jeudi 6 décembre 2012

Saint NICOLAS de MYRE (et de BARI), archevêque et confesseur

Saint Nicolas

Archevêque de Myre

(† 324)

Saint Nicolas de Patare, en Lycie, fut le fruit des prières de ses pieux parents. Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner, et l'on rapporte même que, le vendredi et le samedi, il ne prenait qu'une fois le sein de sa nourrice. Il avait un oncle évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction: "Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ."

Une de ses premières oeuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.

Après un pèlerinage aux Lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder. Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours. Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce. On l'honore comme le patron des écoliers.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



Saint Nicolas de Myre, évêque

Né à Patare en Lycie1 vers 270 de parents chrétiens : son père, Euphémius, était un homme riche, pieux et charitable ; sa mère, Anne, était la sœur de Nicolas l’Ancien, évêque de Myre. Nicolas fit présager dès l’enfance sa fidélité à la pratique du jeûne : les imagiers médiévaux ont reproduit sur nos vitraux le nourrisson repoussant d’un geste décidé le sein maternel. nombreux sont les traits analogues qui ont rendu saint Nicolas si populaire. La peste ayant enlevé ses parents et l’ayant laissé jeune à la tête d'un riche héritage, Nicolas consacra sa fortune à de bonnes œuvres. Un homme veuf de son voisinage ayant trois filles nubiles et, par suite de revers de fortune, ne pouvant leur assurer une honnête situation, résolut de les prostituer ; Nicolas se fit à leur égard l'instrument de la Providence en leur procurant une riche dotation. On dit que son oncle l’ordonna prêtre et le fit supérieur du monastère de Sainte-Sion, près de Myre.

Quand l'évêque de Myre vint à mourir, Dieu fit connaître aux évêques de la province que Nicolas était l’homme de son choix pour cet office. Contraint d'accepter l’épiscopat, Nicolas réalisa tout ce qu on attendait de l'évêque en ces temps primitifs ; il fut le guide doctrinal de son peuple, son défenseur dans les périls des persécutions, le sage administrateur des biens de la communauté chrétienne, un organisateur zélé des œuvres charitables. Jeté en prison durant les dernières années de la persécution de Dioclétien, il fut délivré à l'avènement de Constantin et revint à Myre. L'idolâtrie était encore vivace : l'évêque la combattit, renversant le temple de Diane qui était le centre de la réaction païenne dans la ville de Myre ; en un temps de famine, il s'ingénia pour procurer les vivres nécessaires à son peuple.

Parmi les miracles nombreux qui lui sont attribués, il faut mentionner celui que les artistes ont le plus fréquemment reproduit. Trois officiers de Constantin avaient été envoyés en Phrygie pour réprimer une sédition ; en passant par Myre ils avaient été reçus par l'évêque et l'avaient vu tirer des mains du bourreau trois de ses concitoyens injustement condamnés. Rentrés à Constantinople les trois officiers tombèrent en disgrâce et furent condamnés à mort. Se souvenant de ce qu'avait fait l'évêque de Myre, ils .s'adressèrent à Dieu pour obtenir que Nicolas manifestât sa puissance en leur faveur. Constantin, à qui le prélat apparut en songe, reconnut I'innocence des condamnés et les fit remettre en liberté. Tel est le thème que les artistes du Moyen Age ont représenté sous le titre des « trois tribuns sauvés de la mort. » Un trouvère du XII° siècle a narré dans un de ses poèmes l'histoire de « trois clercs allant à l'école », mis à mort par un boucher à qui ils avaient demandé l'hospitalité, puis ressuscités par le saint évêque de Myre. La légende des « trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs » s'ancra profondément dans la croyance populaire : représentée et chantée en Occident elle contribua a l'extension du culte rendu à saint Nicolas. Il faut en dire autant du miracle de la tempête apaisée par l'intercession de saint Nicolas.

Enfin Nicolas, au cours de son épiscopat, combattit les erreurs d'Arius, et fut l'un des 318 évêques qui condamnèrent l'arianisme au premier concile de Nicée. Sa mort arriva peu de temps après, vers 325, et de son tombeau s'écoula une huile miraculeuse. Vers 1087, comme la ville de Myre était au pouvoir des Turcs, des marchands de Bari furent assez heureux pour enlever les saintes reliques et les apportèrent dans leur ville où une église magnifique fut construite en l'honneur de saint Nicolas.

Saint Nicolas de Myre est assurément un des saints les plus populaires et son culte, né dans l’Eglise grecque, était déjà très répandu en Orient, lorsque soixante-deux corsaires de Bari razzièrent ses restes mortels abandonnés par les gens de Myre qui fuyaient les Turcs. Le culte de saint Nicolas se développa Occident à la fin du XI° siècle, après le transfert de ses reliques à Bari (9 mai 1087), pour connaître, à partir du XII° siècle, un essort considérable, singulièrement en Italie et en Lorraine, dans l’Est de la France et en Allemagne rhénane.

Un très grand nombre de corporations ont pris saint Nicolas pour protecteur et pour patron, ce qui s'explique par les très nombreux miracles qui lui sont attribués.

La tempête apaisée explique que saint Nicolas soit réclamé par les marins, les bateliers, les pécheurs, les voyageurs et les pèlerins. Les mal jugés se souviennent qu'il a obtenu de Constantin la grâce de trois officiers condamnés sur de faux témoignages. Pour les tonneliers, c’est saint Nicolas qui fit sortir vivants d'un tonneau ou d'un cuvier les trois enfants mis à mort par un cruel boucher. Les écoliers et écolières sont des protégés de prédilection : s'ils se conduisent bien, s'ils sont obéissants et studieux, saint Nicolas, le 5 décembre, veille de sa fête, remplit leurs souliers ou leurs bas de friandises ; mais s'ils sont paresseux ou indociles, il leur apporte un martinet. En Alsace, le 5 décembre au soir, les petits garçons se réunissent et parcourent les rues du village avec une clochette qu'ils agitent, puis ils crient : « Les petits enfants sont-ils couchés ? Saint-Nicolas va passer ! » Avant de se coucher les enfants ne manquent pas de placer dans la cheminée un sabot pour recevoir le cadeau de saint Nicolas. En Angleterre, les enfants de chœur avaient saint Nicolas pour patron : le 6 décembre, ceux des cathédrales et des collégiales élisaient l'un d'entre eux pour évêque : ce devait être le plus sage, le plus pieux, le plus zélé ; durant un mois, jusqu’au jour des Rois, des honneurs lui étaient rendus. La dotation des filles de son pauvre voisin font de saint Nicolas le protecteur des filles à marier.

Avant la translation du corps de saint Nicolas à Bari, son culte avait déjà été introduit à Rome, au VII° siècle, par des moines orientaux. Au IX° siècle, le pape Nicolas I° (mort en 867) ajoutait à Sainte-Marie-in-Cosmedin, un oratoire en l’honneur de son saint patron. La diaconie Saint-Nicolas-in-Carcere, sans doute en relation avec une église antérieure, fut créée au IX° ou au X° siècle. On a pu dénombrer à Rome quatre-ving-cinq églises, chapelles, couvents et hospices Saint-Nicolas.

Le culte de saint Nicolas fut introduit en Allemagne par la femme d’Othon I°, la byzantine Théophano dont le fils, Othon III (975-991) fonda, près d’Aix-la-Chapelle, Saint-Nicolas-de-Burtscheid. Saint Nicolas est le patron de Hambourg.

Après qu’Albert de Varangéville, rentrant de Terre Sainte eut dérobé à Bari un fragment de la dextre bénissant de saint Nicolas pour la rapporter en Lorraine, il fit édifier la chapelle Saint-Nicolas-de-Port qui laissa la place à une église plus grande, consacrée par Pibon, évêque de Toul, en 1101 ; une nouvelle église fut construite en 1193 qui fut à son tour remplacée au XV° siècle quand saint Nicolas devint le patron de la Lorraine pour avoir favorisé la victoire du duc René II contre Charles le Téméraire, battu et tué sous les murs de Nancy (5 janvier 1477). A Rome, on le vénère à Saint-Nicolas-des-Lorrains.

En France, le comte d’Anjou, Foulque Nerra, grand pèlerin de Palestine, à la suite d’un vœu qu’il avait fait dans une tempête, fonda, en 1020, l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers dont l’église nouvelle fut consacrée par le pape Urbain II (10 février 1096). Saint Nicolas est invoqué à Provins, de nombreuses églises lui sont dédiées dans les diocèses de Bourges, de Nevers, de Limoges et de Clermont, dans la Flandre française, au nord de la Lys, il est un des saints les plus honorés. Trente-deux communes françaises portent encore le nom de Saint-Nicolas.

A Paris, la première chapelle du Palais (île de la Cité), fondée par Robert le Pieux (996-1031), restaurée par Louis VI le Gros et détruite par saint Louis pour édifier la Sainte-Chapelle, était dédiée à saint Nicolas. Le Parlement de Paris, à sa rentrée annuelle, entendait sa messe rouge célébrée à l’autel de saint Nicolas qui était l’un des patrons des juristes ; le président de la confrérie des avocats du palais prit le nom de bâtonnier parce qu’il tenait un bâton surmonté d’une effigie de saint Nicolas.

Robert de Dreux, frère de Louis VII, fonda, en 1187, en même temps que l'église collégiale Saint-Thomas du Louvre, un hôpital des pauvres écoliers de saint Nicolas. En 1217 les écoliers obtinrent permission d'établir une chapelle et un cimetière, ce fut l'hospice Saint-Nicolas du Louvre, supprimé (1541) par le cardinal Jean du Bellay et remplacé par un collège de dix chanoines. En 1744, Saint-Nicolas et Saint-Thomas du Louvre furent réunis en un seul corps sous le titre de Saint-Louis du Louvre. Depuis Charles V, le jour de la fête de saint Nicolas, les écoliers, déguisés et menés par un des leurs portant les attributs des évêques, couraient les rues en chantant. Les enfants de chœur de Notre-Dame allaient célébrer l'office à Saint-Nicolas-des-Champs.

Saint-Nicolas-des-Champs qui était à l’origine une chapelle dépendante de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, attestée dès 1119, fut érigée en paroisse en 1184 et souvent agrandie au cours des siècles. Les parties les plus anciennes de l’actuel édifice sont du premier quart du XV° siècle, tandis que le reste fut construit aux XVI° et XVII° siècles ; le retable que Simon Vouet et Jacques Sarazin réalisèrent en 1629, est le seul retable parisien de cette époque à avoir échappé au vandalisme révolutionnaire. On y voit, dans la deuxième chapelle de gauche, un Saint Nicolas dans la tempête de Jean-Baptiste Pierre qui imite en peinture un relief sculpté (1747), rapporté de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

Lorsque le clos du Chardonnet fut englobé dans l’enceinte de Philippe Auguste, l’évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, pour les habitants de ce nouveau quartier, fit élever une chapelle et un presbytère qu’il dédia à saint Nicolas (1230). Devenue paroisse, la chapelle fut remplacée par une église (1243) qui fut à son tour remplacée par une église plus grande que Jean de Nanton, évêque de Paris, consacra le 13 mai 1425. Agrandie en 1545, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet reçut un nouveau clocher en 1625. Le 19 juillet 1656, le conseiller du Roi Christophe Martin, contrôleur général de la Marine et ancien marguillier de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, posa la première pierre d’une nouvelle église à laquelle travailla Charles Le Brun et dont Hardouin de Péréfix fit la dédicace le 15 août 1667 ; la nef fut achevée en 1716, la voûte fut posée en 1763, le maître-autel fut consacré par l’archevêque Christophe de Beaumont le 4 décembre 1768.

Si l’on voulait chercher saint Nicolas à Paris, outre les deux églises dont nous venons de parler, on trouverait un vitrail de l’église Saint-Merry (début du XVI° siècle), une statue en bois (XVII° siècle), dans la chapelle de la congrégation Notre-Dame (ancienne Abbaye-aux-Bois), 11 rue de la Chaise, et une peinture sur l’iconostase de l’église Saint-Georges-des-Roumains, 38 rue Ribera (XVI°). On pourrait aussi voir, présentés au Louvre, le triptyque Harbaville, ivoire byzantin du XII° siècle, et une œuvre de Lorenzo di Credi (XV° siècle) où saint Nicolas est associé à saint Julien de Rimini. Dans les collection de la Bibliothèque nationale, on garde une miniature du XI° siècle, dans la Vie et miracle de saint Nicolas, et les Heures d’Anne de Bretagne, de Jean Bourdichon (XVI° siècle) où saint Nicolas ressuscite les trois écoliers dans le saloir. Au musée Jacquemart-André, on montre la miniature des Heures du maréchal Boucicaut.

Saint Nicolas de Myre est assurément un des saints les plus populaires et son culte, né dans l’Eglise grecque, était déjà très répandu en Orient, lorsque soixante-deux corsaires de Bari razzièrent ses restes mortels abandonnés par les gens de Myre qui fuyaient les Turcs. Le culte de saint Nicolas se développa Occident à la fin du XI° siècle, après le transfert de ses reliques à Bari (9 mai 1087), pour connaître, à partir du XII° siècle, un essort considérable, singulièrement en Italie et en Lorraine, dans l’Est de la France et en Allemagne rhénane.

Avant la translation du corps de saint Nicolas à Bari, son culte avait déjà été introduit à Rome, au VII° siècle, par des moines orientaux. Au IX° siècle, le pape Nicolas I° (mort en 867) ajoutait à Sainte-Marie-in-Cosmedin, un oratoire en l’honneur de son saint patron. La diaconie Saint-Nicolas-in-Carcere, sans doute en relation avec une église antérieure, fut créée au IX° ou au X° siècle. On a pu dénombrer à Rome quatre-ving-cinq églises, chapelles, couvents et hospices Saint-Nicolas.

Le culte de saint Nicolas fut introduit en Allemagne par la femme d’Othon I°, la byzantine Théophano dont le fils, Othon III (975-991) fonda, près d’Aix-la-Chapelle, Saint-Nicolas-de-Burtscheid. Il est le patron de Hambourg.

Après qu’Albert de Varangéville, rentrant de Terre Sainte eut dérobé à Bari un fragment de la dextre bénissant de saint Nicolas pour la rapporter en Lorraine, il fit édifier la chapelle Saint-Nicolas-de-Port qui laissa la place à une église plus grande, consacrée par Pibon, évêque de Toul, en 1101 ; une nouvelle église fut construite en 1193 qui fut à son tour remplacée au XV° siècle quand saint Nicolas devint le patron de la Lorraine pour avoir favorisé la victoire du duc René II contre Charles le Téméraire, battu et tué sous les murs de Nancy (5 janvier 1477). A Rome, on le vénère à Saint-Nicolas-des-Lorrains.

En France, le comte d’Anjou, Foulque Nerra, grand pèlerin de Palestine, à la suite d’un vœu qu’il avait fait dans une tempête, fonda, en 1020, l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers dont l’église nouvelle fut consacrée par le pape Urbain II (10 février 1096). Saint Nicolas est invoqué à Provins, de nombreuses églises lui sont dédiées dans les diocèses de Bourges, de Nevers, de Limoges et de Clermont, dans la Flandre française, au nord de la Lys, il est un des saints les plus honorés. Trente-deux communes françaises portent encore le nom de Saint-Nicolas.

A Paris, la première chapelle du Palais (île de la Cité), fondée par Robert le Pieux (996-1031), restaurée par Louis VI le Gros et détruite par saint Louis pour édifier la Sainte-Chapelle, était dédiée à saint Nicolas. Le Parlement de Paris, à sa rentrée annuelle, entendait sa messe rouge célébrée à l’autel de saint Nicolas qui était l’un des patrons des juristes ; le président de la confrérie des avocats du palais prit le nom de bâtonnier parce qu’il tenait un bâton surmonté d’une effigie de saint Nicolas.

Robert de Dreux, frère de Louis VII, fonda, en 1187, en même temps que l'église collégiale Saint-Thomas du Louvre, un hôpital des pauvres écoliers de saint Nicolas. En 1217 les écoliers obtinrent permission d'établir une chapelle et un cimetière, ce fut l'hospice Saint-Nicolas du Louvre, supprimé (1541) par le cardinal Jean du Bellay et remplacé par un collège de dix chanoines. En 1744, Saint-Nicolas et Saint-Thomas du Louvre furent réunis en un seul corps sous le titre de Saint-Louis du Louvre. Depuis Charles V, le jour de la fête de saint Nicolas, les écoliers, déguisés et menés par un des leurs portant les attributs des évêques, couraient les rues en chantant. Les enfants de chœur de Notre-Dame allaient célébrer l'office à Saint-Nicolas-des-Champs.

Saint Nicolas de Myre, patron des clercs, des filles à marier et des enfants, était aussi celui des bateliers, des pêcheurs au filet, des débardeurs, des commerçants de blé et de vin, des pharmaciens, des épiciers et des drapiers.

Saint-Nicolas-des-Champs qui était à l’origine une chapelle dépendante de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, attestée dès 1119, fut érigée en paroisse en 1184 et souvent agrandie au cours des siècles. Les parties les plus anciennes de l’actuel édifice sont du premier quart du XV° siècle, tandis que le reste fut construit aux XVI° et XVII° siècles ; le retable que Simon Vouet et Jacques Sarazin réalisèrent en 1629, est le seul retable parisien de cette époque à avoir échappé au vandalisme révolutionnaire. On y voit, dans la deuxième chapelle de gauche, un Saint Nicolas dans la tempête de Jean-Baptiste Pierre qui imite en peinture un relief sculpté (1747), rapporté de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

Lorsque le clos du Chardonnet fut englobé dans l’enceinte de Philippe Auguste, l’évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, pour les habitants de ce nouveau quartier, fit élever une chapelle et un presbytère qu’il dédia à saint Nicolas (1230). Devenue paroisse, la chapelle fut remplacée par une église (1243) qui fut à son tour remplacée par une église plus grande que Jean de Nanton, évêque de Paris, consacra le 13 mai 1425. Agrandie en 1545, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet reçut un nouveau clocher en 1625. Le 19 juillet 1656, le conseiller du Roi Christophe Martin, contrôleur général de la Marine et ancien marguillier de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, posa la première pierre d’une nouvelle église à laquelle travailla Charles Le Brun et dont Hardouin de Péréfix fit la dédicace le 15 août 1667 ; la nef fut achevée en 1716, la voûte fut posée en 1763, le maître-autel fut consacré par l’archevêque Christophe de Beaumont le 4 décembre 1768.

Si l’on voulait chercher saint Nicolas à Paris, outre les deux églises dont nous venons de parler, on trouverait un vitrail de l’église Saint-Merry, daté du début du XVI° siècle, une statue en bois du XVII° siècle, dans la chapelle de la congrégation Notre-Dame (ancienne Abbaye-aux-Bois), 11 rue de la Chaise (VII°), et une peinture sur l’iconostase de l’église Saint-Georges-des-Roumains, 38 rue Ribera (XVI°). On pourrait aussi voir, présentés au Louvre, le triptyque Harbaville, ivoire byzantin du XII° siècle, et une œuvre de Lorenzo di Credi (XV° siècle) où saint Nicolas est associé à saint Julien de Rimini. Dans les collection de la Bibliothèque nationale, on garde une miniature du XI° siècle, dans la Vie et miracle de saint Nicolas, et les Heures d’Anne de Bretagne, de Jean Bourdichon (XVI° siècle) où saint Nicolas ressuscite les trois écoliers dans le saloir. Au musée Jacquemart-André, on montre la miniature des Heures du maréchal Boucicaut.

Au tympan du portail sud de l’église Saint-Martin de Colmar, saint Nicolas est debout entre trois pucelles et trois clergeons (XII° siècle) ; à la même époque, on peignit la fresque romane de Saint-Jacques-des-Guérets, dans le vendômois, et l’on sculpta le bas-relief de l’église de Saint-Nicolas de Civray . On voit saint Nicolas sur plusieurs vitraux, tels ceux du XIII° siècle des cathédrales de Chartres, d’Auxerre, de Bourges, du Mans et de Tours et tel celui de l’église de Saint-Julien-du-Sault (Yonne) et de l’église Saint-Pierre de Dreux ; c’est à la même époque que l’on doit les bas-reliefs du tympan du portail sud du transept de la cathédrale de Chartres. Au XIV° siècle, saint Nicolas est représenté sur un vitrail de l’église Saint-Gengoult de Toul ; c’est à de même époque que date le rétable de pierre du Mesnil-sur-Oger (Marne). Le XV° siècle a laissé quelques belles statues de pierre, comme celle du Moutier-Saint-Jean (Côte-d’Or) et celle d’Ervy-le-Châtel (Aube), un saint Nicolas représenté par Jean Fouquetdans les Heures d’Etienne Chevalier, à Chantilly, et les fresques de l’église alsacienne d’Hunawihr. On doit au XVI° siècle les vitraux de l’église Saint-Nicolas de Vézelise, en Lorraine, une statue de l’église Saint-Pantaléon de Troyes, un vitrail de l’église Saint-Etienne de Beauvais, une statuette reliquaire en argent de l’église d’Avesnes-le-Comte, en Artois. Dans la cathédrale de Sens, on voit un bas-relief en marbre, sculpté au XVIII° siècle par Etienne Gois.
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1 La Lycie est une ancienne région située au sud de l’Asie-Mineure, bordée au nord-ouest par la Carie, à l’ouest et au sud par la Méditerranée, à l’est par la Pamphylie et au nord-est par la Pisidie. Les principales villes de Lycie sont Telmissus, Xanthe, Myre, Limyre et Patare.



Peinture sur velin. Feuillet 023, recto, du manuscrit messin "Les Heures de Jean de Vy et Perrette Baudoche Metz",
 vers 1435-1447, suivies d’un psautier (vers 1340).

Il y a, au calendrier, deux saints Nicolas : Nicolas de Flue, en Suisse, qui est fêté le 21 mars et Nicolas de Myre, en Asie mineure, qui est célébré en ce jour.

Nicolas est un nom d'origine gréco-latine, signifiant " victoire et louange ".

Né en Turquie à la fin du IIIe siècle dans la Lycie, aujourd'hui Demré, Nicolas eut à souffrir pour la foi à la fin du règne de l'empereur Dioclétien. Il survécut à la persécution et participa au premier Concile de Nicée en 325. On sait qu'il était d'une extrême miséricorde pour toutes les détresses, tant physiques que spirituelles. La légende de saint Nicolas est une "merveille" ! Elle connut un succès énorme à partir de deux épisodes : le récit impressionnant des trois petits enfants assassinés et mis au saloir par un aubergiste et que le saint ramena à la vie, et l'histoire qui montre saint Nicolas jetant par la fenêtre trois bourses d'or chez un voisin qui, faute de pouvoir leur constituer une dot, allait livrer ses filles à la prostitution.

Les reliques de saint Nicolas de Myre allaient beaucoup "voyager", d'Orient en Occident, après sa mort survenue un 6 décembre vers 350. En 1087, à l'approche des Sarrazins, on transféra les restes du saint à Bari en Italie. En même temps, une autre de ses reliques était apportée par un chevalier lorrain à Port, près de Nancy ; la localité prit par suite le nom de Saint-Nicolas-de-Port. C'est à travers toute l'Europe que s'étend la popularité de saint Nicolas, jusqu'en Russie où il supplante "Mikoula", divinité de la moisson. Au cours des siècles, la Saint Nicolas est devenu la grande fête des écoliers, en référence à l'action miséricordieuse du saint ressuscitant les "trois petits enfants" et les envoyant à l'école. Avec son âne chargé de hottes de cadeaux, porteur de jouets et de friandises, le bon saint Nicolas distribue ses bienfaits, de nuit, dans la cheminée. Toutefois, ce rôle merveilleux de saint Nicolas a beaucoup souffert de la concurrence d'autres légendes comme celle, chez nous, du "Père Noël" ou de l'américain "Santa Claus".

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP



A Myre, déposition de St Nicolas, vers 350. Diffusion du culte en Europe au IXe siècle (Il est déjà représenté par une fresque au VIIIè siècle à Ste Marie Antique, en compagnie des Pères de l’Église d’Orient, Chrysostome, Grégoire de Naziance, etc.). La fête entre au XIe siècle au calendrier Romain. En Lorraine, proclamé ‘Patron du duché’ par les ducs en 1120, on le célèbre avec une messe propre.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Pour faire honneur au Messie Pontife, la souveraine Sagesse a multiplié les Pontifes sur la route qui conduit à lui. Deux Papes, saint Melchiade et saint Damase ; deux Docteurs, saint Pierre Chrysologue et saint Ambroise ; deux Évêques, l’amour de leur troupeau, saint Nicolas et saint Eusèbe : tels sont les glorieux Pontifes qui ont reçu la charge de préparer, par leurs suffrages, la voie du peuple fidèle vers Celui qui est le souverain Prêtre selon l’ordre de Melchisédech. Nous développerons successivement leurs titres à faire partie de cette noble cour. Aujourd’hui, l’Église célèbre avec joie la mémoire de l’insigne thaumaturge Nicolas, aussi fameux dans l’Orient que le grand saint Martin l’est dans l’Occident, et honoré depuis près de mille ans par l’Église latine. Rendons hommage au souverain pouvoir que Dieu lui avait donné sur la nature ; mais félicitons-le surtout d’avoir été du nombre des trois cent dix-huit Évêques qui proclamèrent, à Nicée, le Verbe consubstantiel au Père. Il ne fut point scandalisé des abaissements du Fils de Dieu ; ni la bassesse de la chair que le souverain Seigneur de toutes choses revêtit au sein de la Vierge, ni l’humilité de la crèche, ne l’empêchèrent de proclamer Fils de Dieu, égal à Dieu, le fils de Marie ; c’est pourquoi il a été élevé en gloire et a reçu la charge d’obtenir, chaque année, pour le peuple chrétien, la grâce d’aller au-devant du Verbe de vie, avec une foi simple et un ardent amour.

Presque tous les Bréviaires de l’Église Latine, jusqu’au XVIIe siècle, sont très abondants sur les vertus et les œuvres merveilleuses de saint Nicolas, et contiennent le bel Office du saint Évêque tel qu’il fut composé vers le XVIIe siècle. Nous avons parlé ailleurs de cet Office sous le rapport musical ; ici, nous nous bornerons à dire qu’il est tout entier puisé dans les Actes de saint Nicolas, et plus explicite sur certains faits que la Légende du Bréviaire romain. Les pièces qui vont suivre insistent sur un fait dont cette Légende ne dit rien : nous voulons parler de l’huile miraculeuse qui, depuis près de huit siècles, découle sans cesse du tombeau du saint Évêque, et au moyen de laquelle Dieu a souvent opéré des prodiges. Le Répons et l’Antienne que nous donnons tout d’abord, célèbrent le miracle de cette huile ; et ces deux pièces étaient autrefois si populaires, qu’au XIIIe siècle on en emprunta la mélodie, pour l’appliquer au Répons Unus panis et à l’Antienne O quam suavis est, dans l’Office du Saint-Sacrement.

RÉPONS. [1]

R/. De son tombeau de marbre, découle une huile sacrée qui guérit les aveugles dont les yeux en sont oints, * Rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles. V/. Les peuples courent en foule, empressés de voir les merveilles qui se font par l’entremise de Nicolas. * Cette huile rend l’ouïe aux sourds, et remet en santé tous ceux qui sont débiles.

ANTIENNE. [2]

O bonté du Christ, digne d’être relevée par toutes sortes de louanges ! C’est elle qui manifeste au loin les mérites de Nicolas son serviteur ; car de la tombe de ce Saint découle une huile, et elle guérit tous ceux qui sont dans la langueur.

Nous donnons ensuite les deux Hymnes qui se trouvent dans tous les Bréviaires Romains-Français.

Ière HYMNE [3]

Chante, ô ma langue, les louanges du pontife Nicolas : afin que le suprême Adonaï, Roi et Père de tous les êtres, nous fasse aborder par l’entremise de son divin Fils au port du salut.

A l’âge où Nicolas pendait encore aux mamelles de sa mère, jamais on ne le vit plus d’une fois le jour s’y désaltérer, à la quatrième et sixième férié de la semaine : il craignait, le pieux enfant, de rompre son jeûne par une goutte de lait.

Élevé à l’honneur de Prélat, Nicolas fit pleuvoir si abondamment la rosée de la piété sur tous les peuples, qu’à peine a-t-il son pareil dans toute la série des siècles.

Par l’usage qu’il fait de son or, il sauve trois vierges de la prostitution ; dans la famine il multiplie le blé et le distribue au peuple ; il retire un vase tombé dans la mer, et porte secours aux nautoniers qui craignaient le naufrage.

Du milieu des morts est par lui ressuscité un homme qui avait commis un vol : par lui un Juif est baptisé et recouvre le bien qu’on lui avait dérobé ; l’un est rendu à la vie, l’autre s’élance dans la voie de la foi.

Des Pontifes l’ornement, l’honneur et la gloire, Nicolas, que la grâce dont vous êtes enrichi vienne en aide au peuple et au clergé ; qu’elle assiste nos âmes, nos mains et nos lèvres, et nous fasse rendre à Dieu nos vœux.

Louange à la souveraine Trinité : à elle puissance et victoire ; qu’elle daigne nous accorder d’entrer après la vie, chargés de palmes, dans la patrie des cieux, en part des joies éternelles de Nicolas. Amen.

IIe HYMNE.

Que le clergé, déployant la voix et les chants de l’allégresse, exalte et préconise Nicolas, du clergé le père et le patron ! Que le cœur prompt et docile se dilate au son de la voix.

Que tous, Grecs, Latins, langues, tribus, nations ; étendue des terres, profondeurs des mers ; sexes, conditions , hôtes , citoyens , étrangers ; tous chantent avec un pareil enthousiasme.

Il n’a cessé, ne cesse, ne cessera de nous combler tous de ses bienfaits, cet immortel Prélat, dont le nom ne s’échappera jamais de notre mémoire. Par lui, tout homme qui sema dans la tristesse fleurira comme le lis.

Ce héros magnanime, revêtu de la chair, méprisa les œuvres de la chair, ne faisant, ne disant rien que de salutaire ; délivré des liens du corps, il vole enfin au séjour éthéré.

Quelle fut sa vertu de charité, l’huile qui coule de son tombeau le déclare assez hautement jusqu’en ce siècle même ; elle donne au peuple qui implore son assistance le bienfait de la santé.

Louange à la souveraine Trinité : à elle puissance et victoire ; qu’elle daigne nous accorder d’entrer, après la vie, chargés de palmes, dans la patrie des cieux, en part des joies éternelles de Nicolas. Amen.

Adam de Saint-Victor ne pouvait faire défaut à saint Nicolas : les Églises du moyen âge lui durent la belle Séquence qui suit :

SÉQUENCE.

Réjouissons-nous et tressaillons, unis de bouche et de cœur, à cette solennelle fête du bienheureux Nicolas.

Encore enfant au berceau, il observe les jeûnes ;

Encore enfant à la mamelle, déjà il mérite les joies suprêmes.

Adolescent, il embrasse l’étude des lettres,

Sans pécher, sans connaître la licence de son âge.

Bienheureux Confesseur, une voix venue du ciel l’appelle aux dignités.

Promu par elle, il monte au faîte le plus élevé de la Prélature.

Il avait dans le cœur une tendre miséricorde, et il prodiguait ses bienfaits aux opprimés.

Par ses trésors, des vierges sont sauvées de l’opprobre ; et la pauvreté de leur père est soulagée.

Des matelots en mer luttaient contre la furie des flots, sur une nef à demi brisée.

Déjà désespérant de la vie, en ce danger si pressant, ils crient et disent tous d’une voix :

« O bienheureux Nicolas ! Ramenez-nous à un port de mer ; sauvez-nous de ce péril de mort.

Ramenez-nous à un port de mer, vous dont la compassion généreuse est tant de fois venue en aide. »

Pendant qu’ils criaient, et non sans fruit, voici quelqu’un qui leur dit : « J’arrive à votre secours. »

Soudain souffle un vent favorable, et la tempête est apaisée, et les mers sont en repos.

De sa tombe découle une huile abondante,

Qui guérit tous les malades par l’intercession du Saint.

Nous que voici en ce monde, naufragés déjà plus d’une fois dans l’abîme du vice,

Glorieux Nicolas, menez-nous au port du salut où sont paix et gloire.

Obtenez-nous du Seigneur, par vos secourables prières, l’onction qui sanctifie ;

Cette onction qui a guéri les blessures d’innombrables iniquités dans Marie la pécheresse.

Qu’à jamais soient dans la joie ceux qui célèbrent cette fête ;

Et qu’après cette course de la vie, le Christ les couronne.

Amen.

La plus populaire de toutes les Séquences de saint Nicolas est néanmoins celle qui suit. On la trouve dans un grand nombre de Processionnaux jusqu’au XVIIe siècle, et elle a servi de type à quantité d’autres qui, bien que consacrées à la louange de divers Patrons, gardent non seulement la mesure et la mélodie de la Séquence de saint Nicolas, mais retiennent encore, par un tour de force ingénieux, le fond même des expressions.

SÉQUENCE.

Les malades sont rendus à la santé par l’huile miraculeuse.

Au milieu du naufrage, Nicolas est d’un puissant secours.

Il ressuscite du tombeau un mort étendu sur le chemin.

Un juif aperçoit de l’or, et demande le Baptême.

Nicolas retire de l’eau le vase et l’enfant qu’il rend à son père !

Oh ! qu’il parut bien le Saint de Dieu , quand il multiplia la farine dans la disette !

Qu’ainsi les louanges de Nicolas soient chantées en cette assemblée ;

Car quiconque le prie de cœur, met le vice en fuite, et s’en retourne guéri.

Ainsi soit-il.

(On trouvera la Séquence du Propre du Diocèse de Toul, où se trouve le plus grand centre de pèlerinage à St Nicolas en dehors de Bari, à la messe propre de ce diocèse. N.d.W.)

Mais aucune Église n’a marqué autant d’enthousiasme pour saint Nicolas, que l’Église grecque dans ses Menées. On voit que l’illustre Thaumaturge était une des plus fermes espérances de l’Empire Byzantin ; et cette confiance en saint Nicolas, Constantinople l’a transmise à la Russie qui la garde encore aujourd’hui. Nous allons, selon notre usage, extraire quelques strophes de la masse de ces chants sacrés que Sainte-Sophie répétait autrefois en langue grecque, et que les coupoles dorées des Sobors de Moscou entendent retentir encore chaque année dans l’idiome Slavon.

HYMNE DE SAINT NICOLAS. (Tirée des Menées des Grecs.)

Tu as vraiment habité à Myre, exhalant un parfum précieux ; parfumé toi-même d’un baume spirituel, ô bienheureux Nicolas, grand Hiérarque du Christ ; et tu parfumes la face de ceux qui, avec foi et amour, honorent ton illustre mémoire, les délivrant de toutes nécessités et tribulations, ô Père saint, par tes prières auprès du Seigneur.

Ton nom propre est véritablement : Victoire du peuple, bienheureux Nicolas, souverain prêtre du Christ ; car, invoqué en tous lieux, tu préviens aussitôt ceux qui avec amour requièrent ta protection ; apparaissant nuit et jour à ceux qui t’invoquent avec foi, tu les délivres des nécessités et des tentations.

Tu apparus à l’Empereur Constantin et à Ablavius, et leur inspiras une terrible frayeur par ces mots, afin de les engager à la clémence : « Les innocents que vous retenez dans les fers ne méritent point un injuste supplice ; et si tu v méprises mes paroles, ô Prince ! j’en porterai contre toi ma plainte au Seigneur. »

Ton œil intrépide a pu fixer les sublimes hauteurs de la Gnose, et tu as sondé le profond abîme de la Sagesse, toi qui as enrichi le monde de tes enseignements, ô Père saint ! prie pour nous le Christ, ô grand Pontife Nicolas !

Le Christ t’a fait voir à ton troupeau, comme la règle de la foi et l’image de la douceur, ô grand Hiérarque Nicolas ! Car tu répands à Myre un précieux parfum, tout y resplendit de la gloire de tes œuvres, ô protecteur des veuves et des orphelins ! prie sans cesse le Seigneur de sauver nos âmes.

Réjouis-toi, ô très sainte âme, demeure très pure de la Trinité, colonne de l’Église, soutien des fidèles, appui de ceux qui sont fatigués, astre rayonnant qui, par l’éclat de tes agréables prières, dissipes en tous lieux les ténèbres des tentations ; saint Pontife Nicolas, port tranquille où trouve un abri quiconque dans la fureur de la tempête réclame ton secours, prie le Christ qu’il daigne accorder à nos âmes une grande miséricorde.

Réjouis-toi, homme rempli d’un divin zèle, qui, par un terrible avertissement et par l’éclat de ta voix menaçante dans un songe, as délivré ceux que le glaive allait immoler. Fontaine abondante, tu répands dans Myre la richesse de tes parfums ; tu verses dans les âmes une douce rosée, tu écartes les ordures des passions mauvaises, tu coupes avec le glaive l’ivraie de l’erreur ; prends le van de ton zèle, dissipe les futiles enseignements d’Arius, et prie le Christ d’accorder à nos âmes une grande miséricorde.

Roi très haut de tous les rois, vous dont la puissance est infinie, à la prière c notre saint Pasteur, rendez paisible, ô Verbe, non en conjurons, la vie de tous les Chrétiens. Donnez contre les barbares à notre pieux Empereur la force et la victoire ; afin que tous, et toujours, nous chantions votre puissance, et l’exaltions dans les siècles des siècles.

Saint Pontife Nicolas, que votre gloire est grande dans l’Église de Dieu ! Vous avez confessé Jésus-Christ devant les Proconsuls, et endure la persécution pour son Nom ; vous avez ensuite été témoin des merveilles du Seigneur, quand il rendit la paix à son Église ; et peu après, votre bouche s’ouvrait dans l’Assemblée des trois cent dix-huit Pères, pour confesser, avec une autorité irréfragable, la divinité du Sauveur Jésus-Christ, pour lequel tant de millions de Martyrs avaient répandu leur sang. Recevez les félicitations du peuple chrétien qui, par toute la terre, tressaille de joie à votre doux souvenir ; et soyez-nous propice, en ces jours où nous attendons la venue de Celui que vous avez proclamé Consubstantiel au Père. Daignez aider notre foi et seconder notre amour. Vous le voyez maintenant face à face, ce Verbe par qui toutes choses ont été faites et réparées ; demandez-lui qu’il daigne se laisser approcher par notre indignité. Soyez notre médiateur entre lui et nous. Vous l’avez fait connaître à notre intelligence, comme le Dieu souverain et éternel ; révélez-le à notre cœur, comme le suprême bienfaiteur des fils d’Adam. C’est en lui, ô Pontife charitable, que vous aviez puisé cette compassion tendre pour toutes les misères, qui fait que tous vos miracles sont autant de bienfaits : continuez, du haut du ciel, de secourir le peuple chrétien.

Ranimez et augmentez la foi des nations dans le Sauveur que Dieu leur a envoyé. Que, par l’effet de vos prières, le Verbe divin cesse d’être méconnu et oublié dans ce monde qu’il a racheté de son sang. Demandez, pour les Pasteurs de l’Église, l’esprit de charité qui brilla si excellemment en vous, cet esprit qui les rend imitateurs de Jésus-Christ, et leur gagne le cœur du troupeau.

Souvenez-vous aussi, saint Pontife, de cette Église d’Orient qui vous garde encore une si vive tendresse. Votre pouvoir sur la terre s’étendait jusqu’à ressusciter les morts ; priez, afin que la véritable vie, celle qui est dans la Foi et l’Unité, revienne animer cet immense cadavre. Par vos instances auprès de Dieu, obtenez que le Sacrifice Je l’Agneau que nous attendons soit de nouveau et bientôt célébré sous les Dômes de Sainte-Sophie. Restituez à l’unité les Sanctuaires de Kiev et de Moscou, et après avoir soumis à la Croix l’orgueil du Croissant, abaissez devant les Clefs de saint Pierre la majesté des Tzars, afin qu’il n’y ait plus ni Scythe, ni Barbare, mais un seul pasteur.

[1] Dom Guéranger cite ici un répond propre du Diocèse de Toul, aujourd’hui 8ème répons des Matines

[2] Antienne des Laudes, au bréviaire de Toul

[3] XIVe siècle, bréviaire de Toul 1510



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce célèbre Thaumaturge, évêque de Myre à l’époque du concile de Nicée, fut définitivement accueilli dans le calendrier romain vers le XIe siècle. Mais son culte est beaucoup plus ancien, et dans la Rome médiévale il prit jadis de si grandes proportions qu’on compte au moins une soixantaine d’églises s’élevant sous son vocable. Parmi celles-ci, la plus insigne est celle qui se trouve près du portique d’Octavie : Saint-Nicolas in Carcere Tulliano, ou in foro clitorio, où se célèbre aussi la station le samedi de la IVe semaine de Carême.

Dans le Patriarchium du Latran existait un oratoire en l’honneur de saint Nicolas, et qui, entièrement restauré par le pape Callixte II, devint comme le monument votif de la victoire remportée au xne siècle par le Pontificat romain contre le Césarisme germanique.

Cette chapelle, qui s’élevait presque en face de l’oratoire de Saint-Laurent, fut détruite sous Clément XIII ; on n’a conservé que les dessins des peintures qui la décoraient.

En Orient, la fête de ce Thaumaturge, du ‘saint Héraut’, du ‘porte-parole du Père’, de ‘Celui qui fait jaillir l’huile’, est une fête chômée, en vertu d’une ordonnance de l’empereur Emmanuel Comnène (1143-1181) ; il en fut de même en certains diocèses d’Europe. Ce qui valut chez les Grecs une immense renommée à saint Nicolas, c’est le liquide miraculeux qui, aujourd’hui encore à Bari, découle de ses ossements.

Le titre de confesseur, attribué dans l’antiquité au Thaumaturge de Myre, se rapporte à ce qu’il eut à souffrir durant la dernière persécution. La présence de saint Nicolas au concile de Nicée est très probable, mais tout le reste de la légende du saint est sujet à de prudentes réserves.

La messe n’a de spécial que les collectes et l’épître. Les autres parties sont tirées du Commun des confesseurs pontifes.

L’antienne pour l’introït s’inspire librement de l’Ecclésiastique (45, 30) dans l’éloge du pontife Aaron. L’alliance dont il est ici question est en relation avec ce ministerium réconciliationis dont parle l’Apôtre. Non seulement le Seigneur répandit sa douce, paix dans l’âme du Pontife, mais précisément parce qu’il était agréable à Dieu, il lui accorda la grâce de l’apaiser même envers le peuple, réconciliant celui-ci avec Lui et l’induisant à l’observance de sa sainte Loi. La conformité du cœur et de la volonté avec celle de Dieu : voilà le fondement de la paix.

Dans la collecte on rappelle les nombreux prodiges par lesquels, au moyen âge, le Thaumaturge de Myre était célèbre. Ensuite on demande au Seigneur, par ses mérites, que tant de choses merveilleuses, grâce auxquelles il daigne chaque jour confirmer la foi chrétienne, servent à nous faire éviter les flammes de l’enfer. Voilà le but suprême de notre sainte vocation : nous éloigner de Satan et de l’enfer, pour nous diriger tout entiers vers Dieu et la vertu.

Dans la lecture suivante (Hebr., 13, 7-17), l’Apôtre propose à notre imitation l’exemple des premiers disciples du Sauveur et des premiers chefs des communautés chrétiennes, qui avaient déjà confessé leur foi par le martyre. Jésus n’a pas simplement la signification historique d’une vie n’appartenant qu’au passé. Non seulement, il remplit l’histoire tout entière de la création, en tant que principe et fin dernière des choses, mais d’une manière spéciale il continue à travers les siècles sa vie mystique dans l’Église et dans les âmes des fidèles. Quand donc nous souffrons pour son saint nom, nous ne faisons rien autre que prendre la croix sur nos épaules, que nous laisser entraîner hors de notre cité terrestre pour aller à sa rencontre sur la montée du Calvaire.

Le répons-graduel est tiré du psaume 88. « Je trouvai David mon serviteur ; je l’oignis de l’huile de ma sainteté. Ma main l’aidera et mon bras le soutiendra. » Dans les Écritures, David symbolise le Roi-Messie, et chaque fois que le Saint-Esprit veut faire l’éloge d’un chef quelconque de son peuple israélite, il le compare à David. Dans la sainte liturgie, ce verset est aussi adapté aux saints pontifes qui, en raison de l’onction épiscopale et de leurs fonctions, ressemblent en effet au véritable David, Jésus-Christ, source et modèle de toute sainteté.

La lecture évangélique est celle du Commun des confesseurs pontifes (Matth. 25, 14-23), et elle rapporte la parabole des talents confiés par le maître à ses serviteurs pour qu’ils les fassent fructifier en son absence. Avec tous les dons de nature et de grâce dont elle est ornée, la vie est comme un capital qui nous est confié en dépôt pour que nous le fassions fructifier. Personne ne peut demeurer inactif et oisif, s’occupant seulement de garder le dépôt. Il faut le faire fructifier et celui qui a reçu davantage doit absolument rendre aussi davantage. Il est donc parfaitement licite à chacun de reconnaître les qualités qu’il a reçues du Seigneur. Cette connaissance se présuppose même, avant que personne ne puisse déterminer quelle est la voie qui lui convient davantage pour mieux servir Dieu et pour sauver son âme. Toutefois la conscience des propres qualités, loin de nous enorgueillir, doit au contraire nous faire trembler, à la pensée de la terrible responsabilité qu’elles impliquent devant Dieu et même devant la société. Chacun de nous, en effet, n’est pas créé et constitué isolément dans le monde ; mais, faisant partie de la famille humaine, il a reçu des dons, des qualités, non pas exclusivement pour lui-même, mais dont il doit se servir pour l’avantage commun de ses semblables.

Le verset pour l’offrande des oblations est tiré du psaume 88 : « Je lui ferai grâce et je lui serai fidèle, et en mon nom sa puissance s’élèvera. » Voilà le secret du succès qui distingue les œuvres des saints. Ils ne vivent ni ne travaillent isolément, mais, unis à Jésus-Christ, vraie vigne, ils rapportent un fruit abondant. Faute de cette union intérieure, que d’activité, même dans le clergé, demeure stérile et sans consistance !

Dans la collecte avant l’anaphore, nous supplions le Seigneur de rendre précieux, par les charismes de la sainteté, le sacrifice que nous allons lui offrir en mémoire de saint Nicolas. Le fruit que nous en espérons est la fermeté dans la divine charité et dans l’union au Christ, en sorte que ni les joies ni les inévitables douleurs de la vie n’arrivent jamais à relâcher le lien qui nous unit à Lui. Quels trésors de doctrine en ces phrases incisives de notre Mère l’Église !

Le verset pour la Communion du peuple est tiré du même psaume 88, d’où a été pris l’offertoire. « J’ai juré une seule fois par ma sainteté elle-même. La race de David sera éternelle. Son trône resplendira devant moi comme le soleil, et comme la lune il durera éternellement, semblable à l’arc-en-ciel. » Même si les institutions des saints viennent parfois à disparaître ici-bas — puisque l’Église, à l’égal d’un arbre touffu, laisse tomber en leur temps les feuilles jaunies, pour se couvrir de feuilles nouvelles — leur mérite et leur gloire demeurent intacts devant le trône de Dieu.

Dans la collecte d’action de grâces, nous demandons que le sacrifice festif en l’honneur du pontife Nicolas produise en nous un effet éternel ; en sorte que l’union sacramentelle avec Jésus fortifie cette charité qui doit nous unir à Lui pour toujours.

La renommée des miracles rendit très populaire le nom de saint Nicolas non seulement en Orient où, spécialement chez les Russes, il est encore aujourd’hui en grande vénération, mais jusque dans les plus lointaines provinces d’Occident où son culte est antérieur de plusieurs siècles à la translation de ses reliques de Myre à Bari.

Les ossements sacrés du Thaumaturge s’emperlent continuellement, de nos jours encore, d’une sorte de stillation ou sueur à laquelle les fidèles donnent le nom de manne de saint Nicolas. Dans une révélation qu’elle eut à l’occasion de son pèlerinage à Bari, sainte Brigitte apprit du Seigneur le motif de ce prodige. L’huile miraculeuse qui transsude des os du saint Pontife de Myre, désigne l’immense charité et la compassion qui l’animèrent durant sa vie, alors qu’il se faisait tout à tous pour secourir les autres et ainsi les amener au Christ.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Don joyeux.

La fête de Saint-Nicolas fut jadis une des plus populaires et la poésie populaire a maintes fois chanté « le grand saint Nicolas ».

Saint Nicolas. — Jour de mort (d’après le martyrologe) : 6 décembre, vers 350. Église du tombeau : l’église de Saint-Nicolas à Bari dans les Pouilles (église des Bénédictins) depuis 1087. Image : On le représente avec trois boules sur un livre (la dot des trois jeunes filles), avec trois enfants dans une cuve avec un vaisseau et une ancre. Sa vie : Nicolas naquit à Patara en Lycie. Ses parents, qui étaient restés longtemps sans enfants l’obtinrent de Dieu à force de prières. Il était encore jeune quand il perdit ses parents. Il aimait à secourir les malheureux et les affligés de toute sorte. Dans sa ville natale vivait un homme noble mais pauvre, qui avait trois filles nubiles : ces filles ne pouvaient trouver de parti parce qu’elles n’avaient pas de dot. Le père conçut alors la pensée coupable de les livrer à la prostitution. Quand Nicolas l’apprit, il jeta, une nuit, par la fenêtre une bourse contenant autant d’argent qu’il en fallait pour constituer une dot à l’une des filles. Il renouvela ce geste, la seconde et la troisième nuit. Dans une traversée sur mer, il apaisa la tempête par ses prières c’est pourquoi il est considéré comme le patron des marins. Il dut aussi subir l’emprisonnement pour sa foi. Il mourut tranquillement dans sa ville épiscopale en prononçant ces paroles : « Entre vos mains, Seigneur je remets mon esprit. » En Orient, saint Nicolas est très vénéré comme un grand thaumaturge, comme un annonciateur de la parole de Dieu et « porte-parole du Père ».

Pratique : A la fête populaire de Saint-Nicolas nous pourrions rendre tout son contenu liturgique. Comme dans beaucoup de pays, elle pourrait redevenir la fête des enfants.

La messe (Statuit). — Dans la personne du prêtre nous voyons le saint évêque s’avancer vers l’autel. Mais saint Nicolas est aussi l’image du divin Pontife qui, dans la messe, marche avec nous vers les portes de Jérusalem pour offrir le sacrifice de la Rédemption ; précédés de saint Nicolas, nous portons après lui la croix de la vie (Introït). Il faut aussi que nous soyons avec saint Nicolas de « fidèles serviteurs » qui ont bien administré les talents de la foi et de la grâce, et les ont doublés. Au moment du Saint Sacrifice, le « Maître vient pour demander des comptes » (chaque messe est en même temps un jugement, « les affamés sont remplis de biens et les riches sont renvoyés les mains vides »). La communion nous fait participer aux biens que saint Nicolas possède déjà dans la gloire, mais que nous ne possédons encore que par la foi (Év.). Puissions-nous, par les mérites et les prières de saint Nicolas, être préservés du feu de l’enfer ! (Oraison).


Leçons des Matines (avant 1960)

Quatrième leçon. Nicolas naquit d’une famille illustre, à Patara, ville de Lycie. Ses parents avaient obtenu de Dieu cet enfant par leurs prières. Dès le berceau il fit présager l’éminente sainteté qu’il devait faire paraître dans la suite. On le vit, en effet, les mercredis et vendredis ne prendre le lait de sa nourrice qu’une seule fois, et sur le soir, bien qu’il le fît fréquemment les autres jours. Il conserva toute sa vie l’habitude de jeûner la quatrième et la sixième férie. Orphelin dès l’adolescence, il distribua ses biens aux pauvres. On raconte de lui ce bel exemple de charité chrétienne : un indigent, ne parvenant point à marier ses trois filles, pensait a les abandonner au vice ; Nicolas l’ayant su jeta, la nuit, par une fenêtre, dans la maison de cet homme, autant d’argent qu’il en fallait pour doter une de ces jeunes filles. Ayant réitéré une seconde et une troisième fois cet acte de générosité, toutes trouvèrent d’honorables partis.

Cinquième leçon. Le Saint s’étant entièrement consacré à Dieu, partit pour la Palestine, afin de visiter et de vénérer les lieux saints. Durant son voyage, il prédit aux matelots, par un ciel serein et une mer tranquille, l’approche d’une horrible tempête. Elle s’éleva bientôt, et tous les passagers coururent un grand danger : mais il l’apaisa miraculeusement par ses prières. De retour dans sa patrie, il donna à tous les exemples d’une grande sainteté ; et, par un avertissement de Dieu, il se rendit à Myre, métropole de la Lycie. Cette ville venait de perdre son Évêque, et tous les Évêques de la province étaient rassemblés afin de pourvoir à l’élection d’un successeur. Pendant leur délibération ils furent divinement avertis de choisir celui qui, le lendemain, entrerait le premier dans l’église, et se nommerait Nicolas. Cet ordre du ciel fut exécuté, et Nicolas, trouvé à la porte de l’église, fut créé Évêque de Myre à la grande satisfaction de tous. Durant son épiscopat on vit constamment briller en lui la chasteté, qu’il avait toujours gardée, la gravité, l’assiduité à la prière et aux veilles, l’abstinence, la libéralité et l’hospitalité, la mansuétude dans les exhortations, la sévérité dans les réprimandes.

Sixième leçon. Il ne cessa d’assister les veuves et les orphelins de ses aumônes, de ses conseils et de ses services, il s’employa avec tant d’ardeur à soulager les opprimés, que trois tribuns, condamnés sur une calomnie par l’empereur Constantin, encouragés par le bruit des miracles du Saint, s’étant recommandés à lui dans leurs prières, malgré la distance, Nicolas, encore vivant, apparut à l’empereur avec un air menaçant, et les délivra. Comme il prêchait à Myre la vérité de la foi chrétienne, contrairement à l’édit de Dioclétien et de Maximien, il fut arrêté par les satellites impériaux, emmené au loin et jeté en prison. Il y resta jusqu’à l’avènement de l’empereur Constantin, par l’ordre duquel il fut délivré de captivité, revint à Myre, puis se rendit au concile de Nicée, et, avec les trois cent dix-huit Pères de cette assemblée, y condamna l’hérésie arienne. De Nicée, il retourna dans sa ville épiscopale, où, peu de temps après, il sentit sa mort approcher ; élevant les yeux au ciel il vit les Anges venir à sa rencontre, et commença le Psaume : « En vous, Seigneur, j’ai espéré. » Arrivé à ce verset : « En vos mains, je remets mon âme », il s’en alla dans la patrie céleste. Son corps fut transporté à Bari dans la Fouille, où il est honoré par une grande affluence de peuple et avec la plus profonde vénération.



SAINT NICOLAS

Nicolas vient de nikos, qui signifie victoire et de laos, qui veut dire peuple. Nicolas, c'est victoire du peuple, c'est-à-dire, des vices qui sont populaires et vils. Ou bien simplement victoire, parce qu'il a appris aux peuples, par sa vie et son enseignement, à vaincre les vices et les péchés. Nicolas peut venir encore de nikos, victoire et de laus, louange, comme si on disait louange victorieuse. Ou bien encore de nitor, blancheur et de laos, peuple, blancheur du peuple. Il eut en effet, dans sa personne, ce qui constitue la blancheur et la pureté; selon saint Ambroise, la parole divine purifie, la bonne confession purifie, une bonne pensée purifie, une bonne action (37) purifie. Les docteurs d Argos ont écrit sa légende. D'après Isidore, Argos est une ville de la Grèce, d'où est veau aux Grecs le nom d'Argolides. On trouve ailleurs que le patriarche Méthode l’a écrite en grec. Jean la traduisit en latin et y fit des augmentations.

Nicolas, citoyen de Patras, dut le jour à de riches et saints parents. Son père Epiphane et sa mère Jeanne l’engendrèrent en la première fleur de leur âge et passèrent le reste de leur vie dans la continence. Le jour de sa naissance, il se tint debout dans le bain ; de plus (Honorius d'Autan) il prenait le sein une fois seulement. la quatrième (mercredi) et la sixième férie (vendredi). Devenu grand, il évitait les divertissements, et préférait fréquenter les églises; il retenait dans sa mémoire tout ce qu'il y pouvait apprendre de l’Écriture sainte. Après la mort de ses parents, il commença à penser quel emploi il ferait de ses grandes richesses, pour procurer la gloire de Dieu, sans avoir en vue la louange qu'il en retirerait de la part des hommes. Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre. Dès que le saint eut découvert ce crime, il l’eut en horreur, mit dans un linge une somme d'or qu'il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira. Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée. Quelque temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant. Le voisin, qui trouvait toujours de l’or, était extasié du fait; alors il prit le parti de veiller pour découvrir quel était celui qui venait ainsi à son aide. Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d'or et la jeta chez son voisin. Le bruit fait lever celui-ci, et poursuivre Nicolas qui s'enfuyait : alors il lui cria : « Arrêtez, ne vous dérobez pas à mes regards. » Et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas; de suite il se jette à terre, veut embrasser ses pieds. Nicolas l’en empêche et exige de lui qu'il taira son action tant qu'il vivrait.

L'évêque de Myre vint à mourir sur ces entrefaites ; les évêques s'assemblèrent pour pourvoir à cette église. Parmi eux se trouvait un évêque de grande autorité, et l’élection dépendait de lui. Les ayant avertis tous de se livrer au jeûne et à la prière, cette nuit-là même il entendit une voix qui lui disait de rester le matin en observation à la porte; celui qu'il verrait entrer le premier, dans l’église, et qui s'appellerait Nicolas, serait l’évêque qu'il devait sacrer. Il communiqua cette révélation à ses autres collègues, et leur recommanda de prier, tandis que lui veillerait à la porte. O prodige! à l’heure de matines, comme s'il était conduit par la main de Dieu, le premier qui se présente à l’église, c'est Nicolas. L'évêque l’arrêtant : « Comment t'appelles-tu, lui dit-il? » Et lui; qui avait la simplicité d'une colombe, le salue et lui dit : « Nicolas, le serviteur de votre sainteté. » On le conduit dans l’église, et malgré toutes ses résistances, on le place sur le siège épiscopal. Pour lui, il pratique, comme auparavant, l’humilité et la gravité de moeurs en toutes ses oeuvres; il passait ses veilles dans la prière, mortifiait sa chair, fuyait la compagnie des femmes; il accueillait tout le monde avec bonté; sa parole avait de la force, ses exhortations étaient animées, et ses réprimandes sévères. On dit aussi, sur la foi d'une chronique, que Nicolas assista au concile de Nicée.

Un jour que des matelots étaient en péril, et, que, les yeux pleins de larmes, ils disaient : « Nicolas, serviteur de Dieu, si ce que nous avons appris de vous est vrai, faites que nous en ressentions l’effet. » Ans sitôt, leur apparut quelqu'un qui ressemblait au saint : « Me voici, dit-il ; car vous m’avez appelé. » Et il se mit à les aider dans la manoeuvre du bâtiment, soit aux antennes, soit aux cordages, et la tempête cessa aussitôt. Les matelots vinrent à l’église de Nicolas, où, sans qu'on le leur indiquât, ils le reconnurent, quoique jamais ils ne l’eussent vu. Alors ils rendirent grâces à Dieu et à lui de leur délivrance : mais le saint l’attribua à la divine miséricorde et à leur foi, et non à ses mérites.

Toute la province où habitait saint Nicolas eut à subir une si cruelle famine, que personne ne pouvait se procurer aucun aliment. Or l’homme de Dieu apprit que des navires chargés de froment étaient mouillés dans le port. Il y va tout aussitôt prier les matelots de venir au secours du peuple qui mourait de faim, en donnant, pour le moins, cent muids de blé par chaque vaisseau. « Nous n'oserions, père, répondirent-ils, car il a été mesuré à Alexandrie, et nous avons ordre de le transporter dans les greniers de l’empereur: » Le saint reprit: « Faites pourtant ce que je vous dis, et je vous promets que, par la puissance de Dieu, vous n'aurez aucun déchet devant le commissaire du roi. »

Ils le firent et la quantité qu'ils avaient reçue à Alexandrie, ils la rendirent aux employés de l’empereur; alors ils publièrent le miracle, et ils louèrent Dieu qui' avait été glorifié ainsi dans son serviteur. Quant au froment, l’homme de Dieu le distribua selon les besoins de chacun, de telle sorte que, par l’effet d'un miracle, il y en eut assez pendant deux ans, non seulement pour la nourriture, mais encore pour les semailles. Or, ce pays était idolâtre, et honorait particulièrement l’image de l’infâme Diane : jusqu'au temps de l’homme de Dieu, quelques hommes grossiers suivaient des pratiques exécrables et accomplissaient certains rites païens sous 'un arbre consacré à la Déesse ; mais Nicolas abolit ces pratiques dans tout le pays et fit. couper l’arbre lui-même. L'antique ennemi, irrité pour cela contre lui, composa une huile dont la propriété contre nature était de brûler dans l’eau et sur les pierres ; le démon, prenant la figure d'une religieuse, se présenta à des pèlerins qui voyageaient par eau pour aller trouver saint Nicolas et leur dit. « J'aurais préféré aller avec vous chez le saint de Dieu, mais je ne le puis. Aussi vous priai-je d'offrir cette huile à son église, et, en mémoire de moi, d'en oindre toutes les murailles de sa demeure. » Aussitôt il disparut. Et voici que les pèlerins aperçoivent une mitre nacelle chargée de personnes respectables, au milieu desquelles se trouvait un homme tout à fait ressemblant à saint Nicolas, qui leur dit : « Hélas ! que vous a dit cette femme, et qu'a-t-elle apporté ? » On lui raconta tout de point en point. « C'est l’impudique Diane, leur dit-il; et pour vous prouver la vérité de mes paroles, jetez cette huile dans la mer. » A peine l’eurent-ils jetée, qu'un grand feu s'alluma sur l’eau, et, contre nature, ils le virent longtemps brûler. Quand ils furent arrivés auprès du serviteur de Dieu, ils lui dirent: « C'est vraiment vous qui nous avez apparu sur la mer, et qui nous avez délivrés des embûches du diable. »

Dans le même temps, une nation se révolta contre l’empire romain ; l’empereur envoya contre elle trois princes, Népotien, Ursus et Apilion. Un vent défavorable les fit aborder au port adriatique, et le bienheureux Nicolas les invita à sa table, voulant par là préserver son pays des rapines qu'ils exerçaient dans les marchés. Or un jour, pendant l’absence du saint évêque, le consul corrompu par argent avait condamné trois soldats innocents à être décapités. Dès que l’homme de Dieu en fut informé, il pria ces princes de se rendre en toute hâte avec lui sur le lieu de l’exécution: à leur arrivée, ils trouvèrent les condamnés le genou fléchi, la figure couverte d'un voile et le bourreau brandissant déjà son épée sur leurs têtes. Mais Nicolas, enflammé de zèle, se jeta avec audace sur le licteur, fit sauter au loin son épée de ses mains, délia ces innocents .et les emmena avec lui sains et saufs ; de là, il court au prétoire du consul et en brise les portes fermées. Bientôt le consul arrive et le salue. Le saint n'en tient compte et lui dit : « Ennemi de Dieu, prévaricateur de la loi, quelle est ta présomption d'oser lever les yeux sur nous, alors que tu es coupable d'un si grand crime. » Quand il l’eut repris durement, à la prière des chefs, il l’admit cependant a la pénitence. Après donc avoir reçu sa bénédiction, les envoyés de l’empereur continuent leur route et soumettent les révoltés sans répandre de sang. A leur retour, ils furent reçus par l’empereur avec magnificence. Or quelques-uns, jaloux de leurs succès, suggérèrent par prière, et par argent, au préfet de l’empereur, de les accuser auprès de lui du crime de lèse-majesté. L'empereur circonvenu, et enflammé de colère, les fit emprisonner et sans aucun interrogatoire, il ordonna qu'on les tuât cette nuit-là même. Informés de leur condamnation par le geôlier, ils déchirèrent leurs vêtements et se mirent à gémir avec amertume. Alors l’un deux, c'était Népotien, se rappelant que le bienheureux Nicolas avait délivré trois innocents, exhorta les autres à réclamer sa protection. Par la vertu de ces prières, saint Nicolas apparut cette nuit-là à l’empereur Constantin et lui dit : « Pourquoi avoir fait saisir ces princes si injustement et avoir condamné à mort des innocents? Levez-vous de suite, et faites-les relâcher tout aussitôt ; ou bien je prie Dieu qu'il vous suscite une guerre dans laquelle vous succomberez et deviendrez la pâture des bêtes. » « Qui es-tu, s'écria l’empereur, pour pénétrer la nuit dans mon palais et m’oser parler ainsi ? » « Je suis, répliqua-t-il, Nicolas, évêque de la ville de Myre. » Il effraya aussi de la même manière le préfet dans une vision. « Insensé, lui dit-il, pourquoi as-tu consenti à la mort de ces innocents? Va vite et tâche de les délivrer, sinon ton corps fourmillera de vers et ta maison va être détruite. » « Qui es-tu, répondit-il, pour nous menacer de si grands malheurs? » « Sache, lui répondit-il, que je suis Nicolas, évêque de Myre. » Et ils s'éveillent l’un et l’autre, se racontent mutuellement leur songe, et envoient de suite vers les prisonniers. L'empereur leur dit donc : « Quels arts magiques connaissez-vous, pour nous avoir soumis à de pareilles illusions en songes? » Ils répondirent qu'ils n'étaient pas magiciens, et qu'ils n'avaient pas mérité d'être condamnés à mort. « Connaissez-vous, leur dit l’empereur, un homme qui s'appelle Nicolas ? » En entendant ce nom, ils levèrent les mains au ciel, en priant Dieu de les délivrer, par les mérites de saint Nicolas, du péril qui les menaçait. Et après que l’empereur leur eut entendu raconter toute sa vie et ses miracles : « Allez, dit-il, et remerciez Dieu qui vous a délivrés par ses prières ; mais portez-lui quelques-uns de nos joyaux, de notre part, eu le conjurant de ne plus m’adresser de menaces, mais de prier le Seigneur' pour moi et pour mon royaume. » Peu de jours après, ces hommes se prosternèrent aux pieds du serviteur de Dieu, et lui dirent : « Vraiment vous êtes le serviteur, le véritable adorateur et l’ami du Christ: » Quand ils lui eurent raconté en détail ce qui venait de se passer, il leva les yeux au ciel, rendit de très grandes actions de grâces à Dieu. Or après avoir bien instruit ces princes, il les renvoya en leur pays.

Quand le Seigneur voulut enlever le saint de dessus la terre, Nicolas le pria de lui envoyer, des anges; et en inclinant la tète, il eu vit venir vers lui : et après avoir dit le Psaume, In te, Domine, speravi, jusqu'à ces mots : In manus tuas, etc., il rendit l’esprit, l’an de J.-C. 343. Au même moment, on entendit la mélodie des esprits célestes. On l’ensevelit dans' un tombeau de marbré ; de son chef jaillit une fontaine d'huile et de ses pieds une source d'eau; et jusqu'aujourd'hui, de tous ses membres, il sort une huile sainte qui guérit beaucoup de personnes. Il eut pour successeur un homme de bien qui cependant fut chassé de son siège par des envieux. Pendant son exil, l’huile cessa de couler; mais quand il fut rappelé elle reprit son cours. Longtemps après les Turcs détruisirent la ville de Myre ; or, quarante-sept soldats de Bari y étant venus, et quatre moines leur ayant montré le tombeau de saint Nicolas, ils l’ouvrirent, et trouvèrent ses os qui nageaient dans l’huile ; ils les emportèrent avec respect dans la ville de Bari, l’an du Seigneur 1087.

Un homme avait emprunté à un Juif une somme d'argent, et avait juré sur l’autel de saint Nicolas, car il ne pouvait avoir d'autre caution, qu'il rendrait cet argent le plus tôt qu'il pourrait. Comme il le gardait longtemps, le Juif le lui réclama, mais le débiteur prétendit lui'avoir payé sa dette. Le Juif le cita en justice et lui déféra le serment. Cet homme avait un bâton creux qu'il avait rempli d'or en petites pièces, il l’apporta avec lui comme s'il en eût besoin pour s'appuyer. Alors qu'il voulut prêter serment, il donna au Juif son bâton à tenir, et jura avoir rendu davantage qu'il ne lui avait été prêté. Après le serment, il réclama son bâton et le Juif, qui ne se doutait pas de la ruse, le lui rendit : or, en revenant chez lui, le coupable, oppressé par le sommeil, s'endormit dans un carrefour, et un char qui venait avec grande vitesse le tua, brisa le bâton et l’or dont il était plein se répandit sur là terre. Le Juif averti accourut et. vit la ruse : et comme on lui suggérait de reprendre son or, il s'y refusa absolument, à moins que le mort ne fût rendu à la vie par les mérites de saint Nicolas, ajoutant que, s'il en arrivait ainsi, il recevrait le baptême et se ferait chrétien. Aussitôt le mort ressuscite, et le Juif est baptisé au nom de J.-C.

Un Juif, témoin de la merveilleuse puissance du bienheureux Nicolas à opérer des miracles, se fit sculpter une image du saint qu'il plaça dans; sa maison, et quand il entreprenait un long voyage, il lui confiait la garde de ses biens en disant ces paroles ou d'autres à peu près pareilles : « Nicolas, voici tous mes biens que je vous confie, si vous n'en faites bonne garde, j'en tirerai vengeance, par des coups de fouet. » Or, un jour qu'il était absent, des voleurs viennent ravir tout et ne laissent que l’image. A son retour, le Juif se voyant dépouillé s'adresse à l’image et lui dit à peu près ces paroles : « Seigneur Nicolas, ne vous avais-je pas placé dans ma maison pour soigner mes biens contre les voleurs ? Pourquoi avez-vous négligé de le faire, et n'avoir point empêché les voleurs ? Eh bien ! Vous en serez cruellement puni et vous paierez pour les larrons. Aussi vais-je compenser le dommage que j'éprouve en vous faisant souffrir, et je calmerai ma fureur en vous assommant de coups de fouet. » Alors le Juif prit l’image, la frappa et la flagella avec une atroce cruauté. Chose merveilleuse et épouvantable ! Au moment où les voleurs se partageaient leu butin, le saint leur apparut, comme s'il eût reçu les coups sur lui, et leur dit: « Pourquoi-ai-je été flagellé par rapport à vous ? Pourquoi ai-j e été frappé si inhumainement ? Pourquoi ai-je enduré tant de tourments ?

Voyez comme mon corps est livide. Voyez comme il est couvert de sang. Allez au plus tôt restituer tout ce que vous avez pris, sinon la colère de Dieu s'appesantira sur vous ; votre crime sera rendu public et chacun de vous sera pendu. » Et ils lui dirent: « Qui es-tu, toi qui nous parles de cette façon? » « Je suis Nicolas, reprit-il, serviteur de J.-C., c'est moi que le Juif a si cruellement traité pour le vol dont vous êtes coupables. » Pleins d'effroi, ils viennent trouver le Juif, lui racontent le miracle, en apprennent ce qu'il a fait à l’image et lui rendent tout;; après quoi ils rentrent dans la voie de la droiture et le Juif embrasse la foi du Sauveur.

Par amour pour son fils qui étudiait les belles-lettres, un homme célébrait tous les ans avec solennité la fête de saint Nicolas. Une fois le père de l’enfant prépara un repas auquel il invita grand nombre de clercs. Or le diable vint à la porte, en habit de mendiant, demander l’aumône. Le père commande aussitôt à son fils de donner au pèlerin. L'enfant se hâte, mais ne trouvant pas le pauvre, il court après lui. Parvenu à un carrefour, le diable saisit l’enfant et l’étrangle. A cette nouvelle, le père se lamenta beaucoup, prit le corps, le plaça sur un lit et se mit à exhaler sa douleur en proférant ces cris : « O très cher fils ! Comment es-tu ? Saint Nicolas ! Est-ce la récompense de l’honneur dont je vous ai donné si longtemps des preuves ? » Et comme il parlait ainsi, tout à coup l’enfant ouvrit les yeux, comme s'il sortait d'un profond sommeil, et ressuscita.

Un noble pria le bienheureux Nicolas de lui obtenir un fils, lui promettant de conduire son enfant à son église où il offrirait une coupe d'or. Un fils lui naquit et quand celui-ci fut parvenu à un certain âge, il commanda une coupe. Elle se trouva fort de son goût, et il l’employa à son usage, mais il en fit ciseler une autre d'égale valeur. Et comme ils allaient par mer à l’église de saint Nicolas, le père dit à son fils d'aller lui puiser de l’eau dans la coupe qu'il avait commandée en premier lieu. L'enfant, en voulant puiser de l’eau avec la coupe, tomba dans là mer et disparut aussitôt. Le père cependant, tout baigné de larmes, accomplit son vceu. Etant donc venu à l’autel de saint Nicolas, comme il offrait la seconde coupe, voici qu'elle tomba de l’autel comme si elle en eût été repoussée. L'ayant reprise et replacée une seconde fois sur l’autel, elle en fut rejetée encore plus loin. Tout le monde était saisi d'admiration devant un pareil prodige, lorsque voici l’enfant sain et sauf qui arrive portant dans les mains la première coupe ; il raconte, en présence des assistants, qu'au moment où il tomba dans la mer, parut aussitôt saint Nicolas qui le garantit. Le père rendu à la joie offrit les deux coupes au saint.

Un homme riche dut aux mérites de saint Nicolas d'avoir un fils qu'il nomma Adéodat. Il éleva, dans sa maison, une chapelle en l’honneur du saint dont il célébra, chaque année, la fête avec solennité. Or le pays était situé près de la terre des Agaréniens. Un jour Adéodat est pris par eux, et placé comme esclave chez leur roi. L'année suivante, tandis que le père célébrait dévotieusement la fête de saint Nicolas, l’enfant, qui tenait devant le monarque une coupe précieuse, se rappelle la manière dont il a été pris, la douleur et la joie de ses parents à pareil jour dans leur maison, et se met à soupirer tout haut. A force de menaces, le roi obtint de connaître la cause de ces soupirs, et ajouta: « Quoi que fasse ton Nicolas, tu resteras ici avec nous. » Tout à coup s'élève un vent violent qui renverse la maison et transporte l’enfant avec sa coupe devant les portes de l’église où ses parents célébraient la fête; ce fut pour tous un grand sujet de joie. On lit pourtant ailleurs que cet enfant était de la Normandie, et qu'allant outre-mer, il fut pris par le Soudan qui le faisait fouetter souvent en sa présence. Or un jour de Saint-Nicolas, qu'il avait été fouetté et que, renfermé dans sa prison, il pleurait en pensant à sa délivrance et à la joie ordinaire de ses parents à pareil jour, tout à coup il s'endormit et, en se réveillant, il se trouva dans la chapelle de son père *.

* On lit à la fin d'un sermon attribué à saint Bonaventure : « Deux écoliers de famille noble et riche portaient une grosse somme d'argent, se rendant à Athènes pour y étudier la philosophie. Or, comme ils voulaient auparavant voir saint Nicolas pour se recommander à ses prières, ils passèrent par la ville de Alyre. L'hôte, s'apercevant de leur richesse, se laissa entraîner aux suggestions de l’esprit malin, et les tua. Après quoi, les mettant en pièces comme viande de porc, il sala leur chair dans un vase (saloir). Instruit de ce méfait par un ange, saint Nicolas se rendit promptement à l’hôtellerie, dit à l’hôte tout ce qui s'était passé, et le réprimanda sévèrement; après quoi il rendit 1a vie aux jeunes gens par la vertu de ses prières. »

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii


St. Nicholas of Myra

(Also called Nicholas of Bari).

Bishop of Myra in Lycia; died 6 December, 345 or 352. Though he is one of the most popular saints in the Greekas well as the Latin Church, there is scarcely anything historically certain about him except that he was Bishop of Myra in the fourth century.


Some of the main points in his legend are as follows: He was born at Parara, a city of Lycia in Asia Minor; in his youth he made a pilgrimage to Egypt and Palestine; shortly after his return he became Bishop of Myra; cast intoprison during the persecution of Diocletian, he was released after the accession of Constantine, and was present at the Council of Nicaea. In 1087 Italian merchants stole his body at Myra, bringing it to Bari in Italy.

The numerous miracles St. Nicholas is said to have wrought, both before and after his death, are outgrowths of a long tradition. There is reason to doubt his presence at Nicaea, since his name is not mentioned in any of the old lists of bishops that attended this council. His cult in the Greek Church is old and especially popular in Russia. As early as the sixth century Emperor Justinian I built a church in his honour at Constantinople, and his name occurs in the liturgy ascribed to St. Chrysostom. In Italy his cult seems to have begun with the translation of his relics toBari, but in Germany it began already under Otto II, probably because his wife Theophano was a Grecian. BishopReginald of Eichstaedt (d. 991) is known to have written a metric, "Vita S. Nicholai." The course of centuries has not lessened his popularity. The following places honour him as patron: Greece, Russia, the Kingdom of Naples,Sicily, Lorraine, the Diocese of Liège; many cities in Italy, Germany, Austria, and Belgium; Campen in theNetherlands; Corfu in Greece; Freiburg in Switzerland; and Moscow in Russia. He is patron of mariners, merchants, bakers, travellers, children, etc. His representations in art are as various as his alleged miracles. InGermany, Switzerland, and the Netherlands, they have the custom of making him the secret purveyor of gifts to children on 6 December, the day on which the Church celebrates his feast; in the United States and some other countries St. Nicholas has become identified with Santa Claus who distributes gifts to children on Christmas eve. His relics are still preserved in the church of San Nicola in Bari; up to the present day an oily substance, known as Manna di S. Nicola, which is highly valued for its medicinal powers, is said to flow from them.

Sources

The traditional legends of St. Nicholas were first collected and written in Greek by Metaphrastes in the tenth century. They are printed in P.G. 116 sq.


Ott, Michael. "St. Nicholas of Myra." The Catholic Encyclopedia. Vol. 11. New York: Robert Appleton Company, 1911. 14 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/11063b.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/11063b.htm


Saint Nicolas représenté avec les 3 enfants et le tonneau,


St. Nicholas

St. Nicholas, called “of Bari” was Bishop of Myra (Fourth Century). The great veneration with which this saint has been honored for many ages and the number of altars and churches which have been everywhere dedicated in his memory are testimonials to his holiness and of the glory which he enjoys with God.

He is said to have been born at Patara in Lycia, a province of Asia Minor. Myra, the capital, not far from the sea, was an episcopal see, and this church falling vacant, the holy Nicholas was chosen bishop, and in that station became famous by his extraordinary piety and zeal and many astonishing miracles. The Greek histories of his life agree that he suffered imprisonment of the faith and made a glorious confession in the latter part of the persecution raised by Dioletian, and that he was present at the Council of Nicaea and there condemned Arianism, even going so far, according to some accounts of the council, as to slap the heretic across the face. The silence of other authors makes many justly suspect these circumstances. He died at Myra, and was buried in his cathedral.

We are assured that from his earliest days Nicholas would take nourishment only once on Wednesdays and Fridays, and that in the evening according to the canons. “He was exceedingly well brought up by his parents and trod piously in their footsteps. The child, watched over by the church enlightened his mind and encouraged his thirst for sincere and true religion”. His parents died when he was a young man, leaving him well off and he determined to devote his inheritance to works of charity. An opportunity soon arose.

A citizen of Patara had lost all his money, and had moreover to support three daughters who could not find husbands because of their poverty; so the wretched man was going to give them over to prostitution. This came to the ears of Nicholas, who thereupon took a bag of gold and, under cover of darkness threw it in at the open window of the man’s house. Here was a dowry for the eldest girl and she was soon duly married. At intervals Nicholas did the same for the second and third; at the last time the father was on the watch, recognized his benefactor and overwhelmed him with his gratitude. It would appear that the three purses represented in pictures, came to be mistaken for the heads of three children and so they gave rise to the absurdstory of the children, resuscitated by the saint, who had been killed by an innkeeper and pickled in a brine-tub.

Coming to the city of Myra when the clergy and people of the province were in session to elect a new bishop, St. Nicholas was indicated by God as the man they should choose. This was at the time of the persecutions at the beginning of the fourth century and “As he was the chief priest of the Christians of this town and preached the truths of faith with a holy liberty, the divine Nicholas was seized by the magistrates, tortured, then chained and thrown into prison with many other Christians. But when the great and religious Constatine, chosen by God assumed the imperial diadem of the Romans, the prisoners were released from their bonds and with them the illustrious Nicholas, who when he was set at liberty returned to Myra.” St. Methodius asserts that “thanks to the teaching of St. Nicholas the metropolis of Myra alone was untouched by the filth of the Arian heresy, which it firmly rejected as death-dealing poison”, but says nothing of his presence at the Council of Nicaea in 325.

According to other traditions he was not only there but so far forgot himself as to give the heresiarch Arius a slap in the face. Whereupon the conciliar fathers deprived him of his episcopal insignia and committed him to prison; but our Lord and His Mother appeared there and restored to him both his liberty and his office. As against Arianism so against paganism, St. Nicholas was tireless and took strong measures: among other temples he destroyed was that of Artemis, the principal in the district, and the evil spirits fled howling before him.

He was the guardian of his people as well in temporal affairs. The governor Eustathius had taken a bribe to condemn to death three innocent men. At the time fixed for their execution Nicholas came to the place, stayed the hands of the executioner, and released the prisoners. Then he turned to Eustathiujs and did not cease to reproach him until he admitted his crime and expressed his penitence. There were present on this ocfcasion three imperial officers who were on their way to duty in Phrygia.

Later, when they were back again in Constantinople, the jealousy of the prefect Ablavius caused them to be imprisoned on false charges and an order for their death was procured from the Emperor Constantine. When the officers heard this they remembered the example they had witnessed of the powerful love of justice of the Bishop of Myra and they prayed to God that through his merits and by his instrumentality then might yet be saved. That night St. Nicholas appeared in a dream to Constatine, and told him with threats to release the three innocent men, and Ablavius experienced the same thing.

In the morning the Emporor and the prefect compared notes, and the condemned men were sent for and questioned. When he heard that they had called on the name of the Nicholas of Myra who had appeared to him, Constatine set them free and sent them to the bishop with a letter asking him not to threaten him any more but to pray for the peace of the world. For long this was the most famous miracle of St. Nicholas, and at the time of St. Methodius was the only thing generally known about him.

The accounts are unanimous that St. Nicholas died and was buried in his episcopal city of Myra, and by the time of Justinian there was a basilica built in his honor at Constantinople. An anonymous Greek wrote in the tenth century that, “the West as well as the East acclaims and glorifies him. Wherever there are people, in the country and the town, in the villages, in the isles, in the furthest parts of the earth, his name is revered and churches are built in his honor. Images of him are set up, panegyrics preached and festivals celebrated.

All Christians, young and old, men and women, boys and girls, reverence his memory and call upon his protection. And his favors, which know no limit of time and continue from age to age, are poured out over all the earth; the Scythians know them, as do the Indians and the barbarians, the Africans as well as the Italians.” When Myra and its great shrine finally passed into the hands of the Saracens, several Italian cities saw this as an opportunity to acquire the relics of St. Nicholas for themselves. There was great competition for them between Venice and Bari. The last-named won, the relics were carried off under the noses of the lawful Greek custodians and their Mohammedan masters, and on May 9, 1087 were safety landed at Bari, a not inappropriate home seeing that Apulia in those days still had large Greek colonies.

A new church was built to shelter them and the Pope, Bd. Urban II, was present at their enshrining. Devotion to St. Nicholas was known in the West long before his relics were brought to Italy, but this happening naturally greatly increased his veneration among the people, and miracles were as freely attributed to his intercession in Europe as they had been in Asia. At Myra “the venerable body of the bishop, embalmed as it was in the good ointments of virtue exuded a sweet smelling myrrh, which kept it from corruption and proved a health giving remedy against sickness to the glory o f him who had glorified Jesus Christ, our true God.” The translation of the relics did not interrupt this phenomenon, and the “manna of St. Nicholas” is said to flow to this day. It was one of the great attractions which drew pilgrims to his tomb from all parts of Europe.

It is the image of St. Nicholas more often than that of any other that is found on Byzantine seals; in the later middle ages nearly four hundred churches were dedicated in his honor in England alone; and he is said to have been represented by Christian artists more frequently than any saint except our Lady. St. Nicholas is venerated as the patron saint of several classes of people, especially, in the East, of sailors and in the West of children.

The first of these patronage is probably due to the legend that during his life time, he appeared to storm tossed mariners who invoked his aid off the coast of Lycia and brought them safely to port. Sailors in the Aegean and Ionian seas, following a common Eastern custom, had their “star of St. Nicholas” and wished one another a good voyage in the phrase “May St. Nicholas hold the tiller”.

The legend of the “three children” gave rise to his patronage of children and various observances, ecclesiastical and secular, connected there with; such were the boy bishop and especially in Germany, Switzerland and the Netherlands, the giving of presents in his name at Christmas time. This custom in England is not a survival from Catholic times. It was popularized in America by the Dutch Protestants of New Amsterdam who had converted the “popish” saint into a Nordic magician (Santa Claus = Sint Klaes = Saint Nicholas). The deliverance of the three imperial officers naturally caused St. Nicholas to be invoked by and on behalf of prisoners and captives, and many miracles of his intervention are recorded in the middle ages.

Curiously enough the greatest popularity of St. Nicholas is found neither in the eastern Mediterranean nor north-western Europe, great as that was, but in Russia. With St. Andrew the Apostle he is patron of the nation, and the Russian Orthodox Church even observes the feast of his translation; so many Russian pilgrims came to Bari before the revolution that their government supported a church, hospital and hospice there. He is a patron saint also of Greece, Apulia, Sicily and Loraine, and of many citiesand dioceses (including Galway) and churches innumerable.

At Rome the basilica of St. Nicholas in the Jail of Tully (in Carcere) was founded between the end of the sixth and the beginning of the seventh centuries. He is named in the preparation of the Byzantine Mass.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-nicholas/



Nicholas of Myra (Bari) B (RM)

Died c. 350. St. Nicholas was probably born to wealthy parents at Patara in Lycia, a province of Asia Minor. He was chosen bishop of the then rundown diocese of the capital of Myra, which he ruled with great care and faith. There he became known for his holiness, zeal, and miracles. To these meager facts legend, however, has supplied colorful details. His first 'biography' was written in the 9th century; a more popular one was written by Simon Metaphrastes in the 10th century.


Greek histories hold that he suffered imprisonment and made a famous confession during the persecution of Diocletian. He was present at the Council of Nicaea, where he condemned Arianism--one story holds that he actually slapped the heretic Arius. He died at Myra in Lycia. However, there is no historical support for either his confession nor his attendance at the council.

By the time of Justinian (6th century), there was a basilica built in his honor at Constantinople. From the 9th century in the East and the 11th century in the West, he has been one of the most popular saints of Christendom and the subject of many legends. These hold that he was a wealthy young man who decided to devote his money to charitable activities and his life to converting sinners.

The legends tell of how St. Nicholas, still sticky from the womb, rose up out of his first bath to fold his hands and raise his eyes to heaven in order to cleanse his heart before his body. He is also said to have taught his wet nurse about mortification by refusing her breast more than once on each Wednesday and Friday--a precocious exercise of asceticism!

Nicholas could have found communion with God in a monastic life, but to walk within the confines of a cloister would be insufficient for the saint's devotion. He wanted to be able to follow the footsteps of Jesus in the Palestine, which he did. On his voyages across the sea, he calmed the waves (which is why he is patron of sailors and travellers).

A citizen of Patara lost his fortune, and because he could not raise dowries for his three daughters, he was going to give them over to prostitution. After hearing this, Nicholas took a bag of gold and threw it through the window of the man's house at night. The eldest girl was married with it as her dowry. He performed the same action for each of the other girls. The three purses, portrayed in art with the saint, were mistakenly thought to be the heads of children, and thus originated the story that three children, murdered by an innkeeper and pickled in a tub of brine, were resuscitated by Nicholas. The three purses are also thought to be the origin of the pawnbrokers' symbol of three gold balls.

Another legend holds that he appeared to sailors caught in storms off the coast of Lycia and led them safely into port. Churches built under his dedication are often placed so that they can be seen off the coast as landmarks.

Yet another legend has it that he appeared to Constantine in a dream and thereby caused him to save three unjustly condemned imperial officers from death. Possibly another version says that the governor of Myra took a bribe to condemn to death three innocent men. The executioner was about to kill them when the bishop of the city, Nicholas, appeared and prevented the execution. Turning to the governor, the saint upbraided him till he confessed his sin and begged to be forgiven.

When Myra fell into the hands of the Saracens, Italian cities seized the chance to acquire the relics of Nicholas. The relics were stolen by Italian merchants and came to Bari in southern Italy in 1087. A new church was built to shelter them, and Pope Urban II was present at their enshrining. The already popular saint became even more highly regarded thereafter. The shrine became one of the great pilgrimage centers of medieval Europe. Many miracles were reputed to have been worked through his intercession.

The popular cultural representation of "St. Nick" is based on a combination of Low Countries' custom of giving children presents on his feast day as their patron, and the Dutch Protestants of New Amsterdam (now New York) linking this to Nordic folklore of a magician who punished naughty children and rewarded exemplary ones with presents. (It should be noted that the figure of Santa Claus is really non-Christian and is based on the Germanic god Thor, who was associated with winter and the Yule log and rode on a chariot drawn by goats named Cracker and Gnasher.)

Throughout Europe in the middle ages, St. Nicholas's feast day was the occasion for electing a Boy Bishop, who reigned until the feast of the Holy Innocents on December 28. Even in this century the custom survives in Montserrat in Catalonia, Spain (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, White).

St. Nicholas's emblem in art is three balls. Sometimes he is portrayed (1) as a young man throwing three golden balls into the window of three poor girls; (2) raising three children from a pickle tub; (3) rescuing survivors from a shipwreck; (4) reviving a man unjustly hanged (not to be confused with Nicholas of Tolentino, who is never a bishop); or (5) as a new-born babe praising God. Venerated at Bari, Monserrat, and Russia (Roeder).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1206.shtml

Patron of children (Santa Claus, Sint Klaus), bankers, captives (because of the rescue), pawnbrokers (three balls), and sailors (for miraculously saving doomed mariners off the coast of Lycia) (Roeder), brides, unmarried women (because he provided dowries), perfumers (from his shrine at Bari there was said to originate a fragrant 'myrrh'), of travellers, pilgrims, and safe journeys (because he reputedly travelled to the Holy Land and Egypt), maritime pilots (White), boatmen, fishermen, sailors, dock workers, stevedores, brewers, coopers, bootblacks, the unjustly judged, and poets (Encyclopedia). Russia, Greece, Sicily, Lorraine, Moscow, Freibourg, and Apulia all fall under his patronage, too (White).


Ilia Répine. Saint Nicolas arrêtant le bourreau
1888, huile sur toile, 215 X 196, Saint Petersburg, musée Russe.


St. Nicholas, Archbishop of Myra, Confessor

The Acts of St. Nicholas, published about the year 912 by Metaphrastes, are extant, translated by Lipoman, Surius, &c. Others much shorter, but imperfect, compiled by Methodius, patriarch of Constantinople, about the year 840, are published by Mombritius Falconius, &c. Another life of St. Nicholas was written by John, deacon of Naples, anno 860, from Methodius and others. (See Murat. Ital. Scriptor. t. 1, part 2, p. 287, and Jos. Assemani, t. 5, p. 417.) Mention is made of a vision of St. Nicholas in the second council of Nice: also by Suidas, (on whose testimony see Putignani, Diatr. 1, p. 66,) &c. See several acts of his life, published by Falconius, archbishop of San-Senerino, at Naples, in 1751, together with those of St. Nicholas of Pinara, with whom this author confounds him; which hypothesis is confuted by Nicholas Putignani, a canon of Bari, author of Vindiciæ Vitæ S. Nicolai, at Naples, an. 1753, and more fully by Jos. Assemani in Cal. Univ. t. 5, ad 6, Dec. p. 415, et t. 6, ad 4, Apr. p. 226, et ad 9. Maij, p. 822. See also Tillemont, t. 6, Vie de S. Nicholas, et Note, 1. 2, Fleury, t. 13, p. 446.

A.D. 342

THE GREAT veneration with which this saint has been honoured, both in the Greek and Latin churches for many ages, and the great number of altars and churches which have been everywhere erected in his memory, are proofs of his extraordinary sanctity, and of the glory which he enjoys with God. The Emperor Justinian built a church in his honour at Constantinople, in the quarter called Blaquernæ, about the year 430, 1 and he was titular saint of four churches in Constantinople. 2 All accounts agree that he was a native of Patara, in Lycia. We are told that in his infancy he observed the fasts of Wednesdays and Fridays, refusing to suck the breasts on those days, which were consecrated to fasting by the law of the church, as St. Clement of Alexandria mentions, 3 and as Bishop Potter proves, in his note upon that passage from the Apostolic Constitutions, 4 and the canonical epistle of St. Peter, bishop of Alexandria, and martyr. Also St. Epiphanius 5 and others testify the same. Happy are they who, from their infancy and innocent age, are inured to the exercises of devotion, penance, and perfect obedience. St. Nicholas increased his fervour in these and all other virtues with his years, especially when he had devoted himself to a religious life in the monastery of holy Sion, near Myra, of which house he was made abbot, by the archbishop, its founder. Charity in comforting and relieving the distressed, seemed his characteristic virtue. Amongst many other instances, it is related, that when three young virgins were exposed through distress to the danger of falling into vicious courses, he, for three successive nights, conveyed to them through the window a competent sum of money for a fortune for one of them, so that they were all portioned, and afterwards happily married. Lycia was a large ancient province of Asia, in which St. Paul had planted the faith. Myra, the capital, three miles from Patara, and from the sea, was an archiepiscopal see, founded by St. Nicander, of such great dignity, that, in later ages, thirty-six suffragan bishoprics were subject to it. This metropolitan church falling vacant, the holy abbot Nicholas was chosen archbishop, and in that exalted station became famous by his extraordinary piety and zeal, and an incredible number of stupendous miracles. The Greek histories of his life agree, that he suffered imprisonment for the faith, and made a glorious confession in the latter part of the persecution raised by Dioclesian: and that he was present at the great council of Nice, and there condemned Arianism. The silence of other authors make many justly suspect these circumstances. The history of the translation of his relics place his death in 342. He died at Myra, and was buried in his own cathedral. 6 Several churches were built in his honour, even in the West, long before the translation of his relics to Bari: and the manner in which Usuard mentions him in his Martyrology, almost three ages before, shows in what great veneration his name then was in the West. The history of the translation of his relics to Bari, assures us, that no saint was more universally honoured in all Christian nations than St. Nicholas. The Muscovites, who received their account of him from the Greeks, seem to pay a greater veneration to his memory than to that of any other saint who lived since the times of the apostles. The relics of St. Nicholas were kept with great honour at Myra till they were translated into Italy. Certain merchants of Bari, a sea-port in the kingdom of Naples, situate on the Adriatic Gulf, sailed in three ships to the coast of Lycia; and watching an opportunity when no Mahometans were near the place, went to the church in which the relics of St. Nicholas were kept, which stood in a desert place, three miles from the sea, and was guarded by a small community of monks. They broke open the marble coffin, in which the sacred bones lay, and carried them off to their ships; the inhabitants, upon the alarm given, pursued them to the shore with horrible outcries, but the Europeans were got safe on board. They landed at Bari on the 9th of May, 1087, and the sacred treasure was deposited by the archbishop in the church of St. Stephen. On the first day, thirty persons were cured of various distempers, imploring the intercession of St. Nicholas, and from that time the tomb of St. Nicholas of Bari has been famous for pilgrimages. The authentic history of this translation, written by John, at that time archdeacon of Bari, by order of the archbishop, is extant in Surius. The same account is confirmed by another history of this translation, drawn up at the same time by Nicephorus of Bari, also an eye-witness, commissioned by the magistrates of the city, quoted in manuscript by Baronius, and published by Falconius. 7 By this history of Nicephorus, it appears, that the Venetians having formed a design of carrying off the relics of St. Nicholas, certain merchants from Bari, who happened then to be at Antioch, prevented them. 8 This enterprise could only be justified by the laws of a just war, joined with the apprehension of the sacrilegious impiety of the Mahometans. Mention is made in a novella of the Emperor Emmanuel, recorded by Balsamon, and all modern writers, of a fragrant unctuous matter which issues from the relics of St. Nicholas in his shrine at Bari, a large quantity of which was found in his sepulchre near Myra in Lycia, when his relics were brought thence.

St. Nicholas is esteemed a patron of children, because he was from his infancy a model of innocence and virtue, and to form that tender age to sincere piety was always his first care and delight. 9 To impress on the minds of children perfect sentiments of devotion, religion, and all virtues, with an earnestness in all duties, is a task often as delicate as it is important. Instructions must be made sensible, and adapted by similes, parables, and examples, to the weakness of their capacities. Above all, they are to be enforced by the conduct of those with whom children converse. They learn their maxims, imbibe their spirit, and are moulded upon their example. A child which sees those who are about him love their own ease, and ever seek what best pleases their senses; still more if he observes them to be choleric, peevish, vain, slothful, or impatient, will naturally cherish these passions, and yield up the government of himself to them, instead of learning by tractableness, humility, meekness, and self-denial, to subdue and govern them. And so in all other points. Precepts and exhortations lose their force when contradicted by example: and whilst the infant sees every one study to please himself in every thing, in flat opposition to the rules of the gospel, which he hears preached from their mouths, he seems tacitly persuaded, that such a conduct is reconcilable with those very maxims which condemn it.

Note 1. Procop. de Ædific. Justinian, l. 1, c. 6, p. 31. Putignani, Diatr. 1, c. 5, pp. 37, 52. [back]

Note 2. Du Cange, Constantinopolis Christiana, l. 4, c. 6, n. 67. Codinus Orig. Constan. p. 62. [back]

Note 3. Clem. Alex. Strom. l. 7, t. 2, p. 877, n. 10 et 15, ed Oxon. anno 1715. [back]

Note 4. Constit. Apost. l. 5, c. 19, et l. 7, c. 24. [back]

Note 5. See Pope Benedict XIV. in Literis Apostolicis ad Joan. V. Portug. Reg. novæ edit. Martyr. Rom. præfixis, à n. 19, ad 36. [back]

Note 6. Falconius published, in 1751, from a manuscript of the tenth age, in the Vatican library, the life of St. Nicholas of Pinara, whom he pretends to be the same with St. Nicholas of Myra. But, in the life of the former, express mention is made of a church or martyrium, dedicated in honour of the great St. Nicholas (of Myra,) who must consequently have been dead before the other was born, as Jos. Assemani proves; (in Cal. Univ. ad 6 Dec. p. 424, t. 5;) and this distinction is demonstrated by the church built at Constantinople by Justinian, in honour of the great St. Nicholas, as he is usually styled by the Greeks, and by many other arguments. (See Jos. Assemani, ib. and Nicholas Putignani, Diatribâ 1.) St. Nicholas of Pinara was born at Pharrais, near Myra, was afterwards abbot of Holy Sion, and was at length consecrated bishop of Pinara, which church he governed five years, and died there; and his relics were kept with honour in the church of the monastery of Holy Sion in Pharroa, near Pinara in Lycia, the abbot of which place subscribed the second council of Nice, in 787. Falconius supposes St. Nicholas of Pinara to have been born in 480, ordained bishop in 547: that he assisted at the council of Myra, held about the controversy concerning the three chapters in 550, and died in 551. From the year of his death, the other epochs are determined by the history of his life. But Jos. Assemani demonstrates (t. 6, in Calend. Univ. ad 4 Apr. p. 230,) that St. Nicholas of Pinara flourished in the seventh century, and died in 699, having governed the see of Pinara, from the year 694, five years. His body remained in the church of his monastery at Pharroa, together with the relics of St. John Baptist, SS. Theodorus, Sergius and Bacchus, MM. and of the forty martyrs of Sebaste. See Assemani ad 4 April. [back]

Note 7. Falconius, Acta Primigenia S. Nicolai, p. 131. [back]

Note 8. See also on this translation, Dandulus, in Chronico Veneto, l. 7, pp. 157, 256, ap Murat. Italic. Rerum Scriptores, t. 12. Though Dandulus lived only in 1350, neither can he or other Venetians be heard, who pretend, so many years after, that the relics of St. Nicholas were brought to Venice, since two learned men of Bari, and Sigebert, a foreigner of the same age, assure us they were translated to Bari. And it is manifest, that the Venetians only carried home, in 1097, what the citizens of Bari had left, namely, the bodies of two other bishops, Theodorus and another Nicholas, and some of the unctuous matter that was found in the sepulchre of St. Nicholas. The church of one of the twenty-three great monasteries of the Greeks on Mount Athos, is dedicated in honour of St. Nicholas. See Montfaucon, Paleographia Græca, l. 7, p. 493. [back]

Note 9. St. Nicholas is called particularly the patron of children, not only because he made their instruction a principal part of his pastoral care, but chiefly because he always retained the virtues, the meekness, the simplicity, without guile or malice, and the humility of his tender age, and in his very infancy devoted himself to God by a heroic piety: these reasons are given in the ancient MS. book of Festivals at Sarum, fol. 55. On the great solemnity with which it was kept by the boys at the cathedral of Sarum, at Eton school, and in other schools and colleges. See the History and Antiquities of the Cathedral Church of Salisbury, printed anno 1722, p. 74. [back]
Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XII: December. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/12/061.html