lundi 7 janvier 2013

Saint RAYMOND de PEÑAFORT, dominicain et archevêque


Saint Raymond de Penyafor

Né près de Barcelone, dans le château familial de Villafranca de Penades, probablement vers 1175, Raymond de Penyafort était apparenté aux comtes de Barcelone et aux rois d'Aragon. Il étudia à l'école cathédrale de Barcelone où, à peine âgé de vingt ans, il enseigna la rhétorique et la logique. En 1210, il partit étudier le droit civil et le droit canonique à Bologne. En compagnie de Pierre Ruber, il fit la route à pied, par Arles et Turin ; ils s’arrêtèrent quelques jours à Briançon pour constater un miracle que venait d’opérer Notre-Dame de Delbeza qui rendit les yeux et les mains à un jeune homme mutilé par des brigands. Après avoir été reçu docteur (1216), il resta à Bologne où, pendant trois ans, il enseigna le droit canonique avec tant de succès que les Bolonais lui offrirent des appointements prélevés sur les ressources de la ville ; après avoir donné le dixième de son salaire au clergé de sa paroisse, il distribuait le reste aux pauvres, ne gardant pour lui que le strict nécessaire.

L'évêque de Barcelone, Bérenguer de Palou1, qui passait par Bologne, au retour d’un pèlerinage à Rome, entendit si fort chanter les louanges de Raymond de Penyafort qu'il le recruta pour le séminaire qu'il voulait fonder dans son diocèse, et l'emmena avec lui (1219). A Viterbe où résidait le pape Honorius III, ils rencontrèrent saint Dominique qui leur donna quelques uns de ses frères. Raymond de Penyafort fut nommé chanoine de la cathédrale de Barcelone, puis prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220) ; outre qu'il fit donner une grande solennité à l'Ascension, il travailla fort au soin des pauvres qu'il nommait ses créanciers.

Le Vendredi Saint 1222, il quittait le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre pour autant son influence sur l'évêque et le diocèse de Barcelone. Voyant que ses supérieurs ne le traitaient pas comme les autres novices, le frère Raymond de Penyafort demanda qu’on lui imposât une pénitence particulière pour les fautes commises pendant sa vie séculière ; c’est pour répondre à sa demande que le provincial lui ordonna d’écrire la « Summa de pænitentia », premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs.

Lorsque Pierre Nolasque2, ancien marchand, fonda l'Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la rédemption des captifs (1223)3, pour le rachat des prisonniers faits par les Musulmans, c'est Raymond de Penyafort qui, dans la cathédrale de Barcelone, en présence de l'évêque et du roi Jacques I° d'Aragon4, donna l'habit et le scapulaire aux premiers mercédaires ; il rédigera aussi la règle de ce nouvel ordre pour laquelle il obtiendra l'approbation du pape Grégoire IX (1235).

Quelques années plus tard (1229), le cardinal de Sainte-Sabine, Jean d'Abbeville5, fut envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la Croisade6 contre les Maures, et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran7 ; il devait aussi déclarer nul le mariage de Jacques I° d’Aragon avec Eléonore de Castille. Le légat s'adjoignit Raymond de Penyafort qui le précéda dans toutes ses visites canoniques et prit part à tous les actes importants de la légation. Le cardinal de Sainte-Sabine en rendant compte de sa mission au Pape (Pérouse le 25 novembre 1229), mit en avant la coopération efficace de Raymond de Penyafort qui, le 28 novembre, fut chargé par Grégoire IX8 de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne la Croisade dirigée par Jacques I° d’Aragon pour chasser les Maures de Majorque.

L'année suivante, Grégoire IX l'appela à la cour pontificale et en fit son confesseur, puis son chapelain ; nommé pénitencier (1230), il fit instaurer l'Inquisition en Aragon, révisa les décrétales et en fit établir la nouvelle collection promulguée par la bulle « Rex pacificus » (5 septembre 1234). Après que le Pape eut accepté qu'il refusât l'archevêché de Tarragone pourvu qu'il en désignât lui-même le titulaire (1234), exténué de fatigue et brisé de maladie, Raymond de Penyafort quitta Rome (avril 1236) pour rentrer en Espagne où il arriva par mer au début de l’été.

Lorsque Raymond de Penyafort débarqua au port catalan de Zossa, on le conduisit près d’un malade appelé Barcelon du Fare ; le pauvre homme qui était à toute extrémité, avait perdu l’usage de ses sens, et ses parents se morfondait qu’il ne pût se confesser avant de mourir. Raymond de Penyafort pria longtemps près de l’agonisant puis lui demanda s’il voulait se confesser, mais il n’obtint aucune réponse. Il fit alors mettre en prière tous ceux qui se trouvaient là. Au bout d’une longue prière collective, Raymond de Penyafort reposa la question ; cette fois, le malade parut sortir d’un profond sommeil et dit : « Mais oui, je veux me confesser et j’en ai un vif désir. » Raymond de Penyafort fit sortir les assistants, entendit le malade qui, l’absolution dite, rendit paisiblement l’âme.

Le 15 octobre, il participa aux Cortès où Jacques I° d’Aragon prépara l’expédition contre le royaume maure de Valence. Le 5 février 1537, Grégoire IX le chargea d’absoudre Jacques I° d'Aragon de l’excommunication qu’il avait encourue pour avoir quelque peu fait malmener à Huesca l'évêque élu de Saragosse qui s’en allait se faire sacrer à Tarragone. Il dut quitter un moment Barcelone puisqu’on le voit exercer les fonctions de pénitencier en 1237.

Après la mort en mer du bienheureux Jourdain de Saxe9 (12 février 1237), le chapitre général de son Ordre qui se réunit à Bologne à la Pentecôte 1238, l'élit Raymond de Penyafort comme maître général bien qu’il fût resté à Barcelone. Il résista aussi longtemps que possible à son élection puis finit par l’accepter, convaincu par les avis pressants de plusieurs provinciaux venus à Barcelonne, dont celui de France, Hugues de Saint-Cher10.

Soucieux de conserver la régulière observance, dès le chapitre général de Paris (1239), Raymond de Penyafort fit établir de nouvelles constitutions (approuvées en 1240, confirmées en 1241) qui restèrent en usage jusqu'en 1924. Il demanda à saint Thomas d'Aquin de rédiger la « Somme contre les gentils. »

Raymond de Penyafort se démit de sa charge de maître général (1240) et retourna dans son couvent de Barcelone d'où il partit souvent pour de nombreuses prédications et pour conseiller le roi Jacques I° d'Aragon. Il avait pour Jacques I° d’Aragon une très forte affection mais il était parfaitement lucide sur les faiblesses du Roi qu’il n’excusait pas. Vers la fin du règne de Jacques I°, Raymond de Penyafort accompagna le roi dans l'île de Majorque qu’il fallait remettre en ordre. Or, après qu’il eut débarqué, Raymond de Penyafort s’aperçu que le roi entrenait des relations coupables avec une dame de la cour ; comme, malgré ses objurgations, Jacques I° ne se décidait pas à rompre, le dominicain résolut de retourner à Barcelone, ce que voulut empêcher le roi qui fit défense à tout vaisseau de l’embarquer. Aucun marin n’ayant osé désobéir au roi, Raymond de Penyafort s'avança sur les rochers que baigne la mer, et dit au frère qui l’accompagnait : « Puisque les hommes n’ont point de bateau à nous offrir, tu va voir comment Dieu va nous en fabriquer un » ; ce disant, il étendit sur l'eau son manteau, et en redressa un coin avec son bâton pour en faire une voile ; il monta sur le manteau qui surnagea et s'avança rapide sous les yeux stupéfaits du compagnon qui, demeuré timidement sur le bord, le vit disparaître à l'horizon. Ce fut assez pour que Jacques I° cessa ses désordres.

Raymond de Penyafort fit beaucoup l’apostolat auprès des Juifs et des Musulmans ; il fut aussi un adversaire efficace de l’hérésie en Catalogne et en Espagne, obtenant que Jacques I° introduisît l’Inquisition en ses Etats. Pour former les missionnaires, il fonda quelques écoles de langues orientales comme l'école arabe de Tunis (1245) et l'école d'hébreu de Murcie (1266).

Outre la « Summa de pænitentia », Raymond de Penyafort a laissé une œuvre écrite considérable dont la plupart des ouvrages servirent longtemps de référence chez les Dominicains et à l’Université de Paris. Il s’agit moins de traités théoriques que de réponses pratiques à des questions concrètes ; Raymond de Penyafort que ses contemporains ont appelé le « Doctor humanus », donne des jugements et des conseils où il se montre plus soucieux du bien des pénitents que du juste équilibre d'un traité de Droit canon ; il est toujours nuancé, désireux de sauvegarder la bonne foi des autres, surtout des simples, alors qu'on pourrait les juger proches des courants hétérodoxes. Son mérite principal est de réaliser un ensemble équilibré de divers courants de pensée quant au renouveau de la vie chrétienne de son temps, singulièrement à propos de la formation des ministres sacrés en matière de vie morale, de doctrine et de prédication.

Raymond de Penyafort qui, depuis sa démission de la maîtrise générale des Dominicains, s’était chaque jour préparé à la mort, accueillit avec joie sa dernière maladie. Entouré des rois d'Aragon et de Castille, il mourut à Barcelone le 6 janvier 1275, jour de l’Epiphanie, sur les dix heures du matin. En 1279, le concile de Tarragone demanda au pape Nicolas IV la canonisation de Raymond de Penyafort pour sa « sainteté au service de la justice », mais il ne fut béatifié que par Paul III, en 1542, et canonisé par Clément VIII, le 29 avril 1601.

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1 Berenguer de Palou fut évêque de Barcelone, de 1212 à sa mort, le 23 août 1241.

2 Saint Pierre Nolasque, issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d’Aragon, naquit vers 1189 au mas des Saintes-Puelles (diocèse de Saint-Papoul). Après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, il rejoignit les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d’Aragon fut tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, fut fait prisonnier ; Simon de Monfort confia l’enfant à Pierre Nolasque, puis les envoya tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigna son royal élève et lui montra l’exemple de sa piété et de sa charité.

3 Dans la nuit du 1er août 1218, fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à Pierre Nolasque : « Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi. » Pierre répondit : « Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? » Notre-Dame lui dit : « Ne crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. » Pierre Nolasque, après avoir passé la nuit en prière, rejoignit Raymond de Penyafort qui lui dit : « J’ai eu cette nuit la même vision que vous : j’ai été aussi favorisé de la visite de la Reine des anges et j’ai entendu de sa bouche l’ordre qu’elle me donnait de travailler de toutes mes forces à l’établissement de cette religion et d’encourager dans mes sermons les catholiques fidèles à venir en aide à une œuvre de charité si parfaite. C’est pour remercier Dieu et la très sainte Vierge que j’étais venu si matin à la cathédrale. » Le Roi entra alors dans la cathédrale et leur dit : « La glorieuse Reine des anges m’est apparue cette nuit, avec une beauté et une majesté incomparables, m’ordonnant d’instituer, pour la rédemption des captifs, un Ordre qui porterait le nom de Sainte-Marie de la Merci ou de la Miséricorde ; et, comme je connais en toi, Pierre Nolasque, un grand désir de racheter les esclaves, c’est toi que je charge de l’exécution de cette œuvre. Pour toi, Raymond, dont je sais la vertu et la science, tu seras le soutien de l’Ordre par tes prédications. »

4 Jacques I° d’Aragon, dit le Conquérant, fils de Pierre II, né à Montpellier en 1206, est l’enfant prisonnier remis par Simon de Montfort à Pierre Nolasque. Allié au roi de Castille dont il épouse la fille (1221), il conquiert une partie du royaume musulman de Valence (1225) qu’il prendra tout entier (1253). Il conquiert les Baléares (1229-1235). Au profit du comte Thibault de Champagne, il renonce au royaume de Navarre que lui a laissé Sanche VII. Au traité de Corbeil (1256), saint Louis renonce en sa faveur aux comtés de Barcelone et de Roussillon ainsi qu’à Montpellier. En 1262, il partage ses Etats entre ses deux fils : Pierre a l’Aragon, la Catalogne et Valence ; Jacques a Majorque, le Roussillon, la Cerdagne et Montpellier. Il meurt en 1276.

5 Jean Halgrin d'Abbeville, d’abord maître régent à la faculté de théologie de Paris, fut archevêque de Besançon (1225), patriarche latin de Constantinople (1226), cardinal-évêque de Sabine (1227). Il fut légat en Espagne (1228-1229) puis auprès de l’empereur Frédéric II (1230-1234). Il mourut en 1237.

6 Le décret sur la Croisade concluait le IV° concile du Latran qui ordonnait sa prédication dans toute la chrétienté ; il étendait le bénéfice de l'indulgence plénière à ceux qui contribuaient à la construction des navires croisés, dans les mêmes conditions que pour ceux qui allaient combattre en Terre Sainte. Le décret conciliaire frappa d'un impôt du vingtième les revenus ecclésiastiques et du dixième les biens du pape et des cardinaux, pendant trois ans. L'excommunication était portée contre tous ceux qui commerçaient avec les infidèles. Ainsi le décret se proposait, non seulement de susciter une nouvelle croisade (et ce sera la cinquième), mais en outre de mettre l'idéal de la croisade à la portée de tout l'Occident chrétien en permettant à ceux qui ne pouvaient pas partir de bénéficier de tous ses avantages spirituels. C'était une manière d'associer aux combattants toute la grande masse des chrétiens restée sur place : il leur suffisait d'aider financièrement à l'organisation de la croisade, de regretter leurs fautes et de s'en confesser, pour bénéficier des indulgences réservées jusqu'alors aux croisés.

7 Le IV° concile du Latran qui fut réuni par Innocent III les 11, 20 et 30 novembre 1215, laissa soixante-dix canons disciplinaires et dogmatiques et un décret sur la Croisade. Comme le premier but de ce concile était de condamner l’hérésie cathare et d’organiser sa répression, il établit l’Inquisition (canon 3), dépouilla le comte de Toulouse et donna à la Croisade contre les hérétiques les mêmes privilèges qu’à celle contre les Musulmans. Le canon 21 de Latran IV qui est toujours en vigueur, oblige tous les fidèles parvenus à l’âge de raison à se confesser une fois par an et à communier à Pâques (décret utriusque sexus).

8 Grégoire IX, élu le 19 mars 1227, mourut le 22 août 1241.

9 Jourdain de Saxe fut le premier successeur de saint Dominique. Né vers 1185, à Burgberg (Westphalie), il fut à Paris maître ès arts puis bachelier en théologie. A cette activité scolaire se rattachent son Commentaire in Priscianum minorem et ses Postilles sur l'Apocalypse. Entré en relation avec saint Dominique, il prit l'habit des Frères prêcheurs à Saint-Jacques (Paris), le 12 février 1220. Deux mois après, son couvent le délégua au premier chapitre général de l'Ordre, à Bologne. En 1221, lorsque saint Dominique fit organiser les provinces dominicaines, Jourdain fut choisi comme premier provincial de Lombardie ; le 22 mai 1222, au chapitre général de Paris, il fut élu à la succession de saint Dominique. Remarquable directeur spirituel et grand prédicateur, Jourdain était particulièrement apprécié des étudiants qu’il rencontrait au fur et à mesure de ses perpétuels voyages entre les chapitres généraux qui, à la Pentecôte, le ramenaient régulièrement une année à Paris, une année à Bologne. Soucieux que l'Ordre des Prêcheurs reste fidèle aux volontés du fondateur Jourdain de Saxe entreprit de relater les conditions dans lesquelles saint Dominique conçut l'idée d'un Ordre « qui s'appellerait et serait réellement de Prêcheurs », et selon quelles étapes il le réalisa. Après la canonisation de Dominique (3 juillet 1234), il raconta en outre, les événements de la solennelle translation du corps, dont il fut témoin à Bologne. Au retour d’un voyage en Terre Sainte, Jourdain de Saxe périt (12 février 1237), dans un naufrage au large des côtes syriennes ; son corps rejeté par la mer fut enterré au couvent dominicain de Saint-Jean-d’Acre.

10 Hugues de Saint-Cher, né à Saint-Cher (Isère) à la fin du XII° siècle, d’abord élève à l’abbaye de Saint-Cher, fit à Paris des études de philosophie, de théologie et de droit, puis fut un professeur de droit renommé. Il reçut l’habit dominicain au couvent parisien Saint-Jacques (22 février 1226), et fut nommé provincial de France pour trois ans (1227-1230), après quoi il termina ses études de théologie, et se consacra à l’enseignement. Régent de l’école Saint-Jacques puis prieur du couvent, il fut de nouveau provincial en 1238. Après la démission de Raymond de Penyafort et avant l’élection de Jean le Teutonique (20 mai 1241), Hugues de Saint-Cher, nommé vicaire général, gouverna l’ordre dominicain. Honoré de la confiance d’Innocent IV pour ses talents administratifs, il fut créé cardinal de Sainte-Sabine (28 mai 1244). Il fut fort lié au gouvernement d’Innocent IV, singulièrement pendant le concile de Lyon (1245) ; il fit beaucoup pour l’institution de la Fête-Dieu pendant qu’il était légat en Allemagne (1250-1253). Alexandre IV et Urbain IV le gardèrent près d’eux. Il mourut à Orvieto le 19 mars 1263 ; son corps fut porté dans l’église des Dominicains de Lyon.



Saint Raymond vint au monde l'an 1175, au château de Penyafort (Peñafort) en Espagne. Ce Catalan est professeur de philosophie à l'Université de Barcelone et décide de se rendre à Bologne, la plus grande Université de Droit de son temps, pour y étudier puis enseigner le droit civil et canonique.

Le Pape Grégoire IX qui savait détecter les gens intelligents, lui confie la rédaction d'une "Somme des cas pénitentiaux", puis celle des "Décrétales" qui serviront de Code de Droit canonique à l'Eglise Catholique romaine jusqu'en 1917. Il rencontre alors saint Dominique de passage à Bologne et, dès son retour à Barcelone, il entre dans l'Ordre des Dominicains à 47 ans. Il en deviendra le Maître Général et encourage l'apostolat de ses frères auprès des Juifs et des Musulmans qui sont en Espagne.

Préoccupé par l'Islam, il encourage saint Thomas d'Aquin à écrire "la Somme contre les Gentils" et fonde simultanément l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Libération des chrétiens captifs des Sarrasins. C'est un esprit indépendant, et l'on raconte même que le roi ayant voulut le retenir dans l'île de Majorque, saint Raymond étendra son manteau sur la mer et la traversera ainsi jusqu'à Barcelone.

Prétextant son grand âge, il demande à être relevé de la charge de Maître de l'Ordre, ce qui ne l'empêchera pas de mourir centenaire. Il employa les trente-cinq dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort.



Leçons des Matines avant 1960

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Le bienheureux Raymond, né à Barcelone, de la noble maison de Pegnafort, fut, encore enfant, instruit des éléments de la religion chrétienne, et dès lors il faisait présager quelque chose de grand par ses rares qualités d’esprit et de corps. Fort jeune il professa les humanités dans sa patrie, puis se rendit à Bologne, où il s’appliqua avec zèle aux devoirs de la piété et à l’étude du droit canonique et civil ; il y reçut le bonnet de Docteur, et y expliqua les saints Canons à l’admiration de tous. La réputation de ses vertus se répandant au loin, Bérenger, Évêque de Barcelone, qui retournait de Rome à son Église, passa par Bologne pour le voir, et obtint enfin à force de prières qu’il revînt avec lui dans sa patrie. Bientôt Raymond fut honoré de la dignité de chanoine et de prévôt de la même Église, où il surpassa le peuple et tout le clergé par l’éclat de son intégrité, de sa modestie, de sa doctrine, et par la douceur de ses mœurs. Il accrut toujours de toutes ses forces l’honneur et le culte de la Vierge Mère de Dieu, qu’il vénérait avec une piété et une affection singulières.

Cinquième leçon. A l’âge d’environ quarante-cinq ans, il fit profession solennelle dans l’Ordre des Frères Prêcheurs ; alors, comme un nouveau soldat, il s’exerça dans tous les genres de vertus, mais surtout dans la charité pour les indigents, principalement envers ceux que les infidèles retenaient captifs. Ce fut sur son conseil que saint Pierre Nolasque, dont il était le confesseur, consacra ses biens à cette œuvre de pitié ; la bienheureuse Vierge, apparaissant à Pierre ainsi qu’au bienheureux Raymond et à Jacques Ier, roi d’Aragon leur dit qu’il serait très agréable à elle et à son Fils unique, qu’on instituât en son honneur un Ordre de religieux à qui incomberait le soin de délivrer les captifs de la tyrannie des infidèles. C’est pourquoi, après en avoir conféré entre eux, ils fondèrent l’Ordre de Notre-Dame de la Merci de la Rédemption des captifs, pour lequel Raymond statua certaines règles de vie, très bien appropriées au but de cet institut. Quelques années après, il obtint de Grégoire IX l’approbation de ces lois, et il créa premier Général de l’Ordre, saint Pierre Nolasque, auquel il avait donné l’habit de ses propres mains.

Sixième leçon. Le même Grégoire IX l’appela à Rome, et ce Pontife le choisit pour son chapelain, son pénitencier et son confesseur ; ce fut par son ordre que Raymond rassembla en un volume appelé Décrétales, les décrets des Pontifes romains disséminés dans les Actes de divers conciles et dans différentes épîtres. Il refusa constamment avec fermeté l’archevêché de Tarragone qui lui était offert par le Pontife lui-même, et se démit spontanément du généralat de l’Ordre des Frères Prêcheurs, qu’il avait gouverné très saintement pendant deux années. Il détermina Jacques, roi d’Aragon, à établir dans ses états le saint office de l’Inquisition. Il fit beaucoup de miracles, parmi lesquels le plus éclatant fut que, voulant revenir de l’île Majorque à Barcelone, il étendit son manteau sur les eaux, fit cent soixante milles de chemin en six heures, et entra dans son monastère, bien que les portes en fussent closes Enfin presque centenaire, plein de vertus et de mérites, il s’endormit dans le Seigneur, l’an du salut mil deux cent soixante-quinze. Clément VIII l’a mis au nombre des Saints.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

De nombreux essaim de Martyrs qui fait la garde autour de l’Emmanuel, jusqu’au jour de sa Présentation au Temple, entr’ouvre de temps en temps ses rangs glorieux pour donner place aux Confesseurs que la divine Sagesse a fait briller sur le Cycle dans cette saison. Les Martyrs y sont les plus nombreux ; mais la gloire des Confesseurs y est noblement représentée. Après Hilaire, Paul, Maur et Antoine, resplendit aujourd’hui Raymond de Pegnafort, l’une des gloires de l’Ordre de saint Dominique et de l’Église, au XIIIe siècle.

Selon la parole des Prophètes, le Messie est venu pour être notre Législateur ; il est lui-même la Loi. Sa parole sera la règle des hommes, et il laissera à son Église le pouvoir de la législation, afin qu’elle puisse conduire les peuples dans la sainteté et dans la justice, jusqu’à l’éternité. La sagesse de l’Emmanuel préside à la discipline canonique, comme sa vérité à l’enseignement de la foi. Mais l’Église, dans la compilation et la disposition de ses lois, emprunte le secours des hommes qui lui semblent joindre à un plus haut degré la science du Droit et l’intégrité de la morale.

Saint Raymond de Pegnafort a l’honneur d’avoir tenu la plume pour la rédaction du code canonique qui régit aujourd’hui l’Église. Ce fut lui qui, en 1234, compila, par ordre de Grégoire IX, les cinq livres des Décrétales ; et son nom est associé, pour jamais, à la gloire de cette œuvre qui forme encore la base de la discipline actuelle.

Disciple de Celui qui est descendu du ciel dans le sein d’une Vierge pour sauver les pécheurs, en les appelant au pardon, Raymond a mérité d’être appelé par l’Église l’insigne Ministre du Sacrement de Pénitence. Il est le premier qui ait recueilli, en corps de doctrine, les maximes de la morale chrétienne, qui servent à déterminer les devoirs du confesseur à l’égard des pécheurs qui viennent lui déposer leurs péchés. La Somme des Cas Pénitentiaux a ouvert la série de ces importants travaux, dans lesquels d’habiles et vertueux docteurs se sont appliqués à peser les droits de la loi et les obligations de l’homme, afin d’instruire le prêtre dans l’art de discerner , comme parle l’Écriture, la lèpre d’avec la lèpre [1].

Enfin, lorsque la glorieuse Mère de Dieu, qui est aussi la Mère des hommes, suscita pour opérer la Rédemption des captifs le généreux Pierre Nolasque, que nous verrons arriver, sous quelques jours, au berceau du Rédempteur, Raymond fut l’instrument puissant de ce grand œuvre de miséricorde ; et ce n’est pas en vain que l’Ordre de la Merci le considère comme l’un de ses fondateurs, et que tant de milliers de captifs, délivrés de la servitude musulmane, l’ont honoré comme l’un des principaux auteurs de leur liberté.

Nous empruntons l’Hymne suivante au Bréviaire des Frères Prêcheurs.

HYMNE.

Prélats, Princes, peuples de la terre, célébrez le nom illustre de Raymond, de cet homme qui eut à cœur le salut éternel de tous.

Ce qu’offre de plus admirable une piété profonde apparaît dans la pureté sans tache de ses mœurs ; la lumière de toutes les vertus éclate en sa personne.

D’une main habile et studieuse, il recueille les Décrets épars des Souverains Pontifes, et les sentences du Droit antique dignes d’être conservées.

Sous ses pas, les flots inconstants deviennent solides ; il parcourt, sans navire, un espace immense : son manteau et son bâton sont la barque sur laquelle il traverse la mer.

Donnez-nous, ô Dieu, la pureté des mœurs ; donnez-nous de passer, sans désastre, le cours de notre vie ; donnez-nous de toucher le port de la vie éternelle.

Amen.

Dispensateur fidèle du Mystère de la réconciliation, vous avez puisé, au sein du Dieu incarné, cette charité qui a fait de votre cœur l’asile des pécheurs. Vous avez aimé les hommes ; et les besoins de leurs corps, aussi bien que ceux de leurs âmes, ont été l’objet de votre sollicitude. Éclairé des rayons du Soleil de justice, vous nous avez aidés à discerner le bien du mal, en nous donnant des règles pour apprécier les plaies de nos âmes. Rome a admiré votre science des lois ; elle se fait gloire d’avoir reçu de vos mains le Code sacré qui régit les Églises.

Réveillez dans nos cœurs, ô Raymond, cette componction sincère qui est la condition du pardon dans le Sacrement de Pénitence. Faites-nous comprendre la gravité du péché mortel qui sépare de Dieu pour l’éternité, et les dangers du péché véniel qui dispose l’âme tiède au péché mortel. Obtenez-nous des hommes pleins de charité et de science pour exercer ce sublime ministère qui guérit les âmes. Défendez-les du double écueil d’un rigorisme désespérant et d’une mollesse perfide. Ranimez chez nous la vraie science du Droit ecclésiastique, sans laquelle la maison du Seigneur deviendrait bientôt le séjour du désordre et de l’anarchie. Vous dont le cœur fut si tendre envers les captifs, consolez tous ceux qui languissent dans les chaînes ou dans l’exil ; préparez leur délivrance ; mais affranchissez-nous tous des liens du péché, qui retiennent trop souvent les âmes de ceux-là mêmes dont le corps est libre.

Vous avez été, ô Raymond, le confident du cœur de notre miséricordieuse Reine Marie ; elle vous a associé à son œuvre du rachat des captifs. Vous êtes puissant sur ce Cœur, qui est notre espérance après celui de Jésus. Présentez-lui nos hommages. Demandez pour nous à cette incomparable Mère de Dieu la grâce d’aimer toujours le céleste Enfant qu’elle tient dans ses bras. Qu’elle daigne aussi, par vos prières, être notre étoile sur cette mer du monde, plus orageuse que celle dont vous avez bravé les flots sur votre manteau miraculeux.

Souvenez-vous aussi de l’Espagne, votre patrie, au sein de laquelle vous avez opéré tant d’œuvres saintes. Longtemps son illustre Église fut dans le deuil d’avoir perdu les Ordres religieux qui faisaient sa force et sa splendeur ; une hospitalité généreuse a commencé de réparer ces maux : que toute entrave disparaisse enfin. Protégez l’Ordre des Frères Prêcheurs, dont vous avez honoré l’habit et la règle. Vous l’avez gouverné avec sagesse sur la terre ; aimez-le toujours paternellement dans le ciel. Qu’il répare ses pertes ; qu’il refleurisse dans toute l’Église, et qu’il produise, comme aux jours anciens, ces fruits de sainteté et de science qui en ont fait une des principales gloires de l’Église de Jésus-Christ.

[1] Deuter. XVII, 8.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La fête de cet insigne canoniste (+ 6 janvier 1275), chapelain et pénitencier de Grégoire IX, remonte seulement à Clément X. La messe est celle du Commun des confesseurs non pontifes, mais la première collecte, composée par le pape Clément VIII, est propre et fait allusion tant à la charge occupée par le saint dans la Curie pontificale, qu’à son prodigieux voyage, alors que, comme le rapportent quelques auteurs, il alla des îles Baléares à Barcelone, se servant, en guise de navire, de son manteau étendu sur les eaux de la mer.

L’introït est le même que pour la fête de saint Sabbas le 5 décembre.

La collecte n’observe pas les lois du cursus, mais l’auteur, tout préoccupé, comme les modernes en général, de mettre en évidence les particularités de l’histoire de son héros, cherche à y arriver avec quelque habileté et non sans élégance. Le fruit que nous devons aujourd’hui demander par, l’intercession du saint Dominicain, pénitencier du rigide Grégoire IX, est la contrition et une digne pénitence. Voilà le seul manteau que nous puissions jeter sur la mer de ce monde, afin d’aborder au port de l’éternité bienheureuse : « O Dieu qui avez choisi comme insigne ministre du sacrement de Pénitence le bienheureux Raymond, et qui l’avez soutenu d’une façon admirable sur les ondes de la mer ; accordez-nous, grâce à son intercession, de faire de dignes fruits de pénitence, et d’arriver à atteindre le port du salut éternel. Par notre Seigneur, etc. »

La lecture est tirée de l’Ecclésiastique (XXXI, 8-11) quoique à Rome tous les livres sapientiaux soient indiqués sous la dénomination générale de « Livre de la Sagesse ». La péricope désignée pour ce jour loue le riche qui n’a pas trouvé d’obstacle dans ses richesses, lesquelles, trop souvent, sont pour beaucoup une pierre d’achoppement ; au contraire, il s’en est servi pour faire le bien. Celui-ci a amassé les véritables richesses, non pas dans des coffres-forts, mais près du Seigneur.

Le répons et le verset alléluiatique sont comme le 3 décembre, pour la fête du grand saint François Xavier. Après la Septuagésime, le psaume-trait est identique à celui assigné à la messe de saint Paul ermite le 15 janvier.

La lecture évangélique est la même que pour la fête de saint Antoine, le 17 janvier.

Le verset pour l’offertoire est celui assigné au 3 décembre.

La secrète est la suivante : « Nous offrons à votre gloire, Seigneur, ces oblations en mémoire de vos saints ; pleins d’espérance que le divin Sacrifice non seulement éloignera de nous les maux qui maintenant nous accablent, mais nous défendra aussi de ceux qui pourraient nous nuire à l’avenir. » : Cette collecte a une saveur tout à fait classique. Les maux présents sont les conséquences, ou, comme le disait saint Paul, les stipendia peccati ; les maux futurs ne sont pas simplement les infortunes temporelles, mais surtout les tentations et les chutes dans le péché.

Le verset chanté durant la communion du peuple est comme pour le 3 décembre.

La collecte eucharistique est identique à celle de la fête de sainte Agnès, le 21 courant. Le nom de saint Raymond est inséparablement uni aux cinq livres des Décrétales qu’il compila par ordre de Grégoire IX. Implorons de lui un grand zèle pour la discipline ecclésiastique, un grand amour et une abnégation sans limite, quand il s’agit de servir la sainte Église.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

De dignes fruits de pénitence.

Saint Raymond. — Jour de mort : 7 janvier 1275. Tombeau : à Barcelone (Espagne). Image : On le représente en dominicain, debout sur son manteau qui le porte sur la mer. Sa vie : Raymond fut un canoniste remarquable qui, par sa codification et sa rédaction des décrétales de Grégoire IX, une collection de décisions ecclésiastiques, rendit de grands services. A l’âge de 45 ans, il entra chez les dominicains. Il travailla à la fondation de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des captifs et il en rédigea la règle. Il avait le don des miracles. L’un des plus célèbres fut celui-ci : Pour revenir des îles Baléares à Barcelone, il étendit son manteau sur la mer et parcourut 160 milles en six heures, puis il entra dans son couvent malgré les portes fermées. Il mourut, âgé de près de cent ans, en 1275. Ce saint excellait dans le ministère de la confession et est considéré comme le patron des confesseurs.

La messe (Os justi). — C’est la première messe du commun des confesseurs, la plus typique pour ce groupe de saints.

L’image dominante, pendant les saints mystères, est la parabole du serviteur vigilant qui, « les reins ceints, et une lampe allumée à la main, attend le Seigneur » à son retour. Telle fut la vie de notre saint. Dans la nuit de la vie terrestre, il était toujours prêt au voyage et le flambeau de son amour de Dieu brillait toujours ; sa vie était une attente du Seigneur qui doit revenir. Au moment de la mort, le Seigneur a « frappé à la porte » et il lui a « ouvert immédiatement », « le Seigneur l’a trouvé veillant », il l’a emmené au festin céleste où il le sert lui-même. Or cet Évangile s’applique à nous aussi. Au Saint-Sacrifice, il se réalise mystiquement. Le Seigneur frappe à la porte, nous lui ouvrons, il nous invite au festin des noces « transiens ministrabit — il passe et nous sert ».

C’est la meilleure expression de l’Eucharistie : le Christ passe, ce n’est pas encore la « jouissance éternelle de sa divinité » dans le ciel. Notre tâche est de « veiller » avec le saint, de ceindre nos reins et d’avoir un flambeau allumé. Car le Seigneur nous fait déjà participer à l’élévation du saint au-dessus de tous ses biens. On voit encore ici quelle forte impression fait l’antienne de la communion, quand on la chante au moment où l’on s’approche de la sainte Table, « quand le Seigneur vient ».

L’oraison. Comme l’Église sait bien utiliser la vie des saints pour notre instruction morale ! La collecte d’aujourd’hui (composée par le pape Clément VIII) le montre parfaitement (on sait que la plupart des oraisons sont composées de trois parties : l’invocation, le motif de la prière tiré de la fête, la prière proprement dite). Le motif fait ressortir deux traits de la vie du saint : son zèle pour les confessions et sa marche sur les flots de la mer. Ces motifs déterminent les deux prières suivantes : a) que nous « fassions de dignes fruits de pénitence » et b) que nous parvenions au port du salut éternel. Si saint Raymond est le patron des confesseurs, il peut nous obtenir la grâce de bien user du sacrement de Pénitence. La collecte emploie les paroles de saint Jean-Baptiste dans l’Évangile : « faites de dignes fruits de pénitence » (conversion). La pénitence est, dans ce passage, comparée à un arbre dont on reconnaît la bonté à ses fruits, ces dignes fruits sont la persévérance dans la conversion. Combien de fois, hélas, avons-nous fait nous-mêmes l’expérience que la conversion ne dure que peu de temps ! Ce n’étaient pas de dignes fruits. Après demain (25 janvier) l’Église nous donnera un exemple classique, en nous montrant comment saint Paul « fit de dignes fruits de pénitence ». La seconde demande est enveloppée dans un beau symbole que la liturgie utilise volontiers : que la barque de notre vie malgré les tempêtes et les vagues, parvienne heureusement au port de l’éternité. Pour que se réalisent ces deux prières, que la sainte Eucharistie nous donne grâce et force.

SOURCE : http://www.introibo.fr/23-01-St-Raymond-de-Pegnafort

Saint Raymond de Pennafort

Dominicain, Archevêque

(1175-1275)

Saint Raymond vint au monde l'an 1175, au château de Pennafort, en Espagne, et brilla non moins par sa vaste science que par ses vertus; il se fit même, dans l'enseignement du droit ecclésiastique, une réputation extraordinaire. Chargé par le souverain Pontife des plus hautes missions apostoliques et scientifiques, il dépassa partout les espérances qu'on avait conçues de lui.

Raymond étant entré dans l'Ordre de Saint-Dominique peu après la mort du saint fondateur; il devint général de cet Ordre. Dieu confirma par des miracles ses éclatantes vertus.

Dans une nécessité pressante, il fit cinquante-trois lieues marines sur l'Océan, n'ayant pour navire que son manteau. Appelant Dieu à son aide, il étendit, en effet, son manteau sur les flots, prit son bourdon à la main, fit le signe de la Croix, posa résolument le pied sur son frêle radeau et pria son compagnon de venir le rejoindre, après avoir fait un nouveau signe de Croix; mais celui-ci sentit sa foi défaillir et préféra la sécurité du port aux hasards d'une telle embarcation. Le Saint releva en haut la moitié du manteau en guise de voile et l'attacha au noeud de son bâton, comme au mât d'un navire. Un vent favorable ne tarda pas à se lever et le poussa en pleine mer, pendant que les matelots sur le rivage se regardaient muets de stupeur.

Six heures après, Raymond débarqua dans le port de Barcelone, se revêtit de son manteau aussi sec que s'il l'eût tiré de l'armoire, et, reprenant son bourdon, se dirigea droit vers le couvent. Les portes en étaient fermées; néanmoins il entra, apparut soudain au milieu de ses frères et se jeta aux pieds du prieur pour lui demander sa bénédiction. Ce prodige inouï se répandit bientôt dans toute la ville, car plusieurs personnes avaient été témoins de son débarquement.

La prière du saint religieux était continuelle et presque toujours accompagnée d'abondantes larmes. Notre-Seigneur lui avait donné pour familier un de Ses anges qui le réveillait à propos, pour lui permettre de vaquer à l'oraison. Il ne montait jamais à l'autel sans avoir confessé ses plus légères fragilités. Il disait souvent: "Les jours où de graves empêchements m'ont privé de la sainte Messe ont toujours été pour moi des jours de deuil et d'affliction."

Il employa les trente-cinq dernières années de sa vie à se préparer plus spécialement à la mort.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_raymond_de_pennafort.html

ST. RAYMUND OF PENNAFORT.

Born A.D. 1175, of a noble Spanish family, Raymund, at the age of twenty, taught philosophy at Barcelona with marvellous success. Ten years later his rare abilities won for him the degree of Doctor in the University of Bologna, and many high dignities. A tender devotion to our Blessed Lady, which had grown up with him from childhood, determined him in middle life to renounce all his honors and to enter her Order of St. Dominic. There, again, a vision of the Mother of Mercy instructed him to cooperate with his penitent St. Peter Nolasco, and with James, King of Aragon, in founding the Order of Our Lady of Ransom for the Redemption of Captives. He began this great work by preaching a crusade against the Moors, and rousing to penance the Christians, enslaved in both soul and body by the infidel. King James of Aragon, a man of great qualities, but held in bond by a ruling passion, was bidden by the Saint to put away the cause of his sin. On his delay, Raymund asked for leave to depart from Majorca, since he could not live with sin. The king refused, and forbade, under pain of death, his conveyance by others. Full of faith, Raymund spread his cloak upon the waters, and, tying one end to his staff as a sail, made the sign of the cross and fearlessly stepped upon it. In six hours he was borne to Barcelona, where, gathering up his cloak dry, he stole into his monastery. The king, overcome by this miracle, became a sincere penitent and the disciple of the Saint till his death. In 1230,Gregory IX. summoned Raymund to Rome, made him his confessor and grand penitentiary, and directed him to compile "The Decretals," a collection of the scattered decisions of the Popes and Councils. Having refused the archbishopric of Tarragons, Raymund found himself in 1238 chosen third General of his Order; which post he again succeeded in resigning, on the score of his advanced age. His first act when set free was to resume his labors among the infidels, and in 1256 Raymund, then eighty-one, was able to report that ten thousand Saracens had received Baptism. He died A.D. 1275.

Reflection.--Ask St. Raymund to protect you from that fearful servitude, worse than any bodily slavery, which even one sinful habit tends to form.

SOURCE : http://jesus-passion.com/St.Raymund.htm


St. Raymond of Peñafort

Born at Villafranca de Benadis, near Barcelona, in 1175; died at Barcelona, 6 January, 1275. He became professor of canon law in 1195, and taught for fifteen years. He left Spain for Bologna in 1210 to complete his studies in canon law. He occupied a chair of canon law in the university for three years and published a treatise on ecclesiastical legislation which still exists in the Vatican Library.


Raymond was attracted to the Dominican Order by the preaching of Blessed Reginald, prior of the Dominicans ofBologna, and received the habit in the Dominican Convent of Barcelona, whither he had returned from Italy in 1222. At Barcelona he was co-founder with St. Peter Nolasco of the Order of Mercedarians. He also founded institutes at Barcelona and Tunis for the study of Oriental languages, to convert the Moors and Jews.

At the request of his superiors Raymond published the Summa Casuum, of which several editions appeared in the sixteenth and seventeenth centuries. In 1229 Raymond was appointed theologian and penitentiary to theCardinal Archbishop of Sabina, John of Abbeville, and was summoned to Rome in 1230 by Gregory IX, who appointed him chaplain and grand penitentiary.
The reputation of the saint for juridical science decided the pope to employ Raymond of Peñafort's talents in re-arranging and codifying the canons of the Church. He had to rewrite and condense decrees that had been multiplying for centuries, and which were contained in some twelve or fourteen collections already existing. We learn from a Bull of Gregory IX to the Universities of Paris and Bologna that many of the decrees in thecollections were but repetitions of ones issued before, many contradicted what had been determined in previousdecrees, and many on account of their great length led to endless confusion, while others had never been embodied in any collection and were of uncertain authority.

The pope announced the new publication in a Bull directed to the doctors and students of Paris and Bologna in 1231, and commanded that the work of St. Raymond alone should be considered authoritative, and should alone be used in the schools. When Raymond completed his work the pope appointed him Archbishop of Tarragona, but the saint declined the honour. Having edited the Decretals he returned to Spain. He was not allowed to remain long in seclusion, as he was elected General of the Order in 1238; but he resigned two years later. During histenure of office he published a revised edition of the Dominican Constitutions, and it was at his request that St. Thomas wrote the Summa Contra Gentiles. St. Raymond was canonized by Clement VIII in 1601. His Summa de Poenitentia et Matrimonio is said to be the first work of its kind. His feast is 23 January.

Sources

Monumenta Historica Ord. Proed., V, iv; Bullarium Ord. Proed.; PENIA, Vita S. Raymundi; MORTIER, Hist. des Maitres Generaux (Paris, 1903); FINKE, Acta Aragonensia, II (1908), 902-904; QUETIF-ECHARD, Script. Ord. Proed.; BALME, Raymundiana (1901).



St. Raymond of Penafort

St. Raymond of Pennafort, Patron Saint of Canonists (c.1180-1275). Born in Spain, St. Raymond was a relative of the King of Aragon. From childhood he had a tender love and devotion to the Blessed Mother. He finished his studies at an early age, and became a famous teacher. He then gave up all his honors and entered the Order of the Dominicans.

St. Raymond was very humble and very close to God. He did much penance and was so good and kind that he won many sinners to God. With King James of Aragon and St. Peter Nolasco he founded the Order of Our Lady of Ransom. The brave religious of this Order devoted themselves to saving poor Christians captured by the Moors.

Once he went with King James to the Island of Majorca to preach about Jesus. King James was a man of great qualities, but he let himself be ruled by passions. There on the Island, too, he was giving bad example. The Saint commanded him to send the woman away. The King said he would, but he did not keep his promise. So St. Raymond decided to leave the Island. The King declared he would punish any ship captain who brought the Saint back to Barcelona.

Putting all his trust in God, Saint Raymond spread his cloak upon the water, tied up one corner of it to a stick for a sail, made the Sign of the Cross, stepped onto the cloak, and sailed along for six hours until he reached Barcelona. This miracle moved the King. He was sorry for what he had done, and he became a true follower of St. Raymond. St. Raymond was one hundred years old at the time of his death.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-raymond-of-penafort/