mercredi 2 janvier 2013

Saint BASILE le GRAND (de CÉSARÉE), évêque, confesseur et Docteur de l'Église



BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Salle Paul VI



Mercredi 4 juillet 2007



Saint-Basile


Chers frères et sœurs!

Aujourd'hui, nous voulons rappeler l'un des grands Pères de l'Eglise, saint Basile, défini par les textes liturgiques byzantins comme une "lumière de l'Eglise". Il fut un grand Evêque du IV siècle, que l'Eglise d'Orient tout comme celle d'Occident considère avec admiration, en raison de sa sainteté de vie, de l'excellence de sa doctrine et de la synthèse harmonieuse entre ses qualités spéculatives et pratiques. Il naquit autour de 330 dans une famille de saints, "authentique Eglise domestique", qui vivait dans un climat de foi profonde. Il accomplit ses études auprès des meilleurs maîtres d'Athènes et de Constantinople. Insatisfait de ses succès dans le monde, et s'étant rendu compte qu'il avait perdu beaucoup de temps en vanités, il confesse lui-même: "Un jour, comme me réveillant d'un sommeil profond, je me tournai vers l'admirable lumière de la vérité de l'Evangile..., et je pleurai sur ma vie misérable" (cf. Ep. 223: PG 32, 824a). Attiré par le Christ, il commença à regarder vers Lui et à n'écouter que Lui (cf. Moralia 80, 1: PG 31, 860bc.). Il se consacra avec détermination à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Ecritures et des écrits des Pères de l'Eglise, et dans l'exercice de la charité (cf. Epp. 2 et 22), suivant également l'exemple de sa sœur, sainte Macrine, qui vivait déjà dans l'ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et, enfin, en 370, Evêque de Césarée de Cappadoce, dans l'actuelle Turquie.

A travers sa prédication et ses écrits, il accomplit une intense activité pastorale, théologique et littéraire. Avec un sage équilibre, il sut concilier le service des âmes et le dévouement à la prière et à la méditation dans la solitude. Fort de son expérience personnelle, il encouragea la fondation de nombreuses "fraternités" ou communautés de chrétiens consacrés à Dieu, auxquelles il rendait fréquemment visite (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 29 in laudem Basilii: PG 36, 536b). A travers la parole et les écrits, dont un grand nombre sont parvenus jusqu'à nous (cf. Regulae brevius tractatae, Préambule: PG 31, 1080ab), il les exhortait à vivre et à progresser dans la perfection. Divers législateurs du monachisme antique ont puisé à ses œuvres, dont saint Benoît, qui considérait Basile comme son maître (cf. Regula 73, 5). En réalité, il a créé un monachisme très particulier: non pas fermé à l'Eglise locale, mais ouvert à elle. Ses moines faisaient partie de l'Eglise particulière, ils en étaient le centre vivant qui, précédant les autres fidèles à la suite du Christ, et non seulement dans la foi, montrait la ferme adhésion au Christ - l'amour pour Lui - surtout dans les œuvres de charité. Ces moines, qui avaient des écoles et des hôpitaux, étaient au service des pauvres et ont ainsi montré l'intégrité de la vie chrétienne. Ainsi, écrivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II: "Beaucoup pensent que cette institution importante qu'est la vie monastique dans la structure de toute l'Eglise, a été établie au cours des siècles surtout par saint Basile ou au moins qu'elle n'a pas été définie selon sa nature propre sans sa participation décisive" (Lettre apostolique Patres Ecclesiae, n. 2).

En tant qu'Evêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se soucia constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles; il dénonça avec fermeté les maux; il s'engagea en faveur des plus pauvres et des laissés-pour-compte; il intervint également auprès des gouvernants pour soulager les souffrances de la population, en particulier dans les périodes de catastrophes; il se préoccupa de la liberté de l'Eglise, s'opposant également aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 48-51 in Laudem Basilii: PG 36, 557c-561c). A Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit un précieux témoignage, en construisant plusieurs hospices pour les plus démunis (cf. Basile, Ep. 94: PG 32, 488bc), une sorte de ville de la miséricorde, qui prit de lui son nom de Basiliade (cf. Sozomène, Historia Eccl. 6, 34: PG 67, 1397a). Celle-ci se trouve à l'origine des institutions hospitalières modernes d'accueil et de soin des malades.

Conscient que "la liturgie est le sommet vers lequel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source dont émane toute sa vertu" (Sacrosanctum Concilium, n. 10), Basile, bien que toujours soucieux de réaliser la charité qui est la caractéristique de la foi, fut également un sage "réformateur liturgique" (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 34 in laudem Basilii: PG 36, 541c). En effet, il nous a laissé une grande prière eucharistique [ou anaphore] qui tire son nom de lui, et il a donné une organisation fondamentale à la prière et à la psalmodie: sur son impulsion, le peuple aima et connut les Psaumes, et il se rendait en prière également la nuit (cf. Basile, In Psalmum 1, 1-2: PG 29, 212a-213c). Et ainsi, nous voyons que liturgie, adoration, prière avec l'Eglise et charité vont de pair et se conditionnent réciproquement.

Basile sut s'opposer avec zèle et courage aux hérétiques, qui niaient que Jésus Christ soit Dieu comme le Père (cf. Basile, Ep. 9, 3: PG 32, 272a; Ep. 52, 1-3: PG 32, 392b-396a; Adv. Eunomium 1, 20: PG 29, 556c). De même, contre ceux qui n'acceptaient pas la divinité de l'Esprit Saint, il soutint que l'Esprit est Dieu lui aussi, et "doit être compté et glorifié avec le Père et le Fils" (cf. De Spiritu Sancto: SC 17bis, 348). C'est pourquoi Basile est l'un des grands Pères qui ont formulé la doctrine sur la Trinité: l'unique Dieu, précisément parce qu'il est amour, est un Dieu en trois Personnes, qui forment l'unité la plus profonde qui existe: l'unité divine.

Dans son amour pour le Christ et pour son Evangile, le grand Cappadocien s'engagea également à recomposer les divisions au sein de l'Eglise (cf. Epp. 70 et 243), se prodiguant afin que tous se convertissent au Christ et à sa Parole (cf. De iudicio 4: PG 31, 660b-661a), force unificatrice, à laquelle tous les croyants doivent obéir (cf. ibid. 1-3: PG 31, 653a-656c).

En conclusion, Basile se dévoua totalement au service fidèle de l'Eglise et à l'exercice du ministère épiscopal aux multiples aspects. Selon le programme qu'il traça lui-même, il devint "apôtre et ministre du Christ, dispensateur des mystères de Dieu, héraut du royaume, modèle et règle de piété, oeil du corps de l'Eglise, pasteur des brebis du Christ, pieux médecin, père et nourricier, coopérateur de Dieu, vigneron de Dieu, bâtisseur du temple de Dieu" (cf. Moralia 80, 11-20: PG 31, 864b-868b).

C'est ce programme que le saint Evêque remet aux annonciateurs de la Parole - hier comme aujourd'hui -, un programme qu'il s'engagea lui-même généreusement à mettre en pratique. En 379, Basile, qui n'avait pas encore cinquante ans, consumé par les peines et par l'ascèse, retourna à Dieu, "dans l'espérance de la vie éternelle, à travers Jésus Christ notre Seigneur" (De Baptismo 1, 2, 9). C'était un homme qui a véritablement vécu avec le regard fixé sur le Christ. C'était un homme d'amour envers son prochain. Empli de l'espérance et de la joie de la foi, Basile nous montre comment être réellement chrétiens.

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Basilique Vaticane

Chers pèlerins de langue française, je vous accueille avec joie auprès de la tombe de Pierre. Que la démarche spirituelle que vous accomplissez ici affermisse votre foi au Christ et votre lien à l’Église. En vous confiant à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, je vous assure de ma prière pour vous et pour vos familles, et à toutes vos intentions.

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Salle Paul VI

Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les Sœurs de St Joseph de l’Apparition réunies à Rome pour leur Chapitre général et les jeunes de France et de Belgique. Évoquant la figure de saint Basile, je vous invite à prier pour les Évêques du monde entier, afin que chacun d’eux soit une fidèle image du Christ bon Pasteur.
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APPEL DU PAPE AUX JEUNES EN VUE DE LA

XXIII JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE

Ma pensée se tourne à présent vers la Rencontre mondiale des Jeunes qui se déroulera à Sydney dans un an environ. Je voudrais maintenant adresser, en anglais, une salutation chaleureuse et un vif encouragement aux jeunes ici présents et à tous les jeunes du monde qui se préparent à cette joyeuse rencontre de foi:

Chers jeunes,

Dans un an, nous nous rencontrerons pour la Journée mondiale de la Jeunesse à Sydney! Je voudrais vous encourager à bien vous préparer à cette merveilleuse célébration de la foi, qui se déroulera en compagnie de vos évêques, prêtres, religieux, responsables des jeunes et les uns et les autres. Entrez pleinement dans la vie de vos paroisses et participez avec enthousiasme aux événements organisés par vos diocèses! Vous serez ainsi spirituellement préparés à faire l'expérience d'une compréhension plus profonde de ce en quoi nous croyons, lorsque nous nous rassemblerons à Sydney en juillet prochain.

"Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1, 8). Comme vous le savez, ces paroles de Jésus constituent le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse 2008. Nous ne pouvons qu'imaginer la réaction des Apôtres lorsqu'ils entendirent ces paroles, mais leur confusion était sans doute tempérée par un sentiment de crainte respectueuse et d'ardente impatience pour la venue de l'Esprit. Unis dans la prière avec Marie et les autres, dans le Cénacle (cf. Ac 1, 14), ils firent l'expérience de la véritable puissance de l'Esprit, dont la présence transforme l'incertitude, la crainte et la division en détermination, espérance et communion.

Nous aussi nous éprouvons un sentiment de crainte respectueuse et d'ardente impatience alors que nous nous préparons à nous rencontrer à Sydney. Pour beaucoup d'entre nous, ce sera un long voyage. Toutefois, l'Australie et son peuple évoquent des images d'accueil chaleureux et de beauté merveilleuse, l'histoire ancienne des Aborigènes et une multitude de villes et de communautés pleines de vie. Je sais que les Autorités ecclésiales et gouvernementales, aux côtés de nombreux jeunes Australiens, travaillent déjà activement pour nous permettre à tous de vivre une expérience exceptionnelle. Je leur adresse mes remerciements les plus sincères.

La Journée mondiale de la Jeunesse est bien plus qu'un événement. C'est un temps de profond renouveau spirituel, dont les fruits profitent à toute la société. Les jeunes pèlerins sont remplis du désir de prier, d'être nourris de la Parole et des Sacrements, d'être transformés par l'Esprit Saint, qui éclaire la merveille de l'âme humaine et montre le chemin pour être "expression et instrument de l'amour qui émane [du Christ] " (Deus caritas est, n. 33).

C'est de cet amour, l'amour du Christ, dont le monde a soif. Vous êtes ainsi appelés nombreux à "être ses témoins". Certains d'entre vous ont des amis qui possèdent peu de vrais objectifs dans la vie, qui sont peut-être engagés dans une quête futile de nouvelles expériences sans fin. Emmenez-les eux aussi à la Journée mondiale de la Jeunesse! En effet, j'ai remarqué qu'à contre-courant du sécularisme, de nombreux jeunes redécouvrent la quête gratifiante de la beauté, de la bonté et la vérité authentiques. A travers votre témoignage, vous les aidez dans leur recherche de l'Esprit de Dieu. Soyez courageux dans ce témoignage! Efforcez-vous de diffuser la lumière du Christ qui guide, qui donne un but à toute vie, en rendant la joie et le bonheur durables, possibles pour tous.

Mes chers jeunes, en attendant que nous nous rencontrions à Sydney, que le Seigneur vous protège tous. Confions ces préparatifs à Notre-Dame de la Croix du Sud, Secours des Chrétiens. Avec elle, prions: "Viens Esprit Saint, remplis le cœur de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour".

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana




BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Salle Paul VI



Mercredi 1er août 2007

Saint Basile


Chers frères et sœurs!

Après ces trois semaines de pause, nous reprenons nos rencontres habituelles du mercredi. Aujourd'hui, je voudrais simplement reprendre la dernière catéchèse, dont le thème était la vie et les écrits de saint Basile, Evêque dans l'actuelle Turquie, en Asie mineure, au IV siècle. La vie de ce grand Saint et ses œuvres sont riches d'éléments de réflexion et d'enseignements précieux pour nous aussi aujourd'hui.

Avant tout, le rappel au mystère de Dieu, qui demeure la référence la plus significative et vitale pour l'homme. Le Père est "le principe de tout et la cause de l'existence de ce qui existe, la racine des vivants" (Hom 15, 2 de fide: PG 31, 465c) et surtout il est "le Père de notre Seigneur Jésus Christ" (Anaphora sancti Basilii). En remontant à Dieu à travers les créatures, nous "prenons conscience de sa bonté et de sa sagesse" (Basile, Contra Eunomium 1, 14: PG 29, 544b). Le Fils est l'"image de la bonté du Père et le sceau de forme égale à lui" (cf. Anaphora sancti Basilii). A travers son obéissance et sa passion, le Verbe incarné a réalisé la mission de Rédempteur de l'homme (cf. Basile, In Psalmum 48, 8: PG 29, 452ab; cf. également De Baptismo 1, 2: SC 357, 158).

Enfin, il parle largement de l'Esprit Saint, auquel il a consacré tout un livre. Il nous révèle que l'Esprit anime l'Eglise, la remplit de ses dons, la rend sainte. La lumière splendide du mystère divin se reflète sur l'homme, image de Dieu, et en rehausse la dignité. En contemplant le Christ, on comprend pleinement la dignité de l'homme. Basile s'exclame: "[Homme], rends-toi compte de ta grandeur en considérant le prix versé pour toi: vois le prix de ton rachat, et comprends ta dignité!" (In Psalmum 48, 8: PG 29, 452b). En particulier le chrétien, vivant conformément à l'Evangile, reconnaît que les hommes sont tous frères entre eux, que la vie est une administration des biens reçus de Dieu, en vertu de laquelle chacun est responsable devant les autres et celui qui est riche doit être comme un "exécuteur des ordres de Dieu bienfaiteur" (Hom. 6 de avaritia: PG 32, 1181-1196). Nous devons tous nous aider, et coopérer comme les membres d'un seul corps (Ep. 203, 3).

Et, dans ses homélies, il a également utilisé des paroles courageuses, fortes sur ce point. Celui qui, en effet, selon le commandement de Dieu, veut aimer son prochain comme lui-même, "ne doit posséder rien de plus que ce que possède son prochain" (Hom. in divites: PG 31, 281b).

En période de famine et de catastrophe, à travers des paroles passionnées, le saint Evêque exhortait les fidèles à "ne pas se révéler plus cruels que les animaux sauvages..., s'appropriant le bien commun, et possédant seul ce qui appartient à tous" (Hom. tempore famis: PG 31, 325a). La pensée profonde de Basile apparaît bien dans cette phrase suggestive: "Tous les indigents regardent nos mains, comme nous-mêmes regardons celles de Dieu, lorsque nous sommes dans le besoin". Il mérite donc pleinement l'éloge qu'a fait de lui Grégoire de Nazianze, qui a dit après la mort de Basile: "Basile nous persuade que nous, étant hommes, ne devons pas mépriser les hommes, ni offenser le Christ, chef commun de tous, par notre inhumanité envers les hommes; au contraire, face aux malheurs des autres, nous devons nous-mêmes faire le bien, et prêter à Dieu notre miséricorde car nous avons besoin de miséricorde" (Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 63: PG 36, 580b). Des paroles très actuelles. Nous voyons que saint Basile est réellement l'un des Pères de la Doctrine sociale de l'Eglise.

En outre, Basile nous rappelle qu'afin de garder vivant en nous l'amour envers Dieu, et envers les hommes, nous avons besoin de l'Eucharistie, nourriture adaptée pour les baptisés, capable d'alimenter les énergies nouvelles dérivant du Baptême (cf. De Baptismo 1, 3: SC 357, 192). C'est un motif de grande joie de pouvoir participer à l'Eucharistie (Moralia 21, 3: PG 31, 741a), instituée "pour conserver sans cesse le souvenir de celui qui est mort et ressuscité pour nous" (Moralia 80, 22: PG 31, 869b). L'Eucharistie, immense don de Dieu, préserve en chacun de nous le souvenir du sceau baptismal, et permet de vivre en plénitude et dans la fidélité la grâce du Baptême. Pour cela, le saint Evêque recommande la communion fréquente, et même quotidienne: "Communier même chaque jour, en recevant le saint corps et sang du Christ, est chose bonne et utile; car lui-même dit clairement: "Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle" (Jn 6, 54). Qui doutera donc que communier continuellement à la vie ne soit pas vivre en plénitude?" (Ep. 93: PG 32, 484b). L'Eucharistie, en un mot, nous est nécessaire pour accueillir en nous la vraie vie, la vie éternelle (cf. Moralia 21, 1: PG 31, 737c).

Enfin, Basile s'intéressa naturellement également à la portion élue du peuple de Dieu, que sont les jeunes, l'avenir de la société. Il leur adressa un Discours sur la façon de tirer profit de la culture païenne de l'époque. Avec beaucoup d'équilibre et d'ouverture, il reconnaît que dans la littérature classique, grecque et latine, se trouvent des exemples de vertu. Ces exemples de vie droite peuvent être utiles pour le jeune chrétien à la recherche de la vérité et d'une façon de vivre droite (cf. Ad Adolescentes 3). C'est pourquoi, il faut emprunter aux textes des auteurs classiques ce qui est adapté et conforme à la vérité: ainsi, à travers une attitude critique et ouverte - il s'agit précisément d'un véritable "discernement" - les jeunes grandissent dans la liberté. A travers la célèbre image des abeilles, qui ne prennent des fleurs que ce dont elles ont besoin pour le miel, Basile recommande: "Comme les abeilles savent extraire le miel des fleurs, à la différence des autres animaux qui se limitent à jouir du parfum et de la couleur des fleurs, de même, de ces écrits également... on peut recueillir un bénéfice pour l'esprit. Nous devons utiliser ces livres en suivant en tout l'exemple des abeilles. Celles-ci ne vont pas indistinctement sur toutes les fleurs, et ne cherchent pas non plus à tout emporter de celles sur lesquelles elles se posent, mais elles en extraient uniquement ce qui sert à la fabrication du miel et laissent le reste. Et nous, si nous sommes sages, nous prendrons de ces écrits uniquement ce qui est adapté à nous, et conforme à la vérité, et nous laisserons de côté le reste" (Ad Adolescentes 4). Basile, surtout, recommande aux jeunes de croître dans les vertus, dans la façon droite de vivre: "Tandis que les autres biens... passent d'une main à l'autre, comme dans un jeu de dés, seule la vertu est un bien inaliénable, et demeure toute la vie et après la mort" (Ad Adolescentes 5).

Chers frères et soeurs, il me semble que l'on peut dire que ce Père d'une époque lointaine nous parle encore et nous dit des choses importantes. Avant tout, cette participation attentive, critique et créatrice à la culture d'aujourd'hui. Puis, la responsabilité sociale: c'est une époque à laquelle, dans un univers mondialisé, même les peuples géographiquement éloignés sont réellement notre prochain. Nous avons ensuite l'amitié avec le Christ, le Dieu au visage humain. Et, enfin, la connaissance et la reconnaissance envers le Dieu créateur, notre Père à tous: ce n'est qu'ouverts à ce Dieu, le Père commun, que nous pouvons construire un monde juste et un monde fraternel.

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française et je les invite à accueillir l'exemple et l'enseignement de saint Basile, pour grandir fidèlement et sans réserve sur le chemin de la vie évangélique. Bon pèlerinage à tous!
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A l'issue de l'Audience générale

En conclusion de l'Audience générale, je voudrais rapporter une bonne nouvelle concernant l'Irak, qui a suscité une explosion populaire de joie dans tout le pays. Je veux parler de la victoire à la Coupe d'Asie par l'équipe nationale de football irakienne. Il s'agit d'un succès historique pour l'Irak, qui, pour la première fois, est devenu champion de football d'Asie. J'ai été heureusement frappé par l'enthousiasme qui a gagné tous les habitants, les faisant sortir dans les rues pour fêter l'événement. De même que, tant de fois, j'ai pleuré avec les Irakiens, en cette circonstance, je me réjouis avec eux. Cette expérience de bonheur partagé révèle le désir d'un peuple de mener une vie normale et sereine. Je souhaite que cet événement puisse contribuer à réaliser en Irak, avec la coopération de tous, un avenir de paix authentique dans la liberté et le respect réciproque. Toutes mes félicitations!

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Je salue le groupe des Scouts d'Europe, qui à travers leur présence ce matin, veulent réaffirmer leur participation ecclésiale, après avoir renouvelé la promesse scoute, qui les engage à accomplir leur devoir envers Dieu et à servir les autres avec générosité. Ma pensée s'adresse également à tous les scouts et les guides du monde qui renouvellent leur promesse précisément aujourd'hui, jour du centenaire de la fondation du scoutisme. En effet, il y a exactement 100 ans, le 1 août 1907, sur l'Ile de Brownsea, fut créé le premier camp scout de l'histoire Je souhaite de tout coeur que le mouvement éducatif du scoutisme, né de la profonde intuition de Lord Robert Baden Powell, continue de produire des fruits de formation humaine, spirituelle et civile dans tous les pays du monde.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070801_fr.html

SAINT BASILE LE GRAND

Docteur de l'Église

(329-379)

Saint Basile naquit à Césarée, l'an 329, d'une famille où la sainteté était héréditaire; son père et sa mère, deux de ses frères, une de ses soeurs, sans parler des autres, sont placés au rang des Saints. Un seul défaut paraissait dans cet enfant de prédilection, sa faible santé; elle se rétablit pourtant, grâce aux prières de ses parents plutôt qu'aux remèdes.

Doué d'un heureux génie, Basile s'éleva vite au niveau des grands hommes, non moins qu'à la hauteur des Saints: "Il était, dit son ami Grégoire de Nazianze, au-dessus de son âge par son instruction, au-dessus de son instruction par sa vertu; il était rhéteur avant d'avoir étudié l'art des rhéteurs, philosophe avant d'avoir étudié la philosophie, prêtre avant d'avoir reçu le sacerdoce." Ses aptitudes universelles, sa rare modestie, ses vertus éminentes, lui conciliaient l'estime et l'admiration de tous.

A vingt-trois ans, il parut à Athènes et se lia avec Grégoire de Nazianze, au point que tous les deux ne faisaient qu'un coeur et qu'une âme. De retour en son pays, les applaudissements qu'il reçut l'exposèrent à une tentation de vaine gloire dont il fut si effrayé, qu'il embrassa l'état monastique pour y vivre dans l'oubli du monde et la pénitence; il fonda plusieurs monastères, écrivit, pour les diriger, des ouvrages ascétiques très estimés et traça des règles de vie religieuse demeurées célèbres.

Un très léger repas par jour, un sommeil très court sur la dure, de longues veilles, un vêtement léger par les temps les plus froids, tel était l'ordinaire de ce saint austère, "dont la pâleur, dit saint Grégoire, annonçait un mort plutôt qu'un vivant." Basile eut à souffrir d'infirmités continuelles; dans le temps de sa meilleure santé, dit-il lui-même, il était plus faible que ne sont les malades abandonnés des médecins. Malgré sa faiblesse, il châtiait son corps et le réduisait en servitude

Le zèle contre l'hérésie d'Arius le fit un jour sortir de sa retraite, et bientôt il courbait la tête sous le fardeau de l'épiscopat. Ni les intrigues, ni les menaces n'eurent jamais prise sur cette grande âme. Un préfet le mande un jour et lui enjoint d'obéir à un prince arien, sous peine de confiscation de ses biens, de l'exil, des tourments, et de mort: "Faites-moi d'autres menaces, dit Basile, car il n'y a rien là que je puisse craindre; le premier coup suffira pour achever mes peines; la mort m'unira à mon Dieu." L'empereur dut s'avouer vaincu.

Le saint pontife mourut à cinquante et un ans, ne laissant pas de quoi se faire élever un tombeau de pierre.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_basile_le_grand.html


Les Pères cappadociens (I) : Basile le Grand

Cours de patrologie de soeur Gabriel Peters o.s.b., chapitre 2

I. Vie

- 1. Sa famille

- 2. Son éducation

- 3. Sa vie ascétique

- 4. Le collaborateur de l’évêque Eusèbe

- 5. L’épiscopat à Césarée

II. Œuvres

- 1. Ouvrages dogmatiques

- 2. Ouvrages ascétiques

- 3. Homélies et discours

- 4. Un traité et les lettres

III. L’ascétisme de Basile

- 1. Conception basilienne du cénobitisme

- 2. Conception basilienne de l’obéissance

Conclusion : Portrait moral de saint Basile
• Alors même que sa bonté ne nous aurait pas fait connaître sa nature, par cela seul que nous avons été créés par lui, nous devrions l’aimer et le chérir par dessus tout et nous attacher sans cesse à son souvenir comme les enfants qui se cramponnent à leur mère.

Grandes Règles, 2

• Quand nous cessons d’aimer, alors nous avons perdu son image.

Lettre 56

• Dieu, notre Créateur, a décidé que nous aurions besoin les uns des autres afin que nous soyons unis les uns aux autres.

Grandes Règles, 7, 1

I. Vie

1. Sa famille

BASILE NAQUIT EN 329 à Césarée, capitale de la Cappadoce (centre de la Turquie, pays très rude aux hivers rigoureux).

Son père, Basile l’Ancien, rhéteur à Néocésarée dans le Pont, et sa mère Emmelie appartenaient à des familles profondément chrétiennes. Les grand parents paternels de Basile avaient vécu sept ans dans le maquis, abandonnant leurs biens à la confiscation, pendant la persécution de Dioclétien. Les parents de Basile eurent dix enfants : cinq filles dont l’aînée Macrine, cinq fils dont trois furent évêques, l’aîné Basile, Grégoire (futur évêque de Nysse) et Pierre (futur évêque de Sébaste).

Plusieurs membres de la famille seront vénérés comme saints : Basile, sa grand’mère paternelle Macrine, sa mère Emmelie, sa sœur Macrine, et ses deux frères Grégoire et Pierre.

La santé de Basile fut toujours très fragile (il mourut avant d’avoir cinquante ans).

2. Son éducation

Basile doit à sa grand’mère sa première formation chrétienne. Elle se souvenait de l’enseignement de Grégoire le Thaumaturge, disciple d’Origène et évangélisateur de la Cappadoce.

Il fit ses études à Césarée, à Constantinople et enfin à Athènes où il demeura cinq ans et se lia d’une étroite amitié avec Grégoire de Nazianze qu’il avait déjà connu à Césarée. (Il y rencontre aussi Julien, le futur empereur). Il est, nous dit-on, un étudiant « réservé et pensif ». Revenu dans sa ville natale, Basile y occupe une chaire de rhétorique.

Il ne résiste ni aux tentations de l’orgueil ni aux attraits du monde, mais les remontrances de sa sœur Macrine produisirent en Basile une véritable conversion.

• Je me réveillai comme d’un profond sommeil, j’aperçus la lumière admirable de la vertu de l’Évangile,… je déplorai avec une extrême douleur la misérable vie que j’avais menée jusqu’alors. Dans cet état, je désirai un guide qui me conduisît et me fît entrer dans les principes de la piété… je lus donc l’Évangile et je remarquai qu’il n’y a pas de moyen plus propre d’arriver à la perfection que de vendre son bien, d’en faire part à ceux de nos frères qui sont pauvres, de se dégager de tous les soins de cette vie, de telle sorte que l’âme ne se laisse troubler par aucune attache aux choses présentes.

Lettre 223, 2

3. Sa vie ascétique

Basile fut alors baptisé vers 357. Sous l’influence de sa sœur Macrine, Basile embrasse donc la vie évangélique. Déjà en 352, sa mère et sa sœur Macrine vivaient en ascètes dans leur propriété d’Annesi au bord de l’Iris tandis que son frère Naucratios dirigeait sur l’autre rive un hospice pour vieillards (il mourra d’un accident de chasse). C’était l’idéal d’Eusthate de Sébaste que cherchait à réaliser la famille de Basile.

Basile entreprit un voyage de deux ans parcourant l’Orient, à la recherche de maîtres d’ascétisme. Puis il revint dans la région du Pont et s’établit à Annesi aux portes de Néocésarée dans un lieu sauvage. Il y vivra cinq ans, c’est de là qu’il écrit à son ami Grégoire la fameuse Lettre 2 (premier essai de programme de vie ascétique). Grégoire viendra le rejoindre quelque temps (voir les lettres 4 et 5 de Grégoire) et collationnera avec lui des textes d’Origène (Philocalie). Basile mène avec des compagnons la vie cénobitique conforme à l’idéal évangélique organisant une vie de prière, d’étude et de travail manuel.

4. Le collaborateur de l’évêque Eusèbe

Basile, qui déjà était lecteur, est ordonné prêtre en 364 par l’évêque Eusèbe de Césarée [1]. À la suite d’une brouille avec l’évêque que l’on suppose avoir été jaloux, il retourne à sa solitude mais l’évêque Grégoire de Nazianze, père de son ami Grégoire déjà prêtre depuis deux ans, et l’évêque Eusèbe lui-même le rappellent à Césarée car « la vérité est en péril ». L’empereur Valens élu en 364 est arien et il est urgent de s’opposer aux prélats ariens de la suite de Valens. Basile se fait le collaborateur dévoué d’Eusèbe tant dans les luttes doctrinales que dans sa charge pastorale.

En 368, la famine désole la Cappadoce. Basile vend ses terres et distribue des vivres au peuple, aux enfants tant juifs que chrétiens [2]. Voici un extrait d’une homélie prononcée alors :

• Si ta subsistance se réduit à un seul pain, et qu’un pauvre se tienne à ta porte, tire de ton garde-manger cet unique pain et le prenant dans tes mains, élève-le vers le ciel et dit : « Seigneur, le pain que tu vois est le seul qui me reste et le péril est manifeste. Mais je fais passer ton précepte avant mes intérêts et, de ce peu, je donne à mon frère qui a faim, donne, toi aussi, quelque chose à ton serviteur en péril. Je connais ta bonté, je me confie en ta puissance, je sais que tu ne diffères pas longtemps tes bienfaits mais que tu les répands quand tu veux !

Homélie 8, en temps de sécheresse et de famine

Basile réforme aussi la liturgie de Césarée.

5. L’épiscopat

En 370, l’évêque Eusèbe meurt et Basile lui succède dans sa charge malgré une vive opposition que dissipe le vieil évêque Grégoire de Nazianze. Basile multiplie les démarches, en pleine crise arienne, pour l’unité de l’Église.

• Les factions hérétiques sont en train de piétiner l’Église.

Lettre 19

• Toute l’Église se désagrège, elle se déchire partout comme un manteau usé.

Lettre 82 à Athanase

Il continue de vivre en ascète : deux disciples d’Eusthate lui sont prêtés comme « garde sainte de son âme », secours fraternel et signe de communion dans la charité.

À l’Épiphanie de 372 se place l’entretien célèbre où Basile s’oppose au préfet Modeste qui exige, au nom de l’empereur que Basile renonce à la foi de Nicée et répudie le mot consubstantiel (homoousios) :

• Tu ne suis pas la religion de l’empereur !

• Mon Empereur à moi me le défend.

• Tu ne crains pas mon pouvoir ?

• Que peux-tu ?

• J’ai le choix des moyens : confiscation, déportation, torture, mort !

• Rien de plus ! Cela me laisse indifférent !

• Personne n’a osé jusqu’ici me parler si librement !

• C’est que tu n’as sans doute jamais rencontré un évêque !

Discours 43 de Grégoire de Nazianze

C’est vers la même époque que Basile eut à subir les soucis et les vexations que lui causèrent le partage de la Cappadoce.

• On a fait à peu près comme celui qui, ayant un cheval ou un bœuf le couperait en deux et s’imaginerait alors en avoir deux au lieu d’un ! Loin d’en avoir deux, il a détruit ainsi le seul qu’il possédait !

… puisque ce démembrement a plongé la Cappadoce dans l’affliction, il reste à la soigner dans son infirmité !

Lettre 74 de Basile

C’est à la suite de ce morcellement qu’il nomme son frère Grégoire évêque de Nysse et son ami Grégoire qui le prendra très mal, évêque de Sasimes.

En 374, Basile peut inaugurer le quartier épiscopal, cité de la charité (hospice, hôtelleries, léproserie) qui fut nommé au Ve siècle la Basiliade. « L’idée d’hospitaliser les étrangers et les pauvres n’était pas nouvelle. Dès le règne de Constantin, on signale des xénodochia (hôtels pour étrangers) fondés dans la capitale. Julien dans son désir de rivaliser avec les « impies galiléens » (les chrétiens qu’il nommait ainsi) voulait avoir des refuges et des hospices » [3].

Basile fut calomnié dans sa foi. À Rome, le pape Damase le soupçonnait d’hérésie.

• La dépression que tout ceci m’occasionne est la cause principale de mon mauvais état de santé. Mon indisposition revient continuellement en raison de l’excès de ma peine.

Lettre à Eusèbe de Samosate

• Puissé-je enfin me trouver en face d’une accusation et non d’une diffamation !

Lettre 204

C’est pour se défendre et proclamer sa foi que Basile écrit le Traité du Saint-Esprit. En 375, il consomme sa rupture avec l’évêque Eusthate de Sébaste.

En 378, l’empereur Valens meurt et la fin de la tyrannie arienne est proche. Mais Basile meurt peu après le 1er janvier 379 [4] en prononçant ces mots : « Seigneur, je remets mon âme entre tes mains ».


II. Œuvres

1. Ouvrages dogmatiques

Ils sont consacrés à la lutte contre l’arianisme.

Contre Eunome (vers 364)

Basile réfute en trois livres les thèses d’Eunome, porte-parole des ariens. Il développe ces idées : le Verbe est engendré et l’essence de Dieu ne s’identifie nullement avec l’innascibilité. Il faut confesser sa foi en la consubstantialité du Verbe avec le Père et du Saint-Esprit avec le Père.

Sur l’Esprit Saint

Basile y défend la consubstantialité du Fils et de l’Esprit Saint avec le Père. Ce traité est consacré à l’affirmation de la divinité du Saint-Esprit. Et cependant, tout comme saint Athanase dans ses Quatre lettres à Sérapion ne disait jamais nettement : le Saint-Esprit est Dieu, saint Basile observe le même silence. Il en fut critiqué mais il savait pourquoi il agissait ainsi. Saint Grégoire de Nazianze le justifie :

• Je ferai donc connaître ce qui est resté ignoré de la plupart jusqu’à présent : dans la gêne où nous mettaient les circonstances, Basile se chargea d’apporter les précautions nécessaires tandis qu’il nous confiait le soin de parler librement à nous qui n’étions pas exposés à nous faire juger, ni chasser de la patrie, mais qui bénéficions de notre obscurité. Ainsi cherchions-nous l’un et l’autre à rendre puissant l’évangile que nous prêchions.

Discours de saint Grégoire de Nazianze, 43, 59

Le rôle de sanctification attribué à l’Esprit est souligné :

• L’Esprit Saint est vraiment le lieu des saints et le saint est pour l’Esprit un lieu propre s’offrant lui-même pour habiter avec Dieu. Aussi se nomme-t-il son temple.

26

• Par le Saint-Esprit les cœurs s’élèvent, les faibles sont conduits par la main, les progressants deviennent parfaits. C’est lui qui en illuminant ceux qui se sont purifiés de toute souillure, les rend « spirituels » par communion avec lui.

9

2. Ouvrages ascétiques

Les Moralia ou Règles morales

L’ouvrage se compose de 80 préceptes de morale (les Regulae) basés sur les textes du Nouveau Testament. Il s’adresse à tous les chrétiens. On pensa longtemps qu’il fut composé avec l’aide de Grégoire de Nazianze dans la solitude d’Annesi mais les commentateurs récents font remarquer très justement qu’on ne voit pas pourquoi et au nom de quelle autorité Basile se serait adressé alors aux fidèles et même aux chefs d’Eglise ! Les Moralia seraient plutôt à dater de la fin de la vie de Basile.

Voici la finale du livre. Longuement Basile s’est interrogé quel est le propre du chrétien ? La foi qui se traduit en œuvres par la charité… il poursuit admirablement et enfin conclut :

• Quel est le propre de ceux qui mangent le pain et boivent la coupe du Seigneur ? De garder la mémoire perpétuelle de celui qui est mort pour nous et est ressuscité. Le propre de ceux qui gardent une telle mémoire ? « Qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort et est ressuscité » (2 Co 5, 15).

Quel est le propre du chrétien ? Que sa justice dépasse celle des scribes et des pharisiens (Mt 5, 20) autant que l’a enseigné le Christ dans l’Évangile.

Quel est le propre du chrétien ? De s’aimer l’un l’autre comme le Seigneur nous a aimés (Éph 5, 2). Le propre du chrétien ? C’est d’avoir le Seigneur toujours présent devant les yeux (Ps 15, 8). Le propre du chrétien ? C’est de veiller à toute heure du jour et de la nuit et de se tenir prêt dans la perfection qui plaît à Dieu, car il sait que le Seigneur vient à l’heure à laquelle il ne pense pas (Lc 12, 40) [5].

L’Asceticon

Deux éditions successives : . Petit Asceticon (vers 358-359). . Grand Asceticon (vers 370).

Le Grand Asceticon comprend des Grandes Règles, c’est-à-dire l’exposé général des conditions de la vie ascétique et des Petites Règles ou réponses à des questions posées par les frères.

Les Grandes Règles 1 à 23 remanient le texte du Petit Asceticon. Les Grandes Règles 24 à 55 sont entièrement nouvelles.

Les Petites Règles sont au nombre de 313. Les 192 questions du Petit Asceticon sont reprises telles quelles.

Tout l’idéal cénobitique de Basile est exposé dans cet écrit et il peut être étudié dans son développement chronologique [6].

• Nous devons obéir comme le petit enfant tourmenté par la faim qui écoute sa nourrice l’invitant à manger. Nous devons lui obéir comme tout homme désirant vivre obéit à celui qui lui donne tout ce qui est nécessaire à l’existence. Mais nous devons encore beaucoup plus obéir à notre supérieur avec un empressement d’autant plus prompt que la vie éternelle est plus précieuse que la vie présente. Car le commandement de Dieu a dit le Seigneur Jésus est vie éternelle (Jn 12, 50)… ce qu’est la manducation par rapport au pain, l’accomplissement du précepte l’est par rapport au commandement. Le Seigneur lui-même l’a affirmé : Ma nourriture, c’est d’accomplir la volonté du Père qui m’a envoyé (Jn 4, 34).

Petites Règles 166

3. Homélies et discours

Sur l’Hexameron (avant 370)

Cet ouvrage comprend neuf homélies, sermons de carême, prêchés en l’espace d’une semaine. Basile rejette l’allégorie, il veut rechercher le seul sens littéral :

• Pour moi quand j’entends parler d’herbe, je pense à de l’herbe… je prends toutes choses comme elles sont dites.

9,80

L’œuvre admirablement rédigée eut un très grand succès. Saint Grégoire de Nysse voulut la compléter en écrivant son traité De la création de l’homme et saint Ambroise l’imita. « Quand je prends en main son Hexameron, dit saint Grégoire de Nazianze, je me sens uni au Créateur » (Disc. 43).

• Dieu veut que les embrassements de la charité nous attachent à notre prochain comme les vrilles de la vigne et nous fassent reposer sur lui afin que, dans nos continuels élans vers le ciel, nous puissions, telles des vignes grimpantes, nous élever jusqu’aux cimes les plus hautes.

5,6

Homélies sur les psaumes

Des 18 homélies sur les psaumes attribuées à saint Basile, 13 seulement sont authentiques : sur les psaumes 1, 7, 14, 28, 29, 32, 33, 44, 45, 48, 59, 61et 114.

• Qui cherche la paix cherche le Christ car il est lui-même notre paix.

Sur le psaume 33

Homélies et discours divers

Près de 23 homélies ou discours sont authentiques, les sujets sont variés : fêtes du Christ, fêtes de martyrs, homélies pendant la famine, discours sur les devoirs du chrétien.

• Le chrétien ne s’impose pas de remplir par des formules le devoir de la prière. C’est par une intention d’âme, par des actes de vertu étendus à toute notre vie que la prière prend toute sa valeur. Assis à table, prie, rends grâce ; en revêtant ta tunique, rends grâce… rends grâce pour le soleil et la lumière de la nuit… Ainsi, prie sans relâche, non pas que des formules remplissent ta prière mais, dans tout le cours de ton existence, tu seras uni à Dieu, ta vie sera une prière incessante et continuelle.

Homélie de sainte Julitte, 4

Le Commentaire sur Isaïe attribué à Basile semble bien ne pas être de lui.

4. Un traité et les lettres

Le traité Aux jeunes gens. Sur la manière de tirer profit des lettres helléniques

Ce traité s’adresse aux neveux de Basile qui loue la culture classique grecque, recommandant seulement d’en éviter le poison. Ce traité révèle la largeur d’esprit de Basile.

Lettres de ou à Basile : 365 lettres

Cette correspondance est très précieuse : les lettres traitent des sujets dogmatiques, historiques ou ascétiques. Il y a aussi des lettres d’amitié, etc. Cette correspondance révèle le caractère de Basile. Son autorité parfois sévère sait se tempérer de douceur :

• Ne viens pas s’il te plaît nous faire la leçon ! Qu’il te souvienne de ton dernier jour ! Tu as suscité contre nous des lézards et des crapauds ! J’ai à rendre compte de mes actes à Dieu qui sait en juger. Ces gens-là ne viendront pas rendre témoignage !

Lettre 115 à Simplicie [7]

• Si nous te reprenons comme ferait un père, nous saurons aussi te pardonner comme un père.

Lettre 170 à Glycérius [8]

Relevons ce témoignage sur la justification de la communion quotidienne :

• Comment douter en effet que cette participation continuelle à la vie n’apporte une surabondance de vie ?

Lettre 93

III. L’ascétisme de Basile

On sait comment au dernier chapitre de la Règle, saint Benoît parle de saint Basile comme de « notre saint Père Basile », il se réclame donc de la tradition basilienne :

• Les Conférences des Pères, leurs Institutions et leurs Vies, ainsi que la Règle de notre saint Père Basile sont-elles autre chose que des instruments de vertus pour les moines vraiment bons et obéissants ?

73

L’idéal religieux de Basile est cénobitique. Si on parle de « monachisme »au sens étymologique du terme : vie solitaire (le moine est celui qui vit seul, du grec monos, seul) alors c’est un non-sens que de parler du monachisme de Basile pour qui le cénobitisme, c’est-à-dire la vie communautaire, est une fin en soi. C’est pour ce motif que nous intitulons ce paragraphe ascétisme et non pas monachisme, Basile a voulu mener une vie ascétique.


1. Conception basilienne du cénobitisme

Basile ne se situe pas dans le prolongement d’Antoine et de Pachôme, et cela quoi qu’on en dise : c’est au chrétien en tant que tel qu’il veut s’adresser continuellement. Il soulignera au contraire que l’homme n’est pas « un animal monastique ».

La perfection pour Basile consiste à accomplir la volonté de Dieu, c’est-à-dire à observer dans leur intégralité tous les commandements. Il soutient toujours la thèse rigoriste que manquer à un commandement c’est les enfreindre tous et devenir passible de l’enfer.

Si Basile se retire du monde pour mener avec des compagnons la vie ascétique, c’est pour se mettre dans les meilleurs conditions d’accomplir tous les commandements de Dieu : l’absolu de sa recherche lui est dicté par l’amour.

Il prolonge un mouvement de tendance syrienne à la suite d’Eusthate de Sébaste et ce mouvement condamné d’ailleurs au Concile de Gangres avait comme idéal de s’imposer à toute la communauté chrétienne. Les évêques voyaient d’un mauvais œil les époux rompre leurs liens, les travailleurs abandonner tout souci temporel. Basile tempère le mouvement d’ascétisme d’Eusthate et l’approfondit. Il veut une Église totalement cohérente avec sa foi. Il insiste fortement sur les aspects eschatologiques du message chrétien. Devenu évêque, Basile sera le lien vivant entre les fraternités et les autres chrétiens, et sous la pression des circonstances, il organisera le cadre conventuel qui se resserre.

• Je visitais les fraternités, passant avec elles la nuit en prière et, sans contention, je répondais et j’interrogeais sur les choses de Dieu.

Lettre 223 à Eusthate

La vie ascétique est pour Basile nécessairement cénobitique, elle apparaît à Basile comme la seule vie intégralement chrétienne, comme celle qui permet seule d’observer tous les commandements du Seigneur et leur synthèse qui se trouve dans le double commandement de l’amour (de Dieu, du prochain). C’est en communion réelle et effective avec ses frères que le moine cherche dans l’humilité, le service, l’amour, à accomplir tous les commandements de Dieu. Dans cette perspective, la correction fraternelle est demandée comme un humble service d’amour.

• Dans l’immensité de son amour des hommes, le Seigneur ne s’est pas contenté de nous enseigner avec des paroles. Voulant nous donner un exemple clair et précis de cette humilité qui s’épanouit dans la perfection de l’amour, il se ceignit lui-même et, en personne, lava les pieds de ses disciples.

Mais toi qui es seul à qui laveras-tu les pieds ? Qui serviras-tu ? En comparaison de qui voudras-tu te considérer comme le dernier, si tu vis séparé de tous et pour toi-même ? Ce bonheur et cette joie de se trouver tous ensemble, semblables, dit l’Esprit Saint, au parfum qui coule de la tête du grand-prêtre, comment les trouver dans la cellule isolée du solitaire ?

Grande Règle, 7

Basile a toujours et en toute circonstance demandé l’union de tous, si c’est l’idéal de la vie ascétique, c’est d’abord l’idéal de la vie chrétienne que les ascètes cherchent à vivre avec une ferveur totale, et c’est aussi l’idéal humain qui résulte simplement de notre condition de créature et fonde la vie sociale :

• Dieu veut que nous ayons besoin les uns des autres.

Grande Règle, 7

• Nous avons plus besoin du secours de chacun de nos frères qu’une main n’a besoin de l’autre. Par la constitution même de notre corps, le Seigneur nous a enseigné la nécessité d’être unis. Quand je considère en effet que nos membres ne peuvent en rien se suffire à eux-mêmes, comment imaginerais-je que je puis me suffire dans la vie ? Ni un pied ne saurait marcher sûrement sans le soutien de l’autre, ni un œil n’aurait une vue saine s’il n’avait l’autre pour associé et s’ils ne se portaient ensemble sur l’objet de leur vision. L’ouïe est plus exacte quand elle perçoit la voix par les deux oreilles ; on tient plus fermement ce que serrent ensemble tous les doigts. Pour tout dire en un mot, je ne vois rien, ni dans la nature, ni dans le domaine de la volonté libre, qui s’accomplisse sans le secours des êtres de la même nature. La prière elle-même qui n’est pas faite en commun ne perd-elle pas beaucoup de sa puissance ? Et le Seigneur ne nous a-t-il pas annoncé qu’il serait au milieu de deux ou trois unanimes à l’invoquer ?

Lettre 97 (au sénat de Tyane)

• Si la mer est belle, c’est surtout parce qu’elle rapproche les terres les plus éloignées et assure ainsi aux navigateurs la liberté de leurs relations, elle nous dispense l’histoire des faits jusqu’alors ignorés… mais si la mer est belle, combien plus la réunion de cette assemblée !

Homélies sur l’Hexameron, 4, 6

• Rien n’est propre à notre nature, comme d’entrer dans la société les uns des autres, d’avoir besoin les uns des autres et d’aimer ce qui est de notre race. Après nous avoir donné ces germes qu’il a jetés dans nos cœurs, le Seigneur vient en réclamer les fruits et il dit : je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres.

Grande Règle, 3

• Toujours le Seigneur allie les deux commandements, s’attribuant comme étant fait à lui-même le bien que l’on fait au prochain. Il est donc visible que l’on s’acquitte du second commandement en cela même que l’on accomplit le premier et que l’on retourne au premier en accomplissant le second. Quiconque aime Dieu aime le prochain par une suite nécessaire et c’est une conséquence infaillible que quiconque aime le prochain satisfait au commandement qu’il a reçu d’aimer Dieu parce que Dieu accueille pour lui-même cette marque de bienveillance.

Grande Règle, 3

Basile ne veut donc pas que l’ascète soit monachos (moine = seul) au sens local, mais il le veut monotropos (unifié) au sens moral :

• Il n’y a qu’une seule façon de vivre en chrétien (monotrope est la vie du chrétien) car la vie du chrétien a un seul but : la gloire de Dieu.

Grande Règle, 20

Le chrétien, pour Basile, n’est pas monastikon (celui qui vit seul) mais koinonikon l’homme de la communion) et la maison qui réunit les ascètes est le lieu du renouvellement de la communauté primitive de Jérusalem (Ac 2, 44 et 4, 32) où tout était à tous, où les frères n’avaient qu’un cœur et qu’une âme.

• Le charisme propre de chacun devient le bien commun de l’ensemble… de sorte que, dans la vie commune, la force du Saint-Esprit donnée à l’un devient nécessairement celle de tous.

Grande Règle, 7

• Nous, les athlètes de la piété, nous qui avons embrassé une vie calme et loin des affaires, destinée à nous faciliter l’observance des préceptes évangéliques, eh bien, mettons en commun notre volonté et notre souci de ne rien laisser échapper des commandements qui nous sont imposés.

Prologue des Grandes Règles

S’écarter de la vie commune, c’est se retrancher du corps du Christ : telle est bien en définitive la pensée doctrinale qui sous-tend tout l’idéal cénobitique de saint Basile ; l’ascète réalise avec ses frères le corps du Christ dans l’unité de la vie de l’Esprit :

• Puisque nous tous qui avons été associés par vocation dans une espérance unique, nous sommes un seul corps ayant le Christ pour tête et sommes membres les uns des autres, nous n’entrons, chacun pour sa part, dans la construction de ce corps unique dans l’Esprit Saint que par la concorde.

Grandes Règles, 7

2. Conception basilienne de l’obéissance [9]

Le vœu d’obéissance est un élément essentiel de la vie religieuse. Cependant, dans l’Évangile, apparaît-il clairement que soit demandé l’abandon volontaire de la liberté en faveur d’hommes qui n’y ont aucun droit naturel ?

Comment Basile envisage-t-il l’obéissance ? La réponse doit tenir compte de l’évolution de la pensée de Basile dans la chronologie de sa vie et dans les circonstances historiques qui furent les siennes.

Dans la Lettre 2 à son ami Grégoire de Nazianze, Basile ne fait aucune mention de l’obéissance mais plus tard l’évêque, soucieux de la vie des fraternités, élabore, sous la pression des circonstances, toute une doctrine de l’obéissance.

Et tout d’abord, on peut poser comme un absolu que la seule Règle de Basile, c’est l’Écriture. L’Évangile est la substance même de sa pensée. Pour définir la vie parfaite et en tracer le programme, Basile prétend recourir à l’Évangile et à l’Évangile seul.

L’idée-mère de Basile est celle de l’obéissance aux commandements divins, à tous les commandements divins, et avant tout au premier, à l’essentiel, celui de la charité fraternelle, indice et partie intégrante de la charité envers Dieu.

Si l’amour de Dieu exige que le chrétien se soustraie à toutes les influences qui le poussent au péché, l’amour des hommes l’invite à se joindre sans réserve, dans la poursuite commune du même but, à ceux qui partagent le même idéal. L’insistance sur la vie en commun pose les conditions dans lesquelles se développera la doctrine de l’obéissance. Car une question surgit : chacun peut-il, dans cette vie commune, vivre, agir, penser, parler à sa guise ?

• Chacun peut-il se permettre de faire ou de dire ce qui lui semble bon, sans tenir compte des Saintes Écritures ?

Notre Seigneur Jésus-Christ a dit, au sujet du Saint-Esprit : Il ne parlera pas de son propre chef, mais ce qu’il entendra, voilà ce qu’il dira (Jn 16, 13). Quant à lui-même : Le Fils ne peut rien faire de son propre chef (Jn 5, 19) ; et encore : Moi, ce n’est pas de mon propre chef que j’ai parlé ; celui qui m’a envoyé, le Père, m’a prescrit ce que je devais dire et faire ; et son commandement, je le sais, est vie éternelle. Ce que je dis donc, à la façon dont mon Père me l’a dit, je le répète (Jn 12,49-50). Qui donc pourrait en venir à tant de folie que d’oser, de son propre chef, concevoir seulement quelque pensée ? N’a-t-il pas besoin du guide, l’Esprit bon et saint, pour être dirigé dans la voie de la vérité (Jn 16, 13), qu’il s’agisse de ses pensées, de ses discours ou de ses actes ? N’est-il pas un aveugle, plongé dans les ténèbres (cf. Jn 12, 35), si le soleil de justice, Notre Seigneur Jésus-Christ, ne l’éclaire pas de ses commandements, comme par des rayons lumineux ?

Petite Règle, 1

Remarquons que dans ce texte admirable, il s’agit non pas de la loi rigide d’un moralisme, mais d’une obéissance personnelle, biblique, d’une relation au Dieu Vivant. Dans sa formulation johannique, la pensée est riche d’exigence intérieure et les modèles qui nous sont proposés sont plus proches de nous que notre conscience même.

Mais quel lien établir entre la libre soumission à la volonté divine et l’obéissance à l’arbitraire d’un supérieur en matière contingente et libre ?

Il faut marquer un premier point, conséquence immédiate du commandement divin : chacun est le serviteur de ses frères, le service des frères assouplit l’âme dans l’obéissance.

• Ainsi de toute façon il est nécessaire de se soumettre, soit à Dieu, selon son commandement, soit aux autres, à cause de son commandement. Car il est écrit : Celui qui parmi vous veut être grand, qu’il soit le dernier de tous, l’esclave de tous (Mc 9, 34), aliéné par conséquent à ses propres volontés, à l’exemple du Seigneur : Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté du Père qui m’a envoyé (Jn 6,37).

Petite Règle, 1

Mais, demande Basile lui-même : « Faut-il donc obéir en tout et à chacun ? »

• Du point de vue des personnes qui commandent, il n’y a aucune distinction à faire qui permette de léser l’obéissance, aussi bien, Moïse a obéi à Jéthro qui lui donnait un bon conseil (Ex 18, 19). Mais du point de vue des choses commandées, il y a une distinction capitale : les unes s’opposent au commandement du Seigneur, ou le corrompent, ou encore, souvent, le souillent, par l’addition de quelque chose d’interdit, d’autres tombent sous ce commandement ; d’autres enfin, qui, à première vue, ne semblent pas tomber sous le précepte, viennent du moins comme à son aide.

Petite Règle, 114

Voici maintenant le tout premier texte où Basile fait mention du supérieur, serviteur du Christ et de ses frères :

• Envers Dieu d’abord, que celui qui commande se considère comme serviteur du Christ et administrateur des mystères de Dieu (1 Co 4, 1), et qu’il craigne qu’en dehors de la volonté de Dieu, telle qu’elle est confirmée dans les Écritures, il ne donne une parole ou un précepte… Envers les frères, comme une mère entourerait de soins les enfants qu’elle nourrit, qu’il aspire à donner à chacun, selon le bon plaisir de Dieu et l’avantage de la communauté, non seulement l’Évangile de Dieu, mais encore sa propre vie (1 Th 2, 7).

Petite Règle, 98

Dans les premières rédactions des Règles de Basile, on ne trouve pas de trace d’une centralisation du pouvoir. Ce qui est souligné, et très fortement, c’est l’étendue de la vertu d’obéissance : jusqu’à la mort (comme le Christ), sa qualité : elle est soumission intérieure et sans murmure, et l’objet de la vertu : le service utile à tous, donc notamment le travail. Les conditions de vie commune freinent l’entraînement ascétique (si cher à Eusthate) et engendrent un rythme d’obéissance mutuelle centré sur le service de la communauté. Les difficultés pratiques de l’organisation de la vie commune vont mener Basile à mettre en avant le supérieur ou les supérieurs.

C’est dans la deuxième édition de l’Asceticon, qui date de 370 et dans laquelle Basile a remanié et complété le texte primitif, que la pensée sur l’obéissance atteint tout son développement [10].

Les éléments essentiels de la vie parfaite demeurent la vie commune en fraternité et le renoncement qu’une telle vie implique.

Lorsque Basile en vient à la section consacrée à l’obéissance, la rédaction se modifie et la pensée est très nette : ce sont les exigences centrales du grand commandement évangélique de l’amour qui fondent immédiatement l’obéissance ; l’activité de la vie dans le Christ est grâce, elle est charisme inspiré par l’Esprit et le charisme de chacun est fonction de la communauté. Voici donc défini le rôle du supérieur : le supérieur est l’œil à qui la vigilance commune est confiée, tandis que la tête, le Chef, c’est le Christ. Quant aux disciples, ils sont l’oreille et la main : à eux d’entendre, à eux d’accomplir. Que chacun donc abonde en zèle, mais selon son office propre. Chacun a accepté une fois pour toutes d’être enrôlé au service du corps, au service de la fraternité. Si donc un ordre semble dépasser ses forces, qu’il laisse le soin de juger à celui qui prescrit cette chose impossible (Grande Règle, 28) et qu’il montre jusqu’à la mort sa docilité et son obéissance.

Notre vocation est celle des membres d’un même corps : la vocation des supérieurs n’est en rien différente, car le soin vigilant des autres est un service. Ceux qui semblent les premiers dans la fraternité sont au service de tous.

• Bien rares ceux en qui l’on rencontrera les qualités nécessaires à « l’œil ». Si un hasard exceptionnel en suscitait deux ou trois dans un même lieu, qu’ils communient à la même responsabilité et s’allègent mutuellement la tâche ; quand l’un est absent ou empêché, l’autre sera là, en aide à la communauté… Quelle preuve plus grande d’humilité pourraient donner les supérieurs que de se soumettre les uns aux autres ? S’ils sont égaux en charismes spirituels, il vaut mieux qu’ils marchent ensemble, comme l’a montré le Seigneur, envoyant ses disciples deux à deux (Mc 6, 7) ; et chacun s’empressera de se soumettre joyeusement à l’autre, car celui qui s’humilie sera élevé (Lc 18, 14). Et si l’un est moins doué, l’autre plus riche en charismes, il vaut mieux que le plus faible soit soutenu par le plus fort… S’il se pouvait, toutes les fraternités devraient se réunir, sous la responsabilité unique de ceux qui sont capables de gouverner sagement dans l’unité de l’Esprit.

Grandes Règles, 35

Le rôle des supérieurs est donc de discerner la volonté de Dieu sur chacun en interprétant sa mission vis-à-vis de la communauté. Les membres de la communauté par contre ne choisissent pas leur place.

• Choisir pour soi ne convient évidemment pas, tout comme refuser ce qui a été décidé par les autres serait condamnable. Bien plus, si quelqu’un exerçait un art, et que celui-ci déplaise à la fraternité, qu’il l’abandonne volontiers.

Grandes Règles, 41

L’obéissance se réfère toujours à Dieu, si elle est le fruit de la charité fraternelle vécue, cette charité est le commandement suprême qui pourchasse la volonté propre sans lui laisser aucun refuge. L’obéissance est, dans la vie de fraternité, le libre jeu du charisme propre à chacun que discernera le supérieur, œil du corps. L’autorité du supérieur est « pneumatique » et toute en relation au bien de la communauté. Au supérieur de discerner, selon une ligne prophétique, quelle est sur chacun la volonté de Dieu. Ainsi il éclairera tout le corps.

Il n’est d’autre principe et modèle d’obéissance que le Christ considéré dans sa mission et plus particulièrement dans son œuvre rédemptrice, « obéissant jusqu’à la mort » (Ph 2, 8).

On peut tout résumer et aussi bien l’idéal de vie commune que recommande saint Basile que son idéal d’obéissance en disant que l’unique commandement de l’amour contient tous les autres commandements :

. l’ascète choisit la vie commune et se soumet à tous en éliminant ainsi tout égoïsme, amour propre, tout obstacle à la charité.

. l’ascète choisit la vie commune et recherche l’obéissance afin de renoncer en tout à sa volonté propre, de se libérer pour suivre le Christ.

. l’ascète recherche l’obéissance que lui procure la vie commune parce qu’il veut accepter en tout la volonté de Dieu.

• L’unique commandement d’aimer Dieu contient tous les autres et il donne la force de les pratiquer tous.

Grandes Règles, 2

Conclusion : portrait moral de saint Basile

Basile est homme de réflexion et d’action, homme d’administration, même en théologie il est grand administrateur. Face à la crise arienne, il fixe, à la suite d’Athanase et du Concile de Nicée, la voie à suivre en termes prudents et précis. Il a une perception très vive de la transcendance divine. Son intelligence est plus pratique que spéculative. On ne peut qu’admirer le magnifique équilibre de sa doctrine.

Basile parle d’autorité et sa voix n’hésite pas à se faire impérieuse. Peut-être fut-il plus admiré qu’aimé ?

• La maîtrise de son caractère, sa réserve, son calme et son urbanité, on les prenait pour de l’orgueil.

GREGOIRE DE NAZIANZE, Discours 43

Basile a mis en lumière et en pratique les grands thèmes sociaux de l’égalité foncière des hommes dans la soumission à Dieu, de l’éminente dignité de la personne humaine, du service social auquel sont astreintes la richesse et l’autorité.

Théoricien de l’ascèse, Basile ne s’intéresse guère aux problèmes d’application des principes ni aux nuances des psychologies. La morale et l’ascétique de Basile sont la morale et l’ascétique des commandements de Dieu et du Christ pratiqués intégralement par le chrétien qui en reçoit le pouvoir de Dieu. Cassien a étudié Basile et saint Benoît s’en inspire.

On ne connaît bien Basile qu’en le lisant beaucoup : un contact superficiel peut laisser croire que Basile était dur pour lui comme pour les autres, un contact prolongé fait découvrir son exquise et fine sensibilité, son naturel affectueux et profondément bon que sa réserve un peu distante a trop souvent voilé.

Basile demeure un grand maître spirituel pour ceux qui choisissent de vivre dans l’état de cénobites, mais aussi pour tout chrétien :

• Qui donc s’est purifié davantage pour se livrer à l’Esprit Saint que Basile, prêt ainsi à enseigner dignement la parole de Dieu ? Qui, mieux que lui, fut illuminé des clartés de la science, qui pénétra davantage les profondeurs de l’Esprit et scruta, avec Dieu, les mystères divins ?

GREGOIRE DE NAZIANZE, Discours 43

Le sérieux de Basile est le sérieux de l’amour.

Source :

SOEUR GABRIEL PETERS, Lire les Pères de l’Église. Cours de patrologie, DDB, 1981.

Avec l’aimable autorisation des Éditions Migne.

[1] À ne pas confondre avec son homonyme, contemporain de Constantin, mort en 339.

[2] D’après son Oraison funèbre, composée par son frère Grégoire de Nysse.

[3] Voir STANISLAS GIET, Les idées et l’action sociale de saint Basile, Paris 1941.

[4] Date traditionnelle, mais que les universitaires situent aujourd’hui au cours du dernier trimestre 378. (ndlr)

[5] Voir SAINT BASILE, Les règles monastiques, trad. Léon Lebe, Maredsous 1969.

[6] Voir SAINT BASILE, Les règles, trad. Léon Lebe, Maredsous 1969.

[7] Simplicie réclamait son intendant-esclave que Basile avait nommé évêque.

[8] Glycérius était un moine quelque peu illuminé qui s’était chargé de la direction des vierges.

[9] Cette synthèse s’inspire de l’article de Jean Gribomont, Obéissance et Évangile selon saint Basile le Grand, « Supplément à la Vie Spirituelle » 21, mai 1952.

[10] Cette édition porte le nom de Grand Ascéticon comme nous l’avons expliqué plus haut.



DISCOURS DE SAINT BASILE LE GRAND ADRESSÉ AUX JEUNES GENS, SUR L’UTILITÉ QU’ILS PEUVENT RETIRER DE LA LECTURE DES LIVRES PAÏENS.


I

Mes enfants, plusieurs motifs m’engagent à vous donner des conseils que je crois très sages, et qui, je m’assure, ne manqueront pas de profiter à ceux qui les auront accueillis. L’âge où vous me voyez parvenu, l’expérience que j’ai acquise jusqu’à ce jour dans les nombreuses situations de ma vie, les vicissitudes mêmes de la fortune que j’ai souvent éprouvées et qui donnent à l’homme toutes sortes d’enseignements, m’ont assez instruit des choses humaines, pour montrer à des jeunes gens, qui vont commencer leur carrière, la route la plus sûre et la moins périlleuse. D’un autre côté, la nature m’attache à vous, et me donne le premier rang après les auteurs de vos jours, de sorte que je n’ai pas moins de tendresse pour vous, qu’un père pour ses enfants : et vous, à moins que je ne me trompe sur les dispositions de vos cœurs, vous ne sentez pas, en portant vers moi vos regards, l’absence de ceux qui vous ont donné le jour. Si vous recevez mes avis avec empressement, vous serez au nombre de ceux qu’Hésiode a placés avec éloge au second rang ; sinon, je n’ai garde de prononcer moi-même rien de fâcheux, mais que votre mémoire vous rappelle ce passage du poète : « le premier des hommes est celui qui sait par lui-même prendre le parti le plus sage ; l’on est estimable encore, de savoir suivre les conseils d’autrui ; mais ne savoir ni l’un, ni l’autre, c’est n’être bon à rien ».

Ne soyez pas surpris, si, joignant ma propre expérience aux leçons journalières de vos maîtres, et à celle des grands écrivains de l’antiquité avec qui vous entretenez, pour ainsi dire, un commerce habituel par la lecture des ouvrages qu’ils nous ont laissés, je me flatte de pouvoir par moi-même vous donner quelques instructions plus utiles que les leurs. Or, voici ce que je viens vous apprendre ; c’est qu’au lieu de vous abandonner sans réserve à ces auteurs, comme à des pilotes infaillibles, le gouvernail de votre âme, au lieu de suivre partout aveuglément de pareils guides, il faut, en prenant ce qu’ils offrent d’utile, savoir aussi ce qu’il importe de négliger. Mais comment acquérir cette connaissance, comment faire ce discernement ? c’est de quoi je vais vous instruire, sans plus tarder.

II

Mes enfants, nous ne faisons absolument aucun cas de cette vie terrestre, et nous ne saurions ni regarder comme un bien, ni appeler de ce nom tout objet dont l’utilité ne s’étend pas au-delà. Ainsi, ni l’éclat de la naissance, ni la force, la beauté, la grandeur du corps, ni les hommages des peuples, ni la royauté même, en un mot, rien de ce qui peut être appelé grand dans le monde, n’est un bien pour nous, et ne mérite le moindre de nos souhaits : ceux qui possèdent ces avantages ne nous font point envie ; nous portons plus haut nos espérances, et dans toutes nos actions nous n’envisageons qu’un but, celui de nous préparer à une autre vie. Tout ce qui peut servir à cette fin doit être l’objet de notre amour et de nos plus vives recherches ; mais ce qui ne peut y conduire, il le faut rejeter comme méprisable.

III

Dire quelle est cette autre vie, quels en seront le séjour et la nature, serait un discours à la fois trop long pour le sujet qui m’occupe, et trop au-dessus de votre âge et de vos connaissances. Je ne dirai qu’un mot qui pourra peut-être vous en donner une idée suffisante. Si l’on pouvait concevoir et réunir par la pensée toutes les félicités du monde, depuis la création de l’homme, l’on verrait qu’elles n’égalent pas la moindre portion du bonheur de l’autre vie ; que l’ensemble des biens d’ici-bas, apprécié à sa juste valeur, est plus éloigné du moindre des biens de la vie future que les ombres et les songes me le sont de la réalité : ou plutôt, pour me servir d’un exemple plus approprié au sujet, autant l’âme est plus précieuse que le corps, autant l’autre vie l’emporte sur celle de ce monde.

IV

Ce sont les divines Ecritures qui nous conduisent à cette autre vie ; elles nous en ouvrent la voie par l’enseignement des saints mystères. Tant que l’âge ne nous permet point d’en pénétrer le sens et la profondeur, arrêtons nos regards sur des objets qui n’y soient pas tout à fait contraires, et exerçons sur eux la vue de notre âme, comme sur des ombres et des miroirs. Prenons exemple de ceux qui veulent se former aux exercices militaires : ils apprennent d’abord les gestes et les danses, et après avoir acquis de l’adresse à ces divers jeux, ils vont dans les combats en recueillir le fruit. Persuadons-nous bien que la plus grande de toutes les luttes nous est proposée ; qu’elle demande toutes sortes de travaux, de fatigues et d’efforts ; et que, pour s’y préparer, il faut fréquenter les poètes, les historiens, les orateurs, enfin tous ceux dont le commerce peut être de quelque utilité pour notre âme.

Comme les teinturiers disposent par des opérations préparatoires l’étoffe destinée à recevoir la teinture, et la trempent ensuite dans la pourpre ou quelqu’autre couleur, de même si nous voulons que les traces de la vertu demeurent ineffaçables dans nos âmes, nous commencerons par nous initier dans ces connaissances étrangères, avant de nous livrer à l’étude des choses sacrées et mystérieuses ; et, après nous être, en quelque sorte, exercés à voir le soleil dans le cristal des eaux, nous fixerons nos regards sur sa lumière toute pure.

V

S’il est quelque affinité entre la science des livres saints et celle des auteurs profanes, rien ne saurait être plus essentiel que de les posséder l’une et l’autre : sinon, ne laissons pas au moins de les rapprocher pour en voir la différence ; cette comparaison ne sera pas d’un faible secours pour nous affermir dans la plus salutaire. Mais à quoi les comparer l’une et l’autre pour en obtenir une image sensible ? Le voici : la vertu propre des arbres est de porter du fruit mur dans la saison ; mais ils reçoivent une sorte de parure du feuillage qui s’agite autour de leurs branches. Il en est ainsi de l’âme : quoique que son fruit essentiel soit la vérité, on ne la dépare point en la revêtant d’une sagesse étrangère comme d’un feuillage qui recouvre le fruit et lui donne un aspect plus agréable. L’on dit que Moïse, ce législateur illustre, si renommé chez tous les peuples par sa sagesse, s’était exercé l’esprit aux sciences des Egyptiens, avant de se livrer à l’étude des choses éternelles. Nous voyons, bien des siècles après, le sage Daniel, agir de la même manière : ce ne fut, dit-on, qu’après avoir approfondi la science des Chaldéens à Babylone, qu’il se mit à étudier les divines Ecritures.

VI

Il est assez prouvé que ces connaissances païennes ne sont pas sans utilité pour les âmes. Mais comment faut-il en faire l’étude ? C’est ce que je vais vous apprendre. Et d’abord, pour commencer par les ouvrages des poètes, comme ils offrent des récits de toutes espèces, gardez-vous de tout écouter indistinctement. Lorsqu’ils vous montrent un homme vertueux, soit qu’ils en racontent les actions ou les discours, il faut l’aimer, le pendre pour modèle et faire tous vos efforts pour lui ressembler. Offrent-ils l’exemple d’un homme vicieux : de peur de l’imiter, fuyez, en vous bouchant les oreilles, comme fit Ulysse, selon les poètes eux-mêmes, pour ne pas entendre le chant des Sirènes. Car l’habitude d’entendre des paroles contraires à la vertu, conduit à la pratique du vice. Il faut donc veiller sans relâche à la garde de notre âme, de peur que, charmés par l’attrait des paroles, nous ne recevions à notre insu quelque impression vicieuse, et qu’avec le miel nous n’introduisions dans notre sein des sucs empoisonnés.

Ainsi nous n’approuverons pas les poètes, quand ils mettent dans la bouche de leurs personnages les injures et les sarcasmes, lorsqu’ils décrivent l’amour ou l’ivresse, ou qu’ils font consister le bonheur dans une table bien servie et des chants efféminés. Nous les écouterons bien moins encore discourant sur leurs Dieux surtout quand ils supposent qu’il en est plusieurs et qu’ils sont en mésintelligence. Car chez eux le frère attaque son frère, le père ses enfants, et ceux-ci à leur tour font à leur père une guerre implacable. Pour les adultères des Dieux, leurs amours, leurs commerces honteux et sans voiles, surtout ceux de Jupiter qu’ils appellent eux-mêmes le premier et le plus grand de tous, commerces infâmes et que l’on rougirait d’attribuer même aux animaux, nous les abandonnerons aux histrions.

VII

J’en puis dire autant des historiens, principalement lorsqu’ils imaginent des contes pour captiver l’attention de leurs auditeurs. Quant aux orateurs, nous nous garderons d’imiter leur art de mentir. Car jamais le mensonge ne peut nous convenir, ni dans les tribunaux, ni dans aucune affaire, nous qui avons choisi le véritable et droit chemin de la vie, et à qui il est expressément ordonné de ne jamais plaider. Mais nous recueillerons soigneusement les récits de ces auteurs, quand nous y verrons l’éloge de la vertu ou la condamnation du vice. Nous ne jouissons que du parfum des fleurs et de leurs couleurs, tandis que les abeilles savent encore y trouver le miel : ainsi ceux qui ne se contentent pas de rechercher ce qu’il y a d’agréable et de séduisant dans les ouvrages des païens, peuvent même y puiser des trésors pour leur âme.

Vous devez donc imiter exactement les abeilles en étudiant ces auteurs. Elles ne volent pas indistinctement sur toutes sortes de fleurs, et même elles n’essaient point d’emporter tout ce qu’elles trouvent sur celles où elles se posent ; il leur suffit d’y prendre ce qui peut servir à leur ouvrage ; elles négligent le reste : et nous, à leur exemple, si nous sommes sages, nous puiserons à ces sources profanes tout ce que nous y verrons conforme à nos principes et à la vérité, et nous passerons par-dessus le reste. Quand on cueille une fleur sur un rosier, l’on a soin d’éviter les épines : non moins circonspects en lisant de tels ouvrages, nous mettrons à profit tout ce qu’ils offrent d’utile, en nous gardant des passages dangereux. Il faut donc, dès le commencement, soumettre à un sévère examen toutes nos études, et les faire concourir à la fin que nous nous proposons, en alignant, dit le proverbe dorien, la pierre au cordeau.

VIII

Comme la vertu doit nous guider dans le chemin de la vie chrétienne, et que l’on en trouve souvent l’éloge dans les poètes, dans les historiens, et plus souvent encore dans les philosophes, c’est aux auteurs de cette nature qu’il faut principalement s’attacher. Ce n’est pas un médiocre avantage que d’inspirer la vertu aux jeunes gens et de leur en faire contracter l’habitude. Ils oublient difficilement ce qu’ils apprennent à cet âge, parce que chaque leçon se grave profondément dans leurs âmes encore tendres et flexibles. Croirons-nous qu’Hésiode ait eu un autre dessein que d’exciter la jeunesse à la vertu, quand il a écrit ces paroles qui sont dans la bouche de tout le monde ? « D’abord, on ne rencontre que difficultés, embarras, fatigues et sueurs continuelles dans le chemin escarpé qui mène à la vertu ; il n’est pas donné à tous d’y entrer, tant l’accès en est rude, ni d’en gagner facilement la hauteur, après s’y être engagé ; mais une fois que l’on est au sommet, la route est belle et unie, l’on y marche aisément, sans obstacles, et plus agréablement que dans l’autre route, je veux dire la route du Vice qui habite près de nous et où nous pouvons arriver en foule, selon l’expression du même poète ». Hésiode, je pense, n’a eu d’autre dessein dans cette fiction, que de nous porter à la vertu et de nous exciter à nous montrer hommes de bien et à ne pas permettre que la vue des fatigues nous décourage et nous fasse rester loin du but. Si quelqu’autre a fait un pareil éloge de la vertu, admettons ses récits comme tendant aux fins que nous nous proposons.

IX

J’ai entendu dire à un homme habile à saisir l’intention des poètes, que toutes les poésies d’Homère ne sont qu’une louange de la vertu ; que tout ce qui n’y est pas un pur ornement conduit à cette fin. Il citait principalement l’endroit où le poète représente le chef des Céphalléniens, nu, échappé du naufrage. D’abord, sa seule présence inspire le respect à la jeune princesse, loin que sa nudité la fasse rougir : car sa vertu le décore et lui tient lieu de manteau. Bientôt après tous les Phéaciens conçoivent de lui une si haute estime, que, laissant la mollesse où ils croupissaient, ils le prennent pour modèle, et s’empressent de l’imiter, et qu’aucun d’eux alors n’aurait rien tant souhaité que d’être Ulysse et même Ulysse échappé du naufrage.

Dans cet épisode, disait l’interprète de la pensée du poète, Homère semble nous crier : « O hommes, cultivez la vertu : elle accompagne à la nage ce naufragé ; et lorsqu’il arrive tout nu sur le rivage, elle le fait paraître plus digne d’envie que les voluptueux Phéaciens ». Telle est en effet la vérité : les autres biens n’appartiennent pas plus à leurs possesseurs qu’à toute autre personne ; on les voit sans cesse, comme en un jeu de dés, passer des uns aux autres. La vertu est le seul bien qu’on ne peut enlever à l’homme ; vivant ou mort, elle l’accompagne. Voilà, je crois, ce qui a fait dire à Solon en parlant des riches : « Nous ne changerons point la vertu contre leurs trésors : l’une demeure toujours au même maître ; les richesses passent de main en main ».

Théognis exprime la même pensée en disant que Dieu (quel que soit l’être qu’il désigne ainsi) fait pencher la balance des humains tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et donne aujourd’hui des richesses, demain l’indigence.

X

Le sophiste de l’île de Céos, en traitant de la vertu et du vice, enseigne, quelque part dans ses écrits, des principes semblables. C’est un des auteurs qu’il faut lire attentivement ; il n’est point à dédaigner. Voici à peu près son récit, du moins autant que je me rappelle les pensées ; car pour les paroles, je n’ai rien retenu, sinon qu’il s’exprime simplement comme nous faisons, et non en vers. Hercule, encore fort jeune, à peu près à l’âge où vous êtes, hésitait entre deux routes, dont l’une mène à la vertu par les fatigues, et l’autre n’offre que des douceurs et conduit au vice. En ce moment se présentèrent deux femmes ; c’était la Vertu et la Volupté. Avant même qu’elles se missent à parler, elles manifestaient par leur seul extérieur la différence de leur caractère. L’une parée et embellie avec un art extrême, offrait aux yeux tous les dehors de la mollesse ; elle menait avec elle tout l’essaim des plaisirs. Par cet appareil et des promesses encore plus séduisantes, elle s’efforçait d’attirer à elle le jeune Hercule. L’autre était maigre et exténuée, avait un regard sévère, et tenait un langage tout opposé. Au lieu de plaisirs et de douceurs, elle ne lui annonçait que sueurs continuelles, fatigues et dangers, en tous lieux, sur terre et sur mer : mais pour récompense elle lui promettait, selon cet auteur, qu’il deviendrait Dieu ; Hercule enfin s’attacha à elle.

XI

Presque tous les auteurs, qui ont quelque réputation de sagesse, ont, chacun selon ses moyens, plus ou moins fait l’éloge de la vertu dans leurs ouvrages. Nous devons les écouter et nous efforcer de montrer dans notre conduite le fruit de leurs leçons. Car celui qui, non content d’avoir, comme les autres, la philosophie dans la bouche, s’attache à la pratiquer « est le seul vrai sage, les autres ne sont que des ombres vaines ». Je vois entre eux et lui le même rapport qu’entre un dessein représentant un homme d’une beauté parfaite, et le personnage qui aurait en réalité les traits et la beauté dessinés dans le tableau. Faire publiquement un pompeux éloge de la vertu, en discourir fort au long, tandis qu’en secret l’on préfère son plaisir à la tempérance, son intérêt à la justice, c’est, à mon avis, ressembler à ces acteurs de tragédie, qui souvent jouent sur la scène des rôles de Rois et de Princes, et qui loin d’être des princes ou des rois, ne sont peut-être pas même des hommes libres. Eh quoi ! le musicien ne peut souffrir que sa lyre ne soit pas d’accord, le chef d’un chœur n’est pas satisfait qu’il n’y voie la plus parfaite harmonie ; et chacun de nous sera en opposition avec lui-même, démentira ses paroles par sa conduite, dira avec Euripide, ma bouche a fait le serment, mais mon cœur n’a point juré, recherchera plutôt les apparences de la vertu, que la vertu elle-même ! Cependant le dernier terme de l’injustice, s’il faut en croire Platon, est de vouloir paraître juste quand on ne l’est pas.

XII

Ainsi méditons tous les passages qui contiennent des principes de sagesse. D’un autre côté, comme les belles actions des anciens nous sont conservées ou par des souvenirs perpétués d’âge en âge, ou par les ouvrages des poètes et des historiens, ne négligeons pas non plus le profit que nous pouvons en tirer. En voici quelques exemples : Périclès était un jour en butte aux insultes d’un homme du peuple, dans la place publique. Il n’y fit pas attention, et toute la journée se passa d’un côté à accumuler sans mesure des propos injurieux, de l’autre à les mépriser. Enfin la nuit étant venue, cet homme se décida quoique avec peine à se retirer, et Périclès l’accompagna avec un flambeau, pour ne pas perdre une occasion de pratiquer la philosophie.

Un homme en colère contre Euclide de Mégare, le menaçait avec serment de lui donner la mort. « Et moi, lui dit Euclide, je fais serment de vous adoucir et de calmer vos ressentiments contre moi ». Qu’il serait utile que de pareils exemples se présentassent à l’esprit, sitôt que l’on se sent saisir par la colère ! Car il ne faut pas écouter la tragédie qui dit en propres termes, « la colère arme mon bras contre mes ennemis ». Nous devons au contraire ne laisser aucune prise à cette passion : et si la chose est trop difficile, il faut au moins l’assujettir au frein de la raison, et en arrêter les emportements.

XIII

Revenons aux exemples des actions louables. Un homme, se jetant sur Socrate, se mit à le frapper violemment au visage. Le philosophe, au lieu de le repousser, le laissa tranquillement assouvir sa fureur, au point d’avoir le visage tout enflé et meurtri à force de coups. Quand cet homme fut las de frapper, l’on dit que Socrate se contenta d’écrire sur son front, comme un sculpteur sur une statue, Ouvrage d’un tel, et que ce fut là toute sa vengeance. Ces exemples ont un accord presque parfait avec nos saintes Ecritures, et l’on peut dire qu’il importe à votre âge de les imiter. Celui de Socrate est conforme à ce précepte de l’Evangile : « Si l’on vous frappe sur une joue, il faut, loin de vous venger, présenter l’autre ». Le trait de Périclès et celui d’Euclide se rapportent, le premier, à ce précepte, « qu’il faut endurer ceux qui nous persécutent, et supporter avec douceur les accès de leur colère » ; l’autre, à celui-ci, « qu’il faut souhaiter du bien à nos ennemis, au lieu de les maudire ». Et quiconque sera formé par avance à l’imitation des uns, cessera de trouver les autres impraticables, et de se défier de ses forces.

Je ne saurai passer sous silence le trait d’Alexandre, qui, ayant en son pouvoir les filles de Darius que l’on disait parfaitement belles, ne voulut pas même les voir, jugeant qu’il était honteux, après avoir soumis des hommes, de se laisser subjuguer par des femmes. Nous trouvons, dans un pareil exemple, la même instruction que dans ce passage de l’Ecriture « celui qui regarde une femme avec convoitise, encre qu’il n’ait pas commis de fait l’adultère, ne laisse pas d’être coupable de péché, pour avoir ouvert son cœur à un désir criminel ». Quant à l’action de Clinias, l’un des disciples de Pythagore, elle est trop conforme à nos maximes, pour croire aisément qu’il l’ait faite de lui-même, et non dans le dessein de nous imiter. Quelle est donc cette action ? Il lui était permis d’échapper, par un serment, à une amende de trois talents ; mais quoiqu’il pût faire ce serment sans parjure, il aima mieux payer l’amende. Il avait, sans doute, eu connaissance du précepte qui nous défend de jurer.

XIV

Mais pour revenir à ce que je disais en commençant cet entretien, il ne faut pas admettre tout indistinctement, mais tout ce qui est utile. En effet, il est honteux, tandis que nous rejetons les aliments nuisibles au corps, de ne faire aucun compte des maximes propres à nourrir l’âme, et d’aller, comme un torrent, arrachant et entraînant sans distinction tout ce qui s’offre à notre rencontre. Le pilote, au lieu de se laisser aller au gré des vagues, dirige son vaisseau vers un port, l’archer tâche de frapper un but, le charpentier et le forgeron se proposent une fin chacun dans son métier ; est-il raisonnable de le céder en sagesse à ces artisans, alors surtout qu’il s’agit de voir nos propres intérêts ? Si l’ouvrier vise à une fin dans son travail, il n’est pas que la vie humaine n’ait aussi un but vers lequel on doit diriger ses actions et ses paroles, quand on ne veut pas ressembler aux brutes. Autrement nous serons tout à fait comme des barques, sans lest et abandonnées ; la raison ne tenant point le gouvernail de notre âme, nous ne ferions dans cette vie qu’errer de tous côtés, à l’aventure.

XV

Réglons-nous sur les combats du gymnase, et, si l’on veut, sur ceux de musique. C’est par des exercices qu’on se dispose à ces combats solennels qui doivent décider de la palme ; et, pour se préparer à la lutte ou au pancrace, on ne va pas se livrer aux exercices de la lyre ou de la flûte. Loin d’en user ainsi, Polydamas, avant les jeux olympiques, s’exerçait à arrêter les chars dans leur course, et par ce moyen augmentait sa vigueur. Milon de Crotone, debout sur un bouclier frotté d’huile, s’y tenait immobile et ne pouvait par aucun effort en être détaché, non moins inébranlable qu’uns statue fixée avec le plomb sur son piédestal. Ainsi tous leurs exercices étaient des préparations au combat, qui devait décider de la victoire.

Si ces athlètes, quittant la poussière du gymnase, eussent voulu emboucher la flûte des Phrygiens Marsyas et Olympus, auraient-ils aisément remporté la victoire et la palme ? auraient-ils seulement pu sauver leur maintien de la risée du public ? On ne vit pas non plus Timothée abandonner sa lyre pour aller vivre dans les palestres : il n’eût jamais acquis une telle supériorité sur tous ses rivaux dans la musique, lui qui devint si habile dans cet art, qu’il savait, à son gré, remuer violemment les âmes par une harmonie mâle et impétueuse, et ensuite les calmer et les adoucir par une musique lente et tranquille. Aussi dit-on que jouant un jour sur le mode Phrygien en présence d’Alexandre, il le fit lever brusquement de table et courir aux armes, et ensuite le ramena vers les convives en jouant sur un ton moins véhément. Telle est, dans la musique et les combats du gymnase, l’efficacité de l’exercice pour conduire au but que l’on se propose.

XVI

Puisque j’ai fait mention des athlètes et de leurs couronnes, rappelons-nous toutes les peines qu’ils endurent. Il leur faut d’abord augmenter leur vigueur par toutes sortes d’exercices, endurcir leur corps aux fatigues du gymnase, recevoir bien des coups dans les luttes particulières, s’assujettir à un régime sévère, imposé par le maître de la palestre ; enfin, pour abréger, vivre de la manière que tout le temps qui précède le combat décisif n’en soit qu’une préparation : ensuite ils descendent dans l’arène, et là ils redoublent d’efforts, bravent tous les périls pour conquérir une couronne d’olivier ou d’ache ou de quelqu’autre vile plante, et pour se faire proclamer vainqueurs par la voix du héraut. Et nous, à qui sont proposés des prix si magnifiques par leur nombre et leur grandeur, qu’aucun langage ne saurait l’exprimer, nous pourrons, ensevelis dans le sommeil et abandonnés à une entière sécurité, les obtenir sans efforts, sans mouvement !

Certes, rien ne serait préférable à l’oisiveté ; et le plus heureux des hommes eût été Sardanapale, ou, si l’on veut, ce Margitès, qui ne mania ni la charrue, ni la bêche, et n’exerça aucune des professions de la vie, comme Homère nous l’apprend, si toutefois cet ouvrage est d’Homère. N’est-il pas plus vrai de dire avec Pittacus, qu’il est difficile d’être vertueux ? En effet, une vie passée dans de continuels travaux ne pourrait qu’à peine nous faire atteindre à ce bonheur dont j’ai parlé précédemment et que rien n’égale parmi les biens de ce monde. Nous devons donc abandonner la vie oisive et préférer à un instant de mollesse l’espérance d’un bonheur éternel, si nous ne voulons pas encourir la honte et le châtiment, je ne dis pas, parmi les hommes de ce monde (quoique ce fût pour des gens sensés une peine assez grave), mais dans le séjour de la justice divine, soit dans les régions souterraines, soit en tout autre lieu de l’univers. Celui qui manque involontairement à son devoir, obtiendra peut-être de Dieu son pardon ; mais celui qui, de propos délibéré, embrasse le parti du vice, trouvera le juge suprême inexorable et ne pourra éviter la rigueur de ses châtiments.

XVII

Que faire ? direz-vous. Et que devons-nous faire, sinon travailler au salut de nos âmes, et renoncer à toute autre occupation pour celle-là ? Ne soyons esclaves de notre corps que pour les besoins indispensables ; travaillons au bien de notre âme, en la délivrant, par le secours de la philosophie, des liens du corps et de l’esclavage qui l’assujettit aux mêmes passions ; accoutumons aussi le corps à résister à ses propres désirs. En satisfaisant les besoins de la chair, n’en flattons pas la sensualité, à l’exemple de ces gens qui ne savent que rechercher des maîtres d’hôtel et des cuisiniers, fouiller dans tous les coins de la terre et des mers pour en rapporter à leur ventre, comme à un maître impérieux, le tribut exigé : misérables par tant de fatigues volontaires, non moins tourmentés que les criminels qu’on châtie dans les enfers, ils passent vraiment leur vie à découper la flamme avec une épée, à porter de l’eau dans un crible, à remplir un tonneau percé, sans jamais voir la fin de leurs peines.

Donner la coiffure et aux vêtements plus de soins que le besoin n’en demande, c’est se fatiguer, dit Diogène, ou vainement ou injustement. Aussi je tiens qu’à votre âge on doit trouver non moins honteux d’aimer la parure et d’être appelé un élégant, que de fréquenter les courtisanes ou de chercher à séduire l’épouse d’autrui. Qu’importe à un homme raisonnable d’être couvert d’un manteau magnifique ou d’un habillement grossier, pourvu qu’il soit garanti du froid ou des ardeurs du soleil ? J’en dirai autant de tout le reste : gardons-nous de passer jamais les bornes du besoin, et de donner plus de soins à la chair que n’en demandent les intérêts de l’âme. Il n’est pas moins honteux pour un homme, vraiment digne de ce nom, d’aimer la parure et d’affectionner son corps, que de s’abandonner lâchement à toute autre passion. Mettre toute son étude à pourvoir au bien-être du corps, c’est se méconnaître soi-même, c’est ne pas comprendre cette sage maxime, « que la partie visible n’est pas tout l’homme » : nous avons besoin d’une sagesse supérieure qui fasse connaître à chacun de nous ce qu’il est. Mais il est plus impossible à qui n’a pas une âme purifiée d’acquérir cette connaissance, qu’à un homme attaqué d’ophtalmie, de fixer ses regards sur le soleil. Or, purifier son âme, pour le dire en peu de mots, et d’une manière suffisante, c’est mépriser les plaisirs des sens, ne pas repaître ses yeux de spectacles et de prestiges tels qu’en font voir les baladins, éviter la vue des objets propres à enflammer les passions, ne pas verser pour ainsi dire, dans nos âmes, par le canal des oreilles, des airs langoureux et efféminés : car ce genre de musique fait naître dans les cœurs les vices honteux et infâmes.

XVIII

Embrassons le genre opposé, celui qui s’allie avec la vertu et dont les effets sont salutaires, celui dont se servait David, cet auteur des cantiques sacrés, lorsqu’aux sons de sa harpe, disent les livres saints, il délivrait le roi Saül de sa folie. L’on raconte que Pythagore, ayant rencontré un jour une troupe de gens en débauche et dans l’ivresse, commanda au joueur de flûte qui menait la fête, de changer d’harmonie et de jouer sur le mode Dorien, et que cette musique les ramena si bien à eux-mêmes, que, jetant leurs couronnes, ils s’en retournèrent tout honteux. Il en est que la flûte fait extravaguer à la façon des prêtres de Cybèle et des Bacchantes : tant il y a de différence à recevoir les impressions d’une saine musique ou d’une musique corrompue. Ainsi, vous devez vous tenir plus en garde contre celle qui domine aujourd’hui que contre les vices les plus hideux.

Faire exhaler dans l’air toutes sortes de parfums pour flatter l’odorat, se frotter le corps d’essences, sont des pratiques indignes et que je rougis même de vous défendre. Que dirai-je pour détourner des plaisirs que l’on prend par le sens du toucher et du goût, sinon qu’ils réduisent ceux qui s’appliquent à les rechercher, à vivre comme des brutes, esclaves de leur ventre et des plus viles passions ? En un mot, si l’on ne veut pas s’enfoncer dans les voluptés comme dans la fange, ou n’en prendre soin, selon l’expression de Platon, qu’autant qu’il peut aider à l’étude de la philosophie, paroles conformes à celles de saint Paul, qui nous recommande de n’avoir aucune attention pour la chair dans la vue de favoriser les passions.

XIX

Se montrer empressé de contenter la chair, et négliger, comme indigne d’attention, l’âme qui doit en faire son esclave, qu’est-ce autre chose que ressembler à ces gens qui recherchent les instruments d’un art sans s’occuper en aucune façon de l’art lui-même ? Il faut bien plutôt châtier son corps, le dompter comme une bête féroce, et, armé en quelque sorte des verges de la raison, apaiser les mouvements tumultueux qu’il existe dans le cœur, loin de lâcher la bride à ses passions et de permettre que l’âme, réduite au sort d’un écuyer qui ne maîtrise plus la fougue de ses coursiers indociles, soit emportée au gré de leur violence. Rappelons-nous les paroles de Pythagore, qui, voyant un de ses disciples se donner de l’embonpoint par les exercices du gymnase et par la bonne chère, lui fit ce reproche : « Quand cesseras-tu de te faire à toi-même une prison de plus en plus rigoureuse ? » Aussi Platon, à ce qu’on raconte, craignant que son corps n’exerçât une influence pernicieuse sur son âme, s’établit dans le jardin de l’Académie, lieu le plus malsain de l’Attique, afin d’ôter à son corps l’excès de santé, comme on retranche d’une vigne le sarment superflu. Moi-même j’ai entendu dire à des médecins que le trop d’embonpoint est nuisible à la santé. Puisque les soins outrés que l’on donne au corps sont pernicieux au corps lui-même et gênent les exercices de l’âme, n’est-ce pas évidemment une folie de se soumettre à ses volontés, et de s’en rendre esclave ?

XX

Si nous avons une fois pris l’habitude de le mépriser, nous serons loin de trouver rien d’admirable dans les choses humaines. Que sert la richesse, quand on n’a que du mépris pour les voluptés ? à moins, peut-être, qu’on ne prenne quelque plaisir à veiller, comme les dragons de la Fable, à la garde d’un trésor enfoui. L’homme qui a su affranchir son âme de toute affection pour ces objets terrestres, se gardera de jamais déshonorer sa conduite et ses discours par rien de vil et de honteux. Tout ce qui passe le besoin, fût-ce le sable de Lydie ou celui que les fourmis Indiennes tirent du sein de la terre, sera d’autant plus méprisable à ses yeux qu’il en sentira moins le besoin. Il mesurera l’usage des objets terrestres aux nécessités de la nature, et non à ses fantaisies. Quiconque sort des limites qu’elle a tracées, se jette en quelque sorte par une côte rapide, où, manquant de point d’appui pour s’arrêter, il ne peut nulle part résister au mouvement qui l’entraîne. A-t-il entassé trésors sur trésors ; il en faut le double et plus encore pour assouvir son avidité, selon la pensée de Solon, qui dit dans ses vers, « On ne voit aucun terme à la cupidité de l’homme ». Ecoutons pareillement les leçons de Théognis sur le même sujet : « Je n’ai, dit-il, pour les richesses ni passion ni désir ; je ne demande que de vivre dans la médiocrité, exempt de peines ».

J’admire aussi le mépris de Diogène pour toutes les choses humaines. Il se disait plus riche que le grand Roi, parce qu’il lui fallait pour vivre moins de choses qu’à ce prince ; et nous, si nous n’avons autant de trésors que Pythius de Mysie, si nous ne possédons des arpents de terre sans nombre, et plus de troupeaux qu’on n’en pourrait compter, nous ne serons point satisfaits ! Cependant il convient, je crois, de ne pas désirer les biens qui nous manquent : et à l’égard de ceux que nous avons, il faut être moins flattés de les posséder, que de savoir en user avec sagesse. Socrate pensait bien, lorsqu’il dit à ce riche qui se vantait fastueusement de sa fortune : « Je ne saurais vous admirer avant d’avoir la preuve que vous savez faire usage de vos richesses ». Si Phidias et Polyclète se fussent montrés fiers de l’or et de l’ivoire qu’ils employèrent, l’un à la statue de Jupiter pour les Eléens, l’autre à celle de Junon pour la ville d’Argos, on eût ri de voir ces statuaires s’enorgueillir d’un bien étranger, au mépris de leur art, dont le travail donnait à l’or même plus de charme et plus de valeur ; et nous, en nous persuadant que la vertu de l’homme toute seule ne suffit pas pour l’ornement de la vie, croirons-nous être plus sages et mériter moins le blâme ?

XXI

Eh bien ! nous foulerons aux pieds les richesses, nous mépriserons les plaisirs des sens ; mais nous aurons à cœur la flatterie et l’adulation, nous imiterons la souplesse et la dissimulation du renard d’Archiloque ! Non, il n’est rien que le sage doive plus éviter que de suivre l’opinion de consulter les jugements d la multitude. Il doit se conduire tellement par les conseils de la saine raison, qu’en aucune circonstance, dût-il se mettre en opposition avec tous les hommes, compromettre sa réputation, essuyer tous les dangers pour la vertu, il ne consente jamais à s’écarter en rien de ses sages résolutions. Que dire des gens qui n’agissent pas ainsi ? en quoi diffèrent-ils du sophiste Egyptien, qui devenait, à son gré, eau, feu, plante, animal, et tout ce qu’il voulait ? Maintenant ils font l’éloge de la vertu en présence de ceux qui l’aiment, tout à l’heure ils tiendront un langage contraire quand ils verront l’injustice préférée ; tel est le caractère des flatteurs ; et comme l’on dit que le polype revêt la couleur de la terre où il se pose, ils quittent leurs propres sentiments pour prendre ceux des personnes qu’ils approchent.

XXII

Nous trouverons à cet égard, dans les saintes Ecritures, des instructions plus parfaites. Néanmoins, en attendant il est à propos de nous faire comme un esquisse de la vertu avec des traits rassemblés de peintures étrangères. Car l’homme, qui recueille soigneusement ce que chaque chose offre d’utile, ressemble en quelque sorte à ces grands fleuves qui reçoivent de toutes parts de nombreux accroissements. Il faut croire que cette sage maxime d’Hésiode, Joindre peu avec peu, n’est pas plus applicable à l’augmentation de la fortune, qu’à l’acquisition d’une science quelconque. Le fils de Bias, partant pour l’Egypte, demandait à son père ce qu’il fallait faire pour lui être surtout agréable, « Il faut, dit Bias, faire des provisions pour la vieillesse ». C’était la vertu qu’il désignait ainsi ; mais il lui assignait des limites bien étroites en restreignant ses avantages à la durée de cette vie mortelle. Pour moi, quand on compterait les années de Tithon, d’Arganthonius, et de celui de nos patriarches qui vécut le plus longtemps, je veux dire, de Mathusalem dont la vie, dit l’Ecriture, embrassa près de dix siècles ; quand on envisagerait tout l’espace écoulé depuis la création du monde, je ne pourrais m’empêcher de rire de ces idées, comme d’une imagination d’enfant, en portant mes regards sur cette longue et perpétuelle série de siècles, à laquelle il est aussi impossible de concevoir un terme, que de supposer une fin à l’âme qui est immortelle. Telle est la durée pour laquelle je vous engage à faire toutes les provisions qui pourront vous être de quelque utilité, sans redouter aucune fatigue, ou, comme dit le proverbe, sans craindre de remuer toute pierre. Ne nous laissons point rebuter par la vue des difficultés et des peines : mais plutôt, nous rappelant les paroles du philosophe qui nous conseille à tous d’embrasser le meilleur genre de vie et d’espérer que l’habitude lui donnera des charmes, livrons-nous avec ardeur à l’étude de la sagesse. Il est honteux de négliger le temps présent dont nous sommes les maîtres, pour le redemander un jour, quand il ne sera plus et qu’il ne nous restera que des regrets impuissants.

XXIII

Je viens de vous donner une partie des conseils que je crois les plus utiles : je vous offrirai les autres à mesure que le moment s’en présentera. Quant à vous, de trois espèces de malades qu’on voit parmi les hommes, gardez-vous de ressembler à ceux qu’on ne peut guérir et de vous comporter, dans les maladies de l’âme, comme certaines gens attaqués d’un mal corporel. Les personnes légèrement indisposées vont trouver le médecin ; celles qu’une maladie grave retient chez elles, le font appeler ; mais il en est qu’une bile noire jette dans une folie si entière et si incurable qu’elles ne veulent pas même le recevoir. Ce serait leur ressembler que de rejeter de sages conseils ; évitez un pareil malheur.




Saint Basile le Grand, évêque, confesseur et docteur


Née à Césarée en 329. Évêque en 370. Mort le 1er janvier 379. Fête au XIIIème siècle. La date de la fête est celle que l’on croit être de sa consécration épiscopale.

L’Office de St Basile fut inséré au Calendrier Romain à la fin du Moyen-Âge. La messe emprunte au commun des docteurs (Introït, Épître, Graduel, Communion), des Pontifes (Oraisons, Alléluia, Offertoire). L’Évangile est celui des Martyrs Pontifes, avec deux versets supplémentaires (Luc. 34-35) qui rappelle le début de l’Évangile de la messe du Commun des Docteurs (Matth. 5, 13-14). Avant 1960, on lisait un commentaire de cet Évangile par St Basile lui-même au 3ème Nocturne.

Leçons des Matines avant 1960

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Basile, noble Cappadocien, après avoir étudié à Athènes les lettres profanes en compagnie de son intime ami Grégoire de Nazianze, acquit dans un monastère une connaissance admirable des sciences sacrées ; en peu de temps sa doctrine et sa sainteté furent telles, qu’on lui donna le surnom de Grand. Appelé à prêcher l’Évangile de Jésus-Christ dans le Pont, il ramena dans la voie du salut cette province qui s’était éloignée des habitudes chrétiennes. Eusèbe, Évêque de Césarée, se l’adjoignit bientôt pour instruire le peuple de cette ville, et Basile lui succéda sur ce siège. Il se montra l’ardent défenseur de la consubstantialité du Père et du Fils ; l’empereur Valens, irrité contre lui, fut vaincu par de tels miracles, qu’en dépit de sa volonté bien arrêtée de l’envoyer en exil, il dut abandonner son projet.

Cinquième leçon. Étant sur le point de porter le décret de bannissement contre Basile, le siège où il voulait s’asseoir se brisa ; de trois roseaux qu’il prit pour écrire ce décret, aucun ne laissa couler l’encre ; et comme il n’en persistait pas moins dans la résolution de rédiger ce décret impie, sa main droite, énervée et toute tremblante, refusa d’obéir. Valens effrayé mit en pièces de ses deux mains le papier fatal. Pendant la nuit qu’on avait donnée à Basile pour délibérer, l’impératrice fut torturée de douleurs d’entrailles et son fils unique tomba gravement malade. L’empereur terrifié, reconnaissant son injustice, appela Basile ; en sa présence, l’enfant commença d’aller mieux, mais Valens ayant invité ensuite les hérétiques à voir le petit malade, il mourut peu après.

Sixième leçon. Basile était d’une abstinence et d’une continence admirables ; il se contentait d’une seule tunique et gardait un jeûne rigoureux. Assidu à la prière, il y employait souvent toute la nuit. Il garda une virginité perpétuelle. Dans les monastères qu’il fonda, la vie des moines fut réglée de telle sorte qu’elle réunit on ne peut mieux les avantages de la solitude et de l’action. Ses nombreux écrits sont pleins de science, et personne, au témoignage de Grégoire de Nazianze, n’expliqua les Livres saints avec plus d’abondance et de vérité. Sa mort arriva le premier janvier ; n’ayant vécu que par l’esprit, il semblait ne garder de son corps que les os et la peau.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Jésus dit à la foule : Si quelqu’un vient à moi, et ne hait point son père et sa mère, sa femme et ses fils, ses frères et ses sœurs, et même sa propre âme, il ne peut être mon disciple. Et le reste.

Homélie de saint Basile, Évêque.

Septième leçon. Le parfait renoncement consiste à en venir à ne pas être porté à aimer la vie pour elle-même, et à comprendre la leçon de la mort qui nous avertit de ne pas nous fier en nos propres forces. Ce renoncement commence par le dépouillement des choses extérieures, comme des biens, de la vaine gloire, des habitudes de la vie, de l’amour des choses inutiles. Ils nous l’ont montré, à l’imitation de notre Seigneur, ses saints disciples Jacques et Jean, par exemple, quand ils ont laissé leur père Zébédée et jusqu’à leur barque, dont dépendait leur subsistance. Matthieu l’a pratiqué aussi, lorsqu’il se leva de son bureau et suivit le divin Maître.

Huitième leçon. Mais qu’est-il besoin de nos raisons ou des exemples des saints pour appuyer nos paroles, puisque nous pouvons produire les propres enseignements du Seigneur, enseignements bien capables d’émouvoir une âme religieuse et craignant Dieu ? Voici ce que le Seigneur déclare nettement et sans laisser place au doute : « Ainsi donc quiconque d’entre vous ne renonce point à tout ce qu’il possède, ne peut être mon disciple. » Et ailleurs, après avoir dit : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres ; » il ajoute : « Viens, suis-moi. »

Neuvième leçon. Le renoncement est donc, comme nous l’avons enseigné, le dégagement des liens qui nous attachent à cette vie terrestre et temporelle ; c’est la délivrance des affaires humaines, délivrance dont l’effet est de nous rendre dociles et prompts à suivre le chemin qui conduit à Dieu : c’est le moyen qui nous facilite l’acquisition et l’usage des biens mille fois préférables à l’or et aux pierres précieuses. C’est ce qui porte le cœur humain si haut, qu’il peut habiter dans le ciel et dire : « Notre vie est dans les deux. » C’est enfin, et surtout, ce par quoi nous commençons à ressembler à Jésus-Christ « qui pour nous s’est fait pauvre, de riche qu’il était. »


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le quaternaire sacré des Docteurs qui font la gloire de l’Église grecque, se complète aujourd’hui sur le Cycle. Jean Chrysostome, le premier, parut au ciel dans les jours de l’enfance du Sauveur ; la glorieuse Pâque vit se lever, comme deux astres radieux, Athanase et Grégoire de Nazianze ; Basile le Grand réservait ses rayons pour illustrer les temps du règne de l’Esprit-Saint. Une telle place lui fut méritée par les grands combats, où sa doctrine éminente prépara le triomphe du Paraclet sur les blasphèmes d’une secte impie. Macédonius reprenait contre la troisième personne de l’auguste et consubstantielle Trinité les arguments de l’arianisme expirant ; il déniait au Saint-Esprit la divinité qu’Arius son chef avait vainement prétendu enlever au Verbe. Le concile de Constantinople, achevant l’œuvre du concile de Nicée, formula la foi des Églises en Celui qui procède du Père non moins que le Verbe lui-même, qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils [1]. Basile n’assistait pas à la victoire ; prématurément épuisé d’austérités et de travaux, il reposait dans la paix depuis deux ans déjà, quand la définition fut rendue. Mais son enseignement inspirait l’assemblée conciliaire ; il demeure comme l’expression splendide de la tradition sur cet Esprit de Dieu, aimant universel vers qui se précipite tout ce qui aspire à la sainteté, souffle puissant soulevant les âmes, perfection de toute chose. De même que nous avons entendu Grégoire de Nazianze, au jour de sa fête, parler magnifiquement du mystère de la Pâque, écoutons son illustre ami nous expliquer le mystère du temps présent, qui est celui de la sanctification dans les âmes.

« L’union de l’Esprit et de l’âme se fait par l’éloignement des passions qui, étant survenues a dans l’âme, l’avaient séparée de Dieu. Si quelqu’un donc se dégage de la difformité provenant du vice et revient à la beauté qu’il tenait de son Créateur, s’il restaure en lui les traits primitifs de l’esquisse royale et divine, alors, et alors seulement, il se rapproche du Paraclet. Mais alors aussi, comme le soleil qui, rencontrant un œil non souillé, l’illumine, le Paraclet révèle à cet homme l’image de celui qu’on ne peut voir ; et dans la bienheureuse contemplation de cette image, il aperçoit l’ineffable beauté du principe, modèle de tout. Dans cette ascension des cœurs, dont les débuts chancelants et la croissante consommation sont également son œuvre, l’Esprit rend spirituels ceux qui sont absous de toute tache, en vertu de la participation où il les met de lui-même. Les corps limpides et diaphanes, pénétrés du rayon lumineux, deviennent resplendissants et répandent autour d’eux la lumière ; ainsi les âmes portant l’Esprit-Saint resplendissent de lui, et, devenues esprit elles-mêmes, répandent sur les autres la grâce. De là l’intelligence supérieure des élus et leur conversation dans les cieux ; de là tous les dons ; de là ta ressemblance avec Dieu ; de là vient, ô sublimité ! que toi-même tu es dieu [2]. C’est donc proprement et en toute vérité par l’illumination de l’Esprit-Saint, que nous contemplons la splendeur de la gloire de Dieu ; c’est par le caractère de ressemblance qu’il imprime en nos âmes, que nous sommes élevés jusqu’à la hauteur de celui dont il porte avec lui, cachet divin, la pleine similitude [3]. Esprit de sagesse, il nous révèle, non comme du dehors, mais en lui-même, le Christ Sagesse de Dieu. La voie de la contemplation conduit de l’Esprit par le Fils au Père ; concurremment, la bonté, la sainteté, la royale dignité des élus vient du Père par le Fils à l’Esprit-Saint [4] dont ils sont les temples, et qui les remplit de sa propre gloire, illuminant leur front par la vue de Dieu comme celui de Moïse [5]. Ainsi fit-il pour l’humanité du Sauveur ; ainsi fait-il pour les séraphins qui ne peuvent dire qu’en lui leur triple Sanctus, pour tous les chœurs des anges dont il règle le concert et produit les chants [6]. Mais l’homme charnel, qui n’a jamais exercé son âme à la contemplation, qui la retient captive dans le bourbier des sens, ne peut élever les yeux vers la lumière spirituelle ; l’Esprit n’est point pour lui » [7].

L’action du Paraclet dépasse la puissance de toute créature ; en rappelant ainsi les opérations de l’Esprit d’amour, l’évêque de Césarée voulait amener ses adversaires à confesser d’eux-mêmes sa divinité. D’autre part, qui ne reconnaîtrait à cette exposition chaleureuse de la doctrine, non seulement l’invincible théologien vengeur du dogme, mais encore le guide exercé des âmes, l’ascète sublime chargé par Dieu de mettre à la portée de tous les merveilles de sainteté qu’Antoine et Pacôme avaient fait éclore au désert ?

Comme l’abeille butinant parmi les fleurs évite les épines et sait se garder des sucs dangereux, nombreux sur sa route, ainsi Basile en son adolescence avait traversé les écoles de Constantinople et d’Athènes sans se souiller à leurs poisons ; selon le conseil qu’il adressait plus tard aux jeunes gens dans un célèbre discours [8], sa vive intelligence, restée pure des passions où s’étiolent pour tant d’autres les plus beaux dons, avait su néanmoins dérober aux rhéteurs et aux poètes tout ce qui pouvait, en l’ornant, la développer encore et la discipliner pour les luttes de la vie. Le monde souriait au jeune orateur, dont la diction si pure et la persuasive éloquence rappelaient le beau temps de la Grèce littéraire ; mais les plus nobles gloires que le monde puisse offrir, restaient au-dessous de l’ambition dont son âme s’était éprise à la lecture des Écritures sacrées. La lutte de la vie se présentait à ses yeux comme un combat pour la vérité. Mais c’est en lui que devait triompher d’abord cette divine vérité, par la défaite de la nature et la victoire de l’Esprit-Saint créant l’homme nouveau. Sans donc se soucier de connaître avant l’heure si l’Esprit se réserve de remporter par lui d’autres triomphes, sans voir les multitudes qui bientôt s’attacheront à sa suite et réclameront ses lois, il vient demander aux solitudes du Pont l’oubli des hommes et la sainteté. La vue des misères de son temps ne le fait point tomber dans la faute si commune de nos jours, et qui consiste à vouloir se dévouer pour les autres avant d’avoir soi-même réglé son âme. Tel n’est point l’ordre de la charité, reine des vertus ; telle n’est point la conduite des saints. C’est toi-même que Dieu veut de toi tout d’abord ; quand tu seras à lui dans la mesure qu’il l’entend, il saura bien te donner aux autres, s’il ne préfère, à ton grand avantage, te garder pour lui seul. Mais il n’aime point, il bénit peu les utilités hâtives qui s’imposent de la sorte à sa providence. Antoine de Padoue le montrait hier ; la leçon nous revient aujourd’hui : ce qui importe à l’extension de la gloire du Seigneur n’est point le temps donné aux œuvres, mais la sainteté de l’ouvrier.

Selon une coutume fréquente en ce siècle où l’on craignait d’exposer la grâce du baptême à de tristes naufrages, Basile était resté simple catéchumène jusqu’aux derniers temps de son adolescence. Sa vie de baptisé compte treize années de vie monastique, et neuf ans d’épiscopat. A cinquante ans il meurt ; mais, loin de finir avec lui, sous l’impulsion de l’Esprit-Saint son œuvre apparaît plus féconde et s’en va grandissant dans la suite des âges.

Humble moine, sur les bords de l’Iris où l’avaient précédé sa mère et sa sœur, il était venu sauver son âme [9] du jugement de Dieu [10], s’exercer à courir généreusement dans la voie qui conduit aux éternelles récompenses [11]. D’autres ensuite l’ayant prié de les former eux-mêmes à la milice du Christ roi [12] dans la simplicité de la foi et des Écritures [13], notre saint ne voulut point pour eux de la vie des ascètes solitaires, trop isolée pour n’être pas dangereuse au grand nombre ; mais il préféra joindre à la bienheureuse contemplation de ces derniers le complément et le rempart de la vie commune, où s’exercent la charité et l’humilité [14] sous la conduite d’un chef se regardant lui-même comme serviteur de tous [15]. Encore n’admettait-il personne en ses monastères, sans une épreuve sérieuse et prolongée, suivie du solennel engagement de persévérer dans cette vie nouvelle [16].

Au souvenir de ce qu’il avait admiré chez les solitaires d’Égypte et de Syrie, Basile se comparait, lui et ses disciples, à des enfants qui cherchent dans leur petite mesure à imiter les forts, aux commençants restés aux prises avec les premiers éléments et à peine introduits sur la route de la piété [17]. Cependant le temps vient où ces géants de la solitude, où les législateurs du désert verront leurs héroïques coutumes et leurs codes monastiques céder la place aux discours familiers, aux réponses sans apprêt que Basile adressait à ses moines pour résoudre leurs difficultés et les former à la pratique des divins conseils. Bientôt l’Orient tout entier s’est rangé sous sa Règle. En Occident, Benoît l’appelle son père [18]. Pépinière féconde de saints moines et de vierges, d’évêques, de docteurs et de martyrs, son Ordre a peuplé les cieux ; il fut longtemps pour Byzance le boulevard de la foi ; jusque en nos jours, sous la sauvage persécution du tout-puissant tsar des Russies, malgré les désastres du schisme, on a vu ses tronçons fidèles donner sans compter à l’Église mère le témoignage du sang et de la souffrance.

Noble descendance, couronne de Basile au ciel ! Mais combien aussi rejaillit sur les enfants la gloire personnelle du père [19] ! Petit-fils des martyrs, fils et frère de six saints ou saintes, lui-même était bien le noble rejeton d’une souche glorieuse entre toutes. Il compte, lui septième, au catalogue des bienheureux, comme le plus illustre membre de cette race qu’avait élevée dans l’indomptable amour du Christ Dieu Macrine l’ancienne, revenue des forêts où sans abri, sept années durant, elle avait enduré, sous la persécution de Maximin, la faim et les frimas. Saluons ici la femme forte à qui l’Église doit en toute vérité la grandeur de Basile. Échappée aux bourreaux, miraculeusement soutenue durant son terrible exil, Dieu l’avait gardée pour infuser dans l’âme de son petit-fils la foi ferme et pure qu’elle tenait de Grégoire le Thaumaturge. Tel était, jusque dans le tombeau, l’ascendant que la vaillante orthodoxie de cette femme avait conservé sur les peuples, qu’on verra, dans les afflictions de ses dernières années, Basile l’évêque, le docteur, le patriarche des moines, en appeler, comme garantie de sa propre foi devant l’Église de Dieu, à l’éducation qu’il avait reçue tout enfant de sa vénérable aïeule [20].

C’est qu’en effet on était arrivé à l’un de ces temps douloureux, temps d’exception, pleins de naufrages et d’angoisses, où l’obscurité, mal suprême des intelligences, prévaut jusque sur les fils de lumière [21] ; où de trop nombreuses défaillances se produisant parmi les chefs du troupeau sur le terrain des croyances essentielles ou de l’union au successeur de Pierre, les peuples inquiets se retournent vers les saints qui sont dans leurs rangs, pour retrouver quelque assurance en marchant après eux dans la nuit que ne savent plus dissiper les pasteurs. On venait de traverser les années lamentables, où la perfidie de quelques évêques et la faiblesse de presque tous avaient souscrit la condamnation de la foi de Nicée ; où, selon le mot de saint Jérôme, l’univers gémissant s’étonna d’être arien [22]. Basile, à coup sûr, n’était point de ces pasteurs perfides, insuffisants ou lâches, qui n’éclairent pas le troupeau confié à leurs soins : sentinelles qui ne voient plus, chiens muets qui ne savent ou ne peuvent aboyer [23]. Dans l’année même où se tint la fatale assemblée de Rimini, on l’avait vu, simple Lecteur encore, se séparer de son évêque engagé dans les filets des ariens, et donner ainsi aux fidèles l’exemple qu’ils avaient à suivre, en même temps que le signal du danger. Plus tard, évêque à son tour, sollicité d’accorder pour le bien de la paix quelque trêve aux ariens, supplié, menacé vainement de confiscation, de mort ou d’exil, on avait entendu sa fière réplique au préfet Modestus s’exclamant que personne ne lui avait jamais parlé avec une telle liberté : « C’est qu’apparemment, répondit Basile, vous n’avez jamais rencontré un évêque ». Mais sa grande âme, qui ne soupçonnait point la duplicité, s’était laissée prendre un jour aux apparentes austérités d’un faux moine, d’un évêque hypocrite, Eustathe de Sébaste, dont la fourberie retint longtemps captive l’amitié de Basile, ignorante de ses trahisons : faute inconsciente, que Dieu permit pour augmenter encore la sainteté de son serviteur ; car elle devait remplir la fin de sa vie d’amertume, et lui valut la plus dure épreuve qui pût l’atteindre, en attirant sur sa foi la défiance de plusieurs.

Basile en appela de la calomnie au jugement de ses frères les évêques [24] ; mais il ne dédaigna point de se justifier lui-même près du peuple fidèle [25]. Car il savait que le premier trésor d’une église est la sûreté de la foi du pasteur et sa plénitude de doctrine. Le chef des grands combats de la première moitié de ce siècle, le vainqueur d’Arius et de l’empereur Constance, Athanase n’était plus ; il venait de rejoindre dans le repos bien mérité de la vraie patrie ses vaillants compagnons, Eusèbe de Verceil et Hilaire de Poitiers. Dans la confusion qu’avait ramenée sur l’Orient la persécution de Valens, les saints mêmes ne savaient plus tenir tête à l’orage ; on les voyait passer de l’effacement d’une prudence excessive aux démarches fausses d’un zèle indiscret. Basile seul était de taille à porter la tempête. Son noble cœur, froissé dans ses sentiments les plus délicats, avait épuisé la lie du calice ; mais, fortifié par le divin agonisant de Gethsémani, l’épreuve ne l’abattit pas. L’âme brisée, le corps anéanti par la recrudescence d’infirmités de vieille date, mourant déjà [26], il se roidit contre la mort et fit face aux flots en furie. Du navire en détresse auquel il comparait l’Église d’Orient heurtée dans la nuit à tous les écueils [27], s’élevèrent pressants ses appels à l’heureux Occident assis dans la paix de son indéfectible lumière [28], à cette Rome de qui seule le salut pouvait venir, et dont la sage lenteur en vint à le désespérer presque un jour. En attendant l’intervention du successeur de Pierre, il modérait près de lui les ardeurs intempestives, n’exigeant des faibles dans la foi que l’indispensable [29] ; comme, dans une autre circonstance, il avait dû reprendre sévèrement Grégoire de Nysse son frère, dont la simplicité se laissait entraîner par amour de la paix à des mesures inconsidérées [30].

La paix, Basile la désirait plus que personne [31]. Mais cette paix pour laquelle il eût donné sa vie, c’était, disait-il, la vraie paix laissée par le Seigneur à son Église [32]. Ses exigences sur le terrain de la foi ne provenaient que de son amour pour cette paix véritable [33]. C’était pour elle, déclarait-il encore, qu’il refusait d’entrer en communion avec ces hommes de juste milieu qui ne redoutent rien tant que la claire et simple expression du dogme ; leurs insaisissables faux-fuyants, leurs formules captieuses, ne sont à ses yeux que le fait d’hypocrites avec lesquels il refuse de marcher à l’autel de Dieu [34]. Quant à ceux qui ne sont qu’égarés, « qu’on leur propose en toute tendresse et charité la foi des Pères : s’ils donnent à cette foi leur assentiment, recevons-les dans notre société ; autrement demeurons entre nous, sans regarder au nombre, écartant ces âmes équivoques qui n’ont rien de la simplicité sans dol, caractère de quiconque au commencement de l’Évangile accédait à la foi. Les croyants, est-il dit, n’avaient qu’un cœur et qu’une âme [35]. Pour ceux-là donc qui nous reprochent de ne point vouloir d’apaisement, qu’on les corrige, et ce sera parfait ; sinon, qu’on reconnaisse où sont les auteurs de la guerre, et qu’on ne nous parle plus de réconciliation » [36].

« A toutes les raisons, dit-il ailleurs, qui sembleraient nous conseiller le silence, nous opposons la charité qui ne tient compte ni de son propre intérêt, ni de la difficulté des temps. Lors même que personne ne nous imiterait, en devons-nous moins quant à nous faire notre devoir ? Dans la fournaise, les enfants de Babylone chantaient au Seigneur, sans calculer la multitude de ceux qui laissaient de côté la vérité : ils se suffisaient à eux-mêmes, trois qu’ils étaient » [37].

Et à ses moines, traqués par un gouvernement qui se défendait d’être persécuteur, il écrivait : « Beaucoup d’honnêtes gens, tout en trouvant qu’on vous poursuit sans justice, n’estiment point à confession les souffrances que vous endurez pour la vérité ; mais il n’est pas nécessaire d’être païen pour faire des martyrs. Nos ennemis du jour ne nous détestent pas moins que ne faisaient les adorateurs des idoles ; s’ils trompent la multitude sur le motif de leur haine, c’est afin de vous enlever, croient-ils, la gloire dont on entourait les anciens confesseurs. Mais soyez-en convaincus : devant le juste juge, votre confession n’en subsiste pas moins. Ayez donc bon courage ; sous la tourmente renouvelez-vous dans l’amour ; ajoutez chaque jour à votre zèle, sachant qu’en vous doivent se conserver les restes de la piété que le Seigneur à son avènement trouvera sur la terre. Ne vous troublez pas des trahisons, d’où qu’elles viennent : ce furent les princes des prêtres, les scribes et les anciens, qui dressèrent les embûches où notre Maître voulut succomber. N’ayez égard aux pensées de la foule, que le moindre souffle agite en divers sens comme l’eau des mers. N’y en eût-il qu’un seul à faire son salut comme Loth à Sodome, il ne doit pas dévier de la rectitude parce que lui seul a raison, mais maintenir immuable son espérance en Jésus-Christ » [38].

Lui-même, de son lit de souffrances, donnait l’exemple à tous. Mais quelles n’étaient pas les angoisses de son âme, en constatant le peu de correspondance à ses efforts qu’il trouvait dans les chefs des diocèses ! Il s’étonnait douloureusement à la vue de ces hommes dont l’ambition n’était pas éteinte par l’état lamentable des églises ; n’écoutant que leurs susceptibilités jalouses, lorsque déjà le vaisseau coulait bas, ils se disputaient à qui commanderait sur ce navire en perdition [39]. D’autres, et des meilleurs, se tenaient à l’écart, espérant se faire oublier dans le silence de leur inertie [40], ne comprenant pas que, lorsque les intérêts généraux sont engagés, ce n’est point un éloignement égoïste de la lutte qui sauve les particuliers ou les absout du crime de trahison [41]. Un jour, et il est curieux d’entendre notre saint raconter le fait à son ami Eusèbe de Samosate, le futur martyr, un jour se répandit le bruit de la mort de Basile ; tous ces évêques aussitôt d’accourir à Césarée pour lui donner un successeur. « Mais, dit Basile, comme il plut à Dieu qu’ils me trouvassent vivant, je les prêchai d’importance. Peine inutile malheureusement ! Moi présent, ils me craignent et promettent tout ; à peine retirés, ils se retrouvent les mêmes » [42]. Cependant la persécution grandissait sans cesse, et pour tous arrivait tôt ou tard le moment de choisir entre l’hérésie flagrante ou le bannissement. Plusieurs alors consommaient leur apostasie ; d’autres, ouvrant enfin les yeux, prenaient la route de l’exil, où ils pouvaient méditer à loisir sur les avantages de leur politique d’effacement, et, ce qui valait mieux, réparer leur faiblesse passée par l’héroïsme avec lequel ils souffraient désormais pour la foi.

La vertu de Basile en imposait aux persécuteurs, et Dieu le gardait par des prodiges, si bien que lui, qui s’était exposé plus que personne au danger, restait presque seul à la tête de son Église. Il en profita pour faire jouir cette Église fortunée des bienfaits d’un enseignement et d’une administration, dont les résultats merveilleux eussent semblé réclamer tous l’exclusive attention d’un évêque et la paix la plus grande. Césarée le payait de retour. Sa parole excitait une telle avidité dans toutes les classes du peuple, que le troupeau ne pouvait se passer du pasteur et qu’on l’attendait des journées entières dans les églises où il devait prêcher [43] ; lui-même, un jour qu’exténué, l’ardeur de son insatiable auditoire ne lui permettait pas le repos, se compare à la mère épuisée qui ne laisse pas de donner le sein à son enfant, moins pour le nourrir que pour apaiser ses cris [44]. Quelle délicieuse entente dans ces réunions ! Lorsque l’orateur laissait inexpliqué par mégarde un verset de l’Écriture, les signes discrets, les muettes réclamations des fils rappelaient au père le passage dont on prétendait bien ne pas lui faire grâce [45] ; Basile alors se répandait en excuses charmantes et s’exécutait, mais il était fier de son peuple. Expliquant parmi les merveilles de l’œuvre des six jours les splendeurs du vaste Océan, il s’arrête, et, promenant sur la multitude rangée autour de sa chaire un regard d’ineffable complaisance : « Si la mer est belle et digne de louange devant Dieu, reprend-il, combien plus belle n’est pas cette immense assemblée ! où, mieux que les ondes venant mourir au rivage, la voix mêlée des hommes, des femmes et des enfants porte jusqu’à Dieu nos prières ; calme océan, gardant la paix dans ses profondeurs, parce que le souffle mauvais de l’hérésie reste impuissant à soulever ses flots » [46].

Heureux peuple, formé par Basile à l’intelligence des Écritures, des Psaumes surtout, dont il sut inspirer aux fidèles un si grand amour, que tous contractèrent l’habitude de se rendre la nuit à la maison de Dieu, pour y répandre leur âme dans une prière commune et la solennelle louange de la psalmodie alternative [47] ! Cette communauté de la prière était un des fruits de son ministère que Basile, en véritable moine, estimait le plus ; l’importance qu’il y attachait fit de lui l’un des principaux Pères de la Liturgie grecque. « Ne me parlez pas, s’écriait-il, de maisons privées, d’assemblées particulières. Adorez le Seigneur en sa cour sainte, dit le Psalmiste ; l’adoration requise ici est celle qui se fait, non pas en dehors de l’église, mais à la cour, à l’unique cour de Dieu » [48].

Le temps nous manque pour suivre notre saint dans les détails de cette grande et vraie vie de famille avec tout un peuple, qui fit la consolation de son existence par delà si orageuse. Il faudrait le montrer se faisant tout à tous dans les douleurs et la joie, avec cette simplicité qui s’alliait si bien chez lui à la grandeur ; répondant aux plus humbles consultations, comme s’il n’eût pas eu d’occupation plus urgente que de satisfaire le moindre de ses fils ; réclamant, jusqu’à pleine satisfaction, contre toute injustice atteignant l’un des siens ; et enfin, avec l’appui de sa fidèle Césarée soulevée tout entière pour la défense de son évêque, faisant de sa personne un infranchissable rempart aux vierges et aux veuves contre les brutales poursuites des puissants. Pauvre et dénué de tout, depuis qu’en embrassant la vie monastique il a distribué aux pauvres les grands biens qu’il tenait de sa famille, il n’en trouve pas moins le secret d’élever dans sa ville épiscopale un établissement immense, refuge assuré des pèlerins et des pauvres, asile ouvert dans un ordre parfait à toutes les souffrances, à tous les besoins des divers âges : véritable cité nouvelle à côté de la grande ville, et que la reconnaissance des peuples appela du nom de son fondateur. Prêt à la fois pour toutes les luttes, on le vit maintenir intrépidement les droits d’exarchat que possédait son siège sur les onze provinces composant la vaste division administrative, connue par les Romains d’alors sous le nom générique de diocèse du Pont. Infatigable zélateur des saints canons, en même temps qu’il défendait ses clercs contre les atteintes portées à leurs immunités, il réforma les abus qui s’étaient introduits en des temps moins troublés que les siens ; et sous l’effort même de la tempête, il sut ramener la discipline sacrée à l’exacte perfection des plus beaux jours.

Cependant le temps vint où les intérêts majeurs de la foi, qui semblaient avoir suspendu pour son corps épuisé la loi de toute chair, ne réclamèrent plus aussi impérieusement sa présence. Le 9 août 378, la flèche des Goths faisait justice de Valens ; bientôt l’édit de Gratien rappelait d’exil les confesseurs, et Théodose paraissait en Orient. Dès le 1er janvier 379, libre enfin, Basile s’endormait dans le Seigneur.

L’Église grecque fête la mémoire du grand évêque une première fois le jour même de cette mort, conjointement avec la Circoncision du Verbe fait chair ; le 3 du même mois elle l’unit dans une nouvelle solennité à ses deux autres Docteurs, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome, accumulant les magnificences de sa Liturgie pour chanter dignement ce trentième jour de janvier, qu’un triple soleil illumine ainsi de ses splendeurs concordantes à la gloire de la Trinité sainte [49].

L’Église latine a choisi, pour célébrer Basile, la date du 14 juin comme étant celle de son ordination.

N’est-ce pas vous avoir assez loué, grand Pontife, que d’avoir seulement énoncé vos œuvres ? Puissent-elles, ces œuvres, trouver de nos temps des imitateurs ! Car, l’histoire le montre clairement, ce sont les saints de votre taille qui font la grandeur d’une époque et son salut. Le peuple le plus éprouvé, le plus abandonné en apparence, n’a besoin que d’un chef docile en tout, docile jusqu’à l’héroïsme aux inspirations de l’Esprit toujours présent dans l’Église, et ce peuple portera la tempête, et il vaincra enfin ; tandis que lorsque le sel de la terre est affadi [50], la société se dissout, sans qu’il soit même besoin d’un Julien ou d’un Valons pour la mener à sa perte. Obtenez donc, ô Basile, des chefs tels que vous à notre société si malade ; que l’étonnement de Modestus se reproduise en nos jours ; que les successeurs des préfets de Valens rencontrent partout un évêque à la tête des églises : et leur étonnement sera pour nous le signal du triomphe ; car un évêque n’est jamais vaincu, dût-il passer par l’exil ou la mort. En même temps que vous maintiendrez les pasteurs des Églises à la hauteur de cet état de perfection Où les veut l’onction sainte, élevez aussi le troupeau jusqu’aux voies de la sainteté que son christianisme suppose. Ce n’est pas aux moines seulement qu’il a été dit : Le royaume des cieux est en vous [51]. Vous nous apprenez [52] que ce royaume des cieux, cette béatitude qui déjà peut être la nôtre, est la contemplation qui nous est accessible ici-bas des réalités éternelles, non par la claire et directe vision, mais dans le miroir dont parle l’Apôtre. Quelle absurdité, ainsi que vous le dites, de ne cultiver, de ne nourrir dans l’homme que les sens affamés de matière, et de refuser au seul esprit son libre jeu et sa pâture ! L’esprit ne s’élance-t-il pas de lui-même vers les régions de l’intelligible pour lequel il est fait ? Si son essor est laborieux, c’est que les sens ont prévalu contre lui. Apprenez-nous à le guérir par la foi et l’amour, qui lui rendront l’agilité du cerf et relèveront sur les montagnes. Répétez aux hommes de notre temps qui pourraient l’oublier, que le souci d’une foi droite n’est pas moins nécessaire à cette fin que la rectitude de la vie. Hélas ! vos fils en trop grand nombre ont oublié que tout vrai moine, tout vrai chrétien, déteste l’hérétique [53]. Bénissez d’autant mieux ceux que tant d’épreuves continues n’ont pu ébranler ; multipliez les retours ; hâtez le jour heureux où l’Orient, secouant le double joug du schisme et de l’Islam, reprendra dans le bercail unique de l’unique pasteur une place qui fut si glorieuse.

Pour nous qui sommes en ce moment prosternés à vos pieds, ô Docteur de l’Esprit-Saint, défenseur du Verbe consubstantiel au Père, faites que comme vous nous vivions toujours à la gloire de la Trinité sainte. Vous l’exprimiez dans une admirable formule : « Être baptisé dans la Trinité, croire conformément à son baptême, glorifier Dieu selon sa foi », c’était pour vous l’essentielle base de ce que doit être le moine [54] ; mais n’est-ce pas aussi tout le chrétien ? Faites-le comprendre à tous, et bénissez-nous.

[1] Symb. Constantinop.

[2] Basil. Lib. de Sp. S. IX.

[3] Ibid. XXVI.

[4] Ibid. XVIII.

[5] Ibid. XXI.

[6] Ibid. XVI.

[7] Ibid. XXII.

[8] De legend. libris gentil.

[9] Sermo ascetic.

[10] Prœm. de judicio Dei.

[11] Prævia instit. ascetica.

[12] Prævia Instit. ascetica.

[13] De fide ; Moralia.

[14] Reg. brev. tractatæ 160 etc., 114 etc.

[15] Reg. fus. tract. 30.

[16] Reg. fus. tract. 10 ; Epist. 23, al. 383 ; Epist. 199, al. 2, can. XVIII, XIX.

[17] Epist. 207, al. 63.

[18] S. P. Bened. Reg. cap. LXXIII.

[19] Prov. XVII, 6.

[20] Epist. 204, al. 15 ; Epist. 223, al. 79.

[21] I Thess. V, 5.

[22] Hieron. Dial. cont. Lucif.

[23] Isai. LVI, 10.

[24] Epist. 203, al. 77.

[25] Epist. 204, al. 75, etc.

[26] Epist. 136, al. 257.

[27] Lib. de Sp. S. XXX.

[28] Epist. 91, al. 324 ; 92, al. 69 ; etc.

[29] Epist. 113, al. 203.

[30] Epist. 58, al. 44.

[31] Epist. 259, al. 184.

[32] Epist. 128, al. 365.

[33] Ibid.

[34] Ibid.

[35] Act. IV, 32.

[36] Epist. 138, al. 365.

[37] Lib. de Sp. S. XXX.

[38] Epist. 257, al. 303.

[39] Lib. de Sp. S. XXX.

[40] Epist. 141, al. 262.

[41] Epist. 136, al. 257.

[42] Epist. 141, al. 262.

[43] Homil. in Ps. CXIV.

[44] In Ps. LIX.

[45] Hom. VIII in Hexaemeron.

[46] In Hexaem. IV.

[47] Epist. 207, al. 63.

[48] In Ps. XXVIII.

[49] Acoluthia triplicis festi.

[50] Matth. V, 13.

[51] Luc. XVII, 21.

[52] Basil. Epist. 8, al. III.

[53] Sermo de ascetic. discipl. Quomodo monachum ornari oporteat.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce géant de l’épiscopat oriental, phare de l’orthodoxie, patriarche et législateur de la vie monastique, mourut le Ier janvier 379 ( ?). Mais comme ce jour était déjà affecté à l’office de l’octave du Seigneur, la fête de saint Basile fut renvoyée à cette date que l’on croit — mais sans raison sérieuse — être l’anniversaire de sa consécration épiscopale.

Parler brièvement des mérites de Basile est difficile, et au-dessus de nos forces. Que parle donc, et mieux que nous, saint Éphrem, qui fit son éloge quand le grand évêque vivait encore.

Le saint diacre d’Édesse reçut, en une vision, l’ordre du Seigneur d’aller à Césarée trouver Basile : Ecce in domo mea vas splendidum est ac magnificum, quod tibi suppeditabit cibum. — Il se met donc en route, part d’Édesse de Syrie, et va à Césarée, où il trouve Basile prêchant dans l’église, avec l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe, sur son épaule. Voici comment Ephrem nous décrit l’impression qu’il en éprouva :

Vidi in Sanctis Sanctorum Vas Electionis, coram armento ovium præclare extensum, verbisque maiestate plenis exornatum atque distinctum, omniumque oculos in illud defixos.

Vidi templum ab eo spiritu vegetatum, eiusque in viduas ac orphanos potissimum commiserationes.

Vidi... ipsum Pastorem pennis Spiritus sursum pro nobis preces tollentem, filumque orationis deducentem.

Vidi ab ipso ecclesiam ornatam et dilectam aptissime compositam.

Prospexi ab ipso manare doctrinam Pauli, legem Evangeliorum, et timorem Mysteriorum [55].

L’histoire de la primauté pontificale trouve en Basile l’un de ses défenseurs les plus convaincus. Quand, du fait des abus de pouvoir des Ariens, toutes les Églises d’Orient étaient bouleversées, le Saint juge que l’unique remède est l’intervention du Pape, et il écrit dans ce but au grand saint Athanase : Visum est autem mihi consentaneum ut scribatur episcopo Romæ, ut quæ hic geruntur consideret et sententiam suam exponat. Et quoniam difficile est ut communi ac synodico decreta aliqui illinc mittantur, ipse sua auctoritate in ista causa usus, viros eligat... omnia secum habentes necessaria, ad ea rescindenda, quæ Arimini per vim et violentiam gesta sunt [56].

C’est aussi dans ce sens que Basile écrivit à Damase, lui dépeignant l’état misérable de l’Orient : Universusquidem prope modum Oriens, Pater colendissime, hoc est quidquid ab Illyrico ad Ægyptum usque protenditur, vehementi tempestate et fluctuum exagitatione percellitur... Horum carte malorum remedium esse unicum arbitramur, miserationis tuæ visitationem sollicitudinemque [57].

Non moins que le monachisme oriental, le monachisme bénédictin considère saint Basile comme son patriarche et son législateur. En effet, saint Benoît, en de nombreux passages de sa Règle, dépend du saint évêque de Césarée, à la Règle duquel il renvoie directement ses disciples avides d’une nourriture spirituelle plus forte. Dans le haut moyen âge, de nombreux monastères d’Europe suivaient simultanément les Règles de Saint Basile et de Saint Benoît ; et en Italie surtout, les monastères grecs, gouvernés conformément aux canons monastiques basiliens, se maintinrent nombreux et florissants jusqu’au XVIIe siècle.

Sous l’influence de ces éléments, le culte liturgique de saint Basile fut relativement répandu, et nous trouvons jusque dans la Ville éternelle un antique monastère portant son nom. Saint-Basile in scala mortuorum, près du Forum de Nerva, fut jadis une des principales abbayes romaines et il en est question dans un document d’Agapit II [58]. Sa destruction est toute récente.

A saint Basile était également dédiée l’église monastique de Sainte-Marie-Aventine, érigée par Albéric dans sa propre demeure, du temps de saint Odon. Là Hildebrand, le futur Grégoire VII, professa la vie monastique sous la Règle du patriarche du Mont-Cassin.

Il existe encore à Rome une troisième petite église consacrée à saint Basile. Elle se trouve non loin du titulus Susannæ, et au XVIIe siècle on y ouvrit un collège de moines basiliens italo-grecs.

Dans la basilique vaticane se trouve un autel dédié à saint Basile, et le tableau qui le surmonte représente le Saint célébrant les divins mystères avec tant de dévotion et de majesté, que l’empereur arien Valens, entrant dans l’église le jour de l’Epiphanie, faillit s’évanouir de terreur.

L’office de saint Basile fut inséré dans le Calendrier romain à la fin du moyen âge. L’introït est celui des Docteurs, comme le 7 décembre ; les collectes sont empruntées à la messe Sacerdotes, comme pour la fête de saint Léon le Grand le 11 avril. La première lecture et le répons proviennent du Commun des Docteurs, comme le 29 janvier, sauf le verset alléluiatique, pris à la messe de saint Sylvestre Ier.

La lecture évangélique est celle du Commun des Martyrs Pontifes, comme le 24 janvier, avec, en plus, les versets 34-35 qui terminent en saint Luc le même chapitre XIV et se rapportent aux fonctions du Docteur. A ce passage, où le Sauveur parle du renoncement généreux, fait par ses disciples, à toutes les choses du monde, se rapporte une page magnifique des Règles de saint Basile, insérée aujourd’hui dans le Bréviaire, au IIIe Nocturne ; le saint Docteur y explique le dépouillement et le détachement qu’exigé la vocation monastique. Moine signifie serviteur de Dieu : c’était en effet le titre qu’on donnait anciennement au moine : Servus Dei, et quand saint Grégoire se fit moine, il prit par humilité le nom de Servus servorum Dei, c’est-à-dire serviteur de tous les moines, dernier du monastère. Le moine est donc celui qui, ayant donné à Dieu omne quod habet, omne quod facit, omne quod est, tel un esprit, n’a plus rien en propre, ni biens, ni corps, ni volonté ; mais il demeure sur la terre tant que Dieu l’y laisse pour sa propre gloire, sans désormais appartenir au monde.

L’antienne pour l’offrande des dons est commune à la fête d’hier, tandis que celle pour la Communion est semblable à celle du 29 janvier.

Une célèbre réponse de saint Basile est celle qu’il adressa au préfet arien Modeste ; celui-ci, habitué à la servilité des évêques courtisans hérétiques, avait fait observer au Saint que personne jusqu’alors ne lui avait tenu un langage si ferme et si fier. — « C’est que, répondit Basile, tu n’as jamais jusqu’à présent, parlé avec un évêque ! »

[55] Act. SS. Iun., III, 381-382.

[56] Op. cit., 340.

[57] Op cit., 342-343.

[58] ARMELLINI, Le Chiese di Rama, 1891, p. 146.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« Je vis le pasteur emportant vers Dieu des prières pour nous sur les ailes de l’esprit ». C’est ainsi que le décrit saint Ephrem.

1. Saint Basile. — Jour de mort : 1er janvier 379 (Aujourd’hui est l’anniversaire de sa consécration épiscopale). Tombeau : à Césarée de Cappadoce. Image : On le représente en évêque grec, avec une colombe sur le bras. Vie : Basile le Grand, archevêque de Césarée, était l’aîné de quatre fils dont trois furent évêques (parmi eux, saint Grégoire de Nysse). Sa pieuse grand-mère, Macrine, exerça une grande influence sur son éducation religieuse. « Jamais je n’oublierai, écrit-il, l’impression profonde que firent sur mon âme les discours et les exemples de cette vénérable femme ». On connaît l’amitié intime qui l’unissait à saint Grégoire de Nazianze et qui persévéra jusqu’à la mort. Ce que fut saint Benoît pour l’Occident, saint Basile le fut pour l’Orient : le père et le fondateur du monachisme. Comme évêque, il fut un intrépide champion de la foi catholique contre l’hérésie arienne. Il résista courageusement à l’empereur Valens qui voulait ériger l’arianisme en religion d’État. Basile fut un esprit éminent, une lumière ardente de son temps. Mais alors que cette lumière brillait et réchauffait, il se consumait lui-même. Son esprit grandissait sans cesse, mais son corps s’épuisait. A 49 ans, il était déjà un vieillard. Il a accompli de grandes choses dans tous les domaines de la vie religieuse. Il fut un grand théologien, un prédicateur puissant, un écrivain très doué. Il a composé deux règles monastiques et réformé la liturgie orientale. Il mourut en 379, à peine âgé de 49 ans. Il était si amaigri qu’il semblait n’avoir plus que les os et la peau. On aurait dit qu’il n’y avait plus que la vie de l’esprit dans cette enveloppe diaphane.

2. La messe (In medio). — La messe est du commun des docteurs de l’Église, mais avec un autre Évangile. Nous voyons le docteur dont le Seigneur ouvre la bouche au milieu de l’Église. A l’Épître, saint Paul parle à son disciple saint Basile du ministère de la prédication et de l’enseignement ; il a fidèlement suivi les instructions du Maître. A l’Évangile, le Seigneur fait entendre son sermon de la Croix. Basile l’a réalisé dans sa vie ; il a haï sa vie et porté sa croix à la suite du Seigneur.

3. Un trait de sa vie. — Valens envoya, en 372, le préfet Modestus vers Basile, en Cappadoce. Le préfet reprocha à Basile d’oser avoir une autre foi que celle de l’empereur. Il le menaça de la confiscation de ses biens, de l’exil, des tortures et de la mort. A ce langage du despotisme byzantin, Basile répondit avec le calme que lui donnaient la force divine et la foi : « C’est tout ? De tout cela rien ne me touche. Celui qui ne possède rien ne peut pas voir ses biens confisqués. Je ne connais pas le bannissement car, sur la vaste terre de Dieu, je suis partout chez moi. Les tortures ne peuvent pas m’arrêter car je n’ai pas de corps. La mort sera pour moi la bienvenue, car elle m’emportera plus vite vers Dieu ; au reste, je suis en grande partie mort et depuis longtemps je m’avance vers ma tombe ». Frappé par ces paroles, le préfet dit : « On ne m’a encore jamais parlé avec une pareille liberté ». « C’est sans doute », reprit Basile, « que tu n’es jamais tombé sur un évêque ». Le préfet se hâta de retourner auprès de l’empereur et il lui dit : « César, nous sommes vaincus par le chef de l’Église. Il est plus fort que les menaces, plus ferme que les paroles, plus puissant que la persuasion ».

SOURCE : http://www.introibo.fr/14-06-St-Basile-le-Grand-eveque#nh53

St. Basil the Great

St. Basil the Great was born at Caesarea of Cappadocia in 330. He was one of ten children of St. Basil the Elder and St. Emmelia. Several of his brothers and sisters are honored among the saints. He attended school in Caesarea, as well as Constantinople and Athens, where he became acquainted with St. Gregory Nazianzen in 352. A little later, he opened a school of oratory in Caesarea and practiced law.

Eventually he decided to become a monk and found a monastery in Pontus which he directed for five years. He wrote a famous monastic rule which has proved the most lasting of those in the East. After founding several other monasteries, he was ordained and, in 370, made bishop of Caesarea. In this post until his death in 379, he continued to be a man of vast learning and constant activity, genuine eloquence and immense charity.

This earned for him the title of “Great” during his life and Doctor of the Church after his death. He was one of the giants of the early Church. He was responsible for the victory of Nicene orthodoxy over Arianism in the Byzantine East, and the denunciation of Arianism at the Council of Constantinople in 381-82 was in large measure due to his efforts.

Basil fought simony, aided the victims of drought and famine, strove for a better clergy, insisted on a rigid clerical discipline, fearlessly denounced evil wherever he detected it, and excommunicated those involved in the widespread prostitution traffic in Cappadocia. He was learned, accomplished in statesmanship, a man of great personal holiness, and one of the great orators of Christianity.

St. Basil the Great

Bishop of Caesarea, and one of the most distinguished Doctors of the Church. Born probably 329; died 1 January, 379. He ranks after Athanasius as a defender of the Oriental Church against the heresies of the fourth century. With his friend Gregory of Nazianzus and his brother Gregory of Nyssa, he makes up the trio known as "The Three Cappadocians", far outclassing the other two in practical genius and actual achievement.

Life

St. Basil the Elder, father of St. Basil the Great, was the son of a Christian of good birth and his wife, Macrina(Acta SS., January, II), both of whom suffered for the faith during the persecution of Maximinus Galerius (305-314), spending several years of hardship in the wild mountains of Pontus. St. Basil the Elder was noted for hisvirtue (Acta SS, May, VII) and also won considerable reputation as a teacher in Caesarea. He was not a priest(Cf. Cave, Hist. Lit., I, 239). He married Emmelia, the daughter of a martyr and became the father of ten children. Three of these, Macrina, Basil, and Gregory are honoured as saints; and of the sons, Peter, Gregory, and Basil attained the dignity of the episcopate.

Under the care of his father and his grandmother, the elder Macrina, who preserved the traditions of their countryman, St. Gregory Thaumaturgus (c. 213-275) Basil was formed in habits of piety and study. He was still young when his father died and the family moved to the estate of the elder Macrina at Annesi in Pontus, on the banks of the Iris. As a boy, he was sent to school at Caesarea, then "a metropolis of letters", and conceived a fervent admiration for the local bishop, Dianius. Later, he went to Constantinople, at that time "distinguished for its teachers of philosophy and rhetoric", and thence to Athens. Here he became the inseparable companion of Gregory of Nazianzus, who, in his famous panegyric on Basil (Or. xliii), gives a most interesting description of their academic experiences. According to him, Basil was already distinguished for brilliancy of mind and seriousness of character and associated only with the most earnest students. He was able, grave, industrious, and well advanced in rhetoric, grammar, philosophy, astronomy, geometry, andmedicine. (As to his not knowing Latin, see Fialon, Etude historique et littéraire sur St. Basile, Paris, 1869). We know the names of two of Basil's teachers at Athens — Prohaeresius, possibly a Christian, and Himerius, apagan. It has been affirmed, though probably incorrectly, that Basil spent some time under Libanius. He tells us himself that he endeavoured without success to attach himself as a pupil to Eustathius (Ep., I). At the end of his sojourn at Athens, Basil being laden, says St. Gregory of Nazianzus "with all the learning attainable by the nature of man", was well equipped to be a teacher. Caesarea took possession of him gladly "as a founder and second patron" (Or. xliii), and as he tells us (ccx), he refused the splendid offers of the citizens of Neo-Caesarea, who wished him to undertake the education of the youth of their city.

To the successful student and distinguished professor, "there now remained", says Gregory (Or. xliii), "no other need than that of spiritual perfection". Gregory of Nyssa, in his life of Macrina, gives us to understand that Basil's brilliant success both as a university student and a professor had left traces of worldliness and self-sufficiency on the soul of the young man. Fortunately, Basil came again in contact with Dianius, Bishop ofCaesarea, the object of his boyish affection, and Dianius seems to have baptized him, and ordained himReader soon after his return to Caesarea. It was at the same time also that he fell under the influence of that very remarkable woman, his sister Macrina, who had meanwhile founded a religious community on the familyestate at Annesi. Basil himself tells us how, like a man roused from deep sleep, he turned his eyes to the marvellous truth of the Gospel, wept many tears over his miserable life, and prayed for guidance from God: "Then I read the Gospel, and saw there that a great means of reaching perfection was the selling of one'sgoods, the sharing of them with the poor, the giving up of all care for this life, and the refusal to allow thesoul to be turned by any sympathy towards things of earth" (Ep. ccxxiii). To learn the ways of perfection, Basilnow visited the monasteries of Egypt, Palestine, Coele-Syria, and Mesopotamia. He returned, filled with admiration for the austerity and piety of the monks, and founded a monastery in his native Pontus, on the banks of the Iris, nearly opposite Annesi. (Cf. Ramsay, Hist. Geog. of Asia Minor, London, 1890, p. 326).Eustathius of Sebaste had already introduced the eremitical life into Asia Minor; Basil added the cenobitic or community form, and the new feature was imitated by many companies of men and women. (Cf. Sozomen,Church History VI.27; Epiphanius, Haer., lxxv, 1; Basil, Ep. ccxxiii; Tillemont, Mém., IX, Art. XXI, and note XXVI.) Basil became known as the father of Oriental monasticism, the forerunner of St. Benedict. How well he deserved the title, how seriously and in what spirit he undertook the systematizing of the religious life, may be seen by the study of his Rule. He seems to have read Origen's writings very systematically about this time, for in union with Gregory of Nazianzus, he published a selection of them called the "Philocalia".

Basil was drawn from his retreat into the area of theological controversy in 360 when he accompanied two delegates from Seleucia to the emperor at Constantinople, and supported his namesake of Ancyra. There is some dispute as to his courage and his perfect orthodoxy on this occasion (cf. Philostorgius, Hist. Eccl., IV, xii; answered by Gregory of Nyssa, Answer to Eunomius' Second Book I, and Maran, Proleg., vii; Tillemont,Mém., note XVIII). A little later, however, both qualities seem to have been sufficiently in evidence, as Basilforsook Dianius for having signed the heretical creed of Rimini. To this time (c. 361) may be referred the "Moralia"; and a little later came two books against Eunomius (363) and some correspondence withAthanasius. It is possible, also, that Basil wrote his monastic rules in the briefer forms while in Pontus, and enlarged them later at Caesarea. There is an account of an invitation from Julian for Basil to present himself a court and of Basil's refusal, coupled with an admonition that angered the emperor and endangered Basil'ssafety. Both incident and correspondence however are questioned by some critics.

Basil still retained considerable influence in Caesarea, and it is regarded as fairly probable that he had a hand in the election of the successor of Dianius who died in 362, after having been reconciled to Basil. In any case the new bishop, Eusebius, was practically placed in his office by the elder Gregory of Nazianzus. Eusebiushaving persuaded the reluctant Basil to be ordained priest, gave him a prominent place in the administration of the diocese (363). In ability for the management of affairs Basil so far eclipsed the bishop that ill-feeling rose between the two. "All the more eminent and wiser portion of the church was roused against the bishop" (Greg. Naz., Or. xliii; Ep. x), and to avoid trouble Basil again withdrew into the solitude of Pontus. A little later (365) when the attempt of Valens to impose Arianism on the clergy and the people necessitated the presence of a strong personality, Basil was restored to his former position, being reconciled to the bishop bySt. Gregory of Nazianzus. There seems to have been no further disagreement between Eusebius and Basil and the latter soon became the real head of the diocese. "The one", says Gregory of Nazianzus (Or. xliii), "led the people the other led their leader". During the five years spent in this most important office, Basil gave evidence of being a man of very unusual powers. He laid down the law to the leading citizens and the imperial governors, settled disputes with wisdom and finality, assisted the spiritually needy, looked after "the support of the poor, the entertainment of strangers, the care of maidens, legislation written and unwritten for themonastic life, arrangements of prayers, (liturgy?), adornment of the sanctuary" (op. cit.). In time of famine, he was the saviour of the poor.

In 370 Basil succeeded to the See of Caesarea, being consecrated according to tradition on 14 June. Caesareawas then a powerful and wealthy city (Sozomen, Church History V.5). Its bishop was Metropolitan of Cappadocia and Exarch of Pontus which embraced more than half of Asia Minor and comprised eleven provinces. The see of Caesarea ranked with Ephesus immediately after the patriarchal sees in the councils, and the bishop was the superior of fifty chorepiscopi (Baert). Basil's actual influence, says Jackson (Prolegomena, XXXII) covered the whole stretch of country "from the Balkans to the Mediterranean and from the Aegean to the Euphrates". The need of a man like Basil in such a see as Caesarea was most pressing, and he must have known this well. Some think that he set about procuring his own election; others (e.g. Maran, Baronius, Ceillier) say that he made no attempt on his own behalf. In any event, he became Bishop ofCaesarea largely by the influence of the elder Gregory of Nazianzus. His election, says the younger Gregory (loc. cit.), was followed by disaffection on the part of several suffragan bishops "on whose side were found the greatest scoundrels in the city". During his previous administration of the diocese Basil had so clearly definedhis ideas of discipline and orthodoxy, that no one could doubt the direction and the vigour of his policy. St. Athanasius was greatly pleased at Basil's election (Ad Pallad., 953; Ad Joann. et Ant., 951); but the ArianizingEmperor Valens, displayed considerably annoyance and the defeated minority of bishops became consistently hostile to the new metropolitan. By years of tactful conduct, however, "blending his correction with consideration and his gentleness with firmness" (Greg. Naz., Or. xliii), he finally overcame most of his opponents.

Basil's letters tell the story of his tremendous and varied activity; how he worked for the exclusion of unfit candidates from the sacred ministry and the deliverance of the bishops from the temptation of simony; how he required exact discipline and the faithful observance of the canons from both laymen and clerics; how he rebuked the sinful, followed up the offending, and held out hope of pardon to the penitent. (Cf. Epp. xliv, xlv, and xlvi, the beautiful letter to a fallen virgin, as well as Epp. liii, liv, lv, clxxxviii, cxcix, ccxvii, and Ep. clxix, on the strange incident of Glycerius, whose story is well filled out by Ramsay, The Church in the RomanEmpire, New York, 1893, p. 443 sqq.) If on the one hand he strenuously defended clerical rights andimmunities (Ep. civ), on the other he trained his clergy so strictly that they grew famous as the type of all that a priest should be (Epp. cii, ciii). Basil did not confine his activity to diocesan affairs, but threw himself vigorously into the troublesome theological disputes then rending the unity of Christendom. He drew up a summary of the orthodox faith; he attacked by word of mouth the heretics near at hand and wrote tellingly against those afar. His correspondence shows that he paid visits, sent messages, gave interviews, instructed, reproved, rebuked, threatened, reproached, undertook the protection of nations, cities, individuals great and small. There was very little chance of opposing him successfully, for he was a cool, persistent, fearless fighter in defence both of doctrine and of principles. His bold stand against Valens parallels the meeting of Ambrosewith Theodosius. The emperor was dumbfounded at the archbishop's calm indifference to his presence and his wishes. The incident, as narrated by Gregory of Nazianzus, not only tells much concerning Basil's character but throws a clear light on the type of Christian bishop with which the emperors had to deal and goes far to explain why Arianism, with little court behind it, could make so little impression on the ultimate history of Catholicism.

While assisting Eusebius in the care of his diocese, Basil had shown a marked interest in the poor and afflicted; that interest now displayed itself in the erection of a magnificent institution, the Ptochoptopheion, or Basileiad, a house for the care of friendless strangers, the medical treatment of the sick poor, and the industrial training of the unskilled. Built in the suburbs, it attained such importance as to become practically the centre of a new city with the name of he kaine polis or "Newtown". It was the motherhouse of like institutions erected in other dioceses and stood as a constant reminder to the rich of their privilege of spending wealth in a truly Christian way. It may be mentioned here that the social obligations of the wealthywere so plainly and forcibly preached by St. Basil that modern sociologists have ventured to claim him as one of their own, though with no more foundation than would exist in the case of any other consistent teacher of the principles of Catholic ethics. The truth is that St. Basil was a practical lover of Christian poverty, and even in his exalted position preserved that simplicity in food and clothing and that austerity of life for which he had been remarked at his first renunciation of the world.

In the midst of his labours, Basil underwent suffering of many kinds. Athanasius died in 373 and the elderGregory in 374, both of them leaving gaps never to be filled. In 373 began the painful estrangement fromGregory of Nazianzus. Anthimus, Bishop of Tyana, became an open enemy, Apollinaris "a cause of sorrow to the churches" (Ep. cclxiii), Eustathius of Sebaste a traitor to the Faith and a personal foe as well. Eusebius of Samosata was banished, Gregory of Nyssa condemned and deposed. When Emperor Valentinian died and theArians recovered their influence, all Basil's efforts must have seemed in vain. His health was breaking, theGoths were at the door of the empire, Antioch was in schism, Rome doubted his sincerity, the bishops refused to be brought together as he wished. "The notes of the church were obscured in his part of Christendom, and he had to fare on as best he might,--admiring, courting, yet coldly treated by the Latin world, desiring the friendship of Rome, yet wounded by her reserve,--suspected of heresy by Damasus, and accused by Jerome ofpride" (Newman, The Church of the Fathers). Had he lived a little longer and attended the Council of Constantinople (381), he would have seen the death of its first president, his friend Meletius, and the forced resignation of its second, Gregory of Nazianzus. Basil died 1 January, 379. His death was regarded as a public bereavement; Jews, pagans, and foreigners vied with his own flock in doing him honour. The earlier Latinmartyrologies (Hieronymian and Bede) make no mention of a feast of St. Basil. The first mention is by Usuardand Ado who place it on 14 June, the supposed date of Basil's consecration to the episcopate. In the Greek"Menaea" he is commemorated on 1 January, the day of his death. In 1081, John, Patriarch of Constantinople, in consequence of a vision, established a feast in common honour of St. Basil, Gregory of Nazianzus, and John Chrysostom, to be celebrated on 30 January. The Bollandists give an account of the origin of this feast; they also record as worthy of note that no relics of St. Basil are mentioned before the twelfth century, at which time parts of his body, together with some other very extraordinary relics were reputed to have been brought to Bruges by a returning Crusader. Baronius (c. 1599) gave to the Naples Oratory a relic of St. Basil sent fromConstantinople to the pope. The Bollandists and Baronius print descriptions of Basil's personal appearance and the former reproduce two icons, the older copied from a codex presented to Basil, Emperor of the East (877-886).

By common consent, Basil ranks among the greatest figures in church history and the rather extravagant panegyric by Gregory of Nazianzus has been all but equalled by a host of other eulogists. Physically delicate and occupying his exalted position but a few years, Basil did magnificent and enduring work in an age of moreviolent world convulsions than Christianity has since experienced. (Cf. Newman, The Church of the Fathers). By personal virtue he attained distinction in an age of saints; and his purity, his monastic fervour, his stern simplicity, his friendship for the poor became traditional in the history of Christian asceticism. In fact, the impress of his genius was stamped indelibly on the Oriental conception of religious life. In his hands the greatmetropolitan see of Caesarea took shape as the sort of model of the Christian diocese; there was hardly any detail of episcopal activity in which he failed to mark out guiding lines and to give splendid example. Not the least of his glories is the fact that toward the officials of the State he maintained that fearless dignity and independence which later history has shown to be an indispensable condition of healthy life in the Catholic episcopate.

Some difficulty has arisen out of the correspondence of St. Basil with the Roman See. That he was in communion with the Western bishops and that he wrote repeatedly to Rome asking that steps be taken to assist the Eastern Church in her struggle with schismatics and heretics is undoubted; but the disappointing result of his appeals drew from him certain words which require explanation. Evidently he was deeply chagrined that Pope Damasus on the one hand hesitated to condemn Marcellus and the Eustathians, and on the other preferred Paulinus to Meletius in whose right to the See of Antioch St. Basil most firmly believed. At the best it must be admitted that St. Basil criticized the pope freely in a private letter to Eusebius of Samosata (Ep. ccxxxix) and that he was indignant as well as hurt at the failure of his attempt to obtain help from the West. Later on, however, he must have recognized that in some respects he had been hasty; in any event, his strong emphasis of the influence which the Roman See could exercise over the Eastern bishops, and his abstaining from a charge of anything like usurpation are great facts that stand out obviously in the story of the disagreement. With regard to the question of his association with the Semi-Arians, Philostorgius speaks of him as championing the Semi-Arian cause, and Newman says he seems unavoidably to have Arianized the first thirty years of his life. The explanation of this, as well as of the disagreement with the Holy See, must be sought in a careful study of the times, with due reference to the unsettled and changeable condition oftheological distinctions, the lack of anything like a final pronouncement by the Church's defining power, the "lingering imperfections of the Saints" (Newman), the substantial orthodoxy of many of the so-called Semi-Arians, and above all the great plan which Basil was steadily pursuing of effecting unity in a disturbed and divided Christendom.

Writings

Dogmatic

Of the five books against Eunomius (c. 364) the last two are classed as spurious by some critics. The work assails the equivalent Arianism of Eunomius and defends the Divinity of the Three Persons of the Trinity; it is well summarized by Jackson (Nicene and Post Nicene Fathers, Series II, VIII). The work On the Holy Spirit, or treatise on the Holy Spirit (c. 375) was evoked in part by the Macedonian denial of the Divinity of the ThirdPerson and in part by charges that Basil himself had "slurred over the Spirit" (Gregory Naz., Ep. lviii), that he had advocated communion with all such a should admit simply that the Holy Ghost was not a creature (Basil, Ep. cxiii), and that he had sanctioned the use of a novel doxology, namely, "Glory be to the Father with theSon together with the Holy Ghost" (De Sp. S., I, i) The treatise teaches the doctrine of the Divinity of the Holy Ghost, while avoiding the phrase "God, the Holy Ghost" for prudential reasons (Greg. Naz., Or. xliii). Wuilcknis and Swete affirm the necessity of some such reticence on Basil's part. (Cf. Jackson, op. cit., p. XXIII, note.) With regard to Basil's teaching on the Third Person, as expressed in his work against Eunomius (III, i), a controversy arose at the Council of Florence between the Latins and the Greeks; but strong arguments both external and internal, availed to place Basil on the side of the "Filioque". The dogmatic writings were edited separately by Goldhorn, in his "S. Basilii Opera Dogmatica Selecta" (Leipzig, 1854). The On the Holy Spirit, was translated into English by Johnston (Oxford, 1892); by Lewis in the Christian Classic Series (1888); and by Jackson (op. cit.).

Exegetical

These include nine homilies "On the Hexaemeron" and thirteen (Maran) genuine homilies on particular Psalms. A lengthy commentary on the first sixteen chapters of Isaias is of doubtful authenticity (Jackson), though by a contemporary hand. A commentary on Job has disappeared. "The Hexaemeron" was highly admired by Gregory of Nazianzus (Or. xliii, no. 67). It is translated entire by Jackson (op. cit.). The homilies on the Psalms aremoral and hortatory rather than strictly exegetical. In interpreting the Scripture, Basil uses both the literal and the allegorical methods, but favours the literal system of Antioch. His second homily contains a denunciationof usury which has become famous.

Homiletical

Twenty-four sermons, doctrinal, moral, and panegyrical in character, are looked upon as generally genuine,certain critical difficulties, however, remaining still unsolved. Eight of these sermons were translated into Latinby Rufinus. The discourses place Basil among the very greatest of Christian preachers and evince his specialgift for preaching upon the responsibilities of wealth. The most noteworthy in the collection are the homilieson the rich (vi and vii) copied by St. Ambrose (De Nabuthe Jez., v, 21-24), and the homily (xxii) on the study of pagan literature. The latter was edited by Fremion (Paris, 1819, with French translation), Sommer (Paris, 1894), Bach (Münster, 1900), and Maloney (New York, 1901). With regard to Basil's style and his success as a preacher much has been written. (Cf. Villemain, "Tableau d'éloq. Chrét. au IVe siècle", Paris, 1891; Fialon, "Etude Litt. sur St. B.", Paris, 1861); Roux, "Etude sur la prédication de B. le Grand", Strasburg, 1867; Croiset, "Hist. de la litt. Grecque", Paris, 1899.)

Moral and ascetical

This group contains much of spurious or doubtful origin. Probably authentic are the latter two of the three prefatory treatises, and the five treatises: "Morals", "On the Judgment of God", "On Faith", "The Longer Monastic Rules", "The Shorter Monastic Rules". The twenty-four sermons on morals are a cento of extracts from the writings of Basil made by Simeon Metaphrastes. Concerning the authenticity of the Rules there has been a good deal of discussion. As is plain from these treatises and from the homilies that touch uponascetical or moral subjects, St. Basil was particularly felicitous in the field of spiritual instruction.

Correspondence

The extant letters of Basil are 366 in number, two-thirds of them belonging to the period of his episcopate. The so-called "Canonical Epistles" have been assailed as spurious, but are almost surely genuine. The correspondence with Julian and with Libanius is probably apocryphal; the correspondence with Apollinarus is uncertain. All of the 366 letters are translated in the "Nicene and Post-Nicene Fathers". Some of the letters are really dogmatic treatises, and others are apologetic replies to personal attacks. In general they are very useful for their revelation of the saint's character and for the pictures of his age which they offer.

Liturgical

A so-called "Liturgy of St. Basil" exists in Greek and in Coptic. It goes back at least to the sixth century, but its connexion with Basil has been a matter of critical discussion (Brightman, "Liturgies, Eastern and Western", Oxford, 1896, I; Probst, "Die Liturgie des vierten Jahrhunderts und deren Reform", Münster, 1893, 377-412).

Editions of St. Basil

The editio princeps of the original text of the extant works of Basil appeared at Basle, 1551, and the first complete Latin translation at Rome, 1515 (autograph manuscript in the British Museum). The best edition is that of the Maurist Benedictines, Garnier and Maran (Paris, 1721-30), republished with appendixes by Migne(P.G., XXIX-XXXII). For fragments attributed to Basil with more or less certainty, and edited by Matthaei, Mai,Pitra, and others, see Bardenhewer, "Patrologie" (Freiburg, 1901), 247. Portions of letters recently discovered in Egyptian papyri were published by H. Landwehr, "Grieschische Handschriften aus Fayûm", in "Philologus", XLIII (1884).

Sources

GREG. NAZ., Prationes, especially xliii; IDEM, Epistolae; Carm. de vitá suâ; GREG. NYSS., Vita Macrinae; IDEM, Or. in laudem fratris Basilii; IDEM, Answer to Eunomius' Second Book I; SOCRATES, Church History IV.26 and VI.3; SOZOMEN, Church History VI.26 and VII.15-17, 22; RUFINUS, Hist. Eccl., II, ix; THEODORET, Church History IV.19; PHILOSTORGIUS, Hist. Eccl., VIII, xi-xiii; EPHILEM SYRUS, Encomium in Bas., ap. COTELIER, Mon. Eccl. Gr., II; JEROME, De Vir. Illust., cxvi. The Vita Basilii by AMPHILOCHIUS is a forgery of about the ninth century. NEWMAN, Church of the Fathers, I-III

McSorley, Joseph. "St. Basil the Great." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 13 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02330b.htm>.


ST. BASIL THE GREAT.

ST. BASIL was born in Asia Minor. Two of his brothers became bishops, and, together with his mother and sister, are honored as Saints. He studied with great success at Athens, where he formed with St. Gregory Nazianzen the most tender friendship. He then taught oratory; but dreading the honors of the world, he gave up all, and became the father of the monastic life in the East. The Arian heretics, supported by the court, were then persecuting the Church; and Basil was summoned from his retirement by his bishop to give aid against them. His energy and zeal soon mitigated the disorders of the Church, and his solid and eloquent words silenced the heretics. On the death of Eusebius, he was chosen Bishop of Caesarea. His commanding character, his firmness and energy, his learning and eloquence, and not less his humility and the exceeding austerity of his life, made him a model for bishops. When St. Basil was required to admit the Arians to Communion, the prefect, finding that soft words had no effect, said to him, "Are you mad, that you resist the will before which the whole world bows? Do you not dread the wrath of the emperor, nor exile, nor death?" "No," said Basil calmly; "he who has nothing to lose need not dread loss of goods; you cannot exile me, for the whole earth is my home; as for death, it would be the greatest kindness you could bestow upon me; torments cannot harm me : one blow would end my frail life and my sufferings together." "Never," said the prefect, "has any one dared to address me thus." "Perhaps," suggested Basil, "you never before measured your strength with a Christian bishop." The emperor desisted from his commands. St. Basil's whole life was one of suffering. He lived amidst jealousies and misunderstandings and seeming disappointments. But he sowed the seed which bore goodly fruit in the next generation, and was God's instrument in beating back the Arian and other heretics in the East, and restoring the spirit of discipline and fervor in the Church. He died in 379, and is venerated as a Doctor of the Church.

REFLECTION- "Fear God," says the Imitation of Christ, "and thou shalt have no need of being afraid of any man."

INTERCESSORY PRAYER: Ask Saint Basil the Great to assist you with your needs today. Ask Saint Basil to pray for the conversion of those people who attack the Catholic faith.

SOURCE : http://jesus-passion.com/saint_basil_the_great2.htm


St. Basil the Great, Archbishop of Cæsarea, Confessor

From his own works, and the panegyrics and funeral discourses compiled by St. Gregory of Nyssa, St. Gregory Nazianzen, St. Amphilochius, and St. Ephrem, all his intimate acquaintance; and from the Church historians. See Hermant, Tillemont, Cave, &c. also Jos. Assemani in Calend. Univ. ad 1 Jan. t. 6, p. 4.

A.D. 379.

ST. BASIL the Great, the illustrious doctor and intrepid champion of the Church, was born towards the close of the year 329 at Cæsarea, the metropolis of Cappadocia. His parents were Cappadocians by birth, both equally illustrious for their nobility, and descended from a long line of renowned heroes. But his father was by extraction from Pontus, where his ancestors had long nourished. St. Macrina, his grandmother by the father’s side, and her pious husband, whose name has not reached us, suffered the confiscation of their estates and torments almost to death for the faith, in the reign of Maximinus II. in 311. Another time escaping by flight, they lived seven years concealed in the great forests of Pontus, where they were wonderfully fed by stags, as St. Gregory Nazianzen assures us. 1 Our saint’s father St. Basil the Elder, and his wife St. Emmelia, adorned the conjugal state by their saintly conversation. Their marriage was blessed with ten children, of which they left nine living, all eminent for virtue; those that were married and lived in the world seeming no way inferior in piety to those who served God in holy virginity, as St. Gregory Nazianzen tells us. Four were sons and the other five daughters. St. Macrina was the eldest of all these children, and assisted her mother in training up the rest in perfect virtue. The eldest among the boys was St. Basil: the other three were Naucratius, St. Gregory of Nyssa, and St. Peter of Sebaste. Our saint was the fruit of his mother’s prayers, and in his infancy by the same means recovered his health in a dangerous sickness, when he had been given over by the physicians, as St. Gregory of Nyssa relates. He received the first tincture of virtue from his grandmother St. Macrina the Elder, under whose care he passed his infancy in a country-house near Neocæsarea, in Pontus; and he testifies himself that during his whole life he never forgot the strong impressions of piety which her exhortations and holy example made upon his tender mind. His father, who was the common master of eloquence and piety in Pontus, taught him the first elements of literature, but died about the year 349, soon after the birth of St. Peter of Sebaste. He lived sometimes at Cæsarea, where our saint was born, and where the sciences flourished; and after his decease the young Basil was sent to that great city for the sake of the schools. He was then only ten or twelve years old; but he far outstripped his age in the proficiency which he made in learning, and still more by the fervour with which he daily advanced in piety and devotion. He was judged equal in oratory to the best masters in that country when he removed to Constantinople, where Libanius, a heathen, the most celebrated rhetorician of that age, and one of the first men of the empire, gave public lectures with the greatest applause. 2 This professor was charmed with the abilities, gravity, and virtue of his scholar. He testifies in his epistles that he was in raptures as often as he heard him speak in public. He ever after kept an epistolary correspondence with him, and gave him constant marks of the highest esteem and veneration. 3 When Basil had made himself master of whatever the schools of Cæsarea and Constantinople were able to teach him, the same laudable thirst after useful learning carried him to Athens, which from the days of Pericles, who raised Greece from barbarism, remained still the seat of the Muses, and especially of the purity and Attic elegance of the Greek tongue, which was preserved in the East, though not always with equal splendour, till the taking of Constantinople by the Turks. Whereas in the West, the true taste in polite literature began generally to decline from the reign of Tiberius, till by the incursions of barbarians it seemed almost extinguished. 4

St. Basil who had first met, and contracted an intimacy with St. Gregory Nazianzen at Cæsarea, was overjoyed to find so worthy a friend at Athens, in 352. St. Gregory, who had arrived there a little before, had credit enough to procure his friend a welcome reception, and the great reputation and gravity of Basil protected him from the rude treatment with which the scholars were wont to receive new-comers. 5 A sympathy of inclinations, an equal ardour for virtue and learning, and a mutual esteem for each other’s piety and great qualities, formed between the two saints a friendship which was not founded in a light and variable affection, but in rooted love and motives of true virtue. Hence no jealousy, envy, impatience, or other passion, was ever able to impair the union of their hearts, which was not like the passions of youth, resembling a spring flower which quickly fades, and founded only in base interest, sense, or pleasure. They had no other interest or desire than to consecrate themselves entirely to God, and to be to each other a mutual comfort, spur, and assistance in attaining to this great end. No passion more easily betrays youth than that of sensual fondness begun under the sacred name of friendship; nor is there anything in which they are to be more strongly upon their guard against themselves, lest what at first seems virtue terminate in passion. This holy pair of perfect friends, by their reservedness, watchfulness, confirmed habit of mortification of their senses, and assiduous prayer, maintained themselves free from the dangerous snares which the enemy of souls never fails to throw in the way on such occasions. They conversed together with such gravity, that they might have seemed angels destitute of bodies. With this guard over themselves, they enjoyed all the support and succour which holy friendship in God is capable of affording to pious souls. They had the same lodging and the same table; they pursued the same employments, and seemed to have but one will. All things were common between them, and in all they did they had both this only view, which they made the whole endeavour of all their actions, that watching or sleeping, in solitude or in company, at work or in study, fasting or taking necessary refreshment, or whatever else they did, they might live only to glorify God, continually adore and honour with all their faculties the Divine Being, and do his will. All their fervour and watchfulness could not have been able to secure their innocence had they not carefully shunned the rock of bad company; which St. Gregory particularly remarks: 6 “Neither did we,” says he, “keep company with scholars that were impious, rude, or impudent, but with those who were the best and the most peaceable, and those whose conversation brought us much profit, being persuaded that it is an illusion to seek the company of sinners on pretence to reform or convert them: it is far more to be feared they will communicate their poison to us.” A most important precept to all men, especially to youth; the neglect of which is the ruin of the strongest virtue, and renders abortive all the care and instructions of the most zealous parents and pastors, and all the fruit of the best education. St. Gregory adds of himself and his friend: “We knew only two streets, and chiefly the first of these which led us to the church and to the holy teachers and doctors who there attended the service of the altar, and nourished the flock of Christ with the food of life. The other street with which we were acquainted, but which we held in much less esteem, was the road to the schools, and to our masters in the sciences. We left to others the streets which led to the theatre, to spectacles, feastings, and diversions. We made it our only and great affair; it was our only aim, and all our glory, to be called and to be Christians.”

St. Basil was an adept in all the liberal arts and sciences. An insight into every different branch of them contributes exceedingly to improve and enlarge the faculties of the mind, and is necessary to every one that would excel in any one science, especially, as Tully observes, in oratory. This art was in the highest request, and of the greatest use among the Greeks and Romans. And our two students in fitting themselves for the ministry of the Church, spared no pains to perfect themselves in the art of true and genuine eloquence. If the fathers seem sometimes to despise it, they speak only of the studied and superfluous ornaments of rhetoric which only tickle the ear, and in a Christian preacher debase the grandeur and dignity of our mysteries, and rather pervert than promote the end for which they are revealed to us. Too florid pomp of words takes off from the noble simplicity, which best suits the dignity of sacred truths, and which inimitably shines in the inspired writings, and renders their genuine eloquence superior to the most finished pieces of all profane orators. But with this simplicity are compatible the truest grandeur, and the most agreeable charms and beauty of diction of which any subject matter is susceptible. And St. Gregory Nazianzen and other fathers have shown, that though the divine truths are not preached to us in the persuasive words of human wisdom, 7 nevertheless the proper succours of eloquence are not to be slighted by pastors in the ministry of the word. Those who degrade that sublime office by a want of method in their discourses, or by a low grovelling expression, dishonour God whose ambassadors they are, depreciate his divine word, and by their carelessness and sloth give the faithful a contempt and distaste for the most inestimable treasure, with the dispensation of which God hath honoured them. And every one who is called to the care of souls is bound to exert his utmost efforts to qualify himself to publish to men the great truths of salvation with a dignity that becomes the great importance of that function which is the first, the principal, and the most indispensable duty of every pastor, and on which depends the salvation of most of the souls committed to his care. Basil and Nazianzen in this view applied themselves to the study of oratory, and imitating the industry of a Thucydides or a Demosthenes, they with incredible pains formed their style upon the best models. 8

St. Basil excelled likewise in poesy, philosophy, and every other branch of literature. By many observations on natural philosophy scattered in his works, especially in his book, On the creation or work of six days, called Hexaëmeron, it appears that his skill in the history of nature was more just and more extensive than that of Aristotle, notwithstanding the helps which the treasures of an Alexander were able to procure him. In logic, such were his superior abilities, and dexterity, that it would have been more easy for a man to draw himself out of a labyrinth than to extricate himself from the web in which this great doctor entangled his adversaries by the force of his reasoning, says St. Gregory. He contented himself with learning the general principles of geometry, medicine, and the like sciences, rightly judging such an insight in to all the arts of extreme use to a person who would excel in any of them, but despising whatever seemed useless to one who had devoted himself solely to religion and piety. In checking thus his curiosity and natural thirst after knowledge, according to the excellent reflection of St. Gregory Nazianzen, he was not less admirable for what he neglected in the sciences than for what he had learned. After his preparatory studies, he applied himself to the assiduous meditation of the holy scriptures, that inexhausted fund of heavenly sentiments and knowledge. He seasoned his other studies with the assiduous reading of the works of the fathers. Thus did our great doctor enrich himself with that precious treasure, with which he stored his mind, and qualified himself in so excellent a manner for the ministry of the divine word, 9 and the advancement of piety.

Basil was soon regarded at Athens as an oracle in sacred and profane learning. Both masters and students used their utmost endeavours to fix him among them; but he thought it incumbent upon him rather to serve his own country. Wherefore leaving St. Gregory some time behind him, he went from Athens in 355, and repaired to Cæsarea in Cappadocia, where being yet young, he opened a public school of oratory. He was also prevailed upon to plead at the bar, these being, in that age, the principal employs in which young orators and noblemen showed their abilities, and improved themselves in the art of speaking. Philosophy had already raised Basil above ambition, and he contemned posts of honour, and all the glittering advantages with which the world flattered him. He had always led a most virtuous and regular life, and sought only the kingdom of God. Yet seeing himself received by his countrymen with the greatest applause, every one testifying the highest esteem for his person and extraordinary endowments, he felt his heart secretly assaulted by a temptation to vain-glory, and a lurking satisfaction in the empty esteem of men. The danger of this enemy made him tremble for his soul; and he shortly after determined entirely to renounce the world, in order to remove himself further from its precipices. The zealous exhortations of his devout sister Macrina, and his friend Nazianzen, contributed not a little to strengthen him in this heroic resolution, and instil into his soul a love of holy poverty, and a contempt of human glory, with a relish for the more sublime philosophy of perfect virtue. By their advice he gave away the greater part of his estate to the poor; and rousing himself as from a lethargy, he began to behold the true light of heavenly wisdom, and thoroughly to understand the emptiness of worldly science, and all human things. In these dispositions he embraced the penitential and laborious state of a poor monk. Libanius, the famous heathen orator, was much struck at the generous magnanimity with which the saint despised the world whilst it caressed and flattered him, and this haughty sophist could not forbear exceedingly to admire and extol so heroic a greatness of soul. St. Basil and his friend St. Gregory, among the things which they forsook in renouncing the world, often enumerate eloquence, but mean the gaudy trimmings and empty delicacies of that art, which only please the ear; or they speak of the profane use of eloquence, to renounce which, especially in that age, was certainly a great sacrifice. For both by their example and works they condemn those Christian preachers, who, pretending to imitate the inspired apostles, cover their laziness and ignorance with a contemptuous disdain of the art of eloquence. 10 “After having forsaken the world,” says St. Gregory, “I have reserved only eloquence; and I do not repent the pains and fatigue I have suffered by sea and land, in order to attain it: I could wish for my own sake, and that of my friends, that we possessed all its force.” 11 And in another place, 12 “This alone remains of what I once possessed; and I offer, devote, and consecrate it entire to my God. The voice of his command, and the impulse of his spirit, have made me abandon all things beside, to barter all I was master of for the precious stone of the gospel. Thus I am become, or rather I wish ardently to become, that happy merchant who exchanges contemptible and perishable goods for others that are excellent and eternal. But being a minister of the gospel, I devote myself solely to the duty of preaching: I embrace it as my lot, and will never forsake it.” 5

St. Basil, reflecting that the name of a monk would be his more heavy condemnation unless he faithfully fulfilled the obligations of that state, in 357 travelled over Syria, Mesopotamia, and Egypt, and visited the most celebrated monasteries and hermits of the deserts in those countries, carefully instructing himself in all the duties and exercises of a monastic life. He was much edified by the example of those holy men, who by all their actions showed that they regarded themselves as travellers on earth, and citizens of heaven; and their conversation very much encouraged him to fervour in his resolution. In all his travels he was careful to choose only those for fathers and guides of his soul in the paths of heaven, whose faith was conformable to that of the Catholic church, as he assures us. 13 In 358 he returned into Cappadocia, and was ordained Reader by Dianæus, the old bishop of Cæsarea, by whom he had formerly been baptized. This prelate professed himself a Catholic, but had been unwarily seduced into some false steps in favour of the Arians. He had joined the Eusebians at Antioch in 341, and at Sardica or Philopopolis in 347; and when the council of Rimini in 359 had omitted the word Consubstantial in its decree, which the emperor had compelled the oriental bishops to subscribe, Dianæus had the weakness to comply. This was a sensible affliction to Basil, who respected him as his pastor, and had found him an affable and grave man. But union in faith prevailing more with the saint than any other ties, he upon this subscription, separated himself from his communion. The saint left Cappadocia in 358, and retired into Pontus, to the house of his grandmother, situated on the banks of the river Iris. His mother Emmelia, and his sister Macrina, had there founded a nunnery, which was at that time governed by the latter. St. Basil established a monastery of men on the opposite side of the river, which he governed five years, till, in 362, he resigned the abbacy to his brother St. Peter of Sebaste. About seven or eight furlongs from the monastery of St. Macrina, stood the church of the forty martyrs, enriched with an ample portion of their relics, and famous in the writings of St. Basil and his friends. The place was not far from Neocæsarea. St. Basil founded several other monasteries both of men and women in different parts of Pontus, which he continued to superintend even when he was bishop. For their direction he drew up his ascetic works, which consist chiefly of his Longer and Shorter Rules for cenobites or monks who live in community: in them he prefers the cenobitic life to the eremitical, as generally the more secure; he inculcates frequently that a monk ought to manifest to his superior all that passes most secret in his soul, and submit himself in all things to his direction: he orders that monks exercise hospitality to strangers, but without providing for them any dainty fare, which he said was as absurd as if they should have better clothes than their ordinary habits to receive them in; and adds this remark, that an austere diet would rid them of the trouble of idle visitants of a worldly spirit, which a neglect of this advice would invite. He says the table of a monk ought to teach even strangers sobriety. 14 He mentions, and excellently recommends each canonical hour of prayer, and though some have denied it, that of Prime, 15 by which we consecrate the first fruits of our thoughts to God, and fill our hearts before all other things, with thoughts of God, and with his holy joy. 16 The Monastic Constitutions which are ascribed to St. Basil, differ from these two rules in several articles, and are not ascribed to this father by any ancient author. Ceillier thinks them of somewhat a later date. The rule of St. Basil is universally followed to this day by all the oriental monks, even by those who call themselves of the order of St. Antony. 6

We have the truest image of this great patriarch in the glass which he holds to us in his writings; and it would be doing an injury to virtue not to give some kind of portraiture of him in his retired life, which has been the model upon which in every succeeding age, many eminent saints have formed themselves in perfect virtue. He never had more than one tunic and one coat, lay on the ground, sometimes watched whole nights, and never made use of a bath, which before the use of linen, and in hot climates, was a very rare and extraordinary denial. He wore a long hair-cloth in the night; but not by day, that it might be concealed from men. He inured himself to bear the sharpest colds, which in the mountains of Pontus are very severe; and he never allowed himself the refreshment of any other fire than the heat of the sun. His only repast in the day was on bread and clear water, except that on festivals he added a few herbs; and so sparing were his meals, that he seemed almost to live without nourishment. St. Gregory of Nyssa compares his abstinence to the fast of Elias, who ate nothing for forty days; and Saint Gregory Nazianzen facetiously banters him upon his excessive paleness, that his body scarcely seemed to have any life; 17 and in another place he says, 18 that he was without a wife, without estate or goods, without flesh, and seemingly without blood. The saint himself testifies that he treated his body as a slave which was ever ready to revolt, unless continually kept under with a severe hand. From his epistles it appears that he was subject to frequent, and almost perpetual infirmities. In one he says, that in his best state of health, he was weaker than patients that are given over by the physicians usually are. 19 His interior mortification of the will, and his profound humility were far more wonderful. We have a proof of this latter in his constant desire to bury himself as much as possible in solitude, and to live unknown to men. In his letters he ascribes all the calamities of the world to his own sins. Solitude did not render him austere or morose to others: he always seemed the mildest and most patient of men. Libanius the pagan philosopher admired nothing in him so much as his astonishing meekness and sweetness towards all; which yet he tempered with an amiable gravity. He was a great lover of chastity, and built several monasteries for virgins, to whom he gave a written rule. About the year 359 he sold the remainder of his estate for the benefit of the poor during a great famine. St. Gregory Nazianzen assures us that he lived in the greatest poverty possible, and that this his resolution was as firm as a rock amidst the waters. He cheerfully divested himself of all he possessed in the world, that he might more securely pass through the dangerous sea of this life; for of all his temporal goods he did not reserve the least thing to himself; and even when he was bishop he was content to receive his subsistence from the charity of his friends. It was his riches to have no earthly goods, and to follow naked the cross of his Saviour, which was all his treasure. In every monastic exercise and virtue, he strove to copy, and even outdo the most perfect examples he had seen in the deserts of Syria and Egypt. In imitation of those monks, he wore a rough coarse habit, with a girdle, and shoes made of untanned leather; but he principally studied to practice the interior virtues of humility, penance, and mortification, of which the dress and manner of life were only the exterior marks or symbols. 20 He divided his time in the desert between prayer, meditation of the holy scriptures, and manual labour. He also went frequently into the neighbouring country to instruct the peasants in the principles of their holy faith, and to exhort them to the love of virtue. 21 One thing seemed at first wanting to him in his dear solitude which was the company of St. Gregory Nazianzen, without whom he seemed deprived of one half of himself. Being therefore delighted with the charms of his cell, he endeavoured to make his friend a partner in his happiness, and to procure to himself the comfort and assistance of his company and example. He therefore invited him by several letters to come to him. In one of these 22 he excellently describes the advantages of retirement for holy prayer, and the perfect subduing of the passions. He defines a monk one whose prayer is continual, who seasons his manual labour with that holy exercise, particularly with singing the psalms, whose heart is always lifted up to God, and whose only study it is to adorn his soul with virtues by assiduous meditation on the holy scriptures. He reduces the meals of a monk to one refection a day, and that on bread and water; and curtails his sleep by putting an end to it at midnight, and dedicating the rest of the night to prayer. He lays down rules for silence, modesty in exterior dress and carriage, and the like. The two SS. Gregory assure us that our saint in this letter gives us a true portraiture of himself. Nazianzen complied, and followed Basil into his retirement in Pontus. That saint describes the extreme austerity of the life which they led in a poor open hovel, with a little barren garden which they cultivated. 23 And he afterwards regretted the loss of the sweet tranquillity and happiness which they there enjoyed when occupied in singing psalms, watching in prayer which transported their souls to heaven, and exercising their bodies in manual labour, carrying wood, hewing stones, digging canals of water, planting trees and the like. 24 The two saints pursued together their studies of the holy scriptures. But in 362 St. Basil, taking with him some of his monks, returned to Cæsarea in Cappadocia. 7

Julian the Apostate ascending the imperial throne in 361, wrote to St. Basil, whom he had known at Athens, and invited him to his court. The saint answered him, that the state of life in which he was engaged rendered it impossible for him to comply with his desire. Julian dissembled his anger for the present; but when the saint had come to Cæsarea, he again wrote to him, saying artfully, that he had not altered his sentiments in his regard, though he had given him just reason for it; yet he ordered him to pay into his exchequer one thousand pounds of gold, threatening in case of refusal, that he would level the city of Cæsarea with the ground. 25 The saint, no way moved at his threats, calmly replied, that far from being able to raise so large a sum, he had not of his own enough to purchase himself subsistence for one day. He added boldly in his letter, that he was surprised to see him neglect the essential duties of his crown, and provoke the anger of God by openly contemning his worship. 26 The emperor, enraged at this rebuke, marked out St. Basil and St. Gregory Nazianzen for victims to his resentment after his return from his Persian expedition, in which he himself perished in June 363. Dianæus, bishop of Cæsarea, falling sick, sent for St. Basil, and protested to him that if he had signed the confession of Rimini he had done it without knowing the evil which it contained, and that he never had any other faith than that which was agreeable to the Nicene council, to which he steadfastly adhered: upon which St. Basil was reconciled to him. After his death Eusebius, a layman, was advanced to that see; and some time after St. Basil was by him ordained priest by compulsion, as St. Gregory Nazianzen assures us, who wrote to him a letter of comfort and advice on that occasion. 27 Our saint continued the same manner of life in the city which he had led in the desert, except that to his other labours he added that of preaching assiduously to the people. He erected there a monastery for men and another for women. Eusebius, the bishop, who stood in need of such an eloquent and prudent assistant, had for that purpose raised him to the priesthood. Nevertheless, by a frailty incident to men who watch not carefully over their own hearts, (by which expression of St. Gregory Nazianzen we must understand a secret passion of jealousy), he afterwards fell out with him, and removed him from his church. The people of Cæsarea and many bishops took part in favour of Basil against the bishop; but the saint, rejoicing to see himself again at liberty, privately withdrew, and returned to his former retreat at Pontus, where he recovered again the company of St. Gregory Nazianzen. This happened in 363. It is observed by some that St. Basil for some time corresponded and communicated with Basil of Ancyra, Eustathius of Sebaste, and Silvanus of Tarsus, who became ringleaders among the Semi-Arians; but though they refused to admit the word Consubstantial, they at that time explained their sentiments in such a manner as to appear orthodox, especially with respect to the article of the divinity of the Son of God; and they showed great zeal against the Arians. Some of them denied the divinity of the Holy Ghost, but concealed this error some time under ambiguous terms, pretending that they only disputed about certain expressions. Wherefore the conduct of St. Athanasius and St. Hilary, when they wrote their books on Synods, was the same towards them with that of St. Basil. 8

Whilst our saint during three years breathed the sweet air of retirement, the empire was agitated by several revolutions. The Catholic Emperor Jovian dying in February, 364, Valentinian was chosen to fill the imperial throne, who immediately named his brother Valens emperor of the East. This latter suffered himself to be seduced into heresy by two profligate Arian bishops, Eudoxius of Constantinople and Euzoius of Antioch; and in 366 took a journey to Cæsarea, with the intent of putting the churches of that city into the hands of the Arians. St. Basil had then lost St. Gregory, and being invited back by his bishop, Eusebius, and alarmed at the dangers of that church, he hastened to defend it against the persecutions of heresy. Upon his arrival at Cæsarea he opposed the Arians with so much prudence and courage, that after many attempts they were obliged to desist from their pretensions with shame and confusion. He was no less vigilant by his zealous sermons to instil into the faithful the most perfect maxims of virtue, reconcile all differences, and extinguish law-suits. When violent hail and storms had destroyed the harvest, and a famine filled the country with desolation, the poor in their extreme necessity found relief in the boundless charity of Basil, who, like another Joseph, opened for their abundant supply the coffers of the rich. He with his own hands distributed among them bread and other provisions, waited upon them at table with an apron before him, and with wonderful humility washed their feet. By his deference, prudence, zeal, and charity, he won the affections of Eusebius, who conceived the highest esteem for him, and made great use of his councils in all affairs. That prelate dying about the middle of the year 370 in the arms of Basil, the saint was chosen and consecrated archbishop of that metropolitical church. St. Athanasius expressed an extraordinary joy at this promotion, which already announced the greatest victories over a triumphing heresy. 9

St. Basil being placed in this dignity, seemed as much to surpass himself as he had before surpassed others. He preached to his people even on working days, both morning and evening, and so thronged were his auditories that he calls them a sea; 28 and they listened with so great eagerness to his discourses, that he compares himself to a mother who is obliged after her breasts are drained, still to give them to her dear babe, by that fruitless satisfaction to hinder his crying. So was he obliged, as he says, in order to satisfy the ardour of his flock, to make his voice heard by them, when a long sickness had exhausted his strength, and rendered him almost unable to speak. 29 He established at Cæsarea many devout practices which he had seen observed in Egypt, Syria, and other places; as that of all meeting in the church to public morning prayer, and singing certain psalms together before sunrise, at which many assisted with the deepest compunction, and with torrents of tears. 30 He testifies that the people then communicated at Cæsarea every Sunday, Wednesday, Friday, and Saturday, and on all the feasts of the martyrs. 31 When the province was afflicted with a great drought, the good pastor prostrated himself in prayer before God till the scourge was removed, as his brother of Nyssa relates. If it be one of the principal duties of a bishop to look upon himself as the guardian and trustee of the poor, as St. Justin styles him, 32 this charge St. Basil most faithfully fulfilled. Besides his other excessive charities he founded a vast hospital, which Nazianzen calls a new city, which continued famous long after his time, and was from him called Basiliades. The same author says, that, “Having well considered it, he thought it might deservedly be reckoned among the miracles of the world; so numerous were the poor and sick that came thither, and so admirable was the care and order with which they were served.” St. Basil frequently visited it, comforted the patients, and instructed and preached to them. His compassion for the spiritual miseries of souls which vice, heresy, and schism, seduced, was to him a perpetual source of tears and sighs to the Father of mercies in their behalf; and his zeal made him spare no pains, and fear no dangers to apply all possible remedies to their evils. Of this we have a remarkable proof in the glorious triumph which he gained over the Emperor Valens. 10

That prince seeing this saint stand as an impregnable tower, baffling all the efforts of his heresy, resolved to remove him out of the way. By several acts of violence and persecution, he had already struck a terror into the orthodox pastors. Reeking with the blood of many martyrs, Valens passed like lightning through several provinces, blasting them with Arianism, and arrived in Cappadocia, ready to dart his thunder upon the great archbishop of Cæsarea, who alone stood more in his way than all the rest together. He sent before him the prefect Modestus with orders to prevail upon Basil by threats or promises to communicate with his Arians. Modestus being seated on his tribunal, attended by the lictors with their fasces, summoned St. Basil to appear before him. The saint came with a cheerful and undaunted countenance. The prefect received him courteously, and with many smooth words endeavoured to bring him to a compliance with the emperor’s desire. But perceiving this method made no impression, he assumed a haughty air, and said to him, in an angry tone: “Basil, what dost thou mean by opposing so great an emperor, whom all obey? Art thou under no apprehensions of feeling the effects of the power we are armed with?” Basil.—“To what does this power extend?” Modestus.—“To confiscation of goods, banishment, tortures, and death.” Basil.—“If you can threaten me with anything worse than this, do so: for none of all these things give me the least uneasiness.” Modestus.—“How so?” Basil.—“He who has nothing to lose is secure against confiscation. I am master of nothing but a few books and the rags I wear, neither of which, I presume, you have any great occasion for. As to banishment, I know of no such thing in your power to inflict upon me, who account not the country I now inhabit my own. Heaven only is my country. I as little fear your torments: my emaciated body cannot hold out long under them. The first stroke will despatch me, and put an end both to my life and pain. Much less do I dread death, which I regard as a favour; for it will bring me sooner to my Creator, for whom alone I live.” Modestus.—“Never did any man yet talk at this rate of freedom and unconcernedness to Modestus.” Basil.—“Perhaps, this is the first time you had ever to do with a bishop. In all other occurrences we bishops are of all men living the meekest and most submissive: we do not carry ourselves haughtily towards the meanest plebeian, much less towards persons vested with much power. But where the cause of God and religion is at stake, we overlook all things else, regarding God alone. Your fire, daggers, beasts, and burning pincers in this cause are our option and delight: you may threaten and torment us; but can never overcome us.” Modestus.—“I give you till to-morrow to deliberate upon the matter.” Basil.—“I shall be the same man to-morrow that I am to-day.” 33 The prefect could not but admire the saint’s intrepidity; and going out the next day to meet the emperor, who was coming into the city, he informed him of what had passed between himself and Basil, and expressed his astonishment at his heroic courage. Valens, enraged at the miscarriage, would assist himself at a second trial of skill upon the holy confessor, together with Modestus, and an officer of his household called Demosthenes, the most insolent and brutish of men. Afterwards the prefect ventured upon a third attack; but the stout soldier of Christ acquired each time greater glory by his courage. So that Modestus in the end said to the emperor: “We are overcome: this man is above our threats.” And Valens laid aside for that time all further attempts upon him. On the feast of the Epiphany the emperor went to the great church, and was much surprised and edified with the good order and respect with which the divine office was celebrated; and, above all, with the devotion and piety with which the archbishop performed the divine service at the altar. The emperor did not presume to present himself to the communion, knowing he would have been rejected; but he went up trembling at the offertory, and made the usual offering, which the bishop did not refuse, dispensing with the rigour of the ecclesiastical canons on such an occasion. 11

Nevertheless the next day Valens to satisfy the importunities of his Arian bishops, ordered that Basil should depart into banishment. But at the time that the emperor gave this order against the saint, God, in the high court of heaven, passed a sentence against his only son, named Valentinian Galatus, a child then about six years old. That very night was the royal infant seized with a violent fever, under which the physicians were not able to give him the least relief; and the empress Dominica told the emperor, that this calamity was a just punishment of heaven for his banishing Basil; on which account she had been disquieted by terrible dreams. Whereupon Valens sent for the saint, who was then just preparing to go into banishment. No sooner had the saint set foot within the palace, but the young prince’s fever began sensibly to abate, and Basil assured his parents of his absolute recovery, provided they would order him to be instructed in the Catholic faith. The emperor accepted the condition, St. Basil prayed, and the young prince was cured. But Valens, unfaithful to his promise, afterwards suffered an Arian bishop to baptize the child, who immediately relapsed and died. 34 This stroke did not make Valens enter into himself; but growing more hardened by the contempt of grace, he gave a second order for banishing Basil. Going to sign it, he took for this purpose one of those reeds which the ancients used as we do pens, which many eastern people do at this day. This reed broke in his hands, as did a second, and a third in like manner, as refusing to write; and as he was taking a fourth he found his hand tremble, and the sinews of his arm slackened, which made him in a fright tear the paper, and leave Basil in quiet. 35 The prefect Modestus was not so ungrateful to him as the emperor had been; for recovering of a dangerous sickness by his charitable visit and prayers, he acknowledged the benefit done him, and was ever after the saint’s friend. 12

St. Basil took two journeys into Armenia, to pacify certain disturbances, and to redress scandals caused by the heretics in those parts. In 371 Cappadocia was divided by an imperial law into two provinces, and of the second Tyana was made the metropolis. Whereupon Anthimus, bishop of that city, claimed the jurisdiction of a metropolitan, grounding his pretensions on the civil division of the province; because it often happened that the bishop of the metropolis of a province was made an archbishop, though this was no general rule; for all ecclesiastical jurisdiction is derived from the church; and no patriarch or synod had raised the dignity of the church of Tyana to be metropolitical. Wherefore St. Basil justly rejected the pretended claim of Anthimus, and appointed St. Gregory Nazianzen bishop of Sasima in that province. But St. Gregory never got possession of that see; and St. Basil at length allowed that the church of Tyana should, on certain conditions, be honoured with the dignity which it claimed. In 373 the saint was visited with a dangerous fit of illness, in which he was once thought dead. 36 Yet he recovered, and took the benefit of the hot baths. In 376, Demosthenes, vicar to the præfectus prætorii, being made governor of Cappadocia, favoured Eustathius of Sebaste, and the other Arians, and raised a violent persecution against the Catholics, especially the friends of St. Basil. But the emperor Valens being defeated and burnt in a cottage in Thrace by the Goths, whom he himself had infected with the Arian heresy, on the 9th of August, 378, peace was restored, to the church by the emperor Gratian. St. Basil fell sick the same year, and prepared himself for his passage to eternity. The whole city in the utmost grief and consternation resorted to his house, ready to use violence to his soul, if it were possible, that it might not quit its habitation. But the time was come in which God had decreed to recompense his faithful servant, and the saint with these words in his mouth: “Into thy hands, O Lord, I commend my spirit,” departed this life on the 1st of January, 379, being fifty-one years old. His riches he had sent before him to heaven, and he did not leave enough for a tomb-stone; but the people not only erected an everlasting monument for him in their hearts, but also honoured him with funeral obsequies magnificent to the last degree. His sacred remains were carried by the hands of saints, and accompanied by an incredible confluence of people. Every one was for touching his shroud, and the bed on which he had slept, thinking to receive some blessing from their devotion. Sighs and lamentations drowned the singing of the psalms; the very Pagans and Jews wept with the Christians, lamenting the death of the common father of all, and the great doctor of the world. Those who knew him, took a pleasure in recounting his minutest actions, and every expression they had heard from his mouth; and such was their love for him, that they affected to imitate him in his gestures, his beard, his gravity, and his slow delivery in speaking. They made it a fashion to copy after him in the form of his bed, his clothes, and spare table. Thus writes St. Gregory Nazianzen, who in his panegyric of St. Basil displays the virtues of his friend in such a manner as must make his discourse no less immortal on earth than the saint whom he praised. 37 St. Gregory of Nyssa, St. Amphilochius, and St. Ephrem also wrote panegyrics in his honour. The two first of these testify that immediately after the death of the saint, the Greeks kept his festival on the 1st of June, as they do at this day: the Latins have always transferred it to the 14th of June, the day on which he was ordained bishop. Theodoret gives him the title of the Great, which epithet has been always appropriated to him. He is styled by the same father, the light of the universe: by St. Sophronius, the honour and ornament of the church; by St. Isidore of Pelusium, a man inspired by God, and by the general council of Chalcedon, the great Basil, the minister of grace who has explained the truth to the whole earth. Photius Erasmus in his excellent preface prefixed to the Greek edition of St. Basil’s works, in 1532, and many other judicious critics call St. Basil the most accomplished orator that ever lived, and his style the best model of genuine eloquence. Rollin and all others place him at least in the first class, as one of the greatest masters of eloquence. Photius writes 38 that “Whoever desires to become a panegyrist or orator will neither need Plato nor Demosthenes if he take Basil for his original; for there is no writer whose diction is more pure, more beautiful, and more expressive, or whose sense is stronger or more full. He joins all the powers of persuasion with sweetness and perspicuity, and his whole discourse runs like a still river which flows smoothly, and as it were of its own accord from its spring.” Like Thucydides and Demosthenes, he is always pressing upon himself by the multitude of his thoughts, and the close union they bear one with another. The liveliness and justness of his ideas, and the fruitfulness of his imagination vie with the perspicuity of his expressions: the harmoniousness of his numbers corresponds everywhere with the sense; and his style by the beauty of its tropes and its easy transitions rivals the sweetness and smoothness of Xenophon and Plato. Above all, the clearness of his understanding and the truth of his sentiments shine in whatever he writes, and his animated diction and commanding genius brighten whatever comes under his pen, carry light into the darkest recesses, and impress his own most lively images on his readers. 39 St. Gregory of Nazianzen says of his writings: 40 “When I read his treatise Of the Creation, I seem to behold my Creator striking all things out of nothing; when I run over his writings against the heretics, methinks the fire of Sodom sparkles in my view, flashes upon the enemies of the faith, and consumes their criminal tongues to ashes. When I consider his treatise of the Holy Ghost, I find God working within me, and I am no longer afraid of publishing aloud the truth: when I look into the Explications of the Holy Scripture, I dive into the most profound abyss of mysteries. His panegyrics of the martyrs make me despise my body, and seem animated with the same noble ardour of battle. His moral discourses assist me to purify both my body and soul, that I may become a worthy temple of God, and an instrument of his praises, to make known his glory and his power.” 13

St. Basil was justly admired not so much for his extraordinary learning and eloquence, as for his profound humility and eminent zeal and piety. This is the only true greatness. If this saint with his extraordinary talents, had made a fortune in the world, gained applause, riches, and the first honours in the empire, what would all this have availed him? What advantage is it now to Demosthenes and Cicero to have been the masters of eloquence? True Christian virtue is the only solid glory and real good. Basil was only great, because he devoted himself and all his talents to the glory of God, and to procure advantages which surpass all things temporal, and which never fade. 14

Note 1. Or. 20.

Note 2. This Libanius taught rhetoric at Constantinople, Nicomedia, and Antioch; was much honoured by Julian the Apostate, and surviving to the end of the reign of Theodosius was by him raised to the dignity of Præfectus-Prætorii. Several epistles, orations, and declamations of this celebrated sophist are extant, in which he often inveighs against Constantine the Great and the Christian religion.

Note 3. Libanius, apud S. Basilium, ep. 145, 152.

Note 4. St. Basil excellently observes, (De Legendis Gentilium Libris,) that though the holy scriptures and the maxims of eternal life are the main study of Christians, yet eloquence and other branches of profane literature are the leaves which serve for an ornament and the defence of the fruit. He therefore prescribes that youth be prepared for the sublime study of the sacred oracles by reading diligently for some time the best profane poets and orators, but not promiscuously. For he requires that those in which examples or maxims dangerous to virtue are found, be most carefully shunned. Julian the Apostate thought it impossible for him to undermine the Christian religion so long as its pastors and defenders were the most learned men of the empire, such as St. Athanasius, St. Basil, St. Gregory of Nazianzum, St. Hilary, Apollinarius, and Diodorus of Tarsus. He therefore forbade Christians to teach grammar, eloquence, or philosophy: a law which these fathers loudly complained of as the most base and unjust contrivance of tyranny, as Ammianus Marcellinus, though a heathen, and Julian’s own panegyrist, confesses, (l. 22, c. 10; l. 25, c. 4,) and as is excellently set forth by Le Beau, (Hist. du Bas Empire, l. 12, n. 24, t. 3, p. 171.) This author observes, that from the testimony of the fathers and historians it is clear that this prince by a posterior law forbade the Christians also to read profane authors. To make up in some measure for this loss, St. Gregory Nazianzen and, Apollinarius set themselves to write poems upon pious subjects. But the master-pieces of all ages could never be supplied by hasty compositions, how excellent soever they are.

Note 5. Naz. Or. 20.

Note 6. Naz. Or. 20.

Note 7. 1 Cor. ii. 4; 2 Cor. xi. 6.

Note 8. According to the true method to succeed in such studies, they did not, at first setting out, overwhelm their mind with reading a multitude of authors, which instead of enriching and forming, would only have disordered and confounded it. They observed the useful Latin proverb: “Beware of the man of one book.” They only then enlarged their reading when they had already formed a regular system of each science. It was their first care to make a select choice of the most excellent authors, to read them, not superficially and in a hurry, but with attention, again and again, and to digest their lectures by close reflection: they often reviewed the most beautiful passages, compared them together, and strove to imitate them till they seized every delicacy and perfection of diction and sentiment. In their own compositions they often corrected their first thoughts, took time and pains to polish, and give to every part of their discourse all possible strength and ornament, and to render it perfectly uniform and beautiful: they doubtless submitted their productions to one another’s censure, or to that of other friends, and they knew the critical season of laying aside the file: not like those who being never able to please themselves spoil what was well done; or those who are so blindly enamoured of their own works as to be loth to pare away trifling thoughts, or superfluous words and repetitions which weaken and debase the finest strokes; by which fault the many real beauties of Seneca are eclipsed. The gracefulness of a natural, easy, and animated action, the last accomplishment of oratory, is acquired by attention and practice in declaiming: by which our happy students attained to the amiable elegance and delicacy of gesture in speaking, which was the distinguishing character of Cicero; and at the same time imitated the fire and activity of Demosthenes, who, in that respect, whether in composition or the delivery, never had an equal among the ancient Greeks and Romans. The stage gives only a theatrical accent and gesture, ill becoming an orator: it never formed any great man to speak well at the bar or in the pulpit. It was therefore no loss, but a complicated advantage to our saints, that, from motives of virtue, they abhorred the theatre. The faithfulness of their own geniuses, and this their happy method, and success in their studies, rendered them the two most accomplished orators the world has ever produced, superior even to Cicero and Demosthenes, the unrivalled princes of eloquence among the ancient Greeks and Romans. Both resemble more Demosthenes than the Latin orator. This latter adapting himself to the genius of the Romans, usually expatiates in fine images and pleasing turns upon the same topic: whereas the Athenians being naturally more thoughtful, a lively hint, a quick thought, or a close enthymeme, was more agreeable to them who loved close attention, and whom the most rapid flash could not escape; they would have the pleasure of cracking the nut to come at the kernel; and required in every word a deep sense, and a fresh fund of reflection. The genius of the modern French, and much more that of the Spaniards and Italians, goes in this respect beyond that of the ancient Romans; hence their Algerottis and Flechiers, often amuse themselves with playing long on the same thought, though among them the inimitable Fontaine, Bossuet, and some others, are exceptions to this remark. Demosthenes, in imitation of Thucydides, and suitably to the genius of the Athenians, is everywhere close, full of profound sense, as quick as lightning; he reasons by short enthymemes, which antiquity so much admired in his writings, and by which he confounded and beat down all opponents with an irresistible force. Notwithstanding the inimitable fire and the natural easiness of his style, in which we entirely lose sight of the orator, being totally occupied on the matter, his art sometimes shows itself, and his discourse appears laboured: whence it was objected to him, that they smelt of the oil of his lamp. Cicero most admirably proportions his style to his subject, and he who dazzles our eyes, and swells above the clouds when he describes the perfect orator, glides like a gentle stream in his philosophical works, everywhere with equal sprightliness, and with incomparable charms and graces. Yet Fenelon, in his dialogues on eloquence observes, that his style appears somewhat studied; he also exceeds in dress, and indulges the pleasure of his hearers by an excess of graces and elegance. Nazianzen seems in this more happy and judicious than Cicero, though he often loads his style with all the ornament it can bear, because to please is one of the surest methods of persuading. Those who are fond of luxuriant graces and flowers in discourse, call this father the most eloquent of all orators. But critics who prefer a chaste severe style, give the palm to St. Basil, who in plain significant words, without pomp, imitates that inexpressible agreeableness which nature stamps on all her works, whose graces are the most attractive, and, at the same time, the most plain and unaffected. He is discreet and sparing in the use of figures, which are as it were, the salt and seasoning of discourse, and must not be lavished. His style is everywhere most correct, clear, smooth, and elegant, and he clothes his sentiments with the most engaging charms and graces of speech, which flow so easy, that the least vestiges of art or study are not to be discerned in his writings. To use the words of a judicious critic, he everywhere speaks in that language which nature itself would make use of, could she express herself without the external aid of speech. We may say of St. Basil, what Quintillian writes of Cicero, that in him eloquence hath displayed all its powers, and unfolded all its riches. We are indeed obliged to confess, that if leisure had allowed St. Chrysostom to give to all his writings their last polish, perhaps the world would readily agree, that there never appeared a genius better fitted for eloquence, or more eminently possessed of all its graces. Several pieces which he finished, seem equal, if not superior, in this respect, to anything extant, whether of the classical writers or fathers, and even in extemporary performances, his good sense, his fire, most beautiful images, noble, bold, and natural figures, the clearness of his conceptions, sweetness of expression, and flow of language, never forsake him, even in digressions and long parentheses, in which he sometimes almost forgets himself, and which, however useful, his fine file would have smoothed or pared away. His voluminous excellent works are, to a preacher, the richest magazine, and the most complete treasure of the maxims of Christian virtue.

Note 9. In imitation of the Basils, the Chrysostoms, the Ambroses, and the Augustines, let every young clergyman read diligently the Bible, first by itself; afterwards with accurate commentaries, as those of Du Hamel, Menochius, Estius, Carieres, or Calmet; especially the psalms, prophets, and New Testament. At the same time by assiduous holy meditation on these divine oracles, he must make himself master of the spiritual sense, and as it were, the marrow of the sacred text, and its boundless riches, in which the incomparable comments of St. Chrysostom, especially on the psalms, St. Matthew, and St. Paul, will be the best guide and assistance, and are themselves a treasure and a fund of spiritual learning and morality, infinitely fruitful, and embellished with the blandishments of the most commanding and affecting eloquence. It is to be wished the sermons of St. Chrysostom to the people of Antioch, and his comments on the scriptures, certain select homilies of St. Basil, St. Gregory Nazianzen, and St. Austin, with St. Cyprian to Donatus, and on the Lord’s Prayer St. Eucherius to Valerian, and some other like pieces were collected into a vade mecum, or pocket-companion, for the study of every Christian preacher, who may from these sources enrich himself with the wealth of others, which he makes his own, whilst he adorns his mind with their precious spoils. To speak methodically and correctly, he ought at first to write his discourses. Thus in a short time he will be qualified to speak to any moral subject extempore. To render himself more perfectly master of his matter, he may acquire abundant stores from several modern writers on moral virtues, from the works of Lewis of Granada, Alvarez du Paz, Rodriguez, or Loriot. Several sermons of Bourdaloue will inspire him with a noble elevation of sentiment and diction; and many of the sermons of Massillon will teach him the anatomy of the human heart and passions, set forth in so clear a light, and painted in such lively colours, that the most refined self-love will not be able to disguise or hide itself. A true turn and command of language will be much improved by a custom of speaking correctly, by good conversation, and by an acquaintance with good writers. The works of Gother, Manning, Addison, and Bishop Atterbury, or Bishop Sherlock, may suffice for this purpose, if they are read and studied with proper attention to their diction, and if this be for some time imitated in the composition of themes or translations.

Those pretended Christian preachers deviate from the first principles of their divine religion, and rob the people of its infinitely precious advantages, who in their sermons seem to lose sight of the gospel, and banish it from the pulpit, to preach a mere heathen morality, and speak rather like a Seneca than a disciple of St. Paul, or minister of Christ. Human reason or philosophy is too weak to stem the tide of man’s passions, to bring solid comfort or spiritual nourishment to his heart, and much more to point out the sources of his disorders, and teach or apply to them effectual remedies. This is the privilege of revealed faith alone, which furnishes most powerful motives, and gives both light and strength. The fathers studied and preached the sacred oracles of the gospel. This gave to their discourses the weight of the divine authority, which is stamped upon the word of God, and made it in their mouths a fruitful seed for the conversion of sinners, and the propagation of true virtue and religion.

Note 10. Naz. Or. 27.

Note 11. Or. 3.

Note 12. Or. 12.

Note 13. St. Basil, Ep. 204.

Note 14. Regulæ fusius explicatæ, Reg. 20.

Note 15. As Ceillier demonstrates, t. 6, p. 184, against Bulteau, l. 2, Hist. Mon. de l’Orient.

Note 16. Regulæ fusius explicatæ, Reg. 37.

Note 17. Naz. Ep. 6.

Note 18. Orat. 19.

Note 19. St. Basil, Ep. 257.

Note 20. Ep. 79.

Note 21. Sozom. l. 6, c. 17.

Note 22. Ep. 2, ed. Bened. olim. Ep. 1.

Note 23. Naz. Ep. 8.

Note 24. Ep. 9.

Note 25. St. Bas. ep. 207.

Note 26. St. Bas. ep. 208.

Note 27. Naz. ep. 11.

Note 28. Hexaëm. hom. 2 et 3.

Note 29. In Ps. 59.

Note 30. Ep. 63.

Note 31. Ep. 289.

Note 32. Apol. 1. ol. 2.

Note 33. Nazian. Nyss. in Eunom. l. 1, p. 313. Theodoret. l. 4, c. 16. Rufin. l. 2. c. 9.

Note 34. Naz. Theodoret, Socrat. Sozom.

Note 35. St. Greg. Nyss. St. Emphrem, Theodoret.

Note 36. Ep. 141.

Note 37. Or. 20.

Note 38. Cod. 141.

Note 39. The works of St. Basil are published in three volumes, folio. In old editions the Greek text is sometimes imperfect, and the style in the Latin translation is often low, and in some places not exact. The most accurate edition was given us by the Benedictins of the Congregation of St. Maur, by Dom. Garnier, in 1721, but the last volume, with the life of the saint, was published by Dom. Marant, in 1730.

His Hexaëmeron or Explication of the work of Six Days, or The Creation of the World, consists of nine homilies, and is a finished piece, equally admired by the ancients and moderns, both for the erudition it displays, and the unparalleled elegance of the composition. Cassiodorus says he expounded all the holy scriptures from the beginning to the end; but of those works we have only extant thirteen homilies on the Psalms, and a commentary on Isaiah, which Ceillier maintains genuine against Dom Garnier. His five books against Eunomius are a confutation of Arianism written against the Apology for that heresy drawn up by Eunomius, who was a native of Cappadocia, but ordained deacon by Eudoxius, the Arian patriarch at Antioch, where he was a disciple of Aëtius, but surpassed his master in reputation with his party. Having been the author of innumerable disturbances at Antioch, Chalcedon, and Constantinople, he was banished by the Emperor Theodosius to Halmyrida upon the Danube, but soon after permitted to return to Cæsarea in Cappadocia, in which country he had an estate at Dacorus, where he died in 393. Eunomius not only taught the Word to be a creature, but added to Arianism many other errors.

In the second volume of the Benedictin edition of St. Basil’s works we have twenty-four homilies on moral virtues, and on the feasts of martyrs. The homilies against usurers, which is his comment on the fourteenth psalm, and that against gluttony and drunkenness, are particularly beautiful and elegant. His moral homilies are followed by his ascetic works, and by his liturgy. This is extant in Greek, and has been used by almost all the Greek churches, at least ever since the sixth age, as appears from Petrus Diaconus. (l. de Incarn. c. 8.) The Coptic and Egyptian liturgies are translations from this. (See Renaudot, Liturg. t. 1, and Le Brun, Liturg. t. 2.) It is clear from the testimonies of St. Gregory Nazianzen, St. Proclus, Peter the Deacon, the Seventh Council, &c. that St. Basil compiled a liturgy; but that which now bears his name, and is used by the Greeks, Copts, Arabs, &c. has perhaps received alterations in the less essential parts since his time. St. Basil’s book Of Morals is a collection of scripture texts on penance, and the chief duties of a Christian life, to point them out to the faithful. His three canonical epistles prescribe the term of canonical penance to be enjoined penitents for their sins. The best edition is that given by Beveridge among the canons of the Greek Church. In the third volume of St. Basil’s works we have his learned and useful book of the Holy Ghost, addressed to St. Amphilochius, and written in 375. In it he proves the divinity of the Holy Ghost, from various passages of the sacred writings, from the creation of the world, the gifts of grace and miracles, and all the divine attributes which are ascribed to him. He shows the same from the tradition of the church, the use and necessity of which he excellently demonstrates, (ch. 27, p. 54.) In his fifth book against Eunomius he sets himself to prove the same article, namely, the divinity of the Third Person. His letters, which Photius propounds as models of the epistolary style, amount to the number of three hundred and thirty-six. In that to a lady called Cæsaria, written in 372, he says that in the persecution of Valens, when Catholic priests often lay hid, it was allowed the faithful to keep the blessed eucharist at home, and to communicate themselves. (Ep. 93, ad Cæsar, p. 186.) Nothing can be more beautiful than his apology for the monks who rise at midnight to prayer, and who praise God in continual tears and compunction. He wishes no other revenge to their adversaries, than that they likewise would live in tears and perpetual penance. (Ep. 207, p. 311.) Writing to his cousin Suranus, a Cappadocian, duke or governor of Scythia, he exhorts him to continue sending relief to the persecuted Christians in Persia, and entreats him to procure and send him into his own country some relics of the martyrs who at that time suffered for Christ. (Ep. 155, p. 244.) St. Basil often zealously exhorts the faithful to celebrate the feasts of the martyrs. (Ep. 95, 176, 282, 252, 243, &c.) and expresses a great veneration for their relics, before which he says the faithful in every necessity fly to their intercession and are heard. (Hom. in 40 mart. p. 155, Hom. in Barlaam Mart. p. 139, &c.) The book On Virginity, under the name of St. Basil, cannot be his work, and is absolutely unworthy to bear so great a name, though it was written in the same age. It is addressed to Letoius, bishop of Melitene, to whom St. Gregory of Nyssa wrote his canonical epistle. Letoius was only made a bishop in 381, two years after the death of St. Basil. In this work are mentioned two clear instances of sacramental confession. (p. 646.) St. Basil himself frequently teaches the use of auricular confession of sins. (in Ps. 32, and ep. canon, 2 can. 34, et Reg. Brev. c. 228.) St. Basil’s excellent ascetic works are translated into French, and published with notes by Hermant, in 1673.

Note 40. Or. 20.

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume VI: June. The Lives of the Saints. 1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/141.html

Basil the Great B Doctor (RM)

Born in Caesarea, Cappadocia, Asia Minor (now central Turkey), in 329; died there on January 1, 379; Doctor of the Church; feast celebrated January 1 in the Eastern Church; feast day in the West formerly on June 14, which was the day of his consecration.



"Be aware of God's compassion, that it heals with oil and wine. Do not lose hope of salvation. Remember what is written--the one who falls shall rise again, and the one who turns away shall turn again, the wounded is healed, the one caught by wild beasts escapes, the one who confesses is not rejected.

"For the Lord does not want the sinner to die, but to return and live.

"There is still time for endurance, time for patience, time for healing, time for change. Have you slipped? Rise up. Have you sinned? Cease. Do not stand among sinners, but leap aside. For when you turn away and weep, then you will be saved."

-- Saint Basil

Prayer of Saint Basil on his Feast Day

"Lord our God, teach us to ask for the right blessings. Steer the vessel of our life toward You, tranquil haven of all storm-tossed souls. Show us the course wherein we should go. Renew a willing spirit within us. Let Your Spirit curb our wayward senses, and guide and enable us unto that which is our true good, to keep Your laws, and in all our works everywhere to rejoice in Your glorious and gladdening Presence. For Yours is the glory and praise from all Your saints for ever and ever. Amen."

Saint Basil was born into one of those glorious families of ten children that included Saint Gregory of Nyssa, Saint Macrina the Younger, and Saint Peter of Sebastea. His father, Saint Basil the Elder, and his mother, Saint Emmelia, were wealthy and landed. His early years were spent in the home of his grandmother, Saint Macrina, whose teaching was to influence him greatly.

The persecution of Christians had ceased by the time Basil was born, but his parents had lived through them. Much as with the children of Holocaust survivors, their persecution colored his life and strengthened his fervor.

Basil received the best possible education at Caesarea, Constantinople, and Athens (351-356) with the intention of becoming a lawyer and orator. He associated with the more serious-minded students, including his friends Saint Gregory of Nazianzus and Julian, the future apostate emperor.

He returned to Caesarea and taught rhetoric in the city for some years, but on the threshold of a brilliant career, his sister Macrina, who had helped to educate and settle her siblings, retired with their widowed mother and other women to live a communal life on one of their estates at Annesi on the River Iris.

Around this time, under the influence of Macrina, Basil was baptized and determined to serve God in poverty. In 357, he visited the principal monastic colonies of Egypt, Palestine, Syria, and Mesopotamia to study religious life. Julian invited him to court, but he refused. Upon his return in 358, he settled himself in a wild spot in Pontus, separated from Annesi by the River Iris, devoting himself to prayer and study.

With disciples, including his friend Gregory, who gathered there, he formed the first monastery in Asia Minor. They preached to the people and practiced a contemplative life. Basil's principles and rules for living have been carried down to the present day for monks in the Eastern Church. Although he lived as a monk in the strict sense of the word for only five years, his legacy was as great as that of Saint Benedict (another one from a family of saints) in the West. In fact, his influence was greater. He was not a legislator as Saint Benedict was, but the life of all monks in the Orthodox Church is still based on the principles he established in his Regulae fusius tractatae(Longer Rules) and Regulae brevius tractatae (Shorter Rules).

Basil would not permit an excess of austerity, saying that it made a man unfit for work, which is more important than extreme fasting. He also expressed a definite preference for the communal life of the monastery over the solitary life of the hermit, arguing that the Christian life of mutual love and service is communal by its nature. The rule was sufficiently flexible to allow for the development of almsgiving, hospitals, and guest houses in which the monks worked, while it avoided the dangers of activism by a strong contemplative emphasis.

These were the years between the First Ecumenical Council at Nicaea (325) and the Second at Constantinople (381), years in which it was uncertain whether the Church would stand by the declaration made at Nicaea that the Logos was fully God, equal to the Father, or seek a more flexible formula in the hope of reconciliation with the Arians, who declared themselves unalterably opposed to the Nicene Creed as worded.

In 363, Basil was ordained a deacon and then priest at Caesarea by Archbishop Eusebius, who became jealous of his influence, so Basil returned to Pontus. Realizing that Basil's brilliant preaching could convert many unbelievers to Christianity, in 365, his friend Saint Gregory of Nazianzus persuaded him to leave the monastery to support the faith against Arianism in Nazianzus. He returned to Caesarea and was reconciled with Eusebius. He operated as Eusebius's right hand, while diplomatically giving him all the credit.

During a drought and resultant famine in 367-368, Basil depleted his material inheritance in helping the needy. He sold his family's extensive land holdings in order to buy food for the starving and persuaded many others to follow suit. Donning an apron, he opened a food kitchen for the hungry. During this crisis, he absolutely refused to allow any distinction to be made between Jew and Christian, saying that the digestive systems of the two are indistinguishable.

In 370, Eusebius, a supporter of Arius, died, and Basil was elected to replace him as metropolitan (archbishop) of Caesarea, which placed about 50 suffragan bishops under his care. His election chagrined the Arian Emperor Valens, especially because Basil worked to unite the so-called semi-Arians with the Nicene party against the outright Arians. He did this by using the formula "three persons (hypostases) in one substance (ousia)," thus explicitly acknowledging a distinction between the Father and the Son (a distinction that the Nicene party had been accused of blurring), and at the same time insisting on their essential unity. As bishop he more visibly protested the persecution of orthodox Christians by Valens, and was called before the local prefect to justify himself (one source says this happened before Emperor Valens rather than his prefect).

The prefect threatened Basil with deprivation, exile, and even death. Basil replied that as he owned only a few rags for clothing and some books, therefore, deprivation was no threat. Neither was exile, since he lived as a stranger on the earth, en route to the kingdom of God. As for torture and death, Basil admitted that his body was weak. But, he said, "only the first blow will hurt me. As for death, that will benefit me, bringing me even closer to my God for whom I completely live." So stiff was Basil's attitude that the prefect expressed astonishment at his temerity: "Perhaps you have never before had to deal with a proper bishop," retorted Basil. His defiance of civil authority has led him, together with Saint Ambrose, to being regarded in later centuries as a champion of the Church's liberty against secular encroachments.

Valens retaliated by dividing the province of Cappadocia into two provinces, with the result that the Arian Bishop of Tyana became metropolitan of the new province of Western Cappadocia. Basil responded by going political. He ramrodded his brother Gregory of Nyssa and his friend Gregory of Nazianzus into bishoprics that they did not want, and for which they were totally unsuited, so that he would have the votes of those bishoprics when he needed them. (Neither Gregory ever quite forgave him for this.)

Basil's interests were not exclusively theological. He denounced and excommunicated those who owned houses of prostitution. He worked to secure justice for the poor against those who oppressed them. He fought simony--the purchase and sale of spiritual things- -and severely disciplined clergy who used their office to accumulate money or to live too well at the expense of the faithful. He also strove to develop and discipline his clergy and fearlessly denounced evil wherever he detected it. His archdiocese became a model of organization and discipline.

One of Basil's greatest works was the provision at Caesarea of an estate that included dwellings, a hospital complex, a church, a hostel for travellers, a staff of medical professionals and artisans. As a whole it was so large that it was called Basiliad-- a new town.

Nevertheless, controversy disturbed the whole of Basil's episcopate. He was involved in difficult relations with Pope Saint Damasus and the Western church. In the complex matter of the Antioch succession, Pope Damasus refused to recognize Basil's candidate and friend Meletius, which led to considerable friction.

On the death of Saint Athanasius, Basil became the champion of orthodoxy in the East and strove to rally Christian support, which had been weakened by Arian tyranny and troubled by schisms and dissension. His advances were misread by some as being ambitious and heretical. Appeals made to Pope Saint Damasus and the Western bishops for help met with little response, and aspersions against him were made in Rome.

Basil and the two Gregorys (his brother and his friend) continued to promote the teachings of Saint Athanasius in the East as they further refined it. He proclaimed the unity of the Trinity as one in ousia (substance) and went on to identify what differentiates each Person: each hypostasis is distinguished by certain modes of existence (tropoi hyparxeos) and individual characteristics: the Father is ungenerated, the Son begotten, and the Holy Spirit proceeding. This ended the concept of subordinationism within the Trinity. The Father's only priority is logical, not temporal, involving no superiority.

Throughout this time, Basil ministered. He introduced a custom, observed during his travels, of singing Psalms in church before sunrise. The crowds who attended his eloquent speeches were so huge that he himself compared them to the sea. Despite ill health, he made frequent trips to the mountainous districts.

In 378, Valens was killed in battle and Gratian, who had come under the influence of Saint Ambrose of Milan, succeeded bringing an end to the Arian ascendancy. This news reached Basil on his deathbed and comforted him. Worn out by his austere lifestyle, hard work, and a painful disease, he died at the age of 49.

The weeping crowds at Basil's funeral testified to his popularity with his flock. All of Caesarea--Christian and non-Christian, rich and poor alike--mourned his loss. Seventy-two years after his death, the Council of Chalcedon described him as "the Great Basil, the minister of grace who has expounded the truth to the whole earth." In the Eastern Church, Basil is the first of the three Holy Hierarchs, also known as the Cappadocian Fathers, that includes the two Gregorys.

He was largely responsible for the victory of Nicene orthodoxy over Arianism in the Byzantine East; the denunciation of Arianism at the Council of Constantinople in 381-82 was due primarily to his efforts. Basil saved the whole of Cappadocia for the Catholic faith.

Much of what is known about Saint Basil's life is derived from his own letters and sermons, which give a vivid picture of his many- sided character and activities. He was erudite, accomplished in statesmanship, a man of great personal holiness, and one of the great rhetoricians of Christianity. He had a strong practical sympathy with the poor and downtrodden and was merciless towards the enormities of the wealthy. But he was inclined to be headstrong and tactless, which contributed to some of his disappointments: "For my sins, I seem to fail in everything," he once wrote dispiritedly.

He was an articulate and prolific writer, penning about four hundred letters that clearly reveal his personality; more than 300 of them are still extant. Among his better-known treatises are On the Holy Spirit (De Spiritu Sancto; 375) and Philokalia, a selection of passages from Origen, which he compiled with Gregory. The work on the Holy Spirit, still unsurpassed in Catholic theology, discusses the divinity of the Third Person of the Trinity and the appropriateness of worshipping Him together with the Father and Son.

Some of his other works include Against Eumonius (three books)in which he defends the deity of Christ against an Arian writer, Ascetia, and On the Psalms. The Hexameron (The Six Days), is a series of nine sermons on the days of creation, in which he speaks of the beauties of the created world as revelations of the splendor of God. He also edited the Eucharistic Liturgy that still bears his name and that is used in the Eastern Church ten times each year. It differs from the more usual Liturgy of St John Chrysostom in having a more elaborate anaphora (the prayer of consecration offered over the bread and wine), expressing some of his characteristic turns of thought.

He believed that incorporating the best of secular culture, especially philosophy, was the superior approach to theology. In one treatise (Address to Young Men) he advises his nephews to make prudent but full use of classical pagan literature in preparing themselves for a deeper understanding of Christianity, a point of view not very common in his day.

Basil's cultus spread quickly in the West, partly through Greek monks in Italy and partly through Saint Benedict's recognition in his Rule of the inspiration of 'our holy father Basil' (Attwater, Benedictines, Bentley, Davies, Delaney, Farmer, Fox, White).

In art Basil is shown with a dove on his arm or hand, giving him a pen; or with the Church in his hand; or in company with the Greek Fathers, usually distinguished by name (White). Roeder says his emblem is as a Greek bishop with supernatural fire near him. At times he may be shown with (1) a column of fire and a dove over his head; (2) a dove on his arm and a hand giving him a pen; (3) his grandmother Saint Macrina as he dressed as a monk holding a book and crozier; (4) a vision of Saint Mercurius piercing Julian the Apostate with a lance; (5) with his church; (6) with the Prefect Modestus in disputation; (7) the offerings of the faithful; or (8) him giving food to the poor (Roeder). He is amply portrayed by Eastern artists, especially with other Doctors of the Church, such as John Chrysostom and Gregory Nazianzen (Farmer).

Basil is the patriarch of Eastern monks and the patron saint of Russia (White). He is one of the Three Holy Hierarchs of the Eastern Church (Roeder).


HOMÉLIES, DISCOURS et LETTRES CHOISIS de S. BASILE-LE-GRAND traduits par M. L'Abbé AUGER, Vicaire-Général du diocèse de Lescar, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris et de celle de Rouen. Nouvelle édition, revue et corrigée, à Lyon, chez F. GUYOT, Libraire-Editeur, Grande Rue Mercière, N. 39, Aux Trois Vertus Théologales, 1827 Numérisation Abbaye Saint Benoît de Port-Valais, Pâques 2005 : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/basile/index.htm

ŒUVRES de S. BASILE-LE-GRAND : http://jesusmarie.free.fr/basile_de_cesaree.html