mardi 11 décembre 2012

Saint DAMASE Ier, ou DAMASE d'ESPAGNE, Pape et confesseur


Saint Damase d'Espagne

Pape

(304-384)

On convient que saint Damase était d'origine espagnole, quoiqu'on ne sache pas précisément en quelle ville ni en quelle province il naquit, vers l'an 304. Étant venu à Rome avec sa famille, il entra dans les Ordres sacrés et devint par ses mérites un des membres les plus considérables du clergé. Le pape saint Libère en fit son archidiacre ou vicaire général et lui confia la charge de nonce apostolique auprès des empereurs Valens et Valentinien.

En 355, Libère, gardien de la foi de Nicée et défenseur de saint Athanase, fut enlevé de son siège par ordre de l'empereur Constance. Ne se contentant pas de témoigner de sa fidélité au souverain pontife, Damase voulut l'accompagner quelque temps jusqu'en Thrace où il souffrit l'exil et la mort. Après le décès du Saint-Père, saint Damase, alors âgé de soixante-deux ans, fut élu pour lui succéder.

Ursin ou Ursicin, diacre ambitieux qui convoitait la haute dignité de souverain pontife, se fit élire antipape. Jaloux de l'ascendant moral dont jouissait saint Damase, Ursin le fit accuser d'adultère. Le saint pontife ne se troubla point de cette noire calomnie, mais pour le bien de l'Église, il assembla à Rome un synode de quarante-quatre évêques où il se justifia pleinement. Ses accusateurs furent excommuniés et chassés de la ville éternelle.

Malgré ces difficultés, saint Damase donna tout son éclat à la papauté au IVe siècle. En 369, sur le conseil de saint Athanase, il convoqua un concile à Rome où il condamna les décrets du faux concile de Rimini dans lequel la profession de foi du concile de Nicée avait été rejetée, et déposa Auxence, évêque arien de Milan. En 373, dans un deuxième concile toujours tenu à Rome, il condamna les nombreuses hérésies qui infectaient alors l'Église d'Orient, surtout celle d'Apollinaire qui prétendait que le corps de Jésus-Christ n'avait pas été formé dans le sein de Marie, et qu'en la personne du Christ, le Verbe tenait lieu de l'entendement humain. Durant ce même concile, saint Damase promulgua la liste des Livres de l'Ancien et du Nouveau Testament reconnus comme divinement inspirés. Ce saint pape régla aussi la psalmodie et introduisit l'usage de terminer tous les psaumes par le Gloria Patri.

En 381, après avoir convaincu d'hérésie les évêques Pallade et Secondien, saint Damase tint le second concile général de l'Église dans la ville d'Aquilée, afin de remédier au schisme qui affligeait depuis longtemps l'Église d'Antioche. Cette réunion au sommet se composait de cent cinquante évêques d'Orient. Arius et le prince Macédonius furent condamnés, leurs erreurs démasquées, et la foi orthodoxe ressuscita plus forte et plus belle qu'auparavant. Le saint pape Damase mourut octogénaire, après avoir gouverné pendant dix-huit ans l'Église de Jésus-Christ avec un dévouement inlassable et une sagesse éprouvée.



Saint Damase Ier, Pape

Né à Rome vers 305, Damase fut diacre du pape Libère (352-366) qu’il accompagna en exil (355) ; retourné assez vite à Rome, il prit du service auprès de l’antipape Félix II (355-365) mais se réconcilia avec le pape Libère quand celui-ci fut autorisé à rentrer à Rome. A la mort de Libère (24 septembre 366) éclatèrent de violents désordres : les fidèles du défunt pape, réunis dans la basilique Julienne, élisaient le diacre Ursin à sa succession et le faisaient sacrer ; les autres où l’on voyait beaucoup de partisans du défunt antipape, choisirent Damase et soudoyèrent un bande de voyous qui firent l’assaut de la basilique Julienne où, pendant trois jours, on massacra des ursiniens. Le 1° octobre 366, après que ses partisans se furent emparé de la basilique du Latran, Damase fut sacré et, avec l’appui du préfet de la ville, fit chasser Ursin et ses fidèles de Rome d’où les derniers disparurent dans la prise de la basilique libérienne (26 octobre 366).

Pour les chrétiens du IV° siècle, les catacombes sont des cimetières où ils enterrent chaque jour les leurs qui veulent reposer près des martyrs, mais l'accès est malaisé (éboulements, dégradations, vétusté). Après la paix constantinienne, de somptueuses basiliques sont édifiées en l'honneur des martyrs : Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, Sainte-Agnès ... Devait-on multiplier ces monuments qui demandaient d’énormes dépenses ? Le pape Damase préféra restaurer le culte des martyrs dans les catacombes elles-mêmes et il entreprit des fouilles systématiques pour découvrir les tombes inconnues ou méconnues. Dans la Via Salaria vetus, la catacombe des saints Prothe et Hyacinthe est explorée, restaurée et embellie. On relie les salles par des escaliers qui facilitent la marche et la circulation des pèlerins. Au cimetière de Saint-Sébastien, Damase met à jour et honore les reliques du pape saint Eutychien (mort en 283). Non content de restaurer et de canaliser la dévotion populaire, le maître-d'œuvre compose et appose une bonne cinquantaine d'inscriptions. Tibulle, poète élégiaque du I° siècle avant Jésus-Christ, exprimait le souhait : Fac lapis inscriptis stat super ossa notis, (Fais en sorte que, grâce aux inscriptions sur pierre, nos restes soient identifiés) ; ce sera l'actif souci du pape Damase. Les fragments découverts dans la crypte des papes du cimetière de Calliste permettent de reconstituer l'hommage de Damase aux témoins ici rassemblés : Ci-gît, réunie, une foule de saints. Si vous les cherchez, leurs corps sont réunis dans ces vénérables tombes. Quant à leurs âmes sublimes, les célestes royaumes les ravit. Ci-gisent les compagnons de Sixte ; de l'ennemi, ils portent les trophées. Ici, nombre d'hommes illustres gardent les autels du Christ. Ci-gît un évêque dont la vie s'écoula en longue paix. Ici, les saints confesseurs, transférés de Grèce, reposent. Ici, vous trouverez : jeunes gens, enfants, vieillards, chaste génération qui pudeur garda. Ici, je l'avoue, Moi, Damase, j'aurais souhaité faire ensevelir mes restes. Je m'en suis abstenu, soucieux de ne pas troubler les pieuses cendres des saints.

Sur la tombe d'un prêtre, via Latina, Damase fit graver cette épitaphe : Marcellin et Pierre, écoutez le récit de votre triomphe ! Dans mon enfance, le bourreau lui-même me raconta ce qui suit. Le persécuteur acharné avait ordonné de vous trancher la tête au milieu des broussailles pour que leur tombeau ne soit pas retrouvé. Joyeux, vous avez vous-mêmes creusé la fosse. Après avoir, un moment, reposé sur cette blanche sépulture, vous avez averti Lucile, lui demandant de faire transférer vos restes. Elle les ensevelit alors, sur la via Labricane.

Si Damase ne fut pas un très grand versificateur, il eut le génie et le courage du restaurateur, soucieux de canaliser la piété populaire par le culte des saints et les pèlerinages à leurs tombes. On lui doit aussi la fondation de Sainte-Anastasie, de Saint-Laurent-in-Damaso, de Saint-Clément, de Sainte-Pudentienne et du baptistère de Saint-Pierre. Son rôle n'est-il pas celui d'un pontife éclairé qui, non seulement prescrit la doxologie (formule de louange) Gloria Patri, à la fin des psaumes, mais surtout établit des rapports étroits entre Eglise et Etat, après l’extirpation des vieilles hérésies. Il mourut le 11 décembre 384, presque octogénaire sous l’empereur Théodose, dit saint Jérôme.

Le 11 décembre 1813, un décret rendait au culte l'église Notre-Dame du Salut, à Fécamp, et un habitant de Fécamp rapportait sur l'autel la statue que, pendant la Révolution, il avait sauvée au péril de sa vie. La fête patronale s'y célèbre le 25 mars.



Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Damase, espagnol, homme excellent et versé dans les Écritures, ayant convoqué le premier concile de Constantinople, étouffa la criminelle hérésie d’Eunomius et de Macédonius. Il condamna de nouveau l’assemblée de Rimini, déjà rejetée par Libère, dans laquelle, comme l’écrit saint Jérôme, les artifices d’Ursace et surtout de Valens avaient fait proclamer une condamnation de la foi de Nicée, en sorte que le monde gémissant, s’étonnait d’être arien.

Cinquième leçon. Il édifia deux basiliques, l’une sous le nom de Saint-Laurent (près du théâtre de Pompée), qu’il enrichit par les plus grands présents, et à laquelle il attribua des revenus de maisons et de terres ; l’autre sur la voie Ardéatine, aux Catacombes. Il dédia le lieu enrichi de marbres où les corps de saint Pierre et de saint Paul ont reposé quelque temps, et l’orna de vers élégamment composés. Il écrivit aussi sur la virginité en vers et en prose, et composa beaucoup d’autres poésies. Sixième leçon. Il établit la peine du talion contre ceux qui auraient accusé quelqu’un faussement, et ordonna que, selon l’usage déjà reçu en plusieurs lieux on chanterait jour et nuit, dans toutes les églises, les Psaumes à deux chœurs, et qu’on ajouterait à la fin de chaque Psaume : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Ce fut lui qui chargea saint Jérôme de traduire le nouveau Testament selon la fidélité du texte grec. Il gouverna l’Église pendant dix-sept ans, deux mois et vingt-six jours, et fit cinq ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa trente et un Prêtres, onze Diacres, et soixante-deux Évêques pour divers lieux. Illustre par sa vertu, sa science et sa prudence, et presque octogénaire, Damase s’endormit dans le Seigneur, sous l’empire de Théodose le Grand, et fut enseveli avec sa mère et sa sœur, dans la basilique qu’il avait lui-même élevée sur la voie Ardéatine. Ses reliques ont été transportées depuis dans l’église de Saint-Laurent, appelée de son nom, in Damaso.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Ce grand Pontife apparaît au Cycle, non plus pour annoncer la Paix comme saint Melchiade, mais comme un des plus illustres défenseurs du grand Mystère de l’Incarnation. Il venge la foi des Églises dans la divinité du Verbe, en condamnant, comme son prédécesseur Libère, les actes et les fauteurs du trop fameux concile de Rimini ; il atteste par sa souveraine autorité l’Humanité complète du Fils de Dieu incarné, en proscrivant l’hérésie d’Apollinaire. Enfin, nous pouvons considérer comme un nouvel et éclatant témoignage de sa foi et de son amour envers l’Homme-Dieu, la charge qu’il donna à saint Jérôme de travailler à une nouvelle version du Nouveau Testament sur l’original grec, pour l’usage de l’Église Romaine. Honorons un si grand Pontife que le Concile de Chalcédoine appelle l’ornement et la force de Rome par sa piété, et que son illustre ami et protégé saint Jérôme qualifie d’homme excellent, incomparable, savant dans les Écritures, Docteur vierge d’une Eglise vierge.

Saint Pontife Damase ! Vous avez été durant votre vie le flambeau des enfants de l’Église ; car vous leur avez fait connaître le Verbe incarné, vous les avez prémunis contre les doctrines perfides au moyen desquelles l’Enfer cherchera toujours à dissoudre ce Symbole glorieux, dans lequel sont écrites la souveraine miséricorde d’un Dieu pour l’œuvre de ses mains, et la dignité sublime de l’homme racheté. Du haut de la Chaire de Pierre, vous avez confirmé vos frères, et votre foi n’a point défailli ; car le Christ avait prié pour vous. Nous nous réjouissons de la récompense infinie que le Prince des Pasteurs a octroyée à votre intégrité, ô Docteur vierge de l’Église vierge ! Du haut du ciel, faites descendre jusqu’à nous un rayon de cette lumière dans laquelle le Seigneur Jésus se fait voir à vous en sa gloire ; afin que nous puissions aussi le voir, le reconnaître, le goûter dans l’humilité sous laquelle il va bientôt se montrer à nous. Obtenez-nous et l’intelligence des saintes Écritures, dans la science desquelles vous fûtes un si grand Docteur, et la docilité aux enseignements du Pontife romain, auquel il a été dit, en la personne du Prince des Apôtres : Duc in altum : avancez dans la haute mer.

Faites, ô puissant successeur de ce pêcheur d’hommes, que tous les Chrétiens soient animés des mêmes sentiments que Jérôme, lorsque, s’adressant à votre Apostolat, dans une célèbre Épître, il disait : « C’est la Chaire de Pierre que je veux consulter ; je veux que d’elle me vienne la foi, nourriture démon âme. La vaste étendue des mers, la distance des terres, ne m’arrêteront point dans la recherche de cette perle précieuse : là où se trouve le corps, il est juste que les aigles s’y rassemblent. C’est à l’Occident que maintenant se lève le Soleil de justice : c’est pourquoi je demande au Pontife la Victime du salut ; du Pasteur, moi brebis, j’implore le secours. Sur la Chaire de Pierre est bâtie l’Église : quiconque mange l’Agneau hors de cette Maison est un profane ; quiconque ne sera pas dans l’Arche de Noé, périra dans les eaux du déluge. Je ne connais pas Vital ; je n’ai rien de commun avec Mélèce ; Paulin m’est inconnu : quiconque ne recueille pas avec vous, ô Damase, dissipe ce qu’il a amassé ; car celui qui n’est pas au Christ est à l’Antéchrist »


Saint Damase. Missel romain. Bologne. XIVe.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Les résultats des fouilles et des études faites récemment nous apprennent que ce célèbre Pontife des martyrs naquit à Rome l’an 305 et que son père, nommé Antoine — qu’on l’identifie ou non avec ce saint évêque Léon enseveli dans l’Agro Verano et dont De Rossi a expliqué le poème sépulcral — avait fait toute sa carrière ecclésiastique non loin du Théâtre de Pompée, près des archives de l’Église romaine : « Hic pater exceptor, lector, levita, sacerdos. »

La mère de Damase portait le nom de Laurentia, elle vécut environ quatre-vingt-douze ans et fut ensevelie sur la voie Ardéatine. Cette Laurentia eut aussi une fille nommée Irène, qui fut vierge consacrée. Quant à Damase, il est dit de lui dans une inscription : « Natus qui antistes sedis Apostolicae », précisément parce qu’il avait eu pour père un évêque, un des nombreux évêques ruraux disséminés à cette époque dans la campagne romaine. Dès sa jeunesse Damase fut employé aux Archives pontificales, et c’est là sans doute qu’il dut sentir naître sa vocation de poète des martyrs, commençant dès lors ses recherches historiques sur ces héroïques confesseurs de la Foi, — comme il le fit pour les martyrs Pierre et Marcellin, — recherches qui, parfois, purent profiter des dépositions orales des bourreaux eux-mêmes : « Marcelline, tuos pariter, Petre, cognosce triumphos Percussor retulit Damaso mihi, cum puer essem. »

Damase fut élu pape in Lucinis en octobre 366, mais dans les premiers temps de son pontificat il fut combattu par le parti schismatique d’Ursin auquel adhéra une bonne partie du clergé. Quand celui-ci se soumit enfin au Pontife, Damase attribua cette réconciliation à l’intercession des martyrs, et il orna de cette inscription la tombe d’un groupe anonyme de martyrs sur la voie Salaria : « Pro reditu cleri, Christo praestante, triumphans. »

Il n’y a pour ainsi dire pas de tombe illustre de martyr dans les cimetières romains que Damase n’ait honorée de ses vers, ordinairement gravés sur marbre, en caractères spéciaux et très beaux que nous devons au calligraphie Furius Dionysius Philocalus. Mais il ne se contenta pas seulement des vers ; il commença des restaurations et des embellissements en faveur d’un grand nombre de sépulcres de saints ; de certains, comme celui d’Eutychius ad Catacumbas, on avait perdu jusqu’à la trace.

Damase creusa, chercha, refit l’histoire, rétablit le culte, et, en certains cas où le martyre subi pour la foi était encore discuté, le Pontife régla la controverse et fit la canonique vindicatio Martyris. Tel semble avoir été le cas de Némésius, dont la tombe « Incultam pridem dubitatio longa reliquit, Sed tenuit virtus adseruitque fidem. ».

Saint Damase mourut le 11 décembre 384 et fut enseveli près de sa mère et de sa sœur dans une crypte érigée par lui sur la voie Ardéatine, que le Liber Pontificalis appelle sans plus basilica sua.

A la vérité, son premier désir eût été de se préparer une tombe dans la crypte papale de la nécropole de Callixte. Il le dit lui-même dans une épigraphe en l’honneur de tous les saints qui reposaient dans ce cimetière : « Hic, fateor, Damasus volui mea condere membra, Sed cineres timui sanctos vexare piorum. ». C’est donc par humilité qu’il se jugea indigne d’un si grand honneur ; et, se conformant à une tradition inaugurée par le pape Marc, qui s’était construit lui aussi une basilique sépulcrale non loin du cimetière de Callixte, il prépara la tombe de sa famille près de celle de Marc sur la voie Ardéatine, à proximité, donc, des martyrs de l’area de Callixte.

Les itinéraires romains des pèlerins du haut moyen âge attestent que le corps de Damase reposait encore dans sa tombe primitive sur la voie Ardéatine. Du temps de Paul Ier, on le transporta dans la basilique de Saint-Laurent in Damaso — siège des anciennes Archives pontificales, que Damase avait fait agrandir et que, après y avoir ajouté la basilique, il avait voulu dédier au Staurophore romain Laurent. Voici le texte de l’épigraphe que Damase composa lui-même pour son propre tombeau :

QVI • GRADIENS • PELAGI • FLVCTVS • COMPRESSAT • AMAROS

VIVERE • QVI • PRAESTAT • MORIENTIA • SEMINA • TERRAE

SOLVERE • QVI • POTVIT • LETALIA • VINCVLA • MORTIS

POST • TENEBRAS • FRATREM • POST • TERTIA • LVMINA • SOLIS

AD • SVPEROS • ITERVM • MARTHAE • DONARE • SORORI

POST • CINERES • DAMASVM • FACIET • QVIA • SVRGERE • CREDO

Saint Damase à qui saint Jérôme, dans son Apologie du traité de la Virginité à Pammachius, donne le beau titre de « vir egregius et eruditus in Scripturis, virgo virginis Ecclesiae doctor », resplendit dans l’Église par ses immenses mérites. Outre son éminente sainteté, sa dévotion envers les martyrs romains, la construction du baptistère Vatican et sa fermeté apostolique dans la condamnation des différentes hérésies qui pullulaient alors, c’est à lui que revient la gloire d’avoir introduit dans la Messe du dimanche selon la tradition de la Palestine, le chant de l’alléluia. Au dire de saint Jérôme il fut l’inspirateur et le protecteur de la nouvelle version de la sainte Écriture, que nous appelons la Vulgate. D’après le conseil de saint Ambroise, le pape Damase dut aussi s’occuper de la réforme de l’ancien cursus du psautier, pour donner à cette forme de la prière liturgique un caractère vraiment populaire. Tout de suite après sa mort, Damase reçut de ses contemporains le titre de saint.

Saint Jérome présentant son oeuvre au Pape Saint Damase
Miniature. Valenciennes - BM - ms. 0007 f. 223

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Jour de mort : 11 décembre 384. Tombeau : à Rome, dans l’église Saint-Laurent in Damaso, qu’il a bâtie lui-même. Sa vie : Damase siégea sur la chaire de saint Pierre de 366 à 384. L’Église venait de recouvrer la paix. La tâche des papes était maintenant de développer la vie religieuse, de veiller à la beauté du service divin. Le rôle de notre saint pape fut, à cette époque, des plus importants. Son grand mérite fut de donner à l’Église une bonne traduction de la Sainte Écriture. Il fit venir saint Jérôme, qui traduisit la Bible en latin (cette version est appelée la Vulgate). Cette version est utilisée aujourd’hui encore dans la liturgie. L’exemple de saint Damase nous suggère une résolution : lire avec zèle la Bible. Ce saint pape fut aussi un grand ami de la liturgie. On lui attribue l’introduction du chant des psaumes à deux chœurs dans toutes les églises. Il ordonna aussi qu’à la fin de chaque psaume on ajouterait : Gloria Patri. D’après l’exemple de Jérusalem, il introduisit le chant de l’Alléluia dans les messes des dimanches. Saint Damase fit aussi ensevelir avec honneur les corps de plusieurs martyrs, et il composa des épitaphes en vers pour presque tous les martyrs romains connus. Il est donc le chantre illustre des martyrs. Saint Jérôme a une belle parole à son sujet : Il était le docteur virginal d’une Église virginale. On ne peut pas rend !:e un plus bel hommage à un prêtre.


 Saint Damase d'Espagne, Pape. 384.

" Damase est un personnage éminent, fort versé dans la connaissance des saintes écritures."

Saint Jérôme, Épître à Eustochium.

Ce grand Pontife apparaît au Cycle, non plus pour annoncer la Paix comme saint Melchiade, mais comme un des plus illustres défenseurs du grand Mystère de l'Incarnation. Il venge la foi des Eglises dans la divinité du Verbe, en condamnant, comme son prédécesseur Libère, les actes et les fauteurs du trop fameux concile de Rimini ; il atteste par sa souveraine autorité l'Humanité complète du Fils de Dieu incarné, en proscrivant l'hérésie d'Apollinaire. Enfin, nous pouvons considérer comme un nouvel et éclatant témoignage de sa foi et de son amour envers l'Homme-Dieu, la charge qu'il donna à saint Jérôme de travailler à une nouvelle version du Nouveau Testament sur l'original grec, pour l'usage de l'Eglise Romaine. Honorons un si grand Pontife que le Concile de Chalcédoine appelle l'ornement et la force de Rome par sa piété, et que son illustre ami et protégé saint Jérôme qualifie d'homme excellent, incomparable, savant dans les Ecritures, Docteur vierge d'une Eglise vierge.

Si saint Jéröme a été si heureux de trouver à Rome saint Damase, qui a su reconnaître son mérite et lui donner en cette ville des emplois convenables à sa piété et à son érudition, nous pouvons dire aussi que ce n'a pas été un petit avantage à saint Damase d'y recevoir ce grand docteur, qui a été l'admirateur de ses vertus et le grand héraut de ses louanges.

Saint Damase était espagnol, quoiqu'on ne sache pas exactement en quelle ville ni en quelle province il est né. Son père s'appelait Antoine ; il eut une soeur parfaitement belle et vertueuse nommée Irène. Etant venu à Rome avec sa famille, il y entra dans les ordres sacrés, et, s'étant rendu par ses mérites un des plus considérables membres du clergé, il fut premièrement fait nonce apostolique auprès des empereurs Valens et Valentinien ; puis il exerca dans la ville même l'office de vicaire du souverain pontife. Après la mort de Libérius, il fut élu en sa place à l'âge de soixante-deux ans.

Ursin, ou Ursicin, homme turbulent et qui ambitionnait cette haute dignité, ne pût souffrir qu'il lui eût été préféré. Aussi, ayant assemblé quelques clercs factieux, il se fit élire antipape et tâcha de se conserver par la violence un rang que le droit d'une élection canonique ne lui donnait pas. Dans ce tumulte, beaucoup de personnes furent tuées, et on trouva en un seul jour jusqu'à 137 corps étendus sur la place, sans néanmoins que saint Damase y eut contribué en aucune manière, parce qu'il était d'un esprit fort doux et qu'il aurait plutôt renoncé au souverain Pontificat que de le conserver par les armes.

L'empereur Valentinien, persuadé du bon droit de notre saint, envoya Prétextat à Rome pour en chasser Ursicin et ses adhérents, et le maintenir dans la paisible possession de son siège. Cette paix ne dura pas longtemps ; Ursicin eut permission de retourner dans Rome, et, sa malice ne diminuant point avec le temps, il eut l'âme assez noire pour faire accuser le saint Pontife d'adultère? Concordius et Calliste, diacres, furent les instruments de sa calomnie. Ils ouvrirent la bouche contre l'oint du Seigneur et lui imputèrent ce crime pour le faire juger indigne de la souveraine prélature. Damase ne se troubla point ; il assembla à Rome un synode de 44 évêques, où il se justifia si parfaitement, que ses accusateurs furent excommuniés et chassés de la ville, et qu'on décréta que, dans la suite, ceux qui accuseraient injustement quelqu'un seraient sujet à la peine du talion.

Les schismatiques ne laissèrent pas de le persécuter pendant tout le reste de son pontificat ; mais leurs traverses en l'empêchèrent pas de s'acquiter dignement de sa charge et de combattre perpétuellement les hérésies. Il convoqua pour cela divers conciles dans la même ville : l'un en 369, où il fit condamner les décrets du faux concile de Rimini et déposer Auxence, évêque de Milan, grand fauteur de l'Arianisme, lequel, néanmoins, se maintint toujours dans son siège par la faveur de Valentinien l'aîné, dont il avait su gagner l'esprit par flatterie ; l'autre, en 373, contre un grand nombre d'hérésies qui infectaient l'Orient ; surtout contre celle d'Apollinaire, qui renfermait une infinité d'extravagances, entre autres, que Notre Seigneur Jésus-Christ n'avait point d'âme ou du moins d'entendement, mais que le Verbe, uni à ce corps, lui tenait lieu de ces parties essentielles de l'homme ; que sa chair venait du ciel et n'avait fait que passer par le sein de Marie comme par un canal ; le troisième, en 382, pour remédier au schisme qui affligeait depuis longtemps l'Eglise d'Antioche.

De plus, il en fit tenir un à Aquilée, en 381, où, en une seule session, qui dura depuis une heure après midi jusqu'à sept heures du soir, Pallade et Secondien, évêques d'Illyrie, furent convaoincus d'hérésie, confondus dans la discussion et condamnés comme coupables des blasphèmes d'Arius. Il envoya aussi à Constantinople le célèbre saint Zénobe, depuis évêque de Florence, pour consoler les fidèles cruellement persécutés par l'empereur Valens, qui s'était déclarés pour l'Arianisme. Enfin, ce fut par son autorité qu'en la même année 381 et en la même ville, se tint le deuxième concile général de l'Eglise, composé de cent cinquante évêques d'Orient, où Arius et Macédonius furent condamnés, et où la foi orthodoxe, que la cruauté de ce prince semblait avoir éteinte et réduite au tombeau, fut heureusement ressuscitée. Saint Damase le confirma et le reçut, en ce qui touchait la doctrine, comme une des règles de la foi : ce quilui a donné le nom et la force de concile oecuménique, quoiqu'en effet les évêques d'Occident n'y fussent pas, et qu'il ne s'y fût trouvé qu'un assez petit nombre de ceux de l'Eglise grecque.

Outre le soin et la diligence qu'apporta ce généreux Pontife à bannir les hérésies de toutes la terre, il s'étudia aussi à retrancher les abus qui s'étaient glissés dans l'Eglise? Entre les épîtres qui lui sont attribuées dans la collection des conciles, il y en a une aux évêques d'Afrique, où, après avoir établi la primauté du Saint-Siège, il fait de très sages constitutions, principalement touchant les accusations des clercs et des évêques, dont quelques-unes ont été insérées dans le corps du droit canon. Il y en a une autre aux évêques de Numidie, où il condamne l'usurpation des chorévêques, lesquels, n'étant que simples prêtres, et n'ayant pas reçu la consécration épiscopale, ne laissaient pas de s'attribuer le droit d'ordonner des prêtres et des ministres, de bénir des religieuses, de consacrer les églises, de faire le saint Chrême, de conférer la confirmation et de réconcilier publiquement les pénitents : ce qui n'appartient qu'aux véritables évêques.

Saint Damase régla la psalmodie et fit chanter en Occident les psaumes de David, selon la correction des Septante, que saint Jérôme avait faite par son ordre. Il introduisit aussi la coutume de dire Alleluïa dans l'Eglise hors le temps de Pâques, au lieu qu'auparavant on ne le disait qu'à Rome qu'en ce temps de réjouissance extraordinaire. Il bâtit deux église dans la ville : l'une de Saint-Laurent, auprès du théâtre de Pompée, l'autre sur la voie Ardéatine. Il orna le lieu où les bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul avaient longtemps reposé, et que l'on appelait la Platonie. Il trouva plusieurs corps saints et les fit mettre dans les tombeaux honorables, autour desquels il fit graver des vers qui faisaient mention de leurs triomphes. Il fit aussi construire un baptistère magnifiquen dont le poëte Prudence fait une riche description dans la huitième de ses hymnes.

En cinq ordinations qu'il célébra, selon la coutume, au mois de décembre, il créa 31 prêtre, 2 diacres et 62 évêques. Enfin, après avoir gouverné saintement l'Eglise au milieu de tant de tribulations, 18 ans, 2 mois et 10 jours, il fut appelé au ciel pour recevoir la récompense de ses travaux, le 11 décembre 384. Dieu le rendit illustre par plusieurs miracles ; car à son invocation des malades furent guéris et des énergumènes délivrés des démons qui les possédaient. Il avait aussi pendant sa vie rendu la vue à un aveugle qui l'avait perdus despuis 13 ans.

Les Pères de l'Eglise lui ont donné de grands éloges. Saint Ambroise dit qu'il fut élu par un coup du ciel. Saint Jérôme témoigne qu'il était demeuré vierge ; ce qui montre encore plus la malice des schismatiques, qui ne craignirent point de l'accuser d'adultère. Théodoret assure qu'il avait mérité le nom d'homme admirable. Enfin, le même saint Jérôme, qui lui avait servi de secrétaire, le met au nombre des écrivains ecclésiastiques.

Son corps fut d'abord déposé près du tombeau de sa mère et de sa soeur, dans la basilique élevée par lui sur la voie Ardéatine. Plus tard, vers l'époque d'Adrien Ier (772-795), ses reliques furent transférées dans celle de Saint-Laurent in Damaso, à l'intérieur de la ville. Elles y reposent encore aujourd'hui sous le maître-autel, à l'exception du chef du bienheureux Pape, qui est conservé à Saint-Pierre de Rome.

On représente saint Damase :

1. tenant un écrit sur lequel se lisent ces paroles : Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, etc., parce qu'il a établi dans l'Eglise l'usage de terminer tous les psaumes par cette doxologie ;

2. ayant près de lui un portail d'église, qu'il montre comme pour en prendre possession, ou pour indiquer qu'il en est le fondateur.


Le pape Saint Damase et les catacombes

Jusqu'à nos temps, on ne connaissait de la sollicitude et de la dévotion de saint Damase pour les reliques des martyrs que les Carmina ou Inscriptiones qui lui étaient attribués, et reccueillis, au nombre de 37, probablement par les pélerins du Ve et VIe siècle qui les avient transcrits pour la satisfaction de leur piété personnelle sur les monuments catacombaires. Encore devons-nous ajouter que la critique se montrait assez difficile sur leur authenticité.

Mais, de nos jours, l'étude des catcombes a singulièrement modifié la question. Les travaux de saint Damase dans nos hypogées chrétiens, dit M. de Rossi, ne furent pas seulement partiels, et ne se localisèrent pas sur un point déterminé, ils s'étendirent à toute la Rome souterraine. Son nom se retrouve dans chacune des catacombes, sur le tombeau de tous les martyrs illustres. Les constructions pour l'ornement ou la solidité, les escaliers de marbres méagés dans chaque crypte insigne, portent tous l'empreinte de sa pieuse main.

C'est à sa haute intelligence que nous devons la conservation des hypogées chrétiens, parce que c'est lui qui fit abandonner le système vicieux adopté pour la construction des basiliques Constantiniennes. Ce système consistait à raser les étages superposés d'une catacombe jusqu'à ce qu'on fût arrivé au niveau de la crypte inférieure, où d'ordinaire se trouvait la sépulture des martyrs les plus illustres. On dégageait ainsi une tombe principale sur laquelle s'élevait un édifice somptueux ; mais il avait fallu sacrifier un nombre immense d'autres loculi pour arriver à ce résultat.

Saint Damase comprit que si les reliques des martyrs ont droit à notre culte, la tombe des simples fidèles doit être aussi l'objet d'un respect inviolable. Dès lors, il étendit sa sollicitude pontificale à tout l'ensemble des monuments chrétiens de l'âge héroïque. Les trésors que la piété des matrones mettait à sa disposition, et que lui reprochait la jalousie païenne d'Ammien Marcellin, il les consacrait non pas à la satisfaction de son luxe personnel, mais à la décoration des lieux sanctifiés par la présence des martyrs.

On sait que, par un sentiment d'admirable d'humilité, ce grand Pontife ne voulut point choisir sa sépulture au milieu des tombes des martyrs dont il avait si religieusement fait décorer les monuments.

" J'avoue, j'aurai ardemment souhaité ce bonheur ; mais j'ai craint de profaner le lieu auguste où reposent les Saints."

Après un tel scrupule, si modestement exprimé par un grand Pape, par un thaumaturge et un Saint, on comprend que les sépultures dans les catacombes devinrent fort rares. Elles ne furent plus autorisées que dans des circonstances exceptionnelles.

" Saint Pontife Damase ! Vous avez été durant votre vie le flambeau des enfants de l'Eglise ; car vous leur avez fait connaître le Verbe incarné, vous les avez prémunis contre les doctrines perfides au moyen desquelles l'Enfer cherchera toujours à dissoudre ce Symbole glorieux, dans lequel sont écrites la souveraine miséricorde d'un Dieu pour l'œuvre de ses mains, et la dignité sublime de l'homme racheté. Du haut de la Chaire de Pierre, vous avez confirmé vos frères, et votre foi n'a point défailli ; car le Christ avait prié pour vous.

Nous nous réjouissons de la récompense infinie que le Prince des Pasteurs a octroyée à votre intégrité, Ô Docteur vierge de l'Eglise vierge ! Du haut du ciel, faites descendre jusqu'à nous un rayon de cette lumière dans laquelle le Seigneur Jésus se fait voir à vous en sa gloire ; afin que nous puissions aussi le voir, le reconnaître, le goûter dans l'humilité sous laquelle il va bientôt se montrer à nous. Obtenez-nous et l'intelligence des saintes Ecritures, dans la science desquelles vous fûtes un si grand Docteur, et la docilité aux enseignements du Pontife romain, auquel il a été dit, en la personne du Prince des Apôtres : " Duc in altum !" : " Avancez dans la haute mer !".

Faites, Ô puissant successeur de ce pêcheur d'hommes, que tous les Chrétiens soient animés des mêmes sentiments que Jérôme, lorsque, s'adressant à votre Apostolat, dans une célèbre Epître, il disait :

" C'est la Chaire de Pierre que je veux consulter ; je veux que d'elle me vienne la foi, nourriture démon âme. La vaste étendue des mers, la distance des terres, ne m'arrêteront point dans la recherche de cette perle précieuse : là où se trouve le corps, il est juste que les aigles s'y rassemblent. C'est à l'Occident que maintenant se lève le Soleil de justice : c'est pourquoi je demande au Pontife la Victime du salut ; du Pasteur, moi brebis, j'implore le secours. Sur la Chaire de Pierre est bâtie l'Eglise : quiconque mange l'Agneau hors de cette Maison est un profane ; quiconque ne sera pas dans l'Arche de Noé, périra dans les eaux du déluge. Je ne connais pas Vital ; je n'ai rien de commun avec Mélèce ; Paulin m'est inconnu : quiconque ne recueille pas avec vous, Ô Damase, dissipe ce qu'il a amassé ; car celui qui n'est pas au Christ est à l'Antéchrist."

Considérons notre divin Sauveur au sein de la très pure Marie sa Mère ; et adorons, avec les saints Anges, le profond anéantissement auquel il s'est réduit pour notre amour. Contemplons-le s'offrant à son Père pour la rédemption du genre humain, et commençant dès lors à remplir l'office de Médiateur dont il a daigné se charger. Admirons avec attendrissement cet amour infini, qui n'est pas satisfait de ce premier acte d'abaissement dont le mérite est si grand qu'il eût suffi pour racheter des millions de mondes.

Le Fils de Dieu veut accomplir, comme les autres enfants, le séjour de neuf mois au sein de sa Mère, naître ensuite dans l'humiliation, vivre dans le travail et la souffrance, et se faire obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la Croix. Ô Jésus ! Soyez béni, Soyez aimé pour un si grand amour. Vous voici donc descendu du ciel, pour être l'Hostie qui remplacera tant d'autres hosties stériles, par lesquelles n'a pu être effacée la faute de l'homme. La terre porte maintenant son Sauveur, bien qu'elle ne l'ait pas contemplé encore. Dieu ne la maudira pas, cette terre ingrate, enrichie qu'elle est d'un tel trésor. Mais reposez encore, Ô Jésus, dans les chastes entrailles de Marie, dans cette Arche vivante, au sein de laquelle vous êtes la véritable Manne destinée à la nourriture des enfants de Dieu. Toutefois, Ô Sauveur ! l'heure approche où il vous faudra sortir de ce sanctuaire. Au lieu de la tendresse de Marie, il vous faudra connaître la malice des hommes ; et cependant, nous vous en supplions, nous osons vous le rappeler, il est nécessaire que vous naissiez au jour marqué : c'est la volonté de votre Père ; c'est l'attente du monde, c'est le salut de ceux qui vous auront aimé."




CONCILE DE ROME



(382)



" DÉCRET DE DAMASE "


Il nous faut maintenant parler des divines Écritures, de ce que reçoit l'Église catholique universelle et de ce qu'elle doit éviter.

On commence par l'ordre de l'Ancien Testament. Genèse, un livre ; Exode, un livre ; Lévitique, un livre ; Nombres, un livre ; Deutéronome, un livre ; Jésus Navé, un livre ; Juges, un livre ; Ruth, un livre ; Rois, quatre livres ; Paralipomènes, deux livres ; Cent cinquante Psaumes, un livre ; Salomon, trois livres : Proverbes, un livre, Ecclésiaste, un livre, Cantique des Cantiques, un livre ; encore, Sagesse, un livre ; Ecclésiastique, un livre.

Puis l'ordre des prophètes, Isaïe, un livre ; Jérémie, un livre, avec Cinoth, c'est-à-dire ses Lamentations ; Ézéchiel, un livre ; Daniel, un livre ; Osée, un livre ; Amos, un livre ; Michée, un livre ; Joël, un livre ; Abdias, un livre ; Jonas, un livre ; Nahum, un livre ; Habacuc, un livre ; Sophonie, un livre ; Aggée, un livre ; Zacharie, un livre ; Malachie, un livre.

Puis l'ordre des histoires. Job, un livre ; Tobie, un livre ; Esdras, deux livres ; Esther, un livre ; Judith, un livre ; Maccabées, deux livres.

Puis l'ordre des Écritures du Nouveau et éternel Testament, que l'Église sainte et catholique reçoit. Évangiles : un livre selon Matthieu, un livre selon Marc, un livre selon Luc, un livre selon Jean.

Les épîtres de Paul, au nombre de quatorze : une aux Romains ; deux aux Corinthiens ; une aux Éphésiens ; deux aux Thessaloniciens ; une aux Galates ; une aux Philippiens ; une aux Colossiens ; deux à Timothée ; une à Tite ; une à Philémon ; une aux Hébreux.

Ensuite l'Apocalypse de Jean, un livre.

Et les Actes des Apôtres, un livre.

Puis les épîtres canoniques, au nombre de sept : deux épîtres de l'apôtre Pierre, une épître de l'apôtre Jacques, une épître de l'apôtre Jean, deux épîtres de l'autre Jean, le presbytre, une épître de l'apôtre Jude le zélote.

Tel est le canon du Nouveau Testament.



Pope St. Damasus I

Probably born near the city of Idanha-a-Nova in what is present-day Portugal. His life coincided with the rise of Constantine I and the reunion and redivision of the Western and Eastern Roman Empire as well as what is sometimes known as the Constantinian shift associated with the widespread legitimization of Christianity and the later adoption of Christianity as the religion of the Roman state.
Damasus was a sixty-year-old deacon when he was elected bishop of Rome in 366. His reign was marked by violence from the start when another group decided to elect a different pope. Both sides tried to enforce their selections through violence. Though the physical fighting stopped, Damasus had to struggle with these opponents throughout his years as pope. Damasus defended with vigour the Catholic Faith in a time of dire and varied perils.
Damasus may not have won this battle directly, but he won the war by initiating works that outlasted all his opponents. Not only did he commission the Vulgate translation by his personal secretary, St. Jerome, but he also changed the liturgical language of the Church from Greek to Latin. He worked hard to preserve and restore the catacombs, the graves of the martyrs, and relics.
Damasus was a writer — but he didn’t author many-volumed treatises as other Christian writers did. Damasus liked to write epigrams in verse: short sayings that capture the essence of what needed to be said. He wrote many epigrams on martyrs and saints. And he wrote one about himself that shows his humility and the respect he had for the martyrs.
In a Roman cemetery is the papal crypt he built. All that is left of him there, however, is this: ” I, Damasus, wished to be buried here, but I feared to offend the ashes of these holy ones.” Instead, when he died in 384, he was buried with his mother and sister.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/pope-st-damasus/

Pope St. Damasus I

Born about 304; died 11 December, 384. His father, Antonius, was probably a Spaniards; the name of his mother, Laurentia, was not known until quite recently. Damasus seems to have been born at Rome; it is certain that he grew up there in the service of the church of the martyr St. Laurence. He was elected pope in October, 366, by a large majority, but a number of over-zealous adherents of the deceased Liberius rejected him, chose the deacon Ursinus (or Ursicinus), had the latter irregularly consecrated, and resorted to much violence and bloodshed in order to seat him in the Chair of Peter. Many details of this scandalous conflict are related in the highly prejudiced "Libellus Precum" (P.L., XIII, 83-107), a petition to the civil authority on the part of Faustinus and Marcellinus, two anti-Damasan presbyters (cf. also Ammianus Marcellinus, Rer. Gest., XXVII, c. iii). Valentinian recognized Damasus and banished (367) Ursinus to Cologne, whence he was later allowed to return to Milan, but was forbidden to come to Rome or its vicinity. The party of the antipope (later at Milan an adherent of the Arians and to the end a contentious pretender) did not cease to persecute Damasus. An accusation of adultery was laid against him (378) in the imperial court, but he was exonerated by Emperor Gratian himself (Mansi, Coll. Conc., III, 628) and soon after by a Roman synod of forty-four bishops (Liber Pontificalis, ed. Duchesne, s.v.; Mansi, op. cit., III, 419) which also excommunicated his accusers.

Damasus defended with vigour the Catholic Faith in a time of dire and varied perils. In two Roman synods (368 and 369) he condemned Apollinarianism and Macedonianism; he also sent his legates to the Council of Constantinople (381), convoked against the aforesaid heresies. In the Roman synod of 369 (or 370) Auxentius, the Arian Bishop of Milan, was excommunicated; he held the see, however, until his death, in 374, made way for St. Ambrose. The heretic Priscillian, condemned by the Council of Saragossa (380) appealed to Damasus, but in vain. It was Damasus who induced Saint Jerome to undertake his famous revision of the earlier Latin versions of the Bible (see VULGATE). St. Jerome was also his confidential secretary for some time (Ep. cxxiii, n. 10). An important canon of the New Testament was proclaimed by him in the Roman synod of 374. The Eastern Church, in the person of St. Basil of Cæsarea, besought earnestly the aid and encouragement of Damasus against triumphant Arianism; the pope, however, cherished some degree of suspicion against the great Cappadocian Doctor. In the matter of the Meletian Schism at Antioch, Damasus, with Athanasius and Peter of Alexandria, sympathized with the party of Paulinus as more sincerely representative of Nicene orthodoxy; on the death of Meletius he sought to secure the succession for Paulinus and to exclude Flavian (Socrates, Church History V.15). He sustained the appeal of the Christian senators to Emperor Gratian for the removal of the altar of Victory from the Senate House (Ambrose, Ep. xvii, n. 10), and lived to welcome the famous edict of Theodosius I, "De fide Catholica" (27 Feb., 380), which proclaimed as the religion of the Roman State that doctrine which St. Peter had preached to the Romans and of which Damasus was supreme head (Cod. Theod., XVI, 1, 2).

When, in 379, Illyricum was detached from the Western Empire, Damasus hastened to safeguard the authority of the Roman Church by the appointment of a vicar Apostolic in the person of Ascholius, Bishop of Thessalonica; this was the origin of the important papal vicariate long attached to that see. The primacy of the Apostolic See, variously favoured in the time of Damasus by imperial acts and edicts, was strenuously maintained by this pope; among his notable utterances on this subject is the assertion (Mansi, Coll. Conc., VIII, 158) that the ecclesiastical supremacy of the Roman Church was based, not on the decrees of councils, but on the very words of Jesus Christ (Matthew 16:18). The increased prestige of the early papal decretals, habitually attributed to the reign of Siricius (384-99), not improbably belongs to the reign of Damasus ("Canones Romanorum ad Gallos"; Babut, "La plus ancienne décrétale", Paris, 1904). This development of the papal office, especially in the West, brought with it a great increase of external grandeur. This secular splendour, however, affected disadvantageously many members of the Roman clergy, whose worldly aims and life, bitterly reproved by St. Jerome, provoked (29 July, 370) and edict of Emperor Valentinian addressed to the pope, forbidding ecclesiastics and monks (later also bishops and nuns) to pursue widows and orphans in the hope of obtaining from them gifts and legacies. The pope caused the law to be observed strictly.

Damasus restored his own church (now San Lorenzo in Damaso) and provided for the proper housing of the archives of the Roman Church (see VATICAN ARCHIVES). He built in the basilica of St. Sebastian on the Appian Way the (yet visible) marble monument known as the "Platonia" (Platona, marble pavement) in honour of the temporary transfer to that place (258) of the bodies of Sts. Peter and Paul, and decorated it with an important historical inscription (see Northcote and Brownlow, Roma Sotterranea). He also built on the Via Ardeatina, between the cemeteries of Callistus and Domitilla, a basilicula, or small church, the ruins of which were discovered in 1902 and 1903, and in which, according to the "Liber Pontificalis", the pope was buried with his mother and sister. On this occasion the discoverer, Monsignor Wilpert, found also the epitaph of the pope's mother, from which it was learned not only that her name was Laurentia, but also that she had lived the sixty years of her widowhood in the special service of God, and died in her eighty-ninth year, having seen the fourth generation of her descendants. Damasus built at the Vatican a baptistery in honour of St. Peter and set up therein one of his artistic inscriptions (Carmen xxxvi), still preserved in the Vatican crypts. This subterranean region he drained in order that the bodies buried there (juxta sepulcrum beati Petri) might not be affected by stagnant or overflowing water. His extraordinary devotion to the Roman martyrs is now well known, owing particularly to the labours of Giovanni Battista De Rossi. For a good account of his architectural restoration of the catacombs and the unique artistic characters (Damasan Letters) in which his friend Furius Dionysius Filocalus executed the epitaphs composed by Damasus, see Northcote and Brownlow, "Roma Sotterranea" (2nd ed., London, 1878-79). The dogmatic content of the Damasan epitaphs (tituli) is important (Northcote, Epitaphs of the Catacombs, London, 1878). He composed also a number of brief epigrammata on various martyrs and saints and some hymns, or Carmina, likewise brief. St. Jerome says (Ep. xxii, 22) that Damasus wrote on virginity, both in prose and in verse, but no such work has been preserved. For the few letters of Damasus (some of them spurious) that have survived, see P.L., XIII, 347-76, and Jaffé, "Reg. Rom. Pontif." (Leipzig, 1885), nn. 232-254.

Shahan, Thomas. "Pope St. Damasus I." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company, 1908. 12 Dec. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/04613a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/04613a.htm

December 11

St. Damasus, Pope and Confessor

From his works, St. Jerom, Rufin, and Anastasius in the Pontifical. See Tillemont, t. 8, p. 386; Ceillier, t. 6, p. 455. Abbate Anton. Merenda, in the new edition of this pope’s works, which he published at Rome, in folio, anno 1754, in which he gives the life of this pope in annals.

A.D. 384.


POPE DAMASUS is said in the Pontifical to have been a Spaniard: which may be true of his extraction: but Tillemont and Merenda show that he seems to have been born at Rome. His father, whose name was Antony, either after the death of his wife, or by her free consent, engaged himself in an ecclesiastical state, and was successively reader, deacon, and priest of the title or parish church of St. Laurence in Rome. Damasus served in the sacred ministry in the same church, and always lived in a perfect state of continence, as St. Jerom assures us. When Liberius was banished by Constantius to Berœa, in 355, he was archdeacon of the Roman church, and attended him into exile, but immediately returned to Rome. Liberius at length was prevailed upon to sign a confession of faith in which the word consubstantial was omitted. After his return from banishment, he constantly held communion with St. Athanasius, as is clear from that holy man’s letter to the bishops of Egypt, in 360. He condemned and annulled the decrees of the council of Rimini, by a letter which he wrote to those bishops, mentioned by Siricius. 1 Liberius, after this, lay hid some time in the vaults of the cemeteries, for fear of the persecutors, as we learn from Sozomen, 2 Prosper, in his chronicle, 3 Lucifer of Cagliari, 4 and Anastasius, in the life of Pope Julius. Thus he repaired the fault which he had committed by his subscription. All this time Damasus had a great share in the government of the church, and doubtless animated the zeal of the pope.

Liberius died on the 24th of September 366, and Damasus, who was then sixty years old, was chosen bishop of Rome, and ordained in the basilic of Lucina, otherwise called St. Laurence’s, which title he bore before his pontificate. Soon after, Ursinus, called by some moderns Ursicinus, who could not bear that St. Damasus should be preferred before him, got together a crowd of disorderly and seditious people in the church of Sicin, commonly called the Liberian basilic, now St. Mary Major, and persuaded Paul bishop of Tibur, now Tivoli, a dull ignorant man, to ordain him bishop of Rome, contrary to the ancient canons, which require three bishops for the ordination of a bishop; and to the ancient custom of the Roman church, whose bishop was to be consecrated by the bishop of Ostia, as Baronius and Tillemont observe. Juventius, prefect of Rome, banished Ursinus, and some others of his party. Seven priests who adhered to him were seized, to be carried into exile; but were rescued by their partisans, and carried to the Liberian basilic. The people that sided with Damasus came together with swords and clubs, besieged the basilic to deliver these men up to the prefect, and a fight ensued, in which one hundred and thirty-seven persons were killed, as Ammianus Marcellinus 5 and St. Austin relate. 6 In September the following year, 367, the Emperor Valentinian allowed Ursinus to return to Rome; but, on account of new tumults, in November banished him again, with seven accomplices, into Gaul. The schismatics still kept possession of a church, probably that of St. Agnes without the walls, and held assemblies in the cemeteries. But Valentinian sent an order for that church to be put into the hands of Damasus; and Maximin, a magistrate of the city, a man naturally inclined to cruelty, put several schismatics to the torture. Rufin clears Damasus of any way concurring to, or approving of such barbarous proceedings, and the schismatics fell into the snare they had laid for him, 7 by which it seems that they demanded an inquiry to be made by the rack, which turned to their own confusion and chastisement. It appears by certain verses of Pope Damasus that he had made a vow to God in honour of certain martyrs, to engage their intercession for the conversion of some of the clergy, who continued obstinate in the schism; and that these clergymen being converted to the unity of the church, in gratitude adorned, at their own expense, the tombs of these martyrs. By the same poem we learn, that the warmest abettors of the cause of Ursinus, after some time sincerely submitted to Damasus. His election was both anterior in time, and in all its circumstances regular; and was declared such by a great council held at Aquileia in 381, composed of the most holy and eminent bishops of the western church; and by a council at Rome in 378, in both which the acts of violence are imputed to the fury of Ursinus. St. Ambrose, 8 St. Jerom, 9 St. Austin, Rufin, and others bear testimony to the demeanour, and to the due election of Damasus.

Ammianus Marcellinus, the famous pagan historian of those times, says, that the chariots, rich clothes, and splendid feasting of the bishops of Rome, whose tables surpassed those of kings, were a tempting object to ambition; and wishes they would imitate the plainness of some prelates in the provinces. Herein, at least with regard to the table, there is doubtless a great deal of exaggeration and spleen; though sometimes extraordinary entertainments were probably given by the church. However, some appearance of pomp and state was certainly then made, since, as St. Jerom reports, 10 Prætextatus, an eminent pagan senator who was afterwards prefect of Rome, said to Pope Damasus, “Make me bishop of Rome, and I will be a Christian to-morrow.” Power alone is a snare to ambitious and worldly men; and a danger inseparable from exalted stations; yet all such things are rather an object of dread to those clergymen whose hearts are disengaged from the world; and riches in their hands are only the patrimony of Christ, instruments of charity. The reflection, however, of this heathen shows how necessary Christian modesty is to recommend the spirit of the gospel. Damasus certainly deserved not to fall under his censure. For St. Jerom, the great admirer of this holy pope, severely inveighs against the luxury and state which some ecclesiastics at Rome affected, 11 which he would never have done if it had been a satire on his patron; at least he was too sincere to have continued his admirer. Moreover, in 370, Valentinian, to repress the scandalous conduct of ecclesiastics, who persuaded persons to bequeath estates or legacies to the church, in prejudice of their heirs, addressed a law to Damasus, forbidding the clergy or monks to frequent the houses of orphans and widows, or to receive from them any gift, legacy, or feoffment in trust. This edict Pope Damasus caused to be read in all the churches of Rome, and he was very severe in putting the same into execution, so as to give great offence to some unworthy persons who, on that account, went over to the schismatics; but some time after returned to their duty. Baronius thinks this law was enacted at the request of the pope, because it was addressed to him. At least it was certainly approved by him, and was not less agreeable to him than just in itself. It appears by St. Damasus’s fifteenth poem, that having escaped all dangers and persecutions, 12 in thanksgiving he made a pilgrimage to St. Felix’s shrine at Nola, and there hung up this votive poem, and performed his devotions. 13

Arianism reigned in the East under the protection of Valens, though vigorously opposed by many pillars of orthodoxy, as St. Athanasius, St. Basil, &c. In the West it was confined to Milan and Pannonia. Utterly to extirpate it in that part of the world, Pope Damasus, in a council at Rome in 368, condemned Ursacius and Valens, famous Arian bishops in Pannonia; and in another in 370, Auxentius of Milan. The schism of Antioch fixed the attention of the whole church. Meletius had been ordained upon the expulsion of St. Eustathius, whom the Arians had banished; Paulinus was acknowledged by the zealous Catholics, called Eustathians, because, during the life of St. Eustathius, they would admit no other bishop. St. Basil, and other orientals, being well informed of the orthodox faith of St. Meletius, adhered to him; but Damasus, with the western prelates, held communion with Paulinus, suspecting the orthodoxy of Meletius on account of the doubtful principles of some of those by whom he was advanced to the see. Notwithstanding this disagreement, these prelates were careful to preserve the peace of Christ with one another. The heresy of Apollinarius or Apollinaris caused a greater breach. Apollinarius, the father, taught grammar first at Berytus, afterwards at Laodicea in Syria, where he married, and had a son of the same name, who was brought up to learning, had a good genius well improved by studies, and taught rhetoric in the same town; and both embracing an ecclesiastical state, the father was priest, and the son reader in that church at the same time. The younger of these was chosen bishop of Laodicea in 362. When Julian the Apostate forbade Christians to read the classics, the two Apollinariuses composed very beautiful hymns in all sorts of verse on the sacred history and other pious subjects; which are lost, except a paraphrase on the psalms in hexameter verse. In these poems they began to scatter the poison of certain errors, which were condemned by St. Athanasius, in his council at Alexandria in 360, but the author was not then known. St. Athanasius wrote against these errors, without naming the author, in 362. In the council which Damasus held at Rome in 374, the same conduct was observed. But the obstinacy of the bishop Apollinarius appearing incurable, from that time his name was no longer spared: it was anathematized first by Pope Damasus at Rome. The heresiarch lived to a great age, and died in his impiety. His capital errors consisted in this, that he said Christ had not assumed a human understanding ([Greek] or soul) but only the flesh, that is, the body and a sensitive soul, such as beasts have; and that the divine person was to him instead of a soul or human understanding; for which he insisted upon those words, the Word was made flesh; and he pretended that the human soul being the fountain of sin it was not fitting that Christ should assume it. In this erroneous system it followed that Christ was not made man, having only taken upon him a body, the least part of human nature. Apollinarius also taught, that the body of Christ came from heaven, was impassible, and descended into the womb of the Virgin Mary, was not born or formed of her; also, that Christ only suffered and died in appearance. 14 He likewise revived the Millenarian heresy, and advanced certain errors about the Trinity. His followers chose Vitalis one of his disciples, bishop of their sect at Antioch, and called Timothy, another of his disciples, patriarch of Alexandria. The decrees of Pope Damasus against this heresiarch were received in a council held at Alexandria, in another at Antioch, and in the general council at Constantinople in 381.

Illyricum in that age comprised all Greece and several other provinces near the Danube. The Emperor Gratian, in favour of Theodosius, yielded up Eastern Illyricum, that is, Greece and Dacia, to the Eastern empire: the popes maintained that this country still belonged to the Western patriarchate, and reserved to themselves the confirmation of its bishops and other patriarchal rights. St. Damasus appointed St. Ascholius, bishop of Thessalonica, (who frequently preserved Macedon from the Goths with no other arms but his prayers,) his vicar over those churches: and in a letter to him, which is yet extant, gave him strict charge to be watchful that nothing should be done in the church of Constantinople prejudicial to the faith, or against the canons: and he condemned the illegal intrusion of Maximus the Cynic into that important see. When Nectarius was chosen archbishop of Constantinople, Theodosius sent deputies to Rome, to entreat Pope Damasus to confirm his election. 15 When St. Jerom accompanied St. Epiphanius and St. Paulinus of Antioch to Rome, Damasus detained him till his death, three years after, near his person, employing him in quality of secretary, to write his letters, and answer consultations. This pope, who was himself a very learned man, and well skilled in the holy scriptures, encouraged St. Jerom in his studies. That severe and holy doctor calls him “an excellent man;” 16 and in another place, 17 “an incomparable person, learned in the scriptures, a virgin doctor of the virgin church, who loved chastity, and heard its eulogiums with pleasure.” Theodoret calls him the celebrated Damasus, 18 and places him at the head of the famous doctors of divine grace in the Latin church. 19 The oriental bishops in 431, profess that they follow the holy example of Damasus, Basil, Athanasius, Ambrose, and others who have been eminent for their learning. The general council of Chalcedon styles Damasus, for his piety, the honour and glory of Rome. 20 Theodoret says, “He was illustrious by his holy life, and ready to preach, and to do all things in defence of the apostolic doctrine.” 21

This pope rebuilt, or at least repaired the church of St. Laurence near Pompey’s theatre, where he had officiated after his father, and which to this day is called from St. Laurence, in Damaso. He beautified it with paintings of sacred history, which were remaining four hundred years afterwards. 22 He presented it with a paten of silver weighing fifteen pounds, a wrought vessel of ten pounds weight, five silver chalices weighing three pounds each, five silver sconces to hold wax lights, of eight pounds each, and candlesticks of brass, of sixteen pounds weight. He also settled upon it several houses that were near the church, and a piece of land. 23 St. Damasus likewise drained all the springs of the Vatican which ran over the bodies that were buried there, and he decorated the sepulchres of a great number of martyrs in the cemeteries, and adorned them with epitaphs in verse, of which a collection of almost forty is extant. 24 Some of these belong not to him; those which are his work, are distinguished by a peculiar elegance and elevation, and justify the commendation which St. Jerom gives to his poetical genius. In the few letters of this pope which we have in the editions of the councils, out of the great number which he wrote, it appears that he was a man of genius and taste, and wrote with elegance. The ancients particularly commend his constancy in maintaining the purity of our holy faith, the innocence of his manners, his Christian humility, his compassion for the poor, his piety in adorning holy places, especially the tombs of the martyrs, and his singular learning. Having sat eighteen years and two months, he died on the 10th of December in 384, being near fourscore years of age. A pontifical kept in the Vatican library, quoted by Merenda, says, that the saint burning with an ardent desire to be dissolved, and be with Christ, he was seized with a fever, and having received the body and blood of the Lord, lifting up his eyes and hands to heaven, he expired in devout prayer. His intercession is particularly implored in Italy by persons who are sick of fevers. 25 He was buried near his mother and sister, in an oratory which he had built and adorned at the catacombs near the Ardeatin Way, between that road and the cemetery of Calixtus or Prætextatus. Marangonus describes his sepulchre and those of his mother and sister, as they were discovered in the year 1736. 26

Learning, the great accomplishment and improvement of the human mind, is often made its bane. This sometimes happens by the choice which a man makes of his studies, and much oftener by the manner in which he pursues them. As to the choice, there is no sloth more trifling or vain than the studies of some learned men: to whom we may apply what Plato said to the charioteer, whose dexterity in the circus struck the spectators with astonishment. But the philosopher declared he deserved to be publicly chastised for the loss of so much time as was necessary for him to have attained that dexterity in so trifling and useless an exercise. A perfect knowledge of our own, and some foreign and learned languages, is a necessary instrument, and a key to much useful knowledge, but of little use if it be not directed to higher purposes. Holy David, St. Ambrose, St. Damasus, Prudentius, St. Paulinus, and many others consecrated poetry to the divine praises. The belles lettres in all their branches, give an elegance to man’s mind and thoughts, and help us to communicate with dignity our most useful knowledge to others. But if made an employment of life, especially when the proper studies or occupations of a state ought to have banished them, they become a pernicious idleness, and so much entertain the heart as to ruin devotion and the taste of duties, and to occupy our reason in trifles. They are particularly condemned by the fathers and councils, in clergymen, as trespassing upon their obligations and destructive of the spirit of their profession. Logic gives a justness and clearness to our thoughts, teaches accurate reasoning, and exceedingly improves the judgment and other faculties of the mind. Yet, if its rules are made too prolix or spun into refined subtilties, they puzzle and confound the understanding. The same is to be said of metaphysics, which ought properly to be called the generals of science: a just acquaintance with which is, above all other studies and accomplishments, the means of improving the mind to the highest perfection, especially its ruling faculty, the judgment, and fitting it for success and accuracy in all other sciences and arts. The principles of Aristotle in logic and metaphysics are solid, exact, complete, and far preferable to all others; but the exposition must be concise, methodical, profound, infinitely accurate, clear, elegant, or free from a Gothic dress, which disfigures the best attainments, and is the characteristic of barbarism. Skill in useless knotty problems or questions which some start is compared by an elegant writer to a passion for breaking hard stones with a man’s teeth, merely to show their goodness. All studies, be they ever so methodically conducted and regulated, must, in imitation of the saints, be directed to a holy end and serious purpose, and sanctified by a life of prayer. If fondness for any science degenerates into passion, it becomes a dangerous and vicious branch of curiosity, drains the heart, hinders holy meditation and prayer, captivates the soul, and produces all the disorders of inordinate passions.

Note 1. Siricius, ep. ad Himer. Terrac. [back]

Note 2. Soz. l. 4, c. 11 et 19. [back]

Note 3. See this chronicle published entire by Canisius, aed. Basnac. t. 1. [back]

Note 4. Lucifer adv. Constantium. [back]

Note 5. Ammian. l. 27, c. 3. [back]

Note 6. S. Aug. Brevic. Collat. c. 16. St. Hier. in Chron. an. 367. [back]

Note 7. Ruf. l. 2, hist. c. 10. [back]

Note 8. Ambr. ep. 11. [back]

Note 9. In Chron. &c. [back]

Note 10. St. Hier. ep. 61, ad Pammach. c. 3. [back]

Note 11. Ib. [back]

Note 12. Carm. 15, p. 230. See Muratori, Not. in Carm. Paulini xi. v. 11. et diss. 18; Ferrarius, De Nol; Cœmer. c. 10; Merenda, an. 368, p. 15. [back]

Note 13. The Emperor Gratian, in 378, passed several laws in favour of the authority of bishops, and remitted to the pope the decision of the causes of all bishops. Newton (in Daniel Prophet, c. 8, and in Apoc. c. 3,) pretends this law to have been the original of the papal authority, and the eleventh horn of Daniel, which is to precede the day of judgment. Nothing can be more contradictory or more absurd than the comments of fanatics upon the divine prophecies. [back]

Note 14. S. Greg. Naz. ep. ad Cledon. p. 747, et Or. 52: St. Epiph. hær. 77; S. Basil, ep. 293, p. 1060; Theodoret, Hist. l. 5, c. 10; Sozomen, &c. [back]

Note 15. Bonifacius, ep. ad episc. Macedon. Conc. t. 4, p. 1708. [back]

Note 16. S. Hier. ep. ad Eustoch. [back]

Note 17. Id. ep. 30, p. 240. [back]

Note 18. Theodoret, ep. 144. [back]

Note 19. Ep. 145. [back]

Note 20. Conc. t. 4, p. 825. [back]

Note 21. Theod. Hist. l. 5, c. 2. [back]

Note 22. Adrian. 1, ep. Conc. t. 7. [back]

Note 23. Anast. in Pontif. [back]

Note 24. The epitaphs on St. Maur, (a child martyred a little before St. Chrysanthus,) on St. Paul, SS. Marcellinus and Peter, St. Saturninus, SS. Protus and Hyacinthus, St. Laurence, St. Marcellus, St. Eusebius, St. Mark, pope, St. Eutychius, &c. are acknowledged to be his. Merenda (p. 136,) confirms the conjecture of Vossius, Colomesius, and Dr. Cave who, upon the authority of good MSS. and other arguments of weight, attribute to Pope Damasus the small pious Christian poems which have been printed among the works of Claudian the Poet. The pontifical which bears the name of Damasus, certainly derives very little, if anything, from his pen, is written in a low, flat style, and seems the work of several hands. It is quoted by Walafridus Strabo, Bede, Rabanus Maurus, &c., consequently is older than Anastasius the Bibliothecarian, though it perhaps received from him some additions. (See on this Pontifical Orsi, Berti, and Fabricius in Biblioth. Lat. med. et infim. ætat.) His forty Latin pieces of poetry are republished by Mattaire in his Corpus Poetarum. [back]

Note 25. Fonseca, l. 1, c. 16; Merenda, ad an. 384, p. 133. [back]

Note 26. Marangonus in Commentariis ad Chronologiam Romanorum Pontificum in picturis Ostiensis basilicæ superstitem. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XII: December. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/12/111.html



Voir aussi : http://www.csvfblog.org/2009/12/pope-st-damasus-i-304-384-2/