lundi 26 janvier 2015

Sainte PAULE de ROME, veuve



1640, 247 X 174, Washington, National Gallery of Art

Sainte Paule

Veuve romaine, disciple de saint Jérôme ( 404)

Cette grande dame romaine avait épousé à dix-sept ans un mari qui la rendit heureuse et dont elle eut cinq enfants. Elle souffrit beaucoup quand elle le perdit. Alors elle décida de rejoindre Saint Jérôme en Palestine puisqu'elle l'avait connu à Rome. 

Elle distribua son héritage à ses enfants et partit avec une de ses filles, sainte Eustochium, dans l'un des monastères fondés par saint Jérôme à Bethléem. 

Elle assura à saint Jérôme deux biens précieux: une grande part de sa fortune pour continuer les travaux du monastère, une grande patience pour calmer ses colères.

À Bethléem de Juda, en 404, sainte Paule, veuve. D’une très noble famille de sénateurs romains, elle renonça au monde, distribua aux pauvres toutes ses richesses et, avec sa fille Eustochium, bienheureuse vierge du Christ, elle se retira auprès de la crèche du Seigneur.




Claude Lorrain Paysage avec l’embarquement à Ostie de sainte Paule de Rome.
1639-40, 210 × 145. Madrid, Musée du Prado

XXVI JANVIER.  SAINTE PAULE, VEUVE.

La noble et pieuse veuve qui s'arracha aux délices de Rome et aux caresses de ses enfants, pour venir cacher sa vie à Bethléhem, réclame aujourd'hui sa place auprès du berceau de l'Enfant divin. Un aimant invincible l'a attirée et l'a fixée à cette humble crèche, plus riche à ses yeux que tous les palais ; elle y a trouvé ce Dieu pauvre dont elle aimait tant à soulager les membres souffrants, aux jours de son opulence. Par ses soins, de pieux monastères se sont élevés autour de cette glorieuse caverne où le Verbe apparut dans la chair Elle a demandé au grand Docteur saint Jérôme l'intelligence des divines Ecritures; et sa vie s'est écoulée dans la prière, dans les œuvres de la pénitence, et dans la méditation des saintes Lettres. Au milieu de la dégradation de la société romaine, c'est un grand spectacle de voir le courage chrétien de l'âge des Martyrs se réfugier au cœur de ces dames et de ces vierges de la capitale du monde, et les pousser vers les solitudes de l'Egypte, pour y contempler les vertus des Anachorètes et des Cénobites, ou vers les saints lieux de Jérusalem, pour y reconnaître la trace des pas de l'Homme-Dieu. Paule marche à la tête de ces nobles chrétiennes; et nous regrettons vivement que le défaut d'espace nous empêche de donner ici le récit de ses pieuses pérégrinations, racontées avec tant de charme et de sentiment par saint Jérôme, à la fille même de Paule, l'illustre vierge Eustochium. Nous nous contenterons de quelques traits, empruntés à l'endroit même où le saint Docteur raconte l'arrivée de la pieuse veuve à Bethléhem. Ayant distribué aux pauvres et à ceux qui la servaient, le peu qui lui restait d'argent, Paule, au sortir de Jérusalem, se dirigea sur Bethléhem; et, après s'être arrêtée au sépulcre de Rachel, qui est à droite sur la route, elle parvint à la ville qu'elle cherchait, et entra dans la caverne du Sauveur. Quand elle eut sous les yeux l'asile sacré de la Vierge, et l'étable où le bœuf reconnut son Maître, et l'âne la crèche de son Seigneur, je l'entendis m'assurer, dans son transport, qu'elle voyait, des yeux de la foi, l'Enfant enveloppé de langes, le Seigneur vagissant dans la crèche, les Mages en adoration, l'Etoile étincelant au-dessus de l'étable, la Vierge-Mère, le père nourricier empressé de la servir, les bergers arrivant au milieu de la nuit, les enfants massacrés, Hérode se livrant à sa fureur, Joseph et Marie fuyant en Egypte. Inondée de larmes d'allégresse, elle disait: « Salut, ô Bethléhem, Maison du Pain, dans laquelle est né ce Pain qui est descendu du ciel ! Salut, ô Ephrata! région fertile, dont Dieu même est la fertilité: c'est de toi que Michée a prédit : « Bethléhem, maison d'Ephrata, tu n'es pas la moindre des mille cités de Juda, De ton sein sortira celui qui sera Prince sur Israël, et sa sortie est du commencement, dès les jours de l'éternité. » En effet, c'est en toi qu'est né le Prince qui a été engendré avant l'étoile du matin, et dont la naissance au sein du Père précède tous les âges. Moi misérable, moi pécheresse,

j'ai été trouvée digne d'embrasser cette crèche d'où le Seigneur enfant a fait entendre ses premiers cris, de prier dans cette caverne où la Vierge-Mère a enfanté le Seigneur. Ici désormais sera mon lieu de repos, car ce lieu est la patrie de mon Maître. C'est ici que j'habiterai, car le Seigneur a choisi cette demeure pour lui-même. »

Nous donnerons maintenant la Légende de sainte Paule, composée en grande partie des paroles de saint Jérôme, telle qu'elle se lit dans le Propre des Eglises d'Espagne.

Paule, dame Romaine, de très noble race sénatoriale, mais beaucoup plus noble encore par la sainteté de sa vie, après la mort de Toxotius, son époux, qui était d'une égale naissance, et auquel elle avait donné cinq enfants, se livra entièrement au Seigneur. Alors, elle se mit à distribuer aux pauvres du Christ ses abondantes richesses, avec un tel amour qu'elle les recherchait par toute la ville, et qu'elle regardait comme une perte pour elle (au rapport de saint Jérôme) que quelque pauvre débile et affamé fût sustenté par le pain d'un autre. Elle persévéra dans ce zèle jusqu'à la mort, et elle disait quelquefois que son désir était de mourir en mendiant sa vie, et d'être ensevelie, à ses funérailles, dans un linceul étranger. Certaines dissensions des Eglises, sous le pontificat de saint Damase, ayant amené à Rome plusieurs évêques d'Orient et d'Occident, elle reçut chez elle saint Epiphane, évoque de Salamine en Chypre, et prodigua tous les offices de la charité à Paulin d'Antioche. Leurs vertus l'enflammèrent tellement, qu'elle brûlait d'abandonner sa patrie, et de se retirer au désert. C'est pourquoi, se hâtant de fuir le tumulte de la ville et les louanges des hommes, et préférant à Rome l'humble Bethléhem, elle descendit à Porto pour s'y embarquer. Son frère, ses proches, ses enfants l'accompagnaient et s'efforçaient de retenir cette pieuse mère au nom de l'amour maternel. Mais, quoique ses entrailles fussent déchirées par la douleur, elle levait cependant ses yeux sans larmes vers le ciel, et surmontant son amour pour ses fils par son amour pour Dieu, elle oubliait qu'elle était mère, pour se montrer servante du Christ.

Etant donc montée sur le vaisseau avec sa fille Eustochium, qui s'était associée à son projet et à son voyage, portée sur les ailes de la foi, elle désirait avec une incroyable ardeur voir Jérusalem et les saints lieux. Après avoir abordé d'abord en Chypre, puis à Séleucie, elle vint en Syrie et en Palestine, dont elle visita tous les sanctuaires avec tant de zèle et de piété, que si elle n'eût eu hâte de vénérer ceux qui lui restaient à parcourir, elle n'eût pu s'arracher aux premiers. Enfin elle s'arrêta à Bethlehem pour y demeurer toujours. Après y avoir élevé quatre monastères, l'un d'hommes, dont saint Jérôme reçut la conduite, et les trois autres de vierges, elle y passa le reste de sa vie dans une admirable sainteté. La vertu d'humilité brilla principalement en elle. Rien n'égala sa bonté ; nul ne fut plus tendre envers les pauvres. Elle souffrit avec une extrême patience et mansuétude les calomnies des envieux, et les diverses épreuves de ce monde. Lente à parler, elle était prompte à écouter. Elle savait par cœur les saintes Ecritures, et elle lisait assidûment l'Ancien et le Nouveau Testament. Elle voulut aussi apprendre l'hébreu, et ce fut avec un tel succès, qu'elle put chanter les Psaumes en cette langue, et la parler comme celle de son pays. Elle prenait son repos sur la terre couverte de cilices, si l'on peut appeler repos celui qui était interrompu jour et nuit par des prières presque continuelles. Au milieu même de la fièvre la plus brûlante, elle n'eut jamais de couche délicate.

Son abstinence était si grande, qu'elle excédait presque la mesure. La rigueur du jeûne et du travail venait encore épuiser ce corps affaibli, et à l'exception des jours de fête, à peine mêlait-elle un peu d'huile avec sa nourriture Jamais on ne put l'engager à prendre du vin pour rétablir les forces de son corps. Elle soulageait les malades par des soins et des offices admirables ; mais elle, qui se montrait si empressée envers les autres lorsqu'ils étaient infirmes, si elle venait à tomber malade, elle ne se permettait aucun soulagement ; on ne voyait de partialité dans sa conduite que par la dureté qu'elle avait pour elle-même, comparée à sa bonté envers les autres.

Enfin, étant tombée dans une grave maladie, elle comprit que la mort approchait. Déjà son corps était glacé, et il ne restait plus de vie et de chaleur que dans sa poitrine haletante. Alors, comme si elle eût senti qu'elle allait vers sa patrie et quittait une demeure étrangère, elle répéta ce verset, jusqu'au dernier soupir de son âme : « Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison, et le lieu où habite votre gloire. » Et encore : « Qu'ils sont aimables, vos tabernacles, Dieu des armées ! Mon âme soupire, elle tombe de défaillance sous les portiques du Seigneur. » Puis, imprimant du doigt sur ses lèvres le signe de la croix, elle rendit à Dieu sa très sainte âme, le sept des calendes de février en la cinquante-sixième année de son âge. Les Evoques la transportèrent , de leurs propres mains, à l'Eglise de la Grotte sacrée. De toutes les villes de la Palestine était accourue à ses funérailles une multitude de moines, de vierges, de veuves et de pauvres, qui, comme à la mort de Dorcas, montraient les vêtements qu'elle leur avait donnés. Enfin, après trois jours, on l'ensevelit dans l'Eglise, près de la Grotte du Seigneur.

Vous avez aimé l'Emmanuel dans sa crèche, ô généreuse Paule ! vous avez préféré la nudité et l'obscurité de la grotte de Bethléhem à toutes les splendeurs de Rome; l'Emmanuel a reconnu tant d'amour ; et, pour prix de votre renoncement, il vous a associée pour jamais à sa propre félicité. Que votre exemple nous encourage à chercher Jésus enfant, à nous complaire dans les mystères de sa naissance. Que nul obstacle ne nous arrête, quand il s'agit d'aller à lui. Qu'il daigne nous révéler ses droits acquis au prix de tant de sacrifices, afin que nous apprenions à ne lui rien refuser. Que votre ardeur à sacrifier vos plus chères affections pour voler à lui nous instruise à régler du moins les nôtres. Priez pour que nos cœurs soient fidèles à Celui qui les a faits, et pour qu'ils soient toujours prêts à le suivre dans les voies auxquelles il les appelle. Combattez en eux cet esprit du monde, qui veut faire un pacte avec le Christianisme, pour anéantir les préceptes du Seigneur, en contestant la sagesse de ses conseils. Que la lumière de l'Esprit-Saint luise sur nous, que l'amour de Jésus échauffe nos cœurs ; et alors nous comprendrons les actions des Saints. Si elles confondent notre faiblesse, elles éclaireront notre esprit, et nous donneront courage pour remplir, sans nous flatter nous-mêmes, les devoirs que Dieu nous impose.

Priez, ô Paule, pour l'Eglise de Syrie, que vous avez sanctifiée par vos exemples. Qu'elle recouvre enfin la paix et l'unité. Veillez sur les sanctuaires de la Terre-Sainte, plus souillés par la présence et les sacrilèges des hérétiques que parles violences des Gentils. Affranchissez Jérusalem par vos prières ; sauvez l'honneur de Bethléhem ; et que l'Hostie qui ôte les péchés du monde ne soit plus offerte sur le lieu où fut la crèche de l'Emmanuel, par des mains impures et schismatiques. Protégez les pèlerins qui visitent, comme vous, le théâtre des mystères de notre Rédemption. Ranimez, dans toute la chrétienté, l'amour de ces saints lieux, que nos pères reconquirent autrefois par leurs armes ; que notre piété régénérée aime à se réchauffer en suivant les traces divines que le Sauveur de nos âmes a laissées en passant sur cette terre.

Dom Guéranger. L'ANNÉE LITURGIQUE


SAINTE PAULE

Paule fut une très noble dame de Rome, dont saint Jérôme a écrit la vie en ces termes : « Si toutes les parties de mon corps étaient converties en autant de langues et que chacune d'elles pût former une voix humaine, je ne pourrais rien dire qui approchât des vertus de la sainte et vénérable Paule. Illustre de race, mais beaucoup plus noble par sa sainteté puissante en richesses, mais elle l’est maintenant bien davantage, de ce qu'elle a voulu être pauvre pour J.-C. Je prends à témoin J.-C. et ses saints anges, nommément son ange gardien et compagnon de cette admirable femme, , que je ne dis rien par flatterie ou par exagération, mais par pure vérité, reconnaissant que tout ce que j'en bourrai dire est au-dessous de ses mérites. Le lecteur veut apprendre en peu de paroles quelles furent ses vertus ; elle laissa tous les siens pauvres, étant elle-même encore plus pauvre. Entre toutes les pierres précieuses elle brille comme une perle inestimable ; et comme l’éclat du soleil éteint et obscurcit la lueur des étoiles, de même elle surpasse les vertus de tous par son humilité, se rendant la moindre de toutes, pour devenir la plus grande ; à mesure qu'elle s'abaissait, J.-C. l’élevait. Elle se, cachait et ne pouvait être cachée: elle fuyait la vaine gloire et elle mérita la gloire,. parce que la gloire fuit la vertu comme l’ombre, et en méprisant ceux qui la cherchent, elle cherche ceux qui la méprisent. Elle eut cinq enfants : Blésille, sur la mort de laquelle je l’ai consolée à Rome ; Pauline, qui laissa pour héritier de ses biens et de. ses résolutions son saint et admirable mari Pammache, auquel j'ai adressé un petit livre sui le sujet de sa perte ; Eustochie, qui demeure encore aujourd'hui dans les saints lieux et est par sa virginité un ornement précieux de l’Église; Rufine, qui, par sa mort prématurée, accabla de douleur l’ami si tendre de sa mère, et Toxoce, après la naissance duquel elle cessa d'avoir des enfants; ce qui témoigne qu'elle n'en avait désiré que pour plaire à son mari qui souhaitait d'avoir des enfants mâles. Après que son mari fut mort, elle le pleura tant qu'elle pensa perdre la vie, et elle se donna de telle sorte au service de Dieu qu'on aurait pu croire qu'elle aurait désiré d'être veuve.

Dirai-je qu'elle distribua aux pauvres presque toutes les richesses d'une aussi grande et aussi noble et aussi riche maison qu'était la sienne ? Enflammée par les vertus de saint Paulin, évêque d'Antioche, et d'Epiphane, qui étaient venus à Rome, elle pensait par moments à quitter son pays. Mais pourquoi différer davantage à le dire ? Elle, descendit sur le port; son frère, ses cousins, ses proches et ce qui est beaucoup plus que tout le reste, ses enfants qui l’accompagnaient et s'efforçaient de vaincre cette mère si tendre. Déjà on déployait les voiles,: et à force de rames, on tirait le vaisseau dans la mer; le petit Toxoce lui tendait les mains sur le rivage; Rufine, prête à marier, la priait d'attendre ses noces, sans proférer une parole, mais toute en pleurs; mais Paule, élevant les yeux au ciel sans verser une larme, surmontait, par son amour pour Dieu, l’amour qu'elle avait pour ses enfants. Elle oubliait qu'elle était mère pour témoigner qu'elle était servante de J.-C. Ses entrailles étaient déchirées, et elle combattait contre une douleur qui n'était pas moindre que si on lui eût arraché le coeur. Une foi accomplie souffre. cela contre les: lois de la nature; mais il y a plus encore; son coeur plein de joie le désire, et méprisant l’amour de ses enfants par un amour plus grand pour Dieu, elle ne trouvait de soulagement que dans Eustochie qu'elle avait pour compagne dans ses desseins et dans son voyage. Cependant le vaisseau sillonnait la mer, et tous ceux qui le montaient regardaient le rivage ; elle en détourna les yeux pour n'y point voir ce qu'elle ne pouvait voir sans douleur. Etant arrivée aux lieux de la terre sainte, et le proconsul de la Palestine, qui connaissait parfaitement sa famille, ayant envoyé des appariteurs pour lui préparer un palais, elle choisit une humble cellule. Elle parcourait tous les endroits où J.-C. avait laissé des traces de son passage, avec tant de zèle et de soin, qu'elle ne pouvait s'arracher de ceux où elle était que pour se hâter d'aller aux autres. Elle se prosterna devant la croix comme si elle y eût vu le Seigneur attaché. Entrant dans le sépulcre, elle baisait la pierre de la résurrection que l’ange avait ôtée de l’entrée du monument, et le lieu où avait reposé le corps du Sauveur, elle le léchait de ses lèvres comme si elle eût été altérée des eaux salutaires de la foi. Ce qu'elle y répandit de larmes, quels furent ses: gémissements et sa douleur, tout Jérusalem en a été témoin; le Seigneur qu'elle priait en est témoin lui-même. De là elle alla à Bethléem, et étant entrée dans l’étable du Sauveur, elle vit la maison sacrée de la vierge, et jurait,en ma présence, qu'elle voyait, des yeux de la foi, l’enfant enveloppé de langes, qui pleurait dans la crèche, les mages adorant le Seigneur, l’étoile qui brillait au-dessus, la vierge mère, le père nourricier aux petits soins, les bergers qui venaient la nuit pour voir le Verbe qui s'était incarné, comme s'ils récitaient; le commencement de l’Évangile de saint Jean : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe s'est fait chair. Elle voyait les enfants égorgés, Hérode en fureur; Joseph et Marie fuyant en Egypte, et elle s'écriait avec une joie mêlée de larmes : « Salut, Bethléem, maison de pain, où est né le pain descendu du ciel; salut, terre d'Ephrata, région fertile, dont Dieu lui-même est la fertilité. David à pu dire avec confiance (Ps. CXXXI) : «Nous entrerons dans son tabernacle, nous l’adorerons dans le lieu où il a posé ses pieds, et moi, misérable pécheresse, j'ai été jugée digne de baiser la crèche où le Seigneur a pleuré tout petit. C'est le lieu de mon repos, parce que c'est la patrie de mon Seigneur, j'y habiterai puisque mon Seigneur l’a choisie.

Elle s'abaissa à un tel point d'humilité que celui qui l’aurait vue et qui aurait été témoin de sa grandeur n'aurait pu la reconnaître, mais l’aurait prisé pour la dernière des servantes, lorsque, entourée d'une multitude de vierges, elle était la dernière de toutes, en ses habits, en ses 'paroles, en sa démarche. Depuis la mort de son mari, jusqu'à son dernier jour, elle ne mangea avec aucun homme, quelque saint qu'il fût, et quand bien même elle eût su qu'il était élevé à la dignité épiscopale. Elle n'alla aux bains qu'en l’état de maladie; elle n'avait un lit assez doux que quand elle avait de fortes fièvres, mais elle reposait: sur un cilice étendu sur la terre dure; si toutefois on peut appeler repos, joindre les nuits aux jours pour les passer dans des oraisons presque continuelles. Elle pleurait de telle sorte pour des fautes légères qu'on eût estimé qu'elle avait commis les plus grands crimes. Lorsque nous lui représentions qu'elle devait épargner sa vue et la conserver pour lire l’Écriture sainte, elle nous répondait : « Il faut défigurer ce visage que j'ai si. souvent peint avec; du vermillon, de la céruse et du noir contre le commandement de Dieu. Il faut affliger ce corps qui a été dans tant de délices; il faut que des ris et des joies qui ont si longtemps duré soient compensés: par des larmes continuelles. Il faut changer en l’âpreté du cilice la délicatesse de ce beau linge et la magnificence de ces riches étoffes de soie; et comme j'ai plu à mon mari et, au monde, je désire maintenant plaire à J.-C. » Entre tant et de si grandes vertus, il me semble superflu de louer sa chasteté, qui lors même- qu'elle était dans le siècle, a servi d'exemple à toutes les damés de Rome, sa conduite ayant été telle que lés plus médisants n'ont osé rien inventer pour la blâmer. Je confesse ma faute en ce que lui voyant faire des charités avec profusion, je l’en reprenais, et lui alléguais le passage de l’apôtre (I Cor., VIII). « Vous ne devez pas donner de telle sorte qu'en soulageant les autres, vous vous incommodiez vous-même; mais il faut garder quelque mesure, afin que comme maintenant votre abondance supplée à leur nécessité, votre nécessité puisse être un jour soulagée par leur abondance. » J'ajoutai qu'il faut prendre garde à ne se mettre pas dans l’impuissance de pouvoir toujours faire le bien qu'elle faisait de si bon coeur. A quoi joignant plusieurs autres choses semblables, elle me répondait en fort peu de paroles et avec grande modestie, prenant le Seigneur à témoin qu'elle ne faisait rien que pour l’amour qu'elle ressentait pour lui; qu'elle souhaitait de mourir en demandant l’aumône, en sorte de ne laisser pas une obole à sa fille et d'être ensevelie dans un drap qui ne lui appartînt pas. Elle ajoutait pour dernière raison : si je suis réduite à demander, je trouverai plusieurs personnes qui me donneront; mais sucé pauvre meurt de faim faute de recevoir de moi ce que je lui puis aisément donner en l’empruntant, à qui demandera-t-on compte de sa vie? Elle ne voulait point. employer d'argent en ces pierres qui passeront avec la terre et le siècle, mais en ces pierres vivantes qui marchent sur la terre, et dont l’Apocalypse dit que la ville du grand roi est bâtie. A peine mangeait-elle de l’huile, excepté les jours de fête, ce qui fait assez connaître quel pouvait être son sentiment touchant le vin, les autres liqueurs délicates, le poisson, le lait, le miel, les neufs et autres choses semblables qui sont agréables au goût et dans l’usage desquelles quelques-uns s'estiment fort sobres; et s'en pouvoir soûler sans avoir sujet de craindre que cela fasse tort à leur continence. J'ai connu un méchant homme, un de ces envieux cachés qui sont la pire espèce de personnes, qui lui vint dire, sous prétexte d'affection, que son extraordinaire ferveur, la faisait passer pour folle dans l’esprit de quelques-uns et qu'il lui fallait fortifier le cerveau, et elle lui répondit (I Cor., IV) : « Nous sommes exposés à la vue du mondé, des anges et des hommes; nous sommes devenus fous pour J.-C., mais la folie de ceux qui sont à Dieu surpassé toute la sagesse humaine. » Après avoir bâti un monastère d'hommes dont elle donna la conduite à des hommes, elle partagea en trois autres monastères plusieurs. vierges tant nobles que de moyenne et de basse condition qu'elle avait rassemblées de diverses provinces; et elle les disposa de telle sorte que ces trois monastères étant séparés en ce qui était des ouvrages et du manger, elles psalmodiaient et priaient toutes ensemble. Si quelques-unes contestaient ensemble, elle les accordait par l’extrême douceur de ses paroles. Elle affaiblissait par des jeûnes fréquents et redoublés les corps de ces jeunes filles, qui avaient besoin de mortification, préférant la santé de leur esprit à celle de leur estomac : elle disait que la propreté excessive du corps et des habits était la saleté de l’âme et que ce qui passe pour une faute légère et comme une chose de néant parmi les personnes du siècle, est un très grand péché dans un monastère. Bien qu'elle donnât à celles qui étaient souffrantes toutes choses en abondance et leur fît même manger de la viande, s'il arrivait qu'elle tombât malade, elle n'avait pas pour elle-même une égale indulgence et péchait contre l’égalité en ce qu'elle était aussi dure envers elle que pleine de clémence envers les autres. Je rapporterai ici un fait dont j'ai été le témoin. Durant un été très chaud, elle tomba malade au mois de juillet d'une fièvre fort violente et lorsqu'après qu'on eut désespéré de sa vie, elle commença à sentir quelque soulagement, les médecins l’exhortant à boire un peu de vin d'autant qu'ils le jugeaient nécessaire pour la fortifier et empêcher qu'en buvant de l’eau elle ne devînt hydropique, et moi, de mon côté, ayant prié en secret le bienheureux évêque Épiphane de le lui persuader et même de l’y obliger; comme elle était très clairvoyante et avait l’esprit fort pénétrant, elle, se douta aussitôt de la ruse que j'avais employée et me dit en souriant que le discours qu'il lui avait tenu venait de moi. Lorsque le saint évêque sortit après l’avoir longtemps exhortée, je lui demandai ce qu'il avait fait; et il me répondit : « J'ai si bien réussi qu'elle a presque persuadé à un homme de mon âge de ne point boire de vin.» Elle était très tendre en la perte de ceux qu'elle aimait, se laissant abattre à l’affliction de la mort de ses proches et particulièrement de ses enfants; comme il parut en celle de son mari et de ses filles, qui la mirent au hasard de sa vie : car bien qu'elle fît le signe de la croix sur sa bouche et sur son. estomac pour tâcher d'adoucir par cette impression sainte la douleur qu'elle ressentait comme femme et comme mère, son affection demeurait la maîtresse et ses entrailles étant déchirées, elles accablaient la force de son esprit par la violence de leurs sentiments. Ainsi son âme se trouvait en même temps et victorieuse par sa piété et vaincue par, l’infirmité de son corps. Elle savait par coeur l’Écriture sainte; et bien qu'elle en aimât l’histoire, à cause qu'elle disait que c'était le fondement de la vérité, elle s'attachait de préférence au sens spirituel; et elle s'en servait comme du comble de l’édifice de son âme. Je dirai aussi une chose qui semblera peut-être incroyable à ses envieux. Elle désira d'apprendre la langue hébraïque, dont j'ai acquis quelque connaissance, y ayant extrêmement travaillé dès ma jeunesse et y travaillant continuellement, de peur que si je l’abandonnais, elle ne  m’abandonnât aussi. Elle vint à bout de son dessein, tellement qu'elle chantait les psaumes en hébreu et le parlait sans y rien mêler de l’élocution latine, ce que nous voyons faire encore à sa sainte fille Eustochie. J'ai navigué jusqu'ici avec un vent favorable et mon vaisseau a fendu les ondes de la mer sans peine; maintenant cette narration va rencontrer des écueils, car qui pourrait raconter la mort de Paule, sans verser des larmes? Elle tomba dans une grande maladie, ou pour mieux dire, elle obtint ce qu'elle désirait, qui était de nous quitter pour s'unir parfaitement à Dieu. Mais pourquoi  m’arrêtai-je et fais-je ainsi durer, encore davantage ma douleur en différant de la dire? Cette femme si prudente sentait bien qu'elle n'avait plus qu'un moment à vivre et que tout le reste de son corps était déjà saisi du froid de la mort. Son âme n'était plus retenue que par un peu de chaleur, qui se retirant dans sa poitrine sacrée, faisait que son coeur palpitait encore; et néanmoins comme si elle eût abandonné des étrangers; afin d'aller voir ses proches, elle disait ces versets entre ses dents : « Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison et le lieu où réside votre gloire. Dieu des vertus, que vos tabernacles sont aimables! J'ai préféré être la dernière de tous dans la maison de mon Dieu. » Lorsque je lui demandais pourquoi elle se taisait et ne voulait pas répondre, et si elle sentait quelque douleur, elle me dit en grec : que nulle chose ne lui faisait peine et qu'elle ne voyait rien que de calme et de tranquille. Après quoi elle se tut et ayant fermé les yeux comme méprisant déjà toutes les choses humaines, elle répéta jusqu'au dernier soupir les mêmes versets, mais si bas qu'à peine les pouvions-nous entendre. Les habitants de tontes les villes de la Palestine vinrent en foule à ses funérailles. Il n'y eut point de cellule qui pût retenir les solitaires les plus cachés dans le désert, ni de vierges saintes qui pussent demeurer en leur petite retraite, parce qu'ils eussent tous cru faire. un sacrilège s'ils eussent manqué de rendre leurs devoirs à une femme si extraordinaire, jusqu'à ce que son corps eût été enterré sous l’église, tout contre la crèche de Notre-Seigneur. Sa sainte fille Eustochie qui se voyait comme sevrée de sa mère, ne pouvait souffrir qu'on la séparât d'avec elle. Elle lui baisait les yeux, elle se collait à son visage, elle la couvrait de ses embrassements et elle eût désiré être ensevelie avec sa mère. J.-C. est témoin qu'elle ne laissa pas une pièce d'argent à sa fille, mais qu'elle la laissa chargée de pauvres et d'un nombre infini de solitaires et de vierges qu'il lui était difficile de nourrir et qu'elle n'eût pu abandonner sans manquer à la piété. Adieu, Paule, assistez-moi par vos prières dans l’extrémité de ma vieillesse vous que je révère. »

La Légende dorée de Jacques de VORAGINE nouvellement traduite en français avec introduction, notices, NOTES ET RECHERCHES sur les sources par l'Abbé J.-B. M. ROZE, Chanoine Honoraire de la cathédrale d'Amiens. Édouard Rouveyre, Éditeur,   76, Rue de Seine, 76. Paris MDCCCCII

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/032.htm

St. Paula

Born in Rome, 347; died at Bethlehem, 404. She belonged to one of the first families of Rome. Left a widow in 379 at the age of 32 she became, through the influence of St. Marcella and her group, the model of Christian widows. In 382 took place her decisive meeting with St. Jerome, who had come to Rome with St. Epiphanius and Paulinus of Antioch. These two bishops inspired her with an invincible desire to follow the monastic life in the East. After their departure from Rome and at the request of Marcella, Jerome gave readings from Holy Scripture before the group of patrician women among whom St. Paula held a position of honour. Paula was an ardent student. She and her daughter, Eustochium, studied and mastered Hebrew perfectly. By their studies they aimed not so much to acquire knowledge, as a fuller acquaintance with Christian perfection.

She did not, however, neglect her domestic duties. A devoted mother, she married her daughter, Paulina (d. 395), to the senator Pammachius; Blesilla soon became a widow and died in 384. Of her two other daughters, Rufina died in 386, and Eustochium accompanied her mother to the Orient where she died in 419. Her son Toxotius, at first a pagan, but baptized in 385, married in 389 Laeta, daughter of the pagan priest Albinus. Of this marriage was born Paula the Younger, who in 404 rejoined Eustochium in the East and in 420 closed the eyes of St. Jerome. These are the names which recur frequently in the letters of St. Jerome, where they are inseparable from that of Paula.

The death of Blesilla and that of Pope Damasus in 384 completely changed the manner of life of Paula and Jerome. In September, 385, Paula and Eustochium left Rome to follow the monastic life in the East. Jerome, who had preceded them thither by a month, joined them at Antioch. Paula first made in great detail the pilgrimage of all the famous places of the Holy Land, afterward going to Egypt to be edified by the virtues of the anchorites and cenobites, and finally took up her residence at Bethlehem, as did St. Jerome. Then began for Paula, Eustochium, and Jerome their definitive manner of life. The intellectual and spiritual intercourse among these holy persons, begun at Rome, continued and developed. Two monasteries were founded, one for men, the other for women. Paula and Eustochium took a larger share in the exegetical labours of Jerome, and conformed themselves more and more to his direction. An example of their manner of thinking and writing may be seen in the letter they wrote from Bethlehem about 386 to Marcella to persuade her to leave Rome and join them; it is Letter XLVI of the correspondence of Jerome. But God was not sparing of trials to His servants. Their peace was disturbed by constant annoyances, first the controversy concerning Origenism which disturbed their relations with John, Bishop of Jerusalem, and later Paula's need of money, she having been ruined by her generosity. She died in the midst of these trials and good works. The chief and almost the only source of Paula's life is the correspondence of St. Jerome (P.L., XXII). The Life of St. Paula is in Letter CVIII, which, though somewhat rhetorical, is a wonderful production. The other letters which specially concern St. Paula and her family are XXII, XXX, XXXI, XXXIII, XXXVIII, XXXIX, LXVI, CVII.

Sources

LAGRANGE, Histoire de Ste. Paule (2nd ed., Paris, 1868); Acta SS., Jan., III, 327-37; see also Historia lausiaca, lxxix, in P.G., XXXIV, 1180; ST. JEROME, De viris illustribus in P.L., XXIII, 719; UPTON, The House on the Aventine in Catholic World, LXVII, 633-643.


Saltet, Louis. "St. Paula." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. 22 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11582a.htm>.


Paula of Rome, Widow (RM)

Born in Rome, May 5, 347; died in Bethlehem, Palestine, on January 24, 404. This noble Roman lady of learning and mother of saints, lived Christ's message by being able to truly love that most unlikable crank Saint Jerome. Testimony about the life of Saint Paula is preserved in the e pistles of Jerome and in his eulogy to her (Epistle 108).



Paula was born into a patrician, Christian family. She was a descendent of the Scipios and Gracchi. When she was 15, Paula married the senator Toxotius with whom she had a son and four daughters. Although it was an arranged marriage, it was a happy one. Paula and Toxotius thoroughly enjoyed their wealth and position. The happiness this world offers, however, is ephemeral. Paula learned this lesson when, at age 32 (379 AD), she was widowed.

She loved her husband and was inconsolable at his loss. She comforted herself with her children (Blaesilla, Paulina, Eustochium, Rufina, and Toxotius). Even that was not enough; she grieved terribly until her friend, Saint Marcella, suggested that she devote herself to God. Finally, Paula took her friend's advice, converted her heart, and dedicated her life to God.

She gave up earthly treasures and social activities, slept on sackcloth, ate little, and indulged in nothing immoderately. Then she proceeded to consecrate her household to an ascetic way of life together with similar groups of Roman noblewomen, who resided on the Aventine and Coelian Hills of Rome. These ladies encouraged one another to live according to the Gospel, studied the Scriptures together intensely and scientifically to learn the ways of God, and did not wait until disaster forced the ascetic life upon them; they saw that luxury is out of place in a Christian.

Paula's life was such a powerful witness that she inspired her own daughters, Saints Blaesilla and Eustochium to sainthood. Eustochium was single-hearted for the Lord; she consecrated herself to a life of virginity, having learned austerity from her mother and Saint Marcella.

She gave hospitality to Saint Epiphanius of Salamis and Saint Paulinus of Antioch, when they visited Rome. Some say that it was through these saints that Paula met Saint Jerome. When Saint Jerome arrived in Rome in 382, Marcella insisted he should teach their group Hebrew and exegesis. Young Jerome was very sarcastic, nevertheless, he became the spiritual director of this evolving Christian community and provided them with instruction in the Scriptures.

Paula's second daughter Paulina married a school-friend of Jerome, but her children were stillborn and she died young--her husband became a monk. (Melania's houses rivalled those Jerome and Paula founded, but she wouldn't submit to his direction.)

At first Blaesilla followed in her mother's early elegant footsteps. Blaesilla threw herself so vehemently into the ascetic life that in 384 she died. Paula was almost crazy with grief, but Jerome, who received the news in Jerusalem, rebuked her. He wrote that she had the right to mourn the loss of her husband and daughter; nevertheless, she ought to realize that they had entered a realm of greater happiness than this world can offer. To assuage her sorrow, Jerome promised to glorify Blaesilla by writing about her.

Paula determined to enter a new life. In 385, Paula and her third daughter, Eustochium, abandoned her palace in Rome, intending to become hermits and devote themselves entirely to God. They visited Epiphanius in Cyprus and met Jerome in Antioch. The made a pilgrimage through Palestine and continued into Egypt to visit the monks and hermits there. The following year (386), mother and daughter settled in a mean house in Bethlehem. When Paula first arrived in Bethlehem, she cried, "I greet you, Bethlehem, the 'house of Bread,' for here was born that living Bread who came down from heaven." The Bread of heaven satisfied all her needs.

Austerity and prayer marked the passing of the years in this convent where every attention was given the poor and the study of the Scriptures. For 20 years Saint Paula presided over the sisterhood she founded near Saint Jerome's monastery. Everyone dressed in exactly the same fashion, quite simply, showing that they were all equal in God's sight.

She learned enough Hebrew to daily recite the Psalms in the original tongue. With her knowledge of Greek, which she had learned from her father, and Hebrew, Paula helped Jerome in his work of translating the Scriptures into Latin, and caring for him personally. She prodded Jerome to take an interest in the dispute over Origen.

Jerome praises Paula's efficient practicality and tactfulness; but he was alarmed by her excessive, self-imposed mortifications, and warned her than her lavish gifts to charity would land her in difficulties (which they did).

In the city of our Lord's birth, Paula used her wealth to build a large hospital, a monaster, convent, and churches, before she died penniless and serene at age 56. Her grand-daughter Paula, who had been placed in her care, succeeded her as directress of the convent. Saint Paula was buried near the birthplace of her Lord and Savior, under the Church of the Nativity. Her biographer was none other than Saint Jerome (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Farmer, Gill, Martindale, White).

In art, Saint Paula is a Jeronomite abbess with a book. Otherwise, she may be shown (1) as a pilgrim, often with Saint Jerome and her daughter Saint Eustochium; (2) prostrate before the cave at Bethlehem; (3) embarking in a ship, while a child calls from the shore; (4) weeping over her children; (5) with the instruments of the Passion; (6) holding a scroll with Saint Jerome's epistle Cogite me Paula (Roeder); (7) with a book and a black veil fringed with gold; or with a sponge in her hand (White). Saint Paula is the patroness of widows (Delaney, White).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0126.shtml#paul

ST. JEROME AND THE HOLY WOMEN OF ROME

 Jerome, one of the four Latin doctors, who we commemorate on the 30th September is best known for his translation of the Bible into Latin in the fourth century. This became known as the Vulgate and until last century it was the standard version for the Catholic Church. What is not known, little less recognised, is the role of a holy woman in the project, St. Paula whom is commemorated on 26th January.

Before Jerome arrived in Rome in 382 holy women lived in two noble households on Aventine Hill, one group under       Marcella and the other under Paula. Both households lived a community existence irrespective of status. They had learnt the Orthodox faith and monastic life according to St. Anthony from St. Athanasius during his exile when Marcella's mother, Albina, had invited him to her home in 340.  They thus spent their days in praying, studying, reciting the psalms and practising the ascetic life in order to grow more Christ like. 

        When Jerome arrived in Rome in 382 Marcella invited him to instruct these holy women living this quasi-monastic life in the Scriptures. As he found these women avid pupils he had them practise scriptural exegesis themselves and taught them the psalms in the original Hebrew language, which they sang throughout the day. Jerome was an irascible character, but his friendship with these women gave some stability to his life, despite his overall misogyny. 

Pope Damasus also employed Jerome, as his secretary, and directed him to produce a Latin version of the Bible. However with the death of his patron in 384 Jerome was forced to leave Rome and left for Jerusalem. He would remain in the vicinity of the holy city for the rest of his life where he taught, wrote and studied. He was accompanied by Paula and her daughter, Eustochium, whose wealth enabled Jerome to continue his scholastic works, including the completion of the Vulgate. I have always maintained that Paula made some contribution to this great work, but Jerome remained silent, even though he recognised her great ability. However the historian Palladius, a contemporary, gave an interesting insight to the relationship of these two when he wrote how Paula was hindered by Jerome. "For though she was able to surpass all, having great abilities, he hindered her by his jealousy, having induced her to serve his own plan."

After travelling throughout Egypt and the Holy Land, the two women and Jerome founded a double monastery in Bethlehem where all followed basically the same rule. The women were divided into three groups for meals and work, but came together at the third, sixth and ninth hours, at evening and in the middle of the night for the singing of the psalms. On Sunday they walked to Mass as a corporate body, and on returning were handed their individual work assignments for the week such as scrubbing floors, cooking, sewing, and helping the poor. Much stress was placed on knowing the Scriptures, which they had to learn by heart. This included the psalter, which in the course of the day was sung in its entirety. Paula wrote often to Marcella to join them, but she always refused, which led Jerome to accuse her of anti-semitism. Still she was content to lead her community with its increasing numbers to pray and study until her home was razed during the sacking of Rome by Alaric in 410. Marcella died shortly afterwards. Just prior to her death Jerome had dedicated his commentary on Galatians to her, wherein he expressed his desire "that I may heal her grievous wound with the balm of the scriptures."

         Despite the fact that Jerome's scholarship was marred by his quarrelsome character there is no doubt that his learning has been unmatched, except perhaps by Augustine. In an age when Greek forms dominated much of the intellectual output of Christianity, Jerome demonstrated that important Christian learning could be expresses as well in Latin. He did much to restore the importance of the Church's Jewish inheritance, evincing an enthusiasm for Hebrew texts that would not be seen again in the West until the Reformation.

With the death of Paula in 404, Eustochium became the superior of the monastery in Bethlehem. Jerome would outlive Paula by sixteen years. He was buried under the church of the Nativity in Bethlehem next to Paula and Eustochium. A famous 12th century initial to Jerome's commentary on Isaiah depicted Paula's burial under this church. The epitaph letter that Jerome wrote to Eustochium was probably the finest he ever wrote. "I have felt a grief as deep as your own." Indeed he should have, as without Paula, this remarkable woman, he never would have been able to pursue his studies. I have always wondered beside financial help for Jerome how much she contributed to the compilation of what we know as the Vulgate.

Marianne Dorman