jeudi 15 janvier 2015

Saint MAUR, abbé


Saint Maur

Disciple de saint Benoît ( 584)

Amaury ou Amalric

Cofondateur de l'ordre, disciple et successeur de St Benoît.

Abbé de Glanfeuil.

Des internautes nous signalent:

- "Né à Rome, fils d'un Sénateur romain, il fut confié à St Benoît, dont il devint le plus proche disciple, qui le nomme prieur du monastère du Mont Cassin. Envoyé en Gaule pour implanter l’Ordre, il aurait fondé un monastère sur les bords mêmes de la Loire près de Saumur en 542 (abbaye de Glanfeuil, dénomination actuelle abbaye de St Maur (49 Le Thoureil). Ses reliques sont transférées à St Maur des Fossés (94) en 921."

- "Le bréviaire romain dit: 'Maurus, nobilis Romanus ...' et nous apprend que son père portait le nom grec d'Eutychius (de eutukhia= bonheur). La 'Légende dorée' mentionne Maur dans la vie de saint Benoît, et raconte un épisode auquel le bréviaire fait également allusion (sauvetage du moine Placide). Les 'mauristes'* ont marqué l'histoire des bénédictins français."

*congrégation placée sous le patronage de saint Maur, disciple de saint Benoît qui, croyait-on, avait apporté en Gaule la Règle de son maître, elle fut approuvée en 1621 par le pape Grégoire XV.


À Glanfeuil sur la Loire en Anjou, au VIe ou VIIe siècle, saint Maur, abbé.


Martyrologe romain




St Maur, abbé

A Glanfeuil, déposition de St Maur (VI-VIIe siècle). Usuard introduisit St Maur dans son martyrologe lorsque les moines de Glanfeuil, fuyant les Normands, ne viennent se réfugier près de Paris, en 869, en un lieu qui deviendra St Maur des Fossés.

Certains historiens prétendent que l’abbé Maur de Glanfeuil n’est qu’un homonyme du disciple de St Benoît.

Son culte s’étendit avec le développement des filiales de l’Abbaye de Cluny, et attint Rome au XIe siècle, d’abord dans les abbayes bénédictines de la Ville, puis à St Pierre et au Latran au XIIe siècle.

Textes de la Messe

eodem die 15 ianuarii
S. Mauri
Abbatis
Commemoratio
Missa Os iusti, de Communi Abbatum.

ce même 15 janvier
St Maur
Abbé
Commémoraison
Messe Os iusti, du Commun des Abbés.

Office

Leçon des Matines avant 1960

Neuvième leçon. Maur, noble romain, était encore enfant, lorsque son père Eutychius l’offrit à Dieu, pour vivre sous la discipline de saint Benoît. Il fit en peu de temps, avec la grâce divine, de si grands progrès, qu’il était un sujet d’admiration pour son maître lui-même, qui le proposait souvent à l’imitation de ses autres disciples, comme un modèle de l’observance régulière et de toutes les vertus. Saint Grégoire, Pape, rapporte de Maur, encore adolescent, cet admirable exemple d’obéissance. Un moine, nommé Placide, étant tombé dans un lac et se trouvant emporté par le courant, Maur accourut sur l’ordre de son saint Père, et marchant sur les eaux, il saisit par les cheveux son jeune compagnon et le tira jusqu’à terre. Envoyé dans les Gaules par le même saint Benoît, il y bâtit un célèbre monastère qu’il gouverna pendant quarante ans, et y propagea merveilleusement la discipline monastique. . Enfin, illustre par sa sainteté et ses miracles, ii émigra pour le ciel, l’an du salut cinq cent soixante cinq.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Un des plus grands maîtres de la vie cénobitique, le plus illustre des disciples du Patriarche des moines de l’Occident, saint Maur, partage avec l’ermite Paul les honneurs de cette journée. Comme lui, fidèle aux leçons de Bethlehem, il est venu prendre place sur le Cycle, dans cette sainte période des quarante jours consacrés au divin Enfant. Il est là pour attester, à son tour, la puissance des abaissements du Christ. Car qui oserait douter de la force victorieuse de cette pauvreté, de cette obéissance de la crèche, en voyant les admirables résultats de ces vertus dans les cloîtres de la France ?

Notre patrie dut à saint Maur l’introduction dans son sein de cette Règle admirable qui produisit les grands saints et les grands hommes à qui notre patrie est redevable de la meilleure partie de sa gloire. Les enfants de saint Benoît par saint Maur luttèrent contre la barbarie franque, sous le règne de la première race de nos rois ; sous la seconde, ils enseignèrent les lettres sacrées et profanes à un peuple dont ils avaient puissamment aidé la civilisation ; sous la troisième, et jusque dans ces derniers temps où l’Ordre Monastique, asservi par la Commende, et décimé par les violences d’une politique perverse, expirait au milieu des plus pénibles angoisses, ils furent la providence des peuples par le charitable usage de leurs grandes propriétés, et l’honneur de la science par leurs immenses travaux sur l’antiquité ecclésiastique et sur l’histoire nationale.

Le monastère de Glanfeuil communiqua sa législation à tous nos principaux centres d’influence monastique : Saint-Germain de Paris, Saint-Denis en France, Marmoutiers, Saint-Victor de Marseille, Luxeuil, Jumièges, Fleury, Corbie, Saint-Vannes, Moyen-Moutier, Saint-Wandrille, Saint-Vaast, la Chaise-Dieu, Tiron, Chezal-Benoît, le Bec, et mille autres Abbayes de France, se glorifièrent d’être filles du Mont-Cassin par le disciple chéri du grand Patriarche. Cluny, qui donna, entre autres, au Siège Apostolique, saint Grégoire VII et Urbain II, se reconnut redevable à saint Maur de la Règle qui fit sa gloire et sa puissance. Que l’on compte les Apôtres, les Martyrs, les Pontifes, les Docteurs, les Ascètes, les Vierges, qui s’abritèrent sous les cloîtres bénédictins de la France, pendant douze siècles ; que l’on suppute les services rendus par les moines à notre patrie, dans l’ordre de la vie présente et dans l’ordre de la vie future, durant cette longue période : on aura alors quelque idée des résultats qu’opéra la mission de saint Maur, résultats dont la gloire revient tout entière au Sauveur des hommes, et aux mystères de son humilité, qui sont le principe de l’institution monastique. C’est donc glorifier l’Emmanuel que de reconnaître la fécondité de ses Saints, et de célébrer les merveilles qu’il a opérées par leur ministère.

Nous lirons maintenant le récit abrégé de la vie de saint Maur, dans les Leçons que lui consacre le Bréviaire monastique [1].

Maur, Romain de naissance, eut pour père Eutychius, de l’ordre des Sénateurs. Encore enfant, il fut offert à Dieu par son père, pour vivre sous la discipline de saint Benoit. Formé à l’école d’un si grand et si habile maître, il atteignit le sublime degré de la perfection monastique avant même les premières années de l’adolescence, en sorte que Benoit lui-même admirait et recommandait ses vertus, ayant coutume de le proposer à l’imitation des autres, comme le modèle de l’observance régulière. Il macérait sa chair par le cilice, par les veilles et par un jeûne continuel, tandis qu’il récréait son esprit par une oraison assidue, par de pieuses larmes et par la lecture des saintes lettres. Durant le carême, il ne mangeait que deux fois la semaine, et en si petite quantité, qu’il semblait plutôt goûter les mets que s’en nourrir. Il se tenait debout pour prendre son sommeil, et, lorsqu’une trop grande fatigue l’y contraignait, il dormait assis. D’autres fois, il reposait sur un monceau de chaux et de sable que recouvrait un cilice. Le temps de son repos était si court, que toujours il faisait précéder l’Office de la nuit par de longues prières, souvent même par l’entière récitation du psautier.

Il donna l’exemple d’une admirable obéissance, lorsque, par l’ordre du bienheureux Père, courant au lac dans les eaux duquel Placide était en péril, il marcha à pied sec sur les flots ; puis, saisissant l’enfant par les cheveux, il retira saine et sauve des eaux cette victime que Dieu réservait pour le tranchant du glaive. Ce furent ces excellentes vertus qui portèrent le bienheureux Père à l’associer à ses sollicitudes, comme déjà il l’avait associé à ses miracles dès son entrée dans la vie monastique. Elevé au degré sacré du Diaconat par le commandement du saint Patriarche, il rendit la parole et l’agilité à un enfant muet et boiteux par le simple attouchement de son étole.

Envoyé dans les Gaules par le même saint Benoit, à peine y était-il arrivé, qu’il eut révélation de l’entrée triomphante de son bienheureux Père dans les cieux. Après bien des sollicitudes et de pénibles travaux, il promulgua la Règle que le saint Législateur lui avait donnée écrite de sa main. Il construisit à Glanfeuil, en Anjou, un célèbre monastère qu’il gouverna durant quarante ans ; et la renommée de son nom et de ses actions y brilla d’un tel éclat, que les plus nobles seigneurs de la cour du roi Théodebert volèrent sous ses étendards, pour servir dans une milice plus sainte.

Deux ans avant sa mort, il abdiqua la conduite du monastère, et se retira dans une cellule proche d’un oratoire de Saint-Martin. Là, il s’exerça aux œuvres de la plus rigoureuse pénitence, et descendit dans l’arène pour combattre l’ennemi du genre humain qui menaçait de faire périr ses moines. Dans cette lutte, il eut pour consolateur un Ange de lumière, qui lui découvrit les ruses de l’esprit de malice, et aussi la volonté divine, et qui l’invita à conquérir la couronne avec ses Disciples. Avant donc envoyé au ciel, comme les avant-coureurs de son triomphe, plus de cent de ces valeureux soldats qu’il devait suivre bientôt lui-même, il se fit porter dans l’oratoire, où, s’étant muni du Sacrement de vie, étendu sur le cilice, semblable à une victime présentée à l’autel, il expira d’une mort précieuse, âgé de plus de soixante-dix ans, ayant propagé merveilleusement dans les Gaules la discipline monastique, et étant devenu célèbre par d’innombrables miracles avant et après sa mort.

Nous donnons ici un choix d’Antiennes extraites de l’Office Monastique de saint Maur.

Le bienheureux Maur, illustre par son origine patricienne, estima, des son enfance, les humiliations du Seigneur Christ un plus grand trésor que toutes les richesses du monde.

Le Seigneur le revêtit de l’étole sainte des Lévites, par l’attouchement de laquelle il fit marcher les boiteux et parler les muets.

Envoyé en France, il y fit briller la doctrine de la Règle comme l’aurore d’un nouveau soleil, et il la propagea jusqu’en de lointaines contrées.

La solitude du nouveau monastère, embellie par la présence de Florus et des premiers seigneurs du royaume, tressaillait d’allégresse, et fleurissait comme un lis.

Près de mourir, il envoya devant lui dans les cieux les fils qu’il avait engendrés en Jésus-Christ ; et, au milieu des prières, laissant son corps au pied des autels, son âme s’envola au ciel. Alléluia.

O très digne disciple du Père Benoît ! qu’il a laissé pour héritier de son esprit, afin qu’il fût, dans les Gaules, le premier Apôtre de la sainte Règle, et l’admirable propagateur de l’Ordre Monastique. Alléluia.

O l’heureux homme ! Qui, méprisant le siècle, porta avec amour le joug de la sainte Règle, et, obéissant jusqu’à la mort, se renonça lui-même pour s’attacher tout entier au Christ ! Alléluia.

Aujourd’hui saint Maur, étendu sur le cilice, devant l’autel, a rendu heureusement le dernier soupir. Aujourd’hui le disciple premier-né du bienheureux Benoit, montant avec sécurité par le sentier de la sainte Règle, escorté des chœurs angéliques, est parvenu jusqu’au Christ. Aujourd’hui, l’homme obéissant, chantant ses victoires, a mérité d’être couronné par le Seigneur. Alléluia.

Les Répons suivants appartiennent au même Office, et ne sont pas moins remarquables.

R/. Maur confié dès sa plus tendre enfance, par son père Eutychius, à saint Benoît, pour être élevé dans la solitude de Sublac, reproduisit, par une imitation fidèle, les vertus de son maître : * Et devint semblable à lui. V/. Il considéra et fit selon l’exemplaire qui lui fut montré sur la montagne ; * Et il devint semblable à lui.

R/. Placide étant tombé dans le lac, Maur vole à son secours, porté sur les eaux par l’Esprit du Seigneur : * Quand il obéit sans délai au commandement de son Père. V/. Les grandes eaux ne purent éteindre sa charité, ni les fleuves l’engloutir ; * Quand il obéit.

R/. Saint Benoît envoie dans les Gaules Maur, son disciple le plus chéri : * Et consent à être privé d’une grande consolation pour procurer le salut du prochain. V/. La charité est bénigne ; elle ne cherche point ce qui est pour elle, mais ce qui est pour Jésus-Christ ; * Et consent.

R/. Maur, ravi en Dieu, aperçut une voie étincelante de mille flambeaux, par laquelle Benoît montait dans la gloire : * Pour l’éternité, à jamais. V/. Le sentier des justes s’avance comme une lumière brillante, et va croissant jusqu’au jour parfait ; * Pour l’éternité, à jamais.

R/. Les fleuves de sagesse que Maur avait puisés au sein du bienheureux Benoît, il les répand sur les Gaules : * Et c’est au milieu des lis de France qu’il plante les rejetons de son Ordre sacré. V/. Semblable à un ruisseau sorti d’un fleuve, il a arrosé le jardin qu’il a planté ; * Et c’est au milieu.

R/. Le très chrétien Roi des Francs vint au monastère, pour écouter la sagesse du nouveau Salomon : * Et il mit à ses pieds la pourpre royale. V/. Comme il était humble à ses propres yeux, le Seigneur le glorifia en la présence des rois ; * Et il mit à ses pieds.

R/. Deux ans avant sa mort, il entra dans le silence, séparé des hommes, * Et seul, il habita avec lui-même sous les yeux du témoin céleste. V/. Il prépara son cœur, et, en présence du Seigneur, il sanctifia son âme ; * Et seul.

R/. La plus grande partie des frères qui militaient sous .Maur leur chef, avertie d’une mort prochaine par un Ange, soutint avec le démon son dernier combat : * Et succombant glorieusement dans la lutte, mérita les triomphes célestes. V/. Maur a combattu le bon combat, il a achevé sa course, il a gardé la foi ; * Et succombant.

R/. Ayant servi soixante ans dans la milice sacrée, sa mort étant proche, il voulut être porté au pied des autels, pour répandre, en présence du Seigneur, sa prière et son âme, disant : * Mon âme haletante défaille dans le sanctuaire du Seigneur V/. Vos autels , Seigneur des armées, mon Roi et mon Dieu ! * Mon âme haletante.

R/. Étendu dans l’Église sur un cilice, il passa, de la maison de prière, au lieu du tabernacle admirable, à la maison de Dieu : * Pour lequel il brûlait d’un ardent amour. V/. Car il était dans l’angoisse, désirant voir briser ses liens, et être avec Jésus-Christ ; * Pour lequel il brûlait.

Entre les trois Hymnes de saint Maur, nous choisissons celle-ci comme la plus belle :

HYMNE.

Gaule, consacre tes chants à la gloire de Maur : c’est lui qui t’enrichit d’une nouvelle famille ; gardien de ton illustre empire, il protège, par sa tombe sacrée, les lis de tes rois.

Plus grand que les honneurs de sa naissance, il méprise les palais, et s’enfuit joyeux sous l’ombre du cloître ; les délices, les héritages, la pourpre, il foule tout aux pieds, pour porter le joug du Christ.
Plein de zèle, il exprime dans ses actions les traits du bienheureux Père ; dans la vie merveilleuse d’un enfant, brille la règle de la vie monastique.

Dur à lui-même, il se couvre d’un cilice ; pour toujours il s’enchaîne sous la loi du silence ; la nuit, il veille dans la prière, et le jeûne remplit ses journées.

A l’ordre du Père, il vole, intrépide, et, d’un pied sec, il foule les eaux ; il arrache et sauve Placide de l’abîme, et revient, comme Pierre autrefois.

Que l’éternel honneur de la louange à vous soit rendu, ô Trinité, qui rassasiez les habitants du ciel de la lumière de votre visage ; accordez à vos serviteurs d’arriver à la récompense de Maur, par le sentier de la Règle sainte. Amen.

Qu’il fut fécond votre Apostolat, ô sublime disciple du grand Benoît ! Qu’elle est innombrable l’armée des saints qui sont sortis de vous et de votre illustre Père ! La Règle que vous avez promulguée a été véritablement le salut des peuples de notre patrie ; et les sueurs que vous avez versées sur l’héritage du Seigneur n’ont pas été stériles. Mais quand, du séjour de la gloire, vous considérez la France jadis couverte de cette multitude innombrable de monastères, du sein desquels la louange divine montait sans cesse vers le ciel, et que vous n’apercevez plus que les ruines des derniers de ces sacrés asiles, ne vous tournez-vous pas vers le Seigneur, pour lui demander que la solitude refleurisse enfin ? Où sont ces cloîtres où s’élevaient les Apôtres des nations, les Pontifes éclatants de doctrine, ces défenseurs intrépides de la liberté de l’Église, ces Docteurs de toute science, ces héros de la sainteté qui vous appelaient leur second père ? Qui nous rendra ces fortes maximes de la pauvreté, de l’obéissance, du travail et de la pénitence, qui ravirent d’admiration et d’amour tant de générations, et poussaient vers la vie monastique tous les ordres de la société à la fois ? En place de cet enthousiasme divin, nous n’avons plus que la timidité du cœur , l’amour d’une vie terrestre, la recherche des jouissances, l’horreur de la croix, et tout au plus les habitudes d’une piété molle et stérile. Priez, ô grand Maur, pour que ces jours soient abrégés ; obtenez que les mœurs chrétiennes de nos temps se retrempent à l’étude de la sainteté ; qu’un peu de force renaisse dans nos cœurs attiédis. Les destinées de l’Église, qui n’attendent que des hommes courageux, redeviendront alors aussi grandes, aussi belles que nous les espérons dans nos rêves impuissants. Que, par vos prières, le Seigneur daigne nous rendre l’élément monastique dans sa pureté et sa vigueur, et nous serons sauvés ; et la décadence morale qui nous désole, au milieu même des progrès de la foi, s’arrêtera dans son cours. Faites-nous connaître, ô Maur, le divin Enfant ; initiez-nous à sa doctrine et à ses exemples ; alors nous comprendrons que nous sommes la race des saints, et qu’il nous faut marcher, comme le Chef de tous les saints, à la conquête du monde par les moyens qu’il a employés lui-même.

[1] St Maur n’étant que commémoré dans le calendrier romain, il n’a droit aux matines romaines qu’à une leçon contractée qu’on trouvera ici.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

On fait aujourd’hui la commémoraison de saint Maur, fils du Romain Eutychius et premier disciple de saint Benoît. Comme nous le montre admirablement saint Grégoire le Grand dans son précieux livre des Dialogues (une composition si délicate et si pleine de poésie que, durant le haut moyen âge, elle occupa la place que prirent plus tard en Italie les Fioretti de saint François), Maur, dès son enfance, fut d’une si éminente vertu, que par les mérites de son obéissance il marcha à pied sec sur le lac néronien de Subiaco. Pourtant sa mémoire dans le Missel n’est pas très ancienne, puisqu’elle remonte seulement aux dernières années du moyen âge.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Saint Maur. — Jour de mort : 15 janvier 565. — Tombeau : à Glanfeuil (St-Maur-sur-Loire). Image : en bénédictin, auprès de saint Benoît, ou bien au moment où il sauve l’enfant Placide. Sa vie : Maur fut un des plus célèbres disciples de saint Benoît. Il fut amené tout enfant par son père, en même temps que Placide, au patriarche des moines pour être élevé en vue de la vie monastique. Un épisode de sa vie nous montre quelle était son obéissance enfantine. Le jeune Placide se hâtait un jour vers la mer. Avec un zèle actif, mais aussi de l’étourderie juvénile, Placide s’acquittait de la tâche qui lui avait été confiée. Il se précipitait vers la mer pour puiser de l’eau, mais il se pencha trop en avant pour puiser plus vite, et le poids de la cruche, qui s’emplissait rapidement, l’entraîna dans les flots. Déjà les vagues l’entraînaient, à la distance d’un jet de flèche, loin de la rive. Saint Benoît qui était dans sa cellule connut immédiatement le danger et appela Maur qui était sans doute occupé dehors : « Cours aussi vite que tu pourras vers la mer, Placide est tombé à l’eau. » Avec la bénédiction du Père vénéré, Maur se précipite, saisit l’enfant par les cheveux et le ramène à terre. Quelle ne fut pas son effroi quand, après avoir mis Placide en sûreté, il constata qu’il avait marché pendant plusieurs pas sur les flots. Seul l’ordre de son maître avait pu opérer ce miracle. L’opinion d’après laquelle Maur fut plus tard abbé de Glanfeuil, en France, ne peut pas se démontrer historiquement.



St. Maurus

Deacon, son of Equitius, a nobleman of Rome, but claimed also by Fondi, Gallipoli, Lavello etc.; died 584. Feast, 15 Jan. He is represented as an abbot with crozier, or with book and censer, or holding the weights and measures of food and drink given him by his holy master. He is the patron of charcoalburners, coppersmiths etc. — in Belgium of shoemakers — and is invoked against gout, hoarseness etc. He was a disciple of St. Benedict, and his chief support at Subiaco. By St. Gregory the Great (Lib. Dialog., II) he is described as a model of religious virtues, especially of obedience. According to the Vita ("Acta SS." II Jan., 320, and Mabillon "Acta SS. O.S.B.", I, 274) he went to France in 543 and became the founder and superior of the abbey at Glanfeuil, later known by his name. This Vita ascribed to a companion, the monk Faustus of Monte Cassino, has been severely attacked. Delehaye (loc. cit., 106) calls it a forgery of Abbot Odo of Glanfeuil in the ninth century but Adlhoch (Stud. u. Mittheil ., 1903, 3, 1906, 185) makes a zealous defence. On the Signum S. Mauri, a blessing of the sick with invocation of St. Maurus given in the Appendix of Rituale Romanum, see "Studien u. Mittheil." (1882), 165.


January 15

St. Maurus, Abbot


AMONG the several noblemen who placed their sons under the care of St. Benedict, to be brought up in piety and learning, Equitius, one of that rank, left with him his son Maurus, then but twelve years old, in 522. The youth surpassed all his fellow monks in the discharge of monastic duties, and when he was grown up, St. Benedict made him his coadjutor in the government of Sublaco. Maurus, by his singleness of heart and profound humility, was a model of perfection to all the brethren, and was favoured by God with the gift of miracles. St. Placidus, a fellow monk, the son of the senator Tertullus, going one day to fetch water, fell into the lake, and was carried the distance of a bow-shot from the bank. St. Benedict saw this in spirit in his cell, and bid Maurus run and draw him out. Maurus obeyed, walked upon the waters without perceiving it, and dragged out Placidus by the hair, without sinking in the least himself. He attributed the miracle to the prayers of St. Benedict; but the holy abbot, to the obedience of the disciple. Soon after that holy patriarch had retired to Cassino, he called St. Maurus thither, in the year 528. Thus far St. Gregory, Dial. l. 2. c. 3, 4. 6.

  St. Maurus coming to France in 543, founded, by the liberality of king Theodebert, the great abbey of Glanfeuil, now called St. Maur-sur-Loire, which he governed several years. In 581, he resigned the abbacy to Bertulf, and passed the remainder of his life in close solitude, in the uninterrupted contemplation of heavenly things, in order to prepare himself for his passage to eternity. After two years thus employed, he fell sick of a fever, with a pain in his side: he received the sacraments of the church, lying on sackcloth before the altar of St. Martin, and in the same posture expired on the 15th of January, in the year 584. He was buried on the right side of the altar in the same church, 1 and on a roll of parchment laid in his tomb was inscribed this epitaph: “Maurus, a monk and deacon, who came into France in the days of king Theodebert, and died the eighteenth day before the month of February.” 2 St. Maurus is named in the ancient French litany composed by Alcuin, and in the Martyrologies of Florus, Usuard and others. For fear of the Normans, in the ninth century, his body was translated to several places; lastly, in 868, to St. Peter’s des Fosses, then a Benedictin abbey, near Paris, 3 where it was received with great solemnity by Æneas, bishop of Paris. A history of this translation, written by Eudo, at that time abbot of St. Peter’s des Fosses, is still extant. This abbey des Fosses was founded by Blidegisilus, deacon of the church of Paris, in the time of king Clovis II. and of Audebert, bishop of Paris: St. Babolen was the first abbot. This monastery was reformed by St. Mayeul, abbot of Cluni, in 988: in 1533 it was secularized by Clement VII. at the request of Francis I. and the deanery united to the bishopric of Paris; but the church and village have for several ages born the name of St. Maur. The abbey of Glanfeuil, now called St. Maur-sur-Loire, was subjected to this des Fosses from the reign of Charles the Bald to the year 1096, in which Urban II. at the solicitation of the count of Anjou, re-established its primitive independence. Our ancestors had a particular veneration for St. Maurus, under the Norman kings: and the noble family of Seymour (from the French Saint Maur) borrow from him its name, as Camden observes in his Remains. The church of St. Peter’s des Fosses, two leagues from Paris, now called St. Maurus’s, was secularized, and made a collegiate, in 1533; and the canons removed to St. Louis, formerly called St. Thomas of Canterbury’s, at the Louvre in Paris, in 1750. The same year the relics of St. Maurus were translated thence to the abbey of St. Germain-des-Prez, where they are preserved in a rich shrine. 4 An arm of this saint was, with great devotion, translated to Mount Cassino, in the eleventh century, 5 and by its touch a demoniac was afterwards delivered, as is related by Desiderius, at that time abbot of Mount Cassino, 6 who was afterwards pope, under the name of Victor III. See Mabill. Annal. Bened. t. 1. l. 3 and 4; and the genuine history of the translation of the body of St. Maurus to the monastery des Fosses, by Eudo, at that time abbot of this house. The life of St. Maurus and history of his translation, under the pretended name of Faustus, is demonstrated by Cointe and others, to be a notorious forgery, with several instruments belonging to the same. 7


Note 1. Mab. Annal. Ben. T. 1. l. 7. ad annos 581. 584. 

Note 2. All writers, at least from the ninth century, are unanimous in affirming with Amalarius, that St. Maurus of Anjou, the French abbot, was the same Maurus that was the disciple of St. Benedict; which is also proved against certain modern critics, by Dom Ruinart in his Apologia Missionis St. Mauri, in append. 1. annal. Bened. per Mabill. T. 1. p. 630. The arguments which are alleged by some for distinguishing them, may be seen in Chatelain’s notes on the Martyrol. p. 253. In imitation of the congregation of SS. Vane and Hydulphus, then lately established in Lorrain, certain French Benedictin monks instituted a like reformation of their order, under the title of the congregation of Saint Maurus, in 1621, which was approved of by Gregory XV. and Urban VIII. It is divided into six provinces, under its own general, who usually resides at St. Germain-des-Prez, at Paris. These monks live in strict retirement, and constantly abstain from flesh meat, except in the infirmary. Their chief houses are, St. Maur-sur-Loire, St. Germain-des-Prez, Fleury, or St . Benoit-sur-Loire. Marmoutier at Tours, Vendome, St. Remigius at Rheims, St. Peter of Corbie, Fecam, &c. 

Note 3. Ib. l. 15. p. 465. l. 36. p. 82. See Dom Beaunier Recueil Historique des Evech. et Abbayes, T. 1. p. 17. 

Note 4. Dom Vaissette, Géographic Histor. T. 6. p. 515. and Le Beuf, Hist. du Diocèse de Paris, T. 5. p. 97. Piganiol, Descrip. of Paris, T. 8. p. 165. T. 3. p. 114. T. 7. p. 79. 

Note 5. S. Odilo in vitâ S. Majoli; et Leo Ostiens in chron. Casin. l. 2. c. 55. 

Note 6. Victor III. Dial. l. 2. Ruinart, Apol. Miss. S. Mauri, p. 632. Mabill. Annal. Bened. l. 56. c. 73. 

Note 7. Dom Freville, the Maurist monk, and curate of St. Symphorian’s, at the abbey of St. Germain-des-Prez, has nevertheless made use of these pieces in a MS. history of the life and translations of this saint, which he has compiled, and of which he allowed me the perusal. When the relics of Saint Maurus were translated to St. Germain-des-Prez, those of St. Babolen, who died about the year 671, and is honoured in the Paris breviary on the 28th of June, and several others which had enriched the monastery des Fosses, were conveyed to the church of St. Lewis, at the Louvre. 

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume I: January.
The Lives of the Saints.  1866.




Life of St. Maurus (Maur)


St. Maurus, abbot and deacon, son of Equitius, a nobleman of Rome, was born about the year 510 and died in 584. When he was about twelve years old, his father placed him under the care of St. Benedict at Subiaco, to be educated in piety and learning. When he had grown up, St. Benedict chose him as his coadjutor in the government of the monastery. He was a model of perfection to all his brethren, but especially in the virtue of obedience.

St. Placid, one of his fellow disciples, the son of the senator Tertullus, going one day to draw water, fell into the lake, and was at once carried away by the current. St. Benedict saw this in spirit in his cell and bade Maurus run and draw him out. Having asked and received the holy Father's blessing,
Maurus hastened down to the lake, walked upon the waters, thinking he was on dry land, and dragged Placid out by the hair, without sinking in the least himself. He attributed the miracle to the command and prayers of St. Benedict; but the holy abbot, to the obedience of the disciple.

St. Maurus was sent to France in 543 to propagate the order of St. Benedict in that country. He founded the famous abbey of Glanfeuil, over which he ruled as abbot for thirty-eight years. In 581 he resigned the abbacy, built for himself a small cell near the church of St. Martin, so that in solitude and prayer he might prepare himself for his passage into eternity. After two years he fell sick sof a fever: he received the sacraments of the Church, lying on sackcloth before the altar of St. Martin, and in that posture expired on January 15, 584.

Gift of Miracles

 St. Maurus was favored by God with the gift of miracles. To show in what high degree the Saint possessed the gift of miracles, it will be sufficient to cite a few examples of how he miraculously cured the sick and restored to health those who were stricken with a grievous affliction. It has already been stated, according to the testimony of Pope St. Gregory the Great, in the Second Book of his Dialogues, how when a youth, St.Maurus rescued St. Placid from drowning.

A few more examples of miracles wrought by the Saint, as related by the monk St. Faustus (Bollandists, Vol. 2), who accompanied St. Maurus to France and later wrote his life, will be given here. They were invariably wrought by means of the sign of the Cross, and the relic of the true Cross, which he had taken along to France.

When St. Maurus, at that time prior of the abbey of Monte Cassino, was returning with the brethren from gathering the harvest in the fields, he met a boy who was mute and crippled, accompanied by his parents. When the father and mother of the boy cast themselves at the feet of the Saint and implored him to cure their child of his maladies, St. Maurus, having for some time given himself to prayer, imposed upon the head of the boy his levitical stole, for he was a deacon, and made the sign of the Cross over him, saying to him: "In the name of the most holy and undivided Trinity, and supported by the merits of the-most holy Father Benedict, I bid you to rise, stand upon your feet and be cured." And forthwith the boy arose, walked about, and with a loud voice praised and glorified God.

A certain Vicar, Ardenard, had been sent by Innocent, the Bishop of Mans, to Monte Cassino, in order to petition St. Benedict to send some monks to France. Arriving at a place called Vercella, the Vicar fell down headlong from a high stairway in the place where he was lodging. His body was so crushed by the fall that his life was despaired of. His right shoulder, arm and hand had so swelled with inflammation, that amputation of the arm was deemed necessary. Recourse was then had to their companion, St. Maurus, who was engaged in prayer in the oratory. Moved by the earnest supplications of his brethren, and the misery of the sick man, the Saint cast himself prostrate at the foot of the altar, pouring forth his soul in fervent prayer. Having finished praying, he took from the altar the case of relics which had been sent him by his master, St. Benedict, and went to the bedside of the sick man. Having exposed the relic of the Cross, he made the sign of the Cross over every part of the arm from the shoulder to the fingers, saying:

"O God, the Creator of all things, You ordained that Your only Son should take flesh of the Virgin Mary by the power of the Holy Spirit for the restoration of your people, and You deigned to heal the wounds and infirmities of our souls by the redemption accomplished upon the sacred and glorious wood of the life-giving Cross: do You also vouchsafe through this powerful sign to restore health to Your servant."

His prayer being ended, all the poisoned blood, by which the Vicar's arm had beer inflamed, began to flow off from three different places in his arm, and his arm was cured.

While continuing their journey and reaching the Alps, one of the servants, Sergius, riding on horseback, fell from his horse and struck his leg against a huge rock, and so crushed it that it was but one bruised mass. Whereupon St. Maurus went up to the unfortunate man, seized his crushed leg with his left hand, and with his right made the sign of the Cross over it, saying: "In the name of almighty God, arise and be cured," and immediately, to the joy of all, his crushed leg became whole and sound.
When St. Maurus and his little band came to the church of the holy martyrs Sts. Maurice and his companions, they entered it to pray. At the entrance of the church sat a certain man who was born blind, begging alms from those who entered and left the edifice. He had learned that Maurus, the disciple of the holy man Benedict, had arrived, the fame of his sanctity having already preceded him. When Maurus and his companions had finished their prayers and left the church, they found the blind man lying prostrate on the ground, begging and imploring the Saint to obtain for him by his prayers the light of his eyes. Maurus commanded him to rise, and pressing the fingers of his right hand upon his eyes, he imprinted on them the sign of our redemption. Thereupon the blind man instantly obtained his eyesight.

Blessing of St. Maurus

Since St. Maurus miraculously freed many persons from their bodily afflictions through the sign of the Cross and the relic of the true Cross of Christ, in many monasteries of the Order of St. Benedict from time immemorial, after the example of this miracle-worker, the custom of blessing the sick with the relic of the true Cross, has prevailed, in order to restore their health. But until recent years, there was no uniform and approved formula of blessing of the Church. There existed a number of old and new formulas, which were essentially the same, but differed from each other in many details. Some formulas were exceedingly lengthy. In the face of these facts, the Rt. Rev. Dom Maurus Wolter OSB, President of the Beuronese Congregation, petitioned Rome for an approved and authentic formula. A carefully prepared and much abbreviated formula was therefore presented to the Sacred Congregation of Rites for its approval.

This formula was approved by the Sacred Congregation for all priests and deacons, secular as well as regular clerics, to impart the blessing, provided the formula approved by the Sacred Congregation is used.

Nihil obstat: John Eidenschink, OSB JCD, Censor deputatus. Imprimatur: + Peter W. Bartholome, DD, Bishop of St. Cloud, March 3, 1963.