mercredi 21 janvier 2015

Bienheureux JEAN-BAPTISTE DU CORMIER et ses compagnons martyrs

Bienheureux Jean Baptiste Du Cormier et ses compagnons, martyrisés pendant la Révolution française ( 1794)

dont quatorze prêtres et plusieurs religieuses de Laval, martyrisés pendant la Révolution française pour leur fidélité à l'Église romaine et à leurs engagements sacrés.

"Fin 1792, les prêtres âgés ou infirmes ne pouvant être déportés sont emprisonnés dans le couvent des Cordeliers à Laval. En octobre 1793, au moment où les Vendéens approchent de Laval, certains d'entre eux sont évacués sur Chartres puis sur Rambouillet; les autres, au nombre de quatorze, quittent leur prison le 21 janvier 1794 pour être présentés devant les juges de la Commission révolutionnaire. Sommés de prêter serment, ils refusent à l'image de René Ambroise: "Je veux bien obéir au gouvernement mais je ne veux pas renoncer à la religion" ou de Jean-Baptiste Trinquerie: "Ah! vraiment non, citoyen! Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu'au dernier soupir". Ils sont condamnés à mort et sont immédiatement guillotinés place de la Révolution (actuellement place de La Trémoille) à Laval.


Le 19 juin 1955, ils sont béatifiés par Pie XII. Avec deux autres prêtres, trois religieuses, deux appartenant à la congrégation des Sœurs de la Charité Notre-Dame d'Evron et une appartenant à la congrégation des Augustines Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, et cinq laïcs, ils sont les Martyrs de la Foi en Mayenne." (21 janvier 1794, 14 prêtres sont guillotinés: les Martyrs de Laval)


À Laval, en 1794, les bienheureux Jean-Baptiste Curpin du Cormier et treize compagnons: les bienheureux Jean-Baptiste Triquerie, franciscain conventuel, Jean-Marie Gallot, Joseph Pellé, René-Louis Ambroise, Julien-François Morvin de la Gérardière, François Duchesne, Jacques André, André Duliou, Louis Gastineau, François Migoret Lambardière, Julien Moulé, Augustin-Emmanuel Philippot, Pierre Thomas, prêtres et martyrs. Sous la Révolution française, sur leur refus de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, ils furent guillotinés.

Martyrologe romain

Bienheureux Jean Baptiste Turpin du Cormier et ses compagnons, prêtres et martyrs
Avec treize compagnons : Jean-Baptiste Triquerie (des Frères mineurs conventuels), Jean-Marie Gallot, Joseph Pellé, René Louis Ambroise, Julien François Morvin de la Gérardière, François Duchesne, Jacues André, André Duliou, Louis Gastineau, François Migoret Lambardière, Julien Moulé, Augustin Emmanuel Philippot, Pierre Thomas, il fut guillotiné en 1794 à Laval en haine de la foi catholique.


BBX Jean-Baptiste Turpin du Cormier et treize compagnons

Prêtres et martyrs à Laval († 21 janvier 1794)


Jean-Baptiste Turpin du Cormier et treize compagnons, le 21 janvier 1794, juste un an après Louis XVI, furent guillotinés à Laval puis jetés dans une fosse commune à "La Croix Bataille".

En Octobre 1792, quatorze prêtres lavallois réfractaires (qui refusaient de prêter serment à la Constitution civile du clergé) sont emprisonnés au couvent de Patience où ils ne bénéficient que de deux heures de visite par mois. Ne sont admis à les voir que les frères et sœurs obligatoirement assistés par le concierge du lieu.

Le 13 décembre 1793, la guillotine est installée à Laval, place du Blé (actuelle place de la Trémoille) près du Tribunal révolutionnaire.

A partir du 9 janvier 1794, tous les cultes sont interdits en France. L’église de la Trinité de Laval est transformée en "étable et magasin de fourrage" pour l’armée, puis, plus tard, en Temple de la Raison.
Le 21 janvier 1794, à 8h30, les quatorze prêtres franchissent le seuil du tribunal où ils vont être jugés par la Commission révolutionnaire. Dix marchent péniblement et quatre sont dans une charrette ; cinq d’entre eux ont plus de 70 ans.

Entre le 5 janvier et le 2 novembre 1794, en 150 audiences, cette Commission prononcera 328 peines de mort. 

L’accusateur public, Volcler, un ancien prêtre apostat, leur demande une dernière fois de prêter serment. « Aidé de la grâce de Dieu, je ne salirai pas ma vieillesse », lui répond le Père Philippot, 78 ans. 

« Quoi, c'est toi Volcler qui demande ma mort ? Toi que j'ai accueilli dans ma maison, admis à ma table, que j'ai tendrement aimé...», ajoute le père Migoret. 

Ils sont exécutés après avoir été empêchés par leurs gardiens de chanter ensemble un dernier "Salve Regina". Ils seront suivis de 5 vendéens qui comparaissaient eux aussi en tant qu’ennemis de la République. 

Les 4 juges, dont 2 prêtres renégats, qui assistent à l’exécution de la fenêtre d’un immeuble voisin, boivent un verre de vin rouge à chaque tête qui tombe et encouragent la foule à crier avec eux: «Vive la République, à bas la tête des calotins ! ».

Les corps des 14 prêtres, tout comme les défunts du moment, sont jetés dans une fosse commune, à Avesnières, dans une lande nommée "La Croix Bataille" sur la route d’Entrammes. 

Dès le jour de leur exécution, les prêtres sont vénérés comme des martyrs ; on envoie des enfants tremper des mouchoirs dans leur sang.

En 1803, un rapport de gendarmerie signale des pèlerinages, allant de 50 à 600 personnes, à "La Croix Bataille", près de la fosse commune où ils ont été ensevelis.

Le 6 août 1816, suite aux démarches du curé d’Avesnières, les corps des 14 martyrs sont exhumés et déposés dans la chapelle Saint Roch du cimetière paroissial d’Avesnières.

Le 9 août, ils sont transférés dans le transept sud de l'église d'Avesnières, au pied d'un monument. Une chapelle expiatoire est dressée à "La Croix Bataille" à la mémoire du prince de Talmont et des autres victimes de la Révolution. Le bâtiment est détruit en 1869.

En 1945, Max Ingrand dessine un vitrail pour la basilique. Les 14 prêtres y sont symbolisés par 14 palmes.

Le 19 juin 1955, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) béatifie les 14 prêtres ainsi qu’un curé et quatre religieuses également guillotinés en 1794. Les corps sont transférés dans le chœur de la basilique.

Les quatorze prêtres guillotinés le 21 janvier 1794 :

- Jean-Baptiste Turpin du Cormier, 64 ans, curé de la Trinité, reconnu comme le responsable, sera exécuté le dernier à la demande de Volcler, l’accusateur public.

- Six curés : Jacques André, 50 ans,
André Dulion, 66 ans,
Louis Gastineau, 66 ans,
François Migoret-Lamberdière, 65 ans,
Julien Moulé, 77 ans
et Augustin-Emmanuel Philippot, 77 ans.

- Quatre aumôniers : Pierre Thomas, 75 ans, chez les Augustines de Château-Gontier,

Jean-Marie Gallot, 46 ans, chez les Bénédictines,
Joseph Pelé, 74 ans, chez les Clarisses,
et Jean-Baptiste Triquerie, 57 ans, diverses maisons franciscaines. 


- Trois hors ministères : René-Louis Ambroise, 74 ans,
Julien-François Morin de la Girardière, 64 ans,
et François Duchesne, 58 ans.


Source principale : laval53000.fr/avesnieres/(« Rév. x gpm »).    



Jean-Baptiste Turpin du Cormier
    Prêtre du diocèse de Laval
    Né en 1732 
    curé de la paroisse de la Trinité à Laval (aujourd’hui cathédrale de Laval)

     Prêtre - Franciscain
     Né 1er  juillet 1737 à Laval

Jean-Marie Gallot 
     Prêtre du diocèse de Lava l
     Né le 14 juillet 1747 à  Laval
     Prêtre à la Trinité

Joseph Pellé 
     Prêtre du diocèse de Laval
     Né le22 janvier 1720 à Laval
     Prêtre à la Trinité

René Louis Ambroise 
     Prêtre du diocèse de Laval
     Né le 1er mars 1720 à Laval
    Prêtre à la Trinité

Julien François Morin de la Gérardière 
    Prêtre du diocèse de Laval 
    Né le 14 décembre 1733 à Saint-Fraimbault-de-Prières, Mayenne
    Prêtre à Saint Vénérand

François Duchesne 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 8 janvier 1736 à Laval
 chapelain du Chapitre Saint Michel

Jacques André 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 15 octobre 1743 à Saint-Pierre-la-Cour, Mayenne
curé de Rouessé-Vassé

André Duliou 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le18 juillet 1727 Saint-Laurent-des-Mortiers, Mayenne
curé de Saint-Fort

Louis Gastineau 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 10 novembre 1727 à Loiron
chapelain de Port-Brille

François Migoret Lambardiêre 
Prêtre du diocèse de Laval
Né en 1728 à Saint-Fraimbault-de-Lassay, Mayenne
curé de Rennes-en-Grenouilles

Julien Moulé 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 29 mars 1716 au Mans, Sathe
curé de Saulges

Augustin Emmanuel Philippot  
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 11 juin 1716 à Paris
curé de la Bazouge-des-Alleux

Pierre Thomas 
Prêtre du diocèse de Laval
Né le 13 décembre 1729 à Mesnil-Rainfray, Manche
aumônier de l'hôpital de Château-Gontier

Dossier : n° 459
Vénérables : 3 mai 1955
Béatifiés le  19 juin 1955  à Rome  par Pie XII
Fête le 21 janvier ou 19 juin

Les Martyrs de Laval

Aujourd' hui fête de sainte Agnès, nous nous rappelons aussi le martyre, le 21 janvier 1794, de quatorze prêtres à Laval qui furent spécialement guillotinés le jour anniversaire de la mort de Louis XVI, en haine de la Foi.

Le Pape Pie VI exprima sa douleur de la mort du roi par la bulle Quare Lacrymae, le 17 juin 1793.

Les révolutionnaires, acharnés à éradiquer la révolte vendéenne, firent de la mort de ces prêtres un exemple.

Arrêtés pour les premiers en octobre 1792, ils passèrent de longs mois comme otages et bientôt victimes du nouveau régime.

Ils furent béatifiés le 19 juin 1955.

 Le premier à être arrêté dans l' ancien couvent des Clarisses ( le Couvent de la Patience* ), le 12 octobre 1792, fut le Chanoine François Duchêne, né à Laval en 1736, qui menait une vie ascétique.

Deux jours plus tard, d' autres prêtres vinrent le rejoindre :

René-Louis Ambroise, né à Laval en 1720 dans une famille de tendance janséniste. Il desservait la paroisse de la Trinité.

Louis Gastineau, né à Loiron en 1727, qui fut vicaire dans diverses paroisses, et s' était réfugié à Laval chez sa soeur. Il avait été particulièrement actif dans l' apostolat de la jeunesse.

François Migoret-Lamberdière, né à St Fraimbault en 1728, qui fut vicaire à Oisseau, puis recteur d' un collège et curé de Rennes-en-Gronouille. Il était lui aussi animé d' un zèle ardent pour l' éducation de la jeunesse. Il avait prêté serment en 1791 ; mais il s' était vite rétracté, après la condamnation de Pie VI, ce qui lui coûta d' être éloigné de sa paroisse.

Julien Moulé, né au Mans en 1716, s' était aussi heureusement rétracté. Auparavant, il avait été recteur de collège et curé de Saulges.

Joseph Pellé, né à Laval en 1720. Il était l' aumônier des Clarisses de la Patience. Droit et sincèrement pieux, malgré un caractère rude, il avait été un confesseur écouté.

Pierre Thomas, né au Mesnil-Rainfray en 1729. Il était chapelain de l' hôpital de Château-Gontier.  

A ce premier groupe, les révolutionnaires ajoutèrent, les mois suivants :

Le 2 novembre 1792, Augustin-Emmanuel Philippot, né à Paris en 1716,  qui fut curé à Bazouge pendant cinquante ans ! Il distribuait de larges aumônes et était aimé de ses paroissiens. 

Le 17 décembre 1792, Julien-François Morin de La Girardière, né à St Fraimbaut-de-Prières en 1733. Il avait étudié la théologie à Angers. Après de nombreuses années de ministère, il s' était retiré chez son frère pour s' occuper de l' éducation de ses neveux. Sa générosité était reconnue.

Le 18 décembre 1792, Jean-Marie Gallot, né à Laval en 1747 vicaire à Bazouge et aumônier des religieuses bénédictines de Laval. Il était devenu infirme et avait été secouru par d' anciens paroissiens.  

Le 5 janvier 1792, Jacques André, né à St Pierre-la-Cour en 1743 avait été curé de Rouessé-Vassé. Il avait été arrêté à Laval.

Le même jour, Jean-Baptiste Triquerie né à Laval en 1737. Il était entré dans à seize ans chez les Frères Mineurs Récollets ( Franciscains ) d' Olonne dont il devint le Gardien ( c-à-d Supérieur ). En 1771, les Récollets passèrent à la règle des Frères Mineurs Conventuels. Par la suite, étant d' une grande piété et de stricte observance, il fut le confesseur de divers monastères de Clarisses. Après la suppression du Couvent de Buron, il s' était réfugié chez un cousin à Laval où il fut arrêté. Il s' écria avant de mourir : " Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu' au dernier soupir ! "
 
Ensuite deux prêtres qui avaient été arrêtés auparavant furent transférés au Couvent de la Patience, devenu prison. Il s' agit de :

André Duliou, né à St Laurent-des-Mortiers en 1727, qui fut curé de St Fort.

Jean-Baptiste Turpin du Cormier, né en 1732 à Laval, considéré comme la tête du groupe. Il était en effet un modèle des vertus sacerdotales. Il était prêtre à la Sainte-Trinité ( aujourd' hui cathédrale de Laval ).

Lorsqu' en octobre 1793, les Vendéens réussirent à reprendre Laval, les quatorze prêtres furent libérés de la prison de la Patience. Mais peu de temps après, les Bleus envahirent la ville. Ils furent à nouveau incarcérés.

A leur procès, ils furent interrogés par le cruel Clément. Il demanda à l' abbé Turpin du Cormier pourquoi il n' avait pas prêté serment à la Constitution Civile du Clergé ? Celui-ci répondit :  " parce qu' il attaque ma religion et qu' il est contraire à ma conscience. " Le juge répliqua : " donc tu es un fanatique ! " L' abbé avait aussi refusé le serment de 1792 contre les voeux religieux. Les autres prêtres firent de semblables réponses.


Ils se rendirent à l' échafaud en chantant le Salve Regina et le Te Deum. L' abbé Turpin du Cormier fut guillottiné en dernier. Leurs corps furent jetés dans une fosse et, en 1816, ils furent transférés dans la basilique ND d' Avesnières.

* 400 prêtres y furent incarcérés pendant la révolution. Il abrita ensuite un hôpital militaire. Des messes selon le rite de saint Pie V sont aujourd' hui célébrées dans l' église de l' ancien couvent, ND des Cordeliers.


Au mois d’octobre 1792, quatorze prêtres qui refusaient de prêter serment à la constitution civile du clergé furent emprisonnés à Laval, dans le couvent de Patience ; ils n’étaient autorisés à recevoir que deux heures de visite par mois, et seulement de leurs frères ou sœurs ; ces visites se passaient obligatoirement en présence du concierge. Leur nourriture ne se composait pratiquement que de ce que leur faisaient apporter leurs anciens paroissiens, fidèles à leurs pasteurs légitimes. La plupart de ces prêtres étaient âgés ; quelques uns étaient même malades ou infirmes. 

C’étaient l’Abbé Jean Turpin du Cormier, 64 ans, curé de la paroisse de la Sainte- Trinité à Laval, qui fut comme l’âme et le catalyseur des énergies spirituelles du petit groupe, le Révérend Père Jean-Baptiste Triquerie, 57 ans, moine cordelier, les Abbés Jean-Marie Gallot, 46 ans, aumônier des Bénédictines, Joseph-Marie Pellé, 74 ans, aumônier des Clarisses, René-Louis Ambroise, 74 ans, Julien-François Morin de la Gérardière, 64 ans, prêtre à Saint-Vénérand, François Duchesne, 58 ans, chapelain du chapitre Saint-Michel, Jacques André, 50 ans, curé de Rouessé-Vassé, André Dulion, 66 ans, curé de Saint-Fort, Louis Gastineau, 66 ans, chapelain de Port-brillet, François Migoret-Lambarière, 65 ans, curé de Rennes-en-Grenouilles, Julien Moulé, 77 ans, curé de Saulges, Augustin-Emmanuel Philippot, 78 ans, curé de Bazouges-des-Alleux, et Pierre Thomas, 75 ans , aumônier de l’hôpital des Augustines à Château-Gontier.

Le 13 décembre 1793, la guillotine arriva à Laval. Elle fut installée, sur la « place du blé » (actuelle place de La Trémoille), à proximité du tribunal révolutionnaire : ainsi les condamnés n’auraient-ils pas à faire un long trajet et, en outre, pour les révolutionnaires cela réduisait les risques de voir ceux qui marchaient au supplice libérés par la foule, majoritairement hostile à la révolution.

A partir du 9 janvier 1794, tous les cultes sont interdits en France : l’église de la Sainte-Trinité de Laval est transformée en étable et magasin de fourrage pour l’armée…

Le 21 janvier 1794, à 8h30, formant un cortège émouvant (cinq d’entre eux ont plus de 70 ans, dix marchent péniblement et quatre sont dans une charrette), les quatorze prêtres furent amenés à comparaître devant la commission révolutionnaire, établie le 22 décembre précédent, normalement pour un mois…

En réalité elle sera active jusqu’au 1er avril 1794 et, au total, elle enverra à la guillotine 359 hommes et 102 femmes. Après chaque verdict de condamnation, le président concluait par cette formule : « La commission ordonne que les condamnés soient livrés sur le champ au vengeur du peuple… » 

L’accusateur public était un prêtre apostat, du nom de Volcler. Ce triste individu avait diffusé dans le département de la Mayenne une circulaire qui commençait ainsi : « Citoyens, ils sont passés ces temps de modération et d’insouciance où vous laissâtes les ennemis de la patrie tranquillement vaquer sur le sol de la liberté. L’instant de la justice nationale est à l’ordre du jour pour faire tomber la hache sur la tête du traître et du parjure… »  

A ses anciens confrères dans le sacerdoce, Volcler demanda de prêter le serment constitutionnel qu’ils avaient déjà refusé, et que, bien évidemment, ils refusèrent encore. L’Abbé Philippot, âgé de 78 ans, répondit noblement : « Aidé de la grâce de Dieu, je ne salirai pas ma vieillesse ».

Ce nouveau refus était suffisant pour qu’ils fussent déclarés coupables : ordre fut donc donné pour qu’ils soient immédiatement conduits à l’échafaud. Après avoir prononcé la sentence, Volcler avait menacé les assistants : « Le premier qui bronche ou qui pleure marchera après eux ! »

Leurs gardiens les empêchèrent de chanter ensemble le « Salve Regina » sur le chemin de l’échafaud. En revanche, une phrase est demeurée célèbre, celle de l’Abbé Pellé qui, après avoir assisté héroïquement au supplice de ses premiers confrères déclara avant d’être décapité : « Nous vous avons appris à vivre, apprenez de nous à mourir ! ».

L’Abbé Turpin du Cormier, désigné comme responsable, fut exécuté le dernier à la demande de Volcler.

Après ces quatrorze prêtres furent également suppliciés ce même jour cinq Vendéens, condamnés comme ennemis de la république.

Les quatre juges, parmi lesquels se trouvaient deux prêtres renégats, assistèrent à l’exécution depuis la fenêtre d’un immeuble voisin, et fêtèrent leur « triomphe patriotique » en buvant un verre de vin à chaque tête qui tombait. Ils encourageaient la foule à crier avec eux : « Vive la république, à bas la tête des calotins ! ».

Au cours de cette année 1794 furent aussi suppliciées cinq autres martyrs, qui ont été béatifiés en même temps que ces quatorze prêtres, le 19 juin 1955, par le Vénérable Pie XII. Ce sont :

Françoise Mézière, pieuse femme qui s’était donnée tout entière à l’instruction des enfants et aux soins des malades. Guillotinée à Laval le 5 février.

- au mois de mars, Soeur Françoise Tréhet, guillotinée à Ernée, et Soeur Jeanne Vérondeux, guillotinée à Laval : c’étaient deux Sœurs de la Charité de Notre-Dame d’Évron.

- Le 25 juin, Soeur Marie Lhuilier, soeur converse des Augustines de la Miséricorde. Toute dévouée aux malades.

- Et le 17 octobre : l’Abbé Jacques Burin, prêtre, curé de St-Martin de Connée. Il avait été arrêté une première fois en raison de son refus du serment schismatique, et condamné à s’exiler. Entré dans la clandesinité, il continua son ministère mais fut trahi en octobre 1794 par deux femmes qui l’avaient fait appeler pour se confesser : c’était en réalité un traquenard et il fut tué d’un coup de fusil.

SOURCE : http://leblogdumesnil.unblog.fr/2014/01/21/2014-10-des-bienheureux-martyrs-de-laval/