dimanche 30 décembre 2012

La SAINTE FAMILLE



FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE DE NAZARETH

BENOÎT XVI

ANGELUS

Fête de saint Étienne Protomartyr
Place Saint-Pierre
Dimanche 26 décembre 2010


Chers frères et sœurs!

L’Évangile selon Luc rapporte que les pasteurs de Bethléem, après avoir reçu de l’ange l’annonce de la naissance du Messie, «se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire» (2, 16). Aux premiers témoins oculaires de la naissance de Jésus se présenta donc la scène d’une famille: mère, père et fils nouveau-né. C’est pourquoi la liturgie nous fait célébrer, le premier dimanche après Noël, la fête de la sainte Famille. Cette année, celle-ci tombe précisément le lendemain de Noël et, prenant le pas sur celle de saint Etienne, elle nous invite à contempler cette «icône» dans laquelle le petit Jésus apparaît au centre de l’affection et des attentions de ses parents. Dans la pauvre grotte de Bethléem — écrivent les pères de l’Eglise — resplendit une lumière très vive, reflet du profond mystère qui enveloppe cet Enfant, et que Marie et Joseph conservent dans leurs cœurs et laissent transparaître dans leurs regards, dans leurs gestes, en particulier dans leurs silences. En effet, ceux-ci gardent eu eux les paroles de l’annonce de l’ange à Marie: «Celui qui naîtra sera appelé Fils de Dieu» (cf. Lc 1, 35).

Pourtant, la naissance de chaque enfant contient en elle quelque chose de ce mystère! Les parents qui le reçoivent comme un don et qui en parlent souvent ainsi le savent bien. A nous tous il est arrivé d’entendre un père et une mère dire: «Cet enfant est un don, un miracle!». En effet, les êtres humains ne vivent pas la procréation comme un simple acte de reproduction, mais ils en perçoivent la richesse, ils comprennent que chaque créature humaine qui apparaît sur la terre est le «signe» par excellence du Créateur et Père qui est dans les cieux. Comme il est donc important que chaque enfant, en venant au monde, soit accueilli par la chaleur d’une famille! Les commodités extérieures n’ont pas d’importance: Jésus est né dans une étable et comme premier berceau il a eu une mangeoire, mais l’amour de Marie et de Joseph lui a fait ressentir la tendresse et la beauté d’être aimés. C’est de cela dont on besoin les enfants: de l’amour du père et de la mère. C’est cela qui leur donne la sécurité et qui, dans la croissance, permet la découverte du sens de la vie. La sainte Famille de Nazareth a traversé de nombreuses épreuves, comme celle — rappelle l’Evangile selon saint Matthieu — du «massacre des innocents», qui obligea Joseph et Marie à émigrer en Egypte (cf. 2, 13-23). Mais, confiant dans la Divine Providence, ils trouvèrent leur stabilité et assurèrent à Jésus une enfance sereine et une solide éducation.

Chers amis, la sainte Famille est certainement particulière et unique, mais dans le même temps elle représente un «modèle de vie» pour chaque famille, car Jésus, vrai homme, a voulu naître dans une famille humaine, et ainsi il l’a bénie et consacrée. Nous confions donc à la Vierge et à saint Joseph toutes les familles, afin qu’elles ne se découragent pas face aux épreuves et aux difficultés, mais qu’elles cultivent toujours l’amour conjugal et se consacrent avec confiance au service de la vie et de l’éducation.


APPEL
En ce temps de Noël, le désir et l’invocation du don de la paix se font encore plus intenses. Mais notre monde continue à être marqué par la violence, en particulier contre les disciples du Christ. J’ai appris avec une grande tristesse l’attentat dans une église catholique aux Philippines, alors que l’on célébrait les rites du jour de Noël, ainsi que l’attaque contre des Eglises chrétiennes au Nigeria. La terre s’est encore tachée de sang dans d’autres parties du monde, comme au Pakistan. Je désire exprimer mes sincères condoléances pour les victimes de ces violences absurdes, et je renouvelle encore une fois l’appel à abandonner le chemin de la haine pour trouver des solutions pacifiques aux conflits et apporter aux chères populations la sécurité et la sérénité. En ce jour où nous célébrons la sainte Famille, qui vécut l’expérience dramatique de la fuite en Egypte à cause de la furie homicide d’Hérode, rappelons également tous ceux qui — en particulier les familles — sont obligés d’abandonner leurs maisons à cause de la guerre, de la violence et de l’intolérance. Je vous invite donc à vous unir à moi dans la prière pour demander avec force au Seigneur qu’il touche le cœur des hommes et apporte l’espérance, la réconciliation et la paix.

* * *
A l'issue de l'Angelus

Je salue cordialement les pèlerins de langue française! Célébrant aujourd’hui la fête de la Sainte Famille, nous nous rappelons que chaque famille humaine doit être le reflet de la beauté de l’amour divin et au fondement d’une civilisation de l’amour. Rendons grâce à Dieu pour nos familles, demandons-Lui de les bénir et de les garder toujours unies par les liens de son amour! Bonne fête à tous!

Je souhaite à tous de vivre ces journées dans la sérénité et l’harmonie, en partageant la joie profonde qui naît de la naissance du Christ. Bon dimanche!

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/angelus/2010/documents/hf_ben-xvi_ang_20101226_santa-famiglia_fr.html


La prière du Pape François à la Sainte famille

A l'issue de la prière de l'Angélus, et à l’occasion de la fête liturgique de la Sainte famille célébrée ce dimanche, le Pape a récité une prière destinée aux familles du monde entier, en invoquant notamment la Sainte famille pour que les familles soient des "petites Églises domestiques". Voici le texte de la prière du Pape:

"Jésus, Marie et Joseph
en vous nous contemplons
la splendeur de l’amour véritable,
à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
des lieux de communion et des cénacles de prière,
des écoles authentiques de l’Évangile
et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,
que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience
de la violence, de la fermeture et de la division :
que quiconque a été blessé ou scandalisé
connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth,
que le prochain Synode des Évêques
puisse réveiller en tous la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille,
sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph
écoutez-nous, exaucez notre prière"

Pape François




La Sainte famille : modèle de vie familiale.

Le dimanche après Noël, on célèbre la sainte Famille : Jésus, Marie et Joseph, le modèle de la vie familiale pour les chrétiens.

Si la fête ne s’étendit à l’Église universelle qu’en 1921, c’est qu’elle était tributaire du culte relativement récent (XVe) rendu à saint Joseph. Or, à partir de la vénération envers les saints parents du Christ, on prit conscience aux XVIe et XVIIe siècles de la fonction sociale des familles chrétiennes et de l’œuvre de sanctification qui s’opérait par elles.

En effet, il n’est question de la « Sainte Famille », dans l’Église, que depuis la première moitié du XVIIe siècle. Rien d’étonnant puisque le mot « famille » désignait autrefois, outre les deux parents et leurs enfants, toute la parenté, même les serviteurs. Il fallut que le sens se restreigne au père, à la mère et aux enfants pour permettre la naissance, puis l’essor, de cette dévotion.

Cette pincée d’histoire nous suffit pour l’instant, passons à l’essentiel de cette fête qui constitue le noyau de notre existence familiale car en famille nous venons dans ce monde et sommes appelés à vivre en famille.

Je vous propose juste un détail de la vie en famille de la Sainte Famille afin que nous prenions conscience, à quel point ce modèle familial redonne le sens aux principes de la vie familiale qui traverse actuellement une période de crise profonde.

Dans la Sainte Famille, Marie est gardienne et garante de la parole donnée en son sein. Marie est arche d’alliance entre Dieu et les hommes. Joseph quant à lui, est gardien de la parole et garant de la famille par le fait qu’il est l’image du Père sur la terre. La Sainte Famille veille donc sur la parole donnée. Ainsi Marie, sur le plan matrimonial humain, est gardienne de la parole donnée.

Le « oui » des époux donné à Dieu aux épousailles vient ainsi en écho au « oui » de Marie donné à Dieu. Dans le couple, la famille, la communauté, tendons à préserver ce don et ce respect de l’alliance.

C’est à nous d’entretenir dans la fidélité et la confiance, ce ministère sacerdotal du mariage.

Dans ce grand mystère d’amour fraternel, Marie peut nous aider à garder tout dans le cœur. Que cet amour secret et si proche nous enflamme et qu’il transforme à nouveau les œuvres accomplies pour Dieu, en œuvres accomplies par le Seigneur lui-même.

Ayons les yeux fixés sur l’icône de la Sainte Famille pour la contempler et trouver ainsi force d’être comme eux.

Père Krzysztof DZIECH



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Tertullien observe que la première et la plus ancienne Église est au ciel, où, dans la divine Trinité, nous trouvons les deux notes essentielles de notre Église, c’est-à-dire l’unité dans la pluralité : l’unité d’essence et la trinité de personnes.

Descendu parmi nous pour le salut du genre humain, le Verbe de Dieu ne voulut pas adopter un genre de vie solitaire qui le mît en dehors de la société des hommes, mais, reproduisant ici-bas ce que la Trinité était de toute éternité dans les cieux, il se forma, au moyen du mariage virginal de Marie et de Joseph, une société ou église domestique au seul de laquelle il daigna naître et passer la plus grande partie de sa vie mortelle. Les descendants d’Adam étaient solidaires du péché de leur premier père et cela avait été la cause de la ruine du monde ; il convenait donc que la Rédemption se fît elle aussi en vertu de la solidarité unissant les croyants au Rédempteur et que les fidèles en expérimentassent les fruits, grâce à une société nouvelle et surnaturelle, qui est l’Église.

Pour cette raison, quand saint Paul traite du pacte conjugal entre les fidèles, il l’appelle un grand mystère ou sacrement, qu’il explique immédiatement en disant qu’il se rapporte à cette première union entre le Christ et l’Église, prototype et modèle de l’union de l’homme et de la femme dans la grâce du Nouveau Testament. Sacramentum hoc magnum est ; ego autem dico in Christo et in Ecclesia. Le Christ et l’Église, voilà le mystère ou sacrement qui s’appuie et se forme précisément, comme à son point de départ, sur la société domestique de Jésus, Marie et Joseph, dont notre Église n’est que la continuation.

Dès l’antiquité, la liturgie romaine a consacré les premières semaines après Noël à la méditation des mystères de la vie domestique de Jésus. Aujourd’hui même, dans la messe dominicale, se présente la péricope évangélique du recouvrement de Jésus parmi les docteurs du temple. Toutefois le génie de la dévotion moderne qui, aux vastes synthèses des anciens, préfère l’étude particularisée de tous les détails du grand tableau de la Rédemption, ne pouvait manquer de créer une solennité distincte en l’honneur de la sainte Famille de Nazareth. La fête paraissait d’autant plus opportune que, depuis un demi-siècle, pour saper et supprimer le catholicisme par les bases, tout le travail des sectes et des gouvernements libéraux s’était concentré dans la déchristianisation de la famille. Pour paralyser un si grand mal, Léon XIII, après sa splendide encyclique sur le mariage chrétien, voulut aussi offrir aux familles catholiques un modèle à imiter et une céleste protection à qui elles devraient se confier ; il institua donc la fête de la sainte Famille de Nazareth, avec un appareil liturgique solennel d’hymnes et de lectures, et il la fixa au IIIe dimanche après l’Épiphanie.

Survint la réforme de Pie X qui en partie abrogea, en partie transféra à des dates fixes, toutes les solennités mobiles annexées au dimanche.

La fête de la sainte Famille fut emportée par le courant et ne reparut qu’une dizaine d’années plus tard, quand, par ordre de Benoît XV, elle fut fixée au dimanche dans l’octave de l’Épiphanie. Cette fois, l’on sacrifia le principe directeur de la réforme de Pie X, mais il y avait dans le passé un précédent que l’on fit valoir : au dimanche après la solennité de l’Épiphanie, se trouve précisément dans le Missel la même lecture évangélique qu’à la récente messe de la sainte Famille.

Dans le calendrier des Coptes, le 6 du mois de Hator (novembre) se trouve une fête de la fuite de la sainte Famille de Mehsa Koskuam dans l’Égypte supérieure à laquelle correspond, le 24 de Pasons (mai), une solennité de l’arrivée et du séjour de la sainte Famille en Égypte.

Cette solennité a un caractère nettement historique, et se différencie donc du concept de notre fête latine ; elle semble empruntée aux Grecs, qui la célèbrent le 26 décembre sous le titre de Synaxe de la Mère de Dieu fuyant en Égypte. Dans les Menées, elle est indiquée dans ce distique :

‘Ad te venientem qui te plexit antea,

Aegypte, metuas atque credas hunc Deum’.

L’antienne d’introït est tirée du Livre des Proverbes (XXIII, 24-25). « Le Père du Juste a l’âme inondée de joie ; que se réjouissent ton Père et ta Mère, et qu’exulté Celle qui t’a engendré. » Cette joie et cette exultation proviennent de la gloire et de la dignité sublimes auxquelles furent élevés Marie et Joseph, dignité qui, grâce à l’union hypostatique du Verbe avec la nature humaine de Jésus, place ses très saints Parents dans une catégorie tout à fait spéciale au-dessus de tous les saints.

La liturgie, dans une hymne qu’elle nous fait répéter le jour de saint Joseph, chante que celui-ci, d’une certaine manière, jouit par anticipation sur la terre de la récompense des bienheureux ; en effet, tandis qu’à ceux-ci est promise au ciel seulement la vision et la possession de Dieu, il fut accordé, au contraire, à Marie et à Joseph, non seulement de voir et de posséder Jésus ici-bas, mais même d’exercer sur lui l’autorité paternelle, la patria potestas.

La collecte n’est pas rédigée selon les règles traditionnelles du Cursus. Le compositeur a voulu y exprimer la nature, le cadre et le fruit du mystère qui enveloppe la vie domestique de Jésus adolescent, et il y a réussi, avec plus ou moins d’élégance. « Seigneur Jésus, vous qui, en obéissant à Marie et à Joseph, avez consacré par vos ineffables vertus la vie domestique, accordez-nous, par l’intercession de vos Parents, d’imiter les exemples de votre sainte Famille, afin de jouir ensuite de votre compagnie dans le paradis. »

La lecture, tirée de l’épître de saint Paul aux Colossiens (III, 12-17), est la même que celle qui se trouve dans le Missel le Ve dimanche après l’Épiphanie. L’Apôtre traite le sujet des rapports sociaux. Dieu est un et aime l’unité ; aussi sommes-nous appelés à constituer un identique corps mystique, une seule famille, grâce à un même Esprit du Christ. L’égoïsme attente, il est vrai, à cette unité ; mais c’est pourquoi saint Paul, tenant compte des inévitables faiblesses de la pauvre et défectible nature humaine, ajoute immédiatement, comme condition de la vraie paix domestique et sociale, la patience réciproque dans le support mutuel, à l’imitation de celle dont Dieu use envers nous.

Le répons-graduel est tiré en partie du psaume 26 : « J’ai demandé une chose au Seigneur, de Lui j’ai requis ceci : demeurer dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. »

Suit un second verset, tiré du psaume 83. — A cet éloignement des règles classiques de la psalmodie responsoriale, on reconnaît vite le rédacteur moderne à qui il a suffi de consulter une Concordance des Livres saints pour rédiger sa messe. — « Bienheureux ceux qui habitent dans votre maison et vous louent sans cesse. »

Les âmes religieuses, et surtout celles qui par leurs constitutions canoniques sont vouées à la célébration quotidienne des divins offices, participent d’une manière particulière à la grâce et aux joies qui inondaient le cœur de Marie et de Joseph en raison de la vie domestique qu’ils menaient avec Jésus. La sainte Famille de Nazareth est, pour ainsi dire, la maison mère de toutes les autres familles religieuses ; la tente où le Verbe de Dieu fait chair et devenu lui-même, pour l’amour de nous, pauvre, obéissant, mortifié, daigna consacrer avec ses Parents ces trois vœux religieux, inaugurant sous le toit domestique cette vie et cet état qui devait par la suite être appelé état de perfection.

Le verset alléluiatique, au lieu d’être emprunté au Psautier, est tiré d’Isaïe (XLV, 15). Son sens accommodatice s’applique à la vie humble et cachée de Jésus, sous le toit paternel, alors que le Créateur du ciel et de la terre, « le Fils de l’Artisan » obéissait à deux de ses créatures et s’appliquait à apprendre d’un second père, lui aussi artisan, le métier de charpentier. Quel abaissement plus impénétrable que celui-là à la raison humaine, et accessible seulement à notre Foi ! « Vraiment vous êtes un Dieu caché, ô Dieu et Sauveur d’Israël ! »

Si cette fête est transférée après la Septuagésime, on chante le trait ; suivant à la place du verset alléluiatique. ps. 39 : « Aux sacrifices et aux offrandes vous ne prenez pas plaisir ; en revanche, vous m’avez ouvert les oreilles. Vous ne demandez ni holocauste ni sacrifice expiatoire ; et moi j’ai dit : voici que je viens. Dans le volume de la Loi il est écrit pour moi : Je me complais, ô Dieu, dans l’accomplissement de votre volonté. »

Les offrandes de l’Ancien Testament avaient une valeur essentiellement prophétique. C’est pourquoi, quand arriva la plénitude des temps, le Verbe de Dieu fait homme descendit sur la terre, et, par le sacrifice de son obéissance absolue au Père jusqu’à la mort de la Croix, il abrogea l’ancien pacte, inaugurant dans le Sang de la Rédemption le Testament nouveau d’obéissance, non plus servile, mais fille de l’amour.

Pour les messes votives qui se célèbrent durant le temps pascal, au lieu de l’antiphonie alléluiatique classique, le rédacteur moderne a tiré ses textes d’autres livres scripturaires. « Alléluia, alléluia (Prov., VII, 34). Bienheureux celui qui m’écoute, celui qui, chaque nuit, s’arrête au seuil de ma maison et tout attentif se tient à ma porte. Alléluia. » (Coloss., III, 3.) « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Alléluia. » Cet éloge que saint Paul applique en général aux habitants chrétiens de Colosses, ne peut se rapporter à personne mieux qu’à la Très Sainte Vierge et à saint Joseph qui, dans la pauvre maison de Nazareth, inconnus du monde, passaient leur vie dans une telle union avec Jésus qu’on peut dire qu’ils respiraient avec le divin Enfant, que leurs cœurs battaient avec le sien, qu’ils se nourrissaient de Lui. Il était toute leur gloire, toute leur richesse, l’objet de leurs désirs, la vie de leur vie.

La lecture évangélique, tirée de saint Luc (II, 42-53) est celle-là même que le Missel assigne au dimanche qui suit immédiatement l’Épiphanie. A douze ans, Jésus devient fils de la Loi, comme disaient alors les Sanhédrites ; et avec ses parents il se rend pour la première fois au temple pour participer à la fête de la Pâque. Toutefois pour démontrer la transcendance de son origine, il se soustrait momentanément à Marie et à Joseph, qui, désolés, le retrouvent enfin après le troisième jour, tandis qu’il se tenait sous les portiques du temple, disputant avec les docteurs. L’attitude de l’Enfant Jésus était celle qui convenait à son âge : il interrogeait et il écoutait, comme pour sonder l’intelligence de ses créatures ; mais cependant ses demandes et ses observations étaient telles que la sagesse divine éblouissait ces soi-disant légistes qui étaient émerveillés en face d’un tel prodige. Stupebant omnes. La faiblesse et la petitesse de ses formes corporelles arrivaient mal à cacher les splendeurs de sa divinité invisible, quand, pour compléter le mystère, sa très sainte Mère voulut mettre en pleine lumière jusqu’à sa nature humaine avec les devoirs qui en résultaient.

— Mon Fils, lui dit-elle, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici que ton père et moi, affligés, te cherchions. L’affirmation des droits paternels sur l’Enfant ne pouvait être ni plus digne ni plus explicite. C’est Joseph et Marie, appelés ici par le texte sacré Père et Mère de Jésus, qui demandent compte de son acte au Créateur et seuls ils pouvaient et devaient le faire.

Jésus est donc vraiment homme, soumis à ses parents et leur obéissant. Il reconnaît pour Mère la Vierge Marie qui l’a conçu et enfanté, et, à cause d’elle, il reconnaît aussi pour Père saint Joseph, non pas que celui-ci ait eu aucune part dans le mystère de son Incarnation, mais parce que, étant l’époux véritable de sa Mère, il tenait la place du Père éternel dans la sainte Famille par la volonté divine, et il exerçait en son nom la patria potestas sur l’Enfant-Dieu, lequel, devant les lois et devant le monde, ne devait pas paraître abandonné.

Il est donc affirmé et mis en pleine lumière, le dogme de l’humanité très sainte de Jésus. Celui-ci, devant ses Parents eux-mêmes, extasiés parce qu’ils sont témoins du mystère de cette Épiphanie de sa nature humaine et y ont part, veut maintenant faire briller aussi les rayons d’une autre Théophanie, celle de sa divinité et de sa divine origine. Il s’en acquitte divinement, par une simple déclaration où pourtant ses très saints Parents trouvèrent une telle élévation de sagesse et de lumière que, comme plus tard les trois apôtres sur le Thabor, ils durent, pour ainsi dire, se protéger les yeux avec la main en face des rayons incandescents de ce vivant Soleil de justice. « Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des choses de mon Père ? »

Le saint Évangile dit que les Sanhédrites émerveillés étaient suspendus aux lèvres de Jésus ; il affirme au contraire que Marie et Joseph n’arrivèrent pas à pénétrer le mystère de ces paroles parce que durant la vie présente, quand la lumière de la vision intellectuelle est trop forte, les yeux, au contact de Dieu, se ferment, et l’esprit ne peut exprimer en pensées humaines ce qu’il voit.

Le verset de l’offertoire est tiré de l’Évangile selon saint Luc (II, 22), où il est raconté que, quarante jours après Noël, Marie et Joseph prirent le petit Enfant Jésus et s’en allèrent à Jérusalem pour l’offrir au Seigneur dans le temple. Cette oblation, au moyen de laquelle était désignée et acceptée la future Victime du Calvaire, était comme l’offertoire d’une Messe sanglante qui devait atteindre son point culminant trente-trois ans plus tard, le vendredi de la parascève pascale. Marie et Joseph remplissent maintenant les fonctions de ministres de ce premier rite, puisqu’eux-mêmes symbolisent l’Église tout entière, laquelle devait ensuite hériter de Jésus la grâce de la hiérarchie sacerdotale.

Dans la secrète, on présente au Seigneur l’oblation sacrée enveloppée des vapeurs du parfum des prières de Marie et de Joseph, afin que, par leurs mérites, Dieu donne paix et grâce à nos familles. — La paix c’est Lui qui, dans son Sang, nous a réconciliés avec le ciel, avec la terre et avec nous-mêmes. Cette paix est un pur don de sa part, et c’est pourquoi nous disons que c’est une grâce, car elle nous est accordée uniquement par son amour.

L’antienne chantée pendant la communion du peuple est empruntée à l’Évangile de ce jour. Jésus descend de Jérusalem et va à Nazareth avec ses Parents, où il passe les trente premières années de sa vie mortelle dans la soumission vis-à-vis d’eux. Voilà l’histoire de Jésus, narrée par l’Évangéliste Luc en un seul mot : et erat subditus illis. Son Maître, le grand saint Paul, avait écrit que Jésus avait été obéissant au Père jusqu’à la mort de la Croix. Maintenant le disciple reprend cette pensée de l’Apôtre et la développe, déclarant que cette obéissance s’était étendue non seulement à Dieu mais aussi aux hommes. De la sorte, Celui qui est Roi des rois et Seigneur des seigneurs reçoit aujourd’hui du Saint-Esprit dans l’Évangile le titre de subditus. Quelle grandeur et quelle profondeur !

Dans la prière d’action de grâces après la communion, nous supplions la divine clémence de nous accorder d’imiter pendant notre vie les exemples de la sainte Famille de Nazareth, en sorte que, à notre mort, Marie et Joseph viennent au-devant de nous et nous accueillent au sein de cette grande famille que Dieu nourrit dans le ciel.

La vie de l’Église catholique est la continuation de celle de la sainte Famille de Nazareth, car Jésus n’a pas fondé sur la terre deux sociétés mais une seule, dont il fut le Chef, et Marie et Joseph les premiers membres. Nous devons donc être continuellement attentifs à nos origines, à la roche, comme dit le prophète, d’où nous avons été arrachés, nous inspirant des exemples de pauvreté, d’humilité, de vie cachée en Dieu qui resplendissent dans la société domestique de Jésus, Marie et Joseph.

Aux louanges de la liturgie latine, nous ajouterons aujourd’hui un beau texte de la liturgie byzantine en l’honneur de la sainte Famille de Nazareth, Le compositeur est le célèbre saint Joseph l’Hymnographe : « Vous, ô Joseph porte-Dieu, vous fûtes le gardien de la Vierge pure qui conserva intacte sa virginité. D’Elle prit chair le Verbe divin, la conservant Vierge même après l’ineffable enfantement. Vous, ô Joseph, avec Marie, souvenez-vous de nous ».


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Le dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie forme la transition entre l’histoire de la jeunesse du Sauveur et son ministère public, car au jour Octave on célèbre déjà son baptême dans le Jourdain. C’est pourquoi l’Église nous présente aujourd’hui l’Enfant-Jésus à l’âge de douze ans. C’est sans doute encore un Enfant, mais il nous fait déjà songer à son ministère futur. — Mais cet office antique et très beau est actuellement supplanté par la fête de la Sainte Famille. La messe du dimanche est reportée au premier jour libre, généralement au lundi.

En vérité tu es un Roi caché

1. Premières impressions. — Nous avons vu que la liturgie de Noël est l’œuvre de l’Orient et de l’Occident. L’Occident nous a donné la fête historique et intime de Noël et l’Orient la fête de l’Épiphanie placée au-dessus du temps. Mais chacune des deux Églises a compris et développé cette dernière fête à sa manière. L’Église d’Orient a pensé surtout aux magnificences de la visite royale et des noces, l’Église d’Occident a vu surtout la « fête des Rois ». La fête d’aujourd’hui nous montre que ce ne sont pas seulement les diverses contrées mais encore les diverses époques qui ont contribué à la formation de la liturgie. La plupart des fêtes du temps de Noël (à part celle du Saint Nom de Jésus) remontent aux temps de l’ancienne Église et ont comme un parfum d’antiquité. Celle d’aujourd’hui est issue du temps présent. La comparaison entre ces deux ordres de fête nous fera mieux connaître la manière et l’esprit de la liturgie. Quand on a récité les Matines et célébré la messe d’aujourd’hui, on est frappé de trois particularités : a) ici la pensée passe avant l’action ; b) le but de la fête est un enseignement, une leçon morale, c) le caractère sentimental est plus visible que dans les fêtes anciennes.

a) Les anciennes messes sont des mystères en action, c’est un drame divin dont les textes sont l’illustration ; l’avant-messe et même la prière des Heures sont l’image de ce qui se réalise au Saint-Sacrifice. La fête d’aujourd’hui est, dans ses textes liturgiques, une méditation de la vie cachée de la Sainte Famille à Nazareth. Les Matines et l’avant-messe n’ont qu’un lien assez lâche avec la messe elle-même. C’est une méditation vraiment attachante : le Roi caché dans sa vie d’obéissance ; sa sainte Mère, la Reine et la Vierge prêtre de la Sainte Famille ; Saint Joseph, l’humble chef de la sainte Famille ! Considérons la Sainte Famille dans le travail, dans la prière, dans la joie et dans la peine.

b) Quel est le but de la fête ? C’est un but particulier. Elle veut présenter aux familles, dont la vie a été si ébranlée par la grande guerre, l’exemple de la Sainte Famille de Nazareth. Ceci est encore une différence. Les anciennes messes et les anciennes fêtes nous donnent sans doute une leçon de vie, elles aussi, mais ce n’est pas là leur but principal. La fin et le but de Noël, c’est la venue du Christ. Notre fête veut renouveler la famille chrétienne. Nous autres chrétiens, qui sommes des liturgistes conscients, nous aurons à cœur de suivre l’exhortation pressante de notre Mère l’Église, nous développerons l’esprit du foyer au sein de notre famille, nous aurons du zèle pour la sainteté de la famille. N’oublions pas non plus de cultiver l’esprit de famille, dans notre communauté liturgique.

c) Notre fête plaçant au premier plan la méditation et l’enseignement, il n’est pas étonnant qu’elle fasse appel à tout ce qui peut émouvoir notre sensibilité. C’est pourquoi les textes sont très touchants. Celui qui n’est pas encore très initié à la liturgie éprouvera, par exemple, un grand charme à réciter les Matines ; les Hymnes, composés par le pape Léon XIII lui-même, sont très lyriques. Les Leçons du premier nocturne sont un miroir de vertus pour la famille chrétienne, les Répons sont de charmantes miniatures ; les Leçons des deux autres Nocturnes sont elles-mêmes attrayantes et touchantes. On le voit, l’Église est, dans sa liturgie, semblable au père de famille de l’Évangile : elle tire de son trésor « du nouveau et de l’ancien ».

2. La messe (Exultat gaudio) : La messe de la fête est claire et facile à comprendre : l’Évangile est le joyeux message de la vie cachée de Notre-Seigneur (la disparition de l’Enfant Jésus au temple ne joue dans cette fête qu’un rôle secondaire) ; le verset principal de l’Évangile est celui-ci : « Il descendit avec eux et vint à Nazareth et il leur était soumis ». Nous apprenons ici que souvent un Évangile n’est choisi qu’à cause d’une seule phrase. L’Épître veut nous peindre la vie de la sainte famille : la charité, l’humilité, la patience, la paix, la prière, au foyer de Nazareth. « Tout ce que vous faites, en paroles et en œuvres, faites-le au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ et rendez grâces à Dieu le Père par lui. » L’Épître est en même temps un miroir de vertu pour chaque famille. Les Oraisons demandent l’intercession, la protection et l’imitation de la Sainte Famille. La dernière -demande que Marie et Joseph viennent à notre rencontre à l’heure de la mort et que Jésus nous reçoive dans les tabernacles éternels. Les chants sont lyriques, ils transportent l’âme pieuse dans la petite maison de Nazareth et nous montrent la Sainte Famille dans la joie (Intr.) : « Comme elle est aimable ta demeure, Seigneur des armées, mon âme a soupiré avec ardeur vers les vestibules du Seigneur. » L’Église applique aujourd’hui ce beau psaume à la petite maison de Nazareth. Le chant de l’Alléluia admire « le Roi caché, Dieu d’Israël et Sauveur ». Il est caché dans la petite maison de Nazareth. L’Offertoire convient très bien : la présentation de Jésus était une véritable offrande, ce qu’est aussi dans son essence notre sacrifice. La Communion nous permet aussi un beau rapprochement. De même que Notre-Seigneur « descendit avec ses parents et vint à Nazareth » il descend encore sur l’autel et « nous est soumis ».

3. Lecture d’Écriture (I. Cor. chap. 1). — Aux Matines, les Leçons du premier Nocturne sont choisies spécialement. Elles sont un développement de l’Épître. Elles contiennent des enseignements sur la vie chrétienne de la famille. Cependant nous commençons aujourd’hui la lecture suivie de l’Épître aux Corinthiens. Pour l’importance et l’étendue, cet Épître vient immédiatement après celle aux Romains. Elle s’en distingue par le sujet ; cependant Saint Paul y explique méthodiquement l’œuvre du salut du Christ. Mais il le fait sans plan, il se contente de répondre successivement à des questions et de résoudre des difficultés. L’Épître aux Romains nous fait connaître la théologie de l’Apôtre, l’Épître aux Corinthiens nous fait pénétrer dans la vie des communautés de l’Église primitive et c’est là ce qui constitue la valeur principale de cette Épître. A la théologie succède la pratique. Il conviendrait que tout chrétien cultivé étudie méthodiquement cette Épître.. Mais l’Église ne nous laisse qu’une semaine pour en faire la lecture. C’est pourquoi nous en choisirons librement sept passages qui nous montreront la magnificence du royaume fondé par le Christ.

Nous lisons aujourd’hui le commencement de l’Épître. Saint Paul commence solennellement : « Paul, par la volonté de Dieu appelé Apôtre de Jésus-Christ, et Sosthènes son frère souhaitent à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui sont sanctifiés dans le Christ Jésus, à tous ceux qui sont appelés saints, ainsi qu’à tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur, où qu’ils soient et que nous soyons, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. Je rends grâce à Dieu continuellement, à votre sujet, à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus. Par lui vous êtes en effet devenus riches en tout don d’enseignement et en toute science, car la prédication du Christ a été affermie parmi vous. Et vous n’êtes privés d’aucun don de la grâce et vous pouvez attendre la manifestation de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui vous donnera la persévérance jusqu’à la fin et vous serez sans blâme au jour de l’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dieu est fidèle, par qui vous avez été appelés dans la société de son Fils, Jésus-Christ Notre Seigneur. »

Quand on médite cette introduction, on se rend compte des principes de vie qui animaient les premiers chrétiens et en même temps de l’enthousiasme de saint Paul. — Dans la suite, saint Paul stigmatise le malheureux esprit de parti qui divisait les Corinthiens ; il compte quatre partis : « Je crois bien que chacun d’entre vous dit : Moi, j’appartiens à Paul, moi à Apollo, moi à Céphas, moi au Christ ». Il parle ensuite de la folie de la Croix : « car la parole de la Croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une force de Dieu... Les Juifs demandent des signes, les Grecs la sagesse, quant à nous, nous prêchons le Christ crucifié qui est un scandale pour les Juifs et une folie pour les Gentils. Mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Gentils, nous prêchons le Christ, la force de Dieu et la sagesse de Dieu. »

4. La cellule liturgique. — La famille est la cellule de toute communauté : de l’État, de la société humaine, ainsi que de l’Église. De la santé de la cellule dépend le bien-être de tout le corps, de l’ensemble de l’organisme. De la santé morale de la famille dépend le bien de l’État, ainsi que le bien de l’Église. Nous devons donc avoir à cœur de posséder des familles vraiment chrétiennes. Malheureusement, c’est précisément la famille qui a le plus souffert des conséquences de la grande guerre. Le but des ennemis de la foi est de détruire la famille et par là d’empoisonner les cellules fondamentales de l’organisme chrétien. Hélas ! on sape de plus en plus la vie de famille. Est-ce que notre renaissance liturgique ne pourrait pas apporter sa contribution à la restauration de la famille ? Assurément et une large contribution. Tout d’abord la liturgie entretient et développe l’esprit de communauté : elle fait l’éducation de cet esprit. Il faut abandonner l’esprit d’égoïsme quand on veut se laisser guider par la liturgie. Le dogme sublime et fondamental du corps mystique du Christ, sur lequel s’appuie la liturgie, doit logiquement restaurer la famille. La famille est le corps mystique en petit, elle est la cellule de ce corps mystique. C’est justement la famille qui peut présenter à nos regards le corps mystique dans sa réalité. Il est si difficile autrement de faire voir cette réalité. Les hommes croient toujours que c’est une image et une parabole ; mais, dans la famille, ils peuvent en reconnaître la réalité. Le père est la tête du corps, comme le Christ est la tête de l’Église ; la mère est le corps, comme l’Église ; les enfants sont les membres, comme les chrétiens sont les membres du corps mystique. Dans une vraie famille, il n’y a réellement qu’une volonté et qu’une pensée « un seul cœur et une seule âme ». Le pain terrestre vient du père ; il est distribué par la mère ; les enfants reçoivent sang et vie de leurs parents. C’est là encore une magnifique image du corps mystique. Mais c’est plus qu’une image, c’est un symbole plein de réalité. Le père a quelque chose en lui du Christ, chef du corps mystique ; il n’est pas seulement son représentant, il porte quelque chose en lui de son essence et de sa présence ; la mère aussi a quelque chose de l’Église ; quant aux enfants, ils sont membres du grand corps mystique du Christ.

Maintenant adoptez cet esprit d’unité dans votre famille et tâchez de le réaliser pratiquement. Il faudrait tout renouveler. Vous, enfants, voyez dans votre père le Christ. Voyez, honorez, aimez en lui le Christ. Que la femme aussi voie en lui le Christ. Quant à vous, pères de famille, essayez de vivre comme le Christ et de gouverner votre famille dans son esprit. La mère est l’Église. Quel idéal pour la femme ! Quel encouragement pour l’homme et les enfants !

Les enfants sont des membres remplis du Christ ; ce sont des cellules dans lesquelles le Christ doit grandir, arriver à la maturité et prendre forme. On ne peut pas s’imaginer comme une famille pourrait prospérer sans être entièrement pénétrée de cette pensée fondamentale. La liturgie a donc un rôle à remplir pour la famille. Que de choses nous pourrions dire encore ! Comme la liturgie sanctifierait la famille dans la prière, le sacrifice de la messe, les sacrements, l’année ecclésiastique ! La prière des Heures en famille : la prière du matin et du soir en commun ! Le sacrifice de communauté ! Comme la messe entendue et vécue en commun formerait la famille ! Cette famille rassemblerait les sacrifices, les travaux, les souffrances, les prières de toute la semaine pour les offrir à la messe du dimanche ; elle puiserait dans l’instruction du dimanche des exhortations mutuelles pour la semaine qui commence. Quelle importance n’ont pas les sacrements pour la famille : le baptême qui est une fête pour tous, la première communion, la Confirmation, les derniers sacrements ! Et tout particulièrement la mère a une mission liturgique dans la famille. C’est elle qui fera de sa maison une église, de sa famille une communauté liturgique.


El Greco. La Sainte Famille, vers 1587-1596  (127 x 106 cm – Hôpital Tavera, Tolède)

La Sainte Famille : Joseph, Marie, Jésus.

C'est tout naturel que nous avons célébré en famille, Noël et les festivités du nouvel an. Aussi, la liturgie consacre-t-elle ce dernier dimanche de l'année qui s'achève comme la journée de la Sainte Famille. Saint Matthieu que souvent nous trouvons friand de beaux discours, ne nous fait pas un exposé sur la famille.

Il ne nous montre simplement la première famille chrétienne, celle dont le christ nouveau-né a tout reçu, celle qui a donné une éducation au Christ. Cette famille, c'est Joseph, Marie, Jésus. On ne les voit pas parler beaucoup entre eux. Les évangiles n'ont retenu que deux fois, Marie a parlé à son enfant .Aussi, Jésus ne s'adressait que deux fois brièvement à sa mère en l'appelant d'une façon vraiment insolite :" femme".

On peut dire que c'est cela la famille dans la Bible. On se parle peu entre homme et femme. Nous pouvons chercher longtemps pour trouver un mari qui parle amoureusement à sa femme. Tout ce que l'homme aurait dû parler à sa femme, et la femme à son homme a été comme prêté à Dieu pour qu'il s'adresse à son peuple. Le langage amoureux de l'homme et de la femme est devenu ici les paroles de prière et de louange. C'est le dialogue perpétuel de Dieu à son peuple et de son peuple à Dieu.

"Je te fiancerai à moi pour toujours, par tendresse, par amour." Os.2,21. "Je t'aime d'un amour éternel, aussi t'ai-je étendu ma faveur."Jér.31,3.

"Seigneur, ton amour m'est plus précieux que la vie."Ps.24,4

"Seigneur tu m'as restauré avec des gâteaux de raisin, et je suis malade d'amour."Cant.2,5.Dès l'aube, je Te cherche, ma chair languit auprès de Toi.

Mais ici, même ces mots d'amour ne sont pas aussi forts pourparler de ce qui s'est passé, et le silence de Joseph, de Marie, et de Jésus nous apprend mieux encore ce que peut être la famille que Dieu attend. Ici, chacun dit "moi" dans l'autre: Joseph dans Marie, Marie dans Jésus, et Jésus dans "son Père". Le "Je" pronom personnel de chacun est l'autre.

Et l'autre ultime des trois c'est cet Enfant-Dieu qui va nous dire un jour :" Croyez-m'en ! Je suis dans le Père et le Père est en moi."

La famille est le lieu de l'intériorité, et de dépassement. C'est le lieu où Dieu se révèle et parle. Car c'est aussi le lieu où nous conjuguons tout au long de la vie à tous les moments, les verbes les plus forts de la vie humaine. Naître. Aimer. Engendrer. Vivre. Se nourrir. Elever. Eduquer c'est à dire Transmettre et recevoir la Mémoire de la vie. Servir. Etre ensemble devant la solitude de la vie. Mourir. C'est en vivant à fond tous ces verbes que l'homme rencontre Dieu écoute Dieu qui parle à travers ces vécus humains. Il est impossible de rencontrer Dieu si l'on ne se rencontre pas encore en famille. Le non-sens de Dieu n'est-il pas d'abord le non-sens de la relation humaine ou l'incapacité de penser à l'autre, de penser l'autre.

Car c'est dans les vécus profonds de l'homme que Dieu trouve des images pour parler du mystère de la vie en Dieu. Dieu est Père. Dieu est Fils .Dieu est Relation Père-Fils, intérieur profond comme le souffle ou l'Esprit. La famille biblique est ainsi le lieu éminent où les enfants peuvent forger leur personnalité. Ils n'ont pas à revendiquer leur autonomie. Elle est donnée. Car c'est pour eux que la Bible est écrite. "Donne-moi des fils, sinon je suis morte, moi, disait Rachel à son mari. La famille c'est le foyer, comme le mot a si bien dit, le lieu où rayonne la chaleur, où l'on est heureux de rentrer le soir venu.

Quoi d'étonnant si l'on se sent froid, à son intérieur, autour de soi, quand on a perdu de mémoire ce que c'est un foyer humain ? La psychanalyse moderne essaie de retrouver la chaleur perdue, essentielle à l'homme pour retrouver son équilibre. Elle a touché à la blessure. Mais le vrai père, la mère véritable, le fils "comme on attendait" ne s'inventent pas. Et on tourne ainsi en un cercle vicieux ne pouvant pas débarrasser le visage de l'autre qui n'est pas autre chose la réplique de son moi perturbé.

La Bonne Nouvelle c'est que Dieu est devenu Fils. C'est Lui qui sauve le père et la mère, conscients de leur mission, capables maintenant de donner des enfants qui peuvent envisager, eux aussi à leur tour, que la vie reçue, c'est pour la donner aux autres.

D.L., 29 décembre 2002

SOURCE : http://www.saint.germain.free.fr/homelies/b2003/b3stefamille.htm


Sur les œuvres du Geco, voir :


Feast of the Holy Family

The Holy Family is the name given to the family unit of Jesus: The Divine Son of God Jesus, his mother Mary, and his foster-father Joseph. We know very little about the life of the Holy Family through the Canonical Scriptures. They speak of the early years of the Holy Family, including the birth of Jesus in Bethlehem, the flight into Egypt, and the finding of Jesus in the temple.

Various non-canonical works, including the Infancy Gospel of Thomas, try to fill in the blanks. However, even though these apocryphal works may contain some truth from oral tradition, they have been deemed unworthy of canonical status because of the way they present Jesus. While the exact details of the day-to-day life of the Holy Family may be unknown, we can still learn a lot from the stories we do have.

Devotion to the Holy Family is a recent development, but one that naturally grows out of a love for Jesus and his family. The cult of the Holy Family grew in popularity in the 17th century, and several religious congregations have been founded under this title. The Holy Family also became portrayed in popular art of the period. On October 26, 1921 the Congregation of Rites (under Pope Benedict XV) inserted the Feast of the Holy Family into the Latin Rite general calendar. Until then it had been celebrated regionally.

Popes before and including Benedict XV (especially Leo XIII) promoted the feast as a way to counter the breakdown of the family unit. Today the Church celebrates the Feast on the Sunday between Christmas and New Year’s Day (Known as the Feast of Mary Mother of God in the Catholic Church). If both Christmas and New Year’s Day fall on Sundays, no Sunday exists between the two dates, so the Church celebrates the Holy Family Feast on December 30th. If the feast falls on the 30th, attendance is not obligatory. Up until 1969, the Holy Family feast was kept on the first Sunday after the Epiphany. It was transferred to its current date in 1969.

The Feast of the Holy Family is not just about the Holy Family, but about our own families too. The main purpose of the Feast is to present the Holy Family as the model for all Christian families, and for domestic life in general. Our family life becomes sanctified when we live the life of the Church within our homes. This is called the “domestic church” or the “church in miniature.” St. John Chrysostom urged all Christians to make each home a “family church,” and in doing so, we sanctify the family unit. Just how does one live out the Church in the family? The best way is by making Christ and his Church the center of family and individual life. Ways to do this include: reading scripture regularly, praying daily, attending Mass at least on Sundays and Holy Days of Obligation, imitating the actions of the Holy Family, and so forth, all done together as a family unit.

In addition to cultivating positive actions, the Church understands that various actions and behaviors are contrary to God’s Divine plan for the family, and these should be avoided. These include abortion, contraception, same-sex marriage, polygamy, embryonic stem-cell research, divorce, spousal abuse, child abuse, and co-habitation. Catholic Teaching is that a marriage must be open to children. Anything artificial that prevents this is contrary to divine law. Also, poverty, lack of health care, and other social justice concerns must be addressed by faithful Christians because of the negative effect these conditions have on the family unit.

The Holy Family feast is a good time to remember the family unit and pray for our human and spiritual families. We also may take this feast to reflect on the value and sanctity of the family unit, and to evaluate our own family life. What ways may it be improved? What would Jesus, Mary, and Joseph do? Finally, we can use this feast to ask ourselves what are we doing to promote the family within our own cultures, neighborhoods, and communities.


SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/feast-of-the-holy-family/


FEAST OF THE HOLY FAMILY

BENEDICT XVI

ANGELUS

St Peter's Square

Sunday, 27 December 2009

Dear Brothers and Sisters,

Today is Holy Family Sunday. We can still identify ourselves with the shepherds of Bethlehem who hastened to the grotto as soon as they had received the Angel's announcement and found "Mary and Joseph, and the Babe lying in the manger" (Lk 2: 16). Let us too pause to contemplate this scene and reflect on its meaning. The first witnesses of Christ's birth, the shepherds, found themselves not only before the Infant Jesus but also a small family: mother, father and newborn son. God had chosen to reveal himself by being born into a human family and the human family thus became an icon of God! God is the Trinity, he is a communion of love; so is the family despite all the differences that exist between the Mystery of God and his human creature, an expression that reflects the unfathomable Mystery of God as Love. In marriage the man and the woman, created in God's image, become "one flesh" (Gen 2: 24), that is a communion of love that generates new life. The human family, in a certain sense, is an icon of the Trinity because of its interpersonal love and the fruitfulness of this love.

Today's Liturgy presents the famous Gospel episode of the 12-year-old Jesus who stays behind in the Temple in Jerusalem unbeknown to his parents who, surprised and anxious, discover him three days later conversing with the teachers. Jesus answers his Mother who asks for an explanation that he must "be in his Father's house" that is God's house (cf. Lk 2: 49). In this episode the boy Jesus appears to us full of zeal for God and for the Temple. Let us ask ourselves: from whom did Jesus learn love for his Father's affairs? As Son he certainly had an intimate knowledge of his Father, of God, and a profound and permanent relationship with him but, in his own culture he had of course learned prayers and love for the Temple and for the Institutions of Israel from his parents. We may therefore say that Jesus' decision to stay on at the Temple was above all the result of his close relationship with the Father, but it was also a result of the education he had received from Mary and Joseph. Here we can glimpse the authentic meaning of Christian education: it is the fruit of a collaboration between educators and God that must always be sought. The Christian family is aware that children are a gift and a project of God. Therefore it cannot consider that it possesses them; rather, in serving God's plan through them, the family is called to educate them in the greatest freedom, which is precisely that of saying "yes" to God in order to do his will. The Virgin Mary is the perfect example of this "yes". Let us entrust all families to her, praying in particular for their precious educational mission.

And I now address in Spanish all those who are taking part in the Feast of the Holy Family in Madrid.

I cordially greet the Pastors and faithful who have gathered in Madrid to celebrate joyfully the Sacred Family of Nazareth. How is it possible not to remember the true meaning of this feast? Having come into the world, into the heart of a family, God shows that this institution is a sure path on which to encounter and come to know him, as well as an ongoing call to work for the unity of all people centred on love. Hence one of the greatest services that we Christians can render our fellow human beings is to offer them our serene and unhesitating witness as a family founded on the marriage of a man and a woman, safeguarding and promoting the family, since it is of supreme importance for the present and future of humanity. Indeed, the family is the best school at which to learn to live out those values which give dignity to the person and greatness to peoples. In the family sorrows and joys are shared, since all feel enveloped in the love that prevails at home, a love that stems from the mere fact of belonging to the same family. I ask God that in your homes you may always breathe this love of total self-giving and faithfulness which Jesus brought to the world with his birth, nurturing and strengthening it with daily prayer, the constant practice of the virtues, reciprocal understanding and mutual respect. I then encourage you so that, trusting in the motherly intercession of Mary Most Holy, Queen of Families, and under the powerful protection of St Joseph, her spouse, you may dedicate yourselves tirelessly to this beautiful mission which the Lord has placed in your hands. In addition you may count on my closeness and affection, and I ask you to convey to your loved ones who are in the greatest need or find themselves in difficulty a very special greeting from the Pope. I warmly bless you all.


After the Angelus:

I am happy to greet all the English-speaking visitors present at this Angelus prayer. Today we celebrate with joy the Feast of the Holy Family, who shared with us this fundamental human experience. I pray that the Lord may bless all Christian families and assist them in living their daily life in mutual love and in generosity to others, after the example of Jesus, Mary and Joseph. May Almighty God continue to bless you all with peace and joy during this Christmas Season! Best wishes to all!

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana




Family


A term derived from the Latin, famulus, servant, and familia, household servants, or the household (cf. Oscan famel, servant). In the classical Roman period the familia rarely included the parents or the children. Its English derivative was frequently used in former times to describe all the persons of the domestic circle, parents, children, and servants. Present usage, however, excludes servants, and restricts the word family to that fundamental social group formed by the more or less permanent union of one man with one woman, or of one or more men with one or more women, and their children. If the heads of the group comprise only one man and one woman we have the monogamous family, as distinguished from those domestic societies which live in conditions of polygamy, polyandry, or promiscuity.

Certain anthropological writers of the last half of the nineteenth century, as Bachofen (Das Mutterrecht, Stuttgart, 1861), Morgan (Ancient Society, London, 1877), Mc'Lennan (The Patriarchal Theory, London, 1885), Lang (Custom and Myth, London, 1885), and Lubbock (The Origin of Civilization and the Primitive Condition of Man, London, 1889), created and developed the theory that the original form of the family was one in which all the women of a group, horde, or tribe, belonged promiscuously to all the men of the community. Following the lead of Engels (The Origin of the Family, Private Property, and the State, tr. from the German, Chicago, 1902), many Socialist writers have adopted this theory as quite in harmony with their materialistic interpretation of history. The chief considerations advanced in its favour are: the assumption that in primitive times all property was common, and that this condition naturally led to community of women; certain historical statements by ancient writers like Strabo, Herodotus, and Pliny; the practice of promiscuity, at a comparatively late date, by some uncivilized peoples, such as the Indians of California and a few aboriginal tribes of India; the system of tracing descent and kinship through the mother, which prevailed among some primitive people; and certain abnormal customs of ancient races, such as religious prostitution, the so-called jus primæ noctis, the lending of wives to visitors, cohabitation of the sexes before marriage, etc.

At no time has this theory obtained general acceptance, even among non-Christian writers, and it is absolutely rejected by some of the best authorities of today, e.g. Westermarck (The History of Human Marriage, London, 1901) and Letourneau (The Evolution of Marriage, tr. from the French, New York, 1888). In reply to the arguments just stated, Westermarck and others point out that the hypothesis of primitive communism has by no means been proved, at least in its extreme form; that common property in goods does not necessarily lead to community of wives, since family and marriage relations are subject to other motives as well as to those of a purely economic character; that the testimonies of classical historians in the matter are inconclusive, vague, and fragmentary, and refer to only a few instances; that the modern cases of promiscuity are isolated and exceptional, and may be attributed to degeneracy rather than to primitive survivals; that the practice of tracing kinship through the mother finds ample explanation in other facts besides the assumed uncertainty of paternity, and that it was never universal; that the abnormal sexual relations cited above are more obviously, as well as more satisfactorily, explained by other circumstances, religious, political, and social, than by the hypothesis of primitive promiscuity; and, finally, that evolution, which, superficially viewed, seems to support this hypothesis, is in reality against it, inasmuch as the unions between the male and the female of many of the higher species of animals exhibit a degree of stability and exclusiveness which bears some resemblance to that of the monogamous family.

The utmost concession which Letourneau will make to the theory under discussion is that "promiscuity may have been adopted by certain small groups, more probably by certain associations or brotherhoods" (op. cit., p. 44). Westermarck does not hesitate to say: "The hypothesis of promiscuity, instead of belonging, as Professor Giraud-Teulon thinks, to the class of hypotheses which are scientifically permissible has no real foundation, and is essentially unscientific" (op. cit., p. 133). The theory that the original form of the family was either polygamy or polyandry is even less worthy of credence or consideration. In the main, the verdict of scientific writers is in harmony with the Scriptural doctrine concerning the origin and the normal form of the family: "Wherefore a man shall leave father and mother, and shall cleave to his wife: and they shall be two in one flesh" (Genesis 2:24). "Therefore now they are not two, but one flesh. What therefore God hath joined together, let no man put asunder" (Matthew 19:6). From the beginning, therefore, the family supposed the union of one man with one woman.

While monogamy was the prevailing form of the family before Christ, it was limited in various degrees among many peoples by the practice of polygamy. This practice was on the whole more common among the Semitic races than among the Aryans. It was more frequent among the Jews, the Egyptians, and the Medes, than among the people of India, the Greeks, or the Romans. It existed to a greater extent among the uncivilized races, although some of these were free from it. Moreover, even those nations which practised polygamy, whether civilized or uncivilized, usually restricted it to a small minority of the population, as the kings, the chiefs, the nobles, and the rich. Polyandry was likewise practised, but with considerably less frequency. According to Westermarck, monogamy was by far the most common form of marriage "among the ancient peoples of whom we have any direct knowledge" (op. cit., p. 459). On the other hand, divorce was in vogue among practically all peoples, and to a much greater extent than polygamy.

The ease with which husband and wife could dissolve their union constitutes one of the greatest blots upon the civilization of classic Rome. Generally speaking, the position of woman was very low among all the nations, civilized and uncivilized, before the coming of Christ. Among the barbarians she very frequently became a wife through capture or purchase; among even the most advanced peoples the wife was generally her husband's property, his chattel, his labourer. Nowhere was the husband bound by the same law of marital fidelity as the wife, and in very few places was he compelled to concede to her equal rights in the matter of divorce. Infanticide was practically universal, and the patria potestas of the Roman father gave him the right of life and death over even his grown-up children. In a word, the weaker members of the family were everywhere inadequately protected against the stronger.

The Christian family

Christ not only restored the family to its original type as something holy, permanent, and monogamous, but raised the contract from which it springs to the dignity of a sacrament, and thus placed the family itself upon the plane of the supernatural. The family is holy inasmuch as it is to co-operate with God by procreating children who are destined to be the adopted children of God, and by instructing them for His kingdom. The union between husband and wife is to last until death (Matthew 19:6 sq.; Luke 16:18; Mark 10:11; 1 Corinthians 7:10; see MARRIAGE, DIVORCE). That this is the highest form of the conjugal union, and the best arrangement for the welfare both of the family and of society, will appear to anyone who compares dispassionately the moral and material effects with those flowing from the practice of divorce. Although divorce has obtained to a greater or less extent among the majority of peoples from the beginning until now, "there is abundant evidence that marriage has, upon the whole, become more durable in proportion as the human race has risen to higher degrees of cultivation" (Westermarck, op. cit., p. 535).

While the attempts that have been made to show that divorce is in every case forbidden by the moral law of nature have not been convincing on their own merits, to say nothing of certain facts of Old Testament history, the absolute indissolubility of marriage is nevertheless the ideal to which the natural law points, and consequently is to be expected in an order that is supernatural. In the family, as re-established by Christ, there is likewise no such thing as polygamy. This condition, too, is in accord with nature's ideal. Polygamy is not, indeed, condemned in every instance by the natural law, but it is generally inconsistent with the reasonable welfare of the wife and children, and the proper moral development of the husband. Because of these qualities of permanence and unity, the Christian family implies a real and definite equality of husband and wife. They have equal rights in the matter of the primary conjugal relation, equal claims upon mutual fidelity, and equal obligations to make this fidelity real. They are equally guilty when they violate these obligations, and equally deserving of pardon when they repent.

The wife is neither the slave nor the property of her husband, but his consort and companion. The Christian family is supernatural, inasmuch as it originates in a sacrament. Through the sacrament of matrimony husband and wife obtain an increase of sanctifying grace, and a claim upon those actual graces which are necessary to the proper fulfilment of all the duties of family life, and the relations between husband and wife, parents and children, are supernaturalized and sanctified. The end and the ideal of the Christian family are likewise supernatural, namely, the salvation of parents and children, and the union between Christ and His Church. "Husbands, love your wives, as Christ also loved the church, and delivered himself up for it", says St. Paul (Ephesians 5:25). And the intimacy of the marital union, the identification, almost, of husband and wife, is seen in the injunction: "So also ought men to love their wives as their own bodies. He that loveth his wife, loveth himself" (Ephesians 5:28).

From these general facts of the Christian family, the particular relations existing among its members can be readily deduced. Since the average man and woman are not normally complete as individuals, but are rather the two complementary parts of one social organism, in which their material, moral, and spiritual needs receive mutual satisfaction, a primary requisite of their union is mutual love. This includes not merely the love of the senses, which is essentially selfish, not necessarily that sentimental love which anthropologists call romantic, but above all that rational love or affection, which springs from an appreciation of qualities of mind and heart, and which impels each to seek the welfare of the other. As the intimate and long association of husband and wife necessarily bring to the surface their less noble and lovable qualities, and as the rearing of children involves great trials, the need of disinterested love, the ability to sacrifice self, is obviously grave.

The obligations of mutual fidelity have been sufficiently stated above. The particular functions of husband and wife in the family are determined by their different natures, and by their relation to the primary end of the family, namely, the procreation of children. Being the provider of the family, and the superior of the wife both in physical strength and in those mental and moral qualities which are appropriate to the exercise of authority, the husband is naturally the family's head, even "the head of the wife", in the language of St. Paul. This does not mean that the wife is the husband's slave, his servant, or his subject. She is his equal, both as a human being and as member of the conjugal society, save only that when a disagreement arises in matters pertaining to domestic government, she is, as a rule, to yield. To claim for her completely equal authority with the husband is to treat woman as man's equal in a matter in which nature has made them unequal. On the other hand the care and management of the details of the household belong naturally to the wife, because she is better fitted for these tasks than the husband.

Since the primary end of the family is the procreation of children, the husband or wife who shirks this duty from any but spiritual or moral motives reduces the family to an unnatural and unchristian level. This is emphatically true when the absence of offspring has been effected by any of the artificial and immoral devices so much in vogue at present. When the conjugal union has been blessed with children, both parents are charged, according to their respective functions, with the duty of sustaining and educating those undeveloped members of the family. Their moral and religious formation is for the most part the work of the mother, while the task of providing for their physical and intellectual wants falls chiefly upon the father. The extent to which the different wants of the children are to be supplied will vary with the ability and resources of the parents. Finally, the children are bound, generally speaking, to render to the parents implicit love, reverence, and obedience, until they have reached their majority, and love, reverence, and a reasonable degree of support and obedience afterward.

The most important external relations of the family are, of course, those existing between it and the State. According to the Christian conception, the family, rather than the individual, is the social unit and the basis of civil society. To say that the family is the social unit is not to imply that it is the end to which the individual is a means; for the welfare of the individual is the end both of the family and of the State, as well as of every other social organization. The meaning is that the State is formally concerned with the family as such, and not merely with the individual. This distinction is of great practical importance; for where the State ignores or neglects the family, keeping in view only the welfare of the individual, the result is a strong tendency towards the disintegration of the former. The family is the basis of civil society, inasmuch as the greater majority of persons ought to spend practically all their lives in its circle, either as subjects or as heads. Only in the family can the individual be properly reared, educated, and given that formation of character which will make him a good man and a good citizen.

Inasmuch as the average man will not put forth his full productive energies except under the stimulus of its responsibilities, the family is indispensable from the purely economic viewpoint. Now the family cannot rightly discharge its functions unless the parents have full control over the rearing and education of the children, subject only to such State supervision as is needed to prevent grave neglect of their welfare. Hence it follows that, generally speaking, and with due allowance for particular conditions, the State exceeds its authority when it provides for the material wants of the child, removes him from parental influence, or specifies the school that he must attend. As a consequence of these concepts and ideals, the Christian family in history has proved itself immeasurably superior to the non-Christian family. It has exhibited greater fidelity between husband and wife, greater reverence for the parents by the children, greater protection of the weaker members by the stronger, and in general a more thorough recognition of the dignity and rights of all within its circle. Its chief glory is undoubtedly its effect upon the position of woman. Notwithstanding the disabilities--for the most part with regard to property, education, and a practically recognized double standard of morals--under which the Christian woman has suffered, she has attained to a height of dignity, respect, and authority for which we shall look in vain in the conjugal society outside of Christianity. The chief factor in this improvement has been the Christian teaching on chastity, conjugal equality, the sacredness of motherhood, and the supernatural end of the family, together with the Christian model and ideal of family life, the Holy Family at Nazareth.

The contention of some writers that the Church's teaching and practice concerning virginity and celibacy, make for the degradation and deterioration of the family, not only springs from a false and perverse view of these practices, but contradicts the facts of history. Although she has always held virginity in higher honour than marriage, the Church has never sanctioned the extreme view, attributed to some ascetical writers, that marriage is a mere concession to the flesh, a sort of tolerated carnal indulgence. In her eyes the marriage rite has ever been a sacrament, the married state a holy state, the family a Divine institution, and family life the normal condition for the great majority of mankind. Indeed, her teaching on virginity, and the spectacle of thousands of her sons and daughters exemplifying that teaching, have in every age constituted a most effective exaltation of chastity in general, and therefore of chastity within as well as without the family. Teaching and example have combined to convince the wedded, not less than the unwedded, that purity and restraint are at once desirable and practically possible. Today, as always, it is precisely in those communities where virginity is most honoured that the ideal of the family is highest, and its relations purest.

Dangers for the family

Among these are the exaltation of the individual by the State at the expense of the family, which has been going on since the Reformation (cf. the Rev. Dr. Thwing, in Bliss, "Encyclopedia of Social Reform"), and the modern facility of divorce (see DIVORCE), which may be traced to the same source. The greatest offender in the latter respect is the United States, but the tendency seems to be towards easier methods in most of the other countries in which divorce is allowed. Legal authorization and popular approval of the dissolution of the marriage bond, not only breaks up existing families, but encourages rash marriages, and produces a laxer view of the obligation of conjugal fidelity. Another danger is the deliberate limitation of the number of children in a family. This practice tempts parents to overlook the chief end of the family, and to regard their union as a mere means of mutual gratification. Furthermore, it leads to a lessening of the capacity of self-sacrifice in all the members of the family. Closely connected with these two evils of divorce and artificial restriction of births, is the general laxity of opinion with regard to sexual immorality. Among its causes are the diminished influence of religion, the absence of religious and moral training in the schools, and the seemingly feebler emphasis laid upon the heinousness of the sin of unchastity by those whose moral training has not been under Catholic auspices. Its chief effects are disinclination to marry, marital infidelity, and the contraction of diseases which produce domestic unhappiness and sterile families.

The idle and frivolous lives of the women, both wives and daughters, in many wealthy families is also a menace. In the position which they hold, the mode of life which they lead, and the ideals which they cherish, many of these women remind us somewhat of the hetæræ of classical Athens. For they enjoy great freedom, and exercise great influence over the husband and father, and their chief function seems to be to entertain him, to enhance his social prestige, to minister to his vanity, to dress well, and to reign as social queens. They have emancipated themselves from any serious self-sacrifice on behalf of the husband or the family, while the husband has likewise declared his independence of any strict construction of the duty of conjugal fidelity. The bond between them is not sufficiently moral and spiritual, and is excessively sensual, social, and æsthetic. And the evil example of this conception of family life extends far beyond those who are able to put it into practice. Still another danger is the decline of family authority among all classes, the diminished obedience and respect imposed upon and exhibited by children. Its consequences are imperfect discipline in the family, defective moral character in the children, and manifold unhappiness among all.


Finally, there is the danger, physical and moral, threatening the family owing to the widespread and steadily increasing presence of women in industry. In 1900 the number of females sixteen years of age and over engaged in gainful occupations in the United States was 4,833,630, which was more than double the number so occupied in 1880, and which constituted 20 per cent of the whole number of females above sixteen years in the country, whereas the number at work in 1880 formed only 16 percent of the same division of the female population. In the cities of America two women out of every seven are bread-winners (see Special Report of the U.S. Census, "Women at Work"). This condition implies an increased proportion of married women at work as wage earners, an increased proportion of women who are less capable physically of undertaking the burdens of family life, a smaller proportion of marriages, an increase in the proportion of women who, owing to a delusive idea of independence, are disinclined to marry, and a weakening of family bonds and domestic authority. "In 1890, 1 married woman in 22 was a bread-winner; in 1900, 1 in 18" (ibid.). Perhaps the most striking evil result of married women in industry is the high death-rate among infants. For infants under one year the rate in 1900 over the whole United States, was 165 per 1000, but it was 305 in Fall River, where the proportion of married women at work is greatest. As the supreme causes of all these dangers to the family are the decay of religion and the growth of materialistic views of life, so the future of the family will depend upon the extent to which these forces can be checked. And experience seems to show that there can be no permanent middle ground between the materialistic ideal of divorce, so easy that the marital union will be terminable at the will of the parties, and the Catholic ideal of marriage absolutely indissoluble.

Sources

In addition to the authorities cited in the text, the following deserve particular mention: DEVAS, Studies in Family Life (London, 1886); RICHE, The Family, tr. SADLIER (New York, 1896); COULANGES, The Ancient City, tr. SMALL (Boston, 1901); BOSANQUET, The Family (London, 1906); THWING, The Family (Boston, 1887); BLISS, Encyclopedia of Social Reform (New York, 1907); ST CKL In Kirchenlexikon; La grande encyclop dia; PERRONE, De Matrimonio Christiano (Li ge, 1862); Westermarck's work contains a very large bibliography on the anthropological and sociological aspects of the subject. HOWARD, History of Matrimonial Institutions (Chicago, 1904).