lundi 31 décembre 2012

Saint SYLVESTRE I, Pape

Saint Sylvestre

Pape

(280-335)

Saint Sylvestre eut Rome pour patrie. Quand il fut en âge de disposer de sa fortune, il se plaisait à donner l'hospitalité aux chrétiens étrangers qui passaient à Rome; il les menait à sa demeure, lavait leurs pieds, leur servait à manger, enfin leur donnait, au nom de Jésus-Christ, tous les soins de la plus sincère charité.

Il vint, un jour, à Rome, un illustre confesseur de la foi, nommé Timothée d'Antioche. Personne n'osait le recevoir; Sylvestre s'en fit un honneur, et, pendant un an, Timothée prêchant Jésus-Christ avec un zèle incroyable, recevait chez lui la plus généreuse hospitalité. Cet homme héroïque ayant conquis la palme du martyre, Sylvestre déroba ses précieux restes et les ensevelit à la faveur de la nuit. Mais lui-même fut bientôt traduit devant le tribunal du préfet, comme recélant les trésors du martyr: "Timothée, répondit-il, ne m'a laissé que l'héritage de sa foi et de son courage."

Le préfet le menaça de la mort et le fit jeter en prison; mais Sylvestre, en le quittant, lui dit: "Insensé, c'est toi-même qui, cette nuit, vas rendre compte à Dieu." Le persécuteur avala une arête de poisson et mourut, en effet, dans la nuit. La crainte des châtiments célestes adoucit les bourreaux et l'héroïque jeune homme fut rendu à la liberté. Cette belle conduite de Sylvestre le fit appeler au diaconat par le Pape saint Melchiade, dont il devait être l'éminent successeur.

Son long pontificat de vingt et un ans, célèbre à divers titres, l'est surtout par le concile de Nicée, le Baptême de Constantin et le triomphe de l'Église. Le Baptême de Constantin est reporté à une époque plus tardive par de nombreux auteurs; mais des témoignages non moins nombreux et non moins sérieux placent le Baptême de ce grand empereur sous le règne de saint Sylvestre, et le Bréviaire romain confirme cette opinion.

Constantin, encore païen et peu favorable aux chrétiens, dont il ignorait complètement la doctrine, fut atteint d'une sorte de lèpre qui lui couvrit tout le corps. Une nuit, saint Pierre et saint Paul, éclatants de lumière, lui apparurent et lui ordonnèrent d'appeler le Pape Sylvestre, qui le guérirait en lui donnant le Baptême. Le Pape, en effet, instruisit le royal néophyte et le baptisa. Le règne social de Jésus-Christ commençait; la conversion de Constantin allait avoir pour heureuse conséquence celle de l'univers.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950


Saint Sylvestre, pape

Sylvestre, fils du prêtre Rufin, était un romain, mais ses origines sont obscurcies par toutes sortes de légendes. Sa mère, Justa, confia son éducation au prêtre Cyrinus. Il n’est pas douteux qu’il s’est bien conduit pendant la persécution de Dioclétien (284-305), ce qui lui a valu le titre de « très glorieux. » Il pratiqua l'hospitalité avec le plus grand courage en hébergeant un chrétien d’Antioche, Timothée, qui après avoir fait beaucoup de conversions fut décapité sur l'ordre du préfet de la ville, Tarquinius ; Sylvestre emporta le corps du martyre et, avec le pape Miltiade, il l'ensevelit près du tombeau de saint Paul, dans le jardin d'une pieuse dame, Théona. Tarquinius fit alors arrêter Sylvestre, le somma de livrer les biens de Timothée et d'apostasier. Sylvestre refusa et fut envoyé en prison d’où il fut libéré après que Tarquinius se fut étranglé avec une arête de poisson. Le pape Miltiade l'ordonna prêtre.

Elu à la succession de Miltiade, Sylvestre fut pape pendant près de vingt-deux ans (du 31 janvier 314 au 31 décembre 335) sous le règne de Constantin le Grand (306-337), gouvernant l’Eglise à l’époque où elle passait de la persécution au pouvoir ; cependant, il semble n’avoir joué qu’un rôle insignifiant dans les grands événernents en cours. Il eut la satisfaction de voir l'Eglise de Rome enrichie et embellie par les largesses impériales auxquelles on doit de grands édifices comme la Basilique Constantinienne (plus tard Saint-Jean-du-Latran) avec son baptistère, et les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul.

Le pape Sylvestre organisa parfaitement le service des pauvres. Un évêque de Pamphilie, Luphronius ou Euphrosynus, vint à Rome ; ses discours et ses gestes donnèrent à Sylvestre l'occasion de divers règlements : il prescrivit aux prêtres et aux diacres de porter le colobium, tunique flottante et sans manches ; il ordonna de remplacer le nom des dieux que portaient les jours par les numéros des féries, il fit des dimanches et des jeudis des jours de fête, des mercredis, vendredis et samedis des jours de jeûne. Aux Grecs qui s'étonnaient de cette ordonnance, il rétorqua que le jeudi était le jour de l'Ascension et de l’institution de l'Eucharistie et que, puisque chaque dimanche commémorait la Résurrection, chaque samedi devait rappeler le séjour du Christ au tombeau.

Saint Sylvestre mourut à un âge avancé et fut enterré dans le cimetière de Sainte-Priscille sur la Via Salaria (31 décembre 335).


Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Silvestre était romain, et son père se nommait Rufin. Dès sa jeunesse, il eut pour maître le Prêtre Cyrinus, dont il imita parfaitement la science et les mœurs. Tant que sévit la persécution, il demeura caché sur le mont Soracte ; mais à l’âge de trente ans, il fut ordonné Prêtre de la sainte Église romaine, par le Pontife Marcellin. Comme il s’acquittait de cet office d’une manière digne de toute louange, surpassant tous les autres clercs, il fut, dans la suite, choisi pour succéder au Pape Melchiade, sous l’empereur Constantin, qui venait d’accorder, par une loi la paix à l’Église du Christ. Dès qu’il eut pris en main le gouvernement de l’Église, il encouragea fortement Constantin (illustre déjà par l’apparition d’une croix dans le ciel et par sa victoire sur le tyran Maxence), à protéger et à propager la religion chrétienne. Comme une vieille tradition de l’Église romaine le rapporte, il lui fit reconnaître les portraits des Apôtres, le lava dans les eaux du saint baptême et le purifia de la lèpre de l’infidélité.

Répons du Commun

Cinquième leçon. Aussi le pieux empereur, à l’instigation de Silvestre, auquel il avait accordé la faculté de construire des temples publics pour les fidèles du Christ, confirma cette faculté de son propre exemple. Il érigea, en effet, beaucoup de basiliques : celle de Latran, dédiée au Christ Sauveur, de saint Pierre au Vatican, de saint Paul sur la voie d’Ostie, de saint Laurent dans l’Agro Verano, de la sainte Croix dans le palais Sessorianus, des saints Pierre et Marcellin et de sainte Agnès sur les voies Lavicane et Nomentane, et d’autres encore. L’empereur les orna avec splendeur d’images saintes, et les enrichit avec magnificence par les dons et les domaines qu’il leur assigna. Sous le pontificat de Silvestre fut tenu le premier concile de Nicée, où ses légats présidèrent et où Constantin assista. La sainte foi catholique y fut expliquée par trois cent dix-huit Évêques ; Arius et ses sectateurs furent condamnés. A la demande des Pères, Silvestre confirma encore ce concile dans un synode tenu à Rome, où Arius fut de nouveau condamné. Silvestre rendit beaucoup de décrets utiles à l’Église de Dieu, et qui restent connus sous son nom : à savoir, que l’Évêque seul consacrerait le Chrême ; que, dans l’administration du baptême, le Prêtre oindrait avec du Chrême le sommet de la tête du baptisé ; que les Diacres porteraient la dalmatique à l’église, qu’ils auraient sur le bras gauche le manipule de lin ; enfin que le sacrifice de l’autel ne serait offert que sur un voile de lin.

Sixième leçon. On rapporte que saint Silvestre fixa aussi, pour tous ceux qui entreraient dans les ordres, un certain temps, durant lequel ils devraient exercer successivement leur ordre dans l’Église, avant d’être élevés au degré supérieur. Il statua encore qu’un laïque ne pourrait porter d’accusation contre un ecclésiastique, et qu’un clerc ne plaiderait pas sa cause devant un tribunal séculier. Il voulut qu’à l’exception du Samedi et du Dimanche, les jours de la semaine fussent désignés sous le nom de Féries, comme on avait déjà commencé à le faire auparavant dans l’Église, pour signifier que les clercs doivent ne s’occuper absolument que de Dieu seul, se dégageant de tout ce qui est étranger à son service. La grande sainteté de Silvestre, et sa bonté envers les pauvres, répondirent constamment à cette sagesse céleste avec laquelle il gouvernait l’Église. Il pourvut à ce que les ecclésiastiques dans le besoin vécussent en commun avec ceux qui étaient riches, et à ce que l’on procurât aux vierges consacrées les ressources nécessaires pour leur subsistance. Il vécut dans le pontificat vingt et un ans, dix mois et un jour. Il fut enterré dans le cimetière de Priscille, sur la voie Salaria. En sept ordinations du mois de décembre, il ordonna quarante-deux Prêtres et vingt-cinq Diacres et consacra soixante-cinq Évêques pour divers lieux.

Au troisième nocturne. Du Commun


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Jusqu’ici, nous avons contemplé les Martyrs au berceau de l’Emmanuel. Étienne, qui a succombé sous les cailloux du torrent ; Jean, Martyr de désir, qui a passé par le feu ; les Innocents immolés par le glaive ; Thomas, égorgé sur le pavé de sa cathédrale : tels sont les champions qui font la garde auprès du nouveau Roi. Cependant, si nombreuse que soit la troupe des Martyrs, tous les fidèles du Christ ne sont pas appelés à faire partie de ce bataillon d’élite ; le corps de l’armée céleste se compose aussi des Confesseurs qui ont vaincu le monde, mais dans une victoire non sanglante. Si la place d’honneur n’est pas pour eux, ils ne doivent pas cependant être déshérités de l’avantage de servir leur Roi. La palme, il est vrai, n’est pas dans leurs mains ; mais la couronne de justice ceint leurs têtes. Celui qui les a couronnés se glorifie aussi de les voir à ses côtés.

Il était donc juste que la sainte Église, pour réunir, dans cette triomphante Octave, toutes les gloires du ciel et de la terre, inscrivît en ces jours, sur le Cycle, le nom d’un saint Confesseur qui dût représenter tous les autres. Ce Confesseur est Silvestre, Époux de la sainte Église Romaine, et par elle de l’Église universelle, un Pontife au règne long et pacifique, un serviteur du Christ orné de toutes les vertus, et donné au monde le lendemain de ces combats furieux qui avaient duré trois siècles, dans lesquels avaient triomphé, par le martyre, des millions de chrétiens, sous la conduite de nombreux Papes Martyrs, prédécesseurs de Silvestre.

Silvestre annonce aussi la Paix que le Christ est venu apporter au monde, et que les Anges ont chantée en Bethléhem. Il est l’ami de Constantin, il confirme le Concile de Nicée, il organise la discipline ecclésiastique pour l’ère de la Paix. Ses prédécesseurs ont représenté le Christ souffrant : il figure le Christ dans son triomphe. Il complète, dans cette Octave, le caractère du divin Enfant qui vient dans l’humilité des langes, exposé à la persécution d’Hérode, et cependant Prince de la Paix, et Père du siècle futur [1].

D’anciens livres liturgiques de l’Italie avaient un Office propre de saint Silvestre. Nous avons trouvé dans le Bréviaire de l’antique Église abbatiale, aujourd’hui collégiale de Sainte-Barbe, à Mantoue, le bel Office auquel nous empruntons les traits suivants, pris dans les Antiennes et les Répons dont il est composé.

Les flots des persécutions étant tombés, sous le bienheureux Silvestre, la religion du Seigneur Christ se propage dans toute l’étendue de l’empire romain.

Silvestre a pieusement administré toutes choses ; il a propagé la foi, et assuré liberté et confiance à la prédication évangélique dans cette ville à qui obéissent les royaumes.

Il a supporté beaucoup de tribulations, qui ont accru le mérite de sa vie ; il a établi beaucoup de règlements dans lesquels éclate sa science.

Silvestre était un homme saint : sa vie sur la terre était céleste ; et comme sa sainteté était insigne, il administra l’Église de Dieu avec une prudence digne du ciel.

Élu Pontife de Dieu, pour fuir la cruauté du tyran Maxence, il chercha une retraite sur le Soracte ; et de là, il priait le Seigneur de donner enfin la paix à son Église.

Pendant qu’il est ainsi caché, l’empereur Constantin, sur l’avertissement des Apôtres Pierre et Paul, le fait appeler ; Silvestre soulage et guérit dans le bain salutaire du baptême ce prince affligé de la lèpre.

Il instruit pleinement le César Constantin dans la foi du Christ, et, le premier, consacre publiquement en Église, sous le nom du Sauveur, la basilique de cet Auguste.

Tout occupé de la gloire de Dieu et du salut des hommes, Silvestre instruit le peuple des préceptes de la doctrine du salut ; il le délivre, par une merveilleuse doctrine, des atteintes du serpent plein d’artifices.

Convoquant le Synode universel de Nicée, où figure un nombre mystique de Pontifes, il renverse les machinations des hérétiques par la vertu de l’Esprit-Saint.

C’est là le saint Pontife dans les jours duquel le Christ a donné la paix à l’Église ; et l’empire romain a incliné, sous les pieds d’un prêtre, le faite sublime de son antique gloire.

O bienheureux Pontife ! Pasteur admirable de l’Église universelle, vous que le Seigneur a glorifié en présence de toutes les nations, et a élevé au-dessus du César de Rome, maintenant triomphant dans la gloire céleste, priez pour nous le Seigneur.

O lumière et splendeur éclatante ! très saint et bienheureux Silvestre, aux jours duquel la nuée des persécutions, qui menaçait le peuple fidèle, s’est dissipée, et la tranquillité de la paix a apparu, aidez-nous par vos prières ; que par elles nous jouissions éternellement du bienfait du repos.

L’Église Grecque célèbre saint Silvestre par des chants d’enthousiasme. On remarquera, dans les strophes que nous empruntons à ses Menées, qu’elle rapporte à ce grand Pontife tout l’honneur de la décision de Nicée, et qu’elle l’honore comme ayant détruit l’hérésie arienne.


Père, hiérarque, Silvestre ! Saintement illuminé de la lumière de sainteté, tu as éclairé les fidèles par la lueur de tes enseignements ; tu leur as fait adorer l’unité de nature en trois personnes, et tu as chassé les ténèbres des hérésies : c’est pourquoi, aujourd’hui, nous chantons avec joie, dans des hymnes splendides, ta brillante mémoire.

Père qui portes Dieu, Silvestre ! Visible colonne de feu, qui t’avances d’un pas sacré, à la tête de la sainte armée ; nuée dont l’ombre protège, qui fais sortir les fidèles des erreurs de l’Égypte par tes enseignements infaillibles, nous vénérons ta glorieuse et très sacrée mémoire.

Père aux paroles divines, Silvestre ! Par le torrent de tes prières, tu as arrêté et emprisonné le dragon aux mille formes. Homme admirable et sacré, tu as conduit à Dieu des multitudes de païens, tu as humilié l’audace des Juifs, opérant sous leurs yeux de grands miracles : c’est pourquoi nous t’honorons et te proclamons bienheureux.

Divinement obéissant à la loi divine, divinement orné de la science des Écritures inspirées, tu as enseigné la vérité aux sages des païens ; tu leur as appris à confesser le Christ avec le Père et l’Esprit, et à répéter : « Chantons au Seigneur, car il a fait éclater magnifiquement sa gloire. »

Hiérarque inspiré de Dieu, Silvestre notre père ! Tu as paru donnant l’onction aux Pontifes dans l’Esprit divin, et illuminant les peuples, ô homme très sacré ! Tu as mis en fuite l’erreur des hérésies, tu as fait paître le troupeau, et jaillir les eaux fertilisantes de la piété sur les moissons appelées à la connaissance de Dieu.

Par l’habileté de tes discours, tu as délié à jamais les vains nœuds de l’erreur ; ceux que l’erreur avait enchaînés, tu les as enchaînés toi-même à la divine foi, ouvrant leur âme, ô Père et bienheureux hiérarque, à l’explication des Écritures.

Tu as rendu immobile par tes prières, tu as renfermé pour jamais le serpent de malice, qui, dans son envie, infectait de son haleine ceux qui approchaient de toi, ô bienheureux ! Toi qui as imposé à la demeure des dragons le sceau de la croix, plus inviolable pour eux que les portes et les verrous.

Pontife suprême de l’Église de Jésus-Christ, vous avez donc été choisi entre tous vos frères pour décorer de vos glorieux mérites la sainte Octave de la Naissance de l’Emmanuel. Vous y représentez dignement le chœur immense des Confesseurs, vous qui avez tenu, avec tant de vigueur et de fidélité, le gouvernail de l’Église après la tempête. Le diadème pontifical orne votre front ; et la splendeur du ciel se réfléchit sur les pierres précieuses dont il est semé. Les clefs du Royaume des cieux sont entre vos mains : et vous l’ouvrez pour y faire entrer les restes de la gentilité qui passent à la foi du Christ ; et vous le fermez aux Ariens, dans cet auguste Concile de Nicée, où vous présidez par vos Légats, et auquel vous donnez autorité, en le confirmant de votre suffrage apostolique. Bientôt des tempêtes furieuses se déchaîneront de nouveau contre l’Église ; les vagues de l’hérésie viendront battre la barque de Pierre ; vous serez déjà rendu au sein de Dieu ; mais vous veillerez, avec Pierre, sur la pureté de la Foi Romaine. Vous soutiendrez Jules, vous sauverez Libère ; et, par vos prières, l’Église Romaine sera le port où Athanase trouvera enfin quelques heures de paix.

Sous votre règne pacifique, Rome chrétienne reçoit le prix de son long martyre. Elle est reconnue Reine de l’humanité chrétienne, et son empire le seul empire universel. Le fils de votre zèle, Constantin, s’éloigne de cette ville de Romulus, aujourd’hui la cité de Pierre ; la seconde majesté ne veut pas être éclipsée par la première ; et, Byzance fondée, Rome demeure eux mains de son Pontife. Les temples des faux dieux croulent, et font place aux basiliques chrétiennes qui reçoivent la dépouille triomphale des saints Apôtres et des Martyrs. Enfin, la victoire de l’Église sur le Prince de ce monde est marquée, ô Silvestre, par la défaite de ce dragon qui infectait les hommes de son haleine empoisonnée, et que votre bras enchaîna pour jamais.

Étant honoré de dons si merveilleux, ô Vicaire du Christ, souvenez-vous de ce peuple chrétien qui a été le vôtre. Dans ces jours, il vous demande de l’initier au divin mystère du Christ Enfant. Par le sublime symbole qui contient la foi de Nicée, et que vous avez confirmé et promulgué dans toute l’Église, vous nous apprenez à le reconnaître Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, engendré et non fait, consubstantiel au Père. Vous nous conviez à venir adorer cet Enfant, comme Celui par qui toutes choses ont été faites. Confesseur du Christ, daignez nous présenter à lui, comme l’ont daigné faire les Martyrs qui vous ont précédé. Demandez-lui de bénir nos désirs de vertu, de nous conserver dans son amour, de nous donner la victoire sur le monde et nos passions, de nous garder cette couronne de justice à laquelle nous osons aspirer, pour prix de notre Confession.

Pontife de la Paix, du séjour tranquille où vous vous reposez, considérez l’Église de Dieu agitée par les plus affreuses tourmentes, et sollicitez Jésus, le Prince de la Paix, de mettre fin à de si cruelles agitations. Abaissez vos regards sur cette Rome que vous aimez et qui garde si chèrement votre mémoire ; protégez, dirigez son Pontife. Qu’elle triomphe de l’astuce des politiques, de la violence des tyrans, des embûches des hérétiques, de la perfidie des schismatiques, de l’indifférence des mondains, de la mollesse des chrétiens. Qu’elle soit honorée, qu’elle soit aimée, qu’elle soit obéie. Que la majesté du sacerdoce se relève ; que la puissance spirituelle s’affranchisse, que la force et la charité se donnent la main ; que le règne de Dieu commence enfin sur la terre, et qu’il n’y ait plus qu’un troupeau et qu’un Pasteur.

Veillez, ô Silvestre, sur le sacré dépôt de la foi que vous avez conservé avec tant d’intégrité ; que sa lumière triomphe de tous ces faux et audacieux systèmes qui s’élèvent de toutes parts, comme les rêves de l’homme dans son orgueil. Que toute intelligence créée s’abaisse sous le joug des mystères, sans lesquels la sagesse humaine n’est que ténèbres ; que Jésus, Fils de Dieu, Fils de Marie, règne enfin, par son Église, sur les esprits et sur les cœurs.

Priez pour Byzance, autrefois appelée la nouvelle Rome, et devenue sitôt la capitale des hérésies, le triste théâtre de la dégradation du Christianisme. Obtenez que les temps de son humiliation soient abrégés. Qu’elle revoie les jours de l’unité ; qu’elle consente enfin à honorer le Christ dans son Vicaire ; qu’elle obéisse, afin d’être sauvée. Que les races égarées et perdues par son influence, recouvrent cette dignité humaine que la pureté de la foi seule maintient, que seule elle peut régénérer.

Enfin, ô vainqueur de Satan, retenez le Dragon infernal dans la prison où vous l’avez enfermé ; brisez son orgueil, déjouez ses plans ; veillez à ce qu’il ne séduise plus les peuples ; mais que tous les enfants de l’Église, selon la parole de Pierre, votre prédécesseur, lui résistent par la force de leur foi [2].

[1] Isai. IX, 6.

[2] I Petr. V, 9.


7ème jour dans l’octave de la Nativité

Considérons, dans ce septième jour de l’Octave de Noël, le Sauveur qui nous est né, enveloppé des langes de l’enfance. Les langes sont la livrée de la faiblesse ; l’enfant qu’ils couvrent n’est pas encore un homme ; il n’a pas encore de vêtement à lui. Il attend qu’on le délie ; et ses mouvements ne deviennent libres que par le secours d’autrui. Ainsi a paru sur la terre, captif dans notre infirmité, celui qui donne la vie et le mouvement à toute créature.

Contemplons Marie, enveloppant avec un tendre respect les membres du Dieu son Fils dans ces langes, et adorant les abaissements qu’il est venu chercher en ce monde, pour sanctifier tous les âges de l’homme, sans oublier le plus faible et le plus dépendant. Telle était la plaie de notre orgueil, qu’il lui fallait un si extrême remède. Comment maintenant refuserions-nous d’être enfants, lorsque Celui qui vient nous en intimer le précepte, daigne joindre à sa parole un exemple si entraînant ? Nous vous adorons, ô Jésus ! dans les langes de la faiblesse, et nous aspirons à vous devenir semblables en tout.

« Ne vous scandalisez donc pas, mes Frères, dit le pieux Abbé Guerric, de cette livrée si humble : que l’œil de votre foi n’en soit pas troublé. De même que Marie enveloppe son Fils de cette vile couverture, ainsi la Grâce, votre mère, couvre d’ombres et de symboles la vérité et la secrète majesté de ce Verbe divin. Quand je vous annonce par mes paroles cette Vérité qui est le Christ, que fais-je autre chose qu’envelopper le Christ lui-même sous d’humbles langes ? Heureux cependant celui aux yeux duquel le Christ, sous ces haillons, ne semble pas vil ! Que votre piété contemple donc le Christ dans les langes dont sa Mère le couvre, afin de mériter de voir, dans l’éternelle félicité, la gloire et l’éclat dont le Père l’a revêtu comme son Fils unique. »

Célébrons encore la joyeuse Naissance, en empruntant à nos anciens Missels Romains-Français cette antique Prose, où respire la piété des siècles de foi.

SÉQUENCE.

Au Seigneur nouveau-né, tous les êtres en chœur chantent un pieux hommage.

Chaque parole a pour accord la mélodie de l’orgue.

Jour sacré, dans lequel des joies nouvelles sont accordées au monde avec plénitude.

En cette nuit sublime, la Gloire à Dieu a retenti par la voix des Anges.

Au milieu de la nuit, des clartés inouïes ont éclaté aux yeux des bergers.

Pendant qu’ils gardent leurs troupeaux, soudain ils entendent le message divin :

En cette nuit sublime, la Gloire à Dieu a retenti par la voix des Anges.

Au ciel, gloire immense, et paix sur la terre.

Il est né de la Vierge féconde, Celui qui est avant les siècles.

Donc, milice des cieux, éclate dans les plus bruyants transports.

A ces cris de triomphe, que le monde et ses pôles soient ébranlés.

Brisé est le sceptre oppresseur de l’ennemi.

L’humanité tout entière célèbre le Dieu né en terre.

La paix est rendue à la terre ; que tout se réjouisse de la naissance de cet enfant.

En ce jour que tout rende gloire, d’une voix mélodieuse et retentissante.

Seul, il protège toutes choses ;

Seul, il gouverne tout ;

Dans sa bonté, qu’il daigne sauver tous les royaumes, et qu’il les pacifie.

Amen.

En l’honneur de la Vierge-Mère, le pieux Abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, nous fournira cette belle Prose, dans laquelle on retrouve toute la tendresse de son âme évangélique.

SÉQUENCE.

Ciel, réjouis-toi ; terre, applaudis ; que nul ne retienne la louange.

Par la Vierge l’homme remonte à son antique origine.

La Vierge a enfanté un Dieu, l’antique colère est apaisée.

La vieille discorde a fini son cours ; la gloire et la paix lui succèdent.

Le pécheur se lève de son bourbier ; un Dieu est étendu sur la paille.

Une vile étable contient le Pain de la nourriture céleste.

La Vierge nourrit son Créateur, le Rédempteur qui est né d’elle.

Sous la faiblesse de l’enfance, se cache la divine Sagesse.

Du sein de la mère jaillit le lait : le cœur du Fils le répand aussi ;

Car, en prenant l’humanité, il nous donne la douceur de sa grâce.

Donc, par une douce mélodie, nous vous chantons, ô Marie !

Par nos voix religieuses, et par nos cris d’amour.

Salut, Vierge bénie, qui avez mis en fuite la malédiction.

Salut, Mère du Très-Haut, Épouse du très doux Agneau.

Vous avez vaincu le serpent, vous avez brisé sa tête,

Quand le Dieu, né de vous, l’a exterminé.

Vous êtes l’Impératrice des deux, la réparatrice de la terre.

Vers vous soupirent les hommes ; les démons maudits tremblent sous vos pieds.

Vous êtes la fenêtre, la porte, la toison, le palais, la maison, le temple, un monde ;

Lis de virginité, rose par le martyre.

Jardin fermé, fontaine des jardins, vous lavez les taches des péchés,

Purifiant ceux qui sont souillés, rendant les morts à la vie.

Dominatrice des Anges ; après Dieu, l’espérance des siècles.

Le lieu de repos du Roi, le trône de la divinité.

Etoile brillante de l’Orient, qui dissipe les ombres de l’Occident.

Aurore annonçant le soleil, jour qui ne connaît pas de nuit.

Mère de notre Père, vous enfantez Celui qui nous a créés.

Mère tendre, objet de notre confiance, réconciliez les fils avec le Père.

O Mère ! Priez le Dieu né en ces jours, qu’il détruise nos péchés,

Et, après le pardon, qu’il nous donne la grâce et la gloire.

Amen.

L’année civile achève aujourd’hui son cours. A minuit, une nouvelle année se lève sur ce monde ; celle qui l’a précédée disparaît sans retour dans l’abîme de l’éternité. Notre vie fait un pas, et la fin de toutes choses approche d’autant plus [3]. La Liturgie, qui commence l’année ecclésiastique au premier Dimanche de l’Avent, n’a point produit de prières spéciales dans l’Église Romaine, pour accompagner ce renouvellement de l’année, au premier Janvier ; mais son esprit qui répond à toutes les situations de l’homme et de la société, nous avertit de ne pas laisser passer ce moment solennel sans offrir à Dieu le tribut de nos actions de grâces, pour les bienfaits qu’il a répandus sur nous dans le cours de l’année qui vient de finir.

Rome nous donne l’exemple. Aujourd’hui, le Souverain Pontife se rend en pompe à l’Église du Jésus, pour y assister au chant du Te Deum ; et la bénédiction du Saint-Sacrement vient confirmer cette solennelle action de grâces, et promettre de nouveaux dons. Des usages analogues ont lieu dans plusieurs de nos Églises de France.

La seule Église gothique d’Espagne avait songé à associer les sentiments que nous exprimons à l’action même du saint Sacrifice ; et nous croyons être agréable à la piété de nos lecteurs, en donnant ici cette belle prière du Missel Mozarabe. Elle fait partie de la Messe du Dimanche qui précède la fête de l’Épiphanie.

ILLATIO.

Il est digne et juste que nous vous rendions grâce, Seigneur saint, Père éternel et tout-puissant, par Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur, qui avant les temps né de vous, Dieu son Père, a créé le temps, avec vous et l’Esprit-Saint ; qui a daigné lui-même naître dans le temps, du sein de la Vierge Marie ; et qui, tout éternel qu’il est, a fixé les révolutions des années au moyen desquelles ce monde accomplit ses propres révolutions. Il a divisé l’année en périodes certaines et harmonieuses, suivant lesquelles le soleil, fidèle aux lois qui règlent sa course, vient répandre sur le cercle de l’année une variété sans confusion. Aujourd’hui, par l’offrande de nos dons, nous venons dédier à ce Dieu vivant, et la fin de l’année écoulée, et le commencement de celle qui la suit. Par lui, nous avons traversé le cours de celle-là ; par lui, nous ouvrons le commencement de celle-ci. Nous donc, qu’une dévotion commune et sainte a rassemblés en ce commencement de l’année, nous répandons devant vous, ô lieu Père ! nos simples prières. Dans la Nativité de votre Fils, vous avez fixé le point de départ de la supputation de nos temps ; faites que cette année soit pour nous une année favorable, et que nous en passions les jours dans votre service. Couvrez la terre de moissons, rendez nos âmes et nos corps exempts de maladies et de péchés. Ôtez les scandales, repoussez les ennemis, chassez la famine, et éloignez de nos frontières tous les fléaux qui pourraient nous nuire. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

[3] I Petr. IV, 7.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Aujourd’hui la Station se rassemblait sur la voie Salaria, dans la basilique de Saint-Sylvestre sur le cimetière priscillien, où le grand Pontife des triomphes et de la paix de l’Église reposait à côté des martyrs Félix et Philippe, du groupe des fils de sainte Félicité, et à peu de distance du pape Marcel et du martyr Crescention. Saint Grégoire le Grand y prononça une de ses quarante homélies ; bien plus, durant plusieurs siècles, ce lieu fut le but des pieux pèlerins qui visitaient les lieux saints de Rome. Saint Sylvestre fut un des premiers saints à qui l’on rendît un culte public, quoiqu’il n’ait pas été martyr, mais seulement confessor a Domino coronatus, à cause de son exil dans les cavernes du Soracte. Ce titre prope martyribus, uni à ses extraordinaires vertus personnelles, et au fait qu’il inaugura pour l’Église une ère nouvelle de splendeur et de prospérité, servit à ceindre le front de Sylvestre de l’auréole des bienheureux, si bien que son nom devint célèbre même dans l’Orient lointain. La légende ne manqua pas de s’en emparer, exploitant la popularité du grand Pontife ; ainsi devint-il l’exterminateur du fameux dragon qui empestait l’air de son souffle ; symbole étrange, mais très expressif, de la victoire de l’Église sur l’idolâtrie.

Au moyen âge, saint Sylvestre fut regardé comme le représentant symbolique du Pontificat romain et le glorieux chef de file de cette série de Pontifes-rois, qui perpétuèrent à Rome l’idéal monarchique universel, rêve éternel de l’Urbs aeterna. On pourrait presque le regarder comme le fondateur de la dynastie des Papes-souverains, c’est pourquoi sa mémoire fut associée de bonne heure à la fameuse, mais apocryphe, donation constantinienne et à la première constitution de l’État pontifical.

Pendant de longs siècles, la mémoire de Sylvestre demeura en grand honneur, non seulement à Rome, mais partout. Sa fête fut considérée comme de précepte, pour cette raison aussi qu’elle coïncide avec le dernier jour de l’année civile ; et aujourd’hui encore incombe aux pasteurs d’âmes l’obligation d’offrir le divin Sacrifice pour leur troupeau. Selon les Ordines Romani, le Pape intervenait à la messe de saint Sylvestre, le front ceint de la tiare, comme aux jours solennels, et il accordait vacance au consistoire.

L’antienne de l’introït provient du psaume 131, éminemment messianique. « Que vos prêtres, Seigneur, s’ornent de sainteté et vos fidèles de joie. A cause de votre serviteur David, faites que votre Oint n’ait pas à reculer confus. » Puis vient le Psaume : a Souvenez-vous, ô Dieu, de David et de ses souffrances. »

La collecte en l’honneur du saint est devenue, par la suite, commune à tous les saints Évêques : « Faites, Seigneur tout-puissant, que la vénérable solennité de votre bienheureux pontife Sylvestre le Confesseur affermisse notre piété et rende plus assuré notre salut. »

La lecture est tirée de la lettre de saint Paul à Timothée (II, IV, 1-8) où sont décrites les obligations du docteur évangélique spécialement en face des faux maîtres, qui, sous une vaine couleur de science, sèment les erreurs contre la foi. L’apôtre sait que malheureusement de tels apôtres pestiférés du mal ne tarderont pas à surgir dans l’Église, de Dieu, gens qui chatouillent les oreilles et la curiosité des auditeurs, s’éloignant de la vérité pour se donner aux vaines constructions intellectuelles d’un esprit orgueilleux mais faible. La vie même de Sylvestre, par ses disputes contre l’arianisme, confirme ces prévisions de saint Paul.

Quoique ce passage de la lettre à Timothée convienne si bien au grand Pape qui confirma l’Omoousios de Nicée, le lectionnaire de Würzbourg assigne pourtant à la fête de ce jour deux péricopes différentes, tirées de l’épître aux Hébreux [4] ]]. Peut-être s’agit-il de simples lectures de rechange, mais peut-être aussi saint Sylvestre avait-il à Rome l’honneur d’une double station, l’une ad Corpus, dans le cimetière de Priscille, et l’autre, par exemple, à son titre d’Æquitius, ou dans l’antique domus Faustae au Latran.

Le graduel est le même que pour saint Thomas de Cantorbéry Le verset alléluiatique est pris dans le psaume 88 : « J’ai trouvé David, mon serviteur, et je l’ai consacré par l’onction de ma sainteté. » Cette onction mystérieuse est la grâce du Saint-Esprit, que l’Église appelle précisément Spiritalis Unctio, et, en parlant des prêtres, c’est le charisme de leur caractère sacré, symbolisé par l’huile sainte qu’on verse sur leurs mains et sur leur tête.

L’évangile est tiré de saint Luc (XII, 35-40) et regarde particulièrement les évêques et les pasteurs sacrés, à qui le Seigneur ordonne de veiller pour ne pas se laisser surprendre à l’improviste ni par les larrons qui assaillent le troupeau, ni par le Seigneur qui veut éprouver la fidélité de leur sollicitude. Pourtant le capitulaire de Würzbourg assigne en ce jour la lecture Vigilate [5] avec laquelle, d’autre part, s’accorde aussi la Communion, ce qui prouve son antiquité.

L’antienne de l’offertoire répète en partie le verset alléluiatique. Le Seigneur a consacré de son onction son serviteur David. Il ne l’abandonne pas dans l’entreprise difficile qu’il lui assigne. Sa main lui viendra en aide, et son bras infatigable sera sa force.

Dans la prière sur les oblations, nous demandons au Seigneur que la mémoire de ses saints nous console toujours, en sorte que vénérant leur souvenir nous expérimentions leur patronage. L’antienne de la Communion provient de saint Matthieu (XXIV, 46), comme l’évangile de ce jour dans le lectionnaire de Würzbourg. « Bienheureux ce serviteur que le Seigneur à son arrivée trouvera veillant : je vous dis que certainement il le mettra à la tête de tous ses biens. »

Dans la collecte eucharistique, nous supplions le Seigneur afin que, remerciant pour les dons sacramentels reçus, l’intercession du bienheureux pontife Sylvestre nous obtienne une abondance de grâce toujours plus grande. Ces beneficia potiora que nous demandons après la sainte Communion, ce sont les effets du Sacrement, et, par-dessus tout, la gloire éternelle, qui est la fin dernière à laquelle la grâce est ordonnée dans la vie présente. Pour bien entendre le sens de la collecte de ce jour, sens qui revient souvent en d’autres prières eucharistiques, où, parlant de l’offrande sacramentelle, on implore des dons encore plus abondants, il faut distinguer, avec le docteur angélique, le Sacrement de la res et virtus sacramenti, c’est-à-dire de la grâce signifiée par le Sacrement et de ses effets surnaturels. L’Eucharistie est bien le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, mais il signifie et produit aussi en nous notre union avec lui. Or, les mauvaises dispositions peuvent subjectivement rendre ces effets inefficaces, de même que le bois vert et humide est réfractaire à l’action du feu. Aussi, quand l’Église, dans ses collectes eucharistiques, implore après la communion des grâces encore plus abondantes, elle a en vue la plénitude des effets de la sainte Eucharistie et, par-dessus tout, l’union intime de l’âme avec son Dieu.

[4] 14 : IN NAT SCI SILUESTRI lec epist beati pauli apost ad ebre. FF plures facti sunt sacrerdotes secundum legem usq. hoc enim fecit semel offerendo sé dns nor ihr xps.

15 : IN NAT UBI SUPRA lec epist beati pauli apost ad ebre. FF doctrinis uaris et peregrinis nolite obduci usq. talibus enim hostis promeretur ds.

Le Comes d’Alcuin et d’autres encore indiquent aussi deux lectures pour S. Silvestre, peut-être parce que la fête de ce pape était célébrée dans deux sanctuaires différents ; mais il se peut également que ce ne soient là que des leçons de rechange (D. Morin, Le plus ancien Comes ou lectionnaire de l’Eglise Romain, Revue Bénédictine, XXVII, 1910, p. 47.)

[5] IN NAT SCI SILUESTRI lec. sci. euan. sec. Math. k. CCLXIII. Dixit Ihs. Discipulis suis uigilate quia nescitis diem usq. super omnia bona sua constituit eum.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Le Confesseur reçoit le Roi.

Je vais aujourd’hui sous les traits du serviteur au devant du Sauveur de Noël qui revient.

Aujourd’hui est le « dernier jour de l’année ». Les enfants de Dieu vivent encore dans le monde, c’est pourquoi les adieux à « l’année qui finit » nous font une certaine impression à tous. L’Église, dans sa liturgie, ne célèbre pas de fête du nouvel an, même pas au début de l’année liturgique. Les cérémonies religieuses célébrées en maint endroit à l’occasion du changement d’année, ne sont que de la piété populaire. L’Église, dans ses saints mystères, vit déjà de la vie de l’éternité.

La fête de saint Silvestre n’a aucun rapport avec le mystère de Noël. C’est une des fêtes les plus anciennes de l’Église et, dans la pensée des chrétiens, elle est inséparable de cette époque. 1. Silvestre 1er. — Il fut le successeur de saint Melchiade. Il régna de 314-335. C’est sous son pontificat que l’Église commença à sortir des Catacombes et que des églises célèbres furent construites. Saint Silvestre fut l’ami de l’empereur Constantin. C’est lui qui confirma le premier concile œcuménique, le concile de Nicée (325) et qui organisa la discipline ecclésiastique pour le temps de paix. On pourrait l’appeler le premier Pape de la paix. Il est l’un des premiers confesseurs auxquels furent accordés des honneurs liturgiques. Son tombeau est dans l’église dédiée à lui et à saint Martin, à Rome.

2. La messe (Sacerdotes tui). — Dans l’évêque ou le prêtre qui fait son entrée, nous voyons le saint pape revêtu des ornements de la gloire. A l’Épître nous l’entendons comme docteur, mais nous le voyons aussi recevoir du « Maître à son retour » la couronne de vie et nous la recevons avec lui au Saint-Sacrifice. A l’Évangile, notre saint est « le serviteur vigilant » qui, la ceinture aux reins et la lampe allumée à la main, attend son Maître quand il vient pour les noces. Remarquons dans ces deux lectures l’insistance sur le retour du Seigneur, retour qui s’accomplit mystiquement à la messe. Nous pouvons rapprocher cette messe (c’est une des plus anciennes messes des confesseurs) de celles de Saint-Étienne et de Saint-Jean, toutes les trois parlent du retour du Christ. Célébrons Noël comme ce Martyr, cet Apôtre virginal, ce Confesseur.

Quand nous réfléchissons à cette messe, nous pensons, malgré nous, à l’époque de l’année où nous sommes. Est-ce dans l’intention de la liturgie ? Je l’ignore. Quel accent n’a pas l’Évangile d’aujourd’hui, l’Évangile du serviteur vigilant ! Il semble qu’il veuille nous dire : « rends compte aujourd’hui » de l’année qui s’achève. Qu’arriverait-il si le Seigneur venait frapper à notre porte, lui ouvririons-nous en hâte ? Et que nous disent aujourd’hui les paroles de l’Épître : « Le temps de ma dissolution approche, j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai conservé la foi. Maintenant la couronne de la justice m’est réservée, la couronne que me donnera en ce jour le Seigneur, le juste Juge, non seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment son avènement ». A la Postcommunion nous exprimons à Dieu notre remerciement pour le don eucharistique. Ne pouvons-nous pas aussi faire de cette prière une action de grâces pour tous les dons reçus pendant l’année ?

3. Lecture de l’Écriture. — Nous continuons l’Épître aux Romains (III, 19-31). Remarquons avec soin le développement de la pensée. Nous avons vu jusqu’ici que les païens et les Juifs sont pécheurs et que, par conséquent, tous les hommes ont besoin de Rédemption (III, 1-20) : Ce préambule sert à établir l’affirmation principale : le chemin du salut est la foi en Jésus-Christ. Mais avant d’en venir à cette pensée principale, saint Paul examine une question intermédiaire : Israël n’a donc pas d’avantage sur les païens ? « Quel privilège possède donc encore le Juif ou quelle utilité a la circoncision ? Beaucoup en tout sens. D’abord ceci, c’est que les prophéties de Dieu leur ont été confiées. Que dirons-nous si quelques-uns d’entre eux n’ont pas cru ? Est-ce que leur infidélité anéantira la fidélité de Dieu ? Jamais. Dieu reste véridique... » La route est libre désormais pour établir la pensée principale. Le sacrifice du Christ a apporté la justice ; cette justice n’est possible que par la foi à Jésus Christ. La foi est le fondement de la justification, ce ne sont pas les œuvres de la loi mosaïque dont les Juifs étaient si fiers. L’homme ne peut pas mériter la justification, mais elle lui est donnée quand il croit ; c’est une grâce, une pure grâce. « Maintenant la justice de Dieu est manifestée sans la loi, cette justice attestée par la loi et les prophètes. C’est la justice de Dieu par la foi à Jésus-Christ, pour tous ceux et sur tous ceux qui croient. Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu, mais ils sont justifiés gratuitement par sa grâce en vertu de la Rédemption par le Christ Jésus. Dieu l’a établi comme victime sanglante de rémission par la foi, pour prouver sa justice. Dieu, dans sa patience, avait laissé passer les péchés précédents afin de prouver sa justice dans le présent. de sorte que Dieu lui-même est juste et justifie celui qui croit en Jésus-Christ. Où reste maintenant ta glorification ? Elle a disparu. Par quelle loi ? Celle des œuvres ? non mais par la loi de la foi. Car nous croyons que l’homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi. Ou bien Dieu n’est-il que le Dieu des Juifs ? N’est-il pas aussi le Dieu des Gentils ? Oui, certes, il est aussi le Dieu des Gentils. »

4. La fin de l’année. — Nous autres chrétiens, nous sommes les enfants du temps et les enfants de l’éternité. Nous vivons sans doute dans le temps, mais nous vivons aussi au-dessus du temps. Depuis que, dans le Baptême, le Christ nous a donné la vie des enfants de Dieu, nous avons l’assurance définitive que nous ne goûterons pas la mort. C’est pourquoi nous ne sommes pas attachés au temps ; ce n’est pour nous qu’un moyen pour atteindre la fin, un moyen pour obtenir l’éternité. Saint Paul, le meilleur docteur de notre piété liturgique, dit ces belles paroles : « Ma vie, c’est le Christ, et la mort est pour moi un gain » (Il veut dire la somme de ma vie sur la terre, c’est le Christ, c’est pourquoi la mort n’est pas une perte, mais un grand gain, car elle m’unit entièrement au Christ). Dans ces semaines précisément (dans l’automne ecclésiastique), l’Église nous a mis au cœur un grand désir du retour du Seigneur. Il faut que ce désir soit véritable chez nous. Le chrétien qui vit avec l’Église doit réellement accomplir son voyage sur terre avec la nostalgie du Christ et ne pas se laisser enivrer par les faux biens terrestres. Notre patrie est dans la cité céleste de Sion. La Jérusalem terrestre, l’Église, n’est qu’une colonie de cette sainte Sion : ses citoyens ont leur droit de cité là-haut. Sur terre, ce sont des étrangers et même, dans ce monde terrestre, ce sont des étrangers indésirables. Parce que l’Église est une colonie du ciel, elle participe, en quelque sorte, à l’éternité. Les fêtes et les solennités de l’Église sont une image du jour de fête éternel, qu’est le ciel, dans lequel les bienheureux célèbrent un dimanche sans fin. La liturgie avec sa stabilité, son équilibre, sa louange de Dieu ininterrompue, est une image de l’éternité.

O mes frères et mes sœurs, si vous voulez vivre et penser avec l’Église, franchissez les portes éternelles de la liturgie. Mettez-vous en opposition consciente avec le monde d’aujourd’hui qui n’a de pensée que pour la vie au jour le jour. Cette recherche exagérée de ce qui est personnel, cette vie subjective, cet attachement aux bagatelles, cet amour des biens terrestres, cette course après l’argent, tout cela c’est du temporel, tout cela doit passer. Laissez de côté ce temporel et réfugiez-vous dans l’éternité de l’Église, enveloppez-vous dans l’éternité de la liturgie. L’office des Heures nous dit, au premier jour de l’an, une parole brève mais pleine de signification : « Toute chose terrestre passera, mais toi tu restes le même ; tout vieillira comme un vêtement et comme un manteau, tu le déposeras ; mais toi tu es toujours le même et tes années ne vieillissent point. » Vivons donc, dès cette terre, une vie d’éternité.

Cependant nous ne devons pas mépriser le temps. Si c’est un moyen pour atteindre l’éternité, nous devons l’employer. « La nuit vient dans laquelle personne ne peut travailler. Si le temps est un chemin pour arriver au but, suivons ce chemin. Il faut utiliser le temps, ou, comme dit saint Paul, acheter le temps (un peu comme on achète une marchandise sur le marché). Comment le ferons-nous ? Pensons moins au passé et au futur qu’au présent et à l’instant d’aujourd’hui. Le Christ dit : « A chaque jour suffit sa peine, demain aura souci de demain. » Hier est passé, demain est incertain ; mais aujourd’hui, le moment présent, voilà ce que nous avons dans notre main. Voilà ce qu’il faut utiliser. L’Église entoure votre temps d’un triple cercle : l’année, la semaine et le jour. Les époques de l’année liturgique sont les saisons de l’âme. La semaine est sanctifiée par le dimanche. Ayez un grand respect pour le, dimanche. Chaque jour, au Saint-Sacrifice, le divin Soleil se lève pour nous ; nous pouvons chaque jour recevoir la visite festivale du divin Roi.


SAINT SILVESTRE

Silvestre vient de sile qui veut dire lumière, et de terra terre, comme lumière de là terre, c'est-à-dire de l’Église qui, semblable à une bonne terre, contient la graine des bonnes oeuvres, la noirceur de l’humilité et la douceur de la dévotion. C'est, à ces trois qualités, dit Pallade, qu'on distingue la bonne terre. Ou bien Silvestre viendrait de silva, forêt et Theos, Dieu, parce qu'il attira à la foi des hommes sylvestres, incultes et durs. Ou comme il est dit dans le Glossaire : Sylvestre signifie vert, agreste, ombreux, couvert de bois. Vert dans la contemplation dés choses célestes, agreste par la culture de soi-même, ombreux, en refroidissant en lui toute concupiscence, couvert de bois, c'est-à-dire planté au milieu des arbres du ciel. Sa légende fut compilée par Eusèbe de Césarée; le bienheureux Gélase rappelle qu'elle a du être lue par les catholiques dans un comité de soixante-dix évêques, ce qui est relaté aussi dans le décret.

Silvestre naquit d'une mère appelée Juste de non et d'effet; il fut instruit par Cyrien, prêtre, et il exerçait l’hospitalité avec un grand zèle. Un homme fort .chrétien, nommé Timothée, fut reçu chez lui, alors qu'on fuyait le saint à cause de la persécution. Ce Timothée prêcha l’espace d'un an et trois mois et obtint ensuite la couronne du martyre pour avoir annoncé avec un zèle persévérant la foi de J.-C. Or, le préfet Tarquinius, pensant que Timothée regorgeait de biens, les exigea de Silvestre avec menaces de mort; Toutefois, après s'être assuré que véritablement Timothée ne possédait pas les richesses qu'on lui supposait, il commanda à Silvestre de sacrifier aux idoles, autrement il aurait à passer le lendemain par divers genres de supplices. Silvestre lui dit : « Insensé, tu mourras cette nuit, puis tu subiras des tourments éternels, et que tu le veuilles ou non, tu reconnaîtras le vrai Dieu que nous honorons. » Silvestre est donc conduit en prison et Tarquinius est invité à un dîner: Or, en mangeant, il se mit, dans le gosier, une arête de poisson qu'il ne put ni rejeter ni avaler, en sorte qu'au milieu de la nuit, le défunt fut porté au tombeau avec deuil. Et Silvestre, qui était aimé singulièrement non pas tant des chrétiens que des païens, fut délivré de prison, et il y eut grande joie. Il avait, en effet, un aspect angélique, une parole éloquente ; il était bien fait de corps; saint en oeuvres, puissant en conseil, catholique dans sa foi, fort d'espérance, et d'une immense charité. Après la mort de Meletriade, évêque de la ville de Rome, Silvestre fut, élu, malgré lui, souverain Pontife par tout le peuple. Il conservait écrits sur un registre les noms de tous les orphelins, des veuves et des pauvres qu'il pourvoyait de tout ce qui leur était nécessaire. Ce fut lui qui institua le jeûne du quatrième, du sixième jour et du samedi, et qui fit réserver le jeudi comme le dimanche. Les chrétiens grecs prétendant qu'on devait célébrer le samedi de préférence au jeudi, Silvestre répondit que cela ne pouvait pas être, parce que c'était une tradition apostolique et qu'on devait compatir à la sépulture du Seigneur. Ils lui répliquèrent: « Il y a un samedi où l’on honore la sépulture et où l’on jeûne une fois par an. » Silvestre répondit: « De même que tout dimanche est honoré à cause de la résurrection, de même tout samedi est honoré pour la sépulture du Seigneur. » Ils cédèrent donc sur le samedi, mais ils firent beaucoup d'opposition par rapport au jeudi, en disant que ce jour ne devait pas faire partie des solennités chrétiennes. Mais Silvestre en démontra la dignité en trois points principaux. En effet, c'est le jour où le Seigneur monta au ciel, où il institua le sacrifice de son corps et de son sang, et où l’Eglise fait le Saint-Chrême tous alors acquiescèrent à ses raisons.

Pendant la persécution de Constantin, Silvestre sortit de la ville et resta avec ses clercs sur une montagne. Or, en punition de sa tyrannie; Constantin devint couvert d'une lèpre incurable. D'après l’avis des prêtres des idoles, on lui amena trois mille enfants pour les faire égorger et puis se baigner dans leur sang frais et chaud. Quand il sortit pour 'aller ait lieu oit le bain devait être préparé, les mères des enfants vinrent au-devant de lui et, les cheveux épars, elles se mirent à pousser des hurlements pitoyables; alors Constantin, ému, fit arrêter son char et se leva pour parler : « Ecoutez-moi, dit-il, chevaliers, compagnons d'armes, et vous tous qui êtes ici : la dignité du peuple romain a pris naissance dans la source de compassion qui fit porter cette loi que celui-là serait condamné à mort qui tuerait un enfant à la guerre. Combien grande donc serait notre cruauté d'infliger à nos enfants ce que nous proscrivons nous-mêmes de faire aux enfants des étrangers! Que nous servirait-il d'avoir dompté les barbares, si nous sommes vaincus par la cruauté? Car avoir vaincu les nations étrangères par la force, c'est le fait des peuples belliqueux, mais vaincre ses vices et ses fautes, c'est l’excellence des bonnes mœurs. Or, dans les premiers combats nous somme plus forts que les barbares, et dans les seconds nous sommes les vainqueurs de nous-mêmes. Celui qui est défait dans cette lutte, obtient la victoire quoique vaincu; mais le vainqueur est vaincu après sa victoire, si la pitié ne l’emporté sur la cruauté. Que la pitié soit donc victorieuse en cette rencontre. Nous ne pourrons être véritablement vainqueurs de tous nos adversaires, si nous sommés vaincus en pitié. Celui-là se montre le maître de tous qui cède à la compassion. Il me vaut mieux de mourir en respectant la vie de ces innocents, que de recouvrer, par leur mort, une vie entachée de cruauté, vie qu'il n'est pas certain que je recouvre, mais qui certainement serait entachée de cruauté, si je la sauvais ainsi.» Il ordonna donc que les enfants seraient rendus à leurs mères, auxquelles il fit fournir une quantité de voitures. Ce fut ainsi que ces mères, qui étaient venues en versant des larmes, retournèrent chez elles pleines de joie. Quant à l’empereur, il revint à son palais (Lettre du pape Adrien Ier à Constantin et à Irène ; — Nicéphore, Histoire, VII, XXXIV). La nuit suivante saint Pierre et saint Paul ltii apparurent et lui dirent

« Puisque tu as eu horreur de répandre le sang innocent, le Seigneur J.-C. nous a envoyés pour te fournir le moyen de recouvrer la santé. Fais venir l’évêque Silvestre qui est caché sur le mont Soracte; il te montrera une piscine, dans laquelle tu te laveras trois fois, après quoi tu seras entièrement guéri de ta lèpre. Et en réciprocité de cette guérison due à J.-C., tu détruiras les temples des idoles; tu élèveras des églises en l’honneur de ce même J.-C., et désormais sois son adorateur. » A son réveil, Constantin envoya aussitôt des soldats vers Silvestre. En les voyant, le saint, crut être appelé à l’honneur du martyre; il se recommanda à Dieu et, après avoir exhorté ses compagnons, il se présenta sans crainte devant Constantin. L'empereur lui dit : « Je vous félicite de votre heureuse venue. » Et quand Silvestre l’eut salué à son tour, le prince lui raconta en détail la vision qu'il avait eue pendant son sommeil. Sur la demande qu'il lui adressa pour savoir , quels étaient les deux dieux qui lui étaient apparus, Silvestre répondit qu'ils n'étaient pas des dieux, mais les apôtres de J.-C. Sur la prière de l’empereur, Silvestre se fit apporter les images des apôtres; et l’empereur ne les eut pas plutôt regardées, qu'il s'écria

« Ils ressemblent à ceux qui me sont apparus. » Silvestre l’admit au nombre des catéchumènes, lui imposa huit jours de jeûne, et l’invita à ouvrir les prisons. Or, quand l’empereur descendit dans les eaux du baptistère, un admirable éclair de lumière y brilla : il en sortit, guéri (Livre pontifical du pape Damase. Binius dans ses notes sur ce livre prouve par l’autorité d'auteurs chrétiens et païens que réellement Constantin fut guéri de la lèpre dans son baptême, quoique Eusèbe n'en fasse aucune mention, dans la crainte de déplaire aux successeurs de ce prince) et il assura avoir vu J.-C. Le premier jour après son baptême, il ordonna par une loi que J.-C. fût adoré comme le vrai Dieu dans la ville de Rome; le second jour, que tout blasphémateur serait puni de mort; le troisième que quiconque insulterait un chrétien fût privé de la moitié de ses biens; le quatrième que, comme l’empereur à Rome, le pontife romain serait tenu pour chef de tous les évêques; le cinquième, que celui qui se réfugierait dans une église, serait à l’abri de toute poursuite; le sixième, que personne n'eût à construire une église dans l’enceinte d'une ville, sans la permission de son évêque; le septième, que la dîme des domaines royaux serait accordée pour la construction des églises; le huitième, l’empereur vint à d'église de saint Pierre s'y accuser avec larmes de ses fautes, et prenant ensuite une bêche, il ouvrit le premier la terre pour les fondations de la basilique qui allait être construite, et il tira douze corbeilles de terre qu'il porta sur ses épaules pour les jeter au dehors.

Aussitôt qu'Hélène, mère de l’empereur Constantin, qui habitait Béthanie, eut appris ces événements, elle écrivit à son fils pour le louer d'avoir renoncé aux faux dieux; mais elle lui reprocha amèrement d'adorer comme Dieu, à la place de celui des Juifs, un homme qui avait été attaché à une croix. Alors l’empereur répondit à sa mère qu'elle amenât avec elle des docteurs pris parmi les Juifs, que lui-même produirait des docteurs chrétiens, afin qu'à la suite de la discussion, on vît de quel côté se trouvait la vraie foi. Or, sainte Hélène amena cent quarante et un Juifs très doctes, parmi lesquels s'en trouvaient douze qui l’emportaient de beaucoup sur les autres en sa, gesse et en éloquence. Silvestre avec ses clercs et les Juifs dont on vient de parler se réunirent par devant l’empereur pour disputer; d'un commun accord, on établit deux juges qui se trouvaient être des gentils très éclairés et probes : Craton et Zénophile, auxquels il appartiendrait de dire leur sentiment sur lés matières à traiter. Quoique gentils, ils étaient très loyaux et fidèles ; ils convinrent donc ensemble que quand l’un serait levé pour parler, l’autre se tairait. Le premier des douze qui s'appelait Abiathar commença et dit : « Puisque ceux-ci reconnaissent trois dieux, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il est manifeste qu'ils vont contre la loi qui dit : Voyez que je suis le seul Dieu et qu'il n'y a point d'autre Dieu que moi. Enfin s'ils disent que le Christ est Dieu, parce qu'il a opéré beaucoup. de signes, dans notre loi aussi, il y eut beaucoup de personnes qui firent plusieurs miracles, et cependant jamais elles n'osèrent s'en prévaloir pour usurper le nom de la divinité, comme ce Jésus, que ceux-ci adorent. » Silvestre: lui répondit : «Nous adorons un seul Dieu, mais nous ne disons pas qu'il vive dans un si grand isolement; qu'il n'ait pas la joie de posséder un fils. Nous sommes en mesure de vous démontrer par vos livres mêmes la trinité de personnes. Nous appelons Père celui dont le prophète a dit : « Il m’a invoqué, vous êtes mon Père. » Fils, celui dont il est dit au même livre : « Tu es mon fils, je t'ai engendré aujourd'hui. » Le Saint-Esprit, dont le même a dit: «Toute leu force est dans l’esprit de sa bouché. » Nous y lisons encore : « Faisons l’homme à notre image et a ressemblance », d'où l’on peut conclure évidemment la pluralité de personnes et l’unité de la divinité ; car , quoique ce soient trois personnes, elles ne font cependant qu'un Dieu ; ce qu'il nous est facile de montrer jusqu'à un certain point par un exemple visible. Alors il prit la pourpre de l’empereur et y fit trois plis. «Voici, dit-il, trois plis;» et en les dépliant : « vous voyez, ajouta-t-il, que les trois plis font une seule pièce, de même trois personnes sont un seul Dieu. Pour ce qu'on dit qu'il ne doit pas être un Dieu d'après ses miracles, puisque bien d'autres saints en ont fait et ne se sont cependant pas dits des dieux, comme J.-C., lequel a voulu prouver par là qu’il est Dieu ; certainement Dieu n'a jamais laissé sans châtier grandement ceux qui s'enorgueillissaient contre lui; comme cela est prouvé par Dathan et Myron, et par beaucoup d'autres; comment donc a-t-il pu mentir et se dire Dieu, ce qui n'était pas, lorsque en se disant Dieu, il ne s'en est suivi aucun châtiment ? et cependant ses actions merveilleuses restent efficaces. » Alors les juges dirent : « Il est constant qu'Abiathar a été vaincu par Silvestre, et la raison enseigne que s'il n'eût pas été Dieu en se disant Dieu, il n'eût pu donner la vie aux morts. » Le premier, ayant été écarté, le second qui s'appelait Jonas s'approcha au combat : « Abraham, dit-il, en recevant de Dieu la circoncision, a été justifié et tous les enfants d'Abraham sont encore justifiés par la circoncision donc celui qui n'aura pas été circoncis ne sera pas justifié.» Silvestre lui dit : « Il est constant que Abraham, avant sa circoncision, a plu à Dieu et qu'il a été appelé l’ami de Dieu, donc la circoncision ne l’a pas sanctifié; mais c'est par sa foi et sa justice qu'il plut à Dieu; donc il n'a pas reçu la circoncision comme justification, mais comme signe de distinction. » Celui-ci ayant été vaincu à son tour, Godolias, le troisième, vint dire : « Comment votre Christ peut-il être Dieu, puisque vous convenez qu'il est né, qu'il a été tenté, trahi, dépouillé, abreuvé de fiel, lié, crucifié, enseveli? Tout cela n'est pas d'un Dieu. » Silvestre lui répondit : « Par vos livres nous allons prouver que toutes ces choses ont été prédites de J.-C. Ecoutez les paroles d'Isaïe touchant sa naissance. « Voici qu'une vierge enfantera »; celles de Zacharie sur sa tentation : « J'ai vu Jésus le grand prêtre debout devant un ange et Satan qui se tenait debout à sa droite » ; celles du psalmiste par rapport à sa trahison : « Celui qui mangeait mon pain « a fait éclater sa trahison contre moi. » Le même sur son dépouillement. « Ils ont partagé mes vêtements » ; et encore au sujet du fiel dont il a été abreuvé : « Ils m’ont donné du fiel pour ma nourriture et du vinaigre pour ma boisson. » Esdras dit de ce qu'il a été lié « Vous m’avez lié, non pas comme un père qui vous a délivrés de la terre d'Égypte; vous avez crié devant le tribunal du juge, vous m’avez humilié en m’attachant sur le bois, vous m’avez trahi. » Jérémie parle ainsi de sa sépulture : « Dans sa sépulture, les morts revivront. » Godolias n'ayant rien à répondre, les juges le firent retirer. Vint le quatrième, Annas, qui parla ainsi : « Silvestre attribue à son Christ ce qui s'applique à d'autres, il lui reste à prouver que ces prédictions regardent le Christ. » Silvestre lui dit : « Montrez m’en donc un autre que lui qu'une vierge ait conçu, qui ait -été abreuvé avec du fiel, couronné d'épines, crucifié, qui soit mort et ait été enseveli, qui soit ressuscité d'entre les morts et monté aux cieux ? » Alors Constantin dit : «S'il ne démontre pas qu'il s'agit d'un autre, il est vaincu. » Comme Annas ne le pouvait faire, il est remplacé par un cinquième appelé Doeth. « Si, dit-il, ce Christ, né de la race de David, avait été autant sanctifié que vous l’avancez, il n'a pas dû être baptisé pour être sanctifié de nouveau? » Silvestre lui répliqua : « De même que la circoncision a pris sa fin dans la circoncision de J.-C., de même nôtre baptême reçut son commencement de sanctification dans le baptême de J.-C., donc il n'a pas été baptisé pour être sanctifié, mais pour sanctifier. » Comme Doeth se taisait, Constantin dit : « Si Doeth avait quelque réplique à faire, il ne se tairait pas. » Alors le sixième, qui était Chusi, prit la parole : « Nous voudrions, dit-il, que Silvestre nous exposât les causes de cet enfantement virginal. » Silvestre lui dit : « La terre dont Adam fut formé était vierge et n'avait pas encore été souillée, car elle ne s'était pas encore ouverte pour boire le sang humain ; elle n'avait pas encore porté d'épines de malédiction; elle n'avait pas encore servi de sépulture à l’homme ; ni été donnée pour nourriture au serpent : Il a donc fallu que de la vierge Marie fût formé un nouvel Adam, afin que comme le serpent avait vaincu celui qui était né d'une vierge, de même il fût vaincu à son tour par le fils d'une vierge ; il a fallu que celui qui avait été. le vainqueur d'Adam dans le paradis devînt aussi le tentateur du Seigneur dans le désert : afin que celui qui avait vaincu;Adam par la gourmandise, fût vaincu par le jeûné : en Notre-Seigneur. » Celui-ci vaincu, Benjamin, le septième, se mit à dire : « Comment votre Christ peut-il être le fils,de Dieu, quand il a pu être tenté par le diable, à tel point que, ici il est pressé dans sa faim de faire du pain avec des pierres; là il est transporté sur les hauteurs du temple; ailleurs, il est induit à adorer le diable lui-même. » A cela Silvestre répondit : « Donc s'il a vaincu le diable, parce qu'il avait été écouté d'Adam, qui mangea; il est certain qu'il a été vaincu en ce qu'il a été méprisé par J.-C., qui jeûna. Au reste, nous avouons bien qu'il a été tenté non en tant que Dieu, mais en tant qu'homme. Il a été tenté trois fois pour éloigner de nous toutes les tentations, et pour nous enseigner la manière de vaincre. Souvent, en effet, dans l’homme, la victoire par l’abstinence est suivie de la tentation de la gloire humaine, et celle-ci est accompagnée du désir des possessions et de la domination. Il a été vaincu par J.-C. afin de nous apprendre à vaincre. A Benjamin mis hors de cause succéda Aroël qui était le huitième : « Il est certain, dit-il, que Dieu est souverainement parfait et que par conséquent il n'a besoin, de personne; qu'a-t-il eu besoin alors de naître dans le Christ? Pourquoi encore l’appelez-vous le Verbe. Il est certain encore que Dieu avant d'avoir un fils n'a pu être appelé Père donc si plus tard il a pu être appelé le père du Christ, il n'était pas immuable. » A cela Silvestre répondit : « Le Fils a été engendré par le Père avant les temps, pour créer ce qui n'était point, et il est né dans le temps, pour restaurer ce qui avait péri. Quoi qu'il eût pu tout restaurer d'un seul mot, toutefois, il ne pouvait pas, ans devenir homme, racheté par sa passion, puisqu'il n'était pas apte à souffrir dans sa divinité. Or, ce n'était pas imperfection, mais perfection, de n'être pas passible dans sa divinité. Il est évident encore que le Fils de Dieu est appelé Verbe, par ces paroles du prophète : « Mon coeur a émis un bon Verbe. » Enfin Dieu fut toujours Père parce que toujours son Fils a existé; car son Fils est son Verbe, sa sagesse, sa force. Or, le Verbe a toujours été dans le Père, selon ces mots : « Mon cœur a émis un bon verbe. » Toujours sa sagesse a été avec lui : « Je suis sortie de la bouche de Dieu, je suis la première née avant toute créature. » Toujours sa force a été en lui. « J'étais enfanté avant les collines; les fontaines n'avaient pas encore jailli de la terre que j'étais avec lui. » Or, puisque le Père n'a jamais été sans son Verbe, sans sa sagesse, sans sa force, comment pouvez-vous penser que ce nom lui ait été attribué dans le temps? » Aroel se retira et Jubal, le neuvième, s'avança et dit : « Il est constant que Dieu ne condamne pas les mariages et qu'il ne les a pas maudits ; pourquoi donc niez-vous que celui que vous adorez soit sorti du mariage? à moins que vous ne veuilliez aussi nous jeter de la poudre aux yeux à cet égard. Et encore pourquoi est-il puissant et se laisse-t-il tenter? Pourquoi a-t-il la force et souffre-t-il ? Pourquoi est-il la vie et meurt-il ? Enfin vous serez amené à dire qu'il y a deux fils : l’un que le Père a engendré, l’autre que là Vierge a mis au monde. De plus, comment peut-il se faire que la souffrance ait eu prise sur un homme qui a été enlevé au ciel, sans que celui par lequel il a été enlevé eût subi aucune lésion? » Silvestre répliqua : « Nous ne disons pas que J.-C. est né d'une vierge pour condamner les mariages ; mais nous acceptons, avec raison les causes de cet enfantement virginal. Par cette assertion les mariages ne sont pas rendus méprisables mais louables, puisque cette vierge qui enfanta le Christ est née de mariage. Ensuite J.-C. est tenté pour vaincre toutes les tentations du diable : il, souffre pour surmonter toutes les souffrances; il meurt pour détruire l’empire de la mort. Le fils de Dieu est unique dans le Christ et de même qu'il est invisible en tant qu'il est Fils de Dieu, de même il est visible en tant qu'il est J.-C. Il est invisible par cela qu'il est Dieu et il est visible par cela qu'il est homme. Que cet homme ait souffert et qu'il ait été enlevé au ciel sans souffrance de la part de celui qui l’a enlevé, nous pouvons le démontrer par un exemple. Prenons-le dans la pourpre du roi : elle fut laine et la teinture ajoutée à cette laine a donné la couleur pourpré. Alors qu'on la tenait dans les doigts et qu'elle était tordue en fil, qui est-ce qui était tordu? Était-ce la couleur qui est celle de la dignité royale, où ce qui était laine avant d'être pourpre? La laine c'est l’homme, la pourpre c'est Dieu qui étant avec l’humanité a souffert sur la croix, mais n'a reçu aucune atteinte de la passion. » Le dixième s'appelait Thara. Il dit : « Cet exemple ne me plaît pas, car la couleur et la laine sont foulées ensemble. » Quoique tous eussent réclamé, Silvestre dit : « Prenons alors un autre exemple : un arbre couvert des rayons du soleil, quand il,est abattu, reçoit le coup et la lumière resté sans atteinte. Il en est de même, alors c'est l’homme qui souffre et non pas le Dieu. »

Le onzième, gui était Siléon, dit : « Si c'est de ton Christ que les prophètes ont prédit, nous voudrions savoir les causes des étranges moqueries qu'il a endurées, les motifs de sa passion et de sa mort. »

« J.-C., reprit Silvestre, a eu faim pour nous rassasier; il a eu soif pour offrir à notre soif ardente la coupe de vie ; il a été tenté, afin de nous délivrer de la tentation; il a été détenu, pour nous faire échapper à la capture des démons et il a été moqué, pour nous arracher à leur dérision; il a été lié, pour nous délier des noeuds de la malédiction; il a été humilié, pour nous exalter; il a été dépouillé, pour couvrir la nudité de la première prévarication du manteau de l’indulgence; il a reçu une couronne d'épines, pour nous restituer les fleurs du paradis que nous avions perdues; il fut suspendu au bois, pour condamner la concupiscence engendrée dans le bois; il a été abreuvé de fiel et de vinaigre, pour introduire l’homme dans uire terre où coule le lait et le miel et nous ouvrir des fontaines de miel; il a pris notre mortalité, pour nous donner son immortalité; il a été enseveli, pour bénir les sépultures des saints; il est ressuscité, pour rendre la vie aux morts; il est monté au ciel, pour ouvrir la porte du ciel; il est assis à la droite de Dieu, pour exaucer les prières des croyants. » Pendant que Silvestre développait ces vérités, tous, l’empereur comme les juges et les Juifs, se mirent d'une voix unanime à acclamer Silvestre de louanges. Alors le douzième indigné, il s'appelait Zambri, dit avec un extrême dédain : « Je m’étonne que des juges, sages comme vous l’êtes, ajoutiez foi à des ambiguïtés de mots et que vous estimiez que la toute-puissance de Dieu puisse se conclure de raisonnement humain. Mais plus de mots et venons-en aux faits : ce sont de grands fous ceux qui adorent un crucifié; car je sais, moi, le nom du Dieu tout-puissant, dont la force est plus grande que les rochers et aucune créature ne saurait l’entendre. Et pour vous prouver la vérité de ce que j'avance, qu'on m’amène le taureau le plus furieux et dès l’instant que ce nom aura sonné, dans ses oreilles, tout aussitôt le taureau mourra. » Silvestre lui dit : « Et toi, comment donc as-tu appris ce nom sans l’avoir entendu? » Zambri reprit : « Il n'appartient pas à toi, l’ennemi des Juifs, de connaître ce mystère. » On amène donc un taureau très féroce, que cent hommes des plus robustes peuvent à peine traîner, et aussitôt que Zambri a proféré un mot dans son oreille, à l’instant le taureau rugit, roule les yeux et expire. Alors tous les Juifs poussent des acclamations violentes et insultent Silvestre. Mais celui-ci leur dit : « Il n'a pas prononcé le nom de Dieu, mais il a nommé celui du pire de tous les démons, car mon Dieu, J.-C., non seulement ne fait pas mourir les vivants, mais il vivifie les morts. Pouvoir tuer et rie pouvoir point rendre la vie, cela appartient aux lions, aux serpents et aux bêtes féroces. Si donc il veut que je croie qu'il n'a pas proféré le nom du démon, qu'il le dise encore une fois et qu'il rende la vie à ce qu'il a tué. Car il a été écrit de Dieu : « C'est moi qui tuerai et c'est moi qui vivifierai; » s'il ne le peut, c'est sans aucun doute qu'il a proféré le nom du démon, qui peut tuer un être vivant et qui ne peut rendre la vie à un mort. » Et comme Zambri était pressé par les juges de ressusciter le taureau, il dit : « Que Silvestre le ressuscite au nom de Jésus le Galiléen et tous nous croirons en lui; car quand bien même il pourrait voler avec des ailes, il ne saurait pas faire cela. » Tous les Juifs donc promettent de croire s'il ressuscite le taureau. Alors Silvestre fit une prière et se penchant à l’oreille du taureau : « O nom de malédiction et de mort, dit-il, sors par l’ordre de Notre-Seigneur J.-C., au nom duquel je te dis : taureau, lève-toi et va tranquillement rejoindre ton troupeau. » Aussitôt le taureau se leva et s'en alla avec grande douceur. Alors la reine, les Juifs, les juges et tous les autres furent convertis à la foi. * Mais quelques jours après, les prêtres des idoles vinrent dire: à l’empereur : « Très saint empereur, depuis l’époque où vous avez reçu la foi du Christ, le dragon qui est dans le fossé tue de son souffle plus de trois cents hommes par jour. » Constantin consulta là-dessus Silvestre, qui répondit : « Par la vertu de J.-C., je ferai cesser tout ce mal. » Les prêtres promettent que, s'il fait ce miracle, ils croiront. Pendant sa prière, saint Pierre apparut à Silvestre et lui dit : « N'aie pas peur de descendre vers le dragon, toi et deux des prêtres qui t'accompagnent; arrivé auprès de lui, tu lui adresseras ces paroles : « N.-S. J.-C., né de la Vierge, qui a été crucifié et enseveli, qui est ressuscité et est assis à la droite du Père, doit venir pour juger les vivants et les morts. Or, toi, Satan, attends-le dans cette fosse tant qu'il viendra ». Puis tu lieras sa gueule avec un fil et tu apposeras dessus un sceau où sera gravé le signe de la croix; ensuite revenus à moi sains et saufs, vous mangerez le pain que je vous aurai préparé. » Silvestre descendit donc avec les deux prêtres les quarante marches de la fosse, portant avec lui deux lanternes. Alors il adressa au dragon les paroles susdites, et, comme il en avait reçu l’ordre, lia sa gueule, malgré ses cris et ses sifflements. En remontant, il trouva deux magiciens qui les avaient suivis, pour voir s'ils descendraient jusqu'au dragon : ils étaient à demi morts de la puanteur du monstre. Il les ramena avec lui aussi sains et saufs. Aussitôt ils se convertirent avec une multitude infinie. Le peuple romain fut ainsi délivré d'une double mort, savoir de l’adoration des idoles et du venin du dragon. Enfin le bienheureux Silvestre, à l’approche de la mort, donna ces trois avis à ses clercs : conserver entre eux la charité, gouverner leurs églises avec plus de soin et préserver leur troupeau contre la morsure des loups. Après quoi il s'endormit heureusement dans le Seigneur, environ l’an 330.

* Le comte de Douhet, dans le Dictionnaire des Légendes, de Migne, avance que. le récit qu'on vient de lire n'est qu'un abrégé des Acta Sancti Silvestri, publié, par le P. Combéfis, d'après deux mss. existant aux bibliothèques Médicienne et Mazarine: La dispute avec les docteurs juifs, la destruction du dragon sont exposées avec encore plus de détails que dans Voragine. Nouvelle preuve que l’évêque de Gênes n'a rien inventé de son propre fonds:

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii



Peu connu du grand public, Saint Sylvestre (270 - 335) a été le premier pape sous l'ère de l'empereur Constantin.

Le Jeudi 31 décembre 2015 à 16:11 par Camille Meyer dans Vie de l'Église

Peu connu du grand public, Saint Sylvestre (270 - 335) a été le premier pape sous l'ère de l'empereur Constantin.

On connaît peu de choses de la jeunesse de Sylvestre. Différentes légendes existent mais ne vraisemblablement pas fondées. Par contre, on sait que Sylvestre était un homme d'Eglise effacé aux yeux des autres prélats. Absent du concile d'Arles en 314 et du concile de Nicée de 325, ces légats le représentèrent et sont intervenus à sa place.

33 ème pape de la chrétienté, élu à la succession de Miltiade, Sylvestre fut Pape pendant près de vingt-deux ans (du 31 janvier 314 au 31 décembre 335). Ce Romain a vécu en même temps que Constantin, empereur romain. Bien qu'élu pape, Sylvestre ne dispose d'aucune prérogative d'autorité pour convoquer un concile et certains disent même qu'il n'aurait pas participé au concile de Nicée, seulement représenté. C'est l'empereur Constantin qui est maître de tout.  D'ailleurs ce dernier est un converti. Il est dans l'Histoire, le premier empereur romain chrétien. Quelques légendes existent encore autour de sa conversion et de son baptême et concernent d'ailleurs Saint Sylvestre.

L'une de ces légendes est racontée par des païens de la ville d'Harran (Turquie actuelle): " Constantin alors atteint de lèpre, se serait converti, les chrétiens acceptant dans leurs rangs les lépreux. Il aurait dû pour la soigner prendre un bain du sang de nouveau-nés. Mais touché par les pleurs des mères, il ne put s'y résoudre. C'est alors que lui apparurent en songe, la nuit suivante, saint Pierre et saint Paul qui lui conseillèrent de retrouver l’évêque Sylvestre sur le mont Soracte. C'est lors de cette rencontre que l'empereur Constantin fut baptisé et fut soigné de sa terrible maladie"

On attribue d'autres miracles à Saint Sylvestre, dont la résurrection d'un taureau et le domptage d'un dragon, enfin évidemment il s'agit de légendes. Néanmoins nous sommes sûrs d'une chose à propos de ce pape, Rome lui doit la basilique Saint Jean de Latran, la basilique de la Sainte Croix de Jérusalem, la basilique de Saint Paul et il est même à l'origine de la construction, avec l'empereur Constantin, de Sainte Sophie à Constantinople.

Il meurt de vieillesse, le 31 décembre 335 après 22 ans de règne. Il est un des premiers saints canonisés sans être mort martyr.

SOURCE : http://radionotredame.net/2015/vie-de-leglise/sylvestre-premier-pape-de-lempire-romain-chretien-41808/

ST. SYLVESTER, POPE.

SYLVESTER was born in Rome toward the close of the third century. He was a young priest when the persecution of the Christians broke out under the tyrant Diocletian. Idols were erected at the corners of the streets, in the market-places, and over the public fountains, so that it was scarcely possible for a Christian to go abroad without teing put to the test of offering sacrifice, with the alternative of apostasy or death. During this fiery trial, Sylvester strengthened the confessors and martyrs, God preserving his life from many dangers In 312 a new era set in. - Constantine, having triumphed under the " standard of the Cross," declared himself the protector of the Christians, and built them splendid churches. At this juncture, Sylvester was elected to the chair of Peter, and was thus the first of the Roman Pontiffs to rule the flock of Christ in security and peace. He profited by these blessings to renew the discipline of the Church, and in two great Councils confirmed her sacred truths. In the Council of Arles he condemned the schism of the Donatists; and in that of Nicaya, the first General ' Council of the Church, he dealt Arianism its death-blow by declaring that Jesus Christ is the true and very God. Sylvester died A.D. 335.

REFLECTION.--Never forget to thank God daily for having made, you a member of His undying Church, and grow daily in your attachment, devotion, and loyalty to the Vicar of Christ.



Pope St. Sylvester I (314-335)

ate of birth unknown; d. 31 December, 335. According to the "Liber pontificalis" (ed. Duchesne, I, 170) he was the son of a Roman named Rufinus; the legendary "Vita beati Sylvestri" calls his mother Justa. After the death of Miltiades (Melchiades), Sylvester was made Bishop of Rome and occupied this position twenty-one years. This was the era of Constantine the Great, when the public position of the Church so greatly improved, a change which must certainly have been very noticeable at Rome; it is consequently to be regretted that there is so little authoritative information concerning Sylvester's pontificate. At an early date legend brings him into close relationship wtih the first Christian emperor, but in a way that is contrary to historical fact. These legends were introduced especially into the "Vita beati Sylvestri" (Duchesne, loc. cit., Introd., cix sq.) which appeared in the East and has been preserved in Greek, Syriac, and Latin in the "Constitutum Sylvestri"—an apocryphal account of an alleged Roman council which belongs to the Symmachian forgeries and appeared between 501 and 508, and also in the "Donatio Constantini". The accounts given in all these writings concerning the persecution of Sylvester, the healing and baptism of Constantine, the emperor's gift to the pope, the rights granted to the latter, and the council of 275 bishops at Rome, are entirely legendary. The pope, however, took part in the negotiations concerning Arianism and the Council of Nicæa, and the expression ‘omooúsion was probably agreed upon with him before the council. The pontiff also sent legates to the first æcumenical council. Still it is not certain whether Constantine had arranged beforehand with Sylvester concerning the actual convening of the council, nor whether there was an express papal confirmation of the decrees beyond the signatures of the papal legates (cf. Funk in "Kirchengesch. Abhandlungen und Untersuchungen", I, 95, 501 sq.).


During Sylvester's pontificate were built the great churches founded at Rome by Constantine, e.g. the basilica and baptistery of the Lateran near the former imperial palace where the pope lived, the basilica of the Sessorian palace (Santa Croce), the Church of St. Peter in the Vatican, and several cemeterial churches over the graves of martyrs. No doubt the pope helped towards the construction of these churches. Sylvester's memory is especially connected with the titular Church of Equitius, which takes its name from a Roman presbyter who is said to have erected this church on his property. It was situated near the thermæ of Diocletian, and still exists. Parts of the present building may date from the fourth century. No doubt the pope contributed to the development of the liturgy of the Church at Rome. During his reign, moreover, the first martyrology of Roman martyrs was probably drawn up. Sylvester is connected also with the establishment of the Roman school of singing. on the Via Salaria he built a cemeterial church over the Catacomb of Priscilla, the ruins of which have lately been brought to light. In this church he was buried. His feast is given under 31 December in the "Depositio episcoporum", or list of the burial days of the Roman bishops, which was compiled barely a year after his death; the same date is given in the "Calendar" of Philocalus. This day, therefore, is doubtless the day of his burial. For his possible relations with Armenia, see GREGORY THE ILLUMINATOR.

Sources

Liber pontificalis, ed. DUCHESNE, I, 170-201; introduction, cix sq.; JAFFE, Regesta rom. pont., 2nd ed., I, 28-30; Vita beati Sylvestri in LAND, Anecdota syriaca, III, 46 sq. and in SURIUS, Vita sanct., VI, 1173 sq.; LANGEN, Gesch. der römischen Kirche, I, 395 sqq.; DÖLLINGER, Papstfabeln (2nd ed., 1890), 61 sqq.; MARUCCHI, La basilica papale del cimitero di Priscilla (Rome, 1908).

Kirsch, Johann Peter. "Pope St. Sylvester I (314-335)." The Catholic Encyclopedia. Vol. 14. New York: Robert Appleton Company, 1912. 8 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/14370a.htm>.



Pope St. Sylvester I

314-335

St. Sylvester I was an enigma to the Catholic people during a time when the first major heresies were cropping up. They wanted a Pontiff who was rigorous in defending the Faith; by this they not only meant the successful defeat of heresy, but one who promoted himself in doing so. Perhaps this was because they had need for a strong sign. Sylvester, the first Roman Pontiff to be a Saint without Martyrdom, gave them the first, but displayed no enthusiasm for the second aspect. He lived what is called in the spiritual realm, "an inner life", precisely what one ought to expect from a Saint, when not necessary otherwise.

In 313 the edict of Milan under Constantine ended the persecution of the Church per se; however, he wanted to oversee the Holy See and he made things difficult because he had a lot of power. A very wise and holy man assumed the Chair of Peter the following year. Sylvester was already old, too old to travel, which required the Pope's need for reliable delegates for the Council at Arles in 325, which took up the heresy of the Donatists and for the Council of Nicaea. Th former council was not world wide, like the dogmatic councils, such as Nicaea, but a regional one where the heresy was flourishing in France. The heresy would be taken up also at the first Council of Nicaea the same year. This dogmatic or defining council gave us the Nicene Creed, in response to the errors of the priest Arius. Pope Sylvester was unable to attend but his emissaries did and it was he that reigned there in spirit and he that approved all of its official pronouncements. A Pontiff can teach in his own right without any council, but all world wide [or ecumenical]Church councils require the approval of the Pontiff. Donatism originated in North Africa under Donnatus: it held that the true Church consisted only of the elect or those who would be saved and its adherents believed that only a Donatist could confer valid Baptism. This heresy did not spread like the Arian heresy and was confined to the fourth century at which time it was vanquished.

Pope Sylvester was very much the good shepherd, interested in the welfare of his flock and full of zeal for having holy priests; although aged he had the stamina for sacerdotal affairs and on one occasion he ordained 42 priests and 25 deacons. The first Basilica of St. Peter was built during his reign as well as that of St. John Lateran.

Pope St. Sylvester, pray for Pope Benedict XVI and for us!



Saint Sylvester, pope

The feast day of Saint Sylvester, located so close to the Christmas liturgical cycle was an early decision of the Fathers of the Church, but it has no relation to the Mystery of the Incarnation. Today's feast Saint Sylveser, according to Pius Parsch is among the oldest in the Church's liturgical life because his memory was among the first to receive public recognition by the laity due to his exemplary holiness and concern for the welfare of the faithful, especially the poor. He's considered to be a confessor of the faith but also acknowledged as a martyr. Sylvester's feast day was for a long time a holy day of obligation.

Sylvester was elected bishop of Rome in AD 314. He succeeded Saint Miltiades who was pope for 2 years (July 2, 311 - 10 January 314) and was succeed by Saint Mark who only served for 263 days. One of the first things he did as pope was to teach the virtue of peace and to live by example.

Notable about Pope Sylvester was that he lived in Rome as its bishop when the Council of Nicea I was held; recall that the Council of Nicea called to order not by the pope by the emperor, who by the way was a friend of Sylvester's. During his papacy the great churches of St John Lateran, Santa Croce in Gerusalemme, St Paul's, St Lawrence's and the first St Peter's were built, among others.

Several things are attributed to Sylvester:

• taught the orthodox Catholic faith in the face of heresy and schism

• taught that the sign of the Cross was given to him by the Lord

• cared for the poor and expected the clergy to do the same

• cared for those in the Order of Virgins and Widows

• determined that bishops had the exclusive right to consecrate chrism

• instructed priests, when baptizing, also were to anoint with chrism

• determined that deacons were to wear the dalmatic with a linen maniple

• determined that bread was to be consecrated as Eucharist only a linen corporal

• determined those ordained should be stable in that order before taking a higher order

• instructed the laity should not sue the clergy

• instructed the clergy should not sue another in civil court

• called the 1st and 7th days of the week the "Lord's Day" and the "Sabbath"

• among the first use the word "feria" (a free day) for weekdays of the liturgical calendar without a commemoration.

Some of these things perdure today.

When Pope Sylvester died in AD 335 he served the Church as bishop of Rome for 21 years, 11 months, 1 day. He was first lair to rest in the catacomb of Saint Priscilla and later moved to the church of Saint Symmachus.

By Paul Zalonski


Pope St. Sylvester

Pope St. Sylvester, whom God appointed to govern his holy church in the first years of her temporal prosperity and triumph over her persecuting enemies, was a native of Rome and son to Rufinus and Justa. His pontificate was one of the most important, crucial and eventful of all Popes.

He entered among the clergy of Rome and was ordained priest by Pope Marcellinus, during the terrible persecution of Diocletian. His strength during this time won him great esteem among the members of the Church. Upon the death of Pope Miltiades in 314, Sylvester became Bishop of Rome.

After the persecutions and prodigious effusion of Christian blood during the space of the first three hundred years after the founding of the church, the persecuting kingdoms at length laid down their arms and submitted to the faith and worship of God crucified for us.

During Sylvester’s reign occurred the battle of the Milvian Bridge. Constantine’s victory at this battle over his rival Maxentius on the 28th of October 312 was pivotal for Christianity. Before the battle, there was a vision of the Christian Cross, or Chi-Rho, superimposed on the sun; and the words “In This Sign, Conquer”, “In hoc signo vinces”.

Constantine had this symbol painted on the shields of his soldiers, won the battle, became emperor of Rome and ultimately legalized Christianity with Edict of Milan.

Also during Sylvester’s pontificate were built the great churches founded at Rome by Constantine, e.g. the Lateran basilica, the basilica of the Sessorian palace (Santa Croce), the Church of St. Peter’s in the Vatican, and several cemeterial churches over the graves of martyrs. No doubt the pope helped towards the construction of these churches.

In addition, during his reign, great Church councils were held against the heresies of Donatism, Quartodecimans and Arianism at Nice and Arles that preserved the Orthodoxy of Christianity.

St. Sylvester greatly advanced religion by a punctual discharge of all the duties of his exalted station during the space of twenty-one years and eleven months; and died on the 31st of December 335. He was buried in the cemetery of Priscilla. Pope Sergius II translated his body and deposited it under the altar in a church dedicated to God in his memory. Mention is made of an altar consecrated to God in his honour at Verona, about the year 500; and his name occurs in the ancient Martyrology called St. Jerome’s, published by Florentinius, and in those of Bede, Ado, Usuard, &c. Pope Gregory IX, in 1227, made his festival general in the Latin church; the Greeks keep it on the 10th January.

His feast is given under 31 December in the “Depositio episcoporum”, or list of the burial days of the Roman bishops, which was compiled barely a year after his death; the same date is given in the “Calendar” of Philocalus. This day, therefore, is doubtless the day of his burial.

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Sylvester (Silvester) I, Pope (RM)


Born in Rome, Italy; died there in 335; feast day in the East is January 2. The Liber Pontificalis says that Silvester was the son of a Roman named Rufinus. Sylvester rejoiced at his good fortune in succeeding Saint Miltiades, who died on January 10, 314. The year before, Sylvester was a simple priest in Rome, attached to the parish of Equitius and with some sort of relationship to Pope Saint Miltiades, as he had previously been in the entourage of Pope Saint Marcellinus.


On January 31, 314, Sylvester, Roman citizen, took the chair of Saint Peter, a few days after his election and after Emperor Constantine granted toleration to the Christian Church by enacting the Edict of Milan in 313. It was an easy succession. Sylvester did act as counselor and spiritual director of Constantine.

In consequence an extraordinary fable arose about his pontificate. It is said that Constantine had been told by his doctor that the best way to cure leprosy was to bathe in the blood of children. A vision in which SS Peter and Paul appeared to the emperor charging him instead to seek baptism at the hands of Sylvester changed Constantine's mind. Sylvester baptized him; the emperor was healed; and in gratitude granted the islands of Sicily, Sardinia, and Corsica (of course this is not true; Constantine postponed his baptism until his deathbed). These lands became known as the Donation of Constantine and formed the basis of the future Papal States.

Nevertheless, even while Miltiades was still alive, Constantine donated large tracts of land in and around Rome for the building of basilicas. Christians had been building small, everyday places of worship in Rome since the 3rd century but Constantine envisioned one large enough to hold the entire clergy and a major portion of the population of the city, as well as basilicas built over the tombs of the most illustrious martyrs. From the Imperial Treasury, Constantine gave Miltiades the Lateran Palace as his residence.

That Sylvester was not the founder of the pontifical monarchy has been suspected since the 8th century and acknowledged since the 15th. Many Romans looked with suspicion on the impious legalization of Christianity; it marked the end of a glorious tradition. (Remember Christians had been persecuted because of their impiety, i.e., refusal to offer sacrifices to the gods who protected Rome and its empire.)

Sylvester's own virtues must have been considerable, if only because he is one of the first Christians who did not die a martyr and yet was honored as a saint (there were a few others). He sent legates to the Council of Arles to deal with the Donatist dispute. The bishops there commended Sylvester for not coming in person but instead remaining in the place "where the Apostles daily sit in judgement."

Arianism arose during Sylvester's pontificate. Arius, priest of Alexandria, Egypt, began to teach doubtful propositions concerning the mystery of the Trinity. Constantine became aware of it and sent Bishop Hosius of Cordova to investigate. It was Constantine, encouraged by Hosius and the Eastern episcopate, who took the initiative to convene the first ecumenical council in Nicaea, Bithynia, in 325, to consider the issue. The council was attended by about 220 bishops, nearly all of whom were orientals. Constantine presided and invited Sylvester to share the honor but Sylvester remained in Rome and sent legates to Nicaea--Vincent and Victor. The presiding Western bishop, Hosius of Cordova, also represented the holy father. The council condemned the heresy of Arius. There is no record that Sylvester formally confirmed the signature of his legates to the acts of the council.

Should Sylvester be berated for not upholding the primacy of the pope testified to earlier by Saint Irenaeus and Saint Cyprian of Carthage? No, the new conditions were mystifying. The Church was moving into a new period. The role of the pope in a persecuted Church was quite different from that of the emperor's Church. As long as the emperor arranged things for the better, perhaps Sylvester should remain uninvolved and implicitly delegate his authority.

Unfortunately, Constantine eventually made a mess of theology and botched up most of the good work he had done. Sylvester, with the bad habits of tolerance he had acquired, reacted too timidly--or not at all. The influence of the beneficial Hosius gave way to that of the Arian Eusebius of Nicomedia and Constantine threw the Church into confusion. It was Eusebius who baptized Constantine on his deathbed.

Sylvester also set himself the task of creating churches worthy of the faith in the city of Rome. He either restored or founded the churches of Saint Peter on Vatican Hill, Saint Lawrence-Outside- the-Walls, and Santa Croce. His ancient episcopal chair and his mitre--the oldest one still to survive--can today be sen in the church of San Martino ai Monti, which he built over a house near the Baths of Diocletian used for worship during the years of persecution. Saint Sylvester also built a church at the cemetery of Priscilla on the Salerian Way.

It is probable that it was to Sylvester, rather than to Miltiades, that Constantine gave the Lateran Palace. Sylvester made the basilica of Saint John Lateran his cathedral. There you can still see the famous mosaic commissioned by Pope Leo III (reigned 795- 816). In the middle stands Jesus surrounded by the 12 Apostles, and at each side two parallel scenes: Jesus gives the keys to Saint Sylvester with one hand and, with the other, the flag to Constantine; on the other side Saint Peter hands the pallium to Leo III and the flag to Charlemagne. What is the significance?

Constantine's father, Constantius Chlorus, from 303 neglected to apply the anti-Christian edicts that were still in effect. Humanitarianism and political realism were at the root of this tolerance: In spite of three centuries of legal and bloody persecution, Christianity triumphed everywhere and even succeeded in erecting a house of its own in Rome. Thus, it was easier and wiser to tolerate it, perhaps even give it legal standing, and make use of its strength and unity. That is the situation inherited by Constantine, who was racked by metaphysical, and perhaps mystical, concerns. He seriously wondered if God existed and, if He did, who might He be. This personal problem for Constantine was capital for Sylvester.

Constantine started with a religion that had 36 gods and goddesses and tried to put some order into this world. But once direction had been given, it seemed insufficient to him and he was tempted to abandon Olympus for a more solid theology.

Around 310, Constantine dreamed of a universe guided by a single God, a mysterious intelligence that dominates all beings. Around 312, he had the impression that the God of the Christians, the single God of the religion that resisted all massacres, could be the God he sought. Around October 10 that year, a rare astronomical phenomenon was visible, and Constantine, anxious to read God's message, could not help but see it. The planets Saturn, Mars, and Jupiter, and some neighboring stars, formed a cross in the sky that was like the cross of the Christians. Perhaps in addition, an inner voice of grace made Constantine understand that this sign of the Christians was the sign of the true God he was seeking.

At the end of 312, Constantine wrote to Maxim Daia to ask him to stop the persecutions in Asia Minor. In January 313, Constantine issued a decree directing restoration of confiscated goods to the Christians in North Africa.

February 313 saw the first Augustus Constantine and his imperial lieutenant Licinius (in the East) signing the landmark Edict of Milan. The edict stipulated freedom of conscience and cult for the Christians and others, and restitution to the Christian communities of the goods that had been confiscated from them by the State.

That same April Constantine gave instructions to African officials in favor of the Christian clergy and places of worship. During the summer he donated land to various churches, especially in Rome. That October he conceded the munera civila to the whole Catholic clergy of the Empire.

Sylvester died before Constantine and was buried on December 31, 335, in the cemetery of Priscilla on the via Salaria. But his tomb and the epitaph that adorned it were destroyed when the Arian Lombards passed through. The major part of his remains were translated in 761 by Pope Paul I to San Silvestro in Capite, now the national church of English Catholics in Rome.

The cultus for Sylvester did not arise for another 150 years, when Pope Saint Symmachus attributed two Roman councils to Sylvester and had a mosaic placed behind the episcopal throne in the Equitius honoring his predecessor. The Eastern Church, however, celebrates him also with the title "isapostole," equal to the apostles, on May 21.

So, through the obscure lense of time Sylvester appears almost mute, impassive, yet 300 laws concerned with justice, equity, and an evangelical purity were passed during his 25-year reign. He is considered a great pope in the memory he left to his close successors. Perhaps he can be considered the holy patron of high persons in delicate situations (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Walsh).

In art, Saint Sylvester is shown in various scenes with Emperor Constantine. He might also be shown (1) trampling a dragon, (2) with an angel holding a cross and olive branch (the peace of the Church), (3) with Saint Romana (Roeder). Farmer reports that he is generally represented by a chained dragon or bull and a tiara, and the principal scene represented is that of the baptism of Constantine (Farmer). Sylvester is still especially venerated in Pisa (Roeder).