Bienheureux Basile Moreau
fondateur de la famille
religieuse de Sainte-Croix (+ 1873)
Prédicateur et éducateur
de talent, ce prêtre du diocèse du Mans est le fondateur de la famille
religieuse de Sainte-Croix.
Portrait
par Mgr Jacques Faivre, Évêque du Mans
"Son zèle
apostolique a pris les dimensions du monde"
Basile Moreau originaire
de Laigné en Belin fut le fondateur de la congrégation de Sainte Croix,
présente sur 4 continents et regroupant près de 4000 religieux.
L'histoire de Basile
Antoine Moreau (site
des Marianites de Sainte Croix)
Basile Moreau est un
prêtre fondateur. Né en 1799 à Laigné-en-Belin, il était le neuvième d'une
famille de quatorze enfants. Ses parents étaient cultivateurs. Après le
collège, il entra au séminaire du Mans et ordonné prêtre en 1821, à l'âge de 22
ans. A Paris, il étudie la théologie chez les Sulpiciens puis, durant treize
années, au séminaire, il enseignera successivement la philosophie, le dogme et
l'Écriture sainte.
En 1835, il organise un
groupe de prêtres auxiliaires pour prêcher des missions et à la demande de son
évêque il assure la direction de la communauté des Frères de Saint-Joseph. Pour
les services intérieurs, de la communauté et du pensionnat, il engage quelques
femmes, les premières sœurs. Il propose à tous et à toutes les vœux de
religion, qu'il prononcera lui même le 15 août 1840. L'association
Sainte-Croix, du nom de la commune où elle est implantée, est née.
La petite congrégation
connaît une croissance rapide. En plus de l'esprit d'union et de collaboration
mutuelle, Basile Moreau voulut donner aux prêtres, frères et sœurs de
Sainte-Croix, une ferme confiance en la divine Providence.
Mais en 1855 commence une
douloureuse période pour le fondateur. Dissensions à l'intérieur de la
congrégation, graves déboires financiers, accusations de mauvaises
administrations, l'amènent à offrir sa démission de supérieur général et il se
retire, avec deux de ses sœurs, dans une petite maison à côté de l'Institution
de Sainte-Croix. Sans amertume ni haine, et pardonnant à tous, il passe ses
dernières années à donner des prédications dans les paroisses du Mans et des
environs. Il tombe malade en janvier 1873 et meurt vingt jours plus tard.
- Site des sœurs
de Sainte-Croix
- Site de l'oratoire
Saint-Joseph du Mont-Royal (Québec)
Bienheureux Basile Moreau
(1799-1873) Prédicateur et éducateur de talent, ce prêtre du diocèse du Mans
est le fondateur de la famille religieuse de Sainte-Croix. Il a été béatifié au
Mans le 15 septembre 2007. Témoins
- site de l'Église catholique en France
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10229/Bienheureux-Basile-Moreau.html
HOMÉLIE DU CARDINAL
JOSÉ SARAIVA MARTINS
1. Je suis
particulièrement heureux de l'honneur que m'a fait le Saint-Père en me
désignant pour le représenter en présidant le rite solennel de la béatification
de Basile-Antoine Marie Moreau et en transmettant à tous son salut et sa
Bénédiction apostolique.
La béatification
d'aujourd'hui est la première béatification célébrée en France selon la
nouvelle procédure édictée le 29 septembre 2005 par Sa Sainteté Benoît XVI,
procédure grâce à laquelle l'Eglise locale peut participer plus pleinement à ce
grand événement qu'est l'élévation à la gloire des autels de l'un de ses fils.
Et ma joie est encore
accrue lorsque je considère la nuée de modèles extraordinaires de sainteté que
ce pays a nourris et dont le message défie la fuite du temps, car les saints
n'appartiennent jamais au passé, mais ils sont toujours les hommes et les
femmes de demain et, en eux, l'Eglise nous indique les vrais témoins du monde
futur.
2. Je me plais à
commenter la béatification de Basile-Antoine Moreau avec les mots d'une grande
mystique de la Croix, sainte Edith Stein: "Cela nous fait du bien de
penser que nous sommes citoyens du paradis et que les
saints, dans le Ciel, sont nos concitoyens et nos voisins
de palier. Cela nous aide à supporter les choses quae sunt super terrami"
(1).
Le bienheureux
Basile-Antoine Moreau fut un chrétien de haute stature spirituelle et, en même
temps, un homme d'action. Il se dépensa dans de multiples activités: des
missions populaires à l'éducation de la jeunesse, des œuvres de charité aux
missions étrangères. Fondateur de la Congrégation de la Sainte-Croix, il
contribua à la croissance de l'Eglise aux Etats-Unis, à la fondation des
premières écoles catholiques en Algérie et à celle du premier orphelinat rural
à Rome. Avec Lacordaire, Montalembert et Dupanloup, il fut, en France, l'un des
pionniers de la lutte pour la liberté de l'enseignement. Son inscription dans
l'album des bienheureux met en lumière son rôle spécifique dans la renaissance
de l'Eglise de France au lendemain de la révolution.
3. Aujourd'hui les
religieux et les religieuses de la Sainte-Croix travaillent comme éducateurs de
la foi dans les écoles et les universités; ils assurent d'importants ministères
dans la pastorale et les services sociaux. La Sainte-Croix est présente en
France, dans les Amériques, en Afrique, en Asie. Par leur engagement dans la
vie consacrée, par leur zèle pour la mission, au travers de la diversité de
leurs travaux apostoliques, les prêtres, frères et sœurs de la Sainte-Croix
continuent de réaliser l'idéal du Père Basile-Antoine Moreau, que, depuis
aujourd'hui, nous vénérons comme bienheureux.
4. S'adressant, le 20
août 2005, à un auditoire de jeunes, le Saint-Père Benoît XVI a rappelé que
les saints sont ceux "par le moyen de qui le Seigneur a, au long de
l'histoire, ouvert l'Evangile et en a tourné les pages".
Toute l'action pastorale
de l'Eglise doit tendre à ce but: transformer les chrétiens en autant de
pages ouvertes de l'Evangile. C'est ce qu'a été le nouveau bienheureux, Basile
Antoine Moreau, dont nous invoquons ensemble l'intercession.
Note
1) Edith
Stein, La mistica della Croce, Roma, Città Nuova, 1985, p. 92.
Notre histoire commence
au milieu du 19ème siècle, au Mans, en France, avec un prêtre diocésain, Basile
Antoine Moreau. Malgré l’agitation, l’insécurité et les dangers auxquels
l’Eglise catholique faisait face au lendemain de la Révolution, l’abbé Moreau rêvait
d’établir une famille religieuse constituée de trois groupes autonomes et
distincts (pères, frères et soeurs) mais unis dans l’esprit et le travail poour
servir. En suivant le modèle de la Sainte Famille, chaque branche de la
nouvelle famille religieuse fut consacrée à Jésus, Marie ou Joseph.
Le père Moreau assuma la
direction des Frères de Saint Joseph quand leur fondateur, le père Jacques
Dujarié, devint trop malade pour continuer sa responsabilité. Le père Moreau
ajouta à ce groupe sa propre société de prêtres consacrés au Sacré Coeur de
Jésus.
En 1838, il proposa une
règle de vie à un groupe de femmes dévouées. Tout d’abord, elles aidèrent les
prêtres et les frères dans les tâches domestiques. Plus tard, pour répondre à
de nombreux appels elles reçurent la formation nécessaire pour pouvoir enseigner
et prendre soin des malades. Elles prirent le nom de Marianites de Sainte Croix
et en 1841, elles
reçurent un habit
religieux qui ressemblait à ce que portaient les paysannes françaises de
l’époque. Les Marianites furent consacrées à Marie, et plus particulièrement à
Notre-Dame des Sept Douleurs. La première responsable de ce groupe reçut le nom
de Mère Marie des Sept Douleurs. Son nom de famille était : Léocadie Gascoin.
Basile Antoine Moreau
1799 Né le 11
Février à Laigné en Belin, un petit village situé à quelques kilomètres du
Mans. Il était le 9ème enfant d’une famille de 14. Son père était négociant en
vin.
1814 Il entre au
séminaire diocésain
1821 Il est ordonné
prêtre
1835 Il prend la
direction des Frères de Saint Joseph fondés par le père Jacques Dujarié Il
fonde les prêtres auxiliaires
1837 Il réunit les
frères et les prêtres dans la Congrégation de Sainte Croix
1840 Il fait les
voeux de pauvreté, chasteté et obéissance avec quatre autres prêtres.
1843 Il reçoit les
voeux des deux premières Marianites
1844 Il reçoit les
voeux de Léocadie Gascoin et de trois Marianites.
1872 Il célèbre son
Jubilé d’or
1873 Il meurt le 20
Janvier à l’âge de 73 ans.
SOURCE : https://www.marianites.org/about-us/father-moreau/history-of-father-moreau
Bienheureux Basile Moreau
Né en 1799 à
Laigné-en-Belin, dans une famille nombreuse de cultivateurs. Il fut ordonné
prêtre pour le diocèse du Mans en 1821. A Paris, il étudie la théologie chez
les Sulpiciens. Prédicateur et éducateur de talent, il enseignera au séminaire
durant treize années successivement la philosophie, le dogme et l'Écriture
sainte. En 1840, il fonde la famille religieuse de Sainte-Croix, du nom de la
commune où elle est implantée. La petite congrégation connaît une croissance
rapide. Basile Moreau voulut donner aux prêtres, frères et sœurs de
Sainte-Croix, une ferme confiance en la divine Providence. Mais des difficultés
internes à la congrégation l'amènent à offrir sa démission de supérieur général
et il se retire dans une petite maison à côté de l'Institution de Sainte-Croix.
Sans amertume ni haine, et pardonnant à tous, il passe ses dernières années à
donner des prédications dans les paroisses du Mans et des environs. Il meurt en
janvier 1873.
Basile Moreau, notre
fondateur
Neuvième d’une famille de
quatorze enfants, Basile naquit le 11 février 1799, dans le petit village de
Laigné en Belin, près du Mans, en France, à la fin de la Révolution française.
Ses parents, Louis Moreau et Louise Pioger, étaient des agriculteurs et
marchands de vin. Ils n’avaient pas la possibilité de faire instruire leurs
enfants. Basile et sa sœur Cécile furent les seuls à apprendre à lire et à
écrire, grâce au curé de la paroisse, l’abbé Provost, qui le leur apprit.
À l’âge de 15 ans, Basile
entra au petit séminaire et deux années plus tard, il commença ses études en
théologie et en philosophie. Ordonné prêtre en 1821, il fut nommé professeur au
séminaire. Plusieurs années plus tard, il devint le recteur du séminaire et
s’exerça à la pratique de la patience dans les situations de tension. Il fit
l’apprentissage de trois sources de paix : l’humilité, l’amour de la croix
et la confiance en la divine Providence.
En 1823, il fut nommé
directeur spirituel des Frères de Saint-Joseph, une Congrégation fondée par le
Père Dujarié. Douze ans plus tard, il accepta la direction de ces frères et
forma également une association de prêtres auxiliaires en vue d’un projet
apostolique, lequel devint en 1837, la Congrégation de Sainte-Croix.
En 1841, il entreprit un
nouveau projet avec un petit groupe de femmes, avec la collaboration principale
de Léocadie Gascoin. Ce groupe s’appelait les Marianites de Sainte-Croix. Ces
trois sociétés, les sœurs, les frères et les prêtres, guidées par Basile
Moreau, furent envoyées en mission dans différents pays.
À la suite de ses visites
à Rome pour obtenir l’approbation des sociétés et pour trouver des solutions
aux tensions internes dans la Congrégation, Basile résigna comme supérieur
général. Il se retira à la maison des Marianites.
Il continua à travailler
comme missionnaire itinérant jusqu’à sa dernière retraite, trois semaines avant
sa mort. Nous admirons son zèle pour la mission, qu’il a décrit dans sa lettre
du 19 novembre 1871 : « je ne meurs point et j’espère encore pouvoir
prêcher le prochain carême dans une paroisse de notre diocèse. » Il est
retourné à la maison du Père le 20 janvier 1873.
Soeurs de Sainte-Croix
www.soeursdesaintecroix.org
© 2014
SOURCE : http://www.soeursdesaintecroix.org/fr/histoire/bmoreau.html
Basile-Antoine Marie
Moreau (1799-1873)
Basile Moreau, un prêtre
fondateur...
Né en 1799 à
Laigné-en-Belin, Basile Moreau était le neuvième d'une famille de quatorze
enfants. Ses parents étaient cultivateurs.
Le curé de Laigné
discerna très tôt chez le jeune garçon les signes d'une vocation particulière
et il encouragea ses parents à lui faire entreprendre les études qui le
mèneraient à la prêtrise. Après le collège, Basile entre au séminaire du Mans.
Il est ordonné prêtre en 1821, à l'âge de 22 ans. L'Evêque du Mans l'envoie à
Paris parfaire sa formation en théologie chez les Sulpiciens et s'imprégner de
leur spiritualité. Revenu au Mans en 1823, il est nommé professeur au
séminaire. Durant treize années, il y enseignera successivement la philosophie,
le dogme et l'Ecriture Sainte.
La fondation de
Sainte-Croix
Tout en remplissant sa
tâche de formateur, le jeune prêtre, de nature active et entreprenante, cherche
à répondre à divers besoins pastoraux. En 1835, à la demande de Mgr Bouvier, il
organise un groupe de prêtres auxiliaires pour prêcher des missions et des
retraites dans les paroisses. La même année, son Evêque lui confie la direction
de la communauté des Frères de Saint-Joseph, fondée en 1820 par le curé de
Ruillé-sur-Loir, Jacques Dujarié. Dans le but d'assurer une collaboration
permanente entre les deux groupes, Basile Moreau les réunit, en 1837, en une
seule communauté et leur donne la mission d'éduquer la jeunesse et
d'évangéliser les campagnes. Pour les services intérieurs, de la communauté et
du pensionnat, il engage quelques femmes, les premières sœurs. Il propose à
tous et à toutes les vœux de religion, qu'il prononcera lui même le 15 août
1840. L'association de la Sainte-Croix (du nom de la commune où elle est
implantée) est née.
En 1841, la venue de
Léocadie Gascoin assure une base solide à la communauté de religieuses, les
Marianites de la Sainte-Croix. En 1857, le Pape Pie IX approuve
officiellement la congrégation de la Sainte-Croix, du moins celle des pères et
des frères, car la congrégation des Marianites de la Sainte-Croix ne recevra
l'approbation romaine que dix ans plus tard.
La petite congrégation
connaît une croissance rapide car le père Moreau n'hésite pas à répondre aux
demandes qui lui parviennent de partout. Il envoie ses missionnaires en Algérie
(1840), aux Etats-Unis (1841), au Canada (1847), au Bengale oriental (1852).
Aujourd'hui, les quelque mille membres de la Sainte-Croix se trouvent sur cinq
continents et dans vingt pays.
La spiritualité du Père
Moreau
Ce qu'il cherche le plus
à insuffler aux membres de cette famille est l'esprit d'union. S'il doit
relever le défi de faire vivre ensemble trois communautés (religieux, clercs et
laïcs), il est profondément convaincu que toute congrégation religieuse doit imiter
les premiers chrétiens qui n'avaient "qu'un cœur et qu'une âme",
donnant en exemple la Sainte Famille de Nazareth, reflet sur terre de l'union
des trois personnes de la Sainte Trinité.
En plus de l'esprit
d'union et de collaboration mutuelle, Basile Moreau a voulu donner aux prêtres,
frères et sœurs de la Sainte-Croix, une ferme confiance en la divine
Providence. Se voyant comme un simple instrument dans les mains de la divine
Providence, il écrit: "L'œuvre de la Sainte-Croix n'est pas l'œuvre
de l'homme, mais bien l'œuvre de Dieu même... Voilà pourquoi je vous conjure de
vous renouveler dans l'esprit de votre vocation qui est un esprit de pauvreté,
de chasteté et d'obéissance... Avec cela, nous pourrons compter sur la
Providence... Car elle se charge de pourvoir à toutes les nécessités de ceux
(celles) qui s'abandonnent à sa conduite en accomplissant tous leurs
devoirs".
Lié à cette confiance en
la Providence, le fondateur de la Sainte-Croix voit se développer parmi ses
religieux et religieuses un esprit apostolique et un zèle pour la mission. Axée
sur l'éducation, elle doit prendre toute la dimension de la personne humaine,
tant au niveau du cœur que de la tête, pour la mettre au service de la société.
Une période douloureuse
Dès 1855 commence une
douloureuse période pour le fondateur. Dissensions à l'intérieur de la
congrégation, graves déboires financiers, accusations de mauvaises
administrations, l'amènent à offrir sa démission de supérieur général au
chapitre général. L'annonce de son acceptation par le Pape lui parvient le 14
juin 1866, jour de sa fête!
Le père Moreau se retire,
avec deux de ses sœurs, dans une petite maison à côté de l'Institution de la
Sainte-Croix. Sans amertume ni haine, et pardonnant à tous, il passe ses
dernières années à donner des prédications dans les paroisses du Mans et des
environs. Il tombe malade en janvier 1873 et meurt vingt jours plus tard.
le père Moreau est inhumé dans le cimetière de la communauté.
Ce n'est que vingt ans
après sa mort que les supérieurs généraux cherchèrent à ranimer la vénération
de Basile Moreau et à susciter une dévotion à sa mémoire.
SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20070915_moreau_fr.html
Basile Moreau, le
fondateur (1799-1873)
Basile Moreau, un homme
du XIXème siècle
Une époque troublée : la
France a du mal à se remettre des bouleversements de la Révolution. Les
régimes politiques se bousculent : l'enfance de Basile Moreau s'écoule
sous le Consulat et l'Empire; sa jeunesse sous la Restauration; sa vie active
sous la Monarchie de Juillet, la 2de République et le 2d Empire et il meurt
sous la 3ème République ! Par tradition, comme la plupart des catholiques
de l'époque, le Père Moreau est légitimiste (partisan des Bourbons). Mais, quel
que soit le pouvoir en place, il n'hésite jamais à intervenir auprès des
élus et des autorités, des préfets et des ministres, pour faire valoir ses
droits, pour défendre ses écoles, son collège ! Et il le fait avec une
vivacité, une ténacité étonnantes. Un préfet de la Sarthe écrit un jour au
Ministre de l'Instruction Publique que l'abbé Moreau est le genre d'homme qui,
si on le met à la porte, revient aussitôt par la fenêtre !
50 de sa vie au Mans
Le Mans qui passe de
17000 à 60000 habitants, qui se dote de nouvelles industries (surtout
après l'arrivée du chemin de fer en 1854). Le Père Moreau n'est pas
étranger à la vie des Manceaux.
Quelques exemples pris
dans les années 1840, la période de la fondation de sa famille religieuse. En
1846, quand la Sarthe est en crue, on le voit aller lui-même en barque porter
secours aux victimes des inondations. En 1849, lors de l'épidémie de
choléra il offre à la municipalité les services de la communauté. Il est
attentif aux plus démunis : en 1844, il crée une Conférence Saint Vincent de Paul
dans l'Institution Sainte-Croix, la première en France (Frédéric Ozanam était
son ami). Attentif aussi au sort des ouvriers qu'il fait travailler sur ses
chantiers, il préside des banquets où l'on chante la Fraternité. En
1848, quelques exaltés veulent mettre le feu à Sainte-Croix, sous le faux
prétexte qu'en y fabriquant de la toile on enlève aux tisserands le pain de la
bouche : le Père Moreau leur fait ouvrir la porte, et leur adressant
un discours bien senti, il les fait renoncer à leur projet, il les
décide même à prendre l'établissement sous leur garde ! Et l'on voit
ensuite la musique du collège, en grand uniforme, marcher en tête des
défilés et exécuter des airs républicains lors de la plantation de l'arbre
de la Liberté sur la promenade des Jacobins.
Basile Moreau, un prêtre
du XIXème siècle
Prêtre dans une
Eglise différente de celle d'aujourd'hui ! Sous le régime du Concordat,
les évêques sont nommés par le pouvoir civil, et chaque évêque gouverne son
diocèse en maître absolu (il n'y a ni comités de pastorale, ni conférences
épiscopales). Au début de son ministère, l'abbé Moreau est professeur au
séminaire : tout va bien ou à peu près ! Mais quand il veut s'ouvrir à
d'autres perspectives, quand il s'engage dans l'enseignement à tous les
niveaux, et dans la mission universelle... il lui faut composer (c'est
un euphémisme ! ) avec l'évêque en place, en l'occurrence Mgr
Bouvier... On en reparlera.
4 périodes dans la vie de
Basile Moreau
1. Le jeune
Basile (1799-1823)
Né à Laigné-en-Belin ,
Basile est le 9ème enfant d'une famille qui en comptera 14. Une famille
paysanne, une famille unie, au sein de laquelle il apprend le sens du devoir et
du travail, une famille qui lui transmet une foi solide et courageuse.
(Ses parents ont tenu à le faire baptiser par un prêtre "catholique",
i.e. réfractaire) ...
Le Père Moreau gardera
toujours ses attaches paysannes : Le journaliste Louis Veuillot qui le
rencontrera en 1848 verra en lui un prêtre paysan, parlant avec un fort
accent sarthois , tout en ajoutant ce qui n'est pas contradictoire :c'est un
homme supérieur et un saint.
Le curé de Laigné, qui
avait ouvert une petite école dans son presbytère, a vite remarqué
l'intelligence, l'entrain, la piété du petit Basile. Il réussit à convaincre
son père de l'envoyer au petit séminaire de Château-Gontier (la Mayenne faisait
alors partie du diocèse du Mans), et c'est à pied que Louis Moreau et son
fils de 15 ans font les 80 km qui séparent Laigné de
Chateau-Gontier.
Trois années à
Chateau-Gontier (pendant lesquelles il reçoit la tonsure et la soutane !),
quatre années dans les Séminaires du Mans, et le 12 août 1821, Basile est
ordonné prêtre, dans l'église de la Visitation (place de la
République). Il n'a que 22 ans ! Il voudrait partir vers les
Missions Etrangères, mais l'évêque, Mgr de la Myre, qui veut faire de lui
un professeur de séminaire, l'envoie compléter sa formation
théologique et spirituelle auprès des Sulpiciens. Ces deux années chez les
Sulpiciens, à Paris et à Issy-les-Moulineaux, le marquent profondément. Il
s'imprègne de la spiritualité de l'Ecole Française (celle de S. Vincent de
Paul, de S. Jean Eudes, de M. Olier, et autres). .. Et le sulpicien Monsieur
Mollevaut son directeur spirituel, avec qui il restera longtemps en relation,
s'emploie à calmer le zèle de ce jeune prêtre jugé un peu
impulsif.
2. Le Prêtre
diocésain (1821-1836)
Revenu au Mans en 1823,
Basile Moreau enseigne dans les Séminaires du diocèse, d'abord la philosophie à
Tessé , puis la théologie et l'Ecriture sainte à Saint-Vincent : 13 années
au total.. Sur son enseignement proprement dit nous avons peu
d'informations. Mais nous savons qu'il ne s'accommode guère de la
routine. Comme beaucoup de jeunes prêtres de l'époque, il s'ouvre aux
idées libérales de Lamennais (qu'il rejettera quand Rome
les condamnera). Il se démarque surtout des tendances gallicanes qui
étaient celles de beaucoup d'évêques et de prêtres, en particulier celles du
supérieur du séminaire, M. Bouvier, le futur évêque. Basile Moreau est
ultramontain., comme Prosper Guéranger et quelques autres. Il regarde vers
Rome. D'où premières frictions entre lui et M. Bouvier !
Tous les deux cependant
partagent un même souci : relever le niveau des études. M. Bouvier est l'auteur
d'un manuel de théologie qui sera adopté dans 60 séminaires. Quant à Basile
Moreau, devenu sous-supérieur, il prend deux initiatives assez remarquables :
il introduit au séminaire un cours de sciences physiques (qu'il confie à Thomas
Cauvin, ancien professeur au Collège de l'Oratoire), et il envoie, à ses
frais (probablement en faisant appel à des bienfaiteurs), deux jeunes prêtres
étudier en Sorbonne !
Nous savons encore qu'il
est très populaire auprès des séminaristes. Beaucoup d'entre eux le choisissent
comme directeur spirituel, et plusieurs s'attacheront à lui et le suivront à
Sainte-Croix... ce qui ne plaira pas à tout le monde !
C'est également pendant
ses années de professorat que se révèlent les dons de Basile Moreau pour la
prédication : les curés du diocèse font souvent appel à lui, et ses sermons
provoquent de nombreuses et solides conversions.
Enseignement, direction
spirituelle, prédication, ne suffisent pas à satisfaire son appétit
d'action... Quand l'évêque, Mgr Carron, cherche quelqu'un pour organiser une
maison de retraite ou une caisse de retraite pour les prêtres, c'est à Basile
Moreau qu'il s'adresse. De même, c'est à lui qu'il demande de recueillir des
fonds pour une école du Vieux-Mans tenue par des Frères.
Autre initiative
importante à l'actif de Basile Moreau : la fondation du Bon-Pasteur. En 1833,
il est amené à s'intéresser à la situation des filles abandonnées et des
jeunes prostituées. Pour obtenir le concours des Soeurs de Notre-Dame de
Charité, il s'adresse à la supérieure de la maison d'Angers, Mère
Marie-Euphrasie Pelletier. Tout commence bien, mais très vite des malentendus
surgissent entre les deux futurs saints (Marie-Euphrasie sera canonisée en
1940). Sans entrer dans les détails, on peut renvoyer dos à dos le fondateur et
la fondatrice : Marie Euphrasie n'a pas fait preuve de transparence et Basile
a manqué de diplomatie ! Il fallut se séparer : avec l'accord des deux
évêques, le Bon-Pasteur du Mans sera indépendant du Bon-Pasteur d'Angers. Avec
des religieuses venues de Tours et les novices qui se présenteront, l'œuvre
prospérera. Quand, après 25 années de direction, l'abbé Moreau remettra
la maison à l'autorité diocésaine, elle comptera 40 religieuses, 150
pénitentes, 35 orphelines. Ajoutons que le Père Moreau confiera aux
religieuses du Bon-Pasteur la formation des premières soeurs Marianites .
3. Le Fondateur de Sainte-Croix (1835-
1866)
En 1835, Mgr Bouvier, qui
connaît et reconnaît les qualités de Basile Moreau (son ancien élève et
son collaborateur au Séminaire) lui demande de prendre la direction d'un petit
institut de frères instituteurs, les Frères de Saint Joseph, que leur
fondateur, l'abbé Dujarié, curé de Ruillé, malade et âgé, ne pouvait plus
diriger. En même temps, l'évêque l'encourage à mettre sur pied une société
de prêtres qui prêcheraient des missions, un des grands moyens mis en oeuvre pour
la rechristianisation (la nouvelle évangélisation de l'époque). Basile Moreau
rassemble donc à Saint-Vincent quelques prêtres qui, sous le nom de Prêtres
Auxiliaires, seront les premiers Missionnaires diocésains du Mans. (Deux
d'entre eux, René Cottereau et Julien Gautier, grands amis de Basile Moreau,
seront plus tard à l'origine d'un nouveau groupe de Missionnaires diocésains.)
Le voici donc, en 1835, à
la tête de deux groupes disparates et éloignés l'un de l'autre : les prêtres au
Mans, les frères à Ruillé. Il faut les rassembler. Par chance, un
chanoine de ses amis lui offre sa propriété de campagne, Notre-Dame de Bel-Air,
située sur la commune de Sainte-Croix. (Basile Moreau avait le chic de se
trouver des amis généreux, ce qui, par la suite, lui attirera bien des
ennuis).Et un certain M. Barré, qui n'était pas son ami, lui propose en
location une grande maison voisine. La question du logement résolue, dès
l'année suivante Basile Moreau ouvre un pensionnat où les prêtres et les
frères vont pouvoir collaborer, et il a recours à quelques pieuses femmes ou
demoiselles pour le service intérieur de la communauté et du pensionnat.
Ainsi est née, tout
naturellement est-on tenté de dire, providentiellement dira le
fondateur, l'Association de Sainte-Croix, composée de prêtres, de frères
et de sœurs . Pour donner à son association, une meilleure cohésion et une plus
grande efficacité apostolique, il propose aux prêtres, aux frères, et même aux
sœurs , malgré l'opposition de Mgr Bouvier, de faire profession religieuse. Lui-même
prononce ses voeux le 15 août 1840.Il est désormais le Père Moreau, le père
d'une famille religieuse. Ajoutons que l'arrivée en 1841 d'une jeune
fille mayennaise, Léocadie Gascoin, future Mère Marie des
Sept-Douleurs, assurera une base solide à la société des sœurs
.
Faire vivre ensemble et
faire collaborer des prêtres, des frères et des sœurs n'est pas une mince
affaire ! Le Père Moreau insiste beaucoup sur l'esprit d'union. Il veut que les
trois sociétés forment une famille, la Famille de Sainte-Croix. Il lui
donne en modèle la Sainte Famille de Nazareth.
Au pensionnat, malgré
l'opposition de Mgr Bouvier, le Père Moreau introduit l'enseignement du
grec et du latin. Notre-Dame de Sainte-Croix devient, en 1839, une
institution, la première au Mans, fréquentée par les fils des bonnes
familles sarthoises. Pour l'éducation, "une oeuvre de résurrection"
dit-il, le Père Moreau veut l'excellence : en 1849, il obtient du ministre
Falloux le privilège du plein exercice, c'est-à-dire l'autorisation de
poursuivre l'enseignement jusqu'à la classe de philosophie. En 1849 : un an
avant la loi de la liberté de l'enseignement secondaire.
Dès lors, le renom de
Sainte-Croix déborde du diocèse : diverses oeuvres, surtout des écoles et des
pensionnats, surgissent en plusieurs régions de France, jusqu'à Paris où s'ouvre
dans le quartier des Ternes une institution qui, transportée à Neuilly, prendra
le nom de Sainte-Croix de Neuilly. Et du monde entier les évêques
demandent des religieux, des religieuses pour des écoles, des orphelinats,
des missions. Le Père Moreau fait tout son possible, et même
l'impossible, pour répondre au moins à quelques-uns de ces appels.
Dès 1840, 3 prêtres et 6 frères sont envoyés en Algérie. En 1841 et
1843, des prêtres, des frères, des sœurs partent pour les Etats-Unis. En
1847, 15 religieux et religieuses arrivent au Canada. En 1850, à la
demande du pape, le Père Moreau conduit lui-même 6 frères pour qu'ils
apprennent un métier aux petits vagabonds de Rome. Enfin, en 1852, 3 pères, 3
frères et 3 sœurs sont envoyés en mission au Bengale. Ainsi donc, avant
que la communauté atteigne sa 15ème année, et alors que ses effectifs sont
encore très modestes, elle est présente sur 4 continents : l'Europe, l'Afrique,
l'Amérique, l'Asie. Le Père Moreau savait communiquer à ses disciples
son zèle, son dynamisme, son audace : il faut lire les récits des voyages (des
voyages de plusieurs mois !), prendre connaissance des listes des décès
(beaucoup sont victimes du choléra, de la fièvre jaune, d'autres périssent dans
des naufrages dès leur arrivée), pour prendre la mesure du courage, de
l'héroïsme de ces jeunes sarthois et mayennais peu préparés à ces missions
lointaines.
Mais revenons au Mans. Le
projet de congrégation tripartite et mixte était trop audacieux : l'évêque, Mgr
Bouvier, s'y oppose résolument. Il intervient à Rome et il a gain de cause
: le pape, Pie IX, impose une dissociation. La congrégation de
Sainte-Croix(celle des pères et des frères) est approuvée en 1857, et la
congrégation des sœurs Marianites dix ans plus tard.
En même temps que le
pensionnat, le Père Moreau avait commencé la construction d'une église qui, en
plus du service du pensionnat et des habitants du quartier, devait être le cœur
de sa famille religieuse. Mener à bien cette entreprise lui a demandé
beaucoup de peine. L'église, Notre-Dame de Sainte-Croix, est consacrée en 1857
: une grandiose cérémonie présidée par le cardinal de Bordeaux, ami du
Père Moreau, entouré de 9 évêques, dont celui du Mans, Mgr Nanquette, et de l'abbé
de Solesmes, Dom Guéranger (avec quelques moines qui assurent les chants), en
présence du préfet de la Sarthe, du maire du Mans, d'un général, et autres
personnalités.
4. Le père
humilié (1866-1873)
Cette année
1857, marquée par l'approbation de la congrégation, la consécration de
l'église et un voyage en Amérique, était comme un sommet, un Thabor, dans la
vie du Père Moreau. Elle est suivie d'une douloureuse période, un chemin de
croix! Il est éprouvé par des dissensions à l'intérieur de la communauté, par
de graves déboires financiers, et il est accusé de mauvaise administration...
Entraînée dans la rapide expansion de la congrégation, la maison mère s'était
endettée. Et voilà qu'un économe, celui du collège de Paris, s'engage dans des
opérations financières qui tournent très mal. Pour éviter le scandale, le
Père Moreau répond de tout, persuadé que les institutions qu'il a créées en
France et à l'étranger le soutiendraient. Il s'est trompé. Il est abandonné de
tous, ou presque... Au chapitre général de 1860, il présente sa démission de
supérieur général. On la refuse, pour continuer à lui faire porter la
responsabilité de la débâcle. Ce n'est qu'en 1866 que sa démission est
acceptée par le pape.
Pour cette dernière
période de la vie du Père Moreau, quelqu'un a proposé d'emprunter à Paul
Claudel le titre : Le père humilié. Critiqué, calomnié, il est mis à l'écart de
sa congrégation. En 1869, il trouve asile chez deux de ses sœurs
qui vivaient dans une petite maison de la rue Jeanne d'Arc. De là,
il assiste à la vente de son collège, de son église, qui sont
bradés pour payer les dettes des autres maisons. Seules, ou presque, les Sœurs
Marianites lui sont demeurées fidèles. Dans leur chapelle de
l'avenue de Paris, il célèbre le 50ème anniversaire de son ordination, le
12 août 1872.
Cependant, depuis sa
démission, malgré une santé qui se dégrade, il a repris son ministère de prêtre
auxiliaire, il assure des prédications dans les paroisses... Le
1er janvier 1873, il va visiter le curé d'Yvré l'Evêque, un vieil ami.
Pris de malaise, il parvient, à grand peine, à célébrer la messe. On le ramène
au Mans.Après 3 semaines de souffrance, il meurt le 20 janvier.
En 1867, le 13 juin, en
retraite à la Trappe de Mortagne, il avait rédigé son testament spirituel
: " Je pardonne de bon cœur à tous ceux qui m'ont nui dans
l'exercice de mon ministère par leurs calomnies, probablement sans mauvaise
intention. Je prie Dieu de pardonner à ceux des nôtres qui, sans le savoir, ont
paralysé le développement de l'OEuvre de Sainte-Croix, en recourant à des
moyens aussi peu conformes à l'esprit de nos Constitutions et de nos Règles
qu'à l'obéissance, à la simplicité, à la vérité et à l'abnégation religieuse.
S'ils pouvaient lire dans mon cœur, ils verraient qu'il n'y a rien d'amer, mais
indulgence et amour pour tous les membres de la famille..."
Basile Moreau homme
de foi, homme d'espérance
En parcourant la vie du
Père Moreau, nous avons relevé quelques traits de sa riche et complexe
personnalité. Nous avons remarqué d'abord son dynamisme apostolique, puis la
manière dont il a vécu ses dernières années, avec une foi et une espérance
vraiment héroïques.
Le Père Moreau était un
homme de foi. Sa foi se manifestait par une confiance sans limite en la
Providence. Dans un sermon de 1845 il s'écriait " S'il y a un Dieu,
il y a par là même une Providence... Dieu est notre Père, nous sommes ses
enfants; pourrait-il nous oublier et nous abandonner au hasard
?" Cette profonde conviction ne l'a jamais quitté.Il voyait la main
de la Providence en tout ce qui lui arrivait personnellement et en tout ce qui
arrivait à sa communauté. Il n'en a jamais douté : Sainte-Croix
était l'œuvre de Dieu, lui-même n'étant, disait-il, qu'un simple
instrument.
Deux faits pour
illustrer sa confiance en la Providence :
En 1848, Sainte-Croix
avait pris en charge un orphelinat à La Nouvelle-Orléans en Louisiane. Cette
fondation où l'on vivait dans la misère fut éprouvée par des épidémies de
fièvre jaune. Des religieux, des religieuses, des enfants succombèrent. Deux
supérieurs envoyés du Mans décédèrent, l'un après l'autre. Un 3ème ne
resta que quelques semaines. Un 4ème envoyé de l'Indiana n'arriva jamais à
son poste. Au Mans, le conseil général se demandait s'il fallait abandonner
cette mission. Chacun des membres du conseil exprima son opinion, puis, après
avoir prié de longues minutes, la tête dans les mains, le père Moreau dit
simplement : " Le Bon Dieu nous a tant éprouvés dans cette fondation que
je crois qu'il a des vues particulières sur elle. Je suis d'avis de la
maintenir. "
En 1852, c'est la Mission
du Bengale que, sur la demande du Pape, il accepte de prendre en charge alors
qu'il n'a ni sujets, ni ressources suffisantes. Il écrira plus tard : " On
m'a blâmé d'avoir accepté cette mission en répétant que toutes les autres
Congrégations l'avaient refusée... A ces reproches, j'ai répondu ce que je
répondrai toujours en pareilles circonstances : j'ai pour principe de ne rien
refuser, quand tout semble indiquer un dessein de la Providence. "
Son espérance, le Père
Moreau la plaçait dans la Croix. "Sainte-Croix" était le nom de la
localité où sa famille religieuse avait pris naissance; mais il considérait
cette circonstance comme providentielle : il s'est appuyé sur cette appellation
pour insister sur l'importance du mystère de la croix dans la vie spirituelle
de tout chrétien, à plus forte raison de tout religieux. Au cœur de
sa spiritualité, il y avait cette conviction (héritée de saint Paul et de
l'Ecole Française) que nous sommes tous appelés à participer aux mystères
de la vie du Christ. Il aimait méditer et répéter la parole de saint Paul :
" Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi",
sans en omettre les premiers mots : " Avec le Christ, je suis fixé à
la croix" (Gal 2 20).
Le Père Moreau était
persuadé que les difficultés, les épreuves rencontrées étaient des
participations à la passion, à la croix du Christ, et donc qu'elles étaient des
signes de la bénédiction de Dieu. On pourrait multiplier les citations..
" Les afflictions,
les revers, l'abandon des amis, les privations en tous genres, les infirmités,
la mort même, la malice de chaque jour et les peines de chaque heure, voilà
autant de reliques du bois sacré de la vraie Croix qu'il nous faut chérir,
vénérer, enchâsser dignement dans l'or d'une charité patiente, résignée,
généreuse, qui souffre tout, qui supporte tout, en union avec le divin Maître
". (L.C. 19 juin 1848)
" Quoique les
épreuves subies par l'œuvre de Sainte-Croix aient été aussi cruelles que
nombreuses, loin de briser et de détruire par la racine cette plante naissante,
elles doivent au contraire l'affermir, la fortifier et la féconder " (L.C.
de 1865).
Je conclus par une
dernière parole du Père Moreau. Dans une conférence donnée aux Sœurs du Canada
en 1857, il disait en parlant du chemin de croix qui s'impose à tous : "
Que voulez-vous ? il n'y a pas d'autre voie pour arriver au ciel... Suivons
donc le chemin que Jésus-Christ nous a tracé, et nous arriverons à la
bienheureuse éternité. "
Par le Père Jean Proust
csc
SOURCE : http://www.cscfrance.org/content/basile-moreau
Basile Moreau : histoire
d'une béatification
Sur cette page, nous
publions un article de 12 pages du Père Proust, selon son habitude
extrêmement documenté et rigoureux, relatant la succession d'évènements qui ont
conduit de la mort du Père Moreau le 20 janvier 1873 à sa béatification le 15
septembre 2007. A la suite, nous publions des extraits vidéo des Journaux
Télévisés du 15 septembre 2007, ainsi que l'homélie de Mgr Faivre et son
discours aux invités le jour même de la béatification.
Avertissement. Cette page est en cours d'aménagement. La longueur et la précision de l'article du Père Proust méritent d'en faire un document téléchargeable et imprimable, ce qui sera fait prochainement. Nous travaillons à une présentation plus brève de l'histoire de la Cause, plus adaptée à cette page. Viendront s'ajouter en temps et en heure des informations sur l'avancement de la cause de sa canonisation.
De la mort du Père Moreau
à sa béatification
A la mort du Père Moreau,
la famille religieuse de Sainte-Croix est disloquée. Entre les débuts de
sa congrégation (l'expression est du Père Moreau) s'installent
l'indifférence ou l'ignorance, quand ce n'est pas le mépris ou la haine.
Avant de songer
à la remontée vers la lumière (Graziella Lalande, Basile
Moreau et sa lente remontée vers la lumière, 2003) de leur Fondateur,
ses fils et ses filles devront se réconcilier, se rassembler...
Parcourir les cent trente
et quelques années qui séparent la mort du Père Moreau de sa béatification,
c'est évoquer ceux et celles qui ont contribué d'une manière ou d'une
autre au rapprochement, au renouement, des quatre congrégations de
Sainte-Croix, à la réhabilitation de la mémoire du Fondateur et à l'introduction
de sa cause.
Père Jean Proust csc,
Noël 2006
1873-1993 : Vingt années
de silence
Dix jours après la mort
du Père Moreau, le Supérieur Général recommande aux prières des religieux celui
à qui nous sommes tous redevables pour notre existence comme institut religieux
dans l'Eglise (Lettre Circulaire du Père Sorin, 31 janvier 1873). A cette
brève oraison funèbre succède, de la part du père Sorin, un lourd silence
de vingt années. Un de ses amis a cette formule où l'on peut lire
l'expression de son souhait : Le silence laissera probablement tout dormir
dans la tombe (Le Père Champeau au Père Sorin le 12 février 1873).
Mais déjà des voix
s'élèvent pour honorer la mémoire du Fondateur et préparer les voies de sa
glorification.
En France, Mère
Marie des Sept-Douleurs (Léocadie Gascoin), Supérieure générale des
Marianites, s'applique à maintenir sa communauté dans la plus pure tradition de
l'esprit du fondateur. Presque chaque lettre à ses religieuses est
l'occasion de rappeler la mémoire du Père bien-aimé. On peut affirmer que c'est
grâce à Mère Marie que la physionomie du Père Moreau a pu être conservée dans
la vérité de ses traits, la force de sa droiture et la charité de ses
pardons (Soeur Raymonde Marsollier, Supérieure Générale des
Marianites, Conférence, 1984). Malheureusement, cette fidélité
s'accompagne d'une rupture totale avec les religieux du père Sorin, -
rupture qu'encourage le père Charles, neveu du Fondateur.
Chez les Religieux, les
blessures sont loin d'être cicatrisées. Après le funeste Chapitre de
Sainte-Brigitte une soixantaine de religieux avaient quitté la congrégation,
les uns purement et simplement renvoyés par le chapitre sous prétexte de
leur "complicité" avec le Fondateur, les autres, partant de leur
plein gré, manifestant ainsi leur désaccord avec la nouvelle administration.
Mais ceux qui sont restés
- les Rézé, Gastineau, Lecointe, Louage, Steunou qui vont
courageusement assumer la charge de Provincial - et beaucoup d'autres pères et
frères, comment pourraient-ils oublier le Père Moreau, leur père, leur ami
? Le souvenir de leur Fondateur n'en demeurait pas moins vif dans le coeur
de nombre de ses fils, même s'il ne leur était pas facile de l'exprimer (Père
Germain Lalande csc, Lettre Circulaire n° 10, novembre 1972).
Au Canada, les Soeurs
de Sainte-Croix et des Sept-Douleurs, qui prendront leur autonomie en 1889,
restent fidèles au Père Moreau et à Mère Marie des Sept-Douleurs. Leur première
supérieure, Mère Marie de Saint-Basile (Julie Bertrand), avait
conscience de porter une responsabilité filiale, une responsabilité
d'héritière... Elle veillait avec soin à ce que la mémoire du Père Moreau
soit honorée par les sœurs et par leurs élèves et maintenait un culte filial à
Marie des Sept-Douleurs (Graziella Lalande, L'histoire d'une Histoire
et les Soeurs de Sainte-Croix). De même, les Pères et les Frères, dont beaucoup
avaient été formés par le père Rézé, constituent un autre îlot de fidélité
(Graziella Lalande, Lettre à Jean Proust, 3 juin 2004).
En Indiana au
contraire, les Soeurs de la Sainte-Croix, autonomes
depuis 1869, sont sous l'emprise du père Sorin. Cependant toutes les soeurs
n'ont pas coupé les ponts avec leur origine. En août 1872, un religieux
français, membre du chapitre général qui se tenait à Notre-Dame, écrivait
: Que dirai-je de nos bonnes Soeurs françaises, que j'avais connues au
Mans et que je retrouvais à Sainte-Marie et à Notre-Dame ? Combien nous
sentions vivement de part et d'autre le plaisir de nous revoir ! Il faut avoir
été séparés par l'Océan pendant de longues années pour se faire une idée d'une
pareille satisfaction. Il leur semble si doux de parler de la France ! Et
j'aime tant à me souvenir de ces premiers jours, où les coeurs étaient si
fervents et si généreux ! Au berceau des congrégations, il y a des sentiments
qu'on ne retrouve pas plus tard... (Signé X..., Anales de Saint
Joseph, février 1873).
Un bon nombre d'anciennes
Marianites sont déchirées. Témoin cette soeur Marie de Saint-Pierre,
une bretonne, qui après son noviciat effectué au Mans en 1855 avait été
envoyée en Indiana. En décembre 1890 elle écrit à Mère Marie des Sept Douleurs
: Personne ne saurait comprendre le tort que cette séparation (de 1869) a
fait à notre communauté. Après avoir relaté comment le père Sorin, afin
d'être considéré comme le véritable fondateur de la congrégation des sœurs
américaines, a pris toutes les précautions pour faire oublier le nom et les
mérites du Père Moreau, elle ajoute la communauté désabusée par la force
des événements sent un impérieux besoin de se tourner vers sa source primitive,
et elle demande de lui expédier un ouvrage traitant de la vie et des œuvres du
Père Moreau afin de le traduire pour l'édification de la communauté, et
comme acte de réparation pour l'oubli involontaire fait à ses grandes
vertus (Cité par André Ligné, Naissance et évolution d'une
Congrégation, p 294-295).
Chez les religieux
américains, l'ignorance vis-à-vis du Fondateur est totale : Les membres de
Sainte Croix n'ont vraiment pas parlé de Basile Moreau à partir des années 1870
presque jusqu'aux années 1920-1930. Tous ceux qui avaient bien connu
personnellement le Père Moreau étaient alors très âgés ou décédés. Et comme à
ce moment-là Sainte-Croix croissait très rapidement en Amérique du Nord, les
histoires venant du "vieux monde" n'étaient pas une
priorité (Joël Gialanza, Un simple instrument).
En 1932, le père
Donahue écrira dans son Rapport au Chapitre Général : Voici une communauté
presque centenaire et, à date, ses membres n'ont jamais lu les lettres du
Fondateur. Nous sommes à la veille d'un Chapitre général et même les
capitulants ignorent quasi tout de l'esprit du Fondateur, de l'histoire et des
traditions de la communauté... Cette province (de l'Indiana) compte aujourd'hui
environ 200 prêtres profès et environ le même nombre de frères, tous des hommes
mûrs, mais cet idéal et ces convictions n'ont pas été le moins du monde
inspirés par l'idéal et les convictions du Fondateur de la communauté.
Le renouement, 1893-1926 : Premières initiatives, premiers rapprochements
Devenu supérieur général
à la mort du père Sorin, le 31 octobre 1893, le Père Gilbert
Français ouvre la voie à la "réhabilitation" du Père
Moreau. Dès sa première lettre circulaire (du 3 novembre),
apparaissent les noms des Pères Moreau et Dujarié, nos pieux
fondateurs. Le Provincial de France, le Père Victor
Lemarié qui avait été l'ami, le confident du Père Moreau, partage la piété
filiale du Père Gilbert. Déjà des portraits du Fondateur sont installés au
noviciat de Montéclair et à l'institution de Neuilly. Tous les deux
forment un projet : écrire une biographie du Père Moreau. Le 7 décembre,
le père Lemarié écrit au petit-neveu du Fondateur, Joseph Bouleau : Nous
voudrions entreprendre la vie de notre saint Père Moreau. Le Père Français,
notre nouveau supérieur général, ne demande que des documents, et j'ai
accepté la mission de les recueillir. En fait, un bon nombre de documents
sont entre les mains de Charles Moreau qui avait lui-même entrepris la
rédaction d'un ouvrage sur la vie et les œuvres de son oncle : ils sont
inaccessibles !
En février 1898, un
disciple des Pères Français et Lemarié, le Père Gabriel Vaugeois,
fait paraître dans les Annales de Saint-Joseph, bulletin de la
Province française, une notice biographique sur le Père Moreau, qu'un journal
de la Nouvelle-Orléans avait publiée pour le cinquantenaire des Marianites. Le
père Français encourage le père Vaugeois à poursuivre ses recherches sur
le Fondateur.
Cette même année, au mois
d'août, le chapitre général des religieux se tient au collège Notre-Dame
de Montréal. Mère Marie de Saint Basile invite à la maison mère
de Saint-Laurent les vingt-deux capitulants. Le Père Français saisit cette
occasion pour faire part aux Sœurs de ce qu'il appelle
son ambition : réunir dans une même pensée toutes les branches
de la famille de Sainte-Croix ; les réunir au moins spirituellement par des
rapports plus intimes que nous aurons ensemble, par la connaissance plus
parfaite de notre digne Fondateur, le vénéré Père Basile Antoine Marie
Moreau (Annales de la Congrégation, VI, p 25).
Arrive le
100ème anniversaire de la naissance du Père Moreau. Sur proposition
du père Lemarié, le chapitre général a voté cette recommandation : Le
11 février de l'année prochaine, il y aura cent ans que le T.R P. Moreau naquit
en Laigné-en-Belin (diocèse du Mans). C'est à lui que nous devons notre beau
nom de Sainte-Croix, nos Constitutions et nos Règles. Le Chapitre est d'avis
qu'à l'occasion de cet anniversaire, on célèbre une messe dans chaque maison de
la Congrégation. Le père Français invite tous les religieux à marquer
cet anniversaire : Cette date intéresse au plus haut point notre piété
filiale, et ne saurait passer inaperçue pour aucun d'entre nous… Ce centenaire
devrait être marqué par l'expression vivante de notre respect, de notre
reconnaissance et de notre plus pieuse affection à l'égard de ce père vénéré de
notre famille religieuse… (Père Gilbert Français, Lettre circulaire,
12 janvier 1899). Le Provincial souhaite rassembler les religieux de France
pour une démarche de piété filiale au cimetière où repose le Père Moreau, mais
là encore il se heurte à l'intransigeance de Charles Moreau qui ne veut pas
des gens de Sainte-Croix. Seules, les Marianites assisteront, le 11
février 1899, à la messe qu'il célébrera dans la chapelle du cimetière (Annales
de la Congrégation des Marianites, p 350).
Après le décès
du terrible neveu (le 17 avril 1899) le père Lemarié obtient de M.
Bouleau communication de son manuscrit, et, à l'insu du père Français, il le
fait imprimer : Le T.R.P. Basile-Antoine Moreau, prêtre du Mans, et ses
oeuvres par l' abbé Charles Moreau, parait en 1900. Le supérieur
général ne peut que mettre en garde contre la lecture de cet ouvrage qui, en
même temps qu'une apologie du Fondateur, est un violent réquisitoire contre
ceux qui se sont opposés à lui : Si nous devons aimer et respecter le
T.R.P. Moreau, ne devons-nous pas aussi aimer et respecter ceux qui furent les
premiers et les meilleurs compagnons de ses travaux, et qui les ont continués
avec une rare énergie, en des conditions particulièrement difficiles
? (Père Gilbert Français, Lettre Circulaire, 3 octobre
1900).
Au mois de juin
1900, Mère Marie de Saint-Julien (Joséphine
Durand), supérieure des Sœurs de Sainte-Croix, invite à Saint-Laurent
Mère Marie de Saint-Matthieu (Marie-Yvonne Auffret), supérieure des
Marianites : les deux Supérieures échangent le baiser de
réconciliation du Canada avec la France. En 1921, Mère Marie de
Sainte-Eléonore (Renée Lejeune), croira pouvoir aller plus loin : elle
avisera la supérieure canadienne qu'elle consentait à avoir une union
spirituelle et désirait l'union complète avec les sœurs du Canada. (André
Ligné, Op cit p 297) Un souhait pour le moins prématuré !
Au Canada, les Soeurs ont
repris le projet d'une biographie. Mère Marie de Saint-Julien a
chargé Sœur Marie de Sainte Maximilienne (Luména Lizotte) d'extraire
de l'ouvrage du père Charles un récit abrégé et expurgé. En 1923, paraît l'Histoire
du T.R.P. Basile-Antoine-Marie Moreau, missionnaire apostolique, fondateur de
la congrégation de Sainte-Croix, par une religieuse de la congrégation des
Soeurs de Sainte-Croix et des Sept-Douleurs. Cette biographie, la première
que religieux et religieuses de Sainte-Croix peuvent
lire, constitue un élément important dans le mouvement de
reconnaissance et de réhabilitation qui se développait chez les
religieux (Sœur Graziella Lalande, Basile Moreau et sa
lente remontée vers la lumière, p 26). Plus tard, l'auteure,
devenue supérieure générale, confiera : Combien je fus frappée d'entendre
le Père Français me répéter plus d'une fois : quand on poursuivra la cause de
béatification de notre cher Fondateur, vous saurez que votre travail aura
ouvert la voie en préparant les esprits et les coeurs (Sœur Graziella
Lalande, Basile Moreau sous le regard des siens, p 21).
Le père Français prend
une autre initiative : publier les écrits spirituels du Père
Moreau. Au chapitre de 1920 il a fait voter ce décret : Afin
d'honorer et de perpétuer la mémoire de nos fondateurs et de profiter de leurs
travaux d'ordre spirituel, le P. Philéas Vanier, de la province du Canada, est
chargé par le Chapitre de rassembler les écrits du Père Moreau qui concernent
la vie spirituelle. En 1923, le père Philéas Vanier fait
paraître des extraits de la correspondance du père Moreau et de son directeur
spirituel sous le titre Moreau et Mollevaut, et
46 Sermons du Père Moreau. En 1932 il publiera
les Méditations chrétiennes.
Pour
le 50ème anniversaire de la mort du père Moreau, le 20 janvier
1923, Mgr Georges Grente, évêque du Mans, préside un service solennel dans
la chapelle de la maison-mère des Soeurs Marianites. Le 12 janvier 1924, en
présence des religieuses, du père Vaugeois, Provincial de France, et du père
Cousineau, étudiant à Paris et futur supérieur général, il est procédé à une
exhumation (la première) des restes du Père Moreau. Ils sont déposés dans un
nouveau cercueil sous une dalle neuve en marbre blanc dans la chapelle du
cimetière (Mgr Cousineau, Journal Epistolaire). Les religieux, les
sœurs de France, du Canada et de l'Indiana ont contribué à l'aménagement du
caveau (Annales des Marianites, p 41-46).
1926-1938 : Le grand
retour
Le supériorat général du
Père Français avait été un coup de barre vigoureux vers un retour au culte du
Fondateur. Ses successeurs - les Pères Donahue et Cousineau - continueront
dans le même sens, avec plus de liberté et plus d'ardeur encore (Père
Germain Lalande, Lettre Circulaire n° 10, Noël 1972).
Du Père Gilbert Français
le Père James Donahue avait appris à vénérer la mémoire du Père
Moreau. En 1924, l'exhortation de Pie XI Unigenitus Dei
Filius l'avait encouragé dans cette voie : Avant tout, nous exhortons
les religieux de ne jamais perdre de vue les exemples de leur Fondateur et
Législateur, s'ils veulent avoir la certitude de participer aux grâces
abondantes de leur vocation. Maître des novices en Indiana, Recteur
du Séminaire Moreau, puis Supérieur de la Procure de Rome, il
avait plusieurs fois visité les Marianites du Mans, passant ses
séjours à prier, lire, écrire, méditer, soit dans sa chambre, soit sur le
tombeau de Basile Moreau ou les autres lieux sanctifiés par lui (Annales
des Marianites, p 480). Elu Supérieur Général en 1926, il se donnera
de toute son âme à l'oeuvre de réhabilitation de la mémoire du Père Moreau et
au retour de la congrégation à son lieu d'origine.
Par l'entremise de
l'évêque du Mans, Mgr Grente, la Congrégation rachète l'église bâtie par le
Père Moreau le 10 août 1931. Le Père Donahue écrit : Chérir la mémoire [du
Père Moreau] et méditer ses conseils, avoir foi en sa vision, vénérer les lieux
qu'il aima et sanctifia : c'est à la fois notre privilège et la garantie que
Dieu nous bénira ! [...] Ici, chaque pierre nous parle d'amour paternel,
de sainteté, de sacrifice. Ici est née la Congrégation de Sainte-Croix… Ici,
dans la pauvreté et le dénuement, entouré d'oppositions, de critique, de
condamnation et de haine, Basile Moreau groupa, inspira, soutint les âmes que
Dieu destinait à être les pierres fondamentales [de son œuvre] (Père
Donahue, Lettre Circulaire, 15 septembre 1931).
A l'automne 1933, il
ouvre dans un bâtiment annexe de l'église un scolasticat à vocation
internationale. C'est là que se rassembleront des religieux de nos
diverses provinces, pour y puiser à sa source l'esprit de leur Fondateur, pour
s'y imprégner des traditions primitives de leur communauté. Nommé
directeur de ce scolasticat, le Père Philéas Vanier poursuivra en France ses
recherches documentaires.
Les travaux de
restauration de l'église s'étalent sur six années. Toute la famille de
Sainte-Croix contribue à leur financement. Le 9 novembre
1937, l'église est reconsacrée par Mgr Grente, assisté des évêques
d'Angers et de Laval, en présence des Marianites et des religieux de
France, des provinciaux des Etats-Unis et du Canada, et de six religieuses de
l'Indiana et du Canada qui se rendaient à la mission du Bengale. Mgr
Maurice Foin, vicaire général, met en lumière la grande figure du Père
Basile Moreau.
Le père Donahue a
soin d'associer les religieux d'Amérique à cet événement : Aujourd'hui, on
assiste au triomphe de la justice, de la vérité, de la sainteté... Aujourd'hui,
un siècle après la fondation de Sainte-Croix, nous, religieux de la province
américaine, offrons au Père Basile Moreau notre amour, notre dévouement, notre
perpétuelle reconnaissance… Par delà les océans, nous considérons avec amour le
roc dont nous sommes taillés et la carrière dont nous avons été extraits.
Aujourd'hui, Notre-Dame du Lac salue avec révérence Notre-Dame de Sainte-Croix,
la mère dont elle est issue et le lien sacré qui unit Sainte-Croix de
l'Amérique à son Fondateur et Père en Dieu… (Père Donahue, Lettre
Circulaire, 18 octibre 1937).
Un an plus tard, le 9
novembre 1938, grâce à la bienveillance de Mère Marie de
Saint-Julien (Marie-Françoise Leroux), supérieure des Marianites, les
restes du Père Moreau sont transférés de la chapelle du cimetière à
la crypte de l'église.
Devant la dépouille du
Fondateur, en présence de Mgr Grente, de religieux de France, des Etats-Unis et
du Canada, des Soeurs Marianites, des Soeurs du Bon Pasteur et des Soeurs de la
Providence de Ruillé, le Père Albert Cousineau, nouveau Supérieur Général,
fait acte de réparation : Devant ces restes vénérés, je tiens à
déclarer, comme 5ème successeur du T.R.P. Moreau, que nous le
reconnaissons, nous, ses enfants, Pères, Frères et Soeurs, comme notre digne
Fondateur, qui, humilié et cruellement éprouvé par d'injustes traitements, a
fécondé dans les larmes et le sacrifice, l'oeuvre de Sainte-Croix... (Père
Albert Cousineau, Lettre Circulaire, 1er mars an?). Le 9 novembre
1938 peut être considéré comme une date charnière dans l'histoire de la famille
de Sainte-Croix. Le grand renouement entre toutes les branches de la famille de
Sainte-Croix est officiellement scellé (André Ligné, Op cit, p 298).
La "Cause", 1938-1950 : Préliminaires
Au Chapitre de 1926 il
avait été question pour la première fois d'une béatification éventuelle du
Père Moreau et du Père Dujarié : Le Procureur général sera autorisé,
si l'occasion se présente, à prendre une part active à l'introduction des
causes des TT.RR.PP. Moreau et Dujarié. Ce décret est reconduit aux
chapitres de 1932 et de 1938.
Le Père Albert Cousineau,
Supérieur Général de 1938 à 1950, sera le dynamique artisan de la
promotion de la cause. Pour y préparer les esprits et les coeurs il s'emploie à
faire mieux connaître les écrits du Fondateur : en 1941-1942 paraît
une édition complète de ses Lettres circulaires, et, en 1945, un recueil
documentaire préparé par le père Vanier intitulé Le T.R.P. Moreau
d'après ses écrits, ses correspondants et les documents de l'époque, 1799-1835. Lui-même,
dans ses lettres circulaires, aborde les grands thèmes spirituels chers au Père
Moreau. La substance de ses lettres sera recueillie en un volume qui paraîtra
en 1952 : Principes de vie sacerdotale et religieuse à l'école du vénéré
Père Basile Moreau.
Le travail à entreprendre
pour la préparation de la cause est considérable, et la
2de Guerre mondiale en retardera de plusieurs années la mise en
oeuvre. D'emblée, deux difficultés majeures se présentent. La première est
celle des rapports du Père Moreau avec Mère Euphrasie Pelletier, la
Supérieure Générale des Soeurs de Notre-Dame de Charité canonisée en 1940. En
1943, grâce aux pères H.P. Bergeron et Th. Mc Avoy, le Père Vanier découvre
dans les archives de Notre-Dame, les papiers Perché qui éclairent la
question. Autre difficulté, le fait que beaucoup de religieux considèrent le
Père Dujarié comme le fondateur de la congrégation. Grâce au travail du père
Vanier, le père Cousineau peut faire reconnaître officiellement au chapitre
général de 1945 le Père Moreau comme le véritable fondateur.
Le 19 octobre 1945, le
pape Pie XII reçoit le Père Cousineau et l'encourage à introduire la cause
aussitôt que possible. Au Mans, Mgr Grente s'y montre très favorable. En
novembre, le Père Cousineau rencontre Mère Marie de Saint Julien
(Marie-Françoise Leroux) à Précigné. Les religieux et les religieuses sont
invités à redoubler de ferveur et de prière pour que le Père Moreau soit
reconnu et aimé. C'est alors que sont instituées les Journées Moreau, au
jour anniversaire de son décès, le 20 janvier.
Chaque année les
Marianites avaient à cœur de célébrer l'anniversaire de la mort du Père
Fondateur par une messe solennelle de Requiem. L'héroïcité de ses vertus
étant reconnue (sic !) une messe solennelle d'action de grâce la
remplace pour la première fois à Précigné (Maison mère) et marquera désormais
tous les ans cet anniversaire si cher à toute la famille de
Sainte-Croix (Annales des Marianites).
Le 29 juin 1946, à
l'invitation de Mère Marie de Saint Julien, supérieure des Marianites, les
supérieures de l'Indiana, Mère Marie de Sainte
Rose-Elisabeth (Elizabeth-Rose Havican) et du Canada, Mère Marie
de Sainte Maximilienne (Luména Lizotte) se retrouvent à Précigné avec le
Père Cousineau. Rencontre historique puisque c'estla première fois qu'une telle
rencontre se produit depuis l'autonomie des deux congrégations d'Amérique, et
parce que le but en est de préparer les voies à la canonisation (sic
!) de notre cher Père Fondateur (Mère Marie de Saint Julien, Lettre
Circulaire, 14 juin 1946). Le 13 juillet, Mgr Grente appuie
chaleureusement la supplique qui lui est présentée. Pour lui l'œuvre
entreprise par le père Moreau, en dépit des contradictions, des épreuves
et des brisures qui auraient dû l'anéantir tant de fois, constitue le miracle
des œuvres (Annales des Marianites, p 45).
Le 27 mai 1947, l'évêque
du Mans publie deux ordonnances : l'une constituant le tribunal diocésain
chargé d'instruire la cause ; l'autre ordonnant la recherche des écrits du
Père Moreau. Le tribunal diocésain est ainsi composé :
Président délégué : Mgr
Foin, évêque auxiliaire (il sera remplacé à sa mort par Mgr Chevalier, vicaire
général).
Juges : Mgr Dubois (il
sera remplacé lors de sa nomination au siège de Rodez par le chanoine Marquet),
Mgr Lepron, Directeur des Œuvres diocésaines, M. le chanoine Froment, M. le
chanoine Blin, Chancelier.
Promoteur de la foi : M.
le chanoine Bouvet, Supérieur du Grand Séminaire.
Adjoint au Promoteur :
M.l'abbé Brayer.
Notaire : M. le chanoine
Charbonneau.
Curseur : M. le chanoine
Duroy.
Le père Hardouin sera
vice-postulateur.
Rassembler les écrits du
Père Moreau demandera de multiples recherches. Les Archives de la Sarthe et de
plusieurs départements, celles de la Propagation de la Foi à Paris, à Lyon et à
Fribourg, fourniront des documents très intéressants, qui complèteront ceux que
le Père Vanier avait recueillis depuis de longues années (ce travail mobilisera
plusieurs personnes, par exemple, au Mans, Mlle Marie Deniau).
Mgr René Fontenelle,
postulateur, se rend vite compte que la cause sera très difficile.
Evidemment, ce ne sera pas un saint en sucre d'orge
! dit-il, mais les lumières sont trop belles pour que les ombres
puissent nous décourager (J Grisé... Une nouvelle perspective, p
9). Plutôt que de faire un procès historique, il propose de suivre la
voie ordinaire, plus connue, plus pratique, plus
traditionnelle, et, tout bien considéré, plus sûre, ménageant moins de
surprises (Position... Présentation, p 7). Dès 1948, il
publie des Articles sur les vertus du Père Moreau (articles rédigés
en fait par le père Hervé Morin).
Le Père Cousineau a
confiance : La cause est difficile, on a tant noirci notre vénéré
Fondateur ! Il faut que Rome voie clair en tout cela. Mais Dieu glorifiera son
serviteur, si c'est sa volonté (cité par Graziella Lalande, La lente
remontée vers la lumière, p 24). Plus clairvoyant que le postulateur, il
demande au Père Vanier de continuer les recherches historiques et engage le
chanoine Etienne Catta et son frère Tony, avocat, pour écrire une
biographie critique du Fondateur. Les trois volumes paraîtront de 1950 à
1955.
Le 1er mai
1948 s'ouvre au Mans le procès informatif. Vingt-et-un témoins
seront interrogés dont deux seulement de visu (deux dames très âgées
qui dans leur enfance, avaient "vu" le Père Moreau) et
cinq de auditu a videntibus.
En juin 1950, avant la
fin de son mandat, le Père Cousineau a la joie de porter à Rome les actes du
procès diocésain.
1950-2007 : De
l'introduction de la Cause à la Béatification
Le Père Christopher
O'Toole, supérieur général de 1950 à 1962 se situe dans la ligne de
ses prédécesseurs : La tâche du père Donahue consista, pour ainsi
dire, à ressusciter le Père Moreau d'entre les morts et à le faire connaître à
la Congrégation. Le Père Cousineau, lui, l'a conduit jusqu'au pied des autels.
Et c'est maintenant à nous, par nos prières, nos sacrifices, notre fidélité, à
lui procurer les honneurs suprêmes en l'élevant jusque sur ces mêmes
autels... (Père O'Toole, Lettre Circulaire, 15 septembre 1950).
De son
côté, Mère Marie de Sainte-Odile (Eugénie Richard), supérieure
des Marianites, met tout en œuvre pour faire connaître et aimer le Père
Moreau. En 1950, elle établit le généralat et le noviciat à La
Solitude, et elle fait restaurer la chapelle du cimetière.
Le Père Edward
Heston, procureur général, seconde le postulateur. Il jouera un rôle de
plus en plus important dans l'avancement de la Cause.
Au mois d'avril 1952 deux
théologiens attestent que rien n'est contraire à la foi et aux moeurs dans les
écrits du Père Moreau. En mai, l'avocat de la Cause, Mgr Vitale, présente un
résumé au promoteur de la foi (l'avocat du diable) Mgr Natucci. Au mois de mars
1954 le promoteur de la foi publie ses objections.
Alors que 152 évêques ou
hautes personnalités appuient la demande de béatification, le cardinal Grente
intervient auprès du cardinal Cicognani, nouveau Préfet de la Sacrée
Congrégation, en vue d'obtenir au plus vite l'introduction de la cause.
Le 12 mai 1955
la Congrégation des Rites émet le décret d'introduction de
la cause. Après une longue période d'un oubli relatif, la vraie
stature du Père Moreau émerge enfin. Il apparaît, non plus seulement comme
Fondateur, mais comme Serviteur de Dieu, dont la sainteté a été jugée digne de
retenir l'attention du Saint-Siège... (Père O'Toole, Lettre
Circulaire, 7 mars 1955.
Les procès
apostoliques se tiennent au Mans du 20 juillet 1955 au 1er avril
1957, à Montréal du 17 janvier au 14 novembre 1956 et à Fort Wayne USA du
9 juillet au 4 août 1956. Le 21 juillet 1955, au Mans, en présence du Cardinal
Grente, de Mgr Chevalier, de Mgr Fontenelle, de Mgr Cousineau, a lieu la
reconnaissance des restes du Fondateur. Scellés dans une châsse de verre
déposée dans un double cercueil de zinc et de chêne, ils sont placés dans un
tombeau de marbre surmonté d'un beau gisant qui est l'oeuvre du sculpteur Henri
Charlier.
Après le décès de Mgr
Fontenelle (28 mars 1957), le Père Heston le remplace comme
postulateur.
Au mois de mars 1958 les
copies des actes du procès du Mans sont remises à l'avocat, Mgr Vitale, qui
devra rédiger un plaidoyer en faveur de l'héroïcité des vertus du fondateur. En
décembre 1961, la Positio super virtutibus, (575 pages) est remise au
Promoteur de la foi.
Le Père Germain
Lalande, élu supérieur général en 1962, déclare : Même si nous
ne pouvons pas et ne devons pas rendre un culte public au serviteur de
Dieu qu'est le Père Moreau, notre fondateur, rien ne nous empêche de recourir à
lui en particulier, afin qu'il nous obtienne les grâces nécessaires à une vie
religieuse vivace et fraternelle et à un apostolat fécond et utile à tous,
surtout aux pauvres, comme il le désirait tant pour ses fils. Et cela, tout en
priant instamment pour sa béatification et pour celle du frère André (Père
Germain Lalande, Lettre Circulaire, 19 mars 1963).
Le décret
conciliaire Perfectae caritatis (1964) invite les instituts religieux
à mettre en pleine lumière et à maintenir fidèlement l'esprit des
fondateurs et leurs intentions spécifiques. Religieux et religieuses de
Sainte-Croix vont intensifier recherches et réflexions afin de mettre en
lumière le message de leur Fondateur et de retrouver son sens de la
mission.
De nouvelles
Constitutions sont élaborées. En les promulguant, le Père Lalande écrit Je
crois fermement (qu'elles) sont respectueuses de l'esprit de notre Fondateur et
qu'elles ont conservé l'essentiel, le fondamental, de ce qu'il nous a légué...
Nos statuts se veulent fidèles à l'inspiration du père Moreau, même si, ainsi
que je l'ai souvent répété, il s'agit alors de normes de vie qui peuvent et
doivent varier avec l'évolution de la vie (Père Germain
Lalande, Lettre Circulaire).
Le décret conciliaire
encourageait les instituts à établir des fédérations ou des unions. En
1967, Mère Madeleine Sophie Hébert, supérieure générale des
Marianites, propose un projet de Fédération Sainte-Croix englobant les
soeurs de France, du Canada et de l'Indiana. Cette idée sera abandonnée,
mais des rencontres entre les trois administrations inviteront à une prise de
conscience plus grande de l'esprit de famille cher au fondateur. Et
les rencontres à trois seront étendues aux quatre branches. A La Solitude,
centre d'héritage Sainte-Croix dont les quatre conseils
généraux accepteront la responsabilité collective en janvier 1979, les
Marianites organiseront des sessions ouvertes à tous les membres de la famille
de Sainte-Croix.
En février 1970, le Père
Heston étant devenu secrétaire de la Sacrée Congrégation des
Religieux, le père Angelo Mitri O.M.I. est le nouveau
postulateur. Une de ses premières démarches est de retrouver la copie publique
du procès qui semblait perdue (sic !)… La cause du père Moreau
se trouve chez le promoteur de la foi (l'avocat du diable) depuis une
dizaine d'années, constate le Père Lalande. Cela malgré les
nombreuses démarches des Pères Heston et Mitri. On attend donc depuis ce temps
la publication des objections du promoteur de la foi sur les vertus du père
Moreau... (Père Germain Lalande, Lettre Circulaire, Noël 1971).
Le 20 janvier
1973, le centenaire de la mort du Père Moreau est célébré avec
ferveur. Dans toutes les provinces, on veut que tous les religieux fêtent
cet anniversaire de la manière la plus propre à approfondir notre attachement
au père Fondateur et à vivifier son esprit en chacun de nous. Il me plait de
voir en cet événement une faveur très opportune du Seigneur alors que nous
travaillons avec ardeur au renouveau de notre vie religieuse tel que voulu par
le Concile Vatican II et exigé par les besoins de notre temps. Le père
Lalande consacre 28 pages de sa lettre à évoquer les dernières années de la vie
du Père Moreau et à la survivance de sa mémoire dans la congrégation (Père
Germain Lalande, Lettre Circulaire, Noël 1972).
Au Mans, le Père
Lalande et les 3 Supérieures, Mère Madeleine Sophie
Hébert, Mère Marie Olivette Whalen, Mère Marguerite
Galipeau, de nombreux religieux et religieuses, sont présents. Le 19,
trois conférences sont prononcées : L'orientation apostolique donnée à
Sainte-Croix par Basile Moreau, en relation avec la vie communautaire, par
le Frère Gérard Dionne, Vie de prière et vie commune, hier et aujourd'hui, par
Soeur Bernadette Madiot, Structures de Sainte-Croix : son gouvernement et
son statut canonique, par le Père Thomas Barrosse.
Le 20, la messe est
présidée par Mgr Cousineau, archevêque de Cap-Haïtien, et concélébrée par
4 évêques, dont Mgr Alix, évêque du Mans, qui donne l'homélie, Mgr
Chevalier, ancien évêque du Mans, et Mgr Heston, archevêque, président de
la commission pontificale pour les communications sociales, et plus de 50
prêtres. L'après-midi le Père Angelo Mitri, postulateur, parle de l'avancement
de la Cause du Père Moreau. Jusqu'à l'année 1961, dit-il, la cause du
Père Moreau a marché très vite, exceptionnellement vite, incroyablement
vite... Une cause en moyenne dure environ 40 ans. Or, celle du P. Moreau,
commencée au Mans en 1947, était introduite à Rome huit ans après, en 1955, et
le nouveau procès apostolique était terminé six ans plus tard, en 1961. Soit en
tout 14 ans. A ce rythme, le P. Moreau aurait pu être béatifié en 20 ans, au
lieu de 40. Mais, ensuite, divers obstacles ont entravé son déroulement :
en premier, le Concile qui accaparait les énergies de la plupart des officiers
des congrégations romaines, puis parmi les causes qui sont à peu près au même
stade d'étude que celle du fondateur, il y en a qui passent avant, soit parce
qu'elles sont moins compliquées, soit parce qu'elles viennent de pays où le
pape doit aller, ou encore de pays pour lesquels il n'y a jamais eu encore de
béatification.
Le père Grisé impute le
retard aux promoteurs de la foi : De 1961 à 1970, il y aura trois
avocats du diable successifs, et le 2ème n'a presque rien fait. Une autre
raison du retard de la cause, c'est que le dernier promoteur de la foi a été
scandalisé et fâché du fait que le témoignage d'un témoin aurait été
introduit dans le procès à la dernière minute, comme témoin
"oculaire" alors qu'il n'était même pas né à la mort du P. Moreau !…
Le promoteur de la foi y a vu comme une espèce de fraude, rendant tout le
procès des vertus inacceptable (Jacques Grisé, La cause du père
Moreau : une nouvelle perspective, 1984).
De 1974 à
1986, le Père Thomas Barrosse s'attache à faire connaître
et vénérer le père Moreau. Déjà lorsqu'il était maître des novices à
Bennington, il avait publié : MOREAU, Portrait d'un
fondateur. Par ses lettres circulaires il cherche à susciter un
renouveau en profondeur de la vie religieuse ; deux d'entre elles
sont particulièrement consacrées au fondateur : Basile Moreau et
Sainte-Croix (février 1981), Fondateur et père, modèle, intercesseur
et ami (août 1984). Il prépare aussi une nouvelle édition des Lettres
circulaires du Père Moreau, que Joël Giallanza et Jacques Grisé publieront
en 1998.
Le 17 mai 1974, la Sacrée
Congrégation pour les Causes des Saints fait savoir que la cause du Père
Moreau est confiée à l'office historique. Le Père Jacques
Grisé est chargé de la préparation de la Positio. Il écrira
: J'ai eu affaire à trois relateurs ou directeurs de travail de la
S.C. pour les Causes des Saints… Le premier (P. da Pobladura, ofm cap.) m'avait
indiqué les directives générales : il s'agissait d'écrire une biographie du
P.Moreau, en insistant sur les vertus et en citant largement les documents,
sans rien cacher des difficultés… On ne voulait pas se servir de la biographie
de Catta… regardée comme une interprétation… Le 2ème (P. Amore, ofm)
m'a simplement dit de continuer comme j'avais commencé… Pourtant, lorsque j'eus
remis l'ensemble de mon travail, en 1980, il se mit à dire qu'il fallait
développer davantage… qu'il n'y avait plus de limite de pages, même si j'en
avais déjà plus de 4000… (loc.cit.)
Dix ans plus tard, en
1984, le nouveau rapporteur, le Père Beaudoin, O.M.I,
ne juge pas opportun d'utiliser le travail du Père Grisé qui ne comportait pas
moins de 4256 pages ! Il choisit comme base la biographie des frères Catta.
En 1981, sur l'initiative
de Soeur Raymonde Marsollier, a lieu à la Solitude la première Session
Internationale "Histoire et Spiritualité"... En décembre 1983,
se tient à St Mary's (Indiana) une réunion rassemblant pour la première fois les
4 Supérieurs généraux (P. Barrosse, Soeur Raymonde Marsollier, Soeur Jeanne
Dusseault, Soeur Olivia Marie) ainsi que les membres de leur conseil
respectif... En mars 1987 est formé un Comité de l'Héritage
Sainte-Croix chargé de porter attention à la Solitude, à l'église, à la
maison de la rue Jeanne d'Arc et au cimetière.
En 1994, la Congrégation
pour les Causes des Saints publie la nouvelle Positio.
En novembre 2002,
le Dr Andrea Ambrosi est nommé Postulateur pour la Cause du Père
Basile Moreau, et pour celles du Frère André et du Père Patrick
Peyton. L'étude sur les vertus du Père Moreau est approuvée par les
théologiens consulteurs en janvier 2003 et par les 14 cardinaux et évêques en
mars. Le Préfet de la Congrégation pour la Cause des saints, le cardinal Saraiva
Martins présente son rapport au pape.
Le 12 avril 2003, lors
d'un consistoire, le pape Jean-Paul II reconnaît l'héroïcité des vertus du
Père Basile Moreau, et le déclare Vénérable.
Le 27 janvier 2005 une
commission médicale étudie un cas de guérison attribuable à l'intercession de
Basile Moreau. Le 15 avril, une commission théologique rend un jugement positif
sur ce cas. Le 8 novembre, la Commission des 15 cardinaux et archevêques vote
de façon positive en faveur de la Cause. Un comité présidé par
le Père Mario Lachapelle est chargé d'étudier les projets
élaborés en vue de la béatification. En font partie les Soeurs Marie-André
Rousseau (des Marianites), Jeannette Fettig (des Soeurs de la Sainte-Croix) et
Laure Therrien (des Soeurs de Sainte-Croix). Le Frère Edward Dailey est
secrétaire de ce comité et assistant administratif pour les trois causes. Cinq
autres comités sont mis en place.
Le 28 avril 2006 le Pape
Benoît XVI autorise la promulgation du miracle attribué à l'intercession du
Père Moreau. Ce décret met un terme au processus de béatification.
Le père Hugh Cleary,
Supérieur général, promulgue une année d'action de grâce :
Depuis si longtemps
attendue, la béatification imminente du Père Moreau nous invite à entreprendre
une année de prière et de réflexion sur sa riche spiritualité, en particulier
sur son espérance dans la croix... Ce moment historique est pour nous une
occasion d'approfondir notre appréciation du patrimoine magnifique qui est le
nôtre. Les quatre supérieurs de la Famille Sainte-Croix publient une
déclaration commune : Le coeur rempli de fierté et de gratitude, nous
voulons célébrer ensemble la proclamation par le Saint-Père Benoît XVI de la
béatification de notre Fondateur, Basile Antoine Marie Moreau.
Mgr Jacques
Faivre, évêque du Mans, annonce la Béatification à ses diocésains (Mgr
Faivre, Eglise en Sarthe, Juillet-Août 2006).
Le 7 décembre, la
Secrétairerie d'Etat du Vatican rend officiels les dates et les lieux proposés
pour les cérémonies de béatification :
Vendredi 14 septembre
2007, Vigile de prière à l'église Notre-Dame de Sainte-Croix
Samedi 15 septembre, Rite
de Béatification au Centre Antarès
Dimanche 16 septembre,
Messe d'action de grâce en la Cathédrale Saint-Julien.
Samedi 15 septembre 2007
avait lieu au Mans la première béatification sur le sol français (sans la
présence du pape). Celle de Basile Moreau originaire de Laigné en Belin. Pour
l'occasion la salle Antares transformée en cathédrale accueillait plus de 5000
personnes en présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles on pouvait
noter : Mr le Cardinal José Saraiva Martins,Préfet de la Congrégation pour les
causes des saints, Mr François Fillon, premier ministre et son épouse, Mr
Michel Camux, Préfet de la Sarthe, Mr le Président du Conseil Général et de
nombreux élus, Son Eminence Monsieur le Cardinal Théodore McCarrick, archevêque
émérite de Washington, Mgr Maurizio Bravi représentant Mgr Fortunato Baldelli,
Nonce Apostolique, Dom Dupont, Père Abbé de Solesmes, ainsi que les
responsables des Congrégations de Sainte-Croix : le Père Hugues Cleary csc,
Soeur Kesta Occident, Soeur Joy O'Grady, Soeur Mary Kay Kinberger, Soeur
Suellen Tennyson...
Homélie de la cérémonie
Par Mgr Jacques Faivre,
Evêque du Mans
Frères et Soeurs, Il y a
quelques minutes, avant que son Eminence le Cardinal SARAIVA MARTINS proclame
la lettre apostolique de sa Sainteté le Pape Benoît XVI déclarant
" Bienheureux " Basile-Antoine-Marie MOREAU, nous avons
entendu une courte biographie du Serviteur de Dieu. Je ne reprendrai pas le
déroulement de sa vie. Je n'en retiendrai que quelques, aspects qui peuvent
inspirer notre propre comportement.
La spiritualité léguée
par le Père MOREAU comporte une insistance très forte sur l'esprit d'union
et de fraternité. Il désire que pères, frères et soeurs soient unis dans la vie
et le travail " comme une imitation visible de la Sainte
Famille ". Dès sa première lettre circulaire il écrit:
" Pour travailler avec succès à l’oeuvre importante qui nous est
confiée, il faut que la charité nous unisse tellement ensemble que nous ne
fassions tous qu'un coeur et qu'une âme ". Et n’est-ce pas également
ce que nous percevons à travers la lettre du 15 juin 1854 : " Les
membres de l'Association ne doivent former qu'une seule et même famille, unie
par les doux liens de la charité fraternelle et des trois voeux de
religion ". Toutes ces paroles sont très belles. Les mettre en
pratique d'une manière continue est tout autre chose; l'histoire l'a montré...
Dès lors, on comprend que le Bienheureux Basile MOREAU ait aussi insisté sur
l'importance de la croix dans le progrès spirituel, en en faisant lui-même
l'expérience, et qu'il ait donné comme devise à sa famille religieuse ce
verset: "O crux, ave, spes unica ! Salut, ô croix, notre unique
espérance! ".
Par ailleurs, il a
beaucoup insisté sur la vertu de zèle, qu'il a définie comme une ardeur et une
disponibilité à entreprendre tout pour le service du prochain et de l'Eglise.
Lui- même a répondu à toutes sortes de besoins de l'Eglise de son temps avec une
audace et une détermination qui reflètent son tempérament d'homme d’action, sa
grande foi et son propre zèle pour le salut des âmes.
Les Constitutions des
pères et des frères, approuvées par Rome le 13 mai 1857, ouvrent deux champs
d'apostolat: "la prédication de la Parole de Dieu surtout dans les
campagnes et les missions étrangères, l'éducation chrétienne dans les écoles
ainsi que la formation agricole et technique au profit surtout des enfants
pauvres et abandonnés". Priorité donnée à l'évangélisation des pauvres:
c’est encore une option préférentielle soulignée par le chapitre général des
Soeurs de la Sainte Croix en 1984.
Aujourd'hui, vous êtes
nombreux, hommes et femmes de la Famille Sainte Croix, à travailler dans divers
champs d'apostolat à travers le monde, au Canada, aux Etats-Unis, en France, en
Italie et dans une quinzaine de pays du Tiers-Monde, aidant les Eglise: locales
d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine, à se développer, et cela sur les cinq
continents !
Animés par l'Esprit, vous
exercez votre ministère aussi bien dans l'éducation, la pastorale scolaire,
paroissiale, diocésaine, que dans les centres sociaux, les aumôneries
d'hôpitaux et autres besoins à satisfaire dans l'Eglise comme dans le Monde.
Les deux ne sont-ils pas d'ailleurs étroitement liés ? Ici même, dans notre
diocèse du Mans, nous bénéficions de votre dévouement au sein de plusieurs
communautés. Et je profite de la circonstance pour adresser au supérieur et
supérieures une parole célèbre du Cardinal Marty: "J'embauche!
".
Frères et Soeurs, dans la
vie et la spiritualité du Bienheureux Basile MOREAU, ainsi que dans l'action
pastorale des membres de la Famille Sainte-Croix, nous pouvons toutes et tous
trouver une inspiration pour notre propre manière de vivre en disciples du Christ.
Cela, à travers l'abandon à la Providence dans toutes les entreprises pour le
Seigneur, l'audace de s'engager dans des réalisations nouvelles pour le salut
des âmes, et la bonne entente entre tous. Basile MOREAU aime à redire
que " l'union fait la force et la désunion mène à la ruine".
Vous comprenez combien
notre Eucharistie d'aujourd'hui, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, fête
patronale de la Congrégation de Sainte-Croix, est véritablement " action
de grâce " que nous adressons au Seigneur pour tout ce qu'ont réalisé le
Bienheureux Basile MOREAU et à sa suite les membres de la Famille Sainte-Croix.
Puisse-t-elle, cette Famille, comme le souhaitait le Père MOREAU, "
ressembler dans ses développements à un arbre dont la tige produit en s'élevant
des branches nombreuses, d'où sortent des rameaux qui en produisent d'autres,
nourris tous de la même sève et animés de la même vie! ". Amen !
Discours lors du Diner
Discours de Mgr Jacques
Faivre, Evêque du Mans
Monsieur le Préfet,
Son Eminence Monsieur le
Cardinal José Saraiva Martins,
Son Eminence Monsieur le
Cardinal Théodore McCarrick,
Monsieur
le Président du Conseil Général,
Excellences,
Frères et Soeurs en
Christ,
C'est avec beaucoup de
joie, à l'issue de la célébration de la Béatification du Père Basile Moreau,
que je prends maintenant la parole. Je le fais avec d'autant plus de joie,
qu'il est toujours agréable d'adresser des remerciements. Tout d'abord, j'exprime,
publiquement, toute ma profonde gratitude pour la venue, à la Cérémonie de
Béatification, de Monsieur le Premier Ministre. Il devait, initialement,
participer à ce dîner, mais ses obligations l'ont amené à repartir dès ce soir.
Sa présence nous a honorés et c'est peu de dire, que j'ai été, dans ma
responsabilité, et à titre personnel, particulièrement sensible à sa présence,
et à celle de son épouse. Chacun d'entre nous, aujourd'hui, a pu mesurer et
apprécier la qualité de la délégation gouvernementale. Cela souligne
l'excellence des rapports entre les plus hautes autorités de l'Etat et l'Eglise
Catholique.
A cet instant, je tiens à
dire combien, localement, la collaboration avec les services de la Préfecture
fut harmonieuse et précieuse, en tous points, pour le bon déroulement de nos
festivités. Que Mr Michel Camux, préfet de la Sarthe, et ses proches
collaborateurs, en soient vivement remerciés.
Mes remerciements vont,
également, à Mr le Président du Conseil Général et à Mr le Maire
du Mans qui ont fait en sorte que de nombreux aspects logistiques soient
facilités par les collectivités locales.
Maintenant, bien entendu,
c'est à vous, Mr le Cardinal José Saraiva Martins, que je m'adresse avec
beaucoup de reconnaissance. Préfet de la Congrégation pour les causes des
saints, vous êtes, parmi nous, Eminence, pour la Béatification du Père Basile
Moreau, le représentant personnel de sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Je suis
très heureux de vous accueillir au Mans pour cette journée exceptionnelle.
Votre présence nous honore et souligne notre lien et notre attachement avec le
successeur de Pierre. Veuillez assurer sa Sainteté de notre communion et de
notre prière.
Merci à Mgr Maurizio
Bravi qui représente Mgr Fortunato Baldelli, Nonce Apostolique,
empêché d'être au Mans ce jour.
Merci, également, à Mr le
Cardinal Théodore Mc Carrick, Archevêque émérite de Washington, d'être venu au
Mans pour ces journées festives. Vos liens avec la Famille Sainte Croix sont
importants, et je me réjouis, Eminence, de vous céder demain, mais, pour un
jour, ma cathèdre, à l'occasion de la Messe d’action de grâce qui sera célébrée
en la Cathédrale Saint Julien.
Merci à mes frères dans
l'épiscopat d'être parmi nous. Leur présence nombreuse me touche
particulièrement.
Merci à Dom Dupont,
Père Abbé de Solesmes, pour sa fidélité aux temps forts du diocèse.
Je tiens à saluer,
chaleureusement, le Docteur Andréa Ambrosi, postulateur de la cause. De même,
pour moi, c'est un bonheur d'accueillir tant de représentants de la Famille
Sainte Croix. Je tiens à saluer, tout particulièrement, les responsables des
congrégations: le Frère Hugues Cleary, Soeur Kesta Occident, Soeur Joy O'Grady,
Soeur Mary Kay Kinberger, Soeur Suellen Tennyson.
Nous accueillons, aussi,
ce soir, avec joie et émotion, des membres de la famille du Père Basile Moreau.
Vous voudrez bien me
pardonner, mais il m'est impossible de nommer tous ceux et celles qui ont
oeuvré pour la réussite de ces journées festives. Que chacun de ceux, d'entre
vous, qui ont travaillé, je le sais, avec tant de coeur et de compétence,
trouvent, ici, l'expression de ma reconnaissance et de celle de tout le
diocèse. Je ne puis, cependant, ne pas dire un merci, tout particulier,
au Père Mario Lachapelle, président du Comité international des fêtes de
béatification, et vice postulateur de la cause, assisté de Soeur Mary-Louise
Gude.
Et, enfin,
remercions Dieu lui-même, d'avoir donné à son Eglise le Bienheureux
Basile Moreau. " Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps
" (Mt 28,20), disait le Christ à ses disciples. Son Esprit de service et
de charité nous accompagne. Il ne cesse de susciter de nouveaux charismes. A
nous, dans notre humble quotidien, de savoir accueillir le don du Seigneur, et
ainsi, en vérité, nous serons, pour reprendre l'intitulé de notre démarche
diocésaine vers Pentecôte 2008, " au service de ce monde aimé de
Dieu".
Merci de votre attention
Plus d'infos
http://dioceselemans.com/index.php?option=com_content&task=view&id=517&Itemid=0
SOURCE : http://www.cscfrance.org/content/moreau-beatification
Son zèle apostolique a
pris les dimensions du monde
Prédicateur et éducateur
de talent, ce prêtre du diocèse du Mans est le
fondateur de la famille religieuse de Sainte-Croix. Il a été béatifié au Mans
le 15 septembre 2007.
Hadrien Peltier
Issu d’une famille modeste de la campagne sarthoise, né en 1799, Basile est ordonné prêtre à l’âge de 22 ans. Son évêque, qui le destine à l’enseignement dans les séminaires, l’envoie compléter sa formation théologique et spirituelle auprès des sulpiciens, à Paris et à Issy. De retour au Mans, Basile enseigne, pendant treize années, la philosophie, la théologie, l’Écriture sainte. En même temps, se révèlent ses dons pour l’accompagnement spirituel (beaucoup de séminaristes le choisissent comme directeur) et pour la prédication (les curés de paroisse font largement appel à lui).
Les évêques ont recours à ses qualités d’organisateur. En 1833, Mgr Carron le charge de fonder un « refuge » pour jeunes filles en difficulté : avec les religieuses de Notre-Dame de Charité, il est à l’origine du Bon-Pasteur du Mans dont il restera le supérieur ecclésiastique pendant vingt-cinq ans. En 1835, Mgr Bouvier lui demande de prendre en main un institut de frères instituteurs et de créer un groupe de missionnaires diocésains. L’abbé Moreau réunit les prêtres et les frères, et, malgré l’opposition de l’évêque, il leur adjoint un groupe de sœurs. Il devient ainsi, en 1840, le fondateur de la famille religieuse de Sainte-Croix, du nom de la localité sur laquelle elle est implantée. Rome approuvera séparément la congrégation de Sainte-Croix (pères et frères) en 1857 et la congrégation des Sœurs Marianites de Sainte-Croix, dix ans plus tard.
Éducateur de talent, le P. Moreau ouvre au Mans une institution secondaire. Le renom de Sainte-Croix déborde le diocèse : des œuvres diverses, surtout des écoles et des pensionnats, surgissent en plusieurs régions de France. À la demande des évêques, des prêtres et des frères sont envoyés en Algérie, puis des équipes de religieux et de religieuses aux États-Unis, au Canada, au Bengale et à Rome.
Le dynamisme, la détermination de Basile Moreau ne laissent personne indifférent. Les louanges ne lui manquent pas, ni les oppositions. Il donne sa démission de supérieur général en 1866, et connaît le désaveu et l’abandon. Mais il continue à prêcher et à rendre service aux curés de paroisse jusqu’à sa mort, survenue le 20 janvier 1873.
Basile Moreau est l’un des artisans du renouveau catholique en France au XIXe
siècle, et son zèle apostolique a pris les dimensions du monde. La famille
religieuse de Sainte-Croix, qui œuvre en différents pays d’Europe, d’Asie,
d’Afrique et d’Amérique, a recueilli la référence spirituelle chère à son
fondateur : la croix, unique espérance.
Mgr Jacques Faivre
Évêque du Mans
Blessed Basil
Anthony Marie Moreau
Profile
Ninth of fourteen children born
to a poor but
pious family during the French
Revolution. His parents were involved in the Catholic underground
during the anti-religious Revolution.
Basil was educated by
his priest.
He entered the diocesan seminary in 1814,
a school run
by Sulpicians,
which greatly influenced his spirituality. Ordained at
the Old Visitation Convent Chapel of the Sacred Heart in Le Mans, France in 1821 at
age 22.
Un-doing the damage of
the French
Revolution became the core of his ministry. Since most priests and religious had
been forced into exile,
it was almost like starting over in some parts of the country. Basil became a
noted preacher and catechist,
and wandered from town to town teaching and
administering the sacraments.
Assistant superior and theology professor at
the seminary in
Le Mans in 1835.
He soon gathered a group
of like-minded priests,
known as the Society of Auxiliary Priests, which soon worked with another
informal group known as the Brothers of Saint Joseph. Discussion began on
forming a religious institute,
and in 1837 the
two groups signed Fundamental Pact of Union, establishing the Congregation
of the Holy Cross with the two groups being equal societies in one
community. In 1841 a
society of sisters was founded within the Congregation; the societies were
called the Salvatorists, Josephites and Marianites after
the three people in the Holy Family; they received formal approval in 1857,
and today often call their congregations the Holy Cross Family.
Born
11
February 1799 in
Laigné-en-Belin, Sarthe, France
20
January 1873 in
Le Mans, Sarthe, France of
natural causes
12
April 2003 by Pope John
Paul II (decree of heroic
virtues)
15
September 2007 at
Centre Antarès, Le Mans, France by Pope Benedict
XVI
recognition Mass celebrated
by Cardinal José
Saraiva Martins
his beatification miracle was
the 1948 cure of
a Canadian woman suffering
from pleuritis of the left lung, and was formally acknowledged on 28
April 2006
Additional
Information
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
videos
fonti
in italiano
Dicastero delle Cause dei Santi
MLA
Citation
“Blessed Basil Anthony
Marie Moreau“. CatholicSaints.Info. 8 July 2023. Web. 20 January 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-basil-anthony-marie-moreau/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-basil-anthony-marie-moreau/
Blessed Basil Moreau,
C.S.C.
1799-1873
Founder of Holy Cross
Fr. Basil Moreau, C.S.C.
The Congregation of Holy
Cross joyously celebrates the life of its founder, Blessed Basil Moreau, on
January 20 every year.
Born Basile-Antoine Marie
Moreau (Basil Anthony Marie Moreau in English) in Laigné-en-Belin, in the
diocese of Le Mans, France, on February 11, 1799, he would be forever affected
by the spiritual upheaval caused by the French Revolution. Church property was
seized, priests were executed and arrested and religious communities were
expelled from France. Basil Moreau’s hope was to fill this vast spiritual and
educational gap.
In 1821, Moreau was ordained a priest for the diocese, later becoming a seminary professor, teaching philosophy and theology while enthusiastically continuing his pastoral duties.
By 1835, Moreau had
organized a group of young and energetic “auxiliary priests” whose mission was
to travel the diocese, assisting in educational and spiritual growth programs
at parishes. That same year, Bishop Jean-Baptiste Bouvier asked him to oversee
the Brothers of St. Joseph, a group of educators founded by Rev.
Jacques-François Dujarié. Two years later on March 1, 1837, Fr. Moreau merged
the priests and brothers and the association took its name from the small
French town outside of Le Mans from which it was based, Sainte-Croix. The new order’s
name became Congregatio a Sancta Cruce (hence the initials C.S.C.),
which literally means “Congregation of Holy Cross.”
The Cross soon became an
integral part of his community’s spirituality. The motto of the congregation
is Ave Crux, Spes Unica, which means “Hail the Cross, Our Only
Hope” — calling on the community to “learn how even the Cross can be borne
as a gift.”
Blessed Moreau’s vision
was to complete and maximize the spiritual vigor of this association — to give
it “one heart, one soul” — by modeling it after the Holy Family and
bringing into it a group of sisters who would also be involved in education and
evangelization.
Reflecting his
association’s zeal to make God known, loved and served, Moreau started sending
members to other countries, including Algeria, Canada, Bangladesh and the
United States. He sent seven young men — six brothers and Rev. Edward Sorin —
to the United States, where in 1842, they founded the University of Notre
Dame. In 1857, the Holy See officially declared Moreau’s group to be a
religious congregation and the Congregation of Holy Cross was born.
Moreau died on Jan. 20,
1873, and was beatified on Sept. 15, 2007.
Portions taken from “Basil Moreau, Founder of Holy Cross”Opens a new window by
Gary MacEoin and “The Cross, Our Only Hope”Opens a new window edited by
Andrew Gawrych, C.S.C. and Kevin Grove, C.S.C.
Read more about the lives
of members of Holy Cross through
the years.
Holy Cross Heroes
Servant of God, Columba O'Neill
Servant of God, Bishop Vincent McCauley
Father Theodore Hesburgh, C.S.C.Opens a new window
Servant of God, Brother Flavian LaPlante
Archbishop Marcos G. McGrath, C.S.C.
SOURCE : https://www.holycrossusa.org/about-us/history-spirituality/blessed-basil-moreau-c-s-c/
“[A perfect life in
Christ] will be a life of devotion to the work of teaching or of any other
employment, to punctuality to the common exercises, and to the shunning of
idleness … It will be an interior life, elevated to God by the habitual
practice of acts of faith, hope, and charity, after the example of Jesus
Christ, who is to be the particular model of our conduct … It is absolutely
essential for us to lead with our Lord a life hidden in God.”
Blessed Basil
Moreau, Circular Letter 14
SOURCE : https://www.holycrossusa.org/about-us/history-spirituality/blessed-basil-moreau-c-s-c/
Bl. Basil Anthony Mary
Moreau (1799-1873)
Founder, Congregation of
Holy Cross
Basil Anthony Mary
Moreau, the ninth of 14 children, was born during the French Revolution on
11 February 1799 in Laigné-en-Belin, Sarthe, France, to a poor but pious
family. In 1814 he entered St Vincent's Major Seminary in Le Mans run by the
Sulpician Order, which greatly influenced his spirituality.
On 12 August 1821 he was
ordained a priest at age 22. An exception was made for this early ordination to
compensate for the large number of priests killed during the French Revolution.
In 1823 he became
professor of philosophy at the minor seminary of Tessé. Then in 1825 he taught
at St Vincent Seminary and later became the vice-rector and spiritual director.
Much of Fr Moreau's work
aimed to repair the damage done by the French Revolution, first by giving the
seminarians a solid formation, and second by preaching popular missions to the
faithful.
Recognizing the laity's
pastoral needs, Fr Basil organized the Auxiliary Priests of Le Mans in 1833 to
assist diocesan clergy with their heavy pastoral burdens.
In 1835 Bishop
Jean-Baptiste Bouvier asked Fr Moreau to assist the Congregation of the
Brothers of St Joseph (established in 1820 at Ruillé-sur-Loir), whose Founder,
Canon Jacques-François Dujarié, was no longer able to direct the Order due to
illness.
After attempting to
govern the communities separately, Fr Moreau united the Congregation of the
Brothers of St Joseph and the Society of Auxiliary Priests of Le Mans into one
religious institute, which became the Congregation of Holy Cross on 1 March
1837 with a "Fundamental Pact of Union".
On 15 August 1840 Fr
Moreau pronounced his perpetual vows in the presence of Bishop Bouvier, and was
followed by several of his first associates. His relationship with Bishop
Bouvier was often tried by differing viewpoints on how best to revitalize the
faith and administer the Congregation following the Revolution.
Fr Moreau's allegiance to
Rome did not allow him to share the Gallican sympathies of the local Ordinary.
Therefore, when it would have been possible for the Congregation of Holy Cross
to apply for Pontifical approval, thus significantly reducing Bishop Bouvier's
authority over the Order, it did not receive his needed support.
This was an opportunity
for Fr Moreau to practice the Congregation's special vow of obedience and
respect to the hierarchy. In fact, Pontifical approval was granted only after
Bishop Bouvier's death in 1854.
In 1841 Fr Moreau founded
the Marianites of Holy Cross to be housekeepers in the schools staffed by Holy
Cross priests and Brothers, but the Sisters' activity soon expanded to include
other apostolates and missionary work.
Although Fr Moreau wanted
to include the Marianite Sisters in the Holy Cross Congregation, the Holy See
excluded them from the definitive Decree of approval that was granted on 13 May
1857.
Instead, they were to be
governed separately. Nonetheless, the two institutes carried out much of their
apostolic activities as a united effort.
Another trial came with
the expansion of the Order at a time when poor means of communication left room
for individualistic governance by the communities located far from France.
Such was the case with
the community founded in 1842 in Indiana, U.S.A., by Fr Edward F. Sorin. The
local Bishop, grateful for apostolic assistance in his huge Diocese, entrusted
Fr Sorin with an Indian mission and broad jurisdiction. The priest rushed into
building projects without the necessary approval and sent the bills to the
Motherhouse in France.
In fact, Fr Moreau's
forbearance with his confrere, Fr Sorin, brought the unforeseen fruit of the
Order's first university in the U.S.A.: Notre Dame University.
Fr Moreau suffered much
due to the internal strife that developed within the male and female branches,
especially with those in the U.S.A. This eventually led to the U.S.A. Sisters
breaking with their French origins and associating with Fr Sorin.
Fr Basil spent his last
years in a house owned by the Marianite Sisters, who continued to provide for
his daily meals and needs. During this time he preached retreats and missions
and substituted for parish priests.
While replacing a priest
at Yvre l'Eveque in December 1872, Fr Moreau became ill, and after his return
to Le Mans, he died on 20 January 1873 at age 73.
In 1955 his cause for
Beatification was introduced and on 12 April 2003 Pope John Paul II proclaimed
him Venerable.
SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20070915_moreau_en.html
History of Father Moreau
Virtues
of Blessed Basil Moreau
Father
Moreau Proclaimed Blessed
Click
here for a short visual history
Founder of the Brothers,
Priests, and Sisters of Holy Cross
“You did not choose me, I
chose you”. The Congregation of Holy Cross recognize this quotation as the
special calling of their Founder, Basil Moreau. Basil was born to Louis Moreau
and Louise Pioger, and his name was a providential choice, because the Doctor
of the Roman Catholic Church, Basil the Great, was to lead his protégé in a
path of dedication of spreading the Word of God through education. For more
than a century, members of the family of Holy Cross have established, directed,
and supported institutions of learning, from maternal schools through
Universities in the U.S., Europe, France, Canada, Asia, Africa, and South
America.
As a child, Basil was a
student of the Pastor of his parish. Always interested in his studies and
anxious to learn more, it is said that while he attended the family animals in
nearby fields, he always carried his study books. He loved to read and study,
and those who knew him described him as an organizer who gathered his
companions to participate in games and other activities which he planned. He
was the one to teach pious young boys to serve Mass, perhaps an indication of
his personal vocation. Impressed with his desire and success in learning, as
well as his piety, the Parish priest of Laigné-en-Belin discussed his conviction
with Basil’s father, and made arrangements for the boy to enter the Minor
seminary at Chateau Gontier. Basil and his father made the journey to the
seminary on foot, a distance covered today by car in an hour and a half. What
genuine interest, courage, and devotion was displayed by father and son!
Basil’s spiritual
formation and secular instruction continued in the major seminary until
ordination in Le Mans in 1821. This was supplemented by two years spent with
the Sulpicians in Paris. On his return to the Diocese of Le Mans, he was
appointed professor of Philosophy, Dogmatic Theology and Scripture.
The example and teaching
of Moreau continue to inspire the religious family of brothers, priests, and
sisters of Holy Cross which he founded to serve the people of God. In mid-19th
century Le Mans, Moreau (now a diocesan priest) faced the turmoil,
uncertainties and danger experienced by the Catholic Church in the aftermath of
the French Revolution. He dreamed of establishing a religious family of three
separate and autonomous groups (priests, brothers and sisters) united in their
work and in spirit and dedicated to service. Modeled on the Holy Family, each
branch of the new religious family was dedicated to Jesus, Mary or Joseph.
Father Moreau assumed the
direction of the Brothers of St. Joseph when their founder Father Jacques
Dujarié became too ill to continue their direction. In addition to this group,
Father Moreau began his own society of priests dedicated to the Sacred Heart of
Jesus. In response to the appeals from bishops, Fr. Moreau sent his religious
in teams of brothers, priests, and sisters to minister in Algeria and the U.S.
(1841), Canada (1847), Italy (1850) and India (1853).
In 1838 he gave a rule of
life to a group of devout laywomen. These women assisted the priests and
brothers at first by doing domestic work, then in teaching and nursing. These
women became the Marianites of Holy Cross. Today, the women of Holy Cross form
3 distinct congregations: Marianites of Holy Cross, Sisters of the Holy Cross,
and Sisters of Holy Cross. Men and women
religious of Holy Cross minister in Europe, North and South America,
Africa, and Asia, engaged in a variety of ministries fulfilling their
commitment to continue the mission of Jesus in the spirit of Fr. Moreau.
1799 Born February
11, 1799 in Laigné-en-Belin, a little village near Le Mans, France. He was the
9th of 14 children; his father was a wine merchant.
1814 Entered the
diocesan seminary.
1821 Ordained a
priest at age 22.
1835 Taught and
served as assistant superior in Le Mans; named leader of the Brothers of St.
Joseph founded by Fr. Jacques Dujarié. Founded the society of Auxiliary
Priests.
1837 United the
brothers and priests into the Association of Holy Cross.
1840 Professed vows
of poverty, chastity and obedience.
1844 Received the
vows of Leocadie Gascoin and three Marianites.
1857 Received papal
approval of the constitutions for the Association, which became the
Congregation of Holy Cross.
1866 Resigned as
superior general, but continued an active preaching and retreat ministry.
1872 Celebrated his
Golden Jubilee.
1873 Died on January
20 at age 73.
1955 The cause for
his beatification was introduced in Rome.
1959 Decree
recognizing his heroicity of virtue on October 20 by Pope John XXIII.
2003 Declared
Venerable by Pope John Paul II on April 12.
2006 Decree by Pope
Benedict XVI recognizing a miracle.
2007 Beatified and
declared “Blessed” by Pope Benedict XVI on September 15.
PRAYER
for the canonization of
Fr. Moreau and to obtain a favor through his intercession.
Lord Jesus, Source of all
that is good, you inspired Basil Moreau to found the religious family
of Holy Cross to continue your mission among the People of God. May he be
for us a model of the apostolic life, an example of fidelity and an
inspiration as we strive to be followers of Jesus.
May the Church be moved
to proclaim his saintliness for the good of all people. Lord Jesus, you
said ”Ask and you shall receive.” I dare to come to you to ask that you
hear my prayer. It is through the intercession of Father Basil Moreau that
I ask…
May I learn to imitate
his holiness and service and look to him confidently in times of need.
Amen.
For further information
or to report any favor received through Fr. Moreau’s intercession, please
contact:
CONGREGATION OF HOLY
CROSS,
Via Framura, 85, 00168 Rome,
Italy.
SOURCE : https://www.marianites.org/about-us/father-moreau/history-of-father-moreau
Blessed Basil Moreau
The founder of the
Congregation of Holy Cross, Blessed Basil Moreau, was born in Laigné-en-Belin,
in the diocese of Le Mans, France, on Feb. 11, 1799. In 1821, he was
ordained a priest for the Diocese of LeMans, and later became a seminary
professor teaching philosophy and theology while enthusiastically continuing
pastoral duties.
He grew up amidst the
turmoil of the French Revolution, and as a young priest he felt compelled to
revitalize a Church devastated by years of civil war. With nearly two-thirds of
France’s clergy and religious exiled or killed, Fr. Moreau organized a group of
Auxiliary Priests to preach, teach and bring the message of Christ to those in
neglected towns and villages.
In 1835, his bishop asked
him also to oversee the Brothers of St Joseph, a recently founded group of
educators. He merged the priests and the brothers by 1837. This association
took its name from the town where it was based, Sainte-Croix, or Holy Cross.
Moreau’s vision was to
complete and maximize the spiritual vigor of this association by modeling it
after the Holy Family and bringing into it a group of laywomen also involved in
education and evangelization. Moreau gave to each of the three groups a patron:
he consecrated the priests to the Sacred Heart of Jesus, the brothers to the
pure heart of St. Joseph, and the sisters to the Immaculate Heart of Mary. He
also established Mary, under her title of Our Lady of Sorrows, as patroness for
all of Holy Cross.
Soon the Church outside
of France began seeking the assistance of Fr. Moreau’s fledgling congregation.
He sent priests, brothers and sisters to other countries, including Algeria,
the United States, Canada, and Bangladesh. The Holy See officially declared
Moreau’s group to be a religious congregation—the Congregation of Holy Cross—in
1857. It was required that the sisters break off from this congregation of
priests and brothers, and the sisters were later approved as separate
congregations.
Later, amid crises and
controversies in the Congregation, Moreau resigned as superior general. He
lived his last days estranged from his community but remained active preaching
missions until his health failed. The Marianites cared for him until his final
days, when Moreau died in Le Mans on Jan. 20, 1873.
Fr. Basil Moreau, C.S.C.,
was beatified, by order of Pope Benedict XVI, on September 15, 2007, the Feast
of Our Lady of Sorrows, in Le Mans, France. Blessed Basil Moreau remains an
inspiration to men and women who live his vision of “bringing hope to others”
in more than 15 countries throughout the world. Work continues today on his
cause for canonization.
To learn more about
Blessed Basil Moreau, the founder of Holy Cross:
Read this short
biography and coverage of his beatification.
Check out the book written on his life available from Ave Maria
Press
Visit the website for
the Shrine of Basil Moreau in Le Mans, France, where the
founder of Holy Cross is buried. Visit this site to learn more about Moreau,
plan a pilgrimage, light a candle at the sanctuary, have a Mass offered, or
donate to the Shrine.
SOURCE : https://st-ignatius.org/blessed-basil-moreau
Beato Basilio Antonio
Maria Moreau Sacerdote e fondatore
Laigné-en-Belin, Francia,
11 febbraio 1799 - Le Mans, Francia, 20 gennaio 1873
Basile- Antoine-Marie
Moreau nacque l‚11 febbraio 1799 a Laigné-en-Belin (Francia) e morì il 27
gennaio 1873 a Le Mans (Francia). Sacerdote diocesano, fondò la Congregazione
della Santa Croce. La sua causa di canonizzazione, introdotta il 12 maggio
1955, ha portato al riconoscimento delle sue virtù eroiche il 12 aprile 2003 ed
al riconoscimento di un miracolo avvenuto per sua intercessione il 28 aprile
2006. E' stato beatificato il 15 settembre 2007.
La Chiesa cattolica venera ben cinque santi e beati di cognome Moreau: Santa Maria di San Giusto (Anne-Francoise Moreau) missionaria francese martire in Cina, Beato Joseph Moreau martire durante la Rivoluzione francese, Beato Luigi Zeffirino Moreau vescovo in Canada ed infina, ultimo ad essere elevato alla gloria degli altari, Basile- Antoine-Marie Moreau. Quest’ultimo, oggetto della presente scheda agiografica, fu una grande figura della storia religiosa francese del XIX secolo, ingiustamente caduto nell’oblio.
Basile- Antoine-Marie Moreau nacque l’11 febbraio 1799 a Laigné-en-Belin, nei pressi di Le Mans in Francia, e nel 1821 fu ordinato sacerdote diocesano. Eccellente predicatore, uomo di azione e di preghiera, fondò due società strettamente collegate: i Sacerdoti di Santa Croce e le Suore di Santa Croce. Ben presto i suoi figli e le sue figlie spirituali si sparsero nel vecchio e nel nuovo mondo ed in tal modo il Moreau poté contribuire all’introduzione ed al progresso della Chiesa cattolica negli Stati Uniti, alla fondazione delle prime scuole cristiane in Algeria, sotto il laborioso episcopato di mons. Dupuch, a quella del primo orfanotrofio rurale di Roma per volontò del beato pontefice Pio IX. Non poche dure lotte accompagnarono come è facile immaginare cotante realizzazioni.
Pieno di meriti materiali e spirituali, Basile- Antoine-Marie Moreau si spense a Le Mans il 20 gennaio 1873.
La sua causa di canonizzazione, introdotta il 12 maggio 1955, ha portato al decreto sulle sue virtù eroiche il 12 aprile 2003 ed al riconoscimento di un miracolo avvenuto per sua intercessione il 28 aprile 2006. E’ stato infine beatificato il 15 settembre 2007 sotto il pontificato di Benedetto XVI.
Autore: Fabio Arduino
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/92763
OMELIA DEL CARDINALE JOSÉ
SARAIVA MARTINS
1. Sono particolarmente
lieto dell'onore che mi ha concesso il Santo Padre designandomi a
rappresentarlo nel presiedere il rito solenne di beatificazione di Basilio
Antonio Maria Moreau e nel trasmettere a tutti il suo saluto e la sua
Benedizione apostolica.
Quella di oggi è la prima
beatificazione celebrata in Francia secondo la nuova procedura emanata il 29
settembre 2005 da Sua Santità Benedetto XVI, grazie alla quale la Chiesa locale
può partecipare più pienamente a quel grande evento che è l'elevazione alla
gloria degli altari di uno dei suoi figli.
E la mia gioia aumenta
quando considero il gran numero di modelli straordinari di santità che questo
Paese ha alimentato e il cui messaggio sfida il rapido scorrere del tempo,
poiché i santi non appartengono mai al passato, ma sono sempre gli uomini e le
donne di domani e in essi la Chiesa ci indica i veri testimoni del mondo
futuro.
2. Mi compiaccio di
commentare la beatificazione di Basilio Antonio Moreau con le parole di una
grande mistica della Croce, Santa Edith Stein: "Ci fa bene pensare
che siamo cittadini del Paradiso e che i Santi, nel Cielo, sono nostri
concittadini e nostri vicini di pianerottolo. Ci aiuta a sopportare le cose
quae sunt super terram (Edith Stein, La mistica della Croce, Città
Nuova, 1985, p. 92)".
Il Beato Basilio Antonio
Moreau fu un cristiano dalla grande statura spirituale e, allo stesso tempo, un
uomo d'azione. Si prodigò in molteplici attività: dalle missioni popolari
all'educazione dei giovani, dalle opere di carità alle missioni straniere.
Fondatore della Congregazione della Santa Croce, contribuì alla crescita della
Chiesa negli Stati Uniti, alla fondazione delle prime scuole cattoliche in
Algeria e a quella del primo orfanotrofio rurale a Roma. Con Lacordaire,
Montalembert e Dupanloup, fu, in Francia, uno dei pionieri della lotta per la
libertà dell'insegnamento. La sua iscrizione nell'albo dei Beati mette in luce
il suo ruolo particolare nella rinascita della Chiesa in Francia all'indomani
della rivoluzione.
3. Oggi i religiosi e le
religiose della Santa Croce lavorano come educatori della fede nelle scuole e
nelle università; svolgono importati ministeri nella pastorale e nei servizi
sociali. La Congregazione della Santa Croce è presente in Francia, in America,
in Africa e in Asia. Mediante il loro impegno nella vita consacrata, il loro
zelo per la missione, attraverso la diversità delle loro opere apostoliche, i
sacerdoti, i fratelli e le sorelle della Santa Croce, continuano a realizzare
l'ideale di Padre Basilio Antonio Moreau, che, da oggi, veneriamo come Beato.
4. Il 20
agosto 2005, rivolgendosi a un pubblico di giovani, il Santo Padre ha
ricordato che i Santi sono coloro "mediante i quali il Signore, lungo la
Storia, ha aperto davanti a noi il Vangelo e ne ha sfogliato le pagine".
Tutta l'azione pastorale
della Chiesa deve tendere a questo fine: trasformare i cristiani in
altrettante pagine aperte del Vangelo. È ciò che è stato il nuovo Beato,
Basilio Antonio Moreau, del quale invochiamo insieme l'intercessione.
SOURCE : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_doc_20070915_beatif-moreau_it.html et https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/basile-antoine-marie-moreau.html
Basile-Antoine Marie
Moreau
(1799-1873)
Beatificazione:
- 15 settembre 2007
- Papa Benedetto
XVI
Memoria Liturgica:
- 20 gennaio
Sacerdote e Fondatore
della Congregazione della Santa Croce, delle prime scuole cristiane in Algeria
e del primo orfanotrofio rurale di Roma
"L'unione fa la
forza e la disunione conduce alla rovina"
Basile-Antoine Marie
Moreau è nato a Laigné-en-Bélin l'11 febbraio 1799.
Nel 1814 entrò nel
collegio di Château-Gontier e, nel 1817, nel Seminario di Le Mans. Venne
ordinato sacerdote il 12 agosto 1821, all'età di 22 anni. Il Vescovo di Le Mans
lo mandò subito a Parigi per completare la sua formazione in teologia presso i
Sulpiciani e perché fosse pervaso dalla loro spiritualità. Ritornato a Le Mans
nel 1823, venne nominato professore del Seminario; per tredici anni vi insegnò
successivamente Filosofia, Dogma e Scrittura Sacra.
Mentre si dedicava al suo
compito di formatore, il giovane sacerdote, di natura attiva e intraprendente,
cercò di rispondere a diversi bisogni pastorali. Nel 1835 organizzò un gruppo
di sacerdoti ausiliari per predicare missioni e ritiri nella parrocchie. Quello
stesso anno, il suo Vescovo gli chiese di assumere la direzione di un istituto
di Fratelli dediti all'insegnamento, i Fratelli di San Giuseppe, fondato nel
1820 dal parroco di Ruillé-sur-Loire, Jacques Dujarié. Al fine di assicurare
una collaborazione permanente fra i due gruppi, Basile Moreau li unì nel 1837
in una sola comunità e affidò loro la missione di educare i giovani e di
evangelizzare le campagne. L'Associazione assunse in modo naturale il nome di
Santa Croce, località dove si stabilì. L'istituto d'insegnamento diretto dai
Fratelli e dai Padri acquisì rapidamente una fama che si estese ben al di là
della città di Le Mans.
Il 15 agosto 1840, Basile
Moreau emise i voti religiosi. Diversi suoi discepoli lo imitarono. Padre
Moreau divenne così il fondatore e il superiore generale di una vera famiglia
religiosa. Allo stesso tempo Basile portò a termine un progetto che aveva in
mente da tempo, aggiungendo una ramo femminile a quello società dei sacerdoti e
dei fratelli. Nel 1841 l'arrivo alla Santa Croce di Léocadie Gascoin, che
sarebbe divenuta Madre Marie des Sept-Douleurs, assicurò una base salda alla
comunità delle religiose, le Marianite della Santa Croce. Allo stesso tempo
Padre Moreau conferì all'opera della Santa Croce una dimensione missionaria.
Nel 1840 un piccolo gruppo di religiosi venne inviato in Algeria. L'anno dopo,
un altro gruppo partì per gli Stati Uniti. Nel 1847, mentre la comunità era in
pieno sviluppo in Francia, i Padri, le Suore e i fratelli arrivarono in Canada.
Sei anni dopo, la Santa Croce assunse la responsabilità della Missione del
Bengala (oggi Bangladesh). Nel 1869 la provincia delle Marianite dell'Indiana
divenne autonoma e si convertì nella Congregazione delle Suore della Santa
Croce. Nel 1883 furono le Marianite del Canada a divenire il ramo noto con il
nome delle Suore della Santa Croce. Ciò che Padre Moreau cercò maggiormente di
inculcare nei membri di questa famiglia fu lo spirito d'unione. Amava
ripetere "L'unione fa la forza e la disunione conduce alla rovina".
Desiderava questa unione non solo perché doveva rispondere alla sfida di far
vivere insieme tre comunità, ma anche perché qualsiasi congregazione religiosa,
se vuole sopravvivere, deve imitare i primi cristiani che avevano un solo cuore
e una sola anima. In questa linea di pensiero, citava spesso come esempio la
Santa Famiglia di Nazareth, riflesso sulla terra dell'unione delle tre persone
della Santa Trinità. Scrisse in una delle sue prime lettere circolari:
"formando con lui (Gesù Cristo) uno stesso corpo animato
dallo stesso spirito e vivendo la stessa vita, dobbiamo restare uniti in Lui
gli uni gli altri, in modo da formare una sola cosa, come i rami attaccati al
tronco, sorretti dalle stesse radici e nutriti dalla stessa linfa, formano con
esso un solo albero". Per questo motivo consacrò i Padri al Cuore di
Gesù, i Fratelli a San Giuseppe e le Suore al Cuore di Maria.
Oltre allo spirito di
unione e di collaborazione reciproca, Basile Moreau volle inculcare nei
sacerdoti, nei fratelli e nelle suore della Santa Croce una salda fiducia
nella Divina Provvidenza. Vedendo se stesso come un semplice strumento nelle
mani della Divina Provvidenza, scrisse: "L'opera della Santa Croce non è
l'opera dell'uomo ma piuttosto l'opera di Dio stesso... Ecco perché vi
scongiuro di rinnovarvi nello spirito della vostra vocazione, che è uno spirito
di povertà, di castità e di obbedienza... In tal modo potremo contare sulla
Provvidenza... Poiché ella si preoccupa di provvedere a tutti i bisogni di
coloro che si abbandonano alla sua guida, adempiendo tutti i loro doveri....
L'opera della Santa Croce è la sua opera, e così come ella non ha permesso la
sua rovina malgrado i colpi terribili che le ha inferto il nemico di ogni bene,
vuole che sussista e si sviluppi sempre più".
Con questa fiducia nella
Provvidenza, il fondatore della Santa Croce vide svilupparsi fra i suoi
religiosi e le sue religiose uno spirito apostolico e uno zelo per la
missione. Nel suo libro, Pedagogia cristiana, pubblicato nel 1856, Padre
Moreau scrisse: "s'intende per zelo quella fiamma di ardente
desiderio, che si sente, di far conoscere, amare e servire Dio, e di
conseguenza di salvare anime. L'attività è dunque il carattere proprio di
questa virtù, e ogni (apostolo) che ne è animato compie i doveri del suo stato
con premura e affetto e al contempo con coraggio e perseveranza.... Il suo zelo
è sempre guidato dalla carità: fa tutto con forza e dolcezza; con forza
perché è coraggioso e incrollabile nelle sofferenze, nelle difficoltà, nelle
prove... con dolcezza perché è tenero e compassionevole come il suo modello
divino".
L'anno 1857 costituì una
momento culminante nella vita e nell'opera di Padre Moreau: Papa Pio IX
approvò ufficialmente la Congregazione della Santa Croce, almeno quella dei
Padri e dei Fratelli, in quanto la Congregazione delle Marianite della Santa
Croce ricevette l'approvazione da Roma solo dieci anni dopo. In quell'occasione
una grande celebrazione di azione di rendimento di grazie ebbe luogo nella
chiesa Notre-Dame della Santa Croce.
Un doloroso periodo seguì
però per il fondatore. Dissensi all'interno della Congregazione, gravi
insuccessi finanziari, accuse di cattiva amministrazione, lo portarono a
presentare le sue dimissioni come superiore generale nel capitolo generale del
1860, che le rifiutò. Fu solo nel 1866, dopo l'aggravarsi delle difficoltà e
delle ingiustizie commesse nei suoi confronti, che le sue dimissioni furono
accettate dal Papa.
Rifiutato dalla comunità
che aveva fondato, Padre Moreau si ritirò, con due delle sue suore, in una
piccola casa di sua proprietà, accanto all'Istituto della Santa Croce.
Trascorse gli ultimi anni facendo prediche nelle parrocchie nei dintorni di Le
Mans. Cadde malato il 1° gennaio 1873 e morì venti giorni dopo. Madre Marie des
Sept Douleurs restò accanto a lui nelle sue ultime ore, a testimonianza della
fedeltà delle suore. La comunità delle Marianite, il loro elemosiniere, alcuni
religiosi, membri del clero diocesano e alcuni amici parteciparono alle sue
esequie e alla sua inumazione nel cimitero della comunità.
Solo 20 anni dopo la sua
morte i superiori generali cercarono di ravvivare la venerazione di Basile
Moreau e di suscitare una devozione alla sua memoria. Le Congregazioni da lui
fondate continuarono comunque a svilupparsi e a estendersi ovunque nel mondo.
Oggi i religiosi e le
religiose della Santa Croce operano come educatori della fede in scuole e
università e anche in ministeri importanti come la pastorale e i servizi
sociali. La Congregazione della Santa Croce è presente in Francia, in America,
in Africa e in Asia. Attraverso il loro impegno nella vita consacrata, il loro
zelo per la missione e la molteplicità degli impegni apostolici, i sacerdoti, i
fratelli e le suore della Santa Croce continuano a mettere in opera la visione
di Padre Basile Moreau.
La causa di
beatificazione di Padre Basile Moreau, avviata nella Diocesi di Le Mans nel
1948, fu presentata a Roma, alla Congregazione delle Cause dei Santi, solo nel
1994. Anche se il nome della Congregazione della Santa Croce non era il frutto
di una devozione particolare di Padre Moreau per la croce di Cristo, la croce
fu molto presente nella sua vita ed egli insistette spesso sul suo nella vita
spirituale dei suoi figli e delle sue figlie. Diede anche come motto alla sua
comunità questo versetto di un inno liturgico: Salut, ò croix, notre
unique espérance (Salve, o croce, nostra unica speranza).
SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/basile-antoine-marie-moreau.html
Basilio Antonio María Moreau (1979-1873)
El siervo de Dios Basilio Antonio María Moreau nació en Laigné-en-Bélin,
distrito de Le Mans (Francia), el 11 de febrero de 1799. Fue el octavo de
catorce hijos de una familia piadosa. Con su párroco, el p. Julián Le Provost,
aprendió las primeras nociones de latín. Prosiguió los estudios en el colegio
de Château-Gontier, y los terminó en el seminario mayor de Le Mans. El 12 de
agosto de 1821 recibió la ordenación sacerdotal. En su corazón ardía el celo
por las misiones, pero su obispo, mons. De la Myre, que lo quería para profesor
en el seminario diocesano, lo envió a realizar estudios superiores, primero en
San Sulpicio, en París, y después en la "Solitude D'Issy", dirigida
también por los sulpicianos. Allí permaneció de 1822 a 1823, y encontró a quien
sería su padre espiritual, el p. Gabriel Mollevaut. Al volver a Le Mans, enseñó
filosofía, teología dogmática y sagrada Escritura desde 1823 hasta 1836. Al
mismo tiempo, desarrolló con fruto una intensa actividad pastoral.
En 1833 participó en la fundación del Buen Pastor de Le Mans, institución
destinada a la reeducación de delincuentes juveniles. En 1835 su obispo, mons.
Bouvier, le encargó la guía espiritual de la congregación de los Hermanos de
San José, constituida por laicos fervorosos que tenían como misión instruir a
la gente del campo de Le Mans. En ese mismo año fundó la sociedad de Sacerdotes
Auxiliares, con la finalidad de ayudar a los párrocos mediante retiros espirituales,
predicaciones de misiones populares y cursillos. El 1 de marzo de 1837 el p.
Basilio unió los Sacerdotes Auxiliares con los Hermanos de San José en una
única comunidad, que tomó el nombre de Congregación de la Santa Cruz.
Completó su obra en 1841, fundando la rama femenina de las Marianitas de la
Santa Cruz. De ese modo, realizó su ideal de una única congregación religiosa
con tres secciones, siguiendo el ejemplo de la Sagrada Familia de
Nazaret: a los sacerdotes les dio el nombre de Salvatoristas; a los
hermanos, el de Josefinos; y a las religiosas, el de Marianitas.
La finalidad de la Congregación era: la educación, la predicación, sobre
todo en las zonas rurales y en las misiones extranjeras, el ministerio
parroquial, la difusión de la buena prensa, así como la dirección de casas
destinadas a la acogida de delincuentes jóvenes o de personas
abandonadas.
Entre los años 1840 y 1847 la Congregación, respondiendo al impulso misionero
de su fundador, envió a algunos de sus miembros a Argelia, Estados Unidos y
Canadá para establecer nuevas casas. Por deseo expreso del Papa Pío IX, el p.
Basilio fundó en Argelia las primeras escuelas cristianas del país y contribuyó
a la introducción y al progreso de la Iglesia católica en Estados Unidos. En 1853
la Congregación asumió la responsabilidad de la misión en Bengala (actualmente
Bangladesh).
La vida del p. Basilio, como la vida de casi todos los fundadores, estuvo
marcada por el sufrimiento y la incomprensión, pero él se sintió siempre un
simple instrumento en las manos de Dios: "La obra de la Santa Cruz
—escribió a sus hijos espirituales— no es obra del hombre, sino obra de Dios
mismo. (...) Por eso os exhorto a renovar el espíritu de vuestra vocación, que
es un espíritu de pobreza, castidad y obediencia".
Aunque el nombre elegido para la Congregación no fue fruto de su devoción
particular a la cruz de Cristo, esta estuvo muy presente en su vida, e insistió
a menudo en ella para formar la vida espiritual de sus miembros. Por eso dio
como lema a su comunidad el verso de un himno litúrgico: "Salve, oh
cruz, nuestra única esperanza".
El siervo de Dios vivió retirado durante sus últimos años en una casita junto
al Instituto de la Santa Cruz; predicaba en las parroquias de los alrededores
de Le Mans, donde murió el 20 de enero de 1873.
Las tres ramas de la Congregación, que han ido creciendo y extendiéndose por el
mundo, están presentes en Francia, África y Asia. Desempeñan su misión en
escuelas y universidades, en la pastoral y servicios sociales. La fase
diocesana de la causa de beatificación del siervo de Dios comenzó en Le Mans en
1948; en 1994 prosiguió en Roma, en la Congregación para las causas de los
santos. El 12 de abril de 2003 el Santo Padre Juan Pablo II declaró al p.
Basilio Antonio María Moreau "venerable", reconociendo sus virtudes
heroicas.
SOURCE : http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20070915_moreau_sp.html
