mercredi 9 janvier 2013

Bienheureuse ALIX LE CLERC, religieuse et fondatrice




Bienheureuse Alix Le Clerc

(1576-1622)

Il y a un mois, le 9 décembre, nous fêtions saint Pierre Fourier qui était à la fin du 17me siècle, Curé de Mattaincourt, dans les Vosges. C'est avec lui que la Bienheureuse Alix Le Clerc a fondé la Congrégation enseignante des Chanoinesses de Notre-Dame. Récemment, on les appelait encore "les Mères des oiseaux"... du nom d'un quartier de Paris où elles s'étaient implantées. Alix Le Clerc naquit à Remiremont, en 1576. Jeune fille "de bonne famille et du beau monde" (comme on disait), elle fréquentait beaucoup les bals et les réceptions mondaines ; mais, comme elle le notait, "elle se sentait l'âme fort triste parmi les vanités"... et elle décida de ne plus faire que ce qui est agréable à Dieu. Conseillée par st. Pierre Fourier, à 21 ans, elle se consacre à l'éducation gratuite, à la fois spirituelle et humaine, des filles des milieux déshérités. La nuit de Noël 1597, l'oeuvre de soeur Alix devient la Congrégation de Notre-Dame, laquelle jusqu'à nos jours sera une pépinière d'enseignantes et de pédagogues remarquables. La fondatrice rencontra beaucoup d'oppositions à son projet, spécialement de la part des évêques de sa région : en effet, en cette fin du 16ème siècle, on n'avait encore jamais vu des religieuses dans les écoles. Soeur Alix était une "battante"! elle persévère dans son oeuvre, se dépense sans compter, rayonnante d'humilité et de persuasion. Finalement, elle a gagné et ses écoles vont se multiplier.

Soeur Alix Le Clerc termine sa vie ardente et laborieuse au service de l'éducation qu'elle voulait "totale" : celle du coeur et de l'intelligence, à Nancy le 9 janvier 1622. Au siècle dernier, trois des pensionnats de la Congrégation des "Chanoinesses de Notre-Dame" étaient réputés comme les plus "chics" de Paris : "Les Oiseaux", "Le Roule" et aussi "L'Abbaye-aux-Bois" : c'est là que s'était retirée Madame Récamier et Chateaubriand venait y lire à ses fidèles admiratrices le manuscrit des "Mémoires d'Outre-tombe". Bonne fête aux Alix : un nom d'origine latine qui signifie : celle qui a des ailes ! Quant au nom de Alice, on peut le rapporter soit à Alix soit à Adélaïde.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP

SOURCE : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Saints/Alix-Le-Clerc

ALIX LE CLERC - 1576-1622

RELIGIEUSE, FONDATRICE DE LA CONGREGATION NOTRE-DAME

BIENHEUREUSE

Il y avait alors à Mattaincourt une jeune fille de vingt-deux ans, originaire de Remiremont, nommée Alex le Clerc. Elle y était élevée dans la piété et la civilité, selon l’usage des meilleurs maison du lieu.

« Elle était, dit son historien, d’un naturel doux et accommodant, d’un abord agréable, avec une modestie qui donnait de l’admiration, accompagnée d’une certaine gravité, grâce et douceur, qui la faisait craindre et aimer. Sa présence donnait du respect et de la retenue à ceux qui conversaient avec elle. Elle était grande, droite et bien faite, la taille et le port excellent excellents, un peu blonde, le teint blanc et délicat, les yeux bleus, le nez assez long, la bouche belle, mais un peu plate ; l’esprit et le jugement sains ; fort retenue et avisée en ses paroles, d’une humeur tranquille et toujours égale. »

Par sa beauté et les grâces de son esprit, Alix le Clerc plaisait au monde et elle avait senti naître en elle le désir de plaire. Mais soupçonnant qu’elle n’était pas dans sa voie, et poursuivie de retranchement en retranchement, tantôt par des inspirations secrètes, tantôt par des visions pleines de sens, elle se rendit enfin, et, foulant aux pieds la vanité du siècle, elle voua à Dieu sa virginité.

« Quand je priais Dieu, dit-elle dans la Relation de sa vie, il me tombait toujours en l’esprit qu’il me faudrait faire une nouvelle maison de filles pour y pratiquer tout le bien qu’on pourrait. »

Plus tard, elle eut une vision dans laquelle il lui sembla qu'elle ramassait de petites pailles abandonnées que d'autres regardaient avec mépris, et elle entendit intelligiblement une voix qui lui dit: « Je veux que ces petites âmes, qui sont comme des enfants bâtards, délaissées de leur mère, en aient une désormais en toi. »

Les véhémentes prédications de Pierre Fourier achevèrent de fixer cette âme et lui ouvrirent ses véritables horizons.

Elle confia ses attraits au saint Curé, qui dut, par prudence, la laisser quelque temps en suspens, alléguant pour premier obstacle l'impossibilité de commencer seule une telle oeuvre.

— « Où trouverez-vous, lui dit-il, des compagnes qui voudront se joindre à vous? »

Alix, néanmoins, persistait dans ses pensées, demandant à Dieu avec confiance une manifestation plus claire de ses desseins sur elle.

Elle en était là, lorsqu'une jeune fille, nommée Gante André, touchée de sa vie édifiante, vint lui confier le désir qu'elle avait de se consacrer à Dieu avec elle.

Gante n'avait que dix-sept ans. Mais c'était une nature riche, généreuse et expansive. A une complexion robuste, à une santé de fer, elle joignait un esprit viril, un caractère décisif, des idées nettes, un bon sens que rien ne déconcertait, et un courage à l'épreuve de toutes les difficultés. Depuis sa tendre enfance elle n'avait vécu que pour Dieu et pour les pauvres, et son rêve était de se livrer tout entière à l'action, pour étendre sur la terre le règne de Jésus-Christ.

Un jour du mois d'octobre 1597, Alix, suivie de cette première compagne, se présenta au presbytère de Mattaincourt, et renouvela instamment au Père Fourier son intention de quitter le monde et de servir Dieu sous sa direction, comme elle le lui avait déjà exposé une première fois. Ému de cette déclaration, qui répondait au secret désir de son zèle, Pierre Fourier bénit Dieu dans son coeur; mais il se tut prudemment et ne les accueillit qu'avec réserve.

Bientôt trois autres jeunes filles, apprenant leur démarche, vinrent successivement trouver Alix et s'ouvrirent à elle du même dessein qu'elles nourrissaient en silence.

La jeune apôtre les conduisit de nouveau au saint Curé, pour qu'il leur fit connaître la volonté de Dieu à leur égard. Tout en les écoutant, Pierre Fourier les modérait, ajournait leur résolution, et les en détournait même, afin de les éprouver.

Assuré enfin de leur vocation, il leur permit de paraître à l'église, la nuit de Noël 1597, vêtues de noir et couvertes d'un voile. Puis, quelques semaines plus tard, dans une nuit d'oraison et d'extase, du dix-neuf au vingt janvier 1598, veille de saint Sébastien, il prit devant Dieu sa résolution définitive.

Ému des dangers que faisait courir aux bonnes moeurs la réunion dans les mêmes classes des garçons et des filles, il jugea qu'il serait nécessaire d'avoir une Religion d'hommes pour instruire des garçons et une Religion de femmes pour instruire les filles, et il se décida à instituer simultanément deux Ordres, l'un de Religieux et l'autre de Religieuses, qui seraient voués à l'enseignement gratuit des enfants du peuple.

A peine sa résolution prise, il se mit à l'oeuvre pour fonder d'abord l'Ordre des hommes. Il choisit donc cinq ou six jeunes garçons, qui avaient déjà fait quelques études, et les réunit dans son presbytère, pour essayer de les former à l'enseignement. Mais l'heure n'était pas encore venue. L'un s'échappa, l'autre demanda son congé, un troisième se dégoûta, à tel point qu'en moins de trois mois, l'entreprise s'évanouit. C'est au chanoine rémois, Jean-Baptiste de la Salle, qu'était réservée la gloire de reprendre et de réaliser ce noble dessein.

Toute l’activité de Pierre Fourier se retourna aussitôt vers les cinq jeunes filles, qui n’attendaient, pour agir, qu’un mot de sa bouche.

Après quelques épreuves, suscitées par la nouveauté du projet, il leur permit de se rassembler, avec approbation provisoire de l’évêque de Toul, au village de Poussay, près de Mattaincourt, sous la protection de Madame d’Apremont. C’était la veille de la fête du Saint-Sacrement de l’an 1598.

Ce fut donc à Poussay que ces généreuses filles jetèrent les premiers fondements de la Congrégation de Notre-Dame, se livrant à des prières et à des pénitences continuelles, afin de connaître et d’accomplir la volonté de Dieu. En attendant, elles se mirent à instruire les jeunes filles du village.

Le bon Père allait les voir deux ou trois fois la semaine. Jamais il n’entrait dans leur maison, mais il les écoutait à l’église, où elles lui rendaient compte de ce qu’elles faisaient ; et lui, de son côté, les formait à la vie spirituelle, et leur communiquait les méthodes les plus propres à l’instruction des filles. Il ne craignait pas de s’abaisser aux plus menus détails, leur enseignant à bien lire, leur traçant les principes de l’orthographe et les règles de l’arithmétique.

En 1600, elles rentrèrent à Mattaincourt, grâce à la générosité de Madame d’Apremont, qui leur acheta un local. Alix reçut du Père Fourier la direction de la maison, et là, comme à Poussay, les élèves affluèrent en si grand nombre dans leur école, qu’à peine les maîtresses y pouvaient-elles suffire, bien qu’elles eussent déjà reçu quelques compagnes.

« Le R. Père en était le directeur, et il ordonnait à chacune ce qu’elle y devait faire. Il voulait qu’outre les leçons et les prières, on fit tous les jours répéter aux enfants une partie du catéchisme, et des dialogues qu’il composait lui-même, contre les vices qu’il savait régner le plus dans sa paroisse et dans les villages voisins ; et, tous les dimanches, après les vêpres, il faisait le catéchisme, interrogeait les petites filles et leur faisait dire des dialogues, avec diverses questions utiles pour instruire le peuple qui venait de tous côtés. »




Bienheureuse Alix Le Clerc (1576-1622)

Une passion et un défi, un regard d'espérance pour aujourd'hui

Encouragée par saint Pierre Fourier de Mattaincourt, son jeune curé, cette religieuse lorraine fonde la Congrégation Notre-Dame et se consacre à l'éducation des jeunes filles dont personne ne s'occupe.

Née dans une famille aisée, à Remiremont, ville des Vosges dans le duché de Lorraine, alors indépendant de la France, Alix y avait d'abord vécu insouciante : « J'avais tant de compagnie de vanité et de jeunesse... J'aimais fort à danser. » Vers ses 18 ans, elle quitte sa ville natale avec ses parents pour un petit village dépendant de la cure de Mattaincourt. Toujours insatisfaite, mais déterminée, elle se confie au jeune nouveau curé arrivé, le 1er juin 1597. C'était saint Pierre Fourier. « Il me tombait toujours en l'esprit qu'il faudrait faire une nouvelle maison de filles pour y pratiquer tout le bien que l'on pourrait. » Elle entraîne avec elle quatre amies. Elles désirent donner leur vie à Dieu : elles vont s'essayer à vivre ensemble, prier et faire l'école aux petites filles dont, en ce temps, personne ne s'occupe.

Le concile de Trente s'était clos en 1563. De la volonté de rénovation pastorale et sociale de Pierre et de l'intuition créatrice d'Alix, la Congrégation Notre-Dame naît à Noël 1597, à Mattaincourt.

Durant vingt-cinq ans, avec Pierre Fourier, Alix connaît les difficultés des premières fondations, lutte pour maintenir l'esprit du projet d'origine, participe à l'élaboration des constitutions de la congrégation, vivant elle-même une intense expérience spirituelle, séjournant dans les maisons qui s'ouvrent, proche de ses sœurs, leur souhaitant en fin de lettre : « Que Dieu soit votre amour entier. »

Quand Pierre Fourier est canonisé, en 1897, on dénombre 31 monastères-écoles de Notre-Dame en Europe. Puis ce sont les fondations au Brésil, au Vietnam, en RD Congo, à Hong Kong, au Mexique.

Avec Vatican II, les sœurs ont revisité le charisme éducatif de leurs fondateurs. Elles offrent de partager ce trésor aux nombreux laïcs rencontrés dans leur vie de religieuses apostoliques : enfants, jeunes, éducateurs, animateurs, enseignants, parents, collaborateurs, associés, et tant d'autres, proches et amis.

En 1947, Alix est déclarée bienheureuse, et en 1987 Rome approuve les nouvelles constitutions. Pour actualiser ces anniversaires, un projet s'ébauche : faire de 2007 une année Alix Le Clerc, à Nancy et bien au-delà des diocèses lorrains. Car Alix Le Clerc, par sa vie et son œuvre, nous laisse une passion et un défi, un regard d'espérance pour aujourd'hui.

Par Mgr Armand Maillard

Evêque émérite de Laval


Bienheureuse Alix le Clerc, vierge

Née à Remiremont en 1576 d’une famille de bourgeois cossus, Alix Le Clerc était venue à Hymont, paroisse de Mattaincourt, pour des raisons de santé, quand peu après son arrivée saint Pierre Fourier y fut nommé curé. Celui-ci, désireux d’assurer aux petites filles une instruction et une éducation chrétienne plus soignées que celles qu’elles recevaient habituellement, projeta de fonder une congrégation dont ce serait le but.

A Noël 1597, cinq jeunes filles, parmi lesquelles Alix Le Clerc, prenaient le voile et, en 1599, la première école fut ouverte à Poussay ; malgré bien des traverses, la nouvelle « Congrégation de Notre-Dame » connut de rapides succès, elle s’étendit dans toute la Lorraine, en France et même en Allemagne. Sous la direction de Pierre Fourier, Alix Le Clerc, fut une supérieure remarquable de délicatesse, de charité et d’humilité. Venue en 1603 à Nancy pour y fonder une maison, c’est surtout dans cette ville qu’Alix Le Clerc passa les dernières années de sa vie ; elle y mourut le 9 janvier 1622. Elle a été béatifiée le 4 mai 1947 par le pape Pie XII.


Bienheureuse Alix Le Clerc

Fondatrice de la congrégation Notre-Dame - Chanoinesses de St Augustin (+ 1622)

Sa famille qui habitait Remiremont dans les Vosges était riche; Alix était belle, elle aimait la vie, la danse et les danseurs. Et puis, un jour, elle se convertit. Elle avait vingt et un ans. Sous la direction spirituelle de saint Pierre Fourier, elle se donna à l'éducation des jeunes filles en fondant la congrégation Notre-Dame (Chanoinesses de Saint-Augustin).

Sa vie est faite de simplicité, de prière et de respect de la grâce de Dieu en chaque jeune dont elle recevait la charge éducative.

Voir aussi le site de la Congrégation Notre-Dame.

...Elle meurt le 9 janvier 1622 au monastère de Nancy, récemment fondé. Pie XII la béatifie le 4 mai 1947. Aujourd’hui encore ses filles rayonnent son idéal dans le monde... (diocèse de Saint-Dié)

Un internaute nous signale: "Elle fut béatifiée avant la découverte de ses reliques, fait exceptionnel. Ses reliques ont été transférées le 14 octobre 2007 à la Cathédrale de Nancy. Une grande cérémonie a eu lieu en présence de l'évêque Mgr Papin."

- Bienheureuse Alix Le Clerc (1576-1622) Encouragée par saint Pierre Fourier de Mattaincourt, son jeune curé, cette religieuse lorraine fonde la Congrégation Notre-Dame et se consacre à l'éducation des jeunes filles dont personne ne s'occupe.

Témoins - site de l'Église catholique en France

À Nancy, en 1622, la bienheureuse Alix Le Clerc (Marie-Thérèse de Jésus), vierge, qui fonda, avec saint Pierre Fourier, la Congrégation des Chanoinesses régulières de Notre-Dame, sous la Règle de saint Augustin, pour l’éducation des jeunes filles.

Martyrologe romain