pierre. Cap. 1, 1-12.

Première leçon. Pierre, Apôtre de Jésus-Christ, aux étrangers de la dispersion dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie, élus, selon la prescience de Dieu le Père, pour être sanctifiés par l’Esprit, pour obéir et être arrosés du sang de Jésus-Christ : qu’en vous la grâce et la paix s’accroissent. Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une vive espérance, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héritage incorruptible, qui n’est pas souillé, qui ne peut se flétrir, réservé dans les cieux pour vous, qui par la vertu de Dieu êtes gardés au moyen de la foi pour le salut qui doit être révélé à la fin des temps.

R/. Simon Pierre, avant que je t’ai appelé du bateau, je t’ai connu et je t’ai établi prince de mon peuple. * Et je t’ai confié les clefs du royaume des cieux. V/. Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans les cieux. * Et.

Deuxième leçon. En (ce salut) vous serez transportés de joie, bien qu’il faille maintenant que pour peu de jours vous soyez contristés par diverses tentations, afin que l’épreuve de votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or (qu’on éprouve par le feu), soit trouvée digne de louange, de gloire et d’honneur à la révélation de Jésus-Christ, que vous aimez, quoique vous ne l’ayez point vu ; en qui vous croyez, sans le voir encore maintenant ; or, croyant ainsi, vous tressaillirez d’une joie ineffable et glorifiée ; obtenant comme fin de votre foi le salut de vos âmes.

R/. Si tu m’aimes, Simon Pierre, pais mes brebis : Seigneur, vous savez que je vous aime, * Et je donnerai mon âme pour vous. V/. Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. * Et.

Troisième leçon. Salut qu’ont recherché et scruté les Prophètes qui ont prédit la grâce que vous deviez recevoir. Et, comme ils cherchaient quel temps et quelles circonstances l’Esprit du Christ qui était en eux indiquait, en prédisant les souffrances du Christ et les gloires qui devaient les suivre, il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient dispensateurs des choses qui vous sont annoncées maintenant par ceux qui vous ont évangélisés par l’Esprit-Saint envoyé du ciel, et que les Anges désirent contempler.

R/. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle : * Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. V/. Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans les cieux. * Et. Gloire au Père. * Et.

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Sermon de saint Léon, Pape.

Quatrième leçon. Lorsque les douze Apôtres, après avoir reçu par l’Esprit-Saint le don de parler toutes les langues, se furent distribué les diverses parties de la terre, et qu’ils eurent ainsi pris possession du monde pour l’instruire de l’Évangile, le bienheureux Pierre, prince de l’ordre apostolique, fut destiné pour la citadelle de l’empire romain, afin que la lumière de la vérité, révélée pour le salut de toutes les nations, se répandît plus efficacement de cette capitale, comme d’une tête dans le corps entier du monde. Quelle nation, en effet, ne comptait pas des représentants dans cette ville, ou quels peuples pouvaient ignorer ce que Rome avait appris ?

R/. Vous êtes le pasteur des brebis, le prince des Apôtres, Dieu vous a donné tous les royaumes du monde : * Et c’est pourquoi il vous a confié les clefs du royaume des cieux. V/. Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que vous délierez sur la terre, sera délié aussi dans les cieux. * Et.

Cinquième leçon. C’était là que devaient être écrasées les opinions de la philosophie, là que devaient être dissipées les vanités de la sagesse terrestre, là que le culte des démons devait être confondu ; l’impiété du paganisme sacrilège devait être détruite dans ce lieu même où la superstition avait eu soin de réunir tout ce que de vaines erreurs avaient inventé, en quelque lieu que ce soit. C’est donc en cette ville que tu ne crains pas de venir, ô bienheureux Apôtre Pierre et pendant que l’Apôtre saint Paul, le compagnon de ta gloire, est encore occupé à fonder d’autres Églises, tu entres dans cette forêt peuplée de bêtes farouches, tu marches sur cet océan profond et troublé, avec plus de courage qu’au jour où tu marchais sur la mer.

R/. J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille point : * Et toi, quand tu seras converti, confirme tes frères. V/. La chair ni le sang ne t’ont révélé ceci, mais mon Père qui est dans les cieux. * Et.

Sixième leçon. Déjà tu as instruit les peuples de la circoncision, qui ont cru à ta parole ; déjà tu as fondé l’Église d’Antioche, où commença à paraître le nom si digne de chrétien ; déjà tu as rempli de la prédication des lois évangéliques le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie ; maintenant, sans douter du futur progrès de ton œuvre comme sans ignorer la durée restreinte de ta vie, tu viens arborer sur les remparts de Rome le trophée de la croix du Christ, là même où les décrets divins t’ont préparé l’honneur de la puissance, et la gloire de là Passion.

R/. Pierre, m’aimes-tu ? Vous savez, Seigneur, que je vous aime : * Pais mes brebis. V/. Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Vous savez, Seigneur, que je vous aime. * Pais. Gloire au Père. * Pais.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 16, 13-19.

En ce temps-là : Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et il interrogeait ses disciples, disant : Quel est celui que les hommes disent être le Fils de l’homme ? Et le reste.

Homélie de saint Hilaire, Évêque.

Septième leçon. Le Seigneur demanda à ses disciples qui les hommes disaient qu’il était ; et il ajouta : moi, le fils de l’homme. Car telle est la règle de la .profession de foi, qu’on le reconnaisse en même temps pour le Fils de Dieu et pour le fils de l’homme ; parce que l’un sans l’autre ne nous aurait apporté aucune espérance de salut. C’est pourquoi, lorsque les disciples eurent énoncé les opinions des hommes, qui étaient diverses à son sujet, il leur demanda ce qu’eux-mêmes pensaient de lui. Pierre répondit : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. » Or Pierre avait pesé les éléments de la question posée. Car le Seigneur avait dit : « Qui les hommes disent-ils que je suis, moi, le fils de l’homme ? » Et certes la vue de son corps attirait l’attention sur cette idée : « le fils de l’homme. » Mais en ajoutant : « Qui disent-ils que je suis » ; il faisait comprendre qu’outre ce que l’on voyait en lui, il y avait quelque chose qu’il fallait croire. Il était bien le fils de l’homme. Quel jugement désirait-il voir porter à son sujet ? Ne pensons pas que ce fut de reconnaître en lui (cette nature humaine) qu’il venait d’affirmer ; il interrogeait sur quelque chose de caché, (sur le fait de sa divinité), objet proposé à la foi des fidèles.

R/. Que disent les hommes que soit le Fils de l’homme ? demanda Jésus à ses disciples. Pierre, répondant, dit : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. * Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. V/. Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ni la chair ni le sang ne t’ont révélé ceci, mais mon Père qui est dans les cieux. * Et.

Huitième leçon. Et la confession de Pierre obtint une récompense absolument juste, parce que dans l’homme il avait vu le Fils de Dieu. Bienheureux est-il cet apôtre, loué d’avoir porté les yeux et vu au-delà de ce qui est humain, n’envisageant pas seulement un corps formé de chair et de sang, mais contemplant le Fils de Dieu par la révélation du Père céleste ; cet Apôtre jugé digne de reconnaître le premier ce qu’il y a dans le Christ de Dieu.

R/. Le Seigneur t’a choisi pour son prêtre, pour lui sacrifier * Une hostie de louanges. V/. Immole à Dieu un sacrifice de louange et rends au Très-Haut tes vœux. * Une hostie de louanges. Gloire au Père. * Une hostie de louanges.

Neuvième leçon. O heureux Pierre, qui, sous ce nom nouveau, êtes le fondement de l’Église, ô pierre digne de prendre place dans la construction de cette Église qui abolit les lois de l’enfer, brise les portes du tartare, et les barrières de la mort ! O bienheureux portier du ciel, à la discrétion duquel sont remises les clefs de l’éternelle entrée, vous dont les jugements sur la terre ont une autorité reconnue d’avance dans le ciel, de façon que ce qui est lié ou délié sur la terre le soit également dans le ciel par la vertu du même arrêt.

Laudes

Hymnus

Beáte pastor, Petre, clemens áccipe

Voces precántum, criminúmque víncula

Verbo resólve, cui potéstas trádita

Aperíre terris cælum, apértum cláudere.

Hymne

Bienheureux Pasteur, Pierre, recevez avec clémence les prières de ceux qui vous invoquent, brisez par votre parole les liens de nos péchés, vous à qui a été donné le pouvoir d’ouvrir le ciel à la terre, ou d’en fermer l’entrée.

Gloire perpétuelle, honneur, puissance, jubilation soient à la Trinité, qui, dans l’unité, gouverne toutes choses, durant tous les siècles et l’éternité.

Amen.

V/. Qu’on l’exalte dans l’assemblée du peuple.

R/. Et que, dans la chaire des anciens, on le loue.

Antienne au Bénédictus Tout ce que * tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les cieux ; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans les cieux, dit le Seigneur à Simon Pierre.

Deuxièmes Vêpres

Hymne comme aux premières Vêpres

V/. Dieu t’a choisi pour son prêtre.

R/. Pour lui sacrifier une hostie de louange.

Antienne au Magnificat Tandis qu’il était souverain Pontife, * il n’a redouté rien de terrestre, mais il s’est glorieusement dirigé vers les royaumes célestes.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’archange avait annoncé à Marie que le Fils qui naîtrait d’elle serait Roi, et que son Royaume n’aurait point de fin ; instruits par l’Etoile, les Mages vinrent, du fond de l’Orient, chercher ce Roi en Bethlehem ; mais il fallait une Capitale à ce nouvel Empire ; et parce que le Roi qui devait y établir son trône devait aussi, selon les conseils éternels, remonter bientôt dans les cieux, il était nécessaire que le caractère visible de sa Royauté reposât sur un homme qui fût, jusqu’à la fin des siècles, le Vicaire du Christ.

Pour cette sublime lieutenance, l’Emmanuel choisit Simon, dont il changea le nom en celui de Pierre, déclarant expressément que l’Église tout entière reposerait sur cet homme, comme sur un rocher inébranlable. Et comme Pierre devait aussi terminer par la croix ses destinées mortelles, le Christ prenait l’engagement de lui donner des successeurs dans lesquels vivraient toujours Pierre et son autorité.

Mais quelle sera la marque de cette succession, dans l’homme privilégié sur qui doit être édifiée l’Église jusqu’à la fin des temps ? Parmi tant d’Évêques, quel est celui dans lequel Pierre se continue ? Ce Prince des Apôtres a fondé et gouverné plusieurs Églises ; mais une seule, celle de Rome, a été arrosée de son sang ; une seule, celle de Rome, garde sa tombe : l’Évêque de Rome est donc le successeur de Pierre, et, par là même, le Vicaire du Christ. C’est de lui, et non d’un autre, qu’il est dit : Sur toi je bâtirai mon Église. Et encore : Je te donnerai les Clefs du Royaume des cieux. Et encore : J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; confirme tes frères. Et encore : Pais mes agneaux ; pais mes brebis.

L’hérésie protestante l’avait si bien compris, que longtemps elle s’efforça de jeter des doutes sur le séjour de saint Pierre à Rome, croyant avec raison anéantir, par ce stratagème, l’autorité du Pontife Romain, et la notion même d’un Chef dans l’Église. La science historique a fait justice de cette puérile objection ; et depuis longtemps, les érudits de la Réforme sont d’accord avec les catholiques sur le terrain des faits, et ne contestent plus un des points de l’histoire les mieux établis par la critique.

Ce fut pour opposer l’autorité de la Liturgie à une étrange prétention des Réformateurs, que Paul IV, en 1558, rétablit au dix-huit janvier l’antique fête de la Chaire de saint Pierre à Rome ; car, depuis de longs siècles, l’Église ne solennisait plus le mystère du Pontificat du Prince des Apôtres qu’au vingt-deux février. Désormais, ce dernier jour fut assigné au souvenir de la Chaire d’Antioche, la première que l’Apôtre ait occupée.

Aujourd’hui donc, la Royauté de notre Emmanuel brille de tout son éclat ; et les enfants de l’Église se réjouissent de se sentir tous frères et concitoyens d’un même Empire, en célébrant la gloire de la Capitale qui leur est commune à tous. Lorsque, regardant autour d’eux, ils aperçoivent tant de sectes divisées et dépourvues de toutes les conditions de la durée, parce qu’un centre leur manque, ils rendent grâces au Fils de Dieu d’avoir pourvu à la conservation de son Église et de sa Vérité, par l’institution d’un Chef visible dans lequel Pierre se continue à jamais, comme le Christ lui-même dans Pierre. Les hommes ne sont plus des brebis sans pasteur ; la parole dite au commencement se perpétue, sans interruption, à travers les âges ; la mission première n’est jamais suspendue, et, par le Pontife Romain, la fin des temps s’enchaîne à l’origine des choses. « Quelle consolation aux enfants de Dieu ! s’écrie a Bossuet, dans le Discours sur l’Histoire universelle ; mais quelle conviction de la vérité quand ils voient que d’Innocent XI, qui remplit aujourd’hui (1681) si dignement le premier Siège de l’Église, on remonte, sans interruption, jusqu’à saint Pierre, établi par Jésus-Christ prince des Apôtres : d’où, en reprenant les Pontifes qui ont servi sous la Loi, on va jusqu’à Aaron et jusqu’à Moïse ; de là jusqu’aux Patriarches et jusqu’à l’origine du monde ! »

Pierre, en entrant dans Rome, vient donc accomplir et expliquer les destinées de cette cité maîtresse ; il vient lui promettre un Empire plus étendu encore que celui qu’elle possède. Ce nouvel Empire ne s’établira point parla force, comme le premier. De dominatrice superbe des nations qu’elle avait été jusqu’alors, Rome, parla charité, devient Mère des peuples ; mais, tout pacifique qu’il est, son Empire n’en sera pas moins durable. Écoutons saint Léon le Grand, dans un de ses plus magnifiques Sermons, raconter, avec toute la pompe de son langage, l’entrée obscure, et pourtant si décisive, du Pêcheur de Génésareth dans la capitale du paganisme :

« Le Dieu bon, juste et tout-puissant, qui n’a jamais dénié sa miséricorde au genre humain, et qui, par l’abondance de ses bienfaits, a fourni à tous les mortels les moyens de parvenir à la connaissance de son Nom, dans les secrets conseils de son immense amour, a pris en pitié l’aveuglement volontaire des hommes, et la malice qui les précipitait dans la dégradation, et il leur a envoyé son Verbe, qui lui est égal et coéternel. Or, ce Verbe, s’étant fait chair, a si étroitement uni la nature divine à la nature humaine, que l’abaissement de la première jusqu’à notre abjection est devenu pour nous le principe de l’élévation la plus sublime.

« Mais, afin de répandre dans le monde entier les effets de cette inénarrable faveur, la Providence a préparé l’Empire romain, et en a si loin reculé les limites, qu’il embrassât dans sa vaste enceinte l’universalité des nations. C’était, en effet, une chose merveilleusement utile à e l’accomplissement de l’œuvre divinement projetée, que les divers royaumes formassent la confédération d’un Empire unique, afin que la prédication générale parvînt plus vite à l’oreille des peuples, rassemblés qu’ils étaient déjà sous le régime d’une seule cité.

« Cette cité, méconnaissant le divin auteur de ses destinées, s’était faite l’esclave des erreurs de tous les peuples, au moment même où elle les tenait presque tous sous ses lois, et croyait a encore posséder une grande religion, parce qu’elle ne rejetait aucun mensonge ; mais plus durement était-elle enlacée par le diable, plus merveilleusement fut-elle affranchie par le Christ.

« En effet, lorsque les douze Apôtres, après avoir reçu par l’Esprit-Saint le don de parler toutes les langues, se furent distribué les diverses parties de la terre, et qu’ils eurent pris possession de ce monde qu’ils devaient instruire de l’Évangile, le bienheureux Pierre, Prince de l’ordre Apostolique, reçut en partage la citadelle de l’Empire romain, afin que la Lumière de vérité, qui était manifestée pour le salut de toutes les nations, se répandît plus efficacement, rayonnant du centre de cet Empire sur le monde entier.

« Quelle nation, en effet, ne comptait pas de nombreux représentants dans cette ville ? Quels peuples eussent jamais pu ignorer ce que Rome avait appris ? C’était là que devaient être écrasées les opinions de la philosophie ; là que devaient être dissipées les vanités de la sagesse terrestre ; là que le culte des démons devait être confondu ; là enfin devait être détruite l’impiété de tous les sacrifices, dans ce lieu même où une superstition habile avait rassemblé tout ce que les diverses erreurs avaient jamais produit.

« Est-ce que tu ne crains pas, bienheureux Apôtre Pierre, de venir seul dans cette ville ? Paul l’Apôtre, le compagnon de ta gloire, est encore occupé à fonder d’autres Églises ; et toi, tu t’enfonces dans cette forêt peuplée de bêtes farouches, tu marches sur cet océan dont la profondeur est pleine de tempêtes, avec plus de courage qu’au jour où tu marchais sur les eaux. Tu ne redoutes pas Rome, la maîtresse du monde, toi qui, dans la maison de Caïphe, avais tremblé à la voix d’une servante de ce prêtre. Est-ce que le tribunal de Pilate, ou la cruauté des Juifs, étaient plus à craindre que la puissance d’un Claude ou la férocité d’un Néron ? Non ; mais la force de ton amour triomphait de la crainte, et tu n’estimais pas redoutables ceux que tu avais reçu la charge d’aimer. Sans doute, tu avais déjà conçu le sentiment de cette intrépide charité, au jour où la profession de ton amour envers le Seigneur fut sanctionnée par le mystère d’une triple interrogation. Aussi n’exigea-t-on autre chose de ton âme, si ce n’est que, pour paître les brebis de Celui que tu aimais, ton cœur dépensât pour elles la substance dont il était rempli.

« Ta confiance, il est vrai, devait s’accroître au souvenir des miracles si nombreux que tu avais opérés, de tant de précieux dons de la grâce que a tu avais reçus, et des expériences si multipliées de la vertu qui résidait en toi. Déjà tu avais instruit les peuples de la Circoncision, qui avaient cru à ta parole ; déjà tu avais fondé l’Église d’Antioche, où commença d’abord la dignité du nom Chrétien ; déjà tu avais soumis aux lois de la prédication évangélique le Pont, a la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie ; et alors, sûr du progrès de ton œuvre et de la durée de ta vie, tu vins élever sur les remparts de Rome le trophée de la Croix du Christ, là même où les conseils divins avaient préparé pour toi l’honneur de la puissance suprême, et la gloire du martyre. »

L’avenir du genre humain par l’Église est donc pour jamais fixé à Rome, et les destinées de cette ville sont pour toujours enchaînées à celles du Pontife immortel. Divisés, de races, de langages, d’intérêts, nous tous, enfants de l’Église, nous sommes Romains dans l’ordre de la religion ; et ce titre de Romains nous unit par Pierre à Jésus-Christ, et forme le lien de la grande fraternité des peuples et des individus catholiques. Jésus-Christ par Pierre, Pierre par son successeur, nous régissent dans l’ordre du gouvernement spirituel. Tout pasteur dont l’autorité n’émane pas du Siège de Rome, est un étranger, un intrus. De même, dans l’ordre de la croyance, Jésus-Christ par Pierre, Pierre par son successeur, nous enseignent la doctrine divine, et nous apprennent à discerner la vérité de l’erreur. Tout Symbole de foi, tout jugement doctrinal, tout enseignement, contraire au Symbole, aux jugements, aux enseignements du Siège de Rome, est de l’homme et non de Dieu, et doit être repoussé avec horreur et anathème. En la fêle de la Chaire de saint Pierre à Antioche, nous parlerons du Siège Apostolique comme source unique de la puissance de gouvernement dans l’Église ; aujourd’hui, honorons la Chaire romaine comme la source et la règle de notre foi. Empruntons encore ici le sublime langage de saint Léon, et interrogeons-le sur les titres de Pierre à l’infaillibilité de l’enseignement. Nous apprendrons de ce grand Docteur à peser la force des paroles que le Christ prononça pour être le titre suprême de notre foi, dans toute la durée des siècles.

« Le Verbe fait chair était venu habiter au milieu de nous, et le Christ s’était dévoué tout entier à la réparation du genre humain. Rien qui n’eût été réglé par sa sagesse, rien qui se fût trouvé au-dessus de son pouvoir. Les éléments lui obéissaient, les Esprits angéliques étaient à ses ordres ; le mystère du salut des hommes ne pouvait manquer son effet ; car Dieu, dans son Unité et dans sa Trinité, daignait s’en occuper lui-même. Cependant de ce monde tout entier, Pierre seul est choisi, pour être préposé à la vocation de toutes les nations, à tous les Apôtres, à tous les Pères de l’Église. Dans le peuple de Dieu, il y aura plusieurs prêtres et plusieurs pasteurs ; mais Pierre régira, par une puissance qui lui est propre, tous ceux que le Christ régit lui-même d’une manière plus élevée encore. Quelle grande et admirable participation de son pouvoir Dieu a daigné donner à cet homme, ô frères chéris ! S’il a voulu qu’il y eût quelque chose de commun entre lui et les autres pasteurs, il l’a fait à la condition de donner à ceux-ci, par Pierre, tout ce qu’il voulait bien ne pas leur refuser.

« Le Seigneur interroge tous les Apôtres sur l’idée que les hommes ont de lui. Les Apôtres sont d’accord, tant qu’il ne s’agit que d’exposer les différentes opinions de l’ignorance humaine. Mais quand le Christ en vient à demander à ses disciples leur propre sentiment, celui-là est le premier à confesser le Seigneur, qui est le premier dans la dignité apostolique. C’est lui qui dit : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. Jésus lui répond : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ni la chair ni le sang ne t’ont révélé ces choses, mais mon Père qui est dans les cieux. C’est-à-dire : Oui, tu es heureux, car mon Père t’a instruit ; les pensées de la terre ne t’ont point induit en erreur, mais l’inspiration du ciel t’a éclairé. Ce n’est ni la chair ni le sang, mais Celui-là même dont je suis le Fils unique, qui m’a fait connaître à toi. Et moi, ajoute-t-il, je te le dis : De même que mon Père t’a dévoilé ma divinité, à mon tour, jeté fais connaître ton excellence. Car tu es Pierre, c’est-à-dire, de même que je suis la Pierre inviolable, la Pierre angulaire qui réunit les deux murs, le Fondement si essentiel que l’on n’en saurait établir un autre : ainsi, toi-même, tu es Pierre, car tu reposes sur ma solidité, et les choses qui me sont propres par la puissance qui est en moi, te sont communes avec moi par la participation que je t’en fais. Et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Sur la solidité de cette pierre, je bâtirai le temple éternel ; et mon Église, dont le faîte montera jusqu’au ciel , s’élèvera sur la fermeté de cette foi.

« La veille de sa Passion, qui devait être une épreuve pour la constance de ses disciples, le Seigneur dit ces paroles : Simon, Simon, Satan a demandé à vous cribler comme le froment ; mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Quand tu seras converti, confirme tes frères. Le péril de la tentation était commun à tous les Apôtres ; tous avaient besoin du secours de la protection divine ; car le diable se proposait de les remuer tous, et de les écraser tous. Cependant le Seigneur ne prend un soin spécial que de Pierre seul ; ses prières sont pour la foi de Pierre, comme si le salut des autres était en sûreté, par cela seul que l’âme de leur Prince n’aura point été abattue. C’est donc sur Pierre que le courage de tous s’appuiera, que le secours de la grâce divine sera ordonné, afin que la solidité que le Christ attribue à Pierre, soit par Pierre conférée aux Apôtres. »

Dans un autre Sermon, l’éloquent Docteur nous fait voir comment Pierre vit et enseigne toujours dans la Chaire Romaine. « La disposition établie par Celui qui est la Vérité même, persévère donc toujours, et le bienheureux Pierre, conservant la solidité qu’il a reçue, n’a jamais abandonné le gouvernail de l’Église. Car tel est le rang qui lui a été donné au-dessus de tous les autres, que, lorsqu’il est appelé Pierre, lorsqu’il est proclamé Fondement, lorsqu’il est constitué Portier du Royaume des cieux, lorsqu’il est établi Arbitre pour lier et délier, avec une telle force dans ses jugements qu’ils sont ratifiés jusque dans les cieux, nous sommes à même de connaître, par le mystère de si hauts titres, le lien qu’il avait avec le Christ. Maintenant, c’est avec plus de plénitude et de puissance qu’il remplit la mission qui lui fut confiée ; et toutes les parties de son office et de sa charge, il les exerce en Celui et avec Celui par qui il a été glorifié.

« Si donc, sur cette Chaire, nous faisons quelque chose de bien, si nous décrétons quelque chose de juste, si nos prières quotidiennes obtiennent quelque grâce de la miséricorde de Dieu, c’est par l’effet des œuvres et des mérites de celui qui vit dans son Siège et y éclate par son autorité. Il nous l’a mérité, frères chéris, par cette confession qui, inspirée à son coeur d’Apôtre par Dieu le Père, a dépassé toutes les incertitudes des opinions humaines, et mérité de recevoir cette fermeté de la Pierre que nuls assauts ne pourraient ébranler. Chaque jour, dans toute l’Église, c’est Pierre qui dit : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ; et toute langue qui confesse le Seigneur est instruite par le magistère de cette voix. C’est cette foi qui triomphe du diable, et brise les liens de ceux t qu’il tenait captifs. C’est elle qui introduit au ciel les fidèles au sortir de ce monde ; et les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir contre elle. Telle est, en effet, la force divine qui la garantit, que jamais la perversité hérétique ne l’a pu corrompre, ni la perfidie païenne la surmonter. »

Ainsi parle saint Léon, « Qu’on ne dise donc point, s’écrie Bossuet, dans le Sermon sur l’Unité de l’Église, qu’on ne dise point, qu’on ne pense point que ce ministère de saint Pierre finit avec lui : ce qui doit servir de soutien à une Église éternelle, ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs, Pierre parlera toujours dans sa Chaire : c’est ce que disent les Pères ; c’est ce que confirment six cent trente Évêques, au Concile de Chalcédoine. » Et encore : « Ainsi l’Église Romaine est toujours Vierge ; la foi Romaine est toujours la foi de l’Église ; on croit toujours ce qu’on a cru, la même voix retentit partout ; et Pierre demeure, dans ses successeurs, le fondement des fidèles. C’est Jésus-Christ qui l’a dit ; et le ciel et la terre passeront plutôt que sa parole. »

Tous les siècles chrétiens ont professé cette doctrine de l’infaillibilité du Pontife romain enseignant l’Église du haut de la Chaire apostolique. On la trouve enseignée expressément dans les écrits des saints Pères, et les Conciles œcuméniques de Lyon et de Florence se sont énoncés, dans leurs actes les plus solennels, d’une manière assez claire pour ne laisser aucun doute aux chrétiens de bonne foi. Néanmoins, l’esprit d’erreur, à l’aide de sophismes contradictoires, et en présentant sous un faux jour quelques faits isolés et mal compris, essaya, durant une période trop longue, de faire prendre le change aux fidèles d’un pays dévoué d’ailleurs au siège de Pierre. L’influence politique fut la première cause de cette triste scission, que l’orgueil d’école rendit trop durable. Le seul résultat fut d’affaiblir le principe d’autorité dans les contrées où elle régna, et d’y perpétuer la secte janséniste, dont les erreurs avaient été condamnées par le Siège Apostolique. Les hérétiques répétaient, après l’Assemblée de Paris en 1682, que les jugements qui avaient proscrit leurs doctrines, n’étaient pas en eux-mêmes irréformables.

L’Esprit-Saint qui anime l’Église a enfin extirpé cette funeste erreur. Dans le Concile du Vatican, il a dicté la sentence solennelle qui déclare que désormais ceux qui refuseraient de reconnaître pour infaillibles les décrets rendus solennellement par le Pontife romain en matière de foi et de morale, ont cessé par là même de faire partie de l’Église catholique. C’est en vain que l’enfer a tenté d’entraver les opérations de l’auguste assemblée, et si le Concile de Chalcédoine s’était écrié : « Pierre a parlé par Léon » ; si le troisième Concile de Constantinople avait répété : « Pierre a parlé par Agathon » ; le Concile du Vatican a proclamé : « Pierre a parlé et parlera toujours par le Pontife romain. »

Remplis de reconnaissance pour le Dieu de vérité qui a daigné élever et garantir de toute erreur la Chaire romaine, nous écouterons avec soumission d’esprit et de cœur les enseignements qui en descendent. Nous reconnaîtrons l’action divine dans la fidélité avec laquelle cette Chaire immortelle a su conserver la vérité sans tache durant dix-huit siècles, tandis que les Sièges de Jérusalem, d’Antioche, d’Alexandrie et de Constantinople ont pu à peine la garder quelques centaines d’années, et sont devenus l’un après l’autre ces chaires de pestilence dont parle le Prophète.

En ces jours consacrés à honorer l’Incarnation du Fils de Dieu et sa naissance du sein d’une Vierge, rappelons-nous que c’est au Siège de Pierre que nous devons la conservation de ces dogmes qui sont le fondement de notre Religion tout entière. Non seulement Rome nous les a enseignés par les apôtres auxquels elle donna mission de prêcher la foi dans les Gaules ; mais quand les ténèbres de l’hérésie tentèrent de jeter leur ombre sur de si hauts mystères, ce fut Rome encore qui assura le triomphe de la vérité par sa décision souveraine. A Ephèse, où il s’agissait, en condamnant Nestorius, d’établir que la nature divine et la nature humaine, dans le Christ, ne forment qu’une seule personne, et que, par conséquent, Marie est véritablement Mère de Dieu ; à Chalcédoine, où l’Église avait à proclamer, contre Eutychès, la distinction des deux natures dans le Verbe incarné, Dieu et homme : les Pères de deux Conciles œcuméniques déclarèrent qu’ils ne faisaient que suivre, dans leur décision, la doctrine qui leur était transmise par les lettres du Siège Apostolique.

Tel est donc le privilège de Rome, de présider par la foi aux intérêts de la vie future, comme elle présida par les armes, durant des siècles, aux intérêts de la vie présente, dans le monde connu alors. Aimons et honorons cette ville Mère et Maîtresse, notre patrie commune ; et, d’un cœur filial, célébrons aujourd’hui sa gloire. Nous consacrerons à la louange de saint Pierre quelques cantiques empruntés à l’antiquité chrétienne et à la Liturgie, en commençant par ces admirables strophes où Prudence exprime avec tant de noblesse la prière que fit saint Laurent en faveur de Rome chrétienne, pendant que les charbons ardents dévoraient ses membres sur le gril embrasé :

HYMNE.

O Christ ! Dieu unique, splendeur, vertu du Père, auteur de la terre et des cieux, toi dont la main éleva ces remparts,

Toi qui as placé le sceptre de Rome au-dessus des destinées de l’humanité ! dans tes conseils, tu as voulu que le monde entier cédât à la toge, et se soumit aux armes du Romain,

Afin de réunir sous une loi unique tant de nations divisées de mœurs, de coutumes, de langage et de sacrifices.

Le moment est venu ; le genre humain tout entier a passé sous l’empire de Rémus ; l’unité remplace maintenant la dissemblance des usages.

Ton dessein, ô Christ, a été d’enlacer l’univers d’une même chaîne sous l’empire du nom Chrétien.

Fais donc, fais chrétienne aujourd’hui, en faveur des Romains qui sont à toi, cette Rome, l’instrument et le centre de l’unité pour les autres villes qui invoquent ton Nom ;

Car c’est en elle que les membres se réunissent dans un seul tout mystérieux.

L’univers a subi la loi de douceur ; que le jour vienne où sa superbe capitale,

Sous ce joug de grâce qui a réuni les races les plus ennemies, adoucisse aussi sa fierté ; que Romulus à son tour devienne fidèle, et que Numa s’abaisse devant la foi.

Dans le secret sanctuaire de son foyer, le successeur des Catons vénère honteusement encore les Pénates autrefois chassés de Troie.

Le Sénat honore encore Janus aux deux visages ; il persiste à rendre un culte dégoûtant, hérité de ses pères, au dieu Sterculus et au vieux Saturne.

Efface, ô Christ, ce déshonneur ; envoie ton Gabriel montrer aux aveugles fils d’Iule quel est le Dieu véritable.

Déjà, nous Chrétiens, nous possédons le gage assuré de cette espérance ; déjà règnent dans Rome les deux Princes des Apôtres.

L’un, noble instrument de la vocation des Gentils ; l’autre, assis sur la première Chaire, a reçu le soin d’ouvrir et de fermer les portes de l’éternité.

Fuis, adultère, incestueux Jupiter, délivre Rome de ta présence ; fuis et laisse en sa liberté le peuple du Christ.

C’est Paul qui te poursuit ; c’est le sang de Pierre qui crie contre toi ; paie maintenant les forfaits de Néron.

Je vois venir un prince, un Empereur serviteur de Dieu ; son zèle s’indignera de voir Rome esclave de ces sacrifices d’ignominie.

Il viendra fermer les temples ; il en scellera les portes d’ivoire. Par son ordre, d’éternels verrous en défendront le seuil.

De ce jour, le marbre ne verra plus l’impur sang des victimes souiller sa blancheur, et les idoles, spectacle désormais innocent, demeureront debout sans hommages.

L’Église Gothique d’Espagne chantait cette Hymne de son Bréviaire Mozarabe le jour de la Chaire de saint Pierre.

HYMNE.

O Pierre ! Toi qui es la Pierre de l’Église, heureux es-tu dans ton nom, que le Christ, qui le porte lui-même, t’a donné, et non toi au Christ !

Tu es Pierre qui, le premier, as confessé le Fils de Dieu ; pour prix de ta foi, tu es le premier des membres, et tu portes le nom de Céphas.

Voici le jour où tu fus inauguré dans la ville de Romulus ; où, montant sur ton trône, tu fus élevé sur la Chaire auguste.

Fais que la gloire et la puissance, qui en toi résident comme dans leur source, viennent briser les liens de nos péchés, fermer les portes des enfers.

Comme un pasteur plein de bonté, gouverne les brebis qui te furent confiées ; veille au dedans, veille au dehors ; protège-nous, afin que nous ne soyons pas renversés.

Délie, par la clef céleste, nos chaînes criminelles, et conduis-nous, pécheurs pardonnés, au palais dont tu es le portier illustre.

Et quand tu auras réuni au Roi des cieux ses membres qui en sont encore séparés, soit gloire à la Trinité, à jamais, dans tous les siècles. Amen.

L’Hymne qui suit est suspendue à la balustrade de la Confession de saint Pierre, dans la Basilique Vaticane, pour l’usage des pèlerins.

HYMNE.

Saint Apôtre, porte-clefs des cieux, secourez-nous par vos prières, rendez-nous accessibles les portes des palais célestes.

Vous avez lavé votre péché dans les larmes abondantes de la pénitence, obtenez que nous aussi lavions des pleurs nos crimes par continuels.

Un Ange vint délier vos chaînes ; vous, daignez nous arracher aux liens criminels qui nous captivent.

O pierre solide de l’Église, colonne qui ne peut fléchir ! donnez-nous force et constance ; que l’erreur en nous ne renverse pas la foi.

Protégez Rome que vous avez jadis consacrée par votre sang ; sauvez les nations qui se confient en vous.

Soyez le défenseur de la société des fidèles qui vous honorent ; que la contagion ne vienne pas lui nuire, ni la discorde la diviser.

Détruisez les artifices que l’ancien ennemi a dressés contre nous, comprimez sa fureur atroce, et que sa rage ne s’exerce pas sur nous.

Contre ses assauts furieux, donnez-nous des forces au moment de la mort, afin que, dans ce combat suprême, nous puissions demeurer victorieux.

Amen.

Nous sommes donc établis sur Jésus-Christ dans notre foi et dans nos espérances, ô Prince des Apôtres, puisque nous sommes établis sur vous qui êtes la Pierre qu’il a posée. Nous sommes donc les brebis du troupeau de Jésus-Christ, puisque nous vous obéissons comme à notre pasteur. En vous suivant, ô Pierre, nous sommes donc assurés d’entrer dans le Royaume des cieux, puisque vous en tenez les clefs. Quand nous nous glorifions d’être vos membres, ô notre Chef, nous pouvons donc nous regarder comme les membres de Jésus-Christ même ; car le Chef invisible de l’Église ne reconnaît point d’autres membres que ceux du Chef visible qu’il a établi. De même, quand nous gardons la foi du Pontife Romain, quand nous obéissons à ses ordres, c’est votre foi, ô Pierre, que nous professons, ce sont vos commandements que nous suivons ; car si le Christ enseigne et régit en vous, vous enseignez et régissez dans le Pontife Romain.

Grâces soient donc rendues à l’Emmanuel qui n’a pas voulu nous laisser orphelins, mais qui, avant de retourner dans les cieux, a daigné nous assurer, jusqu’à la consommation des siècles, un Père et un Pasteur. La veille de sa Passion, voulant nous aimer jusqu’à la fin, il nous laissa son corps pour nourriture et son sang pour breuvage. Après sa glorieuse Résurrection, au moment de monter à la droite de son Père, ses Apôtres étant réunis autour de lui , il constitua son Église comme une immense bergerie, et il dit à Pierre : Pais mes brebis , pais mes agneaux. Par ce moyen, ô Christ, vous assuriez la perpétuité de cette Église ; vous établissiez dans son sein l’unité, qui seule pouvait la conserver et la défendre des ennemis du dehors et du dedans. Gloire à vous, architecte divin, qui avez bâti sur la Pierre ferme votre édifice immortel ! Les vents ont soufflé, les tempêtes se sont déchaînées, les flots ont battu avec rage ; mais la maison est demeurée debout, parce qu’elle était assise sur le roc. [1].

Rome ! en ce jour où toute l’Église proclame ta gloire, et se félicite d’être bâtie sur ta Pierre, reçois les nouvelles promesses de notre amour, les nouveaux serments de notre fidélité. Toujours tu seras notre Mère et notre Maîtresse, notre guide et notre espérance. Ta foi sera à jamais la nôtre ; car quiconque n’est pas avec toi n’est pas avec Jésus-Christ. En toi tous les hommes sont frères, et tu n’es point pour nous une cité étrangère, ni ton Pontife un souverain étranger. Nous vivons par toi de la vie du cœur et de l’intelligence ; et tu nous prépares à habiter un jour cette autre cité dont tu es l’image, cette cité du ciel dont tu formes l’entrée.

Bénissez, ô Prince des Apôtres, les brebis confiées à votre garde ; mais souvenez-vous de celles qui sont malheureusement sorties du bercail. Loin de vous, des nations entières que vous aviez élevées et civilisées par la main de vos successeurs, languissent, et ne sentent pas encore le malheur d’être éloignées du Pasteur. Le schisme glace et corrompt les unes ; l’hérésie dévore les autres. Sans le Christ visible dans son Vicaire, le Christianisme devient stérile et peu à peu s’anéantit. Les doctrines imprudentes qui tendent à amoindrir la somme des dons que le Seigneur a conférés à celui qui doit tenir sa place jusqu’au jour de l’éternité, ont trop longtemps desséché les cœurs de ceux qui les professaient ; trop souvent elles les ont disposés à substituer le culte de César au service de Pierre. Guérissez tous ces maux, ô Pasteur suprême ! Accélérez le retour des nations séparées ; hâtez la chute de l’hérésie du seizième siècle ; ouvrez les bras à votre fille chérie, l’Église d’Angleterre : qu’elle refleurisse comme aux anciens jours. Ébranlez de plus en plus l’Allemagne et les royaumes du Nord ; que tous ces peuples sentent qu’il n’y a plus de salut pour la foi qu’à l’ombre de votre Chaire. Renversez le colosse monstrueux du Septentrion, qui pèse à la fois sur l’Europe et sur l’Asie, et déracine partout la vraie religion de votre Maître. Rappelez l’Orient à son antique fidélité ; qu’il revoie, après une si longue éclipse, ses Sièges Patriarcaux se relever dans l’unité de la soumission à l’unique Siège Apostolique.

Nous enfin qui, par la miséricorde divine et par l’effet de votre paternelle tendresse, sommes demeurés fidèles, conservez-nous dans la foi Romaine, dans l’obéissance à votre successeur. Instruisez-nous des mystères qui vous ont été confiés ; révélez-nous ce que le Père céleste vous a révélé à vous-même. Montrez-nous Jésus, votre Maître ; conduisez-nous à son berceau, afin qu’à votre exemple, et sans être scandalisés de ses abaissements, nous ayons le bonheur de lui dire comme vous : Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant !

[1] Matth. VII, 25



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’histoire de cette fête se perd dans les ténèbres des catacombes, et après des études récentes, aujourd’hui encore l’on ne peut dire en avoir écarté toutes les incertitudes et les obscurités. Dès le IIIe siècle au moins, on vénérait à Rome, dans la région cimitérale comprise entre la voie Salaria et la voie Nomentane, un souvenir — symbolisé probablement par une chaire de bois ou de tuf — du ministère apostolique exercé en ce lieu par saint Pierre. Là brûlaient des lampes, et les pèlerins du VIe siècle qui visitaient ce lieu, avaient coutume d’en rapporter chez eux, par dévotion, quelques flocons d’ouate ou de coton trempés dans cette huile parfumée. Par la suite, nous retrouvons la sella gestatoria apostolicae confessionis, comme l’appelle Ennodius, au baptistère damasien du Vatican, en sorte qu’il est dit du pape Sirice, successeur de Damas : Fonte sacro magnus meruit sedere sacerdos.

Pourtant, tandis qu’à Rome le Natale Petri de Cathedra, le 22 février, est noté dès le IVe siècle dans le Laterculus Philocalien, les Églises gallicanes, sans doute pour ne pas célébrer cette fête pendant le Carême, prirent l’habitude de l’anticiper au 18 janvier. Les deux usages se développèrent indépendants et parallèles pendant plusieurs siècles, puis, finalement, hors de Rome, ils en vinrent à perdre l’unité primitive de leur signification, et au lieu d’une unique Chaire de saint Pierre, il y en eut deux, l’une attribuée à Rome, celle du 18 janvier, et l’autre à un autre siège, en définitive à celui d’Antioche.

Rome médiévale oublia pendant quelque temps le Natale Petri de Cathedra — sans doute alors que cette chaire fut enlevée de son siège primitif et transportée au Vatican ; ou, mieux encore, quand on commença à célébrer solennellement, avec un sens presque analogue, le Natale Ordinationis du Pape, à l’occasion duquel affluaient chaque année à Rome un grand nombre d’évêques. — Le fait est que cette fête est absolument inconnue des sacramentaires romains et qu’elle reparaît seulement à la date traditionnelle dans les calendriers du XIe siècle et dans les Ordines Romani d’époque tardive. Urbain, VI voulut rendre à cette solennité son antique splendeur, et il ordonna qu’en ce jour, durant la messe papale au Vatican, un des cardinaux ferait un discours au peuple. Mais le zèle du fervent Pontife n’eut pas de suite, et ce fut seulement en 1558 que Paul IV prescrivit à nouveau la célébration de la fête de la Cathedra S. Petri qua primum Romae sedit le 18 janvier, conformément aux traditions gallicanes.

La vénérable relique de la chaire de saint Pierre, transportée du baptistère où elle se trouvait au Ve siècle, est maintenant conservée dans l’abside de la basilique vaticane dont elle constitue l’un des plus magnifiques ornements. Elle est réduite à quelques morceaux de bois, mais dès l’antiquité on la recouvrit de lames d’ivoire historiées. La Renaissance n’a guère tenu compte de la profonde signification dogmatique de ce siège, alors qu’y prenaient réellement place les pontifes romains. L’art grandiose du Bernin a enfermé ce trésor dans un reliquaire colossal, mais il en résulte que maintenant le Pape ne peut plus s’asseoir, comme les pontifes des quinze premiers siècles, sur sa véritable et antique chaire, celle que Prudence appelait sans plus : Cathedra Apostolica.

L’antienne pour l’introït est du Commun Statuit.

Les collectes suivantes se trouvent déjà, avec de légères variantes, dans le Sacramentaire dit Gélasien, pour le natale de saint Pierre. Le concept de la puissance des clefs inspirait tellement l’antique dévotion envers les apôtres, et en particulier envers saint Pierre, qu’on leur demandait avec insistance, dans les hymnes, les collectes et les répons, la rémission des péchés.

Prière. « 0 Dieu, qui en remettant les clefs du royaume céleste à votre apôtre Pierre, l’avez revêtu du pontificat, accordez-nous par son intercession d’être déliés des chaînes de nos péchés. »

Selon la primitive habitude romaine, chaque fois qu’on célèbre la mémoire de saint Pierre, on la fait suivre immédiatement de celle de saint Paul, et réciproquement car, selon le texte d’une antique antienne : quomodo in vita sua dilexerunt se, ita et in morte non sunt separati. La collecte suivante se trouve aussi dans l’Antiphonaire Grégorien : « O Dieu qui avez instruit la multitude des nations au moyen de la prédication de votre bienheureux apôtre Paul, de grâce accordez-nous que, vénérant sa mémoire, nous puissions aussi expérimenter l’efficace de son patronage auprès de vous. ».

Suit un passage de 1ère lettre de saint Pierre (I, 1, 1-7) aux Églises de l’Asie Mineure, au lendemain de l’incendie de Rome, alors que déjà avaient été inaugurées dans les jardins vaticans les premières grandes persécutions néroniennes contre les chrétiens. Calme, l’Apôtre exhorte les fidèles à souffrir courageusement l’épreuve du jeu, puisque ainsi s’affine l’or de leur foi, dans l’attente du jour de la parousie, où, au lieu du « divin » Néron, cocher, incendiaire et parricide, le Christ Jésus apparaîtra dans sa gloire pour donner aux fidèles le fruit de leurs souffrances et la récompense de leur espoir.

Le répons-graduel emprunté au psaume 106 provient des usages gallicans. Il est également cité aujourd’hui par le Bréviaire dans un sermon attribué à saint Augustin, mais qui appartient à un évêque anonyme des Gaules, assurément fort ancien : Unde convenienter psalmus qui lectus est dicit : exaltent eum in ecclesia plebis et in cathedra seniorum laudent eum : « Qu’ils le célèbrent au milieu de l’assemblée du peuple et qu’ils disent ses louanges quand ils sont assis sur les chaires des anciens. »

« Qu’ils glorifient le Seigneur pour ses miséricordes, et pour ses prodiges en faveur des fils de l’homme. » : Dieu se complaît immensément, non seulement dans la prière privée, mais aussi dans la prière liturgique, qui, par son caractère social, correspond précisément à la nature de l’homme et reflète fidèlement l’âme de l’Église.

Le verset alléluiatique est le suivant : « Alléluia, alléluia. » (MATTH., xvi, 18) : « Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église. » De même que les fondations soutiennent toute la masse de l’édifice, ainsi est-elle la véritable Église fondée par Jésus-Christ, celle qui est érigée sur l’autorité et sur la foi de Pierre, toujours vivant et visible dans ses successeurs.

Après la Septuagésime, on omet le verset alléluiatique, et on chante à sa place le trait suivant, qui cependant ne se trouve en aucun ancien sacramentaire, et qui, par sa structure même, révèle une origine très tardive. En effet, au lieu d’être tiré, conformément à là règle, du Psautier qui est le livre de chant par excellence de l’Église, il se compose de quelques versets de l’Évangile selon saint Matthieu que les anciens, en vertu d’un religieux respect, réservaient exclusivement à la lecture faite par le diacre sur l’ambon.

Trait (Matth., xvi, 18) : « V/. Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église. V/. Et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle ; et à toi je donnerai les clefs du royaume des cieux. V/. Tout ce que tu auras lié sur la terre sera aussi lié dans les cieux. V/. Et tout ce que tu auras délié sur la terre sera aussi délié dans les cieux. »

Les portes de l’enfer désignent ici la puissance même du prince des démons, puisque, chez les anciens Sémites, les assemblées judiciaires se tenaient souvent aux portes des cités. Les portes de l’Hadès sont ici en opposition avec celles dont les clefs ont été remises à Pierre. Il faudra donc admettre en ce dernier cas également, que les portes du royaume des cieux signifient la puissance et l’autorité hiérarchique dont Pierre est le dépositaire immédiat, et qu’il exerce en vertu de l’institution divine sur toute l’Église du Christ.

Là réside en effet la différence existant entre l’autorité du Pape et celle des autres patriarches, métropolitains, etc. Qu’ils aient juridiction sur d’autres évêques, cela ne se lit nulle part dans l’Évangile ; tandis qu’au contraire nous savons qu’à diverses époques, ils ont obtenu cette prérogative par l’autorité des conciles ou des papes. En revanche, le saint Évangile expose d’une manière solennelle et explicite l’autorité universelle concédée par le Sauveur à saint Pierre. De son côté, l’histoire démontre que dès les temps les plus rapprochés de l’âge apostolique, les pontifes romains, sans aucune opposition de la part de l’Église, ont exercé de fait cette primauté de juridiction comme un ministère à eux attribué par le Christ, dans les paroles qu’il adressa à saint Pierre ; en sorte que, du seul point de vue historique, l’on doit exclure une période où cette primauté aurait été instituée par l’œuvre de facteurs naturels. Non, l’histoire contient bien les documents de l’exercice de la primauté pontificale ; mais c’est dans l’Évangile que se trouve son institution.

Aujourd’hui la lecture évangélique a trait à l’institution de la primauté pontificale, dont la pensée inspire aussi toute la messe. Avec les gloires attribuées à la puissance spirituelle du Pape, Jésus annonce aussi à Pierre les luttes qu’il devra soutenir à travers les siècles. Les « portes de l’enfer » ce ne sont pas seulement les impies ; elles symbolisent aussi les chefs mêmes des esprits infernaux, les puissances et les gouvernements antichrétiens, qui feront tous leurs efforts pour détruire le divin édifice fondé sur Pierre sans toutefois jamais y réussir. L’histoire de près de vingt siècles de christianisme est annoncée ici, en quelques versets, par le saint Évangile (Matth., XVI, 13-19).

Le verset de l’offertoire, contrairement à la tradition romaine classique, est tiré, non du Psautier, mais de la péricope évangélique précédente. On doit pourtant facilement pardonner à l’artiste grégorien qui a composé la splendide antiphonie de cette messe, la petite liberté qu’il a prise. La pensée de l’établissement de l’Église sur Pierre l’avait, à bon droit, tellement conquis, qu’il donne libre cours à l’impétuosité de son génie et dans le trait, dans l’offertoire et à la communion, il revêt les paroles de Jésus à Pierre de mélodies toujours nouvelles et toujours élégantes. Il faut remarquer les mots non praevalebunt qui, dans le récit évangélique de l’institution de la primauté, contiennent pour les ennemis de l’Église la prophétie de l’avenir, tandis qu’ils représentent pour nous l’histoire ecclésiastique longue de plus de dix-neuf siècles. Ni les persécutions extérieures ni l’insuffisance et les misères elles-mêmes des ministres divins, ne réussiront jamais à déraciner la religion du Christ.

La secrète est la suivante : « Que l’intercession du bienheureux apôtre Pierre accompagne, Seigneur, les prières et les offrandes de votre Église ; afin que le sacrifice qu’en son honneur nous célébrons, serve à nous obtenu- miséricorde. Par notre Seigneur. ». Comme l’observe saint Augustin, le sacrifice eucharistique est offert seulement à Dieu Un et Trine ; néanmoins on le célèbre en mémoire des saints, pour rendre grâces à l’auguste Trinité de les avoir tant exaltés en mérites et en gloire. La liturgie exprime cette pensée dans une magnifique collecte du Carême : In tuorum, Domine, pretiosa morte iustorum, Sacrificium illud offerimus, de quo martyrium sumpsit omne principium.

La collecte en mémoire de saint Paul est d’une élégance exquise : « Par les prières de votre apôtre Paul sanctifiez, Seigneur, l’oblation de votre peuple ; afin que le Sacrifice qui déjà vous est agréable parce que Vous-même l’avez institué, vous le soit encore davantage par les prières d’un tel intercesseur. Par notre Seigneur, etc. »

Le Sacrifice eucharistique, agréable à Jésus qui en fut l’instituteur et qui, comme héritier des promesses messianiques, y participa le premier, est encore plus agréable à la Divine Majesté en ce jour, parce que s’y joignent les prières de celui qui, après les Évangélistes fut, dans ses épîtres, l’organe de la révélation divine, afin d’expliquer aux Églises tout le mystère de mort et de vie, d’humiliation et de gloire qui se cache sous ces blanches apparences. La préface est celle des apôtres, propre, à l’origine, à la fête des saints Pierre et Paul.

Le verset pour la communion est le même que le verset alléluiatique (Matth., XVI, 18) : « Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église. ». Elle sera donc légitime, cette Eucharistie qui sera offerte en communion avec le Pontife de Rome dont le nom, dans les pays latins, était commémoré durant l’anaphore dès les premiers siècles. Taire à la messe le nom du Pape c’était, pour Ennodius de Pavie, offrir, contre la tradition antique, un sacrifice tronqué et incomplet : sine ritu catholico et cano more, semiplenas nominatim hostias [2].

Après la communion, on récite la collecte suivante : « Que l’oblation que nous venons d’offrir, Seigneur, répande en nous la joie ; afin que, comme nous vous proclamons admirable envers votre apôtre Pierre, ainsi, par son intermédiaire, nous obtenions l’abondance de votre pardon. ». Le pardon des péchés est placé ici en relation avec la sainte joie chrétienne, parce que c’est précisément le péché qui stérilise les sources de la joie, ce gaudium sancti Spiritus dont parle l’Apôtre.

Pour la commémoraison de saint Paul, on récite cette autre prière : « Sanctifiés, Seigneur, par le Mystère du salut, nous vous demandons que ne nous manque jamais l’intercession de celui au patronage de qui vous nous avez confiés. »

Cette prière du Sacramentaire Léonien regarde avant tout Rome, puisqu’elle seule peut revendiquer la gloire d’avoir été confiée au patronage spécial des deux Princes des apôtres, lesquels, en plus du trésor de leur prédication et de leur sang, l’instituèrent héritière des prérogatives de leur apostolat et de la primauté sur toutes les autres Églises.

La Primauté pontificale est l’étoile polaire qui dirige la barque de l’Église au milieu de l’océan perfide et orageux du siècle. Évêques, patriarches, nations entières, jadis croyantes et glorieuses, ont souvent misérablement fait naufrage dans la foi ; bien plus, aux derniers jours du monde, sont annoncés dans les Écritures de nombreux pseudo-christs et faux-prophètes qui tenteront de séduire les multitudes, opérant même d’apparents prodiges pour confirmer leurs erreurs. Si donc nous ne pouvons nous confier avec sécurité à personne, puisque tous peuvent errer, dans l’affaire suprême de notre salut éternel près de qui devons-nous chercher refuge, sinon près de Pierre ?

Sa foi, au témoignage du Rédempteur lui-même, est indéfectible et les brebis que Pierre reconnaît comme appartenant à son bercail sont aussi reconnues et admises comme telles par Jésus, Pasteur suprême.

[2] ENNODIVS EP. PAP., Lib. Apologet. pro synodo, P. L., LXVII, col. 197.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Nous appartenons à l’Église romaine.

La chaire de saint Pierre. — L’Église célèbre solennellement, en ce jour, le souvenir de l’entrée du Prince des Apôtres à Rome et de sa prise de possession du siège épiscopal de la ville éternelle. Les Actes des Apôtres font allusion à cet événement d’une importance primordiale dans l’histoire du monde. Quand saint Pierre, emprisonné par le roi Hérode, eut été délivré par l’ange, il visita dans la nuit la communauté chrétienne rassemblée, lui donna les recommandations nécessaires puis, disent les Actes, « il se leva et se rendit dans un autre lieu » (Act. XII, 17). Où se rendit Pierre ? Les Actes ne le disent pas, peut-être pour ne pas trahir sa résidence, mais la tradition indique Rome. C’était en l’an 42 après J.-C. C’est pourquoi la Tradition admet que Pierre a été évêque de Rome pendant 25 ans. — En 1558, Paul IV décida que l’accession de Pierre au siège de Rome serait célébrée solennellement, le 18 janvier. Jusque là on ne célébrait que le pontificat de Pierre (le 22 février). Dès lors, le 18 janvier fut consacré à la Chaire de saint Pierre à Rome, et le 22 février, on fêta la fondation de l’Église d Antioche, la première que saint Pierre ait gouvernée. Il y a maintenant dans l’Église deux fêtes de la Chaire de Saint-Pierre. La vénérable Chaire de Pierre qui, jusqu’au Ve siècle se trouvait dans le Baptistère de Saint-Pierre, se trouve aujourd’hui dans l’abside de la basilique vaticane. La précieuse relique ne se compose plus que de quelques morceaux de bois, reliés depuis les temps anciens par des plaques d’ivoire, sur lesquelles se trouvent des figures. Malheureusement, le Pape ne peut plus s’asseoir sur cette antique Chaire, car, au temps de la Renaissance, elle fut renfermée dans un reliquaire colossal, œuvre de Bernin.

La messe (Statuit). — La messe (assez récente) place au milieu de nous le premier évêque de Rome, saint Pierre. A l’Introït, nous le voyons dans la personne du prêtre célébrant. A l’Épître, nous l’entendons nous parler, à nous « les élus étrangers de la dispersion » et il nous annonce le message vraiment joyeux de l’héritage que rien ne peut détruire ni corrompre ni flétrir, qui nous est réservé dans le ciel et dont le gage est la Sainte Eucharistie. Assurément il vaut la peine d’être, « pendant un court temps », purifiés comme l’or dans le feu des épreuves, pour la manifestation de Jésus-Christ, qui se réalise aujourd’hui au Saint-Sacrifice. A l’Évangile, nous revivons, avec saint Pierre, le grand jour de Césarée de Philippe où le Christ l’établit le rocher de son Église. Mais notre âme, à nous aussi, doit être ferme comme le roc, afin que le Christ y bâtisse le royaume de Dieu. Cette parole : « Tu es Petrus » est le leitmotiv de la messe (All., Off., Comm.) et elle s’applique non seulement à Pierre, mais à nous. Au Graduel, l’Église chante l’exaltation de saint Pierre sur sa Chaire. Dans l’Eucharistie, le Seigneur bâtit en nous son Église (Comm.).

L’Église romaine. La fête d’aujourd’hui â, pour notre vie liturgique, une grande importance. Nous rendons-nous bien compte que toute notre liturgie est, à proprement parler, celle de la ville de Rome ? Nous célébrons, en majorité, des saints romains, nous célébrons la dédicace des églises romaines. Bien plus, dans l’office des stations, la liturgie nous conduit, une centaine de fois, dans la ville de Rome où nous assistons aux solennités de la messe, avec l’évêque de Rome. Or il importe que nous puissions nous sentir membres de l’Église de Rome, que cette Église soit notre diocèse. C’est ce qu’exige le développement actuel de la liturgie occidentale. Les choses auraient pu se passer autrement. Si la liturgie avait suivi la ligne des trois premiers siècles, les diverses nations auraient pu avoir un patriarcat spécial et une liturgie particulière, à laquelle il aurait été plus facile de s’accoutumer. Mais il faut tenir compte de ce qui existe. Il faut nous unir à l’Église romaine, nous sommes membres de la communauté romaine. Dans l’église de chez nous, il faut voir souvent une église de Rome et célébrer les saints mystères avec l’évêque de Rome. De cette façon, la liturgie romaine nous deviendra familière. — Quelle différence y a-t-il maintenant entre la fête d’aujourd’hui et la fête de saint Pierre et de saint Paul ? C’est que, le 29 juin, nous célébrons l’Apôtre et le Vicaire de Jésus-Christ, le Pape de l’Église universelle. Aujourd’hui nous fêtons l’Évêque de l’Église romaine à laquelle nous sommes incorporés (c’est pourquoi on a, au bréviaire, le commun des confesseurs Pontifes). C’est comme une fête patronale de notre liturgie romaine.

SOURCE : http://www.introibo.fr/18-01-Chaire-de-St-Pierre-Apotre-a#nh1

La chaire de saint Pierre

L'abbé Pégourier nous propose une réflexion sur une importante fête liturgique du mois de février : la chaire de saint Pierre

2010/02/22

Cette fête, fixée au 22 février, correspond à une tradition attestée à Rome dès le IVe siècle, et rappelle le magistère suprême de Pierre.

La chaire est le siège fixe de l‘évêque, placé dans l’église mère d’un diocèse, la cathédrale. Elle représente le symbole de son autorité et de son « magistère », c'est-à-dire l’enseignement évangélique qu’en tant que successeur des Apôtres, il est appelé à conserver et à transmettre à la communauté chrétienne. Historiquement, le premier siège du Prince des Apôtres, et donc de l’Église, fut le Cénacle à Jérusalem où Pierre, après l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte, commença son ministère. Par la suite, la chaire de Pierre devint Antioche, ville située sur le fleuve Oronte, en Syrie, aujourd’hui en Turquie et, à cette époque, troisième grande ville de l’empire romain après Rome et Alexandrie d’Égypte. De là, la Providence le conduisit au centre du monde de l’époque, l’Urbs, « la Ville », symbole de l’Orbis, la terre où, par le martyre, il conclut sa course au service de l’Évangile. C’est pourquoi au siège de Rome, qui avait reçu le plus grand honneur, échut également la tâche confiée par le Christ à Pierre d’être au service de toutes les Églises particulières pour l’édification et l’unité du Peuple de Dieu tout entier [1].

Un symbole d'autorité

Le Siège apostolique symbolise l’autorité de l’évêque de Rome sur tout le Peuple de Dieu. Étymologiquement, exerce l’autorité celui qui a la responsabilité de augere, de faire croître : en l’occurrence d’assurer la croissance harmonieuse de l’Église universelle par ses soins de bon pasteur. Ce rôle primatial du siège romain est confirmé par une tradition qui remonte aux tout premiers temps du christianisme :

- Á la fin du premier siècle, saint Clément (4e pape) intervient de sa propre initiative, alors que l’apôtre Jean, à Éphèse, est encore vivant, pour apaiser les fidèles de la communauté de Corinthe, en révolte contre leurs pasteurs légitimes, à la suite de la persécution de Domitien. Ses exhortations sont prises en considération et personne ne s’enhardit à en contester la légitimité [2].

- Saint Ignace d’Antioche, au début du IIe siècle, parle du primat de la chaire de saint Pierre qui préside à toute l’assemblée de la charité [3].

- Un siècle plus tard, saint Irénée, évêque de Lyon, écrit : Avec cette Église, en raison de son éminente supériorité, doit s’accorder l’Église universelle, c’est-à-dire les fidèles qui sont partout [4].

- Par la suite, saint Jérôme, l’auteur de la Vulgate, s’adresse au Souverain Pontife en ces termes : Je ne crois en aucun autre primat que celui du Christ ; c’est pourquoi je me mets en communion avec ta béatitude, c’est-à-dire avec la chaire de Pierre. Je sais que l’Église est édifiée sur cette pierre [5]. La chaire de l’évêque de Rome représente donc non seulement son service à la communauté romaine, mais aussi sa mission de guide de l’ensemble du Peuple de Dieu.

La chaire, symbole d'unité

Quant à l’unité de l’Église, le ministère singulier et spécifique du successeur de Pierre est rappelé par les deux conciles du Vatican : principe et fondement perpétuels et visibles d’unité de foi et de communion [6], il protège les légitimes diversités et, en même temps, veille à ce que les différences ne nuisent point à l’unité, mais la servent [7]. Par vous – écrivait saint Josémaria à Pie XII -, nous entendons la voix du Pasteur de tous les pasteurs ; c’est pourquoi nous souhaitons (…) avec une fidélité et un dévouement absolus, remplir toute tâche où nous pourrons servir l’Église [8]. Cette réponse filiale à l’attente du vicaire du Christ se traduisit crescendo dans sa vie jusqu’à son départ au ciel. Les déchirures de l’Église étaient pour lui comme des pierres que l’on arracherait à une cathédrale. Il lui venait l’envie de baiser ces blocs de pierre, avant de les remettre en place. C’était pour lui une question d’amour. Sa manière de réagir consistait à tenter de réparer, en aimant davantage : il offrit sa vie pour l’Église et le Souverain Pontife, et continua à l’offrir chaque jour. Pendant ses dernières années sur terre, ses actes d’offrande devinrent de plus en plus fréquents : il suppliait le Seigneur de prendre sa vie et, en échange, de répandre à nouveau sur l’Église des flots de sainteté, de saine doctrine et d’esprit surnaturel. Il renouvela, quelques heures avant de mourir, l’offrande de sa vie et de mille autres vies qu’il aurait pu avoir.

Á la suite du Saint Père, ambitionnons d’être ces pierres vivantes grâce auxquelles la famille chrétienne se construit ; et demandons à Notre-Dame, « Mère de l’Église » de préparer, d’ouvrir notre âme à la conversion pour nous faire entrer de «plain-cœur » dans ce temps de carême !

[1] Benoît XVI, homélie de la fête, 2006.

[2] Épître aux Corinthiens.

[3] Épître aux Romains.

[4] Contre les hérésies III, 3, 2-3.

[5] Les lettres I, 15, 1-2.

[6] Constitution Pastor aeternus de Vatican I.

[7] Constitution Lumen Gentium 13 de Vatican II.

[8] Lettre, 8.XII.1946.

SOURCE : http://fr.opusdei.ca/art.php?p=37430


Chair of Saint Peter, Apostle

An ancient western custom celebrates the festival of the consecration of a bishop. As the bishop of Rome and head of the universal Church, Saint Peter's feast is celebrated by Christians in a special way. As to the fact: few archaeologists now doubt what the Church has always affirmed, that Saint Peter resumed his work at Rome after his founding of the see of Antioch (as attested by Eusebius, Origen, Jerome, and many others). He served as bishop of Antioch for seven years according to Saint Gregory the Great. Together with Saint Paul, Peter founded a Church at Rome, where he worked for 25 years and where the two were crowned with martyrdom. It was at Rome that Peter took his permanent seat of authority. It was appropriate that Rome should (Encyclopedia). The feast of Natale Petri de Cathedra was included in the calendar of Pope Liberius (c. 354), Gregory's sacramentary, and all martyrologies. We can see that it was celebrated in 6th-century France by its appearance at the Council of Tours.


According to Husenbeth, early Christians, especially in the East, recalled their baptism on its anniversary. On their spiritual birthday, they would renew baptismal vows and render God special thanksgiving for heavenly adoption. That bishops similarly recalled the anniversary of their consecration can be seen in four sermons by Saint Leo and the liturgical celebration of that day for several saints. Today we should thank God for the establishment of His Church, through which we learn of His love and by which we are fed daily on the Bread of Heaven and the word of God. Let us also pray for unity within the Body of Christ (Encyclopedia, Husenbeth).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0222.shtml

Chair of Peter

Under this head will be treated:


I. The annual Feast of the Chair of Peter (Cathedra Petri) at Rome 

II. The Chair itself

The annual feast of cathedra petri at Rome

From the earliest times the Church at Rome celebrated on 18 January the memory of the day when the Apostle held his first service with the faithful of the Eternal City. According to Duchesne and de Rossi, the "Martyrologium Hieronymianum" (Weissenburg manuscript) reads as follows: "XV KL. FEBO. Dedicatio cathedræ sci petri apostoli qua primo Rome petrus apostolus sedit" (fifteenth day before the calends of February, the dedication of the Chair of St. Peter the Apostle in which Peter the Apostle first sat at Rome). The Epternach manuscript (Codex Epternacensis) of the same work, says briefly: "cath. petri in roma" (the Chair of Peter in Rome).

In its present (ninth-century) form the "Martyrologium Hieronymianum" gives a second feast of the Chair of St. Peter for 22 February, but all the manuscripts assign it to Antioch, not to Rome. Thus the oldest manuscript, that of Berne, says: "VIII kal. mar. cathedræ sci petri apostoli qua sedit apud antiochiam". The Weissenburg manuscript says: "Natl [natale] sci petri apostoli cathedræ qua sedit apud antiocia." However, the words qua sedit apud antiochiam are seen at once to be a later addition. Both feasts are Roman; indeed, that of 22 February was originally the more important. This is clear from the Calendar of Philocalus drawn up in the year 354, and going back to the year 311; it makes no mention of the January feast but speaks thus of 22 February: "VIII Kl. Martias: natale Petri de cathedra" (eighth day before the Calends of March, the birthday [i.e. feast] of the Chair of Peter). It was not until after the insertion of Antioch in the copies of the "Martyrologium Hieronymianum" that the feast of February gave way in importance to that of January. The Roman Church, therefore, at an early date celebrated a first and a second assumption of the episcopal office in Rome by St. Peter. This double celebration was also held in two places, in the Vatican Basilica and in a cemetery (coemeterium) on the Via Salaria. At both places a chair (cathedra) was venerated which the Apostle had used as presiding officer of the assembly of the faithful. The first of these chairs stood in the Vatican Basilica, in the baptismal chapel built by Pope Damasus; the neophytes in albis (white baptismal robes) were led from the baptistery to the pope seated on this ancient cathedra, and received from him the consignatio, i.e. the Sacrament of Confirmation. Reference is made to this custom in an inscription of Damasus which contains the line: "una Petri sedes, unum verumque lavacrum" (one Chair of Peter, one true font of baptism). St. Ennodius of Pavia (d. 521) speaks of it thus ("Libellus pro Synodo", near the end): "Ecce nunc ad gestatoriam sellam apostolicæ confessionis uda mittunt limina candidatos; et uberibus gaudio exactore fletibus collata Dei beneficio dona geminantur" (Behold now the neophytes go from the dripping threshold to the portable chair of the Apostolic confession; amid abundant tears called forth by joy the gifts of Divine grace are doubled). While therefore in the apse of the Vatican Basilica there stood a cathedra on which the pope sat amid the Roman clergy during the pontifical Mass, there was also in the same building a second cathedra from which the pope administered to the newly baptized the Sacrament of Confirmation. The Chair of St. Peter in the apse was made of marble and was built into the wall, that of the baptistery was movable and could be carried. Ennodius calls the latter a gestatoria sedes; throughout the Middle Ages it was always brought on 22 February from the above-mentioned consignatorium or place of confirmation to the high altar. That day the pope did not use the marble cathedra at the back of the apse but sat on this movable cathedra, which was, consequently, made of wood. The importance of this feast was heightened by the fact that 22 February was considered the anniversary of the day when Peter bore witness, by the Sea of Tiberias, to the Divinity of Christ and was again appointed by Christ to be the Rock of His Church. According to very ancient Western liturgies, 22 February was the day "quo electus est 1. Petrus papa" (on which Peter was first chosen pope). The Mass of this feast calls it at the beginning: "solemnitatis prædicandæ dies præcipue nobilis in quo . . . . beatus Bar-Jona voce Redemptoris fide devotâ prælatus est et per hanc Petri petram basis ecclesiæ fixus est", i.e. this day is called especially praiseworthy because on it the blessed Bar-Jona, by reason of his devout faith, was raised to pre-eminence by the words of the Redeemer, and through this rock of Peter was established the foundation of the Church. And the Oratio (collect) says: "Deus, qui hodiernâ die beatum Petrum post te dedisti caput ecclesiæ, cum te ille vere confessus sit" (O God, who didst this day give us as head of the Church, after Thyself, the Blessed Peter, etc.).

The second of the aforementioned chairs is referred to about 600 by an Abbot Johannes. He had been commissioned by Pope Gregory the Great to collect in special little phials oil from the lamps which burned at the graves of the Roman martyrs (see CATACOMBS; MARTYR) for the Lombard queen, Theodolinda. According to the manuscript list of these oils preserved in the cathedral treasury of Monza, Italy, one of these vessels had on it the statement: "oleo de sede ubi prius sedit sanctus Petrus" (oils from the chair where St. Peter first sat). Other ancient authorities describe the site as "ubi Petrus baptizabat" (where Peter baptized), or "ad fontes sancti Petri; ad Nymphas sancti Petri" (at the fountain of Saint Peter). Formerly this site was pointed out in the coemeterium majus (principal cemetery) on the Via Nomentana; it is now certain that it was on the Via Salaria, and was connected with the coemeterium, or cemetery, of Priscilla and the villa of the Acilii (Acilii Glabriones), situated above this catacomb. The foundation of this villa, showing masonry of a very early date (opus reticulatum), still exists. Both villa and cemetery, in one of whose burial chambers are several epitaphs of members of the family, or gens, of the Acilii, belong to the Apostolic Period. It is most probable that Priscilla, who gave her name as foundress to the catacomb, was the wife of Acilius Glabrio, executed under Domitian. There is hardly any doubt that the site, "ubi prius sedit sanctus Petrus, ubi Petrus baptizabat" (where Saint Peter first sat, where Peter baptized), should be sought, not in an underground cubiculum (chamber) in the catacombs, but in an oratory above ground. At least nothing has been found in the oldest part of the cemetery of Priscilla now fully excavated, referring to a cathedra, or chair.

The feast of the Cathedra Petri was therefore celebrated on the Via Salaria on 18 January; in the Vatican Basilica it was observed on 22 February. It is easy to believe that after the triumph of Christianity the festival could be celebrated with greater pomp in the magnificent basilica erected by Constantine the Great over the confessio, or grave of Peter, than in a chapel far distant from the city on the Via Salaria. Yet the latter could rightly boast in its favour that it was there Saint Peter first exercised at Rome the episcopal office ("ubi prius sedit sanctus Petrus", as Abbot Johannes wrote, or "qua primo Rome petrus apostolus sedit", as we read in the "Martyrologium Hieronymianum" at 18 January). This double festival of the Chair of St. Peter is generally attributed to a long absence of the Apostle from Rome. As, how ever, the spot, "ubi s. Petrus baptizabat, ubi prius sedit" was distant from the city, it is natural to think that the second feast of the cathedra is connected with the opening of a chapel for Christian worship in the city itself.

The chair itself

The Goths, who conquered and pillaged Rome in 410, advanced toward the city by the Via Salaria and the Via Nomentana; the same roads were traversed in the sixth and seventh centuries by later German invaders of Roman territory. Not only the churches, therefore, but even the cemeteries on these thoroughfares were easily given to plunder and devastation. We have seen, moreover, that as late as 600 a lamp was burning on the site "ubi prius sedit sanctus Petrus". If the original chair of the Apostle had still been there at that time, would it have been saved from destruction in the pillage that did not spare the sarcophagi in the catacombs? The words of the Abbot Johannes, "oleo de sede, ubi prius sedit sanctus Petrus", seem to leave scarcely a doubt as to this. The fact, evidenced by the martyrologies (see above), that by the ninth century one of the two feasts of the Roman cathedra had drifted away to Antioch, shows that the cathedra of the Via Salaria must have perished as early as the sixth or seventh century.

We come now to the question, where stood originally the chair shown and venerated in the Vatican Basilica during the fourth century? On the strength of ancient tradition it has been customary to designate the church of Santa Pudenziana as the spot where, in the house of the supposed Senator Pudens, the two great Apostles not only received hospitable entertainment, but also held Christian services. But the legends connected with Santa Pudenziana do not offer sufficient guarantee for the theory that this church was the cathedral and residence of the popes before Constantine. At the close of his Epistle to the Romans (xvi, 5), St. Paul mentions a place where religious services were held, the house of Aquila and Prisca (ten kat oikon auton ekklesian — now Santa Prisca on the Aventine). Aquila and Prisca are first among the many to whom the Apostle sends salutations. Aquila's connexion with the Catacomb of Priscilla is still shown by the epitaphs of that burial place. In 1776 there was excavated on the Aventine, near the present church of Santa Prisca, a chapel with frescoes of the fourth century; in these frescoes pictures of the two Apostles were still recognizable. Among the rubbish was also found a gilded glass with the figures of Peter and Paul. The feast of the dedication of this church (an important point) still falls on the same day as the above-described cathedra feast of 22 February; this church, therefore, continued to celebrate the traditional feast even after the destruction of the object from which it sprang. In the crypt of Santa Prisca is shown a hollowed capital, bearing in thirteenth-century letters the inscription: BAPTISMUS SANCTI PETRI (Baptism of Saint Peter), undoubtedly the echo of an ancient tradition of the administration of baptism here by Peter. In this way we have linked together a series of considerations which make it probable that the spot "ubi secundo sedebat sanctus Petrus" (where Saint Peter sat for the second time), must be sought in the present church of Santa Prisca; in other words, that the chair referred to by St. Damasus was kept there in the period before Constantine. It was there, consequently, that was celebrated the "natale Petri de cathedrâ", set for 22 February in the calendars beginning with the year 354. It follows also that this is the cathedra referred to in the oldest testimonia which speak of the chair from which Peter taught at Rome. The (third-century) poem, "Adversus Marcionem", says (P.L., II, 1099):


Hâc cathedrâ, Petrus quâ sederat ipse, locatum
Maxima Roma Linum primum considere iussit.

(On this chair, where Peter himself had sat,
great
Rome first placed Linus and bade him sit.)

Further, St. Cyprian, writing about 250, during the vacancy of the chair after the death of Pope St. Fabian, describes it as follows: "Cum locus Fabiani, id est locus Petri et gradus cathedræ sacerdotalis vacaret" (when the place of Fabian, i.e. the place of Peter and the step of the sacerdotal chair were vacant). Still earlier, about 200, Tertullian writes, in his "De præscriptione bæreticorum": "Percurre ecclesias apostolicas, apud quas ipsæ adhuc cathedræ apostolorum suis locis præsident. Si Italiæ adjaces habes Romam" (Visit the Apostolic churches in (among) which the very chairs of the Apostles still preside in their places. If you are near Italy, there is Rome).

How Pope Damasus might be led to transfer the cathedra Petri from Santa Prisca to the Vatican, can be readily understood from the circumstances of that time. From the reign of the first Constantine the Lateran had been the residence of the popes, and its magnificent basilica their cathedral, while the neighbouring baptistery of Constantine served for the solemn administration of baptism on the eve of Easter. In the half-century from 312 to 366 (date of the accession of Damasus), the importance of Santa Prisca, its baptistery, and its cathedra must naturally have declined. Damasus could therefore be certain of the approval of all Rome when he transferred the venerable Apostolic relic from the small chapel in Santa Prisca to his own new baptistery in the Vatican, where it certainly remained to the first quarter of the sixth century, after which it was kept in different chapels of the Vatican Basilica. During the Middle Ages it was customary to exhibit it yearly to the faithful; the newly-elected pope was also solemnly enthroned on this venerable chair, a custom that ceased at the transfer of the papal capital to Avignon, in the early part of the fourteenth century. In order to preserve for posterity this precious relic, Alexander VII (1655-67) enclosed, after the designs of Bernini, the Cathedra Petri above the apsidal altar of St. Peter's in a gigantic casing of bronze, supported by four Doctors of the Church (Ambrose, Augustine, Athanasius, Chrysostom). Thenceforth, for 200 years, it was not exhibited to the public. In 1867, however, on the occasion of the eighteenth centenary of the martyrdom of the two great Apostles, it was exposed for the veneration of the faithful. At that time the Alessandri brothers photographed the chair, and that photograph is reproduced here. The seat is about one foot ten inches above the ground, and two feet eleven and seven-eighths inches wide; the sides are two feet one and one-half inches deep; the height of the back up to the tympanum is three feet five and one-third inches; the entire height of the chair is four feet seven and one-eighth inches. According to the examination then made by Padre Garucci and Giovanni Battista de Rossi, the oldest portion (see illustration) is a perfectly plain oaken arm-chair with four legs connected by cross-bars. The wood is much worm-eaten, and pieces have been cut from various spots at different times, evidently for relics. To the right and left of the seat four strong iron rings, intended for carrying-poles, are set into the legs. At a later date, perhaps in the ninth century, this famous chair was strengthened by the addition of pieces of acacia wood. The latter wood has inlaid in it a rich ornamentation of ivory. For the adornment of the front of the seat eighteen small panels of ivory have been used, on which the labours of Hercules, also fabulous animals, have been engraved; in like manner it was common at this period to ornament the covers of books and reliquaries with ivory panels or carved stones representing mythological scenes. The back is divided by small columns and arches into four fields and finishes at the top in a tympanum which has for ornamentation a large round opening between two smaller ones. The tympanum is surrounded on all sides by strips of ivory engraved in arabesques. At the centre of the horizontal strip a picture of an emperor (not seen in the illustration) is carved in the ivory; it is held to be a portrait of Charles the Bald. The arabesque of acanthus leaves filled with fantastic representations of animals, and the rough execution of the work, would make the period of this emperor (884) a probable date. What still remains of the old cathedra scarcely permits an opinion as to the original form. In any case it was a heavy chair made of plain, straight pieces of wood, so that it cannot be considered a sella curulis of Pudens, as earlier tradition held it to be. If the four rings on the two sides belong to the original chair (Ennodius of Pavia about the sixth century used the term sedes gestatoria as an expression universally understood in reference to this chair), then it was probably an ordinary carrying-chair, such as was commonly used in ancient Rome.

While the two chairs were the visible memorials of the earliest origins of Peter's Apostolic work at Rome, the recollection of his first arrival in the city is still preserved in the litanioe majores (greater litanies) on 25 April. On this day is also celebrated the feast of St. Mark, whom St. Peter had sent to Alexandria in Egypt. Antioch and Alexandria, the two most important patriarchates of the East, were, in common with Rome, founded by Peter. Gregory the Great refers as follows to this spiritual relationship with the Roman Patriarchate of the West, in a letter to the Patriarch Eulogius (P.L., LXXVII, 899): "Quum multi sint Apostoli, pro ipso autem principatu sola Apostolorum principis sedes in auctoritate convaluit, quæ in tribus locis unius est. Ipse enim sublimavit sedem, in quâ etiam quiescere et præsertim vitam finire dignatus est. Ipse decoravit sedem, in quâ Evangelistam (Marcum) discipulum misit. Ipse firmavit sedem, in quâ septem annis, quamvis discessurus, sedit. Quum ergo unius atque una sit sedes, cui ex auctoritate divinâ tres nunc episcopi præsident, quidquid ego de vobis boni audio, hoc mihi imputo" (Though there are many Apostles, pre-eminence of authority belongs permanently to none other than the Chair of the Prince of the Apostles, which Chair though established in three places remains nevertheless that of one and the same [Apostle]. He lifted it to the highest dignity in the place [Rome] where he deigned to fix his residence and end his life. He honoured it in the city [Alexandria] to which he sent his disciple, the Evangelist Mark. He strengthened it in the city [Antioch] where, though destined to depart, he sat for seven years. Since therefore the Chair in which now by divine authority three bishops preside is the identical chair of the self-same [Peter], I take myself whatever good I hear concerning you).

We conclude, therefore, that there is no reason for doubting the genuineness of the relic preserved at the Vatican, and known as the Cathedra Petri. According to Eusebius, Jerusalem preserved the cathedra of St. James (Church History VII.19), Alexandria that of St. Mark (G. Secchi, La cattedra alessandrina di San Marco, Venice, 1853). Tertullian, in the above quoted passage, refers to the value placed by the Apostolic Churches on the possession of the chairs of their founders (apud quas ipsæ adhuc cathedræ apostolorum suis locis præsident), and in enumerating them he puts Rome first. Moreover, the other writers above quoted, and whose testimony reaches back to the second century, all postulate the presence in Rome of an actual Cathedra Petri, See also SAINT PETER; PRIMACY.


Sources

The most exhaustive study of these subjects is that of DE Rossi, in Bullettino di archeologia christiana (Rome, 1867), 33, sqq. — Cf. STEVENSON, in KRAUS, Realencyklopädie d. christlichen Alterthümer (Freiburg im Br., 1886), II, 156-61; SANGUINETTI, De Sede romanâ beati Petri, etc., commentarius historico-criticus (Rome, 1867); RAMPOLLA, De Cathedrâ romanâ beati Petri (Rome, 1868); NORTHCOTE-BROWNLOW, in Roma Sotterranea, I, 494; BARNES, St. Peter in Rome and his Tomb on the Vatican Hill (London, 1900), 35, 55, 79-82; SMITH AND CHEETHAM (non-Catholic), Dictionary of Christian Antiquities (Hartford, 1880), II, 1625-27. — Among the older works consult, PHOEBEUS, De identitate Cathedroe Petri Romanoe libri II (Rome, 1666); ed. PIERALISI (Rome, 1886); TORRIGIO, Grotte Vaticane (Rome, 1639); CANCELLIERI, De Secretariis basilicoe Vaticanoe (Rome, 1788); Acta SS., June, V, 425-75; also FOGGINI, De romano beati Petri itinere (Florence, 1741; and MAMACHI'S similar work, Rome, 1872). Cf. ZACCARIA, De sancti Petri apost. princ. primatu (Rome, 1776).

For the feast of the Chair see KELLNER, Die Feste Cathedra Petri und des antiochenischen Episkopats dieses Apostels, in Zeitschrift f. kath. Theologie (1889), XIII, 566-76; MARUCCHI, Le memorie dei SS. Apostoli Pietro e Paolo nella città di Roma (ibid., 1894); MORIN, Un sermon ancien pour la féte de la Chaire de St-Pierre, in Revue bénéd., 1896, XIII, 343-46. Cf. BENEDICT XIV, Su le feste della Cattedra di San Pietro, due dissertazioni inedite (Rome, 1828).

Waal, Anton de. "Chair of Peter." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. 22 Feb. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/03551e.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/03551e.htm

Feast of the Chair of Saint Peter

This feast commemorates Christ’s choosing Peter to sit in his place as the servant-authority of the whole Church.

Jesus bestowed to Peter a special place among the Apostles. He was one of the three who were with Christ on special occasions, such as the Transfiguration of Christ and the Agony in the Garden of Gethsemane. He was the only Apostle to whom Christ appeared on the first day after the Resurrection. St. Peter, in turn, often spoke on behalf of the Apostles.

When Jesus asked the Apostles: “Whom do men say that the Son of Man is?”

Simon replied: “Thou art Christ, the Son of the Living God.”

And Jesus said: “Blessed are you, Simon Bar-Jona: because flesh and blood have not revealed it to you, but my Father who is in heaven. And I say to you: That you are Peter [Cephas, a rock], and upon this rock [Cephas] I will build my Church [ekklesian], and the gates of hell shall not prevail against it. And I will give to you the keys of the kingdom of heaven. And whatsoever you shall bind upon earth, it shall be bound also in heaven: and whatsoever you shall loose on earth, it shall be loosed also in heaven”. (Mt 16:13-20)

In saying this Jesus made St. Peter the head of the entire community of believers and placed the spiritual guidance of the faithful in St. Peter’s hands.

The earliest mention of a celebration of the See of St Peter on this day is in a calendar dating to 311. It is believed that on this day St Peter made his confession of faith, and accordingly an older Collect for the feast said that on this day the Lord gave St Peter to the Church to be its head, as Christ’s Vicar on earth.


SOURCE : http://ucatholic.com/saints/chair-of-saint-peter/


The Chair of St. Peter, at Antioch

See Baronius, Annot. in Martyrol. ad 18 Januarii, the Bollandists, ib. t. 2. p. 182. sec. 5. and 6. and especially Jos. Bianchini, Dissert. De Romanâ Cathedrâ in notis in Anastatium Biblioth. t. 4. p. 150.

THAT Saint Peter, before he went to Rome, founded the see of Antioch is attested by Eusebius, 1 Origen, 2 St. Jerom, 3 St. Innocent, 4 Pope Gelasius, in his Roman Council, 5 St. Chrysostom and others. It was just that the prince of the apostles should take this city under his particular care and inspection, which was then the capital of the East, and in which the faith took so early and so deep root as to give birth in it to the name of Christians. St. Chrysostom says, that St. Peter made there a long stay: St. Gregory the Great, 6 that he was seven years bishop of Antioch; not that he resided there all that time, but only that he had a particular care over that church. If he sat twenty-five years at Rome, the date of his establishing his chair at Antioch must be within three years after our Saviour’s ascension; for in that supposition he must have gone to Rome in the second year of Claudius.

The festival of St. Peter’s chair in general, Natale Petri de Cathedrâ, is marked on this day in the most ancient calendar extant, made in the time of Pope Liberius, about the year 354. 7 It also occurs in Gregory’s sacramentary, and in all the martyrologies. It was kept in France in the sixth century, as appears from the council of Tours, 8 and from Le Conte. 9

  In the first ages it was customary, especially in the East, for every Christian to keep the anniversary of his baptism, on which he renewed his baptismal vows, and gave thanks to God for his heavenly adoption: this they called their spiritual birth-day. The bishops in like manner kept the anniversary of their own consecration, as appears from four sermons of St. Leo on the anniversary of his accession or assumption to the pontifical dignity; and this was frequently continued by the people after their decease, out of respect to their memory. St. Leo says, we ought to celebrate the chair of St. Peter with no less joy than the day of his martyrdom; for as in this he was exalted to a throne of glory in heaven, so by the former he was installed head of the church on earth. 10

On this festival we are especially bound to adore and thank the divine goodness for the establishment and propagation of his church, and earnestly to pray that in his mercy he may preserve the same, and dilate its pale, that his name may be glorified by all nations, and by all hearts, to the boundaries of the earth, for his divine honour and the salvation of souls, framed to his divine image, and the price of his adorable blood. The church of Christ is his spiritual kingdom: he is not only the architect and founder; but continues to govern it, and by his spirit, to animate its members to the end of the world as its invisible head: though he has left in St. Peter and his successors a vicar, or lieutenant, as a visible head, with an established hierarchy for its exterior government. If we love him and desire his honour, if we love men on so many titles linked with us, can we cease weeping and praying, that by his sweet omnipotent grace he may subdue all the enemies of his church, converting to it all infidels and apostates? In its very bosom sinners fight against him. Though these continue his members by faith, they are dead members, because he lives not in them by his grace and charity, reigns not in their hearts, animates them not with his spirit. He will indeed always live by grace and sanctity in many members of his mystical body. Let us pray that by the destruction of the tyranny of sin all souls may subject themselves to the reign of his holy love. Good Jesus! for your mercy’s sake, hear me in this above all other petitions: never suffer me to be separated from you by forfeiting your holy love: may I remain always rooted and grounded in your charity, as is the will of your Father. Eph. iii.

Note 1. Chron. and Hist. l. 3. c. 30. [back]

Note 2. Hom. 6. in Luc. [back]

Note 3. In Catal. c. 1. [back]

Note 4. Ep. 18. t. 2. Conc. p. 1269. [back]

Note 5. Conc. t. 4. p. 1262. [back]

Note 6. Ep. 40. l. 7. t. 2. p. 888. Ed. Ben. [back]

Note 7. Some have imagined that the feast of the Chair of St. Peter was not known, at least in Africa, in the fifth century, because it occurs not in the ancient calendar of Carthage. But how should the eighth day before the calends of March now appear in it, since the part is lost from the fourteenth before the calends of March to the eleventh before the calends of May? Hence St. Pontius, deacon, and martyr, on the eighth before the ides of March; St. Donatus, and some other African martyrs, are not there found. At least it is certain that it was kept at Rome long before that time. Saint Leo preached a sermon on St. Peter’s chair. (Serm. 100. t. 1. p. 285. ed. Rom.) Quesnel denied it to be genuine in his first edition; but in the second at Lyons, in 1700, he corrected this mistake, and proved this sermon to be St. Leo’s; which is more fully demonstrated by Cacciari in his late Roman edition of St. Leo’s works, t. 1. p. 285. [back]

Note 8. Can. 22. [back]

Note 9. Ad an. 566. [back]

Note 10. Ad an. 566. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume II: February. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/2/221.html