jeudi 22 janvier 2015

Saints FRANÇOIS GIL DE FREDERICH et MATTHIEU ALPHONSE DE LEZINIANA, prêtres et martyrs

Saints François Gil de Frederich et Matthieu Alphonse de Leziniana, prêtres et martyrs

Matthieu Alphonse Leziniana était né à Tortosa en Espagne. Envoyé aux Philippines puis au Tonkin (Vietnam), où il retrouva François Gil de Frederich, dominicain comme lui, il évangélisa avec beaucoup de persuasion. Ils furent tous deux emprisonnés plusieurs années et décapités à Checo, sous le règne de l'empereur Tinh-Doanh en 1745.



Saints François Gil et Matthieu Alphonse

dominicains espagnols martyrs au Tonkin ( 1745)

"C'est au cours de la persécution de 1744 que furent martyrisés François Gil de Frederich et Matthieu-Alphonse Leziniana. Tous deux espagnols, ils avaient reçu leur formation apostolique à Manille, avant d'être envoyés au Tonkin. Ils avaient l'un et l'autre 42 ans quand ils furent arrêtés et jetés en prison ; là, dans la mesure où leurs gardiens le leur permettaient, ils continuèrent leur ministère apostolique auprès des chrétiens qui venaient les visiter. François fut condamné à mort, Matthieu à la prison perpétuelle, mais il insista pour partager le sort de son frère et tous deux furent décapités le 22 janvier 1745, en exhortant les chrétiens à demeurer fidèles."



Ils font partie des martyrs du Vietnam (+1745-1862) canonisés en 1988 (béatifiés par saint Pie X en 1906).



Au Tonkin , en 1745, les saints martyrs François Gil de Federich et Matthieu Alonso de Leziniano, prêtres dominicains. Sous le règne de Trinh Doanh, après avoir prêché l’Évangile sans discontinuer et même dans les chaînes, ils furent frappés du sabre, allant glorieusement à la mort pour le Christ.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/11379/Saints-Francois-Gil-et-Matthieu-Alphonse.html

Saint François Gil de Frederich et les bienheureux martyrs du Tonkin († 1744-1883)

Les huit martyrs dominicains que nous célébrons dans la même fête ont été béatifiés ensemble par saint Pie X en 1906. Martyrisés à des époques différentes, ils appartiennent tous à la province des Philippines.

L'évangélisation de la péninsule indochinoise remonte au XVIe siècle, avec le passage de quelques missionnaires portugais, mais date en réalité de la prédication des jésuites et notamment du Père de Rhodes qui connut de tels succès que les mandarins obtinrent son expulsion en 1630. Trente ans plus tard, les Missions Etrangères de Paris étaient chargées de reprendre le travail ; leurs missionnaires trouvent des chrétientés vivantes, soumises à l'alternative des persécutions et des périodes de calme. Même s'il faut mettre un point d'interrogation devant le chiffre de 300.000 chrétiens tonkinois avancés par les rapports du P. de Rhodes, c'est au Tonkin que la situation du catholicisme est la plus prospère.

Les dominicains des Philippines y arrivèrent vers 1680 ; le vicariat du Tonkin oriental leur fut attribué en 1693. Durant tout le XVIIIe siècle, la sécurité des catholiques fut toujours précaire ; des flambées de persécutions violentes y firent des ravages en 1696, 1713, 1721, 1736, 1744... C'est au cours de la persécution de 1744 que furent martyrisés François Gil de Frederich et Matthieu-Alphonse Leziniana. Tous deux Espagnols, ils avaient reçu leur formation apostolique à Manille, avant d'être envoyés au Tonkin. Ils avaient l'un et l'autre 42 ans quand ils furent arrêtés et jetés en prison; là, dans la mesure où leurs gardiens le leur permettaient, ils continuèrent leur ministère apostolique auprès des chrétiens qui venaient les visiter. François fut condamné à mort, Matthieu à la prison perpétuelle, mais il insista pour partager le sort de son frère et tous deux furent décapités le 22 janvier 1745, en exhortant les chrétiens à demeurer fidèles.

Nouvelle persécution, plus longue, de 1773 à 1778. Hyacinthe Castaneda, Espagnol, âgé de 30 ans, prêchait depuis cinq ans quand il fut arrêté en 1773 et enfermé dans une cage de roseaux où il devait se tenir recroquevillé. Un autre dominicain, indigène celui-là, Vincent Liem de la Paix, fut à son tour arrêté et enfermé dans une cage semblable. Hyacinthe fut condamné à mort. Vincent pouvait se dérober, car, d'après l'édit de persécution, les indigènes étaient exempts de la peine capitale. Il supplia cependant qu'on lui laissât partager le martyre de celui dont il avait partagé l'apostolat. Ils eurent tous deux la tête tranchée le 7 novembre 1773.

À la fin du XVIIIe siècle, la France, et notamment Mgr Pigneau de Béhaine, soutient un roi exilé, Nguyen-Anh. Grâce à son appui, il réunit entre ses mains l'Annam, la Cochinchine et le Tonkin et les gouverna jusqu'à sa mort en 1821, sous le nom de Gia Long. Il assura alors la paix religieuse. Son fils, oubliant les services rendus à son père par les missionnaires, ouvrit de nouveau l'ère des persécutions en 1833. Les martyrs se succédèrent sur tout le territoire. La plus violente des persécutions fut celle de l'empereur Tu-Duc, à partir de 1858. Dans les vicariats confiés aux Missions Etrangères de Paris, 68 prêtres annamites, une centaine de religieuses, quelques 10.000 chrétiens furent mis à mort, 40.000 périrent des mauvais traitements et de la misère où les jeta le ravage de leurs villages. Dans les vicariats confiés aux Dominicains, 47 prêtres et 3 évêques furent assassinés.

Jérôme Hermosilla, dominicain espagnol du couvent de Valence, ordonné prêtre aux Philippines, fut nommé vicaire apostolique du Tonkin oriental. Il revenait du long voyage à pied qu'il avait effectué en se cachant pour recevoir la consécration épiscopale, quand il fut arrêté. Une rançon le libéra. En septembre 1861, à nouveau poursuivi, il se cacha pendant trois semaines dans des barques de pêcheurs chrétiens. Trahi et capturé, il fut décapité; il avait 61 ans et travaillait depuis 30 ans au Tonkin. En même temps que lui fut arrêté son catéchiste indigène Joseph Khang âgé de 29 ans. Ce n'était pas un modèle de vertu (il aimait un peu trop le vin des Occidentaux!), mais quand on vint arrêter son évêque, il voulut le défendre et reçut trois coups d'épée. Il refusa de marcher sur le crucifix et mourut avec lui.

Valentin Berrio Ochoa était, comme Jérôme, du diocèse de Logrono en Espagne. Entré chez les dominicains en 1853, il était arrivé au Tonkin au début de la persécution de Tu-Duc en 1858. Son évêque était vicaire apostolique du Tonkin central. Il le secondait quand les persécuteurs mirent l'évêque à mort. Valentin lui succéda. La persécution redoublant, il s'enfuit au Tonkin oriental et se cacha chez des pêcheurs. Là, quatre jours après la capture de Jérôme Hermosilla et de Joseph Khang, il fut trahi par un médecin païen et pris le 25 octobre en même temps que son frère en saint Dominique, Pierre Almato, un catalan qui était au Tonkin depuis 1855. On lui commanda de fouler aux pieds un crucifix: il l'adora à genoux. Il avait 31 ans et Valentin 34 : ils furent ensemble décapités.

Un an après leur mort, le traité de Saïgon (1862) assura aux chrétiens quelques années d'accalmie. Puis la persécution reprit de plus belle en 1883, sous le successeur de Tu-Duc, le cruel Nguyen-Van-Tuong. La conquête du Tonkin par la France fut le signal d'un massacre général des chrétiens ; plus de 50.000 périrent jusqu'à ce que la paix eût été imposée par la victoire française.

Soixante-dix ans plus tard, en 1953, les chrétientés vietnamiennes étaient les plus florissantes de tout l'Orient. Les seize vicariats apostoliques du Vietnam comptaient un million et demi de chrétiens sur 20 millions d'habitants. Les dominicains espagnols évangélisaient les trois vicariats de Bui-Chu, Haïphong et Bao-Ninh ; ils étaient environ 80, assistés de 400 prêtres indigènes et un millier de religieuses pour 700.000 baptisés. Ceux de la province de Lyon avaient la Préfecture apostolique de Lang-Son et Cao-Bang, le long de la frontière de Chine : 16 pères, 32 prêtres indigènes, une cinquantaine de religieuses et quelques 5.000 catholiques (c'était une mission de broussse montagneuse, de création récente).

La révolution communiste a tout emporté de ces territoires. Six cent mille chrétiens préférèrent abandonner leurs villages du Vietnam Nord (où se situaient nos missions) plutôt que de vivre sous le régime communiste, et cela pour des raisons religieuses. Ceux qui restèrent furent évangélisés par le clergé indigène, tous les missionnaires étrangers ayant été expulsés. Le Vietnam Sud vit, du coup, tripler sa population chrétienne : plus d'un million. C'est là que travaillent les Pères français, tandis que les Espagnols sont partis en d'autres pays.

SOURCE : http://www.dominicains.ca/Histoire/Figures/tonkin.htm

Blessed Francis Gil de Federich, OP M (AC)

Born in Tortosa, Spain, in 1702; died in Checo, Tonkin, in 1744; beatified in 1906. (He and Matthew Lenziana may have been among the Martyrs of Vietnam canonized in 1988, but I have no verification of that as yet.) During the first 200 years of Christianity in the area now called Vietnam--Tonkin, Annam, and Cochin-China--it is believed that about 100,000 were martyred. The records of most of these witnesses to the faith have been lost. The earliest martyrs of whom there is substantial documentation are the Spanish Preacher Friars, Francis Gil and Alonzo Lenziana. Blessed Francis became a Dominican in Barcelona and was sent to the Philippines. From there he was sent to Tonkin, where after long apostolic labors, he was arrested and imprisoned. Gil directed a fruitful apostolate during the nine years of confinement before his decapitation at Checo (Benedictines, Farmer).


Blessed Matthew Alonso Leziniana, OP M (AC)

Born at Navas del Rey (diocese of Valladolid), Spain; died in Tonkin in 1745; beatified in 1906 (possibly canonized in 1988?). After his profession as a Dominican and ordination as a priest, Blessed Alonzo was sent to the Philippines and, like Blessed Francis Gil, then on to Tonkin. Though he was a fugitive for 13 years, he managed to minister faithfully, though furtively, to the native Christians until his own beheading (Benedictines, Farmer).