jeudi 13 décembre 2012

Sainte LUCIE de SYRACUSE, vierge et martyre

Maître de la Légende de sainte Lucie. Panneaux de la Légende de Sainte Lucie
Bruges. XVe.
Sainte Lucie

Vierge et Martyre

(† 303)

Lucie, jeune fille de Syracuse, vint à Catane, au tombeau de sainte Agathe, avec sa mère qui souffrait d'un flux de sang incurable. Après avoir prié un instant, Lucie s'endormit et vit en songe sainte Agathe qui lui dit: "Lucie, ma soeur, pourquoi me demander ce que ta foi a pu obtenir par elle-même? Ta mère est guérie. Tu seras bientôt la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane." Lucie en échange de la guérison de sa mère, lui demanda et obtint la grâce de garder sa virginité. De retour à Syracuse, elle se défit de ses bijoux, vendit tous ses biens, et ne tarda pas à être dénoncée comme chrétienne par son propre fiancé.

Le gouverneur fait venir Lucie à son tribunal et lui ordonne de sacrifier aux dieux; Lucie demeure invincible devant toutes les menaces. Les bourreaux la saisissent pour l'entraîner en un mauvais lieu; mais, malgré leurs efforts, elle reste inébranlable comme un rocher. On la tire avec des cordes attachées à ses pieds et à ses mains sans plus de succès. On attelle plusieurs paires de boeufs pour l'ébranler; mais toute la vigueur de ces robustes animaux ne produit aucun effet:

"Quels maléfices emploies-tu donc? dit à Lucie le préfet exaspéré.

– Je ne recours point aux maléfices, dit-elle, mais la puissance de Dieu est avec moi.

– Comment peux-tu, femme de rien, triompher d'un millier d'hommes?

– Fais-en venir dix mille, et ils ne pourront lutter contre Dieu." Lucie est alors couverte d'huile, de poix et de résine, et on y met le feu; mais la flamme respecte la vierge. Enfin elle meurt d'un coup d'épée en prédisant la paix dans l'Église.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.




A Syracuse, déposition de sainte Lucie, vierge et martyre. Son culte est attesté avant l’an 400, mais on ne peut préciser ni l’époque ni les circonstances de sa Passion. Au VIe siècle, le culte de sainte Lucie gagne Rome et Ravenne (titulaire d’un monastère dès St Grégoire le Grand). Son nom est cité aussi bien au canon Romain qu’au canon Ambrosien. Les sacramentaires attestent de sa fête dès le VIIe siècle.

Sainte Lucie , église de la citadelle de Rhodes. XIVe siècle, école toscane
Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Voici la quatrième [1] de nos Vierges sages, la vaillante Lucie. Son nom glorieux étincelle au sacré Diptyque du Canon de la Messe, à côté de ceux d’Agathe, d’Agnès et de Cécile ; mais, dans les jours de l’Avent, le nom de Lucie annonce la Lumière qui approche, et console merveilleusement l’Église. Lucie est aussi une des trois gloires de la Sicile chrétienne ; elle triomphe à Syracuse, comme Agathe brille à Catane, comme Rosalie embaume Palerme de ses parfums. Fêtons-la donc avec amour, afin qu’elle nous soit en aide en ce saint temps, et nous introduise auprès de Celui dont l’amour l’a rendue victorieuse du monde. Comprenons encore que si le Seigneur a voulu que le berceau de son Fils parût ainsi entouré d’une élite de Vierges, et s’il ne s’est pas contenté d’y faire paraître des Apôtres, des Martyrs et des Pontifes, c’est afin qu’au milieu de la joie d’un tel Avènement, les enfants de l’Eglise n’oublient pas d’apporter à la crèche du Messie, avec la foi qui l’honore comme le souverain Seigneur, cette pureté du cœur et des sens que rien ne saurait remplacer dans ceux qui veulent approcher de Dieu.

Nous prenons dans l’Office de la Sainte quelques Antiennes, dont l’ensemble forme une œuvre lyrique pleine de grâce et de fraîcheur :

Sainte Lucie étant en prières, la bienheureuse Agathe lui apparut, et consolait la servante du Christ.

Vierge Lucie, lui dit-elle, pourquoi me demandes-tu pour ta mère un secours que toi-même lui peux procurer ?

A cause de toi, Vierge Lucie, la ville de Syracuse sera comblée de gloire par le Seigneur Jésus-Christ.

Voix de Lucie : Je vous bénis, ô Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que, par votre Fils, le feu qui m’environnait a été éteint.

Dans ta patience, tu as possédé ton âme, ô Lucie, Épouse du Christ ! tu as haï les choses du monde, et tu brilles avec les Anges : par ton propre sang, tu as vaincu l’ennemi.

Nous nous adressons à vous, ô Vierge Lucie, pour obtenir la grâce de voir dans son humilité Celui que vous contemplez présentement dans la gloire : daignez nous accepter sous votre puissant patronage. Le nom que vous avez reçu signifie Lumière : soyez notre flambeau dans la nuit qui nous environne. O Lampe toujours brillante de la splendeur de virginité, illuminez nos yeux ; guérissez les blessures que leur a faites la concupiscence, afin qu’ils s’élèvent, au-dessus de la créature, jusqu’à cette Lumière véritable qui luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne comprennent point. Obtenez que notre œil purifié voie et connaisse, dans l’Enfant qui va naître, l’Homme nouveau, le second Adam, l’exemplaire de notre vie régénérée. Souvenez-vous aussi, Vierge Lucie, de la sainte Église Romaine et de toutes celles qui empruntent d’elle la forme du Sacrifice : car elles prononcent chaque jour votre doux nom à l’autel, en présence de l’Agneau votre Époux, à qui il est agréable de l’entendre. Répandez vos bénédictions particulières sur l’île fortunée qui vous donna le jour terrestre et la palme de l’éternité. Maintenez-y l’intégrité de la foi, la pureté des mœurs, la prospérité temporelle, et guérissez les maux que vous connaissez.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’antique culte de sainte Lucie nous est attesté par une gracieuse épigraphe des catacombes de Syracuse. Il s’agit d’une certaine Euschia l’irrépréhensible, qui vécut bonne et pure près de cinq lustres, et mourut « en la fête de ma Dame Lucie, — pour qui aucune louange ne saurait suffire ».

Quoique les Actes de cette chaste vierge sicilienne ne méritent guère de créance, son culte, bien attesté, fut très répandu dans l’antiquité. On comptait à Rome au moins une vingtaine d’églises sous son vocable ; les plus anciennes parmi celles-ci sont l’église restaurée jadis par Léon III dans l’intérieur du monastère De Renati, et Sainte-Lucie in Septizonio, mentionnée comme diaconie jusqu’au temps de Sixte-Quint.

On ne saurait indiquer la raison de ce culte fervent professé par les pontifes romains envers la martyre de Syracuse : probablement fut-il dû, non seulement à la célébrité de son martyre, mais aussi à ce que la colonie sicilienne était très nombreuse à Rome (le pape saint Agathon était Sicilien), et à ce que les papes durent être, dès le ive siècle, en relations assidues avec les régisseurs pontificaux du très vaste patrimoine de l’Église romaine en Sicile.

Ce fut probablement grâce à cette double influence que s’élevèrent à Rome les nombreuses églises de Saint-Vite, Saint-Euple, Sainte-Lucie et Sainte-Agathe, tous martyrs siciliens.

L’antienne pour l’introït est tirée du psaume de virginitate, 44. « Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi le Seigneur, ton Dieu, te consacra entre tous tes compagnons avec le baume de la joie. » Ce baume mystérieux est la gloire spéciale qu’obtiennent dans le ciel les saints qui, à la pureté du cœur, ont joint en outre l’intégrité de la chair.

Dans la collecte, même au milieu de la sainte joie pour le natale de la martyre, nous n’oublions pas que le but des fêtes liturgiques est de favoriser notre avancement spirituel.

La première lecture est empruntée à la lettre de saint Paul aux Corinthiens (II, 10, 17-18 ; 11, 1-2). Contre les judaïsants, qui cherchaient à discréditer l’Apôtre près de l’Église de Corinthe, Paul proteste qu’il ne veut pas chercher sa propre gloire, attendant que le Seigneur l’accrédite près des fidèles. S’il s’oppose aux menées de ses adversaires, c’est parce qu’il est jaloux de l’Église de Corinthe, à qui il interdit de suivre d’autres-docteurs, afin que le Christ ait une épouse vierge et immaculée.

Le répons et le verset sont tirés du même psaume que l’introït (44). On y décrit les mérites et la beauté de la mystique épouse de l’Agneau

Dans le Missel de saint Pie V, aujourd’hui la lecture évangélique était la parabole des vierges prudentes, comme le jour de sainte Barbe (Matth., 25, 1-13) [*]. Elle fut autrefois commentée au peuple romain par saint Grégoire le Grand dans la station célébrée à Sainte-Agnès le jour de son Natale. Peu importe la virginité et la lampe ornée de fleurs s’il y manque l’huile des bonnes œuvres et spécialement de la sainte dilection. Il ne faut pas attendre pour préparer les lampes, afin de pouvoir se rendre au-devant de l’Époux. L’heure de la mort est incertaine, mais ce qui est certain, c’est qu’elle viendra à l’improviste et qu’il faut en conséquence se tenir sur ses gardes. L’Évangile de ce jour nous l’enseigne.

Dans la dernière réforme du Missel, on a assigné à la fête de sainte Lucie la lecture évangélique que nous ayons déjà vue pour la fête de sainte Bibiane. Le marchand avisé, c’est l’âme chrétienne qui donne tout pour acquérir la perle précieuse qui est le Christ. Telle est sa valeur, qu’on ne peut l’acquérir à un moindre prix : il faut tout donner.

L’antienne de l’offertoire, identique à celle de la fête de sainte Barbe, est elle aussi tirée du psaume 44. « On conduira au Roi les vierges compagnes de l’épouse, en grande fête et triomphe. » Cette image est empruntée aux coutumes de l’Orient, où était tolérée la polygamie. Le psalmiste donne à l’image un sens prophétique, annonçant l’entrée des diverses nations païennes dans le royaume messianique, héritage inaliénable d’Israël.

Dans la secrète, nous prions la divine clémence d’agréer l’oblation de son peuple en l’honneur des saints, desquels on confesse avoir obtenu aide et protection.

L’antienne pour la communion du peuple est tirée du psaume 118, selon la règle commune aux messes en l’honneur des saintes. « En vain les puissants me persécutèrent ; car votre parole et votre sainte crainte qui pénétrait mes os étaient sur moi plus puissantes que tous leurs tourments. Ils me dépouillèrent de tout, même de la vie, et moi, ayant trouvé et gardé votre Verbe, je me suis réjouie, comme celui qui trouve un riche trésor. »

Dans la postcommunion, maintenant que l’Eucharistie nous a purifiés et nous a rendus dignes du regard clément de Dieu, nous le supplions, par les mérites de la martyre dont nous fêtons le natale, de nous faire toujours expérimenter les effets de sa puissante intercession. Elle a tout donné pour le Seigneur, elle peut donc aussi tout sur son cœur.

Le Sacramentaire Grégorien contient aussi ces autres collectes pour la messe de sainte Lucie : Super oblata. — Quaesumus, virtutum coelestium Deus, ut Sacrificia pro sanctae tuae Luciae solemnitate delata, desiderium nos temporale doceant habere contemptum, et ambire dona faciant caelestium gaudiorum. Postcommunio. — Laeti, Domine, sumpsimus Sacramenta coelestia, quae, intercedente pro nobis beata Lucia Martyre tua, ad vitam nobis proficiant sempiternam.

Les fêtes des martyres, comme l’observe si bien saint Jean Chrysostome, ont un caractère tout spécial : parce qu’en elles la victoire du Christ apparaît d’autant plus glorieuse que plus faible et plus infirme était leur sexe. La revanche de l’humanité sur le démon est complète ainsi, puisque l’ennemi est vaincu par celle-là même qui autrefois fut la première à succomber.

Si donc tant de délicates jeunes filles ont été prodigues de leur sang et de leur vie, affrontant, courageuses, pour la confession du nom du Christ, les bûchers et les échafauds, quelle excuse mériteront les hommes si, lâches, .ils fléchissent en présence de l’ennemi ?


Domenico Beccafumi (1484–1551). Sainte Lucie
huile sur panneau, 1521
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Lucie, la brillante, en marche vers la lumière de Noël.

Il est très facile aujourd’hui d’harmoniser la fête du jour avec les pensées de l’Avent. Lucie (en français : la brillante) rentre dans le symbolisme de l’Avent. Au milieu des ténèbres (nous sommes au moment où les jours sont le plus courts) elle « luit » comme une vierge prudente qui va, avec sa lampe allumée, à la rencontre de l’Époux. Lucie est le modèle de l’Église et de l’âme qui doivent revêtir la parure nuptiale pour aller au-devant de l’Époux.

Sainte Lucie. — Jour de mort : 13 décembre, vers 304. Tombeau : à Venise. Image : On la représente avec une épée et deux yeux sur un plat. Sa vie : Lucie est une des plus illustres vierges martyres de l’ancienne Église. Un jour, elle se rendait avec sa mère, qui souffrait d’un épanchement de sang, à Catane pour honorer le corps de sainte Agathe. Elle pria à son tombeau. Alors la sainte lui apparut en songe et la consola ainsi : « O vierge Lucie, pourquoi me demandes-tu ce que tu peux toi-même accorder à ta mère : ta foi aussi vient à son secours, c’est pourquoi elle est guérie. Tu as par ta virginité préparé à Dieu une demeure agréable » (Brév.). Elle obtint en effet la guérison de sa mère. Aussitôt, elle lui demanda la permission de rester vierge et de distribuer aux pauvres du Christ la dot qui devait lui revenir.

A son retour à Syracuse, elle consacra aux pauvres tout le produit de la vente de ses biens. A cette nouvelle, un jeune homme auquel ses parents avaient, contre son gré, promis sa main, la dénonça comme chrétienne au gouverneur. « Tu parleras moins », lui dit le gouverneur, « quand une grêle de coups tombera sur toi. » « Les serviteurs de Dieu », répondit la vierge, « ne manquent jamais des mots qui conviennent, car c’est le Saint-Esprit qui parle par notre bouche. « Est-ce que le Saint-Esprit est en toi ? » lui demanda Paschasius. « Oui », répondit-elle, « tous ceux qui vivent avec piété et chasteté sont les temples du Saint-Esprit. » « C’est bien », reprit le gouverneur, « je te ferai conduire dans une maison de débauche pour que le Saint-Esprit s’éloigne de toi. » « Si tu me fais déshonorer malgré moi », répondit la vierge, « la couronne victorieuse de ma pureté sera doublée. » Enflammé de colère, le juge ordonna de conduire Lucie dans cette maison, mais Dieu la rendit tellement immobile qu’aucune force ne put la déplacer. Alors on versa sur elle de la poix et de la résine ainsi que de l’huile bouillante, mais comme tout cela ne lui causait aucun mal, on lui trancha la tête avec le glaive. C’est ainsi qu’elle acheva victorieusement son martyre.

La messe (Dilexisti). — C’est un chant nuptial qui retentit dans mon âme. Mon âme doit aujourd’hui, avec sainte Lucie, la fiancée lumineuse, célébrer ses noces mystiques avec le Fils du Roi de gloire (Psaume 44). Mon cœur tressaille, à ce chant sacré, quand, aux côtés de sainte Lucie, je me rends à l’église : c’est vraiment la marche nuptiale au-devant du Roi qui va venir. Dans la salle brillante du festin de noces, dans l’église, je vois, sur son trône, le Christ, le plus beau des enfants des hommes ; la force et la justice ceignent ses reins et des flèches acérées percent le cœur de ses ennemis. Je pense à sainte Lucie et au juge irrité dont Dieu anéantit les projets criminels. Lentement, avec les invités aux noces de l’Agneau, je m’avance dans l’église, je respire de plus en plus le parfum de la sainteté et je me laisse bercer par la musique nuptiale. — A la droite du Roi, je vois l’Église parée comme une Reine vêtue d’une robe d’or où brille l’écarlate couleur de sang dans tout l’éclat de sa beauté virginale. « Écoute-moi. ma fille, vois et penche ton oreille tu vas, dans la personne de Lucie, être fiancée comme une vierge pure au divin Roi. Oublie ton peuple et la maison de ton père, ton trésor, ta perle précieuse, c’est le Seigneur ton Dieu, adore-le » (Cet exemple nous montre comment la récitation de tout le psaume de l’Introït approfondit le sens de la messe). A l’Offertoire, avec Lucie et toutes les vierges, je viens, dans ma parure nuptiale m’offrir à l’autel (dans les anciens Missels on lisait non pas afferentur, mais offerentur, il s’agissait donc d’une véritable offrande). Notre offrande s’unit au sacrifice du Christ. Au Canon, le Roi qui passe s’unit mystiquement à moi grâce aux mérites de Sainte Lucie, il me fait participer à sa gloire et, dans la communion, il me donne son corps sacré.



Francesco del Cossa (c. 1430 – c. 1477). Sainte Lucie
Leçons des Matines

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Quatrième leçon. Lucie, vierge de Syracuse, illustre dès l’enfance non seulement par la noblesse de sa race, mais encore par la foi chrétienne, vint à Catane avec sa mère Eutychia malade d’un flux de sang, pour vénérer le corps de sainte Agathe. Après avoir prié humblement près du tombeau de la sainte, elle y obtint la santé de sa mère. Aussitôt elle supplia celle-ci de souffrir qu’elle distribuât aux pauvres de Jésus-Christ la dot qu’elle comptait lui donner. C’est pourquoi Lucie revint à Syracuse, vendit tous ses biens, et en distribua le prix aux pauvres.

R/. Vierge Lucie, pourquoi me demandez-vous, pour votre mère, un secours que vous même pouvez lui procurer sur-le-champ ? Car votre foi lui est venue en aide, et voici qu’elle est guérie : * Parce que vous avez préparé à Dieu en votre virginité une demeure agréable. V/. Comme la ville de Catane a été élevée en honneur par le Christ à mon occasion, ainsi la ville de Syracuse sera comblée de gloire à cause de vous. * Parce que.

Cinquième leçon. Celui à qui cette vierge avait été fiancée par ses parents contre sa volonté, apprenant ce fait, la dénonça comme chrétienne au préfet Paschasius. Ce dernier ne pouvant, ni par ses prières ni par ses menaces, amener Lucie au culte des idoles, voyant au contraire que plus il s’efforçait de la faire changer de sentiments, plus elle semblait ardente à célébrer les louanges de la foi chrétienne, lui dit : « Tu ne parleras plus ainsi lorsqu’on en sera venu aux coups. — La parole, répondit la vierge, ne peut manquer aux serviteurs de Dieu, car le Seigneur, le Christ leur a dit : Lorsque vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs, ne vous mettez pas en peine de la manière dont vous parlerez ou de ce que vous direz ; ce que vous aurez à dire vous sera inspiré à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit-Saint. »

R/. J’ai prié mon Seigneur Jésus-Christ, afin que ce feu ne me domine pas ; * Et j’ai obtenu du Seigneur que mon martyre fût différé. V/. Au lieu de m’aimer, ils disaient du mal de moi, mais moi je priais. * Et.

Sixième leçon. Paschasius lui adressant cette question : « Le Saint-Esprit est-il donc en toi ? » Elle répondit : « Ceux qui vivent chastement et pieusement sont le temple de l’Esprit-Saint. — Je vais donc te faire conduire en un lieu infâme, repartit le préfet, pour que le Saint-Esprit t’abandonne. » La vierge répondit : « Si vous ordonnez qu’on me fasse violence malgré moi, ma chasteté méritera doublement la couronne. » A ces mots Paschasius, enflammé de colère, ordonna d’entraîner la vierge ; mais, par un miracle de la puissance divine, celle-ci demeura ferme et immobile au même lieu, sans qu’aucun effort l’en pût arracher. C’est pourquoi le préfet, ayant fait répandre sur Lucie de la poix, de la résine et de l’huile bouillante, ordonna d’allumer du feu autour d’elle ; mais comme la flamme ne lui faisait aucun mal, après qu’on l’eut tourmentée en plusieurs manières, on lui perça la gorge d’un coup d’épée. Mortellement blessée, Lucie prédit la tranquillité dont l’Église devait jouir après la mort de Dioclétien et de Maximien, et rendit son esprit à Dieu, le jour des ides de décembre. Son corps, enseveli à Syracuse, fut ensuite transporté à Constantinople, et enfin à Venise.

R/. Le Seigneur l’a comblée de grâces dans le combat, car elle a été glorifiée devant Dieu et devant les hommes : elle a parlé avec sagesse en présence des princes, * Et le Seigneur de toutes choses l’a aimée. V/. Dieu l’aidera de ses regards favorables : Dieu est au milieu d’elle, elle ne sera pas ébranlée. * Et. Gloire au Père. * Et.



Lorenzo Lotto, Santa Lucia davanti al giudice, huile sur panneau,
1532, 335 X 188, Jesi, Pinacoteca civica e galleria di arte contemporanea

PRIÈRE

O sainte Lucie, servante et de Jésus l’amie,

avec tous les bien venus tu es en paradis en sus.

Des apôtres par la prédication tu as en Dieu dilection,

des docteurs par vraie doctrine tu as Jésus qui t’illumine,

des saints évêques et confesseurs tu as les joies et les honneurs

des vierges comme la marguerite en qui Jésus moult se délite.

Par pitié, par miséricorde, par charité que Dieu t’accorde

si te requiert que pour moi prie qui puisse avoir au ciel la vie

au très puissant Dieu, roi de gloire, qui a tous ceux en sa mémoire

qui sainte Lucie veulent servir et veulent leur corps asservir

a faire son plaisant service pour effacer péché et vice.

Veuille ma prière recevoir et de moi telle pitié avoir

que par ta grâce et la prière de sainte Lucie, ton amie chère,

a qui tu as tes dons promis que ses amis soient au ciel mis,

que telle vie puisse maintenir qu’avec elle au ciel venir

me fasse par son doux souvenir



SAINTE LUCIE, VIERGE *

Lucie vient de Lux, lumière. La lumière en effet est belle à voir, parce que, selon saint Ambroise, la lumière est naturellement gracieuse à la vue. Elle se répand ; sans se salir, quelque souillés que soient les lieux où elle se projette. Ses rayons suivent une ligne sans la moindre courbe, et elle traverse une étendue immense sans mettre aucune lenteur. Par où l’on voit que la bienheureuse vierge Lucie brille de l’éclat de la virginité, sans la plus petite souillure, elle répand la charité sans aucun mélange d'amour impur: elle va droit à Dieu sans le moindre détour; elle n'apporte aucune négligence à suivre dans toute son étendue la voie qui lui est tracée par l’opération divine. Lucie peut encore signifier Chemin de Lumière, Lucis, via.

Lucie, vierge de Syracuse, noble d'origine; entendant parler, par toute la Sicile, de la célébrité de sainte Agathe, alla à son tombeau avec sa mère Euthicie qui, depuis quatre ans, souffrait, sans espoir de guérison, d'une perte de sang. Or, à la messe, on lisait l’évangile où l’on raconte que N.-S. guérit une femme affligée de la même maladie. Lucie dit alors à sa mère : « Si vous croyez ce qu'on lit, croyez que Agathe jouit toujours de la présence de celui pour lequel elle a souffert. Si donc vous touchez son tombeau avec foi, aussitôt vous serez radicalement guérie. » Quand toute l’assistance se fut retirée, la mère et la fille restèrent en prières auprès du tombeau ; le sommeil alors s'empara de Lucie, et elle vit Agathe entourée d'anges ornée de pierres précieuses ; debout devant elle et lui disant : « Ma soeur Lucie, vierge toute dévouée à Dieu, que demandez-vous de moi que Vous né puissiez vous-même obtenir à l’instant pour votre mère ? Car elle vient d'être guérie par votre foi. » Et Lucie qui s'éveilla dit : «Mère, vous êtes guérie. Or, je vous conjure, au nom de celle qui vient d'obtenir votre guérison par ses prières, de ne pas me chercher d'époux; mais tout ce que vous deviez me donner en dot, distribuez-le aux pauvres. » « Ferme-moi les yeux auparavant, répondit la mère, et alors tu disposeras de ton bien comme tu voudras. » Lucie lui dit : « En mourant, si vous donnez quelque chose c'est parce que tous ne pouvez l’emporter avec vous,: donnez-le-moi tandis que vous êtes en vie, et vous en serez récompensée. » Après leur retour on faisait journellement des biens une part qu'on distribuait aux pauvres. Le bruit du partage de ce patrimoine vint aux oreilles du fiancé, et il en demanda le motif à la nourrice. Elle eut la précaution de lui répondre que sa fiancée avait trouvé une propriété de plus grand rapport, qu'elle voulait acheter à son nom ; c'était le motif pour lequel on la voyait se défaire de son bien. L'insensé, croyant qu'il s'agissait d'un commerce tout humain, se mit à faire hausser lui-même la vente. Or, quand tout fut vendu et donné aux pauvres, le fiancé traduisit Lucie devant le consul Pascasius : il l’accusa d'être chrétienne et de violer les édits des Césars. Pascasius l’invita à sacrifier aux idoles, mais elle répondit : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est de visiter les pauvres, de subvenir à leurs besoins, et parce que je n'ai plus rien à offrir, je me donne moi-même pour lui être offerte. » Pascasius dit: « Tu pourrais bien dire cela à quelque chrétien insensé, comme toi, mais à moi qui fais exécuter les décrets des princes, c'est bien inutile de poursuivre. » « Toi, reprit Lucie, tu exécutes les lois de tes princes, et moi j'exécute la loi de mon Dieu. Tu crains les princes, et moi je crains Dieu. Tu ne voudrais pas les offenser et moi je me garde d'offenser Dieu. Tu désires leur plaire et moi je souhaite ardemment de plaire à J.-C. Fais donc ce que tu juges te devoir être utile, et moi je ferai ce que je saurai m’ètre profitable. » Pascasius lui dit : « Tu as dépensé ton patrimoine avec des débauchés, aussi tu parles comme une courtisane. » « J'ai placé, reprit Lucie, mon patrimoine en lieu sùr, et je suis loin de connaître ceux qui débauchent l’esprit et le corps. » Pascasius lui demanda: « Quels sont-ils ces corrupteurs? » Lucie reprit : « Ceux qui corrompent l’esprit, c'est vous qui conseillez aux âmes d'abandonner le créateur. Ceux qui corrompent le corps, ce sont ceux qui préfèrent les jouissances corporelles aux délices éternelles. » « Tu cesseras de parler, reprit Pascasius, lorsqu'on commencera à te fouetter. » «Les paroles de Dieu, dit Lucie, n'auront jamais de fin. » « Tu es donc Dieu », repartit Pascasius. « Je suis, répondit Lucie, la servante du Dieu qui a. dit : « Alors que vous serez en présence des rois et des présidents, ne vous inquiétez pas de ce que vous aurez à dire, ce ne sera pas vous qui parlez, mais l’Esprit parlera en vous. » Pascasius reprit: « Alors tu as l’esprit saint en toi ? » « Ceux qui vivent dans la chasteté, dit Lucie, ceux-là sont les temples du Saint-Esprit. » Alors, dit Pascasius je vais te faire conduire dans un lieu de prostitution, pour que tu y subisses le viol, et que tu perdes l’esprit saint. » « Le corps, dit Lucie, n'est corrompu qu'autant que le coeur y consent, car si tu me fais violer malgré moi, je gagnerai la couronne de la chasteté. Mais jamais tu ne sauras forcer ma volonté à y donner cousentement. Voici mon corps, il est disposé à toutes sortes de supplices. Pourquoi hésites-tu? Commence, fils du diable, assouvis sur moi ta rage de me tourmenter. »

Alors Pascasius fit venir des débauchés, en leur disant : « Invitez tout le peuple, et qu'elle subisse tant d'outrages qu'on vienne dire qu'elle en est morte. Or, quand on voulut la traîner, le Saint-Esprit la rendit immobile et si lourde qu'on ne put lui faire exécuter aucun mouvement. Pascasius fit venir mille hommes et lui fit lier les pieds et les mains; mais ils ne surent la mouvoir en aucune façon. Aux mille hommes, il ajouta mille paires de bœufs, et cependant la vierge du Seigneur demeura immobile. Il appela des magiciens, afin que, par leurs enchantements, ils la fissent remuer, mais ce fut chose impossible. Alors Pascasius dit « Quels sont ces maléfices ? Une jeune fille ne saurait être remuée par mille hommes? » Lucie lui dit : « Ce ne sont pas maléfices; mais bénéfices de J.-C. Et quand vous en ajouteriez encore dix mille, vous ne m’enverriez pas moins immobile: » Pascasius pensant, selon quelques rêveurs, qu'une lotion d'urine la délivrerait dit maléfice, il l’en fit inonder; mais, comme auparavant, on ne pouvait venir à bout de la mouvoir, il en fut outré ; alors il fit allumer autour d'elle un grand feu. et jeter sur son corps de l’huile bouillante mêlée de poix et de résine.

Après ce supplice, Lucie s'écria : « J'ai obtenu quelque répit dans mes souffrances, afin d'enlever à ceux qui: croient la crainte des tourments, et à ceux qui ne croient pas, le temps de m’insulter. » Les amis de Pascasius, le voyant fort irrité, enfoncèrent une épée dans la gorge de Lucie, qui, néanmoins, ne perdit point la parole : « Je vous annonce, dit-elle, que la paix est rendue à l’Eglise, car Maximien vient de mourir aujourd'hui, et Dioclétien est chassé de son royaume : et de même que ma soeur Agathe a été établie la protectrice de la ville de Catane, de même j'ai été établie la gardienne de Syracuse. »

Comme la vierge parlait ainsi, voici venir les ministres romains qui saisissent Pascasius, le chargent de chaînes et le mènent à César. César avait en effet appris qu'il avait pillé toute la province. Arrivé à Rome, il comparait devant le Sénat, est convaincu, et condamné à la peine capitale.

Quant à la vierge Lucie, elle ne fut pas enlevée du lieu où elle avait souffert, elle rendit l’esprit seulement quand les prêtres furent venus lui apporter le corps du Seigneur. Et tous les assistants répondirent : Amen.

Elle fut ensevelie dans cet endroit là même où on bâtit une église. Or, elle souffrit au- temps de Constantin et de Maxime, vers l’an de N.-S. 310.

* Bréviaire, Actes de la sainte.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii


Le Caravage. Mise au tombeau de Sainte Lucie, 1608
Sainte LUCIE

Vierge et martyre en Sicile (+ v. 305)

Vierge et martyre à Syracuse, elle est victime de la persécution de Dioclétien en 304. Son nom même évoque la lumière, mais sa vie reste dans l'ombre. Elle fut très populaire et son culte remonte aux premiers siècles. Il s'étendit jusqu'en Scandinavie, en particulier en Suède où la fête païenne de la lumière et des mauvais esprits qui luttent contre elle, a été remplacée par la fête de sainte Lucie. A cette date, ce sont les longues nuits de l'hiver nordique. Nous connaissons aussi de longues nuits dans les doutes de notre foi. La rédaction de sa 'passion' date du Ve voire du VIe siècle et beaucoup de détails y sont légendaires: enfermée dans un lieu de prostitution, elle sut résister à toute avance; attelée à deux bœufs pour l'écarteler, ils ne purent bouger; mise sur un bûcher, les flammes s'éloignèrent d'elle. Ses reliques vénérées à Syracuse ont été transportées d'abord à Constantinople et actuellement à Venise. Saint Thomas d'Aquin parle d'elle à deux reprises dans sa 'Somme théologique'.

Elle se serait rendue en pèlerinage à Catane sur le tombeau de sainte Agathe pour demander la guérison de sa mère. Ce miracle accomplit elle distribua sa fortune aux pauvres. Dénoncée comme chrétienne, condamnée à être livrée à des débauchés, elle fut comme une 'colonne inébranlable' d'après une hymne... De cette 'fabuleuse' passion, nous retiendrons la réponse qu'elle fit à son juge: "Toi tu gardes les volontés de tes princes et moi j'observe nuit et jour les volontés de mon Dieu... Toi tu désires leur plaire et moi je n'ai d'autre ambition que de plaire au Christ seul. Fais donc ce qui te sembles utile et moi je ferai ce qui sera utile au salut de mon âme".

De Syracuse où elle était l'objet d'une dévotion fort tendre dès le IVe siècle, son culte se répandit dans tout l'occident. La Corse du moyen-âge lui a dédié quelques vingt-neuf sanctuaires. (d'après 'Église de Corse en prière' - diocèse d'Ajaccio)

Mémoire de sainte Lucie, vierge et martyre à Syracuse en Sicile, vers 300. Tant qu’elle vécut, elle garda sa lampe allumée pour aller au-devant de l’Époux et, conduite à la mort pour le Christ, elle mérita d’entrer avec lui dans la salle des noces et de posséder la lumière qui n’a pas de fin.

Martyrologe romain


St. Lucy

A virgin and martyr of Syracuse in Sicily, whose feast is celebrated by Latins and Greeks alike on 13 December.

According to the traditional story, she was born of rich and noble parents about the year 283. Her father was of Roman origin, but his early death left her dependent upon her mother, whose name, Eutychia, seems to indicate that she came of Greek stock.

Like so many of the early martyrs, Lucy had consecrated her virginity to God, and she hoped to devote all her worldly goods to the service of the poor. Her mother was not so single-minded, but an occasion offered itself when Lucy could carry out her generous resolutions. The fame of the virgin-martyr Agatha, who had been executed fifty-two years before in the Decian persecution, was attracting numerous visitors to her relics at Catania, not fifty miles from Syracuse, and many miracles had been wrought through her intercession. Eutychia was therefore persuaded to make a pilgrimage to Catania, in the hope of being cured of a hæmorrhage, from which she had been suffering for several years. There she was in fact cured, and Lucy, availing herself of the opportunity, persuaded her mother to allow her to distribute a great part of her riches among the poor.

The largess stirred the greed of the unworthy youth to whom Lucy had been unwillingly betrothed, and he denounced her to Paschasius, the Governor of Sicily. It was in the year 303, during the fierce persecution of Diocletian. She was first of all condemned to suffer the shame of prostitution; but in the strength of God she stood immovable, so that they could not drag her away to the place of shame. Bundles of wood were then heaped about her and set on fire, and again God saved her. Finally, she met her death by the sword. But before she died she foretold the punishment of Paschasius and the speedy termination of the persecution, adding that Diocletian would reign no more, and Maximian would meet his end. So, strengthened with the Bread of Life, she won her crown of virginity and martyrdom.

This beautiful story cannot unfortunately be accepted without criticism. The details may be only a repetition of similar accounts of a virgin martyr's life and death. Moreover, the prophecy was not realized, if it required that Maximian should die immediately after the termination of his reign. Paschasius, also, is a strange name for a pagan to bear. However, since there is no other evidence by which the story may be tested, it can only be suggested that the facts peculiar to the saint's story deserve special notice. Among these, the place and time of her death can hardly be questioned; for the rest, the most notable are her connexion with St. Agatha and the miraculous cure of Eutychia, and it is to be hoped that these have not been introduced by the pious compiler of the saint's story or a popular instinct to link together two national saints. The story, such as we have given it, is to be traced back to the Acta, and these probably belong to the fifth century. Though they cannot be regarded as accurate, there can be no doubt of the great veneration that was shown to St. Lucy by the early church. She is one of those few female saints whose names occur in the canon of St. Gregory, and there are special prayers and antiphons for her in his "Sacramentary" and "Antiphonary". She is also commemorated in the ancient Roman Martyrology. St. Aldhelm (d. 709) is the first writer who uses her Acts to give a full account of her life and death. This he does in prose in the "Tractatus de Laudibus Virginitatis" (Tract. xliii, P.L., LXXXIX, 142) and again, in verse, in the poem "De Laudibus Virginum" (P.L., LXXXIX, 266). Following him, the Venerable Bede inserts the story in his Martyrology.

With regard to her relics, Sigebert (1030-1112), a monk of Gembloux, in his "sermo de Sancta Lucia", says that he body lay undisturbed in Sicily for 400 years, before Faroald, Duke of Spoleto, captured the island and transferred the saint's body to Corfinium in Italy. Thence it was removed by the Emperor Otho I, 972, to Metz and deposited in the church of St. Vincent. And it was from this shrine that an arm of the saint was taken to the monastery of Luitburg in the Diocese of Spires--an incident celebrated by Sigebert himself in verse.

The subsequent history of the relics is not clear. On their capture of Constantinople in 1204, the French found some of the relics in that city, and the Doge of Venice secured them for the monastery of St. George at Venice. In the year 1513 the Venetians presented to Louis XII of France the head of the saint, which he deposited in the cathedral church of Bourges. Another account, however, states that the head was brought to Bourges from Rome whither it had been transferred during the time when the relics rested in Corfinium. 

Bridge, James. "St. Lucy." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 13 Dec. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/09414a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Janet Grayson.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.





St. Lucy

St. Lucy’s name means “light”, with the same root as “lucid” which means “clear, radiant, understandable.” Unfortunately for us, Lucy’s history does not match her name. Shrouded in the darkness of time, all we really know for certain is that this brave woman who lived in Syracuse lost her life in the persecution of Christians in the early fourth century. Her veneration spread to Rome so that by the sixth century the whole Church recognized her courage in defense of the faith.

Because people wanted to shed light on Lucy’s bravery, legends grew up. The one that is passed down to us tells the story of a young Christian woman who had vowed her life to the service of Christ. Her mother tried to arrange a marriage for her with a pagan. Lucy apparently knew that her mother would not be convinced by a young girl’s vow so she devised a plan to convince her mother that Christ was a much more powerful partner for life. Through prayers at the tomb of Saint Agatha, her mother’s long illness was cured miraculously. The grateful mother was now ready to listen to Lucy’s desire to give her money to the poor and commit her life to God.

Unfortunately, legend has it, the rejected bridegroom did not see the same light and he betrayed Lucy to the governor as a Christian. This governor tried to send her into prostitution but the guards who came to take her way found her stiff and heavy as a mountain. Finally she was killed. As much as the facts of Lucy’s specific case are unknown, we know that many Christians suffered incredible torture and a painful death for their faith during Diocletian’s reign. Lucy may not have been burned or had a sword thrust through her throat but many Christians did and we can be sure her faith withstood tests we can barely imagine.

Lucy’s name is probably also connected to statues of Lucy holding a dish with two eyes on it. This refers to another legend in which Lucy’s eyes were put out by Diocletian as part of his torture. The legend concludes with God restoring Lucy’s eyes. Lucy’s name also played a large part in naming Lucy as a patron saint of the blind and those with eye-trouble. Whatever the fact to the legends surrounding Lucy, the truth is that her courage to stand up and be counted a Christian in spite of torture and death is the light that should lead us on our own journeys through life.



Jacobello del Fiore. Sainte Eutychia et Sainte Lucie au ombeau de Sainte Agatha, 1410,
Museo Civico, Fermo

Lucy of Syracuse VM (RM)


Died 304. The Swedish have a sweet tradition that they have handed down to us. In Sweden, December 13 is one of the shortest days of the year and so the Swedes celebrate a festival of light (which is appropriate because the root for 'Lucy' in Latin means 'light'). On this day the youngest daughter in celebrating households, dressed in white, wearing a crown of lit candles, wakes the rest of the family with coffee, rolls, and a special song.


The acta of St. Lucy are unreliable, but charming. Lucy was indeed a real martyr, as attested by an early inscription to her discovered in the cemetery of St. John in Syracuse. Thus, she still has the honor of being named in the Canon of the Mass.

According to the legends, she was born in Syracuse, Sicily, the daughter of noble and wealthy parents, and was raised a Christian. Her father died while she was a child. She made a secret vow of virginity, but her mother pressed her to marry a pagan. Her mother suffered from a hemorrhage, and Lucy convinced her to pray at the tomb of Saint Agatha. When her mother was cured, and Lucy told her of her desire to give her fortune to the poor and devote her life to God.

The man Lucy was to have married became angry, and he denounced her as a Christian to the governor during the persecutions of Diocletian. Lucy remained loyal to her faith, and the judge ordered that she be made a prostitute in a brothel. Miraculously, however, the guards found themselves physically unable to carry her there. They attempted to burn her but the flames made no impression on her. Finally, she was killed with a sword thrust into her throat.

Other legends hold that she tore out her own eyes to discourage a suitor who admired them, or that they were gouged out by the judge; her eyes were then miraculously restored to her, even more beautiful then before. She was one of the most illustrious virgin martyrs honored in Rome during the 6th century. St. Lucy's relics are preserved in Venice, and a partially incorrupt body is alleged to be hers (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, White).

St. Lucy is represented as a maiden with her eyes in a dish, on a book, or in a shell. Sometimes she is shown (1) holding a burning lamp; (2) with a lamp and a sword; (3) with a flaming horn; (4) with oxen and men trying to drag her; or (5) with a gash in her neck or sword imbedded in it (This is told of several virgin martyrs, including Cecilia, with whom she is often confused.)

She was one of the most popular saints of the Middle Ages and, thus, is patronesses of a wide variety including: cutlers, glaziers, notaries, peddlers, saddlers, servant girls, scribes, tailors, and weavers. She is invoked against blindness, eye diseases, fire, infection, hemorrhage, and sore throat (Roeder, White). She may have become protectress against diseases of the eyes because her name suggests light.


Mario Minniti, Martirio di Santa Lucia, Palazzo Bellomo


December 13

St. Lucy, Virgin and Martyr

Abridged from her Acts, older than St. Aldhelm, who quoted them in the seventh century.

A.D. 304.


THE GLORIOUS virgin and martyr St. Lucy, one of the brightest ornaments of the church of Sicily, was born of honourable and wealthy parents in the city of Syracusa, and educated from her cradle in the faith of Christ. She lost her father in her infancy, but Eutychia, her mother, took singular care to furnish her with tender and sublime sentiments of piety and religion. By the early impressions which Lucy received, and the strong influence of divine grace, Lucy discovered no disposition but towards virtue, and she was yet very young when she offered to God the flower of her virginity. This vow, however, she kept a secret, and her mother, who was a stranger to it, pressed her to marry a young gentleman, who was a pagan. The saint sought occasions to hinder this design from taking effect, and her mother was visited with a long and troublesome flux of blood, under which she laboured four years without finding any remedy by recourse to physicians. At length she was persuaded by her daughter to go to Catana, and offer up her prayers to God for relief at the tomb of St. Agatha. St. Lucy accompanied her thither, and their prayers were successful. Hereupon our saint disclosed to her mother her desire of devoting herself to God in a state of perpetual virginity, and bestowing her fortune on the poor: and Eutychia, in gratitude, left her at full liberty to pursue her pious inclinations. The young nobleman with whom the mother had treated about marrying her, came to understand this by the sale of her jewels and goods, and the distribution of the price among the poor, and in his rage accused her before the governor Paschasius as a Christian, the persecution of Dioclesian then raging with the utmost fury. The judge commanded the holy virgin to be exposed to prostitution in a brothel-house; but God rendered her immoveable, so that the guards were not able to carry her thither. He also made her an overmatch for the cruelty of the persecutors, in overcoming fire and other torments. After a long and glorious combat she died in prison of the wounds she had received, about the year 304. She was honoured at Rome in the sixth century among the most illustrious virgins and martyrs, whose triumphs the church celebrates, as appears from the Sacramentary of St. Gregory, Bede, and others. Her festival was kept in England, till the change of religion, as a holiday of the second rank, in which no work but tillage or the like was allowed. Her body remained at Syracusa for many years; but was at length translated into Italy, and thence, by the authority of the Emperor Otho I. to Metz, as Sigebert of Gemblours relates. It is there exposed to public veneration in a rich chapel of St. Vincent’s church. A portion of her relics was carried to Constantinople, and brought thence to Venice, where it is kept with singular veneration. St. Lucy is often painted with the balls of her eyes laid in a dish: perhaps her eyes were defaced or plucked out, though her present acts make no mention of any such circumstance. In many places her intercession is particularly implored for distempers of the eyes.

It is a matter of the greatest consequence what ideas are stamped upon the ductile minds of children, what sentiments are impressed on their hearts, and to what habits they are first formed. Let them be inured to little denials both in their will and senses, and learn that pleasures which gratify the senses must be guarded against, and used with great fear and moderation: for by them the taste is debauched, and the constitution of the soul broken and spoiled much more fatally than that of the body can be by means contrary to its health. Let them be taught that, as one of the ancient philosophers said: Temperance is the highest luxury; for only its pleasures are easy, solid, and permanent. It is much easier to conquer than to satisfy the passions, which, unless they are curbed by a vigorous restraint, whilst they are pliable, will be harder to be subdued. Obstinacy, untractableness, sloth, and voluptuousness, are of all dispositions in youth the most dangerous.

Children, like tender osiers, take the bow,

And as they first are fashioned always grow.

There are few Lucies now-a-days amongst Christian ladies, because sensuality, pride, and vanity are instilled into their minds by the false maxims and pernicious example of those with whom they first converse. Alas! unless a constant watchfulness and restraint produce and strengthen good habits, the inclinations of our souls lean of their own accord towards corruption.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XII: December. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/12/131.html


Santa Lucia, Breviarium secundum ordinem Cisterciencium , 
dit Bréviaire de Martin d'Aragon, 1380-1450


Saint Lucy - Sicily's Most Famous Woman

by Jacqueline Alio

On December 13th, all over the world, in countries both far and near, Christians celebrate Saint Lucy's Day in a variety of ways and with all kinds of different traditions.


According to the ancient Roman calendar, the 13th of December was the shortest day of the year when the Winter solstice occurred. After the Gregorian reform of course, solstice falls between December 21st and 22nd, but the 13th has remained the day dedicated to the Sicilian Saint Lucy or Lucia, whose name comes from the Latin word lux meaning light, thus the link with this element and with the days growing longer after the Winter solstice.

In Sweden this celebration is called "Lucia Day" and the most memorable moment is when a young girl wearing a long white dress, and a wreath of candles around her head, leads a procession, usually in Church, followed by both girls and boys wearing white gowns and holding candles.

The timing of this tradition is deeply rooted in the pre-Christian holiday of Yule (or Jòl), but the fact that a predominantly Lutheran country spends so much time and energy celebrating a day dedicated to an early Christian saint who was born and martyred in Sicily is remarkable.

Months ahead, towns or schools actually elect the girl who will portray Saint Lucy and lead the procession that year.

In the past, in some Swedish families, the eldest daughter would dress up as Saint Lucy and offer her parents home-made sweet buns called Lussekatt or "St. Lucia Bun" made with saffron just for this day.

This celebration takes on a completely different meaning in Sicily and in the homes of people of Sicilian descent in different parts of the world like in the United States, Argentina or Great Britain.

Here in Sicily, the main dish is called cuccìa (pronounced koo-chì-ya), and it is made from wheat berries, which have been soaked in water for a few days, and boiled for hours until soft and creamy. This can be served simple as a soup with the addition of salt and extra-virgin olive oil, or as a pudding mixed with sugar, chocolate, candied fruit and sometimes even an addition of fresh ricotta cheese as it is prepared in Palermo.


Cuccìa commemorates the saint's having saved her home town Siracusa from a famine during the 17th century when a cargo of wheat arrived at the city's port on Saint Lucy's Day and, being that people were starving and that they could not wait to eat, they just took the wheat home, and ate it boiled, without grinding it and turning it into flour first in order to make bread or pasta.


Lucy, who today is venerated in the Roman Catholic, Eastern Orthodox, Anglican and Lutheran Churches, was from the south-eastern Sicilian city of Siracusa, and she lived between the late 3rd century and the early 4th century AD (CE) - traditionally between 283 and 304 AD. The earliest document referring to Saint Lucy, a marble inscription, actually dates back to the 4th century shortly after her death and it was found in the Catacombs of St. John underneath the city of Siracusa where she would often go to pray with other Christians during the persecutions of Diocletian. These are the second largest early Christian catacombs in the world after the ones in Rome.

Churches and monasteries dedicated to her were built soon after her death, such as a 6th century monastery in her hometown. Furthermore, Saint Gregory the Great wrote about her in one of his letters (Reg. Epist. VII, 36), and she is one of the very few female saints mentioned in the canon of St. Gregory.

Born into a wealthy Roman family in Syracuse (although her mother Eutychia was probably of Greek ancestry), Lucy had consecrated her life to Jesus Christ and wanted to sell all her belongings and give them to the poor. Having lost her father at a young age, it was for her mother to decide if she could use her dowry to this purpose. Lucy's mother was obviously not of the same mind as her daughter, and it took a miraculous healing to persuade her into allowing Lucy to spend her dowry for the poor. Eutychia in fact had been ill for a number of years and not even the best doctors available at the time were able to help her. Lucy convinced her mother to accompany her to Saint Agatha's tomb in Catania. Agatha had been martyred over fifty years before and was already considered a saint. While they were praying before her tomb, Lucy urged her mother to touch Agatha's relic with faith, and, after doing so, Eutychia was suddenly healed.

Upon their return to Siracusa, Lucy was finally allowed to offer her dowry as alms to the poor, but the young man to whom she had been betrothed, stirred by anger at having been refused by Lucy and by greed for his lost chance of getting his hands on her dowry, decided to denounce her to the local governor Paschasius as a Christian during a time in which this was still a prohibited religion in the Roman Empire.

First of all, the governor tried to break her will by sending her to a temple dedicated to sacred prostitution, but Lucy was immovable both in spirit and in body, in fact, the governor's soldiers could not move her at all, so they tried tying her to a group of oxen, but they were not able to drag her away from where she stood.

At this point, the soldiers were ordered to light a fire around her, but the flames did not touch the young woman.

In the end, they stabbed her in the throat with a dagger, but before passing away Lucy foretold the end of Diocletian's and Maximian's rule, and she received Holy Communion. It was 13 December 304, and she was buried on the same site where she died. When Caravaggio came to Siracusa in 1608, he painted the saint's burial for one of the churches dedicated to her and this painting, The Burial of Saint Lucy, can still be seen in the Church of St. Lucy at the end of Piazza Duomo.

Local tradition sometimes also mentions that Lucy removed her eyes when her betrothed complimented her for their beauty, and handed them over to him on a platter for him to keep, while a brand new set of eyes were miraculously restored to her thanks to her faith and perseverance in God. This apparently is only a legend linked to her name meaning light and to the fact that eyes are figuratively connected with the "light of a person's soul".

For centuries pilgrims would visit her tomb in Siracusa, but during an incursion into Sicily during the Arab rule, the Byzantine general George Maniakes removed her body in 1039 with the excuse that it would be safer in Constantinople, and later, during the 4th Crusade, in 1204 Enrico Dandolo, the Doge of Venice, brought her body to his home city. Today, most of her relics are still in Venice in the Church of Saint Geremia. Her left arm, though is back in her hometown of Siracusa today in the magnificent Duomo (cathedral), which incorporates a 5th century BC (BCE) Greek temple. Her head instead was donated to Louis XII, King of France in 1513 and today is kept in the Cathedral of Bourges. A few other minor relics can be found in other European churches.

In Europe, besides being venerated in various parts of northern and southern Italy, and in the Scandinavian countries of Sweden, Norway, Finland and Denmark, she is also commemorated in Malta in Mtarfa on the main island and in Santa Lucija on the island of Gozo. Malta also has a strong devotion for Saint Agatha, who apparently lived there for a while.

About the Author: Historian Jacqueline Alio wrote Women of Sicily - Saints, Queens & Rebels and co-authored The Peoples of Sicily - A Multicultural Legacy.

© 2009 Jacqueline Alio

SOURCE : http://www.bestofsicily.com/mag/art333.htm


Illustrazione di santa Lucia nelle Cronache di Norimberga 


Santa Lucia Vergine e martire


Siracusa, III secolo - Siracusa, 13 dicembre 304

La vergine e martire Lucia è una delle figure più care alla devozione cristiana. Come ricorda il Messale Romano è una delle sette donne menzionate nel Canone Romano. Vissuta a Siracusa, sarebbe morta martire sotto la persecuzione di Diocleziano (intorno all'anno 304). Gli atti del suo martirio raccontano di torture atroci inflittele dal prefetto Pascasio, che non voleva piegarsi ai segni straordinari che attraverso di lei Dio stava mostrando. Proprio nelle catacombe di Siracusa, le più estese al mondo dopo quelle di Roma, è stata ritrovata un'epigrafe marmorea del IV secolo che è la testimonianza più antica del culto di Lucia. Una devozione diffusasi molto rapidamente: già nel 384 sant'Orso le dedicava una chiesa a Ravenna, papa Onorio I poco dopo un'altra a Roma. Oggi in tutto il mondo si trovano reliquie di Lucia e opere d'arte a lei ispirate.

Patronato: Siracusa, ciechi, oculisti, elettricisti, contro le malattie degli occhi

Etimologia: Lucia = luminosa, splendente, dal latino

Emblema: Occhi su un piatto, Giglio, Palma, Libro del Vangelo

Martirologio Romano: Memoria di santa Lucia, vergine e martire, che custodì, finché visse, la lampada accesa per andare incontro allo Sposo e, a Siracusa in Sicilia condotta alla morte per Cristo, meritò di accedere con lui alle nozze del cielo e di possedere la luce che non conosce tramonto.

Gli atti del martirio di Lucia di Siracusa sono stati rinvenuti in due antiche e diverse redazioni: l’una in lingua greca il cui testo più antico risale al sec. V (allo stato attuale delle ricerche); l’altra, in quella latina, riconducibile alla fine del sec. V o agli inizi del sec. VI ma comunque anteriore al sec. VII e che di quella greca pare essere una traduzione.

La più antica redazione greca del martirio contiene una leggenda agiografica edificante, rielaborata da un anonimo agiografo due secoli dopo il martirio sulla tradizione orale e dalla quale è ardua impresa sceverare dati storici. Infatti, il documento letterario vetustiore che ne tramanda la memoria è proprio un racconto del quale alcuni hanno messo addirittura in discussione l'attendibilità. Si è giunti così, a due opposti risultati: l’uno è quello di chi l’ha strenuamente difesa, rivalutando sia la storicità del martirio sia la legittimità del culto; l’altro è quello di chi l’ha del tutto biasimata, reputando la narrazione una pura escogitazione fantasiosa dell’agiografo ma non per questo mettendo in discussione la stessa esistenza storica della Santa, come sembrano comprovare le numerose attestazioni devozionali, cultuali e culturali in suo onore.

Sia la redazione in greco sia quella in latino degli atti del martirio hanno avuto da sempre ampia e ben articolata diffusione, inoltre entrambe si possono considerare degli archetipi di due differenti ‘rami’ della tradizione: infatti, dal testo in greco sembrano derivare numerose rielaborazioni in lingua greca, quali le Passiones più tardive, gli Inni, i Menei, ecc.; da quello in latino sembrano, invece, mutuare le Passiones metriche, i Resumé contenuti nei Martirologi storici, gli Antifonari, le Epitomi comprese in più vaste opere, come ad es. nello Speculum historiale di Vincenzo da Beauvais o nella Legenda aurea di Iacopo da Varazze.

I documenti rinvenuti sulla Vita e sul martirio sono vicini al genere delle passioni epiche in quanto i dati attendibili sono costituiti solo dal luogo e dal dies natalis. Infatti, negli atti greci del martirio si riscontrano elementi che appartengono a tutta una serie di composizioni agiografiche martiriali, come ad es. l’esaltazione delle qualità sovrumane della martire e l’assenza di ogni cura per l’esattezza storica. Tuttavia, tali difetti, tipici delle passioni agiografiche, nel testo greco di Lucia sono temperate e non spinte all’eccesso né degenerate nell’abuso. Proprio questi particolari accostano gli atti greci del martirio al genere delle passioni epiche.

Sul piano espositivo l’andamento è suggestivo ed avvincente, non  mancando di trasmettere al lettore emozioni e resoconti agiografici inconsueti attraverso un racconto che si snoda su un tessuto narrativo piuttosto ricco di temi e motivi di particolare rilievo: il pellegrinaggio alla tomba di Agata (con il conseguente accostamento Agata/Lucia e Catania/Siracusa); il sogno, la visione, la profezia e il miracolo; il motivo storico; l’integrità del patrimonio familiare; la lettura del Vangelo sull’emorroissa; la vendita dei beni materiali, il Carnale mercimonium e la condanna alla prostituzione. Infatti è stretta la connessione tra la dissipazione del patrimonio familiare e la prostituzione per cui la condanna al postrìbolo rappresenta una legge di contrappasso sicché la giovane donna che ha dilapidato il patrimonio familiare è ora condannata a disperdere pure l’altro patrimonio materiale, rappresentato dal proprio corpo attraverso un’infamante condanna, direttamente commisurata alla colpa commessa; infine, la morte.

Il martirio incomincia con la visita di Lucia assieme alla madre Eutichia, al sepolcro di Agata a Catania, per impetrare la guarigione dalla malattia da cui era affetta la madre: un inarrestabile flusso di sangue dal quale non era riuscita a guarire neppure con le dispendiose cure mediche, alle quali si era sottoposta. Lucia ed Eutichia partecipano alla celebrazione eucaristica durante la quale ascoltano proprio la lettura evangelica sulla guarigione di un’emorroissa. Lucia, quindi, incita la madre ad avvicinarsi al sepolcro di Agata e a toccarlo con assoluta fede e cieca fiducia nella guarigione miracolosa per intercessione della potente forza dispensatrice della vergine martire. Lucia, a questo punto, è presa da un profondo sonno che la conduce ad una visione onirica nel corso della quale le appare Agata che, mentre la informa dell’avvenuta guarigione della madre le predice pure il suo futuro martirio, che sarà la gloria di Siracusa così come quello di Agata era stato la gloria di Catania. Al ritorno dal pellegrinaggio, proprio sulla via che le riconduce a Siracusa, Lucia comunica alla madre la sua decisione vocazionale: consacrarsi a Cristo!
A tale fine le chiede pure di potere disporre del proprio patrimonio per devolverlo in beneficenza. Eutichia, però, non vuole concederle i beni paterni ereditati alla morte del marito, avendo avuto cura non solo di conservarli orgogliosamente intatti e integri ma di accrescerli pure in modo considerevole. Le risponde, quindi, che li avrebbe ereditati alla sua morte e che solo allora avrebbe potuto disporne a suo piacimento. Tuttavia, proprio durante tale viaggio di ritorno, Lucia riesce, con le sue insistenze, a convincere la madre, la quale finalmente le da il consenso di devolvere il patrimonio paterno in beneficenza, cosa che la vergine avvia appena arrivata a Siracusa. 

erò, la notizia dell’alienazione dei beni paterni arriva subito a conoscenza del promesso sposo della vergine, che se ne accerta proprio con Eutichia alla quale chiede anche i motivi di tale imprevista quanto improvvisa vendita patrimoniale. La donna gli fa credere che la decisione era legata ad un investimento alquanto redditizio, essendo la vergine in procinto di acquistare un vasto possedimento destinato ad assumere un alto valore rispetto a quello attuale al momento dell’acquisto e tale da spingerlo a collaborare alla vendita patrimoniale di Lucia. In seguito il fidanzato di Lucia, forse esacerbato dai continui rinvii del matrimonio, decide di denunciare al governatore Pascasio la scelta cristiana della promessa sposa, la quale, condotta al suo cospetto è sottoposta al processo e al conseguente interrogatorio. Durante l’agone della santa e vittoriosa martire di Cristo Lucia, emerge la sua dichiarata e orgogliosa professione di fede nonché il disprezzo della morte, che hanno la caratteristica di essere arricchiti sia di riflessioni dottrinarie sia di particolari sempre più cruenti, man mano che si accrescono i supplizi inflitti al fine di esorcizzare la vergine e martire dalla possessione dello Spirito Santo. Dopo un interrogatorio assai fitto di scambi di battute che la vergine riesce a contrabbattere con la forza e la sicurezza di chi è ispirato da Cristo, il governatore Pascasio le infligge la pena del postrìbolo proprio al fine di operare in Lucia una sorta di esorcismo inverso allontanandone lo Spirito Santo. Mossa dalla forza di Cristo, la vergine Lucia reagisce con risposte provocatorie, che incitano Pascasio ad attuare subito il suo tristo proponimento. La vergine, infatti, energicamente gli  dice che, dal momento che la sua mente non cederà alla concupiscenza della carne, quale che sia la violenza che potrà subire il suo corpo contro la sua volontà, ella resterà comunque casta, pura e incontaminata nello spirito e nella mente. A questo punto si assiste ad un prodigioso evento: la vergine diventa inamovibile e salda  sicché, nessun tentativo riesce a trasportarla al lupanare, nemmeno i maghi appositamente convocati dallo spietato Pascasio.
Esasperato da tale straordinario evento, il cruento governatore ordina che sia bruciata, eppure neanche il fuoco riesce a scalfirla e Lucia perisce per spada! Sicché, piegate le ginocchia, la vergine attende il colpo di grazia e, dopo avere profetizzato la caduta di Diocleziano e Massimiano, è decapitata.

Pare che Lucia abbia patito il martirio nel 304 sotto Diocleziano ma vi sono studiosi che propendono per altre datazioni: 303, 307 e 310. Esse sono motivate dal fatto che la profezia di Lucia contiene elementi cronologici divergenti che spesso non collimano fra loro: per la pace della chiesa tale profezia si dovrebbe riferire al primo editto di tolleranza nei riguardi del cristianesimo e quindi sarebbe da ascrivere al 311, collegabile, cioè, all’editto di Costantino del 313; l’abdicazione di Diocleziano avvenne intorno al 305; la morte di Massimiano avvenne nel 310. È, invece, accettata dalla maggioranza delle fonti la data relativa al suo dies natalis: 13 dicembre. Eppure, il Martirologio Geronimiano ricorda Lucia di Siracusa in due date differenti: il 6 febbraio e il 13 dicembre.  L’ultima data ricorre in tutti i successivi testi liturgici bizantini e occidentali, tranne nel calendario mozarabico, che la celebra, invece, il 12 dicembre. Nel misterioso calendario latino del Sinai il dies natalis di Lucia cade l’8 febbraio: esso fu redatto nell’Africa settentrionale e vi è presente un antico documento della liturgia locale nel complesso autonoma sia dalla Chiesa di Costantinopoli che da quella di Roma, pur rivelando fonti comuni al calendario geronimiano. 

Assai diffusa è a tutt’oggi la celebrazione del culto di Lucia quale santa patrona degli occhi. Ciò sembra suffragato anche dalla vasta rappresentazione iconografica, che, tuttavia, è assai variegata, in quanto nel corso dei secoli e nei vari luoghi si è arricchita di nuovi simboli e di varie valenze. Ma è stato sempre così? Quando nasce in effetti questo patronato e perché?  Dal Medioevo si va sempre più consolidando la taumaturgia di Lucia quale santa patrona della vista e dai secc. XIV-XV si fa largo spazio un’innovazione nell’iconografia: la raffigurazione con in mano un piattino (o una coppa) dove sono riposti i suoi stessi occhi. Come si spiega questo tema? È, forse, passato dal testo orale all’iconografia? Oppure dall’iconografia all’elaborazione orale? Quale l’origine di un tale patronato? Esso è probabilmente da ricercare nella connessione etimologica e/o paretimologica di Lucia a lux, molto diffusa soprattutto in testi agiografici bizantini e del Medioevo Occidentale. Ma, quali i limiti della documentazione e quali le cause del proliferare della tradizione relativa all’iconografia di Lucia, protettrice della vista? Si può parlare di dilatazione dell’atto di lettura nell’immaginario iconografico, così come in quello letterario? E tale dilatazione nei fenomeni religiosi è un atto di devozione e fede? È pure vero che la semantica esoterica data al nome della santa di Siracusa è la caratteristica che riveste, accendendola di intensa poesia, la figura e il culto di Lucia, la quale diventa, nel corso dei secoli e nei vari luoghi una promessa di luce, sia materiale che spirituale. E proprio a tale fine l’iconografia, già a partire dal sec. XIV, si fa interprete e divulgatrice di questa leggenda, raffigurando la santa con simboli specifici e al tempo stesso connotativi: gli occhi, che Lucia tiene in mano (o su un piatto o su un vassoio), che si accompagnano sovente alla palma, alla lampada (che è anche uno dei simboli evangelici più diffuso e più bello, forse derivato dall’arte sepolcrale) e, meno frequenti, anche ad altri elementi del suo martirio, come ad es. il libro, il calice, la spada, il pugnale e le fiamme. È anche vero che le immagini religiose possono essere intese sia come ritratti che come imitazione ma non bisogna dimenticare che prima dell’età moderna sono mancati riferimenti ai suoi dati fisiognomici, per cui gli artisti erano soliti ricorrere alla letteratura agiografica il cui esempio per eccellenza è proprio la Legenda Aurea di Iacopo da Varazze, che rappresenta il testo di riferimento e la fonte di gran parte dell’iconografia religiosa. In tale opera il dossier agiografico di Lucia -che si presenta  come un testo di circa tre pagine di lunghezza- è preceduto da un preambolo sulle varie valenze etimologiche e semantiche relative all’accostamento Lucia/luce: Lucia è un derivato di luce esteso anche al valore simbolico via Lucis, cioè cammino di luce.

I genitori di Lucia, essendo cristiani, avrebbero scelto per la figlia un nome evocatore della luce, ispirandosi ai molti passi neotestamentari sulla luce. Tuttavia, il nome Lucia in sé non è prerogativa cristiana, ma è anche il femminile di un nome latino comune e ricorrente tra i pagani. Se poi Lucia significhi solo «luce» oppure più precisamente riguarda i «nati al sorger della luce (cioè all'alba)», rivelando nel contempo anche un dettaglio sull'ora di nascita della santa, è a tutt’oggi, un problema aperto. Forse la questione è destinata a restare insoluta? Il problema si complica se poi si lega il nome di Lucia non al giorno della nascita ma a quello della morte (=dies natalis): il 13 dicembre era, effettivamente, la giornata dell'anno percentualmente più buia. Per di più, intorno a quella data, il paganesimo romano festeggiava già una dea di nome Lucina. Queste situazioni hanno contribuito ad alimentare varie ipotesi riconducibili, tuttavia, a due filoni: da un lato quello dei sostenitori della teoria, secondo la quale tutte le festività cristiane sarebbero state istituite in luogo di preesistenti culti pagani, vorrebbero architettata in tale modo anche la festa di Lucia (come già quella di Agata). Per i non credenti tale discorso può anche essere suggestivo e accattivante, trovando terreno fertile. Da qui a trasformare la persona stessa di Lucia in personaggio immaginifico, mitologico, leggendario e non realmente esistito, inventato dalla Chiesa come calco cristiano di una preesistente divinità pagana, il passo è breve (persino più breve delle stesse già brevi e pallide ore di luce di dicembre!). Dall’altro lato quello dei credenti,secondo i quali, invece, antichi e accertati sono sia l’esistenza sia il culto di Lucia di Siracusa, che rappresenta così una persona storicamente esistita, morta nel giorno più corto dell'anno e che riflette altresì il modello femminile di una giovane donna cristiana, chiamata da Dio alla verginità, alla povertà e al martirio, che tenacemente affronta tra efferati supplizi.

Nel Breviario Romano Tridentino, riformato da papa Pio X (ed. 1914), che prima di salire al soglio pontificio era patriarca di Venezia, è menzionata la traslazione delle reliquie di Lucia alla fine della lettura agiografica, così come ha evidenziato Andreas Heinz nel suo recente contributo.

A Siracusa un’inveterata tradizione popolare vuole che, dopo avere esalato l’ultimo respiro, il corpo di Lucia sia stato devotamente tumulato nello stesso luogo dell martirio. Infatti, secondo la pia devozione dei suoi concittadini, il  corpo della santa fu riposto in un arcosolio, cioè in una nicchia ad arco scavata nel tufo delle catacombe e usata come sepolcro. Fu così che le catacombe di Siracusa, che ricevettero le sacre spoglie della Santa, presero da lei anche il nome e ben presto attorno al suo sepolcro si sviluppò una serie numerosa di altre tombe, perché tutti i cristiani volevano essere tumulati accanto all’amatissima Lucia. Ma, nell'878 Siracusa fu invasa dai Saraceni per cui i cittadini tolsero  il suo corpo da lì e lo nascosero in un luogo segreto per sottrarlo alla furia degli invasori. Ma, fino a quando le reliquie di Lucia rimasero a Siracusa prima di essere doppiamente traslate (da Siracusa a Costantinopoli e da Costantinopoli a Venezia)?
Fino al 718 o fino al 1039? È certo che a Venezia il suo culto era già attestato dal Kalendarium Venetum del sec. XI, nei Messali locali del sec. XV, nel Memoriale Franco e Barbaresco dell’inizio del 1500, dove era considerata festa di palazzo, cioè festività civile. Durante la crociata del 1204 i Veneziani lo trasportarono nel monastero di San Giorgio a Venezia ed elessero santa Lucia compatrona della città. In seguito le dedicarono pure una grande chiesa, dove il corpo fu conservato fino al 1863, quando questa fu demolita per la costruzione della stazione ferroviaria (che per questo si chiama Santa Lucia); il corpo fu trasferito nella chiesa dei SS. Geremia e Lucia, dove è conservato tutt’oggi.

La duplice traslazione delle reliquie di Lucia è attestata da due differenti tradizioni.

La prima tradizione risale al sec. X ed è costituita da una relazione, coeva ai fatti, che Sigeberto di Gembloux († 1112) inserì nella biografia di Teodorico, vescovo di Metz. Tale relazione tramanda che il vescovo Teodorico, giungendo in Italia insieme all’imperatore Ottone II, abbia trafugato molte reliquie di santi –fra cui anche quella della nostra Lucia- che allora erano nell’Abruzzo e precisamente a Péntima (già Corfinium). 
La traslazione a Metz delle reliquie di Lucia pare suffragata dagli Annali della città dell’anno 970 d.C. Ma alcuni dubbi sembrano non avere risposte attendibili: Come e perché Faroaldo ripose le reliquie o le spoglie di Lucia a Corfinium? Furono traslate le reliquie o tutto il corpo della martire? Il vescovo locale si prestò ad un inganno (pio e devoto?) o  diceva il vero? Se è ravvisabile un fondo di verità nel racconto del vescovo, allora si potrebbe desumere che le reliquie o il corpo della martire furono traslate da Siracusa nel 718 (quindi fino al 718 sarebbero rimaste a Siracusa?). Cosa succedeva allora nella città siciliana? Sergio, governatore della Sicilia, si era ribellato all’imperatore Leone III l’Isaurico e pertanto era stato costretto a fuggire da Siracusa e a  rifugiarsi da Romualdo II, duca longobardo di Benevento.  Se questa tradizione è attendibile, si può forse pensare che il vescovo di Corfinium (o piuttosto Sigeberto? Oppure altresì la sua fonte?) abbia confuso Romualdo (che proprio in quel periodo era duca di Spoleto e che, come tale, godeva di una fama maggiore) con Faroaldo? E ancora, lo stesso Sigeberto di Gembloux riferisce che Teoderico nel 972 abbia innalzato un altare in onore di Lucia e che nel 1042 un braccio della Santa sia stato donato al monastero di Luitbourg. Quindi, antichi documenti attestano che di fatto vi fu una traslazione delle reliquie di Lucia dall’Italia centrale a Metz, sulla frontiera linguistica romano-germanica, nella provincia di Treviri. Situata fra Germania e Francia, questa regione è anche il paese d’origine della dinastia carolingia. È una casualità? Come andarono effettivamente le cose? Secondo Sigeberto di Gembloux l’imperatore Ottone II sostò in Italia nel 970, avendo tra la sua scorta il vescovo Teodorico di Metz, il quale, durante il suo soggiorno, acquistava preziose reliquie, allo scopo di accrescere la fama della sua città vescovile. Pare che uno dei suoi preti, di nome Wigerich, che era anche cantore nella cattedrale di Metz, abbia rinvenuto le reliquie di Lucia di Siracusa, a Corfinium, poi identificata con Péntima in Abruzzo. Si dice che tali reliquie erano state prelevate dai Longobardi e trasportate da Siracusa al ducato di Spoleto. Ma perché questo spostamento? In un primo tempo le reliquie di Lucia, dopo essere state acquistate dal vescovo Teodorico di Metz, il quale aveva portato dall’Italia anche il corpo del martire Vincenzo, furono tumulate assieme alle reliquie di quest’ultimo al quale il vescovo aveva fatto erigere un’abbazia sull’isola della Mosella, dove nel 972 uno dei due altari della chiesa dell’abbazia, fu dedicato proprio a Lucia, come patrona. Sigeberto ricorda pure che Teodorico di Metz, in presenza di due vescovi di Treviri e precisamente di Gerard di Toul e di Winofid di Verdun, abbia dedicato a Lucia un oratorio nello stesso anno. Non solo, ma tanta e tale era dunque la devozione di Teodorico di Metz per la Santa di Siracusa che fece tumulare il conte Everardo, suo giovane nipote, prematuramente scomparso alla tenera età di soli dieci anni, proprio innanzi all’altare di Lucia. Per tutto il tempo in cui le spoglie di Lucia rimasero nella chiesa dell’abbazia di S. Vincenzo nella Mosella, la Santa di Siracusa fu implorata durante i giorni delle Regazioni, con una grande processione della cittadinanza di Metz che si fermò proprio nell’abbazia di S. Vincenzo. Così Metz divenne il fulcro da cui si irradiò ben presto il culto di Lucia tanto che già nel 1042 l’imperatore Enrico III reclamò alcune reliquie della Santa di Siracusa per il convento nuovamente fatto erigere dalla sua famiglia nella diocesi di Speyer e precisamente a Lindeburch/Limburg.

La seconda tradizione è, invece, tramandata da Leone Marsicano e dal cronista Andrea Dandolo di Venezia. Leone Marsicano racconta che nel 1038 il corpo di Lucia, vergine e martire, fu trafugato da Giorgio Maniace e traslato a Costantinopoli in una teca d’argento.  Andrea Dandolo, esponendo la conquista di Costantinopoli del 1204 da parte dei Crociati, tra i quali militava anche Enrico Dandolo, un suo illustre antenato e doge di Venezia, informa che i corpi di Lucia e Agata erano stati traslati dalla Sicilia a Costantinopoli  ma che quello di Lucia fu poi nuovamente traslato da Costantinopoli a Venezia, dove pare che di fatto giunse il 18 gennaio 1205. Quindi, la traslazione delle reliquie di Lucia a Venezia da Costantinopoli sembra legata agli eventi della Quarta Crociata (quella riconducibile al periodo che va dal 1202 al 1204), quando i cavalieri dell’Occidente latino, piuttosto che liberare la Terrasanta,  spogliarono la metropoli dell’Oriente cristiano. Infatti, nel 1204,  in seguito alla profanazione e al saccheggio dei crociati nelle basiliche di Bisanzio, neanche la chiesa in cui riposava il corpo di Lucia fu risparmiata da questa oltraggiosa strage tanto che furono pure rimosse le sue spoglie e contese le sue reliquie, molto venerate nell’Oriente ortodosso. Pare che proprio in tale occasione Venezia, che aveva condotto la Quarta Crociata presso il Santo Sepolcro, si impadronì delle reliquie di Lucia, le quali si dice giungessero nella laguna, nella chiesa di S. Giorgio Maggiore, il 18 gennaio 1205 - ancora prima della costruzione della basilica del Palladio e dell’attuale Palazzo Ducale.
Il corpo di Lucia fu riposto nel monastero benedettino, dove aveva soggiornato il  monaco Gerardo (o Sagredo?). Sembra che il tragico evento del 13 dicembre del 1279  (cioè una bufera scatenatasi all’improvviso, che provocò molte vittime) sia stato la causa di una nuova traslazione  del corpo di Lucia dalla chiesa di S. Giorgio Maggiore a Venezia (eccetto, pare, un pollice - non un braccio, come vuole la communis opinio -  che sarebbe rimasto in San Giorgio). Dopo tale tragedia, infatti, le autorità decisero di traslare il corpo di Lucia in città, ponendolo in una chiesa parrocchiale a lei intitolata e ciò allo scopo di agevolare a piedi il pellegrinaggio alle sue sacre spoglie in terraferma senza dovere ricorrere ad imbarcazioni. Quindi, nel mese seguente alla sciagura e precisamente il 18 gennaio del 1280 (lo stesso giorno della memoria dell’arrivo delle sacre spoglie di Lucia da Costantinopoli), il suo corpo fu traslato nella chiesa dedicatale, che si trovava nello stesso luogo in cui era ubicata la stazione ferroviaria che, ancora oggi ne conserva la memoria nel nome e precisamente sulle fondamenta prospicienti il Canal Grande e cioè all’inizio del sestiere di Cannareggio. Tale chiesa fu poi riedificata nel 1313 e fu assegnata dal papa Eugenio IV nel 1444  in commenda alle suore domenicane, che avevano aperto il loro convento intitolato al Corpus Domini, un cinquantennio prima sempre a Cannareggio. Nel 1476, dopo circa un trentennio di contese, si raggiunse un accordo tra le monache domenicane del convento del Corpus Domini e quelle agostiniane del monastero dell’Annunziata  proprio per il possesso del corpo di Lucia: papa Sisto IV nel 1478 stabilì, con un solenne diploma, che il corpo della santa rimanesse nella chiesa a lei intestata sotto la giurisdizione delle agostiniane del monastero dell’Annunziata (che da allora prese il nome di monastero di S. Lucia), le quali ogni anno avrebbero offerto la somma di 50 ducati alle monache domenicane del convento del Corpus Domini. Nel 1579 passando per il Dominio veneto l’imperatrice Maria d’Austria, il Senato volle farle omaggio di una reliquia di s. Lucia pertanto, con l’assistenza del patriarca Giovanni Trevisan fu asportata una piccola porzione di carne dal lato sinistro del corpo della Santa, Il 28 luglio del 1806 per decreto vicereale il monastero di Santa Lucia fu soppresso e le monache agostiniane costrette a trasferirsi al di là del Canal Grande e precisamente nel monastero di S. Andrea della Girada, dove portarono pure il corpo di Lucia. Nel 1807 il governo vicereale concesse alle agostiniane di S. Lucia di far ritorno nel loro antico convento, che, tuttavia,  trovarono occupato dalle agostiniane di Santa Maria Maddalena, le quali si fusero con quelle di S. Lucia, assumendone anche il titolo. Nel 1810 Napoleone Bonaparte decretò la chiusura di tutti i monasteri e conventi, compreso quello di S. Lucia, le cui monache furono pure obbligate a deporre l’abito monastico e a rientrare nella propria famiglia di appartenenza. Il corpo di Lucia rimase nella sua chiesa, che fu così inserita nella circoscrizione della parrocchia di S. Geremia. Nel 1813 il convento di S. Lucia era donato dall’imperatore d’Austria alla b. Maddalena di Canossa, che vi abitò fino al 1846, quando iniziarono i lavori per la stazione ferroviaria e per la demolizione del convento. Fra il 1844 e il 1860 il governo austriaco realizzò la costruzione del ponte ferroviario, che doveva giungere fino alle fondamenta di Cannareggio e cioè proprio là dove da secoli allogavano i monasteri delle domenicane del Corpus Domini e delle agostiniane di Santa Lucia, poi abbattuti. Il corpo di Lucia l’11 luglio 1860 subì, quindi, una nuova traslazione nella parrocchia di S. Geremia, per volere del patriarca Angelo Ramazzotti: il sacro corpo rimase sette giorni sull’altar maggiore, poi fu posto su un altare laterale in attesa di costruire la nuova cappella. Tre anni dopo, l’11 luglio 1863, fu inauguata: essa era stata costruita con il materiale del presbiterio della demolita chiesa di S. Lucia su gusti palladiani. Per la generosità di monsignor Sambo, parroco di quella Chiesa (che nel frattempo assunse la denominazione SS. Geremia e Lucia) su disegno dell’architetto Gaetano Rossi fu allestito un altare più degno in broccatello di Verona con fregi di bronzo dorato. Quindi, dal 1860 Pio IX l'avrebbe fatto trasferire nella chiesa dei Santi Geremia e Lucia, dove si venera a tutt’oggi. Qui, la cappella del corpo di santa Lucia  è  assai bella e artistica proprio come tutte le chiese di Venezia, adorna di marmi e di bronzi, ed è sempre stata oggetto di particolari cure ed elevata devozione di fedeli sempre più numerosi. Il sacro corpo, elevato sopra l'altare, è conservato in una elegante urna di marmi preziosi, superbamente abbellita da pregiate decorazioni e sormontata dalla stupenda statua della vergine. Sulla parete di sfondo si leggono due iscrizioni, che raccontano le vicende della traslazione e delle principali solenni festività. Il 15 giugno del 1930 il patriarca Pietro La Fontaine lo consacrava e collocava il corpo incorrotto di Lucia nella nuova urna in marmo giallo ambrato. Nel 1955 il patriarca Angelo Roncalli -divenuto poi papa con il nome di Giovanni XXIII- volendo che fosse conferita più importanza alle sacre reliquie di Lucia, suggerì che le sacre spoglie fossero ricoperte di una maschera d’argento, curata dal parroco Aldo Da Villa. Nel 1968, per iniziativa del parroco Aldo Fiorin fu portato a compimento un completo restauro della Cappella e dell’Urna della martire. Ancor oggi le sacre reliquie riposano nel tempio di Venezia e nella bianca curva absidale si legge un inciso propiziatorio: Vergine di Siracusa martire di Cristo in questo tempio riposa all’Italia al mondo implori luce e pace. Ma, il 4 aprile 1867 le spoglie di Lucia furono disgraziatamente profanate dai ladri (subito arrestati), che furtivamente si erano introdotti nella chiesa di S. Geremia, per impadronirsi degli ornamenti votivi. Da allora seguirono altre profanazioni e spoliazioni: nel 1949, quando alla martire fu sottratta la corona (anche in questo caso il ladro fu arrestato) e nel 1969, quando due ladri infransero il cristallo dell’urna. Nel 1975  papa Giovanni Paolo I concesse che il corpo della martire fosse portato ed esposto alla venerazione dei fedeli nella diocesi di Pesaro per una settimana. Il 7 novembre 1981 due aggressori spezzarono l’urna della martire estraendovi il corpo e lasciandovi il capo e la maschera argentea. Anche questa volta il corpo fu recuperato proprio il 12 dicembre del 1981, giorno della vigilia della commemorazione della santa.

Esiste una variante sulla traslazione del corpo di Lucia a Venezia, documentata da un codice del Seicento, o Cronaca Veniera, conservato nella Biblioteca Marciana di Venezia: esso sarebbe stato portato a Venezia, assieme a quello di S. Agata, nel 1026, sotto il dogado di Pietro Centranico. Non conosciamo l’origine della notizia nè se derivi da una fonte anteriore. E’ diffuso, invece, il fondato sospetto di un errore meccanico di amanuense, che avrebbe letto 1026 invece di 1206, cioè gli anni dell’effettiva translatio. E nella Cronaca Veniera lo si accettò, legando il fatto al doge dell’epoca. La presenza del corpo di Lucia a Venezia sin dal 1026 è una notizia che va accolta con prudenza? Tra il 1167 e il 1182 a Venezia esisteva già una chiesa dedicata alla martire, come attestato da documenti locali. 

Una delle più antiche tradizioni veronesi racconta che le spoglie della santa siracusana passarono da Verona durante il loro viaggio verso la Germania intorno al sec. X, fatto che spiegherebbe anche la diffusione del culto della santa sia a Verona che nel nord Europa. Secondo un’altra tradizione, il culto di santa Lucia a Verona risalirebbe al periodo di dominio della Serenissima su Verona. Secondo la communis opinio, Venezia infatti, già nel 1204, avrebbe trasportato le spoglie della santa nella città lagunare.

Autore:
Maria Stelladoro

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/25550

La vera storia di Santa Lucia, ecco perché non si mangiano pane e pasta.

Lucia nasce a Siracusa alla fine del III secolo in una famiglia nobile e molto ricca. Da piccola rimane orfana di padre e con la madre sono costrette a professare di nascosto la religione cristiana per sfuggire alle persecuzioni. Ancora ragazzina, Lucia era promessa sposa a un giovane pagano ma lei non aveva alcun interesse per il matrimonio: in lei era forte l’amore per Dio. Sua mamma inizia a stare male e soffre di gravi emorragie. Lucia la convince a recarsi in pellegrinaggio a Catania presso la tomba di Sant’Agata, in occasione dell’anniversario del suo martirio per chiedere la grazia della guarigione. Dopo la messa, Lucia, mentre prega sul sepolcro, si addormenta e in sogno le appare Sant’Agata che le promette la guarigione della madre e le anticipa che diventerà santa. Subito la madre ritornò a stare bene. Supportata da questo miracolo e dalle parole della Santa, Lucia tornata a Siracusa comunica alla madre che non voleva sposarsi e che la sua intenzione era quella di aiutare i poveri della città, donando loro tutto quello che possedeva. La notizia arriva alle orecchie del pretendente di Lucia che preso dall’ira, avendo scoperto la sua fede cristiana, la denuncia all’arconte di Siracusa (Pascasio) che subito la fa arrestare. In quel tempo, infatti, erano in vigore i decreti di persecuzione dei cristiani emanati dall’Imperatore Diocleziano. Durante il processo, Pascasio cerca di convincere Lucia a rinnegare la sua fede e a compiere sacrifici in onore degli dei romani, lei però non cede. Alterato dalle sue risposte, ordina che sia portata in un “luogo infame, dove sarai costretta al disonore” (postribolo), ma quando i soldati tentano di spostarla, Lucia miracolosamente diventa irremovibile. Pascasio pensa che Lucia sia una strega per questo ordina che sia cosparsa di urina e di riprovare a muoverla usando dei buoi. Ma gli animali non riescono a spostarla. L’arconte, infuriato, ordina che venga bruciata. Cosparsa di pece e olio, il corpo di Lucia viene avvolto dalle fiamme, ma non brucia. Alla fine Lucia fu decapitata con un colpo di spada. Si narra anche che le furono strappati gli occhi, per questo lei divenne protettrice della vista, anche se non ci sono fonti ufficiali su questo gesto terribile. L’emblema degli occhi sulla coppa, o sul piatto, è da ricollegarsi, semplicemente, con la devozione popolare che l’ha sempre invocata protettrice della vista a motivo del suo nome Lucia, da Lux, che vuol dire “luce”. Il 13 dicembre del 304, Lucia muore da martire e il suo nome e quello di Siracusa diventano famosi in tutto il mondo.

Attestato dalla testimonianza scritta di un testimone oculare: (come il miracolo della fine della carestia dell’anno 1646 di domenica 13 maggio) una colomba fu vista volteggiare dentro la Cattedrale di Palermo durante la Messa. A Palermo, in questo giorno in cui si celebra la Vergine siracusana, si ricorda un vetustu avvenimento, che la Santa implorata dai palermitani esaudì facendo arrivare nel porto un bastimento carico di grano. La popolazione tutta vide in quella nave la risposta data da Lucia alle tante preghiere che a lei erano state rivolte. Quando la colomba si posò sul soglio episcopale, una voce annunciò l’arrivo al porto di un bastimento carico di cereali.

I palermitani stretti nella morsa della fame da diversi mesi di carestia, non molirono il grano per farne farina, ma lo bollirono, per sfamarsi in minor tempo, aggiungendogli soltanto un filo d’olio, creando così la “cuccia”. Da quella volta i palermitani specialmente in ambito popolare, ogni anno per devozione ricordano solennemente l’evento, rigorosamente ricorrono all’astensione per l’intera giornata dal consumare farinacei, sia pane che pasta, si preferisce mangiare riso, legumi e verdure, questi ultimi due alimenti ci riferisce il Pitrè anticamente in questo giorno erano le ragazze palermitane che per venerazione se ne cibavano e non doveva mancare la “cuccia”, questa tradizione era dovuta alla preservazione degli occhi incantevoli. Dopo il miracolo, i palermitani decisero di bollire il grano e di condirlo con dell’olio di oliva. Fu così che nacque la cuccìa, il cui nome deriva da “coccio” cioè chicco. Anche se oggi la ricetta è del tutto rivisitata e resa molto più golosa.

La festività dovrebbe avere una finalità spirituale: in ricordo del miracolo la Chiesa propone il digiuno e l’astensione dal consumare, per questa giornata, pane e pasta. Un celebre motto palermitano recita: “Santa Lucia, vulissi pani, pani unn’ aiu e accussi mi staiu”. Ma il 13 dicembre, in un tripudio di arancine, panelle, gateaux e cuccìa, si preferisce consolare lo stomaco piuttosto che l’anima.