lundi 24 décembre 2012

Saint CHARBEL MAKHLOUF, ermite, prêtre et moine maronite


Saint CHARBEL MAKHLOUF

1-Naissance de Saint Charbel :

Youssef Antoun MAKHLOUF naquit le 8 mai 1828 à Béqaa Kafra (nord du Liban) de parents maronites, Antoun Zaarour MAKHLOUF et Brigita CHIDIAC. Il avait deux frères Hanna et Béchara, et deux sœurs Kawn et Wardé. Il reçut une éducation chrétienne qui lui donna la passion de la prière dès son bas âge. Il fût attiré par la vie monacale et érémitique à l’exemple de ses deux oncles maternels qui occupaient l’ermitage du couvent Saint Antoine - Qozhaya et qui lui remirent le flambeau de l’héroïsme des vertus.

Son père décéda le 8 août 1831 à Ghirfine près d’Amchit alors qu’il rentrait chez lui après avoir accompli la corvée chez l’armée turque.

Orphelin de père, Youssef fût élevé par sa mère qui épousa par la suite Lahoud Ibrahim, futur curé de la paroisse sous le nom d’Abdel Ahad.

À l’école du village, Youssef étudia l’arabe et le syriaque. Il était tellement pieux que le village l’appelait «le saint». Il emmenait paître son petit troupeau tous les jours et se rendait dans une grotte où, à genoux devant une image de la Sainte Vierge, il priait. La grotte devint ainsi son lieu de prière et son premier ermitage et, par la suite, un sanctuaire et un lieu de pèlerinage.

2. Son entrée à l’Ordre Libanais Maronite :

Un matin de l’année 1851, Youssef quitta la maison et le village et se rendit au couvent N.D. de Mayfouq pour se faire moine. Il y passa sa première année de noviciat avant de rejoindre le couvent Saint Maron de Annaya où il adhéra à l’Ordre Libanais Maronite (O.L.M.) sous le nom de Charbel, martyr de l’Église d’Antioche du IIe siècle. Le 1er novembre 1853, il prononça ses vœux au même couvent, parfaitement conscient des implications de ces vœux: l’obéissance, la chasteté et la pauvreté.

Il poursuivit ses études théologiques au couvent Saints Cyprien et Justine de Kfifane chez son maître Saint Nimatullah Kassab Al-HARDINI dont la vie privée et publique servait d’idéal et figurait l’image vivante des grands moines saints.

Le 23 juillet 1859, Frère Charbel MAKHLOUF fût ordonné prêtre à Bkerké par le vicaire patriarcal maronite feu Mgr Youssef Al-Marîd.

3. Sa vie au couvent Saint Maron de Annaya et à l’ermitage Saints Pierre et Paul :

Le Père Charbel vécut seize années au couvent Saint Maron de Annaya dans l’obéissance à ses supérieurs et dans la stricte observance des règles monastiques. Il s’imposait une vie d’ascèse et de mortification, détaché des choses mondaines et vaquant au service du Seigneur et au salut de son âme.

Au début de l’année 1875, Dieu inspira au P. Charbel de se retirer dans l’ermitage «Saints Pierre et Paul» rattaché au couvent Saint Maron de Annaya. Les supérieurs n’autorisaient pourtant pas facilement que l’on s’y retirât. Mais alors que le P. supérieur était en proie à l’hésitation, un signe lui vint du ciel: une nuit, le P. Charbel demanda à un serviteur de lui mettre de l’huile dans sa lampe. Il y mit de l’eau et la lampe s’alluma quand même comme si rien n’était. Ce fût alors le premier miracle de Charbel qui hâta le jour de son départ pour l’ermitage tant désiré.

Le 15 février 1875, le P. Charbel passa définitivement à l’ermitage où, saint et ermite idéal, il consacrait son temps au silence, à la prière, au culte et au travail des champs. Il ne quittait l’ermitage que sur ordre de son supérieur. Il y vivait à la manière des saints pères ermites, agenouillé sur un plateau en réseau devant le Saint Sacrement le priant avec ferveur et s’en délectant des nuits durant.

Il passa vingt-trois ans à l’ermitage rendant service au Seigneur et observant scrupuleusement et consciemment les règles de la vie érémitique.

Le 16 décembre 1898 et alors qu’il célébrait la messe, il fût atteint d’hémiplégie et entra dans une agonie de huit jours durant lesquels il garda son calme en dépit de ses douleurs atroces. Dans son agonie, le P. Charbel ne cessait de répéter la prière qu’il n’avait pu achever à la messe: «Père de la vérité, voici Ton Fils qui se sacrifie pour te donner satisfaction…». Il répétait également les noms de Jésus, Marie, Joseph et Pierre et Paul patrons de l’ermitage.

L’âme de Charbel s’envola en toute liberté vers l’au-delà, telle la goutte de rosée qui retourne au grand océan, le 24 décembre 1898 la veille de Noël. Il fût enterré au cimetière du couvent Saint Maron de Annaya.

4. La lumière étrange qui jaillit de son tombeau :

Après son décès, des lumières spirituelles jaillissant de son tombeau poussèrent à transférer sa dépouille qui transpirait sueur et sang dans un cercueil spécial, après autorisation du Patriarcat maronite, et à le mettre dans un nouveau tombeau à l’intérieur du couvent. C’est alors que les foules des pèlerins se mirent à affluer pour solliciter son intercession, et plusieurs d’entre eux obtenaient la guérison et les grâces divines.

En 1925, fût soumis au Pape Pie XI le procès de sa béatification et de sa canonisation par l’Abbé Ignace Dagher TANNOURY et son vicaire général P. Martin TARABAY. Le procès fût accepté avec ceux du P. Nimatullah Kassab Al-HARDINI et de Sœur Rafqa RAYES en 1927.

En 1950, le tombeau du Père Charbel fût ouvert en présence d’une commission officielle et de médecins qui constatèrent le bon état de la dépouille, rédigèrent un rapport et le déposèrent dans une boîte à l’intérieur du cercueil. Les guérisons de toutes sortes se multiplièrent alors de manière subite et incroyable, et des dizaines de milliers de pèlerins, toutes confessions confondues, affluèrent au couvent de Annaya pour solliciter l’intercession du Saint.

5. Les vertus et les miracles de Saint Charbel se répandent dans les quatre coins du monde :

Les miracles de Saint Charbel ont dépassé les frontières du Liban et le grand nombre des lettres et des rapports conservés dans les registres du couvent Saint Maron de Annaya attestent clairement l’expansion de sa sainteté dans le monde entier. Phénomène unique qui a opéré un retour à la morale et à la foi et éveillé les vertus dans les esprits, faisant du tombeau de Saint Charbel un pôle d’attraction pour toutes les catégories et pour tous les âges. Tous sont égaux dans le recueillement et l’invocation, toutes religions et confessions confondues. En effet, tous sont appelés fils de Dieu.

Les guérisons faites par l’intercession de Saint Charbel et consignées dans les registres du couvent Saint Maron de Annaya se comptent par dizaines de milliers. S’y ajoutent celles répandues partout dans le monde et touchant toutes les couleurs, religions et confessions. Dix pour cent de ces guérisons concernent des personnes non baptisées. Elles ont été obtenues soit par la prière et l’invocation, soit par l’huile et l’encens, soit par les feuilles des chênes de l’ermitage, soit par la terre prise à son tombeau, soit en visitant son tombeau et en en touchant la porte, soit par son image et sa statue.

Certaines de ces guérisons se rapportent au corps, mais les plus importantes touchent l’âme. De nombreux repentis ont retrouvé Dieu par l’intercession de Saint Charbel, en franchissant le seuil du couvent Saint Maron de Annaya ou celui de l’ermitage Saints Pierre et Paul.


Étapes biographiques en résumé

08-05-1828 : Sa naissance à Bekaakafra

16-05-1828 : Son baptême

1851-1852 : Première année de novice à Mayfouk

1852-1853 : Deuxième année de novice à Annaya

01-11-1853 : Son premier vœu à Annaya

1853-1859 : Ses études théologiques à Kfifan

23-07-1859 : Son ordination à Bkerki

1859-1875 : Sa vie au couvent d’Annaya

15-02-1875 : Son entrée à l’ermitage

24-12-1898 : Sa mort

15-04-1899 : Changement de la tombe

24-07-1927 : Transfert du corps à une troisième tombe

25-02-1950 : Ouverture de la tombe et exposition du corps aux visiteurs.

Année distinguée par le grand nombre de miracles autour de la tombe

5-12-1965 : Sa béatification

9-10-1977 : Proclamation de sa sainteté.

Historique de la béatification et de la canonisation

En 1954, Pie XII signa son accord pour le procès de béatification de l’ermite Charbel MAKHLOUF.

Le 5 décembre 1965, Paul VI présida la cérémonie de béatification du Père Charbel lors de la clôture du concile Vatican II.

En 1975, Paul VI signa son accord pour le miracle requis pour proclamer la sainteté du Bienheureux Charbel; ce qui eut lieu lors de la cérémonie internationale du 9 octobre 1977.

Parmi les nombreux miracles attribués à l’intercession de l’homme de Dieu, l’Église a choisi deux pour sa béatification et un troisième pour sa canonisation:

1. La guérison de Sœur Marie-Abel QAMARI, religieuse des Saints-Cœurs.

2. La guérison d’Iskandar Naoum OBEID de Baabdat.

3. La guérison de Mariam AOUÂD de Hammana.



CANONISATION DE CHARBEL MAKHLOUF



HOMÉLIE DU PAPE PAUL VI



Dimanche, 9 octobre 1977


Vénérables Frères et chers Fils,

L’Eglise entière, de l’Orient à l’Occident, est invitée aujourd’hui à une grande joie. Notre cœur se tourne vers le Ciel, où nous savons désormais avec certitude que saint Charbel Makhlouf est associé au bonheur incommensurable des Saints, dans la lumière du Christ, louant et intercédant pour nous. Nos regards se tournent aussi là où il a vécu, vers le cher pays du Liban, dont Nous sommes heureux de saluer les représentants: Sa Béatitude le Patriarche Antoine Pierre Khoraiche, avec nombre de ses Frères et de ses Fils maronites, les représentants des autres rites catholiques, des orthodoxes, et, au plan civil, la Délégation du Gouvernement et du Parlement libanais que Nous remercions chaleureusement.

Votre pays, chers Amis, avait déjà été salué avec admiration par les poètes bibliques, impressionnés par la vigueur des cèdres devenus symboles de la vie des justes. Jésus lui-même y est venu récompenser la foi d’une femme syro-phénicienne: prémices du salut destiné à toutes les nations. Et ce Liban, lieu de rencontre entre l’orient et l’Occident est devenu de fait la patrie de diverses populations, qui se sont accrochées avec courage à leur terre et à leurs fécondes traditions religieuses. La tourmente des récents événements a creusé des rides profondes sur son visage, et jeté une ombre sérieuse sur les chemins de la paix. Mais vous savez notre sympathie et notre affection constantes: avec vous, Nous gardons la ferme espérance d’une coopération renouvelée, entre tous les fils du Liban.

Et voilà qu’aujourd’hui, nous vénérons ensemble un fils dont tout le Liban, et spécialement l’Eglise maronite, peuvent être fiers: Charbel Makhlouf. Un fils bien singulier, un artisan paradoxal de la paix, puisqu’il l’a recherchée à l’écart du monde, en Dieu seul, dont il était comme enivré. Mais sa lampe, allumée au sommet de la montagne de son ermitage, au siècle dernier, a brillé d’un éclat toujours plus grand, et l’unanimité s’est faite rapidement autour de sa sainteté. Nous l’avions déjà honoré en le déclarant bienheureux le 5 décembre 1965, au moment de la clôture du Concile Vatican II. Aujourd’hui, en le canonisant et en étendant son culte à l’ensemble de l’Eglise, Nous donnons en exemple, au monde entier, ce valeureux moine, gloire de l’ordre libanais maronite et digne représentant des Eglises d’Orient et de leur haute tradition monastique.

Il n’est point nécessaire de retracer en détail sa biographie, d’ailleurs fort simple. II importe du moins de noter à quel point le milieu chrétien de son enfance a enraciné dans la foi le jeune Youssef - c’était son nom de baptème -, et l’a préparé à sa vocation: famille de paysans modestes, travailleurs, unis; animés d’une foi robuste, familiers de la prière liturgique du village et de la dévotion à Marie; oncles voués à la vie érémitique, et surtout mère admirable, pieuse et mortifiée jusqu’au jeûne continuel. Ecoutez les paroles que l’on rapporte d’elle après la séparation de son fils: «Si tu ne devais pas être un bon religieux, je te dirais: Reviens à la maison. Mais je sais maintenant que le Seigneur te veut à son service. Et dans ma douleur d’être séparée de toi, je lui dis, résignée: Qu’il te bénisse, mon enfant, et fasse de toi un saint» (P. PAUL DAHER, Charbel, un homme ivre de Dieu, Monastère S. Maron d’Annaya, Jbail Liban, 1965, p. 63). Les vertus du foyer et l’exemple des parents constituent toujours un milieu privilégié pour l’éclosion des vocations.

Mais la vocation comporte toujours aussi une décision très personnelle du candidat, où l’appel irrésistible de la grâce compose avec sa volonté tenace de devenir un saint: «Quitte tout, viens! Suis-moi!» (Ibid. p. 52; cfr. Marc. 10, 32). A vingt-trois ans, notre futur saint quitte en effet son village de Gégà-Kafra et sa famille pour ne plus jamais y revenir. Alors, pour le novice devenu Frère Charbel, commence une formation monastique rigoureuse, selon la règle de l’ordre libanais maronite de Saint Antoine, au monastère de Notre-Dame de Mayfouk, puis à celui plus retiré de Saint-Maron d’Annaya, après sa profession solennelle, il suit des études théologiques à Saint-Cyprien de Kfifane, reçoit l’ordination sacerdotale en 1859; il mènera ensuite seize ans de vie communautaire parmi les moines d’Annaya et vingt-trois ans de vie complètement solitaire dans l’ermitage des Saints Pierre et Paul dépendant d’Annaya. C’est là qu’il remet son âme à Dieu la veille de Noël 1898, à soixante-dix ans.

Que représente donc une telle vie? La pratique assidue, poussée à l’extrême, des trois vœux de religion, vécus dans le silence et le dépouillement monastiques: d’abord la plus stricte pauvreté pour ce qui est du logement, du vêtement, de l’unique et frugal repas journalier des durs travaux manuels dans le rude climat de la montagne; une chasteté qu’il entoure d’une intransigeance légendaire; enfin et surtout une obéissance totale à ses Supérieurs et même à ses confrères, au règlement des ermites aussi, traduisant sa soumission complète à Dieu. Mais la clé de cette vie en apparence étrange est la recherche de la sainteté, c’est-à-dire la conformité la plus parfaite au Christ humble et pauvre, le colloque quasi ininterrompu avec le Seigneur, la participation personnelle au sacrifice du Christ par une célébration fervente de la messe et par sa pénitence rigoureuse jointe à l’intercession pour les pécheurs. Bref, la recherche incessante de Dieu seul, qui est le propre de la vie monastique, accentuée par la solitude de la vie érémitique.

Cette énumération, que les hagiographes peuvent illustrer de nombreux faits concrets, donne le visage d’une sainteté bien austère, n’est-ce pas? Arrêtons-nous sur ce paradoxe qui laisse le monde moderne perplexe, voire irrité; on admet encore chez un homme comme Charbel Makhlouf une héroïcité hors de pair, devant laquelle on s’incline, retenant surtout sa fermeté au-dessus de la normale. Mais n’est-elle pas «folie aux yeux des hommes», comme s’exprimait déjà l’auteur du livre de la Sagesse? Même des chrétiens se demanderont: le Christ a-t-il vraiment exigé pareil renoncement, lui dont la vie accueillante tranchait avec les austérités de Jean-Baptiste? Pire encore, certains tenants de l’humanisme moderne n’iront-ils pas, au nom de la psychologie, jusqu’à soupçonner cette austérité intransigeante, de mépris, abusif et traumatisant, des saines valeurs du corps et de l’amour, des relations amicales, de la liberté créatrice, de la vie en un mot?

Raisonner ainsi, dans le cas de Charbel Makhlouf et de tant de ses compagnons moines ou anachorètes depuis le début de l’Eglise, c’est manifester une grave incompréhension, comme s’il ne s’agissait que d’une performance humaine; c’est faire preuve d’une certaine myopie devant une réalité autrement profonde. Certes, l’équilibre humain n’est pas à mépriser, et de toute façon les Supérieurs, l’Eglise doivent veiller à la prudence et à l’authenticité de telles expériences. Mais prudence et équilibre humains ne sont pas des notions statiques, limitées aux éléments psychologiques les plus courants ou aux seules ressources humaines. C’est d’abord oublier que le Christ a exprimé lui-même des exigences aussi abruptes pour ceux qui voudraient être ses disciples: «Suis-moi . . . et laisse les morts enterrer leurs morts» (Luc. 9, 59-60). «Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple» (Ibid. 14, 26). C’est oublier aussi, chez le spirituel, la puissance de l’âme, pour laquelle cette austérité est d’abord un simple moyen, c’est oublier l’amour de Dieu qui l’inspire, l’Absolu qui l’attire; c’est ignorer la grâce du Christ qui la soutient et la fait participer au dynamisme de sa propre Vie. C’est finalement méconnaître les ressources de la vie spirituelle, capable de faire parvenir à une profondeur, à une vitalité, à une maîtrise de l’être, à un équilibre d’autant plus grands qu’il n’ont pas été recherchés pour eux-mêmes: « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît» (Matth. 6, 32).

Et de fait, qui n’admirerait, chez Charbel Makhlouf, les aspects positifs que l’austérité, la mortification, l’obéissance, la chasteté, la solitude ont rendus possibles à un degré rarement atteint? Pensez à sa liberté souveraine devant les difficultés ou les passions de toutes sortes, à la qualité de sa vie intérieure, à l’élévation de sa prière, à son esprit d’adoration manifesté au cœur de la nature et surtout en présence du Saint-Sacrement, à sa tendresse filiale pour la Vierge, et à toutes ces merveilles promises dans les béatitudes et réalisées à la lettre chez notre saint: douceur, humilité, miséricorde, paix, joie, participation, dès cette vie, à la puissance de guérison et de conversion du Christ. Bref l’austérité, chez lui, l’a mis sur le chemin de la sérénité parfaite, du vrai bonheur; elle a laissé toute grande la place à l’Esprit Saint.

Et d’ailleurs, chose impressionnante, le peuple de Dieu ne s’y est pas trompé. Dès le vivant de Charbel Makhlouf, sa sainteté rayonnait, ses compatriotes, chrétiens ou non, le vénéraient, accouraient à lui comme au médecin des âmes et des corps. Et depuis sa mort, la lumière a brillé plus encore au-dessus de son tombeau: combien de personnes, en quête de progrès spirituel, ou éloignées de Dieu, ou en proie à la détresse, continuent à être fascinées par cet homme de Dieu, en le priant avec ferveur, alors que tant d’autres, soi-disant apôtres, n’ont laissé aucun sillage, comme ceux dont parle l’Ecriture (Sap. 5, 10; Epistola ad Missam).

Oui, le genre de sainteté pratiqué par Charbel Makhlouf est d’un grand poids, non seulement pour la gloire de Dieu, mais pour la vitalité de l’Eglise. Certes, dans l’unique Corps mystique du Christ, comme dit saint Paul (Cfr. Rom. 12, 4-8), les charismes sont nombreux et divers; ils correspondent à des fonctions différentes, qui ont chacune leur place indispensable. Il faut des Pasteurs, qui rassemblent le peuple de Dieu et y président avec sagesse au nom du Christ. Il faut des théologiens qui scrutent la doctrine et un Magistère qui y veille. Il faut des évangélisateurs et des missionnaires qui portent la parole de Dieu sur toutes les routes du monde. Il faut des catéchètes qui soient des enseignants et des pédagogues avisés de la foi: c’est l’objet du Synode actuel. Il faut des personnes qui se vouent directement à l’entraide de leurs frères . . . Mais il faut aussi des gens qui s’offrent en victimes pour le salut du monde, dans une pénitence librement acceptée, dans une prière incessante d’intercession, comme Moïse sur la montagne, dans une recherche passionnée de l’Absolu, témoignant que Dieu vaut la peine d’être adoré et aimé pour lui-même. Le style de vie de ces religieux, de ces moines, de ces ermites n’est pas proposé à tous comme un charisme imitable; mais à l’état pur, d’une façon radicale, ils incarnent un esprit dont nul fidèle du Christ n’est dispensé, ils exercent une fonction dont l’Eglise ne saurait se passer, ils rappellent un chemin salutaire pour tous.

Permettez-Nous, en terminant, de souligner l’intérêt particulier de la vocation érémitique aujourd’hui. Elle semble d’ailleurs connaître un certain regain de faveur que n’explique pas seulement la décadence de la société, ni les contraintes que celle-ci fait peser. Elle peut d’ailleurs prendre des formes adaptées, à condition qu’elle soit toujours conduite avec discernement et obéissance.

Ce témoignage, loin d’être une survivance d’un passé révolu, Nous apparaît très important, pour notre monde, comme pour notre Eglise.

Bénissons le Seigneur de nous avoir donné saint Charbel Makhlouf, pour raviver les forces de son Eglise, par son exemple et sa prière. Puisse le nouveau saint continuer à exercer son influence prodigieuse, non seulement au Liban, mais en Orient et dans l’Eglise entière! Qu’il intercède pour nous, pauvres pécheurs, qui, trop souvent, n’osons pas risquer l’expérience des béatitudes qui conduisent pourtant à la joie parfaite! Qu’il intercède pour ses frères de l’ordre libanais maronite, et pour toute I’Eglise maronite, dont chacun connaît les mérites et les épreuves! Qu’il intercède pour le cher pays du Liban, qu’il l’aide à surmonter les difficultés de l’heure, à panser les plaies encore vives, à marcher dans l’espérance! Qu’il le soutienne et l’oriente sur la bonne et juste voie, comme nous le chanterons tout à l’heure! Que sa lumière brille au-dessus d’Annaya, ralliant les hommes dans la concorde et les attirant vers Dieu, qu’il contemple désormais dans la félicité éternelle! Amen!

Il Papa cosi prosegue in lingua italiana.

Sia lode alla Santissima Trinità, che ci ha dato la gioia di proclamare Santo il monaco libanese Charbel Makhlouf, a conferma della perenne, inesausta santità della Chiesa.

Lo spirito della vocazione eremitica che si manifesta nel nuovo Santo, lungi dall’appartenere ad un tempo ormai passato, ci appare molto importante, per il nostro mondo, come per la vita della Chiesa. La vita sociale di oggi è spesso contrassegnata dall’esuberanza, dall’eccitazione, dalla ricerca insaziabile del conforto e del piacere, unita ad una crescente debolezza della volontà: essa non riacquisterà il suo equilibrio se non con un accrescimento del dominio di sé, di ascesi, di povertà, di pace, di semplicità, di interiorità, di silenzio (Cfr. Paolo VI, Discorso ai Monaci di Monte Cassino, del 24 ottobre 1964: AAS 56 (1964) 987). La vita eremitica gliene insegna l’esempio ed il gusto. E nella Chiesa, come pensare di superare la mediocrità e realizzare un autentico rinnovamento spirituale, non contando che sulle nostre forze, senza sviluppare una sete di santità personale, senza esercitare le virtù nascoste, senza riconoscere il valore insostituibile e la fecondità della mortificazione, dell’umiltà, della preghiera? Per salvare il mondo, per conquistarlo spiritualmente, è necessario, come vuole Cristo, essere nel mondo, ma non appartenere a tutto ciò che nel mondo allontana da Dio (Cfr. SALVATORE GAROFALO, Il profumo del Libano, San Sciarbel Makhluf, Roma 1977, p. 216).

L’eremita di Annaya ce lo ricorda oggi con una forza incomparabile.

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/homilies/1977/documents/hf_p-vi_hom_19771009_fr.html



Saint Charbel Makhlouf

Prêtre et moine maronite

(1828-1898)

Saint Charbel Makhlouf naquit au Liban, le 8 mai 1828, dans le village maronite de Bika'Kafra. Sa mère le nomma Youssef.

Berger à l'âge de sept ans, il se réfugiait dans une grotte afin de prier à l'heure du midi loin des regards indiscrets, tandis que son troupeau se reposait. Youssef suivit aussi les leçons du maître d'école qui se résumaient alors à lire, à écrire, à prier et à servir la messe.

En 1851, Youssef ayant atteint sa vingt-troisième année, il résolut de quitter son village sans prévenir personne, pour se rendre au monastère de Notre-Dame de Maïfouk, de l'Ordre libanais maronite. Huit jours après son entrée, il prend l'habit et choisit le nom de Charbel, illustre martyr de l'Église d'Antioche, en l'an 107, sous Trajan. Dès le début de sa vie religieuse, sa générosité dépasse toute obligation. Il se signale surtout par la simplicité et la sincérité de sa piété. Le 1er octobre 1853, saint Charbel prononce les trois voeux de religion, acceptant joyeusement d'être victime perpétuelle jusqu'à sa mort.

Aucun travail manuel ne rebutait cette âme d'élite. Il disait à son supérieur: «Donnez-moi, si vous m'en jugez digne, les corvées les plus rudes et les plus humiliantes.» Pendant plusieurs mois, on le chargea de nettoyer les couloirs et de collecter les ordures. Il dut défricher des terres incultes à l'aide de la plus lourde pioche qu'il maniait dix heures par jour.

En juillet 1859, Mgr Joseph Al Madrid lui conféra la prêtrise; saint Charbel était âgé de trente et un ans. Après son ordination, il passa seize ans à Annaya, avant d'avoir l'autorisation de se retirer dans l'ermitage du monastère où s'écouleront les vingt-trois dernières années de sa vie.

Là, dès son lever, le Père Charbel se dirige vers la chapelle où il demeure cinq heures en adoration. A le considérer, on constatait que son coeur, son âme et ses pensées étaient toutes plongées en Dieu. Presque continuellement agenouillé, il fixe le tabernacle et s'absorbe dans une profonde méditation. Le saint solitaire entretenait sa vie d'oraison par le silence. Aux questions qui lui étaient posées, il ne répondait, aimablement, que le nécessaire. Un jour, avant la consécration du Saint Sacrifice de la messe, comme un froid intense sévissait, un frisson le prit subitement. Son compagnon s'aperçut de sa faiblesse et l'amena se reposer un instant. Après un second essai pour terminer sa messe, saint Charbel fut soudainement atteint de paralysie et dut s'aliter pour la première fois de sa vie.

Son agonie dura huit jours; agonie de paix, agonie de saint. «O Père de vérité, voici Votre Fils, victime pour Vous plaire...» Ses lèvres répétèrent continuellement ces paroles de la messe jusqu'au moment où il rendit sa grande âme à Dieu dans la nuit du 24 décembre 1898, vigile de la fête de Noël. Le plus grand prodige après celui de la vie de saint Charbel Makhlouf consiste dans l'état de conservation miraculeuse de son corps. Les foules se sont empressées d'accourir pour contempler ce prodige inouï qui s'est perpétué longtemps après sa mort.

Résumé O.D.M.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_charbel_makhlouf.html


SAINT CHARBEL

Ermite du Liban

"Du sommet du cèdre, je prendrai une pousse de la plus haute branche et la planterai moi-même sur une très haute montagne... cette branche portera le fruit et deviendra un cèdre noble". (Ezekiel 17:22-26)

L'histoire de Charbel

Le 8 mai 1828 dans un village de la montagne de Beka'kafra, le plus haut village dans le proche-Orient, Charbel est né dans une famille Maronite pauvre. Dès l'enfance sa vie a révélé un appel à "porter fruit comme un Cèdre noble du Liban". Charbel "a grandi en âge et sagesse devant Dieu et les hommes". A 23 ans il est entré au monastère de Notre Dame de Mayfouk (au nord de Byblos) où il est devenu un novice. Après deux années de noviciat, en 1853, il a été envoyé au Monastère de St. Maron où il a prononcé les voeux monacaux de pauvreté, chasteté et obéissance. Charbel a été alors transféré au monastère de Kfeifan où il a étudié la philosophie et la théologie. Son ordination à la prêtrise a eu lieu en 1859 après quoi il a été renvoyé au monastère de St. Maron. Ses professeurs l'ont fourni avec une bonne éducation et lui ont inculqué un profond amour pour la vie monacale.

Pendant ses 19 années au monastère de St. Maron, Charbel a exécuté son ministère sacerdotal et ses devoirs monacaux d'une manière édifiante. Il s'est consacré totalement au Christ avec un coeur non partagé à vivre en silence devant l'inconnu. En 1875 Charbel a eu l'autorisation pour vivre comme un ermite proche du monastère à l'ermitage St.. Pierre et Paul. Ses 23 années de la vie solitaire étaient vécues dans un esprit d'abandon total à Dieu.

Les compagnons de Charbel dans l'ermitage étaient les Fils de Dieu, comme rencontré dans les Saintes Ecritures et dans l'Eucharistie, et la Mère Bénie. L'Eucharistie est devenue le centre de sa vie. Il a consommé le Pain de sa Vie et a été consommé par lui. Bien que cet ermite n'avait pas de place dans le monde, le monde avait une grande place dans son coeur. Par la prière et la pénitence il s'est offert en sacrifice afin que le monde revienne à Dieu. Il est dans cette lumière qu'on voit l'importance de la prière Eucharistique suivante dans sa vie:

"Père de Vérité, apercevez Votre Fils un sacrifice plaisait à Vous, acceptez cette offre de Lui qui est mort pour moi..."

Le 16 décembre 1898 en récitant la prière "Père de Vérité" à la Liturgie Sacrée, Charbel a souffert une attaque. Il est mort la Veille de Noël à l'âge de 70. A travers la foi cet ermite a reçu le Mot de Dieu et à travers l'amour il a continué le mystère de l'Incarnation.

Le soir de son enterrement, son supérieur a écrit: "A cause de ce qu'il fera après sa mort, je n'ai pas besoin de parler au sujet de son comportement". Quelques mois après sa mort une vive lumière a été vue entourant sa tombe. Les Supérieurs l'ont ouvert pour trouver son corps encore intact. Depuis ce jour un liquide comme le sang coule de son corps. Les experts et les docteurs sont incapables de donner des explications médicales pour l'incorruptibilité et flexibilité. En les années 1950 et 1952 sa tombe a été ouverte et son corps avait encore l'apparence d'un vivant.

L'esprit de Charbel vit encore dans beaucoup de gens. Ses miracles incluent de nombreuses guérisons du corps et de l'esprit. Thomas Merton, l'Ermite Américain écrit dans son journal: "Charbel a vécu comme un ermite au Liban. Il était un Maronite. Il est mort. Tout le monde l'a oublié. Cinquante ans plus tard son corps a été découvert non corrompu, et en peu de temps il a accompli plus de 600 miracles. Il est mon nouveau compagnon. Mon chemin a pris un nouveau tournant. Il me semble que j'étais endormi pour 9 ans... et avant cela j'étais mort."

A la fermeture du deuxième Concile du Vatican, le 5 Décembre 1965 Charbel a été béatifié par le Pape Paul VI qui a dit: "Un Ermite... de la montagne Libanaise est inscrit dans le nombre des bénis...un nouveau membre éminent de la sainteté monacale enrichit, par son exemple et son intercession, le peuple Chrétien entier ...Qu'il nous fasse comprendre, dans un monde largement fasciné par la richesse et le confort, la valeur primordiale de la pauvreté, la pénitence, et l'ascétisme, pour libérer l'âme dans sa montée à Dieu..."

Le 9 octobre 1977 pendant le Synode Mondial des évêques, le Pape Paul VI a canonisé le Bienheureux Charbel parmi les rangs des Saints.

Le 24 décembre 1998 a été le 100 ième anniversaire de la mort de Saint Charbel.

"Le juste prospérera comme le palmier, comme



le Cèdre du Liban il grandira."

(Psaume 92:13)

SOURCE : http://www.missa.org/charbel.php

Saint Charbel Makhlouf


He was born May 8, 1828 in the little village of Biqa-Kafra which is situated in the high mountains of northern Lebanon. His parents were poor and he was the last of five children. He was baptised with the name of “Joseph”.

He was raised in a very devout family which fostered piety and love for God. He was a prayerful youth who from his early years learned to detach himself from worldly vanities. He enjoyed his solitude which he used to pray and think about God.

When he was twenty-three years old he decided to leave home to discover his religious vocation as a monk and hermit.

The Lebanese Maronite Order was founded in Lebanon in 1695 and approved by Pope Clement XII in 1732.

He went to the Monastery of Our Lady of Mayfouk at the north of Jebeil. He stayed there for some time until he was transferred to the Monastery of Saint Maroun at Annaya of the Lebanese Maronite Order. He continued his Novitiate until 1853 when he vowed himself to Poverty, Chastity and Obedience, and choosing the name “Charbel”. His vocation was soon to be tested by trial. There were some persons who felt that he did not have a vocation.

His mother and certain members of his family decided that he should return home to his family. They begged him to leave the Monastery — but he refused firmly and persevered in his vocation.

Saint Charbel professed his solemn monastic vows. His Superiors decided to send him to the Monastery of Kfifan. He continued to study theological subjects. He was ordained a priest in 1859. After his ordination he was sent back to the Monastery of Saint Maroun in Annaya. Already he was known for his humility and fidelity to his duty. His lived the virtues like an Angel and was heroic through his perfect obedience, poverty and chastity.

He spent the next sixteen years of his priestly life at Saint Maroun’s. His Superiors discerned that he had the vocation to live the life of a hermit which he so ardently desired. His mortification and self-denial were an edification to all. Consequently, in 1875 Saint Charbel moved into the hermitage of St. Peter and St. Paul located on the property of the Monastery about one mile away.

Saint Charbel had the vocation from God to live his religious life as a hermit. The purpose of religious life is the sanctification of one’s soul through faith, hope and charity. It is no different for the hermit. The means are prayer, manual work, fasting, and detachment from oneself. All of this to an heroic degree. For twenty-three years, Saint Charbel lived the life of a hermit until he died on December 24, 1898.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/charbel-makhlouf/

Charbel Makhlouf the Maronite, Hermit (RM)
(also known as Sharbel)


Born at Béqaa-Kafra, Lebanon, in 1828; died at Annaya, 1898; beatified during Vatican Council II in 1965; canonized 1977. Charbel left the following prayer:


Father of truth, behold your son who makes atoning sacrifice to you. Accept the offering: he died for me that I might have life.

Joseph Zaroun Makhlouf was the son of a Catholic Lebanese mule driver, who died when Joseph was in early childhood. He was raised by his uncle, who was displeased by the boy's early devotion to prayer and solitude. At the age of 23, Joseph went secretly to the monastery of Our Lady of Mayfug, a house of the Maronite Baladite order. When he was admitted to the order in 1851 he took the religious name Charbel--a 2nd century Antiochean martyr. In due course, Charbel made his solemn vows in 1853 and, in 1859, he was ordained to the priesthood, thus becoming what is known as a 'hieromonk.' This practice is more common in Roman rather than Eastern traditions.

Father Charbel traversed the divide between East and West in other ways as well. For example, one of his favorite books was the Imitation of Christ.

He lived the life of a model monk in the monastery of St. Maro at Annaya (Gibail) for 15 years--singing office in choir and working in the monastic vineyards and olive orchards with strict obedience and personal self-denial. He wished, however, to more closely imitate the Desert Fathers. To do this, in 1875, he took a hermitage near St. Peter and St. Paul.

For the next 23 years he lived an ascetic life. His home consisted of four tiny rooms and a chapel, which were shared with three others. For all these years Charbel spoke to another monk only when it was absolutely necessary. He ate but one meal of vegetables daily. He tasted no meat. He drank no wine, save a drop at the Eucharist. He ate no fruit. He also undertook four annually periods of fasting. He refused to touch money.

Instead of a bed Charbel Makhlouf had used a duvet filled with dead leaves, on top of which he used a goatskin for cover. His pillow was a piece of wood. When anyone came to inhabit the three other rooms, Charbel placed himself under obedience to them. He recited his office at midnight. During these 23 years, more and more people came to ask his counsel, prayers, and blessing.

Thus in the 19th century Father Charbel Makhlouf--along with a few other saintly men--had tried to live again the austere life of the desert fathers of the early church. He belonged to the Christian body known as Maronites, a group which traces its name back to Saint Maro, a friend of Saint John Chrysostom. This group of Christians, most of whom still live in Lebanon, have been united to the Western Church since the 12th century, thus bringing into Western Christendom traditions of great value that might readily have been forgotten. These traditions are ones of enormous self- discipline, and few have exemplified them better than Charbel Makhlouf.

After 23 years of this ascetic life, Charbel had a paralyzing stroke just before the consecration while celebrating the Eucharist in his chapel, and died eight days later on Christmas Eve. After his death many favors and miracles were claimed through his intercession in heaven. Today his tomb is visited by large numbers of people, not only Lebanese Maronites and not only Christians


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1224.shtml

It was also necessary for the Roman authorities to investigate the phenomenon of a kind of "bloody sweat" that flowed from his body during the period up to 1927 and again in 1950. Some months after his burial, the body was fresh and incorrupt and was placed in a new coffin, where a reddish perspiration flowed and caused the monks to change his clothes twice weekly. In 1927, the patriarch initiated an enquiry and the body was reburied. In 1950, after liquid was observed on the wall of the tomb, the body was found fresh and incorrupt again. Instantaneous cures and miraculous healings were claimed, some of whose beneficiaries are non- Christian. The body was reburied under concrete. This extraordinary phenomenon provides a modern, verifiable account of the types of events frequently claimed for Medieval saints (such as Enero) and frequently disregarded as superstitious (Attwater, Bentley, Farmer).

Voir aussi ` http://www.st-charbel.fr/