mercredi 12 décembre 2012

Sainte ADÉLAÏDE (ALICE, ADELHEID) de BOURGOGNE (ou du Saint Empire), impératrice


Sainte Adélaïde

Impératrice

(† 999)

Adélaïde, fille de Rodolphe II, roi de Bourgogne, naquit en 931. Dieu lui avait donne pour mère une femme de très grande piété, et à elle-même de très nombreuses dispositions à la vertu. Elle n'avait que seize ans, lorsque Hugues de Provence, devenu roi d'Italie, l'obtint pour son fils Lothaire.

Mais son bonheur conjugal fut de courte durée. Trois ans après, Bérenger, marquis d'Ivrée, se jetait sur les États de Lothaire, le faisait prisonnier avec Adélaïde et leur fille Emma. Menacé de l'intervention de l'empereur de Constantinople, Bérenger fit disparaître Lothaire. Il se proposait de faire d'Adélaïde sa bru ; mais celle-ci s'y refusa énergiquement. Il l'enferma alors dans une forteresse, d'où la courageuse princesse trouva le moyen de s'évader et de se réfugier à Canossa. Le roi de Germanie, Otton II saisit avec empressement cette occasion d'intervenir dans les affaires d'Italie : il mit en déroute les troupes de Bérenger et délivra Adélaïde, assiégée.

Otton conçut alors le projet d'épouser la jeune veuve. Celle-ci, encouragée par le pape Agapit, accepta de devenir reine de Germanie (951). Elle devint impératrice en 972. Oublieuse des graves torts de Bérenger à son égard, elle poussa la générosité jusqu'à obtenir que ses Etats lui fussent restitués.

Comme mère, Adélaïde s'efforça de faire de son fils Otton un prince vraiment chrétien; mais l'inconstance et l'inconduite de ce fils devaient être pour elle la cause de douloureux chagrins. — L'empereur Otton avait obtenu pour ce fils la main de Théophanie, fille de l'empereur de Constantinople. Ce mariage fit de la vie d'Adélaïde un véritable martyre. À la mort d'Otton, son fils lui succéda sous le nom d'Otton II. Lassé de la tutelle de sa sainte mère, il abandonna toute l'influence à son intrigante épouse. Sentant qu'elle était de trop dans cette cour, Adélaïde se retira dans une retraite au pays de Vaud. Mais la voix populaire ne tarda point à réclamer le retour de la sainte impératrice. Otton se rendit à ce désir et rappela sa mère. Peu après cette réconciliation, Otton mourut subitement à Rome (décembre 983), à l'âge de vingt-neuf ans.

Adélaïde ayant fait reconnaître son petit-fils, Otton III, par les princes allemands, reprit auprès de lui le rôle qu'elle avait rempli auprès de son père. De nouveau elle rencontra la jalouse opposition de sa bru, l'ambitieuse régente. «La main de Dieu me frappe, disait Adélaïde, pour me guérir de mes faiblesses, surtout de mon amour-propre et de la séduction du monde.» La mort la délivra de cette bru en 994.

Les seigneurs la prièrent alors d'assurer de nouveau la régence. Malgré ses répugnances, elle s'y résigna: par sa sagesse et son habileté le nouveau règne s'affermit. Mais dès qu'Otton III eut été déclaré majeur (996), Adélaïde se retira en Bourgogne, son pays natal, réconcilia ses deux neveux près d'en venir aux mains, et se fixa a Seltz en Alsace. Après avoir partagé aux pauvres et aux monastères le peu qui lui restait, elle exhala son âme dans le sein de Dieu, le 16 décembre 999, a l'âge de soixante-neuf ans.

J.M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints



Saint-Adélaïde impératrice sur un vitrail par Lorin, dans l'Église de Toury.


Sainte Adélaïde

Impératrice

Pour découvrir la riche personnalité d’Adélaïde, il convient tout d’abord de la replacer dans son temps que les historiens ont qualifié d’âge de fer. Au 10ème siècle le niveau moral était bien bas, et c’est à coup d’épée que les barons petits et grands se taillaient chacun un empire. Les successions familiales se réglaient souvent dans le sang. L’église n’était pas un parangon de vertu : le trafic des charges ecclésiastiques et le concubinage jetaient le discrédit sur le clergé. Beaucoup de prélats étaient des hommes incultes, indignes, grossiers. A Rome, les successeurs de l’apôtre Pierre étaient le jouet de factions rivales : de 928 à 998, pas moins de dix-huit papes se sont succédé, dont bien peu sont morts d’une mort naturelle. Aux désordres intérieurs s’ajoutaient les désordres venus du dehors. A peine en avait-on fini avec les Vikings qui remontaient les fleuves en pillant villes et monastères, voilà qu’apparaissaient dans les marches de l’Est les redoutables cavaliers hongrois. Leurs hordes déferlaient périodiquement sur l’Europe, ravageant tout sur leur passage. Leurs raids les conduisaient jusqu’à Paris et Rome ! Louis l’Enfant , le dernier Carolingien de la branche germanique, se révélait incapable de les arrêter. C’est à cette époque d’une dureté extrême que se situe la vie d’Adélaïde. Mais tout n’y est pas noir ; ce 10e siècle contient les germes d’un renouveau et a produit des personnalités exceptionnelles.

ADÉLAÏDE - IMPÉRATRICE

C’est une longue histoire qui a conduit Otton sur le trône impérial, élevant du même coup son épouse Adélaïde à la dignité d’impératrice. Rappelons-nous que l’impuissance de Louis l’Enfant face aux hongrois conduisit à un changement de dynastie : les Grands firent confiance désormais aux Saxon Henri l’Oiseleur. Celui-ci acheta à Roldophe II, roi de Bourgogne et père d’Adélaïde, la Sainte Lance dont la pointe contenait une relique précieuse qui donnait à celui qui la possédait la force de vaincre les adversaires du christianisme ; c’est du moins ce que l’on croyait. Il s’agissait en l’occurrence d’un clou de la Sainte Croix. En 933, cette lance porta chance à son nouveau propriétaire qui repoussa les Hongrois sur les bords de la rivière Unstrut.

En l’an de grâce 936 Otton succéda à son père, et c’est revêtu d’habits ecclésiastiques qu’il se fit couronner roi de Germanie à Aix-la-Chapelle. Le lieu et la manière annonçaient tout un programme. Mais les choses allaient d’abord mal : Otton eut maille à partir avec ses frères Thankmar et Henri qui contestaient l’héritage. Un malheur n’arrivant jamais seul, il perdit son épouse. Son fils d’un premier lit, le duc de Souabe Liudolf, ne voyant pas d’un bon œil le remariage de son père avec Adélaïde, s ‘allia à son beau-frère Conrad le Roux, duc de Lorraine, qui avait lui aussi quelques raisons d’être mécontent. Otton était en mauvaise posture. Heureusement pour lui, les insurgés entrèrent en discrédit en s ‘alliant aux Hongrois et le roi eut la main heureuse en nommant chancelier son frère cadet Brunon qui faisait une carrière ecclésiastique et n’avait par conséquent pas d’héritier.

Afin de soumettre l’Italie à son autorité, le roi traversa les Alpes pour guerroyer contre Béranger II, marquis d’Ivrée. On soupçonne ce dernier d’avoir empoisonné Lothaire d’Italie, époux d’Adélaïde, pour devenir roi à la place du roi. Béranger caressait l’idée de marier la jeune veuve à son fils Adalbert, mais celle-ci refusa. Pour l’amener à de meilleurs sentiments, il là séquestra dans son château du lac de Garde (à Côme d’après certains auteurs). Elle fut mise au pain et à l’eau. Courageuse, Adélaïde ne céda pas. Elle réussit à échapper des mains de ses gardiens grâce à la complicité du chapelain et trouva refuge après une course poursuite mouvementée en Emilie-Romagne, d’où elle appela Otton à l’aide. Celui-ci arriva donc par le Brenner à la tête d’une armée, détrôna l’usurpateur, et épousa Adélaïde en secondes noces. Nous sommes en 951 : la jeune et belle Adélaïde a 20 ans, Otton en a 39 et se trouve en pleine ascension.

En 955, il frappe un grand coup. Précédé de l’étendard de l’Archange St Michel et muni de la Sainte Lance, il affronte les Hongrois à la tête de 10 000 chevaliers près d’Augsburg sur le Lech. Le 10 août, journée mémorable, il leur inflige une telle raclée qu’ils ne demandent pas leur reste et décampent pour ne jamais plus revenir. Cette victoire valut à Otton Ier un immense prestige dans toute l’Europe et le surnom flatteur de Grand. En 962, après maintes péripéties, il sera couronné empereur du Saint Empire romain germanique par le Pape Jean XII. Mais Otton le Grand meurt en 973 et Adélaïde entame son deuxième veuvage. Le fils Otton II monte sur le trône. On l’avait marié à Théophano, princesse grecque née à Constantinople, dans le but de se rapprocher de Byzance.

L’avènement des Saxons mettait fin, on l’avait vu, à des années d’incurie due à la faiblesse des responsables de la couronne. En même temps se dessina un renouveau dans l’église. En réaction à la concupiscence ambiante, un grand courant mystique se répandit à travers l’Europe et des hommes d’église remarquables s’appliquèrent à corriger les mœurs de leur temps. Ils inspiraient à leurs contemporains une peur salutaire de l’enfer et les exhortaient à racheter leurs fautes en faisant le bien. Les moines ont joué un rôle éminent dans ce mouvement. Cluny, l’abbaye bourguignonne fondée en 910 par les bénédictins acquit une grande renommée et Odilon, cinquième abbé de Cluny, fut l’un des hommes les plus influents de l’Europe chrétienne. Il y eut aussi des femmes brillantes, Adélaïde est de celles-là. Gagnée à la cause de l’Eglise, elle soutenait activement la réforme clunisienne. L’an 1000 n’inspirait donc pas seulement la peur comme on l’a parfois écrit, mais faisait aussi naître un immense espoir.

UNE VIE BIEN REMPLIE

La vie d’Adélaïde n’est pas un long fleuve tranquille. Dès ses six ans elle fut orpheline de père. Mariée à 16 ans, veuve à 19, captive de Béranger, remariée en 951 et veuve une nouvelle fois en 973, les épreuves ne lui furent pas épargnées. Elle perdit deux fils en bas âge, Henri et Brunon. En 988 elle eut la douleur d’apprendre la mort de sa fille aînée Emma et en 993 celle de son frère Conrad de Bourgogne. En 999 enfin sa fille Mathilde, abbesse de Quedlinburg, fut emportée par la fièvre.

Adélaïde s’évertua à aplanir les querelles familiales et démêler des affaires dynastiques compliquées. En 977 Emma, l’avait appelée en Bourgogne pour raisonner son fils. Elle était veuve du roi de France Lothaire IV et son entourage nouait des intrigues.

Son propre fils Louis V lui reprochait une liaison amoureuse réelle ou imaginaire. Il craignait probablement pour son héritage. La querelle fut vidée brutalement par sa mort lors d’un accident de chasse. Il était le dernier Carolingien de la branche française et entra dans l’histoire sous le nom peu enviable de Fainéant. Il n’y avait pas de successeur direct et Adélaïde accepta l’élection de Hugues Capet, le premier d’une dynastie qui régnera sur la France de 988 à 1328. Le caractère trempé par tant d’épreuves et riche d’une expérience acquise auprès de son impérial époux, Adélaïde avait l’étoffe pour conseiller utilement son fils. Elle-même prenait conseil auprès du moine Gerbert d’Aurillac, homme avisé et futur Pape Sylvestre II. L’impératrice était une femme intelligente et cultivée, ayant beaucoup voyagé et parlant plusieurs langues. Elle avait de l’autorité et sut calmer les ambitions de son neveu Henri de Bavière, dont le surnom de Querelleur n’était nullement usurpé. Otton II mourut de la malaria à l’âge de 28 ans, au retour d’une expédition contre les Sarrasins dans le sud de l’Italie. Otton III lui succéda ; il avait trois ans. La régence pendant sa minorité fut difficile, parce que l’harmonie ne régnait pas entre Theophano et Adélaïde. La grand-mère épuisa des trésors de patience mais ne pu empêcher la rupture et du s’éloigner en Italie. A partir de 991 elle sera seule à mener les affaires. L’impératrice Adélaïde a sans conteste joué un grand rôle historique.

Il faut toutefois mettre une sourdine aux louanges de l’œuvre ottonienne. Accepter sans coup férir l’avènement de Hugues Capet, c’était renoncer définitivement au rétablissement de l’empire. Par ailleurs, en décrétant que les évêques et abbés seraient exclusivement nommés par l’empereur et que les papes ne pouvaient exercer leur fonction sans son autorisation, on mettait l’Eglise sous tutelle. Dans son évangéliaire, l’empereur Otton III est représenté les bras en croix avec la mandorle, et ce n’est pas le pape qui le couronne, mais Dieu lui-même. Cette conception du rôle de l’empereur est significative et sera lourde de conséquences, mais ainsi va l’histoire...

Il se peut que l’impératrice Adélaïde ait eu des pressentiments et qu ‘elle ait était consciente de la vanité des choses de ce monde.

ADÉLAÏDE ET L’ABBAYE DE SELTZ

A l’approche de la soixantaine, de plus en plus tournée vers la prière et les bonnes œuvres, l’impératrice décida de fonder une abbaye clunisienne. Le lieu de Sermersheim d’abord envisagé fut abandonné au profit de Seltz, carrefour et passage sur le Rhin. Les travaux furent confiés au comte Manegold, un parent, mais lorsque celui-ci mourut en 991, Adélaïde prit les choses en mains personnellement. Une communauté monacale ne vit pas seulement d’amour de Dieu et d’eau fraîche, il lui faut des revenus pour assurer la construction et l’entretien des bâtiments, l’achat de manuscrits et d’objets liturgiques, les œuvres de bienfaisance...

C’est avec un désintéressement admirable que la veuve mis à la disposition de la communauté son patrimoine qui provenait d’un acte de constitution de douaire établi en 968. Et c’est avec une résolution et opiniâtreté qu ‘elle s’emploiera par la suite à augmenter ce domaine. De 991 à 994 son petit fils Otton le troisième du nom, léguait à l’abbaye des biens importants et lui octroyait l’immunité comprenant l’exemption d’impôts, le droit de tenir marché, de prélever des péages et de battre monnaie. Bientôt l’abbaye était dotée d’un beau domaine lui assurant l’indépendance matérielle. Par une bulle datée de 995, le pape Jean XV confirma les privilèges et c’est en grande pompe que l ‘abbaye put être consacrée le 18 novembre 996, en présence de nombreux prélats et d’Otton III en personne qui venait d’être sacré empereur. Adélaïde s’éteignit 3 ans plus tard dans la nuit du 16 au 17 décembre 999, en odeur de sainteté. Peu de temps avant son décès elle avait encore entrepris un voyage dans sa Bourgogne natale pour tenter de réconcilié son neveu Rodolphe III avec ses vassaux. Conformément à son vœu, elle fut inhumée à Seltz, pour ainsi dire à mi-chemin des lieux où elle avait vécu : Arles, Pavie, Ravenne... et les résidences impériales du nord. Née en Bourgogne, première dame de l’empire, celle qu’on appelait parfois l’Italienne, était en parenté avec la Maison de France. Elle avait parcouru l’empire du nord au sud, mais c’est la terre d’Alsace qu ‘elle choisie comme lieu de sépulture.

Adélaïde sera canonisée en 1097 par Urbain II ancien grand prieur de Cluny. Les écrits sur Sainte Adélaïde sont nombreux et parfois dithyrambiques. Il faut bien le dire, l’hagiographie veut inciter les fidèles à l’imitation des saints et ses auteurs ont tendances à embellir quelque peu la réalité. Dans sa « Vie de la sainte impératrice Adélaïde » Odilon ne tarie pas d’éloges. Il pare l’impératrice de toutes les vertus : courage, humilité, patience, bonté... Il faut dire que les moines de Cluny devaient beaucoup à la généreuse donatrice. De plus ils voulaient prendre pied sur les terres d’empire et l’abbaye de Seltz leur en offraient l’occasion. Ils ont donc décerné à Adélaïde un satisfecit sans réserve : « elle a montré beaucoup de qualités dans la justice de sa charge et dans la charité aux pauvres ». Malgré les réserves, les récits hagiographiques méritent notre attention, car les pères jésuites bollandistes ont fait des recherches historiques sérieuses. En conclusion on peut dire qu’Adélaïde est une grande figure du Moyen-âge.


LES TROIS DERNIERS VOYAGES D’ADELAIDE

Trois ou quatre voyages ont marqué les trois dernières années de retraite de la pieuse bienfaitrice impériale.

En 997, un an après la consécration abbatiale, Otton III chargea Mathilde, la fille d’Adélaïde et abbesse de Quedlinburg, de gérer les affaires publiques en son absence. Puis il partit pour l’Italie. Crescence, tyran de Rome, avait chassé de son siège le nouveau pape Grégoire V en 997 et l’avait remplacé en mai par un antipape, Jean de Plaisance. Après avoir été à Pavie, Otton parvint à Rome en février 998 et fit condamner à mort le tyran. Trois hypothèses sont possibles :

- Ou bien Adélaïde accompagna Otton à Rome

- Ou bien elle séjourna à Pavie à cause des troubles fomentés contre les évêques par Ardouin d’Ivrée

- Ou plutôt elle resta à Seltz pour la plus grande joie des habitants et des pauvres.

Mais en 999, la dernière année de sa vie, elle quitta Seltz trois fois.

LE PREMIER VOYAGE DE 999

Le 7 février 999, Mathilde, la gérante d’Otton, absent, revint d’une diète tenue à Magdebourg. La fièvre l’emporta. Adélaïde, déjà partie de Seltz pour des visites en Franconie, se rendit à Quedlinburg pour l’enterrement de sa fille dans la basilique, près des tombes de son grand-père Henri l’Oiseleur et de sa grand-mère Mathilde. Elle retourna ensuite à Seltz.

DEUXIEME VOYAGE DE 999

En avril, elle fit un court voyage à l’abbaye d’Irmgard à Erstein et y signa un diplôme le 13 avril pour doter Saint-Sauveur de Pavie. Elle revint à Seltz, dont les habitants devaient se demander si cette fois elle allait rester.

TROISIEME ET DERNIER VOYAGE DE 999

Ce voyage avait trois buts :

rétablir la paix entre les vassaux et le roi Rodolphe II

visiter une dernière fois des lieux chers à l’impératrice

distribuer des dons aux monastères, aux églises, aux évêques...

VISITE DES LIEUX PRÉFÉRÉS

Payerne était l’abbaye fondée par sa mère Berthe de Souabe en 961. Après la mort d ‘Adélaïde, les moines racontaient aux pèlerins le miracle de la multiplication des aumônes : à Payerne, Adélaïde, « fatigata ex itinere » c’est-à-dire fatiguée par le voyage, chargea un moine de la distribution. Le trop grand nombre de pauvres faisait craindre de devoir renvoyer beaucoup d’entre eux sans rien leur donner. O merveille, l’argent ne manqua pas ; tous les pauvres furent servis !

- Agaune où se trouvent les tombes de saint Maurice et de ses compagnons. Elle y appris le décès, le 28 septembre 999, de Franco, évêque de Worms. Emue, elle eut le pressentiment de la mort prochaine d’Otton III avec ses soldats. Elle craignait une troisième régence si elle survivait. Otton survécut, mais mourut en 1002, âgé de 22 ans.

Genève où elle se rendit sur la tombe du martyr Saint Victor

Lausanne : visite du sanctuaire de la Vierge Marie

- Orbe, son lieu de naissance. Elle y rétablit la paix entre Rodolphe III le Paresseux et les vassaux. On peut supposer que, d’Orbe, Adélaïde se soit rendue à Fleury ou Saint-Benoît-sur-Loire, Souvigny et Cluny, « sibi familiare cenobium », abbaye bien connue d’elle. Au lieu d’avoir rencontré Odilon à Cluny, la rencontre a dû avoir lieu à Orbe. Là, elle fit savoir à l’abbé – encore un pressentiment – que cette rencontre était la dernière ; la voyageuse sexagénaire devait bientôt rendre sa belle âme à Dieu.

A côté des dons et des aumônes fait sur place, la pieuse bienfaitrice envoya des dons

pour l’entretien de l’église Saint-Sauveur de Pavie,

pour les monastères de Saint-Benoît-sur-Loire, Souvigny et Cluny,

pour Saint-Martin de Tours, ravagé par un incendie. Elle y envoya « Otomis clamidis partem », une partie du manteau d’Otton II, pour l’autel Saint-Martin, en souvenir de la générosité de Martin encore catéchumène.

Ces trois buts réalisés, la presque septuagénaire quitta Orbe, son lieu de naissance, pour Seltz, son lieu de sépulture.

DERNIÈRE DIZAINE DE JOURS A SELTZ

Combien de temps les moines et habitants attendirent-ils le retour de leur bienfaitrice ? Un petit calcul tout théorique que pourrait fournir une réponse : le retour le plus probable serait celui depuis Orbe sans le détour par Cluny. Si chaque visite n’avait duré qu’un jour, Seltz aurait revu la fondatrice dès la mi-septembre. Avec une moyenne d’un arrêt hebdomadaire à chaque lieu visité, Adélaïde serait revenue à la mi-octobre. Dans ce cas, Seltz-abbaye et Seltz-ville auraient joui de sa présence pendant plus de deux mois. Si elle avait fait le détour sans s ‘arrêter trop longtemps à Fleury et à Souvigny, mais un peu plus chez Odilon à Cluny, elle aurait eu à peine trois semaines de retraite dans sa ville et son monastère. En tous cas, selon les textes, elle se trouvait à Seltz le 7 décembre 999.

MALADIE ET MORT SAINTE D’ADELAÏDE AGÉE DE 68 ANS

En ce 7 décembre, les moines, et avec eux sans doute tout le peuple, offraient comme chaque année le saint sacrifice pour feu Otton II, fils d’Adélaïde. Avant la cérémonie, la foule des pauvres arrivait de tous côtés, comme de coutume à chaque fête. Odilon écrit que la foule affluait « ad eam », vers elle, « ex adiacentibus locis », des lieux « adjacents », sans doute Seltz, Plittersdorf, Frankenheim, Beinheim. Il ne précise pas où : « à la porte de la demeure impériale », devant sa maison à Seltz. Elle aurait donc eu à se rendre à la basilique de l’abbaye, chemin fatiguant pour elle à son âge. Devant sa porte, ou plutôt devant la porte de la basilique, elle distribua des aumônes, elle-même, « manu propria », tellement elle appréciait la présence des pauvres, celle du Christ à travers leurs personnes. Oubliant sa fatigue et son mauvais état de santé, elle s’efforça de donner à qui de l’argent, à qui de quoi se vêtir et aux moins nécessiteux quand même.

Elle participa ensuite à la messe célébrée avec magnificence, peut-être par Willigis, archevêque de Mayence, présent en ce jour, ou par l’abbé Eccemannus, Ezzemann, qui avait droit au port de la dalmatique et des sandales comme un évêque.

Mais la nuit une fièvre de plus en plus aiguë saisit la grande fondatrice et bienfaitrice ; peu à peu les personnes présentes commencèrent à craindre le pire. Malgré tout, Adélaïde persévéra dans la prière toute la semaine. Elle profita d’un moment de répit pour permettre à son âme de s’envoler dans la plus pure des lumières, la lumière infinie du Ciel.

Ainsi, après divers bienfaits, l’édification d’abbayes, les distributions d’aumônes, elle ajouta celui de l’exemple d’une vie sainte, d’une fin de vie exemplaire pour les personnes présentent et la population seltzoise dans le monastère de sa sainte mort.

Le mutisme des textes n’empêche pas de supposer que l’enterrement se déroula avec la plus grande solennité dans sa basilique. Toutefois son petit-fils, l ‘empereur Otton III, n’assista pas aux funérailles. Les dates sont celles du calendrier ancien : Adélaïde est décédée dans la nuit du 16 au 17 décembre 999, une semaine avant Noël et les funérailles se déroulèrent avant cette fête. Seltz a du connaître un Noël empreint de tristesse. Mais la mort d’Adélaïde devait être le point de départ de nouveaux bienfaits pour les croyants : plusieurs auteurs parlent de nombreux miracles survenus près de son tombeau.

Une question prête à controverse : comment caractérisé notre abbaye ? Etait-ce une abbaye impériale soumise au bon vouloir des empereurs successifs, dotée de privilèges à renouveler à chaque succession ? Une abbaye autonome, indépendante de l’empire et du diocèse ? Une des abbayes de Cluny selon les déductions faites d’après les rapports d’Adélaïde avec Maïeul et Odilon ? Une abbaye pour le « requiem », le repos des âmes ottoniennes ? Selon J. Wollach, c’est l’abbaye-tombeau de sa fondatrice, un « Grabkloster » !

Ce dernier caractère semble avoir dominé pendant environ un siècle, depuis les funérailles jusqu’à la canonisation. Seltz-abbaye devint alors un lieu de pèlerinage et les moines racontaient aux pèlerins les miracles qui furent bientôt rédigés en vue de la canonisation de sa fondatrice.



Sainte Adélaïde

Impératrice du Saint Empire ( 999)

ou Alice.

Elle était à la fois reine d'Italie, reine d'Allemagne et elle sera la première en date des impératrices du Saint Empire-Romain Germanique à la suite de son mariage avec Othon Ier, lorsqu'elle fut veuve du roi d'Italie. A la mort d'Othon Ier, elle exerça la régence pendant cinq ans, durant l'enfance d'Othon II. Puis à nouveau pendant la minorité d'Othon III. Ce furent pour elle des périodes difficiles, pleines de souffrances et d'épreuves. Mais sa force de caractère et sa bonté, puisées dans sa foi, surmontèrent tous les obstacles. Elle montra toutes les qualités d'un chef d'Etat dans la justice de sa charge et toutes les vertus chrétiennes dans sa charité attentive aux pauvres. Elle consacra les trois dernières années de sa vie à promouvoir le bien de l'Eglise et des pauvres. Elle se montra le ferme appui de la culture occidentale en favorisant le monachisme clunisien. Elle meurt à Seltz, près de Strasbourg, lors d'un voyage qu'elle effectuait dans l'un des nombreux monastères qu'elle avait fondés.

À l’abbaye de Seltz en Alsace, l’an 999, la naissance au ciel de sainte Adélaïde, qui épousa Otton Ier et devint impératrice. Elle manifesta une gravité pleine de charme aux gens de sa maison, une dignité très noble aux étrangers, une bienveillance infatigable aux pauvres et une largesse très abondante pour honorer les églises de Dieu.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/264/Sainte-Adelaide.html


St. ADELAÏDE

(ADELHEID).

Born 931; died 16 December, 999, one of the conspicuous characters in the struggle of Otho the great to obtain the imperial crown from the Roman Pontiffs. She was the daughter of Rudolph II, King of Burgundy, who was atwar with Hugh of Provence for the crown of Italy. The rivals concluded a peace in 933, by which it was stipulated that Adelaide should marry Hugh's son Lothaire. The marriage took place, however, only fourteen years later;Adelaide's mother meantime married Hugh. By this time Berengarius, the Marquis of Ivrea, came upon the scene, claiming the Kingdom of Italy for himself. He forced Hugh to abdicate in favour of Lothaire, and is supposed to have afterwards put Lothaire to death by poison. He then proposed to unite Adelaide in marriagewith his son, Adalbert. Refusing the offer, Adelaide was kept in almost solitary captivity, in the Castle of Garda, on the lake of that name. From it she was rescued by a priest named Martin, who dug a subterraneous passage, by which she escaped, and remained concealed in the woods, her rescuer supporting her, meantime, by the fish he caught in the lake. Soon, however, the Duke of Canossa, Alberto Uzzo, who had been advised of the rescue, arrived and carried her off to his castle. While this was going on the Italian nobles, weary of Berengarius, had invited Otho to invade Italy. He met with little resistance, and betook himself to Canossa where he met Adelaide, and married her on Christmas day, 951, at Pavia. This marriage gave Otho no new rights over Italy, but the enthusiasm of the people for Adelaide, whose career had been so romantic, appealed to them and made Otho'swork of subjugating the peninsula easy. In Germany she was the idol of her subjects, while her husband lived. During the reign of her son Otho II, her troubles began, chiefly owing to the jealousy of her daughter-in-law, Theophano, and possibly also because of her excessive liberality in her works of charity. It resulted in her withdrawing from court and fixing her residence at Pavia, but a reconciliation was effected by the Abbot of Cluny,St. Mayeul. The same troubles broke out when her grandson came to the throne, the jealous daughter-in-law being yet unreconciled, and Adelaide was again forced into seclusion. But Theophano dying suddenly, Adelaidewas recalled to assume the burden of a Regency. Her administration was characterized by the greatest wisdom. She took no revenge upon her enemies; her court was like a religious house; she multiplied monasteries andchurches in the various provinces, and was incessant in her efforts to convert the pagans of the North. In the last year of her reign she undertook a journey to Burgundy to reconcile her nephew Rudolph with his subjects, but died on the way at Seltz, in Alsace. She is not mentioned in the Roman martyrology, but her name appears in several calendars of Germany, and her relics are enshrined in Hanover. St. Odilo of Cluny wrote her life.


Sources

Vite de' Santi Gentilucci, Decembre.


Campbell, Thomas. "St. Adelaide." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 16 Dec. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/01140c.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01140c.htm



Maître de Naumbourg, Sainte Adélaïde et le roi Otton, sculptures, Cathédrale de Meissen

St. Alice, or Adelaide, Empress

(931 or 932 – 16 December 999), also called Adelaide of Burgundy, was the second consort to Otto the Great, Holy Roman Emperor and perhaps the most prominent European woman of the 10th century; she was regent of the Holy Roman Empire as the guardian of her grandson in 991-995.

THE SECOND kingdom of Burgundy, called also of Arles, was erected by Charles the Bald, emperor and king of France, who, in 879, bestowed Burgundy, Provence, Bresse, and Dauphiné, with his title on his brother-in-law Bose, descended by the mother from Lewis Debonnair. 1 Rudolph or Ralph II., king of Burgundy, was father to St. Alice, whom he left at his death, in 937, only six years old. 

At sixteen she was married to Lothaire, king of Italy, by whom she had a daughter named Emma, who was afterwards married to Lothaire, king of France. The death of our saint’s husband, which happened about the year 949, left her a young widow, and the afflictions with which she was visited contributed perfectly to disengage her heart from the world, and make her devote herself to the practice of piety, which had been from her infancy the ruling inclination of her heart. Berengarius III., margrave of Yvrea, possessed himself of all Lombardy, and succeeded to the title of king of Italy. This prince, who had always been the declared enemy of his predecessor’s family, cast Alice into prison at Pavia, where she suffered the greatest hardships and indignities. She at length found means to make her escape, and fled towards Germany; but was met by the Emperor Otho I., who, at the solicitation of Pope Agapetus II., was marching at the head of an army of fifty thousand men to do her justice. He made himself master of Pavia and other places, and married Alice; 2 but restored the kingdom to Berengarius, upon condition he should hold it of the empire. Berengarius soon forgot his engagements: whereupon Otho, at the earnest request of Pope John XII., sent his son Luitolph against him; and Luitolph, after gaining many victories, dying, the emperor went in person into Italy, made Berengarius prisoner, and banished him into Germany, where he died at Bamberg. After this victory, Otho was crowned emperor at Rome by the pope in 963.

The good empress was not puffed up with prosperity, and made use both of her riches and power only to do good to all men, especially to protect, comfort, and relieve all that were in distress. Otho I., surnamed the Great, died in 973, having reigned as king of Germany thirty-six years, as emperor almost eleven. 

Alice educated her son, Otho II., with great care, and his reign was happy so long as he governed by her directions. 3 But not standing upon his guard against flatterers, he suffered his heart to be debauched by evil counsellors. After the death of his first wife, who was daughter to the marquis of Austria, he married Theophania, a Grecian princess, and so far forgot his duty to his good mother as to banish her from court. Her tears for his irregularities were not shed in vain. Misfortunes opened his eyes; he recalled her, and, with the most dutiful deference, reformed the abuses of the government by her counsels. The young emperor, having been defeated by the Greeks in Calabria, died of a dysentery at Rome in 983, after he had reigned nine years. His imperious widow, Theophania, who became regent for her son, Otho III., made it a point of honour to insult her pious mother-in-law; but Alice made no other return for all the ill treatment she received at her hands but that of meekness and patience. 

The young empress being snatched away by a sudden death, she was obliged to take upon her the regency. On this occasion it appeared how perfectly she was dead to herself. Power she looked upon merely as a burden and most difficult stewardship; but she applied herself to public affairs with indefatigable care. She showed herself so much a stranger to all resentment, as to load with benefactions those courtiers who had formerly given her most to suffer. Her attention to the public concerns never made her neglect the exercises of mortification and devotion. At set hours she retired to her oratory, there to seek by humble prayer the direction and light of heaven in her counsels, and to weep before God for those sins of the people which it was not in her power to remedy. In correcting others she felt in her own breast the confusion and trouble which her correction must give them; hence she forgot nothing which could soften it. Thus, by gaining their confidence and affection, she easily conducted them to virtue. Her own household appeared as regular as the most edifying monastery. She filled all the provinces which had the happiness to share in her protection, but especially the city of Magdeburg, with religious houses, and other monuments of charity and piety, and she zealously promoted the conversion of the Rugi and other infidels. 

In the last year of her life she took a journey into the kingdom of Burgundy to reconcile the subjects of that realm to King Ralph, her nephew, and died on the road, at Salces, in Alsace, in the year 999.

Her name is honoured in the calendars of several churches in Germany, though not in the Roman. A portion of her relics is kept in a costly shrine in the Treasury of Relics at Hanover, and is mentioned in the Lipsanographia of the electoral palace at Brunswick-Lunenburg, printed in 1713. 

See the life of St. Alice, written by St. Odilo, with histories of her miracles, published by Leibnitz, Collectio Scriptorum Brunswicensium, t. 2, p. 262.

The Irish commemorate on this day ST. BEANUS, a bishop in Leinster. Colgan, MSS.

Note 1. After the death of King Ralph III., the Emperor Conrad II. annexed all Burgundy to the empire. But several provincial governors made themselves masters in their districts; namely, the counts of Savoy, Burgundy, and Provence; the daupin of Viennois, and the lord of Bresse; the first confederation of the Switzers and Grisons is said also to have been then formed. [back]

Note 2. Otho I. son of Henry, or the Fowler, succeeded his father in 936; had by Editha, his first wife, a son, named Luitolph; and by St. Alice, his second wife, Otho II., his successor. [back]

Note 3. St. Alice long made use of ADELBERT, first archbishop of Magdeburg, for her spiritual director and counseller. He is by many historians ranked among the saints, and Alice and her husband had so great a share in his apostolic missions, that a short account of his life serves to illustrate their actions. Henry the Fowler, king of Germany, having re-established the abbey of St. Maximin at Triers, that house became a nursery of great prelates and saints. Among these one of the most eminent was Adelbert. In his youth, dreading that learning which only swells the heart, he always began and ended his studies by prayer, and interrupted them by long devout meditations, and by continual sighs to God. At the same time he laboured to purify his understanding, and disengage his affections from earthly things by sincere humility, and the mortification of his will and senses. Thus he became remarkably distinguished among his brethren for that sincere piety which edifies, and he appeared excellently fitted to communicate to others that spirit with which he was replenished, when he was called out of his retirement to preach the pure maxims of the gospel to others.


  The Rugi or Rani about the year 960, by deputies entreated the Emperor Otho I. to procure them a bishop who might instruct them in the Christian faith. This fierce nation inhabited part of Pomerania between the rivers Oder and Wipper, (where the city Rugenwald in Brandenburg still bears their name,) and the isle of Rugen in the Baltic. Helmoldus, in his accurate chronicle of the Slavi, (l. 1, c. 2,) informs us that they were a savage people, and the only tribe of the Slavi or Slavonians which had a king; that they had also a high priest, whose sway was very great in the neighbouring countries: they pretended to a familiar intercourse with the gods, or rather with the devils, in a famous temple in the isle of Rugen, in which the people lodged their treasures, and to which the neighbouring nations sent frequently rich presents. Neither St. Anscharius nor St. Rembertus had preached to this barbarous nation. But certain monks of New-Corbie, in the reign of Lewis le Debonnaire, undertook a mission among them, and with the hazard of their lives converted many to the Christian faith in the various provinces of the Slavi, and the whole island of Rugen, in which they built an oratory in honour of our Lord and Saviour Jesus Christ, and in memory of St. Vitus the patron of New-Corbie. This island had been the seat of error, and the metropolis of idolatry in that part of the world; and the savage inhabitants, soon after their conversion, apostatized again from the faith; and added to former superstitions a new monstrous extravagance by honouring St. Vitus as the chief of all their gods, erecting to him a stately temple and an idol with sacrifices, glorying only in his name, and suffering no merchant to come among them, nor any one to buy or sell any thing who did not first give some offering for the sacrifices or temple of their god, whom corruptly for St. Vite, they called Swantewith. “Thus whom we confess a martyr and servant of Christ they adore as God,” says Helmoldus, (l. 1, c. 6,) “a creature for the Creator: nor is there any nation under the sun that so much abhors Christians, especially Christian priests.” Out of hypocrisy, as appeared by the event, they petitioned for preachers. Otho I., emperor of Germany, received their messengers with joy, and chose first Libutius, a monk of St. Alban’s at Mentz, for their bishop; but he dying before he set out, Adelbert was pitched upon, and ordained bishop of the Rugi. Otho munificently furnished him with all things necessary, and the new bishop entered the country with a select number of fellow-preachers. But the hearts of the people were hardened against the truth: and several of the missionaries being massacred by them, the rest, with the bishop, with great difficulty, escaped out of their hands, and, despairing of success, returned to their monasteries. This mission happened in the year 961.

  Adelbert was made abbot of Wurtzburgh in 966, and in 970, first archbishop of Magdeburg, which see was raised to the dignity of Metropolitan of the Slavi, by Pope John XIII. at the request of Otho I., who seeing many provinces of the Slavi converted to the faith, procured the establishment of this church with five suffragans under it, namely of Merseburg, Cicen, Misna, Posna or Brandenburg, and Havelberg, all situate in the territory of the Slavi. That great prince, the conqueror of Bohemia and of all the northern nations of Germany, built, or rather exceedingly enlarged and enobled the city of Magdeburg, at the desire of his first queen, Editha, daughter of King Edmund of England. She was buried in this city, as was afterwards the emperor himself, who died there in the year 973. His second wife, St. Alice, who survived him, passed here the greater part of her time during her widowhood, under the direction of the good archbishop. By his prudent care were many churches erected in all those parts, and supplied with able pastors for the instruction and spiritual assistance of the converted nations. He settled in most excellent order the chapter of his metropolitical church, which the aforesaid emperor had munificently founded; and he converted to the faith great numbers of the Slavi, whom he found still bewildered in the shades of infidelity. He enriched the church of Magdeburg with the relics of St. Maurice, and many other martyrs, was endued with the spirit of prophecy, and discharged all the duties of an apostle during the twelve years which he governed his church. He was taken ill whilst he was performing the visitation of the diocess of Merseburg, and having said mass at Messeburch, he found himself so weak that he laid himself down on a carpet, received there the last rites of the church, and amidst the prayers of the clergy happily departed to our Lord, on the 20th day of June, 982. He is usually styled saint by agiographers, who give his life on the 20th of June: but his name is not found in any known calendars of the church. Papebroke and Baillet think he was honoured among the saints at Magdeburg before the change of religion, by which all former monuments of saints there were abolished; insomuch that none had been preserved of the veneration of St. Norbert, had it not been for the care which was taken by his Order. Nevertheless, Joseph Assemani thinks positive proofs ought to be produced, before his name be placed in the calendars. On his life see Lambert of Shafnaburg, 1. De rebus gestis Germanorum, an. 960. Ditmarus, Helmoldus, two chronicles of Magdeburg, quoted by Mabillon, sæc. 5, Ben. p. 575, and Jos. Assemani, in Calend. De Origin. Sclavorum, t. 1, c. 3, p. 264, et seq.

  N. B.—Baronius, ad an. 959. Pagi, ib. Mabillon, sæc. 5, Ben. p. 573, and the Bollandists by mistake confound the Rugi with the Russi, and falsely imagine that St. Adelbert preached to the Russians and Muscovites: on whom see St. Bruno or Boniface, June 19th, and SS. Romanus and David, July 24.


The Rugi continued in their apostacy till, in 1168, Waldemar, king of Denmark, with the assistance of the princes of Pomerania, and especially the Obotritæ, subdued this whole nation, destroyed their famous temple, and caused their great idol Swantewith to be hewn to pieces and burnt. Absolon bishop of Roschilde, and Berno bishop of Meckelburg, who accompanied him, erected twelve churches in the country of these Slavi, which remained a long time tributary to Denmark. See Helmold, l. 2, c. 12, and Jos. Assemani, in Calend. Univ. t. 1, p. 258. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XII: December. The Lives of the Saints.  1866.

Saint Adelaide of Burgundy

Also known as
  • Adelaide of Italy
  • Adelheid….
  • Alice….
Profile

Born a princess, the daughter of King Rudolf II (Rupert II) of Upper Burgundy. Promised at age two in an arranged marriage as part of a treaty between Rudolf and Hugh of Provence. Married at age 16 to Lothair of Italy, who eventually became king of Italy. Widowed in 950 while still a teenager; Lothair was probably poisoned by his successor to the throne, Berengarius. As part of his attempt to solidify his grip on power, Berengarius ordered Adelaide to marry his son; she refused, and was imprisoned. She was freed soon after when the German king Otto the Great defeated Berengarius.

Adelaide married Otto in Pavia, Italy in 951. He was crowned Emperor in Rome, Italy in 952, and Adelaide reigned with him for 20 years. Widowed in 973, she was ill-treated by her step-son, Emperor Otto II and his wife Theophano, but eventually reconciled with her royal in-laws.

When Otto II died in 983, he was succeeded by his infant son, Otto III. Theophano acted as regent, and since she still did not like Adelaide, used her power to exile her from the royal court. Theophano died in 991, and Adelaide returned once again to the court to act as regent for the child emperor. She used her position and power to help the poor, to evangelize, especially among the Slavs, and to build and restore monasteries and churches. When Otto III was old enough, Adelaide retired to the convent of Selta near Cologne, a house she had built. Though she never became a nun, she spent the rest of her days there in prayer.

Born
  • empress dispensing alms and food to the poor, often beside a ship
  • escaping from prison in a boat
  • holding a church
  • veil