mardi 8 janvier 2013

Saint LUCIEN de BEAUVAIS, martyr

Saint Lucien de Beauvais

Martyr en Beauvaisis (+ 290)

On pense qu'il fut l'un des prêtres romains qui vinrent évangéliser la Gaule au début du troisième siècle et qui donnèrent leur vie pour le Christ. Saint Lucien évangélisa la région de Beauvais et si grande fut son action qu'elle permit à la légende de la rendre plus vivante.

"Saint Lucien est honoré comme apôtre du Beauvaisis. Après qu'il eut appelé à la foi et au baptême de nombreux habitants de cette région, une persécution s'ensuivit; il fut arrêté et décapité. Sa Passion lui adjoint deux disciples, Maxien (Maximien) et Julien, martyrisés avec lui sur la colline de Montmille (fin du IIIe siècle)."

(source: diocèse de Beauvais)

À Beauvais, vers 290, les saints Lucien, Maximien et Julien, martyrs.

Martyrologe romain

Sa devise:

"Je crois de cœur et je confesse de bouche, que Jésus-Christ est le fils de Dieu."


Statue de Saint Lucien de Beauvais, Cathédrale de Beauvais, Oise, France

Saint Lucien.

Il est issu d’une illustre famille de Rome. Prénommé Lucius comme son père, il se convertit à la suite d’une prédication de saint Pierre et prend alors le prénom de Lucien.

Jeune, il parcourt l’Italie travaillant à la délivrer des superstitions du paganisme.

Vers 250 le pape saint Clément le consacre évêque et l’envoie dans les Gaules avec saint Denis et saint Rieul entre autres, afin d’évangéliser ces contrées.

Prêchant près de Parme il est le premier en bute à la persécution. Pris, accablé de mauvais traitements, il est jeté dans une obscure prison. Pour peu de temps. La nuit même, de pieux chrétiens que comptent déjà l’Eglise en cette contrée, le font évader. Réuni à ses compagnons ils continuent leur périple à travers l’Italie et séjournent quelque temps à Pavie où ils convertissent de nombreux païens.

Ils arrivent à Arles où s’arrête Rieul. Denis et Lucien continuent alors vers Lutèce. Denis s’y installe. Lucien poursuit seul vers Beauvais, alors Cesaromagus.

Cette contrée est au pouvoir des Romains. Ennemis du christianisme qui condamne leurs préjugés et leurs coutumes, ces derniers sont un puissant obstacle à la volonté du saint. De plus il doit faire face à l’ignorance des Gaulois mais aussi au fanatisme sanguinaire des druides.

Lucien choisit Beauvais pour le centre et le siège de sa mission. Il habite une maison située près de l’emplacement occupé plus tard par la collégiale de Saint-Nicolas. Denis et Rieul devenu évêque de Senlis viennent souvent lui rendre visite.

Plein d’espoir dans son apostolat, il oppose bientôt les vertus du christianisme, la charité, la loi du pardon, la douceur à la religion païenne, l’égoïsme, les emportements de haine, l’idolâtrie.

Il mortifie son corps, s’offrant en victime d’expiation pour les péchés de ce peuple. Selon Rolandus (acta Sancti Luciani) il se retirait sur une montagne voisine de la ville entre le Nord et le couchant, vivant en ce lieu dans les jeûnes, les vigiles, ne se nourrissant le plus souvent que d’herbe et d’eau. Rapidement Lucien obtient un grand nombre de conversion, " trente mille cinq cent hommes " d’après Louvet, tant et si bien qu’il s’adjoint deux jeunes hommes, Maxien et Julien pour l’aider dans son œuvre.

Il ne se contente pas des murs de Beauvais, il parcourt la campagne, les bourgades, le moindre des hameaux où ses exemples, ses prédications, ses miracles font reculer l’idolâtrie. On peut citer Montmille, Breteuil, Ourcel-Maison.

Vers 290, L’empereur Dioclétien et son administration imposent une persécution dans tout l’Empire. le préfet, ayant appris les conquêtes de l’Evangile dans le Beauvaisis, décide d’y mettre un terme. Il donne l’ordre à Latinus, Jarius et Antor de tuer Lucien. Averti, celui-ci quitte la ville avec Maxien et Julien et se dirige vers une colline, nommée Montmille. Rattrapés par les Romains ses deux compagnons sont décapités ; lui est battu de verges puis devant son refus persistant de renier sa foi, un soldat lui tranche la tête.

Maxien et Julien sont inhumés sur place.

L’abbaye Saint Lucien.

Après sa mort Lucien est enterré dans le cimetière du Thil. La fin de la persécution permet ensuite de construire sur son tombeau une église à laquelle on donne le nom de saint Pierre et saint Lucien. Elle est détruite au Vième siècle.

Vers 583, c’est à la sollicitation de Dodon, évêque de Beauvais et de saint Evrou (St Evrost), que le roi, Chilpéric 1er fonde une nouvelle basilique et un monastère au lieu même qui avait servi de berceau au christianisme dans le Beauvaisis. Dodon consacre l’église comme l’ancienne, sous l’invocation de saint Pierre et de saint Lucien et saint Evrou prend la direction du monastère de l’ordre des bénédictins.

L’abbaye disparaît à nouveau en 845 pendant la dévastation du Beauvaisis par les Normands.

Jusque vers la fin du XIIième siècle l’abbaye, une nouvelle fois reconstruite, sert aussi de sépulture aux chanoines de la cathédrale. En 1537, François Ier donne la commende de l’abbaye à Odet de Coligny, cardinal de Châtillon.

Parmi les plus célèbres commendataires on peut citer Richelieu, Mazarin et Bossuet. Ce dernier s’occupe d’ailleurs de l’abbaye beaucoup plus que ses prédécesseurs. Il y vient plusieurs fois, fait réparer les bâtiments et se montre toujours bienveillant dans les traités qu’il passe avec les religieux pour le partage des revenus.

En 1790 par application des décrets de la Constituante, l’inventaire de l’abbaye est dressé par le maire de Notre-Dame-du-Thil. Les dix moines qui y vivent, sont priés de s’en aller.

Le 5 janvier 1791 l’abbaye est mise en vente et achetée par un riche négociant de Paris. Les objets du culte sont transportés à l’église de Notre-Dame du-Thil, les stalles sont en partie au musée de Cluny, en partie à la basilique de Saint-Denis.

La basilique et le monastère sont démolis entre 1795 et 1819. Du monastère il ne reste qu’une tour ronde et le mur d’enceinte partiellement gardé.

Les reliques de Saint Lucien.

Au milieu de l’abbaye se trouvait l’église bâtie au XIIième siècle, brûlée en 1346 et reconstruite peu après. Elle renfermait le mausolée de Saint-Lucien.

En l’an 1261 sous le pontificat de Guillaume de Grès les reliques des trois martyrs sont déposés dans de nouvelles châsses. Celle de Lucien avait six pieds de long deux de large et trois de haut. Elle avait la forme d’une église appuyée par des arcs-boutants. Une pyramide terminée en flèche évidée et ciselée s’élevait de trois pieds au dessus du toit. La translation a lieu en présence de Saint Louis, roi de France, de Thibaut, roi de Navarre et de beaucoup de gens de noblesse. Le souvenir de cette translation a été consacré par une fête solennelle que l’on célébrait autrefois dans l’abbaye de saint Lucien sous le nom de fête des Corps Saints . Malheureusement le 20 novembre 1793 les reliques sont livrées aux flammes.

Toutefois, il se pourrait qu’une partie des restes des corps martyrs, soient à l’église Notre-Dame du Thil à Beauvais, suite à une translation faite avant l’incendie fait par les révolutionnaires.

Lucien et sa tête

Lorsque le corps du saint fut étendu par terre tous les assistants le virent environné de lumière ; et l’on entendit une voix qui disait : " Courage, bon et fidèle serviteur, qui n’a pas craint de verser ton sang pour moi, viens recevoir la couronne qui ta été promise. "

En même temps, ainsi qu’il est écrit dans les actes de son martyre, Lucien se leva, prit sa tête dans ses mains, et marcha vers la ville de Beauvais. Ayant traversé la rivière du Thérain à Miauroy sur un drap miraculeusement raidi sous ses pieds, il s’arrêta à environ un quart de lieue de Beauvais, semblant indiquer ainsi l’emplacement où il voulait que son corps fût inhumé.

Là, de pieux fidèles lui donnèrent une honorable sépulture. Les anges, eux-mêmes, disent plusieurs auteurs assistèrent aux funérailles du saint et embaumèrent les airs de parfum célestes.

Selon une tradition locale sur les lieux où coula son sang il poussa des rosiers produisant des roses vermeilles.

Pour Louvet " c’est une chose véritable que les gouttes de sang engendrèrent ….. quantité de rosiers garnis de roses vermeilles…… le lieu du martyr s’appelle encore la rosière. " A Miauroy lieu de son passage on éleva plus tard une chapelle.